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lundi, 14 février 2011

LE FRANC CFA DANS L'ORNIERE DE LA DEVALUATION (Février 2008)

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La valeur de la monnaie européenne, l'Euro ne cesse de battre des records face au dollar. L'euro est passé à 1,45 dollar début Février 2008. Entre temps, l'économie américaine est en passe de connaître une récession, ce qui laisse croire que Ben Bernanke baissera encore les taux directeurs de la FED pour relancer l'économie. La Chine, fait de bonnes affaires avec une sous-évaluation constante de la valeur de sa monnaie. D'ailleurs, elle a encore déclaré l'année dernière un taux de croissance de 11%. L'euro fort handicape aujourd'hui un pays comme la France qui annonce pour l'année 2007, un déficit commercial d'environ 44 milliards d'euros. Si les pays de la zone dollar en tirent des bénéfices, ce n'est pas le cas pour les pays qui ont en commun le franc CFA (zone euro). Au delà des passions politiciennes, la surévaluation du franc CFA est un lourd handicap au regard de la structure de l'économie des pays membres et des biens qu'ils exportent. La dévaluation de 1994 et ses effets immédiats restent gravés dans les mémoires. Qualifiée à l'époque de "brutale et [de] douloureuse" par le président du Bénin Nicéphore Soglo, une possible et éventuelle dévaluation reste très discutée. Il convient dans ce cas de revenir sur ce débat qui hante les économistes africains de la zone franc.

La dévaluation en question

Un pays qui connaît un désajustement de sa balance de paiement peut le corriger par une variation du taux de change. Cette dernière provoque une modification des prix nécessaire à l'ajustement des importations et des exportations et au rétablissement de l'équilibre. Le taux de change peut faire donc l'objet d'une dévaluation qui se traduit par une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères, ou une réévaluation, qui s'exprime comme une hausse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères. Dans le cas des pays africains de la zone franc, le débat porte sur une baisse de la valeur de la monnaie, la montée de l'euro surévaluant de facto cette dernière et décourageant les exportations.

Les conséquences de la dévaluation

Une dévaluation a de forte chance de produire les effets escomptés que si les prix internes augmentent. En réalité et surtout pour les pays dont le secteur domestique est très important, la hausse des prix intérieurs sera, dans l'ensemble moins rapide et moins forte que la dépréciation du taux de change. En effet, de nombreux produits sont obtenus dans le pays et ne souffrent d'aucune concurrence étrangère (secteur abrité) si bien que leurs prix ne subissent qu'avec retard, ou faiblement, la contagion de la hausse due à la dépréciation. Il en va de même des prix des services et des facteurs de productions qui peuvent être déconnectés des prix étrangers. Pour les pays africains de la zone franc, leur dépendance plus ou moins grande à l'égard des importations va les obliger à alourdir le déficit commercial si les exportations ne sont pas stimulées. L'accroissement des exportations peut alors, dans certains cas, provoquer une perte de substance pour l'économie nationale. Or, à la suite d'une dévaluation, l'accroissement de la valeur des exportations (en monnaie nationale) sera d'autant plus important que l'élasticité de la demande étrangère sera forte. Etant donné que les pays membre de la zone franc CFA sont essentiellement exportateurs de matières premières de base et face à une demande léthargique, accompagnée d'une concurrence des pays asiatiques, il s'ensuit que les bénéfices de la dévaluation sont maigres. De l'avis des « pro-dévaluation », la surévaluation du franc CFA oblige les pays membres à déprécier leur monnaie car «le coût de la main d'œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l'importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables». Une dévaluation, selon cette « école » va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. Il est vrai qu'à l'exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles qui concurrencent des pays hors zone euro. Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. En conséquence, le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars diminue conséquemment. A contrario, les économistes hostiles à une nouvelle dévaluation ne manquent pas d'argument. Pour eux, une dévaluation du franc CFA aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale. Cela n'a rien d'étonnant quand on sait que la croissance que connaît l'Afrique est tirée par les pays exportateurs de pétrole. La faiblesse du dollar diminue la facture énergétique des pays et le prix élevé du baril ne peuvent donner l'illusion de résister à cette surévaluation du franc CFA. Mais pour combien de temps, la manne pétrolière contrebalancera les effets pervers d'un déficit structurel de balance des paiements ? La dévaluation peut être bénéfique pour un pays considéré, au regard de l'explosion de ses exportations mais à condition que les autres monnaies ne se déprécient pas dans les mêmes proportions. Historiquement, les dévaluations concurrentes ont été malheureusement adoptées par un grand nombre de gouvernement entre 1930 et 1940. L'exemple le plus éloquent fut la concurrence faite aux dévaluations britanniques et américaines supprimant du même coup l'effet prix favorable aux exportations britanniques et américaines. Lorsque la hausse des prix est plus rapide dans un pays tiers qu'à l'étranger, le gouvernement peut être contraint à la dévaluation. Cette situation est indéniable lorsque le déficit de la balance des paiements est structurellement considérable. Une surévaluation de la monnaie peut aggraver les difficultés d'exportation. Une croissance inflationniste ne peut durer indéfiniment car elle compromet gravement la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Les pays qui marchent en tête dans la progression des prix se condamnent aux dévaluations successives et sapent la confiance dans la monnaie.

En ce qui concerne l'effet bénéfique de la dévaluation du franc CFA de 1994, les tests empiriques restent peu enthousiastes. L'assainissement des comptes extérieurs et les mesures de traitement de la dette (neuf PAZF ont pu obtenir une réduction de leur dette en Club de Paris, la Côte d'Ivoire a obtenu des accords en Club de Londres et en Club de Paris) ont permis une nette amélioration des ratios d'endettement. L'éligibilité de plusieurs PAZF à l'initiative PPTE (« Pays pauvres très endettés ») devrait conforter cette évolution. Dans le même temps, de profondes réformes structurelles visant à créer un cadre favorable à la croissance ont été mises en œuvre, portant principalement sur l'assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur bancaire et la privatisation des entreprises publiques. Par ailleurs, avec l'appui de la France et le plus souvent du FMI, les pays à l'exception de la Guinée équatoriale et des Comores, ont mis en œuvre des programmes d'ajustement structurel, ce qui a permis aux PAZF d'accompagner la dévaluation de 1994 par un effort soutenu de stabilisation et d'assainissement de leur économie. Pour autant, au détour de cette rapide revue du succès macroéconomique de la dévaluation, il convient de souligner trois échecs patents (mais qui ne sont pas spécifiques à la Zone franc):

- l'échec en matière de croissance de la consommation par tête ;
- l'échec (relatif) en matière de diminution de l'endettement ;
-  l'échec (relatif et limité aux pays côtiers) de la substitution de produits vivriers locaux aux produits vivriers importés.

Le nœud du problème est l'arrimage du franc CFA à l'euro

Avant même l'arrimage du franc CFA à l'euro, les institutions financières internationales tiraient la sonnette d'alarme. D'après une étude de la Banque mondiale publiée en décembre 1998, les pays de la zone CFA font partie, avec l'Europe centrale et les pays du Sud de la Méditerranée, des trois régions non européennes qui seront "le plus touchées" par l'entrée en vigueur de la nouvelle monnaie. D'après les chiffres du FMI, de 40 à 50 % de tous les échanges commerciaux de l'Afrique s'effectuent avec des clients de la zone euro. Dans le cas des pays de la zone franc CFA, ce pourcentage se rapproche généralement de 50 %, bien que les échanges commerciaux entre les pays de l'Union européenne et la zone franc aient fortement diminué ces dernières années. En cas d'embellie économique de l'euro, les exportations et les importations des pays européens pourraient augmenter, ce qui bénéficierait alors aux partenaires commerciaux africains de l'Europe. Pour les entreprises de la zone CFA en relation avec les pays participant à l'euro, le rattachement du franc CFA à l'euro au lieu du franc français se traduirait également par une réduction des charges commerciales et des coûts de transaction. Nonobstant, La revalorisation du taux de change réel des pays de la zone CFA, comme c'est le cas, affaiblit la compétitivité des exportations des pays de la zone CFA. En d'autres termes, un euro fort pourrait heurter de plein fouet l'économie des pays de la zone franc, car leurs exportations seraient plus chères et les importations seraient meilleur marché que les produits similaires fabriqués intérieurement. Ce phénomène pourrait avoir des effets d'autant plus dévastateurs que les pays d'Asie et les autres économies émergentes, aux devises dévaluées, sont déjà des concurrents redoutables en matière d'exportations. Il est temps que les pays de la zone franc revisitent l'arrimage de leur monnaie à l'euro. Est-ce possible pour un bébé de chausser du 42 ou du 45 ? Ou, est-ce possible pour une voiture de rouler à la même vitesse qu'un train à grande vitesse (TGV) ?

Quand la recherche d'une stabilité monétaire devient déstabilisante

Il est désormais largement admis que la stabilité des prix constitue un objectif désirable en soi, puisque l'inflation génère des coûts importants. Cette stabilité des prix nécessite un "ancrage nominal" (Mishkin 1999, p. 580-581), qui signifie la fixation d'une contrainte sur la valeur de la monnaie domestique. L'ancrage nominal, qui peut signifier une parité monétaire fixe, permet de déterminer le niveau général des prix, et de contrôler les anticipations d'inflation des agents économiques en les guidant vers une valeur de référence, fournie par l'autorité monétaire. En d'autres termes, en imposant une contrainte sur l'évolution de l'inflation, l'ancrage nominal permet de réduire (voire de supprimer) les problèmes de crédibilité et « d'incohérence temporelle ». L'ancrage nominal permet ainsi de casser les pressions inflationnistes, et de se libérer des problèmes de crédibilité. L'arrimage à un taux de change fixe permet donc d'imposer une contrainte sur les autorités monétaires et, sous réserve du choix de la devise de référence, peut permettre "d'importer" de la crédibilité. L'ancrage nominal peut être un choix difficile à soutenir en certaines circonstances. Ainsi, dans le cas d'une appréciation importante de la monnaie de référence, la monnaie locale devient de plus en plus forte et il apparaît alors un différentiel avec les conditions économiques internes qui affaiblit progressivement le mécanisme d'importation de crédibilité. Toutes choses égales par ailleurs, si les coûts d'un arrimage à l'euro devenaient trop importants, et étant donné les inconvénients d'un système de changes flottants, les pays de la zone franc pourraient être confrontés au même type de choix que les pays européens lors de la crise monétaire de 1993 : soit renforcer ses institutions dans le sens de la stabilité monétaire, soit s'engager plus avant dans une intégration économique avec ses voisins. La balance commerciale de la zone franc étant très fortement, et structurellement déséquilibrée, une appréciation du franc CFA rend les produits locaux particulièrement élevés ; Lorsque l'euro s'apprécie, la quantité de monnaie par rapport au DTS augmente et les Banques centrales (de la zone franc) créditent le compte d'opérations auprès du Trésor français, diminuant ainsi leurs réserves et pénalisant le mécanisme de crédit. Ce mécanisme permet de contrer l'effet inflationniste de l'euro fort. La balance commerciale des pays africains de la zone franc, vis-à-vis de la zone euro se détériore particulièrement puisqu'ils vendent en dollar et achètent en euro. Ces pays piégés par le franc CFA sont obligés de vendre certaines de leurs productions en dollar parce qu'elles sont cotées en dollar sur le marché mondial, alors que, dans le même temps, ils achètent en euro puisque la plupart de leurs industries, de leurs infrastructures fonctionnent avec la monnaie unique européenne. Cette forme d'arrimage rigide du franc CFA à l'euro pose réellement problème. Dans le passé, un autre débat, tournait autour des conséquences des fluctuations du franc français, car la valeur du franc CFA dépendait pendant longtemps des impératifs des relations économiques et financières entre la France et l'Allemagne plutôt que de la réalité et des besoins des pays membres de la zone franc. Quand le franc français était dévalué, toutes les autres grandes monnaies devenaient plus chères, leurs produits plus onéreux et leurs dettes en dollars toujours plus lourdes. Par contre, les exportations des pays de la zone franc devenaient plus compétitives, mais comme ces exportations ne concernaient en général que des produits agricoles de base (banane, café, coton, bois...) dont la demande n'est pas élastique, l'avantage s'avérait relativement faible, excepté pour la France qui voyait ses produits industriels acquérir un avantage concurrentiel dans la zone franc.

La coopération monétaire avec Paris, à travers la Banque de France, devrait permettre aux économies fragiles des ex-colonies et aux systèmes politiques d'Afrique, assez souvent instables, de bénéficier d'une monnaie stable. Il n'en est rien dans la réalité et mieux si l'euro continue de s'apprécier face au dollar entamant ainsi la compétitivité des économies africaines, ces dernières connaitront des dévaluations successives de sorte que la recherche de la stabilité monétaire conduira vraisemblablement les économies à des équilibres multiples déstabilisants. Et dans l'éventualité d'une crise de confiance due à un euro fort à tel point qu'il faille dévaluer le franc CFA, les fuites de capitaux de la zone franc vers la zone euro pourraient avoir de même des effets déstabilisants. Le franc CFA risque de faire l'objet de diverses pressions en raison de sa compétitivité réduite, et les ajustements du taux de change pourraient alors être plus fréquents qu'ils ne l'ont été dans le cadre du système de rattachement au franc français. Souvenons-nous qu'à partir de 1985, la conjonction de la baisse du dollar et de l'accélération de la détérioration des termes de l'échange (baisse des cours des matières premières) ont progressivement pesé sur la compétitivité des pays africains de la Zone franc, qui ne pouvaient pas réaliser des ajustements nominaux suffisants. Inéluctable à la fin des années 1980, la dévaluation des francs CFA et comoriens a été retardée pour des raisons plus politiques que techniques, pour être finalement scellée le 12 janvier 1994.

Au total, il est temps de renoncer à cette monnaie coloniale qui retarde le développement des pays membres, pour créer une monnaie libre et au service des économies, car le maintien d'un lien entre devises garanti par le Trésor français ne fait que perpétuer le néo-colonialisme français. Le franc CFA n'apporte rien aux pays membres si ce n'est la pauvreté, la corruption, et surtout un instrument d'asservissement entre les mains de la France.

Que Dieu bénisse l'Afrique et ses enfants !



Dr Prao Yao Séraphin


Economiste et Analyste politique

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

praoseraph@yahoo.fr

contact@mlan.fr

LA CONVERTIBILITE DU FRANC CFA, MYTHE OU REALITE ?

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L'histoire des théories monétaires est traversée de débats au sein desquels certains thèmes sont repris ou discutés de période en période. Point n'est besoin de souligner aujourd'hui le regain d'intérêt que suscitent les phénomènes monétaires dans l'ensemble de la vie économique. Depuis quelques années, des voix s'accordent pour reconnaître la non optimalité de la zone franc CFA, une zone monétaire unique en son genre, au monde. Mais là n'est pas le problème.

Le point focal de cette rébellion intellectuelle réside dans la conception même de la monnaie CFA et ses mécanismes, parmi lesquels, le fameux « compte d'opérations » et son corollaire de convertibilité illimitée de cette monnaie. Les économistes ou du moins ceux qui nous restent, à quelque exception près, avec leur langage parfois christique ont sacralisé la question du franc CFA au point de laisser quinze pays dans un esclavage monétaire. Les gouvernants des pays membres ont lié leur souveraineté monétaire au prix d'une convertibilité illimitée d'une monnaie.

Pour eux, les petits pays ne peuvent pas garantir leur monnaie faute d'économie suffisamment  solide pour la soutenir. C'est ainsi que les pays africains, ont de diverses manières et à des degrés différents, démissionné  face à leur responsabilité en matière monétaire et donc économique. Les pays de la zone franc ont opté pour une coopération monétaire fondée sur la garantie illimitée donnée par la France à la monnaie émise par la BEAC et la BCEAO.

Cette convertibilité illimitée du franc CFA de chaque sous-zone est supposée être assurée par le « compte d'opération » ouvert par chaque banque centrale de la zone auprès du trésor français et domicilié à la banque de France. Selon les concepteurs de ce terme étrange à la littérature économique,  cet accès ouvert aux marchés des changes français garantirait de facto la convertibilité du franc CFA en toute autre devise. Pourtant, la zone franc CFA subit une salve de critique. Il est donc nécessaire de définir la notion de convertibilité afin de comprendre cette coopération monétaire aux contours ambigus.

LES MÉCANISMES DE LA ZONE CFA

L'une des clauses la plus importante de la coopération monétaire entre la France et la zone franc CFA est la libre convertibilité du franc CFA. La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % (50% pour les pays de l'UEMOA) de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Avec la zone euro, un compromis a été trouvé ; ce compromis européen confie également à la Banque de France le soin de la parité entre l'euro et le CFA, sachant que parité fixe ne signifie pas parité non révisable, comme l'a bien montré la dévaluation du CFA, en janvier 1994. Les changements éventuels de parité devront faire l'objet d'une information préalable des membres de l'euro 12. L'intégration d'un nouveau membre à la zone CFA ou un changement des règles du jeu au sein de la zone devront en revanche faire l'objet d'un accord avec les Européens. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen.

DE QUOI S'AGIT-IL ?

Comme il n'y a pas de monnaie internationale, il faut organiser les échanges entre monnaies pour permettre les échanges de biens et services. Dans ce cas, on peut définir un système monétaire international (SMI) comme l'ensemble des règles, des mécanismes et des institutions visant à organiser et à contrôler les échanges monétaires entre pays. Au sein du SMI, les pays membres  doivent assurer au préalable la convertibilité externe de leur monnaie. Cela revient à dire simplement que tout étranger détenteur de cette monnaie doit avoir la possibilité, à tout instant, de l'échanger librement contre d'autres monnaies ou contre de l'or. De plus, la convertibilité est souvent assimilée à la transférabilité.

Cette dernière permet de savoir si une monnaie peut se déplacer dans un espace autre que celui dans lequel elle a été créée ou émise. La convertibilité revêt plusieurs formes, et on en distingue le plus souvent les degrés de convertibilité par rapport aux opérations, aux pays, et aux agents.

Par rapport aux opérations, elle peut être générale ou limitée. Elle sera dite générale lorsque tout agent économique peut obtenir, à taux fixe, de l'or ou toute autre devise étrangère pour le règlement de ses transactions internationales, quelque soit l'opération. Cette opération peut concerner le compte courant (opérations commerciales courantes) ou sur le compte capital (mouvements des capitaux). Nonobstant, la convertibilité sera dite limitée lorsqu'elle n'est possible que pour les seules opérations courantes. Par rapport aux pays, on parlera de convertibilité générale en cas de multilatéralité parfaite des paiements internationaux. Elle est par contre limitée lorsqu'elle ne concerne que certains pays. Dans ce cas, on parle de convertibilité régionale(le cas des monnaies européennes avant l'euro vis-à-vis du dollar).

S'agissant des agents, la convertibilité est dite générale quand tout agent (résident ou non) peut obtenir de l'or et des devises contre de la monnaie nationale. Elle sera limitée si cette possibilité n'est offerte qu'aux seuls agents non résidents. Dans le langage courant, on dit que la monnaie est convertible ou elle est non convertible ou limitée. Dans ce dernier cas, la convertibilité est partielle en ce sens que l'échange peut se faire jusqu'à une certaine somme, ou après contrôle de la nature de la transaction par un organisme public.


LA CONVERTIBILITÉ D'UNE MONNAIE DÉPEND DE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET PARFOIS DES CIRCONSTANCES HISTORIQUES !

Dans la remuante histoire du franc français, l'échange de francs contre des devises n'était pas libre, mais  réglementé. Cette convertibilité externe du franc, rétablit en 1958 pour les non-résidents, n'était pas totale pour les résidents. Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative.

La convertibilité d'une monnaie peut être limitée aux seules opérations courantes lorsque les mouvements spéculatifs de capitaux sont dangereux pour un pays, c'est-à-dire quand ils risquent d'épuiser les réserves de devises. En période de guerre, de difficultés graves ou pour des motifs politiques, une monnaie peut être inconvertible et il serait alors impossible d'obtenir librement des devises en échange de cette monnaie. Au niveau de la zone franc, les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones).

En Roumanie, par exemple, la dernière restriction sur la voie de la convertibilité totale du leu a été enlevée le 1er septembre 2006. La banque nationale roumaine permet aux étrangers, à partir de cette date, les transactions des titres d'Etat à court terme en leu, ce qui fera que la monnaie nationale devienne entièrement convertible, pour la première fois pendant les 60 dernières années.

Depuis cette date,  la monnaie roumaine peut être achetée par l'intermédiaire des banques de l'étranger également. On pourra citer de même, l'exemple de la Tunisie avec son flottement administré. L'idée est de maintenir la stabilité du taux de change réel. Et en effet, le taux de change effectif réel du dinar, c'est-à-dire le prix relatif (dans une même monnaie) des produits de consommation tunisiens par rapport à une moyenne pondérée des prix des partenaires commerciaux principaux de la Tunisie, est resté très stable depuis une quinzaine d'années.

Cette politique s'appuie sur le maintien de contrôles des capitaux, c'est-à-dire sur une « convertibilité » partielle de la monnaie, certaines opérations sur les mouvements des capitaux avec l'extérieur restant soumises à restrictions. Cela permet à la Banque centrale de conserver une certaine marge de manœuvre sur sa politique intérieure. Quant au géant chinois, la grande fragilité de son système bancaire étatique  (créances douteuses) ne l'autorise pas aujourd'hui à libéraliser son marché des changes et à rendre sa monnaie librement convertible sous peine de faire peser des risques importants sur la croissance économique chinoise, celle des pays de la zone « Asie » et au-delà sur celle des pays occidentaux.

Depuis le 1er Janvier 1994, le yuan est ancré au dollar sur la base d'une parité fixée à 8,277 yuan pour un dollar avec une marge de fluctuation très étroite (+/- 0,3%). Depuis 1994, la monnaie est convertible mais pas pleinement. Les mesures de contrôle des changes sont extrêmement strictes et ne s'appliquent qu'aux entreprises chinoises dont les activités à l'international le justifient.  Au niveau interne, la convertibilité (interne)  d'une monnaie se résume à la défense de sa valeur, c'est-à-dire son pouvoir d'achat (M/P). Premièrement, il est évident que la France n'augmente pas la masse monétaire de la zone franc comme bon lui semble. La masse monétaire progresse en fonction seulement du développement réel de l'économie. C'est l'activité  économique qui commande la progression de la masse monétaire. Deuxièmement, la baisse du niveau des prix n'est pas imputable à la France. L'inflation est aujourd'hui expliquée plus par les coûts que par un excès de demande sur l'offre.

Le prix du piment baisse en Côte d'Ivoire à la suite d'une action française ? Le prix de l'arachide baisse au Sénégal à la suite d'une inondation d'arachide en provenance de la France ? La convertibilité du franc CFA n'a rien à voir avec la France !!

LA RÉALITE DES FAITS

Pour Chouchane Verdier, au sens de l'article VIII des statuts du FMI, seuls douze pays africains[i] possédaient une monnaie convertible en 1995.  Selon le principe de la convertibilité au sein de la zone franc, les Etats africains devaient pouvoir s'approvisionner en devises sans limites au-delà de leurs propres possibilités. Si cela était vrai, les pays de la zone franc seraient moins exposés au risque d'illiquidité. Les mécanismes de la zone franc devraient permettre une ouverture sur l'extérieur, facilitant ainsi les importations et l'attrait des capitaux étrangers.

Or, cet accès reste limité par les mesures de protectionnisme permises à l'Union européenne par les accords de l'OMC (aussi bien pour les produits manufacturés que pour les produits agricoles). En outre, les relations commerciales sont largement restreintes à l'exportation de matières premières, dont les prix sont à l'avantage des pays riches du Nord, avec d'ailleurs une demande léthargique (termes de l'échange).  Ensuite, les relations commerciales de la zone CFA avec le reste de l'Afrique et du Tiers Monde se trouvent handicapées par la politique de monnaie forte imposée par l'Europe : le franc CFA étant surévalué par rapport aux autres monnaies du Sud, les produits libellés en FCFA deviennent trop chers pour ces pays. L'Afrique de la zone CFA se retrouve ainsi coupée des marchés du Sud et condamnée à exporter des matières premières bon marché vers le Nord (l'objectif final de l'Europe étant évidemment la cotation des matières premières de la zone CFA en euro et donc l'élimination de tout risque de change pour son approvisionnement).   Au niveau externe, la convertibilité du franc CFA permettait le rapatriement  sans risque de change des bénéfices des entreprises européennes. La garantie de la convertibilité et de la libre  transférabilité des capitaux dans la zone CFA a favorisé une sortie massive des capitaux. On peut noter les nombreux placements effectués en francs CFA à l'étranger, surtout en Europe, entre janvier 1990 et juin 1993, qui s'élevaient à 928,75 milliards de francs CFA.

Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux Etats, ratissage des devises). Depuis la mise en œuvre des accords de coopération monétaire actuels (1973), le compte d'opération n'a été débiteur temporairement qu'à cinq reprises depuis 1973, le solde étant créditeur de manière ininterrompue depuis janvier 1994.

Cette liberté aboutit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Agbohou, 1999, p. 87).

Même la transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993. Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA. La libre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrale).

Comme on vient de voir, la convertibilité illimitée est un vrai faux argument, donc un mythe. En réalité après les indépendances, la France a voulu, par cette coopération, conserver des relations commerciales et financières très développées avec ses anciennes colonies. 

EN FINIR AVEC LE FRANC CFA ?

Aujourd'hui, avec l'euro fort , les pays de la zone franc conservent un change[ii] surévalué qui maintient des prix d'exportation à un niveau élevé alors que des pays comme la Chine sous-évalue leur taux de change pour accroître les biens exportés.  Les pays de la zone franc subissent aujourd'hui des vagues d'optimisme et de pessimisme alternées. Ceux qui ont avancé l'avantage des IDE, ont oublié que l'investissement direct procède avant tout de la recherche d'une meilleure rentabilité.

Sans établir une coopération monétaire, on peut en général, retenir les motivations suivantes : le besoin de se procurer des importations, c'est le cas des investissements directs dans les pays en développement dans le seul dessein d'exploiter les matières premières nécessaires à la croissance économique de l'occident. Il y a aussi le besoin d'éviter les frais de transport sur les exportations et la recherche d'une main-d'œuvre bon marché, qui incite les industriels occidentaux à investir directement dans les pays en développement.

Les banques centrales des unions possèdent un statut aussi ambigu que complexe : relativement indépendante dans leur fonctionnement, elles maintiennent des mécanismes de décision dans lesquels les positions de la France sont déterminantes pour le choix de la politique à mettre en œuvre. En réalité, la banque de France est le prêteur en dernier ressort de l'ensemble du système financier des pays membres.

Quant au Trésor français, il est tenu de constater un déficit illimité sur les comptes d'opérations. Les africains constatent avec stupéfaction et étonnement, que ce sont les deux institutions françaises, à savoir la banque de France et le Trésor français qui possèdent la souveraineté monétaire effective de l'ensemble de la zone, les Etats membres étant de la sorte dépourvus de ce pouvoir régalien. Le mécanisme du compte d'opération permet de déconnecter la politique monétaire et la politique de crédit menée en France de celle appliquée dans le reste de la zone franc.

Toutefois, la politique économique des pays membres est fortement conditionnée par la politique monétaire et la politique de change menées en France (aujourd'hui de l'Europe). Le modus operandi des mécanismes du franc CFA reflète la volonté d'un seul pays, la France, d'assujettir et de mettre sous sa domination une quinzaine de pays. Peut-être que lorsqu'il a été crée, le franc CFA a obtenu un statut sui generis dans des pays qui ne voulaient qu'accéder à l'indépendance. Dans notre orgueilleuse modestie, nous pouvons affirmer que ceci ne témoigne point d'une méditation attentive car la souveraineté politique est liée à la souveraineté monétaire. Et dire que certains gouvernants proclament de façon tonitruante leur souveraineté, tout en acceptant le franc CFA avec ses fourre-tout de mécanismes esclavagistes. 

Pourquoi cet attentisme sur le débat autour du franc CFA ? Le franc CFA est une pièce maitresse du pacte colonial, par lequel la France se réserve les denrées de ses anciennes colonies et lui impose l'achat de ses produits manufacturés en lui interdisant tout développement industriel autonome. Les anciennes colonies n'ont aucune existence propre car leur économie est inféodée à celle de la métropole.

Pour commencer à exister, il faut l'émergence d'un bien qui cristallise tout le fait social, l'histoire, et qui constitue le ferment, ou du moins le dénominateur commun d'une communauté de destin, c'est-à-dire la monnaie. Vous en conviendrez avec moi que ce qui a été exhibé comme la magna carta de cette coopération monétaire (la convertibilité illimitée du franc CFA), n'est en réalité qu'une fourberie. A ceux qui ont voulu qu'on s'assure du fait avant de s'inquiéter pour la cause, le temps est venu de s'inquiéter. Fasse Dieu que les dirigeants africains comprennent le sens de notre combat !

 


Dr Prao Yao Séraphin


Economiste et Analyste politique

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

praoseraph@yahoo.fr



[i] Il s'agit des Seychelles depuis 1978 (rupee), de Djibouti depuis 1980 (dollar djiboutien), du Swaziland depuis 1989 (lilangeni), de la Tunisie depuis 1993 (dinar), de la Gambie depuis 1993 (dalasi), du Maroc depuis 1993 (dirham), de l'ile Maurice depuis 1993 (rupee), du Ghana depuis 1994 (cédi), de l'Ouganda depuis 1994 (Shilling ougandais), du Kenya depuis 1994 (shilling kenyan), du Zimbabwe depuis 1995 (dollar zimbabwéen) et de l'Afrique du Sud (Rand).

[ii] Le change est l'acte par lequel on échange les monnaies de différentes nations. Les transactions courantes entre le pays et le reste du monde engendrent une offre et une demande de monnaie étrangère. Le système de change flottant est celui ou le cours du change est déterminé par l'offre et la demande. A contrario, un système de change fixe est celui dans lequel, les autorités officielles s'efforcent de maintenir quasiment fixe (ou lié) le taux de change, en dépit des écarts entre le taux choisi et le taux d'équilibre courant.

LA GUERRE D'ABIDJAN N'AURA PAS LIEU - CONSIDERATIONS RADICALES

 

PIERRE FRANKLIN TAVARES.jpg

Dr Pierre Franklin Tavares


« Lorsque la vertu cesse, la République est une dépouille ». Montesquieu


Le titre d'un ouvrage, dit Fernand Braudel, n'est jamais tout à fait neutre[1]. Celui de cet article l'est encore moins, tant il s'inspire de celui de l'œuvre célèbre de Jean Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu[2], excepté son fatalisme historique.

Mais, avant d'être une affirmation, ce titre surgit comme une question. La guerre d'Abidjan aura-t-elle lieu, après tant de controverses, de médiations, de résolutions, de disputes, d'ultimatums, de sanctions, d'invectives, d'effets de manche ? La guerre d'Abidjan aura-t-elle lieu, puisque les deux camps, celui du RHDP[3] et celui de LMP[4], sont en préparatifs armés et affichent, au plan militaire, deux stratégies opposées. La guerre d'Abidjan, qui sera concomitamment une guerre étrangère et une guerre domestique (civile), aura-t-elle lieu ? Car, après avoir brandi la menace imminente d'une intervention armée, la Cedeao[5] hésite, consulte, se fissure, tout comme, mais plus encore, l'Union Africaine. La Communauté internationale, d'abord unanime, voit ses membres se raviser l'un après l'autre. Aux précipitations déclaratives succèdent à présent des interrogations qui se traduisent en demandes de vérifications du « droit électoral » ivoirien. L'Angola de Eduardo Dos Santos, qui a donné le ton, introduit la notion de « président constitutionnel »[6] et suspend, ainsi, le « droit électoral » ivoirien avéré inopérant. Tandis que l'Afrique du Sud de Jacob Zuma et l'Ouganda de Yuri Museveni maintiennent intact le « droit électoral » ivoirien et, jusque dans ses conséquences ultimes, en réclament la stricte application, contre toute falsiabilité. L'Onu de Ban Ki-moon, elle, insiste sur la notion de « président reconnu » et, de facto, suspend la Constitution ivoirienne. L'Union Européenne s'inscrit dans cette optique. Ainsi, au plan diplomatique, une césure profonde s'est produite qui, en matière juridique, oppose rigidement les notions de « constitutionnalité » et de « reconnaissance ». Au reste, cette contradiction et ses deux termes entrent chacun dans un rapport d'opposition avec le « droit électoral » ivoirien. Au total, jamais en Afrique une élection présidentielle n'aura suscité autant d'interprétations divergentes et de modes de résolution différents.

I. L'INSTITUTION PRÉSIDENTIELLE

Comme Jérusalem au temps jadis, la Côte d'Ivoire est à présent traitée comme une marmite rouillée[7]. Et dans cette « oxydoréduction » historique, la classe politique ivoirienne (qui en subit les contrecoups) prend une part active, semblable à la classe politique haïtienne qui, dans un contexte conflictuel quasi identique, fera d'Haïti, alors « la plus riche colonie du monde », le plus pauvre des États de la terre. Cet exemple, qui vaut comme un avertissement, oblige à enrayer le processus à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Pour ce faire, il convient de mettre en exergue, la trame historique qui, de façon inéluctable, détermine la postélectoralité de la crise, puis, l'intrigue politique qui la sous-tend et, enfin, de suggérer quelques médiations et réformes nécessaires ou utiles.

La trame s'est fixée, il y a une vingtaine d'années. Elle obéit à une logique institutionnelle : l'affaiblissement continu, l'effacement progressif, le lent et inexorable dépérissement de l'Institution présidentielle ivoirienne, pivot constitutionnel de la vie publique. Ce processus (de dévalorisation) a connu cinq phases principales. La première débute avec la création de la Primature en 1990, par un Félix Houphouët-Boigny vieillissant, malade, au seuil de son « départ », et engagé dans le combat des prix du café et du cacao (1988 - 1990). Si, en droit, le régime est toujours présidentiel, en fait, il ne l'est déjà plus. C'est le grand tournant : l'effectivité du pouvoir passe à la Primature. D'où la tension successorale d'août 1993, à la mort de Félix Houphouët-Boigny, entre le premier ministre de l'époque, Alassane Ouattara, de fait, chef de gouvernement, et le dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié, alors président de l'Assemblée Nationale. La deuxième phase, qui est le corollaire de la précédente, est le premier coup d'état (24 décembre 1999) suivi des « élections calamiteuses » d'octobre 2000 qui marquent le retour de l'Institution présidentielle entre les mains d'un civil, Laurent Gbagbo, et une tentative de revigorer l'Institution présidentielle. La troisième phase, elle, réside dans le coup de force du 19 septembre 2002 conduite par la Rébellion armée, dite MPCI[8], dirigée par Guillaume Soro. Si celle-ci échoue militairement, elle crée toutefois les conditions effectives d'un troisième et nouvel affaiblissement de l'Institution présidentielle (externalisation de la crise, partition du territoire, double administration, rejet de l'Institution pivot, etc.), dont l'atelier de Linas-Marcoussis et la Conférence de Kléber[9] ne seront que la transposition diplomatique et la traduction politique, avec la mise en place d'un accord multipartite qui réduira, de façon drastique, la place, le rôle, la fonction et les prérogatives présidentielles ivoiriennes. La quatrième phase est celle de la « normalisation » politique des rapports de forces en présence, l'équilibre des pouvoirs entre la Présidence (Laurent Gbagbo) et la Primature (Seydou Diarra, Charles Konan Banny et Soro Guillaume, premiers ministres successifs), au cours de laquelle l'Institution présidentielle, quoique toujours faible, parviendra - non sans habilité - à redevenir l'organe pivot de la vie publique ivoirienne. La cinquième phase culmine dans la « double présidence » actuelle, dans le bicéphalisme de fait, la monstrueuse diarchie au sommet de l'État, qui correspond à la neutralisation maximale de cette Institution pivot, avec tout le désordre public qui en découle. Cette scansion, dont l'amorce a déjà été signalée[10], ne retient jamais l'attention des politologues ni celle des acteurs politiques. Elle se dénouera par la guerre d'Abidjan, si jamais celle-ci advenait. Ce qui marquerait le point final, l'étape ultime, de la trame historique du dépérissement de l'Institution pivot, qui est si affaiblie qu'elle n'est déjà plus instituante.

Au fond, l'Institution présidentielle ivoirienne, la Présidence de la République[11], est à la Côte d'Ivoire ce que la belle Hélène fut pour Troie : une fatalité, comme l'ont rappelé Homère, Eschyle et J. Giraudoux. N'est-ce pas pour Hélène, au prénom prédestiné[12], que Grecs et Troyens s'affrontèrent, comme en Côte d'Ivoire aujourd'hui, le « Nord » et le « Sud », pour la Présidence de la République ? Nous l'avons dit, il y a bien longtemps, la fiancée est belle, comme Hélène : Si tu m'accordes encore de parler en langage de poète, alors je te dirais : la Fiancée [la Côte d'Ivoire] ne doit pas avoir peur d'être élue. Plus d'un se la disputeront. Mais qui choisira-t-elle ?[13] La guerre d'Abidjan aura-t-elle lieu, uniquement pour que l'on sache lequel des deux prétendants, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, épousera le siège présidentiel ?

Aussi, avant qu'une telle possibilité ne soit effective, la vocation des intellectuels engagés devrait consister, sur la base du savoir et de l'éthique, à alerter et aider à désamorcer cette trame historique et l'intrigue politique qui l'oriente, et, dès lors, à lui imprimer une évolution qui préserve la Côte d'Ivoire, pays-État dont Félix Houphouët-Boigny est l'auteur et, de façon exceptionnelle, le constructeur, au sens prêté à ces deux mots par Hannah Arendt[14]. Vient alors au jour une question : et si la crise, en son coeur même, ne consistait « seulement » qu'en cela : le dépérissement de la Présidence ivoirienne ? Si tel est le fond de la vérité, si elle cristallise ainsi toute la vie politique au point de la déséquilibrer, ne faudrait-il pas plutôt redimensionner la Présidence, non seulement pour l'adapter à des exigences plus démocratiques mais aussi et surtout pour la dépassionner ? D'autant que, fait unique, l'Institution présidentielle ivoirienne n'a pas été conçue et taillée « en-soi et pour-soi » pour reprendre le mot de Hegel, à savoir indépendamment des individus. En effet, elle a été bâtie à la mesure même de Félix Houphouët-Boigny, selon cet homme, son expérience politique et son projet sociétal. Comment oublier que Félix Houphouët-Boigny, homme politique français, dont toute l'expérience politique initiale tient au passage de la 4ème à la 5ème République Française, a été co-concepteur et corédacteur de la Constitution de la 5ème République Française, qu'il a fidèlement dupliqué pour en faire le « texte fondamental » du pays-État qu'il entendait créer ? Au reste, en créant lui-même la Primature (1990), juste après la chute du mur de Berlin et alors que soufflait un puissant vent démocratique, certes pensait-il encore maintenir le fonctionnement de son régime présidentiel dans le cadre d'institutions semblables à celle de la 5ème République Française, c'est-à-dire un régime présidentiel fort dit « régime parlementaire rationnalisé », mais - sans s'en apercevoir - il y injectait une forte dose de 4ème République qui conduira aux confusions dont la Côte d'Ivoire n'est pas encore sortie. Au vrai, comme l'a dit l'éminent professeur Zadi Zahourou, Houphouët-Boigny est irremplaçable[15]. Et lui « absent », que valent la Présidence et le régime présidentiel ivoiriens, surtout dans le contexte actuel ? Le temps n'est-il pas venu où cette question doit être formulée et mise en débat ? Peut-être même est-il à présent nécessaire que les Ivoiriens prennent en vue des réformes institutionnelles qui réaménageront la place et les attributs de l'Institution présidentielle, afin que soit sauvé le pays-État, le bien public le plus précieux, que la lutte des épigones (successeurs) a gravement mis en péril ? L'Institution présidentielle ne vaut pas la guerre d'Abidjan. Et une bonne réforme vaut mieux qu'une mauvaise guerre. À cet égard, l'Afrique de l'ouest offre d'excellents exemples ou modèles, notamment le plus emblématique, le Cap Vert où l'équilibre entre l'Institution présidentielle et la Primature reste un modèle du genre, tant dans la conception que dans son fonctionnement. C'est le temps des réformes justes. L'évolution du monde arabe, traversée par une puissante lame de fond, remet en cause l'un après l'autre tous les régimes présidentiels forts. C'est bien le sens de la Révolution des Jasmins, signal de départ d'un renouveau démocratique, qui entend rééquilibrer les pouvoirs internes, et qui fait écho au Discours d'Accra de Barak Obama sur la nécessité, pour l'Afrique, de se doter d'Institutions fortes. Si le « courage », comme l'a dit Churchill, est la première des qualités humaines[16], l'humilité lui est non seulement antérieure mais elle en constitue la condition sine qua non qui porte toute vie démocratique. Elle est la base éthique qui précède et accompagne toute juste répartition des pouvoirs. C'est elle qui assure le Droit, qui fonde la Justice et garantie la Vérité. C'est pourquoi nulle part sur terre il n'est de sagesse (politique ou pas) qui ne soit pas humble. Le courage de l'humilité ou l'humilité du courage est sans aucun doute la valeur cardinale de toute eunomie (science des institutions justes). Faut-il le préciser, la crise institutionnelle ivoirienne a démarré bien avant celle du monde arabe. Elle perdure jusqu'à l'ab-surde, en raison de l'intrigue politique qui la porte. En quoi et comment affecte-t-elle directement l'Afrique de l'ouest et plus largement l'Afrique et l'Occident ? En s'externalisant, elle les affecte par la réactivation idéologique d'une querelle ancienne que l'on a crue éteinte mais qui était passée au stade de « structure endormie ». En effet, le vieux clivage africain entre le groupe de Casablanca[17] et le groupe de Monrovia[18] et qui résultera de la conjonction des modalités des Indépendances africaines (1945 - 1960) et de la Guerre froide (1945 - 1989), clivage duquel est née l'Organisation de l'Unité Africaine (1963), et que l'on croyait emporté et disparu avec l'effondrement du mur allemand (1989), ce vieux clivage disons-nous, semble resurgir et se reformer sous nos yeux avec un important déplacement des lignes dû à un triple fait. Tout d'abord, l'indépendance armée des États lusophones d'Afrique dits Palop[19] (1975) et du sud de l'Afrique subsaharienne (fin de l'Apartheid) qui intensifie cette réalité géopolitique. Ensuite, la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny, naguère leader du groupe de Monrovia, est à présent la cause occasionnelle (Polybe) et le cœur d'une nouvelle ligne de fracture sous-régionale qui ébranle l'ancien Conseil de l'Entente[20] devenu celui de la mésentente entre le Burkina Faso (Haute Côte d'Ivoire) et la Côte d'Ivoire (Basse Côte d'Ivoire). Enfin, les effets croisés et conjugués de ce double rapport ont conduit la FrançAfrique dans son retranchement ultime. Et, étonnamment, depuis Abidjan. Il n'est donc pas fortuit que les trois autres capitales les plus concernées soient Ouagadougou, Dakar et Paris qui, avec Abidjan, forment le centre de ce système. Accra, Niamey et Bamako, etc., par exemple, restent à distance. Ainsi, la crise ivoirienne, dans sa nouvelle phase postélectorale, qui a tant neutralisé l'Institution présidentielle, est l'épicentre d'un séisme politique qui menace d'emporter tout ou partie de la FrançAfrique. Cela explique toute l'intense activité politico-diplomatique des capitales concernées. Pour Abuja, l'enjeu est un siège au Conseil de Sécurité et le leadership ouest-africain. Mais il y a un paradoxe historique. Tout se passe comme si Abidjan, mettant en pratique l'une des dimensions essentielles du Discours de Dakar[21], celle de la rupture annoncée avec la FrançAfrique, se retrouve confrontée à cette obscure entité. La tectonique des capitales citées est un phénomène objectif, dont les hommes politiques ne sont que les instruments au sens hégélien du mot. On ne saisit rien de la crise ivoirienne, si l'on ne comprend pas qu'elle porte en elle l'annonce de la fin d'un système, de la fin d'un monde. Aussi, l'enjeu des luttes en cours est-il de savoir quel modèle politique s'y substituera : celui d'un panafricanisme ultra libéral (abolition des souverainetés nationales[22], des barrières douanières, des frontières, privatisations, fin de l'État providence, etc.) dont la Côte d'Ivoire, leader économique de la sous-région, resterait la locomotive, incarné par Alassane Ouattara, le Fromager[23], chef de file de ce courant néolibéral en Afrique, ou celui d'un souverainisme patriotique porté par Laurent Gbagbo, l'Etéocle noir[24], devenu le chef de file de ce courant socialisant sur le continent et nouvel héros des résistances des opinions publiques africaines. Tel est l'enjeu universel de la crise ivoirienne. Les luttes politiques internes en Côte d'Ivoire ont réveillé les vieilles lignes de fracture politiques en Afrique. Et, par exemple, ce n'est certainement pas un hasard si le Cameroun des années 1956 (répression sanglante conduite par le gouverneur Pierre Mesmer) est en pointe dans cette crise postélectorale.

En tous les cas, depuis 2002, la crise ivoirienne n'est ouvertement plus ivoirienne. Elle n'est même plus ouest-africaine. Elle est à présent continentale, africaine, et porte en germe la probable première guerre qui, par un « jeu des alliances » et « accords de défense », engagera ouvertement ou non, près d'une vingtaine de pays africains et bien d'autres nations, avec l'éventuelle implication des troupes sous mandat des Nations Unies. La guerre d'Abidjan ne peut être uniquement ivoirienne (guerre domestique). Elle sera nécessairement internationale (guerre étrangère). En effet, la crise ivoirienne revêt une dimension intercontinentale, dans la mesure où elle engage, de façon directe ou pas, la France, les États-Unis, l'Union Européenne, la Russie, l'ONU, etc. Elle deviendra « mondiale », lorsque l'Orient et Asie (déjà présents par leurs contingents militaires) y prendront directement part. Et cela est de l'ordre du possible. Alors, on pourra dire que la crise ivoirienne a fait le tour du monde en dix ans.

La guerre d'Abidjan aura-t-elle lieu, après les pressions économiques et psychologique mises en œuvre par les chancelleries occidentales ? L'asphyxie financière et monétaire fera-t-elle faire l'économie de la guerre d'Abidjan ? Pour la Côte d'Ivoire, la sortie de la Zone CFA semble désormais inéluctable, avec la conséquence majeure de la fin annoncée de cette monnaie et les redoutables attaques contre la probable nouvelle monnaie ivoirienne.

Toujours est-il que, depuis la chute du mur de Berlin, jamais, une crise postélectorale n'aura suscité en Afrique autant de passions et de controverses voire la possibilité d'une guerre générale. Depuis 1990, les présidentielles ivoiriennes revêtent un caractère dramatique. Plus personne, aucun des deux grands candidats, ne peut ni ne veut perdre la face. La moindre concession passe pour une compromission et tous les camps sont tenus à la surenchère. Excipons d'un exemple ce que vaut l'humilité en démocratie. Au Cap Vert, le 5 février 2001, à la veille des Législatives et conformément à la tradition, le président Pedro Pires a adressé un message aux Capverdiens pour dédramatiser les enjeux : C'est, écrit-il, la dixième élection pluripartite qui aura lieu dans notre pays [...]. Dès lors, l'élection multipartite n'est plus une nouveauté, parmi nous, et à commencé à être un acte banal de notre vie politique. En fait, nous avons su comment gérer de la meilleure façon leurs résultats et conséquences. Cette attitude collective, sage et digne d'éloges, à contribué à augmenter le prestige de notre pays à l'étranger et, aussi, à maintenir la stabilité et la paix sociale. De là, découle [l'idée] qu'un acte électoral ne doit pas être perçu comme une question de vie ou de mort[25].

Cette appréciation s'inscrit dans la filiation d'une pensée de Cabral Amilcar : nul ne doit avoir peur de perdre le pouvoir. Ce qui veut également dire que nul ne doit obtenir le pouvoir à tout prix, par tous les moyens. Or, en Côte d'Ivoire, cette élection est devenue dramatique, trop dramatique, une redoutable question de vie et de mort. Le contentieux électoral est la traduction de ce drame et peut s'achever par la guerre d'Abidjan.

II. CONTENTIEUX POSTÉLECTORAL

D'une façon générale, tout contentieux postélectoral concerne le « droit électoral », tel que définit par Bernard Maligner[26]. Mais, en, Côte d'Ivoire, la problématique et le contenu du contentieux reposent, exclusivement, sur les modalités pratiques de la diffusion des résultats et les conséquences politiques des décisions juridiques du décompte des voix du second tour des présidentielles.

PROBLÉMATIQUE

La diffusion des résultats « provisoires » du second tour (2 décembre 2010), qui donne M. Alassane Ouattara vainqueur, s'est faite dans des conditions pour le moins « anormales », c'est-à-dire non conformes au droit électoral, au code électoral et aux statuts de la Commission Électorale Indépendante[27]. En effet, le Président de cette Commission les a diffusés : 1) en dehors des délais légaux[28], ce qui explique l'auto-saisine du Conseil Constitutionnel (3 décembre 2010) ; 2) hors du siège officiel et légal de la C.E.I.[29], contrairement aux usages et à ses statuts ; 3) seul, en l'absence du collège des 31 Commissaires centraux de la C.E.I., décision qui s'apparente à une dissolution de facto de cette Administration, en violation flagrante de la Constitution, du Règlement intérieur de la C.E.I. (art. 6), et des « accords de Linas Marcoussis »[30] ; 4) depuis le siège de campagne[31] (Q. G.) d'un des deux candidats, en l'occurrence celui de M. Alassane Ouattara, localisation qui entache de suspicion et de non sincérité cette diffusion de résultats. En subséquence, le Président de la C.E.I. a commis une triple faute, aux graves effets immédiats et à la portée désastreuse, mais dont la nature n'a pas encore été perçue. D'une part, en manquant de courage individuel et de sérénité, dans un contexte de vive tension et face aux pressions diverses. Nous ne parlons pas de témérité qui ne se laisse pas confondre avec le courage[32]. Mais que pouvait-il craindre, alors que l'article 23 des Statuts de la C.E.I. lui confère une immunité réelle ? D'autre part, en modifiant « sponte sue » le mode de fonctionnement de la C.E.I., qui, rappelons-le, est une « Administration » dont la création procède d'une loi[33] (Assemblée Nationale). D'autre part encore, outrepassant ses attributions[34], bien que hors-délai, il a laissé accroire au monde qu'il avait encore le droit de « proclamer » des résultats « provisoires », ajoutant ainsi à l'énorme confusion qui fera passer ces résultats pour « définitifs ». Dès lors, ce qui n'est que diffusion de résultats bruts deviendra pour l'opinion publique occidentale « proclamation » de « résultats définitifs ».

En somme, au strict plan du droit, on peut dire que, d'un côté, il ne s'agit pas de résultats « proclamés », contrairement à ce que l'on l'entend dire hâtivement, et, d'un autre côté, il ne peut même pas s'agir de résultats « provisoires », puisque pour être « provisoires » ces résultats eussent dus être présentés selon les procédures et les textes juridiques en vigueur, ainsi que dans le respect du mode de fonctionnement de cette Administration (Chapitre IV : Fonctionnement, art. 28 à art. 32). En réalité et au mieux, ce ne sont que de résultats « diffusés », des matériaux bruts, et par suite, sans valeur juridique propre. Ainsi, sommes-nous en présence d'un formidable quiproquo, « un-qui-pris-pour-un-quoi », quand on considère comme « provisoires » ce qui n'est, en définitive, que résultats « diffusés ». Aussi importants que soient les médias télévisés, ce ne sont pas eux qui confèrent un caractère juridique à des résultats électoraux. Nous devons donc nous garder de confondre diffusion (technique) et proclamation (juridique). C'est, au reste, la terrible méprise du Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies que d'avoir certifié des résultats diffusés, qu'il a indument pris pour des résultats « proclamés ». Il a certifié une anomalie, oubliant même que, selon l'article 6 de ses statuts, la C.E.I., elle aussi, prête serment devant le Conseil Constitutionnel, dont elle dépend organiquement[35]. Mais cette grave erreur n'est pas intentionnelle ni délibérée. Elle n'est pas due à sa « mauvaise foi », à son éventuelle « intention de fraude » ou à son implication dans un vaste « complot » international au profit d'Alassane Ouattara. Car, ce haut fonctionnaire, comme tant d'autres, a été confronté à une crise de connaissance et d'inexpérience, parce que mis en face d'un phénomène électoral inédit qu'il n'a pas compris, un fait accompli, un emballement des faits auquel il n'a pas su résister par manque de lucidité. L'entêtement qui suivra ne visera qu'à masquer ce problème d'ordre cognitif et sa défaillance. Et, nous l'avons vu et nous le verrons encore, il n'est pas le seul en pareille situation.

Comment est advenu un tel cafouillis aux conséquences si désastreuses ? Selon La Majorité Présidentielle, il serait dû aux interventions maladroites et malintentionnées des Ambassadeurs de France et des États-Unis qui auraient conduit le Président de la C.E.I., bon gré mal gré, libre ou contraint, à l'Hôtel du Golf afin qu'il annonce ces résultats devant la presse étrangère. Si le premier diplomate a démenti[36], en arguant s'y être trouvé et, par pure coïncidence, avoir vu le Président de la C.E.I, le second ne semble jamais avoir démenti, du moins de façon officielle. Mais si jamais ces faits s'avéraient exacts, alors ces deux éminentes personnalités seraient à la base de l'écroulement et de l'échec de toute la procédure électorale qu'ils ont obérés par leur grande maladresse et leur subite immixtion dans le « droit électoral » ivoirien dont ils ont détourné la procédure, en transgressant la Convention de Vienne qui édicte les relations entre les États. Aussi, nous n'osons pas le croire, tant l'amateurisme et l'irresponsabilité de leur initiative seraient lourds. Ont-ils, un seul instant, mesuré la portée de leur intervention, si jamais ils l'avaient faite ?

Pour lors, force est de constater que, pour le second tour, la C.E.I. n'a pas fourni de résultats « provisoires » au Conseil Constitutionnel ; que les Nations Unies, dans une folle précipitation, ont « certifiés » des résultats bruts, c'est-à-dire seulement « diffusés », rendant du même coup caduque sa certification ; que, s'autosaisissant, le Conseil Constitutionnel a pris une décision « définitive » sur la base de documents bruts (procès verbaux, résultats non consolidés ou agrégés, etc.), non « provisoires », donc sans valeur juridique. En effet, au regard des textes, la C.E.I. est le seul organe administratif chargé de « tout le processus électoral » (droit électoral processuel et droit électoral substantiel), notamment de la « régularité du déroulement des opérations de vote » et, en matière d'élection présidentielle, de la « proclamation des résultats provisoires ». Outre le fait d'avoir appuyé sa décision ultime sur des documents non valides, ce qui correspond à un vice de forme, le Conseil Constitutionnel a commis deux autres erreurs significatives, que le président Eduardo Dos Santos a fort pertinemment notées[37]. Premièrement, contrairement à ce que semble prévoir les textes de loi, le Conseil Constitutionnel n'a pas annulé l'ensemble du second tour des présidentielles mais s'est contenté d'une invalidation partielle des résultats de la zone Nord, sur la base des requêtes de LMP. Et, conséquence immédiate, ayant proclamé les « résultats définitifs » et tenant compte du contexte, il s'est placé dans l'impossibilité matérielle d'organiser de nouvelles élections dans les délais de 45 jours fixés par la Constitution. C'est pourquoi, en bon lecteur des faits et des procédures juridiques ivoiriennes, le président Eduardo Dos Santos a laconiquement déclaré : « il n'y a pas de président élu »[38]. Cependant, est-il vrai et si sûr que le Conseil Constitutionnel ne puisse pas procéder à une invalidation partielle de résultats, comme l'a déclaré le Président de la C.E.I., mais uniquement à l'annulation de la totalité du scrutin ? Car la jurisprudence et l'esprit de la Constitution semblent l'y autoriser, quand la lettre, sans dire le contraire, ne l'indique pas explicitement. Le débat reste ouvert. D'autant que rien n'eut empêché le Conseil Constitutionnel de ne pas dessaisir (par automaticité procédurale) la C.E.I., qui lui est structurellement rattachée, et, par la même occasion, elle aurait pu et peut-être dû lui exiger de (lui) fournir des résultats « provisoires » en bonne et due forme. En ce sens, même si son auto-saisine est légale, justifiée et prévisible, elle a participé de l'emballement. Mais on appréhende bien mieux la difficulté à laquelle Conseil Constitutionnel s'est trouvé confronté, en renvoyant le lecteur à l'article d'un Collectif d'Avocat ivoiriens relatif à cette problématique. Le Conseil Constitutionnel, demande ce Collectif, peut-il statuer sans la proclamation des résultats provisoires par la CEI ? Oui, répond-il, conformément à l'article 88 de la Constitution qui dispose ainsi qu'il suit : « Le Conseil Constitutionnel est juge de la constitutionnalité des lois. Il est l'organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics. » En cette qualité, il a le droit, voire l'obligation d'intervenir à l'expiration du délai légal de trois (3) jours imparti à la CEI »[39]. Point n'est besoin d'être grand clerc, pour voir ici comment cette question, dont la formulation est pertinente, ne reçoit pas de réponse exacte, précise, mais fait l'objet d'une construction juridique alambiquée, en mobilisant l'article 88 qui ne répond nullement à la question posée. Dans le cas contraire, il faut le démontrer par un raisonnement et non se contenter de l'affirmer. Somme toute, nous ne devons pas prêter à l'adjectif « régulateur », un sens, une signification et une dimension juridique qu'il n'a pas. Si le Conseil Constitutionnel est fondé à intervenir avant ou pendant la proclamation ou la diffusion des résultats, c'est en raison de la mise en relation des articles 32, 38, 94 de la Constitution et de l'article 6 des statuts de la C.E.I., mise en relation qui permet de dégager l'esprit de la Loi, quand les textes sont « muets ». C'est l'une des missions majeures et l'une des prérogatives essentielles du Conseil Constitutionnel. Et certainement pas en raison de l'article 88.

En tous les cas, le lecteur l'aura bien compris, c'est toute la procédure électorale du second tour qui n a pas été valide, et ce dès les erreurs premières et les fautes initiales commises par le Président de la C.E.I., erreurs et fautes imputables, dit-on, aux ambassadeurs français et américains, mais qui auront enrayé, à la racine même, tout le déroulement du décompte des voix. Ainsi, tous les segments de la procédure électorale sont-ils caducs. Ce n'est pas sans raison que le président Eduardo Dos Santos a dit que, pour lors, il n'y avait pas eu de « président élu ». Sous ce rapport, on peut dire - et sans ironie - que la présidentielle de 2010 a été bien plus « calamiteuse » que celle de l'an 2000. Pourquoi est-il donc si difficile d'organiser des présidentielles en Côte d'Ivoire, en dépit de tous les formidables efforts humains, financiers et budgétaires mis en œuvre ?

Nous devons toujours garder présent à l'esprit l'idée que le respect strict et scrupuleux du Droit est fondamental, parce que le Droit est au fondement de l'État de droit ou de l'État du Droit, pour reprendre la formule plus juste de Hegel. Nous ne devons rien concéder à l'idée contraire. Les « arrangements » sont toujours préjudiciables à la démocratie.

Ce gigantesque désordre procédural a créé une très grande confusion juridique, au point que la Côte d'Ivoire est littéralement en état de nature, plongée dans un véritable chaos institutionnel avec une paralysie quasi complète de l'Institution présidentielle, neutralisée par une diarchie au sommet de l'État qui se répand à l'ensemble du pays-État. En effet, les familles, la société civile, le corps électoral, l'État, l'armée, les institutions, les caisses de l'État et le territoire sont divisés, au triple plan géographique, administratif et politique. La Cote d'Ivoire existe-t-elle encore ? Le pays-État, avec une nation brisée, a désormais deux présidents. Le « constitutionnel » et le « reconnu », M. Laurent Gbagbo au « résultat légal mais non reconnu » par une grande partie de la communauté internationale, et M. Alassane Ouattara, au « résultat certifié et reconnu mais non constitutionnel ».

Au total, le contentieux postélectoral repose sur un double ressort : a) deux proclamations de résultats, l'un selon le « droit interne » ivoirien (Constitution), et, l'autre, d'après le « droit externe » (Relations internationales); b) un imbroglio juridique qui oblige à questionner le « droit électoral substantiel » (électeurs, candidats, opérations électorales, etc.) et le « droit électoral processuel »[40] (compétence du Conseil constitutionnel, régularité et sincérité du scrutin, comptage des bulletins, etc.). Quelles perspectives pour surmonter, « sursumer », « dépasser » cette contradiction ?

III. LES PERSEPECTIVES

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samedi, 12 février 2011

ET SI LE PDCI AVAIT TRAHI LE RDA?

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« Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire », telle est la  pensée d'Alexandre Sanguinetti. Il semble que cette affirmation se fonde sur l'altération des faits par le temps mais notre intime conviction est que le temps ne fait que parsemer le doute dans notre conscience sans diluer totalement des faits. Si on s'accorde sur ce fait alors il est possible d'affirmer que le Parti Démocratique de Côte d'ivoire (PDCI) a trahi le Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

N'est-ce pas là, une affirmation gratuite ? Bien sûr que non, si l'on donne une définition acceptable de ce qu'est la « trahison ».

En effet, la trahison est l'action de trahir, c'est-à-dire de dénaturer, d'altérer quelque chose ou la pensée première.

Le RDA a été un vaste et puissant mouvement africain dont la portée historique échappe parfois à ceux qui en sont les promoteurs. Le PDCI-RDA en était une section. Mais le PDCI, c'est le cas de le dire, a agi avec perfidie vis-à-vis du RDA. En tout cas, tel est notre sentiment et nous entendons la justifier à travers cette contribution.

L'argumentation dans cette contribution s'articule autour de trois points logiques.

Le premier point reviendra sur la philosophie première du RDA et de sa section ivoirienne le PDCI.

Le deuxième point mettra en lumière la trahison historique  du PDCI à l'égard des idéaux du RDA.

Le troisième point  proposera au PDCI-RDA de  revenir à ses premières amours, en ayant une attitude digne.

  1. LA NAISSANCE DU RDA ET DU PDCI-RDA

Il est connu de tous que l'occident nous dépouille sans contrepartie. Mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Avant les indépendances des années 60, ce constat a été fait par les pères des indépendances, d'où la nécessité d'une lutte sans merci pour le rétablissement de notre dignité. C'est ce qui a motivé la création du RDA.  Enfanté au milieu de l'indifférence générale, accueilli avec un grand scepticisme ou une souriante ironie, la date de naissance du RDA remonte à Bamako, en 1946. Le congrès constitutif du RDA s'ouvre le 18 octobre 1946 à Bamako où plus de 800 délégués venus par tous les moyens de Guinée, de la Côte d'ivoire, du Sénégal, du Dahomey (actuel Benin), du Niger, du Soudan (actuel Mali), du Cameroun, du Tchad, se trouvèrent réunis.  Le congrès dura trois jours pour donner naissance à ce « gros bébé noir ». Pour la première fois, des hommes politiques d'Afrique occidentale et d'Afrique équatoriale française se rassemblent pour reconquérir leurs droits. Le 21 octobre, le RDA voit le jour sous la direction de Houphouët-Boigny. Dans presque tous les territoires, il devient la principale force politique. Le RDA est un grand mouvement anticolonialiste d'Afrique noire, avec des sections inter-territoriales (UPC au Cameroun, PDCI en Côte d'Ivoire, PDG en Guinée, l'Union Soudanaise au Mali). Qu'il nous soit permis de rappeler quelques phrases du manifeste du RDA : « le fédéralisme du Mouvement républicain populaire (MRP) ne peut tromper, aujourd'hui, aucun africain. Il n'est en effet,  que le masque d'un régime d'autorité, comme l'assimilation, que nous rejetons formellement, n'est qu'une chape de plomb jetée sur l'originalité africaine ».

Le RDA était donc un mouvement qui luttait contre l'impérialisme tout court. Pour s'en convaincre, il suffit d'être attentif au propos de Félix Houphouët Boigny : « s'appuyant sur toutes les couches sociales d'Afrique, notre mouvement puise sa confiance dans l'avenir, dans celle que la masse africaine a placée en lui comme dans la lutte héroïque des forces démocratiques du monde entier, sûres de leur victoire contre les forces impérialistes ».   Mais l'apparentement du RDA au Parti communiste lui attire les foudres de Paris dès le début des années 1950, sans  pour autant l'abattre complètement : ses sections restent à l'avant-garde de la marche vers l'émancipation.

  1. LA TRAHISON DU PDCI-RDA

Homme politique de « premier plan », pour reprendre à notre compte les mots du Général De Gaulle, Félix Houphouët Boigny (FHB) est véritablement un militant engagé pour la dignité de l'africain.

En 1944, FHB crée le syndicat agricole africain (SAA) pour la défense des intérêts paysans. Houphouët est alors, à la fois président et secrétaire général. La première décision prise est de lutter pour la revalorisation du salaire journalier des travailleurs des plantations : 6 F par jour aux travailleurs des plantations, contre 3,50 F offerts par les colons. Une plainte fut portée contre le président du SAA pour cette décision. Il fut même l'objet d'enquêtes depuis Paris (le ministère des Colonies envoya un inspecteur), pour comportement anti-français.

On l'a dit plus haut que le RDA a vu le jour sous la direction de Houphouët-Boigny et que ce mouvement luttait pour la dignité et l'émancipation de l'africain.  Le PDCI-RDA en est une section de ce mouvement d'émancipation des peuples d'Afrique noire. Tous les observateurs de la scène politique en Côte d' Ivoire sont unanimes pour dire que le PDCI est un parti de paix, de tolérance, de développement et d'unité. Pourtant ils sont en nombre limité, ceux qui savent que le PDCI est un parti de combat.  A ces derniers, il convient de rappeler que le fondement de ces idéaux se trouve dans la prise de conscience d'un homme, Félix HOUPHOUET-BOIGNY, dans son cri d'indignation comme il le dit lui-même : « On parle de la naissance de notre mouvement, le PDCI-RDA. En fait, tout est parti du Syndicat Agricole Africain. En 1932, je vous l'ai dit, j'étais jeune médecin à Abengourou. Et devant la détresse des cultivateurs de l'Indénié, je me suis permis, avec l'accord du Gouverneur d'alors, Bourgine, d'inviter mes compatriotes à faire la grève de la vente du cacao. J'ai écrit un article de presse intitulé, ON NOUS A TROP VOLÉ.»

Ainsi que dans le préambule des statuts adoptés au 5ème Congrès :

«Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire dit PDCI, né du Syndicat Agricole Africain de Côte d'Ivoire, fidèle reflet des aspirations profondes de nos masses a pour mission, dans le cadre du Rassemblement Démocratique Africain d'affirmer au niveau de la Côte d'Ivoire la personnalité africaine. Il s'assigne en conséquence pour but de promouvoir une politique de bien-être, de paix, de neutralité absolue et de coopération internationale dans l'égalité, la tolérance, la solidarité et la dignité».

Le PDCI  a été un grand parti de combat. Pour ceux qui ne le savent pas, le 6 février 1949, au cours d'un meeting, des incidents éclatent entre partisans et adversaires du RDA. Le bilan de cette journée est de 2 morts et plusieurs blessés. Mais  en réalité, c'était une provocation montée de toute pièce selon les militants. La plupart des dirigeants du PDCI furent arrêtés et emprisonnés à Grand-Bassam par l'autorité coloniale, en l'occurrence le gouverneur Péchoux.  On pouvait noter l'arrestation de huit militants du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) (Dadié, Ekra Mathieu, Sery Koré, Ladji Sidibé, Jacob William, Paraiso, Allo Jérôme, philippe Vierra, Lama Kamara, Jean Baptiste Mockey).

Le 24 décembre 1949, en Côte d'Ivoire, environ 4000 femmes se rassemblent aux alentours de la prison de Grand-Bassam pour protester contre l'incarcération arbitraire de leurs maris, de leurs fils et de leurs frères membres du RDA.  Marie Séry Koré, présidente du comité féminin du PDCI à Treichville est à la tête de cette révolte. Il parait que cette femme digne, aurait administré une magistrale paire de gifles à un des colons zélé et excité, qui empêchait les femmes d'avancer vers le palais de justice et la prison civile. Trois mois plus tard, les prisonniers du PDCI passaient en jugement et furent condamnés à des peines atténuées.

Si avoir de la dignité, c'est avoir un comportement qui mérite l'estime ou avoir le respect de soi-même, on peut dire qu'aujourd'hui, le PDCI-RDA a trahi le RDA.  Comment comprendre l'atténuation du zèle brulant du PDCI pour le respect de la dignité du peuple ivoirien ? Le comportement des dirigeants actuels du vieux parti intrigue, c'est le cas de le dire. On se souvient de la déclaration d'un porte-parole du PDCI-RDA, appelant les nations unies à mettre sous tutelle un pays que ce même parti, à aider à conquérir une indépendance nominale en 1960.  Alors qu'on recherchait les voies de sortie de crise, monsieur Claude Emolo préconise à cet effet, de "mettre en place un nouveau cadre institutionnel sous l'égide de l'ONU dont le mandat prendra fin dès la prestation de serment du nouveau président". Il clarifie même ses propos en ces termes : "Cette institution onusienne aura, entre autres, les pouvoirs suivants : administration générale des affaires courantes de la nation, conduite du processus électoral dans tous ses aspects jusqu'à la prestation de serment du nouveau président élu".

On peut également citer la création du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le 18 mai 2005 à Paris, sur l'initiative du président Henri Konan Bédié soutenu par le Dr Alassane Dramane Ouattara.

Les appels incessants du RHDP à la désobéissance civile, à ne pas travailler, à ne pas payer les taxes et impôts, jettent un discrédit sérieux sur le PDCI-RDA, le noyau dur de ce mouvement. Le RHDP « tue » l'économie ivoirienne, casse des maisons, manifeste violemment, agresse, avec la bénédiction du vieux parti.  Le PDCI appelle aujourd'hui comme d'ailleurs ses alliés du RHDP à la destruction de la Côte d'Ivoire par les soldats de l'Ecomog. Quelle honte pour un parti qui prétend lutter pour le bien-être des ivoiriens. Pourquoi le vieux parti tourne le dos à la négociation alors même  que le dialogue a toujours été une « religion » au PDCI.  Il n'y a pas de commentaires additionnels à faire à propos de ce nouveau visage du PDCI-RDA : le parti a trahi le combat du RDA. Ces errements sont contraires aux idéaux  du parti du « bélier de Yamoussoukro ».

Le PDCI-RDA a tout simplement trahi le puissant mouvement d'émancipation des africains qu'est le RDA.

  1. UNE BRETELLE DE SORTIE POUR LE PARTI DU « BELIER DE YAMOUSOUKRO »

Nous avons vu que le parti de feu Félix, Houphouët Boigny (FHB),  a trahi les idées pionnières du RDA. Ce qui est consternant, c'est  que Félix Houphouët Boigny et Henri Konan Bédié ont une légitimité historique. Que signifie donc ce terme ?

Pour le professeur Pierre Kipré, avoir la légitimité historique, c'est réussir à travers le temps, à poser des actes significatifs dans ta communauté, à mener un combat en faveur de l'évolution politique et démocratique de la communauté.

Dans ce cas, nul ne peut contester à FHB, la légitimité historique de premier plan dans notre pays, cependant l'accord est moins large sur les autres politiciens ivoiriens du vieux parti. Le PDCI d'aujourd'hui s'est affaissé au point qu'il est composé de politiciens aux ordres.  La vacuité politique du PDCI désole de nombreux d'ivoiriens, qui se demandent quelle piqûre injecter à ce parti pour lui redonner ses lettres de noblesse.

Bédié a été en France alors qu'il était étudiant, un militant endurci de la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire Française (FEANF), à l'époque avant l'indépendance. Etre militant de la FEANF en France, ça supposait  être fondamentalement anti-colonialiste.  La Fédération fut créée à Bordeaux dans la nuit du 31 décembre 1949 au 1er janvier 1950 et luttait  pour la libération et l'indépendance de l'Afrique.  Elle  prônait l'indépendance nationale, l'unité africaine et la démocratie garante du développement économique. On se souvient des manifestations à Paris, au quartier latin, des étudiants africains après l'assassinat du Congolais Patrice Lumumba en 1961.

Ainsi, la FEANF reposait sa force sur la lutte qu'elle menait contre un seul  ennemi, la France, c'est-à-dire son gouvernement. Aujourd'hui,  cette même  France a pris de l'âge  avec des tentacules un peu partout se  métamorphosant en des réseaux maffieux  qui se nomme françafrique, dont les effets sont désastreux pour le développement des pays africains.

Pourquoi donc le PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié (aujourd'hui) peut se comporter comme un suppôt de la France ?

Il existe encore une bretelle de sortie pour le vieux parti, qui, disons-le, a construit la Côte d'Ivoire.

Le PDCI-RDA doit se réconcilier avec les idées du RDA en abandonnant les voies  qui assujettissent le peuple ivoirien.

Si le PDCI-RDA avait encore un peu de dignité, il serait bon qu'il se désolidarise de ceux qui complotent pour détruire le pays, pour lequel, Félix Houphouët Boigny, a lutté toute sa vie.

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Dr Prao Yao Séraphin

 

Economiste et Analyste politique

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

praoseraph@yahoo.fr

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: LA SOLUTION PAR LE JUGEMENT DE SALOMON

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INTRODUCTION

Selon la Bible, « ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (cf. Ecclésiaste 1 :9 et 3 :15). Cette parole du Sage, trouve une belle illustration dans l'étape actuelle de la crise armée en Côte d'Ivoire. Celle-ci, rappelons-le, est marquée par une remise en cause irrégulière de la décision du Conseil Constitutionnel ayant proclamé définitivement le Président Laurent GBAGBO vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Cette situation a été provoquée à la fois par le Président de la CEI et par le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, Certificateur du processus électoral en Côte d'Ivoire.

Le premier a, de façon illégale, annoncé le résultat provisoire du scrutin, alors qu'il était hors délai, dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA, en l'absence du représentant du candidat GBAGBO et des membres de la commission centrale de la CEI, lesquels n'ont pas pu valider les résultats qui leur avaient été transmis par les commissions électorales locales, comme l'exige le mode opératoire en vigueur.

Quant au second, il a outrepassé sa mission de Certificateur pour se substituer aux institutions nationales compétentes en proclamant les résultats définitifs de l'élection. Pour y parvenir, il a refusé de dire si les résultats provisoires, tels que proclamés par le Président de la CEI, l'ont été conformément aux normes en vigueur ou pas. Il a gardé le même silence sur la régularité, par rapports aux normes en vigueur, du procédé que le Conseil Constitutionnel a utilisé pour donner le résultat définitif.

Le Président de la CEI  et le Certificateur l'ayant désigné vainqueur du scrutin, M. OUATTARA se considère comme tel, même s'il est resté retranché à son Hôtel-Q.G. d'où il lance des mots d'ordre directement ou par personne interposée. Pendant ce temps, le Président Laurent GBAGBO, régulièrement proclamé vainqueur par la juridiction compétente, est au travail avec le Gouvernement formé par le Premier Ministre qu'il a désigné, conformément à la loi. Cela a suffi pour que la crise armée, déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, se poursuive à ce jour et de plus belle. Malgré la décision de la haute juridiction électorale, on est encore à se demander qui, des deux candidats au second tour, est le  véritable vainqueur de l'élection présidentielle ?

Dans la recherche de solution à cette crise, chacun y va de son inspiration, en attendant celle qui va s'imposer en définitive. En priant et en y réfléchissant personnellement, Dieu, le révélateur de ce qui est profond et caché (cf. Daniel 2 :22), s'est manifesté en moi. A partir des paroles des deux principaux protagonistes de cette crise, Dieu m'a fait la grâce de me révéler lequel des deux est le Président élu par le peuple de Côte d'Ivoire. Pour le faire, le Seigneur s'est servi du jugement de Salomon, eu égard à la similitude des propos tenus par nos « deux Présidents», avec ceux tenus par les deux parties à ce jugement historique : deux femmes revendiquant la maternité d'un seul enfant.

La jurisprudence du Roi Salomon vient donc éclairer nos pensées, afin de nous faire découvrir la  solution à la crise ivoirienne, dans sa nouvelle dimension : crise due au résultat du second tour de l'élection présidentielle. Pour faire connaître la solution à cette crise à partir du jugement de Salomon, je voudrais d'abord présenter ce jugement (1). Par la suite, j'appliquerai le principal enseignement tiré de ce jugement, à la crise électorale en cours (2).

1. PRESENTATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Le Roi Salomon a prononcé ce jugement historique au début de son règne. Sa nouvelle s'est répandue comme une traînée de poussière au sein de son peuple. L'autorité du Roi et sa réputation se sont accrues. L'on a été marqué par sa sagesse reconnue comme venant de Dieu. A cette étape de ma réflexion, je voudrais d'abord rappeler le contenu de ce jugement (1.1), avant d'en faire une analyse qui met en exergue le principal enseignement qu'on peut en tirer (1.2).

1.1. Rappel du contenu du jugement de Salomon

L'histoire du jugement du Roi est rapportée par la Bible dans le premier livre des Rois, aux versets 16 à 28 du chapitre 3. Selon le texte biblique, deux prostituées se sont présentées devant le jeune Roi (cf. le verset 7 du même chapitre), pour lui demander de les départager. La question soumise au Roi ne manquait pas de complexité. Les deux femmes qui cohabitaient seules avaient accouché à trois jours d'intervalle. L'une, après avoir tué par mégarde son enfant, a profité du sommeil de l'autre pour lui voler son bébé vivant et pour abandonner, aux côtés de cette dernière, le bébé qui était mort.

Lorsque la vraie mère du bébé vivant s'est réveillée, elle a constaté qu'en lieu et place de son enfant, il y avait un autre qui était mort, et qui n'était autre que le fils de sa voisine. Mais cette dernière prétendait le contraire. Le seul bébé vivant se retrouvait ainsi avec « deux mères ». Du jamais vu ! On peut penser qu'un enfant ait deux pères, mais pas deux mères.

Les deux prétendantes recoururent à l'arbitrage du Roi Salomon pour les départager. Chacune a plaidé sa cause pour revendiquer la maternité du bébé. Le Roi qui était animé par l'Esprit de Dieu avec qui il avait communié la veille, n'a pas eu besoin d'une expertise extérieure, pour avoir des éléments de preuve afin de trancher entre les deux dames. Il a ordonné qu'on lui apporte une épée. Lorsque cela a été fait, il a donné cet autre ordre : « Coupez en deux l'enfant qui vit, et  donnez-en  la moitié à l'une et la moitié à l'autre. »

L'annonce de cet ordre a suffi pour faire éclater la vérité. La Bible indique à cet effet : « La femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au Roi : Pardon, mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit : Il ne sera ni à moi ni à toi ; coupez-le. » Après avoir écouté les déclarations des deux prétendantes, le Roi a prononcé son jugement, en ces termes : « Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère. »

Tel est le contenu du jugement historique du Roi Salomon, un jugement qui l'a rendu célèbre et influent, avant la richesse matérielle.

1.2. Analyse du contenu du jugement de Salomon

Le jugement du Roi Salomon peut susciter beaucoup de commentaires et analyses dans plusieurs disciplines dont le droit. Sous cet angle, il constitue une source d'inspiration dans la recherche des preuves d'une prétention ou d'une allégation, notamment dans le règlement d'un conflit. Nous savons qu'en la matière, les fausses déclarations des parties sont légions. Les témoins ne s'y soustraient pas souvent, malgré le serment qu'ils prêtent « de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. » C'est alors que le Juge se retrouve dans l'embarras pour trancher le litige qui lui est soumis, dans le bon sens, le sens de la vérité.

On a souvent brandi le jugement de Salomon aux parties en conflit, pour tester leur bonne foi. Dans ce sens, on invite une partie au conflit à renoncer à ses prétentions afin de sauver la situation que le conflit risque de ruiner.  On lui demande de faire comme la vraie mère qui aurait renoncé à sa réclamation. Mais à y voir de plus près, ce n'est pas ce qui s'est passé.

Il faut remarquer que la vraie mère n'a pas renoncé à sa prétention. Ce n'est d'ailleurs pas ce que demandait le Roi Salomon. Elle a plutôt refusé que son fils soit coupé en deux, de peur qu'il ne meure et qu'elle ne le perde irrémédiablement. Parlant de son fils, elle a même dit de façon explicite : « Ne le faites point mourir ! » Tandis que la fausse mère était favorable à la mort de l'enfant, de sorte qu'il ne soit ni à l'une ni à l'autre. Elle s'est même écriée : « Coupez-le ! »

Le Roi qui était à la recherche de la vraie mère de l'enfant a alors compris que la vérité était du côté de celle qui a dit : « Ne le faites point mourir ! » Il a même repris cette injonction, dans sa décision, en ordonnant qu'on remette l'enfant à son auteur, sa vraie mère. Le Roi a compris qu'à travers cette injonction, elle a donné la preuve qu'elle est la vraie mère de l'enfant.

Pour parvenir à sa sage décision, le Roi Salomon a simplement dit ce qu'il voulait qu'on fasse de l'enfant : le couper en deux. Il n'a rien conseillé aux prétendantes et ne leur a fait aucune recommandation. Cela ne les a pas empêché de réagir comme il fallait, selon que l'enfant est à l'une et n'est pas à l'autre. Le Roi a alors tiré la vérité de leur réaction face au malheur dont il avait décidé de frapper l'enfant. La vraie mère a refusé que l'enfant soit frappé du malheur suprême qu'est la mort. Par contre la fausse mère a accepté que l'enfant en soit frappé de sorte à ce que les deux se retrouvent dans la même condition : être sans enfant.

Tel est le principal sens du jugement de Salomon que Dieu, le Sage et Juge Suprême m'a rappelé, pour me révéler sa solution à la crise électorale en cours, une solution qu'il a déjà arrêtée et qu'il se donne le temps et les moyens d'appliquer, malgré les apparences du moment. Mais ne l'oublions pas, si l'homme regarde à l'apparence, Dieu regarde bien au-delà, du fond du cœur (cf. 1Samuel 16 :7). Car, « il connaît ce qui est dans les ténèbres et la lumière demeure en lui » (cf. Daniel 2 :22 et Psaume 139).

Pour nous rassurer quant à notre victoire finale, dans la crise actuelle, il a plu à Dieu de me révéler que sa solution est dans le jugement qu'il a inspiré au Roi Salomon, ainsi qu'il convient de l'expliciter dans les lignes qui suivent.

2. APPLICATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Dans le jugement de Salomon que nous venons d'examiner, j'ai relevé qu'il constitue une source d'inspiration en matière de preuve d'allégations ou de prétentions des parties à un conflit. Ces preuves sont souvent données par les parties sans qu'elles s'en rendent compte. Par conséquent, elles ne peuvent ni mentir, ni tromper. La méthode du Roi nous permet de savoir qui du candidat GBAGBO et du candidat OUATTARA a été élu Président de la République de Côte d'Ivoire par la majorité des votants.

Pour appliquer cette méthode dans la résolution de la crise actuelle, nous allons partir de la décision de recourir à la force armée. Elle a été officiellement retenue par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Le recours à la force des armes entraînera d'énormes dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines en Côte d'Ivoire. Une telle solution  ressemble, à quelques variables près, à la mise à mort  de l'enfant dans le jugement de Salomon.

En me référant à la jurisprudence du Roi Salomon, j'examinerai d'abord la réaction des deux prétendants au poste de  Président de la République de Côte d'Ivoire, face à la perspective de l'usage de la force armée (2.1). J'en déduirai par la suite, auquel des deux revient ce poste, pour avoir été majoritairement choisi par les Ivoiriens (2.2).

2.1. La réaction de chaque prétendant face à l'usage de la force armée

A l'instar des « deux mères » du litige tranché par le Roi Salomon, nos « deux Présidents » ont réagi différemment à la décision de recourir à la force armée. Cette force, je le répète, vient en réalité, non pas pour autre chose, mais pour semer la mort en Côte d'Ivoire et accroître ainsi la souffrance des populations.

Le premier qui a réagi à cette perspective meurtrière est le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO. Il a exprimé sa réaction alors que la perspective était en gestation et que ses auteurs ne l'avaient pas encore rendue explicite. Comme un visionnaire, il a vu la chose venir et il a réagi à la manière de la vraie mère de l'enfant qu'on devait couper en deux.

A deux reprises solennelles, lors de son investiture en date du 04 décembre dernier et dans son adresse à la Nation le 21 de ce même mois, le Président GBAGBO a lancé un appel à l'apaisement et au dialogue, dans la légalité républicaine. En optant pour la force du dialogue afin d'éviter la force des armes, le Président GBAGBO s'est engagé à préserver la vie des populations. Il défend ainsi le droit à la vie consacré par l'article 2 de notre Constitution qui en fait un droit inaliénable, la personne humaine étant sacrée. Tel est le sens de sa main tendue.

En particulier dans son message à la Nation, le Président de la République a expressément dit : « Je ne veux pas que le sang d'un seul Ivoirien soit versé. » Ce passage du discours du Président de la République constitue une autre traduction de l'injonction de la vraie mère de l'enfant qui devrait être coupé en deux. « Ne faites point mourir l'enfant », avait dit cette mère.

En réagissant en second lieu, comme la seconde femme du jugement de Salomon, le Président OUATTARA s'est inscrit dans la même optique que celle-là. Il a opté pour l'usage de la force armée, sachant bien qu'elle va semer la mort en Côte d'Ivoire,  pour accroître la souffrance des populations. Il a donc choisi la mort des Ivoiriens ! N'est-ce pas là le sens des opérations « villes mortes » et « pays mort » qu'il a successivement lancées ? Il veut qu'on sème la mort en Côte d'Ivoire. C'est exactement ce que réclamait la seconde femme, celle qui n'était pas la  vraie mère de l'enfant litigieux. Elle avait dit sans ambages : « L'enfant ne sera ni à moi, ni à toi ; coupez-le ! »

Pour celui qui suit l'actualité en Côte d'Ivoire, le discours violant et guerrier du Président du R.D.R. n'est pas nouveau. « Je frapperai ce pouvoir moribond et il tombera », avait-il prédit avant de renverser le Président Henri KONAN BEDIE. Le 24 décembre 1999, il passa de la parole à l'acte et inaugura ainsi les séries de coups d'Etat en Côte d'Ivoire. En mai 2002, il avait annoncé qu'il allait mélanger ce pays pour le rendre ingouvernable, de sorte que la gouvernance de ce pays ne fût ni à lui, ni à quelqu'un d'autre. En septembre 2002, il passa de la parole à l'acte, à travers la tentative de coup d'Etat qui s'est transformée en rébellion. Depuis lors, on ne compte plus les morts voulus par lui.

Les réactions des deux prétendants au poste de Président de la République de Côte d'Ivoire à l'instar des deux prétendantes à la maternité de l'enfant litigieux dans le jugement de Salomon, aident à dénouer la crise actuelle : elles permettent de savoir à qui revient le fauteuil présidentiel dans notre pays. Nous pouvons ainsi dire lequel des deux est le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire.

2.2. Le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire

La méthode du Roi Salomon a été inspirée par Dieu lui-même. Elle est de portée universelle et peut être utilisée comme telle, en toute objectivité. Elle a sa place dans cette crise électorale où nous cherchons le vrai titulaire  du fauteuil présidentiel, siège du pouvoir, car les deux prétendants reconnaissent que c'est Dieu qui donne le pouvoir. Le Président Laurent GBAGBO l'a solennellement dit, lors de sa première prestation de serment en octobre 2000. Le Président Allassane OUATTARA nous a rafraîchi la mémoire en le disant pour conclure le débat télévisé qu'il a eu en novembre dernier avec le Président Laurent GBAGBO.

En recourant à cette méthode, nous constatons, dans le jugement de Salomon, qu'il y a une femme qui ne voulait pas la mort de l'enfant et il y a une qui voulait sa mort. Dans la crise électorale actuelle, nous constatons qu'il y a un prétendant qui ne veut pas la mort d'un seul Ivoirien et il y a un qui veut la mort de plus d'un Ivoirien, même s'il prétend ne pas souhaiter la mort de beaucoup d'Ivoiriens, comme si un minimum de morts n'a pas de valeur à ses yeux.

En toute objectivité et partialité, le Roi Salomon a tranché : « Ne faites point mourir l'enfant, il a pour mère celle qui ne veut pas sa mort ». En d'autres termes, celle qui veut sa mort n'en est pas la vraie mère. Elle est une fausse mère qui veut prendre l'enfant par fraude et par ruse. Elle est disqualifiée !

Le lecteur comprend aisément que rapportée au règlement de la crise actuelle qui oppose le Président GBAGBO au Président du R.D.R., le fauteuil présidentiel revient au premier. Il ne veut pas qu'un seul Ivoirien meure pour ce fauteuil, pour le pouvoir. Alors, il tend la main à son adversaire, puis l'invite au dialogue et à la discussion, autour des lois que nous nous sommes librement données et qui nous régissent. Il accepte même que les bulletins de vote soient recomptés par des experts internationaux. Malgré la décision irrévocable du Conseil Constitutionnel ! Il est donc le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire. Un poste qui fait de lui le protecteur des citoyens ivoiriens, selon la formule du serment qu'il a prêté le 4 décembre dernier. On comprend dès lors pourquoi il ne peut pas accepter que le sang d'un seul Ivoirien soit versé.

Il en va différemment de M. OUATTARA. N'étant pas le vrai titulaire du fauteuil présidentiel, il veut s'y installer par la fraude et la violence. A défaut d'y parvenir par ces moyens archaïques, il accepte  que l'on sème la mort au sein peuple ivoirien, partout où il se trouve. Il ne le cache pas et il est même soutenu dans cette perspective. Il nous fournit ainsi, chaque jour, les preuves de sa volonté d'usurper ce qui n'est pas à lui, ce que le peuple a refusé de lui donner. La fraude et la violence ayant échoué, il pense réussir en semant la mort à travers les opérations « villes mortes » et « pays mort ».

Nul doute que si le Roi Salomon avait été saisi du litige qui oppose nos deux prétendants au fauteuil présidentiel, c'est sans peine qu'il aurait débouté M. OUATTARA de toutes ses prétentions, pour proclamer le Président Laurent GBAGBO comme en étant le vrai titulaire. Il aurait ainsi confirmé la décision du Conseil Constitutionnel ivoirien, même si cette décision s'impose déjà à tous et à toutes, selon l'article 98 de notre Constitution. Néanmoins, on peut voir dans la juridiction électorale suprême, un autre Salomon. Elle a comme ce dernier condamné la fraude et dit le droit avec vérité, en proclamant définitivement le Président GBAGBO vainqueur et en recevant solennellement son serment.

Toutefois, étant donné que cette crise demeure,  et que nous la vivons encore, je voudrais conclure par dire  comment elle sera dénouée.


CONCLUSION

La réflexion qui précède est en fait le fruit d'une révélation que Dieu m'a faite lorsque j'observais la une d'un organe de la presse écrite. L'organe a présenté côte à côte l'appel au dialogue du Président Laurent GBAGBO et l'appel à la force armée d'un représentant du Président du R.D.R. En réfléchissant sur ces deux appels, Dieu m'a dit : « Tu vois, M. OUATTARA est tombé sous le coup du jugement de Salomon. Il en sera de son sort comme il en a été de celui de la fausse mère de l'enfant qui devait être découpé. De même qu'elle a perdu son procès, de même M. OUATTARA perdra le procès en cours en Côte d'Ivoire.»

Le Seigneur faisait ainsi comprendre au Juge que je suis que le Président GBAGBO et M. OUATTARA sont en fait en procès. Mais devant quelle juridiction, lorsqu'on sait que la seule juridiction compétente a déjà vidé sa saisine ? Celle de la communauté internationale ? Le Seigneur m'a rappelé que la communauté internationale n'a pas d'existence juridique, elle ne saurait être une juridiction. Est-ce la juridiction de ces hommes et autres structures internationales qui se penchent en ce moment sur le dossier ivoirien ? Le Seigneur a encore répondu par la négative, ces hommes et ces structures n'étant que des acteurs accessoires du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Il a ajouté que le dossier ivoirien est désormais entre ses mains, lui le Juge Suprême, acteur principal de ce  processus.

Le Seigneur a précisé qu'il va appliquer la solution qu'il a jadis inspirée au Roi Salomon.

Il va d'abord permettre au Président GBAGBO de continuer à agir comme la vraie mère de l'enfant. Pendant ce temps, il va davantage pousser M. OUATTARA dans la logique de la fausse mère de l'enfant. Avec le temps dont il est le seul maître, l'on découvrira, à l'œil nu, auquel  des deux il a donné le pouvoir de présider aux destinées de la Côte d'Ivoire, à travers les suffrages régulièrement exprimés, le 28 novembre dernier. Après que le monde entier aura clairement découvert le vrai Président et le faux Président, Dieu permettra que le vrai s'impose et que le faux disparaisse. Le premier débarrassé du second, par la grâce de Dieu, pourra tranquillement gouverner la Côte d'Ivoire, dans le temps qui lui est limitativement imparti.

Nous n'y arriverons pas sans adversité. Car, comme dans le jugement de Salomon, aussi longtemps que Dieu n'aura pas exécuté sa décision, le faux Président poursuivra ses manœuvres. C'est ce que faisait la fausse mère. Elle a continué à réclamer tantôt la maternité de l'enfant, tantôt la mort de ce dernier. De même qu'elle faisait pression sur la vraie mère, de même nous subirons la pression du faux Président qui bénéficie de grands soutiens ici et ailleurs.

Cependant, en comptant sur Dieu, nous pouvons résister à cette pression, jusqu'au temps de notre délivrance (cf. 1Pierre 5 : 8-10). Etant donné que ce temps peut être long, nous pouvons demander à Dieu de l'abréger (cf. Matthieu 24 :22). Nous devons en outre rester à l'écoute de Dieu. Il a souvent des instructions à nous donner pour nous encourager et nous fortifier, afin que nous puissions tenir et agir comme il faut, comme il veut, dans l'attente de notre délivrance et de notre victoire finale.

Récemment, au cours d'un moment de prière et de méditation de la Parole de Dieu, j'ai  clairement reçu de lui qu'en réponse à nos prières, il va changer la situation en notre faveur, par la puissance du Saint-Esprit. Par conséquent, il nous demande de ne pas nous laisser effrayer par nos adversaires. Selon le Seigneur, ils feront tout ce qu'ils veulent et tout ce qu'ils peuvent, pour saper notre morale et pour nous angoisser, dans l'intervalle de temps qui précède notre délivrance. Nous n'avons pas à craindre car, tout ce qu'ils feront est la preuve qu'ils ont échoué.

Dieu met toujours une faille dans leur système pour nous donner une lueur d'espoir, en attendant la victoire finale. Il suffit d'observer l'actualité depuis la fin du scrutin du second tour, jusqu'à maintenant, pour s'en convaincre. Avec le temps qui s'écoule, Dieu fait tomber les masques, il met à nu tout ce qui était caché, il fait éclater la vérité, il suscite de grands soutiens pour nous. En Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde entier, notre voix porte de plus en plus et on commence par nous écouter.

Nous devons donc garder espoir. Ceux qui contestent notre leadership à la tête de notre pays sont sous le coup du jugement de Salomon. Lorsque Dieu va appliquer cette jurisprudence dans la résolution de la crise actuelle, ce sera pour confirmer et consolider ce leadership. Croyons en cette perspective et avançons, dans la prière et dans l'action, selon que Dieu nous disposera.


QUE DIEU BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

POURQUOI LES EUROPEENS DOUTENT DE OUATTARA

 

EUSECSTU logo.svg

 

In Le Nouveau Courrier N°202 du 11 Février 2011 par Philippe Brou


Un think tank européen composé de diplomates et d'experts militaire dresse un diagnostic lucide de la posture stratégique des dirigeants de la « République du Golf ». Le temps de la grande confiance semble passé. Le doute quant aux capacités réelles d'ADO émerge. Lancinant.


Le temps qui passe va-t-il avoir raison de l'enthousiasme immodéré des décideurs occidentaux pour Alassane Ouattara, qui entrera dans l'Histoire comme l'opposant africain le plus soutenu par les grandes puissances depuis les indépendances ? Plus le temps passe, plus les ultimatums du plus illustre locataire de l'Hôtel du Golf font « pschitt ». Et plus ses alliés doutent.

Un document de l'European Union Institute for Security Studies (EUISS, Institut européen pour les études de sécurité), constitué d'experts en matière de stratégie, de diplomates et d'attachés militaires, témoigne d'un nouvel état d'esprit. Il s'agit du compte-rendu de l'Africa Briefing de ce cénacle prestigieux, qui a eu lieu le 25 janvier dernier. Le document se focalise, entre autres, sur les échecs et les impasses de la stratégie de prise de pouvoir du président du RDR. « M. Gbagbo tire enfin sa force de la relative faiblesse de son adversaire, M. Ouattara, qui n'a que peu de prise sur la situation, particulièrement à Abidjan, où il vit retranché à l'Hôtel du Golf avec son équipe et son Premier ministre Guillaume Soro. M. Ouattara ne dispose par ailleurs pas de moyens médiatiques équivalents à ceux de son adversaire, ce qui se traduit par un manque de lisibilité et de cohérence de sa stratégie de communication. Son appel à marcher sur le siège de la RTI le 16 décembre, maladroit pour certains, n'a pas eu les effets escomptés et a surtout permis aux forces acquises à Laurent Gbagbo d'organiser leur riposte. Bien que le parti de Ouattara soit bien structuré, il ne dispose pas des relais nécessaires, la plupart de ses soutiens étant au nord du pays », évaluent les experts de l'EUISS.

Des experts qui mettent aussi en doute la capacité de la rébellion d'avoir le moindre impact sur le rapport de forces - un jugement conforté par le choix désespéré de Guillaume Soro, qui brandit pourtant son « armée », de faire appel aux « nouveaux tirailleurs » de l'ECOMOG. « Les Forces nouvelles n'ont semble-t-il pas la capacité d'intervenir militairement, ni l'envie, dans la mesure où une grande partie des membres des FN a su profiter du statu quo qui a prévalu jusqu'aux élections de novembre, et de la partition de fait du pays. Les Forces nouvelles sont composées d'un agrégat de personnalités aux parcours très divers : anciens militaires en rupture, membres de la diaspora, universitaires, leaders militaires locaux (comzones), etc. Ces derniers forment également un ensemble hétérogène, et une bonne partie ne semble pas prête à reprendre les armes comme en 2002 », jugent ces spécialistes.

Sur le long terme, l'attelage formé entre l'ancien secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) et l'ex directeur général adjoint du FMI - dont l'addition des personnalités et des postures créent un équivalent ivoirien de Jonas Savimbi -, est-il viable ? Pas vraiment, jugent les membres de ce think tank européen très influent. «  Les relations entre Guillaume Soro et le président Ouattara sont par ailleurs ambivalentes : Alassane Ouattara est désormais redevable vis-à-vis de son Premier ministre, lequel lui garantit sa protection armée. Les deux hommes ont suivi des trajectoires très différentes : celle de la lutte syndicale puis armée pour Soro, et celle des grandes organisations internationales pour Ouattara. Sur le terrain, les relations entre le RDHP et les FN sont parfois tendues : les rivalités intergénérationnelles autour de l'accès au pouvoir et aux ressources économiques qui en découle, ne sont pas étrangères à ces tensions », écrivent-ils. Quand on y ajoute le rôle de « garant d'influence » que joue Guillaume Soro auprès d'ADO pour le compte de son mentor Blaise Compaoré, mais aussi de la France - qui a toujours peur que le président du RDR roule à terme pour les Etats-Unis, amis-rivaux -, l'on se rend de la fragilité de la coopérative d'intérêts que constitue la République autonome du Golf.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: PLAIDOYER POUR LA SOLUTION JURIDIQUE

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INTRODUCTION

La Côte d'Ivoire est encore en crise, malgré la tenue de l'élection présidentielle censée nous sortir définitivement de cette crise armée déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.  Une autre crise armée ? Y répondre par l'affirmative serait comme si on considérait que la première avait cessé. Ce qui n'est pas le cas, dès lors que nos frères rebelles ont toujours refusé de désarmer, avant l'organisation des élections générales. Ainsi, la crise armée initiale demeure, aussi longtemps que ces auteurs n'auront pas déposées les armes prises. On peut donc dire que c'est cette crise armée qui se poursuit, aujourd'hui.

Elle prend seulement une nouvelle tournure, avec une ampleur tout aussi nouvelle. Ceux qui l'avaient commanditée et qui la soutenaient dans l'ombre, œuvrent désormais à visage découvert, aux côtés de leurs poulains. Nous pouvons nous rendre compte que depuis le 19 septembre 2002, rien n'a véritablement changé, si ce n'est la tactique. Celle-ci est le fruit d'une stratégie ficelée avec ingéniosité, par ceux qui nous font la guerre.

Cependant, lorsque nous nous rappelons que derrière tout ce qui nous arrive, il y a toujours la main de notre Dieu, le Tout-puissant, nous pouvons voir les choses autrement. C'est Dieu qui est en train de faire tomber les masques que portaient ceux qui faussement, nous faisaient croire, pour les uns, qu'ils n'étaient rien dans la survenance de cette crise et, pour les autres, qu'ils étaient simplement ici, pour nous accompagner dans sa résolution.

Avec les masques qui tombent, c'est la vérité qui éclate de jour en jour, là où le mensonge s'installait pour toujours !

Avec les masquent qui tombent, c'est le temps de notre délivrance qui s'annonce à l'horizon, pour que sonne le glas de la rébellion !

Le prétexte des manœuvres en cours, mobile de la nouvelle tournure de la crise armée en Côte d'Ivoire, n'est autre que le résultat définitif de l'élection présidentielle proclamé par le Conseil Constitutionnel. La haute juridiction compétente a proclamé vainqueur, le candidat sortant, SEM. Laurent GBAGBO. C'était après avoir examiné les seules réclamations présentées par lui. A sa suite et contre toute attente, le Certificateur a annoncé qu'il ne reconnaît pas ce résultat mais le résultat provisoire que la CEI aurait donné en faveur du candidat OUATTARA. Pourtant, la CEI n'a jamais proclamé de résultat provisoire. C'est plutôt le Président de cette structure qui a proclamé ce qui lui semblait être le résultat provisoire, mais dans des conditions manifestement illégales : hors délai - dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA - en l'absence du représentant du candidat Laurent GBAGBO et des membres de la commission centrale - sans avoir été validé par ces derniers, conformément au mode opératoire en vigueur.

En certifiant le résultat donné dans de telles conditions, le Certificateur du processus électoral s'est manifestement détourné de sa mission. Celle-ci consistait pour lui, à authentifier ce processus en disant si chacune de ses deux dernières étapes (proclamation des résultats provisoires par la CEI et proclamation du résultat définitif par le Conseil Constitutionnel) s'est déroulée comme prévue par la législation en vigueur. Le Certificateur n'étant autre que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, sa position est partagée et soutenue par ses mandants, au mépris des principes et règles en vigueur. Ils brandissent même leurs armes lourdes contre la solution juridique défendue par les autorités ivoiriennes. Ils poursuivent ainsi la crise armée en cours dans notre pays. C'est pourquoi je parle à la fois de crise armée (usage ou menaces d'usage des armes à feu) et de crise électorale (née des résultats du scrutin électoral).

Dans une précédente contribution au débat, j'ai présenté et examiné le droit applicable en la matière. Je considère que la meilleure voie pour sortir de cette crise est le recours au droit en vigueur. Je sais néanmoins que des solutions contraires au droit sont annoncées ou proposées par des voix qui ne sont pas des moindres. Le débat étant encore ouvert, aucune solution n'ayant été imposée définitivement, je voudrais poursuivre ma contribution à la solution de cette crise, à travers ce plaidoyer en faveur de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit, à la loi.

Pour le succès de ce plaidoyer, je m'emploierai à examiner, d'une part, les mérites de la solution juridique (1) et, d'autre part, les limites des solutions non juridiques (2).

1. LES MERITES DE LA SOLUTION JURIDIQUE

Malgré la célèbre formule latine, ubi societas, ibi jus, l'on a considéré que les sociétés africaines actuelles étaient peu soucieuses du droit parce que leurs ancêtres, les sociétés africaines précoloniales auraient fonctionné sans droit. Certes d'éminents historiens ont démenti cette thèse aux mobiles racistes. Cependant, nos ex-colons et leurs descendants continuent de croire que le droit est un luxe pour nous. Ainsi, lorsqu'un problème, d'une ampleur comme la crise ivoirienne, se pose, la tendance est de trouver des arrangements politiques, au mépris des règles de droit déjà prévues pour régler ce genre de problème. On se détourne ainsi de la solution juridique qui n'est pourtant pas sans intérêt. Elle a des mérites dont je voudrais ici, examiner les trois principaux. Ce sont :

-          La consolidation de la démocratie par la force du droit (1.1),

-          La construction de l'unité nationale sur le socle du droit (1.2),

-          Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire (1.3).

1.1. La consolidation de la démocratie par la force du droit

Il est généralement admis que force reste au droit, comme pour soutenir que le droit a en lui ou à sa disposition la force qui lui permettra d'inspirer respect et de s'imposer. Cette force du droit peut être mise à la disposition de la démocratie, afin de la consolider et de la promouvoir.

La démocratie est définie étymologiquement comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Toutefois, le peuple ne pouvant pas directement exercer le pouvoir, dans son ensemble, il le fait par le biais de ses représentants, choisis en son sein. Le choix de ceux-ci obéit à des règles de droit préalablement déterminés. Il en va de même de l'exercice du pouvoir par le peuple et au sein du peuple, notamment des rapports entre gouvernants et gouvernés. Par exemple, dans un régime démocratique, les citoyens (gouvernés) possèdent à l'égard du pouvoir (gouvernant) un droit de participation (vote) et un droit de contestation (liberté d'opposition). L'exercice de ces droits contribue à l'expression de la démocratie.

Pour nos pays qui ont vécu sous le régime du parti unique, plusieurs décennies durant, l'ouverture au multipartisme a été  un pas important dans la voie de la démocratie. Mais le multipartisme en lui seul ne suffisant pas, d'autres mécanismes interviennent dans la réalisation et la consolidation de cette démocratie. Il s'agit en l'occurrence de l'élaboration et de l'observation de règles de droit au sein de l'Etat, par toutes ses composantes publiques comme privées.

Le droit est défini au sens large, comme l'ensemble des règles qui régissent la vie en société. Dans les sociétés modernes, il s'agit de règles élaborées suivant un processus qui emporte l'adhésion de la majorité des citoyens, en préservant les droits de la minorité. La promotion de l'Etat de droit ou du droit dans l'Etat est un moyen efficace pour l'émergence de sociétés démocratiques. Pour certains, le droit peut paraître répugnant parce que contraignant. Toutefois, cela ne saurait être un obstacle à y recourir, dans nos rapports les uns avec les autres y compris dans nos rapports avec l'Etat et ses représentants. On évitera ainsi de tomber dans l'anarchie ou l'arbitraire ; ce qui favoriserait la dictature d'un seul individu ou d'un groupe d'individus sur la société toute entière.

Le droit n'est pas immuable. Il peut changer au gré des intérêts du peuple qui l'a élaboré. Au gré de l'intérêt général. Mais, tant qu'il n'a pas encore changé, il s'impose et chaque citoyen doit y obéir. Lorsqu'on doit le changer, on doit y aller en se soumettant à la volonté du peuple, de la majorité du peuple. Celle-ci s'exprime suivant les règles de procédure prévues à cet effet. Il en est ainsi de l'ordonnancement juridique en Côte d'Ivoire. Nos règles ont l'avantage de ne pas déroger à ce qui se passe ailleurs, notamment en droit français dont nous nous sommes inspirés.

Il résulte de ce qui précède que dans la résolution de la crise ivoirienne, à ses débuts comme à l'étape actuelle, la priorité devrait être donnée au droit en vigueur.  Ce droit a prévu tous les mécanismes de règlement d'un tel conflit. Le fonctionnement normal de nos institutions et de la société ivoirienne, en général, repose sur des règles de droit préétablies, car nous sommes dans un Etat de droit. Lorsque survient une crise au sein de notre société, on devrait donc interroger le droit en vigueur et s'y conformer, sans arrière pensée.

Pour la présente étape de la crise ivoirienne, le droit nous donne une voie de sortie à travers l'article 98 de la Constitution ivoirienne qui dispose : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. » En s'y conformant, on respecte la volonté du peuple qui y est clairement exprimée, en même temps qu'on contribue à l'expression et à la consolidation de la démocratie par le droit. On devrait donc s'y conformer pour ne pas affaiblir le droit, au risque d'affaiblir la société et de la rendre instable.

On peut avoir des opinions différentes sur tel ou tel aspect des règles de droit en vigueur. Cela est tout à fait normal, chaque être humain étant doté d'un libre arbitre. Ce libre arbitre est le fondement de la liberté d'expression, laquelle constitue un droit inaliénable pour chaque individu. Cependant, la vie en société a ses exigences et contraintes qui freinent notre liberté là où commence celle des autres. Le tout est régi par le droit, en vue d'harmoniser la vie en société, en préservant à la fois l'intérêt général et les intérêts particuliers. C'est pourquoi, force doit rester au droit. Cette force du droit contribuera ainsi à la consolidation de la démocratie au sein de la société.

1.2. La construction de l'unité nationale sur le socle du droit

Si la société ivoirienne a besoin de démocratie pour se moderniser, elle a aussi besoin d'unité pour former une grande nation, une nation développée. L'adage ne dit-il pas que l'union fait la force ? La force pour propulser le développement ! Le besoin d'unité nationale est d'autant plus pressant et prioritaire que nous venons de tribus ou ethnies aux pratiques parfois divergentes. Les luttes anticoloniales n'ont pas permis l'émergence d'une véritable nation. Nous avons donc hérité de la colonisation un Etat plutôt qu'une nation. La nation restant à construire, l'Etat constituait le creuset de base pour sa construction.

Les pères des indépendances ont  perçu très tôt la nécessité de la construction de l'unité nationale. Ils ont travaillé à cela en utilisant divers autres moyens au nombre desquels le monopartisme ou le parti unique. En Côte d'Ivoire, sans que le parti unique ait été expressément prévu par la Constitution, il a fonctionné comme un Parti-Etat, tant sa confusion avec l'Etat était manifeste dans la pratique et dans la vie de notre jeune nation. On a alors parlé de parti unique de fait, car la Constitution prévoyait bien le multipartisme. Le fait ayant pris le dessus sur le droit, pour construire l'unité nationale, les pères fondateurs ont imposé le parti unique, refusant tout recours au multipartisme. On a prétexté d'un consensus favorable à cette situation.

A l'heure du bilan, peut-on dire que cette option a été satisfaisante ? La primauté du fait sur le droit a-t-elle permis de  réaliser le résultat escompté ? Au regard de ce qu'il nous a été donné de voir depuis la rupture du consensus le 30 avril 1990, on peut répondre par la négative. Il y a d'abord eu la Charte du Nord qui a commencé à circuler du vivant du garant de l'unité nationale, le Président HOUPHOUET-BOIGNY. Il y a ensuite eu la rébellion armée qui a entraîné la partition du pays en deux, sans toutefois franchir la ligne rouge de la sécession.

Même si la construction de l'unité nationale est une œuvre de longue haleine, l'option de la construire en privilégiant le fait par rapport au droit a montré ses limites. Il faut donc poursuivre cette œuvre en inversant l'ordre des choses : privilégier le droit sur le fait. Le bon fonctionnement d'une société reposant d'abord sur des règles de droit, il faut donner la primauté au droit, dans la construction de l'unité nationale. Il en va d'autant plus ainsi que la nation n'est pas seulement un concept sociologique, mais aussi un concept juridique.

Le droit peut valablement contribuer à la construction de l'unité nationale. L'élaboration du droit est certes l'œuvre de sources formelles, mais il y a d'abord les sources matérielles. Il s'agit de l'ensemble des circonstances et de situations factuelles. Lorsqu'on  les codifie, elles deviennent des règles de droit régissant la vie en société. Leur codification est le fruit d'un tri, d'une sélection parmi tant d'autres. Le mode de codification met en jeu des acteurs de diverses opinions et conditions sociales. Le peuple dans son ensemble y participe à travers le vote, pour faire valoir l'intérêt général. La règle de droit, fruit de cette œuvre collégiale, contribue ainsi  à la construction de l'unité nationale. De la sorte, le droit devient la référence ou la boussole pour toutes les composantes de la société,  de même que le socle de leur unité,  dans la diversité.

1.3. Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire

Le troisième mérite de la solution juridique est de ramener définitivement et durablement la paix en Côte d'Ivoire. On définit généralement la paix comme l'absence de querelle ou de conflit entre des individus, au sein d'un Etat ou entre plusieurs Etats. La paix est ainsi définie par rapport au conflit. Lorsqu'il y a la paix, c'est qu'il n'y a pas de conflit et vice versa. Pour maintenir la paix ou pour la rétablir, on veille à éviter le conflit ou à y mettre fin, en le réglant.

Dans la situation de conflit armé que vit la Côte d'Ivoire depuis l'échec de la tentative de coup d'Etat transformé en rébellion, le retour de la paix passait donc par la fin de la rébellion. Si tout le monde en était d'accord, la question restait de savoir comment y parvenir ? La réponse qui a été apportée à cette question a été de discuter avec les rebelles. Les discussions ont pris toutes les formes possibles, dans le temps et dans l'espace, ici et ailleurs. Mais, à l'heure du bilan, le résultat est que tous les efforts et sacrifices consentis se sont avérés vains. Plutôt que de sortir de la crise, nous nous y sommes enfoncés, comme dans un gouffre. Nous nous sommes ainsi éloignés de la paix tant attendue et qui pointait à l'horizon. Tel est le sentiment qui anime plus d'un, au regard de la crise actuelle née du résultat définitif de l'élection présidentielle. Quelle que soit le dénouement de cette crise, on peut dire que les méthodes utilisées par les hommes n'ont pas conduit le pays à la paix, comme ils le voulaient.

Parlant de la paix selon Dieu, le Révérend Pasteur John MACARTHUR soutient : « La paix est beaucoup plus que l'absence de quelque chose. C'est la présence de la justice qui produit des relations justes. La paix, ce n'est pas simplement la fin de la guerre ; c'est l'établissement de la justice. » (cf. Les Béatitudes, secret du bonheur, Editions La Maison de la Bible, 2002, Collection Disciple, p. 165).

La justice est définie comme la vertu par laquelle on rend à chacun ce qui lui est dû. En cela, on peut aussi la définir comme étant le pouvoir de faire droit à quelqu'un. Dans cette optique, on parle du pouvoir judiciaire, c'est-à-dire le pouvoir de rendre la justice. Dans un Etat organisé sur le droit et autour du droit, ce pouvoir est exercé par des institutions habilitées. Ces institutions exercent la justice sur la base de règles de droit bien déterminées.

Il apparaît dans ces conditions que si la vraie paix consiste à établir la justice entre individus et au sein de la société, non seulement que cette justice est rendue par des institutions établies à cet effet, mais aussi elle est rendue en application du droit en vigueur. Le droit, par le biais de la justice, contribue ainsi au maintien et au rétablissement de la paix.

Avec le droit, point n'est besoin de rechercher indéfiniment le consensus entre les parties en conflit. Point n'est non plus besoin de chercher à les réconcilier de force, contre leur gré. Point n'est encore besoin de poursuivre sans cesse le dialogue. Ce dialogue se transformerait très rapidement en dialogue de sourds, pour se solder en un marché de dupes ! N'est-ce pas ce à quoi nous avons assisté dans le processus de règlement de la crise armée en Côte d'Ivoire ? Même l'APO, fruit du dialogue direct inter ivoiriens, objet de tous nos espoirs de sortie de crise par la voie pacifique, s'est avéré être un marché de dupes, un dialogue de sourds. Alors que nous avions conclu pour le désarmement des rebelles avant les élections, ils voyaient les choses autrement. Ils n'ont pas raté l'occasion que leur offrait l'élection présidentielle pour démontrer pourquoi ils voyaient le désarmement autrement que ce qu'en disait l'APO, reniant ainsi leur signature.

Fort heureusement, dans la crise post électorale actuelle, le droit se dresse encore pour montrer le chemin du retour définitif à une paix durable : la haute juridiction électorale ayant dit le droit, il faut s'en tenir à sa décision, pour sortir d'une décennie de crise armée. Nul n'est compétent pour remettre en cause cette décision. Tous doivent donc s'y plier, comme l'exige le droit en vigueur, la Constitution ivoirienne. Cette exigence constitutionnelle est la voie d'une paix définitive et durable.

La meilleure illustration de ce qui précède, c'est la situation que nous vivons depuis un mois dans le pays.  Les jours où nos adversaires  appellent les populations à se soulever contre la  décision de la juridiction électorale, la paix est troublée et les familles sont endeuillées, même si leur appel n'est pas suivi comme ils le souhaitaient. Par contre, les jours où leurs appels cessent de se faire entendre, les populations se remettent tous au travail en toute quiétude. Les embouteillages reprennent à Abidjan ! La moralité qu'on en tire, c'est que le respect du droit est une grande source de paix. Il faut donc respecter le droit en vigueur en Côte d'Ivoire, pour faire régner la paix dans ce pays.

En conséquence de tout ce qui précède, je peux dire qu'en faisant prévaloir la solution juridique, dans le règlement du conflit en cours, on fera d'une pierre plusieurs coups : en même temps qu'on règle définitivement la crise armée en Côte d'Ivoire, on contribue aussi à la consolidation de la démocratie, à la construction de l'unité nationale et au retour d'une paix durable dans ce pays. Ce sont là les grands mérites de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit en vigueur. Il en va autrement lorsqu'on minimise cette solution et qu'on l'écarte, au profit de solutions non juridiques.

2. LES LIMITES DES SOLUTIONS NON JURIDIQUES

Comme leur nom l'indique, les solutions non juridiques sont les solutions qui ne privilégient pas le droit en vigueur. On y recourt ou on conseille d'y recourir, comme si le droit n'avait pas prévu de mécanisme de règlement des conflits. Pour la crise ivoirienne, en général, comme dans sa phase actuelle, en particulier, la loi a prévu toutes les voies de règlement. On devrait donc recourir au droit pour s'en sortir. Malheureusement, au lieu de cela, diverses solutions non juridiques sont proposées aux protagonistes de cette crise comme dans l'opinion publique. Au nombre de ces solutions, trois ont retenu mon attention. Il s'agit de :

-          L'installation amiable ou forcé de M. OUATTARA à la tête de notre pays.

-          Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

-          La reprise du second tour de l'élection présidentielle.

Je voudrais examiner ces propositions en mettant en exergue leurs limites.

2.1. L'installation amiable ou forcée de M. OUATTARA à la tête du pays

L'installation de M. OUATTARA en qualité de Président de la République est la solution la plus en vue dans les propositions qui sont faites. Elle est soutenue par les institutions internationales et par plusieurs Chefs d'Etats en Afrique et hors d'Afrique. Ce soutien n'est pas seulement moral ou affectif. Il est aussi diplomatique, logistique, matériel, financier et même militaire. Leurs auteurs sont prêts à recourir à la force des armes pour faire de M. OUATTARA le Président de la République de Côte d'Ivoire. Ils avaient privilégié l'option militaire, avant de se raviser, au rythme de leurs rencontres avec le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO.  Sans clairement abandonner cette voie guerrière et meurtrière, ils ont changé l'ordre de priorité, en mettant en avant la voie diplomatique qui est celle du dialogue et de la négociation.

Les soutiens de M. OUATTARA s'appuient exclusivement sur le rapport du Certificateur du processus électoral, M. CHOI, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies en Côte d'Ivoire. M. CHOI y déclare avoir certifié comme étant exacts et conformes aux faits, « les résultats provisoires proclamés par la CEI. » Il a expliqué qu'il a utilisé des méthodes scientifiques pour arriver à la conclusion que c'est M. OUATTARA qui a remporté le second tour de l'élection présidentielle dans notre pays.

Les partisans  et autres soutiens de M. OUATTARA déduisent du rapport de M. CHOI que le peuple de Côte d'Ivoire a porté son choix sur lui. Ils estiment donc qu'ils luttent pour le respect de la volonté du peuple ivoirien. Toutefois, l'examen du rapport de M. CHOI confronté à la réalité des faits permet de soutenir qu'il  ne traduit pas la volonté du peuple exprimé au cours du scrutin litigieux. J'en ai pour preuves les nombreuses failles de la certification. Ces failles portent sur un certain nombre de points parmi lesquels je retiendrai trois.

Le premier point c'est que M. CHOI parle de résultats provisoires qu'aurait donné la CEI. Pourtant, il sait bien que la CEI n'a pas pu donner les résultats provisoires. Cette structure avait trois jours à compter de la fin du scrutin pour le faire. Mais elle n'a pas pu le faire pour des raisons inavouées. Certes un jour avant l'expiration du délai de proclamation des résultats provisoires, il y a eu des incidents entre les commissaires centraux de la CEI. Cependant, au lendemain de cet incident et à une heure de l'expiration du délai, le Président de la CEI est apparu au petit écran pour annoncer que tout était rentré dans l'ordre au sein de la commission centrale. Il a ajouté que les commissaires centraux étaient à pied d'œuvre pour permettre à leur structure de proclamer les résultats provisoires dans le délai qui leur est imparti par le code électoral (article 59 nouveau).

C'est plus tard que le Président de la CEI a donné ce qu'il prétend être les résultats provisoires, dans les conditions irrégulières qu'on ne cessera pas de dénoncer :

-          Hors délai (trois jours ou 72 heures à compter de la fin du scrutin)

-          Dans un hôtel servant de quartier général de campagne au candidat OUATTARA

-          En l'absence des membres de la commission centrale

-          En l'absence du représentant du candidat GBAGBO

-          Sans que les résultats aient été validés par les commissaires centraux.

Le deuxième point c'est que dans son rapport, M. CHOI soutient que même en tenant compte de toutes les réclamations du Président GBAGBO, M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin, sans en rapporter la preuve. Il s'est contenté d'annoncer le taux des suffrages recueillis par chaque candidat. Il n'a donné ni le nombre de voix obtenues par chacun, ni le nombre de voix écartées en vertu des réclamations du Président GBAGBO. Or sur ce point, le Conseil Constitutionnel a proclamé la victoire du Président GBAGBO en ne prenant en compte qu'une partie de ses réclamations. M. CHOI, le Certificateur, devrait donc étayer sa méthode par des preuves irréfutables, sans se contenter de simples déclarations. Même au cours de sa longue conférence de presse, il n'a osé donner le moindre chiffre. Comment peut-on croire à de telles allégations, lorsque le Certificateur occulte la substance des faits ? Le Conseil Constitutionnel ayant donné des chiffres, pour le contrarier valablement, M. CHOI aurait dû donner les chiffres sur lesquels il s'est basé pour faire son rapport.

Le troisième point qui découle du précédent c'est que M. OUATTARA et ses partisans  reprochent au Conseil Constitutionnel d'avoir invalidé les résultats de certains départements, alors que le Certificateur prétend que malgré cela M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin. Est-ce pour eux une façon de remettre en cause cet aspect de la certification ? Si tel est le cas, que reste-t-il de la certification, lorsqu'on sait que, contrairement aux prétentions de M. CHOI, la CEI n'a pas donné de résultats provisoires ? On peut aisément déduire de toutes ces contradictions que le vainqueur du scrutin n'est pas celui qu'a désigné M. CHOI, mais le Président Laurent GBAGBO désigné par le Conseil Constitutionnel. On comprend dès lors pourquoi le Certificateur a occulté les chiffres sur la base desquels il a obtenu les taux des suffrages annoncés. On comprend également pourquoi M. OUATTARA refuse la proposition pertinente du Président GBAGBO de faire éclater la vérité, en recomptant les voix, à partir des bulletins de vote. Il s'oppose ainsi à la manifestation de la vérité.

C'est donc à juste titre que le Christ JESUS a déclaré : « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. » (cf. Jean 3 :20-21). Si cette déclaration traduit l'expérience personnelle de son auteur, elle n'illustre pas moins la situation que vit la Côte d'Ivoire à travers le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

Le premier agit selon la vérité et veut que la lumière soit faite sur le résultat du scrutin. Par contre, le second s'obstine à refuser que la vérité soit dite, préférant les ténèbres à la lumière, de peur que ces manœuvres frauduleuses ne soient dévoilées. Or le Christ a indiqué que celui qui est dans cette dernière situation tombe sous le coup du jugement divin (cf. Jean 3 :19). Ce jugement n'est autre qu'un jugement de condamnation sans recours, dès lors qu'il vient du Juge Suprême.

On peut dès lors se demander si tous ceux qui soutiennent encore M. OUATTARA peuvent accepter de l'imposer à la Côte d'Ivoire, sur la base du faux et du mensonge, en dehors de la vérité ? S'ils acceptent de le faire malgré tout bon sens, peuvent-ils réussir ? Je ne peux y croire car, le temps travaille à l'éclatement de la vérité. Plus le temps passe, plus le monde entier  découvre que la vérité n'est pas avec M. OUATTARA. Ainsi, en plus d'avoir le droit contre lui, on découvre que la vérité est contre lui. Il ne lutte plus contre le Président GBAGBO seul, mais aussi contre le droit et la vérité. Contre Dieu qui est droit et vérité ! Ceux qui continueront de l'aider dans une telle voie sans issue, tomberont aussi sous le coup du même jugement divin.

C'est pourquoi, ni à l'amiable, ni par la force, M. OUATTARA ne parviendra à occuper le fauteuil présidentiel. Il ne sera pas Président de la République de Côte d'Ivoire. Ce point de vue qui est loin d'être une vue de l'esprit est  confortée par la Parole de Dieu qui dit : « L'homme ne triomphera point par la force. » (cf. 1Samuel 2 :9). Or, il ne le cache plus, il compte sur la force des armes pour triompher, pour s'imposer à la Côte d'Ivoire. Oubliant que cette méthode a déjà  échoué, il ignore qu'elle échouera toujours, par la grâce de Dieu. Nous n'avons donc pas à craindre les menaces des armes à feu, quelque sophistiquées soient-elles et d'où qu'elles viennent.

2.2. Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA

La solution tenant au partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA n'a pas encore été sérieusement avancée. Elle est simplement envisagée par certains observateurs, à l'instar de ce qui a été retenu dans certains pays d'Afrique où des crises ont éclaté, à l'issue d'élections présidentielles. Deux principaux schémas sont proposés : la création d'un poste de Vice-Président de la République pour  l'un des antagonistes ou  la nomination de l'un d'eux au poste de Premier Ministre.

Dans les deux cas de figure, un obstacle majeur apparaît : il s'agit de savoir lequel des deux occupera le poste subalterne de Vice-Président ou de Premier Ministre ? Cet obstacle à lui seul suffit pour rejeter ladite solution. Ceux qui ont envisagé cette solution en sont conscients. Cependant, quelques-uns parmi eux soutiennent qu'étant donné que nous sommes en politique où tout est possible, une telle solution n'est pas à écarter du revers de la main.

Quand bien même cet obstacle était franchi, des obstacles spécifiques se dressent contre l'admission de chacun de ces deux postes, comme solution possible.

S'agissant du poste de Vice-Président, il se heurte contre la Constitution en vigueur.  Celle-ci ne prévoit pas de poste de Vice-Président. La création de ce poste nécessite une modification de la Constitution. Or les exigences en la matière sont si majeures que le recours à l'article 48 de la Constitution est inopérant. C'est pourquoi cette solution n'est pas sérieusement envisagée et ne saurait l'être, dans les conditions actuelles.

Pour ce qui est du Poste de Premier Ministre, il a l'avantage d'avoir été prévu par la Constitution. Cependant, l'expérience récente des huit dernières années n'autorise pas à y recourir, si on veut vraiment faire avancer le pays vers des lendemains meilleurs, pour le bien-être des populations. Avec cette solution, on n'échappera pas à des crises d'autorité au sommet de l'Etat. Ce qui exposera le pays à de grands risques de blocages institutionnels. Il en sera ainsi même si c'est pour une période de transition limitée que cette solution sera mise en œuvre.

Il faut ajouter par ailleurs, qu'au cours des dix dernières années, l'expérience des Gouvernements d'union a montré ses limites. Les Ivoiriens qui ont le sens de l'humour y ont vu des Gouvernements de crabes, de scorpions et de reptiles. C'est une raison supplémentaire pour que la solution du partage formel du pouvoir, entre les deux antagonistes, ne puisse pas prospérer.

2.3. La reprise du second tour de l'élection présidentielle

Certains observateurs ont proposé la reprise du second tour de la présidentielle. Sans que cette solution ne constitue véritablement une solution juridique, elle est défendue, en grande partie, par des arguments juridiques.

Les auteurs de cette solution se réfèrent à l'article 64 nouveau du code électoral qui dispose en son premier alinéa : « Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. » Selon eux, lorsque le Conseil Constitutionnel est saisi pour prononcer le résultat définitif de l'élection, il a le choix entre seulement deux solutions : entériner les résultats provisoires proclamés par la CEI (article 63 nouveau) ou annuler tout le scrutin (article 64 nouveau).

Leur proposition serait dès lors un arrangement politique pour rectifier « l'erreur d'interprétation » qu'aurait commise la haute juridiction électorale. Cette proposition viserait en outre à rétablir la paix. Cette proposition appelle, de ma part, quelques observations.

D'abord elle tend à limiter les pouvoirs de l'organe de contrôle qu'est le Conseil Constitutionnel, au profit de l'organe contrôlé qu'est la CEI. On refuse ainsi au premier le pouvoir d'invalider des résultats sans remettre en cause l'ensemble du scrutin, alors que ce pouvoir est reconnu au second. On fait dire au texte ce qu'il ne dit pas.

Or à bien lire le texte, il parle d'une situation de troubles généralisés sur toute l'étendue du territoire national. C'est pourquoi le texte précise que les irrégularités constatées doivent être « de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble. » Il en va autrement lorsque les fraudes ou irrégularités dénoncées au Conseil Constitutionnel qui en a fait le constat sont ciblées ou isolées.

Par ailleurs, on peut reconnaître que, comme c'est souvent le cas des textes de lois, le texte litigieux peut faire l'objet d'interprétations divergentes et donner lieu à des controverses doctrinales. Or nous savons qu'en la matière, la doctrine n'est pas source de droit et ne fait pas autorité. Dans ces conditions, la seule interprétation à laquelle l'on doit s'en tenir, c'est celle de la juridiction suprême compétente en la matière : le Conseil Constitutionnel. Seule sa décision fait autorité et s'impose comme telle.

En respectant la décision du Conseil Constitutionnel, c'est la volonté souveraine du peuple de Côte d'Ivoire qu'on a respecté. Car c'est ce peuple qui, à travers la Constitution, a investi le Conseil Constitutionnel de l'autorité de dire le droit, en pareille situation. Aucune autre personne physique ou morale n'a été investie d'un tel pouvoir. Le peuple souverain de Côte d'Ivoire ayant parlé à travers le Conseil Constitutionnel, aucune personne n'est habilitée à remettre en cause sa décision, d'une manière ou d'une autre. Tel est le sens de l'article 98 de la Constitution qui dispose clairement : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. »

On ne peut donc pas proposer la reprise de l'élection présidentielle sans frustrer le peuple dont la volonté a été exprimée par l'institution qu'elle a investie à cet effet, le Conseil Constitutionnel.  C'est cette volonté qui fait de SEM. Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire. La volonté du peuple exprimée directement par le vote, a été traduite par la décision du Conseil Constitutionnel, conformément aux normes en vigueur. Si cette institution a trahi sa mission, le peuple de Côte d'Ivoire est suffisamment mûr pour se faire entendre. Il en a fait la preuve, à maintes reprises, ces dix dernières années, en se soulevant contre les impostures dont elle a été victime. L'histoire est récente et connue de tous !  Point n'est besoin de rappeler les évènements d'octobre 2000,  de janvier 2003, de novembre 2004, de janvier 2006, etc.

On ne peut pas non plus proposer la reprise de la présidentielle au nom de la paix lorsqu'on sait qu'il suffit de s'incliner face à la volonté du peuple exprimée par le Conseil Constitutionnel pour que la paix règne dans notre pays. La vraie paix c'est celle qui se construit sur le droit, par la justice et dans la vérité. On ne peut donc pas s'attendre à la paix lorsqu'on foule au pied le droit, lorsqu'on prône l'injustice et lorsqu'on refuse que la vérité éclate.


CONCLUSION

Au regard de tout ce qui précède, force est de reconnaître que la vraie solution à cette crise est dans le droit, le droit en vigueur en Côte d'Ivoire appelé aussi droit positif. Nous avons ainsi à notre disposition les moyens pour régler nos conflits. Ce sont la Constitution et le code électorale que nous avons plébiscités lors du référendum de juillet 2000.  Peut-être qu'ils changeront un jour, puisqu'aucune règle de droit n'est immuable de nos jours. Nous ne sommes plus au temps des Lois des Mèdes et des Perses réputées irrévocables dans la Bible (cf. Daniel 6 :9).

Il faut donc accepter et s'approprier  la solution juridique, celle dite par la plus haute juridiction compétente en matière électorale. Nous devons le faire, eu égard à ses mérites dont j'ai relevé les principaux. Nous devons aussi le faire, compte tenu des limites des solutions non conformes au droit en vigueur. La survenance de la présente crise qui consacre l'échec de la prédominance des solutions non conformes au droit applicable, dans le processus de règlement de la crise armée initiale, illustre l'inefficacité de telles solutions. Autant elles s'écartent du droit en vigueur, autant elles éloignent la paix de notre pays.

Il faut recourir avec courage et sans faux-fuyant à la solution juridique. Elle seule épargnera à notre pays de nouveaux dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines. Elle seule neutralisera les menaces de toutes sortes qu'on fait planer sur notre pays et ses dirigeants légitimes.

Il faut alors se battre pour la prédominance de la solution juridique au cours des négociations qui ont lieu en ce moment. Il ne s'agit pas d'une bataille avec des armes physiques et par des actes de violences. Dieu les a en horreur ! Il s'agit d'abord de la bataille spirituelle qu'on livre auprès de Dieu, avec les armes spirituelles dont la prière en première ligne (cf. 1Timothée 2 :1-3). Elle est plus puissante et plus efficace qu'une arme quelconque qui peut se nommer sur terre. Il s'agit ensuite de la bataille psychologique de communication, pour sensibiliser l'opinion publique nationale et internationale sur les vertus de la solution juridique. Cette solution étant connue à travers la décision du Conseil Constitutionnel, il s'agira aussi de communiquer sur le sens de cette solution.

La cause défendue étant juste, son succès est garanti. Nous avons des raisons d'espérer que la solution juridique finira par s'imposer. Si les hommes refusent de s'y soumettre, Dieu veille au grain pour la leur imposer. Car, hier comme aujourd'hui, nous dit la Bible, c'est Dieu le  Très Haut « qui domine sur le règne des hommes et qui le donne à qui il lui plaît. » (cf. Daniel 4 :17). Les deux principaux protagonistes le savent. Et, au regard de ce qui précède, le choix de Dieu est connu. C'est ce choix qu'il va bientôt imposer, à travers le droit, après nous avoir suffisamment fait voir tout ce qui se tramait dans les ténèbres, depuis au moins dix ans.


« Que votre cœur ne se trouble point, croyez en Dieu et croyez en moi »,

Nous dit notre Seigneur Jésus-Christ, selon Jean 14 :1.


Et à moi d'ajouter :

QUE DIEU VOUS BENISSE,

QU'IL BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


 

VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

jeudi, 10 février 2011

CRISE EN COTE D'IVOIRE: LE RAPPORT QUE CACHE LE COREEN YOUNG JIN CHOI

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L'information émane d'une source proche de l'ONUCI. Un rapport produit par les observateurs dépêchés par l'ONUCI dans le nord de la Côte d'Ivoire lors du second tour de l'élection présidentielle tenu le dimanche 28 novembre 2010 n'a pas été porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale par Young J. Choi dans son bilan de certification du scrutin. Et pour cause, ce rapport est accablant, a-t-on appris, pour Alassane Dramane Ouattara et la rébellion armée agissant pour lui. Bourrage des urnes, violence sur les électeurs soupçonnés de supporter Laurent Gbagbo, viol de femmes, violence sur les observateurs nationaux et internationaux dont ceux de l'ONUCI, de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA), graves irrégularités, etc., ce rapport serait un véritable brûlot contre les exactions et autres actes anti-démocratiques survenus en zones CNO (centre, nord et ouest) occupées par la rébellion armée.

Ce rapport, qui fait clairement mention du «tonnerre de violence» que les rebelles ont fait abattre sur les représentants du candidat Laurent Gbagbo dans les bureaux de vote (certains ont dû fuir pour sauver leur vie), n'épargne pas les observateurs internationaux. Dont il révèle les déboires dans les localités de Bouaké, Korhogo, etc. Au dire de nos sources, ce rapport qui existe bel et bien n'a jamais été rendu public par Young J. Choi, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire. Choi a visiblement caché ce rapport accablant pour rédiger un compte-rendu personnel sur le second tour de l'élection présidentielle. Dans ce compte-rendu qu'il a remis à l'ONU, Choi ne mentionne pas les violences dans les zones sous occupation des rebelles. Il qualifie les actes de violence de minime.

Toujours selon les sources proches de l'ONUCI, Abou Moussa, adjoint de Young J. Choi, n'aurait pas apprécié que le rapport sur la réalité du scrutin du 28 novembre ait été totalement ignoré dans le compte-rendu de l'ONUCI à l'ONU. Sur cette question, des divergences l'opposeraient à Choi.


Source: IVOIREVOX.COM

LE «GBAGBO TOUR» DES DEPUTES UMP ANNULE IN EXTREMIS PAR L'ELYSEE

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Le coup médiatique était presque parfait pour le régime de Laurent Gbagbo. Vendredi soir 04 février 2011, une délégation composée d'au moins trois députés « UMP » aurait dû prendre l'avion pour la Côte-d'Ivoire, où le tapis rouge avait déjà été déroulé. Mais une fuite intempestive, via la « Lettre du continent », a tout fait capoter à quelques heures du décollage. Par Thomas Hofnung.


Le conseiller pour les questions africaines de Nicolas Sarkozy, André Parant, alerte alors le secrétaire général de l'« Elysée », Claude Guéant. Informé, le Président aurait piqué une sainte colère, exigeant du patron du groupe parlementaire « UMP », Christian Jacob, qu'il torpille le voyage. Ce déplacement aurait eu un effet désastreux pour la diplomatie française. Alors que Sarkozy a appelé à plusieurs reprises Gbagbo à quitter le pouvoir après la victoire de Ouattara à la présidentielle de novembre, des membres de sa majorité se seraient retrouvés en goguette sur les bords de la lagune Ebrié ?

Prise de guerre. Samedi 05 février 2011, ignorant les derniers rebondissements à Paris, un quotidien pro-Gbagbo, le Temps, titrait : « Sarkozy perd une partie de son bras de fer avec Gbagbo ». La prise de guerre aurait été belle. Plus encore que la venue des deux vieilles gloires du barreau, Roland Dumas et Jacques Vergès.

Sur place, un programme aux petits oignons et à sens unique avait été concocté pour ces invités de premier choix. Durant leur séjour de deux jours, les députés étaient censés rencontrer Gbagbo à deux reprises. Une réunion était aussi prévue avec Paul Yao N'dré, le président du « Conseil constitutionnel » qui a invalidé le vote de sept départements du nord de la Côte-d'Ivoire, permettant à Gbagbo de l'emporter de justesse face à Ouattara... Egalement au menu : des entretiens avec le chef de la diplomatie, Alcide Djédjé, qui a multiplié ces dernières semaines les saillies contre l'« ONU » et Paris, mais aussi avec Charles Blé Goudé, le leader des « Jeunes Patriotes », devenu ministre. Et, en tout et pour tout, une petite heure à l'« hôtel du Golf », non pas pour y rencontrer Alassane Ouattara, mais les représentants de l'« ONU » et de la « force française Licorne ».

La mort dans l'âme, trois de ces députés - Jean-François Mancel, Cécile Dumoulin et Yves Censi - ont annoncé, samedi 05 février 2011, l'annulation de leur voyage, prétextant « un programme de travail qui paraissait déséquilibré ». « Quel dommage que Jean-François Mancel n'ait pu venir pour s'informer et avoir une vision plus équilibrée de ce qui se passe ici ! » regrettait hier Liliana Lombardo, une ancienne du « RPR » devenue proche du régime de Gbagbo. Il connaît la Côte d'Ivoire depuis longtemps.

Figurant sur la liste des participants diffusée par la présidence ivoirienne (lire ci-contre), l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves JégoJean-François Mancel, ancien secrétaire général du « RPR », il a prudemment décliné après s'être renseigné sur la personnalité de la « puissance invitante », censée être le président de l'« Assemblée nationale » ivoirienne, Mamadou Koulibaly. Un dur, très antifrançais. assure n'avoir jamais envisagé de se rendre sur place. Contacté par Jean-François Mancel, ancien secrétaire général du « RPR », il a prudemment décliné après s'être renseigné sur la personnalité de la « puissance invitante », censée être le président de l'« Assemblée nationale » ivoirienne, Mamadou Koulibaly. Un dur, très antifrançais.

Biographie. Au côté de Mancel, on relève sur cette liste le nom du député des Yvelines Jean-Michel Fourgous. Les deux hommes se connaissent bien. En juillet 2009, ils avaient participé à une « mission d'observation » du scrutin présidentiel au Congo-Brazzaville. Conduite par l'ex-garde des Sceaux Jacques Toubon, celle-ci avait jugé la réélection de Denis Sassou Nguesso parfaitement démocratique, contrairement à Bruxelles.

Ce déplacement avorté, dont l'existence a été découverte tardivement en haut lieu et qui a été annulé in extremis, révèle un nouveau dysfonctionnement de la diplomatie française. Détail troublant, trois de ces députés avaient rendez-vous jeudi prochain avec le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt. Pour un petit débriefing ?

 

Source: NERRATI.NET

OPERATION FRANÇAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE

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OPERATION FRANCAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE[1]


Par BWEMBA-BONG

Membre du Cercle SAMORY

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

(CESAM)

Pour la Renaissance du Peuple Noir


« Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart.

De tous les anciens pays négriers, la France est le seul qui, six siècles plus tard, après la prétendue Abolition de la Traite négrière, s'accroche toujours et continue, par diverses violences, à vampiriser avec arrogance l'Afrique Noire qu'elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris. Aussi, chaque fois que celle-ci tente de sortir la tête de l'eau, la nation de Gobineau et Colbert est-elle toujours présente, pour l'y replonger.

Dans son préambule, la Constitution française de 1958 fait mention des Droits de l'Homme définis par la Déclaration de 1789, complétée par le Préambule de la Constitution de 1946, et du principe de la Libre Détermination des Peuples.

C'est sur l'application de cette profession de foi que se fonde l'Article 1er du texte, qui dispose : « La République et les peuples des territoires d'outre-mer qui, par un acte de libre détermination, adoptent la présente Constitution instituent une communauté. La communauté est basée sur l'égalité et la solidarité des peuples qui la composent ».

Ainsi donc, la Communauté franco-africaine, nouvelle structure mise sur pied par la France pour ne pas lâcher son empire et ses colonies d'Afrique Noire, donnait à penser qu'elle reposait sur deux principes fondamentaux : la participation et l'autonomie.

L'Article 76 de cette Constitution dispose : « Les territoires d'outre-mer peuvent garder leur statut au sein de la République s'ils en manifestent la volonté par délibération de leur Assemblée territoriale prise dans le délai prévu au premier alinéa de l'article 91 (dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la Constitution), ils deviennent soit départements d'outre-mer de la République, soit groupés ou non entre eux, Etats membres de la communauté ».

Quatre solutions se présentaient donc :

1°)- Rejeter la Constitution (ce que fit la Guinée, sous l'impulsion de Sékou Touré). Ce vote négatif impliquant que, par ce rejet, la colonie sortait de l'Union Française, qu'elle n'entrait pas dans la Communauté, qu'elle devenait indépendante ;

2°)- Opter pour le régime de département d'Outre-mer ;

3°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient garder leur statut au sein de la République ;

4°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient devenir des Etats membres de la Communauté.

Quant à l'autonomie, c'est le Titre XII de la Constitution, intitulé De la Communauté, qui en précisait la situation juridique, par des textes qui la définissaient à travers ce qu'ils dénommaient « l'Autonomie des Etats de la Communauté ».

S'inspirant de la doctrine de la IVe République, la Ve République reprenait ce système d'autonomie qui n'avait qu'un semblant de souveraineté interne.

A cet égard, l'Article 77 stipulait à propos de ces Etats fictifs : « ...s'administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires ».

Mais l'Article 78 définissait la compétence de la Communauté : la politique étrangère, la défense, la monnaie, ainsi que la politique économique et financière revenaient à la France seule. En définitive, la Communauté se substituait tout simplement à l'Union Française.

Structurellement, la Communauté se composait de quatre organes :

- le Président de la République (Français)[2],

- le Conseil Exécutif,

- le Sénat de la Communauté,

- la Cour arbitrale.

BWEMBA BONG 2.jpg

Au plan de la participation, il était institué des organes propres de la Communauté, désignés indirectement par les populations des Etats membres et exerçant des compétences communes ; il s'agissait, en l'occurrence, du Président de la République française, du Conseil exécutif qui était composé notamment des chefs de gouvernement des membres de la Communauté et des ministres chargés par la Communauté des affaires communes, du Sénat de la Communauté, composé des parlementaires français et d'élus africains membres des Assemblées Territoriales ; enfin, d'une Cour Arbitrale.

Ces organes étaient investis des compétences attribuées à la Communauté : la politique étrangère, la défense, la politique des matières premières stratégiques, la politique économique et monétaire, l'enseignement supérieur, le contrôle de la justice, etc.

La Communauté autorisait formellement chaque Etat, y compris ceux d'Afrique Noire, à disposer d'organes propres : un gouvernement dirigé par un Premier ministre, une Assemblée territoriale et des tribunaux. Toujours aussi formellement, ces organes étaient investis des compétences de maintien de l'ordre, de vote du budget, de levée des impôts, de règlement des litiges, etc.

Dans la réalité, le droit de séparation proclamé par la France, était, comme la plupart de ses principes, une déclaration qui n'avait pas à avoir d'effet dans la pratique. La Guinée, qui sous la direction de Sékou Touré opta pour la séparation, en fit la triste expérience. C'est ce que révèle un responsable des services secrets français, alors chargés de mener la guerre totale et sans répit à la Guinée nouvellement indépendante : « Dans les semaines suivant le « non », Sékou Touré pouvait encore être récupéré. Albert nous bombarde de rapports pour nous signaler que le leader guinéen guette le moindre signe de dégel. Mais De Gaulle a décidé de se montrer intraitable et confie à ses intimes :

Sékou Touré, je le veux à plat ventre....

A ce jeu-là, Sékou Touré s'endette chaque jour un peu plus, car cette aide étrangère est payante, les missions économiques de l'Est ne lui font pas de cadeau. Où trouver l'argent ? Il n'a même plus de quoi payer ses fonctionnaires. De Gaulle lui a coupé les vivres [...]

Cet argent, disent les responsables français, restera bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu'au moment où nous serons autorisés à verser les pensions directement aux ayants droit [...]

Mais voici un miracle : Sékou Touré se souvient brusquement qu'il possède, dans les caisses de la Banque Centrale de Guinée, la très coquette somme de quatre milliards de francs C.F.A., abandonnés par les Français. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt pour éponger ses dettes ? Il commence donc à prélever sur le magot [...]

Alarmé, notre agent à Conakry nous prévient que Sékou Touré est en train de puiser dans des ressources insoupçonnées, au détriment de notre propre balance C.F.A., car il s'agit de monnaie émise par la Banque de France. Il nous propose d'y mettre le holà. Comment ? [...]

Vous m'envoyez deux ou trois grenades au phosphore. Moi, j'ai déjà repéré les cheminées d'aération de la Banque Centrale qui descendent jusque dans la salle des coffres. J'irai dire bonjour à mon copain le ministre et, ni vu ni connu, je balance les grenades. C'est un coup à gagner quatre milliards [...]

Quant au reste, soit près de trois milliards de francs C.F.A. en billets neufs, ils ne sont pas encore en circulation. Le directeur de la Banque de France devait, pour les rendre valables, signer le traditionnel décret d'émission. Mais on a attendu le résultat du référendum. A la suite du « non » de la Guinée, De Gaulle a donné des ordres formels pour que le décret ne soit pas pris : cette masse de billets demeure sans valeur [...]

Sékou entre dans une rage folle. Il se sent abominablement piégé. L'indépendance est une belle chose, mais comment se débrouiller quand on n'a plus un sou vaillant, plus un compte bancaire, quand l'argent que l'on croyait détenir est frappé d'un mal mystérieux et se désintègre entre vos doigts ? [...]

Pourtant, c'est le même franc CFA que celui qui circule au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali, etc. A un détail près toutefois, qui change tout. Dans sa grande méfiance, la Banque de France a pris depuis longtemps ses précautions : la monnaie imprimée en métropole et émise pour chaque territoire africain porte une lettre spécifique permettant de l'identifier. Ainsi, tout ce qui vient maintenant de Guinée est automatiquement détecté et rejeté [...]

Nous avons appris que la Guinée voulait de toute façon quitter la zone franc, créer sa propre monnaie [...]

Nous allons nous procurer des billets de la nouvelle monnaie guinéenne. Dans l'imprimerie ultra-secrète de la Piscine[3], dirigée par un officier Pied-Noir, nous sommes en mesure de reproduire ces bank-notes le plus parfaitement du monde et nous en inonderons le marché guinéen [...]

C'est de bonne guerre. Sékou Touré s'est moqué de nous, et a voulu tricher lui-même avec nos propres francs CFA [...]

Sékou Touré se retrouve avec une monnaie inexploitable, ruiné, aux abois. Il est à plat ventre comme le souhaitait le Général. Mais pas devant la France. Il se tourne définitivement vers les régimes socialistes ... »[4].

Mais, malgré la volonté de la France de doter la Communauté d'une armature colonialiste plus renforcée, celle-ci n'aura qu'une courte existence de deux ans, Paris ayant changé de stratégie : face à la revendication de l'indépendance posée par le Cameroun, et soucieuse d'éviter l'embourbement de type algérien en Afrique Noire, la France choisit la ruse articulée autour d'une donne nouvelle : octroyer de façon déclarative l'indépendance aux colonies, tout en gardant la haute main sur tout l'empire : le néocolonialisme.

Ainsi donc, la réalité de la politique de la France en Afrique Noire était appliquée en Guinée, par le Général de Gaulle qui, de ce fait, était d'autant plus à l'aise pour répondre à ceux qui lui faisaient grief d'avoir bradé ce qui restait à la France de son empire colonial : « Des territoires qui ne cessaient pas, depuis dix ans, d'aspirer à l'indépendance, la réclament aujourd'hui avec insistance. Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire, tenter de le comprendre, de l'assimiler, de le canaliser ? ».

L'expérience de l'Indochine et celle de l'Afrique du nord ont servi à devancer les événements en Afrique Noire. Elles ont permis d'octroyer l'indépendance qui allait être arrachée :

« J'ai desserré les liens avant qu'ils ne se rompent »[5].

Effectivement, le général de Gaulle avait desserré les liens avant qu'ils ne se rompent. Il avait réussi par la terreur sur la Guinée, et l'assassinat des vrais combattants africains de l'Indépendance, à placer à la tête de la quasi-totalité des « Etats » d'Afrique Noire à l'heure des fausses indépendances, des personnages dont la particularité était d'être marqués du sceau de la souplesse d'échine, et de s'être, de ce fait, farouchement opposés à l'indépendance de l'Afrique Subsaharienne, mais qui, pour les besoins du néocolonialisme, étaient travestis en « grands timoniers », « héros nationaux », « pères de la Nation ».

Dans un article d'une brûlante actualité aujourd'hui encore, sur les relations invariablement colonialistes que la France a toujours entretenues avec l'Afrique Noire, Cheikh Anta Diop notait déjà en 1953, avec une clairvoyance et une lucidité prémonitoires : « De toutes les puissances européennes qui dominent l'Afrique, la France est l'une des plus colonialistes - sinon la plus colonialiste. Les méthodes qu'elle applique (politique d'assimilation, etc.) sont telles que malgré l'exploitation la plus féroce, on n'a pas vu surgir, jusqu'ici, dans ses colonies d'Afrique Noire (les territoires sous mandat mis à part) une franche aspiration à l'indépendance nationale. Le colonialisme français a même réussi un tour de force exceptionnel en créant des consciences politiques, de tout âge, vieilles, d'âge mur, jeunes, attelées à la défense de l'Union française.

Car, l'Union française, quelque soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains, en ce sens qu'elle impliquera, toujours, une exploitation unilatérale de l'Afrique par la métropole et un étouffement des aspirations légitimes d'indépendance nationale des peuples colonisés, sans la réalisation desquelles il n'y a pas de démocratie possible »[6].

En effet, par la ruse, la fraude et une violence endémique, les institutions administratives et politiques, créées par la France dans le cadre de sa mainmise sur l'Afrique Noire, fonctionnèrent et continuent de fonctionner à la pleine satisfaction de leur initiatrice.

D'un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres » qui, pense-t-elle, restent encore à portée de son hégémonie[7]. Aussi, fonde-t-elle sa politique extérieure sur une stratégie dont l'objectif central est d'empêcher les anciennes colonies d'Afrique Noire, de vivre de façon libre et indépendante. Pour ce faire, elle repose sa politique africaine sur une logistique dans laquelle elle s'inscrit comme le pays emblématique représentatif du triomphe de l'Occident sur le monde noir. Son système fonctionne ainsi sur la base :

1°)- Du maintien de l'Afrique Subsaharienne (que Jacques Chirac s'est donné pour mission d'élargir de plus en plus aux anciennes colonies africaines dites anglophones, lusophones et hispanophones) dans une colonisation de type nouveau, par laquelle la France les utilise dans la plupart des problèmes internationaux pour ses besoins de puissance politique, économique, militaire et culturelle. En somme, le colonialisme français ancien a muté en néocolonialisme néonégrier triomphant : la coopération franco-africaine dont l'unique dominante et seule bénéficiaire est la France ;

2°)- D'une prétendue « coopération » qui sert de justificatif au pillage économique de l'Afrique Noire, aux interventions militaires françaises, et à l'aliénation culturelle des populations africaines, au nom d'une prétendue communauté de langue : le Français ;

3°)- De l'ancrage de l'Afrique Subsaharienne dans une intégration esclavagiste de plus en plus subtile, mais toujours plus renforcée et rigide ;

4°)- De la poursuite par la France de ses objectifs de domination, tout en les renforçant dans le cadre d'une projection stratégique ;

Cette nouvelle forme de maintien de l'Afrique Noire dite francophone en esclavage par la France se révèle être un système dans lequel le suzerain français et ses esclaves mages forment un Tout. Il se veut immuable, et n'accepte de remise en cause ni de sa structure, ni de son fonctionnement. Aussi, suffit-il seulement qu'un territoire africain se donne lui-même librement ses représentants, pour qu'un tel acte d'indépendance soit ressenti comme une agression et appelle la riposte immédiate : le coup d'Etat téléguidé de Paris et l'élimination du régime « intrus ».

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lundi, 07 février 2011

REVELATIONS DU PASTEUR KONE MALACHIE SUR LA COTE D'IVOIRE

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Chers lecteurs, je vous donne ici, le lien des révélations reçues par le Pasteur KONE Malachie sur la Côte d'Ivoire ou plus exactement sur la crise ivoirienne et son dénouement miraculeux. Je ne m'y prononce pas. Prière, les écouter et vous en faire une idée propre.


Cliquer sur le lien ci-dessous pour télécharger le fichier audio du témoignage du prédicateur ivoirien:


http://afrobox.net/audio/118/revelation-du-pasteur-kone-m...


Que DIEU vous bénisse et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

USAGE DE MOYENS MILITAIRES HI-TECH EN COTE D'IVOIRE: GUERRE PSYCHOLOGIQUE, INTOXICATION OU REALITE?



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Voici ce sur quoi Ouattara compte

Notre boite de courrier électronique ne désemplit pas de messages indiquant la présence de forces spéciales françaises, d'éléments du COS français (opérations spéciales), etc. Nous savons que l'armée ivoirienne prend des dispositions pour contrer toute attaque. L'analyse faite des forces en présence et la détermination des FDS-CI qui veulent laver l'affront à eux fait par quelques "lacrous" alors aidés par la France,  indiquent que le risque de déflagration généralisée qui pourrait même toucher le Burkina  Faso est trop grand et serait à l'avantage du Président Gbagbo. Tel que nous connaissons Ouattara, nous avons cherché à comprendre sa "trop grande" assurance et le fondement de ses dernières sorties menaçantes. Pour qui le connait, son comportement est un bon indicateur. Il agit toujours comme "l'aveugle qui a son pied sur la pierre". La question était alors de savoir quelle est cette "pierre" qui le rassure tant? Ecartant l'option  trop risquée pour eux de l'offensive militaire de terrain, il ne reste plus que des actions commandos ciblées. Recherches faites, nous évoquons ici des possibilités :

L'emploi de soporifiques

Cette option est peu coûteuse et moins voyante. Elle consisterait à endormir les soldats sur des sites ciblés à l'aide de gaz soporifiques contenus dans des cannettes (canisters) lancées  à partir de drones ou de fusils lanceurs silencieux ou non détonants.  Il ne leur restera plus qu'à cueillir nos soldats endormis et passer ou agir suivant le site de l'opération. La faisabilité est grande et réaliste, même si elle pourrait être gênée par des vents non favorables. Nos soldats aux points névralgiques devraient être équipés de masques à gaz. Et puis notre armée de l'air devrait être vigilante dans la surveillance de notre espace aérien. Interdire tout aéronef non civil et se doter des moyens de "tomber" tout drone.

L'Impulsion électromagnétique (IEM)

Un peu plus chère mais plus efficace et non soumise aux aléa météorologiques, cette option n'est pas à écarter. L'on sait de source interne que du matériel d'émission radio (ondes hertziennes) a été livré au Golf Hôtel. Certains pensent à la mise en place d'une télé. Mais nous pensons que c'est une fausse piste. La mise en place de la radio RHDP est un leurre pour faire penser à la mise sur pied d'une télé dont l'utilité n'est pas évidente actuellement. Ce matériel est destiné à la mise sur pied d'un émetteur d'IEM. Et si Ouattara est menaçant actuellement, c'est parce qu'il a été "brieffé" sur l'efficacité de la méthode quasi chirurgicale et des assurances lui ont été données quant aux délais de mise en œuvre qui n'excèderaient pas fin Janvier.

Les IEM ont pour effets de neutraliser tout matériel électronique ou mécanique à commande électronique (char, lance missile, émetteur radio-télé, etc). Elles ont aussi pour effet d'étourdir tout être vivant dans leur rayon d'action. La résidence du Président n'est pas loin du Golf. La parade est la mise en place de cages de faraday. Le département de Physique (électronique, électrotechnique, physique atmosphérique, etc) de notre Université doit être mis à contribution, pour appuyer notre armée qui dispose aussi en son sein d'ingénieurs hautement qualifiés. Il existe aussi des solutions toutes faites, tel le PR4G, appareil radio de quatrième génération, réalisé par Thomson (société française) que nous ne pourrons pas acquérir, ou du moins qu'ils se refuseront de nous vendre. Le rayon d'action des IEM peut être élargi en s'appuyant sur les relais de téléphonie cellulaire.

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Son emploi se décline aussi en arme embarquée sur un véhicule roulant (pick-up ou Jeep) avec le Pulsed Energy Projectile développé par des firmes comme ATK. Dans une telle configuration, l'appareil permet de viser une foule aussi bien qu'un individu, et de contrôler l'ampleur des dommages qu'on cause à la cible. Avec une portée de 2 km, il est efficace contre des adversaires embusqués, puisqu'il suffit de l'orienter dans leur direction et non pas de les viser exactement.

Nous pensons qu'ils ont usé de beaucoup de leurres pour détourner notre attention de ces options qu'ils ont arrêté depuis longtemps. Nous en voulons pour preuves :

  • Le choix du site du Golf Hôtel pour sa proximité avec la résidence du Président et des installation de l'ATCI à Anoumabo,
  • les équipements radios convoyés sur ce site depuis longtemps.
  • la mise en place de la radio du RHDP pour des tests (brouillage de la RTI)
  • Sachant que la population pourrait intervenir, ils se sont dotés de camions à canon à eau pour contenir toute émeute
  • les conteneurs d'armes et d'équipements saisis au port, etc ...sont de véritables leurres (ils sont trop intelligents pour commettre de telles "gaffes". Ils ont le port de Dakar et des transalls pour la liaison)

Ces informations sont à prendre au sérieux d'autant que ces grandes puissances disposent ici d'un théâtre de tests en grandeur réelle, qu'elles n'hésiteront pas un seul instant à exploiter.


Source: AU COEUR DES ELECTEURS-CI.NET

DECLARATION DE IPCI SUR L'IMMIXTION FLAGRANTE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DANS LES AFFAIRES INTERIEURES DE LA COTE D'IVOIRE

 

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A la veille du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, nous mettions en garde la Communauté Internationale, dans toutes ses composantes, contre toute velléité de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire. Et cela parce que le Seigneur nous avait révélé les risques d'affrontements et de violence qui découleraient de ce scrutin, et du projet de certaines puissances de mettre la Côte d'Ivoire sous une quelconque tutelle. Nous estimions alors que la Côte d'Ivoire pouvait et devait régler ses incompréhensions par elle-même.

Si le premier tour s'est déroulé à peu près correctement, avec l'aide des Nations Unies et de la Communauté Internationale, le deuxième a conduit aux affrontements que nous redoutions et a fait naître une crise.

Malheureusement les dérives constatées çà et là dans la gestion de cette crise par les Nations Unies et la Communauté Internationale, sensées travailler pour la paix, nous laissent perplexes.

Il y a manifestement une réelle volonté de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire par la Communauté Internationale. Cette attitude répond assurément à un souci évident de mépriser les nations dites faibles.

Par conséquent, nous réitérons ici notre ferme opposition à ce projet funeste contraire au bon sens et au plan de Dieu pour cette nation.

En effet cette levée de bouclier du « monde entier » contre la Côte d'Ivoire ne doit pas nous troubler, car les promesses de l'Eternel Dieu pour notre nation qui entre dans son jubilé sont manifestes. A ce titre, et en tant que Nation choisie, Dieu veut faire de la Côte d'Ivoire un instrument de sa gloire, un modèle d'espérance promise à l'Humanité.

Pour ce faire, Dieu va l'affranchir de toutes formes de tutelle dans tous les domaines de son existence ! C'est donc ce processus qui est en marche et qui s'achèvera effectivement par la victoire éclatante de l'Eternel des Armées.

C'est pourquoi, nous en appelons au peuple de Côte d'Ivoire afin qu'il garde son calme et ne s'inquiète point car la délivrance et l'élévation sont acquises. Selon que le Psaume 75 le proclame en ses versets7 et 8 « ce n'est ni de l'orient, ni de l'occident' ni du désert que vient l'élévation. Mais Dieu est celui qui juge... » L'heure est venue de se tourner vers Dieu et d'obéir à Sa parole.

Bientôt nous chanterons tous à l'unisson ce cantique du Psaume 126 en son verset 3 « L'Eternel a fait pour nous de grandes choses; Nous sommes dans la joie».

 

Heureuse la "Côte d'Ivoire" dont l'Eternel est le Dieu! Heureux le peuple qu'il choisit pour Son héritage! Psaume 32 :12


Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire ! Vive la Côte d'Ivoire ! Vivent les Ivoiroises ! Vivent les Ivoirois !

 

IPCI

Intercesseurs Pour la Côte d'Ivoire

COTE D'IVOIRE - COUP DE FORCE ELECTORAL: ENCORE DES PREUVES !

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Capture d'écrans du complot de la France et de la collusion entre le RHDP, l'ONUCI et la  FRANCE.
Ces "Print Screen" ont été faits par un Facebooker alors même qu'il ne savait pas qu'il en aurait besoin dans le futur. Il gardait ainsi des images de preuves irréfutables de la préparation du complot visant à proclamer Alassane Ouattara vainqueur des élections présidentielles 2010. Ces images montrent bien la collusion entre le RHDP, l'ONUCI et la France dans ce coup de force électoral au 2nd tour.
Regardez bien les parties encadrées sur ces images.

Les faits :

1- Le 29 novembre au soir, le site LGO annonce puis présente ADO comme le "Nouveau président Ivoirien". Notez bien qu'il ne dit pas le "Futur Président" mais le "Nouveau Président". Comme s'il donne une information et non une prévision ou une prédiction...

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Ce même site dont le propriétaire n'est autre que Jean Paul Ney, ce français qui avait été arrêté et mis en prison pour tentative de déstabilisation de la Côte d'Ivoire, en complicité avec Ibrahim Coulibaly dit IB, avait publié dès le 29 novembre 2010 déjà, des résultats qui donnaient Alassane Ouattara vainqueur à plus de 53%, alors même que la CEI commençait à peine ses délibérations.

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2- A partir du 30 novembre, le site ADO SOLUTIONS annonce en Flash Info que les résultats ne seront pas communiqués via la RTI : « La RTI ne retransmettra pas les résultats proclamés par la CEI, suivre plutôt sur ONUCI FM ou les chaines... (étrangères) ». Donc le site de campagne du candidat Alassane Ouattara savait que Bakayoko allait faire ce qu'il a fait devant les chaînes étrangères. De plus, l'ONUCI est bel et bien présenté comme complice de ce qui allait arriver puisque la radio ONUCI FM apparait bien en première position...

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3- Le 1er décembre, EURONEWS donne ce Flash Info : "Côte d'Ivoire: Alassane Ouattara proclamé vainqueur de l'élection présidentielle par la commission électorale.". Cela semble anodin! Mais attention, Bakayoko a fait sa déclaration le 2 décembre et non le 1er décembre.

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Conclusion :
Alassane Ouattara, candidat de l'étranger, et ses soutiens avaient prémédités l'issue de ces élections dès après le premier tour ou même avant. Mais leur plan ne marche pas comme prévu et a conduit la Côte d'Ivoire dans l'impasse actuelle. Seule la vérité viendra à bout d'Alassane Ouattara, et elle a commencé à sortir. Tout doucement mais sûrement.

____________________
Georges Gino (facebook - Georges Gino)
* Remerciement spécial a "Coolman Ivoire" pour sa vigilance et ses images. Tout le mérite est pour toi.

 

Source: TELEDIASPORA.NET

VIGILANCE, PATRIOTES IVOIRIENS! : L'OPTION MILITAIRE N'EST PAS ENCORE ECARTEE TOTALEMENT



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In Le Nouveau Courrier N°197 du 05 et 06 Février 2011 par NEA Kipré, Enseignant à l'Université de Cocody-Abidjan.


Les lampions viennent de s'éteindre sur le 16e sommet de l'Union africaine (UA). A ce sommet, les Chefs d'Etat africains ont pris leurs responsabilités en décidant de la création d'un panel de cinq (5) Chefs d'Etat représentant chacun une région africaine (Nord, Sud, Ouest, Est et Centre), pour évaluer, en vue d'un règlement pacifique, la situation de crise que vit la Côte d'Ivoire. C'est sûrement là une très bonne nouvelle pour toute l'Afrique en général, et pour la Côte d'Ivoire en particulier.

Toutefois, sans être un rabat-joie, je voudrais nous inviter à rester vigilants, car la perspective d'une guerre en Côte d'Ivoire n'est pas encore écartée totalement. Ma conviction vient de l'analyse qui suit.

1- Ce n'est pas l'UA qui fait la guerre à la Côte d'Ivoire

L'UA a écarté, disons-le tout net, l'option militaire, convaincue qu'elle est que cette option ne peut que produire ruine et désolation en Côte d'ivoire et en Afrique. Cela est vrai! Mais, est-ce l'UA qui fait la guerre à la Côte d'Ivoire et à Gbagbo? Je réponds par la négative. Si donc ce n'est pas l'UA qui fait la guerre, depuis septembre 2002, à la Côte d'Ivoire, l'abandon, par cette organisation, de l'option militaire n'est pas suffisant pour que les patriotes ivoiriens croient que cette option est écartée totalement.

De même, si la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) abandonnait l'option militaire dans la résolution de la crise en Côte d'Ivoire, cela ne serait pas encore suffisant pour croire que cette perspective est écartée totalement, car ce n'est pas la CEDEAO qui fait la guerre à la Côte d'Ivoire depuis 2002. D'ailleurs, souvenons-nous que la CEDEAO, par la médiation dirigée par feu le Président Eyadema du Togo, était sur le point de résoudre pacifiquement la crise ivoirienne, avec les négociations entre l'Etat de Côte d'Ivoire (délégation de Fologo), et les rebelles, lorsque le ministre des Affaires étrangères d'un pays lui a retiré l'initiative. Ce ministre a convoqué, à Paris, une table dite ronde qui a exclut l'Etat de Côte d'Ivoire, c'est-à-dire la partie attaquée, des pourparlers de paix. Nous en connaissons les résultats.

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Faisons même cette hypothèse d'école selon laquelle Soro et Ouattara décident de renoncer à la guerre destructrice de la Côte d'Ivoire. Cela ne serait toujours pas suffisant pour croire que la guerre est écartement totalement en côte d'ivoire; parce que ce n'est pas Soro et Ouattara, que je considère comme du menu fretin, qui font la guerre à la Côte d'Ivoire. Faut-il rappeler que Soro Kigbafori Guillaume, avant d'être dirigeant de la rébellion et d'occuper, à ce seul titre, le fauteuil de Premier ministre de Gbagbo qui voulait la paix, n'a jamais travaillé et donc n'a jamais perçu un salaire pouvant lui permettre l'acquisition d'un petit pantalon. Soro ne peut donc pas acheter, encore moins payer, les armes dont dispose sa rébellion. Quant à Ouattara, bien qu'il ait été fonctionnaire au FMI, Vice-gouverneur de la BCEAO pour le compte de la Haute-Volta, et Gouverneur de la même BCEAO pour le compte de la Côte d'Ivoire, il n'a pas une fortune capable de payer les armes que nous avons vues. Bien évidement, il s'agit, ici, d'une hypothèse d'école, car ni Soro, ni Ouattara n'abandonneront jamais la rébellion. S'ils osaient, le vrai commanditaire de la rébellion, celui qui a organisé et financé la rébellion, celui qui utilise Ouattara et Soro comme simples instruments, et qui a filmé tout ce qui s'est passé au nord, au centre et à l'ouest de la Côte d'Ivoire, au mieux, les traduirait devant le TPI, au pire, les liquiderait physiquement.

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2- C'est la France qui fait la guerre à la Côte d'Ivoire

Lorsqu'il y a assassinat par arme à feu, qui faut-il incriminer? L'arme ou la personne qui a appuyé sur la gâchette? Nous répondrions tous par : la personne qui a appuyé sur la gâchette. Ainsi donc, si Ouattara et Soro, Goodluck, Compaoré et consorts, ne sont que des instruments utilisés, par la France, de Chirac à Sarkozy, alors, nous devons reconnaître, comme nous l'a indiqué, depuis 2002, le syndicat national de la recherche et de l'enseignement supérieur (SYNARES), que c'est la France qui fait la guerre à la Côte d'Ivoire pour ses richesses. Or, cette France-là n'a pas encore renoncé à l'option militaire pour chasser Gbagbo du pouvoir, car Sarkozy ne veut pas se faire humilier par le président d'un petit pays, de surcroît un pays de nègres. Il voudra encore jouer son va-tout : assassiner le Président Gbagbo.

3- La France ne fait pas la guerre à la Côte d'Ivoire pour combler un déficit en élections

La guerre que livre la France depuis le petit matin du 19 septembre 2002 n'a pas pour objectif de combler un déficit en élections en Côte d'Ivoire. En effet, nous savons que, depuis l'indépendance de ce pays en 1960, et ce malgré le coup d'état de Guéi en 1999, la Côte d'Ivoire a organisé, régulièrement et à date constitutionnelle, des élections présidentielles jusqu'en 2000. La France ne fait donc pas la guerre au président de la Côte d'Ivoire parce que celui-ci refusait d'organiser une élection présidentielle. Elle fait la Côte d'Ivoire de Gbagbo parce que le président ivoirien refuse la suzeraineté de la France politique, et veut gouverner autrement la Côte d'Ivoire, en privilégiant la préférence nationale comme dans tous les pays. Il est donc jugé insoumis, impoli et intrigant. Et la France veut le remplacer par un homme lige, un président bien poli, un paillasson où elle peut essuyer ses pieds. La France a vu en Ouattara, une personne sans pays fixe, l'homme qu'il lui faut. Je rappelle, au besoin, que les rebelles, depuis l'aube de leur action destructrice, clament tout haut, par la voix de Koné Zakaria, qu'ils sont venus installer Alassane Dramane Ouattara au pouvoir.

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Mais alors, pourquoi la France s'obstine-t-elle à installer Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire? Pour répondre à cette question, je fais l'hypothèse suivante. La France veut installer Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire, ne serait-ce que pour quelques jours, afin de dater l'accord (le contrat) déjà signé par Ouattara sur la cession des richesses de la Côte d'Ivoire à la France, avec une clause qui interdit la modification du contrat avant une longue période (20 à 30 ans). Oui, c'est une suspicion légitime.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

RESOLUTION DE LA CRISE IVOIRIENNE: 3 SCHEMAS POSSIBLES POUR LE PANEL CREE PAR L'UNION AFRICAINE



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Logo de l'Union Africaine (UA)


5 chefs d'Etat africains, dont les présidents mauritanien, sud-africain, burkinabé, tchadien, et tanzanien, se préparent à venir en Côte d'Ivoire pour tenter de trouver une solution à l'impasse politique née de l'élection présidentielle du second tour le 28 novembre 2010. A l'issue de sa 259è réunion tenue le 28 janvier 2011, le « Conseil de paix et de sécurité (Cps) » de l'« Union africaine » a en effet décidé de la mise en place de ce « groupe de haut niveau » qu'il a « mandaté pour évaluer la situation (post-électorale en Côte d'Ivoire ndlr) et formuler sur la base des décisions pertinentes de l'+ UA + et de la + Cedeao +, une solution politique d'ensemble ». Par Hamadou ZIAO.


Ce groupe, note le communiqué du « Cps », « conclura son travail dans un délai qui ne dépassera pas un mois, et ses conclusions, telles qu'elles seront entérinées par le + Conseil +, seront contraignantes pour toutes les parties ivoiriennes avec lesquelles elles auront été négociées ». Au- delà de cette vague définition de la mission du panel des 5 chefs d'Etat de l'« Ua », le détail de leur feuille de route reste encore du domaine de l'inconnu. Que viennent en effet faire le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui pilote le panel, et ses autres pairs africains, dans le bourbier ivoirien ? Comment vont-ils s'y prendre pour aboutir à la solution politique d'ensemble souhaitée par le « Cps » ? Trois schémas se profilent à l'horizon pour la résolution de cette crise :


I)  L'AFFIRMATION DE LA LÉGALITÉ CONSTITUTIONNELLE

Le premier concerne la légalité constitutionnelle, celle qui consiste à vérifier si les textes qui régissent la tenue des élections et la proclamation des résultats en Côte d'Ivoire, ont été suivis comme cela se doit. La loi électorale ivoirienne indique globalement en effet que les élections sont organisées par la « Commission électorale indépendante (Cei) », qui en proclame les résultats provisoires. Quant aux résultats définitifs, qui consacrent le nouveau président élu dans ses fonctions, ils sont dits par le « Conseil constitutionnel », seul juge des élections. Cette haute juridiction est par ailleurs la seule capable d'apprécier les contentieux électoraux et les trancher. Ses décisions sont sans recours. Cette procédure a-t-elle été suivie dans le cadre du second tour des élections ? Si oui, qui en est le bénéficiaire ? Questions auxquelles le panel des chefs d'Etat devrait trouver des réponses. L'argument fort du camp Gbagbo réside dans ce processus légal de validation et de proclamation résultats des élections. On le sait, le candidat de « La Majorité Présidentielle (Lmp) » ne cache pas son attachement presqu'obsessionnelle, à la légalité constitutionnelle, au respect des lois, qui constitue le principe fondamental de la construction de la démocratie. « Ce qui se passe en Côte d'Ivoire est dû au fait que certains ne veulent pas respecter la loi », aime à répéter Laurent Gbagbo. Se mettant donc dans la posture de celui qui respecte et fait appliquer la loi, le président proclamé par le « Conseil constitutionnel », entend encore brandir les textes à la face du panel des chefs d'Etat africains. Son minsitre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, a déjà annoncé les couleurs. « Toute proposition qui ira à l'encontre de la + Constitution + sera rejetée. Il est clair que le président de Côte d'Ivoire s'appelle Laurent Gbagbo, tel que proclamé par le + Conseil constitutionnel +. Et c'est sur cette base que le panel va ouvrir les négociations », précise t-il dans des propos tenus à Addis-Abeba. Le camp Gbagbo attend donc que les chefs d'Etat africains explorent cette voie qui devrait, dans leur calcul, confirmer la victoire de Laurent Gbagbo.


II)  LA CONFIRLATION DU VERDICT DE LA CEI

Le deuxième schéma consistera à installer dans le fauteuil présidentiel, Alassane Ouattara, déclaré président par la « Cei » et reconnu par la grande famille de la « communauté internationale ». En effet, qu'il s'agisse de la « Cedeao », de l'« Union africaine » et de l'« Onu », tous sont d'accord et crient haut et fort que le président ivoirien s'appelle Alassane Ouattara. Le panel viendrait de ce fait, et comme l'a dit le président de la commission de l'« Ua », pour « amener Ouattara à exercer la réalité du pouvoir ». On devrait alors se passer des décisions du « Conseil constitutionnel », qui a proclamé Laurent Gbagbo président de Côte d'Ivoire. Faut-il le rappeler, Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur, avec 54 % des résultats provisoires, par le président de la « Cei » Youssouf Bakayoko, à l'« hôtel du Golf », par ailleurs « Qg » du candidat Alassane Ouattara. Ces résultats ont été proclamés, alors que des incompréhensions entre partis politiques, avaient bloqué l'institution dirigée par M. Bakayokyo, l'empêchant de donner les résultats jusqu'à épuisement du délai qui lui est imparti par la loi. Tout compte fait, les élections ont été validées et les résultats du président de la « Cei » ont été certifiés par le représentant spécial du secrétaire général de l'« Onu », Young Jin Choi, qui a jugé le scrutin « globalement démocratique ». Il venait de donner ainsi toute la caution internationale à la vicoire d'Alassane Ouattara. Le communiqué du « Cps » de l'« Ua » a également réaffirmé cette victoire, confortant ainsi le camp Ouattara dans leur volonté de faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir, y compris par la force. En clair, les pro-Ouattara perçoivent dans cette mission des 5 chefs d'Etat, la fin du régime Gbagbo. « Nous sommes parfaitement à l'aise car il s'agit de prendre des décisions qui permettront au nouveau président élu, le président Alassane Ouattara, d'exercer au plus tôt et pleinement ses pouvoirs », a déclaré Anne Ouloto, porte-parole d'Ado, en commentant l'arrivée du panel des chefs d'Etat.


III)  LE PARTAGE DU POUVOIR

A côté de ces deux pistes de solution, une troisième se dégage. Celle de couper la poire en deux. A l'évidence, il paraît difficile pour les 5 émissaires de l'« Ua » de venir en Côte d'Ivoire et demander à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, alors qu'il a été investi par le « Conseil constitutionnel » ivoirien tel que prescrit par la « Constitution ». Autrement, ces présidents mandatés par l'« Union africaine », et qui ont leurs pays respectifs à gérer, auraient fait l'économie de ce séjour d'un mois, s'il s'agissait seulement de dire à Gbagbo de partir. Il paraît également impossible de prendre le contre-pied des décisions de la « Cedeao », de l'« Union africaine » et des « Nations unies », et ne pas reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara. Le secrétaire général de l'« Onu », Ban Ki-moon a déjà prévenu à cet effet. « Pas de recomptage des voix, pas de partage de pouvoir ». C'est donc Ouattara ou rien, devrait-on en déduire. A l'analyse, M. Ban monte là les enchères, pour finalement faire triompher la position de son représentant spécial M. Choi. Faut-il appliquer la « Constitution » ou s'en tenir à la « certification » de l'« Onu » ? Les chefs d'Etat africains seront confrontés à ce dilemme. Mais pour eux, la préservation de la paix reste le défi à relever. C'est l'analyse que certains observateurs font du terme « solution politique d'ensemble » et « contraignante pour les deux parties ». La délégation du président Mohamed Ould Abdel Aziz va donc trouver le juste milieu. Une solution ni exclusivement constitutionnelle, ni exclusivement onusienne pourrait être prise, et imposée aux deux personnalités ivoiriennes qui se disputent le fauteuil présidentiel. Les idées convergent de plus en plus vers un « partage du pouvoir ». Il appartient donc au panel de l'« Ua » de trouver le mécanisme qui sied à la situation actuelle de la Côte d'Ivoire et maintenir la paix.


Source: NERRATI.NET

vendredi, 04 février 2011

HO HONTE, SARKOZY ! HO HONTE, COMPAORE ! HO HONTE, BAN KI MOON !

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L'on s'en souvient encore, c'est ainsi que la Première Dame ivoirienne, Madame Simone Ehivet Gbagbo avait hué l'ONU, la CEDEAO et la « communauté internationale », lors du grand meeting de mobilisation du CNRD (Congrès National de la Résistance et pour la Démocratie) dont elle est la présidente, au Palais de la Culture, à Abidjan, le samedi 15 janvier 2011, pour leur complot contre la Côte d'Ivoire. Nicolas Sarkozy, Blaise Compaoré et Ban Ki Moon, voici un bien triste trio ! De mémoire d'ivoiriens, jamais attelage n'aura été plus démoniaque, plus infernal et plus criminel à l'égard de la Côte d'Ivoire ! On ne sait sur la base de quel deal, mais ces « trois mousquetaires de la géhenne » sont en campagne pour casser de la Côte d'Ivoire.

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Nicolas Sarkozy, le suzerain rappelé à l'ordre

L'on se souvient encore de l'empereur Nicolas Sarkozy en partance pour l'Inde qui déclarait, dans son avion royal, ne reconnaître qu'un président élu sur les bords de la lagune Ebrié : Alassane Ouattara. Quelques temps après, sur la tribune de Bruxelles, perché sur ses ergots, il intimait l'ordre à Laurent Gbagbo et à son épouse (que vient-elle faire dans cette affaire ?), dans un ultimatum totalement surréaliste que retiendra l'histoire, de quitter le pouvoir dans les 48 heures. Cela fait plusieurs semaines, aujourd'hui. Laurent Gbagbo est bel et bien là ! A la même place. « Gbagbo pas bouger ! », martèlent les Ivoiriens qui disent à l'envie à quiconque se prend à rêver sur le départ du président qu'ils ont élu qu'ils n'ont aucunement l'intention de se laisser intimider. L'épouvantail fût-il Nicolas Sarkozy, président de la puissance française. Nous ne sommes guère impressionnés. Même si au Burkina Faso sont stationnés, par ses soins, des avions de guerre et des hélicoptères de combat, ainsi qu'à Bouaké des milliers de mercenaires de tout poil et de tout acabit, de barbouzes français et de soldats burkinabé, prêts à passer à l'action. Adepte qu'il est de la violence et d'une barbarie toute coloniale.

L'Afrique digne lui ayant dit son fait au récent sommet de l'Union Africaine, à Addis-Abeba en Ethiopie, c'est un Nicolas Sarkozy aplati et descendu de sa superbe qu'il nous a été donné de voir, évitant habilement de se prononcer, avec l'arrogance et la suffisance qui lui sont connues, sur le différend ivoirien, faisant en lieu et place l'apologie de la non violence et présentant une France irréelle, respectueuse de la souveraineté des Etats africains. Même si nous n'avons pas cru un mot de son laïus, nous nous réjouissons de l'impact qu'ont eu les mises en garde des gouvernements africains sur le suzerain de France. L'option militaire pour enlever Laurent Gbagbo du pouvoir a donc ainsi été fermement et définitivement écartée. Pour bien prendre la mesure de la déconvenue et de la déculottée d'Addis-Abeba, il est important de savoir que la presse française est restée quasi muette sur le discours de son hyper-président. Peu de mention en a été fait sur les télés françaises, d'habitude si prolixes quand il s'agit de la crise ivoirienne, si promptes à déblatérer des horreurs sur la Côte d'Ivoire et à nous passer en Une.

Cet homme a cru, en outre, nous faire mal en complotant avec ses sujets bas-ventristes de l'UEMOA pour mettre la Côte d'Ivoire sous coupe réglée financière et monétaire, de sorte à nous emprisonner dans un corset économique et nous contraindre ainsi à capituler. Par strangulation et étouffement. Mal leur en prit : l'UEMOA est aujourd'hui au bord du précipice, du gouffre financier, moins d'un mois seulement après le retrait forcé de la Côte d'Ivoire de la BCEAO. Il n'y a pas plus grande démonstration de la force de notre pays dans la sous-région. A malin, malin et demi ! Les conspirateurs ont aujourd'hui le bec dans l'eau. Et bien pris qui croyaient prendre. Que cela leur serve de leçon !

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Blaise Compaoré, l'âme damnée

Pour en venir à Blaise Compaoré, il faut le reconnaître, il n'y a pas homme d'Etat plus désolant dans toute l'Afrique ! Il est sans honneur, dénué de toute dignité, étranger à toute fierté. Voici un homme qui a aidé à brûler le Libéria et la Sierra-Leone, qui est, de près ou de loin, mêlé à toutes les crises ouest-africaines voire africaines, à tous les trafics mafieux de la sous-région (jusqu'à être exportateur de Café-Cacao, à la faveur de la crise ivoirienne, dans un pays qui n'a pas un pied de cacaoyer), attaché à des intérêts mercantilistes innommables et qui a plongé la Côte d'Ivoire, un pays frère voisin qui abrite au moins 3 millions de ses compatriotes, dans un désordre inqualifiable et une souffrance indicible depuis bientôt dix années, élu sans discontinuer depuis 23 ans à des scores soviétiques à la tête du Burkina Faso (le plus récent : 80,15%, le 25 novembre 2010, pour la quatrième fois consécutive) et qui veut nous donner des leçons de démocratie. Ci-devant facilitateur du processus de paix ivoirien commué sans transition aucune, par on ne sait quel coup de baguette magique, en déstabilisateur forcené et empressé, récemment reçu à l'Elysée pour être instruit des ordres du suzerain et qui a promis prendre très rapidement ses responsabilités militaires dans la crise postélectorale ivoirienne pour dégager le président réélu ivoirien, Laurent Gbagbo. Si ce n'était de vies humaines dont il était question, on en éclaterait presque de rire.

Cet homme est une honte pour l'Afrique entière. Rares auront été les valets de l'Occident et, singulièrement, de la Françafrique qui se seront révélés aussi bassement serviles et aussi aveuglément zélés que Blaise Compaoré, âme damnée de l'exécutif français et plus spécialement de Nicolas Sarkozy, après de bons et loyaux services rendus au déprimant Jacques Chirac. C'est avec raison que tous les Ivoiriens défenseurs de la République en péril, à travers les jeunes patriotes et leur leader Charles Blé Goudé, le récusent énergiquement comme membre du Panel de 5 chefs d'Etats africains devant évaluer (comme l'a toujours demandé le Président Laurent Gbagbo) le processus électoral ivoirien. Il n'est pas le bienvenu en Côte d'Ivoire et nous le lui ferons clairement sentir, le moment venu.

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Ban Ki Moon, « l'incompétent » notoire

Nous achevons notre randonnée scripturale avec le non moins sinistre et désolant Ban Ki Moon. Ci-devant Secrétaire Général de l'ONU le plus nul et « le plus incompétent que l'organisation ait jamais eu », dixit la Responsable des Audits du grand « Machin », il y a seulement quelques jours de cela. Les Ivoiriens pensaient être les seuls à le penser de cet affidé des cercles maçonniques, adepte des basses manœuvres et comploteur invétéré. La vérité vient de tomber. Implacable, impitoyable. De la bouche même de la spécialiste onusienne chargée de contrôler et d'évaluer la gouvernance du Sud-coréen.

C'est cet « incompétent » (le mot n'est pas de nous) qui a osé dire, lui qui n'est pas chef d'Etat - après que le sommet des chefs d'Etats africains ait décidé de la mise sur pied d'un panel de haut niveau pour évaluer l'élection présidentielle ivoirienne - dans une conférence de presse par lui accordée aux médias, à l'issue de la 16ème session des chefs d'Etats : « Procéder au recomptage des voix est une honte et une grande injustice faite à Alassane Ouattara ». Nous lui répondons que c'est plutôt lui qui fait honte à toute la Corée du Sud, un pays digne et travailleur, avec son sbire de compatriote Young Jin Choï de l'ONUCI et à l'humanité dans son entièreté, quand il est incapable de comprendre une chose aussi basique : dans le cas d'un litige électoral majeur comme celui de la Côte d'Ivoire, la meilleure chose à faire est le réexamen des documents électoraux. Il faut l'avouer, la vacuité des propos de Ban Ki Moon aura atteint des sommets à Addis-Abeba. Tout comme son « incompétence », d'ailleurs.

Au-delà de cette victoire apparente des Africains dignes sur les va-t-en-guerres de la Françafrique, les Ivoiriens doivent rester mobilisés, concentrés et vigilants jusqu'aux conclusions du Panel des chefs d'Etats africains - qui ne doivent être biaisées sous aucun prétexte ni sous aucune pression : attention au syndrome Youssouf Bakayoko ! - pour ne se laisser surprendre par personne et surtout pas distraire par les paroles mielleuses d'un Nicolas Sarkozy manipulateur, qui espère nous donner le change. Les Ivoiriens ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement qu'il n'a guère renoncé à son projet militaire contre la Côte d'Ivoire. Nous sommes « krangba (callés) », comme dit (en noushi, argot local) la jeune artiste ivoirienne Nash, et nous l'avons bien à l'œil.

A bon entendeur..., salut !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC (Réédition)


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A lire, cet autre texte écrit le 28 avril 2007 et posté pour la première fois sur Regards croisés, le 24 mars 2008, et au sujet duquel les récents développements de l'actualité politique ivoirienne nous donnent raison. Appréciez, tout simplement.



Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix, qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- « La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris ». En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- « La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays (la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français ».

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique, au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la Sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.


DINDE Fernand AGBO

 

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Quotidien Le Temps N° 1201 du 23 avril 2007


Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : "Adoptez la cadence du Président de la République".


Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.

« Je rends gloire à Dieu le Tout-puissant qui nous a donné cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.

Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.

Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.

Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a pas voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " Je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro. J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " Là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas". Siriki, vous êtes là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.

Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d'Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont Général de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.

La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application.

Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " Si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneurs, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.

M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu'ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.

Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.

C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant qu'Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " Faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon.

Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien.

Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant remodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " On veut la paix ! On veut la paix ! ". Ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté, beaucoup de gens ont interprété cela comme si le Premier ministre disait : " Vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.

Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il ne l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne le demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit « allons doucement », il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces que vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.

Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emportiez. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit...".


Propos recueillis par Frimo D. Koukou

 

koukoudf@yahoo.fr

LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES (Réédition)


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Ce texte que j'avais écrit le 15 février 2007, à quelques mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, et posté pour la toute première fois, après mise à jour, sur mon blog, le 24 mars 2008 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, se révèle encore d'une criante actualité. Il me plaît, ce faisant, chers internautes, de vous le (re)proposer. Bonne lecture !


La France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c'est avec beaucoup d'étonnement et d'interrogation que j'observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l'Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l'ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l'interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu'un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c'est tout juste pour se donner bonne conscience.
J'en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l'implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France, les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d'Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n'y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n'a eu droit qu'à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l'ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C'est vrai que « DIEU sauvera la Côte d'Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l'a écrit Bernard B. DADIE, celui que l'on considère comme l'un des pères de la Littérature Négro-africaine.

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l'Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France, en octroyant, dans les années 60, « l'indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n'est sorti ou n'a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n'a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d'Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d'eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l'aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d'Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d'Algérie, débutée en 1954, en passant par l'atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu'elle y a soutenu, jusqu'à nos jours, la politique africaine de la France n'a pas changé d'un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J'irais même plus loin : Apparemment, la France n'a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d'Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d'Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l'affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d'expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s'est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d'Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemis désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l'Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l'Humanité ! ». Et j'adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l'Africain » qui ont - comme l'a dit avec beaucoup d'à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l'Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d'accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d'une conscience nationale et patriotique, en Côte d'Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l'Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !



DINDE Fernand AGBO

jeudi, 03 février 2011

PANEL DES CHEFS D'ETAT : L'AFRIQUE DU SUD AFFICHE SA POSITION

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L'un des Chefs d'État, membre du panel de l'UA pour l'évaluation de la crise post-électorale, le président Sud-africain Jacob Zuma, a donné de la voix hier, invitant à la neutralité absolue des membres de la médiation.



L'Afrique du Sud a rappelé une fois de plus, par la voix du porte-parole du ministère Sud-africain des Affaires étrangères, sa neutralité dans la crise ivoirienne. «L'Afrique du Sud ne prend pas partie. Nous ne sommes ni en faveur de Laurent Gbagbo ni en faveur d'Alassane Ouattara. Nous pensons que les deux leaders doivent s'engager dans un processus visant à trouver une solution pacifique et durable aux défis actuels de la Côte d'Ivoire», a déclaré le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.


Une déclaration qui sonne comme un message fort adressé à l'endroit des autres membres du panel de l'UA, mis sur pied à Addis-Abeba. Et les invitant à afficher une neutralité objective, pour une évaluation impartiale et juste de la crise post-électorale. Or, en l'espèce, si on peut concéder une relative neutralité aux Chefs d'État mauritanien, Ould Abdel Aziz, tchadien, Idriss Deby et tanzanien, Jakaya Kikwete, ce n'est pas le cas pour le président burkinabé, Blaise Compaoré. Dont la partialité et le rôle d'acteur dans la crise ivoirienne sont avérés et reconnus à tous les quatre coins du monde.

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«Si nous sommes contre une intervention militaire, c'est parce que nous pensons qu'il faut explorer les voix diplomatiques pour répondre aux défis actuels en Côte d'Ivoire. Et nous pensons que l'UA est d'accord avec nous. C'est pour cela que le président Zuma soutient pleinement cette décision de l'UA de créer ce panel de 5 chefs d'État qui auront 4 semaines pour faire des recommandations pour aller de l'avant», a expliqué le diplomate sud-africain.


Une sortie du géant sud-africain qui vise, également, à refroidir les ardeurs du camp Ouattara qui croit dur comme fer que le panel vient «pour permettre à Alassane Ouattara d'exercer pleinement le pouvoir». Maintenant, les Ivoiriens et les Africains attendent désormais les experts et les 5 Chefs d'État au pied du mur ivoirien.

 

In Le Nouveau Courrier N° 195 du 03 février 2011, par Franck Toti.


Source: IVOIREVOX.COM