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dimanche, 05 août 2012

COMMENT 30 ANS DE LIBERALISME ONT DETRUIT NOS SOCIETES


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La crise actuelle est partie des "subprimes" mais il s'agit en fait d'une crise systémique qui aurait eu lieu de toute façon car elle est l'aboutissement de 30 ans de déséquilibres profonds créés par le libéralisme, ou plus exactement l'ultralibéralisme, cette idéologie fabriquée sur mesure par les élites économiques pour servir leurs intérêts et satisfaire leur avidité sans limite.

Le libéralisme avait déjà été appliqué dans les années 20, avec notamment une dérèglementation du secteur bancaire. Il en a résulté la crise de 1929 et la grande dépression qui a suivi et dont le monde n'est sorti que "grâce" à la guerre.

Suite au désastre qu'il avait engendré, le libéralisme avait été mis au placard, remplacé par le keynésianisme, c'est à dire une intervention régulatrice et stimulatrice des états dans l'économie.

FRIEDRICH VON HAYEK.jpgMais dès la fin de la seconde guerre mondiale, un groupe de personnes inspirées et réunies par Friedrich von Hayek (le pape de l'ultra-libéralisme, en photo ci-contre) ont fondé la "Société du Mont-Pèlerin", un club de réflexion dont le but était de convertir à nouveau les états au libéralisme.

36 personnalités étaient présentes lors de la première conférence le 10 avril 1947, dont Hayek bien sûr, Milton Friedman (prix Nobel d'économie et l'un des principaux théoriciens du libéralisme), Karl Popper, Maurice Allais, et Bertrand de Jouvenel(politicologue et économiste libéral, controversé pour son passé pendant l'occupation et son interview complaisante d'Adolf Hitler en 1936, il est aussi le fondateur du think tank de prospective "Futuribles").

Pour promouvoir l'idéologie libérale et la diffuser dans les cercles dirigeants, les membres de la Société du Mont Pélerin ont fondé une centaine d'autres think tanks et réseaux d'influence, comme la Heritage Foundation, le Cato Institute ou le Manhattan Institute.

Leur stratégie a atteint son but dans les années 80 avec l'arrivée au pouvoir de personnalités politiques entièrement acquises au libéralisme, en particulier Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Dès lors, les états ont progressivement abdiqué de leur pouvoir au bénéfice des multinationales et des banques. Ils ont privatisé et déréglementé massivement l'économie, en faisant disparaitre la quasi totalité des contraintes et des contrôles, laissant se développer les paradis fiscaux afin de faciliter l'évasion fiscale, et permettant aux grandes entreprises et aux plus fortunés d'échapper presque totalement à l'impôt. Les états se sont également désengagés de l'économie, abandonnant toute politique industrielle, cessant de préparer le long-terme, et privatisant tout ce qui pouvait devenir une source de profit pour le secteur privé, détruisant ou abandonnant les services publics.

Parmi les mesures inspirées par le libéralisme, il y eut en particulier la dérégulation du système bancaire aux Etats-Unis où l'administration Clinton avait supprimé le garde-fou mis en place par Roosevelt suite à la crise de 1929 pour interdire aux banques de dépot d'être en même temps des "banques d'investissement", c'est à dire de spéculer en bourse avec l'argent des déposants.

Mais la mesure clé a été la suppression des barrières douanières et du contrôle des changes. C'est ce qui a rendu possible la "mondialisation", c'est à dire la libre circulation des marchandises et des capitaux, permettant aux entreprises de "délocaliser" pour exploiter la main d'oeuvre à bas coût dans les pays du tiers-monde, et augmenter ainsi la concurrence sur un marché du travail désormais mondialisé lui aussi.

Cela a été possible grâce à la complicité des dirigeants de droite et de gauche, du fait de leur liens avec les multinationales et les banques, directement ou à travers les think tanks ou "clubs de réflexion" où se retrouvent l'élite des pouvoirs financiers, économiques, politiques et médiatiques.

Les délocalisations massives qui s'en sont suivi ont provoqué la désindustrialisation des pays occidentaux et un appauvrissement sans précédent de la population ordinaire, au point de faire disparaître les classes moyennes par le chomage, la précarité généralisée et la baisse des salaires réels. Dans le même temps, les délocalisations favorisaient l'essor spectaculaire de la Chine et quelques autres "pays émergents" où se concentraient les délocalisations, bouleversant au passage les équilibres géopolitiques.

Mais pendant qu'une majorité de la population s'est appauvrissait, la minorité bénéficiaire de la mondialisation s'enrichissait, dont une extrême minorité de façon astronomique, ce qui permettait à des statistiques en trompe-l'oeil d'afficher une hausse moyenne des revenus de 2% par an.

L'effondrement du pouvoir d'achat des classes moyennes est la véritable cause de la dépression économique actuelle dont la "crise des subprimes" n'a été que le déclencheur.

Une hyper inflation masquée

La baisse des salaires réels est aussi le résultat d'une hyper inflation, elle aussi masquée dans des statistiques officielles dont les produits de référence ne sont pas du tout représentatifs des dépenses ordinaires d'un ménage. Cette hyper inflation résulte de la baisse de la valeur intrinsèque de la monnaie, du fait de la monnaie créée en excès par les banques et les marchés financiers. En transformant les variations boursières en profit, les "investisseurs" créent de la monnaie sans contrepartie en biens nouveaux dans l'économie réelle. C'est ce qui crée l'inflation, car chaque dollar ou chaque euro correspond à une fraction plus petite des biens disponibles. C'est ainsi que se sont envolés les prix du logement, de l'alimentation et de l'énergie (les 3 biens réels les plus essentiels), une hausse amplifiée par la spéculation immobilière et la spéculation boursière sur les matières premières industrielles et agricoles. 

Cette spéculation qui a attisé l'inflation est elle-même le résultat de l'excès d'enrichissement des plus riches. Car ceux qui ont déjà tout placent leurs masses de capitaux en excès sur les marchés financiers et dans l'immobilier, créant des "oscillations destructrices" et des bulles spéculatives qui explosent en faisant à chaque fois des dégâts dans l'économie réelle.

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Les causes de la crise financière

Conformément aux commandements de l'idéologie libérale, les états avaient laissé se développer sans aucun contrôle le marché des "produits dérivés", ces titres financiers complexes qui permettent de démultiplier les variations boursières, à la hausse comme à la baisse, grâce à des "effets de levier" cumulés pouvant atteindre 100 (en clair, permettant de jouer 100 millions en bourse avec un capital de seulement 1 million). En seulement 15 ans après leur création au début des anées 1990, les produits dérivés ont pu se développer sans aucun controle, jusqu'à atteindre le montant astronomique de 683.000 milliards de dollars en 2008. A elles toutes seules, les banques Citigroup et Bank of America détiennent chacune 17.500 milliards en produits dérivés, dont une part importante a perdu toute valeur mais reste inscrite dans les bilans à la valeur d'achat, dissimulant ainsi des pertes abyssales.

Ce sont les effets de levier des produits dérivés qui expliquent comment les banques ont pu perdre des dizaines de milliards au point de se retrouver en faillite.

Parmi ces produits dérivés, il y avait les fameux "subprimes", des emprunts immobiliers titrisés qui transféraient des banques vers les acheteurs de titres le risque de non remboursement. De plus, la collusion entre les banques et les agences de notation chargées d'évaluer les risques a conduit à leur sous-estimation délibérée.

La phase finale de la crise financière

Les banques et les assurances ont joué au casino boursier des sommes colossales qu'elles ne possédaient pas, et elles ont perdu.

Dans un premier temps, les pertes ont été transférés aux états, selon le principe du libéralisme qui consiste à privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes. 

Les états ne disposant pas réellement de l'argent qu'ils avaient prêté aux banques, ils l'ont emprunté... aux banques, celles-ci ayant le pouvoir de créer de la monnaie par le simple fait de prêter de l'argent (voir le film "L'argent-dette" de Paul Grignon).

Le renflouement des banques ainsi que la baisse des recettes fiscales (du fait de la crise) ont fait exploser la dette publique des pays occidentaux, alors qu'elle avait été préalablement creusée par la désindustrialisation, la baisse des revenus (causée par la stagnation des salaires, le chômage et la précarité), l'effondrement de la consommation, l'évasion fiscale et les allègements d'impôts pour les riches et les grandes entreprises.

La plupart des pays occidentaux sont maintenant au bord de la faillite, avec des niveaux d'endettement de près de 100% du PIB, voire davantage.

Le transfert des pertes des banques sur des états déjà affaiblis n'était pas tenable très longtemps. C'est pourquoi nous en arrivons aujourd'hui à la phase finale du grand hold-up: le transfert des pertes bancaires vers les citoyens de base.

Les uns après les autres, les gouvernements de droite et de gauche sont en train d'adopter des plans "d'austérité" qui vont diminuer les revenus et les prestations sociales (retraites, allocations chômage, systèmes d'assurance maladie) tout en augmentant les impots et les taxes. On peut aussi prévoir que la crise servira de prétexte à finir de privatiser ce qui peut encore l'être, principalement dans les secteurs encore publics et semi-publics (énergie, poste, santé, éducation, justice, police, forces armées...).

Le libéralisme a sappé la démocratie, ruiné les classes moyennes, abandonné les citoyens au bon vouloir des multinationales, et transformé les ex pays riches en "pays en voie de sous-développement". Au final, le libéralisme aura entièrement détruit nos sociétés par l'anéantissement des états-nations et l'explosion des inégalités, nous faisant revenir aux conditions sociales du Moyen-Age avec une minorité de très riches et la misère pour le plus grand nombre.



En complément à cet article...

MAURICE ALLAIS.jpg- Maurice Allais était un membre fondateur de la Société du Mont Pélerin. Agé de 99 ans, il prend aujourd'hui position contre l'ultra-libéralisme. Dans "Réalités industrielles", une revue publiée par le ministère des finances, le seul français à avoir reçu le prix Nobel d'économie écrit: "Le libéralisme ne saurait être un laisser faire". Il dénonce les responsabilités du système né de "la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international". "Nous avons été conduits à l’abîme par des affirmations économiques constamment répétées, mais non prouvées. Par un matraquage incessant, nous étions mis face à des vérités établies, des tabous indiscutés, des préjugés admis sans discussion. Cette doctrine affirmait comme une vérité scientifique un lien entre l’absence de régulation et une allocation optimale des ressources. Au lieu de vérité il y a eu, au contraire, dans tout ceci, une profonde ignorance et une idéologie simplificatrice. (...)

L’enjeu capital actuel est le risque d’une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises. Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne. Un écart de salaire élevé, aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple, n’est pas supportable sur le long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé. (...) Cela ne veut pas dire que j’oppose entre elles ces différentes régions, qui me semblent toutes des victimes actuelles ou à venir du libre-échangisme voulu par l’OMC, le FMI et par Bruxelles en ce qui concerne l’Europe."

Voir l'article "Maurice Allais flingue le néo-libéralisme dans une revue financée par Bercy"


- A lire sur Agora Vox, "Les mauvaises raisons de la supériorité chinoise"

Extrait: "Sur la question du déficit commercial, rappelons cette simple donnée: alors que le déficit commercial de l’UE avec la Chine était déjà de 33 milliards d’euros en 1999, il atteignait 7 ans plus tard 131 milliard? 400 % de hausse ! On trouvait alors le chiffre énorme, impensable, inacceptable... Oui, mais voilà: en 2008, il bondissait à 170 milliards ! Et on sait déjà que le chiffre pour 2010 sera encore pire. (...) La situation est donc claire: dans un marché totalement dérégulé, tel qu’il existe aujourd’hui, il est presque impossible de fabriquer sur le sol européen des produits manufacturés de grande consommation. Seuls les Allemands y parviennent encore, dans certaines conditions et dans certains secteurs. La concurrence des produits chinois est irrésistible. Ce qui est vrai pour l’Europe l’est aussi pour les Etats-Unis, qui offrent sans doute le cas le plus caricatural de cette évolution délétère. La concurrence chinoise nous tue. Toutefois Alain Minc sera content: nous mourrons guéris."

- A voir, "Le capitalisme depuis 1975" est un documentaire de Jean Druon (réalisateur de "Alerte à Babylone") sur la totale victoire idéologique du libéralisme et la façon dont il a pris le pouvoir dans le monde, avec notamment une interviews de Milton Friedman réalisée au Mont Pélerin près de Genève, lors d'une réunion de la société du même nom...
voir le film

- A voir également, "Le malheur est dans le prêt", documentaire à propos d'un système financier devenu fou...
voir le film

Pour finir en musique cette série d'articles sur le nouvel ordre économique et en prélude à une session d'été plus légère, le clip d'Alain Souchon, "Parachute doré"...


http://www.youtube.com/watch?v=fweOwiwTNKA

 

Source: SYTI.NET

samedi, 04 août 2012

SYRIE: IL FAUT JUGER MERKEL, OBAMA, HOLLANDE ET CAMERON POUR APOLOGIE DU TERRORISME

 

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Avec la morgue habituelle, les eulogies perpétuelles pour soutenir des rebellions ailleurs, ce qu’elles ne feront jamais chez elles, les ONG sont alarmistes et n’arrivent surtout pas à dire la vérité puisqu’elles dépendent en grande partie des pays qui veulent la destruction de la Syrie. Vous avez dit “amis de la Syrie ?” Jusqu’à 30.000 Syriens ont fui au Liban durant les dernières 48 heures, a déclaré hier, vendredi 20 juillet à… Genève la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). DE vrais yeux de lynx depuis la Suisse. Quant à la Croix-Rouge, elle fait état de 18.000 réfugiés. Cherchez l’erreur !

Très intérressant. Ces chiffres étonnent et détonnent. La contradiction, avec cet écart conséquent est un indicateur sur la falsification générale relative à ce conflit qui prend une dimension morbide avec la non-condamnation des attentats perpétrés par Al Qaïda. le Qatar, via sa chaîne de désinformation mondiale Al-Jazeera soutient les terroristes syriens médiatiquement, mais aussi financièrement, matériellement et militairement, avec la bénédiction du quatuor Obama-Hollande-Merkel-Cameron. Nous nous taisons en Europe mais ne sommes pas à l’abri de grosses surprises car, ces lâches se retournent toujours contre leurs maîtres. On sait ce qu’il est advenu des talibans créés de toutes pièces pour combattre la Russie en Afghanistan.

Oui, il faut juger Merkel, Obama, Hollande et Cameron pour apologie du terrorisme. Ce quatuor approuve le terrorisme international dans la mesure où, aujourd’hui, ceux qui combattent en Syrie ne sont pas des enfants de coeur. Ce sont des djihadistes rompus au maniement des armes. Ils viennent d’Irak, de Libye ou encore d’Afghanistan. Hélas, qui peut engager des procédures contre ces nouveaux désinformateurs juges et parties ? 120.000 réfugiés syriens se trouvent en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, nous dit-on. Savez-vous combien de réfugiés libyens se retrouvent éparpillés dans le monde ?

Les dirigeants occidentaux sont nus. L’incohérence de leur combat contre le “terrorisme islamique” selon la formule consacrée a pris une sacré ride en Syrie. Leur discours se révèle être à géométrie variable. Eux, qui disent être inflexibles, intransigeants et contre toute forme de terrorisme l’approuve honteusement en Syrie. Mais bien sûr, quand ça touche d’autres pays, notamment la Syrie, ils sont affables, compréhensifs voire bienveillants. Et que fait le peuple de France, des Etats-Unis et autres ? Rien. Une association de baltringues, de pleutres,  de voyous et d’hypocrites qui se taisent, dictés par leur ethno-centrisme abscons. C’est simplement du racisme.

Il faut néanmoins ajouter dans ce quatuor, les affreux souverains du Qatar et d’Arabie Saoudite, qui financent le terrorisme. N’a-t-on pas dit que Seif Al-Islam finançait le terrorisme en recrutant des terroristes et des mercenaires ? Où est donc la CPI quand ils s’agit des personnes qui sont mentionnées dans ce texte ?

Pas de justice, pas de paix !


 

jeudi, 02 août 2012

APRES LA COTE D'IVOIRE ET LE MALI, C'EST A PRESENT AU TOUR DU BURKINA FASO DE CONNAITRE LA GUERRE, SELON UN DIPLOMATE FRANÇAIS


 

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Burkina Faso, prochain pays dans la tourmente!


Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso... Un responsable du Quai d'Orsay fait des révélations.

 

Laurent Bigot, sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest au ministère des Affaires Etrangères (au Quai d’Orsay) de France, a fait de graves révélations, le 2 juillet dernier lors d’un colloque sur la crise au Sahel à l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’intervention du diplomate français à ce colloque censé restreint a fini par atterrir dans le «domaine public». Nous vous proposons quelques extraits d’un speech de vérité !

Le Sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest du Quai d’Orsay, Laurent Bigot, dans son intervention «à titre personnel», préciset-il, plante le décor de la situation latente qui prévalait depuis une dizaine d’années au Mali, avec sa «démocratie de façade». Et ne manque pas dans son développement de relever la cruelle injustice dont a été l’objet le président Laurent Gbagbo à l’occasion de la crise dite post-électorale. Selon lui, c’est l’ex-président malien, Alpha Omar Konaré qui avait décidé de ce que Amani Toumani Touré fût président de la république après lui.

«C’est Alpha Oumar Konaré (le président sortant, ndlr) qui a décidé qu’Amadou Toumani Touré (ATT) deviendrait président en 2002. A l’issue du premier tour, ATT arrive en tête en 2002, avec une marge de 1% devant Soumaïla Cissé, dans un mouchoir de poche. Et la commission électorale annule 500.000 votes, environ 10% du corps électoral. Pour 300.000 votes de plus, on a déclenché le feu sur Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire l’année dernière. (…) Il y a eu des manipulations pour que ce soit Soumaïla Cissé et non Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui arrive en seconde position.

Des missions d’observation des élections étaient là, mais on s’est contenté des résultats. (…) En 2007, rebelote. ATT est élu dès le premier tour avec près de 70% des suffrages et un taux de participation de 30%, ce qui veut dire que 21% des électeurs maliens l’ont choisi. Cela fait une légitimité extrêmement faible. Et même sur ce scrutin, nous savions très bien que les fraudes ont été très importantes. C’est ça, la démocratie malienne», explique-t-il méthodiquement et magistralement dans son intervention.

Laurent Bigot glisse judicieusement le paradoxe ivoirien, avec l’injustice faite à Laurent Gbagbo pour montrer combien de fois le système peut être cynique. Concernant la crise malienne, il fait savoir que seule la façade est tombée. «Les déterminants de la crise étaient là depuis longtemps : corruption impliquant toutes les sphères, au plus haut niveau, jusqu’au palais présidentiel de Koulouba, une économie largement informelle (…), des trafics en tout genre», révèle le diplomate français. Qui juge sévèrement la classe politique malienne.

«C’est pathétique, le discours de la classe politique malienne est pathétique! Pas un homme ne sort du lot… Les deux tiers du territoire échappent à la souveraineté de l’Etat malien et on a une classe politique qui se bat encore pour entrer au gouvernement», fait savoir ce responsable au Quai d’Orsay. Le Burkina qui mène des médiations tout azimut dans la sous-région n’est pas élément étranger dans les dites crises. Notamment les crises ivoirienne et malienne. Il ne manque de relever, sur la base d’informations en sa possession, que le Burkina Faso pourrait être le prochain pays à s’écrouler. Le Burkina, «élément perturbateur dans la médiation qui a aggravé la crise au Mali» en imposant l’actuel gouvernement de transition, selon lui, pourrait être le prochain à s’effondrer.

Le Burkina, prochain pays à s’effondrer

«Ce n’est pas passé loin il y a un an (lors de la mutinerie des militaires, ndlr), ça peut tout à fait se reproduire. Il n’y a pas d’armée, pas de classe politique, une société civile plus ou moins organisée et surtout une économie en coupe réglée par le clan présidentiel, une corruption qui dépasse l’entendement, une implication dans les trafics de la sous-région jusqu’au proche entourage du président», dépeint-il la situation au pays dit des hommes intègres.

Faisant ainsi le procès du pays de Blaise Compaoré qui selon ses dires n’est pas loin de basculer. Il estime à juste titre pour lui donc que le Burkina Faso sera le prochain Etat à s’effondrer après le Mali. Une intervention du diplomate français qui continue de faire jaser. Surtout au pays des hommes intègres, où les autorités n’ont pas manqué récemment d’élever une protestation auprès de l’ambassadeur de France à Ouaga, le Général Emmanuel Beth.

 

Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

mardi, 31 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE TEMPS DE L'ISOLEMENT DIPLOMATIQUE

 

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Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative.

- Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

- Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

- Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

- Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat».«Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ?

Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.

 

Théophile Kouamouo

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

GENOCIDE WE DE DUEKOUE: LAURENT FABIUS LACHE OUATTARA EN DIRECT, A L'HOTEL MEURICE

 

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Présenté comme la pièce maitresse du dispositif Ouattara auprès du gouvernement Hollande, le go-between entre ce dernier et Ouattara, Laurent Fabius ne s’est pas gêné pour lâcher le chef d’Etat ivoirien lors de sa dernière visite en France. Signe que le ministre français des Affaires Etrangères n’est pas si proche de Ouattara qu’on le croit, où qu’il n’est pas près de prendre tous les risques pour lui.

Le lâchage de Laurent Fabius a eu lieu à l’hôtel Meurice où Ouattara est descendu avec sa délégation.

En effet, la veille de sa rencontre avec le Président François Hollande, ADO y a reçu le ministre Fabius, pour les derniers réglages avant l’Elysée. Une heure durant, Alassane Ouattara l’a reçu en tête à tête. Signe de la complexité des sujets abordés.

Pendant ce temps-là, les journalistes attendaient pour le point de presse qui devait sanctionner la rencontre.

Durant cette dernière, un journaliste ivoirien a posé à Laurent Fabius la question suivante : « Pour répondre à la question sécuritaire à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, précisément à Duekoué, des massacres ont eu lieu la semaine dernière. Est-ce que ça a été au menu de vos discussions ?».

Et contre toute attente, Laurent Fabius, auréolé du titre d’ami de Ouattara, lui assène le coup de grâce: « Je préfère laisser le Président Ouattara s’exprimer ».

Selon les usages diplomatiques, Laurent Fabius aurait dû répondre à la question, même à minima, et ensuite passer le relais à Ouattara pour plus d’éclairage.

Son attitude a été décryptée comme la preuve qu’il n’avait pas du tout l’intention de protéger Ouattara sur le génocide WÊ de Duekoué, ou de prendre des coups à sa place.

Ouattara, surpris par l’attitude de son ami, de répondre que « la situation avait dérapé à l’ouest, qu’il condamnait la violence, que l’attaque du camp des réfugiés était inacceptable, qu’une commission d’enquête avait été mise sur pied qui est en cours de faire son travail et à l’issue de son travail, les juges prendront le dossier et ceux qui ont commis des crimes seront punis ».

Et le journaliste de poursuivre : « Vous êtes au courant des seigneurs de guerre issus du Burkina Faso?».

ADO: «Attendez que la Commission d’enquête fasse son travail et à l’issue de ce travail, il n’y aura pas d’impunité. Tous ceux qui ont commis des actes seront transférés à la justice internationale».

Sur ce, la conférence fut interrompue de façon brutale, ADO prenant congé de Fabius de la façon la plus lapidaire qui soit, contrairement au protocole.

Plus tard à l’hôtel Meurice, le journaliste ivoirien sera menacé par Ally Coulibaly, ministre de l’intégration africaine, et injurié copieusement par Charles Diby Koffi, ministre de l’Economie et des Finances du régime Ouattara, qui l’a qualifié de petit ingrat.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 30 juillet 2012

LA REINE ELISABETH II REFUSE DE RECEVOIR ALASSANE OUATTARA EN AUDIENCE A BUCKINGHAM PALACE

 

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Annoncé à grands renforts de publicité par le service de Communication de la présidence ivoirienne, la rencontre entre Alassane Ouattara et Elisabeth II d’Angleterre n’a finalement pas eu lieu. Le chef de l’Etat ivoirien est rentré à Abidjan sans avoir rencontré la souveraine britannique.

Ce qui devait être le clou de sa visite au Royaume Uni, a été annulé sine die.

Selon nos sources à Londres, les services de sa très gracieuse majesté ont annulé la rencontre entre le chef de l’Etat ivoirien et la monarque britannique. La raison invoquée : Rencontre sensible et susceptible de créer des troubles et d’entacher la cérémonie d’ouverture des JO de Londres, dont la Reine a fait du succès et du rayonnement, la priorité des priorités.

La visite mouvementée de Ouattara à Chatham House vendredi, où Ouattara rencontrait les potentiels investisseurs britanniques en direction de la Côte d’ivoire, a fini par convaincre Scotland Yard, la police britannique, du risque Ouattara pour l’image de la Grande Bretagne, au moment où toutes les cameras du monde ont les yeux rivés sur les JO de londres. On se rappelle que près de 200 manifestants gonflés à bloc étaient venus huer et conspuer Alassane Ouattara à Chatham house. ADO a dû être obligé de quitter Chatham house par la porte dérobée, sur insistance de Scotland yard.

Dès la réception de ce rapport d’exfiltration de Ouattara pour éviter une foule hostile, la Reine Elisabeth II a annulé sa rencontre avec lui.

Les patriotes ivoiriens du royaume Uni mettent cette annulation de la visite de Ouattara à Buckingham sur le compte de leur mobilisation. Ils affirment que grâce à eux, l’opinion publique anglaise est désormais au courant du Génocide WÊ de Duékoué perpétré par les FRCI et les Dozos de Ouattara, dont le dernier acte est le massacre de 211 réfugiés WÊ au camp de Nahibly (Duékoué), pourtant protégé par l’ONUCI.

La photo qui allait immortaliser Elisabeth II et Alassane Ouattara, l’ami des grands de ce monde, montrant ce dernier à Buckingham Palace avec la Reine, n’aura donc pas été prise.

Selon nos sources, ADO est très affecté de n’avoir pas pu rencontrer la Reine, qu’il vénère et pour qui il a une grande admiration.


Catherine Balineau


Source: FACEBOOK DEBOUTCIV

dimanche, 29 juillet 2012

QUAND L'AFP RECONNAIT QUE LES BEAUX REVOLUTIONNAIRES SYRIENS SONT DES ISLAMISTES

 

ISLAMISTES SYRIENS.jpg


Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge - sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" - qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question: quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 28 juillet 2012

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

vendredi, 27 juillet 2012

OUATTARA SOMME DE NEGOCIER LA PAIX AVEC SES OPPOSANTS

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Le président français a descendu quelques marches pour accueillir hier son homologue ivoirien à l’Elysée où les apparences ont été pour le moment préservées. Mais Ouattara sait désormais qu’il n’a plus tout à fait son destin entre les mains puisqu’il est sommé de négocier la paix avec ses opposants.


Un chef de l’Etat sur écoute, humilié la veille à l’aéroport parisien où François Hollande n’a daigné envoyer ne serait-ce que  le moins gradé de ses conseillers. Hier, l’opération était plus à soigner les apparences qu’à autre chose. Ainsi, le président français qui a ostensiblement boudé son homologue ivoirien durant de longues semaines, y compris sur des questions dont celui-ci avait directement la gestion comme celle du Mali, a tenté de jouer à l’acteur parfait devant un parterre de photographes qui n’ont sans doute pas oublié que des mois plus tôt, Ouattara était encore dans les mêmes murs, pour soutenir une dernière fois, l’ami Sarkozy sorti perdant de l’élection présidentielle. Signe des temps, les ministres des finances des deux pays ont signé le document annulant officiellement l’essentiel de la dette ivoirienne due à la France. Une opération-colifichet en fait pour laquelle Ouattara a usé de sa tendance chronique à la mystification. « Monsieur le président, je voulais vous remercier parce que nous avons signé avec le ministre des Finances avant hier (mardi) une annulation de la dette de la Côte-d’Ivoire à l'égard de la France de 99,5%, c’est-à-dire plus de trois milliards d’euros. Cela va nous permettre de renforcer les investissements dans les secteurs sociaux et je voudrais vous dire un grand merci ». Pourtant, rien de nouveau sous le soleil. La Côte d’Ivoire qui vient d’obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE a déjà fêté cette décision qui devenait automatique. Ainsi tant qu’à rechercher les symboles, surtout de relations cordiales, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas son pareil. Mais loin des yeux, les amabilités ont fait face à des visages plus graves. Car selon le journal français Libération, Ouattara a été sommé de négocier la paix avec ses opposants en relançant le processus de réconciliation nationale en panne depuis de longs mois. Il doit aussi former un gouvernement d’union nationale et collaborer avec la justice internationale en permettant le transfèrement des criminels de son camp. Une décision de la CPI rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III présidée à l’époque par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi met en effet gravement en cause la responsabilité personnelle de Guillaume Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, notamment sur les événements de Duékoué. Coopérer avec la CPI signifierait procéder au transfèrement de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Ouattara est accusé par les officiels français de se désintéresser de la réconciliation nationale et d’attiser les foyers de tension dans son pays. C’est ce qu’avait déjà dit Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La présidence française a d’ailleurs tenu à préciser que la coopération entre les deux pays se fera désormais à l’aune de ces questions. «la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, passe par le dialogue, la lutte contre l’impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l’Etat de droit et du système judiciaire en Côte-d’Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale», a assuré la présidence française.

Pas d’autre façon de tordre le bras à quelqu’un qui avait jusque-là profité de la bienveillance de l’Elysée, y compris pour triompher du président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a toujours freiné sur ces questions et notamment sur la libération des cadres du FPI qu’il continue de maintenir en prison et contre qui la justice ivoirienne invente chaque jour des délits. Par exemple,  Simone Gbagbo a été d’abord poursuivie pour vol en réunion avant que le Procureur de la République ne décide de lui coller le délit de crime contre l’humanité. D’ailleurs sur les plateaux de France 24, Alassane Ouattara a affirmé que s’il ne poursuit pas les criminels de son camp, c’est parce qu’eux n’ont pas été pris en flagrant délit de commission des actes criminels qui leur sont reprochés ; ce qui ne serait pas le cas des cadres du FPI qui ont généralement BAC + 10.

Comment Ouattara peut-il donc négocier la paix s’il développe une telle peur et une telle inhumanité et que la commission dialogue vérité et réconciliation n’a toujours pas reçu le moindre kopeck pour financer ses activités ? Interrogé d’ailleurs sur cette réalité avant-hier, le chef de l’Etat, comme à ses habitudes, a préféré verser dans la démagogie facile et accuser le FPI de ne pas vouloir qu’advienne la paix. Pendant ce temps, son parti le RDR continue de faire de la provocation en accusant journalistes proches de l’opposition et le FPI d’être les auteurs des massacres de Duékoué. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas esquissé le moindre acte de compassion à l’égard des rescapés que le régime lui-même  ne veut plus voir retourner sur le site de l’ancien camp. Leur déguerpissement était, pour ainsi dire, planifié. Comme l’est aussi sûrement le délitement de l’école publique dans notre pays puisque Ouattara y a augmenté les frais d’écolage, notamment à l’Université d’Abidjan où les inscriptions passent de 6000 f à 100.000 f pour le premier cycle, 200.000 f pour le second cycle et 300.000 f pour les troisièmes cycle. De quoi rendre perplexe tous ceux qui espèraient la fin de l’instabilité.  

                                                                                                                                                                 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du 27 juillet 2012. 

jeudi, 26 juillet 2012

EN VISITE OFFICIELLE DEPUIS 48 HEURES, OUATTARA ACCUEILLI SANS HONNEUR EN FRANCE

 

ALASSANE OUATTARA - ARRIVEE SANS OFFICIEL FRANçAIS.jpg

 

Attendu hier matin par le ministre français des Affaires étrangères pour une séance de travail, Alassane Ouattara est arrivé un jour plus tôt  à l’aéroport de Paris où aucun officiel français ne l’attendait. Pour un homme à qui Nicolas Sarkozy a habitué aux flons flons et aux ors français, la descente aux enfers est pour le moins  terrible.

 

 Le chef de l’Etat ivoirien est arrivé deux jours avant son rendez-vous à l’Elysée où il doit rencontrer aujourd’hui François Hollande pour un premier tête-tête depuis l’arrivée de celui-ci au pouvoir. Sans doute pour cela, les apparences étaient donc d’une importance capitale parce qu’elles peuvent  permettre en outre de décrypter la suite des relations personnelles entre les deux hommes mais surtout aider à comprendre  si oui ou non les appuis forcenés de l’ivoirien à l’ex président ont été oubliés par le socialiste. Premiers frissons, l’arrivée à l’aéroport parisien, à quelques heures du tête-à-tête des ministres de l’Economie et des finances des deux pays pour une séance protocolaire d’annulation d’une partie de la dette ivoirienne obtenue, il faut bien le préciser,  dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE). Mais on est aussi  à la veille de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de François Hollande qui est une rencontre éminemment politique.

Un jour plutôt, Bernard Valero le porte-parole avait copieusement flingué le chef de l’Etat ivoirien en pointant du doigt l’instabilité et l’insécurité chroniques  en Côte d’Ivoire où la réconciliation est bloquée. « La sécurité en Côte d’Ivoire est étroitement liée au processus de réconciliation » que Ouattara a jeté aux orties. Retour sur terre. A l’aéroport  de Paris, justement. Pas une seule tête blanche à des centaines de mètres à la ronde. Aucun officiel et pas même un conseiller n’a daigné venir recevoir le chef de l’Etat ivoirien qui doit rencontrer le président français, ce matin à l’Elysée. La file de personnalités qui sacrifient au protocole sont plutôt les membres du gouvernement Ouattara. Ils étaient dans le même avion que lui. Cette visite en France est pourtant officielle et les thuriféraires du chef de l’Etat avaient été soulagés par son annonce. Mais visiblement, il est désormais périlleux d’y trouver quelques enjeux de communication interne, comme en Chine même si le résultat est le même.

En janvier dernier, Ouattara était sur le même aéroport qui avait affiché tous les ors de la République française en son honneur. Tapis rouge depuis la descente de l’échelle de coupée, garde républicaine en tenue d’apparat, Ouattara s’était offert une revue de troupes en compagnie de Claude Guéant, ami personnel de Sarkozy et ministre de l’Intérieur… Ce 23 juillet, seul le personnel de l’aéroport dévoile quelques têtes blanches sur le parcours de Ouattara qui entre dans le pavillon où il est attendu par les mêmes qui l’ont accueilli et une poignée d’Ivoiriens arborant de menus drapeaux tricolores aux couleurs ivoiriennes.

La déculottée diplomatique est terrible, surtout que la journée d’aujourd’hui réserve son lot d’hostilités à Ouattara sur le perron de l’Elysée. Les résistants ivoiriens composés de ceux de la diaspora française ont multiplié les appels sur les réseaux sociaux pour réserver un accueil inamical au chef de l’Etat ivoirien, fragilisé un peu plus par la tragédie des Wê de Duékoué. Selon la Croix Rouge qui table sur des bilans encore provisoires, 211 personnes ont été massacrées dans le camp de Nahibly et des milliers d’autres refugiés sont portés disparus. Mais alors que le monde entier condamne et appelle le gouvernement  à plus de responsabilité, celui-ci a fait une déclaration sur les antennes de la télévision nationale dans la soirée du 24 juillet pour menacer les journalistes de l’opposition qui auraient traité d’une façon politicienne l’actualité de ses massacres. Le gouvernement promet aussi de se rendre à Duékoué où aucun ministre n’a toujours pas mis les pieds. Même les cadres de cette région membres du RHDP ou du gouvernement n’ont pas daigné apporter la compassion fraternelle aux rescapés que le régime refuse par ailleurs de reloger sur un autre site.

Le jour de la tragédie, les premiers témoignages avaient indiqué que le gouvernement avait ciblé ce camp comme un repère de bandits. Ses pensionnaires qui se sont retrouvés là pour avoir tout perdu et en raison des menaces dont ils sont l’objet, avaient déjà subi une diminution de la ration alimentaire. Et le gouvernement maintient toujours son refus de les réinstaller alors qu’ils ont tout perdu et ne savent plus où aller.

Mais ces crimes risquent de laisser des traces profondes. Même les associations jusque-là tolérantes comme la Commission des droits de l’homme dirigée par l’épouse du président du Conseil constitutionnel, Françis Wodié, rallié à Ouattara pendant le deuxième tour de la présidentielle, s’est élevée publiquement contre la torture en Côte d’Ivoire « devenue une chose banale ». Mais ces FRCI qui sont au centre de toutes les condamnations, et notamment  françaises ont continué de faire parler d’elles les jours qui suivirent. Elles se sont affrontées entre elles dans la commune d’Abobo. Bilan : trois tués. Le lendemain, elles remettaient ça mais cette fois-ci en poignardant un chauffeur de gbaka ; ce qui a provoqué la grève de ces mini cars dans toute la commune.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

COTE D’IVOIRE: LE PCF «CONDAMNE LA POLITIQUE REPRESSIVE DE OUATTARA»

 

Logo PCF

 Le PCF a condamné mardi dans un communiqué la "politique répressive" du président ivoirien Alassane Ouattara, deux jours avant sa visite en France où il doit rencontrer le président François Hollande.

"Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l’exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l’Etat de droit en Côte d`Ivoire et de la sécurité des populations", écrit dans un communiqué le PCF.

Le PCF envisage aussi à l’Assemblée nationale, où il compte une dizaine d’élus, "l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne".

"Le PCF condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, ayant fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés", ajoute le parti, déplorant que la mission de l’ONU (ONUCI) soit "incapable d’assurer la sécurité des populations déplacées".

"Emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de " rassemblement et de réconciliation ", violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d’une justice inéquitable", selon les communistes.

 

Publié le mardi 24 juillet 2012, AFP

mercredi, 25 juillet 2012

DECLARATION DES MILITANTS DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D’IVOIRE EN EUROPE ET EN AMERIQUE

 

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Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, leaders du RHDP

 

Le PDCI-RDA, ce Grand Parti qui a conduit notre pays à l’indépendance, formé la grande majorité des cadres qui font aujourd’hui la fierté de la Côte d’Ivoire, posé les fondements de l’Etat ivoirien, commencé la construction de la nation ivoirienne et propulsé notre pays au rang des nations reconnues et respectées, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

En effet, depuis le malencontreux coup d’Etat de 1999, ce Parti donne l’impression de s’étioler à cause de ses inlassables querelles intestines, de certaines de ces décisions politiques qui laissent pantois le plus ordinaire de ses militants et sympathisants. Pour ces raisons, nous avons le devoir de donner de la voix afin d’attirer l’attention des dirigeants actuels sur l’avenir de ce Parti qui nous interpelle tous: Anciens, Doyens, Intellectuels, Cadres, Jeunes du Parti, Femmes du Parti ainsi que sympathisants.

Le dernier élément d’appréciation des décisions prises par les responsables du Parti qui nous met tous en demeure de réagir ici et maintenant est cette alliance dénommée Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et son but inavoué.

Bien que toute alliance politique pour l’avancement de la démocratie véritable soit un acte politique de haute stratégie, il convient de reconnaître que le RHDP qui n’est HOUPHOUETISTE que de nom, dessert les objectifs et la vision du président Houphouët, fondateur du PDCI-RDA, parce qu’à l’épreuve de l’action politique, le RHDP s’est révélé aux antipodes de la philosophie principale d’Houphouët-Boigny qui est la paix, le respect de la vie et de la parole donnée. En outre, le PDCI-RDA en tant que parti politique, avant même la perte du pouvoir d’Etat en 1999, avait déjà renoncé à l'application du projet de développement économique et social du président Houphouët-Boigny pour la Côte d’Ivoire.

Que nous est-il donc donné de constater avec le RHDP?

Un groupement politique hétéroclite qui s’est appuyé sur une rébellion armée pour parvenir au pouvoir alors qu’Houphouët-Boigny nous a toujours enseigné le dialogue pour la résolution de tout conflit.

En sus, l’unité nationale devient un lointain souvenir avec les actes que pose quotidiennement le gouvernement du RHDP: les arrestations arbitraires d’Ivoiriens, les enlèvements et détentions injustifiées, les bastonnades et mauvais traitements que subissent les jeunes raflés partout sur toute l’étendue du territoire jusqu’à ce que mort s’en suive parfois.

En fait, un régime de répression et de torture avec les meurtres et assassinats à répétition dans notre pays aujourd’hui transformé en un véritable Far-West. En particulier à l'Ouest du pays où les autochtones sont pourchassés, déplacés et parqués pendant qu'un mouvement continu de populations venues d'ailleurs occupe leurs terres illégalement créant ainsi une situation insupportable.

Devant de tels actes, nous, militants du PDCI-RDA, nous nous interrogeons sur la nécessité de nous maintenir dans cette alliance qui constamment viole notre éthique morale et politique mais aussi notre idéal humain et avons donc décidé de prendre nos responsabilités.

Concernant la vie du Parti, nous joignons nos voix à celles des membres du Bureau Politique du PDCI-RDA dont la dernière rencontre a suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir du Parti pour leur demander de poursuivre la réflexion afin de sortir notre pays du marasme politique dans lequel il s’enfonce de jour en jour, en plus d’une gestion partisane voire ethniciste du pouvoir d’Etat.

C’est pourquoi, considérant les éléments énumérés ci-dessus qui ne sont d’ailleurs pas exhaustifs, nous militants et militantes du PDCI-RDA,

Exigeons:

-Le retrait du PDCI-RDA de cette alliance du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ;

-La publication de la date du prochain Congrès ordinaire de notre Parti qui a été repoussée à plusieurs reprises afin de permettre le renouvellement des structures du PDCI-RDA mais surtout de revenir aux fondamentaux du projet de société du président Houphouët Boigny notamment l'action à l'endroit du monde paysan et la promotion de la jeunesse par la formation et préparer notre Parti aux futurs défis qui se présentent au pays et qui doivent être relevés pour le bonheur des Ivoiriens et repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international ;

-Lançons un appel à la communauté internationale: l’ONU et ses agences très impliquées en Côte d’Ivoire, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les Etats-Unis, la Russie et tous les pays amis et alliés qui continuent de soutenir ce pays, la Côte d’Ivoire, pour demander au gouvernement RHDP au pouvoir:

*La restauration de l'autorité de l'Etat central sur l'ensemble du territoire national en s'appuyant sur l'armée régulière la gendarmerie, et la police et dans le même temps le désarmement de toutes les milices et le démantèlement de tous les trafics organisés par les chefs de guerre dans toutes les régions du pays ;

*La libération de tous les prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire, le retour immédiat et libre de tous les réfugiés Ivoiriens des pays voisins et lointain dans leur pays sans qu’aucun d’entre eux ne soit arbitrairement poursuivi ;

*Plus généralement, la restitution de tous les biens et avoirs aux personnes morales et physiques injustement spoliées.

 

Fait, le 13 juillet 2012

En Côte d’Ivoire, en France, en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis, et au Canada.


SIGNEE:


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Côte d’Ivoire,
Le Coordonnateur: Beugré Jérôme


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en France,
Le Coordonnateur: Kouakou Kouassi Bernard


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suisse,
La Coordonnatrice: Tra Brigitte


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suède,
La Coordonnatrice: Silué Maïlé


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA aux Etats-Unis,
Le Coordonnateur: Essis Mel Antoine


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA au Canada,
Le Coordonnateur: Tia Oulai Ferdinand


AMPLIATION:


- Secrétariat Général du PDCI-RDA

- Secrétariat Général de l’ONU

- Présidence de la Commission Européenne

- Présidence de l'Union Africaine

- Présidence de la Commission de l'Union Africaine

- Présidence de la République Française

- Présidence des Etats-Unis

- Gouvernement du Canada

- Présidence de Russie

- Confédération Helvétique

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 23 juillet 2012

LETTRE DE PROTESTATION CONTRE LA RECEPTION A L'ELYSEE D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

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Balié Topla
2020 Pennsylvania Ave
N.W., Suite 162
Washington, DC 20006
Phone: 202 299 4892
 
 
Washington DC, le 20 juillet 2012
 

Monsieur François Hollande
 
Président de la République Palais de l'Elysée 55, rue du faubourg Saint-honoré 75008 Paris

France
 


Objet: Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara
 


Monsieur le Président,
 

Je viens très respectueusement vous signifier mon mécontentement de ce que vous recevrez bientôt Alassane Dramane Ouattara qui fait office de président de la république de Côte d’Ivoire. Vous avez reçu récemment Monsieur Bongo du Gabon. Des informations glanées çà et là, nous font comprendre que l’Elysée ne serait pas tout à fait étranger à la réception de Guillaume Soro par Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale française. Je suis surpris par la qualité des personnes que vous venez de recevoir ou que vous allez recevoir. Je suis d’autant plus surpris que j’ai écouté ces derniers jours l’interview que vous aviez accordée à Jean Michel Aphatie le 22 décembre 2010 sur RTL :

(http://www.youtube.com/watch?v=Kk5Yg1Ylwyg&feature=player_embedded).
 
Au cours de cette interview, Monsieur le Président, vous vous êtes déclaré « intraitable et implacable depuis 2004 quand vous avez vu ce dont il (Monsieur Laurent Gbagbo) était capable ». A la question du journaliste vous rappelant qu’en 2004, vous aviez déjà dit que Monsieur Gbagbo était infréquentable, vous n’avez pas démenti. Vous aviez déclaré aussi qu’il « fallait être d’une clarté parfaite et totale, sans compromission avec ceux qui utilisent la violence ». En faisant allusion à Monsieur Gbagbo, vous aviez aussi fustigé « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir depuis dix ans ».
 
Vous aviez parlé aussi de dictature et d’escadron de la mort. En vous écoutant, Monsieur le Président, on se rend bien compte de votre haine viscérale pour Monsieur Gbagbo mais aussi de votre parfaite méconnaissance des réalités ivoiriennes et africaines. Sinon, comment comprendre que vous prétendiez vous éloigner de la Françafrique alors que votre premier visiteur est Monsieur Ali Bongo, celui-là même qui a hérité du père. Aujourd’hui les diplomates anciens et nouveaux en poste au Gabon, les services de renseignements français ainsi que certains médias, sont tous unanimes pour dire que les résultats des dernières élections présidentielles gabonaises ont été tout simplement inversés pour permettre à Ali Bongo, ami de la France, de succéder à son défunt père, lui aussi grand ami de la France :

(http://www.dailymotion.com/video/xfo101_francafrique-extrait-1_news#).

Cette vidéo sur la Françafrique corrobore cette thèse.
 
Monsieur le Président, vous refusez d’aller en Ukraine car un premier ministre est injustement emprisonné. En Côte d'ivoire, ce sont deux premiers ministres qui sont en prison, Affi Nguessan et Aké Ngbo. Vous voulez chasser le Président Hassad du pouvoir en Syrie parce qu’il tue son peuple ; en Côte d’Ivoire, on tue, on viole et ceux qui sont au pouvoir actuellement n'ont fait que ça avant, pendant et après les élections. Refuser de recevoir des dictateurs et accueillir Alassane Dramane Ouattara qui emprisonne son opposition, cela est difficile à comprendre. Monsieur le Président, le changement a été le thème central de votre campagne présidentielle. Ce changement, il requiert beaucoup de courage et beaucoup d’humilité. Ce changement, il se fait d’abord sur soi-même, en changeant le prisme par lequel vous voyez les autres et la réalité non pas tels qu’ils sont mais tels que vous voudriez qu’ils soient. Ensuite seulement, Monsieur le Président, vous pourrez prétendre changer la France et le reste du monde.
 
Je vous le concède, Monsieur le Président, que le premier secrétaire du parti socialiste n’avait peut-être pas le même niveau d’information que le Président de la République que vous êtes aujourd’hui. A ce stade de mon propos, permettez-moi de faire trois remarques : la première est qu’il me semble, qu’à vos yeux, la vie d’un Noir ne vaut rien, seule la vie d’un Blanc a de la valeur. Sinon, comment comprendre que depuis 2002, les Ivoiriens meurent par milliers sous les balles de ceux qui sont en passe de devenir vos nouveaux amis et que vous, vous n’avez jamais élevé une quelconque protestation. Mais il a fallu la mort de neufs soldats français pour que vous vous indigniez tout à coup.
 
Monsieur le Président, vous avez une indignation sélective.
 
Deuxième remarque, des informations qui nous parviennent de l’instruction de cette malheureuse affaire de mort de neuf soldats français, il s’avère aujourd’hui que Monsieur Gbagbo soit complètement étranger à cette méprise inqualifiable ayant entrainé mort d’hommes. Troisième remarque, vous vous dites intraitable et implacable en parlant du Président Gbagbo comme s’il était tout simplement votre obligé. Devons-nous comprendre que, dans les relations entre la France et l’Afrique, même le premier secrétaire du parti socialiste est toujours supérieur à un chef d’état africain?
 
Monsieur le Président, vous fustigiez ceux qui utilisent la violence alors que vous recevez Guillaume Soro, chef rebelle et chef de guerre, qui est susceptible de poursuites devant le Tribunal Pénal International. Vous fustigiez la violence alors que vous vous apprêteriez à recevoir Alassane Dramane Ouattara, père et seul bénéficiaire des coups d’état et rébellion qui ont eu cours en Côte d’Ivoire depuis 1999.
 
Monsieur le Président, vous fustigiez aussi « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir », allusion claire à Monsieur Gbagbo. Ce jugement définitif est aussi une autre preuve de votre méconnaissance profonde du dossier ivoirien. Au cas où cela vous aurait échappé, la Côte d’Ivoire est un pays souverain, dont la vie politique est rythmée, en principe, par les textes dont le peuple ivoirien s’est librement doté. Une des dispositions de la loi fondamentale ivoirienne stipule qu’aucune élection ne peut se tenir dans le pays si tout ou partie du territoire national est occupé. Et le Président Gbagbo a fait suffisamment de concessions pour que les rebelles déposent les armes mais c’était sans compter avec leur agenda secret et l’hypocrisie de la Communauté Internationale qui exigeait au Président Gbagbo d’organiser des élections sans jamais demander aux rebelles de désarmer.
 
Monsieur le Président, comment pouvez-vous déclarer Monsieur Gbagbo infréquentable, alors même que vous déroulez le tapis rouge aux pires crapules de la région ; faire recevoir Monsieur Soro Guillaume par le président de l’Assemblée Nationale française. Vous a-t-il fait parvenir par le canal de Monsieur Bartolone un exemplaire de son livre intitulé « pourquoi je suis devenu rebelle » ? Cela vous aurait certainement permis de mieux connaitre le personnage. Ayant à peine fini sa deuxième année d’université, Soro Guillaume est le chef de la rébellion qui ensanglante la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
 
Monsieur le Président, au moment où la justice française lance un mandat d’arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang pour biens mal acquis, vous recevez à l’Elysée Monsieur Bongo du Gabon. Il ne vous aura pas échappé non plus que le système Françafrique des valises d’argent vers l’Hexagone, c’est le Gabon. Pourquoi y a-t-il ceux que vous déclarez infréquentables à vie et ceux que vous tolérez?
 
Monsieur le Président, celui que vous ne devriez pas fréquenter, c’est celui-là même à qui vous vous apprêteriez à ouvrir vos portes ce 26 juillet selon l’information dont nous disposons. J’espère seulement pour vous, Monsieur le Président, qu’une fois votre entretien terminé, vous prendrez bien soin de publier un communiqué de presse de sorte à annoncer clairement ce qui aura été dit et ce qui ne l’aura pas été pour éviter toute affabulation d’après visite car votre prochain invité est menteur, manipulateur et tricheur.
 
Pour vous présenter Alassane Dramane Ouattara, je vais recourir à un premier document que je vous joindrai en annexe de mon courrier (document 1). C’est le discours prononcé par l’ancien Président Bédié pour justifier le mandat d’arrêt qu’il avait lancé contre Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui, pour nationalité douteuse. Ceci expliquant cela, Alassane Dramane Ouattara s’est résolu à recourir aux coups de force pour arriver à ses fins : la Côte d’Ivoire connait son premier coup d’état en 1999, s’ensuivent trois tentatives et le coup d’état du 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion sanglante. Nous tenons de Koné Zakaria, chef de guerre et commandant de la zone de Bouaké la révélation qu’Alassane Ouattara est bien le père de la rébellion en Côte d’Ivoire.
 
(http://www.youtube.com/watch?v=ZxZ6CURaqs4&feature=player_embedded#!).

Dans cette vidéo réalisée lors d’un meeting qu’il tenait dans le nord du pays sous contrôle de la rébellion, Koné Zakaria demande aux populations de soutenir le MPCI non pas pour sa personne à lui, ni pour la personne de IB, mais bien pour Alassane Dramane Ouattara.qui leur a acheté les armes et qui, durant leur préparation au Burkina Faso, leur a fourni sacs de riz et 25 millions de francs par mois. Dans cette même vidéo, Koné Zakaria confesse aussi qu’il était chargé de recruter les gendarmes pour le compte de la rébellion. Cette débauche d’énergie lui vaut aujourd’hui d’être nommé directeur de la police militaire, bien qu’illettré. On comprend dès lors pourquoi la violence et l’insécurité ne baissent pas en Côte d’Ivoire, car ceux qui sont censés les combattre et protéger les personnes ne s’accommodent que très peu de subtilités en matière de droits de l’homme et des libertés publiques, parce qu’ils n’ont reçu aucune formation adéquate. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant de notre compatriote, Monsieur Dominique Paillé, dont les bras du fils d’un proche ont été coupés.
 
(http://www.wat.tv/video/dominique-paille-fils-mes-3lfhr_2hpbt_.html).

Dans son témoignage, Monsieur Paillé cite nommément les FRCI d’Alassane Dramane Ouattara et se pose à haute voix la question de savoir si la France avait fait le bon Choix en soutenant Alassane Dramane Ouattara. Tout cela se passe de commentaires.
 
1/ En effet, Alassane Dramane Ouattara n’a pas gagné les élections en Côte d’Ivoire, c’est le soutien de la France qui lui vaut d’occuper le fauteuil présidentiel ivoirien. Grace à l’intervention personnelle de Monsieur Sarkozy, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis conduisent Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale Indépendante au quartier général du candidat Alassane Dramane Ouattara pour y annoncer des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire devant la presse internationale, alors que, depuis minuit la veille, cette Commission Electorale Indépendante que dirigeait Monsieur Youssouf Bakayoko était forclose pour n’avoir pas été capable de donner les résultats dans le délai de trois jours qui lui était imparti, voire vidéo témoignage de France 24 .
 
(http://www.youtube.com/watch?v=w3SJ0O-0EsQ&feature=relmfu).
 
2/ Les manipulations d’Alassane Dramane Ouattara qui ont conduit à l’intervention militaire de la communauté internationale. Alassane Dramane Ouattara est un tricheur et un menteur. La seule chose qu’il a trouvée à faire a été de créer l’émotion populaire qui oblige la Communauté Internationale, au nom de la protection des civils, à intervenir militairement en Côte d’Ivoire. La première étape de son plan diabolique se déroule via son journal de propagande « le Patriote » qui barrait sa Une avec l’image d’un homme en feu. La légende qui accompagnait cette scène affreuse disait que c’est Laurent Gbagbo qui brûlait ses opposants (Document3 page 1). Quelques semaines plus tard cette même photo était brandie sur France 24 (Document3 page 2), l’indignation populaire était immédiate. On apprendra plus tard que la scène de l’homme en feu a effectivement eu lieu, mais en Afrique du Sud avec l’intervention de policiers blancs pour sauver la victime (Document3 pages 3-6). Le deuxième élément de cette mise en scène macabre, c’est le cas des femmes tuées d’Abobo, qui auraient été victimes des armes lourdes du Président Gbagbo. Le livre-enquête de Leslie Varenne tend aujourd’hui à prouver le contraire (document 2). Toujours est-il que les mensonges d’Alassane Dramane Ouattara ont suscité l’entrée en guerre de la Communauté Internationale en Côte d’Ivoire pour, selon elle, détruire les armes lourdes du Président Gbagbo, alors même que cette même Communauté Internationale continuait à armer, entrainer et à transporter les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara. Témoignage d’Odile Tobner, présidente de l’association Survie :
 
(http://www.youtube.com/watch?v=hB0_ZXe9bbw).

Bien sûr, tous ces montages réalisés par les officines d’Alassane Dramane Ouattara ont été diffusés largement par les médias européens, ce qui a tout naturellement faussé la perception de la crise ivoirienne au sein de la société française.
 
3/Politique de discrimination et de «rattrapage». Depuis qu’Alassane Dramane Ouattara fait office de président en Côte d’Ivoire, il n’a cessé de discriminer les Ivoiriens. Interrogé à Paris par la presse, il expliquera lui-même cette politique de discrimination qu’il appelle d’ailleurs « politique de rattrapage ».
 
Au nom de ce rattrapage, tout le monde est licencié de l’Hôtel Ivoire, de la Sotra (Société des Transports Abidjanais) ou même de la Télévision Ivoirienne et j’en passe, et tout cela serait pour des raisons économiques. Mais après ces vagues de renvois, ces mêmes entreprises enregistrent immédiatement de nouveaux entrants. Au nom de cette politique de rattrapage, toutes les hautes fonctions dans l’administration sont occupées par des hommes et des femmes aux patronymes du Nord du pays (voire document 4)
 
4/ Une politique de terreur. Alassane Dramane Ouattara gouverne par la peur et la terreur. Il a lâché ses dozos et autres repris de justice à travers tout le pays. Que ceux qui veulent plaider la thèse de bandes incontrôlées comprennent que les rôles sont astucieusement partagés. Aux bandes armées de tétaniser et de maintenir les populations dans la peur et à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour cultiver sa respectabilité. Et puis comment feraient-elles autrement ces bandes armées ?
 
Ces bons petits soldats qu’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais payés, et qui ont gardé leurs kalachnikovs dont ils se servent cambrioler et tuer. La nuit venue, certains d’entre ces soldats s’érigent en chefs de gangs. Mais ils tuent surtout les populations qu’ils pensent être favorables au Président Gbagbo.
 
L’arrestation du personnel de la présidence, des dignitaires du régime du Président Gbagbo, la justice-vengeance en quelque sorte (document 3 pages 7-15)
 
Pourquoi les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara se gêneraient-ils, ils ont les soldats français avec eux. Ces soldats, au lieu de protéger les victimes, ils sympathisaient plutôt avec les bourreaux (document 3 page16)
 
Que sont-ils devenus tous ces jeunes arrêtés par les milices d’Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 17-42)
 
Le rodéo meurtrier, la terreur dans la ville, des véhicules passant sur des êtres vivants, grand spectacle en plein jour (document 3 pages 43-49)
 
Tortures et exécutions sommaires sont monnaie courante sous Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 50-54)
 
Scènes de désolation au quotidien (document 3 page 55)
 
Tout cela ne se fait pas au hasard, on prend quand même soin de vérifier les pièces d’identité pour voir qui est-ce qu’on arrête. Ailleurs, on appelle cela «épuration ethnique» (document 3 pages 56-57), mais en Côte d’Ivoire, qui s’en préoccupe ; les Ivoiriens sont bien livrés à leur propre sort. Les biens pensants de ce monde sélectionnent les sujets pour lesquels ils veulent bien s’indigner.

5/Les soldats Burkinabés ayant combattu pour Alassane Dramane Ouattara occupent aujourd’hui les terres de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ayant chassé les propriétaires Wê de leurs villages, les miliciens d’Alassane Dramane Ouattara exploitent leurs plantations, kalachnikovs en bandoulière (document 3 pages 58-61). Cette partie de la Côte d’Ivoire est devenue une colonie de peuplement pour les civils Burkinabés qui viennent occuper non seulement les plantations mais aussi les forêts classées, voir documentaire de TV5 Afrique :

(http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw).

Par ailleurs, règne sur cette partie du pays, Amadé Ouremi, un chef de guerre d’origine Burkinabé contre qui existent hélas une multitude de rapports de l’ONU, mais ce dernier continue de bénéficier de la protection d’Alassane Dramane Ouattara et de ses soutiens internationaux. Tous ces seigneurs de guerre bénéficient d’une impunité totale. Saviez-vous, Monsieur le Président, que les détenus de Korhogo, dans le nord du pays, sont tous aux mains du chef rebelle Fofié Kouakou, lui-même sous sanctions des Nations Unies ? Telle est la démocratie selon Alassane Dramane Ouattara. Saviez-vous que les chefs de guerre qui détiennent les pro-Gbagbo à Katiola ne sont même pas répertoriés dans l’armée d’Alassane Dramane Ouattara ?
 
Monsieur le Président, au lieu d’accabler Monsieur Gbagbo, et si organiser des élections présidentielles en Cote d’Ivoire était aussi vital pour votre propre survie, pourquoi n’avez-vous pas aidé à libérer le pays et alors le terrain aurait été plus propice à des élections sécurisées et transparentes. Se montrer intraitable, implacable, comme vous le dites, devant une victime déjà éprouvée par une rébellion injuste, c’est se donner bonne conscience à moindre frais. Le courage aurait voulu, Monsieur le Président, que vous affrontiez plutôt ceux qui sont indûment en armes et qui empêchent un retour à une vie politique normale. Monsieur Gbagbo n’a jamais refusé d’aller à des élections. La démocratie et le multipartisme se confondent en Côte d’Ivoire avec la personne de Monsieur Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien. Vous ne le saviez peut être pas, mais les Ivoiriens lui en savent gré de son combat pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire. Il se définit souvent lui même comme un enfant des élections. En effet, le Président Gbagbo a passé 30 années de sa vie comme opposant politique. Il a connu plusieurs fois la prison et l’exil sous Houphouët Boigny. Laurent Gbagbo a échappé à un attentat le 18 février 1992 avant de connaitre à nouveau la prison, cette fois avec son épouse et son fils quand Alassane Dramane Ouattara était Premier Ministre Malgré toutes ces brimades qui ont jalonné la politique de Monsieur Gbagbo, il n’a jamais prôné la violence comme mode d’accession au pouvoir d’Etat. Il a au contraire rédigé un programme de gouvernement, et sollicité le suffrage de ses concitoyens. Quand Laurent Gbagbo est élu pour la première fois en 2000, à l’issue d’une élection qu’il n’a pas organisée, son premier geste a été de nommer un cadre du PDCI comme directeur de cabinet.
 
Ensuite, il a convoqué un forum national de réconciliation avant de mettre en place un gouvernement de large union.
 
Monsieur le Président, Laurent Gbagbo est tout sauf un dictateur. Quand il accède au pouvoir, Monsieur Bédié était déjà en exil en France suite au coup d’état qui a emporté son régime en décembre 1999.
 
Quant à Alassane Dramane Ouattara contre qui courait un mandat d’arrêt international lancé contre lui par Monsieur Bédié pour nationalité douteuse, il était aussi en exil en France. Monsieur Laurent Gbagbo a pris sur lui d’abroger ce mandat d’arrêt contre Alassane Dramane Ouattara et de le faire revenir au pays. Ensuite Monsieur Bédié et Alassane Dramane Ouattara ont été rétablis dans leur traitement d’ancien Président de la République et d’ancien Premier Ministre.
 
Président, Monsieur Laurent Gbagbo a institué les conseils généraux non seulement pour partager la richesse nationale entre l’Etat et les collectivités locales mais aussi et surtout pour rapprocher l’administration des administrés. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, le parlement a voté une loi de financement des partis politiques sur fonds publics. Il convient de signaler ici que même le parti d’Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas représenté au parlement a pu bénéficier de ce financement. Par ailleurs, sous le Président Laurent Gbagbo, aucun journaliste n’a été mis en prison pour délit de presse. Non seulement, le Président Gbagbo a abrogé le délit de presse, mais il a aussi et surtout doté le Fonds de Soutien à la Presse de moyens conséquents : 1.6 milliards en 2009 et 1.9 en 2010. Mais les deux mesures phares de la présidence de Monsieur Gbagbo auront été l’instauration de l’école gratuite et l’assurance maladie universelle.
 
Monsieur Gbagbo infréquentable, quelle méprise, quelle mauvaise foi ! En Côte d’Ivoire, c’est Monsieur Ouattara, alors Premier Ministre qui a institué la carte de séjour pour les étrangers. En Côte d’Ivoire, c’est le PDCI de Monsieur Bédié qui a inventé le concept d’ivoirité, concept très éloigné de la tradition humaniste de Monsieur Gbagbo. C’est d’ailleurs Monsieur Gbagbo qui, en 2010, a abrogé la carte de séjour imposée aux étrangers.
 
Monsieur le Président, Monsieur Gbagbo n’a pas tué les militaires français de Bouaké, du moins ce sont les rumeurs qui nous parviennent du côté de l’instruction de ce dossier à Paris. Le Président Gbagbo n’est pas non plus à l’origine de la disparition de Monsieur Kieffer. Sinon, Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, qu’une année après le départ de Monsieur Gbagbo du pouvoir, cette affaire ne soit toujours pas élucidée, comme si soudain plus personne n’y avait intérêt. Selon nos informations, il existerait des indices sérieux et concordants qui mèneraient vers le camp d’Alassane Dramane Ouattara dans la disparition de Monsieur Kieffer. Par ailleurs, les mots charniers et escadrons de la mort ne sont pas des réalités ivoiriennes, ce sont des inventions d’Alassane Dramane Ouattara, ce ne sont pas des concepts connus en Côte d’Ivoires avant qu’il ne les popularise. Il a toujours une longueur d’avance en matière de manipulation de l’opinion.
 
C’est pourquoi, Monsieur le Président, mon indignation est grande quant à la visite officielle d’Alassane Dramane Ouattara en France. Pendant votre campagne présidentielle, vous aviez dit que vous ne porteriez pas un chef d’état africain à bout de bras. De quoi allez-vous donc parler avec quelqu’un dont les Ivoiriens ne veulent même pas ? Sa dernière élection législative n’a rassemblé que 13% de la population? Voulez-vous parler de coopération militaire ? Voulez-vous donner quelques armes et munitions à ces bandes armées qui n’en font pas toujours bon usage.
 
Le changement, est-il toujours maintenant?
 
 
Je vous remercie.
 
 
Balié TOPLA, DBA
 
Executive Director
Cote d’Ivoire Coalition, Inc.
Washington DC



A télécharger:


Les annexes

PROCHAINE VISITE DE OUATTARA EN FRANCE - LE PARTI DE MELENCHON MONTE AU CRENEAU

 

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Dans un texte au vitriol, Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon, rappelle à François Hollande les problèmes de fond d’une Côte d’Ivoire où la démocratie est piétinée et où la vie chère écrase le bas peuple. Alors que l’actuel maître d’Abidjan se prépare à faire une visite (tardive) sur les bords de Seine. Il a diffusé son texte avant que le dernier massacre perpétré au sein du camp des déplacés de Nahibly (Duékoué) ne jette une lumière crue sur la nature du régime qui domine actuellement sur les Ivoiriens.

"La situation en Côte d’Ivoire se caractérise actuellement par l’absence de respect des règles démocratiques en particulier par l’empêchement de toute expression véritable de l’opposition, mais aussi  par une insécurité générant la peur dans la population. S’ajoutent à cela la vie chère, le manque de monnaie métallique en circulation, des banques prédatrices, une question foncière qui s’aggrave avec l’arrivée de nouveaux occupants, des salaires impayés.  Nicolas Sarkozy avait accueilli  avec un faste déplacé son ami Alassane Ouattara à Paris pour célébrer la «réconciliation» des deux pays. En fait, pour sauver les liens néo-coloniaux : perpétuation de la présence militaire française à Abidjan, contrats importants pour les entreprises françaises, soutien diplomatique réciproque. François Hollande s’apprête à recevoir Alassane Ouattara prochainement et le Parti de Gauche souhaite rappeler à cette occasion au gouvernement français les vraies priorités qui devraient être les siennes vis-à-vis du peuple ivoirien :  cesser son interventionnisme militaire, donner une suite favorable à la demande de  commission d’enquête parlementaire sur les interventions militaires françaises dans la crise ivoirienne, se préoccuper de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, aider au retour des personnes déplacées ou exilées et garantir leur sécurité, engager la Cour Pénale Internationale à juger équitablement les deux camps. C’est à la réconciliation entre les Ivoiriens que doit chercher à contribuer le gouvernement français,  en demandant la libération des prisonniers politiques emprisonnés sans jugement,  en demandant la formation d’un gouvernement plus équilibré sur les plans politique et ethnique et la réintégration des fonctionnaires et forces de l’ordre mis à l’écart pour des raisons politiques. Mais l’exigence première doit être celle du respect des libertés publiques et politiques, de la liberté d’expression, du soutien aux  efforts de la société civile ivoirienne pour occuper la place qui lui revient, de façon à ce que soient créées les conditions d’un vrai dialogue entre l’ensemble des protagonistes".
 


Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon


mercredi, 18 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE CHEF DE L’ETAT IVOIRIEN, N’A PAS D’ARMEE

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Commençons notre chronique de ce jour par une scène très récente, assez cocasse, si ce n’est rocambolesque et, au final, effrayante pour l’histoire future de notre peuple. Dans un district de police bien connu de notre pays, un attroupement d’agents de police de service, comme on le voit tous les jours dans nos commissariats et camps militaires. Ils s’adonnent à la lecture de journaux pour être au fait de l’actualité ivoirienne. Chose curieuse – et peut-être finalement, normale – tous les quotidiens entre leurs mains étaient des journaux bleus (journaux éditorialement proches du camp Gbagbo). Le fait même pour eux de ne plus s’en cacher dénote désormais et assurément d’un nouvel état d’esprit, différent de la hantise, des peurs-paniques et de la discrétion de rigueur, au lendemain du dénouement sanglant de la crise ivoirienne d’avril 2011.

En clair, ces policiers se considèrent encore et toujours comme des FDS (et c'est la faute à Ouattara) et non comme des soldats FRCI, l’armée ouattarandienne faite de supplétifs, de dozos (chasseurs traditionnels incultes) et de miliciens créée le 17 mars 2011, depuis la prison volontaire et dorée de l’Hôtel du Golf, par ordonnance d’Alassane Ouattara, et qui a été à l’origine de l’effroyable massacre de Duékoué qui a fait des milliers de morts. Massacre que nous attestent encore de récentes vidéos sur le Net montrant le contingent marocain de l’ONUCI jeter sans égard aucun, le 1er avril 2011, des corps de victimes de l’épuration ethnique FRCI. Pourrait-il encore exister un quidam, sur la terre d’Eburnie et par-delà les mers, pour nier le génocide des Wê, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les 29 et 30 mars 2011, par les milices de Ouattara ?

Comme on peut le constater, il n’y a pas eu osmose entre les FDS, l’armée républicaine sous Gbagbo et les FRCI, l’armée putschiste d’Alassane Ouattara. Et il ne peut en être autrement. D’ailleurs, Ouattara ne considère pas les FDS comme son armée et se méfie d’eux comme de la peste. Pour preuve, les ex-FDS ne sont autorisés, jusqu’à ce jour, à ne détenir aucune dotation d’armes. A contrario, les FRCI, jusque dans nos villages et campements, exhibent encore des armes de guerre et en font usage sans aucune éthique militaire, notamment contre d’innocentes populations civiles, de tous les bords y compris les leurs, depuis maintenant plus d’une année. Mieux, ces armes ont été utilisées et retrouvées dans nombre de braquages, de cambriolages et d’attaques à main armée qui ont endeuillé familles et entreprises dans notre pays, ces quinze derniers mois.

A la vérité, tant que le gouvernant actuel de la Côte d’Ivoire continuera de traquer d’honnêtes ivoiriens civils et militaires (en qui ces ex-FDS se reconnaissent) jusque dans leur exil parce que proches du président Laurent Gbagbo, tant que nos concitoyens de l’Ouest seront spoliés de leurs terres ancestrales et tués par de nouveaux colons burkinabé armés et arrogants, protégés par le seigneur de guerre burkinabé Amadé Ouérémi et son âme damnée Issiaka Tiendrébéogo, tant que prévaudra la « justice de vainqueurs », tant que les droits de l’homme seront rélégués au rang de vœux pieux en Côte d’Ivoire, au vu et au su d’ONG internationales complices et de la communauté dite internationale et que les Ivoiriens continueront à croupir injustement dans les geôles, goulags et autres camps de concentration et de torture de Ouattara, tant que la jubilation sera de mise en lieu et place de la compassion naturelle et de l’humilité, tant qu’aucune véritable volonté de réconciliation (dont Ouattara sera d’ailleurs le plus grand bénéficiaire) ne sera affichée par les tenants actuels du pouvoir par l’élargissement de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires et l’arrêt des arrestations arbitraires, aucune chance que cette osmose ait lieu.

Pourquoi ?, pourrait-on s’interroger. Pour la simple et bonne raison que l’armée n’est en réalité que le reflet intégral du peuple et de la société. La rupture politique, sociale et sociologique qui s’est produite en Côte d’Ivoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara a déteint et s’est gravement répercutée sur nos corps militaires, de sorte que l’armée ivoirienne actuelle n’est qu’une piètre juxtaposition de deux forces ex-bélligérantes : les FDS et les FRCI. Le dire n’est pas un appel à la sédition mais un juste compte-rendu de la réalité et du vécu des Ivoiriens, depuis maintenant quinze mois. Le nier relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.

Pire, les FRCI ne peuvent honnêtement être considérées comme l’armée d’Alassane Ouattara. Sinon, comment comprendre qu’il n’ait aucune confiance en elle, au point que le premier carré de sa garde rapprochée soit exclusivement et uniquement constitué de soldats burkinabé, commandos militaires du camp de Pô, au Burkina Faso, mis à sa disposition par son homologue et « compatriote » Blaise Compaoré ? Comment expliquer ensuite que le second carré de sa protection rapprochée soit assuré par des unités spéciales françaises et par les casques bleus de l’ONUCI ? Qu’en est-il de la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Ou faudra-t-il considérer qu’elle n’en a plus, depuis l’avènement du régime RHDP ?

Alassane Ouattara refuse de s’en remettre pour sa sécurité et pour sa vie à « son armée ». En réalité, il n’a pas tort. Cette armée-là répond non pas d’un seul et unique chef suprême comme dans toute république digne de ce nom mais de plusieurs chefs et seigneurs de guerre, à la tête desquels le désormais Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Soro Kigbafori Guillaume. Tout ce beau monde, au-delà des sourires convenus, se regarde en chien de faïence et entretient l’équilibre de la terreur, en attendant qu’à la fin de ce jeu de dupes le plus fin, le plus rusé et le plus machiavélique de la fratrie prenne le dessus sur tous les autres et les mette à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI). Juste une question de temps.

Qu’Alassane Ouattara arrête donc de se mentir à lui-même, aux Ivoiriens et au monde entier en feignant de maîtriser son monde. Il ne maîtrise strictement rien. Il n’a pas d’armée, il ne doit sa survie qu’aux forces étrangères, toutes bannières confondues, auxquelles ces proches et lui vouent une confiance idolâtre. Mais aussi puissantes fussent-elles, pourraient-elles résister à une désagrégation générale et au sursaut d’un peuple digne en quête de liberté ? Ce que le Vietnam a été pour l’armée américaine devrait nous instruire.

Oui, c’est certain, Ouattara n’a pas d’armée. En tout cas, aucune qui puisse se réclamer nationale, républicaine et loyale. Fait rare dans l’histoire des pays dits démocratiques. Pour tout dire, Alassane Ouattara gouverne sur le cratère d’un volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment. Jusqu’à quand tiendra-t-il cet équilibre précaire ? Qui vivra, verra ! Au reste, de notre humble avis, il devrait commencer plus résolument que jamais à penser à réconcilier les Ivoiriens et ne pas se réfugier derrière des armées étrangères, fussent-elles celles du Nouvel ordre mondial. Il en est encore temps.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

samedi, 14 juillet 2012

CRISE SYRIENNE: FRANÇOIS HOLLANDE, LE PANTIN AMERICAIN, PASSE EN TRAVERS

 

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Thierry Meyssan sur l’agression de la Syrie et la diplomatie de François Hollande

 

Dans une interview pour la radio La voix de la Russie que nous reproduisons dans nos colonnes, Thierry Meyssan revient sur les développements récents de l’opération de déstabilisation de la Syrie et la position du nouveau gouvernement français.

Dans la continuité de l’ère Juppé-Levy-Kouchner, le Quai d’Orsay s’obstine jusqu’à présent à prendre la communication de guerre pour la réalité. Alors que la France ne brille que lorsqu’elle sait jouer de l’équilibre entre les grandes puissances, elle se prive de toute marge de manœuvre en s’enferrant dans un parti-pris à courte vue.


La Voix de la Russie. Monsieur Meyssan, merci d’être avec nous sur les ondes de la Voix de la Russie. Vous êtes au cœur de l’actualité proche-orientale. Vous voyez les choses évoluer au jour le jour et pouvez témoigner de la situation à Damas. Que pensez-vous de la mise en pratique du plan de Kofi Annan qui, d’après vous, a largement puisé dans l’initiative d’un Serge Lavrov, chef du Quai d’Orsay russe ?

Thierry Meyssan. Le plan Kofi Annan est la reprise du plan Lavrov. On a juste modifié une clause qui concerne le statut de la presse. Et c’était une bonne manière de faire puisque M. Lavrov avait réussi à trouver un accord avec la Ligue arabe. Donc cela pouvait paraître une plateforme de discussion correcte. Cependant au moment même où Monsieur Lavrov avait négocié cela avec la Ligue arabe, le président de séance de la Ligue à ce moment-là, c’est-à-dire le représentant qatari avait donné une conférence de presse, quelques minutes après celle de M. Lavrov en tenant des propos en totale contradiction avec le contenu du plan. Et aujourd’hui on est toujours dans la même situation, c’est-à-dire que tout le monde se réclame du plan Lavrov, maintenant du plan Annan, mais certaines parties au conflit s’expriment d’une manière qui ne laisse aucun doute sur leur refus de l’appliquer. Parce que les bases de cette idée, du plan de paix, est que tout le monde doit cesser le feu de manière unilatérale. On ne doit pas attendre que les autres fassent une démarche et descendre progressivement. Chacun doit s’arrêter de tirer. Or, l’armée syrienne a fait des efforts considérables, s’est retirée des grandes villes malgré les protestations des gens, des manifestations – non pas contre l’armée mais des manifestations pour l’armée ; des gens réclamant la protection militaire face aux groupes des mercenaires. Et puis en face il n’y a pas du tout d’arrêt, les actions commandos continuent. Il y a beaucoup d’actions ciblées soit pour détruire l’infrastructure, soit assassiner des responsables de l’État ou des personnes qui ont manifesté leur soutien au pays.

Est-ce que d’après vous, il subsiste ne serait-ce qu’une infime chance de pacification de la Syrie ?

Oui ! La chance, elle est toute simple ! Si les armes et l’argent arrêtaient d’arriver de l’étranger… Si on arrêtait d’envoyer des mercenaires… Il y a constamment des mercenaires qui franchissent la frontière avec la Turquie comme l’a souligné le représentant russe au Conseil de Sécurité. On a transféré des combattants qui étaient en Libye vers la Turquie en utilisant d’ailleurs les moyens des Nations Unies. On a installé un camp de prétendus réfugiés qui est en fait une base arrière de cette pseudo-armée syrienne libre. Et puis constamment ces gens franchissent la frontière et viennent pour commettre des crimes sur le territoire syrien. Donc si on arrêtait ce soutien extérieur aux bandes armées, il ne resterait plus rien ! Après on va se retrouver dans une situation normale avec un gouvernement qui est largement majoritaire, une opposition qui existe, qui a les moyens de s’exprimer, qui fait sont travail d’opposition, qui propose des nouvelles choses, etc. Il y aurait un débat démocratique comme cela existe dans de nombreux pays. Là quand se réunit maintenant le groupe de contact initié par la Russie, la question est : est-ce que les États-Unis qui sont la puissance titulaire à la fois de l’Occident et du Conseil de Coopération du Golfe, est-ce que les États-Unis vont demander leurs alliés d’arrêter ce jeu en sous-main ? Ou est-ce qu’ils vont au contraire continuer à les encourager à jeter de l’huile sur le feu?

Une autre question, cette fois-ci beaucoup plus délicate, plusieurs de nos confrères, journalistes d’une télévision locale, ont été sauvagement assassinés par la prétendue Armée libre syrienne soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Croyez-vous qu’on s’attaque à la presse pour créer un blocus médiatique, pour priver les citoyens des pays occidentaux et arabes de toute information véridique ? Quels ont été les mobiles de ces criminels ?

Je pense qu’il y a deux éléments qui vont ensemble. D’une part, au cours des vingt dernières années, nous avons vu les mêmes scènes se reproduire successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Il y a des puissances qui systématiquement détruisent les médias des pays qu’ils attaquent. Et c’est simple. Il y a constamment derrière cela les États-Unis et l’OTAN. Personne d‘autre ne se comporte comme ça dans le monde. Il n’y a pas de plus grand ennemi de la liberté d’expression que les États-Unis et l’OTAN. Quoi qu’on en dise, ce sont les faits qui le montrent.

Deuxièmement, il était prévu dans le cas particulier de la Syrie une immense campagne en décrochant des satellites les canaux syriens et en leur substituant des canaux qui étaient des programmes qui ont été fabriqués par la CIA qui a créé plusieurs chaînes satellitaires au cours des derniers mois. Donc l’idée c’était qu’on allait diffuser des images fictionnelles tournées dans les studios, des images de synthèse pour faire croire à l’effondrement de l’État syrien et pour que les gens en Syrie quand ils avaient branché leur télévision, au lieu de voir leur chaîne habituelle, ils auraient vu autre chose avec de fausses images. Et ils auraient pensé – « Voilà ! C’est trop tard ! Il faut se résigner, la patrie est perdue, elle est occupée par des forces étrangères. »

Eh bien ça, ça n’a pas été possible parce qu’il y a eu d’abord une mobilisation incroyable dans le monde entier. Il y a des dizaines de très grands journaux qui ont consacré des pages entières à ce sujet. Il y a eu des centaines de sites internet qui ont véhiculé tous les détails de cette opération. Finalement NileSat avait refusé d’enlever les chaînes syriennes de son satellite. La Ligue arabe a été forcée de reculer avec ArabSat. Les Syriens ont installé sur de nouveaux satellites leur télévision. Enfin ils ont saisi le Conseil de Sécurité avec une lettre très importante sur ce sujet. Et surtout M. Lavrov a inscrit comme point numéro un à l’ordre du jour de la réunion du groupe de contact l’arrêt immédiat de la guerre médiatique contre la Syrie.

Alors l’OTAN s’est vengée comme ça. Ils ont envoyé un commando. Cette télévision était installée à une quinzaine de kilomètres à la sortie de Damas, à la campagne, en fait. C’était un lieu pas du tout défendu. Le commando était arrivé – des gens avec des systèmes de visée nocturne, avec tout ce qu’il faut. Ils ont tué les gardiens. Il y avait juste 4 gardiens. Ils sont rentrés. Ils ont arrêté 3 présentateurs qu’ils ont ligotés et qu’ils ont exécutés sur place. Et puis après ça ils ont mis le feu. Ils ont fait tout sauter. Maintenant il ne reste que des gravas à cet endroit-là. Il y a juste un bâtiment qui est encore debout.

Encore une fois ce n’est pas nouveau. Les États-Unis et l’OTAN font ça partout depuis 20 ans. C’est quelque chose d’incroyable. Parce que ce sont les mêmes personnes qui pratiquent ces actes barbares et qui dans les organisations internationales se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression ! C’est le monde à l’envers ! La réalité nous dit l’inverse de leurs paroles ! Et pour nous, journalistes, ceci devient impossible à vivre. C’est bien clair. Si toute personne qui veut s’opposer à cet impérialisme et qui se retrouve dans un pays qui n’a pas les moyens importants pour se défendre est désormais en danger.

Et qu’en est-il de la position de la France par rapport à la Syrie. On voit François Hollande louvoyer à tous les vents et zigzaguer sans cesse comme s’il ne savait à quel saint se vouer… Qu’est-ce que vous en dites ?

Comme vous dites : François Hollande zigzague et louvoie. C’est-à-dire qu’il ne sait pas quelle est sa politique ; Il essaie de suivre son mouvement. Il se rend bien compte que la position officielle sur la Syrie n’est pas tenable. Mais en même temps il n’est pas capable d’en dégager une autre. Il n’est pas capable de ça parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre. Il accepte que la France continue comme au cours du mandat de Nicolas Sarkozy à être le suiveur des États-Unis. Comment pourrait-il énoncer une nouvelle politique dans ces conditions ? Il a à côté de lui l’administration du Quai d’Orsay, les diplomates français qui ne cessent de lui répéter que nous commettons une erreur très grave avec la Syrie. Que normalement la France et la Syrie devraient être alliés comme c’était le cas dans le passé. La France a été la puissance mandataire pendant l’entre-deux-guerres ici. Il y a une incapacité à s’adapter.

Cette incapacité, elle s’est exprimée clairement lors de la première rencontre de François Hollande et de Vladimir Poutine à Élysée. C’était quelque chose d’un peu grotesque en fait ! Les deux Chefs d’État ont fait une liste de sujets à aborder dont la Syrie qui occupait une grande part de la discussion. Et ils n’ont trouvé aucun point d’accord. C’est honteux ! Aucun point d’accord ! Pourquoi ? Parce que sur chaque sujet Vladimir Poutine exprimait les demandes de la Russie en les argumentant. Nous voulons ceci parce que cela… Et il donne ses arguments. Et en face il y avait un François Hollande qui lui répondait : « Nous pensons que… » Sans arguments... ! C’est-à-dire il n’y a rien à négocier. C’est juste l’affrontement d’un point de vue borné en face d’une position ouverte. Et quand on a abordé plus précisément la question syrienne, ceci est devenu encore plus ridicule ! Puisque le Président français a évoqué seize mille morts dont serait responsable le gouvernement, etc. Le Président Poutine lui demanda : « Mais d’où tenez-vous ces chiffres ? De l’Observatoire syrien des droits de l’homme ? Mais nous avons envoyé notre ambassadeur à Londres. Il a vu ces gens –là : c’est un marchand de kebab avec une petite échoppe. C’est ça la source des renseignements français ? La Russie pendant ce temps, nous avons cent mille Russes qui sont déployés sur l’ensemble du territoire syrien ! Rien ne nous échappe ! Nous pouvons tout vérifier ! Et nous pouvons vous affirmer évidemment que ce que raconte ce marchand de kebab à Londres n’a aucune valeur ! ».


Source: VOLTAIRENET

jeudi, 12 juillet 2012

LA REUNION DU 6 JUILLET A PARIS DES « AMIS DE LA SYRIE »: UNE AUTRE AUDACE DE L’IMPERIALISME INSATIABLE DES OCCIDENTAUX

 

côte d'ivoire,la reunion ce 6 juillet a paris des « amis de la syrie »,une autre audace de l’imperialisme insatiable des occidentaux

Les participants à la troisième réunion des Amis du peuple syrien, lors du discours de François Hollande, vendredi, à Paris, au ministère des Affaires étrangères. Crédits photo: FRANCOIS BOUCHON/FRANCOIS BOUCHON 

 

Extrait de l'article "Syrie: A Paris, l'insurrection appelle à l'aide" du FIGARO, daté du 6 juillet 2012:

«La défection du général Tlass, un proche d'el-Assad, a été annoncée à la conférence des Amis de la Syrie.

En ouvrant la troisième réunion des Amis du peuple syrienFrançois Hollande a demandé vendredi une minute de silence pour les 16.000 victimes d'une répression dont le terme n'est toujours pas en vue. «Le régime de Bachar ne tiendra pas, sa chute est inéluctable, le plus tôt sera le mieux», a dit le chef de l'État devant la centaine de pays et d'organisations présents à Paris - ils étaient une soixantaine à Tunis, en février dernier, et 80 environ à Istanbul en avril, lors des deux premières conférences».

 

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Ils ne renonceront jamais ! Ils n’abandonneront jamais leurs réflexes de prétentieux boulimiques, ces occidentaux ! Non contents de tirer en sous-terrain les ficelles de la désagrégation des Etats arabes, après avoir désorganisé la Libye et la Côte d’Ivoire, et ouvert la voie à la destruction du Mali,  les Etats occidentaux s’acharnent toujours sur la Syrie. Leur prétexte, « sauver ce pays du dictateur Bachar El Assad». Alors, avec des dirigeants de pays sous leur contrôle, ils usent de la manipulation de leur presse aux ordres, pour commettre une autre forfaiture contre l’ordre de justice et d’égalité, l’ordre de dignité et de liberté, un ordre contre lequel ils sont montés depuis de nombreuses décennies. L’ambition de soumettre l’humanité à leurs choix, pour le règne du plus pervers, la domination sans partage du plus fort, la prédominance du mal sur la terre est si forte sur eux que rien ne les arrête. Ils n’hésitent pas à soutenir des dictateurs sanguinaires dans certains pays, en même temps qu’ils prétendent défendre la démocratie dans d’autres, en occasionnant des massacres de populations et des destructions massives, la dégradation des institutions et la destruction de l’Etat de droit.

A Paris, on reçoit des fossoyeurs de démocraties sur le tapis rouge pendant qu’on arme des rebelles, et  cela serait la marque de pays des Droits de l’homme:

Comme si tous les droits, y compris celui de massacrer des populations et celui d’être contre la démocratie, étaient à exercer pour elle, la France est partisane de tout. Vain espoir que celui qui habita de nombreuses personnes, en Afrique et certainement en Europe, de voir la France prendre véritablement des habits de pays des Droits de l’Homme, à la défaite du président de tous les excès que fut Nicolas Sarkozy. C’était ignorer le côté hypocrite de la politique française, qui n’a jamais fait que tirer profit de façon malicieuse des autres. Tant de choses ont montré que la France reste ce pays des déboires de l’humanité, ce pays où le sort de notre monde s’est vu si souvent malmené. Sous le prétexte de se prémunir contre de graves dérives, on a embrigadé l’humanité dans des projets aux contours sombres : de la première guerre dite mondiale à la deuxième, tout est parti de la France, et ce tout a façonné le visage actuel du monde. Le monde a été aiguillé sur des voies de souffrance quel que fût la personne qui se retrouva à la tête de l’Etat français. On a donc eu tort de croire que Sarkozy était la mauvaise personne. Certes, on trouvera difficilement quelqu’un de pire que ce Sarkozy-là. Mais les faits nous montrent, avec les deux guerres mondiales, que la France, dans ce monde, est le pays d’où partent les pires souffrances de l’humanité. Hier, on a vu Nicolas Sarkozy sur la scène internationale, mener des actes criminels, notamment en Afrique. A peine s’est-il retiré que son successeur, a qui on a volontiers attribué des a priori favorables, parce qu’il est socialiste, se fait leader de positions va-t-en- guerre : On se réunit sous son autorité, à Paris, pour donner des armes aux rebelles de Syrie (comme on le fit en Lybie)…Et on veut faire croire au monde entier que c‘est en armant des rebelles pour faire partir du pouvoir un chef d’Etat, fût-il un mauvais dirigeant, qu’on travaille pour la démocratie ! On se gargarise de la défection des soldats en faveur de la rébellion. Mais on se garde bien de montrer comment on persuade ces hommes-là de trahir leur pays, leur peuple, leur patrie, en s’alliant à une rébellion dont les ficelles sont tirées de l’extérieur, par les occidentaux.

Les dirigeants occidentaux sont pressés de faire partir le président Bachar de la tête de la Syrie avant que ne se découvrent les coups tordus qu’ils font dans ce pays, pour des raisons très loin des intérêts des Syriens :

L’excitation des Hillary Clinton et autres dirigeants occidentaux contre le président syrien et l’empressement de ces occidentaux démontre au moins deux choses.

La première, c’est que le départ de Bachar El Assad n’est qu’un élément d’un programme qu’ils ont besoin d’exécuter absolument. Et l’intérêt de ce programme n’a rien à voir avec les arguments avancés publiquement. A la vérité, il s’agit d’avoir à la tête de la Syrie des hommes à leur solde, pour la réalisation d’un projet inavouable. Lequel ? Nous pouvons seulement dire que ce projet servira la domination de l’occident sur le reste du monde.

La deuxième, c’est que plus le temps passe, plus il devient possible de découvrir tous les coups tordus que les occidentaux ont fait dans cette partie du monde où se trouve la Syrie. Une telle découverte compromettrait la suite des plans de l’occident dans son ambition de soumettre l’humanité à ses choix et désirs : il faut donc aller vite.

Pour ces deux raisons et certainement d’autres, les occidentaux sont pressés. Ils ont même essayé de donner dans la provocation, histoire de mesurer de quoi était capable l’armée syrienne qu’ils ont baptisée «  l’armée de Bachar », afin d’apprêter les armes indiquées pour leur forfait : l’avion turque abattu est une preuve sans ambages que militairement le coup n’est pas si facile ! Ils savent maintenant avec une certaine précision à quoi s’en tenir militairement. Mais les occidentaux ne peuvent pas attendre. Et la réunion prévue à Moscou, non seulement ne leur garantit rien, mais elle est trop loin. Ils sont pressés ! On comprend dès lors que la Russie et la Chine qui, quoi qu’on dise, demeurent des acteurs majeurs dans la situation ne se sentent pas concernées par la réunion de Paris.

Au demeurant, la Russie et la Chine ne font pas partie du dispositif de l’occident pour manipuler l’humanité à sa guise et ne sont pas les bienvenus à cette réunion des « amis de la Syrie » qui se tient à Paris. En fait d’ « amis », il faudrait plutôt parler des « ennemis », et chercher les « amis de la Syrie » du côté de la chine, de la Russie, de l’Iran et ailleurs.

Que Dieu nous protège.


Une Contribution de Nda Adjoua Suzanne

LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: «DES CHEFS D'ETAT, DES DIPLOMATES... SE MOBILISENT POUR GBAGBO»

 

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Une excellente interview du ministre Koffi Koffi Lazare que vous ne pouvez manquer d'apprécier. Bonne lecture!  

 

La situation sociopolitique que vit la Côte d’Ivoire depuis l’installation du régime de «rattrapage» d’Alassane Ouattara intrigue et inquiète. Malgré les apparences du «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes» que tente de diffuser les hagiographes du Rdr. Dans une entrevue accordée au Nouveau Courrier, Lazare Koffi Koffi, ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo, et actuel directeur de cabinet du porte-parole du président Laurent Gbagbo, depuis son exil analyse la Côte d’Ivoire version Ouattara, tout en apostrophant les nouvelles autorités françaises. Et fait des révélations sur les soutiens grandeur nature qui se mobilisent pour le président Laurent Gbagbo. Entretien !

Un exil qui dure aujourd’hui quinze mois. Comment vous sentez-vous?

Cela fait en effet 15 mois que nous sommes, pour la plupart d’entre nous, hors du pays, en exil. Notre état d’esprit d’exilés et de réfugiés politiques est au beau fixe. Il est vrai que le pays nous manque, mais nous n’allons pas rentrer à n’importe quel prix. Un de mes parents, Ehounoud Bilé, qui a vécu la même situation sous Houphouët, avait l’habitude de dire : « La liberté de l’homme ne doit pas être l’objet d’un marchandage pour des intérêts matériels et sordides». Là où nous sommes, malgré les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, malgré toutes les turpitudes de qui-vive au quotidien, nous nous sentons moralement forts parce que en sécurité et libres. Vivre libre, sentir la fraîcheur matinale des fleurs et du vent, se familiariser à tous les mouvements humains, aller et venir selon son vouloir, goûter aux joies du milieu et partager des instantanés avec nos compatriotes et nos hôtes, tout cela nous maintient en vie et entretient notre moral.

Plus d’un an après, Ouattara semble plus déterminé à vous traquer…

Oui, c’est vrai nous sommes poursuivis dans notre exil. En dehors des nombreux mandats d’arrêt internationaux lancés contre nous, il ne se passe pas de jour sans que des éléments de la DST ivoirienne franchissent la frontière pour être à nos trousses. Il ne se passe pas de jour sans que des tueurs à gage à la solde de Ouattara nous filent pour nous abattre en temps voulu. Même des jeunes filles chèrement payées nous sont envoyées pour nous séduire aux fins de nous empoisonner. Nous ne sommes pas démontés pour autant. Chacun fait son travail auquel il est destiné. Si Ouattara a voulu être Chef d’Etat pour utiliser toutes ses énergies et son intelligence pas pour construire le pays mais pour traquer et tuer ses adversaires politiques, nous, avec l’aide de Dieu, nous travaillons pour rester en vie. Soyez donc rassurés, nous reviendrons vivants au pays. Par la grâce de Dieu.

C’est vrai que nous comptons dans nos rangs des morts et non des moindres : le ministre d’Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, les maires Raymond Gnan et Jean-Baptiste Diagou Gomont de regrettés mémoire sans oublier les nombreux anonymes qui meurent abandonnés dans les camps de réfugiés. Avec ces morts, mais aussi avec l’arrestation spectaculaire et stalinienne du ministre Lida Kouassi et celle imaginaire digne d’un conte de fée du ministre Koné Katina, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, notre histoire, l’histoire des exilés s’écrit. C’est une histoire douloureuse certes, mais c’est une histoire qui s’écrit en lettres d’or avec nos héros et nos légendes tandis que celle de Ouattara et de ses sbires se noircit chaque jour.

Pourquoi le régime Ouattara ne cesse d’accuser les exilés de planifier des coups?

Je ne sais pas. C’est à lui peut-être qu’il faut demander. Cependant, je puis dire que cette frénésie de Ouattara à voir des coups d’Etat partout est une projection de la conscience de l’homme dans celle d’autrui. Mais cette propension à voir des ennemis partout rappelle fort curieusement celle d’Houphouët au début de son règne en Côte d’Ivoire. On se souvient en effet, qu’après la proclamation de la République de Côte d’Ivoire le 4 décembre 1958, Houphouët-Boigny, alors ministre dans le gouvernement de De Gaulle puis de Michel Debré, sera imposé à notre pays par la France comme Premier Ministre en 1959. L’année suivante, après la proclamation de l’indépendance le 7 août, Houphouët sera, sans élection, proclamé Président de la Côte d’Ivoire en dehors de toute règle démocratique. Conscient de cette irrégularité dans son ascension au sommet de l’Etat, dans un environnement où le pays comptait de nombreux intellectuels de valeur pouvant lui apporter la contradiction comme J.B. Mockey, Germain Coffi Gadeau, Kacou Aoulou, Me Kouamé Binzème, Joachim Bony, Jean Konan Banny, Ernest Boka, Charles Donwahi, etc. Houphouët voyant en eux de réels concurrents qui pouvaient lui disputer le pouvoir, trama avec Philippe Yacé toute une série de complots qui ont endeuillé notre pays entre 1959 et 1963 et traumatisés à jamais des familles entières.

C’était donc l’époque des faux complots?

Effectivement ! C’étaient des complots juste pour asseoir, affermir son pouvoir. Quand cet objectif a été atteint, un jour, Houphouët est venu dire au peuple, sans vergogne et sans repentir qu’il n’y a jamais eu de complots en Côte d’Ivoire. C’est cette voie d’Houphouët que, de toute évidence, emprunte Ouattara qui a eu, lui aussi, le pouvoir presque dans les mêmes conditions. Et les cadres du Fpi et leurs alliés qui peuvent s’opposer à lui, il leur colle ce délit de putschistes. Un jour viendra, lorsqu’il se sera assis confortement dans son fauteuil présidentiel, où il annoncera qu’il n’y a jamais eu de coups d’Etat. Pour le moment il fait le vide autour de lui par la terreur. Mais il se trompe d’époque. Nous ne sommes plus dans les années 60.

Mais, n’a-t-il pas réussi à écarter le président Gbagbo et bon nombre d’entre vous?

Oui, mais c’est en apparence. Cela fait 15 mois que le Président Gbagbo n’est plus au pouvoir. Mais pendant ces 15 mois, il occupe la Une des journaux, y compris et surtout ceux proches de Ouattara. Gbagbo se vend bien, en même temps que par ces journaux on mesure le niveau de sa popularité et la place qu’il occupe dans le cœur des Ivoiriens. En le déportant à la Cpi, Ouattara espérait sans doute que les Ivoiriens allaient se décourager et se lasser d’attendre son retour. Mais que non ! Il se rend bien compte que cette déportation a été une erreur. Et pourtant il en avait été déconseillé. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que tant que le Président Gbagbo sera à la Haye, Ouattara n’aura pas la sérénité nécessaire pour diriger ce pays. Parce que, un homme comme Gbagbo, on ne peut pas se débarrasser de lui comme un vulgaire malfrat. Il est et demeure le choix des Ivoiriens. Plus il restera donc à la Haye, plus sa popularité ira croissante, devenu désormais pour les Ivoiriens mais aussi pour les Africains du continent et de la diaspora l’icône de l’Afrique libre, indépendante et souveraine, et plus l’espace de manœuvre de ceux qui nous gouvernent par le fusil se réduira. Et plus, la réconciliation attendue sera incertaine.

Tout semble fonctionner en Côte d’Ivoire, selon le régime Ouattara…

En vérité, tout est bloqué. Au plan intérieur, le pouvoir d’achat s’est considérablement réduit. Le panier de la ménagère s’est profondément aminci depuis ces 15 derniers mois. L’insécurité est vécue par tous au quotidien. Les droits humains n’ont plus de sens en Côte d’Ivoire. On tue impunément. La peur a gagné tout le monde y compris les pro-Ouattara. Les hôpitaux ne désemplissent pas. L’aide sociale est restée un vœu pieu. Que dire de l’emploi promis ! Rien ne se dessine à l’horizon. L’assainissement de la société et la lutte contre la corruption qui ont été brandis lors de leur campagne sont loin des préoccupations des tenants actuels du pouvoir devenus pour la plupart des grilleurs d’arachides. Au plan extérieur, Ouattara court en vain après des investisseurs qui tardent à venir à cause du climat incertain dans lequel se trouve le pays qui court chaque jour le risque d’un isolement. On annonce des milliards dont on ne voit pas les effets sociaux. Comme vous voyez, Ouattara s’est précipité pour prendre le pouvoir avec l’aide des Blancs, et 15 mois après, tout le monde se rend bien compte de son incapacité à le gérer et à proposer de véritables solutions pour la reconstruction économique et sociale du pays, mais aussi des solutions humaines pour rassembler et soigner les cœurs meurtris des Ivoiriens. C’est pour cacher cela qu’il y a cette fuite en avant, celle de traquer les cadres du Fpi, d’entretenir un climat de terreur dans le pays en faisant courir des bruits de coup d’Etat et en planifiant un génocide à l’ouest. Pour tout dire, tout est en panne en Côte d’Ivoire sous Ouattara et, croyez-moi, ce n’est pas le Ppte qui va arranger les choses.

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Dans un mois Gbagbo comparait à la Cpi. Comment envisagez-vous son avenir?

Le Président Gbagbo nous reviendra contrairement à ce que pensent nos gouvernants actuels. Devenu un os dans la gorge de ceux qui voulaient l’avaler, ces derniers sont obligés de le cracher s’ils veulent vivre. Son ombre plane sur la Côte d’Ivoire. Ouattara lui-même ne manque jamais de parler de lui à chacune de ses sorties médiatiques. Gbagbo est devenu son cauchemar. Tout restera bloqué sans lui dans ce pays. Je crois que même ses plus irréductibles adversaires et ses ennemis en sont convaincus qui donnent de la voix pour qu’il revienne au plus vite au pays. On a entendu récemment Amoikon Edjampan ; à l’Onu, en France, aux Etats-Unis, et en Afrique, des diplomates, des leaders d’opinion, des Chefs religieux et des Chefs d’Etat se mobilisent en sa faveur et vous verrez, les jours prochains, ils se feront entendre. La question qui revient souvent, c’est comment vider définitivement le contentieux électoral qui fait de notre pays un no man’s land.

Selon vous, comment peut-on vider justement ce contentieux électoral?

Je ne vois qu’une et une seule solution : à défaut du recomptage des voix proposé en son temps par le Président Gbagbo et refusé par ses adversaires,- ce qui nous aurait évité tous les blocages actuels -, il faut courageusement mais humblement reprendre les élections présidentielles.

Pensez-vous que Ouattara et ses hommes peuvent accepter une telle proposition?

Mais, c’est la seule voie s’ils veulent diriger ce pays sereinement. Mais ils ne devraient pas en avoir peur, surtout qu’ils clament partout qu’ils sont majoritaires dans ce pays. Ma position est fondée sur le fait suivant : comme c’est le Conseil Constitutionnel version Paul Yao Ndré qui a proclamé deux vainqueurs des élections de 2010 en l’espace de quelques mois, la sagesse commande qu’on reprenne ces élections qui seront arbitrées par le Conseil Constitutionnel version Francis Wodié sous la supervision active mais désintéressée et sans parti pris de la France, les Etats-Unis, l’Onu, l’Union Africaine et toute organisation non gouvernementale qui le désire. Il faut scruter cette voie, la seule à mon sens pour sortir notre pays du bourbier actuel.

Vous parliez tantôt de la France qu’on sait un acteur clé de cette crise. Que peut-elle faire actuellement?

Elle peut faire beaucoup. La France de François Hollande s’entend. Le nouveau président français dont je salue au passage la brillante victoire aux dernières élections, a tout pour redorer l’image de la France trop ternie par son prédécesseur en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. La France de Sarkozy est vue par tous les Africains épris de justice et de liberté comme une France génocidaire, une France arrogante, une France inutilement interventionniste qui s’ingère dans les affaires intérieures des Etats indépendants et souverains, une France des coteries et des affaires mafieuses. Hollande doit faire oublier tout cela et il le peut.

Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il le peut?

D’abord c’est le slogan de sa campagne «le changement c’est maintenant ». C’est tout un programme dont le monde attend beaucoup. Mais nous les Africains, ce changement ne doit pas se réduire à un simple ménage de meubles dans la maison. Ce que l’Afrique attend, c’est une véritable rupture d’avec une vision du monde coupé en deux, l’un détenteur de la force nucléaire qui veut imposer sa volonté à l’autre qui ploie sous le poids de la misère et à qui on refuse le droit minimum de disposer de lui-même. Ce que l’Afrique attend c’est une rupture radicale avec une certaine politique étrangère outrancière, outrageante et arrogante, une rupture avec l’interventionnisme militaire tous azimuts, rupture avec une coopération financière stressante, avilissante, oppressante et appauvrissante. Hollande doit savoir que le monde aujourd’hui et surtout l’Afrique appelle au changement comme en France.

Ensuite, Hollande doit lui-même tirer les leçons de la chute de Sarkozy et savoir avoir une oreille pour les Africains qui voient dans la date du 6 mai 2012 qui a marqué son élection comme une date porteuse de grands bouleversements comme celle de 1789 de la Révolution Française qui a proclamé la République, 1917 de la Révolution russe qui a sanctionné la fin du régime des Tsar, 1948 qui a vu la naissance de l’Onu et 1989 qui a mis fin à la guerre froide après la chute du mur de Berlin. Les Africains ont soif de changement comme ils l’ont eu après la Deuxième Guerre Mondiale, soif qui a enclenché la décolonisation. Nous sommes dans les mêmes dispositions d’esprit aujourd’hui. L’Afrique appelle au respect de l’indépendance et de la souveraineté de ses Etats. Et Hollande devrait être attentif à cela et ne doit pas se laisser devancer et dominer par les événements comme ses prédécesseurs dans les années 50 «pour ensuite céder aux revendications lorsqu’elles s’expriment sous une forme violente. Il importe de prendre en temps utile les dispositions qui permettent d’éviter les conflits graves» ainsi que le recommandait le projet du préambule de la Loi-Cadre.

Pour vous donc, dans quel sens les choses peuvent-elle évoluer?

D’abord la France officielle ne doit pas avoir peur des Africains, surtout ceux de l’espace qu’elle contrôle et auxquels elle est historiquement liée. Elle ne doit pas un seul instant présumer que ces Africains de culture française, de sentiments français, placés depuis longtemps dans un système économique français, ayant pour référence le modèle français, peuvent se détourner d’elle. Ensuite, elle doit, par une conférence internationale du type de celle qui a eu lieu à Brazzaville en 1944, avec tous ses diplomates mais aussi tous les Africanistes pour faire le point de sa présence en Afrique, mais aussi de la vérité sur les réalités africaines colportées, pour bâtir une nouvelle politique de coopération avec les Etats africains. Au-delà de tout çà, Hollande doit rompre courageusement avec la Françafrique ainsi que les sommets anachroniques France-Afrique. Et plus que cela, le gaullisme qui engageait vers la fin des années 50, la France à voir chez les nouveaux Etats africains, des partenaires privilégiés parce que, «si leur administration novice, leur économie naissante, leurs finances désorganisées, leur diplomatie tâtonnante, leur défense à ses débuts, recouraient à elle pour s’établir, il faudrait s’y prêter». La France doit cesser de voir les Etats africains comme des Etats naissants. Elle doit voir autrement nos Etats devenus matures car à vouloir les maintenir sous une quelconque domination «peut devenir une gageure, où la France, pour ne rien gagner peut tout perdre ».

Pour en revenir à vos vies d’exilés. Comment arrivez-vous à survivre quand on sait que vous avez vos avoirs gelés?

(Rires). Ça, c’est une grâce de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous. J’ai souvent entendu dire que nous avons fui du pays avec des caisses d’argent et que nous vivons un exil doré. On a même dit que le gouvernement ghanéen nous soutient financièrement. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet espace pour remercier vivement et très sincèrement tous nos compatriotes qui, depuis le pays, ne cessent de nous soutenir aussi bien moralement que financièrement. Cela est très encourageant et cela montre aussi que nous sommes dans la vérité. Fait surprenant, il y a parmi ceux qui nous aident de nombreux pro-Ouattara découragés sans doute de l’orientation nouvelle de l’action politique dans notre pays. Je n’oublie pas dans mes remerciements les associations et les groupements religieux qui, au-delà des soutiens matériels, prient pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Je voudrais leur dire ici de ne pas désespérer et de rester toujours mobilisés pour la Côte d’Ivoire éternelle. La nuit est longue, il est vrai, mais le jour finira par se lever.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


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Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

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Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

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Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 05 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, «LE PRESIDENT DE L'ETRANGER»

 

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Il est toujours réjouissant de constater que des médias qui sont à mille lieues de nous au point de vue idéologique finissent par confirmer des informations que nous avons données par le passé. Pour une raison simple : leurs «validations» permettent de clore le débat sur les faits, surtout quand on sait que nos contradicteurs sont des spécialistes du «pas vu, pas pris» et des audacieux négateurs des évidences.

Nous ne boudons pas notre plaisir de voir l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont Alassane Ouattara était jusqu’à une date récente un actionnaire minoritaire, qui l’a soutenu quand il était dans l’opposition et qui le soutient aujourd’hui, énoncer quelques vérités que nous répétons depuis longtemps à propos de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Jugez-en par vousmêmes. «Fidèles à Laurent Gbagbo, les natifs de la région ont beaucoup perdu à la faveur de la crise postélectorale: nombre d’entre eux se sont vus chassés de leurs maisons et de leurs terres, à l’exemple des Oubis, expropriés au profit de nouveaux arrivants. L’installation des étrangers et des travailleurs agricoles originaires du Nord est appuyée par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, dont le commandement est assuré par Losseni Fofana, dit Loss, un ex-rebelle) et par les Dozos, ces chasseurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest qui ont troqué leurs vieux fusils contre des kalachnikovs. Ces derniers seraient aujourd’hui 10 000, contre un petit millier avant la crise : ils règnent en seigneurs de la guerre et font payer un droit de protection aux nouveaux arrivants.

En ville, c’est la même chose. Les commerçants doivent verser leur obole. (…) Il y a aussi les miliciens burkinabè installés avec leurs hommes dans les forêts classées de l’Ouest. Parmi eux : Issiaka Tiendrébéogo et Amadé Ouérémi – lequel est soupçonné par HRW d’avoir joué un rôle dans les massacres de Duékoué, en mars 2011. (…) Surtout, reconnaît-on à Abidjan, ils entretiennent avec les FRCI un système d’activités illégales mais fort lucratives : trafic d’armes, exportation de cacao vers le Burkina Faso, exploitation aurifère forestière, et vente de terres.» Jeune Afrique publie également une infographie qui situe l’implantation de ces miliciens burkinabè sur le territoire ivoirien. Leurs noms se passent de tous commentaires : Sana Salifou, Issa Ouédraogo, Kouanda Lassané, etc…

Le constat est désormais indiscutable. Une opération concertée de colonisation armée des régions les plus convoitées de la Côte d’Ivoire est en cours. Qui dirige cette opération? Difficile de ne pas orienter les regards vers deux hommes : Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Premièrement, parce qu’ils en sont les bénéficiaires politiques. Ouattara profite des miliciens burkinabé pour effrayer voire pousser à l’exil les soutiens politiques de son adversaire embastillé à La Haye, le président Laurent Gbagbo. Quant à Compaoré, c’est son pays qui jouit depuis plusieurs années des filières d’évasion du cacao; il se débarrasse de son trop-plein démographique tout en élargissant son «espace vital» et ses territoires d’influence. En réalité, le président burkinabè est ici dans le même type de stratégie que le Rwandais Paul Kagame en République démocratique du Congo. Et l’Ouest ivoirien est dans la même position géopolitique que la région martyre du Kivu, comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes. Il faut toutefois noter qu’Alassane Ouattara s’associe avec entrain à l’opération de colonisation de la Côte d’Ivoire, alors que Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir avec l’aide des Rwandais et des «nouveaux prédateurs» occidentaux, s’est rebellé contre la «prise en main» de son pays. Et est mort en martyr national.

Face à cette incontestable réalité, face à ce danger qui pèse sur la Côte d’Ivoire, que font les consciences morales de la Nation? Rien ou presque. A la fois soucieux de préserver la présence de ses électeurs de plus en plus menacés sur les riches terres de l’Ouest et désireux de continuer à profiter des privilèges du pouvoir, le PDCI porte un regard névrotique sur cet enjeu – et les «Unes» du quotidien qui porte sa voix traduisent bien ce malaise. Complexés par les accusations de xénophobie, de nombreux intellectuels ont capitulé alors que la stature de certains objecteurs de conscience leur permet de s’exprimer clairement et sans haine sur ce qui n’est rien d’autre qu’une vaste stratégie de dépossession.

Une chose est sûre : par son action, Alassane Ouattara donne un caractère prophétique aux propos de campagne du président Laurent Gbagbo qui le qualifiait pendant la campagne en vue de la présidentielle de «candidat de l’étranger». Qu’on en juge. Sans l’aide de forces étrangères, jamais il n’aurait pris le pouvoir, concèdent aujourd’hui tous les analystes sérieux, quel que soit leur bord. Le premier cercle des militaires qui veillent sur sa vie est constitué de soldats burkinabè – comme nous l’a récemment confirmé, effaré, le collaborateur d’un chef d’Etat de la région. Les soudards qui règnent sur son «coffrefort» (l’Ouest minier et cacaoyers) sont burkinabè. Une bonne partie de sa stratégie de persécution de son opposition est fondée sur l’instrumentalisation de ses «relations» avec des chefs d’Etat étrangers. Toutes ses prétentions économiques s’appuient sur ses «relations» à l’étranger et sur un endettement massif qui, comme l’occupation des terres de l’Ouest, participe d’une logique de soumission voire «d’esclavagisation» durable de la Côte d’Ivoire.

Dès lors que l’on se débarrasse de toute complaisance et de notre tendance naturelle à la politique de l’autruche, l’on ne peut pas sérieusement accréditer la thèse généralement véhiculée selon laquelle l’invasion de la Côte d’Ivoire par des hordes armées non conventionnelles est le résultat d’une crise de l’ordre sécuritaire contre laquelle le pouvoir central se bat. De toute façon, cette thèse est absurde. La Côte d’Ivoire est un pays où la police et la gendarmerie ont été désarmées par le pouvoir central. La nature des armes dont sont dotées les milices ethniques qui prolifèrent de toutes parts est telle qu’il n’y a qu’un Etat qui peut les fournir. Le numéro de série de chaque arme permet de connaître sa provenance. Quand on connaît l’acharnement avec lequel le régime traque ses ennemis, prétendre que les ex Forces nouvelles, les Dozos et les Burkinabè de l’Ouest sont armés sans son consentement revient à prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles.

Le 15 novembre 2000, avant la guerre donc, Laurent Gbagbo, nouvellement élu, disait : «Un jour viendra où, dans ce pays, il y aura deux camps. D’un côté celui dont le territoire et la Nation se confondent pour la défense de ce que nous sommes et de l’autre, celui pour lequel ni la Nation, ni le territoire, encore moins la République que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur». Nous sommes en plein dedans. Ceux qui ne le savent pas sont sans intelligence. Ceux qui le savent et se taisent sont des lâches.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER