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mercredi, 05 janvier 2011

HOTEL DU GOLF : PLUS DE 500 PERSONNES AU BORD DU CHAOS SANITAIRE


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Voilà plus d'un mois que le site de l'Hôtel du Golf est envahi par Alassane Ouattara et sa clique. Depuis que l'ex-Président de la Cei a tronqué la vérité sous la pression de la France et de ses alliés pour le déclarer vainqueur de la présidentielle 2010, le président du Rdr a élu domicile au Golf Hôtel. Malheureusement, ce putschiste a entraîné avec lui plus de 500 personnes dans sa bêtise. Civils, rebelles, soldats de l'Onuci et mercenaires se côtoient chaque jour dans ce lieu érigé en Quartier Général du candidat malheureux du Rdr. Si au début, l'ambiance était bon enfant, aujourd'hui, les visages des uns et des autres sont très crispés et anxieux.


Selon des informations dignes de foi en notre possession, les occupants de ce complexe hôtelier vivent dans des conditions exécrables. La vie là-bas est comparable à celle des bidonvilles et autres favelas du Brésil. Les repas quotidiens du jour ne sont plus réguliers. Si au début, chaque personne recevait un pain, ce n'est plus le cas actuellement. La nourriture est une denrée très rare à « la république hôtelière du golf ». C'est désormais, un pain qui est servi à quatre personnes, par jour. Fini les repas copieux des premiers jours. Très souvent, les habitants du royaume de Ouattara ont droit à des plats de riz accompagnés de « sauce claire ».

Ne vous y trompez pas, la sauce n'est pas le plus souvent garnie de condiments, de viande ou poisson, informe notre source. Le mets le plus riche en vitamines, au Golf Hôtel est le « tchèp » (mets sénégalais). Mais, il se prépare très rarement. A côté de cela, il faut également souligner que la gestion de l'eau est devenue méticuleuse au village du roitelet, Alassane Ouattara. Les bains quotidiens ont été réduits à un seul du matin jusqu'au soir. Il est interdit à tout occupant de faire la lessive à tout moment. Pis, les chambres sont devenues exigües. Une chambre est destinée à huit personnes par étage. Quelle misère! Plus de 500 hommes et femmes luttent pour survivre dans un cadre malsain. C'est un climat de suspicion, de grogne et de bagarres qui règne au Golf Hôtel. Sans compter que les maladies telles que le choléra, la fièvre typhoïde, menacent chaque jour les occupants. Ce qui est déplorable, c'est que de nouvelles personnes ne cessent d'arriver au Golf Hôtel.

Quel sera leur sort ? Les mercenaires recrutés par le mentor du Rdr sont gagnés par le désespoir au fil du temps. Eux à qui, il avait été promis à chacun selon sa catégorie, 800.000 Fcfa, 1 million de Fcfa et 1,5 million de Fcfa. Aucun d'eux n'a reçu un seul centime de l'argent promis. La colère enfle dans leurs rangs. Les émissaires de Ouattara leur font croire qu'ils recevront leurs dividendes dans les jours qui suivent. Et toujours rien. L'ambiance est donc implosive à la «république hôtelière du golf». Mensonges, suspicion, grogne, promiscuité, mauvaise hygiène, famine, maladies, sont le lot quotidien des habitants du royaume de Ouattara.

Cet homme a jeté son dévolu sur une attaque militaire contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Notre informateur nous apprend que ce sont 345 Maliens et 238 Burkinabè qui ont été recrutés à Bouaké. Ils suivent actuellement une formation dans cette ville sous les ordres d'un milicien spécialisé en armement, nommé Mathurin. Ils doivent être transportés incessamment sur Abidjan par le biais de l'Onuci et de Licorne. Idem pour les 425 mercenaires recrutés à Man et de nombreux Guinéens engagés à Danané. Ces derniers sont en route pour la capitale économique. Il leur a été remis à chacun 50.000 Fcfa, en attendant qu'ils touchent individuellement 1 million, une fois à Abidjan. Ce recrutement de nouveaux combattants, est l'œuvre de Guillaume Soro. Parce qu'il ne compte plus sur ses hommes pour l'accompagner dans cette nouvelle aventure suicidaire. Car en face, ils auront une puissance de feu à nulle pareille de la part des Fanci.


Source: GBAGBO.CI

lundi, 03 janvier 2011

MANŒUVRES POUR IMPOSER OUATTARA : LES AVEUX DE PARIS MATCH SUR LE MANQUE DE STRATEGIE DE LA FRANCE



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In Le Nouveau Courrier N°167 du 31 Décembre 2010 par Joseph Titl, une correspondance particulière


En immersion dans la République hôtelière du Golf, les journalistes français de Paris Match qui ont accompagné leur Ambassadeur dans sa tournée de ravitaillement, nous livrent quelques croustillances locales. Par exemple, la peur de Ouattara d'être pris en photo, certainement parce qu'il est physiquement amaigri, la tournée de popote quasi quotidienne de l'Ambassadeur français elle-même, la confrontation religieuse qu'espère l'Elysée en faisant de la garde rapprochée de Ouattara une affaire de militaires français exclusivement musulmans et l'équation Gbagbo qui n'est plus aussi simple que l'imaginait Sarkozy...


Ya bien une vie à l'hôtel du Golf, même s'il ne faut pas compter sur des journalistes français pour en montrer toutes les vicissitudes. Cela dit, au détour de quelques mièvreries, on s'aperçoit bien vite que ses «habitants», ouvriers de la douzième heure partis, pour l a plupart, à la rencontre de lendemains qui chantent, sont tous aujourd'hui à bout des nerfs. Même Alassane Ouattara, qui cristallise toutes ces illusions, refuse désormais de se faire photographier, sans doute plus amaigri que lors de ses premières sorties, aux lendemains de la proclamation d e la victoire de Laurent Gbagbo. C'est une posture «humiliante», écrit Paris Match qui explique que le président du RDR veut dorénavant se faire photographier au palais présidentiel. Cela dit, le reportage décrit assez aisément les conditions dans lesquelles reçoit Henri Konan Bédié : une chambre faisant office de salon, avec un petit poste qui diffuse France 24, indéfectible lien avec la communauté internationale. Mais malgré le soutien de celle-ci, impossible de bien dormir à l'hôtel du Golf. «La nuit, ils nous disent : on va vous bombarder au mortier à 4 heures du matin. Ils (les FDS, ndlr) veulent nous faire craquer, mais ils n'y arriveront pas», rapporte les envoyés de Paris Match, citant un obscur fonctionnaire du gouvernement virtuel de Ouattara.

Mais il n'ya pas que les gens tétanisés et irrités, de même que Guillaume Soro, sorti très affaibli du cuisant échec de la prise manquée de la Rti avec ses soldats d'opérette, eux qui jouaient jusque-là les matamores devant les cameras des télévisions occidentales, ou encore la vision pathétique de la tente servant de salle de conseil des ministres dans la cour de l'hôtel du Golf et où, fort probablement, Ouattara doit avoir signé la kyrielle de décrets de nomination, jusque-là sans conséquence sur la vie nationale. Il y a surtout ce qu'il en reste d'illusions, de complotite et du grand rêve françafricain de Jean-Marc Simon, l'Ambassadeur de France que ses compatriotes présentent avec une grande tranquillité mêlée de dévotion patriotique comme un barbouze qui a voué trente longues années de sa vie africaine à faire des coups tordus à N'Djamena, à Libreville, à Bangui, Kinshasa... qui sont autant de terres de guerres ou d'émeutes. C'est lui le nouvel intendant des rebelles du Golf. Prévenant, il leur prépare même des cartons de hallal, la viande qui répond aux caractéristiques musulmanes, pace que pour protéger Ouattara, Jean- Marc Simon veut proclamer la guerre sainte à Gbagbo en choisissant des militaires français exclusivement musulmans. Il leur sert aussi du thé, du riz et, qui sait, les dernières positions des loyalistes puisque c'est par les airs qu'il fait désormais ses randonnées quotidiennes après s'être fait une belle frayeur ce jeudi de la prise avortée de la Rti. Pour les journalistes de Paris Match, la France a donc choisi son camp, ce qui n'a rien d'un scoop mais, au moins, c'est le principe de l'exemplarité démocratique qui devient dans la bouche de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, une simple forfaiture, sans doute une de plus.


Du rêve à la réalité

Mais entre ses rêves et la réalité, la France sait désormais qu'il ya un monde et que « l'opération faire partir Gbagbo» n'est plus aussi simple que cela, en raison de la mobilisation populaire. «Ce sont des patriotes, des jeunes désœuvrés, souvent payés pour manifester, qui risquent de s'opposer aux casques bleus», craignent les français. «Comment empêcher 5000 personnes désarmées, de pénétrer dans l'hôtel, ou comment le ravitailler (Ouattara, ndlr) s'ils se couchent sur la route en travers des blindés de l'ONU ?», se triture par ailleurs les méninges un diplomate français, cité par Paris Match. Conséquence, la France pronostique désormais ouvertement l'enlisement de la crise en rais on de la stratégie d'évitement que Laurent Gbagbo use à merveille. En effet, là où les Français l'attendaient sur le terrain de la confrontation directe avec les casques bleus, Gbagbo a répondu à ses partisans qui voulaient en découdre «qu'ils s'en iront par voie diplomatique». «Après quarante huit heures d'hésitation, Il (Gbagbo, ndlr) semble vouloir éviter l'affrontement direct avec les casques bleus, qui risquerait d'entraîner une riposte frontale de la communauté internationale, en premier lieu des troupes françaises. Cette fois-ci, elles ne s'arrêteront pas aux grilles de la présidence», espérait Jean- Marc Simon. En pure perte. Bref, passés les rodomontades, les coups de semonce médiatico-égotiques et la quasi unanimité internationale des premiers jours, Paris n'a plus une stratégie crédible et espère que Gbagbo va se pousser à la faute tout seul. Certes la CEDEAO est encore à la manette, mais à vouloir lui confier, à lui tout seul, le sale boulot, la CEDEAO s'en retrouve déjà complètement décrédibilisée, étant elle même un foyer de putschistes à peine reconvertis.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

CI : DUMAS ET VERGES DENONCENT LE MENSONGE GROSSIER DE LA PRESSE ET DES AUTORITES FRANÇAISES



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Après leur visite à Abidjan : Dumas et Vergès : «Notre slogan, ce sera recomptons les voix»


In Le Nouveau Courrier N°168 du 03 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula.


Au terme de leur visite de quatre jours sur le territoire ivoirien, à l'invitation du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, l'ancien président du Conseil constitutionnel et ancien ministre des Affaires étrangères de la France, Roland Dumas, et l'avocat de renom Jaques Vergès ont pu se faire une opinion de la crise post-électorale.


«De retour en France, nous allons faire des conférences de presse, nous dirons la vérité au peuple français. Et nous sommes sûrs que l'entreprise actuelle du gouvernement français contre la Côte d'Ivoire est une entreprise criminelle qui doit être sanctionnée», a déclaré Jaques Vergès. Lui et son confrère Roland Dumas s'expliquent difficilement l'ingérence du gouvernement français dans une «affaire ivoiro-ivoirienne». «Il y a eu un contentieux électoral dans un pays souverain, ce que peut faire la France, c'est d'aider la Côte d'Ivoire à sortir pacifiquement de la crise et non de faire planer une menace de guerre. Le président Gbagbo a appelé les bonnes volontés à venir évaluer le contentieux, à recompter... Il faut saisir cette main tendue et non faire planer la menace de la guerre. Nous, nous pensons qu'il faut recompter. Notre slogan, ce sera recomptons les voix», ont noté Mes Vergès et Roland Dumas, qui estiment que si Alassane Ouattara pense qu'il a gagné régulièrement ce scrutin présidentiel, il devrait également adhérer à l'idée du recomptage des voix, sous le contrôle d'observateurs crédibles.

Mais en même temps, au regard de tous les rapports mis à leur dispositions, ces personnalités françaises ont conclu qu'il y a eu des «fraudes massives» dans les zones contrôlées par la rébellion. «Qu'est-ce qui s'est passé aux Etats-Unis que l'on prétend être le temple de la démocratie aux élections entre Al Gore et George Bush ?», a interrogé l'ancien président du Conseil constitutionnel français, avant de répondre lui-même qu'il y a eu tout simplement le recomptage des voix. «Personne ne s'est senti humilié aux Etats-Unis». Il ne comprend pas pourquoi Alassane Ouattara, retranché au Golf Hôtel, refuse le recomptage des voix. «Pourquoi une partie dit oui et l'autre dit non ? C'est déjà très suspect», a déclaré Roland Dumas, rappelant que c'est une question de bon sens. «Celui qui refuse qu'on recompte les voix, c'est que sa majorité n'existe pas», a ajouté Jaques Vergès, qui s'explique difficilement le fait que Laurent Gbagbo qu'on dit minoritaire circule librement, dans le peuple, et qu'Alassane qui est présenté comme majoritaire reste cloitré dans un Hôtel à Abidjan.

Jacques Vergès et Roland Dumas, estiment que Gbagbo est combattu parce qu'il refuse de faire partie du cercle des camarades, des présidents africains corrompus. Ils ont rappelé qu'en Afrique, des pays, tels que l'Angola, le Ghana, l'Afrique du Sud, l'Algérie..., ne sont pas d'accord avec la campagne anti-Gbagbo qui est menée touts-azimuts par le gouvernement français.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

NOUVEL AN 2011 - LAURENT GBAGBO: UN DISCOURS DE VERITE ET UN APPEL A LA MOBILISATION AUTOUR DE LA CI



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Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire.


L'année 2010 s'achève ce soir. Je souhaite à notre pays, la Côte d'Ivoire, de passer de bonnes fêtes de fin d'année. Dans la paix. Je souhaite à chacun et à chacune de vous, une très bonne et heureuse année 2011.


Je pense à tous ceux qui sont tombés au cours des événements de ces derniers jours. Les familles de nos Forces de défense et de sécurité, tombées au champ d'honneur. Tous ceux qui ont perdu un être cher dans les violences post-électorales. Les blessés et tous ceux qui ont perdu des biens. Que Dieu donne à chacun le réconfort et le courage d'aller de l'avant.


Pour sa part, l'Etat mettra tout en œuvre pour que les crimes ne restent pas impunis. J'ai décidé de la création d'une commission chargée de faire le bilan des violences post-électorales. Elle établira un rapport aussi détaillé que possible sur les violations des Droits de l'Homme sur l'ensemble du territoire national, avant, pendant et après le scrutin. Cette commission sera composée de femmes et d'hommes de grande compétence et de bonne volonté, Ivoiriens et non Ivoiriens, soucieux avant tout d'établir la vérité des faits.


Nous devons comprendre comment, annoncée comme l'année des élections, l'année de la fin de la crise, 2010 se termine dans la perplexité. Pendant que les Ivoiriens subissent la violence d'une rébellion armée à l'intérieur, ils font l'objet d'une hostilité internationale à l'extérieur, depuis la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010.


Cela est injuste. Nous nous interrogeons sur les raisons de l'attitude de la communauté internationale à notre égard; une attitude que l'on n'a observée nulle part ailleurs auparavant dans une crise politique interne à un Etat. Je rappelle que nous avons voulu cette élection. Sincèrement. Nous l'avons voulue pour nous-mêmes. Pour la paix dans notre pays, par la démocratie. Personne ne nous y a contraints. Malgré la guerre, malgré un contexte économique national fragilisé par l'occupation d'une partie du territoire par la rébellion armée, nous avons consenti tous les sacrifices pour réunir les conditions politiques et financières à l'organisation du scrutin.


Au plan politique, nous avons fait tous les compromis imaginables.
- Pour mettre la rébellion en confiance, nous avons accédé à toutes ses exigences contenues, notamment, dans l'Accord de Marcoussis, signé sous l'égide de la France, en 2003 ;
- Afin d'impliquer toute la classe politique dans le processus de paix, après la signature de l'accord de Pretoria en 2005, j'ai pris la décision, en application de l'article 48 de la Constitution, d'autoriser toutes les candidatures à l'élection présidentielle.
- Face aux difficultés d'application des accords précédents, j'ai initié et placé sous la facilitation du Président Blaise Compaoré, alors président en exercice de la Cedeao, le Dialogue direct inter-ivoirien. Ce dialogue a débouché sur l'Accord politique de Ouagadougou. J'ai appliqué tous les points mis à ma charge dans cet accord :
- Le chef de la rébellion armée a été nommé Premier ministre ;
- Les combattants du mouvement rebelle ont obtenu un statut militaire avec tous les avantages correspondant aux différents grades dans l'armée régulière.


La seule contrepartie attendue de ces mesures était le désarmement de la rébellion. Mais la rébellion n'a pas désarmé. Nous sommes allés aux élections avec des rebelles armés dans les zones Centre, Nord et Ouest du pays.
Au plan financier, l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire restera certainement parmi les plus chères au monde. Il y a eu d'abord les opérations pré-électorales, c'est-à-dire le recensement des populations, l'enrôlement électoral, l'établissement de la liste électorale, la confection des cartes nationales d'identité et des cartes d'électeurs, la sécurisation du processus, l'acquisition du matériel électoral, etc. Il y a eu ensuite les opérations électorales proprement dites, allant du déploiement du personnel électoral, à la sécurisation du scrutin ; de la confection des supports électoraux à la collecte des résultats.


Ces opérations ont duré trois ans; de 2007 à 2010. Elles ont coûté 261 milliards. Sur cette somme, l'Etat de Côte d'Ivoire a payé 242 milliards, soit 93%.
Nous avons consenti ces sacrifices politiques et financiers, pour rester maîtres de notre destin. C'était le prix à payer pour que personne ne nous impose ses choix de l'extérieur.


Nous n'avons pas organisé cette élection pour satisfaire une attente extérieure à la Côte d'Ivoire. Nous avons organisé cette élection pour choisir librement et en toute souveraineté, celui qui va diriger la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années.
Le 31 octobre et le 28 novembre 2010, les Ivoiriens se sont exprimés par le vote démocratique. Selon la Constitution et la loi électorale, la Commission électorale indépendante (Cei), organise les élections et en proclame les résultats provisoires. Il revient au Conseil constitutionnel et à lui seul, de proclamer les résultats définitifs de l'élection présidentielle. Les seuls résultats légaux de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire sont ceux que le Conseil constitutionnel a proclamés. Le seul Président de la République de Côte d'Ivoire, est celui que le Conseil constitutionnel a désigné.

Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire ;


L'élection présidentielle est terminée. Le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats. Sa décision est irrévocable.
J'observe cependant, comme vous, l'attitude de mon adversaire, qui s'est volontairement retranché à l'hôtel du Golf. J'observe, comme vous, l'attitude de l'Organisation des Nations unies (Onu) et de quelques pays puissants du monde. J'observe, comme vous, l'attitude de quelques chefs d'Etat africains proches ou lointains.


Ne nous y trompons pas. Ne nous laissons pas abuser par le prestige des mots. Il s'agit d'une tentative de coup d'Etat menée sous la bannière de la «communauté internationale». Cette action est destinée à installer, par la force s'il le faut, à la tête de ce pays, un homme que les Ivoiriens n'ont pas choisi dans les urnes. Car mon adversaire a été régulièrement battu à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Je refuse la politique de la terre brûlée. Nul n'a le droit d'appeler des armées étrangères à envahir son pays. Notre premier devoir envers la patrie, c'est de la défendre contre les attaques extérieures, et non de la livrer à ceux qui veulent la soumettre. Alors, comme hier en 2002, je suis là où les Ivoiriens m'ont placé par leur vote. Nous n'allons pas céder. Je le répète : Mon adversaire n'a pas gagné. Le décompte des voix le donne perdant. Le Conseil constitutionnel le donne perdant. Quant à la Cei, elle n'a jamais proclamé de résultats. La question aujourd'hui, n'est pas de savoir qui a gagné l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Elle est de savoir ce qui motive l'attitude de mon adversaire et de ses soutiens extérieurs. Tout se passe comme s'ils savent des choses que nous autres Ivoiriens, nous ignorons, concernant le déroulement du scrutin et les procédures de proclamation des résultats. C'est pourquoi je propose un comité d'évaluation destiné à connaître des faits et à établir la vérité sur le déroulement des élections en Côte d'Ivoire. J'ai confiance. La vérité finira par triompher. Nous avons le droit et la vérité avec nous. C'est pourquoi, nous avançons. Passés les premiers moments, marqués par la passion, les esprits se calment. En Afrique comme ailleurs, l'appel au dialogue est entendu. A la suite de la Cedeao qui vient de dépêcher trois chefs d'Etat, l'Union africaine a désigné le Premier ministre Kenyan, pour diriger une mission de suivi de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire.


Ce soir, à la veille du nouvel an, je voudrais à nouveau lancer un appel solennel à toutes les personnalités qui se trouvent encore à l'Hôtel du Golf. Je leur demande de rentrer chez elles.
Le temps de la guerre est passé. C'est maintenant le temps du dialogue. Donnons-nous la main et formons autour de notre chère patrie, la Côte d'Ivoire, une chaîne de solidarité et d'amour. C'est mon vœu le plus cher au seuil de la nouvelle année. Bonne et heureuse année 2011 à tous les Ivoiriens et à toutes les Ivoiriennes !


Que la nouvelle année qui commence soit une année de paix et de prospérité pour chacun et chacune de nous ! Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !



Laurent Gbagbo


Président de la République de Côte d'Ivoire

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (3)

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Libations : 1960 - 2010. Cinquante ans d'exploitation, de stagnation, de dépit, de régression, de pauvreté, d'injustices, de violence. Et pourtant ! Douze chefs d'Etat africains se sont rendus docilement en France pour répondre à la convocation élyséenne les sommant de célébrer le cinquantenaire de leurs «indépendances» à Paris le 14 juillet 2010. Il s'agit des béninois Thomas Yayi Boni, burkinabe Blaise Compaoré, camerounais Paul Biya, centrafricain François Bozizé, congolais Denis Sassou Nguesso, gabonais Ali Bongo, malien Amadou Toumani Touré, mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz, nigérien Djibo Salou, sénégalais Abdoulaye Wade, tchadien Idriss Déby et togolais Faure Gnassimbe. Tels des toutous, ils se sont agglutinés autour des 165 centimètres - talonnettes incluses - du président français, la queue frétillante et la langue pendante au moindre regard blasé que daignait leur jeter leur maître Sarkozy! Leur empressement faisait peine à voir, la palme revenant au général-putschiste nigérien, qui semblait prêt à tout pour échanger son poste de chef d'Etat en Afrique contre celui de chauffeur à l'Elysée. Le rassemblement de la honte. Le seul à avoir refusé de participer à cette insultante et pitoyable mascarade est le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui est également le seul à conduire une lutte de libération pour s'émanciper du joug néo colonial français. D'où l'ire inextinguible du sieur Sarkozy, prêt à user de tous les moyens pour anéantir cet homme africain qui ose entrer dans l'Histoire, qui ose s'élancer vers l'avenir, qui ose avoir l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin, pour reprendre les termes de son ignominieux discours de Dakar. D'où l'aversion de ses pairs, dont l'attitude veule et aplaventriste contraste de façon frappante avec la posture combattante de Laurent Gbagbo, qui a décidé qu'il était grand temps que la Côte d'Ivoire écrive enfin sa propre Histoire. Ceci explique sans aucun doute le comportement vindicatif et jubilatoire de la plupart des festoyeurs parisiens dans la gestion de la crise ivoirienne. Mais rira bien qui rira le dernier. Parce que ce qui arrive à Laurent Gbagbo aujourd'hui est un précédent qui, s'il n'y est pas fait échec, fera date et pourra se répéter à l'infini, partout où la France jugera nécessaire de procéder à un changement de régime en Afrique sans se salir les mains ni dépenser des sommes colossales.

Médias : La composante médiatique de la guerre menée par la France et ses alliés contre la Côte d'Ivoire est sans doute l'une des plus notables. C'est dans un bel ensemble que les médias français se sont accordés pour lancer l'une des plus grandes campagnes de désinformation de tous les temps. Haro sur Gbagbo ! Suivis par leurs consœurs anglo-saxonnes (BBC, CNN, VOA etc.), nourries des dépêches fallacieuses de Reuters, Afp et Ap, relayées par une presse unanimement aux ordres (Le Figaro, L'Express, Le Monde, Libération, Jeune Afrique etc.), les radios et télévisions France 24, France 2, Tf1, TV5, i-télé, Lci, Rfi ont sonné ce qu'elles pensaient être le hallali final de la renaissance ivoirienne. Elles ne se contenteront pas d'annoncer en primeur au monde «la victoire d'Alassane Ouattara» à l'élection présidentielle sur la base d'un résultat ânonné hors-délai, hors-norme et hors forme, non pas par la Commission électorale indépendante, mais par son seul président, Youssouf Bakayoko, amené au quartier général du soi-disant vainqueur par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, alors que le professeur Yao N'Dré, président de la plus haute juridiction ivoirienne, avait depuis belle lurette déclaré ladite CEI forclose, conformément aux textes en vigueur en Côte d'Ivoire. Elles dresseront des portraits diffamants du président élu proclamé par le Conseil constitutionnel (seule instance habilitée à le faire, selon la Loi fondamentale ivoirienne), Laurent Gbagbo. Elles créeront de toutes pièces des informations anxiogènes relatives à des assassinats en série, des escadrons de la mort, des charniers dont l'existence est aussi réelle que les armes de destruction massive brandies comme prétexte par George Bush pour justifier l'invasion de l'Irak. Une mention particulière doit être faite ici à Onuci-FM, la radio onusienne qui émet depuis Abidjan et s'attèle avec une célérité ahurissante à surclasser la très funeste Radio Mille Collines rwandaise comme instrument de préparation et de propagation de desseins génocidaires. Cependant, comme Astérix face aux Romains, la Radio télévision ivoirienne (Rti) résiste à l'armada médiatique occidentale. Et d'une façon tellement efficace que l'Etat français se sentira contraint de procéder au brouillage du signal de la Rti sur le bouquet de Canal+ Horizons, afin d'empêcher les téléspectateurs et auditeurs du monde entier de voir leur grotesques mensonges démontés soir après soir depuis un petit studio de Cocody, à Abidjan. Ce n'est pas un hasard si l'une des premières actions du tandem Ouattara/Soro a été d'appeler leurs supporters à une marche insurrectionnelle visant à installer leurs obligés à la tête de la Rti. C'est n'est pas par hasard que Pierre Brou Amessan, l'actuel directeur général de la Rti, se trouve sur la liste des «sanctionnés» de l'Union européenne. Il est en effet, avec les militaires loyalistes qui se battent tous les jours pour assurer la sécurité des Ivoiriens et de leurs institutions, l'un des plus vaillants soldats de la lutte contre la recolonisation française de l'Afrique, au même titre que l'armée de petites mains anonymes qui, dans un élan sans pareil de civisme et de panafricanisme, a envahi le web pour gagner la bataille d'Internet. Cette crise nous aura appris deux leçons : d'abord, l'urgence de ne jamais être dépendants d'opérateurs européens en matière de communication. Etre présents sur le bouquet de Canal+ est une chose, mais il faut également signer des accords de diffusion avec le sud-africain Multichoice/Dstv et privilégier l'option d'hébergement de notre signal sur des satellites asiatiques plutôt qu'américains ou européens. Et ensuite, la nécessité d'investir dans la création d'une vraie chaine africaine d'information, selon le modèle de la qatari Al Jazeera. Celle-ci ne saurait bien évidemment être crédible que si, d'une part, son siège et ses installations techniques se trouvent sur le continent noir et non en Occident comme cela est le cas pour toutes les chaines qui prétendent jouer ce rôle aujourd'hui (Africa 24, Vox Africa, Africable, Télésud etc.), et si, d'autre part, elle exclue tout financement étranger ou toute participation des institutions financières internationales.

Négriers : «Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le nègre met au cou du nègre pour complaire aux maîtres du jour», écrivait Bernard Dadié. Il est affligeant de voir que, du temps de l'esclavage à nos jours, la mentalité de «collaborateur zélé» de l'oppresseur demeure une constante chez beaucoup de ceux qui se trouvent, par hasard, manipulation ou putsch, à la tête des Etats africains ! Ainsi donc, certains chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique et douanière des états de l'Afrique de l'Ouest) ont osé menacer le président Laurent Gbagbo d'une intervention militaire s'il ne cédait pas le pouvoir au pantin désigné par le président français Nicolas Sarkozy ! Certes, mieux vaut entendre cela que d'être sourde, mais quand même ! De qui est-il question ? Blaise Compaoré, assassin dont les mains dégoulinent encore du sang de Thomas Sankara ; Faure Gnassimbe, dont le violent et grotesque hold-up électoral a eu lieu en mondovision ; Abdoulaye Wade, sénile gériatre s'acharnant à donner libre cours à sa volonté népotique de transmettre le pouvoir à son fils, par ailleurs déculotté jusque dans son propre bureau de vote lors des élections municipales de mars 2009 à Dakar ; Thomas Yayi Boni, économiste ayant protégé avec bienveillance les auteurs du détournement de plus de 150 millions d'euros des petits épargnants béninois ; Ellen Johnson-Sirleaf, officiellement mise en cause comme financière de la guerre civile libérienne par la Truth and Reconciliation Commission, chargée d'enquêter sur les crimes commis de 1979 à 2003, qui a exigé à son endroit une interdiction d'occuper un poste officiel pendant les 30 prochaines années ; ou, last but not least, Goodluck Jonathan, président non élu du Nigéria, incapable à ce jour de gérer les sanglants problèmes ethniques et religieux du pays qu'il gouverne ni de s'assurer la nomination de son parti pour les prochaines élections présidentielles prévues le 9 avril 2011. Que dire du bedonnant et patibulaire Ali Bongo, venu mettre sa bouche dans un palabre qui ne le concerne pas, usurpateur de la présidence du Gabon -selon les déclarations des auteurs mêmes de la fraude électorale, les services secrets et la cellule africaine de l'Elysée-, et dont le principal souci est de faire «tout ce qui est en mon pouvoir pour servir les intérêts de la Franc-maçonnerie en général et de cette grande loge [la loge nationale du Gabon, ndlr] en particulier? » Quel bel assortiment de justiciers donneurs de leçon ! Yako, Afrique !

Obama : 4 novembre 2008. Le monde retient son souffle. Puis une onde de choc secoue la planète. Barack Hussein Obama est le premier noir élu président des Etats-Unis. Une indicible joie traverse l'Afrique, comme si l'élection d'Obama était un peu la notre, la réalisation du rêve de Martin Luther King, l'aboutissement du combat de Malcolm X et la revanche pour des siècles de traite des Nègres et d'esclavage. A peine deux années plus tard, le réveil est brutal. Celui sur lequel le monde en général, et le monde noir en particulier, avait fondé tant d'espoirs, s'est révélé être une coquille vide. «Les Etats-Unis ont abandonné l'idée d'obtenir le gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie». Cette phrase terrible enterre aussi bien les espérances de millions de Palestiniens qu'elle entérine la faillite morale et politique de l'administration Obama. Quelle désillusion ! Incapable de faire la paix là où cela est nécessaire, impatient de faire la guerre où il ne faut pas, se trompant de combat avec une belle régularité : Quel drôle de prix Nobel de la paix ! En juillet 2009, lors de son premier voyage sur la terre de ses ancêtres depuis son élection, l'homme lançait à Accra : «L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, elle a besoin d'institutions fortes».  Il n'aura pas attendu longtemps avant de renier cette belle harangue, puisqu'en décembre 2010, il s'alignera sur Nicolas Sarkozy pour tenter de tordre le coup aux Institutions ivoiriennes afin de légitimer un coup d'Etat électoral au profit d'un homme plus réceptif aux enjeux géostratégiques occidentaux que Laurent Gbagbo. Barack Obama n'est rien d'autre qu'un président américain comme un autre. Capable de mener les guerres les plus injustes sous les prétextes les plus fallacieux pour sécuriser les intérêts économiques des Etats-Unis, et Dieu sait si les immenses gisements de pétrole au large des côtes ivoiro-ghanéennes sont diablement alléchants. En 1953, Dwight D. Eisenhower participait au renversement de Mossadegh en Iran pour s'approprier le pétrole iranien ; en 2003, George W. Bush envahissait l'Irak pour mettre la main sur le pétrole irakien ; en 2010, Barack Obama s'associe à Nicolas Sarkozy pour tenter de rafler le pétrole ivoirien en complotant pour renverser le président Gbagbo. Il est temps de faire savoir à ces Laurel et Hardy de la politique que leur funeste projet n'aboutira pas, tout simplement parce que la courageuse résistance ivoirienne, soutenue par les peuples dignes d'Afrique, y fera barrage. Yes we can !

Patriotisme : La résistance ivoirienne est historiquement née lorsque des millions d'Eburnéens sont descendus dans les rues du pays pour empêcher le général-putschiste Robert Guéi de voler la victoire de l'outsider Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle de 2000. Guéi accepta l'inéluctabilité de sa défaite avant que le Conseil constitutionnel ne la confirme, quand, survolant Abidjan en hélicoptère, il  constata la densité de la marée humaine qui avait envahi les artères de la ville. Mais le mouvement patriotique prendra toute son ampleur à partir de 2002, quand Alassane Dramane Ouattara, qui avait déjà financé le renversement d'Henri Konan Bédié par le général Guéi, mais s'était retrouvé sur la touche lorsque ce dernier refusa de lui céder le fauteuil présidentiel comme convenu initialement, décidera de tenter un autre coup d'Etat en s'appuyant cette fois sur de jeunes soldats aidés par des assaillants burkinabés, maliens et libériens. C'est grâce à l'amour inconditionnel des citoyens ivoiriens pour leur patrie que les plans machiavéliques de Ouattara et de ses donneurs d'ordre occidentaux ont pu être contrés. Les patriotes ont défendu la Nation quand le groupe de travail international (GTI), sous la houlette de la villepiniste Brigitte Girardin, s'était mis en tête de dissoudre l'une des institutions fondamentales de la République, l'Assemblée nationale, dont le président était alors perçu comme étant l'homme le plus anti-français d'Afrique de l'ouest. Ils sont morts en faisant barrage aux chars français qui faisaient route vers la résidence du chef de l'Etat ivoirien pour l'assassiner ; ils sont morts transpercés par les balles des soldats de Licorne tirant sur eux depuis l'hôtel Ivoire ; ils sont morts explosés et brûlés par les bombardements des ponts d'Abidjan par l'aviation gauloise ; ils sont morts déchiquetés par les coups de machettes et les tirs de kalachnikovs des barbares rebelles à la solde de Ouattara... Et pourtant, si l'on s'en réfère aux médias internationaux, les patriotes ivoiriens sont une bande de jeunes voyous assoiffés de sang et de violence ! Cherchez l'erreur. L'élan patriotique s'était quelque peu effrité ces dernières années. Difficile de rester mobilisés, quand l'une des figures emblématiques du mouvement, Charles Blé Goudé, passait son temps à faire du porte à porte pour demander aux populations d'accepter Guillaume Soro comme premier ministre de Laurent Gbagbo ou à aller en boîte de nuit avec le plus sanguinaire chef de guerre de Côte d'Ivoire, le lugubre Wattao. Cependant, grâce à l'inacceptable, la révoltante et l'humiliante ingérence étrangère faisant suite à la tentative avortée de hold-up électoral par le «serial loser» Ouattara en décembre 2010, la flamme patriotique s'est rallumée, plus vivace que jamais, et pas seulement en Côte d'Ivoire, comme les prouvent les manifestations et marches de soutien au président Gbagbo organisées à travers toute l'Europe. En 2008, le peuple américain n'élisait pas en Barack Obama le président de l'Afrique. De la même façon, en 2010, le peuple ivoirien n'a pas élu en Laurent Gbagbo le président de l'Occident. «Salut ô terre d'espérance, pays de l'hospitalité, tes légions remplies de vaillance ont relevé ta dignité.» Oui, les fiers Ivoiriens ont répondu, répondent et répondront toujours à l'appel de la Nation, nonobstant les incantations de ceux qui, depuis des décennies, se développent sur le dos de la Côte d'Ivoire. Il y a encore beaucoup d'actes patriotiques à poser. Dératiser l'hôtel du Golf. Chasser de notre territoire les tueurs de la force Licorne et de l'Onuci. Rompre quelques relations. Expulser quelques ambassadeurs. Refouler  hors de nos frontières tout titulaire d'un visa, carte consulaire ou passeport émis par des individus nommés par Alassane Dramane Ouattara. Déchirer solennellement le Pacte colonial. Créer une monnaie ivoirienne. Rebaptiser du nom de figures africaines, afro-américaines et afro-caribéennes les rues, ponts et boulevards encore dotés de patronymes coloniaux. Renationaliser quelques sociétés. Instaurer des quotas pour les expatriés et imposer un transfert de compétences aux ressources humaines locales dans un temps déterminé et non négociable... «Tes fils chère Côte d'Ivoire, fiers artisans de ta grandeur, tous rassemblés pour ta gloire, te bâtiront dans le bonheur».


A suivre sur http://saoti.over-blog.com


En attendant, je vous souhaite une heureuse année 2011. Qu'elle apporte la paix et l'émancipation du joug colonial qui tente de stranguler la Côte d'Ivoire.


Mahalia Nteby

JEAN-PIERRE OURIGOU : « ALASSANE OUATTARA DOIT SE PLIER ET RECONNAITRE SA DEFAITE »

 

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Entretien avec M. Jean-Pierre Ourigou, Représentant Adjoint du FPI aux USA, Chargé du Tri-State.


Selon vous quelle est l'origine de la crise actuelle en Côte d'Ivoire?

Selon ma lecture la crise postélectorale actuelle est due au fait que certains acteurs de la sortie de crise n'ont pas voulu respecter et continuent de refuser les lois en vigueur, en matière d'élection en Côte d'Ivoire. La Commission électorale Indépendante organise les élections et doit proclamer les résultats provisoires dans un délai bien précis de 72h. C'est parce que la CEI n'a pas respecter ce délai que nous avons plongé dans la crise.

On a parlé de forclusion de la CEI à un moment, qu'en est-il ?

Effectivement quand la CEI a su qu'elle ne pouvait plus donner les résultats provisoires dans les délais de 72h, c'est elle-même qui a transmis les dossiers de délibérations à l'instance supérieure qui est le Conseil Constitutionnel pour que celle-ci se saisissent du dossier aux fins de proclamer les résultats définitifs. Donc c'est la CEI même qui, reconnaissant ses limites, a passé le relais au Conseil Constitutionnel, reconnu par tous et conformément à la constitution. Et cette Cours Constitutionnelle a proclamé valablement les résultats définitifs. Malheureusement il y a une organisation extérieure à la Côte d'Ivoire qui se plait à dire que les résultats donnés par le Conseil Constitutionnel ne sont pas valables. Cela est impardonnable dans un pays souverain. La communauté internationale par le fait de M. JY Choi, chef de l'Onuci, a pris fait et cause pour des résultats provisoires hors délais, hors temps et hors lieu prononcé par la CEI, des résultats qui sont contraires à ceux donnés par le Conseil Constitutionnel. C'est ça le problème.

La communauté internationale se base sur les résultats donnés par la CEI et certifiés par l'Onuci...

Mais est ce qu'au moment où la CEI proclamait ces résultats elle en avait la compétence? Le délai de la CEI pour proclamer les résultats provisoires étaient déjà dépassé. Juridiquement elle n'avait plus aucune compétence sur ce plan.

Au premier tour nous étions sensiblement dans le même cas...

Non, justement, au premier tour, La CEI a dû écrire au Conseil Constitutionnel pour aménager ce délai et cela été fait d'accord partie.

Plusieurs personnes ont remis en cause la façon de procéder du Conseil Constitutionnel ?

Mais qui sont-ils, qui sont ces personnes...qui sont-ils... ?

Certains opposants, tel que le RHDP...

Oui mais, que reprochent-ils au Conseil Constitutionnel. Cette institution a agi légalement selon ces attributions. Quand le Conseil Constitutionnel délibère en leur faveur, il n'y a pas de problème. Et quand cette même institution délibère en leur défaveur, ils crient au loup. Où allons-nous alors ? La loi ne peut être à géométrie variable?

Les votes de plusieurs circonscriptions électorales ont été quand même annulés ?

Oui mais c'est parce qu'il y a eu fraude là-bas. Il y a eu fraude massive. Le Conseil Constitutionnel a agi en connaissance de cause. C'est parce qu'il ya eu des fraudes avérées. Et ces fraudes ont été confirmées par plusieurs observateurs qui ont suivi les élections. Le Conseil Constitutionnel n'a rien inventé, Il y a bel et bien eu des fraudes, surtout qu'elle s'est appuyée sur les procès-verbaux.

Concernant les cas de fraudes et les troubles, plusieurs préfets ont démenti cela et ont soutenu le contraire...

Mais de quels préfets s'agit-il ? Dites moi dans quelle partie du processus électoral les préfets interviennent... Les préfets n'interviennent pas dans le processus et la dessus leur avis compte très peu, sinon ne compte pas du tout. D'ailleurs c'est comme l'avis de M. Choi sur la décision du Conseil Constitutionnel.

Avant d'en venir à M. Choi, la Constitution évoque la possibilité d'annuler toute l'élection et de la reprendre dans 45 jours. Qu'en dites-vous ?

Oui le Conseil Constitutionnel a la possibilité d'annuler les élections et de demander sa reprise. Mais il peut aussi ne pas choisir cette option. Ce n'est pas une obligation. Le Conseil a annulé les élections là où il a estimé qu'il y avait problème, donc on n'a pas besoin d'annuler toute l'élection. A supposer même qu'on annule toute l'élection, est-ce que les conditions requises pour pouvoir les reprendre seront remplies dans 45 jours. On revient donc au point de départ.

Pensez-vous que la certification ne doit pas être prise en compte ?

Je n'ai pas dit cela. Il faut fait la différence entre la certification et la validation. L'Onuci a plutôt pris la décision de valider que de certifier les élections, ce qui est différent. Son rôle est de certifier et non de valider. Certifier veut dire se prononcer sur le processus électoral, dire si oui ou non les différentes étapes de l'organisation des élections ont été suivies. C'est tout. Et non de dire que la décision d'un tel est valable et celle de l'autre ne l'est pas. Malheureusement c'est ce que M. Choi a fait. Ce n'est ni son rôle, ni sa mission. Il n'avait pas ce droit.

M. Choi n'avait pas le droit de se prononcer sur les résultats ?

L'Onuci dans son rôle devrait simplement se prononcer sur le processus et non sur le résultat des élections. En aucun cas. Absolument pas. M. Choi est sorti de son rôle en se prononçant sur les résultats. L'Onuci n'est pas une juridiction au dessus de nos lois. Que tout le monde le sache, les résolutions de l'Onu n'ont aucune autorité, aucune préséance sur les lois de la Côte d'Ivoire.

Que faut-il alors pour sortir de cette impasse ?

Il n'y a que la loi qui doit s'appliquer et c'est tout. Si Alassane Ouattara reconnait au Conseil Constitutionnel le pouvoir de valider sa candidature, alors qu'il s'aligne aussi sur la décision du Conseil qui a proclamé les résultats. Il suffit que M. Ouattara se plie à la décision du Conseil Constitutionnel, qui est sans recours, pour sortir de l'impasse. Le Cas de la Côte d'Ivoire n'est pas unique. Aux Etats-Unis on a vu le cas de Bush et Al Gore. La Cour suprême a tranché en faveur de George Bush et Al Gore s'est plié, il a reconnu sa défaite. Pourquoi Ouattara ne le ferait-il pas ?

Mais les positions restent toujours tranchées de part et d'autre...

Oui effectivement. Pour faciliter la détente le président Gbagbo a proposé en premier le dialogue et la négociation et aussi la mise en place d'une commission d'évaluation composée des différentes parties pour trouver une issue à la crise.

La Cedeao a brandi la menace de l'usage de la force pour sortir de la crise...

Si vous suivez bien, vous verrez que la Cedeao a reculé, elle a changé de position. Cela veut dire quelque part qu'il ya un ''os'' dans sa logique. Autrement dit, ce recul démontre diplomatiquement que c'est le Président Gbagbo qui a raison et que la vérité est de son côté.


Entretien réalisé par A. Norène


Source : LE TEMOIN

QUI EST PEDRO PIRES ?

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Dans sa livraison du jeudi 30 décembre 2010, Le Nouveau Réveil a commis un article « tendancieux » et désobligeant, à l'endroit du Commandant Pedro Pires, président de la République du Cap Vert. Dans un souci d'équité et pour une appréciation correcte des réalités, nous livrons aux lecteurs deux types d'informations. D'abord, quelques éléments de biographie, afin que soit apprécié au mieux le style (sobriété et honnêteté), la démarche (consensus par le dialogue) et la posture (l'objectivité par l'impartialité) du président Pedro Pires. Ensuite, quelques données sur la brillante réussite macro-économique et la remarquable stabilité politique (régime démocratique) de la jeune République du Cap Vert ; double succès universellement reconnu et qui constitue l'arrière-fond historique de l'implication diplomatique du Cap Vert dans la plus grande crise politique que traverse l'Afrique de l'ouest depuis 50 ans, le Cap Vert dont la présence au sein de la délégation augmente, de facto, les chances de succès de la médiation en cours.


Pedro de Verona Rodrigues Pires est né le 29 avril 1934, à São Filipe, commune-capitale de l'île de Fogo, une des dix îles de l'archipel du Cap Vert, de parents aisés. Il se signale, à Lisbonne, comme étudiant en chimie, à la fin des années 50, et, appelé sous le drapeau portugais, il y effectue son service militaire avec rang de sous-officier. Peu après, il déserte (1961), et avec d'autres indépendantistes, fuit la capitale de l'Empire pour rejoindre Amilcar Cabral dans les maquis de la Guinée-Bissau, et participer, ainsi, à la Guerre du peuple, que le grand politologue français Gérard Challiand a qualifié comme « la guerre la plus juste et la plus rationnelle du XXe siècle » et que Polybe eut qualifié de guerre humaniste[1]. Pedro Pires devient commandant de front, mais se fait surtout remarquer par ses qualités de grand diplomate et d'habile négociateur. Amilcar Cabral en tire aussitôt le meilleur usage pour la lutte, au plan diplomatique. Étudiant, militaire, puis « militant armé » (comme Cabral définissait les membres de son parti engagé au front) et diplomate, Pedro Pires foulera le sol ivoirien en 1963-64, en mission clandestine à Abidjan et logera dans un hôtel situé sur l'actuel Bd Giscard d'Estaing non loin du Palais des Sports. C'est à lui que Cabral confiera la délicate tâche de préparer le déclenchement de la lutte armée dans les Îles du Cap Vert. Le projet ne vit pas le jour, en raison des conditions spécifiques de l'archipel. En tous les cas, au terme des succès militaires et diplomatiques du PAIGC[2], il sera désigné chef de la délégation du PAIGC habilité à aller conclure, avec la nouvelle deuxième République portugaise née du coup d'Etat du 25 avril 1974 (Révolution des Œillets), le fameux « Accord d'Alger » (26 août 1974) qui reconnaît l'Indépendance (de fait) de la Guinée-Bissau et l'Autodétermination du Cap Vert, sous l'égide exclusive du PAIGC. Pedro Pires sera le « premier » Premier ministre du Cap vert, de 1975 (proclamation de l'indépendance, le 5 juillet) à janvier 1991 (première alternance démocratique au Cap Vert en pleine Guerre du Golf) et deviendra alors membre de l'opposition, jusqu'aux élections présidentielles de Mars 2001 qui le désigneront président de la République, fonction qu'il occupe depuis et quittera bientôt (2011), après un second quinquennat (mandat).

Beaucoup l'ignorent, mais au 18ème siècle, l'autorité ecclésiale du Cap Vert s'étendait jusqu'en Côte d'Ivoire. Les relations entre les deux pays sont donc anciennes. Elles se développeront, par la suite, avec l'immigration capverdienne des années 1940 en Côte d'Ivoire, avec l'arrivée d'une première vague d'artisans capverdiens. Mais c'est surtout la lutte armée de libération nationale de Cabral qui renforcera les liens entre l'archipel du Cap Vert et la Côte d'Ivoire, qui aidera financièrement et diplomatiquement la lutte d'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert. En s'impliquant donc, Pedro Pires paie une dette ancienne au pays d'Houphouët-Boigny. Et le Cap Vert, qui se range parmi les pays les moins intéressés à la déstabilisation de la Côte d'Ivoire, le fait avec le sérieux et la neutralité de sa diplomatie qui sied à sa tradition républicaine dans la conduite de ce difficile dossier. Le Nouveau Réveil ne fait pas dans la nuance, mais par simple ignorance des faits. Un exemple : la composition de la délégation capverdienne en Cote d'Ivoire. Tout observateur attentif aura remarqué que le Ministre des Affaires étrangères, José Brito, un capverdien qui - comme moi-même a grandi en Côte d'Ivoire - n'en faisait partie. Cela justement pour anticiper tout malentendu, tant la crise ivoirienne a rendu facile les accusations publiques. Pour qui sait lire ou est instruit des usages diplomatiques, c'est un grand signal de neutralité envoyé par le Cap Vert. Si tous les pays africains pouvaient s'inspirer de tels exemples. Ce seul indice devrait donc suffire. Mais le Nouveau Réveil ne sait pas lire les nuances, aussi voudrais-je apporter quelques données macro-économiques et sur la vie démocratique au Cap Vert, pour indiquer que c'est un démocrate qui vient à Abidjan. En 2008, sortant du statut des Pays les Moins Avancés (PMA), l'Organisation des Nations Unies à classé le Cap Vert comme Pays à Revenu Intermédiaire (PRI), au regard de ses performances macro-économiques qui sont le résultat d'une stabilité politique et d'un plan de développement cohérent. En effet, depuis l'Indépendance (1975), le PIB a été multiplié par quatre, la pauvreté a reculé de 70% à 25%, la scolarisation a atteint un niveau très élevé. Pour toutes ces données, les lecteurs peuvent se reporter au Document de Stratégie-Pays 2009-2012 BAD, République du Cap Vert[3]. Cette ascension historique repose sur un ressort particulier : la constante recherche du consensus national[4] de la classe politique capverdienne, qui fait que lors des deux dernières présidentielles Pedro Pires l'a remporté sur son adversaire Carlos Veiga, en 2001, avec 12 (douze) voix d'écart, et, en 2006, avec 3200 (trois mille deux-cents) voix, sans que les Institutions de la République n'en soit affectées.

Bien plus que la Convention de Vienne qui édicte la nature des rapports entre les nations, ou de la Chartre de l'Union Africaine, c'est riche d'une expérience personnelle tout à fait exceptionnelle, d'une grande tradition militante, porteur de brillants résultats macro-économiques et à la tête du pouvoir politique le plus démocratique et le plus stable d'Afrique de l'ouest que Pedro Pires vient à Abidjan aider, du mieux qu'il le pourra, un pays frère qui, hier, apporta tant au Cap Vert dans le soutien pour son accession à l'indépendance. C'est pourquoi les leaders de l'opposition capverdienne du MPD[5] eussent adopté pratiquement la même démarche, s'ils étaient actuellement aux affaires.

Méditons ! En règle générale, ceux qui allument le feu ne savent pas l'éteindre. Mais si celui qui a été militaire, militant armé, signataire de deux accords d'indépendance, qui dirige l'un des pays les moins corrompus au monde[6], si celui-là conseille d'éviter la guerre et qu'il n'est pas écouté, alors c'est la guerre. Et même là, mieux que d'autres, il saura donner des conseils. L'heure élue peut beaucoup, affirme Hölderlin. Et Cabral disait, en Afrique on n'a pas besoin d'être révolutionnaire, il suffit d'être honnête. Pedro de Verona Rodrigues Pires est l'un des dirigeants les plus auréolés d'Afrique. Il est objectif parce qu'impartial. Il est sobre, parce qu'honnête. Il prêchera le consensus national par le dialogue, comme il le pratique chez lui. Et si l'exemple ne suffit pas, c'est que certains veulent détruire la Côte d'Ivoire. Lors de mon premier séjour au Burundi, je fis la question suivante à un ami, Hussein Radjabu (CNDD FDD) : « Mais Hussein comment se fait-il qu'après 10 années de guerre civile, Bujumbura ne porte pas de traces de destruction et très peu d'impact d'obus dans les murs ? Pierre, me répondit-il, nous avions la certitude de gagner la guerre, pourquoi donc détruire la capitale que nous entendions diriger ? ». D'autres capitales africaines ont un fait un choix différent. Depuis, elles ne se sont pas relevées. Alors, qui donc est le meilleur disciple d'Houphouët-Boigny, Pedro Pires ou les incendiaires ? Le Nouveau Réveil devrait faire amende honorable. Son directeur gagnerait à aller saluer Pedro Pires, en formulant un grand « akwaba ». Au reste, pour Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara, et plus encore pour « notre » chère Côte d'Ivoire, cette présence est plus qu'une chance. Mais, pour le comprendre, encore faut-il que les paroles sublimes du haut chant Ivoirien, L'Abidjanaise, inspire chacun des protagonistes et des médiateurs. En effet, si dans la paix la liberté a été ramenée, comment la démocratie, qui en est le corollaire, pourrait-elle s'ériger autrement que sur les fondements de la Paix ?  Jadis mon visage s'élargissait, quand je regardais Abidjan.


Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile: +336-87-34-21-22

Courriel : tavarespf@hotmail.com




[1] Polybe, Histoire, t. 1, Livre 5, Garnier Frères, Paris, 1921, p. 118 - 119.

[2] Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap Vert.

[3] B.A.D., Mémorandum, ADB/BD/WP/2900/184

[4] Carlos Veiga, Cabral e a construção do Estado em Cabo Verde, uma apreciação crítica, Cabral Symposium 2004, Praia, Cap Vert. Carlos Veiga est le leader de l'opposition.

[5] Mouvement Pour la Démocratie dirigé par Carlos Veiga.

[6] Transparency International, Corruption perceptions index results 2010 : le Cap Vert est le 45ème pays le moins corrompu sur 178 pays et, en Afrique, 3ème pays le moins corrompu, après le Botswana et Maurice.

vendredi, 31 décembre 2010

LES OBSTACLES A LA REALISATION DU PROJET DE DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE


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In Le Nouveau Courrier N°166 du 30 Décembre 2010 par Allangomadji Hony, Tchadien vivant en Côte d'Ivoire


Nous l'avions déjà affirmé en décembre 2004 dans les pages de nos confrères de Le Courrier d'Abidjan de l'époque et Le Temps.


Notre intervention ici n'a rien de politique. C'est une lecture historique des faits. Nous avions donné les raisons en son temps, pourquoi cette transposition de l'opération Epervier au bord de la lagune Ebrié avec un nom qui tue le symbole de l'Etat de Côte d'Ivoire, ne peut réussir.

Mais il se trouve que rien ne semble marcher comme prévu par le plan. En effet, lorsque la France dirigeante de l'Elysée programme une rébellion qui a pour objectif d'enlever du pouvoir un président choisi par le peuple, comme c'est le cas pour le président Laurent Gbagbo actuellement, elle met tout en œuvre mais ne prévoit jamais de plan B. Elle est d'autant plus sûre d'elle dans sa programmation, que ses expériences du Tchad, du Congo, du Rwanda, de Centrafrique ne lui avaient jamais requis la nécessité de prévoir un second plan au cas où....Jamais, la France n'avait prévu qu'il y aurait une résistance en Côte d'Ivoire lorsqu'elle préparait l'opération Licorne, qui ressemble étrangement aux autres opérations aux mêmes intentions comme les opérations : Turquoise au Rwanda, Baracuda dont une poignée de soldats de l'armée française a renversé Bokassa, et surtout l'opération Epervier réussie au Tchad en 1980, soit 15 années après le début de la rébellion dans ce pays.

En effet, depuis le choix de la force dite impartiale ou d'interposition, jusqu'à celui du premier ministre (chef rebelle), en passant par l'abandon de position des forces impartiales - abandon qui devait permettre aux rebelles d'avancer vers la zone sous contrôle gouvernemental - toutes les étapes de l'opération Licorne ont coïncidé avec celles de l'opération épervier, sauf une : la présence dans la capitale Abidjan, des combattants rebelles avec leurs armes. Au Tchad, deux (2) armées aux intentions opposées ont fait subir durant six (6) mois, des atrocités aux paisibles populations de N'Djamena. Ce fut la période durant laquelle les armes ont été distribuées aux lycéens, collégiens et universitaires.

En Côte d' Ivoire, le plan n'avait pas prévu que les parrains (Licorne et ONUCI) arment des fauteurs de troubles qui ont infiltré Abidjan depuis les accords de Ouagadougou ou qui étaient sur place. Dommage. Le parrain n'a pas eu ce temps, et surtout, que l'unification des forces armées s'est faite, pas comme les rebelles le voudraient ; et mieux, le désarmement qu'ils ont refusé est en train de se faire progressivement...

Ces ingrédients qui ont fait défaut à l'Elysée dans son opération en Côte d'Ivoire, empêchant sa réussite.

1. La carte ethnique. C'est la carte mère des opérations françaises dans les conflits qu'elle crée dans ses ex colonies. Elle est la résultante de la balkanisation de l'Afrique faite à Berlin en 1884-85 qui a fait des Etats aux frontières artificielles, avec des civilisations morcelées et suspendues sur ces frontières - la même au Nord et au Sud, de même qu'à l'Est et à l'Ouest, et qui se sentent systématiquement concernées lorsqu'il y a un conflit sur l'une ou l'autre frontière. Cette carte a bien fonctionné au Rwanda parce qu'il n'y a que deux ethnies dans ce pays. Le calcul est facile. Le plan consistait à opposer la majorité à la minorité en faisant croire à cette dernière qu'elle est marginalisée ou exclue.

2. La carte religieuse. Elle est difficilement manipulable mais elle marche bien lorsque la géographie religieuse s'y prête comme ce fut le cas au Tchad. Ce cas est typique. Pour ceux qui ne le savent pas, lorsque vous voyagez du sud au nord du Tchad, vous vous rendez compte qu'il y a exactement deux grands peuples opposés à tous égards : depuis les habitudes vestimentaires, en passant par la langue et la culture dans son ensemble, il est très facile de distinguer un Tchadien du nord a priori musulman de celui du sud, chrétien. Ce qui fausse toutes les données de l'identification, c'est qu'il est difficile de distinguer un Mahamat tchadien d'un Mahamat soudanais ou libyen, ou même d'un Sani ou d'un Ibrahim nigerian ou nigerien d'un Sani ou d'un Ibrahim tchadien. Il est aussi vrai qu'on ne peut distinguer facilement trois Coulibaly du Mali, de la Guinée ou de la Côte d'Ivoire.

Cependant, nous allons voir pourquoi cette carte ne peut fonctionner dans ce pays qui a une longue tradition d'accueil.

Nous appuyant sur nos connaissances de ce peuple, nous pouvons affirmer, sans risque de nous tromper que l'Ivoirien, de façon générale éprouve une fierté à accueillir chez lui, celui qui vient d'ailleurs. Ainsi donc, le qualificatif ''xénophobe'' est méchamment attribué aux Ivoiriens. Nous savons par ailleurs que le monde entier se trouve en Côte d'Ivoire.

Les alliances interethniques ou parentés à plaisanterie : une valeur culturelle sûre en Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire, en tant que peuple, a une longue et riche expérience en matière de tolérance et de règlement de conflit entre groupes ou entre individus. Observons au quotidien les Ivoiriens pour nous rendre compte que ce peuple possède une capacité extraordinaire à gérer les conflits latents ou ouverts. Nous en voulons pour preuve le recours systématique aux alliances interethniques, cette pratique ancestrale, également appelée ''parentés à plaisanterie'', qui apaise de nombreuses situations de conflits entre les Ivoiriens. J'ai encore en mémoire mes souvenirs de nouvel arrivant en Côte d'Ivoire dans les années 80s quand mon frère qui s'y trouvait avant moi me disait : ''ici, on ne se bat pas.'' On pouvait voir des gens s'insulter, se cracher dessus, ou même s'empoigner, mais aucun des belligérants ne prenait l'initiative de porter la main à l'autre.

C'était beau tout cela. Sans risque de nous tromper, ceux qui créent des situations de conflits violents ne sont pas des Ivoiriens. ...Le vrai Ivoirien, pour éviter qu'un conflit latent ne devienne ouvert, évoque le Toukpê. Dès lors que l'un des antagonistes évoque cette alliance dont très souvent, les parties en conflits ne connaissent pas les circonstances historiques de leur existence, toute probabilité d'éclatement est écartée. Vous conviendrez avec moi que beaucoup d'ethnies ensemble, c'est une force. Et nous pouvons aisément comprendre la minutie avec laquelle la balkanisation de l'Afrique avait été faite...

Enfin, les Ivoiriens semblent être les seuls peuples en Afrique, ayant cette magie de transformer les situations dramatiques en faits banales, afin de les subir moins. C'est une grandeur d'esprit que peu de peuple au monde ont. Pourquoi les Nations Unies dont la Côte d'Ivoire est membre à part entière, peut-elle se permettre de mettre en cause une décision issue de la loi fondamentale, que cette organisation dite internationale reconnaît comme étant au dessus de ses textes, quels que internationaux soient-ils ?

Si un texte des Nations Unies passe avant une constitution, ce sera la preuve que les actes de l'ONU dans le monde sont des actes de terrorisme, et il n'y a pas d'autres termes pour le désigner. Ce sont les Etats qui font l'ONU, et non pas le contraire. Résistant, reste serein, ton combat est noble. Nous voyons bien que cette crise ne dure que par la volonté manifeste de ses commanditaires qui continuent de tirer sur la ficelle. Mais cette fois-ci, ils ont touché à la loi fondamentale que l'ONU est pourtant tenue de respecter. Cette forme d'agression ne laissera personne indifférent en Afrique. Ne l'oublions jamais : la liberté ne se négocie pas, elle s'arrache.

 

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

ADO ET SORO AUX ABOIS : LES DERNIERS SOUBRESAUTS D'UNE CAUSE PERDUE D'AVANCE


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Ne nous trompons pas le soleil se lève toujours à l'Est et se couche toujours à l'Ouest. Il aura la même couleur rouge pourpre au lever et au coucher. L'aurore et le crépuscule nous offrent toujours le même magnifique spectacle naturel. Seul Ouattara dans ses chimères se met souvent à rêver que le soleil se lèvera à l'Ouest pour se coucher à l'Est !
Depuis une quinzaine d'années, voici un monsieur qui ne cesse de chanter « la Côte d'Ivoire mon pays », (soulignez l'adjectif possessif « mon » qui oblige à psychiatriser l'individu) et qui aujourd'hui, a montré à la face du monde qu'il est le plus grand prédateur que ce pays ait connu. Sa profession de foi, devenu une litanie sempiternelle cachant mal ses desseins inavoués, n'y change rien. L'homme est violent et est à la tête d'une ribambelle de casseurs fanatisés et drogués qui ne reculent devant rien. Même exporter leur violence à l'international (France, Mali, etc).

Une seule ambition pour l'homme : Faire de ce pays une possession privée à l'image du Congo Belge, propriété privée à l'époque, du Roi de Belgique. S'il avait réussi cet exploit, il aurait morcelé la Côte d'Ivoire en pans pour la brader à ces maîtres occidentaux. L'œuvre entreprise par ses rebelles n'ayant pu aboutir, ses prétentions pécuniaires et ses visées patrimoniales étant visiblement compromises, Ouattara a décidé de remettre le couvert, cette fois- ci avec plus de violence. C'est ou réussir ou effacer de la carte du monde l'entité Côte d'Ivoire, à l'image d'Attila-Fléau de Dieu : « où Attila passe l'herbe ne repousse plus », dit-on. Il veut y procéder méthodiquement et machiavéliquement, avec la complicité de ceux qui n'ont jamais pu transcender leurs complexes vis-à-vis de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens. Des aigris et chagrins, ambitieux et prétentieux qui faute d'avoir pu nous surpasser dans notre progrès, n'ont jamais pu nous égaler. Pis, ils sont restés empêtrés dans des problèmes d'intérêts personnels inextricables qui ont empêché tout épanouissement de leur pays et de leur peuple. Avec leur gestion patriarcale et patrimoniale des biens communs qu'ils ont tôt fait de transformer en héritages familiaux, où enfants et frères attendent derrière les rideaux de leur palais, pour se jeter comme des fauves affamés là-dessus, dès que le patriarche s'essouffle ou est en voie d'être évincé à cause des frasques indescriptibles.

Voici les modèles types de Ouattara qui n'a pas encore compris que la vérité finit toujours par rattraper le mensonge, quelle que soit la durée du jour.
Ouattara est, aujourd'hui, dans une enclave du Golf Hôtel où plus de 300 personnes cloitrées dans des sous-sols se débattent comme des fauves en cage ; se remontant le moral à coups de rumeurs, de mensonges et de rêves d'enfants. Il suffit de sonner l'Hallali pour qu'ils sautent à l'eau comme des rats dès que le navire se met à tanguer.
Ouattara, l'Hôtel du Golf, c'est « boribana (la fin de la course) », si tu ne l'as pas encore compris. Toi et les tiens, en vous refugiant sur ce pétoire du Golf, vous vous êtes envasés vous-mêmes comme les poissons qui s'engouffrent dans les nasses aisément, mais ne retrouvent plus le chemin d'en sortir. Vous ressemblez à ses esclaves de l'allégorie de Platon qui perçoivent les ombres comme des réalités. Pis, aujourd'hui, les mensonges et les rumeurs vous ont rattrapés dans vos rêves chimériques.

Oui ! L'ECOMOG viendra chasser l'élu du peuple pour faire place à l'usurpateur. Cela montre vos limites dans la connaissance de l'Armée.

Primo : L'ECOMOG n'existe que virtuellement. Il n'y a aucune force de la CEDEAO, basée quelque part et entretenue pour chasser les choix des peuples au profit des prédateurs. S'il en existait une, l'Armée ivoirienne aurait été partie intégrante puisque la Côte d'Ivoire est souverainement membre de la CEDEAO.

Secundo : On ne lève pas une force inter-états comme si l'on rassemblait un troupeau de moutons. Chaque Etat qui y prendrait part devrait obtenir l'assentiment de son parlement. Demandez à votre ami Goodluck s'il peut balancer à l'aventure des soldats nigérians sans l'avis du puissant parlement nigérian qui a tant à fouetter avec sa propre candidature à la magistrature suprême, avec la guerre inter-religieuse qui menace la Fédération et les rebelles du Sud qui luttent pour le partage équitable des ressources naturelles dont regorge leur région.
C'est un leurre de croire qu'un pays aussi nationaliste que le Nigeria va lancer ses troupes à l'assaut du pouvoir légal ivoirien pour les beaux yeux d'un Sarkozy ou d'un Alassane Ouattara, incapable de réussir une seule action politique d'envergure en symbiose avec le peuple à qui il prête l'intention de l'avoir élu. Aucune de ces vociférations n'a eu un quelconque écho dans la population ivoirienne : appel à la population de descendre dans la rue, invitation aux Forces de l'ordre de le rejoindre, opération « ville morte »... Après tant d'échecs patents, il serait fort surprenant de voir des Etats sérieux se lancer à l'assaut d'un pays souverain, sans autorisation préalable de déclaration de guerre. En tout cas, impossible constitutionnellement chez nous.

Tertio : Où la France, elle-même avec les difficultés financières qu'elle a avec l'Union Européenne qui ne cesse de la tancer, prendra les millions d'Euros que nécessite une telle aventure, sans accroc avec son Parlement, pour financer une telle aventure, juste pour un copain. Fut-il Alassane Ouattara ?
Déjà que non seulement le Parlement mais aussi la Haute hiérarchie militaire française commencent à trouver que la présence de la Licorne en Côte d'Ivoire est devenue un gouffre financier insupportable.
Ou alors Sarkozy s'accaparerait de fait les six mille milliards du compte des opérations de l'UEMOA logé au Trésor français pour financer une telle opération ? Il ne manquerait plus que çà ! Je crois qu'avant même la Côte d'Ivoire, il aura sur son dos, ses meilleurs amis de la Françafrique, Wade, Compaoré et autres.

Où est l'armée de Ouattara ?

Après avoir jeté des millions à la porte pour tenter de corrompre quelques officiers félons et hommes de troupe, il ne peut se vanter d'avoir sous sa coupe 1% (et c'est gentiment dit) de l'Armée nationale qui reste très soudée autour du Chef de l'Etat Laurent Gbagbo et, prête à défendre la souveraineté nationale au prix de tous les sacrifices inimaginables.

Quant à ses rebelles pilleurs éventreurs, pas mal ont pris la clé des champs, avant ou après « le petit s'amusement » du 16 décembre dernier, comme le diraient mes amis du côté de Treichville, « s'amusement » qui a édifié ces assassins sur la capacité de réaction et la détermination de nos Forces de défense.
Depuis lors et dans les zones sous contrôle rebelles, c'est la panique à bord ; c'est par centaines qu'ils désertent leurs camps pour rejoindre d'autres cieux plus cléments. Ajouter à cela, le petit geste des hommes du Colonel-Major Konan à Tiébissou a fini par convaincre les hommes de Ouattara que toute attaque contre la République aura une résonnance de riposte fatale.

Autre chose qui inquiète les rebelles, c'est la disparition de leurs écrans, des chefs de guerre Wattao et Morou dont on a fait toute une légende de l'invulnérabilité et de l'invincibilité. Qui plus est, les mercenaires par lui recrutés (ADO) au niveau de la CEDEAO ont commencé individuellement à plier bagage, faute de paiement des émoluments à eux promis. Ces chiens de guerre pensaient à une petite opération sans importance de quelques jours, comme on le leur a fait croire, et les voilà subitement devant une voie dangereusement sans issue.
Aujourd'hui, tout va à l'eau à Bouaké également, et le résidu de rebelles en place passe dans les familles de souche CEDEAO (mais maintenant ivoiriennes puisqu'elles ont toutes leurs cartes d'identité) pour faire pression afin qu'elles donnent leurs enfants pour combattre quoi ou pour qui ? On ne le sait pas.

Ouattara procède à un recrutement de jeunes urbains désœuvrés

Lors d'une réunion ultime tenue à Bouaké le jour de Noël sous l'égide de Chérif Ousmane qui continue de jouer « au tintin » comme on aime le dire dans la grande muette, il a été question que chaque chef de guerre donne des hommes pour monter à l'assaut d'Abidjan. Des attaques simulées contre San Pédro, Bangolo voire Yamoussoukro serviraient d'opérations de distractions. Leurs seuls objectifs, visiblement, seraient : Le Palais en premier, la Télévision et la Radio en second, pour permettre à Ouattara, le Président « international » de s'installer et s'adresser à son « peuple international ».

Mais les FDS ne sont pas dupes et sont plutôt dans un dispositif qui ne peut laisser place à aucune velléité. Sinon qu'elle serait tout simplement suicidaire.
Voici un homme qui prétend aimer son pays et qui envoie à l'abattoir des jeunes gens, sans métier d'armes, qui peut-être même pour la première fois tiendront une « Kalach » en mains pour monter à l'assaut de forteresses comme les camps Agban, Anyama, Akouédo, BAE ; ou encore des Institutions fortement cadenassées comme le Palais présidentiel, la Résidence présidentielle, la RTI, etc. Si cela ne s'appelle pas folie, prêtez- nous un nom.

Les tentatives désespérantes de Oulata et autres

Projets d'enlèvements et d'assassinats d'hommes politiques et militaires : Bertin Kadet, Général Mangou, Blé Goudé, Gossio, Guié Honoré ; projets d'enlèvement et de séquestration pour s'introduire à la télé, etc.
Pour défendre la République contre tous ces projets, des dispositions nouvelles et discrètes ont été prises en vue de la protection des hommes et des biens publics. A bon entendeur..., salut !

Si des jeunes inconscients et insouciants pensent que tout se passe comme dans les films des salles de cinéma d'Adjamé ou de Treichville, qu'ils se ravisent pour ne pas servir de chair à canon à des personnes sans scrupules qui se mettent à l'abri de tout dans les sous-sols de l'Hôtel du Golf et lancent les enfants des autres dans les rues. Qu'ils sachent que l'Hôtel du Golf n'est pas une forteresse imprenable. Le peuple de Paris avec les mains nues, avaient pris la Bastille.

Terminons à propos de l'Armée française, par ce beau slogan qui illustre la détermination des populations ivoiriennes : « Armée française, on se connaît depuis 8 ans, commencez, on va terminer ».
Un peuple uni et debout ne sera jamais vaincu.

 


Ange Marie Ibo Dêgba


Source : Quotidien LE TEMPS

jeudi, 30 décembre 2010

APRES LE COMPTE RENDU DE LA MISSION A ABUJA, HIER : LA CEDEAO EXCLUT L'INTERVENTION MILITAIRE



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In Le Nouveau Courrier N°166 du 30 Décembre 2010 par Gilles Naismon


Les présidents Ernest Koroma de Sierra Leone, Pedro Pires du Cap-Vert et Yayi Boni du Benin, ont fait le compte-rendu de leur mission, qui les a conduites à Abidjan, à Abuja, hier. Après concertation des chefs d'Etat de la communauté sous-régionale, une intervention militaire n'est plus envisagée.


Après s'être entretenu avec deux de ses émissaires arrivés à Abuja, qui a fait un compte rendu de la mission auprès du chef de l'Etat ivoirien et d'Alassane Ouattara, le président nigérian, Jonathan Goodluck, a annoncé que ses envoyés retourneraient à Abidjan le 3 janvier. Refusant de donner des précisions sur le contenu des discussions à venir, Goodluck Jonathan a souligné l'importance de poursuivre le dialogue. «Quand il y a une dispute, c'est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours», a-t-il dit, à l'issue de l'entretien avec les deux émissaires. La Cedeao, notamment Jonathan Goodluck qui en est le président en exercice, n'est plus chaud pour une intervention militaire en Côte d'Ivoire, lui qui en était le plus farouche initiateur. Le compte rendu de la délégation de haut niveau, qui a séjourné à Abidjan mardi dernier, y est pour quelque chose, après avoir échangé avec le président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

La sagesse après l'euphorie

Le président Laurent Gbagbo ne dit-il pas que «le temps est l'autre nom de Dieu ?» 30 jours après le deuxième tour du scrutin présidentiel, le temps est en train d'avoir progressivement raison de la précipitation de la «nébuleuse» qui avait un agenda caché, avant même la tenue de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. De plus en plus des voix s'élèvent pour dénoncer l'implication hâtive du président français, Nicolas Sarkozy, et la précipitation de la Cedeao qui avaient préconisé une action militaire dans la crise post-électorale. Sans même tenir compte du rapport de Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine dès les premières heures, et des appels incessants au dialogue du gouvernement angolais et de l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings.

Selon le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du Cap Vert, Jorge Borges, dont le président, Pedro Pires a fait partie de la délégation de haut niveau de la Cedeao à Abidjan, une «intervention militaire» des pays d'Afrique de l'Ouest en Côte d'Ivoire «semble heureusement écartée pour le moment». «On ne parle plus d'intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao)», a-t-il poursuivi. Encore que les preuves dont dispose le chef de l'Etat ivoirien, et sur lesquelles il fonde son argumentaire, font de lui le nouveau président élu démocratiquement, à l'issue de l'élection présidentielle. Plus le temps passe, plus l'horizon s'éclaircit pour les démocrates, pour l'Afrique digne, et un voile épais s'affaisse sur les partisans des pratiques dignes de l'époque coloniale.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE: DES INTELLECTUELS CONTRE LE RECOURS A LA FORCE


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Une trentaine d'intellectuels, surtout français et africains, ont appelé mercredi dans une lettre ouverte à "enrayer la menace de guerre" qui pèse sur la Côte d'Ivoire, rejetant toute intervention armée dans ce pays en crise, un mois après l'élection présidentielle.
Ces intellectuels, parmi lesquels le sociologue suisse Jean Ziegler, le politologue français Michel Galy, l'écrivain d'origine camerounaise Calixthe.


Une trentaine d'intellectuels, surtout français et africains, ont appelé mercredi dans une lettre ouverte à "enrayer la menace de guerre" qui pèse sur la Côte d'Ivoire, rejetant toute intervention armée dans ce pays en crise, un mois après l'élection présidentielle.
Ces intellectuels, parmi lesquels le sociologue suisse Jean Ziegler, le politologue français Michel Galy, l'écrivain d'origine camerounaise Calixthe Beyala et l'auteur malienne Aminata Dramane Traoré, se déclarent "profondément convaincus qu'une intervention militaire en Côte d'Ivoire serait de nature à aggraver une situation qui est suffisamment tragique, et plongera à coup sûr le pays et la sous-région dans la tourmente".
Le texte est aussi signé par l'un des plus proches soutiens de Laurent Gbagbo en France, Guy Labertit, ancien délégué pour l'Afrique du PS.
"Les signataires de la présente lettre ouverte en appellent aux opinions publiques de toutes les nations et aux gouvernements de tous les pays épris de démocratie, de paix et de liberté, afin d'enrayer la menace de guerre qui plane sur ce pays", poursuivent-ils.
"L'histoire de l'Afrique de l'Ouest et de la Côte d'Ivoire montre qu'une telle intervention à Abidjan se traduirait par une résistance civile et des actions sanglantes devant une armée d'occupation; puis certainement des massacres urbains entre Ivoiriens et/ou entre Ivoiriens et étrangers", mettent en garde les signataires, qui appellent à une "solution pacifique".


Source: Le Blog de KKJ

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (2)

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Gouvernement : Nommé le 7 décembre 2010 par le président de la République, le gouvernement du premier ministre Aké N'Gbo suscite beaucoup d'espoir parmi les populations ivoiriennes. Il faut dire qu'après huit années d'errements consécutifs aux différents accords internationaux plus ou moins boiteux qui ont ponctué la crise ivoirienne depuis la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, c'est la première fois qu'aucun tueur ou violeur n'en fait partie. Finis, les gouvernements «wouya wouya». Terminée, l'apologie de la rébellion. La nomination de Guillaume Soro à la primature comme résultante de l'accord politique de Ouagadougou avait radicalement dévalorisé la fonction ministérielle à Abidjan en même temps qu'elle sonnait le glas de toute bonne gouvernance. Maintenant que les rapaces de tous bords en ont été expurgés, la nouvelle équipe en place doit s'atteler à concrétiser les grands axes du programme de Laurent Gbagbo, dans un contexte rendu difficile par l'ingérence assourdissante d'une communauté dite internationale folle de rage par le énième échec de son poulain, Alassane Dramane Ouattara. A cela s'ajoute l'impératif de rebâtir la paix et l'unité nationale, pendant que les militaires s'attèleront à mater une fois pour toutes la rébellion et à bouter les assaillants hors de nos frontières, étape préalable à la récupération de l'intégralité du territoire national et au lancement des grands chantiers de reconstruction d'après-guerre qui permettront aux populations des zones Centre - Nord - Ouest ayant fui la barbarie des rebelles de Ouattara, de regagner leurs terres d'origine. Les défis auxquels doit faire face ce gouvernement d'ouverture et de renouveau, constitué des technocrates et des membres de la société civile, de différents partis politiques appartenant ou non à la majorité présidentielle, et même d'une candidate opposée à Gbagbo lors du premier tour du scrutin, sont donc de taille, mais loin d'être insurmontables. L'emploi des jeunes, l'industrialisation, l'assurance-maladie universelle, la gratuité de l'école, la redéfinition des programmes scolaires et universitaires, l'introduction de l'anglais comme langue officielle, la création d'une nouvelle monnaie sont autant de challenges que l'équipe du Professeur Aké N'Gbo s'apprête à relever, pour le bonheur des Ivoiriens, qui ont accueilli avec enthousiasme  l'obligation dorénavant faite à chaque ministre et secrétaire d'Etat de se soumettre à une déclaration de patrimoine à son entrée et à sa sortie du gouvernement, ainsi que la décision de procéder aux audits de tous les ministères.

Hôtel du Golf
: Aussi connu sous le sobriquet 'Golfie' ou 'république hôtelière du Golf'. Hôtel en bord de lagune, appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, transformé, dixit le général Dogbo, commandant de la Garde républicaine, en «repaire de bandits» depuis qu'il est occupé illégalement par le perdant des élections, le burkinabé Alassane Dramane Ouattara, et la cohorte de rebelles, terroristes et mercenaires qu'il utilise pour déstabiliser la Côte d'Ivoire et s'en approprier la présidence. Le peuple s'interroge : Qui paie les factures ? Et surtout, qu'est-ce qu'on attend pour les déloger et les recaser à la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) ?

Impartial
: D'après le dictionnaire Larousse, ce terme signifie : «qui ne favorise pas l'un aux dépens de l'autre ; qui n'exprime aucun parti pris». Il faut croire que cette définition évolue plus on se dirige vers la First avenue new yorkaise, siège de l'Organisation des Nations Unies. En effet, ne voilà-t-il pas une force dite «impartiale», en l'occurrence l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire), dont la «mission de paix et d'observation» se mue soudain en mission de défense à tout prix du candidat désavoué par les urnes lors de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier ? 800 soldats onusiens pour «protéger» d'on ne sait trop quel danger un individu hors-la-loi, retranché volontairement - aux frais de la princesse -  dans un hôtel appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, alors que son domicile se situe à moins de 2000 mètres de là! Une force dite «impartiale», placée sous les ordres d'un énergumène nommé Choi, ci-devant représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire, qui tout en s'auto-décrétant au-dessus de la Constitution et du Conseil Constitutionnel du pays dans lequel il est affecté (phénomène très en vogue sur les bords de la Lagune Ebrié ces derniers temps), s'est découvert des talents de contremaître au service d'Alassane Dramane Ouattara, si l'on en croit le rapport confidentiel de l'Onuci en date du 24 décembre 2010, rédigé par Joe Longaigh, officier des opérations auprès du Bureau des Opérations du maintien de la Paix, qui établit en son point 5 : «Aujourd'hui, le RSSG Choi a visité l'hôtel du Golf en compagnie de journalistes internationaux. Plus tard, le RSSG s'est rendu à la résidence de M. Ouattara (sans les journalistes) pour inspecter des travaux techniques en cours, avant de retourner à l'hôtel rencontrer le Président Ouattara.» Le même Choi, qui a déclaré sans sourciller que seuls les rapports des observateurs internationaux européens (donc blancs) étaient à prendre en compte, ceux des observateurs africains (donc noirs) étant insignifiants comme leurs auteurs, sans doute ! Vous avez dit «impartial», vraiment ?

Jerry Rawlings
: L'ancien chef de l'Etat ghanéen a été l'une des premières personnalités africaines d'envergure, avec Pedro Pires et Eduardo Dos Santos, à s'exprimer sur la situation  postélectorale ivoirienne. A deux reprises, l'actuel envoyé spécial de l'Union africaine pour la Somalie a appelé les acteurs et la communauté dite internationale à faire preuve de maturité et de retenue dans la gestion de crise qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire. Mais il a également qualifié d' «hypocrite» l'option belliqueuse envisagée par l'ONU, l'Union européenne et africaine et la CEDEAO, tout en pointant du doigt le parti pris des média internationaux et leur omerta sur les cas avérés de fraude dans le Nord du pays. L'une des questions soulevées par celui qui demeure encore aujourd'hui l'homme le plus populaire du Ghana est simple : pourquoi ne pas donner suite à la proposition de recomptage des voix par des observateurs neutres tel que cela a été suggéré par le président Laurent Gbagbo ? L'on pouvait en effet s'attendre à ce que le camp Ouattara, s'il est sûr de son fait, se précipite sur cette offre on ne peut plus sensée. Loin de là ! Au lieu de saisir cette main tendue, les squatteurs de l'hôtel du Golf n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'appeler la communauté dite internationale à intervenir militairement pour leur ouvrir le chemin du palais du Plateau. Rien que ça ! Si tu cries au voleur, et que la personne que tu accuses d'être le voleur te propose d'appeler la police pour constater son forfait, pourquoi refuser ? Incompréhensible. A moins que...

Kivu
: Cette région du Congo symbolise par excellence l'échec et la dangerosité des casques bleus, ces soldats prêtés par les pays membres de l'ONU pour servir de force d'interposition et de maintien de la paix dans des pays déchirés par des conflits. Plus de 500 femmes y ont été violées en trois jours en août 2010, à proximité immédiate d'une base de la soldatesque des Nations unies. «Nous avons clairement échoué. Nos actions ont été insuffisantes, ce qui a eu pour effet des brutalités inacceptables contre les villageois de la région», a déclaré Atul Khare, l'un des responsables de l'ONU chargé du maintien de la paix. Mais bien souvent, ils ne se contentent pas d'être inutiles. Leur présence peut s'avérer autrement préjudiciable. Brutalité, abus, viols de mineures, pédophilie et trafic sexuel, les accusations s'accumulent en provenance de la République démocratique du Congo, du Libéria, de la Côte d'Ivoire, du Kosovo, de la Sierra Leone, du Rwanda, d'Haïti. Depuis 2004, plus de 500 casques bleus ont été rapatriés et bannis de futures missions de paix. Le phénomène a pris une telle ampleur que même l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, pourtant peu regardant sur les questions d'éthique et de bonne conduite, avait sonné l'alarme il y a quelques années sur les cas de dérive «particulièrement choquants» dans les rangs des soldats onusiens. Au Congo, ce sont les contingents sud-africain, marocain, indien et pakistanais qui sont montrés du doigt de façon récurrente. Au regard du lourd passif qu'ils trainent derrière eux, il convient de se poser la question : Et si les casques bleus des Nations unies, censés séparer les belligérants et protéger la population des théâtres de conflits meurtriers, faisaient partie du problème plutôt que de la solution? Tourné essentiellement en République démocratique du Congo, le documentaire canadien «Le déshonneur des casques bleus» de Raymonde Provencher lève le voile sur l'horrifiante capacité de nuisance de ces «soldats de l'espoir». Monuc, Minuar, Minustah, Onuci : même principe, même combat ! Tant que le recrutement des casques bleus ne fera pas l'objet de critères sérieux, qu'ils seront protégés par une toute puissante immunité et ne pourront pas être traduits devant la justice des pays dans lesquels ils sévissent, l'on peut considérer comme de la légitime défense tous les actes posés par les populations ivoiriennes pour contraindre au départ, officiellement exigé par le gouvernement ivoirien en date du 18 décembre 2010, les soldats de l'Onuci, devenus une force partisane et belligérante dans le conflit qui oppose le président élu Laurent Gbagbo à son adversaire vaincu.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 29 décembre 2010


Lire l'intégralité de l'abécédaire sur http://saoti.over-blog.com

VOICI UN DOCUMENT SECRET DES MILITAIRES FRANÇAIS - KAHIA 2 : LE PLAN POUR TUER GBAGBO

 

NICOLAS SARKOZY. REGARD.jpeg

 

Le document est classé « Secret défense ». Grâce à des amitiés dans certains milieux français, nous en avons obtenu copie. Il a été rédigé à Paris. Il porte la griffe du général de brigade Didier Castres, adjoint du Centre de planification et de conduite des opérations de l'état-major des armées françaises, 14, rue Saint Dominique, 75700 Paris SP 07. Il était initialement adressé au général de brigade Francis Autran (commandant de la Force Licorne entre le 10 décembre 2009 et le 10 juin 2010) à Abidjan. Ce document a dû être réactualisé, exactement un mois avant le premier tour de la présidentielle ivoirienne, le 1er octobre 2010. Il a dû atterrir dans les mains du général Jean-Pierre Palasset qui commande la force Licorne depuis le 10 juin 2010. Il a pour objet d'expliquer et de détailler l'opération montée par la DGSE pour renverser le président Gbagbo, quel que soit le verdict des urnes. Cette opération a pour nom de code « RCI / Opération LICORNE : KAHIA 2 / 30 MILITAIRES COS-DIVISION ACTION DGSE ».


Le document est classé « Secret défense ». Grâce à des amitiés dans certains milieux français, nous en avons obtenu copie. Il a été rédigé à Paris. Il porte la griffe du général de brigade Didier Castres, adjoint du Centre de planification et de conduite des opérations de l'état-major des armées françaises, 14, rue Saint Dominique, 75700 Paris SP 07. Il était initialement adressé au général de brigade Francis Autran (commandant de la Force Licorne entre le 10 décembre 2009 et le 10 juin 2010) à Abidjan. Ce document a dû être réactualisé, exactement un mois avant le premier tour de la présidentielle ivoirienne, le 1er octobre 2010. Il a dû atterrir dans les mains du général Jean-Pierre Palasset qui commande la force Licorne depuis le 10 juin 2010. Il a pour objet d'expliquer et de détailler l'opération montée par la DGSE pour renverser le président Gbagbo, quel que soit le verdict des urnes. Cette opération a pour nom de code « RCI / Opération LICORNE : KAHIA 2 / 30 MILITAIRES COS-DIVISION ACTION DGSE ».

Ce document vient éclairer tous ceux qui croient que les Ivoiriens accusent à tort le gouvernement français de comploter contre la Côte d'Ivoire. A lire et à conserver pour l'histoire.

Contexte général

La signature de l'Accord de Ouagadougou intervient après un mois de négociations directes conduites sous l'égide de Blaise Compaoré, président burkinabé et président en exercice de la CEDEAO, ancien allié de Gbagbo, avant d'être accusé par celui-ci de complot à son encontre. Le Dialogue direct inter-Ivoiriens proposé par Laurent Gbagbo en décembre 2006, en plein enlisement diplomatique et militaire, visait à court-circuiter les nombreux médiateurs extérieurs, en particulier l'ONU et le Groupe de travail international (GTI), considéré comme la voix du Conseil de sécurité.

Exit les occidentaux, les 3500 Français de l'opération Licorne, les 9100 casques bleus de l'ONUCI, exit également le Premier ministre soutenu par la communauté internationale, Charles Konan Banny. Laurent Gbagbo et Guillaume Soro s'arrogent les rôles principaux de la transition ivoirienne. L'Accord de Ouagadougou prévoit des dispositions concernant les principaux points de divergence : l'identification des citoyens ivoiriens en vue des élections, le désarmement des miliciens et l'intégration des états-majors et forces armées dans une structure unifiée. Sur la question de l'identification des citoyens ivoiriens, les parties au dialogue inter-Ivoiriens conviennent de la reprise sur l'ensemble du territoire des audiences foraines pour une période de trois mois «dès la mise en place du nouveau gouvernement issu de l'accord».

Ces audiences foraines doivent notamment délivrer des jugements supplétifs tenant lieu de certificats de naissance à des personnes nées en Côte d'Ivoire mais qui n'ont jamais été déclarées à l'état civil. Ces documents, actes de naissance et jugements supplétifs, permettront aux citoyens âgés de 18 ans et plus de s'inscrire sur la liste électorale et de se voir délivrer, par la suite, leur carte d'identité nationale et leur carte d'électeur. Des élections présidentielles "ouvertes, démocratiques et transparentes" devraient suivre l'aboutissement du processus d'identification des citoyens. Concernant les forces combattantes - les Forces armées nationales de la Côte d'Ivoire (FANCI), loyales au président Gbagbo, et les rebelles des Forces armées des Forces Nouvelles (FAFN) - l'Accord prévoit :

- Le regroupement des milices sur 17 sites prévus à cet effet en vue de leur désarmement, démobilisation et réinsertion,

- Un service civique leur est offert, «dans le but de les encadrer et de les former pour de futurs emplois civils ou militaires»,

- L'intégration des deux formations rivales dans une armée unifiée doit se faire sous la direction d'un Centre de commandement intégré (CCI), organe paritaire commandé conjointement par le Chef d'état-major général des FANCI, Philippe Mangou, et le Chef d'état-major des FAFN, Soumaïla Bakayoko.

Le CCI sera chargé de :

« - la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité ;

- la mise en œuvre du Programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales ;

- l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise ;

- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral ;

- la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes ;

- la coordination des mesures visant à garantir la protection de la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national ».

En outre, l'Accord ouvre l'amnistie aux "crimes et délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l'Etat liés aux troubles qui ont secoué la Côte d'Ivoire et commis entre le 17 septembre 2000 et la date d'entrée en vigueur du présent Accord, à l'exclusion des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité" ».

De même, les sanctions personnelles votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies doivent être levées. Enfin, l'accord demande le retrait progressif des forces françaises participant à l'Opération Licorne et de l'ONUCI. Les premières doivent quitter la zone de confiance séparant le nord du sud et rebaptisée «ligne verte», une ligne imaginaire allant d'Est en Ouest, jalonnée de postes d'observation occupés par les forces françaises dont la présence serait réduite de moitié tous les deux mois jusqu'à leur suppression totale. Des corps de police mixtes composés de rebelles et des Forces de défense et de sécurité (FDS). La mise en œuvre de l'accord est placée sous l'évaluation d'un Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA) composé d'un président (le Facilitateur, i.e. Blaise Compaoré, ou son représentant) et de trois représentants respectifs des deux parties à l'accord (Gbagbo et Soro). Ce sont ces deux parties qui décideront éventuellement d'élargir le Comité à d'autres membres de la classe politique ivoirienne. Marginalisés par le Dialogue direct inter-Ivoiriens, les autres candidats à la présidence, Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), et Alassane Dramane Ouattara, président du Rassemblement des républicains (RDR), candidat de l'Elysée, sont appelés à siéger aux côtés de Soro et de Gbagbo au Cadre permanent de concertation (CPC), un "organe de veille et de dialogue permanent" ayant pour objectif "de renforcer la cohésion nationale". Il se dégage de cet accord une volonté de fermer les yeux sur les conflits et rancunes passés au profit d'une maîtrise, par Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, de la vie politique et du processus de réconciliation nationale.

La communauté internationale qui avait trouvé dans la nomination de Charles Konan Banny au poste de Premier ministre un contrepoids à la capacité de nuisance de Laurent Gbagbo, jugé en partie responsable des obstacles qui ont émaillé le processus de transition qui devait éventuellement se conclure par la tenue d'élections présidentielles, se trouve écartée de l'accord. Pourtant, il s'agit moins d'un désaveu complet de la communauté internationale par les acteurs ivoiriens que d'une tentative de gestion interne de la crise, compte tenu de la méfiance persistant entre les acteurs. L'ONUCI et l'Opération Licorne demeurent pertinentes dans ce contexte, même si leur mission doit être adaptée en conséquence. Tel est bien le sens de l'Accord qui n'exige pas le retrait complet des forces étrangères avant la tenue des élections. Ainsi, le processus du DDR est soumis à la supervision des "forces impartiales" (Opération Licorne et ONUCI), de même que la "ligne verte", anciennement "zone de confiance". Depuis la signature de l'Accord, le décret entérinant la création du Centre de commandement intégré (CCI) a été promulgué par Laurent Gbagbo le 18 mars, tandis que les chefs d'état-major respectifs des FANCI et des FAFN ont pris connaissance de l'Accord et de leur rôle dans la restructuration des forces armées ivoiriennes. Lassitude ou optimisme, la communauté internationale a réagi promptement à la signature de l'Accord. L'Union africaine a demandé officiellement à l'ONU de réduire le nombre de ses casques bleus, la France a annoncé la diminution du nombre de ses forces participant à l'Opération Licorne de 3500 à 3000, et le FMI a annoncé une visite prochaine sur place. La vigilance reste évidemment de mise.

Dans cette perspective, des investigations menées en profondeur par les éléments de la communauté française du renseignement et les principaux alliés engagés avec elle dans la résolution du conflit ivoirien ont permis de mettre au jour la volonté non avouée du clan présidentiel de bloquer l'avancée du processus électoral qui devrait, selon les différents accords, débuter le 31 octobre par l'élection présidentielle.

Contexte spécifique

La directive CEMA citée en référence dans la présente fiche d'orientation générale s'est profondément inspirée des conclusions des recherches qui ont été menées sur le théâtre ivoirien pour confier au Centre de planification et de conduite des opérations de l'état-major des armées françaises l'évaluation d'une opération assez spécifique dont la coordination sera confiée au COMANFOR. Le Centre de planification et de conduite des opérations qui se retrouve au cœur de KAHIA 2 s'est vu confier, conformément à ses missions régaliennes et en tant que centre nerveux de la chaîne de commandement opérationnel en amont, la veille stratégique et la planification, puis en aval la conduite de cette opération voulue et décidée par les autorités politiques françaises au plus haut niveau en vue d'obtenir un changement d'interlocuteur au sommet de l'Etat ivoirien, garantissant par effet induit le maintien du leadership français dans la sous-région.

Les travaux conduits par la chaîne planification ont consisté à dégager une stratégie spécifique pour anticiper les visées bellicistes du clan présidentiel, en établissant une synthèse des évolutions des risques de crise et à préparer les options militaires proposées au CEMA. A cet égard, le caractère transverse des options proposées à la haute hiérarchie militaire dans la planification et la conduite de l'opération en projection permettra d'éviter qu'il y ait une rupture au moment du passage de la planification à la conduite de l'opération dans un délai relativement cours. II est recommandé au COMANFOR, maître d'œuvre sur le théâtre ivoirien de KAHIA 2, de mettre en place une cellule de crise commandée par un officier supérieur de son choix afin d'en garantir 2 (deux) compétences complémentaires :

1- Une compétence géostratégique qui sera le fait d'officiers d'expérience chargés de l'anticipation opérationnelle et de synthèse apportant une expertise géostratégique avec un découpage du théâtre ivoirien. Il va s'agir de procéder lors de l'opération en projection, au déploiement des unités spécialisées du service action de la DGSE afin de neutraliser les principaux sites institutionnels, les résidences officielles et non officielles des présidents des institutions, les principaux bâtiments civils et militaires présentant un intérêt avéré qui seront préalablement localisées par le système HELIOS.

2-  Une compétence fonctionnelle prenant en compte la logistique, la conduite, les systèmes de communication et le renseignement en profondeur. Toutes ces données seront fournies en temps réel par les bureaux J pour "Joint". Il s'agit d'une structure dérivée de la structure OTAN. Cette organisation fonctionnelle sera complétée par des cellules d'expertise particulières et par les officiers de liaison DRM/DGSE présents sur le théâtre ivoirien.

Le bataillon de Licorne devra conduire, dans le cadre de la stratégie validée par le CEMA, à compter du 30/09/2010, un exercice de franchissement amphibie sur les bords de la lagune Ebrié, à proximité de l'ex-camp du 43ème BIMA. L'objectif sera de valider les savoir-faire tactiques des équipages du peloton d'éclairage et d'investigation qui sera déployé. Cette opération spéciale et clandestine a une haute valeur stratégique pour les plus hautes autorités politiques françaises et leurs alliés civils et militaires ivoiriens discrètement impliqués dans le dispositif opérationnel qui œuvre à l'avènement, au soir du 31 octobre, d'un nouvel ordre politique dans ce pays où les intérêts économiques et militaires doivent être maintenus et renforcés.

Prévue pour ne durer que 48 heures, l'opération KAHIA 2, selon la capacité opérationnelle retenue, devra s'exécuter dans le secret le plus complet en lignes arrière ennemies et avec un effectif réduit de 30 commandos du COS pour la partie officielle et de la division action pour ce qui est de l'aspect clandestin. Les commandos du Commandement des opérations spéciales (COS) qui ont la capacité d'intervenir dans les 3 (trois) dimensions : terre, air et mer, se chargeront de la collecte des données pour l'EMA, qui, après analyses, appréciera de déployer un effectif et du matériel plus important. 6 (six) petits groupes de 5 (cinq) éléments seront déposés en avant-garde et rejoindront graduellement l'arrière des lignes ennemies par leurs propres moyens et transmettront les préparatifs du clan présidentiel ivoirien. 5 (cinq) éléments du 13ème RDP indispensable dans la recherche et la transmission des données seront mis à contribution. 5 (cinq) nageurs du commando Hubert prépositionné à Lomé seront planifiés pour arriver la nuit sur la côte abidjanaise. Ce commando sera chargé de préparer l'arrivée éventuelle par voie de mer de combattants hostiles au régime ivoirien imposé par les accords de Ouagadougou préparés par la division action de la DGSE. Au cours de cette opération de portée hautement stratégique, les commandos du COS et du service action de la DGSE qui seront directement en projection ont discrètement été présentés au CEMA en marge de la préparation à laquelle ils ont pris part sous le commandement du général Hogard. Il s'est agi d'un exercice final d'un cycle de préparation sur 6 (six) mois dédié à KAHIA 2 avant leur projection sur le théâtre ivoirien.

La composante essentielle pour cette opération s'articulera autour des éléments du premier cercle du COS. Leur mission ne sera pas de remplacer les unités existantes sur le théâtre ivoirien. Mais de créer et réaliser une mission dans un environnement très hostile et spécifique.

1 - Le 1er RPIMA

2 - Les commandos marine (FORFUSCO)

3 - Le CPA 10

4 - Le 12ème RDP

5 - Le DAOS

6 - L'antenne CIET

7 - L'EHS seront les principales composantes de KAHIA 2.

 


Source: Le Blog de KKJ

QUESTION A UN MILLION DE DOLLARS : SUR QUOI COMPTE LAURENT GBAGBO POUR ETRE AUSSI FERME ET SEREIN ?

 
 
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Laurent GBAGBO étonne voire intrigue ses adversaires. Voici, apparemment, un homme seul contre le monde mais qui ne semble aucunement mal s'en porter. Son pays semble infime face à l'étendue, la richesse et la puissance de ceux qui se sont ligués contre lui. Son armée a l'air insignifiante devant les leurs. Il lui pèse dessus une menace de mort de tous les instants. Et pourtant, il ne lâche pas prise et ne se laisse pas compter. Il pose même avec récurrence une seule et unique question: «Les Ivoiriens ont été voter, le dimanche 28 novembre 2010. Qui a gagné?» et invite le monde entier à venir compter les voix et examiner les procès-verbaux des bureaux de vote pour trancher. Tous semblent reculer. Redoutent-ils de découvrir la vérité? Et pourtant, c'est elle qui fera retomber la tension en Côte d'Ivoire et ramènera la paix dans notre pays. On est donc franchement curieux de savoir ce qui fait la force et fonde le calme sidérant d'un homme seul contre la «communauté internationale». Nous pensons y avoir trouvé réponse, à travers cet article lu sur le Net et relatif à un prêche du Pasteur KORE Moïse sur le passage de Luc 8: 22-25. C'était lors du culte hebdomadaire du 19 décembre 2010, en la Résidence du chef de l'Etat. Extrait.


« Quand on regarde la crise ivoirienne avec des yeux charnels, on est convaincu que la Côte d'Ivoire ne peut pas compter sur sa petite armée pour prétendre en découdre avec toute la communauté internationale qui est dotée des armées les plus puissantes. Certains analystes n'hésitent pas à affirmer que le Président Gbagbo est un suicidaire et qu'il ne faudrait pas que les Ivoiriens l'accompagnent dans son suicide. Des dignitaires de La majorité Présidentielle évoquent même l'opportunité d'une alliance avec une puissance militaire comme la Russie qui semble avoir un penchant pour notre pays. Quand on vit dans un environnement qui favorise la rumeur, on n'est pas à l'abri de la tentation. Le Président de la République n'est donc pas à l'abri de la tentation qui pourrait éventuellement le conduire à signer un pacte avec le diable sans le vouloir et sans le savoir. Il doit placer sa confiance en l'Eternel et regarder dès lors la crise actuelle avec des yeux spirituels qui lui permettraient de voir l'Armée céleste en lieu et place des FANCI. Or toutes les armées terrestres réunies ne peuvent être aussi fortes que l'Armée céleste. Voilà le fondement de l'espoir qui est entretenu dans le camp présidentiel et qui dépasse tout entendement.

L'Apôtre Koré qui est interpellé face à une situation très sensible ne rate aucune occasion d'affermir la foi de sa brebis qui confesse même qu'il a découvert Dieu dans ses dimensions cachées, mais il n'en demeure pas moins vrai que la chair est faible et que ses besoins conduisent toujours au péché. En choisissant de méditer Luc 8: 22-25, le berger principal de Shekina Glory voulait montrer que rien n'est impossible à Jésus, car même la tempête lui est soumise. Pendant que ses disciples criaient de peur parce qu'ils voyaient leur barque prendre l'eau de toutes parts suite à une tempête, c'est lui qui a ordonné à la tempête de s'apaiser, pour que la barque redevienne stable. Jésus est le même hier, aujourd'hui et éternellement, et il accomplit toutes ses promesses. L'impact de ce message sur la sérénité du chef de l'Etat était visible. L'on pourrait affirmer sans se tromper que la foi en Jésus est le vrai secret de Laurent Gbagbo. S'il n'avait pas placé sa confiance en Jésus, il serait tenté d'opter pour l'exil, ce qui le mettrait à l'abri des nuits blanches consacrées à la recherche de solutions introuvables. [...] ».


Edouard Kacou


Source : LA COTE D'IVOIRE 2010

A CHARLES BLE GOUDE, LEADER DES JEUNES PATRIOTES : NE CEDEZ PAS A LA PROVOCATION !

 

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Dans une interview accordée à la presse à la faveur d'un meeting qu'il a animé à la place CP1, dans la commune de Yopougon, en lieu et place du giga-meeting annoncé pour se tenir à la place de la République, le 29 décembre 2010, Charles BLE GOUDE, le leader des jeunes patriotes a promis donner, après le 1er janvier, un mot d'ordre de libération de l'Hôtel du Golf.

Dans le principe, il est juste de mettre fin à tous ces appels insurrectionnels (même s'ils ne sont suivis par personne) lancés par ADO et ses lieutenants depuis cet hôtel et à la bravade des autorités républicaines de Côte d'Ivoire.

Mais le risque est énorme que cette confrontation avec les rebelles et les forces étrangères qui les soutiendront immanquablement ne dégénère en une tuerie effroyable dont la Côte d'Ivoire doit absolument faire l'économie. Cela est d'autant à craindre que les jeunes qui sortiront par milliers pour déloger Alassane OUATTARA et sa clique auront les mains nues et donc seront des cibles faciles pour les canons des insurgés retranchés dans cet hôtel. En ce moment, le pays n'a pas besoin de martyrs. Ceux qui ne veulent pas du président que nous avons réélu veulent se donner les moyens de l'enlever du pouvoir. Eh bien, qu'ils le fassent eux-mêmes et qu'ils en payent les conséquences par le bras de DIEU qui ne manquera pas de les détruire. Nous ne devons pas les y aider. Même indirectement. Leur fin est déjà arrêtée par devers l'ETERNEL. Laissons-les donc venir. DIEU seul mènera ce combat pour nous. Mettons toujours la raison de notre côté et faisons confiance à la sagesse de celui qu'Il a revêtu de son autorité pour gouverner la Côte d'Ivoire, étant entendu qu'« il n'y a point d'autorité qui ne vienne de DIEU », comme nous l'enseigne les Ecritures Saintes, dans l'Epître aux Romains, chapitre 13 : verset 1.

Dans notre entendement, le peuple doit rester à l'écoute et attendre les consignes de son chef. C'est le seul chemin de salut pour nos populations qui subissent déjà des exactions assez insupportables de la part des rebelles dans les zones CNO. L'assaut final doit être enclenché par les ennemis de la Côte d'Ivoire et non par nous. Cette crise a une dimension spirituelle incommensurable, indubitable. Il faut donc manœuvrer avec prudence. Ne nous laissons pas pousser à la faute par des provocations faites à dessein. Avançons avec circonspection et sagesse. La victoire viendra au temps marqué et elle ne tardera pas. Si ADO et ses sbires veulent encore prendre quelques vacances à l'Hôtel du Golf que gêne-t-il ? Le moment venu, ils seront déguerpis par ceux dont c'est le métier et qui sont équipés à cet effet.

En conséquence de ce qui précède, nous vous prions, « Général », de renoncer à cette entreprise aux issues incertaines et qui comporte des risques de dérapage totalement imprévisibles. Vous avez donné une si brillante leçon à vos adversaires, le 29 décembre, relativement au grand rassemblement reporté de la Place de la République. Continuez sur cette lancée. Ce n'est pas de la faiblesse, bien au contraire ! Nous voulons le triomphe de la vérité et de la justice : ne prêtons donc pas le flanc aux provocations et ne menons pas notre jeunesse à une action qui pourrait déboucher sur un drame national. Prudence et sagesse, toujours prudence et sagesse, pour le triomphe de la vérité et de la justice en Côte d'Ivoire !

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 29 décembre 2010

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE

ABECEDAIRE.jpg

Appel : Il y a des signes qui ne trompent pas. Il est difficilement imaginable qu'un homme politique qui postule à la magistrature suprême d'un pays puisse le faire avec l'intention de nuire. D'aucuns sont attirés par le pouvoir, certains viennent avec des idéaux, d'autres avec la volonté de se rendre utiles ou de faire mieux que leurs prédécesseurs, beaucoup ratent leurs objectifs et déçoivent ceux qui ont cru en eux, mais jamais il n'avait été possible d'envisager qu'un homme puisse prétendre présider aux destinées d'un pays dans le dessein de le détruire. Jamais, avant Alassane Dramane Ouattara et sa clique. Nous les avons entendus appeler la «communauté internationale» à faire usage de la force contre le peuple qu'ils prétendent diriger. Cela, rien ni personne ne pourra jamais l'effacer de notre mémoire collective et individuelle. Bien sûr, se souvenir que Ouattara n'est pas ivoirien relativisera quelque peu notre stupeur, mais enfin ! Dans la série des appels demeurés lettre morte, nous nous souvenons également de l'appel à marcher sur la primature le 17 décembre dernier, pour y installer Guillaume Soro. Pas un chat sur les routes, rien. Les quelques excités qui ont tenté de prendre d'assaut la RTI la veille se sont sans aucun doute rendus compte qu'aucun de ceux qui les avaient envoyés au casse-pipe ni aucun membre de leurs familles n'étaient à leurs côté dans cette entreprise périlleuse et hors-la-loi. Plus près de nous, l'appel à la grève générale du 27 décembre, qui a eu autant d'impact à Abidjan que le battement d'aile d'un papillon en Papouasie Nouvelle-Guinée. L'appel a été si royalement ignoré par le peuple ivoirien que même les média occidentaux, pourtant fers de lance de la conspiration anti-démocratique en Côte d'Ivoire, ont été obligés de reconnaître son échec total. Que dire des infructueux appels répétés à la soumission à l'intention des Forces de défense et de sécurité, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire, qui font corps comme un seul homme derrière le président élu Laurent Gbagbo ? Il faut dire que l'Etat-major des forces loyalistes en Côte d'Ivoire hésite entre le fou rire et l'écœurement, en entendant ceux qui sont responsables des massacres de leurs frères d'armes et de leurs concitoyens, oser leur demander de leur faire allégeance à peine un jour après avoir réclamé que des forces militaires étrangères viennent les combattre ! Si avec tout ça, la «communauté internationale» fait encore semblant de croire que les Ivoiriens ont élu Ouattara, c'est qu'elle a vraiment urgemment besoin d'un ORL-ophtalmologue.

Banque mondiale
: Cette institution financière internationale (IFI) est, avec le Fond monétaire international ou la Banque Africaine de Développement, l'un des principaux assassins des économies africaines. Aussi n'est-il pas étonnant de voir que la BM et le FMI ont été parmi les premiers à réagir à la réélection - malvenue de leur point de vue - de Laurent Gbagbo au détriment de leur poulain, Alassane Dramane Ouattara, pur produit de Bretton Woods. Ces institutions a fortiori économiques, ont annoncé le gel de leurs «aides» et investissements en Côte d'Ivoire et leur intention de ne donner suite qu'aux desiderata de la poupée ventriloque qu'elles tentent en vain depuis une décennie de placer à la tête du pays phare de l'Afrique de l'Ouest. D'une part, il paraît utile de leur signaler que l'Etat et le peuple ivoiriens ne se reconnaîtront pas dans les prêts et engagements contractés par le putschiste Ouattara. Ensuite, sans doute ne savent-elle pas qu'elles nous ont, par leur prise de position partisane et anticonstitutionnelle, rendu un des plus fiers services qu'il nous ait été donné d'imaginer. Parce que nous ne voulons plus d'elles non plus. Et cette ingérence intolérable dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire nous donne non seulement l'occasion, mais également la légitimité de rompre toute relation avec ces suppôts de l'asservissement économique des peuples africains. Nous ne sommes donc plus tenus de rembourser une «dette odieuse», pour paraphraser le qualificatif utilisé par Eric Toussaint, du CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde), parce que contractée par des despotes imposés par les puissances coloniales à des fins autres que le développement, l'épanouissement et l'amélioration de la qualité de vie de ceux au nom de qui les emprunts ont été effectués, à savoir les populations africaines. En effet, le système mis en place pour saboter le développement des peuples noirs est d'une remarquable perversité. «Les crédits sont utilisés pour acheter des biens et des services proposés par les pays prêteurs. Et ils visent l'exécution de projets qui répondent davantage aux impératifs d'exportation de ces Etats qu'aux besoins des pays emprunteurs. Ces projets, loin de promouvoir le développement, servent au contraire à remplir les carnets de commandes des firmes occidentales et à enrichir les élites des pays bénéficiaires» confirme l'économiste sénégalais Sanou Mbaye. L'accès aux capitaux passant obligatoirement par une adhésion totale aux desideratas de l'Occident, en acceptant l' «aide» des IFI, nous leur donnons de facto la tutelle de notre fonctionnement économique, politique et social. Rien qu'avec les sommes astronomiques qui étaient dévolues à ces remboursements, nous pourrons donc dorénavant faire plus pour le développement de notre pays qu'avec les «aides et investissements» coupe-gorges que ces messieurs de New York pensent agiter comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Bon débarras !

Charniers
: Normalement, il devrait être interdit de rire d'une chose aussi affreuse qu'un charnier. Les images des corps jetés dans des fosses communes par les génocidaires Hutus épaulés par la soldatesque française de la force Noroît, sous les yeux impavides des forces onusiennes lors de l'hécatombe rwandaise qui, en 1994, fit près d'un million de victimes en cent jours, sont en effet encore trop horriblement gravées dans nos mémoires. Il aura fallu attendre que Guillaume Soro et Alassane Dramane Ouattara prennent à témoin la «communauté internationale» pour rendre loufoque l'évocation de charniers. Les 20 décès consécutifs à la marche insurrectionnelle du jeudi 16 décembre 2010, à laquelle ils avaient fort gaillardement invité leurs partisans sans pour autant y participer eux-mêmes, leur paraissant sans doute trop insignifiants, surtout lorsque l'on considère que parmi eux il y a 9 membres des forces de l'ordre loyales à Laurent Gbagbo et que les autres victimes ne sont pas attribuables à tel ou tel camp, voici donc nos deux nouvelles 'Mère Théresa' de l'hôtel du Golf qui commencent à faire de la surenchère funéraire, avec la même dextérité que celle qui leur a servi au bourrage des urnes en zones CNO lors de l'élection présidentielle. Nous passons donc en un clin d'œil à 50 morts, puis 173, puis 200, en attendant d'arriver aux milliers qui justifieraient peut-être l'incompréhensible appel d'offre lancé par l'Onuci le 27 septembre 2010 (un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle) pour la prestation de services mortuaires incompatibles avec leur mission initiale de «paix». A moins que la très partisane ONU ait eu besoin de nettoyer les ravages commis par les hommes de Soro et Ouattara, experts unanimement reconnus en carnages en tout genre, ainsi qu'en témoignent les massacres des soixante gendarmes et de cinquante de leurs enfants en 2002, les tueries de Bouaké en 2008, sans parler de toutes les atrocités auxquelles ils se sont livrés et continuent de le faire, avec l'onction de leurs commanditaires que sont Nicolas Sarkozy et son bras armé dans la sous-région, l'assassin-président Blaise Compaoré. Les centaines de milliers de déplacés de guerre depuis 2002, violés, torturés, estropiés, pillés peuvent en témoigner concrètement.

Documentaire
: S'il est un documentaire qui peut être qualifié de hit de l'année de ce côté-ci de l'hémisphère, c'est bien «La Françafrique» du réalisateur Patrice Benquet. La première partie, intitulée 'La raison d'Etat', remonte aux sources du mal et donne un sérieux coup de projecteur sur les coulisses toujours malodorantes et souvent sanglantes de la politique africaine de la France mise en place par Jacques Foccart à la demande du Général de Gaulles, à la suite de l'indépendance de l'Algérie. Le second volet 'L'argent roi', bien qu'abordé beaucoup plus superficiellement, éclaire néanmoins sur les mécanismes actuels utilisés par l'Etat français, qui se cache dorénavant derrière les multinationales gauloises pour maintenir la strangulation économique des nations africaines. Mais il existe beaucoup d'autres documents que chaque Africain digne de ce nom devrait avoir lus et visionnés pour mieux appréhender le phénomène de domination auquel nous sommes soumis. Il y a «Tuez-les tous», époustouflant documentaire sur le génocide rwandais de Raphaël Glucksmann ; «Mort à Genève», de Frank Garbely retraçant l'assassinat de l'indépendantiste camerounais Félix Moumié par les services secrets français ; «La victoire aux mains nues», de Sidiki Bakaba qui documente les massacres des populations ivoiriennes par l'armée française en novembre 2004 ; «Mobutu, roi du Zaïre», de Thierry Michel, narrant avec une rare richesse historique l'élimination de Patrice Lumumba et son remplacement par une marionnette aux ordres en la personne de Mobutu Sese Sekoko ; «L'homme qui dirigeait l'Afrique» portrait par Cédric Tourbe du concepteur de la Françafrique Jacques Foccart... Dans la famille des films grand public, nous trouvons : «The great debaters» de Denzel Washington ; «Lord of war» de Andrew Nicol ; «Hotel Rwanda» de Terry George; «Malcolm X» de Spike Lee ; «Invictus» de Clint Eastwood ; «Cry Freedom», de Richard Attenborough ; «Blood diamonds» de Edward Zwick ; «Lumumba» de Raoul Peck ; «1802, l'épopée guadeloupéenne» de Christian Lara : «Amistad», de Steven Spielberg ; «Rue Cases-Nègres» d'Euzhan Palcy etc. sans oublier la classique série télévisée «Roots» tirée du légendaire roman d'Alex Haley. Petit échantillon à avoir dans sa bibliothèque : Walter Rodney, Chinua Achebe, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mongo Beti, Bernard Dadié, Aimé Césaire, Toni Morrison, François-Xavier Verschave ainsi que les «Mémoires» de Jacques Foccart, «Renaissance africaine» de Thabo Mbeki et «The white man's burden», de William Easterly.

Erreurs
: Laurent Gbagbo, aujourd'hui accusé de tous les maux par une «communauté internationale» qui se résume à la France, aux USA, à l'Union européenne et aux quelques vassaux dédiés aux basses manœuvres que la France a mis au pouvoir dans certains pays de son pré carré, est coupable. Non pas d'avoir «volé» les élections, comme se plaisent à le pérorer avec de moins en moins de résonnance les alliés étrangers de son adversaire battu. Mais d'avoir fait preuve de trop de malléabilité et de bonne foi. Georges Frêche, figure emblématique de la gauche française, disait encore il y a peu : «On ne fait pas 40 ans de vie politique en étant un perdreau de la dernière couvée. La politique est un monde rude, où les trahisons sont monnaie courante et où les assassinats sont la norme.» La première erreur de Gbagbo a été de ne pas traduire les dirigeants français devant la Justice pour les massacres des Ivoiriens aux mains nues en novembre 2004, et de n'avoir pas exigé le départ immédiat de l'armée française d'occupation (le 43è BIMA et la force Licorne), auteur desdites tueries. Sa deuxième erreur a été de ne pas procéder à la création d'une monnaie ivoirienne dans la foulée de cette agression barbare. Sa troisième faute est sans conteste l'accord politique de Ouagadougou. On ne dialogue pas avec ses ennemis. On ne leur fait pas confiance. On les bat. Et quand ils sont assommés par terre, on n'attend pas qu'ils se réveillent pour leur tendre une main chevaleresque qui les aidera à se relever, mais on les écrabouille. L'accord politique de Ouagadougou est certainement l'acte le plus «perdreau de la dernière couvée» du président ivoirien. Certes, il est en adéquation avec la philosophie pacifique qui caractérise sa carrière politique, mais était-il viable pour autant ? Gbagbo a également naïvement cru qu'en faisant quelques concessions à la France, comme le renouvellement du contrat d'exploitation de la Sodeci ou l'octroi du terminal à conteneur à Bolloré, il obtiendrait la paix des braves de la part du brasseur de vent qui a succédé à Jacques Chirac. Sa cinquième erreur est d'avoir accepté d'aller aux élections sans que les rebelles ne remplissent la condition préalable du désarmement. L'accord politique de Ouagadougou, que tant de patriotes ont eu du mal à digérer, stipule clairement que les élections ne devaient avoir lieu que deux mois après la fin du désarmement effectif des rebelles. Ne pas avoir été intransigeant sur cette condition est très grave et la chose que les Ivoiriens peuvent le plus lui reprocher. Mais cinq erreurs en huit années de crise, de guerre et de rébellion, ce n'est pas une si mauvaise statistique, l'essentiel étant que ces fautes ne se répètent pas, et que Laurent Gbagbo fasse dorénavant preuve d'une extrême fermeté dans la gestion des affaires de la Côte d'Ivoire. Intransigeance absolue avec les ennemis de la Nation. Cela implique, de façon non exhaustive, la rupture des relations diplomatiques avec la France et le Burkina Faso, la mise aux arrêts de tous les individus ayant attenté à la souveraineté et à l'intégrité de l'Etat, la sortie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, la négociation de conventions commerciales dans l'intérêt bien compris du peuple ivoirien, sans compter la suspension du remboursement de la dette odieuse contractée par les précédents chefs d'Etat auprès des institutions financières internationales telles la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI).

Françafrique
: Il y a des gens qui ont découvert la Françafrique en regardant le documentaire du même nom diffusé le 9 décembre dernier dans l'émission Infrarouge de France 2. Mieux vaut tard que jamais. Pour ceux qui auraient raté l'aperçu donné à la télévision, voici donc un petit cours de rattrapage. «La France n'est grande que quand elle grimpe sur les épaules de l'Afrique» disait il y a quelques années un ancien ambassadeur américain en Angola. Et c'est en effet pour «justifier» son rang de puissance internationale, notamment à l'ONU, et pour assurer sa stabilité et son développement économiques que l'Hexagone tient à tout prix à asseoir son maintien du contrôle politique sur les Etats africains de l'ancien empire colonial français et à entretenir l'exploitation quasi monopolistique des richesses de ces mêmes Etats au profit des intérêts français. C'est pour assurer la pérennisation de ces objectifs  de domination néocoloniale et afin de mettre hors d'état de nuire tout groupe ou individu qui, tel Olympio, Sankara ou aujourd'hui Gbagbo, les menace, que les hommes politiques français, qu'ils soient de droite ou de gauche,  ont, dans un bel ensemble,  développé une passion pour les changements de régimes (Burkina Faso, Niger, Guinée), les élections truquées (Gabon, Togo, Centrafrique), les rebellions préfabriquées (Côte d'Ivoire). Le renversement par les armes ayant failli dans ce dernier cas, l'innovation en la matière aura eu lieu cette année, avec la désignation péremptoire de Dramane Ouattara comme «vainqueur déclaré par la communauté internationale» de l'élection présidentielle ivoirienne, faisant fi du choix des urnes, entériné par le Conseil Constitutionnel - par ailleurs plus haute juridiction éburnéenne et seul autorisé à proclamer les résultats définitifs d'une élection présidentielle en Côte d'Ivoire -, qui atteste de la réélection effective de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême. Une fois les dictatures inféodées à Paris installées, elles ont pour mission de sécuriser la chasse gardée et les investissements français en écartant toute possibilité de réelle concurrence internationale dans les pays concernés. La pierre angulaire de ce système de prévarication des économies africaines est une nébuleuse politico-économique communément appelée «Françafrique». Celle-ci rassemble d'une part une poignée de groupes français (Bolloré, Bouygues, Total, France Telecom, CFAO, Société Générale, Veolia, Areva) disposant de positions hégémoniques dues à leurs connexions politiciennes et non comme résultat d'une supériorité de leurs offres lors de libres confrontations avec la concurrence mondiale. De l'autre, elle est constituée d'un magma de réseaux qui monopolisent des «contrats d'assistance technique» plus ou moins réels ou pertinents et participent de façon active à la fuite des capitaux pour le compte des élites collaboratrices locales, au financement occulte des partis politiques français ainsi qu'à leur enrichissement personnel. Afin de parvenir à ses fins, l'Etat français n'hésite pas à instrumentaliser l'Organisation des Nations Unies (ONU), l'Union Européenne (UE) et même la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union Africaine (UA), pour permettre à l'Hexagone de répartir le coût financier, militaire et diplomatique de sa politique sur des contribuables internationaux, alors que les bénéfices restent, eux, fermement en France. C'est dans cette optique que s'inscrivent aujourd'hui les menaces aberrantes d'une intervention militaire en Côte d'Ivoire agitées avec l'aide de quelques chefs d'Etat valets de la sous-région.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 28 décembre 2010

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

POPULARITE D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA EN COTE D'IVOIRE

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A l'attention de la "communauté internationale": Quand le perdant des élections présidentielles du 28 novembre dernier appelle à une grève générale pour le soutenir, tous les Abidjanais sortent pour aller travailler. Côte d'Ivoire: 1 - Ouattara: 0. Une photo vaut mieux que mille mots.


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

ATTAQUE MANQUEE D’AZITO ET TENTATIVE D’INFILTRATION DU GOLF - L’ONUCI VOULAIT EMBRASER ABIDJAN, HIER



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Au moment où trois chefs d'Etat de la CEDEAO arrivaient à Abidjan pour rencontrer le Président Gbagbo et comprendre l'ampleur de la fraude du RDR ainsi que les atteintes aux Droits de l'Homme commises par les militants du parti centriste, l'ONUCI avait un plan secret derrière la tête.


Croyant à un relâchement du dispositif de sécurité dans le Distinct d'Abidjan, les spadassins de Ban Ki-moon et Sarkozy ont tenté d'envahir la centrale thermique d'Azito à Yopougon Niangon. Dans le même temps, les fameux Casques bleus ont essayé de pénétrer au Golf Hôtel avec un fort contingent d'hommes et de matériel militaire certainement destinés à ravitailler la coalition rebelle. Retour sur une journée au cours de laquelle Choï et ses sofas ont failli enflammer Abidjan. Il est 10 h passées de quelques minutes lorsque du côté du domicile du ministre Mel Théodore, les soldats des Fds commis à la sécurisation interceptent un impressionnant convoi de l'ONUCI qui tentait de forcer leur dispositif de sécurité. Les Fds s'interposent et interrogent le responsable de l'équipage de l'ONUCI sur l'itinéraire des fameux Casques bleus. Ils s'entendent dire que l'équipage se rendait au Golf Hôtel pour disent-ils effectuer une relève. A cet argument fallacieux, les Fds rétorquent que le chef de l'Etat a déjà ordonné, pour ne pas dire demander aux occupants du Golf Hôtel de rejoindre leurs domiciles respectifs. Il n'est donc plus question de faire perdurer la tempête du verre d'eau au Golf.

Mais, ce qui a intrigué les Fds, c'est le nombre de véhicules composant le cortège. Il s'agissait environ d'une vingtaine de véhicules, 17 précisément. Sur ces 17 véhicules, l'on comptait 2 véhicules de transport de troupes. Et ce sont 52 soldats bangladais, puissamment armés qui voulaient renforcer leurs compères retranchés avec la rébellion au Golf Hôtel. Devant la fermeté des soldats ivoiriens, les curieux Casques bleus font mine de rebrousser chemin et reviennent sur leurs pas, empêchant l'armée ivoirienne de bien contrôler les véhicules qui arrivaient dans le dispositif. Au vu de la tournure des évènements, le Groupe d'escadron blindé de la gendarmerie nationale (Geb) est alerté. Sans perdre une seconde, les hommes du commandant Abéhi Jean Noël se déportent sur les lieux avec une force de frappe à même de parer à toute éventualité.

Arrivés sur place, les gendarmes commandos et les militaires d'Akouédo en faction ne s'encombrent pas de fioritures pour indiquer à l'ONUCI que leur tentative d'infiltration du Golf Hôtel a échoué et qu'ils doivent immédiatement quitter les lieux pour éviter un accrochage. C'est la queue entre les jambes que les fameux Casques bleus prennent la poudre d'escampette dans la mesure où leur présence avait commencé à attirer des curieux qui devenaient de plus en plus nombreux et menaçants. Ce cortège refoulé, un autre véhicule 4x4 avec à son bord 5 personnes (encore des fameux Casques bleus) est revenu peu de temps après à la charge. ''Gentiment et poliment'', les soldats leur ont demandé de rebrousser chemin en attendant de recevoir des instructions de leur hiérarchie. Aux environs de 12h, la situation du côté de Cocody-Riviera était calme et est redevenue normale.


Source : Quotidien LE TEMPS

RENCONTRE AVEC LES EMISSAIRES DE LA CEDEAO AU PALAIS : GBAGBO MARQUE DE BONS POINTS



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In Le Nouveau Courrier N°165 du 29 Décembre 2010 par Benjamin Silué


Ernest Koroma, Yayi Boni et Pedro Pires ont rencontré, successivement, Young-Jin Choi de l'Opération des Nations en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, hier.


L'occasion était donnée, hier, aux émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour donner les raisons de leur présence en terre ivoirienne, mais surtout de prêter une oreille attentive à leur hôte, Laurent Gbagbo qui les a reçus «en frère» à son palais, au Plateau.

Après avoir «menacé» le chef de l'Etat ivoirien d'un recours à la force, la Cedeao a donc décidé d'envoyer les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert en Côte d'Ivoire comme émissaires chargés de remettre un ultimatum à Laurent Gbagbo. L'un des émissaires, membre de la délégation d'Abidjan, Pedro Pires du Cap Vert, connaissant certainement le dossier ivoirien, avait déjà écarté l'usage d'une «intervention militaire», et opté pour la négociation. Bien plus, le dialogue, comme l'a toujours préconisé le président Laurent Gbagbo. Ce qui sous-entend que chaque acteur aura à exposer ses griefs.

Hier, déjà, selon une source crédible, le chef de l'Etat ivoirien, durant plus de 2 heures d'horloge, a brandi les preuves qui le donnent gagnant de l'élection présidentielle, mais surtout qui le motivent à faire face à l'adversité de la communauté internationale cornaquée par Sarkozy, parrain de Ouattara. De la traque de ses représentants dans les bureaux de vote au nord par les pro-Ouattara, appuyés d'hommes armés de la rébellion des Forces nouvelles, aux fraudes massives, le chef de l'Etat ivoirien, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, seule institution habileté à le faire, n'a pas laissé ses hôtes sur leur faim. Les homologues de Laurent Gbagbo sont restés pantois, rapporte notre source. Démontrant que la distance et le lynchage médiatique, orienté, d'une partie de la presse occidentale, à l'agenda caché, a eu raison de personnes naïves. En témoigne les propos du président béninois Yayi Boni, qui a noté, au sortir de cette rencontre, que «les choses se sont bien déroulées». Le président Laurent Gbagbo, qui les a reçus avec les accolades, tout sourire, les a raccompagnés le visage très rayonnant. Pour qui connaît le chef de l'Etat ivoirien, les nuages se dissipent progressivement. Comme quoi, le mensonge court plus vite que la vérité qui finit par le rattraper.

Notre source indique que les présidents Sierra Léonais, Ernest Koroma, Béninois, Boni Yayi et le Capverdien Pedro Pires ont décidé de jouer la carte politique pour régler le différend né au lendemain du second tour du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire. A l'issue de la deuxième rencontre qui a eu lieu tard dans la nuit, le chef de l'Etat ivoirien a espéré recevoir ses homologues dans les prochains jours. Il reste à espérer que les énormes pressions qu'ils subissent de la part d'acteurs étrangers à l'Afrique n'auront pas raison de leur option pleine de sagesse.


Source: LE COURRIER D'ABIDJAN

mardi, 28 décembre 2010

COTE D'IVOIRE: INTERVENTIONNISME SOUS COUVERT DE COMMUNAUTE INTERNATIONALE


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Albert Bourgi, professeur de Droit Public à l'Université de Reims


Jamais dans l'histoire des relations franco africaines, une crise n'aura soulevé autant de parti pris mediatico politique en France que celle que vit la Côte d'Ivoire depuis bientôt une dizaine d'années.

Aujourd'hui, comme hier en septembre 2002, lors du déclenchement d'une rébellion militaire ouvertement soutenue, voire totalement planifiée par un Chef d'État voisin, Blaise Compaoré, et fait inédit en Afrique subsaharienne, coupant le pays en deux, l'opinion publique africaine et internationale s'est vue servir une interprétation unilatérale, voire tronquée, des événements.

Et pour couronner le tout, voire pour conforter le courant d'opinion, la position officielle française s'est réduite à accabler le Chef de l'État ivoirien, Laurent Gbagbo, à voir en lui le seul responsable de la rébellion qui a provoqué la partition du pays, et aujourd'hui, de la crise post électorale.

Or dans l'un et l'autre cas, hier avec Jacques Chirac, aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy, selon des méthodes différentes, l'objectif est le même : évincer coûte que coûte Laurent Gbagbo du pouvoir, et préserver la cohésion du pré carré français en Afrique.

En 2002, en 2004, après le bombardement de Bouaké et l'intervention directe des troupes françaises dans Abidjan, comme en 2005, 2006, à travers la tentative de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire, et bien entendu aujourd'hui, par le biais d'un processus électoral totalement dévoyé, il ne s'agit de rien d'autre que de se débarrasser d'un homme qui aux yeux de l'ancienne Puissance coloniale, remettait en question son emprise politique en Afrique.

A chacune des étapes de cet interventionnisme français, le mode opératoire est identique : mettre en avant les organisations régionales africaines au sein desquelles siègent les Chefs d'État adoubés par la France et dont la traduction la plus parfaite est incarnée par d'anciens auteurs de coups d'État reconvertis à la pseudo démocratie, à l'image d'un Blaise Compaoré ou d'un Faure Gnassimbé Eyadéma, et user de son influence aux Nations Unies, particulièrement au Conseil de sécurité.

La crise post électorale en Côte d'Ivoire illustre à l'évidence la perpétuation de la politique d'ingérence de la France en Afrique, qui tout en ne prenant plus les formes caricaturales d'actions militaires directes destinées à maintenir l'ordre intérieur au profit de « présidents amis », n'en aboutit pas moins aux mêmes résultats que naguère.

Quelle communauté internationale ?

Cette politique interventionniste de la France s'adosse désormais à la notion ambiguë de communauté internationale, pour instrumentaliser les dispositifs internationaux de règlement des conflits que ce soit à l'ONU, à l'Union Européenne, à l'Union Africaine ou à la CEDEAO, au sein desquels elle dispose d'importants réseaux d'influence, ce qui lui permet de faire passer « ses solutions politiques ».

C'est de ce registre international qui s'est grossi de « groupes internationaux de contact » que le pouvoir français est parvenu à faire avaliser les coups d'État perpétrés en Mauritanie ne 2008, et à Madagascar, et mieux encore à faire élire, avec le soutien de la prétendue communauté internationale, le général mauritanien, Mohamed Abdel Aziz.

Cette nouvelle forme d'intervention sous couvert de la légalité internationale et d'actions concertées entre les différentes institutions internationales, a incontestablement atteint sa maturation en Côte d'Ivoire, du coup d'État manqué du 19 septembre 2002 et de ses suites diplomatiques (la Conférence de Kléber en janvier 2003) à ce qu'il faut bien appeler un coup de force électoral de décembre 2010, orchestré par le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU.

Le passage en force de ce dernier, entouré pour l'occasion des ambassadeurs français et américains en poste à Abidjan, pour entériner définitivement les résultats « provisoires » proclamés par le Président de la Commission électorale, au siège du candidat déclaré « élu », et cela au titre d'un pouvoir de « certification » dont il disposerait, renvoie à une pratique totalement inédite dans l'histoire des Nations Unies.

Jamais l'ONU n'a outrepassé de telle manière son mandat, y compris au Timor oriental, au Kosovo, en République démocratique du Congo, pour ne citer que ces exemples. Faisant fi des institutions d'un pays souverain, membre des Nations Unies depuis cinquante ans, et ne se donnant pas le temps de permettre à la Commission électorale de débattre des contestations soulevées au cours des délibérations, Monsieur Choi a incontestablement cédé aux pressions de certains pays, dont et surtout la France représentée en Côte d'Ivoire par un ambassadeur dont le parcours professionnel est un parfait condensé de la Françafrique.

En brandissant l'argument de la communauté internationale, et en se prévalant d'un processus électoral sur lequel pèse des suspicions très lourdes et à terme grave de conséquences pour la stabilité de la Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy s'inscrit dans la droite ligne d'une politique néocoloniale de la France, dont les métastases se trouvaient déjà dans le discours raciste qu'il a prononcé à Dakar en juillet 2007.


Source: RUE89