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vendredi, 28 juin 2013

AL-QAIDA, UNE EMANATION DES SERVICES SECRETS AMERICAINS

 

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La vérité commence-t-elle à se faire jour ? Al-Qaida serait une émanation des services secrets américains dans le cadre d’une gigantesque opération «Gladio B» .

Le 17 mai dernier, l’essayiste et journaliste d’investigation Nafeez Mosaddeq Ahmed avait publié des révélations fracassantes dans le magazine britannique Ceasefire Magazine, à partir des informations données par Mme Sibel Edmonds, une ancienne traductrice du FBI de 42 ans.

Ces informations ont été reprises ce mardi 25 juin 2013 par plusieurs sites Internet mondiaux de référence, et notamment le Huffington Post britannique.

Selon ces révélations, Ayman al-Zawahiri, l’actuel chef d’Al-Qaïda et adjoint d’Oussama ben Laden à l’époque, aurait rencontré à plusieurs reprises des militaires et des responsables du renseignement américains à l’ambassade des États-Unis de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, entre 1997 et 2001, dans le cadre d’une opération connue sous le nom de « Gladio B ».

Cette opération « Gladio B » aurait consisté dans l’instrumentalisation, par les services secrets américains, de groupes terroristes islamistes à partir des années 1990. Il se serait agi de la reprise de la méthode des opérations « Gladio », qui avaient instrumentalisé de la même façon des groupes néo-fascistes et néo-nazis en Europe dans les années 1970, particulièrement en Italie et en Belgique.

Ces opérations terroristes préparées avec le soutien des services secrets américains (CIA) et britannique (MI6) étaient ensuite attribuées faussement à des mouvements communistes.

Bien que son objectivité soit sujette à caution, on peut lire la notice en anglais de wikipedia sur Gladio :

http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Gladio

La mise au jour d’opérations « Gladio B » permet d’envisager une vue d’ensemble des opérations clandestines et de montage terroriste des activités des services de sécurité américains, de plusieurs pays de l’OTAN, et d’autres pays associés.

Prolongement de « Gladio », « Gladio B » vise à susciter des changements de politique ou des changements de régime dans les pays de diverses régions (l’Europe d’abord pour Gladio, l’Asie centrale et ses alentours pour Gladio-B) par une stratégie de provocation utilisant l’instrument du terrorisme.

En photo : Ayman al-Zawahiri, actuel chef d’Al-Qaïda et adjoint d’Oussama ben Laden du vivant de celui-ci. Derrière cette mise en scène dans une prétendue caverne de l’Afghanistan, Ayman al-Zawahiri est soupçonné d’avoir eu de nombreux contacts avec les services secrets américains dans le cadre d’une opération « Gladio B ».

L’UPR demande au Parlement français de jouer son rôle en demandant au gouvernement français, et notamment au ministre de la Défense, d’expliquer devant la représentation nationale ce qu’il sait de l’existence de ce « Gladio B » et des liens entre Al-Qaïda et les services secrets américains.

L’UPR attend notamment des partis prétendument “d’opposition” qu’ils sortent de leur mutisme servile sur cette affaire qui, si elle devait se révéler exacte, constituerait un scandale mondial et justifierait encore davantage que la France se retire de l’OTAN, comme le propose le programme de l’UPR.


Source: UPR.FR

AMINATA DRAMANE TRAORE: «LE COLONISATEUR N’EST PLUS LA, MAIS SES INTERETS Y SONT TOUJOURS»

 

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Aminata Dramane Traoré, militante altermondialiste et ancienne ministre malienne de la Culture et de Tourisme : « Le colonisateur n’est plus là, mais ses intérêts y sont toujours »

 

Militante altermondialiste de la première heure, l’ancienne ministre malienne était présente à la conférence de la société civile des pays du Sahel en solidarité avec le peuple malien, qui s’est achevée hier à Alger. Durant cette rencontre, elle a réitéré son opposition à l’intervention militaire française dans son pays, une intervention motivée par des enjeux économiques, selon elle. Son engagement contre le système économique mondial, dont l’échec est traduit par la crise malienne, d’après la militante, lui a valu une privation de visa Schengen sur instruction de la France en 2012.



Reporters : Quel premier bilan faites-vous des travaux de cette première réunion de la société civile malienne, très peu consultée depuis le début de la crise ?

Aminata Dramane Traoré : Je salue d’abord cette initiative qui nous donne pour la première fois l’occasion de nous retrouver entre membres de la société civile du Mali et celle des pays du champ. Il y a eu dès le départ une exclusion délibérée de toutes les voix discordantes. Cette guerre s’est imposée à nous. J’ai eu le tord de publier un manifeste « Femmes du Mali, disons non à la guerre par procuration ». Dès le départ, j’appréhendais cette situation engendrée par l’intervention française. Toute guerre est une catastrophe, un désastre. Il n’y a pas de guerre juste. Si on peut passer par la solution politique, si à l’échelle interne, on se donne le temps et les moyens de comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation, on peut resserrer l’étau. Mais on a voulu cette guerre pour nous. Et toute occasion de se concerter est bonne. J’ai pu écouter des confrères que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer au Mali.

Vous avez critiqué la société civile présente aujourd’hui. Que lui reprochez-vous ? N’a-telle pas suffi samment milité contre une intervention étrangère ?

Je ne peux pas parler pour tout le monde. Je parle de ce que j’ai fait personnellement. Je l’ai fait parce que j’ai eu l’avantage de militer au niveau international et dans le cadre du Forum social mondial, dont je suis une des principales animatrices en Afrique subsaharienne. J’ai eu le temps de comprendre que les guerres ont des enjeux cachés, des enjeux géostratégiques, miniers et pétroliers. J’ai compris également que les bouleversements qui ont lieu aujourd’hui dans le monde ont tendance à faire de la guerre une solution à l’échec du modèle de développement. Le capitalisme mondialisé et fi nanciarisé a cruellement besoin d’uranium, de pétrole et d’autres ressources qu’il vient puiser dans notre continent riche. Je reproche à la société civile de s’inscrire dans cette logique libérale et de faire partie de la communauté libérale.

Les groupes armés ontils servi de prétexte à la guerre pour les ressources ? Ont-ils été instrumentalisés, notamment ceux de la région du Nord, très riche en uranium ?

C’est un peu plus compliqué que cela. Quand on regarde les profi ls des combattants, on comprend qu’il y a plusieurs enjeux. Pour ce qui est de la question identitaire, nous sommes des nations composées d’ethnies différentes. Depuis 1958, existe un projet occidental de création d’un Etat tampon pour rassembler les Touareg de toute la région. Si on accepte aujourd’hui la partition de l’Azawad, il faut s’attendre à ce que les Touareg des autres pays demandent un jour leur Etat. Si on remet en cause le nondéveloppement du Nord, je dirai que le sud du Mali non plus n’est pas développé. Nous devons vivre ensemble avec nos différences. Pour ce qui est de l’enjeu idéologique, les islamistes radicaux qui se disent djihadistes sont en combat contre l’Occident. Aqmi ne l’a pas caché. Ils visent les intérêts français. Ils sont au Mali depuis longtemps, ont épousé des femmes maliennes et ont eu de bons rapports avec la population. Ils n’ont coupé de mains à personne et n’ont violé personne jusqu’à ce que le MNLA, encouragé par Nicolas Sarkozy, qui vers la fi n de la guerre en Libye, a estimé que les Touareg maliens en Libye pouvaient l’aider, décide de lutter contre Aqmi qui est une menace pour les intérêts français et pour récupérer leurs otages. C’est dans ce sens que je dis qu’on a instrumentalisé la rébellion. Je refuse, cependant, le discours haineux envers les Touareg, notamment celui les traitant d’« enfants gâtés ». On ne donne pas la chance au peuple malien de comprendre. Ce que je suis en train de dire, c’est que les puissants de ce monde identifi ent les tensions existant dans chaque pays, les attisent, les aggravent et les instrumentalisent à leurs fi ns. Je me dis qu’il y avait certainement un mécontentement à Benghazi en Libye, mais l’embrasement que connaît le pays a eu lieuquand N. Sarkozy a voulu profi ter du « printemps arabe » pour déstabiliser le régime Kadhafi . Le nord du Mali rencontre depuis toujours des problèmes que nous n’avons pas réglés, surtout du fait de sa position géographique et de diffi cultés réelles. La communauté touarègue a souvent cru qu’il fallait prendre les armes pour revendiquer des droits et a fait des alliances avec Aqmi, Ansar Dine et le Mujao. On les a utilisés pour résoudre les problèmes de la France !

Ces données vous donnent-elles raison sur l’échec d’une intervention militaire étrangère ?

Regardons la situation actuelle : en plus d’Aqmi, Ansar Dine, Mujao, nous avons également des soldats français ! Finalement, l’opération Serval n’a servi qu’à disperser ces groupes et c’est ce que je craignais. J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas venir à bout d’un ennemi qui n’a pas de visage. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Que veut-on au juste, tirer dans le tas ? Tuer tout le monde ? Qui va tuer qui ? Des Maliens vont tuer des Maliens. On a déployé des milliers de soldats pour aller chercher une aiguille dans une botte de foin. Même l’armée la plus puissante au monde, celle de l’OTAN, a reculé en Afghanistan. L’idée pour moi était de trouver des solutions politiques africaines, sous-régionales et régionales plutôt que de déployer cette armada pour qu’à la fi n on arrive à la situation actuelle : la France constate qu’elle n’a pas les moyens de rester plus longtemps et elle ouvre la porte aux Casques bleus !

Dans leurs interventions aujourd’hui (hier, ndlr), les membres de la société civile des pays du Sahel se sont unanimement opposés au déploiement des Casques bleus...

Ce sera une répétition de ce qui s’est passé au Congo et au Kosovo. On devra subir la présence de soldats venus d’ailleurs, qui ne sont certainement pas plus performants que les militaires maliens, mais qui sont, certes, mieux rémunérés et seuls, sans leurs femmes, ce qui laisse le champ libre à la prostitution, la traite sexuelle et l’abandon d’enfants. Plutôt que de déployer 15 000 Casques bleus, remplaçons-les par 15 000 ingénieurs qui viendront en aide au Mali. La défense du Mali et sa sécurité doivent reposer sur l’armée malienne qui connaît bien le terrain. A l’origine, nos soldats ne sont pas des putschistes, mais des mutins, parce qu’ils ne sont pas contents de leur situation. Il faut donc faire en sorte qu’au-delà de l’armement, ils aient droit à un meilleur traitement et une meilleure rémunération. On ne va pas recruter n’importe où, n’importe qui, pour venir défendre notre pays.

Outre le rôle de l’armée, quel rôle peut avoir la société civile pour recoudre le tissu social ébranlé par la crise ?

Nous devons nous battre pour avoir l’espace de débats nécessaire. Chez nous, il n’y a pas de concertation, nous ne nous parlons pas. La décolonisation suppose une bonne connaissance des enjeux et des acteurs, et une bonne organisation locale. Par le passé, on savait qu’on avait affaire au Colon, il fallait s’en débarrasser. Aujourd’hui, le colonisateur n’est plus là, mais ces intérêts y sont toujours. Seulement, certains ne veulent pas qu’on en parle, qu’on s’organise. Ils préfèrent mordre à pleines dents dans la mondialisation, car c’est de cela qu’il s’agit. Les Africains vivent dans l’illusion de pouvoir émerger, comme la Chine, en prenant pour exemple les Occidentaux, qui eux, débattent entre eux. Si leur modèle était si bon, si performant, pourquoi leurs peuples sont-ils dans la rue aujourd’hui en train de revendiquer leurs droits ? Les crises en France, en Espagne, en Grèce et ailleurs nous renseignent sur l’échec du système économique libéral. La plaie de tous les pays est aujourd’hui le chômage, en particulier celui des jeunes. Tant qu’on ne trouve pas de modèle économique capable de générer de l’emploi pour le plus grand nombre de jeunes, ils se retrouvant narcotrafi quants, djihadistes ou intègreront l’armée à défaut. Quand je regarde les protagonistes de cette guerre, la plus part d’entre eux sont des victimes d’un modèle de développement qui a échoué. Un échec reconnu par les Nation unies. A partir de ce moment, le mali devient un pays d’avant-garde.

C’est-à-dire un rôle d’avant-garde?

Je revendique ce rôle. Les Maliens doivent parler et témoigner de leur expérience. Notre pays est aujourd’hui le théâtre de l’échec du système économique mondial. Nous devons dire au Monde ça suffi t ! arrêtez de nous punir, de nous humilier pour un système économique défaillant. C’est vous, Communauté internationale, qui avez dit que nous étions le meilleur élève de l’Afrique de l’Ouest. C’est vous qui avez soutenu trois décennies de politique de privatisation et de libéralisme. Vous nous aviez promis d’émerger économiquement, mais nous avons la guerre en guise d’émergence. Si aujourd’hui tout s’effondre comme un château de cartes, vous devez vous poser les bonnes questions. Vous ne nous aviez pas dit que vous alliez nous envoyer des armes et des soldats. Ce n’est pas avec eux que vous allez soigner la misère et le chômage. Vous devez faire en sorte que les gens mangent à leur faim, qu’ils vivent dignement. C’est tout ce qu’on demande. Les Maliens ont la mission de dire sans complexe que cette guerre n’est pas à part, mais s’inscrit sur la longue liste des guerres pour les matières premières.

Faut-il comprendre que dans le système libéral actuel, l’Afrique, terre très riche, est résignée à faire face aux invasions étrangères pour des motifs économiques ?

Il faut lutter pour la décolonisation et contre la recolonisation, mais on ne peut pas parler de ces concepts tant que nous vivons dans un monde capitaliste et que les puissants de ce monde ont besoin de nos richesses. Mais ce qu’il fait comprendre, c’est que l’Europe a beaucoup plus besoin de nous que nous n’avons besoin d’elle.

Des discussions ont lieu actuellement à Ouagadougou entre le pouvoir malien et les groupes touareg armés de Kidal pour le retour de l’armée dansla région, en vue des élections du 28 juillet. On se dirigerait vers ledéploiement d’un seul contingent...

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez d’un peuple désinformé. Vous pouvez même l’amener à agiter des drapeaux tricolores parce qu’il n’a pas compris. Mais le peuple vient de comprendre à la lumière de la situation de Kidal qu’on l’a mené en bateau, qu’on lui cache des choses. C’est pour cela que tous les Maliens ont aujourd’hui l’oreille tendue vers Ouagadougou pour savoir ce qui se passe. Si cette solution bancale est privilégiée, cela voudrait dire qu’on veut seulement aider François Hollande à relever son pari politique d’organiser les élections à cette date. Ce n’est pas une solution qui va nous garantir la paix et la réconciliation. Maisattendons d’abord que ce soit signé. Le gouvernement peut accepter cette concession sous pression, elle est, à mon sens, essentiellement fi nancière. 80 % des ressources du Mali viennent des aides extérieures. Les sanctions économiques auxquelles nous avons fait face pendant onze mois ont anéanti le pays. Si cela continue, le Sud va imploser. La capacité de nuisance de la France est telle qu’elle fera pression sur la Communauté internationale pour faire croire que les dirigeants actuels n’ont pas voulu de la démocratie. Or, si le gouvernement de transition est si peu légitime et si infréquentable, pourquoi la France a motivé les résolutions du Conseil de sécurité en sa faveur ? On nous a délibérément exclus. On nous a volé notre pays. Et c’est pour cela qu’on va se battre pour le libérer. C’est une seconde libération. C’est pour cela que nous sommes ici aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’Algérie peut apporter ?

L’Algérie a mené deux guerres. La guerre de Libération a été l’une des plus féroces en Afrique. On l’a vu puisqu’une partie s’est déroulée au nord du Mali. Nous ne sommes pas seulement des pays frontaliers, nous avons milité ensemble. Le pétrole était l’un des enjeux de la libération de l’Algérie. Aujourd’hui, l’uranium est l’un des enjeux de cette guerre. Donc, si nous devons lutter, nous devons puiser dans notre mémoire de pays anciennement colonisés et voir ce qui a fait la force de l’Algérie résistante. L’Afrique doit résister et cesser de dormir. Le système est en crise et il devient violent parce que justement les puissances capitalistes ne peuvent plus réaliser de taux de croissance et lutter contre le chômage sans puiser dans les ressources de notre continent. L’expérience de la libéralisation de l’Algérie est intéressante de ce point de vue. Concernant la deuxième guerre, l’Algérie est le premier et le seul pays à avoir enterré 200 000 personnes pendant la lutte contre le terrorisme. Quand elle dit que le Mali ne doit pas aller dans telle direction, elle sait que ça coûte cher. Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas grand-chose, nous sommes un pays enclavé, et on a l’indécence de venir nous dire que c’est par les armes que nous allons nous en sortir, et nous pousser à acheter des armes que nous n’avons pas.

Vous comptez également sur l’aide des pays voisins. Or, jusqu’ici, les pays de la Cédéao ont été les premiers, avec le président malien, à appeler à l’intervention française. Comment expliquer une telle position cinquante ans après les indépendances ?

C’est le manque de lucidité et de solidarité qui pose problème dans la gestion des affaires de notre continent. Les chefs d’Etat font partie du système mondial et les mécanismes des sanctions économiques sont là. S’ils ne disent pas oui ici, on les attendra au tournant là-bas. Ils devraient s’organiser pour sauver le Mali qui se trouve dans la gueule du loup, mais il est vrai qu’il y a des décisions qu’ils ne peuvent pas prendre. La Cédéao est devenue l’instrument de la Françafrique. Au sein de l’organisation, des membres sont persuadés que la voie tracée par la France est la bonne voie comme si nous avions contracté une dette envers la France et qu’au nom de cette dette, nous devons accepter ses « solutions ». Ce qu’il nous faut c’est une prise de conscience sociale et politique des vrais enjeux et des mutations qui sont en cours. L’Afrique doit intégrer les expériences de l’Irak et de l’Afghanistan. Nos ressources sont convoitées et les manipulations sont à peu près les mêmes partout. Et à tous les coups, ce sont les peuples qui payent.

Les intellectuels ont-ils une plus grande marge de manoeuvre que les politiques ?

J’appelle à une insurrection intellectuelle au Mali et en Afrique. On m’a privé de visas Schengen sur instruction de la France, qui dit maintenant qu’elle n’a pas d’opposition politique à ce que j’aie un visa. Mais ce n’était jamais arrivé avant. J’avais un visa de quatre ans et j’ai beaucoup d’alliés en France. Le même discours que je tiens ici est tenu par des altermondialistes en France à propos de la France. Pourquoi ça devient un crime de lèsemajesté en France. Parce qu’on est Africain ?

 

Source: ALTERINFO.NET

mercredi, 26 juin 2013

GENEVE II: EST-CE POUR PREPARER LA PAIX?

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© Robert King/ Polaris/ Starface. Syrie, le 13 mai 2012. À Al Qusayr, des membres de l'armée syrienne libre (FSA) combattent l'armée syrienne. Avant la déculotée.


Chaque jour qui passe sur le terrain des combats, en Syrie, révèle que la guerre contre ce pays n’est pas ce que l’on rabâche depuis plus de 2 années, à savoir «un soulèvement populaire spontané» contre ses dirigeants pour recouvrer sa dignité et sa liberté, mais bien d’un complot pour déstabiliser cet Etat, considéré comme gênant les objectifs et les visées impérialistes dans la région.

 
 
Pour ce faire, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Qatar, la Turquie, l'Arabie Saoudites et Israël ont engagé tous les moyens pour permettre aux groupes armés affublés «thouar» (révolutionnaires) - la plupart mercenaires islamistes - pour mener une guerre, sans merci, contre l’État syrien et renverser son gouvernement, dans le but d’affaiblir l’axe de résistance, en admettant pour cela les pires atrocités.
 
Par l’origine diverse des groupes armés islamistes, hier «terroristes», métamorphosés, aujourd’hui, momentanément «révolutionnaires» rétribués sous la fausse bannière «djihadistes» ; par la provenance de l’armement en leur possession ; par les objectifs visés ; par les agissements et les réactions des pays manipulateurs engagés, il est indéniable que cela obéit à un plan réfléchi, destiné à instaurer le chaos sur une géographie déterminée, pour ensuite recomposer selon les désidératas et objectifs prévus. Ce projet américain est consacré dans ce qui est appelé le «Grand Moyen-Orient» auquel est intégré le projet israélien dit «Yinon» destiné à assurer la supériorité d’Israël.
 
Deux années de guerre, de destructions de toutes natures, de sanctions et de pressions - contre un État souverain où tous les moyens illégaux, même les plus immoraux et abjects, ont été utilisés - n’ont pas permis de venir à bout d’un peuple résistant, d’une armée forte et unie. Deux années sans voir l’effondrement prévu malgré les sommes colossales engagées par les bailleurs arabes vassaux ainsi que la formidable guerre médiatique soutenues par d’éminents hommes de cultes, corrompus, chargés de l’endoctrinement des masses musulmanes par la religion. L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées.
 
Depuis les derniers développements avec la récupération d’Al Quseir et de sa banlieue - localité hautement stratégique pour les planificateurs américano-sionistes qui devait aboutir à la prise de Damas - par l’armée syrienne des mains des «insurgés», tous les calculs ont été bouleversés et les objectifs compromis. Avec cette récupération surprise, suite à une offensive ‘éclair’ et décisive, de cette petite ville où se sont solidement concentrées les forces ''wahabo-takfiristes'', on annonce déjà des échecs sur d’autres fronts. Cette bataille d’Al Quseir a été particulièrement déterminante par l’appui, à la frontière libanaise, des éléments du Hezbollah qui n’ont laissé, aux groupes armés, aucune possibilité d’infiltration, d’exfiltration ou d’approvisionnement. Une assistance inattendue qui a été condamnée par la… Ligue arabe. L’autre élément est que l’armée syrienne a su se convertir, en la circonstance, en une redoutable force contre-guérilla.

Les résultats d’Al Quseir sur le plan militaire et tactique, avec ses effets ravageurs sur les autres groupes, ont créé un climat de défaite, une situation d’impasse mettant les groupes armés dans un état de déroute et les commanditaires dans une profonde confusion. C’est donc bien les résultats sur le terrain des combats qui dictent ou imposent la nature des changements.
 
Il ne restait que l’annonce par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut l’ultime round pour sceller cet encombrant et dangereux dossier par la voie politique, malgré l’agitation et les élucubrations des autres protagonistes qui soutiennent une solution militaire.

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Tant que l’on pouvait encore financer et remplacer les groupes anéantis, tant que l’on disposait encore de ‘cartes’ de pressions politiques et économiques, tant que les étapes du Plan tracé avançaient, il n’était pas envisageable de négocier quoi que ce soit. Avec la bataille d’Al Quseir, qui avait bouleversé, les données les commanditaires étaient contraints, dans la précipitation, d’adopter une série de manœuvres aussi insensées que dangereuses. Dès que les principaux groupes armés, que domine Al Nosra, ont été laminés ou réduits, il ne restait aux stratèges américano-sionistes et leurs suppôts arabo-monarchiques que de présenter du «réchauffé» en rabâchant les mensonges éculés, sans preuve voire sans conviction, ou tenter d’autres diversions et agissements dans l’espoir de disposer d’arguments et de moyens de pression consistants lors de cette Conférence dite de «Genève II». Mais le reste du monde connait ces manœuvres, s’en méfie, les réprouve.
 
Voyant leurs plans foirer, on réitère la fallacieuse histoire de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques que réfute Carla del Ponté en affirmant que ce sont les groupes armés qui les ont utilisés contre l’armée syrienne et les civils. Même la demande syrienne d’une enquête, in-situ, de l’ONU a été capotée par les EU qui voulaient l’étendre à tous les endroits de stockage éventuels de ce genre d’armes. En dépit de toutes les preuves filmées montrant des scènes de préparation de ces armes par les groupes armés, rien n’y fait, les EU accusent l’armée syrienne en concoctant un autre plan de communication sur les armes chimiques depuis la Jordanie en le faisant coïncider avec les exercices militaires en préparation dans ce pays. La France a été chargée par le biais du journal «Le Monde» de lancer la propagande, d’en fournir les éléments de preuves, même inconsistantes, pour en faire un motif d’intervention militaire extérieure. La Russie rejette ces accusations d’utilisation d’armes chimiques par les troupes gouvernementales syriennes, mais annonce par Poutine, en conférence de presse, lors du sommet du G8 à Lough Erne (Irlande du Nord), que son pays était prêt à participer à la vérification des cas d’utilisation de ces armes en Syrie et à soumettre les résultats au Conseil de Sécurité.
 
On tente aussi de relancer le projet illégal et dangereux d’une zone d’exclusion aérienne depuis la frontière jordanienne cette fois, qui serait de 40 km, pour permettre, en fait, de recomposer les groupes anéantis, faciliter l’acheminement des armes et des ravitaillements. Ce ‘no-fly zone’, qui coûterait 50 millions de dollars/jour, sera non seulement une violation d’un pays souverain, s’il ne passe pas par le Conseil de sécurité, mais est de nature à enflammer la région, car la Syrie sera en droit de riposter à toute violation de son territoire et son espace aérien sera très risqué aux pilotes qui s’y aventureront surtout si elle dispose des redoutables missiles S300, en plus de son arsenal offensif. 
 
On relance, tambour battant, le désir d’armer les groupes avec des armes modernes comme si les armes utilisées, jusque-là, venaient du néant ! La question qui les effraye est le risque de voir ces armes se retournent contre eux une fois le problème de la Syrie réglé dans les deux cas de figure. De ce fait, classer ‘Al Nosra’ organisation terroriste était le seul moyen de faire éliminer cet encombrant groupe. L’autre crainte est de voir aussi ces armes récupérées par l’armée syrienne comme toutes celles laissées par les groupes éliminés.
 
Au même moment, au vu des difficultés à recruter, on fait organiser, en Égypte, une conférence des oulémas musulmans à leur tête Al Qaradhaoui pour, essentiellement, lancer un appel demandant aux musulmans du monde de venir faire le Djihad en Syrie contre le «régime de Bachar» ; chose qui n’a jamais été faite contre le régime sioniste d’Israël qui ne cesse depuis plus de 60 ans de spolier et d’assassiner les palestiniens. Ce projet d’armer est condamné par la Russie qui y voit une volonté de poursuivre les tueries et donc contraire au but de la Conférence qui veut instaurer la paix. La Russie réfute le pendant fait avec sa livraison d’armes défensives qui obéissent, selon elle, à des contrats légaux avec un gouvernement légitime, telles les batteries antimissiles russes S-300 qui ne peuvent pas servir à réprimer l’opposition armée.
 
Toutes ces agitations et gesticulations ne seraient pas apparues s’il n’y avait pas domination par l’armée syrienne du terrain des combats. Lorsque les groupes armés occupaient des pans entiers de territoire, imposant leurs lois en martyrisant les populations, détruisant les infrastructures économiques, sociales et culturelles, foulaient des pieds les lois internationales et la morale, l’Occident encourageait en espérant la généralisation du chaos sur toute la Syrie pour le projeter à tous les États de l’axe de la résistance avec en ligne de mire l’Iran, mais lorsque la situation s’est renversée par la reprise en main des choses par l’armée syrienne avec risque d’anéantissement de toute la stratégie tracée pour ce Moyen-Orient, le voilà exhiber les «lois internationales» pour faire condamner la Syrie de crimes de guerre non avérés ou commis par leurs hommes pour en accuser l’adversaire.
 
La Conférence dite de "Genève II" a pour but de trouver une solution politique à la crise syrienne que soutiennent de nombreux pays. S’y présenter sans éléments de pression serait absurde. D’où l’activisme de l’Occident à vouloir s'y présenter forts d'arguments leurs permettant de soutirer un maximum de dividendes. Ce qui explique qu'en même temps les Américains s’activent, parallèlement, à vouloir armer plus et mieux les «rebelles» et à instaurer une zone d'exclusion aérienne. Ce contraste ne peut que viser à éloigner l’échéance de la Conférence dans l’espoir, sans aucun doute, de gagner du temps afin de glaner des cartes de pression politique plus avantageuses, via leurs troupes. Un certain Driss Salim, du commandement de l’ASL, aurait promis de défaire les forces armées syriennes en… six mois si l’Occident lui fournit les armes nécessaires. Les Américains n’étant pas dupes, il est fort probable que leur Plan prévoit une option plus handicapante visant à éterniser la présence des terroristes à l'intérieur et autour de la Syrie en créant un foyer permanent prêt à en faire usage à tout moment et ce, à défaut de la victoire immédiate souhaitée.

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Nous avons donc, après plus de deux ans:
 
-  Une Syrie engagée dans une guerre sanglante contre une «rébellion» hétéroclite composée de milliers d’éléments étrangers soutenus militairement et financièrement par une coalition de pays impérialistes pro-sionistes, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite appuyés par des ONG affidées et des milieux religieux musulmans sectaires.

-  Une domination de l’armée syrienne sur le terrain des combats et des groupes armés, composés de plusieurs nationalités, en débandade.

- Un camp agresseur dans une grande confusion et indécis qui veut armer, pour «équilibrer les forces» dit-il, des groupes dont il craint qu'ils se retournent contre lui tout en spéculant sur une intervention militaire directe hasardeuse.

- Une Turquie d’Erdogan qui se retrouve dans la situation de «l’arroseur-arrosé» qui n’arrive plus à finir sa mission de déstabilisation de la Syrie.  

- Une Égypte de Morsi - empêtrée dans des problèmes économiques, sociaux et institutionnels - qui se permet de suggérer sa disposition à assumer le rôle de la Turquie par des signaux en coupant toute relation avec la Syrie et en affichant son intention d’impliquer son armée. Chose que les hautes instances militaires jugent irréalisables contre tout pays «frère».

- Deux puissants ‘blocs’ qui s’affrontent pour un partage d’influence et d’intérêts. L’un croyant à la force militaire pour pouvoir étendre son hégémonie et l’autre qui veut montrer que le monde n'est plus unilatéraliste et qu’il est vain d'en nier l’évidence au risque d’un conflit généralisé.
 
Il faut être aveugle pour ne pas voir, à travers la guerre imposée à la Syrie de l’extérieur, une volonté de tailler à la hache toutes les  nations de la région pour les affaiblir, les piller, les assujettir pour des siècles de « transition démocratique ».
 

Djerrad Amar

FRANZ-OLIVIER GIESBERT: SI M. SARKOZY EST UN HOMME D'ETAT...

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Franz-Olivier Giesbert - Nicolas Sarkozy © Baltel/Sipa/Gorassini Giancarlo/Abaca


«Nous devons avoir l'intelligence et le courage de proposer à Henri Konan Bédié d'avoir la dignité et la décence de se retirer complètement de la politique... Bonne lecture du texte de Franz-Olivier Giesbert qui suit. Sincèrement». Un observateur avisé de la vie politique ivoirienne, fidèle lecteur de Regards Croisés.


Le retour en politique de Nicolas Sarkozy est-il encore possible ? Les flots d'affaires qui dégringolent sur lui devraient l'obliger à reculer. La raison aussi.

Depuis qu'il a quitté l'Élysée, M. Sarkozy ne songe qu'à retrouver son fauteuil et les lambris : il fait partie de cette catégorie de politiciens qui s'imaginent chef de l'État à vie pour devenir, après leur mort, président du Sénat.

Vibrionnant en coulisses, M. Sarkozy a ainsi verrouillé la droite en poussant M. Copé à s'installer à la tête de l'UMP dans les conditions calamiteuses que l'on sait et en interdisant à ce parti d'exercer le moindre droit d'inventaire qui lui permettrait d'élaborer, enfin, un projet de société.

Mais personne n'est irremplaçable, M. Sarkozy non plus. D'autant que tout porte à croire qu'il aura fort à faire avec la justice dans les années à venir. L'amoralisme n'est ni de droite ni de gauche ; il est partout. Mais ce qu'on a appris sur le système sarkozyste de gouvernement, ces derniers temps, jette une lumière crue sur des moeurs qui rappellent fâcheusement celles des républiques bananières.

Certes, les fines bouches sont fondées à parler de guerre des affaires, la droite et la gauche s'en jetant sans cesse à la figure, des vertes et des pas mûres, ce qui donne du travail aux médias et des suffrages au Front national. Il n'en reste pas moins vrai que toutes ces révélations sont plus que troublantes : affligeantes.

Où était donc passée, pendant son quinquennat, cette "République irréprochable" vantée par M. Sarkozy durant sa campagne de 2007 ? Elle s'était mise en congé pour laisser se déployer la passion pour les fonds en liquide de M. Guéant, son Fouché de poche, ou l'incroyable scénario, digne d'un mauvais polar, qui mena à l'arbitrage favorable à M. Tapie. Des affaires dont l'ancien président - qui a droit, cela va de soi, à la présomption d'innocence - aura du mal à faire croire qu'il n'en connaissait rien.

Que M. Tapie ait eu droit à un dédommagement après que son groupe fut dépecé, en 1995, à la suite de l'affaire du match truqué VA-OM qui l'envoya en prison, c'est une chose : à la justice de trancher en toute transparence, elle est même là pour ça, et personne n'aurait rien trouvé à redire. Mais non, il a fallu que M. Sarkozy se mêle de près à cette histoire, comme si elle le regardait, mélangeant tout, les genres, les cuillères, le beurre, l'argent du beurre et la fille de la fermière, au mépris des principes d'un État de droit.

Que deux des arbitres sur trois, MM. Bredin et Mazeaud, choisis par les parties en conflit, fussent a priori au-dessus de tout soupçon, c'est une évidence qui n'efface pas pour autant le malaise provoqué par cette affaire où s'est invité tout ce que la France compte de combinards et de navigateurs d'antichambre, sous l'autorité d'un omni-président.

Si M. Sarkozy veut rendre service à la droite, il a un devoir : confirmer au plus vite les propos par lui tenus pendant la campagne de 2012, et se retrancher définitivement de la vie politique ou plutôt de ses manoeuvres d'arrière-cuisine pour défendre son honneur devant les juges qui l'attendent au tournant.

La droite s'en portera mieux, qui a déjà pléthore de candidats sérieux pour prendre sa tête : François Fillon, bien sûr, mais aussi, par ordre alphabétique et à plus ou moins long terme, François Baroin, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Rama Yade et quelques autres, il y a l'embarras du choix !

S'il continue d'empêcher tout renouveau de l'UMP en attendant fébrilement le moment de son hypothétique retour, Nicolas Sarkozy, éclaboussé par des affaires de toutes sortes, continuera de faire, à son corps défendant, le jeu du Front national qui, ces temps-ci, prolifère sur fond de malheur social. Tout le confirme, les sondages comme les élections partielles : contrairement au parti de Marine Le Pen, la droite parlementaire ne profite en rien de l'impopularité de François Hollande.

Le piège de l'extrême droitisation d'une frange de l'UMP s'est refermé sur le parti tout entier : désormais, Mme Le Pen s'autorise à jouer les bonnes âmes modérées face à M. Copé et à ses damoiseaux buissonnistes. Un comble ! Quant au centre, pièce maîtresse pour l'élection présidentielle de 2017, il part à vau-l'eau, si j'ose dire, sous la houlette de M. Borloo.

La messe est-elle dite ? Tout se met en place pour que le FN devienne, aux prochaines européennes, le premier parti de France alors que les Français ont de plus en plus de mal à s'écouter les uns les autres. Un homme d'État doit savoir cela. M. Sarkozy prouvera qu'il en est un s'il tourne la page et laisse la droite vivre enfin sa vie, pour le meilleur et pour le pire.


Source: LE POINT.FR

vendredi, 21 juin 2013

BAHAR KIMYONGUR ARRETE: LA VERITE DERANGE, MILQUET SE VENGE

SYRIE. BAHAR KIMYONGUR.png

Bahar Kimyongür, militant politique belge issu d'une famille originaire de Turquie, auteur de l'article:

Une ministre belge confirme: Al Qaïda est notre allié indirect en syrie

 

On vient d'arrêter (mardi 18 juin 2013, Ndlr) à Madrid notre ami et collègue Bahar Kimyongür, auteur du livre "Syriana" et de nombreux articles démontrant l'hypocrisie des gouvernements européens sur la Syrie. Ces dernières semaines, il s'était activement mobilisé pour aider les parents désemparés de ces jeunes qui partent en Syrie. Il est attendu au débat que nous coorganisons sur ce thème à Bruxelles mardi 25 juin.

 
Bahar est menacé d'extradition vers la très démocratique Turquie. Nous sommes très inquiets et convaincus que le gouvernement belge est complice : Bahar dérange, la vérité dérange.
 
D'ailleurs, la chronologie est très claire :
 
22 mai, communiqué de la ministre de l'Intérieur : "Joëlle Milquet a longuement rencontré ce matin, lors d’un déjeuner, le directeur de l’Organisation du renseignement national turc, Hakan Fidan. Lors de cet échange très constructif, plusieurs modalités de collaboration et d’échanges d’informations dans les différents dossiers évoqués ont été précisées et renforcées, en ce qui concerne notamment la présence de ressortissants belges en Syrie mais aussi le suivi et le contrôle des différents groupements terroristes".
 
28 mai : la Turquie délivre en secret un nouveau mandat d'arrêt international contre Bahar (qui avait été acquitté il y a dix ans par la Justice belge pour ces accusations arbitraires).
 
13 juin : A la RTBF radio, la ministre Milquet soutient le "démocrate" turc Erdogan : "Je pense que les services secrets turcs sont sincères" (sic). (Et aussi ses tortionnaires et ceux qui emprisonnent des journalistes en masse ?) Elle diabolise Bahar comme "soutien d'Assad" alors que celui-ci a, dans son livre, dénoncé ses aspects dictatoriaux.
 
17 juin : Bahar est arrêté par des civils alors qu'il visitait avec son épouse Deniz et ses deux petits enfants la cathédrale de Cordoue (Espagne). En présence de ses enfants pour bien marquer le coup !
 
Ce jeudi 20 juin, il passe devant le juge à Madrid.
 
Nous appelons chacun à dénoncer cette violation du droit d'expression, cette basse vengeance des politiciens qui s'alignent sur les Etats-Unis, Israël et la Turquie !
 
Faites circuler ce message sur le Net, facebook et partout, interpellez vos mandataires politiques et les médias.
 
Demandez des comptes à la ministre Milquet. Elle ne bouge pas pour aider les parents désemparés, mais se rend complice d'Erdogan pour arrêter Bahar :

Cabinet du ministère de l'Intérieur, 2 rue de la Loi, 1000 Bruxelles
Tél : 02 504 85 40 
 

Liberté pour Bahar ! Liberté d'expression contre la guerre !



UNE MINISTRE BELGE CONFIRME: AL QAIDA EST NOTRE ALLIE INDIRECT EN SYRIE


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Des milliers d'Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l'intérieur Madame Joëlle Milquet s'est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes. Ce jeudi soir à l'émission « Face à l'info » d'Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l'Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu'il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous. En d'autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d'Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu'ils servent notre guerre contre la Syrie.

 
Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l'intérieur Joëlle Milquet et moi-même.
 
Jointe par téléphone, la ministre s'est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.
 
Pour saboter l'échange d'idées, Mme Milquet a misé sur le procès d'intention, m'envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d'Assad. 
 
Nous n'épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

N'allons surtout pas déranger Al Qaïda !

 Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d'après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l'on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.
 
Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c'est-à-dire de la section syrienne d'Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c'est-à-dire dans une zone sous contrôle de l'OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il. En d'autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons. Passons et citons la ministre :
 
"J'ai été voir longuement le ministre de l'intérieur turc, le chef de la sûreté de l'Etat turc. J'ai vu Monsieur Erdogan. J'ai vu le ministre de la justice. J'ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j'avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu'ils tentent de les localiser, les différents éléments... Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu'ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s'ils se retrouvaient en Turquie. (...) L'ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu'à la frontière. (...) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l'émission Ndr) s'ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie."
 
Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l'odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d'autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d'après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent "évidemment" pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?
 
Madame Milquet devrait d'abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d'agents turcs capturés par l'armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d'échanges lorsque l'Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l'armée turque ? Pendant plus d'un an, l'ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d'interview à la presse sans l'autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.
 
D'autre part, l'Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d'ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.
 
Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s'il s'agissait d'un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n'avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l'axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.
 
Quoiqu'en pense Madame la Ministre, l'engagement de nos concitoyens dans cette guerre n'est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu'Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.
 
Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes
 
Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :
 
Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c'est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l'opérateur national qui est évidemment l'opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (...)
La Turquie soutient l'opposition et l'armée libre syrienne (ASL) (...) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j'avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n'était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l'opérateur syrien (...).
 
Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l'opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu'attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?
 
Madame Milquet poursuit sur un aveu d'impuissance :
 
On est un peu hélas dépendant (notre compétence s'arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu'ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu'ils sont à la frontière (...) Nous n'avons plus d'ambassade en Syrie. (...) Nous avons un gros problème d'accès au territoire (...).
 
Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu'en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d'un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.
 
Ceci étant, si l'on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l'on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.
 
La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).
 
Aujourd'hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d'une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : "Il faut impliquer l'Iran dans la résolution de ce conflit".
 
La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l'extrémisme de notre politique étrangère laquelle n'a d'égal que le radicalisme et l'extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.
 
"Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs" a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.

Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d'avril 2013, le Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l'Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.
 
Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l'antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).
 
Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.
 
Aujourd'hui, d'après de nouveaux éléments d'enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).
 
Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.
 
Vu l'ampleur du phénomène, une question s'impose : N'est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?
 
Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d'Israël ?
 
Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l'émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.
 
Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s'en prendre à l'Etat hébreux.
 
Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n'est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d'ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l'a très souvent fait durant les années 70 et 80.
 
Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l'Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.
 
La décision du bourgmestre d'Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d'accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.
 
Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l'implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.
 
Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.
 
Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.
 
Aujourd'hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu'elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :
 
- promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes
 
- lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas
 
- présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie
 
- contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.
 
- poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l'humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,
 
Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.
 
 

mardi, 18 juin 2013

L'AGONIE DU COMPLOT OCCIDENTAL CONTRE LA SYRIE

COALITION NATIONALE SYRIENNE.jpg

La salle se fait de plus en plus clairsemée à la Coalition nationale syrienne. L’avenir a changé de camp.

 

La victoire enregistrée par l’Armée arabe syrienne dans la région de Qoussair n’est pas une exception mais une tendance générale confirmée. Les gangs terroristes takfiristes s’effondrent en raison du recul du soutien populaire à la rébellion armée. La règle historique indiscutable est que toute force militaire, même s’il s’agit d’une armée puissante, nombreuse et bien équipée, perd ses capacités de résistance si elle ne jouit plus d’un environnement social favorable. Que dire alors de groupes de mercenaires assoiffés de sang, venus de 82 pays différents, qui commettent les pires crimes contre les populations locales. Le dernier en date étant, dimanche, l’exécution d’un enfant de 15 ans devant sa famille pour blasphème (Voir ci-dessous). Plus grave encore, le peuple syrien a découvert que ces groupes sont étroitement liés à Israël. Commentant la situation en Syrie, le chef des services de renseignement allemands, cité par le Der Spiegel [1], a reconnu que l’armée syrienne allait poursuivre son avancée pour reprendre le contrôle de la plupart des régions ces trois prochains mois. Cette évaluation rejoint les informations selon lesquelles le qatari Hamad Ben Jassem a exprimé devant le président Barak Obama ses craintes de voir une victoire de l’État syrien sur les gangs takfiristes que les dirigeants qataris ont créés, formés, entrainés et financés. 

Le grand déséquilibre des rapports de forces en Syrie, en faveur de l’État national, apparait de plus en plus clairement. La popularité croissante du président Bachar al-Assad n’est plus un secret. Même les rapports de l’Otan affirment que près des deux tiers des Syriens soutiennent leur président. Il est évident que ce sondage, commandé par des puissances membres de l’Otan, a été réalisé dans les zones qui échappent au contrôle de l’État. 

Ces réalités résultent de l’attachement d’une majorité de syriens à leur État, à l’indépendance de leur pays et à leur armée. Le fait que le projet hégémonique ait utilisé les groupes takfiris comme principal outil a permis aux Syriens de comprendre très vite la nature du complot occidental qui cible leur patrie, et qui vise à déchirer le tissu national des peuples de la région. Le projet occidental s’est brisé sur un bloc transcommunautaire, qui comprend une bonne majorité de sunnites et de chrétiens orientaux, qui affichent des choix arabes et nationaux. Si ce bloc n’existait, l’État se serait effondré depuis longtemps. 

Les événements en Turquie sont une expression supplémentaire des revers successifs subis par l’alliance anti-syrienne. Ils se reflètent dans l’impuissance et la confusion qui caractérisent l’action des États-Unis. La purge opérée par Barak Obama au sein de son administration en est la preuve : Hillary Clinton, David Petraeus, Robert Ford... autant de figures qui ont disparu de la scène ou sont en voie de disparition. 

Un an après l’accord de Genève, il est clair que les États-Unis et avec eux les monarchies rétrogrades du Golfe et le gouvernement du mirage ottoman, ont épuisé toutes les possibilités pour intensifier leur agression contre la Syrie. Mais en dépit des gigantesques moyens mis en œuvre, cette alliance s’est brisée sur la résistance de l’État national syrien, de son armé et du peuple, sans compter la détermination et la volonté d’acier du président Bachar al-Assad. Les solides alliances régionales et internationales bâties par la Syrie ces dernières décennies ont également constitué un atout majeur qui a renforcé les capacités de résistance de la Syrie.

 

Déclarations et prises de positions


Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie 
« Nous avons fourni notre évaluation concernant la décision adoptée la semaine dernière par les chefs de diplomatie de l’UE de lever l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne. Je ne vous cacherai pas que cela nous a déçu. Toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, via une ingérence militaire, est vouée à l’échec et ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant de lourdes conséquences humanitaires. Nous avons convenu de coordonner nos efforts afin de mieux promouvoir la conférence Genève 2. Nous craignons pour la sécurité de notre délégation des rebelles cannibales qui mangent leurs ennemis. »

Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères 
« Les combattants du Hezbollah ont uniquement défendu leurs frères libanais dans la région de Qoussair. Certaines parties déforment le rôle du Hezbollah et veulent nous faire croire que ce qui se passe en Syrie depuis deux ans est sa faute. Le Hezbollah ne combat pas dans le sud syrien, ni à Daraa, ni à Idleb ou Qamichli. Seulement à Qoussair pour défendre ces Libanais qui ont été agressés par les rebelles et dont certains ont été tués, sans parler de leurs biens détruits. Le Hezbollah ne participera pas aux autres batailles et si nous disons que c’est lui qui mène le combat, c’est très réducteur pour l’armée syrienne qui est l’une des 20 armées les plus puissantes au monde, avec des effectifs de 400 000 hommes et autant de réservistes. »

Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda 
« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui œuvrera pour le rétablissement du califat. Le jihad au Levant œuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée à Jérusalem. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah 
« On nous dit que le Courant du Futur tente de poser un certain nombre de règles concernant la formation du gouvernement. Ce courant semble toutefois avoir oublié qu’il n’est pas en position de distribuer les rôles ou de déterminer qui doit être au gouvernement et qui ne doit pas y être. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« Si les groupes takfiristes remportent la victoire, il ne restera plus de Liban. Le pays sera morcelé, il y aura des massacres, et certaines de ses communautés seront déplacées. Si nous voulons défendre le Liban, nous ne devons pas permettre à ces groupes de prendre le contrôle de la Syrie. C’est la raison pour laquelle nous combattons là-bas, pour défendre l’unité de la Syrie et par le fait même pour défendre l’unité du Liban. La bataille en Syrie n’a rien d’une bataille pour la réforme politique ou pour la mise en place d’une démocratie. C’est bien plus grave que certains l’imaginent. Il s’agit d’une guerre américano-israélienne à laquelle participent des gouvernements européens et des régimes arabes, dans l’objectif de faire chuter l’État en Syrie, soit pour mettre en place un régime à la solde des États-uniens et des Israéliens, soit pour faire régner le chaos. »

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste 
« Le fait d’enflammer la situation dans la ville de Tripoli ne changera rien à l’équation en Syrie, qui reste compliquée et va en s’aggravant. Si certaines parties politiques libanaises estiment qu’elles peuvent changer quoi que ce soit à la crise syrienne à partir de Tripoli, elles doivent se rendre compte que leur pari n’aboutira pas. À quoi sert de mettre la capitale du Nord à feu et à sang par le biais des règlements de comptes politiques de type sectaire et confessionnel, en exacerbant les instincts, la tension et la discorde. Il est temps que certains responsables à Tripoli ainsi que les autres parties locales et extérieures cessent d’alimenter le conflit par les armes et le financement organisé. »

Jamal al-Jarrah, député du Courant du futur 
« Du fait que le Hezbollah a soutenu le terrorisme et le meurtre et combattu aux côtés du régime syrien, il a perdu sur le plan éthique. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Sa participation aux combats en Syrie constitue un crime contre le Liban et la Syrie. »

Evénements


• Des rebelles islamistes engagés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad ont abattu devant sa famille un adolescent de 15 ans qu’ils accusaient de blasphème, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’adolescent vendait du café à Alep (nord) et les islamistes l’ont entendu prononcer une expression qu’ils ont jugée blasphématoire dans une conversation avec un ami. Il a été tué de deux balles, l’une dans la bouche, l’autre dans la nuque, devant ses parents et ses frères et sœurs, a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Selon M. Abdel Rahmane, il s’agissait probablement d’un groupe de jihadistes étrangers. « Ils parlaient l’arabe classique, pas le dialecte syrien », a-t-il expliqué à l’AFP.

• « L’instrumentalisation du CDH de l’Onu au profit de l’une des parties en conflit en Syrie, dans ce cas l’opposition radicale, ne contribue guère à la recherche d’une issue à la crise ni à la préparation de la Conférence internationale sur la Syrie », souligne la diplomatie russe, commentant le rapport présenté par la commission indépendante d’enquête sur la situation en Syrie lors de la 23e session du Conseil. Selon le rapport, la responsabilité des violences en Syrie incombe uniquement à Damas. D’autre part, ses auteurs ne qualifient pas d’attentats terroristes les explosions perpétrées dans les villes syriennes par des kamikazes. Les auteurs du document reconnaissent toutefois que les groupes armés d’opposition, où les extrémistes sont de plus en plus nombreux, pratiquent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des prises d’otages, utilisent des enfants-soldats et commettent d’autres crimes.

• L’imam de la mosquée al-Qods, dans la ville de Saïda au Liban-Sud, cheikh Maher Hammoud, a été la cible d’une tentative d’assassinat lorsque des inconnus ont ouvert le feu dans sa direction. Cheikh Hammoud, un proche de la Résistance, a déclaré que des assaillants avaient tiré près de 20 balles dans sa direction alors qu’il sortait de sa maison pour aller à la mosquée. « Des sympathisants de l’opposition syrienne ou tout autre parti cherchant à créer la discorde » pourraient être derrière cette tentative d’assassinat, a-t-il dit. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont pu localiser la voiture utilisée dans l’attaque, un Datsun volée deux heures plus tôt.


SourceVOLTAIRENET.ORG

AHOUA DON MELLO: «M. BILLON IGNORE LES RAISONS DE L'INTERVENTION MILITAIRE DE LA FRANCE»


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Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.


Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays ?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez-vous à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés ?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…)

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr: peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3.000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force Licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr: Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2ème terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.


Entretien realisé par le Panafricain.com.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

lundi, 17 juin 2013

VLADIMIR POUTINE COMMENTE LE COMPORTEMENT DE GRANDE PUISSANCE DES USA

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Moscou est prête à améliorer les relations avec l'Occident. Pourtant certaines démarches de Washington, notamment l'adoption de «l'acte Magnitski», sont loin de contribuer à ce processus.


Vladimir Poutine a répondu à la question de savoir si l'état de chose actuel lui rappelle la situation dans l'arène politique de l'époque de la guerre froide. Un certain refroidissement des rapports entre la Russie et les pays occidentaux a commencé à l'époque de l'opération militaire en Irak de 2003, a rappelé le président. Les événements en Libye et dans d'autres régions du globe ont suivi et Moscou ne pouvait pas les négliger, a noté Vladimir Poutine.
 
« J'ai déjà maintes fois exprimé ma position à cet égard. Nous observons le chaos et nous ne croyons pas que la position de nos partenaires est tout à fait correcte. Pourquoi devons-nous soutenir ce que nous trouvons incorrect?
 
Au cours de mon dernier déplacement beaucoup de temps dans les négociations a été consacré aux droits des minorités sexuelles et à d'autres questions du même genre. Eux, ils ont les standards qui sont les leurs. Je me suis exprimé là-bas et je peux répéter ici: si aux Pays-Bas un tribunal autorise l'organisation diffusant la pédophilie, pourquoi devons-nous suivre ces standards? S'ils veulent  procréer aux frais des immigrés, qu'ils le fassent, ce n'est pas notre affaire. Nous avons une société différente, un pays très varié: c'est le Caucase du Nord, l'Extrême-Orient, le Nord, le centre du pays.
 
Et si nous exigions d'intrdoduire nos standards chez eux ? Je trouve qu'il ne faut rien exiger les uns aux autres, témoignons plutôt du respect les uns envers les autres.
 
Nous ne faisons rien pour provoquer une détérioration. Est-ce que c'est nous qui avons adopté la «liste Magnitski»? Personne ne peut dire quelle était la raison d'existence de l'amendement Jackson-Vanik limitant le commerce entre l'Union soviétique et les Etats-Unis suite aux restrictions relatives au départ des Juifs soviétiques. Il a été introduit il y a plusieurs décennies. Maintenant nous sommes à l'époque de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce et cela avec l'aide des Etats-Unis. Si ces derniers maintenaient l'amendement Jackson-Vanik, ils commenceraient à subir eux-mêmes des pertes de caractère économique après l'adhésion de la Russie à l'OMC. Aussi ont-ils été obligés de l'annuler. C'était un bon prétexte pour oublier tout ce qu'il y a eu lieu à l'époque de la guerre froide et pour aller en avant. Mais non, il leur a fallu introduire un autre acte antirusse: l'acte Magnitski.
 
Selon Poutine, par l'adoption de «l'acte Magnitski» les Etats-Unis ont fait montre de «comportement de grande puissance dans le domaine de politique extérieure». Peut-être la réponse russe à cette loi est déficiente, mais Moscou était obligée de répondre, a souligné le président.
 
En dépit de tels incidents, la Russie et l'Occident doivent chercher les voies de rapprochement, les possibilités de mieux comprendre les uns les autres. Il faut oeuvrer pour améliorer les rapports, a conclu le président.
 
 

ROLAND DUMAS CONFIRME LA PREPARATION DE LA GUERRE DE SYRIE DEPUIS 2010

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Intervenant dans l’émission « Ça vous regarde » (LCP), l’ancien ministre français des affaires étrangères, Roland Dumas, a indiqué avoir été démarché par les Britanniques en 2010 —c’est-à-dire avant le « printemps arabe »— pour soutenir une guerre contre la Syrie, dans l’intérêt d’Israël.
 
Les révélations de M. Dumas semblent confirmer notre hypothèse que l’attaque de la Syrie était prévue par les clauses secrètes du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010. Ce document, censé organiser la coopération militaire franco-britannique, comportait des clauses secrètes sur l’attaque de la Libye. Or, nous avons toujours souligné que les guerres de Libye et de Syrie avaient été planifiées simultanément.
 

 

DEROUTE DE L'ASL ET D'EL NOSRA A AL QSEIR, CONFUSION DES CONSPIRATEURS EN SYRIE


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Il est bon de faire quelques points d’ordre après ce qui s’était déroulé à Al Qseir suite au fiasco des groupes armés chargés, par les occidentalo-arabo-sionistes, de déstabiliser la Syrie.

Des politiciens et stratèges soutiennent, sur ce qui se passe en Syrie, ce genre d’analyse et de raisonnement:


- Que la guerre, par procuration, à la Syrie entrait dans le cadre du projet de domination du Moyen-Orient et des pays arabo-musulmans de l’axe de la résistance à la politique impérialo-sioniste qui consistait à réduire leurs armées pour ensuite recomposer ces États en entités géographiques sans puissance et maniables à merci. Ils semblent parvenir en Irak, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen, mais en revanche, ils paraissent échouer en Syrie considérée nœud gordien difficile à trancher.

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement considéré Al Qseir aussi « stratégique » que ne le déclarent les agresseurs de la Syrie. Selon eux, Al Qseir était « stratégique » dans ‘leur’ vision et dans ‘leurs’ plans d’agression, car les conspirateurs avaient misé et concentré leurs efforts sur cette ville pour sa proximité avec Homs, les frontières libanaises et jordaniennes ; conditions géographiques favorables en vue d’envahir Damas. Sa chute a bien changé la nature de l’équation en la rendant complexe pour les agresseurs.

- Que l'armée syrienne était parfaitement informée des plans, objectifs et mouvements de l'ennemi dans Al Qseir et ses environs.

- Qu'il y avait des priorités et que la reprise de cette ville - objet d'observations continues et minutieuses des services de renseignements de l'armée syrienne – exigeait des tactiques, de la patience et de la pertinence pour réussir les objectifs militaires et politiques, fondamentaux.

- Qu’il fallait laisser faire croire à une importante victoire des groupes armés et n’intervenir que lorsque l'environnement politique serait favorable afin de faire admettre une défaite, franche et indiscutable, sur l’ennemi tout en réduisant le moral de ses troupes d’une part, mais aussi de briser les projets des commanditaires en anéantissant leur volonté et leurs atouts de pression politique d’autre part.

- Qu’après cette offensive ‘éclair’ sur les groupes armés engagés dans cette ville, leur défaite était tellement décisive et humiliante que même les Occidentaux impliqués l'ont reconnu telle ; alors qu’au même moment les groupes armés et leurs dirigeants, composés de wahabo-takfiriste tétanisés par la déroute, ne trouvaient plus quoi dire ou faire que de proférer des mensonges et balancer des propos contradictoires; qu’il s’agissait d’une ‘fausse’ reprise, que l'armée n'avait tué que des civils, qu’ils avaient affronté le Hezbollah en lieu et place de l'armée syrienne «défaite» selon eux, qu’ils avaient procédé à un retrait ’tactique’ et ce tout en appelant aux renforts.

- Que si ces groupes combattaient, comme ils l’attestent, le Hezbollah cela voudrait donc dire, conséquemment, qu’une poignée d’éléments du Hezbollah avaient pu défaire tous les groupes armés d’Al Qseir pourtant bien équipés par l’occident. Que leurs ‘maîtres-penseurs’ et commanditaires pourraient alors douter de leurs capacités à conquérir toute la Syrie face à toute l’armée syrienne expérimentée et bien armée qui n’a engagé, à ce stade, qu’une infime partie de ses forces.

- Que la déclaration de Nasrallah sur "l'implication" du Hezbollah était plus une tactique pour accabler et dérouter l’ennemi, car dans leur calcul l'on avait fait l’hypothèse que cette formation ne s'y compromettrait pas.

- Que le Hezbollah n'avait pas donné plus de précisions sur cette la nature de cette « implication » sûrement pour susciter les doutes et distraire d’autant qu’aucune preuve sur l’engagement des éléments du Hezbollah sur le territoire syrien n'avait été, à ce jour, prouvé (les 5 ou 6 personnes présentées aux médias, comme du Hezbollah fait prisonniers, sont des citoyens libanais vivants à Damas, des sunnites, qui avaient été kidnappés quelques jours plus tôt).

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement besoin d'une aide, en l’occurrence celle du Hezbollah, et que la seule « aide » était de bloquer la frontière pour empêcher et éventuellement éliminer, toute fuite vers le Liban. Ce qui a été fatal puisque les groupes armés étaient pris en étau sans possibilité de se dégager ou d’être appuyé. Il ne leur restait que la mort ou la reddition. Les centaines d’éléments qui avaient ‘réussi’ à rejoindre quelques villages proches n’étaient, en fait, qu’une tactique de l’armée syrienne ayant pour but de diviser les groupes pour mieux les anéantir avec le moins de résistance et de frais.

- Que tous leurs mensonges et diversions avaient pour but de pousser à une intervention occidentale (surtout israélienne) qui reste hypothétique au vu des conditions de tous les groupes armés et l’emprise des forces syriennes sur le théâtre des combats d’une part, mais également au regard du climat politique qui se dirige, inexorablement, vers un règlement du conflit selon les modalités du camp victorieux qui semble, en plus, disposer de redoutables armes de riposte d’autre part.

- Que toute intervention d’«Israël» ne pourra que mettre dans une drôle de confusion aussi bien les pays gouvernés par des islamistes et l’opposition syrienne de la ‘coalition’ que leurs soutiens occidentaux. En effet, s’ils acclament une offensive Israélienne, ils commettront une grave faute devant l’opinion arabe; s’ils observent le silence, ils seront frappés de suspicion ; s’ils condamnent, ils renieraient leur position, maintes fois rabâchée, contre le «régime» syrien. Un dilemme infernal que les EU, bons tacticiens et calculateurs, n’oserons pas introduire au risque d’embraser la région, voire au-delà et d’anéantir toute marge de manœuvre ou espoir de solution.  La Russie, par la force de la Syrie, son obstination et sa résistance, a réussi à faire changer les règles du jeu de l’adversaire tout en maintenant les siennes intactes.

- Que la révolte qui se déroule actuellement en Turquie n’est que l’expression d’un peuple qui refuse le suivisme et l’alignement de son pays à la politique américano-sioniste à l’endroit d’un peuple voisin auquel il est lié par l’histoire et l’économie. Il aurait été difficile aux Occidentaux de faire ce qu’ils font à la Syrie si Erdogan ne s’était pas lié à leurs projets de domination.

  - Que le projet hégémonique sur les pays entourant la méditerranée, que pilotait la France de Sarkozy dans le cadre de l’UMP avec l’appui des EU, que refusait alors l’Allemagne, est en passe de se transformer – grâce à la résistance farouche de la Syrie à l’agression et l’entrée en lice de la Russie et de l’axe antagoniste à l’occident – en projet d’équilibre stratégique.

- Que le «pragmatisme», cette philosophique américaine, qui n’admet de « vrai » que ce qui fonctionne réellement en s’adaptant à la réalité et en préférant la pratique apparait justement par la réalité et la pratique de son initiateur - dans ses relations, ses attitudes et ses objectifs avec le reste du monde - une doctrine insensée quand elle est expurgée de morale et de principes.

- Que le Capitalisme tel que conçu par l’impérialisme occidental, que dirige la grande industrie de concert avec les cartels financiers, mène droit aux crises économiques mondiales et aux guerres comme issue et corollaire.

À cette étape du conflit, la Syrie se trouve dans une position militaire et politique qui lui est favorable où toute recrudescence des menaces ne lui sera que bénéfique d’autant que le Hezbollah déclare solennellement que toute agression extérieure de la Syrie sera considérée aussi agression du Liban. L’Iran voit que son implication deviendra nécessaire pour des raisons de sécurité nationale. La Russie considère que la déstabilisation de cette partie importante du monde nuirait à ses intérêts suprêmes, mais aussi aux grands équilibres du monde!

Les conséquences prévisibles dans le cas d’un conflit généralisé, à partir de cette région, seraient donc inimaginables si le discernement ne tient pas lieu et place de la cupidité.


Djerrad Amar


Selon une source officielle américaine, Washington aurait demandé aux chefs de l'ASL (Armée syrienne libre) de quitter au plus vite le sol syrien. Game over!

dimanche, 16 juin 2013

STEPHANE RICHARD, UN INSTIGATEUR VA TOMBER

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Un des instigateurs de premier plan les plus zélés de l'embargo criminel européen sur les médicaments destinés à la Côte d'Ivoire, de la fermeture des banques françaises, en 2011, et du pillage des fonds déposés par les Ivoiriens dans lesdites banques, est aujourd'hui au ban des accusés, en France, pour "escroquerie en bande organisée". Comme quoi, il y a un DIEU de justice! Ce n'est que le début de la tourmente et de la descente aux enfers. Qui vivra, verra. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 
Il se passe actuellement en France, un événement qui devrait réjouir les ivoiriens. Leurs bourreaux d’hier, sont, lentement mais sûrement, en train payer. Chacun à sa manière. J’étais loin de m’en douté et je ne m’en serais jamais douté. Il faut dire que pour établir ce rapport entre l’affaire Tapie et la Côte d’Ivoire, il faut être un sage de la vie politique ivoirienne. Au sens où il faut être connecté et à cheval entre ce qui se passe en France et en Côte d’Ivoire. Il faut connaitre les deux milieux et connaitre ses ennemis comme aime à le dire cet ami dont je parle. Sans cela on croira que, les gens agissent, font le mal et rien ne se passe. Dieu serait injuste de laisser prospérer les grands criminels de notre époque. 

Non, il ne s’agit pas de Christine Lagarde. Elle est aussi éclaboussée et cela sert notre cause. Mais pour l’heure il s’agit de son directeur de cabinet du temps où elle était ministre de l’économie et des finances en France. Il s’agit de Stéphane Richard. Ce monsieur est Président Directeur Général de Orange, l’une des plus grosses entreprises de France et il a été aussi reconduit par le gouvernement de François Hollande pour service rendu à la nation française. Voila ce qui a été dit sur ce monsieur dans le courant de cette semaine: «Affaire Tapie: Stéphane Richard mit en examen pour escroquerie en bande organisée». À un si haut niveau de responsabilité les autorités judiciaires françaises ne joueraient pas avec les mots. Les juges pèsent bien leurs mots dans cette sentence. Et imaginez avec qui ce monsieur constituerait « cette bande organisée »? Nicolas Sarkozy, l’hyper président à son temps et sa ministre seraient-ils hors de cette bande, ignoreraient ce que Stéphane Richard tramait dans leur dos avec les milliards des contribuables français? Nous nous interrogeons. C’est une somme trop importante qui rend dérisoires les misères de Claude Guéant pour que le sommet de l’Etat ignore les contours de l’affaire et n’en ait pas fixé les règles. Il a même déjà indiqué que l’Elysée était le lieu des réunions de stratégie.

Pour notre part, si la justice française devait aller jusqu’au bout dans cette affaire de détournement sans se sacrifier sur l’autel de la raison d’Etat qui limite quelque peu trop la démocratie dans cet Etat français qui s’en gargarise artificiellement, elle devrait punir la « bande organisée de criminels » qui n’est pas à son premier forfait avec l’affaire Tapie. Ce monsieur est la cheville ouvrière de toute cette machination qui a obtenu de l’Union Européenne l’embargo sur les médicaments et la fermeture de toutes les banques en Côte d’Ivoire pendant la crise dite postélectorale. La cupidité de Stéphane Richard et sa Bande organisée ne se limitait pas seulement à mener une guerre sauvage de prédation en Afrique. Il pompait aussi dans les caisses de l’Etat français pour le compte de qui on sait. 
 

Joseph Marat


vendredi, 14 juin 2013

MANDELA, LE SYMBOLE D'UN «OECUMENISME» AMBIGU, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

monde,afrique,afrique du sud,mandela,le symbole d’un «œcuménisme» ambigu,théophile kouamouo,«il est temps de le laisser partir»,le quotidien ivoirien "le nouveau courrier"

 

« Il est temps de le laisser partir ». La « Une » de l’hebdomadaire sud-africain Sunday Times traduit très clairement l’état d’esprit des compatriotes de Nelson Mandela alors qu’il semble cheminer lentement vers sa destination éternelle. Dans une atmosphère d’effervescence médiatique assez glauque, les télévisions du monde entier multiplient les directs devant l’hôpital dans lequel il est interné. Le décès à venir de Nelson Mandela – comme hier celui du pape Jean-Paul II ou du leader palestinien Yasser Arafat – est un événement programmé depuis de nombreuses années par les plus grands médias de la planète, qui ont déjà préparé des centaines de minutes de biographies et de papiers d’angle pour les uns, et des hors-série quasiment prêts à être mis sur le marché pour les autres.

Normal, d’un certain point de vue. Nelson Rolihlala Mandela est une icône globale. De son vivant, il a été érigé au rang d’icône laïque universelle. Il le mérite amplement. Cela dit, l’œcuménisme politique qui l’entoure a quelque chose de profondément ambigu. Certes, un seul homme peut jouir du respect et de l’admiration de personnes qui ont des points de vue opposés sur quasiment tous les sujets. Mais en grattant un peu, l’on s’aperçoit vite, en général, que ce ne sont pas les mêmes raisons qui motivent les différentes cohortes de «fans».

- L’Afrique révère Nelson Mandela, le héros intransigeant du combat contre l’apartheid, acceptant de rester en prison durant 27 longues années et refusant d’abandonner la lutte armée tant que l’inique système de ségrégation raciale qui règne sur son pays n’aura pas été démantelé. Que pensait le leadership occidental du Mandela de ces années-là ? Les Etats-Unis se hâtaient d’inscrire le nom de son parti sur la liste des organisations terroristes – l’ANC n’en sera ôtée qu’en 2008. Un député britannique conservateur Teddy Taylor affirmait sans sourciller que Mandela devait « être abattu ». Jacques Chirac, maire de Paris, traitant l’ANC de parti tribal xhosa, quelques mois après l’assassinat aujourd’hui classé sans suites de Dulcie September, sa représentante à Paris. Au moins jusqu’à la fin des années 1980, le premier président de l’Afrique du Sud non raciale était loin d’être un symbole consensuel en Occident. Certes, des progressistes courageux comme l’ancien président Jimmy Carter combattaient, en cohérence avec leurs valeurs, l’odieuse politique ayant cours en Afrique du Sud. Mais les conservateurs de tout poil soutenaient, expliquaient, toléraient ou « comprenaient » l’inacceptable.

- L’Afrique admire le Nelson Mandela qui, en 1997, brave l’embargo aérien qui frappe la Libye de Muammar Kadhafi. Et qui répond aux critiques de Washington par une phrase catégorique et emplie de dignité : « Aucun Etat ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire. » Que pensent donc de ce Mandela ceux qui, aujourd’hui, estiment qu’ils sont dans leur bon droit quand ils « interviennent » en Libye, en Côte d’Ivoire, en Syrie, semant au passage un chaos qu’ils font semblant de ne pas voir ? Il est évident qu’ils sont plus « confortables » avec le symbole muet auprès duquel ils ont tous accouru ces dernières années pour une photo-souvenir. Dans l’espoir d’attirer à eux un peu de lumière.

- L’Afrique respecte Nelson Mandela parce qu’il a su partir, contrairement à ses «tyrans éternels» accrochés au pouvoir après plusieurs décennies, et alors qu’ils sont tellement sclérosés qu’ils ne peuvent plus rien apporter à leurs peuples. Mandela a su passer la main et a, par voie de conséquence, renforcé son parti et fait avancer les notions d’alternance et de modernité politique dans son pays. En principe, l’Occident n’a rien contre cet « art de savoir partir ». Mais il se trouve que les alliés sûrs de la diplomatie française en Afrique – pour prendre un exemple –  sont souvent des hommes qui ont détricoté la Constitution de leurs pays pour pouvoir s’imposer au-delà des termes légaux. En Afrique de l’Ouest, le médiateur attitré est le Burkinabé Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 suite à un coup d’Etat doublé d’un assassinat politique. L’homme fort de l’Afrique centrale est le Tchadien Idriss Déby Itno, qui a conquis le pouvoir à la suite d’une rébellion victorieuse en 1990. Et les Africains se demandent pourquoi la permanence du Zimbabwéen Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe irrite plus, au-delà de la mer Méditerranée, que celle du Camerounais Paul Biya.

- La question de la gestion de la réconciliation en Afrique du Sud concentre à elle seule un grand nombre de « malentendus » au sujet de la perception de Mandela. Les Africains ont plébiscité la formule « vérité-pardon-réconciliation » parce qu’elle leur semblait à même de triompher du cycle de la violence, des représailles et des affrontements à caractère plus ou moins ethnique. En restituant aux peuples, dans la sérénité, la complexité de leur Histoire. Les Occidentaux ont, eux aussi, glorifié la formule de « sortie de crise » sud-africaine. Et pourtant, ils considèrent qu’ailleurs en Afrique, la « justice transitionnelle » telle que pratiquée par Mandela, reviendrait à consacrer « l’impunité ». Inspirés par l’Occident et ses ONG, les tribunaux pénaux internationaux spécialisés sur le Rwanda et la Yougoslavie puis la Cour pénale internationale sont-ils autre chose (et en dehors de toute référence morale) que des « petits Nuremberg » viciés dès le départ, chargés de professer un « plus jamais ça » sélectif et de graver dans le marbre des « récits nationaux » faussés toujours favorables à ceux auprès de qui la « communauté internationale » s’est battue ? Si Mandela avait, à l’image d’un Alassane Ouattara, arrêté son prédécesseur, laissé scalper sa blanche épouse dans sa Résidence, jeté tous les ministres du gouvernement précédent dans des prisons sommaires loin des leurs, pillé les biens de ses opposants, fait occuper leurs résidences, traqué leurs soutiens financiers… aurait-il été adoubé comme l’actuel chef de l’Etat ivoirien l’a été et continue de l’être ? En réalité, Mandela est devenu un héros consensuel en Occident tout simplement parce qu’il a épargné les Blancs et a préservé leurs intérêts économiques. C’est pourtant cette modération qui a préservé la paix et le « vivre ensemble » que certains Africains réprouvent et voudraient voir « corrigée ».

« Pourquoi aimez-vous Nelson Mandela et que lui reprochez-vous éventuellement ? » : posée à un maximum d’hommes politiques, de capitaines d’industrie et de citoyens ordinaires du monde entier, cette question mettrait en lumière le grand malentendu qui flottera sur le concert de louanges excessif donc insignifiant qui commencera dès que Dieu rappellera à Lui « Madiba ».


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

USA-RUSSIE: DROGUE, PETROLE ET GUERRE

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Les USA ont émergé comme la grande puissance mondiale suite à la chute de l’Union soviétique. Imposer leur suprématie sur l'ex-URSS est devenu une de leurs priorités. Coups d'état, pressions, guerres : ils n'ont renoncé à rien pour y parvenir. Lors d'une conférence à Moscou, Peter Dale Scott a analysé cette stratégie de domination et son financement par les drogues et le pétrole. (IGA)

 

J’ai prononcé le discours suivant à une conférence anti-OTAN, qui fut organisée à Moscou l’année dernière. J’étais le seul intervenant états-unien lors de cet événement. On m’y avait convié suite à la parution en russe de mon livre Drugs, Oil, and War – un ouvrage jamais traduit en français, contrairement à La Route vers le nouveau désordre mondial et à mon dernier livre, La Machine de guerre américaine –. [1] En tant qu’ancien diplomate préoccupé par la paix, j’étais heureux d’y participer. En effet, il me semble que le dialogue entre les intellectuels états-uniens et russes soit moins sérieux aujourd’hui qu’il ne l’était au paroxysme de la guerre froide. Pourtant, les dangers d’une guerre impliquant les deux principales puissances nucléaires n’ont visiblement pas disparu.

En réponse au problème des crises interconnectées que sont la production de drogue afghane et le jihadisme salafiste narco-financé, mon discours exhortait les Russes à coopérer dans un cadre multilatéral avec les États-uniens partageant cette volonté —malgré les activités agressives de la CIA, de l’OTAN et du SOCOM (pour US Special Operations Command) en Asie centrale—. Cette position divergeait de celles des autres intervenants.

Depuis cette conférence, j’ai continué de réfléchir en profondeur sur l’état dégradé des relations entre la Russie et les États-Unis, et sur mes espoirs légèrement utopiques de les restaurer. Malgré les différents points de vue des conférenciers, ils avaient tendance à partager une grande inquiétude sur les intentions états-uniennes envers la Russie et les anciens États de l’URSS. Cette anxiété commune se fondait sur ce qu’ils savaient des actions antérieures des États-Unis, et de leurs engagements non tenus. En effet, contrairement à la plupart des citoyens de ce pays, ils étaient bien informés sur ces questions.

L’assurance que l’OTAN ne profiterait pas de la détente pour s’étendre en Europe de l’Est est un important exemple de promesse non tenue. Évidemment, la Pologne et d’autres anciens membres du Pacte de Varsovie sont aujourd’hui intégrés au sein de l’Alliance atlantique, tout comme les anciennes Républiques socialistes soviétiques de la Baltique. Par ailleurs, des propositions visant à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN sont toujours d’actualité, ce pays étant le véritable cœur de l’ancienne Union soviétique. Ce mouvement d’extension vers l’Est fut accompagné d’activités et d’opérations conjointes alliant les troupes US aux forces armées et sécuritaires de l’Ouzbékistan —dont certaines furent organisées par l’OTAN—. (Ces deux initiatives commencèrent en 1997, sous l’administration Clinton.)

Nous pouvons citer d’autres ruptures d’engagements, comme la conversion non autorisée d’une force des Nations Unies en Afghanistan (approuvée en 2001 par la Russie) en une coalition militaire dirigée par l’OTAN. Deux intervenants critiquèrent la détermination des États-Unis à installer en Europe de l’Est un bouclier antimissile contre l’Iran, refusant les suggestions russes de le déployer en Asie. Selon eux, cette intransigeance constituait « une menace pour la paix mondiale ».

Les conférenciers percevaient ces mesures comme des extensions agressives du mouvement qui, depuis Washington, visait à détruire l’URSS sous Reagan. Certains des orateurs avec qui j’ai pu échanger considéraient que, pendant les deux décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la Russie avait été menacée par des plans opérationnels des États-Unis et de l’OTAN pour une première frappe nucléaire contre l’URSS. Ils auraient pu être exécutés avant que la parité nucléaire ne soit atteinte, mais ils ne furent évidemment jamais mis en œuvre. Malgré tout, mes interlocuteurs étaient persuadés que les faucons ayant voulu ces plans n’avaient jamais abandonné leur désir d’humilier la Russie, et de la réduire au rang de tierce puissance. Je ne peux réfuter cette inquiétude. En effet, mon dernier livre, intitulé La Machine de guerre américaine , décrit également des pressions continuelles visant à établir et à maintenir la suprématie des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les discours prononcés à cette conférence ne se limitaient en aucun cas à critiquer les politiques menées par les États-Unis et l’Alliance atlantique. En effet, les intervenants s’opposaient avec une certaine amertume au soutien de Vladimir Poutine pour la campagne militaire de l’OTAN en Afghanistan, qu’il avait exprimé le 11 avril 2012. Ils étaient particulièrement révoltés par le fait que Poutine ait approuvé l’installation d’une base de l’Alliance atlantique à Oulianovsk, située à 900 kilomètres à l’est de Moscou. Bien que cette base ait été « vendue » à l’opinion publique russe comme un moyen de faciliter le retrait états-unien d’Afghanistan, l’un des conférenciers nous assura que l’avant-poste d’Oulianovsk était présenté dans les documents de l’OTAN comme une base militaire. Enfin, les intervenants se montraient hostiles aux sanctions onusiennes contre l’Iran, qui étaient inspirées par les États-Unis. Au contraire, ils considéraient ce pays comme un allié naturel contre les tentatives états-uniennes de concrétiser le projet de domination globale de Washington.

Mis à part le discours suivant, je suis resté silencieux durant la majeure partie de cette conférence. Cependant mon esprit, voire ma conscience, sont perturbés lorsque je songe aux récentes révélations sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney. En effet, immédiatement après le 11-Septembre, ces derniers ont mis en œuvre un projet visant à faire tomber de nombreux gouvernements amis de la Russie —dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran—. [2] (Dix ans plus tôt, au Pentagone, le néoconservateur Paul Wolfowitz avait déclaré au général Wesley Clark que les États-Unis disposaient d’une fenêtre d’opportunité pour se débarrasser de ces clients de la Russie, dans la période de restructuration de ce pays suite à l’effondrement de l’URSS. [3]) Ce projet n’a toujours pas été finalisé en Syrie et en Iran.

Ce que nous avons pu observer sous Obama ressemble beaucoup à la mise en œuvre progressive de ce plan. Toutefois, il faut admettre qu’en Libye, et à présent en Syrie, Obama a montré de plus grandes réticences que son prédécesseur à envoyer des soldats sur le terrain. (Il a tout de même été rapporté que, sous sa présidence, un nombre restreint de forces spéciales US ont opéré dans ces deux pays, afin d’attiser la résistance contre Kadhafi puis contre Assad.)

Plus particulièrement, l’absence de réaction des citoyens des États-Unis face au militarisme agressif et hégémoniste de leur pays me préoccupe. Ce bellicisme permanent, que j’appellerais le « dominationisme », est prévu sur le long terme dans les plans du Pentagone et de la CIA. [4] Sans aucun doute, de nombreux États-uniens pourraient penser qu’une Pax Americana globale assurerait une ère de paix, à l’image de la Pax Romana deux millénaires auparavant. Je suis persuadé du contraire. En effet, à l’instar de la Pax Britannica du XIXe siècle, ce dominationisme conduira inévitablement à un conflit majeur, potentiellement à une guerre nucléaire. En vérité, la clé de la Pax Romana résidait dans le fait que Rome, sous le règne d’Hadrien, s’était retirée de la Mésopotamie. De plus, elle avait accepté de strictes limitations de son pouvoir dans les régions sur lesquelles elle exerçait son hégémonie. La Grande-Bretagne fit preuve d’une sagesse comparable, mais trop tard. Jusqu’à présent, les États-Unis ne se sont jamais montrés aussi raisonnables.

Par ailleurs, dans ce pays, très peu de monde semble s’intéresser au projet de domination globale de Washington, du moins depuis l’échec des manifestations de masse visant à empêcher la guerre d’Irak. Nous avons pu constater une abondance d’études critiques sur les raisons de l’engagement militaire des États-Unis au Vietnam, et même sur l’implication états-unienne dans des atrocités telles que le massacre indonésien de 1965. Des auteurs comme Noam Chomsky et William Blum [5] ont analysé les actes criminels des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils ont peu étudié la récente accélération de l’expansionnisme militaire états-unien. Seule une minorité d’auteurs, comme Chalmers Johnson et Andrew Bacevich, ont analysé le renforcement progressif de la Machine de guerre américaine qui domine aujourd’hui les processus politiques des États-Unis.

De plus, il est frappant de constater que le jeune mouvement Occupy se soit si peu exprimé sur les guerres d’agression que mène ce pays. Je doute qu’il ait même dénoncé la militarisation de la surveillance et du maintien de l’ordre, ainsi que les camps de détention. Or, ces mesures sont au cœur du dispositif de répression intérieure qui menace sa propre survie. [6] Je fais ici référence à ce que l’on appelle le programme de « continuité du gouvernement » (COG pour « Continuity of Government »), à travers lequel les planificateurs militaires US ont développé des moyens de neutraliser définitivement tout mouvement antiguerre efficace aux États-Unis. [7]

En tant qu’ancien diplomate canadien, si je devais retourner en Russie, j’en appellerais de nouveau à une collaboration entre les États-Unis et ce pays afin d’affronter les problèmes mondiaux les plus urgents. Notre défi est de dépasser ce compromis rudimentaire qu’est la détente, cette soi-disant « coexistence pacifique » entre les superpuissances. En réalité, cette entente vieille d’un demi-siècle a permis —et même encouragé— les atrocités violentes de dictateurs clients, comme Suharto en Indonésie ou Mahamed Siyaad Barre en Somalie. Il est probable que l’alternative à la détente, qui serait une rupture complète de celle-ci, mène à des confrontations de plus en plus dangereuses en Asie —très certainement en Iran—.

Néanmoins, cette rupture peut-elle être évitée ? Voilà que je me demande si je n’ai pas minimisé l’intransigeance hégémoniste des États-Unis. [8] À Londres, j’ai récemment discuté avec un vieil ami, que j’avais rencontré durant ma carrière diplomatique. Il s’agit d’un diplomate britannique de haut rang, qui est un expert de la Russie. J’espérais qu’il aurait modéré mon évaluation négative des intentions des États-Unis et de l’OTAN contre ce pays. Or, il n’a fait que la renforcer.

Ainsi, j’ai décidé de publier mon discours agrémenté de cette préface, qui est destinée aussi bien aux citoyens US qu’au public international. Je pense qu’aujourd’hui, le plus urgent pour préserver la paix mondiale est de restreindre le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie incontestée. Au nom de la coexistence dans un monde pacifié et multilatéral, il faut donc raviver l’interdiction par l’ONU des guerres préemptives et unilatérales.

Dans cet objectif, j’espère que les citoyens des États-Unis se mobiliseront contre le dominationisme de leur pays, et qu’ils en appelleront à une déclaration politique de l’administration ou du Congrès. Cette déclaration :

1) renoncerait explicitement aux appels antérieurs du Pentagone faisant de la « suprématie totale » (« full spectrum dominance ») un objectif militaire central dans la politique étrangère des États-Unis ; [9]

2) rejetterait comme étant inacceptable la pratique des guerres préventives, aujourd’hui profondément enracinée ;

3) renoncerait catégoriquement à tout projet états-unien d’utilisation permanente de bases militaires en Irak, en Afghanistan ou au Kirghizstan ;

4) réengagerait les États-Unis à mener leurs futures opérations militaires en accord avec les procédures établies par la Charte des Nations Unies.

J’encourage mes concitoyens à me rejoindre afin d’exhorter le Congrès à introduire une résolution dans ce but. Initialement, une telle démarche pourrait ne pas aboutir. Cependant, il est possible qu’elle contribue à recentrer le débat politique US vers un sujet qui est selon moi urgent et peu débattu : l’expansionnisme des États-Unis, et la menace contre la paix globale qui en découle aujourd’hui.

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Discours à la conférence d’Invissin sur l’OTAN
(Moscou, 15 mai 2012)

 

Avant tout, je remercie les organisateurs de cette conférence de me permettre de parler du grave problème qu’est le narcotrafic d’Afghanistan. Aujourd’hui, il constitue une menace aussi bien pour la Russie que pour les relations entre ce pays et les États-Unis. Je vais donc discuter de politique profonde selon les perspectives de mon livre Drugs, Oil, and War, mais aussi de mon dernier ouvrage (La Machine de guerre américaine ) et du précédent (La Route vers le nouveau désordre mondial ). Ces livres analysent notamment les facteurs sous-tendant le trafic de drogue international ainsi que les interventions US, deux phénomènes préjudiciables à la fois au peuple russe et au peuple états-unien. Je parlerai également du rôle de l’OTAN dans la facilitation des stratégies visant à établir la suprématie des États-Unis sur le continent asiatique. Mais d’abord, je voudrais analyser le trafic de drogue à l’aune d’un important facteur, qui s’avère déterminant dans mes livres. Il s’agit du rôle du pétrole dans les politiques asiatiques des États-Unis, et également de l’influence d’importantes compagnies pétrolières alignées sur les intérêts de ce pays, dont British Petroleum (BP).

Derrière chaque offensive récente des États-Unis et de l’OTAN, l’industrie pétrolière fut une force profonde déterminante. Pour l’illustrer, songeons simplement aux interventions en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). [10]

J’ai donc étudié le rôle des compagnies pétrolières et de leurs représentants à Washington —dont les lobbies—, dans chacune des grandes interventions des États-Unis depuis le Vietnam dans les années 1960. [11] Le pouvoir des compagnies pétrolières US nécessiterait quelques explications à un public venant de Russie, où l’État contrôle l’industrie des hydrocarbures. Aux États-Unis, c’est pratiquement l’inverse. En effet, les compagnies pétrolières tendent à dominer aussi bien la politique étrangère de ce pays que le Congrès. [12] Ceci explique pourquoi les présidents successifs, de Kennedy à Obama en passant par Reagan, ont été incapables de limiter les avantages fiscaux des compagnies pétrolières garantis par la « oil depletion allowance » —y compris dans le contexte actuel, où la plupart des États-uniens sombrent dans la pauvreté—. [13]

Les activités US en Asie centrale, dans des zones d’influence traditionnelles de la Russie telles que le Kazakhstan, ont un fondement commun. En effet, depuis une trentaine d’années (voire plus), les compagnies pétrolières et leurs représentants à Washington ont montré un grand intérêt dans le développement, et surtout dans le contrôle des ressources gazières et pétrolières sous-exploitées du bassin Caspien. [14] Dans cet objectif, Washington a développé des politiques ayant eu comme résultat la mise en place de bases avancées au Kirghizstan et, pendant quatre ans, en Ouzbékistan (2001-2005). [15] Le but affiché de ces bases était de soutenir les opérations militaires des États-Unis en Afghanistan. Néanmoins, la présence états-unienne encourage aussi les gouvernements des nations avoisinantes à agir plus indépendamment de la volonté russe. Nous pouvons citer comme exemple le Kazakhstan et le Turkménistan, ces deux pays étant des zones d’investissements gaziers et pétroliers pour les compagnies US.

Washington sert les intérêts des compagnies pétrolières occidentales, pas seulement du fait leur influence corruptrice sur l’administration, mais parce que la survie de l’actuelle pétro-économie US dépend de la domination occidentale du commerce mondial du pétrole. Dans l’un de mes livres, j’analyse cette politique, en expliquant comment elle a contribué aux récentes interventions des États-Unis, mais aussi à l’appauvrissement du Tiers-Monde depuis 1980. En substance, les États-Unis ont géré le quadruplement des prix du pétrole dans les années 1970 en organisant le recyclage des pétrodollars dans l’économie états-unienne, au moyen d’accords secrets avec les Saoudiens. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et continuelle de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar US ; le second sécurisait le soutien permanent de ce pays dans la tarification intégrale du pétrole de l’OPEP en dollars. [16] Ces deux accords garantissaient que l’économie des États-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Le plus lourd fardeau pèserait au contraire sur les économies des pays les moins développés. [17]

Le dollar US, bien qu’étant en cours d’affaiblissement, dépend encore en grande partie de la politique de l’OPEP imposant cette monnaie pour régler le pétrole de cette organisation. Nous pouvons mesurer avec quelle force les États-Unis sont capables d’imposer cette politique en observant le destin des pays ayant décidé de la remettre en cause. « En 2000, Saddam Hussein insista pour que le pétrole irakien soit vendu en euros. Ce fut une manœuvre politique, mais qui augmenta les revenus récents de l’Irak grâce la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar. » [18] Trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis envahirent ce pays. Deux mois après, le 22 mai 2003, Bush décréta par un ordre exécutif que les ventes de pétrole irakien devaient s’effectuer de nouveau en dollars, et non en euros. [19]

Selon un article russe, peu avant l’intervention de l’OTAN en Libye début 2011, Mouammar Kadhafi avait manœuvré pour refuser le dollar comme monnaie de règlement du pétrole libyen, à l’instar de Saddam Hussein. [20] En février 2009, l’Iran annonça avoir « complètement cessé de conduire les transactions pétrolières en dollars US. » [21] Les véritables conséquences de cette audacieuse décision iranienne n’ont pas encore été observées. [22]

J’insiste sur le point suivant : chaque intervention récente des États-Unis et de l’OTAN a permis de soutenir la suprématie déclinante des compagnies pétrolières occidentales sur le système pétrolier global, donc celui des pétrodollars. Néanmoins, je pense que les compagnies pétrolières elles-mêmes sont capables d’initier, ou au moins de contribuer à des interventions politiques. Comme je l’ai mentionné dans mon livre Drugs, Oil, and Wars (p.8) :

« De façon récurrente, les compagnies pétrolières US sont accusées de se lancer dans des opérations clandestines, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires. En Colombie (comme nous le verrons), une entreprise de sécurité états-unienne travaillant pour Occidental Petroleum participa à une opération militaire de l’armée colombienne, ‘qui tua 18 civils par erreur.’ »

Pour citer un exemple plus proche de la Russie, j’évoquerais une opération clandestine de 1991 en Azerbaïdjan, qui est un exemple classique de politique profonde. Dans ce pays, d’anciens collaborateurs de la CIA, qui étaient employés par une entreprise pétrolière douteuse (MEGA Oil), « se lancèrent dans des entraînements militaires, distribuèrent des ‘sacs remplis d’argent liquide’ à des membres du gouvernement, et mirent en place une compagnie aérienne […] qui permit bientôt à des centaines de mercenaires moudjahidines d’être acheminés dans ce pays depuis l’Afghanistan. » [23] À l’origine ces mercenaires, finalement estimés à environ 2 000, furent employés pour combattre les forces arméniennes soutenues par la Russie dans la région disputée du Haut-Karabagh. Mais ils appuyèrent aussi les combattants islamistes en Tchétchénie et au Daguestan. Ils contribuèrent également à faire de Bakou un point de transbordement de l’héroïne afghane à la fois vers le marché urbain de Russie et vers la mafia tchétchène. [24]

En 1993, ils participèrent au renversement d’Abulfaz Elchibey, le premier président élu de l’Azerbaïdjan, et à son remplacement par Heydar Aliyev. Ce dernier signa ensuite un important contrat pétrolier avec BP, incluant ce qui devint finalement l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan reliant ce pays à la Turquie. Il faut souligner que les origines états-uniennes des agents de MEGA Oil sont indiscutables. En revanche, nous ne savons pas exactement qui a financé cette entreprise. Il aurait pu s’agir des majors pétrolières, la plupart d’entre elles disposant (ou ayant disposé) de leurs propres services clandestins. [25] Certaines entreprises pétrolières importantes, incluant Exxon, Mobil et BP, ont été accusées d’être « derrière le coup d’État » ayant conduit au remplacement d’Elchibey par Aliyev. [26]

De toute évidence, Washington et les majors pétrolières pensent que leur survie dépend du maintien de leur actuelle suprématie sur les marchés pétroliers internationaux. Dans les années 1990, alors que l’on localisait généralement les plus grandes réserves non prouvées d’hydrocarbures dans le bassin Caspien, cette région devint centrale à la fois pour les investissements pétroliers des entreprises US et pour l’expansion sécuritaire des États-Unis. [27]

S’exprimant en tant que secrétaire d’État adjoint, Strobe Talbott, un proche ami de Bill Clinton, tenta de mettre en avant une stratégie raisonnable pour assurer cette expansion. Dans un important discours prononcé le 21 juillet 1997,

« Talbott exposa les quatre aspects d’un [potentiel] soutien des États-Unis pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale : 1) la promotion de la démocratie ; 2) la création d’économies de marché ; 3) le parrainage de la paix et de la coopération, au sein et parmi les pays de la région et 4) leur intégration dans la plus vaste communauté internationale. […] Critiquant avec virulence ce qu’il considère être une conception dépassée de la compétition dans le Caucase et en Asie centrale, M. Talbott mit en garde quiconque envisagerait le ‘Grand Jeu’ comme grille de lecture de la région. Au contraire, il proposa une entente dans laquelle chacun sortirait gagnant de la coopération. » [28]

Mais cette approche multilatérale fut immédiatement attaquée par des membres des deux partis. Seulement trois jours plus tard, Heritage Foundation, le cercle de réflexion droitisant du Parti républicain, répondit que « [l]’administration Clinton, désireuse d’apaiser Moscou, rechignait à exploiter l’opportunité stratégique de sécuriser les intérêts des États-Unis dans le Caucase.  » [29] En octobre 1997, cette critique trouva son écho dans Le Grand Échiquier, un important ouvrage écrit par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. Ce dernier est certainement le principal opposant à la Russie au sein du Parti démocrate. Admettant que « la politique étrangère [états-unienne devrait] […] favoriser les liens nécessaires à une vraie coopération mondiale », il défendait toutefois dans son livre la notion de « Grand Jeu  » rejetée par Talbott. Selon Brzezinski, il était impératif d’empêcher « [l]’apparition d’un concurrent en Eurasie, capable de dominer ce continent et de défier [les États-Unis] ». [30]

En arrière-plan de ce débat, la CIA et le Pentagone développaient à travers l’Alliance atlantique une « stratégie de projection » contraire aux propositions de Talbott. En 1997, dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » de l’OTAN, le Pentagone démarra des exercices militaires avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Ce programme constituait « l’embryon d’une force militaire dirigée par l’OTAN dans cette région ». [31] Baptisés CENTRAZBAT, ces exercices envisageaient de potentiels déploiements de forces combattantes états-uniennes. Catherine Kelleher, une assistante du secrétaire adjoint à la Défense, cita « la présence d’énormes ressources énergétiques » comme justification de l’engagement militaire des États-Unis dans cette région. [32] L’Ouzbékistan, que Brzezinski distingua pour son importance géopolitique, devint un pivot pour les exercices militaires états-uniens, bien que ce pays ait l’un des pires bilans en matière de respect des droits de l’Homme dans cette région. [33]

De toute évidence, la « révolution des tulipes » de mars 2005 au Kirghizstan constitua une autre étape de la doctrine de projection stratégique du Pentagone et de la CIA. Elle s’est déroulée à une époque où George W. Bush parlait fréquemment de « stratégie de projection de la liberté ». Plus tard, alors qu’il visitait la Géorgie, ce dernier approuva ce changement de régime en le présentant comme un exemple de « démocratie et de liberté en pleine expansion ». [34] (En réalité, il ressemblait plus à un coup d’État sanglant qu’à une « révolution ».) Cependant, le régime de Bakiyev « dirigea le pays comme un syndicat du crime », pour reprendre les termes d’Alexander Cooley, un professeur à l’Université de Columbia. En particulier, de nombreux observateurs accusèrent Bakiyev d’avoir pris le contrôle du trafic de drogue local et de le gérer comme une entreprise familiale. [35]

Dans une certaine mesure, l’administration Obama s’est éloignée de cette rhétorique hégémoniste que le Pentagone appelle la « suprématie totale  » (« full-spectrum dominance »). [36] Toutefois, il n’est pas surprenant de constater que sous sa présidence, les pressions visant à réduire l’influence de la Russie se soient maintenues, comme par exemple en Syrie. En réalité, pendant un demi-siècle, Washington a été divisée en deux camps. D’un côté, une minorité évoluant principalement au Département d’État (comme Strobe Talbott), qui avait envisagé un avenir de coopération avec l’Union soviétique. De l’autre, les faucons hégémonistes, travaillant principalement à la CIA et au Pentagone (comme William Casey, Dick Cheney et Donald Rumsfeld). Ces derniers ont continuellement fait pression pour instaurer aux États-Unis une stratégie unipolaire de domination globale. [37] Dans la poursuite de cet objectif inatteignable, ils n’ont pas hésité à s’allier avec des trafiquants de drogue, notamment en Indochine, en Colombie et à présent en Afghanistan. [38]

Par ailleurs, ces faucons ont massivement employé les stratégies d’éradication narcotique de la DEA (Drug Enforcement Administration). [39] Comme je l’ai écrit dans La Machine de guerre américaine (p.43),

«  Le véritable objectif de la plupart de ces campagnes […] n’a jamais été l’idéal sans espoir de l’éradication de la drogue. Il a plutôt consisté à modifier la répartition du marché, c’est-à-dire à cibler des ennemis spécifiques pour s’assurer que le trafic de drogue reste sous le contrôle des trafiquants alliés à l’appareil de la sécurité d’État en Colombie et/ou à la CIA. » [40]

De manière flagrante, cette tendance s’est vérifiée en Afghanistan, où les États-Unis recrutèrent d’anciens trafiquants de drogue pour qu’ils soutiennent leur invasion de 2001. [41] Plus tard, Washington annonça une stratégie de lutte contre la drogue qui se limitait explicitement à attaquer les trafiquants de drogue qui appuyaient les insurgés. [42]

Ainsi, ceux qui comme moi se préoccupent de la réduction des flux de drogue venant d’Afghanistan se retrouvent face à un dilemme. En effet, pour être efficaces, les stratégies de lutte contre le trafic de drogue international doivent être multilatérales. En Asie centrale, elles nécessiteront une plus grande coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais au contraire, les efforts des principales forces pro-US présentes dans cette région —notamment la CIA, l’US Army, l’OTAN et la DEA—, ont été jusqu’à présent concentrés non pas sur la coopération mais sur l’hégémonie états-unienne.

Selon moi, la réponse à ce problème résidera dans l’utilisation conjointe de l’expertise et des ressources des deux pays, dans le cadre d’agences bilatérales ou multilatérales qu’aucune partie ne dominera. Une stratégie anti-drogue réussie devra être pluridimensionnelle, comme la campagne qui a été menée avec succès en Thaïlande. De plus, elle nécessitera probablement que les deux pays envisagent la mise en œuvre de stratégies favorables à la population, ce que ni l’un ni l’autre n’a encore concrétisé. [43]

La Russie et les États-Unis ont beaucoup de caractéristiques communes, et ils partagent de nombreux problèmes. Tous deux sont des super-États, bien que leur prééminence s’affaiblisse face à la Chine émergente. En tant que superpuissances, ces nations cédèrent toutes deux à la tentation de l’aventure afghane, que de nombreux esprits mieux avisés regrettent aujourd’hui. Dans le même temps, ce pays ravagé qu’est devenu l’Afghanistan doit faire face à des problèmes urgents, qui le sont aussi pour ces trois superpuissances. Il s’agit de la menace que constitue la drogue, et du danger correspondant qu’est le terrorisme.

Il est dans l’intérêt du monde entier de voir la Russie et les États-Unis affronter ces périls de façon constructive et désintéressée. Et espérons que chaque progrès dans la réduction de ces menaces communes sera une nouvelle étape dans le difficile processus de renforcement de la paix.

Le siècle dernier fut le théâtre d’une guerre froide entre les États-Unis et la Russie, deux superpuissances qui se sont lourdement armées au nom de la défense de leurs peuples respectifs. L’Union soviétique a perdu, ce qui aboutit à une Pax Americana instable, à l’image de la Pax Britannica du XIXe siècle : un dangereux mélange de globalisation commerciale, d’accroissement des disparités de revenus et de richesses, et d’un militarisme brutalement excessif et expansif. Celui-ci provoque de plus en plus de conflits armés (Somalie, Irak, Yémen, Libye), tout en accentuant la menace d’une possible guerre mondiale (Iran).

Aujourd’hui, afin de préserver leur dangereuse suprématie, les États-Unis sont en train de s’armer contre leur propre population, et plus seulement pour la défendre. [44] Tous les peuples du monde, y compris aux États-Unis, ont comme intérêt l’affaiblissement de cette suprématie en faveur d’un monde plus multipolaire et moins militariste.

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FRANÇAFRIQUE, LE FEU DANS LA SOUPE!

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François Hollande a reçu mercredi dernier à Paris au siège de l’UNESCO, en présence d’une dizaine de Chefs d’Etat africains, le Prix Félix Houphouët-Boigny, pour sa "contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique", nous révèle l’agence de presse africaine.

 

Le prix pour la recherche de la paix est un prix ivoirien. Or lors de la cérémonie de remise du prix, certains regards critiques, au vu des photos et reportages de l’événement, ont décelé que les liens unissant naguère Paris et Abidjan s’étaient distendus. Ainsi, la photo souvenir des couples Ouattara et Hollande nous révèle des sourires gentillets ; mais à y regarder de plus près, madame Ouattara n’arbore pas le sourire éclatant de sa séance de pose avec Bill Clinton il y a trois semaines de cela. Ce dernier avait su la réjouir en la louant pour son abnégation et sa générosité (financées, rappelons-le, sur le trésor Ivoirien), et lui avait dit le plus grand bien de son génial économiste de mari. Mais sur la photo souvenir du 5 juin à l’Unesco, Madame Ouattara ne semble partager avec madame Trierweiler aucune affinité, si ce n’est la blondeur commune de leurs cheveux ! Elle, ordinairement tout sucre et béatitude sur les photos de la Présidence, fixe penaudement le sol, visiblement gênée, un peu absente… Ah, si la remise du prix avait eu lieu ne serait-ce que 48h plus tôt, comme elle aurait pu rayonner de bonheur et de confiance ! Fatou Bensouda, procureure à la Cour Pénale Internationale tenait encore les choses bien en main !

L’unique photo de groupe disponible permet de découvrir un Alassane Ouattara venu honorer son mentor français pour la circonstance, avec d’autres présidents africains. Il a fait un long et beau discours, charmeur, enjôleur, comme de coutume quand il est à l’étranger, lui le Président anticonstitutionnel de la république de Côte d’Ivoire et président en exercice de la CEDEAO; lui qui ne cesse de parcourir les océans et les terres à la recherche de fonds pour sauver "son" "cher" pays complètement en ruine, qui prend l’eau de partout et risque de mourir noyé si l’argent qui circule n’arrive pas à se stabiliser et travailler à colmater des brèches de plus en plus profondes.

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Mais les apparences sont sauves : des poches d'un pays mis en banqueroute par ses soins diligents, l’illusionniste en Economie parvient à sortir, de sous le chapeau du "fonds ivoirien au nom de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny", une valise de 150 000 Dollars pour honorer le chef d’état français. Sur l’unique photo présentant les huiles africaines autour du roi Hollande, notre Ivoirien d’importation n’est plus assis auprès de son maître ; il a eu son content de caresses et d’os à moëlle ! Il y a maintenant des toutous plus méritants que lui, assis plus près du chef, qui ont à leur tour besoin d’être dressés, à grand renfort de caresses dans le sens du poil : les vassaux du Bénin, du Tchad, du Burkina et de Mauritanie. Ouattara est assis plus loin, à côté du «Protecteur du Prix, l'ancien Président ivoirien, A. H. Konan Bédié» comme le souligne encore l’agence de presse africaine.

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Bédié et son épouse ont eu droit à une photo de famille avec Hollande, flanqué de sa go, beaucoup plus chaleureuse. Autre détail révélateur : le patron du PDCI occupe durant la cérémonie un fauteuil de cuir, alors qu’Alassane, les roitelets, le Roi et la présidente de l’Unesco doivent se contenter du velours, « empire » certes, mais probablement moins confortable. Atmosphère fin de règne, velours rouge et fauteuils en cuir pour les perpétuateurs de la françafrique, et pourtant la galerie de photos de la cérémonie ne présente guère de visages heureux, joyeux… L’ombre du prisonnier de Scheveningen est parvenue à s’infiltrer jusque-là, alourdissant encore cette ambiance poussive et décadente : les économies occidentales sont à bout de souffle, et la paix est célébrée dans une atmosphère de chaos et de guerre partout dans le monde.

«Grâce à la politique d’ouverture, d’accueil et d’hospitalité de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » comme le proclame l’Abidjanaise, notre hymne national. » dira Ouattara dans son discours. Et le pyromane ADO de poursuivre la flatterie en direction du pompier Hollande, qui vient paraît-il de sauver le Mali, « Vous avez manifestement fait vôtre le proverbe africain qui dit que "si vous n’aidez pas votre voisin à éteindre le feu qui brûle sa case, la vôtre ne sera pas épargnée par les flammes" ».Quelle mascarade !

Le feu, on en parle beaucoup, il est très à la mode ! Il ya eu d’abord la supercherie des images kényanes brandies par la Procureure de la CPI, retirées en catimini, mais reprises il y a quelques jours pour la deuxième fois par « Le Patriote », la voix du régime ivoirien, pour enfoncer une fois de plus le président Gbagbo; Puis Le Patriote, ce torchon littéraire cracheur de feu continue sur sa lancée: voici que notre quotidien incendiaire titrait il y a quelques jours : « Libérer Gbagbo c’est brûler la Côte d’Ivoire ! ». Et aujourd’hui il remet le couvert en affichant sur sa manchette « FPI : ils veulent brûler le pays !» En d’autres termes, il faut que LG reste en prison, que la moitié de la population qui a voté pour lui reste muselée, aux arrêts parce que le "salut" de la Côte d’Ivoire et cette "paix" que tout le monde a chantée à Paris dans les locaux de l’Unesco sont à ce prix ! Il faut que le soi-disant pyromane d'avant le 11 avril donne au vrai pyromane l’occasion de louer le Pompier, encore et encore !

Koua Justin, arbitrairement incarcéré sans même une trace de mandat d’arrêt, a-t-il donc été surpris lors d’un meeting une boîte d'allumettes à la main, pour que ce régime aux abois en vienne à en recourir à de tels arguments ? L'implantation, au cœur des forêts classées de l'ouest ivoirien, de milices étrangères surarmées qui, avec l'aval du gouvernement et sous la supervision des forces françaises d'occupation, déforestent à grande échelle et commercialisent l'ivoire de contrebande, n'illustre-elle pas, parmi tant d'autres dénis de justice, la nature d’un régime  capable de mettre le feu SANS ALLUMETTES et de désertifier la Côte d'Ivoire en la bradant ? Et notre ministre de la communication Affoussiata Bamaba-Lamine qui s’inquiète le 6 juin de la violence verbale chez les jeunes : "Il faut, à travers l’école et les médias inculquer  à cette jeunesse la culture de la paix et de la non-violence", commente-t-elle. N’est-ce pas pathétique ? Les pères et les grands-pères «rattrapés» de cette jeunesse rebelle mais libre jouent aux allumettes à longueur de jour, et il faudrait qu’aux enfants des autres, de ceux qui sont morts, en exil, au cachot, ces jeunes sans emplois, sans argent pour étudier, on inculque encore la paix et la non violence par la terreur ? Comment un régime qui assassine, emprisonne et rançonne les gens, pourrait-il parler de paix et de non-violence ?

Et Alassane Ouattara de terminer ainsi son discours : « Nous réitérons notre ferme volonté de promouvoir, avec le concours de l’UNESCO et de la communauté internationale, la culture de la paix et du développement humain en Afrique et partout dans le monde. » La paix ne se cultive pas avec des semences OGM stériles, -comme celles dont Monsanto et ses acolytes sont en train d’inonder le pays - elle n’est pas le résultat d’un processus d’écrasement et d’anéantissement d’un faible par un plus fort épaulé par la dite "communauté internationale"! Avant de cultiver et de récolter, encore faut-il semer cette paix ! Une réconciliation vraie se bâtit à deux, les yeux dans les yeux, main dans la main, en marchant dans la même direction – ce qu'a toujours désiré le président Gbagbo ! –, mais sans que le charognard françafriconusien ne s’invite par la force dans le paysage! Une fois semé ce germe de paix, le développement de la plante ne peut qu'aller de soi si les bonnes conditions sont réunies : oxygène, lumière, eau. Ce n’est pas en asphyxiant les populations, en les emprisonnant dans de sombres cachots, en les exilant, en les privant de travail, de nourriture et de soins que le développement humain se fera !

Ce n’est pas pour rien que le judaïsme parle du « shelom bait », la paix du foyer (dans le couple) qui rejaillit sur la famille, sur l’entourage, puis, de proche en proche, de cercle en cercle. Et que dire du « développement humain » ? J’ai eu froid dans le dos en lisant cette phrase d’Alassane ou de son scribe français. L’humain est beau, crée à l’image de D.ieu, il peut se développer sainement dans une atmosphère saine où les lois des hommes sont en harmonies avec celles du Créateur, et cela quelque soient nos convictions religieuses. Même ceux qui l’appellent le Grand architecte ne diront pas le contraire ! Malheureusement, « Le prix de la recherche de la paix devient ainsi le prix de recherche de la guerre dans les mains d'une Françafrique à l'agonie. » écrit aujourd’hui le ministre Ahoua Don Mello. Le développement humain ne peut se concrétiser qu’à partir de semences de paix : or la bande à Ouattara, au fil de dix ans de rébellion et de deux années de dictature, n’a cessé de semer des graines de haine gratuite, "rattrapage" aidant.

Au lieu de provoquer incendie sur incendie,  “de brûler jusqu’aux cendres qui nous restent” comme l’écrit Eric Kahé, autre exilé sous le coup d'un mandat d’arrêt international – alors que ses dernières fonctions officielles aux côtés du Président Gbagbo remontent à 2005 ! -, ne faudrait-il pas enfin se résoudre à observer les vents, à entendre les cris des agonisants, à ouvrir les yeux sur le désastre humain, l'économie en ruines, et prendre la mesure du feu qui couve! La couverture jetée pour étouffer toute velléité de révolte n’asphyxiera pas le feu, parce que sous la terre, c’est un volcan qui couve; un volcan ivoirien, africain. “Il y a mieux que la haine, c’est la nation” écrit encore cet ancien ministre de Laurent Gbagbo. Jusques à quand l’endurcissement du petit pharaon au service de la France pourra-t-il se développer sur ce terreau de haine? « La Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » Qui peut, sans frémir, accueillir cette phrase de la bouche de Ouattara ? La Côte d'Ivoire, ce désormais ancien phare économique de l’Afrique de l’Ouest, aujourd'hui supplanté par le Ghana, n'a nullement besoin d'un granguignolesque "Obama" local autoproclamé... Tout ce qui reste à Ouattara, en fait d'"Obama", ce sont des cendres au bas mot fumantes, qui ne devront qu'à de vrais gestes d’apaisement et de réconciliation de ne pas se retransformer en brasier au moindre coup de vent à venir ! Comment les membres d'un gouvernement responsable peuvent-il se comporter en loubards, sans foi ni loi? Comment une nation constituée d’hommes et de femmes, de vieux et de jeunes, de pauvres et de riches, d’instruits et d’analphabètes peut elle se construire quand on ne lui propose que la mort, l’exil, l’expropriation, la prison, le chômage? De quelle fraternité s’agit-il? Celle de quelques pseudo-élus africains, maniant la brosse à reluire pour cirer à domicile les pompes d'un roi de France qui avec son peuple se retrouvera bientôt nu, privé de cette couverture que L'Afrique aura enfin à son tour décidé de tirer à elle ?

« Il serait temps de rendre aux africains ce qu’on leur a pris pour éviter les convulsions à venir »: c’est en ces termes que Jacques Chirac s’exprimait lucidement il y a quelques années. A quoi bon trembler encore et se mettre au garde à vous devant une «françafrique à l’agonie»? Le vent tourne, amis ivoiriens et africains. Osez le respirer, l'entendre et déjà le voir à l'œuvre ! C’est maintenant le moment d’éteindre le feu, d'organiser ensemble cette noria de seaux remplis d'une eau capable, non seulement d'achever l’incendie, mais d’arroser la fragile semence d'une paix garantie sans "ingérence humanitaire" et sans "communauté internationale". Pour qu’elle puisse à présent germer, cette semence, puis très bientôt lever, et permettre l'épanouissement d'une culture harmonieuse, prometteuse d'une moisson de vrais lendemains!


Shlomit Abel, le 12 juin 2013


Source: RESISTANCE COTE D'VOIRE ISRAEL

jeudi, 13 juin 2013

UN GOUVERNEMENT DES BANQUES, PAR LES BANQUES ET POUR LES BANQUES

 

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Cinq ans après l’effondrement financier de 2008, la spéculation et la fraude qui ont causé le crash ont fait un retour en force aux États-Unis. Conséquence des 85 milliards de dollars imprimés et livrés aux banques chaque mois par la Réserve fédérale, les affaires sont en plein boom au casino de Wall Street. Les valeurs des actions atteignent des niveaux record comme les profits des banques, dans un contexte de salaires en déclins et de pauvreté massive.

Dans ces conditions, les banques ont poussé à ce que soient levées les restrictions pourtant très modestes qui pèsent sur la spéculation financière, tout en élargissant le domaine d’applicabilité des lois sur le renflouage public. Le but est simple: donner aux banques une capacité maximale à spéculer sans contraintes, tout en obtenant un maximum d’aides de l’État si, et quand, la bulle éclatera.

L’emprise des banquiers sur le gouvernement est tellement ferme qu’ils ne se contentent plus de laisser leurs politiciens vendus écrire les lois, ils ont commencé à les écrire eux-mêmes.

Ce fut le cas pour un projet de loi qui est passé devant la Commission aux services financiers de la chambre des députés ce mois-ci, le projet HR 992, qui étend significativement le nombre d’institutions financières pouvant être couvertes par la Federal Deposit Insurance Corporation [FDIC – créée au départ pour garantir les dépôts des particuliers, elle garantit les dettes des banques depuis 2008, ndt]. La loi qui est passée avec le soutien des démocrates et des républicains modifie une loi précédente empêchant les institutions financières qui font le commerce des «swaps» (un ensemble de produits dérivés dangereux et largement déréglementés) d’être couverts par le FDIC.

Le New York Times a fait savoir vendredi que, d’après des e-mails examinés par le journal, 70 des 85 lignes du projet étaient tirées de recommandations faites par Citigroup, l’une des plus grandes banques américaines. Deux paragraphes ont été insérés pratiquement mot à mot depuis un email envoyé par la banque aux législateurs.

Cette loi restreint les dispositions de la loi Dodd-Frank de réforme de Wall Street et de protection des consommateurs signée le 21 juillet 2010. Celle-ci était déjà en grande partie un geste de publicité du gouvernement Obama, qui tentait de donner l’impression de s’en prendre à la spéculation financière tout en autorisant en réalité les banques à poursuivre leurs habitudes.

Au lieu d’imposer des règles, la loi Dodd-Franck n’a fait qu’imposer qu’une série de règles soient appliquées plus tard par les autorités de régulation. Près de trois ans après le passage de cette loi, la grande majorité de ces règles n’a pas été créée.

Sur les 135 dispositions de régulation des banques imposées par la loi Dodd-Franck, seules 40 ont été effectivement appliquées. La disposition la plus mise en avant à l’époque, qui exigeait la création d’une «règle Volcker» qui aurait empêché les institutions d’épargne de se livrer à la spéculation financière, reste lettre morte.

De plus, un grand nombre de ces dispositions, pourtant peu menaçantes, ont été encore réduites par les décisions suivantes du Congrès, comme la HR 992 précitée.

Même les dispositions qui ont été appliquées ont été affaiblies par la suite par les autorités de régulation à la demande des banques. La semaine dernière, la Commodity Futures Trading Commission [qui régule les bourses de commerce pour les matières premières, ndt], a voté l’application de règles sur les produits dérivés – des produits financiers spéculatifs dont la valeur dépend d’autres produits – qui sont significativement plus faibles que celles qui sont proposées par la loi Dodd-Franck.

Cette commission avait initialement proposé que les acheteurs de produits dérivés doivent contacter cinq banques avant d’établir le prix d’un contrat. Avec les nouvelles réglementations, les acheteurs n’ont qu’à contacter deux banques, ce qui renforce le monopole d’une poignée d’institutions qui dominent ce marché largement dérégulé des produits dérivés, lequel représente plusieurs milliers de milliards de dollars.

Ce projet proposait au départ que les produits dérivés soient échangés de manière électronique comme les actions, pour que les acheteurs puissent avoir une meilleure compréhension des prix sur l’ensemble du marché, ce qui aurait rendu la surévaluation des prix plus difficile. Mais les règles finalement adoptées permettent à la plupart des échanges de dérivés d’avoir lieu par téléphone, ce qui rend le marché pratiquement impossible à réguler.

En dépit d’une montagne de preuves – dont un volumineux rapport de 2011 de la sous-commission permanente du Sénat sur les enquêtes – indiquant que le crash financier de 2008 était directement lié aux infractions constantes de Wall Street, pas un seul responsable d’une grande banque n’a été poursuivi en justice, sans parler d’aller en prison.

Les géants de Wall Street émergent de la crise financière plus grands et plus puissants que jamais, et, comme le montrent les enquêtes du gouvernement sur les pertes de 6 milliards de dollars de JPMorgan l’an dernier, leurs activités ne sont que spéculatives et parasitaires, comme avant le crash.

Ces facteurs, combinés avec la vaste quantité d’argent frais injecté dans les marchés financiers par les banques centrales rendent un nouveau crash financier quasi inévitable.

Dans tout cela, le rôle du gouvernement a été de couvrir et de faciliter les crimes des banques, cherchant à créer une apparence de régulation tout en permettant à Wall Street d’agir en toute impunité.

La principale connexion entre les banques et le gouvernement, c’est le gouvernement Obama lui-même, qui, avec chaque nouvelle nomination, devient encore plus un gouvernement de, par, et pour l’oligarchie financière.

En janvier, Obama a nommé au poste de ministre du trésor, Jacob Lew, qui a gagné des millions de dollars en tant que directeur de l’unité d’investissements alternatifs de Citigroup, qui pariait contre le marché de l’immobilier pendant que celui-ci s’effondrait.

Ce mois-ci, Obama a nommé Penny Pritzker, l’héritière d’une chaîne d’hôtels et une opératrice d’un fonds d’investissement, comme secrétaire d’État au Commerce. Avec un capital net de 1,85 milliard de dollars, Pritzker est la personne la plus riche de l’histoire des États-Unis à être membre du gouvernement.

Ces développements démontrent l’impossibilité de maîtriser les criminels financiers dans le cadre très limité du système politique actuel. Le gouvernement et les deux grands partis ne sont qu’à peine plus que des valets des banquiers, lesquels exercent une dictature sur la vie politique des États-Unis.


Andre Damon

Article original, WSWS,paru le 25 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

PANIQUE DANS LA BASSE-COUR - FABIUS: «IL FAUT ARRETER LA PROGRESSION VERS ALEP» DES TROUPES SYRIENNES

 

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Le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, a demandé mercredi à la «communauté internationale» d'arrêter la progression vers Alep des troupes syriennes qui préparent un assaut majeur contre les rebelles arabes et étrangers dans cette ville du Nord.

 

"Il faut qu'on puisse arrêter cette progression, avant Alep. C'est la prochaine cible à la fois du Hezbollah, des Iraniens", a déclaré le ministre, interrogé sur la chaîne de télévision France 2.

"Il faut un rééquilibrage (entre les troupes syriennes et les rebelles arabo-étrangers) parce qu'au cours des dernières semaines, les troupes de Bachar al-Assad (président syrien) et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable", a-t-il dit.

"Bachar (...) a utilisé de façon scandaleuse les armes chimiques" (Oh honte!, Ndlr), a-t-il encore prétendu.

"Il faut qu'on l'arrête parce que, s'il n'y a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n'y aura pas de conférence de la paix à Genève car l'opposition n'acceptera pas d'y venir. Or il faut une solution politique."

"Derrière la question syrienne, il y a la question iranienne", a poursuivi M. Fabius.

Selon lui, "si on n'est pas capable d'empêcher l'Iran de prendre la main sur la Syrie, quelle crédibilité aura-t-on en exigeant qu'elle n'ait pas l'arme atomique? Donc tout est lié".

Tout en plaidant pour "que les résistants (rebelles extrémistes) puissent se défendre, qu'ils disposent d'armes", Laurent Fabius a ajouté: "Il nous faut respecter la réglementation européenne qui dit que c'est à partir du 1er août que des armes puissantes peuvent être données. Pour le moment, nous n'avons pas encore décidé".

"Et les Américains sont en train d'examiner leurs propres positions", a-t-il ajouté, précisant s'être entretenu mardi par téléphone avec son homologue américain, John Kerry.

"Il y a dans l'administration américaine des positions différentes. Les Américains auraient voulu se tenir à l'écart mais le conflit n'est plus local, c'est un conflit régional et même international", a-t-il dit.

 

Source: INFOS D'ALMANAR

mardi, 11 juin 2013

APPEL A TOUS LES DEMOCRATES CONTRE LA REPRESSION DU REGIME DE OUATTARA

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COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS - COMMUNIQUE

Appel à tous les démocrates

Manifestons massivement notre soutien au peuple ivoirien victime de la répression du régime de Ouattara


Cette semaine, en Côte d'Ivoire, une nouvelle arrestation de responsable politique a frappé. Cette fois-ci c'est la jeunesse militante qui est criminalisée.

M. Koua Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI (Jeunesse du Front Populaire Ivoirien), a été arrêté le vendredi 7 juin 2013, en début de soirée. Il se trouvait en réunion au siège provisoire du FPI dont nous rappellerons au passage que les locaux furent pillés et brûlés en août 2012 par les milices ouattaristes.

Selon plusieurs sources, des FRCI («l’armée» créée par Alassane Ouattara) ont envahi les lieux en brandissant des armes, et l’ont emmené de force sans mandat d'arrêt ni motif officiel. Peu de temps auparavant, Koua Justin avait révélé sur Facebook et lors d’une conférence de presse, la traque dont il était victime de la part de l’appareil militaire et policier du régime.

Selon les dernières informations, il se trouverait actuellement aux mains de la DST ivoirienne, enfermé dans un conteneur exposé à la chaleur et à la déshydratation.

A la détention politique, s’ajoute donc une grave mise en danger de son intégrité physique.

Connaissant les méthodes de torture utilisées de manière généralisée par le régime de Ouattara, nous avons toutes les raisons d'être inquiets pour sa vie.


Cet événement intervient :


- Après que la CPI se soit  déclarée dans l’incapacité de confirmer les charges présentées par le Procureur à l’encontre du Président Laurent Gbagbo; ce cinglant désaveu pour le pouvoir d'Abidjan semble accentuer une répression ininterrompue depuis plus de deux ans.

- Au moment où la JFPI, avec Koua Justin, prépare une grande campagne de mobilisation, à travers des tournées "éveil des consciences" dans tout le pays, et où un meeting était prévu dans les jours à venir.

Par ailleurs, Charles Blé Goudé, ex-Ministre de la Jeunesse, détenu lui aussi, a entamé depuis huit jours une grève de la faim pour dénoncer ses conditions inhumaines de détention.

Depuis le 15 mai, une trentaine de personnes proches de l'opposition ou supposées l'être ont été incarcérées à la MACA.

On estime actuellement le nombre des prisonniers politiques à plus de 700 sur le sol ivoirien.

 

CELA NE PEUT PLUS DURER !


Le gouvernement français (pour mémoire le Président François Hollande s'est vu remettre à l'UNESCO le prix Houphouët-Boigny pour la paix) doit sur le champ:


- CONDAMNER publiquement le régime de Ouattara et son mode de gouvernance par la terreur.

- EXIGER LA LIBERATION immédiate de tous les prisonniers politiques, en vertu du caractère universel de l’application des droits de l’homme et des Conventions de Genève.

- OBTENIR PAR LA VOIE DIPLOMATIQUE la libération et le rapatriement sanitaire du franco-ivoirien Michel Gbagbo, détenu depuis le 11 Avril 2011 pour délit de patronyme.


Nous appelons tous les démocrates à intervenir auprès du gouvernement pour qu'il agisse au plus vite et à alerter massivement les organisations des droits de l'homme en leur transmettant le présent communiqué.


COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

(contact: prisonnierspolitiques.rci@gmail.com)


 LE DIMANCHE 9 JUIN 2013


Pour écrire au Président de la république:

http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Pour écrire à Amnesty International France:

http://www.amnesty.fr/Contact/AI-France

ARRESTATION DE KOUA JUSTIN: LE VUVUZELA DES GENOCIDAIRES FACE AU DESARROI!

 

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«Oh rage! Oh désespoir!», disait DON RODRIGUE in le «Cid».


De même que le Cid a pu arrêter l’envahissement de l’Europe par les tout puissants almoravides en 1092, les combattants africains pour la souveraineté ne seront pas vaincus par le désespoir, mais vaincrons par les armes de la vérité sur le mensonge.

De même que la CPI a été instrumentalisée par les plus grands pourvoyeurs de crimes au monde pour devenir la Cour de Punition des Innocents, la lutte contre l’impunité en Côte d’Ivoire a tourné à la lutte contre les innocents avec le fallacieux nouveau prétexte que l’État n’est pas encore reconstitué pour faire face à ses engagements contre l’impunité des vrais criminels.

Paradoxalement, ce même État trouve de la force et des moyens contre les innocents.

La gifle reçue par la Françafrique par les juges de la CPI dernièrement, lancera le rouleau compresseur avec de nouvelles victimes, comme l'arrestation de la voix des sans voix : KOUA Justin !

En effet, le régime OUATTARA, qui a été jugé incompétent par ses parrains face au dossier GBAGBO, malgré la dictée préparée et servie par la résolution de l’ONU présentée par la France qui affirmait avoir vu GBAGBO tirer sur son peuple, est aux abois.

En constituant le maximum de prisonniers, ce régime pense pouvoir arracher sous la torture des témoignages et des aveux contre GBAGBO venant de son propre camp. Cela reste leur unique porte de sortie après l’appui raté de Mamadou Koulibaly qui n'a pas pu donner son propre avis sur les élections présidentielles de 2010 et s'est aligné sur un avis imaginaire du "PANEL" des chefs d'Etat de l’UA, sachant, avec la lucidité qu’on lui connait, que c’est le vaincu des élections qui est le responsable des crimes. C’est le lieu de rappeler que l’UA avait simplement décidé de trouver une solution négociée à la crise face au dilemme que constituait la certification de l’ONU et la décision du Conseil Constitutionnel. Certification qui constitue le premier gros mensonge de l’ONU avant celui sur GBAGBO tirant sur son peuple démenti par sa propre justice. C’est en attendant le représentant de l’UA que, par mépris pour cette institution, la France a attaqué la Côte d’Ivoire en exterminant tous les jeunes mobilisés à la Résidence du Chef de l’Etat.

C’est là où les Ivoiriens attendent BENSOUDA pour ses enquêtes complémentaires ! Chaque famille ayant perdu de vue un fils pendant le massacre de la résidence pense que ce dernier  est en exil. C’est d’ailleurs dans la perspective de ce massacre qu’un appel d’offre avait été lancé par l’ONUCI pour recruter des sociétés de pompes funèbres en prélude au plan de massacre de la résistance patriotique qui a mis en déroute l’armée française en 2004.

Où sont tous ces jeunes ?

On n’espère que BENSOUDA nous donnera la réponse après son enquête !

Chers Africains dignes, aucune preuve criminelle ne justifie la détention de KOUA Justin et des 700 prisonniers sans jugement en Côte d’Ivoire ; comme, il n’en existe point contre Laurent GBAGBO !  Le silence de la fameuse communauté internationale pour la démocratie planétaire contre ces violations graves des droits de l’Homme, est la preuve des motifs inavoués de ce honteux scandale. L’impérialisme français qui combat en Syrie aujourd’hui avec les mêmes  prétextes utilisés pour la version françafricaine de ses guerres, continue sa route pavée de crimes impunis en attendant le «Cid».

Les Ivoiriens ont choisi comme « Cid », l’arme de la vérité face au « VUVUZELA » des agents de l’impérialisme comme BENSOUDA et son clone ivoirien pour la promotion de la lutte contre l’impunité qui s’est muée en lutte pour la punition des innocents.

Cette situation ouvre une page blanche sur l’avenir de l’Afrique et un nouvel ordre mondial qui consacrera la souveraineté du continent.

A l’image des peuples d’Amérique du Sud, si nous, nos chefs d’État dignes et tous les combattants d’un nouvel ordre mondial n’écrivons rien sur cette page par des paroles et des actes pour faire éclater la vérité aux yeux du monde entier, elle sera remplie par des évènements comme la détention sans motif du Président GBAGBO, de 700 pro-GBAGBO et  celle de KOUA Justin !

De même que l’esclavage a commencé en un point du continent et progressivement s’est généralisé, la colonisation a démarré en un point et s’est généralisée.

La recolonisation a commencé en Côte d’Ivoire, puis en Libye et a atterri au Mali. Le combat contre les terroristes qu’ils  forment et surarment pour qu’ils soient les seuls à les freiner, constitue le prétexte idéal de la grande marche vers la recolonisation comme solution de sortie de crise de l’impérialisme. Chaque impérialiste, avec une parfaite solidarité face aux crimes engendrés,  joue son rôle dans son pré-carré avec ses propres terroristes qu’il transporte d’un pays à coloniser vers de nouveaux pays.

Par le passé, les crises de l’impérialisme se résolvaient à visage découvert par des conquêtes  de nouveaux continents. N’ayant plus de continent à coloniser pour sortir de cette crise, il lui reste une seule solution : la recolonisation de l’Afrique, le seul continent sans parole et droit de veto à l’ONU. Pour éviter  de présenter le visage hideux du colonialisme pouvant réveiller les souvenirs affreux, cette recolonisation se réalise sous le masque de l'ONU comme visage politique, le FMI et la Banque Mondiale, les bras financier et économique, la CPI et les soldats de l’ONU, les geôliers pour mater les récalcitrants qui ne veulent pas céder au diktat de l'impérialisme avec la complicité des divers prédateurs dont le réseau françafricain pour le pillage économique et financier  vers les métropoles et les paradis fiscaux.

«Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, l’histoire de la chasse sera toujours à la gloire du chasseur» Chinua Achebe, in «Le monde s’effondre». Suivez mon regard sur les récentes glorifications du Chef suprême des armées Françafricaines au nom d’Houphouët-Boigny par les africains !

GBAGBO est vraiment en otage !


DON MELLO Ahoua

Docteur Ingenieur des ponts et chaussées.

lundi, 10 juin 2013

CPI - FATOU BENSOUDA RETICENTE A APPORTER DE NOUVELLES PREUVES CONTRE GBAGBO

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CPI - Rebondissement: Fatou Bensouda refuserait d’apporter de nouvelles preuves contre Gbagbo. Elle préfère juste faire appel.


Fatou Bensouda refuse d’enqueter et d’apporter de nouvelles preuves.

 

Selon les informations en notre possession, la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, pourrait abandonner la piste des enquêtes afin d’apporter de nouvelles preuves à charge contre le Président Laurent Gbagbo. Information confirmée par notre confrère « Le Nouveau Courrier » dans son édition d’aujourd’hui.

Echaudée par le scandale de fausses preuves du Kenya contre Gbagbo, lequel a considérablement nui à sa crédibilité, la procureure de la CPI semble ne plus vouloir prendre de risques. Elle sait pertinemment qu’en l’état des choses, il lui est quasiment impossible d’apporter de nouvelles preuves sans prendre le risque d’être induite en erreur par le régime Ouattara.

Par ailleurs, madame Bensouda sait plus que quinconque que toutes les nouvelles preuves qu’elle apportera contre Gbagbo seront scrutées au peine fin par Me Altit et son équipe. Et en cas de découverte de nouvelles fausses preuves, ce sera pour elle l’humiliation suprême et la fin de sa carrière.

Comme on le voit, en l’absence de preuves, Fatou Bensouda joue la carte de la sagesse et de l’humilité, car le dossier Gbagbo est devenu planetaire et très explosif. Chose qu’elle avait semblé sousestimer. Elle préfère maintenant la prudence en faisant juste Appel de la décision des juges.

Aura-t-elle gain de cause ? Rien n’est moins sûr. Selon plusieurs analystes, en empruntant cette voie, la procureure sait pertinemment qu’elle risque de ne pas être suivie par la Cour qui en a assez du dilatoire et des accusations farfelues, et qui préfère désormais qu’on lui apporte les preuves des accusartions portées contre Laurent Gbagbo.

Va-t-on alors vers une liberation du Président Gbagbo pour absence de preuves et vacuité du dossier? Selon plusieurs analystes, cela paraît logique.

Ce qui l’est moins, c’est quand est ce que Laurent Gbagbo récouvrera réellement la liberté.


Michèle Laffont,

Correspondante permanente aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.COM