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jeudi, 02 mai 2013

COTE D'IVOIRE ET VENEZUELA: DEFIS COMMUNS

GBAGBO ET CHAVEZ.jpg


En ce mois d’avril, il y a deux dates importantes dans l’histoire de deux pays: la Côte d’Ivoire et le Venezuela. Le 11 avril, le peuple ivoirien commémore le jour tristement célèbre où les forces armées d’une puissance étrangère ont renversé Laurent Gbagbo, chef d’État légitime d’un pays indépendant et souverain.

 

Le 14 avril, le peuple vénézuélien choisira un nouveau président, après la mort tragique, il y a à peine un mois du Commandante Hugo Chavez. Certains diront : deux pays différents, deux continents différents. Et pourtant la Côte d’Ivoire et le Venezuela ont bon nombre de similitudes et de défis en communs.

Nous nous souvenons des images d’avril 2011 en République de Côte d’Ivoire. Des images tristes, honteuses, nous donnant l’impression de revenir aux jours les plus sombres du colonialisme, lorsque le puissant écrase et humilie le plus faible en lui imposant sa volonté. Sauf que le néocolonialisme a signé son arrêt de mort ce jour-là. Car depuis cet instant la résistance n’a perdu de son intensité. Bien au contraire : elle ne cesse de grandir et s’organise très efficacement. En Côte d’Ivoire, dans d’autres pays du continent africain et au sein de la diaspora en exil, les actions ciblées ne manquent pas. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les nombreuses images des manifestations aux quatre coins du monde en soutien à Laurent Gbagbo. D’ailleurs pas seulement au sein des Ivoiriens, mais également parmi tous les Africains, comme l’a si bien montré la manifestation d’envergure organisée aujourd’hui au Cameroun. Depuis le fameux 11 avril 2011, l’histoire de la Côte d’Ivoire et de toute l’Afrique a pris un tournant, et ce tournant a marqué définitivement la lutte pour la véritable indépendance et la souveraineté, ainsi que le combat pour la justice et la vérité. Le défi principal aujourd’hui de la Côte d’Ivoire est de voir Laurent Gbagbo libéré. Seule cette libération pourra assurer une véritable réconciliation nationale. La CPI devra d’ailleurs se prononcer d’ici peu sur cette libération.

D’ici quelques jours, le 14 avril, la République bolivarienne du Venezuela choisira son nouveau président suite au décès d’Hugo Chavez. Deux candidats sont en lice : Nicolas Maduro, partisan et successeur du président Chavez et Henrique Capriles, libéral pro-occidental, soutenu et financé activement par les USA. Le choix est assez simple : maintien de la souveraineté et de la justice sociale ou perte de l’indépendance au profit de forces extérieures et du pouvoir oligarchique. Quels parallèles avec la Côte d’Ivoire ? Chavez et Gbagbo se ressemblent sur beaucoup de points : justice sociale, défense de l’indépendance et de la souveraineté de leurs pays, priorité aux intérêts nationaux et non celles des puissances étrangères et des multinationales occidentales. Qu’en est-il des deux autres protagonistes ? Nous avons Ouattara, le « président » installé par l’armée française dans le cas ivoirien et Capriles au Venezuela pour une mainmise des USA sur le Venezuela… Étrange ressemblance également : tous deux néolibéraux, « défenseurs » ardents des privatisations massives et partisans de la baisse des programmes sociaux. Et bien sûr, aussi bien Ouattara (cadre du FMI) que Capriles (oligarque) sont des « alliés » inconditionnels des puissances occidentales. Bien que le mot « allié » ne soit pas tout à fait approprié, car il ne s’agit pas d’une relation d’égal à égal, mais plutôt du serviteur avec ses maîtres.

Le monde a beaucoup changé, en particulier depuis les dix dernières années. La Russie, humiliée dans les années 1990, a retrouvé pleinement son statut de grande puissance et continue de s’imposer à tous les niveaux et sur tous les fronts. L’Amérique latine, région ayant vécu trop longtemps sous le contrôle quasi-direct d’un pays et en particulier d’une organisation (dont le nom est CIA) est aujourd’hui dans sa grande majorité un exemple et une source d’inspiration pour le reste du monde. Le Venezuela en est un des acteurs clés. L’Afrique, continent martyr et pourtant tellement riche, aussi bien en ressources naturelles qu’humaines, ne peut toujours pas savourer pleinement sa souveraineté. D’ailleurs, a-t-elle eu dans son ensemble et dans son histoire récente la possibilité de profiter véritablement de son indépendance, ne serait-ce que brièvement ? A quelques exceptions près, la réponse est négative. En Côte d’Ivoire, à l’image des grandes personnalités africaines et mondiales, comme Patrice Lumumba, Nelson Mandela, et des autres grandes figures politiques africaines, Laurent Gbagbo a décidé d’en finir avec un système mafieux et criminel et a lancé ouvertement un défi aux néocolonialistes. Ces néocolonialistes ont répondu avec la plus grande violence qui soit afin de le faire chuter et ont installé un pantin au pouvoir par la force de leurs armes. Mais malgré tout l’arsenal armé et médiatique de ces puissances néocoloniales, elles n’ont non seulement pas réussi à détruire, ou du moins atténuer les aspirations de liberté des Africains, mais au contraire n’ont fait que confirmer la nécessité absolue d’en finir avec ce système mafieux et criminel une bonne fois pour toute.

Nous souhaitons à ces pays de réussir à gagner définitivement leur souveraineté. Cette souveraineté sera la clé pour profiter pleinement de leurs ressources et de leur potentiel. Dans le cas vénézuélien, reste également à souhaiter que quel que soit le résultat, il sera respecté par les forces extérieures, et avant tout étasunienne. Souhaitons également qu’Henrique Capriles ne copie pas son homologue Alassane Dramane Ouattara en appelant des forces armées étrangères pour bombarder son propre pays sous prétexte qu’il est « le bon candidat ».




Source: RADIO LA VOIX DE LA RUSSIE

mardi, 30 avril 2013

DANIELLE MITTERRAND: «LA DEMOCRATIE N'EXISTE NI AUX USA NI EN FRANCE»


DANIELLE MITTERRAND.jpg



Hernando Calvo Ospina est un journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique.

Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage. Voir:


Hernando Calvo Ospina a bien voulu nous confier le texte d’un entretien qu’il a eu avec Danielle Mitterrand. Qu’il en soit remercié.

LGS

(Les photos sont celles de l’article original).

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Ce qui suit est un extrait de l’entrevue à Mme. Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français François Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés ». A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

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Entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina.


Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?
 
Danielle Mitterrand  : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.
 
HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de «première dame» comme l’«exige» la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques?
 
DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.
 
HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire…
 
DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où «France-Libertés» voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question: Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ «incidents diplomatiques»?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

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J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission?
 
HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays?
 
DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François: «Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités…?» Ce fut une honte.
 
HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes…
 
DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner… ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !
 
HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.
 
DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu: «Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses.»

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.
 
HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer?
 
DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.
 
HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie? Est-ce une puissance mondiale?

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DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés? Nul.

 
Hernando Calvo Ospina.


(Traduit par Abacar Fall)





samedi, 20 avril 2013

CLAUDINE COJAN, JOURNALISTE FRANÇAISE: «COMMENT JE ME SUIS RENDUE COMPTE QUE GBAGBO ETAIT INNOCENT»


 

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Gros soucis d'ordinateur. Pas eu la possibilité de traiter ce long texte que m'a adressé la soeur de lutte Claudine Cojan, en saisie directe, par mail. Veuillez donc m'excuser ainsi que Claudine elle-même, chers lecteurs, pour toutes les imperfections du texte qui, malgré tout, récèle des témoignages poignants et restitue bien des vérités sur la crise postélectorale ivorienne, transcrits pour l'Histoire. Afin que nul n'ignore. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Coup d’état, putsch postélectoral de Sarkozy en Côte d'Ivoire, 11 avril 2011: Révélations d’une journaliste française:

Le 11 avril une liste imprimée avec 83 noms et PHOTOS - telle que Sarkozy l’a immédiatement annoncé - a commencé à circuler et la chasse aux sorcières a commencé.


http://youtu.be/-xl46QllVBg

 


http://youtu.be/7v7Z9JBpke4

 


http://youtu.be/dA0XLGOr2UA

 

Devoir de mémoire pour les sans voix ,meurtris par l’horrible« capture » du président élu de Côte d’Ivoire, à qui la France a refusé un recomptage des voix, preuve que la Côte d’ivoire n’est toujours pas un pays indépendant et libre ! Pour les Ivoiriens,les Ivoiriennes, les Français, les Françaises, mes fils d’abord, parce que quand ils étaient enfants, nous recevions des cadres religieux africains, des Ivoiriens à la maison, sans jamais rien se dire de toutcela! et pourtant ! Quand l’intolérable se produit, devons nous nous taire plus que de raison ?

A quoi cela sert-il alors d’élever ses enfants dans la vérité, le mieux possible? J’aurais aimé peut être, ne rien voir, mais je me suis trouvée là, comme un témoin au carrefour d’un accident, ou pire assistant à un meurtre! alors,devais-je me taire ?

2 ans après le putsch de Nicolas sarkozy en Côte d’ivoire en se servant des élections ,  qui  allait finir le travail de Chirac, le parti socialiste ne s’émeut de rien, la cour pénale  laisse les vautours en liberté, alors…tandis que les français paient le prix fort de cette politique bananière qui a aussi pour nègre,le pauvre ouvrier français ,l’étudiant,lechomeur,le retraité ,pouvais je me taire à propos de la cruauté des militaires français ? non !

« il y a un temps pour tout. J’estime de mon devoir deparler maintenant car à Abidjan, Ouattara s’apprête à donner le coup de grâce! Sachant bien sûr le président innocent, innocenté bientôt, le régime fasciste reçu par Hollande, lui se prépare à la « der des der », prépare les musulmans à tuer ces simples émigrés bien installés. J’ai rencontré ces héros de l’impossible à la résidence, à la RTI et à la prison MACA 6 mois après le coup d’état français.

ALERTE.OUATTARA S APPRETE A ERADIQUER CETTE SALE RACE DE FRONT DE GAUCHE FPI et toute la generation Gbagbo SI Gbagbo sort de prison dans un mois !

la côte d’ivoire est une terre d’asile, mieux que la France ,avec 26 pour cent d’émigrés sur son territoire..Mais le parti  RDR et Ouattara s’apprêtent à tuer ,de porte en porte , en disant aux musulmans qu’ilsvont perdre leurs privilèges si GBAGBO REVIENT DE LA COUR PENALE INTERNATIONALECPI MAINTENANT.

Oublie t-on que LAURENT GBAGBO a toujours aidé lesmusulmans ? oublie t-on qu’il a un fils ISMAEL ,venu le voir à la cour pénale internationale de LA HAYE ?

Que faut –il faire, que faut il dire pour que le bain de sang n’ait pas lieu ? ni à Abidjan,ni au dessus de San Pedro, ni à l’ouest, protégé capté maintenant par les multinationales CACAO par les milices de ouattara-sarko-zakaria ?

On ne peut pas faire comme si cela n’avait pas existé oh non !

Sinon à quoi ça sert d’être français ?

Notre constitution devrait suffir à nous ouvrir les yeux mais nous l’avons oubliée.

Espérant ne nuire à personne en expliquant un peu ce que je sais ,notamment de ce 11 AVRIL 2011 CRUEL cruel barbouze et francais .

Merci de m’avoir fait confiance.

« DANS LA RESIDENCE LA Foi était inébranlable ! Comme les premiers chrétiens ,y compris les musulmans !

Le cuisinier Gnacien RHDP n’a pas été inquiété par LG après les élections, alors que Dramane contestait le résultat des élections,puis s’auto-proclamait vainqueur, en marge, depuis  l’hotel du Golf devenu dès lors la triste célèbre geôle « gestapo »,une horreur ou la torture ira bon train !

La Foi c’était aussi quand j ai vu de mes yeux LG sous sa douche alors que le snipper tirait sur lui depuis l’hélicoptère !

LG a continué à se laver ,il a ensuite enfilé sa chemise et fermé  les boutons , et ça c’est dur à faire si l’on tremble ! il ne tremblait pas du tout.

« Etait-il sonné ça arrive quand on vous tire dessus ! »

« Mais non,il était normal, égal à lui-même, simplement, calme. Le snipper français continuait à tirer pourtant ! je suis devenu calme commelui alors ! je le regardais boutonner sa chemise et c’est long ,tiletteet s’habiller sous les snippers français ,les minutes sont longues alors ! mais ça a été.

J’ai décidé  de prendre  l’escalier, l’ascenseur aurait été dangereux, le snipper pouvait l’atteindre.

On est arrivé au bureau ,le président s’est mis au travail comme d’habitude !

(J’en était alors loin de la représentation toute faite que l’on avait bien voulu me brosser ! un Gbagbo fou de Dieu ,genre gourou religieux et politique à la fois ! Mais j’étais plutôt loin aussi du faste habituel prêté aux dictateurs africains ! Ici ,cet homme assailli de toute part avec une rare violence , ce président auprès de qui l’armée, les conseillers, les ministres et autres continuaient à travailler en plein enfer maintenant, en avril 2011 sous des pluies de missiles,  il était bien normal, certes, mais il fallait du courage, un courage que peu d’hommes ont en pareille circonstance !)

« Vous savez, j’ai révé que le président LG revenait. Il me prenait la main, me demandait ce qui c’était passé en son absence. Je sais que tout va bien se passer, je suis serein, je l’attends. Un homme comme cela, croyez moi madame, c’est si précieux !

« L’objectif était de faire tomber le bâtiment sur nous ».

J’ai vérifié ,je suis allée à différents endroits dont la cité des arts, là où les hélicoptères français jetaient leurs missiles, effrayant la population civile, et oui, le plan« karcher » de Nicolas Sarkozy de Nagui Bosca, quasi « en live » aux heures chaudes, avec la licorne ou son ami intime Dramane, c’était cela ;

En écroulant la résidence sur elle même, au moins on détruisait les collaborateurs et les membres du gouvernement, la famille aussi, histoire que nul ne puisse raconter ensuite ce qui s’était passé, ni transmettre aux générations futures ce message clé pour l’Afrique : la démocratie, le socialisme, terminé le colonialisme et le captage de nos richesses, terminé le franc cfa qui nousruine !

Le 11 avril, à la fin ,il y avait des explosifs dans la cour.

Les voitures garées ont été volées ,vous les voyez circuler enville ! les 4X4, offertes pour faire la campagne électorale  et celle du médecin et de sa femme.c’est illégal, mais quoi dire ? on laisse faire, vous avez vu à quel point ici c’est Chicago alors !

« Alors le 11 avril 2011 ? »

Il y avait le docteur Blé, celui du président.

Le docteur Djédjé,  celui de madame LG, Simone.

A 10H ,il n’était plus possible de rester dans le sous sol, alors on est remonté, .On a mis le président dans la cave du 1ersous-sol, dans la« cave qui servait de discothèque ».

A 11H, là tout était fini.

Dehors ,les gardes ont dû quitter après 9H, tant ça tirait sur eux.

Les FRANÇAIS SONT DANS LA RESIDENCE .

Ils sont aussi là avec leurs chars dehors.

Le ministre Désiré TAGRO monte l’escalier, ,avec le drapeau banc. Ahuri il voit les français lui tirer dessus !

Il resdescend alors.

Le président Gbagbo :« ils vous ont tiré dessus avec le drapeau blanc ? »

« Oui ,monsieur ! »

« D’accord » ,dit le président Gbagbo calmement.

Et il va répéter plusieurs fois entre 10H et 12H :

« Puisque c’est ainsi qu’ils viennent me chercher ».

A 12H ,les gardes ont des armes en bas de l’escalier, mais le président leur dit alors :

« Baissez les armes, on a perdu la bataille » . Et il répète « Puisque c’est ainsi, qu’ils viennent me chercher,  les français ».

Le président Gbagbo était calme ,simplement serein, sans vantardise, sans mépris, sans fatalisme non plus. Il suivait simplement le « cours de l’histoire » posément et ça, c’était incroyable, sécurisant pour tous .

C’était l’enfer dehors et à l’étage de la résidence, pourtant ! Les français entrés par le tunnel et les chars qui étaient arrivés plus les légionnaires, quelle horreur, que de morts, que de jeunes,  morts !

« J'ai vu, oui. Il y avait des jeunes,  des jeunes filles aussi, dans les jardins la veille encore, sous les toiles de tentes, simplement qui chantaient . »

« Oui, à ce stade là, quoi faire? à Paris Sarkozy ne voulait rien entendre, interdisait le recomptage des voix, je ne m’explique d’ailleurs pas comment il a ce pouvoir sur toute l’Afrique, l’union africaine et aussi l’ONU.C’est étrange mais voià, c’est réel! Nous étions isolés aussi, les médias refusant de montrer la réalité! Et puis ces appels téléphoniques d’Hilary Clinton et autres pour que le président prenne un avion mis a sa disposition avec des collaborateurs et sa famille, imaginez cela! folie totale! Le président ne voulait plus prendre ces appels à lafin ! Pourquoi ? pour lui ça semblait complètement fou de devoir abandonner le peuple, et son pays en plus ,bien sûr ! il croit tellement en la paix, en la discussion ! il n’aime pas du tout la guerre lui !

D’ailleurs il a refusé à Kadhafi d’intervenir, Kadhafi voulait le faire, car il avait mis sa flotte en position et là, tout aurait été différend !

Mais non ! c’est par l ‘usage de la démocratie qu’il a toujours voulu y arriver ! »

« Revenons au 11 avril. »

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vendredi, 19 avril 2013

VENEZUELA: LA FACE CACHEE DU BEAU-GOSSE DE L'OPPOSITION

 

HENRIQUE CAPRILES RADONSKI.jpg


Depuis qu'il a affronté Hugo Chavez, aux élections présidentielles de 2012, Henrique Capriles Radonski fait la Une des journaux. Il est porté aux nues par les médias américains et européens. Mais derrière l'image du parfait gentleman se profile une face obscure qu'il a peine à cacher. Ces dernières heures, le gouvernement vénézuélien lui impute les violences qui éclosent dans le pays.

 

La famille dans laquelle nait en 1972, Henrique Capriles, fait partie de l'élie vénézuélienne. Les deux lignées familiales sont rattachées au pouvoir financier. Les Capriles détiennent un empire immobilier, automobile et le Circuit National d'Exhibition (Cinex). D'un autre côté, les Radonski possèdent la seconde chaine de télévision du pays. Elle est aussi propriétaire de "Ultimas Niticias" et d'autres radios. Ils ont une origine européenne car l'un des ancêtres de Capriles, a échappé aux raffles polonaises de la Seconde Guerre Mondiale. L'héritier détient entre ses mains, le pouvoir financier et médiatique qui lui permet de gravir les échelons du pouvoir très vite. A 24 ans, il est élu député de l'Etat de Zulia et milite au parti d'extrème-droite "Copei". Il fut nommé Chef de la Chambre des Députés, déjouant les pronostiques habituels. En coulisse, sa famille finance les campagnes politiques de députés qui s'empressent de soutenir "l'héritier".

Dès les années 2000, les USA s'imiscent dans la politique vénézuélienne, en finançant et en soutenant un parti d'opposition qu'a crée un certain Henrique Capriles Radonski, "Primero Justicia". Ce parti s'est allié au niveau international avec une branche du parti républicain. Le New York Times affirme que cette branche du parti républicain américain, National Endowment for Democracy, est la face visible de l'action de la Central Intelligence Agency (CIA). Ce groupe finance chaque année de 30 millions de dollars, des groupes politiques, des syndicats d'opposition partout dans les pays qui n'ont pas la vision américaine du monde. Comme Maire de l'Etat de Baruta, Capriles signe quantités de contrats avec le FBI. Il procède à l'arrestation de militants pro-chavistes. Peu de temps avant le coup d'Etat fomanté contre Chavez en 2002, l'héritier participe à un dîner réunissant l'extrême-droite cubano-américaine et vénézuélienne. Durant le coup d'Etat, il viole la loi internationale qui interdit la perquisition diplomatique. Arrêté et enfermé, Capriles renforce sa haine envers le pouvoir en place. En 2004, le financier chargé de "l'affaire Capriles Radonski" est tué par un attentat à la voiture piégée. Deux ans plus tard, l'héritier est blanchi par la justice. Comme gouverneur de l'Etat de Miranda, le héros de l'opposition refusera la présence de policiers sur son territoire, afin d'empêcher des meurtres. Prioritée pourtant donnée durant sa campagne réelective au siège de gouverneur.

En 2012, Capriles se réunit en Colombie avec le général américain, Martin Dempzey. Pour dix points de différence, il perdra les élections présidentielles contre Chavez. Il a perdu une seconde fois contre le dauphin de celui-ci, le 11 avril dernier. Le champion des médias américains et européens avait promis, en cas d'élection, de signer les contrats de libre-échange avec ces deux continents. A l'annonce de la victoire de Maduro, la presse européano-américaine lui donnera la parole et diffusera son refus de reconnaitre la victoire des urnes. Le Président de Bolivie, Evo Morales, a affirmé ce mercredi, que les USA cherchaient à fomenter un climat de violence au Vénézuela, afin de favoriser un coup d'Etat contre le nouvel homme fort du pays.

 

In "50 verdaderas de Henriquez Capriles Radonski".

 

Source: AGORAVOX

jeudi, 11 avril 2013

11 AVRIL 2011–11 AVRIL 2013: DEUX ANS APRES LE COUP D'ETAT DE LA FRANCE EN COTE D’IVOIRE

 

SOLDATS FRANçAIS AVEC UN SYMBOLE DE L'ETAT IVOIRIEN.jpg

 
"J'ai été arrêté sous les bombes françaises. Le 11 avril, une cinquantaine de chars français encerclaient ma résidence pendant que les hélicoptères bombardaient. C'est l'armée française qui a fait le travail et elle m'a remis aux forces d'Alassane Ouattara, qui n'étaient pas encore les forces régulières." (Extrait de l’intervention de Laurent GBAGBO du 05 décembre 2011 devant la CPI)
 
« Nous avons besoin de la démocratie...La démocratie, c’est le respect des textes. Qui ne respecte pas le Constitution, n’est pas démocrate. C’est parce que j’ai respecté la Constitution que je suis ici. Je compte sur vous parce que je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leurs pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces africains-là comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent. » (Extrait de l’intervention de Laurent GBAGBO du 28 février 2013 devant la CPI)
 
 
Liste non exhaustive des manifestations multipolaires et multiformes prévues dans le cadre de cette douloureuse commémoration :

Sur PARIS :
Pendant que le Président Hollande reçoit OUATTARA à l'Elysée après avoir reçu NGUESSO, BONGO, COMPAORE, DEBY,... contrairement à ses promesse de rupture avec la Françafrique (France-à-fric !), nous manifesterons devant l'Assemblée Nationale pour rappeler les Députés à leur devoir de contrôle de l'activité gouvernementale surtout en matière de politique étrantère car ne l'oublions pas, la France agit au nom du peuple français, donc en votre nom. Car n'oublions pas : "Qui est neutre dans une injustice prend le parti de l'oppresseur". Desmond TUTU
 



11 avril 2011 - 11 avril 2013, cela fait deux ans que la France a réussi son coup d'Etat en arrêtant et en déportant le Président légitime Laurent GBAGBO. En ce triste 11 avril indignons-nous et protestons devant l'Assemblée Nationale (L12) contre cette énième violation de notre souveraineté par la France. Une motion sera à nouveau déposée.

RDV Place Edouard Herriot de 14h30 à 19h



http://3.bp.blogspot.com/-w7B-0yGFdNM/UWVITWmr7tI/AAAAAAAABnc/vTdbuR_SzTw/s1600/marche+europ%C3%A9enne+13+avril+2013.png

Et à 19h30 tous à la Bastille avec nos bougies !
Contacts : 06 69 49 40 06 / 06 68 38 21 03 / 07 78 19 49 99
 
 
GRANDE MARCHE EUROPEENNE DE LA DIASPORA AFRICAINE
POUR LA LIBERATION du Président Laurent GBAGBO

Du 19 au 28 février dernier, la CPI (Cour Pénale Internationale) ouvrait le dossier concernant le Président Laurent GBAGBO en audience de confirmation des charges. La CPI donnera son verdict dans un délai de 60 jours à compter du 28 mars 2013.

« Nous avons besoin de la démocratie... La démocratie, c’est le respect des textes. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate. » Extrait de l'intervention du Président Laurent GBAGBO du jeudi 28 février 2013 devant la CPI.
 
Voici bientôt deux ans que Laurent GBAGBO se trouve à la Haye, deux ans que l’Etat de droit a cessé d’être en Côte d’Ivoire, deux ans que la  Constitution ivoirienne est constamment piétinée…  Et pourtant nous sommes debout… Et pourtant nous marchons et nous allons continuer de marcher pour dénoncer cette injustice.
 
Nous, organisations et mouvements associatifs, syndicaux et politiques de la diaspora, avons décidé d’organiser une grande marche européenne unitaire le samedi 13 avril 2013 à Paris pour demander la libération immédiate et sans condition du Président Laurent GBAGBO et des autres prisonniers politiques injustement incarcérés en Côte d’Ivoire.
 
Nous appelons donc toute la Diaspora africaine en Europe, les démocrates de tous les continents, toutes les personnes éprises de paix, de liberté et de justice à cette grande marche européenne le samedi 13 avril 2013 de  12h à 20 h 30.
 
Lieu de rassemblement : place de Clichy (métro lignes 2 et 13)                                                        
 
Lieu d’arrivée de la marche : place de Stalingrad (métro lignes 5 et 7)
 
Contacts : 00336 02 50 18 14 / 00336 66 71 43 15 / euromarche13avril2013@yahoo.fr

Vive l’Afrique libre et indépendante pour que vive une Côte d’Ivoire juste et paisible !
 
Le comité d’organisation

A LA HAYE :
 
 
En COTE D’IVOIRE :

LUNDI 8 AVRIL 2013

 
 
 
Mme Agoh Marthe et le C.N.R.D convoquent une grande journée de mobilisation le 12 avril 2013.

 
Question: Le Vendredi 12 Avril 2013, le C.N.R.D organise une journée de rassemblement pour le Résistance Démocratique ; Pourquoi une telle journée ?

Mme Agoh Marthe: Le CNRD organise cette journée principalement pour deux raisons : d’abord pour exorciser la mémoire collective par rapport aux évènements dramatiques du 11 Avril 2011.

Ensuite, pour réaffirmer notre rêve pour la démocratie vraie en Côte d’Ivoire, car nous croyons, comme le Président Laurent Gbagbo, que c’est la « seule voie de salut » pour le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité ethnique et culturelle.
 
Q.: Pouvez-vous nous dire un peu comment cela va se passer

Mme Agoh Marthe: Il s’agit avant tout d’une fête populaire avec des chants, des danses, des sketchs…ponctués de messages sur la démocratie.

Aussi souhaitons-nous que nos compatriotes épris de Justice, de Vérité, de Paix, rêvant d’ « une patrie de la vraie fraternité », viennent nombreux à cette journée pour communier avec le Chantre de la Démocratie qu’est Laurent Gbagbo. C’est pourquoi nous invitons particulièrement chansonniers et autres humoristes.
 
Q.: Nous constatons que le C.N.R.D rêve encore de Démocratie, malgré ce qui s’est passé en Avril 2011… 

Mme Agoh Marthe: Il convient de souligner que ce qui s’est passé dans notre pays en Avril 2011 n’a rien avoir avec la Démocratie. 

En démocratie, on se réfère toujours au peuple, donc aux institutions qui l’incarnent. Or, comme l’a dit le Président Laurent GBAGBO lors de sa première comparution devant les Juges de la CPI, « c’est l’armée française qui a fait le travail ». Le peuple souverain de Côte d’Ivoire a confié sa défense exclusivement aux forces de défense et de sécurité nationales dans les conditions déterminées par la Loi (Article 24 de la Constitution), et non à l’armée française.
 
Q.: Voulez-vous dire qu’aucune force étrangère ne doit intervenir en Côte d’Ivoire ?

Mme Agoh Marthe: En principe, non.
 
Q.: Mais alors, expliquez-nous la présence des forces militaires françaises et Onusiennes sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire.

Mme Agoh Marthe: La présence des forces militaires françaises résulte d’accords de défense pour soutenir l’Armée ivoirienne en cas d’agression extérieure du territoire national. Ce n’est donc pas pour intervenir dans le contentieux électoral contre un des candidats, et de surcroît contre l’Armée Nationale.
 
Quant aux forces Onusiennes, elles-mêmes ne se nomment-t-elles pas «forces impartiales d’interposition»? Elles sont donc là pour s’interposer et non pour prendre partie pour un camp. Or, ce n’est pas ce que nous avons constaté.
 
Il est donc clair que ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale n’a rien à voir avec les règles et les principes de la Démocratie. C’est simplement la loi du plus fort qui s’est imposée au peuple et à l’Etat de Côte d’Ivoire représenté à l’époque par le Président Laurent Gbagbo.
Précisons en passant que la Démocratie n’est pas un régime politique inconnu de l’Afrique traditionnelle; ici en Côte d’Ivoire, il y a des peuples qui pratiquent la gouvernance démocratique. 
 
Q.: Revenons donc au rêve de Démocratie du C.N.R.D.
 
Mme Agoh Marthe: Ok, Pour le C.N.R.D, la Démocratie bien assimilée et bien pratiquée est le moyen le plus sûr d’éviter les conflits sociaux dans la Nation.
 
En effet, la Démocratie signifie que le pouvoir appartient au peuple ; et cela suppose que la majorité des personnes vivant sur un territoire donné sont d’accord pour se soumettre aux lois et institutions communes, lesquelles prévoient tous les mécanismes de règlement des conflits.
 
Q.: C’est donc pour éviter les conflits, notamment les guerres civiles que vous tenez tant à la Démocratie?

Mme Agoh Marthe: Écoutez! Qui peut être heureux dans les remous, les conflits, la guerre? Non seulement la Paix est nécessaire pour la quiétude de tous, mais sans la Paix, il n’y a pas de développement. Regardez la Côte d’Ivoire aujourd’hui, la misère économique est telle qu’on ne parle plus de «panier de la ménagère» qui se vide, mais de «sachet de la ménagère», à cause de la situation conflictuelle qui perdure. 
 
Ainsi, outre la recherche de la Paix, le système démocratique offre la meilleure voie d’accès au progrès, à la prospérité pour tous. En effet, en Démocratie, la liberté et l’égalité de tous en Droit confèrent au peuple les moyens de décider des orientations de la politique de développement, à travers le libre choix de ses gouvernants, et de contrôler l’exercice du Pouvoir par la liberté d’expression.
 
C’est pourquoi nous exhortons les peuples d’Afrique à refuser de légitimer les dirigeants imposés de l’extérieur par les armes.
 
Q.: Un dernier mot ?

Mme Agoh Marthe: En guise de conclusion, permettez que nous citions un passage du livre de Monsieur Laurent Gbagbo intitulé ‘ Côte d’Ivoire – Bâtir la Paix sur la Démocratie et la Prospérité ‘(page 11) : «Ce que nous avions cru impensable s’est donc produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Il y a eu des morts, des vies brisées, des déplacés de guerre et des réfugiés. Nous avons constaté qu’avec la guerre, nous étions tous menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses ou politiques, quelles que soient nos positions sur la guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Notre pays, la Côte d’Ivoire, a failli sombrer dans le chaos. Mais les peuples entrent en action quand l’histoire l’exige. Les peuples se mobilisent toujours pour sauver les nations du péril. Le peuple ivoirien s’est dressé pour opposer au mauvais destin une même volonté résolue. Il a refusé la régression et nous sommes restés debout.»
 
C’est pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, le Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (dernière création de Laurent Gbagbo) invite les Ivoiriens et les Ivoiriennes à la Journée de Rassemblement pour la Résistance Démocratique du Vendredi 12 Avril 2013 !
 
En ITALIE :


    


Aux ETATS-UNIS :
Grande Manif des organisations et personnalités Américaines contre Ouattara, au siège de Cargill
 

 

 
J'ai le grand plaisir de vous informer que le Cri Panafricain-USA compte protester contre le géant de l’agro-alimentaire American, Cargill qui est la première compagnie américaine impliquée dans l’exportation du cacao ivoirien, première source de revenue du régime Ouattara. Je suis particulièrement convaincu que pour faire tomber le régime Ouattara sans un seul coup de fusil, il nous faut mettre pression sur les compagnies qui font business avec Ouattara.
 
Sur ma proposition, ANSWER Coalition a accepté d’ajouter le siège de Cargill à Washington DC au trajet de la grande marche contre la présence des drones Américains dans le monde, qui aura lieu le 13 Avril 2013 à la Maison Blanche à Washington DC.
 
Devant donc le siège de Cargill, toutes ces organisations américaines vont protester contre le régime Ouattara et le soutien du gouvernement Américain et des multinationales Américaines a ce régime sanguinaires et génocidaire qui tyrannisent les ivoiriens.
 
Chers patriotes ivoiriens des USA, je fais tout pour attirer les activités et organisations américaines a soutenir notre lutte, mais seul je suis impuissant si vous ne faite pas l’effort de sacrifier de votre temps ce Samedi 13 Avril 2013 qui est proche de la date du 11 Avril, jour que notre pays a été arrache a notre peuple par la France, les USA, et ces multinationales comme Cargill et cela a travers leur valet Ouattara Alassane de Sindou Burkina Faso.
 
Patriotes Ivoiriens des USA, rendez vous donc devant la Maison Blanche et ensuite devant le siège de Cargill, a 1030 15th St, Washington, DC ce Samedi 13 Avril 2013. Voila la liste des organisations et personnalités Américaines qui seront a la marche et avec nous devant le siège de Cargill pour protester contre Alassane Ouattara et demander que les USA cessent de le supporter:
 
Ramsey Clark, ancien Ministre de la Justice des USA (U.S. attorney general),
Cynthia McKinney, ex- membre du Congrès Américain,
Akbar Muhammad, Représentant International de la Nation of Islam;
Veterans for Peace( Organisation d’anciens soldats Américains devenus pacifistes)
Colonel Ann Wright ( Ex-colonel de l’armée Américaine; CODEPINK( Organisation féministe et pacifiste Américaine);
CAIR (Council on American-Islamic Relations); Jared Ball, ( Animateur Radio de la chaine WPFW (Pacifica);
Révérend Graylan Hagler, Pasteur de l’église Plymouth Congregational United Church of Christ;
Imam Mahdi Bray et son organisation Freedom Coalition;
Mara Verheyden-Hilliard, Directrice-générale de Partnership for Civil Justice Fund;
Zaki Baruti de l’organisation noire-americaine Universal African Peoples Organization;
L’organisation des Iranien-Americains, American-Iranian Friendship Committee (AIFC);
Peta Lindsay, responsable du Parti , Party for Socialism and Liberation;
Le mouvement Haiti Liberté;
L’organisation estudiantine de l’Université d’Howard University, la plus grande Université Noire des USA, (Political Education and Action Committee-Howard University);
Les organisations estudiantines de Temple University ,a Philadelphie, Students for Justice in Palestine-Temple U., et Conflict Free Campus Initiative–Temple U. Et bien d’autres que je n’ai pas mentionné.
 

Pour info, contactez Patriote Gnawa au 202 696 3353

mardi, 02 avril 2013

BRICS: «PLUS QUESTION DE RECOURS A LA FORCE CONTRE UN ETAT SOUVERAIN»

 

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Mauvaise nouvelle? Certainement pour certains.

Le BRICS, qui se réunit dès demain en Afrique du Sud, veut s’affirmer collectivement pour peser davantage sur la marche du monde. D’ores et déjà Russes et Chinois se sont rencontrés pour accorder leurs discours relativement offensifs : les deux dirigeants, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont, chacun à leur tour, averti qu’ils ne tolèreront « plus de recours à la force contre la souveraineté des pays », selon les mots du chef du Kremlin. « Nous devons respecter le droit de chaque pays à choisir en toute indépendance sa voie et nous devons nous opposer aux ingérences dans les affaires intérieures des autres Etats », a approuvé Xi Jinping. 

Vladimir Poutine souhaite démontrer que le collectif BRICS peut désormais peser de tout son poids sur la marche du monde : « Le PIB des pays du BRICS, mesuré selon la parité du pouvoir d'achat, en monnaies nationales, atteint 27 %, et cette part est en train d’augmenter», a-t-il déclaré, jurant que ce groupe ne revendiquera jamais qu’un système mondial plus juste et plus équilibré : « Les membres des pays BRICS sont favorables à la création d'un système plus équilibré et plus équitable des relations économiques internationales. (…) la preuve : c’est la décision consolidée de renflouer les fonds du FMI de 75 milliards de dollars ».

Mais au-delà des considérations géopolitiques et philanthropiques, c’est surtout le système financier qui sera sur la table du 25 au 27 mars à Durban. Et là, il s’agit, pour M. Poutine, de passer à l’action : « Nous proposons à nos partenaires de transformer les BRICS, forum de dialogue qui coordonne les positions sur un nombre limité de questions, en un mécanisme d'interaction stratégique, permettant de travailler ensemble pour trouver des solutions à des questions clés de la politique mondiale », a annoncé Vladimir Poutine. Il s’agira de lancer la Banque de développement des BRICS, première pierre de la construction d’une alternative au système FMI-Banque mondiale qui gère le monde depuis 60 ans. La création d’une agence de notation commune sera également au menu des discussions. De même qu’un forum économique sur le modèle de Davos, qui permettra aux grands acteurs politiques et économiques des BRICS de se concerter pour mieux construire ensemble le bonheur des peuples. 

Même si l’Afrique du Sud semble tentée de rejoindre les positions sino-russes, il n’est pas certain que le Brésil ou l’Inde soient vraiment disposés à participer aussi activement à ce qui ressemble tout de même à un plan d’action pour devenir calife à la place du calife.


Source: FACEBOOK

lundi, 25 mars 2013

IL ETAIT UNE FOIS LE MALI: DIGNE, INDEPENDANT, SOUVERAIN ET RESPECTE!

 

FRONT NOUVEAU CITOYEN.jpg


Capitaine Sanogo, en ces douze (12) mois d’occupation du centre de l’actualité nationale, avez-vous la satisfaction ou le sentiment d’avoir "redressé la démocratie" et "restauré l’État" au Mali, comme semblait le projeter votre regroupement de militaires: Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État (CNRDRE)? 

Saluons ces épaisses ténèbres qui happent désormais le soleil d’un Mali s’étant surestimé grand, d’une grandeur héritée, vendue aux enchères aux moins-disant et pire-offrant! 

La nécessité actuelle du renouvellement qualitatif du personnel politique du Mali est impérieuse et indiscutable. 

De "jeunes" prétendants, encore adolescents en mars 1991 pour quelques-uns parmi eux, arguant de leur âge pour conférer légitimation à leurs justifications d’être désignés incessamment à la tête de l’État persistent à se démarquer. 

Mais de qui, de quoi entendent-ils se démarquer en général? 

Jeunesse du Mali, maintenant, toi aussi, tu sais et dois t’assumer!

 
Il était une fois le Mali : digne, indépendant, souverain et respecté! 
  

Mars de tous les possibles : des utopies révolutionnaires aux barbaries suicidaires!  


 
  • Journée des attentes et des allusions : 8 mars!
  
Les sacrifices des femmes du Mali mériteraient bien que la Journée des Droits des Femmes (populairement désignée Journée de la Femme par banalisation), au-delà de sa symbolique, soit le départ vers un véritable tremplin de solidarité pour de nouvelles espérances au féminin et au pluriel. 
  
Un bref rappel historique permettrait de comprendre que dans les années d’après-guerre, la question de la femme malienne (soudanaise à l’époque) ne se dissociait pas des problématiques globales de la lutte pour l’indépendance. 
  
Les luttes des femmes se confondaient alors avec les luttes politiques et syndicales, pour l’égalité des droits et le respect de la dignité humaine. 
Mesdames Aoua KÉÏTA et Thira DIARRA, deux femmes de cette époque aux destinées comparables, ont en commun l’anticolonialisme, l’engagement et la détermination dans la lutte d’émancipation des peuples, le sacrifice de leur vie privée et familiale. 
Elles subirent beaucoup de brimades de la part des autorités coloniales à cause de leurs engagements sans faille ! 
  
Le Mali des années d’indépendance est une société fortement traditionnelle, portée par des valeurs anciennes très peu islamisées pour ce qui concerne"la place de la femme"
  
C’était surtout le Mali révolutionnaire du "tout est possible", fondé sur les principes du socialisme et le profond désir de liberté, de justice, d’égalité de tous les citoyens maliens d’une part et, d’autre part, de tous les compatriotes d’Afrique dans le cadre des États-Unis d’Afrique. 
  
La femme malienne des années 60 se projetait comme une citoyenne consciencieuse et ouverte, une panafricaine et tiers-mondiste, une militante soutenant toutes les luttes d’émancipation des peuples dominés et de toutes les minorités méprisées de ce monde. 
  
L’enjeu que constituaient la femme malienne et sa place dans la société a été circonscrit à travers l’élaboration d’un premier « Code Malien du mariage et de la tutelle » en 1962, consacrant les droits nouveaux de la femme et de la jeune fille au Mali indépendant et optimiste. 
  
Ce fut un outil indispensable, à ce jour encore inégalé dans de nombreux pays, pour la question du genre et sa prise en compte comme facteur incontournable de la paix et du développement. 
  
Malheureusement, le coup-d’État militaire du 19 novembre 1968 vient sonner le glas de cette politique d’émancipation de la femme malienne et transformer la "majorité minoritaire" en bien de consommation pour les détourneurs des deniers publics durant les décennies qui suivront. 
  
La période dite démocratique, pleine de promesses à ses débuts, le 26 mars 1991, a fini de soumettre la femme malienne aux forces obscurantistes et rétrogrades, en adoptant, le 30 décembre 2011, un « Code de la famille » qui sanctionne toutes les inégalités entre les conjoints, entre les héritiers et les héritières et en introduisant une égalité de valeur entre le mariage civil et le mariage religieux. Ce fut le plus magnifique cadeau de fin d’année du pouvoir aux abois ! 
  
Le débat sur la réforme du code de famille a été fortement basé sur l’ordre familial musulman traditionnel, voire arabe, pour satisfaire les revendications des activistes musulmans. 
  
Malgré la saisine du Président de la République par les trois principales ONG du pays engagées dans la lutte pour le respect des droits des femmes et des enfants, l’invitant à ne pas ratifier cette dernière version, ce nouveau code a été ratifié le 21 janvier suivant. 
  
Pour les organisations musulmanes, comme le Haut conseil islamique du Mali, c'est une victoire, tandis que pour beaucoup d'ONG, cette nouvelle version du code est discriminatoire à l'égard des femmes. 
  
Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme), déclare que « (…) avec la promulgation de ce texte, le Mali a perdu une opportunité de progresser vers le respect des droits des femmes. La FIDH, aux côtés d’organisations maliennes et de tout le continent, n’a cessé d’appeler à l’adoption d’un Code protecteur pour les droits des femmes, conformément aux obligations internationales du Mali, et à alerter des conséquences néfastes d’une révision à la baisse de ce texte. Nous déplorons la promulgation de ce texte discriminatoire ! » 
  
L’Arabie saoudite et le Qatar en sont satisfaits et apaisés, les "intellos-politiciens" abonnés aux râteliers occidentaux et moyen-orientaux peuvent désormais conserver leurs dotations habituelles! 
  
Ce nouveau code de la famille consacre la réduction de la place de la femme au Mali et la prééminence des religieux d’obédience musulmane. 
  
C’est un remarquable recul qui, quelques mois plus tard, connaîtra son expression la plus tragique à travers la lapidation à mort de parents d’enfants mineurs au nom de la charia, les viols collectifs des femmes et jeunes filles, le déplacement de milliers de femmes et de leurs enfants mineurs, l’enrôlement des enfants soldats, la destruction des infrastructures de soins et santé, de culture et de loisirs. 
  
Ce fut la fin de la laïcité dans les deux tiers (2/3) du Mali, avec de sérieuses menaces sur le tiers (1/3) dit libre ! 
  
  • Du bain de boue révolutionnaire du 26 mars 1991 à la fausse couche du 22 mars 2012 !
  
En faisant chaque fois le bilan du 26 Mars 1991, il ressort que ses deux slogans majeurs ("Nous ne voulons plus de l’ancien, mais du neuf" et"Laver proprement") ont été, depuis toujours, détournés de leurs exigences révolutionnaires et vidés de leur substances : certes, "on fit du neuf",mais avec du vieux, puis on fit semblant de "laver proprement", mais l’eau étant déjà trop souillée, le linge sale du Mali devint encore plus crasseux ! 
  
Or, il est universellement connu et admis que "les mêmes causes, dans les mêmes conditions,  produisent toujours les mêmes effets !" 
  
Depuis quelques décennies, les postures condamnables et l’amoralité s’observent aussi bien dans des partis politiques que dans les organisations de la société civile, ayant déjà trop saigné à blanc le pays ; ils se reconnaîtront ! 
  
Fort heureusement, d’autres acteurs, à la probité et la moralité desquels il faut rendre hommage, s’ingénient à préserver l’idéal et la flamme, à vouloir sauver l’honneur et la vertu. Qu’ils et elles en  soient remerciés ! 
Modestes, ils se reconnaitront sans qu’il soit ici besoin de les citer ! 
  
Advint le 22 mars 2012 et se profila le visage d’un illustre inconnu : le capitaine Amadou Haya Sanogo, à la tête d’un groupe de soldats se réclamant des forces armées de défense et de sécurité du Mali. 
  
La suite n’est un secret pour personne ! 
  
Cette mutinerie flasque, à l’allure d’une grande vadrouille,  est l’archétype du symptôme du mal congénital de "la démocratie malienne" et le "prodigue" ou "monstrueux" capitaine Sanogo, n’en déplaise à ses supporters ou à ses détracteurs, n’en est que l’instrument ! 
  
Capitaine, en ces douze (12) mois d’occupation du centre de l’actualité nationale, avez-vous la satisfaction ou le sentiment d’avoir"redressé la démocratie" et "restauré l’État" au Mali, comme semblait le projeter votre regroupement de militaires : Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État (CNRDRE) ? 
  
  • De Mars à Mars : une marche à reculons sous une pluie de grêlons !
  
Le Mali ne pourra faire l’économie d’une nécessaire et impérieuse réorganisation de l’État, de ses institutions et de ses services, dont l’Armée (Lire :http://www.fncdumali.com/Mali-la-guerre-_a24.html 
  
Il y a donc un (1) an, jour pour jour, la Coordination du FNC a adressé au Capitaine Amadou Haya Sanogo une lettre ouverte, suite au coup-d’état du 21 mars 2012, pour un prompt retour à l’ordre constitutionnel normal au Mali : 
  
« Monsieur le Capitaine, 
  
En ce jour anniversaire de la victoire de la « Révolution populaire du 26 Mars 1991 », journée de souvenir et de recueillement, le FNCsalue la mémoire des martyrs – héros anonymes et légendes disparus, qui ont donné leur vie pour l’avènement de leur idéal : Un Mali démocratique et d’espérance. 
  
Aux acteurs encore vivants, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, qui, avec courage et abnégation, quotidiennement se battent pour la préservation des acquis du « 26 Mars 1991 », nous adressons nos fraternels compliments et les assurons de notre perpétuelle gratitude. 
  
Ce 21èmeanniversaire du "26 Mars 1991" est particulier en ce qu’il jouxte des échéances électorales (avril et mai), dont la tenue reste menacée par une guerre confessionnelle fanatique déguisée en mouvement de revendication de liberté, importée et imposée au Mali et à ses populations. 
  
Aux victimes et à leurs proches, aux milliers de déplacés et à leurs familles, aux frères et sœurs Touaregs et Arabes exilés pour se mettre à l’abri de ceux qui sèment la mort et la haine au nom de leur groupe ethnique, à toutes et tous, le FNC témoigne de sa profonde compassion en leur adressant ses bénédictions. 
  
À ce péril de la partition de notre pays sur la fissure de l’unité nationale, des hommes se réclamant des forces armées de défense et de sécurité que vous dirigez ont, à moins de quarante (40) jours du 1er tour de l’élection présidentielle, confisqué le pouvoir en déposant le président élu. 
  
Nous, Maliennes et Maliens de l’extérieur, en particulier de la France, patriotes, acteurs du "26 Mars 1991", militant(e)s et membres duFNC, condamnons avec fermeté votre coup de force que vous justifiez par la nécessité « … de prendre [vos] responsabilités [pour mettre]fin au régime incompétent et désavoué de Monsieur Amadou Toumani TOURÉ … » 
  
Le FNC est profondément conscient de la situation d’ensemble de notre pays et du fonctionnement de ses institutions. 
  
C’est pour cette raison que, depuis le 26 août dernier, nous donnons l’alerte à travers "l’Appel du 26 Août" (dont copie), et par le biais de plus de six cents (600) correspondances nominatives adressées, dans l’ordre, à l’Ambassade du Mali à Paris, à l’Assemblée Nationale du Mali (dont copie), aux organisations de la Société civile, aux Représentants des religions musulmane, catholique et protestante, aux Syndicats, aux Forces Armées et de Sécurité (dont copie), aux Institutions de la République, aux Autorités indépendantes ayant rang d’Institutions, aux 125 partis politiques enregistrés au ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales (dont copie), au Premier Ministre – Madame CISSÉ Mariam Kaïdama SIDIBÉ  (dont copie), au Président de la République – Son Excellence Amadou Toumani TOURÉ (dont copie), à l’Union Africaine (dont copie), à la Communauté Économique et Douanière des États de l’Afrique de l’Ouest, à l’Union Européenne, à l’Organisation des Nations Unies (dont copie), au Pape Benoît XVI (dont copie), au Mouvement National de Libération de l’Azawad (dont copie), aux Chancelleries accréditées au Mali (dont copie) ;  autant de correspondances restées à ce jour sans suite ! 
  
Le FNC a publié des dizaines de communiqués, rencontré l’Ambassadeur du Mali à Paris, le Ministre de la Réforme de l’État, sans réussir à les convaincre de l’absolue nécessité d’abandonner le projet de référendum constitutionnel pour résoudre les préoccupations du Peuple Malien, faire face aux impératifs des élections générales de 2012 et de la démocratie au Mali. 
  
Aujourd’hui, le FNC  prend acte de la prise du pouvoir par les Forces Armées de Défense et de Sécurité. 
  
À cet effet, nous exigeons 
  1. le retour à l’ordre constitutionnel normal en levant la suspension de la Constitution acquise des hautes luttes du mouvement démocratique ;
  2. la formation d’un gouvernement d’union nationale, composé de l’ensemble des forces vives de la Nation sur des bases claires ;
  3. la préservation de l’intégrité territoriale et de l’unité nationales ;
  4. la restauration de l’État et de son Autorité ;
  5. le règlement définitif de la guerre dans le nord de notre pacifique et hospitalier pays ;
  6. la création des conditions effectives de préparation et d’organisation des élections générales ;
  7. la restitution des pouvoirs au Président démocratiquement élu et au parlement issu véritablement du Peuple.
  
Nous vous saurions infiniment gré d’accorder à notre appel toute l’attention qu’il mérite, de le prendre en compte, afin de pas exposer notre pays à des aventures aussi dangereuses qu’aux conséquences incertaines. 
  
Veuillez croire, Monsieur le Capitaine, en l’expression, de notre plein et indéfectible attachement au Mali libre et pacifié, démocratique et souverain, Un et Indivisible. 
  
  
PS : pièces jointes (L’"Appel du 26 Août" ; Lettre ouverte à l’Assemblée Nationale du Mali ; Lettre ouverte aux Forces Armées et de Sécurité CGEMA ; Lettre ouverte aux 125 partis politiques enregistrés au MATCL ; Lettre ouverte au Premier Ministre ; Lettre ouverte au Président de la République ; Lettre ouverte à l’Union Africaine ; Lettre ouverte à l’ONU ; Lettre ouverte au Pape Benoît XVI ; Lettre ouverte au MNLA ; Lettre ouverte aux Chancelleries accréditées au Mali. » 
  
Aujourd’hui, date anniversaire de la victoire révolutionnaire du Peuple laborieux, il n’est nul besoin d’être un spécialiste pour constater et se questionner : "Il n’y a d’issue que pour celui qui sait où il va. Le Mali, sait-il où il va ?" 
  
Merci à la France d’être revenue au Mali, 52 ans après la proclamation d’indépendance du Soudan français ! (Lire :http://www.fncdumali.com/22-septembre-1960-22-septembre-2012-le-Mali-a-52-ans_a25.html
  
Dès le mois de novembre dernier, deux mois avant les frappes françaises, le FNC interrogeait et répondait à la question : Dans quelles conditions, la guerre de libération sera-t-elle déclenchée, pour la victoire de la paix ?  (Lire : http://www.fncdumali.com/Mali-la-guerre-_a24.html ) : 
  
« (…) Cette guerre devra se faire pour l’indivisibilité et la souveraineté du Mali, au nom de l’unité et la diversité des populations maliennes. 
Cette guerre se fera dans le sang et les pleurs du peuple, pacifique et hospitalier. Elle devra immanquablement viser à faire renaître la vie et le bonheur, la paix et l’espérance sur notre si belle terre de soleil et de générosité ! 
Cette guerre, avec l’appui des "amis du Mali" ne se fera pas seulement pour les "beaux-yeux" du pays. Elle se fera surtout pour les colossales richesses naturelles et la parfaite situation géostratégique du Sahara malien. 
Cette guerre, les Forces armées de défense et de sécurité du Mali devront savoir la gagner pour Un PeupleUn ButUne Foi en Une Afrique Unie et Digne. Pour se réconcilier avec le Peuple lésé et brimé ! 
Et les partenaires et alliés du Mali, au nom de quel idéal voudront-ils la gagner, cette guerre ? 
(…) 
Aujourd’hui, la transition doit s’auréoler de transparence et de justice, d’éducation et de droits, de devoirs et de sanctions pour baliser les perspectives. 
Qu’elle en devienne une transition exemplaire, exempte de passe-droits ordinaires et de privilèges coutumiers, de connivences contre-nature et silences coupables. 
Les décennies de connivences intéressées au sommet de l’État mériteraient, avant tout, que l’on clarifie le rapport du pouvoir tricéphale de Bamako et que l’on précise "très sérieusement" les charges régaliennes de chaque entité : le Président par intérim, le Premier ministre de "pleins pouvoirs", le Président du comité militaire de suivi des réformes des forces de défense et de sécurité. 
Est-il possible d’engager et gagner la guerre proche, sécuriser et pacifier le territoire sans un commandement suprême incontesté au sommet de l’État et à la tête des Forces armées de défense et de sécurité ? 
Comment s’assurer au préalable de la validité et de l’efficience de ce "Commandant en chef" ? 

"La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires !"[1] et "la Paix est une chose trop grave pour être confiée à des politiques !"[2] 

En la circonstance, disons raisonnablement que : " la politique est une affaire trop indispensable pour être confiée à des opportunistes ! " 
(…) 
Le nouveau pacte républicain est l’engagement solennel de tout(e) malien(e) de défendre l’inviolabilité de l’unité nationale, l’indivisibilité du territoire national, la non-recevabilité de quelque velléité d’autonomie ethnico-identitaire au bénéfice exclusif d’une tribu et au détriment de toutes les autres composantes démographiques non communautaires du Mali. » 
  
Allons, enfants de la patrie, saluer aujourd’hui la débâcle militaire de Konna et l’interdiction faite à l’Armée nationale de franchir "les frontières" de Kidal ! 
  
Saluons ces épaisses ténèbres qui happent désormais le soleil d’un Mali s’étant surestimé grand, d’une grandeur héritée, vendue aux enchères auxmoins-disant et pire-offrant ! 
  
Maintenant, allons gaillardement nous rasseoir sur la Constitution souveraine de 1992, en crachant notamment sur son préambule et ses articles 25 à 28, pendant que nos concitoyens exilés et déplacés de guerre trimballent leurs angoisses d’un refuge à un autre. 
  
Peuple laborieux recherche dirigeants résolus, honnêtes et humbles ! 
  
La nécessité actuelle du renouvellement qualitatif du personnel politique du Mali est impérieuse et indiscutable. 
  
Les dirigeants du Mali  durant 23 années, qui ont été inculpés pour assassinats et crimes économiques, ont été jugés : ils ont payé ! 
  
Ceux qui, à leur suite, ont pillé les caisses de l’État, torpillé le trésor public, démobilisé la conscience nationale et exilé l’espérance, doivent répondre en ces jours de leurs actes commis depuis le 26 mars 1991 ou dès le 22 mars 2012. 
  
Le personnel politique qui a coulé la Conscience du Malien, miné son Honneur et bradé sa Dignité, est le même qui fait rôder autour des urnes des poches remplies de faux bulletins de vote, distribuant les sommes volées aux projets d’éducation et de santé, cet argent prélevé sur le corps agonisant de ce Grand Peuple d’Afrique en résistance ! 
Ces immortels, que ni le ridicule ni le déshonneur ne peuvent tuer, se pavanent  et se vantent de leurs prouesses de pillage des deniers publics. 
Orgueilleux et prétentieux, ils tiennent à rester aux affaires car, pérorent-ils,   « Nous sommes nés pour être devant. Nous dirigerons les Maliens et nos enfants dirigeront les enfants de ceux que nous avons dirigés au Mali ! » 

Le Peuple du Mali doit rebondir et, à travers sa Justice, exiger de leurs monopolisateurs le remboursement des 1.300.000.000 de francs CFA (un milliard et trois cent millions FCFA) débloqués chaque année pour l’équipement et la formation de l’Armée, mais détournés durant près de 20 ans. Le remboursement des sommes détournées doit s’obtenir des criminels au col blanc par la saisie de leurs "propriétés" (biens immobiliers, fermes agropastorales, équipements et bien roulants,  et toutes autres valeurs possédées à titre privé) 
  
Finalement, au Mali, "les hommes de Moussa" (déchus par la révolution populaire de Mars 1991) semblent aujourd’hui plus dignes de confiance et mieux enclins à relever les défis sous lesquels ploie le pays à bout de souffle ! 
  
Pourtant, de "jeunes" prétendants, encore adolescents en mars 1991 pour quelques-uns parmi eux, arguant de leur âge pour conférer légitimation à leurs justifications d’être désignés incessamment à la tête de l’État persistent à se démarquer. 
  
Mais de qui, de quoi entendent-ils se démarquer en général ? 
  
« Il faut un changement générationnel et c’est notre tour ! », martèlent-ils, en omettant de dire qu’ils ont été majoritairement sécrétés et nourris, formés et engraissés à l’école des vieux roublards dont ils étaient, pour la plupart, les chargés des besognes de l’ère démocratique. 
  
« Quelle vigoureuse et vertueuse jeunesse que celle-ci, née dans les milieux de magouille d’État et nourrie aux seules  plus-values des spéculations foncières, des détournements de deniers publics et des trafics d’influence ! 
  
Bruyante jeunesse, lisse et incolore, courageuse et combative à l’apparence seulement, déployée selon les besoins comme "chargé de mission" dans un département ministériel ou responsable du "club de soutien" d’un candidat recommandé suivant l’épaisseur de son portefeuille ou le clinquant de ses extravagances ! » (Lire : http://www.fncdumali.com/Mali-Chronique-d-un-desastre-annonce_a22.html
  
Jeunesse du Mali, maintenant, toi aussi, tu sais et dois t’assumer ! 
  
Le FNC aura prévenu ! 
  
« (…) Que les futurs prétendants aux charges de Chef d'État donnent au Peuple davantage de preuves de leur probité plutôt que des déclarations creuses de "défense de l'intérêt supérieur du pays." 

Qu’ils s’engagent, préférablement par acte authentique, qu'ils ne permettront plus, sous peine de poursuites judiciaires, à aucun réseau familial ou système partisan de s'installer au cœur de nos institutions pour les affaiblir et les ruiner. 
  
Tous les candidats aux charges suprêmes devront jurer et signer que leurs épouses et maîtresses ne s’adonneront pas aux trafics d'influence (entrisme et intercession, immixtion entre l’appareil d’État et ses partenaires) 
  
Des dispositions encore plus sévères devront être prises pour la désignation du personnel diplomatique et consulaire, la réorganisation et la gestion de toutes les chancelleries, hauts lieux du désordre, des pires trafics et détournements inimaginables pour le commun de nos concitoyens. 
  
Il devra en être de même pour les candidats aux suffrages de proximités (conseillers municipaux, régionaux, nationaux, députés) 
  
Des textes clairs, adaptés et traduits dans les langues nationales, doivent redéfinir les prérogatives et limites des élus, souligner les critères moraux stricts et qualifier d’infractions pénales graves l’achat de voix et de conscience lors des campagnes et des votes. Les sanctions doivent être fermes et médiatisées lors de leurs applications. » (Lire : http://www.fncdumali.com/Mali-la-guerre-_a24.html ) 
  
"Homo maliensis" (l’Homme malien) - un être d’honneur et de dignité à toute épreuve : une espèce en voie de disparition ! 
  
Malgré leurs énormes difficultés quotidiennes, les Maliens et Maliennes ne sont pas regardants des divers indices de développement humains (IDH) et autres classements des organismes internationaux qui les stigmatisent perpétuellement. 
  
Ils préfèrent plutôt migrer pour tenter de pallier les incalculables carences de leur État du fait des incuries de leurs dirigeants. 
  
Aussi, le Malien n’a pas d’ennemi naturel ; son seul et véritable ennemi c’est le manque d’éducation, la faiblesse des infrastructures de santé et de développement. 
  
C’est ainsi que nous sommes des millions, binationaux et sans-papiers originaires du Mali, à travers le monde, à galérer, pour collecter et envoyer de quoi aider à survivre décemment dans notre pays continental. 
Nous faisons toujours plus que toutes ces coopérations qui, malgré nos efforts, imposent à nos populations des règles inhumaines et dégradantes, qu’elles n’oseraient même pas penser pour leurs propres peuples ! 
  
Les millions d’émigrants maliens, à la seule sueur de leur front, s’attèlent, sans armes ni haine, à la réalisation de toutes sortes de missions dévolues habituellement à l'état ! 
  
Dans leur pays, les Maliens et les Maliennes bravent ordinairement leur quotidien en vivant avec l’insouciance d’un Peuple qui se démerde tout seul, zigzagant entre les caprices d’un climat pas toujours clément et les destins que le bon dieu distribue à sa guise !   
  
Ici, la nature et le ciel, dans leurs fantaisies, vont jusqu’à vouloir soumettre ce Peuple aux épreuves des criquets, de la sécheresse et, encore pire, du terrorisme de prétendus coreligionnaires ! 
  
Soudain, contraint de devoir se justifier et montrer patte blanche, le Peuple innocent titube : "je suis de telle ethnie, de telle communauté, de telle entité, venant de tel ancêtre, vivant telles misères de la part de telles autres communautés." 
  
Et les décomptes froids et télécommandés se mettent à l’œuvre : combien y a-t-il de ceci ou de cela à l’Assemblée nationale, au gouvernement, à l’école, dans la rue, au fond de la mer méditerranée, dans les sables du Sahara, sur les routes des aventures, etc. ? 
  
Le Mali était pourtant un grand Peuple panafricain et tiers-mondiste, ouvert, profondément ancré dans son Histoire séculaire et dans son espérance d’un avenir africain radieux, ayant toujours cru en la nécessité de création des États-Unis d’Afrique, d’où les tentatives de fédérer avec le Sénégal,  puis avec la Guinée-Conakry et le Ghana, sans succès ! 
  
Alors, que chaque citoyen et citoyenne en lutte pour la justice, que chaque pays, chaque peuple engagé dans le combat pour la paix authentique, fasse son examen de conscience en ce qui concerne "les crises au Mali" ! 
  
Les entremetteurs qui s’entendent si parfaitement avec les membres MNLA (Mutuelle des Narcotrafiquants et Lampistes de l’Adrar), devenus fréquentables du jour au lendemain, savent ce qui les unit à ce groupuscule : les rapines et la trahison, la fourberie et les mensonges,  le népotisme et la cocaïne ! 
  
Nous ne leur permettrons pas de réaliser leurs desseins sur notre dos et avec notre sueur ! 
  
Notre Mali, auquel d’aucuns tiennent à imposer des élections générales, pendant que plus de six cent mille (600.000) de ses citoyens sont déplacés de force, doit renaître de son histoire, de ses ruines et de ses larmes. 
  
Les inquiétudes du FNC au sujet du devenir du Mali demeurent donc entières, tout comme ses attentes d’une résurrection après tant d’épreuves. 
  
Les maliens doivent réfléchir sur eux-mêmes et sur leur désir de se prendre en main, très vite pour éviter que leur pays, du fait de la montée en puissance de la Communauté Internationale (la France en tête) dans la résolution de la crise, ne se retrouve mis sous tutelle et que sa souveraineté n’échappe au Peuple et à ses dignes représentants. 

Il va falloir s’organiser et réorganiser ses besoins (Lire : http://www.fncdumali.com/Mali-le-52eme-et-le-plus-amer-anniversaire-de-l-Armee-nationale-_a38.html

Il va falloir définir son modèle de société, y mettre un contenu crédible, éduquer pour un avenir conforme aux besoins du citoyen ordinaire et aux nécessités incontournables d’un État moderne. 
  
Les religions doivent rester dans les lieux de leur culte, pour que l’éducation demeure le domaine de l’État ! 
  
C’est le temps de régler définitivement la question épineuse et ténébreuse de la relation entre les politiciens et les dirigeants religieux d’une part, et, d’autre part, entre les groupes religieux et le collectif buissonnier dit classe politique, pour que le pays ne sombre pas cette fois-ci dans un chaos irréversible : les "intégristes au sud", vaste clan d’affairistes cruels aux intérêts divers connexes,  y travaillent déjà depuis longtemps, bien trop longtemps ! 

Les Maliens et les Maliennes, tous ensemble, doivent irrémédiablement renvoyer les religions dans leurs lieux de culte, de façon implacable et systématique avec, dans les meilleurs des cas, une voix consultative pour les questions touchant aux faits de religion. 

Le 1er signal fort, marqueur de ce renouveau laïc, sera le vote d’un Code de la famille libéré du joug des fanatiques : il faut que l’État s’assume ou qu’il disparaisse, tôt ou tard ! 

N’est-ce pas le comble de l’immoralité là, où on est légitiment et socialement en droit de n’exiger que la morale et la vertu, quand de prétendus guides religieux poussent le zèle à enseigner aux populations : « Ne nous prenez pas à la mesure de nos actes. Nous les chefs de la religion, ne sommes pas bons ; ne faites pas les choses comme nous, écoutez plutôt ce que nous vous disons de Dieu et de ses émissaires ! » ? 

Maliens et Maliennes, vous ne vivrez désormais que la liberté que vous aurez méritée, choisie et conquise de vos mains, que vous aurez réfléchie avec votre cerveau immergé ou nimbé de votre Histoire, que vous aurez défendue avec votre sang et votre ferveur, que vous aurez renforcée de vos peines et de votre constance ! 
  
Maintenant, osons et votons ! 
  
Votons, puisque les partenaires de notre pays exigent que les Maliens votent en juillet ; qu’il soit fait suivant leur volonté. Comme toujours ! 
  
Ce coup-ci, ils promettent des milliards de nos francs qui n’attendraient que le "nouveau président" pour être débloqués ! 
  
C’est pourquoi divers personnages se préparent à prétendre à la magistrature suprême du Mali. 
  
Leur point commun : ils n’ont pas d’avis sur le sujet, ou, du moins ils prennent grand soin de ne pas l’émettre, empressés qu’ils sont de venir s’attabler ! 
  
Il faut, crie-t-on un peu partout, en finir avec la transition-cochon, quels qu’en soient les prix et les conditions ! 
  
Toutes les conditions seront réunies pour que des élections acceptables aient lieu en juillet 2013, aux dires des partenaires du Mali ; mais au fait qu’en savent-ils ? 
  
Nos partenaires, suivant leurs outils et attentes, peuvent même nous contraindre à des élections dans deux semaines, en disséminant où ils voudront des"observateurs" ayant pour mission d’attester de la bonne tenue relative et acceptable du scrutin ! 
  
Que les Maliens votent ou pas, qu’ils le fassent à 1% ou 99%, les "observateurs" de nos partenaires attesteront de la validité du scrutin si jamais il se tenait. 
  
Avec un peu de "chance" (et par hasard) la Cour constitutionnelle abondera dans leur sens, sinon ce sera la guerre civile version "suivez notre regard !" 
  
Le prince ainsi nommé par les "observateurs" de nos partenaires sera légal et gouvernera au nom de nos partenaires et, au mieux, élu de 1 à 99 % de Maliens ! 
  
L’heureux nommé, avec ses certitudes et ses réseaux, incommodera le Peuple et prendra en otage son devenir. 
  
Qu’en sera-t-il de sa légitimité pour le Peuple meurtri, martyrisé, exilé et déplacé de guerre? 
  
Allons voter pour celui qui ne mérite ni les honneurs ni les charges de la direction du Mali. 
  
Allons voter pour celui qui conserve encore ses deux mains pour voler et qui garde toujours sa grosse tête pour nous narguer ! 

Alors là, Peuple, tu ne pourras plus dire que tu ne savais pas ! 

Tu n’auras plus jamais droit aux larmes de crocodiles dans lesquelles l’honneur et la dignité de nos populations ont été noyées ! 
  
Allons voter pour des débâcles encore plus méritées et retentissantes ; nous donnerons l’occasion aux disséminateurs du capitalisme mondial de venir tester leurs nouvel arsenal sur les survivants ! 
  
Allons voter, quand bien-même la dernière liste électorale est très problématique du fait de la légèreté et de l’inconscience qui ont entouré les plus récentes opérations de révision des listes électorales d’octobre 2011 à janvier 2012. Pour le moins qu’on puisse dire, ce fut le cas dans la "juridiction de Paris" comprenant la France et le Portugal, de laquelle nous relevons ! 
  
Les peuples ont, paraît-il, les dirigeants qu’ils méritent ! 
  
Et l’infernal cycle se remet en place, recommence, se poursuit ! 
  
À la fin de son mandat, devant toutes ses légèretés et les excentricités de ses proches, face à nos mécontentements et notre amertume, le prince repu osera la tragique ritournelle de nos dirigeants : « Seul Dieu est parfait. J’ai fait ce que j’ai pu et toute action humaine étant imparfaite et perfectible, je m’en remets à l’Histoire qui jugera ! » 
  
Ainsi, conformément à l’habituelle prévision démoniaque, une fois son forfait accompli, le "régnant sorti" gavera le Peuple de formules relevées en émotions, se prémunira d’un sauf conduit vers un exil doré, loin de nos manques et lamentations. 
  
Le Peuple, celui-là même qui trime et qui ne méritait pas un tel dirigeant, applaudit encore en reconnaissant la relative vérité des flopées de lapalissade. 
  
Votons, puisque nos partenaires nous le commandent ! 

 



[1] Georges Benjamin CLEMENCEAU, Homme d’État. 

[2] Jean-Claude VENNEKENS, Historien.


Source: FNC DU MALI

dimanche, 24 mars 2013

SHERYL SANDBERG, PATRONNE DE FACEBOOK ET SUPERWOMAN FEMINISTE

 

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Connaissez-vous Sheryl Sanberg? Cette ancienne de Google est la toute puissante numéro 2 de Facebook.

Sheryl Sandberg a publié un manuel de la féministe moderne qui a pour volonté de réussir efficacement l’alliance entre vie professionnelle et vie familiale. N’est ce pas tout ce que nous recherchons en tant qu’ayana?

Sheryl Sandberg lance sa révolution féministe: "Lean In" (Bougez-vous) armée de cette conviction profonde : "Je crois que le monde serait meilleur si la moitié de nos entreprises et des pays étaient dirigés par des femmes et la moitié de nos foyers par des hommes".

Ce premier livre de la directrice d'exploitation de Facebook, publié lundi dernier (11 mars 2013) aux Etats-Unis et présenté par les médias américains comme un manifeste féministe moderne, exhorte les femmes à "se bouger" afin de gérer avec aisance leurs vies professionnelles et familiales.

«Lean In» s'adresse aux femmes de tous les âges, comme l’explique la talentueuse et rigoureuse femme d'affaires de 43 ans sur son site LeanIn.org, qu'elle a lancé mercredi dernier, quelques jours avant son livre.

Riche et mère de deux enfants, diplômée de Harvard, Sheryl Sandberg est devenue l’idole des Américaines qui rêvent d'allier carrière brillante et vie familiale accomplie. Après un passage au ministère de l'Économie, Sheryl Sandberg a été économiste à la Banque mondiale, puis a été embauchée chez Google avant de devenir la directrice d'exploitation de Facebook.

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 "Un geste révolutionnaire"

Dans son bouquin, elle soutient que "les femmes mettent elles-mêmes un frein à leur carrière pour préserver leur vie de famille, même lorsqu'elles n'ont pas encore d'enfant". Elle les invite  "à croire en leurs rêves" et à dépasser, avec l'aide des hommes, l'ordre social actuel dicté par la hiérarchisation des sexes.

Selon l’analyse de Lori Mackenzie, directrice adjointe d'un institut de l'Université de Stanford spécialisé dans les rapports homme-femme, "la question de l'égalité des sexes est au point mort depuis les années 90. Mettre ce sujet sur la place publique est un acte révolutionnaire. Elle ne dit pas que l'équilibre entre le travail et la famille est facile à atteindre", poursuit la sociologue. "Elle dit bougeons-nous, mettons-nous-y ensemble".

Sur son site LeanIn.org, Sheryl Sandberg, cette passionnée des réseaux sociaux, sensibilise les femmes à poster leur expérience. Parmi elles, on retrouve la présentatrice vedette Oprah Winfrey, l'actrice Reese Witherspoon ou encore l'ancienne Première dame, Laura Bush."Ces témoignages dressent un tableau des épreuves et des obstacles que nous rencontrons toutes", explique la femme d'affaires sur son site. "Elles nous permettent de voir qu'il est payant de croire en nous-même et de tendre vers des objectifs".

Toujours sur son site LeanIn.org, elle propose aussi des cercles de rencontres où les femmes peuvent se retrouver régulièrement pour partager leurs idées et suivre des cours gratuits sur la négociation en entreprise, le langage corporel ou encore l'animation d'équipe.

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Ses détracteurs lui rétorquent déjà qu'il est aisé pour une femme riche et puissante" de bien combiner vie professionnelle et vie personnelle. » Car selon ces mêmes détracteurs, "les femmes ne veulent plus qu'on se concentre sur les changements qu'elles doivent apporter à leur conduite mais plutôt sur un changement profond de la société. C'est là dessus que le débat va avoir lieu".

Notez chères ayana qu’il est courant aux Etats-Unis de voir des femmes se mettre en retrait, parfois parce qu'elles ont une famille. Et c’est pareil en Afrique.

Alors que pensez-vous du message global issu du livre du numéro 2 de Facebook?

Bey


Source: AYANA WEBZINE

vendredi, 22 mars 2013

LES PROBLEMES POSES A L’AFRIQUE ET L’HUMANITE PAR LA CARNAVALISATION DE GBAGBO VIA LA PLOUTOCRATIE TOTALITAIRE OCCIDENTALE (PTO)


 

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Excellent article, engagé (c’est peu dire) et éveilleur de conscience, de l’illustre intellectuel camerounais Batouri Ngoffi. C’est exactement ce que nous attendons des intellectuels africains: être de vrais chevaliers de la liberté pour l’Afrique et non les piètres sous-fiffres de l’Occident travestis en panafricanistes qui s’offrent piteusement à nos regards médusés. Il faut absolument prendre le temps de le lire! Fernand Dindé.

 

Le Jeudi 28 février 2013 s’est clos, à La Haye aux Pays Bas, l’audience d’infirmation ou de confirmation de charges contre le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO. Petite précision importante: quand je parle de la République de Côte d’Ivoire, il s’agit de cette Nation humaine, Insoumise et fière de défendre sa Liberté, sa Dignité et son Humanité bafouées, humiliées et violées par la Ploutocratie Totalitaire Occidentale (PTO) depuis le 19 septembre 2002.

J’ai suivi avec un très grand intérêt cette mise en scène anthropophagique où l’Inquisition représentée par la terminologie « le procureur » a montré l’imposture éthique et morale de l’organisation dont il est un valet. L’organisation en question n’est pas la CPI. Cette dernière, depuis le « procès » de Nuremberg, s’est révélée être, dans les faits et la réalité, un instrument de domination comme une arme à feu est l’instrument dont se sert toute crapule pour délester sa victime de tous ses biens. L’objectif de la violence envers autrui est le vol. Cette mise en scène pose des questionnements de type philosophique et politique qui ne peuvent manquer d’interpeller l’Intelligence et la Conscience universelle. Mon propos va donc porter sur une brève analyse de ceux-ci.

Mais avant de présenter ces questions philosophiques que je me propose d’analyser, permettez-moi de revenir sur la notion d’Inquisition utilisée pour qualifier la CPI.

Qu’est-ce que l’Inquisition? Existe-il une filiation entre l’inquisiteur et le « procureur » de la CPI?

La Cour de Prédation et d’Injustice que la propagande totalitaire vend comme une organisation au service du droit est en réalité une organisation criminogène. Elle est congénitalement incapable de dire et de garantir le droit et la justice internationaux, de même que l’Onu dont elle en est une émanation, n’a jamais milité pour et ne peut garantir (ce droit et cette justice internationaux, Ndlr). Qu’il soit clair: il n’existe pas à ce jour, une Institution de forge impérialiste qui défende et promeuve la Justice et le respect du Droit dans le monde. Tant que l’impérialisme existera, il ne peut y avoir droit et justice. L’ONU et tout ce qui est appelé institution internationale sont des promoteurs et défenseurs de l’ordre désordonné impérialiste. Il ne peut en être autrement car derrière toute création existe un objectif politique: dans le cas de l’ONU et de la CPI, l’objectif est de garantir un ordre injuste qui assurerait l’hégémonie politique, économique, culturelle, philosophique et sociale de la ploutocratie totalitaire occidentale sur les peuples.

Créée à partir de 1191, l’Inquisition, cette institution prescripteur de la « Vérité », a, connu plusieurs formes qui ont eu toutes en commun pour ambition de détruire physiquement toute source de production du sens qui avait le courage et la puissance mentale de démystifier le dogme. Dogme s’entend au sens de toute expression qui a le courage d’aller dans le sens contraire des intérêts des faibles du moment. Est faible, toute organisation, structure, entité ou État qui postule que son être au monde n’est possible qu’avec la souffrance des autres. Ses seules armes sont: mensonges, violence, agression et utilisation des armes de destruction massive (médias, cinéma, littérature, science, armes létales et non létales) pour imposer la misère et l’obscurantisme à ses nationaux et aux autres nations. On est donc dans l’erreur quand on utilise des superlatifs forts, puissants pour les qualifier.

Existe-t-il une filiation entre le procureur de la CPI et l’inquisiteur de l’Inquisition? Personne ne peut contester que la cabale inquisitoriale contre Laurent GBAGBO, Homme devenu Vérité et Dignité, n’est autre chose que la lutte entre Obscurantisme et la Vérité. Toute la procédure, jusqu’aux « débats » obéit point par point, aux différentes étapes de la procédure inquisitoriale. Avec la carnavalisation de GBAGBO, le monde entier s’est très vite rendu compte que la justice ploutocratique totalitaire occidentale est dans la diffamation, des supputations et non dans la présentation des faits. L’expression « affaire procureur contre Laurent GBAGBO » est en réalité le procès de la PTO représentée par la France colonialiste contre GBAGBO.

Quelle est la mission géostratégique de la CPI dans le monde? Quel est son rôle dans la carnavalisation orchestrée du président de la république de Côte d’Ivoire Laurent GBAGBO?

Je ne vais pas revenir sur une analyse détaillée de la mission géostratégique de cette organisation qui n’est que le bras armé de la PTO. La PTO veut faire croire aux crédules de bonne foi que c’est le président GBAGBO qui serait responsable des massacres que l’armée française et l’ONU commettent en Côte d’Ivoire depuis le 24 décembre 1999. Ce faisant, ces entités cannibalistes  veulent réécrire l’Histoire en cachant leurs crimes. Ici, on est dans l’inversion des valeurs. La victime devient le bourreau et le bourreau, la victime.

Ces petites précisions étant évacuées, passons à l’objet de notre réflexion.

Quels problèmes philosophiques, éthiques et politiques la carnavalisation de GBAGBO par la PTO met-elle en lumière? Cette carnavalisation pose le problème philosophique et éthique de la distorsion inversion des valeurs, de l’érection du vice en vertu.  Le problème philosophique du droit, du droit international et celui de la justice en tant qu’instrument d’humanisation. C’est aussi le problème philosophique du Mal et du Mensonge. Il met aussi en lumière la question de la liberté (lisible à travers la misère intellectuelle et psychologique des politiques et lettrés africains formatés par l’idéologie ploutocratique totalitaire). C’est, d’un point de vue philosophique,  pour le mouvement de libération de l’Afrique et pour tous ceux qui croient en l’humanité, le problème du procès de la morale immorale qui structure le libéralisme économique occidental.

Au point de vue politique, c’est la question du rôle social des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples et du rôle politique des médias autoproclamés africains qui se revendiquent de la Résistance à l’ordre totalitaire ploutocratique. C’est la question du rôle et de la mission politiques et philosophiques des lettrés africains. Se pose aussi la question de l’autodéfense intellectuelle que nous allons étudier à travers le langage que les médias et les Résistances africains utilisent dans la lutte contre le totalitarisme du marché. Pour finir, je présenterai les conclusions que l’Afrique doit tirer si elle veut sortir de l’exclusion où la PTO la maintient depuis plus de six siècles. 

A- Les occidentaux n’aiment pas le droit international

Dans une interview accordée au B.I. Infos n° 185 de mars 2013, le journaliste Jean-Loup Izambert, revenant sur le contenu de son dernier livre publié aux éditions 20 Cœurs, Crimes sans châtiment. «Les noires complicités de la France», où il cite le grand intellectuel camerounais Pougala, et qui dit des ploutocrates totalitaires occidentaux:

«Qu’ils déclenchent des conflits en bafouant la souveraineté des peuples, en piétinant la Charte des Nations unies, ses résolutions comme les conventions internationales. [Que] les guerres ouvertes contre la Libye puis contre la République arabe syrienne font suite à celles déjà enclenchées dans des conditions similaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la République fédérative de Yougoslavie et plusieurs pays d’Afrique dont la Côte-d’Ivoire ou le Mali.

[Que] Elles (les guerres en question) témoignent de la volonté des dirigeants des mêmes pays occidentaux – USA, Angleterre et France en principal – de passer outre le droit international pour piller les richesses des peuples, contrôler les grands axes de communication qu’ils jalonnent et y installer des régimes militaro-financiers. [Qu’]Ils bénéficient dans ces nouvelles guerres coloniales du soutien peu flatteur des dictatures pétro-religieuses du golfe Persique et de l’intervention du Fonds monétaire international.

[Que] L’embargo contre la République islamique d’Iran afin d’empêcher son développement et d’y provoquer des troubles en est un autre exemple. [Que] Ces crimes sont prémédités, planifiés, discutés entre princes et sont le fait des mêmes États, tous membres de l’OTAN.»

Le slogan «les droits de l’homme» n’est en réalité qu’une imposture dont se servent les nazis occidentaux pour voler, piller et massacrer les peuples qui refusent de se laisser spolier. C’est qui a été observé depuis décembre 1993 en Côte d’Ivoire.

B- La CPI peut-elle être une instance de justice?

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Pour répondre à cette question, j’invite les uns et les autres à se poser la question de savoir pourquoi les plus grands criminels (Bush père et fils, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, Ban Ki moon, Netanyaou, Pinochet, Chirac, Cameron, Ocampo, Koffi Annan) n’ont jamais été inquiétés depuis la création de ce monstre. Moreno Ocampo (je recommande de lire le livre-enquête que lui a consacré Charles Onana), ex inquisiteur, n’a-t-il pas reconnu implicitement, lors d’une interview à la chaîne impérialiste qatarie «Al jazeera» que la Cpi était une organisation chargée de garantir l’hégémonie de la PTO?

Pour être plus précis, de quel problème philosophique et politique la Cpi serait-elle la solution? Il s’agirait, selon la propagande totalitaire, d’un dispositif chargé de défendre le droit international et de garantir la paix. Sauf que, le totalitarisme a une conception très curieuse du droit international qui se réduit à une licence d’exterminer donnée aux banques, assurances et autres cartels financiers et mafieux de s’accaparer ce que bon lui semble où il le veut et quand il le veut. Lorsqu’on regarde l’historiographie de cet instrument du maintien de l’ordre injuste, on est frappé de constater qu’il a toujours été le fait des faibles. Est faible toute organisation qui utilise tous les moyens pour empêcher son «adversaire» de se préparer pour lui faire face.   

Comme l’a dit le président GBAGBO, dans sa magistrale leçon sur la Vérité, la démocratie et le droit du 28 février devant la cour, «en suivant les débats», tous ceux qui ont une science de l’historiographie de l’occupation de la Côte d’Ivoire par la France se sont «trouvé tellement éloignés de la Côte d’ivoire». 

En écoutant l’égrainage du DCC (Document de Confirmation de Charges), on se pose la question de savoir de quoi doit se nourrir la Justice?

Tel est le sens de la question que GBAGBO posa à la conscience des «juges». Si on veut dire la Justice comme le prétend la Cpi, pourquoi, pas une seule fois, les faits n’ont été convoqués par la « procureure »pour assoir son narratif?

Pourquoi, ne serait-ce que «pour fluidifier son raisonnement», ni la «procureure», ni la «représentante légale des victimes», ni les «juges» n’ont posé de question  au président GBAGBO afin d’obtenir «des informations» qu’ils auraient pu vérifier par la suite? Par ce non respect du b a bas de toute procédure judiciaire, la Cpi a convaincu ceux qui croyaient encore naïvement à la propagande qu’elle n’est nullement une cour de justice; mais bien un instrument au service du Mal. Autrement dit, comment expliquer que pas qu’une seule fois, dans le DCC, il n’est été question de la seule question qui vaille et que le président GBAGBO a rappelé aux «juges»: qui a gagné les élections présidentielles de 2010 en République de Côte d’Ivoire? Comment la «justice moderne» peut-elle vouloir juger des conséquences sans se préoccuper des causes de celles-ci? Seule la recherche de la réponse à cette question aurait suffit à situer les responsabilités.

Non, on ne peut juger de quelque chose sans en connaître les causes. C’est comme si on demandait à un médecin de soigner une maladie en ignorant les causes de celle-ci. Juger signifie évaluer, émettre un jugement de valeur sur quelque chose. 

Sur la question de la légitimité du jugement, Me ALTIT a répondu clairement qu’un jugement n’est légitime que si on prend le réel dans son ensemble. Porter des jugements sur des parties inexistantes d’un puzzle, n’est nullement parler du puzzle ni même le juger. La partie inexistante ne peut rendre compte d’un ensemble ayant réellement existé. C’est à cette castration intellectuelle, à cette imposture éthique et psychologique que la PTO veut soumettre le monde. Comme on le voit, on est dans l’érection de l’Injustice en justice. C’est la raison pour laquelle je l’appelle Cour ploutocratique de l’Injustice.

Dans sa lutte contre la Résistance [dont GBAGBO, est une figure de proue] la PTO, à travers son instrument la CPI, promeut l’Injustice en luttant de toute sa violence et sa férocité contre la Justice.

C- La CPI ou la caution morale du totalitarisme?

Que donne à voir l’expression «affaire procureur contre Laurent GBAGBO»? En suivant au jour le jour l’audience qui a commencé depuis le 19 février 2013, on se rend compte qu’au-delà de la question de la Justice, se pose la question philosophique du Mal.

Le monde entier a pu constater que l’acte d’accusation était un tissu de mensonges que la défense a pulvérisé dans les règles de l’art. Mentir est intentionnel. Quand on ment, déforme les faits, raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le réel ou les faits, on ne fait pas autre chose que banaliser le Mal.

N’en déplaise aux afrocollabos (individus qui, en se revendiquant de l’Afrique, travaillent pour son aliénation par le PTO), en Côte d’Ivoire, il y a, d’un côté le camp du Bien qui est le peuple de Côte d’ivoire que représente GBAGBO et le Mal qui est la France (et le cercle des cannibales), l’Onu et ses démembrements que représente le Burkinabé Dramane.

Dans une précédente réflexion, j’avais qualifié ce figurant de Pétain. En vérité, n’étant pas ivoirien, on ne peut que se risquer de le qualifier d’Alberto Fijumori (Japonais que la PTO plaça à la tête du Pérou et qui lorsqu’il commit des massacres et fut poursuivit par la justice péruvienne, il alla se réfugier chez lui au Japon).

Cette scène de cannibalisme qui se joue depuis novembre 2011 pose la question de la légitimité philosophique et politique du colonialisme que la propagande appelle «droit d’ingérence». 

Au nom de quel principe, de quelle valeur, des entités qui massacrent, mutilent, violent, font des domicides ou génocides depuis des siècles se donnent-elles la liberté d’aller massacrer dans un pays souverain comme la Côte d’ivoire, la Libye, l’Iraq, la Syrie, le Mali?

Le «droit d’ingérence humanitaire» n’est pas autre chose que le totalitarisme. Le totalitarisme n’est pas ce qu’on a voulu faire dire à la philosophe Hannah Arendt. C’est une organisation de la vie humaine reposant sur la pensée unique et un système d’aliénation et d’embrigadement des peuples et des consciences. La pensée unique ici est la thèse selon «tu dois suivre une seule voie qui est la mienne et à condition que ce soit toujours moi qui te domine». Voilà ce que je nomme la pensée unique. Le totalitarisme se veut intemporel, ahistorique et trans-humain.

C’est parce que GBAGBO est nationaliste et fondamentalement humain que la PTO veut le briser. En réalité, c’est la lutte Etat-nation contre ce que le philosophe Herbert Marcuse appelait le «capitalisme des monopoles», du pillage et des massacres qui se joue dans la déportation du président ivoirien. On comprend, au regard de tout ce qui précède que la Cpi n’est que la caution morale du totalitarisme.   

D- le mensonge est-il consubstantiel au totalitarisme à la CPI?

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Le président GBAGBO posait aux juges la question de savoir «pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés?» Et il renchérissait en demandant à ses bourreaux de ne pas lui attribuer des parents qu’il n’a pas. Cette remarque fut la preuve qu’il est conscient que c’est l’inconscient africanophobe des euro-américains composants la «cour» qui structure ce cannibalisme dont il est le «trophée» provisoire.

L’observation la plus importante qu’il fit était le constat que si la «cour» avait voulu vraiment dire le droit et la justice, elle aurait, ne serait-ce que «pour fluidifier le raisonnement», fait appel à lui pour avoir des «informations» qu’elle pourrait vérifier par la suite.

La prestidigitation de l’inquisiteur et de l’Inquisition a confirmé tout ce que l’Afrique pense de cette organisation. D’ailleurs, mise à mal, la potiche Bensouda a fui en rase campagne.

Ainsi, le raisonnement est simple. Au-delà de la carnavalisation du président GBAGBO par la PTO, la vraie question philosophique que soulève l’existence de la Cpi ou des autres  «tribunaux internationaux» qui l’ont précédée est celle de sa légitimité. Qui crée ces structurent et les finance? Toute organisation est au service exclusif de son créateur-financeur. L’être même de la Cpi est mensonge et imposture. Crime et justice sont incompatibles.  Le mensonge ne peut se nourrir que du mensonge. La Cpi étant mensonge, ce dernier ne peut que lui être consubstantiel.

E- Le larbin vit-il? 

Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire par la France colonialiste, j’ai découvert comment et pourquoi des individus étaient des individus et non des hommes. 

J’ai vu et lu des individus qui chantaient et se présentaient comme des militants anticolonialistes et qui postulaient à qui voulait les entendre qu’en toute circonstance, il faut se référer à la raison. Je les ai vus proclamer qu’il faut enterrer la françafrique, ils ont vilipendé et honni de bouche l’impérialisme. Mais ils ont accouru pour soutenir le colonialisme en Côte d’Ivoire. Ce faisant, ils ont nié leur profession de foi publique. Des contempteurs occidentaux des gouvernants africains se sont retrouvés alliés à eux quand il fallait justifier les positions sociale et économique qu’ils occupent. Ils ont renoncé à penser pour aller dans le sens du vent de l’impérialisme, ont renié leurs parents pour satisfaire les dessous de la ceinture. Ils ont appelé et justifié les massacres d’hommes et de femmes pour un verre de bière.

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Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire, la France livre à la vindicte populaire africaine tous ses agents africains. Elle a permis aux jeunes générations africaines de voir quel est le rôle exact des lettrés africains qui travaillent pour elle et contre l’Afrique. Au Cameroun, nous avons vu à quoi servent Achille Mbembè, Shanda Tomnè (Ce dernier essaie de faire oublier qu’il a participé au «coup d’état» contre GBAGBO et à l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire) et autres organes de presse tels que Voxafrica et son larbin de service Jules Ndomché, au Bénin, on a vu a quoi sert Hountondji, au Congo Brazza, on eu Mabanckou, de l’autre côté de Kinshasa, on a vu Elykia Mbokolo, au Sénégal, on a vu Boubakar Boris Diop et tous les autres que je ne vais pas citer ici. J’ai voulu savoir ce que tout ce monde avait en commun. Toute leur propagande est faite par la France. Autrement dit, ils doivent tout à la France.   

F- La morale immorale du totalitarisme ploutocratique

La morale peut-elle être immorale? Voilà la question que m’a posée ma fille quand elle m’a entendu utiliser le concept de morale immorale. De quoi s’agit-il en réalité? Comment une morale peut-elle être immorale? La PTO a-t-elle une morale? Quelle est sa nature?

La morale est un ensemble de règles, de façons de faire et d’être dans une société et qui a pour but ultime de permettre à l’individu de s’humaniser; c’est-à-dire de devenir Homme. On ne naît pas Homme; on le devient.

Une morale peut-elle être immorale? Une morale immorale, c’est exactement toute la manière d’être au monde de la ploutocratie totalitaire occidentale. Une morale immorale est ce qu’on peut appeler une imposture. C’est-à-dire le fait de professer en public quelque chose et de faire son opposé dans la vie avec les autres. C’est désigner les opprimés par le terme de terroristes alors que  soi-même on pratique le terrorisme. Oui, la ploutocratie totalitaire a une morale qui est immorale.

G- Rôle politique et mission sociale des médias

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Quels sont le rôle politique et la mission sociale des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples?

La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, écrit par les grands intellectuels Noam Chomsky et Edward Herman en 1988 situe sur le rôle et la mission sociale des médias dans une société où il n’est plus facile d’utiliser la violence physique pour se faire obéir: fabriquer le consentement.

Il ressort de cette étude qu’il y a ce que dénonce Pougala: contrôle et rétention des informations qui, si elles étaient connues du grand public, les choses ne passeraient pas comme cela se passe actuellement. Pour réussir son coup d’État et l’occupation de la Côte d’Ivoire, les médias français, tous détenus par les hommes qui s’enrichissent avec l’argent public français avaient engagé contre la Côte d’Ivoire et le président GBAGBO, une campagne de dénigrement et de délégitimation afin de donner comme une sorte de caution morale à une action nazie et de la pire immoralité: massacrer des Ivoiriens pour voler et continuer le pillage du pays.

Quel est le rôle politique des médias nationalistes dans la lutte contre l’impérialisme? Voilà la petite question que j’ai posée aux hommes et femmes des médias qui se revendiquent de l’Afrique? Je continue de poser la même question: en tant qu’Africain qui dit travailler pour l’Afrique et les Africains et non contre l’Afrique et les Africains, quels est son rôle politique et sa mission dans la lutte contre le système qui ensanglante le continent depuis plus de six siècles? Qu’est-ce que lutter contre l’impérialisme? Peut-on lutter contre un système complexe en utilisant sans critique toutes les catégories terminologiques utilisé par le système pour assoire sa domination culturelle?

En clair, peut-on utiliser le vocabulaire de l’obscurantisme pour le combattre? La guerre idéologique et linguistique précède la guerre militaire. Tant que les médias africains ne prendront pas ce problème à bras le corps, leur combat est vain. Aujourd’hui, quand on parcourt les médias africains qui se réclament de  la Résistance, on est stupéfait du manque de distance de ceux-ci, par rapport au vocabulaire idéologique de la France. Aucun travail n’est effectué sur les concepts qui sont repris de façon naïve.

H- Les lettrés africains et l’Afrique

Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés sous domination coloniale? Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés prétendues «libres et ouvertes» comme les chiens de garde occidentaux aiment désigner la société dans laquelle ils vivent?

Est-il légitime de parler de morale quand on défend les crimes monstrueux que son gouvernement commet sur d’autres peuples?

La responsabilité d'un lettré est  de s'efforcer de révéler la vérité sur des sujets humainement significatifs à un public capable de s'en saisir.

Sur la première question, je vous renvoie à un précédent article que j’avais commis sur le sujet.

La quasi-totalité des lettrés africains sont des larbins. Qu’est-ce qu’un larbin? C’est un individu malade psychologique et qui prend systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Cette pathologie diminue ses capacités d’analyse et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.  Le larbin africain prend systématiquement la défense des impérialistes contre l’Afrique. Quand il parle de l’Afrique, c’est pour la dénigrer et appeler à sa colonisation. Quand vous entrez chez lui, il parle la langue héritée de ses parents avec sa femme et parle une des langues occidentales à ses enfants.

Quelles conclusions pour l’afrique?

Tant que nous n’étudierons pas les moyens et les outils utilisés pour nous asservir, la PTO s’en donnera à cœur joie.

La jeunesse africaine doit faire terriblement attention à tous ces lettrés africains encensés par les Occidentaux.

Tant que les journalistes se revendiquant de l’Afrique ne prendront pas à bras le corps la question des mots idéologiques de l’impérialisme qu’ils reprennent à leur compte, ils perdureront l’asservissement de l’Afrique.

La jeunesse africaine restée sur le continent doit se méfier des Africains partis étudier en Occident. Ils sont très souvent des agents d’influence de la domination occidentale sur le continent. Il ne faut développer aucun complexe vis-à-vis d’eux. Ce sont des larbins qui s’ignorent parfois. Les études en Occident ont pour but géostratégique de fabriquer des larbins et laquais qui devront continuer à perpétuer la domination de la ploutocratie totalitaire occidentale sur l’Afrique. Plus de 90% d’auteurs occidentaux sont des agents au service d’un ordre injuste et tous ceux qui les lisent devront douter de façon systématique de tous ce qu’ils lisent et entendent. Cette méfiance devra être aussi de rigueur avec les afrocollabos qui sont très nombreux.

 

Le 16 mars 2013, Batouri Ngoffi

Ancien vendeur d’arachide au marché New Déido à Douala

Bangoffi05@gmail.com

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 21 mars 2013

CONTREVERITES SUR LA PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010, ROBERT GBAÏ TAGRO REPOND A GUILLAUME SORO

 

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M. le Président de l’Assemblée nationale, voulez-vous qu’on parle des vrais chiffres des résultats de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire? Vous avez reçu, le samedi 2 mars 2013, au Palais de l’Assemblée nationale, le Chef de l’Etat du Nigeria, M. Goodluck Jonathan, en visite d’Etat en Côte d’Ivoire. Concernant l’élection présidentielle ivoirienne passée, vous avez déclaré à votre illustre visiteur : «A la demande de votre homologue Alassane Ouattara, encore sous le blocus au Golf, vous m’avez accordé une audience à Abuja, malgré votre calendrier extrêmement chargé du fait de la proximité des élections dans votre pays. A peine avais-je commencé à donner les résultats des urnes que vous m’avez interrompu en ces termes : «M. Soro, je sais qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire. Vous n’avez pas à prêcher à un convaincu. En tant que Président du Nigeria, je n’accepterai pas la forfaiture qui a cours chez vous. Pour moi, Alassane Ouattara est le Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et cela est non négociable. Avec la C.E.D.E.A.O., nous rétablissons la vérité des urnes». Fin de citation de vos propos (Journal l’Inter du lundi 4 mars 2013).

M. le Président, nous sommes à la fois gêné et peiné de faire cette mise au point sur la réalité des chiffres électoraux de 2010. Gêné et peiné parce que nous ne voulons pas jouer au connaisseur et au justicier qui répond comme une caisse automatique et pour ne pas remuer le couteau dans la plaie encore béante. Mais, comme il vous plaît de le rappeler à chacune de vos occasions officielles et privées, nous nous trouvons dans l’obligation de faire cette mise au point, en toute Neutralité, en toute Impartialité mais dans la Vérité, pour situer avec exactitude, l’opinion publique nationale et internationale.

M. le Président, pour la compréhension des faits, bien que connus vaguement par le monde entier, et avec votre permission, lisons ensemble les dispositions du Code électoral, relatives à l’élection du Président de la République:

Art. 34: «Nul ne peut être admis à voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Le vote par correspondance, par ordonnance ou par procuration est interdit»

Art. 59: «La Commission chargée des élections procède au recensement général des votes et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin, au niveau de la circonscription administrative, en présence des représentants des candidats. Trois exemplaires du procès-verbal accompagnés des pièces justificatives sont transmis à la Commission chargée des élections. Celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation provisoire des résultats en présence des représentants des candidats. La Commission chargée des élections communique au Conseil constitutionnel un exemplaire des procès-verbaux accompagnés des pièces justificatives dans les trois (3) jours qui suivent le scrutin. Les autres exemplaires du procès-verbal restent respectivement dans les archives de la Commission électorale de la circonscription administrative, de la Commission nationale chargée des élections et du ministère de l’Intérieur».

Art. 60: «Tout candidat à l’élection présidentielle peut présenter, par requête écrite adressée au Président du Conseil constitutionnel, une réclamation concernant la régularité du scrutin ou de son dépouillement. La requête doit être déposée dans les trois (3) jours qui suivent la clôture du scrutin».

Art. 61: «Le requérant doit annexer à sa requête les pièces produites au soutien de ses moyens. Le Conseil constitutionnel, après examen de la requête, statue dans les sept (7) jours de sa saisine. Toutefois, il peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs manifestement sans influence sur l’élection contestée ».

Art. 62: «L’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des procès-verbaux. Art. 63: «Le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d’urgence.»

Art. 64: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des Ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel».

Ajoutons, M. le Président, les dispositions de la Constitution relatives à l’élection présidentielle.

Art. 94 (dernier alinéa): «Le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles».

Art. 98: «Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux Pouvoirs publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale».

Fin de citation.

Pour le second tour de l’élection présidentielle de 2010, voyant que, après le scrutin, les trois (3) jours impartis à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), expiraient, M. Alassane Ouattara, candidat, a écrit la lettre suivante au Président de la C.E.I. : «Abidjan, le 1er décembre 2010. Monsieur Alassane Ouattara candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante de la République de Côte d’Ivoire. Objet: Proclamation des résultats provisoires de l’élection du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Il nous revient de façon récurrente que le Candidat de La Majorité Présidentielle (L.M.P.) vous a adressé une requête aux fins d’invalidation du scrutin dans certaines Régions du Nord et du Centre de la Côte d’Ivoire. Or, au regard de la loi, il n’est pas de vos attributions d’invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les Régions de l’Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Cavally, des Lagunes pour les motifs ci-après: – Empêchement de vote, violences et voies de fait sur nos représentants et militants, achats de consciences d’électeurs, séquestrations de nos représentants, bourrages d’urnes, menaces de toutes sortes, atteintes à l’intégrité physique, destructions de biens, et toutes sortes de violations graves des Droits de l’Homme, c’est pourquoi nous pensons que la Commission électorale indépendante doit s’atteler aux seules tâches qui sont les siennes, à savoir proclamer, sans délai, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission électorale indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la C.E.I. dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos considérations distinguées. Alassane Ouattara». Fin de citation et sans commentaire.

Concernant le délai de trois (3) jours impartis à la C.E.I., voici ce que M. Youssouf Bakayoko, Président de la C.E.I. a dit en réponse aux questions du Journaliste M. Thomas Bahinchi, le mercredi 1er décembre 2010, peu avant minuit:

QUESTION: M. le Président de la C.E.I., toute la Côte d’Ivoire attend les résultats provisoires. Qu’est-ce qui se passe? Nous ne comprenons rien!

REPONSE: «Je voudrais d’abord remercier les Ivoiriens pour leur grande patience. Nous avons, depuis la fin du scrutin, entrepris de faire un travail de «validation » des résultats qui nous parviennent des différentes Régions de la Côte d’Ivoire et bien entendu, des différents bureaux de vote et des différentes Commissions locales. Ce travail se poursuit. Nous n’avons pas encore achevé. Quand nous serons prêts, nous nous tournerons vers la Télévision et les médias, et nous ferons le point de nos délibérations à l’ensemble de la population. Je veux donc leur demander d’être patients, d’être compréhensifs et de nous laisser le temps de travailler en toute sérénité».

QUESTION: Un délai de trois jours vous est imparti, et ce délai s’épuise ce soir à minuit. Il est 23 heures 30 minutes et aucun signe des résultats. Il y a aussi le problème de désaccord au sein de la C.E.I. sur la publication des résultats provisoires. Nous sommes inquiets.

REPONSE: «Vous avez raison de vous inquiéter. Il s’agit de problèmes d’une grande importance. Il n’est pas encore minuit, et nous continuons de travailler. Nous avons travaillé à faire en sorte que la paix revienne au sein de la Commission, et nous continuons de faire ce travail. C’est pourquoi je dis que nous sommes en train de poursuivre nos délibérations qui doivent être acquises par consensus. C’est vrai que hier, il y a eu quelques actes regrettables, mais aujourd’hui, tout semble aller normalement ».

QUESTION: Mais, M. le Président, nous allons vers minuit! Il est minuit moins un quart.

REPONSE: «M. Bahinchi! Il n’est pas encore minuit! Soyez patients. Je viens de vous répondre que nous poursuivons notre travail».

QUESTION: Pourtant, M. le Président, certaines Radios et Télévisions étrangères ont annoncé la victoire de M. Alassane Ouattara. D’où viennent ces résultats?

REPONSE: «M. Bahinchi, nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit, parce que nous n’avons pas encore achevé notre travail».

Telle a été, M. le Président de l’Assemblée nationale, l’assurance donnée par M. Youssouf Bakayoko, au peuple ivoirien et à tous les Observateurs nationaux et internationaux de ces élections cruciales pour la Côte d’Ivoire, ce mercredi 1er décembre 2010 peu avant minuit. Dans le même souci d’éviter un vide juridique préjudiciable par la forclusion de la C.E.I., le Président du Conseil constitutionnel a écrit au Président de la C.E.I: «Abidjan, le 02 décembre 2010. Le Président du Conseil constitutionnel, à Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.) de Côte d’Ivoire. Abidjan. Objet: Demande de transmission des Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Aux termes de l’article 63 nouveau de la Loi N° 2000-514 du 1er août 2000, portant Code électoral, «le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles et publié selon la procédure d’urgence, dans les sept (7) jours à compter de la réception des Procès-verbaux». L’article 62 précise également que «l’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des Procès-verbaux». Le délai imparti à la C.E.I. pour la proclamation des résultats provisoires ayant expiré depuis le mercredi 1er décembre 2010 à minuit, je vous saurais gré de bien vouloir nous transmettre les Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle, en vue de permettre au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes à lui soumises. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma franche collaboration. Très haute considération. Le Président, Prof. Paul Yao N’Dré».

Malgré toutes ces précautions pour sauvegarder la primauté du droit, M. Yousouf Bakayoko a proclamé, seul, à l’Hôtel du Golf, M. Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Cette déclaration de M. Youssouf Bakayoko à l’Hôtel du Golf, est aussitôt «certifiée» par le Représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Nous le citons dans ses grandes lignes: «…4). En ce qui concerne le résultat du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010, sur la base des cinq critères cadres pour la certification ainsi que sur la base du mandat que m’a confié le Conseil de Sécurité, je l’ai dûment certifié le 12 novembre 2010. 10) Malgré mon appel à la C.E.I. pour qu’elle proclame promptement les résultats provisoires du 28 novembre 2010, la C.E.I. a été incapable de le faire sans retard en raison de divisions internes. Ces divisions internes ont été exacerbées lorsque les Forces de sécurité ivoiriennes ont renforcé leur protection au Siège de la C.E.I. à partir du 30 novembre au matin. Ceci a conduit, à la fin, le Président de la C.E.I., Youssouf Bakayoko, à annoncer les résultats provisoires du second tour dans l’après-midi du 2 décembre 2010 à l’Hôtel Golf. 11). Le Conseil constitutionnel a immédiatement réagi à cette proclamation du Président de la C.E.I. Dans l’après-midi du 2 décembre 2010, le Président du Conseil constitutionnel, M. Yao N’Dré, a déclaré que la proclamation de la C.E.I. était nul et de nul effet, car la C.E.I. a dépassé les limites légales de trois jours qui lui étaient imparties pour donner les résultats provisoires. Le Président du Conseil constitutionnel a ainsi proclamé le 3 décembre 2010. Suivant cette proclamation, le candidat Laurent Gbagbo aurait obtenu 51,45 pour cent et le candidat Alassane Ouattara 48,55 pour cent, avec un taux de participation de 71,28 pour cent. 12). Ainsi, la proclamation des résultats définitifs par le Président du Conseil constitutionnel, avec l’annulation du vote dans neuf départements du Nord, qui donne la victoire au candidat Laurent Gbagbo, peut seulement être interprétée comme une décision ne correspondant pas aux faits. 13). La seule question qui demeure est de savoir si l’ONUCI est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le Gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire). Fin de citation.

Aussitôt après la déclaration de M. Choï, la communauté internationale s’est précipitée pour reconnaître M. Alassane Ouattara comme le vainqueur de l’élection, et Laurent Gbagbo, comme celui qui ne veut pas quitter le pouvoir, et le pays commença à prendre feu.

Notre première question, pour aider à comprendre: Pourquoi le Représentant des Nations Unies a-t-il attendu tranquillement douze (12) jours pour «certifier» le 1er tour, alors qu’il s’est précipité pour «certifier» le second juste après la proclamation au Golf par la C.E.I. qu’il qualifie de «provisoire»?

 Nous répondons: Il s’est précipité pour «certifier» le second tour, d’abord pour rester dans la même ligne que le R.H.D.P. qui a dit qu’il ne reconnaitra jamais les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, ensuite parce que c’est la première et la dernière fois que M. Alassane Ouattara est candidat à cette élection à titre exceptionnel. Une fois cette occasion passée, tout sera perdu pour le R.D.R. et M. Alassane Ouattara.

Qu’est-ce que «certifier» cette élection? Voyons quelques lignes de la Résolution N° 1765 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative à la Certification de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire: «Le Conseil de sécurité, rappelant ses Résolutions antérieures, en particulier la Résolution 1739 (2007) et les déclarations de son Président concernant la situation en Côte d’Ivoire, réaffirmant son ferme attachement au respect de la Souveraineté, de l’Indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale, rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par le Président Laurent Gbagbo et M. Guillaume Soro à Ouagadougou le 4 mars 2007 (l’Accord politique de Ouagadougou, S/2007/144) et qu’il a soutenu la nomination de M. Guillaume Soro aux fonctions de Premier ministre, décide de mettre un terme au mandat du Haut représentant pour les élections. Décide en conséquence que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire certifiera que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». Fin de citation.

Comme clairement exprimé ci-dessus par les Nations Unies, le rôle de M. Young-Jin Choï, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Côte d’Ivoire, n’est pas de proclamer les résultats, ni de dire qui est élu et qui ne l’est pas, mais «de signaler si le processus électoral ivoirien fournit, dans son ensemble, toutes les garanties nécessaires pour la tenue de l’élection du Président de la République dans de bonnes conditions de transparence et de régularité». Ainsi, avec la suppression du poste de Haut représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire pour les élections, le rôle d’organiser les élections et de proclamer les résultats provisoires revenait de droit à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), et la proclamation des résultats définitifs au Conseil constitutionnel. Donc l’ONUCI était tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel.

Voyons maintenant, M. le Président, les raisons de l’annulation des résultats du second tour dans les zones Centre, Nord, Ouest (C.N.O.) par le Conseil constitutionnel.

D’abord la méthode de comptage des voix au second tour. Deux méthodes devaient être simultanément utilisées selon le consensus des parties: Le comptage manuel et le comptage électronique. Le 1er décembre 2010, le Directeur de la Société retenue pour le comptage électronique a écrit au Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.): «… Nous voudrions souligner à votre intention que notre logiciel a rejeté un nombre de Procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000 P.-v.». Fin de citation.

Avec votre permission, M. le Président, voici les preuves de la fraude dans le Nord.

Preuve n° 1: Région: 014 WORODOUGOU. Centre de coordination O55 SEGUELA. Sous-préfecture 004 MASSALA. Secteur 001 COMMUNAL. Lieu de vote 020 place Kouroukoro. Inscrits: 89. Votants: 92. Bulletins nuls: 0. Laurent Gbagbo 1 voix. Alassane Ouattara: 91 voix.

Preuve n° 2 : Région: 04 DENGUELE. Centre de coordination: 043 MADINANI. Sous-préfecture: 095 SEGUELON. Secteur: 001 COMMUNAL. Lieu de vote: 001 EPP 1 et 2 SEGUELON. Bureau de vote: 01 EPP 1 et 2 SEGUELON. Inscrits: 400. Votants: 428. Bulletins nuls: 01. Exprimés: 427. Gbagbo Laurent: 24 (05,60 %). Alassane Ouattara: 403 (94,15 %).

Lisons maintenant le Procès-verbal de dépouillement le plus scandaleux qui a fait le tour de toutes les Télévisions du monde: «Région de la Vallée du Bandama: Katiola, Bouaké, Béoumi, Dabakala, Sakassou. Alassane Ouattara (chiffre gonflé): 244 471 voix, soit 85, 40 %. Chiffre réel 149 598 voix. Gbagbo Laurent: 41 789 voix, soit 14,60 %. Ont signé ce Procès-verbal de dépouillement: MM. Sangaré Moussa, Président de la Commission électorale régionale, Koné Vamoussa, Vice-président, Kouadio P., Vice-président, N’Guessan Kouakou Gervais, Vice-président, Allali K. Valentin, Vice-président. Fait à Bouaké, le 29 novembre 2010».

Faisons ensemble, M. le Président, le commentaire de ce P-V. de dépouillement des résultats des cinq (5) Départements de la Région de la Vallée du Bandama (Bouaké, Dabakala, Sakassou, Béoumi, Katiola), Procès-verbal établi et signé le 29 novembre 2010, c’est-à dire le lendemain du scrutin. Le jour et la date de l’établissement et de la signature de ce P-V. constituent déjà une fraude en soi qui annule son contenu. Aussi, il est constant que dans aucun pays au monde nul ne peut voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Pour les cinq (5) Départements en question (Béoumi, Bouaké, Dabakala, Sakassou, Katiola) 5 612 électeurs ont voté sans être inscrits sur la liste électorale. Le Suffrage exprimé est toujours égal au nombre des votants moins les bulletins nuls. Pour Bouaké par exemple, sans entrer dans les détails des autres chiffres qui ne correspondent à rien, donc visiblement truqués, les suffrages exprimés 48 301 (pour votants inscrits) + 2 761 (pour votants non-inscrits) moins 2 662 bulletins nuls, donnent 48 400 et non 159 788.

Les suffrages exprimés doivent toujours être la somme des voix des deux Candidats: 22 845 (pour Laurent Gbagbo) + 42 070 (pour Alassane Ouattara) donnent 64 915 et non 159 788. Le nombre total des votants des cinq (5) Départements, si nous tenons compte des chiffres du P-V qui sont tous truqués, est de 184 167 et non 292 702. Ce chiffre de 292 702 est gonflé en connaissance de cause en vue d’obtenir un taux de participation élevé: Le nombre des votants divisé par le nombre d’inscrits multiplié par 100. Revenons au nombre total des voix attribuées à M. Alassane Ouattara: 244 471 voix sur le P-V en question.

Le vrai nombre des voix de M. Alassane Ouattara, dans les cinq (5) Départements concernés, si nous tenons compte des chiffres du P-V, est de 149 598 voix et non 244 471. Puisque le pourcentage des voix du candidat est obtenu par la division du nombre des voix du candidat par les suffrages exprimés multiplié par 100, il fallait donc gonfler et les suffrages exprimés et le nombre des voix. Ce qui donne 85,40 % des voix à M. Alassane Ouattara, pendant que, par le même procédé, le candidat Laurent Gbagbo est crédité de 14,60 % des voix.

Cette fraude avérée, visible, a poussé, naturellement, le Conseil constitutionnel à invalider le scrutin de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkéssédougou, Boundiali, Séguéla. Pour comprendre, afin de décider sans parti pris, posons une question de fond qui départage les deux parties L.M.P. et R.H.D.P. en conflit: Si quelqu’un vote, alors qu’il n’est pas inscrit sur la liste électorale, que devons-nous faire de sa voix? Si la C.E.I. attribue à un candidat un nombre élevé de voix qui ne correspondent pas au nombre des suffrages exprimés, que devons-nous faire de ces voix? Devons-nous les prendre en compte? Prendre ces voix en compte, c’est faire élire le Président de la République par la fraude et la tricherie, contre l’avis des Lois et du bon sens. Le bon sens peut-il nous pousser à accepter, M. le Président, l’élection du Président de la République par la fraude, pendant que nous combattons la fraude aux concours d’entrée en classe de 6ème, au B.E.P.C., au Baccalauréat, aux concours d’entrée à l’école de Police, à l’école de la Gendarmerie, aux concours directs et professionnels de la fonction publique et aux concours spéciaux? La réponse est naturellement non!

A ce stade du raisonnement, l’on nous retournera la question suivante: Pourquoi le Conseil constitutionnel n’a-t-il pas invalidé ou annulé l’ensemble du scrutin pour organiser une nouvelle élection? Notre réponse: Le premier alinéa de l’Article 64 du Code électoral que nous avons cité ci-dessus, stipule: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection». L’Article parle de «résultat d’ensemble» du scrutin. Que devrait faire le Conseil constitutionnel si le «résultat d’ensemble» n’est pas affecté par «de graves irrégularités?». Au moment des deux tours du scrutin (31 octobre 2010 et 28 novembre 2010), la Côte d’Ivoire comptait 19 Régions pour 95 Départements. Le Conseil constitutionnel a annulé ou invalidé les résultats de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Séguéla. Est-il normal et compréhensible d’annuler tout le scrutin des 95 Départements du pays, à cause des résultats frauduleux de sept (7) Départements? Non! Par contre, si c’était l’inverse (87 Départements frauduleux sur 95) ce serait moralement et logiquement acceptable d’annuler tout le scrutin au plan national.

Nous ne défendons pas le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas le rôle que nous nous assignons dans cette mise au point. C’est la logique et le respect des dispositions de nos Lois électorales dans lesquels il a proclamé les résultats que nous soutenons. Ainsi, au fur et à mesure que le Conseil constitutionnel invalidait ou annulait les résultats des bureaux de vote où il y a eu la fraude, le nombre des voix de M. Alassane Ouattara s’effritait, se réduisait progressivement jusqu’en deçà ou au-dessous du nombre des voix du candidat Laurent Gbagbo. Ce qui fait du candidat Laurent Gbagbo, le vainqueur automatique et incontestable de cette élection présidentielle de 2010.

Entre les deux candidats, il y a un qui n‘a pas voulu reconnaître que la C.E.I. était forclose au moment où elle proclamait des chiffres à l’Hôtel du Golf et qui n’a pas aussi voulu reconnaître les résultats proclamés, en dernier ressort, par le Conseil constitutionnel. Ce qui a conduit à la guerre civile (affrontement de deux camps armés) avec la participation des Nations Unies et de la France malgré l’appel du Président Laurent Gbagbo au recomptage des voix.

Pour tous les observateurs attentifs des suites de cette élection, le Président Laurent Gbagbo et tous ceux qui sont arrêtés et emprisonnés avec lui sont des prisonniers de guerre, parce qu’arrêtés à la suite de la défaite de son camp par le vainqueur de la guerre. Vous m’accusez, M. le Président, de soulever un autre problème? 

 

Gbaï Tagro Robert,

Président du Parti républicain de Côte d’Ivoire (PRCI)

gbataro@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» N° 4369 des Samedi 16 et Dimanche 17 mars 2013.

mercredi, 20 mars 2013

OUATTARA L’ECONOMISTE: UN DANGER POUR NOTRE ECONOMIE

 

ALASSANE OUATTARA.jpg



Cet homme venu du FMI après avoir échoué lamentablement à réhabiliter l’économie des pays africains dont il avait la charge et la supervision, se vante de ses mérites et talents d’expert en économie à qui veut l’entendre. Les militants du RDR se font aussi le relai de la médiocrité d’économiste de leur mentor pour nous pomper l’air. On entend par ci par là « ADO Pissanci » « ADO l’homme providentiel » et j’en passe. La réalité est toute autre. Je vais vous le démontrer malgré mon manque d’expertise en la matière et aussi à l’aide de mes anciens cours d’économie politique.
 
De 1989 à 1993, avec le PAS (Programme d’Ajustement Structurel) et ses mesures démodées, dépassées, sorties des tiroirs du FMI, Ouattara n’a pas pu redresser notre économie. Des sociétés d’état ont été bradées à des francs symboliques, c’est-à-dire sans profit réel pour la Côte D’Ivoire. Des pères de famille ont été licenciés, d’autres ont vu leur salaire à la baisse, des enseignants ont été raccrochés (Deux enseignants de la même fonction, touchant des salaires différents), des taxes inutiles et discriminatoires comme le remplacement des plaques d’immatriculation des véhicules et l’introduction de la carte de séjour, ont tous été des produits économiques de l’expert venu du FMI. Tout ceci et au finish, rien mais des dettes à hauteur de 6900 milliards CFA. C’était son premier échec lamentable au bord de la Lagune Ebrié.
 
Pendant la campagne électorale de 2010, Ouattara se vantait de pouvoir injecter des milliers de milliards de nos francs pour redresser l’économie du pays, qui selon lui est en panne ? Le président Gbagbo lui avait posé la question de savoir comment il procèderait et l’expert répondait qu’il était économiste et que chercher de l’argent était sa spécialité.
 
Depuis avril 2011 jusqu’à nos jours, nous n’avons pas vu de miracles ou des gouttes de cette pluie de milliards. Ces milliards sont l’imagination de Ouattara et ses suiveurs analphabètes. Si c’était de la réalité, les ivoiriens seraient mouillés ou trempés par cette pluie diluvienne. Les ivoiriens attendent toujours l’orage. Pendant ce temps, Ouattara continue de faire des promesses de milliards partout où il passe, et toujours rien. Foyie !
 
La réalité est celle-ci. Ouattara a effectué 57 voyages à travers le monde pour mendier des sous afin de mener à bien ses projets. Cet argent n’est pas l’argent du contribuable ivoirien mais de gros prêts au-dessus des dettes courantes.
Il faut être un piètre économiste pour adopter une politique économique pareille. La Côte D’Ivoire n’est pas le Burkina Faso. Nous sommes suffisamment riche en tout. Que deviennent les revenus de nos richesses si ceux-là ne peuvent servir à développer le pays ? Seul Ouattara peut répondre à cette question.
 
En termes d’emprunts, je vous donne la liste non exhaustive de ce que l’expert économiste a prévu pour nous :

-16.000 milliards pour le compte du PPTE.

-4.000 milliards pour le PND.

-490 milliards pour la Banque Mondiale.

Soit un total de 30.490 milliards FCA.

Un véritable record battu en termes d’emprunt. Jamais égalé ailleurs. Ce n’est pas de l’exploit mais de la stupidité et de l’amateurisme économique. C’est aussi la bêtise humaine que de vouloir emprunter plus que l’état ne peut financièrement supporter. Nous avoisinerons les 40.000 milliards CFA en 25 mois de règne sans partage. En clair, cela fera plus du million par habitant à payer comme dettes. C’est un déluge de dettes quand nous savons que 25% de la population travaille et que le reste vit en dessous du seuil de la pauvreté. Il nous faudra en moyenne 70 ans et plus pour éponger toutes ces dettes-là. Ce de l’inconscience d’agir ainsi, hypothéquant l’avenir de tout un pays. La Côte D’Ivoire sera ruinée en 3 ans malgré ses richesses et sa main d’œuvre. De là à parler de pays émergent en 2020, c’est vivre et nourrir l’utopie.
 
Ouattara compte sur un futur PPTE dans 20 ans et dans l’immédiat l’annulation des dettes coloniales prévues par l’ONU, qui en retour exige une nouvelle loi sur la protection des Homosexuels en Afrique. Ouattara brade tout et ne prévoit rien pour les enfants et les enfants en retour, sont fiers de leur père pour avoir endetté la famille. Il faut être un analphabète pour réagir de la sorte.
 
Cette pluie de milliards n’arrive même pas à régler des problèmes courants des enseignants qui réclament 4 milliards d’arriérés et 50 millions pour les balayeuses. Et pourtant, Ouattara menace les avantages sociaux et salariaux des fonctionnaires et demande sans gêne à ce que les parents d’élèves remboursent les frais de construction sinon de couches de peinture de l’université avec sa surfacturation. Qui est cet économiste qui ne peut même pas gérer des petites crises financières au sein du pays ?
 
Parlons un peu des crimes économiques du gouvernement actuel depuis avril 2011.

-Détournement et surfacturation dans l’Education Nationale (Kandia Camara) et Enseignement Supérieur (Cissé Bacongo).

-Achat d’un Yatch par Issiaka Ouattara dit Wattao.

-Enrichissement illicite de Charles Diby, Ministre des Affaires Etrangères.

-Passation de marche de gré à gré du Ministre de la Salubrité sous la houlette d’Anne Oulotto «Bulldozer ».

-Impunité dont bénéficie Adama Bictogo avec l’affaire des déchets toxiques.

-Prise en charge par l’état des deux loyers de Mabri Toikeuse, Ministre du Plan.

-Séjour de 16 mois d’Adama Toungara à l’Hôtel Pullman à 1 milliard 400 millions – Ministre des Mines et du Pétrole.

Vraiment scandaleux !!!!

Ouattara appelle cela la bonne gouvernance. Il est très mal placé pour nous donner des leçons de bonne gouvernance ou sur des crimes supposés des dignitaires LMP.
 
Des gens qui ne pouvaient même pas s’offrir un plat de garba sont devenus des milliardaires en 23 mois de pouvoir. De quelle immunité jouissent ces personnages-là?

Si l’on veut parler d’homme providentiel, c’est bien le professeur, Premier Ministre Gilbert Aké N’Gbo. Cet homme est titulaire de 3 doctorats en économie et économétrie. Il est le président de l’Université D’Abidjan et Président du CAMES. Il pourrait donner des cours d’économie gratuits à Ouattara pour lui rafraichir la mémoire. Ce savant est accusé de crimes économiques et génocide. Quand, pendant la crise, Ouattara fasait fermer des banques et les ports d’Abidjan et de San Pedro avec l’aide de ses soutiens occidentaux, paralysant l’économie, comment appelle-t-on cela ? Aussi cet argent n’est pas allé dans les poches des ministres mais a plutôt servi à payer les fonctionnaires y compris ceux qui ont voté pour Ouattara. Il n’y a pas eu détournement de deniers publics mais plutôt distribution. Ces ministres ont démontré leur amour et sens élevé pour leur pays, ce qui n’est pas le cas pour certaines personnes. Ils doivent être félicités pour leur exploit et leur génie. Ils ne méritent pas la prison mais des médailles.
 
Les derniers chiffres en provenance de la Banque Mondiale (Soutien financier de Ouattara) sont très catastrophiques et très alarmants. La croissance économique de 8.25% annoncée par les tenants du pouvoir s’avère fausse. La CIA (Soutien de Ouattara) annonce sur son site une croissance négative (-4.7%).
Cela reflète au moins la réalité que les ivoiriens vivent avec la non circulation de l’argent ou encore de l’argent qui travaille ailleurs sauf en Côte D’Ivoire.
Si ces chiffres sont confirmés, notre pays a amorcé la descente en enfer, suivie de la ruine et de la tutelle du FMI. Ce qui serait désastreux pour les ivoiriens. Le comble est que nous avons un « expert en économie » comme Chef d’état, qui est incapable de nous sortir de la crise économique. Son prédécesseur, un historien, a géré le pays sur fond propre, sans emprunter. Il payait les fonctionnaires et souvent leur accordait des avantages. Qui des deux hommes d’état, préférez-vous?
 
Le Ghana est devenu depuis des mois, le moteur économique de la sous-région devant le Nigeria et la Côte D’Ivoire. Les tenants du pouvoir actuel peuvent prendre des leçons sur l’économie de l’autre côté de la frontière, au lieu de traquer les exilés.
 
Si Ouattara est incapable de nous apporter le bonheur, qu’il rende le tablier afin que de nouvelles élections se tiennent dans les plus brefs délais.
 


Nick de Bessou

Juriste, Ex Vice-président Cojep UK

mercredi, 13 mars 2013

LES 7 PECHES D'HUGO CHAVEZ (EXTRAITS)

monde,les 7 peches d'hugo chavez (extraits)


Pourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ? Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux. Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’... Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés?


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mardi, 12 mars 2013

LE SAVIEZ-VOUS? QUELQUES FAITS REVELATEURS A PROPOS DE LA GUERRE AU MALI


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L’intervention au Mali a prétendument lieu dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mais il y a plus. Les rebelles ont été entraînés par les États-Unis et le sous-sol malien, de toute évidence, contient autre chose que du sable et du sel. À l’arrière-plan, la Chine apparaît également dans le collimateur.

 

Le sous-sol

Officiellement, l’intervention française au Mali visait à arrêter la progression des terroristes djihadistes et n’avait rien à voir avec les matières premières du pays. Mais savez-vous que, dans le sous-sol, on trouve de très nombreux minéraux, entre autres du calcaire, de la kaolinite, du cuivre, des phosphates, de la bauxite et de l’or. Ensuite, il s’avère qu’il y a aussi du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium.

La France produit 76 % de son électricité au moyen de centrales nucléaires, donc à partir de l’uranium. Savez-vous qu’au moins 30 % de cet uranium est importé du Niger, un pays voisin du Mali ?

Entraînés par les États-Unis

L’intervention française visait l’alliance des rebelles djihadistes et touareg. Mais saviez-vous qu’une partie de ces Touareg sont des militaires déserteurs de l’armée régulière malienne, qui ont été entraînés par les États-Unis ? Les soldats français qui se battent contre des rebelles drillés par les États-Unis ? Bienvenue en Absurdistan !

Mais ces Touareg ne sont pas les seuls à avoir été entraînés par le Pentagone. En mars 2012, un coup d’État a eu lieu, au Mali. Le responsable du coup d’État a été formé aux États-Unis. Dans les deux pays voisins du Mali, la Mauritanie et le Niger, la même chose s’est produite ces huit dernières années. Au Tchad, un autre pays du Sahel, des militaires également formés par les États-Unis ont vu leur tentative de coup d’État avortée. La France y a pris l’armée sous sa protection. Bienvenue encore une fois.

Un étrange concours de circonstances

Après le coup d’État au Mali, l’an dernier, trois événements se sont produits : 1. Le pays a été complètement mis à sec, ce qui l’a totalement affaibli. 2. Les rebelles dans le Nord ont été armés et financés à partir de l’étranger et on ne leur a en aucun cas mis des bâtons dans les roues. 3. Les Français ont stationné des troupes en stand-by afin d’intervenir militairement. Étrange combinaison, n’est-il pas ?

1. Les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique occidentale (ECOWAS), qui est contrôlée par la France et par les États-Unis, ont fermé leurs frontières avec le Mali, qui n’a pas d’accès à la mer. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont suspendu leur aide. De leur côté, les États-Unis ont réduit de moitié leur soutien financier au pays. C’est ainsi que le pays est devenu une proie facile pour les rebelles.

2. Et les rebelles ont donc eu de nouveau le vent en poupe. Les rebelles islamistes ont pu compter sur le soutien financier du Qatar. L’année précédente, cet État du Golfe avait déjà accordé un très gros soutien financier et militaire aux rebelles islamistes qui se battaient contre Kadhafi et il fait aujourd’hui de même en Syrie.

Les rebelles islamistes ont également pu compter sur un important soutien militaire de la part de leurs homologues en Libye. Dans ce dernier pays, il n’y a pour ainsi dire pas d’autorité centrale et les islamistes peuvent faire ce qu’ils veulent. Ainsi, actuellement, ce sont eux qui contrôlent les check-points dans les villes de Benghazi et de Derna. C’est ainsi que les preneurs d’otages de l’entreprise algérienne de gaz naturel ont également pu compter sur un soutien logistique en provenance de la Libye. Le ministre tunisien des Affaires étrangères décrit la Libye comme un « lieu de refuge pour les sections nord-africaines d’Al-Qaeda ».

Mais les choses vont bien plus loin que le soutien en provenance de la Libye. Les rebelles islamistes du Mali ont conclu une nouvelle alliance avec le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG – Groupe de combat islamiste libyen). C’est ce groupe qui, avec le soutien de commandos spécialisés de France et de Grande-Bretagne et d’unités d’élite de Jordanie et du Qatar, a chassé Kadhafi du pouvoir en 2011.

Soit dit en passant, Belhadj est le chef du LIFG et il serait (prétend-on) un ancien dirigeant d’Al-Qaeda. Savez-vous qu’il a été impliqué dans les attentats à la bombe de Madrid, en 2004, mais que, malgré cela, juste avant la rébellion en Libye, lui et sa milice ont encore reçu des entraînements des unités spéciales des États-Unis ? Saviez-vous aussi qu’après la chute de Kadhafi, l’homme est devenu gouverneur militaire de Tripoli et a envoyé des centaines de djihadistes libyens en Syrie afin de combattre contre Assad ?

Les rebelles djihadistes du Mali avaient conclu une alliance temporaire avec les Touareg. Un grand nombre de ces rebelles touareg avaient travaillé au service de Kadhafi. Pendant et après l’insurrection libyenne, il se sont rendus, lourdement armés, dans le Nord du Mali. Le gouvernement du Mali soupçonnait la France et l’Otan d’avoir conclu un marché avec les Touareg : s’ils renonçaient à soutenir Kadhafi, ils pourraient en échange s’occuper de leur propre cause dans le Nord du Mali. Quoi qu’il en soit, quand, début février 2012, les Touareg ont gagné beaucoup de terrain dans le Nord du pays, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a exigé un cessez-le-feu immédiat et un « traitement approfondi de la question targuie ».

3. Depuis avril 2012, les rebelles djihadistes et touareg avaient conquis le contrôlé du Nord du Mali. Les États-Unis et la France n’y étaient absolument pas préparés. Dans l’attente d’une intervention par des troupes africaines, les deux pays ont entretenu des unités spéciales sur place. Pour la France, il s’agissait de deux régiments, d’hélicoptères, de chasseurs à réaction et d’avions de transport militaires. Ce sont ces deux régiments qui, en quelques heures, ont lancé une contre-offensive.

La Chine

On sait que, ces dix dernières années, la Chine a considérablement renforcé sa présence en Afrique et que ceci n’est pas sans provoquer une grande nervosité. Peuvent en témoigner les propos de Pierre Moscovi, le ministre français des Finances : « Il est évident que la Chine est de plus en plus présente en Afrique. Les entreprises françaises qui le peuvent doivent passer à l’offensive. Elles doivent être présentes sur le terrain. Elles doivent se battre. »

Puisque les moyens économiques font défaut, ne faut-il pas jouer la carte militaire, dans ce cas ? En novembre 2006, la Chine organisait un sommet exceptionnel sur la collaboration économique et auquel au moins 45 chefs d’État africains étaient présents. Saviez-vous qu’un mois plus tard, précisément, Bush approuvait la création d’Africom ? Africom est le haut commandement militaire des États-Unis pour le continent africain (avec avions, navires, troupes, etc.) ? Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et, aujourd’hui, au Mali.

Saviez-vous que les États-Unis ont des bases ou installations militaires permanentes dans dix pays d’Afrique au moins ? La France, elle, a six bases militaires sur le continent. Saviez-vous aussi que l’armée américaine organise régulièrement des exercices militaires avec au moins 17 pays africains et qu’elle forme en outre des militaires dans 34 des 54 pays africains ?

Amel Boubekeur, chercheuse au prestigieux Brookings Institute, affirme qu’avec son intervention au Mali, le président français entend résoudre la situation urgente sur place, restaurer l’équilibre régional et « contrer l’influence croissante d’autres acteurs dans la région, comme la Chine ».

Le Financial Times tire une conclusion similaire à propos des États-Unis : « La militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps parce que, dans la région, elle est considérée comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle des matières premières et de contrer le rôle commercial sans cesse croissant de la Chine. »

Citation de la semaine :

«Tirons les leçons de la décennie de guerres perdues en Afghanistan, en Irak et en Libye. Ces guerres n’ont nulle part mis en place un État fort et démocratique. Au lieu de cela, elles favorisent le séparatisme, les États voyous et la loi de fer des milices armées.

Nulle part, ces guerres n’ont été en mesure de venir à bout des terroristes qui essaiment dans la région. Au lieu de cela, elles légitiment les plus radicaux d’entre eux.

Jamais ces guerres n’ont apporté la paix dans la région. Au contraire, avec l’intervention occidentale, chacun peut se soustraire à ses responsabilités. Plus grave encore, ces guerres provoquent une réaction en chaîne. Chaque intervention crée les conditions de la suivante. Elles sont une composante d’une seule et même guerre qui s’étend de l’Irak à la Libye et la Syrie, de la Libye au Mali, et qui inonde le Sahara d’armes de contrebande. Nous devons y mettre un terme.

Au Mali, aucune condition n’est présente en vue d’un succès.»

 

Dominique de Villepin, ancien ministre français de l’Intérieur et des Affaires étrangères.



Sources:

« The interests behind France's intervention in Mali  » (Les intérêts derrière l’intervention française au Mali)

F. William Engdahl, « The War in Mali and AFRICOM’s Agenda : Target China » (La guerre au Mali et l’agenda d’AFRICOM/ Cibler la Chine)

Adam Elliott-Cooper, « Blood for Uranium : France’s Mali intervention has little to do with terrorism » (Du sang pour l’uranium : L’intervention française au Mali n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme)

Yun Sun, « How China Views France’s Intervention in Mali : An Analysis » (Comment la Chine voit l’intervention française au Mali : Une analyse)

 

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action.

 

In dewereldmorgen.be


Source: MICHEL COLLON.INFO

lundi, 11 mars 2013

LES FRANÇAIS SONT DES VEAUX

STALINE-HITLER.jpg

VOUS ALLEZ EN LIRE DES CHOSES ! ! !


Les français sont des veaux... pour la république façade de la secte nommée franc-maçonnerie... et ils ne sont plus chez eux... en France...



Cette belle pensée sur un peuple - les français sont des veaux - vient d'un type qui s'est vite barré de France... pour simplement aller gueuler derrière un micro en buvant du thé... au chaud... juste gueuler... contre un gouvernement légal... en temps de guerre... ça vous résume le genre du type...

CITATION DU GENERAL DE GAULLE.jpg


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00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, monde, les français sont des veaux, barruel.com, françois-xavier obrador | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 10 mars 2013

MANOEUVRES AMERICAINES EN VUE D'ARMER OUVERTEMENT L'OPPOSITION SYRIENNE

 

DRAPEAU SYRIEN - OMBRE.jpg


Durant les préparatifs du sommet des Amis de la Syrie du 28 février à Rome, les États-Unis ont indiqué un changement de politique consistant à armer ouvertement l’opposition syrienne qui mène une guerre pour le compte des États-Unis dans le dessein de faire tomber le président syrien Bashar el-Assad.

 

Cela s’est fait par un jeu politique chorégraphié avec soin entre le ministre des Affaires étrangères John F. Kerry, quelques pays européens dont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie, et l’opposition syrienne elle-même.

La Coalition nationale syrienne (CNS) d’opposition a menacé de ne pas venir au sommet, laissant ostensiblement les amis de la Syrie sans personne avec qui pouvoir affirmer leur amitié. Kerry a saisi ce moment pour faire des promesses d’un soutien supplémentaire pendant qu’il faisait la tournée des capitales européennes, en préparation du sommet de Rome et de sa prochaine tournée au Moyen-Orient.

En rencontrant le premier ministre britannique David Cameron et le ministre des Affaires étrangères William Hague, Kerry a promis qu’un nouveau soutien américain pour la CNS « arrive[rait] à maturité d’ici que nous nous réunissions à Rome. » D’autres mesures américaines devaient y être discutées si l’opposition assiste à la réunion des Amis de la Syrie.

Kerry a insisté sur le fait que les États-Unis cherchaient toujours une solution politique, suggérant que l’aide militaire directe n’était pas immédiatement à l’ordre du jour. Mais il a ajouté : « Nous sommes déterminés à ce que l’opposition Syrienne ne soit pas laissée à l’abandon, à se demander où est le soutien, et s’il doit bien arriver. » « Je veux que nos amis du conseil d’opposition syrien sachent que nous ne venons pas à Rome juste pour parler. Nous venons à Rome pour prendre une décision sur les prochaines étapes, » a-t-il ajouté. Hague a également insisté pour que l’opposition reste impliquée dans les négociations, promettant que le Royaume-Uni croit que « nous devons augmenter significativement notre soutien à l’opposition syrienne, en plus de notre importante contribution à l’aide humanitaire, et c’est précisément ce que nous nous préparons à faire. »

Les diplomates européens ont dit que le chef de la CNS, Moaz al-Khatib, avait déclaré au gouvernement italien que sa délégation se rendrait au sommet jeudi. Walid al-Bunni, porte-parole du CNS, a dit lundi que cette décision avait été prise après une conversation téléphonique entre al-Khatib et Kerry.

La discussion sur l’intensification de l’aide est intervenue dans un contexte de reportages – notamment de la part du New York Times – selon lesquels les cargaisons d’armes envoyées à l’opposition étaient en augmentation, financées par les Etats du golfe et dans certains cas en provenance de Croatie et d’autres pays d’Europe de l’Est.

Ces armes auraient été acheminées en passant par la Jordanie et la Turquie. David Ottaway du Woodrow Wilson International Center for Scholarsa déclaré, «Je pense que c’est une opération américano-jordano-saoudienne – les trois mêmes groupes qui ont œuvré par le passé pour faire tomber Saddam Hussein. Je ne pense pas que la Jordanie ferait cela seule.»

«En effet, nous avons fourni de nouvelles armes anti-aériennes et des armes défensives lourdes données par des pays arabes et non-arabes ces derniers temps, » a dit Louay Almokdad, coordinateur politique et médiatique de l’Armée syrienne de libération, à CNN dimanche.

Divers commandants et combattants rebelles ont déclaré à Reuters qu’une cargaison était parvenue en Syrie en passant par la Turquie le mois dernier comprenant des équipements portables à l’épaule et d’autres équipements mobiles, dont des armes anti-aériennes et anti-blindage, des mortiers et des lance-roquettes. Ces armes, ainsi que l’argent pour payer les combattants, étaient tous distribués via une nouvelle structure de commandement établie pour envoyer de l’aide étrangère en partie comme moyen de contrôler l’opposition et de minimiser l’influence des groupes de type Al-Quaïda comme Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

D’après Reuters, «Les rebelles ont refusé de spécifier qui fournissait les nouvelles armes, disant qu’ils ne veulent pas embarrasser leurs soutiens étrangers, mais ils ont dit qu’elles étaient venues ouvertement de Turquie, “de la part d’Etats donneurs”. "Nous avons reçu cette cargaison légalement et normalement. Elle n’a pas été livrée en contrebande mais officiellement par le passage de Bab al-Hawa," a dit un commandant rebelle.»

Un photographe de Reuters à Damas a vu des armes d’origine occidentale aux mains des rebelles, dont des fusils d’assaut M4 américains et Steyr autrichiens.

Un commandant rebelle a dit au sujet de l’argent et des armes fournis, «Donc en fait c’est comme si nous avions payé d’avance. C’est financé par les pays qui seront impliqués dans la reconstruction de la Syrie.»

Le chef d’état-major du commandement militaire rebelle, le brigadier Selim Idris, a dit que la présence des combattants étrangers compliquait le soutien international pour la lutte contre Assad, tout en affirmant: «Nous ne recevons pas d’armes des Européens, nous ne voulons pas les embarrasser, nous ne voulons embarrasser personne avec la question des armes.»

Après la déclaration de Kerry à Londres, le Washington Post et CNN ont tous deux fait état du fait que le gouvernement Obama s’apprêtait à un changement de politique majeur concernant la Syrie qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels des gilets pare-balles et des véhicules blindés, et éventuellement de l’entraînement militaire.

Le Washington Post a dit que le gouvernement Obama cherche à retirer les restrictions sur les équipements «à double usage [pouvant servir à une action offensive comme défensive, ndt]», qui concernerait le matériel de communication, les gilets pare-balles et pare-éclats, du matériel de vision de nuit, et des véhicules militaires. «Ils procèdent à une redéfinition de ce qui est létal,» a indiqué une source. «Ils travaillent là-dessus depuis un moment.»

CNN a affirmé que ces changements sont en cours de discussion avec les alliés des États-Unis dans le cadre de la tournée de Kerry et que cela se fait en coordination avec les puissances européennes. Chaque pays de l’Union européenne décidera lui-même de ce qu’il va fournir, d’après le responsable.

Le Post a noté que «Kerry a fait référence indirectement à plusieurs reprises à un changement de politique au cours de ses voyages. Il a dit à un groupe d’étudiants allemands mardi que les États-Unis veulent une “solution pacifique” en Syrie, mais si ses dirigeants refusent de négocier et continuent à tuer des civils, “alors il faut au moins fournir une sorte de soutien à ceux qui se battent pour leurs droits.»

La Grande-Bretagne et la France ont toutes deux insisté pour lever l’embargo de l’UE sur les ventes d’armes à la Syrie, mais ont rencontré une opposition dans ce bloc, celui-ci a par conséquent été prolongé de trois mois. L’UE a cependant inséré une clause autorisant les Etats-membres «à fournir une aide non-létale plus importante et une assistance technique à la protection des civils.»

Un représentant de l’UE a parlé avec franchise au Washington Post, expliquant, «Sous le vieux système européen on ne pouvait rien faire,» alors que la nouvelle règle autorisera «des choses qui en elles-mêmes ne tuent pas les gens.»

«On parle de choses qui peuvent être utiles sur le terrain – gilets pare-balles, jumelles et moyens de communication,» a dit un autre.

La duplicité des États-Unis et de leurs alliés européens est rendue nécessaire par leur tentative de préserver l’illusion qu’ils cherchent une solution diplomatique. Kerry s’est même plaint au CNS que leur boycott affaiblissait sa position à la veille d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, à Berlin mardi.

S’exprimant depuis Moscou lundi 25 février, le ministre des Affaires étrangères syrien Walid al-Moallem a proposé des négociations avec l’opposition, y compris avec ceux qui avaient pris les armes. Lavrov a lancé un appel au soutien de l’initiation du régime Assad, prévenant que de nouveaux combats risquaient d’entraîner «le démembrement de l’Etat syrien.»

«Les Syriens devraient décider par eux-mêmes de leur sort sans intervention extérieure,» a dit Lavrov, citant «des forces raisonnables qui sont de plus en plus conscientes de la nécessité de commencer les négociations aussi tôt que possible pour parvenir à un accord politique.»

Quelles que soient les agitations diplomatiques, Washington pousse à un changement de régime en Syrie, par l’entremise de ses intermédiaires : la Turquie, l’Arabie saoudite, et le Qatar. Mardi 26 février, des délégués du Groupe de travail international des Amis de la Syrie, réunis à Sofia, ont appelé à l’application de sanctions par « tous les membres de la communauté internationale, en particulier les membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies » – visant la Russie et la Chine pour leur opposition à de telles mesures.

 

Chris Marsden

Article original, WSWS, paru le 28 février 2013.

 

Source: INTERNATIONAL NEWS

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mercredi, 06 mars 2013

«L'AUTORITE PUBLIQUE EST AUX MAINS DU SYSTEME FINANCIER» - HERVE KEMPF


HERVE KEMPF.jpg

 

Vous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique: la fin possible de la démocratie.


L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie. L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.

Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.

Bien sûr. L’oligarchie répète sans cesse que nous sommes dans une démocratie et que tout est parfait. C’est une fiction. Même les intellectuels ont oublié le concept d’oligarchie et contribuent à nourrir la fiction. Tous les intellectuels en syntonie idéologique avec le capitalisme ont maintenu l’idée selon laquelle existaient seulement deux alternatives: ou la démocratie, ou le totalitarisme. Cela pouvait être compris au début à travers deux exemples : dans les années ’30 avec Hitler, ou dans les années ’50 ou ’60 avec l’Union soviétique, on pouvait dire qu’il était précis d’opter entre la démocratie et ces deux dictatures. Mais cela est fini: depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le naufrage de l’Union Soviétique, nous passons à un autre ordre. Mais les intellectuels qui sont au service du capitalisme ont persisté dans l’idée selon laquelle il y a seulement deux chemins: ou la dictature, ou la démocratie.

C’est pourquoi il est important que le concept d’oligarchie soit bien présent pour comprendre que, progressivement, la démocratie nous a été volée. Les pays européens, et beaucoup plus les États-Unis, ont glissé vers un régime oligarchique où le peuple n’a déjà plus de pouvoir. La démocratie européenne est malade, elle s’est beaucoup affaiblie, et s’oriente de plus en plus vers l’oligarchie. En revanche, les États-Unis ont arrêté d’être une démocratie : c’est une oligarchie, parce que c’est l’argent qui détermine les orientations des décisions politiques. En réalité, l’oligarchie est une démocratie qui fonctionne seulement pour les oligarques. Dès qu’ils se sont mis d’accord entre eux, ils imposent les décisions. Nos systèmes ne peuvent plus s’appeler démocratie, parce que la puissance financière détient un pouvoir démesuré. L’autorité publique est dans les mains du système financier. Les pouvoirs publics ne prendront jamais de décision que puisse nuire aux intérêts économiques, aux intérêts de l’oligarchie financière. Nous devons accepter l’idée que ceux qui ont les rênes du pouvoir politique de l’État ne prennent pas de décisions pour le bénéfice de l’intérêt général. Leurs décisions peuvent aller à l’ encontre de l’intérêt public.

Ce raisonnement implique que la souveraineté populaire a disparu, comme idée et comme pratique.

Effectivement. Déjà il n’y a plus de souveraineté populaire. Quand le peuple arrive à réfléchir, à discuter et à délibérer ensemble et prend une décision, l’oligarchie va contredire la décision populaire. En 2005 il y a eu en Europe un grand débat autour d’un référendum qui à la fin a été organisé en France et ensuite en Irlande et aux Pays-Bas sur un projet de traité de Constitution européenne. Pendant six mois, la société française a discuté de ce sujet comme elle ne le faisait pas depuis de nombreuses années. Les médias, appuyant la philosophie capitaliste, disaient « il faut voter oui, il faut voter en faveur du traité ». Mais le peuple français a voté « non ». Et qu’est-il arrivé ensuite ?

Presque deux ans plus tard les gouvernements d’Europe ont imposé ce traité avec quelques légères modifications sous le nom de Traité de Lisbonne. Il y a eu alors une trahison extraordinaire de la volonté populaire. Nous retrouvons cet exemple dans d’autres endroits. Sans aller plus loin, en 1991, en Algérie, les islamistes ont gagné les élections législatives, mais les militaires ont interrompu le processus par un coup d’État qui a mené le pays vers une guerre civile épouvantable. Autre exemple : en 2005 les palestiniens ont voté pour choisir leurs députés. C’est le Hamas qui a gagné. Cependant, tous les États, des États-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par Israël, ont choisi d’ignorer le Hamas parce qu’ils le considèrent comme une organisation terroriste.

On n’a pas respecté le vote du peuple palestinien. Le peuple en tant que tel est le cœur de la démocratie c’est-à-dire le principe à partir duquel tous partageons quelque chose. Le peuple n’est pas vous, Michel ou moi, mais tous ensembles. Nous partageons quelque chose et nous devons prendre une décision conjointe. Nous formons un corps, c’est pourquoi on dit « le corps électoral ». Mais ce qui est arrivé en Europe en 2005 marque une rupture profonde avec le peuple.

Cependant, entre l’idée d’oligarchie qui existait au début du XXe siècle et maintenant, il y a eu aussi une coupure radicale dans ce groupe.

Oui. Il y a eu une évolution de l’oligarchie. Maintenant nous pouvons parler des déviations de l’oligarchie poussée par l’évolution même du capitalisme. Durant les trente dernières années le capitalisme s’est transformé. Tout commence en 1980, quand Ronald Reagan gagne les élections présidentielles aux États-Unis et Margaret Thatcher arrive au pouvoir en Grande-Bretagne. À partir de là, non seulement s’est concrétisé un capitalisme orienté vers la spéculation financière, mais aussi une une transformation culturelle, anthropologique a eu lieu. La philosophie capitaliste s’est répandue avec ce message: «La société humaine n’existe pas».

Pour les capitalistes, la société est un une collection d’individus qui se trouvent dans une boule et son unique mission consiste à en tirer un maximum de profit. Pour les capitalistes, l’individu est séparé des autres, est en concurrence permanente avec eux. Dans cette vision, ce qui est commun n’est plus le peuple, mais le marché. Pour cette raison les gens ont tant de difficultés à se sentir un citoyen qui participe à un processus commun à tous. Le système a occulté une donnée : le phénomène fondamental qui s’est produit au sein du capitalisme au cours des trente dernières années fut l’augmentation de l’inégalité, dans tous les pays, y compris les pays émergents.

Nous sommes dans une phase cruciale de crise. Il n’y en a déjà plus une, mais plusieurs, et toutes se concentrent en même temps. La réponse de l’oligarchie est proportionnelle à l’intensité de ces crises : l’autoritarisme et la répression comme réponse.

Nous sommes dans un moment très délicat de l’humanité. La crise écologique s’aggrave de plus en plus et les crises sociales s’accroissent : Europe, États-Unis, les pays arabes, la Chine et Inde. Et face à l’augmentation des protestations populaires, l’oligarchie tend à aller vers une direction de plus en plus autoritaire, répressive, militaire. C’est ainsi en France, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada. Dans chacun de ces pays nous avons vu le développement impressionnant des technologies policières (caméras de surveillance, fichiers informatiques, etc.). Nous affrontons un double danger : non seulement que la démocratie se dirige vers l’oligarchie mais, aussi, que l’oligarchie, le capitalisme en général, entrent dans une phase autoritaire, insistant sur des sujets comme la xénophobie, l’insécurité ou la rivalité entre les nations. L’oligarchie ne veut pas adopter des mesures pour pallier à la crise écologique ou pour diminuer l’inégalité. Non. Ce que l’oligarchie veut, c’est conserver ses privilèges fondamentaux. C’est une oligarchie destructrice. Je crois qu’elle ne comprend pas la gravité de la situation. Au lieu d’évoluer, l’oligarchie est chaque fois plus réactionnaire.

Aujourd’hui il y a un nouvel élément, qui sera sans doute déterminant: la crise écologique, la crise climatique. Cependant, peu sont ceux qui sont disposés à relever les défis.

Nous sommes dans un moment essentiel de l’histoire humaine, pour deux raisons. En premier lieu, nous traversons un moment de notre histoire dans lequel l’humanité arrive aux limites de la biosphère. L’espèce humaine s’est répandue et développé à travers de la planète en s’appuyant sur une nature qui nous semblait immense et inépuisable. Mais maintenant l’ensemble de l’espèce humaine découvre que la planète a des limites et qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre l’activité et la créativité humaines et les ressources. Nous devons changer de culture et passer de l’idée selon laquelle la nature est inépuisable à la réalité que nous mettons en danger ces ressources. Il nous reste à apprendre à les économiser et à les utiliser avec sagesse et prudence. En cela, se joue un changement de culture. Le deuxième en importance, est que nous nous trouvons au moment où nous formons une société humaine. Avant nous étions comme des étrangers les uns avec les autres. Là non.

Même si à Río de Janeiro on vit d’une façon différente qu’à Paris, à Londres ou Shanghai, il y a beaucoup d’éléments communs qui nous amènent à prendre conscience que nous appartenons au même monde. La mondialisation non seulement est en compétition avec la mondialisation de la culture ou de l’économie, non, mais aussi atteint la population humaine. Nous découvrons que nous avons des intérêts communs. Les problématiques de l’oligarchie ou de la démocratie se jouent aussi en « Amérique Latine [El Correo propose « Latinoriginaire », parce que il faut intégrer et non diviser, comme le fait ce concept raciste et ségrégationniste] », en Asie et en Europe. Nous sommes la même société. C’est un nouvel élément dans l’histoire de l’humanité. Mais cette nouvelle société doit réécrire, inventer une nouvelle façon de vivre avec la biosphère et les ressources naturelles. Si nous n’arrivons pas à le faire, cette société humaine ira vers le chaos, la concurrence et la violence [nous y sommes déjà au Moyen Orient et Afrique NDLT]. Il n’y aura pas seulement du désordre, l’aventure humaine s’arrêtera.

Pour vous, il ne peut pas y avoir un renouvellement de la démocratie si la question écologique n’est pas prise en considération.

L’écologie et la démocratie sont inséparables. Si nous regardons vers les années 70, quand le mouvement écologique a pris son impulsion, il l’a fait avec une critique de la démocratie. La démocratie a toujours été dans le cœur de l’écologie. Mais ensuite le capitalisme a dérivé vers l’oligarchie et nous ne sommes déjà plus dans une situation démocratique. Le capitalisme et l’oligarchie poussent toujours vers la croissance économique. Mais aujourd’hui nous savons que cette croissance économique fait des dommages importants à l’environnement. Nous ne savons pas produire de la croissance économique sans détruire l’environnement, sans émettre du gaz avec effet de serre, sans détruire les forêts comme dans l’Amazonie, ou sans produire d’énormes quantités de soja comme en Argentine, pour lequel des tonnes de pesticides sont utilisés. La croissance permet qu’on oublie l’énorme inégalité qu’existe. La croissance permet de calmer les tensions sociales. Le développement de l’oligarchie, c’est-à-dire, le délire d’un petit nombre de personnes pour s’enrichir d’une manière colossale, pousse à la croissance et, en même temps, à la destruction de la nature. C’est pourquoi la question démocratique est essentielle. Nous devons arriver à une situation où nous pouvons discuter et réussir à diminuer l’inégalité et, ainsi, pouvoir redéfinir ensemble une économie juste qui ne détruit pas l’environnement.

En somme, toute reformulation de l’idée et du principe de démocratie passe par l’écologie.

Effectivement: il est impossible de penser le monde si nous oublions de la question écologique. Ce sujet n’est pas exclusif des Européens ou des occidentaux, non, c’est une question mondiale. Le sujet du changement climatique, le sujet de l’épuisement de la biodiversité ou de la contamination sont des sujets mondiaux. Il est impossible de penser à l’émancipation humaine, à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’évolution vers une humanité réalisée dans laquelle chaque personne pourra exprimer ses potentialités par rapport aux autres, dans le concret, rien de cela ne peut être pensé si sont laissées de coté , la nature et la relation avec la biosphère. La situation actuelle est grave à cause de la crise écologique mais aussi pleine d’espoir. Nous avons dix ou vingt ans devant nous pour organiser la transition et permettre aux jeunes du futur qu’ils imaginent une société harmonieuse. Si dans 10 ans nous ne contrôlons pas la contamination, si dans 10 ans nous ne réussissons pas à l’empêcher l’évolution dictatoriale du capitalisme, nous allons tout droit vers des situations très difficiles.

 

Par Eduardo Febbro, Hervé Kempf *

 

El Correo, le 19 février 2013.

Eduardo Febbro pour Página 12
Página 12. Depuis Paris, le 18 février 2013.


Source: INTERNATIONAL NEWS

lundi, 04 mars 2013

LE POUVOIR FRANC-MAÇON IVOIRIEN ET L'USAGE DES SYMBOLES MYSTIQUES (Réédition)

 

côte d'ivoire,LE POUVOIR FRANC-MAÇON IVOIRIEN,L'USAGE DES SYMBOLES MYSTIQUES en côte d'ivoire,baphomet à abobo,franc-maçonnerie en côte d'ivoire,



Comme pour narguer Dieu, les chrétiens et tous les ivoiriens d’une part; et d’autre part flouer les ignorants, mais aussi pour montrer qu’ils sont les maitres actuels du pays, les adorateurs et disciples de Lucifer au pouvoir en Côte d'Ivoire ont érigé depuis un mois un autel à Baal, au rond-point de la commune d’Abobo.

Cet autel à la forme d’une maisonnette représente une loge maçonnique, il est carré voire cubique, et est situé à Abobo, vers la Mairie. Haut d’environ 5 mètres, il a 5 m sur chaque côté et à 2 entrées opposées.

Cliquez, s'il vous plait, sur les différents liens et vous verrez vous même l’abomination:

1. Ici, vous voyez la représentation de Baphomet, le dieu des francs-maçons et des illuminatis:

BAPHOMET.jpg

Baphomet

2. Et là vous voyez d’un coté, à la gauche, l’autel satanique (en pleine luminosité, la nuit) dressé par Alassane Dramane Ouattara, à Abobo. Puis comparez avec la tête de Baphomet; regardez bien:

SYMBOLISATION DE BAPHOMET A ABOBO.jpg

Symbolisation de Baphomet à Abobo

Au milieu de l’autel, vous avez pu remarquer une croix maçonnique, incrustée dans un cercle (vert) qui représente un serpent qui se mord la queue, le tout surmonté par l'oeil illuminati:

CROIX MAçONNIQUE.jpg

Pin's maçonnique - Croix templière émaillée rouge sur fond blanc

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Le serpent se mordant la queue et l'oeil illuminati, symboles maçonniques

 

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L'oeil illuminati (Visible aussi sur le dollar américain, ci-dessous. Novus Ordo Seclorum: Le Nouvel Ordre des Siècles ou Nouvel Ordre Mondial)

 

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Source: Michel S.

dimanche, 24 février 2013

L'AFRIQUE A LA LOUPE DE LA DEPENDANCE

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Comme le montre bien l'article qui suit, les pays africains sont largement dépendants de l'étranger du point de vue commercial. Leur route pour la souveraineté économique est donc encore longue. Elle est aussi pleine d'embûches, ainsi que nous le rappellent les interventions occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et au Mali... (IGA)

 

Sur les 48 États de l’Afrique subsaharienne, 33 sont dans le rouge. Balance commerciale négative. Ils importent plus que ce qu’ils exportent. C’est ce qui ressort de l’atlas publié par le magazine Africa24 qui, pays par pays, dresse un tableau de l’Afrique 2012. On a là un bon indicateur de l’état de dépendance de bon nombre de pays africains.

La République démocratique du Congo, par exemple, "champion" toute catégorie : elle importe neuf fois plus qu’elle n’exporte, et l’ardoise (le déficit commercial) se chiffre à plus de 76 milliards d’euros. Seize autres États, dont le Sénégal, la Gambie, l’Éthiopie, le Kenya, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda sont dans le cas d’une balance commerciale où les importations pèsent plus du double des exportations. Cela laisse peu de marge de manœuvre pour les capacités "d’appropriation" nationales et autres crécelles dont on affuble aujourd’hui l’idéal d’autodétermination, principe fondateur du concert des nations.

Prise en bloc, l’Afrique subsaharienne affiche un déficit commercial de quelque dix milliards d’euros (à comparer avec les quelque 33 milliards d’euros versés en 2010 au titre "d’aides" au développement : près d’un tiers pour se payer des marchandises importées des pays "donateurs" ?). L’Afrique du Nord, printemps arabe ou non, ce n’est guère mieux : déficit commercial de près de 9 milliards d’euros avec, comme "champions" ici, l’Egypte (déficit de 20 milliards d’euros) et le Maroc (moins 15 milliards). Place Tahir, il reste du boulot...

«Guide économique 2013 du continent», Africa 24, n°8, novembre 2012/janvier 2013, 197 pages, 6,2 euros.

 

Erik Rydberg

 

In Gresea

 

Source: MICHEL COLLON.COM

samedi, 23 février 2013

LES BANQUES, CES COLOSSES AUX PIEDS D'ARGILE

 
 
arton banques


«Pour faciliter le financement, les garanties et l’instantanéité de tout ce commerce, le volume des transactions financières devait, lui, croître encore plus vite que le commerce lui-même. Il fallait inventer des formes entièrement nouvelles de finance, développer des dérivés de crédit, des titres garantis, des achats de pétrole à terme et autres, qui font que le système commercial mondial fonctionne beaucoup plus efficacement. A maints égards, l’apparente stabilité de notre commerce et de notre système financier mondiaux réaffirment le principe, énoncé par Adam Smith en 1776, simple et vérifié par l’Histoire : le libre commerce d’individus travaillant pour leur intérêt conduit à une économie croissante et stable.» Alan Greenspan |1|

L’innovation financière présentée par Alan Greenspan comme une panacée a fait un grand flop tout en provoquant des dégâts économiques et sociaux très graves, sans oublier les atteintes aux droits démocratiques des citoyennes et citoyens que la dictature des marchés et les oukases de la Troïka en Europe impliquent. Les traités européens et la politique concrète des gouvernements successifs rognent progressivement les droits démocratiques conquis par les peuples : le pouvoir législatif est soumis à l’exécutif, le Parlement européen est le cache sexe de la Commission européenne, les choix des électeurs sont de moins en moins respectés… Les gouvernants se retranchent derrière les traités afin de reprendre la rengaine de Margaret Thatcher : il n’y a pas d’alternative (TINA, There Is No Alternative) à l’austérité et au remboursement de la dette. Pendant ce temps, ils font le maximum d’une part pour porter atteinte aux droits économiques et sociaux conquis au cours de 20e siècle (voir la partie 3 de cette série) et d’autre part pour empêcher qu’une nouvelle crise bancaire majeure ne survienne. Cependant, ils ne prennent aucune mesure contraignante sérieuse pour imposer aux banques et aux autres institutions financières une nouvelle discipline. Les banques n’ont pas réellement assaini leurs comptes depuis 2007-2008. Pis, elles sont très actives dans le développement de nouvelles bulles et dans la fabrication de nouveaux produits structurés. Dans cette partie |2|, sont passés en revue les acrobaties des banques pour se financer, leur dépendance quasi-totale à l’égard des aides publiques, les bulles spéculatives en progression, les innovations financières spéculatives, les effets désastreux produits par le système bancaire actuel notamment dans le domaine de la crise alimentaire ainsi que les nouveaux risques que son mode de fonctionnement fait courir aux peuples |3|.

Les problèmes de financement à moyen et long terme

Regardons d’abord du côté du financement (c’est-à-dire du côté du passif des banques). Les banques rencontrent de gros problèmes. Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assurances, banques, fonds souverains…) ne leur font pas confiance, ils hésitent à acheter les obligations (covered bonds) que les banques émettent pour se financer à long terme de manière stable. Même si quelques banques comme BNP Paribas et Société Générale (les deux premières banques françaises), ou encore BBVA (la 2e banque espagnole), ont réussi à vendre des obligations, les montants totaux émis en 2012 semblent tout aussi faibles que les années précédentes. D’après le Financial Times, ce serait même la plus mauvaise année depuis 2002 |4|.

Du coup, comme elles ne trouvent pas suffisamment de financement à long terme sur les marchés, elles dépendent de manière vitale du crédit sur 3 ans accordé par la BCE pour un montant de 1 000 milliards d’euros à un taux de 1% |5|, et plus généralement des liquidités mises à leur disposition par les pouvoirs publics des pays les plus industrialisés via les banques centrales (à commencer par la Fed, la BCE, la Banque d’Angleterre, la Banque nationale de Suisse et la Banque centrale japonaise).

Les problèmes du financement à court terme

Une grande partie de leur financement, outre les dépôts de leurs clients dont le volume n’augmente guère vu la crise, doit être trouvée à court terme. Selon le rapport Liikanen, les grandes banques européennes ont besoin de 7.000 milliards de financement au jour le jour |6|. Le montant des dettes bancaires à très court terme a fortement augmenté entre 1998 et 2007, passant de 1.500 à 6.000 milliards. De 2010 à 2012, il s’est maintenu à 7.000 milliards ! Où trouvent-elles ce financement à court terme ? Elles ne le trouvent plus ou si peu sur le marché interbancaire car les banques se méfient trop les unes des autres que pour se prêter de l’argent. Elles dépendent donc des Money Market Funds (qui disposent de 2700 milliards de dollars au jour le jour) dont la disponibilité varie au gré de la crise en Europe |7|. Les MMF ont fermé le robinet à partir de juin 2011 et l’ont rouvert quand la BCE a prêté 1000 milliards |8|. A tout moment, ils peuvent à nouveau fermer le robinet ou en restreindre fortement le débit. La source la plus sûre de financement là-aussi, ce sont les banques centrales. La BCE prête désormais de l’argent massivement à 0,75% (taux en vigueur depuis mai 2012).

La conclusion est claire : sans le prêt de 1000 milliards à trois ans auquel s’ajoutent les prêts quotidiens de la BCE et des banques centrales membres de l’eurosystème (auxquelles il faut ajouter notamment la banque d’Angleterre et la Banque nationale de Suisse), de nombreuses grandes banques européennes seraient menacées par l’asphyxie et la faillite. C’est une preuve supplémentaire du fait que les banques n’ont pas assaini leur bilan. Elles doivent se financer massivement à court terme alors que du côté de leurs actifs, elles détiennent des produits à maturité longue dont la valeur est tout à fait aléatoire. Dans beaucoup de cas, la valeur des actifs inscrite au bilan ne se concrétisera pas lors de l’échéance du contrat et les banques devront enregistrer une perte qui risque d’engloutir les fonds propres.

Pas de financement via la Bourse

Du côté de la collecte de capitaux via la Bourse, la situation est aussi bouchée. Le prix des actions des banques a été en moyenne divisé par cinq depuis 2007 |9| (voir tableaux en annexe). Les investisseurs institutionnels (assurances, fonds de pension, autres fonds de placement, banques…) hésitent très fort à acheter des actions de sociétés qui sont toutes en difficulté. C’est d’ailleurs une preuve supplémentaire de la distance abyssale qu’il y a entre le fonctionnement théorique du capitalisme selon ses promoteurs et la réalité. En théorie, la Bourse doit permettre de collecter, sur du long terme (les actions sont considérées comme des placements long terme qui doivent être conservés au moins 8 ans), des capitaux pour les entreprises qui y sont cotées : cela ne marche pas car la Bourse n’est plus depuis longtemps le lieu où se financent les entreprises mais un espace de pure spéculation. C’est pour cela que les banques ont besoin d’une recapitalisation financée par les pouvoirs publics.

En revanche, toujours selon la théorie, une autre fonction de la Bourse est d’indiquer par l’évolution du prix des actions la valeur réelle des entreprises. De ce point de vue, la chute moyenne de 80% de la valeur boursière des banques constitue un diagnostic très gênant pour leurs patrons et pour les propagandistes du système capitaliste.

Ajoutons que les banques utilisent une partie des liquidités mises à leur disposition par les banques centrales pour racheter leurs propres actions. Cette mesure a deux objectifs : tenter d’empêcher la poursuite de la baisse des cours d’une part, rémunérer les actionnaires d’autre part |10|.

Des banques financées par l’argent de la drogueUne autre source du financement des banques provient de l’argent de la drogue. Le 26 janvier 2009, Antonio Maria Costa, Directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODOC), a déclaré au magazine autrichien en ligne profil.at |11| que certains crédits interbancaires avaient été récemment financés « par de l’argent provenant du trafic de drogue et d’autres activités illégales ». Dernièrement, en décembre 2012, HSBC (Royaume Uni, deuxième banque au niveau mondial en terme d’actifs) a accepté de payer une amende record de 1,92 milliards de dollars |12| aux autorités américaines pour mettre fin aux poursuites dont elle faisait l’objet notamment pour blanchiment de l’argent que lui ont confié les cartels mexicains de la drogue |13|.

Des bombes à retardement dans les actifs des banques européennes et étatsuniennes

Comme indiqué plus haut, les banques détiennent comme actifs une grande quantité de produits financiers qui constituent de véritables bombes à retardement dont le mécanisme est déjà enclenché.

En Europe, 70% des produits structurés ayant comme support des crédits immobiliers commerciaux (CMBS) arrivés à maturité en 2012 ne sont pas payés |14| ! Ce sont des produits fabriqués entre 2004 et 2006, juste avant l’éclatement de la crise des subprime, qui viennent à échéance en 2012-2014. Selon l’agence de notation Fitch, seuls 24 des 122 CMBS qui venaient à maturité au cours des 11 premiers mois de 2012 ont été payés. En 2013-2014, les contrats qui viennent à échéance représentent un montant de 31,9 milliards d’euros. En 2012, JP Morgan, la première banque des Etats-Unis, a perdu 5,8 milliards de dollars sur ce marché en Europe via son bureau à Londres et les initiatives malheureuses d’un de ses chefs surnommé la Baleine |15|. Cela n’empêche pas la Deutsche Bank et Royal Bank of Scotland de recréer de nouveaux CMBS pour le marché européen ! Pourquoi ces banques se lancent-elles dans ces opérations ? Parce que le haut niveau de risque qu’ils impliquent permet d’avoir un rendement nettement supérieur à celui d’autres titres ou d’autres produits. Affaire à suivre.

Il y a encore dans les bilans des banques d’Europe et des Etats-Unis plusieurs milliers de milliards de dollars de produits structurés liés au marché immobilier résidentiel (MBS, mortgage backed securities), notamment des MBS subprime, ou d’autres catégories d’ABS (asset backed securities). Les banques qui essaient de s’en défaire n’y arrivent généralement pas à moins d’accepter une perte très importante. Fin décembre 2011, les MBS se vendaient à 43% de leur valeur mais il y avait très peu d’acheteurs |16|. Les banques sont systématiquement très discrètes quant au volume exact de MBS qu’elles détiennent encore dans leur bilan, et elles le sont encore plus en ce qui concerne les produits enregistrés hors bilan.

Les CLO, un autre produit structuré inventé dans la phase préparatoire à la crise des subprime, provoque des inquiétudes tout en attirant des banques européennes particulièrement agressives, comme Royal Bank of Scotland, dans le domaine de rendements élevés liés à la prise de risque. CLO signifie collateral loans obligations. Les CLO ont été vendus afin de procurer de l’argent à des investisseurs qui voulaient acheter des entreprises en s’endettant et en jouant au maximum sur l’effet de levier (c’est ce qu’on appelle des LBO). Ces CLO viennent à maturité et ceux qui les possèdent se demandent comment on arrivera à les payer. Le marché des CLO en Europe est totalement anémique mais il a redémarré aux Etats-Unis où il en a été vendu en 2012 pour 39 milliards de dollars. Des banques européennes en achètent car vu les risques pris, le rendement est élevé |17|. Gare à la casse.

De nouvelles bombes en préparation

JP Morgan et d’autres grandes banques se proposent de fabriquer, pour le crédit lié au commerce international, des produits structurés comparables aux CDO du crédit hypothécaire subprime. Rappelons que les Collateral Debt Obligations (CDO) étaient fabriquées à partir d’un mélange de crédits hypothécaires de qualité différente. Les banques qui fabriquaient les CDO avaient pour objectif de se défaire des crédits hypothécaires en les titrisant (c’est-à-dire en transformant un crédit en un titre revendable facilement). |18| JP Morgan souhaite faire la même chose en remplaçant les crédits hypothécaires par des crédits à l’exportation. C’est JP Morgan qui a créé à partir de 1994 l’ancêtre des CDO |19|. Le marché des crédits à l’exportation représente 10 000 milliards de dollars par an. JP Morgan veut convaincre les banques qui font du crédit lié au commerce international de mettre ces crédits dans un produit structuré afin de le revendre comme un CDO. L’objectif officiel est d’alléger le poids des actifs afin de diminuer l’effet de levier de manière à rencontrer les exigences nouvelles des autorités en termes d’augmentation des fonds propres (voir la partie 6 et les accords de Bâle III). En réalité, pour JP Morgan et les autres grandes banques qui veulent innover, il s’agit de créer un nouvel appétit pour un produit innovant sur un marché important et de faire du profit grâce à cela |20|. Là aussi, si la stratégie de JP Morgan fonctionne bien, la probabilité de provoquer des dégâts est élevée car cela risque de produire une nouvelle bulle.

La course effrénée aux résultats provoque des pertes

Quelques exemples montrent l’ampleur des risques que les banques continuent de prendre. Il y a bien sûr la perte enregistrée par la Société Générale en France (4,9 milliards d’euros) suite aux avatars d’un de ses traders, Jérôme Kerviel. On pourrait nous dire que l’affaire remonte à janvier 2008 et que les banques ont tiré la leçon depuis. Pas du tout. En septembre 2011, la banque suisse UBS a annoncé qu’elle enregistrait une perte de 2,3 milliards de dollars, en raison des opérations non autorisées réalisées par Kweku Adoboli, un administrateur de l’équipe de Global Synthetic Equities trading à Londres. Toujours à Londres, comme mentionné plus haut, la Baleine de JP Morgan a fait perdre 5,8 milliards de dollars à « sa » banque. Et ces affaires ne constituent que la pointe de l’iceberg.

Une bulle spéculative s’est formée dans le secteur des obligations d’entreprise

De nombreux observateurs des marchés financiers et une grande quantité de gestionnaires de fonds considèrent qu’une bulle spéculative s’est développée dans le secteur des corporate bonds, ces obligations que les grandes entreprises émettent pour se financer. Il s’agit d’une bulle dans le secteur des dettes des grandes entreprises privées. C’est un marché de 9.200 milliards de dollars. Pourquoi une bulle ? Les rendements que les banques et autres investisseurs institutionnels obtiennent des bons du Trésor des États-Unis et des titres souverains des principales puissances économiques de l’UE sont historiquement très bas, du coup les zinzins cherchent un secteur où les rendements sont plus élevés tout en paraissant sans risque : les obligations émises par les entreprises non financières offraient en 2011 un rendement de l’ordre de 4,5%, ce qui les a rendus très attractifs. Raison supplémentaire, les banques préfèrent acheter des obligations que d’octroyer une ligne de crédit car elles peuvent revendre les titres sur le marché secondaire |21|. Cette ruée sur les titres a provoqué en 2012 une forte chute des rendements, qui sont passés de 4,5% début 2012 à 2,7% en septembre de la même année.

Une grande entreprise comme Nestlé a pu émettre des obligations à 4 ans pour un montant de 500 millions d’euros en ne promettant que 0,75% d’intérêt annuel. C’est un cas exceptionnel, mais il indique qu’il y a bien un rush vers les obligations d’entreprises. La demande de titres est telle que, selon JP Morgan, le rendement sur les titres à haut risque (junk bonds) était en chute libre pendant l’été 2012, passant de 6,9% à 5,4%. Si la tendance se poursuit, les zinzins risquent de se retirer du marché pour chercher un autre secteur dans lequel obtenir un meilleur rendement |22|.

La soif de rendement est telle que des entreprises réussissent à émettre des titres PIK (Pay in Kind) qui ont eu leur moment de gloire avant 2006-2007 et n’avaient plus eu d’acheteur jusqu’à 2012. Il s’agit d’un titre qui ne donne lieu au paiement des intérêts qu’au moment du remboursement du capital. Évidemment, le rendement promis est élevé mais le risque est grand que l’entreprise qui a reçu le capital ne soit ni capable de le rembourser ni en mesure de payer les intérêts à l’échéance du contrat ! En effet, il y a de quoi se demander en tant que prêteur si c’est bien prudent d’octroyer une somme d’argent à une entreprise qui n’est pas en mesure de payer des intérêts avant la fin du contrat |23|. De nouveau la soif de rendement et la disponibilité de liquidités (grâce aux prêts des banques centrales) entraînent un engouement pour ce type de produits à haut risque.

La pénurie de collatéraux |24|

Jusque 2007-2008, les marchés financiers se sont développés dans un climat d’exubérance. Les banquiers et autres zinzins se prêtaient mutuellement des capitaux et achetaient des produits financiers structurés sans vérifier si le vendeur ou l’acheteur disposait d’actifs en suffisance pour assumer son acte et remplir sa part du contrat quand il arrivait à terme. Par exemple, des banquiers ont payé des primes d’assurance à Lehman Brothers et à AIG pour se protéger contre un risque de non paiement sans vérifier au préalable si Lehman ou AIG avait de quoi les indemniser au cas où le risque couvert se produisait.

Dans la majorité des transactions, l’emprunteur doit mettre un actif en garantie, c’est ce que l’on appelle un collatéral. Ce qui arrivait systématiquement et ce qui arrive encore, c’est qu’un collatéral serve simultanément de garantie dans plusieurs transactions. A emprunte à B telle somme et met en garantie un collatéral. B emprunte à C et met en garantie le même collatéral et ainsi de suite. Si la chaîne se brise à un endroit, on risque d’avoir un problème pour retrouver le collatéral. Tant qu’on était dans l’euphorie et qu’il ne fallait pas faire la preuve que le collatéral était réellement disponible, les affaires poursuivaient leur cours as usual. Depuis 2008, les choses ne tournent plus de la même manière et il arrive de plus en plus souvent que la partie qui exige un collatéral veuille être sûr qu’il est réellement disponible en cas de besoin, que sa valeur est bien authentifiée et qu’il est de bonne qualité. Les collatéraux circulent moins et les moins sûrs sont refusés. |25|

Effectivement, il est raisonnable de ne pas accepter comme collatéral un actif toxique du genre CDO subprime. Cela a abouti à un début de pénurie de collatéraux. La société financière Dexia, en 2011 et 2012, a souffert d’une insuffisance de collatéraux de qualité, ce qui l’a empêché de trouver les financements dont elle avait besoin. En 2012, elle a emprunté pour près de 35 milliards d’euros à la BCE à 1% dans le cadre du LTRO. Les énormes prêts de la BCE n’ont pas suffi à Dexia qui s’est tournée une nouvelle fois vers les Etats belges et français en octobre-novembre 2012 afin d’obtenir 5 milliards d’euros de recapitalisation.

Selon le Financial Times, les banques espagnoles sont devenues expertes dans la création de collatéraux. Elles fabriquent des produits structurés ABS à partir de crédits hypothécaires douteux ou d’autres crédits pas plus sûrs, puis elles les fourguent comme collatéraux à la BCE afin d’obtenir des liquidités |26|. Ainsi, la BCE accepte des collatéraux de basse qualité qui ont été expressément fabriqués pour elle. C’est là une nouvelle preuve de la servilité de la BCE à l’égard des banquiers.

A propos des collatéraux, il faut ici aussi dénoncer les mensonges concernant les titres souverains qui seraient par principe une cause de problème pour les banques. Les titres souverains sont des collatéraux beaucoup plus sûrs que la plupart des titres privés. D’ailleurs, les banques ne se privent pas de les utiliser comme collatéraux de premier choix pour emprunter des capitaux à la BCE.

Les dettes souveraines

Justement, revenons aux dettes souveraines. Jusqu’ici, elles n’ont provoqué aucun désastre bancaire. Cependant, il est clair que dans des pays comme l’Espagne et l’Italie, les banques sont en train d’augmenter fortement les achats de titres de dette émis par leur gouvernement. Elles ont deux bonnes raisons pour procéder de la sorte : d’une part, elles disposent de fortes liquidités prêtées par la banque centrale à très bas taux d’intérêt (entre 0,75 et 1%) ; d’autre part, les titres de leur pays sont rémunérateurs (entre 4 et 7%). Mais la politique d’austérité est tellement brutale qu’il n’est pas certain que les gouvernements espagnol et italien seront toujours en mesure de rembourser. Le problème n’est pas immédiat, mais il ne faut pas exclure des difficultés à l’avenir |27|.

Les dettes souveraines ne constituent pas le talon d’Achille des banques privéesDe manière permanente, les principaux médias appuient le discours des banquiers et des gouvernants sur le danger que représenteraient les dettes souveraines. Pour faire toute la clarté sur le sujet afin d’enlever l’argument de la dette souveraine aux détenteurs du pouvoir qui imposent des politiques antisociales, il est essentiel d’avancer des contre-arguments. C’est pourquoi, dans cette série, des données sont fournies à ce sujet. Dans un récent rapport publié par le FMI |28|, on trouve un graphique sur la part que représentent les dettes souveraines dans les actifs des banques privées de 6 pays clés. Selon ce graphique, les dettes du gouvernement ne représentent que 2% des actifs des banques britanniques |29|, 5% des actifs des banques françaises, 6% des actifs des banques des Etats-Unis et d’Allemagne, 12% des actifs des banques italiennes. Le Japon est le seul des 6 pays mentionnés où les dettes du gouvernement représentent une part importante des actifs bancaires, soit 25%. Ce n’est pas tous les jours que le FMI apporte de l’eau à notre moulin. La conclusion que nous tirons et que le FMI se garde bien de tirer, c’est qu’il est d’autant plus facile d’annuler les dettes publiques illégitimes…

La banque de l’ombre ou le Shadow banking

Une des sources principales de la fragilité des banques est constituée par leurs activités hors bilan qui, dans certains cas, peuvent dépasser largement le volume officiel du bilan déclaré. Les grandes banques continuent à créer et à utiliser des sociétés ad hoc (Special Purpose Vehicles, MMF) qui ne sont pas considérés comme des banques et ne sont pas soumises aux règlementations bancaires |30| (déjà très lâches). Jusqu’ici, ces sociétés spécifiques peuvent opérer sans aucun contrôle ou dans le cas des MMF avec un contrôle très léger, en faisant des prêts aux banques ou en réalisant toutes sortes de spéculations avec une multitude de dérivés ou d’actifs physiques (matières premières, produits agricoles) sur les marchés à terme ou sur le marché de gré à gré (OTC) lui-même non réglementé. L’opacité est totale ou presque. Les banques ne sont pas tenues de déclarer dans leurs comptes les activités des sociétés non bancaires qu’elles ont créées. Les plus dangereuses sont les activités menées par les Special Purpose Vehicles car ce sont les plus dissimulées. Si les pertes d’une de ces sociétés provoquent leur faillite, la banque qui l’a créée est forcée par les créanciers de finalement inscrire la perte dans ses comptes, ce qui peut provoquer l’engloutissement de son capital et sa propre faillite (ou encore son rachat par une autre banque ou par les pouvoirs publics, ou encore son sauvetage par les pouvoirs publics). C’est ce qui s’est passé avec Lehman Brothers, Merrill Lynch, Bear Stearns, Royal Bank of Scotland, Dexia, Fortis et plusieurs autres banques après 2008.

La bulle spéculative sur les commodities |31|

Via leurs activités de trading, les banques sont les principaux spéculateurs sur les marchés de gré à gré et à terme de matières premières et de produits agricoles car elles disposent de moyens financiers nettement plus élevés que les autres protagonistes. Visitez le site du Commodity business awards (http://www.commoditybusinessawards….) et vous trouverez une liste des banques et des courtiers qui jouent un rôle de tout premier plan sur le marché des commodities (que ce soit le marché où elles s’achètent et se vendent physiquement, ou le marché des dérivés qui ont pour sous jacent des commodities). Parmi ces banques, on retrouve le plus souvent BNP Paribas, Morgan Stanley, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Société Générale.
D’ailleurs, des banques essayent de se doter d’instruments pour contrôler directement des stocks de matières premières. C’est le cas du Crédit Suisse qui est associé à Glencore |32|, la plus grande société mondiale de courtage en matières premières. De son côté, JP Morgan veut se doter d’un stock de cuivre allant jusqu’à 61.800 tonnes afin de peser sur les cours |33|.
Ce sont des acteurs de tout premier ordre dans le développement de la bulle spéculative qui s’est formée sur le marché des commodities |34|. Quand la bulle éclatera, l’effet boomerang sur la santé des banques provoquera de nouveaux dégâts. Sans parler, et c’est beaucoup plus grave, des conséquences pour les populations des pays du Sud exportateurs de matières premières.

Retour sur le rôle fondamental de la spéculation dans l’envolée des prix des aliments et du pétrole en 2007-2008La spéculation sur les principaux marchés des Etats-Unis où se négocient les prix mondiaux des biens primaires (produits agricoles et matières premières) a joué un rôle primordial dans l’augmentation brutale des prix des aliments en 2007-2008. |35| Cette hausse des prix avait entraîné une forte augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim, dont le nombre avait crû de plus de 140 millions en un an et le chiffre total dépassait le milliard (un humain sur 7). Les acteurs principaux de cette spéculation ne sont pas des francs-tireurs, ce sont les investisseurs institutionnels (les zinzins) : les banques |36|, les fonds de pension, les fonds d’investissements, les sociétés d’assurances. Les hedge funds et les fonds souverains |37| ont aussi joué un rôle, même si leur poids est bien inférieur à celui des investisseurs institutionnels |38|.Michael W. Masters, qui dirigeait depuis douze ans un hedge fund à Wall Street, en a apporté la preuve dans un témoignage qu’il a présenté devant une commission du Congrès à Washington le 20 mai 2008 |39|. Devant cette commission chargée d’enquêter sur le rôle possible de la spéculation dans la hausse des prix des produits de base, il déclare : « Vous avez posé la question : Est-ce que les investisseurs institutionnels contribuent à l’inflation des prix des aliments et de l’énergie ? Ma réponse sans équivoque est : OUI » |40|. Dans ce témoignage qui fait autorité, il explique que l’augmentation des prix des aliments et de l’énergie n’est pas due à une insuffisance de l’offre mais à une augmentation brutale de la demande venant de nouveaux acteurs sur les marchés à terme des biens primaires (« commodities ») où l’on achète les « futurs ». Sur le marché des « futurs » (ou contrat à terme), les intervenants achètent la production à venir : la récolte de blé qui sera faite dans un an ou dans deux ans, le pétrole qui sera produit dans 3 ou 6 mois. En temps « normal », les principaux intervenants sur ces marchés sont par exemple des compagnies aériennes qui achètent le pétrole dont elles ont besoin ou des firmes alimentaires qui achètent des céréales. Michael W. Masters montre qu’aux États-Unis, les capitaux alloués par les investisseurs institutionnels au segment « indextrading » des biens primaires des marchés à terme sont passés de 13 milliards de dollars fin 2003 à 260 milliards en mars 2008 |41|. Les prix des 25 biens primaires cotés sur ces marchés ont grimpé de 183% pendant la même période. Il explique qu’il s’agit d’un marché étroit |42|. Il suffit que des investisseurs institutionnels comme des fonds de pension ou des banques allouent 2% de leurs actifs pour bouleverser la situation. Le prix des biens primaires sur le marché à terme se répercute immédiatement sur le prix actuel de ces biens. Il montre que les investisseurs institutionnels ont acheté des quantités énormes de maïs et de blé en 2007-2008, ce qui a produit une flambée des prix.

A noter qu’en 2008 l’organe de contrôle des marchés à terme, la Commodity Futures trading Commission (CFTC), a considéré que les investisseurs institutionnels ne pouvaient pas être considérés comme des spéculateurs. La CFTC considère les zinzins en tant que participants commerciaux sur les marchés (« commercial market participants »). Cela lui permet d’affirmer que la spéculation ne joue pas un rôle significatif dans l’envolée des prix. Une sévère critique de la CFTC est faite par Michael W. Masters, mais surtout par Michael Greenberger, professeur de droit à l’université de Maryland, qui a témoigné devant la commission du Sénat le 3 juin 2008. Michael Greenberger, qui a été directeur d’un département de la CFTC de 1997 à 1999, critique le laxisme des dirigeants de la CFTC qui font l’autruche face à la manipulation des prix de l’énergie par les investisseurs institutionnels. Il cite une série de déclarations de dirigeants de la CFTC dignes de figurer dans une anthologie de l’hypocrisie et du crétinisme. Michael Greenberger considère que 80 à 90% des transactions sur les Bourses des États-Unis dans le secteur de l’énergie sont spéculatives |43|.

Le 22 septembre 2008, en pleine tourmente financière aux États-Unis, alors que le président Bush annonçait un plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, le prix du soja faisait un bond spéculatif de 61,5% !

Jacques Berthelot montre lui aussi le rôle crucial qu’a joué la spéculation des banques dans la montée des prix |44|. Il donne l’exemple d’une banque belge, KBC, qui a mené une campagne publicitaire pour vendre un nouveau produit commercial : un investissement des épargnants dans six matières premières agricoles. Pour convaincre des clients d’investir dans son fonds de placement « KBC-Life MI Security Food Prices 3 », la publicité de KBC affirme : « Tirez avantage de la hausse du prix des denrées alimentaires ! ». Cette publicité présente comme une « opportunité » la « pénurie d’eau et de terres agricoles exploitables » ayant pour conséquence « une pénurie de produits alimentaires et une hausse du prix des denrées alimentaires » |45|.

En attendant, du côté de la justice américaine, on donne raison aux spéculateurs. C’est ce que dénonce Paul Jorion dans une opinion publiée dans Le Monde. Il met en cause la décision d’un tribunal de Washington qui a invalidé le 29 septembre 2012 des mesures prises par la CFTC « qui visaient à plafonner le volume des positions qu’un intervenant peut prendre sur le marché à terme des matières premières, afin qu’il ne puisse pas à lui seul, le déséquilibrer » |46|.

La spéculation sur les monnaies

Les banques sont également les principaux acteurs sur le marché des devises. Elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Environ 98 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Seuls 2% des transactions quotidiennes en devises concernent des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants, des crédits ou des remboursements de dette… Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises oscille entre 3000 et 4000 milliards de dollars ! Les banques jouent également à fond sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables sans compter les dommages causés à la société à cause de l’instabilité des monnaies.

Voici plus de trente ans, James Tobin, ancien conseiller de John F. Kennedy, proposait de mettre un grain de sable dans les rouages de la spéculation internationale. Malgré tous les beaux discours de certains chefs d’Etats, le fléau de la spéculation sur les monnaies s’est encore aggravé. Le lobby des banquiers et des autres zinzins a obtenu qu’aucun grain de sable ne vienne perturber leur activité destinée à créer du profit. La décision prise en janvier 2013 par une douzaine de gouvernements de la zone euro d’imposer une taxe d’un millième sur les transactions financières est totalement insuffisante.

Le trading à haute fréquence

Le trading à haute fréquence permet de passer des ordres sur le marché en 0,1 milliseconde (c’est-à-dire en un dix millième de seconde !). Le projet de « Loi de régulation et de séparation des activités bancaires », présenté le 19 décembre 2012 à l’Assemblée nationale française par Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, contient une présentation intéressante du trading à haute fréquence : « Le trading à haute fréquence est une activité de marché déléguée à des ordinateurs commandés par des algorithmes informatiques qui combinent l’extraction de l’information de marché, son analyse et le passage d’ordres à une fréquence toujours plus élevée. Ils peuvent ainsi envoyer jusqu’à plusieurs milliers d’ordres par seconde aux plates-formes d’échange, contribuant occasionnellement à leur saturation. Les risques sont élevés en cas d’erreur de codage provoquant un mouvement financier aberrant (à l’origine de la quasi-faillite de Knight Capital Group en août 2012 par exemple). En 2011, le trading à Haute Fréquence représentait plus de 60% des ordres sur actions passés à la bourse de Paris, pour environ 33 % des ordres donnant effectivement lieu à transaction. »

Le trading à haute fréquence est clairement lié à une démarche spéculative : manipuler les marchés financiers afin d’influer les prix et d’en tirer un profit. Les techniques principales de manipulations sont répertoriées par les spécialistes. Le Quote stuffing consiste à bourrer la cotation d’ordres complètement inutiles afin de forcer la concurrence à analyser ces milliers d’ordres. Il s’agit de ralentir les concurrents en les leurrant. Ces ordres sont ignorés par le système qui les émet, et de toute façon ne seront pas exécutés car en dehors des meilleurs couples achats / ventes. Cela peut donner un avantage là ou chaque milliseconde compte |47|. S’ils veulent vendre un paquet d’actions au prix le plus élevé possible, les traders à haute fréquence peuvent utiliser la technique du Layering. Il s’agit de placer une série d’ordres d’achat jusqu’à un palier et de créer ainsi des couches (layers) d’ordres. Une fois ce palier atteint, la stratégie consiste à vendre massivement et dans le même temps à annuler tous les ordres d’achats restants que l’on a placés. Le Layering repose sur l’espoir d’un remplissage du carnet d’ordre à l’achat par les autres intervenants venant combler l’écart, puis de les surprendre en inversant la tendance |48|.

Le 6 mai 2010, la Bourse de Wall Street a vécu un « flash crash » |49| typiquement provoqué par le trading à haute fréquence comprenant notamment une opération de Quote stuffing. Ce jour-là, l’indice Dow Jones a perdu environ 998,52 points (avant de regagner 600 points) entre 14h42 et 14h52. Une baisse de 9,2% en l’espace de 10 minutes était sans précédent dans l’histoire. Cet incident a mis à jour l’implication du trading à haute fréquence qui représente grosso modo les deux tiers des transactions boursière à Wall Street.

D’autres accidents de ce genre se produiront certainement à l’avenir. Les grandes banques qui recourent activement au trading à haute fréquence s’opposent à son interdiction ou à sa mise sous contrôle strict sous prétexte de maintenir la plus grande fluidité possible dans les marchés financiers.

Le trading pour compte propre

L’activité de trading des banques pour leur propre compte, appelée « proprietary trading » dans le jargon financier anglo-saxon, est capitale pour les banques. Elle leur procure une grande partie de leurs revenus et de leurs bénéfices mais est porteuse de risques très importants. Cette activité de trading consiste à utiliser les ressources de la banque (fonds propres, dépôts des clients, emprunts) pour prendre des positions (à l’achat ou à la vente) sur les différents marchés financiers : actions, taux d’intérêt, devises, marchés dérivés, futures ou options sur ces instruments, marchés à terme des matières premières et des produits agricoles (y compris aliments), marché immobilier. Le trading est clairement une activité spéculative car il s’agit de profiter de mouvements de prix à court terme que leurs actes contribuent grandement à provoquer. Une illustration des ces activités spéculatives est fournie par la perte de 4,9 milliards d’euros enregistrée par la Société Générale en 2008 suite aux agissements d’un de ses traders, Jérôme Kerviel, qui avait pris des positions sur près de 50 milliards d’euros. Dans le cas des déboires de JP Morgan, la Baleine de Londres, responsable de son département « proprietarytrading », avait engagé les fonds de la banque pour un montant de 100 milliards de dollars. Les montants mis en jeu par les banques dans le « proprietary trading » sont tels que les pertes qu’ils peuvent générer sont de nature à menacer leur survie même.

Le short-selling, une pratique spéculative de plus

Le short-selling (ou vente à découvert) consiste à vendre un titre sans le posséder au moment de la vente, mais avec l’intention de le racheter ultérieurement, avant de le livrer à l’acheteur. Pour la Banque de France : « Cette pratique peut être divisée en deux catégories :
• le covered short-selling : il s’agit du cas où le vendeur a emprunté le titre qu’il s’est engagé à vendre avant de réaliser son opération de short-selling (ou qu’il a établi un accord qui lui assure qu’il pourra l’emprunter). Concrètement, le titre qu’il emprunte sera vendu et il s’engage à délivrer un titre de même nature au prêteur ;
• le naked short-selling ou uncovered short-selling : il s’agit du cas où le vendeur n’a ni réalisé d’emprunt préalable ni conclu d’accord lui garantissant l’emprunt d’un titre avant de vendre ce titre. Le vendeur devra donc acheter un titre identique afin de le livrer à l’acheteur. » |50|

Selon la Fédération bancaire française, « le mécanisme de vente à découvert est utile au bon fonctionnement des marchés.(…) Il augmente ainsi la liquidité du marché » |51|. On croit rêver !

Qui pratique le short-selling et pourquoi ?

Le short-selling est pratiqué par un grand nombre de participants de marché tels que les banques, les hedge funds, les gestionnaires de fonds traditionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance)… Il est purement spéculatif : le banquier ou un autre zinzin qui y a recours anticipe une baisse du prix du titre vendu. Au moment de livrer le titre, si sa prévision s’avère juste, il l’achètera à un prix inférieur à celui du prix de vente et réalisera ainsi un gain financier. Ce type de pratique contribue à l’instabilité des marchés. Pendant l’été 2011, la chute brutale des cours des actions bancaires a été amplifiée par les short selling. On comprend pourquoi, pour différentes raisons, ces activités devraient être purement et simplement interdites |52|.

L’effet de levier

Comme elles utilisent l’effet de levier |53| de manière systématique, leurs fonds propres |54| sont très faibles en rapport aux engagements qu’elles prennent. C’est d’ailleurs, de leur point de vue, l’objectif recherché : avoir le moins de fonds propres possibles proportionnellement au bilan. En effet, même si le bénéfice global est faible quand on le calcule en % des actifs, il peut donner un rendement sur fonds propres élevé si ceux-ci sont très petits. Imaginons un bénéfice de 1,2 milliard d’euros sur un volume d’actif de 100 milliards, cela donne 1,2% de profit. Mais si les fonds propres s’élèvent à 8 milliards d’euros, le bénéfice représente en fait 15% de rendement sur fonds propres. Si, par la suite, la banque développe l’effet de levier et emprunte sur les marchés financiers 200 milliards, le volume des actifs passe à 300 milliards, les fonds propres n’ont pas augmenté, ils sont toujours de 8 milliards, mais le passif a augmenté avec les 200 milliards de dettes nouvelles. Imaginons que la banque fasse le même taux de bénéfice qu’avant l’augmentation de sa dette et de ses actifs, soit 1,2%, cela donne 3,6 milliards d’euros. Comparés aux fonds propres de 8 milliards, cela donne un rendement sur fonds propres de 45%. Voici la raison fondamentale pour augmenter l’effet de levier grâce au recours à l’endettement.

Nous l’avons vu dans les parties 2 et 4 de cette série, des pertes en apparence minimes peuvent entraîner rapidement une faillite et la nécessité d’un sauvetage. Dans l’exemple théorique présenté plus haut, une perte de 8 milliards sur des actifs totaux de 300 milliards (c’est-à-dire une perte de 2,66%) ferait disparaître totalement le capital et provoquerait la faillite. C’est arrivé à Lehman Brothers, à Merrill Lynch, à Royal Bank of Scotland, etc. Le FMI, dans son Rapport sur la stabilité financière globale publié en octobre 2012, estime que l’effet de levier des banques européennes était de 23 mais cette estimation, précise le FMI, ne prend pas en compte les dérivés. Il s’agit du rapport entre les actifs tangibles (sans les dérivés) et les fonds propres. 23 pour 1, c’est un ratio extrêmement élevé ! |55| L’effet réel de levier est plus important car les banques ont en hors bilan à la fois des dettes et des actifs (notamment des dérivés pour un montant très élevé).

Conclusion : Les grandes banques continuent à jouer avec le feu car elles sont persuadées que, chaque fois qu’elles en auront besoin, elles seront secourues par les pouvoirs publics. Elles ne rencontrent sur leur chemin aucun obstacle sérieux de la part des autorités (cet aspect sera développé dans la partie 6). En même temps, leur comportement les met en permanence au bord du gouffre. Malgré leur campagne de communication pour retrouver la confiance du public, elles n’ont aucune volonté d’adopter une logique autre que la recherche du maximum de profit immédiat et du maximum de pouvoir pour influer sur les décisions des gouvernants. Leur force est le reflet de la décision des gouvernants actuels de les laisser faire. Ce n’est que pour la galerie qu’ils adoptent un ton moralisateur à l’égard des banques et qu’ils leur demandent d’être responsables et moins gourmandes en terme de bonus et d’autres formes de rémunération.

Ce que Karl Marx écrivait en 1867 dans Le Capital s’applique encore aux banques d’aujourd’hui : « Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux, n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public. » |56|

La capacité de nuisance des banques est colossale. Pour celles et ceux qui croient encore sincèrement qu’une autre banque capitaliste est possible, il est temps d’ouvrir les yeux et de prendre conscience qu’il s’agit d’une chimère. Il est nécessaire de retirer l’intégralité du secteur bancaire des mains des capitalistes (sans leur verser d’indemnités) et d’en faire un service public contrôlé par les utilisateurs, par les travailleuses et travailleurs du secteur, par les mouvements citoyens. |57| C’est le seul moyen de garantir le respect intégral des obligations d’un service public de l’épargne et du crédit visant le bien commun.

Dans la partie 6, seront passées en revue les nouvelles réglementations en matière bancaire.


Eric Toussaint

Annexe : Évolution du cours des actions de 17 banques



Tableaux réalisés par Yvette Krolikowski (CADTM) – Sources Les échos et abcbourse

Notes

|1| Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, Jean-Claude Lattès, Paris, 2007, p. 472.

|2| La première partie de la série, intitulée « 2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques » a été publiée le 19 novembre 2012 ; la seconde partie intitulée « La BCE et la Fed au service des grandes banques privées » a été publiée le 29 novembre 2012, voir http://cadtm.org/La-BCE-et-la-Fed-a… ; la troisième partie intitulée « La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne » a été publiée le 23 décembre 2012, voirhttp://cadtm.org/La-plus-grande-off… ; la quatrième partie intitulée « Descente dans le milieu vicieux des banques » a été publiée le 14 janvier 2013, voir http://cadtm.org/Descente-dans-le-m…

|3| L’auteur remercie Olivier Chantry, Brigitte Ponet, Patrick Saurin et Damien Millet pour leurs conseils.

|4Financial Times, 27-28 octobre 2012.

|5| Ce prêt que la BCE a octroyé à 800 banques européennes pour un montant de 1000 milliards d’euros à 1% de taux d’intérêt et pour une période de 3 ans a été analysé dans la seconde partie de cette série sous le titre : « La BCE et la Fed au service des grandes banques privées » (publiée le 29 novembre 2012, voir http://cadtm.org/La-BCE-et-la-Fed-a… )

|6| Voir Erkki Liikanen (chairperson), High-level Expert Group on reforming the structure of the EU banking sector, October 2012, Brussels. Erkki Liikanen est le gouverneur de la banque centrale de Finlande. Onze experts composaient un groupe de travail constitué par le Commissaire européen Michel Barnier afin de poser un diagnostic sur la situation des banques européennes et de proposer des réformes du secteur bancaire européen. Un des intérêts du rapport Liikanen, c’est qu’il confirme officiellement les turpitudes des banques, les risques ahurissants qu’elles ont pris pour faire un maximum de profit. Le groupe créé en février 2012 a remis son rapport en octobre 2012. Voir :http://ec.europa.eu/internal_market…
Les donnés concernant les besoins de financement au jour le jour proviennent du graph 2.5.1, p.27. Dans la suite de ce texte, ce document sera appelé le Rapport Liikanen.

|7| Les MMF ont été présentés dans la partie 4 de cette série.

|8| Voir « La BCE et la Fed au service des grandes banques privées », publié le 29 novembre 2012,http://cadtm.org/La-BCE-et-la-Fed-a…

|9| Rapport Liikanen, graph 2.4.1.

|10| Les actionnaires qui vendent des actions à leur banque transforment un titre de papier en argent liquide. Du point de vue fiscal, il est plus intéressant de percevoir un revenu en revendant une partie des actions qu’on détient que de percevoir un dividende.

|11http://www.profil.at/articles/0905/…

|12| Le montant de l’amende est élevé par rapport aux amendes habituelles payées par les banques mais en regard de ses actifs, HSBC, paie une aumône. La somme versée par HSBC aux autorités américaines représente moins d’un millième de ses actifs : 1.920.000.000$ (soit 1.443.000.000€) alors que ses actifs s’élèvent à 1.967.796.000.000 €.

|13| On reviendra sur cette question dans la partie 7 de cette série.

|14Financial Times, « Europe’s property loans unpaid », 4 décembre 2012, p. 23,http://www.ft.com/cms/s/0/2183f122-…

|15Financial Times, “Mortgage-backed securities make a comeback”, 15 octobre 2012,
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/ee87…

|16Financial Times, 21 décembre 2011, p. 24

|17Financial Times, “Traders warn of sting in tail for crisis-era securities”, 15 November 2012, p. 24

|18| Il s’agissait également de réduire certains le poids de certains produits dans le volume total des actifs pour les remplacer par d’autres avec un meilleur rendement.

|19| Voir Gillian Tett, L’Or des fous, Paris, Le jardin des Livres, 2011.

|20Financial Times, « Banks test CDO-style finance for trade », 9 avril 2012.

|21| D’ailleurs, le volume des crédits bancaires aux ménages et aux entreprises a tendance à baisser ou à très faiblement augmenter. C’est lié au fait que les banques durcissent les conditions de prêts. Les banques préfèrent acheter des titres (même à haut risque) que d’ouvrir ou d’augmenter une ligne de crédit aux ménages et aux entreprises. Les petites et moyennes entreprises n’ont pas la possibilité d’émettre des obligations sur les marchés financiers, elles rencontrent donc de graves problèmes pour se financer.

|22| Voir notamment Financial Times, « Fears grow bond rush will turn to price rout », 22 novembre 2012 et Financial Times, “Funds warn of stretched European debt rally”, 17 octobre 2012.

|23| James Mackintosh, « Change would pop the corporate bond bubble », Financial Times, 25 novembre 2012. Voir également l’article mentionné plus haut.

|24| Collatéral : Actif transférable ou garantie apportée, servant de gage au remboursement d’un prêt dans le cas où le bénéficiaire de ce dernier ne pourrait pas satisfaire à ses obligations de paiement. Source: Banque de France.

|25| Voir Manmohan Singh, «Beware effects of weakening chains of collateral», Financial Times, 28 juin 2012.

|26Financial Times, «Collateral damage», 25 octobre 2012

|27| C’est d’ailleurs pourquoi la thèse centrale de ce texte consiste à dire qu’il faut à la fois répudier la dette publique illégitime et socialiser les banques. En réalisant cette double opération (et en prenant d’importantes mesures complémentaires), il est parfaitement possible de donner une issue positive à la crise.

|28| IMF, Global Financial Stability Report, Restoring Confidence and Progressing on Reforms, October 2012 http://www.imf.org/External/Pubs/FT… , p. 52

|29| Il s’agit des dettes du gouvernement britannique en possession des banques britanniques. Idem pour les autres pays.

|30| Rapport Liikanen, p. 77.

|31| Les commodities regroupent le marché des matières premières (produits agricoles, minerais, métaux et métaux précieux, pétrole, gaz…). Les commodities comme les autres actifs font l’objet de négociations permettant la détermination de leurs prix ainsi que leurs échanges sur des marchés au comptant, mais aussi sur des marchés dérivés.

|32| Glencore est une compagnie de négoce et courtage de matières premières fondée par le trader Marc Rich. Elle est basée en Suisse à Baar, dans le canton de Zoug, bien connu des fraudeurs de haut vol. Marc Rich a été poursuivi à plusieurs reprises pour corruption et évasion fiscale. En 2011, le groupe dit employer plus de 2 700 personnes affectées au marketing et 54 800 personnes (dans 30 pays) affectées directement ou indirectement aux opérations industrielles de Glencore. Selon les données disponibles, Glencore contrôlait en 2011 environ 60 % du zinc mondial, 50 % du cuivre, 30 % de l’aluminium, 25 % du charbon, 10 % des céréales et 3 % du pétrole. Cette société très controversée a reçu en 2008 le prix du Public Eye Awards de la multinationale la plus irresponsable. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Glencore. Glencore était en 2012 en pourparlers de fusion avec Xstrata, autre société suisse spécialisé dans le courtage. Voir http://affaires.lapresse.ca/economi…

|33Financial Times, « JPMorgan copper ETF plan would ‘wreak havoc’ », 24 mai 2012, p. 15

|34| Bien sûr, parmi les puissants protagonistes du marché des matières premières et des produits alimentaires, il faut ajouter les grandes entreprises spécialisées dans l’extraction, la production et la commercialisation des commodities : dans les minerais, Rio Tinto, BHP Billiton, Vale do Rio Doce ; dans le pétrole, ExxonMobil, BP, Shell, Chevron, Total… ; dans les aliments, Cargill, Nestlé… et bien d’autres.

|35| Le texte de cet encadré est largement extrait de : Eric Toussaint, « Une fois encore sur les causes de la crise alimentaire », 9 octobre 2008, http://cadtm.org/Une-fois-encore-su…

|36| Notamment BNP Paribas, JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley et, jusqu’à leur disparition ou leur rachat, Bear Stearns, Lehman Brothers, Merrill Lynch.

|37| Les fonds souverains sont des institutions publiques qui appartiennent, à quelques exceptions près, à des pays émergents comme la Chine ou à des pays exportateurs de pétrole. Les premiers fonds souverains ont été créés dans la deuxième moitié du XXe siècle par des gouvernements qui souhaitaient mettre de côté une partie de leurs recettes d’exportation provenant du pétrole ou de produits manufacturés.

|38| Au niveau mondial, au début de l’année 2008, les investisseurs institutionnels disposaient de 130 000 milliards de dollars, les fonds souverains de 3 000 milliards de dollars et les hedge funds de 1 000 milliards de dollars.

|39| Testimony of Michael W.Masters, Managing Member/Portfolio Manager Masters Capital Management, LLC, before the Committee on Homeland Security and Governmental Affairs United States Senate http://hsgac.senate.gov/public/_fil…

|40| « You have ask the question “Are Institutional Investors contributing to food and energy price inflation ?” And my answer is “YES” ».

|41| « Assets allocated to commodity index trading strategies have risen from $13 billion at the end of 2003 to $260billion as of March 2008”.

|42| « En 2004, la valeur totale des contrats futurs concernant 25 biens primaires s’élevait seulement à 180 milliards de dollars. A comparer avec le marché mondial des actions qui représentait 44.000 milliards, ou plus de 240 fois plus. ». Michael W. Masters indique que cette année-là, les investisseurs institutionnels ont investi 25 milliards de dollars dans le marché des futurs, ce qui représentait 14% du marché. Il montre qu’au cours du premier trimestre 2008, les investisseurs institutionnels ont augmenté très fortement leur investissement dans ce marché : 55 milliards en 52 jours ouvrables. De quoi faire exploser les prix !

|43| Voir Testimony of Michael Greenberger, Law School Professor, University of Maryland, before the US Senate Committee regarding “Energy Market Manipulation and Federal Enforcement Regimes”, 3 juin 2008, p. 22.

|44| Jacques Berthelot, « Démêler le vrai du faux dans la flambée des prix agricoles mondiaux », 15 juillet 2008, p. 51 à 56. En ligne : www.cadtm.org/spip.php ?artic…

|45http://www.lalibre.be/index.php?vie…

|46| Paul Jorion, « Le suicide de la finance », Le Monde, 9 octobre 2012.

|47http://www.nanex.net/20100506/Flash…

|48| Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Transa…

|49| Le FDIC et la SEC des Etats-Unis ont produit un rapport détaillé du « Flash Crash » du 6 mai 2010 : « Findings Regarding the Market Events of May 6, 2010 »,http://www.sec.gov/news/studies/201…

|50| Voir p. 42 : http://www.banque-france.fr/fileadm…

|51| Fédération bancaire française (FBF), Rapport d’activités 2010, Paris, 2011.

|52| La question des Credit Default Swaps (CDS) sera abordée dans la partie 6. Elle a par ailleurs été abordée de manière assez détaillée dans Eric Toussaint, « CDS et agences de notation : fauteurs de risques et de déstabilisation », publié le 23 septembre 2011, http://cadtm.org/CDS-et-agences-de-…

|53| Voici la définition de l’effet de levier par la Banque de France : L’effet de levier mesure l’effet d’un recours plus ou moins important à l’endettement sur la rentabilité financière, pour une rentabilité économique donnée. En acceptant un recours à l’endettement, les actionnaires d’une entreprise ou d’une institution financière s’attendent à un retour encore plus important en bénéfice en raison du risque supplémentaire pris. Voir p. 112 : http://www.banque-france.fr/fileadm…

|54| Fonds propres : Capitaux dont dispose une entreprise, autres que ceux qu’elle a empruntés. Les fonds propres sont repris au passif d’un bilan de société. Source :http://www.lesclesdelabanque.fr/Web…
Les Fonds propres comprennent également les réserves, c’est-à-dire les bénéfices mis en réserve.

|55IMF, Global Financial Stability Report, Restoring Confidence and Progressing on Reforms, October 2012 http://www.imf.org/External/Pubs/FT… , p. 31

|56| Karl MARX, 1867, Le Capital, livre I, Œuvres I, Gallimard, La Pléiade, 1963, chapitre 31.

|57| Comme indiqué dans la partie 4, un secteur bancaire coopératif de petite taille devrait coexister avec le secteur public.

Eric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.


Source: MONDIALISATION.CA

FRANCE - L’ETAT GUERRIER (Réédition)

france,algérie,l’etat guerrier,djamel labidi,le quotidien d'oran du jeudi 17 janvier 2013

 

Une intervention militaire française en chasse une autre: Côte d'ivoire, puis Libye, puis Mali, sans parler de la volonté appuyée d'intervenir en Syrie. Les troupes françaises ont à peine commencé à quitter l'Afghanistan qu'elles interviennent de nouveau au Mali.


La France apparaît ainsi, actuellement,  comme le pays  le plus agressif de la planète. Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et  s'il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire  que la France fait preuve dans le sien  d'un zèle particulier.

C'est inquiétant. Car cet Etat  par deux fois, en Libye et maintenant au Mali, est venu, avec ses armées, aux  frontières de l'Algérie et des pays du Maghreb. Chaque Algérien, chaque Nord-Africain, ressent cette inquiétude, celle d'avoir en face, de l'autre côté de la méditerranée, un Etat guerrier.

François Hollande est célébré en France comme "un chef de guerre". Sur tous les médias français, journaux, radios, télés, on proclame qu'il "est vraiment devenu président de la république maintenant qu'il a déclenché une guerre".  Comme le président Bush après la guerre contre l'Irak, et comme le président Obama, sacré "chef de guerre" après avoir fait tuer Ben Laden, ou comme le président Sarkozy après l'attaque contre la Libye. Non pas Président de la république respecté parce qu'il a réglé des problèmes économiques, des problèmes sociaux, parce qu'il est un homme de paix, mais parce qu'il a déclenché une guerre.

On reste songeur devant une telle vision, devant cette culture belliqueuse, devant "cette civilisation" qui nous ramène aux temps où les Consuls et Césars ne  devenaient légitimes et populaires, à Rome,   qu'au retour d'une expédition victorieuse, à l'époque où les rois ne le devenaient  réellement qu'après avoir conquis de nouveaux territoires, et où ils demandaient à leurs vassaux d'envoyer des contingents pour la guerre, comme l'injonction en est faite aujourd'hui par la France au Tchad, au Niger, au Sénégal, au Togo, au Bénin, à la Côte d'Ivoire, et à d'autres pays africains.

C'est l'union sacrée autour du nouveau "chef de guerre", François Hollande. C'est, de la gauche jusqu' à l'extrême droite française, l'unanimité de la classe politique française pour l'intervention militaire. Un tel unanimisme,  une démocratie aussi verrouillée, a des allures de  totalitarisme. Les socialistes français retrouvent leurs premiers amours, et les parfums  enivrants du chauvinisme de gauche et des expéditions vers des lieux aux noms exotiques: Tombouctou, Gao, le Sahara. Beaucoup d'intellectuels français les suivent. Comme cela avait été le cas pour la Libye, ils sont pris d'excitation guerrière, d'émotion et de fierté patriotiques devant le spectacle des avions "Rafale" qui décollent et celui du déploiement martial de leurs forces armées. De joie, l'un d'eux s'écrie: " Pour tous ceux qui parlaient de décadence française,  c'est la preuve que nous sommes toujours un grand pays car nous sommes capables d'intervenir."(Nicolas Domenach, Chaîne ITélé, émission "ça se dispute", 12 janvier2013). La communauté malienne en France se voit soudain entourée de sollicitude. Elle en est  étonnée et même gênée. Pourvu que ça dure. Les médias français découvrent avec tendresse que la ville française de Montreuil est, après Bamako, la seconde ville malienne par sa population originaire de ce pays.  Le parti français, le "Front National", juge cette intervention légitime, d'autant plus « qu'elle concerne, dit-il,  un pays francophone ». Les émigrés maliens ne sont plus donc, pour le moment, des " émigrés qui envahissent la France et viennent manger le pain des français". On pressent déjà des tentatives pour opposer Arabes et Africains dans l'immigration française, Afrique du Nord et Afrique noire, mais ce sera difficile tant la solidarité maghrebo-africaine est grande.

Bref, peu de voix se font entendre, en France,  pour  dénoncer l'intervention militaire, ou alors elles sont difficilement audibles. Aujourd'hui, pour l'instant, le principal reproche  fait au Président  François Hollande par le leader du Front de gauche, J.F. Mélenchon, ainsi que par les représentants du parti communiste français et de la gauche écologique c'est de…ne pas avoir convoqué le parlement avant d'avoir décidé de la guerre. A quoi le gouvernement français répond superbement qu'il n'en avait pas le temps et qu'il "fallait agir vite".

Cet argument, "qu'il fallait agir vite"  est trop souvent répété, assené, sur tous les médias français pour ne pas en devenir suspect. Il rappelle, le même, utilisé pour la Libye, lorsqu'on criait qu'il fallait vite intervenir à Benghazi, pour éviter un massacre. On sait comment cette justification s'est avérée mensongère et d'où est finalement venu  le massacre. Il semble, en réalité, que l'armée malienne avaient lancé des opérations sur la route menant à la ville de Mobti et en direction de la ville de Douentza, dés la journée de Lundi 7 Janvier (cf. le Quotidien d'Oran, 9 janvier 2013, p 6). Ces opérations, organisées en coordination avec le commandement français, avaient pour but, selon des experts occidentaux, de faire sortir les colonnes de pick-up des groupes rebelles de leurs bases et des villes afin de les bombarder en rase campagne et de permettre ainsi à l'aviation française d'intervenir. La version officielle française vise donc à justifier la précipitation de l'intervention française et à en  cacher les véritables raisons. Affaire donc à suivre, tant la gestion de ces interventions militaires par le mensonge est devenue coutumière.

La légitimation

Il est remarquable de voir comment chaque intervention militaire s'entoure d'un discours de légitimation. Chaque fois qu'elle a eu lieu, l'intervention militaire a été proclamée légitime, qu'il s'agisse de défendre un pouvoir contre des groupes armés rebelles comme c'est le cas au Mali, ou, au contraire,  de soutenir des groupes armés rebelles contre un pouvoir comme cela a été le cas en Libye ou c'est le cas en Syrie. Le droit d'ingérence n'est en fait que le droit du plus fort. Il ne s'embarrasse pas de cohérence. Mais  en aucun cas, les puissances occidentales qui  s'en réclament et interviennent, ne mettront leur influence, pourtant grande, au service d'une solution politique, pacifique. L'intervention est toujours violente et elle laisse toujours le pays dévasté, exsangue, meurtri  physiquement et moralement, fragile pour longtemps.

Dans le registre de la légitimation, il y a aussi l'argumentaire de la "menace terroriste islamiste".  Depuis que le Président Bush a trouvé et désigné  ainsi le nouvel ennemi global de l'Occident,  l'argument sert " à toutes les sauces", y compris d'ailleurs à des alliances avec ceux désignés auparavant comme "terroristes" lorsque la "realpolitik"  l'exige. La référence à la "menace terroriste" offre l'avantage à la fois de n'avoir rien à justifier et de donner une justification à n'importe quoi. Le président de la République française, François Hollande, et son ministre des affaires étrangères n'ont cessé de répéter, de marteler, qu'il s'agissait, au Mali, de lutter contre " des groupes terroristes criminels". On aura remarqué le pléonasme. Il a pour fonction d'accroître la tension. C'est ainsi qu'un amalgame est fait entre les différents groupes armés "rebelles", et que se trouvent obscurcies les véritables raisons de la crise malienne, et du même coup celles véritables de l'intervention française. Elles sont, ici comme ailleurs, à  chercher, banalement hélas, dans le pillage des richesses de la région et dans le maintien de l'influence nécessaire à cet effet.

L’Histoire se répète sur le continent africain..Entre l’an 397 et 398, Gildon,  prince Amazigh, se révolta contre la domination romaine et s'allia avec  les rebelles donatistes et circoncellions. Il arrêta les exportations de blé d'Afrique du Nord  vers Rome. Celle-ci utilisa contre lui, le fameux poète romain Claudien (un media de l'époque) qui mobilisa, à travers notamment un long poème propagandiste, l'opinion romaine, et déclencha la peur dans l'Empire en  faisant croire à la population qu'elle allait connaître la famine. Les méthodes sont les mêmes. Seule la technologie a changé.

La "menace terroriste islamiste" est brandie, comme à la plus belle époque du Président Bush junior. Le thème est repris en boucle par tous les hommes politiques et les médias français ce qui permet, collatéralement, de différer, au nom de "l'union sacrée", les échéances de la grave crise économique, sociale et morale actuelle de la société française ou d'y faire diversion.

Mais le thème comporte néanmoins un inconvénient, puisque, depuis, il y a eu le Président Obama et sa nouvelle stratégie envers le monde arabe et musulman, qui consiste à ne plus se contenter de brandir l'épouvantail de l'islamisme. Là se trouve une contradiction et une gêne, qu'on perçoit chez bien des  commentateurs français  lorsqu'il s'agit de passer du discours sur "le printemps arabe" et de la prise en compte de l'Islam politique à celui de la "menace islamiste".

Dans le registre de la légitimation de l'intervention au Mali, il faut parler, enfin, de la référence à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. Les responsables français s'enveloppent dans celle-ci  comme si la France ne faisait que se mettre,  par altruisme,  au service du droit international. Mais c'est précisément la France qui a  fait le siège du Conseil de sécurité pour obtenir une résolution autorisant l'intervention au Mali. Encore que cette intervention prévoyait d'abord de s'efforcer de trouver une solution politique aussi bien aux revendications légitimes des Touaregs du Nord Mali, qu'à la question de la légitimité du pouvoir politique malien,  mise à mal par le coup d'Etat récent. Et à ce propos, d'ailleurs, quelle  légitimité peut bien avoir un pouvoir qui ne peut se maintenir que par une intervention armée étrangère, laquelle, par ricochet, révèle d'ailleurs, par là même, sa propre illégitimité. Là est la faiblesse originelle de cette intervention militaire française. On peut s’attendre à la voir se révéler de plus en plus au fur et à mesure du développement de la situation.

 

Djamel LABIDI

 

Source:  Le Quotidien d'Oran du Jeudi 17 Janvier 2013