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samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

vendredi, 20 mai 2011

UN FRANÇAIS REVELE: «LES FORCES DE OUATTARA TUENT ET CONSTITUENT DES CHARNIERS ATTRIBUES AUX PRO-GBAGBO»

 

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A la recherche d' informations sur le scandale sexuel du responsable du FMI, un ami à SARKOZY, nous avons rencontré le samedi dernier à l'hôtel Sofitel à Manhattan un touriste français qui, à notre grande surprise, semblait plus préoccupé par les souffrances du peuple de Cote d'Ivoire: "Je ne m'intéresse pas du tout à la vie mouvementée de ce type ( Ndlr: Mr Dominique STRAUSS) " balise t-il d'emblée la conversation avant d'ajouter: " Je suis plutôt outré par le développement du drame ivoirien". Un drame selon lui fabriqué par son pays la France et l'ONU. "Vous, les médias, devriez plutôt aller en Côte d'Ivoire et rendre compte de la souffrance des nombreuses personnes qui sont exécutées chaque jour dans les villes et villages de ce pays mais dont personne ne parle ici à New York.

Ce qui se passe dans cette partie du monde est vraiment triste et révoltant". La cinquantaine révolue, Nicholas LECHIENT insiste à ce que cela soit su car il dit avoir perdu son épouse, une ivoirienne d'ethnie Guéré et 6 membres de sa famille qui ont tous été exécutés par les soldats d'Alassane Ouattara en sa présence dans le quartier de Yopougon alors que, lui, a été épargné à cause de la couleur de sa peau. Très amer, Mr LECHIENT éprouve un véritable dégoût à l'égard des Présidents OUATTARA, SARKOZY et OBAMA: "Ce que ces gens ont créé en Cote d'Ivoire ne s'effacera jamais de la mémoire collective. Ecrivez le, Il y a eu plus de morts en Côte d'Ivoire qu'il n y en a eu ici lors des attentats du 11 septembre et cela continue toujours contrairement aux mensonges des nouvelles autorités ivoiriennes. Ce qui est plus révoltant, c'est que ce sont ceux qui ont commis ces crimes qui sont au pouvoir et se chargent aujourd'hui d'en trouver les responsables.

C'est vraiment la comédie juridique dans ce pays où tous les journaux de l'opposition sont aussi condamnés au silence et leurs sièges transformés en QG des combattants indigènes et incultes de Ouattara. Plus personne ne doit véhiculer d'autres messages que ceux du nouveau Président et ses hommes. Si c'est cela la démocratie voulue par OBAMA et SARKOZY, j'ai pitié pour ces soit disant "grands de ce monde".

Interrogé sur les nombreux charniers découverts chaque jour à Abidjan et attribués aux pro-GBAGBO, le touriste Français est sans détour: "C'est de la distraction. Comme elles sont accusées d'avoir massacré plus d'un millier de personnes à Duekoué, les forces de Ouattara cherchent aussi à épingler le camp GBAGBO. Mais, que cela soit à Duekoué comme à Abidjan, pourquoi les forces pro Gbagbo attendraient elles que les pro Ouattara les attaquent avant d'aller tuer des civils ? Cela a t-il un sens ? Le gouvernement OUATTARA fait des accusations stupides comme si son armée de rebelles n'avait pas combattu. Pourquoi les hommes de Gbagbo tueraient ils des gens qui ont majoritairement voté pour GBAGBO? Or c'est ce que le pouvoir Ouattara cherche à faire avaler au monde entier quand il parle de miliciens pro-Gbagbo et de découvertes bizarres de charniers évidemment constitués par lui-même. Ce sont toutes les personnes que les forces de Ouattara elles mêmes ont exécutées qu'elles ramassent à travers le pays pour en faire des charniers attribués aux miliciens(?) pro Gbagbo. C'est triste et vous comprenez que l'objectif de Ouattara et de ses hommes est de se blanchir dans des procès ridicules qu'ils annoncent.

A un moment où l'on parle de mandats d'arrêt internationaux contre Kadhafi et sa famille, Ouattara et ses tuteurs usent de toutes les combines pour échapper à cette mesure, inévitable pour lui si vraiment la justice est de ce monde. Dans tous les cas, la Cote d'Ivoire est devenue la terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie surtout quand on y forme cinquante après les indépendances "une armée républicaine" avec des analphabètes de tout acabit. Allez y comprendre quelque chose!"


Côte d'Ivoire, terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie


C'est par ces mots que Nicholas LECHIENT a terminé l'entretien qu'il a eu avec nous avant de regagner sa chambre dans ce luxueux hôtel de New York. L'émotion et la rage qu'on a pu lire sur son visage nous ont convaincu sur la réalité du drame des ivoiriens et surtout du black out total dont il fait l'objet de la part des médias étrangers. Mais dans ce monde moderne des nouvelles technologies de l'information où rien ne peut être enterré en cachette, l'espoir est permis. Malgré cette option des nouvelles autorités ivoiriennes de tuer, de traumatiser, de forcer tout le monde au silence, tout se saura maintenant ou plus tard. L'illettré Capitaine et seigneur de guerre qui se croit tout permis à Bouna savait il que la vidéo de son interrogatoire pouvait être regardée sur notre site quelques minutes seulement après la fin de ses errements ?

Une chose est sure; Nicholas LECHIENT connait bien ce pays où il a passé 19 années de sa vie. En insistant sur "Cote d'Ivoire, terre d'expérimentation des incongruités de cette dernière décennie", il nous rappelle que c'est bien ici que, se servant d'une véritable acrobatie juridique sans précédent, Paul Yao N'DRE, Président de la plus haute institution en matière d'élections a déclaré le 5 Mai dernier, Alassane Ouattara vainqueur des Présidentielles du 31 Octobre 2010 après l'avoir fait dans les mêmes conditions pour GBAGBO quelques mois auparavant. En se débrouillant pour trouver des "tra-la-la" inimaginables afin de justifier cette pirouette d'une exclusivité déconcertante, ce grand homme de lois venait ainsi de se signaler dans l'histoire des rares et courageuses prouesses juridico-constitutionnelles dans le monde.

Si, pour s'accommoder ce saut vu comme étonnant et humiliant, d'aucuns ont estimé que Yao n'avait pas de choix, c'est le sérieux et le courage même de la justice ivoirienne qui nous interpellent car elle nous donne des frissons quand nous regardons aujourd'hui comment elle opère pour désigner les responsables des nombreux massacres des ivoiriens pourtant déjà révélés dès les premières heures par les organisations internationales. Certainement une parodie de procès se prépare contre GBAGBO et ses partisans.



Jack SARKORRACHI


Source: TWNews

L'OTAN PEINE A ATTEINDRE SES OBJECTIFS: LA PANNE DE LA DETTE AMERICAINE ET L'EUROPE VASSALE

 

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Par Mohamed Bouhamidi



Dimanche et lundi de cette semaine qui s'écoule,  deux informations se côtoyèrent sans se télescoper. La première nous apprenait que le gouvernement américain, dont l'idéologie économique inspire si profondément nos ultralibéraux locaux ou expatriés, avait atteint le plafond de l'endettement autorisé. Ce plafond culmine à plus de quatorze mille deux cent quatre-vingt-quatorze milliards (vous avez bien lu 14 294 milliards) de dollars. Il reste une seule option pour le gouvernement américain : diminuer ses dépenses et fermer des écoles, des centres de santé, des centres sociaux et des centres d'aide aux plus pauvres. Des pauvres, de plus en plus il en existe aux Etats-Unis et les expulsions des familles de leurs logements ont atteint des records et se comptent en centaines de milliers. Ces pauvres n'ont pas encore leur Charlie Chaplin et ses films poignants sur leur détresse. Ils n'ont plus ces syndicats-courage qui affrontaient les milices de la maffia (vous avez aussi oublié que le patronat et les gouvernements américains ont utilisé la maffia pour mater puis tuer les syndicats de classe ? Revoyez vite Sur les quais et relisez vite Manhattan Transfert). Les travailleurs américains n'en sont pas moins capables de retrouver le chemin des luttes sociales et des luttes de classes.

Et tout le dispositif de pillage planétaire qui payait, sur le dos des autres peuples, le niveau de vie qui permettait aux Américains de base de se satisfaire d'une vie à crédit. La somme astronomique du plafond d'endettement de l'Etat avait permis et permet encore aujourd'hui de faire des Etats-Unis la principale base militaire et politique du capitalisme mondial. Les autres grandes puissances ont aussi servi de base à leurs capitalismes locaux devenus des «capitalismes dominés» à la suite de la Seconde Guerre mondiale, des capitalismes sous protection face à la «menace soviétique» ; entendez par là face à la menace de leurs propres peuples en butte à la surexploitation capitaliste. Les colonies avaient permis aussi à ces puissances de payer un niveau de vie qui éloignait les menaces internes et cela explique largement, par ailleurs, la vocation coloniale et l'impérialisme humanitaire à plusieurs géométries variables de socialistes ou socio-démocrates européens. Même sans le grand Charlot, même sans de puissants syndicats de classes, les travailleurs américains peuvent retrouver les chemins de la lutte et se doter d'organisations de classes - partis et syndicats. Les dernières luttes du Wisconsin  pour la préservation du droit des travailleurs à mener des négociations collectives (eh, oui !) nous le montrent bien.

Dans la grande démocratie américaine, un Etat interdit désormais aux travailleurs  de mener des négociations collectives et enlève toute signification à l'existence des syndicats dont c'est la seule justification sociale ! L'idéologie du management aura triomphé jusqu'au bout dans cet Etat. Le feu est donc dans la maison américaine, et il constitue une sérieuse menace. Cette interdiction de lever de nouveaux crédits pour le fonctionnement des services de base transformerait les Etats-Unis en pays du tiers-monde sur le plan social et induirait une quasi-faillite accompagnée d'un effondrement du dollar. Les Républicains finiront par accepter un arrangement avec les Démocrates en imposant certaines de leurs conditions car, comme Obama et les siens, ils sont là pour sauver le capitalisme et lui assurer encore plus de chances pour des profits encore plus élevés. Les Républicains, comme les démocrates, n'ont d'ailleurs pas le choix, face à la gravité de la crise,  que d'aller vers une gestion politique unique. Les grands centres financiers qui ont rassemblé les sommes délirantes de la campagne électorale d'Obama savaient déjà que la profondeur et la gravité de la crise exigeaient une convergence des deux grands partis américains. Maintenant, nous apparaît dans toute son étendue la signification du maintien de Républicains dans des postes clés de cette administration démocrate. Comme se trompaient les éditorialistes et analystes qui voyaient dans la volonté consensuelle d'Obama le trait d'un caractère hésitant et porté à la conciliation. Même Fidel Castro et bien d'autres dirigeants du monde se sont laissés induire en erreur par l'image qu'Obama s'est construite.

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En fait, derrière le prix Nobel de la paix se dévoile jour après jour un intraitable homme de guerre en charge de couvrir de son sourire charmeur la politique de Bush agressive. Obama défendra le leadership mondial des USA avec la dernière et donc la seule carte qu'ils possèdent encore : la suprématie militaire. Obama doit mener une politique guerrière en vue de faire payer les déficits américains au monde entier et les alliés des USA doivent la faire à la place des Etats-Unis pour ces mêmes considérations budgétaires qui obligent la Chine et d'autres pays à payer pour les USA leur déficit, leur endettement et leurs emplois. Les USA ne peuvent plus attendre une solution à la crise ; ils doivent aller chercher eux-mêmes et au besoin la faire chercher par leurs alliés. L'évolution de la position italienne en reste le meilleur indice : Berlusconi n'avait pas à exprimer des intérêts italiens dans l'affaire libyenne mais s'aligner sur les Américains. Il l'a fait avec quel sens du rapport de force et quel sens de l'obéissance ! L'Italie cherchera autrement qu'avec El Kadhafi les contrats qui peuvent alléger ses dettes et la crise qui frappe à sa porte. Dans cette affaire libyenne on a voulu nous faire avaler bien des couleuvres, de l'«influence» de BHL qui a rendu de bien grands services à ses maîtres du capital, à la fiction d'une révolution. Une nouvelle vérité planétaire en sortira pourtant toute crue : l'Europe menée par les deux sionistes Cameron et Sarkozy, c'est-à-dire par les deux plus pro-Américains des dirigeants actuels de l'Europe, est passée officiellement de statut d'alliée des USA à celui de vassale. En clair, il n'existe plus pour les Européens de solution européenne. Ni monnaie unique, ni défense commune, ni économie commune, ni diplomatie commune. La solution pour tous, c'est l'alignement sur les USA. Et c'est une bien grosse erreur que de se laisser impressionner par cette Europe vassale même dans les négociations sur l'accord d'association.

L'Europe peut-elle faire face à la crise qui la secoue sans les USA ? Evidemment, non. Le gouffre grec a déjà englouti plus de 120 milliards d'euros et le pays se débat dans de nouvelles difficultés. Le Portugal, l'Espagne, l'Italie ne sont pas à meilleure enseigne. Le gouvernement français multiplie les mesures préventives dont le symbole est aujourd'hui moins de classes pour plus d'élèves. L'Angleterre ne va pas mieux. Pour elle comme pour les USA l'équation est la même et elle est simple : pour garder des taux de profits élevés pour le capital il faut réduire toutes les structures sociales, de l'hôpital à l'école publique et empêcher que le mécontentement des citoyens ne se retourne contre le capital. Alors l'argent qui manque, il faut le chercher ailleurs. (Nos enfants apprennent-ils que l'occupation française commença exactement de cette façon, par une histoire de dettes et de crise financière en France ?). Le chercher ailleurs par la force en s'emparant directement des richesses comme en Irak ou en mettant un peu partout des Ouattara et des Karzai.Au même moment que la Réserve fédéral et l'administration américaine cherchaient des solutions au problème de cessation de paiement, le chef de l'état-major britannique demandait l'élargissement des cibles militaires en Libye. Dans les médias dominants on nous raconte tous les jours la belle histoire d'avions qui mènent des «frappes» ouvrant la voie aux partisans de la liberté. Ces médias font tout pour faire croire à un bon déroulement de l'agression et inventent des exploits là où  l'Otan ne commet que des crimes. Pour les dirigeants des grandes puissances, la manipulation est devenue vitale. L'opinion publique doit croire aux exploits de ses soldats et trouver au moins un motif de satisfaction dans la conduite de la guerre, consumer leur agressivité sur des bicots-nègres et retrouver le sentiment de supériorité du petit Blanc qui laisserait à la fois du répit à Sarkozy et consorts européens et donnerait au petit citoyen européen du coin le sentiment de naviguer plus haut que l'Arabe. Le chef militaire anglais avoue quand même que les bombardements n'ont pas produit les effets escomptés. Nous sommes passés d'une estimation guerrière de trois jours pour liquider Kadhafi, à quelques jours ou semaines, puis à quelques semaines mais pas des mois, à quelques mois puis maintenant à une demande de bombardements «élargis».

L'aviation et les missiles de croisière mobilisés pour abattre Kadhafi ont théoriquement la capacité de détruire n'importe quel autre pays. Et aucun, absolument aucun dictateur n'aurait tenu sous ce déluge de feu. La guerre des mots et des concepts qui est l'autre versant de cette guerre des colonisateurs-croisés (comme elle l'est de toutes les guerres) commence à atteindre ses limites. Approfondissement de la crise du capitalisme avec ses conséquences guerrières et belliqueuses, d'une part, et impuissance des organisations politiques et militaires (Etats capitalistes plus l'Otan) de mener des guerres asymétriques, de l'autre. La fin de l'hégémonie américaine ressemble à s'y méprendre à l'agonie de l'Empire romain qui a rendu l'âme sur notre sol sous le coup d'une insurrection commencée avec Donat et Cyprien et achevée après Gédéon. Pour faire face à sa crise financière, il fallait à Rome des impôts et des tributs plus lourds que seules des guerres pouvaient assurer mais qui coûtaient plus cher que les revenus générés. Comme dans la Rome antique, il faut aujourd'hui du pain et des jeux pour calmer les frondes sociales. La télévision et le football  assurent les deuxièmes mais il est de plus en plus difficile d'assurer le premier.

Comme dans la Rome antique, le sexe et l'argent tiennent lieu d'exorcisme quotidien à des populations en perte de statut social partout en déchéance et en déshérence sociales.En Libye le «Bédouin» a tenu tête aux puissances occidentales coalisées ; à toutes ces puissances occidentales. Il est devenu le grain de sable qui bloque la machine de l'agression et de la rapine et l'empêche de nous toucher tout de suite. Le «Bédouin» suscite aujourd'hui la haine viscérale de tous les ultra libéraux et particulièrement les ultra libéraux algériens tapis dans le pouvoir politique, économique ou médiatique qui espéraient un «traitement» de l'Algérie dans la foulée des «trois jours» que s'accordaient les coalisés pour descendre Kadhafi comme Israël s'était donné une semaine pour descendre le Hezbollah. La haine de Kadhafi grandira en fonction de sa résistance. La coalition a déjà perdu une bataille en échouant dans son  objectif de se débarrasser rapidement de Kadhafi. Medvedev s'est mis dans la partie et il veut intimider le dirigeant libyen et obtenir son départ pour complaire aux Américains et bénéficier de leur soutien dans la course prochaine au Kremlin qui l'opposera à Poutine. Dans ce total isolement, le peuple libyen continue de résister.

L'histoire jugera ceux qui en Algérie ont fait des pieds et des mains pour nous entraîner dans l'immobilisme en croyant faire œuvre de «théorie» en renvoyant dos à dos Kadhafi, «le dictateur», et les agresseurs coalisés. La même astuce avait réussi pour Saddam Hussein mais on ne pourra plus demander d'avis à un million d'Irakiens morts de démocratie. Face au CNT, composé essentiellement d'anciens responsables libyens gagnés à la religion du libéralisme qui veulent aller plus vite et plus loin  dans la communion mondialisante avec les Camdessus et autre Dominique Strauss-Kahn, le peuple libyen et ses dirigeants, dont El Kadhafi, sont en train de défendre aussi une idée : celle de l'Etat national alors qu'on nous annonçait le temps venu de refaire les frontières des indépendances. Les femmes et les hommes honnêtes prendront-ils la pleine conscience de l'enjeu planétaire qui se joue en Libye entre un capitalisme en crise structurelle et avide de profits et de ressources, d'une part, et, d'autre part, des nations plus que jamais en nécessité de leurs ressources et de leur autonomie politique ? Nous le saurons quand du monde entier, et d'abord de notre pays directement menacé, se lèveront les protestations et les masses mobilisées contre l'agression colonialiste-croisée et pour le soutien à la nation et à l'Etat libyens  dans la défense de son indépendance et de son intégrité contre l'impérialisme et ses agents du CNT.


Source: LA TRIBUNE ONLINE.COM

mardi, 17 mai 2011

ENQUETE SUR UN MASSACRE - ALASSANE DRAMANE OUATTARA A ORGANISE DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE, AVEC LE SOUTIEN DE NICOLAS SARKOZY




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L'enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire. Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l'ex-président Laurent Gbagbo a fait l'objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l'entreprise de diabolisation qui le visait. Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l'élection présidentielle, on était habitué.

Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l'exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d'organisations humanitaires que l'on ne peut soupçonner de collusion avec l'ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu'il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d'Alassane Ouattara, construite à coup d'articles laudateurs, d'omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l'Histoire retiendra qu'il a été capable d'enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s'asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.


La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu'au bout, même s'il est plus agréable d'ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C'est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L'opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l'ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience: L'horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby


Pour voir des photos du massacre de Duékoué, cliquez ici: link


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1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse.
Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L'endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l'humidité trempe le corps. Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.


Dans l'air, il reste cette odeur pois­seuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l'ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Sauveur, carbonisée, les mai­sons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d'Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d'un foot­balleur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d'une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D'abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l'armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l'armée de l'ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l'autre, le grand propriétaire, le fermier, c'est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s'appelle une épuration ethnique.

Tout près d'ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l'une d'elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l'autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d'où les massacreurs ont surgi. Et s'ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d'Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d'une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s'y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l'on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu'au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l'hiver, précisément à l'heure de la récolte. Les grandes terres appartiennent depuis toujours aux Guérés, réputés peu enclins à défricher leur brousse. Depuis une vingtaine d'années, certains ont vendu, loué ou concédé, souvent sans contrat écrit, une parcelle aux Malinkés venus du Mali, du Burkina Faso. Des immigrés durs à la tâche qui ont labouré, pris racine, se sont multipliés. « La terre est à celui qui la travaille», disait Houphouët-Boigny, le vieux sage. C'était avant le débat sur l'«ivoirité», une saleté théorique inventée à Abidjan pour fabriquer des castes. Le prix du cacao a augmenté, les métayers Malinkés sont devenus riches, grignotant parfois les champs au-delà du permis, le propriétaire guère est mort et ses enfants ont voulu réviser, voire annuler les contrats : les conflits ont éclaté.

En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe... juste au-dessus de Duékoué. L'ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route», bandits de grand chemin, le groupe d'Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s'est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d'autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de «généraux» et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria... la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu'aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l'occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Malinké et pas une semaine ne passe sans que l'on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d'animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d'occire un éléphant d'un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s'est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l'hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d'Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande revanche. « Vers quatre heures du matin, j'ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J'ai hurlé, croyant à un cauchemar. J'avais raison», dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l'herbe au pied de l'arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : «Nous sommes souffrants, vous comprenez...» Elle a pourtant tout fait pour échapper à l'horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s'abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l'Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s'effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L'armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s'infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis... s'arrêtent, font la fête et pillent. C'est l'erreur. Venue du sud, une unité pro-gouvernementale, dotée d'un tank, contre-attaque et reprend le centre-ville. Au passage, les soldats en profitent pour assassiner les civils malinkés et égorgent un imam. Dans l'après-midi, le gros des troupes régulières du Nord, armées de mitrailleuses lourdes et de canons, arrive en renfort, désintègre le tank et met un terme à vingt-quatre heures d'une bataille confuse et sanglante. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d'identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d'identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers !», dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : «Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs... Les gâteurs, c'est ceux qui arrosaient nos maisons d'essence avant de mettre le feu.» Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l'église : «Quel est ton parti ? - Le parti de Jésus-Christ. - Jésus-Christ ? C'est pas un parti !» Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : «Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres !» Et les anciens métayers exultent : «Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue !» Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ?» Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l'épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. «Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans... Ils ont tué neuf personnes de ma famille», dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l'appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : «Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer !» Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l'enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d'une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d'aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l'Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l'arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J'ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc», dit Clémentine. Quand les hommes s'en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. «Ces cris... je les entends encore, chaque nuit !» Elle appelle l'Onuci, trois fois, au secours, en vain : «Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements !» Le lendemain, le groupe d'assassins revient, avec des chiens «pour chercher les fusils cachés», disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C'est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : «Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] !» Clémentine, elle, reste, «pour continuer à informer les autorités». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l'argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : «Je suis vieille. Je suis votre maman.» Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S'en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : «On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques !»

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu'au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu'à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l'odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. «La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours.»

Dans la nuit africaine, quand l'orage finit par éclater, c'est toute l'eau d'un ciel peu miséricordieux qui s'abat d'un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l'Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d'eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.




Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011


Source: SAOTI, Le blog de Mahalia Nteby

PARALLELE AFFAIRE DSK-KIDNAPPING DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Parallèles, parallèles


Si l'affaire DSK pouvait ouvrir les yeux des français et de l'indigne parti socialiste .... !
Alors que les ivoiriens dénoncent depuis 2002 l'ingérence dont ils sont victimes et qu'ils ont hurlé au complot international lors du kidnapping de Laurent Gbagbo, la presse française les a discrédités à longueur de colonnes.

Cette même presse, curieusement relaie le doute sur l'affaire DSK....

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Curieux comme dans l' « affaire DSK » tout comme dans l'affaire des élections en Côte d'ivoire, un jeune proche de l'UMP a lancé un tweet suspect. (Voir séquence « Aurore Bergé
» dans cette vidéo à la septième minute).

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La France s'indigne des images de l'homme fort du PS menotté.

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Et comme le dit si bien Bruno Ben Moubamba:

http://moubamba.com/choc-des-images-de-gbagbo-a-strauss-k...

« Les images dégradantes du Président ivoirien, le 11 avril 2011 ! Elles n'ont pas choqué la classe politique française et le FMI !


Ça fait mal ? »


Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre mon cher cousin ? Comme c'est bizarre... !


Allez, encore un effort, un peu d'optimisme et les Français vont finir par comprendre ce qui s'est réellement passé en République de Côte d'Ivoire, en leur nom.

Et comme le dit un de mes amis (Fernand Dindé), « Ils finiront bien par comprendre avec l'affaire STRAUSS-KHAN. Ils comprendront que ce sont des intérêts mafieux qui dirigent désormais le monde et non plus les États. Le centre du pouvoir a changé (il s'est déplacé). Nous sommes en plein dans la mise en place du Nouvel Ordre Mondial. SARKOZY nous l'avait promis au lendemain de la crise financière de 2009.

L'angoisse et la stupéfaction parmi les hommes qui ont encore toute leur raison ne fait que commencer! ».

 

Voir la vidéo "Sarkozy veut imposer le Nouvel Ordre Mondial", cliquer:

 

ICI


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

dimanche, 15 mai 2011

PRESIDENTIELLE FRANÇAISE 2012: L'AGENT DE LA CIA, NICOLAS SARKOZY, S'OFFRE LA TETE DE DOMINIQUE STRAUSS-KHAN



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L'on a encore en mémoire les méthodes peu catholiques utilisées par Nicolas Sarkozy, selon les révélations de Wikileaks qui a publié une biographie peu enviable de l'agent de la CIA qu'est le Président français, pour éjecter de la course à la présidentielle 2007 ses rivaux les plus sérieux, dont notamment Dominique de Villepin avec l'affaire Clearstream, montée de toutes pièces par les agents secrets américains pour porter leur poulain à la tête de l'Etat français, comme cela a été le cas en Côte d'Ivoire avec Alassane Ouattara. L'axe du mal Washington-Paris est en ce moment en état de grâce et en plein printemps avec les révolutions arabes en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie, au Barhein et au Yémen, les crises interminables d'Afghanistan et d'Irak, la crise ivoirienne, l'affaire Strauss-Khan et les dossiers d'Al Qaeda dans le monde et au Maghreb islamique. Que DIEU garde l'humanité contre le Nouvel Ordre Mondial!


PLUTOT EN RIRE QU'EN PLEURER!


Affaire Strauss-Kahn : « La bombe a été actionnée à distance », selon le Lieutenant Colombo.


Le Président du FMI a été arrêté par la police à New-York au moment où son avion s'apprêtait à décoller vers la  France. Strauss-Kahn est accusé d'agression sexuelle sur la personne de « Miss Monde», pardon, une femme de ménage. Vraiment, c'est n'importe quoi !

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Lieutenant Colombo : «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été actionnée à distance».


Le scénario dont le Président du FMI a fait l'objet est digne d'un film érotique. La scène : Strauss-Kahn qui était sous la douche, aurait aperçu une splendide jeune femme en train de ranger son lit. M. Strauss-Kahn quitta brusquement la douche nu avant de plonger directement sur la «bombe». Au diable le Sida, il n'a même pas eu le temps de mettre un préservatif. La femme résista sur le lit chose qui a fait enrager M. Strauss-Kahn. Elle est traînée de force dans la salle de bain et agressée une deuxième fois. Le directeur du FMI aurait même forcé la femme à lui faire une fellation, tout en tentant de la déshabiller. La jolie et courageuse jeune femme a réussie à s'enfuir après avoir été blessée par le «méchant» Strauss-Kahn. Quelle horreur ?

L'alerte est donnée, la police New-yorkaise a fait appel au Lieutenant Colombo, pour élucider cette affaire. Peter-Falk a réussi non seulement à identifier le coupable mais à le localiser, en un laps de temps. «C'est lui, j'étais sûr. M. Strauss-Kahn est un récidiviste, il a déjà fait ça, avec une fonctionnaire du FMI», a déclaré M. Colombo à la presse internationale. Les aiguilleurs du ciel ont été alertés avec instruction de suspendre l'ensemble des vols vers la France. Strauss-Kahn s'est rendu à la police sans résistance et fut débarqué de son avion. Accusé de tentative de viol, agression, séquestration et de tentative de fuite, M. Strauss-Kahn ne sera certainement libre qu'après 2012. Tenant un cigare, Colombo a expliqué à sa femme que «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été «actionnée à distance».


Source: LE NOUVEL OBSERVATEUR

vendredi, 13 mai 2011

GUERRE CONTRE LE TERRORISME: LE RENSEIGNEMENT FRANÇAIS (ET LES AUTRES) SAIT QU'AL QAEDA EST UNE PSYOP (OPERATION PSYCHOLOGIQUE) AMERICAINE

 



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Al Qaeda: la base de données.

Par Pierre-Henri Bunel

Url de l'article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...


~ Traduit de l'anglais par Résistance 71 ~


Peu de temps avant son décès prématuré, l'ancien secrétaire aux affaires étrangères britanniques Robin Cook déclara à la chambre des députés qu'Al Qaeda n'est pas vraiment un groupe terroriste, mais plutôt une base de données des moudjahidines internationaux et des trafiquants d'armes utilisés par la CIA et les Saoudiens pour canaliser les guérilleros, les armes et l'argent dans l'Afghanistan occupé par les soviétiques. Grâce au journal de New Delhi World Affairs, le Wayne Madsen Report peut aujourd'hui vous rapporter un long extrait d'un article publié dans le numéro de Juin 2004, article de Pierre-Henri Bunel, un ancien agent des services de renseignement français.


~ Wayne Madsen Report ~

 

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"J'ai entendu parler pour la première fois d'Al Qaeda lorsque j'étais au cours de commandement et de gestion en Jordanie. J'étais un officier de l'armée française à l'époque et les forces armées françaises avaient des rapports très proches avec celles de Jordanie... Deux de mes collègues jordaniens étaient des experts en informatique. Ils étaient officiers à la défense aérienne. Utilisant un langage informatique argotique, ils introduisirent une série de plaisanteries concernant les punitions des élèves.

Par exemple, quand l'un d'entre nous était en retard à l'arrêt de bus pour quitter le collège, les deux officiers prirent l'habitude de nous dire: 'Vous serez marqué au Q eidat il-Maaloonaat, ce qui veut dire: vous serez marqués dans la base de donnés. Ce qui voulait dire, vous recevrez un avertissement... Si le cas était plus grave, ils avaient l'habitude de parler de Q eidat i-Taaleemaat, ce qui réfère à une base de données décisionnaire. Ce qui voulait dire que nous serions punis. Pour le pire des cas, ils référaient à Al Qaeda."

"Dans les années 1980, la Banque Islamique de Développement, qui est à Jeddah en Arabie Saoudite, tout comme le secrétariat permanent de l'Organisation de la Conférence Islamique, a acheté un nouveau système informatique afin de gérer la demande accrue de comptabilité et de communication. A cette époque, le système était plus sophistiqué que nécessaire pour leurs réels besoins.

Il fut décidé d'utiliser une partie de la mémoire de ce système pour héberger la base de données de la conférence islamique. Il était possible pour les pays membres d'accéder à la base de données par téléphone: un intranet, en langage moderne. Les gouvernements ainsi que les pays membres et quelques unes de leurs ambassades dans le monde étaient connectés à ce réseau.

Comme le rapportait un commandant pakistanais, la base de données était divisée en deux parties, le fichier information d'où les participants à une réunion pouvaient retirer et envoyer les informations dont ils avaient besoin et le fichier décisionnaire, celui où les décisions prises dans les réunions précédentes étaient enregistrées et archivées. En arabe, ces fichiers étaient appelés 'Q eidat il -maaloomaat' et 'Q eidat i-Taaleemaat'. Ces deux fichiers étaient contenus dans un grand fichier appelés en arabe 'Q eidat ilmu'ti'aat' qui est la traduction exacte pour base de donnée; mais les Arabes de manière usuelle y référaient par le mot 'Al qaida' qui en arabe est le mot pour 'base'. La base aérienne de Riyadh en Arabie Saoudite est appelée 'Q eidat riyadh al askariya'. Q eidat veut dire 'une base' et 'Al Qaida' veut dire 'la base'.

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A la moitié des années 1980, Al Qaida était une base de données localisée dans un ordinateur et qui servait à la communication du secrétariat de la Conférence Islamique.

Au début des années 1990, j'étais un officier du renseignement militaire au QG de la FAR française (Force d'Action Rapide). A cause de mes capacités avec la langue arabe, mes fonctions comprenaient aussi la traduction de beaucoup de faxes et de lettres saisis ou interceptés par nos services de renseignement... Nous interceptions souvent des documents envoyés par les réseaux islamiques opérant en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Ces documents contenaient des directives envoyées aux groupes islamiques armés en Algérie ou en France. Les messages faisaient référence aux sources des déclarations qui devaient être exploitées dans la rédaction des tracts et des pamphlets, ou qui devaient être introduits dans des enregistrements audio ou vidéo. Les sources les plus souvent citées étaient les Nations Unies, les pays non-alignés, la haute commission de l'ONU pour les réfugiés et... Al Qaida.

Al Qaida est demeurée la base de donnés de la conférence islamique. Pas tous les membres de la conférence sont des TMétats renégats" et beaucoup de groupes islamiques pouvaient prendre de l'information dans les bases de données en archive. Il était tout à fait naturel pour quelqu'un comme Ben Laden d'être connecté à ce réseau. Il est membre d'une famille importante dans le monde de la banque et des affaires.

A cause des états renégats, il devint facile pour des groupes terroristes d'utiliser le système d'email de la base de donnés; ainsi le système de courrier électronique d'Al Qaida fut utilisé au moyen de quelques systèmes d'interface conservant le secret des identités, par les familles des moudjahidines afin de garder le contact avec leurs enfants en phase d'entrainement en Afghanistan, en Libye ou dans la plaine de la Bekaa au Liban; ou qui étaient en action dans les combats où les extrémistes sponsorisés par les états "renégats" combattaient. Ces états renégats incluaient l'Arabie Saoudite. Quand Ben Laden était un agent américain en Afghanistan, l'intranet d'Al Qaida était un excellent système de communication par le moyen de messages codés."

A la rencontre d'Al Qaida

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"Al Qaida n'a jamais été un groupe terroriste ni la propriété d'Oussama Ben Laden... Les actions terroristes perpétrés en Turquie en 2003 ont été faites par des turcs et les motifs étaient locaux et non pas internationaux, unifiés ou communs. Ces crimes mirent le gouvernement turc dans une position difficile vis à vis des britanniques et des israéliens. Mais ces attaques étaient sûrement dédiées à punir le premier ministre Erdogan d'être politicien islamique trop tiède...

... dans le tiers monde, l'opinion générale est que les pays qui utilisent des armes de destruction massive pour des raisons économiques au service de l'impérialisme sont en fait "des états renégats', spécifiquement les Etats-Unis et les pays membres de l'OTAN.

Quelques groupes de pression islamique conduisent une guerre contre les lobbies économiques libéraux. Ils utilisent des groupes terroristes locaux qui clament agir au nom d'Al Qaida. D'un autre côté, des armées nationales envahissent des pays indépendants sous les bons auspices de conseil de sécurité de l'ONU et conduisent des guerres préventives. Les véritables sponsors de ces guerres ne sont pas les gouvernements mais les lobbies, groupes de pression économiques qui sont derrière ces gouvernements.

La vérité est qu'il n'y a pas d'armée islamiste ou de groupe terroriste appelé Al Qaida. Tout agent de renseignement sait cela; mais il y a une campagne de propagande pour faire croire au public à la présence d'un groupe, d'une entité identifiée et représentant le 'diable', seulement dans le but de conduire les spectateurs de télévision à accepter un leadership unique international pour lutter contre le terrorisme. Le pays derrière cette propagande sont les Etats-Unis et ceux qui pressent pour la guerre américaine contre le terrorisme ne sont intéressés qu'à faire de l'argent."

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Toujours en exemple de ce qui arrive à ceux qui défient le système, en Décembre 2001, le commandant Pierre-Henri Bunel fut reconnu coupable par une cour de justice militaire d'avoir transmis des documents qui identifiaient des cibles potentielles de bombardement de l'OTAN en Serbie à un agent serbe durant la guerre du Kosovo en 1998. Le cas Bunel fut transféré d'une cour de justice civile à une cour militaire afin de garder certains éléments confidentiels. Par dessus tout, et quoi que purent en dire les témoins et les psychologues, le système l'épingla pour avoir dit la vérité à propos d'Al Qaida et qui était en fait derrière les attaques habituellement blâmées sur ce groupe. Il convient aussi de noter que le gouvernement serbe, le même avec qui Bunel est accusé par le gouvernement français d'avoir comploté et partagé des informations vitales, déclare que les guérilleros albanais et bosniaques dans les Balkans étaient aussi supportés par Al Qaida. Nous savons maintenant que ces groupes de guérilla étaient financés par de l'argent émanant du fond de défense bosniaque, une entité établie en tant que fond spécial par la banque sous influence de Bush, la banque Riggs et dirigée par Richard Perle and Douglas Feith.

Le commandant Pierre-Henri Bunel, qui savait la vérité à propos "d'Al Qaida"... Une autre cible des néo-conservateurs.


Source: RESISTANCE 71

LA BALKANISATION DE LA LIBYE: LES PLANS DES ETATS-UNIS ET DE L'OTAN

 

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Mahdi Darius Nazemroaya


Cet entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya réalisé le 26 avril 2011 traite de l'impasse de la guerre en Lybie, et de la stratégie du Pentagone et de l'OTAN pour diviser ce pays. Il aborde également le rôle de la Turquie et de l'Allemagne, ainsi que les plans de l'Union européenne d'envoyer une force de maintien de la paix. Il souligne l'importance économique de Misrata.


XU JINGJING : Il semble que la coalition occidentale ait ralenti ses actions durant les trois dernières semaines. À votre avis, quelles sont les raisons de cette impasse ?

NAZEMROAYA : L'impasse en Libye est calculée. Les États-Unis et l'OTAN veulent maintenir une impasse stratégique entre le Gouvernement libyen à Tripoli et le Conseil transitoire à Benghazi. Ils se servent de cette impasse pour manipuler à la fois Tripoli et Benghazi. Plus les parties seront fatiguées et affaiblies, plus elles seront disposées à se tourner vers les États-Unis et ses partenaires de l'OTAN pour mettre fin au conflit. Le Conseil transitoire sera également enclin à faire davantage d'offres aux États-Unis et à l'UE. Le régime libyen à Tripoli demandera aux États-Unis et a l'UE de mettre fin au conflit et fera aussi des concessions. Les États-Unis et l'UE veulent que les deux côtés, à Benghazi et à Tripoli, soient plus dépendants de Washington et de Bruxelles comme arbitres de la situation en Libye.

Le résultat final sera que la Libye va se transformer en ce que les États-Unis et l'Europe de l'Ouest voulaient qu'elle soit depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Leur objectif est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations.

Ils ont divisé les Arabes qui devraient n'être qu'une seule nation. Ils ont contribué à diviser le peuple de l'Inde. Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans. Ils ont divisé les peuples de l'Asie du Sud-est. Ils ont travaillé à diviser l'île de Taiwan de la Chine continentale. Ils ont œuvré pour que l'Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l'Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les Libanais. Maintenant les États-Unis et l'UE ont l'intention de diviser davantage les Arabes, et de créer aussi des divisions dans les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud. Et ils continuent à diviser les musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites. Ils continuent aussi à travailler d'arrache-pied pour diviser la Russie, l'Iran et la Chine.

Avant 1951, les États-Unis, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne avaient tous des accords entre eux pour diviser la Libye en sphères d'influence et ils ont même tenté d'empêcher la Libye de devenir un pays uni et indépendant. Ces puissances impérialistes voulaient à l'origine que la Libye soit divisée en trois territoires distincts. Le peuple libyen s'y est farouchement opposé.

Washington, Londres et Paris ont même eu des entretiens avec l'URSS sur l'établissement de trois mandats des Nations Unies appelés tutelles en Libye. Un de ces mandats aurait concerné la Cyrénaïque sous contrôle britannique, un autre le Fezzan sous contrôle français et le dernier la Tripolitaine sous contrôle italien. Les États-Unis supervisant l'ensemble. Mais les Soviétiques avaient des idées différentes sur la question et désiraient le mandat en Tripolitaine ou le partager avec l'Italie. Finalement, aucun accord ne put être conclu et la Libye devint indépendante après un débat à l'ONU.

Quand les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie tombèrent d'accord pour donner l'indépendance à la Libye, il fut décidé que cela se ferait sous la forme d'un État fédéral sous la férule du roi Idris. Idris fut placé comme chef de l'État libyen par les Britanniques et les puissances coloniales et, dans le cadre de ce système fédéral, les autres petits émirs dirigeraient la Cyrénaïque et le Fezzan et seraient les représentants non-élus de ces deux territoires.

En Tripolitaine, où se concentrait la vaste majorité de la population libyenne, les représentants libyens seraient choisis par le peuple, mais dans le cadre d'un système fédéral qui donnerait une importance équivalente à la Tripolitaine, à la Cyrénaïque et au Fezzan. Les représentants choisis par le peuple libyen seraient ainsi placés en minorité face aux émirs et aux cheikhs.

Dans le système fédéral souhaité par Washington, les émirs non élus représentant les populations plus réduites de la Cyrénaïque et du Fezzan seraient majoritaires dans l'Assemblée nationale libyenne. Ce que les États-Unis et leurs alliés essayaient de faire était d'éliminer toute forme d'auto-détermination de la part des Libyens. Les États-Unis et leurs alliés tentaient de transformer la Libye en un émirat comme le Bahreïn, le Qatar, le Koweït ou les Émirats Arabes Unis.

Aujourd'hui les États-Unis et l'UE sont en route pour imposer un nouveau système fédéral en Libye ou pour diviser le pays entre au moins deux administrations, à Tripoli et à Benghazi. Ces pays poussent à une guerre tribale en Libye, ce qui transformerait le pays en une seconde Yougoslavie. Les guerres tribales en Libye se répandraient au-delà des frontières de la Libye dans le reste de l'Afrique, de l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique centrale et à l'Afrique de l'Est.

XU JINGJING : Les négociations politiques sont-elles dans une impasse ou au-delà ? Comment voyez-vous ces pays attribuer les obligations de la guerre et les intérêts de l'après-guerre ?

NAZEMROAYA : Les Britanniques ont élaboré un schéma selon lequel les membres arabes de la coalition contre la Libye enverront leurs troupes en Libye ou financeront une armée massive de mercenaires étrangers.

Une invasion terrestre partiellement privatisée de la Libye aura lieu. À cet égard, les Britanniques veulent que les pays arabes comme le Qatar et les Émirats Arabes Unis financent des mercenaires britanniques et américains en Libye. Comme les Britanniques l'ont déjà fait à Oman il y a plusieurs années, Londres va même autoriser des membres de l'armée britannique à quitter temporairement l'armée pour aller travailler ou combattre en Libye comme mercenaires. Voilà pourquoi les États-Unis étaient contre l'inclusion d'un article dans la résolution de l'ONU 1973, qui aurait permis de poursuivre en justice des mercenaires étrangers qui ne sont pas parties à la cour internationale de justice.

Alors que les États-Unis ont été chargés de diriger l'attaque contre la Libye, ce seront les Européens de l'Ouest qui se chargeront de l'occupation.

L'UE veut maintenant occuper la Libye. Ils le feront sous la couverture d'un mandat d'une force de maintien de la paix. Ceci ne fera que diviser la Libye plus avant. Et ce sera sous les yeux d'une force de maintien de la paix de l'UE que les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi s'éloigneront irrémédiablement l'un de l'autre. Très probablement, la Libye sera gouvernée par deux gouvernements séparés ou dans le cadre d'un système fédéral.

Les États-Unis et l'UE ont contribué à créer à Benghazi une nouvelle banque centrale, ainsi qu'une nouvelle compagnie pétrolière nationale. Les États-Unis veulent sans doute se positionner militairement en Libye et peut-être même essayer d'y établir plus tard le QG de l'AFRICOM. Wall Street et les grosses banques européennes géreront également les finances de la Libye. Le secteur de l'énergie sera partagé entre les États-Unis et l'UE, avec l'inclusion du Qatar en récompense à son émir pour les services rendus. Celui-ci est déjà responsable de l'accord entre la nouvelle compagnie pétrolière nationale à Benghazi et Al Jazeera a également contribué à créer les stations médiatiques du Conseil national transitoire.

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XU JINGJING : Voyez-vous des dissensions au sein des pays de la coalition se battant contre Kadhafi ? Ont-ils des buts et des intérêts nationaux différents ?

NAZEMROAYA : Je ne vois aucune preuve de dissensions majeures entre les États-Unis et leurs alliés. S'il y en avait cela ne pourrait se produire qu'entre la partie anglo-américaine d'un côté et franco-allemande de l'autre. Ce sont les deux piliers de l'OTAN. Tout le monde au sein de l'OTAN suit un de ces fronts.

Il a été dit que l'Allemagne et la Turquie ont des vues opposées à celles des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Avec Rome quelque part entre les deux. Mais les actions des dirigeants de ces pays en disent plus long que leurs paroles. Le gouvernement allemand a soutenu la guerre dès le début. Parce que le peuple allemand ne l'aurait pas permis, Berlin n'a pas pu prendre directement part à l'attaque contre la Libye. Ce que le gouvernement allemand a fait en revanche, est d'envoyer plus de ressources militaires en Afghanistan de façon à ce que davantage de ressources de l'OTAN puissent être consacrées à la Libye.

La Turquie et l'Allemagne auraient pu empêcher l'utilisation de l'OTAN si elles avaient vraiment été contre cette guerre. Un des QG opérationnel de cette guerre est basé en Turquie. La Turquie est aussi l'autorité administrative à l'aéroport de Benghazi et elle fournit une aide dans les opérations navales contre la Libye.

Oui, il y a des intérêts divergents entre le bloc américano-britannique et le bloc franco-allemand, surtout en ce qui concerne le contrôle des réserves énergétiques en Libye et en Afrique du Nord. Contrairement aux États-Unis, les pays de l'UE sont dépendants de l'énergie libyenne, en particulier l'Italie. Il est dans leur intérêt stratégique de contrôler les ressources pétrolières et gazières en Afrique du Nord. Si Washington et Londres gagnent le contrôle majeur de ces réserves, ils contrôleront la sécurité énergétique de l'UE. Mais je crois que les États-Unis et l'UE travaillent en associés en Afrique du Nord et coordonnent en fait des opérations contre la Chine et ses alliés en Afrique.

XU JINGJING : Les combats dans la ville de Misrata attirent toute l'attention maintenant. Que pensez-vous de l'importance de cette ville ? Comment le résultat de cette bataille peut-il influer sur les mouvements de l'opposition libyenne ?

NAZEMROAYA : La ville de Misrata est le Shanghai de la Libye. Pour le Conseil transitoire ce serait une victoire économique majeure. Elle est une importante base industrielle et commerciale pour la Libye et l'Afrique. Certaines des plus grosses compagnies africaines sont basées à Misrata, y compris la Libyan Iron and Steel Company. Misrata est aussi un port très important. Beaucoup de compagnies nationales libyennes et d'industries ont leur siège à Misrata et dans les districts avoisinants.

Voilà pourquoi l'Allemagne et l'UE veulent envoyer des troupes à Misrata sous prétexte de maintien de la paix. L'UE veut envoyer des militaires là-bas pour des raisons purement stratégiques et économiques et pas du tout pour des raisons humanitaires. La force de l'UE est composée des mêmes pays qui font partie de l'OTAN. Ils utilisent simplement un autre nom. La différence entre la force de l'UE et l'OTAN est purement technique.

Ceci qui est aussi ridicule, c'est que les pays qui veulent envoyer leurs soldats comme soldats de la paix, sont des combattants de cette guerre. De fait, parce que l'OTAN est entrée en guerre de manière collective, toute nation faisant partie de l'OTAN est une nation combattante. Ceci inclut l'Allemagne. Ceci devrait disqualifier l'ensemble des nations européennes comme force de paix en Libye. Seules des parties neutres et non combattantes peuvent faire office de force d'interposition et de maintien de la paix.

Des nations comme la Russie, la Chine, l'Algérie, le Kazakhstan, l'Ukraine, l'Iran, la Biélorussie, le Brésil, la Malaisie et le Venezuela devraient envoyer des forces de maintien de la paix. Les Russes et leurs partenaires militaires dans l'espace post-soviétique pourraient tous jouer un rôle majeur en tant que gardiens de la paix. Même l'Organisation de Coopération de Shangai pourrait jouer un rôle. Il est dans l'intérêt stratégique de la Chine et ses alliés de s'assurer que la Libye ne soit pas colonisée ou victimisée comme l'est l'Afghanistan sous les forces d'occupation de l'OTAN. Pour l'alliance militaire occidentale, les évènements de Libye sont des préalables dans sa politique d'isolement et de confrontation vis-à-vis de l'Iran, de la Russie, et de la Chine et de l'Eurasie.

XU JINGJING : Pensez-vous que les États-Unis sont toujours l'acteur décisif ? Pourquoi ?

NAZEMROAYA : Oui, sans l'ombre d'un doute.

Pour répondre à cette question, définissons en premier lieu la coalition qui est impliquée dans cette guerre d'agression contre la Libye. Le Pentagone a transféré les opérations militaires à l'OTAN après quelques jours. Ainsi la guerre est officiellement pilotée par l'OTAN. Quelques autres pays comme le Qatar, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Suède, sont aussi partenaires sous commandement de l'OTAN.

Dès lors et avant que je n'analyse l'OTAN, voyons de plus près une autre alliance militaire datant de la guerre froide appelée le Pacte de Varsovie. Washington et l'Europe occidentale avaient l'habitude de critiquer l'ancienne Union soviétique en disant que le Pacte de Varsovie était en fait une organisation fictive, qu'en fait ce n'était que l'Armée Rouge soviétique. En d'autres termes que la Bulgarie, la Roumanie, l'Allemagne de l'Est, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l'Albanie n'avaient pas de force réelle au sein du Pacte de Varsovie et que ce Pacte n'était que l'Union soviétique agissant sous le masque du multilatéralisme en Europe de l'Est. Je ne discuterai pas ce point.

L'OTAN est bien plus compliquée que le Pacte de Varsovie et n'est pas gérée par un seul pays. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne sont les piliers de cette force et ils sont le vrai pouvoir décisionnaire à Bruxelles. La Turquie, à cause de l'héritage de Kemal Atatürk a aussi une certaine indépendance au sein de l'OTAN. Toutes les autres nations ou bien suivent les anglo-américains ou bien suivent le bloc franco-allemand. Mais dans tout cela, l'OTAN est juste un Pacte de Varsovie plus sophistiqué Les États-Unis devraient se regarder dans le miroir. L'argument critique de Washington envers le Pacte de Varsovie s'applique à eux-mêmes et à l'OTAN.

L'OTAN d'aujourd'hui n'est pas très différente de ce que les États-Unis qualifiaient le Pacte de Varsovie d'être, à savoir l'Union soviétique sous un drapeau multilatéral. L'OTAN elle-même et les commandants du Pentagone disent que l'OTAN n'est presqu'exclusivement constituée que de l'armée états-unienne. En d'autres termes, l'OTAN est l'armée états-unienne, renforcée par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Turquie, le Canada, l'Italie et quelques autres pays européens comme auxiliaires. Les États-Unis font la guerre, puis envoient ces pays pour occuper les pays défaits, pour privatiser leurs économies sous contrôle étranger. Au bout du compte, l'OTAN est en réalité l'armée états-unienne avec le soutien politique et financier de ces autres pays. Le sénateur MC Caïn et le Sénat états-unien ont demandé il y a quelques semaines que le reste de l'OTAN finance les États-Unis pour la guerre contre la Libye. La plupart des membres de l'OTAN sont en fait des pays satellites des États-Unis.

L'OTAN sans les États-Unis n'aurait jamais pu faire la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan, sans même parler de lancer une guerre dévastatrice contre la Libye. Il suffit de regarder le rôle que les États-Unis ont joué dans les bombardements en Libye. Ils y ont fait l'essentiel des bombardements et du pilonnage. En fait, réellement, les États-Unis se cachent derrière l'image de multilatéralisme offerte par l'OTAN. Ils ne veulent pas apparaître comme étant en charge de tout ce qui se passe. Washington a peur de l'opinion publique. C'est pourquoi Obama, Clinton et Gates ont prétendu publiquement que le gouvernement états-unien était contre la création d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye et ce jusqu'au tout dernier moment lorsque les véritables objectifs des États-Unis sont devenus transparents. Dans le même temps où l'Administration Obama disait être contre la zone d'exclusion, les États-Unis se préparaient pour attaquer la Libye. Paris et Londres ont juste joué les rôles principaux sur la scène publique.

Je désire ici faire une remarque finale et importante. Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l'OTAN ; parce que l'OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. Il n'existe aucune circonscription d'électeurs vis-à-vis desquels l'OTAN doive rendre des comptes. Les États-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder la Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l'OTAN, que l'OTAN est en charge de la guerre. De fait. Obama, Cameron et Sarkozy essaient tous d'échapper à leurs responsabilités d'hommes politiques vis-à-vis du public en laissant l'OTAN faire la guerre et en se cachant derrière elle pour se protéger.


Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya spécialiste du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale, réalisé le 26 avril 2011 par Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week Magazine.


Source: INVESTIG'ACTION / MICHEL COLLON.INFO



Mahdi Darius Nazemroaya est chercheur associé du "Centre for Research on Globalization" (CRG), spécialisé en géopolitique et stratégie.


Source : silvaicattori.net

Source originale : globalresearch

Traduit de l'anglais par resistance71 révisée par JPH

jeudi, 12 mai 2011

COTE D'IVOIRE: CRIMES D'ETAT, TERREUR TOTALE ET SILENCE COMPLICE DES MEDIAS FRANÇAIS

 

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Un article de David Gakunzi


Il sera dit un jour que l'obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l'Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d'or et de diamant, de cuivre et d'uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole... Il sera dit un jour qu'il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d'un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.


Ouattara. L'homme n'a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu'il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l'avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d'Ivoire. On ne l'imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s'élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d'Ivoire.

Assassinats, enlèvements, viols, pillages. Simone Gbagbo trainée dans la poussière, martyrisée dans sa féminité ; cruauté innommable : la différence qui sépare l'homme de la bête tout simplement franchie. La mère de Laurent Gbagbo, Mamie Koudou Gbagbo, âgée de 90 ans, arrêtée ; elle aussi ! Arrêtée, séquestrée et malmenée. Désiré Tagro, ancien ministre, assassiné : l'homme négocie la fin des hostilités avec les troupes françaises et se présente un tissu blanc à la main ; à quoi aura-t-il droit ? A une balle plantée dans la bouche. Et Duékoué. Les habitants de Duékoué, génocidés : les hommes, tous les hommes, y compris des gamins de deux ans, alignés massacrés à coup de fusils et de machettes. Et Yopougon, Yop l'insoumise, bombardée, saccagée, pillée, déshabillée, violée, massacrée. Perquisitions cour après cour, parents mis à genou devant leurs enfants ; exécutions sommaires sur indication, chasse aux Guérés et Bétés. Combien de morts ? Combien de corps ramassés par la Croix-rouge ? Combien de corps ? Et le village de Sassandra brulé ; et les villages de Abedem et de Drago rayés de la carte.

Meurtres collectifs, meurtres sélectifs, meurtres génocidaires, épuration ethnique ; rafles et torture instituées en règle de gouvernance. Henri Dacoury Tabley, l'ancien gouverneur de la BCEA0, arrêté, tabassé, torturé ; son corps exposé nu, nié dans son humanité, l'enfer total, enfer filmé ; Affi N'guessan, secrétaire général du FPI et tous ceux qui refusent la soumission, kidnappés, séquestrés, embastillés, frappés, torturés, bestialisés ; les militants de l'opposition traqués, traqués listes à la main, traqués jour et nuit, battues organisées, les militants de l'opposition traqués et assassinés tous les jours ; comme si on voulait rendre impossible tout avenir à l'opposition politique. Echos mussoliniens : « L'opposition n'est pas nécessaire au fonctionnement d'un système politique sain. L'opposition est stupide et superflue dans un régime totalitaire comme le régime fasciste ».

Eliminés donc d'abord les proches de Gbagbo ; éliminés ensuite ses sympathisants ; éliminés encore ceux qui pourraient éventuellement devenir ses sympathisants, tous ceux-là qui ne sont pas en allégeance, qui ont eu l'impudence de ne pas accourir pour embrasser comme il se doit, c'est-à-dire avec fougue et flamme soudaine, le nouveau pouvoir. Eliminés tous ces autres-là qui ne sont ni de l'ethnie ni du parti des vainqueurs. Eliminés pour un oui ou pour un non. Eliminés même les alliés d'hier. Ibrahim Coulibaly, dit IB, abattu. L'homme de tous les mauvais coups depuis plus de dix, le compagnon d'hier, celui qui a ouvert les portes d'Abidjan à Ouattara avec ses commandos invisibles, IB encerclé, sommé de se rendre, torturé puis abattu comme un chien. Dynamique fasciste.

C'est qu'il s'agit de semer la terreur ; c'est qu'il s'agit non seulement de châtier, de faire gémir les ivoiriens d'avoir voulu l'émancipation, mais aussi de faire perdre conscience à la société ivoirienne, de la briser, de la modeler dans la terreur ; c'est qu'il s'agit de ramener les Ivoiriens à la case départ, la case esclave avec des méthodes dignes de la gestapo ; c'est qu'il s'agit de faire comprendre à tous les Africains que la liberté est cause de malheur, de grand malheur et que seule la servitude, que seul l'esclavage est porteur d'avenir !
Ouattara plante donc son trône dans le sang. Un trône mugissant et prompt au sacrifice humain. Les Ivoiriens sont désormais, de nouveau, bons à dévorer. A dévorer avec leur pétrole, avec leur cacao, avec leur café. Alors à Paris, on se tait. Jour après jour, on tue à Abidjan et Paris se tait ; et lorsque la terreur s'incruste jusque dans les corps violés de Yopougon, l'un de ces illustres quotidiens de la place parisienne, toute honte bue, parle de « traitement de Yopougon ». C'est écrit : rayer des humains, c'est les « traiter ». Summum d'inhumanité, insensibilité absolue face aux supplices infligés aux Ivoiriens ; silences.

Silence dans la quasi-totalité de la presse de France. Meurtres collectifs, assassinats politiques et emprisonnements enfermés dans le non advenu, embastillés dans le silence. Ce qui est advenu, ce qui est en train d'advenir n'est pas advenu ! Silence sur ces familles condamnées à errer dans les forets, sans nourritures, pour fuir l'anéantissement, pour fuir les tueurs de Ouattara ; silence sur Bloléquin, ville autrefois habitée par 30 000 personnes, aujourd'hui cité fantôme aux rues désertes ; silence sur ces journalistes et avocats poursuivis, pourchassés comme du gibier à abattre ; silences sur ces cabinets d'avocats brulés ; silence sur ces journalistes et musiciens arrêtés, torturés ; silence sur ces jeunes poursuivis car coupables d'être « nés du mauvais côté », l'Ouest du pays... La Côte d'Ivoire de Ouattara exhale, empeste, pue la mort, les corps sont enfouis dans des conteneurs car les morgues sont débordées, mais ... silence dans la presse de l'autoproclamée patrie des Droits de l'Homme. Douleur sans fond des Ivoiriens niée, douleur redoublée par ce déni, ce refus de reconnaissance, cette expulsion dans le non existant, dans le hors langage, dans le « n'ayant pas lieu ».

Mais qu'est donc devenue la presse de France ? A quoi sert cette presse qui n'est plus affirmation de la liberté de tous les hommes et qui n'ose plus nommer par son nom, la terreur concrète contre l'homme, contre les hommes ? Pourquoi ce renoncement ? Pourquoi ? Cette presse-là sait pourtant ; elle sait, elle est bien informée, elle est au courant de la terreur qui règne à Abidjan, elle sait qu'on étouffe à Abidjan, que l'air est devenu tout simplement irrespirable et que fait-elle ? On attend qu'elle s'insurge, qu'elle dénonce au nom de la défense des droits de l'homme mais elle fait l'inverse, le contraire : elle se tait. Elle sait que la Côte d'Ivoire vit sous la terreur mais elle ne parle pas. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Parce que tout simplement lever le voile sur la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de la Côte d'Ivoire : une terre brutalisée, torturée, massacrée. Crime d'Etat postcolonial.

Or pourquoi nommer ce crime ? Que vaut le destin, la vie des Ivoiriens face aux intérêts suprêmes de la France ? Pas grand-chose. Mépris cynique et vicieux de la vie humaine. Latitude totale donnée ainsi au pouvoir de Ouattara de torturer et de tuer ! Impunité assurée d'avance pour les tueurs et les tortionnaires de l'homme installé à Abidjan. Et où, oui, où le refus inconditionnel et universel de l'assassinat politique, de l'arbitraire, de la torture, de la dictature, de la férocité de la dictature ? Où ? « L'école française d'Alger » est de retour sur le continent africain ; elle fait des ravages au bord de la lagune Ebrié ; on le sait, et pourtant, silences ; on fait bloc dans le silence autour de l'homme de la France à Abidjan. Rien vu ; rien entendu.

Mais qu'importe. Qu'importe le jour, le mois ou l'année : Ouattara, l'homme de Paris à Abidjan, partira un jour. Il partira. Le temps de Ouattara finira. Il n'y a pas d'avenir dans l'histoire de l'Afrique pour ce nom-là, Alassane Ouattara ; il n'y a d'autre avenir pour ce nom-là que celui d'un Mobutu et d'un Bokassa, eux-aussi tueurs de leurs propres peuples et morts abandonnés de tous. Ouattara partira un jour, et il sera dit ce jour-là, que cet homme faible qui n'avait de force que venue de Paris ; il sera dit que cet homme de la démesure dans la cruauté, aura planté et porté la violence à son paroxysme au cœur de la société ivoirienne. Il sera dit qu'en un seul mois de règne, il aura arrêté et exécuté plus de monde que durant les quarante ans de règne d'Houphouët-Boigny et de Gbagbo réunis ! Il sera dit et rappelé que s'il a pu ainsi sévir impunément, ce fut en parti, grâce, au silence de ceux qui, à Paris, devaient parler et qui ont refusé d'élever la voix. Il sera rappelé que non, ceux-là ne dormaient pas, qu'ils savaient et que leur silence, chacun de leur silence, fut coupable. Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu'aucune parole, qu'aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d'alibi aux crimes contre l'humanité. »


 

David Gakunzi est l'auteur de Côte d'Ivoire : le crime parfait


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 11 mai 2011

COTE D'IVOIRE: CLARIFICATIONS ATTENDUES DE LA PART DE LA FRANCE ET DE L'ONU



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Ong Survie: Communiqué, le 10 mai 2011


L'attention internationale semble s'être détournée de la Côte d'Ivoire, beaucoup considérant que l'arrestation de Laurent Gbagbo a mis un terme à la crise ivoirienne. Pourtant, les menaces sur les populations de l'ouest et d'Abidjan n'ont pas cessé et le processus de réconciliation qui se dessine ne laisse pas présager la fin de l'impunité. L'association Survie signale l'existence de documents qui jettent le trouble sur le rôle de la France et de l'ONU dans la crise ivoirienne et invite les représentants concernés à donner les clarifications nécessaires.

L'association Survie s'inquiète du contenu des documents publiés, les 8 et 13 avril, par le juriste et journaliste Matthew Lee sur son blog Inner City Press[1]. Ces documents - d'origine française selon le journaliste - jettent le discrédit sur l'action de la France et de l'ONU en Côte d'Ivoire. Charles Konan Banny et Kofi Annan, aujourd'hui impliqués dans le processus de réconciliation, s'y retrouvent mêlés à une « opération non confirmée » que devaient préparer « Licorne et les casques bleus », destinée à « contrer les partisans du processus de paix »[2]. La nomination, à la tête de la « Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation », de Charles Konan Banny, homme politique aux ambitions présidentielles, au détriment d'un juriste reconnu ou d'un représentant de la société civile, n'offre aucune garantie d'indépendance. En outre, l'absence du mot « Justice » dans le libellé de cette commission est un très mauvais signe adressé aux populations qui sont toujours en grand danger.

Par ailleurs, si l'on note la publication du rapport S/2011/271 du Groupe d'Experts de l'ONU, dont l'association Survie signalait, dans son communiqué du 6 avril, le blocage depuis le mois de septembre, il convient de dénoncer le retard inacceptable avec lequel il est rendu public. À la lecture de ce rapport, on regrette que le Comité des sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de Sécurité des conditions inappropriées dans lesquelles le scrutin présidentiel allait se dérouler. Les experts montrent que, loin de se préparer au désarmement avant les élections, comme l'exigeaient les accords de Ouagadougou, les Forces Nouvelles favorables à Alassane Ouattara préparaient la reprise du conflit armé qu'elles avaient déclenché en 2002. Le désarmement faisait pourtant partie intégrante du mandat des casques bleus et de la force française Licorne. Il devait aussi être un élément essentiel de la certification de l'ONU dans le processus de sortie de crise. Le réarmement des Forces Nouvelles et leur refus croissant des inspections de l'ONU avaient d'ailleurs amené les experts à suggérer la prise de sanctions contre deux commandants de zone[3] . Loin d'être inquiétés, l'un a mené l'offensive récente dans l'ouest et l'autre des combats dans Abidjan sans que personne ne s'en émeuve[4] ! Lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées le 30 mars, le Conseil de Sécurité a ignoré ces suggestions du Groupe d'Experts.

Il semble, par ailleurs, que le Conseil de Sécurité de l'ONU n'a toujours pas rendu public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne[5], remis au Conseil en décembre 2004. Celui-ci permettrait pourtant de savoir si des exactions ont alors été commises ou couvertes par certains des acteurs politiques et militaires actuels : il en va de la lutte contre l'impunité et de la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

Aussi, l'association Survie :

* demande des explications à la diplomatie française et l'ONU sur le contenu des documents diffusés par Inner City Press les 8 et 13 avril. En l'absence de réaction, ces documents, qui ternissent l'action de la communauté internationale et des forces impartiales en Côte d'Ivoire, seront tenus pour authentiques.

* salue, enfin, la publication du rapport du Groupe d'Experts S/2011/271, discrètement bloqué depuis le mois de septembre, mais regrette que le Comité des Sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de sécurité de l'ONU que, loin du désarmement prévu avant les élections, les belligérants se réarmaient, et s'inquiète que lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées, le même Comité ait ignoré les suggestions du Groupe d'Experts (cf. S/2011/271 §443).

* exhorte le Conseil de Sécurité de l'ONU à rendre public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne, établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17, qui lui a été remis en décembre 2004.

 

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[1] http://www.innercitypress.com

[2] Charles Konan Banny est un ancien président de la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest, propulsé Premier Ministre «  aux pouvoirs élargis » le 4 décembre 2005. L'un des documents publiés par Inner City Press fait d'abord état, deux jours avant cette nomination, d'un « accord négocié », par « le service », « avec Guillaume Soro en personne ». Cet accord assurait à Konan Banny le soutien du leader de la rébellion. On y apprend plus loin que « Konan Banny avait appartenu à un comité de sages développant des relations et un réseau important mais discret entre membres de la CEDEAO, RDR de Ouattara, et quelques anciens houphouëtistes du RHDP. » Surtout, le dernier paragraphe, titré « Vu de New York : le départ de Gbagbo » est particulièrement explicite : «  Selon le Secrétaire général des Nations Unies [Kofi Annan], les moyens dont va disposer le nouveau Premier Ministre [Charles Konan Banny] sont suffisants pour mettre en place une politique de rigueur et de fermeté afin de contrer les partisans [sic] du processus de paix en Côte d'Ivoire et devrait notamment permettre la mise en place dans les tout prochains mois d'un plan d'action pour déstabiliser Laurent Gbagbo et provoquer des élections présidentielles anticipées. À charge pour Licorne et les casques bleus sur place de préparer cette mission de sécurité dans les meilleures conditions (Opération non confirmée). »

[3] Cf. Rapport S/2011/271, §443.

[4] Voir l'article de Billets d'Afrique de mai : http://survie.org/billets-d-afrique...

[5] Établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17.

Association Survie
107, boulevard Magenta 75010 Paris
Tél : 01 44 61 03 25
Fax : 01 44 61 03 20

http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cote...



Source : MILLE BABORDS.ORG

L'AMBITION DEMESUREE ET CRIMINELLE DES ETATS-UNIS: LE CONTROLE MILITAIRE DE LA PLANETE

 

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Lundi, le 17 février 2003, par Samir AMIN

 

Je viens de lire un article de Samir Amin datant de 2003. Lu à son époque, il est fort probable que beaucoup d'entre nous y auraient vu un raisonnement trop unilatéral et excessif...
Lu aujourd'hui, à la lumière des évènements en cours, avec une attention aiguisée chez nous tous, le texte de Samir Amin paraît d'une pertinence et d'une clarté étonnantes. En tout cas c'est comme cela que je le perçois.
A chacun de voir...  Omar.

 

Dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, se dessine une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des États-Unis (ses establishments démocrate et républicain). Emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les États-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète ». Une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington.

 

La stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban, Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été faite ...) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les confits à venir ...) . Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs.

La « guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes.

L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

Quels sont donc ces intérêts « nationaux » que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer comme bon lui semble ?

A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué par les transnationales des Etats Unis.

Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on. Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les transnationales américaines, en contre partie trois cents millions de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou » par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père, Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis.

Ce projet est certainement impérialiste au sens le plus brutal, mais il n'est pas « impérial » au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée à la maximisation de la rentabilité financière à court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction mieux encore que celui des sociétés européennes. Car l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante) à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion politique de la société par un parti unique du capital, dont les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales, se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite moitié de la société qui croit suffisamment au système pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont marqué la formation de la culture politique européenne moderne, la société américaine ne dispose pas des instruments idéologiques qui lui permettraient de résister à la dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne unilatéralement le mode de pensée de la société dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ». « Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ; se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.

De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation économique et l'inégalité politique. Il est infiniment plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ». Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie de « benign » (« indolore ») !

S'il doit se déployer pendant encore un certain temps ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afghanistan, font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire permet de croire à « l'invincibilité » des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement.

L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.

L'opinion générale la plus courante, véhiculée par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir, est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels. La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend serait donc de ce fait incontournable.

L'examen des réalités économiques infirme cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être « le plus efficient du monde ». Au contraire presque aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards en 1990, a désormais laissé la place à un déficit. La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain. Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie, à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le recours à des moyens « extra économiques » qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !

En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).

La croissance des années Clinton, vantée comme étant le produit du « libéralisme » auquel l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires. Pour tous les segments du système productif réel, la croissance des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe. Le « miracle américain » s'est exclusivement alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation des inégalités sociales (services financiers et personnels : légions d'avocats et de polices privées etc ...). En ce sens le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !

Le monde produit, les Etats-Unis (dont l'épargne nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage » des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature diverses : violations unilatérales répétées des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché mondial) largement imposées à des alliés subalternes (qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera la ponction exercée au titre du service de la dette imposée à la presque totalité des pays de la périphérie du système mondial.

Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société américaine et permettent à cette super puissance de vivre au jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent en rien de prétendues « lois du marché » à la fois rationnelles et incontournables.

La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé » de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires si nécessaire) de ces « intérêts communs ». Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement » les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance atlantique ? Pas impossible, mais peu probable.

Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait alors être affecté à une relance économique et sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité à son essor économique et social, la santé artificielle de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante américaine serait confrontée à ces propres problèmes sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe sera de gauche ou ne sera pas ».

Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée « honnêtement » par tous et que dans ce cas tout irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences. La « prospérité » américaine a pour prix la stagnation des autres.

Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ? Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont « un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr. C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde. Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des marchés » - opère ici avec une puissance certaine auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe de « libre circulation des capitaux » a été sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales, auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement ! Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer à Washington pour en assurer la permanence.

Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi un « pays puissant endetté », dont on devrait savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait, fragile.

Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur hégémonie économique.

Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles. La médiocrité des systèmes de l'enseignement général et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant systématiquement le « privé » au détriment du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que traverse la société des Etats Unis.

On devrait s'étonner donc que les Européens, loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là également le virus libéral n'explique pas tout, même s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs dont bénéficie encore la « vieille Europe » (comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans le court terme, l'occasion de profits supplémentaires.

L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples. Elle procède de la même logique qui fut naguère celle d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques. Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.

Le combat pour mettre en échec le projet des Etats Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose - ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non Alignés).

Le succès de ce combat dépendra de la capacité des esprits à se libérer des illusions libérales. Car il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande de Washington concernant la « démocratie » et la « bonne gouvernance », ou la « réduction de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant quelques vérités élémentaires, affirmées avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale, une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également, par la libération des illusions d'un système libéral mondialisé « non asymétrique » qui permettrait aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ». N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination aucune », bénéficiant alors des applaudissements nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle défendu le tiers monde contre les Etats Unis ?

Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et son option militariste est celui de tous les peuples, de ses victimes majeures d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens et japonais condamnés à la subordination, mais tout également du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui « au cœur de la bête », refusent de se soumettre comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder au Mac-Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ? Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon rien, dans la formation historique, de la société des Etats Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent. A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires, pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse par s'assagir !

S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.


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DROGBA A RFI, APRES QUE LES « FRCI » DE OUATTARA AIENT BRULE SON VILLAGE


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Interview du Capitaine des Éléphants de Côte d'Ivoire, Didier Drogba, sur RFI, qui lui demande ce qu'il penserait d'un spot publicitaire pour la Paix en Côte d'Ivoire avec Yaya Touré de Manchester City.

La réponse de Didier fut brève et simple :


"Je ne le ferai que lorsque les rebelles auront reconstruit mon village qu'ils ont brûlé."

 

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Source: LE NOUVEL OBSERVATEUR

DEBUT DE PANIQUE A L'ELYSEE - SARKOZY EXIGE QUE OUATTARA NOMME UN PREMIER MINISTRE LMP PRO-GBAGBO EN LIEU ET PLACE DE GUILLAUME SORO




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Plus d'un mois après avoir été porté par la France à la tête de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara peine véritablement à décoller. L'hebdomadaire français « Le nouvel observateur » dans sa parution du 04 mai lève un coin de voile sur la panique qui commence à s'emparer de l'Elysée où on commence à devenir nerveux devant les contre-performances du Gouverneur Ouattara.


"Le nouvel observateur" fait en effet un clin d'œil à la grosse impasse politique ivoirienne actuelle, et confirme la thèse selon laquelle les arrestations arbitraires et les assassinats continuent toujours en Côte d'Ivoire malgré le fait que le Président "Gbagbo" et son épouse soient en résidence surveillée respectivement à Korhogo et à Odienné dans le nord du pays.

De sources concordantes, deux militaires des forces de défense et de sécurité (Fds) venus faire allégeance à "Ouattara" au Golf hôtel, y auraient été exécutés sans autre forme de procès. Mais, "Alassane Ouattara" a d'autres problèmes à gérer. Entre autres dossiers brûlants, le Premier ministre "Guillaume Soro" dont le remplacement exigé par la France pourrait créer des problèmes au Président "Ouattara"...

"Alassane Ouattara" a peut-être commis l'erreur de promettre la primature à tour de bras. Alors que le Pdci-Rda "d'Henri Konan Bédié" attendait tout sagement ce qui lui revient au terme de la campagne présidentielle,"M. Ouattara" a maintenu "Soro" qui ne serait plus prêt à perdre son poste de Premier ministre. De sources diplomatiques, la France ferait une impressionnante pression suivie de menaces à peine voilées sur "Alassane Ouattara" afin que celui-ci nomme un cadre de la majorité présidentielle(Lmp) " proche du Président "Gbagbo» au poste de Premier ministre.

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Il est difficile à "Alassane Ouattara" de faire partir "Guillaume Soro" contre son gré du poste de Premier ministre. Ce dernier a fait irruption en politique avec des hommes chargés de fusils d'assaut, lui-même arborant un ensemble vert treillis et chaussé en brodequins. Le premier de ses atouts reste et demeure son armée. Les forces nouvelles toujours prêtes à lui obéir à l'image des "Issiaka Ouattara" alias "Watao", "Touré Hervé" alias "Vétcho", "Morou Ouattara", "Fofié Kouakou" et bien d'autres chefs de guerre qui ont jusqu'ici constitué l'épine dorsale des stratégies de pression de "Guillaume Soro" dans toutes les négociations et accords politiques."Guillaume Soro" se serait retranché avec son cabinet politique à "Bouaké", son fief du nord où il peaufine sa stratégie, laissant en base arrière à Abidjan quelques fidèles en arme dont "Wattao", sous chef d'état major des "Fafn". C'est un signal fort que le secrétaire général des forces nouvelles entend ainsi envoyer à quiconque voudrait le priver de son butin de guerre. En attendant que le couple "Sarkozy-Ouattara" trouve la solution à l'énigme "Soro", des nouvelles boites de pandores se sont ouvertes béantes les unes après les autres. Parmi elles, l'insécurité ambiante dans le district "d'Abidjan" et toutes les villes de Côte d'Ivoire.

Tout le monde s'en inquiète même les guerriers venus du nord. Bien que "Laurent Gbagbo" ne soit plus à la tête de l'Etat ivoirien tel que l'a voulu la communauté internationale pilotée par "Nicolas Sarlozy", "Barack Obama","Ban Kimoon", "YJ Choi", l'Union africaine, la Cedeao et les militants du "RHDP", l'ombre de "Laurent Gbagbo" continue de planer sur la Côte d'Ivoire. Un coup d'Etat ne semble pas suffire pour effacer "Laurent Gbagbo" de l'esprit des ivoiriens... "Ainsi la France politique sarkoziste semble être rattrapée par le piège de ses contradictions idéologiques néocoloniales. Plus que jamais sa volonté manifeste de planifier une Côte d'Ivoire sans "Gbagbo" semble malheureusement voler en éclats... wait and see!!! (Attendons pour voir, disent les anglo-saxons)!


Yves T. Bouazo


Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 09 mai 2011

IL Y A A BOIRE ET A MANGER DANS LA CRISE IVOIRIENNE: SABINE CESSOU, C'EST UNE AFFAIRE DE SOUS!

 

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L'argent n'a pas d'odeur mais Abidjan sent l'hydrogène


Quelle n'a pas été notre surprise de découvrir hier qu'une interview de Marie Antoinette Singleton, fille de Laurent Gbagbo, et parue dans Slate Afrique, avait été menée... par Sabine Cessou elle même... !!!

Pour reprendre la formule d'un ami « l'argent n'a pas d'odeur mais Abidjan sent l'hydrogène ».

Voilà donc que la collaboratrice de Thomas Hofnung, pilier de la désinformation sur la crise ivoirienne au sein de la presse Rotschild

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et qui nous a habitués à une information partie prenante et donneuse de leçon, du dezingage des intellectuels

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à l'hagiographie du « nouvel  ambassadeur » élégant et parfumé qui a un enfant « avec une bété »

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en passant par la compassion pour le courageux Venance Konan  qui « sait que son téléphone est sur écoute, mais  n'a pas changé de numéro »

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décroche subitement le sien pour joindre un membre éminent du « clan gbagbo ».

Sabine Cessou aurait elle réfléchi à la lecture de son confrère François Leclerc?

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ou encore à l'écoute de jean Ziegler ?

article-cote-d-ivoire-jean-ziegler-enfin-on-attend-hessel...

et opérerait-elle le début d'un mea culpa ?

Rien n'est moins sûr !

Celle qui a écrit, entre autres, cet article:

côte-divoire-le-facteur-zimbabwe-.html

et a vanté à longueur de colonnes la « résistance à Abobo » produisait, sans doute un peu obligée au lendemain de la capture du PR ce papier:

côte-divoire-dangereuse-chasse-à-lhomme.html

dans lequel on trouve cette perle:

« Comment faire la différence, aujourd'hui, entre les vrais appels au secours lancés depuis la Côte d'Ivoire, et la propagande assenée pendant des mois par les médias aux ordres de Gbagbo? Le ratissage à grande échelle en cours en Côte d'Ivoire est le corollaire de la chute de Gbagbo: inévitable, mais aussi extrêmement risqué, pour l'avenir politique d'Alassane Ouattara ».

Sacrée Sabine ! Elle peut continuer à parler de propagande alors que toute la presse non ouattariste est interdite, et justifier une épuration arbitraire en s'inquiétant uniquement de ses conséquences politiques tout en courant  juste après derrière le scoop. Quelle santé !

Fort heureusement pour elle, Marie Antoinette Singleton n'a pas été « ratissée » aux Etats-Unis après le kidnapping de son père, ce qui permet à Sabine de mettre un peu de beurre dans les épinards.

Si vous croisez Marie Antoinette, qui force le respect, s'il vous plait, expliquez-lui la ligne de Sabine Cessou sur la crise ivoirienne et indiquez-lui ce blog: on lui donnera avec grand plaisir le nom des rares journalistes français respectables.


Saper Aude

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

vendredi, 06 mai 2011

COTE D'IVOIRE: LES AVOCATS DE GBAGBO REFOULES, PRESTATION DE SERMENT POUR OUATTARA


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Les deux défenseurs français du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo ont été refoulés vendredi avant son premier interrogatoire, alors que son successeur Alassane Ouattara doit prêter serment.


Les deux avocats, Me Jacques Vergès et Me Marcel Ceccaldi, ont été interdits d'entrée à l'aéroport d'Abdijan faute de visas en règle et ont été placés dans un avion pour Paris.

Cet incident est intervenu alors que M. Gbagbo, 65 ans, devait être entendu par le Procureur de la République à Korhogo (nord), où il se trouve en résidence surveillée depuis son arrestation il y a près d'un mois à Abidjan.

Il devait être interrogé dans le cadre d'une enquête préliminaire portant sur la crise née de la contestation du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, au cours de laquelle 3.000 personnes ont trouvé la mort, selon les autorités.

Des accusations d'exactions, de concussion et d'appels à la haine pèsent notamment contre M. Gbagbo, qui avait refusé de reconnaître la victoire de M. Ouattara.

M. Outarra doit finalement prêter serment vendredi devant le Conseil constitutionnel.

"Manifestement, on ne veut pas que le président Gbagbo soit défendu. Je suis très pessimiste sur l'avenir d'un régime qui traite les avocats de cette manière", a commenté Me Vergès.

Le célèbre avocat est arrivé à Abdijan muni d'un visa délivré par le consulat ivoirien de Nancy (est de la France), mais les autorités ivoiriennes ont soutenu que le document n'avait pas été validé par l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

"Les autorités se livrent à une palinodie de justice", a dénoncé Me Ceccaldi, qui ne disposait pas de visa mais avait écrit au Procureur pour lui demander de "favoriser" son entrée dans le pays.

La troisième membre de l'équipe assurant la défense de M. Gbagbo, l'avocate franco-camerounaise Lucie Bourthoumieux, détentrice d'une carte de résident, a pu passer les contrôles mais a décidé de repartir avec ses collégues vers Paris.

Les trois avocats devaient également assister samedi l'épouse du président déchu, Simone Gbagbo, assignée à résidence depuis le 22 avril à Odienné (nord-ouest).

Ils devaient aussi être présents lors des auditions d'autres membres de l'ancien régime, dont le chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien, Pascal Affi N'Guessan, à Katiola (nord).

"Près de 200 personnalités de l'ancien régime sont concernées par ces auditions", avait indiqué le ministère de la Justice, précisant que le procureur d'Abidjan devrait les entendre "d'ici le mois de juin".

Selon le ministère, ces personnalités "figurent pour la plupart sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne".

L'audition de M. Gbagbo intervient après l'arrivée mercredi en Côte d'Ivoire de trois experts internationaux indépendants chargés par l'ONU d'enquêter sur les violations graves des droits de l'Homme commises depuis la présidentielle.

"Nous avons exclu (de l'acte d'accusation ivoirien, ndlr) ce qui relève de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), comme les crimes contre l'humanité", avait souligné le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a indiqué mardi que ses services préparaient une demande au tribunal pour ouvrir une enquête concernant des massacres commis en Côte d'Ivoire.


AFP

Source: 20MINUTES.FR

jeudi, 05 mai 2011

DERRIERE L'ORDRE «DEMOCRATIQUE», L'ORDRE DE BATAILLE DE L'IMPERIALISME

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Par Mohamed Bouhamidi, le 05 mai 2011

La toute proche célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse nous rappelle combien la bataille médiatique a été et reste décisive dans la guerre menée à la Libye. Elle a annihilé la plus puissante des armes anti-guerre : les opinions publiques. Cette arme des citoyens mobilisés pour entraver quelque  peu les démarches guerrières et agressives a été totalement absente. Ces mobilisations des citoyens du monde entier n'avaient pas empêché les attaques les plus terribles comme l'invasion de l'Irak, son million de morts et deux millions de réfugiés et déplacés, ni l'opération «plomb durci», ni le démembrement de la Serbie. Mais elles avaient quand même puissamment pesé pour que restent une mémoire de l'agression et une condamnation morale de l'agresseur. G. W. Bush ne peut plus se déplacer aussi facilement qu'il le voudrait.

Tony Blair, qui appelle aujourd'hui à attaquer l'Iran, ne peut, non plus, tout à fait cacher son véritable visage même s'il a réussi, dès 2004, à entraîner Kadhafi dans une série de concessions en faveur des politiques ultralibérales et, entre autres, à mettre l'argent de la Libye dans différents placements dont les fameux fonds souverains. Le gel de ses avoirs évalués entre deux cent et trois cent milliards de dollars constitue l'un des plus grands hold-up de l'histoire de l'humanité. Si l'on tient compte de l'engagement des «révoltés» de Benghazi de remettre toutes les richesses du pays entre les mains des coalisés, ce hold-up se situe à la hauteur du vol de l'or des Incas, des richesses de l'Inde et de la Chine, de la terre des Amérindiens et des Palestiniens, etc. Un de ces pillages dignes de la dépossession du Congo et du Rwanda.

S'ils s'en souviennent, les Algériens peuvent mesurer où nous aurait menés la campagne formidable des «experts» consultés par les titres ultralibéraux qui voulaient à tout prix mettre les réserves financières de l'Algérie dans des fonds souverains destinés à acheter des actifs à l'étranger. Quel zèle de ceux qui se voyaient déjà installés dans de grandes capitales étrangères à jouer les capitalistes modernes avec l'argent de l'Algérie et au nom d'une nouvelle idéologie qui se gausse de l'idée de nation ! De cette idée de nation et de la nation concrète qui leur aurait donné l'argent chèrement payé par la guerre de libération et par la bataille de la nationalisation du pétrole qui a arraché l'argent aux multinationales et à leurs fondés de pouvoir. Les mêmes qui, en Libye, avaient mené les grandes réformes financières et mis cet argent au service des banques étrangères mènent aujourd'hui la rébellion contre l'Etat qui a refusé de les suivre au-delà d'une certaine ligne rouge qui s'appelle la souveraineté nationale.

Il n'y a rien d'étonnant dans cette alliance militaire et dans la subversion contre-révolutionnaire entre les ultralibéraux libyens et les puissances étrangères. Elle ne représente que la conséquence tragique, mais logique de leur alliance de fond : l'alliance politique pour arracher les richesses du pays libyen au peuple libyen comme le feront les ultralibéraux dans d'autres pays, contre leurs peuples et contre leurs Etats. Cette question des réserves de changes et le placement des excédents posent bien d'autres questions dont celle de la dilapidation forcée des ressources dès lors qu'elles génèrent des revenus par trop supérieurs aux besoins du pays. Et ce n'est pas qu'un aspect technique. Les besoins énergétiques des puissances de l'empire fixent les niveaux de production et les politiques de ces puissances à l'endroit d'une énergie vitale pour leur vie quotidienne. Et si les autorités algériennes, sous le coup de la pression médiatique et politique, aussi bien locale qu'étrangère, avaient placé notre argent dans des fonds souverains pour permettre à quelques-uns de jouer au poker d'une spéculation financière, dont ils n'ont qu'une maîtrise scolaire ? Notre argent aurait été gelé au moindre conflit avec des puissances qui nous cherchent visiblement querelle et nous créent sans arrêt des motifs de friction,  des injonctions à laisser marcher la fantomatique CNCD aux interpellations sur les mercenaires algériens en Libye, en passant par des commentaires sur les réformes discutées dans notre pays qui ressemblent beaucoup à des doigts menaçants qui montrent la bonne direction.

Vous aviez oublié cet épisode de la campagne pour la création de fonds souverains algériens ? L'immense majorité des gens a oublié. Et c'est comme cela que fonctionne la désactivation de l'expérience. La crise financière de 2008 est venue ensuite faire oublier cet assaut de «bons conseils» : pourquoi laissez-vous votre argent dormir ? Avec les faillites qui se multiplient en Europe vous pouvez faire de bonnes affaires ? Est-ce que les usines qui font faillite sont une bonne affaire si elles travaillent dans les mêmes créneaux que les ateliers chinois et à quoi cela sert d'acheter des manufactures puisque toutes les entreprises stratégiques restent fermées aux investisseurs arabes, à commencer par la gestion des ports et aéroports et il est inutile même de penser à l'avionique ? Les plus grands noms de l'économie mondiale avaient déjà largement critiqué les fonds de pensions et mis en doute la réalité des perspectives des fonds souverains.

En fait, ces grands noms commençaient à émettre des questions de plus en plus distantes des diktats théoriques ultralibéraux,  mais pouvaient-ils ébranler les convictions religieuses de nos «experts» qui en sont restés aux théories des Chicago boys ? Le choc et la stupeur médiatiques avaient largement pour but de nous cacher les vraies raisons de la guerre. Beaucoup d'articles remarquables ont en fait le tour ou presque. Les auteurs de ces articles ont mis au jour les motifs inavouables. Le premier d'entre eux reste la confrontation à distance entre la Chine, d'un côté, et les USA et l'Europe, de l'autre. En 2008, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont dépassé les cent milliards de dollars. A la même date, les échanges USA-Afrique ont atteint les quatre vingt millions de dollars. Sur ce terrain, la Chine a battu les USA et elle surpasse l'Europe. Le volume des échanges ne suffit pas à estimer ces échanges. La Chine a gagné du terrain sur le terrain pétrolier et minier, y compris l'uranium sur un continent dont elle était absente. En Libye même, elle avait réussi une remarquable percée et les investissements en cours et en gestation frôlaient les cinquante milliards de dollars, dont la plus grosse partie allait à l'énergie. Plusieurs spécialistes répètent à l'envi, et à la suite du rapport public de la CIA, que les USA ne possèdent plus qu'une arme décisive, après avoir perdu celle des nanotechnologies, dans leur confrontation avec la Chine et maintenant avec les Brics : leur suprématie militaire pour freiner l'accès indépendant de la Chine aux sources du pétrole.

La guerre faite à la Libye est une guerre contre la présence chinoise en Libye, en particulier, et en Afrique, en général. Mais, c'est surtout une guerre qui se concentre sur la bande sahélienne qui recèle les plus importantes réserves de pétrole jamais connues. C'est une guerre que la Chine ne peut mener aujourd'hui et pour laquelle elle préfère différer sa réponse en proposant des solutions intermédiaires, y compris le principe de payer une dîme aux USA par l'achat de bons du Trésor américain (et passer des commandes qui assurent l'emploi américain) pour alléger le poids des déficits et de la dette, alors que tout le monde sait qu'il s'agit de bons et de placements non remboursables et non rapatriables. Demander le rapatriement des fonds ou le rebroussement de cet argent équivaut à un casus belli dans les conditions de la crise financière actuelle. Et cette tendance au non-remboursement devient générale et non négociable. C'est le comportement du fort à l'endroit du faible, le comportement du loup, le sens de l'honneur en moins.

Quand le remplaçant de Blair - c'était Brown ? - a fait sa tournée du Golfe pendant la crise de 2008, il a réclamé sans sourciller le placement en Angleterre de l'argent des pétromonarchies, c'était sans espoir de retour. Et c'est dans le même esprit que l'Angleterre a vanté les taux d'intérêt de sa City à l'Algérie. Ni les Etats-Unis ni les grandes puissances européennes n'ont le temps de tergiverser face aux menaces de la crise et de leur déclin. C'est maintenant qu'ils doivent profiter de leur suprématie militaire pour ralentir la Chine et  l'ensemble des pays émergents dans le sillage de la Chine. Les prévisions donnent la Chine première puissance économique mondiale dans cinq ans. C'est dire l'urgence. Obama doit accélérer l'intervention des USA partout dans le monde où il faudra freiner les Brics en répartissant mieux la charge des opérations militaires sur l'ensemble de ces alliés. Il a sommé Berlusconi d'entrer dans la danse meurtrière, et c'est un signe très fort qu'Obama brûle les vaisseaux de ses alliés qui seraient tentés par des solutions négociées. Pour eux, ce doit être la victoire ou rien quel qu'en soit le coût, car la bataille n'est pas celle des traîtres de Benghazi - comment appelez-vous quelqu'un qui gérait la maison et qui en donne les clés  à un agresseur même s'il a de sérieuses rancunes à l'égard du chef du moment ? -, mais celle de l'empire contre l'ensemble des Brics, Chine en tête. La détermination euro-américaine à aller jusqu'au bout  de la guerre libyenne a déterminé les Brics à réagir et à condamner les dépassements de l'Otan, ce qui est un signal qu'ils n'éviteront pas éternellement la confrontation.

Peu de gens ont relevé un fait capital dans cette affaire libyenne : Obama a justifié l'attaque de la Libye en parlant de réaction à une menace contre les valeurs de l'Amérique. Il ne parle plus d'un danger physique, de menaces terroristes, de morts, etc. Il ne parle plus d'un nouvel Pearl Harbour, ni de la menace communiste. Il parle de valeurs et tout le monde sait ce que sont les valeurs de l'Amérique : la liberté d'entreprendre et la libre circulation des capitaux. Rappelez-vous comment se définissait l'Amérique face à l'URSS : le monde libre. Les mots liberté et démocratie dans le vocabulaire américain veulent dire capitalisme. Le contraire s'appelle de toute évidence dictature et les cibles s'appelleront désormais les dictateurs. Cette justification d'Obama annonçait au monde et à ceux qui savent lire ce genre de message qu'il n'est pas question que les USA laissent se développer un autre modèle que la libre circulation des marchandises et des capitaux, et que le monde entier doit se plier au leadership américain. Poutine a immédiatement répondu en Norvège et en Suède, les Brics aussi, et il semble bien que la Chine soit en train d'indiquer dans  son langage la ligne que les USA seraient avisés de ne pas franchir. Il n'y a rien de surprenant dans cette démarche. Obama avait formulé la critique du complexe militaro-industriel à l'endroit de Bush. Les alliés de l'Amérique doivent prendre le poids du fardeau sous contrôle américain, mais ils doivent le faire et Berlusconi vient de le comprendre.

Pour les gogos que nous sommes, cette directive américaine sur le fardeau français de la guerre nous est enveloppée dans l'emballage de Bernard-Henri Lévy. La mise en scène a bien marché et les commentaires savants ou vulgaires insistent pour nous faire croire sur le mode de la dérision, de la colère ou de l'envie au rôle du philosophe qui se vend comme les savonnettes. C'est alors que ce système capitaliste financiarisé et en crise profonde est en crise qu'en Algérie, les ultralibéraux profitent de son agressivité pour nous convaincre qu'il est le seul viable. Pour qu'il vienne investir - mais pourquoi diable le ferait-il en Algérie quand il est incapable de le faire chez lui ? - il lui faut de la visibilité sur trente ans. Autrement dit, donnez-lui les clés de la maison. Existe-t-il meilleure visibilité pour lui que celle qu'il peut se donner en toute liberté sur notre sol ?

Le discours d'Obama sur la Libye est une déclaration de guerre à toute l'humanité. Le nouvel ennemi de l'Amérique ne peut plus être le terrorisme islamiste  trop limité à une région géographique, et qui a déjà largement joué son rôle en justifiant l'occupation de l'Irak dont 85% des revenus aujourd'hui vont aux USA, l'occupation de l'Afghanistan aux quasis frontières de la Chine et en justifiant l'Africom qui remodèlera les frontières issues de la libération de l'Afrique. Avec la définition du nouveau danger, il fallait organiser les cérémonies de la mort symbolique de l'ancien danger, Oussama Ben Laden. Les nouveaux visages de l'ennemi s'appelleront utilement Chavez, Moralès, Kadhafi et peut-être aussi Bouteflika. Le nouvel ennemi de l'Amérique, ce sont tous les pays d'Amérique latine, d'Asie, d'Afrique qui oseront, à l'instar de l'Algérie depuis 2008, s'écarter du strict, mais alors du strict modèle néolibéral. Kadhafi a été le grain de sable qui les a empêchés d'embrayer immédiatement sur l'Algérie. La résistance du peuple libyen est une résistance au nom de toute l'humanité et Kadhafi entre dans cette métamorphose des saints par laquelle il expie ses erreurs pour renaître sous l'aspect du héros national. Sarkozy connaît-il l'existence d'un certain Vercingétorix ? Nous rappellerons nous, Algériens, l'existence des Massinissa et des Ben Boulaïd ?


Mohamed  Bouhamidi

 

Source : LA TRIBUNE ONLINE

mercredi, 04 mai 2011

COTE D’IVOIRE: UN SOLDAT PRO-OUATTARA CONFIRME L'ARRESTATION DE GBAGBO PAR L'ARMEE FRANÇAISE

 

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Le 04 mai 2011 par IvoireBusiness


Alors que Wattao, dans une vidéo publiée par le site www.abidjan.net, nie l'arrestation du Président Gbagbo par l'armée française, voulant sans doute couvrir le forfait de ses maîtres ou tromper les ignorants sur l'incapacité de la rébellion à mener une telle opération, l'un de ses collègues rebelles, dans cette même vidéo, dit indirectement le contraire.

Ce rebelle dit qu'une fois arrivés dans la résidence, ils y ont trouvé une dame qui leur a dit que Gbagbo se trouvait au sous-sol de la résidence avec l'armée républicaine. Mais cette dame leur a dit ne pas connaître l'accès au sous-sol de la résidence. Ils ont donc informé le premier ministre Soro Guillaume de la situation. Celui-ci les a appelés par la suite pour leur dire que M. Désiré Tagro l'a informé de sa tentative de sortir avec un drapeau blanc mais en a été empêché par des tirs. Pour permettre la sortie des occupants du sous-sol de la résidence, Soro a ordonné à ses rebelles de ne pas tirer. Le rebelle, contredisant, à son insu, Wattao, dit bien qu'il a vu le Président Gbagbo sortir du sous-sol, portant un gilet pare-balle français.

Alors question: par quelle magie ce gilet pare-balle de l'armée française s'est-il retrouvé au sous-sol de la résidence? Ce témoignage du rebelle est la preuve indéniable que les soldats français ont bien pu accéder au sous-sol de la résidence pour arrêter le président Gbagbo et le livrer aux rebelles. Et comme cela a été déjà dit par d'autres sources, leur accès au sous-sol a été possible en dynamitant la fermeture du tunnel qui relie la résidence du chef de l'Etat à celle de l'ambassadeur de France. Sans cela, ils y seraient entrés avec les rebelles, qui n'auraient pas perdu du temps à rechercher l'accès de la résidence en questionnant cette dame.

Alors, pourquoi la France refuse-t-elle d'avouer son crime? Quelle est cette pudeur du sadisme? L'histoire retiendra le rôle joué par la France dans ce coup d'Etat du 11 avril 2011.


ZEKA TOGUI

Voir la vidéo en question en cliquant: ICI

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

samedi, 30 avril 2011

COTE D’IVOIRE: GENOCIDE EN PREPARATION A YOPOUGON, FIEF PRO-GBAGBO, QUI SERA RASE DANS LES HEURES QUI VIENNENT PAR LA FORCE LICORNE

 



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Le vendredi 29 Avril 2011, par IvoireBusines.net.


De source proche de certains soldats français de la force Licorne, désabusés et écœurés par tant d'injustices graves contre le peuple de Côte d'Ivoire, la Licorne s'apprêterait dans les toutes prochaines heures, à raser la ville de Yopougon à coups de bombes, pour casser la résistance héroïque menée par les soldats restés fidèles au Président Gbagbo.

Il est donc demandé avec insistance à tous ceux qui ne seraient pas des combattants, de quitter urgemment la ville, car la France va y commettre un véritable génocide, pire que celui du Rwanda. Des tonnes de bombes seront larguées au hasard sur les maisons. C'est un véritable carnage qui s'y prépare.

Le Président installé par la Communauté internationale, Alassane Ouattara, ne maîtrise plus rien en Côte d'Ivoire, dépassé qu'il est par les évènements qu'il a lui-même crées à coups de mensonges et d'intoxication. Certains pensent déjà qu'il s'est trompé de pays et a trompé tout le monde, notamment la Communauté internationale.

C'est donc la force Licorne qui a pris les choses en mains à Abidjan, où elle contrôle et dirige toutes les opérations militaires. Les FRCI ne sont que des faire-valoir. C'est la Licorne qui a neutralisé IB, le chef du commando invisible d'Abobo, il y a deux jours avant de le livrer aux hommes de Cherif Ousmane.

C'est encore elle qui va larguer des tonnes de bombes dans les heures qui viennent à Yopougon sur des milliers de populations civiles, en voulant neutraliser les Forces de défense et de sécurité (Fds) restées loyalistes au Président Gbagbo, qui leur opposent une résistance farouche.

Les heures qui viennent seront encore insoutenables pour le peuple de Côte d'Ivoire.

Mais la victoire n'est pas hors d'atteinte malgré les apparences de défaite suite à la capture du Président Gbagbo par la même Licorne.

Souvenons-nous la guerre du Vietnam entre les GI's américains et le pauvre peuple vietnamien. Malgré les tonnes de bombes lancées par les Gi's, la victoire a été du côté des vietnamiens.

Souvenons-nous de la guerre d'Algérie. Un million de morts algériens causés par la France pendant huit ans. Au bout du compte, la victoire a été du côté du peuple algérien.

Tout près de nous, on se souvient de la débâcle des Gi's en Somalie avec ces images fortes des Gi's trainés morts dans les rues de Mogadiscio. Une fois de plus, le peuple somalien, après près de 100.000 morts, a libéré la Somalie.

Il y a donc des raisons d'espérer d'une libération future de la Côte d'Ivoire des mains de la France et des Etats Unis. Il faut tout simplement y croire et continuer à dire non à la dictature d'Alassane Ouattara.


Christian Vabé

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 27 avril 2011

LA FRANCE PEUT-ELLE GAGNER LA GUERRE DE RECOLONISATION DE L’AFRIQUE ?


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Pour maintenir sa domination sur les territoires africains de Madagascar et de l`Algérie, la France s`est lancée dans les guerres coloniales, massacrant des milliers de Malgaches et d`Algériens. Malgré l`omerta, on sait qu`il y a eu une centaine de milliers de Malgaches et d`Algériens massacrés par l`armée coloniale française !

 

S`ils en doutaient encore, les Africains viennent d`avoir la preuve, avec les évènements de Libye et de Côte d`Ivoire, que la France a déclenché une nouvelle guerre de colonisation de l`Afrique. Dans cette œuvre barbare, la France a le soutien des Etats-Unis d`Amérique, qui dirigent une coalition militaro-impérialiste dénommée OTAN. La France se bat depuis un siècle pour se maintenir au rang de puissance moyenne. Par effraction, elle est entrée au Conseil de Sécurité des Nations Unies bien qu`ayant été occupée militairement par l`Allemagne durant toute la 2è guerre mondiale.

Après cette victoire diplomatique, la France a essayé de maintenir intact son empire colonial. Mal lui en a pris. Elle s`est lancée dans de nombreuses guerres coloniales, en Indochine, en Afrique du Nord, en Afrique Centrale. La France a été vaincue en Indochine ; C`est au Vietnam, à Diem Bien Phu que la France a subi sa plus lourde défaite coloniale.

Elle a donc abandonné l`Indochine, laissant aux Américains (USA) le soin de recommencer la guerre de colonisation de l`Asie. Vietnam, Laos et Cambodge furent donc perdus pour la France. L`Afrique du Nord et en particulier l`Algérie, a montré un visage hideux de la France. Pour maintenir sa domination sur les territoires africains de Madagascar et de l`Algérie, la France s`est lancée dans les guerres coloniales, massacrant des milliers de Malgaches et d`Algériens. Malgré l`omerta, on sait qu`il y a eu une centaine de milliers de Malgaches et d`Algériens massacrés par l`armée coloniale française !

Malgré ces massacres, l`Algérie et Madagascar ont obtenu leur indépendance, les armes à la main. Ces défaites ont amené la France à réajuster sa stratégie coloniale. Elle a donc programmé des indépendances sans contenu. Les nationalistes kamerunais ayant exigé l`indépendance totale et la réunification de leur pays, la France put donc expérimenter sa nouvelle stratégie de guerre coloniale. Entre 1952 et 1971, 500 000 Kamerunais furent massacrés par l`armée kamerunaise et l`armée franco-ahidjoïste.

Une Politique à Courte Vue

La France signait ainsi sa première grande victoire militaire néo-coloniale. Tous les observateurs sérieux s`accordent pour dire que la Françafrique est née au Kamerun, après les massacres que l`armée française a perpétrés dans notre pays. La France a désormais une réputation établie de nation guerrière qui ne s`embarrasse d`aucune considération humaine et morale pour massacrer les Noirs et les Arabes. On citera entre autres massacres commis directement ou indirectement (c`est-à-dire, avec le soutien actif de l`armée française), le Sénégal, le Congo-Kinshasa (expédition sur Kolwezi), le Rwanda (le génocide) et ces jours-ci la Côte d`Ivoire (3000 Ivoiriens assassinés par la licorne et les rebelles avec le soutien de l`armée française).

Voilà le vrai visage de la France. Pays guerrier qui massacre a tour de bras des populations noires et arabes dès lors que ses intérêts  semblent compromis. La France ne s`arrêtera pas de perpétrer d`autres massacres. Dans la compétition qui s`est ouverte, la France est dépassée par la Chine qui aspire à devenir la première puissance économique mondiale et par l`Allemagne qui est la première puissance économique européenne.

Elle sait que les BRICA (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) qui sont des pays indépendants seront dans quelques décennies les principales puissances économiques du monde. Que d`autres pays comme la Turquie, l`Iran, le Vietnam dépasseront bientôt la France. L`inquiétude gagne donc les élites françaises. La peur étant mauvaise conseillère, la France a donc décidé une fuite en avant guerrière espérant ainsi maintenir sous domination de vastes territoires africains par la terreur.

C`est un très mauvais calcul, c`est surtout une politique à très courte vue. Les Africains et notre Jeunesse en particulier sont édifiés sur le sens de l`interventionnisme français en Afrique. Presque plus personne ne croit à l` «amitié» franco-africaine. Ce que les Africains observent, c`est plutôt les dégâts et les malheurs causés par la Françafrique. Les Africains vivent au quotidien les méfaits de la domination française. Elle se traduit par l`injustice criarde qui permet par exemple à des employés et ouvriers français des multinationales et des entreprises françaises installées en Afrique de percevoir des salaires 10 fois voire 20 fois plus élevés que ceux des cadres et hauts cadres africains !

Elle se traduit par la discrimination dans l`octroi des marchés lorsque des entreprises françaises sont en concurrence avec des entreprises locales appartenant à des Africains ; elle se traduit par la mainmise de la France dans des secteurs entiers de l`économie non pas en raison de leurs performances mais plus par la corruption et le diktat que le pouvoir politique français exerce sur nos dirigeants ; elle se traduit par le carcan de la zone franc dans lequel des pays se disant indépendants sont contraints à l`utilisation de la monnaie de l`ex-puissance colonisatrice ; elle se traduit par la mainmise en Afrique des éditeurs français dans la production du livre scolaire et de la culture ; elle se traduit par la tentative faite de harcèlement et de propagande mensongère pour détruire les cultures africaines au prétexte qu`elles seraient arriérées.

Cette injustice propage la frustration, la colère et la haine dans les cœurs des Africains. Désormais la France apparaît comme le principal obstacle à l`épanouissement des peuples africains. Un tel sentiment, aucune armée, aucune force spéciale ne peut le vaincre. Ce sentiment crée les conditions pour préparer les armées de révolutionnaires qui libèreront demain l`Afrique des armées criminelles qui ont juré d`assujettir à jamais l`Afrique.

Notre jeunesse a bien saisi le message, elle est déterminée à libérer sa patrie, l`Afrique. Elle gagnera sa guerre de libération contre la France et contre toute autre armée d`occupation venue d`Occident. C`est cela la loi de l`Histoire. Notre Peuple a décidé de mettre en déroute l`imposture occidentale. Cela prendra le temps qu`il faut mais la France perdra sa guerre de recolonisation de l`Afrique et notre Patrie, l`Afrique, sera libre.



Par Abanda Kpama *

* Président du National Manidem

 

Source: ABIDJAN 360

APRES LA RECONCILIATION IMPOSSIBLE, VOICI LA PACIFICATION MILITAIRE

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La troisième pacification de la Côte d'Ivoire


Dans son dernier discours à la Nation, Alassane Dramane Ouattara a évoqué la "pacification" de la Côte d'Ivoire, qui devrait intervenir dans les deux mois qui viennent. Ce concept de "pacification", de nature fondamentalement militaire, me semble plus juste pour décrire la situation actuelle du pays d'Houphouët-Boigny que celui, menteur, de réconciliation. Il nous ramène à l'histoire de ce pays, et à deux périodes qui l'ont fondamentalement structurée.


Au début du vingtième siècle, la première pacification est menée par le gouverneur Gabriel Angoulvant. Après la conquête de la nouvelle possession de l'Empire français, il a engagé la "mise au pas" de ses structures locales de gouvernement, brisant les chefferies indociles, destituant les roitelets revêches, punissant collectivement les ethnies rebelles. Au final, le territoire tout entier s'est soumis à l'occupant, ce qui a rendu possible son exploitation économique dans la plus grande quiétude.

La seconde "pacification" de la Côte d'Ivoire, qui est en partie le sujet de la thèse de l'étudiant Laurent Gbagbo - soutenue en 1979 à l'Université de Paris VII - est rendue nécessaire par le "désordre" et la "contestation" nés du bouillonnement politique d'avant l'indépendance. Elle se déroule dans les années 1950 et 1960. Le parti de Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA, défie l'ordre colonial, de Treichville à Dimbokro. Prenant acte de la force de la répression, Houphouët décide de "composer". Il s'implique dans la grande opération de nettoyage politique qui vise les "extrémistes" de son propre camp, qui sont éliminés politiquement ou éliminés tout court. Pour empêcher toute compétition politique - et protéger le nouveau pacte franco-ivoirien -, il installe, comme ailleurs en Afrique, un système à parti unique. Comme Angoulvant, il mate les groupes ethniques rebelles, puis a l'intelligence de créer un système rassurant pour tous. Cette "pacification" terminée, l'exploitation économique néocoloniale peut commencer.

Depuis vingt ans, ce système néocolonial là, celui qui a vu naître le "miracle ivoirien", s'est épuisé. Avant d'entrer profondément en crise avec le coup d'État de décembre 1999, l'accession au pouvoir de l'opposant historique Laurent Gbagbo en octobre 2000, puis la rébellion de septembre 2002 qui a remis au goût du jour, dans le sud du pays, un discours critique, voire de rupture, vis-à-vis de l'ancienne métropole, dont les arbitrages et l'autorité ont été vivement contestés. Après neuf ans d'affrontements tantôt larvés tantôt musclés, après plusieurs épisodes de guerre par procuration (à travers les rebelles des Forces nouvelles) ou ouverte (dont la campagne de bombardements aériens des symboles civils et militaires de l'État ivoirien a été la phase la plus spectaculaire), la France officielle a réussi à "avoir la peau" de l'ennemi Laurent Gbagbo, incarnation du nationalisme ivoirien.

L'armée nationale décapitée, la Licorne est désormais en première ligne, avec un Alassane Ouattara dont le rôle rappelle celui d'Ahmadou Ahidjo aux premières années de l'indépendance camerounaise. Les  soldats dépenaillés des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ne peuvent être, au fond, que des supplétifs, et leur attirail ridicule met plus que jamais en valeur la supériorité technique et "civilisationnelle" des troupes françaises. La troisième "pacification" de la Côte d'Ivoire est en marche. Elle se caractérise déjà par le "meurtre symbolique" du chef de la Résistance ivoirienne, de son épouse et de ses proches - l'on se souvient irrésistiblement des cas Béhanzin, Samory et Lumumba. La "punition collective" des ethnies et catégories sociales à problèmes, visant à installer un climat de terreur, est engagée. La chape de plomb, nécessaire à toute opération de nettoyage politique, pèse sur le pays. Par devoir "patriotique", les médias occidentaux ferment les yeux sur les massacres et les exactions de leurs alliés. Cela suffira-t-il pour enterrer à jamais la part indocile de l'âme ivoirienne ?

Rien n'est moins sûr, et les mois qui viendront serviront de test pour les apprentis sorciers de la recolonisation de l'Afrique. La France a misé sur un cheval qui n'a pas que des atouts. La principale faiblesse d'Alassane Ouattara est sa drôle d'armée, tout aussi incompétente que la légion improvisée qui sert de prétexte à l'intervention de l'OTAN en Libye. Spécialisés depuis 2002 dans les pillages et la répression des plus faibles, les rebelles ivoiriens ont conquis Abidjan et se paient sur le dos de la bête. Ce qui oblige et obligera l'ex et néo colonisateur à organiser des patrouilles mixtes en coordination avec des caporaux hâtivement transformés en officiers, et passibles de poursuites pour crimes contre l'humanité. Déjà, des photos de chars français portant fièrement le drapeau bleu blanc rouge et patrouillant dans les rues d'Abidjan sont diffusées...

De plus, malgré tous les artifices, le camp Ouattara n'a ni une base politique suffisante, ni les moyens d'imposer à moyen terme une terreur qui réduirait à la clandestinité toute opposition. En prenant le parti d'installer dans les commissariats et les rues d'Abidjan une milice très clairement ethnique (les FRCI), qui, en raison de ses pillages, est devenue la principale ennemie de la classe moyenne ivoirienne, Ouattara creuse le fossé qui le séparait de la population de la capitale économique, des non-Nordistes et des non-musulmans. On peut, par ailleurs, s'interroger sur les moyens que la France mettra à la disposition de son "gouverneur à la peau noire" en Côte d'Ivoire. La crise du crédit qui enserre l'Occident n'est pas un bon signe. En 2011, le FMI ne peut pas tout. L'inévitable tournure dictatoriale du régime Ouattara et les massacres de masse de ses hordes font déjà de lui un partenaire encombrant. Il n'est pas sûr qu'en 2011, Paris puisse toujours changer le cours de l'Histoire en Afrique avec quelques commandos d'élite et une poignée de conseillers techniques. Malgré les apparences d'une victoire totale, une partie politique et diplomatique serrée est engagée en Côte d'Ivoire.


 

In RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: Le blog de Théophile Kouamouo