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dimanche, 30 octobre 2011

L'AFRIQUE, LE CONTINENT HUMILIE

GBAGBO ET KADHAFI 2.jpg

Lundi 11 avril 2011, sorti groggy de la résidence présidentielle, pilonnée plusieurs jours durant par l'armée française; livré à la furie de ses adversaires, Laurent Gbagbo est déporté sans ménagement et emprisonné au Nord de la Côte d'Ivoire.

Jeudi 20 octobre 2011, sorti hagard de son convoi détruit par un bombardement de l'Otan, Mouammar Kadhafi effectue son chemin de croix, le visage ensanglanté, lynché par des adversaires déchaînés. Ils finiront par l'exécuter d'une balle dans la tête à Syrte, sa ville natale.

Deux images unanimement saluées par la démocratie occidentale. Deux images choquantes pour l'Afrique. Images d'humiliation de deux chefs d'Etat. Images d'humiliation d'un continent.

Elle est belle la démocratie mondiale, empêtrée dans ses mensonges et ses propres turpitudes. A user de remèdes plus pernicieux que le mal décrit. A parler de démocratie en larguant plus de 30000 bombes sur un pays. A prétendre protéger les civils quand la guerre "humanitaire" fait plus de 60000 morts. A jouer les pompiers ici pour faire oublier ailleurs le rôle de pyromane. A saluer l'élection de Barack Obama quand son rêve américain prend des airs de cauchemar africain. A reconnaître des rebellions militaires sanglantes tout en menaçant de son veto la reconnaissance d'un Etat Palestinien. A nommer des prix Nobel de la paix qui n'ont réalisé aucune action pacifique. A créer une Cour Pénale Internationale pour juger uniquement les crimes des autres. A évoquer l'indépendance quand il s'agit de la recolonisation d'un continent.

Georges Bush Jr n'est plus président mais son esprit plane encore au-dessus du nouvel ordre mondial. Il est réincarné dans l'hexagone en président hyperactif et va-t-en guerre. Un président qui n'hésite pas à régler en Côte d'Ivoire un contentieux électoral à coups de milliers de bombes et d'obus. Hier Bagdad, aujourd'hui Tripoli. Mêmes causes, mêmes effets. Des pays livrés aux chiens de guerre et au chaos. A qui le tour demain?
Mépris des Africains à Paris. Mépris de l'histoire africaine à Dakar. Dans l'esprit des Africains-Français, les mouroirs de Syrte et d'Abidjan s'inviteront jusqu'aux isoloirs de Neuilly sur Seine et de Tulle en 2012.

Et le silence de l'Union Africaine? Et la lâcheté des chefs d'Etat africains? Certains se terrent, terrorisés. Les tyrans, les putschistes, les oppresseurs, les corrompus, les marionnettes et les collabos. Ils se font tout petits. Et les autres? Ils manquent de courage. Ils se taisent. Ils acceptent sans broncher leur propre humiliation, l'humiliation du continent. Planquez-vous braves présidents! Croisez les bras. Croisez les doigts. Fermez les yeux. Espérez que la furie occidentale vous oublie. Priez pour qu'elle s'abatte sur le voisin d'à côté. Union Africaine. Union disparate de petits Etats pauvres et divisés. Adieu, Lumumba. Adieu Nkrumah. Adieu Sankara. Adieu l'unité africaine. Adieu enfin les Etats-Unis d'Afrique.

Et les intellectuels africains? Que disent-ils? Rien du tout? Vaillants leaders éclairés! La triste réalité du continent africain n'est de toute évidence pas une source d'inspiration. Parcourez les rédactions et les médias occidentaux pour vendre vos si belles fictions. Silence, on massacre vos semblables. Dormez-bien. Rêvez-bien. Bernard Henry Levy est lui bien réveillé. Lui qui se bat pour que les indignés africains expriment dorénavant avec "force" leur soif de démocratie. Peu importe si les armes, qui leur sont distribuées, entraînent un bain de sang entre concitoyens. Merci B.H.L! Encore un coup de panache, et la charia devrait être érigée en règle constitutionnelle sur l'ensemble du continent.

Elle est belle la démocratie internationale. Et les centaines de milliers de bombes larguées sur le continent noir n'ont pas encore tiré le milliard d'Africains de sa profonde léthargie. Alors, massacrons-nous encore à Kigali et à Benghazi pour la conquête du pouvoir. Dansons à Syrte et à Misrata autour de nos cadavres. Célébrons à Abidjan et à Libreville, l'humiliation de notre continent. Oui laissons, abandonnons, cédons aux Américains, aux Européens et aux Asiatiques le soin d'exploiter nos immenses richesses naturelles. Philanthropes, ils développeront peut-être un jour l'Afrique mieux que les Africains eux-mêmes.


Anicet Djehoury, Essayiste ivoirien, in PENSEES NOIRES

 

Source: SENE REVOLUTION.COM

jeudi, 27 octobre 2011

SELON LE CANARD ENCHAINE, KADHAFI A ETE «CONDAMNE A MORT PAR WASHINGTON ET PARIS»

 

KADHAFI ET SON FILS MOATASSIM MORTS.jpg

Pour ceux qui ne vivent pas en France et ne peuvent pas se procurer l'indispensable hebdomadaire du mercredi, voici l'intégralité d'un article qui apparaît d'ores et déjà comme une "pièce" historique. Quand la "civilisation" ressemble à s'y méprendre à la barbarie...



Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu'il s'en sorte vivant. De crainte qu'il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.


Mercredi, 19 octobre en fin d'après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l'un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l'une des priorités actuelles des généraux de l'équipe Obama, l'Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu'il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu'il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.


Depuis quelques jours d'ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.


Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n'échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ?».


Hypocrisie internationale.

À l'Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l'un de ses fils s'étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d'état-major particulier, de superviser la chasse à l'ancien dictateur. Ce qu'il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l'étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d'ailleurs pour évoquer l' «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l'Élysée, s'il faut en croire un conseiller du Président.


« La peine de mort n'était pas prévue dans les résolutions de l'ONU qui ont permis à l'OTAN d'intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d'un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l'Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l'aide qu'il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu'il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».


Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l'objectif allait être atteint. Trois avions de l'OTAN s'approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui largue deux bombes GBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.


Soupirs de satisfaction.


Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L'histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande ''Allah Akbar'' à pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d'autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».


On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d'une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n'est pas la fin de l'histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man's land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d'un procès international.


Claude Angeli, in « Le Canard Enchaîné » du mercredi 26 octobre 2011.

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo

 

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«NOUS SOMMES EN DROIT DE DEMANDER LA MISE EN ACCUSATION, LA POURSUITE ET LE CHATIMENT DES RESPONSABLES DE CES CRIMES»

 

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Si ces informations sont confirmées et elles le seront probablement, nous sommes face à un crime d'État, au commencement d'une grave crise politique en France menant à la mise en accusation de Sarkozy.

Des procédures sont déjà engagées par les avocats et les conseils de la famille Kadhafi, mais cela est encore insuffisant face à la gravité de l'affaire et à l'énormité du crime contre le chef d'un État souverain, en violation de toutes les normes du Droit International.

Si nous sommes encore une démocratie, il faudra bien que des politiques et en particulier ceux de l'opposition fassent preuve pour une fois d'un peu de courage et mettent en cause publiquement Nicolas Sarkozy, s'adressent à la Nation et demandent l'ouverture d'une enquête

M. Ocampo est un homme très occupé, il est le seul des habitants de cette planète à n'avoir pas ouvert un journal, écouté une radio ou regardé sa télé depuis 6 mois.

Cet homme n'a rien vu, rien entendu, mais nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assisté en direct au déroulement de cette tragédie jusqu'à son atroce dénouement.

Nous sommes 6 milliards de témoins à avoir assister à la destruction d'un pays et au déchaînement de la terreur contre sa population.

Nous disposons de centaines d'heures d'images vidéos que tout le monde a pu visionner sur YouTube, des milliers de pages de témoignages, de rapports établis par des commissions d'enquêtes indépendantes et des journalistes, ces témoignages constituent un acte terrible d'accusation contre la coalition qui s'acharne contre la Libye depuis des mois.

Ce que les médias occidentaux ne nous montrent pas... par SuperResistance1:

IL FAUT ABSOLUMENT VOIR CETTE VIDEO

Nous devons constituer un Tribunal sur le modèle du Tribunal Russel pour établir devant l'opinion mondiale l'accumulation incroyable de mensonges, de faux témoignages, de documents fabriqués ou truqués, d'actes de barbarie, de crimes de guerre contre des populations civiles, de lynchage systématique de centaines de noirs.

Nous sommes en droit de demander la mise en accusation, la poursuite et le châtiment des responsables de ces crimes.


Source : LE POST.FR

CRIMES ET MENSONGES DE L'OTAN EN LIBYE: LE TEMOIGNAGE ELOQUENT DE LA JOURNALISTE BRITANNIQUE LIZZY PHELAN

 

 

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Un autre témoignage des média-mensonges dans lesquels l'Occident et l'OTAN ont fait macérer le monde entier pendant 8 mois pour, au final, assassiner le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, tuer des dizaines de milliers de ses concitoyens et causer des dommages incommensurables en Libye. Quel monde pourri que le notre!!!



mardi, 25 octobre 2011

LES AFRICAINS NE SAVENT PAS

FRANçOIS COPE.jpeg

François Copé, Secrétaire général de l'UMP (Union pour la Majorité Présidentielle), parti politique du président français Nicolas Sarkozy.

 

Les Africains n'ont pas de bonnes chaînes-TV, de bons journaux, et ne savent pas trop où aller sur Internet, quand ils y ont accès. Leurs chaînes  sont archaïques, croient toujours que la bonne vieille langue de bois est encore efficace et que leurs programmes soporifiques sont regardés. Les journaux ne sont pas beaucoup lus et pour ceux qui les lisent ils n'offrent le plus souvent que le ton des dépêches d'agences. Alors, les Africains regardent les télévisions de là-bas, qui offrent plein de choses confortables pour les yeux. Des matchs de haut niveau, des films récents et bien faits et...des informations aux belles images, rapides, digérées, commentées et illustrées.

Donc ils ne peuvent pas savoir ce qui risque de les atteindre, en bien ou en mal. Pour deux raisons. La première est que la langue de bois ne les nourrit pas de la réalité et que l'information de là-bas est faite pour qu'ils ne sachent rien de ce qui puisse leur faire du mal. La seconde est qu'ils n'ont aucun moyen de pallier la chose, s'il leur arrive de penser à le faire, malgré tout. Par conséquent, ils ne sauront pas ce qu'a dit François Copé, s'il leur arrive de savoir qui c'est, sur la nouvelle politique africaine de la France. Sinon ils auraient risqué de réagir.

Le monsieur Copé a dit que «Cette nouvelle politique (...) c'est celle que le président français Nicolas Sarkozy a menée durant la crise ivoirienne, comme d'ailleurs, dans un registre très différent, il a pu le faire en Libye». En passant, on peut lui reconnaître qu'il sait qu'en Libye cela passe plus difficilement qu'en Côte d'Ivoire. Il y a une raison fondamentale, voire vitale, que les Africains sachent ce qui se passe. Le monsieur parle d'eux. Il dit qu'il y a «... en Côte d'Ivoire comme en Libye une mission d'abord au service des peuples concernés...» Les Africains doivent être informés de ça et être les premiers à savoir qu'il y a une  «mission» en leur direction.

Eh bien, ils ne le sauront pas, jusqu'à ce que la terre se dérobe sous leurs pieds et que des flots de haines séparent en ennemis mortels, les enfants d'un même pays. Des «bons» d'un côté, des «méchants» de l'autre. Ces catégories, ils pourront les identifier grâce à ces mêmes télévisions, à la belle cosmétique, où défileront des «opposants» et des  «spécialistes»  de leur pays et qui leur expliqueront ce qu'il faut faire et de quel bord il faut être. Des dizaines de milliers de morts plus tard, sur un pays en ruine, la Banque Mondiale, le Fonds monétaire International et d'autres institutions du même acabit viendront, comme en Libye, travailler avec «les nouvelles autorités à un plan de relance économique», un plan qui impliquera les «experts» des «grandes démocraties», toujours soucieuses du bien-être des Africains et des peuples qui leur ressemblent.

D'ailleurs, pour preuve, la visite en Algérie du secrétaire d'Etat-adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient et l'Afrique du Nord, qui a pour but avoué de savoir auprès de Bouteflika «quelle était la meilleure façon d'aider (la Libye) à avoir une bonne transition». Et là, c'est encore assez gentil de solliciter un Africain. Car d'habitude ils décident tous seuls de ce qu'il y a à faire. Les Africains ne savent pas ce qui se passe autour de leur avenir et cela durera tant qu'ils ne seront pas informés.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

KADHAFI: ILS ONT EXAUCE SON SOUHAIT

MOUAMMAR KADHAFI 16.jpg

Ils ont donc fini par le tuer. Depuis le début, ils ont cherché à le faire. Les frappes de l'OTAN le cherchaient sans arrêt. Mais aujourd'hui, tel Ponce Pilate, ils veulent s'en laver les mains. Ponce Pilate  avait livré Jésus  aux marchands du Temple et aux grands prêtres proches des Romains. Il avait préféré  laissé les collaborateurs de l'empire Romain décider de sa mise à mort. Pour Kadhafi, l'OTAN a fait l'essentiel du travail, mais il a laissé faire le sale travail,  finir le travail  à des Libyens contre un autre Libyen.  Le crime était presque parfait, mais il y a eu d'abord cet anonyme qui a filmé et mis ces images sur You tube, puis les images d'une extrême cruauté de cette hystérie collective hallucinante  sur le site "The Global Post". Il a bien fallu ensuite trouver des explications.

Le colonialisme a toujours agi ainsi: libyens contre libyens, algériens contre algériens, vietnamiens contre vietnamiens, irakiens contre irakiens.  Faire ainsi coup double: éliminer l'ennemi,  Kadhafi, et tenter de faire perdre son âme à tout un peuple, en tentant de faire peser sur sa conscience un acte ignoble.

Mais pourquoi l'OTAN a-t-il si peur de dire la vérité, qu'il est le véritable responsable de cet assassinat  car les autres ne sont que des exécutants. Pourquoi cette campagne médiatique inouïe, acharnée, non seulement pour dégager sa responsabilité de ce crime, mais pour dévaloriser et salir sans cesse la personne de Kadhafi. Il ya certes la tentative bien vaine de faire encore croire que l'OTAN a agi dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU, que son but était  de protéger des populations civiles et non d'intervenir comme belligérant dans cette guerre pour abattre le régime libyen. Il y a aussi l'éventualité d'une accusation de crime de guerre, Kadhafi ayant été fait prisonnier puis assassiné. Mais on découvre soudain que cette campagne traduit au fond une peur, celle que les dominants ont toujours, la peur de leurs victimes, la peur de la mémoire des peuples. En effet, pourquoi parler autant de Kadhafi s'il est une personnalité aussi monstrueuse, aussi misérable qu'il est décrit  dans les médias occidentaux et les medias arabes qui leur sont liés. Pourquoi lui consacrer autant de temps. Pourquoi cette obsession  le concernant.

J'avais toujours été impressionné par la rage de Rome envers Hannibal et Jugurtha. Ils les avaient traqués partout, sans leur laisser un endroit où se refugier dans le monde connu de cette époque, menaçant quiconque leur donnerait asile, alors même qu'ils ne représentaient plus un danger militaire. Comme Kadhafi.., ai-je songé le jour de sa mort. N'avait il pas d'ailleurs appelé l'un de ses fils Hannibal, comme une provocation, comme un symbole, comme une continuité de la lutte de ses ancêtres, de l'ancienne à la nouvelle Rome.

LA TACHE

Déjà la vérité commence à se frayer un chemin dans le torrent de mensonges dont on a voulu inonder la planète au  sujet de la Libye. C'est ainsi qu'on découvre stupéfait qu'il n'y a aucune image, aucune preuve des allégations qui ont permis le déclenchement de l'intervention de l'OTAN: aucune preuve sur l'allégation que l'aviation de Kadhafi  bombardait Benghazi et qu'il y avait des milliers de morts.   On apprend que le responsable de la ligue des droits de l'homme libyen, à l'origine de ces allégations, qui ont été à la base de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, est en réalité lié au CNT libyen et que des ministres du CNT sont membres de cette Ligue.

Lumumba avait été tué par d'autres congolais, Che Guevara par un bolivien pour le pays duquel il luttait pourtant,  Kadhafi par d'autre libyens. Certes la vie de chacun est différente, plus ou moins exemplaire, plus ou moins "pure", plus ou moins glorieuse, plus ou moins critiquable. Ils n'ont peut être pas tous la même dimension. L'Histoire fera le tri. Elle dira les mérites et les fautes de chacun.  Mais ils ont en point commun d'avoir refusé la domination étrangère sur leur pays ou leur continent, d'avoir refusé de se soumettre, d'avoir préféré la mort à la honte de l'esclavage, d'avoir voulu mourir debout, la tête haute. J'ai souvenir de  ces images de Lumumba, ligoté mais qui gardait la tête haute et fière, même lorsqu'on le trainait dans la poussière pour la lui faire baisser. 50 ans après, le même geste chez Kadhafi quand ils  le ballotent, le brutalisent, le frappent  et qu'il tente quand même de rester debout,  et qu'il s'efforce, le cou raide, tendu, de dresser la tête sous les coups. Ils ont tous en commun ce qu'on appelle le courage, ceci personne ne pourra le leur nier, et encore moins ceux qui bombardent du ciel,  sans risques  des villes et des populations, ou qui lynchent.

Certains aujourd'hui  se félicitent de l'intervention militaire étrangère tout en déplorant les violences qui s'en sont suivies, la guerre civile qu'elle y a enflammée, la destruction du pays, et jusqu'à la façon avec laquelle a été assassiné Kadhafi et probablement ses fils et bien d'autres. Quelles contradictions, quelle naïveté feinte ou alors quelle cécité! Qu'attendaient-ils de la violence extrême de cette intervention militaire ?  Quand le colonialisme a-t-il eu un état d'âme, une pitié quelconque. Peut on être si aveugle pour ne pas comprendre que le véritable objectif sont les richesses de la Libye et qu'il ne s'agit que de rapine et de brigandage international.

En tout cas, ils ont rendu au fond le meilleur service à Kadhafi. Il avait voulu ne jamais quitter son pays, y mourir debout. Ils ont exaucé son souhait. D'un coup, ils l'ont réhabilité, ils l'ont lavé de tous ses péchés, de toutes ses fautes et l'ont fait rentrer dans l'Histoire, comme celui qui a refusé la soumission. Mais pour les autres, tous les autres, les commanditaires comme les exécutants, ils sont souillés à jamais  Comme Ponce Pilate, ils auront beau se laver les mains, la tache est indélébile.


Djamel LABIDI

Paru dans "Le Quotidien d'Oran" du 23 Octobre 2011.


Source : LE BLOG PROAFRICA

KADHAFI MORT, PLACE AU CHAOS, A LA VENGEANCE ET A LA RESISTANCE!


MOUAMMAR KADHAFI 15.jpg

On résiste à une injustice, à une offense, à une agression. Cela est valable pour un individu ou pour un peuple. Kadhafi incarnait la résistance d'un peuple. Sa mort, son martyr était attendu. « La victoire ou la mort » disait Omar El Mokhtar » ; slogan repris à répétition par les résistants. « Ils disent que j'ai fui...moi je meurs ici l'arme  à la main » ne cessait de lancer Kadhafi.

C'est parce qu'il devient le symbole de la résistance que les « choses » sérieuses vont commencer. Le peuple libyen va s'apercevoir de la grande différence, de la valeur de son guide, des enjeux qui se font sur son dos et à son détriment. Ajouter que la population qui a souffert des bombardements, avec ses  dizaines de milliers de morts, il ne reste aux libyens que la vengeance enfouie encore dans l'esprit propres à la culture bédouine. L'Otan et le CNT n'espéreront jamais son ralliement car, ils leur ont apporté la mort. Bien au contraire, la haine et la vengeance vont décupler. Ils ne les laisseront jamais tranquille durant tout le restant de leur vie.

Selon nos informations, les 'brigades pour la vengeance' constituées il y a quelques mois - dont nous avions fait états sur ce blog et avions dit que leur mission était d'éliminer tous ceux (y compris leur famille) qui sont à l'origine des tueries et du chaos en Libye - sont activées pour exécuter leur mission en Libye et en Europe. Ils ne se qualifient pas de « Kamikazes » mais de « moudjahidines » au sens religieux qui impose de se défendre par tous les moyens contre un ennemi, fut-il son coreligionnaire, qui viol son pays, sa maison, tue son peuple, vol ses biens. Pour l'Islam c'est un martyr, un acte digne de haute valeur.

Les agresseurs de la coalition doivent savoir qu'ils ont ouvert en Libye la « boite à Pandore » de la vengeance que ne peuvent arrêter que les 'Grand Sages' religieux reconnus de Libye et ce,  sur concertation entre eux d'une part  et entre-eux et les familles des victimes d'autres part en plus des excuses et dommages solennels des  offenseurs sinon seul Dieu peut arrêter ce processus ! Les membres du CNT et leurs « rats » libyens connaissent parfaitement ce principe de vengeance, qu'ils portent aussi, puisque la majorité d'entre-eux se sont engagés dans cette « révolution  du 18 février»- en exhibant le drapeau de la royauté - par vengeance, 42 ans plus tard, contre Kadhafi qui avait aboli le système sur lequel profitaient leurs parents. Ces « rats » sont leurs enfants et leurs petits-enfants. La grande différence c'est que dans la révolution de 1969 il n'y a pas eu ce sang d'un peuple versé avec la complicité active de leurs propres citoyens. Le peuple libyen, le CNT et leurs familles, les agresseurs extérieurs et leurs familles, sont dans une situation d'une extrême gravité, dans un engrenage infernal. Beaucoup seront traqués toute leur vie.

Lorsque la propagande dit, par soulagement hypocrite, que la Libye « entre dans une ère nouvelle », il s'agit en fait d'une ère de grande instabilité, de terreur qui touchera toute la méditerranée voire plus !  Le CNT ne pourra jamais former un gouvernement au vu de ce qui se passe et de la configuration de la société libyenne. « Rien ne sera comme avant en Libye, il n'y a que les naïfs qui osent encore croire un retour en arrière, le vert a cédé la place au rouge sang. Les Libyens vivront dans le cauchemar pendant longtemps » dit un commentateur sur un blog. Ce sera une guerre sans merci. L'Otan ne tiendra pas longtemps. Ce temps qui joue contre elle à cause de la crise (donc finances) et les élections. Ce temps d'en finir avec Kadhafi est arrivé ! Et Alors ? Nous verrons bien ! Et bien bien !

Va-t-elle laisser ce CNT se « débrouiller » ? Impossible car les choses se retourneront très vite d'autant que ce « nouveau pouvoir » non élu, n'a ni institutions, ni lois, ni armée. Les divergences de ses membres sont telles qu'ils vont s'entretuer. La mort de Kadhafi va accentuer leurs divergences, leur cupidité et précipiter leur disparition. Ils le savent.  Leurs « insurgés » ne font pas partie d'une armée régulière et donc non stable voire volatile; ce sont soit des volontaires soit des gens forcés qui n'ont, de plus, aucune expérience. L'écrasante majorité s'est engagée, par vengeance, par opportunisme, par cupidité ou par abrutissement; ce qui ne dure pas. Par contre, ceux qui soutiennent le pouvoir légal,  ne font que se défendre ; c'est la guerre qui est venue vers eux. Ils ont donc toute la légitimité (morale et religieuse) de combattre dans l'honneur et la dignité. Ou bien va- t-elle continuer à bombarder jusqu'à tout détruire et tuer jusqu'au génocide d'un peuple comme elle vient de le commettre sur Syrte. Nous verrons bien ! Et bien bien !

Kadhafi et certains de ses fils sont partis, « rappelés à Dieu » comme disent les musulmans. Il les a engagé dans ce combat avec honnêteté jusqu'au martyr contrairement aux renégats du CNT qui ont mis les leurs à l'abri, en Europe, pendant qu'ils se servent des enfants des autres, comme chair à canon, pour confisquer le pouvoir. Cette différence est non seulement très significative mais décisive dans le choix d'un camp.

Réitérons ce que nous avons lancé dans notre dernier article intitulé «L'impossible victoire des gueux du CNT » :

« Nos amis et frères Libyens doivent savoir que la lutte sera âpre, douloureuse, destructrice  mais l'issue est certaine car, leur sacrifice vient d'un combat juste pour l'honneur et la dignité contre des forces du mal sans principes et sans vertu. La disparition d'un dirigeant même charismatique n'a jamais mis un terme à la volonté de libérer son pays de l'oppression ou d'une colonisation. »


Djerrad Amar

lundi, 24 octobre 2011

MASSACRER LES AFRICAINS AU NOM DE LA DEMOCRATIE: LA FIN QUI JUSTIFIE LES MOYENS



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Mouammar Kadhafi, celui que l'on a appelé ''le guide libyen'' est mort, assassiné. Les images de sa dépouille malmenée, foulée aux pieds et exhibée comme celle d'un vulgaire bandit, resteront longtemps gravées dans notre mémoire collective. Des images dégradantes, déshonorantes, voire déshumanisantes d'africains, on en a vu ces dernières années. Certaines personnes, nullement choquées, en ont même applaudis ! De l'image de Laurent Gbagbo kidnappé, sa famille et ses collaborateurs faits prisonniers, en passant par celle des populations somaliennes fuyant la guerre, en proie à la pire des famines, jusqu'à celle de Kadhafi aujourd'hui, c'est à croire que les africains se complaisent dans le déshonneur.

La mort de Kadhafi est l'aboutissement d'une guerre injustifiée, menée de main de maître par l'organisation du traité de l'atlantique nord (OTAN), avec dans son sillage, les insurgés du CNT (conseil national de transition), qui n'étaient en fait là que pour du vent. Des libyens massacrant d'autres libyens. C'est à ce schéma que les puissances occidentales ont bien voulu nous habituer. Certains libyens ont été entraînés, armés par l'OTAN, dans le but de tuer d'autres libyens.

Kadhafi est mort. Ceux qui l'ont tué s'en félicitent et se congratulent. De même, ceux qui l'ont naguère fréquenté et qui ont bénéficié de ses largesses, toute honte bue, saluent aussi sa mort. Kadhafi a été assassiné. C'est un crime, un crime signé OTAN. Kadhafi est mort, c'est l'avènement d'une Libye nouvelle, celle qui sera à tout jamais redevable aux occidentaux de la coalition de l'OTAN. Dans les bureaux feutrés de l'Elysée, en passant par ceux de Washington, le champagne coulera à flot, tout comme coulera à flot le pétrole libyen, de l'Afrique vers l'occident, ne laissant au peuple libyen que l'illusion d'avoir acquis la liberté, passant sous silence le chaos et l'appauvrissement dans lesquels sera plongé ce pays pour les années à venir.

Hier la Côte d'Ivoire, aujourd'hui, la Libye. Des milliers d'africains sont massacrés et avec l'appui des occidentaux, au nom de la démocratie. Alors nous nous interrogeons: Si la démocratie qui est le pouvoir du peuple - tel que définit par ces occidentaux - préconise de massacrer ce peuple, pour s'imposer, alors il y a des raisons de s'inquiéter sur ce genre de démocratie, que ces mêmes occidentaux tentent insidieusement d'exporter en l'Afrique.

Dans cet exercice de réflexion, nous tenterons d'apporter quelques éclaircis à cette nébuleuse doctrine dont les moyens (guerres, tueries, massacres) justifient la fin (démocratie).

Ces 60 dernières années, l'Afrique est devenue un vaste champ de batailles. Disséminés un peu partout sur le continent, des foyers de conflits sont suscités, attisés et entretenus par les impérialistes occidentaux dont la devise est: « diviser pour mieux régner ». L'Afrique est devenue pour ces prédateurs un vaste laboratoire d'expérimentations, où ils viennent vendre et expérimenter leurs armes, donner de l'exercice à leurs soldats et assouvir leurs plus noirs envies. Pendant que le reste du monde s'emploi à rechercher des voies de développement plus accrues, l'Afrique est en proie à des querelles intestines à n'en point finir. Conséquences : des africains perdent chaque jour la vie, par centaines de milliers, voire par millions. Les chiffres officiels parlent d'eux-mêmes: RDC (4 millions de morts), Somalie (300 000 morts), Rwanda (800 000 morts), Côte d'Ivoire (3000 morts) ; Libye (60 000 morts), etc.

Résultat: au plan social et économique, les conséquences sont dramatiques. Le continent est en retard sur les autres malgré ses énormes potentialités. ''La main habile'' africaine préfère s'expatrier et rester en occident. La situation est alarmante et l'Afrique ne semble pas avoir plus avancé qu'à l'époque de la traite négrière. En effet, un parallèle avec cette époque permet de constater que les conséquences de la traite et celles des guerres actuelles sont les mêmes pour le continent. Selon les historiens, la traite négrière: « c'est entre 20 et 100 millions d'hommes et de femmes, de surcroît jeunes et donc en âge de procréer, qui furent perdus pour le continent africain ». Puis ils ajoutent : « Cette déportation fut à l'origine d'un bouleversement majeur des structures politiques et économiques de l'Afrique ». Dès lors, l'Afrique ne pouvait pas résister à la conquête coloniale du XIXe siècle.

C'est en ce 21ème siècle, sous nos yeux, avec la bénédiction de certains africains, que l'histoire se répète. Les occidentaux sont en passe de rééditer la traite négrière, ou la colonisation, peu importe le nom donné. Cette fois, la funeste machination revêt un caractère plus subtil, plus vicieux, mais les conséquences sont les mêmes: retard de l'Afrique, appauvrissement du continent, pertes en vies humaines incalculables, bouleversement majeur des structures politiques et économiques de l'Afrique.

Alors, question : qui meurt ? Ou Qui tue t-on ? Les occidentaux enlèvent à l'Afrique ce qu'elle a de plus cher : ses fils et ses filles. Car ils le savent bien : « il n'y a de richesse que d'hommes ». Des africains tuent d'autres africains avec la complicité des occidentaux qui n'hésitent pas, eux-mêmes, à participer au massacre quand cela leur chante. A ce jour, la Côte d'Ivoire continue de pleurer ses enfants, sortis mains nues pour défendre leur patrie et massacrés par l'armée française. Des milliers d'africains meurent chaque jour comme des mouches, du fait des conflits, orchestrés par les occidentaux.

A cette allure, c'est croire que la vie d'un africain n'a aucun prix, aucune valeur ! Or la déclaration universelle des doits de l'homme en son article premier stipule: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Mais en Afrique le caractère humain de l'homme et sa dignité semblent être niés. Les occidentaux quant à eux, n'hésitent pas à brandir, le cliché de l'africain sauvage et prompt à la vengeance bestiale. Comment présentent-ils l'Afrique à leurs concitoyens ? Un continent certes riche, mais peuplé d'imbéciles barbares, prêts à s'entre-tuer pour un oui ou pour un non. Les occidentaux sont venus avec leurs chars, leurs fusils, leurs hélicoptères, leurs avions de chasse, leurs missiles sophistiqués..., ils ont massacré des africains, armé certains africains pour que ceux-ci, en retour, tuent leurs frères, sans en éprouver le moindre remords.

Alors nous insistons: que vaut la vie d'un africain ? Mais surtout que vaut la vie d'un africain face à celle d'un occidental ? Pendant la guerre née la crise électorale en Côte d'Ivoire, l'armée française et les rebelles qu'elle a armé ont massacré des milliers ivoiriens. Mais Sarkozy, le président français, lors de sa visite en Côte d'Ivoire, n'en a eu cure. Il s'est plutôt préoccupé de deux ressortissants français, dit-on, enlevés. Les paroles qu'il a prononcé à cette occasion, doivent interpeller tous les africains: « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité. Ca ne serait pas juste, ça ne serait pas conforme à l'idée que je me fais de la morale ».

Lorsque des africains sont massacrés, cela est perçu comme allant dans le sens normal des choses. Par contre, dès qu'il y a des risques d'embrasement d'une situation dans un tierce pays africain, à quoi assistons-nous ? A l'évacuation immédiate des ressortissants occidentaux. Même les animaux de compagnie tels que les chiens et les chats font partie de cette opération d'évacuation ! Au Rwanda, nous avons pu le voir, peu avant le déclenchement du génocide: les images de ressortissants occidentaux systématiquement évacués, laissant les rwandais à leur malheureux sort. De même, lorsqu'un ressortissant occidental, ne serait-ce qu'un seul, est porté disparu ou kidnappé, c'est le branle-bas. Les média occidentaux, la diplomatie, les politiques, l'armée..., bref, tous les services, sont mis à contribution. Ciel et terre seront remués pour les retrouver. Alors, nous reposons la question : que vaut la vie d'un africain face à celle d'un occidental ?

Tant qu'il s'agit d'imposer la démocratie dans nos Etats jugés, selon ces mêmes occidentaux, pas assez démocratiques, tous les moyens sont bons. La démocratie commande t-elle de tuer pour s'imposer ? Joseph Marat, journaliste ivoirien, s'interroge à son tour: « (...) Qui peut mesurer la dose de bon sens dans l'idée qu'il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie ? Tuer le peuple pour qu'advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n'a pas de sens ».

Certes, la démocratie est une forme d'organisation sociale, mise en place par l'homme. D'une part, comme toute œuvre humaine, elle ne peut se targuer d'être parfaite, car la perfection, reconnaissons-le, n'est pas de ce monde. D'autre part, le fait qu'elle est présentée aujourd'hui comme le meilleur des systèmes parmi tant d'autres, fait qu'elle n'est pas à l'abri des démons occidentaux qui n'hésitent pas à en dévoyer le but et s'en servir comme prétexte pour assouvir leurs intérêts personnels. Lorsqu'il s'agit de l'Afrique et des africains, plus aucune loi, plus aucune règle, plus aucun bon sens n'existent. Pour leur survie et leur hégémonie, les occidentaux appliquent une bonne vieille loi, celle de la jungle où : « les plus forts mangent les plus faibles », sans le moindre remords.

Africains, africaines, sachez-le: pour ce siècle présent à venir, l'Afrique est le continent de l'avenir. Ces occidentaux, mieux certains africains ont comprit cela. Sinon comment expliquer leur acharnement sur le continent ? Quand ils se font passer pour les ''sauveurs de l'humanité'' ? La traite négrière, l'esclavage, la colonisation ont été des signaux d'alarmes pour les africains. Mais ces derniers ne semblent pas y avoir prêté attention. Parler aujourd'hui de dignité, de liberté et de souveraineté de l'Afrique, paraît aux yeux de certains comme un conte de fées. Le plus triste, c'est que ces derniers croient dur comme fer, lorsque les occidentaux, la main sur le cœur, parlent de démocratie et des droits de l'homme. En ce 21ème siècle pensez-vous que les occidentaux sont devenus meilleurs ? Ils ont certes tiré les leçons du passé. Et ce qu'ils ont retenu, c'es qu'il faille utiliser désormais des méthodes moins brutales, moins barbares, mais plus subtiles, pour continuer à exploiter l'Afrique et les africains. Pour ce faire, mettre en avant la démocratie, et les droits de l'homme, est devenu leur leitmotiv.

Les aides, supposées être apportées par les puissances occidentales, ont-elles aidé l'Afrique ? L'Inde, la Chine, le Brésil et certains pays asiatiques, naguères au même niveau de développement économique que la plupart des pays africains, rivalisent aujourd'hui avec les puissances occidentales, pendant que l'Afrique reste derrière, en bon dernier, trainant sa misère et son lot quotidien de morts. En ce 21ème siècle, sous nos yeux, l'histoire semble se répéter : Après l'esclavage, la traite négrière, la colonisation..., le Néocolonialisme bat son plein et les africains perdent leur temps et leur énergie, dans des querelles intestines, s'enfonçant d'avantage dans le sous-développement et la pauvreté. Le temps qu'ils se réveillent, il sera peut-être, déjà trop tard.

Alors comme le dit si bien Malick Seck Noel : « Ils pourront désormais regarder leurs enfants et en toute confiance, leur promettre un avenir pire que le leur, car eux n'ont été que les larbins de la France, leurs enfants en seront les esclaves... ».

Il appartient donc aux africains de prendre leur destinée en main. Personne d'autre, mieux qu'eux-mêmes, ne viendra leur rendre leur dignité. C'est aujourd'hui et maintenant que la lutte, sans merci, doit s'engager. Elle ne doit s'arrêter que lorsque la victoire sera totale, car ceci est une lutte d'usure. Qu'ils, se le tiennent donc pour dit : « Seuls leur détermination, leur conviction, leur courage et leur foi auront raison des ennemis de l'Afrique ».

Avec Mouammar Kadhafi, nous avions en commun ces ennemis de l'Afrique. Alors disons à notre ami Kadhafi, combattant pour l'Afrique, paix à ton âme et que la terre te soit légère !


Marc Micael

 

Source : COTE D'IVOIRE LA LUTTE CONTINUE

dimanche, 23 octobre 2011

CALIXTHE BEYALA APRES LA MORT DE KADHAFI: «L'AFRIQUE PLEURE, SARKOZY RIT»

 

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Kadhafi est mort ? Peut-être. L'Afrique est morte ? La Grande Afrique, une et indivisible ? Sûrement ! Elle s'en est allée en ce triste jour du 21 octobre 2011, avec le seul qui la portait sur son coeur, dans ses tripes ! Elle s'en est allée avec celui-là, digne fils de son peuple qui suppliait les chefs d'Etats larbins de construire une grande armée africaine, une grande industrie africaine, de s'unir pour être plus forts devant les autres grands groupes du monde. Et je pense que jamais, la tristesse ne m'avait autant habitée.

Pour moi qui l'ai connu, qui l'ai soutenu dans différents sommets où il essayait de raisonner ses pairs sur la nécessité de bâtir cette Afrique pour le bienfait des générations futures. Je me souviens des sourires hypocrites et goguenards de ces lâches, ces contremaîtres qui se disent Présidents tournant en rond, renvoyant en permanence à demain, l'urgence... Parce que leurs Maîtres leur avaient demandé de ne pas accepter l'idée cette Afrique unie et lumineuse, riche et fière, cette Afrique tout en rêve splendide kadhafiste.

"Kadhafi est mort, assassiné par Sarkozy-BHL et leur coalition de fascistes ! Oui, il est parti... L'Afrique est orpheline. L'Afrique a perdu son père. Et l'Afrique pleure cette mère Libye. Et l'Afrique pleure... Et ses tonnes de larmes déversées formeront peut-être une rivière qui reviendra peut-être reverdir les tombes, les tombes encore, des milliers de morts, des martyrs, ceux-là qui pensaient qu'il valait mieux mourir que vivre assujetti !

L'Afrique pleure ; Sarkozy lui a ôté l'essence de sa vie ! L'Afrique pleure les meurtres perpétrés par Sarkozy ; Sarkozy dorlote la nouvelle-née de sa femme Carlita... Sarkozy rit et se réjouit de la mort de l'Afrique... Sarkozy rit et se réjouit de la naissance de sa fille...

Tandis que les larmes salées de l'Afrique tournoient autour des joues des femmes africaines devenues folles de douleur ; et ce chagrin coincé entre les pupilles des hommes honteux de n'avoir pas su protéger leurs terres, de n'avoir pas su se battre pour leurs familles, apeurés sans doute que Sarkozy-BHL se fâchent et distribuent d'autres bombes toutes aussi meurtrières...

Apeurés pour rien, pour tout, ignorant qu'il conviendrait de ne pas avoir peur de mourir car un homme indigne n'en est plus un, car un homme castré n'en est plus un, car vaut mourir que de vivre dans l'indignité !

Et Kadhafi l'avait compris... Et Kadhafi l'avait senti, sans doute choisi par les Dieux, cet homme exceptionnel, savait qu'il valait mieux vivre auprès des Dieux dans la dignité que cette insupportable honte qui submerge l'Afrique incapable...

Et Kadhafi l'avait compris, lui si fier qu'il nous couvrait de ce trop-plein de fierté. Qu'allons donc devenir, sans sa subtilité politique, sans cette vision grandiose qui s'en allait au-delà de lui ?

L'Afrique est morte avec Kadhafi ? Peut-être pas... Peut-être prendre un thé et penser à quelque chose de beau, penser et se dire que tout n'est pas fini, que peut-être demain en s e réveillant, le monde aurait changé parce que l'homme africain aura changé...

Penser au beau à venir même s'il ne s'agit que d'un rêve... penser que réunir la diaspora Africain-française est déjà beaucoup, que cette petite touche pourrait être un peu d'espoir dans ce monde où l'homme africain n'est pas, où la femme noire n'est pas, où le racisme géopolitique sarkozyste décide que finalement la vie d'un Africain ne compte pas. Ou si peu. Qu'il peut décider de qui doit vivre. Ou mourir."


Calixthe Beyala


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

22:21 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : monde, afrique, libye, mort de mouammar kadhafi, l'afrique pleure sarkozy rit, calixthe beyala | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

CRIME DE GUERRE ET ASSASSINAT POLITIQUE CONTRE LE GUIDE LIBYEN MOUAMMAR KADHAFI


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Les libyens invités, par les « rebelles islamistes de Misrata », à défiler pour regarder le cadavre de Mouammar Kadhafi, posé sur un matelas sale en guise d'humiliation, le 21 octobre 2011 à Misrata.


Les nouvelles autorités libyennes ont annoncé hier qu'aucune autopsie ne serait pratiquée sur le cadavre de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, toujours exposé dans une chambre froide à Misrata, à la veille de la proclamation officielle de la libération du pays. « Il n'y aura pas d'autopsie aujourd'hui ».


À Misrata, hommes, femmes et enfants ont fait la queue pour le deuxième jour consécutif pour s'assurer de la mort de Mouammar Kadhafi et voir son cadavre, déposé avec celui de son fils Mouatassim sur des matelas très sales, le corps recouvert d'une couverture colorée qui cache d'éventuelles mutilations.

« Il n'y aura pas d'autopsie aujourd'hui ni un autre jour. Personne n'ouvrira le corps de Kadhafi », a déclaré le porte-parole du « conseil militaire de Misrata », Fathi Bachagha, alors que des informations faisaient état d'une autopsie dans la journée. Cette déclaration a été confirmée par deux autres membres du « conseil militaire de Misrata ». Mouammar Kadhafi, 69 ans, en fuite depuis la chute le 23 août 2011 de son « QG » à Tripoli, a été capturé vivant jeudi 20 octobre 2011 à Syrte, sa région d'origine, et tué par balles peu après. Il n'est toujours pas clair s'il a été exécuté ou s'il a péri dans des échanges de tirs. Les images et vidéos prises au moment de son arrestation à Syrte (360 km à l'est de Tripoli) laissent d'ailleurs entrevoir différentes hypothèses sur les causes de la mort du « Guide ». Vendredi 21 octobre 2011, le n°2 du « Conseil national de transition (CNT) », le nouveau pouvoir en Libye, Mahmoud Jibril, a assuré qu'il avait succombé à des blessures par balles après des feux croisés pendant son arrestation.

1) DOUBLE EXECUTION SOMMAIRE

Selon les nouvelles autorités libyennes, le colonel Kadhafi a été tué, jeudi 20 octobre 2011, dans la région de Syrte. Les circonstances de sa mort ne sont pas encore totalement claires : Le convoi « de plusieurs dizaines de véhicules » dans lequel se trouvait Mouammar Kadhafi a été bombardé par les forces de l'« OTAN » non loin de Syrte. Le ministre de la défense français, Gérard Longuet, a indiqué « que l'aviation française avait identifié et stoppé la colonne dans laquelle se trouvait Kadhafi, mais précise que les tirs ne l'ont pas détruite ». Les tirs français auraient divisé la colonne, et une fraction des véhicules aurait ensuite affronté des hommes du « CNT ». Les Etats-Unis ont assuré qu'un drone avait également participé à l'opération.

Malgré la violence des images diffusées, des responsables du « CNT » assurent qu'aucun ordre de tuer Kadhafi n'a été donné et qu'il a péri dans une fusillade.

Mais cette version n'a pas convaincu l'« ONU » et « Amnesty International » qui ont demandé une enquête pour déterminer s'il avait été exécuté sommairement. Sur le terrain, quand on aborde le sujet controversé avec les combattants qui exhibent fièrement leurs prises (pistolet plaqué or, foulard beige du dictateur, etc), le ton change et l'ambiance se raidit. « Il était salement amoché quand on l'a vu. On savait qu'il allait mourir », lance l'un d'eux, Ibrahim Al-Marjoub. Derrière eux, l'un des chefs vient de glisser une consigne en arabe.

«Tout le monde dit : Personne ici n'a tué Kadhafi ». Depuis Benghazi, M. Abdeljalil a confirmé qu'une enquête était en cours sur les circonstances de la mort de l'ex-dictateur, sans évoquer une « autopsie ».

Le corps de Mouammar Kadhafi faisait l'objet de discussion pour qu'il soit jetté dans la mer Comme celui de Ben Laden, cependant une autre option est retenue : le cadavre de Mouammar Kadhafi sera enterré dans un lieu secret pour éviter tout pèlerinage sur sa tombe, avaient déclaré vendredi 21 octobre 2011 des membres du « conseil militaire de Misrata ».

Dans un communiqué diffusé par la chaîne « Arraï », la veuve de l'ex-dirigeant a appelé, « au nom de la famille du combattant martyr Mouammar Kadhafi, l'ONU à contraindre le CNT à remettre les dépouilles des martyrs à leurs tribus pour les enterrer selon les rites islamiques ».


VIDEO EXCLUSIVE: LES DERNIERES IMAGES DU GUIDE «DE L'ARRESTATION A SA MORT»




Kadhafi avait été arrêté vivant et ne présentait aucun danger, les images vidéos postées par les « rebelles islamistes » de Misrata montre comment les « rebelles » s'acharnait sur le guide tombé au sol et encore vivant. Ils l'ont lynché jusqu'à sa mort par une brigade de la « tribu » de Misrata. Les dernières images sur le guide de la révolution libyenne, montre, des traces de mutilations sur son corps, et sans aucun doute, il a bien été battu et assassiné.

La mort du guide libyen arrange plusieurs personnes, à commencer par le « CNT/OTAN », car Kadhafi, vivant ou emprisonné, reste un danger capable de reprendre le pouvoir. Tuer Kadhafi, c'est un geste désespéré du « CNT/OTAN » pour espérer voir ses partisans baisser les bras et déposer les armes.

VIDEO EXCLUSIVE: L'ARRESTATION DE MOATASSIM KADHAFI


 

Mouatassim a lui aussi été tué le même jeudi 20 octobre 2011, à Syrte, après avoir été capturé vivant dans sa chambre par une brigade de la « tribu » de Misrata. Il n'était pas armé et ne présentait aucun signe de danger contre les rebelles, et pourtant, il n'a pas été fait prisonnier de guerre, il a été bel et bien assassiné.

Les « rebelles » de Misrata ne sont pas à leurs premiers assassinats politiques, ils ont tué à Bani Wallid, le Chef tribal « Warfla ». Selon « Elbadil », le mercredi matin, 19 octobre 2011, cette personne de 3ème age, faible et non armée, les « rebelles » de Misrata lui ont vidé un chargeur de 12 balles dans la poitrine. Lire ICI.

Les «
rebelles » de Misrata ont massacré des noirs-libyens (la «tribu de Tawargha») et les ont enterrés dans les fosses communes, mais la « CPI » ne demande pas d'enquête, après ce génocide. Lire ICI.

2) ACTION INTERNATIONALE POUR LA JUSTICE ET LA PAIX LANCE UNE PETITION POUR RETIRER LE PRIX NOBEL A OBAMA :

Une «pétition» est lancée pour demander au «Comité Nobel» de retirer le «Prix Nobel de la paix» attribué à Barack Hussein Obama. La «pétition» se tient sur tout le mois de Novembre 2011 et un grand «rassemblement» est prévu au siège de l'«Organisation Nobel», fin ou début du mois de Décembre 2011.


Signer la pétition à cette adresse :


http://www.lecnpi.org/action-justice-et-paix/


Source: NERRATI.NET

LA LIBERTE PERDUE DES MEDIAS FRANÇAIS

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Ont-ils été libres, ne serait-ce qu'un temps ? Leur succès passé et la variété des tons d'antan le laissent croire. France soir était par exemple à lui seul vendu à plus de 1 millions 50O mille exemplaires quotidiennement ! Les journalistes comme Joseph Kessel qui y travaillaient étaient de vrais aventuriers courant au cœur des événements pour saisir la réalité de la vie des peuples. Convenons donc que cette liberté a existé. 

Aujourd'hui, France soir et presque tous les journaux français ont perdu la grande majorité de leurs lecteurs. A qui la faute ? Unanimement, les journalistes pointent du doigt Internet. Mais voyons ! C'est bien facile de toujours rejeter la faute sur l'autre ! Pourquoi n'interrogent-t-ils pas le lecteur qui ne les lit plus ? 

Il suffit de se pencher sur l'expérience de ceux qui ont cessé d'être lecteurs de tel ou tel journal pour se rendre compte que cette désaffection vient de deux sentiments bien clairs. D'abord, nous ne nous reconnaissons pas dans les articles des journalistes. C'est toujours la vie et le sentiment de l'autre qui nous sont donnés ; jamais les nôtres. Ensuite, il y a ce doute profond jeté sur leur crédibilité. N'avons-nous pas raison de prendre de la distance par rapport à ce regroupement des journaux entre les mains de grands groupes financiers faiseurs d'hommes politiques pour servir leurs idéaux ? Le dernier à s'être aligné est le journal Le Monde qui passait jusque là pour être le plus intègre à cause de la diversité des opinions qu'il propose. 

Les journalistes français doivent savoir que le public a franchement le sentiment qu'ils sont embarqués dans le navire du pouvoir depuis quelques années. Il nous semble plus encore flagrant aujourd'hui qu'hier qu'ils sont incapables de prendre leur distance sans encourir les représailles du pouvoir qui leur offre gracieusement moyens de transport, salle de travail pour accéder à la parole du maître de cérémonie. Tout laisse croire que Nicolas Sarkozy propose et dispose et la presse obéit et diffuse son évangile. 

Quand les journalistes découvrent leur propre image sur les papiers de leurs confrères, un profond malaise les envahit tant ce qu'ils voient leur paraît humiliant. Des journalistes qui partagent champagne et petits fours avec les politiques peuvent-ils encore demeurer des investigateurs consciencieux désireux de servir l'intérêt du public ? Des journalistes qui sont pris en charge dans des voyages organisés comme de quelconques touristes sont-ils encore dignes de leur profession ? Et ceux qui sont invités à assister à des mises en scène à la gloire d'un tel ou d'un tel qui veut se tailler un habit royal peuvent-ils encore être appelés journalistes ? Il ne faut donc pas s'étonner que la récente affaire DSK les ait révélés cachotiers et frileux quand il s'agit de montrer les travers et les incohérences comportementales de ceux qui nous gouvernent.
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Dans un excellent article de Télérama du 5 octobre 2011, Emmanuelle Anizon estime que cette proximité - pour ne pas dire ce copinage - entre politiques et journalistes politiques est rendue possible par le fait qu'en France ce sont deux populations qui se renouvellent très peu. Aussi, ajoute-t-elle, certains de ses confrères se demandent s'il ne serait pas mieux de renoncer à demeurer journaliste politique toute sa vie. La question mériterait d'être sérieusement étudiée si les médias veulent préserver un semblant de crédibilité.

Outre l'image d'une presse embarquée dans le copinage avec les politiques, il y a une autre tradition française qui vient confirmer la justesse de notre doute quant à la crédibilité des journalistes. Il est ici admis que les journalistes femmes aient des aventures avec les politiques. Si l'affaire Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon a eu quelque retentissement en France, c'est parce que l'ancien président du FMI venait d'être sérieusement secoué par les tribunaux et les médias américains suite à son aventure à l'Hôtel Sofitel à New York. Sinon cette tradition est bien ancrée dans le paysage de notre pays au point qu'elle n'a jamais choqué personne. Les nombreuses unions entre femmes journalistes et hommes politiques ne font que confirmer cette réalité. Isabelle Legrand-Bodin a épousé Alain Juppé, Christine Ockrent est la compagne de Bernard Kouchner, Béatrice Schönberg celle de Jean-Louis Borloo et Audrey Pulvar celle de Arnaud Montebourg. Et récemment, une autre affaire nous a révélé la liaison de la journaliste de Direct 8, Valérie Trierweiler, avec François Hollande. 

La vie privée de chacun ne regarde personne, se dit chaque journaliste. Cependant, le fait de découvrir que celui ou celle qui va arracher la vérité pour la révéler au public est complice du donneur de l'information suscite un certain malaise. Et la multiplication de ces expériences discrédite toute une profession. Les journalistes peuvent-ils se permettre de prostituer à ce point ce métier qui jadis était celui des hommes de lettres, des penseurs, des militants pour la vérité ? Un métier qui, dans l'esprit de tous, semblait toujours tendre vers un idéal cher à nos cœurs : la vérité. Et dans la quête de celle-ci, la liberté est bien nécessaire. Hier, le journaliste courait après le fait de société qui frapperait les esprits et ébranlerait les consciences pour mener à l'action. Aujourd'hui, à cause de sa troublante proximité avec le monde politique et les grands financiers dont ces derniers sont les messagers, les journalistes se contentent de courir après la petite phrase assassine et à l'exclusivité de la parole que tout le monde devine avant même qu'elle ne soit prononcée. Quelle maigre pitance ! Quel triste sort ! 

 

Raphaël ADJOBI

 

Source: Les pages politiques de Raphaël

samedi, 22 octobre 2011

MENSONGES ET MANIPULATIONS AUTOUR DE LA MORT DE KADHAFI


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Dans quelles conditions Muammar Kadhafi est-il décédé ? A peine la véracité de l'information sur sa mort a-t-elle été confirmée par les grandes puissances occidentales membres de la coalition de l'OTAN qui dirige les rebelles du CNT sur le terrain, que cette question se fait jour. En effet, on a eu droit à une sorte de scénario de l'annonce de l'ex Guide libyen qui, rétrospectivement, semble avoir été minutieusement pensé pour brouiller les pistes.

Tout a commencé par l'annonce, par le CNT, de la capture, puis de la capture et de la mort, suite à ses blessures, de Kadhafi. La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, nations à la tête de la coalition occidentale ayant juré la perte du natif de Syrte, ont d'abord feint de ne rien en savoir. Le CNT ayant habitué l'opinion mondiale à des annonces plus fantaisistes les unes que les autres, l'heure devait donc être à la circonspection. Mais les médias occidentaux, sans doute briefés par les «services» de leurs pays, ont très vite pris cette dernière annonce au sérieux. Pendant que leurs gouvernements gardaient le silence.

Comme à Abidjan avec Gbagbo, Paris a livré Kadhafi à ses ennemis

Pourquoi ? Dans le storytelling rédigé à l'avance pour raconter la mort de Kadhafi, il fallait absolument pouvoir dire que son trépas est uniquement lié à la violence vengeresse, sauvage mais compréhensible après tout, de ses propres compatriotes. Visiblement, cette stratégie du récit n'a pas résisté à la rivalité des alliés occidentaux, chacun étant désireux de montrer à quel point sa participation à l'œuvre commune a été déterminante, dans la mesure où l'investissement guerrier de départ devra être rémunéré à la mesure du risque par les nouveaux maîtres du pays. Gérard Longuet, ministre français de la Défense, est donc sorti du bois. Il a avoué que c'est l'aviation française qui a stoppé le convoi dans lequel se trouvait Kadhafi. Un convoi d'environ 80 véhicules. «Ils ont été stoppés dans leur progression mais non détruits par l'intervention de l'aviation française, en l'occurrence des Mirage, et ce sont des combattants au sol de Misrata qui ont intercepté une partie du convoi (...) Parmi les voitures détruites, ils ont sorti le colonel Kadhafi dont on pensait qu'il était blessé mais il était en fait mort», a-t-il ajouté. Il s'agit donc d'une opération conjointe dirigée par l'armée française. Comme le 11 avril 2011 à Abidjan avec Gbagbo, l'armada hexagonale a fait le gros du boulot et livré Kadhafi à ses ennemis pour qu'ils se salissent les mains pour le grand profit de tous. Les mythes de l'Occidental humaniste et de l'Arabe (ou de l'Africain) sauvage et prompt à la vengeance bestiale ont été préservés. Comme Samuel Doe au Liberia, dont le martyre a été filmé et diffusé, confirmant les préjugés sur la férocité nègre, Kadhafi a été déchiqueté sur la place publique. Mais qui peut sérieusement croire que la France,  qui avait localisé Kadhafi - sinon, pourquoi pilonnait-elle la colonne où il se trouvait - ne savait pas très clairement quand, où et comment il a été tué ? Mensonges, manipulations !

Pourquoi il fallait tuer Kadhafi

Les Occidentaux et le CNT ont donc eu la peau de Muammar Kadhafi, et les bien-pensants semblent regretter le fait qu'il ne puisse désormais pas être jugé. Mais, comme Saddam Hussein, il fallait que Kadhafi meure. Déjà pour ne pas incarner, dans les fers, la nostalgie d'une Libye souveraine et prospère, qui se développera forcément bientôt, vu que le chaos et l'appauvrissement de ce pays sont déjà programmés. Il fallait aussi que Kadhafi meure pour que l'on n'en parle plus, et pour éviter un procès au cours duquel il aurait été difficile d'éluder ses relations financières troubles avec un certain nombre de réseaux occidentaux - on pense forcément à Nicolas Sarkozy et à l'affaire Ziad Takkiédine, qui passe par Tripoli, ainsi qu'aux propos de Seif El-Islam Kadhafi affirmant que son père a financé la dernière campagne présidentielle du président français. Un procès de Kadhafi aurait également exposé certains «néo-démocrates» du CNT, qui ont à leur passif les pires dérives du régime Kadhafi, et dont la seule qualité est d'avoir habilement retourné leur veste quand le vent a tourné.

Jusqu'à quand la Libye sera-t-elle militairement occupée ?

Maintenant que Kadhafi, contre qui il fallait «protéger les civils» de Benghazi n'est plus, l'OTAN va-t-elle quitter la Libye ? Très improbable. Pourquoi abandonner la présence militaire directe, seul gage que les intérêts des Occidentaux seront préservés dans le cadre du « nouvel ordre politique » libyen ? Il est plus que probable que, désormais, les vrais problèmes du CNT soient publiquement débattus dans le « monde libre » ? Ses divisions profondes, la présence préoccupante d'islamistes dans ses rangs, la grande insécurité que la stratégie guerrière a créée à Tripoli, les violations des droits de l'Homme... Désormais, il sera question, dans la stratégie du récit occidentale, de protéger les Libyens non de Kadhafi, mais de certains de leurs nouveaux dirigeants. La présence de l'OTAN se justifiera également par un souci de «sécurité globale» et de lutte contre le terrorisme. Après avoir installé le chaos en Libye, la coalition occidentale va expliquer au monde entier qu'elle y reste pour combattre le chaos. Mais les Libyens, dont le pays a été dévasté, paieront très cher le prix de leur amère «liberté».


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

CE QUE LA LIBYE AVAIT ACCOMPLI, CE QUI A ETE DETRUIT


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« Il n'y a pas de lendemain » dans le cadre d'une rébellion d'Al-Qaïda financée par l'OTAN. Alors qu'un gouvernement rebelle "pro-démocratique" a été établi, le pays a été détruit. Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées: « La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L'espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (cf. FAO, Rome, Profil de la Libye) ».

Selon des secteurs de la "gauche progressiste" ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l'OTAN« l'ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d'un sentiment d'euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l'idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent ». (cf. DemocracyNow.org du 14 septembre 2011). On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n'est pas mentionné.

"Recommencer à zéro" dans la foulée de la destruction? La peur et le désespoir social, les innombrables décès et les atrocités sont amplement documentés dans les médias indépendants. Il n'y a pas d'euphorie. Il s'est produit un renversement historique dans le développement économique et social du pays. Les réalisations ont été effacées. L'invasion et l'occupation de l'OTAN signalent la "renaissance" désastreuse du niveau de vie libyen. Voici la vérité interdite et inexprimée: un pays entier a été déstabilisé et détruit, son peuple a été mené à une extrême pauvreté.

Dès le départ, le but des bombardements de l'OTAN consistait à anéantir le niveau de vie, les infrastructures sanitaires, les écoles, les hôpitaux et le réseau de distribution d'eau du pays, pour ensuite "reconstruire" avec l'aide des donateurs et créanciers gouvernés par le FMI et la Banque mondiale. Les diktats du "marché libre" sont une condition préalable à l'instauration d'une "dictature démocratique" à l'occidentale. Il y a eu environ 9 mille sorties de frappe, des dizaines de milliers de frappes sur des cibles civiles, incluant des zones résidentielles, des édifices gouvernementaux, des installations électrogènes et d'approvisionnement d'eau. (cf. communiqué de l'OTAN, 5 septembre 2011 parlant de 8140 sortes de frappe du 31 mars au 5 septembre 2011). Un pays en entier a été bombardé avec l'artillerie la plus sophistiquée qui soit, y compris des munitions à revêtement d'uranium. Déjà en août, l'UNICEF annonçait que le bombardement intensif des infrastructures hydrauliques libyennes par l'OTAN « pourrait se transformer en une crise sanitaire sans précédent » (dixit Christian Balslev-Olesen du bureau de l'UNICEF en Libye, août 2011).

Entre-temps, les investisseurs et donateurs se sont positionnés. « La guerre, c'est bon pour les affaires ». L'OTAN, le Pentagone et les institutions financières internationales (IFI) établies à Washington collaborent étroitement. Ce qui a été détruit par l'OTAN sera reconstruit et financé par les créanciers externes de la Libye, chapeautés par le "Consensus de Washington":

« On a spécifiquement demandé à la Banque Mondiale d'examiner les besoins de réparation et de restauration des services dans les secteurs de l'eau, de l'énergie et du transport [bombardés par l'OTAN] et, en coopération avec le Fonds monétaire international, d'appuyer la préparation du budget [mesures d'austérité] et d'aider à remettre le secteur bancaire sur pied [la banque centrale libyenne a été l'un des premiers édifices gouvernementaux à être bombardés]. La création d'emplois pour les jeunes Libyens a été ajoutée aux besoins urgents auxquels le pays est confronté » (cf. Aide de la Banque mondiale à la Libye en vue de sa reconstruction et de la fourniture de services essentiels à ses citoyens).

LES REUSSITES DE LA LIBYE SUR LE PLAN DU DEVELOPPEMENT

Peu importe l'opinion que l'on peut avoir de Mouammar Kadhafi, le gouvernement libyen postcolonial a joué un rôle clé dans l'élimination de la pauvreté et le développement des infrastructures sanitaires et d'enseignement. Selon la journaliste italienne Yvonne de Vito: « Contrairement aux autres pays ayant connu une révolution, la Libye est considérée comme la Suisse du continent africain. Elle est très riche et l'éducation est gratuite, les soins de santé sont gratuits et les conditions pour les femmes sont bien meilleures que dans d'autres pays arabes » (cf. Russia Today, 25 août 2011). Ces développements contrastent drastiquement avec ce que la plupart des pays du tiers-monde ont été en mesure d'"accomplir" dans le cadre d'une "démocratie" et d'une "gouvernance" à l'occidentale, et le contexte d'un traditionnel programme d'ajustement culturel (PAS) du FMI et de la Banque mondiale.

SYSTEME DE SANTE PUBLIC

Avant l'"intervention humanitaire" de l'OTAN, le système de santé public en Libye était le meilleur d'Afrique« Tous les citoyens ont [avaient] accès gratuitement aux soins de santé publics. En Afrique du nord, le pays affiche les plus hauts taux d'alphabétisation et d'inscriptions aux collèges et universités. Le gouvernement augmente [augmentait] substantiellement le budget du développement pour les services de santé » (cf. WHO Libya Country Brief).

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a confirmé que la dénutrition était en-deçà de 5 % avec un apport calorique quotidien de 3144 (les données de la FAO relatives à l'apport calorique indiquent la disponibilité plutôt que la consommation). La Jamahiriya arabe libyenne fournissait à ses citoyens ce qui est refusé à bien des Américains: des services de santé gratuits et une éducation gratuite, comme le confirment les données de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l'UNESCO. Selon l'OMS, l'espérance de vie à la naissance était de 72,3 ans (2009), l'une des plus élevées des pays en développement. [Pendant ce temps], le taux de mortalité infantile des moins de 5 ans pour 1000 naissances vivantes a chuté, passant de 71 en 1991 à 14 en 2009 (cf. WHO Libya Country Brief).

Informations générales sur la Jamahiriya Arabe Libyenne (2009)

* Population totale - 6 420 000
* Taux annuel moyen de croissance - 2,0%
* Population 0-14 ans - 28%
* Population rurale - 22%
* Indice synthétique de fécondité (naissances par femme) - 2,6
* Taux de mortalité infantile - 17%
* Espérance de vie à la naissance - 75 années
* PIB par habitant (PPP) - 16502 US$
* Taux annuel moyen de croissance du PIB - 2,1%
* Enfants d'âge scolaire du primaire qui ne sont pas scolarisés - 2,0%
* Espérance de vie générale à la naissance - 72.3 années
* Espérance de vie à la naissance chez les hommes - 70.2 années
* Espérance de vie à la naissance chez les femmes - 74.9 années
* Nouveaux nés ayant un faible poids à la naissance - 4.0%
* Enfants d'un poids insuffisant - 4.8%
* Taux de mortalité périnatale - 19 pour mille
* Taux de mortalité néonatale - 11 pour mille
* Taux de mortalité infantile - 14 pour mille
* Mortalité infantile chez les moins de 5 ans - 20,1 pour mille
* Ratio de mortalité maternelle (naissances vivantes) - 23 pour mille

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EDUCATION

Le taux d'alphabétisme était de 89 % en 2009 (94 % chez les hommes et 83 % chez les femmes) et 99,9 % des jeunes sont alphabètes. Le ratio brut d'effectifs scolarisés au primaire était de 97 % pour les garçons et les filles. Le ratio de professeurs stagiaires dans les écoles primaires libyennes était de 17 et 74 % des enfants graduant de l'école primaire étaient inscrits à l'école secondaire. Selon des données plus récentes, lesquelles confirment une nette augmentation des effectifs scolarisés, le taux brut de scolarisation (TBS) dans les écoles secondaires était de l'ordre de 108 % en 2002. « Pour un niveau d'éducation donné, le TBS représente le nombre d'enfants scolarisés, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage du groupe d'âge pour ce niveau » (Ibid). En ce qui a trait aux effectifs scolarisés au niveau supérieur (postsecondaire, collège et université), le TBS était de 54 % en 2002 (52 chez les hommes et 57 chez les femmes).

DROITS DES FEMMES

Relativement aux droits des femmes, la Banque Mondiale cite des performances significatives: « Au cours d'une période relativement courte, la Libye a réussi à offrir un accès universel à l'éducation primaire avec 98 % d'effectifs scolarisés au secondaire et 46 % au niveau supérieur. Dans la dernière décennie, les effectifs féminins ont augmenté de 12 % à tous les niveaux d'éducation. Aux niveaux primaire et secondaire, les filles ont dépassé les garçons de 10% » (cf. World Bank Libya Country Brief).

CONTROLE DES PRIX DES PRODUITS ALIMENTAIRES DE PREMIERE NECESSITE

Dans la plupart des pays en développement les prix des denrées alimentaires essentielles ont monté en flèche en raison de la déréglementation des marchés, la levée du contrôle des prix et l'élimination des subventions, suivant les conseils de la Banque mondiale et du FMI favorisant le "marché libre". Ces dernières années, les prix du carburant et des denrées alimentaires essentielles ont augmenté drastiquement à la suite de transactions spéculatives sur les grandes bourses de marchandises. La Libye a été l'un des rares pays en développement à maintenir un système de contrôle des prix sur les denrées alimentaires de première nécessité. Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a reconnu dans une déclaration d'avril 2011 que le prix des denrées alimentaires essentielles avait grimpé de 36 % au cours de la dernière année (cf. Robert Zoellick, World Bank). La Jamahiriya arabe libyenne avait instauré un système de contrôle de prix sur ces denrées, lequel était toujours en vigueur au début de la guerre menée par l'OTAN. Alors que l'augmentation des prix des aliments dans les pays voisins comme la Tunisie et l'Égypte ont déclenché des troubles sociaux et une dissidence politique, le système de subventions alimentaires en Libye a été maintenu. Ces faits sont confirmés par plusieurs agences spécialisées de l'ONU.

"LA DIPLOMATIE DES MISSILES" ET LE "MARCHE LIBRE"

La guerre et la mondialisation sont intrinsèquement liées. Le FMI et l'OTAN travaillent en tandem, en lien avec les cercles de réflexion de Washington. Les pays peu disposés à accepter les remèdes enrobés de sucre de la "médecine économique" du FMI feront tôt ou tard l'objet d'une opération humanitaire de l'OTAN en vertu de sa responsabilité de protéger. Déjà vu?

Sous le règne de l'Empire britannique, "la diplomatie canonnière" était une façon d'imposer le "libre-échange". Le 5 octobre 1850, l'envoyé britannique au Siam, Sir James Brooke, avait recommandé au gouvernement de Sa Majesté que: « Si ces exigences équitables [d'imposer le libre-échange] étaient refusées, la présence d'une force serait immédiatement requise pour les faire respecter par la destruction rapide des défenses du fleuve [Chao Praya] [...] Le Siam devrait avoir la leçon qu'il mérite depuis longtemps: son gouvernement devrait être remodelé, un roi plus favorable mis sur le trône et une influence devrait être acquise dans le pays, le rendant ainsi important pour l'Angleterre sur le plan commercial » (cf. The Mission of Sir James Brooke, cité dans M.L. Manich Jumsai, King Mongkut et Sir John Bowring, Chalermit, Bangkok, 1970, p. 23).

Aujourd'hui nous appelons cette tactique "changement de régime" et "diplomatie de missile", laquelle prend invariablement la forme d'une "zone d'exclusion aérienne" sous l'égide de l'ONU. Son but est d'imposer la "médecine économique"  fatale du FMI, faite de mesures d'austérité et de privatisation. Les programmes de "reconstruction" des pays déchirés par la guerre et financés par la Banque Mondiale sont en coordination avec la planification militaire des États-Unis et de l'OTAN. Ils sont toujours formulés avant l'offensive militaire.

LA CONFISCATION DES AVOIRS FINANCIERS LIBYENS

Les avoirs financiers étrangers bloqués de la Libye sont estimés à 150 milliards de dollars, les pays de l'OTAN en détenant plus 100 milliards. Avant la guerre, la Libye n'avait pas de dettes. Au contraire. C'était un pays créancier investissant dans les pays africains voisins. L'intervention militaire en vertu de la « responsabilité de protéger » vise à pousser la Jamahiriya arabe libyenne dans le carcan d'un pays en développement endetté, sous la supervision des institutions de Bretton Woods établies à Washington. Ironie amère du sort, après avoir volé la richesse pétrolière libyenne et confisqué ses avoirs financiers à l'étranger, la « communauté de donateurs » s'est engagée à prêter cet argent (volé) pour financer la « reconstruction » d'après-guerre en Libye. La Libye doit joindre les rangs des pays africains endettés que le FMI et la Banque Mondiale ont menés à la pauvreté depuis l'offensive de la crise de la dette au début des années 1980.

Le FMI a promis 35 milliards de dollars de financement [prêts] supplémentaire aux pays affectés par les soulèvements du printemps arabe et a reconnu formellement le conseil intérimaire libyen comme autorité légitime, ouvrant ainsi l'accès à une myriade de prêteurs internationaux alors que le pays envisage de se reconstruire après une guerre de six mois. [...] La reconnaissance du FMI est significative pour les dirigeants intérimaires de la Libye puisque cela signifie que les banques internationales de développement et les donateurs tels que la Banque mondiale peuvent maintenant offrir du financement.

Les pourparlers de Marseille ont eu lieu quelques jours après que les dirigeants mondiaux se furent entendus pour dégeler des milliards de dollars d'avoirs [d'argent volé] pour aider [par des prêts] les dirigeants intérimaires libyens à restaurer des services fondamentaux et à reconstruire après un conflit ayant mis fin à 42 ans de dictature. L'accord de financement par les grandes puissances économiques du Groupe des 7 et de la Russie vise à appuyer les efforts de réforme [ajustement structurel sous l'égide du FMI] dans la foulée des révoltes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le financement vient principalement sous forme de prêts plutôt que de subventions. La moitié provient du G8 et des pays arabes, et le reste de divers prêteurs ainsi que de banques de développement (cf. Financial Post, 10 septembre 2011).

Estimation des fonds libyens investis à l'étranger par l'Autorité Libyenne d'Investissements; 150 milliards répartis comme suit:


* États-Unis: 34 milliards
* Grande-Bretagne: 19,2 milliards
* France: 10,56 milliards
* Belgique: 19 milliards
* Italie: 9,73 milliards
* Pays-Bas: 4,17 milliards
* Canada: 2,4 milliards

La totalité des fonds détenus par l'alliance envahisseuse de l'OTAN est de 99,9 milliards de dollars. Il se trouve que près des 2/3 des investissements libyens à l'étranger sont détenus dans des pays constituant les forces envahisseuses de l'OTAN. L'Allemagne possède 9,73 milliards de plus!


Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de "Guerre et mondialisation, la vérité derrière le 11 septembre" et de la "Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial" (best-seller international publié en plus de 20 langues).

Version originale en anglais disponible ici: "Destroying a Country's Standard of Living: What Libya Had Achieved, What has been Destroyed", publié le 23 septembre 2011.

Traduction pour Mondialisation.ca par Julie Lévesque

Source des chiffres, sauf où indiqué: UNESCO, Profil de la Libye et OMS


Une contribution de Michel Chossudovsky, in PENSEES NOIRES.

 

Source : LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

vendredi, 21 octobre 2011

LA CPI: DE L'INJUSTICE INTERNATIONALE A LA JUSTICE INTERNATIONALE?



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Il y a deux semaines, nous avons eu le bonheur de lire l'article « La CPI, une cour d'injustice internationale » de l'essayiste ivoirien Anicet Djéhoury, qui présentait le visage hideux de cette machine judiciaire au service de l'impérialisme des nations puissantes de ce monde, relevant avec à-propos « la volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales », avec « pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres ».

Ainsi l'arrivée du procureur de la Cour pénale internationale, l'argentin Luis Moreno-Ocampo, à Abidjan, le vendredi 14 octobre 2011, à la demande des nouvelles autorités ivoiriennes, est diversement appréciée. En effet, les obédiences proches du Président Laurent Gbagbo y voient l'occasion pour elles de faire enfin triompher la vérité sur le mensonge international abondamment servi au monde à la faveur de la crise postélectorale ivoirienne et d'élucider tous les crimes commis contre le peuple de Côte d'Ivoire, depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Aspiration, du reste, légitime. Mais le seul fait que cette initiative soit à mettre au compte d'Alassane Ouattara, sous l'instigation de la France, n'augure rien de bon pour bon nombre d'Ivoiriens, qui y voient une mascarade et une volonté souterraine de faire payer les crimes de la crise ivoirienne au seul camp Gbagbo.

Car il est capital de relever que c'est après une visite de Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI, le juge sud-coréen Sang-Hyun Song, suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques, à La Haye, accompagné de M. Michel Mercier, en vue d'une saisine officielle, que cette cour s'est mise en branle sur le dossier ivoirien et a circonscrit la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Ces coïncidences - et accointances - sont pour le moins suspectes et dévoilent une collusion qui laisse présager une justice à sens unique de l'instance judiciaire internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches. D'ailleurs, de sa jeune histoire, la CPI n'a jamais bénéficié de réputation plus reluisante.

Ouattara pourrait même, pour les besoins de la cause, se délester de collaborateurs gênants dont les noms ont été cités de façon récurrente dans les rapports des ONG internationales de défense des droits humains, relatifs aux crimes postélectoraux, et notamment aux massacres de Duékoué qui ont fait plus de deux mille morts en trois jours, et immoler quelques FRCI sur l'autel de la « justice internationale » pour montrer patte blanche, quand il est lui-même le principal instigateur de toutes les violences qu'a connu notre beau pays, balafré et défiguré par la folie meurtrière et la convoitise criminelle du fauteuil présidentiel ivoirien depuis au moins 18 ans.

« Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification », souligne l'essayiste Anicet Djéhoury.

« A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650.000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160.000 morts), en Afghanistan et à Gaza, etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous », plaide-t-il.

Peut-on espérer que la CPI fasse sa mue sur le dossier ivoirien ? Question pertinente et même capitale quand il est de notoriété que la CPI a toujours fait la part belle aux puissants et aux vainqueurs, et notamment aux Occidentaux, et qu'elle a toujours foulé au pied les faibles, les vaincus, et notamment les Africains.

Luis Moreno-Ocampo « jure » la main sur le cœur que justice sera faite et promet une enquête « impartiale » concernant les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre en Côte d'Ivoire. Nous en doutons, en toute légitimité. D'autant plus, quand il est reçu en grandes pompes à Abidjan par le nouveau pouvoir ivoirien, tout sourire et en totale complicité, au Palais présidentiel et à la Primature, avec un Alassane Ouattara et un Soro Guillaume ainsi « subliminalement blanchis ». « Nous sommes ici pour rencontrer les Ivoiriens et SURTOUT les victimes », avait-il clamé. Combien a-t-il donc rencontré de victimes, en seulement 24 heures, le week-end dernier (du vendredi 14 soir au samedi 15 après-midi) entre ses virées à la Présidence et à la Primature, et ses visites au Ministère de la justice, au siège de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation et à la délégation du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo ? Mystère et boule de gomme ! Moreno-Ocampo n'a rencontré personne. « On se fout de notre gueule », permettez-moi l'expression.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo était tout juste en villégiature en Côte d'Ivoire. L'aspect technique et professionnel de son voyage en terre ivoirienne - si crucial - lui importait peu. Tout juste l'occasion d'une belle sortie médiatique pour rassurer les puissants du monde sur sa volonté à donner suite à leurs desiderata, relativement à leur filleul Alassane Dramane Ouattara. Dans la droite ligne des missions originelles de la Cour pénale internationale. Celles à elle définies par les penseurs du Nouvel ordre mondial, même s'ils ne lèvent pas eux-mêmes le petit doigt pour ratifier le statut de Rome la portant sur les fonts baptismaux.

On se souvient que, dans le mois de juillet 2011, la Cour pénale internationale, « cette instance de justice pour indigènes », avait mis Mouammar Kadhafi en accusation ; les Etats-Unis, maîtres du monde en déclin mais encore assez puissants pour en imposer, ont royalement ignoré la décision, la considérant comme lettre morte. Donc nulle et non avenue. Pas par amour pour le Guide libyen, mais pour affirmer leur ascendance incontestable sur l'institution judiciaire, qui n'a pas à décider sans leur avis. Au grand dam du philosophe Bernard-Henri Lévy (l'autre patron du CNT) et des autorités françaises, qui avaient parrainé la mise en accusation. Les Etats-Unis ont ainsi passé l'éponge sur la décision de la magistrate de la CPI qui, « si elle avait la moindre miette de dignité, devrait démissionner, faute de pouvoir dédire Obama et ses affidés », comme l'affirme si bien le chroniqueur algérien Ahmed Halfaoui. « Elle n'en fera rien, dans la mesure où aucune décision de ce type ne peut être prise sans une injonction » des puissants de ce monde. Elle le sait. Maintenant, nous le savons aussi. Et nul n'est désormais censé l'ignorer. Cette désinvolture, la juge de la CPI l'a payée cash. Ce sont les grands de ce monde qui décident des poursuites, à la CPI, et personne d'autre, fût-il procureur ou juge au sein de l'instance judiciaire internationale. La preuve ? Elle est là dans tout son cynisme. Il en fallait une pour tous les candides et crédules « qui croient à la justice internationalisée ».

De sorte qu'il n'est « plus possible pour la CPI de conserver sa crédibilité pour autant qu'elle en ait une. Et ce n'est pas une simple question de jurisprudence, mais plutôt de validité d'une institution qui apparaît au grand jour en tant qu'arme de guerre contre ceux qui veulent résister à la domination », assène Ahmed Halfaoui. Le cas ivoirien ne s'écarte pas de cette ligne de pensée triomphante et de cette logique arrogante.

Au regard de tout ceci, nous sommes en droit de douter de la capacité de la CPI à rendre une justice équitable en Côte d'Ivoire. Ce qu'elle n'a d'ailleurs jamais fait nulle part dans le monde. Seuls les faibles et les vaincus ont eu droit à ses sentences, comme de véritables coups de glaive exterminateurs, quand les pires criminels du siècle se la coulent douce et, suprême ironie, décident de qui est coupable et de qui doit « trinquer ».

On peut donc légitimement s'interroger, en ce qui concerne le cas de la Côte d'Ivoire : Par quel coup de baguette magique, celle qui a toujours été au service des grandes puissances et de leurs intérêts va-t-elle, subitement, passer de l'injustice internationale à la justice internationale ? Nous sommes bien curieux de le savoir. Le dossier ivoirien sera peut-être le cas unique de l'histoire qui viendrait, plus que de besoin, confirmer la règle immuable de cette machine - ou plus exactement de cette machination - judiciaire à broyer de l'indigène. Qui vivra, verra ! D'ici là, il ne nous reste plus qu'à nous en remettre à celui qui nous a créés égaux, libres, dignes et fiers, pour que triomphe pour le peuple ivoirien Sa justice, souveraine, équitable et que nul ne peut esquiver.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 347 du jeudi 20 octobre 2011.

LA COALITION OTAN/CNT/ONU ASSASSINE LE GUIDE LIBYEN MOUAMMAR KADHAFI



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Il aura résisté jusqu'au bout! Le lion est tombé, hier, jeudi 20 octobre 2011, à Syrte sa ville natale, lâchement assassiné par les "spin doctors" du Nouvel Ordre Mondial en coalition internationale, avec l'aval - comme toujours - de l'ONU, devant une Afrique déconfite, désunie et pitoyable.


Salut, guerrier de la liberté, salut, résistant!


Que DIEU aie pitié de notre monde!

 

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Syrte en ruine, après les croisées "démocratiques et humanitaires" des apôtres du Nouvel Ordre Mondial, Sarkozy, Obama et Cameron.

Quiconque a cautionné ce crime effroyable en paiera le prix!

 

Mes condoléances les plus attristées au digne peuple libyen!

mercredi, 19 octobre 2011

LIBYE - L'IMPOSSIBLE VICTOIRE DES GUEUX DU CNT


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Ratée pour l'Otan et surtout pour Sarkozy, qui a mis la France du général de Gaulle dans une situation désastreuse. Celle qui ne sera pas prête de se ressaisir avant plusieurs années, quel que soit le parti au pouvoir. Ratée parce qu'il croyait sans doute avoir trouvé l'argument de s'en tirer à bon compte, par une sortie honorable de ce guêpier, lorsque le CNT adoubé par l'occident annoncerait, même mensongèrement, « la libération de Syrte » - considérée ville symbole qui confirmerait la déchéance de Kadhafi est donc signifierait la fin d'un pouvoir. La seule issue, qu'il cherche mordicus, qui doit lui permettre d'annoncer la « fin de mission » par la victoire d'une « libération du dernier fief de Kadhafi » pour s'en sortir, semble lui échapper et s'éloigner avec les coups de boutoirs d'une résistance organisée et disciplinée qui maîtrise le terrain et fortement motivée au regard de ses actes de bravoure et des pertes énormes qu'elle inflige aux renégats, cette chair à canon libyenne bon marché, aux mercenaires engagés et surtout des terrains repris aux usurpateurs.

Il est malheureusement soutenu par presque toute la classe politique française; peut-être aveuglément par incrédulité ou par tactique, mais le résultat est le même quand il s'agit d'une guerre injuste contre un pays en paix qui n'a absolument rien fait de condamnable qui permet de justifier une telle agression et destruction. Quand on observe l'activisme de ce myrmidon dans cette aventure dans laquelle il s'est volontairement mis, en entraînant l'Europe, et les manipulations de ce sinistre entremetteur chargé de faire  sous-traiter par la France cette « opération Libye », ce « philosophe » du mal,  on comprend dès lors que des maîtres autrement plus rusés ont  à dessein choisi cette France historique et des valeurs pour bien distraire et abuser le monde afin de servir leurs intérêts. En conséquence, le voilà qui se retrouve, dans un cul de sac, embourbé dans la gadoue sans autres possibilités que l'enlisement face à une farouche résistance ou le retrait sans gloire et dans le déshonneur !

Parions que si ce CNT déclare, demain, que la Libye est  « entièrement sous contrôle » cet énergumène saisira  au vol cette occasion, pour se retirer au plus vite pour déclarer à son tour au monde que  «  notre mission est terminée » quitte à imputer - s'il y a retournement de situation, ce qui est certain - la faute à ses marionnettes du CNT en leur faisant assumer toutes les conséquences. L'argument qu'il souhaitait part en fumée car, l'injustice se paie toujours et le mal n'a jamais été une vertu. La situation actuelle en Libye confine à l'anarchie, entre les ambitions de tribus rivales, un Conseil de transition abandonné et sans pouvoir, un gouvernement fantôme, des groupes d'insurgés sans but ni conviction voire sans réel chef... C'est donc bien le chaos que l'Otan a instauré dans un pays considéré, il y a seulement 8 mois, comme  le plus équilibré socialement et économiquement!

Le CNT a dû comprendre sa position de faiblesse et ce jeu malsain, c'est sûrement la raison pour laquelle il tergiverse en mettant l'Otan, en permanence, dans l'attente et l'espoir tout en réclamant encore plus de moyens et plus de frappes pour éviter la résignation en ces moments d'incertitudes et de grands doutes. Mais ce  jeu de « je te tiens, tu me tiens...» - qui  a ses limites que sont le temps, l'argent et l'opinion - cache en fait une déroute  que l'on essaye de dissimuler par la propagande subversive tout azimut, le mensonge, la tromperie et surtout le verrouillage sans précédent des médias pour cacher la vérité. Cette vérité qui est la falsification, l'escroquerie, le génocide de Syrte en particulier où une population est pilonnée jour et nuit dans une ville en ruines, le vol, la rapine et les viols, mais aussi l'importance de leurs morts.

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Comme l'humanité ne peut évoluer que sur le bien, le monde sait maintenant qu'il a affaire, en ce qui concerne la Libye, à des rebelles non authentiques, une racaille d'abrutis que dirigent un ramassis hétéroclite d'ex-ministres congédiés pour corruption par Kadhafi, d'islamistes d'Al-Qaïda, de prisonniers relâchés et de voyous qu'encadrent des commandos et des ''conseillers'' de l'« intelligence service » américains, anglais et français soutenus financièrement et matériellement par le Qatar et les Émirats arabes, deux États feudataires au service de l'Empire. Le monde sait aussi que l'Otan tue intentionnellement les populations civiles, sans distinction, par vengeance pour leur soutien au Guide ; que le temps a bien montré que les « énormes pertes civiles infligées par l'impitoyable Kadhafi à son peuple » n'était que tromperie, pour justifier une agression afin d'installer un pouvoir-lige comme du temps du roi Senoussi, concoctée dans les 'labos' américains, londoniens et parisiens en collaboration avec des traîtres libyens. Il est clair aussi que les « révoltes » surtout de Libye, de Syrie et d'autres non réussies ou en préparation  ne sont et ne seront que des complots des forces occidentales que dominent les USA, l'Angleterre et la France, derrière les révolutions de «couleur», sous l'égide de la NED/CIA, le MI6 et le Mossad dans le but de créer le chaos selon le modèle irakien suivant les doctrines israélo-étasuniennes sur l'art d'instaurer le «chaos constructif».

Dans cet océan de menteries, de duperies et de subversion se détache, par surprise, de façon solennelle, une « fausse note » - qui dame le pion à la doxa ambiante et dominante - celle de Le Pen que l'on nous a fait croire sulfureux, des  décennies durant, et comme l'homme par qui passent tous les malheurs. Le voilà saluant les « combattants de Syrte qui résistent contre le monde entier », en Libye. « Je tire mon chapeau, je le dis carrément, aux combattants de Syrte qui donnent un exemple de courage et de détermination », lance-t-il avant de juger également que le gouvernement syrien était « légitimé dans sa lutte contre les bandes armées ». Qui l'eut cru ? Le Pen devient, en effet, comme le juge notre ami 'Kataliseur' « le dernier gramme d'honneur de la France sauvée, in extremis, dans sa chute dans les abîmes, par celui que nous attendions le moins ! ».

Conseillons que chaque Libyen se doit, par devoir, de participer à la lutte pour sauver son pays de la prédation et lui rendre sa liberté car, la victoire est la sienne. Son sacrifice est un acte suprême et sa mort, selon l'Islam, un grand honneur. Le Guide en est un parfait exemple de l'honnêteté et de l'honneur. Il a bien engagé ses propres enfants dans le combat contrairement aux renégats du CNT qui ont mis les leurs à l'abri, en Europe, pendant qu'ils se servent des enfants des autres, comme chair à canon, pour confisquer le pouvoir. En somme « prête-moi ton fils pour mourir à la place du mien » aiment répondre narquoisement les  Algériens à ceux qui les incitent à se révolter contre l'ordre établi.

Nos amis et frères Libyens doivent savoir que la lutte sera âpre, douloureuse, destructrice  mais l'issue est certaine car, leur sacrifice vient d'un combat juste pour l'honneur et la dignité contre des forces du mal sans principes et sans vertu. La disparition d'un dirigeant même charismatique n'a jamais mis un terme à la volonté de libérer son pays de l'oppression ou d'une colonisation.

A une question d' « Atlantico » sur la nécessité de diriger « d'une main de fer » les pays fondés sur un amas de peuplades ou sur des bases tribales souvent hostiles les unes aux autres, Gérard de Villiers qui a visité la Libye répond « Mais bien sûr, il n'y a pas d'autre moyen. Sinon, regardez l'exemple de la Yougoslavie... Son unité ne tenait qu'à la force et la personnalité de Tito. En Libye, ils n'ont personne actuellement pour fédérer et contrôler les groupes. Ils n'ont pas un de Gaulle, tel que la France l'a eu en 1945... Kadhafi agrégeait des groupes qui ne se sont jamais supportés. »

 

DJERRAD Amar.

lundi, 17 octobre 2011

CHAQUE GUERRE EST PRECEDEE D'UN GRAND MEDIA-MENSONGE


MICHEL COLLON - MEDIAMENSONGE.jpg

Une réthorique qui rappelle étrangement une certaine crise ivoirienne débutée en 2002 et qui a connu son apogée en Avril 2011, avec un Alassane Ouattara porté à bout de bras par une prétendue "communauté internationale" menée par la France de Sarkozy et les Etats-Unis de Barack Obama (toujours les mêmes). Médiamensonge pour dégommer un patriote africain et un démocrate ivoirien qui dérange: Laurent Gbagbo. Le cas libyen est plus qu'édifiant, de ce point de vue, et nous renseigne amplement sur ce qui s'est REELLEMENT passé en Côte d'Ivoire. N'est-ce pas que le temps est l'autre nom de DIEU?

 

Voici une liste non exhaustive de quelques pays qui ont subi des médiamensonges permettant de créer des guerres :

Vietnam (1964-1975)
Grenade (1983)
Panama (1989)
Irak (1991)
Somalie (1993)
Bosnie (1992 - 1995)
Yougoslavie (1999)
Afghanistan (2001)
Irak (2003)

La suite ?

Libye (en cours)
Algérie ? Somalie ? Iran ? Syrie ? Liban ?

Merci à Al-Jazeera et merci à toutes les chaînes qataries. Vos mensonges sont d'une très grande efficacité. On sait que vous êtes suspendus par les couilles au système financier américain et que vous ne souhaitez pas voir votre compte gelé par refus d'obéir aux oligarques sataniques...Vous devez en avoir une belle conscience.

Quel est le rôle de l'OTAN ?

L'OTAN est un acteur de premier plan sur la scène internationale et contribue activement à la paix et à la sécurité. Dans le cadre de ses opérations de gestion des crises, l'Alliance démontre à la fois sa volonté d'agir comme une force positive de changement et sa capacité de répondre aux défis de sécurité du XXIe siècle.

Ça me lasse d'entendre toujours la même excuse : Sauver des civils. Bien évidemment, ils ont trop d'argent à dépenser pour protéger des étrangers, trop de bombes en stock. Pour eux, paix et sécurité, ça signifie tuer 50 000 civils par guerre. Ils n'ont même pas honte de balancer cela sur leur site officiel, et tout le monde n'y voit que du feu. Si on prend la définition telle qu'elle est écrite, on s'aperçoit que l'intervention en Libye est justifiée par un manque de paix et de sécurité interne au pays. Or, les immigrés en Libye nous disent qu'ils sont heureux de vivre dans ce pays car ils peuvent y trouver du travail facilement, ils peuvent y acheter une maison et une voiture rapidement. Bref, on est dans le mensonge total. Je vous laisse avec la vidéo de Michel Collon ci-dessous. À bientôt.




Source : Le blog de Jonathan Dienst

 

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LES MEDIA-MENSONGES DE LA GUERRE DE LIBYE


Parmi d'autres, citons les points suivants :

1- Kadhafi bombarde son peuple

Malgré les moyens techniques époustouflants dont nous disposons, aucune télévision ne nous a montré d'images de bombardements.

2- Une révolte populaire

Alors que les manifestants Tunisiens et Égyptiens n'étaient pas armés, il n'aura échappé à personne que ce n'était pas le cas en Libye. Depuis quand des citoyens révoltés ont ils des armes lourdes ?

Rappelons aussi que la Libye est un Etat dont les populations sont structurées en "tribus", il s'agirait donc, à priori, plus d'une guerre civile que d'une "révolution".

3- Un nombre de morts extrêmement important

Les décès annoncés par la presse sont très variables : selon l'heure, 6000 ou 200.

Ce qui montre une fois de plus que le rôle joué par nos médias n'est pas celui de l'information juste et vérifiée.

4- Une action de la "Communauté Internationale"

La seule instance qui pourrait revendiquer le titre de "Communauté Internationale" est l'Assemblée Générale des Nations Unies. Dans le cas présent un petit groupe de pays seulement a voté pour la résolution 1973 du Conseil de Sécurité. Notons l'abstention de certains de nos partenaires les plus proches (Allemagne) et de grandes nations telles la Chine, l'Inde, la Russie....

Possibilités

Faut il laisser les situations s'envenimer ? Ou déclarer la guerre ?

Ni l'un ni l'autre, les choix ne sont que rarement binaires. D'autres voies existaient et nous ne rappellerons que l'offre du président Vénézuelien Hugo Chavez qui se proposait d'organiser une médiation entre les parties sous la direction de l'ancien président US Carter. Cette possibilité, acceptée par Kadhafi et soutenue par l'Union africaine, l'ALBA et la Ligue arabe, a été refusée par la partie adverse. N'aurait-on pas pu obliger les acteurs à "se mettre à table" ?

Respect de la résolution

1- Cessez-le-feu

Lors du vote de la résolution, Kadhafi a annoncé un cessez-le-feu. N'aurait il pas été pertinent de vérifier sur place la réalité de son propos avant de le bombarder ?

2- Embargo sur les armes

Il est établi que ce que nous nommons les "révolutionnaires" ont reçu des armes après le vote de la résolution. Approvisionnement qui ne peut se faire sans accord de nos forces (OTAN).

3- "No fly zone"

Les premiers actes de guerre, avant le vote au parlement belge, furent des tirs de missiles à partir de bâtiments des flottes des pays coalisés. Cela répond-il aux prescriptions de l'ONU ?

Déclarations de nos décideurs

Les déclarations affirmant que le but de l'opération est le départ de Kadhafi sont proprement scandaleuses. Cela est en effet totalement illégal en regard du droit international et ne rentre évidemment pas dans le cadre de la résolution 1973 qui a pour but de "protéger la population".

Autres réflexions

Une guerre "propre" ou même une guerre "juste" n'existe pas. Pour citer Saint Exupéry : "La guerre n'est pas une aventure, c'est une maladie, comme le typhus."

On voit mal comment le lancement de missiles et de bombes pourrait "protéger la population" comme nous y invite la résolution du Conseil de sécurité.

Y a-t-il une personne censée qui affirmerait que la "démocratie" peut être imposée par les bombes ? Ne faudrait il pas plutôt croire que nous allons amener le chaos et la désolation, comme nous l'avons fait au Kosovo, en Afghanistan, en Irak ?

Quelqu'un sait-il qui est ce que les médias appellent "l'opposition" ? Nous savons qu'elle comprend un ancien ministre de la Justice ayant fraîchement démissionné, quelques ambassadeurs de Kadhafi ayant eux aussi fraîchement démissionné, des supporters du roi Idriss, des islamistes.... Mais qui en fait réellement partie ? Quelles sont les revendications de ce groupe hétéroclite ?

Précision

Population libyenne sous le seuil de pauvreté : 7,4 %, à comparer avec la France qui était à 6,2 % en 2004, et les USA qui sont à 12,5 % en 2008.


Beez, Libreinfo, 24 mars 2011


Source : LIBRE INFO.ORG

dimanche, 16 octobre 2011

JEAN-MARIE LE PEN SALUE LE «COURAGE» DES COMBATTANTS KADHAFISTES DE SYRTE

 

JEAN-MARIE LE PEN.jpg

Interrogé sur un déplacement du secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Pierre Lellouche, en Libye pour promouvoir les entreprises françaises, le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a tiré son "chapeau" lors de son blog vidéo hebdomadaire, vendredi 14 octobre, « aux combattants de Syrte qui résistent contre le monde entier, et qui donnent un exemple de courage et de détermination, un peu comme à Camerone ou à Bazeilles ».

« On n'a pas encore fini de la détruire [la Libye] que déjà les vautours sont arrivés pour essayer de faire des affaires, mais des affaires avec notre argent bien sûr, puisqu'ayant démoli la Libye, on va tout naturellement nous inviter à la reconstruire, mais bien sûr avec notre argent, pas avec le leur », a continué Jean-Marie Le Pen.

« PROPAGANDE DES MEDIAS FRANÇAIS »

Interrogé sur la Syrie, il a dénoncé "la technique mensongère de la propagande des médias français" à propos de la manifestation en soutien au régime de Bachar Al-Assad, qui a eu lieu mercredi à Damas.

« Les Syriens déclarent qu'il y a eu un million de manifestants, et on voit en effet une masse immense, et ça se traduit dans les médias français par quelques dizaines de milliers de manifestants", a dit Jean-Marie Le Pen, dénonçant ceux "qui veulent de toute évidence le renversement de Bachar Al-Assad et la subversion de la Syrie ».

« Je pense que le gouvernement syrien était légitimé dans sa lutte contre les bandes armées qui voulaient s'emparer du pouvoir (...) et je sais que c'est lui qui est le protecteur des chrétiens de toute cette région », a poursuivi M. Le Pen.

« Si la Syrie tombait et si le dictateur, on veut bien le dire, qui a d'ailleurs fait toute une série de réformes qu'on lui demandait, était renversé, et bien à la suite de Ben Ali, à la suite de Moubarak, de Kadhafi et de Saddam Hussein, tous ces leaders arabes qui étaient anti-islamistes, qui protégeaient les chrétiens, ont été renversés avec l'aide de l'Occident. Mais il est vrai qu'il n'est pas très chrétien », a-t-il conclu.


Source : LE MONDE.FR

samedi, 15 octobre 2011

REACTION A L’ARTICLE «UN VENT D’OPTIMISME SUR LA COTE D’IVOIRE» DU JOURNAL FRANÇAIS «LA CROIX»

 

JOURNAL LA CROIX.jpg

Réaction à l'article « Un vent d'optimisme sur la Côte d'ivoire » du journal français « La Croix ». Quand la presse française vient au secours du régime Ouattara.


Monsieur,

Pour répondre à l'article de votre journal dont voici le lien:

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Un-ven...,

je peux vous dire que les contacts que j'ai sur place à Abidjan n'ont pas du tout le même sentiment que votre correspondant.

Tous les jours, on tue en Côte d'Ivoire. Ce sont les chasseurs traditionnels illettrés originaires du Nord de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Burkina Faso (les dozos) qui font régner la terreur à Abidjan et dans tout le pays. Ils ont pris la place des policiers et gendarmes (désarmés par l'ONU et la France). Pour ne parler que des alentours d'Abidjan, hier 2 personnes ont été tuées à Bingerville, d'autres à Yopougon et des médecins ont mêmes été tabassés au CHU de Treichville. Un meeting de l'opposition a été violemment attaqué le week-end dernier.

Il y a un manque de sécurité total dans le pays (d'ailleurs le journal britannique the Guardian annonce hier:''La Côte-d'Ivoire 2ème pays au monde où il y a le plus de meurtres'') et c'est peut-être pour cette raison que les abidjanais commencent leur journée à 7h30 au lieu de 8h parce que dès 17h la population rentre chez elle pour sa sécurité!

Votre correspondant sur place à Abidjan est très mal informé en diffusant partout que les ivoiriens sont heureux depuis que Monsieur Ouattara dirige la Cote d'Ivoire.


Sylvie Bocquet


59790 Ronchin - France


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 14 octobre 2011

LE REGARD DE LAURENT GBAGBO SUR LA COTE D'IVOIRE ET OUATTARA, DEPUIS KORHOGO, 5 MOIS APRES AVOIR ETE RENVERSE PAR LA FRANCE

 


LAURENT GBAGBO 6.jpg

Une interview du Président Laurent Gbagbo que nous avons reçue dans notre boîte e-mail et dont nous ne pouvons garantir l'authenticité. Néanmoins, son extrême proximité avec la ligne de pensée de son auteur présumé sur certains points, nous a finalement décidé à la publier sur votre blog préféré. Réalité ou manipulation? A chacun son appréciation. Bonne lecture!


Laurent Gbagbo dans tous ses états... Fernand Malgeer a interviewé le président ivoirien déchu le mois dernier, en septembre 2011. L'homme reste convaincu que la partie n'est pas encore perdue pour la démocratie. L'adversaire l'a certes neutralisé, mais l'animal politique, spécialiste du pocker menteur, qu'on appelle aussi le boulanger est étrangement animé d'un espoir voilé comme s'il détenait le joker secret de la crise ivoirienne.

 

FM : Comment vous portez-vous après cinq mois à Korhogo loin du pouvoir?

LG : Bien. Je vous le souhaite à vous et tous mes compatriotes exilés internes et externes qui souffrent encore de cette situation dramatique. 

FM: L'hebdomadaire Jeune Afrique L'intelligent nous apprend que vous êtes un peu perturbé.

LG : N'ayez pas peur des mots. Dites plutôt que je deviens fou. Je confonds mon lieu de détention au palais présidentiel, je donne des ordres, convoque des conseils des ministres... (rires). Il se dit beaucoup sur mon compte. Ne vous y trompez pas, cela fait partie du processus: on vous diabolise, on vous renverse, et on vous fait passer pour débile. Ai-je le parlé de quelqu'un qui perd la tête? 

FM: Vivez-vous en permanence dans la résidence présidentielle à Korhogo? Qu'en est-il exactement de vos conditions de détention? Vous avez été formellement inculpé, que dites-vous des chefs d'accusation qui justifient votre inculpation?

LG : Souffrez que je n'en dise pas un mot.

FM : Pourtant l'opinion nationale et internationale souhaiterait en savoir du concerné que vous êtes.

LG : Cela révèle du domaine judiciaire. Seuls mes avocats peuvent vous entretenir là-dessus. Le prévenu qu'on dit que je suis, ne souhaite donc pas se prononcer sur ces sujets. Pour le reste, excepté la politique intérieur des autres pays, je suis ouvert à vous, monsieur.

FM : Savez-vous que monsieur Koulibaly Mamadou l'ex-N° 2 de votre régime a crée son parti politique, le LIDER?

LG : J'en suis heureux pour lui. (rires).

FM : Mais il n'est pas tendre avec vous.

LG : Personne n'a jamais été tendre avec moi depuis mon entrée en politique.

FM: Vous semblez être sa cible préférée à chacune de ses sorties. Cela ne vous interpelle pas?

LG : Pourquoi cela devrait m'interpeller? (rires).  À chaque nouveau parti sa stratégie de positionnement ! Si ma modeste personne peut l'y aider, pourquoi voulez-vous qu'il s'en prive? Laissez Mamadou tranquille, c'est comme ça qu'il est, et comme ça que nous l'aimons. (rires).

FM : Que répondez-vous, lorsqu'il accuse le FPI d'être un parti tribal qui l'aurait accepté pour se donner une caution nordique?

LG : Rien qui puisse engager la polémique, si c'est que vous attendez de moi. Je suis simplement peiné, parce que nous le savons capable de mieux. S'il y a un mot ou sujet que j'évite en politique, où tout ce que vous dites, vous suit à vie, c'est bien celui-là. Nous savons où cette façon de faire la politique nous a conduit. Il faut se méfier de ceux qui jouent avec les ethnies.

FM : Est-ce à dire que le FPI (Front Populaire Ivoirien), votre formation politique, n'est pas tribal?

LG : Je vous renvoie à la carte électorale de la présidentielle. Nous comptons au moins soixante ethnies dans ce pays où, en plus de cinquante années de vie commune, le lien du mariage nous a entremêlés. Vous ne pouvez pas pointer du doigt l'autre sans que votre doigt ne soit dans votre direction. Il en est de même pour les 35% d'étrangers qui nous font l'honneur de vivre avec nous. Vous ne pouvez pas toucher à un seul d'entre eux sans toucher à un ivoirien, parce qu'il n'y a pas d'ivoirien, je dis bien un seul, qui puisse se targuer de ne pas avoir d'étranger au sein de sa famille....

C'est pourquoi malgré la prise de position de certains d'entre eux, qui continuent encore à tort de croire que la guerre faite à la Cote d'Ivoire l'est pour eux, aucune conduite à la frontière n'a été envisagée en violation de certaines lois de la sous-région, comme ce fut le cas pour des burkinabé vivant dans le sud-ouest, sous Bédié.

FM : Pourtant, il se dit que votre passage aux affaires a été des plus meurtriers pour beaucoup d'entre eux, tout comme il l'a été pour les ressortissants du nord acquis à la cause d'Alassane Ouattara.

LG : A vous entendre, on aurait dit qu'il n'y a pas de ressortissants du nord avec moi, mais pire je faisais la chasse à une certaine population. Non, c'est un mauvais procès qu'on me fait, il n'en est rien de tout ce qui se dit. Entre un président qui dirige un Etat de droit dont un des rôles régaliens est d'assurer la sécurité et un opposant qui excelle dans l'art du communautarisme à la limite du fanatisme religieux, à qui la faute s'il y a mort d'hommes? Qui réunit ces hommes et femmes très souvent armés, sur la base de la région et de la religion, pour aller défier les forces de l'ordre qui, elles-mêmes, sont représentatrices d'une Côte d'Ivoire diverse? Il n'y a qu'un seul que les ivoiriens désigneront facilement, si vous leur posez la question. C'est la deuxième fois que le même me met en prison sans que j'en appelle à la révolte de ma communauté religieuse, de ma région voire de ma tribu. Dommage que les autres veuillent forcement se voir en moi.

FM : Robert Bourgui a récemment révélé que vous avez financé la campagne de Jacques Chirac. Qu'en est-il? Je suppose que, comme les autres mis en cause, vous me direz que ce n'est pas vrai.

LG : Comment voulez-vous que je réponde à des accusations de quelqu'un qui dit ne pas avoir de preuve de ce qu'il avance? Où bien on attend de moi que je dise que je ne l'ai pas fait, mais je manque aussi de preuve pour clamer mon innocence? 

FM : Monsieur Koulibaly Mamadou le confirme...

LG : Espérons qu'il lui procure des preuves, dans la mesure où, lui, était du même camp que moi, lors de la remise de cet argent... Croyez-vous vraiment que si je faisais partie de ces magouilles, on m'aurait largué toutes ces bombes sur la tête? Le bon sens n'a jamais été une tare...

FM : Pourquoi monsieur Konan Bédié Henri, l'ex-président ivoirien et président du PDCI, vous voue-t-il cette haine viscérale?

LG : Vous l'a-t-il dit?

FM : Non... Mais il en donne l'air. Après avoir aidé monsieur Ouattara à vous ravir le poste de chef de l'Etat, il ne ferait pas d'effort pour vous sortir de là où vous êtes.

LG : Écoutez, c'est à monsieur Bédié qu'il faut poser la question, puisque personne ne m'accuse de lui avoir fait du mal, bien au contraire. Quant à me sortir d'ici, ne vous inquiétez pas, je suis assez responsable.

FM : Reconnaissez-vous maintenant monsieur Alassane Ouattara comme président de la République de la Côte d'Ivoire, après plusieurs mois de détention?

LG : Je suis allé à une élection où mon adversaire et moi soutenons tous les deux avoir remporté le scrutin. J'attends qu'on me dise qui de lui et moi est le vrai vainqueur.

FM : Mais le conseil constitutionnel l'a déclaré vainqueur !

LG : Après m'avoir déclaré en premier... Est-ce à dire que nous le sommes tous les deux? Ce serait impensable. Un pays comme le nôtre, riche de sa diversité, ne devrait pas s'éloigner de la démocratie et du respect des lois dont il s'est librement doté. Cela y va de sa stabilité. Ce serait hasardeux de croire qu'on pourra éternellement bâillonner cette énorme partie du peuple qui croit en cette voie.

FM : Etes-vous déçu de votre ami Yao Paul N'dré, l'ex-président du conseil constitutionnel?

LG : Je n'ai rien à dire.

FM : Souhaitez-vous toujours le recomptage des voix? N'avez-vous pas peur d'être perçu comme celui qui veut ressusciter la crise électorale?

LG : Ah bon ! Parce qu'elle était terminée? C'est vous qui me l'apprenez... Je sais que la France m'a renversé militairement à la demande de mon adversaire pour y être installé. Mais le fond du problème demeure. Qui de Ouattara et moi a remporté l'élection? Le candidat que je suis a le droit et le devoir de le savoir. Ceux qui ont voté pour Gbagbo ont le droit de savoir. Tout démocrate devrait le réclamer.

FM : Certains des vôtres soutiennent que vous avez perdu la présidentielle.

LG : Et d'autres, s'ils ne se posent pas des questions, affirment que je l'ai remporté.

FM : Ceux qui le soutiennent sont-ils des traîtres ou des cadres qui veulent vous régler leur compte?

LG : J'en sais rien, moi ! Mais ceux que vous appelez traîtres et que je crois manquer de conviction sont inhérents à la vie politique. La conviction est celle qui à mon sens détermine l'homme politique. Si elle vous manque, vous êtes un mâle en jupette. Dieu merci, les hommes et femmes déterminés, il y en a encore assez au FPI et dans La majorité présidentielle (LMP) qui m'a accompagné à la présidentielle, tout comme au sein du peuple de Côte d'Ivoire qu'on sous-estime gravement, à tort.

FM : Savez-vous qu'Abidjan a fière allure et qu'on y respire mieux?

LG : Dommage que je n'y sois pas pour profiter de cet air !  (rires).

FM : La population ou du moins les partisans de Ouattara célèbrent leur champion qui aurait réussi en quelques mois, ce que vous n'avez pas pu faire en dix ans. Il est au travail pour le bonheur du pays, disent-ils.

LG : Mais si c'était pour embellir Abidjan, il n'avait pas à me faire la guerre pendant des années ! Il m'aurait demandé le poste de gouverneur du district d'Abidjan, qu'il l'aurait obtenu. Ne riez pas... Honnêtement... Soyons sérieux, cher ami... Qui n'aurait pas nettoyé la ville d'Abidjan après ces violents combats qui ont fait des milliers de morts avec des ordures ménagères qui exposaient la population à des maladies? Moi, Gbagbo?

FM : Mais la situation n'était pas reluisante avant la bataille d'Abidjan.

LG : Soit, mais nettement acceptable en comparaison à celle d'après les combats. C'est vrai que le respect des lois n'est pas leur fort, mais s'ils sont honnêtes, ils vous diront que le cadre légal qui leur permet de dégager les domaines publics, malheureusement, sans dédommagement et recasement, a été défini sous mon autorité. Mais nous avons du ajourner son application pour des questions évidentes d'humanisme. Depuis 2002, tous ceux qui ont fui les combats de la rébellion se sont réfugiés à Abidjan et ne sont plus repartis jusqu'à ce jour, pour la plupart. Abidjan a vu sa population doubler. Ceux qui les ont accueillis ont du se lancer dans le système D que nous, gouvernants, avons décidés de laisser faire jusqu'à l'unification réelle du pays afin que chacun regagne sa base et que cette loi soit appliquée sans trop de désagréments. Gouverner, c'est aussi être humain. À quoi ça sert de s'en prendre aux plus démunis quand on a rien à leur donner en retour? Seraient-ils dans une logique de rendre Abidjan agréable pour le plaisir de leurs maîtres venus les encadrer et assurer leur sécurité? Ou bien le font-ils pour les ivoiriens? Si oui, où mettent-ils toutes ces ordures collectées? La Côte d'Ivoire n'a pas encore d'usine d'incinération ou de transformation des déchets que nous prévoyions. Certains seraient-ils plus aptes à vivre avec des ordures ménagères de près de 5 millions d'habitants que d'autres? Non, Ouattara ne travaille pas. Il fait du tape à l'oeil. Ses partisans feraient mieux de l'attendre sur l'Etat de droit, la sécurité des personnes et des biens, la pauvreté qui a gagné toutes les populations, la réouverture de toutes ces entreprises sinistrées par la faute de son appel à la guerre... 

FM: Vous ne pouvez pas lui en vouloir de manquer d'effort. Il est à la recherche de 13.000 milliards qu'il serait en passe d'obtenir pour exécuter son programme et démarrer ses grands chantiers. Tout ce que vous citez-là ne sera que mauvais souvenirs pour les ivoiriens, d'ici peu.

LG : Ne me faites pas rire, monsieur... Qui va-t-il les lui donner, ces milliards? Les ivoiriens sont ouverts au reste du monde et voient que des mesures d'austérités se mettent  en place partout en Europe et en Amérique. Depuis qu'ils l'ont installé, a-t-il un traitement particulier de la part de la Banque Mondiale et du FMI? Non. La Côte d'Ivoire suit les mêmes procédures et a droit aux mêmes montants de prêts qui avait occasionné son endettement par le passé, et dont nous avons tenté de rembourser une bonne partie. Demandez donc à Ouattara d'avoir un peu de respect pour ceux qui ont eu à voter pour lui. Car, nous autres savons qu'il a la frime facile et le mensonge aisé. Ce n'est pas parce que vous vous croyez ami des milliardaires qu'ils vous rendront milliardaire ! Si tel étaient le cas, avouions que leurs épouses feraient partie de la liste Forbes des fortunés. Parce qu'elles, au moins, ont l'avantage d'être plus proche de leurs époux milliardaires que le prétendu ami. Non, Ouattara n'apportera rien à la Côte d'Ivoire. Juste quelques temps et vous le découvrirez dans toute son incapacité.

FM : Que faites-vous de ses nombreuses années dans la haute finance et son carnet d'adresses qu'il met souvent en avant !

LG : Combien de fois vais-je vous le dire, cher monsieur. Ce type-là n'apportera rien à ce pays. C'est de là-bas qu'il venait, lorsqu'il fut premier ministre d'Houphouët. Il s'en est allé d'ici avec un blâme du FMI pour le plan qu'il était censé appliquer et une Cote d'Ivoire en cessation de paiement ! Le temps serait long pour vous énumérer ses méfaits de 90 à 93. Montrez-moi les pays qu'il a développé comme il le prétend de la BCEAO au FMI. Aucun ! Il excelle dans la mystification comme un gourou de secte.

FM : Aimerez-vous qu'il échoue?

LG : Honnêtement non, si tel est que c'est lui le vrai vainqueur de la présidentielle comme il le prétend. Parce qu'il est celui dont les agissements ont mis ce pays dans ce gouffre. Quoi de plus normal qu'on attende de lui réparation. Mais je suis sceptique quant à sa capacité à unir les ivoiriens d'abord et à trouver les  moyens pour réussir cette remise sur pied du pays. Observez-le, vous retiendriez qu'il est friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du coté martial du pouvoir...que du travail lui-même. On fait jurer les membres du gouvernement, chose qui n'existe nulle part dans notre constitution ; on dit aux chefs militaires qu'ils sont les seuls responsables des erreurs de la troupe, comme si on voulait être chef d'Etat sans être le chef suprême de son armée des temps anciens... Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m'étonnerait qu'on l'ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien après 18 ans de déstabilisation. Depuis 1993, lui et ses soutiens extérieurs empêchent les ivoiriens de vivre décemment.

FM : Pourtant, je me souviens que vous avez confié à Jeune Afrique qu'il était plutôt travailleur. Ou bien, je me trompe?

LG : Non, j'ai dit : de Bédié et lui, il est travailleur pendant que Bédié, lui, sait se faire entourer. Toute la nuance est là.

FM : Il n'a que quelques mois de pouvoir. Attendons de voir, pourrait-on être tenté de vous dire...

LG : Le début est très souvent un bon indicateur de la fin. Et ceux qui l'ont installé au mépris des règles démocratiques et de celui d'un peuple souverain qu'ils sous-estiment totalement, y compris lui-même, savent bien ce qu'ils font. Ils veulent un semblant de chef qui soit malléable parce qu'entre deux pressions : la leur et celle d'un peuple qui ne tardera pas à se faire entendre. Voyez l'état global du pays... Les problèmes qu'ils croyaient me créer lui retombent aujourd'hui dessus : l'insécurité est totale ; les bandes armées contrôlent encore le pays ; l'ouest montagneux est meurtri par un génocide ; les forêts classées sont occupées par des populations venues d'ailleurs ; le chômage a atteint son point crucial ; les concours et examens de la Fonction publique annulés ; les salaires des fonctionnaires ont du mal à être payés chaque mois ; le cacao fuit vers les pays limitrophes ; les universités sont encore fermées pendant que le primaire, le secondaire convergent vers elles. C'est très facile de créer un désordre. Mais il n'est pas donné à tous de ramener l'ordre, surtout quand vous êtes l'instigateur de ce désordre.

FM : On est un peu étonné de la virulence de vos propos alors que vous n'êtes pas libre de vos mouvements.

 

LG : Ce n'est pas parce qu'on fait des critiques qui ne plaisent pas qu'on est virulent. Je suis encore très loin de menacer de frapper un quelconque pouvoir moribond, le moment venu. Et puis, qu'est-ce qu'on me montrerait encore après tout ce que j'ai vu? La mort, me direz-vous. Celui qui me la donne, aura en héritage mes péchés.

FM : Y a-t-il des erreurs à mettre à votre compte en 10 ans de règne?

LG : Bien sûr que oui. Tous ceux qui travaillent ont droit à l'erreur.

FM : Lesquelles par exemple?

LG : La première qui peut nous être souvent fatale à tous : faire confiance.

FM : Quoi d'autre?

LG : Le reste n'est pas important...

FM : Vous ne vous sentez pas responsable de cette crise?

LG : Je ne sais pas ce que vous entendez par responsable, mais pas de la manière que l'entendent mes adversaires. Est-ce moi qui ai envoyé l'ivoirité qui leur a servi de base de revendication? Non. Est-ce moi qui ai demandé à mes militants d'aller prendre le pouvoir dans la rue après le départ du général Guéi, lors de la présidentielle qui nous a opposés? Non. Est-ce encore moi qui ai attaqué mon propre pouvoir, le 18 septembre 2002? Non. Alors, d'où vient-il que les gens soient devenus subitement amnésiques?

FM : Pourquoi 50 ans après, l'Afrique est encore à la traîne avec des guerres un peu partout où des populations d'un même pays se tirent dessus?

LG : Le refus du respect des lois. Tout bêtement. Les plus simplistes vous diront à cause des impérialistes. Mais si vous respectez la loi qui vous interdit de mettre le feu à votre pays, l'impérialiste ne peut pas vous contraindre à prendre ses armes pour le faire. Eux, sont dans leur logique de déstabilisation d'un continent qui regorge encore assez de ressources pour le piller. Mais que faisons-nous pour bâtir une unité qui les en dissuaderait? Pas grande chose ! L'occident sait qu'il est l'auteur de la balkanisation de l'Afrique, il peut donc quand bon lui semble opposer qui il veut, dans un pays qui lui doit ses frontières. Demandez à une ethnie ou région A de se mettre ensemble pour revendiquer, et vous verrez que de façon contagieuse le rival d'en face B fera de même. Une fois que les deux camps sont créés, il n'y plus qu'à aller à l'affrontement pour en sortir avec une grosse fracture sociale sur laquelle il pourra jouer à l'infini au gré de ses intérêts

FM : Vous ne faites pas cas de l'iniquité de certaines lois dans votre raisonnement.

LG : Si les lois sont iniques, faisons comprendre à celui ou ceux qui les ont mis en place, qu'elles le sont par des protestations démocratiques que sont les marches, grèves et autres. Mais jamais par les armes. Faute de quoi, les mêmes armes viendront vous arracher, tôt ou tard, ce que vous avez acquis. Dans son jeu, l'impérialisme n'a pas d'amis. Il n'a que des intérêts. Il n'aura aucune gêne à se mettre avec celui qu'il a fait chasser par vous pour vous évincer un jour.

FM : L'Afrique a donc intérêt à promouvoir le droit dans un vrai état de droit, si je vous suis?

LG : Absolument. À condition que ceux qui l'enseignent et le pratique au plus haut niveau ne donnent pas le mauvais exemple en cautionnant le faux.

FM : Qu'en est-il des milliards que vous aurez détournés pendant la décennie de pouvoir?

LG : C'est la aussi un stéréotype du président africain. On ne peut pas imaginer l'exercice du pouvoir sans détournement de deniers publics. Eh bien, j'en suis l'exception. On ne m'a pas encore montré un seul compte m'appartenant, au solde de milliards. Et quand c'est un ancien de la haute finance, comme vous le dites, qui dit n'avoir rien trouvé, (rires) vous pouvez croire que Gbagbo n'est pas venu se servir, mais servir le peuple de Côte d'Ivoire.

FM : Mais monsieur Ouattara a dit récemment, depuis New York, que vous irez en prison.

LG : Parce que je n'y suis pas encore? Laissez Ouattara à son cirque. Ce n'est pas avec cela qu'on fait  peur à un mortel de mon âge. Mieux il veut montrer qu'il est à la tête de ce pays en lambeaux, plus il nous étale sa dictature. Quand la moins attractive des marionnettes se mue en juge, cela donne aux démocrates l'idée du combat qui les attend. Ce monsieur ne fera pas reculer ce  pays sur le chemin de la démocratie.

FM : Et son envie de vous envoyez à la CPI, par exemple...

LG : Qui vous dit que je le mérite mieux que d'autres? Et en quoi cela résoudra quelque chose? On pourra m'enfermer dans une cellule en Europe, parce que je serais celui qui veut que la démocratie s'exerce dans ce pays. Mais est-ce qu'on l'aura fait pour chacun de tous ces ivoiriens qui se sentent concernés, abusés, révoltés par ce que traverse leur pays? L'histoire nous démontre que face au peuple, il n'y pas d'armée aussi puissante. En choisissant de faire la politique, j'ai aussi choisi d'accepter ce qu'elle m'offrirait comme fin. Mais qu'en est-il pour ceux d'en face? Accepteraient-ils la leur? En partant pour la CPI, je me permettrais de leur souhaiter une paix durable et une stabilité à tout épreuve.

FM : Est-ce une menace? Il ne se passe pas de jour sans rumeur de coup d'Etat. Vos partisans réfugiés au Ghana sont fortement soupçonnés de vouloir tenter un coup de force.

LG : Non, je n'ai pas l'habitude des menaces. Le FPI n'est pas non plus abonné aux putschs, son parcours le démontre. Ce n'est pas avec nous que cette pratique a gagné ce pays jadis stable.

FM : Etes-vous pour une participation du FPI aux législatives?

LG : Je n'ai aucune responsabilité au sein du FPI, le président Affi et d'autres hauts responsables du parti sont en prison comme moi. Mais, si c'est ma position que vous voulez savoir, elle a déjà été exprimée par mon porte-parole, le ministre Katinan.

FM : La réconciliation, mais justice d'abord, attend-on dire du côté du palais présidentiel, à Abidjan.

LG : On ne peut pas être démocrate et ne pas aimer la justice qui nous ramène au respect des lois. Je suis donc à l'aise dans ce schéma de réconciliation avec la justice. Cela nous amènera à comprendre beaucoup de choses. Par exemple, qui sont les agresseurs et qui sont les agressés. Comment la rébellion est née et est partie d'ici au Nord, en 2002, pour prendre le pouvoir en 2011, au Sud. Et non dans le sens inverse où on aurait vu les forces régulières partir du Sud, où elles sont le plus basées, pour reconquérir le Nord. Rien qu'avec ce tableau, l'on peut savoir qui voulait la guerre et qui était pour la paix. Bien sûr, il y a aussi les crimes de sang et économiques à élucider.

FM : Avec le recul n'avez-vous pas l'impression d'avoir été piégé en organisant la présidentielle sans le désarmement?

LG : Piégé, moi? S'il y a eu piège, il se refermera sur celui qui me l'a tendu. En politique, rien n'est jamais gagné ou perdu d'avance. On peut faire le dos rond au début et se convaincre après de la nécessité de ce qu'on vous avait proposé au début. Que les ivoiriens restent sereins et très mobilisés, la vérité éclatera. Jamais le faux n'a eu raison du vrai.

FM : Justement, à propos d'ivoiriens, ceux qui sont pour vous vous reprochent d'être trop clément avec vos adversaires.

LG : Ils ont peut-être raison. Mais, moi, je fais de la politique et non la guerre.

FM : Même quand l'adversaire vous malmène comme c'est le cas présentement?

LG : Vous savez, n'est pas cruel qui veut. C'est d'abord et avant tout une question de nature. Et puis, je crois... Si on part d'une logique, pour pouvoir assassiner son adversaire politique (c'est peut-être ce que certains me reprochent, ici), il faut être sûr qu'il est seul dans sa famille et qu'il n'a pas de militants, pour espérer ne pas subir la vengeance des siens. Or cela est impossible. Dans les pays où d'autres ont pris ce raccourci, la paix n'est plus jamais revenue. Voilà pourquoi face à un adversaire qui vous brandit la force des armes, brandissez-lui, celle du droit et soyez déterminé jusqu'à ce qu'il cède. Si vous voulez, je préfère la légitime défense, qui a un fondement juridique.

FM : Est-ce vrai qu'on vous promet la libération contre la reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président? On se rappelle qu'au plus fort de la crise, monsieur Alain Jupé, ministre des affaires étrangères français, avait parlé d'un document à signer par vous, votre reddition.

LG : Je ne crois pas être le mieux placé pour vous répondre.

FM : Comment va votre mère qui serait réfugiée au Ghana, après que sa maison ait été pillée comme la vôtre au village?

LG : D'après mes avocats, elle va bien, merci. Si ma mère a eu le tort de m'avoir mis au monde, les ivoiriens eux ne méritent pas d'être pris en otage sur leurs propres terres par des bandes armées. Ce n'est pas bon, ce n'est pas humain. Que ceux qui ont pensé, ordonné et exécuté cette dérive y mette immédiatement fin. Evitons le chaos total au pays.

FM : Que diriez-vous d'un tête-à-tête avec Alassane Ouattara?

LG : Tout ce qui peut sortir le pays de cette impasse est le bienvenu. Mais, qu'on libère ces hommes et femmes qui sont détenus parce qu'ils ont été, pour certains, soit nommés par moi, soit mes partisans, soit des parents à  moi. Je le répète à qui veut l'entendre, le régime présidentiel qui est le nôtre fait de moi le seul responsable de ce qu'on pourrait leur reprocher.

FM : Jamais de jour sans que vous ne soyez en couverture des quotidiens ivoiriens. Est-ce à dire que vous hanter encore la scène politique ivoirienne et le pouvoir actuel?

LG : C'est peut-être là une des facettes de la gestion du pouvoir qui nous oppose. La méthode dictatoriale rend plus service à l'opposition qu'aux tenants d'un quelconque pouvoir. Peut-être aussi la crise qu'on dit être terminée ne l'est pas du tout, en réalité.

FM : Avez-vous noté que je me suis gardé d'user du titre de président pour désigner Monsieur Alassane Ouattara?

LG : Non, pas du tout. Pourquoi me le demandez-vous?

FM : Cela vous aurait peut-être fâché.

LG : Pour si peu? Non, je ne suis pas un malade du pouvoir. Ce n'est pas moi non plus qui désigne le président ivoirien. (rires).

FM : Au revoir, monsieur le président !

LG : Au revoir monsieur et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

jeudi, 13 octobre 2011

DEMONDIALISATION: LE DEBAT INTERDIT?

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Arnaud Montebourg met la démondialisation au coeur du débat.


Par Michel Rogalski, chercheur au CNRS, directeur de la revue Recherches internationales

 

L'ampleur du tir de barrage opposé au terme de démondialisation donne la juste mesure de son côté insupportable pour tous ceux qui avaient vanté depuis des décennies la mondialisation heureuse, alors même que les faits accumulaient jours après jours les symptômes de son échec. Qu'on en juge par les quolibets et noms d'oiseaux : tour à tour absurde, irréaliste, réactionnaire, subalterne, accusée de propager illusion démagogique, d'être un concept superficiel et simpliste, une fable, un thème provocateur, d'encourager un repli national ne pouvant conduire qu'au modèle de la Corée du Nord. Rien ne fut épargné.

La mobilisation des think tanks et des politiciens émargeant au « Cercle de la raison » ne doit pas étonner. Ils sont dans leur rôle en agissant en sorte que l'alternance reste bien une alternance et ne soit surtout pas une alternative. Les forces qui concourent à ce Cercle, tel un disque rayé, ressassent en boucle, malgré la réalité, les bienfaits de la mondialisation. Par contre, on ne peut qu'être surpris que d'autres, au nom de l'idéologie altermondialiste dont le bilan des avancées depuis dix ans confine à l'évanescence, viennent, dans la crainte de perdre le peu qu'il reste de leur fond de commerce, joindre leurs voix aux premiers avec tout autant de mauvaise foi. Mais le débat n'est plus confiné à la gauche de la gauche puisqu'il s'est invité dans la bataille présidentielle. Et c'est bien normal car il porte en lui l'analyse nécessaire du bilan des trente dernières années. Vouloir étouffer un tel débat serait une faute politique majeure. Ce serait occulter la richesse potentielle inhérente à tout débat sur la sortie maîtrisée du tunnel de l'austérité fabriqué à coup de déflation salariale, de délocalisations, d'invention de « contraintes extérieures » recherchées par nos élites et reposant sur une prétendue rationalité supérieure d'essence mondiale, de construction européenne important les formes les plus exacerbées de la mondialisation, souvent au prétexte d'y résister et bien sûr se mettant dans l'incapacité de protéger, de promouvoir le social ou de contrôler la finance.

Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est de reprendre et d'approfondir l'opposition à la bifurcation de 1983 qui sacrifia les avancées sociales sur l'autel de la construction européenne, en prenant appui sur l'acquis de la confrontation d'idées qui vit le jour en 2005 à l'occasion du referendum constitutionnel européen. Magnifique débat dont l'enjeu ne portait ni sur des personnes ou des postes et qui est relancé aujourd'hui par la crise de 2008 et son contrecoup actuel alimenté par les dettes souveraines, l'incertitude sur l'euro et les interrogations sur la façon de penser la construction européenne. Et si la démondialisation interpelle fortement l'Europe c'est parce que cette région du monde est devenue un concentré -un laboratoire- de la mondialisation et que, loin d'y être douce, elle y concentre tous ses excès. Il n'y a pas lieu de s'en étonner. C'est dans cet espace que le commerce de proximité s'est le plus développé, que l'interdépendance y est la plus forte, que des pans entiers de souveraineté nationale ont été transférés, qu'une majorité de pays ont décidé de se doter d'une même monnaie et d'une Banque centrale indépendante des gouvernements et enfin que des éléments de constitutions économiques se sont successivement empilés (Acte unique, Traité de Maastricht, Pacte de stabilité, etc.) pour être repris dans le corset du Traité de Lisbonne. En s'élargissant à 27 pays, l'Europe a brutalement modifié les conditions de la concurrence, y a importé brutalement la diversité de mondialisation et s'est mise hors d'état de pouvoir assurer la moindre protection à ses populations sur lesquelles plane l'ombre de l'austérité.

C'est pourquoi les débats que suscite le thème de la démondialisation sont essentiels. Ils touchent tout simplement aux conditions nécessaires à la réalisation d'une rupture avec trente années de néolibéralisme mondialisé qui tel un rouleau compresseur écrase tout sur son passage. Car peut-on supporter plus longtemps la stratégie délibérément mise en place par le capital pour se rapprocher d'un travail précaire et non protégé et fuir celui qui avait su lui imposer la « contrainte » des acquis sociaux. Tout fut tenté avec les conséquences que l'on sait, des délocalisations massives à l'organisation de flux migratoires en passant par la libre circulation des capitaux spéculatifs et déstabilisants, le libre-échange généralisé des marchandises, la déflation salariale et son corollaire l'endettement des ménages, la soumission aux signaux des marchés, internationaux de préférence. Quelques questions centrales émergent avec force de ce débat dont on voudrait étouffer la richesse :

  • On nous explique qu'il faudrait être patient et que nos maux proviendraient de la situation d'entre deux dans laquelle nous serions entrés. L'État-Nation est blessé, mais il bouge encore, alors que l'économie mondiale ne serait pas encore instaurée et peinerait à se doter d'une gouvernance globale (ou européenne). Ainsi nous cumulerions les défauts de l'érosion des frontières sans être encore en mesure de bénéficier des avantages de leur dépassement. Cette «transition», qui se déroule depuis une trentaine d'années, n'a pour l'instant accouché que de la crise et se trouve de moins en moins en mesure de prouver que l'expansion du néolibéralisme à l'échelle du monde serait salvatrice. L'attente d'un gouvernement mondial pour résoudre les problèmes engendrés par sa recherche risque fort de s'enliser dans le sable. Elle est évidemment insupportable pour les peuples. Se sortir de cette ornière en proposant une véritable issue, c'est, pour tout pays, nécessairement entrer dans un processus de démondialisation. Faut-il attendre que ça change en Europe ou dans le monde pour que cela puisse changer chez nous ? Ou bien, faut-il engager l'action de façon unilatérale en mesurant sa portée conflictuelle et s'y préparer ? N'oublions pas que l'Europe qui s'est construite a toujours servi de gangue gluante pour réduire l'amplitude de l'oscillation du balancier de l'alternance et jouer ainsi le rôle de Sainte Alliance, remplaçant le Mur d'argent des années 20. Ainsi refuser l'antimondialisation reviendrait à subordonner tout changement en France à d'éventuelles et bien improbables évolutions européennes ou mondiales. Ce constat conduit à poser la question incontournable de l'exercice de la souveraineté, c'est-à-dire de la nécessaire superposition entre le périmètre où se joue la démocratie et celui de la maîtrise de la régulation des flux économiques et financiers. Le cadre national s'impose. Pourquoi la « relocalisation » sur la région serait à la limite acceptable, l'Europe fédérale souhaitée et la souveraineté nationale vilipendée ? Pourquoi cette haine de l'état-Nation qu'il faudrait prendre en tenaille par le bas et par le haut ? Les gauches latino-américaines ont montré que le cadre national pouvait permettre des avancées sociales substantielles, faire tache d'huile et rendre possible des coopérations.
  • La soumission à une rationalité dite supérieure parce que mondiale crée ce que nos élites appellent la «contrainte extérieure». Celle-ci n'est que le retour de ce qui a été voulu et recherché. La mondialisation qui nous retombe sur la tête, c'est celle que l'on a envoyée en l'air à coups de dérégulation, de libre-échange forcené, de privatisations, de délocalisations, de circulation incontrôlée de capitaux et de marchandises, de financiarisation, d'endettement de peuples et d'états. Elle se heurte aux acquis sociaux historiquement constitués qui deviennent ainsi pour nos mondialisateurs des «contraintes internes» qui freinent leurs objectifs et dont ils doivent se débarrasser pour obtempérer aux ordres des marchés. La compétition internationale devient l'arme de l'antisocial et dévaste les territoires. Le mérite du débat sur la démondialisation est de bien montrer l'affrontement des logiques des deux contraintes, l'une fabriquée pour mieux combattre l'autre [1] et d'identifier les gagnants (les facteur mobiles: capital et finance, grandes firmes, mafias) et les perdants (les facteurs fixes: peuples et territoires).
  • Les conséquences sur les politiques économiques à adopter reviennent au cœur du débat. La demande de protection qui monte concerne prioritairement l'ensemble des acquis sociaux engrangés pendant les Trente Glorieuses, annexement ceux du capital national malmené par la concurrence sauvage. Cette période a connu les protections tarifaires, quelques contrôles de change, nombre de dévaluations qui n'ont pas signifié pour autant repli national, fermeture ou adoption d'un modèle nord-coréen. Croissance, élévation du niveau de vie, plein-emploi ont bien été au cœur de ce qu'on voudrait nous faire regarder, aujourd'hui, comme une horreur «national-protectionniste». La crise actuelle appelle au retour de l'état comme acteur économique majeur. Il n'y a pas de protection possible sans qu'un rôle accru lui soit confié, aussi bien en termes de périmètre d'action que dans la nature de ses interventions. Enfin, faut-il se tourner vers la satisfaction des besoins du marché intérieur ou vers ceux, erratiques, du marché mondial? Où sont situées les sources de croissance de notre pays? Dans notre territoire où à l'export? Un pays peut le tenter, mais si tous font de même l'avantage disparaît. C'est cette stratégie non généralisable qui fut proposée au Tiers monde dans les années 70 et provoqua la crise de la dette et les politiques d'austérité qui s'ensuivirent.

On allèguera qu'il existe une forme de mondialisation désirable, celle des échanges culturels, du tourisme, de la connaissance et des savoirs, de la coopération entre les peuples, de tout ce qui fait la densité de la vie internationale ou d'un espace public en construction à ce niveau.

Mais ne la mélangeons pas avec celle qui fait l'objet du débat d'aujourd'hui à savoir le nécessaire blocage de l'expansion du néolibéralisme à l'espace mondial. Ne fusillons pas les messagers qui apportent la mauvaise nouvelle mais regardons plutôt les signaux divers qui attestent des limites de la phase en cours, à commencer par l'annonce faite par la Cnuced de la réduction du commerce mondial de 8 % au premier trimestre 2011.


Chronique de la revue Recherches internationales. Septembre 2011.


Voir également sur le site le texte de Frédéric Lordon : Qui a peur de la démondialisation ?


Notes :

[1] Lionel Stoléru, conseiller de Giscard, nous avait déjà tout expliqué dès 1987 dans L'ambition internationale (Le Seuil) en résumant parfaitement le sens de la démarche mondialiste : "Ces prétendues "contraintes" internationales, c'est nous-mêmes qui les avons voulues, c'est nous-mêmes qui les avons édifiées, c'est nous-mêmes qui, jour après jour, nous employons à les développer. Nous n'avons plus les coudées franches parce que nous avons voulu ne plus avoir les coudées franches." (p.12) (...) "Disons d'abord qu'il n'y a pas de contraintes internationales, il n'y a que des ambitions internationales que nous avons librement choisies, que nous voulons atteindre parce que nous savons qu'hors d'elles, point de salut". "Disons que par rapport à ces ambitions internationales, il n'y a plus de politiques nationales, il n'y a plus que des contraintes nationales, qui nous freinent dans la recherche de nos ambitions internationales". (p.13)


In le site LA FAUTE A DIDEROT


Source : COMITE VALMY