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vendredi, 29 juillet 2011

ALASSANE OUATTARA: EN COTE D'IVOIRE, LA LOI C'EST LUI

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Le président du conseil constitutionnel Paul Yao N’dré a été remercié par Alassane Ouattara alors qu’il bénéficie d’un mandant de six ans à la tête de l’institution et qu’il ne peut, au regard de la constitution ivoirienne, être révoqué par lui. Son sort ressemble par ailleurs à celui de l’Assemblée nationale privée de subsides par le bon vouloir du dieu Ouattara qui met sous coupe réglée toutes les institutions de la République.


Drôle de façon de remercier les copains. Le professeur Paul Yao N’dré, brillant universitaire, risque de rester dans la mémoire des ivoiriens comme celui qui a investi deux présidents en l’espace de quatre mois et qui s’est fait virer en violation de tous les textes de la République par celui à qui il a donné l’épée qui a servi à couper sa tête. Sans le moindre remords pour tant d’agressions constantes depuis qu’il est à la tête de la Côte d’Ivoire,Alassane Ouattara ,lui,continue de déstructurer l’Etat qui n’a désormais de repères que les siens propres.

Paul Yao N’dré croyait sûrement que la constitution serait appliquée, lui qui au regard de celle-ci veille logiquement à la constitutionnalité des lois. Peine perdue. Depuis le 25 Juillet, c’est de son domicile qu’il va suivre le débat sur la folie institutionnelle qui s’est emparée du pays et encore s’il n’est pas lui aussi arrêté comme le prédisent les mêmes qui avaient vendu très tôt le scoop bon marché de son limogeage.


Avant, l’ancien président du Conseil Constitutionnel, l’Assemblée Nationale elle-même a été privée du plus petit copeck par Alassane Ouattara au mépris de tous les textes en vigueur et oubliant que le suffrage qu’il revendique est le même que celui des députés. Même les plaidoyers, à juste titre forcement prodrome des parlementaires du Rassemblement des houphouétistes pour la paix et la démocratie (RHDP) n’ont pas suffi.


Du coup, la deuxième institution de l’Etat à même de garantir un minimum de démocratie est réduite au silence et le Chef de l’Etat règne désormais sans partage. Le pays vit ainsi une période de plomb semblable aux années noires d’Houphouët ponctués de scenarii incroyables de complots et d’arrestations. Et comme sous Houphouët, personne n’est à l’abri.


L’un des présentateurs de la défunte RTI a été arrêté depuis lundi et risque, au vu des charges retenues contre lui, la prison à vie. Le tort de ce journaliste qui n’a d’ailleurs pas fini de faire ses classes est d’avoir animer les émission de talk de la dite chaîne baptisées «
Raison d’Etat », défavorable à Ouattara du temps de sa lutte forcenée pour reprendre le pouvoir qui lui avait été octroyé par Youssouf Bakayoko, le président apprivoisé de la CEI,qui ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour aller déclarer Ouattara vainqueur du scrutin dans son propre QG de campagne.

Chaque jour connaît désormais son lot de violation des droits de l’homme. Alors qu’on les voyait peu, la partie Ouattaraiste des forces républicaines de sécurité de Côte d’ivoire (FRCI) tourne à plein régime. Le chef de cabinet du Gl. Kassaraté, l’ancien commandant de la gendarmerie nommée ambassadeur par Alassane Ouattara qui espère peut-être sur le coup gagner du temps, a été arrêté hier et conduit au camp militaire de Koumassi. C’est la réponse du régime aux rumeurs de coup d’Etat qui déferlent sur Abidjan depuis quelques semaines et qui semblent corroborer toutes sortes de prophéties aussi effrayantes les unes que les autres.


Le gouvernement s’est même mis en tête d’arrêter les propagateurs de noires prophéties.

Koné Malachie
qui en constitue le symbole le plus achevé serait activement recherché la police du gouvernement. Le sort qui lui est promis par celle-ci renforce d’ailleurs les craintes de la population qui se barricadent très tôt peu après dix neuf heures. L’industrie de la nuit en prend forcement pour son argent et les taximan ont rarement de client à se mettre sous la dent dans un pays qui vit régulièrement dans la psychose des attaques armées depuis 2002 et où il y a très peu de petite monnaie,très peu d’argent.

Le chef de l’Etat pour sa part, s’est envolé pour les États-Unis dans le cadre d’un séjour privé qui devrait se terminer,prédisent ses hagiographes,à la Maison blanche, au pieds de Barack Obama qui réconcilie en Côte d’ivoire tous les anti-Gbagbo. Le comité international de la Croix Rouge appelle depuis avant-hier le Secrétaire général de l’ONU à arrêter la machine de répression contre les journalistes en Côte d’ivoire au moment où une délégation du Conseil de sécurité et de paix de l’Union africaine séjourne à Abidjan pour se rendre compte des conditions de sécurité des déportés des goulags nordistes.


Les exilés ne se comptent plus et le régime promet désormais de juger tous ceux qui s’y hasarderaient. La parenthèse noire contre les liberté individuelles en Côte d’ivoire s’est enrichie d’un autre phénomène : le déguerpissement sauvage. Ses premières victimes ont hué le cortège du Chef de l’Etat en route pour les États-Unis. Leur désespoir résume l’angoisse de tous les ivoiriens qui croyaient avoir vécu le plus dur.


 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du jeudi 28 juillet 2011.


Source: BENIAN, Le blog de Djanwé Honorat

OUATTARA AU POUVOIR, LES IVOIRIENS ANGOISSES


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Pauvre Côte d’Ivoire. Après avoir vécu les affres de la guerre postélectorale, elle est en ce moment même, loin de s’être remise de ses douloureux traumatismes. Pour cause, l’on annonce ça et là, ces derniers jours, des menaces d’attaques, de déstabilisation, de coup d’état... Tantôt soupçonnées de venir de l’extérieur, tantôt supposées venir du sein même des éléments FRCI de Soro Guillaume, mécontents. A cette anxiété totale s’ajoute la toute dernière prophétie apocalyptique du pasteur Koné Malachie. La panique est alors montée d’un cran. On entend par-ci et par-là les échos de certains habitants qui auraient déjà commencé à faire leurs provisions en prélude à l’imminente ‘’guerre de six jours’’ prédite par Malachie. D’autres quant à eux, s’apprêteraient à quitter les villes et communes mentionnées dans la prophétie, avant le 1er ou le 02 du mois d’août prochain. Au regard de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire, cette angoisse grandissante que vivent les populations, ne se limite pas qu’à la déstabilisation du régime en place. Elle touche aussi les différentes couches sociales. Les fonctionnaires et agents de l’Etat, les élèves et étudiants, les parents d’élèves, les agents de la santé et les ménages, sont les plus exposés. De quelle façon, depuis bientôt cinq mois, la politique peu scrupuleuse initiée par Alassane Ouattara a-t-elle contribué à exaspérer cette peur intense face au sentiment d’un danger imminent ? Mais encore, comment interpréter cet état d’esprit devenu le quotidien des ivoiriens ?

Alassane Ouattara a toujours rêvé du pouvoir. Il l’a longtemps convoité. Il a voulu ce pouvoir coûte que coûte. Grâce à la puissance des armes, il semble être parvenu à ses fins. Aujourd’hui, aux affaires, il se trouve confronté aux dures réalités de l’exercice du pouvoir d’Etat. Passé l’euphorie de sa victoire usurpée, de la prestation de serment et de la cérémonie d’investiture. Il se rend certainement à l’évidence que les choses ne sont pas aussi simples qu’elles l’étaient lors de sa fonction de premier ministre sous Houphouët Boigny (paix à son âme).


L’exercice du pouvoir d’Etat doit prendre en compte le vécu quotidien des populations, et leurs aspirations. Il doit surtout refléter le programme de société sur lequel l’on a été élu. Or, les ivoiriens vivent dans l’anxiété car ils ne voient rien de rassurant poindre à l’horizon. Fini donc l’étape des promesses farfelues: des pluies de milliards, et autres universités à construire chaque année, des collèges à bâtir chaque mois, d’hypothétiques soins gratuits, etc. Ils s’interrogent avec beaucoup d’appréhensions sur leurs lendemains. Avec la peur de ne savoir à quelle sauce ils seront bientôt mangés. Cette situation affecte en effet toutes les couches sociales. Notamment: les fonctionnaires et agents de l’Etat, naguères payés sous l’ancien régime, dès le 22 du mois en cours, vivent les fins de mois avec beaucoup d’inquiétudes. Avec Ouattara, ils ne savent plus si les virements seront effectifs, ni quand exactement ils seront faits. Cette peur est d’autant plus accentuée par la crainte de voir leurs salaires subir une diminution ou leurs avantages être systématiquement supprimés. Ces travailleurs de l’Etat n’ignorent en effet pas qu’ils ont en face d’eux le champion des mesures d’austérités des années 1990 à 1993 en Côte d’Ivoire. Mesures inoubliables qui demeurent des malheureux souvenirs pour bon nombre d’ivoiriens.


Au niveau scolaire, la situation n’est pas moins alarmante : Avec les différents examens de fin d’année qui s’annoncent, le cauchemar est partagé entre les parents et les élèves eux-mêmes. Sachant d’avance, au vu des nombreuses perturbations qu’a subit l’école ivoirienne, que les résultats s’annoncent catastrophiques. A moins qu’une vaste opération de fraudes massives au sommet, ne soit ficelée d’avance. En fait, les traumatismes subis par les uns et les autres et les désordres survenus dans ce secteur n’ont pas interpellé Alassane Ouattara et son équipe. Ouattara voulant à tout prix, selon ses proches : « Se préserver du déshonneur d’une année blanche ». Et cela, au détriment des acteurs du système éducatif eux-mêmes. D’ailleurs, la patronne de ce ministère, Mme Kandia Camara est loin de rassurer ces derniers, eu égards ses grosses boulettes devant les médias. Selon certains enseignants, elle gagnerait à prendre des cours de mise à niveau.


Dans l’enseignement supérieur, la crainte d’une année blanche n’est plus à écarter. Ces nombreux étudiants savent pertinemment qu’ils sont entrain de subir la vengeance du ‘’brave-tchè’’. Selon un quotidien de la place: « le pouvoir règle ses comptes aux étudiants qui ont refusé de recevoir Alassane Ouattara qui battait campagne en novembre 2010 ». Plus loin, on peut y lire: « il (Ouattara ndlr) craint fort que la contestation de son pouvoir ne parte des étudiants si on les laisse se regrouper facilement. Dans le milieu universitaire, il existe une force difficile à maîtriser qui se nomme la Fesci. Le chef d’Etat, Alassane Dramane Ouattara, manifeste une peur bleue de cette organisation estudiantine qui ne recule devant rien ». Les étudiants sont, à n’en point douter dans le viseur de Ouattara. On annonce même dans ce secteur la privatisation des cités universitaires. L’on devra s’attendre aussi à un renvoi massif d’étudiants certainement déjà ciblés. Sans compter la réduction inévitable, et peut-être la suppression pure et simple de la bourse d’étudiant.


L’angoisse ne s’arrête pas là, elle s’étend aussi au domaine médical. En effet, de la gratuité des soins annoncée, il n’en est rien. Le corps médical (médecins, infirmiers, etc.) crie chaque jour son désarroi. Isabelle Glah, médecin ivoirien, lance cet appel de détresse : « aidez […] le corps médical de Côte d'Ivoire afin que l’hôpital ne se meurt pas. Car contrairement à tout ce qui se dit officiellement, c'est la catastrophe! Les médecins sont déprimés, découragés et épuisés. Pas de médicaments, ni d'infrastructures pour accueillir le flot de malades qui nous arrive de plus en plus nombreux! ». Mais ADO qui est passé sur le corps de nombreux cadavres ivoiriens pour s’asseoir sur le fauteuil présidentiel, fait mine de ne rien y entendre, au grand dame des patients qui souffrent.


Dans les ménages, les femmes sont stressées à l’idée de devoir prendre la route du marché ou d’aller à la boutique, faire des achats. La cherté de la vie tantôt dénoncée à cor et à cri par le RHDP au temps de Gbagbo, ne s’est point améliorée avec l’arrivée de Ouattara. Bien au contraire. Les paniers sont remplacés désormais par des sachets noirs. Les prix des denrées de première nécessité n’obéissent plus à aucune règle mais plutôt la loi de l’anarchie.


Partout dans les rues, dans les familles, dans les bureaux et les administrations, l’angoisse est palpable. L’avenir immédiat de ce pays aux mains d’un individu sur qui les doutes subsistent, reste encore flou. Les ivoiriens ont peur. Pour leur avenir, pour l’avenir de leurs enfants, pour leurs biens et pour leur pays. Pas besoin donc d’être un expert pour comprendre : cette angoisse ambiante est la résultante même de la politique approximative d’Alassane et de son équipe gouvernementale, truffées d’incompétents. Comme le dirait l’autre : « On ne peut pas faire confiance à celui qu’on n’a pas choisi ». Remettant au goût du jour l’épineuse question de la légitimité du nouveau locataire du palais, bombardé président de la république par une ‘’pseudo-communauté internationale’’.

 


Source: LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

jeudi, 28 juillet 2011

COTE D'IVOIRE: VOUS AVEZ DIT DEMOCRATIE?

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Alors que les combats au nom de la démocratie ont fait trembler la Côte d'Ivoire ces derniers mois ; alors que cette même démocratie a réuni un parterre impressionnant d'hommes d'Etat à Yamoussoukro autour de multiples personnalités venues du monde entier pour célébrer, le 21 mai dernier, l'investiture d'Alassane Ouattara ; alors que le Président ivoirien est reçu dans divers sommets internationaux et à la Maison Blanche en tant que démocrate modèle, que disent les faits en Côte d'Ivoire ? Où en sont la démocratie et l'Etat de droit tant annoncés et attendus ?


Le Président Ouattara, lors de sa prestation de serment, a juré solennellement de respecter et de défendre fidèlement la Constitution ivoirienne. Le bilan de ses premiers mois d'exercice du pouvoir conduit cependant à s'interroger car les irrégularités juridiques et les manifestations d'un glissement vers l'autocratie ne manquent pas d'éveiller l'attention et l'inquiétude.

En effet, la constitution ne l'autorise nullement à décréter la fin du mandat du Parlement. Cette dissolution de fait de l'Assemblée nationale est même totalement illégale, d'autant que la Constitution ivoirienne instaure une séparation rigide des pouvoirs au sens où l'Exécutif ne peut dissoudre le Législatif et inversement. Toutes les tentatives de justifications de cet acte grave, toutes tergiversations juridiques sont nulles et non avenues. Il s'agit bel et bien d'un viol de la Constitution. Cet évènement préoccupant qui marquait les prémisses de la nature autocratique du pouvoir ne semble pourtant pas avoir ému outre mesure les Ivoiriens ni le reste du monde. Sans Assemblée nationale, le pays est gouverné par des ordonnances totalement illégales et des décrets. Même le budget n'a pas été soumis aux représentants du peuple.

Les dernières nominations au Conseil constitutionnel vont également dans cette logique du non respect des textes fondamentaux car ni la durée des mandats, ni le quota de nominations qui revient au Président de l'Assemblée nationale n'ont été respectés. Le nouveau Président de l'institution a été nommé pour 3 ans alors que les textes prévoient un mandat de 6 ans. La situation est d'autant plus loufoque que le mandat de l'ancien président ayant pourtant investi Alassane Ouattara n'avait pas encore expiré.

D'autres faits méritent d'être soulignés car hautement inquiétants :

- Le gouvernement se permet de procéder à des nominations à des postes administratifs. A l'époque le l'ancien Président Gbagbo, on s'insurgeait, à juste titre, contre le favoritisme dans les concours administratifs, aujourd'hui nous en sommes à des nominations discrétionnaires ;

- Le chef de l'ancienne rébellion a été nommé chef d'état major des armées ce qui, indépendamment de toutes hypothétiques compétences, est moralement indéfendable. Cette récompense semble ostensiblement signer les accointances entre la rébellion et Alassane Ouattara ;

- Le protectionnisme économique s'enracine à travers des marchés de gré à gré protégés et réservés prioritairement à des entreprises françaises. Ce favoritisme constitue un brigandage économique grave qui exclut les Ivoiriens et les autres nations de la compétition. En période de reconstruction chacun devrait avoir une chance de conquérir une part du marché et le jeu de la concurrence permettrait de stimuler la qualité, la baisse des prix et l'esprit d'entreprise ;

- Le financement public repose essentiellement sur l'aide publique internationale ce qui brise la relation entre les dirigeants et les populations, sachant qu'ils sont plus soumis au diktat des prêteurs qu'à la volonté des Ivoiriens. De plus, cette augmentation massive du volume de la dette fragilise grandement les générations futures et l'indépendance de la Côte d'ivoire ;

- Le gel des avoirs des opposants qui se fait de manière totalement anachronique signe la volonté de liquidation de toute opposition ;

- La répression dans le milieu des médias se fait ouvertement. Le siège d'un journal pro-Gbagbo est toujours occupé par des hommes en armes. De nombreux journalistes figurent sur la liste des personnalités sanctionnées ou emprisonnées pour des raisons juridiques demeurant floues. On ne peut assoir la justice sur l'émotion. La liberté de la presse est un principe intangible. Il ne peut y avoir de décisions arbitraires à l'encontre des journalistes. Si leurs écrits sont contestables ou dangereux, il convient de s'appuyer sur des faits précis pour les traduire en justice. Le mélange de genre est inquiétant car il signe cette volonté de gouverner sans limite et sans contestation.

Est-ce pour ce modèle de société que tant d'Ivoiriens sont tombés ces derniers mois ? Tout cela pour ça ? Au-delà, le silence de la communauté internationale et singulièrement de la France et des Etats-Unis d'Amérique semble signer une vérité que tout le monde tait car elle n'est pas politiquement correcte à savoir que les grandes puissances ont intérêt à installer des dictatures tropicales. En effet, elles leur assurent des monopoles protégés dans les secteurs stratégiques de l'économie ainsi que la domination nécessaire à la perpétuation de leur impérialisme, synonyme de recul de l'envahisseur chinois. Quel investisseur étranger voudrait tenter sa chance dans un pays où l'Etat de droit est inexistant si ce n'est en ayant la certitude d'un marché protégé ? C'est ainsi la porte ouverte à une économie de réseau et à la corruption.

A ceux qui crient que le libéralisme est injuste car il favoriserait la domination des plus forts sur les plus faibles, la situation ivoirienne apporte concrètement un argument bien opposé car d'évidence, les monopoles ne peuvent exister que dans un environnement politique autoritaire dans lequel l'Etat a un pouvoir arbitraire. Cela est bien lointain du libéralisme qui favorise lui un secteur concurrentiel profitable au plus grand nombre et un Etat minimum qui limite son action à ses prérogatives premières : la justice et l'environnement sécuritaire pour tous.

La Côte d'Ivoire s'éloigne de l'Etat de droit et, osons dire, l'Etat de droit y est totalement inexistant actuellement. Le mot démocratie est totalement vidé de son essence sachant qu'une démocratie qui se limite à un simple bulletin dans l'urne ne représente rien et peut même devenir tyrannique si elle n'est enrichie de libertés et de contre-pouvoirs protégeant les populations des abus. Il est donc important de rester vigilant et de ne pas noyer pudiquement l'inacceptable dans une sorte de fatalisme compréhensif. « Nous n'y pouvons rien », « ça va aller ! » Certes ça va aller mais plutôt vers la dictature si le fatalisme anéantit toute volonté de combat pour la liberté. Cette liberté qui, partout ailleurs, permet à la pauvreté de reculer serait-elle interdite aux Ivoiriens ? Libertés individuelles, liberté d'entreprendre, droit de propriété, économie de marché, sont le véritable socle du progrès.

L'histoire nous enseigne que l'autoritarisme conduit toujours à la violence. La Côte d'Ivoire a suffisamment souffert depuis la mort de Félix Houphouët Boigny. Il est temps que les populations prennent conscience qu'un avenir meilleur est possible sur la voie de la liberté et que cet avenir ne pourra être arraché que dans l'effort acharné et déterminé d'une société civile qui se doit de devenir forte au nom des principes même de l'humanité et en la mémoire de tous ceux qui sont tombés au nom de la démocratie dans le pays.

La politique de l'autruche, le fatalisme, la complicité silencieuse, la complaisance malsaine, doivent faire place à une société civile forte qui dénonce les dérives de leurs dirigeants. Peu importe d'ailleurs la couleur politique, la roue tourne inexorablement et ceux qui profitent du pouvoir absolu aujourd'hui seront un jour dans le groupe des opposants. Cependant, si les fondements de la démocratie sont ébranlés et réduits à néant, ils le seront durablement et eux-mêmes en subiront les affres lorsqu'ils ne seront plus dans le clan des protégés. Dire Non, mettre en garde, dénoncer, c'est également aider le pouvoir à canaliser sa puissance. C'est aussi l'aider à résister aux tentatives hégémoniques de forces extérieures. Une société civile forte et active est un argument à disposition de l'Etat pour ne pas se laisser mener n'importe où par des puissances étrangères et singulièrement l'ancien colonisateur d'autant que celui-ci est intervenu activement dans la crise ivoirienne ce qui lui laisse penser que tout est désormais permis pour lui dans le pays.

Selon la Constitution de Côte d'Ivoire, le véritable souverain est l'individu. Le souverain est donc l'Ivoirien et à ce titre le gouvernement a des comptes à lui rendre. L'homme doit prendre conscience de sa place réelle au sein de son propre pays. La société civile doit agir en conséquence de manière responsable et se doit de dénoncer par la plume et la voix tant qu'il est encore temps. Lorsque les armes gronderont, il sera déjà trop tard. A cette heure, il ne restera face au peuple que de fades miroirs dont les reflets crieront : « Et si ! » Et si les abus étaient dénoncés aujourd'hui pour éviter le chaos de demain ?


Gisèle Dutheuil, directrice d'Audace Institut Afrique, in audace-afrique.net, le 27 juillet 2011

 

*Audace Institut Afrique est un think tank fondé et présidé par le Professeur Mamadou Koulibaly



Source: SAOTI, Le blog de Mahalia Nteby

mercredi, 27 juillet 2011

VOICI POURQUOI BUSH, OBAMA, SARKOZY, BAN-KI-MOON, CHOI ET AUTRES NE SERONT JAMAIS POURSUIVIS POUR CRIMES DE GUERRE, GENOCIDE OU CRIMES CONTRE L’HUMANITE

 
 
 
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L'ALLIANCE ATLANTIQUE


- A tous les chefs d'états africains
- A tous les gouvernements des états africains

- A tous les ambassadeurs africains dans le monde

- Aux armées africaines en Afrique
- A toutes les agences de presse africaine dans le monde

- Au président Barack Obama
- Aux grandes écoles africaines en Afrique

- Aux universités africaines en Afrique
- Aux lycées africains en Afrique

 

Selon un document confidentiel et découvert au «Musée royal de l’Afrique centrale», à Tervuren (1), une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand, les Occidentaux avaient déjà programmé l’exploitation des pays pauvres et le massacre de leurs habitants depuis la « traite négrière » à Washington. Le document historique qui suit est la preuve que les dirigeants occidentaux ne seront jamais poursuivis pour tous les crimes qu’ils commettent dans le monde.

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LA CHARTE DE L’IMPÉRIALISME

La présente «charte» a été élaborée à Washington pendant la «traite négrière», ensuite discrètement négociée à la «Conférence de Berlin en 1885» pendant que les puissances occidentales se partageaient l’Afrique ; renégociée secrètement pendant la création de la « Société des Nations», l’ancêtre de l’«ONU» et à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale. Source: «Musée de Tervuren et envoyé par : Jean-Jacques Ngangweshe».

I. DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 1° : De la Devise : - Devise de l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde.


Article 2° : Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant.


Article 3° : Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous, qui l’exerçons par la pression sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice.

Article 4° : Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde.

Article 5° : Tous les dictateurs doivent mettre leurs fortunes dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts. Cette fortune servira de dons et crédits accordés par nous comme assistance et aide au développement aux pays du tiers-monde.

II. DU RÉGIME POLITIQUE

Article 6° : Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n’émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelles que soient sa forme et sa légitimité.

Article 7° : Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître.

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III. DES TRAITES ET DES ACCORDS

Article 8° : On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté.

Article 9° : Tout accord conclu avec un autre pays ou une négociation sans notre aval est nul et de nul effet.

IV. DES DROITS FONDAMENTAUX

Article 10° : Là où il y va de nos intérêts, les pays du tiers-monde n’ont pas de droit; dans les pays du sud, nos intérêts passent avant la loi et le droit international.

Article 11° : La liberté d’expression, la liberté d’association et les droits de l’homme n’ont pas de sens dans le pays où les dirigeants s’opposent à notre volonté.

Article 12° : Les peuples du tiers-monde n’ont pas d’opinion ni de droit, ils subissent notre loi et notre droit.

Article 13° : Les pays du tiers-monde n’ont ni culture ni civilisation sans se référer à la civilisation occidentale.

Article 14° : On ne parle pas de génocide, de massacre ni de « crimes de guerre » ou de « crimes contre l’humanité » dans les pays où nos intérêt sont garantis. Même si le nombre des victimes est très important.

V. DES FINANCES PUBLIQUES

Article 15° : Dans les pays du tiers-monde, nul n’a le droit de mettre dans leurs banques un plafond d’argent fixé par nous. Lorsque la fortune dépasse le plafond, on la dépose dans l’une de nos banques pour que les bénéfices retournent sous forme de prêts ou d’aide économique au développement en espèce ou en nature.

Article 16° : N’auront droit à l’aide précitée que les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes et nos valets.

Article 17° : Notre aide doit être accompagnée de recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde.

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VI. DES TRAITES MILITAIRES

Article 18° : Nos armées doivent être toujours plus fortes et plus puissantes que les armées des pays du tiers-monde. La limitation et l’interdiction d’armes de destruction massive ne nous concernent pas, mais les autres.

Article 19° : Nos armées doivent s’entraider et s’unir dans la guerre contre l’armée d’un pays faible pour afficher notre suprématie et nous faire craindre par les pays du tiers-monde.

Article 20° : Toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

Article 21° : Toute opération d’évacuation des ressortissants des pays Occidentaux cache notre mission réelle, celle de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

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VII. ACCORDS INTERNATIONAUX

Article 22° : L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts.

Article 23° : Notre objectif est de déstabiliser et détruire les régimes qui nous sont hostiles et installer nos marionnettes, sous la protection de nos militaires, sous la couverture de mandats des forces de l’«ONU ».

Article 24° : Les résolutions de l’« ONU » sont des textes qui nous donnent le droit et les moyens de frapper, de tuer et de détruire les pays dont les dirigeants et les peuples refusent de se soumettre à nos injonctions sous la couverture des résolutions du Conseil de Sécurité de l’« ONU».

Article 25° : Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la misère, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller à travers les Missions des Nations Unies.

Article 26° : Notre règle d’or est la liquidation physique des leaders et dirigeants nationalistes du tiers-monde.

Article 27° : Les lois, les résolutions, les cours et tribunaux des « Nations-Unies » sont nos instruments de pression contre les dirigeants et les leaders des pays qui défendent les intérêts de leurs peuples.

Article 28° : Les dirigeants des puissances Occidentales ne peuvent être poursuivis, arrêtés ni incarcérés par les cours et tribunaux de l’«ONU», même s’ils commettent des « crimes de guerre », des « génocides » ou des « crimes contre l’humanité ».


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(1) À Tervuren se trouve le « Musée royal de l’Afrique centrale », Tervuren (anciennement Tervueren et également en français) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain (les autres sont situées dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde).

LE MINISTRE DOSSO CHARLES RODEL A COEUR OUVERT DEPUIS SON EXIL

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Dosso Charles Rodel : Secrétaire d'Etat Chargé des victimes de guerre (Gouvernement Aké N'Gbo)

 

Le ministre Dosso Charles Rodel se lâche sur le dossier de la crise ivoirienne: réconciliation nationale, Alassane Ouattara et son pouvoir, mandats d'arrêts internationaux contre des leaders Lmp, démission de Mamadou Koulibaly du Fpi, résultat de l'élection présidentielle, rumeurs de coup d'état en préparation... Une interview accordée au quotidien ivoirien "Le Temps".

1- Comment vous vous êtes retrouvé en exil?

Je me suis retrouvé en exil pour éviter la barbarie qui s'abat sur les proches du Président Laurent Gbagbo depuis son arrestation le 11 Avril 2011 par l'armée française et l'instauration par celle-ci du régime totalitariste de Monsieur Alassane Dramane Ouattara. Donnant suite ainsi au coup d'Etat démarré le 19 septembre 2002.

2-
Quelles sont vos conditions de vie?

Elles sont dures, peut-être même trop dures. Cependant, nous les supportons avec joie, fierté et dignité pour l'honneur de la Cote d'Ivoire et à la mémoire des milliers d'ivoiriens qui ont été mis à mort pour que Monsieur Ouattara s'installe dans le fauteuil présidentiel.  Mais surtout heureux de défendre une cause juste qui est de permettre à l'ivoirien de jouir des immenses richesses de son pays et non se rendre complice de sa spoliation en l'assujettissant à la puissance colonisatrice et acceptant sa vassalisation par le Burkina Faso. Au désir de démocratie, d'autonomie, de justice pour son pays du Président Laurent Gbagbo, on impose à lui et ses collaborateurs, assassinats, humiliations et souffrance. Mais nous gardons l'assurance d'une victoire certaine au terme de cette souffrance à nous imposer par la France et ses affidés. Le désert n'a-t-il pas précédé Canaan ?

3-Cela fait plus de trois mois que le Président Laurent Gbagbo est parti, le pays tarde à décoller. Quelles sont vos impressions ?

Semer la mort, désorganiser le tissu social et économique à la quête du pouvoir est une chose et l'exercice du pouvoir en lui-même en est une toute autre. Si Monsieur Ouattara a réussi avec maestriaavec ses appuis extérieurs dans la première, il semble tituber dans la gestion du pouvoir. Je ne suis pas surpris quand on sait qu'il érige la haine, le tribalisme, les rancœurs, la vengeance, la domination personnelle  comme mode de gouvernance. De toutes les façons, Mr Ouattara est obligé de réussir ne serait-ce que pour ces milliers d'innocentes personnes tombées sous les balles assassines de sa rébellion, de ses alliés Français et Burkinabés dans cette guerre sans Merci déclenchée contre le Pouvoir Gbagbo depuis 2002.

4-Que pensez-vous de la réconciliation?

La réconciliation est l'action de rétablir l'amitié entre des personnes ou groupes de personnes brouillés. En Côte d'Ivoire, il y a deux groupes qui sont aujourd'hui très divisés à l'issue de la guerre et la crise postélectorale. D'un côté, il y a ceux qui ont pris les armes depuis 2002 et installés au pouvoir par l'armée Française le 11 Avril 2011 dont Mr Ouattara Alassane est le porte-étendard et de l'autre, ceux qui ont été attaqués, qui ont résisté neuf ans durant avant de plier sous les bombes de la France à la  ladite date dont le Président Laurent Gbagboconstitue l'icône.

Cette réconciliation devrait être d'abord le rapprochement entre ces deux personnalités pour espérer ensuite l'adhésion de leurs partisans.

5-croyez-vous en ce processus en cours en Côte d'Ivoire?

Je n'y crois pas du tout. Monsieur Ouattara n'a pas la légitimité pour réussir à se réconcilier avec les ivoiriens et les réconcilier. La conscience populaire retient qu'il est arrivé à la Présidence sur des chars Français. Là où Laurent Gbagbo demandait les recomptages des voix, lui et la France ont choisir la guerre pour dit-on régler le contentieux électoral. Que non, la France ne peut vider le contentieux électoral ivoirien par son armée. Il court toujours. Aussi, Monsieur Ouattara apparait-il comme une marionnette installée par la France pour vampiriser notre économie. Peut-il aujourd'hui au nom de la nécessaire vérité qu'exige la réconciliation, accepter le recomptage des voix afin que la Cote d'Ivoire sache qui a gagné ces élections ? Apres quoi,  le véritable perdant pourra subir le courroux de la justice.

Au-delà de la personne de Monsieur Ouattara qui constitue un problème à la réconciliation, le processus en cours est  une vendetta en règle,  On assiste à une justice des victorieux, à la célébration de la victoire des armes sur la démocratie. Monsieur Alassane ne tient même pas compte de la douleur de ceux qui sont encore en sanglot après les assassinats de leurs parents par la rébellion rebaptisée FRCI et l'armée Française lors des récents assauts qui l'ont amené au pouvoir au point de tenir des propos désobligeants tels que '' le chien aboie la caravane passe''. Ce qui dénote de son mépris de la souffrance qu'il fait subir au peuple ivoirien par le bien de sa rébellion depuis 2002. Les morts, les invalides à vie, les veufs, les veuves, les orphelins, les milliers de chômeurs et de sans emploi du fait de la guerre, importent peu pourvu qu'il soit au pouvoir.

Vouloir réconcilier les ivoiriens ou se réconcilier avec eux sur le dos de Gbagbo, à son détriment, en le martyrisant, l'humiliant, en le vilipendant, il faut s'appeler Alassane Ouattara pour y croire.

Le réconciliateur ne doit pas chercher à falsifier l'histoire surtout quand elle est récente comme celle de la guerre en Côte d'Ivoire. Il doit l'assumer avec responsabilité et courage même quand ta partition est hideuse comme c'est le car pour Monsieur Ouattara.

On ne peut pas vouloir se réconcilier avec les ivoiriens après les avoir humiliés,ruinés par une guerre absurde et enjamber leur ruine, leur souffrance pour faire face en priorité aux problèmes des Français victimes de la même guerre. Que fait-il des milliers de personnes réduites à la misère parce que les rebelles et les amis de Monsieur Ouattara ont détruit toutes leurs unités de productions dans sa folle course au pouvoir. Quelle injure !!!!

Comment espérer une réconciliation quand l'humiliation des perdants (face à l'armée Français) est sans limite. En plus des autorités politiques déchues, Monsieur Ouattara demeure sans pitié  pour les FDS (Forces de défense et de sécurité). Ceux qui n'ont pas été exécuté ou pousser à l'exile sont mis en prison. Les plus chanceux ont de la peine à recevoir leur paie mensuelle comme pour leur rappeler qu'ils ont perdu la guerre face à ses forces, la rébellion armée. Pour matérialiser cette suprématie, il a nommé récemment le chef d'Etat-major de la rébellion comme chef d'Etat-major de l'armée dite ivoirienne.

Pis, au nom de la réconciliation, Monsieur Ouattara a baptisé l'armée dite nationale du nom de son parti politique, Forces Républicaines certainement au service du Rassemblement Des Républicains.

Non, Monsieur Ouattara ne veut pas de la  réconciliation, ce qu'il est et fait parle mieux que ce qu'il dit. Pour paraphraser son nouveau griot.

6-Que dites-vous de Banny qui conduit l'opération?

Monsieur Banny a tout en lui pour échouer. Il est trop marquer politiquement, c'est juste une caisse à  résonnance de Monsieur Ouattara, un anti-Gbagbo qui a pour mission de refaire l'image de son maitre  en faisant en sorte de faire porter le chapeau de la misère des ivoiriens par le Président Gbagbo. Pis, son échec retentissant  à la Primature ne plaide pas en sa faveur.

7-Des leaders de LMP sont traqués à travers le pays. D'autres ont été arrêtés et inculpés. Vos impressions.

C'est une épreuve de feu à laquelle toutes les personnalités de LMP sont soumises. Monsieur Ouattara regarde tout le monde dans son miroir à lui.Celui du déstabilisateur, du putschiste effréné qu'il est.  C'est pour se mettre à l'abri et consolider son pouvoir  illégitime qu'il est obligé de traquer. Ce, pour réduire au silence son opposition. Je crains pour lui.Car à  trop tirer sur la corde, il risque de  rompre.  Le règnepar la force comme nous levivons,  avec un peuple qui a épousé ladémocratie,  est toujours éphémère. Elle dure tout juste le moment d'évacuer la peur. Ce temps n'est pas loin.

Aux responsables LMP, restons dignes et intègres dans cette épreuve,  C'est certainement le prix à payer pour que la Côte d'Ivoire dispose d'elle-même et de ses richesses, Passons la sans murmures aucuns. Dans peu de temps, les larmes de douleur, de  souffrance, de tristesse se transformeront en larme de joie afin que Dieu soit glorifié.

8-Que dites-vous des mandats internationaux contre Don Mello, Blé Goudé, Atté Philippe... ?

C'est un non-sens. Des tueurs, violeurs, voleurs  veulent se mettre dans une posture de justicier ! C'est le monde à l'envers. Mais ce qui est le plus dommage, c'est que Monsieur Ouattara comme cela est de son habitude se cache derrière les autres dans ses actions macabres. Hier s'était Soro Guillaume qu'il a transformé en chef de guerre dans sa tendre enfance pour vouloir le livrer actuellement, lui et ses com.zones au TPI. Aujourd'hui, pour assouvir son désir d'humilier Gbagbo, ses collaborateurs et son parti, Monsieur Ouattara a décidé d'utiliser le PDCI dont les cadres sont lancés impitoyablement aux trousses des cadres LMP par le biais du procureur et du Ministre de la Justice. En véritable poltron.Ne soyons pas étonnés demain que Monsieur Ouattara dans une mauvaise posture dise qu'ils ont agi en leur âme et conscience.

9 - D'aucuns accusent le Président Gbagbo d'avoir été trop démocrate?

Peut-on reprocher à quelqu'un de vouloir le meilleur pour lui et les siens. Laurent Gbagbo a toujours dit qu'il était l'enfant des élections. En ceci qu'il n'a profité d'aucun héritage. Il a tout obtenu par le combat et grâce à sa foi en la démocratie. Il aurait voulu asseoir une véritable démocratie, forte qui n'aurait rien à envier à la démocratie Occidentale. Une démocratie dans laquelle l'exécutive n'écrase pas les autres Institutions. Les innovations du Président Laurent Gbagbo en la matière sont légions. On, se souvient qu'il a osé  choisir les DG des régis financiers par appel à candidature dans un pays accoutumé à la présence desproches du Président de la République à ces postes. C'est également au nom de la démocratie qu'il a convié l'Institution chargée des élections à  son opposition armée et civile.Il n'avait certainement pas compté avec la mauvaise foi de ses adversaires politiques.Gbagbo Laurent a toujours voulu et  continu du lieu où ses bourreaux le détiennent, de vouloir le meilleur pour son pays et ses concitoyens

10-Que dites-vous des sorties du président de l'Assemblée nationale, de sa démission du FPI ?

Je n'ai rien à dire sur ses sorties. La liberté d'opinion et d'association est consacrée par la constitution ivoirienne. Pourquoi vouloir faire des prises de positions d'un citoyen et de la création d'une association privée un évènement ? Je voudrais simplement souhaiter plein succès au professeur Koulibaly Mamadou. Toutefois, la porte du FPI lui restera largement ouverte quand il voudra y revenir.

Quant à nous, nous continuons de percevoir la justesse du combat du Président Gbagbo mieux aujourd'hui dans ces dures épreuves qu'hier dans le beurre et dans l'opulence. L'histoire témoignera  de chacun de nos actes.

Concernant les défections çà et là  de LMP au profit des victorieux du 11 Avril, je voudrais une fois de plus dire aux ivoiriens que la crise ivoirienne est hautement spirituelle. Cette crise est à la gloire de Dieu. Dieu ne partage pas sa gloire. Tout ce qui est mis à l'envers dans notre nation, sera mis à l'endroit par l'Eternel sans l'aide d'aucune main. Que les défections ne troublent point. Cette crise prépare l'éveil spirituel de la Cote d'Ivoire et des ivoiriens pour ne pas dire de l'Afrique et des Africains. Aussi, pour de telle action Dieu n'utilisera-t-il jamais  des figures de proue afin de ne pas partager sa gloire. En pareil situation, il révèle des sans-grades, des personnes de peu d'importance pour se glorifier afin que sa gloire sa totale. Certainement les défections intègrent le plan de Dieu pour peser notre Foi. Les ivoiriens peuvent se rassurer d'un fait, Yao Paul N'DRE, Mamadou Koulibaly et autres ne seront pas les derniers à sauter hors du bateau FPI ou LMP en plein naufrage. A chaque départ, rendons gloire à Dieu. Quand le dernier ne devant pas jouir de la Gloire de l'Eternel aura sauté dans cette Mer trouble, Dieu menacera les flots des vagues et du vent. Le silence reviendra et nous le glorifierons.

En ce moment précis, je voudrais demander à chaque ivoirien de tendre l'oreille vers son Dieu et lui demander qu'elle doit être sa partition à jouer dans la restauration très prochaine de sa nation. Que l'ivoirien ne doute point. Quand Dieu appelle, il qualifie.Ne regarde pasà ta situation présente. Tu n'es peut-être rien à tes propres yeux pour jouer un rôle important dans la libération de ton pays. Pourtant, tu peux être la solution de Dieu pour ta nation. Ne cherche plus la solution de la crise, de la libération de ton pays en l'autre mais plutôt en toi-même. Tu es certainement le DAVID (petit berger, négligé de tous, oint par Dieu qui terrassa le grand Goliath, libera Israël pour en devenir même plus tard roi) de notre nation. Pourquoi doutes-tu ? Lève-toi car le devenir de ta nation en dépend !

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mardi, 26 juillet 2011

CONSEIL CONSTITUTIONNEL: OUATTARA DEBARQUE YAO N’DRE ET INSTALLE WODIE


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Le Conseil constitutionnel change de tête. Depuis hier, le nouveau chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, a pris un décret pour débarquer le professeur Paul Yao N’Dré, président de cette institution depuis 2009. Il l’a remplacé par un autre professeur de Droit, en la personne de Romain Francis Wodié, par ailleurs, président démissionnaire du parti ivoirien des travailleurs (Pit) et allié du Rhdp. Aussi Ouattara a-t-il nommé pour 3 ans, le professeur Boniface Ouraga Obou et Mme Suzanne Joseph Tohé épouse Ebah comme conseiller.

Quand au professeur Hyacinthe Sarassoro Kabogo, de son statut de conseiller de 3 ans, il passe à 6 ans. Avec lui, il y a Guéi François et Emmanuel Kouadio Tanoh qui deviennent des conseillers pour une durée de 6 ans. Sur ces nominations, la loi impose que le président de l’Assemblée nationale désigne un conseiller sur les 3 trois conseillers qui ont une durée de 6 ans et un autre conseiller sur les 3 pour ceux doivent faire 3 ans. Est-ce que Alassane Dramane Ouattara a tenu compte de cette disposition de la loi ? Sûrement non, étant donné qu’il nie l’existence même l’Assemblée nationale.

Un autre décret change également la tête de la Médiature de la République. Ouattara a remercié le doyen Mathieu Ekra, compagnon d’Houphouët-Boigny, pour asseoir N’Golo Fatogoma Coulibaly, fils de M’Bengué, militant du Rdr et président du Conseil général de Korhogo.

Comme à la présidence de la Cour suprême, en plus de Koné Mamadou, militant du Rdr et de l’ex- rébellion armée, qui a remplacé récemment Tia Koné, le chef de l’Etat ivoirien a désigné les présidents des chambres. Il s’agit de Chantal Nanaba Camara, présidente de la Chambre judiciaire, Pierre Claver Kobo à la tête de la Chambre administrative, et la Chambre des comptes sera désormais présidée par Moussa Koné.

Au regard de ces changements opérés en désordre dont le limogeage de Paul Yao N’Dré qui n’est pas allé à terme des 6 années édictées par la loi, à la tête du Conseil constitutionnel, on comprend aisément qu’après avoir juré de respecter la Constitution ivoirienne, Alassane Dramane Ouattara s’est résolument engagé dans une violation de la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire. Le faisant, Ouattara se comporte exactement comme un dirigeant parvenu au pouvoir suite à un coup d’Etat.

Tout se précise chaque jour même si les Ivoiriens le savent depuis longtemps.

Benjamin Koré

 

Source: NOTRE VOIE

REHABILITATION DES PRISONS ALORS QUE LA FORMATION SE MEURT: LE MEPRIS DE OUATTARA POUR L’ECOLE



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Les travaux de réhabilitation de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) sont achevés. Et pourtant la réhabilitation de l’Université n’a toujours pas commencé. Ce choix de Ouattara montre clairement son mépris pour l’école, et donc pour l’avenir de ce pays.



Les journaux proches du pouvoir Ouattara ont diffusé, la semaine dernière, les photos de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca) totalement rénovée. Nos confrères ne faisaient pas mystère de leur joie quand à la réhabilitation de cette prison contrôlée par les forces pro-Ouattara depuis la prise de la ville d’Abidjan, en avril dernier. Si l’on peut se féliciter de la célérité avec laquelle le gouvernement a réhabilité la Maca, on peut déplorer volontiers le fait que les travaux de réhabilitation des Universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé n’aient pas encore démarré. Ces universités ont été totalement pillées et détruites par les forces pro-Ouattara lors de l’attaque de la ville d’Abidjan.

L’université d’Abobo-Adjamé a même été transformée en camp militaire occupé par les Frci, forces pro-Ouattara. Il en est de même pour les cités universitaires. Elles ont toutes été pillées, détruites et occupées par les mêmes forces armées. Conséquence, les Universités sont fermées et le pays tend vers une année scolaire blanche que le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara et son équipe n’ont pas le courage d’annoncer. Parce que cela pourrait les priver de beaucoup de financements venant de l’extérieur. En réalité, ce que vit l’école ivoirienne n’est rien d’autre qu’une année blanche. Car l’école est une locomotive. Quand le wagon de tête est bloqué, ceux qui suivent sont forcément dans le désarroi. Tous les élèves qui vont passer le Bac, le Bepc, le Cepe et l’entrée en sixième, le feront, par conséquent, en vain. C’est donc plusieurs générations d’élèves et d’étudiants qui seront sacrifiées cette année, du fait de la guerre. Parce que M.Ouattara voulait le pouvoir par tous les moyens.

Le choix de Ouattara de réhabiliter en priorité les prisons, là où les Universités et autres établissements scolaires se meurent, montre tout le mépris qu’il a pour la formation des jeunes. En effet, c’est une lapalissade d’affirmer que la formation constitue la colonne vertébrale de toute société qui aspire au développement. Tout pouvoir qui ne fait donc pas de la formation, une priorité, est voué à l’échec. C’est le cas du pouvoir Ouattara.

Mais faut-il s’étonner du choix du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara? Manifestement non ! En effet, déjà en tant que Premier ministre d’un Houphouët-Boigny au soir de sa vie, Alassane Dramane Ouattara avait montré toute sa philosophie méprisante à l’égard de l’école par la prise de mesures impopulaires ayant conduit à la destruction de tout le système éducatif ivoirien. Au niveau des enseignants, il a réduit de moitié les salaires des enseignants recrutés à partir de 1991. De sorte que ceux-ci touchaient la moitié du salaire de leurs prédécesseurs avec qui ils effectuaient pourtant les mêmes heures de travail, et dans les mêmes conditions. Même volume de travail pour les salaires différents.

Première conséquence de cette mesure inique, le corps enseignant a été gagné par la démotivation. Désormais préoccupés par la recherche de moyens additionnels pour arrondir les fins de mois, les enseignants vont reléguer aux calendes grecques, la conscience professionnelle. La deuxième conséquence, la fuite des cerveaux vers d’autres cieux, parce que la fonction enseignante n’était plus attirante en Côte d’Ivoire. Il a fallu l’arrivée de Laurent Gbagbo au pouvoir, pour mettre fin à cette disparité salariale.

Au niveau des élèves et étudiants, Ouattara avait supprimé les bourses scolaires, fermeté les restaurants universitaires, les bus scolaires et de nombreuses cités universitaires. Ces mesures ont exclu des milliers d’enfants du circuit scolaire. Notamment ceux issus de parents pauvres. Depuis toujours donc, Alasane Dramane Ouattara n’a jamais montré d’intérêt pour l’enseignement et la formation des jeunes. En réalité, ce qu’il faut comprendre par le choix de la réhabilitation des prisons là où l’école se meurt, c’est qu’Alassane Dramane Ouattara n’est pas venu au pouvoir pour travailler dans l’intérêt des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire. La France l’a placé par coup d’Etat à la tête de ce pays pour lui permettre de le recoloniser. Sa mission n’est donc pas de faire le bonheur des ivoiriens, mais celui de la France qui a besoin de nos richesses pour faire le bonheur de ses populations.

Autre chose, sachant très bien qu’il spolie le pays au profit de la France, Ouattara redoute la fronde sociale. Et sur ce point, il craint les organisations syndicales du milieu scolaire et universitaire.



Boga Sivori


Bogasivo@yahoo.fr


Source: NOTRE VOIE

ILS NE VEULENT PAS D'UNE OPPOSITION CIVILISEE!


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Lejournaliste ivoirien Hermann Aboa

Là où il croupit, arrêté pour des crimes imaginaires, en attendant un procès hypothétique mais qui s’annonce ubuesque s’il se tient finalement, Hermann Aboa a-t-il seulement le droit de lire ? Des quotidiens, des magazines, des livres ? La préoccupation semble étrange, mais pas pour ceux qui connaissent et aiment ce jeune homme pétri de talent, passionné de journalisme jusqu’au bout des doigts, qui vit son métier comme un sacerdoce. Hermann Aboa embastillé, et c’est votre quotidien préféré, Le Nouveau Courrier, qui se retrouve une fois de plus comme en prison. Un an jour pour jour après l’épreuve carcérale qui a frappé Théophile Kouamouo, Saint-Claver Oula et Stéphane Bahi.

Car Hermann est de la famille. Depuis qu’il a ouvert la porte du Temps en 2003, porteur d’une brillante contribution de lecteur qui a « accroché » son rédacteur en chef d’alors, il a dit adieu à ses chères études de géologie pour embrasser notre belle et périlleuse profession. Il nous a accompagnés au Courrier d’Abidjan, quotidien dans lequel il a publié de beaux reportages, avant d’être happé par l’audiovisuel. La RTI, qu’il a jusqu’ici servi avec passion et engagement, même s’il a été – comme d’autres – souvent persécuté par une hiérarchie qui l’a plus d’une fois remis à sa place. Il a avalé de grosses couleuvres, même pendant la crise postélectorale. Bref, Hermann Aboa n’est pas le deus ex machina ayant la haute main sur la communication de guerre du camp Gbagbo, comme les nouveaux dirigeants veulent le faire croire, pour justifier leur méchanceté.

Il est important de s’attarder sur la signification politique du martyre d’Hermann Aboa. Voilà un journaliste « de l’autre bord », ayant fui le pays après le 11 avril et l’orgie punitive qui a suivi, qui a écouté les appels du nouveau pouvoir aux « exilés » à venir rejoindre l’effort collectif au nom de la nécessaire « réconciliation ». Dans une interview, il a tenu envers le nouveau pouvoir des propos conciliants, qualifiant une éventuelle tentative de coup d’Etat contre Ouattara d’aventure suicidaire – ce qui lui a valu des vives critiques des soutiens les plus extrémistes du président renversé sur les réseaux sociaux en ligne. Revenu au pays, il a regagné la RTI, engagé les démarches évoquées par le pouvoir lui-même pour voir ses maigres avoirs « dégelés ». Puis, patatras. Il a été arrêté. Le message est clair. Les appels à la réconciliation sont au mieux une opération de com’ menteuse destinée en réalité à la communauté internationale. Au pire, il s’agit d’un piège cynique pour remplir au plus vite la MACA d’un maximum de prisonniers politiques.

Ainsi agit le pouvoir Ouattara en matière de reconstitution du tissu social. Comme un lézard qui détruit avec sa queue ce qu’il a construit avec ses pattes, il multiplie les signaux négatifs à peine le premier acte positif posé. Il est évident que les nouvelles autorités entretiennent à dessein un climat de tension et de psychose destiné à paralyser l’opposition civilisée, ou même les simples citoyens ayant le moindre rapport avec l’ancien pouvoir – et ils sont nombreux – dans une peur panique permanente. Si Hermann Aboa est arrêté, plus de 100 jours après la prise effective de pouvoir d’ADO, parce qu’il a « soutenu » Gbagbo en continuant de travailler pendant la crise postélectorale, cela signifie que des milliers de personnes peuvent être, du jour au lendemain, prises dans les rêts d’un arbitraire sans scrupules ni complexes. Il est donc sage, dans ce contexte, de se tenir à carreau.

Consciemment ou non, nos nouveaux gouvernants affaiblissent chaque jour l’opposition « modérée », qui a – pour des raisons qu’on ne discutera pas ici – choisi de « composer ». Grands doivent être les regrets de Paul Yao N’Dré, qui s’est humilié au nom de la paix en « intronisant » Alassane Ouattara. Aujourd’hui, le nouvel aboyeur public, Alphonse Soro, tente de le pousser à la démission en utilisant des méthodes inacceptables, là où nos institutions empêchent ses « mandants » de le débarquer. La ligne Mamadou Koulibaly ne cesse de s’affaiblir dans l’opinion pro-Gbagbo. A peine le président de l’Assemblée nationale a-t-il reconnu le chef de l’exécutif que ce dernier, de manière anticonstitutionnelle, a entrepris de « dissoudre » le Parlement. Il refuse tout dialogue sérieux avec l’opposition sur des questions élémentaires comme la composition de la CEI.

Du coup, ceux qui lui ont tendu la main parmi ses adversaires sont assimilés à des traîtres incompétents. Dans ce contexte, la relecture de l’interview accordée à RFI par l’actuel président de LIDER, en rajoute à l’inquiétude générale. « La priorité, c’est d’abord de reconstituer cette opposition républicaine face à Ouattara. Il n’est pas question que l’on retombe dans un régime de parti unique. Si dans cette dynamique, je réussissais, alors Ouattara pourrait avoir en face de lui une bonne opposition et ce serait ma contribution à la réconciliation. Mais si j’échouais sur ce terrain, que le FPI disparaissait, alors monsieur Ouattara aurait en face des factions dispersées sur l’ensemble du territoire et organisées n’importe comment, qui lui rendraient la vie très difficile. Et cela n’est pas souhaitable », disait-il.

On a pourtant l’impression que le camp d’en face, que le « bouclier » franco-onusien rend arrogant, veut à tout prix pousser l’adversaire à la reprise des armes. Pour « finir le travail » et justifier une nouvelle épuration politique de masse. Plus que jamais, comme le disait une blogueuse passionnée il y a quelques mois, « l’argent n’a pas d’odeur mais Abidjan sent l’hydrogène ».


Sylvie Kouamé, in Le Nouveau Courrier.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 25 juillet 2011

AFFRONTEMENTS A L'ARME LOURDE ENTRE FRCI: AGBOVILLE ETAIT EN GUERRE, CE SAMEDI 23 JUILLET



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Alors que sous la contrainte, certains chefs de village célébraient samedi, le ministre de l'Intégration africaine d'Alassane Ouattara, M. Adama Bictogo, dans le village d'Erymacouguié I, à environ 1, 5 km d'Agboville, des éléments des FRCI s'affrontaient à l'arme lourde dans la capitale de l'Agnéby. Il était environ 12 heures quand de nombreux véhicules pick-up surmontés d'armes d'assaut, avec des soldats portant des armes de guerre et des lances roquettes venus d'Abidjan et d'autres villes de Côte d'Ivoire semaient la panique dans la ville d'Agboville.

La raison, ils étaient en mission pour déloger leurs frères d'arme qui occupent illégalement presque 99% des 50 complexes hôteliers du département. Les tirs ont duré, selon des témoins, jusqu'à 17 heures. Les rues et les marchés se sont vidés. Les boutiques ont fermé. La circulation s'est interrompue. Les populations se sont terrées chez elles pendant que les éléments des Frci faisaient le rodéo dans la ville. Après les tirs pour lesquels nous ne disposons pas encore de bilan officiel, les soldats d'Alassane Ouattara qui devraient être délogés des hôtels, ont simplement continué de les occuper comme si de rien n'était. Ce qui a fait dire aux populations de l'Agnéby que les soldats de Ouattara ont une fois de plus créer inutilement le désordre et le chaos dans leur localité.

Entre temps, à la cérémonie en l'honneur de Bictogo, reporté quatre fois avant de se tenir ce samedi, s'il n'y a pas eu d'incident majeur, elle est surtout passée inaperçue pour les populations du département qui n'y voyaient absolument aucun intérêt. Surtout que pour ce type de cérémonie dont les contours n'ont jamais été clairement définis, puisqu'on parlait tantôt de «cérémonie de bénédiction», tantôt de «cérémonie d'intronisation », les populations ont majoritairement rappelé que de tels événements n'ont jamais été organisés pour les ministres autochtones du département que sont Appetey Kouassi, Nicolas Kouandi Angba, Attey Kouassi, Abouo N'dory Raymond et Attey Phillipe.

Sous le couvert de l'anonymat, de nombreux chefs ont tout simplement soutenu que c'était une cérémonie d'hypocrisie qui consistait simplement à faire en sorte que les hommes en arme d'Alassane Ouattara dans le département, au nombre de 400, ne continuent pas de tuer les populations, de piller leurs biens, de commettre des viols, des braquages, d'emprisonner sans raison des personnes, de réclamer des rançons comme ils le font depuis mars 2011.


Fatou Cissé


Source: NOTRE VOIE

dimanche, 24 juillet 2011

UN CRI DE DETRESSE POUR LA COTE D’IVOIRE


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Partagé sur Facebook par Yanne N'da : Appel à l'aide – Un message d'Isabelle Glah, médecin ivoirien, sur « Facebookers du cœur » – Urgent !

« Je viens à vous encore une fois pour vous demander, vous, « Facebookers du cœur », de nous aider, nous le corps médical de Côte d'Ivoire afin que l’hôpital ne se meurt pas. Car contrairement à tout ce qui se dit officiellement, c'est la catastrophe! Les médecins sont déprimés, découragés et épuisés.

Pas de médicaments, ni d'infrastructures pour accueillir le flot de malades qui nous arrive de plus en plus nombreux! A l'heure où je vous écris, il y a des personnes qui meurent par manque de soins, tellement nous sommes débordés! J’ai un collègue qui opère depuis hier 14h (vendredi 22 juillet 2011, Ndlr), dans un hôpital de la place, parce que tous les autres ne sont pas fonctionnels : pas de place ou pas de médicaments ou infrastructures sanitaires inutilisables ou fermées depuis plusieurs mois!

A l'heure où je vous parle, il y a une dame qui se bat pour faire vivre son bébé, depuis 15 h hier ; elle est en oligoamnios, c'est-à-dire plus de liquide amniotique dans le ventre (poche des eaux de l’utérus). Elle doit subir une césarienne et jusqu’à présent, pas de place dans un seul hôpital périphérique ou CHU! Elle est partie d’Abobo, Hôpital Général, pour le CHU de Cocody, renvoyée à Abobo, puis à l’Hôpital Général de Port-Bouët! Imaginez son calvaire!

Le gynécologue de MSF qui est à Port-Bouët est épuisé! Il opère depuis 15h, cet après-midi (samedi 23 juillet 2011, Ndlr)! Chers amis, aidez votre pays et sauvez le système sanitaire. Comment ? Je ne sais pas. Et il y a plein de personnes partout qui vivent cela dans tous les hôpitaux de Côte d'Ivoire. Je lance un cri de détresse pour tout le corps médical et pour tous ces malades désespérés! Je suis chez moi et on m’appelle de partout pour me demander où aller et on nous appelle tous! « Facebookers du cœur » est une grande chaîne de solidarité ; il y a des médecins, des économistes, des banquiers éminents – j’espère qu'il y en a encore en Côte d'Ivoire ! – que nous appelons pour que la catastrophe sanitaire ne s’aggrave pas.

Merci à tous et que DIEU garde toutes ces personnes en détresse sanitaire et morale.

DIEU bénisse la Côte d'Ivoire! ».


Dans l'espoir que de bonnes volontés voleront au secours des Ivoiriennes et des Ivoiriens!


DINDE Fernand AGBO

LE REGIME OUATTARA ENGAGE LA CHASSE AUX JOURNALISTES - HERMANN ABOA: TOUT SUR UNE ARRESTATION SCANDALEUSE



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In Le Nouveau Courrier N°274 du 22 Juillet 2011 par Gilles Naismon

 

Après Hermann Aboa, journaliste, ex-présentateur du journal télévisé à la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), arrêté, hier (jeudi 21 juillet 2011, Ndlr), par les services de l’administration judiciaire d’Alassane Ouattara, à qui le tour ? Retour sur quatre journées de cauchemar.

 

«La loi de la Côte d’Ivoire n’autorise pas d’emprisonner les journalistes depuis 2004. Quand on vote des lois, il faut les appliquer. Nous demandons donc la libération des journalistes emprisonnés», déclarait Alassane Dramane Ouattara, lors d’un meeting de campagne, dans une ville de l’intérieur du pays l’an dernier. Le leader du Rdr à l’époque, qui aspirait à diriger la Côte d’Ivoire, prenait ainsi publiquement la défense des responsables du Nouveau Courrier à qui le procureur Raymond Tchimou opposait un délit fantaisiste.

Arrivé au pouvoir, les actes d’Alassane Ouattara trahissent ses promesses de campagne. Du viol flagrant de la Constitution à la traque des proches de Gbagbo en passant par l’emprisonnement de certains, le nouvel homme fort d’Abidjan n’a pas encore dit son dernier mot. Quand son ministre d’Etat, ministre de la Justice, Me Ahoussou Jeannot, avait annoncé que des journalistes seraient poursuivis dès l’avènement au pouvoir du régime Ouattara, les organisations internationales de défense des droits de l’homme avaient cru à un effet d’annonce. Elles avaient produit un communiqué à cet effet pour attirer l’attention du nouveau régime sur ses velléités totalitaires.

Eh bien, Alassane Ouattara, le «protecteur des journalistes», au pied du mur, révèle sa vraie nature. Sa première victime : Hermann Aboa, journaliste, co-animateur, avec Ahoua Ehoura et Claude Franck About, de l’émission «Raison d’Etat» sur la RTI après le deuxième tour de l’élection présidentiel qui a vu, selon le Conseil constitutionnel (avant qu’il se dédise au profit de Ouattara), la victoire de Laurent Gbagbo. Rentré d’exil, il y a quelques semaines, après l’appel du nouveau chef d’Etat aux «fuyards», à qui il demande à longueur de journée de «rentrer pour reconstruire le pays», Hermann Aboa avait rejoint son poste à la RTI où il a réalisé des reportages pour le compte de son entreprise. Tout en étant confronté à une sanction : le gel de ses avoirs par les nouvelles autorités. Qui ont néanmoins demandé aux personnes concernées par cette mesure d’engager une procédure de dégel.

Début d’un harcèlement judiciaire

24 heures avant son arrestation, Hermann Aboa explique (sur son mur Facebook) : «Je sors d'une journée d'audition à la «Cellule Spéciale d'Enquêtes» en ce qui concerne la crise post-électorale.

Là je vous dis tout de suite, c'était une journée vraiment chargée. D'abord avant-hier lundi, je fais porter au Bureau du Procureur de la République au Plateau à Abidjan mon courrier de demande de dégel de mes avoirs bancaires tel que me l'a indiqué un des substituts du Procureur. L'on fait savoir au porteur du courrier qu'il y a une «cellule spéciale» ouverte à cet effet et que c'est moimême en personne qui devrais aller déposer ce courrier. Je m'exécutai aussitôt le lendemain, c'est à dire hier mardi, mon audition est donc fixée à ce jour mercredi à 9h00 dans les locaux de cette «cellule spéciale d'enquête» sis à Cocody-Angré, 7ème tranche. A cause des bouchons sur le trajet, j'arrive dix minutes après l'heure du rendez-vous.

Mon audition commence alors à 9h15 pour ne prendre fin qu'à13h51 mn. Vous comprenez que je ne révélerai pas le contenu de cette audition puisque je suis tenu aux secrets judiciaires. Retenez simplement que cette audition est en rapport avec mes prestations en tant qu'agent de la RTI pendant la crise postélectorale.

Où j'ai eu chaud, c'est une fois que l'audition terminée, l'on me demanda d'attendre que l'un des substituts du Procureur donne son avis. Ce fut alors la longue et interminable attente à partir de 13h51. Dès lors je ne pouvais quitter les lieux. Instructions fermes ont été données. Jusqu'à ce que vers 16h45mn, l'officier de police judiciaire en charge de mon audition vint me demander de rentrer d'où je viens mais de me tenir prêt à tout moment pour venir répondre à d'autres questions dans le cadre des enquêtes. Et puis, un quart d'heure plus tard, mon téléphone sonne dans le taxi, je décroche ; c'est le même officier de police qui dit que le substitut du Procureur me convoque encore demain (hier jeudi) à la même heure. Je ne sais pas quoi dire, mais franchement, j'ai peur.»

Depuis hier, la peur d’Hermann Aboa se justifie. Le journaliste de la RTI, convoqué au parquet, a été entendu, inculpé et placé sous mandat de dépôt. Il a été conduit au camp de gendarmerie d’Agban selon une source crédible sur place. Il est reproché à Hermann Aboa son «implication ou supposée implication dans la crise post électorale». De cette charge-il faut retenir les déroulés suivants : atteinte à la défense nationale, participation à une insurrection, constitution de bandes armées…

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

LA COTE D’IVOIRE VA-T-ELLE S’EMBRASER A NOUVEAU: UN EX-FDS LIVRE SES CONFIDENCES


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Soldats du Bataillon Blindé d'Agban

 

A entendre le récit qui nous a était fait des confidences d’un ex-FDS en colère, la question mérite d’être posée.


C’est hier que nous ont été rapportées les confidences d’un ex-FDS encore en service à Abidjan dont les initiales sont D.R.A. Selon ce dernier, la Côte d’ivoire devrait connaître des jours sombres car la menace qui plane sur elle est grande et annonce un embrasement jamais vu, qui conduira à sa libération totale.

C’est un soldat très en colère qui a déclaré que l’humiliation faite au président Gbagbo sera lavée, et cela ne fait aucun doute pour lui, et de renchérir pour dire qu’Alassane Ouattara sait très bien qu’aucun président au monde ne cherche à avoir l’armée à dos.

Mais lui a décidé de nous humilier, il nous doit deux mois de solde et nous nargue en allant acheter un avion plutôt que de nous donner ce qu’il nous doit. Nous sommes des vaillants soldats qui ont combattus pour le président Gbagbo jusqu’à ce qu’il nous demande de nous retirer, n’eut été cela, avant de le prendre à sa résidence nous aurions fait vivre un calvaire aux Français.

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Eléments du 1er Bataillon de Commando Parachutistes d'Akouédo

Nous n’avons pas affaire aux FRCI parce que d’eux à nous ils savent qu’il n’y a pas match comme on dit en Côte d’ivoire. Mais nous avons affaire à ces envahisseurs qui sont venus enlever notre président, le déshabiller et le présenter ainsi à la face du monde.

Je voudrais dire à nouveau que cette humiliation sera lavée et les ingrédients pour y arriver sont déjà en place. Je ne voudrais pas entrer dans les détails, mais que les Ivoiriens sachent que leur libération est pour bientôt, et que leurs vaillants FDS sont prêts pour ce combat de libération.

Après la sortie du prophète Malachie qui annonce la libération de la Côte d’ivoire pour la première semaine du mois d’Août, ces révélations viennent certainement jeter l’émoi au sein des Ivoiriens qui pour la plupart ne voulaient plus revivre ces moments difficiles qu’on a connu, mais comme disent la plupart d’entre eux, si c’est le prix à payer pour retrouver la paix et l’unité, alors que la volonté de Dieu soit faite.


Regis Kouamé


SourceINFO D'ABIDJAN.NET

samedi, 23 juillet 2011

AFFAIRE «GBAGBO RECLAME NADY BAMBA»: UN CASQUE BLEU DENONCE UNE MANIPULATION DU CAMP OUATTARA

 

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In Le Nouveau Courrier N°272 du 20 Juillet 2011 par Gilles Naismon.


Les langues ont commencé à se délier pour prendre le contre-pied des allégations véhiculées sur le compte du président Laurent Gbagbo assigné à résidence surveillée au nord depuis plus de quatre mois. Et qui ont pour but de salir son image.

 

Ne dit-on pas, de façon triviale, que «qui veut tuer son chien l'accuse de rage ?» Les nouvelles autorités ivoiriennes veulent faire passer «leur» prisonnier politique, Laurent Gbagbo, pour un criminel, un époux irresponsable, un mauvais père... mais ils s'y prennent mal. Si bien que leur mensonge finit toujours par être rattrapé par la vérité. Que n'a-t-on pas entendu sur le traitement « princier » des Affi N'Guessan, Michel Gbagbo et autres véhiculés par Me Ahoussou Jeannot, ministre de la Justice ? Que n'a-t-on pas distillé dans les médias, à propos du « secours » apporté aux barons du Front populaire ivoirien (Fpi) mis en lieu sûr à l'hôtel Pergola pour leur propre sécurité ? Le temps a fini par révéler que ce n'était qu'une manipulation des nouvelles autorités pour se donner bonne conscience. Les organisations de défense des droits de l'Homme et des images parlantes qui font le tour de la planète... ont fini par révéler la face hideuse du camp Ouattara.

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Nadiana Bamba dite Nady Bamba

Dans la foulée, des propos selon lesquels «Gbagbo réclame Nady Bamba (du nom de sa compagne en secondes noces)» sont attribués à l'ex-chef de l'Etat capturé par les forces coalisées et déporté au nord.

Cette information publiée sur le site d'un confrère panafricain avait été relayée à profusion par des confrères sur la place.

Gbagbo, qui est difficile d'accès, a-t-il vraiment tenu ces propos ? Est-ce une manipulation des nouvelles autorités pour mettre en conflit Laurent Gbagbo, son épouse Simone et sa famille ?

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Heureusement qu'un soldat de l'Onuci, qui a dit avoir ressenti de «l'admiration» pour Gbagbo durant quelques moments de sa garde à la résidence qui abrite le président déchu, nous permet d'en savoir davantage.

Selon cet élément des casques bleus de l'Onuci, qui a eu «le privilège d'échanger quelques mots avec le président Gbagbo», ces propos distillés dans la presse ne sont pas de lui.

«Lorsqu'il a une opportunité de se détendre, de marcher un peu, le président vient de temps en temps nous taquiner, nous raconter quelques blagues. C'est l'occasion pour nous aussi de tester son moral. C'est un homme moralement fort, lui-même nous demande quelquefois de ne pas nous inquiéter pour lui et dit que si un besoin se fait sentir à son niveau, il n'hésitera pas à nous le signifier», révèle le soldat de l'Onuci, qui a voulu garder l'anonymat à l'issue de ce rendez-vous. «Vu qu'il avait besoin de s'informer régulièrement sur l'actualité, sur ce que nous apprenons de lui, nous lui avons dit un jour que des journaux ont écrit qu'il regrettait l'absence sa seconde épouse à ses côtés, et que sa première épouse l'aurait induit en erreur», nous a rapporté ce soldat. Qui a déclaré ceci : «Il (Gbagbo) a marqué une surprise, la main droite sur la bouche, les yeux fixés au sol un instant avant de déclaré que c'est du n'importe quoi. Les gens racontent n'importe quoi pour me salir. Je n'ai jamais parlé de ma vie de couple à qui que ce soit. Laissez les dire ce qu'ils ont envie que les journaux écrivent».

Après cet échange, le casque bleu de l'Onuci a fini par se rendre compte que le camp Ouattara utilise l'arme de la manipulation pour discréditer le président Gbagbo et ses proches.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

A PROPOS DES 55 SOLDATS PRO-GBAGBO ARRETES AU GHANA


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«Menace de déstabilisation: 55 ex-combattants ivoiriens arrêté au Ghana», voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N'eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu'on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n'avaient pas existé. Mais cela n'a rien coûté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d'un gros mensonge d'Etat. De sources concordantes il n'en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s'abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.

Ce qu'on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n'est en fait qu'une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l'incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l'Etat de Cote d'ivoire. Selon les sources proches du chef de l'Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu'on ne nous serve l'une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n'existent pas. S'ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l'attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu'ils soient pires que les zozos des rues d'Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d'Accra et se faire cueillir comme des novices.

Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s'actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s'interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l'opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu'on a préparé. Les complots à la place d'un véritable programme de société.

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Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n'ose même pas en parler. Avant d'embaucher, On s'accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n'a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c'est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d'Etat et le premier des soucis c'est l'aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l'éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara... Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu'on a décidé d'ériger la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C'est la bérézina pour la Côte d'Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n'a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu'ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.

En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu'on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l'attente de leur rédemption?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

vendredi, 22 juillet 2011

QUAND LA FRANCE REGLE SES COMPTES: UN 14 JUILLET POUR LAVER L’AFFRONT D’UN AUTRE 14 JUILLET


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La France et Licorne, désormais maîtresses d'Abidjan

 

L'on se souvient encore de l'invitation adressée en 2010 par le président français Nicolas Sarkozy aux chefs d'Etats africains en vue de prendre part à la commémoration de la Fête nationale de la France, le 14 juillet 2010. Un 14 juillet africain, pour célébrer le Cinquantenaire des indépendances des pays du continent noir. L'on se souviendra aussi, et pour longtemps, du refus poli de la Côte d'Ivoire, par l'entremise de son représentant officiel, le très atypique président Laurent Gbagbo.

Expliquant les raisons l'ayant motivé à fêter le cinquantenaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire seulement en Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat ivoirien dira : « Je n'ai pas voulu être hypocrite en allant à Paris, le 14 juillet, pour faire défiler nos troupes alors qu'elles ont été accusées d'avoir tué des soldats français lors d'une opération que j'ai engagée pour libérer la Côte d'Ivoire de la rébellion », révélant même qu'il a fait connaître sa position à l'Ambassadeur de France. « Je lui ai dit que je n'irai ni à Nice, ni à Paris. » A en croire alors le Président Laurent Gbagbo, les blessures ouvertes entre la France et la Côte d'Ivoire au cours de cette crise n'étaient pas encore tout à fait cicatrisées pour qu'il se sente heureux à Paris, dans ces conditions. Son rôle, a-t-il dit, c'est de protéger le peuple de Côte d'Ivoire pour qui, il a été élu, nous rapportait le site Atouhou.net. Laurent Gbagbo se posait ainsi en défenseur de la renaissance d'une Afrique décomplexée.

Au moment où l'«hyper président» français montait inexorablement en galon devant ses pairs occidentaux et portait quasi officiellement la voix du très craint « Nouvel Ordre Mondial », décliner ainsi un honneur tout impérial fait au chef d'un pays anonyme comme la Côte d'Ivoire par la métropole dont il est le pré-carré passait pour être un affront. Un crime de lèse-majesté. Une impertinence qui devait absolument être lavée. Comment ? Nous le saurons bien vite : le 11 avril 2011, après 10 jours de bombardements intensifs de sa résidence présidentielle où s'étaient réfugiés enfants, petits-enfants en bas âge, parents et collaborateurs de Laurent Gbagbo, le président ivoirien, qui avait antérieurement fait l'objet de l'une des pires campagnes médiatico-politiques qui puissent être menées contre un chef d'Etat, sera renversé, au terme d'une crise postélectorale montée de toutes pièces par la communauté dite « internationale », aux ordres de la France et des Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy n'en reste pas là. Il lui faut envoyer un signal fort à tous les nationalistes et indépendantistes du continent noir sur sa détermination à n'autoriser aucun Etat africain francophone à sortir du giron gaulois. En renvoyant, par la même occasion, sa monnaie à l'impertinent Laurent Gbagbo.

C'est dans cette veine que s'inscrira la visite du chef du gouvernement français, le Premier ministre François Fillon. Et donc pas à n'importe quelle date : très exactement le 14 juillet 2011, jour de la Fête nationale de la République de France ! Une symbolique toute maçonnique. Au-delà du compte réglé à Laurent Gbagbo. Oui, cette symbolique est loin d'être fortuite. Elle comporte un message clair porté aux Ivoiriens : la France reprend totalement pied en Côte d'Ivoire. Comme au temps colonial. N'en déplaise à tous les pourfendeurs sclérosés de la Françafrique qui refusent de changer de vocabulaire et de « logiciel » (dixit Fillon) pour se mettre à l'ère sarkozyenne, en abandonnant « tous ces discours idéologiques, convenus, qui n'ont plus aucune réalité dans le monde d'aujourd'hui ». Nous n'avons pas, depuis le tristement mémorable discours de Dakar de Nicolas sarkozy, entendu propos plus méprisants pour ce peuple africain francophone captif d'une camisole de fer française depuis sa prétendue indépendance, dans les années 1960.

La France veut tout juste « aider la Côte d'Ivoire à assumer la plénitude de sa souveraineté (sic !) ». Une énigme toute française, une incongruité toute gauloise. Comment peut-on prétendre aider un Etat à assumer l'entièreté de sa souveraineté en y implantant justement une base militaire étrangère désormais chargée d'assurer la sécurité et la défense de son territoire (devoir régalien relevant, stricto sensu, de la seule souveraineté), une force étrangère dont les soldats assurent déjà celle du chef de l'Etat ? Honnêtement, où se trouve la souveraineté ? A moins que le sens de cette notion ait changé depuis peu, à notre insu.

La Côte d'Ivoire et les pays de la zone franc l'étaient déjà moins, avec une monnaie (abusivement considérée comme la leur), le franc CFA, propriété de l'Etat français. Y renforcer une présence militaire dénoncée de tous temps et qui était sensée être en voie de disparition - pour coller aux promesses de Nicolas sarkozy himself, au lendemain de son élection à la tête de l'Etat français - en plein 21 siècle, relève de la plus loufoque des logiques et du plus révoltant des parasitismes. On le voit bien, comme le dit un citoyen français, « la France n'a pas délaissé son tropisme gaullien vis-à-vis de ses ex-colonies ».

Autrement, comment comprendre cette désormais omniprésence de la France en Côte d'Ivoire, après qu'elle ait, au vu et au su du monde entier, bombardé un chef de l'Etat - fut-il africain - chez lui, avec son épouse, ses enfants et ses petits-enfants à peine sevrés, une dizaine de jours durant. Il faudra, un jour, qu'on puisse nous expliquer comment une telle inhumanité ait pu se faire et s'applaudir dans un monde adoubé civilisé. Une omniprésence totale, pour le reste de nos jours :

- partenariat dit « de référence » pour masquer un asservissement paré des plus beaux atours, auréolé d'élégance, et une main mise presqu'exclusive,

- conseillers politiques et diplomatiques auprès du président ivoirien, en son cabinet,

- attachés militaires pour formater et reconfigurer l'armée nationale au goût de l'Elysée,

- agents secrets pour passer au crible les appels téléphoniques et les SMS des Ivoiriens, et tracer leurs mouvements (la France en a une expertise reconnue dans le monde),

- appropriation du marché ivoirien par les entreprises françaises (dixit Monsieur Fillon, avec un triomphalisme et un bonheur mal dissimulés). Vive la renaissance de l'ère coloniale !

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Un hélico de Licorne, en pleine chaussée abidjanaise!

De toute cette armada bureaucratique et militaire, les citoyens français, « abusés et intoxiqués par leur gouvernement et leurs médias caniches » n'y voient que du feu. A la vérité, Nicolas Sarkozy veut se donner les moyens du tyran du livre de Job qui ne relâche plus sa proie. La Côte d'Ivoire est retournée dans l'escarcelle élyséenne et doit y demeurer pour la durée des temps. Dût-il lui imposer un chef de l'Etat « dénué de charisme et d'épaisseur politique », qui peine à payer ses propres fonctionnaires (sinon sur prêt français ; vous avez dit souveraineté ?) et à réconcilier des Ivoiriens déchirés.

Au surplus, la France peut-elle, sans se sentir roublarde, prétendre nous faire des prêts quand nous disposons dans le compte des opérations du Trésor français de la bagatelle de plus de cinq à six mille milliards de francs CFA (qui, du reste, en sait le montant exact ?), défalqués de nos recettes à l'exportation depuis les années 60 jusqu'à nos jours, pour garantir une factice parité avec le Franc Français, une monnaie aujourd'hui morte et inexistante, à l'ère de l'Euro ?

L'Hexagone paierait les salaires des fonctionnaires ivoiriens depuis fin avril 2011 (impensable sous Gbagbo !), à concurrence de - bientôt - 400 millions d'Euros, soient environ 263 milliards de francs CFA. Somme à rembourser par l'Etat ivoirien, le geste n'étant pas marqué du sceau de la philanthropie. Et pendant que nous y sommes, pourquoi la France ne nous rendrait-elle pas ne serait-ce que le tiers de cette cagnotte (avec les intérêts !) pour nous permettre de reprendre notre souffle, si tant est qu'elle nous aime tellement et qu'elle est soucieuse de nous permettre « d'assumer la plénitude de notre souveraineté » ?

On le voit bien, nous sommes enfarinés dans une hypocrisie protocolaire où la vérité et la réalité sont cachées aux Ivoiriens. Et de toute façon, pourquoi donc la France nous prêterait-elle de l'argent, elle qui est actuellement si mal en point, en grave récession économique et en déficit budgétaire depuis au moins trente ans, comme nous l'a appris récemment le président français, lors de sa quatrième conférence de presse de mandat ? A la vérité, le Trésor français nous prête notre propre argent, avec intérêt ! De quelle souveraineté nous parle-t-on alors ?

La France voulait la tête de Laurent Gbagbo, elle l'a eue. Elle lui a proprement rendu la monnaie de son outrecuidance du 14 juillet 2010. Et a désormais marqué son territoire, par son Premier ministre, François Fillon, le 14 juillet 2011. Bien malin qui pourrait prédire la date du retour de la Côte d'Ivoire à la liberté et à une vraie souveraineté ! Mais comme dit la maxime, on n'opprime pas un peuple, tout le temps. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In Le Nouveau Courrier N° 273 du jeudi 21 juillet 2011

LE CYNISME DES IVOIRIENS

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J'ai fait un tour au Plateau, le principal quartier des affaires de Côte d'Ivoire pour voir où nous en étions trois mois après le Kidnapping du Président Laurent Gbagbo. Il était 11 heures du matin et j'avais le sentiment de circuler dans une maison hanté. Les rares ivoiriens que je rencontre dans la rue ont le regard généralement perdu et la circulation si dense à pareille heure était réduite à 50 %. Je refuse de penser qu'on a cessé de travailler en Côte d'Ivoire.

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Alors je m'engouffre dans le bureau d'un ami de longue date au ministère de la fonction publique. Je le trouve grelottant et rangeant ses affaires pour rentrer. « Si tu étais venu 5 minutes plus tard, tu ne m'aurais pas trouvé. » Mais, cher ami il est à peine 11h et demi ! « Ah ! J'ai trop duré, il n'y a personne ici, nous sommes même en train de préparer une grève. » Pourquoi !? « On nous doit deux primes. On s'apprêtait à nous verser la première fin mars dernier, quand le régime précédant a été chassé. Ça fait encore trois mois que nous attendons les primes de mars. Nous allons donc bientôt arrêter de travailler. »

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Mais, avec tout ce qui s'est passé, tu ne penses pas qu'il faille laisser un peu de répit au nouveau chef de l'Etat ? « Quel répit ? Tu sais mon frère, ce n'est pas la première fois qu'on assiste à un changement de régime. Je ne me souviens pas que Bédié ait interrompu de verser les primes des fonctionnaires au lendemain de sa prise de pouvoir. Robert Guéi qui a dit avoir trouvé les caisses vides ne s'est même pas donné un délai de carence. Quant au fils de pauvre, Laurent Gbagbo qui a tout le temps traîné la casserole de l'élection calamiteuse, il n'a jamais prétexté les contrecoups de la rébellion pour interrompre les primes, au contraire, il les a même revalorisées partout.

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Alors pourquoi veux-tu que ce soit l'homme des pluies de milliards qui nous impose un tel traitement ? » Je l'ai fermée. J'ai rarement perçu autant de cynisme dans l'attitude des fonctionnaires ivoiriens. Est-ce la rançon de l'arrogance et de la démagogie ? Je m'interroge.

Joseph Marat


Source : Le blog de Joseph Marat

LA FRANCE ET OUATTARA PREPARENT UNE GRANDE FRAUDE ELECTORALE A TRAVERS UNE OPERATION BAPTISEE «CODE D’HONNEUR»


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Lentement mais sûrement avec le soutien de la France, Ouattara est entrain d’asseoir sa dictature. Des manœuvres très obscures sont en cours dans ce sens à la CEI. Les nouvelles qui nous viennent de la « case » électorale si chère à Youssouf Bakayoko, sentent le soufre.


En effet, des commissaires centraux proches du RHDP ayant requis l’anonymat, nous ont approché pour nous faire des révélations de taille. Selon leurs dires, une opération d’envergure baptisée «  Code d’Honneur » pour la partie française ou NLC « Noyer Le Cafri » pour le RDR est en ce moment même en préparation pour être exécutée lors des différents scrutins électoraux à venir ; à savoir les législatives, les municipales et les départementales. Pour ces derniers, la visite du premier français François Fillon était d’une importance capitale pour cette opération.

Ils se disent choqués par ce qui se profile à l’horizon à savoir le retour au parti unique. Pour eux, bien qu’ils soient opposés au président Laurent Gbagbo, au moins sous lui, la démocratie avait tout son sens. Aucun parti politique n’avait le monopole des sièges toutes élections confondues. Mais avec l’opération en cours, le RHDP fera une razzia des sièges de tous les scrutins. De quoi s’agit-il ? Ces commissaires centraux nous ont révélés que Paris veut se « blanchir » de son coup d’Etat sur le président Laurent Gbagbo. Pour ce faire, il faut inévitablement que le parti de son poulain fasse un « tsunami » des sièges aux différents scrutins électoraux futurs. Cela lui permettra (la France) de justifier son coup d’Etat aux yeux du monde comme quoi Alassane Dramane Ouattara est le « vrai candidat du peuple » puisque sa coalition vient de rafler tous les sièges. Ce qui prouvera que le président Laurent Gbagbo lui avait volé sa victoire.

Ordre a été donné à Youssouf Bakayoko et à Y. Choï de tout mettre pour que cette exigence de Paris soit une réalité. Il a été promis à Youssouf Bakayoko, un poste de président à la tête d’une institution en création par Alassane Ouattara.

Quand à Amadou Soumahoro numéro deux de la CEI et récemment nommé secrétaire général intérimaire du RDR par Alassane Dramane Ouattara et Bamba Yacouba, ils seront nommés sauf changement de dernière heure, ambassadeurs ainsi que d’autres commissaires du RHDP au sein de ladite institution. Fillon avait dans sa délégation, le patron d’une entreprise spécialisée dans le traitement informatique de données biométriques. Elle travaillera avec la CEI, l’I NS et la SAGEM. Mais, elle aura une mission spéciale, celle d’insérer frauduleusement les 429.030 personnes que Beugré Mambé avait voulu insérer et qui lui avait coûté son poste ainsi que les 1.033.000 inscrits de la liste litigieuse dite « liste grise ». Il est reproché à la SAGEM d’avoir échoué dans cette initiative.

La composition de la CEI dans sa forme actuelle qui pose problème car coloriée à 96% en « orange » couleur du RHDP, a été soumise au premier français. Selon nos interlocuteurs, cette question a été balayée du revers de la main par François Fillon parce qu’il estime que la composition de la CEI résulte des accords de Marcoussis, et que ces dits accords ne seront caducs qu’après l’organisation de toutes les élections sous Alassane Dramane Ouattara. Voilà pourquoi, le président de la CEI procède depuis un certain temps au remplacement des commissaires de l’opposition par des commissaires RHDP sans être inquiété, pour lui ces derniers sont démissionnaires car ne répondant plus aux convocations de réunion. Pourtant nul n’ignore que ces commissaires de l’opposition sont soit à l’extérieur pour certains soit vivent terrés pour d’autres pour échapper à la furia des sanguinaires comme Morou Ouattara, Sheriff Ousmane, Ousmane Coulibaly et autres.

Nos hôtes du jour se disent tristes de voir le FPI se détourner de ce qui devait être son combat pour des querelles inutiles.

Les nombreux voyages de leur mentor dans la sous-région répondent à un seul souci ; les modalités du convoyage de certains nationaux de ces pays en Côte d’Ivoire en vue de participer aux différents scrutins électoraux. Ces derniers n’auront aucun mal à voter puisque leur carte nationale d’identité et leur carte d’électeur seront déjà confectionnées à partir de la « liste grise » et des 429.030 personnes frauduleuses. Leur seul effort sera de fournir leur photo d’identité.

L’ONUCI, en ce qui la concerne toujours selon nos interlocuteurs, est chargée de l’identification de tous ces étrangers (Noms & prénoms – Pays d’origine – Date d’arrivée -  lieu de déportation en C.I – etc.) et de leur répartition sur le territoire national. Une fois, le vote achevé, elle est chargée de leur retirer leur carte d’identité et d’électeur et ils seront transportés soit dans leur pays d’origine soit ils pourront rester mais avec leur carte d’identité d’origine. L’ONUCI sera épaulée dans sa tâche par certaines organisations humanitaires. Ce bétail électoral servira aussi longtemps que possible. Ce qui signifie un retour direct au parti sans passer par la case de départ.

Nous leur avons fait savoir que c’est cette méthode qui avait prévalu aux élections présidentielles passées. Nos commissaires nous répondu qu’elle ne sait pas passer comme cela se devait ce qui explique toutes ces irrégularités que les observateurs internationaux ont décrié. Pour eux, à ces deux tours des élections, il y a eu vote multiple par manque de votants physiquement présents. Puisqu’à cause de la crise, la population des zones CNO (Centre Nord Ouest) ayant considérablement diminué, il fallait des votants or les électeurs étrangers n’ont pas répondu massivement. C’est ce qui explique ces scores soviétiques dus aux votes multiples puisque ces illettrés de rebelles ne sachant pas faire la différence entre nombre d’inscrits et suffrages exprimés.

Mais, cette fois étant donné que le monde entier aura les yeux rivés sur ces élections pour savoir qui de Laurent Gbagbo et de Alassane Dramane Ouattara a la majorité, alors il faudra éviter les erreurs du passé. D’où la nécessité de la présence de ces étrangers le jour J dans les bureaux de vote. Toujours selon leurs explications, en marge du sommet de Malabo (Sommet de l’UA du 30 juin au 1er juillet en Guinée Equatoriale), des émissaires des présidents de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali, du Togo, du Bénin du Sénégal, du Libéria et même du Gabon se sont rencontrés pour peaufiner la stratégie. Chaque pays devra fournir en ce qui le concerne un nombre exact de ces nationaux ayant le profil requis (ne pas être trop marqué des traits sociologiques de son pays) pour l’opération. Le ministre ivoirien de l’Intégration Africaine Adama Bictogo et son homologue burkinabé des Affaires Etrangères Djibril Bassolé٭ sont les chevilles ouvrières de cette opération.

Le ministre burkinabé aura une visite de travail d’ici peu dans la capitale ivoirienne où il s’entretiendra avec nos autorités, l’ONUCI, et certaines organisations coptées pour ce plan funeste et macabre.

A la question de savoir, quelle était la source de leur motivation en dénonçant ce plan aujourd’hui, nos chargés des élections, nous ont dit être pris de remords. Alors, ils fallaient qu’ils libèrent leur conscience de ce fardeau. Et, comme eux, il y en a plusieurs au sein de leur institution et au sein de leur parti.

Avant de nous laisser, nos amis d’un jour, nous ont laissé entendre que le chef de l’Etat n’a pas l’intention de désarmer « ses guerriers mystiques » de sitôt. Il compte faire régner l’ordre par la terreur au fin d’empêcher les militants de l’opposition d’exercer librement leur devoir civique et aussi tuer toutes velléités de soulèvement populaire. Ses ministres et collègues dans la loge, Soro Guillaume et Hamed Bakayoko sont entrain de tailler notre armée sur mesure avec leurs frères du Nord et des mercenaires. Ils procèdent en ce moment même à la répartition dans tous les grands commandements de l’armée et de la police, des soldats burkinabés dit radiés mais qui en fait ne le sont pas. Ils sont dans notre armée et payés par l’Etat ivoirien. Ils disent qu’ils se sentiront soulagés lorsque leur révélation paraîtra dans les journaux pour être sus des ivoiriens et du monde entier.



Charles Tiekpo

tiekpocharles@yahoo.fr


٭ Initiateur de Soro Guilaume, Adama Bictogo, Sidiki Konaté, Hamed Bakayoko, Ahoussi Jeannot, Patrick Achi, Alain Lobognon, Anne Ouloto etc. et tous les chefs de guerre à la franc-maçonnerie.


Source: KOACI.COM

jeudi, 21 juillet 2011

PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA: NICOLE BORVO COHEN-SEAT, SENATRICE FRANÇAISE, ECRIT A ALAIN JUPPE



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Situation désastreuse des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire: La sénatrice de Paris écrit à Alain Juppé.


Madame Nicole Borvo-Seat, Sénatrice de Paris, Vice-présidente de la Commission des lois, a adressé le 20 juillet 2011 une lettre à Monsieur Alain JUPPE, Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et Européennes de Sarkozy. Je la partage avec vous. Toussaint ALAIN.

 

Monsieur Alain JUPPE
Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37, Quai d'Orsay
75007 Paris


Paris, le 20 juillet 2011

Monsieur le Ministre,

 

Je me permets d'attirer votre attention sur des situations constatées en Côte d'Ivoire par des organismes de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International.

Selon ces associations au moins 50 personnes ont été placées en détention sans avoir été inculpées par les autorités ivoiriennes à la suite de l'arrestation de Laurent Gbagbo il y a trois mois.

Parmi eux figurent des hommes politiques connus, des députés, des syndicalistes, des anciens ministres, l'ancien directeur de la BCEAO et des ressortissants français.

Nombre d'entre eux sont détenus dans différents endroits du nord de la Côte d'Ivoire. Ni le CICR ni aucune autre organisation non-gouvernementale n'ont pu leur rendre visite. Par contre le directeur de la division des droits de l'homme de l'ONUCI a pu se rendre sur le site de Bouna. Il y a constaté que les personnes détenues faisaient l'objet de mauvais traitements et que l'incarcération se faisait dans des conditions humaines dégradantes. D'ailleurs certains de ces traitements contrevenant à l'article 1 de la Convention des Nations Unis contre la torture ont été filmés et mis en ligne sur Internet. On y voit certains de ces détenus - dont un ancien premier Ministre, un ressortissant français et des personnes souffrant de graves problèmes de santé - humiliés et contraints de faire des pompes par des membres des forces armées des actuelles autorités ivoiriennes. A Korhogo 23 détenus survivraient entassés dans un container.

Par ailleurs des associations de droits de l'homme ont exprimé l'exigence que tous ces détenus bénéficient de l'attention médicale et des soins dont ils ont besoin. L'état de santé de certains d'entre eux comme Mahan Gahé, président du syndicat « Dignité » membre de la CSI, et Maurice Louhourignon, directeur de l'aménagement du territoire, actuellement détenus à Boundiali, s'est brutalement dégradé.

Ces mêmes associations considèrent également que le maintien de personnes en détention sans inculpation relative à une infraction précise prévue par la loi serait une violation directe des normes internationales en matière de droits humains et ferait de celles-ci des prisonniers d'opinion qu'il faudrait libérer immédiatement.

Elles ont par ailleurs relevé que les soldats de la Licorne et de l'ONUCI étaient présents lors de l'arrestation de nombre de ces personnes mais qu'ils ne sont pas intervenus pour empêcher les mauvais traitements.

Je vous serais reconnaissante, Monsieur le Ministre, de me faire savoir la position du gouvernement français concernant l'ensemble des points soulevés et les initiatives qu'il compte prendre.

Pourriez-vous également m'indiquer, Monsieur le Ministre, les démarches entreprises en vue d'éclaircir les circonstances de la mort par balle le 31 mars dernier à Yamoussoukro de Philippe Rémond, ressortissant français exerçant le métier d'enseignant en Côte d'Ivoire ? Ce dernier  déclarait le 17 janvier dernier avoir fait l'objet de menaces liées à ses opinions politiques.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

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Nicole BORVO COHEN-SEAT



FRANCE-COTE D'IVOIRE: LA TENTATION COLONIALE


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Depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, la diplomatie et l'armée françaises sont en première ligne à Abidjan. Selon le politologue Michel Galy, cette situation ramène la Côte d'Ivoire 50 ans en arrière.


Quels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n'en demeure pas moins que l'armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d'Algérie et la sanglante opération de répression contre l'Union des populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l'opération avec la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et avec l'ex-rébellion, bras armé du pouvoir d'Alassane Ouattara, que dans le bombardement d'objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la présidence et de la résidence présidentielle d'un pays étranger n'entre pas dans le cadre d'un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d'assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l'application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

Un coup d'Etat programmé

Il s'est agi de toute évidence de changer de régime et de président, en prenant le contrôle d'une capitale de 5 millions d'habitants. En toute clarté terminologique: un coup d'Etat franco-onusien.

A quel prix? Voilà un point qu'une commission d'enquête parlementaire ou internationale ou pourquoi pas un rapport enfin objectif d'organisations de droits de l'homme -décidément bien ambiguës- pourraient éclaircir. A moins que des chercheurs africanistes, que l'on a connu plus diserts pour condamner le régime précédent, se livrent à des enquêtes de terrain ou des analyses argumentées.

Il est question, lors de ce coup d'Etat, de centaines ou de milliers de morts, dont nombre de civils désarmés. Où est la vérité? Les forces pro-Ouattara ont torturé et exécuté plusieurs milliers de civils, tant à Yopougon (quartier pro-Gbagbo) que dans l'ensemble de la capitale, et commis des crimes de guerre dont Duékoué n'est que l'exemple le plus connu.

Qui nous donnera des chiffres exacts et détaillera la complicité -même dans la passivité- des forces occidentales? Tout ce qu'on sait de la «triple alliance» force Licorne, Onuci-FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, ex-rebelles pro-Ouattara) font craindre une implication de l'armée française plus importante qu'au Rwanda.

Une gouvernance de l'ombre en Côte d'Ivoire

Ces graves problèmes sont en fait la conséquence d'une délégitimation programmée du régime précédent, coupable sans doute d'une résistance larvée à une volonté de normalisation franco-africaine, et d'une volonté pourtant très relative de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme la Chine.

Délégitimation intellectuelle et politique, depuis Paris et Abidjan, concomitante à une aide multiforme au coup d'Etat de 2002 où les forces de Guillaume Soro et Alassane Ouattara ont conquis les deux tiers du pays. Cette descente vers le Sud des conquérants dioulas n'a été possible in fine que grâce à l'aide des services français et de la force Licorne, dont seules les grandes lignes sont connues.

«Et maintenant, on fait quoi?», disent volontiers les Abidjanais... La «tentation coloniale» semble se traduire par une mise en coupe réglée du pays et, pire encore, une mise sous tutelle du nouveau régime, qui ramène 50 ans en arrière.

Tous les observateurs le savent: en cas de retrait de la force Licorne et des troupes de l'ONU, l'armée et le régime Ouattara ne tiendraient pas longtemps dans une ville qui leur reste majoritairement hostile. D'où la tendance, pour les responsables français d'Abidjan, à se substituer ou à collaborer aux centres de décision ouattaristes: de nommer très récemment, par exemple, un colonel français au poste de conseiller sécurité à la présidence.

Le retour des institutions internationales -et particulièrement françaises, comme l'Agence française de développement (AFD)- (absentes depuis 10 ans, avec la volonté implicite de couper toute aide au régime Gbagbo) se traduira par des experts étrangers tout puissants et par des conditionnalités renforcées: une gouvernance de l'ombre qui formate en amont projets et programmes.

Décapitalisation aussi de l'économie: de nombreuses sociétés d'Etat seraient alors privatisées, comme pendant la primature Ouattara, au profit de ses proches (et des clients étrangers) qui trustent déjà ministères et postes-clés -au détriment du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique de Felix Houphouët Boigny de 1960 à 1990, de droite, à tendance libérale), décidément la dupe du coup d'Etat.

Les matières premières comme le café, le cacao et surtout le pétrole offshore du golfe de Guinée sont bien plus importants, et les Américains sont à l'affût, en rivalité directe avec les entreprises françaises.

L'opposition muselée

Le prix de ce retour à l'ordre colonial est hélas celui d'une brutale criminalisation de l'opposition, de l'incarcération et de la déportation de ses dirigeants -tandis qu'une répression multiforme décime ou terrorise ses partisans. Le plus scandaleux est la déportation non seulement de Laurent Gbagbo à Korhogo, mais de sa famille (son fils, de nationalité française, Michel Gbagbo, qui subit des mauvais traitements à Bouna, est-il coupable d'un «délit de parenté»?) et des «Cents d'Abidjan» eux aussi emprisonnés dans des conditions indignes dans des zones hostiles, malgré la présence complice des troupes de l'ONU. Les conventions de Genève stipulent des conditions de détention décentes et la possibilité de consulter un avocat; des droits déniés à ces prisonniers politiques ivoiriens.

Encouragé par l'absence de réactions internationales, le pouvoir vient très récemment de déporter à Boundiali les réfugiés de la Pergola, hôtel où, dans une sorte de guet-apens, l'ONU était censé assurer leur sécurité. Le Premier ministre Aké Ngo Gilbert, que j'ai connu dirigeant l'université d'Abidjan et garant scientifique des remarquables colloques de 2010 (pour fêter les 50 ans des «indépendances»!) a-t-il fait autre chose que de gérer honnêtement une situation économiquement très difficile depuis les élections?

On a hélas l'impression qu'au-delà de l'opposition, ce sont les élites intellectuelles et même les classes moyennes qui sont condamnées, tandis que les criminels de guerre et autres rebelles reçoivent les prébendes et la reconnaissance internationale!

Abidjan «hors de contrôle»

Sur le plan militaire, les pouvoirs français et ivoiriens (ou «franco-ivoiriens»?) sont devant un dilemme: soit ils s'appuient sur les FDS (Forces de défense et de sécurité) pro-Gbagbo, foncièrement hostiles à l'armée de Ouattara; soit ils aident comme pendant la «bataille d'Abidjan» (entraînement, logistique, armes et uniformes) les rebelles pro-Ouattara, dont tout laisse deviner qu'il ne suffit pas de les baptiser «FRCI» pour que cessent leur pratiques de prédation.

L'amalgame étant difficile -si ce n'est impossible- tant les deux factions militaires sont hostiles, l'armée française peut être tentée de se substituer à l'armée ivoirienne (comme sous le président Houphouët-Boigny) ou de l'«encadrer», c'est-à-dire de la diriger par une présence massive de «conseillers», comme au Vietnam autrefois, ou en Libye aujourd'hui.

La situation à Abidjan est en effet «hors de contrôle», selon l'aveu des dirigeants civils pro-Ouattara: outre les centaines de meurtres d'opposants, notamment à Yopougon, d'immenses quartiers comme Angré ont été totalement pillés; plus de police et de gendarmerie, et les Dozos (qui auraient massacré un millier de civils à Duékoué) sont dans les commissariats.

Dès lors la tentation est grande pour les Franco-onusiens d'aider le gouvernement Ouattara à éliminer les rebelles les plus dangereux, sur le modèle de la liquidation d'Ibrahim Coulibaly -ce qui entraînerait plus loin les forces occidentales dans les violences ivoiriennes.

Contre ce programme néocolonialiste, une autre politique franco-ivoirienne se dessine, qui pourrait favoriser un retour à la paix civile et à des élections législatives représentatives, faute de quoi l'hypothèse d'un nouveau cycle de violences ne serait pas à exclure, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays. Retrait des deux corps expéditionnaires occidentaux, libération des prisonniers politiques et réintégration de ceux-ci dans le jeu politique en seraient les points-clés.

Dans le cas contraire, la «bataille d'Abidjan» et ses nombreuses victimes aurait été menée pour rien: à terme, les intérêts et même les ressortissants français courraient de graves dangers, tant le ressentiment est important à Abidjan.

Décidément, l'image quasi «bushienne» de lutte du bien contre le mal -comme en Libye?- n'était pas très réaliste... Pas plus que celle d'un «post-conflit» idyllique et consensuel.

On parierait qu'un terrible scandale politico-médiatique reste à venir, quand on saura enfin ce qu'il s'est réellement passé à Abidjan, il y a aujourd'hui trois mois.


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

FRANÇOIS FILLON: DISCOURS PEU SERIEUX POUR PERSONNES PEU SERIEUSES

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Ainsi donc, François Fillon a fini son « tour du propriétaire » en Côte d’Ivoire. Un séjour qu’on devrait qualifier d’historique : la première visite officielle d’un Premier ministre français en Côte d’Ivoire depuis… 1986. A l’époque, Jacques Chirac, chef d’une droite ayant tout juste obtenu la majorité lors des législatives et par conséquent le contrôle du gouvernement dans le cadre de la cohabitation, venait remercier son « papa » Félix Houphouët-Boigny de l’avoir aidé par ses « conseils », mais surtout par son argent, qui se confondait avec celui de son pays, durant la campagne électorale. C’était le temps de l’Afrique de papa, d’un néocolonialisme que pourfendait, à Ouagadougou, Thomas Sankara, avant d’être assassiné avec, disent certains historiens, la bénédiction de Paris et d’Abidjan.

Tout aurait, aujourd’hui, changé de face. Evoquer même encore le terme « Françafrique » reviendrait à se servir d’un « logiciel dépassé », si l’on en croit les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Ce discours de François Fillon, disons le tout net, est peu sérieux, et ne sera considéré sérieusement que par des personnes peu sérieuses. Mal inspiré au Cameroun en mai 2009, quand il niait les crimes commis par l’armée française durant la guerre d’indépendance, à côté de la plaque quand il a évoqué le faible taux de « francité » d’Eva Joly, et ce – ironie ! – devant Alassane Ouattara, la « victime » de l’ivoirité, Fillon a été naturellement défaillant en essayant de donner un avis pertinent sur l’évolution des relations entre son pays et ses ex-colonies africaines.

Au fait, quand est-ce que la France officielle a-t-elle admis que le logiciel « Françafrique » était de saison, pour qu’elle puisse affirmer aujourd’hui qu’il est passé de mode ? Depuis que François-Xavier Verschave, ex-président de l’ONG Survie, a passé au tamis critique le néologisme créé par Félix Houphouët et l’a érigé en mot-repoussoir résumant l’ensemble des relations mafieuses et entachées de sang liant la France à son « pré carré », le concept a été contesté, moqué, ridiculisé. Verschave a été accusé de paranoïa complotiste. Aujourd’hui, on aurait parlé de « conspirationnisme »… D’hier à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans le sens de la souveraineté des pays d’Afrique dite francophone? En 1997, Paris soutenait les milices de Denis Sassou N’Guesso contre le président élu Pascal Lissouba dans le cadre de la reconquête de Brazzaville. En 2002, Paris soutenait les milices pro-Ouattara contre le président élu Laurent Gbagbo. En septembre 1979, les parachutistes français renversaient le Centrafricain Jean-Bedel Bokassa. En avril 2011, les forces spéciales françaises détruisaient la Résidence présidentielle ivoirienne afin de livrer Laurent Gbagbo à ses adversaires. Lors de la guerre du Biafra, entre 1967 et 1970, la France, alliée à l’Afrique du Sud raciste, convoyait des armes aux rebelles ibos. Aujourd’hui, la France largue des armes aux rebelles libyens, en partie islamistes. La seule différence entre les aventures militaires néocoloniales d’hier et celles d’aujourd’hui ? La force de la résistance populaire qui se construit lentement « oblige » légionnaires et hélicoptères à tuer des civils africains. Par centaines. A Abidjan, François Fillon a demandé que les crimes de tous les camps soient punis. Qui punira la France ?

La Françafrique, c’est une relation dans laquelle la France utilise sa présence militaire en Afrique pour y jouer un rôle politique, renverser et installer, soutenir et déstabiliser. C’est ce qui s’est passé et c’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire. La Françafrique, c’est une relation économique du cheval et du cavalier, où Paris est le partenaire économique « de référence », vers qui les contrats se tournent prioritairement… sans que la réciproque soit vraie. On est en plein dedans. La Françafrique, ce sont les conseillers militaires et économiques dépêchés par l’Elysée et qui travaillent, au plus haut niveau de l’Etat africain vassal et de manière très officielle, pour le compte du pays donneur d’ordres. On y est retournés, pieds et poings liés. La Françafrique, c’est le jeu qui consiste pour la France à choisir ses interlocuteurs en Afrique, et à décider toute seule en donnant l’impression d’un dialogue avec « nos partenaires africains ».

La manière dont les autorités françaises communiquent sur le maintien – ou le retrait – des troupes hexagonales en Côte d’Ivoire illustre à la perfection le complexe de la marionnette et du ventriloque qui caractérise les relations diplomatiques entre nos pays. Alors que l’investiture d’Alassane Ouattara se tenait encore, Nicolas Sarkozy a affirmé devant ses compatriotes regroupés dans le camp militaire français de Port-Bouët – symbole ravageur ! – que son pays garderait une présence militaire « permanente » en Côte d’Ivoire. Pourtant, les accords de défense doivent être renégociés d’Etat à Etat, et ratifiés par l’Assemblée nationale. Si Sarkozy se risque à une telle affirmation, c’est parce qu’il sait qu’il contrôle le pouvoir exécutif ivoirien et qu’il contrôlera demain – notamment grâce à l’opération d’épuration politique en cours, sanctifiée par Paris – le pouvoir législatif, au terme des élections qui doivent se dérouler avant la fin de l’année.

François Fillon a raison : le logiciel « Françafrique » est dépassé. Il a été remplacé par un software d’écrasement des peuples africains qui est, paradoxalement, à la fois plus subtil et plus grossier. Et terriblement violent.

 

Sylvie Kouamé, in Le Nouveau Courrier du 18 juillet 2011.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo