topblog Ivoire blogs

mercredi, 23 décembre 2009

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE (Mis à jour)

DINDE FERNAND.jpg
NB: Vous pouvez cliquer sur le titre en gras de chaque article pour le lire.
Chers bien-aimés frères et sœurs, chers lecteurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant quatre bonnes années (2006 – 2010), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 21 différentes parutions de 15 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 7 quotidiens et magazines, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme (cliquer sur le titre de l'article pour le lire):


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire (1)
     Mes propositions pour la Côte d'Ivoire (2)

(Publiés à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !
LES ARTICLES PUBLIES CETTE ANNEE 2009
13- Du nouveau dans l'affaire Vidéo Bassesse!
(Publié sous le titre : Un proche de la victime témoigne. En fait, dans mon article, c'est plutôt une proche de la victime que je connais qui témoigne car, moi, je n'en suis pas un).
Magazine Vedette, N° 006 du Mardi 07 au Lundi 13 Juillet 2009, p.7, rubrique Société.
14- Affaire Kieffer: Et revoici le chiffon rouge de la France!
(Publié en première page sous le titre : Affaire Kieffer / Un intellectuel (quelle estime pour ma modeste personne !) interpelle Sarkozy : "Un peuple digne ne se laisse pas plier comme une feuille").
Le Temps N° 1874 du Samedi 24 au Dimanche 26 Juillet 2009, p.6, rubique Temps Fort.
15-Faire gaffe à la crise guinéenne

Le Temps N° 1974 du Jeudi 22 Octobre 2009, p.10, rubrique Temps des Idées.

L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner, depuis le départ, qui continuent jusqu'à ce jour, à m'accompagner dans cette belle aventure et à partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement, et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire mienne !


DINDE Fernand AGBO

vendredi, 16 octobre 2009

FAIRE GAFFE A LA CRISE GUINEENNE

 

 

MOUSSA DADIS CAMARA.jpg

Avant-hier et hier, jeudi 15 octobre 2009, une sortie quelque peu cavalière du Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, le belge Karel De Gucht, relayée dans la presse internationale, nous a laissé pantois : L’Europe agite le chiffon rouge de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le président guinéen, le Capitaine Moussa  Dadis Camara, pour sa responsabilité dans les évènements du 28 septembre 2009, au stade de Conakry, ayant fait 56 morts selon les autorités guinéennes et plus de 157 morts selon la presse française, citant comme source d’énigmatiques ONG en activité en Guinée, sans jamais décliner leur dénomination. Ce que - au demeurant - nous trouvons suspect.

Nous sommes tous d’accord que les faits qui se sont produits à la manifestation de protestation de l’opposition, à Conakry, constituent une bavure inacceptable et qu’il serait souhaitable, voire qu’il est impérieux, qu’une commission d’enquête indépendante soit mise sur pied pour faire la lumière sur ce drame, situer les responsabilités et sanctionner les auteurs de ce crime sidérant. Mais on ne peut désigner des coupables avant d’avoir reconstitué et établi les faits. Ceci est valable en Occident et tout aussi valable en Afrique.

Il est donc normal que les tueries de Conakry soient condamnées, sans faiblesse, parce que totalement inacceptables. Mais de là à menacer ce Chef d’Etat africain - même arrivé par un coup d’Etat, en décembre 2008 - de comparution devant la Cour Pénale Internationale, pour crime de guerre, est tout aussi et simplement inacceptable. De quel droit l’Europe se permet-elle de parler ainsi d’une autorité africaine quand elle est restée muette devant les plus de 80 morts causés avec une sauvagerie absolue par la Force Licorne française, en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004 ? De quel droit un simple ministre des Affaires Etrangères, fut-il le français Bernard Kouchner, peut-il se croire obligé de parler d’un dirigeant africain comme de son petit copain de quartier, quand son pays a fait deux fois pire en Côte d’Ivoire, et de clamer sur toutes les antennes françaises et aux moindres occasions que « la France ne veut plus travailler avec cet homme », que « lui, ne laisserait pas faire, cette fois-ci » et qu’il faudrait « y envoyer une force d’interposition » ? Pour qui se prend t-il et où se croit-il ? Nous ne sommes pas leurs « sous-hommes » et nous exigeons un peu de respect !

Les morts de Guinée suscitent-ils autant d’émotion, en Occident, parce qu’ils sont simplement des êtres humains ou sont-ils dignes d’intérêt seulement parce qu’ils ont été (prétendument) refroidis par un Chef d’Etat africain et pas par l’armée française, qui a toujours fait l’omerta sur ses odieux et abominables crimes, en Afrique, y compris sa participation active au génocide rwandais ?

Ces morts-là ne sont-ils dignes d’attention que parce qu’ils peuvent servir aux Occidentaux (qui ne sont pas les meilleurs exemples en matière de respect de la vie humaine et de Droits de l’Homme, contrairement à ce qu’ils peuvent faire croire) à demander la tête d’un putschiste indésirable, vu comme un frein à l’assouvissement de l’appétit gargantuesque des pays puissants qui convoitent les richesses minières et minérales de ce pays pauvre ouest-africain, considéré comme un scandale géologique ?

La France a commis des atrocités sans nom en Côte d’Ivoire et on n’a entendu personne. Alors, que ces autorités occidentales arrêtent de s’ériger tout le temps en « donneuses » de leçon ! Elles sont loin d’être, elles-mêmes, des modèles. Nous avons encore sous nos yeux l’actualité brûlante rapportant le népotisme éhonté de « l’hyper-président », Nicolas Sarkozy, qui veut pistonner son « écolier » de fils à la tête d’une superstructure comme l’EPAD, en France.

En tout cas, le voisin, la Côte d’Ivoire, a intérêt à se tenir tranquille et à ne dormir que d’un œil. Et pour cause : Le Secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé, ce matin même (vendredi 16 octobre 2009), aux 2500 ressortissants français de quitter la Guinée et, pour ceux qui ont le projet d’y aller, de ne pas s’y rendre. Arguant qu’il ne s’agit que d’une simple mesure de prévention et non d’une « évacuation généralisée », devant ce qu’il considère comme une « détérioration de la situation sécuritaire », en Guinée. Et d’autres pays européens pourraient emboîter le pas à la France. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’effet d’annonce est bien passé.

Au cas où cette détérioration s’accélèrerait, Alain Joyandet envisage même, en des termes à peine voilés, l’envoi par la France d’une force d’intervention. Il ne reste plus qu’à provoquer cette « accélération », à laisser l’engrenage s’emballer de la façon la plus naturelle du monde et le tour est joué. Aussi simple que « bonjour » ! Les guinéens et les Ivoiriens sont avertis, s’ils savent lire entre les lignes. En ces matières, la France est experte. Et en Côte d’Ivoire, nous en savons quelque chose.

Si par un affreux malheur, une force d’interposition ou d’intervention (dont la France s’arrangera – comme toujours – pour avoir l’initiative) était envoyée en Guinée, sous la couverture d’une prétendue « détérioration de la situation sécuritaire », l’on peut être sûr qu’un autre coup d’état se produira et que la Guinée basculera bien vite dans une spirale de la violence qui fera flamber la sous-région.

Nous redoutons d’autant plus ce scénario que nous connaissons la période critique d’élection présidentielle dans laquelle est en train d’entrer la Côte d’Ivoire et pour laquelle la France échafaude des plans aussi machiavéliques les uns que les autres, pour imposer son poulain issu du RHDP, à notre pays. Dans un schéma chaotique guinéen, il sera plus aisé d’installer un candidat non élu et un gouvernement fantoche à la tête de la Côte d’Ivoire, par la Force Licorne, avec l’appui d’un détachement des Opérations Spéciales françaises, qui sera justement basé en Guinée, pour les besoins de la cause.

A l’analyse, ce scénario est tout à fait vraisemblable et les Ivoiriens gagneraient à prier ardemment pour la paix en Guinée. De cette paix dépendra leur propre paix. Le temps nous est compté. Peuples d’Eburnie, vous avez été avertis !

 

Que DIEU protège et bénisse la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 15 mai 2009

ET VOICI PLANTE LE DECOR DE LA FIN

           

20090515_fratmat_13353.jpg

Ce jeudi 14 mai 2009, au journal de 20 Heures sur RTI, La Première, il nous a été donné de suivre la déclaration du Premier Ministre SORO Kigbafori Guillaume, à l'issue du Conseil des Ministres qui s'est tenu à la même date, sous la présidence de son SEM Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire, relative à la date de la prochaine élection présidentielle ivoirienne.

 

            En effet, sur proposition de la Commission Electorale Indépendante (CEI), le Président Laurent GBAGBO a signé un décret convoquant le collège électoral ivoirien pour le dimanche 29 novembre 2009, une date beaucoup plus raisonnable que les deux précédentes qui ont été de vrais coups d’épée dans l’eau, mettant ainsi fin au suspense et à la polémique dans lesquels macérait le pays, depuis de long mois, et qui constituait pour certains partis ivoiriens un véritable fonds de commerce politique.

 

            Le débat sur la question étant clos, reste maintenant à tous les prétendants au fauteuil présidentiel à faire valoir leurs talents d’hommes politiques, d’harangueurs de foule, sur la base de projets de société et de programmes de gouvernement pertinents, réalistes et pragmatiques, en s’éloignant des chemins trop faciles de la délation et de la violence, chers à quelques acteurs de l’arène politique ivoirienne.

 

            Mais, en ce qui me concerne, j’avoue être de ceux qui pensent que cette élection ne pourrait pas se tenir ou si elle se tenait par extraordinaire, finirait dans un gigantesque bain de sang. Pas par pessimisme mais par une froide analyse. Pour quelques raisons que je voudrais, ici, évoquer :

 

1-     Je trouve que l’opération d’enrôlement a laissé sur le carreau trop d’électeurs potentiels (seulement 77% d’ivoiriens enrôlés alors qu’on aurait pu se donner le temps de les prendre tous en compte, plutôt que d’opter pour la précipitation qui ne nous sert pas, sauf peut-être les politiciens) et pourrait, en cas de défaite, pousser certains candidats à contester les résultats, sous le prétexte que de nombreux électeurs de leur bord n’ont pu se faire enrôler, compte tenue des difficultés de reconstitution de certains documents administratifs entrant dans la liste des pièces à fournir pour l’opération. L’argument semble facile mais en politique (ivoirienne), tous les coups sont permis, et nous sommes bien placés, ici, en Côte d’Ivoire pour le savoir.

 

2-     Les meetings de pré-campagne des partis politiques ne sont pas du tout sereins. La violence verbale est régulièrement et constamment au menu, avec une logique du « Tout Sauf Gbagbo » qui donne des raisons objectives d’inquiétude. Les adversaires du Président GBAGBO n’envisagent pas de défaite dans cette prochaine joute électorale, eux qui digèrent mal, mais alors, très mal de lui avoir déroulé, à leur corps défendant, le tapis rouge durant bientôt deux mandats, en l’attaquant et en jetant le pays dans une crise armée.

 

3-     Les Forces Nouvelles ne jouent pas toutes, franc jeu. Jusque-là, nous sommes encore à attendre l’unicité des caisses entre le Sud et le Nord du pays, annoncée avec tambour et trompette et jamais vraiment réalisée, et qui pourtant doit faire de la Côte d’Ivoire un vrai Etat, sorti de l’informel et du ridicule.

 

4-     Le désarmement des ex-rebelles, clé de voûte du processus de sortie de crise et de la réconciliation nationale, n’est toujours pas fait. La passation des charges des Com-Zones  aux Préfets de l’Etat de Côte d’Ivoire tarde à devenir réalité et devra même bientôt se faire au forceps. Avec le risque que cela comporte que les vrais bailleurs de fonds de la guerre en Côte d’Ivoire ne tentent un baroud d’honneur, un dernier et sanglant passage en force pour accomplir, en une seule fois, ce qu’ils ont mis 7 années à poursuivre.

Objectivement, nos appréhensions ne pourront être levées que si ce désarmement devient entièrement et totalement effectif. En dehors de cet acquis, il serait illusoire et même naïf de penser, un seul instant, que nous puissions tenir des élections apaisées dans ce pays où les blessures de la guerre sont encore vivaces.

 

            Voici donc planté le décor de la fin : Fin définitive de la crise ivoirienne ou fin durable de la paix sociale dont nous avions commencé à goûter les fruits, par l’effort soutenu du gouvernement ivoirien et, surtout, des signataires de l’Accord Politique de Ouagadougou, le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre SORO Guillaume.

 

            Que DIEU garde la Côte d’Ivoire !

 

 

DINDE Fernand AGBO

 

mercredi, 22 avril 2009

NOËL A ABIDJAN, LA FAMEUSE AFFAIRE!

photo_lg_abidjan.jpg
Un documentaire retrace l’histoire du coup d’État manqué contre Laurent Gbagbo
de décembre 2007. Affaire d’amateurs qui tourne mal ou piège grossier?
Un dossier qui en tout cas empoisonne les relations franco-ivoiriennes.


La tentative avortée de coup d’État « Noël à Abidjan » de décembre 2007 n’a pas
encore livré tous ses secrets. Mais une partie du voile qui l’entoure sera
levée, le 22 avril (aujourd'hui), avec la diffusion de Manipulations sous haute tension sur
la chaîne Planète. Un documentaire de près de deux heures, réalisé par les
journalistes Jean-Paul Billault et Jean-Pierre Canet de l’agence Capa ainsi
qu’Emmanuel Razavi d’Hamsa Press après plus d’un an d’enquête.

Début 2008, Billault est approché par Jean-François Cazé, un Français prétendant
travailler pour les « services ». Cet informaticien, à la tête d’une petite
société d’intelligence économique, n’est autre que le « stratège » blanc que
l’on peut voir sur une vidéo diffusée sur Internet montrant la préparation d’un
putsch en Côte d’Ivoire visant à installer au pouvoir le sergent-chef Ibrahim
Coulibaly, dit IB. Les scènes se déroulent à Paris, notamment dans les bureaux
d’un avocat bien connu de la Françafrique, et à Cotonou, dans une villa louée
par IB, qu’on aurait convaincu de garder une trace de la préparation de ce «
putsch ». Par deux fois, en décembre 1999 et septembre 2002, le sergent-chef a
participé à un coup de force avant de se voir écarté lors du partage du gâteau.

Ce film amateur est réalisé par un journaliste français aux méthodes
controversées, Jean-Paul Ney, auteur de plusieurs ouvrages sur la sécurité dont
un consacré au Service de protection des hautes personnalités et préfacé par
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur.

Ney sera arrêté à Abidjan, le 27 décembre 2007, en possession de près de
quatorze heures de film retraçant les préparatifs du coup de force.

Les autorités ivoiriennes laissent diffuser sur Internet de larges extraits de
cette vidéo, que l’on retrouve sur les marchés sous forme d’un CD appelé « Noël
à Abidjan ». Une enquête judiciaire, toujours en cours, est lancée et les médias
dénoncent une nouvelle tentative de déstabilisation. Embarras au Quai d’Orsay et
à l’Élysée. Dans les mois qui suivent, Cazé, qui a réussi à quitter la Côte
d’Ivoire au terme d’un périple qui n’a rien à envier aux meilleurs SAS, se
défend en tentant de faire croire à des journalistes qu’il préparait un «
contre-coup d’État ». IB et lui étaient censés réagir à une tentative de putsch
menée par Mathias Doué, l’ex-chef d’état-major de l’armée, en exil. Une thèse
guère convaincante. Quelques semaines plus tard, il change de version. Cette
fois, il affirme avoir préparé un putsch et dénonce même les
commanditaires : des personnalités de l’armée française, des services
secrets et de l’Élysée. Info ou nouvelle intox? « Nous n’avons pas
encore tous les éléments du puzzle, reconnaît Jean-Paul Billault. Mais ce dont
nous sommes sûrs, c’est que toute cette affaire est une succession de
manipulations. » Dans quel but? Nuire aux relations franco-ivoiriennes,
empêcher le rapprochement entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le Premier
ministre issu de la rébellion, affaiblir le président Sarkozy…?

Jean-François Cazé, l’instrument de cette manipulation, continue jusqu’à
aujourd’hui à alimenter les journalistes en vraies-fausses nouvelles.

Mathias Doué et IB, toujours dans la nature, restent des épées de Damoclès pour
le processus de paix et ses acteurs… Quant à Jean-Paul Ney, il croupit dans les
geôles de la sordide Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) en attente
d’un hypothétique procès. « C’était un projet journalistique inopportun… »,
explique-t-on laconiquement au Quai d’Orsay.

Source: Libre Forum AGORA, RDPG.ORG

lundi, 02 février 2009

NE PAS SOUS-ESTIMER L'EXTREME CAPACITE DE NUISANCE DE LA FRANCE

200px-VAB-vehicle.jpg
La prochaine réduction annoncée des effectifs du contingent militaire français, en Côte d'Ivoire, par les autorités françaises, a donné presque lieu à de la délectation et à de la réjouissance parmi les patriotes et dans la presse "bleue". Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne et se laisser gagner par l'euphorie ou le triomphalisme. Avec la France, rien n'est joué d'avance. Ses intentions, en Côte d'Ivoire, demeurent sombres malgré les sourires diplomatiques et les bons offices, et même si les rênes de la France sont tenues, non plus par Jacques Chirac "l'Africain", mais par "l'hyper président" Nicolas Sarkozy.

Les intérêts de l'Hexagone sur ce lopin de terre de l'Eburnie sont immenses et, croyez-moi, nous n'allons pas tarder à connaître le vrai visage de cet homme issu des milieux les plus ultra-libéraux de France.
Avec Gbagbo débarrassé de tout moyen de rétorsion politique et réélu, ont-ils la moindre chance d'assurer leurs prébendes, en Côte d'Ivoire? Rien n'est moins sûr! Et ils le savent très bien.

La capacité de nuisance de la France, militairement parlant, reste intacte. Son potentiel opérationnel n'a aucunement besoin d'être domicilié sur les rives de la Lagune Ebrié pour constituer une menace. Même en dehors de nos frontières, mais simplement en Afrique, l'Armée Française demeure un danger pour notre pays. Et Théophile Kouamouo en a fait une parfaite lecture quand il a dit: "Cyniquement, on peut dire qu'en Côte d'Ivoire, la force Licorne, a été prise dans un grand torticolis: Comment aider au renversement de Gbagbo en donnant l'impression d'être une force de maintien de la paix?". Cette posture n'a jamais changé même si des dehors d'accompagnement du processus de paix ivoirien voilent de gros soucis budgétaires et donnent l'impression au monde non initié aux arcanes de la crise ivoirienne que la France est une amie de la Côte d'Ivoire. Faux, un milliard de fois!

Le peuple ivoirien réécrira bientôt son histoire. L'approche de la période électorale révèlera ce que nous avons toujours clamé: L'histoire de notre pays se réécrira avec le sang du peuple digne de Côte d'Ivoire. Ce peuple est la seule armée qui vaincra la France et brisera A TOUT JAMAIS son joug! Le théatre sera plus apocalyptique que Novembre 2004. Comparé à ce qui arrive à grands pas, Novembre 2004 n'aura été qu'un échauffement d'avant match! L'orgre ne lâchera jamais prise sans le sacrifice du peuple. Cela arrivera et ne tardera pas.

Après cette libération, la Côte d'Ivoire aura sa propre monnaie et deviendra vraiment une nation, une vraie, indépendante, libre, éprouvée par le feu et devenue précieuse comme l'or. Ceux qui le veulent peuvent voir en ces paroles une prophétie divine, mais c'est mon intime conviction, depuis toujours!

DINDE Fernand AGBO


L'analyse de Théophile Kouamouo:

La nouvelle est tombée cet après-midi (29 Janvier 2009) et sera, à juste titre, très commentée. Le constat que je fais est que, pris à la gorge par des soucis économiques, Nicolas Sarkozy revient à la "doctrine Jospin" de désengagement militaire progressif de la France en Afrique. Il prend acte de l'impasse stratégique de "Jacques Chirac l'Africain", qui avait recréé de la présence militaire française dans le pré carré pour soutenir des régimes amis. Au final, ces dépenses folles ont-elles préservé les intérêts de l'Hexagone sur le continent ? Cyniquement, on peut dire qu'en Côte d'Ivoire, la force Licorne, prise dans un grand torticolis (comment aider au renversement de Gbagbo en donnant l'impression d'être une force de maintien de la paix) a travaillé à fragiliser les PME françaises sur le terrain et à ouvrir la voie aux entrepreneurs libanais, chinois, indiens et aux pétroliers nord-américains rassurés par son interposition. Présence militaire ne signifie pas influence, comme l'a montré l'échec de novembre 2004 et surtout le refus des membres du Conseil de sécurité des Nations unies de valider une résolution qui mettrait entre parenthèses la Constitution ivoirienne. Retour à une doctrine de "soft power" à Paris ? Peut-être. Il reste qu'Idriss Déby et François Bozizé, maintenu pour l'un et installé pour l'autre, auront du mal à se passer du parapluie français. Nous devons également faire un constat : Françafrique ou pas, l'Afrique est bien fragile et doit commencer par le commencement, c'est-à-dire construire de vrais Etats impartiaux.

Extrait de la presse française:

La France a annoncé mercredi le retour cette année de 2.100 de ses soldats déployés dans des opérations africaines, en Côte d'Ivoire et au Tchad, et le retrait de ses deux navires participant à la composante maritime de la force de l'ONU au Liban.

Cet allègement du dispositif militaire français à l'étranger répond à la stabilisation de la situation en Côte d'Ivoire et à la relève par l'ONU de l'opération européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique destinée à protéger les réfugiés du Darfour. Elle correspond aussi à un souci d'économie budgétaire.

Selon le ministre français de la Défense Hervé Morin, une réduction de 20% des effectifs permet "d'économiser de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros par an" sur des opérations dont le montant a "approché les 900 millions" d'euros en 2008.

La France possède l'une des deux grandes armées européennes, et avec 13.000 hommes, constitue le deuxième contributeur européen aux opérations extérieures, derrière la Grande-Bretagne (15.000 hommes), devant l'Italie (8.100) et l'Allemagne (6.500).

Pour la Côte d'Ivoire, le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi, devant l'Assemblée nationale, le retrait dès cette année de 1.100 des 2.000 soldats français stationnés dans le pays.

"En Côte d'Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l'attente d'échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l'état", a-t-il assuré.

Notant que "l'ONU a entamé" le désengagement de sa force (Onuci), M. Fillon a ainsi estimé que la mission des 200 soldats français qui concourent à cette force "peut être considérée comme achevée" et annoncé qu'ils "rentreront en France cette année".

En outre, "notre pays devrait réduire de moitié le contingent de 1.800 hommes qui constitue la force Licorne d'ici l'été 2009", a-t-il poursuivi. La force française Licorne avait été déployée en 2002 après un coup d'Etat manqué. Elle a pour mission de soutenir les 8.000 Casques bleus engagés dans le pays.

Ce retrait annoncé est "une bonne nouvelle", a réagi mercredi le chef d'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, le général Philippe Mangou. La "réduction progressive" des forces étrangères "veut dire" que "la paix n'est plus loin", a-t-il estimé.

Source: http://kouamouo.ivoire-blog.com/

23:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : licorne, crise ivoirienne, armée française | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 10 janvier 2009

QU'EST-CE QUI SE TRAME EN COTE D'IVOIRE?

ARMEE FRANçAISE 2.jpg

Cet article, publié hier sur le site RDPG.ORG et que je vous propose de lire, est titré: "Qu'est ce qui se trame au Gabon? La France y envoie 300 commandos parachutistes, en renfort". La Côte d'Ivoire y est citée, relativement à un possible positionnement de troupes françaises au Gabon, en vue d'une éventuelle opération, en Eburnie. Au-delà, bien entendu, des interrogations que ce détachement militaire pose au peuple gabonais.
En tout état de cause, la question que je me pose, en tant qu'ivoirien (pour avoir assisté à toutes les postures et impostures de la France, en Côte d'Ivoire, et ayant écho d'âpres préparatifs en cours, visant à profiter de la situation de pourrissement social et politique, dans notre pays, ainsi que du retard important accusé par le processus électoral), est: "Qu'est-ce qui se trame en Côte d'Ivoire? La France envoie indirectement 300 commandos parachutistes en renfort, au Gabon".



Alors qu'un détachement de 300 parachutistes du régiment de l'Ariège dont le colonel Frédéric Blachon, chef de corps du 1er régiment de chasseurs parachutistes, est encore pour deux mois au Tchad, qu'un groupe de commandos parachutistes d'une dizaine d'hommes est quant à lui toujours en Afghanistan, le 1er RCP envoie, par voie aérienne entre le 8 et le 25 janvier, 300 autres militaires au Gabon pour une mission de quatre mois.


Depuis la signature en 1960 des accords de défense entre le Gabon et la France, cette dernière déploie un dispositif d'environ 1000 militaires dans ce pays d'Afrique.

La mission principale de ce détachement est d'assurer la sécurité, en cas de menace, des 12 000 ressortissants français vivant au Gabon.

Forces prépositionnées, les troupes françaises au Gabon constituent également un réservoir pour les opérations menées dans les autres pays d'Afrique comme entre autres le Tchad ou encore la Côte d'Ivoire.

Enfin, les troupes françaises poursuivent, sur un terrain qui n'a rien de commun avec le profil ariégeois, leur entraînement tout particulièrement en coopération avec l'armée gabonaise.

La mission hors métropole: l'aboutissement d'un entraînement long et difficile.

Officiers, sous-officiers et militaires du rang, les 300 parachutistes issus de la 1ère compagnie du capitaine Cyril Mitnik et de la 3ème compagnie du capitaine Stéphan Cognon ont enchaîné exercice sur exercice afin d'être prêts à accomplir leur mission et à représenter à l'étranger les parachutistes français dont ils seront les ambassadeurs, s'il le faut, d'une diplomatie opérationnelle.

Depuis que le régiment est professionnalisé, la plupart de ses militaires a déjà participé à de nombreuses missions hors métropole.

Officier issu de l'école militaire interarmes, le capitaine Mitnik, commandant la compagnie dont la devise est «Du ciel au Combat» n'en est pas à sa première expérience puisqu'il a déjà servi en Côte d'Ivoire, en Bosnie, au Gabon et au Tchad.

Quant au jeune Saint-Cyrien, le capitaine Cognon, commandant la 3ème compagnie, avec pour devise «Je veux, Je peux», outre un stage en Israël, il a connu à deux reprises le théâtre de la Côte d'Ivoire ainsi que celui du Gabon où il a d'ailleurs participé à l'accueil de ressortissants évacués du Tchad.

Comme à chaque départ, le réseau soutien aux familles s'active.

Certes, le régiment de l'Ariège dispose d'une cellule d'aide aux familles qui répond sans délai aux sollicitations de celui ou celle dont le conjoint est en mission extérieure.

«Mais, c'est surtout le réseau épouses, amis, voisins, qui est le plus souvent et spontanément activé» confirme le caporal-chef Xavier Masdeu, lavelanétien d'origine, installé près de Pamiers avec son épouse et ses trois enfants.

«Durant mes missions au Tchad, Guyane, Côte d'Ivoire, Gabon et Afghanistan, ma famille a toujours trouvé un soutien sans faille» ajoute Xavier.

Quant au sergent Gérald Macquart, «chti» il ne se fait aucun souci depuis que sa famille au grand complet a fait le grand voyage Nord-Sud pour s'installer définitivement dans la région de Foix.

Tous vont partir sereins pour vivre une nouvelle mission exaltante durant quatre mois sans interruption dans un cadre opérationnel incomparable.

Source : ariegeNews.com

15:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : commandos parachutistes, gabon, accords de défense | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 14 décembre 2008

UN MAUVAIS COUP SE PREPARE !

GBAGBO LAURENT 4.jpg
Chers ivoiriens,

A travers l’adresse de ce jour, j’aimerais vous faire cas d’informations récurrentes qui courent sous cape, en ce moment, sur la place abidjanaise et dans le pays et qui nécessitent que nous soyons vigilants pour notre pays.

Nous avons des informations précises qui font état de ce qu’une préparation mystique intense, menée par des cercles occultes, se fait, depuis deux mois et demi, sur la Côte d’Ivoire, pour renverser le Président GBAGBO et prendre la Côte d’Ivoire.

Cette préparation mystique de très haut niveau, faite avec le concours de milliers de personnes qui font des incantations constantes sur la Côte d’Ivoire, trouve son sens dans le fait que toutes les tentatives des déstabilisateurs de notre pays pour en prendre le total contrôle, ont toujours lamentablement échoué.
Cette fois-ci, ils veulent être surs ne pas manquer leur coup. D’où le recours tous azimuts à l’occultisme le plus sordide et le plus ténébreux, et à toutes sortes de sciences ésotériques.
Ne faudrait-il pas, peut-être, y rattacher les nombreuses disparitions d’enfants, de jeunes et d’adultes, souvent retrouvés exsangues ou avec des organes en moins, destinés à des rituels sataniques ?

Les déclarations tapageuses de certains hommes politiques ivoiriens qui annoncent leur prise du pouvoir pour le 1er Janvier 2009, en disent long sur ce qui se prépare contre la Côte d’Ivoire !
Où sont passés IB et le Général Mathias DOUE ? Leur silence actuel doit nous interpeller. C’est le silence avant l’explosion. Une armada se met en place, dans la discrétion la plus totale et avec les complicités les plus insoupçonnées.

Période prévue pour l’exécution de l’opération : Au meilleur des cas, dans les tous prochains jours, avant la fin de l’année 2008 et au pire des cas, avant le jour de l’élection présidentielle, prévue pour se dérouler en 2009.

A cette occasion, selon des révélations persistantes, de grosses têtes politiques vont tomber et de nombreux assassinats politiques, civils et religieux auront lieu, dans un gigantesque bain de sang. Toutes choses qui ne sont pas faites pour nous donner un sommeil paisible.

Ivoiriens, vous aurez été avertis !

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

DINDE Fernand AGBO

mercredi, 05 novembre 2008

NOVEMBRE, MOIS DE LA RESISTANCE IVOIRIENNE

BLE GOUDE.jpg
En guise de commémoration des évènements tragiques et combien douloureux de Novembre 2004, qui ont vu la France tomber le masque contre la Côte d’Ivoire, le quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN d'alors avait décrété, en début de mois de Novembre 2007, en édito, le mois de Novembre comme MOIS DE LA RESISTANCE.

A cette occasion, il nous avait été donné, les 09 et 10 Novembre 2007, de lire le magnifique interview de « l’homme de l’Appel du 06 Novembre 2004 », Charles BLE GOUDE, grand patriote devant l’ETERNEL, rappelant les circonstances de cet appel mémorable et parlant de l’avenir de la Résistance ivoirienne.

A la fin du parcours de cet entretien, on reste pétrifié, sidéré, devant la dimension du complot, devant l’ampleur des évènements et surtout des non-dits et des aspects sous-jacents de ces quatre interminables jours d’angoisse pure, qu’ignorait le commun des Ivoiriens, dont notamment le projet bien ficelé d’assassinat du leader des Jeunes Patriotes.

Devant le profond désarroi, l’étrange solitude de la Côte d’Ivoire, la confusion totale, les grandes incertitudes et les doutes paralysants qui ont marqué et dominé ces heures de terreur, sans que le pouvoir actuel ne soit pour autant tombé, l’on peut avancer, sans risque de se tromper, que DIEU était au contrôle.

Sinon, comment comprendre la marée humaine, la déferlante historique, de plusieurs millions d’âmes qui s’est déversée dans les rues du pays, pour faire obstacle, les mains nues, au dessein clairement affiché de la cinquième puissance militaire du monde, armée jusqu’aux dents, devant des Forces Armées Nationales consignées en caserne, avec des instructions fermes de ne pas intervenir, devant un Président GBAGBO esseulé, affaibli, désarmé, prêt à être cueilli comme un fruit mûr et qui pourtant a survécu à la tempête. DIEU seul a pu faire un tel prodige.

Bilan de ces folles journées et de ces nuits d’épouvante : 57 morts, des handicapés à vie et des milliers de blessés.
Pour mettre le comble à l’incongruité et à la pire des mufleries, au lendemain de ce carnage innommable, la Côte d’Ivoire se fait passer sous la chape de plomb par l’ONU : Embargo sur les armes, sanctions ciblées et personnalisées, peinture apocalyptique des Droits de l’Homme, en Côte d’Ivoire, menaces en tout genre, commanditées par la france.
Ce qui n’a pas manqué, trois années après la suprême offense, d’arracher au cœur de Charles BLE GOUDE ce soupir de l’âme : « Tôt ou tard, la France paiera pour sa barbarie, en Côte d’Ivoire ».
Oui, la France doit payer, un jour, pour tous ses crimes. En Côte d’Ivoire et en Afrique.

Au-delà de la paix qui se profile à l’horizon, dans notre pays, depuis la signature de l’Accord de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, la Résistance ivoirienne doit rester en veille. Parce que par essence, elle née de la volonté des Ivoiriens de faire obstacle aux visées néocolonialistes de la France – qui n’ont d’ailleurs pas encore été revues à la baisse (conférer la Résolution 1782) – et non pas de combattre d’autres frères, insurgés.
La paix entre les Ivoiriens, oui, mais la mort de la Résistance , non ! Il nous faut, absolument, faire la part des choses, au risque de vendre nos âmes aux compromissions les plus couardes et les plus nauséeuses.

Chers compatriotes, la France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c’est avec beaucoup d’étonnement et d’interrogation que j’observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l’Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l’ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l’interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s’en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu’un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c’est tout juste pour se donner bonne conscience.
J’en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l’implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France , les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d’Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n’y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n’a eu droit qu’à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l’ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C’est vrai que « DIEU sauvera la Côte d’Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l’a écrit Bernard B. DADIE, celui qu’on considère comme l’un des pères de la Littérature Négro-Africaine .

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l’Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France , en octroyant, dans les années 60, « l’indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n’est sorti ou n’a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n’a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d’Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d’eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l’aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d’Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d’Algérie, débutée en 1954, en passant par l’atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu’elle y a soutenu, jusqu’à nos jours, la politique africaine de la France n’a pas changé d’un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J’irais même plus loin : Apparemment, la France n’a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d’Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d’Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l’affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d’expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s’est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d’Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour Martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemies désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l’Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l’Humanité ! ». Et j’adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l’Africain » qui ont - comme l’a dit avec beaucoup d’à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l’Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d’accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d’une conscience nationale et patriotique, en Côte d’Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l’Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière!



DINDE Fernand AGBO

22:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mois de la résistance, blé goudé, licorne, france, patriotes, mains nues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 08 août 2008

QUE LES IVOIRIENS SE (RE)METTENT A PRIER !

331a8386f951081b31aa3054c2dc34ab.jpgChers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,


Je ne voudrais pas jouer les rabat-joie, les pessimistes et les oiseaux de mauvaise augure, mais j’avais affirmé et je cite que « Le signe le plus franc, pour nous, de l’adhésion de tous au processus de paix, de l’acceptation par tous de la main tendue du Président GBAGBO, du désarmement effectif des coeurs et du retour véritable de la paix (du moins dans l’attente de la période électorale qui pourrait être électrique), ce sera la participation du Président Konan BEDIE et du Premier Ministre Alassane OUATTARA aux festivités de la célébration du 48ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, aux côtés du Président Laurent GBAGBO et du Premier Ministre SORO Guillaume. Ce que nous n’avons pas encore vu, depuis le début de cette crise et que nous attendons, impatiemment, de voir ! »

Vous convenez avec moi que nous n’avons pas eu la joie d’assister à cette scène fraternelle, qui aurait été émouvante et réconfortante pour les Ivoiriens, à l’approche de la date fatidique des élections présidentielles, dans notre pays, rendez-vous dont toute la Côte d’Ivoire appréhende l’avènement. Nous n’avons pas eu cette joie, pour une raison toute simple : Le Président Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA et le Premier Ministre Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR, ont brillé, une fois de plus (une fois de trop !), par leur absence, à la cérémonie officielle de la célébration de l’anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance.

Il ne faut pas une dialectique alambiquée pour comprendre que nous avons des raisons d’être franchement inquiets pour la période électorale prochaine. A première vue, on pourrait minimiser ce qui pourrait passer pour un détail insignifiant, anodin et qu’on pourrait même estimer être de bonne guerre, entre adversaires politiques qui ne veulent rien se concéder.
Mais pour moi, c’est un détail important, grave même, révélateur de la secousse sismique de haut degré qui va bientôt ébranler la Côte d’Ivoire.

Ce détail est révélateur, à deux niveaux :
1) Il révèle ou cristallise, une fois pour de bon, la dénégation faite au Président Laurent GBAGBO de la légitimité de son titre de Président de la République de Côte d’Ivoire.
2) Il révèle une rancune tenace, morbide, des opposants et adversaires politiques du Président Laurent GBAGBO. Et une telle rancune ne peut être sans incidence ni conséquence. C’est ABSOLUMENT impossible.

Toutes choses qui nous dévoile, par anticipation, l’atmosphère et le décor dans lesquels va se planter la période électorale, en Côte d’Ivoire. Une EVENTUELLE victoire du Président GBAGBO, dans de telles conditions et dans un tel contexte psychique et mental, n’est pas concevable et ne sera ni acceptable ni acceptée par de tels adversaires. Des adversaires qui, il faut le relever, abattent leurs dernières cartes et que menace une retraite politique imminente, à moins d’un séisme, et qui, ce faisant, comptent bien jouer leur va-tout !

Peuple de Côte d’Ivoire, deux schémas s’offrent alors à nous, auxquels il est impossible que nous échappions :
1) Soit les élections n’auront pas lieu pour cause de sabordage ou d’évènements violents, mettant en péril la République et la Nation elle-même;
2) Soit elles se tiennent mais un seul résultat est attendu : La victoire de l’opposition. Faute de quoi le pays va s’embraser dès l’annonce des résultats ou à l’affiche des premières tendances plébiscitant le Président Laurent GBAGBO. Car aucun ivoirien lucide n’est dupe : On ne peut confier le pays à ceux qui l’ont attaqué ou qui ont passé leur temps à engourdir le processus de paix, si ce n’est même à le saborder.

Conclusion de tout ceci : Que les Ivoiriens se (re)mettent à prier, parce que rien n’est gagné d’avance, rien n’est acquis, en ce moment. La paix actuelle est factice et repose sur le mensonge politique et l’hypocrisie. De la poudre aux yeux, un trompe-l’œil savamment distillé au peuple de Côte d’Ivoire, à travers la célébration du premier anniversaire de la Flamme de la Paix, le mercredi 30 juillet 2008, à Bouaké. Nous serons bientôt repartis pour une belle période de tourmente, croyez-moi.
Que tous ceux qui ont la foi, dans ce pays, se (re)mettent à la brèche et que des supplications ardentes montent au grand Trône Eternel, avant qu’il ne nous arrive bien pire que ce qui nous est déjà arrivé !

Que DIEU garde et protège la Côte d’Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

18:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 juillet 2008

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE

d80717df5a806e55b52e44936ace43e6.jpg
Chers bien-aimés frères et sœurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant trois bonnes années (2006 – 2008), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 18 différentes parutions de 12 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 6 quotidiens, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme :


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire

(Publié à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !


L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner dans cette belle aventure et partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement !


DINDE Fernand AGBO

13:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 juin 2008

L'HOMMAGE D'UN AFRICANISTE A LA RESISTANCE IVOIRIENNE

9fadc7434a3c2e667919991a50aa043c.jpg
Bruno Vécarte, universitaire franco-gabonais (Sciences Politiques - Paris), africaniste et polémiste invétéré rend, dans ce papier, un hommage franchement remarquable à la Résistance ivoirienne. Lu pour vous.


La France et Bongo n’ont pas honte !



Les images de réussite des émirats pétroliers du golfe persique nous montrent à quel point nous sommes damnés. « Damnés de la terre » comme l’avait décrit Frantz Fanon de son vivant.

Ces images flamboyantes témoignent de la Richesse, de la Grâce et de cette Liberté que n'ont malheureusement pas tous ces conducteurs d’hommes qui ne sont pas pénétrés par la lumière divine, et qui rament à vue dans le noir de leur inconscience.

Depuis 1967, Bongo accepte de garantir les sales besognes des français sur notre sol ; lesquels français pillent, volent et transfèrent chez eux les richesses d'un pauvre petit peuple d’à peine 1 million d’habitants, qu'ils savent désarmé et pacifique.

C'est la honte.

C’est la honte pour la France !

C’est la honte pour ce pays qui s’est hissé sur le toit du monde en exploitant des peuples plus faibles que lui.

La France n'a donc pas honte !

Elle n’a donc pas honte de se prévaloir de ce titre de Xieme puissante économique et militaire du monde, sachant pertinemment que cette économie tient en grande partie du pillage des pays d’Afrique, pillage que cet arsenal militaire permet justement de garantir.

C’est une honte !

C’est une honte pour la France et tous les dirigeants qui se sont succédé à sa tête, qui n’ont eu de cesse d'exploiter ainsi, depuis plus de 200 ans, des pauvres et petits peuples qui matériellement sont démunis.

La France profite de notre innocence et de notre candeur pour voler et piller nos richesses ; des richesses qu'elle reverse par la suite pour le profit de sa population, laissant les nôtres crever de faim et de maladie.

C'est une honte !

Le peuple français doit savoir que leur pays est une honte !

Les petits français doivent savoir que leur économie tient du vol et du pillage des matières premières des peuples africains.

C’est une honte !

Au Tchad, au Congo, au Cameroun, au Gabon, en Angola, en Centrafrique, en Guinée, au Sénégal, au Soudan, en Mauritanie, au Togo ou à Djibouti, la France a stationné ses barbouzes pour assassiner tous ceux qui voudraient dénoncer ses pillages, qu'elle perpétuent au vu et au su de tous.

La France a placé de force et en permanence sur nos territoires, une fraction de son armée, pour empêcher les peuples noirs africains, ces pauvres nègres, de crier "au voleur", de manifester leur désapprobation de ce pillage multiséculaire, qui n’en finit pas, et qui dépérit chaque jour un peu plus notre race.

Elle s'est organisée depuis longtemps pour empêcher les noirs africains de vivre libres, riches et instruits comme elle le fait pour ses ressortissants.

C'est une Honte, pour un pays qui croit être grand, alors qu'il ne doit sa grandeur et son soit disant rayonnement international, que sur le vol des matières premières des pays les plus faibles, et sur le dos et le sang de malheureux peuples noirs désarmés, vis-à-vis desquels elle n'a de cesse de brandir l'artillerie lourde pour garantir les hold-up qu’il opère sans état d’âme dans le continent noir.

De de Gaulle à Sarkozy, la France n’a voté que des voleurs comme présidents, qui ont assassinés nos nationalistes et qui les ont remplacé par des illettrés, des pions qu’ils peuvent manipuler à dessein, au mépris des peuples indigènes africains, mourant de soif et de faim, alors que leurs pays sont gorgés d’eau et de nourriture en abondance.

C’est une honte !

C’est une honte pour nos propres frères NOIRS, GABONAIS et AFRICAINS, qui n’ont pas d’âmes, et qui œuvrent tels des zombis à l’holocauste de leurs propres semblables !

C’est une honte pour Omar Bongo, pour tous les membres du gouvernement, et pour tous ces fonctionnaires gabonais, qui font semblant de travailler alors que depuis plus de 50 ans, le pays est aux mains des blancs qui sucent jusqu’à la lie la sève de notre patrimoine national !

A quoi sert d’aller travailler dans une administration, sachant que le meilleur fruit de ce travail ne te reviendra pas ?

A quoi servent aux fonctionnaires gabonais de se rendre tous les jours au travail, alors que depuis 50 ans le pays est embourbé parce que les principaux capitaux sont envoyés par les français chez eux en France.

Seuls les gabonais peuvent libérer le Gabon et donner aux gabonais les mêmes chances d’émancipation et de développement que ce que ce pays octroi à ses ressortissants.

Si 100.000 gabonais se mettent dans la rue pour demander à la France de cesser de piller enfin nos richesses, je ne crois pas que le 6eme Bima, que ce pays a stationné dans notre territoire pour protéger son pillage, pourra nous assassiner tous devant les caméras du monde entier.

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui libre parce que les Ivoiriens en ont décidé ainsi.

Ils ont décidé de dire STOP à la France et à sa force de protection du pillage « Licorne ». Devant les caméras du monde entier, les canons de la force pro-pillage « Licorne » n’ont eu d’autre choix que de cesser le feu.

Si nous voulons libérer notre pays et vivre riches et heureux comme les autres, et telles que le prévoient nos richesses naturelles, nous devons suivre l’exemple de la Côte d’Ivoire et de son valeureux peuple ivoirien.



Bruno Vécarte

13:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 25 avril 2008

MES PROPOSITIONS POUR LA COTE D'IVOIRE (2)

4e6d7f724da1089ad4716d08dbbdb79d.jpg
II- Quelques pistes de solutions

Devant une peinture presqu’apocalyptique et aussi peu enviable de la situation, on se sent quelque peu défaillir face à l’immensité de la tâche de restauration.
Mais il ne faut pas en rester là. Que proposons-nous comme pistes de solutions à explorer à nos gouvernants, pour aider à notre façon, la Côte d’Ivoire, notre pays - si profondément chéri mais aussi si malheureusement meurtri - à sortir de l’ornière ?

Sans prétention aucune, je voudrais soumettre à ceux qui ont la lourde responsabilité de conduire la Côte d’Ivoire vers des rivages plus paisibles, ces quelques propositions (en vrac) pour l’examen desquelles ils voudront bien distraire un peu de leur temps.

1- Tout d’abord, que le Président de la République ne donne pas le sentiment au peuple qu’il est déconnecté de ses réalités (corruption, achat de diplômes, achat de l’admission aux concours de la Fonction Publique, de la Police, de la Gendarmerie et de la Douane), en tenant des discours aussi impopulaires qu’inopportuns du genre « la corruption a toujours existé, en Côte d’Ivoire » ou « les Ivoiriens exagèrent tout ». Il est à mille lieux d’imaginer à quel point ce type de propos le dessert !
Il est peut-être encore un peu populaire mais le regard du peuple sur lui a changé et son audience baisse de jour en jour, à cause de sa gestion maladroite de ce type de dossier. J’espère qu’on le lui dit et j’espère aussi que lui-même s’en rend un peu compte.

2- Il serait souhaitable que le Président de la République reconnaisse ouvertement et formellement l’état de déliquescence morale et spirituelle de la nation et la corruption généralisée dans le pays (ce ne serait pas pour lui de la faiblesse ou un aveu d’impuissance, nous en sommes tous comptables). Ensuite, il pourrait demander aux Ivoiriens, à travers un forum ou individuellement, de faire des propositions pour en sortir, qui seront analysées et prises en compte, autant qu’elles seront pertinentes, réalistes et réalisables.

3- J’exhorte, personnellement, le Chef de l’Etat à ne pas être si sentimentaliste et à sévir dès maintenant, de peur que si les élections tardent à venir (rien ne nous dit, en effet, que ses adversaires politiques et ses ennemis d’ici et d’ailleurs lui permettront de les faire tenir dans les échéances désormais si clairement déterminées), les Ivoiriens ne soient définitivement déformés.
Aujourd’hui, la recherche du gain et la corruption sont les premiers réflexes des Ivoiriens. Cela est devenu leur seconde nature. Attendre après la crise pour essayer de les redresser pourrait s’avérer tard ou herculéen comme tâche.
Ce serait comme tenter de redresser un arbre adulte déformé depuis sa jeunesse. Les racines seraient déjà trop profondes et les structures du bois trop fortifiées pour qu’une telle entreprise ait des chances de réussite.
Si le Président ne commence pas à sévir maintenant, à la fin de la crise (déjà incertaine, malgré les dates arrêtées et les professions officielles de bonnes intentions), il lui faudra, à lui ou à son successeur, devenir un dictateur pour y parvenir.

4- Et il doit commencer par ses proches. Etre réticent ou hésitant à sévir contre ses proches (qui ne sont les moins coupables, loin s’en faut), le rend totalement impuissant à demander des comptes à qui que ce soit.
Il doit être plus exigeant envers les siens qu’envers les autres parce qu’il a une image à défendre qu’il ne doit pas les laisser corrompre impunément sous le prétexte qu’il leur est redevable. En ce moment-là seulement il sera à l’aise pour exiger des autres de la droiture, de l’équité et de l’intégrité, en ce moment-là seulement il sera à l’aise pour sévir contre tous.
Autrement, cette bataille, il l’a déjà perdue. Même après la crise, il en sera encore à chercher ses marques et à se demander comment s’y prendre.
Il devrait changer de logique. Je suppose qu’il doit se dire, certainement, qu’il ne peut pas sévir contre les siens quand ses adversaires sont intouchables à cause des accords qui lui lient les mains.
Il devrait plutôt raisonner de cette façon : « Je dois châtier les miens pour pouvoir sévir librement et durement contre mes adversaires ».

5- Nous ne devons pas continuer de nous sentir bien dans cet Etat informel qu’est devenu la Côte d’Ivoire et de nous y accommoder.
L’heure est venue de mettre la Loi au-dessus de tous. Il nous faut faire de l’observation absolue de la règle de droit le véritable fondement de notre nation. Cela doit être palpable, senti et vu par tous, sans aucune concession ni favoritisme.
Le Chef de l’Etat doit véritablement mettre la Loi au-dessus de tous ! Ne serait-ce que sur le plan administratif. Cela aura l’effet de soulager grandement le peuple et de lui attirer son adhésion.
Le fait d’avoir accordé un blanc-seing à la rébellion au nom de la paix, ne doit pas nous autoriser à élever l’impunité au rang d’institution nationale. La rébellion est un fait à considérer comme une exception qui est survenue dans notre pays. Elle doit justement confirmer la règle du droit. Ce n’est pas parce qu’au nom de la paix, nous avons tendue la main et pardonné à la Rébellion que le reste des Ivoiriens doit se croire tout permis et qu’on en arrive à déglinguer notre pays. Ce n’est pas acceptable.
La crise passera, un jour. La Rébellion avec. Que deviendra alors, après, notre nation, quand la morale, l’éthique et les valeurs auront « totalement foutu le camp », par notre laxisme, notre sentimentalisme, notre attentisme et notre trop grande tolérance ?

6- Il nous faut rendre à nouveau l’Etat fort, en le restaurant dans ses missions régaliennes et sa raison d’être, c’est-à-dire la protection et la satisfaction des besoins des populations, en restaurant la justice sociale et en restaurant le Droit, envers et contre tout. Sans calcul politique, le Président dut-il y laisser ses amitiés. Qu’à cela ne tienne, le peuple qui l’a élu lui apportera son appui, et le SEIGNEUR ETERNEL qui l’a hissé sur le piédestal où il est, sa caution. C’est cela l’essentiel, c’est cela le plus important !

7- Reformer la Justice ivoirienne. Elle a été déclarée le milieu le plus corrompu de Côte d’Ivoire par une étude du CIRES.
Vouloir restaurer le Droit sans reformer la Justice est une entreprise vouée à l’échec !

8- Promouvoir, en tout temps et contre vents et marées, en temps favorable ou non, l’éthique et les valeurs. C’est ce qui va donner des fondements solides à notre nation. Car la Côte d’Ivoire est très corrompue : En matière de bonne gouvernance et parlant de pays les moins corrompus, elle est classée 151ème sur 163 (selon Transparency International) et 164ème sur 177 (selon le Rapport annuel 2006 du PNUD sur le Développement Humain).

9- Exiger et promouvoir le mérite et la compétence à tous les niveaux, en tout et partout, sans faiblesse.

10- Infiltrer les réseaux de corruption (vente de diplômes, concours de la Fonction Publique, Trésor Public, Contrôle Financier, etc.), remonter les filières et sévir de façon implacable et sans miséricorde. Quand même se mettrait en mouvement l’armada des interventionnistes et autres médiateurs villageois, ethniques, régionalistes et claniques, qui ne manqueront pas de se mettre en branle, dans cette Afrique quelquefois solidaire dans le mal.

11- Les grèves intempestives trouvent souvent leur fondement dans l’enrichissement illicite qui a cours, aujourd’hui, dans le pays, de sorte que les moindres revendications servent de prétexte à la radicalisation.
Ce n’est pas tant le fait que ceux qui s’enrichissent illicitement dans ce pays soient riches ou prospères qui gêne, mais l’ostentation et l’étalage impudent qu’ils en font. Et ensuite l’égoïsme et la méchanceté dont ils font preuve.
Offusqués, les moins nantis se disent que s’il y a tant d’argent dans le pays, alors ils réclament ici et maintenant leur part. D’où la radicalisation des grèves et des luttes syndicales, en Côte d’Ivoire. Quoi de plus normal ?
La solution - plus que de vouloir à tout prix faire comprendre à l’honnête citoyen que le pays est en crise et a, de ce fait, d’énormes difficultés financières qui ne lui permettent pas de donner une suite favorable et immédiate à leurs revendications légitimes - est de ne laisser aucune malversation impunie et de montrer sa détermination au peuple, qui pourra alors accepter de consentir tous les sacrifices et se faire le chantre de la bonne gouvernance et de la droiture, partout et en tout.

12- Les fondements de la Fonction Publique et de la nation elle-même sont en train d’être gravement sapés parce qu’en Côte d’Ivoire, on recrute au rabais : Les nouveaux fonctionnaires sont d’un niveau, aujourd’hui, totalement déconcertant, lamentable.
Tout juste un exemple parmi mille : Des professeurs de lettres recrutés au niveau de la Licence (diplôme bien souvent acheté) et envoyés sur le terrain, sans être passés par l’ENS, qui n’ont aucune connaissance académique (impensable pour des licenciés !), et à plus forte raison pédagogique.
L’effet induit, c’est que ceux qui travaillent dur et se cultivent pour donner des cours consistants à leurs élèves, se découragent dans le travail (qui finalement repose sur eux) et finissent par se démobiliser.
L’Etat ne peut pas laisser un département aussi capital que l’éducation aller à vau-l’eau ! Nous ne devrions pas, au nom de l’urgence de recruter du personnel éducatif, accepter que des enseignants du Secondaire contournent l’ENS.
Le Chef de l’Etat doit faire corriger cette bévue. Les résultats et les conséquences sont totalement désastreux pour le pays. Il n’y a qu’à voir le niveau désespérant de nos élèves, aujourd’hui.

13- L’embauche au privé n’existe presque plus. La quasi-totalité des Ivoiriens qui, aujourd’hui, cherchent ou aspirent à trouver du travail, se tournent donc vers la Fonction Publique. Mais là, les nouveaux critères souterrains et obscurantistes en vigueur ferment la porte aux plus démunis et, bien souvent, aux plus méritants.
De sorte que si vous voulez être et rester honnêtes dans ce pays et ne compter que sur vos efforts et votre mérite, vous risquez de ne jamais avoir de travail dans le public.
Résultat : Même les plus intègres et les plus justes s’acoquinent avec la fraude. Pour les plus inflexibles, c’est quelquefois l’impossibilité assurée de travailler et le désespoir.
Effet induit : Le désamour pour le pays et pour le sommet de l’Etat.
La piste de solution que je propose, c’est comme je l’ai dit plus haut, d’infiltrer et de détruire ces réseaux, pour donner la même chance à tous et redonner espoir aux Ivoiriens (notamment les jeunes) et sauver, ainsi, la Fonction Publique ivoirienne.

14- Le Président de la République doit savoir que c’est l’ETERNEL, son DIEU, qui l’a investi sur ce pays et qu’au-delà des reformes politiques et économiques qu’il devait amener en Côte d’Ivoire pour son éveil, sa libération du joug colonial et sa prospérité, c’est un sacerdoce que DIEU lui a donné.
Or la corruption effroyable de notre nation lui donne une polarisation spirituelle totalement négative. Aller aux élections dans ce contexte est une grande bombe spirituelle qui risque de brûler et de détruire le pays par la guerre civile, qui pourrait être (devant la démission des hommes) un moyen divin de nettoyage spirituel.
Il devrait donc, au plus tôt, travailler à l’enrayer ou, au pire des cas, à la minimiser.

15- Certains compagnons du Président n’ont aucun sens des valeurs ; ils n’en ont tout simplement pas. De sorte qu’ils arrivent à commettre les actes odieux que nous condamnons tous, avec la plus grande désinvolture.
En fait, c’est de la méchanceté. Ils n’aiment pas le Président GBAGBO. Seul compte pour eux leurs intérêts, leur profit et leur prestige. Durent-ils en jouir sur les décombres de la Côte d’Ivoire !
Le Président devrait se débarrasser d’eux et les remplacer par des hommes compétents, intègres, craignant DIEU (si possible) ou qui ont une moralité à toute épreuve. Sans attendre la fin de la crise. Si la Refondation doit se faire avec les hommes que nous voyons actuellement, elle a déjà échoué et je peux dire que le Président est en train de conduire le pays dans l’impasse.

16- Nous devons tous travailler à réarmer mentalement, spirituellement et moralement l’Ivoirien :
Mentalement : L’Etat doit lui réapprendre à reprendre espoir en son pays et à l’aimer (en lui donnant une chance égale avec les autres ivoiriens, en instaurant une véritable justice sociale).
Spirituellement : Nos Autorités doivent solliciter et amener les hommes de DIEU de toutes les confessions, à intensifier leurs enseignements sur la sainteté, la crainte de DIEU et l’amour de l’homme, le prochain, en promouvant une véritable solidarité (les plus forts et les plus riches doivent aider les plus faibles et les plus pauvres). Valable également pour le sommet de l’Etat, qui doit réduire son train de vie au profit du peuple.
Moralement : Nous devons tous dénoncer les dérives morales et les condamner publiquement (particulièrement au sein des cultes), promouvoir le civisme et l’éthique (rôle de l’Etat et de la Société Civile) et donner aux Ivoiriens une nouvelle échelle des valeurs, fondée non plus sur l’argent et la jouissance impie mais la droiture, l’honnêteté, les bonnes mœurs dont nos médias publics doivent se faire l’écho, plutôt que de nous abrutir de danses et de musiques crétines et de films qui célèbrent les embrassements érotiques, la nudité et le sexe.
Pour cela, le Président doit s’entourer d’hommes qui, en plus de leurs compétences, craignent DIEU ou sont d’une excellente moralité.


Telles sont (en vrac) mes propositions pour la Côte d’Ivoire. Fasse DIEU qu’elles soient lues et amplifiées par ceux qui aiment ce pays !

Que DIEU bénisse la terre d’Eburnie !


DINDE Fernand AGBO

11:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (8) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 23 avril 2008

MES PROPOSITIONS POUR LA COTE D’IVOIRE (1)

7f271e4940244b739b86cd55cb421a1b.jpgChers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,

Notre pays connaît depuis quelques années une décrépitude morale, éthique et institutionnelle grave due à la guerre qui s’est abattue sur lui dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002 et qui s’est commuée en une crise sociale des plus affligeantes, qui le rend méconnaissable, à plus d’un point de vue.

Les origines les plus récentes de cette crise ivoirienne sont à rechercher dans le contexte général de mutation socio-politique qui s’opère, en Côte d’ Ivoire, depuis le début des années 1990 et qui a atteint, aujourd’hui, sa forme la plus aiguë.

Le mal est véritablement profond et des indices de toutes sortes nous donnent presqu’à désespérer de cette belle nation en gestation, malheureusement en pleine décadence et qui, visiblement, semble bien mal partie, au point que son redressement nécessitera une thérapie de choc pour le prochain Président de la Côte d’Ivoire, qui sera élu, au soir du Dimanche 30 Novembre 2008 (si une autre crise plus grave ne vient pas la renvoyer aux calendes grecques).

Le diagnostic, quoiqu’éloquent, est à mettre en grande partie au compte de cette guerre absurde qui a été faite à notre pays par des hommes politiques aux ambitions démesurées et irréalistes, sous-tendues ou en accointance avec des intérêts politico-mafieux étrangers et qui a entraîné, par ricochet, l’affaiblissement profond de l’Etat de Côte d’Ivoire.

I- Le diagnostic du mal ivoirien

Les maux à relever sont une multitude et ont nom (je ne suis pas exhaustif):

· L’école démunie et abandonnée, caractérisée dans son quotidien par la violence poussée jusqu’au crime, les effectifs pléthoriques (jusqu’à 100 élèves dans une classe de Terminale), la faiblesse ou la démission de l’encadrement administratif, la formation au rabais faite par des enseignants démotivés par des contingences sociales non satisfaites par l’Etat ou handicapés par des lacunes académiques lamentables liées au mode de recrutement obscur désormais en vigueur dans une Fonction Publique ivoirienne en totale déliquescence ;
· La pauvreté lancinante et la cherté de la vie, liée à la flambée des prix des produits de grande consommation, échappant quasi totalement à l’Etat, par son propre fait;
· L’admission aux examens et concours « achetée » (c’est le lieu de le dire), du fait des critères obscurs de recrutement et de cooptation qui prospèrent à la Police, à la Gendarmerie, au Ministère de la Santé (INFAS), aux Impôts, à la Douane, au Trésor, au Ministère de l’Education Nationale (BEPC, BAC, CAFOP, ENS) et dans l’Enseignement Supérieur (BTS et autres diplômes universitaires) ;
· L’incivisme généralisée ;
· Les concours de l’ENA et de la Fonction Publique, objets de trafics de toutes sortes, et source du désespoir le plus profond pour les jeunes et leurs parents aux revenus faibles car basés sur l’argent, le pouvoir d’achat et les relations (clientélisme et népotisme) et non sur le mérite ;
· Les malversations et les surfacturations dans les Services Publics dont les budgets sont au service du prestige social exclusif du chef, qui s’offre un rythme et un niveau de vie que ne peut lui assurer son seul salaire, et cela au vu et au su de l’Etat, qui ne lève pas le petit doigt (au nom de quelle logique ?) ;
· La corruption dans toutes les Administrations et Sociétés d’Etat, avec les complicités tacites ou explicites des Directeurs des Affaires Administratives et Financières (DAAF), eux-mêmes adonnés au gain facile ;
· Le laxisme et la moralité douteuse des Contrôleurs Financiers (tous grades confondus), qui exigent des dessous de table ou des pourcentages avant le visa des factures à payer aux entrepreneurs et aux opérateurs économiques à qui l’Etat doit de l’argent ;
· Le trafic d’influence, le clientélisme et le népotisme comme nouvelles valeurs sociales ivoiriennes ;
· La célébration de l’incompétence et des faux symboles, au cœur de laquelle prospèrent et s’enrichissent impunément les corrompus, au grand dam des hommes intègres, des justes et des pauvres, laissés pour compte et ainsi incités à se corrompre à leur tour ;
· Le manque de contrôle et de mesures coercitives exemplaires, disciplinaires, correctionnelles, dans les Ministères et les Collectivités Territoriales, où des sommes énormes sont détournées au détriment des populations ;
· La politisation des embauches, plutôt anormalement sélectives, ethnocentristes, tribales, claniques et régionalistes ;
· L’impunité criante, institutionnalisée, qui nous laisse voir un Etat en totale démission, même là où le minimum peut être assuré, nous offrant le spectacle désolant de « l’Etat informel », comme disait l’autre ;
· Le manque d’une véritable solidarité nationale entre les Ivoiriens au sein desquels quelques-uns deviennent amoralement riches, du jour au lendemain, tandis que le reste du peuple gît dans une misère noire, donnant à constater que le pays souffre d’une mauvaise gestion et d’une mauvaise répartition des ressources nationales, le sommet de l’Etat menant grand train de vie, au détriment des populations laborieuses ;
· Le racket des Forces de l’Ordre, toléré par toute la hiérarchie militaire et qui prend, aujourd’hui, des allures systématiques et totalement désinvoltes ;
· L’enrichissement illicite par le pillage du denier public ;
· Le déclin du mérite et de la compétence, véritable danger pour l’avenir et le prestige (si elle en a encore) de la nation, qui perd ses repères et ses points d’encrage ;
· L’adjudication des marchés publics soumise au paiement systématique de pots-de-vin par les soumissionnaires, sous peine de forclusion ;
· Les paiements de factures dans les services du Trésor (notamment après l’exécution des marchés), soumis au règlement ou à l’acquittement d’un certain pourcentage du montant à percevoir, sous peine de ne jamais accéder à son dû ;
· Les transactions financières dans les prises de décisions de justice, faites au mépris de l’application de la Loi (Ex : Des prévenus qui payent pour être jugés, sous peine de moisir, ad vitam aeternam, dans les tréfonds des geôles ivoiriennes) ;
· Les malades démunis abandonnés à leur sort dans les hôpitaux, faute d’argent, sans tenir aucun compte de l’urgence d’instaurer dans le pays, aujourd’hui plus que jamais, une vraie solidarité nationale ;
· Le désespoir total des jeunes face à l’embauche ou à l’emploi où des modes de recrutement d’un autre âge sont en vigueur (droits de cuissage, dessous de table, etc.);
· Le terrible danger que représente la normalisation ou la normalité de la corruption dans la société ivoirienne pour l’avenir de notre pays ;
· La tricherie planifiée et organisée aux examens nationaux ;
· Le rançonnement des élèves aux épreuves orales du BAC et du BEPC ( 1000 F à 4000 F, selon la note voulue);
· La banalisation du sexe, affiché sur la place publique, en couverture de journaux, de films et de CD en vente dans nos rues, au vu et à la portée des enfants;
· L’immoralité sexuelle, l’excentrisme et le libertinage vestimentaire, l’impudicité et la crétinisation de la musique et des danses ivoiriennes ;
· La métamorphose des ivoiriens en fêtards forcenés, en quête perpétuelle d’exutoire, du fait du stress de la crise ;
· La nationalisation de la « Rue Princesse », haut-lieu de la dépravation morale, désormais présente dans toutes les villes du pays et sanctifiée par le Président GBAGBO himself, la prolifération des lieux de plaisirs mondains et des sanctuaires du sexe facile (Bar-dancings, night-clubs, super-maquis) et leurs corollaires que sont la prostitution, l’ivrognerie, le proxénétisme, les relations sexuelles contre-nature telles la pédérastie, le lesbianisme et la pédophilie. En un mot, la légèreté des mœurs et la déliquescence morale que je considère, personnellement, comme un des effets induits du délitement de l’Etat, sous-tendue par une démission nationale collective qui a conduit le pays à la déperdition totale de ses repères moraux et sociaux ;
· L’injustice sociale (pas forcément institutionnalisée) dont sont victimes les couches sociales les plus faibles et qui a fini par les pousser à abandonner leurs repères moraux pour faire face à des contingences immédiates toujours plus pressantes et plus oppressantes, réalisme vital oblige ;
· La survalorisation de l’argent au détriment de l’éthique, de la morale et des valeurs du travail, de l’effort, du mérite, de la droiture, de l’honnêteté, de l’équité et du civisme qui ne nourrissent plus ni ne payent, dans une Côte d’Ivoire naufragée.


II- Quelques pistes de solutions

A suivre!

22:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 09 avril 2008

COTE D’IVOIRE, PIETE DE FAÇADE

Chers Bien-aimés Frères et Sœurs Ivoiriens,

Voici six ans que notre beau pays la Côte d’Ivoire est entré dans un cercle de violence d’un niveau jamais égalé dans notre jeune histoire. La mère-patrie a été poignardée dans son sein, le territoire national balafré par une ligne virtuelle qui a consacré la partition du pays en deux Côte d’Ivoire : Celle du Sud, républicaine et celle du Nord, rebelle, assiégée, martyrisée, pillée, prise en otage, déstructurée, déglinguée (au nom de je ne sais quelle quête de justice), échappant à tout contrôle.

Comme il fallait s’y attendre en pareil cas de figure, ces six années de déplanification institutionnelle et structurelle orchestrée, qui ont vu la Côte d’Ivoire traînée de ville en ville, de pays en pays et d’accords en accords, aussi boiteux et illogiques les uns que les autres, heurtant au besoin le simple bon-sens, avant que n’advienne celui de Ouaga, le seul qui mérite que s’y attarde notre intelligence, ces six années, disais-je, ont eu pour conséquence l’affaiblissement profond de l’Etat de Côte d’Ivoire, avec pour corollaire le désordre en tout genre qui prospère dans le pays.

A la faveur de cette crise majeure, par réflexe de préservation ou par instinct de survie, une piété et une ferveur religieuses jamais connues ou observées, en Côte d’Ivoire, ont vu le jour, au milieu de nos concitoyens.
Des millions d’Ivoiriens, au comble du désastre et en désespoir de cause, ont trouvé refuge en la foi, et plus spécifiquement dans les églises et les mosquées.
Nous étions donc en droit de nous attendre, malgré la déstructuration partielle de notre pays et le relâchement moral inhérent à tout état de guerre, à un réveil spirituel authentique et à un redressement des mœurs, des valeurs et de l’éthique.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’est tout l’inverse qui s’est produit :
Les hommes de DIEU ou ceux qui se targuent de l’être sont devenus eux-mêmes avec leurs fidèles, la véritable plaie de cette nation. Impudiques et arnaqueurs à souhait pour bon nombre d’entre eux, ils n’ont de valeurs, désormais, que l’argent et la jouissance matérielle.
Ils ont été les tout premiers à promouvoir les maisons de placement d’argent (que nous avons été aussi parmi les tout premiers à condamner, en tant qu’évangéliques), se servant de la chaire sacrée de DIEU, au sein de temples et d’églises, comme plate-forme commerciale et marketing de leurs nouveaux produits.
Comment des hommes de DIEU ont pu tomber aussi bas pour en arriver à se muer, in fine, en prédicateurs de l’argent facile…et à grande vitesse, acquis sans travail, sans effort et parfois sans honnêteté, sans moral, spoliant des milliers de souscripteurs devenus encore plus pauvres que ne les avait déjà rendus la guerre, dans notre pays.

Quelles valeurs véhicule une telle pratique et quelles leçons pouvons-nous en tirer pour nos enfants à qui nous autres nous évertuons encore - dans le milieu chrétien - à faire comprendre que le bonheur et la réussite sociale ne se trouvent qu’au bout de l’effort et du travail honnête ?

Que ce soient des hommes de DIEU, en particulier, et des hommes et des femmes faisant profession de connaître DIEU, en général, qui s’en rendent coupables, c’est une situation totalement surréaliste !
C’est dans cette logique que s’inscrit l’Evangile de la prospérité qui a beaucoup de prophètes, qui fait beaucoup d’émules, dans notre pays, et qui est, malheureusement, prêché dans nombre de nos jeunes églises (notamment), où l’honnête citoyen endoctriné et mystifié est plumé comme un faisan.
Qu’advient-il du message de la sainteté, de la sanctification, de la droiture, de la justice et de l’équité ?

Parlant toujours de ceux qui font profession de connaître DIEU, nous avons assisté dans ce pays, à l’instrumentalisation de la religion, notamment musulmane, et à l’érection du mensonge politique comme moyens de conquête du pouvoir, avec le soutien actif d’imams parmi les plus réputés et nous savons dans quelle impasse de telles dérives ont conduit la Côte d’Ivoire.

Les églises et les lieux de culte fleurissent de partout sans aucune discipline, sans aucun respect pour le prochain qui a besoin de quiétude et de repos, et voire même sans moral : On pactise avec le diable pour avoir des pouvoirs de subjugation sur le peuple, on ferme une église tout juste parce qu’elle n’est pas rentable et on en ouvre une autre sous une autre dénomination, sans oublier de relever le fait que nous sommes aujourd’hui au cœur même de la mégalomanie chrétienne triomphante la plus délirante, avec des titres pastoraux du genre « Bishop, Archi-Bishop, Big Prophet, Apôtre International, Grand Prophète Faiseurs de Miracles, Prophète des Nations, etc », qui sont bien souvent le fait de tonneaux sans contenu.

Les lieux de cultes sont devenus de véritables foires à la fornication où on voit, sans émotion, des femmes et des jeunes filles dénudées ou arborant des pantalons plaqués, dans des tissus ultra-fins, des pantalons Jeans à la taille basse qui laissent entrevoir le sous-vêtement ou le tatouage, pour peu qu’on s’asseye.
Les maquis et les night-clubs ne sont plus l’apanage ou la chasse gardée des personnes qu’on taxe d’être des païens.
Ils sont désormais allègrement fréquentés par des individus qui sont sensés être, dans l’imagerie populaire, des saints ou tout simplement des croyants ou des personnes religieuses.
C’est ainsi qu’on ne s’étonne plus de voir de soi-disant pasteurs et des artistes sensés être des chantres de l’Eternel, en boîte de nuit, sous le prétexte, pour certains, d’y servir DIEU (lequel ?).

Pour aborder un autre aspect du mal, tous les Ivoiriens sont unanimes sur le fait que la corruption gangrène, affreusement, la Côte d’Ivoire. Si gravement que l’admission à la quasi-totalité des concours de la Fonction Publique est payante.
Pire encore le sont les concours de la Police, de la Gendarmerie, de la Douane, de l’ENA et ceux d’entrée dans les CAFOP et l’ENS.
Plutôt que de demeurer une poche de moralité à toute épreuve qui puisse servir d’exemple et de modèle, en supportant stoïquement l’injustice des modes de recrutement et de cooptation obscurs, en vigueur dans la Fonction Publique ivoirienne, dans l’attente de la manifestation de la gloire et de la justice de DIEU, le milieu religieux en général et le milieu chrétien en particulier, se sont acoquinés avec le mal, avec des hommes de DIEU recommandant désormais, sans sourciller, que le choix n’étant plus laissé au juste, il devrait s’arranger à ne pas être laissé pour compte. Préconisant les raccourcis comme moyen d’aider DIEU à accomplir sa volonté et à nous ouvrir les portes de l’emploi, dans une Côte d’Ivoire en totale déliquescence, en totale putrescence.
C’est ainsi que toute la nation en est arrivée à patauger dans la vase.

Esaïe 29 : 13 s’applique à merveille à nous, Ivoiriens, fanfarons, orgueilleux et creux, sans consistance, sans épaisseur, sans valeur, sans moral, sans éthique, faisant profession de connaître DIEU et reniant ce qui en fait la force :

« Le Seigneur dit: Quand ce peuple s’approche de moi, Il m’honore de la bouche et des lèvres; Mais son coeur est éloigné de moi, Et la crainte qu’il a de moi N’est qu’un précepte de tradition humaine ».

COTE D’IVOIRE, prends garde à toi, la verge et le glaive de l’ETERNEL ne sont pas loin de toi. Si tu t’étais déclarée athée, ta faute aurait semblée moindre. Mais tu t’es proclamée « La deuxième patrie du CHRIST », « Nation bénie de DIEU », c’est pourquoi ton péché ne te sera pas ôté.
Médite attentivement le passage biblique de Jérémie 18 : 7-10 :

« 7 Soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, D’arracher, d’abattre et de détruire; 8 Mais si cette nation, sur laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, Je me repens du mal que j’avais pensé lui faire. 9 Et soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, De bâtir et de planter; 10 Mais si cette nation fait ce qui est mal à mes yeux, Et n’écoute pas ma voix, Je me repens du bien que j’avais eu l’intention de lui faire ».


COTE D’IVOIRE, ton péché te rattrapera, très bientôt. Plus tôt que tu ne peux l’imaginer ! Mais il y a encore un espoir de salut avant la déflagration générale qui arrive sur toi, à grands pas ! Cet espoir, c’est encore la Parole de DIEU : 2 Chroniques 7 : 14 :

« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, -je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays ».


Le SEIGNEUR ETERNEL est on ne peut plus clair dans sa Parole : Si MON PEUPLE…S’HUMILIE…JE GUERIRAI son pays !DIEU n’attend qu’une chose : Que son peuple s’humilie ! Il ne dépend donc que du peuple de DIEU, de ceux qui invoquent son nom, que la Côte d’Ivoire retrouve la paix et la stabilité.
La crise ivoirienne qui n’est en fait que la face visible d’une profonde réalité spirituelle ne trouvera de solution véritable que si le peuple de DIEU se repent de son péché, de ses mauvaises voies et s’en détourne, résolument !
La faute nous incombe de nous être mis sous sa houlette et de nous être si affreusement dépravés ! C’est une malédiction de se réclamer de DIEU et de fouler sa Parole au pied.
Comment au milieu d’une aussi grande ferveur religieuse, en Côte d’Ivoire, a pu naître une déliquescence morale aussi profonde ?, s’interrogeait avec une lucidité extrême un haut cadre de ce pays.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, des hommes et des femmes légalement mariés, faisant profession de connaître DIEU, divorcent allègrement. Aucunement inquiétés de devenir des parjures, dans la mesure où des ministres de cultes s’y adonnent eux-mêmes, dans la plus totale insouciance.
Le pourcentage de ces divorces est si effarant, si élevé qu’il vole la vedette à celui des « païens » et qu’on en vient à se demander si la foi n’a pas, depuis belle lurette, fui nos lieux de culte. Comment est-ce possible ?

Les adultères sont devenus monnaie courante dans des milieux sensés être religieux et pieux, avec en prime des scandales sexuels quelquefois retentissants. La mondanité et la fornication de la jeunesse croyante prend des proportions jamais égalées.
La cupidité a pris le pas sur le sacerdoce, au milieu d’hommes de DIEU plus préoccupés, aujourd’hui, à avoir des entrées à la Présidence de la République ou dans les milieux huppés d’Abidjan et à piller les caisses de leurs assemblées qu’à prêcher la droiture et la sainteté.

Le ministère pastoral et le sacerdoce (qui relèvent du sacré) sont devenus du business. Les préoccupations désormais de plus en plus en vigueur dans le milieu : Rouler carrosse, faire bombance, être à la page du snobisme, s’acheter des voitures de grosses cylindrées, s’offrir les téléphones portables de dernier cri, se payer les vêtements et les bijoux les plus luxueux et se faire un carnet d’adresses au sommet de l’Etat.
Même la musique est atteinte par la putrescence ambiante : Les chants ne servent plus à adorer DIEU mais à faire de la musique d’ambiance et du business. Les roulades de postérieurs fournis, en pantalons plaqués et moulants, sont en bonne place dans des clips sensés louer DIEU. Quel délire ! Quel naufrage !

Pas donc étonnant que nos assemblées et lieux de cultes, en Côte d’Ivoire, se soient transformés en anti-symboles de la foi et de la droiture, des endroits où la fornication bat son plein, où l’argent et le rang social (plutôt que la valeur intrinsèque des individus ou leur piété) sont les baromètres de la considération à laquelle vous pouvez avoir droit.
Et il est juste de relever que la plupart de ces dérives sont le fait de sectes pernicieuses mais aussi, malheureusement, d’églises traditionnelles bien connues, en pleine décadence spirituelle.
Amos 4 : 11- 13 :

« 11 JE VOUS AI BOULEVERSES (NDR : Par une rébellion), Comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit; Et vous avez été comme un tison arraché de l’incendie (sauvés par grâce). MALGRE CELA, VOUS N’ETES PAS REVENUS A MOI, dit l’Eternel… 12 C’est pourquoi je te traiterai de la même manière, Israël (Côte d’Ivoire); ET PUISQUE JE TE TRAITERAI DE LA MEME MANIERE, PREPARE-TOI A LA RENCONTRE DE TON DIEU, O Israël! (O Côte d’Ivoire !) 13 Car voici celui qui a formé les montagnes et créé le vent, Et qui fait connaître à l’homme ses pensées, Celui qui change l’aurore en ténèbres, Et qui marche sur les hauteurs de la terre: Son nom est l’Eternel, le Dieu des armées ».

A bon attendeur…salut ! Que DIEU ait pitié de la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

11:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 30 mars 2008

DEUX ARTICLES SUR LA CRISE IVOIRIENNE A GARDER EN MEMOIRE !

LA FRANCE SE TROMPE D’EPOQUE ET DOIT
ASSUMER


Opinion : L’auteur de cette contribution s’appuie sur la part active de la France dans la crise ivoirienne pour mettre à nu les armes déstabilisatrices de la France impérialiste dans ses ex-colonies. Morceaux choisis.

Par le Professeur GNAGNE Y. Maurice


Monsieur Jean-Pierre TUQUOI, journaliste au célèbre quotidien français « LE MONDE »,qui serait « spécialiste » des affaires africaines,titrait dans le numéro du 29/12/2005 de ce journal,son commentaire sur la formation du Gouvernement Banny,par cette phrase : « La formation du gouvernement ivoirien marque la défaite( ?)du parti du Président Gbagbo ».
Dans ce commentaire,il se réjouit de la « percée » de l’opposition politico-militaire dans ce gouvernement qui,pour lui,est constitué dans le but d’organiser les élections d’Octobre 2006 qui trouveront « un remplaçant au Président Gbagbo ».Un remplaçant au Président Gbagbo,tout bêtement et tout simplement !


(…)Ce qui paraît curieux dans cette affaire,et qui d’ailleurs est une surprise,mais peut-on réellement être surpris ?C’est que monsieur est un journaliste français,donc à priori un intellectuel républicain cultivé qui,paradoxalement,se réjouit et espère la prise du pouvoir d’Etat par une rébellion politico-militaire, en Côte d’Ivoire(la fin ne justifie t-elle pas les moyens ?se dit-il certainement !).(Note personnelle :C’est du racisme à l’état pur. Ils n’accepteraient jamais une telle dérive chez eux. Cela n’est bon que pour l’Afrique et pour les Nègres. Et si encore ils nous considéraient comme des Nègres ! Nous avons le malheur de n’être que des Africains !)
Mais,prise de pouvoir par la rébellion politico-militaire en Côte d’Ivoire au bénéfice de qui ? Du Peuple de Côte d’Ivoire qu’on massacre ? Pouvons-nous nous interroger ! Naturellement ,et ceci est une évidence qu’on ne discute plus aujourd’hui :Au bénéfice de la France chiraquienne,sa patrie !
En effet,la réjouissance de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI,devant ce qu’il a appelé « la percée de l’opposition politico-militaire »,achève de nous convaincre,s’il en était encore besoin,sur le rôle de la France de Chirac dans cette crise :Elle (la France de Chirac) est en effet partie belligérante dans cette crise. Elle est en collusion d’intérêt avec l’opposition politico-militaire ivoirienne qu’elle soutient de façon plus qu’active. Et cela n’est un secret pour personne. Une opposition politico-militaire qui a comme programme de gouvernement le départ du Président Gbagbo du pouvoir qu’il exerce depuis cinq ans, par la volonté du Peuple souverain de Côte d’Ivoire. La France et l’opposition politico-militaire ivoirienne se rejoignent donc dans cette logique. Et le dire n’est pas faire preuve de génie. Le dire et le répéter que la France est partie belligérante à cette crise,c’est aussi faire preuve de pédagogie,en tant que la répétition est une vertu pédagogique qui cristallise les idées,et rappelle aux uns et aux autres qu’il n’y a de caché que ce que nous nous interdisons de chercher à connaître et à comprendre,et ce que nous nous refusons de témoigner pour les générations à venir.
Donc parlons et témoignons,car « au rendez-vous de l’histoire,tous les témoins devraient avoir la parole ! ».Parlons et témoignons que la France de Chirac a trahi la Côte d’Ivoire et son Peuple,au bénéfice de ses intérêts et ceux de l’étranger !Elle s’est trompé d’époque et elle doit assumer pleinement toutes les conséquences de ses actes(…)


En ce qui concerne les déclarations et les réjouissances de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI ,de voir le Président Gbagbo être remplacé par une opposition politico-militaire,en dehors de la gêne et de la pitié que nous pouvons éprouver pour l’auteur de cette ignominie,et surtout de la salissure morale et intellectuelle qu’une telle position déverse sur sa personne,de telles déclarations appellent des commentaires et analyses de notre part. Retenons seulement que si ce monsieur,sans le vouloir,s’est mis à nu par une sorte d’auto-psychanalyse, c’est que les données du terrain, en Eburnie, ne donne aucune chance à un autre candidat qui se présenterait devant le Président Gbagbo. Le Président Gbagbo représente un véritable avatar pour le pouvoir politique français actuel et toute la nébuleuse mafieuse économico-militaro-politique qui n’ont pas encore compris le niveau de conscience du Peuple de Côte d’ Ivoire engagé dans une lutte de libération pour la prise en main de son destin.Toute cette confrérie du mal n’a pas encore mesuré,à sa juste valeur,la grandeur et l’immensité du sacrifice que le Peuple de Côte d’Ivoire s’apprête à consentir pour qu’advienne cette libération et la prise en main de son destin.
Le problème,à mon avis,ne se présente même pas en ces termes,puisque malgré les manigances de la France de Chirac,le Président Gbagbo sera réélu au premier tour de ces élections. Cela est une certitude que tout ivoirien digne et fier,que toute ivoirienne digne et fière,doit avoir en esprit. Et ce n’est pas « la communauté internationale » qui viendra choisir un Président pour notre Peuple et notre pays.
Que la modestie gagne tous ceux qui espèrent un tel « happy end » pour leurs protégés.



Extrait du Quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN,
No 749 du Mardi 27 Juin 2006.





Massacre des 80 gendarmes de Bouaké, tueries de Duékoué

LE GRAND DEBALLAGE DE MAITRE VERGES



« CRIMES CONTRE L’HUMANITE. MASSACRES EN COTE D’IVOIRE », c’est le titre du livre que l’avocat français Jacques Vergès vient de publier aux éditions LAFFONT sur la crise ivoirienne…Un véritable réquisitoire contre la France et la communauté internationale dans leur gestion du conflit ivoirien. Extraits :

« Je suis, en général, celui qui prend la défense des hommes accusés de crimes contre l’humanité (Ma note personnelle : Exemple : Klaus Barbie, Le Boucher de Lyon, en France, qui s’est sinistrement illustré, pendant l’occupation allemande). Alors pourquoi ? Pourquoi prendre fait et cause pour les victimes d’un massacre ? D’habitude, j’ai les nerfs solides, mais j’ai été indigné : Bébés violés, torturés, assassinés, femmes déchiquetées, hommes massacrés. Sur ces massacres, le silence de la communauté internationale et de la France, en particulier, est impardonnable ; j’ai voulu lever le voile sur ce qui constitue un crime contre l’humanité (…) D’avocat, je suis passé au rang de témoin. Ma singularité et ma force, c’est mon indépendance. Pour moi, la vision que nous avons de la Côte d’Ivoire est entièrement fabriquée et injuste, je veux ici dénoncer très fort l’attitude internationale face à un crime abominable. Je suis interloqué et indigné par le silence de la communauté internationale et de la France sur cette kyrielle d’exactions. »
Guitrozon et Petit-Duékoué : « Deux visages d’enfants enflés et couverts de mouches ; une femme carbonisée avec, entre les jambes, un petit tas de charbon : l’enfant prématuré dont elle a accouché dans l’agonie ; parmi les cendres d’une case incendiée, les montants de métal noircis d’une chaise roulante, des visages éclatés, des corps incendiés… »
Pour l’avocat français, un crime comme celui de Duékoué ne peut pas être amnistié…


Quand l’avocat français flaire l’odeur du pétrole et du gaz dans le conflit.


Sans être formel, Me Vergès semble subodorer d’importants intérêts économiques dans cette guerre que vit la Côte d’Ivoire. A ce sujet, il écrit ce qui suit : « Il est par contre de plus en plus question des découvertes de puits de pétrole et même d’une réserve proche de celle du Koweït. La Côte d’Ivoire serait en passe de devenir le deuxième producteur africain de pétrole, après le Nigéria.
Par ailleurs, une nouvelle réserve de gaz devrait permettre une exploitation pendant un siècle au moins (...) La guerre en Côte d’Ivoire est-elle liée à ces nouvelles découvertes ? La déstabilisation de ce pays est-elle orchestrée et destinée à favoriser l’exploitation sans contrôle des produits existants ? Et si oui, par qui ? La question reste posée ! Comment ne pas faire le rapprochement entre cette déstabilisation qui semble savamment entretenue et la découverte, en 2002, de ces énormes réserves de pétrole dans le sous-sol ivoirien ? Les dictatures sont plus aisées à contrôler que les démocraties… »


Extrait du Quotidien L’INTER
No 2433 du Mardi 20 Juin 2006

22:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 24 mars 2008

AVEZ-VOUS LU CE TEMOIGNAGE ?

Jeudi 07 Février 2008


UN TEMOIGNAGE PATHETIQUE A LIRE. SANS PASSION.

Tiré du Blog de Théophile KOUAMOUO. www.kouamouo.afrikblog.com
09 Novembre 2007

GUY-BERTRAND N'AIME PAS LA POLITIQUE

A l'occasion du troisième anniversaire de la fusillade honteuse de l'hôtel Ivoire, je vous offre, à vous mes villageois, cette nouvelle rédigée il y a presque exactement un an, alors que j'étais en voyage en Libye. C'est l'histoire d'un jeune étudiant camerounais en Côte d'Ivoire. Dépolitisé, il a une brutale prise de conscience quand un jeune patriote meurt dans ses bras, fauché par les balles meurtrières de l'armée française.

- La radio des Blancs ment !
Guy-Bertrand sursaute violemment. Son cœur fait comme un bond fou dans sa poitrine. Il se concentre pour ne pas laisser un spasme qu’il sent sourdre du fond de ses tripes prendre le contrôle de tout son corps. «Mais pourquoi je m’énerve seulement à ce moment précis alors que j’ai vu pire depuis plusieurs jours ?», se demande-t-il, irrité et perplexe face à ce qu’il considère comme une désarticulation inquiétante entre les tressautements de son âme et les froids constats de son intelligence.
Il regarde droit dans les yeux le patient auquel il s’apprête à administrer une bonne dose de Valium avant de le consulter sommairement et de le mettre à la disposition des infirmières pour les premiers gestes d’urgence. Enfin ! Un patient, voilà un bien grand mot ! C’est plutôt une plaie sanguinolente à visage humain qu’il a en face de lui. Il a reçu une balle dans la poitrine, et il saigne abondamment. Son cœur est-il atteint, perforé ? Guy-Bertrand ne le sait pas encore. Ce qui l’inquiète bien plus, c’est le sang qu’il vomit littéralement, ce sont ses dents qui claquent, son visage qui devient de plus en plus livide, sa peau qui vire au gris. Guy-Bertrand est persuadé que celui qui est là, couché sur une civière placée rapidement sur ce qui est habituellement la table d’un bureau de consultation, ne s’en sortira pas. Il doit avoir une hémorragie interne. Il a perdu bien trop de sang.
- La radio des Blancs ment, je te dis !
Son patient, de plus en plus excité, cherche l’iris de ses yeux avec une volonté assez fascinante pour quelqu’un qui se trouve dans un tel état. Comme s’il espère une parfaite communication par le regard. Comme s’il veut transmettre à Guy-Bertrand les dernières gouttes d’une vie qui s’enfuit à grands flots. Comme s’il souhaite lui souffler à l’oreille une précieuse vérité, un sésame miraculeux pour accéder à une autre dimension de la connaissance. Comme s’il veut lui faire un témoignage qui bousculerait son existence.
- Ils mentent ! Ils mentent ! Ils mentent !
- Oui. Bien sûr qu’ils mentent. Je sais qu’ils mentent.
Guy-Bertrand regarde tout autour de lui. Il a peur qu’un médecin le surprenne en train de parler politique avec un patient alors que son rôle à lui, externe, est de superviser comme il peut le travail des infirmières. Les internes ne peuvent pas le faire aujourd’hui. Il y a bien trop d’afflux aux urgences ! Tout le monde est surchargé de travail.
Aujourd’hui, c’est le 9 novembre 2004. Les carreaux blancs du hall du CHU de Cocody sont maculés de grosses flaques rouges. L’hôpital a l’air d’une cour des miracles. Les prières montant au ciel, les cris de douleur, les hurlements de révolte, les expirations des mourants, les larmes de deuil s’entremêlent pour faire un vacarme cauchemardesque. C’est la guerre ouverte entre l’armée française et les civils ivoiriens dans toutes les villes de la zone gouvernementale.
****
Depuis le 6 novembre, ce jour où les soldats de l’Opération Licorne ont détruit la quasi-totalité des avions de guerre de l’armée ivoirienne, et où des dizaines de milliers de patriotes ont décidé de les affronter et de les empêcher de renverser le président Laurent Gbagbo, le sang ne cesse de couler. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, les premières victimes de la Licorne sont arrivées à l’hôpital. Brûlées sur le pont par des balles traçantes jetées par des hélicoptères français voulant les décourager de traverser le pont Charles-De-Gaulle pour arriver à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, désormais entre les mains de l’armée française. Blessées alors qu’elles s’en allaient défier les soldats hexagonaux devant leur base militaire, dénommée 43è BIMA.
Cette nuit-là, Guy-Bertrand n’était pas de garde. C’était un week-end, et il était allé rendre visite à des amis, Camerounais comme lui, étudiants à l’Ecole de statistique. Il n’avait pas pu rentrer chez lui, puisque l’atmosphère était devenue électrique dès que la nouvelle de la destruction, par les Français, des avions de guerre gouvernementaux allant à l’assaut des zones rebelles, avait commencé à se répandre. Il avait décidé de dormir chez son ami Philémon. Il verrait bien le lendemain !
Quand l’agitation avait commencé dans la ville, les nombreux étudiants étrangers de la cité, qui étaient réunis dans la salle télé et regardaient un film sur une chaîne câblée, avaient vite zappé sur les chaînes françaises d’information continue pour en savoir plus. Selon le présentateur du bulletin d’information d’une de ces chaînes, l’aviation ivoirienne avait attaqué un camp français à Bouaké, le fief des rebelles ivoiriens. Ce qui avait entraîné des représailles de la force Licorne qui, sur instruction du président français Jacques Chirac, avait décidé de détruire tous les avions de guerre de «l’armée de Laurent Gbagbo», le président ivoirien.
Le présentateur français avait embrayé, avec le même professionnalisme détaché, sur un autre sujet. Mais pas les étudiants africains qui, quelques minutes auparavant, dégustaient un thriller américain passionnant.
Dans cette salle télé, ces étudiants ayant pour la plupart un avis sur tout, discutaient régulièrement en rivalisant d’arguments. De la polygamie, du sida, de l’homosexualité, de l’insalubrité, du christianisme et de l’islam, du coupé-décalé et du R’n’B, de sport et de politique. Forcément, ce nouveau développement de la crise ivoirienne ne pouvait pas échapper à leur verve.
- Gbagbo a cherché, il a trouvé !
La sentence était venue de Karim, un étudiant nigérien qui, de toute façon, était habituellement le plus grand pourfendeur du chef de l’Etat ivoirien. Pourquoi ? Il détestait les étrangers, il haïssait les musulmans. Il voulait tout pour ses frères, les chrétiens du Sud du pays.
- Là, il est allé chercher les Français. Il a trouvé des gens qui vont pouvoir lui répondre et lui donner la raclée qu’il mérite.
La moitié de la salle qui, habituellement, défendait mordicus le président ivoirien – un héros, un patriote, un homme proche du peuple, que les Français détestaient parce qu’il voulait mettre une fin à l’exploitation néocoloniale de son pays – restait sans voix. Sonnée. Assommée. Ne sachant pas quoi dire. Elle triomphait quelques heures plus tôt, au moment où les informations venant de Bouaké assuraient que l’Opération Dignité faisait détaler les rebelles vers leurs bases arrières des pays voisins. Le pays serait bientôt réunifié. La guerre serait finie. Et gagnée. Les frappes de l’aviation ivoirienne étaient chirurgicales. Hourra !
- Qui te dit que c’est vrai ? On a déjà vu l’intox des Français ici. Ils mentent !
C’est Philémon qui avait dégainé le premier face aux propos de Karim. Guy-Bertrand trouvait son ami d’enfance incroyable. Où trouvait-il la force pour proclamer, d’une cité universitaire d’Abidjan, du haut de son mètre 70, qu’un journaliste français – dont le travail était de chercher et de trouver la vérité, qui avait pour lui toutes les informations des agences de presse internationales, des satellites, des systèmes de renseignement perfectionnés de l’Occident – mentait ? En plus, avec une telle rapidité ! Comment se faisait-il que, même dans le dénuement idéologique, l’absence totale d’information – la RTI montrait des clips mièvres sur le pardon et la réconciliation –, il trouvait la force de défendre son «client» ? – c’est ainsi qu’il appelait affectueusement un Gbagbo qu’il n’avait jamais vu. Peut-être croyait-il tellement en son grand homme qu’il considérait d’emblée comme faux tout ce qui semblait donner de lui une autre image que celle qu’il avait choisi de retenir. Peut-être considérait-il juste comme un devoir de contredire Karim, dont il connaissait les positions politiques et avec qui il avait déjà croisé le fer au sujet d’une crise ivoirienne tournée dans tous les sens dans cette même salle télé.
A cet instant, Guy-Bertrand pensait à deux choses. Que cette histoire de fous l’avait empêché de regarder jusqu’au bout le thriller américain. Et qu’il fallait
que tout ce cinéma s’arrête avant lundi, parce qu’il devait retirer le Western Union que son frère aîné lui avait envoyé d’Allemagne.
Il n’avait absolument pas d’opinion sur ce nouveau rebondissement du conflit ivoirien.
Thierno, Nigérien comme Karim et pro-Gbagbo comme Philémon, en moins hystérique tout de même, était entré dans la danse.
- De toute façon, ça n’arrange pas Gbagbo d’aller s’attaquer à une armée plus forte que la sienne, alors qu’il est en train de liquider la rébellion. Il n’est pas fou quand même !
- Qu’est-ce qui te fait croire que son armée va de victoire en victoire ? C’est de l’intox. Les journaux bleus racontent n’importe quoi. L’armée de Gbagbo n’est pas motivée. Tout ce qui l’intéresse, c’est racketter les chauffeurs de gbaka. Or, les rebelles savent pourquoi ils se battent.
- Quoi ? Des voleurs comme ça ? Ce n’est pas l’armée de Gbagbo comme tu dis qui a démonté toute l’Université de Bouaké pour aller revendre tuiles, carreaux et sanitaires dans des pays voisins.
C’était reparti. Bientôt, il y aurait un début de bagarre. Car ces affrontements verbaux où les injures personnelles volent bas ne vont jamais plus loin que des débuts de bagarre théâtraux.
Guy-Bertrand n’aimait pas trop la politique. Il était plutôt foot. Supporter chauvin des Lions indomptables, mais tout de même réaliste face à leurs défauts. Son ami Philémon était tout aussi exalté quand il soutenait Eto’o que quand il défendait Gbagbo. Tout aussi catégorique quand il s’agissait de vouer le président français Jacques Chirac aux gémonies que quand il fallait trouver des poux dans la tête du buteur ivoirien Didier Drogba dès que quelqu’un osait le comparer à son héros. Il glorifiait les Ivoiriens courageux résistant à l’oppression française avec la même pugnacité qu’il dénonçait les Ivoiriens prétentieux qui osaient comparer Eto’o et Drogba. Philémon ne voyait là aucune forme de contradiction.
****
Tard dans la nuit, alors que les débatteurs infatigables de la salle télé étaient rentrés dans leurs chambres et essayaient de dormir malgré le vacarme extraordinaire des patriotes qui chantaient, criaient et mettaient le feu à tous les symboles français dans le voisinage, tout le monde avait entendu des bruits de détonation.
Comme un seul homme, ils étaient tous montés sur le toit de leur résidence étudiante, d’où ils avaient une vue imprenable sur le quartier. Cocody-Ambassades. Le quartier où résidait le président de la République.
Les rues étaient toujours noires de monde. Des gospels désespérés arrivaient aux oreilles des étudiants de l’Ecole de statistiques, quand le staccato des détonations – bombes, missiles, grenades, roquettes, mitraillettes ? – faiblissait un peu.
En levant les yeux au ciel, ils avaient vu. Des flammes qui sortaient de ce qui était sans doute un hélicoptère – tous les signaux lumineux de l’appareil étaient éteints. Des flammes qui semblaient tomber sur la Résidence de Gbagbo. L’hélicoptère venait, lançait ses flammes, repartait. A chacun de ses surgissements, les milliers de personnes qui s’étaient postées comme des boucliers humains devant la résidence présidentielle, se couchaient et chantaient des cantiques. A chacun de ses départs, ils se levaient, narguant et insultant l’hélico, son pilote, le général d’armée dont dépendait ce pilote, et le président français qui donnait des ordres à ce général d’armée.
Philémon était désormais dans un état second. Il avait des yeux étranges. Embués de larmes. Des larmes d’émotion, de défi, mais aussi de jouissance. A l’instant, il était faible, impuissant. Mais heureux. Il avait désormais la preuve que c’est la France qui faisait la guerre à la Côte d’Ivoire.
- Karim ! Où est Karim ? Parle encore ! Vous avez vu non ? Vous allez encore nier ? Karim ! Il est où ? Karim, viens voir tes ancêtres les Gaulois dans leurs œuvres ! Vous allez encore dire quoi ?
Philémon avait foncé comme un dératé dans sa chambre. Il avait pris le drapeau camerounais qu’il faisait flotter à sa fenêtre – pour narguer «ces abrutis d’Ivoiriens» – et avait arraché le drapeau ivoirien qui était dressé sur un pic au milieu de la cour. Il les avait attachés et était allé vers la résidence de Gbagbo.
Faire quoi ? Guy-Bertrand était perplexe. Pensait-il vraiment que ses deux drapeaux noués et brandis à la face du tout-venant allaient faire reculer les Français ? Pourquoi se mettait-il ainsi en danger alors qu’il ne pouvait en rien changer le cours de l’Histoire ? Et puis, est-ce qu’il était Ivoirien ? Est-ce que c’était son problème ?
Après l’énième coup de folie de son ami Philémon, Guy-Bertrand n’était pas d’humeur à subir les commentaires des étudiants de l’Ecole de statistiques. Il allait mettre des boules Quiès dans ses oreilles et essayer de dormir. C’était plus sage.
****
Guy-Bertrand avait vu les flammes des hélicos gaulois. Il sait donc que la radio des Blancs ment quand elle dit que la France ne veut absolument pas renverser le président ivoirien. Mais il est lui-même étonné de la vivacité avec laquelle il a confirmé les accusations du patient qui continue de le regarder droit dans les yeux.
Guy-Bertrand n’aime pas la politique. De toute façon, il ne peut que la détester. Il est né en 1982 au Cameroun. Le seul président qu’il a jamais connu de sa vie, c’est bien Paul Biya. Un Paul Biya dont son père a toujours dit pis que pendre. Un voleur. Un chef bandit à la tête d’une clique de spécialistes de détournements de fonds publics et de fraude électorale. Une crapule qui a juré d’appauvrir ses compatriotes avant de mourir. Son père détestait tellement Paul Biya qu’il avait milité dans un parti d’opposition, le Social Democratic de John Fru Ndi, dès l’avènement du multipartisme. Enseignant et syndicaliste, il avait été muté dans une ville de l’extrême nord du pays par un gouvernement qui n’appréciait pas que ses fonctionnaires aillent jouer les activistes pour le compte de l’adversaire. Dans l’extrême nord, il avait créé une section du SDF. Il y avait consacré une bonne partie de ses économies, au grand dam de son épouse. Puis, un jour, il était rentré à la maison. En colère. Au bord de la crise de nerfs. Traitant John Fru Ndi de tous les noms. Disant qu’il était le complice de Biya. Qu’ils étaient pareils. Des voleurs. Des menteurs profitant du désespoir du peuple. Ils s’étaient partagés le pays. Le père de Guy-Bertrand avait déchiré sa carte du SDF devant les yeux médusés des siens. Toutes ces privations pour rien ! Toute cette souffrance qui était censée être leur part de sacrifice pour la libération du Cameroun, transformée en un jour en absurde tribulation ! Guy-Bertrand ne peut pas croire en la politique, broyeuse de rêves, piège à gogos, machine à briser les naïfs. Au Cameroun comme en Côte d’Ivoire, il ne peut pas investir son affection en un leader politique. Jamais !
Mais pourquoi les yeux de ce patient dans ses yeux le troublent-ils à ce point ?
- Ils mentent. Ils disent que nous sommes des miliciens. Mais regarde dans ma poche.
Guy-Bertrand regarde à gauche et à droite. Personne pour le voir aller fouiller la chemise ensanglantée de ce patient dont les infirmières ne croient de toute façon plus aux chances de survie. Il finit par tomber sur une carte professionnelle. Son patient s’appelle Joël-Roland Coulibaly Kouadio. Il a 22 ans comme lui. Il est informaticien dans une multinationale française. Guy-Bertrand sursaute à nouveau.
Une vie prometteuse sacrifiée sur l’autel de la politique. Pourquoi ?
- Ce sont les journalistes de la radio des Blancs qui m’ont tué, accuse Joël-Roland, comme s’il est déjà de l’autre côté. Comme s’il est déjà mort.
Guy-Bertrand comprend la logique de Joël-Roland. Si la radio n’avait pas dit que les jeunes aux mains nues dansant devant l’Hôtel Ivoire pour demander le départ des chars de l’armée française qui s’étaient postés là étaient des miliciens, les Légionnaires n’auraient pas tiré. Si ces milliers de personnes ne sont que des civils en colère, comme les altermondialistes dans les rues de Davos, comme les antiguerre dans les rues de Paris au moment de l’assaut de Bush contre Saddam, alors l’armée française ne peut pas ouvrir le feu sans s’attirer les foudres de toute l’opinion mondiale. Mais s’ils sont des miliciens comme les Interahamwé du Rwanda du temps du génocide, comme les Tontons Macoutes de Haïti, comme les hommes du général Aïdid en Somalie, l’armée française peut ouvrir le feu. Miliciens contre militaires. Délinquance sans visage contre violence légitime.
C’est la radio des Blancs qui juge, qui fabrique la réalité médiatique, même s’il faut pour cela tuer la vérité. La vérité de la carte professionnelle de Joël-Roland. La vérité de toutes ces vies mâchées, réduites à néant, écrasées depuis ce 6 novembre maudit. La vérité de ces foules où pauvres et bourgeois, profs d’université et jeunes déscolarisés, banquières et grilleuses d’alloco se frôlent, se touchent, se consolent, se donnent du courage. Et crient à la face du monde que leur pays est leur pays, et qu’ils n’accepteront pas de seconde colonisation.
Guy-Bertrand ne dit rien. Il ne peut rien dire parce que des larmes irrépressibles lui montent au visage. S’il parle, il pleure. S’il pleure, on peut le remarquer dans le service et ça lui créera des problèmes. Or il s’est juré de ne jamais prendre de risque au nom de la politique. Il se souvient trop bien de l’amertume de son père.
Joël-Roland recommence à parler.
- Dans mon entreprise, ils vont se poser des questions. Nos patrons qui ne savent rien de nous. Nos patrons qui croient qu’on pense comme eux parce qu’on travaille avec eux. Et qu’ils ne nous paient pas pour les contredire.
Joël-Roland esquisse un sourire. Un petit sourire où Guy-Bertrand semble lire un bonheur paradoxal et inexplicable. Le corps du patient se raidit de plus en plus. Se refroidit de plus en plus.
- Tu sais pourquoi je suis sorti à l’appel de Blé Goudé ?
- Non.
- Ce n’est pas à cause de Blé Goudé. Je m’en fous de Blé Goudé. C’est à cause d’une chanson. Va dans mon jean, et prends mon portable. Compose mon numéro. Le 05887650. Et tu comprendras.
L’âme de Joël-Roland est partie. C’est fini. Guy-Bertrand va prendre son portable dans son jean. Et compose le numéro à partir du sien. Comme conclu. Qui désobéirait aux dernières volontés d’un mort ?
Des voix cristallines d’enfant s’échappent du téléphone de Joël-Roland. Sa sonnerie personnalisée. Une comptine écolière. Chantée avec une voix joyeuse, pleine de fougue et d’assurance. Une voix pleine de rires.
«Le pays que nous habitons /S’appelle la Côte d’Ivoire/Et ses habitants/S’appellent les Ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens…»
Guy-Bertrand fonce dans les toilettes de son service. Les spasmes sont là. Il ne peut plus les combattre. Lui reviennent à l’esprit les strophes d’une comptine chantée mille fois.
«Cameroun !/ Cameroun !/ Cameroun mon beau pays/La jeunesse est fière de toi/La jeunesse est fière de toi/Nous allons tous travailler/Pour être plus dignes de toi/Vive mon pays le Cameroun !»
Guy-Bertrand s’agenouille tout près du pot du W.-C. Et il laisse libre court à ses spasmes. Son corps est pris de saccades comme celles d’un poulet qu’on égorge. Il pleure à haute voix. Personne ne l’entendra. Son téléphone sonne. C’est sa sœur. Elle est inquiète.
- C’est comment chez vous là ? On dit que Gbagbo est devenu fou. Les rebelles l’ont dépassé. Il s’attaque aux Français.
- Qui t’a dit ça ?
- RFI.
Guy-Bertrand gueule. Il sait que sa raison ne contrôle plus ses paroles.
- Ils mentent. Ils mentent. Ne crois pas ce qu’ils disent. C’est eux. Ils tuent les gens. Je suis à l’hôpital. Tu peux me croire. Ils ont occupé la capitale. Ils ont tiré sur la maison du président. Leurs chars ont essayé d’entrer dans la maison du président ! Ils se croient en pays conquis. Ne crois pas la radio des Blancs ! La radio des Blancs ment !
Le téléphone se coupe. Problème de réseau sans doute. Guy-Bertrand a une douleur insupportable à l’estomac. Il est impuissant. Impuissant au point de ne pas pouvoir dire à sa sœur la vérité évidente que Joël-Roland a pu lui transmettre avant de s’en aller. Il se sent pauvre type. Un pauvre type, vivant dans un pauvre pays, d’un continent bien malheureux. Sa faiblesse l’écrase. Il aurait aimé ne jamais avoir vu le regard perçant de Joël-Roland. Comment vivre avec une telle brûlure désormais ?


Tripoli, le 15 novembre 2006

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MA CONTRIBUTION AU MOIS DE LA RESISTANCE: LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES

Mardi 13 Novembre 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs Ivoiriens,

En guise de commémoration des évènements tragiques et combien douloureux de Novembre 2004, qui ont vu la France tomber le masque contre la Côte d’Ivoire, le quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN a décrété, en début de mois, en édito, le mois de Novembre comme MOIS DE LA RESISTANCE.

A cette occasion, il nous a été donné, les 09 et 10 Novembre 2007, de lire le magnifique interview de « l’homme de l’Appel du 06 Novembre 2004 », Charles BLE GOUDE, grand patriote devant l’ETERNEL, rappelant les circonstances de cet appel mémorable et parlant de l’avenir de la Résistance ivoirienne.

A la fin du parcours de cet entretien, on reste pétrifié, sidéré, devant la dimension du complot, devant l’ampleur des évènements et surtout des non-dits et des aspects sous-jacents de ces quatre interminables jours d’angoisse pure, qu’ignorait le commun des Ivoiriens, dont notamment le projet bien ficelé d’assassinat du leader des Jeunes Patriotes.

Devant le profond désarroi, l’étrange solitude de la Côte d’Ivoire, la confusion totale, les grandes incertitudes et les doutes paralysants qui ont marqué et dominé ces heures de terreur, sans que le pouvoir actuel ne tombe, l’on peut avancer, sans risque de se tromper, que DIEU était au contrôle.

Sinon, comment comprendre la marée humaine, la déferlante historique, de plusieurs millions d’âmes qui s’est déversée dans les rues du pays, pour faire obstacle, les mains nues, au dessein clairement affiché de la cinquième puissance militaire du monde, armée jusqu’aux dents, devant des Forces Armées Nationales consignées en caserne, avec des instructions fermes de ne pas intervenir, devant un Président GBAGBO esseulé, affaibli, désarmé, prêt à être cueilli comme un fruit mûr. DIEU seul a pu faire un tel prodige.

Bilan de ces folles journées et de ces nuits d’épouvante : 57 morts, des handicapés à vie et des milliers de blessés.
Pour mettre le comble à l’incongruité et à la pire des mufleries, au lendemain de ce carnage innommable, la Côte d’Ivoire se fait passer sous la chape de plomb par l’ONU : Embargo sur les armes, sanctions ciblées et personnalisées, peinture apocalyptique des Droits de l’Homme, en Côte d’Ivoire, menaces en tout genre, commanditées par la france.
Ce qui n’a pas manqué, trois années après la suprême offense, d’arracher au cœur de Charles BLE GOUDE ce soupir de l’âme : « Tôt ou tard, la France paiera pour sa barbarie, en Côte d’Ivoire ».
Oui, la France doit payer, un jour, pour tous ses crimes. En Côte d’Ivoire et en Afrique.

Au-delà de la paix qui se profile à l’horizon, dans notre pays, depuis la signature de l’Accord de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, la Résistance ivoirienne doit rester en veille. Parce que par essence, elle née de la volonté des Ivoiriens de faire obstacle aux visées néocolonialistes de la France – qui n’ont d’ailleurs pas encore été revues à la baisse (conférer la Résolution 1782) – et non pas de combattre d’autres frères, insurgés.
La paix entre les Ivoiriens, oui, mais la mort de la Résistance , non ! Il nous faut, absolument, faire la part des choses, au risque de vendre nos âmes aux compromissions les plus couardes et les plus nauséeuses.

Chers compatriotes, la France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c’est avec beaucoup d’étonnement et d’interrogation que j’observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l’Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l’ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l’interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s’en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu’un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c’est tout juste pour se donner bonne conscience.
J’en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l’implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France , les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d’Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n’y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n’a eu droit qu’à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l’ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C’est vrai que « DIEU sauvera la Côte d’Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l’a écrit Bernard B. DADIE, celui qu’on pourrait considérer comme l’un des pères de la Littérature Négro-Africaine .

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l’Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France , en octroyant, dans les années 60, « l’indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n’est sorti ou n’a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n’a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d’Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d’eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l’aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d’Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d’Algérie, débutée en 1954, en passant par l’atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu’elle y a soutenu, jusqu’à nos jours, la politique africaine de la France n’a pas changé d’un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J’irais même plus loin : Apparemment, la France n’a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d’Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d’Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l’affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d’expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s’est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d’Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour Martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemies désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l’Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l’Humanité ! ». Et j’adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l’Africain » qui ont - comme l’a dit avec beaucoup d’à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l’Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d’accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d’une conscience nationale et patriotique, en Côte d’Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l’Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !

19:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

QUE MIJOTE LA FORCE LICORNE, A BOUAFLE ?

Mercredi 30 Mai 2007


Chers Bien-aimés Frères et Sœurs Ivoiriens,


Il se passe des choses pas très catholiques, à Bouaflé, ces derniers temps, du côté des "pyromanes-pompiers", j'ai nommé la Force LICORNE, sur lesquelles le Président de la République devrait jeter un œil. Dialogue direct, certes, mais vigilance, vigilance!
Car c'est à une activité de positionnement tactique et stratégique que s'est livrée la Force LICORNE, il y a quelques semaines, dans notre localité.

Quels sont les faits?

Le Samedi 28 Avril 2007 dernier, un détachement militaire LICORNE prend position dans le village de LOTANZIA, un tranquille et paisible village Yaouré (ethnie du canton), situé à 20 Km de Bouaflé, perché à plus de 400 mètres d'altitude sur le mont du même nom et à quelques encablures de l’immense Lac de KOSSOU, abritant le barrage hydroélectrique du même nom, qui voit sa quiétude habituelle violée par des vrombissements de chars, de blindés, de véhicules de transport de troupes et de logistique.

Renseignement pris, ce détachement a reçu l'accord du Chef du village (sans qu'il n'avise qui que ce soit) pour y élire durablement domicile avec, en contrepartie du précieux et insouciant service rendu, la promesse formelle de l'installation d'une pompe hydraulique devant assurer l'adduction en eau potable de LOTANZIA et l'électrification dudit village.

Jusque-là, il n'y a pas vraiment de quoi fouetter un chat; les choses semblent on ne peut plus normales et anodines.

Mais là où le bas blesse véritablement, c'est que c'est à LOTANZIA, situé, je le rappelle, à plus de 400 mètres d'altitude, sur le mont du même nom, que se trouvent l'un des plus grands pylônes et aussi l'un des plus puissants émetteurs de RTI DIFFUSION. C'est grâce à ces deux instruments techniques que la couverture Radio et Télé de la quasi totalité du Centre-Ouest, du Centre et de l'Ouest de la Côte d'Ivoire, est assurée.
A LOTANZIA, loge le deuxième plus grand centre émetteur de Côte d'Ivoire après celui d'ABOBO.

Or, de récente mémoire, nous savons que la Résistance héroïque des Ivoiriens contre la France de CHIRAC, en Novembre 2004, s'est faite, a été piloté et n'a été tout simplement possible que grâce aux ondes Télé et Radio de la RTI, qui étaient providentiellement (un vrai miracle de DIEU!) restées sous le contrôle de la République, tout le temps qu'ont duré ces heures de braises.
Qui ne se rappelle encore les images d'une Léonie KONIAN brandissant, à la face du monde,une douille de très gros calibre comme preuve de l'attaque de la France contre la Côte d'Ivoire et du massacre par la Force LICORNE d'Ivoiriens résistant les mains nues; qui ne se souvient d'un certain Pierre Ignace TRESSIA (Paix à son âme!), très en verve et héroïque, entretenant avec son micro, durant des heures terrifiantes et interminables, la flamme patriotique d'un peuple debout contre l'imposture et, enfin, de l'appel à la Résistance d'un Charles BLE GOUDE à la mine inabordable des heures graves?
C'est ce symbole-là que représente pour nous LOTANZIA: La dignité d'un peuple qui entend désormais assumer souverainement son histoire et sa destinée, la soif d'indépendance d'une Nation en gestation et le refus du joug néocolonialiste d'un pays qui se veut libre et de liberté.

Il est donc hors de question que nous bradions LOTANZIA à la Force LICORNE. Ces hommes se croient au milieu de "nulle part au carré" et pensent pouvoir tout se permettre.
Nous tenons à leur dire que nous ne sommes pas "nulle part au carré" et que ces 322 462 Km2 s'appellent la Côte d'Ivoire, terre souveraine, terre d'indépendance, terre d'amour et d'hospitalité, appartenant aux Ivoiriens, qui seuls en décident, car elle leur est échue en héritage par l'ÉTERNEL?

Au finish, DIEU merci, grâce à la pugnacité et à la vigilance d'un ami personnel, Monsieur ABY GNAORE, Directeur de RTI DIFFUSION-Bouaflé, Responsable du Centre Emetteur de LOTANZIA, grâce à la détermination du Sous-Groupement Tactique 2 de Bouaflé (FDS) et grâce à la célérité et la diligence des Autorités de la Préfecture de Bouaflé (Chef-lieu de la Région de la Marahoué), la Force LICORNE a été poliment priée d'aller monnayer ses services ailleurs, après deux semaines d'intrigues (quel entêtement!).
Ce n’est, finalement, que le Samedi 12 Mai 2007 que l’incident a été totalement clos. Mais ils continuent, à notre grand dam, de rôder dans la zone, jusqu’à ce jour.

La problématique qui demeure donc maintenant, cuisante et angoissante, c'est comment la France peut-elle dire soutenir le Dialogue direct et faire des manœuvres de positionnement stratégique, si elle ne prépare pas le chaos ou, à tout le moins, des projets inavouables, en Côte d'Ivoire?
Comment peut-elle donner la preuve de sa bonne foi quand, dans la perspective de la réalisation de ce sombre dessein, elle planifie le musellement de la Résistance?
Que nous réserve, en réalité, l'ère SARKOZY?
Pouvons-nous continuer de gober la couleuvre des discours enjoliveurs de l'exécrable politique africaine de la France franc-maçonne tenus par le nouveau locataire de l'Elysée, ainsi que ses promesses d'humanisation (c'est le terme approprié) des relations France-Afrique?

Ivoiriens, vous avez été avertis, vous qui êtes si, habituellement, insouciants!

Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!

16:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

NON, LA RESISTANCE IVOIRIENNE N'EST PAS MORTE !

Lundi 30 Avril 2007


Chère Mahalia NTEBY,
Cher Sylvestre KONIN,

J'ai pris le temps de lire attentivement vos articles VIVE LA PAIX et RESISTANCE ET VALEURS, sur http://saoti.over-blog.com. J'ai reconnu en vous de remarquables, voire farouches, redoutables patriotes et résistants; de dignes fils de l'Afrique. Je n'ai rien contre vos positions, auxquelles j'adhère entièrement et que je considère comme le son de cor ou l'éclat de trompette qui retentit pour nous garder toujours éveillés dans la lutte que nous menons, en quête d'une véritable indépendance pour l'Afrique. Mais je voudrais relever quelques points et vous faire, très fraternellement, quelques remarques, après la lecture que j'ai faite de vos papiers.

D'entrée de jeu, j'aimerais souligner le fait que faire la paix avec SORO et ses compagnons, ce n'est pas cela qui est le problème. Ne nous focalisons pas tant que ça sur eux. Des SORO, la France peut en susciter autant qu'elle voudra, après Kigbafori, tant qu'il y aura des égarés et des naufragés de la vie, en quête de pouvoir, de gloire, ou de pitance. Ce ne sont que de pauvres faire-valoir, de serviles paravents et de dociles marionnettes. Des ennemis par procuration à qui la France a soutraité sa guerre néocoloniale.

Le problème, c'est donc la France. La France et sa nébuleuse françafricaine, la France et sa mafia maçonnique. Alors, SORO n'étant qu'un pion sur l'échiquier, faire la paix avec lui ne peut équivaloir à liquider ou brader la lutte. Non, la résistance ivoirienne n'est pas morte, bien au contraire. Qu'auriez-vous imaginé comme scénario de sortie ou de fin de crise? Faire du jusqu'au-boutisme, exacerber la belligérance, à outrance, jusqu'à brûler le pays et aggraver dans des proportions infinies les souffrances déjà intenables du peuple ivoirien parce qu'on veut la peau du dos de CHIRAC ou de la France? Je ne trouve pas cela nécessaire.

Objectivement, nous étions en position de faiblesse devant la France. Comme dit un ami, "la politique n'est pas de l'idéalisme, c'est la saine appréciation de la réalité". Figurez-vous que la France compte 17 hélicoptères de combat et d'assaut, en Côte d'Ivoire, avec un nombre incalculable (c'est une façon de parler) de chars amphibies et des chars Leclerc (le fleuron de la cavalerie française) et elle avait, par sa Force Licorne, occupé le pays en le coupant en deux par le centre. Engager une confrontation de face sans précautions, avec elle, nous aurait été fatal! Mais, aujourd'hui, avec le Dialogue direct, la France est hors jeu diplomatiquement, politiquement et, dans une certaine mesure, militairement. Mais elle conserve intact un potentiel opérationnel létale démesuré et la totalité de sa capacité de nuisance.

Il faut être un homme politique de la trempe du Président GBAGBO pour manœuvrer comme il le fait, en ce moment! C'est lui seul qui a devant lui l'entièreté des cartes de cette crise. Nous, nous n'en percevons qu'une extrémité. Laissons donc faire, pour l'heure. Mon intime conviction est que le sacrifice de nos vies est inévitable pour la fin définitive (Sic! Indispensable pléonasme) de la crise ivoirienne, avec le monstre qui nous arrive à l'Elysée (suivez mon regard). Je pense que neutraliser les ennemis intérieurs et en faire des alliés (contre l'imposteur, nécessairement) est une bien meilleure solution. Si cette option, du reste pacifique, échoue, l'alternative militaire s'imposera immanquablement à nous, car nous n'allons pas docilement nous laisser recoloniser pour avoir la paix! Alors, ne déclamez pas trop vite l'oraison funèbre de la Résistance ivoirienne ainsi que de nos espoirs fous en une Afrique libre, et n'en posez pas trop précipitamment la pierre tombale.

("CI-GISENT nos illusions, nos espoirs perdus, notre ingénuité et notre enthousiasme, sacrifiés sur l’autel d’une paix et d’une liberté de surface. Pas de place pour nos états d’âmes dans une arène politique d’où la rigueur et la rectitude morale sont aussi absentes que la noblesse des idéaux", dixit Mahalia NTEBY).

(« Finalement, vive Sarko, pour que RENAISSE la Résistance ivoirienne et africaine, la vraie ! »,
dixit Sylvestre KONIN)


Le Président GBAGBO a entamé cette lutte au moment où il n'y avait pas de "garçon" en Côte d'Ivoire pour l'engager, depuis HOUPHOUET, et sans prendre l'avis de personne. Ce n'est pas maintenant qu'il va se renier. Des options tactiques ne doivent pas être assimilées à de la capitulation. Je ne crois pas un instant qu'il soit homme à abandonner et à se laisser tondre. C'est un manœuvrier rompu à la tâche. L'épouse d'un autre ami a dit un jour, pour rire, que nous ne devons pas oublier que son entraîneur, son coach, était HOUPHOUET, et qu'il l'a surpassé par son génie politique.
Ce serait une insulte de faire croire qu'il peut confondre le fait de rétablir la fraternité entre des Ivoiriens épuisés par des tensions fratricides, au comble du malheur et du désastre dans les campagnes et dans les villes et la lutte pour l'indépendance économique et politique de la Côte d'Ivoire. Faire des concessions, au nom de la paix, n'est pas faire l'apologie de la rébellion, du crime et de l'impunité. Il y a un temps pour toutes choses, disent les Ecritures.

Oui, je suis d'accord avec vous, les Ivoiriens ont perdu des repères importants dans cette crise, notamment des valeurs comme le travail, le mérite, l'intégrité, le civisme, etc. Le pays est affreusement balafré par la corruption, la survalorisation de l'argent, le gain facile, la dépravation sexuelle et, en règle générale, par la décadence morale. D'une certaine façon, cela est à inscrire au registre des effets collatéraux de la guerre, même s'il est clair que nous ne pouvons nous en dédouaner, pour autant.
Que faire? Sévir, au risque de provoquer une autre crise, cette fois endogène et franchement inutile, qui risque de prendre contre nous l’allure d’une véritable lame de fond? C'est une chose inopportune. Avançons avec prudence et faisons chaque chose en son temps. Toute précipitation pourrait se regretter, amèrement. Mon intime sentiment est que la guerre n'est pas finie et que c'est même maintenant qu'elle va commencer. Alors, il est important d'avoir une bonne et nette lisibilité intérieure pour mieux affronter l'extérieur dont nous allons bientôt avoir des nouvelles, en la personne de SARKOZY. Inévitablement! (Lire mon mail LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC).

Je vous adresse donc tous mes encouragements et mes vives félicitations pour le travail remarquable que vous abattez par vos écrits et vos œuvres, en décryptant pour nous l'actualité et les intrigues politiciennes qui ont cours dans le monde, en Afrique et en Côte d'Ivoire, sur la crise ivoirienne qui dure depuis bientôt 5 ans, et en aiguisant, par cela même notre sens patriotique et notre engagement pour l'indépendance de notre continent. Vous êtes pour nous des modèles et des leaders d'opinion. ALORS, NE PERDEZ PAS COURAGE ! TENEZ BON, NOUS VAINCRONS ! Que DIEU vous bénisse, richement et qu'il garde et protège la Côte d'Ivoire!

DINDE Fernand AGBO





Lundi 23 Avril 2007

Vive la paix!


«Dans un temps d'ignorance, on n'a aucun doute, même lorsqu'on fait les plus grands maux ; dans un temps de lumière, on tremble encore lorsqu'on fait les plus grands biens. On sent les abus anciens, on en voit la correction ; mais on voit encore les abus de la correction même.» (Montesquieu)

Samedi, j’ai serré la main de Sidiki Konaté. Ministre de l’artisanat et du tourisme du gouvernement Soro de son état. Ancien étudiant jamais diplômé et surtout, rebelle. Un homme qui, avec ses complices assaillants, a plongé la Côte d’Ivoire dans la désolation et le malheur. C’était à l’occasion du grand rassemblement organisé par Charles Blé Goudé pour clore la caravane de la paix qu’il a entamée à la suite des meetings pour la paix lancés par le président de l’Assemblée Nationale Mamadou Koulibaly. Point d’orgue d’une semaine aux scènes surréalistes qui vient de s’achever.

Une délégation du MEDEF (patronat français) a été reçue par le Chef de l’Etat ivoirien, qui a réitéré son engagement à faire reconstruire, aux frais du contribuable ivoirien, les écoles françaises saccagées consécutivement à l’assaut meurtrier lancé contre les populations abidjanaises par la junte militaire française en novembre 2004, qui coûta la vie à 64 citoyens ivoiriens aux mains nues, descendus dans la rue pour faire barrage aux chars français qui assiégeaient la résidence de Laurent Gbagbo. Air Ivoire, dont l’un des actionnaires est – évidemment – Air France, ouvre une desserte sur Bordeaux, alors qu’aucun vol direct n’assure la liaison entre Abidjan et Lagos, les deux principales métropoles de la zone ouest africaine. Laurent Gbagbo déclare ne pas souhaiter le départ des troupes françaises, celles-là mêmes qui ont détruit tout l’arsenal militaire aérien de l’armée ivoirienne en novembre 2004. Mamadou Koulibaly, unanimement décrit comme «l’idéologue du régime et véritable pourfendeur de la rébellion» par les médias occidentaux, s’offre un cadeau spécial pour ses cinquante ans en recevant chez lui le porte-parole des rebelles Sidiki Konaté. Dans le fief des patriotes à Yopougon, Simone Gbagbo danse avec le même Sidiki Konaté, sous l’œil rieur et bienveillant d’un Charles Blé Goudé toujours plus omnipotent.

Comment en est-on arrivé là ? Les dieux seraient-ils vraiment tombés sur la tête ? Tant de larmes, de sang, de sueur pour ça ? L’excuse du choix de la loyauté contre celui de la compétence, qui pouvait encore justifier des méthodes approximatives de gouvernance il y a cinq ans, au déclenchement de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, est à ce jour difficilement acceptable. L’exercice du pouvoir en Eburnie repose aujourd’hui entre les mains de jeunes gens comme Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Sidiki Konaté, qui ont pour dénominateur commun de n'avoir pas réussi leurs études mais d’être à la tête de groupuscules prêts à tout pour conserver ce pouvoir auquel ils n’auraient jamais rêvé accéder sans un très opportun accident de l’Histoire d’une part, et d’autre part, celles d’hommes politiques affairistes, qui bien que disposant souvent de curriculums académiques, impressionnent plus par leur capacité à s’enrichir personnellement malgré une crise politico militaire qui a plongé le peuple ivoirien dans un abîme de pauvreté inimaginable, que par leur capacité à déployer des schémas de développement et d’émancipation durables pour les populations qu’ils ont charge de diriger.

Peut-on, au nom de la paix, rationaliser l’injustifiable, après avoir institutionnaliser roublardise et opportunisme en mode de gestion ? Peut-on gouverner sans valeurs, sans projets ? Qu’est-il advenu du programme qui a porté le Front Populaire Ivoirien au pouvoir ? Il y a sept ans de cela, un homme admiré, porté par son peuple, prenait les rênes du pouvoir en Côte d’Ivoire, mettant en fuite un général putschiste. Laurent Gbagbo, qui a lui-même souffert moult privations et humiliations sous Houphouët-Boigny, avait alors des projets très précis : assurance maladie universelle, école gratuite, liberté de presse et d’expression, sortie du système françafricain, fin des chasses gardées avec l’ouverture du marché ivoirien au mieux disant.

En clamant à l’envi leur victoire et la fin de la guerre sans avoir réussi à extirper leur pays des griffes de l’oppresseur français, Laurent Gbagbo et ceux de ses proches qui se prêtent un peu trop volontiers à la comédie du «tout le monde est beau, tout le monde est gentil» se placent eux-mêmes dans une position inconfortable. Le polaroïd de la Côte d’Ivoire en 2007 est en effet aussi révélateur que peu flatteur: corruption à tous les niveaux de l’administration, militaires et policiers extorqueurs et braqueurs, délestages électriques, routes impraticables, système éducatif et de santé en déliquescence, grandes villes croulant sous les ordures, népotisme, déversement de déchets toxiques à Abidjan, grogne sociale grandissante, taux de mortalité en hausse, culte de la criminalité, fuite des capitaux.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme le disait Candide. Retour à la case départ. Ci-gisent nos illusions, nos espoirs perdus, notre ingénuité et notre enthousiasme, sacrifiés sur l’autel d’une paix et d’une liberté de surface. Pas de place pour nos états d’âmes dans une arène politique d’où la rigueur et la rectitude morale sont aussi absentes que la noblesse des idéaux. Bien inspiré celui qui suit les conseils de Jean-Paul Sartre de «ne pas trop réfléchir sur la valeur de l’Histoire. On court le risque de s’en dégoûter».

Mahalia Nteby (mahalia.nteby@yahoo.fr)




Jeudi 26 Avril 2007

Résistance et valeurs


Ces temps-ci, nous avons assisté, médusés, à certains évènements médiatiquement qualifiés d’historiques. Dans une sorte de fracture intellectuelle sans précédent, les politiques et les médias (le «haut» de la société) ont exulté, quand le peuple, lui, est resté perplexe ! C’est que la petite chute de notre mur de Berlin à nous (le barrage de Djébonoua) n’a pas été suivi de ferveur populaire ! On est loin, très loin, du déferlement de joie et de coups de klaxons qui avait fait suite à l’annonce de la libération de Bouaké en 2003 ! Ou de l’hystérie collective qui s’était emparée de nous à l’annonce de la première qualification (indiscutablement historique) de la Côte d’Ivoire pour la coupe du monde de football ! C’est que le peuple sait faire la différence entre les joies qui lui viennent des tripes, et les incantations de leaders qui croient nous posséder au point d’être maîtres de nos émotions. Il sait faire la différence entre un bon kédjénou de poisson bien frais pêché dans nos eaux douces d’avant leur pollution aux déchets toxiques, et les couleuvres et autres anacondas qu’on lui demande d’avaler pour avoir la paix ! Nous aurions continué à nous taire si les partisans de l’illusionnisme et de la mystification n’avaient pas été trop zélés ces derniers jours, «obligeant» de vraies icônes de la Résistance ivoirienne à s’afficher en public avec des non-valeurs ! Au vu de ce spectacle surréaliste, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser quelques questions. Pour quelles valeurs nous sommes-nous battus et qui ont justifié que certains d’entre nous laissent leurs vies dans ce combat ? Si ce n’est pas si grave qu’un Sidiki Konaté, qui a le sang de nos camarades sur les mains, devienne ministre, sans qualité (son dernier poste avant de s’enrôler dans la rébellion était «Pousseur de chariots à l’aéroport de Francfort») ; si ce n’est pas si grave que Soro Guillaume, l’ennemi d’hier, étudiant presque sans diplôme et sans expérience professionnelle, qui a revendiqué l’organisation de nos souffrances et les tueries de nos camarades vienne tranquillement souiller notre administration en en devenant le patron, pourquoi devrions-nous être offusqués qu’un Bédié revienne au pouvoir, avec l’aide (même sanglante) de la France ? Pourquoi devrions-nous être offusqués qu’un Ouattara vienne au pouvoir, avec l’aide (même sanglante) de la France ? Une fois qu’on aura fait tomber une à une les valeurs qui nous permettent de distinguer ce qui nous horrifie de ce qui nous fait exulter, où devrions-nous nous arrêter ? Si les morts nous regardent, que pensent nos camarades qui ont donné leurs vies (ce qu’ils avaient de plus cher) pour une certaine idée de la Côte d’Ivoire ? Sont-ils satisfaits de nos petits arrangements et autres danses indécentes avec leurs bourreaux d’hier ? Pourquoi sommes-nous si prompts à confondre réconciliation, récompense et réjouissance ? Nous sommes un certain nombre à penser que si nous étions morts pour ça, ça aurait été pour rien. Si ce n’est que pour ça, chacun d’entre nous a le devoir historique et moral de retenir ses enfants, ses parents et autres amis à la maison la prochaine fois que les amis d’aujourd’hui auront quelques ennuis entre eux, au risque de les voir mourir pour rien.

Au moment même où nous piétinons nos symboles et nos valeurs en rêvant d’une paix illusoire, une partie de notre destin se joue ailleurs. Le second tour de la présidentielle française opposera, dans un peu moins de deux semaines, Ségolène Royale à Nicolas Sarkozy, avec un avantage sérieux pour le second. Du coup, notre course contre la montre vers la paix, au cours de laquelle nous avons en autres accepté de tout payer sans broncher à notre principal agresseur (réhabilitation des écoles françaises, dédommagement des entreprises françaises et des citoyens français pour les pertes subies en novembre 2004), commence à nous apparaître dans toute sa laideur, encore une fois comme un sacrifice coûteux et inutile.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En novembre dernier, après un peu plus de quatre années de résistance et de sacrifices, il nous semblait possible de porter le coup fatal à la France après son honteux et spectaculaire échec à l’ONU. Alors que notre ennemi historique traversait une période de doute sans précédent, et qu’il était malmené par ailleurs («smatché» par le Rwanda de Paul Kagame par une historique rupture de relations diplomatiques), nous avons choisi, contre toute attente et contre l’avis du peuple consulté, d’offrir une porte de sortie honorable à tous nos ennemis d’hier, pour ne pas avoir à mener la bataille de Kirina. A Blaise Compaoré, le rôle d’apôtre de la paix ; aux Soro et autres Sidiki Konaté, des rôles de Premier ministre et ministres ; à la France, dédommagement, silence, renouvellement de contrats. Au peuple, on a demandé de considérer cela comme le dernier sacrifice pour la paix. Est-ce vraiment le dernier ? Les derniers sacrifices, on en a vu beaucoup dans cette crise. Et malheureusement, il est possible que celui-ci, qui pue jusque dans nos cerveaux, ait de très fortes chances de connaître le même sort que les précédents. Pourquoi ? A cause de la nature du grand mensonge stratégique qui l’a entouré de part et d’autre. Côté rebelle, Chirac étant partant, il y avait un risque qu’arrive au pouvoir quelqu’un qui ne veuille plus continuer l’aventure de déstabilisation avec le même niveau d’engagement. Il fallait donc saisir la perche tendue par le «grand méchant diable» d’hier, et jouer la comédie à fond (avec zèle), pour pouvoir la transformer en réalité plus vraie que vraie si les évènements de Paris étaient défavorables. Bien entendu, au cas où ces évènements seraient favorables, il serait toujours possible de se réveiller comme un agent dormant (double) et de provoquer une rupture sur un quelconque sujet, qui deviendrait subitement sensible. Côté Résistance, les calculs sont moins précis : on fait toutes les concessions possibles pour faire avancer le «processus de paix», avant l’arrivée du successeur du grand organisateur du chaos ; celui qui arrive sera nécessairement moins belliqueux, et on pourra continuer la série des sacrifices pour consolider le «processus» et arriver définitivement à la «paix».

Sauf que voilà : après le premier tour des élections présidentielles, celui qui arrive en tête avec une avance confortable est un certain Sarkozy, qui est le témoin de mariage de notre Ouattara «national» et qui vient de déclarer, à propos du Président Gbagbo, qu’il ne parle qu’à des chefs d’Etat élus et non à des gens qui veulent se maintenir sans cesse au pouvoir sans élections. «On s’en fiche, on a vu pire que ça», me direz-vous ? Oui, sauf que si Sarkozy passe, c’est plus que certain qu’il réveillera l’agent double dormant qui nous sert en ce moment de Premier ministre, et que dès lors, nous devrons nous battre pour de bon, pour notre paix. Entre temps, nous aurons piétiné nos valeurs et nos symboles, dansé avec les assassins de nos camarades, bu et rigolé avec toute cette racaille pour rien ! Après cela, combien de patriotes résistants seront encore prêts à donner leurs vies pour ce combat ?

Malgré cela, et peut-être même pour cela, nous autres, disons : «Vive Sarko !». Comme ça, soit nous périssons tous pour rejoindre nos camarades et égaler leurs sacrifices, soit nous nous levons tous dans un dernier et improbable sursaut pour vaincre l’ennemi et rendre les sacrifices de nos camarades utiles. Finalement, ce Sarkozy, que d’aucuns présentent comme un individu dangereux pour nous si nous voulons briser le pacte colonial, est notre véritable allié. Son avènement nous sortira de la mauvaise comédie que nous nous jouons ici à nous-mêmes. Si les hypocrites de socialistes passent, jamais on n’aura l’opportunité de sortir de cette Françafrique. On continuera à nous bercer et à se bercer d’illusions, à nous endormir et à s’endormir. Avec Sarkozy, c’est le réveil assuré pour nous tous (de gré ou de force), pour affronter, une bonne fois pour toutes, notre contradiction principale (la France), pendant que celle-ci sera à coup sûr en train de s’étouffer dans ses propres contradictions internes, avec un fou à sa tête.

Finalement, vive Sarko, pour que renaisse la Résistance ivoirienne et africaine, la vraie !

Sylvestre Konin

15:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC

Samedi 28 Avril 2007


Chers Bien-aimés Frères et Sœurs,

Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix , qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon-Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- "La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris". En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- "La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays ( la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la manière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français.

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique , au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18 ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.





Quotidien Le Temps N° 1201 du 23-04-2007
Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : “Adoptez la cadence du Président de la République”


Le professeur Mamdou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.

"Je rends gloire à dieu le tout -puissant qui nous a donnés cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour
la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.
Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.
Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.
Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a par voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro . J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas. Siriki, vous êtres là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.
Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d’Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont gal de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.
La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application. Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneur, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture, d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.
M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu’ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.
Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.
C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant que Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon. Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien. Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant rémodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " on veut la paix ! On veut la paix ! " ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté beaucoup de gens ont interprété cela, comme si le Premier ministre disait : " vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.
Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il n' l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit allons doucement, il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.
Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emporter. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit…".
Propos recueillis par
koukoudf@yahoo.fr

Frimo D. Koukou

15:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |