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dimanche, 18 décembre 2011

CPI: LA PREUVE QUE GBAGBO PEUT ETRE LIBERE D'ICI QUELQUES MOIS



LAURENT GBAGBO 10.jpg

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Louis Moreno Ocampo a réussi à transférer le président Gbagbo à la Haye comme l’ont demandé ses maîtres. Mais il peine à présenter ses preuves. Ce qui pourrait jouer lors de la prochaine audience et favoriser la libération de Gbagbo.

C’est une sorte de message d’encouragement et surtout d’appel à ne pas baisser les bras et à travailler inlassablement aux points de vue juridique et politique que le destin semble lancer aux avocats du président Laurent Gbagbo et à ses soutiens politiques. Alors que l’on considère généralement que la Cour pénale internationale est une sorte de mouroir pour vaincus de l’Histoire, et que l’on ne peut avoir qu’un aller simple vers son centre de détention, une information vient démontrer qu’on peut en sortir libre – et assez rapidement.

Calixte Mbarushimana, rebelle hutu soupçonné de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans le Kivu, en République démocratique du Congo en 2009, et arrêté le 11 octobre 2010 à Paris et transféré à La Haye le 25 janvier 2011, vient de bénéficier d’une ordonnance de remise en liberté signée des juges de la CPI. «La majorité de la Chambre a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve donnant des motifs substantiels de croire que Calixte Mbarushimana pouvait être tenu pénalement pour responsable de huit chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l’humanité portés contre lui par le Procureur», indique la décision publiée par la Cour.

C’est à l’occasion de l’audience de confirmation des charges, qui s’est déroulée du 16 au 21 septembre, que les avocats de Mbarushimana ont détruit, une à une, les prétendues preuves présentées par Louis Moreno-Ocampo. L’audience de confirmation de charges dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo aura lieu le 18 juin 2012. Elle peut, comme l’on s’en rend compte, ouvrir la voie à une relaxe pure et simple du premier président de la Deuxième République. Et l’on comprend aisément l’absence de fair-play du bureau d’Ocampo, qui tente d’handicaper la défense de son «adversaire» en refusant de transmettre à temps ses «preuves» et la requête aux fins de transfèrement qu’il a faite devant les juges de la Cour.

Pendant que le greffe tarde à accorder à la défense du plus célèbre prisonnier de La Haye les commodités logistiques nécessaires à un travail efficace. Le désaveu que les juges de la CPI ont opposé à Ocampo sur le dossier de Mbarushimana en rajoute au discrédit de ce procureur sous influence d’un certain nombre de lobbies, qui n’est arrivé, en huit ans, à boucler aucune des procédures qu’il a lancées, visant uniquement des Africains. La parole du magistrat argentin, présentée complaisamment comme vérité d’Evangile par les médias occidentaux, est ébranlée. C’est de bon augure pour le président Gbagbo. Mais il faudrait être naïf pour penser que les choses seront aussi aisées dans son cas.

Poursuivi par la vindicte de la France officielle et accessoirement de l’administration Obama, Gbagbo doit mettre l’édifice de la CPI en crise de manière profonde. En présentant des éléments juridiques en béton armé, ce qui est possible si ses avocats, munis de moyens conséquents et véritablement soudés autour de lui, se concentrent comme jamais sur son dossier, en ne méprisant aucun détail. Mais également si ses soutiens politiques, en Afrique et dans la diaspora, continuent de se mobiliser de jour comme de nuit pour tailler en pièces l’édifice mensonger qui l’a conduit à La Haye. Les défis sont grands, et le temps est compté.

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 394 du samedi 17 décembre 2011.

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

vendredi, 16 décembre 2011

DE LA LEGITIMITE EN QUESTION

HAMED BAKAYOKO 2.jpg

Les législatives ivoiriennes viennent de s'achever avec une abstention record qui ne devrait pas se situer en dessous des 80% (à moins de falsification de chiffres), aux dires de biens des observateurs du scrutin électoral, en mission dans diverses zones de la Côte d'Ivoire, sous le regard médusé de tous les soutiens d'Alassane Ouattara qui pariaient sur la popularité du chef de l'Etat ivoirien. Ce qui avait, un moment, justifié la guerre faite à Laurent Gbagbo, accusé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas reconnaître sa défaite électorale. Aujourd'hui prisonnier international élevé au rang d'icône africaine et même plus, Laurent Gbagbo, le grand absent se trouve être, malgré lui, l'indiscutable vainqueur de l'élection législative du 11 décembre 2011.

D'autres ont parlé, à juste titre, de « désert électoral », y compris France 24, qui ne peut être précisément soupçonnée de soutenir l'ex-président ivoirien, tant les bureaux de vote ont été évités et les urnes, éludées. Le mot d'ordre du FPI-CNRD est passé par là. Et les Ivoiriens qui se reconnaissent dans le combat du Président Laurent Gbagbo pour la démocratie, la souveraineté et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire, ont massivement répondu à l'appel. Y a-t-il démonstration de force plus éclatante ?

Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Avec le Président Laurent Gbagbo bombardé, renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral proprement scandaleux (un exemple hautement révélateur : seulement 5 sièges de députés pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges injustifiables pour Korhogo qui vaut à peine la moitié du poids électoral de Yopougon), une insécurité consternante, avec des FRCI - régulièrement coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une tolérance zéro du point de vue politique à l'égard des partis issus de La Majorité Présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés par les FRCI et les militants du RDR, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Quand donc la presse RHDP titre : « Le FPI absent, la violence aussi », à la fin des législatives, elle se trouve être très mal inspirée et peu objective. Elle oublie, par mauvaise foi, de relever que la campagne électorale de ces législatives a enregistré 5 morts et des blessés graves, ainsi que des scènes ubuesques de bastonnades entre alliés. Nous en aurions ri, s'il ne s'agissait pas de frères Ivoiriens dont la vie a été ainsi mise en danger.

Ainsi, à Grand-Lahou, une grenade offensive lancée par des hommes armés dans une réunion de campagne du PDCI, au domicile d'un militant, a fait plusieurs morts. Le domicile du colistier du candidat Mabri Touakeusse, à Man, à été mis à sac par des militants du RDR. Sans oublier, dans la même ville, les propos d'un tribalisme primaire d'un certain ministre de Ouattara. A Koumassi, la presse nous a rapporté que le ministre candidat du RDR, Cissé Bacongo, a pointé, menaçant, un pistolet contre un élément du cortège de son adversaire du PDCI-RDA, N'dohi Raymond, si ce n'est contre l'adversaire lui-même, selon certaines versions. On a frôlé le pire entre les deux camps. Tant l'animosité la plus basse a été de rigueur entre les deux « alliés » jusqu'à la dernière minute de la campagne. Des menaces et intimidations graves ont été dénoncées à Bouna par le MFA d'Anaky Kobena contre le Commandant Wattao. Le MFA, le RDR et les FN y étaient à couteaux tirés. A Yamoussoukro, des militants PDCI battant campagne se sont faits copieusement rosser par leurs alliés du RDR, avec de nombreux blessés. Le PDCI avait même promis porter plainte. Des dissensions de toutes sortes, des tensions et des attaques rangées ont été ainsi relevées, un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre Soro Guillaume avait, à ce propos, tapé sur la table en exigeant que les violences de la campagne cessent. Les violences de qui ? Les rédactions arrimées au RHDP l'ont même rapporté dans leurs différents organes. Y compris la promesse du ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, de faire mettre aux arrêts les FRCI coupables de violences électorales, et rappelant à l'ordre tous ses soldats. Alors, objectivement, de quelle violence du FPI parle-t-on ? A qui la violence colle-t-elle indécrottablement à la peau ? La réponse ne souffre d'aucune espèce d'ambiguïté : le RHDP, et particulièrement, le RDR.

En revanche, nous pouvons avancer sans risque de nous tromper, que c'est même l'absence du FPI-CNRD qui a sauvé les statistiques sanitaires et hospitalières de ce scrutin. Car c'est sur cette famille politique que se sont toujours exercées les violences du RDR, de la rébellion ivoirienne et des FRCI, depuis le 19 septembre 2002. Son poids politique impressionnant (dont il vient encore de donner la preuve et de faire usage) leur fait justement perdre toute sérénité, justifiant les dérives inacceptables commises contre ses membres et ses leaders. Sur la question, on ne peut tromper les Ivoiriens et faire du révisionnisme.

La participation à ce scrutin - le monde entier a pu le constater - est un flop retentissant. Et ceux qui clament leur majorité à tout bout de champ n'ont pas même réussi à faire sortir leurs propres militants - si propres militants il y a vraiment, dans les proportions dont ils se targuent depuis au moins une dizaine d'années ! Etayons notre pensée. Le collège électoral ivoirien compte 5,7 millions d'inscrits, avec 4,7 millions de votants à la présidentielle. Selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, a été élu avec 54,10% des voix, en tenant compte des abstentions et des bulletins nuls. Ce qui lui donne un bénéfice d'environ 2,5 millions de voix sur 4,6 millions de votants ayant effectivement exprimé leurs suffrages. Comment comprendre que malgré l'appel pressant lancé par lui sur les antennes de la RTI, depuis son lieu de vote de Cocody Lycée Sainte-Marie, « personne » ne soit sorti et qu'on ait enregistré la participation de moins de la moitié de ses propres électeurs - tous les partis du RHDP compris - à ce scrutin ?

Au moins, ses 54,10% d'électeurs effectifs devaient avoir voté pour son groupement politique le 11 décembre, si on considère que l'abstention de la présidentielle est partagée entre tous les partis politiques alors engagés dans la course au fauteuil présidentiel, chacun ayant ses abstenus, et que, ce faisant, celle des législatives ne peut pas en être si radicalement différente. Un écart même de 10 points du score du RHDP aux présidentielles, soit 44,10% de taux de participation, aurait pu être encore compréhensible même s'il est déjà énorme. Mais moins de 20% ? C'est une énigme, une curiosité à étudier. Relativement aux inscrits, notamment. Le message est, en réalité, très simple et on ne peut plus clair : c'est un désaveu cinglant des Ivoiriens. Qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir en place et ne cautionnent pas ses actions contre la réconciliation nationale à travers le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

Pour en venir à la légitimité, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko en a une définition bien singulière, lui qui a déclaré sur les antennes de France 24 : « Il n'y avait aucune agressivité, les gens ont voté librement, sans violence, c'est ça la légitimité ! ». Sacrément bien curieuse sémantique donnée à ce mot, Monsieur le Ministre ! En démocratie, la légitimité s'acquiert par l'aval du peuple et cette caution se traduit par le vote. Quel aval le peuple vous a-t-il donné dans cette élection, Monsieur le Ministre ? Aucun ! Plus de 80% d'Ivoiriens vous l'ont refusé. Cela s'appelle de l'illégitimité. Ces élections doivent donc être reprises. Le parlement à venir n'est pas représentatif des Ivoiriens et est donc dépouillé de toute légitimité. Mieux, avec ce score, le RHDP peut-il objectivement et mathématiquement avoir remporté les présidentielles de 2010 ? Nous laissons le soin à la sagacité de chacun d'y répondre.

Nous comprenons mieux pourquoi les ambassadeurs des Etats-Unis, Philip Carter 3, et de la France, Jean-Marc Simon, ont tant tenu à la participation de l'alliance FPI-CNRD ou de La Majorité Présidentielle (LMP). S'agissait-il pour eux de donner à la famille politique de Laurent Gbagbo un rôle d'accompagnateur pour parachever leurs cabales contre notre pays, depuis 2010 ? Le FPI-CNRD a eu la lucidité de ne pas mordre à l'appât. L'actualité brûlante lui donne raison. Il reste, indiscutablement, la première force politique de notre pays.

En outre, mon Dieu !, que de contorsions et de circonlocutions pour justifier la débâcle ! On aura tout entendu : « Il n'y avait plus d'enjeu », « les électeurs ne connaissaient pas le rôle d'un député », « les Ivoiriens ont été traumatisés par la crise postélectorale », « le vote leur a fait peur à cause de la présidentielle » et tutti quanti. Ce qui est vrai, c'est que ce score représente le véritable poids électoral de l'alliance Bédié-Ouattara. L'enjeu, il existait bel et bien : celui, pour Ouattara, de prouver qu'il a été porté à la présidence par la majorité des Ivoiriens et de se constituer une assemblée nationale représentative du peuple de Côte d'Ivoire. Il l'a lui-même dit : « Cette élection est essentielle » pour notre pays. Y a-t-il enjeu plus grand ?

Quant à l'argument de la connaissance du rôle des députés, c'est de la diversion. On vote les députés en Côte d'Ivoire depuis 1960. Les Ivoiriens savent bien de quoi il s'agit. A défaut, ils votent leur parti politique ou leur mentor, plus du tout le candidat. Et puis, tout compte fait, à quoi ont servi les pré-campagnes et la campagne électorale. Qu'ont-ils raconté aux populations pendant une semaine, ces candidats ? Au reste, à quoi sert l'éducation citoyenne financée par la CEI et les organisations internationales ? Les deux derniers arguments sont tout aussi fallacieux que les deux premiers. Le régime Ouattara ne clame-t-il pas à l'envi que la Côte d'Ivoire est « rassemblée » et que la réconciliation est « en marche » ? Qu'est-ce qui traumatise encore à ce point les électeurs du RHDP - abstraction naturellement faite de ceux de La Majorité Présidentielle ayant volontairement opté pour le boycott pur et simple d'un scrutin dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?

On peut ainsi voir la vacuité de l'argumentaire brandi par le régime Ouattara pour justifier sa banqueroute électorale. L'Histoire le retiendra : les Ivoiriens ne se reconnaissent pas dans les actions du nouveau pouvoir ivoirien et ont refusé de lui donner un blanc-seing lui permettant de continuer à s'enorgueillir, les brimer - avec en prime l'arrogance - et prospérer dans la justice des « vainqueurs ». Tous les acteurs politiques ivoiriens devraient en tirer toutes les conséquences.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

mercredi, 14 décembre 2011

LES VRAIES RAISONS DE L'ASSASSINAT DU GUIDE LIBYEN MOUAMMAR KADHAFI



 

Le projet RASCOM 1 pour la couverture satellitaire de toute l'Afrique et le Fonds Monétaire Africain (42 milliards de dollar contre 25 milliards de dollar pour le grand FMI) devant booster le développement de notre continent, sont à la base de l'assassinat lâche du Guide libyen par l'OTAN et les puissances occidentales. Vidéo.


Que DIEU délivre l'Afrique!

OUATTARA EST-IL EN TRAIN DE COMMETTRE LES DERNIERES ERREURS QUI VONT LE COULER?


ALASSANE OUATTARA 2.jpg

Brève analyse des deux derniers événements majeurs en Côte d'Ivoire.



1. Le transfert du Président Gbagbo à La Haye: Encore une fois, je ne sais pas quelle mouche les a piqués pour envoyer le président à cet endroit. C'est une erreur dont la gravité se mesure à l'échelle d'une catastrophe ou détonation nucléaire, et ils paieront CASH pour l'avoir commise.

Au début, certains parmi vous n'avaient pas compris quand j'ai dit que c'était une grosse erreur, mais maintenant tout le monde comprend. Aucun avocat ne peut se réjouir d'un tel événement concernant son client, mais l'erreur est tellement grosse que les avocats du Président Gbagbo affichent ouvertement leur « satisfaction et joie » devant ce transfèrement et se préparent contre la CPI et son procureur.

Ce dossier met la Cour Pénale Internationale dans une très mauvaise posture et je demeure convaincu qu'elle cherchera à s'en débarrasser. Mais quoi qu'il arrive, je pense que le Président Gbagbo sortira grand vainqueur de cette affaire de la CPI et il en récolte déjà les dividendes, au lieu d'être à Korhogo en train de mourir à petit feu.

2. Les élections législatives: J'ai régulièrement entendu des médias américains dire ouvertement et sans ambages qu'on ne sait pas qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, contrairement à leur président Obama et le nain gangster de l'Elysée qui ont pris fait et cause pour Ouattara.

Les législatives d'hier devaient trancher cette question et l'ont tranchée de fort belle manière. Ouattara et la coalition rebelle appellent à voter, les représentants du Président Gbagbo disent aux Ivoiriens: « Ne votez pas, restez chez vous ». Tout était mis en place pour un « ultimate showdown » et une sorte de reprise de la présidentielle de Novembre 2010, pour voir qui est majoritaire en Côte d'Ivoire.

Chaque parti risquait gros en prenant une position ferme sur les législatives. Ouattara et sa coalition rebelle ont tenu à faire le scrutin. Le FPI aussi a risqué gros en maintenant son mot d'ordre de boycott, au risque d'être désavoué par les Ivoiriens et confirmer le RDR comme parti majoritaire. Hélas pour le RDR, le verdict des urnes fut sans appel ; les Ivoiriens, toutes régions confondues, ont suivi le FPI à au moins 80%. Et Gbagbo n'était même pas là, il n'est même pas intervenu. Dans ces conditions, comment ne pas reconnaître Gbagbo comme le seul véritable maître du jeu politique en Côte d'Ivoire? Qui peut et comment peut-on ignorer ces données? Comment Ouattara pourra-t-il continuer à mentir aux blancs qu'il est majoritaire en Côte d'Ivoire et que quelqu'un veut l'exclure?

Voilà deux événements ou Ouattara et la coalition rebelle ont joué et perdu, et tout le monde a été témoin. Si vous pensez que ça n'aura aucun impact sur l'ardeur des soutiens de Ouattara et des rebelles, en Côte d'Ivoire comme à l'extérieur de la Côte d'Ivoire, c'est que vous ne savez pas lire les événements politiques.

Comment Choï et Ban Ki Moon vont-ils expliquer avoir utilisé les ressources de l'ONU, sans mandat, pour faire la guerre à un Etat souverain afin d'imposer un homme qui ne peut même pas obtenir plus de 20% de taux de participation dans des élections qu'il a lui même organisées?

Ceci est un grand revers pour Ouattara et s'il commet encore quelques gaffes pareilles, ce sera juste une question de temps avant que ses propres gaffes l'emportent.

Les avocats du Président Gbagbo ont suivi avec intérêt et une attention TOUTE PARTICULIERE les législatives du 11 décembre et attendez-vous à ce que ce soit mentionné dans les débats ou documents, à La Haye.

Ouattara est en train de creuser sa propre tombe, lentement mais sûrement.


Source : Facebook Maître Namory Fatogoma Dosso.

mardi, 13 décembre 2011

MARE NOSTRUM: LE LAC DE L'OTAN

 

L’OTAN veut faire de la Méditerranée une mer intérieure semblable à la « Mare Nostrum » des romains. L’OTAN est le bras armé des Etats Unis, les autres alliés ne sont que des faire-valoir, la Grande Bretagne et la France en sont les serviteurs les plus zélés. On a vu comment ils ont rapidement reconnu le gouvernement fantoche libyen équipé et formé par leurs soins et comment actuellement ils tentent la même chose en Syrie.

Le détroit d’Ormuz est un passage crucial pour le pétrole exporté vers l’Asie, 16 millions de barils par jour. Et Bab el-Mandeb, entre la Corne de l’Afrique et le Moyen-Orient est le lien stratégique entre la Méditerranée et l’Océan Indien, avec un débit de 4 millions de barils par jour.

Couper l’accès de la méditerranée à la Russie et compliquer les approvisionnements de la Chine en pétrole sont les priorités de Washington. Et pour établir un contrôle de la frontière méridionale de la Russie, il faut déstabiliser la Syrie, afin d’y implanter un gouvernement ami. Pour la Russie, l’intervention occidentale en Syrie est totalement inacceptable. La seule base navale russe en Méditerranée orientale est le port syrien de Tartous. En outre, le complexe militaro-industriel russe perdait l’approvisionnement de ses clients syriens et de ses alliés, ainsi que tous accès au marché méditerranéen. Les navires russes seraient obligés de faire de grands détours pour échapper au contrôle américain.

La Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en Syrie, la Méditerranée deviendra le lac OTAN. Maintenant que Kadhafi est hors d’état de nuire, il était un des rares à s’opposer à l’expansion de l’AFRICOM (U.S. Africa Command), les seuls pays encore récalcitrants dans la région sont : le Liban, l’Érythrée, le Soudan et l’Iran. Moscou sait aussi que le Grand Moyen-Orient de conception US va de la Mauritanie au Kazakhstan.

L’OTAN continue d’étendre ses frontières aux portes de la Russie, quiconque regarde une carte comprend immédiatement le but du développement des bases américaines et de l’OTAN, l’encerclement de la Russie et de l’Iran, et le projet de couper les routes de la Chine. L’expansion de la défense antimissile en Europe de l’Est et en Turquie en est une nouvelle preuve.

Jusqu’où ira le jusqu’au boutisme occidental, toujours plus loin dans la fuite en avant, dans la folie de tout contrôler. Déjà le pentagone a vu d’un mauvais œil la naissance du BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), mais il est surtout agacé par l’Organisation de Coopération de Shanghai élargie (OCS), qui devient un bloc économique, mais aussi militaire.

L’Amérique du Sud, après des siècles de domination américaine, est en train de s’émanciper, mais Chavez n’est pas dupe, et il rapatrie l’or et les avoirs de son pays qui sont dans les banques européennes et américaines, car il sait que tôt ou tard, l’Empire frappera. L’ingérence permanente des puissances occidentales dans les affaires des autres pays est une menace pour la paix. On crée des terroristes, des menaces, des dictateurs sanguinaires, bref des épouvantails. On oublie trop facilement qu’au Moyen Orient le seul pays qui a développé des bombes atomiques sans aucun contrôle et qui bafoue tous les jours les droits de l’homme, c’est Israël. Et le seul pays qui a testé ses bombes atomiques grandeur nature sur des populations civiles, c’est le pays de la démocratie et de la liberté : les Etats-Unis d’Amérique !

 

Robert Gil


Article original sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2011/12/12/mare-nostrum-le-lac-de-l...


Source: AGORA VOX

lundi, 05 décembre 2011

LA VERITE SUR LES MEDIAS OCCIDENTAUX

JOURNAUX FRANçAIS.jpg

Si je vous disais que le journal Le Messager ou Dikalo (journaux camerounais) faisaient un meilleur travail d'information que le Figaro ou le Washington Post, vous ne me croiriez pas j'en suis sûr. Apres tout, ces 2 organes de presse ne sont-ils nommes parmi les meilleurs du monde ?

Ne sont-ils pas imprimés dans des sociétés démocratiques et sophistiquées ou la justice est amplement pratiquée,  la constitution strictement respectée et la presse libre? N'ont-ils pas plus de moyens, plus d'équipement que leurs pairs africains? Leurs journalistes n'ont-ils pas reçu une très bonne formation et ne sont-ils pas possesseurs d'une plus grande indépendance d'esprit ? C'est ce que je croyais moi aussi jusqu'à ce que je comprenne un certain nombre de choses.

Cet article n'est pas une comparaison entre les médias occidentaux et africains. Il a simplement pour but  de révéler la logique qui gouverne les médias occidentaux et révéler les secrets qui se cachent derrière ces apparences de professionnalisme.

Faux concepts

Imaginez un instant que vous soyez très riche et très influent et qu'en même temps vous fassiez de mauvaises choses comme par exemple tromper votre épouse. Evidemment c'est une chose que vous n'aimeriez pas que vos enfants sachent car cela vous ferait perdre leur respect et même votre place de chef de famille. Alors pour vous assurer que cela n'arrive pas, vous utiliserez votre influence et argent pour contrôler les organes d'information de votre maison et garder l'information secrète.

Et pour justifier vos sorties nocturnes, ces organes d'information de la famille donneraient d'autres raisons telles que des réunions de travail tardives, diner avec d'autres partenaires, tout cela évidemment  pour le bien de la famille. C'est un peu la logique des organes de presse de ces jours-ci.

Il y a un certain nombre de faux concepts qui soutiennent la compréhension que certains africains ont des médias occidentaux :

Les médias veulent informer le public de  ce qui se passe ? Faux :

Ceux qui dirigent les nations ne veulent pas que les populations sachent ce qui se passe réellement. La réalité des événements est si choquante que l'américain, l'allemand ou le français moyen n'en croirait pas ses oreilles. Faire connaitre la vérité ferait tomber des gouvernements et envoyer en prison un nombre élevé d'acteurs politiques. Vous ne pensez bien pas qu'on dira aux américains que les Etats-Unis vont en guerre en Iraq pour du pétrole et pour prendre pied dans une région ou elle pourrait alors déstabiliser des ennemis comme l'Iran.

On ne dira pas aux français que la France  ne s'opposait pas à  l'intervention américaine pour des raisons morales mais pour protéger ses propres investissements en Iraq. On ne dira pas aux français que leur pays a quelque chose à voir avec les événements qui ont abouti a la mort de Thomas Sankara et a la destitution de Pascal Lissouba. Ne vous y trompez pas, les peuples occidentaux sont aussi victimes des individus qui contrôlent le monde que les sont les peuples d'autres nations. Leurs médias sont aussi manipulateurs que les médias d'Etat en Afrique. Les occidentaux sont même plus manipulés que les africains le sont car ils vivent encore dans l'illusion que leurs pays sont libres et démocratiques. Malheureusement beaucoup de gens prennent pour vérité ce que la presse dit au lieu de s'en méfier.

La presse occidentale est plus libre ? Faux :

Aucun grand groupe de presse n'est vraiment libre. En occident comme en Afrique, les journaux sont sujets aux contraintes financières et à la pression politique. La presse occidentale fortement dépendante de la publicité est soumise à la dictature des groupes financiers. Certains des propriétaires d'organes de média sont amis d'acteurs politiques et influencent souvent la gestion de l'information que font leurs médias.

Bernard Arnault par exemple, propriétaire de La Tribune est un ami de Nicolas Sarkozy (qui est par ailleurs ami de beaucoup de capitaines d'industrie propriétaires de presse) dont il a été témoin du défunt mariage. Rupert Murdoch propriétaire du Wall Street Journal (dont le groupe a récemment été implique dans un grand scandale en Grande Bretagne) est un supporter politique de l'ancien président américain Georges W. Bush.

Il y a des articles que les journaux africains sortent sur leurs leaders que la presse occidentale ne peut dévoiler. Dan Rather de CBS avait fait une émission qui mettait en doute certains détails de la vie du président Georges W. Bush  et il a été licencié. Plus récemment encore, Rick Sanchez un grand journaliste de CNN a été licencié car il a fait allusion au cours d'un de ses shows que la plupart des médias américains sont aux mains des juifs. A cause de ce fait, presqu'aucun grand journal du monde occidental ne dira rien de préjudiciable contre Israël.

La presse occidentale a un esprit indépendant ? Faux :

Les journaux privés travaillent pour les intérêts de leurs propriétaires qui sont souvent des groupes financiers ayant des intérêts dans d'autres secteurs de l'économie. C'est ainsi que la chaine de télévision NBC appartient a General Electric qui est par ailleurs un fabricant de moteurs d'hélicoptères de combat. La presse publique est paradoxalement même un peu plus crédible car dépendante des fonds publics et souvent sous le contrôle indirect des députés ou sénateurs.

Même comme cela, RFI, BBC ou LA VOIX DE L'AMERIQUE organes de propagande publics n'iront malgré les apparences jamais contre les intérêts stratégiques de la France, de l'Angleterre ou des Etats-Unis d'Amérique. Ils sont financés par le budget d'Etat et ne peuvent mordre la main qui les nourrit. Ces réseaux sont installés pour défendre les intérêts de ces nations Des journalistes américains tels que Dan Rather de CBN ont d'ailleurs dit pendant la guerre d'Irak que lorsque leur pays est en guerre, ils n'ont aucune honte à le supporter.

Le Figaro ne donnera pas une information qui puisse être préjudiciable au groupe Dassault (auquel il appartient) qui construit les avions de combat Rafale. « Vincent Bolloré, venu aux médias relativement récemment, a une vision toute personnelle de l'indépendance de ses rédactions, qui lui sont très utiles pour promouvoir ses intérêts en Afrique » selon Rue 89, un web site francophone. Pensez-vous toujours que les journalistes pris en sandwich entre les exigences financières et la pression politique puissent écrire ceux qu'ils aimeraient écrire ?

Même si ces organes de presse donnent souvent des informations partiellement vraies, elles mentent aux gens dans le
« comment » et le « pourquoi ». Le principe sous-jacent c'est qu'un peuple informe et éduqué est difficile à diriger. Les gens qui essayent de contrôler de ce monde ne veulent pas plus que les français, les allemands ou les américains soient informés que les gouvernements africains  ne veulent que les maliens, les sénégalais, burkinabés ou les togolais soient informés.

Certains journaux sont brimés : Al-Jazzera a été pendant longtemps  interdit d'émission aux Etats-Unis parce qu'on lui reprochait de présenter l'Amérique sous un mauvais jour. Voilà ce que ce groupe de presse a répondu en substance : Nous présentons les faits tels qu'ils sont, sous une perspective parfois différente de celle des médias américains : Les médias américains présentent les missiles à leur décollage et nous les présentons à leur atterrissage. Mais ce groupe de presse qui appartient au gouvernement du Qatar, allié des Etats-Unis a perdu sa crédibilité depuis qu'il s'est transformé en un organe de propagande des intérêts de son gouvernement.

Pensez à ceci : la plupart des gens n'assisteront pas en direct aux événements qui se déroulent dans le monde. Nous serons pour la plupart de temps informés à travers la presse. C'est parce qu'ils savent que qui contrôle l'information contrôle les esprits et les opinions des gens que la plupart des pays occidentaux créent des réseaux de radios a travers le monde entier. Et cela leur réussit bien vu le nombre élevé de personnes, y compris de responsables politiques africains qui s'y informent.

Ce n'est pas par hasard que lorsque l'Otan ou un pays occidental en guerre, il commence d'abord par détruire la radio et la télévision de ce pays. On comprend ainsi pourquoi la France tenait tant à détruire la RTI (Radio Télévision Ivoirienne) pendant les derniers évènements de Cote d'Ivoire. Non seulement la RTI permettait de combattre la machine de propagande déclenchée par les medias français, mais elle montrait aussi des documentaires qui révélaient les activités mafieuses de la Françafrique et de la France en Afrique. En passant, ces mêmes documentaires sont montrés dans les médias français qui diffusent en France mais ne l'ont jamais été par France 24 par exemple qui dessert la région africaine. L'une des raisons pour laquelle Sarkozy en veut tant a Laurent Gbagbo c'est d'avoir exposé aux yeux du public ignorant la véritable politique de la France en Afrique. Comme vous le voyez, les dirigeants occidentaux ne veulent pas que vous sachiez la vérité.

Le mensonge est le même partout. La presse n'est libre nulle part et n'a aucune intention pour la plupart d'informer le peuple. Elle fait son travail sans passion comme certains pasteurs font leur ministère sans conviction, juste comme un gagne-pain. La différence entre les medias occidentaux et africains d'Etat est que les premiers sont plus sophistiques dans le mensonge. La preuve c'est que vous leur faites plus confiance que les journaux de vos propres pays.


Organisation des médias en occident

Il y a 3 genres de médias :

1.    Les medias privés qui sont les plus contrôlés

Ils sont pour la plupart aux mains de groupes financiers. Comme nous l'avons dit ces groupes financiers ont des activités dans d'autres secteurs de l'économie que les groupes médiatiques qu'ils possèdent sont supposes protéger.

Ils appartiennent à des conglomérats : Par exemple, 6 grands groupes financiers aux Etats-Unis contrôlent plus de 90% des medias. La multiplicité des noms et la diversité géographique cache souvent ce contrôle et cette concentration de la presse dans les mains de quelques puissants individus. Un seul groupe peut contrôler des centaines de stations radio, des dizaines de journaux écrits et de chaînes de télévision. Les 6 groupes qui contrôlent l'essentiel de la presse aux Etats-Unis sont :

*    General Electric: qui contrôle NBC, MSNBC, the History Channel, the Biography Channel. Ils contrôlent aussi Universal Pictures une maison de production de films. 

*    Walt Disney:
contrôle ABC, ESPN. ABC a 226 stations affiliées qui atteignent 99% des domiciles américains.

*    News Corp.:
est propriétaire de Fox Channel, the Wall Street Journal, National Geographic. Possède aussi la maison de production de films 20th Century Fox et 120 chaines de télévision a travers le monde. Cette compagnie appartient a Murdoch qui été récemment au centre d'un scandale médiatique en Angleterre.

*    Time Warner: est propriétaire de CNN, HBO, TBS. Il contrôle aussi Warner Bros, New Line Cinema, Castle Rock  qui sont toutes des maisons de production de films.

*    Viacom:
est propriétaire de MTV, Simon and Schuster Publishing house, une maison de publication de livres et près de 130 stations radios

*    CBS:
contrôle  CBS  et près de 130 stations radio.

La chaîne la plus regardée de France -et d'Europe-, TF1, appartient à Bouygues, groupe de BTP qui signe quotidiennement des contrats avec la puissance publique. Arnaud Lagardère, important actionnaire du groupe aéronautique EADS, contrôle l'empire qui porte son nom et donc Europe 1, Paris Match, le Journal du Dimanche, 25% du Parisien-Aujourd'hui, 17% du Monde, et la moitié du plus grand circuit de distribution de journaux, les NMPP

General Electric fabrique et fait l'entretien des moteurs d'hélicoptères de combat, des chars Abrams, d'avions de combat F-16. Vous comprenez bien que la guerre comme celle d'Iraq fait son affaire et que NBC fera beaucoup d'efforts pour faire accepter à l'opinion que Saddam Hussein est un dictateur qui devait partir.

Ces groupes industriels contrôlent aussi des maisons d'édition célèbres telles que Simon and Schuster Publishing house, ce qui étend leur contrôle sur la publication des livres. Tout ceci pose un  grand problème d'indépendance de l'information.

Vous avez vu récemment avec quel zèle des organes de presse tels que France 24, CNN, Al-Jazzera, BBC ont appuyé par la désinformation et le mensonge la guerre de l'Otan contre la Libye.

Le monde du cinéma n'échappe pas à leur contrôle comme vous l'avez constaté. Il y a peu de films qui sortent de façon innocente. Il y a quelques années, l'ennemi préféré des films était les Soviétiques. Aujourd'hui, ce sont les arabes. Vous pouvez en imaginer la raison.

MEDIAS OCCIDENTAUX.gif

L'information ne vient pas toujours de source indépendante : Il y a des journaux de province ou de taille moyenne qui ne peuvent pas envoyer des correspondants a certains coins du globe faute de moyens financiers. Alors ils achètent l'information auprès de grandes agences de presse telles que l'agence France Presse (AFP) ou Associated Press (AP) ou l'agence Reuters qui sont de puissants groupes de presse aux mains de l'Etat (AFP) ou d'individus privés. Ainsi les gens vivant en province en France ou dans l'Alabama aux Etats-Unis ou ceux lisant Yahoo sur le net vont avoir la même information sans avoir le moyen de vérifier sa crédibilité par d'autres sources. Même de grands journaux comme Le Monde ou le New York Times ne peuvent avoir des correspondants partout. Ils utilisent aussi très souvent ces agences de presse pour certains articles.

Lorsqu'un organe de presse n'appartient pas directement à une compagnie, il en dépend pour des frais de publicité. Les sources de revenus les plus importantes de ces journaux ne viennent de l'achat des journaux par les lecteurs. Elles proviennent des spots publicitaires pour lesquels les compagnies donnent de l'argent aux medias. L'un de moyens les plus efficaces de faire pression sur un organe médiatique est de menacer d'annuler les contrats publicitaires avec lui. Une annulation pareille signifie une baisse de revenus, le licenciement des journalistes et du personnel d'appui, la perte de maison, de voiture, de l'assurance maladie (dans des pays comme les Etats-Unis) et de tous les autres avantages de l'emploi pour les journalistes licenciés. En bref la fin de presque tout. Et cela personne ne le veut.

Qu'est ce qui se passerait si un journaliste prenait la liberté de publier un article qui raconte la vérité ? Pour commencer son éditeur ne laissera pas passer cet article. S'ils le faisaient ils seraient 2 à perdre leurs emplois.  Les journalistes connaissent bien ces règles et jouent simplement le jeu pour survivre.

La presse privée qui représente environ 70% du total des medias dans les pays occidentaux est en fin de compte contrôlée par les riches. C'est ce qui explique qu'une minorité soit capable de diriger sans problèmes la masse.
Certains de ces medias appartiennent en totalité ou sont contrôles par des services de renseignements à travers des contributions. Ces services de renseignements les utilisent pour des opérations ponctuelles de manipulation de l'opinion et d'intoxication d'une cible précise.

2.    Les medias publics sont curieusement plus crédibles que la presse privée

Ils sont plus importants en France qu'aux Etats-Unis. Dans les 2 pays, ils sont sous le contrôle direct des autorités politiques. Leurs chefs sont très souvent nommes en fonction de leur connaissance du jeu de l'information et du rôle que les dirigeants attendent de la presse. On n'y nomme pas des gens réputés pour leur indépendance d'esprit.

Curieusement c'est dans ces médias dans les pays comme les Etats-Unis  que l'on retrouve parfois des informations de bonne qualité. Ils ne subissent pas la dictature stricte des financements prives. N'ayant pas autant d'argent que leurs confrères du domaine privé, ils n'offrent pas autant d'amusement (distractions) dont les gens raffolent et sont de toute façon pas très regardes aux Etats-Unis.

3.    Les médias indépendants sont les plus fiables.

C'est a cause du constant accablant du contrôle de la presse par des groupes industriels prives que certains medias indépendants ont émergé. Ils ont investi le domaine de la télévision, de  la radio, de la presse écrite et surtout de l'Internet. Ces medias qu'on appelle encore la presse citoyenne sont entretenus par d'anciens journalistes qui se sont lasses de jouer le jeu de la désinformation. Je suspecte même que certaines de leurs informations et articles viennent de journalistes de la presse privée qui ne peuvent simplement pas faire publier leurs articles dans leurs journaux.

Les médias indépendants échappent à la dictature de groupes financiers et à la pression politique. Ils n'utilisent pas de spots publicitaires et dépendent parfois de leurs audiences pour subvenir à leurs besoins financiers. Ils sont ainsi libres dans leur gestion de l'information. Lorsqu'ils sont télévisuels ou radiophoniques, ils dépendent des contributions volontaires des auditeurs. Parfois ces auditeurs doivent s'abonner pour accéder à l'information. Sur le net ils sont presque toujours gratuits.

Leurs invités sont aussi des gens bien informés, souvent d'anciens hauts responsables de l'Etat révoltés par le mensonge qui disent les choses sans les maquiller. Ils donnent en général la version cachée des événements, le pour, le comment et le pourquoi. C'est dans ces médias qu'on retrouve souvent la vérité crue, celle qu'on cache aux enfants, je veux dire au public.

Toute une industrie de l'information s'est créée dans l'Internet. Il y a la télévision, la presse écrite et même des radios. L'organisation y est plus facile. Vous n'avez pas besoin de vendre une idée à aucun groupe de presse ou de demander des autorisations. Vous créez simplement un web site et commencez à diffuser des informations. Il y a des centaines de groupes de ce genre sur tous les sujets imaginables : finances, religion, politique et dans toutes les langues etc....

Stratégies de mensonge

Il y a un certain nombre de techniques que les médias occidentaux font pour maintenir une certaine crédibilité et continuer la supercherie:

1. Ils se comportent d'abord comme s'ils disaient la vérité, c'est-à-dire qu'ils vous mentent froidement en vous regardant dans les yeux. Ils invitent des « experts » et d'autres professionnels qui viennent renforcer votre impression. Pensez-vous vraiment qu'un ancien ministre, président ou député vous dira les choses qu'on ne veut pas que vous sachiez ? Ils font partie de ce système de tromperie. On les fait venir parce qu'on sait qu'ils ont une crédibilité a vos yeux. Ces gens-la n'ont aucune intention de vous dire la vérité. C'est d'ailleurs pourquoi un de mes amis me disait que ce n'était pas la peine de lire leurs biographies car elles ne contiennent aucune information importante.

2.
Ils évitent les gros mensonges. Ils font attention a ne pas dire les choses facilement vérifiables ou a omettre des choses que d'autres journaux pourraient publier. J'ai souvent lu sur le net des articles sur des sujets importants, bien de jours avant que les grands journaux de la presse écrite en parlent. Et lorsqu'ils en parlent l'information est souvent diluée.

3.
Ils font un mélange de la vérité et du mensonge. La part de vérité a pour but de donner de la crédibilité au mensonge qu'ils professent. Le mensonge est la véritable substance de leur travail. Utilisons une métaphore pour bien illustrer cet aspect. Supposons que vous ayiez été attrapé en infidélité par le mari de votre concubine et qu'un bagarre s'en soit suivie. Si les medias vous sont favorables, ils diront qu'il y a eu bagarre dans la nuit (ce qui est vrai). La bagarre a eu lieu entre votre voisin et vous (qui reste vrai). Puis on dira que c'est lui qui vous a agresse (ce qui serait vrai aussi). Mais on ne parlera pas d'adultère et on prétendra dira qu'il a agresse a cause d'une dispute de terrain (ce qui pourrait être vrai mais cette raison est utilisée pour cacher le véritable délit).

Pour crédibiliser cette thèse on ajoutera que vous êtes un monsieur respectable dans la communauté, un père de famille, diacre à l'église locale (ce qui pourrait être vrai). On ajoutera que vous êtes un bienfaiteur qui contribue aux œuvres sociales (ce qui est vrai). De votre voisin on dira qu'il est alcoolique avec un passé de violent et des retards dans le paiement de son loyer. Personne ne lui donnera la parole sauf pour lui demander si c'est vrai qu'il a un passe de violent, qu'il a déjà été arrêté pour consommation d'alcool etc.... Ceux qui ne vous connaissent pas de façon intime croiront à cette version des faits parce qu'ils partent de l'assomption que LES MEDIAS DISENT LA VERITE. Ce genre de scénario se produit tout le temps dans les médias.

4. Ils détruisent l'image d'un individu gênant : Lorsqu'on veut éliminer un leader populaire par exemple on utilise d'abord les médias pour le « tuer » dans le cœur des gens. Les médias vont le peindre utilisant des apparences et en faisant une analyse tronquée des événements. Les médias jouent avec les émotions des gens dont ils savent qu'elles contrôlent leur comportement et leurs décisions. On peut dire par exemple qu'il a une maîtresse, qu'il a des fonds et des maisons à l'étranger ou qu'il brutalise ses enfants. Dès que ce leader a perdu l'estime de ses admirateurs alors on l'élimine physiquement sans aucun problème, en utilisant l'un des siens pour mieux protéger les commanditaires. On commence presque toujours par les médias lorsqu'on veut initier une action contre un individu.

5.
Ils peuvent créer une fausse image positive : De la même façon que les médias sont capables de peindre en vilain un homme intègre, ils sont aussi capables de fabriquer une image positive d'un homme aux actions sinistres. Il se dit que c'est son contrôle sur la presse italienne qui permet a Silvio Berlusconi un homme soupçonné de contacts avec la mafia, de transactions financières douteuses et de relations sexuelles avec des mineures de rester premier ministre d'Italie.

6.
On distrait les gens de choses sérieuses : L'homme aime le jeu et la fantaisie. Pour l'occuper, on lui donne toutes ces émissions qui tournent autour du sexe, des relations amoureuses, le sport, la musique, les scandales de célébrités etc... Ces émissions ont leur place car on ne peut pas toujours regarder des émissions de politique. Leur nombre est cependant si élevé qu'on peut voir clairement une volonté de distraire les gens. Il y a par exemple des protestations en ce moment aux Etats-Unis contre Wall Street pour son rôle dans la crise financières mondiale mais des medias comme CNN passent beaucoup plus de leur temps a montrer les témoignages des copines du médecin impliqué dans la mort de Michael Jackson

7.
Ils présentent des informations négatives sur l'Afrique : Ce n'est pas par hasard que l'on ne voit que des images négatives de l'Afrique dans les médias occidentaux. Les occidentaux le font en partie pour entretenir un complexe de supériorité sur le noir. L'autre  raison c'est de présenter L'Afrique comme un continent permanemment en proie à la famine, a la guerre, aux calamites naturelles.

Cette image permet aux puissances occidentales de cacher leurs interventions et leur présence sous la charte d'actes humanitaires. Et comment répond l'Afrique à cette offensive ? Elle passe le temps à faire rêver son peuple sur l'occident, a montrer les jeux de télévisions et émissions importes. Elle fait auprès de son propre peuple la propagande de l'occident. Il n ya pas un seul africain qui n'ait été surpris de découvrir une réalité différente lorsqu'ils sont arrives en France, en Allemagne ou au Canada. Comment un peuple peut-il se libérer s'il continue de tirer son information de l'oppresseur ?

8.
Ils peuvent être utilisés pour faire pressions sur un leader politique : Lorsqu'un chef d'Etat africain défend les intérêts de la France par exemple, les journaux français pour la majorité ne diront pas de mauvaises choses sur lui. Un journal un peu rebelle appartenant a la mouvance de l'opposition pourrait écrire quelque chose d'embêtant mais ce sont des articles qui ne font pas souvent beaucoup de mal. En général, les medias valident ses élections frauduleuses, se taisent sur ses prisonniers politiques et lui accordent des interviews amicales Mais lorsqu'il essaye d'affirmer son indépendance, on commence à voir subitement apparaître dans ces journaux des histoires sur des comptes bancaires, des maisons et des affaires qu'il aurait a l'étranger. Tout aussi brusquement 

9.
Ils posent des questions difficiles aux « ennemis » : Faites simplement attention au genre de questions qu'on pose à Fidel Castro ou a Ahmadinejad. Certains journalistes sont souvent à la limite, impolis. Lorsqu'ils invitent ces leaders c'est essentiellement pour leur poser des questions sur des allégations de corruption, despotisme, d'abus de droits de l'homme, accusations de terrorisme etc.... Il n'y a rien de mal à poser ce genre de questions mais lorsque l'essentiel de la conversation met l'invité sur la défensive, ça devient suspect. A ces adversaires on ne pose pas de questions sur le développement ou les actions sociales qu'ils mènent.  Considérez un peu le genre de questions qu'Euronews a posé à Gbagbo.

-  L'Union européenne conteste votre légitimité. Votre adversaire Alassane Ouattara forme un gouvernement, nomme des ambassadeurs qui sont reconnus. Vos opposants disent que vous n'êtes pas un démocrate, que vous êtes un dictateur. Laurent Gbagbo seriez-vous prêt à sacrifier des Ivoiriens pour légitimer votre vision de la démocratie ?

- Vous ne quitterez pas le pouvoir ?

- Si dans les rues des violences sont commises, si des exactions sont commises de part et d'autre, quitterez-vous le pouvoir ? Si vous aviez fait attention, vous auriez  remarque d'ailleurs l'agressivité des journalistes français vis-à-vis du camp Gbagbo. C'est d'ailleurs la même attitude  vis à vis de Laurent Gbagbo qu'on a retrouve dans la quasi-totalité de la presse occidentale, solidarité avec la France oblige. Un jour le président Erythréen Issayas Afeworki avait carrément demande à Ris Khan de Al Jazzera si c'était la CIA ou le département d'Etat américain qui lui avait donné la liste de ses questions. Je sais, Al Jazzera n'est typiquement pas un média occidental mais il appartient a un gouvernement allié aux occidentaux.

Comment obtenir la bonne information

1. Etablissez une base de données. J'entends par base de données un ensemble de valeurs ou d'intérêts qui identifient un individu ou une entité. Vous avez une base de données consciente ou non de tous les gens qui sont autour de vous. Vous connaissez qui paye ses dettes, qui ment souvent, celui qui aime la calomnie, etc..... Vous savez où sont les intérêts de la France, quels sont les rapports des Etats-Unis avec le gouvernement Chavez, que les pays du monde occidental sont solidaires, à quels ordres mystiques appartient tel ou tel leader. Une bonne source d'information pour établir cette base de données est les livres et les documentaires.

2.
Considérez la source d'information avec attention : si c'est un média d'Etat ou un média privé qui dépend de la publicité faites très attention. Jeune Afrique par exemple qui a fait la promotion de beaucoup de régimes africains a perdu la capacité de rester objectif et n'est plus crédible. Gardez à l'esprit que la plupart des journaux veulent faire de la désinformation. Si un leader est détesté par «  la communauté internationale » mais est populaire dans son pays, c'est un leader défend les intérêts  contre de grandes entités financières. Faites donc attention a tout ce que vous lirez sur lui. Allez sur Google ou YouTube écouter vous-même ses discours au lieu de prendre pour vérité ce que les autres disent de lui.

3.
Comparez l'information que vous avez à votre banque de données. Réfléchissez par rapport à ce qui est logique, ce qui fait un sens. Si la presse américaine dit quelque chose sur Cuba, il faudra le prendre avec des pincettes. Retenez que la presse française protégera les intérêts de la France en Afrique et ailleurs. Voyez où sont les intérêts des parties en jeu. Qui y gagne de l'argent ?

4.
Vérifier cette information dans la presse alternative. Aller sur le net et regardez quelle analyse ces web sites font de cette information. Aller sur Google et tapez  quelque chose comme : « la vérité sur... » et vous y mettez le titre du sujet qui vous intéresse.

Rendons justice aux médias occidentaux. Il y a des journalistes même dans ces grands groupes privés qui prennent souvent le risque d'écrire des articles de bonne qualité. Ces journaux font aussi de l'excellent travail en termes de qualité d'expression, de présentation et d'élocution. De la même façon, il y a des journaux privés africains qui se sont laissés corrompre par la recherche du gain facile, se sont ainsi prostitués et sont devenus de véritables feuilles de choux.


In Cameroonvoice.com


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


CHARLES ONANA.gif

Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

mardi, 29 novembre 2011

UN AN APRES LE SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, RETOUR SUR L’INDUSTRIE DE LA FRAUDE DU RDR



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Etape par étape, rétrospective des différentes manœuvres par lesquelles le parti d'Alassane Ouattara, s'appuyant sur les responsables locaux et départementaux de la CEI, à sa solde, a contourné toutes les dispositions électorales garantissant la transparence du scrutin présidentiel. Afin de mettre en place les techniques traditionnelles de fraude électorale pratiquées par les dictatures africaines. Comment un scrutin présidentiel longtemps attendu, censé ramener la paix de façon durable dans un pays déchiré, parrainé par la communauté internationale, et dont les détails de l'organisation ont été négociés pied à pied par les différents protagonistes, a-t-il pu conduire à une guerre de nature internationale pudiquement baptisée «crise postélectorale» ? Le catéchisme des grandes puissances et des médias «internationaux» voudrait nous convaincre d'une chose : le «troisième tour sanglant» en Côte d'Ivoire est le résultat quasi-naturel du «refus de Laurent Gbagbo d'accepter le verdict des urnes déclarant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle». L'énoncé est faux, dans la mesure où Laurent Gbagbo n'a fait qu'invoquer des fraudes et recourir, comme le prévoit la loi, au contentieux devant l'institution compétente, le Conseil constitutionnel en l'occurrence, qui a arbitré en sa faveur ? Les recours contentieux sont une banalité électorale, et sont observés dans la quasi-totalité des scrutins, y compris dans les «démocraties avancées». Dans ce contexte, la seule question qui vaut la peine d'être posée est la suivante : les fraudes massives dont Laurent Gbagbo s'est plaint étaient-elles réelles ou pas ? Justifiaient-elles, oui ou non, une saisine du Conseil constitutionnel ? Le Nouveau Courrier rouvre ce dossier, un an après le second tour de la présidentielle ivoirienne, met en perspective l'enchaînement des faits et apporte des éléments et des témoignages inédits.

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Technologie électorale

«En Afrique, on n'organise pas les élections pour les perdre». Ce dicton éprouvé par de nombreuses décennies de «technologie électorale» sur le continent est au cœur de ce qui apparaît comme la stratégie du Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et de ses alliés internationaux. Et il suffit de suivre l'enchaînement au bout duquel il a réussi à détricoter tout le dispositif de contrôle mis en place par un camp Gbagbo ultra-minoritaire au sein de la CEI pour mettre en lumière son «industrie de la fraude». Un «détricotage» imposé par les moyens de la violence et du fait accompli, mais qui n'a pas réussi à opérer le crime parfait. C'est en le suivant, étape par étape, que l'on parvient à mettre en lumière une gigantesque entreprise de fraude. Une fraude dont les traces sont demeurées, en raison du caractère imparfait du sabotage des moyens de surveillance du camp adverse. C'est la présence foisonnante de preuves relatives à cette fraude qui explique l'hystérie inédite qui s'est emparée à la fois du camp Ouattara et de la «communauté internationale» quand le président Laurent Gbagbo a évoqué la piste du «recomptage des voix» pour purger le contentieux électoral.

Au commencement, était la polémique sur le comptage électronique

Dix jours avant le premier tour de la présidentielle, prévu pour le 30 octobre 2010, une sourde polémique s'empare de la Commission électorale indépendante (CEI), où l'opposition est majoritaire, fait inédit en Afrique. Et pour cause. Les commissaires proches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s'opposent de manière virulente à ce qu'on appelle «le comptage électronique». En réalité, il s'agit de l'acheminement par voie numérique des procès-verbaux issus des dépouillements dans les différents bureaux de vote vers le siège national de la Commission électorale indépendante. Officiellement, le RHDP ne fait pas confiance à la Société informatique de localisation et de sécurité (Sils Technology), filiale du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), entreprise publique dont le patron est Ahoua Don Mello, un proche du président Gbagbo. Les commissaires RHDP proposent d'abandonner l'envoi des résultats par une liaison spécialisée - par Internet, dira-t-on, par facilité -, et de les convoyer uniquement par la route. Ce que les commissaires de la majorité présidentielle (LMP) ne souhaitent pas. La quasi-totalité des patrons des Commissions électorales locales et départementales, chargés du transport des procès-verbaux, étant issus de l'opposition, ils pourraient, comme cela se fait souvent au cours des élections en Afrique, «corriger» les procès-verbaux électoraux en cours de route.  La fronde du RHDP est surprenante. En effet, ses commissaires feignent de découvrir le contrat entre Sils Technology et la CEI alors qu'il a été signé librement trois ans plus tôt, par Robert Mambé Beugré, issu du PDCI, membre du RHDP. Il a été à nouveau signé et complété par Youssouf Bakayoko, issu lui aussi du PDCI. C'est grâce à SILS Technology que les Ivoiriens ont pu vérifier que leur nom figurait sur la liste électorale par SMS ou par Internet. Ce sont les techniciens de SILS Technology qui ont informatisé la CEI. Tout le monde les connaissait ! Et ce n'est qu'à une semaine du premier tour que leur présence est devenue problématique. Comme si l'on s'est rendu compte, en mettant en œuvre un «plan d'action», qu'ils pourraient être gênants... Au final, un compromis est trouvé, sous l'égide du Premier ministre Guillaume Soro. Il y aura un double comptage, à la fois manuel et électronique. Donc un double acheminement - par des moyens numériques et par la route. SILS Technology sera surveillée par un collège d'experts chapeauté par la société suisse Crypto AG. A priori, tout le monde est rassuré. Les mêmes procès-verbaux seront acheminés par la route par les responsables locaux et départementaux de la CEI, presque tous RHDP, et par voie électronique, par SILS Technology, soupçonnée de rouler pour le camp Gbagbo. Et les interventions illégitimes sur ces procès-verbaux seront démasquées. Tout le monde est rassuré... à condition que tout le monde soit de bonne foi.

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Le siège de SILS-Technology cambriolé !

Quelques jours après la fin de la polémique sur le comptage, un événement étrange se produit. Au milieu de la nuit, alors que tout le personnel est rentré à la maison, des drôles de cambrioleurs interviennent au siège de SILS-Technology. Tous les ordinateurs, tous les équipements sont férocement détruits. Malheureusement pour les commanditaires de ce sinistre coup, tout le système mis en place prévoyait des sauvegardes des données hors du siège. SILS a juste besoin de racheter du matériel pour être à nouveau opérationnel. Et peut travailler sans problème lors du premier tour...

Quand le camp Ouattara s'attaque aux observateurs étrangers

Entre les deux tours, l'atmosphère se tend de manière phénoménale. Les soutiens du candidat Alassane Ouattara à la CEI deviennent violents. Y compris à l'endroit des observateurs dépêchés par la communauté internationale. Dès le dépouillement des résultats du premier tour, l'atmosphère se dégrade particulièrement avec la Mission d'observation de l'Union européenne. Cristian Preda, chef de la mission, affirme que ses observateurs ont été empêchés d'accéder aux centres de traitement des bulletins de vote. Dans une interview qu'il accorde à l'auteur de ces lignes, le samedi 27 octobre, il précise ses accusations. Entre le premier et le second tour, «en ce qui concerne notre observation, il y a [...] un changement», dit-il. «Nos observateurs se sont vu refuser l'accès aux stages de formation des membres des bureaux de vote. Nous n'avons pas eu de garantie quant à la publication de procès-verbaux de dépouillement dans chaque bureau de vote. Il n'y a pas une procédure bien établie qui est mise en place et cela nous préoccupe. Par ailleurs, nous avons malheureusement enregistré un incident très regrettable dans la région très stratégique de Yamoussoukro. Nos observateurs ont reçu des menaces de mort, ce qui nous a poussés à les extraire de là-bas.»  Au final, le mode opératoire, qui prévoit l'affichage des résultats devant chaque bureau de vote sera violé. Conséquence : l'électeur lambda ne pourra pas vérifier que le chiffre donné à l'issue du dépouillement dans son quartier ou son village est le même que celui annoncé par la CEI centrale. A la fin de notre entretien, où il n'a de cesse de fustiger «l'opacité» et les «obstructions» de la CEI, Cristian Preda évoque un des scénarios qu'il dit «redouter» : une double proclamation de résultats contradictoires - l'une par la CEI, l'autre par le Conseil constitutionnel. L'attaque contre les observateurs de l'Union européenne dans la région de Yamoussoukro, fief du RHDP, ne sera pas la seule. Accusé de «trafic d'armes» par l'Union européenne au cours de la guerre postélectorale, Frédéric Lafont, patron de la compagnie aérienne Sophia Airlines, a présenté au quotidien France-Soir des factures et des manifestes passagers prouvant qu'il avait exfiltré du Nord 17 observateurs de l'Union européenne menacés par les pro-Ouattara. Deux observateurs lui auraient expliqué que «c'était très chaud pour leur sécurité et qu'ils ont constaté des fraudes au Nord», affirme-t-il. Ses propos n'ont jamais été démentis par l'Union européenne, qui a retiré très vite son nom de sa liste de «sanctionnés». De son côté, Joseph Kokou Koffigoh, patron de la Mission d'observation de l'Union africaine, révèlera que deux de ses observateurs ont été séquestrés dans le Nord, et «sauvés» par l'ONUCI. Qui ne démentira jamais. Une constante demeure, y compris dans les violences contre les observateurs étrangers : la CEI, contrôlée par le RHDP, ne veut elle-même être contrôlée par personne.

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La veille du second tour, Sils empêchée de se déployer

Le samedi 27 novembre 2010, alors que les opérateurs de Sils Technology viennent s'installer sur les différents sites prévus à l'intérieur du pays, conformément au mode opératoire consensuel, un grand nombre de présidents des Commissions électorales locales, qui suivent visiblement des consignes, les empêchent physiquement de mettre en place leurs équipements. Après un courrier officiel de Sils à Youssouf Bakayoko, tout se remet provisoirement dans l'ordre. Mais pas pour longtemps. Après les opérations de vote, de nombreux présidents des CEI locales refusent de remettre les procès-verbaux aux représentants Sils. Y compris dans certaines communes d'Abidjan. Dans le nord, de nombreux représentants Sils sont purement et simplement chassés. Le Nouveau Courrier est en mesure d'affirmer que nombre d'entre eux ont trouvé refuge au siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), ce qui écarte très clairement l'hypothèse que l'institution n'ait pas été tenue au courant de ces violences-là.

Pourquoi Sils gênait tant

Si l'on en croit Ahoua Don Mello, ex-patron du BNETD, maison-mère de SILS Technology, avec qui Le Nouveau Courrier s'est entretenu, c'est moins la personnalité des dirigeants de SILS que les possibilités du logiciel mis en place qui gênaient fondamentalement les «ingénieurs de la fraude». «Le processus d'affichage était automatisé : un écran chez le Premier ministre, un écran à la CEI et un écran chez SILS Technology. Il n'y avait pas de possibilité de tricher d'une manière ou d'une autre. Tous les procès-verbaux frauduleux étaient systématiquement exclus du système de calcul. Parce que le logiciel avait la capacité de les détecter. Les différents champs affichés sur les procès-verbaux étaient comparés à la base de données des bureaux de vote qui était pré-enregistrée. Le système rejetait donc naturellement les bureaux de vote fantômes. Si le procès-verbal n'avait pas de sticker, signe de son authenticité, il existait un système de reconnaissance automatique qui le détectait. Si le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits sur un procès-verbal, le système rejetait ce procès-verbal. En gros, le logiciel était conçu pour identifier les fraudes les plus courantes en matière de vote.» Laisser les opérateurs de Sils Technology acheminer électroniquement les résultats dès le 28 novembre 2010 aurait permis à l'entreprise de repérer très vite les fraudes les plus grossières, et aux candidats de préparer des recours détaillés et d'écarter les procès-verbaux non recevables durant la période de «consolidation» consensuelle des résultats entre les différents commissaires de la CEI centrale, à Abidjan. La mise à l'écart du comptage électronique, et le temps incroyablement long mis pour acheminer les résultats du Nord et de l'Extrême-Ouest par la route, ont ainsi planté le décor d'un cafouillage monstre. Et d'une course contre la montre, favorable au camp ayant misé sur le fait accompli.

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Les preuves de la fraude existent toujours !

Les adversaires de Sils Technology avaient visiblement raison de se méfier de son logiciel. En dépit des obstructions diverses, la société affirme avoir réussi à identifier plus de 2000 procès-verbaux «litigieux» sur seulement 60% de l'ensemble, dans une lettre adressée à Youssouf Bakayoko, président de la CEI. Mais l'heure est déjà à l'épreuve de force. Le rouleau compresseur des médias cornaqués par la diplomatie hexagonale est mis en œuvre. Personne n'écoute les récriminations argumentées de Sils Technology, qu'Ahoua Don Mello a détaillées pour Le Nouveau Courrier. «On a très vite remarqué des procès-verbaux fictifs, que l'on ne pouvait pas rattacher à un bureau de vote. Par exemple, certains de ces procès-verbaux prétendaient donner les résultats du troisième bureau de vote d'un lieu où il n'en existait que deux. Ils avaient naturellement été fabriqués et introduits dans le système. On a également vu un grand nombre de procès-verbaux sans sticker. Des faux PV donc, qui ont été substitués aux vrais. Il y a eu aussi un très grand nombre de vrais bureaux de vote dont les résultats ne sont jamais arrivés à la CEI à Abidjan. Cela s'est notamment passé dans la région de Divo», affirme Ahoua Don Mello. Qui enfonce le clou : «Les preuves qui ont disparu, ce sont les bulletins de vote. Mais les procès-verbaux n'ont pas disparu. Aujourd'hui, on peut s'asseoir face à face et mettre sur la table les procès-verbaux un à un et vérifier leur authenticité pour procéder à un recomptage. Les procès-verbaux sont en sécurité».

Au final, le RHDP a monopolisé tout le processus validé par la «communauté internationale»

Jamais le débat technique sur les procès-verbaux «à problèmes» n'a finalement eu lieu à la CEI. Dans les faits, Sils Technology a donc été écartée du dispositif final, alors qu'elle possédait les outils nécessaires à la manifestation scientifique de la vérité. De nombreux observateurs internationaux sur le terrain ont été écartés par la violence, comme détaillé plus haut dans cet article. Une bonne partie des commissaires de la CEI ont été écartés de l'étrange proclamation des résultats provisoires mais imposés comme définitifs par la «communauté internationale», dans la mesure où Youssouf Bakayoko a tenu sa conférence de presse en l'absence de la quasi-totalité des commissaires, et en l'absence de tout consensus, ce qui représente une violation du Code électoral. Le Conseil constitutionnel, instance suprême de proclamation des résultats définitifs, a lui aussi été mis à l'écart, puisque son arrêt a été déchiré par la «communauté internationale». Au final, un seul camp, juge et partie, a organisé les élections, violé impunément les dispositions consensuelles qui le gênaient, piétiné la Loi fondamentale, proclamé de manière unilatérale des résultats douteux avec et grâce à la complicité des grandes puissances occidentales. Si tous ces outrages ont eu lieu alors que «le parti de la communauté internationale» était dans l'opposition, qui peut prétendre sérieusement qu'ils ne se reproduiront pas lors des législatives alors qu'il tient tous les leviers du pouvoir ? Cette interrogation constitue le nœud du blocage politique profond qui continue d'hypothéquer la paix et la réconciliation dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 26 novembre 2011

GUERRE DE L'INFORMATION, PROPAGANDE ET MEDIA-MENSONGES: LA SYRIE EST PLUS QUE JAMAIS LE TERRAIN D'UN JOURNALISME A GEOMETRIE VARIABLE

 


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DAMAS, Siège du Parti Baath. 21 novembre 2011 © photo Maha MAHFOUD


Depuis le début des troubles qui ont éclaté en Syrie dans le contexte du « Printemps arabe », l'information, la ré-information et la désinformation s'affrontent sur ce terrain que rendent particulièrement mouvant les intérêts multiples des différentes communautés et confessions qui y cohabitent, mais aussi les rôles ambigus de plusieurs acteurs internationaux et, notamment, ceux de la Turquie et de l'Arabie saoudite, comme celui du Qatar et de sa chaîne de télévision de plus en plus controversée, Al-Jazeera.

Face à cette situation critique, le gouvernement baathiste avait opté pour une politique d'opacité, la fermeture des frontières et l'interdiction des journalistes et autres observateurs.

Vérifier la fiabilité des informations qui parvenaient de Syrie était dès lors souvent très difficile. Mais pas impossible : en juillet, j'avais obtenu un visa et l'autorisation de me déplacer librement à travers tout le pays, de Deraa à Alep et de Latakieh à Der-ez Zor -et je n'étais pas le seul sur place : François Janne d'Othée, Alain Gresh du Monde diplomatique, ou encore Gaëtan Vannay de la Radio suisse romande.

J'avais observé la situation à Homs, où les manifestants « pacifiques » munis d'armes à feu s'en étaient pris à l'armée, et, le vendredi 15 juillet, à Hama, dont les quelques milliers de manifestants que j'avais pu y dénombrer s'étaient miraculeusement démultipliés en 500.000 opposants dans les dépêches de l'AFP, « information » benoîtement reprise par Euronews, France 24 et la plupart des journaux « mainstreams » ; seul Le Monde faisait exception, renchérissant avec l'annonce de 600.000 manifestants (Hama compte à peine plus de 340.000 habitants).

Cette politique d'opacité s'est ainsi rapidement révélée contreproductive pour le gouvernement syrien, dans la mesure où l'opposition a peu à peu diffusé des rapports fallacieux, grossissant l'importance des mouvements de contestation dans des proportions colossales : concernant le nombre des morts et celui des manifestants, la bataille des chiffres a atteint des degrés confinant à l'absurde, comme l'illustre bien l'exemple évoqué, relatif à la mobilisation de l'opposition à Hama.

Absents du terrain et manifestement peu enclins à critiquer leurs sources, les médias occidentaux n'ont en effet pas soupçonné les « informations » qu'ils recevaient par les canaux de l'opposition, rejetant en revanche les communications du gouvernement syrien, considérées comme propagandistes ; entre autres cas d'école, aucun doute n'a jamais été émis à propos des vidéos transmises par l'opposition et supposées témoigner d'une Syrie à feu et à sang, de manifestations de dizaines ou centaines de milliers de participants, alors que, systématiquement, les images diffusées étaient constituées de gros-plans présentant quelques centaines de personnes seulement. Et les rares observateurs qui ont pu entrer en Syrie et faire part de leurs constatations ont généralement été désavoués et discrédités, comme des affabulateurs ou des supporters de la dictature.

Parmi les sources principales des médias, on trouve l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme (OSDH), presque toujours cité en référence par les journalistes et qui domine largement « l'information » sur la Syrie (c'est cette organisation, basée à Londres, qui avait annoncé le nombre de 500.000 manifestants à Hama, le 15 juillet 2011).

Or, il n'est pas très difficile de se renseigner sur l'identité de l'OSDH et des personnes qui se cachent derrière ce label aux apparences honorables, à commencer par son président, Rami Abdel Rahmane, un opposant de longue date au régime baathiste, très connu en Syrie comme étroitement associé aux Frères musulmans, organisation islamiste radicale dont l'influence grandissante sur le mouvement de contestation en Syrie laisse entrevoir de plus en plus clairement l'ambition de ce groupe que d'aucun croyait presqu'éteint, du fait de son interdiction par le régime, mais qui couvait dans la clandestinité.

Le 17 novembre, les Frères musulmans sont sortis du bois : alors que plusieurs observateurs estimaient le mouvement exsangue et sans plus aucun poids, le porte-parole des Frères, Mohammad Riad Shakfait, en exil en Turquie, s'exprimant au nom du « peuple syrien », a annoncé qu'une « intervention était acceptable pour protéger la population civile  ». Il en a précisé les contours : l'intervention serait mieux reçue si elle venait de la Turquie plutôt que des puissances occidentales (la Turquie, gouvernée par un parti islamiste qualifié de « modéré », l'AKP).

En juillet, j'avais également pu constater l'implication grandissante des Frères musulmans dans les mouvements de contestation, à tel point que les minorités communautaires (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites... outre les Alaouites et une partie de la bourgeoisie sunnite) s'en étaient désolidarisées et revendiquaient même leur soutien au régime, par crainte de la montée en puissance des islamistes syriens, dont les intentions sont sans équivoque : l'instauration en Syrie d'une république islamique.

Plus encore, les Frères musulmans, membres du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l'opposition, très hétéroclites et aux objectifs divergents, et se présente comme une alternative au gouvernement de Bashar al-Assad, ont entamé au nom de ce CNS des négociations avec la Turquie, mais aussi avec des gouvernements occidentaux, pour l'établissement en Syrie d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les civils, alors que la ligne du CNS avait été, jusqu'à présent, de refuser toute ingérence étrangère. Il ressort clairement de ces événements que les islamistes ont pris une influence non négligeable sur l'ensemble de l'opposition et de ses structures exécutives.

En d'autres termes, il apparaît sans ambiguïté que, durant ces derniers mois, les médias occidentaux ont été « informés » par les Frères musulmans syriens via l'OSDH et ont, complaisamment ou non, servi leur agenda pour la Syrie.

Conscient de la nécessité de contrer efficacement la propagande de l'opposition, et ce de manière crédible et imparable (c'est-à-dire autrement que par des démentis officiels), le gouvernement syrien a semble-t-il décidé, depuis plus d'une semaine, de laisser à nouveau entrer sur son territoire des observateurs étrangers, et ce dans un contexte de plus en plus tendu : la Ligue arabe a sévèrement critiqué la Syrie, motivée par l'Arabie Saoudite et le Qatar, très impliqué dans le soutien aux mouvements islamistes libyens, tunisiens et syriens ; Israël, silencieuse depuis le début des événements, a accepté de recevoir les représentants du CNS et d'entamer avec eux des négociations ; la Russie, pourtant alliée historique du régime syrien, a fait de même (tout en déployant toutefois sa marine de guerre dans les ports syriens, message très clair à ceux qui envisagent, à Ankara ou ailleurs, une intervention militaire sur le sol syrien) ; enfin, la militarisation de la contestation en Syrie : l'opposition semble avoir décidé de passer à l'offensive et de plus en plus d'attaques ont lieu contre les forces armées gouvernementales syriennes, dont certaines à l'arme lourde, dont aussi des tirs de snipers sur les policiers, des enlèvements et des assassinats, et une « Armée syrienne libre », constituée de « déserteurs », a commencé la lutte contre le gouvernement et demandé au CNS de la recevoir sous son commandement (un doute subsiste cependant quant à la constitution de cette Armée syrienne libre, dont le gros des forces pourrait être en réalité composé d'éléments étrangers ayant revêtu l'uniforme syrien, majoritairement islamistes et armés par le Qatar).

Si certains médias ont commencé de changer leur point de vue sur les événements en Syrie (voir, par exemple, l'article de Christophe Lamfalussy publié par La Libre Belgique ce 19 novembre ou le reportage de la RTBF, encore timide cela dit, diffusé lundi 21, qui confirment à présent les propos des « affabulateurs » de juillet), cette ouverture n'a cependant pas réussi à enrayer la guerre de propagande hostile au régime baathiste, qui n'a pas seulement pour moteur l'organisation des Frères musulmans et les divers courants de l'opposition regroupés dans le CNS.

Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie, comme il l'avait fait en Tunisie, contre Zine Abidine Ben Ali (au Maroc, en revanche, Al-Jazeera avait abandonné à leur sort les manifestants qui dénonçaient la monarchie ; même silence d'Al-Jazeera sur le massacre des protestataires au Bahreïn, qui furent écrasés par les chars, appuyés par des troupes saoudiennes envoyées en renfort).

Ainsi en témoigne ce tout récent exemple d'un média-mensonge « made in Qatar » : ce dimanche 20 novembre, Al-Jazeera (et Al-Arabia : Dubaï - Émirats arabes unis) a diffusé un reportage annonçant l'attaque du siège du parti Baath, à Damas.

Selon Al-Jazeera, deux hommes en moto ont tiré deux roquettes au moins sur le bâtiment, qui s'est embrasé ; et l'attentat a été revendiqué par l'Armée syrienne libre, qui a ciblé ce symbole du pouvoir, dans le centre de Damas, la capitale, jusqu'alors totalement épargnée par ces neuf mois de contestation.

Le régime de Bashar Al-Assad, touché en plein cœur et pour la première fois à Damas, serait-il au bord du gouffre ?

À nouveau, à l'appui de cette « information », concoctée par Al-Jazeera cette fois, la caution de l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme, qui a même apporté des précisions : deux roquettes supplémentaires ont encore été tirées, mais ont manqué leur cible...

Comme d'ordinaire, « l'information » a été reprise en chœur par tous les médias mainstreams.

Ce même dimanche au soir, un de mes contacts à Damas m'a téléphoné : « ma famille habite tout près du siège du parti Baath ; le bâtiment est intact ; c'est un mensonge ».

Lundi 21, j'ai demandé à une amie qui habite également Damas de vérifier pour moi l'information et de prendre une photographie du siège du Baath, en présentant à l'avant-plan l'édition du jour d'un journal occidental connu, de telle sorte qu'il ne puisse y avoir le moindre doute quant à la date à laquelle cette photographie a été prise.

Résultat : le bâtiment du siège du parti Baath à Damas est effectivement intact ; aucune roquette n'a frappé ni incendié l'immeuble.

L'Armée syrienne libre, après avoir revendiqué dimanche l'attentat sur sa page Facebook, a supprimé lundi sa revendication.

Entre désinformation organisée par une opposition islamiste, qui a reçu l'appui des monarchies du Golfe et des médias arabes dominants, et l'incompétence politiquement correcte des médias occidentaux, Damas peut toujours rouvrir ses frontières...


Pierre Piccinin
Historien - Politologue (Bruxelles)


Source: INVESTIG'ACTION

vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


MAISON DES DEPUTES A YAMOUSSOUKRO.jpg

Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.

mercredi, 23 novembre 2011

EXCLUSIF - GBAGBO RACONTE LUI-MEME SON 11 AVRIL


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Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

 

Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

GUY LABERTIT A PROPOS DU BOYCOTT DES LEGISLATIVES: «LES ARGUMENTS DU FPI SONT FONDES»


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Dans une interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et vieil ami du président Laurent Gbagbo, évoque l'actualité politique ivoirienne, mais également les derniers développements enregistrés sur la scène internationale, en Libye, dans le Sahel et en France. L'intégralité de notre entretien.


Sept mois après le 11 avril, quel est votre regard sur la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire, dans un contexte où l'on parle de législatives, de réconciliation... et où certains considèrent que les choses sont un peu bloquées ?

La France de Nicolas Sarkozy a joué un rôle premier dans la situation qui prévaut aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Le président français, les autorités françaises ont dit qu'elles étaient intervenues pour, en quelque sorte, imposer la démocratie aux Ivoiriens, faire respecter la démocratie. On constate au bout de quelques mois qu'il n'y a toujours pas de sécurité dans ce pays. Puisque Monsieur Guéant était récemment en visite à Abidjan pour s'occuper des questions de sécurité. On constate qu'il n'y a pas non plus de démocratie. Au contraire, on sent une sorte de retour au parti unique. Les partis d'opposition, en particulier le FPI, ont eu beaucoup de mal à s'imposer. Le FPI tient aujourd'hui des meetings, mais ses tentatives ont dans un premier temps été réprimées. La meilleure preuve de l'absence de démocratie, c'est qu'il a fallu reporter à plusieurs reprises la fin du dépôt des candidatures pour les législatives annoncées le 11 décembre. Tout simplement parce que le principal parti d'opposition, qui a toujours été engagé en faveur des élections, peut difficilement y aller alors que ses principaux cadres sont toujours détenus. Et finalement on s'aperçoit qu'on est dans un pays où officiellement on a des discours lénifiants sur la réconciliation, mais où les actes des autorités ressortent uniquement de la justice des vainqueurs.

Visiblement, vous comprenez le refus du FPI de participer aux législatives dans les conditions actuelles...

Pour l'heure, le FPI rappelle très clairement qu'il a été un acteur majeur du processus démocratique en Côte d'Ivoire. Puisque son premier dirigeant, Laurent Gbagbo, a été le chantre du multipartisme qui a été arraché le 30 avril 1990. Le FPI garde une stratégie électorale, s'oppose à toute résistance armée, mais pour développer sa stratégie, il faut bien que les conditions réelles du respect des droits démocratiques existent dans ce pays. Avec la détention arbitraire de la plupart des cadres du FPI, je pense que les arguments qui sont présentés pour pouvoir participer aux élections présidentielles sont fondés.

Les conditions, vous voulez dire...

Oui, on peut appeler cela des conditions... Moi je me vois mal, en tant que socialiste français, participer à des élections alors que les principaux dirigeants du Parti socialiste seraient détenus. Cela me paraîtrait totalement surréaliste...

En parlant de détention, le pouvoir Ouattara évoque régulièrement un éventuel transfert de Laurent Gbagbo à La Haye, siège de la Cour pénale internationale, disant que cela faciliterait la réconciliation...

J'ai le sentiment qu'au plus haut de la direction de certains Etats, et je suis sûr que le président Ouattara a entendu ce message, des autorités politiques africaines pensent qu'au contraire la libération du président Gbagbo permettrait une vraie réconciliation qui ouvrirait la voie à un contexte permettant à tous les pays de la région de mieux se développer. Parce que la situation ivoirienne pénalise les économies des pays voisins. Il faudra peut-être du temps, mais j'espère que les autorités ivoiriennes prendront à un moment donné conscience de cette réalité qui devrait s'imposer à elles.

Vous pensez que beaucoup de dirigeants africains sont hostiles à cette volonté du pouvoir Ouattara d'envoyer Gbagbo à la Cour pénale internationale ?

Je constate que le président Gbagbo et son épouse ont été détenus en toute illégalité pendant plusieurs mois, que le chef d'inculpation avancé par la justice ivoirienne, c'est «crimes économiques». Ce qui, entre nous, ressort quand même de la farce, puisque l'actuel Premier ministre Guillaume Soro était secrétaire général des Forces nouvelles, lesquelles avaient une Caisse centrale dont on peut dire qu'elle a recueilli environ 250 milliards de FCFA en moyenne du début de la rébellion en 2002 à 2010 sur la base de détournement de cacao, de café, de coton, de diamants, de bois et de taxes en tous genres indûment perçues dans les zones rebelles alors que les FN étaient pourtant représentées dans le gouvernement . Pour l'instant, c'est la seule inculpation officiellement avancée par la justice ivoirienne. Pourquoi n'y en a-t-il pas d'autre ? Est-ce que les autorités ivoiriennes ont conscience que juger le président Gbagbo en Côte d'Ivoire serait peut-être avoir à affronter une véritable vague de protestation qui mettrait en péril le fragile équilibre du pouvoir Ouattara ? Par rapport à la Cour pénale internationale, j'entends des rumeurs en tous sens. Je dois dire que cela me semble plutôt marquer l'inquiétude, l'angoisse des actuelles autorités d'engager un processus électoral avec la présence sur le sol ivoirien du président Gbagbo. On voit bien que le président Gbagbo est détenu, mais qu'il est encore extrêmement présent dans la vie politique ivoirienne. Je crois qu'en fait, toutes les démarches qui sont annoncées en termes de justice internationale sont la marque du désir d'extraire le président Gbagbo du territoire ivoirien. Car quand il y est, il représente encore un poids politique que peut difficilement contenir le pouvoir actuel.

On veut donc le neutraliser politiquement, ôter à ses partisans tout espoir qu'il revienne au centre du jeu politique ?

Rien n'est jamais définitif en politique. Je pense qu'aujourd'hui, ces autorités politiques qui réclament cette justice internationale sont bien conscientes qu'elles-mêmes devraient répondre devant cette justice internationale. Je suis assez conscient que cette fameuse Cour pénale internationale est profondément politique, et qu'elle a souvent rendu des jugements qui ressortaient plutôt de la justice des vainqueurs. Je pense même qu'un certain nombre de juges au sein de cette Cour sont conscients que les autorités ivoiriennes, de fait, devraient également être traduites devant la justice internationale. Les tergiversations viennent de là.

Avant le 11 avril, on vous a entendu dire que le président Gbagbo ne sortirait pas vivant de l'assaut sur sa résidence. Cela veut dire que vous aviez anticipé le pire, une éventuelle élimination physique. Finalement, il est vivant. Mais avec le recul, comment avez -vous vécu ces journées de feu ?

Evidemment, très douloureusement. Lorsque j'ai tenu les propos que vous venez de rapporter, quelques jours avant le 11 avril, je me suis rendu compte qu'il y avait eu des réactions de panique, y compris au niveau des pouvoirs qui voulaient en finir politiquement avec Gbagbo. J'ai reçu des coups de fil assez surprenants me disant : «Mais vous ne vous rendez pas compte, Laurent Gbagbo mort ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire !». J'ai d'ailleurs dit à ces interlocuteurs que je me réjouissais qu'ils réalisent la portée dramatique de leurs actes. Je dois aussi dire que certains dans la résidence m'ont dit : «On ne peut pas faire moins qu'Allende !  [le président chilien mort dans le palais de la Moneda, encerclé par les forces du pro-américain Augusto Pinochet]». Ils avaient conscience qu'on voulait en finir politiquement avec eux. Et que les bombardements pouvaient tout à fait atteindre une des cibles : Laurent Gbagbo. D'ailleurs, une plainte a été déposée par ses avocats pour tentative de meurtre. Des pièces de la résidence ont été touchées et détruites par des projectiles français, des pièces où le président Gbagbo aurait très bien pu se trouver et être physiquement éliminé.

Ce ne sont pas seulement les cibles militaires autour de la résidence qui ont été atteintes?

Non, pas du tout. Mais la vérité se fera un jour. Il est évident que les bombardements français, initialement prévus pour empêcher l'utilisation des armes lourdes contre des populations civiles, selon une résolution de l'ONU, n'avaient pas cette finalité. La résolution a été largement violée par la France et l'ONUCI puisqu'il s'agissait au final d'éliminer politiquement voire physiquement le président Gbagbo. Ces bombardements ont occasionné ce que les militaires appellent officiellement des «dégâts collatéraux» dramatiques. Il y a eu de nombreux morts civils et militaires ivoiriens du fait des bombardements de la France. Pour l'instant, c'est une réalité qui est tue. Mais il est évident que vous ne pouvez pas faire exploser deux poudrières à Akouédo, bombarder le camp d'Agban où vivent les familles des gendarmes - et je pourrais donner plusieurs autres exemples - sans que des civils ivoiriens soient tués. La France qui disait vouloir éviter les morts de civils ivoiriens a en réalité elle-même tué ces civils et des militaires ivoiriens.

La campagne électorale en vue de la présidentielle française de 2012 commence bientôt. Pensez-vous que les questions internationales y trouveront leur place, notamment la double question des interventions de la France en Côte d'Ivoire et en Libye, même si elles ne sont pas équivalentes dans l'absolu ?

Vous avez raison de distinguer les deux questions. Notamment parce que le président Gbagbo est un acteur historique de l'avènement de la démocratie en Côte d'Ivoire, alors que le colonel Kadhafi a fait un coup d'Etat militaire alors qu'il avait 28 ans pour renverser un roi. Les deux situations n'ont rien à voir au niveau des processus historiques. Mais les deux cas se rapprochent en ce qui concerne la politique de Nicolas Sarkozy, qui a utilisé l'ONU en Côte d'Ivoire et l'OTAN et l'ONU en Libye avec le Britannique David Cameroun comme premier allié européen. Dans les deux cas, on observe la volonté du camp occidental d'en finir avec des régimes existants. Et ce qui m'a déçu dans l'approche des politiques français, c'est de voir une forme d'unanimité aussi bien sur la question ivoirienne que sur la question libyenne.

Je suis socialiste, et je crois que François Hollande lors de son récent discours d'investiture comme candidat socialiste a rappelé qu'il fallait sortir de la Françafrique. M. Ruffin a publié dans les colonnes du Monde pour le compte de Martine Aubry une tribune intitulée "Pour sortir de la Françafrique". J'ai envie de dire «chiche !». Mais tout au long de la Vème République, aussi bien la droite que la gauche n'ont pas fait les réformes structurelles qui s'imposent au sein même de l'Etat français pour en finir avec la Françafrique. Je souhaite vivement que la gauche l'emporte en 2012, et si nous voulons vraiment sortir de la Françafrique, il faudra les faire, ces réformes structurelles. Je me suis rendu compte récemment que c'est au sein même de notre diplomatie du Quai d'Orsay que sont choisis les directeurs stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE,  contre-espionnage). Ce sont les mêmes acteurs qui passent de la DGSE à la direction Afrique du Quai d'Orsay voire à la cellule Afrique de l'Elysée. Je me rends compte que l'action politique de la France en Afrique est définie par les deux seuls centres nerveux que sont l'Elysée et le ministère de la Défense. Il n'en va pas de même pour nos rapports avec l'Amérique latine ou l'Asie...

Il y a un débat au sein de la communauté des Franco-Africains politisés. Certains estiment que la gauche et la droite, c'est blanc bonnet, et bonnet blanc. D'autres estiment qu'il faut voter massivement pour le principal candidat de la gauche pour faire partir Nicolas Sarkozy. Est-il vrai de dire que la Françafrique n'a jamais été remise en cause par aucun parti de gouvernement ?

J'ai été responsable Afrique du PS pendant 13 ans, de 1993 à 2006. Je peux dire que je vois une différence entre la droite et la gauche en Afrique. La gauche, lorsqu'elle était au pouvoir, n'a pas accompli de « coups tordus » en Afrique contrairement à ce que fait la droite. La situation en Côte d'Ivoire, par exemple, s'est dégradée quand Lionel Jospin a été battu aux élections présidentielles en avril 2002 et que la droite a repris l'ensemble des manettes du pouvoir.

Maintenant, le militant socialiste que je suis veut qu'on fasse plus pour sortir de la Françafrique, qu'on fasse des réformes structurelles. Tant qu'elles ne seront pas faites, le mode de gestion de la politique de la France en Afrique ne se différenciera pas de ce qu'on a vu depuis les débuts de la Vème République.

Vous connaissez bien le Sahel. De nombreux chefs d'Etat de cette partie de l'Afrique s'inquiètent  de la circulation d'armes et de combattants après le renversement de Kadhafi. Quelle est la mesure de ces angoisses et comment les juguler ?

Je pense que la politique de l'OTAN conduite par la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne a eu pour conséquence de déstabiliser le Sahel. Je me suis rendu aussi bien au Mali qu'au Niger en septembre et octobre, et j'ai pu constater une grande inquiétude. Notamment en raison de la circulation d'armes dont beaucoup sont dans la nature... ou récupérées par des mouvements rebelles ou intégristes. Les retours précipités dans leur pays de plus de 200 000 Nigériens et d'un grand nombre de Maliens, le manque à gagner lié à la suspension des relations économiques avec la Libye sont une réalité. Il y a aussi un rapprochement entre les mouvements touaregs qui mènent des rébellions récurrentes au Mali et au Niger et des forces intégristes. Je pense que l'Occident a véritablement joué avec le feu. Et on le voit aux incertitudes qui prévalent face à l'avenir de la Libye. Certains responsables sahéliens m'ont dit qu'ils craignent vraiment une «somalisation» de la Libye. Ce n'est pas pour eux une marque de soutien à Kadhafi que d'exprimer leur angoisse face à l'absence d'Etat en Libye.

Pour des pays comme le Mali et le Niger, devoir organiser des patrouilles, dépenser beaucoup d'argent pour la sécurité, tout cela remet en cause leur volonté de prendre des mesures sociales au bénéfice de leur population, en particulier en matière d'éducation et de santé.

Les Etats-Unis se sont empressés de proposer leur aide au Mali, qui a pour l'instant décliné l'offre...

Je m'étonne qu'il y ait une telle présence militaire américaine depuis tant d'années au Mali et qu'il y ait tant de difficultés pour repérer quelques centaines d'hommes. Malgré les moyens technologiques extrêmement sophistiqués mis à disposition...

Il y a quelques années, on parlait beaucoup d'africanisation des capacités de maintien de la paix sur le continent. Quand le PS était aux affaires, le concept Recamp a même été évoqué. Tout cela semble bien loin aujourd'hui, avec l'interventionnisme occidental reconsidéré comme légitime...

Le concept a plus été qu'évoqué...  C'était une autre période par certains aspects. Aujourd'hui, je pense qu'une partie des difficultés du président Gbagbo a été liée à sa volonté d'en finir avec la base militaire française lorsqu'il a constaté que les accords franco-ivoiriens en matière de défense sécurité n'avaient pas été appliqués en 2001 et 2002 lors de tentatives de coups d'Etat destinés à le renverser. Des textes signés en 2008 mettaient fin au 1er juillet de cette année-là à la présence d'une base permanente en Côte d'Ivoire avec le retrait de la force Licorne, puisque la base de Port-Bouët était devenue une base d'appui à la force Licorne qui perdrait toute sa raison d'être avec le départ de celle-ci. Depuis l'arrivée de M. Ouattara, on constate que celui-ci revient en arrière et souhaite le rétablissement de la situation qui prévalait avant juillet 2008. Et là, dans ce domaine, la France a réalisé ce qu'elle voulait. C'est-à-dire maintenir ses bases militaires en Afrique tout en tenant un discours disant «nos accords sont obsolètes et nous allons les revoir avec nos partenaires». Et on s'aperçoit que le nouveau partenaire ivoirien est particulièrement favorable pour remettre à l'ordre du jour le maintien d'une base permanente de la France. Il va même jusqu'à demander que la Côte d'Ivoire soit une base internationale de la lutte contre le terrorisme. Peut-être alors que M. Ouattara n'a plus aucune confiance dans les Ivoiriens, et qu'il souhaite asseoir son pouvoir sur la présence de troupes étrangères en Côte d'Ivoire ?

Vous dites que le retour en force des armées occidentales en Afrique est un moment. Cela veut-il dire que selon vous, cette politique est historiquement condamnée ?

Oui, historiquement, elle le sera. Mais on va assister à des va-et-vient permanents entre des responsables politiques qui veulent faire avancer les choses, aller vers plus de souveraineté, et les forces conservatrices qui voudront maintenir l'ordre ancien. Mais je crois qu'effectivement, même si elle n'était pas très hardie, la politique sous-tendue par Recamp, en matière de sécurité et, qu'il aurait fallu européaniser, pouvait ouvrir une transition qui devait aboutir au retrait total des forces non africaines du continent africain, sous réserve que l'ensemble des acteurs politiques et militaires étaient de bonne foi. Malheureusement, il y a aujourd'hui une forme d'aveuglement, l'expression d'un vertige occidental qui a gagné la gauche à soutenir sans réserve les politiques conduites par la droite en Côte d'Ivoire et en Libye.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

vendredi, 11 novembre 2011

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT SARKOZY ET LA FRANCE

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« La faillite n'est plus un mot abstrait », voici l'euphémisme - du reste, très élégant - derrière lequel s'est embusqué le Premier ministre français, François Fillon, pour annoncer, dans une mine inabordable des mauvais jours, au peuple français sa banqueroute budgétaire. Prenant sur lui, en préposé des mauvaises nouvelles, de décliner devant la nation, comme un ange venu du Hadès, un plan, non plus de rigueur (mot pourtant longtemps esquivé par le gouvernement et éludé par moult contorsions verbales de ses membres) mais pire, d'austérité. Avec une accélération de la réforme des retraites, une hausse de la TVA (7%) et de l'impôt sur les sociétés (5%). Mettant la France sur le même palier, en réalité, qu'une Grèce en faillite sous perfusion européenne et une Italie sous surveillance économique et budgétaire du FMI. Des plans d'ajustements structurels (PAS, terminologie longtemps demeurée l'apanage des pays pauvres et notamment des pays africains) qui ne disent pas leur nom.

François Fillon répondait ainsi, du même coup - l'occasion était une aubaine immanquable -, à ses pourfendeurs qui le trouvaient un tantinet alarmiste quand il disait en début de quinquennat, en septembre 2007, qu'il était « à la tête d'un Etat en faillite » et à un Nicolas Sarkozy qui, en novembre 2007, assurait les français de l'inverse : « La France n'est pas en faillite ».

Déjà le samedi 5 octobre, à Morzine en Haute Savoie, dans les Alpes françaises, à deux jours de la présentation du deuxième plan de rigueur en moins de trois mois - le socialiste François Hollande dénonce justement une « politique de bricolages » -, il déclarait que « Le budget 2012 sera l'un des budgets les plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945 ». Il est urgent, a-t-il dit, cette fois le lundi 7 novembre dernier, lors de sa conférence de presse à l'Hôtel Matignon, de « sortir de la spirale dangereuse » de « la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité », même au prix « d'efforts collectifs et prolongés et de « sacrifices ». Il faut rappeler que la France gît sous une épaisse couche de dettes et de déficits, depuis de très longues années. Elle espère ainsi « économiser 100 milliards d'Euros pour parvenir à zéro déficit, en 2016 ».

Comme dit une chaîne de télévision belge sur son site Internet, « l'objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012. Il en va du précieux ''triple A'' de la France, attribué par les agences de notation et sésame pour emprunter à bas coût sur le marché de la dette. Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'Euros dès 2012. Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'Euros de dette supplémentaire, d'ici à 2016. (...) Fait rarissime, le budget de l'an prochain est ainsi profondément remanié avant même d'avoir été adopté par le Parlement ».

Les coupes budgétaires annoncées doivent permettre de faire entrer dans les caisses de l'Etat 5,4 milliards d'Euros pour un besoin brut de 7 milliards d'Euros supplémentaires, qui viendront en appui des 11 milliards d'Euros d'économie forcée déjà annoncés, en septembre dernier. Nettement insuffisant pour sortir la France de l'impasse. Où trouver la différence de 1,6 milliards d'Euros. Tel est le nouveau casse-tête « chinois » français.

Et pourtant, si la France vivait moins orgueilleuse et moins belliqueuse, l'économie hexagonale et tout le peuple français s'en porteraient infiniment mieux. Se livrer à un « fascisme extérieur » comme le lui a asséné le sociologue Jean Ziegler, présentant sur TV5 Monde son dernier ouvrage intitulé « Destruction massive », fomenter contre des nations tranquilles  des « guerres humanitaires et démocratiques » pour lesquelles plus personne n'est dupe et espérer équilibrer un « budget en déficit depuis une trentaine d'années », dixit Nicolas Sarkozy lors de sa 3ème conférence de mandat, nous semble être une fuite en avant, doublée d'une prise de raccourci déconcertante du gouvernement français, quand des solutions objectives existent bien en face de lui : vivre selon ses moyens. Qu'entendons-nous par cette expression ?

La France veut continuer à être la « Grande France ». De bonne guerre ! Mais à ses risques et périls. Car comment espérer réduire les déficits, sortir de la spirale de l'endettement aveugle voire irresponsable et s'extirper des anneaux contristants des marchés financiers, tout en continuant cette politique arrogante et impérialiste dans le monde, appuyée sur une économie défaillante et très peu compétitive ? Impossible de faire des omelettes sans casser les œufs. Il faut que la France vive selon ses moyens et non plus de l'argent qu'elle n'a pas ou que ne produit guère plus son économie ni sa force de travail nationale. Le monde a évolué, les rapports de forces géopolitiques et géostratégiques ont mué avec l'émergence de la Chine et des BRICS en général, la real politik internationale n'est plus celle des « 30 glorieuses ». La France n'a plus les moyens de son prestige. Elle doit simplement revoir ses prétentions à la baisse et ne plus vivre aussi outrageusement au-dessus de ses moyens. N'y a-t-il plus de bon sens en France ou plus personne qui en soit habité ?

Figurez-vous qu'en ces temps de vaches maigres internationales, la France se paye encore le luxe d'entretenir pas moins de 11 bases militaires permanentes et d'« opérations extérieures (Opex) », en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal, Tchad, Gabon, Somalie, Djibouti, Comores, Ile de la Réunion, Togo, Cameroun, République Centrafricaine) et dans le monde, dont les plus importantes se situent en Afghanistan, au Liban, dans le Darfour, en Côte d'Ivoire et dans les Balkans. Sans omettre la toute nouvelle base d'Abu Dhabi (mai 2009), dans les Emirats arabes unis, aux larges du Golfe persique. Avec tout ce que cela sous-entend de logistiques lourde et légère, de charges quotidiennes de fonctionnement et de maintenance, de salaires et de primes, d'investissements divers. La seule force Licorne en Côte d'Ivoire, coûtait et continue de coûter à la France pas moins de 10 milliards de Francs CFA par mois, soient environ 15,3 millions d'Euros par mois.

Les forces françaises hors de la métropole sont les détachements de l'armée française localisés hors du territoire européen de la France. Ainsi, environ 10.000 militaires français sont répartis, en 2010, dans une dizaine d'opérations extérieures (Opex). En ajoutant aux Opex les forces dites de « présence » et de « souveraineté » stationnés dans la France d'outre-mer (Mayotte, Antilles, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Afrique y compris ? Ce serait une insulte !), on obtient un total d'environ 30 000 soldats stationnés hors de la métropole française. Réduire cette armada ne serait-ce que de moitié, et la France est sauvée. Mais de cette solution, point question !

Nicolas Sarkozy sera certainement le président français sous lequel toute cette richesse et cette vie artificielles entretenues depuis des décennies finiront par s'écrouler comme un château de cartes. Tant les coups de boutoirs de sa politique extérieure (la guerre en Côte d'Ivoire, couplée de la guerre en Libye et d'un plan de sauvetage de la Grèce audacieux si ce n'est suicidaire, qui ont aggravé comme jamais le déjà abyssal déficit budgétaire français), ses derniers mois, auront été décisifs pour le futur et très proche effondrement général d'une économie déjà en équilibre précaire.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont passé le plus clair de leur temps à s'encenser l'un après l'autre et à célébrer leur « leadership exceptionnel », lors de leur conférence de presse de clôture du G20 de Cannes. Deux personnalités qui en avaient vraiment besoin, sur le moment, pour maquiller en victoire médiatique leurs déconvenues budgétaires et donner le sentiment global d'être bien « à la barre », quand leur pays vont à vau-l'eau et qu'ils ne doivent leur salut qu'à la « magnanimité » d'une Chine triomphante qui a bien voulu leur acheter leurs bons de trésor et racheter une partie significative de la dette européenne.

Vu sous ce prisme, la présidentielle française de mai 2012 promet des débats croustillants sur les questions financières et économiques. Des esquives en tout genre, des déclarations à l'emporte-pièce, des promesses mirobolantes qui ne seront jamais tenues comme à l'accoutumée, des coups bas à la DSK (en dessous de la ceinture) et des mensonges éhontés de tout registre sont au menu. Nous serons bien servis, en tout cas. La France en sortira-t-elle perdante, plus que jamais affaiblie ou plus forte ? Nous le saurons, bientôt ! D'ici là, il faut sauver le soldat Sarkozy et la France par des recettes intelligentes et peu coûteuses. Nous, nous proposons le bon sens universel et la trivialité d'une recette connue même en économie domestique : vivre selon ses moyens - donc non plus au-dessus de ses moyens - et revoir à la baisse un ego international surdimensionné.

Nous y invitons pareillement la « nouvelle Côte d'Ivoire » et la « République des vainqueurs » de la lagune Ebrié. Qui a les yeux désespérément rivés sur la France messianique d'un Nicolas Sarkozy fauché - qui a récemment offert à notre police 34 véhicules d'occasion encore aux couleurs et aux immatriculations françaises - sauveur pressenti d'un Alassane Ouattara sans le sou.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 363 du jeudi 10 novembre 2011.

lundi, 07 novembre 2011

LA MONDIALISATION DE LA PROTESTATION

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Le mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde : un sentiment que le « système » a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes ; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les indignados espagnols ; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire ;  il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street, à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple : « Nous représentons les 99% ».

Ce slogan fait écho au titre d’un article que j’ai récemment  publié : « Of the 1%, for the 1%, and by the 1% » (Des 1%, pour les 1%, et par les 1%), décrivant l’augmentation considérable des inégalités aux États-Unis : 1% de la population détient plus de 40% de la richesse et perçoit plus de 20% des revenus. Et les personnes appartenant à cette strate raréfiée sont souvent grassement récompensées, non pas pour leur contribution à la société – bonus et plans de sauvetage anéantissent clairement cette justification des inégalités – mais parce qu’ils sont, disons les choses clairement, des rentiers prospères (et parfois corrompus).

Il est indéniable qu’une partie de ces 1% a grandement apporté sa contribution. En effet, les bienfaits sociaux apportés par de nombreuses véritables innovations (par opposition aux nouveaux « produits » financiers qui ont fini par dévaster l’économie mondiale) ont pour la plupart grandement excédé ce qu’ont perçu leurs inventeurs.

Partout dans le monde, l’influence des politiques et les pratiques anti-concurrentielles (souvent soutenues par les politiques) ont joué un rôle central dans le creusement des inégalités économiques. Et les systèmes fiscaux dans le cadre desquels des milliardaires comme Warren Buffett payent moins d’impôt (en pourcentage de leur revenus) que leur secrétaire, ou dans lesquels les spéculateurs ayant participé à l’effondrement de l’économie mondiale sont taxés à des taux inférieurs aux taux imposés à ceux qui travaillent pour eux, n’ont fait que renforcé cette tendance.

Les recherches de ces dernières années ont montré à quel point la notion d’équité était importante et ancrée. Les manifestants espagnols et ceux des autres pays ont raison d’être indignés : voici un système dans lequel les banquiers sont renfloués, tandis que ceux qui en ont été la proie sont livrés à eux-mêmes. Pire, les banquiers sont désormais de retour à leurs postes, gagnent des bonus dont le montant dépasse ce que la plupart des travailleurs espèrent gagner dans toute une vie, tandis que les jeunes qui ont travaillé dur pendant leurs études et respecté les règles du jeu n’ont aucune perspectives d’emploi épanouissantes.

La montée des inégalités est le produit d’un cercle vicieux : les riches rentiers ont recours à leur fortune pour façonner la législation dans l’objectif de protéger et d’accroître leur richesse – et finalement leur influence. La Cour suprême des États-Unis, dans sa célèbre décision Citizens United, autorise librement les grandes entreprises à utiliser leur argent pour influencer l’orientation de la politique. En revanche, alors que les plus riches sont autorisés à recourir à l’argent pour assoir leurs opinions, dans la rue la police m’a interdit de m’adresser aux manifestants de l’OWS à travers un mégaphone.

Le contraste entre une démocratie sur-réglementée et des banques non-réglementées n’est pas passé inaperçu. Mais les manifestants sont ingénieux : ils ont repris ce que j’avais dit à la foule et l’ont répété pour que tout le monde puisse l’entendre haut et fort. Et pour empêcher que le « dialogue » ne soit interrompu par les applaudissements, ils ont eu recours à des signes de main énergiques pour exprimer leur approbation.

Ils ont raison d’affirmer que notre « système » a un problème. Partout dans le monde, nous avons sous-exploité un certain nombre de ressources – des personnes désireuses de travailler, des machines inutilisées, des bâtiments vides – et sommes faces à des besoins non-satisfaits : lutte contre la pauvreté, promotion du développement, et modernisation de l’économie pour lutter contre le réchauffement climatique, pour n’en nommer que quelques-uns. En Amérique, après la saisie de plus de sept millions de maisons au cours des dernières années, les maisons vides contrastent avec les sans-abris.

Les manifestants ont été critiqués pour leur absence de propositions. Mais là n’est pas la question des mouvements protestataires. Ils sont l’expression d’une frustration à l’égard du processus électoral. Ils constituent une alarme.

Les manifestations anti-mondialisation qui ont eu lieu à Seattle en 1999, lors de ce qui était supposé être l’inauguration d’une nouvelle série de négociations commerciales, ont attiré l’attention sur les échecs de la mondialisation et des institutions et accords internationaux qui la gouvernent. Lorsque la presse s’est intéressée aux revendications des manifestants, elle a décelée chez eux une vérité certaine. Les négociations commerciales qui ont suivi ont été différentes – du moins en principe, elles étaient censées constituer un cercle en faveur du développement, remédier à certaines des lacunes mises en évidence par les manifestants – et le Fonds monétaire international a par la suite entrepris des réformes importantes.

De la même manière, aux États-Unis, les manifestants pour les droits civiques dans les années 1960 ont attiré l’attention sur le racisme institutionnalisé omniprésent dans la société américaine. Cet héritage n’a toujours pas disparu, mais l’élection du président Barack Obama montre à quel point ces manifestations ont bouleversé l’Amérique.

À un premier niveau, les manifestants d’aujourd’hui réclament peu : la possibilité d’utiliser leurs compétences, le droit à un emploi décent et à un salaire décent, une économie et une société plus justes. Leur espoir est évolutionnaire, et non révolutionnaire. Cependant, à un autre niveau, ils demandent beaucoup : une démocratie dans laquelle le peuple compte, et non les dollars, et une économie de marché à la hauteur des espérances qu’elle suscite.

Les deux sont liés : comme nous l’avons observé, des marchés sans entrave conduisent à des crises économiques et politiques. Les marchés ne peuvent fonctionner correctement qu'à condition qu’ils opèrent dans le cadre de régulations gouvernementales adaptées ; et ce cadre ne peut être érigé que dans une démocratie qui reflète l’intérêt général – et non l’intérêt des 1%. Le meilleur gouvernement que l’argent puisse acheter ne suffit plus.


Joseph E. Stiglitz est professeur à l’Université de Columbia, lauréat du prix Nobel d’économie, et auteur de Freefall: Free Markets and the Sinking of the Global Economy (Chute libre : la liberté des marchés et l’effondrement de l’économie globale, ndt)

 

Copyright: Project Syndicate, 2011.

www.project-syndicate.org

Traduit de l’anglais par Martin Morel


Pour un podcast de ce commentaire en anglais, veuillez utiliser ce lien :

http://traffic.libsyn.com/projectsyndicate/stiglitz144.mp3

 

Source: PROJECT SYNDICATE

mercredi, 02 novembre 2011

UN G20 SUSPENDU A L'ALEA GREC

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A vingt-quatre heures de l'ouverture du sommet, le référendum grec rebat toutes les cartes. Plus que jamais, l'Europe est en position de faiblesse face à ses partenaires.

 

Il était déjà acquis que les négociations du G20, qui s'ouvre ce jeudi à Cannes, n'auraient rien d'une partie de plaisir au soleil. Or, non seulement le ciel est gris au-dessus de la Croisette, mais en plus, l'annonce d'un référendum grec sur le plan d'aide européen bouscule sérieusement l'agenda des leaders mondiaux.

A défaut d'en avoir fini avec la crise des dettes, les dirigeants européens pensaient au moins présenter à leurs puissants partenaires - Etats-Unis et Chine en tête - les solutions trouvées mercredi dernier lors du sommet européen: décote de la dette bancaire grecque, renforcement du FESF... Or, la décision du Premier ministre grec Papandréou rend déjà incertaine leur application. C'est donc en position de faiblesse, au pied du mur même, que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel arrivent à Cannes.

Papandréou en vedette américaine

Première conséquence pour le sommet: Georges Papandréou, dont le pays n'est pas membre du G20, est tout de même présent à Cannes ce mercredi pour rencontrer les deux dirigeants, ainsi que des représentants de Bruxelles et du FMI. Enjeu: s'assurer que le référendum à venir n'aura pas de conséquences sur l'application du plan d'aide européen - cela dépendra notamment du contenu exact de la question posée aux Grecs.

Des résultats de cette discussion dépendront plusieurs autres points à l'ordre du jour du G20. A commencer par la participation de pays non-européens - Chine, Brésil, Russie en particulier - au fonds de stabilité financière (FESF). La fragilité révélée du plan de sauvetage pourrait retarder ce coup de pouce, compliquant encore la situation du Vieux continent. Les Européens seront certainement mis sous pression par leurs partenaires, qui accusent les déboires de l'eurozone de retarder la reprise mondiale.

Un monde à refaire

De même, les atermoiements européens ne créent certainement pas un contexte favorable pour l'adoption d'une taxe sur les transactions financières, soutenue par la France et l'Allemagne, mais très loin de faire consensus. La participation d'Attac au contre-sommet de Nice ne devrait pas suffire à vendre l'idée aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne - dont le Premier ministre David Cameron a juré récemment de protéger la finance britannique contre les vélléités régulatrices de Bruxelles.

Malgré ce nouveau rebondissement dans la crise de l'euro, les dirigeants mondiaux devront trouver le temps d'aborder les autres sujets au programme du G20. Notamment une meilleure coordination de leurs politiques économiques. Là aussi, il y aura du sport. Par exemple côté américain, où on redoute que l'austérité générale en Europe ne nuise à l'activité. Tandis que de ce côté de l'Atlantique, on trouve bien malvenues ces leçons d'économie de la part d'un pays qui a vu sa note dégradée cet été.

Européens et Américains devraient tout de même se retrouver pour demander aux pays émergents de développer leurs gigantesques marchés intérieurs, afin de soutenir la demande mondiale.

L'Europe en homme malade du système

Autre gros morceau au menu: la réforme du système monétaire international sera un autre enjeu du sommet. Et là, c'est la Chine qui est dans le viseur, pour la gestion de son Yuan national. Pékin exerce en effet un strict contrôle sur le taux de sa monnaie, largement sous-évaluée. De là un avantage à l'exportation jugé injuste par ses partenaires. La Chine devrait donc être priée, sinon de laisser flotter, du moins de réévaluer sa monnaie.

Et il se pourrait que Pékin fasse enfin preuve d'ouverture sur le sujet: en effet, les représentants de secteurs patronaux chinois, réunis avec leurs homologues internationaux au sein du «B20» (pour «business») ont accepté de cosigner une déclaration insistant notamment sur ce point. Signe que l'Empire du milieu est prêt à évoluer sur la question?

Il devrait aussi être question de la régulation du système financier mondial, des paradis fiscaux, de la réforme des institutions financières internationales (comme le FMI), de la flambée des matières premières, de l'emploi, de la lutte contre la corruption et du développement. Ce G20 devait être celui des «solutions fortes» pour dépasser la crise. Que peut-il encore en sortir, avec une Europe au bord de la noyade?


Par Dominique Albertini, envoyé spécial à Cannes.

 

Source : LIBERATION.FR

17:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, europe, amérique, g20 à cannes, un g20 suspendu à un aléa grec | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA SYMETRIE DU CHAOS, VERS UN NOUVEAU PARADIGME INTERNATIONAL?


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Article un peu décalé par rapport à sa date de publication, au regard de l'évolution dramatique qu'a connu la crise libyenne mais d'un contenu remarquable qui nous interpelle sur le nouveau paradigme qui est en train de se mettre en place sur la "petite planète bleue". Tout simplement angoissant. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Après six mois de résistance, le régime du colonel Gaddafi a fini par être surpris dans sa capitale par un coup de main assez élaboré. Il aura néanmoins réussi à briser l'élan des nouvelles guerres high-tech, rapides et multimédia s'abattant sur un nombre précis de pays arabes depuis l'avènement de l'année 2011.

Ce remake réussi de la Baie des cochons sur les rivages de Libye marque non seulement un tournant dans les relations internationales mais pèsera négativement à l'avenir sur les relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Vingt ans après l'effondrement de l'empire soviétique et la suppression de la menace dite rouge, l'année 2011 fut choisie comme celle de l'assaut général contre les derniers régimes rétifs à l'hégémonie du nouvel ordre mondial et son idéologie. Première cible avant les pays satellites de la Chine et les pays d'Amérique latine contestataire de l'ordre mondial : les pays arabes hors de l'influence. En sacrifiant deux leaders alliés dont l'un du pays arabe le plus peuplé et le plus influent, les USA escomptaient obtenir un effet domino dans l'ensemble de la région et plus particulièrement un changement de régime dans des pays comme la Libye et la Syrie. Cependant, la très coûteuse occupation de l'Irak de Saddam Hussein et le désastre afghan obligèrent les stratèges américains à opter pour un nouveau type de guerre plus économique en utilisant les moyens de l'information, les réseaux sociaux, les Psyops, la propagande, les cellules terroristes dormantes et Al-Qaida, outil créé, financé et armé par la CIA, le MI-6 et bien d'autres services de renseignement pour l'achèvement de certains objectifs géostratégiques globaux. C'est en effet une nouvelle forme de guerre High Tech, rapide et reposant sur le concours des populations locales préalablement formatées par une propagande massive, multi-vectorielle, élaborée et adaptée à l'humus culturel, religieux et/ou idéologique. Si le putsch militaire en Tunisie fut relativement facile, ordonné et sans grande effusion de sang, celui de l'Égypte contraria deux acteurs clé de la politique étrangère US : le royaume d'Arabie Saoudite et Israël. Ce dernier avait toutes les raisons du monde d'appréhender un changement de régime en Égypte susceptible d'amener à sa tête des factions hostiles à l'État hébreux.

Malgré la soumission totale de l'armée égyptienne à son mentor US, véritable maître du pays du Nil, les choses semblent se détériorer dans la péninsule du Sinaï. Au détriment d'Israël. Effet collatéral inattendu d'une guerre dite globale. C'est le concept de la guerre tous azimuts ou guerre totale multidimensionnelle appliquée à des cas concrets. A distinguer du concept clausewitzien de la guerre. C'est une nouvelle forme de guerre dans laquelle les aspects informationnels, propagandistes, psychologiques, diplomatiques et économiques sont mobilisés comme des armes de combat de première ligne contre des États ou des groupes d'États. D'ailleurs, ce n'est point un hasard si les moyens diplomatiques incluant le recours au CS de l'ONU, et les médias sont considérés comme des étapes cruciales de tout plan militaire US. Ainsi après l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Liban, la Palestine, la Syrie, le Yémen, la Somalie et le Soudan, il n'était pas étonnant de voir la machine bien huilée se tourner vers le Maghreb. Premier maillon faible de cet espace géopolitique en mal d'intégration : la Libye du colonel Mouammar Gaddafi. Bête noire et vieil ennemi de bons nombre de pays occidentaux et arabes du golfe arabo-persique. L'aventure militaire précipitée de l'OTAN sur les côtes libyennes a non seulement bousculé l'équilibre géostratégique de cet espace géopolitique mais risque fort de bouleverser l'ensemble des relations Nord-Sud en méditerranée occidentale. Cette aventure militaire a mis fin à cinquante ans de paix, puisque la dernière intervention armée occidentale en Afrique du Nord remonte à la bataille de Bizerte (Tunisie septentrionale) et à la guerre d'Algérie. Plus préoccupante est l'ingérence presque immorale de certaines entités étatiques du Golfe persique au Maghreb : la chasse frénétique aux subsahariens par les rebelles en Libye relève plus d'une vindicte dictée contre l'orientation africaine de la Jamahiriya et son mépris des Arabes du Golfe persique. Cette tendance africanophobe traduit la future orientation de la Libye de demain telle que voulue par les mentors et financiers de l'agression militaire contre ce pays : La Libye post-Gaddafi sera Arabe du premier camp. Celui de la Jordanie, du Qatar, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Bahreïn. En d'autres termes, un pays détaché de son environnement africain.

Malgré la chute de Tripoli suite à l'opération «Siren», opération coup de poing qui fera date dans les manuels militaires des armées, les Libyens n'auront pas démérité et ont globalement fait face à l'agression de leur pays avec plus d'efficacité que ne l'ont fait les Irakiens pourtant infiniment mieux armés. La Libye a tenu à six mois de bombardements et autres pilonnages intensifs des forces de l'OTAN, lesquelles ont déversé sur ce pays près de 200 bombes par jour. Dans cette guerre, les rebelles libyens, en particulier ceux de la ville de Misurata ont bénéficié du soutien de firmes de sécurité et de renseignement privées ainsi que de mini-drones (des drones quadricoptères de type Scout). Ailleurs dans le pays, des drones américains Predator II armés croisaient dans le ciel libyen chassant en meute des cibles désignées.

Sous-estimée, la Libye du colonel Gaddafi et son système atypique de pouvoir non hiérarchisé et horizontalement distribué a donné du fil à retordre à l'OTAN. A la surprise générale de ses voisins, la Libye, plus petit pays du Maghreb, a failli écraser rapidement et efficacement la rébellion armée qui s'est déclarée en Cyrénaïque le 16 février 2011, n'était-ce l'intervention militaire occidentale. Néanmoins, la Libye a réussi à absorber le choc initial de l'agression de la coalition internationale menée par les USA, la France, la Grande Bretagne, le Qatar et les Émirats Arabes Unis avant de tenir tête à l'OTAN, la plus grande alliance militaire du monde.

Cette capacité de résistance d'un pays aux capacités technologiques quasi-inexistantes, doté d'une toute petite armée de quatre ou cinq brigades, ne peut s'expliquer que par le régime très particulier et hors normes imposé par le colonel Kadhafi. Un système opaque où le pouvoir est dissous parmi des centaines de tribus et où la notion d'État selon l'acception occidentale demeure un concept étrange. L'organisation de l'État des masses, un concept paradoxal pour un pays de cinq ou six millions d'habitants, a rendu caduc tous les plans précédemment utilisés en Irak et a imposé à l'OTAN un nouveau paradigme à peine connu. Indubitablement, c'est en Libye qu'a été mis en échec le cycle des révoltes arabes par le désordre et l'ingénierie du chaos au moyen des réseaux sociaux et des services de messagerie. Car, contrairement à la Tunisie et l'Égypte, pays pro-occidentaux ayant connu des putschs militaires déguisés en révolutions colorées, la Libye comme le Yémen et la Syrie ont fait autrefois partie d'un front du refus et de la résistance qui aura vécu. Il est paradoxal de constater qu'une ville éloignée comme Brega ait tenu tout au long de la guerre et ait survécu à Tripoli qui a succombé à un coup de main éclair et complexe.

L'histoire est riche de ces retournements spectaculaires d'alliances et d'allégeance. Toutefois, qui aurait osé concevoir il y a à peine une trentaine d'années que l'OLP (Organisation de Libération de Palestine) se retournerait contre Damas ? Il est vrai que la vieille organisation désuète et corrompue de la résistance palestinienne n'a jamais pardonné le positionnement du régime syrien laïc aux côtés d'une organisation islamiste rivale, ayant réussi à prendre le pouvoir dans l'enclave assiégée de Gaza. Comme dans l'épisode libanais, la main des Saoudiens n'est jamais très loin et il n'est pas étonnant dès lors de constater la stratification en cours et la superposition de la rivalité créée de toutes pièces entre l'Arabie Saoudite et ses alliés, garant d'une version rigoriste de l'Islam sunnite contre l'Iran chiite, ultime avatar de l'impérialisme perse. Un schéma correspondant parfaitement aux plans d'hégémonie US au Moyen-Orient, basés sur les divisions ethniques et confessionnelles et même au-delà.

L'une des techniques de tromperie en usage dans ces nouvelles campagnes militaires d'un nouveau genre contre des États est l'imposition d'un mensonge comme vérité dans la plus pure tradition stalinienne. Ainsi des médias nous présentent sans vergogne aucune des informations faisant état de l'usage du gouvernement syrien d'embarcations armées contre ses propres populations civiles tout en avançant des bilans dignes d'un accident de circulation. Est-il possible qu'une ville de la taille de Lattaquié soit pilonnée par l'artillerie navale et n'enregistre que trois ou quatre victimes ? Le cas libyen est encore plus pathétique : l'OTAN qui ne maîtrise qu'une forme de propagande unique et disons le sans ambages, sclérosée, qualifie ses raids meurtriers contre les populations civiles libyennes comme une opération de protection de ces mêmes populations ! Les sites officiels britanniques se sont illustrés par une propagande mensongère sans vergogne pire que celle de Staline. Cercle vicieux d'un mensonge orwellien. Cet auteur avait bien pressenti que le totalitarisme anglais pourrait être bien plus pire que celui du nazisme et du stalinisme de son époque.

Les États-Unis d'Amérique sont les principaux architectes de cet assaut. Mais dans le cas de la Libye, ils ont adopté une nouvelle ligne de conduite, faisant semblant de confier les opérations, dès l'élimination de l'ensemble des défenses aériennes libyennes à leurs alliés de l'OTAN. Ils en regrettèrent presque cette option. La Grande Bretagne et la France eurent une piètre performance face à une armée libyenne bien faible et pas du tout équipée. C'est grâce à la logistique US et à l'argent du Qatar et des Émirats Arabes Unis que cette guerre put aboutir à l'entrée des rebelles à Tripoli atour d'un noyau dur formé par les commandos spéciaux de la CIA, du SAS, du 2ème régiment de parachutistes, de la Légion jordanienne, des mercenaires de l'X (ex-Blackwater) et des forces spéciales italiennes et qatari.

Des observateurs peu avertis de la nature du pouvoir en Europe s'étaient interrogés sur les motivations de certains pays comme l'Italie de s'aliéner gratuitement et durablement l'ensemble des pays de la rive Sud de la méditerranée, en d'autres termes ses voisins immédiats, en s'impliquant dans une guerre d'agression contre la Libye ou en joignant sa voix aux cris d'orfraie des pays européens contre la Syrie. Alors que ce pays jouissait jusqu'ici d'une assez bonne image au sein des pays du Sud. Le fait est que le pouvoir réel en Italie et ailleurs en Europe n'est plus aux mains des habitants de ces pays mais appartient de facto à des oligarchies invisibles agissant assez similairement à des gouvernements d'occupation.

La stratégie du double endiguement utilisée contre l'Iran et l'Irak, la destruction de ce dernier et son occupation, la guerre civile libanaise, la scission du Soudan, l'élimination physique des figures historiques de la résistance palestinienne, la mise au pas du Liban, l'encerclement et l'assaut de la Syrie, la déstabilisation du Yémen, l'affaiblissement des pays du Maghreb, la mise en place d'une véritable ceinture de feu entre le Sahel et l'Afrique du Nord s'étendant de la corne de l'Afrique à l'Atlantique, et, actuellement, la mise en pièces de la Libye, ne sont qu'une suite ininterrompue d'évènements liés. Lesquels s'inscrivent dans le cadre d'un plan réglé et préconçu. Tel qu'il a été ébauché par l'ex-secrétaire d'État US Henri Kissinger dès l'avènement des années 70. A posteriori, l'actuelle vague de révoltes présentée comme un printemps arabe en référence à une série d'évènements ayant abouti à l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, n'est que la continuation d'une même et unique stratégie visant toujours le même objectif : le formatage de l'environnement immédiat et lointain d'Israël à même de garantir sa survie pour les cinquante prochaines années et par-dessus tout garantir son existence au-delà de l'année 2048.

L'enthousiasme suscité par les révoltes arabes a fait long feu. Si les médias mainstream n'ont pas hésité à qualifier cet assaut général de «printemps arabe», la réalité des faits déformés sur le terrain, grâce à la magie des caméras embarquées sur les téléphones portables dans un monde ou presque tout le monde en est équipé, a fait déchanter plus d'un. De mémoire de révolutionnaire, on n'a jamais vu des rebelles armés de fusils d'assaut Gewehr-36 avancer contre les troupes gouvernementales de leur propre pays sous la couverture d'hélicoptères de combat avancé, de drones et de bombardiers étrangers tout en bénéficiant de l'appui feu de l'artillerie navale, le renseignement de l'imagerie satellitaire et l'encadrement des forces spéciales de pays ayant une longue tradition dans la subversion et le sabotage. C'est pourtant bien ce qui s'est passé en Libye. Et c'est ce que l'on tente de recréer en Syrie et si possible, ailleurs. Ce n'est point un hasard si, au départ des contestations, une aide logistique est mise à profit des insurgés, fussent-ils présentés comme de simples manifestants. Changement d'icônes. Depuis les années 60, le Kalachnikov était l'arme par excellence de tous les révolutionnaires et guérilléros de tous bords. L'usage par les rebelles libyens d'une variante du fusil d'assaut FN-FAL et de missiles antichar MILAN, puis après l'opération de Tripoli, du fusil Allemand G-36, équipant entre autres les forces spéciales jordaniennes, consacre une véritable rupture. Après les rébellions maoïste, communiste, socialiste et nationaliste, voici venu le temps des rébellions néolibérales financées par les riches Cheikhats du Golfe persique et soutenues militairement par les milieux trans-financiers internationaux.

Cependant, l'apparition spontanée de ces nouvelles guerres High Tech de propagation du chaos social par le bas et l'ingénierie du putsch scientifique n'est pas sans risque pour les pays l'ayant adopté. La Grande Bretagne (mais aussi la France) en sont de parfaits exemples. Et ce, malgré la surveillance exhaustive et maniaque des réseaux par des cohortes de cyber policiers dans ces deux pays. Surveillance bien plus intense, systématique et étroite que ne le serait la surveillance d'internet dans un pays comme la Chine. Le retournement des nouvelles armes que constituent désormais les réseaux sociaux et les services de messagerie contre l'un des pays les ayant le premier utilisé pour attaquer un autre pays (la tentative britannique de susciter une révolution colorée-verte-en Iran en 2009) a donné plus que des sueurs froides à Londres. Les émeutes du mois d'août 2011 ont fait craindre un retour de boomerang, voire une British Revolution. Signe qui ne trompe pas : deux facebookers ayant posté des blagues sur le net au sujet de ces émeutes ont été condamnées à de très sévères peines d'emprisonnement. Pendant ce temps, le gouvernement de sa majesté, le plus acharné dans sa guerre en Libye, finance, encourage et soutient des milliers de jeunes Arabes à propager via les réseaux sociaux le désordre, le chaos et la sédition.

La reprise du symbolisme religieux islamique par les services de renseignement US et britannique n'est pas nouveau. Il remonte à plus d'un siècle, avec les théories du manteau vert, du messie attendu et les intrigues de Lawrence d'Arabie. On percevait aisément derrière tous ces vendredis «colorés» une forte touche de marketing. «Vendredi de la colère», «Vendredi de la vengeance» ou encore «vendredi de la défiance» sont des produits marketing 100 % US adaptés à l'humus local. Un peu comme les filiales de Coca Cola au Moyen-Orient. A ces techniques s'ajoutèrent le renfort d'une pléthore de pseudo-fatwas issues de manière désordonnées et diffusées par des «clercs» musulmans majoritairement sunnites mais dont la majorité provient des pays du Golfe persique inféodés à l'empire ou de pays comme l'Égypte ou la Jordanie. C'est un Islam version US, aussi corollaire au néo-libéralisme que l'est la spéculation boursière sur des actifs pourris. Support de propagation : internet et chaînes satellitaires. Après l'anathème vient la diabolisation. Le président syrien est qualifié de Hulagu dans une référence à l'invasion mongole du Moyen-Orient au 13ème siècle ; le guide libyen qui s'est déjà auto-affublé de toute une série de titres, se voit en plus affublé de tous les noms d'oiseaux. Il est vrai qu'il ne s'est fait que des ennemis. La propagande des pays du CCG s'acharne plus particulièrement sur lui avant, pendant et après son règne. Même hors de son complexe de Bâb Azizya, le colonel sera accusé par les US d'avoir collaboré avec leurs services dans la lutte antiterroriste. Quant on sait que tous les pays musulmans ont été sommés de collaborer dans la lutte contre un terrorisme créé de toutes pièces par ceux là même qui l'exigent, on ne peut que rester stupéfait de la tromperie avec laquelle agit l'empire quel que soit le contexte.

Mais tout cela est voué à l'échec. Les Américains et leurs alliés sont dans une impasse non seulement économique mais idiosyncratique. Si au Levant, la déstabilisation de la Syrie aura de très graves conséquences sur Israël, dont l'arsenal nucléaire conséquent ne lui sera d'aucun secours, au Maghreb, le dépeçage de la Libye aura des conséquences négatives durables sur l'ensemble des relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Il ne fait aucun doute que tôt ou tard, l'intrusion militaire de puissances étrangères en Libye aura un prix.

A ce propos, certains observateurs ont mis en doute la mainmise étrangère sur les ressources de la Libye à cause du sentiment ultranationaliste de certaines factions rebelles. C'est méconnaître les ressorts cachés de la soumission consentante. Les rebelles, y compris leurs ailes militaires les plus radicales sont beaucoup trop faibles pour pouvoir prétendre tenir tête à leurs puissants protecteurs. De facto, ils sont encore plus faibles que les forces loyalistes. C'est pour cette raison que la Libye représente un cas d'école : c'est le nouvel eldorado des multinationales et l'entrée rêvée en Afrique du Nord et au Sahel. Et connaissant certains pays de la coalition «humanitaire» caractérisées par leur hargne et leur cupidité à tenir coûte que coûte la moindre parcelle de terre tombée en leur pouvoir et ne plus jamais la relâcher à moins de provoquer un génocide généralisé, on ne voit pas la Libye se débarrasser de sitôt de ces protecteurs de la dernière heure.

Avec l'épilogue libyen, l'Africom devrait avoir résolu le choix de ses bases en Afrique. Elle y disposera aussi bien de bases stratégiquement situées sur le golfe de Syrte qu'en bordure du Sahel, voire au Sahara central. En parallèle, la Russie perd plus qu'un important client de ses armements. Tandis que la Chine voit sa présence en Méditerranée, en Afrique du Nord et au Sahel assez compromise. Certains pays occidentaux voyant d'un très mauvais oeil la présence chinoise dans la bande sahélienne du Soudan en Mauritanie, en passant par le Niger, principal pourvoyeur d'uranium aux centrales électronucléaires françaises.

Propager le désordre dans un pays fait partie intégrante de la panoplie de guerre. Le chaos est un nouveau paradigme des relations internationales. L'ex-ambassadeur US en Chine, Jon Huntsman et probable candidat aux présidentielles américaines en sait quelque chose. Sa tentative très maladroite de susciter des troubles en Chine en utilisant les réseaux sociaux l'a forcé à quitter son poste.

Cependant, la question qui se pose actuellement est celle relative aux conséquences à moyen et long terme de cette nouvelle ingénierie du chaos appliqué à l'échelle géostratégique. Utilisant des outils transcendant la guerre asymétrique que pourrait opposer le pays ciblé face à un assaillant technologiquement plus avancé, cette nouvelle forme de guerre ne serait-elle pas susceptible de créer une symétrie du chaos dans les deux camps ? L'avenir nous le dira.


Wissem Chekkat, in « Le Quotidien d'Oran » du 15 septembre 2011.

dimanche, 30 octobre 2011

LA CHINE VIENT D'ACHETER 17 PAYS EUROPEENS: LA FAILLITE DU CAPITALISME


NICOLAS SARKOZY ET HU JINTAO 2.jpg

"La Chine détient actuellement 60% de la richesse mondiale. Elle a le même poids financier, aujourd'hui, que les États-Unis en 1945 (face à une Europe détruite et un monde ruiné par la guerre)", a dit un intellectuel français sur le plateau de i-Télé, hier, samedi 29 octobre 2011.

Cela donne des sueurs froides et nous donne une idée précise de la richesse colossale de la Chine. Ce peuple est désormais en mesure de décider, du jour au lendemain, de l'issue de notre monde!!! Comment se servira-t-il de sa puissance économique et financière? La suite des temps nous le dira! En attendant, lisez-moi cet article. Stupéfiant !

 

Depuis ce matin du 27/10/2011, la Chine vient d'acheter 17 pays Européens. On avance le chiffre de 1.000 milliards d'Euros. A la chute du mur de Berlin en novembre 1989, on avait annoncé la victoire du capitalisme sur le communisme. 22 ans après, c'est au plenum du Parti Communiste Chinois de s'offrir le plaisir de surveiller les budgets de 17 pays européens. C'est la pire des humiliations que les Européens aient essuyée à ce jour. Mais qu'importe ! Tous annoncent le succès du sommet nocturne de Bruxelles, programmé la nuit justement pour avoir le temps de recevoir la décision de Pékin.

Doit-on dire la vérité au peuple Européen qu'il n'est pas aussi nanti qu'on lui a fait croire ? Shut ! On est en démocratie, et en démocratie avancée, on doit raconter au peuple ce qu'il aime entendre, car c'est ce qui motive son vote. Et c'est reparti avec la propagande habituelle pour continuer de mentir et abreuver ce peuple avec des termes comme "pays riches", pays développés", "pays démocratiques". Tous les dirigeants après le sommet de Bruxelles racontent de retour, à leur peuple qu'ils sont les meilleurs. En attendant dans 6 mois, lorsqu'il se rendront compte que tout cela ne suffit toujours pas, que même tout le cash chinois de 3.200 milliards de dollars ne sera jamais suffisant pour les sauver du gouffre financier dans lequel ils sont.

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Ce que l'Europe n'a toujours pas compris, parce que trop occupée à tirer les ficelles en Afrique, c'est que comme dans la forêt africaine, chaque insecte, chaque animal, aussi grand soit-il a son propre prédateur. Elle a oublié pendant trop longtemps cette règle simple de la survie animalière et cela lui tombe sur la tête aujourd'hui et par conséquent, elle n'a malheureusement développé aucun anticorps, pour freiner le fauve qui a frappé à sa porte; les successifs rafistolages sur la Grèce, les discours génériques pleins de bonne volonté, des politiciens sans aucune vision de l'avenir sont là pour prouver que rien ne leur passe dans la tête pour venir à bout de la désertification industrielle en cours que leur tout nouveau prédateur, la Chine, leur a imposé.

La bonne nouvelle pour l'Afrique, c'est qu'après 500 ans, il y a finalement un prédateur sur la scène internationale pour tenir sous contrôle nos prédateurs traditionnels. Pour la première fois de son histoire moderne, l'Afrique commence à souffler. L'Afrique commence à voir en positif son avenir. Et ce ne sera pas l'assassinat programmé de tous les dirigeants Africains qui ont refusé de s'incliner qui sauvera l'Europe des griffes chinoises, puisqu'elle n'est plus maîtresse de son propre destin.

Et l'Afrique ne peut que profiter de cette nouvelle donne pour frayer son passage vers le vrai développement humain. C'est ce qui est en train de se passer dans plusieurs pays africains comme l'Angola qui devenant le tout premier partenaire chinois sur le continent Africain avec 20 milliards de dollars d'échange en 2010, est passé en 5 ans de pays exportateur de coton à pays importateur du même coton pour alimenter ses nombreuses industries naissantes d'habillement.


Jean-Paul Pougala


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

L'AFRIQUE, LE CONTINENT HUMILIE

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Lundi 11 avril 2011, sorti groggy de la résidence présidentielle, pilonnée plusieurs jours durant par l'armée française; livré à la furie de ses adversaires, Laurent Gbagbo est déporté sans ménagement et emprisonné au Nord de la Côte d'Ivoire.

Jeudi 20 octobre 2011, sorti hagard de son convoi détruit par un bombardement de l'Otan, Mouammar Kadhafi effectue son chemin de croix, le visage ensanglanté, lynché par des adversaires déchaînés. Ils finiront par l'exécuter d'une balle dans la tête à Syrte, sa ville natale.

Deux images unanimement saluées par la démocratie occidentale. Deux images choquantes pour l'Afrique. Images d'humiliation de deux chefs d'Etat. Images d'humiliation d'un continent.

Elle est belle la démocratie mondiale, empêtrée dans ses mensonges et ses propres turpitudes. A user de remèdes plus pernicieux que le mal décrit. A parler de démocratie en larguant plus de 30000 bombes sur un pays. A prétendre protéger les civils quand la guerre "humanitaire" fait plus de 60000 morts. A jouer les pompiers ici pour faire oublier ailleurs le rôle de pyromane. A saluer l'élection de Barack Obama quand son rêve américain prend des airs de cauchemar africain. A reconnaître des rebellions militaires sanglantes tout en menaçant de son veto la reconnaissance d'un Etat Palestinien. A nommer des prix Nobel de la paix qui n'ont réalisé aucune action pacifique. A créer une Cour Pénale Internationale pour juger uniquement les crimes des autres. A évoquer l'indépendance quand il s'agit de la recolonisation d'un continent.

Georges Bush Jr n'est plus président mais son esprit plane encore au-dessus du nouvel ordre mondial. Il est réincarné dans l'hexagone en président hyperactif et va-t-en guerre. Un président qui n'hésite pas à régler en Côte d'Ivoire un contentieux électoral à coups de milliers de bombes et d'obus. Hier Bagdad, aujourd'hui Tripoli. Mêmes causes, mêmes effets. Des pays livrés aux chiens de guerre et au chaos. A qui le tour demain?
Mépris des Africains à Paris. Mépris de l'histoire africaine à Dakar. Dans l'esprit des Africains-Français, les mouroirs de Syrte et d'Abidjan s'inviteront jusqu'aux isoloirs de Neuilly sur Seine et de Tulle en 2012.

Et le silence de l'Union Africaine? Et la lâcheté des chefs d'Etat africains? Certains se terrent, terrorisés. Les tyrans, les putschistes, les oppresseurs, les corrompus, les marionnettes et les collabos. Ils se font tout petits. Et les autres? Ils manquent de courage. Ils se taisent. Ils acceptent sans broncher leur propre humiliation, l'humiliation du continent. Planquez-vous braves présidents! Croisez les bras. Croisez les doigts. Fermez les yeux. Espérez que la furie occidentale vous oublie. Priez pour qu'elle s'abatte sur le voisin d'à côté. Union Africaine. Union disparate de petits Etats pauvres et divisés. Adieu, Lumumba. Adieu Nkrumah. Adieu Sankara. Adieu l'unité africaine. Adieu enfin les Etats-Unis d'Afrique.

Et les intellectuels africains? Que disent-ils? Rien du tout? Vaillants leaders éclairés! La triste réalité du continent africain n'est de toute évidence pas une source d'inspiration. Parcourez les rédactions et les médias occidentaux pour vendre vos si belles fictions. Silence, on massacre vos semblables. Dormez-bien. Rêvez-bien. Bernard Henry Levy est lui bien réveillé. Lui qui se bat pour que les indignés africains expriment dorénavant avec "force" leur soif de démocratie. Peu importe si les armes, qui leur sont distribuées, entraînent un bain de sang entre concitoyens. Merci B.H.L! Encore un coup de panache, et la charia devrait être érigée en règle constitutionnelle sur l'ensemble du continent.

Elle est belle la démocratie internationale. Et les centaines de milliers de bombes larguées sur le continent noir n'ont pas encore tiré le milliard d'Africains de sa profonde léthargie. Alors, massacrons-nous encore à Kigali et à Benghazi pour la conquête du pouvoir. Dansons à Syrte et à Misrata autour de nos cadavres. Célébrons à Abidjan et à Libreville, l'humiliation de notre continent. Oui laissons, abandonnons, cédons aux Américains, aux Européens et aux Asiatiques le soin d'exploiter nos immenses richesses naturelles. Philanthropes, ils développeront peut-être un jour l'Afrique mieux que les Africains eux-mêmes.


Anicet Djehoury, Essayiste ivoirien, in PENSEES NOIRES

 

Source: SENE REVOLUTION.COM

jeudi, 27 octobre 2011

SELON LE CANARD ENCHAINE, KADHAFI A ETE «CONDAMNE A MORT PAR WASHINGTON ET PARIS»

 

KADHAFI ET SON FILS MOATASSIM MORTS.jpg

Pour ceux qui ne vivent pas en France et ne peuvent pas se procurer l'indispensable hebdomadaire du mercredi, voici l'intégralité d'un article qui apparaît d'ores et déjà comme une "pièce" historique. Quand la "civilisation" ressemble à s'y méprendre à la barbarie...



Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu'il s'en sorte vivant. De crainte qu'il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.


Mercredi, 19 octobre en fin d'après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l'un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l'une des priorités actuelles des généraux de l'équipe Obama, l'Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu'il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu'il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.


Depuis quelques jours d'ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.


Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n'échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ?».


Hypocrisie internationale.

À l'Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l'un de ses fils s'étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d'état-major particulier, de superviser la chasse à l'ancien dictateur. Ce qu'il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l'étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d'ailleurs pour évoquer l' «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l'Élysée, s'il faut en croire un conseiller du Président.


« La peine de mort n'était pas prévue dans les résolutions de l'ONU qui ont permis à l'OTAN d'intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d'un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l'Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l'aide qu'il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu'il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».


Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l'objectif allait être atteint. Trois avions de l'OTAN s'approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui largue deux bombes GBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.


Soupirs de satisfaction.


Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L'histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande ''Allah Akbar'' à pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d'autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».


On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d'une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n'est pas la fin de l'histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man's land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d'un procès international.


Claude Angeli, in « Le Canard Enchaîné » du mercredi 26 octobre 2011.

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo

 

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«NOUS SOMMES EN DROIT DE DEMANDER LA MISE EN ACCUSATION, LA POURSUITE ET LE CHATIMENT DES RESPONSABLES DE CES CRIMES»

 

KADHAFI MORT 3.jpg

Si ces informations sont confirmées et elles le seront probablement, nous sommes face à un crime d'État, au commencement d'une grave crise politique en France menant à la mise en accusation de Sarkozy.

Des procédures sont déjà engagées par les avocats et les conseils de la famille Kadhafi, mais cela est encore insuffisant face à la gravité de l'affaire et à l'énormité du crime contre le chef d'un État souverain, en violation de toutes les normes du Droit International.

Si nous sommes encore une démocratie, il faudra bien que des politiques et en particulier ceux de l'opposition fassent preuve pour une fois d'un peu de courage et mettent en cause publiquement Nicolas Sarkozy, s'adressent à la Nation et demandent l'ouverture d'une enquête

M. Ocampo est un homme très occupé, il est le seul des habitants de cette planète à n'avoir pas ouvert un journal, écouté une radio ou regardé sa télé depuis 6 mois.

Cet homme n'a rien vu, rien entendu, mais nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assisté en direct au déroulement de cette tragédie jusqu'à son atroce dénouement.

Nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assister à la destruction d'un pays et au déchaînement de la terreur contre sa population.

Nous disposons de centaines d'heures d'images vidéos que tout le monde a pu visionner sur YouTube, des milliers de pages de témoignages, de rapports établis par des commissions d'enquêtes indépendantes et des journalistes, ces témoignages constituent un acte terrible d'accusation contre la coalition qui s'acharne contre la Libye depuis des mois.

Ce que les médias occidentaux ne nous montrent pas... par SuperResistance1:

IL FAUT ABSOLUMENT VOIR CETTE VIDEO

Nous devons constituer un Tribunal sur le modèle du Tribunal Russel pour établir devant l'opinion mondiale l'accumulation incroyable de mensonges, de faux témoignages, de documents fabriqués ou truqués, d'actes de barbarie, de crimes de guerre contre des populations civiles, de lynchage systématique de centaines de noirs.

Nous sommes en droit de demander la mise en accusation, la poursuite et le châtiment des responsables de ces crimes.


Source : LE POST.FR