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samedi, 24 août 2013

LA RESERVE FEDERALE DES ETATS-UNIS EMPECHE L'ALLEMAGNE DE RAPATRIER SON OR

 

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Washington empêche Berlin de récupérer son or



MICHEL COLLON : Nous avons parfois l'impression que les grandes puissances sont trop fortes et que les résistances ne pourront l'emporter. Un sentiment qui nous est aussi insufflé par les médias. En réalité, dans une économie capitaliste en crise profonde, les contradictions s'intensifient entre ces grandes puissances qui prétendent décider à notre place. Et profiter de ces contradictions offrira aussi plus d'espace aux résistances des peuples du Sud. L'article d'aujourd'hui éclaire une de ces contradictions : entre alliés, la confiance fout le camp !

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Les Etats-Unis refusent de rendre l’or que l’Allemagne a mis à l’abri dans la Réserve Fédérale des USA et a, par ailleurs, empêché les représentants allemands de visiter le coffre de la Banque Centrale de ce pays pour vérifier l’état des tonnes d’or entreposées.

 

La méfiance par rapport au dollar pourrait s’intensifier après que la Bundesbank allemande ait demandé le rapatriement de son or entreposé dans la Réserve Fédérale des États-Unis, mais que Washington ait refusé de le faire avant 2020.

L’agence d’information russe, RT, a publié que les représentants allemands se sont vus refuser le permis de visiter le coffre de la Banque Centrale des États-Unis.

« L’Allemagne, qui y a entreposé près de la moitié de ses réserves en or, a de bonnes raisons de s’inquiéter. En général, les institutions financières des USA sont connues pour vendre ce qui n’existe pas réellement », écrit RT sur la publication de son portail Web.

Ils citent l’exemple de 2012, lorsque la banque Goldman Sachs vendait des certificats d’or en assurant qu’ils étaient garantis par l’or authentique de ses coffres. Cependant, comme cela s’est su par après, il n’y avait pas d’or dans ces coffres, et la banque travaillait sur base d’un système de réserve fractionnaire, en supposant que peu de dépositaires exigeraient de récupérer leur or.

Le fondateur et président de l’Association Allemande de Métaux Précieux, Peter Boehringer, considère que ce refus des États-Unis est un mauvais signe.

« Nous avons exercé beaucoup de pression sur la Bundesbank, nous lui avons envoyé énormément de questions, ainsi que d’autres entités. Nous voulons savoir pourquoi elle n’agit pas en tant qu’audit approprié, pourquoi ils ne font pas pression sur la banque centrale de son partenaire, tout particulièrement sur la Réserve Fédérale, pour qu’elle soit un audit adéquat. Pourquoi n’est-il pas possible de rapatrier cet or ? Il y a donc énormément de questions sans réponses », dit-il.

« Les USA et la Réserve Fédérale financent actuellement entre 60 et 80% de la dette fédérale récemment publiée, les bons du Trésor. Et son achat libre est une mauvaise nouvelle pour la dette des USA. Cela met en évidence que quelque chose va mal pour la qualité du dollar des États-Unis comme monnaie de réserve. La Chine et l’Inde vont probablement consommer 2.300 tonnes d’or conjointement cette année, ce qui équivaut presque à 100% de la production mondiale », explique-t-il.

La Réserve Fédérale des États-Unis est une des organisations les plus secrètes au monde. Depuis bien des années, elle entrepose de grandes quantités d’or de différents pays. Si auparavant elle était considérée comme l’endroit le plus sûr pour les réserves de beaucoup de pays, maintenant la situation a changé, puisque l’or qui y est entreposé s’épuise du fait de sa vente, son cautionnement ou son utilisation comme garantie financière.

En janvier de cette année, la Bundesbank allemande a informé de sa décision de rapatrier 674 tonnes des réserves officielles d’or déposées à l’étranger d’ici 2020.

Jusqu’au 31 décembre 2012, la banque allemande conservait 31% de son or sur le sol allemand. Avec cette mesure, ils estiment que cette quantité s’élève à 50% avant le 31 décembre 2020.

« Les réserves d’or d’une banque centrale créent de la confiance », indique l’entité financière dans un communiqué qui assure que cette mesure augmentera la confiance en sa propre économie.

L’Allemagne possède la seconde plus grande réserve d’or au monde ; 3.396 tonnes. Au cours des prochaines huit années, 674 tonnes vont être rapatriées depuis New-York et Paris, avec pour objectif que 50% de cet or soit entreposé sur le sol allemand. 13% des réserves d’or allemandes sont entreposée à Londres et y resteront entreposées. Les réserves d’or déposées à New-York devraient passer de 45% à 37%. Les 374 tonnes actuellement entreposées à la Banque de France à Paris retourneront sur le sol allemand.

 

In Telesur

Traduit par San Felice pour Investig'Action

 

Source: MICHEL COLLON.INFO

SYRIE: LE MASSACRE CHIMIQUE D’AL GHOUTA - LA RUSSIE FOURNIT LES PREUVES SATELLITES AUX NATIONS UNIES SUR LES AUTEURS DU MASSACRE

 

 

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La Syrie sous gaz sarin


INHFR - La Russie qui fournit aux Nations Unies les images satellites, irréfutables, des 2 missiles chargés de produits chimiques qui se sont abattus sur Al Ghouta faisant des centaines de morts, dont la plupart des enfants, ont été lancés depuis la région de Douma en Syrie, sous contrôle des rebelles! Information relayée par d’autres médias.

Russie - Le Ministre des Affaires Étrangères Russe : «Nous détenons plus de nouvelles preuves que cet acte criminel était d’une nature provocatrice», a-t-il souligné. "Et en particulier, des rapports ont circulé sur Internet,  que les matériaux de l’incident et l’objet des accusations contre les troupes gouvernementales, avaient été publiés pendant plusieurs heures à l’avance de l’attaque en question . Ainsi, il s’agissait bien d’une action planifiée à l’avance ". Suite de l’article sur RT

Que dit la Presse occidentale ? Blackout totale ! La France, mise en difficulté fait allusion, et pour la première fois depuis le début de cette insurrection, Le Figaro, très connu pour le soutien qu’il apporte à Fabius et aux rebelles, se pose pour la première fois des questions jamais vues auparavant, même si le titre est 100% sioniste, le texte en dit long:

"Quel intérêt aurait eu Bachar el-Assad à lancer une attaque non conventionnelle au moment précis où il venait d’autoriser des inspecteurs de l’ONU ?" – Le Figaro 22/08/2013 CQFD !

Source Journal Al Khabar le martyre de centaines de Syriens, à Al-Ghouta près de Damas, dont la plupart étaient des enfants, a soulevé l’opinion publique mondiale, ce mercredi dernier (21/08/2013), et notamment avec la propagation des images d’enfants et de civils martyrs, qui ont péri dans ce massacre. Les médias de l’opposition Syrienne ont accouru accusant le régime d’avoir commis ce massacre, dans une pression sur le Conseil de sécurité, qui s’est rapidement réuni, avant que la surprise survienne.

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Le Conseil de sécurité réuni vient de rendre son rapport avec la mention «fragile», et la déclaration claire  «Nous voulons découvrir la vérité sur l’accusation du régime syrien qu’il aurait utilisé les armes chimiques sur la campagne de Damas, et nous accueillons la décision de l’Organisation des Nations Unies pour enquêter sur cette affaire", une déclaration qui vient s’ajouter à celle de la délégation Italienne qui rapporte  «la délégation syrienne a présenté une vision qui mérite que l’on s’attarde dessus ! ». Et pour la première fois de son genre,  la déclaration également de la délégation française, connue pourtant pour être la plus radicale et enclin en faveur de l’opposition.

La délégation française avait fournit tout ce qu’elle possédait en informations sur le massacre qui a coûté la vie, selon les dernières statistiques neutres, à environ 800 syriens, dont la plupart étaient des enfants. Mais c’est la première fois que la délégation attribue ces informations à la coalition de l’opposition et à son Président "Awinnen Jarba," dans une tentative française de se soustraire à ces renseignements et d’en porter la responsabilité à " Awinnen Jarba".

A quoi est du ce revirement ?

Une source diplomatique syrienne de haut niveau, a révélé à la Tlévision d’Al Khabar, que la délégation Russe a rendu la version sur les faits qui se sont produits, en fournissant des documents irréfutables, extraits des images satellites qui viennent appuyer de ce fait la version officielle syrienne. Qu’effectivement des militants armés ont bien bien lancé les deux rockettes remplies de produits chimiques, depuis la zone rurale de Douma, toujours sous contrôle des rebelles, ce qui a laissé toute l’assemblée (du Conseil de Sécurité) sans voix et les a obligés à revoir leurs positions.

La source, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré à la Télévision d’AlKhabar, que la version officielle syrienne sur le massacre (présentée au Conseil de Sécurité), a confirmé que les militants ont effectivement tiré deux roquettes chargés de produits chimiques depuis la zone rurale de Damas, encore sous contrôle des Rebelles, et cela en fournissant les images des satellites russes, qui confirment les faits.

Le diplomate a souligné, à cet égard, que la position russe était, ce jour-là, exceptionnellement la seule position la plus radicale de toutes, que se soit celle des pays européens ou des Etats Unis, à exiger de faire procéder à une enquête sur ce massacre. Il a ensuite  expliqué par ces mots que «La position de la Russie est basée sur des images satellites illustrant de manière incontestable que les militants sont effectivement ceux qui ont utilisé le chimique."

Sur la raison pourquoi les militants de l’opposition ont commis ce massacre, la source diplomatique a précisé qu’«une faction des militants, ont tiré ces roquettes pour exploiter la présence de la Commission d’enquête et accroître les documents (en leur faveur), et cela en collaboration avec l’un des pays arabes, mais sans avoir cette fois-ci, préalablement informé les pays occidentaux sur une telle étape à franchir."

La source a également rapporté la précision donnée dans la version de la délégation syrienne, que les États membres n’ont pas demandé les images aux satellites américains, comme à leur habitude dans les cas précédents, se contentant des images russes, qui se sont révélées identiques aux images des Etats Unis, établissant ainsi une preuve définitivement irréfutable" .

Le diplomate a ajouté que ce massacre aura désormais des effets politiques majeures sur la position des pays qui soutiennent l’insurrection, à commencer par la France, qui devra réévaluer sa position, d’autant plus que ce crime a été commis sans que ses renseignements généraux en aient été préalablement informés, ce qui la place aujourd’hui dans une position critique".

Le diplomate a ajouté que la faction armée, des rebelles qui ont lancé ces deux roquettes, est une faction radicale qui œuvre sous les ordres d’un État arabe du Golfe, sans indiquer son nom, sachant que l’Arabie saoudite est le plus grand partisan des militants de l’opposition et des factions militantes en particulier.

Ce massacre a touché plusieurs villages d’Al-Ghouta Est, et a causé, sur estimation des recensement des organismes neutres, le martyre d’environ 800 syriens, dont la plupart des enfants, et plusieurs milliers de blessés.

Source Journal Al Khabar

- voir video de la TV Russe en duplex avec les Etats Unis, sur l’ancienne attaque chimique de khan Al Assal, en bas de page
- Toujours sur l’ancienne attaque chimique à khan Al Assal. Conférence de Presse à New York New-York / Le délégué permanant de la Russie auprès de l’ONU, Vitali Tchourkin, a affirmé que son pays déploie des efforts avec le Conseil de sécurité pour faciliter l’entrée des experts onusiens en Syrie et enquêter sur l’usage par "l’opposition syrienne" des armes chimiques à Khan al-Assel dans la banlieue d’Alep. 11 juillet 2013

INHFR  Un autre mensonge est la publication sur youtube, la veille de l’attaque chimique qui a couté la vie à des centaines d’innocents syriens, d’une video d’un enfant entre la vie et la mort, avec un titre sur le massacre qui allait se produire le lendemain !

La video a été publiée par le site des rebelles, et titrée du massacre de l’attaque chimique sur AL Ghouta le 21/08/2013, le lien video sur Youtube atteste encore de sa publication réelle, en date du 20/08/2013, soit la veille !

Al Ghouta a réellement été attaquée, et des centaines de syriens ont succombé à une mort chimique,

Comment un enfant montré sur cette video peut-il mourir le lendemain ? Et comment les rebelles peuvent-ils savoir la veille qu’une attaque chimique allait se produire le lendemain sur Al Ghouta, pour titrer à l’avance leur video de la date du massacre, c’est à dire du 21/08/2013, alors que Youtube atteste automatiquement de la date réelle de la publication, qui est clairement indiquée au 20/08/2013 ?

La video en question a donc été publiée sur youtube, la veille de ce massacre, elle ne peut pas correspondre à un évènement du lendemain, ce qui indique qu’une ancienne video a été attribuée au massacre du lendemain, dans un loupé de timing entre youtube et le site qui publie cette video  ! Une véritable fabrication de l’information avant qu’elle ne se produise ! C’est la seule explication à ce loupé qui a manifestement échappé à la vigilance du site de l’opposition qui a publié cette video !

Titre de la video : Ghouta Est le 21/08 – Dernier soupir d’un enfant sans que personne puisse le sauver.

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Lien de la Video sur Youtube.

INHFR – L’Islam se désavoue de ces khawaridjes Takfiristes, de leur Takfir, et de la terreur qu’ils sèment sur Terre. Le Prophète nous a prévenu de ce qu’ils allaient commettre en meurtres et en Takfir, et nous a prévenus des procédés qu’ils utilisent en se servant de l’Islam,  selon leurs passions et leurs idéologies pour arriver à leur fin!

Et ce n’est pas la peine de chercher à dire que nous sommes pour la politique d’untel ou d’untel, notre modèle de politique est la khilafa à venir du Mahdi, et non celle des Khawaridjes ni d’aucune politique moderne. Mais il est hors de question que nous restions silencieux face aux massacres des innocents qui paient de leurs vies, pour ces mensonges de Khawaridjes Takfiristes qui n’ont fait que cumuler les preuves des mensonges depuis le début de cette sortie kharidjite. Une cupidité pour le pouvoir, et prêts à  tous les sacrifices pour y arriver, jusqu’à se servir de Fatwas et de mensonges sur le Coran qui n’ont aucune base Coraniques. Le Coran est innocent des Fatwas et des actes barbares des khawaridjes, et nous nous en désavouons totalement ! 

Nous condamnons tous les pays complices de ce complot mondiale à l’encontre de la Syrie, arabes et occidentaux ! L’Union Européenne, aux côtés du gouvernement américain et Israélien, ont tout fait pour légaliser l’envoie des armes à ces rebelles terroristes, qui viennent des quatre coins du globe envahir la Syrie et massacrer son peuple, sunnites, shiaas et chrétiens. Un peuple dont la majorité s’oppose à cette révolution !

Aussi, nous appelons à tous les esprits justes et qui refusent de cautionner le mensonge, ce complot et cet acharnement à l’encontre du peuple syrien, musulmans ou chrétiens ou autres, de dénoncer tous d’une même voix haute, ce complot et ce génocide humain qui a lieu en Syrie en toute impunité, depuis plus de deux ans maintenant !

Nous publions une video d’un laboratoire chimique des djihadistes rebelles de la Syrie, qui ne cache pas avoir recours au chimique, et cela  depuis les débuts de cette sédition, qu’ils ont provoquée en Syrie. Ce recours au chimique montre l’horrible mort que ces victimes syriennes ont du en souffrir avant de mourir, lors de cette attaque chimique sur les populations rurales d’Al Ghouta, en Syrie. Plus d’articles seront joints également.

Laboratoire chimique des Djihadistes Rebelles de Syrie.


Article Les Djihadistes de Syrie arrêtés en Turquie avec 2 kg de gaz sarin.

L’ancienne attaque chimique sur Khan Al Aassal en Syrie déjà reconnue avoir été perpétrée par les rebelles.

Plus d’articles et de publications sur notre page Facebook.

 

Source: IMRAN HOSEIN.FR

jeudi, 22 août 2013

«L'OCCIDENT JOUE AVEC LE FEU EN SYRIE»

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Photo: Veronica Canino

Raimundo Kabchi est avocat et un bon connaisseur des questions internationales. Libanais de par sa naissance, depuis 52 ans sa patrie est le Venezuela, comme il le fait remarquer. Durant de nombreuses années, Kabchi a exercé en tant que conseiller du président Hugo Chavez pour les sujets liés au Proche Orient, ce qui fait de lui une référence pour se renseigner sur cette région du monde qui demeure agitée depuis assez longtemps.


Au cours de cette conversation avec Resumen Latinoamericano, Kabchi met en évidence la complexité des problèmes liés au Proche Orient. Mais il a le mérite d’analyser le monde arabe suivant une approche de gauche et anti-impérialiste, et en même temps d’expliquer ce qui se passe de façon simple et toujours en pointant du doigt le pays qui génère les conflits dans cette partie du monde : les Etats-Unis.

La crise interne qui dure depuis plus de deux ans en Syrie sera l’une des questions principales durant cette interview. Kabchi parlera aussi de la situation au Liban, pays dans lequel il existe un réel danger de contagion du conflit syrien, provoqué notamment par des groupes terroristes financés par Washington et ses alliés afin de renverser le gouvernement du président Bachar Al Assad. L’attitude de l’organisation politico-militaire Hezbollah, la réalité de l’Egypte, et les différences entre la Lybie et la Syrie seront aussi présentes dans ce dialogue éclairant.

 Quelle analyse peut-on faire sur la situation en Syrie, après plus de deux années d’agressions contre ce pays ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale. Premièrement : face aux plans impérial-sionistes et de la droite arabe, la Syrie fait partie d’un système que nous, au Moyen Orient, appelons un système de résistance. C'est-à-dire, elle résiste aux plans impérialistes, sionistes et de la droite arabe dans la région. Comment détruire ce pays pour ensuite s’occuper d’un autre maillon de la chaîne, formée par l’Iran, l’Irak après le départ des américains, le Liban, la Palestine, etc.

Deuxièmement, il y a un objectif constant pour l’Occident au Moyen Orient : l’existence, la sécurité et l’expansion de l’Etat d’Israël. La Syrie, comme l’Iran, s’avère être un obstacle pour atteindre ce but.

Troisièmement, il y a l’exploitation des richesses nationales dans le monde arabe, et la Syrie est également un obstacle sur le chemin. Le pétrole, le gaz, les pétrodollars qui sont recyclés pour les sociétés occidentales, accablées par une crise économique structurelle et internationale. La Syrie représente aussi un chaînon manquant dans la chaîne que les Etats-Unis et l’Otan veulent construire face à la Russie et la Chine. Si l’on jette un coup d’œil à la carte du monde, on trouvera une chaîne de bases militaires qui s’étendent depuis la mer de Barent jusqu’à la Turquie, et ensuite elle atteint le Golfe Persique. Si l’on regarde vers l’Orient, on voit les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan, Guam, et même le Japon. L’ensemble de la chaîne se trouve brisée, en quelque sorte, par la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Irak. En détruisant la Syrie, on crée pratiquement un système complet de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ce n’est pas la peine d’expliquer pourquoi les Etats-Unis veulent encercler la Russie et la Chine, des pays considérés émergents dans le monde. Emergents dans un moment où l’impérialisme occidental, néolibéral et capitaliste se trouve en déclin. Ce sont quelques-unes des raisons fondamentales expliquant comment cette Syrie courageuse, avec l’unité de ses dirigeants, de l’armée et du peuple, a réussi à tenir tête à une conjuration internationale de presque trente pays du monde, et à un terrorisme international que l’Occident dit combattre, mais qu’en réalité il encourage, arme, en lui offrant une couverture et une légitimité en Syrie.

Comment peut-on expliquer cette unité du gouvernement, du peuple et de l’armée en Syrie ?

J’accuse l’opposition vénézuélienne d’être toujours prête à extrapoler des circonstances d’autres pays, d’autres situations spécifiques et d’autres réalités, au Venezuela et de les encourager, bien que les conditions ne soient pas les mêmes. C’est l’une des erreurs de l’Occident par rapport à la Syrie. Ils ont pensé que la Syrie et la Libye représentaient la même chose, et que la Russie et la Chine auraient une attitude faible, comme cela fut le cas en Libye. Or, Mouammar Al Kadhafi n’est pas Bachar Al Assad, la Libye n’est pas la Syrie, et la situation internationale de la Syrie est différente aussi. Kadhafi fut la victime de ses propres erreurs, provoquées par ses fils. Les dernières années de sa vie, Kadhafi suivit une orientation politique conduite par ses fils, notamment par Saif Al Islam. Il ouvrit les portes à l’Occident, augmenta ses échanges avec les Etats -Unis de 300 millions de dollars à presque 7 milliards de dollars, il ouvrit ses portes aux pays de l’Otan en Europe. Pas seulement en fournissant du pétrole mais également en offrant de l’argent aux candidats présidentiels et premiers ministres européens, ce que tout le monde sait aujourd’hui.

Si cela ne suffisait pas, le pétrole que Kadhafi avait nationalisé dans les années soixante, fut mis à nouveau à la disposition des grands consortiums internationaux. Il y eut une double rupture en ce qui concerne la réalité dans ce pays. D’abord, il y eut une rupture entre le Kadhafi du vingt-et-unième siècle et celui du vingtième. Ensuite, une rupture par rapport à son parcours politique : le Kadhafi nationaliste, progressiste et rassembleur fit place à un pragmatisme en politique internationale. Et l’impérialisme ne pardonne pas, n’a pas d’amis, l’impérialisme a des vassaux ou des ennemis. Il utilise son vassal comme un objet jetable et il fait tout pour détruire son ennemi. En Syrie, la situation est différente, en raison de sa position historique, par le parcours du parti au gouvernement, du président, de l’armée et du peuple. Vingt-huit mois de résistance à une offensive internationale des pays les plus dangereux - ainsi que des groupes terroristes - que l’histoire et le genre humain aient jamais connus, c’est la meilleure preuve qu’en Syrie il y a quelque chose de différent que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Comment expliquer la position des Etats-Unis et de leurs alliés européens face à ce qui se déroule au Moyen Orient ?

Comment comprendre le fait que l’Occident partage quelque chose avec des pays qui n’ont jamais eu de Constitution fixant leurs réalités, qui n’ont pas de partis politiques d’opposition et non plus au gouvernement, n’ont pas de syndicats, où les droits de l’homme ne sont pas respectés ? Ce sont ces pays qui sont les alliés de l’Occident, du même Occident qui dit vouloir apporter la démocratie au Moyen Orient. Comment comprendre cela et comment l’expliquer ?

Parlez-vous des monarchies du Golfe Persique ?

Je parle d’une série de monarchies ou dictatures imposées par les Etats-Unis et l’Otan au Moyen Orient durant les dernières cinquante années. Comment considérer Israël comme un modèle et un exemple de démocratie et de civilisation tandis que c’est un pays complètement agresseur, belliqueux, raciste, exclusiviste et excluant ? Pourtant, le Palestinien qui essaie de retourner dans sa patrie et qui voudrait avoir droit à la même résolution des Nations Unies qui accorda un permis de vivre à Israël, et qui aurait dû être accordé aussi aux Palestiniens, est persécuté, traité en tant que terroriste et assassiné par Israël. Et l’Occident soutient cela.

C’est difficile à admettre, mais ces valeurs et ces principes sont complètement disparus, pas seulement dans les territoires du Moyen Orient, mais aussi dans les médias internationaux. Comment est-il possible que des gouvernements occidentaux, comme celui d’Obama, de Sarkozy à l’époque, de Cameron, de Merkel, puissent dire à un pays que son chef d’Etat, élu par le peuple, est illégitime et qu’il doit partir ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale où l’on fait appel à tout, sauf à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, parce que, au cours des derniers vingt-huit mois qui se sont écoulés depuis le début de l’agression à la Syrie, l’on ne trouve pas un pays au Moyen Orient qui ait avancé autant de réformes constitutionnelles, autant de transformations en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques, comme le gouvernement syrien. Qui a eu accès à ces informations ? Qui a dit au gouvernement syrien : « C’est bien fait, c’est un geste fort pour une meilleure démocratie », celle qu’ils prétendent apporter ? Personne.

Les combats en Syrie peuvent-ils se déplacer au Liban ?

Depuis les premiers jours de l’agression internationale en Syrie tout le monde a prévenu l’Occident : jouer avec le feu en Syrie pourrait enflammer les pays voisins, surtout la Turquie, qui s’est embourbée dans le terrain marécageux de l’agression contre la Syrie. On nous avait prévenus : ce qu’ils essaient de mettre en place en Syrie, c’est le gouvernement des Frères Musulmans, ces islamistes récalcitrants qui ne connaissent de l’Islam que le nom, pour s’en servir dans leurs tentatives de prendre le pouvoir.

Est-ce le fruit du hasard ? Ceux qui avaient dit que le président Assad allait durer deux ou trois semaines et qu’il partirait, sont partis les premiers ? Comme Madame Clinton ? Ou comme Monsieur Sarkozy, rejeté par le peuple français ? L’Europe et la Turquie, et le problème qui existe dans ce pays, qui menace d’augmenter en proportion, dû à son importance par la proximité des centres de décision européens, peuvent également être atteints par les flammes de la guerre et de la confrontation. L’un des objectifs de la conjuration en Syrie c’est d’affaiblir l’organisation nationaliste de résistance au Liban, le Hezbollah. Une organisation qui ne commit jamais un seul acte terroriste, qui a seulement résisté à un Israël agresseur.

Pourtant, ces grands civilisateurs et démocrates de l’Occident considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste. Quelle est sa faute ? Repousser l’agression israélienne. L’agresseur devient un civilisateur démocrate et l’agressé passe pour le méchant terroriste. Voici le regard de l’Occident sur les peuples du Moyen Orient. La vérité c’est que les gouvernements qu’ils avaient imposés au Moyen Orient, comme en Egypte, sont tombés en moins d’un an. En Libye, il y a une angoisse totale, les pays du Golfe ont leurs propres problèmes, des changements structurels.

Pensez-vous que le Hezbollah aura un rôle décisif pour contenir l’arrivée des terroristes au Liban ?

Les problèmes au Moyen Orient sont très complexes et il faut être très familiarisé avec les sujets. Je suis Libanais chrétien et en même temps je suis du côté du Hezbollah, non pas parce qu’ils l’accusent de terrorisme, mais pour sa lutte de libération au Liban. Après avoir libéré notre territoire, nous les Libanais pouvons continuer à vivre comme nous vivons depuis des milliers d’années.

Mais il y a un danger imminent pour le Liban, venant de ceux qui disent qu’ils veulent l’apaisement et le calme au Moyen Orient. Mon pays d’origine était un exemple de démocratie au Moyen Orient et ils y apportèrent le chaos. Comment est-il possible qu’un terroriste aux Etats Unis soit un terroriste, de même que dans le Sud de la France c’est un terroriste, et au Nord du Mali c’est un terroriste, et qu’il faille le combattre en tant que tel ? Mais, dès que ces terroristes se trouvent au Liban et qu’ils sont en train de menacer, pas le Hezbollah, mais notre pays, la Syrie et d’autres nations…pourquoi les aide-t-on ?

Au nom de quels principes moraux, de quels droits, de quel humanisme les aider ? Alors, l’impérialisme nous traite comme il l’a toujours fait, pas seulement en tant que ses vassaux, mais comme des eunuques intellectuels. Alors, par l’intermédiaire de sa presse et de ses cinquièmes colonnes dans nos sociétés, l’on nous vend le noir et le blanc, ou le blanc et le noir. Au Liban, il y a un danger imminent de la part des terroristes, ces mêmes terroristes qui agissent aujourd’hui en Egypte, en Syrie, en Irak. Ils vont tenter de détruire le Liban, la Turquie, la Jordanie, ou encore beaucoup d’autres pays si l’Occident ne change pas sa stratégie et son agenda au Moyen Orient. Ces terroristes ne travaillent pas seuls. Depuis l’Afghanistan, à l’époque de l’Union soviétique, jusqu’à aujourd’hui, ces terroristes sont protégés, aidés, armés, financés et assistés médiatiquement, avec pour but de massacrer et de faire tomber des gouvernements qui ne sont pas fidèles aux intérêts de l’Occident, que ce soit au Moyen Orient, en Amérique latine, ou dans le monde entier.

Les Etats Unis et leurs alliés ont-ils une notion du danger réel de cette situation ? 

L’Occident, qui est dans l’erreur dans sa politique au Moyen Orient, se rend compte qu’il est en train de jouer avec le feu dans une région qui regorge de pétrole inflammable et du pétrole qui est la garantie pour résoudre les problèmes économiques de l’Occident. Aujourd’hui, plus personne ne parle du départ de Bachar Al Assad, plus personne ne parle d’une victoire de ces terroristes internationaux protégés par l’Occident. Que disent-ils, Obama et Kerry, Cameron et les autres ? Qu’est-ce ce qu’ils demandent à présent pour la Syrie ? Continuer à armer et envoyer de l’aide aux terroristes afin d’obtenir un équilibre sur le terrain, pour que ces représentants du terrorisme international aient une carte afin de peser sur la table de négociations… Revenir à ce qu’a proposé le gouvernement syrien au début du conflit. L’on ne peut faire face au problème syrien avec des armes, de la destruction et du sang. La Syrie doit trouver une solution, d’abord entre les Syriens, et ensuite, à caractère politique et pacifique.

Comment pourrait-on expliquer les facteurs qui interviennent aujourd’hui en Egypte ?

Aujourd’hui en Egypte, on ne retrouve pas ces facteurs. Si l’on veut une analyse sincère, profonde et objective, on doit dire qu’en Egypte il existe deux courants, comme on les retrouve dans n’importe quel pays du Proche Orient. Il existe un courant qui souhaite servir les intérêts de l’Occident, des gens qui sont présentés comme libérateurs et démocrates, ce qui est loin d’être vrai.

Et puis, il y a les forces nationalistes qui prônent la souveraineté, l’indépendance, la liberté, la revendication des richesses nationales au profit du peuple. Combien de fois a-t-on appris que ce gouvernement acquis à l’Occident, celui de Moubarak, qui dura trente années, avait laissé le pays avec plus de 50% de la population en dessous du seuil de la pauvreté ? Qui permit aux Frères Musulmans de prendre le pouvoir ? Cette organisation fut créée en Egypte en 1928. Après quatre-vingt-cinq ans d’une très mauvaise opposition partout dans le monde arabe, ils arrivent au pouvoir. Ce qu’ils avaient réussi à faire échouer durant quatre-vingt-cinq ans d’opposition, ils l’ont mis en place en douze mois : ils ont augmenté la pauvreté, l’analphabétisme, l’économie est tombée, ils se sont occupés d’éliminer l’un des revenus les plus importants de l’Egypte qui est le tourisme…Quand on lit les déclarations de Kerry, on se pose des questions. Kerry a dit que l’armée a dû intervenir afin de redresser la démocratie en Egypte.

Ils auraient pu empêcher leur laquais, Monsieur Morsi, de mettre en œuvre une politique complètement biaisée, avec une Constitution complètement opposée à la sensibilité de l’écrasante majorité des Egyptiens. N’oublions pas que Morsi obtint, lors du premier tour électoral cinq millions et demi de voix, sur un total de cinquante-cinq. Lors du deuxième tour, il obtint onze millions, c'est-à-dire qu’il ne représentait pas la majorité pour faire cette Constitution taillée sur mesure et au service de son parti qui est excluant, à caractère islamique, mais d’un Islam qui n’a rien à voir avec le Coran. C’est un Islam rétrograde qui ne sert qu’aux intérêts politiques d’un secteur de la population.

Kerry et son gouvernement auraient pu empêcher ces manifestations massives qui ont rempli les rues, demander à Monsieur Morsi de mettre en place un gouvernement plus large, car les autres aussi ont des droits, que ce soient les nasséristes, les socialistes, les unionistes, des autres partis. En Egypte,l ? il existe deux façons de voir la politique interne et internationale. Une façon de voir la politique comme une soumission aux intérêts de l’Occident et un autre point de vue, celui de la plupart de la population, qui veut une Egypte souveraine, indépendante, qui puisse mettre au profit ses richesses nationales et surtout, revenir à son rôle historique de leadership au Moyen Orient, et d’équilibre dans une région pleine de contradictions et de conflits locaux.


Leandro ALBANI, Raimundo KABCHI, 19 août 2013.


Traduction: Collectif Investig’Action

In Contrainjerencia


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 21 août 2013

QUE SAIT VRAIMENT LA NSA ET POURQUOI A-T-ELLE PEUR DE VOUS?

 

PARLEMENTAIRE BRESILIEN. MASQUE SNOWDEN.jpg

Un parlementaire brésilien affiche un masque en solidarité avec Edward Snowden

 

«La NSA ne surveille "que" 1,6 % du trafic Internet», vient-elle de déclarer. Pas si grave alors? Rassurés? Attention…


En fait, le Net transporte 1.826 petabytes par jour. Mais 62 % du trafic, ce sont les médias et le divertissement. Et si on déduit aussi le téléchargement (légal ou non) alors le Web, c’est seulement 11,9 %. Or, au moins deux-tiers des mails sont des spams. Bref, selon les stats des USA, la NSA s’intéresse à 2,9 % du trafic. Donc, elle espionne pratiquement tout.

Et nous prend pour des idiots. Si Google affirme indexer 0,0004 % des données sur le Net, la NSA représente donc… 400 Google. Et 126 facebook.

La question, c’est: pourquoi on nous espionne aussi largement? Et la réponse a été fournie par Snowden lui-même dans sa déclaration du 1er juillet (que les médias ont passée sous silence, se concentrant sur le suspense de la chasse à l’homme):

«Sans aucune décision judiciaire, l’administration cherche maintenant à m’empêcher d’exercer un droit fondamental. Un droit qui appartient à tout le monde. Le droit de demander l’asile. En fait, l’administration Obama n’a pas peur des lanceurs d’alerte tels que moi, Bradley Manning ou Thomas Drake. Nous sommes apatrides, emprisonnés, ou impuissants. Non, l’administration Obama a peur de vous. Elle a peur d’un public informé et en colère qui demande le gouvernement constitutionnel qui lui a été promis – et elle devrait l’être. Je suis invaincu dans mes convictions et impressionné par les efforts déployés par tant de personnes.»

Obama et ceux qui le commandent ont peur de vous. Peur qu’en étant informés, vous disiez non aux injustices, aux pillages et aux guerres. Vous avez beaucoup plus de pouvoir que vous ne pensez.

 

Michel Collon, 15 août 2013.

 

Source: INVESTIG'ACTION

COTE D'IVOIRE: DE L’INEVITABLE REFERENDUM POUR LA NATIONALITE ET LE FONCIER

ALASSANE OUATTARA.jpg


Quel crédit accorder à un référendum qui serait organisé par un régime totalitaire? Pour annexer l’Autriche en 1938 (Anschluss), Hitler avait organisé un referendum après y avoir fait un coup d’état (comme en Côte d'Ivoire) pour cacher ses visées hégémoniques et tromper la communauté internationale. 

Toutefois, en préconisant la voie référendaire en Côte d'Ivoire dans les conditions actuelles, nous optons pour un moindre mal devant la précipitation législative de Ouattara et espérons ouvrir le débat sur les dispositions préalables à cette consultation: la révision des listes électorales après la réconciliation nationale, pour que seuls les ivoiriens aient la pleine maîtrise du processus référendaire. Le référendum n’est donc pas une solution infaillible. Mais quand devant nous sont organisées des élections législatives, régionales et municipales se prévalant du suffrage d’une minorité pour se légitimer, mieux que le silence, l’exigence du référendum participe de cette résistance démocratique prévue par nos textes. En démocratie, tout projet à grandes répercussions sociales est soumis au référendum.

En Côte d’Ivoire, devant la gravité des problèmes de la nationalité et du foncier, le peuple ne saurait déléguer son droit souverain de décider. La loi 98-752 du 23 Décembre 1998 adoptée à l’unanimité des députés, reconnait aux seuls citoyens Ivoiriens, sans remettre en cause les droits d’usage (exploitation,  louage) concédés aux étrangers, la capacité de prétendre à la propriété foncière. Le législateur, sachant que plus de 80% de la population et des revenus nationaux sont liés à l’agriculture, a voulu garantir la souveraineté du pays par la maîtrise de sa terre. Le lien entre la nationalité et le foncier, établi au-delà des appartenances partisanes, exprime sa force dans l’unanimité du vote. L’absence d’une impérieuse nécessité de légiférer dans le sens contraire crée des doutes sur l’opportunité du projet actuel dont l’histoire nous fait craindre les conséquences sociologiques. La naturalisation en cours de plus d’un million d’étrangers principalement Burkinabés crée de toute pièce une nouvelle réalité sociologique qui vient bouleverser l’équilibre ethno-religieux des 60 ethnies relativement égales entre elles qui composent la Côte d'Ivoire. La préférence de naturaliser les Burkinabés, peuple appartenant à une contrée géographiquement définie et ayant en commun une histoire et une culture séparée va nécessairement créer, par solidarité culturelle et au détriment de notre jeune démocratie, une majorité ethnique importée.

Les visées hégémoniques de la Charte du Nord au détriment des peuples du Sud, comme l’attestent déjà la composition ethno-religieuse du présent parlement et l’administration Ouattara, pourront désormais avoir une base légale, exactement comme Hitler l’a eue. Pourquoi des citoyens issus d’une récente naturalisation de masse, devraient-ils avoir automatiquement plus de droits que des citoyens naturels les ayants précédés et accueillis dans cette citoyenneté? Quelle logique voudrait que des citoyens d’origine accueillent de nouveaux pour en faire leurs maîtres? Les USA, pays de l’immigration, n’intègrent que 55.000 immigrants (non citoyens et sans droit de vote) chaque année dans le cadre de leur programme de Green Card Lottery. Ce pays doté naturellement et institutionnellement des capacités d’accueil et de gestion de la forte immigration et suffisamment riche et fort pour absorber  et contenir les dérives de cette immigration choisie, mettrait près de 18 ans pour atteindre le nombre d'un million d’immigrants (non citoyens) que Ouattara atteint et naturalise en une signature. En tenant compte de l’exigence péremptoire de résidence, qui varie de deux à cinq ans selon que l’immigrant s’est marié ou non à un conjoint américain et la période moyenne d’un an d’évaluation de l’aptitude à la nationalité américaine (sans tenir compte des recalés et des morts), le million d’immigrants mettrait entre 55 et 110 ans pour être citoyen.

Ce temps mis, malgré les énormes richesses de ce pays, répond au besoin de ne pas heurter le seuil de tolérance, de faciliter l’absorption des nouveaux citoyens dans la culture américaine et de polir les aspérités des individualités culturelles pour vivre ensemble et non côte à côte. Une fois citoyens, ils n’ont pas tous les droits: Ils ne seront jamais Président des Etats-Unis, ils ne peuvent être éligible à la candidature au Sénat que 9 ans après et à celle de la Chambre des Représentants que 7 ans après. Pourquoi agir au mépris de ces précautions règlementaires nécessaires au profit d’une naturalisation de masse dans un pays pauvre? Les architectes de la constitution américaine craignaient le danger qui en découlerait: une combinaison injuste des majorités. Pire en Côte d'Ivoire, les combinaisons majoritaires craintes sont ethniques, donc insusceptibles d’alternance, parce que les humains ne changent pas d’ethnie. Pourquoi ajouter un défi ethnique supplémentaire à une jeune démocratie, encore submergée dans les sables mouvants de la désunion nationale et qui définit encore la démocratie comme le règne d’une majorité plutôt tribale qu’idéologique?

De tout temps, le problème de distribution de terres entre majorités et minorités ethniques, raciales et religieuses a toujours été à la base des malheurs publics: le génocide des Amérindiens et la redistribution des terres aux Noirs après l’abolition de l’esclavage aux Amériques, le génocide Rwandais (les Hutus et des Tutsis), le présent litige entre Mugabe et l’occident. Quand la nationalité (la race) et la religion s’en mêlent (Irlande, Cachemire, Palestine), la situation sociale sort de tout cadre prévisible. Même aux Etats-Unis, fort étonnamment, le programme national d’insertion forcée des Nègres dans l’administration publique et l’emploi (Affirmative Action) a subi des revers judiciaires aux motifs que l’avènement de B. Obama au pouvoir prouve l’égalité de fait des Blancs et Noirs.

Les préjudices nés des litiges fonciers, ethniques et religieux sont d’autant plus graves qu’ils sont inaccessibles à la réparation humaine, laissant toujours dans la mémoire du peuple une cicatrice qui constitue un rappel aux guerres futures. Dans une Côte d'Ivoire de Ouattara, où la démocratie à une définition voisine de l’injustice contre la minorité, pourquoi forger de toutes pièces une majorité issue de l’étranger pour le malheur des autochtones? Même si la marche vindicative de l’histoire nous donne de nombreux exemples de reconquêtes de leurs territoires perdus par les autochtones (après 600 ans l’Espagne chasse les Maures et Arabo-Musulmans d’Afrique du Nord, après 40 ans les Coréens arrachent Séoul au Japonais, après plus de 150 ans la Chine arrache Hong Kong aux Anglais…), cet espoir doit en Côte d'Ivoire commencer par l’exigence d’un référendum. Après le référendum, la lutte continue.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste).

mardi, 20 août 2013

LA FRANCE DOIT SE REINVENTER OU PERIR

côte d'ivoire,la france doit se réinventer ou périr,dindé fernand agbo in le quotidien ivoirien "le nouveau courrier,"le nouveau courrier" du lundi 19 août 2013

 

Des voix plus autorisées et des éminences plus techniques pourront certainement traduire en des chiffres et termes plus appropriés ce que nous allons exposer en des mots simples, sans prétention savantes.
 
La France est en récession et ne fait pratiquement plus de croissance, nous apprennent quotidiennement les médias français. Mais en vérité, c’est peu dire. La France connait une grave crise économique et sociale qui menace de l’emporter. Comment un état européen, régnant encore sur un véritable empire colonial resté intact, si on s’en tient aux profits à moindre frais qu’il continue d’en tirer sans discontinuer, peut-il ainsi partir en vrille ? Incompétence, mauvaise gestion, rythme de vie au-dessus des moyens objectifs ?, pourrait-on s’interroger.
 
Pour pallier les effets de la descente aux enfers, une seule et même méthode frappée de péremption, un seul et même moyen séculaire : la prédation, la rapacité et le carnage. Encore et toujours. Contre des nations plus faibles. Comme si le monde n’avait pas évolué depuis un siècle. D’autres peuples sont contraints de faire les frais de la gabegie et du train de vie bourgeois d’une France qui rechigne à réinventer autrement son développement.
 
La question ou le problème de la France, aujourd’hui en pleine dérive sociale, économique et financière, n’est pas de mettre toujours plus de pays ou d’ex-colonies africaines dans sa besace en y menant la guerre, des guerres prétendument « humanitaires », pour les droits de l’homme et la démocratie, ou en fomentant des coups d’Etat contre des nationalistes et des souverainistes africains, ou des chefs d’Etat insoumis à l’exécutif français ou devenus récalcitrants, pour y installer des pantins prêts à brader leur pays et ses ressources à vil prix, sous des dehors d’élections démocratiques encadrées par l’Elysée, comme cela a dernièrement été le cas au Mali. Et comme c’est le cas dans la plupart des pays africains, anciennement (?) colonies françaises : Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Guinée, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Cameroun, Bénin, Sénégal.
 
Le problème de la France, c’est qu’elle fait montre d’une absolue incapacité à se réinventer, prise en otage et dirigée qu’elle est par un groupuscule de francs-maçons complètement sclérosés et une oligarchie occulte qui ne rêve que, non pas de servir les français et de les rendre heureux, mais de mettre la France et l’Europe au service des ambitions nouvel-ordre-mondialistes des américains dont le scandale du programme de méga-surveillance et de contrôle planétaire, PRISM, dévoilé par le jeune informaticien transfuge de la NSA, Edward Snowden, n’est que la pointe de l’iceberg des projets obscurs états-uniens contre l’humanité.
 
Les exécutifs successifs de la France continuent de recourir à des recettes du moyen-âge (guerres de conquête et de reconquête, butins de guerre) pour gouverner un état moderne (dont la gestion nécessite invention, management et travail), en pleine mondialisation, devant une concurrence aussi intelligente que virulente des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils n’ont pas de réponses aux problèmes des français, bondissent au plafond pour une croissance (somme toute médiatique) de 0,1% (qui en réalité est de zéro, si ce n’est bien moins) quand tous les indicateurs sociaux et économiques virent au rouge sang, font du surplace et enrobent cette incompétence notoire dans des campagnes médiatiques (guerres « humanitaires et démocratiques ») destinées à polir l’image de chefs d’Etat en réalité franco-dépressifs pratiquants – puisque ne croyant qu’en leurs seules thèses et solutions – et aussi désespérants les uns que les autres. Singulièrement les deux derniers, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.
 
Français, ces deux pro-américains-là, authentiques fantoches si l’on peut dire, n’ont rien pour vous. Reprenez en main votre destinée aux prochaines élections, ou vous pouvez tirer un trait sur la « grandeur » de la France. Ouvrez enfin les yeux et voyez l’inéluctabilité de votre déclin, de votre déchéance, si une nouvelle « révolution » n’a pas lieu. Une vraie, cette fois. Pas une du genre de celle qui vous a enfermés dans cette prison dorée appelée REPUBLIQUE qui n’est en fait que l’émanation d’un pouvoir occulte qui vous oppresse et qui vous conduit dans le mur, en vous chantant des sérénades. Pays des droits de l’Homme ? C’est à reconsidérer. N’est-ce pas juste une illusion, une entourloupe sémantique ? Quand on a encadré un génocide au Rwanda et quand on a installé et qu’on soutient militairement et diplomatiquement des dictateurs en Afrique qui oppriment et pillent leurs peuples, encore et toujours, quand on sème mort et désolation en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, sous des prétextes fallacieux et franchement indignes, avec l’appui ou sous les ordres de l’ogre américain, peut-on y prétendre ? Certainement pas, à notre avis.
 
Un de vos illustres chefs l’avait dit : « Les français sont des veaux ! ». Nous laissons la déclinaison de son identité à votre sagacité. C’est malheureusement ainsi qu’ils continuent à vous percevoir, quand ils vous regardent, enfoncés dans vos canapés douillets, à déguster vins et fromages, attachés à un confort factice qui vous sera bientôt ôté avec une France en chute libre morale et économique (nous n’avons pas l’intention de vous être désobligeants mais souhaitons sincèrement fouetter votre orgueil). Rendez-vous enfin compte que vous êtes « la prochaine Grèce » ! Ce n’est pas nous qui le disons, mais le magazine hebdomadaire britannique « The Economist ». Et ce sera bien pire, croyez-nous. Parce qu’on vous ment sur tout – c’est un secret de polichinelle – et vous cache tout. Les chiffres de votre économie et vos déficits – c’est encore ce journal qui le dit – sont trafiqués, pour vous donner le sentiment que votre situation n’est pas aussi désespérée. Elle l’est parfaitement !
 
Sauriez-vous renverser l’implacable tendance ? L’Histoire nous le dira. Pour l’heure, réveillez-vous ! Parce que l’on ne peut comprendre qu’un pays comme l’Allemagne, sorti exsangue de la deuxième guerre mondiale et presqu’entièrement détruit, se relève après seulement un demi siècle pour devenir en une soixantaine d’années, la première puissance européenne, elle qui n’a ni pré-carré, ni chasse-gardée, ni prébende, ni monopole, ni chefs d’autres Etats aux ordres comme les marionnettes africaines aux pieds de l’exécutif franc-maçon français, ni départements et territoires d’Outre-mer. Mais qui a une inventivité et une capacité d’innovation incroyable, une force de travail hallucinante et une rigueur de gestion implacable. Quand on se sait sorti de guerre, c’est une exigence prioritaire. Et le mérite de l’Allemagne est encore plus grand et plus éclatant quand on note qu’elle a d’abord dû rattraper un retard abyssal dû à l’immensité de la désolation d’après-guerre, reconstruire tout ce qui a été détruit, avant de prendre un envol fulgurant.
 
Mais, nous semble-t-il, la France, tout aussi brisée par la guerre, mais adoubée vainqueur avec les alliés, n’en a pas tiré les mêmes leçons. Puisqu’elle s’est contentée de partager avec les libérateurs de l’Europe d’alors le gâteau du monde et de vivre du lait, non pas de son travail et de sa propre sueur, mais de celui des mamelles de ses ex-colonies (?), comme à une source intarissable. La poule aux œufs d’or et la vache à lait ont été et continuent à être pressées à souhait. Jusqu’à l’étouffement.
 
Malheureusement, la France a changé et n’est plus tout à fait la même, sa population s’est considérablement accrue depuis lors, ses besoins aussi dans les mêmes proportions, tout naturellement. Il faut donc plus de richesses, plus de ressources minières et de matières premières bon marché, plus d’argent. Plus de lait et d’or, en somme. La vache à lait et la poule aux œufs d’or durent-elles périr, à force d’exploitation et d’abus. Elle n’en a cure !
 
Il se trouve justement que chaque état, même vassal, a aussi sa prétention à « l’émergence à l’horizon X » (suivez notre regard). Comment donc continuer à les vampiriser et manger leur chair sans mettre à mal leurs économies et leur développement, et sans déstructurer gravement la configuration géopolitique régionale ou sous-régionale, au péril de tous, Africains comme Occidentaux (cas de la Libye et du Mali) ? Pas si sûr que ces nombreux Etats africains acceptent indéfiniment – du moins, leurs peuples – de se laisser tondre ad vitam aeternam et de rester éternellement dans les liens du sous-développement. Ce lait cessera bien de couler un jour, et cette manne, de vous être gracieusement donnée, très chère France. Et peut-être, sera-ce d’une façon absolument brutale.
 
On a trop tiré sur la corde. Elle va bientôt craquer. Malgré cela – c’est-à-dire malgré toutes les richesses volées à nos peuples, nos devises et gains à l’exportation engrangées avec une désinvolture scélérate dans les comptes d’opérations criminels du Trésor français, nos recettes budgétaires transportées chaque semaine (sans laisser de traces comptables) dans des mallettes en Hexagone pour aider au fonctionnement de l’Elysée, pour financer les partis politiques français, pour enrichir plus que de nature leurs responsables (Droite et Gauche, de façon indifférenciée) et se payer au passage des biens mal-acquis – la France continue à sombrer.
 
C’est ce type de relation-là entre la France et l’Afrique, judicieusement baptisé par Houphouët-Boigny, FRANÇAFRIQUE, qui tue l’Afrique… et qui tue la France ! Qui fait qu’elle n’a pas appris à innover économiquement, commercialement et technologiquement, à réétudier son marketing et sa force de vente, à accepter de perdre stratégiquement quelques recettes aujourd’hui pour en gagner davantage demain, à se battre à armes égales avec ses adversaires dans l’impitoyable concurrence commerciale internationale (où elle est gravement défaillante, ayant toujours tout reçu sur un plateau d’or à travers monopoles, prébendes, contrats léonins et prédation, et ayant fini par en être totalement sclérosée).
 
Une ligne d’esprit (au final) qui fait qu’elle est impuissante sinon incapable d’explorer de nouvelles pistes de développement, de se remettre fondamentalement en cause et d’impulser la douloureuse mais combien indispensable refonte de son modèle social et économique, inutilement couteux et désormais inadapté (coût de production élevé et peu concurrentiel, coût de la vie et de l’habitat facticement élevé à cause d’impôts excessifs, démesurés, et aussi à cause de la préservation injuste de privilèges de quelques familles milliardaires – onze ou douze en tout – qui tiennent la quasi-totalité de l’économie française, qui ont toujours plus de profit, qui embauchent peu et qui s’enrichissent outrageusement).
 
La France devra également reconsidérer sa perception actuelle du travail, dans un monde globalisé où la quête de productivité et de rentabilité et la conquête des marchés sont infernales ; un monde globalisé qu’elle appelle curieusement de tous ses vœux, sous l’égide américaine. Cette globalisation qu’elle peine à suivre et qui menace justement de la phagocyter. Et avec elle, une partie de l’Europe.
 
Que fait la France du fruit de tout ce pillage organisé et de cette prédation scandaleuse en Afrique, depuis des décennies, et dans nos pays exsangues, pour être aussi mal en point, aujourd’hui ? L’Allemagne en aurait eu le quart que nous n’osons pas imaginer ce qu’elle serait devenue dans le monde. Voyez ce qu’elle fait avec si peu ! A la vérité, ce n’est pas la raréfaction ni même l’insuffisance (au regard des besoins actuels hexagonaux) de cette manne financière à moindre coût directement déversé dans l’économie française ou les comptes privés français qui est en cause (elle n’a jamais manqué), mais la gestion qui en est faite. « La France n’est grande que montée sur les épaules de l’Afrique », c’est vrai, on le sait tous et on ne le dira jamais assez. Elle ne serait rien du tout sans l’Afrique. C’est à nous que la France doit son prestige. Que ce soit économiquement, militairement ou diplomatiquement (ONU). Même sous ce cliché, elle fait pitié à voir. Parce que malgré tout ce dont elle spolie l’Afrique, elle est quand même dans les cordes du déclin. Qu’en serait-il alors advenu d’elle si elle n’avait pas la mainmise sur les destinées de ces ex-colonies (?). Rien qu’à y penser, on est saisi d’effroi. Tant la médiocrité de la gestion hexagonale sidère.
 
Mais en France, ce sont les mêmes qui s’enrichissent. Et toujours plus. Ce sont eux qui sont, en réalité, montés sur nos épaules et qui sont, à dire vrai, les seuls véritables bénéficiaires de cette manne africaine (marchés gré à gré, pots-de-vin, rétro-commissions, mallettes privées, ventes et trafics d’armes, exploitations pétrolières et minières). Le français moyen n’en voit pas la couleur ni n’en sent l’odeur. Lui qui devrait créer la richesse nationale et l’accroître. Pas étonnant donc qu’il s’appauvrisse toujours davantage. A ce rythme, il n’y a pas grand-chose à espérer de la France, parce que sa chute sera lourde et dévastatrice. C’est juste une question de timing. A moins qu’elle ne se réinvente et ne soit plus gérée comme un petit club d’amis, affairistes insatiables, enfants gâtés et capricieux, bourgeois arrogants et sans âme.
 
 
Que DIEU aie pitié de la France !
 
 
DINDE Fernand AGBO
 
 
In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du lundi 19 août 2013.

dimanche, 18 août 2013

SI OUATTARA PEUT «LIBERER», POURQUOI PAS LA CPI?

CPI. SIEGE.jpg

 

Pour la libération provisoire de membres influents du FPI par Ouattara, nous devons nous réjouir avec Martin L. King d’avoir taillé ‘‘une pierre d’espoir dans une montagne de désespoir’’; et dire avec Richard Wright, qu’une ‘‘lueur d’espoir peut poindre même des nuits les plus désespérément noires’’. Un acte tardif de décrispation qui s’impose au dictateur comme le jour s’impose à la nuit. Baudelaire n’insinue-t-il pas que même le Mal puisse produire des Fleurs? Combien plus forte raison la CPI, symbole superlatif de Justice?

Dans une admission explicite de culpabilité, Ouattara dit, en libérant ses victimes accusées des mêmes délits que GBAGBO, qu’il n’est pas bon que des gens de «ce rang» restent en prison. Lui l’accusateur dit ainsi à la CPI, non seulement que GBAGBO, d’un rang supérieur et accusé des mêmes délits, doit être libéré; mais il atteste aussi que la ‘‘justice’’ fonctionne en CI. En conséquence, la CPI ne saurait se substituer à elle en tant que Tribunal Subsidiaire (selon le Statut de Rome), sans le constat d’une triple faillite des tribunaux nationaux, liée à leur capacité fonctionnelle, à leur refus de poursuivre ou à la complaisance de leur verdict.

A la lumière de l’insuffisance des preuves constatée par la CPI elle-même, en plus de la viabilité soudaine des tribunaux ivoiriens, la CPI devrait accorder au moins la liberté provisoire à GBAGBO à ce stade où son procès n’a pas encore commencé. La libération provisoire des pro-GBAGBO pour la paix, atteste non seulement de l’aspect politique des accusations, mais aussi et surtout, de l’impossible paix en CI sans GBAGBO. La CPI qui avait motivé son refus d’accorder la liberté provisoire à GBAGBO par un besoin de paix en CI, doit en tirer les leçons. Cet argument est dangereux: il met la CPI en plein dans la politique et confirme des craintes. Prendre en otage la liberté d’autrui pour obtenir la rançon politique de l’apaisement dans un pays est contraire à toute notion élémentaire de Justice.  Tout homme ne doit être tenu responsable que de ce qu’il fait et non maintenu en prison pour ce qu’un autre homme libre et loin de lui fait (peut-être pour l’y maintenir). La responsabilité des faits d’autrui dans cette acception est une invention dangereuse, qui au-delà des critères juridiques pertinents inclus des considérations sociales subjectives.

Les tribunaux Sud-Africains, qui condamnèrent Nelson Mandela pour obtenir la paix sociale avaient perdu toute crédibilité sans jamais avoir la paix sociale tant recherchée. La paix sociale procède de la Justice. Quand les architectes de la démocratie moderne construisirent avant nous, le grand moule dans lequel furent coulées nos conceptions actuelles de la démocratie, c’est à dessein qu’ils mirent à part,  par un mécanisme de verrou et de contrepoids, le Judiciaire; de sorte que, ainsi hissé sur le roc solide des choses éternelles et libéré de l’emprise des choses passagères (politiques, guerres…), il ne fût pas captif  du présent, mais redevable à sa Conscience et à Dieu. C’est ainsi qu’en 1954, la Cour Suprême des Etats Unis d’Amérique, dans un revirement historique (Brown v. Board of Education et Bolling v. Sharpe) mis fin à plus de 150 ans de tergiversations juridiques relatives aux droits civiques des Noirs au mépris des réalités. Pour preuve, malgré l’injonction de sa mise en œuvre ‘‘en toute hâte réfléchie’’, cette décision ne fut exécutée qu’en 1964, soit 10 ans plus tard, après l’embrasement sociale causé par  son étincelle (Martin L. King, Malcom X).

Si la Cour Suprême avait craint les embrasements sociaux aux USA, comme vous les craignez aujourd’hui en CI, Obama ne serait jamais président. Le mot Magistrat (Juge) vient du latin magister, qui veut dire Maître, une âme imprégnée de Connaissance à laquelle Révérence est due. Dans la Bible, Dieu nomme d’abord pour diriger son peuple, non des rois; mais des Juges, parce que de leurs décisions découle la stabilité prévisible tant recherchée. Leurs décisions, quand elles sont fondées sur la Vérité, sont naturellement investies d’une force exécutoire intangible, affranchie de la corruptibilité qui limite les actes de l’exécutif.

C’est à juste titre que dans les saintes écritures, le Messie est appelé Maître, être qui se confond avec un idéal de Justice. La culture judiciaire française n’appelle-t-elle pas maître tout auxiliaire de justice? La détention provisoire du suspect, en tant qu’une exception au principe de la présomption d’innocence, repose sur la crainte d’irrémédiablement faillir à l’administration de la justice autrement; elle doit être annulée dès lors qu’après examen, les indices de culpabilité craints n’existent pas et que l’accusé peut, sous le control judiciaire d’un pays d’accueil, comparaître librement. GBAGBO fuirait peut être, s’il était libéré? Sous des bombardements intensifs où Kadhafi, Bozizé, Mobutu, Ben Laden et Saddam Hussein (tous des militaires et prétendument aguerris aux armes), ont fui; GBAGBO n’a pas fui. Ce n’est pas la Vérité, son allié, qu’il fuirait. C’est la vérité et la libération de GBAGBO qui ramèneront ce que la CPI semble étonnamment rechercher plus que ceux mêmes qui en ont le plus besoin dans leur propre pays: la Paix. La crédibilité et la survie de la CPI sont en jeu.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste)

lundi, 12 août 2013

PRISM ET LES VERTUS RETROUVEES DU MACCARTHYSME

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L’amnésie généralisée et méthodiquement reproduite par les grandes puissances impériales leur permet d’annuler tout passage de témoin d’une génération à une autre, toute accumulation d’expériences des luttes et de leur direction. Une mémoire correctement communiquée et partagée aurait permis aux générations Internet et Twitter de comparer l’extraordinaire campagne de démolition de la République Démocratique Allemande (RDA) à partir des activités de la Stasi. La Stasi, service de renseignements généraux de la RDA, fichait les opposants au gouvernement est-allemand par tous les moyens disponibles à l’époque : mouchards, indics, volontaires de la délation, etc. Rien de plus remarquable que les activités des Renseignements généraux français, par exemple, ou de la Commission des activités antiaméricaines, connue sous le nom de maccarthysme. Tous ces services ou commission utilisaient les mêmes voies et les mêmes méthodes : surveillance, filatures, provocations, exploitations des besoins et des faiblesses des concernés ou de leurs proches, mais exploitaient avant tout, bien sûr, la vocation des mouchards, des militants de « l’ordre » et des délateurs. Le système était mondial et les services de la RDA, de ce point de vue, ne devaient pas réaliser des records. La plus longue expérience des services occidentaux et leur maîtrise des rouages de la vie politique leur permettaient de mieux circonscrire les cibles. Leur maîtrise des médias et de la communication leur permettait de mieux justifier leur fichage des militants par le but vertueux de protection de la société. Avez-vous connu plus vertueux que le maccarthysme ?

Que reprochaient alors, à la Stasi, les médias et les politiciens de la droite et de la social-démocratie ? De ficher les opposants ou les personnes « potentiellement » hostiles ou dangereuses, ce que font tous les services occidentaux au nom de cette supposée vertu qu’ils se prêtent.

L’écrasante majorité des dirigeants occidentaux actuels et l’écrasante majorité des chroniqueurs et responsables des médias vivaient à cette époque. Ils ont participé à la campagne de diabolisation du gouvernement de la RDA via la diabolisation de la Stasi. Ils proclamèrent haut et fort que le fichage menaçait la Liberté, avec un grand « L », et promirent aux Allemands de l’Est l’aventure excitante du Coca Cola et du MacDonald à la place de la monotone politique de plein emploi, du droit au logement, de crèches gratuites, de stades et de piscines gratis et de la Traban si ordinairement prolétaire.

Cette équation de la Liberté antinomique du fichage ne fut pas proposée qu’aux Allemands de l’Est ou aux autres peuples du Camp socialiste. Elle servit aussi - et surtout - à flatter les peuples occidentaux travaillés au corps pour leur faire sentir leur incommensurable privilège de vivre leur « Liberté sans surveillance » comme des ados autorisés à vivre leur première surprise-party et les préparer à leur future vocation du « devoir d’ingérence ». Elle servit aussi à captiver et à gagner à cette Liberté du Macdonald des élites du Tiers-Monde accablées du « complexe du colonisé », haineuses à l’endroit de leurs peuples rebelles aux standards et aux normes de la « civilisation démocratique » et suffisamment enrichies et intégrées au commerce des multinationales pour se porter candidates à la mondialisation américaine.

La plupart des dirigeants actuels du monde occidental vivaient à l’époque et ont pris part à la construction de cette équation, Et en tout cas vous pouvez affirmer sans aucune crainte d’erreur que Hollande et Fabius vivaient et ont salué avec leurs amis « nouveaux philosophes » la mort de la Stasi, du fichage et le règne enfin advenu de la Liberté sans contrôle secret de vos amours, de vos lettres, de vos messages, de vos soucis, de vos médicaments non remboursés, de vos découverts bancaires et surtout de vos protestations politiques.

Il faut rappeler que Hollande et Fabius pour leur vilénie à l’endroit de Moralès, Merkel, pour porter en soi les « stigmates » de la Stasi, mais tous les autres dirigeants européens ne pouvaient condamner le fichage artisanal de la Stasi hier pour soutenir honteusement, en le minimisant et en le banalisant, le fichage industriel de la NSA. Il y a une distance abyssale entre ficher les Allemands de l’Est « potentiellement dangereux » et ficher la planète entière, Hollande et Merkel compris. Il ne s’agit pas de leur donner mauvaise conscience. Ils sont dans la peau des serviteurs des USA, d’Israël et des banques et n’attendent de gratification que de ce côté-là, mais de rappeler aux nouvelles générations l’immensité de la mauvaise foi et de l’aplomb du système de propagande des pouvoirs occidentaux. Traquer Snowden, trouver des vertus au programme Prism, comme ils ont trouvé des vertus aux fiches des Renseignements généraux, prendre en otage un chef d’Etat, voilà leur réalité : le mensonge délibéré et permanent. De la Yougoslavie à la Serbie, de l’Irak à la Libye, de la Côte d’Ivoire au Mali, de la Syrie au Hezbollah.


Mohamed Bouhamidi

Alger, le Jeudi, 25 Juillet 2013
 
 
Source: REPORTERS.DZ

dimanche, 11 août 2013

LA RUE ARABE DE L'EMOTION A LA REVOLUTION

 

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Contenir l’entrée en scène des peuples  arabes, contenir cette fameuse « rue arabe »  que révélaient, déjà, les émeutes du pain du  Caire en 1977, celles de Casablanca en juin  1981, puis celles de Tunis fin décembre 1983/  début janvier 1984 : voilà ce qui fait courir  Europe et USA. Cette rue arabe sismique et  incendiaire, émotive et amnésique, en peine  de transformer ses émeutes en révoltes, à  défaut de les traduire en révolutions, à cause  des diff érenciations sociales inachevées en  leur sein et de leur attachement romantique  à l’extraordinaire utopie de fraternité qui leur  permit de s’unir dans la lutte anticoloniale.  Epouvantail commode et masse de  manoeuvre facile pour les provocations  dans le style des caricatures racistes et  islamophobes, elle a longtemps épuisé son  énergie dans ses impuissances historiques.  Il faut bien constater qu’en Tunisie et en  Egypte, depuis ces émeutes du pain, cette  rue s’est structurée et a su transformer  ses émeutes en révolution. Nous sommes  déjà au-delà de la révolte et les débats  politiques mobilisent non les seules élites,  mais les peuples égyptien et tunisien tout  entiers.

Du côté populaire, les masses, à  Tunis comme au Caire, démontrent par  leur impressionnante mobilisation qu’elles  ne veulent plus être gouvernées comme  avant. Du côté des gouvernants, UE et USA  font tout pour faire croire qu’ils peuvent  encore gouverner en multipliant les conseils  publics de « bonne conduite » dans cette  phase de crise, mais ni l’hyperpuissance  américaine ni sa vassale européenne  n’arrivent à encadrer les choix politiques  comme avant. Les émeutes égyptiennes  du pain de 1977 constituèrent la première  grande révolte populaire contre les mesures  de libéralisation qui suivirent Camp David et  connues sous le nom d’Infi tah ou ouverture.  Depuis lors, les régimes égyptiens de  Sadate comme de Moubarak devinrent  des interfaces -empruntons l’image à  l’électronique - entre le système impérialiste  et le peuple égyptien, dont il fallait maîtriser  les révoltes et les utopies nassériennes.  Les services de renseignements - et non  l’armée égyptienne - et la police étaient  en charge des révoltes, les Frères étaient  en charge des utopies.

Mais tout le reste  des décisions vitales appartenait, depuis  Camp David, au système impérialiste à  travers le FMI et les autres institutions. Le  plan d’ajustement structurel, en 1991, en  orientant, entre autres, la production agricole  vers l’exportation, a réduit la production de  blé, ruiné la sécurité alimentaire et livré le  pain des Egyptiens aux exportateurs de blé  américains. Réellement, le peuple égyptien  fait face à une gouvernance mondialisée  euro-israélo-US de son économie, de son  territoire, notamment le Sinaï, de sa sécurité.  Les véritables gouvernants de l’Egypte - les  puissances extérieures - ne peuvent donc  plus gérer comme avant. La solution US  résidait dans des arrangements entre les Frères et les Moukhabarates représentées  par le Général Omar Souleimane, mort  opportunément.  Nous sommes alors dans une crise de type  révolutionnaire qui aboutira ou échouera  selon l’intelligence de ses acteurs, la  réunion des conditions nécessaires et  la mobilisation des forces populaires. La puissante mobilisation du peuple égyptien  avait à l’époque fait capoter la combinaison  Frères-Moukhabarates, dont Tantaoui  semblait être une couverture. L’intrusion de  l’armée, en tant qu’armée, avec les premières  manifestations de ralliement d’offi ciers et  de soldats à la révolte n’était souhaitée par  aucune puissance étrangère. L’urgence américaine était de bloquer le développement inattendu et indésirable  de la révolte des couches moyennes  mondialisée et face-bookées vers les  couches proprement populaires et vers  le mouvement ouvrier égyptien aguerri  par près de quarante ans de luttes contre  l’eff royable misère sociale engendrée par la  soumission de l’Egypte aux compradores et  ses interfaces avec le système impérialiste  mondial.

L’alliance du peuple et de « son  armée », celle qui porte dans la tête de ses  milliers et milliers d’offi ciers et dizaines de milliers de sous-officiers et soldats l’héritage contrarié de ses luttes antisionistes et antiimpérialistes,  est évidemment l’alternative  insupportable à la vieille combinaison des  Frères et des Moukhabarates.  L’impératif pour les puissances impérialistes  est de calmer la rue en acceptant des  solutions d’attente et de sauver les Frères  musulmans du naufrage, puis de les recadrer  avant de les remettre à la besogne.  C’est la tâche de C. Ashton, de Hagel, de  Kerry, de Hague et de l’inénarrable Fabius.  L’urgence est de discréditer l’esquisse  de cette alliance « peuple-armée dans sa  composante populaire » et de la bloquer, en  coupant la séquence historique actuelle de  sa chaîne de déterminations et de causalités,  et en traitant la déposition de Morsi de coup  d’Etat. La « rue arabe » sortie du mythe pour  fabriquer l’histoire réelle saura-t-elle dégager  sa route de ces traquenards impérialistes?

 

Mohamed Bouhamidi

 

Source: REPORTERS.DZ

lundi, 29 juillet 2013

FRANÇAFRIQUE: LES RUSES DE LA RAISON POSTCOLONIALE

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Dans le contexte de l’intervention impérialiste de l’Etat français au Mali, nous republions un texte du militant internationaliste Jean Nanga, initialement paru dans Contretemps (première série) en 2006.

 

Le débat sur le passé colonial de la République française et ses « aspects positifs », gravés dans la loi depuis l’adoption de la loi du 23 février 2005, exprime la persistance de l’idéologie de « la mission civilisatrice ». Mais, il entre aussi en résonance avec le grand succès de librairie qu’a été l’ouvrage de Stephen Smith, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, dans lequel on peut lire : « Pour le dire brutalement : depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas autrement. Seulement même en cela le continent échoue. Plus personne n’est preneur [de ces pays africains qui survivent grâce à] la pension alimentaire qu’ils tirent de la coulpe de l’Occident »1. La force de l’opinion de S. Smith a été démontrée pendant la crise militaire de novembre 2004 entre l’État français et l’État ivoirien : de l’extrême droite à la gauche, des plumes se sont mobilisées en solidarité avec l’armée républicaine française, agressée de façon meurtrière en Côte d’Ivoire. Un acte criminel exprimant l’ingratitude de l’État ivoirien à l’égard de la République française censée avoir volé au secours du peuple ivoirien menacé de génocide par une élite politique immature et rétive à la démocratie. Mais, ce quasi-consensus semble confirmer l’enracinement de l’idéologie coloniale dans une grande partie de l’élite française voire de la société. Dans les lignes qui suivent, nous allons rappeler la continuité qui existe entre les rapports de l’ère vétéro-coloniale et ceux de l’ère néocoloniale.

Du colonialisme émancipateur

La compréhension du présent des « ex-colonies » africaines-subsahariennes de la France nous semble impossible dans l’ignorance du passé. Une évidence que négligent subtilement S. Smith et bien d’autres qui, parfois en se reniant, conçoivent la décolonisation comme fin de la colonisation et de la domination métropolitaine. Certains ne s’empêchent pas de présenter la décolonisation comme l’aboutissement logique d’un plan de la République émancipatrice. Alors que dans les faits, l’État français était farouchement opposé à l’indépendance des colonies. Albert Sarraut en parlait en des termes qui n’ont cessés d’être repris : « “ce trousseau de servitudes que l’on nomme ’indépendance” selon la formule de Georges Duhamel. C’est bien ce que sentent d’instinct ou que comprennent clairement tous ceux de nos protégés dont la sagesse est faite des leçons du passé et de l’observation attentive du présent. L’idée de l’indépendance, loin de les séduire, les effraie »2. Ne pouvait ainsi être envisagée que la réforme du régime colonial.

Celle qui fut initiée en 1944 ne peut se comprendre en dehors des transformations de la conjoncture internationale. L’après-guerre s’était caractérisée par la montée en force des deux absents du partage colonial, les États-Unis – puissance impérialiste et néocolonialiste en Amérique centrale et du Sud – et l’Union soviétique, lesquels pèsent sur la naissance de l’ONU dont les chapitres 11-13 de la Charte (1945) concernent l’auto-administration par leurs populations des « territoires non-autonomes » – le terme « colonies » est soigneusement évité – et « sous tutelle ». Un principe dont les prémices avaient été perçues par les partisans de la « France Libre » parmi lesquels le général de Gaulle. Par ailleurs, l’anticolonialisme – opportuniste car impérialiste – des États-Unis exerçait une influence sur le colonialisme britannique en Afrique. Bon nombre de colonisé-e-s africain-e-s, sujets britanniques à l’instar de Francis Kwamé Nkrumah, étudiaient aux États-Unis et étaient en contact avec des colonisé-e-s asiatiques mieux organisé-e-s dans la lutte contre le colonialisme britannique. C’est l’évolution de cette conjoncture qui explique la « décolonisation » française que des falsificateurs de l’histoire attribuent à un humanisme imaginaire du général de Gaulle, en dépit du fait que ce dernier avait bien exprimé son opposition à la décolonisation lors de la conférence des gouverneurs généraux à Brazzaville en 1944. Une des recommandations de cette conférence, connue sous le nom de conférence de Brazzaville, avait clairement affirmé le refus de toute émancipation hors de l’empire français : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les Colonies ÉCARTENT TOUTE IDÉE D’AUTONOMIE, TOUTE POSSIBILITÉ D’ÉVOLUTION HORS DU BLOC FRANÇAIS DE L’EMPIRE ; LA CONSTITUTION ÉVENTUELLE, MÊME LOINTAINE DE SELF-GOVERNMENTS DANS LES COLONIES EST À ÉCARTER »3. Comme pour marquer ce refus de l’égalité humaine, l’année qui commence par la conférence de Brazzaville s’achève par le massacre à Thiaroye de « tirailleurs sénégalais » de retour de la Seconde Guerre mondiale et qui revendiquaient le versement de leurs primes.

Cette opposition à l’indépendance persiste dans la Constitution de 1946 qui institutionnalise l’Union française – sémantiquement, l’Empire colonial n’existe plus – comme cadre d’émancipation des colonisé-e-s, lesquel-le-s pouvaient désormais être representé-e-s et élu-e-s au Parlement français. C’est ainsi par la Constitution de la Ive République que les colonies se sont mises à relever de la loi. Jusqu’alors, elles relevaient plutôt du président, du ministre des Colonies, du gouverneur, du commandant et des grandes compagnies coloniales. L’hostilité à l’indépendance est partagée au-delà de la droite coloniale. Ainsi, au lendemain de la répression sanglante de la rébellion malgache, en 1947, François Mitterrand, plusieurs fois ministre de la République coloniale, a pu affirmer : « L’avenir de Madagascar est dans le cadre de la République française. L’évolution des Malgaches doit se faire au sein de la République… les fauteurs de la rébellion de 1947 sont beaucoup plus coupables envers leurs concitoyens qu’envers le pouvoir central »4. C’est sous la pression de la guerre de libération algérienne qu’un deuxième pas est effectué avec la loi-cadre du 23 juin 1956 qui institue des gouvernements autonomes en Afrique équatoriale française (AEF) et en Afrique occidentale française (AOF). Cette réforme est censée «…associer plus étroitement les populations d’outre-mer à la gestion de leurs intérêts propres [sous forme] de décentralisation et de déconcentration administratives » (art. 1er). Mais, le principe demeure impérial comme l’énonce une fois de plus F. Mitterrand : « Un pouvoir central fortement structuré à Paris, des États et territoires autonomes fédérés au sein d’une communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur, telle est la perspective qu’il nous appartient de préciser et de proposer, car sans l’Afrique il n’y aura pas d’histoire de la France au XXIe siècle. (…) Comment en effet la France butant sur ce Rhin où boivent tour à tour les chevaux de l’Europe irait-elle vers le Nord ? ou vers l’Est ? ou vers l’Ouest qui vient plutôt chez elle qu’il ne l’appelle à lui ? Seule la route du Sud est disponible, large, bordée d’innombrables peuples, en même temps que d’espaces inoccupées… Déjà la France sait combien l’Afrique lui est nécessaire »5.

C’est bien cette idée de la France, « communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur », qui est adoptée par voie référendaire en 1958. Le Titre XIII de la Constitution gaullienne établit ainsi la Communauté pour contrecarrer les velléités d’indépendance qui se propagent dans les colonies. Le processus d’autonomie progresse en effet au Ghana anglophone qui accède à l’indépendance en 1957, favorisant l’acquisition par le Togo voisin, territoire sous tutelle française, d’un statut plus autonome que celui des autres pays de l’AOF et incitant le peuple guinéen à rejeter le principe de la Communauté. Dans tous les autres territoires d’AEF et d’AOF, celle-ci est cependant approuvée majoritairement, y compris, dans certains cas, grâce à la fraude, à la corruption et à l’intimidation, supervisées par les autorités coloniales. La période qui s’étend de 1946 à 1960 est une période de transition au néocolonialisme. L’indépendance n’est plus considérée comme incompatible avec l’existence de la Communauté, chère à de Gaulle, Mitterrand et Houphouët-Boigny. « Un État membre de la Communauté, admet désormais l’article 86 de la Constitution révisée, peut également par voie d’accord devenir indépendant sans cesser de ce fait d’appartenir à la Communauté »6. Indépendants mais toujours membres de la Communauté dominée par la France, tel est le statut véritable des nouveaux États7. Le postcolonialisme est ainsi un néocolonialisme. En dépit des nombreuses révisions (8, plus précisément) de la Constitution de la Ve République, le législateur français n’a abrogé la Communauté qu’en 19958 ! Autrement dit, pendant les trente-cinq premières années dites postcoloniales, dont les deux septennats de Mitterrand, la majorité des États africains des ex-AEF et AOF ne disposaient pas d’une pleine souveraineté. La nouveauté se situant dans l’existence d’une certaine marge d’autonomie des gouvernants autochtones et des institutions locales s’articulant avec des mécanismes structurels et des pratiques hérités du vétérocolonialisme. La « décolonisation » est ainsi le fait de la pression de l’environnement international et des luttes au sein de l’empire colonial bien plutôt que l’expression des vertus immanentes à la République, qui auraient fini par surmonter des déviations étrangères à son principe.

Par ruse de la « grammaire coloniale », la Communauté a survécu sous le terme de « Coopération » avec un ministère spécifique qui aurait aussi pu être baptisé ministère de la Communauté postcoloniale, domaine réservé du président de la République française, du général de Gaulle, créateur de la « cellule africaine de l’Élysée », à Jacques Chirac, en passant par François Mitterrand. À travers maints accords (économiques, culturels, militaires, politiques) conclus avec les élites locales, cogestionnaires de la transition au néocolonialisme (1956-1960), et de multiples institutions, la métropole a pu maintenir les liens de dépendance des « ex-colonies ». C’est alors une nécessité pour la puissance moyenne qu’est la France, comparativement aux États-Unis et à l’URSS pendant la guerre froide. Les États-Unis laissent la France jouer le rôle de gendarme du « monde libre » anticommuniste dans ses « ex-colonies ». À en croire J. Foccart9, elle aurait même bénéficié de l’indifférence de l’URSS de Krouchtchev. Par l’existence de cette Communauté, devenue secrétariat aux Affaires africaines et plus tard ministère de la Coopération, la France conserve un poids impérial dans l’arène internationale, par exemple sous forme de voix naturellement acquises aux Nations unies. Dans sa politique coloniale, de l’Algérie à la Nouvelle-Calédonie, elle a ainsi bénéficié du soutien des États membres de ladite Communauté. Il en a été de même pour les essais nucléaires français.

La Francophonie

La colonisation étant justifiée par la « générosité » civilisatrice, la défense de la langue, véhicule de la civilisation, devait occuper une position centrale dans le dispositif de la coopération. Pourtant, le général de Gaulle a plutôt résisté qu’encouragé le projet initié en 1962 par L. S. Senghor instituant la francophonie. Pour lui, il s’agissait d’un fardeau inutile : « Alors, chacun amènerait quelques éléments et c’est nous qui paieront le tout. Il n’en est pas question »10 aurait-il affirmé, selon J. Foccart. La grandeur de la France ne passait pas pour de Gaulle par cette coopération culturelle. Ce n’est qu’en 1969 que se tint la 1ère conférence des États francophones. En 1970 avec la convention de Niamey, va naître l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue Agence de la francophonie. Malgré son extension au-delà du binôme ex-métropole-anciennes colonies d’Afrique, la francophonie reste une pièce importante du dispositif néocolonial en Afrique11. L’annonce concernant les visas faite par Chirac lors du sommet France-Afrique de décembre 2005, à Bamako, l’illustre bien : « Je souhaite que ce partenariat s’incarne également dans l’ouverture d’un espace privilégié d’échange entre la France et les pays africains, notamment francophones. Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activités sont, par nature, liées à l’échange. J’ai donc décidé, sur une suggestion du président du Mali, de faciliter pour eux la délivrance de visas de longue durée et à entrées multiples, car c’est indispensable à leurs activités. La France continuera de plus, bien sûr, à accueillir sur son sol de nombreux étudiants africains. » Cette directive en faveur d’une immigration plus sélective révèle que la France est consciente du déclin de son prestige au sein de l’élite africaine francophone de plus en plus sensible à l’offensive anglophone et plus particulièrement étatsunienne.

La francophonie, est-il affirmé à la Xè conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant en partage le français, tenue en novembre 2004, n’est pas seulement un instrument culturel mais une institution globale dont l’un des objectifs est de contribuer à « réguler et humaniser la mondialisation », « renforcer la capacité des États et la mise en place de cadres réglementaires, une gouvernance au développement d’activités économiques et incitatives au développement du secteur privé et de l’investissement »12. Le lien entre la langue et l’économie a également été souligné par le rapporteur d’un débat à l’Assemblée nationale française concernant l’article 2 de la Constitution portant sur le français comme langue de la République : « Le problème de la défense du français se pose aujourd’hui en termes nouveaux. La semaine dernière, l’assemblée des parlementaires francophones a reçu le président Diouf, président de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française, et il a souligné combien le français était menacé. Gardons à l’esprit le risque d’un monopole de l’anglais, l’impérialisme linguistique reflétant l’impérialisme de la puissance économique dominante » (26 janvier 2005). C’est dans ce but que la francophonie parraine l’institution de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et a créé l’Institut de la francophonie, pour l’entreprenariat (IFE). C’est cette francophonie économique que défend Dominique Wolton du CNRS : les « entreprises classiques (Air France, Renault, Total, etc.) doivent prendre conscience qu’elles sont porteuses d’une identité culturelle et la mettre plus souvent en avant qu’elles ne le font actuellement »13.

L’engagement de l’armée française aux côtés de l’armée rwandaise contre l’armée du FPR, de 1990 au génocide de 1994, a été justifié par l’anglophonie du FPR. On a même parlé à ce propos d’éviter un nouveau Fachoda !

L’assistance militaire

Le colonialisme a été un contrôle militaire des peuples colonisés. La décolonisation ne devait pas le remettre en question. Ainsi, parmi les accords de coopération signés entre la métropole et ses « ex-colonies » au moment des indépendances figurent en bonne place les accords militaires. L’idéal pour la métropole, ce sont les accords de défense qui permettent une présence militaire française sur le territoire de « l’ex-colonie »14 ou le droit d’intervenir en cas de menace de déstabilisation du pouvoir – y compris par les peuples – sur le territoire d’hébergement ou dans un pays du « pré carré ». Ce qui s’est produit une vingtaine de fois depuis 1960. Mais, pour des raisons politiques – internes aux États africains, tels les soubresauts nationalistes des années 1960-1970 –, économiques – coût pour le budget métropolitain – ; pour des raisons liées à la nouvelle configuration internationale – fin de la guerre froide – le nombre des signataires s’est finalement réduit à quelques États (Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Togo). Avec le Tchad, il s’agit clairement d’une « Convention pour le maintien de l’ordre » qui a souvent été appliquée par la République française.

Dans son allocution, à l’ouverture de la 12ème conférence des chefs d’États de France et d’Afrique, F. Mitterrand fait l’éloge de la « coopération » francotchadienne. Il en profite pour déplorer, certes élégamment, la non-signature d’accords du même type par d’autres États : « La France a des accords de coopération et de sécurité, de défense avec un certain nombre d’entre vos pays. À l’égard de ces pays, elle est tenue de respecter ses engagements, et elle les respectera s’il le faut… Que ceux qui ont fait confiance à la France par ces accords continuent d’avoir pleine confiance. Que ceux qui n’ont pas jugé bon d’agir de cette façon – mais c’est leur propre autorité, et bien entendu, ils sont aussi respectables – sachent que la France est leur amie »15. Autrement dit, ces accords rendent certains États plus amis de la France que d’autres. Ceux qui n’ont signé que des accords d’assistance militaire et technique le sont moins que les autres.

Toutefois, ces accords d’assistance militaire et techniques ne sont pas négligeables. Car ils accordent à la France le monopole de l’encadrement des armées de ces États. Avec le Gabon, par exemple, qui constitue un des cas extrêmes de cette assistance technique néocoloniale : « La République française s’engage à apporter son concours à la République gabonaise pour la formation des cadres de son armée. La République gabonaise s’engage en retour à ne faire appel qu’à la République française pour la formation de ses cadres »16. Cette situation explique le long règne de certains autocrates pendant des décennies, les putschs militaires ayant chassé du pouvoir – dans certains cas, de façon tragique – des directions politiques tant soit peu nationalistes et progressistes, les conspirations pour l’ordre établi que sont les mutineries de l’ère dite démocratique consistant à remplacer un autocrate abusant de son autonomie par un officier supérieur, paré pour la circonstance du statut de démocrate. Parmi les derniers en date, le général centrafricain François Bozizé, auprès duquel des généraux français ont été dépêchés comme conseillers au lendemain de son putsch de mars 2003.

La France s’arroge également le monopole de l’approvisionnement. C’est le cas, notamment, des accords signés en 1961 avec le Burkina Faso (ex-HauteVolta) : « La République de Haute-Volta, en vue d’assurer la standardisation des armements, s’adressera en priorité à la République française pour l’entretien et le renouvellement des matériels et équipements de ses forces armées… Pour les fournitures qui, après examen en commun, ne pourraient être faites par la République française, la Haute-Volta se réserve le droit d’accepter l’aide d’autres pays »17. Certes, ces États ne sont pas les plus gros clients en la matière, mais, même pour le troisième marchand mondial d’armes de guerre, il n’y a pas de petits profits !

En effet, si la coopération militaire a servi à l’expérimentation de la doctrine militaire française, du Cameroun (années 1950-1960) au Rwanda (1990-1994), elle a aussi, voire surtout, servi à l’économie française. Car, les accords de défense sont aussi des accords d’approvisionnement préférentiel de la métropole en matières premières stratégiques. Le sceau du secret encore posé sur certains d’entre eux n’est pas sans rapport avec cet aspect. Ainsi, dans l’Annexe II de l’accord de défense signé en avril 1961, entre la France, d’un côte et de l’autre la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger, l’intérêt pour les « matières premières et produits stratégiques » est explicite. Les Républiques africaines signataires « informent la République Française de la politique qu’elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu’elles proposent de prendre pour l’exécution de cette politique… En ce qui concerne ces mêmes produits, [elles] réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s’approvisionnent par priorité auprès d’elle » (art. 3, 5). Le Bénin et le Niger ont par la suite abrogé cet accord, sans pour autant que la France ne renonce à contrôler l’uranium nigérien, suscitant en 1974 un putsch militaire pour renverser Hamani Diori coupable d’avoir non seulement demandé le retrait des troupes françaises mais envisagé également une diversification des clients et une hausse du prix de son uranium.

En Côte d’Ivoire, en septembre 2002, lors de sa tentative de putsch, Gbagbo invoque l’accord de défense avec la France pour revendiquer le soutien français en défense de son régime. Quant à l’armée française si elle a opté pour une position de « neutralité » face la fraction de Gbagbo, c’est au nom du non respect des parties annexes de ce même accord et de ses clauses non écrites relatives à l’économique. Il y a plus qu’une corrélation entre les oscillations des rapports entre les deux États – y compris l’apparition de la rébellion armée – et les marchandages économiques liés à la néolibéralisation de la Côte d’Ivoire. L’une des questions en jeu est en effet le quasi-monopole économique de la France en Côte d’Ivoire, pièce maîtresse du dispositif « postcolonial » français en ex-AOF18. Car, en dépit de la guerre, l’économie ivoirienne est encore à 30 % française. Cette crise franco-ivoirienne révèle la ruse néocoloniale consistant à intervenir militairement sous la casquette des Nations unies, avec le soutien des institutions régionales africaines acquises à l’ordre françafricain. Cette quête de légitimité internationale à l’entreprise néocoloniale s’explique aussi par l’intérêt de plus en plus manifeste des Etats-Unis pour la région. Des négociations menées avec la France concernant le départ en exil du Françafricain Charles Taylor à l’opération « Flintock » de l’été 2005 dans le Sahel, en passant par l’ouverture récente d’une base militaire à… Djibouti, la présence des patrouilleurs de l’US Navy dans le golfe de Guinée et l’éventualité d’une base au Sénégal, les États-Unis, peu habitués au second rôle, semblent menacer la quasi-solitude militaire française dans ces régions. D’où l’investissement français dans des initiatives d’encadrement militaire régionales du type RECAMP (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), justifiant le développement des ENVR (École nationale à vocation régionale), afin de ne pas perdre pied dans le « pré carré ». Ce qui n’a pas manqué de susciter la création par les États-Unis de l’ACRI (African Crisis Response Initiative), laquelle s’est finalement greffée au Recamp. Une « collaboration » pour le marché de la paix et de la guerre en Afrique qui pourrait devenir plus importante avec le projet de constitution d’une force armée de l’Union africaine.

« Aide » et souveraineté monétaire partagée

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vendredi, 26 juillet 2013

APATRIDIE - MAMADOU KOULIBALY: «IL N'Y A PAS D'APATRIDES EN COTE D'IVOIRE»

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Après avoir accusé le gouvernement de chercher des poux dans le code de la nationalité, Mamadou Koulibaly dénonce l’initiative gouvernementale de faire voter, par le parlement, «un projet de lois autorisant le président de la République à ratifier la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridies signée le 30 Août 1961 à New York». «Ce débat, il est faux et il vient compliquer une situation précaire, sans que l’on sache quel est le but poursuivi. Il n’y a pas d’apatrides en Côte d’Ivoire», explique l’ancien président du parlement, dans un échange que nous avons eu avec lui. «La convention sur l’apatridie dit qu’il faut faire une demande mais il ne dit pas qu’il faut leur donner des nationalités», ajoute t il.

Pour lui, en effet, on ne peut parler d’apatridie qu’en cas de «succession d’Etats». Ce fut le cas en 1961, quand la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un code de la nationalité offrant la latitude aux étrangers résidents d’acquérir la nation alité selon le droit du sol ou de conserver la nationalité de leurs pays d’origine.

En 1972, une révision du code a donné la possibilité à ceux qui n’avaient pas pu saisir la perche, de se rattraper, en acquérant la nationalité ivoirienne. «Les cas de ceux, qui jusque-là, n’avaient pas régularisé leur situation, ont été réglés en 2007, à travers l’identification opérée par la société Sagem et les audiences foraines, qui ont consisté à accorder la citoyenneté ivoirienne sur la base d’un simple extrait d’acte de naissance, la carte d’identité, la carte d’électeur», poursuit Mamadou Koulibaly qui rappelle également que les accords de Linas Marcoussis avaient abouti à la cessation des tracasseries dénoncées contre les étrangers ainsi qu’à la suppression de la carte de séjour controversée. «En réalité, l’Afrique n’est pas concernée par cette convention. Tous les codes que nos pays ont adoptés ne laissent personne comme apatride», insiste t il, indiquant que la question d’apatridie proprement dite, s’est posée en Europe, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il rappelle, à cet effet, que diverses conventions ont été concoctées pour résoudre la situation des «peuples dits « errants », tels que les Juifs, les Arméniens, les Romes et autres bosniaques. « Pourquoi vouloir ratifier une convention supplémentaire alors que le gouvernement, lui, cherche à nous détourner des vrais problèmes» ? Fulmine Mamadou Koulibaly. Et d’ailleurs, à l’en croire, la convention sur l’apatridie, même si elle est adoptée, ne sera qu’une convention de plus dans l’ordonnancement des traités non appliqués, tels que les engagements sur la protection de l’enfance ou les chartes des droits de l’homme et du citoyen.


Benoît Hili, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil" du 22 juillet 2013.

lundi, 15 juillet 2013

LE DESESPOIR DU COMPORTEMENT OCCIDENTAL ET L'EXEMPLE SUD-AMERICAIN POUR L'AFRIQUE


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Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.


Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu'on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu'est l'UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu'on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !


 

mercredi, 03 juillet 2013

QATAR: LA BANANE, L'EMIR, LES CANCRELATS ET LE BIG BROTHER

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L’émir déchu du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani (à gauche) et son fils, le nouvel émir, Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani (à droite).

 

Le changement opéré ces derniers jours au Qatar, et qui s’est déroulé dans la plus pure tradition du théâtre shakespearien, n’est ni une passation paisible du pouvoir ni un renoncement de la part de l’émir.

Ce n’est ni plus ni moins qu’une destitution comme ce fut le cas pour l’émir paternel de celui qui cède sa place aujourd’hui. Au Qatar, le coup d’Etat est congénital. Malgré tout, la lecture que nous offrent certains lobbies de mèche avec cette dynastie de chameliers illettrés voudrait que dans ce micro-Etat, on renonce facilement au pouvoir. «Les hommes doivent souffrir leur départ comme leur venue ici-bas ; le tout est d'être prêt», disait Shakespeare. Est-ce que l’émir déchu Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani était prêt à disparaître de l’échiquier politique ? Que semblent nous dire ceux qui sont derrière le coup d’Etat au palais qatari ? Plusieurs réponses s’offrent à nous. Tout d’abord, le big brother américain semble opter pour l’effacement d’empreintes par rapport à tout ce qui est lié aux conséquences du simulacre de «printemps arabe» qui n’a rien ramené de démocratique.

Bien au contraire, il a enfoncé le monde arabe dans les abîmes des ténèbres des Frères musulmans et des islamistes. Donc, les USA essaieraient de rectifier le tir en direction de leurs partenaires islamistes en procédant au ravalement de la façade qatarie, axe central de la métamorphose des régimes opérée lors des coups d’Etat que je nommerais «populaires» de 2011. Voyant que le conflit s’enlise en Syrie, que l’Egypte s’enfonce dans une crise sans précédent, que des milices se font la guerre et que des attentats ont lieu régulièrement en Libye, que la Tunisie est dans la tourmente avec un régime islamiste qui tarde à organiser des élections équitables et à mettre sur pied une nouvelle constitution, il est clair que les régimes issus du grand complot du «printemps arabe» sont tous en panne.

D’où l’idée d’opérer une transformation, non pas dans les pays précités mais dans la tête qui a produit et financé ce raz-de-marée islamiste. A la manière de Ponce Pilate, les USA se lavent les mains de ce qui se passe dans le monde arabe actuellement, avec les menaces potentielles sur les minorités religieuses, idéologiques, ou tout simplement sur les opposants des régimes fascistes des Frères musulmans, et cherchent à se reconstruire une vertu recourant à la nécessité de sacrifier le veau d’or personnifié par l’émir du Qatar. Bien entendu, la chute de celui-ci n’aurait jamais été possible sans l’apport judicieux d’une peau de banane déposée par sa chère Moza sur le dallage marbré du palais. L’intronisation du fils, portrait craché de son père, et choisi parmi les 24 «pistoleros» susceptibles d’accéder au trône, marque sans aucun doute l’avènement d’un émir du redéploiement sous la botte de sa mère, devenue l’interlocutrice privilégiée des USA et des Occidentaux.

C’est donc la cheikha Moza qui a pris le pouvoir au Qatar. Cela se traduira certainement par un lynchage des alliés du Qatar, et surtout des Frères musulmans qui commencent à agacer sérieusement en pervertissant l’image que les USA leur avait donnée au départ, en créant des tensions supplémentaires entre les puissances mondiales qui se battent actuellement dans leur guerre de procuration en Syrie.

D’ailleurs, la grande lessive a déjà commencé avec la prochaine expulsion du cheikh du dollar Al-Qaradawi qui, d’après les médias qataris, est en passe d’être déchu de sa nationalité, et on se demande où il va bien pouvoir aller prêcher son djihad niqah désormais. Peut-être dans le lit d’hôpital voisin de celui de son acolyte Al-Arifi à Londonistan, en Angleterre ? Quoi qu’il en soit, la dimension surfaite du Qatar a pris une trop grande importance et porté préjudice à l’allié traditionnel des Américains qui est l’Arabie Saoudite, en agaçant plus d’un, au point où il s’est avéré inévitable d’écarter le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères très actif dans le dossier syrien et qui est une véritable boîte noire pour tous les événements qui ont secoué le monde arabe, notamment par les relations directes ou indirectes qu’il entretenait avec différents groupes djihadistes.

La fin des haricots pour l’émir n’est pas seulement un changement conjoncturel mais une réorientation stratégique américaine de la politique qatarie via Moza dans le monde arabe, surtout avec les islamistes, et qui a pris une tournure effective après la défaite des légions de mercenaires financés par le Qatar en Syrie tout en préparant le terrain à Genève II. Ensuite, ce changement de cap traduit une nouvelle politique américaine au Moyen-Orient en prenant en considération les doléances et les velléités des Israéliens et des Saoudiens voyant que le jeu du Qatar ressemble à un coup de poker dont l’issue est trop incertaine. On peut se demander si nous allons bientôt assister à l’effet boule de neige qui va emporter ces régimes islamistes issus de ce qu’on appelle à tort «printemps arabe». Car la véritable Bérézina qui se déroule sous nos yeux à travers la détérioration des Etats qui se sont mis sous la coupe islamiste sur injonction US avec la bénédiction du Qatar et de ses muftis du djihad niqah commence à nous dévoiler l’échec du projet américain pour le monde arabe. La fin de cette parodie sans queue ni tête qu’on a nommée «printemps arabe» a débuté avec la destitution de l’émir du Qatar père qui, d’après nos informations, a même été emprisonné pendant plusieurs jours afin de le persuader de céder le trône.

Peut-on dire comme on l’a supposé dans nos articles précédents que le tournant historique est amorcé aujourd’hui avec le retournement des peuples contre les régimes islamistes, d’où le sacrifice de cet émir du Qatar, tel le mouton de l’Aïd, de la part de l’administration américaine à laquelle il s’était soumis avec dévotion ? Les Américains, tels les «experts Miami», ont nettoyé méticuleusement la scène du crime en relevant de ses fonctions leur larbin et en effaçant toutes les traces qui les lient à ses crimes, tout en donnant un gage aux forces qui lui sont opposées pour pouvoir redémarrer un Genève II sur la base de la disqualification certaine et inéluctable des islamistes, qu’ils soient «soft» ou «hard». C’est l’unique voie pour pouvoir avancer sur des dossiers suspendus comme celui, crucial, de la Syrie. Les dindons de la farce, en fin de compte, n’ont pas été seulement Moubarak, Kadhafi, Salah ou Ben Ali, mais le club a été rejoint par le gros lard du Qatar qui va maintenant apprendre le goût amer de la disgrâce, qui n’a rien à voir avec la banane ou la fraise. «Tous les hommes sont sales d'une manière ou d'une autre. Seulement, il y a ceux qu'un simple verre d'eau suffit à laver et ceux que tous les océans de la terre ne sauraient purifier!»

Après nous avoir assommés avec l’AKP, agneau-khebab-pita, force est de constater que ce parti souffre actuellement d’une indigestion et, avouons-le, ne parvient pas à nous persuader qu’il est un modèle à instiller aux populations «sous-développées et arriérées» que nous sommes. Les peuples, avec ce qui se passe en Turquie et en Egypte, ont-ils enfin compris qu’ils ont été floués en participant bon gré mal gré à de véritables coups d’Etat décidés à Washington par les spins doctors de la Maison Blanche ? La roue de l’Histoire est-elle en train de tourner ? Nous ne sommes qu’au début du décryptage des événements qui se bousculent et s’accélèrent au moment où, en Iran, on a vu une élection se dérouler dans la tranquillité la plus absolue à tel point que l’Occident est gêné de l’évoquer, lui qui nous serine inlassablement que la République islamique iranienne est une menace potentielle. Par contre, il n’est pas question d’évoquer un coup d’Etat ou une destitution de l’émir du Qatar, car il faut absolument nous persuader que cet événement est une alternance démocratique à admirer. Tels sont les paradoxes actuels de la grille de lecture boiteuse proposée par Washington et ses alliés, alors même que les USA sont secoués par un scandale d’espionnage sans précédent dont nos sources nous chuchotent qu’un Obamagate se prépare, enterrant définitivement l’illusion démocratique américaine démasquée par ce jeune analyste de la CIA Edward Snowden qui, après Bradley Maning, nous révèle la vulnérabilité de l’empire américain devenu aujourd’hui la risée du monde alors qu’hier il dictait sa loi.

Les dégâts causés par l’Amérique dans les Etats-nations se sont traduits par le démembrement de ceux-ci et la venue d’une nouvelle formule de gouvernance qui en ont fait des no man’s lands peuplés de milices s’entre-déchirant entre elles, renvoyant le monde arabe à une époque où Lawrence d’Arabie complotait en se baladant à gauche et à droite comme bon lui semblait. Le monde arabe actuel dirigé par des incapables qui se moquent de toute notion d’Etat-nation et ne sont rien d’autre que des sous-traitants de la CIA, tels Morsi et consorts, incapables de gérer leurs propres foyers, nous offre une image pitoyable. L’impérialisme nous démontre qu’il peut dévorer ses valets les plus serviles sans aucun état d’âme lorsqu’il le juge nécessaire. Il n’a ni amis ni alliés dès lors que son seul but vise à s’accaparer les richesses des nations, les vidant de leur substance vitale et les jetant aussitôt après comme des citrons pressés en les vouant aux gémonies.

C’est une leçon pour ceux qui ont un doute sur l’impérialisme occidental en général et américain en particulier qui s’accommoderait s’il le faut avec le diable pour régner, tant que cela peut garantir ses intérêts vitaux. Quant aux crétins qui placent leur foi dans les banquiers et les marchands de canon, colonne vertébrale de l’impérialisme, ils ne récolteront que la semence de la trahison et finiront dans les égouts de l’Histoire comme l’émir du Qatar qui est en train de boire le fiel de la trahison jusqu’à la lie. On ne peut pas construire des Etats par procuration comme on ne peut pas offrir des démocraties en kit, alors que l’on espionne toute la planète. Avant de donner des leçons de démocratie aux autres nations, les Etats occidentaux doivent se démocratiser eux-mêmes avec notamment la levée des procédures d’écoute et le gel du fascisme qui régit leur vie politique et économique, et les exemples quotidiens à travers les médias et la scène politique secouée régulièrement par des scandales aux plus hauts niveaux nous indiquent que la ligne rouge est franchie depuis longtemps.

Sans la construction d’un citoyen occidental informé des véritables enjeux de la société dans laquelle il vit – et je n’en vois pas le premier signe – alors qu’il paie des taxes et des impôts pour larguer des bombes sur des pays qu’il ne connaît pas, nous restons sceptiques quant à même réformer certains pays tant le degré de fascisme a gangrené la sphère de décision politique avec tout ce que cela comporte comme effets secondaires sur la vie sociale, économique et culturelle. Le citoyen occidental, inconscient du danger qu’il court, a délaissé le champ de la lutte, ignorant le fascisme rampant qui se faufile dans la société et les institutions. Quant aux pays du monde arabe qui ont cru bon d’écouter et de suivre les think tanks et ONG qui font du commerce avec des concepts comme la démocratie, les droits de l’Homme, etc., ils sont arrivés à la concrétisation d’un autre type d’échec qui constitue à se livrer aux ténèbres du fascisme islamiste. Le socle de l’Etat-nation dans le monde arabe est à refonder et à retravailler avec des matériaux locaux.

Arrêtons l’importation des idées farfelues qui nous viennent d’ailleurs et qui ne sèment que le chaos. Ceux qui doutent, s’ils en ont le courage, devraient faire un pèlerinage dans la vallée de Sebaha en Libye, ou à Louxor, en Egypte, où le sieur Morsi n’a pas trouvé mieux que de vouloir nommer gouverneur un terroriste qui a assassiné 62 personnes au cours d’un attentat en 1997. Voilà la bonne gouvernance que les Etats-Unis et les Occidentaux nous proposent à travers ces sinistres personnages, dont Morsi restera dans les mémoires comme le plus mauvais des présidents égyptiens. Le sectarisme qui le caractérise ainsi que son compère Erdogan et leur émir bienfaiteur du Qatar ne semble pas se tarir et les dégâts qu’ils occasionnent dans ces pays totalement divisés sur fond de véritable guerre confessionnelle antichiite commencent à s’étendre au Liban, en Egypte, et bien évidemment en Syrie. Est-ce là le projet américain pour le monde arabe issu du discours du Caire de Monsieur Obama ? Est-ce là la vision du Moyen-Orient offrant la paix éternelle à Israël en enfonçant les peuples et les nations arabes dans des guerres interminables ? Nous dirigeons-nous vers le démantèlement définitif de tous les Etats-nations du monde arabe pour satisfaire l’entité sioniste ?

Dans le cauchemar arabe actuel, notre patrie l’Algérie est un havre de paix avec une stabilité quasi totale, même si le Président est malade et absent du territoire national, et cela prouve, comme l’ont dit certains, la solidité des institutions militaires et sécuritaires de notre pays alors que nous faisons face à des actes quotidiens de félonie et de trahison de toutes sortes. Le cas du trublion minable d’Aboud en est un nouvel exemple, lorsqu’il rate une nouvelle fois l’occasion de se taire au moment où l’Algérie souhaite de ses enfants dignes et honorables qu’ils ne versent pas de l’huile sur le feu. Chacun a le devoir d’apporter un soutien au pays dans l’humilité et le respect de notre peuple, de notre nation, de notre histoire et de nos martyrs, au lieu de propager en amont et en aval une maladie chronique telle le mildiou, qui contamine le monde de la presse, le monde politique, et tous les éléments non représentatifs de la nation algérienne. Heureusement que nous avons un peuple très exigeant et mature politiquement car sans cela l’anarchie se répandrait sur le pays. Des forces à l’intérieur comme à l’extérieur ne rêvent que de nous voir plonger dans la fitna. Ces groupes vont de l’OAS aux harkis, en passant par les expatriés qui ont fui le pays pendant la décennie rouge-sang, ceux qui ont vendu leur honneur pour un asile politique, les mafieux corrompus nichés dans les administrations, les cercles sionistes, bref tout un conglomérat antialgérien visqueux avec ses variantes qui n’a jamais accepté l’indépendance de l’Algérie.

Et ce Hicham Aboud sorti par la porte nous revient par la fenêtre avec des propos nauséabonds, vulgaires, qui symbolisent tout ce qui est bas chez l’homme. La question qu’on lui pose : avez-vous vraiment un honneur, vous et vos semblables, les Samraoui, Sifaoui, Souadia, Dhina, Zitout, Abassi, Mezrag, et toute cette clique de parias qui braient continuellement contre l’Algérie ? Ou encore cette plume hargneuse qui trempe dans l’encre amère de la vengeance personnelle pour justifier son existence insignifiante de frustré dépaysé parisien, offrant une aubaine par sa bêtise aux ennemis de l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui. Qu’ils méditent donc cette citation algérienne : «Si vivre se limitait à exister pour soi, qu'aurais-je de plus que les arbres qui se dénudent en hiver et se couvrent au printemps tandis que je fais l'inverse ?» Un autre exemple tout frais de la perfidie nous a été montré par France 2 qui, au cours d’un reportage dans son JT du jeudi 27 juin, prêchait la chose et son contraire.

Cette couverture à la veille de notre fête nationale n’est pas innocente. Un envoyé spécial y dépeignait Alger comme un eldorado réservé aux riches en s’appuyant sur le témoignage d’un ex-comptable devenu milliardaire par la sainte grâce du dieu dollar, qui n’a pas hésité à cracher lui aussi dans la soupe à la télévision française. Le patron de Cevital qui a bénéficié des exonérations d’impôt et de différents privilèges accordés aux entrepreneurs algériens, a déclaré avoir été victime de la mauvaise gouvernance.

Donc, voilà un entrepreneur économique qui se transforme en chef de parti politique. On aurait aimé savoir à quoi se résume la bonne gouvernance chez ces énergumènes qui ont saigné le pays, corrompus jusqu’à la moelle, et qui dénigrent notre pays sur les chaînes françaises. Comment se fait-il que Monsieur Rebrab investisse dans les fenêtres PVC en France alors que c’est l’Algérie qui lui a octroyé des crédits? En nous parlant de la lourdeur de la bureaucratie, lui qui détient tout le port de Béjaïa et qui possède des usines un peu partout, je me demande ce que veut ce monsieur. Désire-t-il engloutir toute l’Algérie? De quelle mauvaise gouvernance parle cet individu, de celle qui a placé un simple comptable à la tête d’une des plus grandes fortunes d’Algérie et du monde ? Nous lui rétorquons par la phrase suivante: «D’où tiens-tu ça ?» («min ayna laka hada») que nous adressons aussi à Djaballah, Mokri, Mezrag, etc. autres adeptes de l’économie de bazar et de l’import-import. A-t-il gagné au loto ou à l’euromillions? Nous demandons des explications, car c’est facile d’aller critiquer à Paris ce que l’on bouffe à Alger.

Comme dit le proverbe arabe, «si tu n’as pas honte, fais ce que tu veux». Ce reportage au JT nous a offert l’occasion d’évoquer son dossier qui sera tôt ou tard mis sur la table, car cet enrichissement subit ne peut que mettre la puce à l’oreille du peuple algérien. Cet individu a beau nous baratiner avec ses histoires d’investissement, personne n’est dupe. S’il veut parler de mauvaise gouvernance, commençons donc par son cas, nous sommes curieux, nous qui avons hérité de la sève de nos ancêtres, d’entendre ses explications. On ne verra jamais aucun investisseur français critiquer son Etat sur les plateaux de télévision des autres pays. Or, manger avec le loup et pleurer avec le berger semble devenir une spécialité algérienne. Qu’avez-vous fait pour l’Algérie, Monsieur Rebrab and co ? Je me rappelle que votre fils, PDG de Hyundai, n’a pas hésité à frapper la présidente d’une section syndicale, dont j’ai eu le plaisir de plaider la cause auprès des plus hautes instances du pays auprès desquelles elle a obtenu gain de cause. Son seul tort était de vous avoir dit non, à vous les nouveaux maîtres de l’Algérie, et d’avoir défendu les travailleurs. Vous, les «begarra», les maîtres de la chakra, êtes la mauvaise graine du pays et devriez être nettoyés comme à la belle époque d’Ali la Pointe. «Si vous tenez le ciel, reposez-vous, même s’il tombe sur nos têtes.» L’Algérie vous a tout donné et vous ne lui rendez que de l’ingratitude.

Comment avons-nous donc pu produire des monstres pareils qui s’acharnent à porter des attaques perfides contre notre pays au moment où celui-ci est menacé de toutes parts par des conspirations multiples ? La presse, quant à elle, après sa naissance précoce lors de l’instauration du multipartisme, est restée figée à un stade embryonnaire régi soit par la calomnie soit par les critiques stériles, voire partisanes, ce qui lui a porté préjudice. Elle n’a jamais su développer sa mission de contrepouvoir en se cantonnant à être la caisse de résonnance et le relais des partis ou des lobbies de l’argent qui l’utilisent pour régler leurs comptes. Sa combattivité d’éthique et de déontologie reste encore à construire. Autre exemple de bassesse crapuleuse : le ministre marocain de l’Intérieur s’est fendu d’une déclaration pour le moins arrogante : «Ouvrez les frontières et nous arrêterons de vous envoyer des tonnes de drogue»!

Ainsi notre voisin de l’Ouest avoue contrôler le trafic de drogue qui inonde notre pays et, pire, se livre à un chantage mesquin envers nous. Bien évidemment, la réponse est claire à ce Maroc qui a toujours été une source de problèmes : pas question d’ouverture des frontières jusqu’à ce que les poules aient des dents ! Des partis politiques marocains se targuent de réclamer une partie de l’Algérie et de ce fait agressent notre souveraineté nationale. Parmi ces partis, celui de Chabat qui, au lieu de réclamer à l’Espagne Ceuta et Melilla, nous fait des fanfaronnades de coq, alors que le pauvre et paisible peuple sahraoui désarmé est opprimé et subit la torture quotidienne, et que plusieurs ONG, y compris celles des maîtres occidentaux du Maroc, produisent des rapports accablants pour dénoncer les dérives du régime marocain. Et ils osent s’attaquer à l’Algérie ? Qu’ils arrêtent leur cirque et donnent du travail et des logements à leur peuple au lieu de jouer avec le feu. Les Marocains ont été les premiers à réclamer la fermeture des frontières quand notre pays était livré à sa tragédie nationale et ils nous ont fermé la porte au nez pendant que des groupes terroristes allaient se reposer chez eux pour ensuite revenir massacrer notre peuple. Le moment est venu pour la nation algérienne et ses dirigeants de démystifier ce langage de bois et du charbon qui consiste à dire que les peuples arabes sont des « peuples frères ».

Non, Messieurs, ce concept est biaisé à partir du moment où la traîtrise et la perfidie pointent leur nez, c’est désormais chacun pour soi. Débrouillez-vous avec votre économie moribonde et fichez-nous la paix.

Il n’est pas encore né, celui qui peut se permettre de faire de la surenchère au sujet de l’Algérie, et certainement pas un pays dont le roi malade se soigne en France dans un lieu tenu secret et qui n’a plus donné signe de vie depuis plus d’un mois, et dont le gouvernement se fissure en attendant de couler comme le Titanic. Notre pays doit se redéployer sur lui-même et travailler avec des nations sérieuses, comme celles du BRIC qui ne produisent pas du vent, contrairement à ces pays arabes qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Le fait d’avoir un passé et une histoire communs ne donne à personne le droit d’exiger l’exclusivité de notre coopération ou de notre affection. Personne n’a le monopole de la fraternité et nous nous porterons mieux en nous construisant nous-mêmes. Nos autorités doivent travailler sur de nouvelles bases avec tous les pays, sur le principe gagnant-gagnant. Si certains demandent l’aumône, nous leur répondons : que Dieu vous aide, «Allah yanoub». L’Algérie, elle, s’est construite par le sacrifice de son peuple et n’a besoin de personne.

La politique algérienne a prouvé sa pertinence et son objectivité notamment dans les dossiers concernant la Syrie ou lors de l’intervention de l’Otan en Libye avec le désastre du «Sahelistan» qui a ramené la déstabilisation de tous les pays africains traversés de part en part par une multitude de groupes terroristes qui, d’après les derniers rapports et expertises de renseignement, constituent un danger imminent partout dans le monde et surtout en Europe. L’arsenal de guerre libyen aux mains des terroristes takfiristes constitue un véritable cauchemar pour tous les services de renseignement du monde confrontés à un problème majeur avec la traçabilité de ces armes libyennes. L’Algérie en optant dès le départ pour la non-intervention en Libye ou en Syrie a fait le bon choix, même si elle a été isolée sur une scène arabe décomposée et moribonde, mais elle a tenu bon et prouvé la justesse de ses choix.

A ceux qui n’arrêtent pas d’attaquer l’Algérie pour ses options stratégiques en politique interne ou extérieure, nous disons que s’ils veulent répandre le chaos libyen ou syrien, qu’ils le fassent chez eux avant de vouloir nous l’imposer. Le peuple algérien n’est pas preneur et refuse d’être le laboratoire d’expérimentation de l’Occident. Nous y avons déjà goûté grâce aux bons soins des puissances mondiales qui ont misé sur la destruction de l’Algérie en y incrustant le corps étranger de la mouvance islamiste avec ses variantes qui changent seulement de vitrine mais dont la matrice est la même, et ils ne peuvent pas nous leurrer car nous les connaissons mieux que quiconque au monde. S’ils veulent diffuser l’islamisme «modéré», formule contestable et contestée distillée lors de ces coups d’Etat populaires surnommés à tort le «printemps» ou «l’hiver» islamistes, qu’ils sachent que le fascisme ne connaît pas les saisons. Lors de la cérémonie de sortie des promotions 2012/2013 à l’Académie militaire interarmes de Cherchell du général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, transmettant le message du président Bouteflika absent, a appelé à «redoubler d’efforts pour continuer d’assumer les responsabilités nationale et constitutionnelle et de défendre la souveraineté et l’indépendance de l’Algérie en toutes circonstances». «Nous vivons dans un monde marqué par des événements rapides induisant des changements multiples tous caractérisés par les variations et l'instabilité ce qui nous amène, en tant que militaires, à continuer d'assumer nos responsabilités nationales et constitutionnelles et de défendre la souveraineté, l'indépendance et la stabilité de l'Algérie en toutes circonstances.»

La situation, ajoute le chef d'état-major de l'ANP, «implique la poursuite résolue et sans relâche de la lutte contre le terrorisme et le démantèlement de toutes ses ramifications criminelles». «Nul besoin de dire, ici et là, que l'Armée nationale populaire, héritière de l'Armée de libération nationale (ALN), est le pilier, voire le fondement de cette force. Et c'est pour cette raison que le Président a insisté sur la nécessité pour nos forces armées de poursuivre plus que jamais le développement de leurs potentialités afin de se maintenir au niveau de la noble mission qui leur incombe constitutionnellement. Cela pour que notre armée soit à la hauteur des défis majeurs auxquels fait face notre région, notamment les événements peu rassurants au Sahel et qui exigent de nous une vigilance extrême et permanente afin de riposter à leurs impacts, retombées et menaces.» Discours magistral et diagnostic perçant de la part de nos dirigeants civils et militaires qui prouvent une fois de plus que l’ANP restera la forteresse imprenable sur laquelle se briseront tous les rêves de conquête impérialistes.

L’Algérie a montré au monde entier que son destin n’est pas lié à des personnes, même s’il s’agit de son président, mais à des institutions telles que notre armée et nos services de renseignement qui sont là comme des remparts contre les faux prophètes de tous bords qui veulent jouer avec la stabilité du pays. Ils trouveront toujours le peuple algérien uni avec son armée et ses services de renseignement. Les tentatives de déstabilisation et les manœuvres aléatoires de téléguidage des apprentis sorciers qui visent notre pays ont échoué de façon magistrale: notre pays fonctionne, le citoyen vaque à ses occupations, le climat de tension attisé par des agitateurs professionnels suite à la maladie du président s’est évanoui avec le rêve de voir l’Algérie sombrer dans le chaos.

Mais néanmoins, les patriotes, les hommes intègres, les forces vives de notre nation, qui ont toujours existé, doivent s’unir pour contribuer à l’essor de notre patrie, loin des marécages des affaires et du monde de l’argent sale qui a gangrené tout le pays via des pratiques mesquines souvent menées par des politiciens pourris qui ont oublié l’intérêt de la nation. Dans un climat géostratégique périlleux et menaçant, des cadres honnêtes et compétents issus de toutes les institutions sont aujourd’hui appelés à un rendez-vous avec l’Histoire qu’il ne faut pas rater, dans la continuité de la reconstruction de l’Etat-nation. A l’occasion de la fête nationale du 5 juillet, je souhaite à mes compatriotes dignes et fiers de leur patrie, bonheur, prospérité et espoir. Bonne fête à tous.

Tahia Djazaïr ! Gloire à nos valeureux martyrs !

Pour reprendre le dessus, il suffit juste de se faire une raison ! (citation algérienne)

 

Mohsen Abdelmoumen


EGYPTE: LA FIN DE L'HEGEMONIE ATLANTISTE?

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La Place Tahrir se lève contre le président Morsi



Le pouvoir étatsunien ne doit pas en mener large. Avec la Turquie c'était déjà assez coton, mais là! C'est l'Egypte, le cœur du dispositif péniblement mis en place depuis Anouar Essadate, qui est sérieusement menacé. Car il semble bien que cela soit la fin et du "printemps" des Arabes et assimilés et des Frères et du wahabisme et de l'hégémonie atlantiste dans la région. Le retour de manivelle est impressionnant. Jamais le peuple égyptien n'a été aussi mobilisé, même comparativement à l'ère du nationalisme nassérien.
 
Des marées humaines font la démonstration du refus de l'agenda dévastateur porté par Mohamed Morsi et sa Confrérie. La grande presse a beau faire croire à un clivage "laïcs" versus "islamistes", elle ne parvient pas à cacher la réalité que, bien au delà d'un courant politique, c'est le peuple  profond qui s'ébranle dans un extraordinaire mouvement contre la dictature de la "démocratie de marché", contre l'allégeance des Frères aux Etats-Unis, contre la mise à l'encan de la souveraineté du pays et contre l'engagement aux côtés de l'OTAN vis-à-vis de la Syrie. Uniques signes de ralliement, l'emblème national et, pour ceux qui ont pu en dénicher un exemplaire, le portrait de Gamal Abdenasser. Tout un symbole. La conscience égyptienne, que des dizaines d'années de bradage dans l'infitah, de compressions sociales, et de compromissions/trahisons dans la reconfiguration du Moyen-Orient, semblaient avoir anesthésié à jamais, a démasqué les Frères.
 
Dans une lamentable lecture, pleine de mépris des faits (ou plutôt de dépit) qui se veut analyse, le quotidien français Le Monde y voit "un vaste mouvement d'opposition, qui regroupe l'essentiel du camp laïc - plus quelques revanchards de l'ancien régime - et qui peut capitaliser sur le désespoir d'une bonne partie des Egyptiens". "Idéalement, les deux camps attachés au rejet de ce qu'a été l'ancien régime, devraient dialoguer", est la chute de l'article, l'expression du désarroi, devant l'effondrement des plans concoctés.
 
Reste le fol espoir d'un bain de sang qui n'aura certainement pas lieu, malgré quelques dérapages. Dans le réel, le monde entier suit en direct, la formidable communion de millions de femmes, d'hommes et d'enfants, animés de la certitude que rien ne doit plus et ne pourra plus se faire sans eux. En attendant le dénouement de cette épopée, nous ne pouvons ne pas nous remémorer la longue marche des Frères, à l'assaut du pouvoir, contre le communisme et le nationalisme. C'était du temps où une partie du monde dit arabe résistait vaille que vaille à l'offensive des puissances occidentales, où l'Arabie des Saoud ne trônait pas encore sur la scène internationale, où le Qatar ne figurait même pas dans les entrefilets de presse et où la "démocratie" rimait plutôt avec "édification nationale". Elle a duré cette marche, jusqu'à ce "printemps" qui devait être béni, mais qui s'est transformé en cauchemar. Il faut dire que ne pas tenir une année le pouvoir convoité, est une exception en la matière, surtout quand on se proposait de produire la société idéale et que l'on se trouve confronté, en quelques mois, à inspirer un dégoût et un rejet rarement observés dans l'Histoire.   
 
 
Par Ahmed Halfaoui


LE CONSEILLER DE LAURENT GBAGBO A ALGERIE PATRIOTIQUE: «LA SURVIE DE L'EUROPE DEPEND DE L'AFRIQUE»


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Affaire Gbagbo: "La Cour pénale internationale ne doit pas avoir honte de reconnaître qu’elle a été induite en erreur, trompée et manipulée par le gouvernement français de Nicolas Sarkozy et son allié Alassane Ouattara". 


Dans une interview accordée au site d’informations algérien, Algérie Patriotique.com, Alain Toussaint livre son opinion sur divers sujets.


Algérie Patriotique: Sous Gbagbo, la Côte d’Ivoire a connu un développement économique considérable. Le Pib de la Libye de Kadhafi était un des meilleurs dans le monde. La Syrie avait réussi, malgré un système politique fermé, à unir une société multiconfessionnelle. Le Venezuela de Chavez a rendu au peuple son honneur. L’Algérie, locomotive de l’Afrique, subit un terrorisme barbare depuis vingt ans. Pourquoi les pays du Sud qui avancent dérangent-ils le Nord?

Alain Toussaint: Le Nord a toujours eu besoin de sources d’approvisionnement en matières premières. Pour s’assurer qu’il n’y aura jamais de rupture, ces pays riches recourent à la violence armée. L’Afrique subit à la fois la domination politique, militaire et économique des grandes puissances qui lui imposent leur diktat. Notre continent qui compte un milliard d’habitants aujourd’hui – ils seront 2 milliards en 2050 – a d’énormes défis à relever : infrastructures, industrie, éducation, santé, culture, médias, etc. L’Afrique est donc un vaste marché convoité par toutes les autres nations. La survie économique de l’Europe, par exemple, dépend du contrôle des marchés africains. Ses entreprises doivent écouler leurs produits manufacturés en Afrique. S’il y a 20 ans, les pays du Sud faisaient l’essentiel de leur marché au Nord, le rapport s’est inversé avec la montée en puissance des pays émergents, emmenés par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Grâce à la dynamique créée par ces nouveaux acteurs, le Sud commerce davantage avec le Sud même si certains Etats d’Afrique subsaharienne restent encore relativement dépendants du Nord, notamment dans les domaines de la médecine, des technologies de pointe et de l’armement. Le partenariat Sud-Sud représente une menace pour le Nord dont la part de marché dans l’économie mondiale est en pleine décroissance. Il lui faut donc s’agripper à l’Afrique, y compris par la violence. Alors, certains chefs d’Etat sont imposés de l’extérieur via des opérations de déstabilisation déguisées en croisades pour la «démocratie». Par la puissance de leurs médias, des dirigeants étaient diabolisés avant d’être neutralisés. Le Vénézuélien Hugo Chavez a succombé à un mystérieux cancer de la gorge ; Laurent Gbagbo, pourtant réélu à la tête de la Côte d’Ivoire en novembre 2010, est maintenu en détention par la France à la prison de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas. Plusieurs autres leaders progressistes d’Afrique noire et du Maghreb – mais aussi d’Amérique latine – demeurent sous la menace permanente des maîtres d’hier. L’Algérie, qui a développé un partenariat très fort avec la Chine, n’est pas à l’abri. Son gaz et son pétrole sont convoités. Les pays occidentaux ont du mal à admettre que le temps de la soumission est passé. Ils refusent de mettre à jour leur logiciel et de changer leur vision erronée d’un continent en mouvement.

Renversement du pouvoir en Côte d’Ivoire, intervention militaire au Mali, pillage des ressources halieutiques au Sahara occidental occupé, exploitation des richesses naturelles dans d’autres pays africains… Pourquoi l’Afrique n’arrive-elle toujours pas à s’affranchir?

La suprématie des pays occidentaux repose sur leur hégémonie économique et militaire. D’ailleurs, ils en abusent pour jouer le rôle de gendarmes du monde dont ils n’ont reçu mandat de personne. Ils font la pluie et le beau temps, décernent des brevets de dictateurs ou de démocrates à qui bon leur semble au gré de leurs intérêts géostratégiques, occupent des territoires sous le prétexte d’y lutter contre le terrorisme, attisent les conflits internes en armant un camp contre l’autre, utilisent un armement sophistiqué quand ils dénient le droit à des gouvernements agressés d’en faire autant pour combattre les pantins qu’ils ont formés et armés. Tout le monde a compris la finalité de cette forme de paternalisme et de néocolonialisme. Plus que des missions pour le rétablissement de la «démocratie», il s’agit de conquêtes économiques. Regardez ce qu’ils ont fait au Mali, en Côte d’Ivoire, en Libye, en RDC, etc. Leur seul et unique objectif est le contrôle des richesses naturelles du continent africain. La grave crise économique actuelle que connaissent ces «grandes» puissances a davantage aiguisé leur appétit et renforcé leur détermination à dominer l’Afrique. En plus du pillage de nos ressources, il y a le fardeau de la dette africaine. Elle reste un facteur d’appauvrissement des populations et de sous-développement. C’est aussi le moteur de l’aliénation car elle entretient une dépendance totale à l’égard des pays «riches» du Nord et des institutions financières de Bretton Woods, qu’ils ont créées, notamment le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale.

Dans le monde multipolaire en gestation, les pays africains doivent se défaire de cette tutelle qui retarde leur décollage. Face à la nouvelle donne géopolitique et géoéconomique, un profond désir de liberté, d’indépendance effective et d’unité anime chaque Africain. Cela passe par la constitution de nouveaux pôles régionaux solides afin de tenir le choc face à des pays occidentaux entrés dans un cycle inévitable d’affaiblissement. L’Afrique n’a pas vocation à être l’éternelle vache à lait de l’Occident. Politiquement, militairement et économiquement, le continent doit enfin s’affranchir. Mais attention, il ne s’agit pas de remplacer les anciennes idoles par de nouvelles qui joueront le même rôle. Encore moins de passer d’un maître à plusieurs maîtres.

Les pillages et les interventions militaires ne changeront rien aux aspirations légitimes des peuples africains, privés de dignité depuis des siècles. Il faut bâtir en commun une Afrique solide pour nos enfants et les générations futures. Les Africains doivent comprendre que la bonne gouvernance est l’une des portes vers le développement. Nous devons envisager des réformes dans plusieurs domaines: politique, économique, social, culturel, etc. Nous devons, enfin, bâtir des institutions fortes et crédibles, socle de l’Etat de droit, au service des peuples africains. L’Afrique sera ce que les Africains voudront qu’elle soit. Il en va de même des relations avec les pays occidentaux. Le temps du réveil a sonné.

Des pays arabes réclament une réforme profonde de la Ligue arabe. Pensez-vous que l’Union africaine dans sa forme actuelle joue un rôle positif ou doit-elle subir une refonte totale?

L’Organisation de l’Unité africaine (Oua) puis l’Union africaine (Ua) n’ont jamais été au service des peuples africains. L’idée des pères fondateurs de l’OUA partait d’un bon sentiment, mais leur vision panafricaniste a ensuite été dévoyée par des chefs d’Etat africains en mission exclusive pour leurs maîtres occidentaux.

Après un demi-siècle d’existence, une refondation de l’Oua s’impose, ainsi que la redéfinition de ses missions. Quelle est sa vision de l’Afrique et du monde d’aujourd’hui ? Comment se projette-t-elle dans le futur ? Comment compte-t-elle défendre les peuples africains et les énormes ressources du continent face à la horde de pilleurs surarmés qui menacent l’existence-même de nos pays ? Nous devons rester unis pour protéger nos intérêts. Depuis l’élection de la présidente de la Commission de l’Ua, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, je sens les lignes bouger. L’Afrique digne a enfin pris les commandes de l’organisation continentale. Bien avant, le Libyen Mouammar Kadhafi, assassiné par la coalition des «démocrates de la canonnière», nourrissait une réelle ambition pour l’Afrique unie et forte. En plus de renforcer les capacités de l’Ua, le Guide estimait que l’autonomie et l’indépendance passaient par la création d’une monnaie unique africaine adossée à une Banque centrale, la mise sur pied d’un vrai Parlement des peuples africains, des infrastructures de télécommunications, des routes pour dynamiser un marché interafricain, etc. L’Ua doit énormément s’impliquer dans la vie politique, institutionnelle et économique de nos pays plutôt que de les abandonner entre les griffes des ex-colonisateurs qui dictent leur loi à des Etats surendettés, livrés aux lobbies militaro-industriels. Les choses doivent changer.

Pourquoi la France de Sarkozy s’est-elle particulièrement acharnée contre le président Laurent Gbagbo et imposé par les armes Alassane Ouattara?

La Côte d’Ivoire demeure la chasse gardée de la France selon l’entendement des dirigeants français. Un pays stratégique puisqu’il représente à lui seul plus de 40% de l’Union économique et monétaire (Uemoa), qui regroupe les ex-colonies françaises d’Afrique de l’Ouest et qui ont en commun une monnaie dénommée le franc CFA. En réalité, Gbagbo n’a jamais remis en cause les intérêts français en Côte d’Ivoire. Bien au contraire. Les multinationales hexagonales ont largement profité des années Gbagbo. Seulement, dès son élection en octobre 2000, le nouveau chef d’Etat a mis en œuvre une politique de partenariat avec les pays émergents et ceux du Sud. Cette tentative d’ouverture a fortement déplu à la puissance tutélaire, la France, qui estime que la Côte d’Ivoire est sa propriété exclusive. Même la politique sociale de Gbagbo, notamment l’Assurance-maladie universelle (AMU), agaçait la métropole à tel point que l’Elysée de Jacques Chirac a dépêché un jour à Abidjan un ministre français afin de demander à Laurent Gbagbo de surseoir à sa «révolution». Voilà l’une des origines des malheurs de Gbagbo qui s’entêtait à tenir des conseils des ministres à Abidjan sans prendre l’ordre du jour à l’Elysée. Laurent Gbagbo est à la Côte d’Ivoire ce qu’Ahmed Ben Bella a été à l’Algérie. Un pacifiste, un patriote mais surtout le père de la conscience nationale. Les ex-colons lui ont préféré Alassane Ouattara, l’homme de la finance internationale, imposé par les armes au terme d’une rébellion barbare qui a fait des milliers de morts depuis septembre 2002. Depuis le 11 avril 2011, nous sommes dans une fiction de démocratie en Côte d’Ivoire. C’est le règne de la terreur, la violence d’Etat. Nos amis sont pourchassés, enlevés et assassinés par les milices d’un régime inhumain, qui s’endette sans compter pour faire plaisir à ses parrains. Aujourd’hui, plus de 700 personnalités – dont la première dame Simone Gbagbo, Pascal Affi Nguessan, le chef du parti de Gbagbo, un gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao), Michel Gbagbo, le fils de Gbagbo, Charles Blé Goudé, ancien ministre et leader des jeunes patriotes, des députés –, sont arbitrairement détenues par le pouvoir ivoirien. Les donneurs de leçon d’hier, si prompts à accabler Gbagbo dès que la météo est mauvaise à Abidjan, sont subitement devenus aveugles et muets. Mais je reconnais que c’est bien le type de «démocratie» que préfère la France en Afrique.

Vous estimez que la décision de la Cpi d’ajourner le verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo est annonciatrice de sa libération prochaine. Sur quoi fondez-vous votre optimisme?

C’est la Cpi, elle-même, qui m’encourage à le penser. Comme vous le savez, ses juges ont demandé au procureur Fatou Bensouda de poursuivre ses investigations afin de présenter des preuves plus solides qui pourraient justifier un procès à l’encontre de Laurent Gbagbo. Or, Gbagbo a été déporté à La Haye depuis le 29 novembre 2011, en violation de ses droits, sur la base d’un mandat illégal. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le dossier d’accusation est vide. La Cour ne doit pas avoir honte de reconnaître qu’elle a été induite en erreur, trompée et manipulée par le gouvernement français de Nicolas Sarkozy et son allié Alassane Ouattara. Il n’y a aucun mal à cela. Laurent Gbagbo, à qui Jacques Chirac promettait la Cpi depuis 2003, est innocent. Il doit être libéré immédiatement.

Qui, selon vous, a instrumentalisé la CPI pour «monter» un procès contre l’ancien président de Côte d’Ivoire?

La dimension politique de cette affaire est incontestable. La détention du président Gbagbo est une escroquerie politique. Le gouvernement français détient la solution du problème Gbagbo. François Hollande qui a hérité de ce dossier n’ignore rien du complot ourdi par Nicolas Sarkozy contre Laurent Gbagbo, vainqueur de la présidentielle de novembre 2010. Le nouveau chef d’Etat français rendrait service à la Côte d’Ivoire et à la France en autorisant la libération de notre leader. De grâce, ne me parlez pas de justice ! C’est une affaire politique, vous le savez très bien. Gbagbo est un prisonnier politique de l’impérialisme occidental, comme le furent avant lui Samory Touré, Toussaint Louverture, Béhanzin, Kadjo Amangoua et d’autres. Le président Gbagbo se retrouve à La Haye à la suite de petits arrangements entre amis, notamment Nicolas Sarkozy, l’ancien procureur de la Cpi, Louis Ocampo-Moreno, et leur ami Alassane Ouattara. On le voit, le politique prédomine sur le judiciaire. L’entêtement de la CPI à vouloir coûte que coûte condamner Gbagbo est une erreur de politique pénale qui nuit gravement à son image et à sa crédibilité. Cette Cour est si partisane qu’elle n’a engagé, pour l’heure, que des poursuites contre le camp Gbagbo mais pas contre celui de Ouattara, le «démocrate» préféré de la communauté internationale. Cette politique du «deux poids deux mesures» démontre bien que la CPI est instrumentalisée. Les leaders africains comme Laurent Gbagbo, les présidents soudanais Omar El-Béchir ou kenyan Uhuru Kenyatta sont les victimes du nouveau colonialisme judiciaire, dans le droit fil de la domination économique, militaire et politique des puissances occidentales sur l’Afrique. Cette forme de terrorisme doit aussi cesser.

Est-il probable que Laurent Gbagbo soit libéré ? Quel impact sa libération aurait-elle sur la vie politique en Côte d’Ivoire?

Selon moi, les chances de libération du président Gbagbo sont intactes. Le dossier est vide. Sa détention fait peser une hypothèque sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. La libération de Nelson Mandela avait contribué à construire la nouvelle Afrique du Sud post-apartheid. Celle de Laurent Gbagbo peut être un puissant moteur de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Son retour parmi les siens permettra de renouer le fil du dialogue entre Ivoiriens, d’apaiser les cœurs et d’annihiler toute tentative de belligérance. Laurent Gbagbo a toujours œuvré pour la paix et l’unité des Ivoiriens. Il est le fondateur d’un parti politique qui transcende les clivages ethniques, religieux et sociaux. Gbagbo est un rassembleur. Cet homme du peuple manque énormément à ses compatriotes, dont une écrasante majorité – toutes obédiences politiques confondues – vit très mal son incarcération à La Haye.

Si Gbagbo recouvrait sa liberté, envisage-t-il de revenir aux affaires politiques dans son pays?

C’est une question délicate que vous me posez. Seul le président Laurent Gbagbo est en mesure d’y répondre. Mais je ne doute pas qu’il prendra une décision cohérente, en pleine harmonie avec sa conscience, son parcours et l’espérance toute fondée qu’il incarne pour le peuple ivoirien et l’Afrique qui l’attendent.

 

Interview réalisée par Kamel Moulfi et Mohamed El-Ghazi


Source: ALGERIE PATRIOTIQUE

DANS CERTAINES CIRCONSTANCES, LE SILENCE PEUT ETRE SYNONYME DE LACHETE ET DE COMPLICITE AVEC L'INIQUITE

 

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Mgr Paul-Siméon Ahouana Djro

 

Lorsque Caïn tua Abel et que Dieu lui demanda où était son frère, il répondit qu’il ne savait pas et qu’il n’était pas le gardien de son frère (Genèse 4, 25). Qu’ils le confessent ou non, les disciples de Caïn sont ceux qui refusent de veiller sur leurs frères, ceux qui se montrent indifférents à la détresse ou à la souffrance d’autrui. D’autres personnes estiment au contraire que nous sommes responsables les uns des autres, qu’on ne peut se revendiquer homme et ne pas “connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi ”. Leur raisonnement est le suivant: si nous nous disons frères ou compagnons d’humanité, la misère (matérielle, morale ou spirituelle) de l’autre devrait nous interpeller et nous amener à sortir de notre silence.

C’est ce que fit Voltaire (1694-1778), figure emblématique de la France des Lumières, en défendant Calas accusé à tort d’avoir assassiné son fils Marc-Antoine pour l’empêcher de faire comme son frère aîné qui était passé du protestantisme au catholicisme et d’avoir maquillé le meurtre en suicide. En intervenant dans l’affaire Calas, l’auteur de “Candide” n’était pas mû par des considérations pécuniaires pas plus qu’il n’était en quête de reconnaissance. Sa renommée était déjà bien établie par une immense œuvre littéraire. Tout ce qu’il voulait, c’était un nouveau procès car il était convaincu que Calas et les siens étaient victimes de l’intolérance et de l’arbitraire. La suite est connue: un autre procès eut lieu en 1764, Jean Calas fut réhabilité l’année suivante et Voltaire put retourner à Paris en avril 1778 après vingt ans d’exil.

Victor Hugo (1802-1885) ne défendit pas un individu mais les pauvres en général. En 1862, en effet, il leur consacra un grand roman, Les Misérables, qui raconte l’émouvante histoire de Jean Valjean. Sa phrase “Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe” est restée dans tous les esprits. Mais Hugo est aussi connu et apprécié pour avoir fustigé le coup d’État du 2 décembre 1851 et son auteur Napoléon III dans un pamphlet intitulé Napoléon le petit. Probablement pour le remercier d’avoir plaidé la cause du peuple et d’avoir pris des risques pour ce peuple, environ deux millions de personnes et 2 000 délégations se déplacèrent, le 31 mai 1885, pour lui rendre un dernier hommage.

Émile Zola (1840-1902), mort 17 ans après V. Hugo, s’intéressait comme ce dernier aux conditions de vie des pauvres et disait “n’avoir qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur”. C’est pour cette raison qu’il refusa de se murer dans le silence pendant l’affaire Dreyfus. Se taire lorsqu’un innocent est condamné alors que les vrais coupables circulent librement lui semblait insupportable. Pour mémoire, Alfred Dreyfus, capitaine français d’origine juive, était considéré comme un traître à la nation. On lui reprochait d’avoir livré des documents secrets à l’attaché militaire allemand en poste à Paris. Pour Zola, le véritable traître était le commandant Walsin Esterházy.

Ses articles dans la presse française et sa lettre au président de la République Félix Faure publiée dans “L’Aurore” du 13 janvier 1898 sous le titre “J’accuse” furent décisifs. Le 23 février 1898, au cours du procès, il reviendra à la charge en disant: “Tout semble être contre moi, les deux Chambres, le pouvoir civil, le pouvoir militaire, les journaux à grand tirage, l’opinion publique qu’ils ont empoisonnée. Et je n’ai pour moi que l’idée, un idéal de vérité et de justice. Et je suis bien tranquille, je vaincrai. Je n’ai pas voulu que mon pays restât dans le mensonge et dans l’injustice. On peut me frapper ici. Un jour, la France me remerciera d’avoir aidé à sauver son honneur.”

Si l’engagement de Zola contribua incontestablement à la révision du procès et à la réhabilitation de Dreyfus en 1906, il n’en reste pas moins vrai que l’auteur de “Germinal” laissa quelques plumes dans ce combat contre l’injustice et le mensonge. Il dut en effet composer avec la haine et les menaces de mort. Ses livres et son portrait furent publiquement incendiés. Même son nom fut retiré de la Légion d’honneur.

Pourquoi ce détour par trois monuments de la littérature française? D’abord, pour souligner que la lutte pour la justice et la vérité n’est pas un combat perdu d’avance.

Cette lutte peut être longue et dure; elle peut parfois nous éloigner momentanément de la patrie et des nôtres (c’est le cas de Voltaire et de Zola qui fut contraint de passer 11 mois à Londres) mais elle finit par porter du fruit. Je ne sais pas quand cela se fera mais je suis certain que les usurpateurs et voleurs que la France a installés à la tête de notre pays seront dégagés et rendront des comptes au peuple ivoirien pour la simple raison que le faux et l’injustice ne peuvent prospérer éternellement. En revenant sur l’engagement politique des 3 écrivains français, je voudrais, d’autre part, nuancer l’idée selon laquelle il vaut mieux garder le silence pour éviter d’avoir des ennuis. Non, devant un frère qui souffre ou pleure, la seule attitude qui vaille n’est pas de se taire ou de rester dans son petit coin mais de se solidariser avec lui, de l’assister.

La Côte d’Ivoire divisée en deux en septembre 2002 par une rébellion montée de toutes pièces par la France pour obliger Laurent Gbagbo à se prosterner devant elle et à la laisser piller les richesses du pays, ne bénéficia pas de cette assistance. Plusieurs pays de la CEDEAO refusèrent de soutenir ouvertement et concrètement le président démocratiquement élu par les Ivoiriens en octobre 2000. Peut-être ces pays se disaient-ils qu’ils n’étaient pas concernés par cette tragédie et que leurs pays étaient à l’abri de ce genre de choses. La CEDEAO prit fait et cause pour les rebelles, leur déroulant le tapis rouge, n’exigeant jamais que ces assassins et buveurs de sang déposent les armes, les soutenant jusqu’à la réalisation de leur funeste objectif: remplacer Laurent Gbagbo par Dramane Ouattara, l’homme qui leur envoyait chaque mois 25 millions de FCFA quand ils se préparaient à attaquer le pays au nez et à la barbe de Compaoré et donne chaque jour l’impression de travailler plus pour la France et les étrangers de la CEDEAO que pour les Ivoiriens. Mais quelques mois suffirent pour que chacun de ces pays découvre, avec la partition du Mali, que ce qui arriva à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo peut arriver à tout le monde, tout comme il fallut les guerres meurtrières du Liberia et de la Sierra Leone pour que nombre d’Africains prennent conscience qu’ils auraient dû parler et faire quelque chose au moment où les Interahamwe de Juvénal Habyarimana massacraient un million de Tutsis avec la complicité de l’armée française.

Ce que je voudrais dire en un mot, c’est que le silence n’est pas toujours recommendable quoiqu’il soit utile à certains moments. Face à certaines situations, on a en effet le devoir de parler (haut et fort au besoin) pour que soient entendus les cris des victimes. Parler non pas parce qu’on a envie de se faire remarquer, ni parce qu’on désire nuire à X ou à Y, ni parce qu’on cherche à faire fortune sur le dos des personnes affligées mais simplement parce qu’on considère que tout homme nous est un frère. Pour le dire autrement, se taire toujours me paraît à la fois malsain et indécent. Je fais partie de ceux qui soutiennent que le silence ne mérite pas que des éloges et que, dans certaines circonstances, il peut être synonyme de lâcheté et de complicité avec l’iniquité, que ne rien dire devant l’injustice et le mensonge est dangereux et destructeur non seulement pour les autres mais pour soi-même.

À titre d’illustration, je ne citerai ici que le joli poème écrit en 1942 par le pasteur allemand Martin Niemöller, fondateur de La “Ligue d’urgence des pasteurs” qui protesta contre la persécution des Juifs et des pasteurs refusant de se soumettre aux Nazis. Le fameux poème, le voici: “Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste; quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste; quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif; quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique. Et puis, ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester.” Le malheur qui frappe aujourd’hui autrui peut me frapper demain si je ne dis rien ou ne fais rien pour le tirer d’affaire: telle est la leçon qui nous est donnée par Martin Niemöller.

Les Maliens, qui croient à tort avec les Burkinabè et Guinéens que la Côte d’Ivoire est aussi leur propriété privée parce qu’ils auraient contribué à son développement, l’avaient oubliée ou ignorée. Simplement parce qu’ils étaient obnubilés par l’idée, la fausse idée, que le malheur des Ivoiriens ferait leur bonheur. En effet, le Mali mais aussi le Sénégal de Wade et d’autres pays de la sous-région, poussés par une diabolique jalousie, s’imaginaient que la crise ivoirienne les rendrait enfin riches, prospères et puissants. D’où le soutien qu’ils n’hésitèrent pas à apporter à une rebellion sanguinaire et immorale. Mais, comme tout se paie ici-bas et que ça n’arrive pas qu’aux autres, ils vivent à présent dans un pays divisé avec deux armées et des populations obligées d’abandonner tout ce qu’elles ont patiemment construit et de fuir des rebelles voleurs et violeurs.

Le “Je n’ai rien dit” de Niemöller fut oublié par le Vatican qui, en plus de se faire représenter à Yamoussoukro le 21 mai 2011 par Mgr George Antonisamy à l’investiture de Dramane Ouattara, ne dénonça jamais l’embargo sur les médicaments, la fermeture des banques, l’incarcération sans jugement des proches de Laurent Gbagbo, les tueries de Duékoué et de Nahibly. Il est vrai que personne ne peut chanter un “Te Deum” après le cambriolage de la basilique Notre Dame de la Paix le 24 juin 2013, prouesse jamais réalisée sous les précédents régimes. Mais peut-on s’interdire de penser qu’il est peut-être bon que le Vatican soit victime, lui aussi, de cette barbarie pour qu’il comprenne enfin que ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 est trop grave pour qu’on continue de garder le silence?

Certains pourraient objecter que les prêtres étrangers qui ont la charge de cette basilique ne devraient pas se mêler des affaires de la Côte d’Ivoire. Je leur répondrais que l’argument ne tient point la route car l’évêque de Doba (Tchad), la ville du pétrole tchadien, bien que de nationalité italienne, n’a pas manqué de critiquer, dans son homélie du 30 septembre 2012, la gestion des ressources du pétrole. Pour Mgr Russo, la population locale ne profitait pas assez des revenus de l’or noir. L’évêque italien ne comprenait pas que Doba n’ait pas d’électricité 24h/24h alors que le Tchad produit du pétrole depuis 9 ans.

Le gouvernement tchadien estima que Mgr Michel Russo prêchait la division et qu’il devait donc quitter le pays. Mgr Russo fut effectivement expulsé le 21 octobre 2012 mais il revint dans son diocèse le 27 décembre. Et, parmi les évêques de Centrafrique ayant écrit au président Michel Djotodia le 20 juin 2013 pour condamner les exactions de la coalition Seleka, ne trouve-t-on pas 5 étrangers (les évêques d’Alindao, de Bouar, Bangassou, Kaga-Bandoro et M’Baïki)? Ces deux exemples attestent que l’évangile ne dit nulle part que seuls les prêtres et évêques d’un pays devraient s’engager dans la lutte pour la justice et le respect des droits de l’homme. “L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se developper .”

Cette parole de Benoît XVI ne s’adresse pas uniquement au clergé ivoirien mais à toute personne ayant choisi librement de suivre le Christ comme prêtre ou religieux(se). Les prêtres et religieux (ses) travaillant en Côte d’Ivoire devraient mettre en pratique la recommandation du pape allemand au lieu de continuer à rester muets. Sinon, ils donneraient raison à ceux qui les soupçonnent d’être les inspirateurs des articles partisans du quotidien catholique “La Croix” et de rouler pour ceux qui, après avoir coupé le pays en deux, ont usé de mensonges pour amener l’ONU et la France à tuer les Ivoiriens afin que Dramane Ouattara puisse occuper le fauteuil présidentiel.

En prenant position clairement et publiquement, Mgr Russo et les 5 évêques expatriés de Centrafrique ne voulaient pas renverser Idriss Déby et Djotodia. Leur objectif était simplement d’incarner un tant soit peu 2 paroles du Christ. La première dit: “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres” (Jean 8, 32). Quant à la seconde, elle invite à craindre non pas “ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus mais celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne” (Luc 12, 4-5).

Je ne sais pas ce que craignent nos frères qui militent dans le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s’ils arrêtaient de soutenir aveuglément un pouvoir qui s’est donné pour mission de déposséder les populations de l’Ouest au profit des Burkinabè, de brader la nationalité ivoirienne, d’emprisonner ou d’assassiner quiconque est en désaccord avec Dramane Ouattara, de protéger et promouvoir ses propres criminels, de faire du faux (par exemple, la vidéo des violences du Kenya versée au dossier de l’Accusation) pour garder injustement Laurent Gbagbo à la Haye, de ne donner du travail qu’aux gens du Nord, etc. Craignent-ils de perdre leurs postes et les avantages les accompagnant?

Mais que valent nos petits intérêts égoïstes à côté de l’avenir d’une nation? Le pays va mal, il se meurt et les partisans de Laurent Gbagbo ne sont pas les seuls à le dire. Lazare Yéboué, Kouadio Konan Bertin, Daniel Aka Ahizi, Mel Théodore, Boni Claverie, Dona Fologo, Jean-Louis Billon et tant d’autres nous alertent sur les dangers que des irresponsables et des bouffons font courir chaque jour à la Côte d’Ivoire. Ils nous mettent en garde contre le fait de penser que ça n’arrive qu’aux autres et ils ont raison car, quand les mercenaires venus du Burkina et du Mali pillaient les maisons, violant et emportant tout sur leur passage, ce n’est pas les seuls partisans de Laurent Gbagbo qui firent les frais de ce gangstérisme moyenâgeux.

Tout le monde fut visité et dépouillé. Ils n’ont pas tort de considérer que la Commission électorale ivoirienne, dans sa composition actuelle, est un non-sens dans la mesure où le MPIGO, le MJP et le MPCI qui n’existent plus continuent d’en faire partie et de nous rappeler que les étrangers n’ont pas le droit de faire chez nous ce qu’ils ne nous permettraient pas de faire chez eux. Je suis d’accord avec eux quand ils conseillent que l’ouverture à l’extérieur ne doit pas nous faire croire naïvement que la France veut notre bien car “entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies”.

Le pape François, qui ne cesse de nous surprendre agréablement, a dit une chose que je trouve belle et juste lors de l’audience générale du 26 juin 2013: “Dans l’Église, personne n’est secondaire, personne n’est le plus important, nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu, même le pape. Vous pourriez dire: ‘Écoutez, sainteté, vous n’êtes pas notre égal’. Si, je suis comme chacun de vous, nous sommes tous égaux, nous sommes frères! Nous formons et nous construisons tous l’Église… Nous devons tous apporter notre vie à l’Église, apporter notre cœur, notre amour, nos pensées, notre travail, tous ensemble.” C’est en frère désireux d’apporter sa petite pierre à l’édification de l’Église qui est en Côte d’Ivoire que je voudrais revenir sur l’homélie délivrée par le frère Siméon Ahouanan à la messe de clôture de la 96ème Assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, le 26 mai 2013.

L’archevêque de Bouaké disait entre autres ceci: “Aucune société ne peut se construire sur la base de l’exclusion, sur la logique de la vengeance, sur des désirs d’affrontement, sur des réflexes de repli communautaire ou politique. Aucune communauté ne peut survivre dans la violence aveugle dont personne ne sort indemne d’ailleurs.” Rien ne nous dit que ces propos portent sur la société ivoirienne. Cette façon de parler s’appelle noyer le poisson, botter en touche, se débiner, parler sans s’engager ou refuser de prendre ses responsabilités, tant le discours est vague et trop général. Il est si général qu’il pourrait s’appliquer à la Gambie, au Portugal, au Mexique ou au Vietnam.

Ahouanan a manqué de courage pour dire de quoi le pays souffre exactement et interpeller qui de droit. Lui qui avait demandé à juste titre à Robert Guéi de respecter sa promesse de balayer la maison et de retourner à Kabacouma, lui qui ne se privait pas de tirer à boulets rouges sur le régime de Gbagbo, est devenu subitement muet comme si tout allait bien à Bouaké et ailleurs dans le pays. Les Camerounais disent que la bouche qui mange ne parle pas. Celle d’Ahouanan serait-elle tellement pleine qu’il aurait du mal à parler sans peur de choses sérieuses? Quand il rugissait sous Guéi et Gbagbo, était-il en mission pour le RHDP? La seule chose que je trouve recevable dans sa prédication du jour, c’est d’avoir invité les femmes à sortir. Sortir en masse et partout comme en Égypte: c’est l’unique chose à faire aujourd’hui si nous voulons libérer notre pays, si nous voulons mettre fin aux souffrances et aux humiliations des Ivoiriens. Mais j’ajouterais ceci: ce ne sont pas seulement les femmes qui doivent sortir. Les hommes de Dieu, eux aussi, doivent descendre dans la rue pour chasser ce régime totalitaire et impopulaire.


Romuald Aboké Isidore

BP 64 Sakassou

mardi, 02 juillet 2013

RENDRE HOMMAGE A MANDELA, EN ATTENDANT L’AVENEMENT D’AUTRES DIRIGEANTS AFRICAINS SOUCIEUX DE LA DIGNITE DU CONTINENT


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Depuis quelques jours, les médias occidentaux relaient, de façon fébrile, les nouvelles de la santé de Nelson Mandela, l’ancien président sud africain. Ils sont comme en compétition pour celui d’entre eux qui, le premier, annoncera le décès de l’ancien prisonnier de Robben Island. En Afrique du Sud, l’émotion est grande, mais c’est dans la sérénité que le peuple de la nation arc-en-ciel attend en priant ce qu’il en sera du sort de Madiba. Ailleurs en Afrique, on attend certainement aussi, mais juste comme on attend un évènement autour duquel il y a beaucoup de bruit, sans plus. Car nous sommes bien en 2013, et il y a eu tant d’affreux évènements dans notre vie, que le souvenir du héros Mandela ne nous caresse plus que très légèrement. Oui ! Il est bien loin dans notre souvenir, le Mandela de la lutte contre les injustices de l’apartheid. Et on se souvient à peine de celui qui partagea le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk, son ex-ennemi, en 1994. Vingt ans ou presque, c’est beaucoup pour des gens dont la vie est une suite de souffrance dont les auteurs ou tout au moins les commanditaires sont ceux-là même qui s’excitent comme des poux autour de l’icône nommée Mandela ! Nous ne sommes pas en train de nous plaindre de la ferveur médiatique autour d’un héros de notre continent : nous sommes juste perplexe et restons dubitatif devant tant d’excitation. Car pour nous, l’enjeu se trouve bien au-delà de l’honneur aux héros.

Mandela, une étoile universelle éteinte avant l’heure :    

Il faut l’avouer sans hypocrisie, il y a longtemps que sont effacées dans l’esprit de beaucoup d’Africains, les images fortes, symboles de fierté, telles celles de Winny et Nelson Mandela. Il nous est resté très peu du héros des années terribles de l’apartheid. Et, de même  qu’aujourd’hui, nous sommes peu nombreux à nous souvenir de Steve Biko, de Dulcy September, voire des enfants de SOWETO, de même nous avons de la peine à trouver brillant dans notre mémoire, le souvenir du premier président Noir de l’Afrique du Sud. Beaucoup de nos héros, les héros de l’Afrique, sont loin dans notre mémoire. On ne les a pas oubliés certes mais, tiraillés par les contingences immédiates, les réalités amères de notre existence d’opprimés, nous enjambons ceux qui sont tombés et ramassons au besoin l’arme de celui qui part à jamais, selon le mot du Che, pour la continuation du combat. Mandela, depuis la présidence de l’Afrique du Sud, n’a plus occupé dans notre vie que la même place que nos autres valeureux héros disparus. Il n’est plus qu’une icône comme les Patrice Lumumba, les Kwame Nkrumah, les Amilcar Cabral, les Thomas Sankara, les Gamal Abdel Nasser… Tous les héros de notre histoire commune sont gravés dans notre mémoire. Mais, à la différence des autres héros, Mandela est toujours vivant.  Eux, on les a déjà pleurés, et leur souvenir est un motif de fierté qui nous encourage au combat. Mandela lui,  on ne l’a pas encore pleuré et pourtant, il ne nous est plus d’aucun véritable apport depuis la fin de sa présidence sud-africaine. Depuis cette époque-là, ce sont les autres, nos ennemis, qui lui vouent un culte totémique.

Au point où parfois, on se demande qui de nos ennemis, dont nous connaissons la cruauté, et nous, sont les vrais bénéficiaires aujourd’hui de la vie du Prix Nobel de la paix Nelson Mandela ! Il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Puis il a été président pour un mandat. Après, silence complet sur le chapitre africain !... L’homme est une étoile universelle qui pour nous est éteinte depuis bien longtemps. Que de souffrance, en effet, essuyons-nous depuis ces vingt dernières années, sans que, même par une simple déclaration, nous sentions la présence de cette icône dans notre existence ! Trop vieux, et avec ce qu’il a dû endurer en prison, il était certainement trop fatigué pour continuer de se battre. Il faut reconnaître qu’il a fait sa part ! C’est vrai ! Alors, nous disons qu’il y a longtemps que l’étoile qui a brillé s’est éteinte. Et il est malsain de s’acharner sur lui, de se bousculer autour de lui. Aujourd’hui, c’est un vieillard qui a plus besoin des prières de ses frères que nous sommes, comme le font les Sud Africains, plutôt que de cette excitation mercantile de mauvais alois. Prier pour Mandela, voilà le seul vrai hommage à rendre à ce héros de notre continent !

Au-delà des héros à qui nous rendons hommage, l’Afrique a aussi et surtout besoin d’hommes forts soucieux de sa dignité actuelle !    

Les grands hommes, l’Afrique en aura toujours besoin. Elle en a eu et, Dieu merci, elle en aura encore. Mais le constat aujourd’hui amer, c’est que le destin contrasté de tous nos héros est le fait d’un et même dénominateur, l’occident si accroché à ses visées impérialistes aux allures de déshumanisation des Africains. Une constance permanente est aujourd’hui inéluctable : l’occident n’encense de l’Afrique que ce qui, en plus de ne rien apporter aux Africains, participe de leur aliénation. De sorte que lorsque l’occident applaudit quelqu’un ou quelque chose par rapport à l’Afrique, il faut adopter de la méfiance en la situation. N’est-ce pas cet occident, principalement la France, qui fait et défait les gouvernements africains pour placer au pouvoir ses larbins, fossoyeurs des peuples du continent ? La conséquence logique de la situation, c’est que cet occident peut, en dehors de toute règle et de toute morale, encourager, laisser faire ou même conduire des massacres à dimension génocidaire sur le continent, sans que personne, ni les icônes mondiales de la taille de Mandela, ni aucun chef d’Etat, ni même ce syndicat de soumission qu’est l’UA, ne réagisse. Sarkozy et les siens ont tout faussé en Côte d’Ivoire, détruit la Lybie, sans oublier qu’ils avaient déjà tout organisé à leur profit au Tchad et en Centrafrique, et ils font maintenant toutes sortes de combines pour s’approprier le Mali. Peut-on dire qu’on ne voit pas ce qu’ils font ? Qui en Afrique ose lever le petit doigt, lorsque l’occident s’acharne sur le Zimbabwe de Mugabe, le très proche voisin de l’Afrique du Sud de l’icône Mandela ? La RDC, pas si loin que ça,  est dans la tourmente depuis de nombreuses années!... L’occident vorace torture depuis de longues années la Somalie ; il (l’occident vorace) a réussi à diviser le Soudan pour son pétrole. Et nous n’oublions pas «ses printemps arabes» qui n’épargnent pas l’Afrique!... Le ballet des souffrances des peuples d’Afrique se poursuit, et pas une voix ne s’élève, au-delà des discours à objectif médiatique des réunions où la soumission est convenue d’avance. Il est temps que les hommes et les femmes à la tête de notre continent, que ce soit au plan de la renommée ou à celui de la responsabilité à tous les niveaux, se soucient du bonheur de leurs frères, les autres Africains. Aucun être humain n’est rien sans les autres.

Dans les Saintes Ecritures, on parle du « prochain » ; et le prochain le plus immédiat, c’est l’autre être humain de la famille, le frère ou la sœur. A quoi sert-il à une personne d’être adulée par le monde, s’il n’est d’aucune utilité pour les siens ?  Personne ne sauvera l’Afrique de quelque problème que ce soit sinon les Africains eux-mêmes ! Que ceux qui en Afrique ont un minimum d’audience et de responsabilité s’investissent enfin dans les œuvres de libération et d’épanouissement des peuples africains : ils en seront de plus grands et vrais héros et mériteront bien mieux nos hommages !

Dieu nous garde!
 

BEDI HOLY, Enseignant.

dimanche, 30 juin 2013

HOMOSEXUALITE A ABIDJAN: QUAND PARIS S’EN MELE…

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Gay pride Paris, juin 2013.

 

La France vient de s’incruster dans le milieu de l’homosexualité en Côte d’Ivoire. La question était sur toutes les lèvres à Abidjan lorsque le premier mariage de personnes de même sexe a été célébré en France. «Bientôt le tour d’Abidjan?», se demandaient les Ivoiriens. C’est clair, aujourd’hui, que les choses pour imiter les paternels français sont bien engagées. Pousser Abidjan à suivre Paris, c’est ce qui transparaît dans la première action d’envergure menée dans cette affaire. Alors que les Ivoiriens devraient pouvoir mener leur propre débat avec leur loi et leurs valeurs.

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Mais non. Le  25 juin dernier, la France a accordé un financement pour le projet d'une association ivoirienne de protection des homosexuels, transgenres et personnes du métier du sexe. 30 millions de francs Cfa, c’est le montant de ce projet intitulé "Weteminan" qui signifie «Ensemble et tous égaux». Le but de ce projet révolutionnaire, la promotion et la vulgarisation des droits de l'homme concernant les minorités sexuelles à Abidjan. En Côte d’Ivoire, la question de l’homosexualité n’est pas abordée de façon officielle; la loi ivoirienne ne condamne pas mais ne donne pas non plus le feu vert à cette orientation sexuelle. L’appui de la France à ce projet vient donc ouvrir les vannes d’une lutte "pro" et "anti" mariage pour tous à l’ivoirienne. Et pourtant les Français n’ont pas eu de «pressions» de Washington, ou encore Bruxelles, pour accorder le droit du mariage à tout le monde. L’Etat de Californie, qui vient de renouer avec les mariages de personnes de même sexe après quelques années de suspension, n’a pas eu non plus d’influence du pouvoir fédéral américain. Vous avez dit ingérence?   

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Désormais, quelque soit l’issue de ce projet, la main de Paris dans ce suivisme souvent systématique d’Abidjan sera toujours visible. Dans l’hexagone, le gouvernement a eu beaucoup de mal à faire passer le projet de loi sur le mariage pour tous. Mais ce n’est certainement pas en Côte d’Ivoire qu’elle pourrait le faire haut la main. La France n’a pas fini de soigner son image encore trouble dans les esprits de bon nombre d’Ivoiriens, à l’issue de la crise qui a secoué le pays. Et l’ancien (?) colonisateur vient se jeter, pieds joints, dans un bourbier qu’il a fabriqué lui-même. La loi sur le mariage a perturbé, il y a quelques mois, le parlement et la société ivoirienne, et une autre bombe vient d’être lancée.

 

Williams F. Akiré

willardofian@live.fr

@WilliamsAKIRE


Source: Le blog de Williams Akiré

samedi, 29 juin 2013

REVELATIONS D'EDWARD SNOWDEN: L'ALLEMAGNE EXIGE DES EXPLICATIONS, LA FRANCE SE MURE DANS UN SILENCE SCANDALEUX

 

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Alors que toute l’Allemagne exige des explications, la France garde un silence scandaleux face aux révélations d’Edward Snowden.

 

Depuis une quinzaine de jours, le jeune informaticien américain Edward Snowden (âgé de 30 ans) défraye la chronique mondiale. Il est même devenu la source d’une vive tension diplomatique entre les États-Unis d’un côté, la Chine, la Russie et plusieurs autres États (Équateur, Islande) de l’autre.

RAPPEL DE L’AFFAIRE SNOWDEN

Cette affaire d’importance découle des révélations – de première main et sans précédent – que cet ancien employé de plusieurs services secrets américains (la CIA et la NSA) a faites dans plusieurs médias anglo-saxons de grand renom les 9 et 10 juin dernier, notamment :

Dans ces entretiens, Edward Snowden a révélé des informations top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que le système d’écoute sur internet du programme de surveillance PRISM du gouvernement américain.

Le gouvernement de Washington l’a aussitôt accusé de « traîtrise » et l’a inculpé sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernement. Les autorités américaines, notamment par la bouche du secrétaire d’État John Kerry, exerce des pressions diplomatiques intenses pour obtenir son extradition, alors que l’intéressé, qui s’était réfugié à Hong Kong dans un premier temps, se trouve, à l’heure où j’écris ces lignes, dans la zone de transit de l’aéroport international de Moscou.

Justifiant ses révélations, Edward Snowden a quant à lui indiqué que « [son] seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui ».

En outre, toujours selon des documents dévoilés par Edward Snowden au quotidien Guardian, les services britanniques de renseignement ont un accès à des câbles à fibres optiques qui en font un acteur majeur dans la surveillance des communications mondiales.  Pour l’ex-consultant, le centre britannique des écoutes (GCHQ) est encore pire que son homologue américaine.

L’AFFAIRE SNOWDEN PROVOQUE DE FORTES RÉACTIONS POLITIQUES ET JURIDIQUES EN ALLEMAGNE

Compte tenu de son histoire du XXe siècle, – avec la surveillance policière exercée par le régime nazi puis celle exercée en République Démocratique Allemande – l’opinion publique et la classe politique allemandes sont particulièrement sensibles à la question des écoutes téléphoniques et du secret des correspondances.

Aussi l’affaire Snowden fait-elle grand bruit chez nos voisins d’outre-Rhin, où de nombreux responsables politiques ou gouvernementaux sont intervenus publiquement au cours des derniers jours. Ainsi :

M. GEORG STREITER, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT ALLEMAND a déclaré (le 22 juin 2013) au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (F.A.S.) que « le gouvernement fédéral allemand prend très au sérieux les accusations d’espionnage par la Grande-Bretagne formulées par Edward Snowden dans le journal Guardian ». Et il a conclu  : « Nous allons réfléchir à l’affaire et prendre position en temps voulu ».

Cette déclaration du Porte-parole du gouvernement allemand a été doublé par les décisions et les déclarations de deux ministres importants et un secrétaire d’État du gouvernement, appartenant tous trois au petit parti libéral allemand FDP, très attaché aux libertés individuelles :

Mme SABINE LEUTHEUSSER-SCHNARRENBERGER, MINISTRE FDP ALLEMANDE DE LA JUSTICE, a estimé que les accusations constituaient « un cauchemar à la Hollywood » et que « si elles se révélaient fondées, ce serait une catastrophe ».

Elle a également appelé à ce que les institutions européennes fassent immédiatement la lumière sur cette affaire.

On notera à ce propos le silence total observé par les institutions européennes, comme à chaque fois qu’éclate un scandale mettant en cause le caractère dictatorial et illégal des politiques décidées par les autorités de Washington. Je rappelle notamment que ni la Commission européenne ni le Parlement européen ne s’émurent des révélations scandaleuses sur les “prisons secrètes de la CIA” sur le territoire de certains États d’Europe, en violation non seulement de leurs souveraineté mais de tout le droit international, notamment celui interdisant les actes de torture.

Avant de faire ces déclarations, la ministre allemande de la Justice avait convoqué à son ministère, vendredi 14 juin, les représentants en Allemagne des entreprises américaines Google et Microsoft, à propos de la surveillance électronique d’internet menée pendant des années par l’agence américaine NSA, selon les révélations d’Edward Snowden. Seuls les représentants en Allemagne de Microsoft et Google avaient accepté de venir répondre aux questions du gouvernement. Selon l’agence allemande DPA, Facebook s’était contenté de faire parvenir des réponses par écrit. Des associations de défense des consommateurs étaient également présentes.

À l’issue de cette réunion, Mme Leutheusser-Schnarrenberger s’est déclarée déçue en résumant à la presse: « Il n’y a pas eu de réponses concrètes de nos partenaires présents ».

Elle a également remarqué : « Il y a différents cadres législatifs qui se heurtent dans cette affaire, des législations européennes et extra-européennes ». C’est une façon de reconnaître implicitement que les entreprises américaines étaient tenues de déférer à l’appareil législatif de surveillance américain.

Une source gouvernementale allemande, non précisée par l’AFP mais de l’entourage de la ministre, est allée plus loin en expliquant les motifs de la déception allemande : « Sur la question de savoir dans quelle mesure des données étaient détournées des serveurs de Google et Microsoft vers la NSA, les deux entreprises se sont montrées vagues sur le niveau de leur coopération avec l’agence de renseignement américaine.»

C’est une façon de reconnaître implicitement qu’il y a bien des transferts de données privées et que les révélations d’Edward Snowden sont très probablement exactes.

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Du reste, la même source gouvernementale a indiqué que les deux entreprises Google et Microsoft ont profité de la réunion pour demander à ce que la chancelière allemande Angela Merkel appuie leurs efforts vers plus de transparence, tout particulièrement lors de sa rencontre mercredi à Berlin avec le président américain Barack Obama.

En d’autres termes, les entreprises ont reconnu implicitement qu’elles étaient pieds et poings liés devant les oukases des autorités américaines.

M. HANS-JOACHIM OTTO, SECRÉTAIRE D’ÉTAT AUPRES DU MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, qui participait aussi à cette réunion, a confirmé que le gouvernement allemand s’était heurté à un mur de secrets très préoccupants en déclarant qu’il « repartait de cette rencontre avec plus de questions que de réponses.» Il a cependant ajouté que les discussions avec les entreprises américaines allaient se poursuivre.

M. PHILIPP RÖSLER, MINISTRE FDP DE L’ÉCONOMIE, a quant à lui appelé le gouvernement britannique « à faire rapidement preuve de transparence », dans un entretien au quotidien Handelsblatt à paraître lundi 24 juin.
L’affaire Snowden et les derniers rebondissements sur la mise en cause des autorités britanniques, ont également provoqué des déclarations scandalisées et alarmées parmi les dirigeants des principaux partis politiques allemands :

M. VOLKER KAUDER, CHEF DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI CONSERVATEUR D’ANGELA MERKEL, LA CDU, a déclaré, dans l’édition dominicale du journal Die Welt, que « si l’ampleur de la surveillance des données était vérifiée, ce ne serait pas acceptable ».

M. THOMAS OPPERMANN, UN HAUT RESPONSABLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI SOCIAL-DÉMOCRATE (SPD) a dressé quant à lui exactement le même parallèle que le mien (dans ma conférence sur “La Tromperie universelle”) en lançant : « C’est comme si la surveillance de tous par un État décrite par George Orwell (auteur du roman 1984) en Grande-Bretagne était devenue réalité ».

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CONCLUSION : LE SILENCE SCANDALEUX DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS

Alors que trois membres du gouvernement et de nombreux responsables politiques se mobilisent outre-Rhin pour faire obstacle au totalitarisme orwellien venu de Washington, on reste saisi d’incrédulité devant le silence quasiment absolu de tout le gouvernement français, comme de tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale, devant l’affaire Snowden.

Ni François Hollande, qui a jugé plus utile de commenter publiquement les résultats de l’élection partielle du Lot-et-Garonne plutôt que l’affaire Snowden, ni aucun ministre, ni aucun dirigeant du PS ou de l’UMP n’ont émis la moindre déclaration pour se déclarer scandalisé des révélations d’Edward Snowden et pour demander des explications publiques de la part des autorités américaines comme des entreprises d’Internet concernées.

Aucun des européistes qui nous accablent de leurs boniments sur la “solidarité européenne” n’a jugé bon non plus de s’indigner de la surveillance exercée par les autorités d’un Etat-membre de l’UE (le Royaume-Uni) à l’encontre de ses partenaires.

Dans cette affaire d’une importance capitale puisqu’elle touche à la liberté et au secret des correspondances de toute l’humanité, François Hollande prouve une nouvelle fois, par sa couardise et son effarante médiocrité, qu’il est indigne d’exercer les fonctions suprêmes qu’il occupe.  

Tout comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, François Hollande restera comme une tache et une honte dans notre histoire nationale.


François ASSELINEAU


Source: UPR.FR

vendredi, 28 juin 2013

LA TROMPERIE INTERNATIONALE COMME MODE DE GOUVERNEMENT - L'ATTRIBUTION DU PRIX NOBEL DE LA PAIX

 

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Découvrez les arcanes et les méandres du Comité Nobel et les scandales de l'attribution du prix Nobel de la paix, découvrez ensuite l'imposture des relations géopolitiques internationales. Faites-vous le plaisir de voir comment fonctionne notre monde! Fernand Dindé.

 

Une conférence de François ASSELINEAU.

Vendredi 15 février 2013 à Toulouse (France)
www.u-p-r.fr

 


La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

La Tromperie par l'imposture: "L'attribution du Prix Nobel de la Paix"



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La tromperie sur les responsables



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La tromperie sur l'origine des décisions



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Questions-Réponses 1



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Questions-Réponses 2