topblog Ivoire blogs

lundi, 11 avril 2011

COTE D'IVOIRE: LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A ETE KIDNAPPE A SA RESIDENCE DE COCODY PAR LA FORCE FRANÇAISE LICORNE

LAURENT GBAGBO. INVESTITURE.jpg

De source proche du palais et des forces spéciales loyalistes, qui ont opposé une résistance héroïque aux forces spéciales françaises, le Président Laurent Gbagbo a été arrêté lundi à sa Résidence de Cocody-les-Ambassades, par les forces spéciales françaises Licorne.

Une trentaine de chars français lourdement armés, appuyés depuis 24 heures par au moins 6 hélicoptères français PUMA, ont participé à son arrestation. C'est un miracle qu'il soit encore vivant, car l'objectif visé était son assassinat.

La rébellion n'a à aucun moment participé à l'arrestation du Président Gbagbo, qui a été la seule affaire des forces françaises Licorne.

Du matériel spécial, spécialement convoyé de France ce week-end, aurait perforé son bunker.
Pour éviter un bain de sang, le Président Gbagbo a préféré se rendre à la force Licorne.

L'histoire retiendra qu'il se sera battu seul, aux yeux de tous, sans que personne ne lève le petit doigt, contre le monde entier notamment la France, l'UE, les USA, l'UA, l'ONU.
La rébellion des Forces nouvelles d'Alassane Ouattara n'a été en réalité que l'arbre qui voulait cacher la forêt.

 

Christian Vabé

Source : IVOIREBUSINESS.NET

LA LICORNE LARGUE LES CADAVRES DE LEGIONNAIRES ET REBELLES EN HAUTE MER

LEGIONNAIRE FRANCAIS ABATTU.jpg 

Une catastrophe écologico-environnementale est en cours sur le littoral abidjanais. Plusieurs corps en décomposition dûment reconnus comme étant ceux de soldats Licorne ou rebelles sont rejetés par la mer. Pareil scénario est observé sur les bretelles lagunaires divisant le district d'Abidjan. Quelle en est l'origine ?

De sources proches de l'ONU, la future remplaçante de M. Young Jin Choi en Côte d'Ivoire aurait, au sortir d'un entretien avec M. Ban Ki-Moon et ce, en prélude à sa prise de fonction en Côte d'Ivoire prévue le lundi 11 avril prochain, exigé que des consignes soient données à Licorne et à l'ONUCI, afin de débarrasser Abidjan de toutes les saletés et autres cadavres en putréfaction avancée qui en jonchent les artères.

Depuis avant-hier, cette information, par circulaire interposée, à été donnée aux forces impartiales. Licorne, surtout, en a saisi l'opportunité pour nettoyer ses placards. Ce n'est un secret pour personne en Côte d'Ivoire, depuis le déclenchement des combats qui émaillent cette crise postélectorale, Licorne et l'ONUCI qui s'y sont invités ont perdu beaucoup d'éléments. Côté Licorne, on parle d'au moins de 100 soldats de race blanche sans compter plusieurs dizaines de légionnaires tués comme des mouches sur les théâtres d'opération (Bataille d'Abobo, Guiglo, Daloa puis enfin Abidjan).

Une crise très vite étouffée avait opposée, il y a quelques semaines, l'ONUCI à Licorne au sujet de 37 corps sans vie de soldats Licorne qui avaient combattu aux côtés des troupes de l'organisation onusienne. Incapable de justifier à Paris la mort de ses soldats, Licorne avait plaidé pour leur conservation à la morgue du siège de l'ONUCI à l'ex-Hôtel Sébroko, en attendant des jours bien meilleurs. C'est désormais chose faite. Avec cette décision, Licorne trouve-là l'occasion de régler en partie son problème. Depuis avant-hier nuit, jusque toute la mi-journée ce samedi 9 avril 2011, les ballets d'hélicoptères sur le front maritime ont été des plus incessants.

On ne sait trop pour quelle raison, mais ces aéronefs ont passé tout le temps a largué en très haute mer des objets supposés être des corps humains que des témoins, y compris les pêcheurs traditionnels des villages maritimes ainsi qu'un reporter de Rue225.com ou ael225.net, ont pu constater. Tous étaient en droit de croire que ces actions étaient de banales opérations de nettoyage de ces aéronefs.

Seulement, plusieurs corps humains (de race blanche ou métis avec des tatouages, et d'autres bardés d'amulettes) en putréfaction pour les uns et repoussés par la mer ont échoué sur les différentes berges. Berges du périmètre portuaires, plages du tronçon Abidjan-Bassam, abords de l'île Boulay, tout y passe. Une catastrophe écologico-environnementale guette Abidjan, qui ne s'est pas encore débarrassée en intérieur de la multitude de cadavres encore dans les rues que les populations enjambent chaque jour.

 

Source : Rue225.com

 

 --------------------------------------------------------------------

 

L'opinion française commence à se poser des questions sur Ouattara et ses manoeuvres meurtrières

 

REBELLES PRO-OUATTARA A ABIDJAN.jpg


Depuis quelques jours des voix discordantes se font entendre dans les médias français. Elles sont surtout de plus en plus nombreuses. Hier matin, c'est le conseiller spécial de Jean-Louis Borloo, Dominique Paillé, qui s'est clairement posé la question de la pertinence du soutien français à Ouattara. Touché personnellement par les forfaitures des rebelles de Ouattara, il s'est insurgé contre la violence inouïe de leurs actes.

Le 4 avril, c'était l'avocat Me Ceccaldi qui décortiquait le rapport qu'avait rendu le 20 mai 2010 Monsieur Choi à l'Onu. On y lit ainsi qu'il reconnaît que les forces rebelles n'étaient pas désarmées au moment des élections, qu'elles détenaient les administrations, et contrôlaient les postes frontières, entre autres... On comprend aisément que des élections ne pouvaient pas se passer normalement dans un tel contexte.

Il y a quelques jours, on vous annonçait 1.237 morts à Duékoué. Les organisations humanitaires viennent de reconnaître l'exactitude de ce chiffre. Cet épisode de la guerre en Côte d'ivoire a bouleversé l'opinion publique, et les voix se font plus fortes pour demander plus d'impartialité dans le traitement de l'information, et plus d'esprit critique quand il s'agit de parler de Ouattara. Le soutien inconditionnel que montre la France à cet homme se fissure sérieusement... Et les médias hésitent beaucoup moins avant d'écorner l'image de saint que les dirigeants français veulent donner Ouattara. Comment va-t-il se sortir de cette situation intenable ?

Les exactions inadmissibles dont se rendent responsables ses hommes en armes l'isolent des Ivoiriens qui en sont victimes, et l'isolent également de son soutien le plus précieux, la France. Celle-ci est obligée de se mettre en retrait pour ne pas être discréditée aux yeux du monde devant autant d'injustice flagrante. Ouattara est de plus en plus isolé, et la France de plus en plus gênée devant cette vérité qui petit-à-petit se fait jour... Comment Ouattara pourra-t-il gouverner avec un passif si lourd ? Pourra-t-il même gouverner un jour ? La grandeur d'un homme se mesure aussi quelquefois à sa capacité à reconnaître ses torts et refuser d'aller dans le mur.

 

Source : Ivoire Politique

 

--------------------------------------------------------

 

 

Selon Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement:

«L'attaque de la résidence du Président Gbagbo dimanche soir par Licorne est une tentative d'assassinat!»

 

AHOUA DON MELLO.jpg

La résidence et le palais présidentiels ont été bombardés dimanche soir par au moins cinq hélicoptères français de la force Licorne, a constaté un journaliste d'IvoireBusiness.

La base navale de Locodjro a aussi reçu des tirs de missiles des hélicoptères français.
Plusieurs morts sont à déplorer même si aucun bilan n'est pour l'heure disponible.
De source confidentielle, la vie du Président Gbagbo n'est absolument pas en danger.
L'acteur et comédien Sidjiri Bakaba, directeur du palais de la culture aurait été blessé dans les bombardements, alors qu'il filmait l'attaque.

La résidence du Président Laurent Gbagbo a été partiellement détruite par ces tirs de missiles. Un pan entier de la résidence se serait effondré.

Mais le bunker de la résidence n'a pas été perforé par les tirs de missiles, selon des sources.
Le porte-parole du gouvernement a déclaré sur la chaîne française BFM TV qu'il s'agissait d'une tentative d'assassinat du Président Gbagbo, dénoncée par lui depuis longtemps, mais toujours maquillée par des prétextes différents.

Les forces loyalistes sont en état d'alerte maximale et sont prêtes à défendre la vie du Président Gbagbo et la République de Côte d'Ivoire au péril de leurs vies.


Patrice Lecomte

Source: LVDPG

vendredi, 08 avril 2011

LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES (2ème Réédition)

 

L'ELYSEE.jpg

 Ce texte que j'avais écrit le 15 février 2007, à quelques mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, et posté pour la toute première fois, après mise à jour, sur mon blog, le 24 mars 2008 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, se révèle encore d'une criante actualité. Il me plaît, ce faisant, chers internautes, de vous le (re)proposer. Bonne lecture !


La France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c'est avec beaucoup d'étonnement et d'interrogation que j'observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l'Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l'ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l'interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu'un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c'est tout juste pour se donner bonne conscience.
J'en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l'implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France, les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d'Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n'y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n'a eu droit qu'à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l'ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C'est vrai que « DIEU sauvera la Côte d'Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l'a écrit Bernard B. DADIE, celui que l'on considère comme l'un des pères de la Littérature Négro-africaine.

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l'Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France, en octroyant, dans les années 60, « l'indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n'est sorti ou n'a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n'a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d'Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d'eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l'aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d'Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d'Algérie, débutée en 1954, en passant par l'atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu'elle y a soutenu, jusqu'à nos jours, la politique africaine de la France n'a pas changé d'un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J'irais même plus loin : Apparemment, la France n'a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d'Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d'Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l'affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d'expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s'est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d'Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemis désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l'Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l'Humanité ! ». Et j'adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l'Africain » qui ont - comme l'a dit avec beaucoup d'à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l'Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d'accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d'une conscience nationale et patriotique, en Côte d'Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l'Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !



DINDE Fernand AGBO

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC (2ème Réédition)

 

CHIRAC ET SARKOZY 2.jpg

 A lire, cet autre texte écrit le 28 avril 2007 et posté pour la première fois sur Regards croisés, le 24 mars 2008, et au sujet duquel les récents développements de l'actualité politique ivoirienne nous donnent raison. Appréciez, tout simplement.



Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix, qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- « La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris ». En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- « La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays (la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français ».

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique, au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la Sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.


DINDE Fernand AGBO

 

--------------------------------------------------------------------------------

 

MAMADOU KOULIBALY.gif

Quotidien Le Temps N° 1201 du 23 avril 2007


Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : "Adoptez la cadence du Président de la République".


 Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.


« Je rends gloire à Dieu le Tout-puissant qui nous a donné cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.

Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.

Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.

Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a pas voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " Je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro. J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " Là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas". Siriki, vous êtes là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.

Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d'Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont Général de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.

La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application.

Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " Si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneurs, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.

M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu'ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.

Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.

C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant qu'Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " Faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon.

Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien.

Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant remodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " On veut la paix ! On veut la paix ! ". Ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté, beaucoup de gens ont interprété cela comme si le Premier ministre disait : " Vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.

Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il ne l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne le demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit « allons doucement », il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces que vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.

Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emportiez. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit...".


Propos recueillis par Frimo D. Koukou

 

koukoudf@yahoo.fr

DELUGE DE FEU ET DE MENSONGE DE LA FRANCE ET DE L'ONUCI CONTRE LA COTE D'IVOIRE

MI-24.jpg

Côte d'Ivoire: Enfin, des négociations politiques ?

 

48 heures que la RTI (télévision d'Etat ivoirien) est aphone. L'armée Française (Licorne) coalisée avec les casques bleus de l'Onuci, a décidé de faire taire à jamais la seule voix publique, officielle de la Côte d'Ivoire et de l'Etat. Par des bombardements intenses (obus) sur le siège à Cocody, de la Radio Télévision Ivoirienne. Dès lors, s'est mise en branle, la machine de désinformation et d'intoxication de média Français : France 24, Rfi, Tv5, etc. On a parlé de l'exil du ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, à l'ambassade de France en Côte d'Ivoire. On a parlé de la présence d'Alcide Djédjé à l'ambassade de France pour négocier l'exil du Président Gbagbo en Mauritanie. On a aussi annoncé de Gbagbo, qu'il serait en train de négocier son exil futur en Italie, on parle de sa reddition...

A la vérité, rien de tout cela. Le chef de l'Etat Ivoirien est bel et bien en place. En sa résidence de Cocody qu'un certain Aly Coulibaly, pro Ouattara, soit disant ambassadeur de Côte d'Ivoire en France, déclarait sous occupation des rebelles de Ouattara. Lesquels rebelles seraient repartis de la Résidence parce que Gbagbo n'y serait pas. Gros quand même à avaler ! Mais cela donne un aperçu de la guerre de communication côté alliés de Alassane Ouattara. A Côté de ses rumeurs, des faits: L'armée Française Licorne, ouvrant et couvrant l'avancée des mercenaires de Ouattara qui sur le théâtre des opérations militaires, s'en prennent sans sourciller aux civils dans les communes ou quartier du district d'Abidjan (poche de résistance patriotique) où ces terroristes sont déversés après avoir été transportés par les hélicoptères Français et de l'Onuci. Bilan, de nombreux civils tués. Des corps ça et là de mercenaires transportés le plus souvent dans des espaces géographique et sociologique qu'ils ne maîtrisent pas, ne connaissent pas. Destruction des poudrières d'Akouédo, d'Agban, de la Marine, de la garde présidentielle, etc. Par des Obus et autres tirs de mortiers de l'armée Française sur toutes les bases militaires des forces de Défense et de Sécurité à Abidjan et sur les sites stratégiques dont la résidence du chef de l'Etat à Cocody, le Palais présidentiel au Plateau. Des morts et des blessés graves parmi les civils. Face à cette escalade, le Président Laurent Gbagbo dont l'armée vient d'obtenir de l'Onuci un cessez-le feu , ne demande qu'une chose : le dialogue. Il a depuis longtemps accepté et reconnu le haut représentant de l'Union Africaine, le cap verdien chargé d'engager les négociations entre les deux candidats à la présidentielle de novembre. Alors que Ouattara et ses chiens de guerre ont toujours dit non, au médiateur de l'UA. Estimant que seule la guerre pourra chasser Gbagbo du pouvoir. Mais jusque-là, on en est loin.

Pour le chef de l'Etat, il a joint hier au téléphone le président Obian N'guema de la Guinée équatoriale, ci devant, président de l'UA. Son entourage est formel : Il est hors de question qu'il démissionne. Hors de question qu'il reconnaisse comme le lui demande Paris, de reconnaître Ouattara comme Président e la République. De toute façon, il n'appartient pas au Président Gbagbo de reconnaître son adversaire comme vainqueur de la présidentielle de novembre dernier alors que le Conseil Constitutionnel Ivoirien a déjà installé le vainqueur dans le fauteuil présidentiel (palais du plateau). La nuit du mardi au mercredi a été plus calme que d'habitude. Les tirs à l'arme lourde se sont fait peu entendre. En dehors de quelques rafales dans la commune de Yopougon par exemple, protégée par les populations organisées en comités d'auto défense. Va-t-on finalement vers des négociations entre belligérants après l'accalmie suite au cessez-le-feu ? Le camp Ouattara qui n'a pas la capacité militaire de remporter la guerre face aux Fds, diminués par les attaques de l'armée française(Licorne) acceptera-t-elle le cessez-le-feu qui au juste apparaît pour lui comme une bouffée d'oxygène, vu que l'assaut final qu'il a lancé, n'a pas ébranlé les troupes fidèles au chef de l'Etat Laurent Gbagbo ?

La Russie, la chine et le Vatican, continuent d'appeler la France et son armée, d'entrer en caserne et d'arrêter toute agression. Cette France qui vient de perdre au moins deux de ses hélicoptères depuis son entrée en guerre en Côte d'ivoire, sera-t-elle gagner par la sagesse ? Sarkozy et son ministre Juppé mettront-ils fin à la politique de la canonnière que leur reproche quelques médias français ?Afin de se retirer du bourbier ivoirien et permettre aux seuls protagonistes ivoiriens de résoudre le contentieux post électoral par des voies pacifiques ? L'Onuci est aussi invitée à ne plus être le cheval de Troie des forces rebelles pros Ouattara, mais de jouer le rôle qui est le sien, sur papier : La protection des populations en Côte d'Ivoire (populations civiles, militaires, politique, etc). Ce qu'elle semble avoir acceptée, par la voix de Hamadoum Touré (Onuci). La France du belliqueux président Nicolas Sarkozy, arrêtera-t-il son entêtement à faire souffrir le peuple ivoirien déjà sous embargo de médicaments et sous embargo financier ?Le fauteuil présidentiel ivoirien dans lequel la France tient à installer forcément son candidat Ouattara, à la présidentielle Ivoirienne, justifie-t-il tant de morts et de souffrance ? Qui pourra arrêter Sarkozy dans sa folie meurtrière en Côte d'Ivoire ? Même l'Assemblée Nationale Française qui adopte la posture de l'Autruche, n'y parvient pas. Alors ?!

 

Source: GBAGBO.CI

--------------------------------------------------------------------

 

Côte d'Ivoire: L'Angola considère Gbagbo comme «Président élu»

 

L'Angola considère toujours Laurent Gbagbo comme le "président élu" de Côte d'Ivoire, malgré les efforts pour lui faire céder le pouvoir à Alassane Ouattara, candidat malheureux au second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère angolais des Affaires étrangères.

"(...) Nous pensons aussi que la Côte d'Ivoire devrait créer un gouvernement d'union nationale puisque Laurent Gbagbo a été élu constitutionnellement", a déclaré José-Maria Fernandes à la presse.

Mercredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a également critiqué les bombardements aériens des forces françaises et onusiennes. "L'Angola souhaite une sortie pacifique de cette crise sur la base du dialogue. L'Angola ne va pas entrer en Côte d'Ivoire comme l'ont fait les Français", a-t-il dit.

"Nous pensons que se sont les Ivoiriens eux-mêmes qui doivent trouver une solution et les Français doivent cesser de se mettre entre les deux" camps, a-t-il ajouté.

Les réactions dans le monde se multiplient contre les bombardements aériens des forces françaises en Côte d'Ivoire. La Russie a exigé l'évaluation de la légitimité des bombardements effectués par les forces françaises et onusiennes en Côte d'Ivoire.

Le président de l'Union africaine, Teodoro Obiang Nguema, a dénoncé mardi le recours à la force par l'Onu et la France. La ministre sud africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane, dont le pays siège actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU,  avait déclaré le même jour lors d'un point de presse à Pretoria, l'opposition de son pays aux bombardements aériens des forces françaises et onusiennes sur la Côte d'Ivoire.

A Paris, le Parti Communiste, le Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA) et Lutte ouvrière par un communiqué ont mardi exigé le retrait   « immédiat » de  Côte d'Ivoire des  troupes françaises.

La veille, le sénateur américain Jim Inhofe (R-Okla.), membre éminent de la commission sénatoriale des services armés (SASC) et du comité chargés des relations étrangères du Sénat (SFR), a indiqué que l'opposant ivoirien Alassane Ouattara  était « illégitime pour diriger la Côte d'Ivoire », estimant que   « les récents rapports des massacres perpétrés par les forces de Ouattara » constituent des « preuves supplémentaires » qui doivent emmener  les États-Unis à « changer leur position » dans la crise ivoirienne .

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

jeudi, 07 avril 2011

SIDIKI BAKABA: «SI LES IVOIRIENS NE VOULAIENT PAS DE GBAGBO, IL S'EN IRAIT»

SIDIKI BAKABA.jpg

Acteur et réalisateur proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba est resté dans la résidence présidentielle à Abidjan. Pour SlateAfrique, il raconte son engagement et l'ambiance sur place.

 

Acteur et réalisateur ivoirien proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba se trouve à ses côtés dans la résidence de Cocody. Acteur dans de nombreuses pièces de théâtre et au cinéma dans le très beau Visages de femmes (Désiré Ecaré, 1972), Bako, l'autre rive (Jacques Champreux, 1977) et Camp de Thiaroye (Ousmane Sembene, 1987), il est auteur de plusieurs documentaires et fictions. Il a récemment tourné Cinq siècles de solitude, la victoire aux mains nues, sur les événements politiques qui ont secoué la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004. Il est occupé à filmer les combats des derniers jours, et nous l'avons eu au téléphone ce mercredi 6 avril, sur fond de tirs assourdissants, pendant l'assaut lancé au matin par les forces pro-Ouattara contre Laurent Gbagbo. Sidiki Bakaba, 62 ans, un Ivoirien «nordiste» issu du grand groupe mandingue, explique à SlateAfrique les raisons pour lesquelles il reste loyal, jusqu'au bout, à son ami Laurent Gbagbo. Ce dernier l'avait nommé directeur du Palais de la culture dès son accession à la présidence en 2000.

SlateAfrique - Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?

Sidiki Bakaba - Un proverbe indien disait à l'époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J'ai fait un film sur les événements de 2002-2004 qui s'appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s'est produit devant l'hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd'hui, j'étais tout à l'heure sur un véhicule RPG et j'ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.

SlateAfrique - Vous défendez votre pays ou votre ami Laurent Gbagbo?

S.B. - Mon pays! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C'est un grand frère, c'est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au cœur, qui veulent l'indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l'indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d'abord visés à Paris. La plupart des jeunes d'aujourd'hui en Côte d'Ivoire n'ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c'est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n'a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l'inverse, sont là pour défendre leur Président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écœurés par le mensonge dont on leur rebat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent: «Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu.» Il faut libérer ce pays et les autres pays. J'ai toujours été un homme de spectacle et voilà que, depuis quelques jours, je suis un militaire.

SlateAfrique - Comment est l'ambiance à la résidence de Cocody?

S.B. - Très familiale, tranquille. Les gens chantent et prient. Tout va bien. Laurent est souriant pour ceux qui ont la chance de le voir. Il n'y a aucune panique.

SlateAfrique - Ne pensez-vous pas que la Radiotélévision ivoirienne (RTI) a déversé de la propagande incitant à la haine ces derniers mois?

S.B. - Elle a diffusé des films qui ont été faits par les Français eux-mêmes, comme ce documentaire sur la Françafrique qui a galvanisé les gens. Quand on parle de propagande, croyez-vous que c'est seulement la télévision française qui dit la vérité? Tout est faux! Hier encore, le soir du 5 avril, on en riait ici: on annonçait que Laurent avait signé un papier pour sa reddition! Ce matin, on a commencé à nous canarder. Les dépêches disent que ce n'est pas la France qui est derrière, que ce sont les combattants pro-Ouattara qui donnent l'assaut, qu'ils ont déjà d'ailleurs mis le pied dans notre cour. Je peux vous dire que tout est faux, puisque j'y suis: nous avons en face de nous l'armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus. Ils attendent le soir pour que les hélicoptères viennent nous canarder. Je ne sais pas quelle est leur stratégie, mais c'est de la lâcheté. Mais dans toutes les guerres, c'est pareil. La guerre ne se fait pas seulement avec des armes, mais aussi avec des images. J'ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l'armée pro-Alassane, j'ai tout filmé: les liasses d'argent qu'ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l'intérieur, il n'y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier...

SlateAfrique - Pourquoi vous engagez-vous de la sorte au risque de votre vie?

S.B. - Je n'ai plus l'âge de ces gamins que je filme. Nous, les Soninkés, nous avons un âge auquel nous n'avons pas le droit de parler. Or, à mon âge, parler est un devoir. Des deux côtés, il y a de l'exagération. Quand j'entends sur la RTI que celui qui est en face est un étranger, alors là je dis non! C'est un candidat à la présidentielle. Si on va sur ce terrain, alors moi aussi je suis visé.

SlateAfrique - Vous reproche-t-on le fait que soyez du Nord dans l'entourage de Gbagbo?

S.B. - Le premier qui me dit que je suis un étranger, je lui donne un coup de pied! Je suis né Français en 1949. L'indépendance m'a trouvé ici. J'ai une patrie, la Côte d'Ivoire. Je ne vais pas faire comme d'autres artistes et aller me planquer à Paris! Je dois être là où ça se passe. Tout est faux! Tout à l'heure, je repartirai filmer sur le front! Si le Burkina avait été agressé comme l'est la Côte d'Ivoire, si la France avait été agressée comme l'est la Côte d'Ivoire, j'aurais aussi filmé!

SlateAfrique - Le poison de l'ivoirité n'a-t-il pas détruit la Côte d'Ivoire?

S.B. - Je suis le premier à le dire! Quand la hyène veut manger son petit, elle l'accuse de sentir la chèvre. Ce n'est pas Gbagbo qui a amené l'ivoirité. Laurent Gbagbo, un Bété, a écrit en 1971 un texte intitulé Soundjata, lion du Manding. Son héros, c'est le premier empereur de l'Afrique de l'Ouest. Et dans cette pièce, il écrit souvent: «Plutôt la mort que la honte.» L'ivoirité, j'en ai moi-même été victime en 1992 quand on m'a considéré comme un pestiféré dans mon pays, parce que j'étais l'ami d'un opposant à Houphouët-Boigny, ce même Gbagbo qui a fait mettre toutes mes affaires dans un conteneur pour que je reparte en France. Il y a eu dans les journaux des pages d'insultes à mon égard, sous le seul prétexte que je ne serais pas Ivoirien, mais Mandingue, Malinké, Soninké. Ils n'avaient pas d'autres arguments. C'est de l'incompétence, de la jalousie, de la faiblesse que de dire celui-là n'est pas Ivoirien. Laurent m'a dit de ne pas répondre et je suis reparti en France.

A table, un jour, quelqu'un m'a posé la question de mes «horizons». Laurent s'est fâché, il a été blessé à ma place, et a répondu: «Vous ne savez pas qu'il vient d'Abengourou?» Je suis né dans cette ville, chez les Agnis, en pays akan. Je considère cela comme une richesse. Tenez, il y a un jeune écrivain ivoirien, Koffi Kwahulé, qui écrit pour la Comédie française. Il est Baoulé de père et de mère et il est né à Abengourou comme moi. Et voilà que les écrivains ivoiriens se réunissent pour dire qu'il est Ghanéen! Pourquoi? Aucun d'eux n'arrive à sa cheville! Je peux vous dire que tout ce qui a été dit contre Ouattara, toutes ces années de rejet, c'est terrible. Je me bats, je suis au feu, je prends des risques... Vous savez, on dit chez nous: «Donne tout à l'étranger.»

Il y aurait une psychanalyse à faire, une histoire à raconter. Quand les Akans sont venus du Ghana en suivant la reine Pokou, le peuple Baoulé est né [Baoulé signifie l'enfant est mort, ndlr]. La reine Pokou a sacrifié son enfant pour passer en Côte d'Ivoire. Comment peut-on traiter les Akans d'étrangers? Il faut que nous nous asseyons dans ce pays pour résoudre le problème de l'ivoirité. Le jour où les petits Ivoiriens auront appris à l'école à quel point ils sont riches de leurs origines, nous aurons une nation. Pour l'instant nous n'avons pas de nation, mais un peuple dont on ne s'est pas occupé sérieusement pendant cinquante ans.

SlateAfrique - Que reprochez-vous à Alassane Ouattara?

S.B. - Je ne lui reproche rien, à lui. C'est mon frère aussi. Le problème politique qui est posé, avec les élections, je le regarde simplement, je l'observe. Je ne dis rien. Tout cela ne mérite pas qu'on s'arme pour venir bousiller tout le monde. Mais les gamins sont obligés de se battre: on a en face de nous des blancs! On a fait un monstre de Laurent Gbagbo. On peut tout lui reprocher, sauf l'ivoirité. Je souhaite qu'ils s'apaisent tous les deux. Il faut que nous, les plus de 50 ans, cessions d'être égoïstes et pensions aux enfants, les jeunes qui font 70% de notre population et qui se battent et tombent aujourd'hui.

SlateAfrique - Laurent Gbagbo est-il décidé à partir ou à mourir? Y a-t-il des discussions dans son entourage sur la stratégie à avoir, ou pour lui dire qu'il aurait du partir plus tôt?

S.B. - Je ne pense pas qu'il partira. Cela fait quatre mois qu'on est là. Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Laurent Gbagbo, ils l'auraient déjà fait partir.

SlateAfrique - Une manifestation contre la RTI menée par les partisans de Ouattara n'a-t-elle pas été réprimée dans le sang, le 16 décembre?

S.B. - Il arrive que dans les manifestations, quand des tirs interviennent, il y ait une riposte. Voilà dix ans que nous sommes dans le sang. Nous avons un Président qui est l'un des plus démocrates du continent. Il a une démocratie qui est en avance. Il y a la liberté d'expression ici. Les discussions ici dans son entourage portent plutôt sur le fait qu'il ne sévit pas assez. Il n'est pas assez dur. Avec le pouvoir, il faut être beaucoup plus dur. Il y a eu des exactions de tous les côtés, on a découvert un charnier énorme à Duékoué. On ne va pas dire que Gbagbo est allé encore faire un charnier là-bas! Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Gbagbo, ils se lèveraient, et il s'en irait. Si ce sont d'autres gens qui dictent son départ, il ne partira pas. A sa place, je ne bougerais pas. Quand on n'est pas d'accord, on doit être capable de dire non. J'ai des échos de l'Occident: je peux vous dire qu'il n'est pas question d'exil. Personne n'a fui, tout le monde est ici. Quelquefois, des tirs tombent dans la cour, mais ça ne fait peur à personne. Laurent Gbagbo dérange, comme Sékou Touré, comme Sankara, comme Lumumba, parce qu'il tient le langage de la souveraineté.

SlateAfrique - A-t-il peur de poursuites devant la Cour pénale internationale?

S.B. - On peut lui attribuer tout ce qu'il n'a pas fait! On a vu ce qui s'est passé avec Saddam! Les armes de destruction massives en Irak, on ne les a jamais vues... L'Occident n'arrête pas de se contredire. Aujourd'hui, on conteste ce qui s'est passé au Vietnam, en Irak. Ici, Obama avait été fêté comme un dieu, et certains ont tatoué son nom sur leurs bras. Mais Obama est un Président de l'Amérique de droite, point barre. Comme Kofi Annan, qui n'a fait que combattre l'Afrique, ils sont aux ordres et n'ont pas de pensée africaine.

 

Propos recueillis par téléphone par Anne Khady Sé.

 

Source: SLATEAFRIQUE

lundi, 04 avril 2011

EPURATION ETHNIQUE ANTI WE A DUEKOUE: LE TEMOIGNAGE D'UN HUMANITAIRE DE LA REGION

 massacre-duekoué

Ce témoignage est celui d'un habitant de Duékoué exerçant dans l'humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l'anonymat. Mais qui s'engage sur l'honneur et se dit prêt à témoigner devant n'importe quelle juridiction à l'avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d'être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l'histoire de la guerre en Côte d'Ivoire.


La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l'intervention d'Alain Lobognon, porte-parole de Soro. Une depêche de l'AFP est disponible à ce sujet.

Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d'éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages Wê de Dahoua, Bahé, Pinhou et Glaou.

Jusqu'à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Bloléquin (occupée par les FRCI) et Duékoué (également occupée), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le Sud en passant par Taï) n'était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.

Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier « Carrefour », soupçonné d'abriter un groupe d'autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « Carrefour ». En regardant une carte Google Earth, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à Duékoué.

Il est situé à l'entrée de la ville de Duékoué, le long de l'axe Issia-Duékoué-Man. Il est limité à l'Est (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l'ONUCI. A l'Ouest, le quartier est bordé par les marécages du Guémon. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre-ville. Le Nord du quartier est traversé par la route non-bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le Sud du quartier est la voie bitumée Issia-Duékoué-Man.

Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L'hôtel en construction de l'homme politique Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d'origine malienne, ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appelés « remorques » et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l'Imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Malick Coulibaly, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.

Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier Carrefour. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l'axe Duékoué-Issia (au Sud) et d'occuper de la même façon le Nord du Quartier. Les zones Est et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l'exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les Wê, autochtones de Duékoué, ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse, portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L'objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.

Il convient de signaler que, devant l'ampleur des massacres et l'émoi créé, l'ONUCI s'est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? », s'est exclamé l'officier marocain de l'ONUCI. A Petit-Duékoué, le même samedi vers 14 heures, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l'ONUCI.

 

 Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

--------------------------------------------------------

 

De la même source, les deux articles ci-dessous:

Ce sont les forces pro-Ouattara qui ont libéré les 6000 prisonniers de la Maca

 

Qui a pris la responsabilité politique de libérer les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, entraînant mécaniquement une recrudescence de l'insécurité et de la confusion dans un contexte déjà troublé ? Les dépêches des agences de presse (dont l'AFP) se refusent à trancher. Le camp Gbagbo accuse le camp Ouattara. Alain Lobognon, conseiller spécial de Guillaume Soro, a rejeté cette accusation sur son compte Twitter, attribuant ce choix pour le moins irresponsable à l'adversaire. Les FDS l'auraient fait pour couvrir leur fuite.

Anciens pensionnaires de la MACA, disposant donc de bons informateurs parmi les prisonniers, le journaliste Saint-Claver Oula (rédacteur en chef du Nouveau Courrier) et moi avons enquêté sur le sujet. Nos conclusions, après vérification et recoupements.

- Ce sont « les hommes d'IB » (Ibrahim Coulibaly, qui passe pour être la tête du « commando invisible » pro-Ouattara à Abidjan) qui ont libéré les prisonniers. Les détenus de droit commun, les prévenus et les bandits de grand chemin.

- Les prisonniers ont été conduits à Abobo PK 18, où les combattants pro-Ouattara ont tenté de les convaincre de s'enrôler auprès d'eux parce que c'est sous le régime Gbagbo qu'ils auraient été emprisonnés. Ceux qui ont dit « oui » ont pris les armes et sont aujourd'hui au nombre des combattants. Ce qui explique (en partie) les pillages très graves enregistrés à Angré, le quartier de Cocody le plus proche d'Abobo.

- Certains prisonniers ont été « libérés » de toute forme d'obligation militaire et ont tenté de joindre qui leur famille qui des amis dans un district d'Abidjan déserté et où la méfiance règne. Bien entendu, ils seront tentés, alors qu'ils n'ont pas un sou vaillant et que les déplacements massifs font qu'ils ne retrouveront pas forcément leurs familles, de se payer sur le dos de la bête.

 

 --------------------------------------------------------------------

 

Qui sont les dozos, accusés des massacres à Duékoué ?

dozos.jpg

« Il y a eu 330 personnes tuées à Duékoué de lundi à mercredi [...]. La plupart ont été exécutés par les "dozos", des FRCI ». Cette accusation provient de l'ONUCI, considérée comme "très compréhensive" vis-à-vis desdites FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara. Mais elle n'explique pas pour les profanes qui sont ces fameux "dozos", qui font partie des combattants du "président reconnu par la communauté internationale".

Les dozos sont les membres d'une confrérie ancestrale de chasseurs traditionnels en pays malinké (Nord de la Côte d'Ivoire, mais aussi Burkina Faso et Mali). Une confrérie à caractère ethnique, donc. Ils sont craints pour leurs supposés pouvoirs mystiques. Ils seraient invulnérables aux balles et créeraient l'effroi chez les militaires de l'armée ivoirienne. Les dozos sont en général analphabètes et frustes. Confinés dans un univers tribal, ils n'ont qu'une faible compréhension des concepts républicains.

Depuis le déclenchement de la rébellion le 19 septembre 2002, ils ont été accusés de nombreux massacres, mais ils n'ont jamais été démobilisés ni désarmés. Leurs dérives étaient prévisibles. Durant la guerre en Sierra Leone, leurs alter ego, les kamajors, se sont rendus coupables de graves crimes contre l'humanité.

Les massacres perpétrés par les dozos de Ouattara mettront forcément en lumière la nature réelle et le parcours des combattants des FRCI, qui se pose déjà en armée "officielle" de la Côte d'Ivoire. En dehors des dozos, on retrouve une majorité de jeunes civils, enrôlés sur une base ethnique après le 19 septembre 2002, des mercenaires "prêtés" par des Etats étrangers comme le Burkina Faso voisin et quelques officiers ou sous-officiers déserteurs des FDS, quasiment tous issus du Nord de la Côte d'Ivoire - ils sont désormais "secourus" par des déserteurs plus récents, sortis du rang des loyalistes lors de la crise postélectorale.

Est-il possible de faire d'un agglomérat de combattants soudés par le "revanchisme ethnique" une armée nationale, respectueuse de tous les individus et de toutes les ethnies du pays ? Difficile de répondre à cette question. Beaucoup plus difficile que de vanter le "professionnalisme" de l'assaut des FRCI sur Abidjan.

 

Théophile Kouamouo

jeudi, 31 mars 2011

LEVE-TOI, ETERNEL!

Prières et paroles pour la Côte d'Ivoire, mon pays!

 

"Lève-toi, ETERNEL! et que tes ennemis soient dispersés! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face!" (Nombres 10: 35).

"Ceux-ci s'appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l'ETERNEL, notre DIEU. Eux, ils plient et tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. ETERNEL, sauve le roi!" (Psaume 20: 8 à 10).

"ETERNEL! le roi se réjouit de ta protection puissante. Oh! comme ton secours le remplit d'allégresse!". "Le Roi se confie en l'ETERNEL; Et, par la bonté du Très-Haut, il ne chancelle pas". "Lève-toi, ETERNEL, avec ta force! Nous voulons chanter, célébrer ta puissance." (Psaume 21: 2, 8 et 14).

"Lève-toi, ô ETERNEL! Que l'homme ne triomphe pas! Que les nations soient jugées devant ta face! Frappe-les d'épouvante, ô ETERNEL! Que les peuples sachent qu'ils sont des hommes!" (Psaume 9: 20 et 21).

"Lève-toi, ETRENEL! ô DIEU, lève ta main! N'oublie pas les malheureux!". "Brise le bras du méchant, punis ses iniquités, et qu'il disparaissent à tes yeux!" (Psaume 10: 12 et 15).

"Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô ETERNEL!" (Psaume 4: 7).

"Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours" (Psaume 22: 12).

"Elève-toi sur les cieux et que ta gloire soit sur toute la terre! Afin que tes bien-aimés soient délivrés, sauve par ta droite, et exauce-nous!" (Psaume 108: 6 et 7).

"Avec DIEU, nous ferons des exploits; il écrasera nos ennemis" (Psaume 60: 14).

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

 

DINDE Fernand AGBO

QUI EST JOSE BRITO, LE HAUT REPRESENTANT DE L'UNION AFRICAINE EN COTE D'IVOIRE ?

JOSE BRITO.jpg

LETTRE A ELISABETH SUR JOSE BRITO

 

Chère Elisabeth,

Le printemps approche, à grands pas, et les hommes et les femmes gaspillent déjà leur joie à cette rencontre avec le renouveau des saisons.  Car avril, qui porte si bien son nom, ouvre tout.

Vous m'avez fait parvenir, par courriel en date du 27 mars 2011, la lettre d'un inconnu à M. Jean Ping, pour l'envoi duquel je vous remercie. D'une manière générale, et par principe, je ne réponds pas aux « informations à caractère privé » non signé par un auteur et qui circulent sur le net. Il y en a tant, que l'on pourrait consacrer sa vie à courir électroniquement. Je ne suis pas Hermès. Cependant, et parce que vous m'interpeller aux fins d'éclaircissement et de précisions, je dérogerai à l'engagement que vous m'imposez si amicalement.  

Une première remarque. Cette lettre n'est pas conforme à son objet, tel que défini par son expéditeur. En effet, relatif à la nomination de M. José Brito comme Haut représentant de l'Union Africaine en Cote d'Ivoire, elle se donne plutôt comme une esquisse de biographie et un corps de jugements de valeurs très sévères. Une deuxième remarque : la légèreté de ton, l'emploi de mots familiers et la vulgarité affichée de son auteur sont les signes d'un manque d'égards à l'endroit du destinataire, M. Jean Ping, président de la Commission de l'Union Africaine. Je m'élèverai toujours et partout contre le déficit de savoir-vivre. Car le savoir-vivre commande à l'expression des idées,  non seulement pour des raisons d'ordre moral ou éthique, mais surtout pour une raison d'ordre cognitif (psychologie de la connaissance), dans la mesure où une idée ne s'exprime de manière correcte que si elle obéit aux critères d'éducation. Le raisonnement cohérent est le propre d'un esprit éduqué. C'est pourquoi les Grecs anciens ont un mot, pédagogie, pour désigner formation et éducation. Platon a amplifié et consacré philosophiquement cette attitude, dans tous ses écrits ou ses dialogues qui débutent et reposent sur la convivialité, mœurs adéquates qui conviennent au débat d'idées. Il n'y a aucun savoir constitué qui n'obéisse pas aux règles d'une éducation conquise. Sous le rapport de cette double remarque, je comprends bien que, avant d'accorder du crédit aux considérations de l'auteur inconnu, vous avez voulu vérifier leur authenticité, en me questionnant : « Voici un article que j'ai lu sur un site, m'écrivez-vous. Est-ce vrai ce qui y est dit ? ». Mais, avant de vous répondre, je voudrais formuler une première précaution. Vous me savez d'origine capverdienne, comme le mis en cause, M. José Brito. Aussi, dois-je d'emblée vous dire que l'appartenance commune à une origine ne détermine jamais mes réflexions. Il s'en faudrait même de beaucoup. Une seconde précaution : je connais bien José Brito, depuis mon enfance. Nos familles sont liées par des liens de compadrage, puisque son père, Nhô Loucs (Lucas), était le parrain de mon frère aîné. Par ailleurs, nos parents ont exercé leur profession respective au Plateau, le mien au marché, le sien en bordure de lagune. En outre, un laps de temps, nous fûmes habitants d'un même quartier, Marcory résidentiel. Cependant, ces indications n'infléchissent pas ce que je vous dirai de lui. Mieux, elle l'autorise et, comme telles, lui confèrent une part de vérité.

José Brito est né le 19 mars 1944, à Dakar (Sénégal), de parents capverdiens de l'île de Boa Vista, pour son père, et de Sao Vicente, pour sa mère, Nha Judith. Ses parents sont tous deux originaires des Îles-sur-le-Vent. Première certitude, José Brito n'est donc pas « ivoiro-capverdien », ni un « bété bon teint », comme le prétend l'auteur inconnu. La seconde expression, vous en conviendrez, est très choquante, et je n'entends pas ici discuter des thèses ethnicistes. Je vous engage même à éviter de diffuser ou de transférer des documents de ce type, qui propagent des idées racistes. La Côte d'Ivoire, plus que tout autre pays, a besoin d'un autre genre de discours.

L'auteur inconnu ajoute : «  Ce mec [José Brito] est un ami de Alcide Djédjé et ont fait Abidjan Marcory et la fac de Droit en France ». Qu'il soit « un ami de Alcide Djédjé », je ne le sais pas. Qu'ils aient été homologues et, à ce titre, travaillés ensemble, la Convention de Vienne et la Charte de l'Union Africaine l'édictent et le recommandent. En effet, jusqu'à une date récente, José Brito était ministre des Affaires Étrangères du Cap Vert. Qu'ils aient fait « la fac de Droit en France » ensemble est une contre-vérité manifeste. La biographie scolaire de José Brito indique des études en pétrochimie (Abidjan, France). Il est ingénieur de formation. Il n'a jamais été étudiant en droit, autant que je sache. Ses diplômes sont les suivants : 1965, Licence ès Sciences, Mathématiques, à l'Université d'Abidjan. 1967 : Maîtrise ès Sciences, Physique et Chimie, dans la même Université. Il conclut sa formation universitaire, en France, à l'Institut Français du Pétrole (IFP), en 1969, où il obtient son grade d'ingénieur. De 1970 à 1973, il est Professeur Assistant d'Université à Abidjan, et de 1970 à 1975, ingénieur chimique puis Responsable Technique à la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR). Tout cela, vous pouvez le vérifier, auprès de l'Université d'Abidjan et de la SIR.

1975 est l'année de l'indépendance du Cap Vert, une jeune république née de la lutte armée conduite par Amilcar Cabral dans les maquis de la Guinée-Bissau. José Brito, qui avait créé le club Claridade (Clarté) à Abidjan, se met au service de son pays d'origine. Et de 1977 à 1981, il est Ministre du Plan et de la Coopération du Cap Vert et membre du Bureau du PAICV[1], parti unique, qui est au pouvoir. 1991, marque la naissance du multipartisme et la première alternance démocratique au Cap Vert. Le PAICV devient parti d'opposition. Il passe alors dans le secteur privé (African Futures, PNUD, Ocean Energy Inc). De 2001 (retour du PAICV au pouvoir) à 2006, il est Ambassadeur de son pays aux États-Unis, au Canada et au Mexique. De 2007 à 2008, il est de nouveau ministre de l'Économie, de la Croissance et de la Compétitivité. Et de 2008 à mars 2011, il est aux responsabilités comme ministre des Affaires Étrangères. Ainsi, contrairement à ce qu'affirme l'auteur inconnu, il n'a jamais été militant du Front Populaire Ivoirien (FPI). Pourquoi l'auteur inconnu fabrique-t-il autant de contre-vérités ? Faut-il soupçonner un contentieux personnel, une pointe de jalousie ? Ou alors cette campagne de désinformation ne sert qu'à l'écarter du dossier ivoirien ? L'auteur inconnu croit servir la cause d'Alassane Ouattara et retirer quelque « profits de distinction », par le mensonge. Tout ce qui se construit sur cette base, comme l'enseigne l'histoire du monde, est éphémère, non durable. La vérité se fraie toujours un chemin. Pourquoi salir ses « adversaires » ? La Côte d'Ivoire a besoin de culture, de développement, d'un partage plus équitable de ses richesses, de justice sociale, de savoir-vivre et de culture démocratique. Pas d'autre chose. Surtout pas de mensonges. Voyez-vous, une fois qu'on a menti, on ne peut plus que mentir encore et encore. C'est la dialectique du Mensonge qui l'impose. Pour recouvrir ou envelopper un premier mensonge, il vous faut un autre mensonge un peu plus grand, et ainsi de suite. C'est le modèle sur lequel est construit la Lettre de l'auteur inconnu. 

Je voudrais à présent dire quelques mots rapides sur la famille de José Brito. Peu d'Ivoiriens le savent, elle a été très impliquée dans le lancement et la promotion du sport en Côte d'Ivoire, notamment du ski nautique (lagune Ébrié),  de l'athlétisme (Léon Brito) et de la boxe (Edmond Brito).

José Brito a effectivement grandi en Côte d'Ivoire, au Plateau d'abord, sur les bords de la lagune Ébrié, à côté des Tourelles (piscine), où son père dirigea le premier Club nautique (entretien et location des hors bords et course de ski), puis à Marcory à la limite sud du quartier résidentiel.

L'auteur inconnu ne connaît pas du tout José Brito. Mais il en parle, comme il est facile de dénigrer. Aussi, après avoir indiqué les grandes étapes de son parcours universitaire, professionnel et politique, je voudrais à présent laisser la parole à l'un de ses vieux amis qui, après avoir lu ma réponse initiale à votre question, m'a spontanément écrit. Au reste, cet ami  appartient à l'une des grandes familles ivoiriennes et il dit avec force ce que le jeune José Brito fut pour eux à l'époque : 

« Cher Monsieur Pierre Franklin Tavares,

La Côte d'Ivoire aurait mieux fait de susciter des milliers de José Brito. Lorsque ce dernier faisait MPC [Maths - Physique - Chimie] à l'université d'Abidjan, son aisance avec les mathématiques et les sciences physiques nous parvenait au Lycée Classique, et faisait l'admiration de ma génération.

Je suppose que vous êtes l'auteur de la réponse à « Élisa ». Cela fait pratiquement une cinquantaine d'années que j'ai entendu parler de José Brito pour la première fois. Depuis, j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de le connaître, de lui rendre visite à Praia. J'ai pour lui la plus grande admiration et le plus profond respect. Merci d'avoir établi la vérité.

Daouda Thiam[2].

La qualité de la personne qui signe ce courriel suffit à elle seule à discréditer totalement l'auteur inconnu.  Cependant, il faut aller plus loin encore dans la défense de José Brito. Car, ce n'est pas seulement le rétablissement des faits qui nettoie l'opprobre et l'injure, mais aussi le raisonnement méthodique.  

José Brito est effectivement un « ami » de Laurent Gbagbo, qui n'a jamais été son professeur, comme le prétend un autre article mensonger. Mais il n'y a qu'en Afrique où l'on croit qu'être ami, c'est être nécessairement partial. Oui, il est de gauche. Est-ce un crime ? Plus exactement, c'est un social-démocrate, semblable à tous ceux qui ont lutté ou milité dans les ex-colonies portugaises. Quel mal ? Et s'il est une personnalité politique non ivoirienne qui peut "dialoguer" avec Laurent Gbagbo, c'est lui. À travers le monde, il est réputé pour son expérience et sa capacité à dénouer les crises et les tensions. Ces deux "qualités" sont certainement des facteurs qui ont conduit M. Jean Ping et quelques autres, parmi lesquels d'éminents Français, à lui proposer cette mission. Mais, que nul ne se trompe, je le connais bien, il n'insistera pas plus que de raison, pour effectuer cette mission de l'Union Africaine. Au reste, j'ai cru comprendre qu'il n'était pas demandeur. Platon disait que l'une des causes de l'instabilité des institutions publiques était le mauvais choix des hommes pour l'exercice de certaines fonctions. Par exemple, une âme de diplomate que l'on envoie au front militaire ne peut que produire des désastres. Croyez-moi, Élisabeth, José Brito est l'homme qu'il faut pour cette mission délicate et complexe. Il peut échouer, parce que, à l'impossible, nul n'est tenu. D'autant que, comme je l'ai toujours clamé depuis dix ans, c'est aux Ivoiriens eux-mêmes qu'il appartient de construire leur pays et de renouer les fils du dialogue. José Brito, lui, construit le Cap Vert. Et les résultats de l'équipe à laquelle il appartient sont probants et reconnus. Les derniers résultats des élections législatives sont une indication.

En outre, en matière politique, il n'est pas dans la tradition diplomatique ou ecclésiastique capverdienne de perdre son âme. La tradition consiste à toujours rechercher les compromis, sur le modèle du « consensus national » qui, solidement établi au Cap Vert, est un modèle du genre et est exportable. Bref, la tradition diplomatique capverdienne, qui date du 18ème siècle (dont il est l'héritier), la notoriété mondiale de l'état capverdien (voir Transparency, Mme Clinton, l'Élysée) et sa capacité à parler vrai, sont d'indéniables atouts pour le pays dans lequel il a grandi et à l'endroit duquel il a forcément une dette. Il connaît bien la Côte d'Ivoire, peut-être même bien mieux que la plupart des personnes jusqu'ici désignées pour aider les Ivoiriens à surmonter leur crise. Ce n'est pas seulement un esprit scientifique. Il est également de bonne éducation et est porté par la Morabeza, la convivialité capverdienne. Et en Côte d'Ivoire, pays de son enfance, de ses premières joies et des premières conquêtes féminines, il viendra comme Capverdien, autrement dit avec deux valeurs cardinales : la Sodade (Souvenir) et la Dignité (Respect), les deux fondements de la capverdianité. Or, ce souvenir de ce que fut la Côte d'Ivoire, de ce qu'elle a donné au monde, et être digne, c'est-à-dire ne pas transiger sur les valeurs humaines et la vérité, n'est-ce pas cela qui est aujourd'hui le nécessaire et le suffisant pour surmonter la crise postélectorale ? La qualité des cadres capverdiens ne souffrent pas de critiques absurdes. Leurs dossiers sont généralement bien préparés et ils ont le caractère et la formation pour les mener à bonne fin. Que l'auteur inconnu ne se trompe pas, ni ne se laisse aller au jugement précipité. Toutes les fois que José Brito a été désigné par une institution, il a accompli sa mission conformément à son mandat. En Côte d'Ivoire, il le fera, en adéquation avec la tradition dont il relève.

Mais que l'on m'entende bien. Je ne dis pas que José Brito n'a pas de défauts ou de faiblesses. Ici, je n'ai fait qu'essayer de défendre l'honneur d'un homme, d'une famille et d'un pays frère de la Côte d'Ivoire. Car il faut se garder de « toutmélanger », à l'instar de ce fameux personnage des caricatures ivoiriennes qui s'en est fait une spécialité.

Voyez-vous, chère Élisabeth, l'auteur inconnu s'est lui-même confondu. Si je puis vous faire une suggestion, demandez-lui donc de ne pas se laisser aller au dénigrement et d'écrire à José Brito. Car, chacun, sur soi-même, doit commencer à surmonter la crise ivoirienne. Alors, les politiques entendront qu'il n'est aucune élection, aucun enjeu de pouvoir qui vaut la destruction d'un pays.

En espérant que ces quelques informations et analyses vous servent dans vos réflexions. 

Bien cordialement,

 

Pierre Franklin Tavares

Mobile : +33 (0) 6-87-34-21-22

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert

[2] Daouda Thiam appartient à la grande famille Thiam (Houphouët-Boigny) d'Abidjan.

mardi, 29 mars 2011

PRAO YAO SERAPHIN - LA POLEMIQUE AUTOUR DE LA DEVALUATION DU FRANC CFA: MA PART DE VERITE

 

1000 CFA ANCIEN.jpg

 « L'Afrique est la clé du problème noir »

(Malcolm X)

 

Le thème de la dévaluation du franc CFA revient régulièrement sur le devant de l'actualité africaine. Depuis quelques années, l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar américain et les appels répétés de certains intellectuels africains en faveur d'une monnaie plus flexible et/ou compétitive, ont régulièrement entretenu les rumeurs de dévaluation du franc CFA.  Cette question de la dévaluation du franc CFA est persistante lorsqu'on sait que la Côte d'Ivoire est une base de développement de grande importance en Afrique de l'ouest francophone. Sa prospérité ou sa déchéance aura certainement des conséquences palpables dans les pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

Si la libéralisation croissante des échanges et la déferlante des produits asiatiques rendent un ajustement du franc CFA inéluctable, il importe de cerner les contours d'une dévaluation.  Face donc à la présence très prégnante de la question de la dévaluation du franc CFA, il semble nécessaire de se pencher sincèrement sur le sujet.  Lorsqu'on pose la question de savoir si le franc CFA sera dévalué ou pas, une série de difficulté, corollaire apparaît dès lors, concernant les conditions de réussite d'une dévaluation. Evoquer toutes ces questions nous autorise à rejeter toutes les idées préconçues sur les retombés de la dévaluation afin d'aborder sérieusement  cette question d'ajustement monétaire.  C'est ici donc l'ambition  de notre présent article : celle de relativiser les retombés d'une éventuelle dévaluation du franc CFA en l'état actuel des structures économiques des pays africains de la zone franc (PAZF).

L'impulsion inaugurale de notre réflexion  se trouve dans une bonne présentation de la dévaluation. C'est la raison pour laquelle, en premier lieu, nous répondrons à la question : qu'est ce qu'une dévaluation ?

Une fois, la définition acquise, nous pourrons, en deuxième lieu, faire un retour sur le bilan de la dévaluation de 1994. Nous verrons que le succès de cette dévaluation est mitigé.

Enfin, en troisième lieu, nous allons voir comme il est désormais solidement établi que le succès de la dévaluation est conditionné par certains aspects structurels de l'économie.

I. QU'EST-CE QU'UNE DÉVALUATION ?

 On s'intéressera principalement dans cette partie à une présentation de la dévaluation. Cela exige de donner la définition de la dévaluation et ses fondements théoriques.

I.1. LA DÉFINITION D'UNE DÉVALUATION

Il n'est pas rare d'entendre, çà et là, de la bouche de certains, une confusion totale entre une dévaluation et une dépréciation. Pourtant, il  ne faut pas confondre une dévaluation avec une dépréciation. La différence est très nette.

La dévaluation consiste à modifier le taux de change officiel d'une monnaie (parité) par rapport à une monnaie internationale de référence : or, dollar, euro, par exemple. Dans un sens extensif, elle désigne l'altération de l'objectif de change que les autorités monétaires d'un pays s'assignent dans le cadre de leur politique économique globale, qu'elles soient ou non liées par des engagements internationaux en la matière. La dévaluation doit donc être bien distinguée de la  dépréciation - même si, très souvent, elle ne fait que la consacrer. Cette dernière est, en effet, un mouvement du taux de change déterminé spontanément par le  marché qui constate une perte continue de valeur de la monnaie domestique par rapport aux monnaies étrangères.

Techniquement, l'ajustement de la balance des paiements[1] peut-être assuré par les variations du taux de change. Celles-ci provoquent les modifications de prix nécessaires à l'ajustement des importations et des exportations et au rétablissement de l'équilibre. Le taux de change peut faire l'objet d'une dévaluation qui traduit une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères, ou d'une réévaluation, qui s'exprime comme une hausse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères. Dans le cas des pays africains de la zone franc, le débat porte sur une baisse de la valeur de la monnaie, la montée de l'euro surévaluant de facto cette dernière et décourageant les exportations.

I.2. LE FONDEMENT THÉORIQUE DE LA DÉVALUATION

En cas de déficit de la balance des paiements, diverses actions peuvent être mises en œuvre. On peut en citer quatre.

La première et la plus importante est celle qui tend à réduire la demande globale par une politique budgétaire et par une politique monétaire restrictive. Il est en effet indispensable de résorber l'excès de la demande intérieure sur la production, c'est-à-dire de diminuer « l'absorption » du produit intérieur par la consommation et par l'investissement. Une telle politique a pour effet de limiter les importations et de dégager en faveur de l'exportation une part de la production intérieure.

La deuxième consiste à élever les taux d'intérêt par rapport aux taux pratiqués à l'étranger, ce qui permet d'améliorer la balance des opérations en capital, notamment en freinant la sortie  des capitaux nationaux et en attirant les capitaux étrangers.

Troisièmement, on peut recourir à des contrôles directs. Les restrictions quantitatives aux échanges (contingentement des importations) sont soumises à des limitations très sévères par des accords internationaux et ne peuvent être que des mesures de crise très graves.

Quatrièmement, lorsque les mesures qui viennent d'être indiquées ne peuvent aboutir à restaurer l'équilibre à moins d'une récession marquée de l'activité économique et du chômage, l'économie se trouve dans un état de « déséquilibre fondamental ». La disparité entre les coûts et les prix intérieurs et extérieurs ne peut être dans ce cas corrigée que par un changement de la parité monétaire, c'est-à-dire par une dévaluation.

Le fondement théorique de la dévaluation étant connu, reste à présenter quelques conséquences d'une dévaluation.

Une dévaluation a de forte chance de produire les effets escomptés que si les prix internes augmentent. En réalité et surtout pour les pays dont le secteur domestique est très important, la hausse des prix intérieurs sera, dans l'ensemble moins rapide et moins forte que la dépréciation du taux de change. En effet, de nombreux produits sont obtenus dans le pays et ne souffrent d'aucune concurrence étrangère (secteur abrité) si bien que leurs prix ne subissent qu'avec retard, ou faiblement, la contagion de la hausse due à la dépréciation. Il en va de même des prix des services et des facteurs de productions qui peuvent être déconnectés des prix étrangers. Pour les pays africains de la zone franc, leur dépendance plus ou moins grande à l'égard des importations va les obliger à alourdir le déficit commercial si les exportations ne sont pas stimulées. L'accroissement des exportations peut alors, dans certains cas, provoquer une perte de substance pour l'économie nationale.

Or, à la suite d'une dévaluation, l'accroissement de la valeur des exportations (en monnaie nationale) sera d'autant plus important que l'élasticité de la demande étrangère sera forte. Etant donné que les pays membre de la zone franc CFA sont essentiellement exportateurs de matières premières de base et face à une demande léthargique, accompagnée d'une concurrence des pays asiatiques, il s'ensuit que les bénéfices de la dévaluation sont théoriquement maigres.

De l'avis de ceux qui sacralisent la dévaluation, la surévaluation du franc CFA oblige les pays membres à déprécier leur monnaie car «le coût de la main d'œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l'importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables». Une dévaluation, selon cette « école » va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. Il est vrai qu'à l'exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles de nos concurrents  des pays hors zone euro. Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. En conséquence, le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars, diminue conséquemment.

A contrario, une catégorie d'économistes prudents, se méfie des dévaluations à tout va. Pour eux, une dévaluation du franc CFA aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale. Cela n'a rien d'entonnant quand on sait que la croissance que connaît l'Afrique est tirée par les pays exportateurs de pétrole. La faiblesse du dollar diminue la facture énergétique des pays et le prix élevé du baril ne peuvent donner l'illusion de résister à cette surévaluation du franc CFA.

Mais pour combien de temps, la manne pétrolière contrebalancera les effets pervers d'un déficit structurel de balance des paiements ? La dévaluation peut être bénéfique pour un pays donné,  que si  ses exportations explosent mais à condition que les autres monnaies ne se déprécient pas dans les mêmes proportions. Historiquement, les dévaluations concurrentes ont été malheureusement adoptées par un grand nombre de gouvernement entre 1930 et 1940. L'exemple le plus éloquent fut la concurrence faite aux dévaluations britanniques et américaines supprimant du même coup l'effet prix favorable aux exportations britanniques et américaines. Lorsque la hausse des prix est plus rapide dans un pays tiers qu'à l'étranger, le gouvernement peut être contraint à la dévaluation. Cette situation est indéniable lorsque le déficit de la balance des paiements est structurellement considérable. Une surévaluation de la monnaie peut aggraver les difficultés d'exportation. Une croissance inflationniste ne peut durer indéfiniment car elle compromet gravement la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Les pays qui marchent en tête dans la progression des prix se condamnent aux dévaluations successives et sapent la confiance dans la monnaie.

II. LE BILAN MITIGÉ DE LA DÉVALUATION DE 1994

Le 11 janvier 1994, après 46 années de stabilité monétaire, les 14 pays de la zone franc, sous la pression des institutions internationales et la France, s'accordent pour modifier la parité du franc CFA à compter du 12 janvier 1994 à 0 heure. Au-delà des traumatismes engendrés par cette mesure et plus de dix sept ans après, un consensus se dégage : les effets de la dévaluation sont encore difficiles à évaluer dans leur ensemble car ils possèdent un échelonnement différent dans le temps. Le bilan de la dévaluation de 1994 est donc mitigé.

 Selon l'étude de Bernard Conte (1998)[2], Trois ans après le changement de parité, l'IED[3] de la sous-zone UEMOA s'élève à 38,1, supérieur de 8,1 points à la limite inférieure de l'intervalle de succès fixé par S. Edwards. Malgré l'incertitude pesant sur la fiabilité des données statistiques, il semble bien que la dévaluation soit une réussite, au moins sur le plan de la compétitivité-prix externe. Ces résultats «en moyenne» cachent une hétérogénéité croissante des performances nationales.  Malgré le changement de parité, les soldes des balances des paiements courants hors transferts unilatéraux publics de l'ensemble des pays de l'UEMOA restent négatifs. Selon la Banque de France, en 1995, «la croissance des exportations a résulté d'une reprise des achats de biens d'équipement et de biens intermédiaires, en relation avec la progression des investissements»[4].

Toujours selon l'auteur cité ci-dessus, en termes d'IED, les performances de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) sont inférieures à celles de l'UEMOA au cours des trois années après  la dévaluation. Trois années après le changement de parité, l'IED moyen de la sous-zone se fixe à hauteur de 34,1, soit 4,1 points au-dessus de la limite inférieure de l'intervalle de succès.

Dans le cas ivoirien, la dégradation générale des termes de l'échange de près de 50% entre 1985 et 1993, suite à l'effondrement des cours des principaux produits d'exportation (chute d'environ 50% pour le cacao et le café, 20% pour le coton entre 1984 et 1992). Du coup, la baisse des recettes d'exportation entraîne alors dans son sillage, celle des recettes publiques largement tributaires des taxes sur le commerce extérieur.

Il ne faut pas également oublier l'appréciation nominale du franc français (FF) vis-à-vis du dollar américain décidée en septembre 1985 lors de l'accord de Plaza, provoquant une appréciation automatique du franc CFA, étroitement liée au franc français par une parité fixe. Le cours de matières premières étant fixé en devises, principalement en dollar américain sur le marché mondial, la Côte d'Ivoire reçoit moins de franc CFA par unité de volume, ce qui amplifie l'effet récessif de la dégradation des termes de l'échange sur les recettes d'exportation.

A cela, s'ajoute, la politique de baisse des taux de change menée dans des pays africains tels le Ghana, le Nigeria et l'émergence d'économies compétitives en Asie du Sud-Est (Malaisie et Indonésie).

En ce qui concerne l'effet bénéfique de la dévaluation du franc CFA de 1994, les tests empiriques restent peu enthousiastes. L'assainissement des comptes extérieurs et les mesures de traitement de la dette (neuf PAZF ont pu obtenir une réduction de leur dette envers le Club de Paris, la Côte d'Ivoire a obtenu des accords avec le Club de Londres et le Club de Paris) ont permis une nette amélioration des ratios d'endettement. Le programme d'ajustement structurel, couvrant la période 1994-1997, a permis à la Côte d'Ivoire de bénéficier d'un concours financier du FMI de 281 milliards de franc CFA, la banque mondiale ajoutant 435 millions de dollars. La Caisse Française de Développement (CFD) apporte au pays un concours qui s'élève à 1,451 milliard de franc français.  L'inflation a été maîtrisée. En effet, après la dévaluation, l'inflation a été bien contrôlé, dans la mesure où son niveau (32.5%) qui est inférieur à ce qui a été prévu par le FMI (35%) a considérablement chuté les années suivant la dévaluation : 7.7% en 1995 ; 5% en 1996 et en 1997. A prix courants, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 40,3% en 1994, grâce en particulier, à la hausse du prix des produits exportés. Il atteint le montant de 5441,7 milliards de franc CFA en 1996.  La dévaluation n'a pas profondément changé la géographie des échanges du pays avec ses partenaires. La communauté européenne et la sous-région africaine, demeurent les zones avec lesquelles la Côte d'Ivoire entretient la majeure partie de ses échanges.

Reprenant à son compte les conclusions de l'étude de Goreux (1995)[5], Sylvie COSTE (1999)[6] indique qu'en Côte d'Ivoire, 9% de l'augmentation de la valeur des exportations est imputable à l'effet quantité ; 20% à l'effet cours mondiaux  et 71% à l'effet mécanique de la dévaluation. Les effets quantité et cours mondiaux sont deux fois plus importants en 1995 qu'en 1994, avec une croissance plus rapide de l'effet cours mondiaux.  Cela signifie que le succès relatif de la dévaluation serait le fait d'éléments externes, tels les cours mondiaux et non d'éléments internes au pays. Après dix ans de crise, l'économie ivoirienne connaît depuis 1994, une phase d'expansion. Celle-ci s'est traduite par une hausse de 2% en termes réels du Produit intérieur brut (PIB) en 1994 contre une baisse moyenne de 1% entre 1987 et 1993 (-0.4% en 1993). La croissance économique amorcée en 1994 s'est poursuivie et a été supérieure à celle de la population dont le taux de croissance est de 3.8% par an en moyenne.

L'éligibilité de plusieurs PAZF à l'initiative PPTE (« Pays pauvres très endettés ») devrait conforter cette évolution. Dans le même temps, de profondes réformes structurelles visant à créer un cadre favorable à la croissance ont été mises en œuvre, portant principalement sur l'assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur bancaire et la privatisation des entreprises publiques. Par ailleurs, avec l'appui de la France et le plus souvent du FMI, les pays à l'exception de la Guinée équatoriale et des Comores, ont mis en œuvre des programmes d'ajustement structurel, ce qui a permis aux PAZF d'accompagner la dévaluation de 1994 par un effort soutenu de stabilisation et d'assainissement de leur économie. Pour autant, au détour de cette rapide revue du succès macroéconomique de la dévaluation, il convient de souligner trois échecs patents (mais qui ne sont pas spécifiques à la Zone franc):


- l'échec en matière de croissance de la consommation par tête ;
- l'échec (relatif) en matière de diminution de l'endettement ;
- l'échec (relatif et limité aux pays côtiers) de la substitution de produits vivriers locaux aux produits vivriers importés.


En définitive, la dévaluation a  touché de plein fouet les principales variables macroéconomiques et les fondements de la société à tel enseigne que, selon G. Semodo et Villieu (1997)[7], « la majorité de la population n'a pas eu les moyens de se prémunir contre la taxe inflationniste immédiate, et la confiance dans la monnaie s'en est trouvée amoindrie ». Cependant, la période post-dévaluation est marquée par la mise en place de nouvelles politiques d'ajustement et de réformes économiques visant à stabiliser les principales variables macroéconomiques, à une gestion rigoureuse des finances publiques et une suppression des politiques nationales protectionnistes susceptibles d'entraver les échanges commerciaux.

III. LA REUSSITE CONDITIONNELLE DE LA DEVALUATION

Lire la suite

lundi, 28 mars 2011

LES IMAGES QUE SARKOZY CACHE A LA FRANCE

Mobilisation pour la paix en Côte d'Ivoire


Les Ivoiriens veillent dans la commune du Plateau

pour soutenir les institutions et le Président de leur pays.

 

Visualiser l'intégralité de la vidéo

Télécharger la vidéo

 

cmrci
Veuillez consulter les annonces de nos sponsors pour rendre perpétuel votre bouquet Africain.

Plus de Télévision GRATUITE et d'info sur:
facewww.facebook.com/telediaspora.net

Copyright © Mars 2011

PROJET DE CREATION D'UNE MONNAIE IVOIRIENNE: VOICI LE RAPPORT DES EXPERTS

MONNAIE IVOIRIENNE 3.jpg

Liste des membres du GRIEF-CI, par ordre alphabétique:


Nom et prénoms, Fonctions, Mails, Contacts téléphoniques

BONY Kacou Nathanaël

Expert monétaire, philosophe, politologue
05 32 87 90 07 47 32 43

DAGBO Godé Pierre
Politologue, Spécialiste des sciences politiques, ex-Directeur du CEPICI
pjgode@yahoo.com
01 35 34 65

DAKOURY Djahi Maurice

Economiste, expert en monnaie, finances et banques.
Moris_galey@yahoo.fr
05 51 22 51

DEDY Séri Faustin

Sociologue
seridedy@yahoo.fr
07 24 15 97

DEROU Jean

Historien
jeanderou@yahoo.fr
08 48 83 63

ECHIMANE Mozou Vincent

Economiste, expert en monnaie
07 86 97 30 05 99 55 02

ESSO Loesse Jacques

Statisticien, Economiste
07 90 54 57

GBAKA J. Noël

Juriste
jngbaka@yhoo.fr
05 87 96 97

GBAKA Kouadio G.

Economiste
07 26 50 47

KIGBAFORY Silué

Economiste, Politologue
08 37 42 36

KORE Gboyéré Adèle

Doctorant, Spécialiste en micro-finance
Koreadele2002@yahoo.fr
03 59 96 58

KOUAME Kouassi Franck Désiré

Economiste, expert en monnaie, finances et banques.
kfdrecherche@yahoo.fr
44 20 98 76 02 86 78 98

LOHOURIGNON Maurice

Economiste, expert en monnaie, finances et banques. Directeur de l'aménagement du territoire (Primature)
mauloko@yahoo.fr lohourignon@yahoo.fr
07 88 86 26

SEHI Bi Tra Jamal

Doctorant, Spécialiste en Développement économique et social
bijamal@yahoo.fr
07 72 18 22

SOBIA Assiata

Economiste
ishasobia@yahoo.fr
07 00 72 91

WAUTTABOUNA Ouattara

Professeur agrégé, Economiste, CAPEC
02 18 47 71

ZAKO Lobé

Expert en finances et banques.
christzako@yahoo.fr
09 54 36 71


Introduction

Le Groupe de Réflexion pour l'Indépendance Economique et Financière de la Côte d'Ivoire (GRIEFCI), composé d'universitaires et de professionnels spécialistes des questions économiques, monétaires, financières et bancaires, s'engage, par ce travail, à mener une réflexion sur la souveraineté monétaire de la Côte d'Ivoire. Par cette contribution, il exhorte les plus hautes autorités politiques incarnant la souveraineté de notre pays à prendre la décision de la création d'une monnaie ivoirienne. Les circonstances actuelles militent en faveur de l'acquisition par la Côte d'Ivoire de sa souveraineté monétaire.

De même qu'un pays souverain se dote d'un droit positif, d'une armée et de divers symboles d'Etat (un drapeau, un hymne national et autres emblèmes), de même ce pays, sur la base de sa souveraineté est fondé de battre sa monnaie.

La Côte d'Ivoire indépendante depuis 1960 partage avec sept (7) autres pays de l'Afrique de l'Ouest, trois (3) institutions :

- Une monnaie, le Franc de la Communauté Financière Africain (FCFA);

- Une Banque Centrale, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(BCEAO) ;

- Et une Union Monétaire, l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), devenue depuis 1994, l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA)1. (1 Les pays membres de l'UEMOA sont aujourd'hui au nombre de huit (8) : le Sénégal, la Guinée Bisau, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Benin, le Niger, le Mali et le Burkina Faso). Cette coopération faite sur la base de l'auto-limitation de sa souveraineté, génère des externalités négatives empêchant la Côte d'Ivoire d'utiliser pleinement l'outil monétaire pour promouvoir son développement économique et social.

Dans la perspective pour la Côte d'Ivoire de prendre en main son destin monétaire, il apparaît approprié de s'interroger sur le concept de monnaie.

A- Du concept de la monnaie.

On ne peut envisager la création d'une monnaie sans connaître sa nature, sans s'initier à sa logique conceptuelle, sans en maîtriser ses contours.

La définition de la monnaie à travers ses fonctions ne dévoile pas sa véritable nature. C'est dans la nature de la monnaie, dans les conceptions que l'on en a, qu'on peut comprendre les diverses mouvances de l'ordre monétaire. La quête de la « science » de la monnaie est un impératif. Appréhendée conceptuellement la monnaie, c'est s'avancer sûrement dans la mise en œuvre de la création d'une nouvelle monnaie. La monnaie dans son essence est valeur. La monnaie ne joue pas le rôle de mesure de valeur, elle est cette mesure, elle est même valeur vécue. C'est autour de son essence valeur que viennent se greffer l'ensemble de ses fonctions et leurs articulations pour une structure économique et sociale donnée. En somme, la monnaie donne corps à la valeur, elle apparaît essentiellement comme l'incarnation, la matérialisation de la valeur.

␣ La monnaie bien collectif, réalité sociale fondée sur la foi (fiduciaire)


La monnaie, du fait qu'elle soit à la disposition d'un grand nombre d'usagers et non réservée à un seul individu, est un bien collectif. Bien collectif particulier que le marché n peut pourvoir, d'où l'intervention nécessaire de l'Etat pour le fournir. La monnaie est donc par essence un bien « socio-politique ». La monnaie dépend d'une sorte de plébiscite continuel auquel prend part toute la communauté. Le fait monétaire est une représentation collective et que la monnaie est fiduciaire, c'est-à-dire fondée sur la foi.

En réalité, cette fonction sociale ne fonde pas sa valeur mais la confirme. Car après tout c'est la société qui accepte la monnaie ou la rejette.
En somme, la monnaie est l'expression de l'unité et de la cohésion nationales juridiquement, politiquement et militairement protégées.

␣ De la définition de la monnaie.


S'il nous faut donner une définition de la monnaie, nous dirons que la monnaie est une créance de la société sur le système bancaire. Elle donne droit à celui qui la détient, le droit de pendre part au produit social. La monnaie objective la créance de la société sur le système bancaire.

␣ La monnaie, attribut de la souveraineté.

Au-delà de son essence d'être valeur, la monnaie est un pouvoir. C'est un attribut de la souveraineté. Une souveraineté politique et juridique ne peut être forte et sans une souveraineté monétaire. Car la monnaie constitue un véritable outil politique économique, capable d'orienter et d'impulser le développement économique.

Le contexte politico-économique


Le Conseil des ministres de l'économie et des finances de l'UEMOA, réuni à Bissau, le 23 décembre 2010, refuse d'accepter en son sein des personnalités non nommées par M. Alassane Ouattara, "le Président reconnu par la communauté internationale". A son tour, la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'UEMOA du 22 janvier 2011 à Bamako (Mali), entérine la décision de Bissau et pousse le Gouverneur de la BECEAO, l'ivoirien Philippe Henry DAKOUY-TABLEY à la démission. Comme conséquence immédiate, la Côte d'Ivoire se trouverait privée de toutes ses ressources financières gérées par la BCEAO, et par la même occasion verrait ses avoirs extérieurs en devises du compte d'opération logé au trésor français bloqué. Comme si cela ne suffisait pas, deux banques commerciales, filiales de banques françaises de droit ivoirien, la Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie de Côte d'Ivoire (BICICI) et la Société Générale de Banque de Côte d'Ivoire (SGBCI) ferment les portes le 16 et 17 février 2011, sans préavis sur injonction du gouvernement français ; du coup, les déposants ivoiriens de ces banques sont privés de leur épargne créant ainsi d'énormes préjudices.

Devant une telle adversité sans nom, tendant à asphyxier économiquement, monétairement et financièrement la Côte d'Ivoire, celle-ci se voit dans l'obligation de réagir.

Elle ne peut accepter que l'outil monétaire et l'organisation monétaire commune, l'UEMOA dont elle est le membre le plus important, car représentant 40% du PIB de L'union, soient utilisés pour désorganiser son économie, contrairement aux accords qui les régissent. Elle est consciente que cette situation n'a pu être possible que par l'abandon de son outil monétaire aux mains de la France, l'ex-puissance coloniale. Ceci nous renvoie à la problématique suivante : la Côte d'Ivoire est-elle légitimement fondée de reprendre son pouvoir régalien de battre monnaie ?

Le présent document de travail se propose alors d'analyser les principaux fondements du droit à la souveraineté monétaire ivoirienne en allant des choix stratégiques (I) aux dispositions techniques (III) en passant par les mesures institutionnelles (II).

CHOIX STRATEGIQUES

A- De la dénomination de la monnaie ivoirienne.


De l'Antiquité à nos jours, divers objets ont joué le rôle de monnaie parmi les quels le poids à peser l'or. Il ne s'agit pas du poids effectif de la monnaie, mais du symbole représentant le lingot d'or ou d'argent.

La plupart des civilisations ivoiriennes (Krou, Mandé, Akan et Gur) ont en commun des pratiques monétaires traditionnelles basées sur l'or et l'argent.

Le choix du nom de la monnaie ivoirienne peut en outre pouvoir évoquer l'identité nationale et l'or symbole universel de la richesse. Les propositions ci-après de dénomination obéissent à l'une ou l'autre des axes d'exploration :

a) le DASIKA, composé de DASI (argent) bien connu chez les Gur, les Mandé et les Krou d'une part, et de SIKA bien connu des peuples Akan pour désigner l'or, l'argent et la richesse. L'avantage d'une telle proposition, c'est de valoriser les usages culturels de notre pays en matière monétaire.

b) l'Ivor, composé du préfixe Iv en relation avec l'identité ivoirienne (Côte d'Ivoire) et du suffixe Or représentant universel de la richesse qui destine la Côte d'Ivoire à la prospérité.

c) l'Africor, un nom très évocateur dans une perspective d'intégration africaine.

B- Du régime de change

Les échanges internationaux de biens et services ou de capitaux nécessitent l'échange de monnaie ou de devises. Le régime de change, ensemble de règles qui organisent les échanges de monnaies entre elles, constitue un facteur important dans le choix stratégique.
La plupart des pays du monde font l'objet du régime de change flottant ou flexible au détriment du régime de change fixe devenu inopérant depuis la fin du système de Bretton Woods en 1971 et officiellement disparu en 1976 à la Conférence de Kingston en Jamaïque.
Le choix de la Côte d'Ivoire pourrait se porter sur le régime de change flottant ou flexible. L'avantage d'un tel régime c'est de dispenser théoriquement la Banque Centrale de Côte d'Ivoire d'intervenir sur le marché pour soutenir sa monnaie. L'équilibre extérieur se réalisant automatiquement par la rencontre de l'offre et de la demande des devises. Par ailleurs, le trésor public serait à l'abri des influences négatives consécutives aux déficits budgétaires d'une nation de référence dans le cadre des changes fixes.

C- De la réglementation de changes.


Avant la mise en circulation de la nouvelle monnaie, il est indispensable de se doter d'un dispositif juridique d'encadrement. La législation et la réglementation devraient :

a) donner cours légal et pouvoir libératoire à la nouvelle monnaie sur toute l'étendue du territoire ;

b) habiliterlaBanqueCentraleàémettrelanouvellemonnaie;

c) fixer les conditions dans lesquelles la nouvelle monnaie sera mise en circulation en remplacement de l'ancienne en précisant notamment le début de conversion et la fin ; en somme, déterminer la période de conversion ;

d) définirlerégimejuridiquedesopérationsendevises,habiliterlaBanqueCentraleàen éditer les règles d'application ;

e) préciser le traitement applicable aux différentes catégories d'avoirs, d'engagements et de contrats financiers pendant et après la mise en circulation de la nouvelle monnaie.

D- De la convertibilité et de la garantie de la monnaie ivoirienne.

Pour assurer à la nouvelle monnaie la confiance interne et externe dont elle a besoin pour prospérer, il faut soigneusement mettre en place tout le dispositif opérationnel du marché des changes. La transition a plus de chance de se faire dans de meilleures conditions si :

a) les taux de change sont préalablement unifiés sur tout l'étendu du territoire ivoirien ;

b) le système des changes confère à la monnaie nationale la convertibilité maximale à partir d'un règlement minimal ;

c) le dispositif institutionnel est renforcé par l'installation ou l'implantation d'un marché des changes compétitifs ;

d) l'on organise rationnellement au sein de la Banque un service des changes chargé de faire les opérations en devises pour le compte des Administrations publiques et surtout de surveiller les activités des cambistes et autres intermédiaires financiers.

Le processus de crédibilisation de la nouvelle monnaie devra en outre comporter des ressources en or gérés par la Banque Centrale qui pourrait être sollicité en dernier ressort. Ceci constituant le socle de la garantie.

E- Des reformes macroéconomiques

L'économie ivoirienne doit être repensée à la lumière du concept de l'économie politique de la souveraineté. Une économie capable de se propulser par sa propre dynamique. L'objet étant de faire de la Côte d'Ivoire une économie émergente relativement forte dans l'espace d'une décennie, dans la sous-région et dans le monde, pourquoi pas ? il faut introvertir l'économie ; cela signifie :

- que son fonctionnement doit être principalement axé sur ses ressources internes, l'extérieur n'étant qu'un appoint ;

- que les décisions prises, les activités et le système productif lui-même doivent répondre en priorité aux besoins internes de la Côte d'Ivoire.

Les reformes macroéconomiques doivent concerner d'une part, les grands agrégats économiques et d'autre part, la restructuration des secteurs économiques.

  • Les grands agrégats

L'ensemble des interventions de l'Etat doit concourir à la réalisation du fameux carré magique ; c'est-à-dire assurer :

la croissance du PIB ;

la croissance de l'emploi, donc à réduire le chômage ;

la stabilité des prix, donc à lutter contre l'inflation ;

et enfin, l'équilibre extérieur par des excédents de la balance commerciale.

Les moyens pouvant permettre la réalisation de et objectif (carré magique) sont les suivant :

- la politique monétaire, en agissant sur les taux d'intérêts ;

- la politique fiscal (hausse ou baisse des impôts, assiette, etc.) ;

- la politique budgétaire du gouvernement ;

- la politique de revenus.

• Les reformes structurelles

Restructurer l'économie ivoirienne c'est réorganiser dans une démarche déstructuration-restructuration, l'ensemble des secteurs économiques à savoir : l'agriculture, l'industrie et le secteur tertiaire.

␣ Restructuration du secteur agricole

L'impératif de la restructuration du secteur agricole s'impose pour lutter contre la faim, la pauvreté et atteindre l'autosuffisance alimentaire ; l'objectif concret étant la réduction de l'importation massive des produits alimentaires.

La modernisation de l'agriculture comprend outre sa mécanisation, l'utilisation d'intrants (engrais, pesticides, etc.), de semences améliorées ou de hauts rendements produits de nos laboratoires. Ceci nous fait penser à l'industrialisation en amont de l'agriculture. Quant à l'industrialisation en aval, elle va concerner toutes les industries de transformation des produits agricoles, débouchés logiques de l'agriculture. L'industrialisation de l'agriculture va être enfin couronnée par l'industrie mécanique et chimique qui fournirait à cette agriculture tout ce dont elle a besoin pour se moderniser (machines, outils, produits chimiques, etc.). L'agriculture peut alors être utilisée comme secteur d'accumulation du capital. Restructurer l'agriculture, c'est créer l'articulation et la cohérence entre l'agriculture et l'ensemble des secteurs économiques, c'est-à-dire, primaire, tertiaire et secondaire.

␣ Restructuration du secteur industriel

Il faut dans l'immédiat asseoir et/ou renforcer les industries de transformation de nos produits agricoles vivriers et d'exportation (fruits et légumes, café, cacao, caoutchouc, etc.). L'articulation agro-industrie doit guider l'orientation industrielle, les deux se servant mutuellement de débouchés. Dans le secteur tertiaire, nous mettons l'accent à dessein sur la restructuration du système bancaire et financier.

␣ Restructuration du secteur bancaire et financier


Les circonstances actuelles de tentative d'étouffement bancaire et financier de notre économie, nous donne la chance par les mesures prises par le gouvernement pour la sécurisation, de s'engager dans la voie espérée. En s'appropriant les locaux de la BECEAO d'une part, et les banques étrangères fautives, d'autre part, il appartient donc à l'Etat d'orienter le système monétaire et financier dans le sens du développement de notre pays. Il faut populariser la guerre que nous mène la France en intégrant les micro-finances dans la réformes du système bancaire et financier. En d'autres termes, il faut utiliser le système bancaire et financier pour le financement de l'économie ivoirienne.


F- Du mode de financement de l'économie

MONNAIE IVOIRIENNE 2.jpg

Lire la suite

LES IVOIRIENS REPONDENT A BARACK OBAMA

PATRIOTES. PLACE DE LA REPUBLIQUE.jpg

In Le Nouveau Courrier N°237 du 28 Mars 2011 Sékou Asségoué GodPeace

 

Comme nous l'indiquions dans notre parution du samedi, après deux jours de travaux consacrés à la 39ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), tenue les 23 et 24 mars 2011 à Abuja, cette organisation sous-régionale a produit un long communiqué en 37 points. Il a fallu pour cela 2.577 mots, soit 16.462 caractères (espaces compris). Un communiqué dont la longueur n'est certainement pas proportionnelle à la pertinence des résolutions. Outre la litanie des félicitations d'autosatisfaction distribuées aux membres influents du club des chefs d'Etat de la Cedeao pour leur docile allégeance à la tutelle, on en retiendra que l'Afrique de l'Ouest a étalé, à travers ce communiqué, son immaturité, sa politique de la facilité par le suivisme et le silence en vue de s'adonner à ce qu'elle sait faire le mieux : la mendicité.


Les questions abordées pour ne pas dire évoquées par le communiqué vont des performances économiques de l'Afrique de l'Ouest (points 6 à 9) aux questions institutionnelles (points 29 à 36), en passant par l'Accord de Partenariat Economique (APE) (points 10 et 11), la paix et la sécurité régionale (points 12 à 26), la consolidation de la démocratie (point 27) et la situation en Libye (point 28).

Comme il fallait s'y attendre, la Côte d'Ivoire, devenue un guichet de récompenses de la tutelle occidentale à ses bons élèves, a figuré au menu de ce sommet. Ainsi, "Fortement préoccupés par les cycles de violence et la détérioration rapide de la situation sécuritaire et humanitaire en Côte d'Ivoire, et considérant que cette situation constitue une menace majeure à la paix et à la sécurité régionale, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont décidé d'adopter des mesures urgentes visant à assurer la protection des vies humaines et le transfert immédiat du pouvoir du Président sortant, M. Laurent Gbagbo, et au Président élu, S. E. M. Alassane Ouattara, et à pacifier l'environnement sécuritaire. A cet effet, le Sommet a adopté une résolution spéciale A/RES.1/03/11". La Cedeao demande à l'ONU de prendre des mesures plus contraignantes contre la Côte d'Ivoire.

Au lendemain de la réunion de la Cedeao, le président américain s'est, le vendredi 25 mars dernier, directement adressé au peuple ivoirien. Cette adresse se situait à la veille d'une grande manifestation populaire en faveur du président Laurent Gbagbo. En guise de réponse à ce message de Barack Obama au peuple ivoirien, la place de la République, lieu mythique de la résistance ivoirienne a refusé du monde, rappelant la Tunisie et l'Egypte. Cette Tunisie et cette Egypte que veut copier, sans succès le camp du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), dont la révolution orange s'est transformée en de multiples "commandos invisibles" qui tuent et égorgent à l'aveuglette.

Si comme l'a dit le président Barack Obama, le "monde a les yeux braqués sur la Côte d'Ivoire", le monde aura-t-il le courage de tirer les leçons de ce qu'il a vu du samedi au dimanche, en face du palais de la présidence de la république, au quartier du Plateau, centre administratif et des affaires? Au volet habituellement politique de ses rassemblements, la galaxie patriotique ivoirienne, conduite par sa jeunesse, a ajouté un volet spirituel en intercédant en faveur de la paix en Côte d'Ivoire et en invoquant la protection divine sur Laurent Gbagbo. Un rassemblement qui aura duré au bas mot 20 heures, soit de 12h à 8h du matin. Pendant toute cette période, la densité populaire n'a guère baissé. Inédit dans le pays.

Selon Obama, le fait pour le peuple ivoirien de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir ne pourra que conduire la Côte d'Ivoire à " plus de violence, à plus de civils innocents blessés et tués et à un plus grand isolement diplomatique et économique". A l'inverse, si Laurent Gbagbo décide de quitter le pouvoir, les Ivoiriens reprendront leur destin et leur pays en main afin de bâtir une économie florissante. En direction des Ivoiriens, le président Barack Obama, dira : "Vous méritez des chefs comme le président Ouattara, capables de rétablir votre pays à la place qui lui est due dans le monde". Il justifie sa position par le fait que "l'élection, l'an dernier, a été libre et honnête, et le président Alassane Ouattara est le chef démocratiquement élu de la nation".

C'est malheureusement à ce niveau que commence la souffrance morale des Ivoiriens qui ont véritablement "mal au cœur", quand on tente de leur faire croire que la dernière élection présidentielle a été libre et honnête. En effet, cette élection a été seulement "ouverte", en autorisant des candidatures ne répondant pas aux critères constitutionnels. Mais en zones CNO, elle n'a été ni juste, ni transparente encore moins libre. Les armes aux mains des rebelles ont empêché l'organisation d'un scrutin libre et équitable. La Commission Electorale Indépendante (CEI), contrôlée à plus de 80% par le RHDP et ses alliés rebelles, a aussi contribué à vicier la véracité des résultats. C'est ce qui explique l'intervention du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire pour empêcher le triomphe de la force des armes sur celle du droit. M. Choi, de l'Onuci, a beau dire le contraire, les Ivoiriens qui ont vécu les faits ne peuvent le suivre. Le président Obama a l'excuse d'avoir été trompé par Choi et peut donc s'abriter derrière le bénéfice de la bonne foi pour soutenir le discours qui est le sien. Encore qu'il pouvait, s'il le voulait, se donner les moyens d'une expertise contradictoire. Mais il trouve "injuste le recomptage des voix".

En félicitant Alassane Ouattara de "son offre d'un avenir pacifique à tous les Ivoiriens: un gouvernement participatif, la réunification et la réconciliation", Obama dit aux Ivoiriens ce qu'ils savent déjà, à savoir que Ouattara est le parrain de la rébellion, qu'il est le seul capable de désarmer. C'est donc conscient de cette réalité que Laurent Gbagbo l'invite à la table de la négociation.

Au vu du succès de la manifestation de samedi en faveur de Laurent Gbagbo, il faut croire qu'en matière de choix, les Ivoiriens, sinon la grande partie des Ivoiriens a définitivement fait le sien. Partageant avec Obama la conviction qu'ils "méritent un avenir fait d'espoir, pas de peur", les Ivoiriens sont sortis massivement, pour braver la peur et redire que l'espoir ne saurait se trouver dans l'imposition d'un président porté au bout des baïonnettes de rebelles armés par la communauté internationale. Alassane Ouattara fait justement peur aux Ivoiriens par les méthodes de son système et par celles de ses alliés. A commencer par l'usage abusif du mensonge, la manipulation et la désinformation. Quatre mois après le 28 novembre 2010, les Ivoiriens redoutent en l'équipe d'Alassane Ouattara les prémices d'une dictature. Les "griffes sorties" avant même d'exercer le pouvoir et les souvenirs de la parenthèse 1990-1993 à la Primature, font simplement peur à bon nombre d'Ivoiriens, ceux-ci ayant été plus terrifiés que rassurés en 4 mois.

Le silence sur les atrocités commises à l'Ouest par les rebelles, alliés d'Alassane Dramane Ouattara, fait peur aux Ivoiriens qui redoutent le pire avec une éventuelle arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le système du mensonge et de la dénégation de toute valeur à la vie humaine, bâtis par les partisans d'Alassane Ouattara, fait très peur et fait craindre le pire. Peuple de paix, les Ivoiriens découvrent l'horreur de civils innocents égorgés ou brûlés. Ce qui, à Guitrozon, en 2005, était perçu comme un grave accident de parcours veut être imposé à notre quotidien. Chaque fois que les médias et de prétendues organisations des droits de l'homme imputent ces assassinats à Laurent Gbagbo, la révolte populaire le dispute à l'indignation. Témoins des faits, les Ivoiriens ne peuvent accepter pareille manipulation.

La crainte du président Condé de la Guinée de voir "Alassane paraître comme le président des Occidentaux" a dépassé le stade de la simple crainte pour devenir une réalité en Côte d'Ivoire.

Convaincus, comme Obama, de "mériter la chance de déterminer (leur) destin", les Ivoiriens ne veulent justement pas se voir imposer un chef par la communauté internationale. Par leur résistance, les Ivoiriens veulent "le triomphe de la démocratie en Côte d'Ivoire", contrairement à ceux qui croient que l'exercice de la démocratie se trouvera dans le choix de celui qui incarne les intérêts occidentaux. Si c'est la condition pour "trouver un ami et un partenaire dans les Etats-Unis d'Amérique", il est temps pour les dirigeants américains de sortir de la tromperie de Choi, afin de manifester leur amitié au peuple ivoirien qui leur tend les bras, sans préjugés ni rancune, ni rancœur.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 26 mars 2011

Me CHEIKH KHOURESSY BA, AVOCAT SENEGALAIS: «OUATTARA S'ACCROCHE A UN POUVOIR VIRTUEL»


ADO ET L'UE.JPG

Dans cette deuxième partie de l'interview qu'il a accordé à l'hebdomadaire sénégalais le témoin, Me Cheick Khouressy Bâ dénonce les égarements de la communauté internationale dans le dossier ivoirien.


Le Témoin : Malheureusement, tout cela a fait naître une confusion, puis une profonde crise politico-judiciaire paralysant toute la Côte d'Ivoire, n'est-ce pas ?

CHEICK KHOURESSY BA.jpg

Me Cheikh Kohouressy Bâ: Justement, la confusion à laquelle vous faites allusion a principalement pour explication l'attitude de la majorité écrasante des Ivoiriens, et il semble que les puissants auteurs du coup d'Etat électoral planifié de longue date au détriment de Laurent Gbagbo n'avaient pas su intégrer cette donne dans leurs calculs. Ouattara, appelé à juste titre le «candidat de l'Etranger», de même que ses souteneurs, ont mésestimé la réaction des Ivoiriens, pensant avec une touchante naïveté que ces derniers accepteraient docilement, lâchement le détournement de leur volonté telle qu'exprimée dans les urnes. Pourtant le souvenir d'octobre 2000 n'était pas vieux ! C'est le même peuple qui était pourtant descendu dans la rue pour défendre son choix porté sur Laurent Gbagbo, les mains nues et le torse offert aux blindés de l'éphémère et si cruelle junte dont le chef ne voulait pas tenir compte du verdict des urnes.

En payant au prix fort leur droit à l'autodétermination, ces fiers Africains avaient imprimé un message qu'il n'était tout de même pas sorcier de décrypter : la souveraineté du peuple ivoirien ne se négocierait plus jamais et toute personne ou groupe de personnes tentés de la remettre en cause trouverait à qui parler. Sinon il n'y a pas de confusion pour ces Ivoiriens qui ont fini de voter majoritairement le candidat de leur cœur et qui se sont remis au travail. La confusion, tout à fait virtuelle, est entretenue par ceux qui ont conscience que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et qui n'ont donc plus pour stratégie que de jaspiner, relayés par les médias de leurs tout-puissants parrains, lesquels média sont en passe de révéler enfin leur vrai visage à la face d'un monde qui les a toujours tenus en haute estime et considération alors que ce qu'ils font est aux antipodes du journalisme.

Faites un tour en Côte d'Ivoire et vous verrez si j'exagère. Je dis bien un tour, professionnel celui-là, comme les journalistes dignes de ce nom ; pas une randonnée touristique tous frais payés dans une républiquette hôtelière où des rêveurs au bord de la folie échafaudent à voix haute les plans d'une guerre par procuration que des idiots devraient pouvoir mener en leur nom et pour leur compte.

A votre avis, pourquoi M. Gbagbo s'accroche-t-il au pouvoir alors que la communauté internationale est convaincue que les premiers résultats donnant Ouattara vainqueur sont les seuls valables ?

Intéressante question. M. Gbagbo, comme vous dites, n'a jamais vu, et vous et moi non plus, je suppose, une communauté autre que la communauté nationale donner le vainqueur d'une élection nationale. Que serait notre planète si le reste du monde (parce que c'est ce que signifie le groupe de mots «Communauté internationale», dont vous et moi, s'agissant de tout autre pays autre que le nôtre, le Sénégal, faisons entièrement partie) s'arrogeait le droit de désigner le président des autres pays ? Savez-vous qu'au nombre des principes les plus sacrés qui gouvernent la marche du monde, il y en a deux précisément que la SDN, l'ancêtre de l'ONU, et ce «machin» lui-même dirigé par Ban Ki Moon, ont inscrit dans leur Charte, aux articles 1er et 2, à savoir le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, d'une part, et le devoir de non-ingérence dans les affaires des peuples, d'autre part ? Ces deux dispositions essentielles figurent dans le corpus de règles de tous les Etats membres de l'ONU, lesquels les ont inscrites dans le préambule de leur loi fondamentale. Les enfreindre revient à commettre un abominable crime d'Etat, c'est dire que l'Etat qui les viole a violé sa propre loi, et en plus il démontre qu'il est en vacances de sa propre légalité.

On peut donc dire de cet Etat qu'il est un Etat voyou. En l'occurrence c'est un groupe d'Etats voyous, aidés par une ribambelle d'apprentis voyous assurés de l'impunité qui a décidé, avec l'aval de l'ONU, elle sert à ça, ne l'oublions pas, de violer les principes les plus sacrés de notre temps dans un petit pays. On ne trouverait pas à redire, et encore !, si c'était un grand pays qui avait fait les frais de tels actes de banditisme. Mais qui ose imaginer une telle ingérence dans une élection, fut-ce un scrutin local, en France, aux USA, en Allemagne, au Canada ou que sais-je ? Pour la Côte d'Ivoire, l'ONU et ses maîtres ont agi comme si le duel Gbagbo-Ouattara ne différait en rien de l'élection d'un adjoint de délégué de classe dans une école primaire de banlieue parisienne ou texane ou de Séoul. Et c'est ce mépris qui est inacceptable.

M. Gbagbo ne s'accroche pas au pouvoir. C'est son adversaire, M. Ouattara, qui s'accroche au pouvoir. Un pouvoir virtuel confectionné de toutes pièces par cette même communauté internationale ! Il y a une nuance. M. Gbagbo a le droit et le devoir de défendre vaille que vaille sa victoire, et il est, fort heureusement, en phase avec le peuple et l'armée.

Vous croyez donc que M. Gbagbo a été élu malgré la certification de la victoire de M. Ouattara ?

Pour votre gouverne, sachez que l'ONU n'a pas la capacité de valider une élection dans un Etat membre de la communauté des nations, qui a accédé à la souveraineté internationale et qui n'est pas sous tutelle. Elle ne l'a jamais fait, au demeurant. Ce n'est pas en Côte d'Ivoire qu'elle commencera à le faire. Je vous le répète, sa Charte l'interdit formellement. Entendons nous bien, l'ONU ne peut, encore moins, proclamer les résultats d'une élection dans un Etat membre ou installer des élus dans leurs fonctions.

Nous sommes des nègres, certes, mais on nous a donné au moins l'assurance, en entrant dans cette association amicale des nations, que l'on ne nous considèrerait plus comme la banlieue de l'Humanité. Soit dit en passant, le nègre tient une belle revanche dans la célérité et la précipitation suspectes avec lesquelles MM. Choï et Ban, à l'instigation de M. Nicolas Sarkozy, ont voulu mettre tout le monde devant le fait accompli, comme quoi l'émotion peut être hellène et la raison nègre.


NB : Le chapeau est de la rédaction de Notre Voie

Source : NOTRE VOIE

BAROUD D'HONNEUR DE LA COALITION REBELLE - TOUT SUR L'OPERATION «COTIERE»


REBELLES IVOIRIENS 5.jpg

La poignée de jours qui nous sépare d'avril sera déterminante dans l'issue de la crise. La coalition rebelle qui peine à installer Ouattara au pouvoir va lancer dans les heures ou jours qui viennent une opération baptisée « Opération côtière ».


La coalition rebelle avait prévu l'apocalypse sur Abidjan, le jeudi dernier. En tout et pour tout, il y a eu une infiltration massive d'insurgés dans les quartiers d'Angré et de Mahou que les Fds ont vite fait de débusquer. Convaincus que le chrono tourne en faveur de Laurent Gbagbo, Ouattara et ses partisans veulent donner l'assaut final. Non pas à Abidjan, où ils subissent de sérieux revers, mais sur la côtière du pays.

Cinq (5) villes sont dans leur viseur. «Opération côtière», c'est le nom de code de ladite opération. La coalition rebelle veut frapper simultanément Grand-Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro et Tabou. Le but, c'est d'empêcher le gouvernement Aké N'Gbo de s'emparer des stocks de cacao. A défaut, de les faire sortir du pays. Le délai du gouvernement aux opérateurs expirant le 31 mars 2011, prendre le port de San Pedro, port par lequel transite 80% du cacao ivoirien, s'avère pour la coalition rebelle, un objectif majeur. Les moyens et les hommes sont en train d'être mobilisés.

S'agissant des hommes, le gros de la troupe sera constitué de ressortissants de la Cedeao. Du reste, ceux qui sont de mèche avec les rebelles. Pour ce coup, ils ont décidé de mettre en veilleuse leurs activités champêtres pour servir la cause de Ouattara. Un certain Zongo Bouréima, trafiquant d'armes, basé à Grabo, après son séjour à Ouaga, est très actif sur le terrain. Il est aidé dans sa sordide tâche par Ouédraogo Béhima. Ce dernier, ayant fait du faux sur les documents administratifs se fait appeler aujourd'hui, Michel Kouadio. Les moyens, apprend notre source, proviennent des circuits mafieux habituels. Mais pour ce coup-ci, les opérateurs incriminés ont décidé pour certains, de délier les cordons de la bourse.

Espérant que la réussite de ce coup donnera un coup de frein à la décision gouvernementale. Il se murmure que les locaux de Cargill à San Pedro sont le théâtre de mouvements suspects. Est-ce à dire qu'on fait le lit à une insurrection dans la cité balnéaire ? Il y a un pas qu'il ne faut pas franchir. En tout état de cause, les Fds qui restent déterminées sauront prendre des dispositions pour faire échec à ce funeste dessein. Notons que depuis l'éclatement de la crise militaro-politique, en septembre 2002, la rébellion armée a toujours fait de la 2e ville portuaire, une des priorités. Histoire d'avoir une fenêtre sur la mer. Malheureusement pour elle, les Forces régulières se sont toujours montrées intraitables.


Tché Bi Tché, le 26 mars 2011.


Source: LE TEMPS

ANYAMA: DES PRETRES OTAGES DES REBELLES DE OUATTARA

FDS-CI ALLANT AU FRONT.jpg

FDS (Forces de Défense et de Sécurité) de Côte d'Ivoire

 

La ville d'Anyama, à la lisière de la commune d'Abobo, a été hier le théâtre d'affrontements entre Fds et rebelles de Ouattara. Très tôt hier (vendredi 25 mars 2011, ndlr), les rebelles ont lancé une offensive sur le 3ème bataillon militaire. Avec pour objectif d'occuper ce camp, d'où ils lanceront certainement des attaques sur d'autres localités de la région. Les combats ont fait rage, a-t-on appris. Les rebelles, en grand nombre et avec un armement conséquent arrivent à prendre le dessus aux environs de midi. Ils pensent avoir définitivement le contrôle de la ville.

Un groupe de rebelles se dirigent vers le séminaire d'Anyama et prennent en otage, selon les témoignages recueillis, les prêtres qui se trouvaient sur les lieux. Selon ces rebelles, ces hommes de Dieu cacheraient des soldats de Laurent Gbagbo. Durant plusieurs heures, les rebelles de Ouattara vont faire voir des vertes et des pas mures aux religieux à qui ils reprochent plus tard d'être des pro-Gbagbo.

C'est plus tard, en milieu d'après midi, que les Fds qui s'étaient repliés de manière stratégique vont mener une contre-offensive fatale aux rebelles de Ouattara pour libérer le 3ème bataillon militaire d'Anyama. Et libérer par la même occasion les hommes de Dieu qui étaient depuis quelques heures, prisonniers des rebelles de Ouattara. Selon une source militaire, la contre-offensive des Fds a été fatale aux rebelles qui ont subi d'énormes pertes dans leur rang. Les hommes de Mangou en ont profité pour contrôler hier plusieurs endroits stratégiques, notamment le carrefour N'Dotré précédemment aux mains des rebelles de Ouattara.


Franck Toti


Source LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 25 mars 2011

COTE D'IVOIRE: L'ONUCI VA MAL

BAN KI MOON 4.jpg

Les « départs annoncés la semaine dernière en cascade » de 3 hauts responsables de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) suscitent, selon une source proche de l'institution, un malaise au sein de la mission.


« Les mensonges de Choï sur le charnier imaginaire et sur les supposés avions biélorusses ainsi que la présence de mercenaires au sein des forces » seraient à la base de cette situation. Une source militaire note par ailleurs « un mécontentement de plus en plus récurrent chez les contingents ghanéen, marocain, béninois et bangladais ».

Le contingent Ghanéen avait déjà menacé de se retirer si sa mission initiale de paix était transformée. « Depuis, ils sont mis à l'écart des manœuvres de l'ONUCI contre les FDS », assure notre source.

Quant aux autres contingents, la grogne semble s'être manifestée ses derniers jours suite au débarquement du Tchadien Abou Moussa (n°2 de l'ONUCI) et des Généraux Affiz et Amouzou du commandement militaire de l'ONUCI. Officiellement, ils seraient en fin de mission.

Une version que conteste notre source au sein de l'organisation qui révèle qu' « il leur était reproché d'être les taupes qui ont livré à la maison de production  O. Cétaril,  les informations troublantes sur la collusion entre l'ONUCI et la rébellion ».

L'ONUCI a déjà été accusée par le gouvernement ivoirien de prêter main forte aux rebelles pro-Ouattara. « L'ONUCI précède toutes les attaques de nos positions », ont révélé plusieurs sources militaires. Lors de l'attaque du centre émetteur, un hélicoptère de l'ONUCI a été aperçu survolant les positions des forces de défense et de sécurité (FDS).

Certains témoins font état de la participation de chars onusiens aux attaques des positions des FDS à Zouan-Hounien. Le jeudi 16 décembre, des images des télévisions françaises révélaient la collusion entre les casques bleus et les rebelles pro-Ouattara lors de la marche insurrectionnelle  organisée par le RHDP, coalition politico-armée, proche d'Alassane Ouattara.

Les heurts se sont multipliés depuis entre l'ONUCI et les populations qui les récusent. Le Chef de l'Etat ivoirien a réclamé depuis décembre 2010 le départ de l'ONUCI et de Licorne, qui tentent d'imposer par diverses manœuvres Alassane Ouattara, candidat malheureux au scrutin de novembre.

Le représentant spécial du Secrétaire Général de l'Onu, Choï Young-Jin, par une « certification » controversée, a créé la confusion sur les résultats de l'élection présidentielle et replongé le pays dans une grave crise. Le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs, a proclamé et investi Laurent Gbagbo, Président de la république.


Source : DIRECT SCOOP

APRES UN MOIS DE GUERILLA, POURQUOI LE CAMP OUATTARA APPELLE L'ONUCI AU SECOURS


ADO ET SORO 3.JPG

In Le Nouveau Courrier N°235 du 25 Mars 2011 par Gilles Naismon

 

Quand ils avaient leur commando dit invisible qui régnait encore en maître à Abobo et dont des éléments semaient la terreur dans d'autres quartiers à Abidjan, le camp Ouattara justifiait ces actes par des reflexes de défense de la population. Sans en appeler à une intervention des Casques bleus de l'Onuci. Aujourd'hui, c'est tout à fait le contraire. Ouattara crie au loup. Voici les raisons.


Guérilla contre guérilla ! Les rebelles d'Alassane Ouattara qui se font appeler commando invisible, et dont la stratégie de prise du district d'Abidjan était basée sur une guérilla urbaine, perdent considérablement du terrain. À Abobo où ce commando a établi son quartier général, c'est la psychose depuis que les maîtres des lieux se sont rendus compte qu'ils opèrent désormais sur leur «territoire» avec un autre commando invisible qui neutralise leurs éléments. Si bien que la situation devient incontrôlable.

A Abobo, Williamsville, Adjamé, Attécoubé, Koumassi... c'est le branle-bas dans le camp des rebelles d'Alassane Ouattara. Au sein de la hiérarchie politique et militaire de l'Hôtel du Golf, c'est le désarroi. Le commando invisible du commandant Fokker, un ancien militaire à la retraite, qui a rejoint les rebelles sur le terrain de la guérilla urbaine, semble porter ses fruits. La terreur et la peur ont changé de camp. Face à cet échec militaire de l'opposition politico-armée, la seule alternative pour Ouattara qui voit tous ses plans déjoués, c'est d'appeler au secours l'Onuci et ses mercenaires.

Ainsi, dans un communiqué produit à l'Hôtel du Golf, Ouattara a appelé les Casques bleus au «recours immédiat à la force légitime» pour «protéger les populations civiles» victimes des violences post-électorales. « Compte tenu de l'ampleur et de l'urgence de la situation (...), le gouvernement demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution pour autoriser le recours immédiat à la force légitime en vue de protéger les populations civiles en danger imminent (...) La mise en place de check-points permanents dans les quartiers d'Abidjan les plus exposés à la violence et l'intensification des patrouilles» et «l'installation de bases militaires de l'Onuci à Abobo et à Yopougon.»

Il s'agit clairement pour Ouattara, à décrypter ce communiqué, de sécuriser sa rébellion d'Abobo, qui perd du terrain, et de déstabiliser Yopougon, le cœur de la résistance, avec l'appui de ses alliés de l'Onuci. Le numéro un de la «République de l'Hôtel du Golf», veut une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui pourrait modifier la mission de l'Onuci afin qu'elle exerce désormais à visage découvert. Et il met dans la balance pour avoir gain de cause.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 24 mars 2011

REVELATIONS DE L'APOTRE BOLLY GUY-ROGER ET DU GROUPE DE PRIERE «BUISSON ARDENT» SUR LA COTE D'IVOIRE

 

PHOTO BIBLE.jpg

A la faveur de la crise ivoirienne, de nombreuses révélations spirituelles ont été reçues par des hommes de DIEU et des groupes de prière, parmi lesquelles les célèbres prophéties du Pasteur Koné Mamadou Malachie et ces trois éloquentes révélations que je vous propose ce jour, chers lecteurs, de découvrir : deux de l'Apôtre Bolly Guy-Roger et une du Groupe d'intercession « Buisson Ardent ». La Bible ne dit-elle pas que « DIEU parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, et l'on ni prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil... Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions »  Job 33: 14-16? Bonne lecture ! Que DIEU bénisse et délivre la Côte d'Ivoire !


Apôtre Bolly Guy-Roger, Fondateur de l'église El Shaddaï de Yopougon, Terminus 47.

Cel : 02 76 00 59


Songe 1 : Les insurgés

Date : Nuit du 18 au 19 septembre 2002


Je me trouvais dans les rues d'un village. Le chef de ce village était assis sur un trône élevé. Soudain apparurent des individus agités qui suscitèrent une bruyante émeute. Ils voulaient destituer le chef. Je me disais : « Mais qu'est-ce que ce roi a fait pour mériter que ceux-ci lui en veuillent tant ? ». Alors quelqu'un me parla. C'était un prophète d'une église, que je connaissais bien. Il était debout auprès de moi et me dit ceci : « Regarde bien ces insurgés. Tu verras ce qui leur arrivera ». Aussitôt, un vent violent survint de l'extrémité du village, le traversa avec fracas et emporta tous les agitateurs. Puis le village retrouva un calme des plus profonds.

A mon réveil, au milieu de la nuit, mon téléphone sonna. Une de mes filles, pleine d'alarme, m'appela pour me dire ceci : « Papa, tout va bien chez toi ? Chez nous ici, ça tire des coups de feu sans arrêt ». C'est ainsi que je fus mis au courant de la tentative de coup d'état qui se mua en rébellion armée.

 

Songe 2 : Retour à l'envoyeur

Date : 2004 (le jour précis ne m'a pas été indiqué par l'Homme de DIEU)


Je me trouvais à la plage. Pendant que je contemplais le paysage, je me retrouvai nez à nez avec un missile échoué sur la plage, l'extrémité ayant piquée sur le sable. Je m'écriai : « Mais c'est un missile ! ». Ce missile avait été lancé sur le pays mais n'avait pas explosé. Pendant que j'avais les yeux fixés sur ce spectacle, le missile s'éleva de terre, et s'en retourna en direction de la mer d'où il était venu. Je pris une fois encore la parole pour crier : « Le missile retourne à l'endroit d'où il est venu ! ».

Aussitôt après, je vis la carte de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique du Sud se rapprocher pour ne former qu'un seul pays. La Côte d'Ivoire prit un élan de développement sans précédent : on y voyait le métro, le tramway, et d'autres grandes infrastructures fleurirent partout dans le pays.


-----------------------------------------------------

 

Groupe d'intercession « Buisson Ardent » :

 

« Paroles du Seigneur reçues le 22 novembre 2002, pendant la semaine de jeûne que nous avions décrétée pour la Côte d'Ivoire après l'attaque des rebelles » :


La révélation fut reçue par le frère KOUAKOU L. (aujourd'hui en DEA à l'Université de Cocody), pendant que nous élevions à DIEU des prières pour la Côte d'Ivoire et qu'il priait pour la délivrance des assaillants (on ne les appelait pas encore rebelles ou FAFN) de l'esprit de destruction qui les possédait :

Il vit dans une vision claire une main énorme dans laquelle se trouvait une très grande, une immense épée, une épée comme il n'en avait jamais imaginé. Alors, il se prosterna pour demander l'interprétation de cette vision forte au SEIGNEUR.

L'Esprit de DIEU lui dit alors : « La condamnation de ceux pour qui tu pries a été scellée depuis leur création. Ne prie donc plus pour eux. L'heure est arrivée pour moi de me lever pour les détruire avec ce glaive que tu vois. Je les exterminerai tous de cette nation ; personne ne pourra résister, aucun esprit ne pourra tenir devant ce glaive. Ils périront tous car mon glaive ne reviendra pas à moi sans avoir accompli mon œuvre. De cette nation, je détruirai tout ce qui n'est pas à ma gloire, je repousserai tout ceux et tout ce qui la crible ».

Puis le SEIGNEUR nous donna cette référence des Ecritures pour appuyer son décret : Esaïe 28 : 21 et 22 : « Car l'Eternel se lèvera comme à la montage de Peratsim, il s'irritera comme dans la vallée de Gabaon pour faire son œuvre, son œuvre étrange, pour exécuter son travail, son travail inouï. Maintenant, ne vous livrez point à la moquerie (assaillants) de peur que vos liens ne soient resserrés : Car la destruction (...) est résolue, je l'ai appris du Seigneur, de l'Eternel des Armées ».


Le Groupe d'Intercession « Buisson Ardent »

Novembre 2002


APPENDICE

Au cours des six années d'intercession ardente qui ont suivi, le SEIGNEUR a sans cesse confirmé ce décret dans notre groupe de prière (14 frères et sœurs, 8 années de chaîne ininterrompue de jeûne et de prière pour la Côte d'Ivoire après le coup d'Etat de Décembre 1999 [deux intercesseurs de permanence dans le jeûne par jour (24h bouclées), sept jours sur sept], avec 3 jours de jeûne ininterrompu, uniquement à eau, toutes les fins de mois, pendant lesquelles nous convoquions un rassemblement de prière (4 à 6h d'intercession par rassemblement), samedi et dimanche, après les cultes, pour porter le pays devant le Trône de DIEU. Et cela, de 2000 à 2008). Cette mobilisation exceptionnelle était notre réponse à cet appel direct que nous avait adressé le SEIGNEUR : « L'heure du combat est arrivé. Que les intercesseurs ne baissent pas les bras, qu'ils continuent de prier et qu'ils redoublent d'effort dans la prière ».

Pour nous donc, au sein de ce groupe de prière, il n'y a pas de crise postélectorale. Il n'y a qu'une crise ivoirienne en pleine continuité. C'est le combat de 2002 qui se poursuit, jusqu'à la victoire annoncée par le SEIGNEUR ETERNEL !!!

Heureux quiconque ne sera pas trouvé sur le chemin de ce glaive!


Le Responsable du groupe.

Encore et toujours sur la brèche pour la Côte d'Ivoire

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

AFRIQUE.jpg

Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

FRANMACAFRIQUE.gif

Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

ADO ET MME 2.png

Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

ADO ET MME.jpg

Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

ALASSANE DRAMANE OUATTARA 3.jpg

L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA