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samedi, 13 août 2011

COTE D'IVOIRE: UNE INFORMATION SOUS INFLUENCE


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Selon le politologue français Michel Galy, les médias occidentaux n'ont pas pris la juste mesure de la crise ivoirienne.


Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et... la presse française, «Laurent Gbagbo doit partir» et «Alassane Ouattara est le président reconnu par la communauté internationale» (en particulier, ces «éléments de langage» officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, dans laquelle, au moins, le lecteur a le choix entre les polémiques des deux camps «bleus» et «verts»!

Le formatage des esprits

Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué, et toujours a posteriori... Ainsi, en 2004, Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié de l'émission de télévison Arrêt sur images) ironisait déjà, à propos des massacres de civils ivoiriens (à propos d'une presse française «embarquée», comme en Irak ou en Afghanistan) qu'il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux. Pour avoir vu à l'époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de la force française Licorne vers Bouaké, «retour à 16 heures à l'Ivoire», on peut garantir qu'il ne s'agit pas que de métaphores...

Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Libye, hier la Côte d'Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l'urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes: unanimité politique, ethnocentrisme franco-français, alignement sur des positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la «kakisation des esprits», en 2004 comme aujourd'hui!

Pour autant la presse, enfin toute la presse, n'est pas «aux ordres». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet alignement, si ce n'est par ces «présupposés» que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant (Sur la télévision)? Ici et maintenant la «fabrique de l'opinion» formate les esprits, sur la Côte d'Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si, à un moment donné, le courant dominant produisait un consensus idéologico-médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir, quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard, voire s'inverse!

Est-on si loin de 1984? Un social-démocrate devient «un dictateur»; un légaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme pour redevenir un «guerrier bété»; ou un libéral du FMI un grand démocrate... Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont-ils pas des «rebelles qui sourient», et qu'importe si, dans ces guerres nomades, ce sont littéralement les mêmes qu'à Monrovia ou Freetown. De toute façon, si des exactions et même une violence continue comme «méthode de gouvernement» se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre-violences causées par le «coup d'Etat permanent» et la déstabilisation continue. Et alors? «La guerre c'est la paix», comme le savaient déjà les héros d'Orwell -et notre presse française, forcément libre et objective, est bien sûr composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants!

Pour La Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre...

Une presse africaniste en question

A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d'hebdomadaires «africains», directeurs de «revues» panarabes ont dû reconnaître qu'ils étaient redevables au dictateur Moubarak, à M. Ben Ali -et pas que moralement! Les mêmes ou d'autres écrivent des dossiers systématiquement favorables à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse -et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!

Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée se posent des interrogations sur la «presse Rothschild» -pour inverser le stigmate que ses «experts» ont publiquement affiché sur la «presse Bolloré», jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.

Depuis les années 90, le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur d'Alassane Ouattara. Dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui lui ouvrirent leurs colonnes.

Quand, dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolues (procédés typiques de la presse factieuse d'entre deux guerres), on amalgame hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s'attendre à rendre des comptes.

Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Vergès, l'un ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, l'autre brillant et inlassable avocat «de rupture» depuis la guerre d'Algérie, est-il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme «les deux grigous de Gbagbo»? On atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique... Listes noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journalistes.

Le plus étonnant aujourd'hui: des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit ivoirien.

La rhétorique de la désinformation

La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins conscientes d'ailleurs dans leurs effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d'inversion ou de déplacement.

On a fait allusion à une «politique de l'information» qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s'inscrivant dans un champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des articles et leur place, envoi (ou non) d'envoyés spéciaux (et leurs pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses «maison» des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement anonymes...

Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constitue une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la blogosphère n'échappe pas; suffit-il, comme Venance Konan par exemple, d'être une «bonne plume» ivoirienne pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité et son militantisme actuel pro-Ouattara)? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers, n'y sont bien sûr pas tenus!), on peut se permettre ainsi d'user des procédés les plus classiques de l'extrémisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du «dictateur» dénoncé; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain -toujours dans des termes où l'insulte ne cède qu'à l'outrance.

Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan: tous les observateurs savent que le «commando invisible» d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections. Ici, l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des procédés de Goebbels: «plus c'est gros, plus ça passe»! Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Côte d'Ivoire depuis dix ans, recyclent l'ivoirité ou attribuent ce faux concept, «l'ethnocratie», à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandi.

Les procédés de désinformation sont légion, et l'ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur, de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un «expert» journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60 morts et plus de 1.000 blessés ivoiriens semble significatif. Plus récemment, dans les pseudo débats télévisés (on pense par exemple à un débat de «spécialistes» à 100% ouattaristes: si la conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé...), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro-Gbagbo (sans d'ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro-Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à fait voulus.

Les procédés d'inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de Jacques Chirac -lui qui a 2004 sur la conscience- traitant Laurent Gbagbo de...  «fasciste»! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le «soulèvement du peuple» ou la «désertion de l'armée ivoirienne».

La diabolisation de l'adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l'inversion systématique, ou du déplacement victimaire: tactique langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l'on en croit les analyses de Jacques Semelin.

Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l'on pourrait nommer le «rendement décroissant de l'information», qu'il faudrait approfondir: de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante; d'autres ont pu travailler bien mieux sur les procédés de «construction» audiovisuelle, qui concernent aussi les réseaux sociaux ou les blogs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au Val-de-Grâce).

Beaucoup vient, au-delà de l'ethos (qui n'est pas qu'une absence d'éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique: pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des événements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à Abidjan...

Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique: faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d'autoréférencement. Leur dépendance des «fixeurs» autoproclamés n'en est que plus flagrante, et parfois pitoyable; demi-journalistes, demi-informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d'ailleurs très majoritairement pro-Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la désinformation que dans l'information.

Il est vrai que le milieu politique ivoirien est préstructuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec la presse occidentale; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo -avares de contacts et de données-, les journalistes  venus d'Europe sont accueillis à bras ouverts... et désinformés à proportion par le camp Ouattara... depuis 2002! Ce sont d'ailleurs les supplétifs, on veut bien croire involontaires, de la rébellion: quant au mythe du «smiling rebel» de 2002, lui correspond celui du «commandant du Vent», chef du commando invisible de 2011; et qu'importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia, Sierra Leone et Nord de la Côte d'Ivoire, qui s'apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud: ce n'est que trop tard que les mêmes s'apercevront que le sourire n'était qu'un rictus complaisant et que le vent d'Abobo ne charriait que l'odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les «belles âmes», ces idiots utiles de la sanglante Histoire à venir. «On ne savait pas...» diront-ils, comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu'elle soit irresponsable?


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 août 2011

ZONES D'OMBRE ET NON-DITS D'UN DISCOURS D'AUTO-CONTEMPLATION


ADO. FETE NATIONALE 2011.jpg

Dans la soirée du vendredi 6 août 2011 dernier, les Ivoiriens ont eu droit au traditionnel et institutionnel discours à la nation du chef de l'Etat, marquant la célébration de la Fête nationale et la commémoration de l'Indépendance de la Côte d'Ivoire. Pour notre part, il n'aura été qu'une débauche impudique de bons points attribués à soi-même par son auteur, qui fait l'impasse sur des aspects importants de la vie de notre peuple, au sortir d'une crise aussi aiguë que la crise postélectorale ivoirienne, et qui entretient l'omerta sur les actes concrets qui devraient être posés dans l'optique d'une réconciliation et d'une prospérité effectives de notre pays.

Nous avons ainsi pu apprendre avec stupéfaction « le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire » là où elle n'a jamais été plus dégradée : des opposants sont en prison ou en exil, leurs biens et ressources sous séquestre, l'Assemblée nationale suspendue, le pays gouverné par ordonnance, le chef de l'Etat encore et toujours chef d'un parti politique (le RDR) - ce qu'interdit notre constitution ; Article 54 -, ses biens non encore déclarés devant la Cour des comptes - comme l'exige la Loi fondamentale, en son Articles 55 -, des journalistes et hommes de médias en prison, le siège du quotidien de l'opposition Notre Voie occupé par des hommes en armes pro-Ouattara, la Commission Electorale Indépendante déjà majoritairement constituée par le RHDP qui enregistre de nouvelles nominations de proches de Ouattara - accentuant un déséquilibre déjà outrancier -, les élections législatives et municipales en approche envisagées dans une ambiance de traque et d'exactions des FRCI contre les pro-Gbagbo et les militants du FPI, le Conseil constitutionnel renouvelé avant terme, au plus grand mépris de notre Constitution. Bref, de quel retour de la démocratie nous parle-t-on, si ne n'est d'exprimer aux Ivoiriens tout le mépris et le peu d'égard qu'on a pour eux ?

Nous avons, en outre, été abreuvés de rhétoriques du genre « respect de Droits de l'homme » en Côte d'Ivoire et de « société souveraine ». Comment peut-on prétendre respecter les Droits de l'homme quand on a été épinglé plusieurs mois de suite par ses ex-partenaires les plus fidèles, les ONG internationales Human Rights Watch, Amnesty International et même par le HCR et l'ONUCI, pour meurtres, crimes, viols et pillages contre des populations sans défense et pour l'incarcération sans inculpation d'opposants politiques ? Ces structures supranationales ont clairement dénoncé la récente promotion de chefs militaires, proches du chef de l'Etat Alassane Ouattara, nommément cités dans des crimes contre l'humanité. Nous aurions bien voulu croire, avec Monsieur Ouattara, au respect des Droits de l'homme en Côte d'Ivoire mais force est de reconnaître qu'il n'en est rien. Les Droits de l'homme en terre ivoirienne ne sont qu'une vue de l'esprit. Ils ne relèvent que du discours officiel et non de la réalité.

Quant à la « société souveraine » du nouvel homme fort d'Abidjan, le peuple ivoirien, il s'est donné des institutions qu'on bafoue allègrement : le Président de la République qu'il s'est donné par la voie des urnes a été bombardé en sa résidence et kidnappé par des armées étrangères dont les bases et missions, en guise de reconnaissance, sont réinstallées, renforcées et reconduites, pour assurer la sécurité et la sûreté du territoire ivoirien. Ces mêmes forces assurent la sécurité du nouveau locataire du Palais présidentiel du Plateau, en appui aux soldats burkinabés récemment recrutés dans la garde rapprochée présidentielle, au milieu d'un parterre de conseillers politiques, diplomatiques et militaires français. Cette « société souveraine » s'est également donné un porte-voix : l'Assemblée nationale. Elle est aujourd'hui aphone, mise sous l'éteignoir. Selon le bon vouloir du « Brave Tchê » Alassane Ouattara. Comment exerce-t-elle alors la souveraineté qu'on lui reconnait subitement, à la faveur d'un discours de circonstance ? Motus, bouche cousue !

Le chef de l'Etat se targue, en outre, de se mettre en peine de la réconciliation nationale : « Nous œuvrons pour le retour de nos frères et sœurs à l'extérieur du pays ». Un d'entre eux en est justement revenu, sous son instigation, et a été mis aux arrêts dans les jours qui ont suivis : le journaliste Hermann Aboa. Sous des chefs d'inculpation aussi imaginaires que surréalistes, révélés non par la justice ivoirienne comme cela se doit, dans tout Etat de droit qui se respecte, mais de sa propre bouche, au détour d'une visite de travail aux Etats-Unis : achat d'armes de guerre et distribution à des milices, sur financement de Laurent Gbagbo (sic !).

Au regard de tout ce qui précède, où se trouve donc cette « Côte d'Ivoire dotée d'un Etat fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un Etat qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence » ?

« Je salue, dit Alassane Ouattara, la décision des officiers exilés au Ghana, de rentrer au pays, pour prendre une part active au processus de réconciliation ; j'encourage les refugiés demeurant au Liberia à rentrer ». Le fait que quatre mois après la Bataille d'Abidjan, ils en soient encore à se méfier et à redouter un retour en Côte d'Ivoire est un revers et désaveu cinglant pour le pouvoir en place. Si l'invite était aussi fraternelle et sincère qu'on veut le laisser croire, il y a belle lurette que ces Ivoiriens seraient de retour. Sans attendre d'être constamment rassurés par des discours officiels.

« Je lance à nouveau, poursuit-il, un appel à nos frères et sœurs, de tous bords politiques afin de nous retrouver pour bâtir ensemble une patrie de paix... Je continue de tendre la main en particulier à nos frères et sœurs du FPI et de LMP. Leur place est avec nous ( ?). Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour garantir le retour et la sécurité de tous ».  Soit dit en passant, les leaders FPI et LMP sont pour l'essentiel en prison, avec à leur tête le Président Laurent Gbagbo et son épouse ainsi que le Premier ministre Affi Nguessan. Leur place est-elle objectivement et effectivement parmi nous ? Hélas, trois fois non ! Les faits parlent plus que les mots. Et on ne peut les falsifier par une effusion émotive occasionnelle fût-elle lyrique et officielle.

Pour Alassane Ouattara « les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. Il travaille à réduire nos souffrances. La sécurité s'améliore de jour en jour. Les ordures et les dépôts sauvages se font de plus en plus rares. Abidjan retrouvera son lumineux visage de « Perle des lagunes » et toute la Côte d'Ivoire sera à nouveau belle. Les soins de santé des Ivoiriens les plus défavorisés seront gratuits. Les travaux d'assainissement ont commencé, bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier. Les jeunes auront des emplois et auront aussi les financements promis pour leurs projets ». Plutôt reluisant comme tableau dans un pays où le chômage a atteint des records et les universités - du reste, fermées - sont occupées par les ex-rebelles, où les hôpitaux sont plus que jamais des mouroirs, où l'appareil de production cassé est en lente agonie, où la misère atteint des summums jamais effleurés et où des arriérés de salaire de deux à quatre mois restent encore à payer aux ex-FDS et dans certaines entreprises publiques (BNETD et bien d'autres) et institutions nationales (Assemblée nationale, CEI etc).

En outre, à quoi peuvent bien servir un cadre de vie et un environnement assainis où l'on est plus susceptible de perdre la vie que la santé, du fait des exactions des FRCI et d'une insécurité permanente, insidieuse, rampante ?

Au final, Alassane Ouattara ne croyait pas si bien dire : « Sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire ». C'est exactement cette vérité universelle qui est implacablement à l'œuvre, en ce moment, dans notre pays. Absence de paix et de sécurité, c'est, hélas, la triste réalité ivoirienne.

Du sommet de son piédestal et au comble de l'auto-contemplation, il déclame : « Une telle volonté de ramener la paix et la prospérité chez nous attire à nouveau la confiance de nos partenaires. L'image de la Côte d'Ivoire s'est nettement améliorée et notre pays est de retour sur la carte du monde (Y avait-elle disparu ? Mystère !) ». Même si les investisseurs, à défaut de s'y rendre (insécurité et Etat de droit en déliquescence obligent), se contentent d'avoir « à nouveau le regard (seulement le regard) tourné vers la Côte d'Ivoire », dans un contexte mondial de crise financière généralisée, la plupart des pays occidentaux étant au bord de la faillite, avec en tête de file, les Etats-Unis d'un Barack Obama fauché et dans une tourmente historique, sauveur pressenti et attendu d'une Côte d'Ivoire sans le sou.

Cette débauche auto-célébrante aura permis de faire ombrage aux vraies questions qui intéressent les Ivoiriens : la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires, la création de richesses nationales sur la base de notre force de travail et de nos ressources propres (humaines et économiques), l'instauration d'une véritable impunité commençant par les siens - si tant est qu'il désire vraiment allier la justice à la réconciliation -, les raisons de la promotion de criminels de guerre qui devraient être traduits devant la CPI, la réunification effective du pays par l'unification des caisses de l'Etat, l'indépendance et la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Des points royalement éludés.

En effet, il aurait fallu qu'il nous dise :

- comment il espère réconcilier les Ivoiriens en maintenant Laurent Gbagbo en prison sans aucun chef d'inculpation. Il n'en a pas dit un traître mot ;

- comment il envisage de faire disparaître l'impunité tout en promouvant des militaires proches de lui et déjà épinglés par les organisations des Droits de l'homme pour une comparution éventuelle devant les instances judiciaires internationales ;

- comment il compte mettre fin à la saignée financière inacceptable (au moment où nos coffres-forts sont vides) et à la partition économique et financière de notre pays, avec l'économie parallèle florissante dans la partie Nord de la Côte d'Ivoire, entre les mains des ex-Forces Nouvelles dont la Centrale (Trésor de l'ex-rébellion) est en plein essor ;

- comment il espère éviter à la Côte d'Ivoire de n'avoir pour seule politique de création de richesses et pour seul programme de gouvernement que l'endettement excessif ;

- comment il compte « apporter à notre pays son indépendance totale (sic !) » et affirmer sa souveraineté quand il multiplie en Côte d'Ivoire les bases militaires étrangères (réouverture du 43ème Bima français et une dizaine de l'ONUCI en projet d'urgence), quand les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par la France, que sa propre sécurité est assurée par des forces étrangères et quand il semble ne tirer sa légitimité que de la reconnaissance de la « Communauté internationale ».

Au total, un discours qui aura tout dit sauf l'essentiel. Pas donc certain que nous fassions des pas de géant en matière de réconciliation et de cohésion sociale, d'avancées démocratiques, politiques et institutionnelles, de reprise économique et de prospérité nationale. Ouattara nous a servi une litanie de vœux pieux et fait une peinture irréelle de la situation de notre pays. Nous continuons à attendre qu'il se ressaisisse et nous donne des signes concrets et réalistes, à tout le moins autres que cet épanchement auto-contemplateur qui ne nous rassure guère pour l'avenir de notre pays. Nous voulons des actes, pas des discours. Gageons que la tendance sera bientôt inversée.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 290 du jeudi 11 août 2011.

L'INSECURITE ET L'IMPUNITE ONT ETE PREPAREES: 12 000 PRISONNIERS LIBERES ET ARMES PAR LES FORCES D'ALASSANE OUATTARA



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Les organisations internationales de défense des droits de l'homme dont Human Rights Watch et Amnesty International condamnent dans leurs différents rapports, l'insécurité, les exactions et l'impunité dans lesquelles les forces pro-Ouattara, avec le soutien condescendant du nouveau régime, ont plongé la Côte d'Ivoire depuis l'installation au pouvoir, dans des conditions calamiteuses, du chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara.

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d'Ivoire deux officiers supérieurs (les Com'Zones de l'ex-rébellion armée, Chérif Ousmane et Fofié Kouakou) fortement soupçonnés d'être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l'engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l'impunité et à rendre justice aux victimes », affirme Human Rights Watch dans un récent communiqué sur la situation en Côte d'Ivoire. Cette attitude du régime Ouattara s'explique aisément par le fait que sa proximité avec l'ex-rébellion armée constitue un secret de polichinelle.

Ce sont, d'ailleurs, ces ex-rebelles baptisés aujourd'hui Frci par un décret de l'actuel chef de l'Etat qui, appuyés activement par la force française Licorne et l'Onuci, ont attaqué en mars-avril derniers, le régime Gbagbo. En avril dernier, dans le cadre de leur guerre contre Abidjan, la capitale économique qui abrite le palais présidentiel et la résidence du chef de l'Etat (le dernier site a été bombardé par l'armée française), les forces pro-Ouattara ont pris d'assaut la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).

Ils ont libéré environ 6000 prisonniers et leur ont distribué, selon des témoins, des kalachnikovs. L'objectif était de les associer à l'attaque contre Abidjan. Ce qui fut fait. Ces prisonniers libérés et armés ont été baptisés « volontaires » par les forces pro-Ouattara. A l'instar de centaines de jeunes gens d'Abobo à qui les forces pro-Ouattara avaient également distribué des armes, à la fin mars dernier.

Ce sont au total 12 000 prisonniers que les forces pro-Ouattara ont libérés et armés à travers le pays, soutient une source crédible. 12 000 bandits de grands chemins qui, depuis lors, écument Abidjan, Yamoussoukro et les autres villes du pays en commettant, dans une totale impunité, des exactions, pillages, braquages et vols. D'où le climat d'insécurité qui enveloppe le pays.

C'est à juste titre qu'une source proche du Rhdp soutient : « Nous avons tous ouvert la boîte de pandore. Tous, nous en assumons donc les conséquences ». Allusion faite à la situation créée par les 12 000 prisonniers armés et jetés dans la nature.


I. Grhenberg


 

Source : FACEBOOK

jeudi, 11 août 2011

LES DERNIERES NOUVELLES DU PRESIDENT ET DE SON EPOUSE - GBAGBO TOUJOURS DETERMINE

 

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Les dernières nouvelles que nous avons du président Laurent Gbagbo nous viennent essentiellement du dernier reportage réalisé par "Jeune Afrique" et de quelques visites que celui, que les ivoiriens appellent affectueusement le "Woody" a pu bénéficier.

Il faut dire que le président de la république ne décolère pas contre les autorités françaises. Depuis Korhogo où il est en résidence surveillée, il continue d'affirmer, malgré les menaces et les nombreuses offres à lui faites qu'il n'a pas perdu les élections. Son éviction du pouvoir est le fait des  forces françaises, soutient-il. C`est en tout cas ce que nous apprend un reportage réalisé par Jeune Afrique sur son lieu de détention et celui de son épouse Simone Gbagbo.

Dans l`article publié dans la dernière édition de JA sortie cette semaine, le président Laurent Gbagbo persiste à soutenir qu`il a remporté le scrutin du 28 novembre 2010. « Devant ses visiteurs, il s`emporte régulièrement contre l`ancienne puissance coloniale et son président Nicolas Sarkozy. Il réfute les accusations portées contre lui et reporte les fautes sur les ex-rebelles et la France. « Je n`ai pas été battu dans les urnes mais par l`armée française » », rapporte le confrère, qui distille d`autres informations sur le célèbre « prisonnier » de Korhogo, notamment sur son état de santé, ses conditions de détention, ses relations avec son épouse Simone et son audition par le procureur de la République.

Le confrère nous apprend que le chef de l`Etat est « en bonne forme » (...) Dans la résidence présidentielle où il est gardé, il bénéficie de l`assistance de son médecin personnel, Christophe Blé. Ce qui ne l`empêche pas de s`insurger contre ses conditions de détention. « Gbagbo se plaint de ne pouvoir sortir pour se dégourdir les jambes et de ne pas voir la lumière du jour », rapporte Jeune Afrique. Entre son épouse Simone et lui, le téléphone est coupé depuis fin avril, date de leur dernière conversation téléphonique.

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Revenant sur son audition par le procureur de la République, le confrère rapporte que le président Gbagbo a refusé de se soumettre à un quelconque interrogatoire: « Simplice Koffi Kouadio s`est heurté à un mur. Gbagbo affirme ne pas relever d`une juridiction ordinaire et oppose son statut d`exception, notamment sa qualité d`ancien chef de l`Etat, membre du Conseil constitutionnel ». Jeune Afrique donne par ailleurs, les dernières nouvelles de la première dame, en résidence surveillée à Odienné. Elle est privée de téléphone fixe et portable, indiquent les auteurs de l`article. Pour passer des messages, elle n`a pour tout canal que l`évêque d`Odienné, Mgr Antoine Koné et le chef de guerre Ousmane Coulibaly alias Ben Laden.

Elle bénéficie aussi de l`assistance médicale de son médecin personnel, Dr Eugène Djédjé, qui partage son lieu de détention. Pour passer le temps, l`universitaire « dispense des cours d`alphabétisation aux enfants du vigile de la résidence et discute régulièrement avec les gardiens », rapporte le confrère. Tout comme son époux, elle aussi a refusé de se prêter à l`interrogatoire du procureur de la République lors du séjour de celui-ci à Odienné. Elle a brandi son immunité parlementaire « qui n`a jamais été levée ».

 

Source : COTE D’IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 10 août 2011

FABRICE DJEDJE, CE HEROS TOTALEMENT OUBLIE!


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Le grave accident de la circulation survenu le vendredi 05 août, 41 morts (nombre, aujourd'hui, relevé à 47 morts, Ndlr) et plusieurs blessés et portés disparus, a plané sur la célébration du 51ème anniversaire de la Côte d’ivoire. L’indépendance de la Côte d’Ivoire a été donc célébrée dans sobriété, hier à la place de la république.

Cette célébration d’après Fraternité matin, a été l’occasion de rendre hommages aux artisans de la renaissance du pays. Parmi ces bienheureux on retrouve des ministres, des ex-ministres, présidents d’institution, des personnalités du monde de l’économie, de la diplomatie, de la politique et de la société civile. Pour Nouveau Réveil, la liste de personne à décorer a fait de nombreux frustrés. Toujours selon Nouveau réveil, l’assistance se demandait sur quels critères ces derniers avaient été sélectionnés : présence à la République du Golf ou le fait d’avoir risqué leur vie.

Pour Soir Info, cette cérémonie a été l’occasion pour le président ADO de lancer un appel à l’opposition (FPI et LMP) à regagner le pays et à œuvrer ensemble pour la reconstruction. Notre Voie quant à lui s’interroge sur le sens de la cérémonie. Etant donné que pour le quotidien la souveraineté et la démocratie ont foutu le camp.

Au-delà de cette revue de presse, l’on a noté que cette cérémonie était tout sauf sobre. Il y’a avait de la joie au palais de la république. Et cette joie était visible pour tous ceux qui y ont été conviés. Vous avez dit deuil national ? Que nenni !

Cette cérémonie était visiblement l’occasion d’honorer tous ceux qui d’une manière ou une autre ont été participants de la guerre livrée à la CI.

Méritaient-ils leur médaille ? Assurément non car leurs œuvres n’ont participé aucunement au développement ni au rayonnement de la CI.
L’hypocrisie, la félonie, la rébellion et la traitrise ont été célébrées.

Youssouf Bakayoko (Monsieur Minuit), Philippe Carter III (M. Rambo), Simon marc (M. le Gouverneur) et Young-Jin Choi (M. Certification), acteurs et auteurs de la grave crise qui a endeuillé et détruit la Côte d’ivoire décorés pour service rendu à la nation!


Soro Guillaume (M. le Rebelle fier de l’être) et ses compagnons (la bande des Rapetous) décorés pour service rendu à la nation !


Des Officiers qui n’ont pas respecté le serment de protéger la nation envers et contre tout décorés !


Des hommes d’affaires, appelant à l’incivisme fiscal décorés !


Des hommes de culture, véritables traîtres à leur pays décorés !


Quel héritage laisserons-nous aux générations futures ? Quelle éducation pour nos enfants ?

Sincèrement que veut on à la fin en Côte d’ivoire ? La justice et le droit ? L’amour et la défense de la nation ? Le respect des décisions de la justice ? Le mérite et la compétence ?
Là, je crois sincèrement que nous sommes mal barrés !

Pour moi, s’il y avait un héros à féliciter et à décorer, c’était tout simplement ce jeune homme que nous avons vu à la télé qui a tout bravé et sauvé la vie de deux personnes lors de l’accident tragique. Lui méritait la reconnaissance de la nation. Et son action a été plébiscitée par tous les ivoiriens.

Voilà une décoration qui aurait recueilli tous les suffrages.
Lui au moins a sauvé des vies !

Lui, c’est Fabrice Djédjé, c’est l’un des neuf rescapés de l’accident du bus de la Sotra.
Ce jeune homme a posé un acte de bravoure qui a permis de sauver des vies. Ayant réussi à sauter du bus avant sa chute, il a pu nager pour atteindre l’autre rive. Mais, épris de compassion, il a rebroussé chemin et a pu sauver ainsi la vie de deux femmes. Enorme ! Les personnes témoins de cet acte l’ont salué à sa juste valeur.
Il mérite la reconnaissance de la nation.
En le décorant, la nation lui aurait signifié qu’il est un vrai héros.
Mais ….

La nation par ma voix te rend cet hommage :

A toi Djédjé Fabrice, sache que la nation t’est reconnaissante
.

Que Dieu, le souverain se souvienne de toi
.
Merci pour ta bravoure ! Merci pour ton geste d’amour !
Dans cette tragédie, elle a été une lucarne pour nous et un exemple à imiter.


Salut à toi, héros!


Nina Glez


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

lundi, 08 août 2011

COTE D’IVOIRE: HUMAN RIGHTS WATCH «DEÇUE» DE OUATTARA


ADO ET SES COM-ZONES.jpg

L’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, dans un nouveau rapport publié vendredi 05 août 2011, les récentes promotions dont viennent de bénéficier certains officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes en Côte d’Ivoire.

 

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d’Ivoire deux officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l’engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l’impunité et à rendre justice aux victimes », ecrit HRW dans son rapport, précisant que le nouvel homme fort d’Abidjan n’honore pas sa promesse d’instaurer une justice impartiale.

Pour rappel, des chefs de l’ex-rébellion ivoirienne, qui ont contribué à porter Ouattara au pouvoir, ont été officiellement affectés dans la nouvelle armée nationale, le 03 août dernier. Dans la liste apparaissent des officiers régulièrement accusés depuis 2002 d’exactions par l’ONU ou par des ONG.

Le Commandant de Zone (« Com-zone ») Ousmane Chérif, le plus proche de Ouattara, prend le poste de commandant-en-second du Groupe de sécurité de la présidence de la République, pendant que plusieurs rapports indiquent que ce dernier est gravement impliqué dans des actes d’exécutions extra-judiciaires contre des pro-Gbagbo.

Martin Fofié Kouakou, mis en cause par le Conseil de sécurité de l’ONU depuis 2006 pour violations des droits humains et du droit humanitaire international, devient le commandant de la ville de Korhogo.

Le directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, interrogé sur la question à indiqué que : « Le gouvernement Ouattara avait promis à plusieurs reprises de rompre avec le passé, époque pendant laquelle les forces de sécurité étaient au-dessus de la loi. Et pourtant, plutôt que de créer une armée susceptible de respecter l’État de droit, M. Ouattara a décerné des promotions à des hommes qui étaient à des postes de commandement lorsque des atrocités étaient commises et qui devraient faire l’objet d’enquêtes au lieu de recevoir des récompenses ».

Si les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ont été tenus responsables de crimes en Côte d’Ivoire après l’élection présidentielle du 28 novembre, toutes les organisations internationales présentes dans le pays s’accordent sur l’existence de massacres d’envergure contre des proches du président déchu et commis par les forces d’Alassane Ouattara, lors de leur offensive fin mars sur Abidjan.

Selon un quatrième rapport publié par Amnesty International sur la Cote d’Ivoire depuis le début de l’année, les exactions commises par les forces pro-Ouattara n’ont pas cessé avec l’arrestation du rival Gbagbo. L’organisation met en lumière le climat de terreur que fait régner le clan des vainqueurs : Vols, incendies, viols, exécutions sommaires…


Source: AFRISCOOP.NET

dimanche, 07 août 2011

LE PRESIDENT GBAGBO S'ADRESSE AUX IVOIRIENS A L'OCCASION DE LA FETE NATIONALE


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Ivoiriens, Ivoiriennes, peuples de CÔTE D’IVOIRE, très chers compatriotes, très chers habitants de la CÔTE D’IVOIRE.

 

Je voudrais, en ce jour solennel qui marque le 51ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, me joindre à chacun de vous pour rendre d’abord gloire à Dieu, notre Maître qui continue de manifester sa fidélité à notre pays, malgré les tribulations de ces derniers moments.

Ensuite, chaque anniversaire étant une occasion à la fois de faire le bilan et de dégager les perspectives, je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août.

Cette réflexion est un exercice de prospection de nous-mêmes qui s’impose à chaque citoyen de ce pays, mais surtout aux dirigeants, et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de conduire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n’aspire qu’à vivre sa souveraineté en tant qu’acteur et sujet de l’humanité, et non pas comme simple objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire.

L’Indépendance est une notion forte, qui renvoie à un mouvement de rupture. La rupture ici ne s’entend point d’un isolement ou d’un repli sur soi, position idéale des faibles, mais elle correspond plutôt à une métamorphose de la conscience, qui fait passer celui qui s’en prévaut, de la servitude à sa pleine responsabilisation dans le processus de construction de l’humanité.

Je continue de croire que notre monde tire sa liberté et son dynamisme de la liberté de chacune de ses composantes. Cette conviction est restée la boussole de toute mon action politique, elle ne m’a jamais quitté. C’est pourquoi, dans mes fonctions de Chef d’Etat et de Président de la République, je me suis efforcé malgré l’adversité, de donner corps à cette notion qui semblait devenir évasive et insaisissable pour nos compatriotes.

Je mesure mieux de ma position, les grandes souffrances, mais en même temps le grand mérite de tous ces hommes qui, à travers l’Histoire, ont combattu pour la Liberté et l’Indépendance de leur peuple. Je pense notamment à Martin LUTHER KING, dont l’engagement politique jusqu’à la mort a permis, plus de quarante ans après, l’élection de Barack OBAMA comme Président des ETATS-UNIS d’Amérique; à GHANDI, dont l’ œuvre continue de nourrir l’âme de la grande INDE; au Général de GAULLE qui a refusé la fatalité de la défaite pour restaurer la grandeur perdue de la France; à Mao TSE TOUNG, qui a rompu les liens de la servitude au prix d’énormes sacrifices pour donner à la CHINE sa gloire d’aujourd’hui.

Je loue le courage de MANDELA, de Kwame NKRUMAH, de Patrice LUMUMBA et de tous les autres dignes combattants de l’Afrique, qui sont des exemples de don de soi pour la liberté et la fierté du peuple africain. Je salue plus particulièrement la mémoire de nos illustres pères qui ont combattu pour dessiner les contours de ce que nous appelons Indépendance. Leur mérite est tout à fait grand dans le contexte qui était le leur.

Mais nous devons avoir à l’esprit que leur combat serait vain si nous nous arrêtions à admirer seulement leurs acquis. Les symboles de l’Etat et les armoiries de la République nous rappellent chaque jour notre devoir et notre responsabilité devant notre propre destin. Chacun est appelé à leur donner un sens réel. C’est le combat permanent qui doit mobiliser toutes les énergies des filles et fils de notre pays.

En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture).

Dans un monde de compétition, il est illusoire de croire qu’un peuple peut assurer le bonheur parfait d’un autre peuple; l’Histoire ne donne aucun exemple de ce type. C’est pourquoi, dès ma prise de fonction en tant que Chef d’Etat, j’ai inscrit mes engagements politiques, économiques et sociaux, dans le sens de l’affirmation de notre souveraineté, qui constitue à mes yeux le préalable à tout épanouissement.

Sur le plan politique, le respect de la Constitution, symbole du contrat social qui fonde notre Nation, est une exigence absolue qui ne peut s’accommoder de compromis possibles. Je reste persuadé que si nous tous, nous avions donné à notre Constitution le caractère sacré qui est le sien, la crise ivoirienne aurait connu un meilleur dénouement dans de plus brefs délais. La Constitution reste le gage de notre souveraineté nationale. Elle mérite une mobilisation sans faille autour d’elle.

Je voudrais à ce niveau de mes propos, rendre hommage à tous nos valeureux combattants de la liberté, dont certains ont perdu la vie pour la défense de notre Constitution. Je pense particulièrement à nos braves soldats des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), toutes unités confondues.

Depuis 2002, ils se sont opposés avec héroïsme, dans des conditions souvent très difficiles, à la vassalisation de notre peuple. À chaque fois qu’ils étaient proches de l’emporter, ils en ont été empêchés par la FRANCE. Ça a été le cas en novembre 2004 et en mars 2011, lorsqu’au prix de mille sacrifices, les FDS avaient pris le dessus sur l’ennemi dans la bataille décisive de la ville d’Abidjan. Elles n’ont donc pas perdu la guerre contre l’ennemi officiellement déclaré. Je leur réitère ma grande fierté et je leur demande donc de ne point cultiver un quelconque complexe d’une armée vaincue.

Je joins à ces hommages tous ces milliers de jeunes, de femmes et d’hommes, martyrs de notre jeune Histoire, qui au prix de leur vie, ont su matérialiser notre volonté d’assumer notre destin commun en tant que peuple libre, car souverain.

Je loue le courage et la bravoure du Premier Ministre, le Professeur Aké Gilbert-Marie N’GBO, Professeur émérite d’économie, par ailleurs Président de l’Université d’Abidjan-Cocody, et de l’ensemble des membres de son Gouvernement qui sont soit en prison, soit en exil, pour avoir choisi le camp de la liberté et de la dignité africaine.

J’associe à ces hommages également tous ces grands fonctionnaires de l’Etat qui ont tout perdu et qui vivent dans le dénuement total pour n’avoir rempli que leurs devoirs. Je garde une profonde pensée pour tous ces anonymes exilés, emprisonnés ou vivant dans la peur à cause de leur foi en la grandeur de notre pays et de l’Afrique. L’Histoire leur restituera leur gloire.

Je remercie également ces innombrables Africains vivant en Afrique et ailleurs qui portent chaque jour notre combat qui est surtout le leur, partout où le besoin se fait sentir. Je les rassure de toute mon amitié. Enfin, à tous ceux des autres peuples qui croient au destin de notre continent et qui se sont engagés à nos côtés, je leur témoigne ma profonde gratitude.

Je demande la libération de tous les prisonniers politiques, car il m’appartient à moi, et à moi seul, de rendre compte au peuple souverain de CÔTE D’IVOIRE du mandat qu’il a bien voulu me confier depuis octobre 2000.

Toujours sur le plan politique, le respect de nos Institutions me paraît être un autre aspect tout aussi important de l’exercice de notre souveraineté. C’est pourquoi nous avons négocié avec les Autorités françaises la rupture des Accords de défense qui nous liaient à l’ancienne puissance coloniale. La crise que connaît notre pays nous aura appris que dans ce monde à compétition ouverte du fait de la mondialisation, les conflits d’intérêts peuvent naître entre les nations, même les plus amies. Dans ces conditions, il vaut mieux se donner une marge de manœuvre dans l’exercice de son droit de défense.

Or, ces Accords de défense, dans leur rédaction ancienne, confiaient la défense de notre souveraineté nationale de façon exclusive et entière à une puissance étrangère. Ils limitaient notre liberté d’action. Dans la même logique, la fermeture de la base militaire française du 43ème BIMA est une exigence en adéquation avec la profonde aspiration de notre peuple. L’intervention militaire française violente dans la crise électorale ivoirienne me conforte dans mes choix. Le massacre de nos compatriotes, civils pour la plupart, et surtout jeunes, par l’armée française, nous amène à nous interroger sur le sens de l’Indépendance de notre peuple.

En l’espace de six ans (2004-2011), l’armée française a tiré et tué des citoyens ivoiriens qui ne revendiquaient rien d’autre que leur droit à la liberté. C’est le plus grand traumatisme de ma vie. Mais en même temps, ces deux massacres affermissent ma conviction que le combat pour la souveraineté demeure une question existentielle pour notre peuple. Je ne me lasserai jamais de le mener. Pour cette cause, aucune humiliation ne sera de trop pour moi. J’entends mener ce combat en faisant corps avec mon peuple, avec le concours de tous les combattants de la liberté du monde entier sur la terre de nos ancêtres.

Sur le plan économique, j’ai inscrit mon action dans la logique de l’affirmation de notre souveraineté. En effet, de 2001 à 2011, la CÔTE D’IVOIRE a vécu sur fonds propres en dépit de la division du territoire en deux. Nous avons pu assurer toutes nos obligations en tant qu’Etat à l’intérieur, et tous nos engagements à l’extérieur. Dans la même logique, malgré les difficultés dans la mise en œuvre de la réforme du secteur café-cacao, le transfert de sa gestion aux paysans témoigne également de notre volonté d’affranchir les bases de notre économie de toute aliénation.

Les notions de budget sécurisé et autres, loin d’être de simples diversions thématiques, traduisent ma pensée profonde selon laquelle nous devons compter d’abord sur nous-mêmes pour assurer notre développement. Et la CÔTE D’IVOIRE en a les moyens. Je rappelle que pour le seul exercice budgétaire 2010, malgré une fin d’année tumultueuse, les services des Impôts, des Douanes et du Trésor ont mobilisé plus de 2 200 milliards de nos francs.

Qu’il me soit permis de saluer ici, tous les fonctionnaires et agents de l’Etat de ces grandes administrations qui ont su traduire dans les faits dix ans durant notre volonté de souveraineté. Pour l’année 2011, ces services s’étaient engagés à mobiliser près de 2500 milliards de francs CFA. Malheureusement, le poids de la dette, notamment extérieure, limite la portée de nos performances. L’impact social n’a pas été la hauteur de cette performance du fait du poids de la dette.

C’est pourquoi, dès ma prise de fonction, j’ai élevé cette question au rang de priorité nationale. Le poids de la dette nous rend servile. Notre Indépendance passe aussi par notre affranchissement des chaînes de cette dette. C’est à juste raison que malgré les difficultés de tous ordres, nous avons continué de la rembourser.

Le point de décision de l’Initiative PPTE atteint en 2009, malgré la situation de crise, traduit la reconnaissance de nos efforts par la Communauté financière internationale. Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peuple. C’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. La CÔTE D’IVOIRE a les moyens de vivre sans endettement excessif, pourvu qu’elle ait la pleine et libre administration de ses richesses. Je reste convaincu que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes victimes des attaques que nous subissons.

Sur le plan social, notre détermination à préserver la souveraineté de notre peuple, a fait naître en chacun de nos concitoyens l’énergie nécessaire qui mobilise autour de la Nation. Malgré les anathèmes jetés sur notre jeunesse en galvaudant les grandes valeurs du patriotisme qu’elle incarne, nous avons enregistré des progrès sérieux sur la prise de conscience de notre destin commun. De ce point de vue, notre pays est devenu porteur d’une nouvelle espérance pour toute l’Afrique combattante. Toutes les grandes nations se nourrissent de leur patriotisme. La CÔTE D’IVOIRE qui ambitionne de devenir une grande nation ne peut rougir du sien.

Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats, il y a des batailles perdues. Mais l’essentiel reste la finalité qui correspond à l’objectif du départ. Qu’une bataille perdue, ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l’affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine.

L’Indépendance que nous célébrons aujourd’hui exige de nous d’énormes sacrifices. Sur l’humus des corps de combattants tombés pour la liberté, germent toujours les grains de l’espérance des générations à venir. C’est la chaîne de solidarité des générations qui se perpétue jusqu’à la fin des temps. La génération qui se dérobe à ses devoirs de solidarité reste définitivement débitrice de celles qui la suivent, pour ne pas dire de l’humanité toute entière.

Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd’hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres. C’est une vieille loi de la nature à laquelle nous devons nous soumettre pour acquérir au bout du compte, notre pleine souveraineté. Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.

Je n’ai jamais cessé de croire que le problème ivoirien doit se régler entre nous, Ivoiriens, avec l’appui sage de l’Afrique. Je continue de m’interroger donc, sur les motivations qui ont gouverné l’action des Autorités françaises, dans un conflit qui était en traitement au niveau africain. J’observe que la crise ivoirienne s’est fortement enlisée chaque fois que le Gouvernement français s’y est impliqué au-delà du raisonnable.

C’est pourquoi j’en appelle au débat politique inter-ivoirien sous l’égide des Africains. L’Afrique a toutes les compétences pour gérer ses propres contradictions. Elle doit s’assumer pleinement si elle veut cesser d’être le théâtre des expériences les plus inimaginables qui méprisent ses propres valeurs. C’est seulement à ce prix que nul n’osera encore contester sa contribution pourtant évidente, à la construction de l’Histoire de notre humanité.

Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse la CÔTE D’IVOIRE.

Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous !


Laurent GBAGBO

LE DESESPOIR DES PRO-ADO

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Alassane Ouattara lors de la campagne présidentielle 2010.

ADO pissanci a magni deh ! pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! (Traduire la puissance de ADO est redoutable !)

Ce refrain a rythmé la campagne du candidat ADO. Ces aficionados n'ont cesse de le proclamer à qui veut l'entendre. Comme beaucoup de viande ne gâche pas la sauce, plusieurs qualificatifs lui sont attribués à souhait : Bravetchê, compétent, travailleur, généreux, etc.


Certains amis miens nous serinaient à longueur de journée que ADO est le messie attendu par la CI. La preuve ? Carnet d'adresses impressionnant, très bonne relation avec les grands et décideurs de ce monde ! Pluie de milliards à sa disposition ! Développement de la CI en un temps record ! Rayonnement à nulle autre pareille de la CI! Réunification du pays ! Fin des exactions, des pillages, tueries ! enfin une justice équitable !! Fini la xénophobie, fini les tracasseries routières ! En gros, les ivoiriens pourront vivre au paradis sans débourser un sou !


Bref devant ce déluge de qualificatifs et dispositions particulières de ADO répétés à l'envi par ses partisans, la sagesse humaine nous enseigne que c'est seulement au pied du mur que l'on reconnait le bon maçon.


Trois mois après son installation par la mafia internationale, la France et l'Onu en tête, l'unique président certifié ONU au monde, ADO, doit faire face à la réalité de la gestion des choses publiques.


Face aux décisions de leur président, les ADOrateurs déchantent de jour en jour : le refrain tant proclamé fait place à une grogne généralisée de ses partisans. Ses partisans ne comprennent plus rien. Il s'est annoncé comme un sauveur, il se présente désormais comme un bourreau ; il s'est annoncé comme le messie du changement, il se présente comme un dictateur, bref le paradis annoncé se transforme en cauchemar !

« Qu'avons-nous fait à ADO ? » ; « Nous avons voté pour lui, pourquoi nous traite-t-il ainsi » ; « Dans cette situation difficile, comment peut-il nous enlever le pain de la bouche » ; « Comment allons-nous nous occuper de nos familles ? » ; « Les FRCI nous briment ». Tels sont les griefs à l'encontre du nouveau maître du pays.

Les raisons de ce désamour ? :

- Les bulldozers ont entamé depuis 2 semaines la destruction de tous les commerces et maisons : ADO pissanci a magni deh !!

- Les paysans dans leur grande majorité ne savent plus à quel saint se vouer : ils sont soumis aux diktats des FRCI qui leur font payer des taxes imaginaires : ADO pissanci a magni deh !

- Malgré les discours officiels, on n'a toujours pas abouti à l'unicité des caisses. Au contraire, les rebelles - ont élargi leur système de prédation à toutes les régions. Alors que l'on espérait maintenant avec l'installation du nouveau pouvoir la réunification du pays et de son économie. ADO pissanci a magni deh !

- Les populations sont rançonnées sous peine d'être arrêtées, les FRCI leur extorquent de l'argent régulièrement. Les populations vivent encore dans un effroi sans nom : ADO pissanci a magni deh !

- Pas un seul jour sans un coup d'état (imaginaire) déjoué. Le régime s'est installé dans une paranoïa et est atteint de « complotite ». Bonjour les arrestations arbitraires et les inculpations fantaisistes : ADO pissanci a magni deh !

- Les forces régulières désarmées au profit de bandes armées incontrôlables : ADO pissanci a magni deh !

- Les FRCI, armée républicaine par compétence, sont pointés du doigt par les populations : abus de pouvoir, substitution au juge ; jugement arbitraires, vols : ADO pissanci a magni deh!

- Du côté des transporteurs, soutien incontestable de ADO, le racket et les exactions battent leur plein. : Prélèvement des taxes aux véhicules de transport, pourboire obligatoire aux barrages, les bavures autrefois décriées par ces derniers passent désormais sous silence ! leur voix est inaudible eux si prompts à enclencher des mouvements de grève ! ADO pissanci a magni deh !

- Les prix des denrées alimentaires augmentent chaque jour : sac de riz prix gbagbo 17500 Fcfa, prix ADO 21500 FCFA ou 25000Fcfa d'un commerçant à un autre. ADO pissanci a magni deh !

Toute cette ambiance n'augure rien de bon pour la CI.

Pour terminer, juste cette phrase d'une amie : ''La CI est en deuil depuis 2002, et le 11 avril, nous avons commencé nos funérailles et pleurons tous les jours notre président. Sincèrement on ne peut pas gérer deuil de quelqu'un d'autre ! : Maintenant s'ils veulent nous rejoindre dans nos funérailles, ils sont les bienvenus''.

Les pro-ADO commencent à regretter amèrement d'avoir cru aux promesses du bravetchê. Ils ont vite fait de déchanter tant l'espoir a fait place à la désillusion. Ils crient leur colère et leur profonde déception.


Le maçon GBAGBO serait-t-il meilleur que le maçon ADO ? Il n'y a qu'un pas que de nombreux ADOrateurs ont franchi allégrement, ces derniers temps.

En effet, certains pro-ADO ont même composé un refrain qui semble gagner le pays petit à petit. "ADO pissanci a magni deh!" sera-t-il remplacé par "Gbagbo kafissa" ou "Gbagbo kagni" (Gbagbo est mieux ou meilleur ou Gbagbo est généreux) ?

Le Temps n'est-il pas l'autre Nom du Dieu Tout-puissant ? "Let's wait and see", disent les anglais !


Nina GLEZ, une patriote.

vendredi, 05 août 2011

APRES LE RETOUR DE KONAN BONIFACE, ALLER PLUS LOIN DANS LE PROCESSUS DE RECONCILIATION

 

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Nous commençons notre intervention de ce jour avec un récit qui figurerait volontiers et valablement au chapitre des faits divers, c'est-à-dire des faits banals et isolés de la vie quotidienne, s'il n'avait pour point de mire le comportement ubuesque d'un élément des FRCI.

Nous effectuions un voyage à l'intérieur du pays pour des raisons, somme toute, assez personnels, ce samedi 30 juillet 2011, quand notre mini car Massa de marque Mercédès a dû obtempérer au coup de sifflet des forces de l'ordre, aux environs de 13 heures, au corridor de Yamoussoukro Zatta. Après les contrôles de routine, nous avions amorcé notre départ des lieux, quand un autre coup de sifflet a retenti : contrôle des agents des eaux et forêts. Le conducteur stationne et le véhicule est passé au crible. Rien à signaler à part un grand bidon jaune de 20 litres, rempli d'huile de palme rouge, dont le propriétaire est introuvable. En tout cas, absent du mini car. Le conducteur est lui-même surpris qu'un tel bidon soit dans son véhicule sans qu'il en ait été informé. Le soldat FRCI armé d'une kalachnikov et couvrant le contrôle de l'agent des eaux et forêts effectuant le contrôle exige donc que ledit bidon soit descendu et mis sous consigne. Notre conducteur s'y refuse dans un premier temps, estimant qu'il est de son devoir de répondre de tout colis chargé dans son engin, en l'absence de tout propriétaire.

Mais notre soldat FRCI se faisant menaçant, le fameux bidon est descendu. Des pourparlers s'engagent donc. Il est demandé à notre conducteur de verser une certaine somme, un passe-droit, afin de récupérer son bidon. Il y oppose une fin de non recevoir. Après de longues discussions et un coup de fil à sa gare pour informer ses supérieurs qu'il abandonne un colis chargé à son insu dans le mini car, quitte au vrai propriétaire de venir en effectuer le retrait auprès des agents du corridor, il s'engouffre dans sa cabine et démarre. Nous avons tout juste le temps d'entendre le premier vrombissement du mini car quand une détonation assourdissante se fait entendre dans notre dos. Le soldat FRCI venait d'ouvrir le feu. Branle-bas général au corridor, scène de terreur et cris d'épouvante dans le mini car, des femmes dioulas en pleurs dans leur langue, deux blessés qui se tiennent la tête en sang. Le conducteur freine des quatre fers. Nous descendons tous de l'engin dans le plus grand désordre.

Que s'est-il passé ? Le soldat FRCI n'ayant pas reçu son passe-droit a tiré une balle de kalachnikov dans le bitume, qui en a arraché le gravier, a ricoché sur la carrosserie du véhicule côté pneu arrière droit et les éclats ont blessé notre « apprenti », ainsi que celui d'un autre mini car Massa stationné à quelques mètres. Nous avons ainsi été immobilisés pendant près d'une heure pour décanter cette situation totalement irréelle. Pendant que les chefs de poste FRCI du corridor appelaient leur hiérarchie à Yamoussoukro pour régler ce grave incident et faire admettre les deux blessés au CHR de la capitale, des gendarmes, ex-FDS non armés, faisaient des remarques au soldat indélicat. Les passagers ne s'en privaient pas non plus. Particulièrement deux femmes malinké qui criaient toute leur colère et leur profonde déception.

L'un des gendarmes lui a fait comprendre qu'un tir de sommation se faisait en l'air et non dans le sol et qu'il aurait pu faire des morts. Il n'en fallait pas plus pour faire « péter les plombs » à notre pistolero : « Je n'aime pas ça ! Méfie-toi, hein ! C'est parce qu'on ne veut pas parler c'est ça, sinon si on veut voir-là, nous on vous a gagné (sic !), c'est pour ça qu'on est là. Si on veut même là, on peut vous chasser d'ici ! ». Il reprend sa kalachnikov, qu'il avait entre temps adossé à un pan de mur du poste, et l'arme bruyamment. Débandade générale au corridor avant un retour précaire au calme. Tout le monde a craint un nouveau tir. Les ex-FDS présents sur les lieux, douaniers, policiers, eaux et forêts et gendarmes, n'en croient pas leurs yeux. Aucun d'eux, du reste, n'a la moindre arme. Dans cette nouvelle Côte d'Ivoire. A part, bien sûr, ces ex-rebelles. Le soldat FRCI quitte les lieux pendant une bonne quinzaine de minutes, à moto, tout en colère, imbu qu'il est de sa personne, et revient juste à temps pour voir arriver sa hiérarchie dans une Mercédès berline et un pick-up, sans immatriculation, badigeonnés de peinture noire avec une inscription d'un jaune éclatant : « FRCI ». Sur ces faits, n'en pouvant plus d'attendre et plus qu'écoeuré, nous empruntons un autre car pour poursuivre notre voyage.

Cette fin est plutôt heureuse quand on sait que ce corridor, comme tous les autres d'ailleurs en Côte d'Ivoire, grouillent de vendeurs de toutes sortes et surtout de petites vendeuses d'arachides, de maïs bouillis, de bananes braisés, d'eau en sachet, de tomates, etc. Il aurait pu y avoir mort d'homme. Et le drame serait resté sans suite, dans cette impunité générale dont jouissent les FRCI. Il faudrait beaucoup de contorsions et un véritable nettoyage au karcher à la Côte d'Ivoire pour retrouver une armée digne de ce nom.

Ce récit rocambolesque, pour souligner à quel point notre armée a rétrogradé dans l'estime de sa population et donne, aujourd'hui, l'image d'une bande d'incontrôlés et d'incultes. Devant autant d'incurie, vous comprendrez notre joie que les vrais professionnels soient de retour (à tout le moins, une partie). En effet, c'est avec un plaisir réel que nous avons vu revenir d'exil nos dignes soldats à travers les personnes du Colonel-major Konan Boniface, l'Enseigne de Vaisseau Honoré Zohin, le Lieutenant Delafosse Oulaï et le Lieutenant Sama Emmanuel, le frère cadet de l'ancien ministre de Robert Guéi. Nous saluons à juste titre le retour de ces hommes connus pour leur professionnalisme et leur bravoure ainsi que le beau coup de la délégation abidjanaise partie les rencontrer et négocier avec eux au Ghana, avec à sa tête le ministre Adama Bictogo de l'Intégration Africaine et le Ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi. De tels officiers peuvent valablement contribuer à rehausser l'image et la réputation de notre armée, assez mal en point, il faut l'avouer, avec des faits comme ceux que nous avons vécus à Yamoussoukro, et qui sont loin, bien loin d'être des actes isolés. Et surtout, les voir revenir au bercail a une vertu fortement apaisante pour le microcosme ivoirien.

Nos soldats ne sont pas rentrés sans un minimum d'assurance à eux donnée par les émissaires d'Alassane Ouattara, à savoir : la prise en charge de leur sécurité, la libération du général Dogbo Blé et de tous les autres militaires incarcérés, la garantie de ne subir aucune intimidation ni tracasserie du commissaire du gouvernement, Ange Bernard Kessy, et de ne faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire, estimant ne rien avoir à se reprocher et n'avoir fait que leur travail républicain : celui de défendre la patrie attaquée et l'institution présidentielle, alors reconnue par le Conseil Constitutionnel, en péril. Des promesses leur ont été faites à ce propos qui restent, néanmoins, à négocier point par point avec le pouvoir en place.

Libérer les militaires aux arrêts est la condition sine qua non du retour des autres soldats en exil et de la paix en Côte d'Ivoire ; elle devrait pouvoir entraîner une conséquence logique : la libération des prisonniers civils n'ayant pas de responsabilité politique (comme Hermann Aboa et bien d'autres) et même - pourquoi pas, si on veut vraiment aller à la réconciliation - de tous les prisonniers, y compris du Président Laurent Gbagbo et de son épouse. Oui, il nous faut aller plus loin dans le processus de réconciliation nationale et dans notre volonté de faire la paix. Celle des braves.

Mais des appréhensions légitimes demeurent : nous avons, avec effarement, entendu le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara accuser le journaliste co-animateur de l'émission « Raison d'Etat », Hermann Aboa, devant la presse américaine - à peine foulait-il le sol étasunien -, d'avoir reçu de l'argent du Président Gbagbo, avoir acheté des armes et les avoir distribués à des miliciens. Ce qui justifierait sa mise sous mandat de dépôt. Comment se fait-il alors que des faits aussi graves n'aient pas fait l'objet, à titre principal, des charges retenues contre ce jeune journaliste et que ce soit après coup que l'opinion mondiale et ivoirienne ait eu connaissance de ces chefs d'inculpation ? Une énigme qu'il faudrait éclaircir au plus vite. Il y va de la crédibilité même du Chef de l'état ivoirien. Qui devrait éviter de descendre dans la fange et se garder de constituer une entrave à la justice, en empêchant la vérité des faits d'éclore, permettant ainsi à la justice des vainqueurs de prospérer et de s'enraciner en Côte d'Ivoire.

Notre perplexité voire nos inquiétudes relatives à la fiabilité des promesses du pouvoir à aller à la réconciliation résident dans les propos surréalistes tenus par un « super-président » et un chef d'Etat tout-puissant comme Alassane Ouattara contre un civil aussi inoffensif qu'Hermann Aboa. Cette disposition de Monsieur Ouattara à régler ses comptes de façon aussi expéditive peut-elle nous mettre à l'abri d'un coup de théâtre historique relativement au sort des officiers supérieurs fraîchement rentrés d'exil et nous garantir une sortie honorable de crise ? La Côte d'Ivoire ne joue-t-elle pas là un véritable poker menteur ? Pour l'heure, attendons de voir ce qu'enfantera toute la cour faite aux soldats ivoiriens en exil. L'avenir proche nous situera, définitivement.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 285 du jeudi 4 août 2011.

jeudi, 04 août 2011

A CONTRE-COURANT DE L'HISTOIRE

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Si l’on en croit les idéologues officiels du régime Ouattara, la Côte d’Ivoire devrait se réjouir comme un seul homme. Et pour cause: notre bien-aimé Chef d’Etat est allé aux Etats-Unis où il a rencontré – accompagné de trois autres de ses pairs francophones, avec qui il était convié au sommet du G8 – Barack Obama. Dans le bureau ovale! Des “pluies de milliards”viendront donc du pays de l’oncle Sam. Elles nous sauveront de nos propres turpitudes, notamment de la faillite programmée de notre économie, elle-même liée à neuf ans de guerre sauvage pour le pouvoir et à la destruction systématique de l’outil de production national par qui nous savons.

 

Sauf que… il y a un hic ! Le président de la première puissance mondiale a reçu ses homologues africains alors qu’il était tourmenté lui-même par une question qui angoisse toutes les places du marché du monde développé. Celui du “plafond de la dette” américaine. Les parlementaires américains s’étripent autour de cette thématique. Les Démocrates veulent que le montant maximum de l’endettement américain, déjà relevé huit fois en dix ans, remonte encore. Ce n’est en effet qu’en “prenant crédit” que l’Etat central peut payer ses différentes charges. Les Républicains, adversaires d’Obama, exigent qu’en contrepartie, des économies substantielles soient faites – que certaines dépenses, notamment sociales, soient annulées. Cette polémique – qui se règlera sans doute dans les heures qui viennent – témoigne en tout cas de l’état économique des Etats-Unis. Elle montre la première puissance mondiale telle qu’elle est. Une nation financièrement essoufflée, tenue en laisse par ses créanciers – notamment les très économes Chinois, premiers détenteurs des bons du Trésor américain.

En gros, ceux qui nous prêtent de l’argent en empruntent eux-mêmes massivement auprès de pays plus liquides. Nos “sauveurs” cherchent eux aussi à être sauvés. L’Occident est en crise. Et si les Européens ont tout mis dans la balance pour que la Française Christine Lagarde succède à Dominique Strauss-Kahn, c’est parce qu’ils espèrent que l’institution sera plus compréhensive envers ceux d’entre eux qui “mériteraient” un programme d’ajustement structurel aussi violent que ceux auxquels l’Afrique a été soumise. La Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne… et demain l’Italie ou la France?

Sur le “vieux continent”, l’effet contagieux de la “misère du monde” va du Sud vers le Nord. Avec d’autres indices, il témoigne d’un changement des équilibres économiques mondiaux. Au détriment de l’Occident. Au profit des pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et dans une moindre mesure la Russie et l’Afrique du Sud. Les Ivoiriens, aveuglés par leurs querelles autochtones, ne peuvent pas ne pas voir ce mouvement de fonds mondial. En réalité, la guerre que nous avons vécue et la reprise en main brutale qui va jusqu’à l’installation à la Présidence d’un conseiller économique français chargé officieusement d’orienter au “bon endroit” un peu de “gras”, témoigne de la tentation occidentale d’instrumentaliser la seule supériorité intangible qui lui reste – la supériorité militaire – pour se faire “respecter” dans la jungle des échanges économiques internationaux. Et pour garder quelques marchés captifs. L’invasion de la très lucrative Libye, sous le faux nez d’un Conseil National de la Transition (CNT) fantoche, relève de la même logique implacable.

Le temps d’Houphouët-Boigny ne reviendra donc jamais. La Françafrique traditionnelle a prospéré pendant l’époque des “trente Glorieuses”. Elle était une relation de sujétion stratégique entre un pays riche ayant encore les moyens de sa politique et un “dominion” sous-peuplé et doté de richesses encore inexploitées. Aujourd’hui, nous avons en face de nous les responsables politiques de nations déclassées qui doivent résoudre leurs problèmes chroniques de dette et de compétitivité, et qui veulent se rassurer en faisant des “coups” vite rentabilisés. Or, pour créer les conditions d’une croissance qui peut relever le défi de notre poussée démographique, il nous faut autre chose que des “grands-frères” voulant nous recoloniser pour s’en sortir eux-mêmes.

La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui assume jusqu’à la caricature sa sujétion à la “communauté internationale” occidentale, va clairement à contre-courant de l’Histoire. L’Afrique doit aujourd’hui relever le défi de la stabilité de ses Etats – ceux qui nous dirigent actuellement n’ont cessé de déstabiliser l’Etat quand ils étaient dans l’opposition et s’appuient aujourd’hui sur leur statut de “chouchous” de l’Occident pour refuser de faire les gestes qui renforceront la cohésion nationale. Donc, forcément, la solidité des institutions.

L’Afrique, convoitée pour ses richesses, doit se battre pour sa souveraineté, seule gage de multipartenariats fructueux pour elle. Parce qu’il bénéficie pour l’instant du soutien de la France, Alassane Ouattara réclame le maintien du 43ème BIMA jusqu’à prétendre, devant des journalistes français, que l’Algérie – où l’Occident mène la guerre contre les Islamistes – est à nos portes. Les choses sont pourtant claires. A ce moment précis de l’évolution de l’histoire, un dirigeant africain ne peut à la fois enrichir son peuple et complaire à l’Occident. Il faut choisir. Alassane Ouattara a choisi, et son choix est connu de tous. Nous lui souhaitons bien du courage.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

OUATTARA A PERDU L'ELECTION PRESIDENTIELLE: LES ARGUMENTS-CHOCS

 

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Dans un texte précis et méticuleux, Ahoua Don Mello, ex-patron du Bureau national d'études techniques pour le développement (BNETD), impliqué dans le processus électoral à travers sa filiale SILS-Technology, démontre scientifiquement qu'Alassane Ouattara a perdu les élections en Côte d'Ivoire. Et mis en place une fraude gigantesque à travers la Commission électorale indépendante (CEI), qu'il contrôlait. A lire et à faire lire. Même quand les enjeux d'actualité sont passés, l'Histoire reste toujours à écrire.

 

La vérité des urnes

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a été vécue de manière très douloureuse par les Ivoiriens, chacun selon ses raisons. C’est pour cela que je tiens publiquement à exprimer toute ma compassion à tous ceux qui en ont souffert et qui souffrent encore. Notre compassion serait vaine si ces souffrances devaient se répéter un jour, car nous ne sommes pas à notre dernière élection ni à notre dernière crise électorale. Alors pour inhiber toutes les formes de ressentiment, seuls la découverte de la vérité des urnes du 28 novembre, l’examen des problèmes qui se sont posés et les dispositions à prendre pour éviter les crises, ou si elles surviennent, les dispositions à prendre pour les résoudre pacifiquement, peuvent nous permettre de soigner nos douleurs et construire notre nation en faillite. S’attaquer aux effets en ignorant la cause de la crise serait une erreur de méthode, car cela ne nous met pas à l’abri d’une autre crise, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

La grande bataille que nous devons livrer pour asseoir durablement la démocratie est la bataille contre la fraude électorale qui s’est révélée endémique dans les conditions des élections de 2010. C’est dans ce seul but que, prenant acte de la faillite de la commission  Electorale Indépendante (CEI) à proclamer les résultats des élections dans les délais prescrits par le code électoral et l’imposture de son président Monsieur Youssouf BAKAYOKO, à proclamer hors délai les résultats du 2ème tour d'une élection présidentielle au quartier général de campagne d'un des candidats sans procès verbal signé de tous les membres de la commission centrale. Prenant aussi acte de l’attitude incongrue du conseil constitutionnel à proclamer deux présidents pour une seule élection, pendant deux mois, à raison de 15 heures par jour, je me suis évertué à passer en revue les 19 041 procès verbaux (PV) issus des élections du 28 novembre 2010 pour asseoir mon intime conviction sur les élections de 2010. Les résultats que je vais livrer sont édifiants. Mais le travail étant fait par le militant du Front Populaire Ivoirien que je suis, toute suspicion serait certainement légitime. C'est pour cela, mon souhait le plus cher serait que chaque personne physique ou morale (ONG, Association, etc.) à la quête de la vérité des urnes du 28 novembre puisse refaire le même exercice. Cela suppose que l’ONUCI accepte de mettre à la disposition du public l’ensemble des procès verbaux qu'elle détient et que la SAGEM ou la CEI puisse mettre à disposition le répertoire des bureaux de vote. Pour ma part je suis prêt à le faire. Mais la crédibilité des PV et du répertoire sera d’autant plus grande que si la source est onusienne bien que dans ce conflit son impartialité soit douteuse.

Les procès verbaux qui m'ont servi de base de travail sont ceux remis au représentant du facilitateur et à l’ONUCI.

Les procès verbaux examinés par l’ONUCI sont de trois sources :

- PV originaux remis par la CEI au représentant spécial du facilitateur dans les sacs scellés (18433 PV exploitables) ;

- PV numérisés et transmis par SILS non compris parmi les 18 433 exploitables ci-dessus (548 PV supplémentaires) ;

- PV annoncés publiquement par la CEI pour l’étranger (60 PV supplémentaires).

Cela fait au total 19 041 procès verbaux (PV) sur 20 073 bureaux de vote (BV) soit 1032 PV manquants non transmis à la CEI centrale par les commissaires électoraux Car chaque bureau de vote doit remettre obligatoirement un PV.

Les 19 041 PV correspondent à 5 418 833 inscrits sur un total de 5 725 722 électeurs. Il serait important, dans le cadre de la recherche de la vérité sur les élections de 2010 que l’on étudie le sort des 1032 PV manquants et l’on situe les responsabilités car il s’agit du droit de vote de 306 889 électeurs pouvant induire une erreur de 7 points sur le résultat de chaque candidat.

Les 19 041 PV, au cours de l’exercice que j’ai effectué, ont été classés en deux catégories. Les PV frauduleux et les PV d’apparence non frauduleux.

J’ai classé dans la catégorie des PV frauduleux ceux présentant les caractéristiques suivantes et donc ne satisfaisant pas les critères définis par la CEI :

- Les PV sans sticker car la commission électorale indépendante a remis à chaque bureau de vote un sticker pour authentifier le procès verbal. L’absence du sticker invalide le procès verbal selon les règles de la CEI ;

- Les PV fictifs car ayant un lieu de vote non renseigné ou le lieu de vote renseigné sur le PV ne correspond à aucun lieu figurant sur le répertoire des lieux et bureau de vote ;

- Les PV dont le nombre de voix par candidat n’a pas été renseigné ou illisibles ;

- Les PV dont le nombre de suffrages exprimés additionné au nombre de bulletins nuls est supérieur au nombre de votants. J’ai éliminé ces PV car tout se passe comme si les bulletins de vote se sont multipliés dans l’urne ;

- Les PV dont le nombre de votants est supérieur au nombre d’inscrits de plus 18, car la règle établie par la CEI ne tolère pour chaque bureau de vote qu'un maximum de 18 votants supplémentaires au nombre d'inscrits. Cela pour permettre à ceux qui sont en mission et autres déplacés de pouvoir voter ;

- Les PV dont la somme du nombre de voix pour les deux candidats diffère du nombre total de suffrages exprimés ;

- Les PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas.

Les cas de fraude les plus significatives sont repartis comme suit :

- Nombre de PV fictifs : 2 090

- Nombre de PV sans sticker : 1 320

- Nombre de PV avec un nombre de votants non inscrits supérieur à 18 : 97

- Nombre de PV dont le nombre de suffrage exprimé est supérieur au nombre de votants : 66

- PV dont la somme des suffrages exprimés par les deux candidats est supérieur au suffrage exprimé : 31

Soit au total 3 604 PV hormis les fraudes mineures. Les 3 604 PV représentent 1 069 285 voix.

J’ai considéré comme valides les PV dont l'un des candidats n’a pas de représentants, même si cela s’est abondamment produit dans la quasi-totalité des bureaux de vote de la zone sous contrôle de la rébellion où le candidat Laurent GBAGBO n’avait aucun représentant. De nombreux soupçons de fraudes existent sur plusieurs PV. Seule une commission qui pousserait plus loin l’analyse en ayant à disposition les listes d’émargement et le contenu des urnes peut découvrir les PV frauduleux issus de la catégorie des PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas. L’absence du représentant d’un candidat n’est pas une situation de fraude en l’état actuel des règles de la CEI.

Le résultat obtenu en ne retenant que les procès verbaux valides au stade actuel des moyens d’investigation (absence de liste d’émargement, d’urnes contenant les bulletins de votes) est le suivant :

- Nombre de suffrages exprimés : 4 065 262 soit un taux de participation de 71% correspond à peu près au chiffre annoncé par la CEI à la fermeture des bureaux de vote ; chiffres basés sur les listes d’émargement qui sont loin des 81% obtenus sur la base des PV.

- GBAGBO Laurent…………..……2 132 229       soit 52,45%

- OUATTARA Alassane…………..1 933 033       soit 47,55%

Au vu des documents, la principale source de fraude provient des commissaires de la CEI responsables des zones sous contrôle de la rébellion et des présidents des commissions locales qui ont pu faire disparaître 1032 procès verbaux sans aucune explication officielle. Lorsqu’on se rend compte que la quasi-totalité de ces commissaires et des présidents des commissions locales sont des militants RHDP donc pro-Ouattara et qu’ils avaient les résultats du premier tour, rien ne les empêchait de créer des situations qui invalident des PV favorables au candidat adverse (Cas de Paris). En plus, étant chargé de la gestion des PV et du matériel électoral, rien ne les empêchait de substituer aux vrais PV des faux PV ou des PV sans sticker. Au vu du nombre élevé de PV sans sticker et de PV fictifs tout laisse à croire que c’est ce qui s’est passé.

Enfin les scores soviétiques dans la zone sous contrôle des rebelles avec l’absence des représentants du candidat GBAGBO pourchassés par ces rebelles, constituent la seconde source de fraudes. Une commission électorale équilibrée et une sécurité non partisane, constituent les conditions d’élection avec un minimum de fraude.

En effet, des élections crédibles ne peuvent être organisées en Côte d'Ivoire que si la nation est une et entière. Quelques soient les arguments avancés par la communauté internationale sur la faisabilité d'organisation des élections, il faudra d'abord et avant tout unifier le pays, le pacifier.

La possibilité d’une résolution pacifique de la crise

En cas de crise, une commission de recomptage est la voie la moins coûteuse. Seul, j’ai mis deux mois ; cela veut dire qu’une commission mettra moins de deux mois pour régler la crise. Il faut donc sécuriser tous les documents électoraux depuis les urnes, en passant par les listes d’émargements jusqu’au PV. La présence des représentants des candidats doit être une obligation afin d’éviter des PV fantaisistes et les bourrages d’urnes.

L’exemple d’HAÏTI est instructif. Au premier tour des élections présidentielles tenues le 28 novembre 2011 correspondant à la date du deuxième tour en cote d’ivoire,  le Conseil électoral Provisoire (CEP) haïtien a proclamé des résultats, validés par le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, qui éliminaient le chanteur Michel MARTELY au premier tour et plaçaient le candidat du pouvoir Jude Célestin en tête. La protestation de ces résultats a entraîné une médiation internationale. Une mission d’enquête de l’Organisation des États américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et a procédé à un recomptage des voix qui a exclu Monsieur Jude Célestin du deuxième tour. Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU s'en est excusé auprès du peuple haïtien.  Monsieur Michel MARTELY est, aujourd'hui, le Président de la république de Haïti.

Pourtant, au même moment, la protestation des résultats et la demande de recomptage des voix en Côte d’Ivoire sont balayés d'un revers de main par le secrétaire général de l'ONU et son représentant spécial considérant comme une injustice le recomptage des voix. Malgré l'insistance du Président  Laurent GBAGBO auprès de l'Union Africaine et du reste de la communauté internationale.

De même que la république d’HAÏTI a pu éviter une guerre en empruntant la voie du recomptage imposé par la communauté internationale (France, USA, ONU) lors du premier tour des élections, de même la Côte d’Ivoire pouvait faire l’économie d’une guerre en utilisant la même solution pour des crises identiques. Belle leçon de gestion de la crise électorale par les mêmes acteurs de la communauté internationale.

Qui avait donc intérêt à faire une guerre en Côte d’Ivoire ? Ceux qui, de toute évidence connaissaient la vérité des urnes telle que je viens de les exposer. Pour ceux là, la voix du recomptage était sans issue, seule la guerre pouvait donner la réponse souhaitée, donc procéder, vaille que vaille, à un coup d'état.

Les ponts d'une réconciliation durable

Commencée en 2002 avec un seul visage, cette guerre s’est terminée en 2011 avec tous les visages dont celui de la France en première ligne avec des bombes larguées sur nos têtes pour nous « protéger ». Au-delà de la résolution 1975 de l’ONU, en violation flagrante de l’accord de cessez le feu conclu en 2003 et qui a justifié l’envoi des forces onusiennes pour faire respecter cet accord, en violation de l’embargo sur les armes et en violation de l’accord de fin de guerre conclu en 2005 à Pretoria, la Côte d’Ivoire a vécu une page sombre de son histoire sous l’instigation de la France qui a réussi à diviser pour mieux régner en jouant au pyromane et au pompier et en se jouant de l’Union Africaine mise hors jeu en dernière minute.

Il est temps que nous Ivoiriens, nous Africains comprenions définitivement que notre salut ne viendra pas de l’extérieur et que ce ne sont pas les primes de guerre que les différents bailleurs de fonds vont annoncer les uns à la suite des autres qui développeront nos pays et ce continent. Si certains y croient encore c’est leur droit mais cela ne doit pas être l’occasion d’écraser ceux qui croient l’inverse.

Le faux prétexte qui consiste à dire que la guerre a été déclenchée par le refus du Président GBAGBO de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections doit aussi être abandonné car aucune déclaration de GBAGBO ne peut être brandie pour prouver de telles affirmations ayant fait du silence sa méthode de gestion de cette crise. GBAGBO a souhaité un recomptage des voix comme en Haïti au lieu de la guerre, mieux, l’institution compétente pour faire d’un candidat le vainqueur des élections présidentielles n’est pas GBAGBO mais bien le conseil constitutionnel qui l’a proclamé vainqueur du 2ème tour des élections comme cela s’est passé au 1er tour. Après la décision de l’Union africaine, malgré le non recomptage des voix, il a pris acte des propositions faite par cette dernière à travers un communiqué du gouvernement et a donné son accord pour la désignation d’un haut représentant pour entamer les négociations qui devaient démarrer le 5 avril. Une adresse à la nation plusieurs fois reportée devait être faite après la désignation du haut représentant pour préciser les conditions de mise en œuvre des propositions de l’Union africaine en accord avec plusieurs de ses pairs africains auprès de qui il a dépêché des délégations après le sommet de l’Union africaine

C’est dans cette attente de la désignation et de l’arrivée du haut représentant de l’union africaine, que le Président Français Monsieur Nicolas SARKOZY, en violation du cessez le feu et de l’accord de fin guerre, a déclenché la guerre avec l’appui de l’ONUCI et des rebelles lourdement armés en violation de l’embargo sur les armes.

En effet certains opérateurs économiques de l’Union européenne avaient décidé de passer outre l’embargo à partir du 30 mars si aucune solution n’est trouvée à la crise. Ces opérateurs pouvaient ne pas respecter leur engagement surtout la livraison de matières premières convoitées par d’autres opérateurs économiques hors zone Union européenne. Les négociations de l’Union africaine qui devaient commencer le 5 avril étaient donc inacceptables pour Mr SARKOZY, c’est ainsi que les besoins en matières premières ont primé sur la méthode de règlement pacifique de l’union africaine et l’ordre de violation du cessez le feu a été donné le 28 mars.

N’en déplaise à ceux qui n’ont pas encore compris que les états n’ont que des intérêts et pas d’amis et qui ont la naïveté de croire encore que l’armée française est intervenue pour les sauver. Le gouvernement a appelé au respect du cessez le feu en décidant d’un cessez le feu unilatéral pour ne point se rendre complice d’une guerre inutile de la France contre la Côte d’Ivoire.

Face à l’impossibilité des rebelles de prendre les institutions de la république malgré l’appui aérien français et onusien, dans la nuit du 2 au 3 avril, 17 avions cargo de l’armée française ont débarqué un régiment de bérets verts de la Légion étrangère  et du matériel de guerre après avoir braqué  l’aéroport. On connaît la suite. En violation flagrante de la résolution 1975, 50 bombardements sur la résidence du chef de l’état et une colonne de 30 chars de l’armée française ont eu raison du Président GBAGBO le 11 avril 2011. Après ce coup d’état inédit, l’heure est venue de faire la paix. Toute paix après une guerre commence par un accord de paix. Ce que le Président GBAGBO a appelé, la partie civile de la crise ou ce que AFFI N'GUESSAN a appelé la solution politique de la crise.

Vouloir passer outre ce traité et agir en éternel « vainqueur » en traquant à tous les coins du pays les « vaincus » serait une erreur car la nation ivoirienne ne pourra que s’effriter davantage et en plus les éléments constitutifs d’un état disparaissent par des pillages. Nous avons des généraux sans armées, des ministres sans ministères, des juges sans tribunaux, des députés sans assemblée. L’heure est au chantage et au pillage par une armée de rebelles et de prisonniers en armes se considérant « vainqueurs » de l’armée régulière et abandonnée sans solde par les recruteurs.

Aujourd'hui, tous les sachants du FPI et du gouvernement sont soit en prison, soit en exil donc n’ont pas le droit à la parole, ni au dialogue, ni à l’expression de leur part de vérité.

Aujourd’hui près de 2 millions d’électeurs presque tous du LMP sont des exilés internes ou externes sur une population électorale qui ne compte que 5 700 000 électeurs. Si on ajoute à ces 2 millions ceux qui ne sont pas exilés mais persécutés chaque jour dans leur existence pour être des proches de GBAGBO,  l’on se rend bien compte que ce n’est pas la majorité qui a voté Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et qu’il sera difficile de gouverner contre cette majorité.

Il faut donc créer les conditions de leur libération et de leur retour pour que toutes les vérités soit dites, que tous les victimes et responsables de crimes soient identifiés avant que la justice ne prenne le relais. Vouloir faire autrement, c’est vouloir cacher un pan important de la vérité sur la crise ivoirienne.

Le gouvernement illégal et illégitime de rebelles formé à Bouaké de 2002 à 2010  n’a pas plus de légitimité que le gouvernement de l’honorable professeur AKE NGBO formé selon les lois et règlements de son pays ; les 10 000 morts de cette rébellion pendant cette période de 2002 à 2010 et le génocide Gueré en 2011 par le fait des rebelles doivent être soumises de la même justice que les victimes alléguées au camp Gbagbo.

Selon la commission spéciale mise en place par l’ONU sur les trafics en zone rebelle, plus de 250 milliards de FCFA de ressources par an soit plus de 2000 milliards en 8 ans (diamant, cacao, bois, coton, anacarde, vente illégale de carburant, moto, vélo, pagne, sucre, lait, huile, casses d’agences BCEAO, etc.) ont été détournés par les rebelles sans qu’aucun compte n’ait été fait à l’état. Les auteurs de tous ces crimes ne peuvent pas être en liberté tandis que ceux qui ont permis à l’état d’exister malgré ces manques à gagner sont en prison ou poursuivis. Selon Africa Mining Intelligence n°251 du 01/07/2011, l’exploitation frauduleuse par les rebelles du diamant continue jusqu’aujourd’hui exploitant plus de 300 000 carats chaque année générant plus de 12 milliards l’an.

Si le souci du nouveau pouvoir est véritablement de bâtir un état de droit, alors il est important que la loi  ne soit pas à double vitesse et qu’elle soit la même pour tous au risque de faire de la justice un instrument d’injustice qui entraverait pour longtemps la paix et l’unité nationale.

Reconstruire l’état, l’état de droit, la nation et la démocratie reste donc une œuvre immense qui doit commencer par la liberté d’aller et venir et la liberté d’expression en toute sécurité, en libérant Laurent GBAGBO et tous les prisonniers politiques et en créant les conditions de sécurité nécessaires pour le retour des exilés. Tels sont les préalables à toute réconciliation sincère et durable qui n’hypothèque pas l’avenir.

 

Ahoua DON MELLO

Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées, Ex-Directeur Général du BNETD,

Ministre de l’Equipement et de l'Assainissement, Porte-parole du Gouvernement AKE NGBO

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 03 août 2011

LIDER SERA LE CONTRE-POUVOIR A OUATTARA: UNE INTERVIEW DE MAMADOU KOULIBALY AU MAROC

 

MAMADOU KOULIBALY 7.JPG

LE MATIN: Quelle est la situation actuellement en Côte d'Ivoire ?

MAMADOU KOULIBALY: La situation en Côte d'Ivoire est en train d'avancer lentement. Nous avons eu des élections qui se sont terminées par une guerre et qui ont vu la victoire de Alassane Ouattara soutenu par le concert international. Monsieur Laurent Gbagbo est en prison. Le président Alassane Ouattara gouverne. Il dissout l'Assemblé nationale alors qu'en réalité il n'en a pas le droit. Il dissout le Conseil constitutionnel et le remplace, alors que la législation en vigueur ne l'y autorise pas. Il suspend les salaires des députés, gouverne par des décrets et des ordonnances… Malheureusement l'insécurité continue, même si les tensions ont baissé, même si on n'entend plus tirer des coups de feu dans les grandes villes, il y a des poches d'insécurité. Parce que les soldats que le président Alassane Ouattara a rassemblé pour venir faire la guerre sont indisciplinés. Donc en attendant que l'on trouve une solution à cela, il reste encore des poches d'insécurité. Les entreprises attendent donc que ces poches d'insécurité disparaissent pour revenir s'installer. En attendant, le chômage continue, la crise continue, même si elle n'est plus militaire…

Quel rôle doit jouer votre Assemblée nationale dans ce contexte ?

MK : L'Assemblée aurait bien voulu être là pour autoriser le Président Alassane Ouattara à la prise d'ordonnances, mais elle n'a pas été consultée. Le président a considéré qu'avec son élection, l'Assemblée nationale était dissoute. C'est une nouveauté parce que la Constitution ivoirienne ne le dit pas. Du coup, l'Assemblée nationale ne fait rien et n'existe pas, elle n'est pas payée, ni son personnel… Elle attend les prochaines élections.

Comment voyez-vous alors l'avenir en Côte d'Ivoire ?

MK : Les perspectives sont bonnes à mon avis. Il y a un gouvernement qui gouverne. Les partisans de Gbagbo ont refusé d'entrer au gouvernement pour qu'il y ait un gouvernement qui gagne les élections et dirige et puis une opposition qui s'organise. Malheureusement, les partisans de Gbagbo ne souhaitent même pas s'organiser en opposition tant que ce dernier n'est pas libéré. Cependant, plusieurs personnes, dont moi, ont décidé de créer un nouveau parti qui fera une formation d'opposition face à Monsieur Ouattara pour qu'il y ait un contre-pouvoir en Côte d'Ivoire. Ce nouveau parti s'appelle «Liberté et Démocratie pour la République», c'est un parti qui est en phase d'organisation.

Où en sont les relations maroco-ivoiriennes ?

MK : Les relations entre le Maroc et la Côte d'Ivoire sont très anciennes et au cours des dernières années elles ont pris un coup d'accélération, parce que de gros investissements marocains se sont réalisés en Côte d'Ivoire surtout en matière bancaire. Un grand groupe bancaire ivoirien, la Société ivoirienne de banque, qui était déjà dans l'escarcelle du Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole français, a fini par être racheté par une banque marocaine, Attijari Wafabank. Ces relations se sont développées. C'est vrai que dans l'autre sens, les opérations ivoiriennes au Maroc sont plus rares. Or maintenant cela s'amplifie. Je pense que les perspectives sont bonnes après la crise. Quand le milieu d'affaires ivoirien sera un peu plus libéré, je pense qu'on devra s'attendre à une amélioration.

Justement, dans le cadre de ces échanges, il y avait la mise en place d'une commission mixte de coopération maroco-ivoirienne. Que fait-elle ?

MK : Cette commission existe. Sauf que, avec la crise ivoirienne et l'instabilité politique, c'est un peu difficile de travailler. Mais je présume que, compte tenu de l'intensité des relations et du nombre de commerçants et d'hommes d'affaires installés en Côte d'Ivoire, cette coopération va reprendre rapidement ses activités. Mais à condition que la stabilité et la sécurité reviennent.

Quelles sont, selon vous, les priorités de cette commission ?

MK : La priorité à mon avis, ou ce qui était défini à l'époque, c'était le commerce fondé sur l'agriculture, dans le sens Côte d'Ivoire-Maroc et sur un certain nombre de transferts de services dans le sens Maroc-Côte d'Ivoire. Ces perspectives vont s'améliorer et même se modifier, d'autant plus que l'industrie et les services marocains se sont fortement améliorés ces dernières années et se sont restructurés. L'industrie et le commerce en Côte d'Ivoire sont en attente d'investissement. Je pense donc que le volet industriel va reprendre de la place, à côté du volet commercial. Le volet agricole et agro-industriel va aussi évoluer. Puis certains hommes d'affaires souhaiteraient profiter de l'expérience marocaine en matière de tourisme. Notamment pour l'amélioration de sites en bord des lagunes et de la mer. Est-ce que tout cela ira loin, est-ce que cela va se concrétiser ? C'est aux hommes d'affaires d'en discuter.

Le Maroc vient d'adopter une nouvelle Constitution qui met en avant la séparation des pouvoirs, les droits de l'opposition, le contrôle par le Parlement du gouvernement… Cela peut-il participer à l'accélération du développement ?

MK : C'est une bonne tendance si l'opposition représente l'alter ego du gouvernement. Car c'est très important que l'opposition, bien que minoritaire, puisse avoir un droit et contrôler le gouvernement en temps réel. Par exemple, au moment où le ministre du Commerce travaille, son alter ego au Parlement a accès aux dossiers, les suit et voit en temps réel comment les choses évoluent… cela va marcher. À condition, aussi, que le scrutin soit à un tour et non pas à deux tours. Je suis convaincu qu'avec le Roi au-dessus qui symbolise l'unité nationale, les partisans et les opposants vont travailler dans l'intérêt du Maroc. Cela peut impulser une plus grande dynamique.

 

Par Brahim Mohkliss in Le Matin (Maroc), le 02 août 2011

COTE D'IVOIRE, L'EPREUVE DU FEU

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Par Alain Nono

Alain Nono est pasteur au Cameroun, directeur de la Radio "Vie Nouvelle".


« La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. C'est de l'Eternel que cela est venu: C'est un prodige à nos yeux. » (Psaume 118 : 22 - 23).

Jésus-Christ de Nazareth est vivant ! Il est la pierre angulaire de l'Eglise et rien ne peut se faire en dehors de sa volonté. Je voudrais m'adresser à tous les chrétiens du monde qui ont suivi la crise ivoirienne avec beaucoup d'attention. Ils ont vécu « l'humiliation » de l'Eglise qui s'est officiellement engagée dans un combat politique. Ceci est assez nouveau dans le monde car les responsables religieux jusqu'alors n'avaient jamais voulu s'impliquer dans le cercle des enjeux politiques qui pourtant président à la destinée des nations.

Aujourd'hui beaucoup de leaders religieux regrettent cet engagement et prônent la neutralité de l'Eglise dans les affaires des nations. Cet argument est discutable, vu comment certains pays notamment ont des régimes typiquement religieux. À titre d'exemple, pourquoi certains régimes officiellement islamiques seraient acceptés dans le concert des nations et pas certains pays officiellement chrétiens? La Laïcité est-elle un concept intimement lié à la démocratie ou les deux peuvent être entièrement dissociés ? Si le choix du peuple est d'avoir un régime religieux (islamique ou chrétien), il nous semble obéir aux fondamentaux de la notion de démocratie. À moins que ce terme « laïcité » ne soit qu'un écran de fumée pour permettre à des forces spirituelles occultes d'imposer leurs valeurs morales dégradantes et puissances mystiques derrière le paravent de la laïcité. Il faut d'ailleurs noter que dans les pays à régime islamique par exemple, on peut noter une échelle des valeurs morales et sociales beaucoup plus élevée que dans les pays dits laïques.

Je voudrais, ici, apporter tout mon soutien et encouragement à ceux qui ont persévéré dans la foi au-delà de la terrible épopée ivoirienne, et leur rappeler quelques principes divins :

  • Dieu n'est jamais en contradiction avec sa parole. Ce qu'Il permet ou ce qu'Il projette est toujours en parfaite cohérence avec la Bible.
  • Le jugement de Dieu sur les nations commence d'abord par sa propre maison, c'est-à-dire l'Eglise.
  • Les principes et lois bibliques transcendent le temps et les générations et restent toujours vrais quels que soient le temps et les circonstances. Imparfaites dans l'ancien testament, elles trouvent la plénitude de leur accomplissement dans le nouveau testament, car Jésus-Christ est venu accomplir la loi (Matthieu 5:17).
  • Tandis que les hommes sont entraînés en permanence par la ligne du temps, le Dieu éternel et tout-puissant est hors du temps. Sa vision des événements est instantanée et intemporelle tandis que celle des hommes est limitée par le mouvement continu du temps et est embrumée par le nuage des circonstances. Ainsi devant Dieu, un jour est comme mille ans. Il est maître du temps et des circonstances. Je voudrais ainsi sur base de ces quatre principes encourager tous les chrétiens de Côte d'Ivoire et du monde sur ce qu'ils ont connu ces 8 derniers mois avec la crise post électorale ivoirienne en proposant des tentatives de réponses à quelques questions que chacun doit se poser.

Le pouvoir du président Gbagbo venait-il réellement de Dieu?

La Bible nous enseigne que toute autorité établie vient de Dieu ; c'est pourquoi nous devons être soumis aux autorités. Ce pouvoir du président Gbagbo venait certainement de Dieu, car cela est conforme à la parole de Dieu. Il n'a pas été porté au pouvoir en opposition aux lois et règlements du pays.

Pourquoi le pouvoir du président Gbagbo est tombé en Côte d'Ivoire s'il venait de Dieu?

Rappelons que la Bible peut nous servir de référence pour analyser la révélation reçue sur les événements de Côte d'Ivoire. Les principes Bibliques ont toujours été les mêmes pour la plupart des grands leaders :

  • Formation au désert
  • Echec
  • Repentance
  • Restauration

Moïse est un cas d'école spirituelle. Après avoir connu la gloire des palais de Pharaon, il a préféré l'exil et la formation pendant 40 ans dans le désert avant d'être rétabli comme chef du peuple Hébreu en terre égyptienne et lors de l'exode. Un parcours similaire peut être constaté avec des leaders bibliques comme Joseph et David ayant exercé des fonctions d'autorité élevée (respectivement premier ministre et Roi). Rappelons que Joseph est un type intéressant de Jésus-Christ qui est lui-même passé par le même processus (jeûne de 40 jours dans le désert avant d'être revêtu de la puissance de l'Esprit et commencer son ministère).

Le même schéma a été vu avec des autorités païennes comme Nebucadnetsar roi de Babylone, que Dieu appelle « son serviteur » car Il utilise qui il veut (Jérémie 27 :6). Un exemple récent est celui du président béninois Matthieu Kérékou qui, après avoir été déchu du pouvoir présidentiel alors qu'il exercait l'occultisme, a connu le désert et est redevenu président comme enfant de Dieu.

Dans le cas du président Gbagbo, il y a fort à parier que Dieu a décidé de le faire passer par ce désert pour des raisons qui lui sont propres.

Mais face aux différentes révélations prophétiques sur la Côte d'Ivoire, l'espérance forte de son retour au pouvoir ou de celui d'un enfant de Dieu n'est certainement pas exclue, si Dieu a décidé de glorifier son nom de cette façon.

« Nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.» (Ephésiens 6, 12).

Une chose est certaine : à la vue de la façon dont l'Eglise a mené le combat spirituel, la victoire sur les forces françaises n'aurait pas forcément glorifié le nom du Seigneur.

L'Eglise a-t-elle retenu le passage ci-dessus ? Beaucoup d'émotions, de colère charnelle, de vengeance et d'amertume ont habité le cœur des chrétiens pendant les bombardements français. D'un autre côté, l'évangile de prospérité et du pouvoir est un cancer spirituel que le Seigneur a certainement décidé de nettoyer dans son Eglise de Côte d'ivoire qu'il a choisi pour piloter le réveil mondial en ces temps de la fin. Cela devrait passer par la repentance qui est facilitée par l'épreuve.

C'est peut-être ce caractère charnel de l'Eglise ivoirienne qui a amené beaucoup de « chrétiens » ivoiriens à brûler leurs bibles ou renier le nom du Seigneur après la défaite, ou encore considérer que les prophètes ont eu tort d'annoncer des choses préjudiciables à l'Eglise.

Rappelons qu'un véritable prophète parle de la part de Dieu et non selon sa propre volonté. Et dans ce cas, il ne peut faire autrement que d'annoncer que ce que Dieu lui aura dit d'annoncer, peu importe si cela plaît aux hommes ou pas.

L'Eglise de Côte d'ivoire devait être purifiée par l'épreuve du feu au vu de la mission qui lui est confiée.

« Vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps! C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1 : 5-7).

Le président Gbagbo ou son régime pourrait-il revenir au pouvoir dans un avenir proche ?

Une amorce de réponse à cette question a été faite ci-dessus. Toutefois, l'exemple ci-dessus de Nebucadnetsar montre que Dieu peut donner l'autorité sur son peuple à un païen pour des raisons qui lui sont propres, entre autres la purification par le feu de son peuple. « Maintenant je livre tous ces pays entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur; je lui donne aussi les animaux des champs, pour qu'ils lui soient assujettis (...) J'ai dit entièrement les mêmes choses à Sédécias, roi de Juda: Pliez votre cou sous le joug du roi de Babylone, soumettez-vous à lui et à son peuple, et vous vivrez. Pourquoi mourriez-vous, toi et ton peuple, par l'épée, par la famine et par la peste, comme l'Eternel l'a prononcé sur la nation qui ne se soumettra pas au roi de Babylone?» (Jérémie 25 : 6, 12-13).

Suite aux différentes révélations prophétiques reçues des serviteurs de Dieu, il apparaît que cette épreuve du feu n'est pas encore terminée en Côte d'ivoire et le plus dur est peut-être devant nous. Toutefois, rappelons que l'enlèvement de l'Eglise est imminent ; nous pensons que le réveil mondial précédant cet enlèvement pourrait bien partir de Côte d'ivoire, embraser l'Afrique et le reste du monde pour que le Seigneur dans son amour infini, puisse enlever un maximum de chrétiens rassemblés dans une « Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Ephésiens 5, 27).

Et n'oublions pas que dans l'histoire biblique, tout comme dans l'histoire romaine sous Néron, l'Eglise n'a jamais été aussi puissante que lorsqu'elle est persécutée. Car à ce moment, ce n'est plus la chair et le sang qui combattent, mais le Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Quelques exemples bibliques :

  • Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres (...) Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir (...) Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. (Actes 5: 12,41).
  • Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit (...) dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. (Actes 5: 55-58).

Si l'Eglise laisse Jésus-Christ défendre ses intérêts au lieu de lutter dans la chair, elle opère alors à une autre dimension où Jésus-Christ lui-même peut se lever de son trône céleste pour intercéder. Les ennemis de l'Eglise courent alors le risque de combattre Dieu lui-même. L'Eglise, elle, peut se concentrer à annoncer la parole de Dieu, s'édifier dans la sanctification et prier pour ses ennemis quelles que soient les oppositions.

Nous prions que la refondation de la Côte d'Ivoire, initiée par le régime du président Gbagbo, puisse se redéfinir uniquement et entièrement sur la personne et les enseignements de Jésus-Christ.

« Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Or, si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume,  l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. » (1 Corinthiens 3 : 11 - 13).

Si cette refondation est maintenant basée uniquement sur la parole de Dieu ci-dessus, elle passera certainement avec gloire l'Epreuve du feu. Et ceux qui soutiennent cette refondation verront alors le jugement de Dieu qui, après être passé par l'Eglise, s'abattra inéluctablement sur le monde à l'instar de l'ange de la mort en Egypte qui épargna les maisons des Hébreux dont les linteaux étaient marqués par le sang de l'agneau. Ce sang symbolise pour les chrétiens et pour les Ivoiriens le sang de Jésus qui apporte la sanctification, la protection dans le mauvais jour et provoque en même temps la compassion dans les cœurs régénérés pour les âmes perdues.

Quels enseignements tirer de l'histoire ivoirienne ?

Bien que l'histoire ne soit pas encore terminée, nous pouvons déjà retenir ceci :

La plupart des prophéties sont dites avec une part d'influence humaine qui est la notion du temps. Dieu ne dit-il pas dans sa parole :

« Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé, Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; Si elle tarde, attends-la, Car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. » (Habacuc 2 :3).

Les serviteurs de Dieu ont parfois tendance à fixer une limite du temps à la parole révélée de Dieu (à moins que celle-ci ne soit explicite comme par exemple l'annonce de l'Ange Gabriel à Marie ou de l'Ange du Seigneur à Sarah sur le jour ou la période de l'intervention divine).

Dieu étant le maître du temps et des circonstances, il peut modifier dans sa prescience le temps et la forme de l'accomplissement prophétique en fonction de la réaction des hommes et en particulier de son Eglise.

Ceci est le cas, par exemple, quand une prophétie de jugement provoque la repentance dans le cœur des concernés (ex : Prophétie de Jonas au peuple de Ninive).

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, il nous semble qu'à moins d'une repentance spirituelle profonde du nouveau régime ivoirien, la parole d'Habacuc citée ci-dessus fera foi. L'Eglise est-elle prête pour le temps de son accomplissement ?


 

Correspondance : Alain NONO


Source : Le blog de l'Evangéliste Michelle d'Astier de la Vigerie.

lundi, 01 août 2011

KONAN, ZOHIN, OULAÏ ET SAMA: L’HISTOIRE SECRETE D’UN RETOUR AU PAYS



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Quatre officiers des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire devenues entre temps Forces républicaines (sic !) de Côte d'Ivoire ont regagné Abidjan vendredi après-midi par vol spécial affrété par le gouvernement après un peu plus de mois d'exil au Ghana. Voici leur histoire.


Le capitaine de vaisseau-major de la marine nationale (colonel-major), Boniface Konan, ci-devant commandant du théâtre des opérations basé à Yamoussoukro sous le régime du président Laurent Gbagbo est rentré d'exil vendredi dernier. Le soldat reconnu pour être un vrai professionnel, un technicien de la guerre et qui a dit à ses troupes, à l'état-major au mois de mars dernier qu'ils avaient gagné la guerre contre l'ennemi est rentré avec trois autres officiers. Ce sont l'Enseigne de Vaisseau Honoré Zohin, le lieutenant Delafosse Oulaï et le lieutenant Sama Emmanuel, le frère cadet de l'ancien ministre de Robert Guéi. Selon une source généralement bien informée,ils ont pris le risque de rentrer au pays pour servir en quelque sorte de cobaye à tous les autres qui les ont envoyés en mission de reconnaissance. Cela, après de longues discussions informelles puis formelles entre eux et avec les nouvelles autorités ivoiriennes.

Tout a commencé en fait, raconte une source diplomatique, lorsque, en application des dispositions pertinentes du code de procédure militaire, les soldats en exil au Ghana, professionnels jusqu'au bout des ongles, ont décidé de se présenter à l'attaché de défense de la Côte d'Ivoire au Ghana, comme le leur demande ce code.

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Ce dernier, selon des sources concordantes, cherche à savoir auprès de ses frères d'arme, ce qu'il leur faut pour qu'ils retournent au pays. C'est le début d'un processus de dialogue qui va connaitre un premier aboutissement avec la déclaration faite, au nom de ses camarades, la semaine dernière, par le colonel-major Konan. L'ancien com-théâtre et sa délégation, après réflexion, ont décidé de saisir la main tendue par l'attaché de défense. C'est ainsi qu'ils ont posé leurs conditions pour un retour sans difficultés en Côte d'Ivoire, leur pays. Ils ont demandé entre autres, que leur sécurité soit assurée, que les nouvelles autorités ne les roulent pas dans la farine comme elles le font depuis à l'image d'un super boulanger. Que, surtout, leurs camarades qui sont restés au pays et qui ont été arrêtés, torturés et maintenus en détention dans des lieux inconnus soient libérés, que le procureur militaire Ange Bernard Kessy arrête de les intimider ou de leur faire peur par des menaces qui changent selon qu'il fait jour ou nuit.

Les soldats réfugiés au Ghana, en vrais professionnels connaissant leur rôle constitutionnel, ont tenu à dire d'abord à l'attaché de défense puis aux envoyés du gouvernement (les ministres Paul Koffi Koffi, Adama Bictogo, le général Michel Gueu, le général Nicolas Kouakou et le soldat Issiaka Wattara dit Wattao) qu'ils n'ont rien à se reprocher. Ils ont choisi le métier de soldat qui est reconnu par la Constitution de leur pays. Laquelle Constitution leur fait obligation de défendre par tous moyens conventionnels, le pays lorsqu'il est attaqué. Ce qu'ils ont fait depuis 2002 lorsque certains de leurs frères d'arme, aidés de quelques mercenaires, se sont attaqués à la mère-patrie. Ils ne pouvaient pas rester les bras croisés pendant que la rébellion née de cette attaque sévissait partout et exterminait les populations.

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S'ils reconnaissent aujourd'hui avoir perdu la bataille, ils restent cependant très lucides pour reconnaitre aussi immédiatement que c'est l'armée française, en collusion avec les forces onusiennes présentes sur le territoire ivoirien, qui les a vaincus. Sur le chemin de lucidité débordante, ils ont mis sur la table, le cas d'un de leurs patrons détenus abusivement dans des conditions difficiles à cerner. Il s'agit du général de brigade Bruno Dogbo Blé, commandant de la garde républicaine du temps du président Laurent Gbagbo. Pour eux, il est inacceptable que ce général soit en prison puisqu'en tant que chef de cette unité dont le rôle est de défendre les institutions de la République dont le chef de l'Etat, il s'est donné corps et âme pour préserver l'intégrité et l'inviolabilité de cette institution. C'est exactement ce que font aujourd'hui ceux qui lui ont succédé. Ils ont dit ne pas comprendre donc que quelqu'un qui a fait proprement et fidèlement son travail soit persécuté de la sorte pendant que ceux qui ont violé les principes élémentaires de la vie en société sont en liberté. «Oui, vous avez gagné mais ce n'est pas une raison pour que vous nous traitiez de la sorte», ont-ils fait remarquer aux envoyés du gouvernement.

Mais ce n'est pas tout. Les militaires ivoiriens réfugiés au Ghana ont tenu à dire très clairement à leurs vis-à-vis qu'ils sont loyaux et républicains dans l'âme : «Nous ne sommes pas des faiseurs de coup d'Etat encore moins des faiseurs de rébellions. Si vous voulez donc que nous rentrions au pays, soyez clairs avec nous. Il ne faudrait pas qu'une fois au pays, on nous colle des procès pour tentative de coup d'Etat ou préparation de rébellion». Selon une source qui a participé aux discussions, promesse a été faite que rien de tout cela ne leur arrivera. Toutefois, les envoyés du gouvernement ont demandé et obtenu de leurs interlocuteurs, un délai d'un mois pour peaufiner tout afin que les relations qu'ils viennent d'établir avec les réfugiés baignent dans l'huile (pourvu qu'elle ne soit pas de l'huile chaude).

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Le souci des uns et des autres à travers l'accord qui a été passé, est qu'il n'y ait plus de guerre dans ce pays, que plus personne ne prenne les armes pour tirer sur d'innocents Ivoiriens sous le fallacieux prétexte qu'il a été frustré. Même si le soubassement de cet accord paraîtra, à première vue, difficile à accepter pour nombre d'Ivoiriens revanchards vu les frustrations, viols, vols, humiliations, tortures et autres exactions qu'ils ne font que subir depuis la fin des hostilités, cette démarche est à saluer. Elle montre combien les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) sont d'une solide formation, respectueuses des lois et de l'éthique mais surtout combien elles sont capables de hauteur d'esprit et de sublimation. Les autres devraient aller à leur école.

Samedi soir, selon une source proche de la primature, les quatre officiers étaient attendus chez le général Michel Gueu pour un dîner suivi d'échanges. Plusieurs points devraient être abordés dont «le traitement négatif» réservé à leur arrivée par une partie de la presse proche du pouvoir. Les échanges devraient tourner essentiellement autour des conditions pratiques de sécurité de tous ceux qui sont en dehors du pays et qui doivent rentrer. Un retour conditionné par le rapport que feront à leurs camarades, ces quatre officiers venus tâter le terrain. Après le général Gueu, il devrait y avoir une autre rencontre avec le ministre de la Défense «pour aller plus loin», précise la même source. Elle devrait avoir lieu au plus tard mercredi.

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Un spécialiste qui a analysé ce retour au pays natal de Boniface Konan et trois autres officiers estime que les militaires exilés ont pris une décision très sage et stratégique. D'abord parce que, en signant officiellement et publiquement avec les nouvelles autorités, ils obligent celles-ci à respecter la parole donnée, à ne plus louvoyer et peut-être aussi à ne plus sortir, le moment venu, un vilain plan B. Ensuite ils règlent par la même occasion, leur problème de survie en tant que réfugié. Quelle que soit la beauté de l'endroit où l'on se trouve en exil, on a toujours soif de retrouver les siens. En plus, quand la question des moyens économiques vient s'ajouter à ça, les choses se compliquent davantage. Enfin, ce que ces exilés ont réussi à éteindre, c'est le feu que le nouvel homme fort du pays s'apprêtait à mettre à leur carrière. C'est que, selon la loi militaire, un soldat en rupture de ban qui fait 60 jours sans se faire voir par sa hiérarchie peut être radié de l'armée. C'est cette décision qui était sur le point d'être prise dès aujourd'hui, 1er août. Maintenant que les négociations sont engagées formellement avec le pouvoir, celui-ci est dans l'obligation d'attendre leur fin avant de frapper ceux qui refuseraient de revenir dans l'enfer que leur réservaient les soldats de ce nouveau pouvoir.

En définitive, dans cette affaire, chacune des deux parties gagne. Si tout se termine comme prévu, le gouvernement n'aura plus les yeux tournés continuellement vers ce pays voisin qui a accepté d'accueillir des milliers d'Ivoiriens dont des soldats qui fuyaient les atrocités commises sur eux par des hommes en arme venus du nord et aidés par la force Licorne et les militaires de l'ONUCI. Ces soldats, dont un millier de capitaines et de commandants, troublaient le sommeil du nouvel homme fort du pays qui, même s'il menaçait de les radier, n'y croyait pas vraiment. Car quel pays peut prétendre avoir la paix (même quand on est sûr que la France et l'ONU protègent mer, terre et air) avec autant de guerriers à sa frontière ? Les militaires exilés en sont bien conscients. C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas hésité à entrer de plein-pied dans les négociations pour dire ce qu'ils avaient à dire et dénoncer ce qu'ils avaient à dénoncer. Si tout va comme sur des chapeaux de roue, ils auront réussi à faire revenir tout le monde dans la maison familiale et à apaiser le climat socio-politique, par la libération de tous les prisonniers politiques et la reprise de toutes les activités. Les politiques y compris.



Abdoulaye Villard Sanogo


Source : NOTRE VOIE

LA FRANCE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE

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Violemment dénoncée dans la presse, de plus en plus vilipendée par la société civile, la cote de la France est en chute libre en Afrique. Retour sur un phénomène qui a véritablement commencé au début des années 90 et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Roland Désiré Aba’a est un jeune fonctionnaire gabonais. Il est membre du Conseil économique et social (CES). Le 14 juillet, il a entamé à Libreville, la capitale, une grève de la faim sur la place publique, pour dénoncer la mainmise de la France sur son pays:

«Si la perte de ma vie peut contribuer à démontrer aux yeux du monde que le Gabon est confisqué par la France, je descendrais heureux dans ma tombe.»

Le 14 juillet est une date symbolique: c’est la fête nationale française.

Plus précisément, Roland Désiré Aba’a formule trois exigences pour solder les «préjudices causés à son pays par la France»: l’annulation totale de la dette extérieure du Gabon vis-à-vis de Paris, le démantèlement de toutes les bases militaires françaises au Gabon, et la renégociation des accords qui lient les deux pays. Soutenu par des ONG locales, son combat commence à émouvoir un nombre croissant de ses concitoyens.

Un fait inédit au Gabon

Sans en exagérer la portée, cette mise en cause spectaculaire de la France au Gabon est un fait inédit. Le pays fait en effet partie du club fermé des meilleurs amis de la France en Afrique. Jusqu’à son décès en juin 2009, Omar Bongo Ondimba qui l’a dirigé pendant quatre décennies était considéré comme le bras droit de Paris, après le décès en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire.

Tumba Alfred Shango Lokoho, originaire de République démocratique du Congo enseigne l’histoire des civilisations et la géopolitique africaines à l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Pour lui, c’est le signe que l’élection présidentielle controversée d’août 2009 reste encore en travers de la gorge de beaucoup de Gabonais.

Avec un peu plus de 42% des suffrages, Ali Bongo, ostensiblement soutenu par Robert Bourgi, l’un des conseillers occultes du président français Nicolas Sarkozy, avait été déclaré vainqueur. Succédant ainsi à son père Omar Bongo Ondimba à la tête de ce petit «émirat pétrolier» d’Afrique centrale.

«Le monde a changé. On le voit bien avec ce que l’on appelle le printemps arabe. C’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes sont informés par la télévision, Internet et les téléphones portables. Ils connaissent davantage le monde et aspirent à voir évoluer les sociétés dans lesquelles ils vivent», explique Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique et directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le sentiment antifrançais ne se cache plus

Le Gabon vient ainsi à son tour grossir les rangs des pays africains où un sentiment antifrançais va crescendo. Et qui transparaît de plus en plus au travers d’éditoriaux au vitriol de la presse africaine. Celle-ci saisit la moindre occasion pour tirer à boulets rouges sur le «pays des droits de l’homme». Après la chute de Laurent Gbagbo, les journaux qui le soutenaient s’étaient déchaînés contre la France, qu’ils ont accusée d’avoir chassé leur champion du pouvoir et installé à sa place Alassane Ouattara. Ils ne sont plus seuls à vouer Paris aux gémonies.

«Après avoir participé au défilé militaire du 14 juillet, aux côtés de Nicolas Sarkozy, François Fillon s’est envolé pour une tournée en Afrique. S’agissant de la Côte d’Ivoire, cette visite prend l’allure d’un service après-vente», a persiflé le journal burkinabè l’Observateur Paalga dans sa livraison du 15 juillet dernier.

Et d’enfoncer le clou: «Après Abidjan, cap sur Libreville, un autre pion important du pré carré français. A défaut du fou pressé, pardon, du sous-préfet [Nicolas Sarkozy, ndlr], c’est Fillon le garde-cercle qui fait le tour des pâturages les plus luxuriants de son domaine.»

La Nouvelle Tribune, un quotidien béninois n’était pas en reste:

«Mensonges politiques. Mensonges diplomatiques. C’est ce qu’il s’est empressé au lendemain de la célébration de la fête nationale française de venir servir aux Africains. Pourtant, à l’exception du Ghana, par les destinations qu’il a choisies pour sa tournée africaine, le Premier ministre français a laissé entrevoir la contradiction entre ses discours et ses actes».

Du 14 au 17 juillet, le chef du gouvernement français s’est rendu en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Ghana.

La France enchaîne les maladresses

Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, un vent de démocratie venu de l’Europe de l’Est avait déferlé sur l’Afrique subsaharienne. Une occasion saisie par l’intelligentsia africaine pour fustiger la Françafrique, cette relation complexe et ambiguë faite de raison d’Etat, de lobbies et de réseaux politico-affairistes entre la France et ses ex-colonies africaines. Et qui s’est souvent traduite par le soutien de Paris à des régimes peu recommandables et à la légitimité discutable.

Le reste des populations africaines a emboîté le pas à ses élites au début des années 2000, lors des crises au Togo et en Côte d’Ivoire. Mais jamais la mise en cause de Paris n’a été aussi forte et spectaculaire qu’aujourd’hui.

Le paradoxe, c’est que cette dégradation sans précédent se produit avec le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis d’en finir avec la Françafrique. De fait, il a esquissé une timide réforme des accords de défense et de coopération militaires tant décriés entre Paris et ses alliés africains, histoire de les rendre «plus transparents et plus modernes».

Le problème, c’est qu’il a commis quelques bévues qui ont totalement annihilé ces petits pas dans la bonne direction. La plus spectaculaire aura été le discours qu’il a prononcé le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal) dans lequel il a affirmé que «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

«Une véritable catastrophe, qui prouve d’ailleurs une totale méconnaissance de l’Afrique de sa part. D’autant qu’il l’a prononcé devant des historiens sénégalais qui comptent parmi les meilleurs en Afrique et dans le monde. L’intervention militaire de la France en Libye sans que la diplomatie française se soit concertée avec l’Union africaine a été une maladresse de plus», indique Philippe Hugon.

Autre impair grossier de la part du locataire de l’Elysée, la poignée de main entre Karim Wade, le fils du chef de l’Etat sénégalais et le président américain Barack Obama lors du sommet du G8, le 27 mai dernier à Deauville, dont il a été l’initiateur. En Afrique en général et au Sénégal en particulier, elle a été perçue comme une preuve supplémentaire de la préparation d’une «succession dynastique» avec la complicité active de l’ancienne puissance colonisatrice.

«Les Africains entretiennent avec la France une relation d’amour-haine empreinte d’une certaine schizophrénie, tempère Tumba Alfred Shango Lokoho.

Dans le fond, ils ne la détestent pas vraiment. Avec elle, ils se comportent en amoureux très exigeants. Ils veulent qu’elle soit parfaite et ne lui pardonnent pas la moindre incartade. Quand elle prend ses distances, ils le lui reprochent. Et quand elle s’intéresse d’un peu trop près à leurs affaires, ils s’en émeuvent», analyse-t-il.

Une relation amour-haine

Depuis leur indépendance en 1960, les liens entre Paris et ses anciennes colonies sont en effet très complexes. La France n’est jamais tout à fait partie du continent noir. L’idée du général de Gaulle était simple: donner l’indépendance aux Africains puisqu’ils la réclamaient, tout en continuant à contrôler les matières premières dont regorge leur continent. Une politique poursuivie sans état d’âme par ses différents successeurs.

«Pendant très longtemps, Paris s’est très fortement engagée en Afrique, par le biais d’accords bilatéraux, dans toute une série d’opérations très importantes y compris militaires, pour défendre son pré carré.

Elle dépensait sans compter dans la mesure où il s’agissait d’octroyer des aides à des entreprises françaises. D’autant qu’elle était sûre de bénéficier d’un retour sur investissement à travers les bénéfices engrangés par ces dernières», a confié en avril 2010 au magazine panafricain Continental Jean-Pierre Dozon, anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Afrique.

Lorsqu’il a été élu pour la première fois président de la République, le socialiste François Mitterrand avait promis de mettre fin à cet héritage encombrant de plus en plus dénoncé par nombre d’Africains. Une promesse qui n’a pas fait long feu. Pire, c’est même sous son mandat que la France a connu l’une des pages les plus noires de son histoire en Afrique, lorsqu’elle a apporté, entre 1990 et 1994 au Rwanda, son soutien au régime hutu qui allait planifier et mettre en œuvre le génocide.

«La France a commis et commet encore des erreurs en Afrique. Mais attention à ne pas en faire le bouc émissaire de tous nos problèmes, nos insuffisances et nos malheurs», estime Tumba Alfred Shango Lokoho.

 

Valentin Hodonou


Source: IVORIAN.NET

COTE D'IVOIRE-USA: LE SENATEUR INHOFE DENONCE LA PRESENCE DE OUATTARA A LA MAISON BLANCHE



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Le sénateur américain James Inhofe dit Jim Inhofe (R-Okla.), membre éminent de la commission sénatoriale des services armés (SASC) et du comité chargés des relations étrangères du Sénat (SFR), a dénoncé vendredi, dans une déclaration filmée, l’audience accordée par le Président Obama à Ouattara.

Documents photographiques à l’appui pour illustrer ses propos, le Sénateur de l’Oklahoma s’est insurgé : « Et maintenant, au moment même où nous parlons, le Président Obama accorde une audience au chef rebelle et potentiel criminel de guerre, Alassane Ouattara (…) un homme responsable de la mort d’au moins 3.000 personnes. »

Décrivant les circonstances de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, le Sénateur américain a rappelé que « l’année dernière Ouattara a gagné frauduleusement les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ; et, lorsque le Président Gbagbo a révélé les fraudes, l’armée rebelle a écarté son gouvernement par la violence avec le soutien des militaires français ».

Le Sénateur Inhofe a, par la suite, cité le dernier rapport d’Amnesty international sur la Côte d’Ivoire qui fait état d’un demi million d’ivoiriens déplacés par les violences post-électorales mais également privés de retourner chez eux en raison d’un climat de peur qui continue de régner sur le pays. « Le rapport d’Amnesty international signale de manière spécifique, poursuit le sénateur, que les milices de Ouattara composées de militaires et de Dozos continuent de prendre pour cibles les groupes ethniques jugés pro-Gbagbo ».

Le Sénateur Inhofe a enfin rappelé les massacres perpétrés à Duékoué (Ouest) par les hommes de Ouattara et qui ont été dénoncés tant par l’Onu, la Croix Rouge que par une frange importante de la société civile internationale.

Ces violences et abus incluent, selon les rapports cités par le Sénateur américain, des exécutions sommaires, des violences sexuelles, des tortures, des détentions arbitraires ainsi que diverses violations des lois internationales et des droit humains.

Parlant de Ouattara, le Sénateur Jim Inhofe a conclu en assenant : « Il ne méritait pas une invitation à notre Maison-Blanche ou une audience avec notre Président dans le Bureau Ovale ».


Source: DIRECTSCOOP.NET

dimanche, 31 juillet 2011

HALLUCINANT: ALASSANE OUATTARA AFFIRME NE RIEN SAVOIR DES MASSACRES EN COTE D'IVOIRE!



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En visite officielle aux Etats-Unis, le président ivoirien Alassane Ouattara réaffirme que le processus de réconciliation nationale est en cours. Dans un entretien à l'Associated Press, le président ivoirien assure ne rien savoir des exactions contre des partisans de Laurent Gbagbo dont Amnesty International et d'autres ONG accusent ses forces.

Plus de deux mois après son investiture, M. Ouattara assure que tous ceux qui seront reconnus coupables d'atrocités seront punis, quels qu'ils soient. "Je suis contre l'impunité", déclare-t-il dans cet entretien accordé vendredi soir.

Un rapport d'Amnesty International publié cette semaine accuse pourtant les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) de Ouattara, aidées par une milice composées de Dozos (chasseurs traditionnels), de continuer à s'en prendre à des populations supposées favorables à l'ancien président Laurent Gbagbo, du fait de leurs ethnies. Selon l'ONG, plus d'un demi-million de personnes déplacées qui font partie de ces mêmes groupes ethniques n'osent pas rentrer chez elles.

Un rapport d'une autre ONG, Human Rights Watch (HRW), daté de juin, accusait pour sa part les forces du président d'avoir tué 149 partisans présumés de Gbagbo depuis son arrestation, le 11 avril. Le document pointe notamment le rôle de Chérif Ousmane, chef de guerre dans la région de Bouaké (nord) et ancien pilier de la rébellion ivoirienne, qui aurait ordonné l'exécution de 29 personnes.

"Ca ne peut pas être vrai (...) Chérif Ousmane est l'un de nos meilleurs soldats", répond Alassane Ouattara, affirmant que les soldats servant sous les ordres d'Ousmane sont connus pour être particulièrement bien entraînés et respectueux.

"Dans tous les cas, si nous découvrons que quelqu'un a commis des atrocités, cette personne sera jugée comme il convient et des sanctions seront prises", affirme-t-il, estimant que le rapport de HWR est basé sur des témoignages de mercenaires.

Les violences signalées depuis plusieurs semaines posent toutefois la question du contrôle que parvient à conserver le président ivoirien sur les forces qui l'ont aidé à prendre le pouvoir après une crise politique de quatre mois. "Si le président Ouattara est sérieux dans sa volonté de rendre une justice impartiale, il doit s'assurer de manière plus efficace que les commandants de ses forces de sécurité n'ont pas de sang sur les mains", souligne Matthew Wells, auteur du rapport de Human Rights Watch.

Dans son entretien à l'AP, Alassane Ouattara souligne qu'il faudra du temps pour que la Côte d'Ivoire panse ses plaies, après des années de violence. Il rappelle également la mise en place d'une commission d'enquête indépendante, annoncée la semaine dernière, qui sera chargée de faire la lumière sur les violations des droits de l'Homme commises durant la crise post-électorale. Cette commission doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année.

Il affirme également avoir déjà fait beaucoup depuis sa prise de fonctions fin mai, disant notamment avoir restructuré les forces de sécurité et redonné confiance en l'économie ivoirienne.

Il invite enfin les réfugiés installés dans des camps au Liberia et en Guinée, ainsi que les militaires en exil à rentrer chez eux. "S'il n'y a rien contre eux, ils seront bien sûr libres (...) Surtout, je leur ai dit que leur sécurité serait assurée", déclare-t-il. "Je pense que la réconciliation a débuté".

Washington — AP


Source: YAHOO ACTUALITES

samedi, 30 juillet 2011

COTE D'IVOIRE: LA PEUR, ENCORE!

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« Maintenant que Ouattara est au pouvoir, il règne une atmosphère de représailles » note Amnesty International qui a recueilli deux semaines durant en juin, des témoignages accablants d’exécutions, d’arrestations arbitraires, de tortures, de viols et de mauvais traitements. Mais surtout l’ONG dénonce le caractère ethnique des violences, accusant tout particulièrement les FCRI et les Dozos pro-Ouattara.


Trois mois après l’arrestation du Président Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire est loin d’avoir retrouvé la sérénité. Au contraire, selon un récent rapport d’Amnesty International, un « climat de peur » accompagné de représailles serait toujours entretenu par les forces républicaines ivoiriennes et les milices pro-Ouattara, le président en place.

Amnesty International a publié ce jeudi un rapport alarmant sur la situation en Côté d’Ivoire qui dénonce le « climat de peur » entretenu désormais par les Forces républicaines ivoiriennes et les milices pro-Ouattara. »Si, fin avril et début mai 2011, les crimes au regard du droit international pouvaient être attribués aux deux parties en conflit, note l’organisation internationale en référence aux violences postélectorales qui ont opposé les forces de Laurent Gbagbo, président sortant aux Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) de son adversaire Allasane Ouattara, à partir de la mi-mai, ce sont les FRCI et les Dozos (chasseurs traditionnels du Nord, pro-Ouattara, Ndlr) qui se sont rendus responsables de la majorité de ces crimes ».

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Des violences ciblées contre certains groupes ethniques

« Maintenant que Ouattara est au pouvoir, il règne une atmosphère de représailles » note Amnesty International qui a recueilli deux semaines durant en juin, des témoignages accablants d’exécutions, d’arrestations arbitraires, de tortures, de viols et de mauvais traitements. Mais surtout l’ONG dénonce le caractère ethnique des violences, accusant tout particulièrement les FCRI et les Dozos pro-Ouattara de s’en prendre aux jeunes hommes du groupe ethnique des Guérés, considérés comme favorables à Laurent Gbagbo. En tout, un demi-million d’Ivoiriens partis en raison des violences postélectorales seraient actuellement dans l’impossibilité de rentrer chez eux. Non seulement, parce que les forces officielles ont confié aux Dozos la surveillance de postes de contrôle sur les routes principales à l’ouest du pays mais aussi parce que bien souvent leurs maisons et plantations sont désormais occupées par ces mêmes milices.


Source: AFRICAN LIBERTY

vendredi, 29 juillet 2011

COTE D'IVOIRE, LA RECONCILIATION TRAQUENARD


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Hermann Aboa a-t-il eu raison de croire Alassane Dramane Ouattara appelant les Ivoiriens en exil à rentrer dans leur pays et à ne s'inquiéter de rien ? Sûrement pas ! Hermann Aboa, c'est la dernière victime en date de la réconciliation à l'ivoirienne. Une réconciliation atypique où, comme dans la fable du « Petit Chaperon Rouge », on travaille souterrainement à mettre le grappin sur des opposants, des proches et collaborateurs de l'ancien régime, réels ou supposés, en tenant des discours mielleux et faussement conciliateurs.

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Ainsi, le jeudi 21 juillet 2011, ce jeune journaliste ivoirien, chic, toujours bien mis et passionné de son métier, sera mis aux arrêts, après avoir été auditionné, inculpé et placé sous mandat de dépôt. Cinq chefs d'accusation seraient retenus contre lui : atteinte à la défense nationale (Articles 145, 151, 154, 155 du Code pénal ivoirien), attentat, complot et autres infractions contre l'autorité de l'Etat et l'intégrité du territoire national (Art. 158), organisation de bandes armées (Art. 164. Hallucinant!), participation à un mouvement insurrectionnel (Art. 166 et 168) et atteinte à l'ordre public (Art. 169, 174 et 175).

Toutes choses en rapport avec ses prestations en tant qu'agent de la RTI pendant la crise postélectorale. Prestations, somme toute, d'un bon journaliste qui ne faisait que le travail pour lequel il émargeait au budget de l'Etat ivoirien. Ce sont ainsi, au total, onze articles du Code pénal ivoirien, qui ont permis de qualifier les charges retenues contre le journaliste co-présentateur de l'émission « Raison d'Etat » de la RTI, selon le Comité Ivoirien pour la Protection des Journalistes (CIPJ). Inutile d'ajouter que tout ceci est totalement surréaliste!

« Raison d'Etat », en guise de rappel, c'était cette émission patriotique mise sur pied par la direction de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne, au plus fort de la crise postélectorale, pour apporter des éclairages sur le complot international ourdi contre la Côte d'Ivoire et Laurent Gbagbo et pour contrebalancer toutes les attaques injustifiées ou tendancieuses contre le régime ivoirien d'alors.

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Hermann Aboa était fraîchement revenu d'exil, suite à toute la campagne médiatique mise en branle par le pouvoir en place pour convaincre les Ivoiriens partis se mettre à l'abri des exactions des FRCI sous d'autres cieux, et notamment dans la sous-région ouest-africaine, de revenir sur leur terre natale et de reprendre toutes leurs activités, dans la plus grande quiétude. Au nom de l'unité nationale.

Et pourtant, l'actuel chef de l'Etat avait clamé, doctoral, au cours d'un meeting politique : « La loi ivoirienne n'autorise pas d'emprisonner les journalistes, depuis 2004. Quand on vote des lois, il faut les appliquer. Nous demandons donc la libération des journalistes emprisonnés ! ». Cette injonction au pouvoir Gbagbo était relative à la détention à la MACA (Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan) de trois journalistes du Nouveau Courrier, Saint Claver Oula, rédacteur en chef, Stéphane Guédé, directeur de publication et Théophile Kouamouo, directeur de rédaction, interpellés par la police criminelle suite à la publication d'un article d'investigation journalistique, relatif à l'enquête sur les détournements de la filière Café-Cacao, ayant éventé des informations du réquisitoire du Parquet (relevant des rapports entre le Juge d'instruction et le Procureur de la république). La démarche - le plaidoyer, dirions-nous plus exactement - avait alors paru tellement noble, devant les méthodes expéditives du Procureur de la république Tchimou Féhou Raymond, engagé dans une citation forcenée en vol de documents administratifs contre nos trois hommes de presse, citation qui ne tenait pas du tout la route, au regard du principe de la protection des sources qui est un principe fondamental de la pratique du journalisme.

Mais aujourd'hui, face à la réalité du pouvoir, nous assistons à tout autre chose, à une métamorphose (loin de celles qu'on peut souhaiter), de la part du « justicier » d'il y a près d'une année. Au-delà de la dichotomie absolue que révèle l'analyse objective des propos tenus dans l'opposition et les actes de gouvernement du nouvel homme fort d'Abidjan, c'est la foi même en la réconciliation nationale ivoirienne qui est en cause.

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En effet, avec l'acte intriguant qui vient d'être posé par le parquet du Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau (répondant du pouvoir), à travers sa « Cellule spéciale d'enquêtes » sise à Angré 7ème tranche, dans la commune de Cocody, c'est toute la bonne foi voire le sens même de la campagne de réconciliation nationale, ainsi que la sincérité de la volonté de nos gouvernants actuels de ressouder le tissu social ivoirien mis en compote par la crise postélectorale, qui vont à vau l'eau.

Nous comprenons avec plus d'acuité pourquoi il y a tant de réticence de la part des nos ex-FDS, et des collaborateurs et proches de Laurent Gbagbo en exil, à rentrer au pays, à revenir en terre ivoirienne. Il est désormais clair pour tous (et surtout pour ceux qui en doutaient encore) qu'ils ne pouvaient se fier à la parole du pouvoir en place. Ils ont subodoré le traquenard qui leur était tendu et n'y ont guère mordu.

L'on a encore en mémoire la démarche entreprise au Ghana auprès du Com-théâtre de Laurent Gbagbo, le Colonel-major Konan Boniface, par les émissaires du nouveau locataire du palais présidentiel ivoirien en vue de le rassurer sur sa volonté de le voir revenir en Côte d'Ivoire et participer à son projet de bâtir une nouvelle armée républicaine, en s'appuyant sur de jeunes et valeureux officiers comme lui. Il a même, à l'adresse de tous les ex-FDS en exil, le jeudi 21 juillet 2011, réaffirmé ce désir, à sa récente rencontre avec les chefs de l'Armée, de la Gendarmerie et de la Police, cérémonie au cours de laquelle il a martelé ses vérités aux forces armées nationales. Ses émissaires avaient alors essuyé un refus courtois du marine's ivoirien dont la réponse a été sans équivoque : « Il n'y a aucune urgence pour moi. Je rentrerai au moment opportun ».

Au demeurant, les FRCI n'ont pas encore obtempéré aux ordres de leur chef suprême à cette cérémonie du Palais présidentiel du Plateau. Il avait été on ne peut plus clair : « J'invite les Chefs des commandements de toutes les armes, la Police, la Douane, et les Eaux et forêts à assainir leurs rangs en mettant sans délai un terme aux perquisitions arbitraires, pillages, barrages non autorisés, circulation sur la voie publique en armes sans ordre de mission, rackets, violations et occupations illégales de domiciles, règlements de litiges fonciers, de voisinage et autres exactions de toutes natures contre les populations, les agents du service public, notamment le personnel de santé, les enseignants, contre les opérateurs économiques, les diplomates, les touristes, etc ». Ces dérives se poursuivent bel et bien. Les cas de la guerre inter-FRCI d'Agboville, le samedi 23 juillet, et les bastonnades, pillages et blessures graves survenus dans le village de Nakiahio, dans la Sous-préfecture de Nahio, Département de Saïoua, le dimanche 24 juillet 2011, nous en donnent la preuve irréfutable ! Alassane Ouattara maîtrise-t-il ses hommes ? La question reste posée.

Nous devons également relever les quatre délégations du pouvoir qui ont parcouru la sous-région pour convaincre nos compatriotes en exil de regagner leur pays, sans craindre pour leur vie ou pour leur intégrité physique et morale. C'est en réponse à ces missions assidues de bons offices que le journaliste Hermann Aboa est revenu sur la terre de ses ancêtres. Mal lui en prit ! Nous savons désormais ce que ces démarches « fraternelles » nous ont enfanté de repoussant et de nauséeux.

Or, il nous faut absolument aller à la réconciliation. L'urgence de la reconstruction du pays et du bien-être du peuple éburnéen nous l'impose. Nous ne pouvons nous payer le luxe d'attendre davantage. Jusques à quand Alassane Ouattara jouera-t-il encore « au chat et à la souris » avec son peuple et retardera-t-il le rapprochement et la concorde entre les Ivoiriens, si ce n'est un secret projet de les renvoyer aux calendes grecques ? Nous en sommes encore à nous interroger. Et surtout à nous demander quel est finalement le rôle et le sens de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, si l'exécutif peut ainsi mettre à plat sa meilleure matière première : la sérénité et la confiance de tous les Ivoiriens, quel que soit leur bord politique, leur emploi, leur religion, leur région d'origine et leur ethnie ?

En attendant, les exilés ivoiriens ont, aujourd'hui plus que jamais, de réels motifs de n'accorder aucun crédit aux propos conciliateurs de leur chef d'Etat et de vraies raisons de ne pas revenir sur la terre de leurs pères. Il en faudra désormais bien plus pour les rassurer et les résoudre à s'y aventurer. Pour réconcilier, il faut plus que des discours. Les croisades justicières, nous ne le dirons jamais assez, sont incompatibles avec la noblesse d'une mission de réconciliation. Alassane Ouattara devra donc choisir : soit une réconciliation vraie qui ressoudera les Ivoiriens et les conduira ensemble à la prospérité, soit une réconciliation traquenard qui les divisera davantage et assombrira irrémédiablement l'avenir de la Côte d'Ivoire. L'Histoire le regarde et le jugera.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 279 du jeudi 28 juillet 2011.

COTE D’IVOIRE: LE REGIME OUATTARA VIENT DE FERMER L’EMPT DE BINGERVILLE. LE DANGER SEMBLE SE PRECISER



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Selon nos sources proches du pouvoir, Alassane Ouattara aurait échappé à un attentat à l’Hotel Président de la capitale ivoirienne. Suite à cet incident l’un des gardes du corp a été tué.


Depuis plusieurs jours, le régime de Alassane Ouattara est en alerte maximale. Les responsables tant politiques que réligieux ne cessent de faire des déclarations contradictoires à travers les journaux qui leur sont proches. Nous avons cherché à savoir davantage sur ce qui se passe. Nous sommes, au moment où nous mettons sous presse, à même de vous dire que la panique du camp Ouattara est fondée.

En effet, les choses ont commencé le mecredi 20 Juillet 2011 lors de la tenue du conseil des ministres à Yamoussoukro. Selon nos sources proches du pouvoir, Alassane Ouattara aurait échappé à un attentat à a l’Hotel le Président de la capitale ivoirienne. Suite à cet incident l’un des gardes du corp a été tué.

Depuis, la fébrilité a gagné tout le régime de Ouattara. Ainsi, quoiqu’il fait croire qu’il « dort bien », Alassane Ouattara et son régime dorment comme des crocodiles, c’est dire avec un oeil ouvert au point qu’ils viennent aujoud’hui même jeudi 28 juillet 2011 de fermer l’EMPT de Bingerville. Car il vient de se produire quelque chose d’étonnant dans cet établissement militaire pour une période indéterminée. En effet, un élève militaire serait rentré en transe. Au cours de sa transe, l’infortuné aurait prédit que des jours sombres attendaient les ivoiriens parce que la guerre va reprendre, cette fois plus meurtrière que jamais.

Est-ce pour juguler cette crise à venir après tant d’humiliation qu’ils ont fait subir tant aux proches de Gbagbo qu’aux élements des ex-fds que Wattao a été envoyé en mission au Ghana? Rien est moins sûr. Une chose est certaine, Wattao tenterait, selon nos sources au Ghana, de prendre contact avec des éléments importants des ex-fds dans la capitale ghanéenne.



Claude Touré


Source: AFRICAN LIBERTY