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jeudi, 25 août 2011

LA DETTE SOUVERAINE ET LA CRISE DE L'IMPERIALISME

 

DETTE PUBLIQUE DANS LE MONDE.PNG

Par Robert Bibeau, le 24 août 2011


Nous abordons aujourd'hui le problème récurrent et fort complexe des déficits publics américains et du gonflement vertigineux de leur dette souveraine. Nous expliquerons le mécanisme économique qui engendre ces déficits et qui suscite le gonflement de leur dette souveraine, le défaut de paiement et la dévaluation du dollar US. Nous verrons que ce processus est inhérent au modèle de développement impérialiste et qu'à terme il engendre la création de gigantesques entreprises multinationales sans patrie, sans allégeance, sans foi et sans loi, prêtes à flouer l'économie américaine si nécessaire  afin de poursuivre leur marche inexorable vers l'accumulation de profits.

LE MODELE DE LA « PLATEFORME »

Un nouveau « modèle de division internationale du travail » serait  en train de se répandre sur la planète. À commencer par les États-Unis d'Amérique, les grandes multinationales, américaines d'abord, canadiennes, australiennes, israéliennes et européennes ensuite, auraient développé une nouvelle façon de produire et de vendre des marchandises en accumulant des profits astronomiques. En fait, il s'agit de l'implantation systématique du modèle de division du travail impérialiste mais à une échelle jamais égalée auparavant. Selon l'économiste Charles Gave ce nouveau mode de division internationale du travail, que les technologies de l'information et de la communication facilitent grandement, s'appelle faute de mieux le système de la « Plateforme » (1).

C'est la systématisation de ce modèle de développement économique impérialiste qui provoque les présentes perturbations économiques, budgétaires, monétaires et commerciales mondiales. Ce ne sont pas les mauvaises décisions des banquiers, des spéculateurs boursiers, des industriels ou des politiciens qui engendrent ces crises systémiques répétitives qui s'abattent comme la peste sur les peuples du monde mais l'application mécanique des lois inexorables du développement impérialiste redécouvertes par Charles Gave.

Nous savons tous que chaque pays tient une comptabilité nationale d'où l'on peut observer annuellement les fluctuations de sa balance commerciale (2), de sa balance des paiements (3), de son PIB (4), de son endettement cumulatif et de ses déficits budgétaires (5), de ses emprunts et de la valeur de sa monnaie nationale. Selon l'économiste Charles Gave, toute cette comptabilité nationale est de moins en moins pertinente et elle permet de moins en moins d'analyser et de comprendre les crises économiques et financières mondiales.

D'après l'éminent économiste, la logique de la comptabilité nationale est sans intérêt.  En fait, que les sociétés multinationales se proclament « Américaines », « Canadiennes », « Israéliennes », « Européennes » ou « Chinoises », elles domicilient où elles le veulent leurs déficits commerciaux : « les marchés n'ont pas compris que nous sommes en train d'assister à la privatisation des balances commerciales (nationales et internationales NDLR). » (6).

Dans son article de macro économie Charles Gave donne l'exemple de la société de micro-informatique DELL dont le siège social est situé au Texas.

Tous leurs ordinateurs sont conceptualisés de façon « virtuelle » dans leurs centres de recherche. Aucune de leurs machines vendues aux États-Unis n'est construite sur place. Elles sont toutes montées au Mexique ou en Chine, et importées en Amérique après coup. L'originalité est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées (ce qui est différent de la délocalisation industrielle). La seule chose que fait l'entreprise Texane est de préciser les caractéristiques techniques que devront avoir ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants de Dell s'engagent à les produire au coût fixé par Dell.

Des trois fonctions nécessaires à la commercialisation d'un produit - conceptualisation, fabrication et vente - Dell a réussi à externaliser la plus dangereuse et la plus cyclique, la fabrication. Charles Gave explique ensuite que par une telle division internationale du travail un ordinateur construit en Asie, vendu 700 $ aux États-Unis, muni d'un système d'exploitation Microsoft (dont le siège social est à Seattle mais la production délocalisée), équipé d'un processeur Intel (dont le siège social est aux USA mais la production délocalisée), monté d'un écran fabriqué à Taiwan dans un boîtier - clavier fabriqué en Chine, la part du produit de la vente empochée par des firmes dites de « nationalités américaines » sera de 300 $ (et leur marge bénéficiaires de 262 $ soit 87 %) et la part des entreprises dont le siège social est en Asie de 365 $ (et leur marge bénéficiaire de 28 $ soit  7,7 %). (7).

Les impérialistes internationaux trouvent ce mode de division internationale du travail très avantageux et il se répand chaque jour davantage. Cependant, quand l'ordinateur vendu en ligne par Internet entre aux États-Unis, ce pays enregistre une forte détérioration de sa balance commerciale.

Dans l'exemple ci-dessus l'exportation dite « américaine » a été de 275 $ alors que l'importation aux États-Unis a été de 670 $ (bénéfice de Dell et taxes en sus), d'où les États-Unis enregistrent un déficit commercial de 395 $. Malgré cela la rentabilité des sociétés dites « Américaines » présente un certain nombre d'avantages fort désirables aux yeux de n'importe quel investisseur :


- Elle est très stable : la partie cyclique (la production) a été affermée à des industriels extérieurs. - Elle est très élevée : la recherche, le développement et la vente par Internet ne suscitent pas des besoins de fond de roulement importants. La rentabilité sur capital investi est donc forte. - Elle ne nécessite pas d'apports de capitaux nouveaux : Dell n'a pas besoin d'emprunter pour son développement.

- Elle est très transparente : si le coût du travail augmente trop fortement au Mexique, Dell ne renouvelle pas ses contrats de production au Mexique pour en signer de nouveaux au Brésil, ou en Chine...  De ce fait, les prix à la production demeurent sans arrêt sous pression, d'où le peu d'inflation, du moins jusqu'à ce que les travailleurs du tiers-monde revendiquent des hausses salariales afin de bénéficier eux aussi du pactole du développement capitaliste dans leur pays.

La Chine avec son système policier très répressif possède à cet égard un avantage certain et elle maintien ainsi les salaires de ses ouvriers aussi bas que possible. Toutefois, ceci n'empêche pas le Yuan chinois de subir des pressions à la hausse que le gouvernement chinois ne peut résorber, ce qui entraîne une augmentation du coût des importations américaines en Chine et l'exportation de l'inflation chinoise aux États-Unis.

LA BALANCE COMMERCIALE

Tout ceci à pour effet que les pays émergents se retrouvent avec des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des États-Unis, qui pourtant ne veulent strictement rien dire selon l'économiste Gave, puisque la maîtrise des flux (importations de marchandises aux États-Unis) est à cent pourcent dans les mains de sociétés dites « Américaines ». De réclamer de ces pays de réévaluer leurs monnaies contre le dollar ne règlera rien (ce qui laisse entendre que les sénateurs américains pétitionnaires ne font que de la figuration pour le public américain) (8).

De fait, ces pays émergents en voie d'industrialisation accélérée sont intégrés à la zone dollar. Ce qui veut dire en termes simples que la balance commerciale d'un pays où les sociétés s'organisent selon les principes de la « plateforme » ne veut plus rien dire. Pour raisonner à nouveau comme cet économiste, l'avantage comparatif qui crée le déficit américain n'est pas en Chine, mais aux États-Unis. Ce sont les sociétés américaines qui domicilient où elles le veulent le déficit américain. Si le Yuan est réévalué, Wallmart passera ses commandes au Vietnam. Le déficit US restera le même, mais il sera comptabilisé au Vietnam (si les entreprises oeuvrant au Vietnam sont vietnamiennes, ce qui n'est pas assuré) plutôt qu'en Chine, et le chômage augmentera en Chine.

Gave ajoute : « Les pays qui pour des raisons politiques (rejet de la globalisation et de la  mondialisation) refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises absolument laminées, car elles seront forcées de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n'ont rien à faire. À terme, elles disparaîtront, et tous leurs emplois avec elles (et pas seulement les emplois industriels). Et le protectionnisme ne les sauvera pas plus qu'il n'a sauvé l'industrie textile en France. » (9).

Le raisonnement de Gave laisse entendre que les investisseurs étrangers désirent détenir des actions de ces sociétés américaines, et que les dollars excédentaires qui entreraient ainsi aux États-Unis serviraient à acheter des actions de ces sociétés ou des obligations émises par les gouvernements des États-Unis. Ce qui signifierait que l'équilibre des paiements américains se ferait en prenant en compte les ventes d'actifs américains aux étrangers.

Ce dernier raisonnement de l'éminent économiste est totalement faux cependant. La preuve en est que depuis 2008 les investissements étrangers (directs et de portefeuilles) ne cessent de diminuer aux États-Unis à cause de l'instabilité du dollar américain (10).

Le modèle de division internationale du travail appelé « plateforme » entraîne la relocalisation de la production dans les pays pauvres ce qui réduit d'autant le pouvoir d'achat des travailleurs des pays riches car l'augmentation des emplois du secteur tertiaire ne compense pas la destruction des emplois dans le secteur secondaire, et qui plus est, les emplois tertiaires créés sont parfois si mal payés (MacDonald et Tim Horton) que les capacités de consommation des travailleurs d'occident sont réduits à presque rien, ce que les banques compensent pour un temps par l'élargissement du crédit à la consommation qui ne fait qu'accroître l'endettement des ménages jusqu'à la prochaine crise des « subprimes ».

Plus loin Gave explique que les constructeurs asiatiques sont totalement dépendant du marché nord américain pour survivre et que donc ils ne peuvent pas refuser de vendre leurs marchandises aux firmes ayant siège social aux États-Unis contre des dollars dont la masse internationale est toujours plus importante et la valeur marchande toujours plus réduite (le dollar ne vaudra bientôt plus qu'un demi euro). Ce raisonnement est également faux. À court terme le constat est exact, mais à moyen terme la Chine et l'Inde ont commencé à développer leurs immenses marchés domestiques et ils se rendront ainsi de plus en plus indépendants du marché nord américain et alors ils refuseront les dollars plombés et c'en sera fini pour cette devise.

PRIVATISATISATION DES BALANCES COMMERCIALES

L'économiste Gave ajoute : « Les marchés n'ont pas compris que nous sommes en train d'assister à la privatisation des balances commerciales nationales. Ce qui veut dire en termes simples que quiconque reste enfermé dans la logique de la comptabilité nationale pour effectuer ses investissements va tout droit à la ruine. » (11).

Le développement impérialiste signifie la totale intégration du capital industriel et du capital bancaire en un capital financier international « off shore », sans patrie, sans intérêt national et voué exclusivement à l'accumulation de profits et de dividendes internationaux. En cela Gave a raison de souligner que pour ces puissants spéculateurs boursiers et pour ces grandes entreprises multinationales la seule comptabilité globale qui vaille est la comptabilité internationale. C'est d'ailleurs pourquoi ces ploutocrates  réclament l'internationalisation des organismes de gestion et des mécanismes de régulation économique.

Ce qui provoque la présente crise budgétaire américaine (défaut de paiement de leur dette souveraine gigantesque de 15 000 milliards de dollars) est du au fait que les dépenses du gouvernement fédéral et des États américains sont croissantes alors que les revenus étatiques sont en baisses.  Nous savons déjà pourquoi les dépenses américaines sont si importantes - guerres d'agression incessantes, subventions aux entreprises privés et aux banques soit - 1 200 milliards en 2008 seulement (12) - mais pourquoi les revenus des impôts sont-ils en baisse alors que les firmes américaines sont prospères et font des profits records ? Même si Barak Obama augmentait le taux d'imposition des entreprises américaines cela ne changerait rien.

C'est que les entreprises dites « Américaines », c'est-à-dire ayant leur siège social aux États-Unis (alors que leurs manufactures et leurs centres d'affaires sont répartis un peu partout dans le monde) ne rapatrient plus leurs profits aux États-Unis afin d'éviter de les « dollariser » et de les voir dévaloriser par l'inflation et la dévaluation de cette monnaie. Les trusts et les entreprises multinationales Américaines choisissent de localiser leur profits dans des centres bancaires « off shore », dans des paradis fiscaux (Caïmans, Bahamas, Monaco, Macao, Israël, etc.) où ils se mélangent aux capitaux du monde interlope et une fois blanchies ils sont réinvestis dans les pays émergents ou dans des fonds boursiers spéculatifs.

« Pour prendre la mesure du choc qui se prépare, il est utile de savoir que même les banques américaines commencent à réduire leur utilisation des bons du trésor US pour garantir leurs transactions par crainte des risques croissant pesant sur la dette publique US. Le groupe GEAB croit qu'un autre 15 000 milliards d'actifs-fantômes spéculatifs vont s'envoler en fumée dans les prochains mois de 2011 et 2012. En ce moment les grandes entreprises accumulent de la trésorerie en prévision de ce choc financier qui verra les trésoreries gouvernementales  s'effondrer. » (13).

INFLATION ET DEVALUATION DE LA MONNAIE

Au milieu de ce salmigondis la Fed (banque fédérale américaine) songe à un troisième épisode d'assouplissement quantitatif...Comprendre ici que la Fed songe à émettre de nouveaux dollars pour acheter les obligations d'épargnes des gouvernements américains que de moins en moins de spéculateurs (y compris les banques américaines) désirent acquérir car l'investissement est trop risqué. Cette troisième émission de monnaie  engendrera la dévaluation du dollar et une inflation importante aux États-Unis; méthodes par lesquelles le gouvernement américain transfert le coût de la crise de la dette souveraine sur le dos des petits salariés, des retraités, des pauvres et des démunis qui verront leur maigre pouvoir d'achat s'éroder encore davantage (14).

Pour le gouvernement américain les bénéfices combinés de l'inflation et de l'émission de monnaies est double puisque d'une main il décharge le fardeau de la dette sur le peuple (par la hausse des prix et des recettes fiscales de l'État) et de l'autre il réduit d'autant sa dette extérieure en dévaluant les créances en dollars de ses créanciers. C'est la raison pour laquelle de nombreux pays dans le monde cherchent à transiger avec d'autres monnaies que le dollar américain, ce que nous avions déjà souligné dans une étude antérieure (15).

Pendant ce temps, les immenses trusts internationaux, les multinationales de tout acabit, les spéculateurs boursiers et les banquiers internationaux observent l'économie mondiale, spéculent, jouent avec les actifs du monde entier et cherchent à tirer leur épingle de ce jeu macabre dont les lois inéluctables les entraînent inévitablement vers la catastrophe économique. Mais attention, ce système économique moribond ne s'effondrera pas de lui-même, il imposera encore et toujours plus de sacrifices aux peuples du monde entier afin de se maintenir à flot. Seule une révolte généralisée pourra l'abattre et construire un monde nouveau...Qu'attendons-nous pour le construire sur ses ruines ?


Source : CENT PAPIERS.COM


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(1)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(2) http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS

(3)   http://www.wikiberal.org/wiki/Balance_des_paiements

(4)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

(5)   http://lexpansion.lexpress.fr/economie/etats-unis-vers-un...

(6)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(7)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(8)   http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/e...

(9)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(10)http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanc...

(11)  http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(12)http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/3...

(13)  GEAB no 56 Spécial été 2011. Crise systémique globale - dernière alerte avant le choc de l'automne 2011. in L'Étoile du Nord, vol 9 no 3. Mai-juin 2011.

(14)  Aux Etats-Unis la Fed est poussée à injecter des liquidités dans l'économie. Le Monde, 17.08.2011. Page 11.

(15)   http://www.centpapiers.com/la-chine-imperialiste/74924


Salutations cordiales.

 

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

robertbibeau@hotmail.com

mercredi, 24 août 2011

LIBYE: LA RESISTANCE S'ORGANISE

MOUAMMAR KADHAFI 6.jpg

Diantre !

Je suis déçu, estomaqué, scié et groggy. Je ne comprends pas les chefs d'État arabes. Encore moins les leaders africains. Comment ont-ils permis ça ? Comme le désigne si bien mon ami posteur Ric, « les bouchers de Benghazi », finiront bien par tuer leurs parrains face à l'échec qui se présente. Pacifier la Libye ne sera pas une mince affaire. Pire, si le leader Mouammar Kadhafi meurt, le pire est à venir. Vous verrez. Pauvre Libye !

Ils construisent déjà des châteaux en  Libye alors qu'ils n'ont encore rien gagné. Se répartissent déjà sans vergogne un beau pays en portion comme un gâteau: pétrole, pétrole. L'action de l'OTAN s'apparente à l'œuvre d'un pizzaïelo face à une pizza. Non, Tripoli ou Paris ne peuvent être pris comme ça, sans qu'il n'y ait riposte ou résistance. Ce qu'on nous présente comme une victoire, un coup porté au régime parce que l'ex forteresse de Bab al-Azizia serait aux mains des « bouchers de Benghazi » est un leurre.

A quoi ça sert de « prendre » un champ de ruines et crier à la victoire ? Pour petit rappel, ce haut lieu a été bombardé... 64 fois par les soldats de l'apocalypse. Excusez du peu. Les terroristes de l'OTAN ont pourtant réaffirmé, hier, que, Mouammar Kadhafi n'était pas une cible. Cherchez l'erreur ! Mais, comme je l'avais dit le 23 juin sur le plateau de Télésud, la Libye risque de se transformer en véritable chemin de croix pour les voleurs occidentaux et les renégats de Benghazi. Pourquoi ? Simplement parce que la prise de l'Elysée, par exemple, ne veut pas dire qu'on a gagné Paris ou la France.

Mouammar Kadhafi a précisé hier, que, son repli était une tactique. Les chefs des fous de Benghazi, apeuré, Moustafa Abdeldjeïl a mis en garde contre le triomphalisme de certains. Il s'adressait probablement aux prédateurs européens en ces termes: « Il est prématuré de dire que la bataille de Tripoli est terminée. Ce ne sera pas le cas tant que Kadhafi et ses fils n'auront pas été capturés. » Dites-le à des assoiffés de pétrole !

Vous connaissez la Somalie ? Vous connaissez l'Irak ? Vous connaissez l'Afghanistan ? En Libye, ça va être pire. Tout le monde est armé et le danger est partout. Vous avez vu les manifestations à la place verte de ces vendus au Kit Kat américain ? Ils se comptaient au bout des doigts. Alors,  bienvenus chers amis prédateurs, à votre tentative de vol de pétrole et de recolonisation ! Kadhafi n'est ni Ben Ali ni Moubarak.

Tripoli est encerclé. Plus de 750 terroristes ont été capturés. Il y a plus de 3000 fidèles de Mouammar Kadhafi à l'aéroport international de Tripoli, armés jusqu'aux dents. Des volontaires affluent du pays pour porter main forte au peuple libyen pour mettre en déroute ceux qui bradent leur pays pour un plat de lentilles. Il sera maintenant difficile aux coalisés racistes, de bombarder car, c'est maintenant que la vraie bataille commence. ne dit-on pas très souvent que la nuit, tous les chats sont gris ? La guerre psychologique ne prendra pas.

Haut les cœurs !


Source : Le blog d'Allain Jules

LIBYE: UN JOURNALISTE PARLE DEPUIS SON HOTEL A TRIPOLI


MAHDI NAZEMROAYA.gif

Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l'hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l'hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins...

Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l'hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l'évidence ils s'étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu'ils ont brossé n'est pas celui d'une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n'ai pas pu aller plus loin... je crois que l'un d'entre eux a peut-être été tué devant l'hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l'heure qu'il est parce qu'il y a encore des snipers dans l'hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d'Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C'était une menace voilée qui m'a été adressée directement. C'est inacceptable, c'est de la censure, et c'est inacceptable.

Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s'agit de violences autour de l'hôtel où vous vous trouvez où s'agit-il de violences dans d'autres parties de la ville ? Entendez-vous d'autres violences dans d'autres parties de la ville ?

Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu'ils ont pris contact avec les rebelles et l'OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c'est ça qu'ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d'évacuation et je crois que ma vie et celle d'autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu'ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C'est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l'OTAN, parce que nous ne sommes pas d'accord avec la version donnée par l'OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu'ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d'une « responsabilité de protéger » que je n'ai jamais vue s'appliquer dans le cas de Bahreïn ou l'Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontrés ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j'étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.

Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?

Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.

Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...

Mahdi Nazemroaya : l'ambassade de Russie a dit qu'elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s'y rendre parce qu'il y a des combats autour. L'ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c'est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l'OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d'ici...

Présentateur : qu'est-ce qu'on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?

Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n'ai pas entendu de bombardements de l'OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.

Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?

Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu'un a été touché, je ne sais pas s'il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu'ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des événements qui n'est pas conforme à ce qu'ils avaient prévu.

 

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EN COMPLEMENT :


Inquiétudes au sujet de nos confrères à Tripoli.

L'OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger

Les combats autour de l'hôtel Rixos à Tripoli, empêchent les journalistes qui le veulent, de sortir. Quatre gouvernements sont maintenant impliqués dans une opération de secours destinée à protéger deux journalistes du Réseau Voltaire.

22 août 2011

Aux dernières nouvelles, ce sont quatre États qui offriraient une protection diplomatique aux deux journalistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, ouvertement menacés de mort par de prétendus "journalistes" occidentaux. Ce ne sont pas les seuls journalistes menacés. Les ambassades qui sont disposées à les protéger sont actuellement inaccessibles parce qu'encerclées par les Forces de l'OTAN.


Silvia Cattori

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

12:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde arabe, afrique, libye, mahdi nazemroaya parle depuis tripoli | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LIBYE - BAIN DE SANG: LES APACHES S'EN OCCUPENT


HELICOPTERE APACHE.jpg

Lundi 22 août, le monde ne s'est pas réveillé avec la gueule de bois, alors qu'il aurait dû. Et pour cause, finalement le bain de sang qui devait se produire à Benghazi, provoqué par l'armée libyenne, se produit à Tripoli provoqué par les bombes très démocratiques de l'Alliance atlantique.

Le matin de ce seul jour, on dénombre 1300 morts et 5000 blessés, tombés sous les coups des hélicoptères Apache, qui nettoient le parcours des supplétifs vers la  «victoire» contre des cadavres. La presse très démocratique, fidèle à sa mission, titre triomphalement, «le régime de Kadhafi s'effondre» ou encore «les heures de Kadhafi sont comptés». Une façon de dire une vérité qui évite de dire la réalité. Cette réalité têtue qui veut qu'un peuple est massacré parce qu'il se bat et qu'il refuse d'accepter l'ignominie de l'occupation. Cette réalité que retiendra l'Histoire, que fabriquent des hommes et des femmes qui ont conservé leur dignité et qu'ils défendent au prix de leur vie, contre la plus puissante organisation criminelle que le monde ait connue. Oui ! Il s'agit bien d'un crime et la naïveté la plus profonde a fini par fondre devant les faits.

Le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en «rebelles», elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l'oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu'ils n'existent pas. Inutile d'invoquer le droit à l'information, il n'est pas valable en tout temps et tout lieu. Quand les maîtres du monde en parlent, ce n'est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent.

On a pu voir comment l'un des chefs de guerre qui sévit en Libye a traité, dans son pays, les informations sur la révolte populaire. Plus de journalistes, rien que des Ouvriers spécialisés qui produisent une information industrialisée, selon les critères définis par les spécialistes du marketing. Les clients n'étant plus les téléspectateurs, les auditeurs ou les lecteurs, mais les dieux du marché. Tant pis pour ceux qui s'échinent à chercher ce qu'il y a derrière le miroir. Ces artisans qui croient que leur échoppe peut résister à l'usine.

De toute façon, ils ne seront pas assez nombreux pour faire la différence. Au besoin, ils seront muselés, comme il se fait sur Internet où des blogs réfractaires à la doxa dominante sont bloqués, mis en difficulté ou supprimés, sous un prétexte ou sous un autre. Comme s'ils pouvaient par leurs seuls écrits arrêter les tirs meurtriers, qui ne cesseront ni avec le départ de Kadhafi, ni avec l'usurpation de la souveraineté des Libyens. Car la Libye a été plongée dans la spirale bien connue de cette violence où l'oppression, imbue du droit  de la force, ne comprend pas que les opprimés ne céderont jamais leurs droits à la force. On apprécie déjà les premiers résultats de la supposée  «protection des civils», on les appréciera plus longuement, durant tout le temps où les Libyens se dresseront contre le déni qui les frappe. Sans le préjudice du chaos possible, dont les démocratisations passées ont le secret et le label.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mardi, 23 août 2011

ENTRETIEN AVEC THIERRY MEYSSAN, LE DIMANCHE 21 AOUT 2011: «C’EST L’OTAN QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL MILITAIRE, PAS LES REBELLES»

 



THIERRY MEYSSAN 3.jpg

Thierry Meyssan, à l'Hotel Rixos, à Tripoli

 

Par Silvia Cattori

En pleine attaque de l'OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s'entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s'exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors, que l'OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tipoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande « victoire » des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que « l'OTAN a du stopper les bombardements ». « Saïf al-Islam que l'on assurait arrêté a surgit du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.


Réseau Voltaire | 23 août 2011


Thierry Meyssan s'exprimant dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 août 2011 depuis Tripoli.


Silvia Cattori : D'ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s'effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l'hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s'effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l'appel à l'insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l'OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d'où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S'agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c'est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l'abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l'hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l'hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l'entour de l'hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n'ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n'y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L'OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu'il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l'hôtel. Cela dit on a l'électricité, l'eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l'hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d'assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C'est un périmètre qui est assez grand parce qu'il y a un parc tout autour de l'hôtel. Je pense que s'il n'y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s'il y a d'autres troupes de l'OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l'on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l'air, et qui ne paraissent pas des professionnels...

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s'agitent et qui ne sont pas militairement formées. C'est de la pure mise en scène, ce n'est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l'OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l'OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L'action ce sont les forces de l'OTAN.

C'est ainsi que cela s'est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l'OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c'est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c'est de la blague ça ! C'est l'OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C'est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c'est une ville d'un million et demi d'habitants. Qu'il y ait des cellules combattantes à l'intérieur c'est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l'encadrement par les forces l'OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l'extérieur. Les assaillants encerclent l'hôtel. Je pense qu'il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l'hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l'hôtel Rixos sont complètement paniqués. C'est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j'essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d'entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions...

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu'ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir...

Thierry Meyssan : L'Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n'est pas rentré dans le port. C'est l'OTAN qui l'empêche d'accoster. Quand l'OTAN l'autorisera l'évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l'OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l'OTAN qui sont ici au sol c'est évident que tout peut tomber rapidement...

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l'a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l'OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n'est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu'ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses... Je n'ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L'ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

 

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori


Source: RESEAU VOLTAIRE

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

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Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

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Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

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De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 août 2011

LIBYE: CONSEILS ANTI-MANIPS

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N'étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias... Ils n'ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l'essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d'un affrontement décisif, changer de méthodes ?


  1. Toute image peut être manipulée. Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l'image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n'avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames...

    Exemple : Lors de l'invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu'il n'y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s'agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l'autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?

    Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l'implication des talibans dans les attentats du 11/09.

    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes
    . Quelles preuves ?

    Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l'opposition libyenne et de l'OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ? Nous présente-t-on la version de propagande d'une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?

    La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : "Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu."


    Pourquoi libérer les libyens d'un côté et soutenir les dictatures de l'autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

Les bombardements de l'OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts. Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l'OTAN s'acharne. Les combats ont repris autour de l'hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Khadafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L'ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d'abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n'ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb, directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

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Journalistes non-menacés

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D'après des analystes interrogés par l'agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP.

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Action


Source: INVESTIG'ACTION

DE TRIPOLI, THIERRY MEYSSAN RELATE LE CARNAGE DONT IL EST TEMOIN


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Image d'archive de combat à Raz Lanouf entre les pro-Kadhafi et les insurgés, le 09 mars 2011.

 

L'offensive «Sirène», lancée samedi 20 août 2011 au soir se déroule en coordination entre le «CNT (l'organe politique de la rébellion à Benghazi)», les combattants dans et autour de Tripoli, et l'«OTAN».

 

Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’« Iftar (la rupture du jeûne de Ramadan) », l’« Alliance atlantique » et le « CNT » ont lancé l’« Opération Sirène ».

Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’« Al Qaeda » à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche 21 août 2011.

Un bateau de l’« OTAN » a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’« Al Qaeda », encadrés par des officiers de l’« Alliance » dans les combats.

Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’« OTAN » bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’« hôtel Rixos » où séjourne la presse étrangère. L’« OTAN » n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve, est assailli sous un tir nourri.

A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

L’« OTAN » avait reçu mission du « Conseil de sécurité » de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

Les Etats-Unis ont intensifié ces dernier jours leur activité aérienne autour de Tripoli en utilisant des « drones Predator » pour détecter, suivre et à l'occasion frapper les troupes du colonel. Ces raids ont détruit les infrastructures militaires du régime.

Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a été « arrêté ». il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la « CPI » pour « crimes contre l'humanité » commis en Libye.

Lundi 22 août 2011, Tripoli est entièrement entre les mains des rebelles, sauf le quartier résidentiel de Mouammar Kadhafi où se déroule actuellement de violents combats. Une foule en liesse arborant les drapeau rouge, noir et vert au couleur de la rébellion, dansant au cri de « Allah Akbar ».

Tous les analystes de l'« OTAN » prédisent la chute de Kadhafi dans quelques heures.

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 20 août 2011

LIBYE: VERS UNE PARTITION?

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Crise en Libye - La partition de la libye, une solution permettant à Seif El Islam de rester au pouvoir, serait avantageuse pour le pays. Depuis des mois, le sud-est tunisien est de plus en plus agité et instable, une situation imposée par le conflit libyen et par les puissances occidentales, soutenues par les riches pays du Golfe. Par le passé, quand la Tunisie avait prêté main-forte à l'Algérie, c'était pour soutenir sa résistance contre le colonialisme dans le cas de la Libye, c'est différent puisqu'il s'agit d'un conflit interne.


Au début de ce conflit, après quelques semaines de révolte «à la tunisienne», les Libyens ne réussissent pas à écarter Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Dans la foulée, des groupes armés de diverses fractions, formés de jeunes recrues sans formation militaire complète, entament à la hâte une offensive visant le contrôle de toutes les villes libyennes, y compris les installations pétrolières. Les forces aériennes françaises, suivies des forces anglaises et américaines se sont attribué la mission de couverture aérienne d'attaque d'objectifs terrestres.


Cependant, il semble que le but recherché de l'action de l'Otan n'est pas de renverser le régime de Kadhafi mais de mettre la main sur les puits et les vannes de pétrole et gaz libyens, comme ce fut le cas en Irak.


Quelques mois de conflit suffisent pour mettre à l'évidence la suprématie aéronavale de l'Otan, plus de la moitié du potentiel militaire de Kadhafi est détruit ou neutralisé.


La bataille terrestre est différente, les insurgés libyens bénéficiant de l'appui aérien réussissent difficilement à progresser vers Tripoli. Ils essuient de lourdes pertes en hommes et en matériels militaires face à une armée de métier libyenne entraînée. Les forces de Kadhafi repoussent les attaques terrestres, harcèlent les insurgés et sans l'appui militaire occidental, ces derniers ne seraient pas en mesure d'arriver aux confins de Tripoli.


Par ailleurs, Kadhafi et ses troupes loyales attirent la sympathie nationale libyenne et internationale par leur capacité d'agir partout en Libye avec de faibles moyens et par leur résistance à l'armada de l'Otan et aux «collaborateurs» libyens.


Le monde entier est aussi témoin de la discorde au sein des insurgés et du gouvernement provisoire qui s'avère non représentatif de tous les libyens et dénué d'autorité sur certaines fractions extrémistes qui lui échappent.


A l'heure actuelle, la situation est confuse et même si Kadhafi choisit l'exil, ou part pour une raison ou une autre, il restera du chemin à faire pour réunifier les libyens et pacifier le pays. Sachant que tout au long de son histoire, la Libye actuelle a toujours été divisée en deux provinces distinctes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine elle ne s'est unifiée que sous l'occupation italienne.


En attendant le retour de la paix, les pays limitrophes de la Libye, et particulièrement la Tunisie, devraient prendre leur mal en patience car leur économie et leur sécurité continueraient à souffrir tant que le spectre de la guerre règne sur la région.


La guerre «internationalisée» en Libye menace l'indépendance de la Tunisie et sa sécurité intérieure parce qu'elle a démarré sans étude stratégique préalable globale, voire sur un «coup de tête» du président Sarkozy. La priorité était de devancer Kadhafi pour défendre la ville «rebelle» de Benghazi.


En effet, l'Occident se soucie peu de la partition de la Libye et de tout changement éventuel dans la géographie des Etats du Maghreb, mis à part le Maroc, pour le moment.


Tout faux pas de la part des Tunisiens durant ce conflit coûterait cher et ses conséquences persisteront des générations.


Depuis le 14 janvier, tous les pays riches sont plus rigoureux avec la Tunisie et la plupart des promesses sont au stand-by.


Pour cela, le gouvernement tunisien, fragilisé depuis le 14 janvier, devrait repenser sa stratégie, la guerre civile en Libye pourrait engendrer une situation de paix et un eldorado pour toute la région du sud-est, comme elle pourrait générer d'autres conflits de faible et moyenne intensité.


Dans tous les cas, la Tunisie bénéficierait mieux d'un scénario, exceptionnel, avec la partition de la Libye en deux Etats, la Cyrénaïque et la Tripolitaine où Seif El Islam serait le chef d'Etat de cette dernière.


Ainsi, Tunis et Tripoli qui partagent plus de huit siècles d'histoire commune, sous différents royaumes, se remettraient tout de suite à réparer les dégâts et reconstruiraient deux Etats voisins modernes.


Kilani Bennasr

La Presse, le 18 août 2011


Source: AFRIQUE EN LIGNE

LES VRAIS CHEFS D'AL QAÏDA SE TROUVENT A LA MAISON BLANCHE ET AU PENTAGONE


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Il me semble que pour bien comprendre la tragédie qui se joue en Libye, il faut partir de l'objectif initial de cette intervention qui bien entendu n'a rien à voir avec la démocratie.


Il y a la volonté d 'accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

L'objectif était la dislocation d'une Nation et d'un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région.

Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l'intrusion des bandes armées n'a pu se faire qu'avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des puissances occidentales et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d'Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d'Al Qaïda se trouvent à la Maison Blanche et au Pentagone; c'est toute une longue période de l'histoire de cette organisation criminelle qui s'achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu'en Syrie la même stratégie d'infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d'exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses.

Si les sbires salafistes constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l'enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d'influence au service des plans de l'impérialisme, dont cette organisation est l'une des plus anciennes créations.

Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l'Otan planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples.

Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur CNT est aujourd'hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter .

Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l'onde de choc va se répandre jusqu'à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l'envoi de milliers de soldats pour des combats au sol.

Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre.

Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C'est une mauvaise nouvelle pour les maîtres du monde, mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d'altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites.

Quoi de plus ridicule et dérisoire que d'entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la Maison Blanche ne sait au juste de quoi il est ministre.

Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu'elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

Standard and Poor's l'a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l'abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l'Administration Obama a imposé la politique de réduction des déficits publics.

Les pires canailles n'en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous.

Le Congrès américain vient d'adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les Républicains qui n'en sont plus et les Démocrates qui ne l'ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d'existence, toutes les garanties d'une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d'américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné.

Tous, républicains ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d'Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la révolte sociale de millions et de millions, d'hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l'avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l'on appelle le Tea Party, une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l'affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l'un des 2 grands partis institutionnels, l'embryon d'un parti de type fasciste.

La complexité et la difficulté de la position d'Obama tiennent à la nature même du Parti Démocrate et de ses liens avec l'AFL CIO, la grande centrale syndicale américaine.

Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son Parti n'auraient aucune hésitation à plonger des millions d'hommes dans la déchéance, ce qu'il ont largement commencé à faire.

L'opposition à Obama ne se trouve pas au sein du Parti Démocrate, l'opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le Parti Démocrate, ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical.

Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c'est avec ceux-là qu'a commencé un choc frontal avec la politique d'Obama.

Tout ce qui fondait le conservatisme politique du peuple américain, son attachement à l'American way of life, sa croyance au rêve américain, son attachement à ses institutions démocratiques, tout ce fatras confus d'illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l'Amérique.

Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd'hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n'hésiteront pas à employer, des millions d'hommes s'éveillent à la conscience politique, c'est cela la grande nouvelle de notre temps.

Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le 11 Septembre n'a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n'a sans doute jamais connue d'une ampleur telle qu'elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d'exception.

Il suffira d'attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J'ignore si comme le dit la Bible Jérusalem est au centre du monde, mais c'est ici et dans cette région, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde.

Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables .

Comme partout dans le monde, un groupe de capitalistes s'est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (...)

Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la puissance sociale des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette puissance sociale qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu'ils en disent et l'arrogance et la morgue qu'ils affichent.


Rakosky - Paris 13ème.

jeudi, 18 août 2011

RESISTANCE AU ROYAUME-UNI

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Marc Duggan, tué par la police, qui a ensuite menti sur le drame. Sa mort est à l'origine des émeutes en Angleterre.

 

Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ? (The Rebel Griot).

The Rebel Griot:

Les émeutes et le pillage n'ont pas été les seules violences perpétrées par les Anglais dimanche soir. Quelques heures avant que Cameron n'apparaisse à la télévision et ne jure de se venger des jeunes Britanniques qui s'étaient soulevés, les pilotes de ses bombardiers revenaient d'une opération qui avait causé la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes libyens à Zlitan un village près de Tripoli. Cameron et les dirigeants de France et des USA essaient désespérément d'enrayer la déroute économique de la même manière que d'habitude, en massacrant un peuple du tiers-monde et en lui volant ses ressources.

C'est le contexte dans lequel il faut replacer ces émeutes. Notre mode de vie occidental est fondé sur la violence et le pillage. Ceux qui ne s'en rendent pas compte n'ont qu'à regarder comment les forces d'occupation occidentales ont transformé l'Afghanistan en un gigantesque champ de pavots à héroïne avec l'une des espérances de vie les plus basses de la planète, comment elles ont fait de l'Irak un enfer pour ses habitants dans le seul but de lui voler son pétrole, comment elles préparent l'invasion de la Syrie qui servira de prélude à la "solution finale" du "problème" palestinien et comment elles volent déjà les revenus du pétrole de la Libye que Kadhafi avait destinés au développement de l'Afrique mais qui à la place iront tout droit dans les caisses des usines d'armement occidentales pour acheter des armes au rebelles racistes. Et je ne mentionne même pas l'extorsion du remboursement des prêts d'aide octroyés par l'Occident aux pays du tiers-monde dont les intérêts multiplient par 13 les sommes empruntées.

Nos jeunes ont été témoins de tout cela en grandissant. Ils voient très bien que l'Occident s'enrichit par de violents pillages. Ils voient bien aussi que plus de la moitié de leurs soi-disant "représentants" au Parlement ont systématiquement volé des télévisions, des produits électroniques, des vêtements et tout ce qu'ils croient pouvoir voler sans se faire prendre, en se livrant à des fraudes de grande envergure. Ils savent que la police tue des gens en toute impunité et que leurs communautés sont en permanence humiliées et harcelées par la police. Ils savent que les banquiers qui ont détruit les moyens d'existence de millions de personnes continuent à se verser des bonus prélevés sur les deniers publics.

Ils savent aussi qu'aucune de ces personnes ne sera sans doute jamais amené devant la justice pour y répondre d'un délit. La plupart des Membres du Parlement coupables de fraude sont toujours en place ou ont obtenu des postes lucratifs dans des entreprises à qui ils ont rendu des services quand ils étaient parlementaires. La police enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. L'armée enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. Tony Blair enquête sur lui-même et ne se trouve aucune faute. Les riches et les puissants démontrent aux jeunes jour après jour que pour réussir il faut voler, frauder et se montrer violent. C'est le monde dans lequel ils sont nés. C'est la moralité dans laquelle ils baignent. C'est l'air qu'ils respirent.

En comparaison de leurs modèles, la vaste majorité des jeunes émeutiers se sont très bien conduits. Les attaques sur les petits commerces, les maisons et les civils ont été des exceptions et non la règle ; les principales activités ont été de piller des supermarchés appartenant à de grands groupes et d'assiéger les commissariats. En faisant cela, les jeunes ont réussi à faire ce que personne d'autre n'a pu faire : mettre la police et les multinationales devant leurs responsabilités. Le message à la police a été très clair : vous ne pouvez pas tuer, battre et humilier en toute impunité. Plusieurs commissariats ont été complètement incendiés et les vacances d'été de toute la police de Londres ont été annulées. Quand des incidents comme le meurtre de Mark Duggan se produisent, ce n'est jamais dû à une "pomme pourrie" ; le parti pris de couvrir les fautes est systématique et provient d'une collusion à tous les niveaux. Quelques officiers de police vont peut-être y réfléchir à deux fois avant de se laisser entraîner dans des affaires douteuses à l'avenir.

Quant aux multinationales, l'efficacité de leur exploitation et de leur esclavagisation du tiers-monde a crée une telle pauvreté sur toute la planète que les gens sont de plus en plus incapables d'acheter ce qu'ils produisent. C'est la principale cause systémique de la crise économique. Ils ne le savent peut-être pas mais les multinationales que nos enfants ont attaquées sont bien la cause principale de leur pauvreté. Qui plus est, ces firmes emploient des techniques publicitaires qui ciblent impitoyablement nos enfants et véhiculent le message cruel selon lequel leur statut social dépend de l'acquisition de marchandises ; ils ne devraient pas faire semblant d'être surpris que nos enfants essaient aussi de les acquérir.

Avec leur "pillages irresponsables" les jeunes privés de tout se sont en fait livrés à une forme primitive de redistribution de la richesse. Ce qu'ils ont fait d'une manière anarchique et spontanée est exactement ce que nous devrions faire d'une manière systématique et organisée. Nous avons besoin de créer des organismes qui se donneraient vraiment pour mission de mettre en place "un socialisme par la base" -en prenant le contrôle des usines, des chaînes de magasins et de terrains pour répondre aux importants besoins sociaux que le capitalisme est incapable de satisfaire. C'est cela la vraie Grande Société -celle qui fait si peur à Cameron et à sa clique.

Je ne blâme pas Cameron, ni les politiciens, ni les médias. Ce sont nos ennemis. Ils sont fidèles à leur classe sociale. Ils nous exploitent et nous mentent avec beaucoup de talent et d'efficacité. Ils font leur travail parfaitement bien. Je blâme ceux d'entre nous qui s'intéressent aux autres et qui veulent mettre fin aux privilèges de classe, au racisme et à l'impérialisme. Nous devrions nous lever, nous organiser et élire un leader et tant que nous ne le ferons pas, il sera vain et hypocrite de critiquer la jeunesse. Si nous nous déchargeons sur nos enfants de la tâche de rendre la police responsable de ce qu'elle fait et de répartir les richesses, il ne faudra pas s'étonner que, sans personne pour les guider et les conseillers, ils ne fassent pas du bon boulot.

 

Pour consulter l'original : http://rebelgriot.blogspot.com/2011/08/why-are-we-leaving...


Traduction : Dominique Muselet pour LGS

 

Source : LE GRAND SOIR.INFO

mercredi, 17 août 2011

L'ELYSEE A RAISON D'ETRE INQUIET APRES LE 15 AOUT 2011


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Le président Nicolas Sarkozy a-t-il interrompu ses vacances d'été uniquement pour assister à un rebond technique des bourses européennes ? La réalité est que le problème de la dette française constitue maintenant un problème immédiat pour les marchés internationaux, bien plus grave que l'abaissement de la note de la dette américaine. Le dollar n'a pas été affecté par cette décision de Standard and Poor's, mais l'euro, c'est une autre affaire ! Car la dégradation de la note de la dette française impacterait dramatiquement l'euro. Quand les bourses américaines ont plongé, en début de semaine dernière, de nombreux investisseurs ont afflué vers le Trésor américain, signe que le pessimisme n'était pas au plus bas pour les Etats-Unis. Par contre, les problèmes de liquidités concernant les dettes européennes sont si conséquents maintenant, que l'idée fait son chemin selon laquelle l'Allemagne et la France ne disposent pas de liquidités suffisantes pour renflouer tout le monde au sein de la zone euro.A chaque grande réunion européenne, on assure que tous les problèmes sont résolus et que le navire Europe va pouvoir voguer en pleine mer dans la sérénité. Puis une nouvelle dégradation survient et la houle redevient dangereuse.

Madrid et Rome auront besoin de plus de 700 milliards d'euros pour financer leurs déficits courants et payer la dette venant à échéance en 2012. Les « forces de marchés » reconnaissent ce fait et ont imposé des coûts d'emprunt plus lourd pour les deux pays. En conséquence, les banques espagnoles et italiennes vendent massivement des obligations, rachetées par la BCE. Ces actions de la BCE sont sans issue et ont des conséquences sur les liquidités du marché interbancaire. En outre, la France arrive à un endettement très proche désormais des 90% du PIB, que Carmen Reinhart, de l'Institut Peterson, et Kenneth Rogoff, de Harvard, jugent « dangereux ». « Un niveau qui constitue un sérieux frein à la croissance économique ». D'ailleurs, cette analyse se trouve renforcée par l'annonce d'une croissance anémique pour la France. Finalement, selon la presse américaine, la France est quasiment KO et seule l'Allemagne se trouve présente sur le pont pour essuyer la tempête. Mais voilà le problème : combien même l'Allemagne aurait toute la bonne volonté possible pour éponger les autres pays défaillants de l'Union européenne, elle n'en a pas les moyens. C'est bien pour cette raison que ses représentants ont annoncé que l'Allemagne ne verserait pas un euro supplémentaire dans le FESF. Voilà pourquoi on peut sérieusement douter d'un rebond durable des marchés, car la France est déjà dans la lunette de tir des forces de marché avec lesquelles notre cher président a été si complaisant depuis plusieurs trimestres.

 

Source : L.I.E.S.I (Lettre d'Informations Economiques Stratégiques Internationales).

16:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, l'élysée a raison d'être inquiet après le 15 août 2011 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LIBYE: LA CHAPE MEDIATIQUE

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L'entreprise coloniale contre la Libye a révélé, par-dessus tout, la puissance médiatique des maîtres du monde. D'un seul tenant, tous les grands organes de presse audiovisuelle et écrite et leurs clones périphériques se sont ligués contre l'ennemi désigné par la  «communauté internationale», enrichie des pétromonarchies arabes. Tous, journaux, télévisions, radios, n'ont plus qu'un seul comité de rédaction, une seule ligne éditoriale. Tous ne diffusent, à l' infini, que la même version de l'information, celle délivrée par l'OTAN-CNT.

A les suivre, il y aurait des mois que l'Etat Libyen se serait effondré, puisqu'une révolution est en cours, appuyée de surcroît par la plus redoutable machine de guerre que le monde ait connue. A les suivre, il n'y aurait qu'un seul acteur en Libye, les supplétifs de Benghazi  qui traquent un «tyran esseulé qui se terre», après avoir massacré sa population. A les suivre, les civils  tués par dizaines, tous les jours, par les bombardiers de l'Alliance atlantique seraient une «invention du régime de Tripoli». Faute de pouvoir faire croire qu'ils ont été les victimes de l'armée libyenne. Une armée qui serait encadrée par des mercenaires qui terroriseraient les soldats et les obligeraient à se battre. Goebbels aurait reconnu, dans cette propagande, la main d'un disciple beaucoup mieux outillé.

Même les moteurs de recherche sur Internet veillent au grain et travaillent à filtrer, tant qu'ils le peuvent, les voix discordantes. Heureusement que d'infimes brèches s'offrent encore, qui permettent d'accéder à des versions différenciées du discours formaté sur une tragédie qu'on voudrait se voir jouer sans témoins. D'après ce que l'on sait ce serait la   théorie des cinq cercles qui serait appliquée dans le carnage en Libye. On a certainement dû  lui ajouter un sixième cercle pour intégrer la neutralisation ou le recrutement de l'opinion internationale. Chose étonnante, la destruction de la télévision libyenne n'a pas été menée jusqu'au bout. Artisanale et gérée avec amateurisme, elle a été supprimée de certains satellites et a subi des attaques pour la faire taire, parce qu'elle constitue l'unique source alternative à l'imposante industrie mensongère arabo-occidentale.

Il n'est pas exclu qu'elle soit, le cas échéant, réduite au silence quitte à exploser ces masses de jeunes qui protègent de leurs corps les émetteurs. Mais, quelle que soit l'issue de cette agression, voulue vainement en vase clos, il faudra bien que soit posée la problématique de la responsabilité des médias dans le recueil, le traitement et la transmission de l'information. Et elle sera posée.

Un seuil de duplicité et de mépris des lecteurs a été dépassé. Un  seuil qui a été atteint dans la partialité insupportable vis-à-vis des souffrances du peuple palestinien, sous le prétexte d'une information qualifiée  d'équilibrée, qui a mis les pétards du Hamas contre Sderot au même niveau que le bombardement de Ghaza.  Si la problématique n'est pas posée, ce sera en Europe et aux Etats-Unis que sera exercée la chape sur les mouvements de contestation que les politiques antipopulaires, en cours de mise en œuvre, ne manqueront pas de provoquer. Et pour finir ce sera la mise à mort du droit à l'information.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

02:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, libye, monde arabe, libye la chape médiatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

DERNIERE HEURE: L'OTAN ET LA TURQUIE APPUIENT LES REBELLES ARMES EN SYRIE - RECRUTEMENT DE MOUDJAHIDINES



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Les médias occidentaux ont contribué activement à dissimuler la nature de l'interférence étrangère en Syrie, incluant le soutien extérieur aux insurgés armés. Ils ont décrit en chœur les récents événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al Assad.

Des développements récents en Syrie indiquent qu'il s'agit d'une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l'OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement  israélien : 

Entre-temps, le quartier général de l'OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d'armes pour combattre les chars d'assaut et les hélicoptères. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l'OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d'antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011. C'est l'auteur qui souligne.) constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence.

La livraison des armes doit être effectuée par « voie terrestre, à savoir par la Turquie et sous la protection de l'armée Turque [...] Autrement, les armes seraient transportées par camion jusqu'en Syrie sous la garde de l'armée turque et transférées aux chefs des rebelles lors d'une rencontre prévue. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

L'OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d'un djihad impliquant le recrutement de milliers de « combattants de la liberté, ce qui évoque l'enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l'âge d'or de la guerre soviéto-afghane :

Selon nos sources, Bruxelles et Ankara discutent également d'une campagne pour enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et le monde musulman afin de combattre auprès de rebelles syriens. L'armée turque logerait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

Ces divers développements indiquent une implication potentielle de troupes turques en Syrie, ce qui pourrait mener à une confrontation militaire élargie entre la Turquie et la Syrie ainsi qu'à une intervention militaire « humanitaire » sans réserve de l'OTAN, dont la mise en oeuvre serait coordonnée avec l'insurrection.

Un reportage détaillé sur l'évolution de la situation en Syrie sera publiée sous peu par Mondialisation.ca.

Article original en anglais publié le 15 août 2011:
BREAKING NEWS: NATO and Turkey Support Armed Rebels in Syria. Campaign to Recruit Muslim "Freedom Fighters"

 

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

COTE D'IVOIRE: LE CLIVAGE FONDAMENTAL

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Le dernier-né des partis politiques ivoiriens, Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a fait sa première sortie le 11 août dernier, un mois jour pour jour après le départ hypermédiatisé du FPI de Mamadou Koulibaly, son “président-fondateur”. Quatre mois jour pour jour après le violent kidnapping de Laurent Gbagbo par les forces françaises et leurs supplétifs d’alors, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). On peut se contenter de considérer ce nouvel objet politique sous l’angle exclusif de la compétition entre les différentes chapelles partisanes. Et il est assez piquant de noter que Le Nouveau Réveil, journal pro-Ouattara, qui s’est enthousiasmé au commencement pour l’aventure politique de Koulibaly, et Notre Voie, journal du FPI, ont eu le même traitement de l’événement. Koulibaly n’est parti qu’avec des « feuilles mortes », et a fait une « maigre moisson ». Leçon de choses: dans l’arène politique, personne ne fait de cadeau à personne. Et les petits “clins d’oeil” ne servent qu’à exacerber les divisions du camp adverse…

Pour notre part, nous voudrions nous attarder sur les enjeux idéologiques de la création de LIDER. Qui revendique très clairement son appartenance à la grande famille libérale. Au moment où les pays-phares du libéralisme vacillent sur leurs bases et redoutent un krach financier et un effondrement du système. Crise de la dette, folie des marchés financiers, conséquences désagréables de la dérégulation et de la désindustrialisation de l’Occident qui en est le corollaire… Les idéologues de la”démondialisation”, nouveau mot pour définir le protectionnisme, commencent à se poser en alternative et à engranger des partisans.

Aujourd’hui, les Etats-Unis, patrie emblématique du libéralisme, vivent en “prenant crédit” auprès de la Chine, toujours dirigée par un Parti communiste qui a jeté aux orties son orthodoxie et adopté une forme de capitalisme d’Etat hybride qui semble relativement lui réussir… pour l’instant. Economiquement piégé, l’Occident libéral engage des guerres au nom de la démocratie. Hier en Irak, aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Libye. Et où demain?

On peut toujours rétorquer que le libéralisme n’y est pour rien, que c’est l’ingérence gouvernementale, de nature profondément keynésienne donc “socialiste” qui a, par exemple, fabriqué la crise des “subprimes”. On peut dire que le libéralisme est par nature pacificateur, parce que, dans sa vision idéelle, les nations qui commercent ensemble ne se font pas la guerre. Mais est-il réaliste d’imaginer qu’une Côte d’Ivoire dirigée demain par le LIDER soit le seul pays qui applique “bien” les recettes miraculeuses du libéralisme “pur”?

Dans son discours de présentation de son parti, Mamadou Koulibaly dit quelquechose qui nous semble pertinent. Selon lui, les concepts de gauche et de droite sont inopérants en Afrique. Le véritable clivage se situe, selon lui, entre l’étatisme castrateur et le libéralisme émancipateur. Mais ces concepts, dans toute leur pertinence, ne sont-ils pas des “pièges” pour une Afrique qui doit faire preuve, plus que jamais, d’une créativité conceptuelle bien son histoire, sa géographie et sa sociologie? Mamadou Koulibaly prend l’exemple du marché foncier pour illustrer les bienfaits que l’affirmation de la propriété individuelle apporterait à la Côte d’Ivoire. Munis de leurs titres de propriété, les paysans devenus exploitants agricoles pourraient obtenir des crédits bancaires, acheter des intrants et des engins, et améliorer leur productivité.

Le schéma est séduisant sur le papier, mais se heurte à un certain nombre de réalités locales. Premièrement la conception profonde que beaucoup d’entre nous ont de la ruralité. Le village est à la fois terroir ancestral inaccessible voire mystique, moyen de production, cimetière et lieu de mémoire. Le paysan dont le cousin rachètera à la banque son titre de propriété, après qu’il ait fait quelques “mauvaises années”, admettra-t-il de bon coeur une transaction de cette nature? Et si c’est l’ancien métayer «allogène » qui récupère ses terres? Sur quel mode seront distribués les titres de propriété, alors que le concept même de propriété est source de conflits, et que ni les “transactions traditionnelles”, très souvent orales, ni le droit coutumier, souvent interprété de manière fantaisiste par les dépositaires du pouvoir local, ne peuvent être un point de départ pertinent? Plus grave, un pays comme la Côte d’Ivoire peut-il “supporter” socialement l’activisme des fonds américains ou asiatiques cherchant à acheter des terres et proposant aux paysans, pauvres parmi les pauvres, des deals qu’ils ne pourront pas refuser?

Au-delà de toutes ces considérations, on peut se poser une question: dans un Etat dominé, occupé militairement par la France et l’ONU, où les élections et les institutions ne tiennent que si elles ne disconviennent pas à la “communauté internationale”, débattre des subtilités du socialisme et du libéralisme est-il aussi fondamental que cela? Le peuple ne doit-il pas arracher le droit de disposer de lui-même avant toute chose? Contrairement à ce que certains disent, Mamadou Koulibaly n’est pas passé du socialisme au libéralisme. Il a de tout temps été libéral. C’est au nom de la nécessaire lutte contre les structures du parti unique qu’il s’est, selon ses propres explications, fait compagnon de route des sociaux-démocrates, des marxistes et des frustrés de tout bord qui se sont réunis pour créer le FPI qui était, selon son fondateur, un « front », une sorte de fédération de plusieurs tendances idéologiques.

Aujourd’hui, après le 19 septembre 2002 et le 11 avril 2011, la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire s’est substituée à celle du multipartisme, depuis que l’alternance d’octobre 2000 a été littéralement “sabotée” par l’ancienne puissance coloniale qui a réussi à se remettre au centre du jeu et à imposer sa volonté. Au-delà du libéralisme, du marxisme, du conservatisme et de toutes les autres écoles de pensée. Un autre “front” ne s’impose-t-il pas désormais? Mamadou Koulibaly, qui s’est refusé à condamner la dernière expédition punitive de la Force Licorne, la qualifiant de “remise en ordre”, considère-t-il que « la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire » s’est terminée au bénéfice de la Côte d’Ivoire, pour que la subtilité des choix de société puisse s’exprimer sur une terre désormais “libérée”? Question subsidiaire: face à un RDR membre de l’Internationale libérale, Mamadou Koulibaly, qui prône les vertus du bipartisme, veut incarner une opposition tout aussi libérale que le pouvoir. La Côte d’Ivoire ne mériterait-elle donc rien d’autre que le choix entre un libéralisme de type A – frelaté selon l’interprétation de Koulibaly – et un libéralisme de type B, plus authentique? Le débat est ouvert.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 16 août 2011

JEAN ZIEGLER: «LAURENT GBAGBO REVIENDRA CERTAINEMENT AU POUVOIR»


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Jean Ziegler vice-président du Comité Consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ancien rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation au sein de la même institution connaît bien l'ONU. Il est par ailleurs l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels: Main basse sur l'Afrique (1978) L'empire de la honte (2005) La haine de l'Occident (2008) qui dénotent d'une maîtrise des rapports complexes entre les occidentaux et les africains. Il était hier dimanche l'invité de Christian Musampa dans le cadre de l'émission "Sans détours" sur la radio camerounaise Cameroonvoice et pour lui le retour de Gbagbo au pouvoir ne se discute pas.


Savoir lire les événements quand le commun des mortels pense que tout est fini ! En tout cas, Jean Ziegler offre une grille de lecture nouvelle de la situation politique en Côte d'Ivoire et pour lui, c'est bien Gbagbo qui sortira grandi de toute cette tourmente politico-juridique qui montre aussi à quel point les nouveaux gouvernants ne sont pas rassurants. D'abord parce que pour lui les ivoiriens ne se laisseront pas faire. « La communauté internationale s'est trompée sur les orientations et les solutions apportées au problème ivoirien. Sur la base de toutes les défaillances qui ont entaché le système électoral en Côte d'Ivoire, l'unique solution était le recomptage des voix. Par conséquent, l'attaque du domicile de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, en violation de l'esprit des résolutions de l'Onu, pour installer un larbin comme Ouattara est un acte purement impérialiste », estime Jean Ziegler. Ensuite, parce qu'il estime bien connaître Laurent Gbagbo, il ajoute « Je connais bien Laurent Gbagbo. Je l'ai rencontré pendant son exil ici en France et dans l'international socialiste, c'est quelqu'un qui va certainement revenir au pouvoir(...) il est le seul véritable homme d'Etat de toute la sous-région Ouest Africaine ». L'universitaire préfère d'ailleurs se focaliser sur les capacités de grand lutteur du président Gbagbo qui l'a fait triompher maintes fois alors que la situation semblait compromise. Enfin, parce que la vie nationale continue d'être bloquée et dans ce cas, il faudra bien discuter avec Gbagbo. Laurent Gbagbo lui-même ne le sait que trop. « Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleurs ne changeront pas leur cours mais, mieux, leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant... ». Volontairement énigmatique lors de cette première interview accordée à un internaute, Laurent Gbagbo montrait déjà qu'il fallait compter sur lui. Il a d'ailleurs tenu à le redire au fil des interventions de son porte-parole Koné Katinan. Le président Gbagbo y affirme qu'on ne peut pas passer par pertes et profits les relations franco-africaines pour sacrifier les intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Les français doivent gagner, les ivoiriens aussi.

Les autorités françaises ne semblent pour l'instant pas prêtes de l'accepter mais pour combien de temps ? L'histoire de Mandela a pris la même trajectoire il ya aujourd'hui de nombreuses années. Les afrikaneers l'avaient aussi jeté en prison parce qu'il était considéré comme un terroriste. Ce qui n'était pas tout à fait faux parce que la lutte pour l'égalité des races en Afrique du Sud a pris toutes sortes de contours et l'ANC a été un adepte de la lutte armée. Une fois Mandela mis sous les verrous, les blancs ont cru que l'affaire était réglée. Que nenni ! La situation politique fut bloquée pendant de nombreuses années. Au point où le seul moyen de garantir la paix aux populations blanches fut d'aller négocier avec Nelson Mandela qui sortit de prison avant de devenir le premier président noir d'Afrique du Sud. Mandela est aujourd'hui respecté par le monde entier, y compris par les blancs qui ne juraient que sa perte.

La première partie de l'intervention de Jean Ziegler a essentiellement consisté à analyser la situation de la famine dans la Corne de l'Afrique. Sur la question, M. Ziegler a dénoncé la duplicité et la cupidité des organisations internationales méthodiquement soutenues par les Institutions de Bretton Woods qui organisent et imposent à cette partie de l'Afrique une famine non conjoncturelle mais structurelle parce que liée à la spéculation des marchés boursiers sur les coûts des produits alimentaires. Pour lui, il y a à dénoncer un véritable crime contre l'humanité en Somalie où, à cause de la déstructuration de l'Etat, les aides humanitaires sont détournées. Lesquelles aides s'amenuisent à la faveur de la crise financière mondiale qui oblige la réduction du budget de la Fao de 50%. Il est passé de 6000 milliards à 2800 milliards.

Dans la deuxième partie outre la situation en Côte d'Ivoire, Monsieur Ziegler s'est aussi intéressé à l'élection présidentielle au Cameroun, à la guerre en Libye. A propos des élections au Cameroun, il pense qu'elles manqueront une fois encore de transparence à l'instar des autres élections dans certaines contrées d'Afrique comme le Burkina, le Togo, Le Gabon, le Tchad etc.  Et que le peuple Camerounais qui n'a pas encore vécu de véritables élections mérite mieux qu'un dirigeant comme Paul Biya : « Le peuple camerounais ne mérite pas ce genre de dirigeant d'un autre âge [...] qui passe son temps à l'hôtel intercontinental et se balade au bord du lac Leman ». Sur la guerre en Libye, le polémiste suisse a salué l'intervention de l'Otan face à ce qu'il a appelé le projet ou l'intention de Kadhafi d'exterminer tous les habitants de Benghazi.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 40 du mardi 16 août 2011.

LA LIBYE ET LA FIN DES ILLUSIONS OCCIDENTALES


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Cinq mois après le début des bombardements, il n'est plus possible de croire la version officielle du début des événements en Libye et des massacres imputés au « régime de Kadhafi ». Simultanément, il faut désormais tenir compte de la riposte judiciaire et diplomatique libyenne qui met en évidence les crimes contre la paix commis par la propagande TV, les crimes de guerre perpétrés par les militaires de l'OTAN, et les crimes contre l'humanité commis par les dirigeants politiques de l'Alliance atlantique.

Une petite moitié d'Européens soutiennent encore la guerre contre la Libye. Leur position se fonde sur des informations erronées. Ils croient en effet encore que le « régime de Kadhafi » a réprimé dans le sang des manifestations à Benghazi en février et a bombardé des quartiers de Tripoli, tandis que le colonel lui-même aurait promis de faire couler des « fleuves de sang » si ses compatriotes continuaient à contester son autorité.

En deux mois d'enquête sur le terrain, j'ai pu vérifier par moi-même que ces accusations sont des intoxications de pure propagande, imaginées par les puissances de l'OTAN pour créer les conditions de la guerre, et relayées dans le monde entier par leurs chaînes de télévision : Al-Jazeera, CNN, BBC et France24.

Le lecteur qui ne sait où se situer dans ce débat et qui, malgré les intox du 11-Septembre et des armes de destruction massives de Saddam Hussein, rechigne à envisager que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar aient pu fabriquer de tels mensonges, peut néanmoins se faire une opinion avec le temps. L'OTAN, la plus vaste coalition militaire de l'Histoire, n'est pas parvenue en cinq mois de bombardements à renverser celui qu'elle décrit comme un « tyran ». Chaque vendredi, une vaste manifestation de soutien au régime est organisée dans une ville différente du pays et tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que le colonel Kadhafi dispose d'au moins 90 % de soutien populaire en Tripolitaine et d'au moins 70 % à l'échelle du pays entier, incluant les zones « rebelles ».

Ces gens souffrent tous les jours du blocus, des bombardements aériens et des combats au sol. Jamais ils ne soutiendraient avec leur chair et leur sang un individu qui aurait commis contre eux les crimes dont il est accusé par la « communauté internationale ». La différence entre ceux qui croient en Occident que Kadhafi est un tyran qui a fait tirer sur son propre peuple, et ceux qui croient en Libye que c'est un héros de la lutte anti-impérialiste, c'est que les premiers vivent dans l'illusion créée par la propagande TV, tandis que les autres ont sur place l'expérience de la réalité.

Ceci étant posé, il existe une seconde illusion dont sont victimes les Occidentaux -et j'inclus désormais dans le camp « occidental », non seulement Israël qui s'en revendique depuis toujours, mais aussi les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie qui, bien que de culture orientale, ont choisi ce camp- : ils persistent à penser qu'il est encore possible de dévaster un pays et de tuer sa population sans conséquences juridiques. Il est vrai que, jusqu'à présent, la Justice internationale n'a été qu'une justice des vainqueurs ou des puissants.

On se souvient de ce dignitaire nazi qui apostrophait ses juges à Nuremberg leur disant que si le Reich avait gagné la guerre, ce serait les nazis qui seraient juges et les Alliés qui devraient rendre compte de leurs crimes de guerre. Plus récemment, nous avons vu l'usage fait par l'OTAN du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie pour tenter de justifier a posteriori que la guerre du Kosovo était la « première guerre humanitaire de l'Histoire », selon l'expression de Tony Blair. Ou encore, comment le Tribunal spécial pour le Liban, a été utilisé pour tenter de renverser le gouvernement syrien, puis pour décapiter le Hezbollah libanais, et probablement bientôt pour accuser les Gardiens de la Révolution iranienne. Sans oublier, le Tribunal pénal international, bras séculier des puissances coloniales européennes en Afrique.

Cependant, le développement des instruments et des organes de Justice internationaux au cours du XXe siècle a établi progressivement un ordre international auquel les grandes puissances elles-mêmes vont devoir se conformer, où qu'elles devront saboter pour fuir leurs responsabilités. Dans le cas libyen, on ne compte plus les violations du droit international. En voici les principales, telles qu'elles ont été établies par le Comité Technique Provisoire -organe libyen de coordination interministérielle- et décrites par l'avocat de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, le Français Marcel Ceccaldi [1], lors de différentes conférences de presse :

- Les chaînes de télévision qui, sous l'impulsion de leurs gouvernements respectifs, ont fabriqué de fausses informations pour conduire à la guerre, sont coupables de « crime contre la paix », tels que définis par les résolutions pertinentes de l'Assemblée générale de l'ONU adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale [2]

- Les journalistes-propagandistes doivent être considérés comme plus coupables encore que les militaires qui ont exécuté des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, dans la mesure où aucun de ces crimes n'aurait été possible sans celui qui les a précédés, le « crime contre la paix ».

- Les chefs politiques de l'Alliance atlantique qui ont détourné la Résolution 1973 de son objet pour se livrer à une guerre d'agression contre un État souverain sont personnellement responsables devant la Justice internationale. En effet, selon la jurisprudence établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le Tribunal de Tokyo, les crimes ne sont pas le fait des États ou des organisations, mais bien des individus.

- Piller les avoirs d'un État, instaurer un blocus maritime et bombarder des infrastructures pour faire souffrir les populations, attaquer une armée dans ses casernes, ordonner d'assassiner des leaders ennemis et, à défaut, de les terroriser en assassinant leur famille, sont autant de crimes de guerre. Les perpétrer de manière systématique, comme c'est le cas aujourd'hui, constitue un crime contre l'humanité. Ce crime est imprescriptible, ce qui signifie que MM. Obama, Sarkozy, Cameron et Al-Thani seront poursuivis par la Justice toute leur vie.

- L'OTAN, en tant qu'organisation, est civilement responsable des dommages matériels et humains de cette guerre. Il ne fait aucun doute en droit qu'elle doit payer, même si elle tentera sûrement d'invoquer un privilège de juridiction pour fuir ses responsabilités. Il appartiendra ensuite à l'Alliance de voir comment répartir la facture de ce conflit entre ses États membres, alors même que certains d'entre eux sont au bord de la faillite. Il s'en suivra des conséquences économiques désastreuses pour leurs populations, coupables d'avoir avalisé ces crimes. Et, en démocratie, personne ne peut prétendre être innocent des crimes commis en son nom.

- La Justice internationale devra se pencher plus particulièrement sur le cas de « l'administration » Sarkozy -j'emploie ici cet anglicisme pour souligner que désormais le président français conduit directement la politique de son gouvernement sans passer par son Premier ministre-. En effet, la France a joué un rôle central dans la préparation de cette guerre en organisant en octobre 2010 une tentative manquée de coup d'État militaire, puis en planifiant avec le Royaume-Uni dès le mois de novembre 2010 le bombardement de la Libye et un débarquement au sol que l'on croyait alors possible, enfin en participant activement aux troubles meurtriers de Benghazi qui aboutirent à la guerre.

- En outre, la France, plus que toute autre puissance, a déployé des Forces spéciales au sol -certes sans leurs uniformes- et a violé l'embargo sur les armes approvisionnant les insurgés -directement ou au moyen d'avions qatariotes-. Sans oublier que la France a violé le gel onusien des avoirs libyens, détournant une partie des fabuleuses liquidités du Fond souverain libyen au profit des fantoches du CNT et au détriment du peuple libyen qui croyait assurer le bien-être de ses enfants une fois le pétrole épuisé.

Ces Messieurs de l'OTAN qui espéraient échapper à la Justice internationale en écrasant en quelques jours leur victime, la Libye, de sorte qu'elle n'aurait pas survécu pour les poursuivre, vont devoir déchanter. La Libye est toujours là. Elle dépose des plaintes devant la Cour pénale internationale, les tribunaux belges (juridiction dont dépend l'OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des États agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l'homme de Genève, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies.

Il ne sera pas possible aux grandes puissances d'éteindre tous ces incendies à la fois. Pis, les arguments qu'elles utiliseront pour échapper à une juridiction se retourneront contre elles devant une autre. Dans quelques semaines, dans quelques mois, si elles ne sont pas parvenues à détruire Tripoli, elles n'auront plus d'autres échappatoires pour prévenir d'humiliantes condamnations que de négocier au prix fort le retrait des plaintes.


[1] Mettant fin à la confusion qui a prévalu au début de la guerre lorsque divers ministères engageaient des avocats différents pour des procédures désordonnées, la Libye a désigné en juillet Marcel Ceccaldi pour superviser l'ensemble des procédures en cours.

[2] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.


Thierry Meyssan, in « Egalité et Réconciliation »


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 14 août 2011

SENEGAL: LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY


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Monsieur le Président Sarkozy : Que vient faire votre gouvernement au Sénégal ?


Monsieur le Président, vous venez d'envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin, « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) » qui l'a convoqué à plusieurs reprises pour l'entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le « Rapport » de l'« ONU » sur le Rwanda.

Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées « Eléments Français au Sénégal (EFS) ».

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu'il soit légitime de vous interroger sur les raisons d'un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la « stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Du reste, il se dit que vous avez, jusqu'à récemment, soutenu ce projet et même tenté de le « vendre » à Obama, de la manière que l'on sait ...

Toujours est-il, que l' envoi de ce Général « présumé génocidaire », à Dakar, fait suite à la demande de votre Ambassadeur à Dakar, qu'il a adressée à l'opposition, de « permettre à Wade de briguer un 3 ème mandat », en violation flagrante de notre « Constitution », et de la déclaration fracassante de votre Ministre, chargé de la Coopération, soutenant que « c'est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade, disqualifie d'office le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal, qui vient pourtant d'achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L'on devrait donc s'attendre, en suivant votre logique, à ce que le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans la « Rue », précisément parce qu'il serait ridicule d'organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander si le Gouvernement français a déjà pris faits et cause pour la « stratégie de chaos » de Wade de conservation du pouvoir, même si vous semblez, personnellement, ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C'est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, à laquelle Wade se prépare, même s'il déclarait récemment, par pure démagogie, qu'il se conformerait aux décisions du « Conseil Constitutionnel » que les Autorités Françaises attendent qu'il se déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande, à l'opposition, de s'en remettre au « Conseil Constitutionnel », Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la «Rue», le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d'Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier que la crise en Côte d'Ivoire a eu pour origine la question de « l'inconstitutionnalité de la candidature de Ouattara » que Bédié, appuyé par la France sous Chirac, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste » et réactionnaire de cette « Constitution », n'avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d'appuyer Bédié pour lui permettre d'écarter Ouattara, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd'hui, et vous le savez bien, l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ème mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la « Constitution » de notre pays, en phase avec l'évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la « Démocratie », de la « Liberté » et de l'« Etat de Droit », soutient Wade dans son refus de se conformer à cette « Constitution », et semble s'inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d' « Ivoirisation » du Sénégal sont énormes, et ne peuvent, par conséquent, être conjurés que par une puissante campagne d'information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les « Forces Vives » de notre « Nation » qui sont prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C'est d'ailleurs de cette manière que l'on a pu obliger votre Gouvernement, le 23 Juin 2011, à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue », avait rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C'est dans cette perspective que nous exigeons le départ immédiat du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n'est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre peuple dans le respect strict des dispositions de la « Constitution » qu'il s'est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus tolérer de voir leur pays réduit en succursale ou filiale des Entreprises Françaises du « CAC 40 ». Pas plus qu'ils ne peuvent plus accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du Gouvernement Français.

Plus vite vous et votre Gouvernement comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera mutuellement bénéfique et fraternelle la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C'est dans la paix et la stabilité qu'une telle coopération se construit, et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d'Ivoire, après plus d'une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu'à son épilogue tragique récent.

Dans le même temps, nous attirons l'attention du « Conseil de Sécurité » de l'« ONU », des Autorités de l'« Union Européenne », et de l'« Union Africaine », sur la responsabilité pleine et entière de votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est en train de planifier contre le peuple Sénégalais, et que vous et vos services, êtes activement et publiquement en train d'appuyer.

Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l'horreur, avant qu'elles ne soient contraintes à agir en «sapeurs pompiers» pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernement de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d'Ivoire et de la Lybie.

C'est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de votre politique envers notre pays, et qui tiennent à bâtir avec nous, de solides relations de coopération entre nos peuples, dans le cadre de nos valeurs partagées d'« indépendance nationale », de « liberté », d'« égalité », de « démocratie » et de « fraternité ».

Le Sénégal ne saurait être ni la Côte d'Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l'oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu'il ne soit trop tard.


«PARTI DE L'INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL (PIT-SENEGAL)»

Le Secrétariat du «Comité Central»


Ibra Yali


Fait à Dakar le 9 Août 2011.

samedi, 13 août 2011

COTE D'IVOIRE: UNE INFORMATION SOUS INFLUENCE


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Selon le politologue français Michel Galy, les médias occidentaux n'ont pas pris la juste mesure de la crise ivoirienne.


Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et... la presse française, «Laurent Gbagbo doit partir» et «Alassane Ouattara est le président reconnu par la communauté internationale» (en particulier, ces «éléments de langage» officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, dans laquelle, au moins, le lecteur a le choix entre les polémiques des deux camps «bleus» et «verts»!

Le formatage des esprits

Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué, et toujours a posteriori... Ainsi, en 2004, Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié de l'émission de télévison Arrêt sur images) ironisait déjà, à propos des massacres de civils ivoiriens (à propos d'une presse française «embarquée», comme en Irak ou en Afghanistan) qu'il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux. Pour avoir vu à l'époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de la force française Licorne vers Bouaké, «retour à 16 heures à l'Ivoire», on peut garantir qu'il ne s'agit pas que de métaphores...

Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Libye, hier la Côte d'Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l'urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes: unanimité politique, ethnocentrisme franco-français, alignement sur des positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la «kakisation des esprits», en 2004 comme aujourd'hui!

Pour autant la presse, enfin toute la presse, n'est pas «aux ordres». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet alignement, si ce n'est par ces «présupposés» que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant (Sur la télévision)? Ici et maintenant la «fabrique de l'opinion» formate les esprits, sur la Côte d'Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si, à un moment donné, le courant dominant produisait un consensus idéologico-médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir, quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard, voire s'inverse!

Est-on si loin de 1984? Un social-démocrate devient «un dictateur»; un légaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme pour redevenir un «guerrier bété»; ou un libéral du FMI un grand démocrate... Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont-ils pas des «rebelles qui sourient», et qu'importe si, dans ces guerres nomades, ce sont littéralement les mêmes qu'à Monrovia ou Freetown. De toute façon, si des exactions et même une violence continue comme «méthode de gouvernement» se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre-violences causées par le «coup d'Etat permanent» et la déstabilisation continue. Et alors? «La guerre c'est la paix», comme le savaient déjà les héros d'Orwell -et notre presse française, forcément libre et objective, est bien sûr composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants!

Pour La Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre...

Une presse africaniste en question

A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d'hebdomadaires «africains», directeurs de «revues» panarabes ont dû reconnaître qu'ils étaient redevables au dictateur Moubarak, à M. Ben Ali -et pas que moralement! Les mêmes ou d'autres écrivent des dossiers systématiquement favorables à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse -et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!

Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée se posent des interrogations sur la «presse Rothschild» -pour inverser le stigmate que ses «experts» ont publiquement affiché sur la «presse Bolloré», jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.

Depuis les années 90, le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur d'Alassane Ouattara. Dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui lui ouvrirent leurs colonnes.

Quand, dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolues (procédés typiques de la presse factieuse d'entre deux guerres), on amalgame hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s'attendre à rendre des comptes.

Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Vergès, l'un ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, l'autre brillant et inlassable avocat «de rupture» depuis la guerre d'Algérie, est-il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme «les deux grigous de Gbagbo»? On atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique... Listes noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journalistes.

Le plus étonnant aujourd'hui: des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit ivoirien.

La rhétorique de la désinformation

La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins conscientes d'ailleurs dans leurs effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d'inversion ou de déplacement.

On a fait allusion à une «politique de l'information» qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s'inscrivant dans un champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des articles et leur place, envoi (ou non) d'envoyés spéciaux (et leurs pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses «maison» des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement anonymes...

Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constitue une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la blogosphère n'échappe pas; suffit-il, comme Venance Konan par exemple, d'être une «bonne plume» ivoirienne pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité et son militantisme actuel pro-Ouattara)? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers, n'y sont bien sûr pas tenus!), on peut se permettre ainsi d'user des procédés les plus classiques de l'extrémisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du «dictateur» dénoncé; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain -toujours dans des termes où l'insulte ne cède qu'à l'outrance.

Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan: tous les observateurs savent que le «commando invisible» d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections. Ici, l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des procédés de Goebbels: «plus c'est gros, plus ça passe»! Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Côte d'Ivoire depuis dix ans, recyclent l'ivoirité ou attribuent ce faux concept, «l'ethnocratie», à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandi.

Les procédés de désinformation sont légion, et l'ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur, de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un «expert» journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60 morts et plus de 1.000 blessés ivoiriens semble significatif. Plus récemment, dans les pseudo débats télévisés (on pense par exemple à un débat de «spécialistes» à 100% ouattaristes: si la conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé...), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro-Gbagbo (sans d'ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro-Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à fait voulus.

Les procédés d'inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de Jacques Chirac -lui qui a 2004 sur la conscience- traitant Laurent Gbagbo de...  «fasciste»! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le «soulèvement du peuple» ou la «désertion de l'armée ivoirienne».

La diabolisation de l'adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l'inversion systématique, ou du déplacement victimaire: tactique langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l'on en croit les analyses de Jacques Semelin.

Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l'on pourrait nommer le «rendement décroissant de l'information», qu'il faudrait approfondir: de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante; d'autres ont pu travailler bien mieux sur les procédés de «construction» audiovisuelle, qui concernent aussi les réseaux sociaux ou les blogs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au Val-de-Grâce).

Beaucoup vient, au-delà de l'ethos (qui n'est pas qu'une absence d'éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique: pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des événements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à Abidjan...

Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique: faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d'autoréférencement. Leur dépendance des «fixeurs» autoproclamés n'en est que plus flagrante, et parfois pitoyable; demi-journalistes, demi-informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d'ailleurs très majoritairement pro-Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la désinformation que dans l'information.

Il est vrai que le milieu politique ivoirien est préstructuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec la presse occidentale; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo -avares de contacts et de données-, les journalistes  venus d'Europe sont accueillis à bras ouverts... et désinformés à proportion par le camp Ouattara... depuis 2002! Ce sont d'ailleurs les supplétifs, on veut bien croire involontaires, de la rébellion: quant au mythe du «smiling rebel» de 2002, lui correspond celui du «commandant du Vent», chef du commando invisible de 2011; et qu'importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia, Sierra Leone et Nord de la Côte d'Ivoire, qui s'apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud: ce n'est que trop tard que les mêmes s'apercevront que le sourire n'était qu'un rictus complaisant et que le vent d'Abobo ne charriait que l'odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les «belles âmes», ces idiots utiles de la sanglante Histoire à venir. «On ne savait pas...» diront-ils, comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu'elle soit irresponsable?


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 août 2011

LE PORTE-AVIONS FRANÇAIS CHARLES DE GAULLE: UN RETOUR SANS GLOIRE!

 

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Le «Grand Charles» est fatigué des libyens

 

L'actualité est riche en émotions. A commencer par le retour à la maison du porte-avions Charles de Gaulle, le navire amiral. Le «Grand Charles» comme on l'appelle. En souvenir de l'illustre personnage qui portait ce nom. Le «Grand Charles» rentre à Toulon où il va être accueilli en grande pompe, par le gotha de la classe politique de son pays. Il a bien mérité cet honneur pour avoir servi jusqu'à n'en plus pouvoir. Toute arme redoutable qu'il soit, il est sujet à la fatigue. Il rentre donc pour se refaire une santé. Le combat a été rude, des mois durant, quand on n'avait prévu que quelques jours, quelques semaines au plus. C'était plus qu'il n'en fallait, mais l'engin a tenu bon. Il fallait faire décoller des avions et les faire atterrir, des milliers de fois. Coup de chance personne ne pouvait lui tirer dessus et il n'a pas subi la moindre alerte, pas même pour l'exercice, c'était inutile. Il revient sans une éraflure.

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Les avions qu'il porte, eux-mêmes, n'avaient pas d'autres problèmes que de prendre l'air, de bien viser et de se délester de leurs missiles dans la bonne direction, droit sur la cible. Ils avaient aussi tous les instruments pour ne pas trop se fatiguer.

A Toulon ce sera quand même la fête et les guirlandes du triomphe et de la gloire et pour la coque et pour son équipage. Ce serait bien de voir, Hillary Clinton, dans le comité d'accueil. Elle sait y faire, elle. Avec son air altier, son hilarité permanente, expression de cette jouissance de vainqueur, qu'elle étrenne sur toutes les tribunes, sur tous les plateaux, là où elle peut exhiber sa satisfaction d'être celle parmi ceux qui accomplissent la dangereuse et courageuse mission de mater les «méchants» désignés par la «communauté internationale».

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Tant pis s'ils n'ont pas les moyens de se défendre et qu'ils ne font que recevoir des bombes sur la tête, qu'ils soient armés ou qu'ils soient des civils, du mauvais camp. La présence de la dame aurait rehaussé l'aréopage chargé d'être là lorsque le «Grand Charles» exténué rentrera dans son port d'attache. Le 12 août sera un grand jour pour l'héroïque bateau.  Il le sera aussi pour les hommes qui servaient d'équipage. Parce qu'on dit que les familles sont très inquiètes. Elles ne vont plus l'être. Les autres familles, celles que les avions du porte-avions écrasaient sous leurs bombes, on ne nous dit pas si elles sont inquiètes. On n'en parle même pas.

De toutes les façons, elles resteront à attendre les bombes qui viendront d'avions qui changeront simplement de piste. De plus, savent-elles seulement d'où viennent les bombardiers et le savoir les intéresse-t-elles ?  Quelques semaines avant d'aller servir de support à la destruction de la Libye et aux massacres des Libyens, notre fier bateau s'est promené durant quelques mois du côté du Pakistan. Il était donc déjà assez fatigué.

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Ce qui fait qu'il va être immobilisé pour un bon bout de temps, pour lui refaire une santé. On dit que cela pourrait durer 6 mois. Et il paraît que cela aurait pu être pire, si le navire avait été maintenu plus que ça en mer. Il ne serait pas sorti en 2012. Ils sont vraiment coriaces ces Libyens, d'avoir obligé (les français) à malmener un tel bijou !


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM