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vendredi, 21 janvier 2011

ETATS-UNIS: INVALIDATION DE DEUX SERMENTS FAITS HORS CADRE

SESSIONS ET KIRPATRICK.jpg

TOUT EST PERMIS EN « NEGRITIE »

A Washington, l'on s'active à corriger une erreur de procédure, invalidant donc tous les votes passés depuis mercredi par Messieurs Pete SESSIONS (député réélu du Texas) et Mike KIRPATRICK (député nouvellement élu de la Pennsylvanie). Ces deux législateurs n'étaient pas physiquement présents dans le hall de l'Assemblée lors de la prestation de serment des députés de la 112e session du Congrès. Ils se trouvaient plutôt à une réception célébrant leur élection. Ayant vu sur un écran de télévision que leurs collègues prêtaient serment, ils se sont approchés de l'écran et ont levé la main pour se joindre à la cérémonie et participer à la prestation.

Cette anomalie n'a été détectée que plus tard, après que les deux parlementaires ont voté plusieurs fois au Congrès. Pour corriger cette erreur procédurale, le Congrès des Etats-Unis à voté (257 contre 159) pour supprimer les votes de Messieurs SESSIONS et KIRPATRICK. La cause ? Ils ont prêté serment dans un endroit non indiqué pour la circonstance et en l'absence de l'autorité et du décorum prescrits par la constitution.


Tiens ! Cela me rappelle une certaine Commission électorale, dans un certain hôtel, passé un certain délai, nommant un certain président. Que voulez-vous ? On nous rétorquera qu'en « Négritie » (entendez un état d'esprit et non un Etat) tout est permis.

 

Source : Autres Médias

Dernière Mise à jour : 10 janvier 2011

 


Publié sur le site : FRINDETHIE

50ÈME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE PATRICE LUMUMBA

PATRICE LUMUMBA EN 1961.gif

Patrice Eméry Lumumba


On commémore aujourd'hui le cinquantième anniversaire de la disparition d'un grand héros panafricain. Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier 1961, a été assassiné dans le Katanga après avoir été renversé avec la complicité des services américains et belges. Ses discours enflammés contre l'«impérialisme» et pour l'«unité africaine» avaient enthousiasmé le continent. A tel point que son tombeur, le maréchal Mobutu, avait dû le réhabiliter quelques années plus tard. Le souvenir de Lumumba reste cher aux yeux de nombreux congolais, même ceux qui ne l'ont pas connu de son vivant. Par Christophe Boisbouvier.


RFI : Qui est Lumumba pour vous ? Un surdoué de la politique, un idéaliste, un naïf ?

Isidore Ndaywel : Lumumba est d'abord pour moi le père de l'Indépendance. C'est l'homme qui a le plus donné de lui-même, pour que le Congo devienne indépendant. Et ensuite c'est quelqu'un qui a payé de sa vie. Il incarne le nationalisme congolais.


RFI :
Donc pour vous c'est un martyr de l'Indépendance ?

Isidore Ndaywel : C'est un martyr de l'Indépendance. Tout à fait.


RFI :
Alors qui a tué Lumumba ? Mobutu ? Tshombé ? Les Occidentaux ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'on ne va pas prendre des raccourcis. On sait qu'il y a toute une coalition, essentiellement occidentale, avec des intermédiaires, évidemment, qui sont des Congolais.


RFI :
Donc pour vous les vrais décideurs de son assassinat sont à Washington ? A Bruxelles ? C'est ça ?

Isidore Ndaywel : Absolument. Les choses sont de plus en plus claires. C'est fondé sur des informations fiables. Il y a des publications intéressantes, notamment cet ouvrage du Belge Ludo de Witte « L'assassinat de Lumumba, Khartala, 1999 »... On a donc confirmation, et on voit même un peu plus clair dans tout ce qui a pu se passer.


RFI :
Est-ce que les Français ont joué un rôle ?

Isidore Ndaywel : Peut-être pas directement, mais de toute façon, dès que la sécession Katangaise est déclarée, il va y avoir des mercenaires français.


RFI :
A l'époque c'était la guerre froide. Est-ce qu'en se rapprochant de Moscou, Lumumba n'a pas commis quelques imprudences ?

Isidore Ndaywel : Ce n'est pas attesté qu'il se soit vraiment rapproché de Moscou. Mais il avait un franc-parler pour dire : « Si nous n'avons pas le soutien voulu, alors nous allons nous tourner vers l'Union soviétique ».

Nous savons très bien que lorsqu'il a eu des problèmes lors de la mutinerie de la force publique, sa première démarche a été de se tourner vers les Etats-Unis ! Mais nous savons que le président Eisenhower n'a pas voulu le recevoir. Il a même fait le voyage jusqu'aux Etats-Unis.

Nous savons également que toutes les promesses qui avaient été faites du côté soviétique, l'envoi des avions Iliouchine, etc, il n'y a rien eu. Et Lumumba s'est retrouvé seul. Mais il y a eu cet effort suicidaire, de tout de même essayer de réduire la sécession katangaise.

Et je pense que c'est dans cette démarche, dans cet effort, que non seulement il a trouvé la mort, mais c'est grâce à son sacrifice également que la sécession katangaise, finalement, sera résolue, puisque la sécession n'aura plus son bouc-émissaire. Et l'« ONU » et la Communauté internationale, devra bien reconnaître que puisque le « communiste » n'est plus en vie, il n'y a plus de raison pour justifier la sécession du Katanga.


RFI :
Est-ce que le drame de Lumumba, justement, ce n'est pas d'avoir été le héros de l'Indépendance d'un pays très grand et très riche ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'il en était conscient. Il a été broyé par la guerre froide. Tout ça c'était nouveau, et la guerre froide, et le fait que le Congo devienne le terrain favori de la guerre froide, et finalement cette expérimentation de la présence des Casques bleus quelque part dans le monde.


RFI :
De tous les chefs d'Etat qui se sont succédés depuis 1960, quel est celui qui suivi ses traces ?

Isidore Ndaywel : Bien entendu, c'est Laurent-Désiré Kabila, puisque c'est un projet de jeunesse. C'est quelqu'un qui a été fortement révolté par ce qui s'est passé. Et finalement il s'est décidé à poursuivre ce combat, poursuivre cela à sa manière. Et voilà que, quarante ans après, il disparaît dans les mêmes conditions.


RFI :
Est-ce que les différents chefs d'Etat qui se sont succédé n'ont pas essayé de récupérer le mythe Lumumba, justement ?

Isidore Ndaywel : Oui, mais cela me paraît assez normal, parce que les hommes politiques cherchent à avoir un point d'ancrage par rapport à l'icône. Je dois dire également, le parti politique, comme l'« UDPS », le parti d'Etienne Tshisekedi.

RFI : Mais justement, à force d'être récupéré par tant de partis, par tant d'hommes politiques, est-ce que le mythe Lumumba n'est pas en train d'être dénaturé ?

Isidore Ndaywel : Je ne pense pas. Il y a la pensée politique de Lumumba. Il y a des éléments clés de cette pensée, qui restent des éléments de base, notamment le primat de l'unité nationale sur tout autre élément. Et ça n'a pas été étonnant d'ailleurs, que nous ayons retrouvé ailleurs, comme notamment chez Thomas Sankara, l'insistance à des slogans comme « La patrie ou la mort. Nous vaincrons », qui étaient des slogans de Lumumba. Ce qui démontre que d'ailleurs son « nationalisme » était à la fois congolais et africain, africain-congolais, tout cela allait ensemble.


NOTE :

Interview d'Isidore NDAYWEL réalisé par Christophe BOISBOUVIER.
Isidore NDAYWEL est auteur d'« Histoire générale du Congo »,
ouvrage publié chez « Afrique Editions ».



ECOUTEZ LES EMISSIONS SUR PATRICE LUMUMBA, CLIQUEZ SUR LES TITRES CI-DESSOUS:


>>
Emission La marche du monde du 16/06/2006 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:29)

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Emission Mémoire d'un continent du 16/08/2010 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:30)

>>
Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (1/2) (durée : 2631)

>>
Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (2/2) (durée : 19:31)



Source: NERRATI.NET

DECLARATION DE LA JEUNESSE SENEGALAISE SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

Parti Socialiste.svg

Mesdames, messieurs,


Depuis plusieurs jours, des événements post-électoraux secouent la République de Côte d' Ivoire.

La propagande internationale extra-africaine a créé le trouble dans les esprits, en prenant parti, exclusivement, pour un camp au point de suggérer le recours à la force armée pour régler un conflit purement politique.

Après les ultimatums de toute nature en direction du gouvernement ivoirien, après des sanctions dites «ciblées » contre des officiels ivoiriens, voilà venir le temps des canonnières avec cette particularité où les boulets, la mèche et l'étincelle sont mis entre les mains des gouvernements ouest-africains.

En effet, des puissances extra-africaines, ne souhaitant pas se salir les mains, ont fait pression sur des gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), soit disant réunis en Sommet, afin que ceux-ci mettent sur pied et à exécution un recours à la force militaire pour tenter de résoudre ce différend ivoirien postélectoral qui, nous le répétons, demeure politique.

Précisons que, à propos de Sommet, c'est essentiellement, le Sénégal, le Nigeria et le Burkina qui, par la présence effective de leurs présidents ont poussé à la roue et pensent pouvoir lancer le processus alors que chacun d'eux est confronté à des problèmes sérieux de démocratie chez lui.

Pour l'heure, nous observons que le gouvernement du Ghana a refusé officiellement, d'envoyer des troupes dans une éventuelle ECOMOG appelée à attaquer la Côte d'Ivoire. Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes du Sénégal félicite le Ghana pour sa prise de position sage, indépendante et constructive.

Comme toute la jeunesse de Côte d'Ivoire, y compris celle du PDCI-RDA, les Jeunesses Socialistes se déclarent hostiles à toute agression militaire contre le peuple Ivoirien. Celle qui est projetée sera source de malheurs, de mort d'innombrables civils ivoiriens, de profondes blessures de toute nature, de dégâts matériels incommensurables, tandis qu'elle ne règlera nullement le conflit en cours.

Notre Mouvement exhorte tous les chefs d'Etats de la CEDEAO à imiter l'exemple ghanéen, à renoncer, immédiatement, à cette aventure insensée et à privilégier l'intermédiation diplomatique, pacifique et politique.

D'ores et déjà, le Mouvement National des Jeunesses Socialistes exige de M. Abdoulaye Wade et du gouvernement sénégalais de s'abstenir de tout envoi de troupes dans une quelconque ECOMOG destinée à agresser militairement le peuple frère de Côte d'Ivoire. II ne doit jamais être dit que de jeunes militaires sénégalais sont allés tuer leurs frères, leurs sœurs, leurs tantes, leurs oncles ivoiriens qui ne leur ont rien fait. C'est le moment pour nous de rappeler que plus d'un million de sénégalais vivent en paix en Côte d'Ivoire depuis plusieurs générations et qu'une quelconque participation des forces armées sénégalaises à une « soit disant » force d'intervention internationale, exposerait de fait nos compatriotes.

Ces temps-ci, l'Afrique de l'Ouest a connu de sérieux cas de difficultés politiques dont le coup d'état constitutionnel du Général Tanja au Niger (suppression du Conseil constitutionnel ; Référendum pour prorogation du mandat présidentiel) et pourtant la CEDEAO n'a jamais prôné l'envoi d'une force militaire.

Au total, les Jeunesses Socialistes du Sénégal condamnent toute opération militaire dans ce dossier ; car, préfigurant une guerre évidente. Ils en appellent à la Paix, non seulement dans l'intérêt des populations innocentes ivoiriennes, mais aussi dans celui de la sous-région Afrique de l'Ouest dans son ensemble.


Fait à Dakar, le 04 janvier 2011


Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes.


(Source : Point de presse du 4 Janvier 2011).

In Le Filament N° 12 du 15 janvier 2011


Consulter le site : LE FILAMENT.INFO

LA MORT DE LAURENT GBAGBO: POUVIONS-NOUS FAIRE AUTREMENT ?


LAURENT GBAGBO.jpg

Il n'est pas question de politique fiction. Il ne s'agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d'Ivoire. D'autres l'ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d'un pays, la Côte d'Ivoire et au-delà d'un continent, l'Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l'avenir du Congo est beau. J'attends de vous, comme de tous les Congolais, d'accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d'assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu'il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

L'incapacité des Nations unies à régler les conflits n'est pas nouvelle. Cela s'est vu en Irak et au Rwanda notamment, avec au bout des millions de morts. Que Messieurs Ban Ki Moon et Choi se rassurent, la Côte d'Ivoire, ne leur offrira pas ce triste spectacle.

Etats-Unis d'Afrique vs Afrique de la coopération

Pauvre Afrique, pauvre continent. Plusieurs décennies plus tard, des milliers de kilomètres plus loin, se réécrit le scénario katangais. Un très mauvais polar d'une expédition punitive encouragée pour rétablir la « démocratie » dans ses droits dans un petit pays.

Afrique mon continent, tu ratais à Addis-Abeba en 1963, lors de la création de l'OUA, un tournant décisif. Et au bout de ce virage manqué, des millions de morts.

En effet au moment de la constitution de cette organisation, deux thèses s'affrontent. D'un côté, l'Afrique panafricaine et révolutionnaire des Nkrumah et Jomo Kenyatta, partisans d'une Afrique fédérale, les Etats-Unis d'Afrique. L'Afrique de la rupture avec les anciennes puissances coloniales.

Et de l'autre, l'Afrique des modérés d'Houphouët et Senghor, adeptes d'une confédération dans laquelle devraient s'exprimer la souveraineté des Etats et l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. L'Afrique de la coopération.

Et si la conférence d'Addis-Abeba a, dans une forme de mixture des deux thèses, adopté les trois principes fondamentaux suivants : l'africanité, la négation du colonialisme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la pratique et le temps ont joué en faveur des modérés.

Les mises en garde de Kwamé Nkrumah n'y ont rien changé. Il estimait que si l'Afrique ne parvenait pas rapidement à une véritable unité, les différences et les conflits entraîneraient le continent tout entier dans les filets du néocolonialisme. Avait-il tort ?

L'Afrique se cherche de nouveaux héros

On reproche souvent à notre génération de regarder de façon nostalgique le passé. Autour de nous, il est vrai, les Nkrumah, Senghor, Lumumba, Sankara, Moumié ne sont plus là. En ces temps de disette, l'Afrique se cherche de nouveaux héros. Et hormis Nelson Mandela, les nouveaux mythes africains se font désirer.

Si pour couronner le tout, interdiction est faite de regarder dans le rétroviseur, il ne reste plus que l'écriture d'un présent imparfait, et l'espoir d'un futur commun plus que parfait.

Eluder à Addis-Abeba, 48 ans auparavant, le débat entre révolutionnaires et modérés revient comme un boomerang sur la scène politique ivoirienne et oppose les héritiers d'Houphouët à Laurent Gbagbo. Et espérer voir enfin triompher les thèses de Nkrumah n'est pas faire injure au père de la nation ivoirienne.

Dos au mur, Gbagbo ne peut plus reculer

Gbagbo est ce qu'il est, avec de redoutables qualités mais aussi ses défauts. Le voir ainsi acculé, honni, menacé mais résister, seul face à la puissante communauté internationale, avec autant de courage, suscite en Afrique beaucoup de sympathie et de respect à son égard. Mais ce n'est pas suffisant, Laurent Gbagbo ne peut se contenter d'une forme de « panafricanisme de résistance » ; il doit aller plus loin.

Dos au mur, il ne peut de toute façon plus reculer. L'occasion est belle de solder cet héritage colonial. De renier ses symboles qui pèsent encore sur les frêles épaules des jeunes nations africaines. Et il n'est pas seulement question de la présence militaire française en Afrique.

Gbagbo n'est plus reconnu, par la communauté internationale, comme président de la Côte d'Ivoire ? Il peut devenir le premier président de l'Eburnie. Nkrumah et Sankara l'ont fait avant lui. The Gold Coast est devenu le Ghana, le 6 mars 1957. La Haute-Volta est devenue le Burkina Faso, le 4 août 1984. La Côte d'Ivoire peut devenir l'Eburnie, terre d'ivoire, terre de nos ancêtres.

Il n'a plus la signature à la BCEAO ? Gbagbo peut sortir du franc CFA - franc des anciennes colonies d'Afrique - et s'allier par exemple à ce grand pays voisin le Ghana en vue d'une union monétaire.

Un gouvernement d'union nationale avec Ouattara

Les chantiers qui attendent nos pays, notre continent, sont immenses. Pour cela, avec Ouattara, il doit entamer un dialogue direct ou négocier un gouvernement d'union nationale. Et si un troisième tour est nécessaire pour parvenir enfin à cette réconciliation en Côte d'Ivoire, allons-y sans hésitation. C'est au bout de la nuit que renaissent la lumière et l'espoir.

« Combien de temps passerons-nous à pleurer nos mythes ? Combien de temps devrons-nous encore compter nos morts ? » s'exclamait récemment un ami de la mouvance « houphouétiste ».

Il n'a pas tort mais, sur les bords de la lagune ébrié, s'écrivent l'avenir d'un pays, et peut-être celui d'un continent. Cet avenir ne concerne pas les seuls Ivoiriens, c'est aussi celui des Camerounais, des Gabonais, des Congolais, des Angolais, des Burkinabés, des Sénégalais, de tous les Africains.

« La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? » écrivait le célèbre penseur antillais Frantz Omar Fanon. Il est de notre devoir de faire en sorte que le titre de cette contribution ne soit pas dans cinquante ans à la une d'un quotidien africain. Autrement, notre continent aura encore perdu un demi-siècle dans de stériles querelles intestines.


Par Anicet Djéhoury, Essayiste ivoirien, le 19 janvier 2011.



Source : RUE89

jeudi, 20 janvier 2011

CORRUPTION DE L'ONU - MME ILEANA ROS-LEHTINEN: «IL FAUT REFORMER CE MONSTRE»



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L'Organisation des Nations unies (Onu) est au centre d'un sérieux débat qui risque de le réformer dans les semaines à venir, au Congrès américain. Au regard des intrigues politiques et du comportement de cette organisation mondiale dans le monde (et particulièrement en Côte d'Ivoire). Un membre du Congrès américain a critiqué ouvertement l'Onu sans mâcher les mots.

De fait, Mme Ileana Ros-Lehtinen la nouvelle majorité républicaine à la Chambre des Représentants des Etats-Unis d'Amérique a décidé d'utiliser le poids de son pays, pour forcer des réformes nécessaires à l'Organisation des Nations unies (Onu). Avec des mots très forts, la nouvelle « patronne » du Comité américain des Affaires étrangères a confié au journal Washington Times ses plans pour soigner l'image ternie de l'Onu. Selon Mme Ileana Ros-Lehtinen, «la majorité de leurs membres dans la Chambre des Représentants sont favorables à une réforme de l'Onu qui est corrompue et mal gérée...».

La Républicaine de l'Etat de la Floride continue en insistant pour dire que «réduire le budget alloué à l'Onu par les Etats-Unis, n'est pas une solution suffisante. Parce qu'il faut réformer le monstre qu'est l'Onu. Et si nous n'aboutissons pas à une réforme fondamentale, c'est que nous continuons de récompenser une Organisation corrompue et mal gérée». Pour enrichir le débat, une réunion importante sur le sujet est prévue pour le 25 janvier 2011, par le Comité des Affaires étrangères dirigé par Mme Ros-Lehtinen.


Source: GBAGBO.CI

KADHAFI PREND POSITION: «CE N'EST PAS A LA FRANCE ET AUX USA D'IMPOSER UN PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE»



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Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

 

Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mouammar Kadhafi qui a présidé cette rencontre, n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Ce n'est pas à la France et aux États-Unis d'imposer un président à la Côte d'Ivoire. Le peuple ivoirien est mature. C'est en toute souveraineté qu'il se choisit un président. Il faut que les Occidentaux respectent la souveraineté des États africains. Ils n'ont pas à s'ingérer dans les affaires internes d'un État africain", a t'il martelé. A également pris part à cette importante rencontre, une forte délégation du forum des rois, sultans, princes, cheicks et chefs coutumiers africains.


Source: IVOIREVOX.COM

mercredi, 19 janvier 2011

L'OPTION DE LA GUERRE CONTRE LE REGIME GBAGBO AURA-T-ELLE ETE FINALEMENT CONTRE-PERFORMANTE?


SARKOZY ET OBAMA.jpg

En bonus: Pour voir la réponse au nouvel appel à la grève générale de l'ancien premier ministre Ouattara, cliquez sur : http://saoti.over-blog.com/



Quand on examine rétrospectivement les choses, on a des raisons de se demander si la «communauté internationale», emmenée par Sarkozy et Obama, a eu raison d'appuyer à mort sur le champignon de la guerre contre la Côte d'Ivoire pour débarquer Laurent Gbagbo.

En effet, plus d'un mois après cette saillie, on en est toujours au point de départ : Laurent Gbagbo, «
pas moyen bouger» ! Pire, son autre Dieu, c'est-à-dire le temps, a fini par émousser un peu les ardeurs des va-t-en-guerre en laissant émerger certaines données qui confortent la position du président élu Gbagbo. Ce dernier vaque à ses obligations de chef de l'Etat sans tambours ni trompettes. On vient d'annoncer un budget de près de 3.000 milliards de FCFA (2.907 milliards de FCFA précisément), donc  plus élevé que l'an passé et d'affirmer que les salaires seront payés rubis sur l'ongle tout comme une partie de la dette intérieure du pays. Qui dit mieux ?

Si on fait le point, de deux choses l'une.


D'abord, la  France et les USA ont pu agiter la menace de la guerre rien que pour faire peur à Laurent Gbagbo afin qu'il décampe de son pays. Si telle était l'intention, il faut reconnaître qu'il y a eu méprise sur l'homme. Le temps passé par ce dernier dans l'opposition, comme depuis 2000 où il a accédé au pouvoir, montrant sa capacité de résistance à la coalition internationale liguée contre lui, n'aura pas suffi à convaincre qu'on avait affaire à un être exceptionnel dont les convictions ne pouvaient être ébranlées ni par les menaces ni par l'usage de la force. On a donc fait chou blanc car ni ces jurements de l'écarter par la force, ni les offres financières pour qu'il accepte un exil doré, n'auront eu pour effet de le faire bouger d'un iota de ses positions.


Ensuite, peut-être que cette menace a été brandie parce qu'on entendait effectivement convaincre les Etats africains d'aller vite fait-bien fait, corriger cette forte tête et l'extraire du pays pour l'envoyer moisir dans une cellule de La Haye. Mais là aussi, on se retrouve le bec dans l'eau  puisque malgré les harangues de la CEDEAO et de bien d'autres,  et en dépit de  l'appel à la curée, on n'a pas vu un commencement de mise en route de l'expédition punitive contre l'homme de Mama.


Dans  un cas comme dans l'autre, c'est l'échec au jour d'aujourd'hui, de cette option de la guerre, ce qui explique que Ouattara Alassane semble de plus en plus désarçonné. Après avoir compris que le choix de la guerre ne pouvait pas prospérer, il avait tendu la main pour que les médias s'en saisissent mais le naturel reprenant ses droits, il  vient à nouveau de lancer le Djihad le 14 janvier, contre le président légal et légitime du pays d'Houphouët.  Mais manifestement, pendant que quelques-uns continuent à agiter des épouvantails, l'opinion africaine réalise qu'on a voulu amener les Etats africains à commettre un fratricide et se rétractent de plus en plus de la solution par la guerre. Du coup, ceux qui n'ont de cesse d'en appeler à la négociation, à l'arbre à palabres, gagnent en crédit à la plus grande satisfaction de Laurent Gbagbo qui n'a pas arrêté, depuis le déclenchement de cette énième crise, de convier ses «
frères ennemis» à s'asseoir autour d'une table pour discuter.  Non pas tant pour partager le butin, quoi qu'il ne soit pas contre l'ouverture, mais surtout pour procéder aux vérifications, au recomptage des voix afin que celui qui a véritablement gagné soit déclaré aux yeux de tous vainqueur et que le perdant reconnaisse sa défaite dans les mêmes conditions.

Voilà,  au train où vont les choses, une affaire qui risque de tourner à la pantalonnade pour ceux qui l'ont montée en neige, c'est-à-dire la « communauté internationale », la France, les USA en tête et quelques pays africains qui ont mordu à l'hameçon. Au point où nous  sommes rendus, la question se pose de savoir qu'est-ce qu'il faut faire pour sortir de cette sale panade.


Alors qu'Obama doit se couper les cheveux en quatre, se demandant qui l'a poussé à embrayer aussi vite sur la position anti-Gbagbo, peut-être Susan Rice (ambassadrice américaine auprès des Nations-Unis -et ex lobbyiste de Ouattara à ce qu'on dit et lit-), Sarkozy, lui, doit se dire qu'il a encore «
merdé» !

Ce n'est pas en effet joli-joli, surtout que les évènements en Tunisie viennent encore plus éclairer cette politique de «
deux poids, deux mesures» des grandes démocraties à l'égard des pays africains. Et comble de déveine, voilà que la Russie et la Chine, qui jusque-là s'étaient montrées plutôt discrètes, embrayent sur le registre du refus de valider l'ingérence extérieure dans les affaires des pays souverains et disent Niet à l'envoi de 2.000 Casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire et à des sanctions supplémentaires contre le régime Gbagbo.

C'est la quadrature du cercle !


Mais pour s'en sortir, il y a la bonne vieille formule du bouc émissaire chère à Machiavel. On n'en serait pas là si Ban ki-moon n'avait pas commis la gaffe monumentale d'envoyer son «frangin» Choi foutre  cette sainte pagaille en RCI, n'est-ce pas ! Alors, le mal vient de ces deux-là, et principalement du dernier. Cette conviction, la politologue Ivoiro-camerounaise Evelyne Adhéspeau,  l'a exprimée en ces termes dans L'Intelligent d'Abidjan du 11 01 2011
«c'est par la reconnaissance empressée par Mr Choi de l'élection de Ouattara que tout ce désordre est arrivé. Pourquoi n'a-t-il pas attendu comme au premier tour la fin du processus c'est-à-dire la validation par le Conseil constitutionnel des élections du second tour. C'est vraiment là, la question. C'est un peu comme les enfants qui jouent aux cartes et celui qui s'aperçoit qu'il est en train de perdre mélange tout. N'eut été les morts que cela engendre cela prêterait à sourire. Et on attend toujours qu'il vienne nous enrichir de sa science et nous expliquer quelle est sa méthode de comptage». Voilà tout simplement exprimée la cause de tout ce bataclan qui fait dire au président angolais Eduardo Dos Santos qu' «il ya un président constitutionnel, qui est l'actuel président de la République, Laurent Gbagbo, qui doit être maintenu jusqu'à la réalisation de nouvelles élections, comme l'établit la loi électorale de ce pays».
Et ce pays demande bien sûr qu'avant de reprendre éventuellement tout scrutin, les conditions en soient réunies ; désarmement, réunification du pays...
Alors, pour garder l'honneur sauf à la communauté internationale, à la France et aux USA, Diable, pourquoi ne pas sacrifier ces deux bougres et circuler ?

Par Victory Toussaint, in San Finna n° 599 (Burkina Faso), le 17 janvier 2011


Publié sur http://saoti.over-blog.com

vendredi, 14 janvier 2011

LAURENT GBAGBO SUR CBN NEWS: «JE PROPOSE QU'ON RECHERCHE LA VERITE, OUATTARA REFUSE»

 

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Après ses interviews avec Al Jazeera, Le Figaro, Associated Press, le président élu de Côte d'Ivoire, SEM Laurent GBAGBO, vient de s'entretenir avec la chaîne de télévision communautaire américaine CBN News qui a dépêché à Abidjan son grand reporter international Gary Lane. Entretien.



Gary Lane (CBN News) : Nous sommes ici parce que nous sommes très préoccupés par la situation qui prévaut dans votre pays, vous êtes confronté à beaucoup de défis ces dernier temps, vous venez de rencontrer pour la deuxième fois la CEDEAO avec un représentant de l'UA, comment avez-vous ressenti ces réunions, qu'est-ce que vous en pensez ?

SEM Laurent GBAGBO (président élu de Côte d'Ivoire): Je suis très heureux, c'est fraternel de parler à ces chaînes-là. J'ai reçu une première délégation de la CEDEAO et la deuxième fois, une délégation de la CEDEAO plus un représentant de l'Union Africaine. On a parlé de la situation. Je leur ai expliqué que mon adversaire n'a pas gagné les élections et que c'est moi qui ai gagné. Et que j'ai des éléments pour montrer que c'est moi qui ai gagné effectivement les élections, la preuve, je propose qu'on aille à la vérité, à la recherche de la vérité. Pour dire que je souhaite la voie de la négociation avec mon adversaire. On m'a proposé de mettre en place une commission en partie composée de mes partisans et ceux de Ouattara afin que les discussions démarrent, j'ai accepté. Quand ils sont allés faire la même proposition à Ouattara, il a refusé. La discussion devait porter sur différents sujets de négociation. Mais mon adversaire voulait que je reconnaisse qu'il a gagné. Alors je leur ai dit que la demande de négociation ne vient pas de moi. Ma proposition est qu'on recherche la vérité. Mais si je reconnais qu'il a gagné, il n'y a plus de négociation. Si lui aussi reconnait que c'est moi qui ai gagné, il n'y a plus de négociation. C'est parce que je conteste sa victoire et que lui conteste la mienne, que nous sommes disposés à la négociation. Dans tous les cas, moi j'attends d'autres propositions car mon adversaire a refusé les négociations.

G. L. : Savez-vous quand ils vont revenir ? Vont-ils tenir une autre réunion avec Ouattara ?

L. G. : Je ne sais pas, ils m'on dit qu'ils me feraient signe quand ils viendraient.

G. L. : La situation de blocage continue donc...

L. G. : Oui, la situation reste bloquée. Cette élection est unique en son genre, parce que dans le monde il y a quelque fois des fraudes, mais c'est généralement ceux qui sont au pouvoir, le président, qui fraudent. Mais ici, c'est celui qui n'est pas président qui fraude. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la rébellion en 2002. L'essence de la rébellion, c'est d'abord la négation de la voix du peuple. Quand la rébellion a occupé une partie du pays, et que j'ai demandé qu'elle soit désarmée, elle n'a pas voulu le faire. Et cette rébellion est appuyée en cela par certaines puissances. Mon adversaire qui est le père de la rébellion s'est appuyé sur les armes de celle-ci. Le jour du vote, les éléments de la rébellion sont entrés dans les bureaux de vote avec des armes, ils ont même violé une femme.

G. L. : Je l'ai rencontrée.

L. G. : Elle a été violée, des gens ont été blessés, mes représentants ont été chassés des bureaux de vote. Les fiches des bureaux de vote et les procès verbaux ont été refaits. Alors on a, par exemple, dans le Nord 2.200 bureaux de vote où le nombre de votants est supérieur à celui des inscrits.
Toujours dans le Nord, il y a plus de 500 bureaux de vote où j'ai zéro voix. Alors que j'ai deux représentants par bureau de vote. Ce qui veut dire que même mes représentants n'ont pas voté pour moi. Ils ont fraudé de façon grossière et moi, ce que je veux, c'est qu'on recherche la vérité, qu'on aille au fond des questions. Mais comme la délégation de la CEDEAO a commencé une négociation, j'attends.

G. L. : Monsieur le président, pourquoi les rebelles n'ont pas respecté leur engagement ?

L. G. : C'est à cause de ce qu'on appelle la communauté internationale dont on parle aujourd'hui. La France, les Etats Unis, l'Angleterre, tous ceux là me mettaient la pression pour qu'on aille au vote ; malgré le fait que le désarmement n'a pas été fait. J'ai résisté, mais quand vous êtes le président d'un petit pays, vous ne pouvez pas résister plus longtemps. Donc tous ceux-là m'ont mis la pression pour qu'on aille aux élections malgré la présence des armes. Aujourd'hui, il faut qu'ils acceptent de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ce qui arrive. On ne peut pas aller aux élections avec des rebelles qui vous pointent le fusil sur la tempe. C'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale qui nous oblige à aller aux élections.

G. L. : Avez-vous discuté avec les représentants de la CEDEAO d'un certain fonds à la Banque Centrale qui ne serait pas à la disposition de votre gouvernement ?

L. G. : Non, ils ne sont pas concernés par cela, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest concerne les Etats. Il y a la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Guinée- Bissau, le Bénin, le Togo et le Sénégal. Cela concerne un autre groupe de pays qui n'étaient pas là. Bien sûr qu'il y a certains pays de la CEDEAO qui étaient là, mais il y a l'Union Africaine qui n'est pas concernée.

G. L. : Vous ne leur avez donc pas parlé de la question ?

L. G. : Non.

G. L. : Est-ce que c'est un sujet qui vous préoccupe ?

L. G. : Elle me préoccupe et j'en ai parlé à trois reprises. Notamment, avec le président de l'UEMOA qui est celui du Mali. J'ai appelé le gouverneur de la Banque Centrale, nous en avions discuté parce que la CEDEAO n'a pas de monnaie, donc elle n'a pas de banque centrale, tout comme l'Union Africaine. Cette Banque Centrale là est constituée de huit Etats dont le président en exercice est Monsieur Touré du Mali, nous sommes en contact, nous en parlons.

G. L. : Les pouvoirs ont été transférés à Ouattara, quelles en sont les conséquences sur votre pays ?

L. G. : Cela fait du tort parce que c'est nous qui gérons le pays. J'ai dit au président du Mali qui est notre président en exercice, de faire attention et de rétablir rapidement la situation afin que les opérations courantes puissent être faites. Mais nous n'avons pas terminé la discussion à ce propos. Donc, je vais le rappeler après cette interview.

G. L. : Mais cela va poser des problèmes, vu que les fonctionnaires...

L. G. : C'est leur objectif, ils veulent qu'on ait des difficultés avec le peuple, que celui-ci se révolte contre nous. Or la Côte d'Ivoire a toujours payé les fonctionnaires. Durant les huit années de crise, pas une seule fois les fonctionnaires n'ont manqué de salaire. Nous arrivons toujours à remplir nos obligations vis-à-vis de nos employés. C'est pour cela qu'ils veulent nous embêter, mais nous allons trouver une solution.

G. L. : Mais, il y a aussi la question des ambassadeurs...

L. G. : Oui, c'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale. Moi, je pense qu'on devait rechercher la vérité pour savoir qui a gagné les élections. Je souhaite que les gens ne fassent pas du brigandage politique. Ce que je veux dire, c'est que c'est nous qui gérons le pays. Essayer de donner la signature à la Banque Centrale à un autre, cela n'a aucun sens, tout comme faire nommer des ambassadeurs par quelqu'un qui n'est pas élu et qui bénéficie du soutien de quelques Etats. Mais nous sommes en crise et ces faits en sont les manifestations. Nous allons régler cela.

G. L. : Cela ressemble à un coup d'Etat politique de la France suivie des Etats Unis. Quels sont vos sentiments ?

L. G. : J'ai déjà dit que c'était un coup d'Etat, un coup d'Etat électoral et on ne peut pas accepter cela. Nous avons des règles précises et vous Américains savez que la Constitution est sacrée. Chez vous la Constitution est très sacrée. Quand les élections sont organisées, la commission électorale indépendante proclame les résultats provisoires qui doivent refléter la volonté du peuple. Mais une fois que les résultats provisoires ont été donnés, le Conseil constitutionnel qui est l'instance supérieure en Côte d'Ivoire regarde les résultats et proclame les résultats définitifs. On n'a pas eu de résultats provisoires et le Conseil constitutionnel donne les résultats définitifs. Et au lieu de suivre ces résultats, la France, l'ambassadeur de la France et l'ambassadeur des Etats-Unis s'en vont chercher le président de la Commission électorale indépendante et l'amènent au Golf Hôtel où se trouve le quartier général de campagne de mon adversaire. Et là-bas, il donne un résultat à la presse étrangère et non pas à la presse nationale. Et donc tout cela est un coup d'Etat électoral et nous n'accepterons pas cela.

G. L. : Il a donc été conduit là-bas par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France ?

L. G. : Oui, par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France. Normalement, l'ONU devrait poser des questions à ces gouvernements. Mais comme l'ONU elle-même est impliquée dans ces complots par l'intermédiaire de ses représentants sur place, ce n'est pas elle qui va poser les questions à ces deux diplomates. Vous avez travaillé avec deux personnes, deux victimes qui ont reçu des balles du bataillon des Nations Unies qui est censé être une armée de paix.

G.L : Bien que le mandat soit expiré, ils ont prolongé cela de six semaines.

L. G. : Oh ! Non. Non, pas du tout. Nous sommes Africains mais vous qui êtes Américain et qui êtes dans un pays où les droits des individus sont reconnus, je souhaite que vous témoigniez. Nous tous, nous cotisons pour les Nations Unies et quand il y a un problème dans un pays et qu'on nous amène une force des Nations Unies, c'est pour nous aider à maintenir la paix. Or dans notre pays, il y a de cela quelques années, les forces des Nations Unies ont déjà tué cinq personnes dans une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire qu'on appelle Guiglo. Et ces deux jours-ci, vous-même avez vu les civils qui ont été blessés par les forces de l'ONU. Je ne peux pas être d'accord avec cela, je ne peux pas du tout être d'accord. Je souhaite que les forces des Nations Unies partent et que les forces françaises qui les soutiennent partent. Je pense que les Africains doivent eux-mêmes s'arranger pour régler leurs propres affaires. Voila mon point de vue.

G. L. : Ces jours-ci on a vu que les Etats-Unis ont été impliqué dans les fraudes en Afghanistan et même le responsable des Nations Unies a été renvoyé de son poste et peut-être que là-bas ils vont encore recompter les voix. Comment voyez-vous cette situation de deux poids deux mesures, en Afghanistan, ils acceptent qu'on fasse des investigations et qu'on recompte des voix alors qu'en Côte d'Ivoire, ils adoptent une autre attitude ?

L. G. : Mais, parce qu'ils n'ont pas les mêmes intérêts. En Afghanistan, les Etats-Unis recherchent les cerveaux d'Al-Qaïda et cela prime sur tout. Donc leur objectif, c'est que quelle que soit la manière dont leur gouvernement a été élu, ce n'est pas leur problème, ils travaillent avec lui pour rechercher les responsables d'Al-Qaïda. Mais ici, on n'a pas ce problème. Donc on traite nos problèmes avec nonchalance, avec légèreté et avec injustice. Parce qu'ils estiment que nous ne sommes pas une plaque stratégique, c'est pourquoi ils peuvent être injustes avec nous. Mais nous crieront tant que nous auront la force, pour dire qu'il faut qu'on respecte la voix de notre peuple, qu'on respecte la démocratie. Moi, j'ai passé plus de la moitié de ma vie à lutter pour la démocratie. Aujourd'hui, si des élections démocratiques peuvent se tenir ici, c'est à cause des combats que nous avons menés. Voir des gens soutenus par l'occident, venir et pratiquer la fraude, c'est malheureux. Comme c'est malheureux ! Alors, je leur demande de se ressaisir, la France, les Etats-Unis, tout ceux-là, qu'ils se ressaisissent parce que nous ne laisserons pas piétiner notre Constitution.

G. L. : Chez-vous, vous prêtez serment sur la Constitution...

L. G. : Bien sûr, et j'ai prêté serment en 2000 et en 2010 sur la Constitution et devant le Conseil constitutionnel.

G. L. : Est-ce que Hilary Clinton et le président Obama vous ont contacté pour savoir ce qui se passait, vous-ont-ils appelé ?

L. G. : J'ai reçu quelques lettres. Mais je ne voudrais pas tellement parler des contacts personnels.

G. L. : Mais à part les courriers, vous avez eu des contacts ?

L. G. : Oui, on a quelques contacts, ils ne sont pas toujours agréables mais on a des contacts.

G. L. : Mais est-ce que vous pourriez refaire ces élections parce que j'ai rencontré le Conseil constitutionnel, hier (vendredi 7 janvier 2011, NDLR) qui m'a dit que ce serait anticonstitutionnel d'envisager la reprise car vous avez prêté serment et il vous a déclaré vainqueur ?

L. G. : Vous savez, moi, je respecte la loi de mon pays. Depuis que je suis président, je n'ai jamais posé un acte illégal. Je crois que c'est comme cela qu'un citoyen doit se comporter. Et en plus, si ce citoyen se trouve être le chef de l'Etat, il doit s'efforcer de travailler selon la loi. La Constitution, c'est la Bible d'un pays. De la même manière qu'un chrétien respecte les prescriptions de la Bible, de la même manière un citoyen doit respecter les prescriptions constitutionnelles. Moi, je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Et évidemment là-bas, vous êtes un modèle dans ce sens ?

L. G. : Je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Vous avez parlé d'une commission internationale qui pourrait exposer la vérité. Pensez-vous que cette commission pourrait voir le jour ?

L. G. : Je n'en sais rien, parce que le problème ne se pose pas tellement à l'intérieur de la Côte d'Ivoire. Le problème peut se poser avec l'extérieur parce que les soutiens de mon adversaire sont surtout des soutiens extérieurs. C'est à ceux de l'extérieur que je demande, pour découvrir la vérité, de venir et de recompter les bulletins de vote et de revérifier les procès-verbaux des bureaux de vote. Comme cela, ils vont découvrir, eux-mêmes, que dans plus de deux mille deux-cent (2.200) bureaux de vote, le nombre des votants est supérieur au nombre des inscrits. Je crois qu'à partir de là, ils vont comprendre beaucoup de choses. Les rebelles armés ont donné environ cinq cents mille (500.000) voix de plus à mon adversaire.

G. L. : Et le Conseil constitutionnel a annulé ces voix ?

L. G. : Alors, bien entendu, ce sont ces voix-là que le Conseil constitutionnel a annulées parce que ce sont des voix sans fondement qui n'émanaient pas du peuple.

G. L. : Les Nations Unies disent que vous les empêchez d'enquêter, de rechercher des charniers qui existeraient. Il y a des rapports qui disent que certaines personnes qui vous soutiennent commettent des crimes, vont attaquer des gens. Quelle est votre analyse sur la situation ?

L. G. : Je pense que les Nations Unies qui ont ici leurs troupes devraient faire preuve de sagesse. Jusqu'à présent, on les appelait les Forces impartiales, donc on les respectait. Mais avec ces élections, elles se sont montrées des forces partiales, des forces partisanes engagées aux côtés de mon adversaire. Donc, on ne veut plus d'eux. Et il ne faut pas qu'ils essayent de détourner la question. La question est électorale. Nous disons que les forces des Nations Unies présentes en Côte d'Ivoire, ont pris fait et cause pour Monsieur Ouattara contre Monsieur Gbagbo. C'est pourquoi, on n'en veut pas. Et donc, malgré le fait que je donne des consignes de calme au peuple, de temps en temps quand ils veulent abuser, les gens leur barrent les chemins. Mais, ils devraient être sages ; quand dans un pays, on dit qu'on ne veut pas de vous, il faut rester sage, il faut rester tranquille jusqu'à ce que l'ordre de votre départ du pays vienne. Voilà ce que je voudrais dire.

G. L. : Certains disent que ces informations sur les charniers, les massacres sont manipulées, ne sont pas vraies et que c'est encore un moyen de vous discréditer...

L. G. : C'est un moyen pour me discréditer. C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Mais la violence a été introduite dans la politique ivoirienne depuis que Monsieur Ouattara fait la politique. En 1993, au moment où le président Houphouët est décédé, il a essayé de s'emparer du pouvoir de façon illégale et depuis, il y a des faits de violence. Quand nous disons que nous ne voulons pas des forces de l'ONU, c'est pour cela. Parce qu'elles soutiennent mon adversaire. Allez regarder comment il vit à l'Hôtel du Golf, où il est réfugié. Il est refugié avec ses hommes, ce n'est pas nous qui l'avons poussé à s'y refugier. C'est lui qui y est allé tout seul.

G. L. : Mais qui le garde ?

L. G. : Ce sont les forces de l'ONU. Ce sont elles qui surveillent Monsieur Ouattara. Alors, ils allèguent que s'ils ne sont pas là, on va attenter à la vie de Monsieur Ouattara. Mais Monsieur Ouattara et nous, nous vivons ensemble, ici, depuis toujours. Est-ce que nous avons déjà tenté de l'assassiner ? C'est moi-même qui ai fait qu'aujourd'hui Monsieur Ouattara est candidat. C'est moi qui ai pris des décisions pour contourner certaines décisions constitutionnelles qui, par le passé, l'en ont empêché, pour que Ouattara soit candidat. Il ne faut pas que les Nations Unies se mettent dans des jeux partisans, dans des jeux politiciens, il ne faut pas cela. Il faut qu'ils partent ou bien s'ils sont là qu'ils restent tranquilles.

G. L. : Les gens disent que vous empêchez Monsieur Ouattara de sortir de l'Hôtel du Golf

L. G. : Mais c'est pas nous qui l'y avons emmené, et sa maison est même à cent mètres de l'Hôtel du Golf. Donc même s'il va chez lui, on ne saura pas qu'il a quitté l'Hôtel. Il peut même aller à pied en longeant la lagune, s'il veut. Il habite si près de l'Hôtel du Golf, il peut y aller quand il veut. Alors, qu'il arrête de raconter n'importe quoi aux étrangers qui viennent ici. Nous avons pris des décisions de sécurisation parce que l'Hôtel du Golf est le lieu où sont logés les rebelles depuis 2003. Puis Ouattara y est allé avec ses partisans. Jusqu'au mercredi 15 décembre, on n'avait pris aucune disposition quand nous avons vu qu'ils étaient surarmés à l'intérieur de l'Hôtel du Golf, avec plus de 300 personnes armées.
Il faut que vous sachiez que l'Hôtel du Golf est à cinq minutes de la Résidence du chef de l'Etat, sur l'eau, en pirogue, cinq minutes pour atteindre l'ambassade de France, et sept minutes pour aller à l'ambassade d'Allemagne. Il faut que vous sachiez que la résidence de l'ambassadeur des USA est toute proche de l'Hôtel du Golf, l'ambassade de Russie aussi est toute proche et puis c'est un quartier habité. Il faut que vous sachiez que la résidence de Madame Félix Houphouët-Boigny, la veuve du premier Président de Côte d'Ivoire, est à peu près à deux minutes de l'Hôtel du Golf.
Quand nous avons su qu'il y avait plus de 300 rebelles armés à l'Hôtel du Golf, nous avons pris des dispositions sécuritaires pour les empêcher de nuire. Ce n'est rien d'autre. On ne peut pas faire un assaut pour les déloger parce que les gens ne vont pas comprendre. Donc, on les empêche de nuire et on filtre les entrées pour que d'autres armes n'aillent pas grossir le lot des armes qui y sont déjà.

G. L. : Ouattara dit que s'il quitte le Golf Hôtel, il sera assassiné. Vous aussi vous avez des raisons de penser la même chose ?

L. G. : Ils sont là, ils sont 300 soldats à l'Hôtel du Golf. Alassane, il est ici, il est avec nous depuis longtemps, est-ce qu'une seule fois on a tenté de l'assassiner ? Je vous dis une chose : à travers votre télévision, je demande à tous ceux qui sont à l'Hôtel du Golf de renter chez eux, il faut qu'ils aillent à la maison pour que la Côte d'Ivoire retrouve une vie normale. Mais ils aiment être à l'Hôtel du Golf pour jouer à la victime, pour faire comme si nous les avons confinés à l'Hôtel du Golf, or, ce sont eux qui y sont allés, librement. Nous savons que Ouattara va chez lui à la maison tous les soirs. Il habite à un pas de chez lui. Il faut qu'ils rentrent chez eux pour que l'Hôtel du Golf redevienne un hôtel normal.

G. L. : Pourquoi est-ce que la France et les USA soutiennent-ils Monsieur Alassane Ouattara ?

L. G. : Je sais qu'il y a longtemps qu'ils souhaitent que Monsieur Ouattara soit président. Je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'ils veulent que Ouattara soit président. Je ne sais pas quel deal il y a entre Ouattara et eux, je ne suis pas dans leur secret mais je sais qu'il y a longtemps, ils sont avec Ouattara.
Mais le pouvoir, c'est Dieu qui le donne. Dieu passe par le peuple pour donner le pouvoir. Ce n'est pas ma faute, c'est le peuple qui m'a choisi. S'il veut être président qu'il attende un autre moment. Il y a des gens en Occident qui veulent mettre Ouattara au pouvoir mais le peuple n'est pas d'accord et cela, ce n'est pas la démocratie. Rester à Paris et décider qu'un tel doit être président, ce n'est pas de la démocratie.

G. L. : Votre ministre de la jeunesse, Monsieur Charles Blé Goudé, que nous avons interviewé, a dit que la France et les USA cherchent le pétrole, le cacao et cherchent un président qu'ils vont mettre à la tête de ce pays pour le manipuler et pour la société Total qui a une grande part dans la gestion du pétrole en Côte d'Ivoire.

L. G. : Chacun fait ses analyses. Le Gouvernement français actuel et certains Américains veulent que Ouattara soit président. Et c'est un fait visible. Je respecte l'avis de Blé Goudé mais je n'ai pas assez d'éléments pour avancer sur ce point de vue. Mais il faut qu'ils comprennent qu'il y a Dieu et le peuple qui choisissent un chef d'Etat.

G. L. : Je sais que cette situation est vraiment difficile pour vous mais vous donnez l'impression d'être calme. Vous êtes préoccupé, certes, mais vous n'avez pas peur. D'où est-ce que vous sortez cette force pour rester comme vous êtes ?

L. G. : (Rires) Vous savez, il y a longtemps que je fais de la politique donc j'ai traversé des moments difficiles. Ce n'est pas la première difficulté que je rencontre, j'espère que celle-ci sera la dernière. Je suis serein parce que je suis dans la vérité. Je souhaite que tous ceux qui veulent être dans la vérité viennent pour qu'on recompte les bulletins de vote et qu'on réexamine les procès-verbaux de tous les bureaux de vote. Quand je propose cela, c'est pour la vérité, je suis dans la vérité, c'est pourquoi je suis serein. Le Dieu que je prie, n'est pas un Dieu d'injustice. Je le prie toujours, je lui demande de me donner la force pour que je dirige le peuple qu'il m'a confié, et tout le reste c'est pour lui.

G. L. : Il y a beaucoup de chrétiens qui prient pour vous, Monsieur le Président, et pour votre pays. Moi aussi, je prie pour la Côte d'Ivoire. Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps car nous savons que vous êtes très occupé, merci et bon courage !

L. G. : Je remercie tous les chrétiens qui prient pour nous, je leur demande de continuer de prier parce que notre assurance est dans le seigneur. Nous demandons à tous ceux qui contestent ces élections de venir pour que nous recomptions les voix. Je remercie tout le monde.



Interview réalisée par Gary Lane, Grand Reporter International de CBN News

(Abidjan, le vendredi 7 janvier 2011)

mercredi, 12 janvier 2011

INGERENCE DANS LE DOSSIER IVOIRIEN - BARACK OBAMA: LA FIN D'UN REVE POUR LES IVOIRIENS


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In Le Nouveau Courrier N°175 du 10 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula


Le président américain, sur le dossier ivoirien, semble très loin de ses discours qui ont fait naître de l'espoir chez les Africains. Et il ne serait pas hasardeux de déclarer que Martin Luther King avait un rêve, Barak Obama vendait du rêve.


Lors de son passage à Accra, en juillet 2009, Barack Obama, dans un discours pathétique a suscité beaucoup d'espoir chez les Africains, notamment les Ivoiriens dont le pays était dans un processus électoral qu'ils voulaient transparent, afin de se doter, après plusieurs années d'atermoiements, d'institutions crédibles. Le président des Etats-Unis avait déclaré, devant le parlement ghanéen que l'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. Selon lui, la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, a révélé Obama, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux Institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s'assurent que les voix de l'opposition peuvent s'exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l'égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l'expertise comptable, l'automatisation des services, le renforcement des lignes d'appel d'urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

La crise post-électorale que traverse la Côte d'Ivoire était un test pour le président américain. Mais Barack Obama a du mal à tenir ses promesses, donnant raison à ses détracteurs au pays de l'oncle Sam. L'ex-sénateur de l'Illinois apparaissait comme celui qui pouvait changer les relations de son pays avec le monde arabe et ramener la paix au Moyen Orient. Il devait fermer Guantanamo, mais ne l'a pas fait, au grand dam des gauchistes «libéraux» américains. Il devait sortir les Etats-Unis des guêpiers irakien et afghan, il a été amené à renforcer le contingent US en Afghanistan. Il devait faciliter les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, il n'a rien pu faire. Il n'a pas su tenir tête à d'Ahmadinejad. Les déceptions ont été évidemment plus fortes du côté de ceux qui croyaient en lui, comme les électeurs démocrates de son camp de Chicago. Constat : le camp des démocrates est en déroute, offrant une opportunité aux Républicains de s'organiser pour qu'Obama n'ait pas un second mandat en 2012.

En Afrique où des pays comme la Côte d'Ivoire, 50 ans après, sont à la recherche de leurs repères pour amorcer leur souveraineté politique et leur développement économique, l'on comprend mal la prise de position de Barack Obama, après son discours d'Accra. Ses réactions qui ne se départissent pas de celles du président français jettent de l'huile sur le feu. Obama a-t-il été induit en erreur par ses services comme c'est courant aux Etats-Unis ou par son homologue français, qui s'accommode des réseaux françafricains, au point de n'adopter aucune réserve ? Agit-il en toute conscience ? Dans les deux cas, ses sorties sur la gestion de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire sont incomprises par les démocrates du monde qui sont imprégnés de la question ivoirienne. Barack Obama altère ainsi ce rêve ivoirien qui est de voir un Noir d'origine africaine, étant à la tête d'une grande démocratie, permettre aux Africains de décider librement de leur avenir.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

48H APRES LE DEPART D'OBASANJO: LE GRAND DILEMME DE OUATTARA


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In Le Nouveau Courrier N°176 du 12 Janvier 2011 par Emmanuel Akani


Alassane Ouattara qui accepte de collaborer avec Laurent Gbagbo. Du nouveau, même si la décision est assortie de conditions. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur le séjour de l'ancien président nigérian sur les bords de la lagune Ebrié.


48 h après le départ de l'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui a séjourné à Abidjan les 9 et 10 janvier, Alassane Ouattara se retrouve dans une situation embarrassante. Jusqu'au week-end dernier, l'homme était partagé entre deux sentiments : continuer de prôner l'intervention des forces militaires de l'Ecomog contre la Côte d'Ivoire pour l'imposer aux Ivoiriens ou écouter les médiateurs mandatés par l'Union africaine (Ua) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui l'invitent à la table de négociation. Depuis hier lundi, après le départ de l'ancien chef d'État nigérian qui effectuait une visite privée à Abidjan, avec la caution de Goodluck Jonathan et ses pairs de la Cedeao, le président du Rdr semble avoir décidé de saisir la main tendue de Laurent Gbagbo, pour une sortie de crise apaisée. C'est pourquoi il a annoncé, juste quelques heures après qu'Obasanjo s'est envolé pour Abuja, son désir de travailler avec le président Gbagbo dans le cadre de la mise en place d'un gouvernement d'union. A condition, selon lui, que le président de la République reconnaisse «sa victoire». Une réserve pour se donner de la contenance face à ses partisans et donner l'impression qu'il maîtrise la situation.

D'ailleurs, tout en donnant son accord aux médiateurs pour des négociations entre Gbagbo et lui, Alassane Ouattara brandit toujours l'épouvantail de l'attaque armée pour renverser Laurent Gbagbo. Quand lui-même parle de commando armé pour enlever le président de la République, ses lieutenants appellent la communauté internationale, France et États Unis en tête, à lâcher des bombes sur la Côte d'Ivoire. L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'ONU, Youssoufou Bamba ( ?), a ainsi déclaré hier, à New York, que «nous sommes dans la dynamique de l'usage de la force qui constitue un ultime recours quand les autres mesures ont été inopérantes».

Une cacophonie qui, ajoutée aux menaces que le camp Ouattara fait peser tant sur les fonctionnaires et agents de l'État que sur les opérateurs économiques, permet de comprendre que la cause est entendue pour le protégé de Nicolas Sarkozy. Et cela, Ouattara le sait!

Les dessous de la visite d'Obasanjo

Les tentatives de récupération de la visite d'Olusegun Obasanjo par l'Élysée ont fait long feu. Et les médias et agences de presse français qui parlaient d'une ultime chance donnée à Gbagbo pour quitter le pouvoir ont très vite déchanté. Selon une diplomate nigériane au cœur des échanges entre Obasanjo et les deux protagonistes de la crise, il n'a nullement été question d'ultimatum. La mission de bons offices de l'ancien chef d'État visait surtout à tenter de rapprocher les deux positions et faire entendre raison particulièrement au locataire du Golf hôtel. «Obasanjo est venu demander à Ouattara, à la demande des chefs d'Etat de la Cedeao, d'accepter de collaborer avec Laurent Gbagbo. Il l'a rassuré qu'un poste sera taillé sur mesure pour lui et lui a surtout expliqué que la Cedeao n'est pas en mesure d'envoyer une force de l'Ecomog en Côte d'Ivoire ; pour plusieurs raisons. D'une part, parce que la sous région a plus intérêt à écouter les deux parties et régler le problème de façon pacifique. Par la négociation et non par la force militaire qui pourrait créer des violences susceptibles de s'étendre dans les pays limitrophes et au-delà. D'autre part, le Nigeria, grand pourvoyeur de soldats, ne peut s'engager dans une telle opération, vu la situation actuelle du pays. Les élections prévues en avril approchent à grands pas et sont déterminantes. C'est pourquoi le président Obasanjo a multiplié les têtes-à-têtes avec le premier ministre Alassane Ouattara qu'il a rencontré à trois reprises au cours de son séjour. Je peux vous dire qu'il est reparti sur une bonne note», a rassuré la diplomate nigériane. Le président Obasanjo, qui a une parfaite connaissance du dossier ivoirien, «est venu en ami en Côte d'Ivoire, pour qu'on recherche ensemble la solution», soulignait lundi le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé. Il aura réussi un beau coup, sans bruit, si Alassane Ouattara décidait de respecter la parole donnée. Pourvu que ses maîtres, Sarkozy et Obama, lui laissent la latitude de savoir ce qui est bon pour lui.



Source : LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 10 janvier 2011

UN JOURNALISTE AMERICAIN TEMOIGNE: «GBAGBO NE DEMISSIONNERA PAS PARCE QU'IL EST LE VRAI VAINQUEUR»

 

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ABS-CBN News Channel (ANC)

 

Contrairement à nombre de ses collaborateurs, Gary Lane, grand reporter international sur la chaîne de télévision CBN News, vieille de 50 ans et bien implantée aux USA, n'a pas voulu parler de la Côte d'Ivoire en restant dans son pays. Il est venu sur les bords de la lagune Ebrié. Il a entendu, vu et senti. Témoignage sous le titre « Pourquoi GBAGBO refuse de partir » ...


ABIDJAN, Côte d'Ivoire - Depuis les premiers jours de la nouvelle année, j'ai rencontré en Côte d'Ivoire officiels du gouvernement et j'ai parlé aux victimes de violences liées aux récentes élections. J'ai également rencontré le président, déjeuné avec la Première Dame Simone Ehivet GBAGBO, et même assisté à une réunion exclusive avec tous les sept membres du Conseil constitutionnel.

Conclusion? Le Président Gbagbo ne démissionnera pas parce qu'il est le vrai vainqueur de l'élection présidentielle.

Blé Goudé, ministre du gouvernement de la Jeunesse et de l'Emploi, compare le contentieux électoral à la présidentielle de 2000 aux États-Unis. Vous souvenez-vous des confettis suspendus et l'interminable décompte des voix en Floride?
La Cour suprême américaine, conformément à l'autorité que lui reconnaît la Constitution des États-Unis, est intervenue et a déclaré vainqueur George W. Bush. Al Gore s'est incliné avec élégance et Bush a prêté serment comme président.

Ici, en Côte d'Ivoire, les résultats des élections ont fait l'objet de débats entre les membres de la Commission électorale. Les commissaires se sont mis d'accord sur les résultats de 14 provinces, mais ceux de cinq autres ont été contestés. Le délai de trois jours imposé à la Commission électorale pour la proclamation des résultats n'a pas été respecté.

Conformément à la loi, le contentieux électoral a été transmis au Conseil Constitutionnel où les sept membres qui le composent, après l'examen des preuves de la fraude électorale, ont estimé que 500.000 bulletins de vote n'étaient pas valides. Ils ont déclaré Gbagbo vainqueur. Il a prêté serment - conformément à la Constitution - en tant que président.

Mais contrairement à Al Gore, OUATTARA s'accroche malgré un scrutin frauduleux. Pouvez-vous imaginer Al Gore organisant sa propre cérémonie d'investiture ? C'est ce que OUATTARA a fait sans l'approbation du Conseil constitutionnel comme l'exige la loi ivoirienne.

OUATTARA et ses partisans affirment que Gbagbo a été désigné président par ses amis politiques au sein du Conseil Constitutionnel, mais quand je les ai rencontrés cette semaine, ils m'ont paru être d'honnêtes hommes et femmes intègres. Certains sont titulaires d'un doctorat et sont bien rompus au droit constitutionnel ivoirien. Ils ne ressemblent pas à des politicards. Bien au contraire, j'ai eu le sentiment que j'étais en présence des esprits juridiques les plus brillants de Côte d'Ivoire.

Entre-temps, OUATTARA a ses propres amis à la Commission électorale. Le président de cette Commission a annoncé Alassane OUATTARA comme gagnant. Non pas en présence des représentants des deux candidats, et non pas en présence des autres membres de la commission, et non pas au siège de la Commission - toutes choses contraires au droit ivoirien. Au lieu de cela, il a agi seul et a fait l'annonce au Golf Hôtel, quartier général de campagne de OUATTARA.
OUATTARA a prêté serment comme président, mais pas devant le Conseil constitutionnel comme l'exige la loi.

J'ai interrogé des témoins et des victimes de la fraude et de la violence du jour du scrutin dans les régions Nord et Centre du pays contrôlées par les rebelles. Ils m'ont parlé des bureaux de vote qui ont fermé tôt et des urnes qui ont été bourrées par les rebelles. Ils ont raconté comment des rebelles armés ont tenu les gens à distance des lieux de vote. Certains partisans de Gbagbo et de responsables de bureaux de vote ont été brutalement attaqués. J'ai interviewé une représentante de GBAGBO qui a été agressée, violée et laissée pour morte.

J'ai également vu des résultats de différents bureaux de vote du Nord. Plusieurs bureaux de vote ont enregistré zéro voix pour Gbagbo, alors même que plusieurs personnes avaient voté pour GBAGBO dans ces mêmes bureaux de vote au premier tour de l'élection présidentielle. Certains bureaux de vote ont enregistré plus de suffrages exprimés que le nombre de personnes qui y étaient effectivement enregistrées.

Très tôt aujourd'hui, j'ai interviewé deux personnes hospitalisées, victimes de la fusillade du 29 décembre perpétrée par des « forces de paix » des Nations Unies. Beaucoup de gens, ici, dans la capitale d'Abidjan - disent que les troupes de l'ONU ne les protègent plus et qu'elles ne sont pas impartiales dans le présent différend (L'ONU supporte OUATTARA). Ils disent que l'ONU n'est plus le bienvenu et ils veulent qu'ils quittent le pays.

Ainsi, le président chrétien de la Côte d'Ivoire refuse de démissionner. Il dit qu'il veut protéger son pays contre le génocide qui peut être perpétré par les rebelles et leur ancien chef, OUATTARA. Il dit que les élections ont été frauduleuses et la France, les Etats-Unis et l'ONU se sont empressés de porter un jugement. Il demande une enquête internationale. Washington et la communauté internationale devraient lui donner l'occasion de présenter les éléments de preuve.

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Gary Lane


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

dimanche, 09 janvier 2011

INTERVENTION MILITAIRE CONTRE GBAGBO: L'AMBASSADEUR AMERICAIN CONFIRME LES PRESSIONS SUR L'UA ET LA CEDEAO



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In Le Nouveau Courrier N°173 du 08 Janvier 2011 par Emmanuel Akani

La communauté internationale ne lésine sur aucun moyen pour contraindre les pays africains à avaliser, à travers l'Ua et la Cedeao, une intervention militaire en Côte d'Ivoire dans le but de renverser le régime en place. Les confessions de Philip Carter III.


L'ambassadeur américain en Côte d'Ivoire, Philip Carter III, a réaffirmé hier à sa résidence la position de son pays dans la crise électorale que vit le pays depuis le deuxième tour de la présidentielle.

Selon lui, «la certification de l'Onuci a été faite de manière très indépendante et impartiale» et «le président Gbagbo doit accepter les résultats du scrutin (publiés par Youssouf Bakayoko au Golf Hôtel) et céder son fauteuil à Alassane Ouattara». Des résultats qui s'imposent aux Ivoiriens, selon lui, parce qu'ils ont été reconnus par la Cedeao, l'Ua, et les puissances occidentales, décidées à en imposer à la nation ivoirienne indépendante souveraine et indépendante.

Alors que les médiateurs africains ont écarté définitivement l'option militaire comme solution à la crise, Philip Carter 3 martèle que les Etats Unis et leurs partenaires occidentaux «vont réexaminer la question avec la Cedeao». Si le elle doit avoir lieu, et c'est très probable selon lui, «se sera une décision africaine» à travers les organismes régionaux du continent, c'est-à-dire l'Ua et la Cedeao. «Nous travaillons avec cette institution et nous y avons une délégation. Les États unis sont des amis de la Cedeao que nous soutenons depuis de longues années. Notre objectif, c'est d'éviter tout usage de la force mais si la décision est prise, nous agirons de concert avec l'Ue et le conseil de sécurité des Nations unies en appui à la Cedaeo», a déclaré le diplomate qui reconnait implicitement que les Etats unis, l'Ue et la France particulièrement, font des pressions énormes sur les institutions africaines : Ua et Cedeao, afin que l'option militaire soit maintenue et soit envisageable dans un cours délai. Pour lui, la seule possibilité d'éviter cette barbarie de la communauté internationale, si la décision était prise, c'est que le président Gbagbo accepte de quitter le pouvoir. Des propos qui traduisent clairement l'obstination des amis de Ouattara à l'aider à continuer de mettre la Côte d'Ivoire à feu et à sang. Sinon, pourquoi agiter le torchon de l'invasion militaire, comme en Irak, quand les Africains ont déjà décidé de trouver une issue pacifique à la crise.

« Je ne sais pas si Gbagbo a des avoirs aux Etats-Unis »

Interrogé sur le volume et la nature des avoirs de Laurent Gbagbo qui ont été gelés par les Etats Unis, Philip Carter 3 a balbutié qu'il n'en savait pas grand'chose. Il ne sait pas si le président Gbagbo, son épouse et ses trois proches touchés par la mesure, à savoir les ministres Tagro Dsésiré, Alcide Djédjé et Amani Michel, «ont des avoirs aux Etats Unis». «Je ne peux dire combien de comptes ils y disposent, où ils sont domiciliés et de quels fonds ils disposent aux Etats Unis. Mais les concernés ne peuvent plus utiliser notre système bancaire pour des opérations ou d es transactions », a-t-il expliqué.

Un mépris souverain pour les institutions ivoiriennes

Tout au long des échanges qu'il a eus avec les journalistes, l'ami d'Alassane Ouattara (ils étaient ensemble au Fmi) a multiplié les contradictions. Tantôt il soutient «que les Nations Unies, notamment avec la certification de l'Onuci, n'ont pas vocation à se substituer aux institutions nationales». Tantôt, il soutient qu'il était admis pour tous les candidats, aux termes de l'accord de Ouaga, «qu'en cas de problème entre la Cei et le conseil constitutionnel, c'est la certification des Nations Unies qui primerait». Le président Gbagbo, Alassane Ouattara,Guillaume Soro et le facilitateur, selon lui, étaient tous d'accord avec cette disposition. C'est pourquoi il pense que les résultats proclamés par le président de la Cei, au delà du délai légal et au Qg de campagne d'Alassane Ouattara, sont valables et devraient prévaloir à tout prix. «Le recomptage des voix n'est pas envisageable. Les questions relatives aux compétences de la Cei et du conseil constitutionnel sont dépassées», a soutenu le diplomate qui, manifestement, prend la Côte d'Ivoire pour un pays sous protection onusienne. Les révélations faites par Fréderic Lafont au sujet des 17 observateurs de l'Ue exfiltrés du nord du pays lors du second tour de la présidentielle, il dit ne rien en savoir. «Tout s'est bien déroulé au nord. Le grand problème, c'était plutôt dans le grand Ouest», martèle Philippe Carter III.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 07 janvier 2011

LES REVELATIONS TROUBLANTES SUR LA «PROCLAMATION DES RESULTATS»



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1/ Pour arrêter la liste des candidats à l'élection présidentielle, c'est au Conseil Constitutionnel que la Commission Électorale Indépendante (CEI) a transmis les dossiers des candidats. Sur 20 candidats, le Conseil Constitutionnel en a éliminé 6 et retenu 14. Là personne n'a dit que le Conseil Constitutionnel était aux bottes de Gbagbo et qu'il n'était pas qualifié pour juger de la recevabilité et de la validité des candidatures. Tout le monde a accepté cette décision sans rien dire, même ceux qui ont été recalés.


2/ Quand la CEI a donné les résultats provisoires du 1er tour, il a fallu attendre les résultats définitifs du Conseil Constitutionnel avant d'ouvrir la campagne pour le 2ème tour. Le Conseil Constitutionnel a même jugé irrecevable la requête de M. Bédié parce qu'elle a été transmise hors délai. Là non plus personne n'a rien eu à redire contre la décision du Conseil Constitutionnel. Avec les mêmes conseillers et le même Président, personne n'a dit que ce Conseil était aux bottes de Laurent Gbagbo.

3/ Selon la loi électorale ivoirienne, la Commission Électorale Indépendante (CEI) avait 3 jours pour donner les résultats provisoires. Ensuite, compte tenu du déséquilibre notoire dans la représentativité des organisations politiques ou des institutions de la République (Présidium de la CEI : 4 opposants contre 1 pro-Gbagbo ; Commission Centrale de la CEI ayant voix délibérative: 16 opposants contre 6 pro-Gbagbo), le règlement intérieur de la CEI dispose que c'est par consensus que les résultats issus des commissions régionales sont validés. En clair, si un des conseillers n'est pas d'accord, le résultat n'est pas rendu public. C'est ce mode de travail qui a prévalu au sein de la CEI au 1er tour et au 2ème tour. Mais pour le 2ème tour, malheureusement la recherche du consensus n'a pas permis à la CEI de valider tous les résultats avant le délai imparti à cette institution par la loi. Au bout des 3 jours de délai la CEI n'a pu donner ses résultats. A partir de ce moment, la CEI n'était plus compétente pour proclamer un quelconque résultat. Mais fort curieusement, c'est 15 heures après le délai de 3 jours que le président de la CEI va, par quel moyen ??, se retrouver seul dans l'hôtel qui sert depuis début Octobre de QG de campagne à Alassane OUATTARA et y proclamer des résultats que la CEI n'a pas validés et ce, devant seulement deux télévisions d'État françaises (France 2 et France 24). Et ce sont ces télévisions françaises qui vont apprendre aux Ivoiriens les résultats de l'élection de leur Président. Dans quel monde sommes-nous ?

Le Président de la CEI a-t-il été kidnappé ? Oui, aujourd'hui nous pouvons l'affirmer: avec la complicité de l'Ambassade de France et d'éléments armés des Forces Nouvelles, il a été amené à l'hôtel du golf à 23 heures la veille, au QG d'Alassane OUATTARA en lui confisquant ses téléphones portables et en lui remettant des "résultats" à lire. Il a résisté jusque dans l'après-midi.

Il a ensuite été exfiltré par la France vers Paris, d'où il fait aujourd'hui des déclarations fracassantes aux médias et surtout complètement incongrues. Comment peut-il dire qu'il ne savait pas que l'hôtel du Golf était le Quartier Général de Campagne de Alassane OUATTARA???? Lui, le président de la Commission Électorale? Le second hôtel de Luxe d'Abidjan, était depuis le mois d'Octobre envahi par des centaines d'animateurs et de communicateurs, des écrans géants visibles depuis les routes, du matériel sonore, des chapiteaux, etc. Et c'est là que ce sont déroulées les nuits électorales du RDR!!!!!

Ainsi donc, contrairement à ce qui est propagé dans le monde entier, la CEI n'a pas validé les résultats de l'élection et n'a donc pas donné de résultats. C'est plutôt le Président de la CEI qui n'a pas compétence à valider et à donner seul les résultats qui s'est retrouvé dans un hôtel (QG d'Alassane Ouattara) où il a donné des "résultats". Et du coup le monde entier saute sur ce "résultat " pour dire Ok ! Alassane Ouattara est "Président de la République de Côte d'Ivoire".

On n'a plus besoin de l'avis du Conseil Constitutionnel parce qu'il est pro-GBAGBO. Les puissances occidentales avec la France à leur tête et certains pays de la sous-région considèrent le résultat provisoire comme définitif. Ils agissent ainsi parce qu'ils savent que plusieurs PV sont faux et que s'ils sont soumis à une juridiction, n'importe laquelle, le "résultat" du Président de la CEI et non de la CEI sera invalidé.

Si la CEI s'est montrée incapable de donner les résultats, c'est au Conseil Constitutionnel qu'il revient de trancher. Et c'est ce que le Conseil Constitutionnel a fait. Au-delà des jugements subjectifs qui consistent à dire que Paul Yao Ndré, Président du Conseil constitutionnel est un proche de GBAGBO, il faut regarder avec objectivité l'arrêt qu'il a rendu. Est-ce fondé ou non de rejeter les résultats qui l'ont été ? Pourquoi personne ne cherche à comprendre le bien fondé de la décision du Conseil Constitutionnel?

Il convient de souligner qu'en plus du comptage manuel, la CEI a commis un cabinet d'expertise à l'effet d'un comptage électronique des voix (voir document joint de SILS Technology). Ce cabinet a rejeté 2200 procès verbaux des bureaux de vote sur lesquels le nombre de votants est supérieur au nombre d'inscrits. Ce qui est une anomalie grave que nul ne saurait justifier. Ce n'est donc pas le Conseil Constitutionnel qui a invalidé le vote dans des départements du Centre et du Nord sous contrôle des rebelles des FN, mais la CEI elle-même à travers son partenaire, la société SILS, chargée du comptage électronique. Et ce sont ces PV frauduleux qui justifient le blocage des travaux de la CEI parce que plusieurs Conseillers n'ont pas accepté la validation des PV indiquant un nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits. Quel être humain normal pourvu de tous ses sens peut accepter la prise en compte de procès verbaux (PV) de bureau de vote où le nombre de votants est anormalement supérieur au nombre d'inscrits ?

Alors comment comprendre que Bingu Wa Mutarika, Président en exercice de l'Union Africaine s'aligne sur une position incongrue qui consiste à dire que les fraudes massives organisées avec les fusils des rebelles n'ont jamais existé ?

Comment comprendre que quatre chefs d'État, membres de la CEDEAO (la CEDEAO compte 14 membres + la Côte d'Ivoire) se retrouvent à Abuja le 7 décembre 2010 pour décider à la place de toute la CEDEAO en affirmant que le "résultat" provisoire donné par le Président de la CEI seul au QG d'Alassane Ouattara suffit et qu'il faut chasser Laurent GBAGBO du pouvoir ? Quel dommage ! Mille fois dommage !

Plusieurs groupes d'observateurs des élections ont noté qu'au 2è tour, il y a eu trop de violence de la part des Forces Nouvelles, ex-rebelles (toujours en armes) sur les représentants de Laurent GBABGBO dans les bureaux de vote dont plusieurs ont été battus à sang, séquestrés, chassés après le passage de l'ONU (qui faisait des sauts de puce dans les différents points de vote) et des femmes violées au sein même du bureau de vote.

Malheureusement, l'on a considéré que ces observateurs qui ont qualifié le scrutin d'injustice, non transparent en zone sous contrôle rebelle étant majoritairement africains, leurs rapports n'étaient pas dignes de confiance. Mais seul le rapport des observateurs de l'Union Européenne qui n'ont déployé aucun agent en zones sous contrôle rebelle devait être pris en compte. C'est ce qui a été fait. Voilà la vérité sur le 2è tour et les résultats des élections en Côte d'Ivoire.

Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu s'aligner sur ces positions insensées ? Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu considérer tous les observateurs Africains y compris ceux de l'Union Africaine-même, comme des sous-hommes au point d'affirmer que tous leurs rapports n'étaient pas dignes du moindre crédit ?

Tout le monde condamne Laurent GBAGBO à cause de l'acte de Damana Picass qui a déchiré les résultats que voulait proclamer Bamba Yacouba, porte parole de la CEI (et membre du RDR!). Cet acte a été présenté pendant 3 jours en boucle par les médias en taisant les commentaires du magistrat Togba pour donner l'impression que les partisans de GBAGBO ne veulent pas qu'on donne les résultat parce qu'ils sentent que GBAGBO est battu.

C'est de la désinformation pure et simple et à partir de là, les gens condamnent un acte qui ne constitue qu'une conséquence et se taisent sur les causes. En effet, en France, sur 28 bureaux de vote, il y a eu des incidents dans 8 bureaux et à cause de ces 8 bureaux, Bamba Yacouba superviseur de la France (donc étant celui qui transmet le rapport de France aux commissaires de la CEI) a fait annuler tous les 28 bureaux de France en se présentant directement devant les caméras des TV à l'insu des autres membres de la commission centrale.

Et c'est cette forfaiture qu'il a voulu recommencer avec des résultats des zones sous contrôle rebelle (non validés par la commission centrale de la CEI) à l'insu des autres membres de la commission centrale et ce, devant des TV étrangères uniquement. Voilà ce qui a motivé la réaction de Damana Picas. Quel est cet être humain normal qui n'aurait pas agi ainsi ? Nous, en Côte d'Ivoire, nous avons salué et continuons de saluer l'acte de bravoure de Damana Picas.



Source : Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

mercredi, 05 janvier 2011

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (4)

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Quiproquo : La terre entière a été témoin de l'esclandre : deux membres de la Commission électorale indépendante appartenant à La Majorité Présidentielle, Damana Pickas et Vehi Tokpa, arrachant des mains du porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, les feuilles de résultats provisoires qu'il s'apprêtait à annoncer, le 30 novembre 2010. Le cas semblait entendu : le camp Gbagbo voulait s'accrocher au pouvoir par tous les moyens et empêcher le monde d'apprendre sa défaite. Que nenni ! La vérité est toute autre ! Les règles de la Cei prévoyaient clairement que seuls les résultats ayant fait l'objet d'un consensus pouvaient être consolidés comme résultats provisoires par cette administration. Or il s'avère, ainsi que le confirmera lui-même le président de la Cei dès le lendemain lors d'une intervention télévisée à la Rti, que les résultats que Bamba Yacouba voulait propager n'avaient pas fait l'objet du consensus requis comme préalable à toute annonce. Le commissaire central de la Cei et le directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Intérieur avaient donc non seulement le droit, mais également l'obligation d'empêcher l'acte délictueux du porte-parole rebelle. C'est un peu comme si un tueur en série entrait chez vous et menaçait d'abattre les vôtres avec une arme. Le laisseriez-vous assassiner votre famille parce que vous savez que vous avez le droit de votre côté et qu'il sera arrêté, jugé et jeté en prison après son forfait, ou bien tenteriez-vous quand même de le désarmer, pour sauver vos proches ? Le deuxième malentendu à lever concerne une question de fond : Légitimité et légalité sont-elles nécessairement antinomiques en Côte d'Ivoire ? Au sortir du second tour du scrutin présidentiel, beaucoup ont cru devoir expliquer ainsi la dichotomie factice créée de toutes pièces par une communauté dite internationale anormalement engagée dans notre pays. Au risque d'en irriter certains, l'heure est venue de mettre fin au mythe de Ouattara «président légitime» opposé à Gbagbo «président légal». Que Gbagbo soit le président légal, cela ne fait aucun doute. Il est celui qui a été proclamé vainqueur et investi par la plus haute juridiction de Côte d'Ivoire, le Conseil constitutionnel, dont les décisions revêtent l'autorité de la chose jugée. Mais, n'en déplaisent aux rapaces qui tournoient avec convoitise au-dessus des richesses de nos sol et sous-sol, il en est également le président légitime. Parce que, contrairement à George W. Bush, que la Cour suprême des Etats-Unis avait proclamé vainqueur au détriment d'Al Gore, pourtant crédité du plus grand nombre voix lors de l'élection de présidentielle américaine de 2000, c'est bel et bien Laurent Gbagbo qui a été choisi par la majorité des électeurs ivoiriens. Et cela est non seulement confirmé par le Conseil constitutionnel, que les médias internationaux s'entêtent à qualifier de «proche de Gbagbo», comme si ceux des autres pays du monde étaient composés de membres de l'opposition, mais également par la Commission électorale indépendante, à 80% aux mains d'Alassane Dramane Ouattara. En effet, les résultats consolidés et donc consensuels de 14 régions sur 19 compilés par la Cei au soir du 1er décembre 2010 donnent Gbagbo en tête. Et cela sans contestation aucune de son adversaire, qui n'a à aucun moment introduit une quelconque réclamation auprès du Conseil constitutionnel à ce propos, mais qui a prouvé qu'il reconnaissait l'existence de cette juridiction en lui envoyant une très farfelue et rigolote «prestation de serment écrite», qu'aucun rédacteur de la Constitution, même shooté à l'ecstasy, n'aurait pensé à inclure dans la Loi fondamentale. L'annulation des fraudes organisées par le camp Ouattara dans les zones contrôlées par les rebelles n'a donc en rien entaché la vérité du scrutin : Laurent Gbagbo est le président légal et légitime de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années... si les agitations de la communauté dite internationale ne viennent pas allonger d'autant son second mandat, comme la tentative de coup d'Etat de 2002, sensée abréger son premier mandat, n'aura in fine contribué qu'à en doubler la durée. Enfin, last but not least, il est impossible de clore la rubrique des quiproquos sans évoquer les incohérences de l'Union européenne, qui annonce une interdiction de visa pour une liste de personnalités ivoiriennes «sanctionnées» pour incarner ou supporter les institutions légitimes de Côte d'Ivoire. A ce sujet, nous avons juste deux questions à poser à l'Ue : Comment refuser un visa à quelqu'un qui n'en n'a pas besoin pour circuler en Europe ? Et est-ce qu'annoncer que l'on va refuser un visa à des gens qui n'ont jamais eu l'intention d'en demander, c'est une sanction ou une élucubration ?

RHDP : C'est à Paris, le 18 mai 2005 qu'a été scellée l'alliance surréaliste entre Alassane Dramane Ouattara, ancien premier ministre de Côte d'Ivoire de 1990 à 1993 et Henri Konan Bedié, ancien président de la république, sous le nom de rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Outre le fait que les acteurs ont jugé nécessaire, 45 ans après l'accession du pays à l'indépendance, d'aller en France pour donner naissance à un mouvement politique ivoirien, il est beaucoup d'autres anomalies à relever dans ce qui restera dans les annales comme l'une des plus grosses farces politiciennes ouest africaines. Le Rhdp, c'est l'association contre-nature de deux hommes qui s'autoproclament tous deux héritiers du père fondateur de la Côte d'Ivoire mais qui s'avèrent en fait être les deux plus grands démolisseurs de l'œuvre de Félix Houphouët-Boigny (FHB). Ouattara d'abord, qui n'a pas attendu la mort du Vieux pour détruire ce à quoi ce dernier tenait le plus : la paix et la stabilité. Cet économiste burkinabé a eu en charge la gestion de l'économie ivoirienne pendant quatre ans. Malheureusement entièrement dévoué aux désidératas des institutions financières internationales, il prendra des décisions et appliquera des mesures qui seront fatales pour le pays. Pendant que les Etats-Unis et l'Union européenne soutenaient largement leurs agriculteurs, il coupa les subventions aux planteurs ivoiriens, enterrant de facto leur compétitivité. S'ensuivirent des licenciements massifs de fonctionnaires, la réduction de plus de 40% des salaires des rescapés, des mises à la retraite anticipée,  des rémunérations à deux vitesses, la privatisation au franc symbolique des joyaux de l'économie éburnéenne... Il sema le germe de la division en introduisant la carte de séjour pour les étrangers, dans un pays qui jusque là s'était toujours distingué par son hospitalité. Il porta également un coup fatal au système éducatif ivoirien en gelant l'embauche des enseignants de l'éducation de base, en fermant les cantines scolaires, en éliminant la gratuité du transport et de la couverture sanitaire de base pour les étudiants. Sa plus grande trahison, qui consista à initier la dévaluation du franc CFA contre laquelle Félix Houphouët-Boigny s'était toujours battu avec la dernière énergie, couplée au pillage insolent des biens de l'Etat auquel il s'est livré avec la complicité de son épouse française de confession juive, achevèrent de précipiter la Côte d'Ivoire dans un gouffre économique duquel elle est encore loin d'être sortie. Cela eut pour conséquence immédiate la rupture de la paix sociale si chère à Houphouët, avec son lot de manifestations étudiantes et syndicales, d'arrestations arbitraires, des jugements fantaisistes... Quant à Henri Konan Bédié, en appelant - au grand effarement de ses militants - à voter pour celui qui a financé le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir en 1999, celui pour lequel il a conçu la tristement célèbre xénophobe théorie d'épuration ethnique appelée «ivoirité», qu'il développa justement pour écarter du pouvoir un Ouattara qui lorgnait goulument vers le fauteuil présidentiel sans pour autant remplir les conditions pré-requises pour y prétendre, il a tout simplement assassiné l'autre grande œuvre de FHB : l'historique PDCI-RDA (parti démocratique de Côte d'Ivoire), qui faisait pourtant partie du patrimoine politique de l'humanité, comme l'ANC en Afrique du Sud. Pas étonnant que l'association bouffonesque de ces deux individus se soit soldée par un plantage en bonne et due forme. Avec des héritiers comme ça, pas besoin d'ennemis. Le pauvre Houphouët doit s'être retourné maintes fois dans sa tombe !

Souveraineté : Peut-on vraiment s'offusquer qu'en 2010, un président français s'arroge le droit de désigner le chef d'Etat d'un pays africain «indépendant» depuis cinquante ans, en parfaite violation du choix de la majorité des populations et des dispositions constitutionnelles dudit pays? La souveraineté de la Côte d'Ivoire, qui est aujourd'hui bafouée par la «communauté internationale», n'est en réalité que factice, comme l'est celle de la majorité des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, car bien que la plupart de leurs constitutions la proclament, les Etats d'Afrique noire dite francophone subissent encore aujourd'hui les contraintes de l'aliénation à la puissance coloniale. Comment clamer notre souveraineté, alors que même les textes fondateurs de nos républiques et la quasi-totalité de nos textes de loi sont calqués sur le modèle français, bien que nos réalités culturelles, sociales, historiques et idéologiques divergent totalement ? Comment revendiquer notre autonomie, alors que nous peinons à dénoncer et déchirer les contrats indignes qui bradent les richesses de nos pays à l'exploiteur français par le biais d'un pacte colonial signé le 24 avril 1961, dissimulé au milieu de nuisibles accords de défense à géométrie variable ? Comment prétendre être libres alors que l'un des principaux attributs de la souveraineté des Etats, la monnaie, est, en ce qui nous concerne, géré de bout en bout par des mains étrangères, voire ennemies ? Comment aspirer à notre émancipation alors que génération après génération, nous sortons de l'école après avoir appris par cœur l'histoire de France, Descartes, Voltaire et La Fontaine mais sachant peu de choses sur le berceau de l'Humanité dont nous sommes originaires, incapables de narrer les luttes et les exploits de Soundjata Keïta, Chaka Zulu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Bantu Steven Biko, Ana Zingha, Sylvanus Olympio, Kwame Nkrumah, Samory Touré, Menelik II, la reine Pokou, Jean-Jacques Dessalines, Oliver Tambo, ou de réciter les contes de Birago Diop et les poèmes d'Aimé Césaire ? Comment préserver le droit de notre peuple à décider lui-même ce qui est bon pour lui quand nous devons importer les armes sensées le défendre ? Comment ambitionner être souverains quand nous dépendons de la France pour nous exprimer, au plan national comme international ? Il n'y a, au regard de ce qui précède, aucune raison d'être particulièrement choqué par la démarche coloniale parfaitement assumée de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire.

Terrorisme : Si les opinions publiques occidentales s'émeuvent quand des terroristes foncent avec des avions dans leurs gratte-ciels, font sauter des bombes dans leurs gares, cafés et représentations diplomatiques, ou enlèvent et décapitent des Européens au Sahel, elles peinent à s'opposer aux agissements meurtriers que leurs dirigeants commettent en dehors de leurs frontières. Dernier exemple en date : Ils s'appellent Stefan Barry, Jochen Kilian, Dirk Gerlich, Stephan Franke, Christian Stein, Fabian Müller, Sebastian Berwind, Frank Hütter, Patrick Thönessen, Alexander Schweig, Detlef Merchel et Uwe Max Heinrich Schulz. Ils sont tous titulaires de passeports délivrés le 16 décembre 2010 par le ministère allemand des affaires étrangères, à l'exception des deux derniers qui ont été délivrés respectivement le 21/12/2009 et le 20/12/2010.  Il s'agit des douze mercenaires teutons engagés par le gouvernement français pour assassiner le président Gbagbo, qui ont débarqué de façon rocambolesque sur le sol ivoirien par l'entremise de l'ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Philippe Carter III. Cet ami de longue date du couple Ouattara  a sollicité et obtenu des autorités légales (et non de celles du Golf!) une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët Boigny pour un appareil exploité par la compagnie Phenix Air avec Brian Edminster pour commandant de bord. Cependant, au lieu de se poser à Abidjan, l'appareil a plutôt atterri à Bouake, après une escale à Alger, pour y débarquer les tireurs d'élite allemands dotés de matériel sophistiqué. Si leur mission n'est à ce jour pas encore accomplie, l'histoire coloniale française en Afrique est jalonnée d'épisodes assassins. Mais faire partie des «grandes puissances» ne garantit en rien le succès d'offensives militaires impérialistes. Sarkozy et Obama seraient bien inspirés de replonger leurs nez dans les livres d'histoire, aux chapitres Indochine, Vietnam, Algérie, Afghanistan. Plus récemment, en 1992, sous le mandat de l'Onu, les Etats Unis, au nom d'une soi-disant ingérence humanitaire qui sentait quand même beaucoup le pétrole, lançaient l'opération «Restore hope» en Somalie, qui se solda par la mort de 173 soldats américains,  casques bleus et civils étrangers et contraignit Bill Clinton à retirer ses troupes. Qui ne se souvient pas du spectacle délectable des cadavres des soldats américains trainés par des voitures dans les rues de Mogadiscio sous les vivas de la foule ? De quoi susciter des vocations ! Il reste à espérer que l'Union européenne a planifié l'évacuation de tous ses ressortissants, non seulement de Côte d'Ivoire, mais également des autres pays d'Afrique. Parce qu'une chose est certaine : le temps où les Noirs se trucidaient pour le bon plaisir des Blancs, leur permettant de faire main basse sur leurs richesses pendant qu'ils étaient occupés à se battre, est révolu. «Donnez-leur des armes, ils s'entretueront les uns les autres», affirmait le chantre de l'apartheid Pieter Botha. Certes, il y a toujours un quarteron des nègres, comme Ouattara et ses sbires, prêts à commettre l'irréparable pour satisfaire aux exigences de Bwana, mais un nombre sans cesse croissant d'Africains a bien compris le rôle néfaste joué par les Blancs dans l'attisement des conflits sur notre continent et ne compte plus les laisser faire sans réagir. Les peuples contemporains d'Afrique n'ayant plus l'intention d'être les uniques victimes d'une bestialité exacerbée par les dirigeants européens, il est évident que l'attitude des gouvernements qui cautionnent ou exécutent les dérives pyromanes de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire expose leurs ressortissants innocents au fort bouillonnant ressentiment anti-français et aux actes de violence qui pourraient s'ensuivre à Douala, Yaoundé, Libreville, Conakry, Ndjamena, Abidjan, Bangui, Alger, Niamey, Kinshasa, Brazzaville...

Union africaine : L'Afrique est le continent le plus riche du monde en ressources naturelles et en espaces cultivables. Par quel tour de passe-passe abracadabrantesque arrive-t-elle donc au XXIè siècle en étant la zone la plus pauvre de la planète, déchirée par les guerres les plus fratricides ? Les bases de l'Union européenne d'aujourd'hui ont été jetées lorsque Robert Schuman, au sortir de la deuxième guerre mondiale, annonça la naissance d'une Haute Autorité, mettant en commun les productions allemande et française de charbon et d'acier, avec pour objectif non seulement la préservation de la paix mais aussi et surtout l'amélioration des conditions de production et donc du niveau de vie des populations franco-allemandes et de tous les pays européens participant à la nouvelle aventure. A quand donc le véritable acte fondateur de l'Union africaine, bâti autour d'une fusion d'intérêts économiques communs, par exemple les ressources énergétiques dont le continent est si riche (uranium, pétrole, gaz naturel, bois, cours d'eau, soleil...), qui mettra fin aux sanglants conflits qui endeuillent l'Afrique, tout en assurant une production modernisée et de qualité, la fourniture d'énergie à des clauses identiques sur les marchés des pays adhérents, l'accroissement des exportations vers le reste du monde, la progression concomitante des conditions de vie de la main-d'œuvre desdites industries, ainsi que le relèvement substantiel du niveau de vie et du développement des populations africaines ? Pas de si tôt, si l'on observe le comportement des dirigeants locaux, qui, au lieu d'être solidaires et de s'unir pour peser sur l'échiquier international, préfèrent se dresser les uns contre les autres et confier les destinées de leurs contrées aux très intrusives puissances étrangères. Une anecdote racontée par le président Gbagbo illustre parfaitement l'omniprésence de ces dernières. «Quand nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe. Il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : 'Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas.'» C'est d'ailleurs en constatant la propension des rebelles à se précipiter hors de la salle des négociations pour prendre leurs directives et informer en temps réel leurs donneurs d'ordre hexagonaux de l'évolution des pourparlers de Tshwane que Thabo Mbeki, à l'époque président sud africain et médiateur de la crise ivoirienne, avait ordonné le brouillage des communications téléphoniques, mettant en transes le camp Ouattara, qui se trouva ainsi coupé du cordon ombilical le liant à Paris. «Le fait que les nègres ressemblent et agissent comme des hommes ne fait pas d'eux des êtres doués d'intelligence». Une vue d'ensemble des participants aux conférences des chefs d'Etat de l'Union africaine semble malheureusement donner raison à Pieter Botha. Qu'attendre de digne de la part de personnages aussi lobotomisés, émasculés et amputés de leurs colonnes vertébrales ? Seuls quelques uns d'entre eux ont prouvé leur capacité à résister aux pressions occidentales : Paul Kagame, Isaias Aferworki, Laurent Gbagbo, Muammar Kadhafi, Meles Zenawi, Jose Eduardo Dos Santos, Yayah Jammeh, Robert Mugabe, Abdelaziz Bouteflika. Mais cela est loin d'être suffisant. Avec une arrogance sans précédent, Nicolas Sarkozy s'est d'ores et déjà invité au sommet de l'Union africaine prévu fin janvier 2011 à Addis Abeba. Est-il seulement imaginable qu'il aille ainsi taper l'incruste à un sommet de chefs d'Etat d'Asie ou d'Amérique du Sud ? A-t-on déjà vu des dirigeants africains assister aux réunions de l'Union européenne ? Peut-on espérer un  ras-le bol imminent face à cette intenable immixtion occidentale ? Les contorsions du président de la commission de l'Union africaine, le gabonais Jean Ping - ancien missi dominici du parrain de la Françafrique Omar Bongo - dans le dossier ivoirien font passer les danseurs Bafia du Cameroun pour des modèles de rigidité et n'augurent rien de bon pour l'évolution de l'Union africaine, que le Maroc a, sans dommage, refusé d'intégrer.

Visa : Que les Occidentaux ne s'y trompent pas. Ce que les Africains poursuivent quand ils viennent en Europe, ce n'est pas leurs femmes, mais tout simplement ce qui leur appartient de fait et de droit : le confort dont le pillage de leurs richesses par la nébuleuse françafricaine les prive.  Une éducation de qualité, un système sanitaire de pointe, des emplois, des retraites payées, la sécurité sociale et la sécurité tout court, mais aussi des infrastructures sportives, technologiques, industrielles, culturelles et artistiques dignes de ce nom. Parce que tant que le développement et la stabilité de l'Occident se feront aux dépens du continent Noir, chaque Africain a non seulement le droit mais également le devoir «d'envahir» l'Europe. Afin que l'Europe devienne l'Afrique. «La Libye s'engage à stopper l'immigration clandestine si vous lui fournissez au moins 5 milliards d'euros par an et de l'assistance technique. [...] Sinon, la Libye ne sera plus le garde-côte de l'Europe.» Cette exigence du guide de la révolution Muammar Kadhafi à l'Union européenne n'est en rien farfelue ou exorbitante. C'est en voyageant que l'on se développe. On s'ouvre l'esprit, on s'inspire, on apprend de nouvelles perspectives, on élargit son horizon. Ce n'est pas pour rien que tous les grands créateurs ont toujours été des adeptes du voyage. Les hommes ne se développent pas quand ils sont cloîtrés. La limitation des mouvements des Africains est pensée en ce sens. Nous attendons du gouvernement de Laurent Gbagbo qu'il pose des actes concrets à ce sujet. Le développement économique de chaque pays dépend du développement de ses ressources humaines. Quelle coopération économique peut-on envisager si nos ressortissants ne peuvent circuler librement chez nos partenaires commerciaux ? Nos gouvernants doivent faire de la levée de l'obligation de visa une des conditions sine qua none de la signature de conventions commerciales majeures futures. Vous voulez exploitez nos ressources énergétiques, minières et agricoles ? Souffrez donc que nos ressources humaines puissent librement circuler dans vos pays, chers dirigeants occidentaux ! Rassurez-vous, dès lors que nous serons dans un schéma de partenariat équitable gagnant-gagnant, vous n'avez pas à craindre qu'elles y demeurent à perpétuité : le temps et la convivialité sont bien meilleurs en Afrique !

Wikileaks :... ou le monde vu depuis les coulisses de la diplomatie américaine. Grâce à Julian Assange, créateur du site Wikileaks, il existe depuis la fin du mois de novembre, une lecture plus captivante qu'Harry Potter et Agatha Christie réunis : les télégrammes confidentiels des ambassades américaines à travers le monde, de 1966 à 2010. Plus de 250 000 documents, mis en ligne jour après jour, qui révèlent tous les petits secrets du fonctionnement du monde. On apprend ainsi que le détournement de 18,3 milliards de francs CFA, découvert à la Banque des états de l'Afrique Centrale (Beac) en 2009, a été fait à l'instigation du défunt chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, et a aussi bien servi à son enrichissement personnel qu'à celui de son fils Ali Bongo, l'actuel président du Gabon, mais aussi et surtout à financer de façon occulte les partis et les hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy nommément cité. Non pas que cela soit une découverte pour les exégètes de la Françafrique. Ce qui est assez surprenant, par contre, c'est la collusion permanente des intérêts américains et français dès qu'il s'agit de l'Afrique. «La France est un de nos plus puissants alliés en Afrique», confirme d'ailleurs l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton le 25 janvier 2010. L'on retrouve cette symbiose inquiétante dans les dossiers guinéen et ivoirien. Les manigances de la France et des USA et l'utilisation systématique de Blaise Compaoré comme leur marionnette sur le terrain est dévoilée crûment dans les mémos envoyés par les représentations diplomatiques américaines à Ouagadougou, Conakry, Abidjan et Paris. Savoureuses, les dépêches détaillant comment le général Sekouba Konaté est contraint de succéder à Dadis Camara, alors qu'il n'a absolument aucune envie d'exercer un quelconque pouvoir ! Particulièrement intéressantes, les mentions récurrentes à l'affairisme du président burkinabé, qui «a des intérêts économiques personnels en Guinée, comme dans beaucoup d'autres pays africains, ce qui conditionne sa prise de décision», selon les dires du fonctionnaire du Quai d'Orsay Stéphane Gompertz à l'ambassadrice américaine en Guinée, assertions confirmées par Wanda Nesbitt, diplomate US à Abidjan dans un télégramme du 02 juillet 2009 : «Il s'avère maintenant que la quatrième annexe à l'accord politique d'Ouagadougou est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo de se partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte exige des forces Nouvelles qu'elles rendent le contrôle du nord au gouvernement et achèvent le désarmement deux mois avant l'élection. L'ambassadeur Badini (représentant du facilitateur Blaise Compaoré à Abidjan) a confirmé à l'ambassadeur la nature de partage du pouvoir de l'accord, le 26 juin». Ceci est extrêmement grave, car cela prouve que les Etats Unis sont parfaitement au courant que le véritable seigneur de guerre en Côte d'Ivoire n'est ni Guillaume Soro, ni Alassane Dramane Ouattara, qui ne sont que des faire-valoir,  mais bel et bien l'homme-lige de la France, Blaise Compaoré, dont le pillage éhonté des matières premières de la Côte d'Ivoire est tout simplement accepté. Pas étonnant donc que le Burkina Faso soit devenu, au cours de la crise ivoirienne, un grand exportateur de cacao et de diamants, alors que ces ressources sont absentes de son territoire !

X : En juillet 2007, un homme infiniment petit s'est adressé à la jeunesse d'Afrique depuis Dakar en ces termes : «La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.» Cet individu s'appelle Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et il est le président de la république française. Tout au long de cet abécédaire, nous avons eu l'occasion de constater à quel point cette tirade est insultante et surtout mensongère : La colonisation française est responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique dite francophone, de son sous-développement, de son endettement, de sa pauvreté. Elle est responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, comme au Biafra, comme en Côte d'Ivoire, comme au Congo, comme au Tchad. Elle est responsable des génocides, comme au Rwanda, comme au Cameroun, comme en Algérie. Elle est responsable des dictateurs qu'elle installe au pouvoir pour mieux servir les intérêts gaulois, comme Blaise Compaoré, Omar et Ali Bongo, Gnassimbé Eyadema et Faure Gnassimbe, Denis Sassou Nguesso... Elle est responsable du fanatisme, de l'extrémisme et de la révolte que ses attitudes impérialistes suscitent. Elle est responsable de la corruption, de la prévarication, à travers la nébuleuse françafricaine, à travers le pillage opéré par les multinationales françaises. Elle est responsable des gaspillages et de la pollution, comme l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan le prouve. Alors, pour digérer les contrevérités du nain de l'Elysée, il semble adéquat de laisser la parole à un homme infiniment grand, Malcolm X : «Personne ne peut vous donner la liberté. Personne ne peut vous donner l'égalité, la justice ou quoique ce soit. Si vous êtes des hommes, vous la prenez.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu'êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Il n'y a pas de révolution pacifique. Il n'y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n'êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Si vous n'êtes pas prêts à mourir, alors effacez le mot 'liberté' de votre vocabulaire.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «S'il est nécessaire d'organiser une armée de la nation noire, nous organiserons une armée de la nation noire. Ce sera le vote ou la balle. Ce sera la liberté ou ce sera la mort.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts.

Ya fohi ! : Sarkozy bande ses petits muscles, Obama hausse le ton, Compaoré complote, la communauté dite internationale braille, l'Union européenne sanctionne, Badluck Jonathan menace, la Cedeao s'agite, l'Union africaine brasse de l'air, l'Onuci s'incruste, Licorne se cache, Ouattara soliloque, Soro monologue, Bédié rumine... et pendant ce temps, les Ivoiriens vaquent tranquillement à leurs occupations. Imperturbables et dignes, dans la sérénité et la bonne humeur. Ya fohi ! Il n'y a rien, comme on dit en nouchi.

Zone franc : Il n'y a plus grand-chose à dire sur cette relique d'un autre temps. La France a cessé d'être une puissance monétaire depuis l'avènement de l'euro comme monnaie unique européenne. En effet, pour être considérée comme telle, il eut fallu qu'elle conserve elle-même la main haute sur sa propre monnaie, ce qui n'est plus le cas depuis que la Banque de France a transféré ses compétences à la Banque centrale européenne. La France est donc dans l'incapacité juridique de continuer de garantir le franc CFA avec sa monnaie. D'autre part, la monnaie est la clé de voûte de la souveraineté d'un Etat. Hors, la mise sous tutelle de la souveraineté monétaire des Etats de la zone Franc a été imposée par la puissance coloniale française à des gouvernements pseudo indépendants à sa botte, sans consultation des peuples concernés. Le franc CFA a fait son temps en Côte d'Ivoire. L'outrecuidance du conseil des ministres de l'Uemoa qui, outrepassant ses prérogatives, s'est ingéré dans la crise ivoirienne en recommandant à la Bceao de ne plus reconnaitre la signature du gouvernement légitime pour la transférer au perdant des élections du 28 novembre 2010 est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et marque un point de non retour. Laurent Gbagbo l'a dit lors de sa prestation de serment : la souveraineté de la Côte d'Ivoire est non négociable. S'il ne veut pas perdre le soutien populaire dont il jouit en ce moment, il n'a pas d'autre choix que de lancer rapidement une nouvelle monnaie ivoirienne, symbole d'une liberté et d'une indépendance nouvellement et chèrement acquises.



Mahalia Nteby, le 04 janvier 2011 (mahalia.nteby@yahoo.fr)


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lundi, 03 janvier 2011

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (3)

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Libations : 1960 - 2010. Cinquante ans d'exploitation, de stagnation, de dépit, de régression, de pauvreté, d'injustices, de violence. Et pourtant ! Douze chefs d'Etat africains se sont rendus docilement en France pour répondre à la convocation élyséenne les sommant de célébrer le cinquantenaire de leurs «indépendances» à Paris le 14 juillet 2010. Il s'agit des béninois Thomas Yayi Boni, burkinabe Blaise Compaoré, camerounais Paul Biya, centrafricain François Bozizé, congolais Denis Sassou Nguesso, gabonais Ali Bongo, malien Amadou Toumani Touré, mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz, nigérien Djibo Salou, sénégalais Abdoulaye Wade, tchadien Idriss Déby et togolais Faure Gnassimbe. Tels des toutous, ils se sont agglutinés autour des 165 centimètres - talonnettes incluses - du président français, la queue frétillante et la langue pendante au moindre regard blasé que daignait leur jeter leur maître Sarkozy! Leur empressement faisait peine à voir, la palme revenant au général-putschiste nigérien, qui semblait prêt à tout pour échanger son poste de chef d'Etat en Afrique contre celui de chauffeur à l'Elysée. Le rassemblement de la honte. Le seul à avoir refusé de participer à cette insultante et pitoyable mascarade est le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui est également le seul à conduire une lutte de libération pour s'émanciper du joug néo colonial français. D'où l'ire inextinguible du sieur Sarkozy, prêt à user de tous les moyens pour anéantir cet homme africain qui ose entrer dans l'Histoire, qui ose s'élancer vers l'avenir, qui ose avoir l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin, pour reprendre les termes de son ignominieux discours de Dakar. D'où l'aversion de ses pairs, dont l'attitude veule et aplaventriste contraste de façon frappante avec la posture combattante de Laurent Gbagbo, qui a décidé qu'il était grand temps que la Côte d'Ivoire écrive enfin sa propre Histoire. Ceci explique sans aucun doute le comportement vindicatif et jubilatoire de la plupart des festoyeurs parisiens dans la gestion de la crise ivoirienne. Mais rira bien qui rira le dernier. Parce que ce qui arrive à Laurent Gbagbo aujourd'hui est un précédent qui, s'il n'y est pas fait échec, fera date et pourra se répéter à l'infini, partout où la France jugera nécessaire de procéder à un changement de régime en Afrique sans se salir les mains ni dépenser des sommes colossales.

Médias : La composante médiatique de la guerre menée par la France et ses alliés contre la Côte d'Ivoire est sans doute l'une des plus notables. C'est dans un bel ensemble que les médias français se sont accordés pour lancer l'une des plus grandes campagnes de désinformation de tous les temps. Haro sur Gbagbo ! Suivis par leurs consœurs anglo-saxonnes (BBC, CNN, VOA etc.), nourries des dépêches fallacieuses de Reuters, Afp et Ap, relayées par une presse unanimement aux ordres (Le Figaro, L'Express, Le Monde, Libération, Jeune Afrique etc.), les radios et télévisions France 24, France 2, Tf1, TV5, i-télé, Lci, Rfi ont sonné ce qu'elles pensaient être le hallali final de la renaissance ivoirienne. Elles ne se contenteront pas d'annoncer en primeur au monde «la victoire d'Alassane Ouattara» à l'élection présidentielle sur la base d'un résultat ânonné hors-délai, hors-norme et hors forme, non pas par la Commission électorale indépendante, mais par son seul président, Youssouf Bakayoko, amené au quartier général du soi-disant vainqueur par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, alors que le professeur Yao N'Dré, président de la plus haute juridiction ivoirienne, avait depuis belle lurette déclaré ladite CEI forclose, conformément aux textes en vigueur en Côte d'Ivoire. Elles dresseront des portraits diffamants du président élu proclamé par le Conseil constitutionnel (seule instance habilitée à le faire, selon la Loi fondamentale ivoirienne), Laurent Gbagbo. Elles créeront de toutes pièces des informations anxiogènes relatives à des assassinats en série, des escadrons de la mort, des charniers dont l'existence est aussi réelle que les armes de destruction massive brandies comme prétexte par George Bush pour justifier l'invasion de l'Irak. Une mention particulière doit être faite ici à Onuci-FM, la radio onusienne qui émet depuis Abidjan et s'attèle avec une célérité ahurissante à surclasser la très funeste Radio Mille Collines rwandaise comme instrument de préparation et de propagation de desseins génocidaires. Cependant, comme Astérix face aux Romains, la Radio télévision ivoirienne (Rti) résiste à l'armada médiatique occidentale. Et d'une façon tellement efficace que l'Etat français se sentira contraint de procéder au brouillage du signal de la Rti sur le bouquet de Canal+ Horizons, afin d'empêcher les téléspectateurs et auditeurs du monde entier de voir leur grotesques mensonges démontés soir après soir depuis un petit studio de Cocody, à Abidjan. Ce n'est pas un hasard si l'une des premières actions du tandem Ouattara/Soro a été d'appeler leurs supporters à une marche insurrectionnelle visant à installer leurs obligés à la tête de la Rti. C'est n'est pas par hasard que Pierre Brou Amessan, l'actuel directeur général de la Rti, se trouve sur la liste des «sanctionnés» de l'Union européenne. Il est en effet, avec les militaires loyalistes qui se battent tous les jours pour assurer la sécurité des Ivoiriens et de leurs institutions, l'un des plus vaillants soldats de la lutte contre la recolonisation française de l'Afrique, au même titre que l'armée de petites mains anonymes qui, dans un élan sans pareil de civisme et de panafricanisme, a envahi le web pour gagner la bataille d'Internet. Cette crise nous aura appris deux leçons : d'abord, l'urgence de ne jamais être dépendants d'opérateurs européens en matière de communication. Etre présents sur le bouquet de Canal+ est une chose, mais il faut également signer des accords de diffusion avec le sud-africain Multichoice/Dstv et privilégier l'option d'hébergement de notre signal sur des satellites asiatiques plutôt qu'américains ou européens. Et ensuite, la nécessité d'investir dans la création d'une vraie chaine africaine d'information, selon le modèle de la qatari Al Jazeera. Celle-ci ne saurait bien évidemment être crédible que si, d'une part, son siège et ses installations techniques se trouvent sur le continent noir et non en Occident comme cela est le cas pour toutes les chaines qui prétendent jouer ce rôle aujourd'hui (Africa 24, Vox Africa, Africable, Télésud etc.), et si, d'autre part, elle exclue tout financement étranger ou toute participation des institutions financières internationales.

Négriers : «Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le nègre met au cou du nègre pour complaire aux maîtres du jour», écrivait Bernard Dadié. Il est affligeant de voir que, du temps de l'esclavage à nos jours, la mentalité de «collaborateur zélé» de l'oppresseur demeure une constante chez beaucoup de ceux qui se trouvent, par hasard, manipulation ou putsch, à la tête des Etats africains ! Ainsi donc, certains chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique et douanière des états de l'Afrique de l'Ouest) ont osé menacer le président Laurent Gbagbo d'une intervention militaire s'il ne cédait pas le pouvoir au pantin désigné par le président français Nicolas Sarkozy ! Certes, mieux vaut entendre cela que d'être sourde, mais quand même ! De qui est-il question ? Blaise Compaoré, assassin dont les mains dégoulinent encore du sang de Thomas Sankara ; Faure Gnassimbe, dont le violent et grotesque hold-up électoral a eu lieu en mondovision ; Abdoulaye Wade, sénile gériatre s'acharnant à donner libre cours à sa volonté népotique de transmettre le pouvoir à son fils, par ailleurs déculotté jusque dans son propre bureau de vote lors des élections municipales de mars 2009 à Dakar ; Thomas Yayi Boni, économiste ayant protégé avec bienveillance les auteurs du détournement de plus de 150 millions d'euros des petits épargnants béninois ; Ellen Johnson-Sirleaf, officiellement mise en cause comme financière de la guerre civile libérienne par la Truth and Reconciliation Commission, chargée d'enquêter sur les crimes commis de 1979 à 2003, qui a exigé à son endroit une interdiction d'occuper un poste officiel pendant les 30 prochaines années ; ou, last but not least, Goodluck Jonathan, président non élu du Nigéria, incapable à ce jour de gérer les sanglants problèmes ethniques et religieux du pays qu'il gouverne ni de s'assurer la nomination de son parti pour les prochaines élections présidentielles prévues le 9 avril 2011. Que dire du bedonnant et patibulaire Ali Bongo, venu mettre sa bouche dans un palabre qui ne le concerne pas, usurpateur de la présidence du Gabon -selon les déclarations des auteurs mêmes de la fraude électorale, les services secrets et la cellule africaine de l'Elysée-, et dont le principal souci est de faire «tout ce qui est en mon pouvoir pour servir les intérêts de la Franc-maçonnerie en général et de cette grande loge [la loge nationale du Gabon, ndlr] en particulier? » Quel bel assortiment de justiciers donneurs de leçon ! Yako, Afrique !

Obama : 4 novembre 2008. Le monde retient son souffle. Puis une onde de choc secoue la planète. Barack Hussein Obama est le premier noir élu président des Etats-Unis. Une indicible joie traverse l'Afrique, comme si l'élection d'Obama était un peu la notre, la réalisation du rêve de Martin Luther King, l'aboutissement du combat de Malcolm X et la revanche pour des siècles de traite des Nègres et d'esclavage. A peine deux années plus tard, le réveil est brutal. Celui sur lequel le monde en général, et le monde noir en particulier, avait fondé tant d'espoirs, s'est révélé être une coquille vide. «Les Etats-Unis ont abandonné l'idée d'obtenir le gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie». Cette phrase terrible enterre aussi bien les espérances de millions de Palestiniens qu'elle entérine la faillite morale et politique de l'administration Obama. Quelle désillusion ! Incapable de faire la paix là où cela est nécessaire, impatient de faire la guerre où il ne faut pas, se trompant de combat avec une belle régularité : Quel drôle de prix Nobel de la paix ! En juillet 2009, lors de son premier voyage sur la terre de ses ancêtres depuis son élection, l'homme lançait à Accra : «L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, elle a besoin d'institutions fortes».  Il n'aura pas attendu longtemps avant de renier cette belle harangue, puisqu'en décembre 2010, il s'alignera sur Nicolas Sarkozy pour tenter de tordre le coup aux Institutions ivoiriennes afin de légitimer un coup d'Etat électoral au profit d'un homme plus réceptif aux enjeux géostratégiques occidentaux que Laurent Gbagbo. Barack Obama n'est rien d'autre qu'un président américain comme un autre. Capable de mener les guerres les plus injustes sous les prétextes les plus fallacieux pour sécuriser les intérêts économiques des Etats-Unis, et Dieu sait si les immenses gisements de pétrole au large des côtes ivoiro-ghanéennes sont diablement alléchants. En 1953, Dwight D. Eisenhower participait au renversement de Mossadegh en Iran pour s'approprier le pétrole iranien ; en 2003, George W. Bush envahissait l'Irak pour mettre la main sur le pétrole irakien ; en 2010, Barack Obama s'associe à Nicolas Sarkozy pour tenter de rafler le pétrole ivoirien en complotant pour renverser le président Gbagbo. Il est temps de faire savoir à ces Laurel et Hardy de la politique que leur funeste projet n'aboutira pas, tout simplement parce que la courageuse résistance ivoirienne, soutenue par les peuples dignes d'Afrique, y fera barrage. Yes we can !

Patriotisme : La résistance ivoirienne est historiquement née lorsque des millions d'Eburnéens sont descendus dans les rues du pays pour empêcher le général-putschiste Robert Guéi de voler la victoire de l'outsider Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle de 2000. Guéi accepta l'inéluctabilité de sa défaite avant que le Conseil constitutionnel ne la confirme, quand, survolant Abidjan en hélicoptère, il  constata la densité de la marée humaine qui avait envahi les artères de la ville. Mais le mouvement patriotique prendra toute son ampleur à partir de 2002, quand Alassane Dramane Ouattara, qui avait déjà financé le renversement d'Henri Konan Bédié par le général Guéi, mais s'était retrouvé sur la touche lorsque ce dernier refusa de lui céder le fauteuil présidentiel comme convenu initialement, décidera de tenter un autre coup d'Etat en s'appuyant cette fois sur de jeunes soldats aidés par des assaillants burkinabés, maliens et libériens. C'est grâce à l'amour inconditionnel des citoyens ivoiriens pour leur patrie que les plans machiavéliques de Ouattara et de ses donneurs d'ordre occidentaux ont pu être contrés. Les patriotes ont défendu la Nation quand le groupe de travail international (GTI), sous la houlette de la villepiniste Brigitte Girardin, s'était mis en tête de dissoudre l'une des institutions fondamentales de la République, l'Assemblée nationale, dont le président était alors perçu comme étant l'homme le plus anti-français d'Afrique de l'ouest. Ils sont morts en faisant barrage aux chars français qui faisaient route vers la résidence du chef de l'Etat ivoirien pour l'assassiner ; ils sont morts transpercés par les balles des soldats de Licorne tirant sur eux depuis l'hôtel Ivoire ; ils sont morts explosés et brûlés par les bombardements des ponts d'Abidjan par l'aviation gauloise ; ils sont morts déchiquetés par les coups de machettes et les tirs de kalachnikovs des barbares rebelles à la solde de Ouattara... Et pourtant, si l'on s'en réfère aux médias internationaux, les patriotes ivoiriens sont une bande de jeunes voyous assoiffés de sang et de violence ! Cherchez l'erreur. L'élan patriotique s'était quelque peu effrité ces dernières années. Difficile de rester mobilisés, quand l'une des figures emblématiques du mouvement, Charles Blé Goudé, passait son temps à faire du porte à porte pour demander aux populations d'accepter Guillaume Soro comme premier ministre de Laurent Gbagbo ou à aller en boîte de nuit avec le plus sanguinaire chef de guerre de Côte d'Ivoire, le lugubre Wattao. Cependant, grâce à l'inacceptable, la révoltante et l'humiliante ingérence étrangère faisant suite à la tentative avortée de hold-up électoral par le «serial loser» Ouattara en décembre 2010, la flamme patriotique s'est rallumée, plus vivace que jamais, et pas seulement en Côte d'Ivoire, comme les prouvent les manifestations et marches de soutien au président Gbagbo organisées à travers toute l'Europe. En 2008, le peuple américain n'élisait pas en Barack Obama le président de l'Afrique. De la même façon, en 2010, le peuple ivoirien n'a pas élu en Laurent Gbagbo le président de l'Occident. «Salut ô terre d'espérance, pays de l'hospitalité, tes légions remplies de vaillance ont relevé ta dignité.» Oui, les fiers Ivoiriens ont répondu, répondent et répondront toujours à l'appel de la Nation, nonobstant les incantations de ceux qui, depuis des décennies, se développent sur le dos de la Côte d'Ivoire. Il y a encore beaucoup d'actes patriotiques à poser. Dératiser l'hôtel du Golf. Chasser de notre territoire les tueurs de la force Licorne et de l'Onuci. Rompre quelques relations. Expulser quelques ambassadeurs. Refouler  hors de nos frontières tout titulaire d'un visa, carte consulaire ou passeport émis par des individus nommés par Alassane Dramane Ouattara. Déchirer solennellement le Pacte colonial. Créer une monnaie ivoirienne. Rebaptiser du nom de figures africaines, afro-américaines et afro-caribéennes les rues, ponts et boulevards encore dotés de patronymes coloniaux. Renationaliser quelques sociétés. Instaurer des quotas pour les expatriés et imposer un transfert de compétences aux ressources humaines locales dans un temps déterminé et non négociable... «Tes fils chère Côte d'Ivoire, fiers artisans de ta grandeur, tous rassemblés pour ta gloire, te bâtiront dans le bonheur».


A suivre sur http://saoti.over-blog.com


En attendant, je vous souhaite une heureuse année 2011. Qu'elle apporte la paix et l'émancipation du joug colonial qui tente de stranguler la Côte d'Ivoire.


Mahalia Nteby

jeudi, 30 décembre 2010

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (2)

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Gouvernement : Nommé le 7 décembre 2010 par le président de la République, le gouvernement du premier ministre Aké N'Gbo suscite beaucoup d'espoir parmi les populations ivoiriennes. Il faut dire qu'après huit années d'errements consécutifs aux différents accords internationaux plus ou moins boiteux qui ont ponctué la crise ivoirienne depuis la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, c'est la première fois qu'aucun tueur ou violeur n'en fait partie. Finis, les gouvernements «wouya wouya». Terminée, l'apologie de la rébellion. La nomination de Guillaume Soro à la primature comme résultante de l'accord politique de Ouagadougou avait radicalement dévalorisé la fonction ministérielle à Abidjan en même temps qu'elle sonnait le glas de toute bonne gouvernance. Maintenant que les rapaces de tous bords en ont été expurgés, la nouvelle équipe en place doit s'atteler à concrétiser les grands axes du programme de Laurent Gbagbo, dans un contexte rendu difficile par l'ingérence assourdissante d'une communauté dite internationale folle de rage par le énième échec de son poulain, Alassane Dramane Ouattara. A cela s'ajoute l'impératif de rebâtir la paix et l'unité nationale, pendant que les militaires s'attèleront à mater une fois pour toutes la rébellion et à bouter les assaillants hors de nos frontières, étape préalable à la récupération de l'intégralité du territoire national et au lancement des grands chantiers de reconstruction d'après-guerre qui permettront aux populations des zones Centre - Nord - Ouest ayant fui la barbarie des rebelles de Ouattara, de regagner leurs terres d'origine. Les défis auxquels doit faire face ce gouvernement d'ouverture et de renouveau, constitué des technocrates et des membres de la société civile, de différents partis politiques appartenant ou non à la majorité présidentielle, et même d'une candidate opposée à Gbagbo lors du premier tour du scrutin, sont donc de taille, mais loin d'être insurmontables. L'emploi des jeunes, l'industrialisation, l'assurance-maladie universelle, la gratuité de l'école, la redéfinition des programmes scolaires et universitaires, l'introduction de l'anglais comme langue officielle, la création d'une nouvelle monnaie sont autant de challenges que l'équipe du Professeur Aké N'Gbo s'apprête à relever, pour le bonheur des Ivoiriens, qui ont accueilli avec enthousiasme  l'obligation dorénavant faite à chaque ministre et secrétaire d'Etat de se soumettre à une déclaration de patrimoine à son entrée et à sa sortie du gouvernement, ainsi que la décision de procéder aux audits de tous les ministères.

Hôtel du Golf
: Aussi connu sous le sobriquet 'Golfie' ou 'république hôtelière du Golf'. Hôtel en bord de lagune, appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, transformé, dixit le général Dogbo, commandant de la Garde républicaine, en «repaire de bandits» depuis qu'il est occupé illégalement par le perdant des élections, le burkinabé Alassane Dramane Ouattara, et la cohorte de rebelles, terroristes et mercenaires qu'il utilise pour déstabiliser la Côte d'Ivoire et s'en approprier la présidence. Le peuple s'interroge : Qui paie les factures ? Et surtout, qu'est-ce qu'on attend pour les déloger et les recaser à la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) ?

Impartial
: D'après le dictionnaire Larousse, ce terme signifie : «qui ne favorise pas l'un aux dépens de l'autre ; qui n'exprime aucun parti pris». Il faut croire que cette définition évolue plus on se dirige vers la First avenue new yorkaise, siège de l'Organisation des Nations Unies. En effet, ne voilà-t-il pas une force dite «impartiale», en l'occurrence l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire), dont la «mission de paix et d'observation» se mue soudain en mission de défense à tout prix du candidat désavoué par les urnes lors de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier ? 800 soldats onusiens pour «protéger» d'on ne sait trop quel danger un individu hors-la-loi, retranché volontairement - aux frais de la princesse -  dans un hôtel appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, alors que son domicile se situe à moins de 2000 mètres de là! Une force dite «impartiale», placée sous les ordres d'un énergumène nommé Choi, ci-devant représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire, qui tout en s'auto-décrétant au-dessus de la Constitution et du Conseil Constitutionnel du pays dans lequel il est affecté (phénomène très en vogue sur les bords de la Lagune Ebrié ces derniers temps), s'est découvert des talents de contremaître au service d'Alassane Dramane Ouattara, si l'on en croit le rapport confidentiel de l'Onuci en date du 24 décembre 2010, rédigé par Joe Longaigh, officier des opérations auprès du Bureau des Opérations du maintien de la Paix, qui établit en son point 5 : «Aujourd'hui, le RSSG Choi a visité l'hôtel du Golf en compagnie de journalistes internationaux. Plus tard, le RSSG s'est rendu à la résidence de M. Ouattara (sans les journalistes) pour inspecter des travaux techniques en cours, avant de retourner à l'hôtel rencontrer le Président Ouattara.» Le même Choi, qui a déclaré sans sourciller que seuls les rapports des observateurs internationaux européens (donc blancs) étaient à prendre en compte, ceux des observateurs africains (donc noirs) étant insignifiants comme leurs auteurs, sans doute ! Vous avez dit «impartial», vraiment ?

Jerry Rawlings
: L'ancien chef de l'Etat ghanéen a été l'une des premières personnalités africaines d'envergure, avec Pedro Pires et Eduardo Dos Santos, à s'exprimer sur la situation  postélectorale ivoirienne. A deux reprises, l'actuel envoyé spécial de l'Union africaine pour la Somalie a appelé les acteurs et la communauté dite internationale à faire preuve de maturité et de retenue dans la gestion de crise qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire. Mais il a également qualifié d' «hypocrite» l'option belliqueuse envisagée par l'ONU, l'Union européenne et africaine et la CEDEAO, tout en pointant du doigt le parti pris des média internationaux et leur omerta sur les cas avérés de fraude dans le Nord du pays. L'une des questions soulevées par celui qui demeure encore aujourd'hui l'homme le plus populaire du Ghana est simple : pourquoi ne pas donner suite à la proposition de recomptage des voix par des observateurs neutres tel que cela a été suggéré par le président Laurent Gbagbo ? L'on pouvait en effet s'attendre à ce que le camp Ouattara, s'il est sûr de son fait, se précipite sur cette offre on ne peut plus sensée. Loin de là ! Au lieu de saisir cette main tendue, les squatteurs de l'hôtel du Golf n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'appeler la communauté dite internationale à intervenir militairement pour leur ouvrir le chemin du palais du Plateau. Rien que ça ! Si tu cries au voleur, et que la personne que tu accuses d'être le voleur te propose d'appeler la police pour constater son forfait, pourquoi refuser ? Incompréhensible. A moins que...

Kivu
: Cette région du Congo symbolise par excellence l'échec et la dangerosité des casques bleus, ces soldats prêtés par les pays membres de l'ONU pour servir de force d'interposition et de maintien de la paix dans des pays déchirés par des conflits. Plus de 500 femmes y ont été violées en trois jours en août 2010, à proximité immédiate d'une base de la soldatesque des Nations unies. «Nous avons clairement échoué. Nos actions ont été insuffisantes, ce qui a eu pour effet des brutalités inacceptables contre les villageois de la région», a déclaré Atul Khare, l'un des responsables de l'ONU chargé du maintien de la paix. Mais bien souvent, ils ne se contentent pas d'être inutiles. Leur présence peut s'avérer autrement préjudiciable. Brutalité, abus, viols de mineures, pédophilie et trafic sexuel, les accusations s'accumulent en provenance de la République démocratique du Congo, du Libéria, de la Côte d'Ivoire, du Kosovo, de la Sierra Leone, du Rwanda, d'Haïti. Depuis 2004, plus de 500 casques bleus ont été rapatriés et bannis de futures missions de paix. Le phénomène a pris une telle ampleur que même l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, pourtant peu regardant sur les questions d'éthique et de bonne conduite, avait sonné l'alarme il y a quelques années sur les cas de dérive «particulièrement choquants» dans les rangs des soldats onusiens. Au Congo, ce sont les contingents sud-africain, marocain, indien et pakistanais qui sont montrés du doigt de façon récurrente. Au regard du lourd passif qu'ils trainent derrière eux, il convient de se poser la question : Et si les casques bleus des Nations unies, censés séparer les belligérants et protéger la population des théâtres de conflits meurtriers, faisaient partie du problème plutôt que de la solution? Tourné essentiellement en République démocratique du Congo, le documentaire canadien «Le déshonneur des casques bleus» de Raymonde Provencher lève le voile sur l'horrifiante capacité de nuisance de ces «soldats de l'espoir». Monuc, Minuar, Minustah, Onuci : même principe, même combat ! Tant que le recrutement des casques bleus ne fera pas l'objet de critères sérieux, qu'ils seront protégés par une toute puissante immunité et ne pourront pas être traduits devant la justice des pays dans lesquels ils sévissent, l'on peut considérer comme de la légitime défense tous les actes posés par les populations ivoiriennes pour contraindre au départ, officiellement exigé par le gouvernement ivoirien en date du 18 décembre 2010, les soldats de l'Onuci, devenus une force partisane et belligérante dans le conflit qui oppose le président élu Laurent Gbagbo à son adversaire vaincu.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 29 décembre 2010


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mercredi, 29 décembre 2010

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE

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Appel : Il y a des signes qui ne trompent pas. Il est difficilement imaginable qu'un homme politique qui postule à la magistrature suprême d'un pays puisse le faire avec l'intention de nuire. D'aucuns sont attirés par le pouvoir, certains viennent avec des idéaux, d'autres avec la volonté de se rendre utiles ou de faire mieux que leurs prédécesseurs, beaucoup ratent leurs objectifs et déçoivent ceux qui ont cru en eux, mais jamais il n'avait été possible d'envisager qu'un homme puisse prétendre présider aux destinées d'un pays dans le dessein de le détruire. Jamais, avant Alassane Dramane Ouattara et sa clique. Nous les avons entendus appeler la «communauté internationale» à faire usage de la force contre le peuple qu'ils prétendent diriger. Cela, rien ni personne ne pourra jamais l'effacer de notre mémoire collective et individuelle. Bien sûr, se souvenir que Ouattara n'est pas ivoirien relativisera quelque peu notre stupeur, mais enfin ! Dans la série des appels demeurés lettre morte, nous nous souvenons également de l'appel à marcher sur la primature le 17 décembre dernier, pour y installer Guillaume Soro. Pas un chat sur les routes, rien. Les quelques excités qui ont tenté de prendre d'assaut la RTI la veille se sont sans aucun doute rendus compte qu'aucun de ceux qui les avaient envoyés au casse-pipe ni aucun membre de leurs familles n'étaient à leurs côté dans cette entreprise périlleuse et hors-la-loi. Plus près de nous, l'appel à la grève générale du 27 décembre, qui a eu autant d'impact à Abidjan que le battement d'aile d'un papillon en Papouasie Nouvelle-Guinée. L'appel a été si royalement ignoré par le peuple ivoirien que même les média occidentaux, pourtant fers de lance de la conspiration anti-démocratique en Côte d'Ivoire, ont été obligés de reconnaître son échec total. Que dire des infructueux appels répétés à la soumission à l'intention des Forces de défense et de sécurité, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire, qui font corps comme un seul homme derrière le président élu Laurent Gbagbo ? Il faut dire que l'Etat-major des forces loyalistes en Côte d'Ivoire hésite entre le fou rire et l'écœurement, en entendant ceux qui sont responsables des massacres de leurs frères d'armes et de leurs concitoyens, oser leur demander de leur faire allégeance à peine un jour après avoir réclamé que des forces militaires étrangères viennent les combattre ! Si avec tout ça, la «communauté internationale» fait encore semblant de croire que les Ivoiriens ont élu Ouattara, c'est qu'elle a vraiment urgemment besoin d'un ORL-ophtalmologue.

Banque mondiale
: Cette institution financière internationale (IFI) est, avec le Fond monétaire international ou la Banque Africaine de Développement, l'un des principaux assassins des économies africaines. Aussi n'est-il pas étonnant de voir que la BM et le FMI ont été parmi les premiers à réagir à la réélection - malvenue de leur point de vue - de Laurent Gbagbo au détriment de leur poulain, Alassane Dramane Ouattara, pur produit de Bretton Woods. Ces institutions a fortiori économiques, ont annoncé le gel de leurs «aides» et investissements en Côte d'Ivoire et leur intention de ne donner suite qu'aux desiderata de la poupée ventriloque qu'elles tentent en vain depuis une décennie de placer à la tête du pays phare de l'Afrique de l'Ouest. D'une part, il paraît utile de leur signaler que l'Etat et le peuple ivoiriens ne se reconnaîtront pas dans les prêts et engagements contractés par le putschiste Ouattara. Ensuite, sans doute ne savent-elle pas qu'elles nous ont, par leur prise de position partisane et anticonstitutionnelle, rendu un des plus fiers services qu'il nous ait été donné d'imaginer. Parce que nous ne voulons plus d'elles non plus. Et cette ingérence intolérable dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire nous donne non seulement l'occasion, mais également la légitimité de rompre toute relation avec ces suppôts de l'asservissement économique des peuples africains. Nous ne sommes donc plus tenus de rembourser une «dette odieuse», pour paraphraser le qualificatif utilisé par Eric Toussaint, du CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde), parce que contractée par des despotes imposés par les puissances coloniales à des fins autres que le développement, l'épanouissement et l'amélioration de la qualité de vie de ceux au nom de qui les emprunts ont été effectués, à savoir les populations africaines. En effet, le système mis en place pour saboter le développement des peuples noirs est d'une remarquable perversité. «Les crédits sont utilisés pour acheter des biens et des services proposés par les pays prêteurs. Et ils visent l'exécution de projets qui répondent davantage aux impératifs d'exportation de ces Etats qu'aux besoins des pays emprunteurs. Ces projets, loin de promouvoir le développement, servent au contraire à remplir les carnets de commandes des firmes occidentales et à enrichir les élites des pays bénéficiaires» confirme l'économiste sénégalais Sanou Mbaye. L'accès aux capitaux passant obligatoirement par une adhésion totale aux desideratas de l'Occident, en acceptant l' «aide» des IFI, nous leur donnons de facto la tutelle de notre fonctionnement économique, politique et social. Rien qu'avec les sommes astronomiques qui étaient dévolues à ces remboursements, nous pourrons donc dorénavant faire plus pour le développement de notre pays qu'avec les «aides et investissements» coupe-gorges que ces messieurs de New York pensent agiter comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Bon débarras !

Charniers
: Normalement, il devrait être interdit de rire d'une chose aussi affreuse qu'un charnier. Les images des corps jetés dans des fosses communes par les génocidaires Hutus épaulés par la soldatesque française de la force Noroît, sous les yeux impavides des forces onusiennes lors de l'hécatombe rwandaise qui, en 1994, fit près d'un million de victimes en cent jours, sont en effet encore trop horriblement gravées dans nos mémoires. Il aura fallu attendre que Guillaume Soro et Alassane Dramane Ouattara prennent à témoin la «communauté internationale» pour rendre loufoque l'évocation de charniers. Les 20 décès consécutifs à la marche insurrectionnelle du jeudi 16 décembre 2010, à laquelle ils avaient fort gaillardement invité leurs partisans sans pour autant y participer eux-mêmes, leur paraissant sans doute trop insignifiants, surtout lorsque l'on considère que parmi eux il y a 9 membres des forces de l'ordre loyales à Laurent Gbagbo et que les autres victimes ne sont pas attribuables à tel ou tel camp, voici donc nos deux nouvelles 'Mère Théresa' de l'hôtel du Golf qui commencent à faire de la surenchère funéraire, avec la même dextérité que celle qui leur a servi au bourrage des urnes en zones CNO lors de l'élection présidentielle. Nous passons donc en un clin d'œil à 50 morts, puis 173, puis 200, en attendant d'arriver aux milliers qui justifieraient peut-être l'incompréhensible appel d'offre lancé par l'Onuci le 27 septembre 2010 (un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle) pour la prestation de services mortuaires incompatibles avec leur mission initiale de «paix». A moins que la très partisane ONU ait eu besoin de nettoyer les ravages commis par les hommes de Soro et Ouattara, experts unanimement reconnus en carnages en tout genre, ainsi qu'en témoignent les massacres des soixante gendarmes et de cinquante de leurs enfants en 2002, les tueries de Bouaké en 2008, sans parler de toutes les atrocités auxquelles ils se sont livrés et continuent de le faire, avec l'onction de leurs commanditaires que sont Nicolas Sarkozy et son bras armé dans la sous-région, l'assassin-président Blaise Compaoré. Les centaines de milliers de déplacés de guerre depuis 2002, violés, torturés, estropiés, pillés peuvent en témoigner concrètement.

Documentaire
: S'il est un documentaire qui peut être qualifié de hit de l'année de ce côté-ci de l'hémisphère, c'est bien «La Françafrique» du réalisateur Patrice Benquet. La première partie, intitulée 'La raison d'Etat', remonte aux sources du mal et donne un sérieux coup de projecteur sur les coulisses toujours malodorantes et souvent sanglantes de la politique africaine de la France mise en place par Jacques Foccart à la demande du Général de Gaulles, à la suite de l'indépendance de l'Algérie. Le second volet 'L'argent roi', bien qu'abordé beaucoup plus superficiellement, éclaire néanmoins sur les mécanismes actuels utilisés par l'Etat français, qui se cache dorénavant derrière les multinationales gauloises pour maintenir la strangulation économique des nations africaines. Mais il existe beaucoup d'autres documents que chaque Africain digne de ce nom devrait avoir lus et visionnés pour mieux appréhender le phénomène de domination auquel nous sommes soumis. Il y a «Tuez-les tous», époustouflant documentaire sur le génocide rwandais de Raphaël Glucksmann ; «Mort à Genève», de Frank Garbely retraçant l'assassinat de l'indépendantiste camerounais Félix Moumié par les services secrets français ; «La victoire aux mains nues», de Sidiki Bakaba qui documente les massacres des populations ivoiriennes par l'armée française en novembre 2004 ; «Mobutu, roi du Zaïre», de Thierry Michel, narrant avec une rare richesse historique l'élimination de Patrice Lumumba et son remplacement par une marionnette aux ordres en la personne de Mobutu Sese Sekoko ; «L'homme qui dirigeait l'Afrique» portrait par Cédric Tourbe du concepteur de la Françafrique Jacques Foccart... Dans la famille des films grand public, nous trouvons : «The great debaters» de Denzel Washington ; «Lord of war» de Andrew Nicol ; «Hotel Rwanda» de Terry George; «Malcolm X» de Spike Lee ; «Invictus» de Clint Eastwood ; «Cry Freedom», de Richard Attenborough ; «Blood diamonds» de Edward Zwick ; «Lumumba» de Raoul Peck ; «1802, l'épopée guadeloupéenne» de Christian Lara : «Amistad», de Steven Spielberg ; «Rue Cases-Nègres» d'Euzhan Palcy etc. sans oublier la classique série télévisée «Roots» tirée du légendaire roman d'Alex Haley. Petit échantillon à avoir dans sa bibliothèque : Walter Rodney, Chinua Achebe, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mongo Beti, Bernard Dadié, Aimé Césaire, Toni Morrison, François-Xavier Verschave ainsi que les «Mémoires» de Jacques Foccart, «Renaissance africaine» de Thabo Mbeki et «The white man's burden», de William Easterly.

Erreurs
: Laurent Gbagbo, aujourd'hui accusé de tous les maux par une «communauté internationale» qui se résume à la France, aux USA, à l'Union européenne et aux quelques vassaux dédiés aux basses manœuvres que la France a mis au pouvoir dans certains pays de son pré carré, est coupable. Non pas d'avoir «volé» les élections, comme se plaisent à le pérorer avec de moins en moins de résonnance les alliés étrangers de son adversaire battu. Mais d'avoir fait preuve de trop de malléabilité et de bonne foi. Georges Frêche, figure emblématique de la gauche française, disait encore il y a peu : «On ne fait pas 40 ans de vie politique en étant un perdreau de la dernière couvée. La politique est un monde rude, où les trahisons sont monnaie courante et où les assassinats sont la norme.» La première erreur de Gbagbo a été de ne pas traduire les dirigeants français devant la Justice pour les massacres des Ivoiriens aux mains nues en novembre 2004, et de n'avoir pas exigé le départ immédiat de l'armée française d'occupation (le 43è BIMA et la force Licorne), auteur desdites tueries. Sa deuxième erreur a été de ne pas procéder à la création d'une monnaie ivoirienne dans la foulée de cette agression barbare. Sa troisième faute est sans conteste l'accord politique de Ouagadougou. On ne dialogue pas avec ses ennemis. On ne leur fait pas confiance. On les bat. Et quand ils sont assommés par terre, on n'attend pas qu'ils se réveillent pour leur tendre une main chevaleresque qui les aidera à se relever, mais on les écrabouille. L'accord politique de Ouagadougou est certainement l'acte le plus «perdreau de la dernière couvée» du président ivoirien. Certes, il est en adéquation avec la philosophie pacifique qui caractérise sa carrière politique, mais était-il viable pour autant ? Gbagbo a également naïvement cru qu'en faisant quelques concessions à la France, comme le renouvellement du contrat d'exploitation de la Sodeci ou l'octroi du terminal à conteneur à Bolloré, il obtiendrait la paix des braves de la part du brasseur de vent qui a succédé à Jacques Chirac. Sa cinquième erreur est d'avoir accepté d'aller aux élections sans que les rebelles ne remplissent la condition préalable du désarmement. L'accord politique de Ouagadougou, que tant de patriotes ont eu du mal à digérer, stipule clairement que les élections ne devaient avoir lieu que deux mois après la fin du désarmement effectif des rebelles. Ne pas avoir été intransigeant sur cette condition est très grave et la chose que les Ivoiriens peuvent le plus lui reprocher. Mais cinq erreurs en huit années de crise, de guerre et de rébellion, ce n'est pas une si mauvaise statistique, l'essentiel étant que ces fautes ne se répètent pas, et que Laurent Gbagbo fasse dorénavant preuve d'une extrême fermeté dans la gestion des affaires de la Côte d'Ivoire. Intransigeance absolue avec les ennemis de la Nation. Cela implique, de façon non exhaustive, la rupture des relations diplomatiques avec la France et le Burkina Faso, la mise aux arrêts de tous les individus ayant attenté à la souveraineté et à l'intégrité de l'Etat, la sortie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, la négociation de conventions commerciales dans l'intérêt bien compris du peuple ivoirien, sans compter la suspension du remboursement de la dette odieuse contractée par les précédents chefs d'Etat auprès des institutions financières internationales telles la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI).

Françafrique
: Il y a des gens qui ont découvert la Françafrique en regardant le documentaire du même nom diffusé le 9 décembre dernier dans l'émission Infrarouge de France 2. Mieux vaut tard que jamais. Pour ceux qui auraient raté l'aperçu donné à la télévision, voici donc un petit cours de rattrapage. «La France n'est grande que quand elle grimpe sur les épaules de l'Afrique» disait il y a quelques années un ancien ambassadeur américain en Angola. Et c'est en effet pour «justifier» son rang de puissance internationale, notamment à l'ONU, et pour assurer sa stabilité et son développement économiques que l'Hexagone tient à tout prix à asseoir son maintien du contrôle politique sur les Etats africains de l'ancien empire colonial français et à entretenir l'exploitation quasi monopolistique des richesses de ces mêmes Etats au profit des intérêts français. C'est pour assurer la pérennisation de ces objectifs  de domination néocoloniale et afin de mettre hors d'état de nuire tout groupe ou individu qui, tel Olympio, Sankara ou aujourd'hui Gbagbo, les menace, que les hommes politiques français, qu'ils soient de droite ou de gauche,  ont, dans un bel ensemble,  développé une passion pour les changements de régimes (Burkina Faso, Niger, Guinée), les élections truquées (Gabon, Togo, Centrafrique), les rebellions préfabriquées (Côte d'Ivoire). Le renversement par les armes ayant failli dans ce dernier cas, l'innovation en la matière aura eu lieu cette année, avec la désignation péremptoire de Dramane Ouattara comme «vainqueur déclaré par la communauté internationale» de l'élection présidentielle ivoirienne, faisant fi du choix des urnes, entériné par le Conseil Constitutionnel - par ailleurs plus haute juridiction éburnéenne et seul autorisé à proclamer les résultats définitifs d'une élection présidentielle en Côte d'Ivoire -, qui atteste de la réélection effective de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême. Une fois les dictatures inféodées à Paris installées, elles ont pour mission de sécuriser la chasse gardée et les investissements français en écartant toute possibilité de réelle concurrence internationale dans les pays concernés. La pierre angulaire de ce système de prévarication des économies africaines est une nébuleuse politico-économique communément appelée «Françafrique». Celle-ci rassemble d'une part une poignée de groupes français (Bolloré, Bouygues, Total, France Telecom, CFAO, Société Générale, Veolia, Areva) disposant de positions hégémoniques dues à leurs connexions politiciennes et non comme résultat d'une supériorité de leurs offres lors de libres confrontations avec la concurrence mondiale. De l'autre, elle est constituée d'un magma de réseaux qui monopolisent des «contrats d'assistance technique» plus ou moins réels ou pertinents et participent de façon active à la fuite des capitaux pour le compte des élites collaboratrices locales, au financement occulte des partis politiques français ainsi qu'à leur enrichissement personnel. Afin de parvenir à ses fins, l'Etat français n'hésite pas à instrumentaliser l'Organisation des Nations Unies (ONU), l'Union Européenne (UE) et même la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union Africaine (UA), pour permettre à l'Hexagone de répartir le coût financier, militaire et diplomatique de sa politique sur des contribuables internationaux, alors que les bénéfices restent, eux, fermement en France. C'est dans cette optique que s'inscrivent aujourd'hui les menaces aberrantes d'une intervention militaire en Côte d'Ivoire agitées avec l'aide de quelques chefs d'Etat valets de la sous-région.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 28 décembre 2010

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

mardi, 28 décembre 2010

LAURENT GBAGBO AU QUOTIDIEN LE MONDE : "JE DENONCE UN COMPLOT FRANCO-AMERICAIN"


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Le président ivoirien, Laurent Gbagbo a eu un week-end médiatique très chargé. Il a accordé successivement des interviews à deux quotidiens français, le Monde et Figaro. Nous publions ci-dessous les deux interviews.

Le Monde: La Cédéao, l'organisation économique des pays d'Afrique de l'Ouest, menace de recourir à la "violence légitime", en d'autres termes d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Prenez-vous ces menaces au sérieux ?

Laurent Gbagbo : Les menaces, il faut les prendre au sérieux mais après, il faut garder la tête froide et se rendre compte que ce serait bien la première fois que des pays africains partiraient en guerre contre un autre pays parce qu'une élection s'est mal passée. Regardez la carte de l'Afrique, regardez la carte des élections qui se passent plus ou moins bien, plus ou moins mal, et puis la carte de là où il n'y a pas d'élections du tout. Si on devait aller en guerre avec cette carte-là, je crois que l'Afrique serait perpétuellement en guerre. Donc je prends cela au sérieux parce que ce sont des menaces, mais je reste tranquille, j'attends de voir.

Vous croyez à la possibilité d'une intervention militaire ?

- Les choses peuvent déraper à tout moment, donc il faut prendre tout au sérieux, mais ils ont décidé de m'envoyer une délégation [de chefs d'Etat mardi]. On aurait dû commencer par là. On aurait économisé beaucoup de choses, beaucoup de salive, beaucoup d'adrénaline. Il faut venir voir ce qui se passe en Côte d'Ivoire, et quand on a vu ce qui se passe, alors on prend les décisions.

Y a-t-il des conditions qui vous permettraient de négocier avec M. Ouattara ?

- Je ne pose jamais de préalables quand je discute. Moi, je constate que les règles en vigueur en Côte d'Ivoire, qui n'ont jamais été dénoncées par qui que ce soit, font que je suis le président de la République, donc naturellement, quand on discutera je vais mettre ça sur la table, il faut dire que ces règles-là n'ont été dénoncées par personne.

Vous avez parlé de complot de la France et des Etats-Unis contre la Côte d'Ivoire. De quoi s'agit-il ?

- Avant les élections, j'ai fait ma part. J'ai demandé que les autres [les ex-rebelles] fassent leur part en désarmant. Toutes les pressions sont faites pour qu'on aille aux élections sans désarmement. Là, on peut parler du début du complot. Toutes les pressions, de toutes parts. Moi-même je n'avais pas de raison de douter des rebelles avec qui j'étais en accord avec l'accord de Ouagadougou, et avec lesquels je gérais la sortie de crise. Je les voyais bien, intégrés, se comportant de façon loyale, je n'avais pas de raison de douter qu'ils allaient utiliser après les armes qu'ils n'avaient pas déposées pour pervertir les élections. Ensuite, les institutions en place, reconnues par tous [en réalité, le Conseil constitutionnel], elles proclament le président élu, tout le monde dit : " non, c'est Ouattara que nous tenons pour président ".

Qui est ce "nous" ?

- Ce nous c'est d'abord la France, mais c'est surtout l'ambassadeur de France et l'ambassadeur des Etats-Unis. Nous voilà au terme du premier tour. Les résultats sont un peu contestables mais je ne les ai pas contestés. On va au deuxième tour, la CEI [Commission électorale indépendante] a trois jours pour donner des résultats, elle ne les donne pas. A minuit moins le quart, le président de la CEI, M. Bakayoko, intervient à la télévision, on lui dit que TV5 aurait donné des résultats, il fait une mise au point nette pour dire : nous n'avons donné aucun résultat. Minuit arrive. Candidat, je suis devant mon poste de télévision, parce que c'est le moment que tous les candidats guettent pour voir comment les votes se sont portés sur eux. Minuit passe. La CEI est "off". Le lendemain, l'ambassadeur de France et l'ambassadeur des Etats-Unis vont chercher Youssouf Bakayoko, président de la CEI, et l'amènent à l'hôtel du Golf, qui est le quartier général de mon adversaire. On apprend qu'il y a une télévision étrangère, sur laquelle aurait été donné le résultat qui donne Ouattara vainqueur. Le président du Conseil constitutionnel intervient pour dire que ce ne sont pas des résultats. Il décide que Gbagbo Laurent est élu président de la République. A partir de ce moment-là, Français et Américains disent : non, nous c'est Ouattara que nous reconnaissons. C'est tout ça qu'on appelle le complot.

Quel est le problème avec la France et les Etats-Unis ?

- Je ne vois pas le problème, c'est eux. En quoi nos élections sont leur problème ?

La France et les Etats-Unis sont suffisamment puissants pour entraîner l'Union africaine, les Nations unies, la Cédéao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest] ?

- Je me rends compte qu'ils sont suffisamment puissants pour ça.

C'est le discours que vous tiendrez mardi à la délégation de chefs d'Etat de la Cédéao ?

- Ce sont les faits que j'expose. Je dirai les faits.

Vous pensez les convaincre ?

- Je vais leur dire d'aller vérifier la matérialité de ces faits-là partout où c'est possible. Quand les gens se détachent des faits, c'est qu'ils ne veulent pas la vérité, pas la justice. Or, ces conflits sont créés par des gens qui sont étrangers à nous. Je ne comprends pas pourquoi ces gens-là choisissent un candidat qu'ils reconnaissent. Ce n'est pas leur rôle.

Eux ? La France et les Etats-Unis ?

- En premier lieu. Avec les positions incroyables, inexplicables et injustifiables qu'ils prennent, ces pays-là poussent à un affrontement interne. Aujourd'hui, moi je m'appuie sur les institutions ivoiriennes, sur les lois. Alors que vous avez maintenant d'autres qui s'appuient sur les puissances étrangères. Il y aura peut-être un désordre intérieur, une guerre civile en Côte d'Ivoire, parce que nous n'allons pas nous laisser piétiner notre droit et nos institutions.

Vous êtes prêt à aller jusqu'où?

- Il n'y a pas à être prêt à aller quelque part, c'est nous qui sommes agressés. C'est nous qui avons le droit pour nous. Jusqu'où ceux qui nous agressent sont prêts à aller ? Je vais vous signaler quelque chose. Je suis élu président en 2000. En 2002, je suis attaqué, agressé. On n'a jamais vu ni la France, ni l'Union européenne, ni les Etats-Unis, ni l'ONU, ni la Cédéao, prendre des sanctions contre ceux qui ont agressé un régime conformément à la loi. On ne les a jamais vus.

Qui fallait-il sanctionner ?

- Mais ceux qui nous avaient agressés !

Et de qui s'agissait-il ?

- Ils sont connus ! Vous ne les connaissez pas ? Cette position qu'ils prennent est la continuation de l'agression que nous avons subie en 2002. De 2002 à aujourd'hui, ceux qui ont pris les armes contre un Etat souverain, un régime démocratiquement élu, ceux-là n'ont jamais été sanctionnés par personne.

Leurs noms ?

- C'est un détail. A ce moment-là, tout le monde a fait l'aveugle, tout le monde a fait le sourd, tout le monde a fait le muet, comme les singes de la parabole. Aujourd'hui, ils retrouvent tous la parole, l'usage des yeux, l'usage des oreilles, et ils crient : "haro sur Gbagbo !" Mais Gbagbo a la loi avec lui.

Les enlèvements, les tortures d'opposants, 173 morts selon l'ONU...

Quand j'ai pris le pouvoir en 2000, ils avaient sorti des charniers, il y avait des charniers à Yopougon, des assassinats. Aujourd'hui, le débat principal c'est quoi ? C'est Gbagbo et Ouattara sont candidats au deuxième tour de l'élection présidentielle. Qui est élu ? C'est ça le débat. Alors quand ce débat gêne, comme en 2000, on glisse de ce débat vers les droits de l'homme. Ah oui, il y a eu des morts, il y a eu des charniers... Je constate la similitude du comportement entre 2000 et 2010. Je vois la même chose, exactement. Parce qu'en 2000, il y en a qui ont contesté mon élection, qui ont essayé de faire endosser [cette position] par l'Afrique. Le Nigeria d'Obasanjo et l'Afrique du Sud avaient même demandé l'annulation des élections. Je leur ai envoyé des gens pour dire que c'était irréaliste. Donc après ça, on est passé à "oui, il y a des charniers, il y a des gens qui sont morts et tout"... Moi dès demain lundi je vais demander au ministre de la justice de mettre tous les procureurs [à l'œuvre] pour faire des enquêtes. [Il s'empare d'un dossier jaune] Nous avons ici des enquêtes sanitaires du ministère de la santé sur les gens qui sont blessés, qui sont morts. Il n'y en a pas plus que ça... Il y a beaucoup de blessés, des blessés par armes blanches. Des forces de l'ordre qui sont blessées par balles, armes blanches. Nous avons nos documents, on n'a pas peur de ce débat. Alassane Ouattara a lancé l'idée de faire venir une délégation de la CPI... - Au moment des discussions de Marcoussis, en janvier 2003, je connais un chef d'Etat voisin qui a été élu à 80 %... - j'aurais peut-être dû m'arranger pour gagner avec 80 %, j'aurais été moins suspect - qui avait dit "Oui, Gbagbo doit aller à la CPI". Lui ! Et c'était tout à fait succulent. Donc ce sont les mêmes glissements. 2000, 2010, c'est le même scénario. Donc on n'est plus surpris. Les Ivoriens ont voté le 28 novembre, ils ont élu qui ? Et les institutions ont proclamé qui ? C'est ça qui est le fond de la question. Il ne faut pas glisser dessus pour aller sur des problèmes qu'on sait déjà Il y a un complot, donc ? Qui vise à installer Ouattara au pouvoir. Et il y a des puissances extérieures à l'Afrique dont, je ne sais pas pourquoi, le rêve est de mettre Ouattara au pouvoir.

Et les pays africains qui soutiennent la décision de l'ONU ? Ils sont manipulés ?

- Je ne veux pas parler de ça. Sinon, ou bien on est trop méchant, ou on ne dit rien. Sachez seulement que nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Ils sont toujours dans les couloirs, très nombreux, pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe, il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : "Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas." Et c'est cette position qui a été passée. Il y a des fois où ça suscite un ras-le-bol. Les pressions sont énormes. Sur tous les chefs d'Etat que moi j'ai eus au téléphone, les Africains, ils disent la même chose : on n'en peut plus ! Il y en a même un qui m'a dit qu'il reçoit trois coups de téléphone par jour au moins de l'Elysée.

Vous vous sentez dans une situation comparable à celle de Robert Mugabe ?

- On ne se connaît pas bien, je l'ai aperçu comme ça quelques fois, mais quand on subit ce que j'ai subi, on se dit que l'autre n'avait pas totalement tort. Ici vous pouvez chercher on n'a rien à cacher à personne... Ni au niveau de l'argent, ni au niveau de la gouvernance, ni au niveau des droits de l'homme, alors quand vous voyez les gens s'acharner sur nous, tous les gens qui viennent pour discuter affaires, je ne leur ai jamais demandé un franc, donc vraiment je suis très à l'aise. Quand vous voyez ces gens s'acharner, vous vous dites, peut-être que celui-ci [Mugabe], il n'avait pas tort.

La présence de l'hôtel du Golf, c'est durable ?

- Je ne sais même pas pourquoi ils sont là-bas.

Pour l'instant, ils ne peuvent ni sortir ni entrer...

- Non ! Celui qui veut aller chez lui peut aller chez lui. Il y a des barrages qui interdisent d'en sortir... - Les barrages ont été mis à partir du moment où les gens ont été dedans. Quand ils ont utilisé des armes. Or, de l'hôtel du Golf, on est peut-être à cinq ou dix minutes de pirogue de la résidence du chef de l'Etat, c'est tout près. Nous sommes obligés de prendre des mesures de sécurité aussi bien pour eux que pour nous. Je ne sais pas pourquoi ils sont allés s'agglutiner dans un coin du territoire


Source: GBAGBO.CI

lundi, 27 décembre 2010

YOUSSOUF BAKAYOKO A ETE ENLEVE PAR L'AMBASSADEUR DE FRANCE ET L'AMBASSADEUR DES ETATS-UNIS



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L'ambassadeur américain Carter III

Lors de sa rencontre avec les Rois, Sultans, Cheicks, Princes et Chefs traditionnels, le vendredi 24 décembre 2010, en sa résidence de Cocody, le Président Laurent GBAGBO a révélé que Monsieur Youssouf BAKAYOKO s'en était allé avec l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et celui des Etats-Unis d'Amérique.

En effet, ne parvenant plus à le joindre sur aucun de ses portables, au lendemain du blocage de la CEI ouvrant le contencieux électoral, il cherchait à le contacter pour s'assurer de la transmission de sa saisine du Conseil Constitutionnel à ladite institution, relativement aux graves irrégularités qui ont entaché le scrutin du 28 novembre 2010. Ce faisant, il envoie Monsieur Alcide DJEDJE à son domicile. Surprise: La résidence est barricadée. Pire, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis sont arrivés chercher et emmener Monsieur Youssouf BAKAYOKO à l'Hotel du Golf où, à la stupéfaction générale, il a proclamé les résultats que nous savons. Quel culot! Quelle insulte!

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L'ambassadeur français Jean-Marc Simon

Naturellement, quel crédit peut-on accorder à des résultats donnés dans de telles circonstances et dans de telles conditions? Honnêtement! Il est donc clair, aujourd'hui, que la vie de Monsieur Youssouf BAKAYOKO est entre les mains des sieurs Jean-Marc SIMON et CARTER 3, qui l'ont enlevé. Ils devront répondre de tout ce qui lui arrivera, en France à Neuilly-sur-Seine, où ils l'ont caché.

Le monde entier les regarde.


DINDE Fernand AGBO

dimanche, 26 décembre 2010

DECLARATION DE AHVI RELATIVE A LA SITUATION POST-ELECTORALE QUI PREVAUT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'Organisation AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL / AFRIQUE VOIX HUMAINE INTERNATIONALE (AHVI/AVHI) suit avec une attention toute particulière l'évolution de la situation post-électorale qui prévaut en République de Côte d'Ivoire.

AHVI/AVHI prend acte de la réaction spontanée, immédiate, des pays membres de l'ONU qui, retranchés derrière le vocable de « Communauté internationale », tente d'imposer, sans retenue et sans aucun brin d'intelligence, leur volonté à un peuple meurtri par une longue crise intérieure orchestrée depuis l'étranger avec le concours et l'appui des forces et puissances étrangères.

Cependant, dans le cas spécifique de la République de Côte d'Ivoire, AHVI/AVHI s'étonne de la rapidité et de la violence avec lesquelles la « Communauté internationale » prétendue (ONU, Union Européenne, Union Africaine, etc.) est intervenue dans cette situation, sans retenue, consacrant et sacralisant ainsi, urbi et orbi, le déni des lois et de souveraineté d'un Etat membre sous le fallacieux prétexte que celui qui l'incarne, est de facto proclamé « hors-la-loi », parce que n'ayant pas respecté « la volonté du Peuple Ivoirien », c'est-à-dire le verdict des urnes.

Par conséquent, AHVI/AVHI s'interroge sur le sérieux et la crédibilité de cette même « Communauté internationale » et voudrait savoir où était-elle, qu'a-t-elle fait et quelles ont été ses réactions, elle qui se dit « respectueuse de la volonté des peuples » africains :


  • Quand, au TOGO, la Françafrique a éhontement installé le fils à la place du père décédé, suite à une mascarade d'élection où l'on voyait des militaires s'enfuir en pleine rue avec des urnes sous les bras?
  • Quand, au BURKINA FASO, le président Thomas Sankara fut lâchement assassiné? Quelle sanction avait-elle prises contre le ou les criminels aujourd'hui au pouvoir?
  • Quand, il y a huit ans, en CÔTE D'IVOIRE, la rébellion partie d'un pays voisin, a provoqué la partition du pays à l'issue d'un coup d'Etat manqué et dont les principaux acteurs, qui se présentent aujourd'hui en victimes, sont couverts et protégés par une «Communauté internationale» aveugle devenue juge et partie voire complice de génocide et de crimes contre l'humanité? Devrait-on fermé les yeux sur les crimes commis par les rebelles depuis 2002? La Cour pénale Internationale (CPI) n'est-elle guérie que maintenant de ses cécités d'aveugle et de mal entendant ou de sourd? Les Ivoiriens suppliciés à cette époque par les rebelles devenus «Forces Nouvelles», milices privées de MM. OUATARA et SORO, sont-ils moins humains, moins Ivoiriens que les partisans des chefs de guerre soutenus par la «Communauté internationale» (ONU, UNION EUROPEENNE, UNION AFRICAINE, la France y comprise)?
  • Quand, au GABON, en 2009, la Françafrique a falsifié et inversé les résultats du scrutin, faisant du perdant le gagnant et du vrai gagnant le perdant? Cette Françafrique, n'a-t-elle pas ainsi, par ce comportement, par cette pratique, fabriqué un véritable usurpateur? Quelle peut être la crédibilité et le poids d'un tel individu sur l'échiquier international? N'est-ce pas rabaisser la dignité d'une nation et humilier un peuple entier? La Communauté internationale a-t-elle levé son petit doigt? A-t-elle fait respecter «la volonté du peuple gabonais» qui avait pourtant voté massivement pour un homme autre que celui promu par la magouille et la mafia françafricaines?
  • Quand, au CONGO-BRAZZAVILLE, en 1997, la Françafrique a réinstallé au pouvoir, à la tête de ce pays, dans les conditions que l'on sait, un homme mondialement reconnu d'une violence extrême, comme étant un dictateur sanguinaire, un criminel impénitent doublé de kleptocrate?
  • Quand, en 1999, suite à un accord tripartite entre le Bureau du HCR de Kinshasa, le gouvernement de la République du Congo et la République du Congo(Brazzaville), M. Sassou Nguesso supplicia plus de 500 Congolais au Beach de Brazzaville? C'est aujourd'hui l'affaire dite des «Disparus du Beach». L'un des principaux acteurs, si ce n'est le principal, neveu de M. Sassou Nguesso, se cache dans une des Ambassades du Congo à l'étranger, en Europe et plus précisément en France. Demain, quand il s'agira de l'interpeller, la Françafrique fera prévaloir son immunité diplomatique, même si celle-ci peut être levée à la demande de la France. Elle l'a déjà fait en d'autres temps pour les diplomates de l'ancien Zaïre et du Qatar.


Au regard des cas ci-dessus rappelés et dont la liste n'est pas exhaustive, AHVI/AVHI fait remarquer que l'ONU, qui s'appelle désormais « COMMUNAUTE INTERNATIONALE », prête à couvrir, soutenir, protéger les crimes des Chefs de guerre et leurs milices privées, n'est plus ce refuge, ce havre de paix vers lequel tous les peuples opprimés du monde devraient se tourner ; celui-ci étant devenu un cercle partisan de défense des intérêts particuliers occidentaux. Son comportement en République de Côte d'Ivoire est patent et en constitue la preuve irréfutable.

En conséquence, AHVI/AVHI félicite l'ONU, l'UE et l'UA d'avoir foulé aux pieds tous les Traités, toutes les Conventions et Chartes internationaux qui les régissent pour faire place à la cupidité, l'avidité et la concussion voire l'anarchie. Ce qui fait de ces Institutions et organisations des plateformes mafieuses, aussi criminelles les unes que les autres, dès lors qu'elles cautionnent et protègent les pratiques d'organisations terroristes comme les « Rebelles » dites « Forces Nouvelles » qui sont à l'origine de la crise et de la déstabilisation de la République de Côte d'Ivoire et, in fine, se mettent à leur service.

AHVI/AVHI félicite l'ONU d'avoir été incapable de désarmer les rebelles ivoiriens avant d'organiser les élections présidentielles, foulant ainsi aux pieds l'une des clauses et principales conditions, sinon la condition sine qua non, devant être appliquée avant toute organisation du scrutin.

Enfin, AHVI/AVHI se réjouit de la jurisprudence politique créée par la « Communauté Internationale » prétendue (ONU, UNION EUROPEENNE, UNION AFRICAINE) qui consacre la contestation des scrutins de la part de celles et ceux qui se sentent usurpés ; ainsi, les cas d'usurpation de pouvoir par la Françafrique au profit de ses pantins et autres « Sous-préfets », ne seront plus possibles et que nul, pas même l'ONU, l'UE et l'UA réunies en concert, ne pourra plus s'y opposer. La voie est ouverte...

A l'adresse de tous les peuples d'Afrique, AHVI/AVHI lance le vibrant APPEL d'un grand Rassemblement autour des vraies valeurs qui régissent l'être humain pour faire entendre sa voix.

Et AHVI/AVHI incarne ce grand rassemblement au sein duquel tout le monde pourra lutter, se battre contre les prédateurs et les fabricants d'usurpateurs de type Ali Bongo dont la situation vient d'être révélée dans le film de Patrick Benquet sous le titre : « La Françafrique ».


Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA,

Secrétaire Général de AHVI / AVHI, le 25 décembre 2010