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vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


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Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.

FRANÇAFRIQUE – NOUVELLE DEVALUATION DU FRANC CFA OU L’ASSASSINAT DE L’AFRIQUE

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Alors qu'on a appris que Nicolas Sarkozy doit en partie sa victoire présidentielle grâce à l'argent (le franc CFA) des Africains qu'il méprise, il veut la dévaluation dudit franc CFA selon des rumeurs persistantes. Avec la nouvelle révélation sur le financement de sa campagne présidentielle par Omar Bongo dans un livre à paraître demain, jeudi 24 novembre : « Le scandale des biens mal acquis », on comprend pourquoi le dossier judiciaire sur les biens mal acquis n'aboutissent pas en France.

C'est Mike Jocktane, ancien conseiller de feu Omar Bongo qui accuse Nicolas Sarkozy d'avoir bénéficié des mallettes et des fonds occultes de la Françafrique. Du coup, les salmigondis de Robert Bourgi ressemblent étrangement au nuage de Tchernobyl qui s'était arrêté aux frontières de la France de même que les mallettes avec l'avènement du président Sarkozy. De l'esbroufe. Tous corrompus ! Mais, au détriment de l'Afrique qu'ils aiment tant détester.


Donc, avec la complicité des dirigeants africains-ont-ils vraiment le choix ?-, le franc CFA sera dévalué le 1er janvier 2012 pour le grand malheur de l'Afrique subsaharienne francophone. Considérant que son baromètre et/ou arrimage se mesure à l'euro, ça veut dire que, demain, 1 euro correspondra à 1000 francs CFA au lieu de 655,59 FCFA. Si l'information est confirmée, alors que la dévaluation du franc CFA, en 1994, a fait naître l'espoir de voir les principales filières commerciales boostées, c'est le contraire qui s'est produit. Et par conséquent, ce sont les populations, en premier, qui pâtiront de cet effet. La dialectique selon laquelle la parité fixe entre le franc cfa et l'euro est avantageuse pour les États de la zone CFA, avec notamment la maîtrise de l'inflation et la stabilité macroéconomique est mensongère.


La plupart des pays du continent n'ont pas encore réussi à tirer un avantage significatif des débouchés commerciaux découlant de l'expansion des marchés et des régimes préférentiels. Ne pas pouvoir transformer sa propre production en produit manufacturier implique l'importation plus que l'exportation et par conséquent, l'Afrique est obligée d'acheter les produits de l'extérieur. Avec une dévaluation, les milliards de francs CFA qui viendront en Europe, permettront à la zone euro, très chahutée en ce moment, de pouvoir s'en sortir.


C'est pour ces faits qu'il faut préciser, que dis-je, re-préciser que, les pays africains ne sont pas indépendants, nonobstant bien évidemment certaines tentatives de dirigeants, qui, par peur de perdre leur pouvoir se découvrent comme par enchantement panafricanistes, qui, pour contenter sa population annoncent qu'il faut battre sa propre monnaie. Autant d'exemples ridicules sans véritable volonté politique qui ne sont que des effets d'annonce sans réelle signification.


Donc, pour éviter le naufrage de la France, il faut organiser celui de l'Afrique ? Alors que les Africains ne sont pas à l'origine de la chute probable de la France avec notamment la perte annoncée de son « triple A » résultant de la mauvaise gestion de ses autorités, ce sont les plus faibles, en l'occurrence les Africains, qui doivent trinquer. Il est plus que jamais urgent pour les pays africains sous le joug français, de s'unir et de quitter la zone CFA. C'est une évidence et une urgence.


Comment expliquer la non-interchangeabilité du franc CFA de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et celui de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ? Or, d'un pays à l'autre, l'euro circule, à part en Angleterre qui a conservé sa Livre sterling (£). Autrement dit : il est impossible de partir d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, à Yaoundé, au Cameroun, avec ses francs CFA émis par la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Une incongruité.


Source: Le blog d'Allain Jules

MALGRE LE DEMENTI DU CAMP OUATTARA, LE CFA SERA BEL ET BIEN DEVALUE: LA PREUVE


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Comme il fallait s'y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition N° 3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l'Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l'éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

 

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c'est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro = 1000 Fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c'est pour apporter cette information aux chefs d'Etat de l'Uemoa qu'Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c'est à Denis Sassou N'Guesso que la mission a été confiée par Paris d'informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen».

Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd'hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d'une audience avec Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l'article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n'est pas d'actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu'il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l'économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n'est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l'euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l'aide» au développement des Etats de la zone monétaire. Frappée par la crise économique qui touche l'Europe, la France se trouve profondément dans l'incapacité de jouer son rôle comme par le passé.

De son côté, l'Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l'édifice européen. D'autant qu'en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L'exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c'est cela la réalité. Pour prêter de l'argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l'aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d'emprunt de la France sur le marché européen s'est accru. La France ne peut plus continuer puisqu'elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d'expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d'Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s'agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l'adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d'attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd'hui encore, le schéma est identique.

Pendant que le Fmi est sollicité par l'Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d'une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains.

La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d'Ivoire. C'est à juste titre que Houphouët s'opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d'une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C'est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards de Fcfa dévalués n'y pourront rien. Comme en 1994...


Didier Depry, in le quotien ivoirien "Notre Voie" N° 3991 du jeudi 24 novembre 2011.

didierdepri@yahoo.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, france, afrique, dévaluation du franc cfa, nicolas sarkozy, uemoa, bceao, beac, cemac, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

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Pour l'universitaire Michel Galy, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara met en danger l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire.

 

Les malheurs de l'université ivoirienne, en passe d'être détruite aujourd'hui, remontent pourtant plus loin: comme pour l'ensemble du pays, la zone rebelle a servi, depuis le coup d'Etat manqué de 2002, de banc d'essai; l'université de Bouaké, dans le fief de la rébellion ouattariste, a en effet été complètement pillée et rendue à ce point inutilisable qu'étudiants et professeurs se sont retrouvés à ...Abidjan, squattant au début amphis et cours du campus de Cocody la nuit ou le dimanche -puis se retrouvant dans de nouveaux locaux construits malgré la guerre civile.

Une dégradation progressive de l'université

Que faire d'autre quand livres, bancs, équipements -jusqu'aux huisseries et métaux de construction ont été volés, pillés ou incendiés? Cette libérianisation de l'université ivoirienne a été appliquée à grande échelle pendant et après le coup d'Etat franco-onusien d'avril 2011.

Tout se passe comme si l'Université ivoirienne, ses professeurs et ses étudiants étaient devenus l'ennemi collectif du nouveau régime; dans une déclaration faite à Lomé, Alassane Ouattara ne vient-il pas d'annoncer la fermeture pour deux ans des établissements publics ivoiriens d'enseignement supérieur! La Côte d'Ivoire, entre maîtres de guerres et technocrates, sera-t-elle le seul pays au monde à avoir détruit sa propre Université?

Le contraste est patent avec le régime précédent qu'on a pu nommer (en référence malicieuse à la III ème république française), la «République des professeurs». De l'historien Laurent Gbagbo à l'économiste Aké N'gbo Gilbert- tous deux en déportation sans inculpation ni jugement à Korhogo et à Bouna, du philosophe Voho Sahi à l'historien Pierre Kipré- en exil quant à eux à Accra, capitale du Ghana, tous ont exercé, revanche sur l'affairisme houphouétiste et «l'idéologie du planteur», des responsabilités politiques; on aura reconnu, dans l'ordre cité, le président et le premier ministre ivoirien, le ministre de la Culture et l'ambassadeur de Côte d'ivoire en France.

Et certes, contrairement aux calomnies, cette république des professeurs et des chercheurs, bien qu'en butte à une rébellion armée aidée par la droite française dans sa prise du pouvoir a bien été, par certains côtés, celle de l'intelligence.

J'en voudrai pour preuve ce formidable effort de réflexion national (et même panafricain) qu'a été en 2010 la commémoration des 50 ans des Indépendance, pauvre indépendance bafouée et humiliée lors du putsch sanglant de 2011! Ce qu'on pourrait nommer, en termes heideggériens, l'auto-affirmation de l'université ivoirienne, s'est notamment traduit par cinq colloques successifs, établissant l'état des lieux, prospectant les futurs possibles, cherchant les voies d'une «seconde indépendance».

Et si c'était cette intelligence collective, critique et rebelle, mais en même temps porteuse des luttes des Indépendances comme des révolutions africaines encore à venir, qu'on a voulu, qu'on veut toujours anéantir?

La France, allié de poids de Ouattara

Car du point de vue géopolitique, un tournant était en cours, vers une pluralité d'acteurs, notamment la Chine- ce qui n'était nullement exclusif avec une collaboration franco ivoirienne soucieuse des intérêts communs et du respect de l'autre; y a-t-il d'ailleurs des dirigeants plus francophones et francophiles par certains côtés que ces professeurs ayant pour la plupart fait leurs études dans les universités françaises, continuant à produire articles et ouvrages avec leurs collègues français- ceux-là même qui les ont abandonnés, reniés et parfois insultés quand ont commencé les temps mauvais de la délégitimation politique et des campagnes médiatiques préalables?

Il y a bien eu, hélas trahison des clercs et forfaiture médiatique! Il faudra bien, un jour, faire l'inventaire des délateurs de la presse et des intellectuels organiques des Services ou du sarkosysme, intoxicant l'opinion publique internationale, jusqu'au monde intellectuel français qui connaissait pourtant les acteurs ivoiriens et, pour certains, le pays...

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Un pays laissé à l'abandon

Le silence des intellectuels, lorsque tombaient les bombes franco onusiennes sur la présidence et la résidence, mais aussi campus et cités, CHU et camps militaires habités par des familles entières, tuant des centaines de civils (dont nombre d'étudiants engagés) semble, depuis avril, assourdissant.

A quoi bon disserter sur les «guerres humanitaires» au Kosovo, en Irak et en Libye- demain en Syrie ou en Iran, rappeler les immenses massacres du «Cameroun» sans voir que le même modèle d'intervention a été mis en œuvre en Cote d'ivoire- et que quelque part la mise à mort de l'université  parachève les massacres?

L'écrivain espagnol Miguel de Unamuno, depuis son université de Salamanque affirmait déjà qu'en entendant les franquistes louer la mort et la fin de l'intelligence («Abajo la inteligencia!», A mort l'intelligence!, osait clamer le général Millan Astray) c'était bien, au-delà du fascisme, le glas de toute civilisation qui se manifestait! Ses paroles de 1936 ne sont-elles pas, encore, prophétiques -pour d'autres temps et d'autres lieux:

«Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat».

Que dire des institutions internationales en charge de la Culture, de l'Education ou de la langue? Si des «organisations des droits de l'homme» se sont définitivement discréditées par leur engagement partisan en Côte d'ivoire (cf. le dernier rapport de Human Rights Watch...), si est patent l'honneur perdu de la Cour Pénale Internationale (CPI) dont Jean Ping, président de la commission de l'Union Africaine, a publiquement dénoncé l'instrumentalisation et le rôle de «néocolonialisme judiciaire» (le procureur Ocampo a récemment serré la main, à Abidjan, de criminels de guerre notoires), on attend encore un plaidoyer fort et des actions effectives de l'Unesco, Unicef ou Francophonie, en faveur de l'université d'Abidjan.

Mais ne s'agit-il pas en fait d'une punition collective contre un milieu intellectuel sudiste largement favorable au président Laurent Gbagbo?

Un clivage Nord/Sud de l'enseignement universitaire

Démontrant que le régime Ouattara est plus fragile que sa propagande l'affirme, cette tentative de mise à mort de l'université rencontre pourtant des résistances inattendues; syndicats d'étudiants et de professeurs, partis politiques et journalistes qui commencent à tisser des liens par-delà les frontières.

Le régime, par le biais d'une ministre dont l'incompétence, voire le semi analphabétisme provoque des gorges chaudes à chaque intervention, a cru faire une concession majeure ces jours-ci; après l'annonce depuis Lomé de la fermeture universitaire et des deux «années blanches», on a cru bon d'en excepter l'université de Bouaké et de Korhogo: en somme les ex-rebelles à Abidjan, et les étudiants sudistes en ré-éducation au Nord ?

Il est plus probable que si elle était maintenue, cette surprenante décision se traduirait par une partition de fait du système éducatif, régionalisation et ethnicisation provoquant une «université dioula» (une langue très parlée dans la région) au Nord et ... l'absence de tout enseignement supérieur au Sud!! Double peine pour une capitale qui a voté à 54% pour le candidat Gbagbo, toutes ethnies confondues...

Politique éducative au fond suicidaire pour le régime: exclus par les droits d'inscription d'une université désormais privatisée, que feraient les centaines de milliers d'étudiants désespérés et paupérisés, sans autre issue que la lutte politique et le combat de rue?

Le régime Ouattara qui ferme sa seule université alors qu'il se targuait d'en construire «une par an» s'est lancé dans un projet aussi symbolique que caricatural: enfermer d'un mur d'enceinte le campus de Cocody- plutôt que de le réhabiliter; à grand frais ce «mur de Berlin» (déjà «mur de la honte» pour la débordante inventivité langagière d'Abidjan) pourra peut-être ceinturer l'immense espace universitaire, peut-être le cacher aux nouveaux maîtres; on doute qu'il enferme qui que ce soit, notamment les étudiants et la turbulente jeunesse abidjanaise. Quant à enfermer intelligence universitaire et esprit critique, mur ou pas mur, la tâche semble tout simplement impossible...


Michel Galy, sur Slate Afrique.

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

FIDELE A GBAGBO JUSQU’AU BOUT, UN MILITAIRE EN EXIL: «LES SECRETS DE L’ASSASSINAT DE TAGRO»



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Un pur produit de l'Empt et de l'école des Forces armées, celui qui se présente sous le nom de Commandant Somodieu, a servi à la Garde républicaine. Détaché à la sécurité du président, il a combattu contre l'armée française à la résidence de Cocody, en avril dernier. Exilé au Ghana depuis quelques mois, il a risqué sa vie pour venir rétablir les faits, notamment les derniers instants du 11 avril et surtout «les circonstances exactes» de l'assassinat du ministre Tagro. «Les Ivoiriens ont soif de savoir la vérité, ce qui s'est réellement passé. Il y a beaucoup de choses qu'on leur a cachées», confie-t-il.


Pourquoi avez-vous décidé de garder l'anonymat quand bien même vous voulez divulguer certaines informations ?

J'ai décidé de garder l'anonymat, il faut que je sois sincère avec vous, je suis bel et bien sur la liste des personnes recherchées, qui doivent être entendues par le tribunal militaire. C'est pour cela que j'ai décidé de garder l'anonymat.

Vous étiez dans quel corps de l'armée ?

J'étais militaire, anciennement de la Garde républicaine à Treichville. Beaucoup d'Ivoiriens, y compris même mes proches, pensent que l'armée a trahi. Laissez-moi dire aux Ivoiriens que l'armée, les Fds n'ont pas trahi. Ils ont mené le combat qu'il fallait. C'est Dieu qui a le dernier mot, il faut que les Ivoiriens sachent cela. Et Dieu n'est pas un Dieu injuste, c'est un Dieu de justice. Je vous le répète, il ne sert à rien de baisser les bras, demeurez en prière, la situation va se régulariser bientôt.

Mais vous dites que les Fds n'ont pas trahi, alors que les actes posés par plusieurs de vos supérieurs trahissent vos propos.

Vous savez nos supérieurs ont eu à poser des actes ou à faire des déclarations, pendant et après la crise. Mais sachez une chose et tout le monde le sait, les Fds n'ont pas abandonné les Ivoiriens encore moins le président Gbagbo. Nous avons combattu jusqu'à ce que le président Laurent Gbagbo lui-même nous demande, entre le 9 et le 10 avril 2011, d'arrêter le combat et c'est pourquoi, nous avons arrêté. Beaucoup de choses se sont passé entre le 27 mars et le 11 avril.

Pourquoi cette période spécifique du 27 mars au 11 avril ?

Parce que c'est à partir du 27 mars que les Frci ont tenté à plusieurs reprises  et par tous les moyens de prendre la commune du Plateau, sans succès. Et pourtant, ils avaient avec eux l'armée française, les soldats onusiens et les mercenaires burkinabés, maliens et nigérians. Nous combattions contre au moins 4 forces armées coalisées.

Lors de la bataille d'Abidjan, où étiez-vous ?

Nous avions mission de sécuriser la commune du Plateau. Mais mon détachement était prédisposé dans les environs de la Place de la République au Plateau, avec en ligne de mire les combattants ennemis qui venaient de Treichville. Les Frci et leurs soutiens français et onusiens ont vainement tenté de franchir le Pont Félix Houphouët-Boigny. Ils avaient en face d'eux une armée professionnelle et déterminée. A partir de la Carena, nous avons bouclé tout le périmètre du Plateau. Les soldats français et les Frci qui se sont hasardés dans la zone, s'ils sont encore vivants, peuvent témoigner. Ils avaient pour mission de prendre la Présidence, mais ils n'ont pas pu s'en approcher, durant une semaine de rude combat, disons jusqu'au 5 avril. Où les supérieurs nous ont demandé de rejoindre la résidence du président Gbagbo. Parce que c'est là-bas que les derniers combats, les derniers combats les plus rudes, allaient se faire.

Vous aviez rallié la résidence du Chef de l'Etat le 5 avril. Que s'est-il passé par la suite ?

C'était tout simplement effroyable, atroce et criminel. Pour ces jours passés là bas, il fallait véritablement être quelqu'un sans cœur pour supporter les atrocités perpétrées par l'armée française et les soldats onusiens. N'eût été l'intervention de l'armée française, les Frci ne pouvaient jamais, jamais entrer à la résidence du président Gbagbo. Parce que nous avions les armes et les hommes pour nous défendre. Au passage, j'aimerais saluer la mémoire de tous ces étudiants et civils martyrs qui ont fait le sacrifice de leurs vies, pour l'instauration de la démocratie. Je reviens pour dire que nous avions des hommes et le courage, l'armement nécessaire pour combattre, même pendant deux ans les Frci n'allaient jamais prendre le dessus sur nous. Mais c'est l'armée française qui bombardait la résidence du président Gbagbo, malgré la présence de plusieurs centaines de civils aux mains nues dans le périmètre.

On parle de plusieurs civils tués lors des bombardements de l'armée française.

Il y a eu assez de civils qui ont été tués. L'armée française s'est rendu coupable d'un véritable crime de guerre, crime contre l'humanité en massacrant avec ses hélicos de combat des centaines de civils dans le périmètre présidentiel. Aujourd'hui, quand on voit que des mandats d'arrêts internationaux sont lancés contre telle ou telle autre personnalité proche du président Gbagbo, nous sommes tout simplement écœurés. Mais demandez au commandant Vetcho, demandez au commandant Tonnerre, au commandant Oustaz, pourquoi ont-ils tué le ministre Tagro ? Pourquoi?

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Là, vous portez des accusations formelles ?

Affirmatif. Je les accuse, ils savent ce qui s'est passé. Le ministre Désiré Tagro est sorti avec une écharpe blanche à la demande du président Gbagbo qui disait ceci et je cite : «C'est moi que la France cherche, cessez de combattre, je vais me rendre». Et c'est là que nous avons baissé les armes, ce n'est pas parce qu'ils ont pris le dessus sur nous. Mais ces trois commandants ont assassiné purement et simplement le ministre Tagro, alors qu'il avait le drapeau blanc. Ils ont tiré dans la mâchoire du ministre Tagro et abattu presque tous les soldats qui étaient là et qui avaient cessé de combattre et n'avaient pas d'armes. Moi, je me suis jeté dans un caniveau. C'est ce qui a fait que peut-être je ne suis pas mort. Non satisfaits des crimes perpétrés à la résidence et aux alentours de la résidence, et alors que le ministre Tagro tenait un drapeau blanc en signe de cessez-le-feu, ils l'ont purement et froidement assassiné. C'est un crime de guerre et les auteurs que nous connaissons tous, doivent être poursuivis.

Mais ce ne sont quand même pas les trois commandants qui ont tiré ensemble sur le ministre...

Oui, effectivement. C'est le commandant Oustaz qui a tiré sur le ministre, demandez à Vetcho, Tonnerre et les autres. Ils le savent. Nous avions cessé tout combat à la demande du président. Et le ministre Tagro après avoir échangé avec l'Ambassadeur [de France, Jean-Marc Simon, ndlr], a eu la garantie de ce dernier qu'aucun coup de feu ne serait tiré, contrairement à sa première tentative de sortie de la résidence. Effectivement, il s'est avancé jusqu'au portail, et c'est là que les Frci ont été priées de faire mouvement vers la résidence. Moi, j'étais dans un caniveau pas loin de la scène. Les premiers à s'être présentés au niveau des commandants, ce sont les trois que j'ai cité. Et c'est là que deux coups de feu ont été tirés par l'un des commandants, en l'occurrence Oustaz, et un coup a atteint le ministre à la mâchoire qui s'est affaissé.

Pourtant les combats avaient cessé ?

En tout cas, à la résidence du président, nous combattions contre l'armée française qui pilonnait nos positions, bombardait la résidence présidentielle. Des civils venus défendre aux mains nues la démocratie sont morts. Par moment, le président Gbagbo sortait pour nous saluer et rentrait. C'est quand ordre nous a été donné de cesser de combattre, qu'eux sont rentrés.

De qui parlez-vous ?

Des soldats de l'armée française, bien sûr. Et c'est quand ils ont sécurisé d'après eux, tout le périmètre qu'ils ont laissé place aux Frci. Les soldats français et quelques soldats onusiens ont été les premiers à entrer dans l'enceinte de la résidence. Si vous avez constaté, le gilet pare-balles et le casque que portait le président Gbagbo appartiennent à l'armée française. Donc quand l'armée française s'est assurée qu'elle a neutralisé tout le monde, c'est en ce moment là qu'elle s'est retirée et a fait appel aux Frci. Ils pouvaient tuer le président Gbagbo, mais ça faisait partie du plan de Dieu. Donc, ils ne pouvaient pas le tuer.

Comment avez-vous donc quitté la résidence du président Gbagbo alors que les soldats français étaient un peu partout ?

Je vous le dis, Dieu est miséricordieux. Il n'a pas voulu que je reste dans cette crise. J'ai plongé directement dans un caniveau. C'est en ce moment là qu'ils ont pris le président Laurent Gbagbo et ils partaient avec lui. Moi, je rampais doucement dans le caniveau pour éviter d'être vu. Et pendant que je rampais, un soldat français m'a vu. Mais je ne sais pas pourquoi, il ne m'a pas tué ni livré aux autres. Peut-être que ça faisait partie du plan de Dieu. Mais lui et moi nous nous sommes regardés et il m'a fait signe de partir. Mais je n'ai pas été le seul à être sauvé par ces soldats, plusieurs de mes frères d'armes ont été discrètement exfiltrés par des soldats français, par la même voie. Vous savez, les soldats français sont des êtres comme nous, ils savaient la réalité en Côte d'Ivoire, mais en tant que militaires, ils n'avaient pas d'autres choix que d'obéir. Mais c'est vrai que du regard des civils, ils sont aussi coupables que leurs dirigeants. En tout cas, à l'extérieur de la résidence, il y avait plus de 60 chars français postés un peu partout. On se demandait même, à un moment donné, s'ils n'étaient pas venus pour raser toute la résidence du président Gbagbo. Il y avait des AR-MIX, des bombardiers, des hélicoptères Puma, Gazelle qui sillonnaient dans les airs du périmètre présidentiel. Il y a eu trop de massacres pour que ces gens-là ne soient pas poursuivis et jugés.

Comment vous vous êtes retrouvé en exil ?

Des éléments des Frci sont allés trois fois à mon domicile pour me chercher. Ils ne m'ont pas eu, alors ils ont assassiné froidement mon oncle et mes deux petits frères. Et ensuite, ont pillé toute ma résidence. Après donc être sorti de la résidence du président Gbagbo, je me suis terré jusqu'à la mi-août, où j'ai officiellement quitté le pays pour le Ghana voisin. Officiellement, je ne fais plus partie de l'effectif de l'armée. Je fais partie des près de 4.000 soldats qui sont aujourd'hui en exil. Je préfère être vagabond que d'être emprisonné injustement par ce régime. Nous n'avons qu'accompli notre mission régalienne de défendre l'Etat agressé.

Vous dites être au Ghana. Le régime d'Abidjan vous soupçonne de fomenter un coup d'Etat.

Il n'y a pas de coup d'Etat en préparation au Ghana. Dieu, il est souverain. Les Ivoiriens crient, les Ivoiriens pleurent. Dieu entend les pleurs, les cris des Ivoiriens. Au moment opportun,  Dieu agira ! Mais ils sont venus au pouvoir normalement, pourquoi ferait-on un coup d'Etat contre eux ? Mais on ne peut pas empêcher ce régime de penser ce qu'il veut, de soupçonner tout le monde de vouloir faire un coup d'Etat. Mais quand le voleur rentre chez toi, il a toujours peur, il est anxieux. Il se dit que le propriétaire des lieux peut le surprendre, un beau matin. C'est ce qui fait que le régime a si peur. Non, nous ne préparons pas de coup d'Etat, c'est Dieu qui mènera le combat !

Vous parlez avec tant d'assurance...

Oui, oui ! Dieu est un Dieu de justice. Aujourd'hui, il n'y a pas un seul Ivoirien qui peut lever le doigt pour dire qu'il est à l'aise. La Côte d'Ivoire est dans un état critique.

Un dernier mot à l'endroit des Ivoiriens.

Bien avant, j'aimerais dire merci à mes deux professeurs, P.O et P.A, qui m'ont permis de quitter le pays. J'aimerais dire aux Ivoiriens de continuer de prier. Dieu les entend. Bientôt, leurs souffrances prendront fin.

A vous entendre, on croirait à un...

Non, loin de nous cette idée. Vous savez Dieu est un Dieu de justice. Il sait ce qui se passe en Côte d'Ivoire. C'est lui qui a permis que cela se passe, pour que nous puissions réellement comprendre le message qu'il a voulu nous donner. Que les Ivoiriens sachent une chose : Dieu ne les a pas oubliés, il ne les a pas abandonnés. Et très bientôt, il exaucera leurs prières.


Réalisée par Gérard Koné

 

Source: NOUVEAU COURRIER .INFO

mercredi, 23 novembre 2011

«COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»: UN LIVRE A LIRE ABSOLUMENT!

 
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Un livre qui fait actuellement la une sur le net. C'est le livre de la semaine que nous vous proposons pour savoir un peu plus sur la crise ivoirienne.

 

Que s'est-il vraiment passé durant la "bataille d'Abidjan" ? Pourquoi l'Elysée était prêt à tout pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir ? Avec quels alliés africains Nicolas Sarkozy a-t-il mis en place sa stratégie ? Qui sont réellement Dominique et Alassane Ouattara et de quels soutiens politiques et financiers bénéficient-ils ? Pourquoi Laurent Gabgbo est-il si détesté par les Européens ? Pourquoi le ministère de la Défense français semble-t-il freîner l'enquête sur l'assassinat de 9 soldats français en 2002 à Bouaké ? Que s'est-il passé dans l'affaire Guy-André Kieffer ? A l'aide de documents et de témoignages issus des services secrets et militaires français, de l'Union Européenne, de l'ONU, ce livre est la première enquête explosive sur les événements de Côte d'Ivoire.

Côte d'Ivoire: le coup d'Etat à conserver pour la postérité et pour l'éclatement de la vérité.

Biographie de l'auteur

Charles ONANA est journaliste d'enquête, auteur d'ouvrages de référence sur les conflits en Afrique et les questions géopolitiques. Il a également fait un travail pionnier sur le rôle des Africains durant la Seconde guerre mondiale et est l'auteur de plusieurs biographies inédites sur des personnalités artistiques et intellectuelles du monde noir.

Pour savoir plus sur la première enquête explosive sur les événements de Côte d'Ivoire, rendez-vous sur ce lien: Côte d'Ivoire: le coup d'Etat


Bonne lecture !

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

EXCLUSIF - GBAGBO RACONTE LUI-MEME SON 11 AVRIL


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Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

 

Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

LETTRE OUVERTE A LA SADC ET A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE: MADAGASCAR, PEUPLE EN DANGER



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La sortie de crise est loin d'être acquise avec le putschiste Rajoelina comme Président de la Transition. Il continue de défier la communauté internationale en bafouant dès le lendemain l'accord signé par lui même ou par sa mouvance et les récentes évolutions de la situation nationale viennent corroborer cette affirmation.

En effet, après de multiples violations de la feuille de route, M. Beriziky, le Premier Ministre nommé par Andry Rajoelina forme un gouvernement unilatéral avec la bénédiction de ce dernier. Cette mascarade politique est destinée à tromper la Communauté Internationale avec un pseudo consensus.

Nous dénonçons également la présence au sein de ce gouvernement des ministres de la mouvance TGV qui ont été récemment impliqués dans des trafics et détournements de fonds publics ou bien dans des cas de corruption avérée: c'est le cas de Hajo Andrianainarivelo, de Hery Rajaonarimampianina et de Pierrot Rajaonarivelo.

Rajoelina, lui-même, a institué le trafic des bois de rose en autorisant leur commerce et son implication dans le trafic de cette richesse nationale endémique est dénoncée par des organismes internationaux de défense de l'Environnement.

En outre, plusieurs ministres et parlementaires ont détourné sans état d'âme à des fins personnelles les dons de l'UNICEF (véhicules 4X4) destinés aux services de l'enseignement des enfants malgaches.

Le ministère de la justice, haut lieu de la corruption, reste sous les ordres de Rajoelina qui a reconduit sa ministre Christine Razanamahasoa.

Parallèlement, la France persiste à manoeuvrer et soutenir ouvertement le régime putschiste avec la présence permanente et bienveillante de M. l'Ambassadeur tout au long du processus.

Rappelons que le Parlement Européen a pris nettement position contre le régime putschiste en écartant toute reconnaissance mais aussi en refusant à Rajoelina la légitimité d'engager des élections en affirmant que "les autorités qui ont pris le pouvoir en bafouant la Constitution ne sont pas habilitées à les [élections] organiser".

De même, l'Union Européenne a manifesté à maintes reprises sa « position ferme en ce qui concerne Madagascar » et «prévient contre toute décision qui s'écarte de la voie consensuelle et inclusive».

Aussi, au vu de tous ces éléments et pour une sortie de crise crédible menant vers des élections libres et transparentes, nous exigeons:


l'application des mesures d'apaisement mentionnées dans tous les accords ;

le retour sans conditions ni délai du Président RAVALOMANANA et de tous les exilés politiques ;

la libération sans conditions ni délai des prisonniers politiques ;

le retrait de la France et de ses organismes satellites (OIF, COI) de tout processus de sortie de crise ;

la suppression de la Présidence de la Transition ;

la mise en place d'un Gouvernement de Transition constitué d'une équipe réduite de techniciens dont la mission se limiterait à la gestion des affaires courantes et à l'organisation rapide des élections libres et transparentes ;

 Bien entendu, les sanctions Internationales doivent être maintenues, tant que règnent l'unilatéralisme et le non respect de la démocratie. Et que l'ordre et la liberté tout court soient de nouveau présents dans la vie quotidienne du peuple malgache.


Nous sommes persuadés que seule l'application des Accords de Cotonou, qui interdisent à un putschiste de diriger une transition menant vers des élections libres, est la solution qui pourrait sortir Madagascar de cette crise qui dure depuis trois ans.

La Communauté Internationale et plus particulièrement la SADC doivent réagir contre cette voyoucratie et suivre sans complaisance le bon déroulement et surtout l'application d'un retour à l'Ordre Constitutionel. Cela ne peut être que bénéfique pour la très grande majorité de malagasy lassée par une si longue crise qu'elle n'a pas choisie.


GTT International - Genève

Collectif de la diaspora Malagasy

15 rue des Savoises

1205 Genève

SUISSE


http://gtt-international.blogspot.com/

GUY LABERTIT A PROPOS DU BOYCOTT DES LEGISLATIVES: «LES ARGUMENTS DU FPI SONT FONDES»


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Dans une interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et vieil ami du président Laurent Gbagbo, évoque l'actualité politique ivoirienne, mais également les derniers développements enregistrés sur la scène internationale, en Libye, dans le Sahel et en France. L'intégralité de notre entretien.


Sept mois après le 11 avril, quel est votre regard sur la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire, dans un contexte où l'on parle de législatives, de réconciliation... et où certains considèrent que les choses sont un peu bloquées ?

La France de Nicolas Sarkozy a joué un rôle premier dans la situation qui prévaut aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Le président français, les autorités françaises ont dit qu'elles étaient intervenues pour, en quelque sorte, imposer la démocratie aux Ivoiriens, faire respecter la démocratie. On constate au bout de quelques mois qu'il n'y a toujours pas de sécurité dans ce pays. Puisque Monsieur Guéant était récemment en visite à Abidjan pour s'occuper des questions de sécurité. On constate qu'il n'y a pas non plus de démocratie. Au contraire, on sent une sorte de retour au parti unique. Les partis d'opposition, en particulier le FPI, ont eu beaucoup de mal à s'imposer. Le FPI tient aujourd'hui des meetings, mais ses tentatives ont dans un premier temps été réprimées. La meilleure preuve de l'absence de démocratie, c'est qu'il a fallu reporter à plusieurs reprises la fin du dépôt des candidatures pour les législatives annoncées le 11 décembre. Tout simplement parce que le principal parti d'opposition, qui a toujours été engagé en faveur des élections, peut difficilement y aller alors que ses principaux cadres sont toujours détenus. Et finalement on s'aperçoit qu'on est dans un pays où officiellement on a des discours lénifiants sur la réconciliation, mais où les actes des autorités ressortent uniquement de la justice des vainqueurs.

Visiblement, vous comprenez le refus du FPI de participer aux législatives dans les conditions actuelles...

Pour l'heure, le FPI rappelle très clairement qu'il a été un acteur majeur du processus démocratique en Côte d'Ivoire. Puisque son premier dirigeant, Laurent Gbagbo, a été le chantre du multipartisme qui a été arraché le 30 avril 1990. Le FPI garde une stratégie électorale, s'oppose à toute résistance armée, mais pour développer sa stratégie, il faut bien que les conditions réelles du respect des droits démocratiques existent dans ce pays. Avec la détention arbitraire de la plupart des cadres du FPI, je pense que les arguments qui sont présentés pour pouvoir participer aux élections présidentielles sont fondés.

Les conditions, vous voulez dire...

Oui, on peut appeler cela des conditions... Moi je me vois mal, en tant que socialiste français, participer à des élections alors que les principaux dirigeants du Parti socialiste seraient détenus. Cela me paraîtrait totalement surréaliste...

En parlant de détention, le pouvoir Ouattara évoque régulièrement un éventuel transfert de Laurent Gbagbo à La Haye, siège de la Cour pénale internationale, disant que cela faciliterait la réconciliation...

J'ai le sentiment qu'au plus haut de la direction de certains Etats, et je suis sûr que le président Ouattara a entendu ce message, des autorités politiques africaines pensent qu'au contraire la libération du président Gbagbo permettrait une vraie réconciliation qui ouvrirait la voie à un contexte permettant à tous les pays de la région de mieux se développer. Parce que la situation ivoirienne pénalise les économies des pays voisins. Il faudra peut-être du temps, mais j'espère que les autorités ivoiriennes prendront à un moment donné conscience de cette réalité qui devrait s'imposer à elles.

Vous pensez que beaucoup de dirigeants africains sont hostiles à cette volonté du pouvoir Ouattara d'envoyer Gbagbo à la Cour pénale internationale ?

Je constate que le président Gbagbo et son épouse ont été détenus en toute illégalité pendant plusieurs mois, que le chef d'inculpation avancé par la justice ivoirienne, c'est «crimes économiques». Ce qui, entre nous, ressort quand même de la farce, puisque l'actuel Premier ministre Guillaume Soro était secrétaire général des Forces nouvelles, lesquelles avaient une Caisse centrale dont on peut dire qu'elle a recueilli environ 250 milliards de FCFA en moyenne du début de la rébellion en 2002 à 2010 sur la base de détournement de cacao, de café, de coton, de diamants, de bois et de taxes en tous genres indûment perçues dans les zones rebelles alors que les FN étaient pourtant représentées dans le gouvernement . Pour l'instant, c'est la seule inculpation officiellement avancée par la justice ivoirienne. Pourquoi n'y en a-t-il pas d'autre ? Est-ce que les autorités ivoiriennes ont conscience que juger le président Gbagbo en Côte d'Ivoire serait peut-être avoir à affronter une véritable vague de protestation qui mettrait en péril le fragile équilibre du pouvoir Ouattara ? Par rapport à la Cour pénale internationale, j'entends des rumeurs en tous sens. Je dois dire que cela me semble plutôt marquer l'inquiétude, l'angoisse des actuelles autorités d'engager un processus électoral avec la présence sur le sol ivoirien du président Gbagbo. On voit bien que le président Gbagbo est détenu, mais qu'il est encore extrêmement présent dans la vie politique ivoirienne. Je crois qu'en fait, toutes les démarches qui sont annoncées en termes de justice internationale sont la marque du désir d'extraire le président Gbagbo du territoire ivoirien. Car quand il y est, il représente encore un poids politique que peut difficilement contenir le pouvoir actuel.

On veut donc le neutraliser politiquement, ôter à ses partisans tout espoir qu'il revienne au centre du jeu politique ?

Rien n'est jamais définitif en politique. Je pense qu'aujourd'hui, ces autorités politiques qui réclament cette justice internationale sont bien conscientes qu'elles-mêmes devraient répondre devant cette justice internationale. Je suis assez conscient que cette fameuse Cour pénale internationale est profondément politique, et qu'elle a souvent rendu des jugements qui ressortaient plutôt de la justice des vainqueurs. Je pense même qu'un certain nombre de juges au sein de cette Cour sont conscients que les autorités ivoiriennes, de fait, devraient également être traduites devant la justice internationale. Les tergiversations viennent de là.

Avant le 11 avril, on vous a entendu dire que le président Gbagbo ne sortirait pas vivant de l'assaut sur sa résidence. Cela veut dire que vous aviez anticipé le pire, une éventuelle élimination physique. Finalement, il est vivant. Mais avec le recul, comment avez -vous vécu ces journées de feu ?

Evidemment, très douloureusement. Lorsque j'ai tenu les propos que vous venez de rapporter, quelques jours avant le 11 avril, je me suis rendu compte qu'il y avait eu des réactions de panique, y compris au niveau des pouvoirs qui voulaient en finir politiquement avec Gbagbo. J'ai reçu des coups de fil assez surprenants me disant : «Mais vous ne vous rendez pas compte, Laurent Gbagbo mort ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire !». J'ai d'ailleurs dit à ces interlocuteurs que je me réjouissais qu'ils réalisent la portée dramatique de leurs actes. Je dois aussi dire que certains dans la résidence m'ont dit : «On ne peut pas faire moins qu'Allende !  [le président chilien mort dans le palais de la Moneda, encerclé par les forces du pro-américain Augusto Pinochet]». Ils avaient conscience qu'on voulait en finir politiquement avec eux. Et que les bombardements pouvaient tout à fait atteindre une des cibles : Laurent Gbagbo. D'ailleurs, une plainte a été déposée par ses avocats pour tentative de meurtre. Des pièces de la résidence ont été touchées et détruites par des projectiles français, des pièces où le président Gbagbo aurait très bien pu se trouver et être physiquement éliminé.

Ce ne sont pas seulement les cibles militaires autour de la résidence qui ont été atteintes?

Non, pas du tout. Mais la vérité se fera un jour. Il est évident que les bombardements français, initialement prévus pour empêcher l'utilisation des armes lourdes contre des populations civiles, selon une résolution de l'ONU, n'avaient pas cette finalité. La résolution a été largement violée par la France et l'ONUCI puisqu'il s'agissait au final d'éliminer politiquement voire physiquement le président Gbagbo. Ces bombardements ont occasionné ce que les militaires appellent officiellement des «dégâts collatéraux» dramatiques. Il y a eu de nombreux morts civils et militaires ivoiriens du fait des bombardements de la France. Pour l'instant, c'est une réalité qui est tue. Mais il est évident que vous ne pouvez pas faire exploser deux poudrières à Akouédo, bombarder le camp d'Agban où vivent les familles des gendarmes - et je pourrais donner plusieurs autres exemples - sans que des civils ivoiriens soient tués. La France qui disait vouloir éviter les morts de civils ivoiriens a en réalité elle-même tué ces civils et des militaires ivoiriens.

La campagne électorale en vue de la présidentielle française de 2012 commence bientôt. Pensez-vous que les questions internationales y trouveront leur place, notamment la double question des interventions de la France en Côte d'Ivoire et en Libye, même si elles ne sont pas équivalentes dans l'absolu ?

Vous avez raison de distinguer les deux questions. Notamment parce que le président Gbagbo est un acteur historique de l'avènement de la démocratie en Côte d'Ivoire, alors que le colonel Kadhafi a fait un coup d'Etat militaire alors qu'il avait 28 ans pour renverser un roi. Les deux situations n'ont rien à voir au niveau des processus historiques. Mais les deux cas se rapprochent en ce qui concerne la politique de Nicolas Sarkozy, qui a utilisé l'ONU en Côte d'Ivoire et l'OTAN et l'ONU en Libye avec le Britannique David Cameroun comme premier allié européen. Dans les deux cas, on observe la volonté du camp occidental d'en finir avec des régimes existants. Et ce qui m'a déçu dans l'approche des politiques français, c'est de voir une forme d'unanimité aussi bien sur la question ivoirienne que sur la question libyenne.

Je suis socialiste, et je crois que François Hollande lors de son récent discours d'investiture comme candidat socialiste a rappelé qu'il fallait sortir de la Françafrique. M. Ruffin a publié dans les colonnes du Monde pour le compte de Martine Aubry une tribune intitulée "Pour sortir de la Françafrique". J'ai envie de dire «chiche !». Mais tout au long de la Vème République, aussi bien la droite que la gauche n'ont pas fait les réformes structurelles qui s'imposent au sein même de l'Etat français pour en finir avec la Françafrique. Je souhaite vivement que la gauche l'emporte en 2012, et si nous voulons vraiment sortir de la Françafrique, il faudra les faire, ces réformes structurelles. Je me suis rendu compte récemment que c'est au sein même de notre diplomatie du Quai d'Orsay que sont choisis les directeurs stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE,  contre-espionnage). Ce sont les mêmes acteurs qui passent de la DGSE à la direction Afrique du Quai d'Orsay voire à la cellule Afrique de l'Elysée. Je me rends compte que l'action politique de la France en Afrique est définie par les deux seuls centres nerveux que sont l'Elysée et le ministère de la Défense. Il n'en va pas de même pour nos rapports avec l'Amérique latine ou l'Asie...

Il y a un débat au sein de la communauté des Franco-Africains politisés. Certains estiment que la gauche et la droite, c'est blanc bonnet, et bonnet blanc. D'autres estiment qu'il faut voter massivement pour le principal candidat de la gauche pour faire partir Nicolas Sarkozy. Est-il vrai de dire que la Françafrique n'a jamais été remise en cause par aucun parti de gouvernement ?

J'ai été responsable Afrique du PS pendant 13 ans, de 1993 à 2006. Je peux dire que je vois une différence entre la droite et la gauche en Afrique. La gauche, lorsqu'elle était au pouvoir, n'a pas accompli de « coups tordus » en Afrique contrairement à ce que fait la droite. La situation en Côte d'Ivoire, par exemple, s'est dégradée quand Lionel Jospin a été battu aux élections présidentielles en avril 2002 et que la droite a repris l'ensemble des manettes du pouvoir.

Maintenant, le militant socialiste que je suis veut qu'on fasse plus pour sortir de la Françafrique, qu'on fasse des réformes structurelles. Tant qu'elles ne seront pas faites, le mode de gestion de la politique de la France en Afrique ne se différenciera pas de ce qu'on a vu depuis les débuts de la Vème République.

Vous connaissez bien le Sahel. De nombreux chefs d'Etat de cette partie de l'Afrique s'inquiètent  de la circulation d'armes et de combattants après le renversement de Kadhafi. Quelle est la mesure de ces angoisses et comment les juguler ?

Je pense que la politique de l'OTAN conduite par la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne a eu pour conséquence de déstabiliser le Sahel. Je me suis rendu aussi bien au Mali qu'au Niger en septembre et octobre, et j'ai pu constater une grande inquiétude. Notamment en raison de la circulation d'armes dont beaucoup sont dans la nature... ou récupérées par des mouvements rebelles ou intégristes. Les retours précipités dans leur pays de plus de 200 000 Nigériens et d'un grand nombre de Maliens, le manque à gagner lié à la suspension des relations économiques avec la Libye sont une réalité. Il y a aussi un rapprochement entre les mouvements touaregs qui mènent des rébellions récurrentes au Mali et au Niger et des forces intégristes. Je pense que l'Occident a véritablement joué avec le feu. Et on le voit aux incertitudes qui prévalent face à l'avenir de la Libye. Certains responsables sahéliens m'ont dit qu'ils craignent vraiment une «somalisation» de la Libye. Ce n'est pas pour eux une marque de soutien à Kadhafi que d'exprimer leur angoisse face à l'absence d'Etat en Libye.

Pour des pays comme le Mali et le Niger, devoir organiser des patrouilles, dépenser beaucoup d'argent pour la sécurité, tout cela remet en cause leur volonté de prendre des mesures sociales au bénéfice de leur population, en particulier en matière d'éducation et de santé.

Les Etats-Unis se sont empressés de proposer leur aide au Mali, qui a pour l'instant décliné l'offre...

Je m'étonne qu'il y ait une telle présence militaire américaine depuis tant d'années au Mali et qu'il y ait tant de difficultés pour repérer quelques centaines d'hommes. Malgré les moyens technologiques extrêmement sophistiqués mis à disposition...

Il y a quelques années, on parlait beaucoup d'africanisation des capacités de maintien de la paix sur le continent. Quand le PS était aux affaires, le concept Recamp a même été évoqué. Tout cela semble bien loin aujourd'hui, avec l'interventionnisme occidental reconsidéré comme légitime...

Le concept a plus été qu'évoqué...  C'était une autre période par certains aspects. Aujourd'hui, je pense qu'une partie des difficultés du président Gbagbo a été liée à sa volonté d'en finir avec la base militaire française lorsqu'il a constaté que les accords franco-ivoiriens en matière de défense sécurité n'avaient pas été appliqués en 2001 et 2002 lors de tentatives de coups d'Etat destinés à le renverser. Des textes signés en 2008 mettaient fin au 1er juillet de cette année-là à la présence d'une base permanente en Côte d'Ivoire avec le retrait de la force Licorne, puisque la base de Port-Bouët était devenue une base d'appui à la force Licorne qui perdrait toute sa raison d'être avec le départ de celle-ci. Depuis l'arrivée de M. Ouattara, on constate que celui-ci revient en arrière et souhaite le rétablissement de la situation qui prévalait avant juillet 2008. Et là, dans ce domaine, la France a réalisé ce qu'elle voulait. C'est-à-dire maintenir ses bases militaires en Afrique tout en tenant un discours disant «nos accords sont obsolètes et nous allons les revoir avec nos partenaires». Et on s'aperçoit que le nouveau partenaire ivoirien est particulièrement favorable pour remettre à l'ordre du jour le maintien d'une base permanente de la France. Il va même jusqu'à demander que la Côte d'Ivoire soit une base internationale de la lutte contre le terrorisme. Peut-être alors que M. Ouattara n'a plus aucune confiance dans les Ivoiriens, et qu'il souhaite asseoir son pouvoir sur la présence de troupes étrangères en Côte d'Ivoire ?

Vous dites que le retour en force des armées occidentales en Afrique est un moment. Cela veut-il dire que selon vous, cette politique est historiquement condamnée ?

Oui, historiquement, elle le sera. Mais on va assister à des va-et-vient permanents entre des responsables politiques qui veulent faire avancer les choses, aller vers plus de souveraineté, et les forces conservatrices qui voudront maintenir l'ordre ancien. Mais je crois qu'effectivement, même si elle n'était pas très hardie, la politique sous-tendue par Recamp, en matière de sécurité et, qu'il aurait fallu européaniser, pouvait ouvrir une transition qui devait aboutir au retrait total des forces non africaines du continent africain, sous réserve que l'ensemble des acteurs politiques et militaires étaient de bonne foi. Malheureusement, il y a aujourd'hui une forme d'aveuglement, l'expression d'un vertige occidental qui a gagné la gauche à soutenir sans réserve les politiques conduites par la droite en Côte d'Ivoire et en Libye.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

dimanche, 20 novembre 2011

CAMPS DE DUEKOUE: LES DEPLACES CHASSES, AVEC LA COMPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE



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Ouattara fait vider les déplacés de Duékoué comme des malpropres et des pestiférés. Sans aucune compassion ni mesures d'accompagnement. Ainsi va la "nouvelle Côte d'Ivoire"! Cet homme a-t-il vraiment un coeur? Que les myopes et les aveugles voient enfin et comprennent.

 

La date butoir que le gouvernement a fixé pour la fermeture des camps de déplacés de l’Ouest, notamment de Duékoué, c’était le 15 novembre 2011 dernier. Date qui coïncidait paradoxalement avec la journée nationale de la paix. Au lendemain de cette célébration, le déguerpissement des populations en détresse qui ont trouvé refuge sur des sites d’accueil tenus par des organisations internationales et des organisations non gouvernementales a effectivement débuté. Sous la menace d’une intervention des Frci en cas de refus des populations concernées de partir. Tristesse et émotions au rendez-vous, à voir des populations sans logis et sans moyen de retour sur les ruines de leurs maisons dévastées au cours de la crise postélectorale.

Aujourd’hui, ces populations ne décolèrent pas contre les organisations du système des Nations unies et des ONG spécialisées dans la prise en charge des déplacés, accusées de complicité avec le gouvernement. Elles reprochent à ces structures internationales d’une part, de ne pas respecter leurs chartes qui reposent sur l’obligation de protéger les personnes en danger. Et d’autre part, de réduire les kits d’accompagnement promis par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à des cordes et des paquets de pointes. Point de nattes, de matelas ni bâches pour couvrir les maisons décoiffées ; point de rations alimentaires pour aider les déplacés et leurs progénitures à survivre, ne serait-ce que dès les premiers jours de retour chez eux où Frci, dozos et allogènes burkinabè ou maliens sont les nouveaux maitres.

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Indignés, les déplacés dont le sort n’émeut nullement la communauté internationale et ses démembrements en Côte d’Ivoire refuseront dans un premier temps de partir. Mais ils y seront contraints très vite par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui ont menacé de faire appel aux éléments des Frci déjà en attente d’intervention pour le sale boulot. La mort dans l’âme, les déplacés ont donc quitté les camps de déplacés, sans trop savoir où trouver refuge.

Les 459 personnes qui ont embarqué à bord d’un camion commis pour le déguerpissement ont été déversées comme des bœufs sur l'espace CP2 du quartier Carrefour. «Ils sont repartis comme ils sont venus, errant dans la nature, sans repère, la plupart ne sachant ni où dormir ni où aller», commentait un agent de l’Etat en poste à Duékoué. Les inquiétudes des agents de Médecins sans frontières (MSF) n’ont pas valu grand’ chose. Et même les quelques réfugiés qui résistent encore, invitant les ONG et organisations du système des Nations unies à cesser de bafouer leurs chartes et à dire non au gouvernement, savent déjà qu’ils devront partir.

Interrogés sur leurs agissements, des agents de l'OIM ont confié que l'important, c’était de débarrasser la mission de ses occupants «indésirables» comme l’exigeait le gouvernement. Particulièrement le ministre Kafana Koné qui veille au grain et ne relâche pas la pression sur les ONG.

 

Edouard Amichia


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

vendredi, 11 novembre 2011

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT SARKOZY ET LA FRANCE

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« La faillite n'est plus un mot abstrait », voici l'euphémisme - du reste, très élégant - derrière lequel s'est embusqué le Premier ministre français, François Fillon, pour annoncer, dans une mine inabordable des mauvais jours, au peuple français sa banqueroute budgétaire. Prenant sur lui, en préposé des mauvaises nouvelles, de décliner devant la nation, comme un ange venu du Hadès, un plan, non plus de rigueur (mot pourtant longtemps esquivé par le gouvernement et éludé par moult contorsions verbales de ses membres) mais pire, d'austérité. Avec une accélération de la réforme des retraites, une hausse de la TVA (7%) et de l'impôt sur les sociétés (5%). Mettant la France sur le même palier, en réalité, qu'une Grèce en faillite sous perfusion européenne et une Italie sous surveillance économique et budgétaire du FMI. Des plans d'ajustements structurels (PAS, terminologie longtemps demeurée l'apanage des pays pauvres et notamment des pays africains) qui ne disent pas leur nom.

François Fillon répondait ainsi, du même coup - l'occasion était une aubaine immanquable -, à ses pourfendeurs qui le trouvaient un tantinet alarmiste quand il disait en début de quinquennat, en septembre 2007, qu'il était « à la tête d'un Etat en faillite » et à un Nicolas Sarkozy qui, en novembre 2007, assurait les français de l'inverse : « La France n'est pas en faillite ».

Déjà le samedi 5 octobre, à Morzine en Haute Savoie, dans les Alpes françaises, à deux jours de la présentation du deuxième plan de rigueur en moins de trois mois - le socialiste François Hollande dénonce justement une « politique de bricolages » -, il déclarait que « Le budget 2012 sera l'un des budgets les plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945 ». Il est urgent, a-t-il dit, cette fois le lundi 7 novembre dernier, lors de sa conférence de presse à l'Hôtel Matignon, de « sortir de la spirale dangereuse » de « la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité », même au prix « d'efforts collectifs et prolongés et de « sacrifices ». Il faut rappeler que la France gît sous une épaisse couche de dettes et de déficits, depuis de très longues années. Elle espère ainsi « économiser 100 milliards d'Euros pour parvenir à zéro déficit, en 2016 ».

Comme dit une chaîne de télévision belge sur son site Internet, « l'objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012. Il en va du précieux ''triple A'' de la France, attribué par les agences de notation et sésame pour emprunter à bas coût sur le marché de la dette. Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'Euros dès 2012. Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'Euros de dette supplémentaire, d'ici à 2016. (...) Fait rarissime, le budget de l'an prochain est ainsi profondément remanié avant même d'avoir été adopté par le Parlement ».

Les coupes budgétaires annoncées doivent permettre de faire entrer dans les caisses de l'Etat 5,4 milliards d'Euros pour un besoin brut de 7 milliards d'Euros supplémentaires, qui viendront en appui des 11 milliards d'Euros d'économie forcée déjà annoncés, en septembre dernier. Nettement insuffisant pour sortir la France de l'impasse. Où trouver la différence de 1,6 milliards d'Euros. Tel est le nouveau casse-tête « chinois » français.

Et pourtant, si la France vivait moins orgueilleuse et moins belliqueuse, l'économie hexagonale et tout le peuple français s'en porteraient infiniment mieux. Se livrer à un « fascisme extérieur » comme le lui a asséné le sociologue Jean Ziegler, présentant sur TV5 Monde son dernier ouvrage intitulé « Destruction massive », fomenter contre des nations tranquilles  des « guerres humanitaires et démocratiques » pour lesquelles plus personne n'est dupe et espérer équilibrer un « budget en déficit depuis une trentaine d'années », dixit Nicolas Sarkozy lors de sa 3ème conférence de mandat, nous semble être une fuite en avant, doublée d'une prise de raccourci déconcertante du gouvernement français, quand des solutions objectives existent bien en face de lui : vivre selon ses moyens. Qu'entendons-nous par cette expression ?

La France veut continuer à être la « Grande France ». De bonne guerre ! Mais à ses risques et périls. Car comment espérer réduire les déficits, sortir de la spirale de l'endettement aveugle voire irresponsable et s'extirper des anneaux contristants des marchés financiers, tout en continuant cette politique arrogante et impérialiste dans le monde, appuyée sur une économie défaillante et très peu compétitive ? Impossible de faire des omelettes sans casser les œufs. Il faut que la France vive selon ses moyens et non plus de l'argent qu'elle n'a pas ou que ne produit guère plus son économie ni sa force de travail nationale. Le monde a évolué, les rapports de forces géopolitiques et géostratégiques ont mué avec l'émergence de la Chine et des BRICS en général, la real politik internationale n'est plus celle des « 30 glorieuses ». La France n'a plus les moyens de son prestige. Elle doit simplement revoir ses prétentions à la baisse et ne plus vivre aussi outrageusement au-dessus de ses moyens. N'y a-t-il plus de bon sens en France ou plus personne qui en soit habité ?

Figurez-vous qu'en ces temps de vaches maigres internationales, la France se paye encore le luxe d'entretenir pas moins de 11 bases militaires permanentes et d'« opérations extérieures (Opex) », en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal, Tchad, Gabon, Somalie, Djibouti, Comores, Ile de la Réunion, Togo, Cameroun, République Centrafricaine) et dans le monde, dont les plus importantes se situent en Afghanistan, au Liban, dans le Darfour, en Côte d'Ivoire et dans les Balkans. Sans omettre la toute nouvelle base d'Abu Dhabi (mai 2009), dans les Emirats arabes unis, aux larges du Golfe persique. Avec tout ce que cela sous-entend de logistiques lourde et légère, de charges quotidiennes de fonctionnement et de maintenance, de salaires et de primes, d'investissements divers. La seule force Licorne en Côte d'Ivoire, coûtait et continue de coûter à la France pas moins de 10 milliards de Francs CFA par mois, soient environ 15,3 millions d'Euros par mois.

Les forces françaises hors de la métropole sont les détachements de l'armée française localisés hors du territoire européen de la France. Ainsi, environ 10.000 militaires français sont répartis, en 2010, dans une dizaine d'opérations extérieures (Opex). En ajoutant aux Opex les forces dites de « présence » et de « souveraineté » stationnés dans la France d'outre-mer (Mayotte, Antilles, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Afrique y compris ? Ce serait une insulte !), on obtient un total d'environ 30 000 soldats stationnés hors de la métropole française. Réduire cette armada ne serait-ce que de moitié, et la France est sauvée. Mais de cette solution, point question !

Nicolas Sarkozy sera certainement le président français sous lequel toute cette richesse et cette vie artificielles entretenues depuis des décennies finiront par s'écrouler comme un château de cartes. Tant les coups de boutoirs de sa politique extérieure (la guerre en Côte d'Ivoire, couplée de la guerre en Libye et d'un plan de sauvetage de la Grèce audacieux si ce n'est suicidaire, qui ont aggravé comme jamais le déjà abyssal déficit budgétaire français), ses derniers mois, auront été décisifs pour le futur et très proche effondrement général d'une économie déjà en équilibre précaire.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont passé le plus clair de leur temps à s'encenser l'un après l'autre et à célébrer leur « leadership exceptionnel », lors de leur conférence de presse de clôture du G20 de Cannes. Deux personnalités qui en avaient vraiment besoin, sur le moment, pour maquiller en victoire médiatique leurs déconvenues budgétaires et donner le sentiment global d'être bien « à la barre », quand leur pays vont à vau-l'eau et qu'ils ne doivent leur salut qu'à la « magnanimité » d'une Chine triomphante qui a bien voulu leur acheter leurs bons de trésor et racheter une partie significative de la dette européenne.

Vu sous ce prisme, la présidentielle française de mai 2012 promet des débats croustillants sur les questions financières et économiques. Des esquives en tout genre, des déclarations à l'emporte-pièce, des promesses mirobolantes qui ne seront jamais tenues comme à l'accoutumée, des coups bas à la DSK (en dessous de la ceinture) et des mensonges éhontés de tout registre sont au menu. Nous serons bien servis, en tout cas. La France en sortira-t-elle perdante, plus que jamais affaiblie ou plus forte ? Nous le saurons, bientôt ! D'ici là, il faut sauver le soldat Sarkozy et la France par des recettes intelligentes et peu coûteuses. Nous, nous proposons le bon sens universel et la trivialité d'une recette connue même en économie domestique : vivre selon ses moyens - donc non plus au-dessus de ses moyens - et revoir à la baisse un ego international surdimensionné.

Nous y invitons pareillement la « nouvelle Côte d'Ivoire » et la « République des vainqueurs » de la lagune Ebrié. Qui a les yeux désespérément rivés sur la France messianique d'un Nicolas Sarkozy fauché - qui a récemment offert à notre police 34 véhicules d'occasion encore aux couleurs et aux immatriculations françaises - sauveur pressenti d'un Alassane Ouattara sans le sou.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 363 du jeudi 10 novembre 2011.

mercredi, 09 novembre 2011

MOBILISATION POUR LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO


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Les Ivoiriens de la diaspora assiègent l'Assemblée nationale française, ce matin (mardi 8 novembre 2011) à Paris. Une grande mobilisation de leurs ressortissants ainsi que des panafricanistes est prévue ce matin devant l'Assemblée nationale française pour réclamer la libération du Président Gbagbo.

 

Grosse ambiance en perspective ce matin à la place de la concorde à Paris où les ivoiriens en priorité mais également tous les panafricanistes sont invités à une manifestation devant l'Assemblée nationale française pour la libération du Président Gbagbo, détenu dans l'un des goulags nordistes d'Alassane Ouattara depuis le 11 avril dernier. Ses organisateurs entendent interpeller le parlement français qui a « manqué de solidarité envers le peuple Ivoirien » depuis le début de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Au-delà des mots, cette visite bruyante à l'Assemblée nationale française n'est pas purement symbolique. Les autorités françaises ont été en première ligne lors de la fameuse crise postélectorale qui a secoué tout le pays pendant de nombreux mois  et pendant lesquels ceux qui y sont au pouvoir se sont permis de larguer près de 800 tonnes de bombes sur la résidence officielle de Laurent Gbagbo pour le faire partir. Depuis, Paris dément toute implication dans l'arrestation de l'ex président ivoirien et le Conseil national de la presse menace de suspendre toute publication affirmant que l'ancien régime a été renversé par l'armée française.

Non content par ailleurs d'assister à ces suspensions intempestives de la presse de l'opposition, le gouvernement a fait planer depuis quelques jours une menace d'emprisonnement sur les journalistes qui seraient responsables de diffamation envers des membres du gouvernement. Selon le porte-parole Bruno Koné, le gouvernement portera désormais plainte personnellement  contre ces journaux. A la différence de l'ancien régime qui s'était engagé à ne jamais mettre un journaliste en prison, la présidence de Ouattara a déjà à son actif l'emprisonnement d'Hermann Aboa détenu sans jugement depuis plusieurs mois à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan. Un autre journaliste Sylvain Gagnétau, rédacteur en chef de la radio de Yopougon a, lui, été tué sans sommation. Hermann Aboa est accusé de collusion avec des milices armées et Gagnétau soupçonné d'en être membre. Plus de six mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de la quasi-totalité de son dernier gouvernement, Abidjan vit toujours sous la terreur. La liberté de la presse est plus que jamais en danger avec des suspensions ciblées et une insécurité qui menace tout le monde. Au moins une quarantaine de lieux de cultes ont été braqués ces deux derniers mois alors que le désarmement promis depuis six mois par le gouvernement n'a toujours pas débuté. Hier, le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant est venu remettre une trentaine de véhicules d'occasion à la police nationale. Signe que la Côte d'Ivoire n'a même plus de drapeau, ces véhicules sont arrivés dans les couleurs de la France où ils ne sont certainement plus en usage.

La France continue donc de verrouiller le jeu politique en Côte d'Ivoire et c'est pourquoi les Ivoiriens y prennent constamment la rue pour réclamer la libération de tous les prisonniers des goulags nordistes, à commencer par le Président Laurent Gbagbo inculpé officiellement pour crimes économiques et contre qui aucun début de procédure judiciaire n'a été inauguré. A l'instar de Paris et de toutes les capitales européennes, le pays se mobilise également à Abidjan où le FPI vient de tenir un meeting politique à Marcory. Quelques semaines plus tôt, un autre s'était tenu à Koumassi même si celui de Yopougon a été réprimé et que des membres de la direction du FPI ont été agressés dans un bastion RHDP de koumassi pour empêcher qu'une deuxième réunion politique s'y tienne.

La mobilisation des Ivoiriens et de la diaspora a commencé le 12 décembre à Paris devant le Conseil constitutionnel. Depuis, il ne se passe plus de semaine sans que les ivoiriens ne marchent dans les principales capitales européennes mais aussi aux Etats-Unis où une marche de patriotes a déjà eu lieu à Washingtone D.C.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 92 du mardi 9 novembre 2011.

lundi, 07 novembre 2011

LA MONDIALISATION DE LA PROTESTATION

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Le mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde : un sentiment que le « système » a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes ; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les indignados espagnols ; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire ;  il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street, à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple : « Nous représentons les 99% ».

Ce slogan fait écho au titre d’un article que j’ai récemment  publié : « Of the 1%, for the 1%, and by the 1% » (Des 1%, pour les 1%, et par les 1%), décrivant l’augmentation considérable des inégalités aux États-Unis : 1% de la population détient plus de 40% de la richesse et perçoit plus de 20% des revenus. Et les personnes appartenant à cette strate raréfiée sont souvent grassement récompensées, non pas pour leur contribution à la société – bonus et plans de sauvetage anéantissent clairement cette justification des inégalités – mais parce qu’ils sont, disons les choses clairement, des rentiers prospères (et parfois corrompus).

Il est indéniable qu’une partie de ces 1% a grandement apporté sa contribution. En effet, les bienfaits sociaux apportés par de nombreuses véritables innovations (par opposition aux nouveaux « produits » financiers qui ont fini par dévaster l’économie mondiale) ont pour la plupart grandement excédé ce qu’ont perçu leurs inventeurs.

Partout dans le monde, l’influence des politiques et les pratiques anti-concurrentielles (souvent soutenues par les politiques) ont joué un rôle central dans le creusement des inégalités économiques. Et les systèmes fiscaux dans le cadre desquels des milliardaires comme Warren Buffett payent moins d’impôt (en pourcentage de leur revenus) que leur secrétaire, ou dans lesquels les spéculateurs ayant participé à l’effondrement de l’économie mondiale sont taxés à des taux inférieurs aux taux imposés à ceux qui travaillent pour eux, n’ont fait que renforcé cette tendance.

Les recherches de ces dernières années ont montré à quel point la notion d’équité était importante et ancrée. Les manifestants espagnols et ceux des autres pays ont raison d’être indignés : voici un système dans lequel les banquiers sont renfloués, tandis que ceux qui en ont été la proie sont livrés à eux-mêmes. Pire, les banquiers sont désormais de retour à leurs postes, gagnent des bonus dont le montant dépasse ce que la plupart des travailleurs espèrent gagner dans toute une vie, tandis que les jeunes qui ont travaillé dur pendant leurs études et respecté les règles du jeu n’ont aucune perspectives d’emploi épanouissantes.

La montée des inégalités est le produit d’un cercle vicieux : les riches rentiers ont recours à leur fortune pour façonner la législation dans l’objectif de protéger et d’accroître leur richesse – et finalement leur influence. La Cour suprême des États-Unis, dans sa célèbre décision Citizens United, autorise librement les grandes entreprises à utiliser leur argent pour influencer l’orientation de la politique. En revanche, alors que les plus riches sont autorisés à recourir à l’argent pour assoir leurs opinions, dans la rue la police m’a interdit de m’adresser aux manifestants de l’OWS à travers un mégaphone.

Le contraste entre une démocratie sur-réglementée et des banques non-réglementées n’est pas passé inaperçu. Mais les manifestants sont ingénieux : ils ont repris ce que j’avais dit à la foule et l’ont répété pour que tout le monde puisse l’entendre haut et fort. Et pour empêcher que le « dialogue » ne soit interrompu par les applaudissements, ils ont eu recours à des signes de main énergiques pour exprimer leur approbation.

Ils ont raison d’affirmer que notre « système » a un problème. Partout dans le monde, nous avons sous-exploité un certain nombre de ressources – des personnes désireuses de travailler, des machines inutilisées, des bâtiments vides – et sommes faces à des besoins non-satisfaits : lutte contre la pauvreté, promotion du développement, et modernisation de l’économie pour lutter contre le réchauffement climatique, pour n’en nommer que quelques-uns. En Amérique, après la saisie de plus de sept millions de maisons au cours des dernières années, les maisons vides contrastent avec les sans-abris.

Les manifestants ont été critiqués pour leur absence de propositions. Mais là n’est pas la question des mouvements protestataires. Ils sont l’expression d’une frustration à l’égard du processus électoral. Ils constituent une alarme.

Les manifestations anti-mondialisation qui ont eu lieu à Seattle en 1999, lors de ce qui était supposé être l’inauguration d’une nouvelle série de négociations commerciales, ont attiré l’attention sur les échecs de la mondialisation et des institutions et accords internationaux qui la gouvernent. Lorsque la presse s’est intéressée aux revendications des manifestants, elle a décelée chez eux une vérité certaine. Les négociations commerciales qui ont suivi ont été différentes – du moins en principe, elles étaient censées constituer un cercle en faveur du développement, remédier à certaines des lacunes mises en évidence par les manifestants – et le Fonds monétaire international a par la suite entrepris des réformes importantes.

De la même manière, aux États-Unis, les manifestants pour les droits civiques dans les années 1960 ont attiré l’attention sur le racisme institutionnalisé omniprésent dans la société américaine. Cet héritage n’a toujours pas disparu, mais l’élection du président Barack Obama montre à quel point ces manifestations ont bouleversé l’Amérique.

À un premier niveau, les manifestants d’aujourd’hui réclament peu : la possibilité d’utiliser leurs compétences, le droit à un emploi décent et à un salaire décent, une économie et une société plus justes. Leur espoir est évolutionnaire, et non révolutionnaire. Cependant, à un autre niveau, ils demandent beaucoup : une démocratie dans laquelle le peuple compte, et non les dollars, et une économie de marché à la hauteur des espérances qu’elle suscite.

Les deux sont liés : comme nous l’avons observé, des marchés sans entrave conduisent à des crises économiques et politiques. Les marchés ne peuvent fonctionner correctement qu'à condition qu’ils opèrent dans le cadre de régulations gouvernementales adaptées ; et ce cadre ne peut être érigé que dans une démocratie qui reflète l’intérêt général – et non l’intérêt des 1%. Le meilleur gouvernement que l’argent puisse acheter ne suffit plus.


Joseph E. Stiglitz est professeur à l’Université de Columbia, lauréat du prix Nobel d’économie, et auteur de Freefall: Free Markets and the Sinking of the Global Economy (Chute libre : la liberté des marchés et l’effondrement de l’économie globale, ndt)

 

Copyright: Project Syndicate, 2011.

www.project-syndicate.org

Traduit de l’anglais par Martin Morel


Pour un podcast de ce commentaire en anglais, veuillez utiliser ce lien :

http://traffic.libsyn.com/projectsyndicate/stiglitz144.mp3

 

Source: PROJECT SYNDICATE

jeudi, 03 novembre 2011

HAMED BAKAYOKO AVOUE QUE LE SORT DE GBAGBO DEPEND PLUS DE L'INTERNATIONAL QUE D'EUX-MEMES



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Le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko qui recevait, lundi dernier, une délégation de la majorité présidentielle à son cabinet, a avoué que le gouvernement ne peut pas décider du cas Gbagbo et encore moins autoriser sa libération.

Plusieurs journaux proches du Rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix (RHDP) ont répandu depuis quelques jours le vent de la libération des prisonniers des goulags nordiques d'Alassane Ouattara. Se voulant plus précis, Soir Info a proposé hier à ses lecteurs une liste des personnalités devant être libérées cette semaine. Le chef de l'Etat lui-même avait donné le ton en affirmant, lors d'une allocution publique, qu'il y a avait quelques surprises en l'air, sans dire dans quel sens elles iraient.

Selon nos sources, l'ensemble des prisonniers des goulags sont concernés par un tel « élargissement » sauf une bonne dizaine dont le Président Laurent Gbagbo. Son cas fait l'objet d'une cristallisation de part et d'autre des négociateurs. D'ores et déjà, le FPI avec qui le régime continue de négocier une participation aux législatives, le 11 décembre prochain, a affirmé qu'il boycotterait purement et simplement ces élections tant que le Président Gbagbo serait retenu en prison à Korhogo. Lundi dernier, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko a regimbé en avouant qu'il ne pouvait rien faire sur le cas Gbagbo parce que l'ex-président ivoirien « est un prisonnier international ». Selon lui, il y a trop d'intervenants sur le cas Gbagbo qui font que ni lui, ni Alassane Ouattara lui-même ne peuvent pas autoriser la libération de l'ancien président.

Très au fait des enjeux qu'embrasse cette assignation à résidence à Korhogo, Jacques Vergès l'un des avocats internationaux du président Gbagbo avait affirmé très tôt que l'ex-N°1 ivoirien est un prisonnier de Nicolas Sarkozy, démontrant au passage que tout ce qui lui était reproché, dont une scabreuse inculpation pour crimes économiques, n'était qu'une mise en scène destinée à masquer la réalité d'une vengeance personnelle du président français qui n'a pas encore digéré qu'un président africain puisse mettre à mal son autorité.

« C'est quel international qui gère le cas Gbagbo ? La France ? Si c'est oui, c'est choquant et je suis frustré et humilié que notre pays en soit là ! Que les dirigeants qui sont aujourd'hui au pouvoir dans notre pays soient à ce point incapables de prendre leurs responsabilités est déshonorant. Car un Etat souverain prend ses responsabilités, en toute souveraineté », a commenté hier l'ancien ministre Michel Amani N'guessan, ancien ministre de la Défense.

Comble de paradoxe, le Président Gbagbo a pourtant été inculpé par le Procureur ivoirien qui a guerroyé au mot pour démontrer qu'il avait la compétence de poursuivre et inculper un ancien chef d'Etat en dépit d'un statut en la matière très protecteur. Une fois passée cette mise en scène, toute la machine judiciaire s'est arrêtée, puisque toute la procédure est au poids mort. Le pouvoir n'a aucune preuve de détournement de deniers publics, encore moins de preuves de crimes économiques et, dans le désarroi, a fini par jeter son dévolu sur la Cour pénale internationale pour faire coïncider l'intérêt national avec les vœux d'un Nicolas Sarkozy qui ne décolère toujours pas. « Même le choix de la CPI ne les met pas à l'abri d'un procès en responsabilité. Car la saisine de la CPI est de la responsabilité de l'Etat », s'est encore inquiété Michel Amani qui dénonce des gouvernants par procuration. « Pendant que nous, par respect pour notre pays, considérons que nous discutons avec un gouvernement responsable, eux-mêmes affirment le contraire. Dans ces conditions, il est bien inutile de légitimer un tel pouvoir en allant à de telles élections » sans la libération de Gbagbo. Seulement voilà, dans la majorité présidentielle, le CNRD n'a pas encore un avis aussi clair que celui du Front populaire ivoirien.

 

Joseph titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.


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QUAND BEDIE DIT NON, C'EST QUE C'EST OUI

 

La morgue habituelle d'Henri Konan Bédié va-t-il suffire ? Cette fois-ci, c'est son autorité qui s'en trouve particulièrement sapée. Car une chose est de dire dans les médias, de manière un tantinet péremptoire, que le PDCI a un accord avec le RDR pour montrer que le premier cité doit hériter du poste de Premier ministre à l'issue des prochaines législatives, une autre est de prouver aux militants que le sphinx de Daoukro co-gère effectivement la présidence de Ouattara comme celui-ci l'avait laissé croire par stratégie. Car sur le chapitre des législatives, le parti démocratique de Côte d'Ivoire accuse une fois de plus le coup. Henri Konan Bédié a été en effet incapable de maintenir le cap des candidatures autonomes. Avant de se rendre en France, Bédié n'avait pourtant pas manqué d'afficher une certaine fermeté à l'égard de Ouattara qui n'arrive toujours pas à se décomplexer de son attitude de leader dominant. On croyait alors que le jeu politique  s'animerait, d'autant plus que le PDCI avait une revanche à prendre sur sa défaite inattendue au premier tour de la présidentielle de 2011. Le candidat du PDCI d'abord puis, dans la foulée, la machine du parti avaient accusé Laurent Gbagbo et son régime d'avoir fraudé sur ses suffrages étouffant par là même un début de polémique sur des fraudes imputées au candidat du RDR dans certaines contrées qui lui sont réputées favorables. Enfin depuis avant-hier, le PDCI a renoncé au combat, acceptant d'être à la remorque du parti du chef de l'Etat qui, lui,  ne se prive pas de lui infliger quelques humiliations comme celles contenues dans le critère de désignation des candidats du RHDP. Selon « Le Nouveau réveil » qui ne décolère pas contre ledit critère, les scores du deuxième tour de la présidentielle font foi lorsque le consensus n'est pas possible entre alliés. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire n'ayant pas été au second tour ne pouvait, à priori, qu'espérer le consensus ; mais à ce jeu et vu les appétits, Bédié n'a pu ramener sur terre les cadres RDR dont les yeux sont désormais rivés sur leurs nouvelles carrières politiques à protéger et sur la nécessité d'incarner un nouveau leadership national. Le boycott du FPI qui vient quelque peu rendre dérisoire la machine de la triche est de ce point de vue une aubaine.

Le RDR veut gagner pour éviter que le PDCI ne le tienne en laisse et surtout, qui sait, pour ne pas céder le poste de Premier ministre comme le réclame toujours le parti démocratique de Côte d'Ivoire. Alassane Ouattara semble même avoir trouvé la muselière qu'il faut pour maintenir le leader de 77 ans loin de ses emprises habituelles.

Le sphinx paraît d'autant plus usé qu'il n'a pas les moyens de conserver ses propres acquis. Il devait aussi être naïf de croire qu'il partagerait réellement le pouvoir avec Ouattara en tirant les marrons du feu. Il a rêvé, y compris ses militants dont les plus meurtris selon le confrère appellent publiquement les autres à maintenir leurs candidatures comme celles de cadres indépendants. Leur entêtement à ne plus faire confiance à Bédié est certainement la seule leçon à retenir de ce marché de dupes où Bédié semblent avoir vendu toutes les illusions du PDCI qui n'a plus qu'à se fondre dans le RDR. Mais à cela, le sphinx dira non, avant de dire oui.

 

Séverine Blé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.

mercredi, 02 novembre 2011

UN G20 SUSPENDU A L'ALEA GREC

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A vingt-quatre heures de l'ouverture du sommet, le référendum grec rebat toutes les cartes. Plus que jamais, l'Europe est en position de faiblesse face à ses partenaires.

 

Il était déjà acquis que les négociations du G20, qui s'ouvre ce jeudi à Cannes, n'auraient rien d'une partie de plaisir au soleil. Or, non seulement le ciel est gris au-dessus de la Croisette, mais en plus, l'annonce d'un référendum grec sur le plan d'aide européen bouscule sérieusement l'agenda des leaders mondiaux.

A défaut d'en avoir fini avec la crise des dettes, les dirigeants européens pensaient au moins présenter à leurs puissants partenaires - Etats-Unis et Chine en tête - les solutions trouvées mercredi dernier lors du sommet européen: décote de la dette bancaire grecque, renforcement du FESF... Or, la décision du Premier ministre grec Papandréou rend déjà incertaine leur application. C'est donc en position de faiblesse, au pied du mur même, que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel arrivent à Cannes.

Papandréou en vedette américaine

Première conséquence pour le sommet: Georges Papandréou, dont le pays n'est pas membre du G20, est tout de même présent à Cannes ce mercredi pour rencontrer les deux dirigeants, ainsi que des représentants de Bruxelles et du FMI. Enjeu: s'assurer que le référendum à venir n'aura pas de conséquences sur l'application du plan d'aide européen - cela dépendra notamment du contenu exact de la question posée aux Grecs.

Des résultats de cette discussion dépendront plusieurs autres points à l'ordre du jour du G20. A commencer par la participation de pays non-européens - Chine, Brésil, Russie en particulier - au fonds de stabilité financière (FESF). La fragilité révélée du plan de sauvetage pourrait retarder ce coup de pouce, compliquant encore la situation du Vieux continent. Les Européens seront certainement mis sous pression par leurs partenaires, qui accusent les déboires de l'eurozone de retarder la reprise mondiale.

Un monde à refaire

De même, les atermoiements européens ne créent certainement pas un contexte favorable pour l'adoption d'une taxe sur les transactions financières, soutenue par la France et l'Allemagne, mais très loin de faire consensus. La participation d'Attac au contre-sommet de Nice ne devrait pas suffire à vendre l'idée aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne - dont le Premier ministre David Cameron a juré récemment de protéger la finance britannique contre les vélléités régulatrices de Bruxelles.

Malgré ce nouveau rebondissement dans la crise de l'euro, les dirigeants mondiaux devront trouver le temps d'aborder les autres sujets au programme du G20. Notamment une meilleure coordination de leurs politiques économiques. Là aussi, il y aura du sport. Par exemple côté américain, où on redoute que l'austérité générale en Europe ne nuise à l'activité. Tandis que de ce côté de l'Atlantique, on trouve bien malvenues ces leçons d'économie de la part d'un pays qui a vu sa note dégradée cet été.

Européens et Américains devraient tout de même se retrouver pour demander aux pays émergents de développer leurs gigantesques marchés intérieurs, afin de soutenir la demande mondiale.

L'Europe en homme malade du système

Autre gros morceau au menu: la réforme du système monétaire international sera un autre enjeu du sommet. Et là, c'est la Chine qui est dans le viseur, pour la gestion de son Yuan national. Pékin exerce en effet un strict contrôle sur le taux de sa monnaie, largement sous-évaluée. De là un avantage à l'exportation jugé injuste par ses partenaires. La Chine devrait donc être priée, sinon de laisser flotter, du moins de réévaluer sa monnaie.

Et il se pourrait que Pékin fasse enfin preuve d'ouverture sur le sujet: en effet, les représentants de secteurs patronaux chinois, réunis avec leurs homologues internationaux au sein du «B20» (pour «business») ont accepté de cosigner une déclaration insistant notamment sur ce point. Signe que l'Empire du milieu est prêt à évoluer sur la question?

Il devrait aussi être question de la régulation du système financier mondial, des paradis fiscaux, de la réforme des institutions financières internationales (comme le FMI), de la flambée des matières premières, de l'emploi, de la lutte contre la corruption et du développement. Ce G20 devait être celui des «solutions fortes» pour dépasser la crise. Que peut-il encore en sortir, avec une Europe au bord de la noyade?


Par Dominique Albertini, envoyé spécial à Cannes.

 

Source : LIBERATION.FR

17:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, europe, amérique, g20 à cannes, un g20 suspendu à un aléa grec | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA SYMETRIE DU CHAOS, VERS UN NOUVEAU PARADIGME INTERNATIONAL?


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Article un peu décalé par rapport à sa date de publication, au regard de l'évolution dramatique qu'a connu la crise libyenne mais d'un contenu remarquable qui nous interpelle sur le nouveau paradigme qui est en train de se mettre en place sur la "petite planète bleue". Tout simplement angoissant. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Après six mois de résistance, le régime du colonel Gaddafi a fini par être surpris dans sa capitale par un coup de main assez élaboré. Il aura néanmoins réussi à briser l'élan des nouvelles guerres high-tech, rapides et multimédia s'abattant sur un nombre précis de pays arabes depuis l'avènement de l'année 2011.

Ce remake réussi de la Baie des cochons sur les rivages de Libye marque non seulement un tournant dans les relations internationales mais pèsera négativement à l'avenir sur les relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Vingt ans après l'effondrement de l'empire soviétique et la suppression de la menace dite rouge, l'année 2011 fut choisie comme celle de l'assaut général contre les derniers régimes rétifs à l'hégémonie du nouvel ordre mondial et son idéologie. Première cible avant les pays satellites de la Chine et les pays d'Amérique latine contestataire de l'ordre mondial : les pays arabes hors de l'influence. En sacrifiant deux leaders alliés dont l'un du pays arabe le plus peuplé et le plus influent, les USA escomptaient obtenir un effet domino dans l'ensemble de la région et plus particulièrement un changement de régime dans des pays comme la Libye et la Syrie. Cependant, la très coûteuse occupation de l'Irak de Saddam Hussein et le désastre afghan obligèrent les stratèges américains à opter pour un nouveau type de guerre plus économique en utilisant les moyens de l'information, les réseaux sociaux, les Psyops, la propagande, les cellules terroristes dormantes et Al-Qaida, outil créé, financé et armé par la CIA, le MI-6 et bien d'autres services de renseignement pour l'achèvement de certains objectifs géostratégiques globaux. C'est en effet une nouvelle forme de guerre High Tech, rapide et reposant sur le concours des populations locales préalablement formatées par une propagande massive, multi-vectorielle, élaborée et adaptée à l'humus culturel, religieux et/ou idéologique. Si le putsch militaire en Tunisie fut relativement facile, ordonné et sans grande effusion de sang, celui de l'Égypte contraria deux acteurs clé de la politique étrangère US : le royaume d'Arabie Saoudite et Israël. Ce dernier avait toutes les raisons du monde d'appréhender un changement de régime en Égypte susceptible d'amener à sa tête des factions hostiles à l'État hébreux.

Malgré la soumission totale de l'armée égyptienne à son mentor US, véritable maître du pays du Nil, les choses semblent se détériorer dans la péninsule du Sinaï. Au détriment d'Israël. Effet collatéral inattendu d'une guerre dite globale. C'est le concept de la guerre tous azimuts ou guerre totale multidimensionnelle appliquée à des cas concrets. A distinguer du concept clausewitzien de la guerre. C'est une nouvelle forme de guerre dans laquelle les aspects informationnels, propagandistes, psychologiques, diplomatiques et économiques sont mobilisés comme des armes de combat de première ligne contre des États ou des groupes d'États. D'ailleurs, ce n'est point un hasard si les moyens diplomatiques incluant le recours au CS de l'ONU, et les médias sont considérés comme des étapes cruciales de tout plan militaire US. Ainsi après l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Liban, la Palestine, la Syrie, le Yémen, la Somalie et le Soudan, il n'était pas étonnant de voir la machine bien huilée se tourner vers le Maghreb. Premier maillon faible de cet espace géopolitique en mal d'intégration : la Libye du colonel Mouammar Gaddafi. Bête noire et vieil ennemi de bons nombre de pays occidentaux et arabes du golfe arabo-persique. L'aventure militaire précipitée de l'OTAN sur les côtes libyennes a non seulement bousculé l'équilibre géostratégique de cet espace géopolitique mais risque fort de bouleverser l'ensemble des relations Nord-Sud en méditerranée occidentale. Cette aventure militaire a mis fin à cinquante ans de paix, puisque la dernière intervention armée occidentale en Afrique du Nord remonte à la bataille de Bizerte (Tunisie septentrionale) et à la guerre d'Algérie. Plus préoccupante est l'ingérence presque immorale de certaines entités étatiques du Golfe persique au Maghreb : la chasse frénétique aux subsahariens par les rebelles en Libye relève plus d'une vindicte dictée contre l'orientation africaine de la Jamahiriya et son mépris des Arabes du Golfe persique. Cette tendance africanophobe traduit la future orientation de la Libye de demain telle que voulue par les mentors et financiers de l'agression militaire contre ce pays : La Libye post-Gaddafi sera Arabe du premier camp. Celui de la Jordanie, du Qatar, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Bahreïn. En d'autres termes, un pays détaché de son environnement africain.

Malgré la chute de Tripoli suite à l'opération «Siren», opération coup de poing qui fera date dans les manuels militaires des armées, les Libyens n'auront pas démérité et ont globalement fait face à l'agression de leur pays avec plus d'efficacité que ne l'ont fait les Irakiens pourtant infiniment mieux armés. La Libye a tenu à six mois de bombardements et autres pilonnages intensifs des forces de l'OTAN, lesquelles ont déversé sur ce pays près de 200 bombes par jour. Dans cette guerre, les rebelles libyens, en particulier ceux de la ville de Misurata ont bénéficié du soutien de firmes de sécurité et de renseignement privées ainsi que de mini-drones (des drones quadricoptères de type Scout). Ailleurs dans le pays, des drones américains Predator II armés croisaient dans le ciel libyen chassant en meute des cibles désignées.

Sous-estimée, la Libye du colonel Gaddafi et son système atypique de pouvoir non hiérarchisé et horizontalement distribué a donné du fil à retordre à l'OTAN. A la surprise générale de ses voisins, la Libye, plus petit pays du Maghreb, a failli écraser rapidement et efficacement la rébellion armée qui s'est déclarée en Cyrénaïque le 16 février 2011, n'était-ce l'intervention militaire occidentale. Néanmoins, la Libye a réussi à absorber le choc initial de l'agression de la coalition internationale menée par les USA, la France, la Grande Bretagne, le Qatar et les Émirats Arabes Unis avant de tenir tête à l'OTAN, la plus grande alliance militaire du monde.

Cette capacité de résistance d'un pays aux capacités technologiques quasi-inexistantes, doté d'une toute petite armée de quatre ou cinq brigades, ne peut s'expliquer que par le régime très particulier et hors normes imposé par le colonel Kadhafi. Un système opaque où le pouvoir est dissous parmi des centaines de tribus et où la notion d'État selon l'acception occidentale demeure un concept étrange. L'organisation de l'État des masses, un concept paradoxal pour un pays de cinq ou six millions d'habitants, a rendu caduc tous les plans précédemment utilisés en Irak et a imposé à l'OTAN un nouveau paradigme à peine connu. Indubitablement, c'est en Libye qu'a été mis en échec le cycle des révoltes arabes par le désordre et l'ingénierie du chaos au moyen des réseaux sociaux et des services de messagerie. Car, contrairement à la Tunisie et l'Égypte, pays pro-occidentaux ayant connu des putschs militaires déguisés en révolutions colorées, la Libye comme le Yémen et la Syrie ont fait autrefois partie d'un front du refus et de la résistance qui aura vécu. Il est paradoxal de constater qu'une ville éloignée comme Brega ait tenu tout au long de la guerre et ait survécu à Tripoli qui a succombé à un coup de main éclair et complexe.

L'histoire est riche de ces retournements spectaculaires d'alliances et d'allégeance. Toutefois, qui aurait osé concevoir il y a à peine une trentaine d'années que l'OLP (Organisation de Libération de Palestine) se retournerait contre Damas ? Il est vrai que la vieille organisation désuète et corrompue de la résistance palestinienne n'a jamais pardonné le positionnement du régime syrien laïc aux côtés d'une organisation islamiste rivale, ayant réussi à prendre le pouvoir dans l'enclave assiégée de Gaza. Comme dans l'épisode libanais, la main des Saoudiens n'est jamais très loin et il n'est pas étonnant dès lors de constater la stratification en cours et la superposition de la rivalité créée de toutes pièces entre l'Arabie Saoudite et ses alliés, garant d'une version rigoriste de l'Islam sunnite contre l'Iran chiite, ultime avatar de l'impérialisme perse. Un schéma correspondant parfaitement aux plans d'hégémonie US au Moyen-Orient, basés sur les divisions ethniques et confessionnelles et même au-delà.

L'une des techniques de tromperie en usage dans ces nouvelles campagnes militaires d'un nouveau genre contre des États est l'imposition d'un mensonge comme vérité dans la plus pure tradition stalinienne. Ainsi des médias nous présentent sans vergogne aucune des informations faisant état de l'usage du gouvernement syrien d'embarcations armées contre ses propres populations civiles tout en avançant des bilans dignes d'un accident de circulation. Est-il possible qu'une ville de la taille de Lattaquié soit pilonnée par l'artillerie navale et n'enregistre que trois ou quatre victimes ? Le cas libyen est encore plus pathétique : l'OTAN qui ne maîtrise qu'une forme de propagande unique et disons le sans ambages, sclérosée, qualifie ses raids meurtriers contre les populations civiles libyennes comme une opération de protection de ces mêmes populations ! Les sites officiels britanniques se sont illustrés par une propagande mensongère sans vergogne pire que celle de Staline. Cercle vicieux d'un mensonge orwellien. Cet auteur avait bien pressenti que le totalitarisme anglais pourrait être bien plus pire que celui du nazisme et du stalinisme de son époque.

Les États-Unis d'Amérique sont les principaux architectes de cet assaut. Mais dans le cas de la Libye, ils ont adopté une nouvelle ligne de conduite, faisant semblant de confier les opérations, dès l'élimination de l'ensemble des défenses aériennes libyennes à leurs alliés de l'OTAN. Ils en regrettèrent presque cette option. La Grande Bretagne et la France eurent une piètre performance face à une armée libyenne bien faible et pas du tout équipée. C'est grâce à la logistique US et à l'argent du Qatar et des Émirats Arabes Unis que cette guerre put aboutir à l'entrée des rebelles à Tripoli atour d'un noyau dur formé par les commandos spéciaux de la CIA, du SAS, du 2ème régiment de parachutistes, de la Légion jordanienne, des mercenaires de l'X (ex-Blackwater) et des forces spéciales italiennes et qatari.

Des observateurs peu avertis de la nature du pouvoir en Europe s'étaient interrogés sur les motivations de certains pays comme l'Italie de s'aliéner gratuitement et durablement l'ensemble des pays de la rive Sud de la méditerranée, en d'autres termes ses voisins immédiats, en s'impliquant dans une guerre d'agression contre la Libye ou en joignant sa voix aux cris d'orfraie des pays européens contre la Syrie. Alors que ce pays jouissait jusqu'ici d'une assez bonne image au sein des pays du Sud. Le fait est que le pouvoir réel en Italie et ailleurs en Europe n'est plus aux mains des habitants de ces pays mais appartient de facto à des oligarchies invisibles agissant assez similairement à des gouvernements d'occupation.

La stratégie du double endiguement utilisée contre l'Iran et l'Irak, la destruction de ce dernier et son occupation, la guerre civile libanaise, la scission du Soudan, l'élimination physique des figures historiques de la résistance palestinienne, la mise au pas du Liban, l'encerclement et l'assaut de la Syrie, la déstabilisation du Yémen, l'affaiblissement des pays du Maghreb, la mise en place d'une véritable ceinture de feu entre le Sahel et l'Afrique du Nord s'étendant de la corne de l'Afrique à l'Atlantique, et, actuellement, la mise en pièces de la Libye, ne sont qu'une suite ininterrompue d'évènements liés. Lesquels s'inscrivent dans le cadre d'un plan réglé et préconçu. Tel qu'il a été ébauché par l'ex-secrétaire d'État US Henri Kissinger dès l'avènement des années 70. A posteriori, l'actuelle vague de révoltes présentée comme un printemps arabe en référence à une série d'évènements ayant abouti à l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, n'est que la continuation d'une même et unique stratégie visant toujours le même objectif : le formatage de l'environnement immédiat et lointain d'Israël à même de garantir sa survie pour les cinquante prochaines années et par-dessus tout garantir son existence au-delà de l'année 2048.

L'enthousiasme suscité par les révoltes arabes a fait long feu. Si les médias mainstream n'ont pas hésité à qualifier cet assaut général de «printemps arabe», la réalité des faits déformés sur le terrain, grâce à la magie des caméras embarquées sur les téléphones portables dans un monde ou presque tout le monde en est équipé, a fait déchanter plus d'un. De mémoire de révolutionnaire, on n'a jamais vu des rebelles armés de fusils d'assaut Gewehr-36 avancer contre les troupes gouvernementales de leur propre pays sous la couverture d'hélicoptères de combat avancé, de drones et de bombardiers étrangers tout en bénéficiant de l'appui feu de l'artillerie navale, le renseignement de l'imagerie satellitaire et l'encadrement des forces spéciales de pays ayant une longue tradition dans la subversion et le sabotage. C'est pourtant bien ce qui s'est passé en Libye. Et c'est ce que l'on tente de recréer en Syrie et si possible, ailleurs. Ce n'est point un hasard si, au départ des contestations, une aide logistique est mise à profit des insurgés, fussent-ils présentés comme de simples manifestants. Changement d'icônes. Depuis les années 60, le Kalachnikov était l'arme par excellence de tous les révolutionnaires et guérilléros de tous bords. L'usage par les rebelles libyens d'une variante du fusil d'assaut FN-FAL et de missiles antichar MILAN, puis après l'opération de Tripoli, du fusil Allemand G-36, équipant entre autres les forces spéciales jordaniennes, consacre une véritable rupture. Après les rébellions maoïste, communiste, socialiste et nationaliste, voici venu le temps des rébellions néolibérales financées par les riches Cheikhats du Golfe persique et soutenues militairement par les milieux trans-financiers internationaux.

Cependant, l'apparition spontanée de ces nouvelles guerres High Tech de propagation du chaos social par le bas et l'ingénierie du putsch scientifique n'est pas sans risque pour les pays l'ayant adopté. La Grande Bretagne (mais aussi la France) en sont de parfaits exemples. Et ce, malgré la surveillance exhaustive et maniaque des réseaux par des cohortes de cyber policiers dans ces deux pays. Surveillance bien plus intense, systématique et étroite que ne le serait la surveillance d'internet dans un pays comme la Chine. Le retournement des nouvelles armes que constituent désormais les réseaux sociaux et les services de messagerie contre l'un des pays les ayant le premier utilisé pour attaquer un autre pays (la tentative britannique de susciter une révolution colorée-verte-en Iran en 2009) a donné plus que des sueurs froides à Londres. Les émeutes du mois d'août 2011 ont fait craindre un retour de boomerang, voire une British Revolution. Signe qui ne trompe pas : deux facebookers ayant posté des blagues sur le net au sujet de ces émeutes ont été condamnées à de très sévères peines d'emprisonnement. Pendant ce temps, le gouvernement de sa majesté, le plus acharné dans sa guerre en Libye, finance, encourage et soutient des milliers de jeunes Arabes à propager via les réseaux sociaux le désordre, le chaos et la sédition.

La reprise du symbolisme religieux islamique par les services de renseignement US et britannique n'est pas nouveau. Il remonte à plus d'un siècle, avec les théories du manteau vert, du messie attendu et les intrigues de Lawrence d'Arabie. On percevait aisément derrière tous ces vendredis «colorés» une forte touche de marketing. «Vendredi de la colère», «Vendredi de la vengeance» ou encore «vendredi de la défiance» sont des produits marketing 100 % US adaptés à l'humus local. Un peu comme les filiales de Coca Cola au Moyen-Orient. A ces techniques s'ajoutèrent le renfort d'une pléthore de pseudo-fatwas issues de manière désordonnées et diffusées par des «clercs» musulmans majoritairement sunnites mais dont la majorité provient des pays du Golfe persique inféodés à l'empire ou de pays comme l'Égypte ou la Jordanie. C'est un Islam version US, aussi corollaire au néo-libéralisme que l'est la spéculation boursière sur des actifs pourris. Support de propagation : internet et chaînes satellitaires. Après l'anathème vient la diabolisation. Le président syrien est qualifié de Hulagu dans une référence à l'invasion mongole du Moyen-Orient au 13ème siècle ; le guide libyen qui s'est déjà auto-affublé de toute une série de titres, se voit en plus affublé de tous les noms d'oiseaux. Il est vrai qu'il ne s'est fait que des ennemis. La propagande des pays du CCG s'acharne plus particulièrement sur lui avant, pendant et après son règne. Même hors de son complexe de Bâb Azizya, le colonel sera accusé par les US d'avoir collaboré avec leurs services dans la lutte antiterroriste. Quant on sait que tous les pays musulmans ont été sommés de collaborer dans la lutte contre un terrorisme créé de toutes pièces par ceux là même qui l'exigent, on ne peut que rester stupéfait de la tromperie avec laquelle agit l'empire quel que soit le contexte.

Mais tout cela est voué à l'échec. Les Américains et leurs alliés sont dans une impasse non seulement économique mais idiosyncratique. Si au Levant, la déstabilisation de la Syrie aura de très graves conséquences sur Israël, dont l'arsenal nucléaire conséquent ne lui sera d'aucun secours, au Maghreb, le dépeçage de la Libye aura des conséquences négatives durables sur l'ensemble des relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Il ne fait aucun doute que tôt ou tard, l'intrusion militaire de puissances étrangères en Libye aura un prix.

A ce propos, certains observateurs ont mis en doute la mainmise étrangère sur les ressources de la Libye à cause du sentiment ultranationaliste de certaines factions rebelles. C'est méconnaître les ressorts cachés de la soumission consentante. Les rebelles, y compris leurs ailes militaires les plus radicales sont beaucoup trop faibles pour pouvoir prétendre tenir tête à leurs puissants protecteurs. De facto, ils sont encore plus faibles que les forces loyalistes. C'est pour cette raison que la Libye représente un cas d'école : c'est le nouvel eldorado des multinationales et l'entrée rêvée en Afrique du Nord et au Sahel. Et connaissant certains pays de la coalition «humanitaire» caractérisées par leur hargne et leur cupidité à tenir coûte que coûte la moindre parcelle de terre tombée en leur pouvoir et ne plus jamais la relâcher à moins de provoquer un génocide généralisé, on ne voit pas la Libye se débarrasser de sitôt de ces protecteurs de la dernière heure.

Avec l'épilogue libyen, l'Africom devrait avoir résolu le choix de ses bases en Afrique. Elle y disposera aussi bien de bases stratégiquement situées sur le golfe de Syrte qu'en bordure du Sahel, voire au Sahara central. En parallèle, la Russie perd plus qu'un important client de ses armements. Tandis que la Chine voit sa présence en Méditerranée, en Afrique du Nord et au Sahel assez compromise. Certains pays occidentaux voyant d'un très mauvais oeil la présence chinoise dans la bande sahélienne du Soudan en Mauritanie, en passant par le Niger, principal pourvoyeur d'uranium aux centrales électronucléaires françaises.

Propager le désordre dans un pays fait partie intégrante de la panoplie de guerre. Le chaos est un nouveau paradigme des relations internationales. L'ex-ambassadeur US en Chine, Jon Huntsman et probable candidat aux présidentielles américaines en sait quelque chose. Sa tentative très maladroite de susciter des troubles en Chine en utilisant les réseaux sociaux l'a forcé à quitter son poste.

Cependant, la question qui se pose actuellement est celle relative aux conséquences à moyen et long terme de cette nouvelle ingénierie du chaos appliqué à l'échelle géostratégique. Utilisant des outils transcendant la guerre asymétrique que pourrait opposer le pays ciblé face à un assaillant technologiquement plus avancé, cette nouvelle forme de guerre ne serait-elle pas susceptible de créer une symétrie du chaos dans les deux camps ? L'avenir nous le dira.


Wissem Chekkat, in « Le Quotidien d'Oran » du 15 septembre 2011.

mardi, 01 novembre 2011

REVELATIONS SUR LES DERNIERES HEURES DU PRESIDENT GBAGBO AU PALAIS - CE QUI S'EST REELLEMENT PASSE



BOMBARDEMENT DE LA RESIDENCE DE GBAGBO.jpg

Extrait du journal intime de D.D, Abidjan le 25 avril 2011.

 

Le 11 Avril, j'ai fait ma dernière prière. Il est 5h 30. La résidence présidentielle est sous les bombes depuis trois jours. Il y a trente minutes que les bombardements des français qui ont duré toute la nuit se sont arrêtés à 5h. La partie de la résidence où nous nous trouvons n'a pas encore cédé. D'ailleurs personne ne peut sortir pour voir les dégâts même si l'odeur de brûlé montre qu'une grande partie de la résidence a été dévastée. Le président Gbagbo est toujours d'un calme olympien. On le sent fatigué mais il n'a pas l'air d'avoir peur. Je pense que c'est à cet instant précis que chacun doit secrètement penser à sa mort. Moi, je pense à la mienne.

Le président a fini de prendre son bain et est à nouveau avec nous. La table est servie et nous déjeunons en compagnie du président qui plaisante et détend. Deux jours plus tôt, les français avaient envoyé un tel déluge de feu sur la résidence qu'il fallut protégé Laurent et sa femme. Toute modestie mise à part, la résidence est vraiment un bunker. Les bombardements visaient la chambre du Président principalement mais aussi son bureau, là où il a l'habitude de travailler. Grâce à Dieu, il n'y était pas à chaque fois. A un moment donné, tous les lieux ont été visés en même temps. C'était invivable. Parce que les français déversaient en plus un gaz dont l'odeur était suffocante. Parfois, nous nous demandions si ce n'était pas un gaz empoisonné parce qu'on n'arrivait plus à bien respirer. Nous avons pu nous déplacer un peu.

Nous n'avions pas dormi depuis plusieurs jours. Ce lundi n'a pas été différent. Nous sommes restés debout jusqu'à 5 heures du matin. En tout cas, c'était dur, mais si nous avons tenu, c'est grâce à Laurent, en raison de la sérénité dont il faisait preuve.

Reprise des bombardements

Un officier est venu nous dire que nous étions encerclés. Mais quand les soldats français et rebelles sont arrivés, les militaires qui étaient au palais, étaient tous partis. On était donc parqué quelque part. Le couple présidentiel avait été déplacé. L'officier nous disait, ne sortez pas, ne sortez pas. Et c'est en ce moment que Tagro est sorti. On a entendu des coups de feu. Je ne l'ai pas vu, mais je l'ai entendu dire, « on m'a tiré dessus ! On m'a tiré dessus ! Les rebelles sont alors entrés dans la résidence. Tous nous battaient.

En tout cas, je ne peux pas dire que ce sont les soldats français qui ont pris Laurent parce que nous n'étions pas dans la même cellule. Lorsque nous sommes sortis de la résidence du Chef de l'Etat, des soldats blancs qui étaient là, se sont repliés à la vue des cameras. Puis nous avons été transférés au golf.

Là bas, on nous a descendus d'un camion qui nous transportait. Il y avait un cordon de rebelles de part et d'autre de la route qui menait au golf. Nous avons été malmenés. Moi, j'ai reçu trois gifles. C'était de la barbarie sans nom. Et les soldats de l'ONU-CI qui étaient présents ce jour ne disaient rien. Ils regardaient avec beaucoup d'admiration les agressions des rebelles contre nous. Ils avaient des couteaux. On était tous assis. J'étais au milieu. Ceux qui étaient à portée de leurs mains ont été blessés au couteau. Moi j'étais au milieu et tous ceux qui étaient assis à droite comme à gauche ont eu le corps déchiré.

Arrivé au golfe, nous avons été parqués dans des cellules différentes de celle du Président Gbagbo et de sa femme. Donc, je n'ai pas suivi le traitement qu'on leur a infligé. Mais c'était dur. Il n'y a pas d'autres mots. Nous sommes restés au golf pendant une semaine. Nous étions constamment sous la menace des rebelles...

 

In le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

OU TROUVER L'ARGENT POUR RECONSTRUIRE LA COTE D'IVOIRE?


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Peur sur l'Europe ! Jeudi et vendredi prochains, le G20 se réunira à Cannes, ville balnéaire française, située sur la Côte d'Azur. On peut d'ores et déjà être sûrs d'une chose : l'atmosphère sera très éloignée du glamour du festival de cinéma qui s'y déroule chaque année. Et pour cause. Cannes sera, d'une certaine manière, le lieu de l'humiliation de l'Union européenne et du triomphe de la Chine, à laquelle il sera demandé de voler au secours des anciennes notabilités de l'économie mondiale, menacées par un effondrement qui, ironie de l'Histoire, semble partir d'une des places fortes de la civilisation occidentale historique : la Grèce.

Les Chinois ne boudent pas leur plaisir. Par la bouche de leur vice-ministre des Finances, ils indiquent n'avoir pas encore "décidé" d'investir dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ils seront, disent-ils, attentifs aux "détails techniques pour y voir clair". Impériaux, ils demandent aux Européens "de prendre leurs responsabilités et de mettre de l'ordre chez eux". Vu d'Afrique, tout cela rappelle la fermeté à la limite de la dureté des responsables politiques européens face à la situation économique exsangue du continent qui a ouvert la voie aux très douloureux programmes d'ajustement structurels (PAS) il y a environ un quart de siècle. La roue tourne, assurément. Et l'Afrique doit tirer toutes les leçons de cette "révolution".

En Côte d'Ivoire aussi, l'on ne saurait éluder la réflexion sur cette nouvelle donne. Même si cette réflexion dérangera forcément les dirigeants d'un pays qui apparaît très clairement comme un "dominion" français et occidental, reconquis à coups de bombes par Nicolas Sarkozy, qui tient visiblement à se poser en nouveau Napoléon. Alors qu'Alassane Ouattara s'en va quasi-mensuellement en France et aime à s'afficher avec tout ce qui représente la droite et le patronat de l'Hexagone, l'on ne peut s'empêcher de poser une question : les besoins financiers nécessaires à la reconstruction du pays des Eléphants sont-ils encore à la mesure de l'ex-colonisateur et de ses alliés occidentaux ? Alors que nos anciens (et nouveaux?) maîtres s'en vont chercher eux-mêmes leur secours auprès d'une Chine dont ils nous déconseillaient fortement les capitaux avant-hier, pouvons-nous encore raisonnablement penser qu'ils détiennent les clés de notre avenir économique ?

Mensonges politiciens et réalité du terrain

Poser sérieusement ces questions, c'est admettre de renoncer à la mythologie grotesque du "argent-diamant-or". Cette propagande vieille de près de deux décennies qui tentait de convaincre la Côte d'Ivoire de ce que, parce qu'il sortait "de la cuisse du FMI" et était l'ami – ou plus honnêtement l'obligé – d'un certain nombre de décideurs politiques et économiques occidentaux, Alassane Ouattara ferait tomber sur le pays une soudaine pluie de milliards et permettrait de déverser sur la Côte d'Ivoire des trésors jusqu'ici interdits parce que le "prédestiné"(selon l'expression du philosophe Yacouba Konaté) n'avait pas encore pris la place qui lui revenait à la tête du pays. "Je suis un banquier, je sais où trouver l'argent", affirmait ainsi pendant la campagne électorale, l'ancien Premier ministre d'Houphouët-Boigny.

Il est aujourd'hui au pouvoir. Et l'argent n'est pas là. Si l'Université de Cocody, pillée méthodiquement par ses partisans en avril 2011 – et jusqu'à bien après, selon des témoignages concordants – demeure fermée, si les étudiants ivoiriens sont bien partis pour connaître deux années blanches de suite, c'est parce qu'il n'y a pas d'argent. Si des manœuvres toujours plus imaginatives sont mises en place pour étaler sur  plusieurs semaines la rémunération de certaines catégories de fonctionnaires, c'est parce qu'il n'y a pas d'argent. On pourrait énumérer pendant longtemps toutes les preuves manifestes de la préoccupante pénurie de liquidités qui fait souffrir la Côte d'Ivoire, loin de la langue de bois emplie de fausse satisfaction qui dégouline des communiqués officiels.

Que faire pour trouver l'argent ? Il faut déjà se convaincre que le régime Ouattara ne peut raisonnablement pas courir plusieurs lièvres à la fois. Il ne peut se laisser aller à sa folie vengeresse, tenter de monopoliser artificiellement l'espace politique… et arriver à une croissance économique durable. Les investisseurs, locaux comme étrangers, sont rationnels. En l'absence d'un consensus national sur les questions politiques fondamentales, ils prendront des risques mesurés. D'autant plus que l'âge du capitaine ne permet pas d'imaginer un règne infini, que les rapports de force véritables pourront s'exprimer à n'importe quel moment, et que le positionnement partisan de la "communauté internationale" fait de la France, par exemple, un acteur de la politique nationale, et expose naturellement ses entreprises à de possibles retours de bâton. Les ruses et les campagnes de communication partisanes orchestrées par des lobbies internationaux amis de l'actuel régime ne sont, dans le contexte actuel, que des malheureuses cautères sur des jambes de bois. Petite question anticipatrice. Comment Ouattara imposera-t-il donc au pays la cure d'austérité réclamée par ses amis bailleurs de fonds alors qu'il apparaît comme le persécuteur d'au moins la moitié des Ivoiriens ?

Les choix de survie

Au-delà d'une indispensable détente politique interne reposant sur des bases solides, la Côte d'Ivoire sera bien obligée, à un moment donné, de revoir fondamentalement son modèle économique et ses options diplomatiques. Ouattara n'est pas le mieux placé pour négocier ce virage, mais il faudra se résoudre à regarder autant vers l'Est et les pays émergents, que vers un Ouest fatigué aujourd'hui, plus disposé à recevoir qu'à donner. Par ailleurs, alors que les bailleurs de fonds traditionnels sont obsédés par l'abandon par l'Etat ivoirien de l'ensemble des leviers et des moyens de production, voire de mobilisation conséquente de fonds à travers une fiscalité forte, il faut bien se demander si ce n'est pas un Etat investisseur, ayant renoncé aux dogmes menteurs de l'économie libérale orthodoxe qui pourra être le pilier d'un vrai miracle économique qui passera forcément par une industrialisation dont l'agenda sera contrôlé de l'intérieur. Abidjan doit bien observer ce qui s'est passé à Kinshasa, où les Occidentaux ont imposé leurs desiderata politiques et se sont avérés incapables d'appuyer sérieusement la reconstruction économique. En un mot comme en cent, la Côte d'Ivoire ne peut sortir de l'impasse sans se retrouver elle-même, et déplaire, d'une manière ou d'une autre, aux sponsors de son actuel exécutif.


Théophile Kouamouo



dimanche, 30 octobre 2011

LA CHINE VIENT D'ACHETER 17 PAYS EUROPEENS: LA FAILLITE DU CAPITALISME


NICOLAS SARKOZY ET HU JINTAO 2.jpg

"La Chine détient actuellement 60% de la richesse mondiale. Elle a le même poids financier, aujourd'hui, que les États-Unis en 1945 (face à une Europe détruite et un monde ruiné par la guerre)", a dit un intellectuel français sur le plateau de i-Télé, hier, samedi 29 octobre 2011.

Cela donne des sueurs froides et nous donne une idée précise de la richesse colossale de la Chine. Ce peuple est désormais en mesure de décider, du jour au lendemain, de l'issue de notre monde!!! Comment se servira-t-il de sa puissance économique et financière? La suite des temps nous le dira! En attendant, lisez-moi cet article. Stupéfiant !

 

Depuis ce matin du 27/10/2011, la Chine vient d'acheter 17 pays Européens. On avance le chiffre de 1.000 milliards d'Euros. A la chute du mur de Berlin en novembre 1989, on avait annoncé la victoire du capitalisme sur le communisme. 22 ans après, c'est au plenum du Parti Communiste Chinois de s'offrir le plaisir de surveiller les budgets de 17 pays européens. C'est la pire des humiliations que les Européens aient essuyée à ce jour. Mais qu'importe ! Tous annoncent le succès du sommet nocturne de Bruxelles, programmé la nuit justement pour avoir le temps de recevoir la décision de Pékin.

Doit-on dire la vérité au peuple Européen qu'il n'est pas aussi nanti qu'on lui a fait croire ? Shut ! On est en démocratie, et en démocratie avancée, on doit raconter au peuple ce qu'il aime entendre, car c'est ce qui motive son vote. Et c'est reparti avec la propagande habituelle pour continuer de mentir et abreuver ce peuple avec des termes comme "pays riches", pays développés", "pays démocratiques". Tous les dirigeants après le sommet de Bruxelles racontent de retour, à leur peuple qu'ils sont les meilleurs. En attendant dans 6 mois, lorsqu'il se rendront compte que tout cela ne suffit toujours pas, que même tout le cash chinois de 3.200 milliards de dollars ne sera jamais suffisant pour les sauver du gouffre financier dans lequel ils sont.

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Ce que l'Europe n'a toujours pas compris, parce que trop occupée à tirer les ficelles en Afrique, c'est que comme dans la forêt africaine, chaque insecte, chaque animal, aussi grand soit-il a son propre prédateur. Elle a oublié pendant trop longtemps cette règle simple de la survie animalière et cela lui tombe sur la tête aujourd'hui et par conséquent, elle n'a malheureusement développé aucun anticorps, pour freiner le fauve qui a frappé à sa porte; les successifs rafistolages sur la Grèce, les discours génériques pleins de bonne volonté, des politiciens sans aucune vision de l'avenir sont là pour prouver que rien ne leur passe dans la tête pour venir à bout de la désertification industrielle en cours que leur tout nouveau prédateur, la Chine, leur a imposé.

La bonne nouvelle pour l'Afrique, c'est qu'après 500 ans, il y a finalement un prédateur sur la scène internationale pour tenir sous contrôle nos prédateurs traditionnels. Pour la première fois de son histoire moderne, l'Afrique commence à souffler. L'Afrique commence à voir en positif son avenir. Et ce ne sera pas l'assassinat programmé de tous les dirigeants Africains qui ont refusé de s'incliner qui sauvera l'Europe des griffes chinoises, puisqu'elle n'est plus maîtresse de son propre destin.

Et l'Afrique ne peut que profiter de cette nouvelle donne pour frayer son passage vers le vrai développement humain. C'est ce qui est en train de se passer dans plusieurs pays africains comme l'Angola qui devenant le tout premier partenaire chinois sur le continent Africain avec 20 milliards de dollars d'échange en 2010, est passé en 5 ans de pays exportateur de coton à pays importateur du même coton pour alimenter ses nombreuses industries naissantes d'habillement.


Jean-Paul Pougala


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE