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mercredi, 26 janvier 2011

METTRE UN COUP D'ARRET URGENT A L'HECATOMBE OUEST-AFRICAINE QUI SE PREPARE EN COTE D'IVOIRE



SARKOZY ET COMPAORE.jpg

En lisant ce titre, un coup de froid pourrait presque parcourir la colonne vertébrale de toute personne en peine pour le peuple ivoirien et de quiconque redoute des lendemains difficiles, incontrôlés et incontrôlables à la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire. En effet, depuis quelques semaines, la communauté occidentale pilotée par les Etats-Unis et la France pompeusement appelés « communauté internationale » pour les besoins de la cause, fait macérer la Côte d'Ivoire dans la psychose d'une opération militaire pour, dit-on, « exfiltrer » quasi « pacifiquement » le président élu Laurent GBAGBO et installer douillettement à sa place son adversaire, Alassane Dramane OUATTARA, qui a perdu l'élection présidentielle et qui est allergique à la recherche de la vérité pour dénouer ce blocage politique que connaît notre pays.

Cette option peut séduire les va-t-en-guerres qui ne connaissent pas les Ivoiriens et leur détermination à défendre, par vagues de milliers de milliers, leur dignité et la souveraineté de leur pays. En plus, Laurent GBAGBO, loin d'être un orphelin dans son pays - bien au contraire ! - est entourée d'une armée loyaliste, aguerrie par huit années de crise armée, prête à en découdre jusqu'à la dernière goutte de sang. Est-ce devant ce peuple et cette armée-là qu'on veut venir ôter Laurent GBAGBO et espérer gouverner la Côte d'Ivoire dans la quiétude ? Que nul ne se prenne à rêver d'une manière aussi démente. Ce scénario échafaudé d'une façon totalement déraisonnable par un Alassane OUATTARA épuisé et en perte de vitesse qui appelle la « communauté internationale » à attaquer son propre (?) pays, aiguillé en cela par un Nicolas SARKOZY en plein délire, pris en flagrant délit de mensonge éhonté lors de la troisième conférence de presse de son obscure mandat à la tête de l'Etat français, est un scénario de l'apocalypse. Que le monde entier le sache.

Même d'un point de vue africain, la Côte d'Ivoire n'est pas orpheline : des pays comme l'Angola, le Ghana, le Cap Vert et l'Afrique du Sud, et bien d'autres plus discrets, ont compris le vrai enjeu de la crise postélectorale ivoirienne et réclament le réexamen des documents électoraux pour une sortie de crise pacifique. Les ennemis de la Côte d'Ivoire n'en ont cure. Mais honnêtement, pensent-ils que ces pays amis laisseront dépecer la Côte d'Ivoire sans un pépiement, sans broncher ? Rien n'est moins sûr. Il se trouve même que de nombreux volontaires africains sont prêts à venir faire la guerre sur les bords de la lagune Ebrié, au nom de l'honneur, de la dignité, de la liberté et de la souveraineté de l'Afrique. Il suffit simplement de leur faire appel ou d'ouvrir une liste et nous aurons bien vite fait de refuser du monde. Que le monde le sache : il n'y aura pas de guerre propre en Côte d'Ivoire. C'est un leurre dont la France berce toute la terre.

Nicolas SARKOZY attaquera les Ivoiriens et il y perdra la face. Les armées qui enverront leurs soldats se faire canarder en Eburnie n'auront aucune reconnaissance de sa part et ces derniers et leurs familles, aucune indemnité ou indemnisation. Parce que la France sortira exsangue et humiliée de ce conflit, elle mordra la poussière devant un peuple digne et déterminé à se faire respecter. Leur déconvenue sera telle que de violentes crises ou des levées de boucliers insurrectionnelles succèderont à leur expédition ivoirienne sur leurs propres territoires. C'est certainement la raison pour laquelle le Nigéria demande une résolution onusienne avant de partir en guerre contre la Côte d'Ivoire. Histoire de sauver la face, se donner bonne conscience et d'avoir une couverture sociale pour les familles de leurs futurs morts.

Pour faire un appendice au grossier et grotesque mensonge de Nicolas SARKOZY à sa conférence de presse d'avant-hier, lundi 24 janvier, en tant que nouveau président du G20-G8 pour l'année 2011, relevons que sur le dossier tunisien, le fils de Nagy-Bocsa a crânement affirmé (pince sans rire), que la puissance coloniale (la France, prise à défaut) n'a pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de son ex-colonie. On en tomberait presqu'à la renverse tant le propos est incroyable, surréaliste, abracadabrantesque, provenant de cet affidé des sciences françafricaines les plus rétrogrades. Tunisie-Côte d'Ivoire, deux poids deux mesures, pourrait-on dire ! Or donc, il ne faut pas s'ingérer dans les affaires internes de son ex-colonie !? En Côte d'Ivoire, on ne s'embarrasse pourtant d'aucune éthique ou élégance diplomatique pour clouer le pays d'Houphouët-Boigny au pilori, menacer vertement le président démocratiquement élu d'un pays souverain de traduction devant le TPI et lui lancer un ultimatum totalement insolite. La mauvaise foi dans cette crise ivoirienne est absolument sidérante !

Mais au-delà de cet aspect moral des choses, ce que l'on ignore et surtout ce que feint d'ignorer cette nébuleuse mafieuse prétendument adoubée « communauté internationale » ou ce qu'elle refuse de prendre en compte dans ce crescendo apologétique de la violence appelée de tous ses vœux par le candidat Alassane OUATTARA (et ses aficionados), c'est qu'il n'y a pas que des Ivoiriens en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire, en tant que nation hospitalière, compte officiellement en son sein une incroyable population de plus de 30% d'étrangers mais officieusement, tous s'accordent en Côte d'Ivoire pour reconsidérer ce taux à la hausse, soit un peu plus de 40% de non nationaux. Le pays de la sous-région ouest-africaine qui vient après la Côte d'Ivoire dans ce classement, est le Sénégal, avec... moins de 5% d'étrangers (et là nous sommes extrêmement généreux !). En France, chez les donneurs de leçons universels, un taux de seulement 1,5% d'étrangers sème la panique parmi les hommes politiques et les spécialistes de la prospective, de la planification et des statistiques. Une telle fièvre ne s'est pas encore emparée du peuple digne, fier et hospitalier de Côte d'Ivoire. Et ce n'est pas le droit d'en être saisis qui nous en serait dénié.

La Côte d'Ivoire compte en son sein, sur une population d'environs 20 millions d'habitants, au moins 3 millions de burkinabé, 2 millions de maliens, 1 million de sénégalais, 1 million de guinéens, ½ million de nigérians, ½ million de ghanéens et de libériens, et des milliers de citoyens du reste de l'Afrique et du monde intégrés, prospères et vivant dans une paix totale, parmi lesquels 16.000 français. Comme nous pouvons le voir, la Côte d'Ivoire est une terre d'accueil (et même d'asile, de refuge) et aucun pays sur la planète ne peut s'en prévaloir, dans la même proportion. Plus singulièrement, elle représente le complet microcosme de toute la CEDEAO.

Alors, que des chefs d'Etats africains, véritables suppôts et potentats au service de l'Occident, en mal de pub et de légitimité, adeptes obscures d'une philosophie aplaventriste totalement rétrograde et anachronique dans un monde en pleine mutation du point de vue des libertés, réunis dans une incontestable association de malfaiteurs, se préparent à attaquer un pays frère abritant des milliers voire des millions de leurs concitoyens, cela relève des énigmes de l'histoire, du mystère fonctionnel du complexe cerveau humain et, plus simplement, du suicide collectif.

Ces hommes pensent-ils un seul instant pouvoir « exfiltrer sans effusion de sang », comme ils disent, le président Laurent GBAGBO et lui arracher ainsi le pouvoir au profit de leur filleul, Alassane OUATTARA ? Se posent-ils seulement la question de savoir comment le candidat du RHDP gouverne-t-il ensuite une Côte d'Ivoire en ébullition, une Côte d'Ivoire désormais irréversiblement entrée en irruption ? A la vérité, ils ont pris toutes les dispositions pour une guerre totale en Côte d'Ivoire, à défaut d'effrayer Laurent GBAGBO pour qu'il se sauve la queue entre les jambes et parte en exil, à défaut de parvenir à museler la RTI ou asphyxier économiquement les Ivoiriens pour qu'ils capitulent. Une guerre pour faire des millions de morts. Les pays occidentaux ne sont-ils pas en train de mettre leurs ressortissants à l'abri en leur demandant de quitter immédiatement la Côte d'Ivoire ? Nous aurons certainement, ici, un scénario pire que le Rwanda et le Libéria réunis. Ce discours faussement pacifiste n'est, en fait, tenu que pour donner le change à une opinion publique internationale qui commence à comprendre et qui est de moins en moins encline à accepter une explosion de violence, une expédition massacreuse, dans le Golfe de Guinée. Car le vent est désormais en train de tourner et ils veulent faire vite, avant d'être eux-mêmes mis au ban des nations et épinglés à leur tour.

Mais savent-ils au moins que si les Ivoiriens se retrouvent dos au mur et contraints de faire la guerre dans un baroud d'honneur, leurs ressortissants n'échapperont pas à une inévitable vendetta générale et que même leurs territoires ne seront pas épargnés par des bombardements ivoiriens ? En clair, c'est toute la sous-région ouest-africaine qui va flamber à grand feu. Le savent-ils ?, continuons-nous à nous interroger avec angoisse. Pas pour la Côte d'Ivoire. Mais pour la sous-région et l'Afrique entières ! Et comment comptent-ils rétablir la cohabitation, la cohésion sociale, économique, sécuritaire et politique qui sera ainsi effroyablement mise à mal sur tout le continent après cette sortie hasardeuse aux conséquences apocalyptiques ?

Les conclusions du 16ème sommet de l'Union Africaine qui se tient du 24 au 31 janvier 2011, à Addis-Abeba en Ethiopie - auquel l'énigmatique et hyper président français Nicolas SARKOZY veut s'arroger le droit de participer - nous le dirons. Il faut espérer que le bon sens l'emporte sur la logique du pire en pleine expansion et sur la folie meurtrière incontrôlée en préparation. Au surplus, les Africains ont lancé une pétition contre cette participation provocatrice et altière du fils de Nagy-Bocsa à ce qu'ils considèrent comme leur chasse gardée et l'expression de leur souveraineté, leurs chefs d'Etats aux ordres dussent-ils y prendre des décisions retorses contre le pays frère de Côte d'Ivoire. La sagesse et l'intelligence triompheront-elles ? Attendons de voir.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

HOLD-UP ELECTORAL DE CHOI ET AFFIDES - Me CECCALDI: «LE MECANISME DE LA FRAUDE SE TROUVE DANS LE TAUX DE PARTICIPATION»



Me MARCEL CECCALDI.jpg

In Le Nouveau Courrier N°187 du 25 Janvier 2011 par Stéphane Bahi


La tribune des Communicateurs citoyens a accueilli hier, l'avocat français Me Ceccaldi, qui avait à dire et à redire sur la forfaiture de Choi et ses mandants pour proclamer Ouattara vainqueur de la présidentielle.


On ne le dira jamais assez, Choi s'est rendu complice de la fraude et des violences qui ont contribué à cristalliser les tensions post-électorales en Côte d'Ivoire, en faisant croire à l'opinion que Alassane Dramane Ouattara a gagné l'élection présidentielle ivoirienne. Un passage en force cousu de fil blanc mis à nu au fil des jours par les Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire épris de paix et de justice. Au nombre de ceux-ci, Me Marcel Ceccaldi, avocat international qui a répondu à l'invitation des Communicateurs citoyens, qui ne ménagent aucun effort pour le rayonnement de la démocratie. Hier lundi donc, aux 2 Plateaux, le juriste s'est longuement attardé sur les tenants et aboutissants de la crise actuelle en prenant pour repère le Thème : «Problématique de la Certification des élections en Côte d'Ivoire». Pour l'éminent juriste, «le mécanisme de la fraude se trouve dans le taux de participation». Le disant, il se base sur des faits palpables. Il s'explique en effet difficilement le fait que le taux de participation ait changé en l'espace de quelques jours, sans que cela n'émeuve personne, particulièrement Choi et ses patrons de la communauté dite internationale. «La proclamation des résultats à l'échelle administrative n'a pas été faite. Si la procédure avait été suivie, Choi aurait vu qu'il y avait des incohérences au niveau du taux de participation ; et que dès lors, il y avait un risque de fraude. Le mécanisme de la fraude se trouve dans le taux de participation. De 72% on est passé à 82 % de taux de participation. C'est ça la fraude», a-t-il dénoncé, pointant du doigt le laxisme complice doublé de mauvaise foi, du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire.

Une plainte contre Choi

Allant plus loin dans l'analyse, Me Ceccaldi lève un coin de voile sur une autre manœuvre méprisante de Choi, voire sa mauvaise foi. En effet, dans le rapport de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, le Coréen s'abrite derrière une disposition de l'Accord politique de Ouagadougou, pour justifier les irrégularités constatées dans le nord et son refus de les considérer outre mesure. Extrait du rapport : 3.4.4.1. La disposition de l'article 3 de l'APO dit ceci : «Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du CCI, et la supervision des Forces Impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux forces ex- belligérantes ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces Nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux (02) mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. »

3.4.4.2. M. Choi dit avoir conseillé aux parties ivoiriennes de respecter cette disposition. Il dit avoir prévenu les parties en indiquant que si elles acceptaient d'aller aux élections sans la mise en œuvre de cette disposition, alors, elles ne devraient pas formuler des requêtes liées à des allégations d'irrégularités du scrutin dans les zones concernées et sous le contrôle des Forces Nouvelles.

Allégations que bat en brèche Me Ceccaldi, au motif que les conditions de sécurisation et le désarmement des rebelles incombait à l'Onu, conformément à la résolution entérinant l'APO. «S'il y avait des jeux olympiques de la mauvaise foi, Choi serait médaillé d'or. Est-ce que l'Onu a fait sa part ?», s'est-il insurgé. «Nous nous réservons le droit de saisir la Cour internationale de justice sur le cas de M. Choi».

Le forcing du tandem Ban Ki-moon - Choi et les incongruités de l'UE

Le conférencier du jour ne s'est pas arrêté en si bon chemin dans ses éclairages. Pour lui, la certification est une assistance électorale de l'Onu à un pays, soit dans un pays en conflit. Mais «en aucun cas, il n'y a abandon de souveraineté». Ce que à l'en croire, Ban Ki-moon a feint d'ignorer dans le cas de la Côte d'Ivoire, en attribuant les prérogatives de Haut représentant pour les élections à son compatriote Choi, au mépris d'une décision de l'Assemblée générale de l'Onu qui l'en empêchait. «J'accuse Choi de forfaiture. Il a outrepassé son devoir en violation d'une décision de l'AG des Nations unies...» Il poursuit pour dire que Choi doit se soumettre au verdict du Conseil constitutionnel, parce que la Côte d'Ivoire n'a pas renoncé à sa souveraineté.

L'Union européenne, qui s'est arrogé le droit de sanctionner tous ceux qui empêchent Ouattara de tourner en rond, n'a pas été épargnée par le juriste. Dans son allégeance à Ouattara, l'Ue crois bon de punir tous les supposés soutiens de Gbagbo, si le ridicule pouvait tuer, les donneurs de leçons ont franchi le rubicond en sanctionnant tous les membres du Conseil constitutionnel. Motif invoqué : refus de se placer sous l'autorité d'Alassane Ouattara. «La décision de l'Union européenne du 15 janvier va entrer dans le livre des records Guiness ; c'est une atteinte à la séparation des pouvoirs», a-t-il déclaré.

L'homme de droit estime que la meilleure des choses à faire dans cette situation actuelle est d'accepter le recomptage des voix pour une issue pacifique car une attaque de la Côte d'Ivoire équivaudrait à «une agression armée comme l'Angleterre et les Etats Unis en Irak en 2003».


 

Source : LE NOUVEAU COURRIER


Autre article sur le même sujet: AFREEKELECTION.COM

lundi, 24 janvier 2011

Pr GORGUI DIENG - COTE D'IVOIRE: VERS L'ECLATEMENT DE LA CEDEAO ET DE L'UA ?

CEDEAO LOGO.jpg

Chaque jour qui passe ajoute de l'huile au feu qui brûle en CI. Et les pays occidentaux et l'Onu qui tiennent à leur 'président' comme à la prunelle de leurs yeux, l'attisent par des sanctions qui vont crescendo contre Gbagbo et ses proches. Les rebelles, - alliés de l'ONUCI ? -, attaquent et tuent des soldats de l'Armée régulière ivoirienne. Ces derniers ripostent et reçoivent de l'Onu des menaces de poursuites pour crimes contre l'humanité. Le message de l'Onu aux forces restées fidèles à Gbagbo est donc clair : laissez-vous canarder par les rebelles sans réagir, sinon c'est la CPI ! Dans quel monde sommes-nous ? Pourquoi l'Onu ne tempère-t-elle pas l'ardeur des adversaires de Gbagbo qui cherchent à marcher sur les institutions de la république ? Comme Gbagbo n'est pas légitime, il n'a aucun droit, même pas celle de se défendre. Pourtant il a indiqué des cas de fraude dans le Nord avec chiffres à l'appui et demandé à la 'Communauté internationale le recomptage des voix. Mais pour toute réaction, cette dernière lui demande de céder sans délai le pouvoir à Ouattara. Pourtant, il est établi - et personne ne peut le nier - que dans plusieurs bureaux de vote du Nord le Président élu par la CEI et par l'Onu a engrangé des suffrages deux fois supérieurs au nombre des inscrits. Les Experts Electoraux Africains présents lors du scrutin ont relevé de graves irrégularités dans une bonne partie du Nord. Mais comme ce sont des Africains, leur voix ne compte pas ! On ne doit écouter que Bakayoko de la CEI et Choi de l'Onu!

Ce qui est causasse dans l'imbroglio ivoirien, c'est que le président reconnu par l'Occident, après s'être rendu compte que le peuple qui l'a 'élu' reste de marbre devant ses multiples appels à la grève générale et à la désobéissance civile, il se rabat sur l'extérieur pour retrouver son fauteuil usurpé par l'autre! Quel paradoxe ! Le problème de la Côte d'Ivoire, il faut avoir le courage de le dire, pourrait bien être Ouattara ! On a l'impression qu'Il cherche à diriger les Ivoiriens quoique cela puisse coûter au pays. Certainement pour laver l'affront de Bédié - son ennemi d'hier et 'allié' d'aujourd'hui - qui l'a sans nul doute traumatisé en lui niant son 'ivoirité' au lendemain de la mort de Houphouët. Il s'est servi hier des rebelles, sans succès. Aujourd'hui, il implore l'Onu, la France et les Etats Unis d'ordonner à la CEDEAO d'aller au charbon. A la place du peuple ivoirien qui visiblement ne compte plus. Mais les braises risquent d'être bien ardentes...

La leçon tunisienne est encore fraîche dans nos mémoires... Qui a fait partir le redouté Ben Ali ? La Ligue Arabe ? L'Onu ? C'est bien le peuple tunisien. Et franchement, nous applaudirions des deux mains si le peuple de Côte d'Ivoire sortait comme un seul homme et balayait Gbagbo. Pour nous ce dernier ne compte pas face au peuple ivoirien qui doit se choisir son président et demeurer maître de son destin. Mais l'échec des journées 'pays mort' initiées par Ouattara montre à ceux qui veulent voir le soleil si brûlant au-dessus de nos têtes, que Gbagbo n'est pas si vomi par son peuple que certains le prétendent. Et c'est ce président que la CEDEAO veut aller déloger comme un malpropre ? Comme si eux, les autres chefs d'Etat de la sous-région, incarnaient l'idéal démocratique en Afrique de l'Ouest ! Faut-il en rire ou en pleurer ?

Nous devons nous poser les questions suivantes : La CEDEAO aime-t-elle plus la CI que les Ivoiriens eux-mêmes ? Qu'est-ce qui la motive ? Est-elle libre de ses mouvements ? Va-t-elle exécuter des ordres, la tête baissée ? Nos dirigeants ne savent-ils pas qu'on n'envahit pas un pays comme cela, fût-il le plus faible du monde ? Le repli identitaire au niveau national et international risque de surprendre et de porter la guerre bien au-delà des frontières de la CI. Le Sud du pays peut resserrer les rangs contre le Nord. Et les pays africains dirigés par des partis de Gauche comme le MPLA, le FRELIMO, l'ANC, le PAIGC et la SWAPO, entre autres, peuvent bien se coaliser pour faire face aux pays aux ordres de l'Occident.

Nous insistons sur le fait que le conflit en CI est plus identitaire que purement politique, parce que foncièrement culturel, ethnique et religieux. Cela Choi de l'Onu le comprend-il ? La CI n'est pas un pays homogène. Il est très fortement clivé : un Nord essentiellement Sahélien, 'Burkinabè-malien', malinké et musulman et un Sud plutôt Forestier, 'autochtone', Baoulé-Bété et chrétien. C'est cela le véritable casse-tête ivoirien que la forte personnalité de Houphouët avait réussi à juguler le temps d'un règne. Mais que l'alliance contre nature entre Ouattara et Bédié peine à cacher. C'est d'ailleurs cette réalité ethnique et culturelle explosive qui explique le soutien dont bénéficie Ouattara de la part de certains dirigeants de la CEDEAO et de l'UEMOA, même si tout le monde semble éluder le débat. Le Burkina Faso de Blaise Compaoré (pays du père de Ouattara), le Mali de Amadou Toumani Touré, le Sierra Leone de Ernest Bai Kroma, la Guinée-Conakry de Alpha Condé, la Guinée-Bissau, sont des pays Malinkés qui voient en Ouattara un des leurs. Même le Sénégal est concerné malgré les apparences qui en font un pays wolof.

Si la CEDEAO perd la raison et attaque la CI, cela pourrait conduire à une situation totalement inattendue : des pays de la Communauté comme le Cap Vert, la Gambie, le Ghana qui ont exprimé haut et fort leur opposition à toute intervention militaire en CI pourraient se sentir humiliés et se ranger machinalement derrière Gbagbo contre les 'agresseurs'. Ils pourraient aussi envisager leur retrait de la CEDEAO qui serait perçue comme un instrument au service de la France, des EU, de la GB et de l'Onu. La frustration pourrait gagner d'autres pays au-delà de la CEDEAO et avoir des répercussions dévastatrices sur l'Union Africaine elle-même. L'Angola, un vétéran de la guerre de libération nationale contre le Portugal des dictatures, a, par la voix autorisée de son président, fait une déclaration qui a le ton d'un avertissement pour qui sait lire entre les phrases. Dos Santos a dit sans détour que vu le contexte dans lequel elles ont été organisées dans un pays divisé et contrôlé dans sa partie Nord par la rébellion, les élections sont nulles et de nul effet. Cependant, pour lui, Gbagbo doit rester au pouvoir pour éviter à la CI un vide institutionnel. Si la CEDEAO fait fi de cette voix discordante, elle court de gros risques. L'Angola, qui a maintenant le soutien de la Guinée Equatoriale, a bien les moyens financiers et militaires de venir en aide au 'camarade' Gbagbo, que beaucoup de nationalistes africains commencent à percevoir comme un martyr car son cas rappelle bien celui d'un certain Patrice Lumumba. Et avec le président sud-africain Zuma qui commence à parler le même langage que ses 'camarades' angolais en invitant la Communauté internationale à tenir compte de la requête de Gbagbo (recomptage des voix par une commission internationale) la situation semble bien se compliquer pour la CEDEAO. D'autant plus qu'elle ne peut se baser sur aucun texte juridique pour justifier une action militaire contre Gbagbo élu par le Conseil constitutionnel de son pays. Elle a plutôt l'obligation de respecter les institutions des différents pays membres.

Nous estimons donc que si on n'y prend garde, la crise postélectorale en CI risque de déboucher sur une autre crise à l'échelle du Continent et conduire à l'éclatement de la CEDEAO et de l'UA. Nous avons la certitude que l'Angola et l'Afrique du Sud ne resteront pas les bras croisés si la CEDEAO franchit le Rubicon. Et à qui va profiter une telle situation lourde de dangers ? A ceux qui incitent les Africains à s'entretuer pour freiner la marche de l'Afrique vers son unité organique sans laquelle il n'y ni développement durable ni indépendance véritable.


Pr. Gorgui Dieng


Laboratoire d'Etudes Africaines et Postcoloniales
Département d'Anglais
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, Sénégal.


Source: SUD ONLINE.SN

dimanche, 23 janvier 2011

LA PRESSE FRANÇAISE ENFIN SUR LA VOIE DE LA VERITE

ALASSANE DRAMANE OUATTARA 2.jpg

Dans sa parution du mardi 19 janvier 2011, sous le titre « Sept semaines de solitude », le journal d'information en ligne « Le Monde.fr » a jeté un regard peu habituel sur la situation postélectorale en Côte d'Ivoire. Dans un lyrisme chargé d'ironie, le confrère français fait une peinture de l'univers restreint et lassant du « Président Ouattara du Golf Hôtel ». Doit-on croire qu'enfin, la vérité est en train de se mettre en place ?


Cloîtré à l'Hôtel du Golf depuis son élection, le président ivoirien officiellement reconnu, Alassane Ouattara, voit la situation lui échapper peu à peu.Les ordures se consument, comme un fumier géant, embrasant l'air. L'odeur piquante relègue au second plan les effluves douceâtres de la lagune d'Abidjan. Les embouteillages vont leur train habituel, entre les barrages de police et les arrêts en triple file de véhicules fatigués. Au palais présidentiel, les photographes parés de gilets orange fluo attendent, lundi 17 janvier, l'arrivée du médiateur de l'Union africaine, le premier ministre kenyan, RailaOdinga. Ses entretiens avec Laurent Gbagbo, le président qui se considère comme réélu, seront "très utiles" et ses conversations avec Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, "très fructueuses.

Mais plus le temps passe et plus la situation apparaît ubuesque. Comme si le président cloîtré en son Hôtel du Golf depuis l'élection du 28 novembre 2010 avec un gouvernement fantôme perdait peu à peu toute réalité. M. Ouattara reste invisible - un sourire qui s'efface, sur des affiches électorales dépassées. Les rumeurs les plus folles circulent, comme souvent en Afrique : est-il bien toujours à l'Hôtel du Golf ? Les diplomates en sont assurés, puisqu'ils le rencontrent, mais qui s'en soucie ? Sa stratégie semble de plus en plus illisible, même à ses partisans. Ils n'osent guère s'exprimer à découvert, car la situation reste tendue

Lundi, alors que l'ONU doit voter un contingent supplémentaire de 2 000 hommes pour l'Onuci, qui portera leur nombre à 11 500, des échauffourées ont éclaté en plein centre-ville, près de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Pour disperser un groupe de jeunes qui avait encerclé des blindés légers de la force d'interposition, celle-ci a tiré en l'air. Deux personnes ont été blessées. Ces heurts sporadiques, dont la nouvelle se répand à toute allure par les téléphones portables, ne sont cependant pas quotidiens.

Et de là à réussir une "opération pays mort", comme M. Ouattara y a appelé, mardi 18 janvier, il y a un grand pas. Le président favori de la communauté internationale risque d'y user un peu plus son crédit en cas, probable, d'échec. De même que ses appels à déloger M. Gbagbo par la force, sans lever le petit doigt, finissent par apparaître comme des rodomontades. Cela s'ajoute aux anecdotes qu'on ne manque pas de raconter à toute personne arrivant à Abidjan. Comment, vous ne connaissez pas l'histoire des langoustes ? Une cargaison de ces crustacés de luxe destinée aux reclus de l'Hôtel du Golf a été interceptée. Sitôt l'histoire livrée, avec forces détails, on vous précise que les Ouattara - que Nicolas Sarkozy a mariés naguère à la mairie de Neuilly - vivent "comme des milliardaires".

Sans incarnation, le débat politique devient un jeu de massacre médiatique. En Côte d'Ivoire, les quotidiens fleurissent. De bon matin, ils provoquent des attroupements devant les kiosques, jusqu'à bloquer la voie. Les Ivoiriens se qualifient eux-mêmes de "titrologues", car ils ne lisent souvent que les manchettes. Ou bien ils "louent" le journal pour 0,50 franc CFA, malgré un prix de vente assez bas, 200 francs CFA (30 centimes d'euros) en moyenne. Les deux présidents disposent chacun de six ou sept titres, qui ne font pas dans la nuance. Lundi, Le Nouveau Courrier, favorable à M. Gbagbo, faisait état d'un "assaut sur Abidjan", préparé à Bouaké par les forces de l'Onuci qui "s'apprête à transporter (...) mercenaires et combattants rebelles" pour soutenir M. Ouattara.

Du bord opposé, Le Patriote donnait le même jour "la liste des 85 ennemis de la paix", personnalités sanctionnées par l'Union européenne depuis vendredi, dont les avoirs sont gelés et les déplacements réduits - avec les dates de naissance et les numéros de passeport. S'y ajoutait un bref commentaire pour chacun, tel celui-ci pour Laurent Gbagbo : "Prétendument président de la République. Obstruction au processus de paix et de réconciliation, refus du résultat de l'élection présidentielle."

Pourtant nul ne nie que chaque jour contribue à l'affaiblissement de M. Ouattara, voire au renforcement de son adversaire. M. Gbagbo l'a très bien compris, qui joue la montre. Les ultimatums qui font flop - comme celui lancé par le président français à M. Gbagbo pour quitter le pouvoir et dont la date a expiré depuis belle lurette - sont aussi contre-productifs. Un Français influent, mais qui tient à garder l'anonymat dans cette période tendue, soupire : "Quand Sarkozy dit "Gbagbo partira à telle date", on voit bien qu'il n'est jamais venu en Côte d'Ivoire."

La communauté française, estime-t-il, (environ 700 PME-PMI et 15 300 personnes dont 60 % de binationaux), considère d'un oeil sceptique les décisions prises à Paris. Ainsi la décision de reconnaître l'ambassadeur de M. Ouattara apparaît-elle comme un brin décalée dans le contexte ivoirien. "Gbagbo a conquis son pays sur le terrain, dans la rue. Il le connaît parfaitement, il a fait trente ans d'opposition. Pour enlever M. Gbagbo, il faudra aller sur la route", dit-il, alors que M. Ouattara a été formaté par les occidentaux. De plus, par tempérament, le président reconnu "n'est pas un chef, pas un combattant, pas un gagneur. Il attend qu'on le mette au pouvoir et c'est bien le problème".

Comme nombre des Français du secteur économique, ce chef d'entreprise qui réside depuis trente ans en Côte d'Ivoire a d'autres craintes : il est évident à ses yeux que si la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), veut déloger M. Gbagbo par la force, c'est le Nigeria, plus gros contributeur, qui viendra. Non seulement ce n'est pas une démocratie exemplaire, mais il est assuré qu'il mettra ainsi la main sur tout le pétrole du golfe de Guinée. "Ils ne partiront plus d'ici, c'en sera terminé de la Côte d'Ivoire", dit-il.

Le couvre-feu par intermittences, les troubles, les barrages, la baisse de l'activité économique, autant de raisons qui rendent le temps long... "Une présence prolongée, confinés dans un hôtel, alors que notre adversaire occupe le fauteuil de la République, c'est vrai que cela pose problème", reconnaît Patrick Achi, le porte-parole de M. Ouattara. Mais il a toute une batterie d'arguments. Le pouvoir n'est pas un lieu physique, affirme-t-il, à l'heure du village global et planétaire. Qu'importe d'être assis dans un palais quand l'ensemble de la communauté internationale, ou à peu près, vous a adoubé...

Et puis M. Gbagbo n'a plus les leviers financiers, assure-t-il : "Il n'est plus reconnu par la Banque centrale. C'est comme si la Banque de France ignorait M. Sarkozy." Enfin, le spectre d'une guerre civile retient le bras du président élu, du moins aux yeux de la moitié d'un pays, toujours coupé en deux. "C'est vrai que cela dure et que la population ne comprend pas bien, admet M. Achi. Mais nous, on a gagné, pourquoi diantre se précipiter ?" A ceux qui suggèrent que M. Ouattara pourrait aller s'installer à Bouaké, dans le Nord qui lui est favorable, son conseiller répond : "Gbagbo est assis au palais. Nous, on est assis à l'hôtel et le pays est paralysé. A Bouaké, cela ne changerait rien." Tous ces arguments méconnaissent une dimension du conflit qui enfle au détriment de M. Ouattara : chaque jour, l'insistance de la communauté internationale à vouloir régler les problèmes des Ivoiriens à leur place agace davantage.



Béatrice Gurrey


Article paru dans l'édition du 19.01.2011 in Le Monde.fr


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

POURQUOI BAN-KI-MOON TENTE D’ACHEVER LE COUP D’ETAT DE 2002

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Le destin de deux personnalités, dès la fin de cette année 2011 se joue dans le dénouement de la crise ivoirienne née, depuis septembre 2002. Celui de Nicolas Sarkozy Nagy Bosca, chef d'Etat français et du coréen, Ban Ki Moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Ils sont alors décidés à parachever le coup d'Etat déclenché par une rébellion venue de la frontière nord de la Côte d'Ivoire. Intrigues d'une collusion.


L'administration de l'Organisation des Nations Unies sous le contrôle du coréen Ban Ki Moon est engagée dans une course contre la montre dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Un fait devant s'achever par l'évincement du pouvoir, du Président Laurent Gbagbo démocratiquement élu. Même si les choses ne semblent pas toujours aller comme elle l'aurait souhaité, le projet s'exécute avec autant de détermination de part et d'autre des centres d'intérêts au mépris des principes fondamentaux de celle qui se positionne aujourd'hui comme la toute puissante machine au monde. Et les arguments ne manquent pas chez les deux acteurs clés de la nouvelle guerre contre la Côte d'Ivoire que sont Ban Ki Moon et Nicolas Sarkozy. Il ne se passe plus de jours que ces deux acteurs majeurs de la crise ne se manifestent. Selon plusieurs sources, les raisons multiples que singulières se rejoignent.

L'année 2012 reste une année déterminante pour les deux dirigeants mondiaux. Ils luttent tous pour le renouvellement de leurs mandats respectifs. L'un pour son maintien à la tête de la France et l'autre au secrétariat général de l'Onu. Mais, ils ont besoin de l'appui de l'un et l'autre. L'ennemi commun est président Laurent Gbagbo. Pour ce faire, le chef de l'organisation mondiale a dépêché un déstabilisateur en terre ivoirienne : Young Jin Choi

Sentant la fin de son mandat, le 31 décembre prochain, à la tête de la plus haute Administration mondiale, Ban Ki Moon s'est vu selon des sources de l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), faire les offres d'un soutien en la personne du président français, dont le mandat constitutionnel s'achève en 2012. « Tu me soutiens en Côte d'Ivoire, je te soutiens à l'ONU », le deal est ainsi passé. Sans états d'âmes, les deux personnalités se mettent à la tâche en soutenant l'insoutenable : le terrorisme en Côte d'Ivoire. Ils décident de couvrir les crimes et assassinats pour le compte d'un individu, le candidat malheureux de la présidentielle soutenu par la France, Alassane Dramane Ouattara.

Car il faudra à Nicolas Sarkozy un soutien pour le financement occulte de sa campagne de 2012 en France. Il s'agit donc pour la France, pays disposant du droit de véto au Conseil de sécurité de l'Onu, d'installer à la tête de la première puissance économique de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, un faire-valoir en vue de constituer sa caisse noire de campagne. « Et cela Sarkozy est prêt à aller jusqu'au bout », soutiennent plusieurs confidences de l'Onuci. « C'est alors que sachant le rôle que peut jouer Sarkozy pour sa réélection, le secrétaire général de l'ONU s'est fait le chef de file de la déstabilisation du régime de Laurent Gbagbo, là où il doit jouer le rôle de stabilisateur et acteur du retour de la paix.

Pourtant, en 2008, il a été fait Grand Officier de l'Ordre national de Côte d'Ivoire, par le président Laurent Gbagbo », regrettent ces sources. Aussi, par une intervention dénuée de tout fondement, Ban Ki Moon estime imposer la paix par les armes avec l'envoi de troupes supplémentaires pour une intervention rapide en Côte d'Ivoire. Faisant passer de 9000 à 11000 les casques bleus, aujourd'hui transformés en force d'occupation. Ceci en flagrante violation de la souveraineté de l'Etat ivoirien

Pour parvenir à ses fins, des promesses seront faites à son bras séculier en Côte d'Ivoire, Young Jin Choi. Celui-ci, alors représentant permanent auprès de l'ONU pour le compte de la Corée du Sud, a œuvré à son élection à l'Onu. « En cas d'une deuxième victoire, promesse lui a été faite par son compatriote de le désigner comme représentant spécial du Secrétaire général en Birmanie ». Pays de l'opposante et prix Nobel de la paix (1991), Aung San Suu Kyi. Ce qui représente pour Choi un défi plus grand que celui de la Côte d'Ivoire, selon les fonctionnaires de l'Onuci

Toujours à la recherche de renommée, Choi entend peut-être un jour prétendre au poste de Secrétaire général de l'ONU avec la caution de la France, pour son action en Côte d'Ivoire. « Ce qui ne serait pas mauvais en soit ». Mais la désinvolture avec laquelle le représentant spécial de Ban Ki Moon a traité le dossier électoral, conduit, aujourd'hui le kenyan Raila Odinga à traiter avec une arrogance inqualifiable, les dernières décisions du gouvernement de la République de Côte d'Ivoire qui ne le reconnaissant plus comme médiateur de l'Union Africaine

Alors que l'ONU s'est donné pour mission de garantir la coexistence pacifique et la résolution des conflits par la négociation dans le monde mais aussi le respect du droit des peuples à l'autodétermination, en Côte d'Ivoire, l'opinion assiste de façon abrupte à une pression contre un régime constitutionnel. Une ingérence inacceptable. Toutes ces données montrent clairement que Ban Ki Moon a décidé de parachever le coup d'Etat de Alassane Dramane Ouattara commencé depuis septembre 2002

Pourtant, l'on a encore en mémoire le rôle joué par Ban Ki Moon dans la signature de l'accord historique de paix (1992 et 1995) et de stabilité dans la péninsule coréenne (son pays), sur la question du nucléaire. C'est, cette personnalité au nom de ses intérêts personnels, qui entreprend toutes les tentatives d'isolement de la Côte d'Ivoire au plan international. Un poste administratif, fut-il celui du Secrétariat général des Nations unies, peut-il faire perdre de vue à ce haut fonctionnaire, le principe de liberté dont jouit chaque peuple sur cette terre ? Il joue donc gros avec Sarkozy en Côte d'Ivoire où l'échec des comploteurs est programmé.


Hervé Makré


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

samedi, 22 janvier 2011

AU-DELA DE GBAGBO: L'AFRIQUE

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«La vraie passion du XXème siècle, c'est la servitude», écrit Camus à propos de notre époque, laquelle «n'offre à choisir que des conformismes». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu'on s'acharne à asservir les autres, soit qu'on se résigne à l'asservissement.  L'on ne s'étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s'activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

Ces puissances du monde n'ont plus de scrupule à promouvoir l'industrie de la violence. Cette dernière ouvre des marchés, produit des armes qu'elle vend, et permet aux multinationales de revenir sur le terrain des violences rebâtir ce que leurs armes ont activement aidé à détruire.  Au bout du compte, il ne s'agit que de marchés, et donc de bénéfices.  Et depuis des siècles, l'Afrique est désignée comme terrain d'expérimentation multiforme pour de nouvelles règles diplomatiques, de nouveaux médicaments et des armes nouvelles dont les propriétaires du monde équipent des Forces naturellement Nouvelles...


L'Union européenne fait la force coloniale

Notre monde n'aura pas beaucoup vu les forces de l'ONU censées maintenir la paix s'activer et s'imposer par leur efficacité au Rwanda où il se perpétrait bien des horreurs.  Ces ''soldats de la paix'' savaient regarder ailleurs. Tout aura même été fait pour les exfiltrer, les éloigner des zones des massacres, probablement pour «avoir la paix !»... Ce sont cependant ces mêmes ''soldats de la paix'' que la même ONU entend largement, et cette fois efficacement, déployer en Côte d'Ivoire, pour cette paix à l'onusienne, dont l'objectif mal maquillé consiste à remettre une jeune nation africaine en revendication de sa souveraineté sous les fourches caudines d'une puissance coloniale à veto. Les forces de maintien de la paix de l'ONU vont donc, à ce qu'on dit, pacifier la Côte d'Ivoire. Il existe déjà en Afrique des pays où les populations savent que cette formule s'est toujours illustrée par des cimetières et des enterrements sommaires dans des fosses communes. Ainsi, c'est pour une raison hautement pacificatrice - quoique d'une éthique plutôt singulière - que l'Organisation des Propriétaires du monde s'est concertée et qu'elle s'est constituée en une Internationale colonialiste pour les besoins de sa cause.


La Côte d'Ivoire est donc devenue un cas d'école pour l'Afrique et le monde, au lendemain des cinquantenaires de ce qu'on a pompeusement présenté comme les indépendances africaines.  Certes la Côte d'Ivoire se serait volontiers passée d'une telle distinction ; mais à travers elle, c'est toute l'Afrique qui se trouve en devoir de constater qu'elle est traitée de la main gauche par la «
Communauté internationale» dont elle est censée faire partie, mais dont elle devra se savoir exclue, parce que dans le lexique de l'Internationale colonialiste, «international» signifie «occidental». Du fait de l'ONU, l'Afrique se voit donc enfin officiellement et férocement confirmée dans son statut d'ensemble de territoires sans Etats véritablement souverains, la souveraineté d'aucun pays africain n'ayant véritablement figuré à l'ordre du jour de l'ordre colonial et néolibéral dominant. La diplomatie de la «Communauté internationale», inspirée par l'Internationale colonialiste veut que toutes les chancelleries le sachent ; que toutes l'entendent bien ainsi, mais que toutes se gardent bien de le dire, par diplomatie, en confirmation de l'adage où l'Union (européenne) fait la force (coloniale). 

La notion de souveraineté appelle cependant quelques observations: chaque fois qu'un potentat africain monte un mauvais coup contre son peuple, il se drape de la «
souveraineté»  nationale dans l'espoir d'échapper à toute observation critique ou à toute évaluation extérieure. Ces potentats se plaisent d'autant plus à ce jeu qu'ils s'y livrent impunément, le plus souvent avec l'onction d'une métropole coloniale prompte à donner une crédibilité «internationale» à l'impénitent potentat. Le peuple peut toujours hurler son indignation et sa désolation : «l'homme fort» se sait couvert par son mentor métropolitain, qui lui-même se cache derrière des «accords de défense». Car sous prétexte de «coopération militaire», la métropole n'hésite jamais à défendre un dictateur contre un peuple, son propre peuple, qui l'a rejeté.

La Côte d'Ivoire post électorale nous fait témoins d'un scénario différent, presque inverse : il s'y observe un flagrant déni de souveraineté du peuple ivoirien, moins cette fois par un potentat que par une communauté «
internationale» à la rescousse d'une métropole en perte de vitesse en Afrique. Les calculs électoraux et les combinaisons politiciennes ayant mal abouti, il restait à la légalité de prévaloir, force devant rester à la loi. Et la loi fondamentale de la Côte d'Ivoire fait du Conseil constitutionnel le seul organe habileté à proclamer les résultats des élections, quelles qu'en soient la nature et les conditions de déroulement. Contrairement au scenario habituel, ce n'est plus un potentat qui cherche à spolier son peuple de sa souveraineté en comptant sur des appuis métropolitains étrangers. C'est une métropole coloniale qui s'appuie sur un lobby ethno diplomatique et financier pour imposer son diktat à un Etat dont les institutions ont formellement dit le droit, conformément à ses lois. Ce qu'aucune nation occidentale n'accepterait doit donc être imposé à une nation d'Afrique. C'est l'Afrique. Ce n'est donc pas important...

La question semblait banalement arithmétique ; elle a pris toute une dimension juridique et politique qui appelle d'autres questions :


La Côte d'Ivoire est-elle un état souverain membre de l'ONU ?

Si oui, disposerait-elle d'un arsenal juridique propre à en faire un état où se dit le  droit ?
Ces lois ivoiriennes peuvent-elles être invoquées par les Ivoiriens pour des élections en Côte d'Ivoire ?

Si tel pouvait être le cas, d'où viendrait-il qu'une métropole, fût-elle aussi amicale et aussi désintéressée que la française, s'arroge le droit de lancer un ultimatum à un Chef d'Etat que le Conseil Constitutionnel de son pays a légalement proclamé élu, en validation corrective d'une arithmétique des urnes dont il pourrait s'avérer qu'elle a été viciée par des fraudes?


Et Laurent Gbagbo de poser la seule question qui vaille à ses Pairs venus en médiation : «
Qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ?»

L'inversion du scenario habituel dessine un schéma nouveau : hier c'est un Gouverneur de colonie de souveraineté théorique qu'une métropole coloniale défendait contre un peuple spolié de sa souveraineté et subjugué au nom des intérêts de la métropole. Aujourd'hui, c'est un Chef d'Etat en revendication d'une souveraineté effective au bénéfice de son peuple qu'une métropole harcèle. La notion de souveraineté s'avère donc à géométrie variable selon que c'est un nationaliste ou un gouverneur de colonie qui en parle. Aussi y aurait-il légèreté à se hâter de signer, au nom de cette souveraineté, le moindre chèque en blanc à quelque Chef africain que ce soit, bien que la mouvance nationaliste et patriotique dont se réclame Gbagbo puisse favorablement le positionner aux yeux d'une Afrique de plus en plus lassée de ses chaînes.

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La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l'ivoire, fait du braconnage politique

Il se trouve que l'Afrique présumée «
francophone», en réalité «française», excelle dans la complaisance à revendiquer son propre maintien dans l'esclavage sociopolitique. La voici donc allègrement remise en corset et reprise en étau par ce que chacun devra sans doute reconnaître bientôt comme le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC). En somme derrière la couverture de la «Communauté internationale», l'Internationale colonialiste et néolibérale réédite ce qu'elle a perpétré depuis Berlin et Yalta, puis entre 1945 et 1960, au moment où des Africains d'avant-garde engageaient la lutte pour l'indépendance de leurs territoires et la souveraineté effective de leurs peuples.

Cinquante années après ces «
indépendances», le même lobby colonialiste s'active autour des territoires africains qui comptent : car au moment où le système économique et social de l'Occident se fissure et s'effiloche, il n'est surtout pas question de perdre ni une seule plantation, ni aucune source de matières premières ; il n'est surtout pas question de laisser les Africains penser que le Pacte Colonial pouvait être reconsidéré, encore moins rompu au nom de nul ne sait quel droit de quels peuples à disposer d'eux-mêmes.

Tant qu'une dictature tropicale laisse l'Internationale colonialiste disposer de ses territoires et de ses ressources diverses, la «
Communauté internationale», entendez les métropoles occidentales,  n'y trouve rien à redire ; au nom du Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation, elle  se hâte même de consacrer ladite dictature comme démocratie, et de la présenter comme modèle d'intelligence politique et de «sagesse» africaine. Mais qu'il se trouve un nationaliste pour s'intéresser au sort de son peuple, aussitôt s'agite le drapeau menaçant de la démocratie à l'occidentale dont l'Europe s'arroge le droit de dispenser des leçons contre ses propres  pratiques sociales et politiques parfois douloureuses et bien souvent embarrassantes de honte. La diffusion dans les médias occidentaux de la manière dont le Fils de l'autre a gagné les élections présidentielles au Gabon établit l'éthique électorale et démocratique que «la Communauté internationale» sait opportunément appliquer aux colonies d'Afrique...Quand on a su autant bâillonner sa moralité électorale et sa propre vergogne au Gabon, se montrer aussi délicat en Côte d'Ivoire relève du gangstérisme politique international!

C'est dans ce jeu que bien des gouvernements occidentaux se sont surpassés, ceux de France en tête. Mais la France n'a plus la cote. Chaque jour, elle observe qu'elle a même perdu cette cote qu'elle s'est arrogée en Afrique pendant de longs siècles d'amitié acharnée, de tartufferie politique et de séduction culturelle. Seulement, elle a beau perdre la cote, la France tient à l'ivoire. Dans sa rage d'en perpétuer le trafic, la voici  installée dans le braconnage politique et mobilisée pour y recruter ou y compromettre d'autres nations, selon cette règle du partage qui veut que les Propriétaires de notre monde se gardent de se gêner dans leurs «
chasses gardées» respectives. Il va donc y avoir des assassinats d'éléphants, l'ONU ayant pris parti contre la souveraineté d'un de ses Etats membres, au mépris tout à fait flagrant des conventions internationales qui, au bas mot, font des pachydermes une espèce en voie de disparition et comme telle protégée. Mais nous souscrivons à la déclaration d'un Collectif d'intellectuels d'Afrique et du monde : il faut empêcher toute intervention militaire en Côte d'Ivoire ; il faut sécuriser les Eléphants.

Le 2 décembre 2010, l'Elysée déclarait qu'«
il appartient désormais au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats définitifs dans le strict respect de la volonté clairement exprimée par le peuple ivoirien». Cette déclaration engageait le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire dans un tunnel sans lumière, de manière si «stricte» que la seule possibilité consentie à cette institution se résumait à reproduire ce qui semblait avoir été « clairement exprimé  par le peuple ivoirien ».  Mis en demeure de répéter ce qui lui était ainsi dicté, le Conseil constitutionnel se trouvait violemment dépouillé, par l'Elysée, de toute véritable prérogative. Le Conseil constitutionnel, organe de délibération et de décision, avait mission de valider les résultats à lui soumis par la Commission Electorale Indépendante, un organe consultatif. L'Elysée lui enjoignait de se satisfaire de la certification de l'ONU, et de renoncer à la validation dont il avait pouvoir.  Le Conseil constitutionnel ayant joué son rôle légal et statutaire, «l'homme fort» de l'Elysée s'en est pris presque physiquement au candidat proclamé élu. A croire que pour l'Elysée, le Conseil constitutionnel ne vaudrait comme institution républicaine que s'il déclarait élu le candidat dont les fraudes électorales avaient été dénoncées, et les résultats légalement invalidés dans certaines circonscriptions.

Au risque d'étonner le bon sens, même la Maison Blanche s'y est laissé tromper au prix d'une contradiction remarquée : l'on y prônait naguère une Afrique des institutions fortes par rejet d'une Afrique des hommes forts. Voici que dans un discours d'homme fort, la Maison Blanche dénonce une institution forte mise en place par un homme dont l'action, de l'avis général, et en dépit des va-t-en-guerre de son pays, tendait tant bien que mal à instaurer des institutions républicaines qui fonctionnent au-delà des hommes. La Maison Blanche pourrait bien s'être laissé compromettre par une métropole européenne qu'on surprend à dénoncer le fonctionnement des institutions qu'elle applique elle-même dans l'Hexagone,  et que sa Vème République a imposées aux colonies par assimilation institutionnelle.


Il ressort de toutes ses considérations que pour le destin de l'Afrique, et bien au-delà de sa personne, Laurent Gbagbo s'apparente à une espèce en voie de disparition. Personne ne nous fera penser ni croire qu'il est un ange. Et on peut douter qu'il revendique ce statut surhumain : c'est un homme de pouvoir ; et le risque de tout pouvoir est de se dégrader en puissance en cédant à bien des faiblesses. Mais sans nécessairement le dédouaner de ses propres insuffisances ou de ses éventuels forfaits, la vision patriotique que Laurent Gbagbo a impulsée en Cote d'Ivoire déplace la querelle : elle l'élève des simples joutes électoralistes vers l'arène nationaliste et patriotique. Thomas Sankara s'y est généreusement engagé dans son style. Un de ses amis a été armé pour mettre fin à son rêve, au nom des intérêts étrangers au Burkina Faso. On va sans doute bientôt armer un cousin africain de Gbagbo pour vous l'assassiner, ou  diligenter la Cour Pénale dite internationale mais résolument «
occidentale» pour l'embastiller. L'ONU y assistera «en toute neutralité» pour avoir, une fois encore, été instrumentalisée par une Internationale colonialiste qui s'est maquillée aux couleurs de la «Communauté internationale» dans l'illusion de masquer ses appétits. Par delà ses limites humaines, Laurent Gbagbo aura surtout commis l'abominable crime de penser ivoirien en Ivoirien, de penser africain pour l'Afrique. Il a osé s'imaginer que les Ivoiriens avaient, eux-aussi, le droit de penser leur destin, de se prendre en main et de sortir du corset colonialiste. Il a osé parler d'indépendance alors que pour certaines métropoles, la Côte d'Ivoire doit rester sous surveillance des forces d'occupation, et l'Eléphant ouest africain sous contrôle de la Licorne hexagonale...

Perception zoologique de l'Afrique dite francophone

Il n'est pas nouveau que  notre «
organisation» des Nations Unies se laisse instrumentaliser par certaines nations à veto en négation flagrante de la souveraineté de nations sans pouvoir de veto. Cette faiblesse a fait prendre bien des décisions regrettables dans bien des pays du monde. Le Cameroun par exemple n'a pas encore oublié qu'il n'a jamais été une colonie française. Il se souvient même qu'il fut une pupille des Nations unies. Mais cette organisation a abdiqué ses responsabilités de tutrice pour des raisons que seul un penchant à l'infanticide peut expliquer ; car l'ONU a plutôt sacrifié sa pupille aux intérêts de l'Internationale colonialiste, sous prétexte que la France s'était, la main sur le cœur, engagée à «conduire» le Cameroun à son indépendance, à sa souveraineté et, comme de bien entendu, à sa prospérité. Plus de cinquante années après, le Cameroun en est toujours à courir après l'effectivité de son indépendance. Les Camerounais en sont toujours à se gargariser d'une souveraineté cosmétique. Quant au développement, le monde a entendu que le discours sur l'émergence a déporté le Cameroun sur les calendes de 2035! C'est dans cette logique de report et de différé permanent que pour Pierre Mesmer, Ancien Haut-commissaire de la France coloniale au Cameroun, il fallait confier l'indépendance du Cameroun et sa gestion «à ceux qui la voulaient le moins». Plus de cinquante années après, l'ONU ne semble toujours pas pressée de savoir quel sort la France a réservé à sa pupille... S'agissant du Cameroun, les Nations Unies pourraient valablement et fort utilement organiser une plénière sur l'irresponsabilité tutorale et parentale.

Il devient donc réductionniste de se focaliser sur la personne de Gbagbo : la situation que vit la Côte d'Ivoire interpelle l'Afrique toute entière, tout au moins l'Afrique qui rêve de son indépendance réelle sur les divers plans économiques, politiques et socioculturels. Car il n'est pas de juriste, il n'est pas de juridiction qui ne puisse reconnaître qu'au plan institutionnel, la proclamation de Laurent Gbagbo comme Président de Côte d'Ivoire est incontestable.  Partout dans le monde, l'arithmétique des urnes doit attendre la validation d'une haute juridiction pour donner un visage aux électeurs, un nom au peuple, une conclusion légale aux élections. Il est surprenant que ce processus soit automatique  et respecté comme tel dans les «
grandes» démocraties du monde, et que les mêmes grandes démocraties affichent tant de myopie institutionnelle au même nom de la démocratie. Mais chacun y reconnaîtra l'éthique  «internationale» par laquelle l'Occident sut jadis organiser des croisades, bénir des  expéditions d'esclaves et exterminer des créatures de Dieu au nom de Dieu, de son Dieu à lui!

Au-delà des démissions morales et des génuflexions par lesquels certains Africains se distinguent, la crise provoquée en Côte d'Ivoire montre que dans une nation membre des Nations Unies, un Conseil constitutionnel peut se voir violemment nier toute autorité morale, toute autorité légale, et toute autorité formelle de constituer ladite nation. C'est tout à fait nouveau dans le droit international. Mais la violence de ce déni ne peut surprendre venant de ceux dont le credo est qu'il n'est de bon Nègre qu'à genoux ! Et qu'en Afrique, il n'y aura que des nations asservies, des nations de service ; et qu'il ne sera de nation reconnue que celle qui se sera conformée au diktat de l'Internationale colonialiste en souscrivant aux critères du partage du monde en zones d'influence réservées, comme le «
Pré carré», appellation agropastorale qui dit assez clairement la perception zoologique que d'aucuns ont de l'Afrique dite «francophone».

Mais le tableau s'est clarifié pour ceux qui en doutaient encore, ou qui s'imaginaient qu'il suffisait à un pays d'Afrique d'avoir un hymne, un drapeau et quelques fusils pour être reconnu comme nation souveraine : pour le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC), la bonne Afrique est l'Afrique-Plantation.  Et le «
sage» est l'Africain dont le territoire tient entre le balai et la poubelle, le tablier et la chamoisine... Avant Gbagbo, Lumumba et Um Nyobe ont voulu briser la chaîne de cet embastillement sociopolitique, économique et culturel. L'ONU a assisté impassible à leur liquidation sommaire, au nom de la paix telle que prônée par l'Internationale colonialiste. Jamais deux sans trois...

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Selon que vous serez d'Afrique ou d'Occident...

Il ne suffira cependant pas que Barack Obama ait étonné le continent africain et qu'il se soit dédit pour que raison soit donnée à un fonctionnaire de l'ONU, fort sympathique au demeurant, mais manifestement inapte à percevoir la différence de droit qui existe entre la « certification» dont il avait mandat et la «validation» des résultats dont seul le Conseil Constitutionnel avait exclusivement le pouvoir. Et ce n'est plus de l'ignorance juridique que de confondre un organe consultatif avec un organe délibératif et de décision. Car ce n'est pas par ignorance que l'ONU, par son représentant, s'est échinée à imposer les propositions d'un organe consultatif aux délibérations de la plus haute juridiction d'une nation. L'Afrique ne va tout de même pas tout le temps avoir honte à la place des autres. Car l'on semble compter sur la pudeur des Africains pour leur faire tolérer n'importe quelle incompétence.  Mais ils fonctionnent sur instructions, les fonctionnaires. C'est donc bien «l'organisation» qui s'est exprimée par la voix de M. Young-jin Choï, où il se perçoit bien que Choï n'a pas eu de choix : étant aux ordres de l'Internationale colonialiste, il aura fait son devoir en accomplissant sa besogne de mission. Aussi, n'aura-t-il pas hésité à violer la Charte même des Nations Unies qui prescrit de n'entreprendre d'action dans un pays membre que dans le strict respect des institutions et de la souveraineté dudit pays.

Mais la Charte des Nations Unies n'a pas prévu que l'organisation reconnaisse ses erreurs et fasse amende honorable. Quand on répond de l'Internationale colonialiste, on ne sait pas avoir tort. Sous la pression de l'Internationale colonialiste, les prescriptions même de la Charte ne sont plus que des balivernes cérébrales devant les intérêts géopolitiques et mercantiles à préserver. Pour cette raison, et parce qu'il s'agit d'un pays africain, les personnalités membres d'un Conseil constitutionnel cessent aussitôt d'être des juristes de qualité. Ils ne sont plus que des «proches» et des «amis» du Président. Que M. Kipré, Ambassadeur de Côte d'Ivoire en France rappelle que Michel Debré, Président du Conseil Constitutionnel de France doit, dans cette logique, n'être qu'un «proche ami» de Sarkozy, et l'on entend le journaliste Elkabach glapir: «il ne faut pas comparer !». Ainsi, selon que vous serez d'Afrique ou d'Occident, le Conseil constitutionnel sera un banal cercle de proches amis du Président ou une instance délibérative digne d'être respectée par l'ONU...

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, la Cour Pénale Internationale se hâte de se signaler à l'opinion comme l'aile judiciaire de l'Internationale colonialiste, au risque de se pénaliser en se dégradant en Cour « occidentale» : elle qui fut d'une discrétion remarquée et d'un silence assourdissant pendant bien des génocides en Afrique, elle qui ne donna aucune suite aux requêtes de la Côte d'Ivoire sur les tueries de la Licorne, affûte déjà ses articles et ses «attendus» contre tous ceux qui auront osé penser que l'Afrique a des droits, et que ses Conseils constitutionnels sont en devoir de dire le droit en toute souveraineté...Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC) est résolument en marche. Et le Conseil de Sécurité se signale déjà comme sa branche armée, prompte à déployer des soldats pour mater la soif d'indépendance des nationalistes africains...

Tant d'indices laissent penser qu'en ce début du XXIème siècle un gouvernement mondial se met discrètement en place. Comme d'habitude, l'on aura choisi l'Afrique comme terrain de son expérimentation ; et la Côte d'Ivoire donne un aperçu de la gestion et du fonctionnement de ce gouvernement mondial. Son mode de gestion est si éloquent qu'il n'y a pas meilleure manière de dire à l'Afrique qu'elle n'y comptera pas pour grand-chose, ou pour si peu, qu'il lui faudra de puissants mégaphones pour se faire entendre. Sauf à choisir enfin de s'assumer sur la base de ses règles endogènes, de s'étudier sur la base de ses propres concepts, de s'instruire sur la base de ses propres canons et méthodes culturels pour se donner quelque chance de se reconquérir et de se réconcilier avec elle-même. Il est d'une évidence lumineuse que cette mise en perspective de l'Afrique ne sera d'aucune motivation pour les professionnels de la génuflexion, et qu'elle sera même âprement combattue par ceux des Africains qui auront été dressés au reptilisme existentiel.

C'est qu'au-delà d'un nommé Gbagbo, l'autre question de fond que la Côte d'Ivoire pose à l'Afrique est la problématique même des élections comme processus d'accès à la gestion publique. La démocratie est-elle nécessairement électorale ? Les peuples en général, les peuples d'Afrique notamment, n'auraient-ils que des élections pour se gérer en société ?

Les élections, seul outil d'accession à la gestion de la vie publique et au pouvoir ?

La culture occidentale est fondamentalement, foncièrement et essentiellement conflictuelle. Certes Héraclite d'Ephèse a étudié en Afrique avant d'établir le conflit, la lutte des contraires comme moteur du monde. L'Afrique ne conçoit cependant pas le monde en termes d'affrontement ; l'Afrique culturelle profonde conçoit le monde en termes d'intégration et de consensus. Contrairement aux contrevérités de certains touristes scientifiques qui se sont autoproclamés « africanistes», l'anthropologie africaine a des choses bien plus porteuses à enseigner dans ce domaine.

La rage d'uniformisation du monde étonne de plus en plus chez ceux-là même qui prétendaient combattre la pensée unique ; elle est exacerbée par le slogan économico-mercantile de la mondialisation, dont les institutions de Bretton Woods, l'OMC comme le FMI, constituent le bras usurier. Au nom de l'uniformisation du monde, il suffit désormais qu'un slogan soit diffusé et soutenu dans les medias « internationaux», entendez «occidentaux», pour qu'il devienne une vérité infaillible pour le reste du monde. C'est ainsi que les pays d'Afrique, hier pays du «Tiers monde»,  ou «Pays sous-développés», ont été successivement et unilatéralement rebaptisés pays «en voie de développement», puis «Pays les Moins Avancés» (PMA), puis «Pays Pauvres Très Endettés» (PPTE) et, pour demain, «Pays Emergents». L'Eurocentrisme n'a pas fini de coûter cher aux peuples d'Afrique, tant au plan économique, moral que politique. Dans ce dernier cas, l'accession à la gestion publique par les élections fait tellement problème en Afrique qu'au lieu de penser que ce sont les Africains qui sont inaptes à la démocratie électorale, il serait temps de se demander si l'urne est bien le mode socioculturel le plus approprié pour l'accession au pouvoir et pour sa gestion en Afrique.

Nous ne perdons pas de vue que si aujourd'hui l'Occident agite aussi ostensiblement le fanion des élections, il n'y a pas si longtemps que ses «grandes  nations» excluaient le vote de leur fonctionnement. Et quand l'Occident a fini par céder au principe des élections, il a fallu de nouvelles luttes acharnées pour que toutes les populations soient admises à voter. Il n'y a donc pas longtemps que certaines grandes nations occidentales ont concédé ce droit à la femme - dont le statut d'être humain n'a été toléré que fort récemment. Dans certaines «grandes démocraties» occidentales, la reconnaissance de la femme comme personne humaine a paru si révolutionnaire qu'elle a été gravée sur des stèles comme une invention exceptionnelle de l'humanité...

Si donc la démocratie se définit comme pouvoir émanant d'un peuple donné, et s'il est entendu qu'en Afrique il existe des peuples et non de simples hordes de primates, le plus distrait des touristes pourrait avoir remarqué, sauf amnésie et cécité délibérées, que l'Afrique a une longue expérience de la gestion publique et de l'accès au pouvoir.

Une certaine propension au raccourci pousse une catégorie d'Africains à renoncer à comprendre, pour s'être convaincus par facilité que les autres ont déjà tout dit, tout pensé, tout trouvé. Quand les autres auraient effectivement tout pensé et tout trouvé, ils l'auraient fait pour eux, en fonction de leur vécu à eux et de leurs attentes à eux. C'est pour cela que même le sparadrap, grande trouvaille occidentale devant l'Eternel, n'existe pas encore en couleur cacao ou café, mais se produit exclusivement en couleur rose cochon... De tels détails de notre simple quotidienneté d'infirmerie devraient inciter les Africains à réfléchir sur bien d'autres produits que l'Occident vante dans ses médias et qu'il nous propose, sous prétexte de modernité et d'ouverture, comme une panacée à nos problèmes d'Africains.

C'est dans ce contexte que des questions bien plus graves pourraient surgir : dans quelle culture ou société africaine a-t-on jamais vu 51% d'une famille humaine s'arroger le droit de régenter 49% de la même famille sous prétexte que des bouts de papiers ont été jetés dans une boîte, individuellement, séparément et en cachette? Dans quelle société d'Afrique a-t-on jamais vu une palabre se terminer hors consensus, quand le Patriarche chargé de vider un litige se fait un point d'honneur de ramener le plus radical des contradicteurs dans le cercle du consensus pour qu'à la fin, les uns et les autres partagent la cola en dégustant le vin de la réconciliation, de l'entente et de la cohésion sociale retrouvée ?

Le tropisme et l'extraversion pousseraient des décervelés à douter ! Pourtant, il va falloir, et bientôt, se résoudre à choisir : guérir du dressage et du mimétisme, ou renoncer définitivement à représenter une culture, un peuple, un continent et une histoire dont la richesse aussi piratée qu'enviée est souterrainement combattue par ceux-là mêmes qui la parasitent.  Observons déjà comme la vertu du consensus est convoitée par les adeptes des pouvoirs électoraux « modernes», issus de la démocratie électorale de 51% contre 49%. C'est bien par intention, par soif et par impatience de consensus ou de réconciliation que tout «Président élu» se hâte de déclarer qu'il sera le Président «de tous les ...». Quand bien même cette déclaration ne serait faite que du bout des lèvres, l'effort de mensonge du nouveau président est déjà en lui-même révélateur d'un fonds culturel qu'aucun Africain ne devrait se hâter d'évacuer.

Les urnes n'ont pas une histoire si lointaine que cela en Occident. Et la généralisation des élections à l'occidentale n'est encore ni un certificat de démocratie, ni une garantie de paix sociale dans les « grandes démocraties» occidentales. D'aucuns auraient bien voulu qu'il n'en fût point ainsi, mais l'Afrique profonde a des enseignements à donner au monde en matière de démocratie et de convivialité : «Le pouvoir y reposait sur un système de prise de décision collégial et consensuel. La méthode  en était la palabre, et l'instrument l'assemblée de village. Au-dessus du village, à chaque niveau d'organisation géographique, district ou région et royaume ou empire, des assemblées de délégués fonctionnaient selon le même principe de consensus. S'il y a une tradition africaine de prise de décision collective, elle est bien celle de la palabre et du consensus. Elle prend du temps, mais elle s'attache au respect de chacun et permet les décisions nécessaires à la survie du corps social». Le même auteur déplore «la méconnaissance profonde où se trouve l'Occident des modes de fonctionnement de l'Afrique (...) Tout se passe en Afrique comme si l'Occident colonisateur avait efficacement détruit une amorce de sociabilité locale que l'on peut appeler démocratie consensuelle, et n'arrivait pas à faire prendre la greffe de son produit de remplacement, la démocratie conflictuelle». (2001)

Non, il ne s'agit pas encore de Cheikh Anta Diop - Maître de puissante inspiration - mais plus prosaïquement de Michel Rocard, qu'on ne peut soupçonner d'Afrocentricité. Son titre, Pour une autre Afrique, dit à quel point les ravages de la colonisation sont réels et la lutte pour les rattraper indispensable, notamment face à des prédateurs occidentaux qui veulent bien les décrire ou les déplorer, mais dont le premier réflexe, une fois qu'ils sont au pouvoir, n'est pas nécessairement de promouvoir l'indépendance et la dignité de l'Afrique.

La raison de vivre s'érige en raison de mourir

Au-delà  d'un nommé Gbagbo, prétendons-nous, l'enjeu est l'avènement d'une Afrique autre. Ceux des enfants d'Afrique qui s'en rendent comptent et qui prennent la juste mesure des enjeux sauront que même proclamés perdants, ou à la limite assassinés, certains nationalistes patriotes seront demeurés des gagneurs. Au-delà des insuffisances, des incompréhensions ou des fautes de bibelots, la plupart auront activement œuvré au-delà de leur personne, pour l'indépendance de l'Afrique et la dignité d'une Afrique de peuples effectivement libres. Quand une cause est à ce point une raison de vivre, elle s'érige en raison de mourir. Et la gloire des nations réside dans le sacrifice de ceux de leurs enfants qui savent mourir pour leur raison de vivre. C'est ainsi que sans l'avoir recherché, certains patriotes entrent dans l'éternité de la mémoire de leur peuple.

L'Occident en général et l'Europe en particulier ont prouvé au monde qu'ils savent se déchirer dans des querelles ethniques et des conflits ethno économiques. La Shoah en est l'un des exemples les plus déshumanisants. L'unité de l'Europe n'a donc pas fini de se chercher. Sans doute va-t-elle enfin se trouver grâce à l'Afrique dont la même Europe occulte curieusement la saignée et l'holocauste négrier. Cette Europe esclavagiste et déchirée par ailleurs va sans doute reconquérir son unité grâce à une Côte d'Ivoire qu'un certain Laurent Gbagbo s'efforçait de réunifier. Il restera  frappant que l'Europe en quête de sa propre unité n'ait pas hésité à aggraver l'éclatement d'une nation africaine pour défendre les intérêts d'un pays d'Europe. Et c'est de cette Europe ethnique, fort violemment intéressée, que l'Afrique devra recevoir des leçons d'éthique politique et humaniste ! Le malaise que l'Afrique éprouve vient de ce que l'Europe ne semble pas avoir, pour elle-même déjà, maîtrisé les leçons qu'elle veut bien dispenser ou, à l'occasion, imposer au reste du monde : élection n'est point synonyme de démocratie. Et en Afrique, la démocratie électorale ne saurait se satisfaire du décompte numérique des Commissions dites indépendantes qui ne garantissent aucune crédibilité à cause du voile de suspicion dont les contextes de leur création les couvrent.

Ne nous demandons plus où sont passées toutes ces nations indépendantes africaines qui ont  célébré ou qui s'apprêtent à célébrer leurs «indépendances». L'Afrique aveuglée par extraversion politique n'a pas perçu le calcul d'une Europe aux voix discordantes par ailleurs, mais dont la Côte d'Ivoire accélère subitement l'unanimité. La cause est sans doute entendue, mais l'unanimisme occidental ne sera pas une leçon de démocratie pour l'Afrique du XXIème siècle. Cet unanimisme suspect confirme que pour les intérêts de l'un des leurs, l'Europe a résolu de faire corps et chorus, d'étouffer toute velléité de liberté en Afrique, quitte à installer au pouvoir ceux-là même qui, la veille, ont mis à feu et à sang le pays qu'ils s'impatientent aujourd'hui de gouverner. Ils seront sans doute au gouvernement ; mais quel gouvernail tiendront-ils ? La Côte d'Ivoire ne s'expose-t- elle pas au risque d'être gérée par procuration, par un simple gouverneur colonial aux ordres de la Sainte Union de l'Europe coloniale ?

L'unanimisme européen aura cependant atteint son objectif : entraver l'unification d'une nation en passe de panser ses blessures, et en faire un territoire ingouvernable. Cette manière qu'a l'Internationale colonialiste de se croire indispensable à l'Afrique crée de nombreux emplois pour l'Europe ; mais l'ingouvernabilité de la Côte d'Ivoire ne profitera à aucun Africain. Il est possible qu'elle ne profite même pas à l'Occident. Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation l'instaure activement par fébrile avertissement à tout autre dirigeant africain qui aurait des démangeaisons de liberté et des velléités de souveraineté. Des morts, l'on en compte déjà. Mais qu'est-ce qu'un  génocide de plus pour la machine coloniale ? L'histoire de l'Europe est d'une richesse écarlate : l'on y apprend que l'Europe sait toujours comment multiplier les fosses communes pour se faire de l'espace chez les autres. Mais pour avoir cautionné ce flagrant déni de souveraineté en Côte d'Ivoire, l'ONU a gagné en déshonneur et en dépréciation. Il devient de peu d'intérêt que l'ONU y ait été poussée par une Europe manœuvrière désireuse de recoller provisoirement ses propres morceaux. En ce XXIème siècle naissant, l'Afrique en charcuterie aura néanmoins servi à unir l'Europe dans une Internationale colonialiste sous protection de l'ONU...

On n'arrête pas le progrès. Et le progrès que le XXIème siècle s'apprête à enregistrer s'observe en Afrique, par la Côte d'Ivoire : la «Communauté internationale» aime désormais  si profondément l'Afrique qu'elle se mobilise sans calcul pour y imposer son mode de sélection des dirigeants, au nom de cette liberté, de cette démocratie et de cette humanité que, pendant de longs siècles, la même Communauté internationale a brutalement niées à l'Afrique. Ce vaste renversement de programme est un peu tardif ; mais par cette prestidigitation, d'aucuns espèrent gommer des siècles de cet esclavage, de ces massacres et de ces spoliations dont l'Occident refuse de parler par négationnisme et refus de toute repentance. A travers la Côte d'Ivoire, l'Occident déclare à l'Afrique un amour si subit, si débordant et si tyrannique qu'il ne veut surtout pas que de pauvres Africains se noient dans leurs barils de pétrole, s'intoxiquent à l'uranium et s'aveuglent à l'éclat de leurs carats d'or ou de diamants. La «Communauté internationale» veut tellement le bien de l'Afrique qu'elle tient, pour ainsi dire coûte que vaille, à soulager le continent du poids écrasant de ses diverses dictatures : minières, forestières et politiques. Les principaux inspirateurs et acteurs de génocides africains tiennent tellement à libérer l'Afrique de ces dictateurs qu'ils en intronisent certains potentats dans le voisinage même de ceux qu'ils conspuent ou liquident, et dont le crime est d'avoir tenté de redonner quelque respectabilité à la «négraille inattendument debout» (Césaire). Mais quand l'Afrique n'aurait su produire que des dictateurs, il convient de retenir qu'à dictature égale, seule l'option nationaliste et patriotique compterait désormais pour l'Afrique. Et l'Afrique qui aspire à compter a reçu le message : soit se résigner à servir de plantation et de réserve de matières premières aux propriétaires autoproclamés du monde, soit travailler à définir elle-même, pour elle-même, ce qu'il lui conviendrait de progrès.

Le progrès de l'Afrique ne semble pas avoir la démocratie électorale pour levain ; au-delà des urnes, ce progrès se perçoit et se construit dans une convivialité consensuelle en adéquation avec les fondements anthropologiques de la culture africaine. L'Afrique croisera son destin sans le rencontrer si, par paresse intellectuelle ou par démission politique, ses enfants souscrivent à cet unanimisme contre nature par lequel la «communauté occidentale» autoproclamée «internationale» par maquillage de ses préoccupations matérielles, manœuvre pour que l'uniformisation du monde à son profit exclusif passe pour un noble souci d'harmonisation profitable à tous.

Les dettes de liberté se paient en monnaie de vie. On sait quel prix Toussaint Louverture dut payer dans le Jura français pour avoir voulu libérer Saint Domingue devenue Haïti. L'encerclement fut total et asphyxiant pour la première république noire. Il fallait démontrer que les Nègres ne pouvaient pas, et ne pourraient jamais assumer un destin autre que l'esclavage. Deux siècles après, le même schéma se reproduit, mais en terre africaine et de manière plus subtile, l'Internationale colonialiste ayant excipé de la démocratie électorale pour perpétrer l'embastillement d'une autre république noire en quête d'indépendance.

L'histoire africaine est d'une richesse pédagogique inépuisable. A chacun de nous d'en tirer ses propres leçons, pour l'avenir des Peuples d'Afrique - qui se conjugue au présent, au-delà d'un nommé Gbagbo.

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Par Pr. Charly Gabriel Mbock,  in La Nouvelle Expression (Cameroun), le 21 janvier 2011



Signez la pétition contre la participation de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Union africaine (cliquer sur) :

PETITION DU WEB

 

 

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

LES CAMEROUNAIS SE PRONONCENT SUR LA CRISE IVOIRIENNE

Les camerounais au sujet de la crise post-électorale en CI.

 

L'avis des Africains compte dans la crise post-électorale Ivoirienne. Cette vidéo illustre bien le sentiment des Camerounais

face à cette crise.

Cliquez sur l'image pour la visualiser

cmrci


Copyright © Janv. 2011

LA ZONE UEMOA DANS L'ORNIERE DE LA CRISE IVOIRIENNE

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Avec l'avènement de l'Euro et l'arrimage du Franc CFA à cette monnaie, le débat sur l'avenir de la Zone Franc a  alimenté de nombreuses interrogations et des inquiétudes se sont posées quant au sort de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Ce sujet reste actuel  depuis la crise post-électorale en Côte d'Ivoire.  Le franc CFA fortement critiqué  par une nouvelle classe de l'élite africaine, pourrait voler en éclat si les pays de la zone UEMOA ne dissocient pas les questions économiques de celles qui ne les regardent pas.  Notre conviction est que l'UEMOA ne doit pas se mêler des questions de souveraineté des pays membres.

Pour développer ce point de vue, nous définirons d'abord l'union monétaire  afin de fixer son domaine d'application.

Ensuite, il faudra présenter brièvement les organes et les objectifs de l'UMOA afin de circonscrire ses responsabilités.

Enfin, nous pourrons dire ce que l'UEMOA est et ce qu'elle n'est pas.


  1. DEFINITION D'UNE UNION MONÉTAIRE

L'existence de l'Union monétaire Ouest-Africaine (UMOA) regroupant huit pays (Benin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) est une bonne initiative qui vise à atténuer en Afrique de l'Ouest le phénomène de balkanisation monétaire.

En effet, après trois décennies de gestion monétaire commune, les États membres de cette union monétaire ont éprouvé le besoin de renforcer leur intégration économique, par la création de nouvelles institutions et dispositions (avec la création de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest en Janvier 1994), reconnaissant ainsi que l'union monétaire ne suffit pas, seule, pour réaliser les gains potentiels d'une totale intégration économique. L'intégration économique est perçue comme un processus par lequel s'établissent des interdépendances structurelles entre les économies nationales sous forme d'échanges croissants de marchandises, de capitaux, de main-d'œuvre, sous la forme d'une conjugaison de politiques économiques, de projets réalisés en commun et sous la forme également de règles juridiques homogènes sur l'espace communautaire. L'UEMOA fait des avancées significatives dans le sens de l'harmonisation de ses politiques monétaires et budgétaires. Elle a même conçu une nomenclature budgétaire commune, des politiques fiscales et douanières communes et surtout défini des critères de convergence.

Depuis le début des années 60, l'intégration économique et monétaire a suscité un grand intérêt pour les analyses mettant en évidence les conditions de constitution d'une zone monétaire optimale. La question qui revient souvent, est la reconnaissance des critères de détermination d'une zone monétaire optimale ou les conditions dans lesquelles un groupe de pays a intérêt ou non à maintenir un régime de changes fixes entre leurs différentes monnaies ou à opter pour une monnaie unique.

Notre objet ici n'est pas d'insister sur la non optimalité de cette zone monétaire vu que le sujet fait l'objet de nombreuses études (Ondo Ossa, 2000).

Dans tous les cas, nous en parlerons brièvement mais à ce stade de notre texte, il est question de donner la définition de l'union monétaire.

Il ne faut pas confondre  zone monétaire et système monétaire. Cet avertissement a été donné par  Michel LELART[1], pour qui,  une zone monétaire "est un espace géographique au sein duquel une monnaie nationale est utilisée. Elle est née de pratiques, d'habitudes, de mécanismes; elle est essentiellement une construction empirique qui s'est précisée par L'usage". Tandis qu'un système monétaire "est un ensemble de règles fondées sur des principes bien établis et acceptés par certains pays aux termes, le plus souvent, d'un accord ratifié par tous.

L'accord peut prévoir qu'une monnaie nationale aura un rôle particulier, il peut aussi prévoir la mise en place d'une monnaie nouvelle créée et gérée par une institution supra - nationale ".

Par système monétaire, il faut entendre l'ensemble des institutions et organisations qui participent à l'administration de la monnaie. Un système monétaire est défini par des dispositions législatives, réglementaires, voire coutumières.  En  général, ces dispositions ont pour objet de fixer : (a) d'une part les conditions d'émission de la monnaie, c'est-à-dire les conditions dans lesquelles la monnaie est créée et circule, (b) d'autre part les conditions de fonctionnement des organismes qui émettent de la monnaie et assurent sa circulation.

En définitive, NSOULI, S.M., (1981) nous dit qu'union monétaire est  caractérisée par "l'émission d'une monnaie commune unique dont la circulation se fait librement entre les pays membres et par la création d'une autorité monétaire centrale chargée de regrouper les réserves de devises de tous les pays membres et de décider de la politique monétaire"[2].

Après ces différentes définitions, il nous faut à présent présenter l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA).


  1. LA PRESENTATION DE L'UNION MONETAIRE OUEST-AFRICAINE

L'UMOA a été instituée par le traité du 12 mai 1962. Les premiers Etats signataires étaient, la Côte d'ivoire, le Dahomey, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.  L'UMOA regroupe à l'heure actuelle huit Etats a savoir le Benin, le Burkina Faso, la Cote d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Togo et le Sénégal. Apres la dévaluation de 1994, les pays de l'UMOA ont signé le traité de l'union économique : l'UEMOA. La politique monétaire et la politique de change de l'union sont régies par la banque centrale communautaire, la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest).

Depuis 1975, les pays de l'UEMOA sont également, avec sept autres Etats (le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone), membres d'une communauté économique plus large : la CEDEAO. L'objectif principal du traité de la CEDEAO est la promotion d'une union économique et monétaire dans l'ouest-africain.

L'UMOA est une organisation d'États africains indépendants, persuadés que l'exercice en commun de leur souveraineté monétaire les aidera à mieux assurer un développement harmonieux de leurs économies respectives.

Avant d'être l'UEMOA, l'UMOA était dotée d'organes de décision comme la Conférence des chefs d'États, le Conseil des  Ministres, la BCEAO et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

Au sein de l'UEMOA, l'article 16 définit les organes de l'Union qui sont constitués par :

- la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement, telle que définie à l'article 5 du

Traité de l'UMOA,

- le Conseil des Ministres, tel que défini à l'article 6 du Traité de l'UMOA,

- la Commission,

- le Parlement,

- la Cour de Justice,

- la Cour des Comptes.

Des organes consultatifs et des institutions spécialisées autonomes concourent également à la réalisation des objectifs de l'Union.  C'est l'article 4 qui fixe les objectifs de l'UEMOA.  Il est écrit dans cet article :

Sans préjudice des objectifs définis dans le Traité de l'UMOA, l'Union poursuit, dans les conditions établies par le présent Traité, la réalisation des objectifs ci-après :

a) renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres dans le cadre d'un marché ouvert et concurrentiel et d'un environnement juridique rationalisé et harmonisé ;

b) assurer la convergence des performances et des politiques économiques des États membres par l'institution d'une procédure de surveillance multilatérale ;

c) créer entre les États membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d'établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ;

d) instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, par la mise en œuvre d'actions communes et éventuellement de politiques communes notamment dans les domaines suivants : ressources humaines, aménagement du territoire, transports et télécommunications, environnement, agriculture, énergie, industrie et mines ;

e) harmoniser, dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement du marché commun, les législations des États membres et particulièrement le régime de la fiscalité.


  1. CE QUE L'UMOA EST ET CE QU'ELLE N'EST PAS

Concernant le strict domaine de ses compétences, nous l'avons déjà noté, une zone monétaire unique devrait à long terme se traduire par une amélioration du bien-être des populations des pays concernés. En s'appuyant sur les avantages de la communauté de monnaie déjà existante, le projet de l'UEMOA s'est engagé à établir un véritable espace intégré, géré comme une union économique à part entière. Les États membres souhaitaient avoir des interdépendances plus fortes, avec la consolidation de la monnaie commune et l'assainissement du cadre macroéconomique.

Dans la perspective, le projet de l'union doit faciliter la mobilité des personnes, les échanges de biens, de services et des capitaux. La mobilité des personnes doit s'accompagner de la suppression de toute discrimination sur le marché du travail à l'égard des travailleurs des autres pays de la zone.

En s'inspirant de l'expérience de l'Union européenne, les pays de l'UEMOA, par Acte additionnel n°4/99 de la Conférence des chefs d'État  et de gouvernement, ont adopté en plus d'autres règles de discipline collective dans le cadre d'un pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité, et des règles. Le tableau suivant regroupe ces règles classées en deux catégories : les critères de premier rang, dont le respect est impératif, et les critères de deuxième rang, qui s'apparentent davantage à des recommandations.


UEMOA : les critères du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité pour fin 2002

Critère de premier rang

Solde budgétaire de base/PIB               ≥ 0%

Taux d'inflation annuel moyen (IPC)     ≤ 3%

Encours dette extérieure et intérieure/PIB   ≤ 70%

Variation des arriérés de paiement extérieurs    0

Variation des arriérés de paiement intérieurs   0

Critère de deuxième rang

Masse salariale/ recettes fiscales      ≤ 35%

Investissements sur ressources intérieures/ recettes fiscales  ≥ 20%

Déficit extérieur courant hors dons/PIB         ≤ 5%

Taux de pression fiscale (recettes fiscales/PIB)     ≥ 17%


Source : UEMOA (Acte Additionnel n° 04/99 de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement-articles 18 et 19).

 

L'UEMOA a pour mission  de faire en sorte qu'il y ait une intégration des politiques économies, ce qui nécessite d'ailleurs le respect des critères de convergence. Ce point de vue repose sur l'idée défendue par des auteurs comme Beetsma et Bovenberg (1995)[3], qui insistent sur le besoin de convergence en matière de politiques budgétaires et de politiques structurelles (gestion de la dette publique, flexibilité du marché du travail et efficacité du système fiscal). La convergence en question est de deux ordres : nominale et réelle.

La convergence nominale, qui étudie l'évolution des variables coûts et prix, ainsi que leurs déterminants sous-jacents (taux d'intérêt, taux de change et ratios de finances publiques) ;

La convergence réelle dont le champ d'étude est le rapprochement des niveaux de vie et/ou l'atténuation des différences structurelles entre pays. Elle s'analyse généralement sous structurelles entre pays. Elle s'analyse généralement sous l'angle de rattrapage économique.

Les efforts de l'UEMOA doivent tendre vers l'érection d'une zone monétaire optimale. En effet, selon  McKinnon (1963)[4], "on peut appeler zone monétaire optimale un groupe de pays aux échanges de marchandises fortement intégrés, autorisant la libre circulation des facteurs et ayant des monnaies effectivement convertibles".

La théorie des zones monétaires optimales a été introduite par Mundell (1961)[5], puis renforcée par McKinnon (1963) et Kenen (1969)[6]. Une zone monétaire est optimale quand les couts de renonciation au taux de change comme instrument d'ajustement à l'intérieur de la zone sont compensés par les gains résultant de l'adoption d'une monnaie commune ou d'un régime de changes fixes. Autrement dit, elle constitue une aire ou des mécanismes autres que la modification des taux de change, permettent de dissiper les déséquilibres provoqués par des chocs asymétriques. En général, cette optimalité est facilitée par :

-          la mobilité de la main-d'œuvre entre les pays considérés ;

-          la flexibilité des salaires ;

-          l'importance du commerce réciproque entre les pays ;

-          le degré de diversification  de la production ;

-          les similitudes des profils d'inflation.

En dépit de la  modestie du nombre d'illustrations que nous avons, il est prouvé par des études sérieuses que la zone UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale. Si elle existe elle est le reflet de la volonté des pays membres de vivre la solidarité.  Si tel est le cas, il est incompréhensible que l'UEMOA fasse de la politique en s'ingérant dans les affaires intérieures d'un État comme c'est le cas avec la Côte d'Ivoire.

L'UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale selon les critères théoriques. Les investigations empiriques tranchent difficilement l'existence d'une zone monétaire optimale (Ondo Ossa (2000))[7]. En effet, les analyses ont montré que les pays de l'UEMOA sont peu interdépendants quand il s'agit d'échanges intra-régionaux et de la mobilité des facteurs de production. De plus, du fait de la spécialisation des systèmes productifs (le coton pour le Burkina Faso et le Mali, le cacao pour la Cote d'Ivoire, etc.), les économies de l'UEMOA subissent les affres de la conjoncture extérieure. En effet, les grands pays exportateurs dans le commerce intra UEMOA sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal qui ont exporté vers la zone respectivement 11 et 6,5% de leurs exportations totales entre 1990 et 2003 (Boogaerde et Tsangarides, 2005)[8]. En 1999, les exportations  de la zone UEMOA en direction de cette même zone n'atteignaient que 12% et les importations 10%.

Selon les statistiques de la Commission Economique pour l'Afrique (1999), les parts moyennes des exportations et des importations de l'UEMOA dans le commerce mondial entre 1988 et 1997, sont respectivement 0,14% et 0,15% environs. Malgré l'avantage offert par la monnaie commune, l'UEMOA demeure encore une zone économique peu intégrée au plan commercial. En effet, la part de leurs échanges réciproques dans leur commerce intérieur est assez faible, l'essentiel de leurs transactions commerciales se faisant surtout avec les pays de l'OCDE. Par exemple, selon la source pré-citée, les parts moyennes des exportations intra-UEMOA sur ses exportations totales et des importations intra-UEMOA sur ses importations totales durant la même période, sont respectivement de 6,01% et 6,31 %.

En dépit de l'absence de statistiques et d'études scientifiques, sur la base d'une simple  observation, nous pouvons soutenir qu'il n'y a pas davantage de mobilité intra- régionale dans la zone UEMOA que vis à vis de l'extérieur , tant pour ce qui est de la main d'œuvre qu'en ce qui concerne les flux financiers ou d'investissements directs.

On peut dire également qu'il existe des différences notoires de performances macroéconomiques entre les pays de l'union, ce qui rend fragile l'économie de la zone dans le long terme. On note une incohérence globale entre les politiques budgétaires nationales et la politique monétaire commune, mais aussi le manque de flexibilité des coûts de production et des prix, la mobilité insuffisante des biens et services à l'intérieur de la zone et la faible diversification des économies et leur grande vulnérabilité à des chocs exogènes.

Dans le cadre de l'UEMOA, la monnaie unique n'a pas suivi un processus d'intégration Économique réelle, mais plutôt a été une donnée de l'histoire coloniale. En effet, dans le cadre plus élargi de la zone franc, les rapports économiques et monétaires entre la France et ses colonies ont été organisés par touches successives afin de favoriser la colonisation, puis, après 1929, de faciliter sous la pression de la crise économique et des événements politiques internationaux, la constitution d'un ensemble économique visant à une certaine autonomie.

Il est vrai que l'UEMOA  ne résulte pas d'une évolution d'une zone monétaire symétrique, elle a  suivi un  processus d'intégration opposé à celui de l'union européenne.

Nous venons de voir que l'UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale. Cette organisation ne fait rien pour rendre cette zone optimale mais elle trouve des ressources pour s'inviter dans l'arène politique là où on l'attendait sur le « ring économique ».

En effet, sept ministres des finances de l'UEMOA ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO d'autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au non de ce pays ».  Ce même Conseil a renchéri pour décider « d'instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire d'effectuer les mouvements sur les comptes en son nom ».

Depuis fin novembre, une crise politique oppose le président Laurent Gbagbo et le Dr Alassane Ouattara qui est reconnu par l'étranger comme le président ivoirien « légitimement élu ».

Il est clair que l'UEMOA a outrepassé ses prérogatives en prenant des positions politiques.  L'article 15 du traité de l'UEMOA stipule que « Les Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions nécessaires afin d'éviter que le fonctionnement de l'Union ne soit affecté par les mesures que l'un d'eux pourrait être amené à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l'ordre public, de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre ». Jamais, il n'est demandé à l'UEMOA de juger qui est président ou pas.

Le Conseil des Ministres n'a pas mandat d'invalider la signature d'un président de la république.  Le Conseil des Ministres de l'Union Monétaire exerce les fonctions qui lui sont dévolues par l'article 20 qui dit clairement que « Le Conseil des Ministres de l'Union assure la mise en œuvre des orientations générales définies par la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement ». Et il revient à la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement définit les grandes orientations de la politique de l'Union (Article 17).

Aujourd'hui tous les économistes s'accordent pour dire  que  le seul critère qui milite en faveur d'une union monétaire reste celui de la solidarité. La solidarité devient ainsi la condition nécessaire et suffisante d'optimalité.

ONDO OSSA  (2000) définit la solidarité comme une communauté de responsabilités et d'intérêts qui traduit un sentiment qui pousse deux économies à se pOI1er assistance. Elle se mesure à l'aptitude d'un pays à accepter le coût de la gestion d'un autre. Tout pays membres d'une zone solidaire est redevable des actes posés par les autres membres, autrement dit de leurs excédents et déficits.

Être solidaire ne signifie pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'un pays  car ceci est une atteinte à sa souveraineté. Or  c'est pour les questions politiques et de souveraineté, que les Ministres des Affaires Etrangères siègent au Conseil des Ministres de l'UEMOA (Article 23).

L'UEMOA mène un combat qui n'est pas le sien car une union monétaire recouvre une monnaie commune à plusieurs  États souverains qui, aux termes  d'un accord multinational, partagent la responsabilité de sa gestion.

Mais cette association monétaire préserve l'individualité de chaque État dans la gestion de la monnaie et du crédit qui trouve son expression dans :

-          l'existence de comités monétaires nationaux ;

-          la différenciation des signes monétaires,

-          des mesures d'individualisation de caractère comptable et administratif,

-          une personnalité monétaire internationale.

Pour sauver cette fragile union, il serait judicieux pour l'UEMOA de s'abstenir de déclarations politiques aux conséquences insoupçonnées.

 


Dr Prao Yao Séraphin

Economiste, Analyste politique, Enseignant-Chercheur.

Président du MLAN

praoseraph@yahoo.fr



[1] LELART, M., (1986, pl) cité par GERARDIN, H. ; GERARDIN, H.(l989), La Zone Franc: Histoire et Institutions, Ed. l'Harmattan, Paris, ome 1, 239p.

[2] NSOULI, S.M., (1981, pp41-42), cité par GERARDIN, H., opcit.

[3] BEETSMA, R.M. et BOVENBERG, A.L.(1995), «Designing Fiscal and Monetary Institutions for a European Monetary Union», CEPR Discussion Paper, n° 1303, London.

[4] Mc KINNON, RI.(l963), «Optimum Currency Areas», Ameriean Economie Review, September, pp 717 - 725

[5] Mundell, R. A. (1961a), ≪ A Theory of Optimum Currency Areas ≫, American Economics Reviews 51, 509-517.

[6] Kenen (1969) "The Theory of Optimum Currency Areas : An Eclectic View", in Monetary

Problems of International Economy, Mundell R. et Swoboda A.K. (Ed.), Chicago, University of Chicago Press, pp. 41-60

[7] Ondo Ossa A. (2000) "Zone monetaire et crise de change : le cas de la zone franc africaine", mimeo, decembre 2000, pp. 359-410.

[8] Boogaerde van den P. and Tsangarides C. (2005), "Ten Years After the CFA Franc Devaluation: Progress Toward Regional Integration in the WAEMU", IMF Working paper, WP/05/145.

PIERRE ALAKA ALAKA: «LA FRANCE VA PERDRE 65% DES RESERVES EN DEVISES DE LA COTE D'IVOIRE»

 

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Président de la Société africaine de finances publiques et droit fiscal, de l'Association française des docteurs en droit, section du Cameroun et spécialiste des questions fiscales et financières, cet expert fiscal hors hiérarchie opine sur les conséquences de la création d'une monnaie souveraine la Côte d'Ivoire, ainsi que le processus de sa survie.



Est-ce que la Côte d'Ivoire est capable de créer sa monnaie à l'heure actuelle, compte tenu de sa population et de son économie ?

Cette question pose tout le problème de la lutte africaine pour son indépendance économique, cinquante ans après les indépendances dites politiques. S'agissant du cas précis de la Côte d'Ivoire, à 40% de l'économie de l'Uemoa, premier producteur mondial de cacao, un sol et
un sous-sol riches, et une population décidée et volontaire, il me semble que ce pays est capable de créer sa propre monnaie.

Le facteur nombre d'habitant joue-t-il dans la création d'une monnaie ?

Oui et non. Oui, parce que la population implique la consommation qui sous-tend les échanges ; Non parce que la bonne tenue de l'économie et la discipline budgétaire sont les facteurs majeurs de la création monétaire. Des petits pays comme le Ghana, Maurice etc... ont des
monnaies, sans pour autant être des pays très peuplés.

Dans quels délais cette création peut-elle se faire ?

La création monétaire exige une réflexion qui peut prendre du temps lorsqu'il s'agit d'une monnaie communautaire. Ça peut être le cas pour un pays lorsque, en période de paix, on souhaiterait changer de cap. Mais dans la situation ivoirienne actuelle, il ne s'agit pas d'une question de délais, mais de survie. Bloqué et acculé de toute part, au bord de l'asphyxie, chaque peuple est capable de miracles. La Côte d'Ivoire a, par cette voie, les moyens de résister à l'adversité et de conquérir son indépendance économique. Dès lors les délais ne comptent plus.

Quelles peuvent être les conséquences de la création sur l'économie ivoirienne, la zone franc et sur la sous-région ?

Les conséquences sont multiples mais bénéfiques pour la Côte d'Ivoire. La France va perdre 65% des réserves en devises de la Côte d'ivoire, du fait de sa sortie de la zone franc. Ceci permettra de déverrouiller le système d'exportation en le sortant du monopole quasi institutionnel de la France, pour l'orienter vers un pays de son choix, dans un partenariat gagnant-gagnant. La France perdra ainsi les soldes créditeurs ivoiriens dans son Trésor et concurremment, le financement de ses déficits budgétaires d'autant et ça peut la desservir face à l'Allemagne au niveau de l'Euro. La sous-région perdra la Côte d'Ivoire, qui est pour l'UEMOA, ce que le NIL est pour l'Egypte. Tous les autres pays autour de la Côte d'ivoire vont connaître des difficultés et peuvent être tentés de rester sourds aux sollicitations étrangères, et poussés par la grogne de leurs populations, ils pourraient à moyen terme suivre l'exemple de la Côte d'Ivoire à défaut de bénéficier d'un surcroît d'effort financier de la France.On comprend que l'économie ivoirienne va sortir de la dépendance et profiter aux Ivoiriens et surtout aux Africains qui pourront y trouverle nouvel eldorado continental.

Cette monnaie peut-elle permettre à la Côte d'Ivoire d'être souveraine sur le plan économique ? Dans quelle mesure ?

La monnaie est l'expression première de la souveraineté d'un Etat et le reflet de son économie. Si vous n'avez pas votre propre monnaie, votre souveraineté est entre les mains de celui qui gère votre monnaie, ainsi que votre économie. C'est le cas des pays de la zone CFA avec la France. En créant sa monnaie et en la maintenant par une bonne discipline budgétaire et fiscale, un environnement sain des affaires, en la faisant gérer par des personnes compétentes et qualifiées, il n'y a pas de doute que ce pays deviendra le futur éléphant d'Afrique. Ceci implique une bonne gestion de ses ressources humaines, une mise à mort de la corruption, une justice indépendante, et un esprit patriotique majoritaire sans faille. Il y a donc lieu de voir ce pays se mettre au travail, car le travail est le fondement de la monnaie.

Dans quelle mesure cette monnaie peut-elle survivre ?

Le premier obstacle à la monnaie de tout Etat qui sortirait de la zone Cfa, est la France, qui a peur de perdre le Compte d'opérations qui lui procure un trésor de guerre impressionnant. La Côte d'Ivoire devra se préparer à affronter la guerre informatique qui viendra exacerber les dysfonctionnements de son système informatique dans des secteurs clés de la finance. Ensuite, on peut remettre à la Côte d'ivoire ce qui a été fait à la Guinée de Sékou Toure, avec la fausse monnaie qu'on tentera d'introduire dans son circuit financier à travers ses voisins. La parade est simple : il va falloir que les ivoiriens soient disciplinés, travailleurs, compétitifs. Le pays doit investir dans la formation technique, informatique et stratégique des jeunes pour le moyen et le long terme. Les ivoiriens doivent rester dignes et fiers de leur pays et mettre en avant le souci de l'intérêt général. Il va falloir rappeler toutes les compétences de la diaspora dans les secteurs stratégiques. Le deuxième obstacle reste l'instabilité politique qu'il faut absolument régler, pour que ce pays ne perde plus dix années à juguler la rébellion. Et c'est là où je m'interroge sur l'attitude de la France : hier lorsqu'il y avait un coup d'Etat militaire en Afrique qui renversait un régime démocratiquement élu, c'est RFI qui nous parlait à longueur de journée du nouvel homme fort. Aujourd'hui, en admettant même que le Président Gbagbo ait perdu (ce à quoi, je ne crois pas), pourquoi ne pas admettre qu'il est toujours l'homme fort par un coup d'Etat constitutionnel sans effusion de sang !! Sachant que c'est lui qui détient l'effectivité du pouvoir !!! Si on m'objecte que l'époque a changé, alors le président français aurait dû avoir l'élégance de l'annoncer au sommet France-Afrique de Montreux, comme le Président Mitterrand l'avait fait pour le multipartisme à la Baule. Il faut savoir que la sécurité qui implique la paix et la stabilité des institutions, lorsqu'elle est ébranlée, n'arrange pas la bonne tenue de la monnaie, si la Banque Centrale n'est pas indépendante de ces facteurs. Il y a donc lieu de transformer urgemment la Banque communautaire actuelle en Banque centrale ivoirienne. C'est une révolution qu'il faut mener tambour battant. Il faut la dépolitiser pour la techniciser afin de lui laisser sa matière.

La monnaie doit-t-elle être obligatoirement « coachée » par une grande monnaie ?

Il n'y a pas de grandes monnaies ni de petites monnaies ; il y a la monnaie et l'économie qui supporte cette monnaie. La notion de grande monnaie participe de ce que j'appelle les idées reçues, qui ont embrigadé la nouvelle élite des indépendances quasi analphabète économiquement. La monnaie est l'expression de la souveraineté de l'Etat, de sa force économique et de sa discipline budgétaire. Peut-être que ces conditions n'étaient pas remplies au moment des indépendances et les pères fondateurs aient été contraints de signer des accords de "protection", qui ont accouché d'une monnaie de la communauté française d'Afrique (CFA). Aujourd'hui, il ne me semble pas que ces données aient dompté le temps. En créant sa monnaie, la Côte d'Ivoire va asservir le Cfa des pays voisins et par conséquent, pourrait afficher une monnaie qui absorberait le Cfa dans le marché des échanges compte tenu de sa puissance économique dans la sous-région. Si cela venait à se produire à moyen terme, le pays pèsera sur la balance et la coopération égalitaire pourrait reprendre avec la France, après le départ du Président Sarkozy ou même pendant sa présidence. En politique tout est possible. Et alors, son indépendance et sa souveraineté pourraient être célébrées, et voir apparaître enfin un ETAT ivoirien. Mais tout ça nécessite une volonté affirmée du peuple ivoirien, car ce que le peuple veut, Dieu le veut.


vendredi, 21 janvier 2011

ETATS-UNIS: INVALIDATION DE DEUX SERMENTS FAITS HORS CADRE

SESSIONS ET KIRPATRICK.jpg

TOUT EST PERMIS EN « NEGRITIE »

A Washington, l'on s'active à corriger une erreur de procédure, invalidant donc tous les votes passés depuis mercredi par Messieurs Pete SESSIONS (député réélu du Texas) et Mike KIRPATRICK (député nouvellement élu de la Pennsylvanie). Ces deux législateurs n'étaient pas physiquement présents dans le hall de l'Assemblée lors de la prestation de serment des députés de la 112e session du Congrès. Ils se trouvaient plutôt à une réception célébrant leur élection. Ayant vu sur un écran de télévision que leurs collègues prêtaient serment, ils se sont approchés de l'écran et ont levé la main pour se joindre à la cérémonie et participer à la prestation.

Cette anomalie n'a été détectée que plus tard, après que les deux parlementaires ont voté plusieurs fois au Congrès. Pour corriger cette erreur procédurale, le Congrès des Etats-Unis à voté (257 contre 159) pour supprimer les votes de Messieurs SESSIONS et KIRPATRICK. La cause ? Ils ont prêté serment dans un endroit non indiqué pour la circonstance et en l'absence de l'autorité et du décorum prescrits par la constitution.


Tiens ! Cela me rappelle une certaine Commission électorale, dans un certain hôtel, passé un certain délai, nommant un certain président. Que voulez-vous ? On nous rétorquera qu'en « Négritie » (entendez un état d'esprit et non un Etat) tout est permis.

 

Source : Autres Médias

Dernière Mise à jour : 10 janvier 2011

 


Publié sur le site : FRINDETHIE

APPEL DES INTELLECTUELS D'AFRIQUE ET DE LA DIASPORA POUR LA PAIX EN COTE D'IVOIRE

PORTAIL APPEL POUR LA PAIX EN CI.jpg

La Côte d'Ivoire ne doit pas devenir un nouveau Rwanda, un nouveau Congo des années 60 ou un Biafra du XXIème siècle ! Puisse cet appel guider de quelque sagesse l'ensemble des initiatives qui foisonnent au chevet d'une situation ivoirienne aux bords de l'explosion. Cet appel s'adresse directement aux Ivoiriens, Africains, aux décideurs de l'ONU, de l'UE, des puissances étatsunienne et française, de l'UA et de la CEDEAO, qui pourraient, par leurs actions, précipiter la Côte d'Ivoire et, peut-être, la sous-région ouest-africaine vers l'irréparable. Qu'ils sachent que le meilleur aussi - le choix de la paix - est entre leurs mains.

Le risque d'une guerre interminable, d'un génocide, d'une trainée supplémentaire de morts et de millions de victimes, femmes, enfants, démunis, désarmés, pauvres, faibles, n'est pas à exclure si les propensions belligènes devaient tenir plus longtemps le gouvernail des décisions collectives.

En effet, si l'on s'en tenait aux menaces, admonestations, harangues et analyses exclusivement partisanes, c'est à grand peine que l'option, la seule et véritable option, celle de la paix pour tous, parviendrait à émerger du dédale des passions déchaînées, tensions extrêmes et partis pris plus ou moins fondés, qui traversent l'espace politique ivoirien.

En particulier, ceux des observateurs, amis, frères, travailleurs culturels, intellectuels, diasporas qui de loin s'interrogent ou orientent les débats, hors des fourneaux surchauffés de la quotidienneté électorale, de la partition du pays, des souffrances, exactions, frustrations, imposées depuis une décennie de tractations politiques nationales et internationales, devraient fournir un effort consistant de dépassement des émotions premières qu'une situation politique à la limite de l'embrasement excite au paroxysme.

Si l'expérience pouvait servir, elle rappellerait les trop nombreux théâtres et désastres humains convoyés par la guerre et ses conséquences sur le continent africain plus que jamais convoité par ses élites prédatrices comme par les gigantesques intérêts géostratégiques - Chine, Occident, Inde, Pays émergents, capitaux spéculatifs, anciens colonisateurs. Une succession de tragédies africaines parvenues à défigurer, mutiler, affamer, déchiqueter, une humanité si riche, généreuse et avide de jouer sa partition dans un monde construit sur son exploitation.

Depuis 2002, la Côte d'Ivoire est divisée en deux par une rébellion armée, que les accords internationaux, mettant en jeu les protagonistes ivoiriens, la France, l'UA, l'ONU, la CEDEAO, le président du Burkina Faso, l'Afrique du Sud, devaient mener au désarmement comme préalable à toute élection. Ce qui ne fut pas le cas et conduisit à des élections à l'issue contestable par nature. Ces mêmes protagonistes, en plus des initiatives alternatives ivoiriennes, africaines, diasporiques et internationales, devraient désormais s'abstenir de prôner le recours suicidaire à une force qui ne résoudra rien, et qui ne lèvera pas les suspicions d'agendas cachés d'une « Communauté internationale » sous d'autres cieux plus réservée sinon étrangement absente. Les ingérences étrangères, africaines ou occidentales, les traditionnelles implications de l'ancienne puissance colonisatrice, la France, devraient procéder à une réorientation radicale de leur logique, privilégiant toutes les issues pacifiques, à commencer au besoin, par leur abstention pure et simple.

Au moment où les autorités européennes et américaines exhortent leurs ressortissants à quitter la Côte d'Ivoire, les Etats africains devraient davantage s'atteler à la recherche d'une issue pacifique, préservant l'intégrité du pays et les vies humaines, ivoiriennes, africaines et non africaines présentes dans le pays.



Paix pour les Ivoiriens, Paix pour l'Afrique.
Non à un nouveau Rwanda,
Non à un nouveau Congo des années 60,
Non à un Biafra du XXIème siècle,
Non à un nouveau Libéria,
Non à une réédition des guerres fratricides angolaises,...



Source : APPEL POUR LA PAIX EN CI.ORG

DECLARATION DE LA JEUNESSE SENEGALAISE SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

Parti Socialiste.svg

Mesdames, messieurs,


Depuis plusieurs jours, des événements post-électoraux secouent la République de Côte d' Ivoire.

La propagande internationale extra-africaine a créé le trouble dans les esprits, en prenant parti, exclusivement, pour un camp au point de suggérer le recours à la force armée pour régler un conflit purement politique.

Après les ultimatums de toute nature en direction du gouvernement ivoirien, après des sanctions dites «ciblées » contre des officiels ivoiriens, voilà venir le temps des canonnières avec cette particularité où les boulets, la mèche et l'étincelle sont mis entre les mains des gouvernements ouest-africains.

En effet, des puissances extra-africaines, ne souhaitant pas se salir les mains, ont fait pression sur des gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), soit disant réunis en Sommet, afin que ceux-ci mettent sur pied et à exécution un recours à la force militaire pour tenter de résoudre ce différend ivoirien postélectoral qui, nous le répétons, demeure politique.

Précisons que, à propos de Sommet, c'est essentiellement, le Sénégal, le Nigeria et le Burkina qui, par la présence effective de leurs présidents ont poussé à la roue et pensent pouvoir lancer le processus alors que chacun d'eux est confronté à des problèmes sérieux de démocratie chez lui.

Pour l'heure, nous observons que le gouvernement du Ghana a refusé officiellement, d'envoyer des troupes dans une éventuelle ECOMOG appelée à attaquer la Côte d'Ivoire. Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes du Sénégal félicite le Ghana pour sa prise de position sage, indépendante et constructive.

Comme toute la jeunesse de Côte d'Ivoire, y compris celle du PDCI-RDA, les Jeunesses Socialistes se déclarent hostiles à toute agression militaire contre le peuple Ivoirien. Celle qui est projetée sera source de malheurs, de mort d'innombrables civils ivoiriens, de profondes blessures de toute nature, de dégâts matériels incommensurables, tandis qu'elle ne règlera nullement le conflit en cours.

Notre Mouvement exhorte tous les chefs d'Etats de la CEDEAO à imiter l'exemple ghanéen, à renoncer, immédiatement, à cette aventure insensée et à privilégier l'intermédiation diplomatique, pacifique et politique.

D'ores et déjà, le Mouvement National des Jeunesses Socialistes exige de M. Abdoulaye Wade et du gouvernement sénégalais de s'abstenir de tout envoi de troupes dans une quelconque ECOMOG destinée à agresser militairement le peuple frère de Côte d'Ivoire. II ne doit jamais être dit que de jeunes militaires sénégalais sont allés tuer leurs frères, leurs sœurs, leurs tantes, leurs oncles ivoiriens qui ne leur ont rien fait. C'est le moment pour nous de rappeler que plus d'un million de sénégalais vivent en paix en Côte d'Ivoire depuis plusieurs générations et qu'une quelconque participation des forces armées sénégalaises à une « soit disant » force d'intervention internationale, exposerait de fait nos compatriotes.

Ces temps-ci, l'Afrique de l'Ouest a connu de sérieux cas de difficultés politiques dont le coup d'état constitutionnel du Général Tanja au Niger (suppression du Conseil constitutionnel ; Référendum pour prorogation du mandat présidentiel) et pourtant la CEDEAO n'a jamais prôné l'envoi d'une force militaire.

Au total, les Jeunesses Socialistes du Sénégal condamnent toute opération militaire dans ce dossier ; car, préfigurant une guerre évidente. Ils en appellent à la Paix, non seulement dans l'intérêt des populations innocentes ivoiriennes, mais aussi dans celui de la sous-région Afrique de l'Ouest dans son ensemble.


Fait à Dakar, le 04 janvier 2011


Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes.


(Source : Point de presse du 4 Janvier 2011).

In Le Filament N° 12 du 15 janvier 2011


Consulter le site : LE FILAMENT.INFO

LA MORT DE LAURENT GBAGBO: POUVIONS-NOUS FAIRE AUTREMENT ?


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Il n'est pas question de politique fiction. Il ne s'agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d'Ivoire. D'autres l'ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d'un pays, la Côte d'Ivoire et au-delà d'un continent, l'Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l'avenir du Congo est beau. J'attends de vous, comme de tous les Congolais, d'accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d'assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu'il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

L'incapacité des Nations unies à régler les conflits n'est pas nouvelle. Cela s'est vu en Irak et au Rwanda notamment, avec au bout des millions de morts. Que Messieurs Ban Ki Moon et Choi se rassurent, la Côte d'Ivoire, ne leur offrira pas ce triste spectacle.

Etats-Unis d'Afrique vs Afrique de la coopération

Pauvre Afrique, pauvre continent. Plusieurs décennies plus tard, des milliers de kilomètres plus loin, se réécrit le scénario katangais. Un très mauvais polar d'une expédition punitive encouragée pour rétablir la « démocratie » dans ses droits dans un petit pays.

Afrique mon continent, tu ratais à Addis-Abeba en 1963, lors de la création de l'OUA, un tournant décisif. Et au bout de ce virage manqué, des millions de morts.

En effet au moment de la constitution de cette organisation, deux thèses s'affrontent. D'un côté, l'Afrique panafricaine et révolutionnaire des Nkrumah et Jomo Kenyatta, partisans d'une Afrique fédérale, les Etats-Unis d'Afrique. L'Afrique de la rupture avec les anciennes puissances coloniales.

Et de l'autre, l'Afrique des modérés d'Houphouët et Senghor, adeptes d'une confédération dans laquelle devraient s'exprimer la souveraineté des Etats et l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. L'Afrique de la coopération.

Et si la conférence d'Addis-Abeba a, dans une forme de mixture des deux thèses, adopté les trois principes fondamentaux suivants : l'africanité, la négation du colonialisme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la pratique et le temps ont joué en faveur des modérés.

Les mises en garde de Kwamé Nkrumah n'y ont rien changé. Il estimait que si l'Afrique ne parvenait pas rapidement à une véritable unité, les différences et les conflits entraîneraient le continent tout entier dans les filets du néocolonialisme. Avait-il tort ?

L'Afrique se cherche de nouveaux héros

On reproche souvent à notre génération de regarder de façon nostalgique le passé. Autour de nous, il est vrai, les Nkrumah, Senghor, Lumumba, Sankara, Moumié ne sont plus là. En ces temps de disette, l'Afrique se cherche de nouveaux héros. Et hormis Nelson Mandela, les nouveaux mythes africains se font désirer.

Si pour couronner le tout, interdiction est faite de regarder dans le rétroviseur, il ne reste plus que l'écriture d'un présent imparfait, et l'espoir d'un futur commun plus que parfait.

Eluder à Addis-Abeba, 48 ans auparavant, le débat entre révolutionnaires et modérés revient comme un boomerang sur la scène politique ivoirienne et oppose les héritiers d'Houphouët à Laurent Gbagbo. Et espérer voir enfin triompher les thèses de Nkrumah n'est pas faire injure au père de la nation ivoirienne.

Dos au mur, Gbagbo ne peut plus reculer

Gbagbo est ce qu'il est, avec de redoutables qualités mais aussi ses défauts. Le voir ainsi acculé, honni, menacé mais résister, seul face à la puissante communauté internationale, avec autant de courage, suscite en Afrique beaucoup de sympathie et de respect à son égard. Mais ce n'est pas suffisant, Laurent Gbagbo ne peut se contenter d'une forme de « panafricanisme de résistance » ; il doit aller plus loin.

Dos au mur, il ne peut de toute façon plus reculer. L'occasion est belle de solder cet héritage colonial. De renier ses symboles qui pèsent encore sur les frêles épaules des jeunes nations africaines. Et il n'est pas seulement question de la présence militaire française en Afrique.

Gbagbo n'est plus reconnu, par la communauté internationale, comme président de la Côte d'Ivoire ? Il peut devenir le premier président de l'Eburnie. Nkrumah et Sankara l'ont fait avant lui. The Gold Coast est devenu le Ghana, le 6 mars 1957. La Haute-Volta est devenue le Burkina Faso, le 4 août 1984. La Côte d'Ivoire peut devenir l'Eburnie, terre d'ivoire, terre de nos ancêtres.

Il n'a plus la signature à la BCEAO ? Gbagbo peut sortir du franc CFA - franc des anciennes colonies d'Afrique - et s'allier par exemple à ce grand pays voisin le Ghana en vue d'une union monétaire.

Un gouvernement d'union nationale avec Ouattara

Les chantiers qui attendent nos pays, notre continent, sont immenses. Pour cela, avec Ouattara, il doit entamer un dialogue direct ou négocier un gouvernement d'union nationale. Et si un troisième tour est nécessaire pour parvenir enfin à cette réconciliation en Côte d'Ivoire, allons-y sans hésitation. C'est au bout de la nuit que renaissent la lumière et l'espoir.

« Combien de temps passerons-nous à pleurer nos mythes ? Combien de temps devrons-nous encore compter nos morts ? » s'exclamait récemment un ami de la mouvance « houphouétiste ».

Il n'a pas tort mais, sur les bords de la lagune ébrié, s'écrivent l'avenir d'un pays, et peut-être celui d'un continent. Cet avenir ne concerne pas les seuls Ivoiriens, c'est aussi celui des Camerounais, des Gabonais, des Congolais, des Angolais, des Burkinabés, des Sénégalais, de tous les Africains.

« La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? » écrivait le célèbre penseur antillais Frantz Omar Fanon. Il est de notre devoir de faire en sorte que le titre de cette contribution ne soit pas dans cinquante ans à la une d'un quotidien africain. Autrement, notre continent aura encore perdu un demi-siècle dans de stériles querelles intestines.


Par Anicet Djéhoury, Essayiste ivoirien, le 19 janvier 2011.



Source : RUE89

jeudi, 20 janvier 2011

DE GRAVES REVELATIONS FAITES PAR DES FRANÇAIS VIVANT EN COTE D'IVOIRE


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Les révélations et confidences de français vivant à Abidjan.


Les témoignages ont été recueillis quelque part à Abidjan, capitale  économique ivoirienne et ont été livrés par des Français, vivant en Côte  d'Ivoire depuis des années. Ils y ont fait fortune. Ils ont décidé de se  confier. « Nous avons décidé d'alerter les autorités ivoiriennes et le  monde entier sur ce qui se trame dans l'ombre sur le compte du peuple ivoirien ».  Pour ces ressortissants français, la France est sur le point de mettre à  exécution son plan savamment préparé, depuis le premier tour de l'élection  présidentielle. Un plan visant d'une part à exécuter des personnes du  sillage du chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo et d'autre part, à  déclencher une situation de chaos en vue d'extrader celui-ci vers une  destination inconnue. Mais ces français, compatriotes de Nicolas Sarkozy,  président de la République française s'opposent à un tel projet.


Au nombre de quatre ce jour-là, l'air grave et refusant pour la circonstance tout appel (car ils ont fermé leurs téléphones portables) ces ressortissants français très au fait du « coup spectaculaire » imminent ont confié avoir alerté le pouvoir Laurent Gbagbo, sur la nature du commando présent à Abidjan. «Ils sont dans nos murs. Des unités spéciales de la terreur sont à Abidjan. Le temps presse. Si rien n'est fait, dans les jours qui suivent, la Côte d'Ivoire sera un champ de bataille», laissent-ils attendre. « Nous sommes autant menacés que les Ivoiriens. Il faut réagir vite », estiment-ils avant de livrer quelques indications sur les tueurs en embuscade.


« C'est depuis la fin du second tour de la présidentielle en novembre 2010 que nous ne manquons, et cela chaque jour, de dévisager des éléments de plusieurs unités des forces spéciales membres de commandos des missions et autres expéditions, à Abidjan », lancent-ils d'emblée. Et de poursuivre : « Au sein de l'armée française, il existe des sections pour des opérations précises et urgentes. Ce sont des éléments de ces forces spéciales que nous avons identifiés au sein des populations, ici à Abidjan. Ce qui veut dire qu'il y a danger », indiquent ces français qui soulignent être des Ivoiriens dans l'âme.


« Nous avons fouiné et découvert qu'il y a actuellement trois sections du Centre des Opérations Spéciales, le COS. C'est une force de massacre. Ses éléments ne font pas de renseignements, ils tuent. C'est le COS qui a fait le sale boulot en Algérie. Ce sont des grenadiers voltigeurs. C'est une force spécialisée dans les combats urbains. Elles sont composées de 33 éléments par sections des six groupes parlant toutes les ethnies de Côte d'Ivoire.

Nous tenons à faire remarquer que ce sont des éléments spécialisés dans l'infiltration, l'extraction et l'élimination. Nous vous confions que la présence du COS à Abidjan est inquiétante et représente une réelle menace pour les populations. Parce que le COS n'est pas une force conventionnelle », insistent-ils.


« Cette unité spéciale, une idée de De Gaule est très active aujourd'hui. Car il s'agit pour ceux qui la composent de mourir pour le drapeau. Ils ont pour particularité d'apprendre et de parler plusieurs langues. Ceux qui sont actuellement en Côte d'Ivoire parlent parfaitement les ethnies ivoiriennes. Ils sont fondus au sein des populations et vivent actuellement avec elles. Ils se font passer pour des pêcheurs, marins ou des maçons et vivent ou marchent en double. Ils sont pour la plupart des noirs. Plusieurs d'entre eux qui étaient en Irak ou en Afghanistan ont été sélectionnés pour la mission en Côte d'Ivoire ».


Dans la phase finale de l'exécution de la déstabilisation de la Côte  d'Ivoire, confient-ils, le COS sera appuyé par plusieurs autres unités des forces spéciales françaises qui sont trempées dans la chute de plusieurs régimes que Paris ne voyait pas d'un bon œil: «Il y a actuellement des éléments du 3è Régiment Parachutiste d'Infanterie Marine, le RPIM. Des éléments du 3è Régiment Etranger d'Infanterie, le REI basé en Guyane, ils ont leur quartier à Dakar. Il y a également ici, à Abidjan, le 6è Régiment d'Etranger du Génie, le REG. Ses éléments sont spécialisés dans la destruction et la reconstruction ; ils sont basés à Rouen en France »..


«Assassinats de français programmés... »


La Côte d'Ivoire a été déclarée zone 3 : « C'est-à-dire que ce pays a été déclaré zone en attente d'attaque. Deux croisières et des porte-avions sont en route pour la Côte d'Ivoire. Depuis une semaine nos parents présents au sein des forces spéciales nous recommandent de quitter la Côte d'Ivoire pour le Ghana », indiquent ces français et de poursuivre : «Toutes ces forces spéciales ont décidé de procéder par des intimidations. Puis pousseront à des embuscades aux forces onusiennes, ce qu'ils ont déjà entrepris avec des provocations des casques bleus. C'est déjà constaté dans les différentes villes.


Il faudra être très vigilants... Ils veulent commettre des assassinats contre des ressortissants français pour faire porter le chapeau aux forces de défense ivoiriennes. Or, tuer un français c'est déclarer la guerre à la France. Le COS utilise actuellement les renseignements de la Licorne qui a partagé Abidjan en 10 zones de combats et de rapatriement des ressortissants français ».


Toujours selon ces français, un avion américain, ''Apach Hawack'', un bombardier serait depuis plusieurs jours positionné au-dessus de la Côte  d'Ivoire. Avec pour mission de localiser les positions des soldats ivoiriens ou des manifestants qui iraient contre des intérêts français. « Lors de l'attaque, il projettera des bombes en papier comme cela s'est passé au Kossovo, dans les Balkans.


Grâce aux marquages par des transpondeurs et compteurs que les éléments des forces spéciales continuent de poser à travers la ville d'Abidjan. Ces bombes provoquent une onde de choc dans un cercle de 2 kilomètres qui fait tomber tout humain dans un étourdissement qui dure au moins cinq minutes. Mais, pour que la victime retrouve toute sa lucidité, il lui faudra au moins trois à quatre jours », révèlent-ils.


Au sortir de ce tourbillon chaotique, poursuivent ces français, « avec une attaque rapide prévue, ces forces spéciales envoyées par Sarkozy auront eu le temps de se saisir du Président Laurent Gbagbo pour le conduire hors de la Côte d'Ivoire. Nos sources au sein de ces forces nous rapportent que la destination prévue pour accueillir le chef de l'Etat Laurent Gbagbo est une île entre la Floride aux Etats-Unis d'Amérique et Bermudes pour accueillir la famille du Président. Pour un exil doré.... ». Ce qui pourrait certainement expliquer l'information récurrente de demande d'exil du Président Laurent Gbagbo auprès du Président américain Barack Obama.


«Une liste de 18 personnes à exécuter...»


« Dans leur plan diabolique, il y a une liste de 18 personnes à éliminer dont 5 généraux de l'armée ivoirienne. Il n'est point question d'éliminer physiquement le Président Laurent Gbagbo. Mais, le contraindre à l'exil. Il s'agit plutôt, pour les tueurs de Nicolas Sarkozy, d'éliminer en priorité, Charles Blé Goudé. C'est lui que l'Elysée redoute le plus en Côte d'Ivoire. Il est très populaire et charismatique. Il est perçu par Paris comme celui qui est capable de mettre à mal les actions de terrain des forces en présence. Ceci avec des appels aux soulèvements populaires ». Pour ces français, auteurs de cette attaque en vue, il n'est point question d'échec. « Toutes les chancelleries internationales savent ce qui se prépare. Et elles suivent attentivement la préparation de l'opération », confient-ils.


«Mais nous refusons que cela se passe ainsi. Aujourd'hui tous les français qui ont fait des déclarations pour soutenir la légalité constitutionnelle en Côte d'Ivoire en reconnaissant l'élection de Laurent Gbagbo sont menacés. Nous nous sentons frères des Ivoiriens », soulignent nos informateurs avant de noter un autre volet spirituel du complot. « Nous savons que ce qui se passe en Côte d'Ivoire est une histoire de confrérie. La Rose Croix, la Franc-maçonnerie, le Feu Ardent, le 5è Œil, Couleur pourpre, dont sont membres la plupart des membres de la hiérarchie militaire. Ce sont elles qui veulent décider de ceux qui doivent diriger ici en faisant croire au peuple qu'il est libre de se choisir un président ».


« Paris nous traite de rebelles »


Pour ces confidents français, les USA soutiennent Sarkozy parce qu'il leur a fait croire que Laurent Gbagbo a organisé la confiscation du pouvoir, grâce aux preuves qu'auraient fournies les services secrets français avec le soutien de certains services secrets étrangers en Côte d'Ivoire. « C'est pourquoi les Usa soutiennent Alassane Ouattara. Aujourd'hui les ressortissants des pays occidentaux ont progressivement quitté à plus de 90 % la Côte d'Ivoire sur le nombre qu'ils ont été par le passé. Il ne reste en majorité que près de 16.800 français. Et l'Elysée nous traite de rebelles.


A l'heure où nous vous parlons, nous n'avons plus accès aux services de paieries. L'ambassade a bloqué nos comptes. Les autorités françaises veulent que nous rentrions en France. Or nous refusons de quitter la Côte d'Ivoire. Nous avons reconstruit nos vies passés les évènements de novembre 2004. Sarkozy veut que nous rentrions pour nous reverser l'équivalent de 300.000 francs Cfa.


Pourtant, nous gagnons mieux nos vies ici en Côte d'Ivoire parce que nos affaires ont repris depuis belles lurettes. Il faut que la police diplomatique s'active sur la trace des éléments du Centre des Opérations Spéciales. Si elle parvient à mettre la main sur un seul de ses éléments la Côte  d'Ivoire évitera les massacres », ont invité ces Français avant de prendre congé de nous. Tout en indiquant être prêts à œuvrer à mettre hors d'état de nuire les forces françaises présentes sur les bords de la lagune Ebrié.



Des amis français qui aiment la Côte d'Ivoire.

UN JOURNALISTE FRANÇAIS CONFESSE: «QUELQUE CHOSE NE VA PAS»


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Quelque chose commence à se troubler dans le discours médiatique concernant la Côte d'Ivoire. Une interrogation se répand dans l'opinion : tout n'est peut-être pas aussi simple qu'on l'a cru dans cette affaire. Jusqu'alors, nous pensions tous la même chose : vaincu par les urnes ; désavoué par une majorité d'électeurs ; condamné par la communauté internationale unanime, Laurent Gbagbo s'accrochait coupablement au pouvoir, au risque de provoquer un carnage dans le pays. Tout cela relevait, en somme, d'une figure classique : celle du satrape exotique prêt, faute de mieux, à lancer ses « escadrons de la mort » à la trousse des opposants. La cause paraissait donc entendue.

La France comme l'Amérique et l'Onu avaient d'ailleurs reconnu en Alassane Ouattara le vrai vainqueur du scrutin, c'est-à-dire le président légitime. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, du même avis, se disaient prêts à intervenir militairement pour chasser le mauvais perdant du pouvoir. Je dois dire que c'est justement cette unanimité qui, depuis le début, m'a dérangé. J'ai pensé à une sage tradition juive, citée par Emmanuel Levinas dans l'une de ses « Leçons talmudiques » : si tout le monde est trop vite d'accord pour condamner un prévenu, alors mieux vaut le libérer, car tout jugement unanime est suspect. (...).»

Il reste qu'une interprétation simpliste de la réalité ivoirienne ne tient plus la route. Bornons-nous à quelques remarques. Plusieurs journaux, dont notre confrère Le Monde, ont publié des cartes détaillées du résultat des élections. Elles montraient clairement que la Côte d'Ivoire était coupée en deux. Battu dans la moitié nord (musulmane) au prix de certaines fraudes, Gbagbo reste très majoritaire dans le Sud chrétien, y compris à Abidjan. Cela signifie qu'une opération militaire du clan Ouattara au Sud - et à Abidjan - serait forcément sanglante.

Le personnage le plus va-t-en-guerre, Guillaume Soro, n'est autre que l'ancien chef de la rébellion du Nord, le « Premier ministre » de Ouattara. Le rappel de cette complexité géographique liée à des réalités ethniques et religieuses m'a incité à chercher d'autres points de vue que ceux de nos grands médias. J'ai consulté le blog d'une consœur spécialiste de l'Afrique dont je respecte depuis longtemps la compétence : Colette Braeckman, du Soir de Bruxelles. Sans blanchir de ses responsabilités Laurent Gbagbo, elle insiste sur quelques vérités dérangeantes. Je cite en vrac : les résultats électoraux « globaux » ne sont pas si clairs que cela ; le jeu des grandes sociétés occidentales en Côte d'Ivoire l'est encore moins ; plusieurs pays africains commencent eux-mêmes à douter et, comme le Ghana voisin, refusent à l'avance d'intervenir militairement.

Citant le chercheur Michel Galy, animateur de la revue « Culture et conflits » et bon connaisseur de la Côte d'Ivoire, Colette Braeckman met donc les Occidentaux en garde. En cadenassant le discours dominant sur une vision simplificatrice des choses, on risque d'échauffer un peu plus l'opinion et, au bout du compte, de favoriser une logique massacreuse qui paraît s'éloigner mais peut resurgir à tout moment. Ajoutons qu'on exacerbe ainsi le sentiment « anti-étranger » qui pourrait bien, un jour, réconcilier les deux camps ivoiriens, mais à nos dépens.


Source: GBAGBO.CI

CORRUPTION DE L'ONU - MME ILEANA ROS-LEHTINEN: «IL FAUT REFORMER CE MONSTRE»



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L'Organisation des Nations unies (Onu) est au centre d'un sérieux débat qui risque de le réformer dans les semaines à venir, au Congrès américain. Au regard des intrigues politiques et du comportement de cette organisation mondiale dans le monde (et particulièrement en Côte d'Ivoire). Un membre du Congrès américain a critiqué ouvertement l'Onu sans mâcher les mots.

De fait, Mme Ileana Ros-Lehtinen la nouvelle majorité républicaine à la Chambre des Représentants des Etats-Unis d'Amérique a décidé d'utiliser le poids de son pays, pour forcer des réformes nécessaires à l'Organisation des Nations unies (Onu). Avec des mots très forts, la nouvelle « patronne » du Comité américain des Affaires étrangères a confié au journal Washington Times ses plans pour soigner l'image ternie de l'Onu. Selon Mme Ileana Ros-Lehtinen, «la majorité de leurs membres dans la Chambre des Représentants sont favorables à une réforme de l'Onu qui est corrompue et mal gérée...».

La Républicaine de l'Etat de la Floride continue en insistant pour dire que «réduire le budget alloué à l'Onu par les Etats-Unis, n'est pas une solution suffisante. Parce qu'il faut réformer le monstre qu'est l'Onu. Et si nous n'aboutissons pas à une réforme fondamentale, c'est que nous continuons de récompenser une Organisation corrompue et mal gérée». Pour enrichir le débat, une réunion importante sur le sujet est prévue pour le 25 janvier 2011, par le Comité des Affaires étrangères dirigé par Mme Ros-Lehtinen.


Source: GBAGBO.CI

CRISE POST-ELECTORALE IVOIRIENNE: DES CHARS ET DES SOLDATS BURKINABE ET SENEGALAIS A BOUAKE



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Bouaké, le fief de la rébellion ivoirienne est depuis quelques jours, le théâtre d'intenses manœuvres de déstabilisation orchestrées par les Présidents burkinabé et sénégalais. Ce ne sont plus des rumeurs. La menace est bien réelle. Depuis le mardi 18 janvier 2011, la ville de Bouaké est en effervescence. Et pour cause, 12 chars de combats, 5 camions de transport de troupes, 5 véhicules avant-blindés et 5 porte-chars, sont arrivés dans la ville de Bouaké, fief des rebelles.

Ces engins de la mort ont été accompagnés par 400 soldats burkinabè et 300 soldats Sénégalais. Cette force spécialement débarquée dans la capitale de la Vallée du Bandama, a été convoyée sous le label ECOMOG pour incessamment faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Les choses sont désormais claires et les Ivoiriens savent à partir d'aujourd'hui, les pays qui ont ouvertement déclaré la guerre à leur pays. Il s'agit du Sénégal et du Burkina Faso. Les Ivoiriens ne doivent pas s'étonner de voir les soldats des pays frères tels que le Sénégal et le Burkina Faso, s'engager dans une telle aventure qui leur sera sans doute fatale.

Nous sommes déjà en guerre depuis que les troupes de l'ONUCI tirent à balles réelles sur des Ivoiriens. Le peuple doit rester soudé et uni derrière son Président démocratiquement élu, SEM. Laurent Gbagbo pour faire barrage à l'imposture. Les Ivoiriens savent aussi que, les pays qui font la guerre à leur pays ont un grand nombre de leurs ressortissants ici en Côte d'Ivoire. Nous sommes en guerre et chaque Ivoirien où il se trouve, doit avoir en esprit qu'il est en puissance un soldat. La population doit aider les Forces de défense et de sécurité (FDS), en dénonçant les collaborateurs ivoiriens qui seraient tentés d'héberger les rebelles. Vous devez savoir une chose. Les soldats étrangers ne nous feront pas de cadeau. Ce sont des tueurs sans cœur qui débarqueront avec la ferme intention d'exterminer le peuple Ivoirien. C'est la guerre. Ce sont des Ivoiriens que les soldats burkinabé et sénégalais engagés aux côtés de la France viendront pour exécuter. Nous devons donc défendre âme et corps la Côte d'Ivoire qui reste pour nous le seul refuge. Patriotes, l'heure est venue pour la libération totale de ton pays, la Côte d'Ivoire.


Source: GBAGBO.CI

KADHAFI PREND POSITION: «CE N'EST PAS A LA FRANCE ET AUX USA D'IMPOSER UN PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE»



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Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

 

Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mouammar Kadhafi qui a présidé cette rencontre, n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Ce n'est pas à la France et aux États-Unis d'imposer un président à la Côte d'Ivoire. Le peuple ivoirien est mature. C'est en toute souveraineté qu'il se choisit un président. Il faut que les Occidentaux respectent la souveraineté des États africains. Ils n'ont pas à s'ingérer dans les affaires internes d'un État africain", a t'il martelé. A également pris part à cette importante rencontre, une forte délégation du forum des rois, sultans, princes, cheicks et chefs coutumiers africains.


Source: IVOIREVOX.COM

POUR DETOURNER L'ATTENTION DES IVOIRIENS: PARIS LANCE UNE INTOX SUR LA SANTE DE OUATTARA



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M. Alassane Ouattara n'est pas malade. Il n'est donc hospitalisé nulle part. Ni en Côte d'Ivoire, ni à Paris. Le candidat malheureux au 2nd tour de la présidentielle ivoirienne est toujours retranché au Golf Hôtel depuis qu'il s'est fait proclamer élu, hors délai et hors cadre, le jeudi 2 décembre 2010, par le président de la Commission électorale indépendante pris en otage à son QG. Le samedi dernier, Alassane Ouattara a joué au golf dans les jardins de son bunker onusien d'Abidjan. Il a effectué un parcours golfique de 60 minutes au cours duquel il a marqué un arrêt pour étancher sa soif au Coca light. Cette information doit pouvoir mettre fin à toute la rumeur dont bruit le tout Abidjan bruit depuis quelques jours et qui faisait état qu'Alassane Ouattara serait gravement malade et transféré en soins intensifs en France. De nombreux détails sur cette prétendue hospitalisation de Ouattara ont envahi le net. Avec des précisions diaboliques, cette rumeur prétendait que M. Ouattara est arrivé à Paris le samedi 8 janvier à 10h34 par le Vol SWK 4834, un jet privé qui aurait atterri à Villacoublay. M. et Mme Ouattara auraient embarqué à bord d'un véhicule de type Renault Velsatis immatriculé 789jhf92 qui a quitté l'aérodrome de Villacoublay en direction de Plaisir-Les-Clay, 78ème Arrondissement, dans les Yvelines, en région parisienne. Ce véhicule aurait été suivi par trois (3) autres véhicules de police banalisés. A son arrivée, Ouattara aurait reçu des personnalités et des hommes d'affaires français jusqu'à 15h de Paris, heure à laquelle son état de santé se serait détérioré. Il aurait alors été conduit en urgence, conclut la rumeur, à l'hôpital américain de Neuilly. Et bla bla bla...

Nos investigations auprès de diverses sources, ailleurs comme au Golf Hôtel d'Abidjan où se terrent Alassane Ouattara, Guillaume Soro et leurs nombreux rebelles en armes, nous ont permis de découvrir que cette rumeur est totalement fausse. En réalité, elle n'est rien d'autre qu'une intoxication entretenue par les services secrets français et les communicants de Ouattara. L'objectif est de détourner l'attention des Ivoiriens et des Forces de défense et de sécurité (FDS) pendant que Paris, ses alliés autour de Ouattara et leurs rebelles préparent activement une attaque contre la Côte d'Ivoire. «Alassane Ouattara n'est ni hospitalisé à Paris ni dans le coma. Il n'est pas décédé non plus comme le soutiennent certaines rumeurs. Il est bel et bien vivant et se trouve ici à Abidjan », nous a confié samedi dernier une source proche de « la république du Golf ».


La France de Nicolas Sarkozy, la Françafrique, la nébuleuse onusienne et leurs alliés n'ont pas renoncé à leur criminel objectif d'attaquer notre pâys pour espérer « dégommer » le Président élu de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, pour installer par la force leur pion, Alassane Ouattara. La preuve, selon des sources que nous n'avons pour l'instant pas recoupées, à la demande de l'Elysée (palais présidentiel français), la direction de la compagnie aérienne Air France aurait décidé d'annuler ces vols sur Abidjan dans la période du 19 au 23 janvier 2011 en raison « des troubles qu'il y aura sur le terrain ». Sans donner la nature des troubles à venir, Air France qui sait assurément ce que ses grands patrons de l'Elysée préparent contre la Côte d'Ivoire a effectivement revu son programme sur Abidjan comme le stipule le site de la compagnie française : www.airfrance.com.


Bien évidemment, les FDS ivoiriennes en ont été informées et suivent toutes les manœuvres sur le terrain. Les Patriotes aussi.



César Etou et Didier Depry


Source: NOTRE VOIE

COTE D'IVOIRE: UNE FOIS DE PLUS, L'ANGOLA MET EN GARDE CONTRE UNE INTERVENTION MILITAIRE - DOS SANTOS : «GBAGBO DOIT RESTER A SON POSTE»

 

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Le Chef de l'Etat angolais, Eduardo Dos Santos, a clairement fait savoir une fois de plus, la position inchangée de son pays sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, mettant les points sur les «i».


Le Chef de l'Etat angolais, Eduardo Dos Santos, a clairement fait savoir une fois de plus, la position inchangée de son pays sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, mettant les points sur les «i».
Le président angolais, José Eduardo Dos Santos a consacré un large extrait de son discours à la crise ivoirienne, à l'occasion de la présentation de vœux et ce, en présence de tous les Ambassadeurs accrédités en Angola. Il a une fois de plus réaffirmé la position de son pays quant à la voie de règlement de la crise post électorale en Côte d'Ivoire. «Le Gouvernement angolais soutient et encourage le dialogue et les négociations pour mettre fin à la crise en Côte d'Ivoire, estimant qu'en faisant preuve de volonté politique, de réalisme et de sagesse, il est possible de trouver une solution qui privilégie les intérêts légitimes du peuple de ce pays frère», a déclaré le numéro un angolais.

Et rejetant une fois encore, toute intervention militaire. «Nous sommes donc d'avis que toute intervention militaire dans le cas particulier de la Côte d'Ivoire aurait un effet néfaste, avec de graves conséquences au-delà de ses frontières. Et nous sommes inquiet quand on propose des solutions militaires pour résoudre les crises comme celle de la Côte d'Ivoire, en ignorant les règles du droit national et international, et parfois, la propre évidence de faits», a fait savoir Dos Santos.

Dos Santos incrimine Choi et Youssouf Bakayoko et...

Pour le président de la République d'Angola, cette situation de crise postélectorale que vivent les Ivoiriens, est le fait en grande partie de Youssouf Bakayoko, président de la Cei et de Young Jin Choi, patron de l'Onuci. Selon lui, les faits prouvent concrètement que le président de la Cei avait publié les résultats du second tour de l'élection présidentielle, «quand il n'avait plus compétence pour le faire, puisque le délai fixé par la loi (72 heures, ndlr) était déjà dépassé et tout revenait à la compétence du Conseil Constitutionnel».

Selon Dos Santos, la responsabilité de Choi est plus grande. Dans la mesure où, soutient-il, le Représentant spécial du SG de l'Onu en Côte d'Ivoire, Young J. Choi, «dans une attitude de précipitation, a certifié et annoncé les résultats, alors que la résolution de l'ONU souligne que la certification doit se baser sur les résultats des élections validées par le Conseil Constitutionnel, qui ne s'était pas encore prononcé».

Pour le Chef de l'Etat angolais, «cette déclaration du représentant des Nations Unies a induit en erreur la communauté internationale tout entière. Parce que le Conseil constitutionnel n'a pas validé les résultats provisoires publiés par le président de la Commission électorale, pour accepter les réclamations et les plaintes de graves irrégularités et fraudes qui ont mis en cause ces résultats».

...demande le maintien de Laurent gbagbo.

Le Chef de l'Etat angolais a réaffirmé le respect des textes en Côte d'Ivoire. Pour lui donc, le Conseil constitutionnel est, en fait, le seul organe compétent pour valider et publier les résultats définitifs des élections. «Nous considérons cependant, qu'il y a un président constitutionnel, qui est l'actuel président de la République, Laurent gbagbo, qui doit être maintenu jusqu'à la réalisation de nouvelles élections, comme l'établit la loi électorale de ce pays», a indiqué Dos Santos.
Selon lui, l'Afrique, à travers les institutions compétentes de l'Union Africaine, doit faire preuve de maturité, d'expérience et d'habileté pour résoudre les problèmes du continent, même les plus complexes et délicats, n'attendant pas de solutions adéquates imposées de l'extérieur. Une sortie du président angolais qui devrait finir par convaincre et décrisper certains de ses pairs africains.


Source: IVOIREVOX.COM