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mercredi, 12 octobre 2011

SIX MOIS DEJA: SOUVENIR, LA GUERRE D'ABIDJAN N'AURA PAS LIEU!


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Le porte-hélicoptères "Tonnerre" venu au large d'Abidjan en mars-avril 2011 avec des commandos français

 

Le rappel douloureux d'un jeune patriote qui a vu sa nation basculer.

 

C'était des points noirs dans le ciel, et d'où nous étions, on pouvait apercevoir les tracés luminescents que faisaient les missiles dans l'horizon. Les gens s'exclamaient, ahuris de voir ces hélicoptères de  la Force Licorne pilonner, en plein jour, la résidence présidentielle.

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C'était le lundi 11 avril et il était environ 10 heures. Moi, je savais au fond que la partie était pliée et que le Léviathan avait décidé de passer à la vitesse supérieure. A mon alentour,  j'entendais des murmures, de vagues prières adressées à la providence divine. L'attente du miracle se lisait sur tous les visages anxieux. Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonna, un ami m'informait qu'une colonne de chars français se dirigeait vers Cocody. Mes yeux s'embuèrent de larmes. La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu...

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Char français de la force Licorne à Abidjan

Et pourtant, le deuxième tour des élections s'était déroulé relativement bien dans mon centre de vote. Ce dimanche 30 novembre 2010,  les citoyens avaient voté dans la discipline. L'engouement n'était pas pareil mais il y avait un bon petit monde. Cependant  personne n'aurait pu se douter qu'on s'apprêtait, bientôt, à rentrer dans une phase triste de notre histoire. C'est lors des décomptes de voix qu'on se rendit vite à l'évidence qu'un coup fumant se préparait.

En effet l'hésitation des journalistes, les atermoiements des membres de la CEI nous indiquèrent que les choses ne tournaient pas rond. Et ce fut l'intervention de Damana Pickas qui vint confirmer nos craintes. Pour sûr, une machination se déroulait au sein de l'organe électoral.

Ensuite vint l'annonce de la victoire d'Alassane Ouattara par le biais d'un Youssouf Bakayoko tout timoré à l'Hôtel du Golf. Les médias internationaux en firent leurs choux gras. De là, malheureusement allait naître tous nos soucis. Quelques heures plus tard, la cour constitutionnelle trancha et donna Laurent Gbagbo vainqueur. L'ONUCI de Yong-Jin Choï prit position. L'huile fut jetée sur le feu ! Et voilà, une Côte d'Ivoire,  deux présidents... Puis deux gouvernements... Dans notre quartier déjà les affrontements avaient commencé, les jeunes du RDR, nuitamment lançaient des attaques contre nos domiciles. Ils venaient pour la plupart de quartiers précaires et nous en voulaient pour notre soutien à Gbagbo.  Alors  nous aussi, nous prîmes nos dispositions pour l'affrontement. Les rumeurs d'attaque se faisaient de plus en plus entendre et nous nous attelions à ériger des clôtures pour protéger nos cités. La méfiance était au paroxysme entre famille pro-Gbagbo et pro-Ouattara. La division était lisible entre les différentes confessions  religieuses mais passée sous cape. Avec l'intervention de la communauté internationale, les évènements allaient de mal en pis. Ayant pris fait et cause pour Alassane, la France se voulait intransigeante envers mon président Gbagbo qui ne demandait que le recomptage des voix.

Fin Janvier, les sanctions pleuvaient de partout, mais la ville tournait encore, les rues se désertaient plus vite et un mystérieux commando invisible se  mit à opérer dans la commune d'Abobo semant la mort dans le rang des FDS (Forces de défense et de sécurité). Jusqu'à cet instant, j'espérais un retour à la normal, mais la fermeture de la BCEAO et  des banques amenuisa mes espoirs. Dans le monde entier, la mobilisation se faisait, de toute part, les intellectuels africains, comprenant la portée de la crise se mobilisaient pour Gbagbo. Moi, je partais à tous les meetings de Blé Goudé. Je savais que la bataille finale allait se mener bientôt à Abidjan. Les comités d'autodéfense  se créèrent, on était prêt à se battre pour notre nation, prêt à défendre  nos institutions. Le chef d'Etat-major, Philipe Mangou jurait de sa fidélité à la nation. « La mort est un gain, Christ est ma vie », disait-il, lors d'un fameux rassemblement.

Vers la fin de février, la situation était encore plus tendue et c'est avec soulagement qu'on apprenait par KONE Katinan, alors ministre du budget que les virements seraient faits dans les banques désormais nationalisées. Chaque soir, avec des amis, je papotais dans le bistrot du coin. On appréciait les ballets diplomatiques, interprétait la venue de tel ou tel émissaire, on évoquait la fin de la crise avec en main notre délivrance totale du joug colonial. On parlait de la nouvelle monnaie que le PR allait sûrement mettre en place pour contourner les sanctions économiques. « Il fallait qu'on cloue une fois pour de bon le bec à ces rebelles qui depuis 10 ans nous pourrissent la vie », se disait-on. Et on  vantait les mérites de notre armée citoyenne avec à sa tête ses valeureux soldats. « Non ! Jamais IL ne sera président car la bataille d'Abidjan aura bien lieu », pensai-je.

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Bombardement du Camp Agban par l'armée française

Puis vint la fin mars, au petit matin du 30, j'appris sur RFI qu'une offensive généralisée  avait été lancée par les FRCI, pro-Ouattara. Je me mis à sourire, malgré la faim qui tenaillait mon ventre, j'étais béat ; la prophétie d'un certain pasteur semblait s'accomplir. Puis vint les désertions, les fuites, les défections de soldats. « Sûrement une stratégie orchestré de main de maître par nos généraux », justifiai-je. Le 3 avril, l'assaut final fut lancé sur un Abidjan efflanqué. C'est alors qu'on allait comprendre que la Force Licorne était notre cheval de Troie en Côte d'ivoire... mais hélas, il était déjà trop tard !


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

Visitez le blog d'Argentus: LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

LIBYE - LES DERNIERES NOUVELLES DU FRONT (11 OCTOBRE 2011)

 

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La leçon d'Afghanistan n'a, me semble-t-il, pas été retenue. De nombreux Anglais sont entrés en résistance en demandant aux autorités de leur pays de retirer ses troupes de là-bas. En France, il faut sortir les citoyens du formol. La leçon d'Irak, elle aussi, n'a pas été retenue. Comme le disait Robert Mugabé le président zimbabwéen: « L'Otan était une organisation terroriste. Il y a des fous en Europe. Des fous qui refusent et rejettent la vérité, des fous qui défient le droit international ». Il a bien raison.

L'invasion libyenne de l'OTAN déclinée en révolution et sa cohorte de morts ne semble pas finalement servir de leçon aux prédateurs qui mettent le feu un peu partout dans le monde uniquement pour leur confort à eux. Que vaut un Africain à leurs yeux ? Rien, visiblement. L'OTAN, plombée par des pertes abyssales, compte essayer de survivre grâce à la terreur mais, face à un peuple fier, les bombes, les chars et les missiles ne représentent rien. Après près de 62 000 morts selon les estimations actuelles, il faut encore tuer 50 000 Libyens, pour que les sous-fifres et renégats de Benghazi mettent en joue la Libye. Vaste programme s'il en est.

Après avoir réussi leur implantation internationale, le plus dur est de pacifier la Libye. Après 7 mois de « révolution », la configuration tant rêvée, est en train d'échapper aux terroristes-mercenaires du CNT/OTAN.

Bani Walid: Les terroristes du CNT sont furieux. L'OTAN aussi. Une discorde entre les deux. Les premiers accusent les seconds de ne pas les couvrir. En effet, surpris à l'aéroport alors qu'ils fêtaient sa prise en s'attaquant aux...portraits de Mouammar Kadhafi, ils ont été cueilli à froid. Dans leur fuite, ils ont tout abandonné sur place...

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Tripoli: 200 à 300 islamistes ont tenté de faire un coup d'Etat en s'en prenant à une mosquée. Faux, ce sont des loyalistes et patriotes qui sont entrés en action pour marquer de leur présence, la lutte, au cœur de la Tripolitaine et menée par des hommes de Khamis Kadhafi. Alors que le CNT veut s'empresser de déclarer la Libye libérée selon les canons de leur propagande, ces évènements de Tripoli montrent bien qu'il ne maîtrise rien sur le terrain. Des tirs nourris sont entendus sur place, tandis que l'insécurité est quasi permanente. Un nouveau dépôt d'armes a été détruit. Dit en passant, les renégats ont tout volé au musée de Tripoli. Des Libyens, eux ?

Syrte: Alors que Al Jazeera préparait une mise en scène de la prise de la ville, la résistance l'en a empêché. Contrairement aux chiffres, il y a sur le tapis, plus de 200 renégats tués, et plus de 300 blessés graves. Ainsi, alors que la Croix rouge évacuait les 100 derniers patients restant dans l'hôpital Ibn Sina de Syrte, les mercenaires du CNT ont embarqué de force les infirmières philippines qui se terraient au sous-sol de l'hôpital pour aller soigner leurs blessés dans un hôpital de campagne, à l'entrée ouest de la ville. Les combats se poursuivent et, le fameux assaut final ressemble à une peau de chagrin, malgré les bombardements meurtriers de l'OTAN qui se poursuivent, même dans des mosquées. Plus de 70 civils ont été ainsi assassinés...

Ben Jawad: La petite ville de 10 000 habitants qui fait aussi partie du district de Syrte a été nettoyée des renégats. 60 auraient été tués et 30 mis aux arrêts. Les autres, en fuite, se dirigent actuellement vers Misrata.

La Libye ne sera pas facilement prise et, la lutte ne fait que commencer !


Source: Le blog d'Allain Jules

lundi, 10 octobre 2011

GENOCIDE ARMENIEN: LA TURQUIE CONSEILLE A LA FRANCE D'AFFRONTER SON PASSE COLONIAL


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La Turquie a conseillé, hier, vendredi, à la France, d'affronter son passé colonial, avant de donner des leçons aux autres pays, en réponse aux déclarations de Nicolas Sarkozy donnant quelques mois à Ankara, pour reconnaître le génocide arménien de 1915.

En visite, à Erevan, le président français a averti que, faute de reconnaissance, dans les mois à venir, par la Turquie, du massacre de 1,5 million d'Arméniens, la France modifierait sa législation, pour que le négationnisme du génocide arménien soit condamné au pénal.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, n'a pas tardé à réagir, lors d'une conférence de presse: «Ceux qui ne sont pas capables d'affronter leur propre histoire, parce qu'ils ont mené une politique colonialiste, pendant des siècles, parce qu'ils traitent leurs étrangers, comme des citoyens de seconde zone, n'ont pas à donner une leçon d'histoire à la Turquie».

 

Irib, le samedi 8 octobre 2011.

 

Source : ALTER INFO.NET

dimanche, 09 octobre 2011

LIBYE - LA CONTRE-ATTAQUE DE MAITRE MARCEL CECCALDI

 

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Dans un courrier adressé ce jour à Interpol, Me Marcel Ceccaldi, le virevoltant avocat de l'Etat libyen dénonce fermement la trituration du droit international par les voltiges mensongères et mortifères qui cadrent honteusement avec l'agression dont sont victimes la Grande Jamahiriya arabe libyenne et le clan Kadhafi. Ce dernier est par ailleurs accusé de crimes virtuels, donc improuvables. Or, une certaine presse en fait les choux gras en violation permanente de la déontologie journalistique qui sied avec le métier... Allain Jules.

INTERPOL

Monsieur Ronald K. NOBLE

Secrétaire Général

200, quai Charles de Gaulles

69006 LYON

Par DHL


Affaire : Fiche rouge Assadi GADDAFI

 

Monsieur le Secrétaire Général,

En ma qualité d'avocat de la Jamahiriya arabe libyenne, j'entends répliquer, d'une part, à la publication de la fiche rouge délivrée par votre organisation à l'encontre de Monsieur Assadi GADDAFI, d'autre part, aux propos que vous avez cru devoir tenir publiquement à cette occasion.

Ces postures sont en effet la preuve que la justice internationale, dont Interpol est l'un des instruments, est menacée dans son existence même dès lors qu'elle est devenue un enjeu de conquête politique.

Un de vos éminents compatriotes a écrit que le droit ne doit pas être jugé par sa substance mais par ses éléments de procédure (1).

Au cas présent qu'avez-vous fait et dit.

A la demande des « autorités libyennes » (sic) votre organisme a publié une fiche rouge concernant Assadi GADDAFI pour, je cite, « détournement présumé de biens par la force et l'intimidation par les armes à l'époque où celui-ci dirigeait la Fédération libyenne de football ».

(1) Tom R.Tyler. Why people obey the law

De votre côté, vous avez affirmé que « cette notice rouge démontre avec force la détermination des nouvelles autorités libyennes à collaborer avec la communauté internationale ».

Au sortir d'un tel lyrisme, il est assez naturel de souffler un instant pour philosopher.

Par quel cheminement en est-on venu jusque là ?

Par quelles manipulations savantes votre organisation et ces « nouvelles autorités libyennes », si diverses dans leurs objectifs et leur philosophie, se sont-elles rencontrées et fédérées pour mettre la justice internationale en perdition ?

Selon la Bible, « si l'aveugle conduit un aveugle ils tomberont dans un puit » et « on ne saurait tirer un aveugle de ses ténèbres » nous dit le Coran.

Si la sagesse des textes sacrés est une piste de réflexion à ne pas négliger, elle peut néanmoins s'avérer insuffisante contre l'arbitraire.

En l'espèce de quoi s'agit-il ?

En premier lieu, ces « nouvelles autorités », auxquelles vous vous référez avec emphase, ne disposent pas et loin s'en faut, d'un pouvoir effectif sur l'ensemble du territoire libyen.

En effet, un Etat tirant de son titre deux sortes de pouvoirs, correspondant à la double nature de son territoire - à la fois chose qui est à lui et étendue où il est chez lui - ce simple fait démontre que ces « nouvelles autorités » sont une réalité abstraite.

Sur le terrain la poursuite des opérations militaires de l'OTAN en apporte la preuve.

Dans un communiqué en date du 4 Octobre 2011 l'Organisation de l'Atlantique Nord a reconnu que « la violence des combats » la contraignait à poursuivre « sa mission » (sic !).

Deux séries de considérations seront formulées.

Première série de considérations : l'OTAN fait la guerre en Libye, une guerre qui ne dit pas son nom.

Derrière le musellement de l'information par l'état-major des forces de la coalition se cache la démission des médias occidentaux qui ont pris la décision  de ne pas rendre compte de la réalité du conflit. De simples témoins d'un conflit, les médias sont passés au statut d'acteurs à part entière en imposant à l'opinion publique une grille de lecture des événements construite à partir des méthodes bien connues de censure et de désinformation.

Deuxième série de considérations : dans son communiqué du 4 Octobre 2011, l'OTAN reconnaît explicitement que la résolution 1973 a été détournée de ses buts.

Conséquence directe de cet aveu : la charte des Nations Unies a  été violée.

En second lieu, un Etat est un système normatif dans lequel les règles édictées ne sont pas appliquées de manière aléatoire et leur violation est sanctionnée dans des formes juridiquement déterminées.

A partir de quoi, il devient relativement simple de traduire les normes primaires d'un Etat de droit : tout acte juridique doit être produit en vertu d'une habilitation précise et contrôlé par une instance juridictionnelle.

Or, vous ne pouvez contester le fait qu'aujourd'hui la Libye est un territoire sans gouvernement ni institutions, soumis à la tutelle de bandes armées dont certaines se réclament de l'islamisme le plus radical.

Demain, votre soutien plein et entier au « CNT » ira-t-il jusqu'à mettre vos « ressources et services mondiaux » à sa disposition en vue « de mettre en commun tous les renseignements utiles » afin que, dans l'avenir, des libyens soient arrêtés et livrés pour répondre d'accusations lancées en vertu de la Charia ?

En réalité, votre posture et celle de votre organisme ont pour seul but de donner une légitimité à des « autorités » qui en sont dépourvues.

Le choix en faveur de la publication d'une fiche rouge concernant Assadi GADDAFI rapproché de vos déclarations permet de cerner un dessein d'ensemble délibérément politique : affirmer l'existence d'une réalité illusoire en espérant ainsi contribuer à la rendre effective.

L'utilisation de contre-vérités comme moyens au service d'une politique est de la propagande ; c'est cette technique qui est utilisée en Libye à grande échelle pour cacher et travestir les faits et induire en erreur l'opinion publique internationale.

Les mots ne peuvent étouffer la vérité : en Libye, quotidiennement, des gens sont exécutés, arrêtés, détenus arbitrairement, torturés, maltraités, spoliés et vous ne pouvez l'ignorer.

A Syrte le journal LE MONDE du 6 octobre relate qu'« un déluge de feu a été déclenché sur la cité encerclée ».

Dans le même quotidien en date du 4 octobre Hichem KHADHRAOUI, représentant du comité international de la Croix Rouge affirme que « les blessés et les malades ne pouvaient pas rejoindre l'hôpital à cause des combats et des bombardements de l'OTAN ».

Aujourd'hui en Libye, l'OTAN bombarde et tue des populations civiles.

Cette stratégie de la terreur est planifiée. Son but, comme hier à GUERNICA, DRESDE, HIROSHIMA et NAGASAKI est de briser un peuple.

Ce massacre est passé sous silence : pas d'images, pas d'informations, cette tragédie se déroule à huis-clos.

L'OTAN tue en Libye sans que cela soit visible.

Les faits sont têtus.

Je vous joins une photo parue dans le journal LE MONDE du Samedi 1er Octobre 2011 qui vous permettra d'apprécier, j'en suis sûr, les pratiques de ceux que le Président de la République française a appelé ses « amis du CNT ».

A ce stade, une interrogation surgit : de telles pratiques sont-elles en usage dans votre organisation ou s'inspirent-elles de l'exemple de GUANTANAMO et ABOU GHRAIB où vos compatriotes font preuve d'un certain savoir faire ?

Aujourd'hui, si vous arrêtez à la demande « des nouvelles autorités » un ressortissant libyen à qui le remettrez-vous ? A Abdelhakim BELHADJ « gouverneur militaire » autoproclamé de Tripoli ou pris en sa qualité d'Emir du groupe islamiste combattant libyen ?

Il est vrai  que vous pourriez lui reconnaître également,  celle d'ancien combattant en Afghanistan ou d'ancien détenu de la CIA.

Toutefois, si vous aviez quelque scrupule à collaborer avec un tel personnage, ce que les familles des GI's tombés en Afghanistan apprécieraient, il vous resterait à choisir entre les bandes en provenance du Djebel Nefoussa, les berbères de Zouara, les barbus de Misrata ou les groupes de Zwitan qui, selon le journal LIBERATION du 3 Octobre 2011, se sont partagés Tripoli et «  le soir venu, font crisser les pneus de leurs bagnoles en défouraillant à qui mieux mieux », en paradant « dans des pick up surmontés de mitrailleuses », avant de rejoindre les uns « le complexe touristique dans lequel...les chambres sont climatisées, les meubles de terrasse italiens avec marbre et jacuzzi », les autres « la villa de Jauzou, à la sortie Ouest de la ville, où sont livrés à domicile des plats et boissons ».

L'on est en droit de s'interroger, d'autre part, sur les raisons de la passivité, pour ne pas dire plus, de votre Organisation concernant la disparition de plusieurs milliers de missiles - du scud au milan - dont, selon FRANCE SOIR du 5 Octobre - « un nombre indéterminé se balade désormais dans la nature libyenne ».

Dans le même article, il est écrit que « fort d'un explosif de qualité, de détonateurs performants et maîtrisant la chaîne pyrotechnique une organisation comme Aqmi pourrait d'ici peu être en mesure de mener des attentats - en Libye puis à l'étranger - à une échelle qu'elle n'avait jamais pu atteindre jusqu'alors ».

Ces renseignements sont en votre possession.

Sur ce point, l'inertie, et je pèse mes mots, de votre Organisation présente un risque majeur pour la sécurité de notre continent.

Selon Anders Fogh RASMUSSEN, secrétaire général de l'OTAN, le contrôle des stocks d'armes « relève des nouvelles autorités libyennes ».

Vœu pieux, relève fort justement le signataire de l'article paru dans FRANCE SOIR.

Que ferez-vous, et que fera l'OTAN, s'il s'avère que ces « nouvelles autorités » sont incapables - ce qui est le cas - d'exercer le contrôle de ces stocks, voire même si, bien au contraire, elles les remettent ou les vendent à des bandes terroristes et à des organisations criminelles ?

En pratique, on aboutit à une situation paradoxale.

La politique de vos mandants a pour effet direct de mettre en péril la paix et la sécurité internationales.

En reprenant cette politique pour le compte de votre organisation, vous êtes inéluctablement amené à collaborer, ce que vous avez commencé à faire, avec ceux qui offrent ou cèdent des armes aux organisations criminelles que vous avez pour mission de traquer !

Voilà donc où nous en sommes.

Ces faits relèvent de la seule observation de la réalité mais ils sont cependant des faits d'une nature particulière, car il s'agit « de faits juridiques », c'est-à-dire de faits à la réalisation desquels le droit attache des conséquences déterminées.

Au cas présent, il est de l'ordre de l'évidence que la situation acquise en Libye par la force armée des Etats de la coalition a été suivie de la violence de groupes hétéroclites, incontrôlés et incontrôlables, dont la population de Tripoli a demandé, vainement, le départ le 2 octobre dernier.

C'est pourquoi, je crois devoir vous rappeler que la reconnaissance d'un Etat ou d'un régime, est subordonné en droit international au respect de l'Etat de droit, de la démocratie et des droits de l'homme ce qui consiste  concrètement à interdire la coopération avec les tenants d'un régime dont la légitimité résulte de la seule force des armes.

Je vous rappelle également que cette opinio juris repose sur le caractère éminent conféré à la Déclaration  Universelle des droits de l'homme auquel se réfère expressément l'article 2 du statut d'Interpol.

Cette référence met en exergue le rôle que jouent les notions d'« Etat de droit », de « principe de légalité » et de « prééminence du droit » dans l'ordre international public.

Selon le dictionnaire de droit international public, l'Etat de droit est un « Etat dont l'organisation interne est régie par le droit et la justice » et comme le laisse entendre l'expression - généralement traduite par Rechs staat en allemand, rule of law en anglais, Estado de derecho en espagnol - il comprend deux dimensions, le droit d'une part, la justice, d'autre part.

Dans l'arrêt Golder (2), la Cour Européenne des droits de l'homme a développé une jurisprudence autours des notions d'Etat de droit et de prééminence du droit qui constitue l'ossature et le point central de la défense des droits fondamentaux protégés par la Déclaration Universelle des droits de l'homme et qui se décline maintenant dans tous les domaines.

Il en est ainsi du cadre institutionnel de l'organisation de l'Etat et plus particulièrement du rôle joué par le pouvoir judiciaire dont le contrôle du pouvoir exécutif est une nécessité  au nom de la prééminence du droit.

(2) Golder C. Royaume Uni, arrêt du 21 février 1975, série A n°18.

De manière générale, les droits garantis de la personne humaine doivent être protégés contre l'arbitraire de la puissance publique.

Comme la Cour l'a rappelé dans son arrêt Maestri du 17 Février 2004 : « pour répondre à ces exigences, le droit interne doit offrir une certaine protection contre des atteintes arbitraires de la puissance publique aux droits garantis lorsqu'il s'agit de questions touchant aux droits fondamentaux, la loi irait à l'encontre de la prééminence du droit, l'un des principes fondamentaux d'une société démocratique consacrés par la Convention, si le pouvoir d'appréciation accordé à l'exécutif ne connaissait pas de limites ».

En effet, construire un Etat de droit exige des caractéristiques formelles, liées au principe de hiérarchie normative et de respect de la légalité, ainsi que les qualités substantielles, que sont l'impartialité et l'indépendance du pouvoir judiciaire qui en découlent.

L'Etat de droit va donc de pair avec deux principes essentiels : celui de séparation des pouvoirs et celui de légalité.

A défaut, le cumul des pouvoirs dans les mêmes mains constitue la définition de la tyrannie.

Savez-vous en quelles mains la Libye est-elle tombée ?

Vous êtes-vous interrogé sur l'étonnante convergence de l'argent qatari et de la mobilisation des islamistes ?

La compétition entre « brigades chacune soutenue financièrement par des forces politiques rivales » (3) serait-elle le paradigme de l'Etat de droit ?

En vertu de votre statut, des buts de votre organisation, mais également et surtout en raison du « fondement inébranlable de la vérité » sur lequel Descartes faisait reposer la science et la conscience de l'homme, vous aviez l'impérative obligation de dire aux représentants des factions qui vous ont demandé de publier des ordres d'arrestation que l'exigence de l'Etat de droit vous interdisait de déférer à leur réquisition.

Vous aviez le devoir d'affirmer que les faits, objet de ces réquisitions, n'avaient pas été dûment constatés par une procédure interne impartiale et objective.

Vous n'en avez rien fait.

(3) Journal Le Monde du 6 octobre 2011 (consultez le document PDF)

S'engager sans discernement dans la voie de la soumission du droit à la politique, accepter sans réserve la tutelle de positionnement diplomatique de circonstance, expose la liberté - il n'y a pas de liberté dans un monde d'insécurité - à un nouveau péril : l'arbitraire.

Dans l'Etat de droit, pierre angulaire des démocraties libérales, il ne doit exister aucune autorité qui ne trouve au dessus d'elle, pour prévenir son éventuel arbitraire, un corps de règles de droit qu'elle doit respecter.

L'objet de cette lettre est donc de prendre date.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de mes distingués sentiments.


Marcel CECCALDI

 

Source: Le blog d'Allain Jules

samedi, 08 octobre 2011

HUMAN RIGHTS WATCH: UN RAPPORT MENSONGER!


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Dans un rapport truffé de contre-vérités, l'organisation financée par Georges Soros, proche d'Alassane Ouattara, essaie de donner de la consistance à sa stratégie de défense. Concoctée pour éviter de recevoir en pleine figure le boomerang de «sa» CPI.

Les observateurs les mieux informés connaissaient déjà la proximité entre l'organisation de défense ( ?) des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et le milliardaire américain George Soros, réputé avoir financé la campagne électorale d'Alassane Ouattara. Ils notaient déjà le parti pris manifeste de cette ONG par rapport à ses homologues, pourtant pas tendres avec Laurent Gbagbo. Mais le dernier rapport de HRW sur la situation en Côte d'Ivoire achève de la discréditer. Et dévoile, au grand jour, son rôle dans l'orchestration de l'impunité d'Alassane Ouattara et dans la mise en place idéologique d'une justice des vainqueurs «acceptable».

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Les yeux les plus distraits pourraient se laisser illusionner. Dans un faux équilibrisme, le rapport affirme que «l'obsession de Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir a sans doute été à l'origine du dernier conflit armé» et que «malgré les promesses répétées du gouvernement [Ouattara, ndlr] de tenir responsables tous ceux qui ont commis des crimes graves durant le conflit, la réalité est celle d'une justice des vainqueurs - aucun membre des Forces républicaines n'avait été inculpé au moment de la rédaction de ce rapport». Mais l'essentiel est ailleurs. HRW veut justifier à l'avance l'injustice qui se prépare et qui s'annonce criarde : si les deux camps ont commis des «atrocités», pourquoi donc la «justice parfaite» consisterait-elle à livrer le chef d'un des deux camps et les «gros poissons» de son bord d'une part, et à sacrifier du menu fretin d'autre part ?

Manipulation sous le couvert d'un «grand label» humanitaire

En avocate quasi-assumée de Ouattara, Human Rights Watch dévoile sa stratégie de défense médiatique. Gbagbo est responsable des crimes, parce qu'il a mis en place une sorte d'idéologie haineuse, alors que les forces pro-Ouattara n'ont fait que «réagir», sans avoir été instruites dans ce sens par leur chef suprême. Une telle affirmation est farfelue, tant il faut des enquêtes longues et contradictoires pour arriver à cette conclusion. Mais on peut toujours faire illusion quand on manipule sous le couvert d'un «grand label» humanitaire.

Human Rights Watch est pourtant prise en flagrant délit de mensonge clair ou par omission, dès qu'elle se hasarde à ce type de démonstration artificielle. «Avec la montée des tensions post-électorales, les invectives de Laurent Gbagbo redoublent, comparant les supporters d'Alassane Ouattara à des «rats d'égouts» ou à des «oiseaux abattus», et exhortant ses partisans à ériger des barrages routiers et à «dénoncer tout étranger», appel immédiatement suivi d'attaques ciblées d'une violence épouvantable», écrit l'ONG. Contrairement à sa méthodologie d'usage, elle ne référence pas ces prétendus propos en notifiant une source en bas de page. Et pour cause : ces propos sont introuvables. Ils n'ont jamais été tenus. HRW diffame sans la moindre éthique l'adversaire de Ouattara. Donc son adversaire...

Ces propos fabriqués ne sont pas un détail. Ils dévoilent dans toute sa nudité une construction cynique et malhonnête.  Tout aussi malhonnête est la référence à la RTI, qui «après le second tour des élections (...) incite à la violence contre ces groupes (les étrangers ndlr), les désignant systématiquement comme des «rebelles» ou des indésirables menaçant la nation». Bien entendu, aucune référence au moindre propos n'est disponible. Quand on sait que c'est au nom de telles contrevérités facilement lancées que notre confrère Hermann Aboa est dans les geôles de Ouattara, on mesure l'irresponsabilité du procédé.

16 décembre 2010 : la vidéo de Soro qui discrédite les propos de HRW

On n'est donc plus surpris des omissions et des ruses de HRW, qui essaie d'accréditer la thèse selon laquelle les pro-Ouattara, qui ont pourtant pris l'initiative de la guerre et ont mis en place une logistique meurtrière avec l'aide de la «communauté internationale», n'ont fait que «réagir», tardivement, à la violence de l'armée ivoirienne. Pour imposer cette idée fausse, HRW feint d'ignorer que le 16 décembre 2010, Guillaume Soro a lancé depuis l'hôtel du Golf une opération militaire assumée comme telle - ce qui est documenté par une vidéo qui a « fuité » et qui a créé le buzz en son temps. «Soldats, militaires, je vais à la RTI pour installer le nouveau DG de cette télévision parce que le président de la République me l'a demandé. Vous devez vous tenir prêts (...) Jeudi, nous allons à la télévision», dit ainsi Soro (voir la vidéo ici). Dont la pensée est clarifiée par un de ses lieutenants, qui s'adresse à sa suite aux hommes en armes. «Rassemblement à la piscine, avec tous vos équipements militaires et de combats. L'amusement est terminé» : c'est l'ordre qu'il donne aux soldats des Forces nouvelles. Cela n'empêche pas HRW d'affirmer que « l'écrasante majorité des manifestants semble avoir eu un comportement pacifique tout au long des événements ; cependant, Human Rights Watch a documenté le meurtre de plusieurs membres des forces de sécurité de Laurent Gbagbo - dont un a été tué par une foule déchaînée après avoir tiré sur plusieurs manifestants depuis le toit d'un bâtiment». Et les autres, dans quelles conditions ont-ils été tués ? HRW se garde de le dire, pour ne pas accréditer la thèse de manifestations de type civilo-militaire. Aucun témoignage direct ne permet d'entrer en empathie avec les militaires tués dans ces circonstances.

Des enquêtes sur les financiers du «commando invisible» nécessaires

Pour établir un lien direct entre Laurent Gbagbo et les exactions supposées de ses forces, HRW utilise en permanence l'insinuation. «Les principaux responsables de ces crimes étaient des unités d'élite étroitement liées à Laurent Gbagbo, dont la Garde républicaine, le CECOS (Centre de commandement des opérations de sécurité, une unité d'intervention rapide), la BAE (Brigade anti-émeute) et la CRS (Compagnie républicaine de sécurité, une unité de police d'élite)», écrivent les chercheurs de l'organisation. Bien entendu, ils restent muets sur les liens particuliers entre Chérif Ousmane et Alassane et Dominique Ouattara, témoins de son mariage en 2007 à Ouagadougou... Cela relèverait, pourtant, du même type de méthodes.

Plus loin, HRW essaie de protéger Alassane Ouattara des crimes contre l'humanité commis - bien avant le mois de mars, contrairement à ce qui est prétendu - par le «commando invisible». « Le Commando invisible, s'il comptait des militants pro-Ouattara, n'affichait aucune chaîne de commande claire avec le gouvernement Ouattara. Celui qui apparaissait être à la tête du Commando invisible, connu sous le nom d'IB Coulibaly, était un ex-commandant supérieur des Forces nouvelles qui s'était violemment opposé à Guillaume Soro sur le contrôle du groupe rebelle en 2003. Cette lutte intestine aboutira à la mort d'IB Coulibaly, tué par les Forces républicaines de Guillaume Soro le 27 avril 2011».

L'organisation a-t-elle enquêté sur le financement et les connexions du «commando invisible» pour arriver à une telle conclusion ? Dans un entretien publié par Jeune Afrique dans son édition du 9 au 16 avril 2011, Ibrahim Coulibaly invoque des contacts réguliers avec Alassane et Dominique Ouattara. Seule une enquête judiciaire sérieuse et contradictoire peut permettre d'en savoir plus sur les financiers et les soutiens du Commando invisible. Mais la démarche de déculpabilisation précipitée d'HRW est profondément suspecte.

Entre propos instrumentalisés pour entrer dans le canevas de la haine ethnique et du «logiciel rwandais», réécriture sournoise de l'Histoire visant à attribuer la paternité de l'ivoirité à Laurent Gbagbo et raccourcis simplificateurs, le reste est à l'avenant, et nécessiterait un contre-rapport. Une chose est sûre : après la FIDH qui a tenté d'expliquer les massacres massifs de Duékoué par une sorte de volonté de «prévenir un génocide» puis a renoncé à publier un rapport annoncé, c'est HRW qui vient de se brûler les ailes au chaud soleil ivoirien.


Théophile Kouamouo


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

vendredi, 07 octobre 2011

LIBYE - DERNIERES NOUVELLES DU FRONT (06 OCTOBRE 2011)



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Mouammar Kadhafi et le peuple libyen ne sont « coupables » que parce que la Libye est stratégiquement bien située géographiquement et riche naturellement. C'est ce qui fait les appétits de certains pays de l'Occident! La plupart des Libyens commencent à le comprendre. Les Touaregs attaquent donc. C'est une information qui est complètement passée inaperçue et dont le média russe Cas de Staline (http://stalin-ist.livejournal.com) en fait l'écho. Heureusement que ce sont les posteurs - merci à Soraya - qui ont été très vigilants sur ce coup-là. Les Touaregs, ces guerriers du désert, invisibles en ce lieu insondable, qui ont fait allégeance au pouvoir légitime libyen de Mouammar kadhafi, sont entrés de plain-pied en guerre.

L'entrée en guerre des Touaregs et des tribus algériennes

De violents combats étaient signalés, hier, à Ghadamès, l'un de leurs fiefs Touaregs que l'OTAN a évité de bombarder, de peur que les choses ne s'enveniment sur les zones frontalières avec l'Algérie ou la Tunisie. Hélas, les renégats de Benghazi ont sonné le tocsin. Mal leur en a pris et la défaite est colossale. leur « modus operandi » fait de ruse et de barbarie n'a pas marché cette fois-ci. Fonctionnant avec des groupes de 20 à 30 personnes, ils ont mis en déroute les terroristes du CNT/OTAN.

Alors que les villes de Ghadamès, Tiji, Badr, Al Harush, Al Kufrah, Tobrouk, Albayda, Derna, Al Marrl, Al Biar, Al Brega, Ras Lanuf, Syrte, Beni Walit, regroupant la plupart des puits de pétrole libyens sont aux mains des loyalistes, on comprend enfin pourquoi le black-out des médias occidentaux devient de plus en plus effectif.

Les Touaregs ont infligé de lourdes pertes aux mercenaires du CNT/OTAN avec brio. La déroute a causé la mort de plusieurs dizaines de renégats sans compter des pertes matérielles conséquentes.

Tripoli: de violents combats entre renégats et loyalistes ont eu lieu à Tripoli. Le chef militaire de Tripoli, l'islamiste Beladj aurait fui la ville après avoir menacé certains membres du CNT dont il refuse de prendre les ordres.

Des Tribus algériennes ont conclu un pacte avec des chefs tribaux libyens dans une déclaration intitulée « La Guerre pour la Libération de l'Afrique du Nord » dans un silence médiatique de l'Occident. C'est la naissance du Front nord africaine contre l'OTAN.

Derna est complètement libérée depuis ce matin. Il n'y a plus un seul renégat dans la ville. Ils ont subi de très lourdes pertes en hommes et en matériel.

Al-Baida: des violents combats se poursuivent actuellement dans la ville avec près de 50% de la cité reprise par les autorités légitimes de la Libye.

Benghazi: il n'y a plus que le centre ville qui reste entre les mains des renégats. De nombreux civils refusent désormais de suivre les recommandations du CNT et hissent le drapeau vert.

Enlisés, les terroristes du CNT/OTAN ne pouvant communiquer sur leurs défaites face aux loyalistes, viennent d'annoncer la découverte de deux charniers. C'est eux qui le disent :

Quelque 200 corps ont été découverts dans le premier charnier, situé à Gargarech, sur la côte à environ 7 km du centre de Tripoli, et 700 autres dans une seconde fosse commune à Birasta Milad, une région agricole à 10 km du centre-ville.

On se souvient du charnier d'Abou Salim à Tripoli. Ces gens ne savent plus quoi inventer...

 

Source : Le blog d'Allain Jules

LA CPI, UNE COUR D'INJUSTICE INTERNATIONALE


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Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification.

La France qui a signé et ratifié le statut de Rome, s'est longtemps singularisée en se soustrayant à la compétence de la Cour pour l'une des catégories de crimes qui sont de son ressort: les crimes de guerre. Mettant ainsi à l'abri de toute poursuite internationale, les crimes de guerre commis par des soldats français en territoire étranger. La loi d'adaptation d'août 2010 n'a pas fait taire toutes les critiques.

La volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales a pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres.

A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650 000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160 000 morts), en Afghanistan et à Gaza etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous.

L'indépendance et l'impartialité sont pourtant deux principes fondamentaux du système judiciaire international. La CPI, dans ses règles de fonctionnement est censée être indépendante du pouvoir politique.

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Dans les faits, en Libye notamment, le Conseil de Sécurité a, dans la résolution 1970 du 26 février 2011, saisi le procureur de la CPI de la situation qui régnait en Libye depuis le 15 février 2011. Peu importe que la Libye n'ait pas signé le statut de Rome (l'affaire étant transmise ad hoc par le Conseil de Sécurité, point besoin donc de ratification du statut). Peu importe que 3 des 5 membres permanents ne reconnaissent, pas pour leurs ressortissants, la compétence de la Cour qu'ils souhaitent voir appliquer à d'autres.

Le 3 mars 2011, 5 jours à peine après la saisine de la Cour par le Conseil de Sécurité, le procureur décide quasi-simultanément de l'ouverture d'une enquête sur la situation en Libye. Sait-il que le déferrement par le Conseil de Sécurité d'une situation ne déclenche pas systématiquement une enquête de la CPI? Sait-il aussi que les textes du statut de Rome donnent au procureur le pouvoir et le temps d'apprécier par le biais d'un examen approfondi des données préliminaires, s'il existe un motif raisonnable de procéder à une enquête?

Le cas ivoirien est lui aussi édifiant. La guerre y a fait une dizaine de milliers de morts depuis 2002, et une rébellion partie du Burkina Faso voisin. Mais il faut attendre 2011, et l'intervention militaire de la France aux côtés d'un des belligérants pour voir le procureur s'auto-saisir (deuxième cas d'auto-saisine du procureur après le Kenya); en ouvrant une enquête visant quasi-exclusivement l'autre partie. Peu importe aussi que la Côte d'Ivoire qui a signé le statut de Rome ne l'ait pas ratifié.

En Côte d'Ivoire, la CPI veut enquêter uniquement sur les crimes commis après le 28 novembre 2010. Est-ce une manière habile d'exclure de la compétence de la Cour, les crimes de guerre commis par des soldats d'une puissance étrangère faisant, en novembre 2004, près d'une centaine de victimes civiles et plus d'un millier de blessés? A quelles victimes ivoiriennes, le procureur peut-il expliquer qu'elles n'obtiendront pas réparation du préjudice subi, pour la simple raison que l'obus qui les a blessées a été tiré par un assassin se trouvant du bon côté de l'histoire? A quelles familles, Mr Moreno-Ocampo pourra-t-il expliquer que justice ne sera pas rendue aux leurs, parce que la balle qui les a tués a été tirée avant le 28 novembre 2010? Le rôle de la justice est de dire le droit, pas de régler des comptes ou de faire de la politique.

Est-ce la raison pour laquelle les Etats-Unis souhaitent voir leurs ressortissants au-dessus des textes internationaux? Faut-il dès lors comprendre les réticences de certains Etats vis-à-vis de cette Cour ? Soucieuse de sa souveraineté, la Russie refuse toute ratification du statut de Rome. Inquiète du rôle politique que peut jouer le procureur, la Chine ne veut toujours pas signer le statut.

Le principe de subsidiarité permet pourtant aux Etats de conserver, à titre principal, la responsabilité de poursuivre et juger les crimes les plus graves. La CPI n'étant compétente qu'en cas de défaillance ou de mauvaise volonté des Etats.

Il n'y a donc qu'en Afrique qu'on peut voir un État organiser artificiellement sa propre défaillance (en limitant sa compétence aux seuls crimes économiques); et appeler de vive voix l'intervention de la CPI. Il n'y a qu'en Côte d'Ivoire qu'on peut apercevoir un ministre des Droits de l'Homme faire le tour des capitales occidentales, pour livrer un de ses compatriotes à la vindicte d'une grande injustice internationale.

 

Anicet Djéhoury, Essayiste.

 

Source: PENSEES NOIRES

L'EUROPE VERS UNE APOCALYPSE FINANCIERE

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« Le grand vol des banques », témoignage d'un « insider » sur l'Apocalypse financière qui vient.

Témoignage choc d'Attila Szalay-Berzeviczy actuel dirigeant de la banque UniCredit qui fait passer celui, controversé, du trader de la BBC pour une « comptine pour enfants ». Au programme, ce qu'il va se passer en cas de défaut de paiement grec...

Note : Nous n'avons pas pu traduire cet article dans sa totalité, puisque il nous est parvenu une traduction Google en anglais d'un texte hongrois... Dans l'impossibilité de traduire, nous avons adapté les morceaux choisis les plus importants. Si des lecteurs de langue hongroise peuvent nous apporter une traduction fidèle du texte original, qu'ils n'hésitent pas.

Merci à Pascal Roussel, Denissto et Eddie pour l'info.

L'introduction ci dessous ne fait pas partie du texte original, mais dans le mail reçu, originalement écrit dans un bon anglais et résumant bien la situation, nous avons donc pu le traduire. Pour ceux qui voudraient approfondir le texte original, nous n'avons d'autres choix que de les renvoyer à une traduction Google.

« L'Euro est pratiquement mort »

Soit les «yes men » ont infiltré la plus grande banque italienne, et la plus sous-capitalisée, ou le stress des constants et répétés mensonges et de la prévarication a finalement appris à ceux qui savent que leurs moyens de subsistance ne tiennent qu'à un fil, et que le second grand ponzi est en train de détruire leurs boulots, leurs carrières, et leur mode de vie tout entier.

Comme le chef d'UniCredit global securities Attila Szalay-Berzeviczy et ancien président de la bourse hongroise qui a écrit un incroyable texte sur le portail hongrois index.hu, et qui franchement fait passer le discours provocateur d'Alessio sur la BBC pour une comptine pour enfants.

Seulement cette fois, personne ne peut objecter la  « naïveté », l'inexpérience ou le désir d'attirer l'attention du public. Si quelqu'un connaît la vérité, c'est le gars au sommet d'Unicredit, duquel nous attendons de rapidement limiter le commerce en bas une fois que nous aurons imprimé. Parmi les assertions stupéfiantes (stupéfiantes dans le sens qu'un banquier actuel ose dire la vérité) voici les suivantes : « l'Euro est pratiquement mort » et l'Europe est face à un séisme financier à cause du défaut grec...« L'Euro est au-delà de tout sauvetage ... » « La seule question qui reste est combien de jours l'action d'arrière garde et sans espoir des gouvernements européens et de la Banque Centrale Européenne pourra entretenir les esprits de la Grèce. » ... « Un défaut de la Grèce va immédiatement déclencher un séisme de magnitude 10 à travers toute l'Europe. » ... « Les détenteurs d'obligations du gouvernement grec devront amortir leur investissement entier, les nations d'Europe du Sud vont arrêter de payer les salaires et les pensions et les guichets automatiques seront vides « en quelques minutes ». En d'autres termes : bienvenue dans l'Apocalypse....

APOCALYPSE FINANCIERE.png

Mais attendez, il y a encore autre chose. D'après Bloomberg :

« L'impact d'un défaut grec pourrait « rapidement » se répandre à travers le continent,  il pourrait inciter à une ruée sur les banques les « plus faibles » des pays « les plus faibles ».

« Une telle escalade de la panique peut balayer l'Europe d'une manière auto-réalisatrice conduisant à l'éclatement de la zone Euro », ajoute Szalay-Berzeviczy.

Szalay-Berzeviczy est juste arrivé en Hongrie après un voyage à l'étranger, et n'est pas joignable jusqu'à tard aujourd'hui, un officiel d'Unicredit, qui a demandé à ne pas être identifié car il est n'est pas autorisé à parler à la presse, raconte quand Bloomberg a appelé Szalay-Berzeviczy à son bureau de Budapest à la recherche d'autres commentaires.

Et maintenant, pour nos lecteurs européens (en premier) et tous les autres (ensuite), c'est vraiment le moment de paniquer.

Maintenant voici le texte, traduit par Google du Hongrois à l'anglais. Certaines nuances peuvent être perdues, mais le message est en gras :

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La monnaie commune européenne est virtuellement morte. L'euro est dans une situation de condamné. La seule question qui reste est combien de jours l'action d'arrière garde et sans espoir des gouvernements européens et de la Banque Centrale Européenne pourra entretenir les esprits de la Grèce.

Pour le moment, quand Athènes sera déclarée en faillite, un  séisme de magnitude 10 va secouer l'Europe,  qui sera l'ouverture d'une nouvelle ère dans la vie du vieux continent.

En effet, la Grèce ce n'est pas seulement la banqueroute cela signifie que les détenteurs de titres du gouvernement grec n'ont pas récupéré l'argent investi, mais aussi à l'intérieur de l'Etat qui ne sera pas capable de rembourser ses dettes. Pour le moment seuls parmi les grecs les docteurs, policiers, militaires, ministres et employés gouvernementaux locaux ne recevront pas leurs salaires, tout comme les séniors ne s'attendent pas à passer de bons moments. L'ATM est vidé en quelques minutes. Les banques locales sont coincées car détenant des titres du gouvernement déclenchant une crise de liquidités immédiate et la dévaluation du système bancaire grec dans un effondrement total. Ainsi l'épargne des déposants est totalement perdue (...) les gens ne seront pas en mesure de retirer de l'argent (...) Le peuple manquera de carburant et de nourriture. La Grèce est pratiquement à l'arrêt complet pour une décennie et il y aura une baisse spectaculaire du niveau de vie dans le pays entier.

Le problème est que, dans ce cas, la catastrophe ne peut pas s'arrêter à la frontière grecque, mais avec sa vitesse et son élan toucher l'ensemble de la zone euro, l'Europe et enfin secouer le monde. Un canal par lequel se répandrait l'infection, bien sûr, un tel scénario serait le retour du système bancaire. En effet, les banques internationales qui ont subi, en Grèce, des centaines de milliards d'euros de pertes vont être, tôt ou tard, obligées de verrouiller les échanges avec les autres banques, qui ont à voir avec un pays où - selon les attentes des investisseurs - l'arc de crise grec frappera à nouveau.

Et quand les banques ne se font plus confiance les unes aux autres, qu'elles arrêtent de se prêter les unes aux autres, les marchés financiers internationaux s'arrêtent. Cela signifie que toutes les institutions financières sont laissées seules avec leurs clients.

Les pays pauvres avec des banques faibles vont commencer à paniquer avec des retraits de fonds de détail. Mais depuis les dépôts de détail et les entreprises de prêts sont attribués sous forme de marchés interbancaires, ces banques ne peuvent pour combler leurs déficits, peut être une crise de liquidités immédiate. Toutes les institutions financières pourraient être mises en faillite. (...)

La suite pour les courageux (ou les hongrois) ici :

http://index.hu/gazdasag/penzbeszel/2011/09/28/a_nagy_bankrablas/

Source : INFOGUERILLA

jeudi, 06 octobre 2011

UNE DES FILLES DU COUPLE GBAGBO PARLE...

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Dans ce témoignage poignant, Marie-Antoinette Singleton, une des filles du couple Gbagbo qui vit aux Etats-Unis, parle de ses parents et de son frère Michel, auxquels elle n'a pas le droit de parler, même par téléphone. Elle évoque également sa certitude que le combat mené par ses parents vaut la peine d'être mené. Et se terminera par la victoire de la Côte d'Ivoire indépendante.

 

Cela fait plus de cinq mois que vos parents et votre frère Michel ont été arrêtés. Avez-vous des nouvelles régulières d'eux ? Si oui, ces nouvelles sont-elles rassurantes ?

Non, nous n'avons pas de nouvelles régulières d'eux. Mais ça va ! Ils se portent bien, selon ce que nous avons pu avoir comme informations. On ne nous a pas encore donné l'autorisation de leur parler ni de les voir. Mes avocats se battent pour ça. Une lettre en ce sens a été envoyée au ministre de la Justice qui a refusé tout simplement...

Votre famille a subi de gros chocs émotionnels. Comment on survit à une telle bourrasque ?

Toute la famille a été déstabilisée, dispersée. Mais ayant grandi dans un environnement de combattants, ce n'est pas qu'on souhaite des choses pareilles mais on se fait un moral plus ou moins prêt à résister à de telles bourrasques. Et on bénit Dieu qu'ils soient en vie, c'est l'essentiel. Et comme il s'agit d'une vision... La vision n'est pas morte, nous avons l'espoir de voir la vision s'accomplir. Ça suffit pour tenir bon. Pour ce qui est du quotidien, on est obligés de se réorganiser. Parce que tout le monde a été délocalisé...

Et vos sœurs, elles vont bien ?

Oui, elles vont bien.

Quel regard portez-vous sur les premiers mois d'Alassane Ouattara ? Lors des moments les plus durs d'avril, on vous a entendu avec des accents politiques. Et nous sommes curieux d'avoir votre analyse sur ce régime qui a déjà passé l'étape symbolique des cent premiers jours. Que pensez-vous d'eux ? Avez-vous eu des contacts avec eux ? La réconciliation qu'ils prônent vous semble-t-elle envisageable ?

D'un point de vue personnel, je trouve qu'ils ne font pas un bon boulot. Même s'ils semblent avoir des raisons de kidnapper des gens pour leurs opinions politiques, je ne comprends pas pourquoi le contact avec la famille devrait être un problème. Je ne comprends pas pourquoi ils ne permettent même pas un coup de fil. C'est aberrant, cela n'a pas de sens.

Au-delà de cet aspect personnel, familial, j'étais le vice-consul à Washington. Quand il y a eu ces événements,  je me suis retirée. Et j'ai reçu une note du ministère des Affaires étrangères me demandant, en tant que diplomate, de rentrer sur Abidjan. Ce qui n'est pas envisageable. Je n'ai plus personne à Abidjan. Tous nos domiciles ont été totalement pillés. Tout ce qui n'a pas été emporté a été détruit.  J'ai fait savoir à l'ambassadeur que je n'étais en mesure de rentrer.

Pour ce qui est de la réconciliation, il faut que les gens soient réalistes. Il y a un grand nombre de personnes qui sont réfugiées à l'étranger, apeurées. Certains continuent à subir des exactions. Il ne faut donc pas rester dans la théorie. Il faut porter des actions concrètes sur le terrain qui montrent le désir de voir les gens se réconcilier.

Vous vous êtes beaucoup impliquée dans le plaidoyer, au service de la cause des vôtres et des autres détenus politiques. Avez-vous eu des contacts haut placés dans ce cadre, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ?

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J'ai surtout des contacts avec la population. C'est une action qui concerne avant tout les Ivoiriens. C'est vrai que mes parents sont impliqués, à un niveau suffisamment haut. Mais tous les Ivoiriens que je connais ont subi une perte. C'est au niveau de la communauté que nous travaillons, que nous menons des actions.

Des ONG de défense des droits de l'homme, des gouvernements étrangers vous ont écoutée ?

Pas de gouvernement étranger pour ma part. Le sénateur Inhofe, ici aux Etats-Unis, est très impliqué et nous essayons de lui donner le maximum d'informations. J'ai envoyé un courrier au secrétariat général de l'ONU et à la structure spécialisée chargée des droits de l'homme. Sans réponse.

Durant les bombardements, est-ce que vous vous êtes dit, à un moment donné, que votre place était aux côtés de vos parents, de votre mère, à la Résidence, plutôt qu'au chaud, d'une certaine manière ?

Non. Je ne crois pas que quelqu'un aurait envie de se retrouver dans cette atmosphère-là. Je me suis  dit que si Dieu a permis qu'un membre de la famille soit à l'extérieur c'est pour une raison. Rien n'est le fruit du hasard quand on croit en Dieu. Il a sans doute permis que je sois à l'extérieur pour donner un autre son de cloche, le point de vue de la famille. C'était une expérience traumatisante d'après ce que tout le monde m'a dit. Mes sœurs, mes amis... Des gens qui n'étaient même pas à la Résidence mais dans les environs en sont sortis traumatisés. Je pense que personne ne souhaiterait vivre ça.

Quelle image de tous ces événements vous a le plus marquée ?

Le souvenir le plus douloureux, ce sont les humiliations que certaines personnes comme le gouverneur Dacoury-Tabley ont subies. C'est allé vraiment trop loin. C'était énorme. J'ai lu au-delà de la première réaction d'humiliation, de violence contre la Première Dame, le président et Michel, j'ai vu des gens qui subissaient quelque chose sur la base de la vision qu'ils ont. Quand je vois les photos de la Première Dame par terre, les cheveux arrachés, je vois la violence, certes. Mais je vois aussi la sérénité sur son visage. C'est un combat qu'elle mène depuis qu'elle est jeune. Un combat pour la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique. Personne n'enlèvera cette conviction de son esprit. Dieu étant fidèle, lorsqu'on met sa cause dans la main de Dieu, on ne se laisse pas envahir par l'anxiété. Je n'ai pas vu la peur sur leur visage, ni sur le visage de Michel. Michel avait du sang sur la tête, sur le dos, mais il avait les mains croisées. Je n'ai pas vu de panique sur son visage. Et moi je rends gloire à Dieu pour ça. Et pour les films qu'on a pu voir du président à l'hôtel du Golf. Il expliquait seulement ce qui venait de se passer, et ce qu'il avait suggéré de faire. Passé l'effet de violence, j'ai vu des gens qui croient en leur combat. Et qu'ils font ce qu'il faut faire. Si les humiliations sont le prix à payer, ils sont prêts à payer ce prix-là.

Que pensez-vous de l'attitude et de la démarche politiques de Mamadou Koulibaly qui était le numéro deux du système Gbagbo ?

Moi, je n'étais pas du tout impliqué dans la politique, vous savez. J'ai suivi ces choses-là de loin. Je ne connais pas les motivations de Mamadou Koulibaly, le raisonnement qui l'a amené à prendre une telle décision. J'avais déjà été déçue de voir qu'il n'a pas pris en main le problème de succession. La solution pour moi était qu'il prenne le pouvoir dans le chaos que nous avons vécu après le 11 avril. Il ne l'a pas fait. Il a choisi de faire autre chose. Aujourd'hui, il décide de se séparer du FPI. Je ne sais pas s'il a cru en cette vision. Parce que dans la matérialisation d'une vision, il y a des choses qui ne sont pas forcément positives, qu'on n'approuve pas. Mais cela ne nous pousse pas à abandonner cette vision pour autant. Si le président Gbagbo devait laisser tomber sa vision sous prétexte que les individus ne faisaient pas leur part du travail, le FPI n'existerait pas. La démocratie n'existerait pas en Côte d'Ivoire. Il faut comprendre la vision et être prêt à payer le prix et à porter le fardeau. Manifestement, nous ne sommes pas nombreux à réfléchir comme cela. C'est bien dommage, mais on verra jusqu'où les choses iront. Quand on parle de vision, on ne se limite pas aux hommes. Parce qu'il  y en aura toujours pour la porter.

On a senti des dissensions entre des collectifs d'avocats se réclamant de la défense du président Gbagbo...

Je ne souhaite pas en parler parce que ce n'est pas très beau et cela peut faire irrespectueux. Le moment viendra certainement où ces questions-là seront résolues.

En tant que femme, que diriez-vous à Dominique Ouattara si vous l'aviez en face de vous ?

Franchement, je ne sais pas, je ne pense pas à elle... Donc je n'ai pas de propos préparé. Il faut peut-être que je réfléchisse à ce sujet...

Et si vous aviez Simone Ehivet Gbagbo en face de vous ?

(Rires). Que je l'aime énormément, que je suis fière d'elle, qu'elle m'inspire, et que je suis prête à porter le flambeau, à marcher dans ses pas. Je vais m'organiser pour. Je lui dirai de tenir bon, parce que le Dieu qu'elle sert est fidèle. Cette vision qu'il leur a donnée pour la Côte d'Ivoire, elle s'accomplira certainement.

Que diriez-vous aux Ivoiriens qui vivent dans le pays, qui ont cru en Laurent Gbagbo et qui sont aujourd'hui apeurés après une répression qui n'est toujours pas terminée ?

Je leur dirai que le combat vaut absolument la peine d'être mené. Personne ne viendra mener à notre place le combat de libération de notre pays. C'est difficile. Je suis de tout cœur avec eux. Je ne demande à personne de faire des actes de folie. Ce qu'il faut savoir, c'est que nous avons un devoir de libération vis-à-vis de notre pays et de notre continent. Et que si nous ne prenons pas sur nous de le faire, les générations prochaines le feront. C'est une réaction naturelle. Tous les peuples aspirent à cette liberté et passent par des moments difficiles pour l'acquérir. Nous devons passer par ces moments difficiles. Le combat ce n'est pas seulement d'être dans la rue, de manifester. Mais si chacun a son niveau choisit de rectifier les erreurs qui nous ont mené là où nous sommes et choisit de marcher différemment, c'est déjà le début du combat. Que chacun quotidiennement fasse sa part. Tout le monde n'est pas soldat. Mais ce combat, nous devons de toute façon le mener.


Recueilli par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

LA RASQUE (BOURBIER) FRANÇAISE EN LIBYE

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COMPENDIUM DE L'IMPERIALISME FRANÇAIS

Le petit Napoléon, un temps l'étoile montante du Directoire, dérangeait bien des troublions avides de mettre la main sur le pouvoir afin de s'assurer le partage des prébendes et des « royautés », des cachets et des loyautés parmi leur clan bourgeois - aristocratique (Eh oui ! Ils n'avaient pas tous été guillotinés contrairement à ce qu'on vous laisse penser). Le dit Napoléon fut donc invité à manifester son talent et sa cupidité « libératrice » contre les mamelouks (un peuple bâtard et inhumain, pensait le Directoire) implantés en Égypte, une pomme de discorde entre les deux puissances colonisatrices (France et Britannique).

Bien peu d'historiens français décrivent l'équipée carnassière napoléonienne pour ce qu'elle fut - un massacre colonialiste contre un peuple autochtone afin de distraire  un concurrent encombrant. L'historiographie française a toujours le talent de présenter les dictateurs étrangers comme des tyrans et les siens comme des libérateurs ou des pacificateurs.

Et ils récidivent les nationalistes chauvins, apologistes de la grandeur de l'empire français. Dernièrement, un tout petit Napoléon des balcons (Neuilly-sur-Seine) - pâle imitation du grand massacreur des peuples du XIXe siècle - ils font avec ce qu'ils ont sous la main les malandrins - a cru bon de lancer une opération aéroportée contre le peuple d'à -côté (les libyens, à côté des mamelouks, aujourd'hui devenus égyptiens).

Le petit Blingbling belliqueux affréta donc son porte avions et astiqua ses canons pour porter l'agression jusqu'aux portes d'Al Khoums, histoire de massacrer un peu de ces Arabes récalcitrants qui se soulèvent spontanément depuis quelque temps. Une petite guerre de rapine vite faite ne pouvait pas faire de mal à la glorieuse marine, à l'armée et à l'aviation françaises désoeuvrées depuis la fin de l'échauffourée contre la Côte d'Ivoire enfin « pacifiée » à la canonnière blindée...façon XXIe siècle, c'est-à-dire avec tout plein de verbiages « humanitaires »... mais dites donc, où est passé Kouchner, l'autre compère ? L'armée impériale française avait une autre occasion d'étaler son armement et de démontrer ses talents. Que de ventes juteuses pour les ci-devant!

Et pensez donc, le petit aspirant « Führer » ne pouvait mieux choisir son terrain d'agresseur. Son ami et concurrent Berlusconi, de fort mauvaise posture, en mode majeur dans le lit de quelques mineures, n'était pas en position de répliquer à la capture de sa chasse gardée. Berlusconi fut pris le pantalon raccourci tout comme son ami Kadhafi.

Mais voilà que le Gengis Khan de notre temps avait mal jaugé son adversaire qui s'avéra infiniment plus pervers que ses congénères. Ben Ali avait fui précipitamment, (avec la caisse) et on avait fait passer ce déplacement pour une conquête « révolutionnaire ». Moubarak s'était fait tirer l'oreille (les sommes à piller étant plus consistantes) mais l'armé locale était venue à bout de ses réticences à force d'allonger les prébendes et suite à quelques soulèvements populaires - contrôlés - qui laissaient présager le pire. Pour le Ramadan anticipé le Rais avait pris sa retraite dans sa datcha de Charm el Cheikh. Depuis, le terminal de Rafah est toujours fermé et l'armée égyptienne sanguinaire s'active à massacrer les vrais révoltés de la place Tahrir ainsi que les gazaouïs dans leurs tranchés (loin des caméras de l'étranger).

Mais voilà que le Guide de la Jamahiriya n'acceptait pas qu'on le liquidât et s'accrochait à son émirat qui pourtant ne lui avait été concédé qu'a condition de loyauté. Vous avez parfois de ces affidés qui s'attachent aux privautés attachées à leur principauté.

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Pourtant, l'armée et les services secrets français s'étaient dépensés sans compter. Soulèvement « populaire spontané » des « révoltés » de Benghazi bien formés, bien armés (comme vous savez, vous tenez tous quelques canons anti-blindés sur votre propriété, on ne sait jamais qui vous aurez à bombarder), mercenaires affrétés tout frais héliportés du côté des puits de Benghazi. Le moment était approprié, le drapeau de la royauté stipendié fut hissé ; allons peloton de la libération au secours de notre roitelet obsolète. Pourtant, rien n'y faisait, les renforts recrutés parmi les insurgés d'Afghanistan, d'Irak, du Qatar et du Soudan ne parvenaient  nullement à « libérer » la contrée en faveur de ce roi abhorré.

L'AGRESSION DE L'OTAN

C'est le moment que choisit le « grand conquérant » pour réclamer secours à son ami et concurrent qu'il avait jusqu'à présent négligé de manière éhontée. Ce qui n'était d'abord que guerre de conquête pour le repartage d'une néo-colonie entre rivale de second lit devint pomme de discorde entre grands comparses de l'OTAN - appelée à la rescousse pour trancher le différend et renverser le « tyran » - pas celui de Paris, celui de Tripoli - puis, mettre au pouvoir un sous fifre plus accommodant. La guerre ne fut pas aisée et de fait elle n'est toujours pas terminée.

Pourtant, le petit mécréant et son acolyte Cameron sont venus, ils ont vu mais ils n'ont pas encore vaincu et mal leur en prend car maintenant ils ont un véritable soulèvement paysan entre les dents et personnellement je parie que ces deux là se ridiculiseront tout autant qu'un insignifiant qui, du haut d'un porte-avion désarmé, avait annoncé, il y a dix ans passés, la fin des combats en Afghanistan...ils n'en finissent plus de tomber les soldats de l'amirauté depuis « la fin » des atrocités commandées...par le Pentagone.

LE NEO-COLONIALISME FRANÇAIS

L'impérialisme français a dirigé les activités d'agression en terre libyenne. Et même si l'OTAN - l'organisation de collusion des assoiffés de profits, de ressources naturelles et de marchés - est intervenue pour sauver la mise, il demeure que la classe capitaliste monopoliste française assume la première responsabilité dans cette rasque* et ces massacres de civils libyens et c'est elle, cette classe parasitaire française, qui se présente la première à la curée pour le partage du butin spolié (1).

Il n'est nullement question ici de disculper l'impérialisme étatsunien, leur maître à penser moderne et ancien, mais on ne doit pas dissimuler la responsabilité de sa propre bourgeoisie impérialiste nationale derrière de pseudo analyses complaisantes et compatissantes. Les puissances impérialistes collaborent et s'affrontent pour défendre les intérêts de leur propre clan national. L'impérialisme français est sanguinaire (Indochine, Algérie, Afrique noire) et il doit être renversé comme celui du lilliputien canadien, de la perfide Albion et de la sanguinaire Washington.  Allons, enfants de la Patrie, votre heure de gloire est arrivée et votre pire ennemi est à vos côtés.

Mes ennemis je les connais bien - mes « amis » je n'en sais rien - camarades, préservez-moi des miens.

 

* Rasque = bourbier

(1)  L'impérialisme canadien, sous Harper, a aussi participé à l'agression et est imputable pour ce crime de guerre contre le peuple libyen.


Salutations cordiales.

Robert Bibeau, le 5 octobre 2011.

 

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

robertbibeau@hotmail.com


Source : CENT PAPIERS.COM

mercredi, 05 octobre 2011

URGENT: COMMUNIQUE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO

 

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Ce lundi 3 octobre 2011, la Cour Pénale Internationale a rendu public un communiqué selon lequel, la Chambre Préliminaire III a autorisé le Procureur de la République Près de cette Cour, à ouvrir une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Cote d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

Les juges ont, par ailleurs, demandé au « Procureur de leur fournir toutes les informations supplémentaires qui sont à sa disposition sur les crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Suite à ce communiqué de la CPI, le Président Laurent GBAGBO fait les observations suivantes:

A/ La période couverte par l'enquête

L'autorisation de l'ouverture de l'enquête donnée par la Chambre préliminaire ne concerne que la période qui court à partir du 28 novembre 2010. Le Président GBAGBO fait remarquer que cette période est celle demandée par monsieur Ouattara, partie prenante au conflit.

Le Président Laurent GBAGBO s'interroge sur la raison pour laquelle l'autorisation de l'ouverture de l'enquête ne concerne que la période demandée par son adversaire, Monsieur Ouattara, alors que la chambre s'intéresse également aux crimes commis depuis 2002, qui est l'année de départ de la rébellion armée qui se réclame de Monsieur Ouattara. Pourquoi n'a-t-elle pas attendu d'avoir suffisamment d'informations sur le reste de la période de la crise pour laquelle elle sollicite des informations supplémentaires ?

La jonction des faits entre les deux périodes étant une évidence, il aurait été juste que la Chambre reçoive toutes les informations sur les deux périodes qui en fait, ne font qu'une seule, puisque la situation post électorale n'a été qu'une pique comme il y en a eu d'autres depuis la rébellion armée de 2002, dont tout le monde sait maintenant qu'elle agissait pour le compte du Président OUATTARA. L'alignement de la Cour sur la volonté d'une seule partie au conflit jette une suspicion sur sa décision. Cette suspicion se renforce lorsque l'on prend en compte les circonstances troublantes de l'ouverture de cette enquête.

B/ Les circonstances de l'ouverture de l'enquête

Le Président Laurent GBAGBO tient à informer l'opinion publique nationale et internationale que l'autorisation d'enquête est intervenue le lendemain de la visite qu'a effectuée monsieur Michel MERCIER, le Garde des sceaux et Ministre de la Justice et des libertés du Gouvernement Français, le jeudi 29 septembre 2011. Au cours de cette visite, il a rencontré respectivement le Président de la Cour, Monsieur SANG HYAN SONG et Madame le Greffier en Chef, Madame Silvana ARBIA.

Cette visite est intervenue immédiatement après celle effectuée par l'émissaire du Gouvernement Ivoirien, le ministre des droits de l'homme, qui s'est également rendu à la HAYE au siège de la CPI pour y rencontrer les responsables de cette Cour après avoir été reçu préalablement par les autorités françaises. L'on se rappelle des déclarations qu'il a faites à la presse selon lesquelles, le transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI constituait la condition de la réconciliation en Cote d'Ivoire et permettrait de dépassionner le débat sur les élections législatives.

Enfin, cette ouverture d'enquête intervient quelques jours seulement après la première rencontre que le Président Ouattara a enfin daigné accorder aux partis et groupements politiques qui sont proches du Président L. GBAGBO en vue de relancer le débat politique, condition sine qua non d'une vraie réconciliation.

Les visites de l'émissaire du Gouvernement ivoirien et de l'émissaire du Président SARKOZY, quelques jours seulement avant l'autorisation de l'ouverture de l'enquête ne peuvent nourrir que des suspicions sur la crédibilité de cette décision. Ces visites confirment le rôle politique que l'on veut faire jouer à la Cour. Le Président GBAGBO voit en la présence de l'émissaire du Président français à la HAYE, la manifestation visible de la pression politique que Monsieur SARKOZY exerce sur la Cour. Ce dernier continue d'utiliser le pouvoir d'État que le Peuple français lui a confié pour s'acharner contre lui et le peuple ivoirien.

Par ailleurs, il faut bien s'inquiéter de l'impact que pourrait avoir l'ouverture d'une enquête judicaire suffisamment politisée sur le débat politique qui semble s'amorcer en Cote d'Ivoire. Le Président GBAGBO émet des doutes sérieux sur la volonté de ses adversaires à aller à la réconciliation nationale qu'ils disent pourtant rechercher.

En définitive, le Président GBAGBO, reste attaché à la justice qui s'établit sur la vérité des faits. Le Président GBAGBO tient à ce que le monde entier sache ce qui s'est passé dans son pays. Il attend que l'on lui explique pourquoi, alors qu'il a été élu démocratiquement en 2000, une rébellion armée dont l'on connaît maintenant tous les parrains, a attaqué son pays dans l'indifférence de la Communauté Internationale. Il voudrait savoir également pourquoi l'armée française a tué les ivoiriens en 2004 et en 2011 dans le silence du monde entier.

Le Président GBAGBO attend que la lumière soit faite sur tous ces crimes et tous les autres que l'on tente de cacher. Il attend que le droit soit dit et que justice soit rendue non pas seulement pour faire plaisir aux vainqueurs de la guerre illégale qui lui a été livrée, mais pour qu'enfin, la vérité soit définitivement connue sur la crise ivoirienne depuis 2002. C'est à cette fin, qu'il a écrit au Secrétaire Général de l'ONU, Monsieur BAN KI MOON, pour demander la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale à l'effet d'établir la réalité des tueries présumées des femmes d'ABOBO et d'en déterminer le cas échéant, les auteurs et les commanditaires. C'est pourquoi, il dénonce l'activisme de ses adversaires déclarés qui vise à instrumentaliser la Justice pour l'écarter du débat politique, qu'il n'a eu de cesse de réclamer même sous les bombes.

Étant engagé sans réserve dans le combat pour la souveraineté des peuples africains, le Président GBAGBO s'insurge contre le fait que les juridictions ivoiriennes, expression de cette souveraineté soit dessaisies du simple fait de la volonté du Président SARKOZY, d'un dossier aussi important qui intéresse en premier chef le Peuple Ivoirien.

Il est bon que l'opinion sache que le département des droits de l'homme de l'ONUCI émet aussi des réserves sur l'éventualité d'un transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI, puisqu'il ne constitue pas une menace pour la paix sociale en Côte d'Ivoire.

Enfin, le Président Laurent GBAGBO considère comme relevant de la diffamation, les propos relayés par certaines presses, notamment l'Agence France Presse (AFP), selon lesquels la crise postélectorale est née suite à son refus de reconnaitre la victoire de M. OUATTARA. Ces propos le rendent responsable sans jugement et entame son honneur. Il tient à rappeler qu'il ne s'est pas autoproclamé vainqueur de l'élection présidentielle. Il en a été reconnu vainqueur par une décision souveraine du Conseil Constitutionnel de son pays qui l'a investi également Président de la République. Il a instruit ses avocats d'analyser la possibilité de poursuites judiciaires contres les auteurs de telles affirmations.

 

Le Ministre KONE Katinan Justin,

Représentant et Porte-parole du Président GBAGBO

 

Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 04 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA, LE NOUVEAU BEN ALI DE LA FRANCE?


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C’était le 13 septembre dernier. Laurence Ferrari recevait, sur le plateau de TF1, Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Durant cet entretien, la présentatrice de la chaîne parvenait à faire l’impasse sur les sujets les plus dérangeants pour son interlocuteur. Pas un mot sur la grande insécurité qui règne dans le pays, entretenue par les éléments les plus criminalisés de la nouvelle armée, dominée par les ex-rebelles qui ont combattu Laurent Gbagbo durant neuf ans. Aucune question sur les promotions dont ont bénéficié les chefs de guerre accusés, dans des rapports de  l’ONU et des organisations de défense de droits de l’Homme, d’exécutions sommaires ou de recrutement d’enfants-soldats.

Quelques mois plus tôt, une présentatrice de CNN, interviewant Alassane Ouattara, insistait sur le sort d’Hermann Aboa, journaliste de la RTI arrêté pour des faits relevant de l’exercice normal de sa profession, et dont Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, et même certains quotidiens pro-Ouattara, ont demandé la libération. Cette question n’était visiblement pas prioritaire pour la journaliste française, qui a préféré donner l’occasion à Ouattara de parler du phénoménal taux de croissance que la Côte d’Ivoire devrait avoir en 2012, et des grands travaux d’infrastructure engagés par son exécutif. Les mauvaises langues diront que ce tropisme n’est pas étonnant, dans la mesure où Martin Bouygues, actionnaire principal de TF1 et  ami proche d’Alassane Ouattara depuis une vingtaine d’années, à qui la construction du troisième pont d’Abidjan a d’ores et déjà été confiée, est un professionnel du béton…

Aucune enquête sur la fortune de Dominique Ouattara et ses liens avec les «biens mal acquis»

Au-delà de l’anecdote, de nombreux observateurs africains sont frappés par l’incroyable protection dont bénéficie Alassane Ouattara en France, où tout est mis en œuvre dans les cercles politiques et médiatiques les plus influents, pour sculpter sa légende. Opposant, il passait pour la victime immaculée de l’ivoirité, un concept tellement flou qu’il a servi à diaboliser successivement Henri Konan Bédié, Robert Guei et Laurent Gbagbo. Ses propos incendiaires attisant, dès 1999, le «dolorisme» nordique et la fameuse «charte du Nord» rédigée dès le début des années 1990 par ses partisans n’ont quant à eux presque jamais été relevés dans les médias français. Ses relations troubles avec la rébellion qui a éclaté le 19 septembre 2002 alors que son parti avait des représentants au sein du gouvernement de réconciliation mis en place par Laurent Gbagbo n’ont jamais été véritablement interrogés, y compris après que des enquêtes d’ONG comme Global Witness aient mis en lumière la forte implication de cadres de premier plan de sa formation politique dans l’économie de contrebande en zone «occupée» et le trafic du «cacao de la guerre». La fortune de son épouse, dont l’agence immobilière a géré le patrimoine de chefs d’Etat comme Omar Bongo Ondimba, symbole de toute la lutte contre les «biens mal acquis» des  présidents africains en Occident, n’a jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses dans la presse parisienne.

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Durant l’épreuve de force qui a suivi l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la classe politique française s’est alignée derrière Ouattara, au nom de la validation onusienne de son élection, sur laquelle de nombreuses zones d’ombre persisteront toujours. En effet, pour la première fois dans l’histoire mondiale, un organisme chargé de proclamer les résultats d’un scrutin donnait un taux de participation officiel (70%), puis se ravisait plusieurs jours plus tard, et augmentait de 11% ce taux, en validant des centaines de procès-verbaux où le nombre d’électeurs dépassait largement le nombre d’inscrits… Ce détail plutôt comique n’est que l’une des nombreuses données troublantes qui, mises à la disposition de l’opinion, auraient soutenu la demande du camp Gbagbo, qui sollicitait alors un recomptage des voix, comme cela a été fait dans le même type de circonstances à Haïti. Mais, une fois de plus, l’omerta pro-Ouattara a prévalu.

Un establishment politico-médiatique parisien déterminé à soutenir Ouattara

Aujourd’hui, Alassane Ouattara est au pouvoir. Amnesty International a accusé ses troupes d’avoir perpétré le plus grave massacre de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire dans le quartier Carrefour à Duékoué. Un massacre aux motivations purement ethniques, comme le prouvent les cartes d’identité collectées et jetées à proximité des charniers. Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé accusé d’avoir dirigé ce massacre, n’a été ni inculpé ni même désarmé. Il continue de semer la terreur dans la région. Imaginons un seul instant qu’il s’agissait d’un mercenaire à la solde de Laurent Gbagbo durant sa présidence. Qu’aurait écrit la presse hexagonale ?

La détermination de l’establishment politico-médiatique parisien à soutenir Alassane Ouattara est telle que même la mort de Philippe Rémond, un professeur d’Université français, tué selon ses amis par les forces soutenant Alassane Ouattara lors de leur entrée à Yamoussoukro en mars dernier, a été fort peu médiatisée. L’enquête n’a pas avancé d’un pas, aucune inculpation n’a été enregistrée, l’enterrement s’est déroulé dans la plus grande indifférence… Ressortissant français, le fils aîné de Laurent Gbagbo, qui n’a jamais été un activiste de premier plan, est incarcéré depuis plus de cinq mois à Bouna, petite ville du nord du pays. Motif officiel : «il était avec son père», nous apprend le ministre de la Justice de Ouattara.

Sur le terrain du dialogue politique, les choses ne s’améliorent pas en Côte d’Ivoire. Le FPI, parti de Laurent Gbagbo, a suspendu sa participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), pour une raison qui mérite que l’on s’y attarde. La CEI est contrôlée à 95% par des membres de la coalition au pouvoir. En clair, ce sont les partisans de Ouattara qui doivent organiser de bout en bout un scrutin au cours duquel ils seront arbitre et partie. Quand l’on sait qu’en 2003, à la faveur des accords de Linas-Marcoussis, la France faisait pression pour que cette Commission soit plus «équilibrée», alors qu’elle était nettement moins favorable au pouvoir de l’époque, l’on mesure le degré d’amertume qui peut être celui de l’opposition d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Les Français, qui aiment à croire que leur exécutif est l’héroïque accompagnateur des révolutions arabes, avec les promesses de démocratisation qu’elles charrient, doivent se souvenir d’une chose. C’est le soutien œcuménique de la classe politique française, gauche et droite confondues, et l’aveuglement de la presse de leur pays face aux dérives progressives de Zine-el-Abidine Ben Ali, qui ont contribué à forger et à renforcer sa dictature «développementaliste». Petit signe qui vaut son pesant de signification. Ouattara et Ben Ali ont un point commun. Ils ont l’un et l’autre signé des contrats globaux de communication avec Anne Méaux, la patronne d’Image 7, une société chargée de dompter les médias hexagonaux à leur profit.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER.INFO

CRIME DE SANG EN COTE D'IVOIRE: LA CPI LIVRE LES RESULTATS DE SES ENQUETES - OUATTARA ET SORO INDEXES



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Les récentes sorties médiatiques de deux membres du gouvernement Ouattara posent à nouveau la question de la comparution du chef d'Etat ivoirien M. Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale. Selon le ministre des Droits de l'homme et des Libertés publiques du gouvernement Ouattara «un transfèrement du Président, Laurent Gbagbo à la Haye serait à l'étude». Ce transfèrement, selon lui «faciliterait le processus de réconciliation».

Dans le même registre, Guillaume Soro déclarait "La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis dans les journaux .Il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. « Mais arrêtons! », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Bouaké : «Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », a-t-il poursuivi à l'adresse des partisans du président Gbagbo.

Visiblement cette course de vitesse engagée par le camp Ouattara aurait pour but de dépassionner le débat à la veille des élections législatives prévues le 11 décembre 2011 et alors même que les bruits d'un possible coup de force ne se dégonflent toujours pas du coté d'Abidjan. Des arrière-pensées de politique intérieure seraient donc à la base de cette subite accélération du gouvernement Ouattara. La Cpi ne devrait cependant pas se laisser embarquer dans cette course à l'échalote si elle ne veut pas voir sa crédibilité sérieusement entamée. Les opposants d'Alassane Ouattara ont cru déceler dans cette agitation gouvernementale une tentative d'instrumentalisation de la Cpi par son gouvernement.

A propos de la crise ivoirienne, le procureur de la Cpi, M Luis Moreno-Ocampo avait demandé en juin dernier, l'autorisation des juges pour diligenter une enquête impartiale sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Côte d'Ivoire depuis la dernière élection présidentielle, le 28 novembre 2010.

Effectivement et pour faire suite à la requête du camp Ouattara, la Cpi a enquêté en Côte d'Ivoire et remis un rapport intitulé «situation in the Republic of Côte d'Ivoire». La version publique de ce document est consultable en ligne à l'adresse suivante : http://www.icc-cpi.int/iccdocs/ doc/doc1223025.pdf

Les dépositions des victimes y ont été classées en deux groupes. Celles relatives à des faits ayant eu lieu avant le 28 novembre 2010 et celles qui sont liées à des faits postérieures à cette date. Les juges de la Cpi ont sélectionné des faits classés comme des atteintes graves aux droits humains. Sur un ensemble de 655 victimes interrogées, 567 ont déclaré faire partie du lot concerné par les violences de l'après 28 Novembre. Lorsque les juges se sont penchés sur les auteurs de ces crimes, il est apparu très clairement que les hommes de Ouattara ont été les responsables des violences sur 3/4 de cette population et les hommes de M. Gbagbo sur 1/4.

Les juges se sont aussi penchés sur le cas des victimes de la période antérieure au 28 novembre 2011. La responsabilité des hommes de Ouattara et Soro est presque totale dans ce dernier cas de figure. 68% attribuée aux hommes de M. ouattara, 28% aux hommes de Guillaume Soro et 4% aux hommes de Gbagbo.

Au regard de ce document, les trois principaux responsables des crimes contre l'humanité perpétrées en Côte d'ivoire ces dernières années, sont clairement identifiés. Messieurs Alassane Ouattara, Guillaume Soro et le président Laurent Gbagbo.

S'il s'agit de punir ceux qui ont été sur le terrain alors ce sont les chefs militaires qui ont fait exécuter les ordres de barbarie qui devront être recherchés et poursuivis. Mais si à l'inverse ce sont les hauts responsables politiques qui devront répondre, alors les trois cités nommément par le rapport de la Cpi devraient être tous convoqués par la Cpi.

Ouattara et Soro Guillaume peuvent s'appuyer sur leur logique de «justice des vainqueurs» en Côte d'ivoire, mais on ne voit pas vraiment pourquoi la Cpi prendrait le risque de se décrédibiliser en les suivant dans cette logique et surtout après avoir rendu publique ce document.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

MICHEL GALY: POURQUOI OUATTARA ET SORO RISQUENT LA CPI


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Après l'intervention militaire d'Abidjan en avril dernier, l'Onuci, et au-delà le système des Nations unies, ont renoué avec leur pire histoire : ainsi l'Histoire rappelle que l'action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigu, notamment en se faisant le relais des intérêts américanos belges, et contribuant à créer la situation qui a livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l'ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui dès fin 2010 dénonçait cette situation) le représentant du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, M. Choi, a fait plus : proclamant dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis M. Ouattara élu (au lieu de certifier l'élection comme le prévoyaient les accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes. La « responsabilité de protéger »est bien morte début avril : détournant la résolution 1975 lui permettant de détruire les armes lourdes menaçant les civils, l'ONU est intervenu par des hélicoptères d'assaut en tuant, à l'inverse de son mandat et à l'encontre du droit international, des civils désarmés -quelques centaines ou quelques milliers ? En même temps que la résidence et la présidence, les hélicoptères de M. Choi ont en effet délibérément bombardé des camps habités par des familles de militaires (Agban et Akouédo), un supermarché, une université et un hôpital- puis ont tiré sur des civils proches du président Laurent Gbagbo, qui essayaient de faire autour de lui un bouclier humain, pour protéger leur régime et leur Constitution.

Transformant en cibles vivantes les personnels occidentaux et même africains des agences des Nations unies, cette forfaiture risque d'avoir de très graves conséquences pour l'institution et l'idéal de concorde entre nations égales, qu'elle a autrefois représenté : déjà au Nigeria, le mouvement fondamentaliste Boko Haram s'en est pris violemment aux membres des Nations unies (18 morts à Abuja, fin août dernier), et il est à craindre que ces actes se multiplient.

Crimes de guerres que partagent les militaires français de Licorne, forces spéciales faisant prisonnier un président nommé par son Conseil Constitutionnel en déployant chars et hélicoptères pour participer au même massacre : quand les donneurs d'ordre rendront-ils des comptes ?

Mais ce sont surtout Alassane Ouattara et son chef de guerre, Guillaume Soro, qui pourraient dans l'immédiat relever de la Cour pénale internationale, pour le « massacre d'Abidjan » commis pendant les mois d'avril et mai dans la capitale, l'épuration ethnique en brousse contre les peuples Guéré, Bété et Attié, faisant suite au massacre de Duékoué -plus de mille victimes hommes, femmes et enfants- à tel point que le CICR est sorti de sa neutralité pour condamner implicitement le camp Ouattara pour cet acte qui pourrait être qualifié de génocidaire.

Quelle retenue des chancelleries, des médias et des « organisations des droits de l'homme » devant ces crimes de guerre - et pour certains, de génocide ! Il apparaît que les FRCI pro Ouattara ont exterminé en deux mois plus de 3000 ivoiriens au bas mot, le massacre étant « protégé » par les patrouilles de la force Licorne et de l'ONUCI qui, au lieu de sauvegarder les civils, ont laissé faire - et pourraient logiquement être poursuivis pour cette passivité ou même pour leur complicité.

Les ONG et le CICR n'en sortent pas indemnes : ils ont les chiffres et des morts civils de la « bataille d'Abidjan » (la Croix rouge ivoirienne ayant, par exemple, ramassé les cadavres) et des milliers de morts de la conquête de la capitale ou des colonnes infernales en brousse- et se refusent à les communiquer, renforçant par leur silence la gouvernance Ouattara.

Qu'ils aient ordonné ou échoué à empêcher ces massacres - l'instruction le dirait -, Guillaume Soro et Alassane Ouattara en portent la responsabilité politique- ni plus ni moins que Jean Pierre Bemba ou Charles Taylor dans leurs procès respectifs. Si leur menace perpétuelle est actuellement de déférer Laurent Gbagbo à la CPI, leurs actes les rendent eux aussi passibles du même tribunal : nul doute que cette institution internationale, suspectée et même accusée d'être un relais des intérêts occidentaux et de pratiquer le « deux poids deux mesures »  en Afrique voudra pour une fois équilibrer les inculpations.

Bien plus, depuis 2002, ces deux leaders du RDR et de la rébellion (dont 2011 a démontré la complicité active depuis leur coup d'Etat, en 2002) sont judiciairement comptables du « système de violence continue » qui a livré Bouaké, Korhogo et la partie septentrionale du pays à l'arbitraire total d'une guérilla sans foi ni loi, si ce n'est aux exactions bien pires des Dozos. Combien de milliers de morts (sans doute plus de 8000 cadavres au passif des rebelles !), viols, ou exactions criminelles sont impunis et parfois méconnus ? Leur défèrement éventuel à la CPI sera l'occasion de faire la lumière sur ces violences et de les punir enfin, tout en révélant les bailleurs de fonds, instructeurs et complices occidentaux (et sans doute français !) de la déstabilisation, depuis une décennie, de la Cote d'Ivoire.

Il est cependant une autre voie : devant cet équilibre de la terreur judiciaire, un pas vers la libération des prisonniers et des déportés politiques, une annulation de toute procédure judiciaire permettant leur réintégration dans le jeu politique en vue des législatives de décembre.

Bien sûr, cela suppose aussi que des conditions équitables soient remplies : les partisans de Laurent Gbagbo ont actuellement 3 délégués sur 31 (à la Commission Electorale Indépendante, Ndlr), les mouvements fantômes rebelles en possédant autant ! Présidée par Youssouf Bakayoko par qui le coup d'Etat franco-onusien a été légitimé, cette institution très contestée prévoit de réintégrer des dizaines et peut-être des centaines de milliers d' « électeurs » pro Ouattara sur les listes électorales (sans compter les milliers de sahéliens s'installant dans la « nouvelle Cote d'ivoire », selon eux, le « pays de tous ») : qui peut aller aux élections avec une commission électorale partisane et des listes d'électeurs truquées ?

Et que se passerait-il si l'Elysée cessait d'être un protagoniste et arrêtait de souffler sur les cendres du conflit ? Les élections françaises de 2012 pourraient être l'occasion pour une majorité de gauche de rompre avec le camp du néolibéralisme et de la Françafrique la plus sanglante, ce qu'incarne Alassanne Ouattara. Si l'Occident retirait ses deux contingents militaires, Licorne et Onuci, la régulation du conflit se ferait spontanément- et sans nul doute, pour Abidjan et le Sud, au profit des partisans de Laurent Gbagbo.

Une solution négociée n'est elle pas meilleure que ces perspectives ? Une judiciarisation du conflit, au lieu de conduire à la réconciliation, serait à coup sur le signal du retour à la violence, si ce n'est à la guerre civile.

 

Par Michel Galy


Source : LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 03 octobre 2011

LIBYE: LES VERITES VOIENT LE JOUR

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L'Alliance atlantique peut-elle plus, veut-elle plus en Libye ? Le fait est qu'elle se trouve dans une sale situation, parce que les initiateurs du bourbier actuel avaient des informations particulièrement optimistes, quand la réalité se trouvait dans l'anticolonialisme exacerbé du peuple libyen, dans ses capacités de résistance et dans son entêtement à ne jamais se soumettre, quel que soit le prix à payer. Les bombardements criminels et leur lot de victimes ont achevé de le convaincre qu'il doit se battre jusqu'au bout. Il ne reste plus aux agresseurs et à leurs supplétifs qu'à se gargariser d'une «victoire» que personne ne voit sur le terrain et à la fabriquer, coûte que coûte, en crédibilité, à une presse mondialisée et fédérée dans l'ignominie du mensonge.

Mais, inévitablement, le système médiatique commence à s'épuiser devant les faits. Il ne peut plus continuer indéfiniment à annoncer presque quotidiennement la prise de Béni Walid et, depuis quelques jours, il ne peut plus cacher pourquoi l'OTAN continue de bombarder et pourquoi le «nouveau pouvoir» ne trouve à s'installer nulle part. Les canaux alternatifs ont fini par gagner en audience et à attirer ceux, en masse, qui ont fini par être écœurés par les ridicules contorsions d'une presse qui n'arrive même plus à trouver les ressorts qu'il lui faut pour se renouveler. La faute est parfois imputée à l'inconséquence de l'OTAN/CNT, pour se dédouaner, ce qui arrive assez tard pour faire oublier des mois de mépris de téléspectateurs, d'auditeurs ou de lecteurs trompés. Sur des sites sourcilleux vis-à-vis de l'authenticité des informations postées, une leçon aux monopolisateurs de la démocratie, on peut accéder à une actualité qui ne met pas en scène les seuls «révolutionnaires» et qui n'est pas fabriquée par les centres de propagande.

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On peut apprendre qu'il n'y a pas de «victoire» mais un massacre continu que la «communauté internationale» ignore. On peut apprendre que les ONG humanitaires refusent ou sont interdites de porter secours aux habitants de Syrte qui paient le prix de défendre leur dignité et qui manquent cruellement de médicaments. On peut apprendre que le «nouveau pouvoir» ne contrôle pas grand-chose dans le pays et qu'à l'inverse, sans les bombes des avions occidentaux, il ne tiendrait pas une journée. On peut apprendre que des quartiers de Benghazi et de Tobrouk sont insurgés et que Tripoli vit un face à face où ce sont les résistants qui ont l'initiative avec le soutien de la population, dont les manifestations anti-OTAN sont sauvagement réprimées. On peut apprendre, surtout, malgré les prévisions de l'OPEP et de la presse spécialisée que la production de pétrole est loin de faire l'objet de la moindre prévision, puisque tout bonnement Brega et Ras Lanouf sont sous contrôle de la résistance libyenne et que Zaouiah connaît des assauts incessants.

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Ceci n'est qu'une partie de la liste des vérités qui ont fini par gagner une opinion qui grossit à vue d'œil. A leur lumière on pourra comprendre pourquoi le «nouveau pouvoir» reproche à l'OTAN de «ne pas faire assez» et pourquoi le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'opération «protecteur unifié» lui répond que «l'Otan n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol». Dans la foulée, bientôt, il faudra bien que soit mise sur la table cette escroquerie criminelle de «protection des civils».


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

dimanche, 02 octobre 2011

VOICI LE DOCUMENT EXPLOSIF REMIS PAR LE FPI ET LE CNRD A ALASSANE OUATTARA



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INTRODUCTION

Le Front Populaire ivoirien (Fpi) et ses alliés du congrès national pour la résistance démocratique (Cnrd) accueillent avec beaucoup d'espoir ce début de dialogue républicain à travers l'audience que lui accorde le Président Alassane Ouattara ce jeudi 30 septembre 2011 au Palais de la Présidence. Faisant suite à trois (03) demandes d'audience dont deux (2) émanant du Cnrd dans son ensemble et une (1) du Fpi seul, cette rencontre ouvre, nous en sommes persuadés, la voie à la réalisation de la démocratie pleine et entière dans la côte d'ivoire post crise électorale.

Aussi convient-il d'accorder la plus haute priorité à l'ouverture du dialogue politique pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Dès lors, saisissant cette opportunité historique le Fpi/Cnrd qui entend pleinement assumer sa position de parti dans l'opposition en toute responsabilité entend exposer sans ambiguïtés le constat qu'il fait de l'environnement politique actuel. Mais pour éviter un exposé trop «large et éparpillé», il se concentrera sur les préoccupations urgentes liées à la sécurité, à l'Etat de droit et au fonctionnement des institutions de l'Etat, à la réconciliation nationale et au jeu démocratique.

Ce faisant, les élections à venir, revêtent pour le Fpi/Cnrd, des enjeux de taille non seulement parce qu'elles représentent un repère majeur pour la paix dans notre pays mais aussi et surtout, elles réconcilieront les ivoiriens avec les institutions de la république qu'ils se sont librement données à travers la constitution. Car en vérité, la représentativité d'un parti politique fusse-t-il dans l'opposition se mesure à sa représentation nationale quand la crédibilité des dirigeants d'un Etat se jauge par l'organisation d'élections transparentes, crédibles, ouvertes et acceptées de tous. C'est donc le lieu pour nous de réaffirmer notre doctrine d'accession au pouvoir d'Etat par les urnes et notre disponibilité à assumer notre part dans les prochaines élections.

Celles-ci intervenant après une crise post électorale sanglante ne sauraient être une opération toute «banale». C'est pourquoi pour assurer à ces élections et singulièrement à l'élection législative, tout son sens il conviendrait de se concentrer avec sérieux sur trois (3) éléments importants qui en influenceront l'issue. Il s'agit d'abord de l'environnement sécuritaire, ensuite du cadre organisationnel et enfin de l'environnement judiciaire. Ces trois facteurs imbriqués représentent le gage d'une élection réussie dont émaneront des institutions crédibles, acceptées et respectées des citoyens ivoiriens, à des habitants et des amis de la côte d'ivoire.

Pour les besoins d'ordre rédactionnel nous présentons les attentes du Fpi/Cnrd sur chacune des préoccupations.

I- De l'environnement sécuritaire

C'est un truisme d'affirmer que la situation sécuritaire est des plus délétère. Des hommes armés se réclamant des Forces républicaines de côte d'ivoire(Frci) ou des chasseurs traditionnels dont l'aire culturelle d'activité était bien circonscrite dans le nord (dozo), paradent dans les centres urbains et ruraux. Il n'existe aucun site habité de notre pays (villages, villes, quartiers, campements) qui ne dispose de son contingent de Frci ou de dozos. Ceux-ci continuent d'occuper des brigades de gendarmeries, des commissariats de police, des cantonnements forestiers et des postes douaniers. Ils font la loi selon leur bon vouloir, s'érigent en «officiers de police judiciaire, procureurs et juges». Dans ces conditions le citoyen est livré à lui-même car le corps préfectoral demeure impuissant devant ces personnes armées et qui se croient investis de tous les pouvoirs y compris celui d'ôter la vie aux populations.

Il ne se passe pas de jours sans que les exactions diverses, les tueries et les humiliations ne soient exercées sur les populations. La liberté de circuler est gravement entravée aussi bien pour les personnes que pour les biens. Si cette situation prévalait déjà en zones dites cno avant l'élection présidentielle, elle s'est généralisée depuis la crise post électorale à l'ensemble du territoire nationale.

Par ailleurs, les biens, maisons, les plantations des personnes privées sont confisqués par les Frci et les dozos. Pour le Fpi/Cnrd, la période électorale est un moment très sensible où par la force d'arguments, les candidats se donnent les moyens d'acquérir l'adhésion du maximum d'électeurs à leur cause. La période électorale est un moment de grande mobilité où les horaires de circulation ne se mesurent qu'à la stratégie de conquête de l'électorat. Les candidats se déplacent à toute heure et selon la disponibilité des électeurs. La nuit n'est pas un obstacle à cette activité et la liberté d'aller et de venir avec les moyens (biens) de déplacement qui sied au candidat et à son équipe est de mise. La trop grande insécurité qui prévaut actuellement dans le pays est à tout point de vue incompatible avec une vie nationale paisible.

C'est pourquoi le Fpi/Cnrd est fortement préoccupé par la situation délétère qui prévaut depuis avril 2011 et qui perdure aussi s'agissant de la sécurité des personnes et des biens nous faisons deux (2) groupes de propositions.

 

Il s'agit dans l'immédiat :

- de procéder au retrait total et au désarmement des Frci et des dozo ;

- d'encaserner les militaires; de rétablir la police et la gendarmerie dans leur mission de sécurité intérieure.

 

Le Fpi/Cnrd voudrait avoir la garantie que pendant la période électorale, par exemple, que ces personnes désarmées ne sortiront pas de leur lit pour empêcher la libre circulation des personnes et des biens, influencer le libre exercice du devoir électoral et pour commettre des voies de fait susceptibles d'entacher la sincérité du vote.


Dans le court terme:

- il faudrait réactiver les fondamentaux de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) en particulier l'accord complémentaire IV relatif à la nouvelle armée.


Cet accord, seul consensus national autour des forces armées, donnent les éléments pour régler de manière efficace et définitive l'environnement sécuritaire national. Les autorités actuelles n'ayant pas dénoncé l'Apo (et en ont-elles d'ailleurs le droit ?), il convient de prendre des dispositions y inscrites et applicables à tous les corps armés (militaires, gendarmes, policiers, agents des eaux et forêts et agents de la douane, etc.) pour rapprocher des hommes qui se sont combattues et de leur réapprendre à vivre ensemble. C'est une telle approche qui évitera la création d'une armée sur des bases partiales qui peut, certes, satisfaire un camp mais sans jamais assurer la réconciliation des factions de l'armée entre elles, ni la réconciliation de l'armée avec le peuple.

Pour nous, toutes les décisions prises depuis l'élection présidentielle et qui se poursuivent actuellement donnent le net sentiment de la construction d'une «armée des vainqueurs» d'une guerre postélectorale. Créer un environnement sécuritaire immédiat et bâtir une armée nouvelle sur la base de l'Apo, voilà les ingrédients d'un environnement sécuritaire favorable non seulement à la tenue d'élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous mais aussi d'un meilleur «vivre ensemble» qui contribuera durablement à la vie démocratique et apaisée dans notre pays.

II- De l'Etat de droit et le fonctionnement des institutions de l'Etat

Le peuple de côte d'ivoire s'est librement dotée d'une constitution en août 2000. C'est sur cette constitution que vous avez prêté serment en mai 2011 en jurant de la protéger et de la respecter. Le respect de cette constitution était de mise dans notre pays depuis sa promulgation jusqu'au 19 septembre 2002. L'insécurité, l'absence des administrations régnaient dans les zones Centre-Nord-Ouest (Cno). Néanmoins, dans la partie du pays dénommée zone gouvernementale, la constitution ivoirienne était scrupuleusement respectée et protégée et les institutions de la république fonctionnaient.

À l'inverse, depuis le 11 avril 2011, il est courant de constater de graves violations de la loi fondamentale ivoirienne. Retenons à titre d'exemples :


- le nouveau chef d'état n'a pas déclaré ses biens et continue d'être président du Rdr.

- la nomination à la présidence du conseil économique et social d'une personnalité qui n'en est pas membre ;

- le replacement du président et des membres du conseil constitutionnel dont le mandat était en cours ;

- la dissolution de fait de l'assemblée nationale.

 

En outre, dans le fonctionnement de l'appareil administratif de notre pays, les nominations civiles et militaires se font sur des bases claniques, soit partisanes, soit tribales, excluant toute notion de compétence. Dans la plupart des cas, surtout concernant les conseils d'administration, on n'attend pas les délais règlementaires pour procéder à des remplacements de personnes soupçonnées d'être non membres du clan.

Face à ces dérives, le Fpi/Cnrd préconise un dialogue politique pour renforcer la gouvernance démocratique dans notre pays et ainsi normaliser la vie publique. Par ailleurs, l'environnement judiciaire se caractérise par ce que les organisations des droits de l'homme qualifient à juste titre de «justice déséquilibrée». Le Fpi/Cnrd adhère à ce constat car depuis l'avènement du nouveau pouvoir le 11 avril 2011 suite à la guerre post électorale, la justice ivoirienne s'est acharnée sur les cadres et militants du Fpi/Cnrd. De plus, la liberté de presse est mise à mal par le président du conseil national de la presse (Cnp).

Pendant ce temps, les tueries massives, les exactions, les confiscations de biens, de domiciles et de plantations perpétrées par les hommes en armes (Frci et dozos) proches du pouvoir ne font l'objet d'aucune mesure judiciaire ne serait ce que les enquêtes préliminaires. Même dans l'ouest, notamment à Duékoué, où les populations Wê sont confrontées à des tueries massives ciblées telles que rapportées par les organisations internationales des droits de l'homme et l'Onuci, il n'y a aucune suite judiciaire. C'est le lieu de donner quelques indications majeures sur des faits marquants qui seront fortement gravés dans l'histoire de nos pays et dans la mémoire collective des ivoiriens et des africains :


-la déportation au nord du président Laurent Gbagbo à Korhogo, de son épouse Simone (Odienné) et de son fils Michel (Bouna) ;

-déportation du président du Fpi Affi N'guessan, des cadres du Cnrd/Lmp et militants du Fpi au nord-est (Bouna) ;

-la déportation du vice-président du Fpi Sangaré Abou Drahamane et de plusieurs cadres du parti et du Cnrd à Katiola au centre nord ;

-la déportation du premier ministre Aké N'gbo, économiste émérite de renommée internationale et des membres de son gouvernement à Boundiali au nord ;

-le lancement de plusieurs mandats d'arrêts internationaux contre les cadres, ministres et militants du Fpi/Cnrd contraints à l'exil dans la sous région ouest africaine où on dénombre près d'un million d'exilés auquel il convient d'ajouter au moins deux millions de déplacés internes ayant fuit les exactions et exécutions sommaires.

-le gel des avoirs des cadres et militants Lmp/Cnrd non seulement au plan national et aussi à l'extérieur de la côte d'ivoire ;

- l'incarcération des hauts gradés de l'armée ivoirienne à Korhogo et Abidjan.

 

Ce survol succinct de l'environnement judiciaire pré élections législatives et autre permet de parler d'une véritable insécurité judiciaire dans le pays pour les membres du Fpi/Cnrd. Pour se justifier les autorités évoquent la lutte contre l'impunité. Mais l'on est en droit de savoir si dans une communauté humaine il est vrai de considérer qu'il n'y a qu'un camp des fautifs face à un autre des «saints» ? Telle n'est pas notre conviction et plus cela ne correspond à rien de la situation actuelle de notre pays.

Au demeurant, l'on constate qu'il a fallu attendre quatre mois (4) après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de son épouse pour lui «coller» le chef d'accusation de crime économique. Son fils, Michel Gbagbo, à qui le ministre de la justice avait trouvé un délit de patronyme sur le plateau de Tci (télévision ivoirienne du camp Ouattara) écope désormais d'un chef d'accusation d'atteinte à la sûreté de l'état. Chef d'accusation d'ailleurs devenu très générique pour tous les déportés, trois à quatre mois après leur arrestation et leur détention. C'est donc dans un environnement judiciaire crispé et véritablement délétère que les élections législatives sont annoncées. Objectivement que peut on attendre d'un parti politique dont les référents moraux, les inspirateurs, les principaux cadres dirigeants sont emprisonné ou exilés ? Que peut-il valoir si les ressources humaines et financières sur lesquelles ce parti peut compter pour une compétition équitable sont bloquées?

La situation à laquelle le Fpi/Cnrd est invité s'apparente à un jeu de perte «si tu ne t'y engages pas tu perds et si tu y renonces tu perds !» dans ces conditions comme le disent les ivoiriens renoncer n'est il pas mieux ?

Mais nous ne voulons pas pour autant désespérer de la côte d'ivoire de ses filles et fils, et de ses politiques. C'est pourquoi aussi difficile que soit la situation nous gardons l'espoir dans le discernement et la clairvoyance du Président Alassane Ouattara de mettre un frein à cette machine judiciaire. Ce qui est attendu et qui fonde notre espérance, c'est plus une décision politique. Ainsi, nous suggérons pour un apaisement général, la création des conditions pour :

 

-la libération du Président Gbagbo Laurent, de son épouse et de son fils ;

-la libération du Président, du Fpi, Pascal Affi N'guessan, du vice-président Sangaré Abou Drahamane, des cadres et militants du Fpi/Cnrd-Lmp

-la libération de tous les détenus militaires de la crise post électorale;

-le retour de tous les exilés et les déplacés -l'arrêt de toutes les procédures judiciaires.

 

Pour la mise en oeuvre de cette noble mission à la fois politique et humanitaire, nous suggérons la prise d'une loi d'amnistie générale et la mise en oeuvre de la loi portant financement des partis politiques.

III. De la Réconciliation nationale

La réconciliation nationale représente un vaste programme transversal dont la mise en oeuvre nécessite l'engagement effectif et non supposé de tous les acteurs de notre société. Puisqu'il s'agira de réconcilier les différences et de recréer la confiance, la réconciliation doit être comme un espace de dialogue et de vérité pour aboutir à une cohésion sociale nationale renforcée. Le Fpi en fait une préoccupation majeure basée sur une analyse en profondeur dont un aperçu succinct est, ici, présentée.

 

Ainsi trois points essentiels méritent l'attention :

- Les origines de la fracture sociale

- Les justifications de la réconciliation

- La mise en oeuvre du processus de réconciliation en parcourant l'histoire de la côte d'ivoire, l'on note que différentes situations assimilables aux fractures ont jalonné la vie sociale du pays.

 

Toutefois il convient de noter que le pays a connu une paix relative jusqu'en 1999 date du coup d'état même si les épisodes douloureux du temps colonial, les arrestations de 1963, de la crise du Sanwi, de la guerre en pays Guébié, du retour tumultueux au multipartisme, de l'arrestation des leaders de l'opposition et responsables syndicaux en 1992, du boycott actif des élections de 1995, de la gestion difficile de la succession du Président feu Félix Houphouët-Boigny ne peuvent être ignorés.

Ainsi donc le coup d'état du 24 décembre 1999 apparaît véritablement comme le point de départ de la grande fracture sociale en ce sens qu'il mettait fin pour la première fois en côte d'ivoire aux activités d'un gouvernement légalement établi et des institutions de la république. Le régime militaire issu du coup d'état à travers sa mauvaise gestion des résultats de l'élection présidentielle contribuera à la détérioration du climat politique.

Arrivé au pouvoir en octobre 2000 dans «les conditions calamiteuses» le Président Laurent Gbagbo va prendre de grandes initiatives pour rétablir la cohésion nationale. En témoignent les gouvernements d'ouverture successifs (27 octobre 2000 : Fpi, Pdci, Pit), janvier 2001 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci) et août 2002 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci, Rdr).

Par ailleurs, il organise un forum national pour la réconciliation nationale auquel participent tous les leaders dont les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara rentrés de France où ils étaient en exil, de même que le général Guéi robert retranché avant dans son village natal dans les montagnes de l'ouest après son échec électoral d'octobre 2000. Ce forum a formulé des recommandations pertinentes à même de «ressouder» la société ivoirienne.

Malheureusement l'attaque armée intervenue la nuit du 18 au 19 septembre 2002 viendra briser l'espoir suscité par cette amorce de stabilisation de la situation sociopolitique.

Ainsi au lendemain de l'attaque du 19 septembre 2002 la côte d'ivoire va être défigurée et divisée en deux zones : La zone centre -nord- ouest contrôlée par les rebelles et la zone gouvernementale. Cette guerre, représentera un traumatisme encore plus grand que le coup d'état de 1999 au regard des violences, des exactions, des meurtres et du nombre de victimes.

Les ivoiriens ont perdu confiance les uns dans les autres et se regardent alors désormais en chiens de faïence. Les accords successifs conclus à l'extérieur n'ont pas réussi à rétablir la paix. C'est alors que le président Laurent Gbagbo initie le dialogue direct avec le secrétaire général des forces nouvelles aboutissant à l'accord politique de Ouagadougou (Apo) le 04 mars 2007. Cet accord a défini une série d'étapes civilo-militaires comme gage d'une élection présidentielle apaisée.

A la vérité les aspects essentiels de cet accord n'ont pu être mis en oeuvre précipitant la côte d'ivoire dans des élections dont la gestion maladroite et contradictoire par les institutions nationales et internationales a conduit à l'affrontement militaire d'avril 2011. Cet affrontement s'est soldé par la victoire militaire de Alassane Ouattara aidé par les forces coalisées (France -Onuci-Frci) et l'arrestation du président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs.

Devenu président de la côte d'ivoire dans les conditions ci-dessus décrites, Alassane Ouattara prône la réconciliation et la lutte contre l'impunité. C'est alors que nous assistons depuis avril 2011 à la persécution des pro-Gbagbo (tueries et exécutions sommaires, vols, viols, confiscation de biens et patrimoine... action judiciaire unilatérale) on compte par centaine de milliers les exilés et déplacés intérieur. Pendant ce temps, le processus de réconciliation piétine et aucune visibilité n'est perceptible tant au niveau de la méthode que de l'action. Toutefois, le Fpi est convaincu que la réconciliation se justifie amplement. Il l'a démontré en 2001 en inspirant et en soutenant l'initiative du président Gbagbo pour organiser le forum national pour la réconciliation. Il ne cesse de déclarer par tout moyen (diplomatique, politique et communicationnel) sa disponibilité à prendre part à la réconciliation nationale prônée par les nouvelles autorités.

Le rétablissement de la paix, les conséquences graves et multiples de la crise sur la société ivoirienne, la détresse et les souffrances multidimensionnelles des populations, l'idéal d'un développement socio-économique et la cassure de la côte d'ivoire sont au moins des éléments suffisants non exhaustifs qui justifient la réconciliation nationale. Ce processus comportera des étapes et niveaux d'intervention, des méthodes et des approches impliquant toute la communauté nationale. Il s'agira en réalité de retrouvailles autour de l'arbre à palabre à l'africaine au cours desquelles chaque «famille» sera conduite par son «père ou chef spirituel ou inspirateur». Tous devraient être présents à commencer par le Président Laurent Gbagbo et tous les exilés. Il faut alors créer les conditions de ce rassemblement dont l'initiative appartient aux autorités. Des choix clairs et des priorités doivent être établis en toute sincérité : réconciliation et lutte contre l'impunité en concomitance, pardon et justice en concomitance et pour quelle priorité et quel résultat ?

Le Fpi ne croit pas à une réconciliation à la Nuremberg, ni à un oubli forcé. Il est adepte d'une approche méthodique basée sur une première sécurisation du processus de concertation à travers la manifestation d'une volonté des autorités publiques de rassembler tous les acteurs. À partir de ce gage de sécurité dont une amnistie générale n'est pas le moindre aspect, l'on est rassuré d'un processus non piégé et donc ouvert et crédible. Au demeurant, le Fpi prône une approche inclusive à travers une démarche emprunte d'humilité, de tolérance, d'acceptation et de considération mutuelles. La côte d'ivoire doit faire face à elle-même en interrogeant sa propre histoire sociopolitique pour trouver les racines de la crise contemporaine. Dès lors, aucun sujet ne doit être tabou et tout doit être abordé. À titre illustratif, il faudra passer en revue les éléments actuels et lointains qui ont pu s'accumuler pour créer les conditions d'une crise aussi grave que celle-ci.

 

À présent une chronologie succincte:

- Les évènements d'avant les années 50 et l'instrumentalisation de la diversité ethnique et des communautés par le pouvoir coloniale (ex : l'association des ressortissants de côte d'ivoire et les évènements de 1938) ;

- Les années 50 et la lutte pour l'émancipation avec la manipulation ethnique contre le Pdci, le nationalisme anti gouvernement fédéral, l'utilisation des leaders politiques non ivoiriens, la lutte pour le leadership dont les points culminant sont repris dans le rapport damas auxquels, il convient d'ajouter la mort de Biaka Boda ; frustrations et regroupement forcé des partis politiques.

- Les années 1960 avec les faux complots de Houphouët-Boigny dont certaines personnalités de la vie actuelle garde un amer souvenir. À cela s'ajoute la crise du Sanwi, la gestion approximative des problèmes de cohésion restés en suspens avant les indépendances et non élucidés par la suite.

- La décennie 1970, avec l'affaire Kragbé Gnangbé à Gagnoa. Arrêté par l'armée ivoirienne, il n'est jamais réapparu ; la répression des leaders syndicaux estudiantins et enseignants ; l'arrestation de jeunes officiers de l'armée ;

- La décennie 1980 caractérisée par la crise économique et l'avènement des premières mesures d'ajustements structurels que les ivoiriens ont dénommés "la conjoncture". La répression des mouvements sociaux, et exil de citoyens ivoiriens dont Laurent Gbagbo en France. Premières révoltes publiques de Félix Houphouët-Boigny contre le système de prévarication capitaliste avec "la crise du cacao".

- La décennie 1990 : la réinstauration du multipartisme dans des conditions tumultueuses et non acceptées de tous les acteurs ; la "loubardisation" du milieu estudiantin; l'accentuation de la crise économique et la surchauffe de la vie politique et syndicale dont les points forts sont l'arrestation de leaders politiques, syndicaux et de la société civile (février 1992), la mauvaise gestion de la succession de Félix Houphouët Boigny (décembre 1993), notamment le refus du premier ministre d'alors de l'application de la constitution ; le boycott actif des élections présidentielles par la coalition de l'opposition Fpi-Rdr suivi de plusieurs arrestations et condamnations et l'humiliation du chef d'état major (1995), le mandat d'arrêt international contre Alassane Ouattara avec l'emprisonnement de plusieurs cadres du Rdr (1998) et la déclaration à caractère ethnique, régionaliste et religieux du leader du Rdr à Paris (1999), le summum des évènements des années 1990 étant le coup d'état du Général Guéi (24 décembre 1999).

- La décennie 2000 se caractérise par l'éclatement au grand jour de la crise qui puise sa source dans un passé lointain et proche dont le cumul aboutit à la situation actuelle :


 2000 :

  • nouvelle constitution, nouveau code électoral ; profond désaccord sur les critères d'éligibilité à la présidence de la république;
  • élection et accession de Laurent Gbagbo à la présidence de la république malgré la tentative de confiscation du pouvoir par le général Guéi. Formation d'un premier gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Pit) ;
  • refus du Rdr de participer aux élections législatives et troubles de 2 jours à Abidjan (décembre 2000) ;


 2001 :

  • deuxième gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Udpci)
  • coup d'état manqué (8-9 janvier 2001)
  • organisation du forum pour la réconciliation nationale
  • élections municipales : le Rdr obtient la majorité des communes


 2002 :

  • élections (départementales) des conseils généraux le Fpi et le Pdci arrivent coude à coude tandis que le Rdr cantonnée en région nord n'obtient à peine que 15% des départements.
  • Gouvernement de très large ouverture avec la participation du Rdr (5 août 2002) ;
  • septembre 2002, tentative de coup d'état muée en rébellion et consacrant la partition du pays;


 2003 :

  • accord de Linas Marcoussis et formation d'un gouvernement de réconciliation national avec la présence des partis politiques et des mouvements rebelles signataires dudit accord suite à la désignation d'un premier ministre dit consensuel (Seydou Diarra) ;
  • déclaration officielle de fin de belligérance entre les Fds et les forces de la rébellion ;
  • installation de la "centrale", régie financière de la rébellion dans les zones Cno ;


 2004 :

  • tentative de marche à Abidjan de l'opposition alliée aux forces de la rébellion (G7) interdite et réprimée par le gouvernement (mars 2004) ;
  • tentative de libération des zones occupées par la rébellion (opération dignité novembre) ;
  • intervention de l'armée française (Force Licorne) qui attaque l'armée ivoirienne et massacre des jeunes patriotes aux mains nues ;


 2005 :

  • report de l'élection présidentielle avec prolongation du mandat du Président Gbagbo par le conseil constitutionnel conformément à la constitution ; la communauté internationale suit ;
  • Prolongation subséquente du mandat des députés ;
  • nomination du nouveau premier ministre (Charles Konan Banny) et d'un nouveau gouvernement de réconciliation.


 2006 :

  • tentative de dissolution de l'assemblée nationale par la communauté internationale (Gti) qui se heurte au soulèvement des ivoiriens ;
  • Lancement des audiences foraines et tentatives de révision unilatérale de la liste électorale occasionnant des affrontements meurtriers dans plusieurs localités;
  • crise des déchets toxiques : le Premier ministre présente sa démission et celui du gouvernement au Président de la république Laurent Gbagbo qui, séance tenante le reconduit. Après deux (02) semaines, le Premier ministre présente la liste de nouveaux ministres sans photo de famille avec le président de la république (une grande première dans l'histoire de notre nation !) ;
  • consultation générale des populations du pays par le président de la république concluant à la nécessité d'un dialogue direct avec la rébellion ;


 2007 :

  • Lancement du dialogue direct aboutissant à l'accord Politique de Ouagadougou (Apo) ;
  • mise en place d'un nouveau cadre institutionnel (Premier ministre et gouvernement) ;
  • organisation de la flamme de la paix à Bouaké ;


 2008-2009 :

  • Le pays retrouve un calme relatif permettant la mise en oeuvre d'une partie de l'Apo, la circulation des personnes sans beaucoup d'entrave, la réalisation de l'identification, du recensement et du contentieux électoral avec la distribution des rôles (Cei, conseil constitutionnel, Onuci, communauté internationale en particulier la France, les Usa et l'Ue) avec toutefois des entraves graves sur le volet militaire,
  • Visites des régions par le président de la république.


 2010 :

  • découverte de fraude organisée par le président de la Cei sur la liste électorale aboutissant à la dissolution de la Cei et du gouvernement ;
  • mise en place d'une Cei et d'un gouvernement remaniés ;
  • Pression de la communauté internationale pour l'organisation des élections alors que le désarmement (point majeur de l'accord politique de Ouagadougou) n'est pas réalisé ;
  • organisation de l'élection présidentielle débouchant sur des résultats contradictoires, le conseil constitutionnel (juge des élections) proclamant finalement la victoire de Laurent Gbagbo ;


 2011 :

  • L'union africaine préconise une médiation en nommant un haut représentant suite à la mission du panel des chefs d'état du conseil de paix et de sécurité qui reconnaissait la victoire de M. Ouattara ;
  • M. Ouattara déclenche l'affrontement militaire avec l'appui de la France et de l'Onuci ;
  • arrestation de Laurent Gbagbo et prise de pouvoir par m. Alassane Ouattara ;
  • Vastes mouvements de répression contre les personnes soupçonnées d'être "partisans de Gbagbo" (militaires, cadres, intellectuels, populations, etc.).


Ce survol chronologique rappelle que la crise actuelle est la résultante de plusieurs frustrations, et même des méprises sur l'évolution de la société ivoirienne. Des concepts ont été introduits dans le langage politique sans que l'on en mesure toujours les conséquences. Aussi à l'occasion des travaux de la commission dialogue vérité et réconciliation, il faudra s'appesantir sur des thèmes dont la compréhension purgerait les malentendus et favoriserait de ce fait la réconciliation. Ainsi au moins sept (07) groupes thématiques mériteraient d'être abordés en profondeur en se référant à l'histoire de leur avènement et aux compréhensions antagoniques qu'ils ont engendrées.

 

1- La nationalité ivoirienne avec pour corollaire la xénophobie, l'exclusion, l'ivoirité ;

2- La cohésion nationale comprenant l'intégration nationale, le régionalisme, le tribalisme, la religion et la cohabitation, le népotisme, etc.

3- La constitution, les lois et règlements et le respect des institutions de la république ;

4- L'état de droit, les droits humains, l'appareil judiciaire, la démocratie, le multipartisme et le mode de scrutin ;

5- La défense et la sécurité nationale : l'armée et la police ;

6- L'intégration sous-régionale et le droit d'établissement ;

7- Le problème foncier : foncier rural, urbain, droit de la femme et des jeunes sur la terre, le droit des étrangers et des allochtones sur les terres, etc.

 

Les thématiques (non exhaustives) évoquées ci-dessus devront être abordées sans langue de bois et faire l'objet d'une analyse rigoureuse dans une démarche toute méthodique du processus de mise en oeuvre de la réconciliation. S'il est de notoriété que la crise est d'ordre essentiellement politique liée à la prise et à la gestion du pouvoir d'état, retenons que plusieurs mécanismes plus ou moins lointains ont été actionnés pour assouvir ces ambitions politiques. C'est pourquoi le FPI préconise une grande attention dans les éléments relatifs à la période et aux acteurs à considérer, à la faisabilité, à la durée et au choix du type de réconciliation. Mais auparavant nous ne répéterons jamais assez, il y a lieu de créer les conditions idoines à la réussite de ce "grand rassemblement sous l'arbre à palabre à l'africaine".

Ainsi il conviendra de couvrir au moins la période de 1990 à 2011 pour mieux apprécier les fondements de la crise dont la phase post électorale 2010-2011 n'est que le point culminant d'un iceberg social et politique profond et lointain. Les acteurs sont à rassembler et à identifier dans la classe politique consensuelle certes, mais aussi dans toute la société nationale au titre duquel on ne saurait ignorer la société civile, les forces belligérantes (militaires, rébellion, etc.), les leaders religieux, les groupes sociaux, les ressortissants des pays frères et amis et les membres de la communauté internationale avec en tête la France. Pour une bonne conduite du processus de réconciliation, il faudra adopter des termes de références (Tdr) consensuels et transcrits par au moins un acte (décret) pour lui conférer une valeur dépassant le simple symbole et soustraire sa mise en oeuvre de tout folklore et amalgame entre cérémonie de réjouissance ou de retrouvailles et la réconciliation. Un tel acte réglementaire devra indiquer la durée assortie d'un chronogramme et d'indicateurs de performance acceptables et vérifiables pour tous.

En outre le processus en lui-même doit clairement établir la typologie des manquements à pardonner ou à absoudre par des mécanismes idoines à convenir. De là, des résolutions à caractères obligatoires seront formulées en vue d'un nouveau départ de la cohésion nationale et préparant les esprits à une bonne intégration sous-régionale. Afin de donner à la réconciliation les chances de réussite attendue, les autorités sont invitées à créer les conditions minimales de confiance en prenant une loi d'amnistie générale pour arrêter les poursuites judiciaires, libérer les biens confisqués, restaurer la libre circulation des personnes et des biens et garantir la sécurité par l'encasernement des forces militaires, favoriser le retour des exilés.

Au total, le Fpi s'inscrit pleinement dans la réconciliation préalable à la reconstruction et au développement. Ce référant à l'histoire de l'humanité, trois (03) modèles de réconciliation s'offrent à la côte d'ivoire :


  • le modèle de justice grecque du IVème siècle avant J-C, préconisant l'oubli pour ne pas ressusciter les maux et les blessures du passé ;
  • le tribunal de Nuremberg institué par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale qui retient une sanction imprescriptible pour les crimes contre l'humanité ;
  • la commission vérité et réconciliation inspirée par l'Afrique du sud qui construit une voie entre l'oubli et la vengeance.


Le Fpi privilégie la voie sud africaine car il est faux de croire que dans ce pays il y a un camp des victimes en face d'un autre, celui des bourreaux.

IV- Du jeu démocratique

S'il est indéniable que le Fpi est le fils des élections au regard de sa doctrine d'accession au pouvoir par les urnes, il n'en demeure pas moins très attaché aux conditions d'organisation du processus électoral. C'est d'ailleurs parce que le Fpi ne voit d'autre possibilité de prise de pouvoir qu'il fait du cadre organisationnel des élections sa grande priorité. Au demeurant, le Fpi est d'avis constant que la non participation à une élection laisse des traces mais il pense fortement à prendre part à un scrutin aux contours biaisés est le pire des risques démocratique à ne jamais tenter.

Au surplus, nous disons que c'est une grave erreur de gouvernance en ne créant pas les conditions de la pleine participation de tous les acteurs politiques au processus électoral. Cette participation de tous passe nécessairement, nous dirons même obligatoirement par l'assainissement du cadre organisationnel des élections. Car si le penseur affirme «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» que vaudrait une élection gagnée d'avance par un groupement de partis politiques qui, par le refus obstiné d'un jeu transparent s'adjugeait une majorité aux ordres.

La nature a horreur du vide a-t-on coutume de dire. Dans un hémicycle composé uniquement de parts alliés, il n'est pas évident que l'harmonie projetée soit de mise. Bien au contraire les rivalités internes peuvent s'exacerber et fragiliser dangereusement la cohésion sociale de la nation. Une alliance politique quelle qu'elle soit n'est jamais définitive, elle est toujours conjoncturelle en fonction de l'opportunité du moment. L'histoire récente de notre pays nous en donne plusieurs exemples. Le pouvoir corrompt le détenteur et le pouvoir absolu corrompt absolument. Voilà ce qui fonde la nécessité de disposer d'une contradiction démocratique pour l'équilibre de la république. Dans le cas contraire c'est l'absolu avec pour corollaire l'abus et in fine, le chaos. Pour avoir subi les affres du parti unique mais surtout pour en avoir analysé les contradictions, le Fpi sait de quoi il parle. Évitons le recul démocratique de la côte d'ivoire en mettant en place un cadre organisationnel des élections acceptables pour tous.

Les prochaines élections devront être l'occasion de panser ou d'atténuer le traumatisme né de l'organisation chaotique de l'élection présidentielle d'octobre 2010. Elles devraient être, et nous le répétons parce que nous en sommes convaincus, la base durable d'une réconciliation nationale autour des institutions de la république et renforcer l'unité et la cohésion nationale. C'est un virage historique et exaltant à ne pas rater.

Aussi, le Fpi/Cnrd ne peut faire l'économie d'un certain nombre de préoccupation majeure assortie de suggestion forte à même d'assurer des élections acceptables pour tous et un environnement post électoral apaisé.

À cet effet, le Fpi/Cnrd se préoccupe du déséquilibre encombrant de la composition de la commission électorale indépendante (Cei) dont sur 31 membres 27 proviennent des partis du Rhdp. La tendance de dire qu'on ne change pas les règles de jeu en cours de partie s'apparente dangereusement à l'expression «le débat est clos» lancé par le Pdci en 1995 aux yeux de la coalition de l'opposition du front républicain (Fpi-Rdr). Dans la république le débat sur les conditions d'élection qui déterminent l'avenir de la communauté ne saurait jamais être «clos». Tout au contraire, seul le dialogue républicain permanent assure le bien individuel et collectif. La république n'est jamais un champ d'application des règles sportives encore qu'à chaque étape d'un tournoi sportif l'on procède à des ajustements du corps arbitral et chaque match est toujours précédé d'une réunion technique pour harmoniser les points de vue. Non ! La composition actuelle de la Cei est trop suspecte aux yeux du Fpi/Cnrd car à la vérité quelle est l'existence réelle «des Mpci, Mpigo, Mjp» fondus dans les forces nouvelles (Fn) et qui ont publiquement adhéré au Rhdp ?

La responsabilité des dirigeants et du chef de l'état en personne est de rassurer l'opposition, non à travers les déclarations d'intention mais en posant des actes qui convainquent. La composition de la Cei est un challenge qu'ensemble nous devons lever. Non moins important est le challenge portant sur le président de la Cei M. Youssouf Bakayoko dont la partialité, le parjure et la responsabilité sont patents et ne sauraient être occultés pendant l'élection présidentielle. Le président du conseil constitutionnel a bien été remplacé. Pour rassurer l'opposition de la crédibilité de la Cei, il faudra remplacer l'actuel président par une personnalité consensuelle, crédible et non partisane. La côte d'ivoire en dispose autant qu'on voudra car l'essentiel est de présenter les gages d'équité qu'à chaque acteur pour sa pleine participation aux élections. Que dire des notions de certification et de validation ?

Pour le Fpi/Cnrd il y a un besoin de clarification de ces notions, les responsabilités institutionnelles y afférentes et surtout du positionnement protocolaire des organismes chargés de chaque aspect. Cette préoccupation prend tous son sens dans les élections à venir au regard de la confusion enregistrée après l'élection présidentielle d'octobre 2010. La liste électorale recelait des points de désaccord qui n'ont pas été purgés avant l'élection présidentielle. Ce sont des points politiques et non techniques que la Cei n'a pas le droit de traiter en dehors de tout arrangement entre partis. Le faisant, la Cei et son président outrepassent leur mission et compromettent sciemment la sincérité des futures élections.

L'accès au media d'état est une donnée fondamentale de la démocratie en période électorale. C'est un sujet d'ordre stratégique qui a besoin d'être inscrit au chapitre des préoccupations tout comme les hypothèques qui pèsent aujourd'hui sur les journaux proches de l'opposition. Des préoccupations sus-évoqué découle les propositions du Fpi/Cnrd relatives au cadre organisationnel des élections :


-1) Révision de la composition de la Cei

Cette préoccupation tient son fondement de ce qu'après l'élection présidentielle, des leçons doivent être tirées de la nécessité d'un organe arbitral équilibré dans lequel chaque acteur a confiance. Le Fpi/Cnrd pense qu'il faut revisiter les données en retenant pour l'essentiel : l'équilibre et la confiance. Pour se faire, dans la mesure où l'échiquier politique national se gère entre deux blocs que sont le Rhdp et le Cnrd, la Cei doit être composée de quinze (15) membres pour chaque partie, le trente et unième membre devant être proposé par le président de la république.

-2) Changement du président de la Cei

Nous ne le répéterons jamais assez que l'enjeu est d'organiser des élections crédibles basées sur la confiance des acteurs au système arbitral. Le Fpi/Cnrd a fini de faire confiance à M.Youssouf Bakayoko. Il n'est plus à nos yeux un arbitre et même un juge crédible. Nous demandons des pourparlers pour désigner une personne acceptable par les deux parties. Car dans une compétition dès lors qu'un camp ne fait pas confiance à l'arbitre, il ne peut l'accepter. D'ailleurs même le processus judiciaire prévoit la récusation du juge de siège.

-3) Nécessité de clarification des notions de certification et de validation

Ces deux notions si elles ne sont pas bien comprises par les acteurs et surtout par les institutions dédiées sont susceptibles d'engendrer des équivoques regrettables. C'est pourquoi le Fpi/Cnrd demande une clarification par des définitions précises de ces notions à formuler dans un document de valeur règlementaire suite à un accord entre parti ; il est également suggérer de désigner les institutions chargées de ces aspects tout en établissant l'ordre protocolaire.

-4) La liste électorale

Comme indiqué plus haut, plusieurs points de discordes demeureraient sur la liste électorale notamment les personnes n'ont prises en compte en 2010 et les nouveaux majeurs. Pour ces points politiques le Fpi/Cnrd demande une réunion politique pour une décision consensuelle à laquelle la Cei doit se soumettre.

-5) Les découpages électoraux et les circonscriptions électorales

Le dernier découpage électoral date de 2000, au moment de la rédaction du nouveau code électorale adopté par référendum. Deux éléments avaient été pris en compte : la population et la superficie. Cette dernière étant fixe, il apparaît indiquer d'adapter le nombre de députés et la répartition de leur nombre dans les circonscriptions à l'évolution de la population sur la base de documents techniques fiables.

-6) L'accès aux médias d'Etat

Le Fpi/Cnrd suggère que cette préoccupation fasse l'objet de décisions consensuelles pour que les partis engagés dans la compétition aient un accès équilibré à ces organes publics.

-7) La date des élections législatives

Le Fpi/Cnrd face à l'importance des problèmes à réglés suggère que la date des élections soit repoussée d'au moins... par les autorités ivoiriennes. Toutes ces propositions sont pour nous fondamentales car gage de transparence et de crédibilité des futures élections. Il s'agit de redonner confiance à tous les acteurs et en particulier à l'opposition démocratique que représente le Fpi/Cnrd.

 

V- Chronogramme de mise en oeuvre

Une revue d'ensemble permet de classer les mesures demandées comme suit :


- Au titre de la sécurité

 

  • désarmement des Frci et encasernement des militaires
  • désarmement des dozos et regroupement dans leur ère culturelle
  • réhabilitation des policiers, gendarmes dans leur mission
  • réactivation de l'Apo
  • création de la nouvelle armée conformément à l'Apo
  • libération des domiciles des biens confisqués et dédommagement


- Au titre du cadre organisationnel des élections


  • révision de la composition de la Cei
  • changement du président de la Cei
  • clarification des notions de certification et de validation
  • redressement de la liste électorale
  • découpage électoral et circonscriptions électorales
  • conditions d'accès aux médias d'état
  • élections législatives


- Au titre de l'Etat de droit


  • Loi d'amnistie
  • Libération des détenus
  • retour des exilés
  • retour des déplacés
  • Financement des partis politiques sur les ressources publiques


Le chronogramme ci-après (voir en annexe) est suggéré à titre indicatif étant entendu que le délai de 15 décembre 2011 arrêté pour les législatives peut être prorogé de 30 à 45 jours.

 

CONCLUSION GENERALE

Après une décennie de crise militaro-politique pleine et entière la côte d'ivoire est face à son destin. De la lucidité dans les choix et dans l'établissement des priorités dépendra l'avenir de ce pays. La sagesse voudrait que l'on privilégie tout ce qui rassemble. Les élections à venir devrait constituer le premier grand test du «vivre ensemble» parce que la participation de tous découlera du degré de consensus autour de cette opération. Cela constituera un pas de géant.

Pour se faire la mise en confiance de tous les acteurs est une nécessité. Ceci suppose un environnement sécuritaire maîtrisé, un cadre organisationnel des élections consensuel et enfin le retour au calme avec le règne de l'état de droit.

Le Fpi/Cnrd estime que la responsabilité de cet apaisement général appartient en priorité au chef de l'état car c'est à l'aune des grandes décisions que l'on s'inscrit dans l'histoire immortelle. Il doit ouvrir le dialogue politique ici et maintenant. Nous sommes prêts à jouer notre partition car il faut à tout prix nous éloigner de la «République des vainqueurs, avec une armée des vainqueurs, un parlement des vainqueurs et in fine, une réconciliation des vainqueurs».


Fait à Abidjan, le 29 septembre 2011


FPI/CNRD

 

Pour télécharger le document original en PDF, cliquer sur:

 

DOCUMENT DU FPI-CNRD REMIS A OUATTARA

LA DETTE : UN HOLD-UP, UN OUTIL DE DOMINATION!

 


FRONT SYNDICAL DE CLASSE.jpg

Une analyse du Front Syndical de Classe

 

Pas un jour ne se passe sans que des mauvais coups soient portés contre les travailleurs au nom de la "dette" et des "déficits" : suppression massive de postes et casse des services publics, attaques contre la protection sociale solidaire (retraites, santé...), suppressions de jours fériés... et dans de nombreux pays européens, augmentation des impôts, baisse des salaires, coupes sombres dans les "dépenses sociales"...

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Groupes financiers, institutions officielles du capitalisme (FMI, UE), agences de notations, médias... utilisent à chaque fois le même argument : les peuples ont vécu au-dessus de leurs moyens, les déficits explosent, il faut rembourser la dette et rassurer les marchés financiers... C'est ainsi que sont justifiés l'appauvrissement massif de la population grecque, portugaise, espagnole, irlandaise... et tous les plans de rigueur préparés par l'UE et le FMI, de même que la mise sous tutelle euro-bancaire des budgets nationaux.

Pourtant, les profits des grands groupes capitalistes ne se sont jamais aussi bien portés et les peuples sont de moins en moins dupes : la dette est un outil de racket des peuples et des travailleurs.

C'est pour contribuer à cette prise de conscience et à l'impérieux besoin de lucidité dans les luttes qui vont s'amplifier en Europe, que le FSC a décidé de publier ce document sur la question de la dette.

1. La dette souveraine : qu'est-ce que c'est ?

La dette dite souveraine ou dette des États correspond au cumul de la dette de l'État proprement dit, de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Pour financer ses dépenses, ses investissements ou pour combler des déficits, l'État peut avoir recours à l'emprunt : le montant de ces emprunts constitue donc la dette publique.

Et depuis des années, les gouvernements et le patronat mènent une politique d'endettement par le subventionnement direct ou indirect du grand capital et des mesures qui créent mécaniquement de la dette : par exemple les dizaines de milliards annuels d'exonérations de « charges » pour les entreprises, à commencer par les plus grosses.

La situation en France actuellement

D'après le Figaro du 30 septembre 2010, la dette publique de la France qui a augmenté de 56 milliards d'euros au deuxième trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent, atteint 1591,5 milliards d'euros, soit "approximativement" 82,9 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

C'est donc effectivement une somme considérable.

Le service de la dette

Les sommes empruntées sont affectées d'un taux d'intérêt. Et ce sont prioritairement les intérêts de la dette qui sont remboursés, avant le capital emprunté lui-même.

Pour la France le seul remboursement des intérêts de la dette correspond à l'ensemble annuel de l'impôt sur le revenu, soit 110 millions d'euros par jour ! Par an, payés par la population cela correspond à la valeur de 250 Airbus A350 ou à 3 porte-avions nucléaires ! Et à combien d'écoles, d'hôpitaux, de maisons de retraite... ? Depuis 1980 nous avons versé en intérêts d'emprunt 1142 milliards d'euros (valeur de l'euro 2006) !

Au final, la dette est remboursée plusieurs fois aux compagnies financières privées qui tiennent là un moyen de s'engraisser à coup sûr.

Comment en est-on arrivé là ?

Il y a pour la France une date clé : 1973 !

Jusque là, depuis la période ouverte par les lendemains de la seconde guerre mondiale et sous la pression des besoins populaires et du rapport des forces du moment, l'emprunt d'État s'effectuait auprès de la Banque de France. L'État en étant propriétaire à 100% depuis la nationalisation de 1945, les dividendes des emprunts effectués étaient en fait reversés à l'État. Cela revenait donc à emprunter à 0%. Si bien qu'en 1973 la dette de la France était nulle !

La cassure

Sous la Présidence de Pompidou et la gestion ministérielle de Giscard d'Estaing, rompant avec les traditions régaliennes et la politique de 1945 issue du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), la loi du 4 janvier 1973 interdit à l'État d'emprunter auprès de la Banque de France. Cette décision inspirée par les monopoles bancaires fait donc obligation à la puissance publique pour faire face à ses obligations d'emprunter sur les marchés financiers !

Et c'est à partir de cette date que débute l'histoire récente de la dette et son explosion progressive : dès 1978 elle est déjà de 72,8 milliards d'euros, soit 21% du PIB !

Loin donc de résulter des dépenses publiques utiles pour les populations, comme le prétendent tous ceux qui veulent masquer les causes profondes de l'existence de la dette et de son explosion, la dette est d'abord le résultat de l'obligation de se financer sur les marchés financiers afin d'accroître les profits du capital financier !

Le rôle de l'Union Européenne et des Traités

Ce choix politique de mise sous dépendance des États sous le joug des marchés financiers sera conforté par les choix de l'UE et l'élaboration de ses traités, avec comme priorité la mise en place de l'Euro, monnaie unique au service des groupes bancaires et des économies dominantes de l'Europe de l'ouest, à commencer par l'Allemagne et ses groupes industriels :

- en 1992, l'article 104 du Traité de Maastricht prolonge cette contrainte en interdisant tout emprunt des États auprès de leur Banque centrale et de la Banque Centrale Européenne.

- En 2007, l'article 123 du Traité de Lisbonne stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

- En 2011, le "Pacte Euro-plus" adopté le 11 mars par le Conseil européen (sommet des chefs d'État et de gouvernement des 27) verrouille complètement la situation en précisant dans l'annexe II : « L'accès à l'assistance financière fournie par le MES (mécanisme européen de stabilité) sera accordé sous une stricte conditionnalité dans le cadre d'un programme d'ajustement macroéconomique et sur la base d'une analyse rigoureuse du niveau d'endettement public supportable, effectuée par la Commission et le FMI, en liaison avec la BCE. L'État membre bénéficiaire devra mettre en place les modalités appropriées d'une participation du secteur privé, en fonction de la situation qui lui est propre et en totale conformité avec les pratiques du FMI ». Le texte recommande notamment de reculer l'âge de la retraite et d'établir un lien entre les salaires et la productivité.

En clair : toute opération d'emprunt public doit rapporter au capital privé ; si des difficultés apparaissent dans le remboursement de la dette, des programmes d'ajustements structurels seront imposés : privatisations, baisse des salaires, des pensions, augmentation des impôts...

La question monétaire

De plus, le mécanisme de la dette ne peut se comprendre sans intégrer la question monétaire [1]. Jusqu'en 1971, les monnaies, à commencer par le dollar, sont gagées sur l'étalon or. A partir de 1971, les États-Unis (Nixon) découplent le dollar de toute contrepartie métallique. Toutes les monnaies sont à partir de là aussi découplées de l'or et la voie est ouverte à une privatisation de la capacité de créer monnaie. La monnaie devient un crédit qui passe sous le contrôle privé des banques. La création monétaire qui jusque là était un monopole régalien de l'État devient une exclusivité privée : à l'occasion de chaque demande de crédit de particuliers, les banques créent de la monnaie à partir d'une simple opération comptable. Sauf que ledit crédit devra être remboursé avec des intérêts qui tombent aussi dans l'escarcelle des banques privées. Le paradoxe des paradoxes étant qu'en renonçant à son pouvoir d'émission de la monnaie, en empruntant auprès des banques privées avec intérêts, l'État creuse de cette manière considérablement la dette.

« Le système bancaire moderne fabrique de l'argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l'iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais... laissez-leur le pouvoir de créer l'argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d'argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l'argent et à contrôler les crédits », Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d'Angleterre 1928-1941.

2. La situation actuelle et les "solutions" proposées

 

Les PIGS (« cochons » en anglais)

Le poids considérable de la dette dans les équilibres économiques et budgétaires n'est évidement pas spécifique à La France. Pour s'en tenir à l'Europe, l'ampleur de la dette et les menaces de faillite des États (Islande) frappent des pays comme l'Irlande, la Grèce, l'Espagne et le Portugal.

Depuis 2007/2008, la crise mondiale du capitalisme qui a trouvé sa source dans la crise et la faillite de grandes banques américaines et la crise globale du système financier est venue télescoper et aggraver la situation d'endettement des États :

- Grèce, 142,8% du PIB

-
Portugal, 93%

-
Irlande, 65,6%

-
Espagne, 60,1%

Cette situation résulte en particulier du fait que pour sauver les banques, les États sont venus à leur secours en leur donnant des centaines de milliards d'euros ! Autrement dit, les banques privées ont été sauvées par le don d'argent public qui a gonflé une dette publique que les peuples devraient désormais rembourser !

Loin donc de reconnaître les véritables raisons et causes de l'endettement des États, les élites mondialisées désignent les pays les plus endettés comme des cochons (PIGS) en les accusant de mauvaise gestion, de laisser faire !

Quelles "solutions" proposent-elles pour sortir de cette situation ?

Ce sont partout les mêmes commandées par le FMI et l'UE et centrées sur la réduction des dépenses publiques et la réduction massive de la sphère d'intervention de l'État :

- hausses des impôts et des taxes

- coupes claires dans les budgets ministériels

- réduction des salaires des fonctionnaires et des retraites

- privatisations et vente des biens publics

Et ils osent appeler cela des "plans de sauvetage" ! Autant dire que le remède ne va faire qu'amplifier la crise !

3. Ces "solutions" sont-elles nouvelles ?

On pourrait penser que les mesures préconisées en 2011 sont des mesures exceptionnelles destinées à faire face à une crise elle-même exceptionnelle. Pourtant il n'en est rien !

Le Consensus de Washington (1989)

On désigne ainsi les principes qui ont servi aux organisations internationales (FMI, Banque Mondiale) ainsi qu'au Gouvernement des États-Unis pour gérer la crise de la dette intérieure et extérieure des « pays en voie de développement » durant les années 1980.

Que préconisent ces principes ?

1 - une stricte discipline budgétaire ;
2 - cette discipline budgétaire devant s'accompagner d'une réorientation des dépenses publiques ;br> 3 - la réforme fiscale (élargissement de l'assiette fiscale, diminution des taux marginaux) ;
4 - la libéralisation des taux d'intérêt ;
5 - un taux de change compétitif ;
6 - la libéralisation du commerce extérieur ;
7 - la libéralisation des investissements étrangers ;
8 - la privatisation des monopoles ou participations de l'État ;
9 - la déréglementation des marchés (par l'abolition des barrières à l'entrée ou à la sortie) ;
10 - La protection de la propriété privée dont intellectuelle.

Ces mesures issues du consensus de Washington recoupent donc parfaitement les mesures à présent préconisées par l'Union Européenne, le FMI et la Banque Centrale Européenne (BCE) aux États en difficulté. Et cela démontre que loin d'être des mesures conjoncturelles liées à la crise actuelle, elles correspondent à des orientations de long terme mises en œuvre par les mêmes acteurs financiers, économiques et politiques qui précisément ont conduit à la crise et qui ne feront que l'aggraver si nous laissons faire !

Et tout cela n'est donc pas le fait du hasard ou des circonstances mais bel et bien dû au fonctionnement du système capitaliste et à la course aux profits !

4. La dette, un enjeu économique et idéologique

Ceux là mêmes qui sont responsables de la situation actuelle entendent continuer à en tirer profit en poursuivant sur la même voie et en tentant d'en faire porter la responsabilité à leurs propres victimes.

Ceux qui en France ont organisé la dépendance de l'État vis-à-vis des marchés financiers, les technocrates et les idéologues et autres « intellectuels » au service des puissants font les gros yeux.

L'extrême droite, comme dans toutes les crises, feint de s'en prendre aux puissants pour mieux diviser et désigner au final le bouc émissaire que serait l'immigré comme jadis les nazis s'en prenaient aux judéos-bolcheviks et recevaient l'aide massive des barons de l'acier !

Nous sommes donc invités à nous serrer encore la ceinture non seulement parce qu'est évoqué le sort des générations futures (hypocrites !) mais surtout parce qu'il faut bien payer la dette et qu'il faut garder la confiance des marchés financiers. Sinon gare au chaos !

Et,
- c'est au nom de la dette que les plans d'austérité sont imposés ;

- c'est au nom de la dette qu'ils sont présentés comme incontournables ;

- c'est au nom de la dette que la droite et la gauche social-démocrate comme on vient de le voir en Grèce, au Portugal et en Espagne disent, même si c'est de manière différente, qu'il faut en passer par là pour garder la confiance des marchés financiers.

Mais vous aurez remarqué que ni nos médias, ni les "grandes" forces politiques ne disent mot sur l'origine de la dette et n'ose même évoquer d'autre solution que d'honorer la dette.

Citations :

- John Monks, ex-secrétaire et lord de sa majesté dans « Vie Nouvelle » juin-juillet 2011, Magazine de l'Union Confédérale des retraités CGT :

"Le pacte qui nous est imposé est conçu pour que l'Europe coûte moins cher, pour faire travailler les salariés plus longtemps et pour réduire les prestations sociales dans la plupart des pays. La priorité a été donnée au sauvetage des banques, au soutien de l'euro et au renforcement de la rigueur budgétaire. Naturellement le remboursement de la dette est nécessaire, mais pas de cette façon-là et pas aussi rapidement."

J. Attali, Arrêt sur images mai 2010 :

"A un moment la dette il faut la payer, Il faut la payer [bis], il faut que quelqu'un la paye"

François Hollande réunion publique à Gentilly en Janvier 2011 :

A la question de savoir s'il était favorable à la suppression de l'article 123 du Traité de Lisbonne interdisant aux États l'emprunt direct sans intérêt auprès de la BCE il répond : "... Mais je ne veux pas ici donner d'illusion. On n'arrivera pas à sortir de nos problèmes de financement en demandant à la BCE de nous faire des avances sans intérêts... Ce qu'il faut en revanche, c'est la bonne solution, il faut permettre à l'Europe d'emprunter elle-même sur les marchés financiers".

Autrement dit, ceux qui nous ont conduit à l'actuel chaos prétendent poursuivre dans le même sens et ceux qui prétendent s'y opposer et offrir une alternative n'entendent pas bousculer grand-chose ! L'aggravation massive des inégalités se poursuivra inexorablement si les peuples n'y mettent pas un coup d'arrêt !

5. De véritables solutions

Un véritable nœud coulant a été passé au cou des peuples d'Europe, mais aussi d'Afrique et d'Amérique. Plus les nations sont confrontées aux difficultés de l'endettement et plus le nœud se resserre.

Les agences de notation (3 agences américaines) aggravent la note des pays en difficulté, ce qui aggrave encore leur situation puisque ayant "perdu la confiance des créanciers", ils doivent emprunter à des taux toujours plus élevés, connaissant le sort des particuliers étranglés par les banques dans le cercle infernal d'un endettement sans fond !

C'est pourquoi il est nécessaire de se fixer pour objectif de briser ce cercle et la domination des marchés financiers pour commencer à avancer vers une véritable politique sociale en faveur des travailleurs, des salariés et des plus démunis.

Car autrement, c'est mentir de promesses qui ne disent pas les moyens de leur application ! Et pour briser cet étouffement, ce qui doit être envisagé, doit être mis en débat et doit monter comme exigence du peuple lui-même, c'est le refus de payer la dette !

Parce qu'accepter de payer la dette, c'est accepter les plans d'austérité ! Il n'y pas de troisième voie ! Et nous ne sommes pas les seuls à le proclamer.

Dans un récent Marianne (du 28 mai- 3 juin), Jacques Nikonoff du M'PEP opposé à Michel Sapin (député PS) à une question du journal portant sur la restructuration de la dette pouvait dire :

« ...Sinon avec le poids actuel de la dette, la gauche sera contrainte à "l'austérité de gauche" comme s'y résignent les gouvernements socialistes grec ou portugais. La sortie de l'euro est alors essentielle car bien sûr les États en défaut ne peuvent plus emprunter sur les marchés financiers. Mais, justement, c'est excellent, car il faut démanteler les marchés financiers. L'État se financera alors par l'épargne nationale, en s'appuyant sur des produits de type livret A par des quotas d'achat obligatoire des emprunts d'Etat par les banques et les compagnies d'assurances nationalisées. Une partie de la dette publique sera achetée par la Banque de France, comme le font actuellement les États-Unis et le Royaume-Uni. Pourquoi la gauche refuserait-elle de se servir de ces instruments ? ».

Le cas de l'Islande

Mais il y a aussi ce qui se passe sur le terrain ! Le refus de payer la dette n'est pas une exigence utopique. Déjà à la fin des années 80 la crise Argentine s'était close par une restructuration importante de la dette.

Dans une Islande conduite à la banqueroute pour avoir pratiquement tout misé sur les marchés financiers, à l'issue de luttes populaires massives (grèves, siège du Parlement) contre les décisions gouvernementales et après avoir imposé l'organisation d'un référendum, le 9 avril 2011, les islandais ont refusé, à près de 60%, de payer pour assumer les erreurs de ceux qui ont conduit leur pays dans l'abîme. Ils ont une nouvelle fois refusé l'accord Icesave, qui prévoyait que l'État indemnise les centaines de milliers d'épargnants britanniques et néerlandais ayant perdu de l'argent lors de la faillite de cette banque en ligne en 2008.

Ils ont donc confirmé le premier « non » prononcé en mars 2010, ce qui agace au plus haut point tout à la fois le gouvernement islandais, les gouvernements britannique et néerlandais, l'Union européenne, les banquiers et les promoteurs de la mondialisation néolibérale. Mais ils ont dû s'incliner devant la détermination d'un peuple, ce qui prouve bien que cette voie est possible et qu'elle est efficace !

Mais il s'agit aussi et enfin pour s'affranchir de la tutelle des marchés financiers de s'engager à récupérer la souveraineté monétaire publique sans laquelle il n'est pas de véritable politique économique, de politique de l'emploi industriel et de l'emploi tout court !

Non à la dette ! Sortir de l'euro ? Sortir de l'UE ?

Ce sont de ces questions qu'il faut débattre ! C'est cela que nous proposons sans prétendre détenir des solutions toutes faites ! En ce moment de crise profonde du système capitaliste et pour desserrer l'étau de la misère, de la crise sociale, démocratique, politique et écologique, il est aussi de la responsabilité du mouvement syndical de s'adresser aux travailleurs pour parallèlement aux luttes indispensables, engager le débat sur les véritables enjeux en dehors du cirque politicien !

Thomas Sankara, assassiné quelques semaines après son discours du 29 juillet 1987 à Addis Abeba : "La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également".

Conjuguons le refus - en soi positif - de payer la crise qui porte principalement sur les conséquences de cette crise, au refus de payer la dette qui porte lui sur ses véritables causes !

 

Le Front Syndical de Classe, Juin 2011


[1] Ces réflexions comme d'autres dans ce texte s'inspirent largement de l'ouvrage de André-Jacques Holbecq et Philippe Derruder "La dette publique une affaire rentable. A qui profite la dette ?"


Source : COMITE VALMY

14:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, europe, la dette un hold-up, un outil de domination | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

«LA DETTE DE LA GRECE EST AUJOURD'HUI ABSOLUMENT IMPOSSIBLE A REMBOURSER»


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"La dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser" Jacques Sapir

 

Jacques Sapir, est Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales

 

La Grèce est surendettée : quoi qu'il arrive, cette dette passera par pertes et profits et les créanciers n'en mourront pas. Qu'en pensez-vous ?

Jacques Sapir : Oui, la dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser, oui, la Grèce va faire défaut sur tout ou partie de sa dette. Le problème qu'il faut poser, c'est comment la Grèce va-t-elle survivre après le défaut, et pour cela on conçoit qu'elle sera obligée de dévaluer. Autrement dit, elle devra quitter la zone euro, retrouver sa monnaie et la dévaluer de 40 à 50 % par rapport à l'euro.

Quel serait l'intérêt d'un retour à la drachme pour la Grèce ?

Jacques Sapir : Le problème pour la Grèce, mais aussi pour d'autres pays, est celui de sa compétitivité par rapport à l'Allemagne. Il y a deux manières de chercher à restaurer la compétitivité d'un pays : soit en faisant des investissements massifs dans ce pays, et l'on pourrait concevoir que l'Allemagne, peut-être la France, investissent massivement en Grèce, au Portugal et en Espagne.

Mais on conçoit aussi que l'ampleur de ces investissements dépasserait de très loin ce qu'il nous faudrait payer par ailleurs pour maintenir ces pays à flot dans la crise de la dette. Donc nous sommes renvoyés à la deuxième possibilité : ces pays doivent dévaluer, et pour cela ils doivent sortir de l'euro. Cela nous rappelle qu'une monnaie unique impose un carcan de fer aux économies qui la composent, et que la seule solution qui permette d'assouplir un peu ce carcan, ce sont des transferts financiers massifs depuis les pays à forte compétitivité vers les pays dont la compétitivité est plus faible.

Dans la mesure où ces transferts ont été exclus, que ce soit dans le traité de Maastricht ou encore, plus récemment, dans le traité de Lisbonne, la zone euro était malheureusement condamnée.

Si la Grèce sort de la zone euro, n'ouvre-t-elle pas la voie à l'implosion de celle-ci, sachant que d'autres pays comme l'Espagne ou l'Italie sont aussi en difficulté ?

Jacques Sapir : Effectivement, une sortie de la zone euro par la Grèce, et même simplement l'annonce d'un défaut, ne serait-ce que partiel, déclenchera un processus de contagion qui touchera tout d'abord le Portugal, puis, très rapidement, l'Espagne, et enfin, l'Italie, la Belgique, et finalement la France.

Ce processus d'implosion de la zone euro, par ailleurs, n'est pas seulement lié à la contagion que provoquerait la sortie de la Grèce, il faut savoir qu'un pays comme l'Espagne devra faire face à une situation sociale et économique très difficile en 2012. En effet, les allocations chômage en Espagne ne durent que deux ans. Et l'on voit à ce moment que plus de la moitié des chômeurs, qui représentent aujourd'hui 21 % de la population active, se retrouveront sans aucune ressource. Cela imposera soit des dépenses importantes pour les solvabiliser, soit des dépenses tout aussi importantes pour solvabiliser les banques, qui seront confrontées à des prêts non remboursés de manière massive. La crise de la zone euro apparaît aujourd'hui comme inéluctable.

Y a-t-il un risque, si la Grèce ne sort pas de la zone euro, de voir des pays "forts", comme l'Allemagne, quitter cette dernière ?

Jacques Sapir : C'est effectivement une possibilité. Par exemple, si l'Allemagne était isolée sur la question des eurobonds, ou de la monétisation directe de la dette - soit le rachat par la Banque centrale européenne, directement aux Trésors publics, d'une partie de leur dette. On sait que ces deux solutions ont été évoquées. Or, elles sont en réalité inconstitutionnelles du point de vue de l'Allemagne.

Le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe a rappelé la semaine dernière que le gouvernement allemand ne devait pas donner son accord à une mutualisation de la dette, excluant ainsi la possibilité des eurobonds, et il a rappelé que l'euro n'était acceptable pour l'Allemagne qu'à la condition qu'il garantisse aussi la stabilité monétaire, comme le faisait le mark. On voit donc que la cour constitutionnelle a fermé la porte à ces deux solutions.

Si l'Allemagne sortait de la zone euro, ce ne serait d'ailleurs pas une catastrophe. Le deutsche mark retrouvé se réévaluerait fortement par rapport à l'euro maintenu. Les pays de la zone euro pourraient ainsi rééquilibrer leur commerce extérieur avec l'Allemagne. Mais politiquement, c'est une solution qui apparaît très peu probable. Il est à craindre que nos gouvernements s'obstinent dans des perspectives de sauvetage de la zone euro et qu'ils soient acculés d'ici à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine à la perspective d'un éclatement général de cette zone.

Pensez-vous comme Jacques Delors que c'est le manque de réaction de la zone euro qui plombe la Grèce ? L'UE ne semble pas avoir les moyens de sauver la Grèce alors que ce pays représente le PIB des Hauts-de-Seine. La crise grecque n'illustre-t-elle pas la faillite de l'UE et de ses institutions inadaptées ainsi que la mise en avant des égoïsmes nationaux ?

Jacques Sapir : La réaction de Jacques Delors est juste, mais bien tardive. Comment pouvons-nous prendre au sérieux un homme qui a conçu un système dont l'aboutissement logique est la crise actuelle, et qui vient maintenant déplorer celle-ci ? Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu'ont eu un certain nombre d'hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu'il s'agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d'autres, dans la déréglementation financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d'une Europe fédérale sans le dire aux populations.

La construction européenne a été faite de telle manière qu'elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l'Europe espéraient que les solutions iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l'on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de l'enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l'Europe. On peut toujours aujourd'hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd'hui reprocher aux classes politiques de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, leur manque d'initiative et leur aveuglement face à la crise de l'euro, qui était une perspective inévitable depuis 2009.

Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit en France ou aux Pays-Bas, et que l'on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. Mais les faits sont têtus, et quand on les méprise, ils se vengent.

On nous parle de l'exposition des banques (françaises ou pas) à cette dette grecque. Mais les prêts octroyés aux banques après la "crise des subprimes" ont été rapidement remboursés. Ne vaudrait-il mieux pas injecter de l'argent dans les banques trop exposées, plutôt que de prêter à une Grèce qui n'aura jamais la possibilité de rembourser ?

Jacques Sapir : Le problème des banques est bien sûr celui des dettes grecques qu'elles détiennent, et au-delà celui des dettes portugaises, espagnoles et italiennes. Bien entendu, on peut toujours injecter de l'argent dans les banques, et d'une certaine manière ce serait certainement plus efficace que de chercher à tout prix à sauver la zone euro. Mais il faut savoir qu'aujourd'hui l'opinion, dans différents pays européens, est très hostile aux banques. Alors un scénario possible consisterait à nationaliser les banques, à se servir de cette nationalisation pour faire accepter la recapitalisation des banques, mais en utilisant aussi cette nationalisation pour mettre de l'ordre dans les systèmes bancaires, et en particulier rétablir la distinction impérative entre banques de dépôts et banques d'affaires, et très sérieusement limiter le nombre d'opérations que les banques ont le droit de faire.

D'une certaine manière, toute crise correspond à un risque et à une opportunité. Nous avons aujourd'hui l'opportunité de nous saisir de cette crise pour réformer en profondeur nos systèmes bancaires, pour mettre fin à la financiarisation qui dicte sa loi depuis la fin des années 1980, et pour recréer les conditions de stabilité d'un grand pôle de crédit alimentant à la fois les entreprises et la population. De ce point de vue, la crise peut être utile.

Pensez-vous qu'aujourd'hui il y a un moyen de "sauver" la zone euro ? Si oui, quel est-il ?

Jacques Sapir : On pourrait sauver, au moins temporairement, la zone euro soit par la mutualisation de la dette ou par l'émission massive par la Banque centrale européenne de crédits au profit des Etats membres. Ce que l'on appelle la monétisation de la dette. Mais comme je l'ai dit, ces deux options sont exclues, à la fois pour des raisons politiques, mais surtout juridiques, par l'Allemagne. Je rappelle ici que la cour de Karlsruhe, dans son arrêt rendu il y a une semaine, a tué dans l'œuf toute possibilité de rebond.

Et si la Banque centrale européenne décidait de prêter directement aux Etats, au lieu de prêter aux banques, qui elles-mêmes prêtent aux Etats, une nouvelle plainte devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe aboutirait à ce que cette dernière rende un avis d'inconstitutionnalité sur cette pratique. Cela, le gouvernement allemand le sait, et il ne pourra donc pas accepter une telle solution. Nous voyons donc qu'aujourd'hui les deux solutions pour sauver, ne serait-ce que temporairement, la zone euro sont de fait exclues.

D'un point de vue juridique, comment peut-on sortir de l'euro ?

Jacques Sapir : La zone euro ne prévoit pas de mécanisme de sortie. Mais elle ne prévoit pas non plus de mécanisme pour expulser un pays contrevenant à ses règles. Cette situation juridique tout à fait extraordinaire démontre bien que la zone euro était institutionnellement très fragile. On peut d'ailleurs imaginer que certains pays décident de réquisitionner leur banque centrale, et décident que leur banque centrale se mette à octroyer des crédits en euros à leur gouvernement. Cela provoquerait une crise politique très grave qui pourrait soit se solder par l'éclatement de la zone euro, soit par la sortie de l'Allemagne et de ses pays satellites, l'Autriche et la Finlande, de la zone euro.

La solution la plus simple et la plus judicieuse consisterait néanmoins dans une autodissolution de la zone euro, un peu sur le modèle de l'autodissolution de la zone monétaire nordique que la Suède, la Norvège et le Danemark avaient constituée dans les années 1920, et qui a été dissoute avec la crise de 1929. Cette autodissolution, se faisant de manière ordonnée, permettrait alors à chaque pays de fixer le taux de change de sa monnaie retrouvée, en concertation avec les autres pays. Cette solution aurait le grand avantage de maintenir une concertation monétaire minimale entre les pays qui composaient la zone euro, et pourrait permettre de reconstituer des mécanismes monétaires une fois que la crise serait passée.

Mais ce que l'on doit craindre aujourd'hui, c'est que les gouvernements, pris d'un entêtement infantile, renoncent à une telle solution jusqu'au moment où ils seront contraints par la réalité de l'envisager, et ceci se fera alors dans une atmosphère de crise, de très grandes récriminations entre les pays, et en particulier entre la France et l'Allemagne, et généralement dans des conditions politiques tout à fait détestables.

En 2013, le SPD arrivera sans doute au pouvoir en Allemagne, et il est très favorable à l'Europe fédérale. Ne pensez-vous pas que cela permettra d'aller vers des solutions comme la monétisation de la dette (quitte à ce que la Constitution soit modifiée en Allemagne) ?

Jacques Sapir : L'hypothèse d'un changement constitutionnel en Allemagne ne saurait être à l'ordre du jour avant plusieurs années. Le destin de la zone euro se jouera dans les semaines ou les mois qui viennent. Il n'est simplement plus temps de rêver à de telles solutions.

Vous dites que la sortie de la Grèce de la zone euro permettrait une dévaluation. Il me semble que cela augmente l'inflation. Est-ce envisageable dans un climat social déjà agité en Grèce ?

Jacques Sapir : Il est inévitable qu'une dévaluation de très grande ampleur, et celle-ci ne devrait pas être inférieure à 40 % pour la Grèce, entraîne par la suite une poussée d'inflation. De ce point de vue, c'est le taux de change réel, autrement dit le taux de change corrigé des taux d'inflation, qui doit nous servir d'indicateur. Mais en même temps, aujourd'hui, les tensions inflationnistes dans la zone euro sont relativement faibles. Elles ne sont pas les mêmes entre pays, ce qui est d'ailleurs un problème, mais elles sont relativement faibles. Dès lors, l'inflation doit être acceptée comme un mal nécessaire pour qu'un pays puisse bénéficier des avantages de la dévaluation.

Le véritable problème n'est pas tant l'inflation que la spéculation possible sur les taux de change des différentes monnaies une fois que ces dernières auront été recréées. Mais il faut signaler ici qu'il y a une monnaie sur laquelle on ne parle pas de spéculation, et cette monnaie, c'est le yuan chinois. La raison en est simple : il y a des contrôles de capitaux extrêmement sévères qui encadrent le cours du yuan. Il faudrait donc que les pays européens acceptent de mettre en place, si possible de manière concertée, des systèmes de contrôle de capitaux permettant aux marchés des changes de fonctionner sans risques de spéculation. Les méthodes en sont connues, elles sont déjà appliquées hors d'Europe par un certain nombre de pays et, ce qui est assez extraordinaire, elles sont même recommandées par le Fonds monétaire international pour les pays émergents.

Le point de vue des spécialistes sur les contrôles des capitaux a beaucoup évolué depuis une dizaine d'années, en particulier parce que l'on a vu, lors de la grande crise de 1997 à 1999, que ces contrôles étaient efficaces, en particulier dans le cas de la Malaisie, du Chili et de la Russie. Il reste aujourd'hui aux gouvernants européens à tirer tardivement les leçons de ces expériences et de se mettre d'accord pour des systèmes analogues en Europe ou, au pire, pour que de tels systèmes soient introduits individuellement dans un certain nombre de pays.

Ne trouvez-vous pas étonnant que la dette grecque et la sortie de l'euro ne soient pas au cœur du débat politique en France ?

Jacques Sapir : Oui, c'est effectivement assez surprenant, surtout quand on sait que ce débat a lieu aujourd'hui en Allemagne. Je pense que la classe politique française s'est enfermée dans un déni de réalité massif. Non seulement ce dernier l'empêche de comprendre la situation, mais il l'empêche aussi de préparer des solutions de rechange. Ce déni de réalité est en train de se fissurer, mais quand la crise de l'euro va éclater, ce qu'elle fera de manière inévitable d'ici quelques mois au plus, elle se doublera d'une crise politique majeure dans notre pays, car les électeurs et la population pourront à bon droit demander des comptes à nos gouvernants ainsi qu'à une partie de l'opposition, pour ne pas avoir su anticiper la situation. On sait que gouverner, c'est prévoir ; la classe politique française, en se refusant à prévoir l'hypothèse d'une crise de la zone euro, a ainsi perdu le droit de gouverner.

 

Chat modéré par Audrey Fournier, Astrid Gouzik et Adrien de Tricornot

 

In LE MONDE.FR


Source : COMITE VALMY

samedi, 01 octobre 2011

LIBYE - NOUVELLES DU FRONT (29 SEPTEMBRE 2011): DEFAITE REBELLE

MOUAMMAR KADHAFI 2.jpg

Caramba !

Il y a six jours, dans un article que nous avions intitulé «l'OTAN n'y croit plus, le CNT aussi», le 23 septembre dernier, c'était le constat d'un blues général dans le camp de ceux qui attaquent la Libye. Signe de Dieu ? Amateurisme de l'OTAN ? Toujours est-il que, les nouvelles du front sont désastreuses. Sur tous les fronts pratiquement, malgré la propagande. Ils avaient annoncé la chute imminente de Syrte et de Bani Walid. Échec et Mat !

Bani Walid : La journée a été surtout désastreuse sur le front de Bani Walid. En effet, le chef des opérations terrestres, Dan Salehim, a été tué et son corps n'a pu être amené par ses troupes mises en déroute. Eh oui, ainsi meurt un « rat » comme le dirait le leader libyen, Mouammar Kadhafi. Le gros des troupes a pris la poudre d'escampette, pris les jambes à son cou. Finalement, les bombardements de l'OTAN ne sont pas décisifs et du coup, les soldats de l'apocalypse demandent à leurs laquais du CNT de soudoyer les chefs tribaux et les habitants des villes, avec des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Ah, encore une histoire d'argent ! On comprend pourquoi le CNT veut que s'accélère le vol des fonds libyens mis de côté par Kadhafi pour le bien des générations futures de son peuple. Ne dit-on pas souvent que bien mal acquis ne profite pas ? 

Syrte : ils disaient que le port de Syrte était sous leur contrôle. Il suffit de voir comment est construit le lieu de naissance de Mouammar Kadhafi. Débarquer par voie d'eau ne veut pas dire qu'on maîtrise le port où on accoste. Après de violents bombardements, par des pilotes de l'OTAN dont certains ne veulent plus bombarder les sites civils -vrai scoop-, les renégats sont entrés dans le port, avec à leur tête le commandant Mohamed Nabouss, croyant que tout leur était donné sur un plateau d'argent avant que la riposte se fasse. Nabouss a été tué. Seule issue de secours qui s'est avérée tragique: la mer. Au lieu de lâcher, avant de plonger à la mer, leurs Kalachnikov, leurs bottes de fortune, aussi,  sans oublier leurs gilets pare balles, ils ont plongé, se sont noyés ou se sont suicidés. Impossible de nager avec autant de kilos, non ? Un festin pour les poissons.

Quant à ceux qui sont entrés dans la ville, ils ont été reçus par un comité d'accueil digne, puisqu'ils étaient à pied, sûrs de leur fait. Leurs chefs accusent l'OTAN de ne pas en faire assez, et veulent l'intensification des bombardements... Étonnant pour les libérateurs autoproclamés qui devaient plutôt être accueillis à bras ouvert si leur révolution par procuration était populaire. Considérant donc qu'ils étaient à pied, ils n'ont pu s'échapper. Une vraie galère, un vrai piège à rats. Allah leur a gardé semble-t-il, à chacun, cent vierges, là-haut. 

Sabha : les médias « meanstream » avaient annoncé urbi et orbi que ce fief pro-Kadhafi avait été pris par les rebelles or, la vérité c'est que les populations avaient fui la ville pour se mettre à l'abri. Résultat des courses: les renégats ont pillé la ville. Tout dans la ville, jusqu'aux hôpitaux. Mais, hier, une mauvaise surprise les attendait. Revenus dans le secteur de la ville qu'ils pillent, le pire leur est arrivé. En sortant de la cité avec le fruit de leur rapine transporté dans 15 pick-up, ils ont rencontré sur leur chemin, des...Touaregs. Ils ont tous été éliminés. 

Ça devient de plus en plus dure cette histoire, non ? Vous avez dit révolution ? Ils ont cru qu'il s'agissait d'un jeu vidéo. C'est à mourir de rire !

Contre-attaque : rassurez-vous, les forces loyalistes ne font pas que se défendre. Elles attaquent désormais. C'est ainsi que, dans le sud libyen, les forces Libyennes ont contre-attaqué et mis en déroute les forces de l'OTAN/CNT, tuant au passage, plus de 50 personnes. Une triste journée pour les prédateurs. Nous l'avions annoncé, hier, ils nous ont ri au nez. C'est le retour pétaradant de Mouammar Kadhafi !

 

Source : Le blog d'Allain Jules

  

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LES NOUVELLES DU FRONT EN LIBYE : LES SURPRISES PROMISES PAR KADHAFI SE MULTIPLIENT

 

Les quartiers de Benghazi sont sous contrôle des milices qui soutiennent Mouammar Al-Kadhafi. Plusieurs régions voisines de Benghazi ont brandi des drapeaux verts. Deux villes, Tobrouk ainsi qu'une autre ont également développé des drapeaux verts. Ras Lanuf et Brega sont sous contrôle des volontaires. Par Hassan Alliby pour « stcom.net ».


Ben-Jawad est actuellement occupée par les « rebelles ». Les habitants de Ben-Jawad se sont depuis longtemps déplacé à Syrte ou une atmosphère tendue demeure. Au cours des deux derniers jours, les « rebelles » ont subit des défaites majeures. Trois commandants «rebelles » ont été tués et plus de 2.000 « mercenaires » blessées. Certaines équipes sont retournées à Misrata, ou la situation qui s'y développe  pour les « insurgés » est également critique.

A Syrte les « forces » du « CNT » se regroupent faiblement. Malgré cela, avec le soutien des « forces aériennes » de l'« OTAN », les «rebelles » ont regroupés dans l'Est toute leurs « forces » et ont réussi à prendre quelques districts à l'ouest de Syrte. Mais la « guérilla verte » garde l'avantage. Une forte explosion à eut lieu dans un hôtel lors d'une réunion entre les dirigeants des représentants des rebelles et les français et les britanniques. Selon un bilan provisoire, environ 90 personnes ont été tuées. Cette attaque réalisée par les « milices » de la résistance a contraint les « rebelles » à prendre la fuite.  À l'heure actuelle, des combats se déroulent à la périphérie de Syrte. Les rebelles sont constamment attaqués, mais les défenseurs ont mené une foudroyante contre-attaque et repoussé les « rebelles », les forçant à se retirer. Le  problème majeur pour la ville est les bombardements des avions de l'« OTAN » qui, selon certaines sources, « utilise du phosphore blanc contre les habitants de la ville ». Les bombes de l'« OTAN » sont larguées sans arrêt depuis 48 heures, mais un tapis de bombes ne peut pars briser la résistance. En attendant, les défenseurs de Syrte ont réussi aujourd'hui à abattre un hélicoptère des « forces » de l'« OTAN».

LA SITUATION A TRIPOLI EST A L'AVANTAGE DE LA RESISTANCE

En ce moment même, la périphérie de Tripoli est entre les mains des milices et de l'armée. Le matin du 29 Septembre 2011 tous les postes «rebelles » à Tripoli ont été attaqués par l'« armée libyenne ». Un certain nombre de lieux ont été reconquis. En particulier, le siège de la « CIA» et de l'« OTAN » ou des documents ont été saisit.  Un message très intéressant vient de nous parvenir selon lequel de nombreuses zones de la ville ont soulevé les « drapeaux verts ». Nous entendons des explosions, notamment dans le quartier de Bab al-Azizia. Le port de la ville a été attaqué, poussant les « rebelles » à quitter certaines zones du port. Il a également été signalé la capture de mercenaires de « Grande Bretagne, de la France et du Qatar à Tripoli ».

A BANI WALID LA SITUATION S'EST SOUDAINEMENT RETOURNEE

Après que la résistance ait tué le commandant des « rebelles » à Beni Walid, les « rebelles », épuisés et démoralisés, ont fuit la ville. Mouammar Kadhafi avait déclaré l'autre jour que les « rebelles » doivent s'attendre à une grosse surprise. Et ces derniers jours sont riches en surprises [*].

Voir, ci-dessous,  la vidéo Frappe chirurgicale du Sniper de Syrte qui d'un obus a mis hors d'état de nuire Noureddine El Gene, le commandant des « rebelles » de Misrata :


VIDEO:  LIBYE : FRAPPE CHIRURGICALE A SYRTE TUANT NOUREDDINE EL GENE, LE COMMANDANT DES REBELLES DE MISRATA.

 

Source: NERRATI.NET

vendredi, 30 septembre 2011

MALGRE LES PERSECUTIONS: LE FPI RESTE INCONTOURNABLE

 

FPI-CNRD AU PALAIS PRESIDENTIEL.JPG

Malgré sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des discussions avec Le Front populaire ivoirien (Fpi). La preuve que ce parti reste la première force politique du pays.


Vous n'avez pas rêvé. Miaka Oureto et ses camarades étaient bel et bien au palais présidentiel hier, pour des échanges-vérités avec l'actuel occupant des lieux. 5 mois, après l'arrestation puis la détention arbitraire de Laurent Gbagbo, le pouvoir se résout à entamer des discussions avec le fer de lance de l'opposition ivoirienne.

Un scénario sur lequel personne n'aurait parié, le 11 avril 2011. Et pourtant, l'homme du moment a dû se plier à cette implacable «exigence démocratique». Dialoguer avec l'adversaire. La rencontre historique d'hier constitue sans équivoque la preuve qu'en dépit de sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des pourparlers avec le parti fondé par Laurent Gbagbo. Mais, en fait, le Fpi s'impose au nouveau régime comme une force politique incontournable et majoritaire. La première du pays, avec La majorité présidentielle (Lmp), qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner l'élection présidentiel de novembre 2010, avant d'être spolié de sa victoire suite au complot international. De bonnes sources, il est établi que Ouattara n'avait pas en projet de dialoguer avec le parti de celui qu'il considère, non pas comme un adversaire politique, mais comme un ennemi qu'il faut humilier et éliminer par tous les moyens. Le mentor du Rdr et la rébellion ont d'abord compté sur la menace, l'intimidation, la violence, les exactions et la persécution. Le locataire du palais, nous dit-on, entendait venir à bout du Fpi et de l'opposition par la terreur.

Mais l'homme, après avoir manœuvré en vain, a bien été obligé de descendre de son piédestal pour rencontrer la direction de ce parti. Voici que le pouvoir est acculé sur le terrain de la démocratie, le terrain de prédilection de Laurent Gbagbo. Qu'importe qu'il tende à ses interlocuteurs une oreille agacée. Ouattara est contraint d'écouter ses adversaires parler, de vive voix, des sujets qu'il ne veut pas entendre évoquer. Ce sont les vérités du Fpi au pouvoir "dictatorial" de Ouattara qui ne mise que sur la force. Il s'agit de la libération de Laurent Gbagbo et des siens, de l'arrêt des poursuites engagées contre eux et de la traque des cadres et militants Lmp, de la levée des sanctions injustes qui les frappent, de l'ouverture du jeu démocratique, entre autres points. Des conditions indispensables à une réconciliation vraie et à des élections législatives crédibles, telles que voulues par les bailleurs de fonds. 

Ouattara acculé

En fait, Ouattara qui fait le dur apprentissage de la démocratie, n'a pas d'alternative. Ici, la force n'étant pas à l'ordre du jour, il est acculé sur plusieurs points. La Banque mondiale et le Fmi ont exigé qu'il organise des législatives démocratiques et crédibles, c'est-à-dire libres, transparentes, ouvertes à tous..., s'il veut recevoir quelques «gouttes» de milliard. Or, des législatives sans la principale force politique du pays, celle qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner la présidentielle 2010 avec 52% des voix, n'aurait vraiment aucun sens.

Hélas, nous convenons que les réalités du moment ne sont pas propices à un scrutin législatif ouvert à l'opposition. Du coup, Ouattara se trouve dans l'obligation de discuter, bien malgré lui, des conditions posées par le Fpi. Par ailleurs, les capitales européennes viennent d'infliger Ouattara un revers cinglant sur le plan diplomatique. Il n'est plus le chouchou de la communauté internationale. Son mandat d'arrêt international contre les proches du Président Laurent Gbagbo a été rejeté du revers de la main par ses alliés qui ont jeté le document à la poubelle. Ce qui signifie que son projet d'envoyer Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) a très peu de chance d'aboutir. D'autant plus qu'à travers le monde entier, des voix de grande dimension comme Desmond Tutu, l'archevêque anglican Sud-Africain, qui a dirigé la commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, s'élèvent pour demander la libération du président Gbagbo. Ce qui met Ouattara dans une position inconfortable.

Car on ne comprend pas qu'il s'acharne à poursuivre, à emprisonner, à torturer, à humilier et à persécuter ceux avec qui il prétend vouloir faire la paix. Se conduire ainsi, c'est donner la preuve qu'on est un ennemi de la paix qui ne tient pas vraiment à la réconciliation. Une telle image gêne terriblement le nouvel occupant du palais, au moment où les choses sont mal engagées pour son parrain, le président Nicolas Sarkozy en difficulté devant la gauche socialiste, à quelques mois de la présidentielle en France. De plus, l'homme qu'il a choisi pour diriger la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, son «collègue» ex-gouverneur de la Bceao et ex-Premier ministre, vient d'être investi à Yamoussoukro, en qualité de président de ladite commission. Ouattara est donc tenu de donner un «signal fort» dans le sens de la réconciliation. Même si cela doit le conduire à faire des choses qu'il ne voulait pas au départ. 

Ne dit-on pas que la faim chasse le loup hors du bois ? Il faut seulement espérer que le mentor du Rdr retrouve le bon sens pour comprendre qu'il ne peut pas diriger seul la Côte d'Ivoire par l'instauration un autoritarisme kaki, en écartant les partisans de Laurent Gbagbo. Il ne fera que continuer à enfoncer ce pays. Jusqu'à ce que, à la fin de son règne, son nom soit inscrit dans les annales comme la page la plus noire de l'histoire de la Côte d'Ivoire.


K. Kouassi Maurice

 

Source : LE TEMPS