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mercredi, 12 janvier 2011

INGERENCE DANS LE DOSSIER IVOIRIEN - BARACK OBAMA: LA FIN D'UN REVE POUR LES IVOIRIENS


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In Le Nouveau Courrier N°175 du 10 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula


Le président américain, sur le dossier ivoirien, semble très loin de ses discours qui ont fait naître de l'espoir chez les Africains. Et il ne serait pas hasardeux de déclarer que Martin Luther King avait un rêve, Barak Obama vendait du rêve.


Lors de son passage à Accra, en juillet 2009, Barack Obama, dans un discours pathétique a suscité beaucoup d'espoir chez les Africains, notamment les Ivoiriens dont le pays était dans un processus électoral qu'ils voulaient transparent, afin de se doter, après plusieurs années d'atermoiements, d'institutions crédibles. Le président des Etats-Unis avait déclaré, devant le parlement ghanéen que l'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. Selon lui, la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, a révélé Obama, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux Institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s'assurent que les voix de l'opposition peuvent s'exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l'égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l'expertise comptable, l'automatisation des services, le renforcement des lignes d'appel d'urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

La crise post-électorale que traverse la Côte d'Ivoire était un test pour le président américain. Mais Barack Obama a du mal à tenir ses promesses, donnant raison à ses détracteurs au pays de l'oncle Sam. L'ex-sénateur de l'Illinois apparaissait comme celui qui pouvait changer les relations de son pays avec le monde arabe et ramener la paix au Moyen Orient. Il devait fermer Guantanamo, mais ne l'a pas fait, au grand dam des gauchistes «libéraux» américains. Il devait sortir les Etats-Unis des guêpiers irakien et afghan, il a été amené à renforcer le contingent US en Afghanistan. Il devait faciliter les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, il n'a rien pu faire. Il n'a pas su tenir tête à d'Ahmadinejad. Les déceptions ont été évidemment plus fortes du côté de ceux qui croyaient en lui, comme les électeurs démocrates de son camp de Chicago. Constat : le camp des démocrates est en déroute, offrant une opportunité aux Républicains de s'organiser pour qu'Obama n'ait pas un second mandat en 2012.

En Afrique où des pays comme la Côte d'Ivoire, 50 ans après, sont à la recherche de leurs repères pour amorcer leur souveraineté politique et leur développement économique, l'on comprend mal la prise de position de Barack Obama, après son discours d'Accra. Ses réactions qui ne se départissent pas de celles du président français jettent de l'huile sur le feu. Obama a-t-il été induit en erreur par ses services comme c'est courant aux Etats-Unis ou par son homologue français, qui s'accommode des réseaux françafricains, au point de n'adopter aucune réserve ? Agit-il en toute conscience ? Dans les deux cas, ses sorties sur la gestion de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire sont incomprises par les démocrates du monde qui sont imprégnés de la question ivoirienne. Barack Obama altère ainsi ce rêve ivoirien qui est de voir un Noir d'origine africaine, étant à la tête d'une grande démocratie, permettre aux Africains de décider librement de leur avenir.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

48H APRES LE DEPART D'OBASANJO: LE GRAND DILEMME DE OUATTARA


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In Le Nouveau Courrier N°176 du 12 Janvier 2011 par Emmanuel Akani


Alassane Ouattara qui accepte de collaborer avec Laurent Gbagbo. Du nouveau, même si la décision est assortie de conditions. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur le séjour de l'ancien président nigérian sur les bords de la lagune Ebrié.


48 h après le départ de l'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui a séjourné à Abidjan les 9 et 10 janvier, Alassane Ouattara se retrouve dans une situation embarrassante. Jusqu'au week-end dernier, l'homme était partagé entre deux sentiments : continuer de prôner l'intervention des forces militaires de l'Ecomog contre la Côte d'Ivoire pour l'imposer aux Ivoiriens ou écouter les médiateurs mandatés par l'Union africaine (Ua) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui l'invitent à la table de négociation. Depuis hier lundi, après le départ de l'ancien chef d'État nigérian qui effectuait une visite privée à Abidjan, avec la caution de Goodluck Jonathan et ses pairs de la Cedeao, le président du Rdr semble avoir décidé de saisir la main tendue de Laurent Gbagbo, pour une sortie de crise apaisée. C'est pourquoi il a annoncé, juste quelques heures après qu'Obasanjo s'est envolé pour Abuja, son désir de travailler avec le président Gbagbo dans le cadre de la mise en place d'un gouvernement d'union. A condition, selon lui, que le président de la République reconnaisse «sa victoire». Une réserve pour se donner de la contenance face à ses partisans et donner l'impression qu'il maîtrise la situation.

D'ailleurs, tout en donnant son accord aux médiateurs pour des négociations entre Gbagbo et lui, Alassane Ouattara brandit toujours l'épouvantail de l'attaque armée pour renverser Laurent Gbagbo. Quand lui-même parle de commando armé pour enlever le président de la République, ses lieutenants appellent la communauté internationale, France et États Unis en tête, à lâcher des bombes sur la Côte d'Ivoire. L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'ONU, Youssoufou Bamba ( ?), a ainsi déclaré hier, à New York, que «nous sommes dans la dynamique de l'usage de la force qui constitue un ultime recours quand les autres mesures ont été inopérantes».

Une cacophonie qui, ajoutée aux menaces que le camp Ouattara fait peser tant sur les fonctionnaires et agents de l'État que sur les opérateurs économiques, permet de comprendre que la cause est entendue pour le protégé de Nicolas Sarkozy. Et cela, Ouattara le sait!

Les dessous de la visite d'Obasanjo

Les tentatives de récupération de la visite d'Olusegun Obasanjo par l'Élysée ont fait long feu. Et les médias et agences de presse français qui parlaient d'une ultime chance donnée à Gbagbo pour quitter le pouvoir ont très vite déchanté. Selon une diplomate nigériane au cœur des échanges entre Obasanjo et les deux protagonistes de la crise, il n'a nullement été question d'ultimatum. La mission de bons offices de l'ancien chef d'État visait surtout à tenter de rapprocher les deux positions et faire entendre raison particulièrement au locataire du Golf hôtel. «Obasanjo est venu demander à Ouattara, à la demande des chefs d'Etat de la Cedeao, d'accepter de collaborer avec Laurent Gbagbo. Il l'a rassuré qu'un poste sera taillé sur mesure pour lui et lui a surtout expliqué que la Cedeao n'est pas en mesure d'envoyer une force de l'Ecomog en Côte d'Ivoire ; pour plusieurs raisons. D'une part, parce que la sous région a plus intérêt à écouter les deux parties et régler le problème de façon pacifique. Par la négociation et non par la force militaire qui pourrait créer des violences susceptibles de s'étendre dans les pays limitrophes et au-delà. D'autre part, le Nigeria, grand pourvoyeur de soldats, ne peut s'engager dans une telle opération, vu la situation actuelle du pays. Les élections prévues en avril approchent à grands pas et sont déterminantes. C'est pourquoi le président Obasanjo a multiplié les têtes-à-têtes avec le premier ministre Alassane Ouattara qu'il a rencontré à trois reprises au cours de son séjour. Je peux vous dire qu'il est reparti sur une bonne note», a rassuré la diplomate nigériane. Le président Obasanjo, qui a une parfaite connaissance du dossier ivoirien, «est venu en ami en Côte d'Ivoire, pour qu'on recherche ensemble la solution», soulignait lundi le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé. Il aura réussi un beau coup, sans bruit, si Alassane Ouattara décidait de respecter la parole donnée. Pourvu que ses maîtres, Sarkozy et Obama, lui laissent la latitude de savoir ce qui est bon pour lui.



Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 11 janvier 2011

MONNAIE, SERVITUDE ET LIBERTE: LA REPRESSION MONETAIRE DE L'AFRIQUE


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Un livre de Joseph Tchundjang Pouemi

Genre : Essai

Editions Menaibuc, Paris

Présenté par RST

« Monnaie, Servitude et liberté », sous-titrée « La répression monétaire de l'Afrique » ,une œuvre monumentale, est le fruit d'une réflexion sur les institutions de Bretton Woods, notamment le FMI où l'auteur, le camerounais Joseph Tchundjang Pouemi, professeur agrégé de Droit et Sciences économiques - option sciences économiques et gestion, a été fonctionnaire. Ce livre, dédié « A tous les enfants d'Afrique que l'intolérance a privés de la joie de servir la terre nourricière », marque une rupture radicale avec cette institution que l'auteur a quittée volontairement après avoir constaté qu'elle appauvrit l'Afrique plus qu'elle ne contribue à son développement.

Nous en proposons ci-dessous un compte-rendu de lecture. Je viens de terminer un livre remarquable, découvert tout à fait par hasard, l'un des plus enrichissants qu'il m'ait été donné de lire sur la monnaie et l'impact qu'a son fonctionnement sur la société humaine.

En effet, "Monnaie, servitude et liberté" de Joseph Tchundjang Pouemi, économiste Camerounais, disciple de Maurice Allais, est, selon moi, une œuvre majeure qui mérite d'être largement diffusée. Bien que sous-titrée "La répression monétaire de l'Afrique" et écrite il y a exactement 30 ans, le propos reste universel et intemporel.

Quiconque s'intéresse à l'économie et fait sienne cette citation de Jacques Rueff proposée en couverture : "Le destin de l'homme se joue sur la monnaie", doit lire d'urgence "Monnaie, servitude et liberté".

A travers la dénonciation lucide et argumentée de la dictature monétaire exercée sur l'Afrique - forme pervertie de la colonisation qui ne veut pas dire son nom - par le monde occidental et ses organisations, avec le FMI en tête, Joseph Tchundjang Pouemi nous offre une leçon de macroéconomie et d'économie monétaire. Il nous alerte : « Aujourd'hui, faute d'accorder aux questions monétaires l'attention qu'elles méritent, l'Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés des souffrances tout à fait gratuites. ».

Les problèmes soulevés concernent en premier lieu l'Afrique et les Africains, à la fois et, d'une certaine manière, responsables et victimes.

Le grand mérite de l'auteur est de dévoiler, de manière tout à fait compréhensible pou profane, le fonctionnement réel de la monnaie qu'il définit comme « une créance à vue sur le système bancaire » - et de montrer comment, la méconnaissance de ce fonctionnement, y compris chez les experts, est un frein puissant au développement de l'Afrique où « on croit ou on fait croire que la banque prête de l'argent qu'elle a ou quelle importe d'ailleurs, ou qu'elle collecte d'on ne sait où (...).

Joseph Tchundjang Pouemi nous explique la monnaie, « bien vide » dont la création précède la production et qui se transforme en revenu, en « bien rempli ». Il nous donne sa conception du rôle de la banque centrale qui doit être indépendante « au sein du gouvernement et non à l'égard du gouvernement». Il nous parle aussi de ce qu'il appelle les techniques répressives comme l'autofinancement et dénonce les discriminations dans l'allocation du crédit nom de la monnaie » - ou le mythe des théories du sous-développement. Il analyse le rôle des taux d'intérêts, et notamment le taux d'intérêt marché monétaire qui est « un thermomètre qui permet de voir dans quelle mesure l'économie est convenablement alimentée en monnaie

Il explique pourquoi l'inflation mondiale « c'est essentiellement (...) le refus par monnaie interposée d'un changement inéluctable (...). »

Ce ne sont que quelques exemples choisis arbitrairement parmi la multitude des concepts abordés et illustrés au travers de l'étude pratique et chiffrée de la situation économique d'un certain nombre de pays africains comme le Mali ou la d'Ivoire. Dans tous les cas, la même conclusion s'impose, clairement exprimée ici par Kovalin Tchibinda : "le Franc CFA est en fait un instrument de la permanence de la colonisation française en Afrique. Dans ce même ordre d'idées, Tchundjang Pouemi affirme : «La France est, en effet, le seul pays au monde à avoir réussi l'extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie dans des pays politiquement libres». Et, bien que trente années se soient écoulées, la situation de dépendance de l'Afrique demeure, comme on peut le constater en lisant les livres « La zone Franc CFA dans la crise internationale publié par CADTM et « Le franc CFA et l'Euro contre l'Afrique » du professeur Nicolas Agbohou.

La richesse de l'ouvrage est telle que, en faire un résumé, ce ne ferait qu'amoindrir la portée du propos...

Pour conclure, je laisse la parole à Joseph Tchundjang Pouemi qui, au début du livre, écrit

« Il convient qu'en Afrique la monnaie cesse d'être le territoire du tout petit nombre de "spécialistes" qui jouent aux magiciens (...).

 


In LE FILAMENT N° 11 du 15 décembre 2010


Source: ECO DEMYSTIFICATEUR

Visitez le site de : LE FILAMENT.INFO

OUATTARA RATTRAPE PAR SON PASSE

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Une belle analyse faite dans le mois de décembre 2010, après le premier tour du scrutin présidentiel ivoirien et avant le second. A revisiter. Bonne lecture !


L'homme providentiel


La recherche des solutions adaptées à la lutte contre la crise économique des années 80, avait poussé le Président Houphouët à prendre des mesures impopulaires, provoquant les réactions des syndicats du pays. Affaibli par une fronde sociale difficile à vaincre, il annonça un nom que les ivoiriens entendaient pour la première fois. Alassane Dramane Ouattara car c'est de lui qu'il s'agit, devait user de ses relations au plus haut niveau de la hiérarchie du FMI, l'institution qui l'employait pour qu'elle vienne à la rescousse de la Côte d'Ivoire. « Il semble qu'il y a un ivoirien au FMI qui peut intervenir en faveur de la Côte d'Ivoire pour qu'elle soit éligible aux programmes promus par cette institution », avait dit le Président Houphouët pour donner de l'espoir aux syndicalistes qui n'y croyaient plus devant la dégradation flagrante et progressive de leurs conditions de vie et de travail. Le chef de l'Etat qui était supposé connaître tous les hauts fonctionnaires internationaux de son pays, ne connaissait pas curieusement le prétendu fils de Kong qui ferait la fierté de la Côte d'Ivoire grâce à ses solides relations dans les hautes sphères des finances internationales. Peu après, il fut nommé président du comité interministériel chargé de travailler à l'éligibilité du pays. Les réformes qui devaient précéder cet exploit avaient livré Ouattara comme un ennemi aux barons du régime qui n'ont jamais supporté la suppression brutale de tous les privilèges dont ils jouissaient. Il semble même qu'il aurait arraché un véhicule de l'Etat à un ancien ministre qui de surcroit était l'un des intimes du Président Houphouët, sur le Pont Général de Gaule. Ouattara aura agi comme un homme qui ne connaît pas la Côte d'Ivoire, car un ivoirien digne de ce nom, connaît les réalités du pays et ne s'amuserait pas à s'attaquer à des personnalités reconnues pour leur capacité de nuisance. Après des réformes salutaires passant quelquefois par des décisions courageuses, il fut nommé premier ministre, le tout premier à occuper cette haute fonction qui venait d'être créée en Côte d'Ivoire. Juste récompense pour les loyaux services rendus à l'Etat.


Le premier ministre


Pendant sa mission à la tête du comité interministériel, Alassane Ouattara avait pu rallier à sa cause certains cadres de l'administration, habitués à la facilité et aux gains faciles. Parmi eux des officiers de l'armée utilisés comme des espions. Quand il s'est agi de former son gouvernement, le premier ministre a consacré son quota à ces derniers. Nommés par copinage et par clientélisme, les ministres d'Ado lui vouaient fidélité et dévouement. En deux ans de pouvoir, celui qui devrait permettre à la Côte d'Ivoire de reprendre sa place dans le concert des nations s'est plutôt rempli les poches en bradant le secteur clé de l'économie nationale à l'Etranger. Les privatisations à outrance dans un cadre juridique opaque et surtout le vol de l'Etat avec la complicité des régies financières à sa solde, l'ont rendu immensément riche, c'était là l'objectif fondamental de l'homme venu de Sindou. Les ivoiriens auront retenu qu'il a commis beaucoup de sacrilèges notamment la profanation des mosquées avec une rare barbarie; l'expédition punitive de la cité universitaire de Yopougon où les hommes de Faizan Bi se sont rendus coupables de viols, de blessures graves et d'autres barbaries au préjudice des étudiants ; la répression sévère et injustifiée de la marche pacifique du 18 février 1992 ; l'aggravation des disparités sociales par le raccrochage d'une catégorie d'enseignants ; et la multiplication des violations graves des droits de l'homme. Pour avoir renfloué les caisses d'Etat à très court terme par les privatisations, pour permettre à la Côte d'Ivoire d'honorer les échéances de remboursement de ses dettes, il a réussi la mission que les institutions de Bretton Woods lui avaient assignée, mais il serait honnête de reconnaître que son bilan à la tête de la primature a été nul. Alassane Ouattara qui devrait être poursuivi pour vol de l'Etat et détournement du denier public n'a nullement été inquiété, car en l'absence du Président Houphouët qui était très malade, il était le détenteur exclusif du pouvoir exécutif. A la mort du père de l'indépendance, c'est encore lui qui avait tenté de s'opposer à l'application de l'article 11 qui ferait de Bédié son successeur constitutionnel. Le complot constitutionnel qui était en préparation a été déjoué de justesse grâce à la loyauté de Laurent Dona Fologo, alors secrétaire général du PDCI-RDA, qui avait refusé de cautionner cette conspiration. Bédié s'est appuyé sur la France pour prendre le pouvoir à la lumière de la constitution. Il aurait pu faire arrêter Ouattara comme il aime à le dire lui-même, car il était informé de ses manœuvres visant à contester la constitution. Triste fin pour un aventurier qui aura appris à ses dépens que la politique ne se nourrit pas d'illusions.


La naissance du RDR

Retourné au FMI, il fut nommé directeur général adjoint de cette institution pour avoir réussi sa mission diabolique en Côte d'Ivoire. Ses suiveurs avaient désormais la lourde tâche de mener la vie dure à Bédié rendu responsable de l'échec de Ouattara qui rêvait de confisquer le pouvoir. Aveuglés par la haine, les nombreux partisans d'ADO dont ses anciens ministres, ne rataient plus l'occasion de saboter les actions du nouveau pouvoir. C'est dans ces circonstances plutôt particulières qu'intervint le tout premier congrès extraordinaire du PDCI-RDA après la mort de Félix Houphouët-Boigny, sous la présidence de Bédié, devenu président en lieu et place de l'illustre disparu. Alors que pour le nouveau régime il s'agissait de faire l'état des lieux, les partisans de Ouattara voulaient plutôt se faire entendre. Ils voulaient créer un courant très hostile à Bédié dans le parti qu'il dirigeait désormais. Muselés tout au long du congrès Djéni Kobina et ses amis n'avaient pas atteint leur but. Humiliés et frustrés, ils exprimèrent leur ras-le-bol à la nouvelle direction du PDCI-RDA qu'ils traitèrent de tous les noms. Dans la confusion la plus totale, ils créèrent le RDR dont l'objectif fondamental était de combattre Bédié par tous les moyens. Dans toutes les actions de ce nouveau parti, la haine et l'aigreur étaient clairement exprimées. Seize ans après sa création, l'on constate que ce parti n'a pas évolué. Non seulement la haine et l'aigreur continuent de dominer toutes ses actions, mais pire il a du mal à abandonner ses repères ethniques et religieux qui le confinent dans le dangereux rôle de promoteur de la violence et de la criminalité en Côte d'Ivoire. Les rares cadres représentatifs qui croyaient en la sincérité des membres fondateurs, ont vite découvert les véritables objectifs d'un petit club de marginaux qui veulent voir la Côte d'Ivoire partir en fumée. Adama Coulibali, Jacqueline Oblé et les autres ont claqué la porte pour sauver leur dignité de plus en plus menacée par les crimes du RDR. Après l'avoir manipulé à distance, Alassane Ouattara rentre en Côte d'Ivoire qu'il considère comme son pays, et prend le contrôle du parti. Il ne fallait pas plus pour provoquer la réaction du régime de Bédié à ce qu'il considère comme une imposture. Traqué dans tous les sens, le président du RDR trouve son salut dans la fuite après le mandat d'arrêt international lancé contre lui. De son exil parisien Ouattara proférait des menaces à Bédié. « Quand je frapperai ce pouvoir moribond, il tombera ». Cette menace que l'on considérait comme une simple plaisanterie fut mise à exécution le 24 décembre 1999, quand Ouattara récupéra une mutinerie d'ailleurs mal organisée pour chasser son ennemi juré du pouvoir.

Le pion de la France


Le Général Guéi qui avait été choisi pour conduire une courte transition militaire avait des impératifs, notamment l'organisation d'une parodie de scrutin pour mettre Ouattara au pouvoir. Le pot-aux-roses fut très vite découvert quand dans la répartition des portefeuilles de son gouvernement, le général-président fit la part belle au RDR. La dénonciation de la partialité flagrante du CNSP (Conseil National de Salut Public) fut la raison principale de la disparition du front républicain. Tapi dans l'ombre, le RDR tenait déjà les rênes du pouvoir, car Guéi n'était qu'un souverain de façade à sa solde, et il ne voulait pas le partager avec son allié d'hier. Le FPI faisait les frais de l'opportunisme tel qu'il existe dans un parti qui ne gère que des aventuriers en mal de publicité. Lentement mais sûrement Laurent Gbagbo parvint à convaincre le CNSP de la nécessité de traiter tous les partis politiques équitablement. La transparence conséquente était devenue un véritable obstacle à la réalisation des manœuvres qui devaient installer Ouattara à la magistrature suprême au mépris de la démocratie. Et comme il fallait s'en douter, tous les vieux démons furent de retour dans le camp du RDR. Convaincu que son avenir se trouvait dans un second coup d'Etat qui conduirait à la chute du Président Guéi devenu gênant car refusant de cautionner l'arbitraire. Son obstination à demeurer dans la violence scella le sort du RDR, car on le sait, il fut en disgrâce jusqu'à la fin de la transition. Inéligible à la lumière du code électoral, Ouattara opta pour ce qu'il appela le boycott citoyen, un mot d'ordre dont il cernait les réels contours. En réalité, le leader du RDR, un couard par excellence redoutait la répression du CNSP vidé de ses proches au cas il tenterait de s'opposer au déroulement du scrutin. Alors qu'on le croyait absent de la scène politique pour de bon, il réapparut après la victoire de Laurent Gbagbo, guidé par l'opportunisme et la volonté d'arracher le pouvoir par l'insurrection.

Le déstabilisateur impénitent


N'ayant pas participé à un scrutin qui était à sa portée, Ouattara voyait dans cette sentence du Général Guéi la complicité de Laurent Gbagbo alors qu'il était loin du centre des décisions. Selon le RDR, ces soupçons justifiaient les mouvements sociaux qui fusaient de tous les horizons du pays pour empêcher le FPI d'asseoir son pouvoir. Les affrontements qui s'en suivaient débouchaient quelquefois sur des pertes en vies humaines. Le RDR aura fait de la violence son cheval de bataille, sa principale stratégie de conquête du pouvoir étant basée sur la violence. Les nombreuses tentatives d'insurrection ayant échoué, Ouattara était dans le collimateur des patriotes. Aussi avait-il décidé de se résoudre à un exil volontaire en France pour sa propre sécurité. On a beau chasser le naturel, mais il revient toujours au galop, profitant de son séjour en France, il renoua avec les menaces proférées cette fois-ci au régime de Gbagbo. Ayant investi dans l'accession à la magistrature suprême par les armes, les dividendes qu'attendait ADO furent très loin de son espérance, car les attaques du 19 septembre 2002 muées en rébellion n'ont pas pu chasser Laurent Gbagbo du pouvoir comme il le souhaitait. C'est vrai qu'il a pu se consoler avec son éligibilité au scrutin présidentiel qui n'était pas du tout évidente à la lumière du code électoral, mais l'objectif principal qui a nécessité ces investissements n'a pas été atteint. Les populations de la moitié Nord du pays, témoins des crimes crapuleux qui ont été commis sous leurs yeux, des biens mobiliers et immobiliers qui ont été détruits par les rebelles, et de nombreux vols qui ont été commis sont situés sur les ambitions réelles de Ouattara, le parrain de la rébellion qui retarde le développement de la Côte d'Ivoire. C'est vrai qu'il n'a pas le courage d'assumer ses propres propos, c'est vrai qu'il a la mémoire courte, mais la mémoire collective des ivoiriens retiendra qu'il a plusieurs fois menacé de rendre ce pays ingouvernable s'il n'obtenait pas son éligibilité qui le faisait courir depuis belle lurette. Les ivoiriens dans leur majorité savent que Ouattara est un vulgaire criminel, et qu'il ne mérite pas de gouverner ce pays. Ils en tiendront compte dans l'isoloir. Il faut donc reconnaître que ses partisans qui jubilent déjà en pensant que le report des voix de Bédié sera une simple formalité, entretiennent encore une fois l'illusion comme à leur habitude, car le verdict des urnes leur sera fatal au second tour du scrutin présidentiel.


Source : GALERIC

REVELATION - UN TEMOIN RACONTE: «MEME S'IL FAUT 100.000 MORTS, NOUS PRENDRONS LE POUVOIR»

 

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Dominique Ouattara a déclaré : « Même s'il faut 100.000 morts, nous prendrons le pouvoir ! »

 

La scène se passe juste avant la fête nationale du 7 août, dans la luxueuse résidence des Ouattara à Cocody Embassades...


Une française, communicante des époux Ouattara , et présentée comme chargée de la communication du président Camerounais Biya, est là pour prendre le thé avec son amie Dominique. La conversation roule sur les événements des derniers mois, la tension liée à la présence des milices aux noms sinistres (Cosa Nostra, Camorra, Brigades Rouges...) issues des mutins de la FIRPAC. Un membre du comité directeur du RDR est présent et c'est par lui que la teneur de la conversation est connue. Cette personne entend alors avec horreur Dominique Ouattara dire à Patricia Balme, qui s'inquiète de la tension et des risques que cela fait peser sur l'accession d'ADO à la magistrature suprême : « Même s'il faut 100 000 morts, nous prendrons le pouvoir ! ». Et Dominique et son amie de rire, comme s'il s'agissait d'un jeu... Le membre en question du comité directeur du RDR s'est ensuite discrètement mis sur la touche et a rompu tout lien avec le couple infernal. C'est la proximité de l'élection présidentielle et la crainte que ce couple sanguinaire arrive aux affaires qui le pousse aujourd'hui à parler. Le sang des Ivoiriens ne doit pas couler ! ADO doit cesser de torturer la Côte d'Ivoire.


Source : Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

A QUOI SERVENT LES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX LORS DES SCRUTINS EN AFRIQUE ?



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Depuis l'avènement du multipartisme en Afrique, les élections présidentielles mettent désormais aux prises plusieurs candidats issus généralement de partis politiques différents.

Avant chaque scrutin, des observateurs internationaux sont envoyés par des organisations internationales. Il s'agit principalement des personnalités très expérimentées, réputées être crédibles et impartiales qui viennent en mission dans les pays organisant des élections.

Leur mission : assurer la fiabilité des processus de vote

La mission de ces observateurs internationaux consiste à garantir, ne serait-ce que par leur présence, la fiabilité et la transparence des opérations de vote. Ils font désormais partie du rituel de toutes les élections africaines.

La plupart de ces observateurs internationaux sont des ex-chefs d'Etat, des anciens ministres, des juristes, des parlementaires, des responsables d'ONG ou des intellectuels célèbres.

Leur présence vise, dit-on, à contribuer à ce que les élections soient propres, « free and fair », (libres et équitables), transparentes, et partant fiables. En d'autres termes, les observateurs internationaux sont là et censées contribuer à enrayer les velléités et pratiques de manipulations illégales et de manœuvres frauduleuses par les candidats qui seraient tentés d'accéder ou de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille. Ainsi donc, l'observation internationale est supposée jouer un rôle important dans la protection de « l'intégrité électorale » et l'exercice du droit citoyen.

Afin d'assurer la légitimité et la crédibilité de leur tâche, les observateurs internationaux sont censés accomplir un travail de fourmi qui dure souvent plusieurs semaines, et qui consiste notamment à tout ausculter depuis l'établissement des listes électorales jusqu'à la proclamation des résultats. Ils sont aussi tenus de se soumettre à des normes de conduite internationalement reconnues. Dans ce sens, plusieurs organisations spécialisées dans l'observation internationale ont élaboré des codes de conduite visant à guider le comportement des observateurs durant leur mission.

Une présence incontournable, mais...

La force de ces observateurs internationaux réside en ceci que, une fois le scrutin terminé et leur mission accomplie, leur rapport a un poids évident, surtout dans la logique des relations internationales et leur avis est pris strictement en compte, du moins très au sérieux, notamment en matière de coopération. Cet état de fait est confirmé et souligné par M. Chris Fomunyoh, Directeur de National Democratic Institute for International Affairs (NDI) de Washington pour l'Afrique qui a la charge de superviser les processus de démocratisation dans le monde entier. Selon M. Chris Fomunyoh, « le gouvernement américain veut travailler avec tel ou tel Etat. Ainsi, les rapports des observateurs lui servent largement à fonder son jugement en ce qui concerne le degré de démocratisation ».

C'est sans doute cela qui rend la présence des observateurs quasi incontournable lors des scrutins en Afrique, certes.

Mais, là où le bât blesse, c'est qu'on observe que le nombre des observateurs internationaux est souvent restreint à quelques dizaines de personnes, même lorsque le pays observé est très peuple ou très vaste comme le Nigeria ou la RD Congo. Dans cet état de fait, les observateurs internationaux, même malgré de bonnes intentions et des expertises avérées, n'ont ni le temps, ni les moyens de visiter tous les bureaux de vote, ne peuvent assister à tous les dépouillements et décomptes, sortent très rarement de la capitale où ils sont reçus dans des conditions exceptionnelles durant leur séjour : hôtels et voitures de luxe, garde de corps, etc.

D'où, les rapports et avis des observateurs internationaux ne peuvent être que partiels ou partiaux, alors que l'observation doit être objective, efficace, vigilante et non partisane. Par ailleurs, on s'aperçoit très vite que leurs rapports sont souvent non équilibrés ou non concordants, et cachent mal leurs préférences pour un parti ou un candidat quelconque, en lieu et place de l'objectivité requise pour produire des rapports impartiaux. Cela enlève toute crédibilité à leur mission et n'aide pas à garantir l'intégrité ou la fiabilité du processus électoral.

On observe souvent que les observateurs internationaux sont souvent otages des politiques qui, par la force des choses, organisent et contrôlent le processus électoral et sont leurs premiers interlocuteurs, dans le sens du respect des règles d'accréditation pendant leur mission d'observation. Rien d'étonnant à ce qu'ils soient si souvent accusés de partialité ou de complicité en faveur de tel ou tel candidat qu'ils reconnaissent "légitimement élus", après bourrage des urnes et tripatouillage des listes, c'est-à-dire en dépit, des votes contestés. Des irrégularités et des manipulations frauduleuses qui n'échappent pourtant à personne, y compris les observateurs eux-mêmes. Par exemple, en 2007, la Commission européenne a déployé de gros moyens pour les législatives et la présidentielle au Nigeria : cent cinquante observateurs. Dans leurs rapports ceux-ci ont relevé des "preuves évidentes de fraude : assassinats, électeurs empêchés de voter, urnes ostensiblement bourrées. Leur chef, Max Van den Berg, n'a pas mâché ses mots : « ces élections ne peuvent être considérées comme crédibles" et sont "loin des critères démocratiques internationaux de base", a-t-il dit deux jours après le vote. Un mois plus tard, Umaru Yar'Adua, le vainqueur de la parodie électorale, était investi en grande pompe à Abuja.

On observe souvent qu'une lacune constatée parmi tant d'autres concerne la défaillance dans le contrôle au niveau des listes électorales. En effet, les observateurs internationaux se trouvent généralement dans l'impossibilité quasi-totale de vérifier si un électeur n'a pas déjà voté dans une autre circonscription, de faire respecter strictement les principes du vote secret, ainsi que d'imposer la présence dans tous les bureaux de vote des délégués ou des représentants de la société civile, etc.

Légitimer des mascarades et des crimes de sang ?

On dit que le mandat des observateurs internationaux n'est pas de superviser, ni de corriger les erreurs, ni de résoudre les conflits locaux, ni de s'ingérer dans le processus électoral, mais d'observer et à la limite de dénoncer des irrégularités, sinon de « saluer le calme qui a entouré le processus ». En effet, souveraineté nationale et non-ingérence obligeant, les observateurs internationaux se contentent naturellement d'observer. A ce propos, M. Patrice

Lenormand, chef du département de l'observation électorale à la Commission européenne déclare : « Nous n'avons qu'un rôle dedénonciation... Notre code de conduite précise que « les observateurs ne doivent entraver aucun élément du processus électoral. [...] Ils doivent porter les irrégularités, les fraudes ou tout autre problème important à l'attention des fonctionnaires électoraux sur place ». C'est ainsi que, en mai 2005, en Éthiopie, les élections ont été chaotiques. La contestation des résultats par l'opposition a été réprimée dans le sang. Près de 30 personnes sont mortes, 100 ont été blessées.

Des faits dénoncés par la mission d'observation européenne, mais les résultats ont été validés, comme l'atteste l'un des observateurs : « Nousétions 200 observateurs. Nous avons eu les résultats durant la nuit, mais ceux annoncés le lendemain par le gouvernement n'étaient pas dutout les mêmes. Il y a eu vingt jours de répression contre l'opposition. Et, alors que nous n'avions pas encore rendu nos conclusions, Javier Solana [haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, NDLR] félicitait Mélès Zenawi [le Premier ministre éthiopien]. Trois semaines plus tard, il était invité à Londres et à Bruxelles ». A noter aussi que, aux dernières élections à Madagascar, suite à une étude faite auprès d'une cinquantaine de bureaux de vote sur les 18.173 existant dans tout Madagascar, ces observateurs étrangers se disent satisfaits de leur mission d'observation, malgré de graves lacunes observées.

Utiles ou inutiles?

Cet état de fait a amené un observateur critique à dire, non sans humour noir, que « le travail des observateurs internationaux, c'est d'arriver le samedi soir, de faire la fête et de repartir le dimanche". On a aussi entendu dire que « dans l'attitude des observateurs, il y a un côté tourisme électoral ». Un autre observateur tirant subsistance de ses juteuses missions d'observateur international, a déclaré en sourdine : « les observateurs sont payés cher pour ce qu'ils font et surtout pour ce qu'ils ne font pas ».

Ce dernier faisait sans doute allusion au coût des observations, dont on ne sait jamais exactement qui paye. Parlant de coût, faut-il rappeler que, par exemple, au Togo, en février 2010, 110 observateurs (dont 30 de long terme) ont été envoyés par Bruxelles. Ils percevaient, par tète de pipe et par jour, un per diem de 195 euros, soit 128.000F CFA par jour, (hormis les dépenses d'hôtel et de restauration) ce qui équivaut à peu près à 24 euros par heure, soit 16.000F CFA ; les transports sont par ailleurs pris en charge).

Toujours au chapitre des coûts, il faut savoir que, depuis 2000, la Commission européenne a dépensé au moins 300 millions d'euros en missions d'assistance électorale, dans 40 pays.

Beaucoup d'argent, beaucoup de temps et beaucoup d'énergie, pour venir « observer » et être témoins de morts d'hommes, sans assistance à des personnes en dangers et pour finalement accréditer des mascarades consacrant la mort de la démocratie dans certains pays. Dans ces cas, l'observation prend le sens d'une quête de preuves récentes et d'images nouvelles de barbaries exotiques pour mettre à jour les préjugés et les thèses racistes.

On peut conclure que la plupart des rapports des élections, dans bien de pays observés, ne sont pas crédibles, malgré la présence des observateurs internationaux. Sur ce, je suis tenté de dire que les élections pourraient avoir lieu en leur absence, ou si l'on préfère, sans leur présence.

C'est que je pense.



Léandre Sahiri,

Directeur de Publication de « Le Filament »

In Le Filament N° 11 du 15 décembre 2010


Source : LE FILAMENT.INFO

lundi, 10 janvier 2011

CRISE ELECTORALE EN COTE D'IVOIRE : QUE DIT LE DROIT APPLICABLE ?


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Une contribution de Monsieur Zahiri Ziki Sébastien, Magistrat.


INTRODUCTION

Depuis la fin du scrutin du second tour de l'élection présidentielle, notre pays traverse une autre crise, une nouvelle crise. Celle-ci est de nature à mettre en ruine tous les efforts qui ont été consentis pour sortir notre pays de la crise armée qui a éclaté en son sein, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Nous nous retrouvons, à quelques variantes près, à la case départ, relativement au processus de sortie de crise. La rébellion nous montre un autre visage de ce qu'elle est, de ce qu'elle n'a véritablement pas cessé d'être. Pourtant, en organisant l'élection présidentielle, on espérait en finir définitivement et pacifiquement avec elle.

La nouvelle crise porte sur le résultat du second tour de l'élection présidentielle. Ce résultat a été diversement annoncé  par les structures compétentes. Le conflit a tellement pris de l'ampleur que le pays court un grand risque de troubles aux conséquences incalculables, aussi bien au plan humain qu'au plan matériel. Nous ne sommes plus loin d'un affrontement à l'arme lourde. La coalition qui nous fait la guerre s'est renforcée à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières. Elle a donc l'illusion de tenir le bon bout, pour en finir avec nous et prendre possession de ce qu'elle prétend lui revenir de droit : le pouvoir d'Etat.

Les controverses d'opinions en cours sont alimentées par des arguments politiciens, eu égard au contexte politique dans lequel nous sommes. Beaucoup raisonnent comme s'il n'y a pas de textes de lois qui régissent la matière. On ne se réfère plus au droit applicable et on fait des propositions au gré de ses humeurs, au gré de ses désirs. Pourtant, étant donné que nous sommes dans un Etat de droit, l'on devrait interroger le droit en vigueur.

Le droit étant défini comme l'ensemble des règles qui régissent la vie en société, il n'y a pas de société sans droit, selon la célèbre formule latine « ubi societas, ibi jus ». Effectivement, le processus électoral est régi par des textes de lois. Outre la Constitution ivoirienne demeurée en vigueur, il y a le code électoral. Celui-ci a subi des réajustements pour tenir compte du processus de sortie de crise et ce, conformément aux résolutions onusiennes et aux accords inter-ivoiriens, notamment l'Accord Politique de Ouagadougou, APO.

Guidé par le réflexe du juriste, il m'a plu de recourir à ces textes qui régissent le domaine sur lequel porte la présente crise née de la proclamation du résultat de l'élection présidentielle. Les lecteurs comprendront ainsi les tenants et les aboutissants de cette crise : ses causes et ses solutions.

La réglementation de la proclamation du résultat de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévoit trois niveaux de responsabilité. Il y a d'abord la C.E.I. (Commission Electorale Indépendante), ensuite le Conseil Constitutionnel et enfin le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d'Ivoire.  La première a en charge la proclamation des résultats provisoires, tandis que la proclamation du résultat définitif incombe au deuxième. Quant au dernier, il intervient à chacune des étapes précédentes pour la certifier, c'est-à-dire pour attester ou témoigner qu'elle a été effectuée conformément aux normes ou règles en vigueur.

Pour la clarté de mon exposé, je voudrais passer en revue les trois niveaux de responsabilité que sont la C.E.I. (1), le Conseil Constitutionnel (2) et le Certificateur (3). J'indiquerai, à chaque niveau, ce que dit le droit applicable, ce qui a été fait ou ce qui n'a pas été fait pour que nous soyons en crise aujourd'hui, ou encore ce qui aurait dû être fait pour que nous évitions cette crise. Je ne manquerai pas de conclure en disant ce qu'il y a à faire, en définitive, du point de vue du droit en vigueur. J'ouvrirai ainsi une piste propice à la résolution de la présente crise. Elle constitue la véritable voie de solution  pacifique, pour le grand bonheur des Ivoiriens, des habitants de ce pays et de ceux qui, quoique vivant en dehors du pays, y ont des intérêts à préserver.

1. AU NIVEAU DE LA C.E.I.

La C.E.I., a été créée par une loi prise en application de l'article 32 de la Constitution ivoirienne. Elle y est présentée comme une autorité administrative indépendante chargée de l'organisation, de la supervision et du contrôle du déroulement de toutes les opérations électorales en Côte d'Ivoire (articles 1er et 2 nouveau de la loi portant composition, organisation, attribution et fonctionnement de la C.E.I.). Indépendamment de cette loi, c'est la loi portant code électoral qui spécifie les tâches dévolues à la C.E.I. en matière électorale. Cette loi a été réajustée, à titre exceptionnel, pour tenir compte du processus de sortie de crise.

A ce niveau de ma contribution, je voudrais exposer et examiner la réglementation en vigueur, dont le mépris ou la violation par le Président de la C.E.I., nous a conduits à la présente crise.

1.1. Exposé de la réglementation en vigueur

Il y a d'abord l'article 59 nouveau du code électoral qui dispose :

« La C.E.I. procède au recensement général des votes et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin, au niveau de la circonscription administrative, en présence des représentants des candidats.

Trois exemplaires du procès-verbal accompagnés des pièces justificatives sont transmis à la C.E.I. Celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin.

La C.E.I. communique au Conseil Constitutionnel, au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies en Côte d'Ivoire et au Représentant Spécial du Facilitateur, un exemplaire des procès-verbaux, accompagnés des pièces justificatives dans les trois jours qui suivent le scrutin.

... »

Il y a ensuite le mode opératoire adopté par la C.E.I. qui consiste :

« A centraliser, à son siège les résultats reçus des différents bureaux de vote et par Département, de les valider ou consolider en commission centrale, par consensus et de les proclamer en présence des représentants des candidats, sur les ondes de la Radio Nationale et sur l'écran de la Télévision Nationale. »

Il y a enfin l'article 47 nouveau du code électoral qui est une reproduction intégrale de l'article 38 de la Constitution et qui dispose :

« En cas d'évènements ou de circonstances graves ... rendant impossibles... la proclamation des résultats, le Président de la C.E.I. saisit le Conseil Constitutionnel aux fins de constatation de cette situation et informe le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies et le Représentant Spécial du Facilitateur.

Le Conseil Constitutionnel décide dans les vingt-quatre heures ... de suspendre la proclamation des résultats....

Après constatation de la cessation de ces évènements ou de ces circonstances graves, le Conseil Constitutionnel fixe un nouveau délai qui ne peut excéder trente jours pour la proclamation des résultats... »

L'observation ou l'application diligente de cette réglementation, par la C.E.I., aurait pu nous éviter cette crise. Malheureusement, il en a été autrement, ainsi qu'il convient de l'examiner.

1.2. Examen de la réglementation en vigueur

Une lecture attentive des règles qui précèdent permet au lecteur de comprendre comment la C.E.I. ne les a pas observées dans sa mission de proclamation des résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel.

D'abord suivant l'article 59 nouveau du code électoral, les résultats provisoires sont proclamés le jour même où le scrutin prend fin. Cependant, étant donné que la C.E.I. dispose de trois jours au maximum, à compter de la fin du scrutin, pour communiquer les procès-verbaux constatant ces résultats, aux autres organes intervenant dans le processus, notamment le Conseil Constitutionnel, l'article 59 nouveau lui permet d'aller au-delà du jour marquant la fin du scrutin, pour donner les résultats provisoires.

Mais, il y a mieux. L'article 47 nouveau lui permet d'obtenir du Conseil Constitutionnel une prolongation suffisante, pour ne pas dire raisonnablement illimitée pour proclamer les résultats définitifs. En effet, suivant ce texte, lorsque la C.E.I. est confrontée à des évènements ou circonstances graves qui ne lui permettent pas de proclamer les résultats dans le délai, elle peut obtenir de la juridiction électorale suprême la suspension de la proclamation de ces résultats. Ce n'est qu'après la cessation de ces évènements ou circonstances graves que la juridiction compétente lui fixe un nouveau délai pour procéder  à la proclamation des résultats provisoires.

Je pense que les difficultés liées au défaut de consensus sur la validation ou l'invalidation des résultats de certains bureaux de vote, peuvent être considérées comme des évènements ou circonstances graves de nature à rendre impossible la proclamation des résultats provisoires par la C.E.I., dans le délai légal. C'est une porte de sortie légale que la C.E.I. aurait dû prendre. Certes cette voie est discutable. Cependant, compte tenu des enjeux du scrutin du second tour pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire, la C.E.I. pouvait obtenir de la haute juridiction une décision d'opportunité allant dans le sens des dispositions pertinentes de l'article 47 nouveau.

Une telle décision aurait permis à la C.E.I. d'éviter de se livrer en spectacle sur les écrans des télévisions nationales et internationales. Cela aurait aussi permis à son Président d'éviter de commettre les  grossières violations de la loi, à savoir : la proclamation des résultats provisoires après l'expiration du délai imparti, dans un hôtel servant de quartier général au candidat Alassane OUATTARA qu'il a proclamé vainqueur, en l'absence des membres de la commission centrale et du représentant de l'autre candidat, le Président Laurent GBAGBO.

Dans ces conditions, on ne peut pas soutenir valablement que la C.E.I. a proclamé les résultats provisoires. Nous sommes donc dans une situation où les résultats provisoires sont inconnus, le Président de la C.E.I. ayant agi aux mépris des règles en vigueur. Sauf à justifier qu'il a été contraint d'agir ainsi, le Président de la C.E.I. est le premier responsable de la crise meurtrière dont nous sommes à nouveau victimes et dont notre pays n'avait plus besoin.

 

2. AU NIVEAU DU CONSEIL CONTITUTIONNEL

Le Conseil Constitutionnel est une juridiction prévue au titre VII de la Constitution ivoirienne. Dans le processus de proclamation du résultat du second tour de l'élection présidentielle cette juridiction est intervenue en sa triple qualité d'organe régulateur du fonctionnement des Pouvoirs Publics, d'organe chargé du contentieux de l'élection du Président de la République et d'organe chargé de proclamer le résultat définitif de ladite élection.

C'est sous ces différents aspects que je voudrais examiner à la fois les dispositions légales relatives au Conseil Constitutionnel et son intervention dans le processus de proclamation du résultat de l'élection présidentielle.

2.1. Le Conseil Constitutionnel en tant que régulateur du fonctionnement des Pouvoirs Publics

Aux termes de l'article 88 de la Constitution, le Conseil Constitutionnel est « l'organe régulateur du fonctionnement des Pouvoirs Publics. » A ce titre, il veille sur le bon fonctionnement des Pouvoirs Publics. Il peut même sanctionner leur dysfonctionnement.

La C.E.I. faisant partie des Pouvoirs Publics, et malgré son indépendance, elle n'échappe  pas au contrôle du Conseil Constitutionnel, organe juridictionnel. C'est pourquoi, lorsque la C.E.I. n'a pas pu proclamer les résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel, le Conseil Constitutionnel en a tiré la conséquence qu'elle est forclose pour agir, c'est-à-dire pour proclamer ces résultats.

Certes d'éminents juristes ont estimé que le non respect du délai de trois jours n'étant pas soumis à une sanction quelconque, la C.E.I. pouvait toujours proclamer les résultats provisoires, même hors délai. Mais soutenir une telle allégation revient à ignorer que le non respect du délai qui lui est imparti constitue pour la C.E.I., Pouvoir Public, un dysfonctionnement. Cette carence justifie  l'intervention de l'organe de régulation qu'est le Conseil Constitutionnel, lequel a constaté, à juste titre, l'expiration du délai imparti à la C.E.I.

Par ailleurs, étant donné que le Conseil Constitutionnel est compétent pour connaître du contentieux de l'élection présidentielle et pour en donner le résultat définitif, il n'avait pas besoin de fixer d'autorité, un nouveau délai à la C.E.I. pour proclamer les résultats provisoires. Il en va d'autant plus ainsi que la C.E.I. n'a pas jugé utile de le saisir dans les conditions prévues par l'article 47 nouveau du code électoral.

C'est pourquoi, au lendemain de l'expiration du délai imparti à la C.E.I. pour proclamer les résultats provisoires, le Conseil Constitutionnel est régulièrement intervenu pour constater et annoncer publiquement l'expiration du délai imparti à la C.E.I. Il l'a, par la même occasion, enjoint de lui remettre l'ensemble du dossier, afin qu'il statue sur le contentieux dont il avait déjà été saisi, par le candidat Laurent GBAGBO, dans les conditions légales.

2.2. Le Conseil Constitutionnel en tant que juridiction chargée du  contentieux de l'élection présidentielle

Selon l'article 94 alinéa 2 de la Constitution, « le Conseil Constitutionnel statue sur les contestations relatives à l'élection du Président de la République. » Les articles 60 nouveau à 64 nouveau du code électoral indiquent les conditions dans lesquelles le Conseil Constitutionnel est saisi des requêtes en contestation, les conditions dans lesquelles elle statue sur ces contestations et le délai de sept jours qui lui est imparti, de même que les décisions qu'il peut prendre, après examen des réclamations.

Dans le cas d'espèce, il n'est pas contesté que seul le candidat Laurent GBAGBO a saisi le Conseil Constitutionnel en réclamation, dans les conditions légales. Il n'est pas non plus contesté que la juridiction saisie s'est prononcée dans les formes et délais requis. Point n'est donc besoin de revenir sur ce que dit la loi en la matière.

Cependant, les discussions se sont souvent focalisées sur la décision prise par le Conseil Constitutionnel relativement au résultat définitif de l'élection présidentielle. C'est pourquoi, malgré les dispositions pertinentes de l'article 98 de la Constitution qui prévoit qu'une telle décision n'est susceptible d'aucune voie de recours et s'impose à tous, je voudrais donner mon opinion sur cette décision. Il s'agit d'une simple contribution au débat qui a cours, pour nourrir la réflexion juridique.

2.3. Le Conseil Constitutionnel en tant qu'organe chargé de proclamer le résultat de l'élection présidentielle

Aux termes du dernier alinéa de l'article 94 de la Constitution, « le Conseil Constitutionnel proclame les résultats définitifs de l'élection présidentielle. » L'article 63 nouveau du code électoral dit la même chose. En ajoutant à ce dernier texte l'article 64 nouveau du code électoral, on peut en déduire que le Conseil Constitutionnel peut prendre trois décisions possibles, selon le cas et son appréciation souveraine.

Ø Le Conseil Constitutionnel peut estimer que les réclamations ne sont pas recevables ou ne sont pas du tout fondées et les rejeter entièrement. Dans l'un ou l'autre cas, il prend une décision qui entérine les résultats provisoires que la C.E.I. aura proclamés. Il en a été ainsi au premier  tour du scrutin où le Conseil Constitutionnel a confirmé le classement des candidats tel que proclamé par la C.E.I. A cette occasion, il a déclaré irrecevable la requête du candidat Henri Konan BEDIE ; cette requête ayant été présentée hors délai.

Ø Le Conseil Constitutionnel peut, par contre, estimer que les réclamations sont recevables et fondées en tout ou partie. Dans ce cas, il prend une décision qui peut être contraire aux résultats provisoires proclamés par la C.E.I., de sorte à proclamer définitivement vainqueur celui que la C.E.I. a provisoirement proclamé perdant. C'est ce qui s'est passé au second tour du scrutin, avec la seule différence que la C.E.I. n'a pas pu proclamer les résultats provisoires. Le Conseil Constitutionnel qui n'a été saisi en réclamations que par le candidat Laurent GBAGBO, a déclaré celui-ci partiellement fondé, avant de le proclamer vainqueur de la présidentielle 2010.

Ø Le Conseil Constitutionnel peut même annuler l'ensemble du scrutin. Dans cette hypothèse, le scrutin est entièrement repris. Contrairement aux deux premières hypothèses qu'on peut déduire de l'article 63 nouveau, cette dernière hypothèse est expressément prévue par l'article 64 nouveau du code électoral. Suivant le premier alinéa de ce texte, « dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. »

A première vue, la combinaison de ce texte avec le premier fait penser qu'après le scrutin présidentiel, le Conseil Constitutionnel ne peut prendre que deux décisions : soit il entérine la décision de la C.E.I. (article 63 nouveau), soit il prononce l'annulation du scrutin dans son ensemble (article 64 nouveau). Cette thèse est partagée par certains juristes qui soutiennent même  que le Conseil Constitutionnel aurait dû, en l'espèce, prononcer l'annulation du scrutin dans son ensemble. Une telle interprétation des deux textes est réductrice et ne saurait prospérer pour deux raisons :

La première raison c'est qu'elle conduirait à reconnaître à la C.E.I., autorité administrative, plus de pouvoirs qu'au Conseil Constitutionnel, autorité judiciaire. En effet, s'il est admis que la C.E.I. peut invalider les résultats de certains bureaux de vote où des irrégularités ont été constatées, on expliquerait difficilement que l'organe juridictionnel ne puisse en faire de même, pour se contenter soit d'entériner la décision de la C.E.I., soit d'annuler l'ensemble du scrutin. Ce que le législateur ne dit pas du tout.

Il apparait dès lors que soutenir cette thèse consiste à faire dire au texte ce qu'il ne dit pas ou ne veut pas dire. C'est la seconde raison qui ne permet pas à la thèse en cause de prospérer. En effet, selon l'article 64 nouveau, le scrutin ne peut être annulé dans son ensemble que si les irrégularités constatées sont de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble. On peut penser à des irrégularités sur l'ensemble du territoire national, puisque l'élection présidentielle se déroule en un seul scrutin, contrairement aux autres élections législatives et locales. C'est donc l'effet d'ensemble ou sur l'ensemble qui est sanctionné par l'annulation.

Quoiqu'il en soit, à défaut d'une spécification législative, il revient à la seule juridiction compétente de donner son interprétation en toute souveraineté. Dans ces conditions, on ne saurait reprocher au Conseil Constitutionnel d'avoir statué ainsi qu'il l'a fait, dans le règlement du contentieux du scrutin du second tour de l'élection présidentielle. Aucune règle de droit ne l'obligeait à décider autrement.

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UN JOURNALISTE AMERICAIN TEMOIGNE: «GBAGBO NE DEMISSIONNERA PAS PARCE QU'IL EST LE VRAI VAINQUEUR»

 

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ABS-CBN News Channel (ANC)

 

Contrairement à nombre de ses collaborateurs, Gary Lane, grand reporter international sur la chaîne de télévision CBN News, vieille de 50 ans et bien implantée aux USA, n'a pas voulu parler de la Côte d'Ivoire en restant dans son pays. Il est venu sur les bords de la lagune Ebrié. Il a entendu, vu et senti. Témoignage sous le titre « Pourquoi GBAGBO refuse de partir » ...


ABIDJAN, Côte d'Ivoire - Depuis les premiers jours de la nouvelle année, j'ai rencontré en Côte d'Ivoire officiels du gouvernement et j'ai parlé aux victimes de violences liées aux récentes élections. J'ai également rencontré le président, déjeuné avec la Première Dame Simone Ehivet GBAGBO, et même assisté à une réunion exclusive avec tous les sept membres du Conseil constitutionnel.

Conclusion? Le Président Gbagbo ne démissionnera pas parce qu'il est le vrai vainqueur de l'élection présidentielle.

Blé Goudé, ministre du gouvernement de la Jeunesse et de l'Emploi, compare le contentieux électoral à la présidentielle de 2000 aux États-Unis. Vous souvenez-vous des confettis suspendus et l'interminable décompte des voix en Floride?
La Cour suprême américaine, conformément à l'autorité que lui reconnaît la Constitution des États-Unis, est intervenue et a déclaré vainqueur George W. Bush. Al Gore s'est incliné avec élégance et Bush a prêté serment comme président.

Ici, en Côte d'Ivoire, les résultats des élections ont fait l'objet de débats entre les membres de la Commission électorale. Les commissaires se sont mis d'accord sur les résultats de 14 provinces, mais ceux de cinq autres ont été contestés. Le délai de trois jours imposé à la Commission électorale pour la proclamation des résultats n'a pas été respecté.

Conformément à la loi, le contentieux électoral a été transmis au Conseil Constitutionnel où les sept membres qui le composent, après l'examen des preuves de la fraude électorale, ont estimé que 500.000 bulletins de vote n'étaient pas valides. Ils ont déclaré Gbagbo vainqueur. Il a prêté serment - conformément à la Constitution - en tant que président.

Mais contrairement à Al Gore, OUATTARA s'accroche malgré un scrutin frauduleux. Pouvez-vous imaginer Al Gore organisant sa propre cérémonie d'investiture ? C'est ce que OUATTARA a fait sans l'approbation du Conseil constitutionnel comme l'exige la loi ivoirienne.

OUATTARA et ses partisans affirment que Gbagbo a été désigné président par ses amis politiques au sein du Conseil Constitutionnel, mais quand je les ai rencontrés cette semaine, ils m'ont paru être d'honnêtes hommes et femmes intègres. Certains sont titulaires d'un doctorat et sont bien rompus au droit constitutionnel ivoirien. Ils ne ressemblent pas à des politicards. Bien au contraire, j'ai eu le sentiment que j'étais en présence des esprits juridiques les plus brillants de Côte d'Ivoire.

Entre-temps, OUATTARA a ses propres amis à la Commission électorale. Le président de cette Commission a annoncé Alassane OUATTARA comme gagnant. Non pas en présence des représentants des deux candidats, et non pas en présence des autres membres de la commission, et non pas au siège de la Commission - toutes choses contraires au droit ivoirien. Au lieu de cela, il a agi seul et a fait l'annonce au Golf Hôtel, quartier général de campagne de OUATTARA.
OUATTARA a prêté serment comme président, mais pas devant le Conseil constitutionnel comme l'exige la loi.

J'ai interrogé des témoins et des victimes de la fraude et de la violence du jour du scrutin dans les régions Nord et Centre du pays contrôlées par les rebelles. Ils m'ont parlé des bureaux de vote qui ont fermé tôt et des urnes qui ont été bourrées par les rebelles. Ils ont raconté comment des rebelles armés ont tenu les gens à distance des lieux de vote. Certains partisans de Gbagbo et de responsables de bureaux de vote ont été brutalement attaqués. J'ai interviewé une représentante de GBAGBO qui a été agressée, violée et laissée pour morte.

J'ai également vu des résultats de différents bureaux de vote du Nord. Plusieurs bureaux de vote ont enregistré zéro voix pour Gbagbo, alors même que plusieurs personnes avaient voté pour GBAGBO dans ces mêmes bureaux de vote au premier tour de l'élection présidentielle. Certains bureaux de vote ont enregistré plus de suffrages exprimés que le nombre de personnes qui y étaient effectivement enregistrées.

Très tôt aujourd'hui, j'ai interviewé deux personnes hospitalisées, victimes de la fusillade du 29 décembre perpétrée par des « forces de paix » des Nations Unies. Beaucoup de gens, ici, dans la capitale d'Abidjan - disent que les troupes de l'ONU ne les protègent plus et qu'elles ne sont pas impartiales dans le présent différend (L'ONU supporte OUATTARA). Ils disent que l'ONU n'est plus le bienvenu et ils veulent qu'ils quittent le pays.

Ainsi, le président chrétien de la Côte d'Ivoire refuse de démissionner. Il dit qu'il veut protéger son pays contre le génocide qui peut être perpétré par les rebelles et leur ancien chef, OUATTARA. Il dit que les élections ont été frauduleuses et la France, les Etats-Unis et l'ONU se sont empressés de porter un jugement. Il demande une enquête internationale. Washington et la communauté internationale devraient lui donner l'occasion de présenter les éléments de preuve.

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Gary Lane


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

dimanche, 09 janvier 2011

THEOPHILE KOUAMOUO: POURQUOI JE N'ACHETERAI PLUS JAMAIS "LIBERATION"


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Il y a des moments où le pacte de confraternité entre journalistes doit être égratigné pour des raisons élémentaires de salubrité intellectuelle. Ce petit billet vise en tout cas à dénoncer les pratiques étranges du quotidien français « de gauche » contrôlé par la famille Rothschild. J'ai nommé Libération. Ce 7 janvier, je vais à un kiosque parisien pour me procurer ce journal - que je n'achète plus depuis longtemps, préférant de loin le professionnalisme du Figaro ou du Monde à sa morgue germanopratine. Mais sa « Une » sexy sur « les réseaux français de Gbagbo » a attiré ma curiosité.

A la lecture du « dossier » de trois pages, qui n'est qu'une recension éditorialisante d'informations déjà données par des confrères - y compris le site Rue89 qui est, lui, gratuit -, un vaste sentiment de dégoût s'est emparé de moi. On le devine aisément, la « liste » dressée par « Libé », qui s'est débrouillé pour publier le maximum de photos des « amis de Gbagbo » qui représentent « le pire des relations entre les deux capitales », est d'intimider assez ceux qui, en France, n'approuvent pas la politique ivoirienne de Nicolas Sarkozy. L'enjeu est d'empêcher tout vrai débat national sur la question, en séparant les « bons » ouattaristes des « méchants » gbagbophiles. Nulle part, dans le dossier, on ne donne la parole aux pestiférés. Nulle part, on ne met en lumière leur discours, leurs arguments. On les diabolise, histoire d'arriver à un unanimisme national dangereux pour la démocratie.

Le procédé rappelle ces journaux camerounais controversés qui ont diffusé, il y a un temps, des listes d'homosexuels supposés, pour les livrer à la vindicte populaire. Il est méprisable. Non pas parce que Libé choisit son camp - c'est son choix, et je suis un militant du journalisme d'opinion - mais parce que le quotidien créé par Jean-Paul Sartre, qui surjoue, sur des enjeux mineurs, son ancrage à gauche, trompe ses lecteurs. Depuis le 19 septembre 2002, plus que Le Figaro, plus que tout autre journal, il est à la manœuvre pour Ouattara, le champion de la droite française. Il n'hésite pas à mentir, travestir les faits, à s'autocensurer... pour complaire à un prétendu adversaire idéologique. Je parle ici de Chirac puis de Sarkozy...

Libération est le seul quotidien français qui a écrit, après le début de la rébellion menée pour le compte de Ouattara, qu'il n'y avait rien en Côte d'Ivoire. Ni putsch ni mutinerie. Mais un auto coup d'Etat mené par Gbagbo. Contredit par les faits, le journal n'a jamais fait amende honorable. Sans le moindre début de preuve, Libé a écrit que l'entreprise Tommy, qui a déversé des déchets toxiques au port d'Abidjan, était la propriété de Simone Gbagbo. Or elle appartient à un Nigérian qui croupit à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Libé, dont les envoyés spéciaux étaient à Abidjan en novembre 2004, a respecté l'omerta profitant à Jacques Chirac selon laquelle il fallait faire le black-out sur les 64 civils ivoiriens tués par l'armée française ; omerta que Canal + et Le Canard Enchaîné ont courageusement violé. Contrairement au Monde et au Figaro, Libé n'a jamais enquêté sur les incohérences de la version française quant au bombardement de la base française de Bouaké le 6 novembre 2004.

Les ventes de Libé chutent-elles inexorablement ? Je m'en réjouis. Ce quotidien, que nous considérions (jeunes et naïfs étions-nous) comme une « bible » lorsque nous étions à l'école de journalisme, ne mérite pas d'exister. Lâche sur le fond, verbeux sur la forme, germanopratin et donneur de leçons, réduisant le fait d'être de gauche à une sorte de « culture » élitaire et dépressive, il représente le pire de ce qui se fait en matière de presse en France. Je n'achèterai plus jamais Libération.



Théophile Kouamouo


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

INTERVENTION MILITAIRE CONTRE GBAGBO: L'AMBASSADEUR AMERICAIN CONFIRME LES PRESSIONS SUR L'UA ET LA CEDEAO



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In Le Nouveau Courrier N°173 du 08 Janvier 2011 par Emmanuel Akani

La communauté internationale ne lésine sur aucun moyen pour contraindre les pays africains à avaliser, à travers l'Ua et la Cedeao, une intervention militaire en Côte d'Ivoire dans le but de renverser le régime en place. Les confessions de Philip Carter III.


L'ambassadeur américain en Côte d'Ivoire, Philip Carter III, a réaffirmé hier à sa résidence la position de son pays dans la crise électorale que vit le pays depuis le deuxième tour de la présidentielle.

Selon lui, «la certification de l'Onuci a été faite de manière très indépendante et impartiale» et «le président Gbagbo doit accepter les résultats du scrutin (publiés par Youssouf Bakayoko au Golf Hôtel) et céder son fauteuil à Alassane Ouattara». Des résultats qui s'imposent aux Ivoiriens, selon lui, parce qu'ils ont été reconnus par la Cedeao, l'Ua, et les puissances occidentales, décidées à en imposer à la nation ivoirienne indépendante souveraine et indépendante.

Alors que les médiateurs africains ont écarté définitivement l'option militaire comme solution à la crise, Philip Carter 3 martèle que les Etats Unis et leurs partenaires occidentaux «vont réexaminer la question avec la Cedeao». Si le elle doit avoir lieu, et c'est très probable selon lui, «se sera une décision africaine» à travers les organismes régionaux du continent, c'est-à-dire l'Ua et la Cedeao. «Nous travaillons avec cette institution et nous y avons une délégation. Les États unis sont des amis de la Cedeao que nous soutenons depuis de longues années. Notre objectif, c'est d'éviter tout usage de la force mais si la décision est prise, nous agirons de concert avec l'Ue et le conseil de sécurité des Nations unies en appui à la Cedaeo», a déclaré le diplomate qui reconnait implicitement que les Etats unis, l'Ue et la France particulièrement, font des pressions énormes sur les institutions africaines : Ua et Cedeao, afin que l'option militaire soit maintenue et soit envisageable dans un cours délai. Pour lui, la seule possibilité d'éviter cette barbarie de la communauté internationale, si la décision était prise, c'est que le président Gbagbo accepte de quitter le pouvoir. Des propos qui traduisent clairement l'obstination des amis de Ouattara à l'aider à continuer de mettre la Côte d'Ivoire à feu et à sang. Sinon, pourquoi agiter le torchon de l'invasion militaire, comme en Irak, quand les Africains ont déjà décidé de trouver une issue pacifique à la crise.

« Je ne sais pas si Gbagbo a des avoirs aux Etats-Unis »

Interrogé sur le volume et la nature des avoirs de Laurent Gbagbo qui ont été gelés par les Etats Unis, Philip Carter 3 a balbutié qu'il n'en savait pas grand'chose. Il ne sait pas si le président Gbagbo, son épouse et ses trois proches touchés par la mesure, à savoir les ministres Tagro Dsésiré, Alcide Djédjé et Amani Michel, «ont des avoirs aux Etats Unis». «Je ne peux dire combien de comptes ils y disposent, où ils sont domiciliés et de quels fonds ils disposent aux Etats Unis. Mais les concernés ne peuvent plus utiliser notre système bancaire pour des opérations ou d es transactions », a-t-il expliqué.

Un mépris souverain pour les institutions ivoiriennes

Tout au long des échanges qu'il a eus avec les journalistes, l'ami d'Alassane Ouattara (ils étaient ensemble au Fmi) a multiplié les contradictions. Tantôt il soutient «que les Nations Unies, notamment avec la certification de l'Onuci, n'ont pas vocation à se substituer aux institutions nationales». Tantôt, il soutient qu'il était admis pour tous les candidats, aux termes de l'accord de Ouaga, «qu'en cas de problème entre la Cei et le conseil constitutionnel, c'est la certification des Nations Unies qui primerait». Le président Gbagbo, Alassane Ouattara,Guillaume Soro et le facilitateur, selon lui, étaient tous d'accord avec cette disposition. C'est pourquoi il pense que les résultats proclamés par le président de la Cei, au delà du délai légal et au Qg de campagne d'Alassane Ouattara, sont valables et devraient prévaloir à tout prix. «Le recomptage des voix n'est pas envisageable. Les questions relatives aux compétences de la Cei et du conseil constitutionnel sont dépassées», a soutenu le diplomate qui, manifestement, prend la Côte d'Ivoire pour un pays sous protection onusienne. Les révélations faites par Fréderic Lafont au sujet des 17 observateurs de l'Ue exfiltrés du nord du pays lors du second tour de la présidentielle, il dit ne rien en savoir. «Tout s'est bien déroulé au nord. Le grand problème, c'était plutôt dans le grand Ouest», martèle Philippe Carter III.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 08 janvier 2011

JUSTE POUR LE SOURIRE: MANGOU ET ADO SORTANT DE L'HOTEL DU GOLF

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Sacré montage!

Vraiment, vous les Ivoiriens, vous n'êtes pas bien dèh...!

Faut pas fâché, nous s'amisé.

vendredi, 07 janvier 2011

CRISE IVOIRIENNE - GROS MALAISE A L'ONUCI : LES MILITAIRES GROGNENT CONTRE CHOÏ



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Ça ne va plus à l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Les fonctionnaires, notamment les militaires qui y travaillent sous la responsabilité du Sud-Coréen Choï, ne se sentent plus du tout à l'aise. Ils dénoncent l'entêtement de leur patron et ses choix multiples qui créent un certain désarroi en leur sein. Sur le plan militaire, les collaborateurs de Choï qui ne cachent plus leur colère, ont le net sentiment de n'être plus dans le mandat qui les a envoyés en Côte d'Ivoire pour instaurer et accompagner la paix. Depuis la fin des opérations de vote et la posture qu'a prise leur premier responsable « en faisant de l'ONUCI, qui est venue faire la paix, un allié d'une opposition qui n'a pas de vision claire. Plus grave, les Forces nouvelles utilisent aujourd'hui tous les symboles de l'ONU pour combattre leurs frères d'armes. C'est unique au monde et nous ne comprenons pas cela », clame, dépité, un jeune soldat de l'ONUCI. « Mais, s'empresse-t-il d'ajouter, tout le monde n'est pas Choï et tout le monde ne pense pas comme Choï. Nous sommes des humains. Nous avons fait les bancs et nous réfléchissons. Tous les jours, nous sommes interpellés (en tout cas certains d'entre nous) par des amis, des parents lointains qui habitent ici et qui pensent que nous voulons les tuer».

Selon le militaire onusien, la réponse qu'ils donnent à tous ceux qui les interpellent, c'est d'écrire à leurs pays respectifs pour dénoncer ce qu'ils voient et attirer ainsi l'attention de leurs présidents de la République. A l'ONUCI, la déchirure est si profonde aujourd'hui que tous ceux qui estiment qu'il faut revenir au plus vite à la mission initiale de l'ONUCI, qu'ils soient administratifs ou militaires, sont automatiquement écartés. Il en est ainsi de ceux qui ont voulu parler du rapport des observateurs de l'Union Africaine dont des membres ont été séquestrés à Korhogo, libérés et exfiltrés de la ville par les militaires de l'ONUCI présents le jour du vote dans la ville. « Choï ne voulait pas en entendre parler. Il a banalisé le rapport et l'a jeté loin de lui. Pour lui, ce sont des conneries », raconte amer, un fonctionnaire.

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Un autre militaire raconte aussi qu'on les envoie à la rencontre de certaines communautés ivoiriennes pour leur dire : « Soulevez-vous, soulevez-vous ! ». Seulement, quand ils y vont, ils trouvent sur place des gens paisibles qui vaquent à leurs occupations. De sorte qu'il leur est difficile voire impossible d'accomplir la tâche. Evidemment, certains le font, mais pas tous. Aujourd'hui, il n'y a plus de doute dans l'esprit des collaborateurs de Choï qu'il fait du départ de Laurent Gbagbo du pouvoir son affaire personnelle. Au point où, s'insurge un fonctionnaire de l'ONUCI, les rumeurs de charnier que l'on entend ici et là sont mal gérées par leur patron. C'est d'ailleurs cette affaire de charnier qui a fait déborder le vase. C'est que les orientations que leur donne la hiérarchie vont dans un seul sens, alors que ces rumeurs proviennent de tous les camps. « Décidément, notre patron veut faire de la Côte d'Ivoire un Irak ou un Afghanistan où tout est sens dessus-dessous », râle le fonctionnaire.

Un militaire avec qui nous avons parlé au téléphone va plus loin dans la dénonciation de l'attitude du patron de l'ONUCI. « En faisant utiliser les symboles des Nations Unies aux militaires des Forces nouvelles, nous oublions qu'en Côte d'Ivoire, ils se connaissent. En plus, ils ont appris à se connaître davantage dans le CCI. Donc, les hommes du général Mangou savent si ce sont les FN que nous avons habillés en uniforme onusien ». Il prend un autre exemple : « Regardez la position dans laquelle nous sommes, aujourd'hui. C'est toujours les mêmes que nous sommes obligés de garder. Nous sommes face à face depuis quelque temps avec les FDS avec lesquelles nous avons travaillé en parfaite harmonie pendant longtemps. Et on n'a jamais été si proche de la paix. A cause des pressions qui s'exercent sur notre patron, nous avons pris un virage à 180°. Les gens nous voient tous les jours assis dans les camions, face-à-face, en train de patrouiller, mais on ne voit pas les choses de la même manière ».

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Sur le plan de l'administration, les choses se passent aussi de la même manière. Depuis que les tensions sont devenues quelque peu vives, la discrimination qui fonde la philosophie du Sud-Coréen s'est accentuée. Seuls les expatriés bénéficient de faveurs. Les Africains et, surtout, les Ivoiriens sont mis à l'écart. Pour être bien vu, il faut afficher farouchement son anti-gbagboïsme. C'est, selon une source bien introduite, ce qui explique la posture de « radio mille collines » adoptée par ONUCI-FM, la radio des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui lance journellement des messages de haine, de division, d'affrontements entre les Ivoiriens. Plus grave, sur instruction de Choï, la radio lance des appels à l'insurrection au sein de la population. Elle relaie même des propos irrévérencieux, des injures à l'endroit des autorités de ce pays. A l'ONUCI, il ne fait pas bon de parler de respect des lois ou du mandat qui l'a créée en Côte d'Ivoire. Il ne faut surtout pas se faire passer pour un défenseur de la légalité. Si vous faites l'erreur, au cours d'une réunion, pour dire que l'ONUCI n'a pas mandat de dire que tel ou tel a gagné l'élection présidentielle, vous êtes banni ou même excommunié du centre des opérations.

D'ailleurs, Choï ne reçoit plus ses instructions de l'ONU, mais bien de l'ambassadeur de France. Il a écarté plusieurs responsables pour ne gérer la crise qu'il a créée qu'avec la Licorne. La position de Choï dans la crise ivoirienne gêne beaucoup nombre de ses collaborateurs qu'il a obligés à se terrer parce qu'ils ont eu le malheur de demander la stricte application des termes du mandat qui fonde l'ONUCI. La grogne contre ses méthodes a commencé. Elle continuera certainement puisqu'on annonce même des démissions dans les jours et semaines à venir.

 

Source : www.camer.be

COTE D'IVOIRE - UN FRANÇAIS DANS LA LIGNE DE MIRE DE L'UE

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Par Antoine Kowalski et Christine Ollivier 05/01/11

Un couple français est soupçonné d'avoir violé l'embargo imposé à la Côte d'Ivoire et se retrouve sur la liste des « proscrits » de l'UE. Leur avocat, Maître Collard, entend saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Frédéric Lafont et son avocat se sont confiés à France Soir.


L'Union européenne (UE) a approuvé vendredi 31 décembre des sanctions contre 59 proches du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Les 59 personnes qui figurent sur cette liste sont désormais interdites de visas pour l'UE. Parmi elles, deux ressortissants français, Frédéric Lafont et son épouse, Louise Kado-Lafont, tous deux entrepreneurs. Selon Bruxelles ils sont « susceptibles d'agir en violation de l'embargo » imposé à la Côte d'Ivoire.
Le couple Lafont, sanctionné par l'UE est actuellement dans le sud de la France. Il se retrouve dans une situation kafkaïenne.

Interdits de visas comme 57 dignitaires pro-Gbagbo, les deux Français ont un passeport... français et personne ne peut les empêcher dès lors de circuler. C'est ce que confirme l'ambassadeur de France à Abidjan, visiblement gêné : «  Ils ont un passeport français, ils peuvent circuler ». Impossible de savoir pourquoi ces deux ressortissants sont visés par des sanctions de l'UE. « La liste parue n'est pas officielle, elle n'est pas encore parue au Journal Officiel de l'UE, elle n'a pas encore de valeur légale... Attendons qu'elle le soit », se défend-il. Or, cette liste est parue le 31 décembre.

Une ambassade française gênée

Pourquoi ces deux Français sont-ils sur cette liste ? « Demandez à Bruxelles et interrogez le Conseil Européen », répond l'ambassadeur Simon qui soutient que la décision n'a pas été prise à l'ambassade de France à Abidjan. Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro, contacté mardi soir détaillait le processus différemment : « La décision se prend à deux niveaux. Les ambassades européennes à Abidjan sélectionnent ensemble les noms puis Bruxelles prend le relais ».  Que signifie « susceptible d'agir en violation de l'embargo » ? Nouveau silence de l'ambassadeur. De quoi sont-ils soupçonnés ?  « On ne soupçonne rien du tout ! Attendons la publication », se reprend-il.

Frédéric Lafont est revenu en France pour se défendre. Il a pour avocat Maître Collard. Selon le principal intéressé, on lui reproche d'avoir fait du transport d'armes à l'occasion de deux vols de sa compagnie aérienne Sophia. « Ce n'est pas vrai, je faisais du transport de fonds pour la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCAO). L'argent transporté lors de deux vols dans des caisses en bois ne contenait pas d'armes », maintient-il en assurant pouvoir en apporter la preuve. L'ancien légionnaire raconte qu'on l'accuse également d'avoir transporté des mercenaires depuis l'Angola : « Jamais aucun de mes avions ne s'est posé là-bas ! C'est de la diffamation pure et simple, certaines personnes veulent se venger ! » s'emporte-t-il.

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman »

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman, je suis dans la sécurité, le transport, la restauration. J'ai beaucoup d'activités. Chez moi il y a des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara. Je travaille pour tout le monde », souligne le sous-officier à la retraite. Et pour certifier sa capacité à travailler avec tous, il ajoute : « c'est fort quand même, l'UE me sanctionne alors que le 28 novembre lors du deuxième tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le responsable de la sécurité des observateurs de l'UE dans le Nord m'a téléphoné en urgence pour que je vienne rechercher 17 observateurs qui se faisaient molester ! Ils m'ont remercié en me disant qu'ils avaient craint de se faire couper en deux ! Mais ça on en parle pas ! D'ailleurs, j'attends toujours que Bruxelles me paye la troisième facture... », se défend l'homme d'affaire français.

Maître Collard, s'indigne de cette situation. L'avocat de l'entrepreneur français et de son épouse va déposer un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) et sommer la Commission Européenne, qui a pris les sanctions, d'expliciter les motifs de sa décision. « On se retrouve devant deux citoyens français qui normalement ne pourraient plus rentrer en France. L'UE se permet d'établir une liste de proscrits en violation de toutes les règles et en particulier celle de la présomption d'innocence ! ». L'avocat exige des explications : « Comment cette liste a-t-elle été établie ? Sur la base de quoi ? ». Selon le conseil, « c'est une interdiction qui n'est pas fondée ». Et l'avocat de s'interroger sur « le jeu de l'UE dans cette affaire » : « Je ne suis pas l'avocat de Gbagbo, ce n'est pas la question, mais on voit que l'UE est prête à faire n'importe quoi pour déstabiliser Gbagbo ». En tout cas pour Gilbert Collard les autorités françaises « se cachent derrière l'UE ».

Son client, Frédéric Lafont est un type « flamboyant » et présente pour le moins un parcours atypique selon une de ses connaissances. Issu d'une famille protestante et aisée de Marseille, le jeune homme à la bougeotte. Plusieurs fois « viré » de différents lycées, il s'engage dans la Légion étrangère juste après l'obtention de son baccalauréat. Il y passe 15 ans, entre la République centrafricaine, Djibouti et la Guyane. En 2000, il a alors 32 ans, Frédéric Lafont, sous-officier, débarque avec ses hommes en Côte d'Ivoire. Alors que le pays vient de connaître un coup d'Etat, le Français tombe amoureux de la région et décide d'y passer sa retraite après son temps de service. Un an plus tard, en 2001, il se reconvertit et devient entrepreneur dans le domaine de la sécurité. Sa société commence par importer des matériels tels que du gaz lacrymogène, des armes de défense, des gilets pare-balles, des radios, des matériels d'écoute.

Son domaine : la sécurité

Avec un pays en pleine crise, les business marche fort à tel point qu'il lance une autre société, « Risk », assurant la protection d'institutions comme de personnes avec des méthodes « modernes ». Il ne s'arrête pas là et se lance dans le domaine de la nuit, de la restauration, du sport allant jusqu'à relancer la boxe locale et créer une équipe cycliste. Ses activités florissantes dans le Golfe de Guinée en font un des personnages incontournables de l'économie ivoirienne.

L'ex-képi blanc emploie près de 4.000 personnes en Côte d'Ivoire mais aussi au Togo au Maroc, en Algérie et en Tunisie et détient en outre une compagnie aérienne, baptisée Sophia. Frédéric s'est marié à Louise Kado, une Franco-Ivoirienne influente, qui dirigeait une des branches africaines de la Mediterranean Shipping Company SA, tout en présidant l'association des armateurs de Côte d'Ivoire. Frédéric et Louise ont ensemble par la suite racheté l'entreprise « Vision », spécialisée dans le gardiennage et dans la sécurité des navires. « Vision » est en charge de la sécurité, si sensible, des deux poumons économiques du pays, le port d'Abidjan et celui de San Pedro par où transitent les 1,335 millions de tonnes de cacao du premier producteur mondial.

Une connaissance du couple ne veut pas croire au scénario du trafic d'armes impliquant Frédéric Lafont : « C'est un homme d'affaire. C'est certain. Je ne dis pas qu'il n'a jamais franchi la ligne jaune mais ce n'est pas un tordu. Il a gagné tellement d'argent et il est si peu discret, avec ses voitures de courses et sa réussite affichée qu'il a pu se créer des jalousies ». Des jalousies ? Cet ancien militaire de carrière aurait pu aussi s'en créer selon lui parmi les gradés français en place à Abidjan.


Source : FRANCE SOIR

TIERNO MONENEMBO, ECRIVAIN GUINEEN : «L'ONU N'A PAS A DECIDER QUI EST ELU ET QUI NE L'EST PAS A LA TETE D'UN PAYS»



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« Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % », a expliqué le célèbre écrivain guinéen, Tierno Monénembo qui  se dit fermement déçu du comportement de la communauté internationale dans la gestion de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Dans une déclaration publiée hier mardi, l'écrivain guinéen a regretté que les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d'Ivoire. « Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l'empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d'abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n'est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu'elle est censée éteindre », a-t-il déclaré.


Pour Tierno Monénembo, ce «machin» (allusion faite à l'ONU) derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l'Union Européenne, ne pèse pas plus que le poids d'un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s'avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. « Disons-le clairement : l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays. Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d'Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d'Oubangui-Chari », se désole-t-il.


Le rôle de la communauté internationale, selon l'écrivain, ne revient pas à prendre des positions partisanes et à se répandre en déclarations intempestives encore moins dans une situation aussi explosive que celle de la Côte d'Ivoire. « Pourquoi le défi et la menace du canon là où la discrétion, la ruse, la prudence et le tact bref, l'art de la diplomatie, auraient suffi ? (...) Eh bien, s'ils sont devenus aussi vertueux qu'ils le prétendent, pourquoi ne vont-ils pas fouiller dans les cuisines électorales du Burkina, de la Tunisie ou de l'Egypte ? Sont-ils sûrs que les dynasties présidentielles du Gabon et du Togo sont sorties de la vérité des urnes ? Se seraient-ils comportés ainsi s'il s'était agi de l'Iran, de la Birmanie ou de la Chine ? »,  s'interroge-t-il.
Tierno Monénembo avertit que si la  Côte d'Ivoire sombre, elle risque d'entraîner ses voisins parce qu'elle demeure la pierre angulaire de la sous-région.

Il estime également que ce « raffut » fait autour d'Alassane Ouattara est tel qu'il en devient suspect. « Que veut sauver la communauté internationale, à la fin : la Côte d'Ivoire ou un de ses protégés ? », s'interroge-t-il encore. Et d'ironiser le cas Ouattara: « Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % ».



Zarro Bi T.


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

LES REVELATIONS TROUBLANTES SUR LA «PROCLAMATION DES RESULTATS»



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1/ Pour arrêter la liste des candidats à l'élection présidentielle, c'est au Conseil Constitutionnel que la Commission Électorale Indépendante (CEI) a transmis les dossiers des candidats. Sur 20 candidats, le Conseil Constitutionnel en a éliminé 6 et retenu 14. Là personne n'a dit que le Conseil Constitutionnel était aux bottes de Gbagbo et qu'il n'était pas qualifié pour juger de la recevabilité et de la validité des candidatures. Tout le monde a accepté cette décision sans rien dire, même ceux qui ont été recalés.


2/ Quand la CEI a donné les résultats provisoires du 1er tour, il a fallu attendre les résultats définitifs du Conseil Constitutionnel avant d'ouvrir la campagne pour le 2ème tour. Le Conseil Constitutionnel a même jugé irrecevable la requête de M. Bédié parce qu'elle a été transmise hors délai. Là non plus personne n'a rien eu à redire contre la décision du Conseil Constitutionnel. Avec les mêmes conseillers et le même Président, personne n'a dit que ce Conseil était aux bottes de Laurent Gbagbo.

3/ Selon la loi électorale ivoirienne, la Commission Électorale Indépendante (CEI) avait 3 jours pour donner les résultats provisoires. Ensuite, compte tenu du déséquilibre notoire dans la représentativité des organisations politiques ou des institutions de la République (Présidium de la CEI : 4 opposants contre 1 pro-Gbagbo ; Commission Centrale de la CEI ayant voix délibérative: 16 opposants contre 6 pro-Gbagbo), le règlement intérieur de la CEI dispose que c'est par consensus que les résultats issus des commissions régionales sont validés. En clair, si un des conseillers n'est pas d'accord, le résultat n'est pas rendu public. C'est ce mode de travail qui a prévalu au sein de la CEI au 1er tour et au 2ème tour. Mais pour le 2ème tour, malheureusement la recherche du consensus n'a pas permis à la CEI de valider tous les résultats avant le délai imparti à cette institution par la loi. Au bout des 3 jours de délai la CEI n'a pu donner ses résultats. A partir de ce moment, la CEI n'était plus compétente pour proclamer un quelconque résultat. Mais fort curieusement, c'est 15 heures après le délai de 3 jours que le président de la CEI va, par quel moyen ??, se retrouver seul dans l'hôtel qui sert depuis début Octobre de QG de campagne à Alassane OUATTARA et y proclamer des résultats que la CEI n'a pas validés et ce, devant seulement deux télévisions d'État françaises (France 2 et France 24). Et ce sont ces télévisions françaises qui vont apprendre aux Ivoiriens les résultats de l'élection de leur Président. Dans quel monde sommes-nous ?

Le Président de la CEI a-t-il été kidnappé ? Oui, aujourd'hui nous pouvons l'affirmer: avec la complicité de l'Ambassade de France et d'éléments armés des Forces Nouvelles, il a été amené à l'hôtel du golf à 23 heures la veille, au QG d'Alassane OUATTARA en lui confisquant ses téléphones portables et en lui remettant des "résultats" à lire. Il a résisté jusque dans l'après-midi.

Il a ensuite été exfiltré par la France vers Paris, d'où il fait aujourd'hui des déclarations fracassantes aux médias et surtout complètement incongrues. Comment peut-il dire qu'il ne savait pas que l'hôtel du Golf était le Quartier Général de Campagne de Alassane OUATTARA???? Lui, le président de la Commission Électorale? Le second hôtel de Luxe d'Abidjan, était depuis le mois d'Octobre envahi par des centaines d'animateurs et de communicateurs, des écrans géants visibles depuis les routes, du matériel sonore, des chapiteaux, etc. Et c'est là que ce sont déroulées les nuits électorales du RDR!!!!!

Ainsi donc, contrairement à ce qui est propagé dans le monde entier, la CEI n'a pas validé les résultats de l'élection et n'a donc pas donné de résultats. C'est plutôt le Président de la CEI qui n'a pas compétence à valider et à donner seul les résultats qui s'est retrouvé dans un hôtel (QG d'Alassane Ouattara) où il a donné des "résultats". Et du coup le monde entier saute sur ce "résultat " pour dire Ok ! Alassane Ouattara est "Président de la République de Côte d'Ivoire".

On n'a plus besoin de l'avis du Conseil Constitutionnel parce qu'il est pro-GBAGBO. Les puissances occidentales avec la France à leur tête et certains pays de la sous-région considèrent le résultat provisoire comme définitif. Ils agissent ainsi parce qu'ils savent que plusieurs PV sont faux et que s'ils sont soumis à une juridiction, n'importe laquelle, le "résultat" du Président de la CEI et non de la CEI sera invalidé.

Si la CEI s'est montrée incapable de donner les résultats, c'est au Conseil Constitutionnel qu'il revient de trancher. Et c'est ce que le Conseil Constitutionnel a fait. Au-delà des jugements subjectifs qui consistent à dire que Paul Yao Ndré, Président du Conseil constitutionnel est un proche de GBAGBO, il faut regarder avec objectivité l'arrêt qu'il a rendu. Est-ce fondé ou non de rejeter les résultats qui l'ont été ? Pourquoi personne ne cherche à comprendre le bien fondé de la décision du Conseil Constitutionnel?

Il convient de souligner qu'en plus du comptage manuel, la CEI a commis un cabinet d'expertise à l'effet d'un comptage électronique des voix (voir document joint de SILS Technology). Ce cabinet a rejeté 2200 procès verbaux des bureaux de vote sur lesquels le nombre de votants est supérieur au nombre d'inscrits. Ce qui est une anomalie grave que nul ne saurait justifier. Ce n'est donc pas le Conseil Constitutionnel qui a invalidé le vote dans des départements du Centre et du Nord sous contrôle des rebelles des FN, mais la CEI elle-même à travers son partenaire, la société SILS, chargée du comptage électronique. Et ce sont ces PV frauduleux qui justifient le blocage des travaux de la CEI parce que plusieurs Conseillers n'ont pas accepté la validation des PV indiquant un nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits. Quel être humain normal pourvu de tous ses sens peut accepter la prise en compte de procès verbaux (PV) de bureau de vote où le nombre de votants est anormalement supérieur au nombre d'inscrits ?

Alors comment comprendre que Bingu Wa Mutarika, Président en exercice de l'Union Africaine s'aligne sur une position incongrue qui consiste à dire que les fraudes massives organisées avec les fusils des rebelles n'ont jamais existé ?

Comment comprendre que quatre chefs d'État, membres de la CEDEAO (la CEDEAO compte 14 membres + la Côte d'Ivoire) se retrouvent à Abuja le 7 décembre 2010 pour décider à la place de toute la CEDEAO en affirmant que le "résultat" provisoire donné par le Président de la CEI seul au QG d'Alassane Ouattara suffit et qu'il faut chasser Laurent GBAGBO du pouvoir ? Quel dommage ! Mille fois dommage !

Plusieurs groupes d'observateurs des élections ont noté qu'au 2è tour, il y a eu trop de violence de la part des Forces Nouvelles, ex-rebelles (toujours en armes) sur les représentants de Laurent GBABGBO dans les bureaux de vote dont plusieurs ont été battus à sang, séquestrés, chassés après le passage de l'ONU (qui faisait des sauts de puce dans les différents points de vote) et des femmes violées au sein même du bureau de vote.

Malheureusement, l'on a considéré que ces observateurs qui ont qualifié le scrutin d'injustice, non transparent en zone sous contrôle rebelle étant majoritairement africains, leurs rapports n'étaient pas dignes de confiance. Mais seul le rapport des observateurs de l'Union Européenne qui n'ont déployé aucun agent en zones sous contrôle rebelle devait être pris en compte. C'est ce qui a été fait. Voilà la vérité sur le 2è tour et les résultats des élections en Côte d'Ivoire.

Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu s'aligner sur ces positions insensées ? Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu considérer tous les observateurs Africains y compris ceux de l'Union Africaine-même, comme des sous-hommes au point d'affirmer que tous leurs rapports n'étaient pas dignes du moindre crédit ?

Tout le monde condamne Laurent GBAGBO à cause de l'acte de Damana Picass qui a déchiré les résultats que voulait proclamer Bamba Yacouba, porte parole de la CEI (et membre du RDR!). Cet acte a été présenté pendant 3 jours en boucle par les médias en taisant les commentaires du magistrat Togba pour donner l'impression que les partisans de GBAGBO ne veulent pas qu'on donne les résultat parce qu'ils sentent que GBAGBO est battu.

C'est de la désinformation pure et simple et à partir de là, les gens condamnent un acte qui ne constitue qu'une conséquence et se taisent sur les causes. En effet, en France, sur 28 bureaux de vote, il y a eu des incidents dans 8 bureaux et à cause de ces 8 bureaux, Bamba Yacouba superviseur de la France (donc étant celui qui transmet le rapport de France aux commissaires de la CEI) a fait annuler tous les 28 bureaux de France en se présentant directement devant les caméras des TV à l'insu des autres membres de la commission centrale.

Et c'est cette forfaiture qu'il a voulu recommencer avec des résultats des zones sous contrôle rebelle (non validés par la commission centrale de la CEI) à l'insu des autres membres de la commission centrale et ce, devant des TV étrangères uniquement. Voilà ce qui a motivé la réaction de Damana Picas. Quel est cet être humain normal qui n'aurait pas agi ainsi ? Nous, en Côte d'Ivoire, nous avons salué et continuons de saluer l'acte de bravoure de Damana Picas.



Source : Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

mercredi, 05 janvier 2011

REFUS DU DIALOGUE : LA PREUVE QU'ADO N'A PAS GAGNE L'ELECTION PRESIDENTIELLE


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Comment et pourquoi doit-on quitter le pouvoir quand on a remporté des élections ? Est-ce même logique, concevable ? Et bien, c'est ce tour de force que veut réussir et que demande la « communauté internationale » au Président Laurent Gbagbo. Incongruité absolue. Pour aller jusqu'au bout de la bonne foi et de l'honnêteté qu'il a toujours affichées, et ce depuis septembre 2002, dans tous les accords aussi retors et amers les uns que les autres, signés pour que le peuple ivoirien retrouve la paix (même jusqu'à la naïveté), le Chef de l'Etat ivoirien, président contesté par son adversaire et la clique internationale menée par la France et les Etats-Unis qui le porte à bout de bras, propose encore la voie du dialogue.

Il invite ainsi le monde entier à se constituer en comité d'évaluation postélectorale pour faire éclater la vérité par le recomptage des voix et l'examen des 20.073 procès-verbaux de bureaux de vote. Mais surprise voire coup de théâtre ! Celui qui clame sa victoire sur toutes les grandes chaînes de télévision et de radio du monde, et qui aurait dû sauter au plafond, rechigne à se soumettre à cette épreuve du « gôpô », seule susceptible de nous sortir de l'imbroglio actuel. Très, très révélateur !

La vérité, c'est qu'ADO sait qu'il n'a pas gagné les élections (ce que dévoilera inéluctablement le recomptage des voix) et redoute donc comme la peste que la lumière soit faite sur ses fraudes massives et la violence avec laquelle il a tenté de s'imposer aux Ivoiriens, avec l'appui de la France. C'est cette option du réexamen qui a ramené l'UA et la CEDEAO (initialement va-t-en-guerres indécrottables) à la raison et à renoncer à l'option militaire. La messe, pour nous, est dite. Alassane Ouattara doit reconnaître sa défaite et quitter la République du Golf. Ce point n'est pas négociable. Tout « vainqueur » de l'élection présidentielle qu'il dit être, il récuse la proposition des émissaires de la CEDEAO de sortir de la crise, qu'il a lui-même créée, par la voie du dialogue. En témoigne l'article ci-dessous. Le monde entier doit s'en faire une opinion définitive.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


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Solution pacifique des médiateurs: Le camp Ouattara pas d'accord

 

Qui l'aurait cru ? Moins de 24 heures après ce que le camp Ouattara avait appelé « la médiation de la dernière chance pour Gbagbo », l'attitude des émissaires africains a fini par enlever toute illusion à Ouattara et à ses camarades qui ne jurent que par la solution militaire pour prendre le pouvoir. Les trois envoyés de la CEDEAO et celui de l'UA, Raïla Odinga n'ont pas manqué de proposer de sortir de cette crise ivoirienne par une solution pacifique. Toutefois, cette démarche ne trouve pas l'assentiment du camp Ouattara qui trouve là une autre manigance de Laurent Gbagbo.

Après Pedro Pires, le Président du Cap Vert qui a été traité de tous les noms lors de la première visite des émissaires de la CEDEAO, aujourd'hui c'est le tour de celui qu'on présentait comme farouche partisan de l'option militaire, donc du camp Ouattara, le premier Ministre Raïla Odinga d'être expédié dans les brancards. Son péché ? Rechercher, enfin, une solution pacifique. Il aurait même proposé, lors de sa rencontre avec les deux parties, de les mettre sur une même table de discussion afin de trouver un compromis. Proposition que Ouattara et ses adeptes ont rejeté du revers de la main.

« Nous ne sommes pas contents de cette déclaration du premier ministre Kenyan, Raïla Odinga qui veut que nous discutions avec M. Laurent Gbagbo », a affirmé ce matin le conseiller diplomatique de Ouattara, Aly Coulibaly. Pour ce dernier, plus question de discuter avec Laurent Gbagbo. Du moins avant de le faire, que le camp d'en face et les intervenants reconnaissent la qualité de Président de la République élu de Côte d'Ivoire à Ouattara. Gros dilemme qui se posent aux médiateurs. Même la négociation que lui proposent les Africains pour sortir du bourbier dans lequel il s'est mis n'a pas amoindri cette ardeur. Cela se voit, Ouattara n'a jamais renoncé à son envie de prendre le pouvoir par la force des armes.


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

REFUS DE PAYER LES FONCTIONNAIRES IVOIRIENS : DEPART MASSIF DES CLIENTS DE LA SGBCI ET DE LA BICICI



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Les jours s'annoncent sombres pour la SGBCI et la BICICI, deux banques à capitaux français. De nombreux fonctionnaires et salariés Ivoiriens ont décidé de rompre le bail qui les lie à ces deux banques.


On se souvient que ces deux établissements financiers ont refusé de payer le salaire des fonctionnaires et travailleurs Ivoiriens le 24 décembre dernier alors que, l'Etat ivoirien avait déjà logé dans ces banques-là les fonds nécessaires à cet effet. Ce refus dit-on est la volonté manifeste de la France Sarkozienne d'asphyxier financièrement le pouvoir en place et susciter le courroux des Ivoiriens contre le Président Laurent Gbagbo.

Mais surtout, la France voulait faire croire aux yeux des populations par le biais de ses deux banques que le Chef de l'Etat Ivoirien, comme annoncé en grande pompe par eux, ne pouvait pas payer les salaires du mois de décembre. Mal leur en prit, Sarkozy et son poulain, Ouattara Alassane ont constaté que très tôt, le matin de ce 24 décembre, les autres banques ont procédé à la paye des salaires. C'est tout confondu alors que les responsables de ces établissements ont décidé d'ouvrir leurs portes peu après midi.

Le mal était déjà fait. Et les Ivoiriens surpris d'un tel comportement de leurs banques n'ont pas du tout apprécié qu'on les prive de leur dû à cause des desseins de personnes qui n'ont rien avoir avec la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire. Des voix se sont levées ça et là pour dénoncer cette attitude malencontreuse des responsables de ces banques françaises. C'est donc pour ne plus subir de telles conséquences que les clients de la SGBCI et de la BICICI ont décidé de les quitter pour d'autres établissements financiers de la place. Qui est fou... ? Les banques nationales et africaines se frottent les mains.


Alain Serge Zogbo


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

CRISE IVOIRIENNE : L'AFRIQUE S'HUMILIE

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Le Potentiel 30/12/2010 : Analyse. Je ne suis pas Ivoirien et je n'ai aucun intérêt en Côte d'Ivoire. Je n'ai donc pas voté pour Laurent Gbagbo ni pour son adversaire Alassane Ouattara. Cependant, comme observateur panafricain et analyste, je constate, depuis quelques semaines, que ce qui se passe dans ce pays est dangereux et présage d'un avenir incertain. L'imprudence et l'aveuglement des dirigeants africains face aux intérêts inavouables des puissances étrangères risque d'entraîner la Côte d'Ivoire mais aussi l'ensemble de la sous-région ouest-africaine dans la perdition. 

Ce qui est aujourd'hui en cause, ce n'est ni le résultat des élections ni le respect de la légalité. Tout le monde s'appuie ou feint de s'appuyer sur ces deux éléments, apparemment objectifs, pour réclamer un changement de régime en Côte d'Ivoire. Ceci était prévisible ! Tous les clignotants signalaient depuis au moins cinq ans que ce pays s'acheminait vers une situation politique explosive. J'ai beaucoup de mal à croire que le président Laurent Gbagbo est le grand Satan tant décrié dans les médias et les capitales occidentales et que son adversaire est le grand messie tant attendu pour sauver l'ancienne colonie française désormais en proie à la violence. 

Ce qui intrigue toute personne avisée des crises politiques en Afrique, c'est d'abord le silence convenu des géants économiques occidentaux qui opèrent massivement en Côte d'Ivoire et dont le chiffre d'affaires annuel avoisine plusieurs centaines de millions de dollars. Dans le climat de tension actuel, sont-ils favorables ou défavorables au camp de Gbagbo ou à celui de Ouattara ? Sont-ils totalement indifférents à un changement de régime en Côte d'Ivoire comme l'exigent les pays occidentaux ou participent-ils dans l'ombre au choix d'un des candidats ? Ce qui justifierait peut-être leur silence. En clair, sont-ils acteurs ou spectateurs impuissants d'une crise politique majeure dans un pays où ils se sont installés depuis un certain temps pour gagner de l'argent ? 

Le second point de curiosité est fondé sur les réactions plus ou moins tardives et cacophoniques des Africains à travers la CEDEAO et l'Union Africaine. La première organisation menace de destituer le président sortant, au besoin en usant de la force, la seconde acquiesce et suit les recommandations ou les ordres des puissances étrangères demandant le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir au profit de son adversaire Alassane Ouattara. Ces deux institutions suivent visiblement les positions officielles de quelques dirigeants occidentaux qui réclament l'éviction de Laurent Gbagbo. Il y a comme un petit malaise lorsque l'on sait que ces institutions proclament régulièrement l'indépendance de l'Afrique et la souveraineté des Etats africains. Honnêtement, quel dirigeant africain actuellement au pouvoir, depuis plus d'une décennie, serait prêt à accepter le traitement qui est réservé à Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire en ce moment ? 

En même temps que la CEDEAO et l'Union Africaine s'empressent de sanctionner Laurent Gbagbo et ses proches, comme le font déjà les Etats-Unis et l'Union Européenne, elles envoient aussi dans l'ordre ou dans le désordre des médiateurs en Côte d'Ivoire. Les résultats de ces multiples médiations sont, pour l'instant, impalpables et invisibles. Et pour cause ! Une médiation peut-elle réussir lorsque les initiatives des Africains interviennent accessoirement et en marge des décisions des grandes puissances au lieu de les précéder ? Le spectacle de ces va-et-vient « diplomatiques » infructueux des Africains à Abidjan est affligeant et humiliant pour la diplomatie africaine. 

Le moins qu'on puisse dire est que les Africains, plutôt que d'assumer eux-mêmes la gestion de cette crise dont ils devraient avoir l'entière responsabilité, s'alignent et s'appuient davantage sur un agenda extérieur en affichant des positions très peu cohérentes et très peu indépendantes. En se soumettant trop facilement à la pression extérieure, les Africains donnent d'eux-mêmes l'image de personnalités faibles, très influençables et pas très autonomes dans leurs décisions. Ce qui peut accréditer les préjugés courants sur l'Afrique et sur les Africains. Peut-on combattre ces préjugés en essayant de donner au moins l'impression que les Occidentaux n'ont pas toujours raison dans les affaires africaines ? Peut-on faire valoir que la gestion occidentale de cette crise est violente, indélicate et relativement grossière ? Devant cet état de fait, il y a le vide et le suivisme africains. L'imagination et la créativité africaines ont-elles déserté l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique tout court ? J'ai du mal à le croire. 

S'il s'agissait simplement d'un problème électoral en Côte d'Ivoire, pourquoi n'avoir pas proposé d'analyser tous les litiges électoraux de manière à lever toute équivoque sur le résultat final ? Pourquoi le point de vue de la CEDEAO est-il venu après celui de l'Occident alors que son expertise aurait dû primer par son efficacité et rassurer par sa sagesse ? Pourquoi avoir précipitamment entériné des résultats que l'on savait contestables et contestés dans la mesure où chaque camp se dit vainqueur de ces élections tout en accusant l'autre de fraude massive ? (Alassane Ouatara serait gagnant avec 54,1% d'après la commission électorale indépendante et Laurent Gbagbo l'emporterait à hauteur 52,6% d'après le Conseil constitutionnel). 

Dans ces conditions, comment comprendre l'attitude de la CEDEAO et de l'Union Africaine qui ont d'abord privilégié des options moins diplomatiques face à ce qui apparaît comme une pression insupportable et gravissime des pays occidentaux sur un dossier de politique intérieure en Côte d'Ivoire ? Il est surprenant que personne n'ait éprouvé le besoin primitif de réagir aux déclarations tapageuses et intempestives du ridicule procureur Moreno-Ocampo (*). 

A-t-on suffisamment pensé aux conséquences d'une décision hasardeuse sur les populations étrangères résidant en Côte d'Ivoire et sur l'ensemble de la sous région ? Quelle place accorde-t-on à la paix et à la sécurité des Ivoiriens dans cette affaire ? À en croire certains discours médiatique et politique, les Ivoiriens n'auront pas droit à la paix et encore moins à la sécurité si Gbagbo n'est pas évincé ou éliminé du pouvoir. Dans la même logique, l'ONU censée statutairement rester neutre ou du moins impartiale a aussi vite pris parti. Avant tout le monde, elle a affirmé dès le 3 décembre 2010, à travers son représentant et en pleine contestation des résultats, que Monsieur Alassane Ouattara était le président de la Côte d'Ivoire. A-t-elle facilité le dénouement de cette crise nationale ivoirienne ou l'a-t-elle compliqué ? Ce qui est étonnant est qu'immédiatement, la France et les Etats-Unis ont validé la position du représentant du secrétaire général de l'ONU Monsieur Young-Jin Choï sans prendre en compte la contestation des résultats par l'une ou l'autre des parties. Pourquoi agir de la sorte dans un contexte aussi tendu sur le plan politique ? Quel danger y avait-il à tout vérifier et à lever le doute sur les soupçons de fraude d'où qu'ils viennent ? 

Il est difficile au moment où le consensus médiatique est total et que « la majorité » des pays puissants prétend avoir raison d'aller à contre-courant ou de poser des questions qui dérangent. Mon expérience de l'interminable crise des Grands Lacs africains m'autorise à douter sérieusement du fait que les élections sont véritablement la raison principale de l'attention que toutes les grandes puissances et l'ONU portent aujourd'hui à la Côte d'Ivoire. Je ne suis pas non plus convaincu que la transparence électorale ou l'alternance politique sont des arguments sérieux au sujet du contentieux qui oppose désormais ce qu'on appelle d'un côté « la communauté internationale » et le camp Ouattara à Laurent Gbagbo. 

L'indifférence des pays occidentaux, tout comme celle des membres de la CEDEAO ou de l'Union africaine, à la fraude électorale en Afrique ou à la longévité politique outrancière de certains dirigeants africains est un fait qui n'appelle aucun commentaire désobligeant de ma part. Si ces principes étaient défendus avec acharnement dans toutes les élections africaines et s'ils étaient des vertus cardinales chez bon nombre de dirigeants qui sermonnent actuellement Laurent Gbagbo, tout le continent africain s'en féliciterait et les exemples seraient nombreux. Il me semble bien qu'évoquer les arguments sur le respect des résultats que très peu de gens connaissent d'ailleurs ou la transparence et l'alternance pour justifier ce qui se passe actuellement en Côte d'Ivoire n'est pas suffisant et certainement pas convainquant. 

J'ai à ce propos un petit souvenir qui éclaire certains comportements étranges que j'observe ici et là dans ce dossier. C'est en 1999 que j'ai rencontré à Washington un fonctionnaire de la Banque Mondiale, visiblement bien informé, qui me confia au cours d'un déjeuner que si Monsieur Alassane Ouattara ne devenait pas président en Côte d'Ivoire, il y aurait « le feu dans ce pays ». À l'époque, je ne compris pas exactement la teneur de ces propos. Peu après, il y eut un coup d'Etat de l'officier ivoirien Robert Guéi puis une crise politique, des élections mouvementées et l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo. 

La côte d'Ivoire, depuis cette période, vit au rythme de tensions incessantes et d'une guerre tantôt ouverte tantôt larvée entre les forces rebelles proches de Ouattara et les forces gouvernementales de Laurent Gbagbo. Quelques pays voisins de la côte d'Ivoire n'ont pas brillé dès le début de cette crise interne par leur neutralité absolue ni par leur impartialité admirable. Intérêts pécuniaires et calculs politiciens obligent ! Ce qui est dangereux aujourd'hui, ce ne sont ni les propos du fonctionnaire de la Banque Mondiale en 1999 ni le rôle joué par certains voisins de la Côte-d'Ivoire mais le parti pris immédiat de certains médias, de l'ONU, de l'Elysée et de la Maison Blanche et surtout l'alignement servile des Africains eux-mêmes à travers l'Union Africaine et la CEDEAO. Le comportement de ces derniers, entérinant de facto une décision prise visiblement avant ou contre « le choix des Ivoiriens », est regrettable. 

Prendre parti très vite et sans aucune précaution élémentaire en faveur d'un candidat à l'élection présidentielle, que quelques observateurs honnêtes reconnaissent comme particulièrement serrée, a été très imprudent. « Imposer » un candidat dans un contentieux électoral interne de façon aussi brutale et agressive est plus que troublant et pas très « démocratique ». Parmi les dirigeants africains qui prennent d'ailleurs position soit dans le cadre de la CEDEAO soit au sein de l'Union Africaine, combien peuvent prétendre avoir remporté des élections en toute transparence ou en dehors de fraudes avérées ? Combien ont été intronisés et légitimés alors même que leurs adversaires, déprimés par l'ampleur de la fraude, ne comprenaient pas le mutisme des représentants de l'Union Européenne et autres observateurs étrangers présents dans le pays ? Combien d'observateurs africains et occidentaux m'ont avoué avoir été témoins ou complices impuissants de la tricherie organisée lors d'élections présidentielles en Afrique Centrale et en Afrique de l'Ouest ? 

Mon propos ici n'est pas de défendre un candidat contre un autre. Je crois simplement qu'un certain flou persiste sur les vrais résultats de cette élection, qu'il y a apparemment un réel problème d'impartialité dans cette affaire au point que toutes les menaces proférées contre un des deux candidats sont suspectes et disproportionnées par rapports à d'autres situations similaires. Il semble bien que les vraies motivations derrière cette situation ivoirienne sont volontairement tues au profit d'un tapage douteux sur la « légalité électorale ». Il apparaît clairement que les ingérences étrangères dans le dossier ivoirien sont flagrantes et nocives pour la paix, la sécurité et la souveraineté en Côte d'Ivoire. 

Si personne ne veut revenir à la raison dans ce dossier, si personne, parmi les dirigeants africains qui ont pris fait et cause pour le discours dominant, n'accepte, par couardise, par opportunisme, par aveuglement ou pour des intérêts égoïstes, de questionner ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux, d'autres dirigeants africains risquent, à leur tour, de subir le même scénario et l'Afrique de l'Ouest risque bientôt d'être dirigée par des miliciens ou des « rebelles » et autres marionnettes à la solde d'intérêts extérieurs comme c'est déjà le cas en Afrique centrale. Ce processus engagé depuis le début des années 90 va s'étendre progressivement sous diverses formes dans une large partie du continent si les Africains continuent à somnoler sous leur beau soleil. 

Faire l'impasse sur le contrôle des richesses de la Côte d'Ivoire et les raisons qui ont poussé à deux tentatives de coup d'Etat dans ce pays en 2002 et 2004, faire semblant de ne pas se souvenir des raisons qui ont conduit à la création d'une rébellion dans ce même pays, développer une amnésie sur le rôle des pays voisins dans le soutien apporté à la rébellion ivoirienne, à son financement et à son armement, ignorer volontairement toutes les pressions qui ont poussé à l'organisation d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé pour partie par des rebelles et pour l'autre par l'armée gouvernementale, faire fi de tout cela c'est ne pas vouloir comprendre ce qu'est en réalité le nouvel ordre mondial dans les relations internationales. Choisir l'autisme politique sur la crise ivoirienne c'est tourner le dos à l'avenir et vouloir soumettre les Africains à la loi du fusil, de l'instabilité, du banditisme politique, de la précarité chronique et du pillage. 

Dire ceci n'a rien de défaitiste ou de fataliste, c'est simplement tenter d'apporter un peu de lucidité devant les nouvelles menaces qui visent tous les pays africains ayant des ressources économiques convoitées par l'Occident. Le dossier ivoirien rend tout observateur honnête sceptique à l'égard des discours pompeux sur la bonne gouvernance, le respect des droits de l'Homme, la transparence électorale et blablabla. Ce dossier est piloté en violation de tous les principes que prétendent aujourd'hui défendre ceux qui pérorent sur la légalité, l'Etat de droit, le respect des libertés publiques, etc. 

Je l'ai déjà observé très attentivement dans la région des Grands Lacs, je le vois également au Soudan, pays riche en pétrole, qui sera coupé en deux en janvier 2011 et dont la CPI (Cour Pénale Internationale) veut aussi arrêter le chef de l'Etat en exercice. Les Africains de l'Ouest sont peut-être en train de subir leur premier baptême des régimes pro-rebelles. Il faut espérer qu'ils ne le regretteront pas.




Charles Onana, journaliste et écrivain



(*) Cf. le dernier livre de Charles Onana : Al-Bashir Darfour, la contre-enquête, Paris, Editions Duboiris, 2010, 480 p. disponible en librairie et sur www.amazon.fr ou www.editionsduboiris.com

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L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (4)

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Quiproquo : La terre entière a été témoin de l'esclandre : deux membres de la Commission électorale indépendante appartenant à La Majorité Présidentielle, Damana Pickas et Vehi Tokpa, arrachant des mains du porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, les feuilles de résultats provisoires qu'il s'apprêtait à annoncer, le 30 novembre 2010. Le cas semblait entendu : le camp Gbagbo voulait s'accrocher au pouvoir par tous les moyens et empêcher le monde d'apprendre sa défaite. Que nenni ! La vérité est toute autre ! Les règles de la Cei prévoyaient clairement que seuls les résultats ayant fait l'objet d'un consensus pouvaient être consolidés comme résultats provisoires par cette administration. Or il s'avère, ainsi que le confirmera lui-même le président de la Cei dès le lendemain lors d'une intervention télévisée à la Rti, que les résultats que Bamba Yacouba voulait propager n'avaient pas fait l'objet du consensus requis comme préalable à toute annonce. Le commissaire central de la Cei et le directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Intérieur avaient donc non seulement le droit, mais également l'obligation d'empêcher l'acte délictueux du porte-parole rebelle. C'est un peu comme si un tueur en série entrait chez vous et menaçait d'abattre les vôtres avec une arme. Le laisseriez-vous assassiner votre famille parce que vous savez que vous avez le droit de votre côté et qu'il sera arrêté, jugé et jeté en prison après son forfait, ou bien tenteriez-vous quand même de le désarmer, pour sauver vos proches ? Le deuxième malentendu à lever concerne une question de fond : Légitimité et légalité sont-elles nécessairement antinomiques en Côte d'Ivoire ? Au sortir du second tour du scrutin présidentiel, beaucoup ont cru devoir expliquer ainsi la dichotomie factice créée de toutes pièces par une communauté dite internationale anormalement engagée dans notre pays. Au risque d'en irriter certains, l'heure est venue de mettre fin au mythe de Ouattara «président légitime» opposé à Gbagbo «président légal». Que Gbagbo soit le président légal, cela ne fait aucun doute. Il est celui qui a été proclamé vainqueur et investi par la plus haute juridiction de Côte d'Ivoire, le Conseil constitutionnel, dont les décisions revêtent l'autorité de la chose jugée. Mais, n'en déplaisent aux rapaces qui tournoient avec convoitise au-dessus des richesses de nos sol et sous-sol, il en est également le président légitime. Parce que, contrairement à George W. Bush, que la Cour suprême des Etats-Unis avait proclamé vainqueur au détriment d'Al Gore, pourtant crédité du plus grand nombre voix lors de l'élection de présidentielle américaine de 2000, c'est bel et bien Laurent Gbagbo qui a été choisi par la majorité des électeurs ivoiriens. Et cela est non seulement confirmé par le Conseil constitutionnel, que les médias internationaux s'entêtent à qualifier de «proche de Gbagbo», comme si ceux des autres pays du monde étaient composés de membres de l'opposition, mais également par la Commission électorale indépendante, à 80% aux mains d'Alassane Dramane Ouattara. En effet, les résultats consolidés et donc consensuels de 14 régions sur 19 compilés par la Cei au soir du 1er décembre 2010 donnent Gbagbo en tête. Et cela sans contestation aucune de son adversaire, qui n'a à aucun moment introduit une quelconque réclamation auprès du Conseil constitutionnel à ce propos, mais qui a prouvé qu'il reconnaissait l'existence de cette juridiction en lui envoyant une très farfelue et rigolote «prestation de serment écrite», qu'aucun rédacteur de la Constitution, même shooté à l'ecstasy, n'aurait pensé à inclure dans la Loi fondamentale. L'annulation des fraudes organisées par le camp Ouattara dans les zones contrôlées par les rebelles n'a donc en rien entaché la vérité du scrutin : Laurent Gbagbo est le président légal et légitime de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années... si les agitations de la communauté dite internationale ne viennent pas allonger d'autant son second mandat, comme la tentative de coup d'Etat de 2002, sensée abréger son premier mandat, n'aura in fine contribué qu'à en doubler la durée. Enfin, last but not least, il est impossible de clore la rubrique des quiproquos sans évoquer les incohérences de l'Union européenne, qui annonce une interdiction de visa pour une liste de personnalités ivoiriennes «sanctionnées» pour incarner ou supporter les institutions légitimes de Côte d'Ivoire. A ce sujet, nous avons juste deux questions à poser à l'Ue : Comment refuser un visa à quelqu'un qui n'en n'a pas besoin pour circuler en Europe ? Et est-ce qu'annoncer que l'on va refuser un visa à des gens qui n'ont jamais eu l'intention d'en demander, c'est une sanction ou une élucubration ?

RHDP : C'est à Paris, le 18 mai 2005 qu'a été scellée l'alliance surréaliste entre Alassane Dramane Ouattara, ancien premier ministre de Côte d'Ivoire de 1990 à 1993 et Henri Konan Bedié, ancien président de la république, sous le nom de rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Outre le fait que les acteurs ont jugé nécessaire, 45 ans après l'accession du pays à l'indépendance, d'aller en France pour donner naissance à un mouvement politique ivoirien, il est beaucoup d'autres anomalies à relever dans ce qui restera dans les annales comme l'une des plus grosses farces politiciennes ouest africaines. Le Rhdp, c'est l'association contre-nature de deux hommes qui s'autoproclament tous deux héritiers du père fondateur de la Côte d'Ivoire mais qui s'avèrent en fait être les deux plus grands démolisseurs de l'œuvre de Félix Houphouët-Boigny (FHB). Ouattara d'abord, qui n'a pas attendu la mort du Vieux pour détruire ce à quoi ce dernier tenait le plus : la paix et la stabilité. Cet économiste burkinabé a eu en charge la gestion de l'économie ivoirienne pendant quatre ans. Malheureusement entièrement dévoué aux désidératas des institutions financières internationales, il prendra des décisions et appliquera des mesures qui seront fatales pour le pays. Pendant que les Etats-Unis et l'Union européenne soutenaient largement leurs agriculteurs, il coupa les subventions aux planteurs ivoiriens, enterrant de facto leur compétitivité. S'ensuivirent des licenciements massifs de fonctionnaires, la réduction de plus de 40% des salaires des rescapés, des mises à la retraite anticipée,  des rémunérations à deux vitesses, la privatisation au franc symbolique des joyaux de l'économie éburnéenne... Il sema le germe de la division en introduisant la carte de séjour pour les étrangers, dans un pays qui jusque là s'était toujours distingué par son hospitalité. Il porta également un coup fatal au système éducatif ivoirien en gelant l'embauche des enseignants de l'éducation de base, en fermant les cantines scolaires, en éliminant la gratuité du transport et de la couverture sanitaire de base pour les étudiants. Sa plus grande trahison, qui consista à initier la dévaluation du franc CFA contre laquelle Félix Houphouët-Boigny s'était toujours battu avec la dernière énergie, couplée au pillage insolent des biens de l'Etat auquel il s'est livré avec la complicité de son épouse française de confession juive, achevèrent de précipiter la Côte d'Ivoire dans un gouffre économique duquel elle est encore loin d'être sortie. Cela eut pour conséquence immédiate la rupture de la paix sociale si chère à Houphouët, avec son lot de manifestations étudiantes et syndicales, d'arrestations arbitraires, des jugements fantaisistes... Quant à Henri Konan Bédié, en appelant - au grand effarement de ses militants - à voter pour celui qui a financé le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir en 1999, celui pour lequel il a conçu la tristement célèbre xénophobe théorie d'épuration ethnique appelée «ivoirité», qu'il développa justement pour écarter du pouvoir un Ouattara qui lorgnait goulument vers le fauteuil présidentiel sans pour autant remplir les conditions pré-requises pour y prétendre, il a tout simplement assassiné l'autre grande œuvre de FHB : l'historique PDCI-RDA (parti démocratique de Côte d'Ivoire), qui faisait pourtant partie du patrimoine politique de l'humanité, comme l'ANC en Afrique du Sud. Pas étonnant que l'association bouffonesque de ces deux individus se soit soldée par un plantage en bonne et due forme. Avec des héritiers comme ça, pas besoin d'ennemis. Le pauvre Houphouët doit s'être retourné maintes fois dans sa tombe !

Souveraineté : Peut-on vraiment s'offusquer qu'en 2010, un président français s'arroge le droit de désigner le chef d'Etat d'un pays africain «indépendant» depuis cinquante ans, en parfaite violation du choix de la majorité des populations et des dispositions constitutionnelles dudit pays? La souveraineté de la Côte d'Ivoire, qui est aujourd'hui bafouée par la «communauté internationale», n'est en réalité que factice, comme l'est celle de la majorité des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, car bien que la plupart de leurs constitutions la proclament, les Etats d'Afrique noire dite francophone subissent encore aujourd'hui les contraintes de l'aliénation à la puissance coloniale. Comment clamer notre souveraineté, alors que même les textes fondateurs de nos républiques et la quasi-totalité de nos textes de loi sont calqués sur le modèle français, bien que nos réalités culturelles, sociales, historiques et idéologiques divergent totalement ? Comment revendiquer notre autonomie, alors que nous peinons à dénoncer et déchirer les contrats indignes qui bradent les richesses de nos pays à l'exploiteur français par le biais d'un pacte colonial signé le 24 avril 1961, dissimulé au milieu de nuisibles accords de défense à géométrie variable ? Comment prétendre être libres alors que l'un des principaux attributs de la souveraineté des Etats, la monnaie, est, en ce qui nous concerne, géré de bout en bout par des mains étrangères, voire ennemies ? Comment aspirer à notre émancipation alors que génération après génération, nous sortons de l'école après avoir appris par cœur l'histoire de France, Descartes, Voltaire et La Fontaine mais sachant peu de choses sur le berceau de l'Humanité dont nous sommes originaires, incapables de narrer les luttes et les exploits de Soundjata Keïta, Chaka Zulu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Bantu Steven Biko, Ana Zingha, Sylvanus Olympio, Kwame Nkrumah, Samory Touré, Menelik II, la reine Pokou, Jean-Jacques Dessalines, Oliver Tambo, ou de réciter les contes de Birago Diop et les poèmes d'Aimé Césaire ? Comment préserver le droit de notre peuple à décider lui-même ce qui est bon pour lui quand nous devons importer les armes sensées le défendre ? Comment ambitionner être souverains quand nous dépendons de la France pour nous exprimer, au plan national comme international ? Il n'y a, au regard de ce qui précède, aucune raison d'être particulièrement choqué par la démarche coloniale parfaitement assumée de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire.

Terrorisme : Si les opinions publiques occidentales s'émeuvent quand des terroristes foncent avec des avions dans leurs gratte-ciels, font sauter des bombes dans leurs gares, cafés et représentations diplomatiques, ou enlèvent et décapitent des Européens au Sahel, elles peinent à s'opposer aux agissements meurtriers que leurs dirigeants commettent en dehors de leurs frontières. Dernier exemple en date : Ils s'appellent Stefan Barry, Jochen Kilian, Dirk Gerlich, Stephan Franke, Christian Stein, Fabian Müller, Sebastian Berwind, Frank Hütter, Patrick Thönessen, Alexander Schweig, Detlef Merchel et Uwe Max Heinrich Schulz. Ils sont tous titulaires de passeports délivrés le 16 décembre 2010 par le ministère allemand des affaires étrangères, à l'exception des deux derniers qui ont été délivrés respectivement le 21/12/2009 et le 20/12/2010.  Il s'agit des douze mercenaires teutons engagés par le gouvernement français pour assassiner le président Gbagbo, qui ont débarqué de façon rocambolesque sur le sol ivoirien par l'entremise de l'ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Philippe Carter III. Cet ami de longue date du couple Ouattara  a sollicité et obtenu des autorités légales (et non de celles du Golf!) une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët Boigny pour un appareil exploité par la compagnie Phenix Air avec Brian Edminster pour commandant de bord. Cependant, au lieu de se poser à Abidjan, l'appareil a plutôt atterri à Bouake, après une escale à Alger, pour y débarquer les tireurs d'élite allemands dotés de matériel sophistiqué. Si leur mission n'est à ce jour pas encore accomplie, l'histoire coloniale française en Afrique est jalonnée d'épisodes assassins. Mais faire partie des «grandes puissances» ne garantit en rien le succès d'offensives militaires impérialistes. Sarkozy et Obama seraient bien inspirés de replonger leurs nez dans les livres d'histoire, aux chapitres Indochine, Vietnam, Algérie, Afghanistan. Plus récemment, en 1992, sous le mandat de l'Onu, les Etats Unis, au nom d'une soi-disant ingérence humanitaire qui sentait quand même beaucoup le pétrole, lançaient l'opération «Restore hope» en Somalie, qui se solda par la mort de 173 soldats américains,  casques bleus et civils étrangers et contraignit Bill Clinton à retirer ses troupes. Qui ne se souvient pas du spectacle délectable des cadavres des soldats américains trainés par des voitures dans les rues de Mogadiscio sous les vivas de la foule ? De quoi susciter des vocations ! Il reste à espérer que l'Union européenne a planifié l'évacuation de tous ses ressortissants, non seulement de Côte d'Ivoire, mais également des autres pays d'Afrique. Parce qu'une chose est certaine : le temps où les Noirs se trucidaient pour le bon plaisir des Blancs, leur permettant de faire main basse sur leurs richesses pendant qu'ils étaient occupés à se battre, est révolu. «Donnez-leur des armes, ils s'entretueront les uns les autres», affirmait le chantre de l'apartheid Pieter Botha. Certes, il y a toujours un quarteron des nègres, comme Ouattara et ses sbires, prêts à commettre l'irréparable pour satisfaire aux exigences de Bwana, mais un nombre sans cesse croissant d'Africains a bien compris le rôle néfaste joué par les Blancs dans l'attisement des conflits sur notre continent et ne compte plus les laisser faire sans réagir. Les peuples contemporains d'Afrique n'ayant plus l'intention d'être les uniques victimes d'une bestialité exacerbée par les dirigeants européens, il est évident que l'attitude des gouvernements qui cautionnent ou exécutent les dérives pyromanes de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire expose leurs ressortissants innocents au fort bouillonnant ressentiment anti-français et aux actes de violence qui pourraient s'ensuivre à Douala, Yaoundé, Libreville, Conakry, Ndjamena, Abidjan, Bangui, Alger, Niamey, Kinshasa, Brazzaville...

Union africaine : L'Afrique est le continent le plus riche du monde en ressources naturelles et en espaces cultivables. Par quel tour de passe-passe abracadabrantesque arrive-t-elle donc au XXIè siècle en étant la zone la plus pauvre de la planète, déchirée par les guerres les plus fratricides ? Les bases de l'Union européenne d'aujourd'hui ont été jetées lorsque Robert Schuman, au sortir de la deuxième guerre mondiale, annonça la naissance d'une Haute Autorité, mettant en commun les productions allemande et française de charbon et d'acier, avec pour objectif non seulement la préservation de la paix mais aussi et surtout l'amélioration des conditions de production et donc du niveau de vie des populations franco-allemandes et de tous les pays européens participant à la nouvelle aventure. A quand donc le véritable acte fondateur de l'Union africaine, bâti autour d'une fusion d'intérêts économiques communs, par exemple les ressources énergétiques dont le continent est si riche (uranium, pétrole, gaz naturel, bois, cours d'eau, soleil...), qui mettra fin aux sanglants conflits qui endeuillent l'Afrique, tout en assurant une production modernisée et de qualité, la fourniture d'énergie à des clauses identiques sur les marchés des pays adhérents, l'accroissement des exportations vers le reste du monde, la progression concomitante des conditions de vie de la main-d'œuvre desdites industries, ainsi que le relèvement substantiel du niveau de vie et du développement des populations africaines ? Pas de si tôt, si l'on observe le comportement des dirigeants locaux, qui, au lieu d'être solidaires et de s'unir pour peser sur l'échiquier international, préfèrent se dresser les uns contre les autres et confier les destinées de leurs contrées aux très intrusives puissances étrangères. Une anecdote racontée par le président Gbagbo illustre parfaitement l'omniprésence de ces dernières. «Quand nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe. Il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : 'Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas.'» C'est d'ailleurs en constatant la propension des rebelles à se précipiter hors de la salle des négociations pour prendre leurs directives et informer en temps réel leurs donneurs d'ordre hexagonaux de l'évolution des pourparlers de Tshwane que Thabo Mbeki, à l'époque président sud africain et médiateur de la crise ivoirienne, avait ordonné le brouillage des communications téléphoniques, mettant en transes le camp Ouattara, qui se trouva ainsi coupé du cordon ombilical le liant à Paris. «Le fait que les nègres ressemblent et agissent comme des hommes ne fait pas d'eux des êtres doués d'intelligence». Une vue d'ensemble des participants aux conférences des chefs d'Etat de l'Union africaine semble malheureusement donner raison à Pieter Botha. Qu'attendre de digne de la part de personnages aussi lobotomisés, émasculés et amputés de leurs colonnes vertébrales ? Seuls quelques uns d'entre eux ont prouvé leur capacité à résister aux pressions occidentales : Paul Kagame, Isaias Aferworki, Laurent Gbagbo, Muammar Kadhafi, Meles Zenawi, Jose Eduardo Dos Santos, Yayah Jammeh, Robert Mugabe, Abdelaziz Bouteflika. Mais cela est loin d'être suffisant. Avec une arrogance sans précédent, Nicolas Sarkozy s'est d'ores et déjà invité au sommet de l'Union africaine prévu fin janvier 2011 à Addis Abeba. Est-il seulement imaginable qu'il aille ainsi taper l'incruste à un sommet de chefs d'Etat d'Asie ou d'Amérique du Sud ? A-t-on déjà vu des dirigeants africains assister aux réunions de l'Union européenne ? Peut-on espérer un  ras-le bol imminent face à cette intenable immixtion occidentale ? Les contorsions du président de la commission de l'Union africaine, le gabonais Jean Ping - ancien missi dominici du parrain de la Françafrique Omar Bongo - dans le dossier ivoirien font passer les danseurs Bafia du Cameroun pour des modèles de rigidité et n'augurent rien de bon pour l'évolution de l'Union africaine, que le Maroc a, sans dommage, refusé d'intégrer.

Visa : Que les Occidentaux ne s'y trompent pas. Ce que les Africains poursuivent quand ils viennent en Europe, ce n'est pas leurs femmes, mais tout simplement ce qui leur appartient de fait et de droit : le confort dont le pillage de leurs richesses par la nébuleuse françafricaine les prive.  Une éducation de qualité, un système sanitaire de pointe, des emplois, des retraites payées, la sécurité sociale et la sécurité tout court, mais aussi des infrastructures sportives, technologiques, industrielles, culturelles et artistiques dignes de ce nom. Parce que tant que le développement et la stabilité de l'Occident se feront aux dépens du continent Noir, chaque Africain a non seulement le droit mais également le devoir «d'envahir» l'Europe. Afin que l'Europe devienne l'Afrique. «La Libye s'engage à stopper l'immigration clandestine si vous lui fournissez au moins 5 milliards d'euros par an et de l'assistance technique. [...] Sinon, la Libye ne sera plus le garde-côte de l'Europe.» Cette exigence du guide de la révolution Muammar Kadhafi à l'Union européenne n'est en rien farfelue ou exorbitante. C'est en voyageant que l'on se développe. On s'ouvre l'esprit, on s'inspire, on apprend de nouvelles perspectives, on élargit son horizon. Ce n'est pas pour rien que tous les grands créateurs ont toujours été des adeptes du voyage. Les hommes ne se développent pas quand ils sont cloîtrés. La limitation des mouvements des Africains est pensée en ce sens. Nous attendons du gouvernement de Laurent Gbagbo qu'il pose des actes concrets à ce sujet. Le développement économique de chaque pays dépend du développement de ses ressources humaines. Quelle coopération économique peut-on envisager si nos ressortissants ne peuvent circuler librement chez nos partenaires commerciaux ? Nos gouvernants doivent faire de la levée de l'obligation de visa une des conditions sine qua none de la signature de conventions commerciales majeures futures. Vous voulez exploitez nos ressources énergétiques, minières et agricoles ? Souffrez donc que nos ressources humaines puissent librement circuler dans vos pays, chers dirigeants occidentaux ! Rassurez-vous, dès lors que nous serons dans un schéma de partenariat équitable gagnant-gagnant, vous n'avez pas à craindre qu'elles y demeurent à perpétuité : le temps et la convivialité sont bien meilleurs en Afrique !

Wikileaks :... ou le monde vu depuis les coulisses de la diplomatie américaine. Grâce à Julian Assange, créateur du site Wikileaks, il existe depuis la fin du mois de novembre, une lecture plus captivante qu'Harry Potter et Agatha Christie réunis : les télégrammes confidentiels des ambassades américaines à travers le monde, de 1966 à 2010. Plus de 250 000 documents, mis en ligne jour après jour, qui révèlent tous les petits secrets du fonctionnement du monde. On apprend ainsi que le détournement de 18,3 milliards de francs CFA, découvert à la Banque des états de l'Afrique Centrale (Beac) en 2009, a été fait à l'instigation du défunt chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, et a aussi bien servi à son enrichissement personnel qu'à celui de son fils Ali Bongo, l'actuel président du Gabon, mais aussi et surtout à financer de façon occulte les partis et les hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy nommément cité. Non pas que cela soit une découverte pour les exégètes de la Françafrique. Ce qui est assez surprenant, par contre, c'est la collusion permanente des intérêts américains et français dès qu'il s'agit de l'Afrique. «La France est un de nos plus puissants alliés en Afrique», confirme d'ailleurs l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton le 25 janvier 2010. L'on retrouve cette symbiose inquiétante dans les dossiers guinéen et ivoirien. Les manigances de la France et des USA et l'utilisation systématique de Blaise Compaoré comme leur marionnette sur le terrain est dévoilée crûment dans les mémos envoyés par les représentations diplomatiques américaines à Ouagadougou, Conakry, Abidjan et Paris. Savoureuses, les dépêches détaillant comment le général Sekouba Konaté est contraint de succéder à Dadis Camara, alors qu'il n'a absolument aucune envie d'exercer un quelconque pouvoir ! Particulièrement intéressantes, les mentions récurrentes à l'affairisme du président burkinabé, qui «a des intérêts économiques personnels en Guinée, comme dans beaucoup d'autres pays africains, ce qui conditionne sa prise de décision», selon les dires du fonctionnaire du Quai d'Orsay Stéphane Gompertz à l'ambassadrice américaine en Guinée, assertions confirmées par Wanda Nesbitt, diplomate US à Abidjan dans un télégramme du 02 juillet 2009 : «Il s'avère maintenant que la quatrième annexe à l'accord politique d'Ouagadougou est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo de se partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte exige des forces Nouvelles qu'elles rendent le contrôle du nord au gouvernement et achèvent le désarmement deux mois avant l'élection. L'ambassadeur Badini (représentant du facilitateur Blaise Compaoré à Abidjan) a confirmé à l'ambassadeur la nature de partage du pouvoir de l'accord, le 26 juin». Ceci est extrêmement grave, car cela prouve que les Etats Unis sont parfaitement au courant que le véritable seigneur de guerre en Côte d'Ivoire n'est ni Guillaume Soro, ni Alassane Dramane Ouattara, qui ne sont que des faire-valoir,  mais bel et bien l'homme-lige de la France, Blaise Compaoré, dont le pillage éhonté des matières premières de la Côte d'Ivoire est tout simplement accepté. Pas étonnant donc que le Burkina Faso soit devenu, au cours de la crise ivoirienne, un grand exportateur de cacao et de diamants, alors que ces ressources sont absentes de son territoire !

X : En juillet 2007, un homme infiniment petit s'est adressé à la jeunesse d'Afrique depuis Dakar en ces termes : «La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.» Cet individu s'appelle Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et il est le président de la république française. Tout au long de cet abécédaire, nous avons eu l'occasion de constater à quel point cette tirade est insultante et surtout mensongère : La colonisation française est responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique dite francophone, de son sous-développement, de son endettement, de sa pauvreté. Elle est responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, comme au Biafra, comme en Côte d'Ivoire, comme au Congo, comme au Tchad. Elle est responsable des génocides, comme au Rwanda, comme au Cameroun, comme en Algérie. Elle est responsable des dictateurs qu'elle installe au pouvoir pour mieux servir les intérêts gaulois, comme Blaise Compaoré, Omar et Ali Bongo, Gnassimbé Eyadema et Faure Gnassimbe, Denis Sassou Nguesso... Elle est responsable du fanatisme, de l'extrémisme et de la révolte que ses attitudes impérialistes suscitent. Elle est responsable de la corruption, de la prévarication, à travers la nébuleuse françafricaine, à travers le pillage opéré par les multinationales françaises. Elle est responsable des gaspillages et de la pollution, comme l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan le prouve. Alors, pour digérer les contrevérités du nain de l'Elysée, il semble adéquat de laisser la parole à un homme infiniment grand, Malcolm X : «Personne ne peut vous donner la liberté. Personne ne peut vous donner l'égalité, la justice ou quoique ce soit. Si vous êtes des hommes, vous la prenez.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu'êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Il n'y a pas de révolution pacifique. Il n'y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n'êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Si vous n'êtes pas prêts à mourir, alors effacez le mot 'liberté' de votre vocabulaire.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «S'il est nécessaire d'organiser une armée de la nation noire, nous organiserons une armée de la nation noire. Ce sera le vote ou la balle. Ce sera la liberté ou ce sera la mort.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts.

Ya fohi ! : Sarkozy bande ses petits muscles, Obama hausse le ton, Compaoré complote, la communauté dite internationale braille, l'Union européenne sanctionne, Badluck Jonathan menace, la Cedeao s'agite, l'Union africaine brasse de l'air, l'Onuci s'incruste, Licorne se cache, Ouattara soliloque, Soro monologue, Bédié rumine... et pendant ce temps, les Ivoiriens vaquent tranquillement à leurs occupations. Imperturbables et dignes, dans la sérénité et la bonne humeur. Ya fohi ! Il n'y a rien, comme on dit en nouchi.

Zone franc : Il n'y a plus grand-chose à dire sur cette relique d'un autre temps. La France a cessé d'être une puissance monétaire depuis l'avènement de l'euro comme monnaie unique européenne. En effet, pour être considérée comme telle, il eut fallu qu'elle conserve elle-même la main haute sur sa propre monnaie, ce qui n'est plus le cas depuis que la Banque de France a transféré ses compétences à la Banque centrale européenne. La France est donc dans l'incapacité juridique de continuer de garantir le franc CFA avec sa monnaie. D'autre part, la monnaie est la clé de voûte de la souveraineté d'un Etat. Hors, la mise sous tutelle de la souveraineté monétaire des Etats de la zone Franc a été imposée par la puissance coloniale française à des gouvernements pseudo indépendants à sa botte, sans consultation des peuples concernés. Le franc CFA a fait son temps en Côte d'Ivoire. L'outrecuidance du conseil des ministres de l'Uemoa qui, outrepassant ses prérogatives, s'est ingéré dans la crise ivoirienne en recommandant à la Bceao de ne plus reconnaitre la signature du gouvernement légitime pour la transférer au perdant des élections du 28 novembre 2010 est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et marque un point de non retour. Laurent Gbagbo l'a dit lors de sa prestation de serment : la souveraineté de la Côte d'Ivoire est non négociable. S'il ne veut pas perdre le soutien populaire dont il jouit en ce moment, il n'a pas d'autre choix que de lancer rapidement une nouvelle monnaie ivoirienne, symbole d'une liberté et d'une indépendance nouvellement et chèrement acquises.



Mahalia Nteby, le 04 janvier 2011 (mahalia.nteby@yahoo.fr)


Publié sur http://saoti.over-blog.com/

DES NATIONS S'APPRETENT A ATTAQUER LA COTE D'IVOIRE VIA LE BURKINA FASO

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Il y a un temps pour toute chose a dit un grand homme de Dieu, le roi Salomon d'Israël. Je reviens à la charge, je viens interpeller tous mes frères Ivoiriens: Tenez-vous en éveil car des choses tragiques vont arriver à ce pays; le plus grand complot que vous n'avez jamais vécu. Cela va se passer dans votre pays. Je dirai notre très cher pays qu'est la Côte d'Ivoire, celle-là qui a fait le beau temps de tous les Africains, tant de l'Ouest que du reste de l'Afrique, et surtout de ceux de toute la sous-région. Sans oublier les hommes de tous les quatre coins du monde.


Je suis Dao, votre frère Daouda, soldat de l'armée Burkinabé; garde rapprochée d'une haute autorité de l'armée, proche du président Blaise Compaoré, de qui je tire toutes ces informations que je vous communique par amour pour mon pays, car je suis métisse Ivoiro-burkinabé, Ivoirien de par ma mère qui est Baoulé de Yamoussoukro, je me sens autant Ivoirien que Burkinabé car une partie de mon SANG l'est. Quiconque recevra ce message que je vous communique a pour devoir de le communiquer à son tour à tous nos frères Ivoiriens car le pays est en DANGER, un grand complot de la FRANCE et ses allies via le BURKINA FASO se prépare sur notre nation.

Je vais vous les détailler et même vous révéler tout ce que je sais pour l'heure et tant que j'aurais en ma possession des informations capables d'aider les Ivoiriens, je ne me lasserais jamais de vous les envoyer par toutes voies possibles. Je sais que ce que je vais vous dire ne sera pas du goût de tous les Ivoiriens, car nombreux sont aussi ceux d'entre nos frères qui ont accepté de brader la Côte d'Ivoire à la France pour des intérêts personnels, même si pour certains selon que je sais, cela est lié à leur sort: tels que le président Bédié, Guillaume Soro et tous les chefs de la rébellion que vous appelez Forces Nouvelles; certains parmi eux y sont engagés à nouveau par contrainte, contre leur gré. Il est l'heure que vous vous unissiez, chers parents et chers frères Ivoiriens. Vous n'êtes pas les seuls à en souffrir, il y a beaucoup d'autres Africains qui en souffrent, pratiquement des Burkinabés qui y ont des parents, et ceux qui aiment aussi la Côte d'ivoire, ce si beau et riche pays de par sa renommée.

Mon patron, à l'instar d'autres autorités militaires, civiles et administratives, quoique certains d'entre eux soient même auprès du président Compaoré, en souffrent et en parlent. Nombreux sont les Burkinabés de tous rangs sociaux qui voient en Gbagbo Laurent un véritable modèle et leader charismatique dont a besoin l'Afrique. Certains iront même à dire, si nous pouvons avoir un homme si courageux comme cet homme dans ce pays, capable d'affronter le président Blaise, nous nous alignerons. A dire vrai, les Burkinabés sont fiers du président Gbagbo et cherchent un leader de sa trame pour faire tomber ce manguier. Dieu est Grand et il y a déjà des Gbagbo-bis qui se préparent dans l'ombre avec le soutien de certains grands officiers. L'heure approche, ce manguier tombera et la sous-région retrouvera sa paix, et le Burkina Faso aura son image redoré. Nous avons honte de notre chef qui est reconnu comme le déstabilisateur de toute la sous-région. Son heure approche aussi à petits pas. Chers Ivoiriens, c'est le temps de vous unir et d'être plus fort que jamais car voici en quelques lignes ce qui va se passer dans ce si beau pays que jalousent ceux qui veulent le détruire.

Demandez à tous nos parents qui sont dans la Zone Ouest, les allogènes et les autochtones de faire très attention car il y a des mercenaires qui ont été déjà engagés, des escadrons de la mort à la solde de Mr Ouattara, qui d'ailleurs est un Burkinabé et d'ailleurs, ici même au Burkina, l'âme la plus ignorante elle-même sait que cet homme est un véritable Burkinabé. Tous les élèves et étudiants Burkinabés le savant, toute l'administration ici le sait, tout le monde, oui, je dis bien tout le monde le sait, c'est pourquoi, il n'a aucune pitié pour les Ivoiriens et est prêt à tuer même ses propres frères Burkinabés, avec la complicité du président Compaoré, de la France de Sarkozy et ses autres alliés Européens et Américains. Ils veulent passer à une opération qu'ils vont appeler "Les escadrons de la mort de Gbagbo". Leur but sera d'envoyer des mercenaires Sierra-léonais, Libériens et Burkinabés en plus de ceux des Forces Nouvelles qui vont semer la terreur et la mort dans toute la Côte d'Ivoire, ils vont opposer les habitants des régions de l'Ouest. Dans la région de Man, ils vont tuer beaucoup de militants du RHDP dans des villages, tuer des Baoulés du PDCI, tuer des Dioulas du RDR, tuer des étrangers de la sous-région, ils vont attaquer des mosquées, tuer des chefs religieux musulmans et des opérateurs économiques Français et accuser les soi-disant "ESCADRONS DE LA MORT DE GBAGBO" qui d'ailleurs a été monté par eux-mêmes.

Mr Alassane Dramane Ouattara est un sadique, il est sans pitié pour vous, Ivoiriens. Ils planifient tuer des leaders de l'opposition qui font route avec eux, dont l'ex-président Henri Konan Bédié qui a une forte communauté ethnique derrière lui, ils vont créer la chienlit sur toutes les zones occupées par le gouvernement du président Laurent Gbagbo... Ils sont en train de corrompre quelques corps habillés du gouvernement, c'est une stratégie de révolte : pousser toutes les ethnies à la haine et à s'affronter les unes les autres, et la rébellion en profitera pour attaquer, semer une confusion totale dans le pays, de sorte à affaiblir l'armée Ivoirienne qui soutient le président Gbagbo. C'est de là que des positions armées déjà prévues via le Burkina, passeront à l'action : l'armée nigériane, sénégalaise et française ; d'ailleurs les dernières citées sont déjà positionnées, ici. Frères Ivoiriens, vous la jeunesse, la Côte d'Ivoire compte sur vous; les Burkinabés disent: "La patrie ou la mort, nous vaincrons!". Que cela soit votre devise, en ces temps qui courent. Toute l'Afrique vous regarde et même le monde.

Vous êtes rentrés dans l'histoire de votre destinée. Dieu est toujours avec le juste qui est faible. Comprenez Soro Guillaume, il est devenu l'otage de la France, car il a un dossier très sale qui le suit, lui qui parle du TPI aux autres, c'est ce qui le menace et le contraint, par Mr Ouattara et Compaoré avec la France, de s'aligner, sinon, gare! De même que ses chefs de guerre et ses ministres, un mot d'ordre leur a été donné, sinon ils n'échapperont pas au TPI. Soro doit se souvenir de l'attentat manqué contre lui qui a dû couter la vie à certains de ses proches... Je t'informe cher frère Soro, qu'à la fin, toi et tous ceux d'entre vous qui êtes rebelles contre votre cher patron ADO, ils vous tueront et reprendront leur pacte avec leurs alliés dans le but d'affaiblir le parti de Konan Bédié (PDCI). Ouattara va s'éterniser au pouvoir s'il l'a, et s'en allant, il le remettra à un autre étranger pur sang comme lui en vue de corriger les Ivoiriens de leur orgueil, comme ils le disent, ici.

Le chef rebelle fidèle à Mr Ouattara est rentré en Côte d'Ivoire après insistance. Il refuse de collaborer avec des traitres, comprenez par là Soro, Wattao et leurs alliés. Donc ce qui a été arrêté, c'est qu'on doit les utiliser et après régler leur compte car un traitre demeurera toujours un traitre... Il n'y a plus de confiance entre eux. Ils veulent aussi procéder à un assassinat sur la personne du président Gbagbo. Ils cherchent en ce moment quelqu'un proche de lui pour le faire. Priez pour la Côte d'Ivoire, Dieu seul peut la sortir de là... Je vous aime, chers frères ; certains officiers supérieurs de l'armée burkinabé vous aiment. Vous serez nos modèles si vous résistez à ce grand ennemi qui est la France ! Nous vous suivrons juste après. Dites au président Gbagbo que le Peuple burkinabé et des soldats de l'armée burkinabé l'aiment ; nous n'allons pas vous trahir. Certains de nous vont trahir le combat, il y aura une grande confusion qui risquera d'atteindre le Burkina Faso aussi, car "celui qui sème le vent récolte aussi la tempête". Quelques soldats Burkinabés vous aideront, nous n'accepterons pas tous de détruire la Côte d'Ivoire pour faire plaisir aux occidentaux, surtout à la France. Sarkozy, Blaise et Wade veulent la mort de Gbagbo, c'est tout.

Aujourd'hui, ils sont en train d'associer à eux le Nigérian Goodluck. J'aurais appris de source très sûre que beaucoup de chefs d'Etat sont contre ce fait ; ce faisant, ils ont demandé à la France de faire une pression sur ces chefs d'Etat-là et c'est ce qui se passe, en ce moment. La Côte d'Ivoire est sur le point d'être attaquée, c'est juste quelques chefs d'Etat africains qui les retiennent. Ils ont déjà apprêté l'armée burkinabé, nigériane et sénégalaise, ainsi que des soldats français...

Je vous prie de bien vouloir faire circuler ce message partout, même dans la sous-région si vous y avez des amis. Priez surtout, frères Ivoiriens, priez pour votre pays et pour votre gouvernement. Un évêque d'ici a dit à mon patron, récemment, que le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire est un chef établi par Dieu, car avec toute cette pression, ce Monsieur résiste et est toujours là... Je vous demande de balancer ce message dans des sites de la presse ivoirienne et africaine.

Que Dieu vous bénisse ! Votre frère Dao, qui est à la disposition de la Côte d'Ivoire, autant de fois qu'il pourra.


 

Source : GBAGBO.CI