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dimanche, 10 novembre 2019

POUR AVOIR CRITIQUÉ LE FRANC CFA, UNE PANAFRICANISTE EST PLACÉE DANS LE FICHIER DES TERRORISTES ET INTERDITE D'ENTRER EN FRANCE

 

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La Lettre du continent révèle que la panafricaniste Nathalie Yamb est interdite de voyage en France et fichée S pour ses liens avec La Russie.

La note Fichée S est attribuée par les services de renseignement français pour désigner un individu qui est suspecté de porter atteinte à la sécurité ou l’ordre publics en France. On y trouve à la fois des terroristes, des activistes écologistes ou de simples manifestants Gilets jaunes comme Eric Drouet.

En outre, après son discours vigoureux et véridique prononcé au Sommet Russie Afrique de Sotchi, l'encyclopédie numérique Wikipedia a désactivé sa biographie en ligne.

Voici les odieux agissements de la France qui se prétend terre des droits de l’homme mais intimide ceux qui refusent de faire ses éloges ou révèlent ses pratiques criminelles en Afrique quelle veut occulter. Où est la différence entre ses méthodes et celles des dictatures qu'elle prétend combattre ?

Source: Pour le panafricanisme

 

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Mon pays de cœur se désintègre, sous nos yeux. 700 morts dus aux attaques terroristes au Burkina Faso depuis 2015, et Florence Parly, ministre des armées françaises, dit qu’il faut qu’on fasse preuve de patience face à l’hydre qui décime à tout va, à coups de bombes, de kalachnikovs et de mines qui explosent. 700 morts, alors que 4.500 militaires français sont stationnés là-bas depuis 2014. Ce n’est même pas à elle que j’en veux. C’est contre ceux qui pensent que Barkhane et G5 Sahel sont là pour combattre les terroristes que je suis en colère.

«Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui, sous le couvert d’accords de défense bidons, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellion, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos États». Je crois qu’à Sochi, j’avais tout dit.

Pensées attristées à celles et ceux qui ont été brutalement arrachés à l’affection de leurs proches et aux blessés aux stigmates indélébiles. La mort a assez gagné. Il est temps que ce soit la patrie qui vainc. Courage au peuple Burkinabè. Salif Diallo, tu nous manques! #RIP

 

Source : COUPS FRANCS.COM

jeudi, 07 novembre 2019

EVA JOLY BALANCE TOUT SUR LA FRANÇAFRIQUE

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Nous ne résistons pas à l`envie de publier pour nos lecteurs ces extraits du dernier livre de la députée française Eva Joly, détaillant les «crimes» de la France en Afrique en général et au Cameroun en particulier; elle parle notamment du massacre des Bamilékés par son pays.

 

Je n`avais rien compris à ce que l`écrivain Slimane Zeghidour appelle «le secret de famille de la République». Lorsque j`ai pris en charge l`instruction de l`affaire Elf, j`avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n`aimais pas leur arrogance, la façon qu`ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu`ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j`étais prête à les croire.

Je sortais de plusieurs années en détachement au Ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

J`avais confiance dans les institutions de mon pays d`adoption. Je n`imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j`ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m`arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l`étranger.

Je découvrais des chemins qu`il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m`ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d`un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l`Elysée.

Ce n`était pas mon rôle d`en tirer les conclusions politiques, mais j`en ai gardé l`empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j`ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié.

Il serpente depuis le bureau d`un directeur des hydrocarbures d`Elf, jusqu`à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d`Omar Bongo: quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d`une part, le budget de l`Etat et le Gouvernement d`autre part.

J`emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l`étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes.

Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là: les tyrans sont des amis que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l`influence par de vastes réseaux de corruption; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l`économie des pays.

La France aide à appauvrir le Gabon.

Et si je m`arrête un instant au Gabon, qu`est-ce que j`y vois? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un PIB par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $)? Ou un pays pauvre où l`espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l`uranium, fief de Total-Elf, la première capitalisation boursière française.

Si les habitants de Libreville n`ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c`est parce que la France s`est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d`un Président, enrôlé dès son service militaire par l`armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris, il était alors le plus jeune Chef d`Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune.

En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, Avenue Foch ou l`Hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

Dans les années 1990, un homme politique français de premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d`un contrat de «consultant» signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De Roland Dumas, le Président gabonais dit qu`il est un «ami intime». Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas Sarkozy, venu «prendre conseil» en tant que candidat à l`élection présidentielle.

Lorsqu’au cours de l`instruction, nous avons perquisitionné au siège de la FIBA, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C`était une sorte de Who`s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l`envers de la République et des médias.

La France fait semblant d`aider des pays qui sont riches en matières premières.

A ceux qui croient encore à l`aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l`aide française et la richesse en matières premières.

En clair, celui qui n`a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris. Il n`est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l`un des premiers bénéficiaires de l`aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d`éducation. L`argent s`est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s`agit pas d`une dérive mais d`une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d`espionnage permanent et de barbouzes.

Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au Parquet de Nanterre, qui se gardait bien d`ouvrir des enquêtes.

Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l`Etat, conçu par Pierre Guillaumat, un ancien Ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d`Elf Total pour affirmer sa puissance.

La compagnie intervient dans le Golfe de Guinée, au Nigeria, au Congo-Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s`est fait sentir. Le chaos, lorsqu`il se produit, ne trouble pas le système. Il n`est qu’à voir l`Angola en guerre pendant des dizaines d`années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n`a raté sa destination.

Pendant la guerre, les affaires continuaient…les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l`occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu`elles ne prenaient pas le moindre risque. L`argent, là aussi, n`a pas été perdu pour tout le monde. C`est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j`ai ouvert le dossier Elf dans mon bureau de la galerie financière, j`ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j`ai appris en marchant. A l`arrivée, le tableau est effrayant.

L`Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l`être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d`émigrants regardant vers le nouveau monde américain.

Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d`un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer, Il envoya vers l`Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d`expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l`exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d`entre eux ont versé des commissions et que la tentation d`abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n`a pas à rougir de ce qu`elle a fait de son pétrole. Ce que j`ai vu, les rapports internationaux qui l`attestent, est une œuvre d`espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l`image qu`elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la justice et la démocratie? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu`ils ont vu? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts a s`enflammer, n`ont-ils rien voulu voir?

L`Occident a fermé les yeux sur les crimes de la France.

Je ne condamne pas. J`ai partagé cet aveuglement. J`étais comme eux, avant de glisser l`œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille: la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L`indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l`Ouest.

L`Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d`être le «gendarme» qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l`hydre américaine. Elf était l`une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique.

Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que «là-bas, c`est différent». Là-bas, c`est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas, c`est normal la présence de l`armée française, les proconsuls à l`ambassade ou à l`état-major, les camps militaires. Là-bas, c`est normal l`instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c`est normal la captation des richesses naturelles.

D`ailleurs, «tout le monde fait pareil». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s`offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d`Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d`un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J`ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigeria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l`indépendance. S`ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l`Elysée via des sociétés suisses.

La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l`aller, remplie d`armes. A l`image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d`alors, généraux d`aujourd`hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d`histoire.

La France au cœur de la guerre du Biafra et du massacre des Bamilékés au Cameroun.

Des drames comme celui-ci, l`Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du Général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d`opposants, les manipulations d`élections.. Le passif de la France sur le continent africain n`a rien à envier à l`impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s`est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l`objet d`une proposition de loi, largement soutenue par les députés.

Bien sûr, l`histoire de la France en Afrique ou en Asie du sud-est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu`ils ont découverts. A Madagascar, les Vazas, ces pieds noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l`état des routes et des infrastructures françaises au moment de l`indépendance.

Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l`onde portée va bien au-delà d`une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout: du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd`hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n`ont pourtant cessé d`inventer des périphrases : «indigène musulman», «sujet africain non naturalisé», «JFOM» (Jeune français originaire du Maghreb), «jeune issu de l`immigration», «fils de harkis», «jeune des quartiers», «Arabo-musulman», «Français d`origine arabe», «Français musulman»…

La France vit encore comme si en Afrique, elle était chez elle, et comme si, ses enfants d`ascendance africaine n`étaient pas Français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère.

Mais la manière dont la firme s`est bâtie fait partie de l`héritage. Qui osera un jour rendre au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l`uranium du Niger ou ceux des mines d`or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu`une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol? La République a contracté une dette qu`il lui faudra bien honorer.

Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l`Europe, il pourrait-être versé une rente au lieu d`un avis d`expulsion. Je rêve pour ce pays que j`aime, d`un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique: ce qu`une génération a fait, une autre peut le défaire. C`est possible.

 

Extrait de : La force qui nous manque. Eva Joly. Editions des Arènes (Paris) 190 pages.

 

Auteur : JMTV PLUS

Source : INVESTIG'ACTION

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, france, eva joly, eva joly balance tout sur la françafrique, françafrique, investig'action | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 03 novembre 2019

NATHALIE YAMB DANS COULEURS TROPICALES: «NOUS SOMMES A UN STADE OU NOUS AVONS DEPASSE LA COLERE»

 

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De retour de Sochi, Nathalie Yamb (LIDER) répond aux questions de Claudy Siar dans l’émission Couleurs Tropicales sur Rfi. "Nous énonçons clairement ce que nous allons faire, pas pour détruire les autres, mais pour redonner de la dignité aux peuples africains."

 


jeudi, 31 octobre 2019

NATHALIE YAMB, NOUVELLE HEROINE DE LA LIBERATION DE L'AFRIQUE DEPUIS LE SOMMET DE SOCHI

 

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intervention de Nathalie Yamb au sommet Russie-Afrique qui s’est tenu les 23 et 24 octobre à Sotchi aura fait sensation. Sputnik s’est entretenu avec la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020, qui rêve d’une Afrique véritablement libre et prospère.

Par Roland Klohi.

 

«Force est de constater qu’après l’esclavage, la colonisation, les pseudo-indépendances, on ne nous a reconnu que le droit d’être libres, mais seulement au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore, en octobre 2019, sous le contrôle de la France.»

 

C’est ce que n’a pas hésité à marteler, entre autres, Nathalie Yamb lors d’un discours prononcé lors du sommet Russie-Afrique où étaient réunis, les 23 et 24 octobre derniers, une quarantaine de chefs d’État africains.

Très vite, des centaines d’internautes de par le monde ont salué le «courage» d’une Africaine en qui ils voient désormais un porte-étendard d’un continent en quête d’affirmation de soi et de liberté.

Un triomphe auquel Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat investi par le parti Liberté et démocratie pour la République (LIDER) pour la présidentielle ivoirienne de 2020, était loin de s’attendre.

En exclusivité pour Sputnik, la femme politique de 50 ans a accepté de revenir sur des points clés de sa prise de parole à Sotchi – comme le franc CFA et les accords de défense entre la France et certains pays africains, mais aussi sur la vie politique en Côte d’Ivoire.

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© Sputnik . Roland Klohi
Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020


Sputnik: Comment se fait-il que vous ayez été conviée à prendre la parole au sommet Russie-Afrique?

Nathalie Yamb: «L’année dernière, l’Association pour la recherche libre et la coopération internationale (AFRIC) avait invité le professeur Mamadou Koulibaly à une conférence à Madagascar. L’association m’a par la suite conviée à participer à un séminaire de prospective sur l’Afrique à Berlin. Ce que je leur ai présenté à Berlin leur a plu, ils m’ont alors proposé de prendre part au sommet. Je trouve les autorités russes totalement décomplexées: elles n’ont pas hésité à inviter des opposants, en l’occurrence le professeur et moi, et elles m’ont même offert une tribune.

Il y aura le sommet France-Afrique en juin 2020. Je ne sais pas si le Président Emmanuel Macron, qui s’est pourtant dit ouvert à une réforme du franc CFA, pourrait m’inviter ou le professeur Mamadou Koulibaly pour discuter du sujet.

Au passage, nous avons constaté que la page Facebook d’AFRIC a été désactivée le 29 octobre dernier par le réseau social, sans aucune explication.»


Sputnik: Vous attendiez-vous à ce que votre discours ait un tel retentissement en Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument pas! Je suis d’ailleurs encore époustouflée par la résonnance de ma prise de parole. C’est un discours habituel – le mien et celui de mon parti – que je tiens depuis de longues années, depuis que je suis étudiante, et donc pour moi, ce n’était pas quelque chose de particulier. Je ne m’attendais pas à une telle déferlante qui traverse qui les couches sociales, les frontières et même les continents. En même temps, je me dis que c’est peut-être symptomatique du ras-le-bol des peuples africains qui se reconnaissent dans ses mots simples mais qui parlent à leur cœur.

Je me dis aussi que peut-être que le cadre dans lequel je me suis exprimée y est pour quelque chose. Le fait que j’aie tenu ce discours à Sotchi, où étaient réunis tous les chefs d’État africains, a peut-être marqué les esprits.»


Sputnik: Bien des Africains connaissent Mamadou Koulibaly, mais depuis Sotchi, ils sont nombreux à découvrir sa conseillère exécutive, en qui ils voient désormais une porte-étendard d’une Afrique qui a soif de s’affirmer et de liberté. Comment vivez-vous cela? Et y a-t-il un bénéfice à en tirer tant pour vous que pour LIDER, votre parti?

Nathalie Yamb: «Je prends cela avec beaucoup d’humilité. C’est un honneur et une grosse responsabilité quand on voit toutes ces attentes et qu’on se rend compte qu’on incarne subitement l’espoir de peuples africains. Je n’ai pas envie que mon discours reste seulement un discours. J’entends bien œuvrer à sa concrétisation. Je rêve notamment d’une Afrique dans laquelle les jeunes vont pouvoir étudier dans des universités de renommée sur le continent, avoir des carrières, monter des business, devenir des agriculteurs prospères… plutôt que d’aller périr dans le désert ou la Méditerranée.

Je m’intéresse davantage au bénéfice que je peux tirer pour le parti et la campagne présidentielle du professeur Mamadou Koulibaly. Les combats que je mène, les changements auxquels j’aspire et auxquels tous ceux qui se reconnaissent dans mon discours aspirent, ne peuvent être concrétisés que par un chef d’État en exercice. J’ai mis en lumière non seulement les aspirations profondes des populations, mais aussi un parti politique, un homme d’État qui est candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Un homme qui, s’il dispose de moyens suffisants pour faire campagne et être élu, va pouvoir en finir avec les discours et passer à l’action en nous extirpant de ce carcan françafrique où nous sommes emprisonnés depuis trop longtemps.»

Sputnik: Dans la foulée de la publication, sur Twitter, d’un extrait de votre intervention à Sotchi, la France n’a pas manqué de réagir via son ministère des Affaires étrangères. Qu’en avez-vous pensé?

Nathalie Yamb: «Déjà, j’ai été ravie de cette réaction car cela prouve qu’ils ont été touchés. Certains médias français tentaient de faire croire que ce n’était pas grand-chose ce qui se passait à Sotchi. Pourtant, le soir de mon intervention, c’est Le Monde qui a lancé la première salve en reprenant les parties de mon discours qui abordaient les bases militaires françaises et le franc CFA. Il y a ensuite eu la réaction très maladroite du Quai d’Orsay à mon tweet.

Je souris quand je vois le Quai d’Orsay dire notamment que les accords militaires en vigueur entre la France et les pays africains n’établissent aucun lien de dépendance ou n’ont aucun lien avec les questions économiques.

L’annexe 2 de l’accord de défense signé le 24 avril 1961 avec la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger démontre pourtant tout le contraire. Cette annexe et d’autres accords, jusque-là secrets, ont été rendus publics en 2005 dans un livre intitulé "Les servitudes du pacte colonial", publié par Mamadou Koulibaly, alors président de l’Assemblée nationale. C’est un livre très important qui permet de clouer le bec très facilement au Quai d’Orsay.»

Sputnik: Quand vous dites : «Les choses bougent, rien ne pourra freiner l’irrépressible besoin de liberté de la jeunesse africaine», que faut-il concrètement comprendre?

Nathalie Yamb: «Je pense que l’ère de la désinformation est terminée. Vu les réactions (de la France notamment), on se rend compte qu’on a touché un point sensible. J’ai publié récemment sur les réseaux sociaux des extraits de la conférence des ambassadeurs où le Président Emmanuel Macron, de façon très lucide et pertinente, s’est adressé aux ambassadeurs pour leur expliquer que la position hégémonique de la France était en train de s’effriter et que de nouveaux États civilisationnels comme la Chine, la Russie ou l’Inde gagnaient en puissance.

Cela rejoint le discours que j’ai tenu à Sotchi. Aujourd’hui, le monde bouge. Tout se redéfinit. Il y a un déplacement des plaques tectoniques. On a aux États-Unis un Président qui casse tout le multilatéralisme qu’on croyait inamovible. Il y a le Brexit qui est en train de faire exploser la construction européenne. La Russie a certainement très peu apprécié que les Occidentaux s’immiscent dans son pré carré quand il y a eu les problèmes en Ukraine, en Crimée et même en Syrie. Et au milieu de tout ça, il y a une population africaine, majoritairement jeune, qui en a ras-le-bol de devoir prendre des routes de la mort pour débarquer en Europe et finir dans des centres de rétention et de torture financés par l’Union européenne, alors que les sous-sols de nos pays sont riches.»

Sputnik: Voyez-vous en cette redéfinition des cartes une opportunité à saisir pour l’Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument. C’est l’occasion pour l’Afrique – alors que les Américains sont occupés à faire leur MAGA (Make America Great Again, ndlr), que les Européens sont occupés avec le Brexit – de prendre son indépendance. Et cette occasion, il ne faut pas qu’on la rate.»

Sputnik: De nombreux internautes craignent que votre prise de position aussi ouverte à Sotchi ne vous mette, non seulement vous, mais aussi le professeur Mamadou Koulibaly dans une posture aussi délicate que celle dans laquelle a pu se retrouver Thomas Sankara ou encore Patrice Lumumba. Redoutez-vous un certain prix à payer pour votre engagement politique?

Nathalie Yamb: «Pour qu’une révolution réussisse, il est bien que les révolutionnaires restent en vie. Ceci étant, il y a longtemps que j’ai surmonté ma peur. J’ai davantage peur pour ma famille et mes proches que pour moi-même. On ne peut pas s’engager dans un combat de libération en pensant qu’il n’y aura pas un prix à payer. Les assassinats comme ceux de Thomas Sankara, les empoisonnements… c’est vrai que ça existe encore, mais on est au XXIe siècle, les méthodes ont évolué. Même si ça peut arriver, cela ne se passera pas aussi facilement d’éliminer un Mamadou Koulibaly ou une Nathalie Yamb.

Quand on a peur, l’oppresseur n’a plus besoin de tricher, il peut faire ce qu’il veut. Mais lorsqu’on surmonte sa peur, on est libéré, on fait ce qu’on peut faire, puis d’autres viendront prendre le relais. À ce propos, je n’ai pas la prétention de dire que si nous remportons la présidentielle ivoirienne de 2020, nous allons terminer tous les combats engagés. On va faire avancer les choses jusqu’à un niveau où quelqu’un d’autre viendra prendre le relais.

Le changement auquel on aspire, ce n’est pas un mandat ou deux de Mamadou Koulibaly qui va le réussir. Cela nécessite un changement de mentalité et de paradigme qui va s’inscrire dans la durée et qui implique qu’on reconstruise les fondations de l’Afrique sur des bases solides. Il faudra insuffler à l’Afrique, francophone surtout, ce que j’appelle les valeurs républicaines de base. Au Ghana par exemple, il serait difficile aujourd’hui de trouver quelqu’un qu’on va financer pour monter une rébellion. Ils ont passé ce cap. C’est ce à quoi nous aspirons avec Mamadou Koulibaly en Côte d’Ivoire.»

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© AP Photo / Ben Curtis
«L’ECO devra faire aussi bien que le franc CFA pour être accepté»


Sputnik: La question du franc CFA a une place de choix dans votre engagement politique. Que reprochez-vous à cette monnaie? 

Nathalie Yamb: «Le franc CFA ne permet aucune industrialisation véritable. En termes très simples, le franc CFA, c’est l’euro. Cette monnaie est arrimée à l’euro et a une parité fixe avec cette devise. En Europe, le seul pays qui tire véritablement son épingle du jeu avec l’euro, c’est l’Allemagne. Des pays comme le Portugal, l’Espagne et l’Italie, qui ont un tissu industriel assez développé, ont du mal à s’en sortir avec cette devise. Comment alors nos pays africains peu compétitifs pourraient-ils s’en sortir? On ne pourra pas se développer tant qu’on aura le franc CFA. Le Ghana voisin, qui a sa propre monnaie, est plus compétitif que la Côte d’Ivoire car sa banque centrale peut décider de baisser ou de monter la valeur du Cedi (la monnaie nationale) dans un souci de compétitivité.

Par ailleurs, le franc CFA a un taux d’inflation artificiel qui ne dépasse pas les 2% alors que les populations de la zone franc se plaignent constamment de l’explosion du coût de la vie. Et cette monnaie entretient la mauvaise gouvernance en ce que les populations n’ont pas la capacité de sanctionner ceux qui gèrent mal la monnaie et l’économie.»

Sputnik: Votre patron, le professeur Mamadou Koulibaly, qui est depuis toujours un fervent pourfendeur du franc CFA, est également candidat à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020. Comment évaluez-vous ses chances de réussite ?

Nathalie Yamb: «Plus le temps avance plus je pense que ses chances augmentent. J’ai toujours pensé qu’il peut être élu Président, je ne serais pas en train de m’impliquer dans sa campagne sinon. J’ai quand même quitté un poste très haut placé dans une grosse multinationale pour consacrer cinq ans à son élection.

Mamadou Koulibaly est quelqu’un de très crédible. Il a les idées, le projet, la vision, la méthode, la connaissance de l’État. La seule chose qu’il n’a pas, ce sont les moyens financiers. La Tunisie nous a montré que même sans moyens financiers, quand les populations sont décidées, ça peut marcher. Aussi, l’année dernière, à cette même époque, lorsqu’on a brigué la mairie d’Azaguié (ville du sud de la Côte d’Ivoire, à 40 km d’Abidjan, ndlr), ce fut aussi un test. Et un test réussi. Mamadou Koulibaly est un musulman originaire du nord de la Côte d’Ivoire. Il a été élu dans une ville du sud qui elle n’est pas en majorité musulmane et qui n’avait jusque-là connu que des maires originaires de la localité. Cette évolution de la pensée à Azaguié, on la remarque dans d’autres zones du pays. Il nous faut des moyens pour étendre notamment notre voix car on est sujet à un black-out médiatique en Côte d’Ivoire où, depuis huit ans que LIDER existe, les médias d’État nous ignorent. Et nous comptons sur un élan populaire. Les populations vont réaliser progressivement que nous sommes ceux qui représentent le meilleur espoir pour la Côte d’Ivoire de renouer avec des valeurs vraies et la prospérité. À mon avis, il est le seul qui peut actuellement stabiliser la Côte d’Ivoire. Il est aimé et respecté tant au nord qu’au sud. Son point faible, c’est le manque de moyens financiers.

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© Sputnik . Roland Klohi
Cartes d’identité ivoiriennes payantes: vers l’exclusion d’une partie de l’électorat?

Nous avons un autre réel handicap, en dehors de l’argent: c’est la décision ou la volonté du Président Alassane Ouattara d’empêcher les jeunes de s’inscrire sur les listes électorales. Aujourd’hui, on a 5 à 6 millions de nouveaux votants qui sont exclus des listes électorales. Et nombre de ces nouveaux votants sont des jeunes qui voient leur espoir en Mamadou Koulibaly. Alassane Ouattara sait pertinemment que s’il met à jour les listes électorales, il sera perdant car ces jeunes-là souffrent depuis des années de sa politique économique et de sa mauvaise gouvernance.» 

Sputnik: À un an de la présidentielle, quel regard portez-vous sur le contexte sociopolitique qui prévaut?

Nathalie Yamb: «Je trouve assez pitoyable le contexte sociopolitique actuel. À un an de la présidentielle, je ne vois pas d’autre parti que LIDER pour présenter un projet de société, un programme auquel les Ivoiriens pourraient s’identifier. Je vois des alliances qui se font et se défont contre des individus. Des candidatures qui s’annoncent sans qu’on sache pour qui ou pour quoi. Je vois des palabres de bas étages… Ce ne sont pas nos petits soucis personnels qui doivent motiver notre action politique, mais plutôt la vision qu’on a pour le pays. Je trouve que l’offre politique et les débats politiques actuels sont très pauvres et passent à côté de l’essentiel. En même temps, ça permet à LIDER de se distinguer. Pour tous ceux qui prétendent être candidats, l’essentiel est de se battre pour que les conditions de cette présidentielle soient les meilleures. Il faut qu’on se batte pour que le code électoral, où les liens d’assujettissement de la commission électorale au pouvoir sont inscrits, soit changé. Pour que l’enrôlement électoral soit ouvert et gratuit et pour que les Ivoiriens puissent avoir leur carte d’identité.

Une chose est sûre, quand j’observe les choses, je me rends compte que la majorité silencieuse a vraiment envie de changement.»

 

Source : SPUTNIKNEWS.COM

lundi, 28 octobre 2019

L'ENJEU DE LA TRIBUNE DE SOCHI

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Chers Africains, frères miens, certaines de vos réactions, après le sommet Russie-Afrique, à Sochi, et surtout après le discours magistral de notre soeur Nathalie Yamb, me laissent interdit, pantois.

Mais je ne vais pas faire de polémique. Juste vous rappeler un fait qui, me semble-t-il, vous échappe.

Sachez juste qu'en raison de la rivalité viscérale entre les grandes puissances et à cause de l'importance phénoménale de leurs intérêts géostratégiques, les faits et gestes de chacune d'elles sont intensément épiés et espionnés par les autres, où que ce soit dans le monde.

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Ce faisant, les 23 et 24 octobre 2019, la Russie était le point de mire central de toute la planète, avec une acuité démultipliée, et pour cause : c'était le PREMIER sommet Russie-Afrique ; Afrique, continent d'avenir, dont les richesses inouïes sont encore intactes et convoitées par tous !

Tous les participants, tous les discours et toutes les postures ont été ainsi passés à la loupe et scannés au microscope électronique, par toutes les puissances et par tous les grands cercles d'intérêts de ce monde.

De sorte que la sortie de notre soeur Nathalie Yamb a été reçue 10/5, telle un obus, en plein dans la tronche de la France et de ses pitoyables valets, dont la nuisance et la perfidie ont été exposées à la face du globe. Ce qu'elle exècre par-dessus tout, elle qui tient à piller au calme. Ne serait-ce que pour garder lustrée son image dans l'opinion publique française et européenne. C'est extrêmement bon à prendre pour nous !

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Dites-moi, Africains, combien de tribunes de ce genre et de ce niveau avons-nous, tous les dix ans ? Ou ne serait-ce même que tous les cinquante ans ??? Combien sommes-nous capables nous-mêmes d'en créer, peu solidaires et aussi divisés que nous sommes ?

Cette tribune a donc été une incroyable aubaine. Ne serait-ce que pour ça, je suis totalement aux anges.

Alors, Africains, frères miens, arrêtez de faire la fine bouche, et saluez respectueusement, notre soeur Nathalie.

Chapeau bas, Soldat YAMB !

 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 26 octobre 2019

SOMMET/FORUM RUSSIE-AFRIQUE: LE MAGISTRAL DISCOURS DE RUPTURE DE NATHALIE YAMB (LIDER) A SOCHI

 

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L’intégralité de l’intervention de la Conseillère Exécutive Nathalie Yamb (LIDER), au sommet/forum économique #RussieAfrique de Sochi, qui a profondément dérangé les officiels et médias françafricains.

#PasVuALaRti #MamKoul2020

 


samedi, 05 octobre 2019

THEOPHILE KOUAMOUO: JACQUES CHIRAC, LE CRIME OUBLIÉ

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UNE VIDÉO QUE VOUS NE POUVEZ PAS MANQUER.

Une armée française, sous les ordres de Jacques Chirac, qui a ouvert le feu sur une foule de civils désarmés, et tué, en dehors de Jean-Louis Coulibaly Kouassi, plusieurs autres personnes, dont la plus jeune avait 12 ans. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal.

 



https://www.youtube.com/watch?v=Tz0MxI6GAuI

vendredi, 04 octobre 2019

JACQUES CHIRAC AU PARADIS ?

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Mon très cher Paul,

Tu m’as demandé si Jacques Chirac peut aller au paradis. Je ne sais pas pourquoi tu me l’as demandé, mais j’essaierai de te répondre sans faux fuyant. D’abord il faut savoir que je ne suis rien, je n’ai rien, je ne représente rien pour me prononcer sur un tel personnage. Je sais simplement que de tous les dirigeants français, c’est lui qui a le plus montré et démontré qu’il aimait la France au-delà de tout, selon moi, bien sûr. Tous ont aimé la France comme il le faut, mais lui, il l’a démontré et l’a prouvé. Je pense qu’il a cru qu’il était certainement le seul à aimer vraiment la France et pour cela il s’est battu contre tous. Il s’est battu et a combattu tout le monde, la tête baissée, sans se demander parfois si le combat qu’il menait était le bon. Il s’est rebellé contre le Président Valery Giscard D’Estaing qui l’avait nommé Premier Ministre en 1974. La crise était si profonde et évidente que le Canard Enchainé a titré un jour, à sa Une, avec les deux hommes dans les cordes comme des boxeurs fatigués : « Ou c’est moi, ou c’est le K.O ! » Paroles de Giscard D’Estaing qui l’a limogé immédiatement. Il s’est rebellé contre François Mitterrand qui l’a nommé Premier Ministre quelques années plus tard. Il s’est même présenté contre lui pendant qu’il était son Premier Ministre. Il n’a pas eu l’honnêteté de démissionner avant la campagne. Il était irrité que Mitterrand l’appelle Monsieur le Premier Ministre lors du débat télévisé. Il a été battu à plat de couture. Et cela l’a fortement affecté. Après sa défaite contre Mitterrand, je me rappelle encore ce que le Président Houphouët-Boigny m’a dit en Août 1988, si ma mémoire est bonne : « Il y a un peu de moi en lui. C’est un combattant, il a la hargne de vaincre, il a la détermination, mais lui, il n’est pas patient. Il ne sait pas attendre…. ». En France, il a tout été, même Maire de Paris, alors qu’il était Député de la Corrèze. Il a engrangé des victoires, il a connu aussi des défaites cuisantes. Mais c’est cela un homme politique. Il mérite tous les hommages qui lui sont rendus et si j’étais quelque chose, peut-être que j’aurais fait comme beaucoup d’autres Chefs d’Etat africains l’ont fait, certains sincèrement et d’autres par commodités simples. Pour l’honneur de la France, il a dit non à la grande Amérique qui voulait faire une sordide guerre contre Saddam Hussein. Il l’a fait certainement, car à l’époque, il était dit que les armes iraquiennes, notamment les avions de guerre ; étaient de fabrication française. Cette guerre s’annonçait donc comme « armes françaises contre armes américaines ». Un bon dirigeant n’aurait pas souhaité que cette guerre se fasse dans ces conditions-là. Et il l’a alors refusée par peur, je dirais. Mais je peux dire tout de même que c’était un homme d’honneur pour son pays, et son pays et son peuple le lui ont bien rendu.

Il est appelé l’ami de l’Afrique. Je l’ai regardé avec Houphouët-Boigny avant qu’il ne devienne Président, je l’ai regardé avec Bongo, Eyadema, Sassou N’Guesso et autres et j’ai compris qu’il était venu au pouvoir pour accentuer et perpétuer la françafrique. Il n’aimait pas l’Afrique pour les africains. Il aimait l’Afrique des dictateurs. Il aimait l’Afrique de ceux qui font la courbette pour servir la France. Il aimait l’Afrique dans le seul intérêt de sa France. Il n’aimait pas l’Afrique pour l’Afrique et son peuple. Vis-à-vis de Thomas Sankara, il n’aurait pas agi différemment que François Mitterrand. Il a même dit que le multipartisme était un luxe pour les africains. En cela, il a été à l’antipode du discours de La Baule qui a été prononcé par François Mitterrand longtemps avant qu’il n’accède au pouvoir. Pour lui, l’Afrique devait être soumise à la France indéfiniment. En cela il a soutenu tous ceux qui n’étaient pas Présidents pour servir leurs peuples, mais pour servir le grande France. Or le monde bouge et le monde avait bougé en Afrique aussi, dès que le mur de Berlin est tombé dans la nuit du 9 au 10 Novembre 1989.

Cher Paul, regarde comment il a soutenu Gnassingbé Eyadema malgré la conférence nationale qu’il y a eu dans ce pays. Tu as vu comment il l’a appuyé dans sa guerre contre Joseph Koffigo, son propre Premier Ministre. L’Union européenne l’avait mis sous embargo, c’est lui qui l’en a sorti. Regarde comment il a soutenu Mobutu, pour que malgré le multipartisme, aucune élection ne s’organise au Zaïre jusqu’à sa chute en 1997. Heureusement que Joseph Désiré Kabila est arrivé avec sa rébellion pour mettre fin au règne de ce dictateur nocif pour son pays et son peuple. Regarde comment il a réinstallé Sassou N’Guesso à Brazzaville par une sordide guerre dont il ne voulait pas en Iraq. Cette guerre sauvage d’une autre nature la veille du 21ème siècle a fait des milliers de morts. Pascal Lissouba est tombé et depuis, le Congo Brazzaville est devenu un mouroir à ciel ouvert.

En Côte d’Ivoire, il n’a respecté que le Président Houphouët-Boigny. Il a donné l’impression de n’avoir pas approuvé sa succession par Henri Konan Bédié, surtout qu’en ce temps-là, c’est son poulain, celui qu’il voulait voir remplacer le Vieux qui était le Premier Ministre et que, naturellement, c’est lui qui devait succéder au Vieux, sans tenir compte de la constitution qui n’est qu’un document de pure forme pour lui. Quand Henri Konan Bédié a été reconduit en 1995, alors  que depuis peu c’est lui Chirac qui était Président de France, la France a demandé et obtenu la rupture de toutes coopérations financières bilatérales et multilatérales avec la Côte d’Ivoire pour l’asphyxier. Il a demandé et obtenu par la Banque mondiale et le FMI la dissolution de la Caisse de Stabilisation (structure de régulation des prix de café/cacao). Comment un homme seul peut agir ainsi vis-à-vis d’un peuple, car ce n’était pas tant contre Bédié, c’était bien contre les Ivoiriens que Bédié gouvernait qu’il agissait.

L’élection prévue en 2000 lui offrait l’occasion d’écarter Bédié, comme la France l’a toujours fait pour faire valoir son poulain. Mais avant la fin de l’année 1999, un inattendu, le Général Robert Guéi, a fait voler en éclat son rêve. Il a voulu que l’ordre constitutionnel soit rétabli. Pour nous, nous pensions que c’était pour réinstaller Bédié, mais que non ! C’était plutôt pour établir son poulain. Et pour cela, il a fait prépositionner des soldats venus de France à Dakar, prêts à intervenir sur Abidjan. C’était mal connaître la Côte d’Ivoire et ignorer Dieu. Tu te souviens qu’une tempête mystérieuse sans précédent a frappé la France de part en part, le 26 Décembre, dans la moitié Nord et le 27 dans toute sa partie Sud, pour que ses soldats ne puissent pas être disponibles pour venir faire une guerre de recolonisation dans notre pays. Naturellement, ils se sont retournés en France pour réparer les immenses dégâts causés par cette tempête inoubliable. Et comme la France n’avance pas, mais vit dans le passé, elle s’en souvient tous les jours. Si le coup d’état du Général Guéi avait fait des morts, Chirac aurait prétexté venir protéger les français et les européens à Abidjan. Dieu merci, ce coup d’état mystérieux a été sans effusion de sang, pas un seul mort ! Le Général Robert Guéi a été attaqué par deux fois  au cours des 10 mois de pouvoir, parce qu’il n’avait pas renoncé au pouvoir au profit de celui choisi par la France.

En Octobre 2000, la Côte d’ivoire a organisé son élection présidentielle conformément à sa constitution qu’elle s’est donnée le 1er Août 2000. Nous ignorions que notre pays n’avait pas le droit de s’autoriser cette liberté-là qui ne cadrait pas avec la vision de la France de Jacques Chirac qui avait choisi depuis longtemps celui qui devait gouverner la Côte d’ivoire après Houphouët-Boigny, dans l’intérêt de la France et non pour le bonheur des Ivoiriens. Or la constitution du pays, dans son article 35, l’avait écarté et tu as compris que là, c’était un péché grave. En ce moment-là Jacques Chirac était confronté à une cohabitation socialiste. Nous étions convaincus que cela émousserait son ardeur belliciste vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, oubliant que français, c’est français et l’intérêt de la France prime sur tout. Les socialistes ont fermé les yeux et la France a tout fait pour que cette élection n’ait pas lieu sans son poulain qualifié de candidat Significatif, et que le résultat ne soit pas proclamé, si tant était que Laurent Gbagbo est en susceptible de gagner. L’élection a eu lieu et, pour le malheur de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo l’a emporté. Cela a été considéré par la France de Jacques Chirac et Lionel Jospin comme une infamie, et personnellement par Jacques Chirac comme un affront. Il a alors décidé que, bien que Gbagbo est élu, il faut le mettre dans la position de celui qui ne gouverne rien, mais qui gère les affaires courantes de l’Etat. Un putsch a été perpétré contre lui juste 2 mois et 2 semaines après sa victoire, soit le 7 Janvier 2001. Tu te souviens de l’opération de la Mercedes Noire de Bouaké ! Ce n’était qu’un avertissement sans conséquence. Car en Septembre 2002, dès que les socialistes ont été sortis du gouvernement en Mai, alors que le Président Laurent Gbagbo se trouvait en visite d’Etat en Italie, il a déclenché un coup d’Etat sanglant en Côte d’Ivoire. Pour la seule journée du 19 Septembre 2002, il y a eu 270 morts à Abidjan, dont Maître Emile Boga Doudou, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et le Général Robert Guéi, précédemment Chef d’Etat. La crise qui s’en ait suivi a fait plus de 25 000 morts, selon des médias de l’époque. Au déclenchement de cette guerre muée en rébellion, comme tu le sais, le Président Laurent Gbagbo a aussitôt demandé l’activation de l’accord de défense mutuelle de 1961 entre la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et la France. Mais comme c’est la France qui attaquait le pays, dans sa grande lâcheté, elle a refusé de l’appliquer. Le Président  Gbagbo a alors demandé des armes pour se défendre. Ce n’était gratuit, il voulait payer, peu importe le coût. Le Président français a dit non et a justifié maladroitement et malhonnêtement son  refus, disant, par De Villepin, Ministre des Affaires, que la crise subséquente ne nécessitait pas de riposte militaire, parce que, par Michelle Alliot-Marie, (MAM, Mensonge Après Mensonge) alors Ministre de la défense, que c’était un petit conflit Ivoiro-ivoirien entre deux cadres de Lakota, en l’occurrence, Lida Kouassi Moïse et son neveu Maître Emile Boga Doudou, tous deux Ministres d’Etat, l’un chargé de la défense, l’autre de l’Intérieur et de la sécurité. La France, une fois de plus a payé cher. Cette fois, ce n’était plus une tempête mystérieuse, mais un été foudroyant. Durant l’été 2003, ce sont près de 19 500 français que la chaleur torride  a emportés. Les gens ne font jamais de rapprochement entre les faits et les conséquences.

Le coup d’état du 19 Septembre 2002 s’est transformé en une vaste rébellion. La France a fait la partition du pays en deux, 59% à la rébellion et 41% à Gbagbo. Pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de réponse militaire et après avoir refusé d’appliquer l’accord de défense, Chirac a demandé à Gbagbo de négocier avec ses rebelles en convoquant la mystérieuse table ronde de Marcoussis et le non moins grotesque tribunal international de Kléber, pour dépouiller le Président Gbagbo de tous les pouvoirs, à défaut de l’avoir démis. Et pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de solution militaire, Jacques Chirac a déployé la force licorne de 6 500 soldats et a sollicité de l’Onu de son ami Kofi Annan de déployer 11 500 casques bleus et a exigé de la Cedeao 5 500 de l’Ecomog, soit un total de 23 500 soldats pour un pays où l’armée, la police et la gendarmerie comptaient au total 16 018 hommes. Tu vois donc le caractère criminel des propos des Ministres de Jacques Chirac. Mais si ces propos ont été tenus suite à un conseil des ministres, il faut savoir que le premier responsable, le détenteur du pouvoir, chef suprême des armées est le seul responsable.

La France ayant refusé de lui vendre des armes, le Président Gbagbo s’est tourné vers d’autres personnes et a pu trouver solution en acquérant des armes en Europe de l’Est, sacrilège pour Chirac ! car selon l’accord de défense que la France a refusé d’appliquer, la Côte d’Ivoire n’a pas le droit d’acheter des armes de guerre sans son autorisation préalable. C’est-à-dire, le Président Gbagbo est tenu d’appliquer ce que le Président Chirac a refusé.

A ton avis, si ce n’est pas de la sorcellerie blanche, cela peut ressembler à quoi ? On me dit que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

La France de Jacques Chirac a donc décidé de détruire les armes acquises en Europe de l’Est. Elle a alors initié comme cela a été dit à l’époque, avec la complicité de l’état-major de l’armée de Gbagbo, « l’opération Dignité » en Novembre 2004. Et le Président français a faussement accusé Gbagbo d’avoir ordonné le bombardement de la base militaire française de Bouaké et a menti sur le bilan de l’attaque, alors qu’il n’y est pour rien. Le Président Gbagbo n’a pu donner un tel ordre et il n’y a pas eu autant de morts, puisque la licorne avait demandé à ses soldats de vider les lieux avant l’attaque. Il n’y a eu que 2 morts qui sont plutôt morts à Vavoua 2 jours plus tôt, le 4 Novembre et non à Bouaké le 6 Novembre. C’est la raison pour laquelle les De Villepin, Alliot-Marie et Barnier ne peuvent pas être poursuivis dans cette affaire. En France, ceux qui doivent savoir qu’il n’y a pas eu de français morts à Bouaké savent. Tout a été monté pour incriminer Laurent Gbagbo. L’histoire de l’américain civil mort dans la base militaire française est une affaire grotesque et ridicule qui n’honore pas la France : un civil américain, dans une base militaire française, en zone de guerre, alors que dans le même moment Chirac avait refusé de cautionner une guerre en Iraq à l’Amérique, c’était simplement enfantin cette affaire du civil américain ! La réaction française malgré le mensonge grossier a été sans commune mesure. La licorne a détruit tous les avions militaires acquis par Gbagbo. La licorne a tiré froidement sur les Ivoiriens à mains nues qui manifestaient leur mécontentement, sur les deux ponts d’Abidjan et à l’esplanade de l’hôtel Ivoire. Les soldats français ont manqué de kidnapper Laurent Gbagbo, disant s’être trompés de route en se rendant à l’Hôtel Ivoire. Bilan humain : 64 morts et 2664 blessés par armes de guerre de destruction massive et 36 autres morts par la suite des suites de leurs blessures. Tu te souviens que, quand André Kieffer a disparu, le clan Gbagbo a été fortement accusé, notamment sa femme, tout simplement parce que Monsieur Légré avec qui il avait un rendez-vous d’affaires (et il n’a pas honoré le rendez-vous et Légré l’a attendu vainement) est un beau-frère de Simone Gbagbo. La France et sa presse soumise ont fabriqué de faux témoins pour cela. Lorsque le journaliste Jean Helenne a été tué, le Président Chirac a littéralement injurié le Président Gbagbo, ce populiste notoire. Il l’a accusé, estimant que Sery Dago Toulou, le policier avec qui le journaliste s’était disputé, a été mandaté par Gbagbo. Le jeune policier a attesté qu’il n’a point tiré, car les 7 cartouches qu’il a reçues au même titre que ses deux autres collègues étaient bien dans son chargeur. Il a écopé de 17 ans de prison ferme, et Gbagbo a limogé son Directeur Général de la police. Il n’y a pas eu t’enquête, cela suppose que le coupable en France, c’est la République. C’est comme ça que la France fonctionne.

Quelques temps après, comme c’est le cas quand on s’attaque à la Côte d’Ivoire, après la tempête mystérieuse de 1999 et l’été foudroyant de 2003, le Président Chirac a été victime d’un Violent AVC. Peu après, il a perdu le pouvoir et a été jeté dans les oubliettes par Dieu le Créateur. Pendant un long moment, il n’était plus compté parmi les vivants, puisque personne n’entendait plus parler de lui. Pour nous, comme tu le sais, il est le responsable de tout le chaos que la Côte d’Ivoire connait depuis 2000. Il est responsable de la souffrance du peuple de Côte d’Ivoire. Il a mis et laissé la Côte d’Ivoire dans la situation d’une décharge publique, pays divisé en deux avec une zone CNO de sans droite sur laquelle l’Etat n’avait aucun pouvoir, une zone où les agences de la Bceao ont été attaquées par les rebelles et soldats français (on en a interpellés certains, mais leur jugement en France est resté sans suite), une zone où l’Etat perdait chaque année l’équivalent de 345 milliards de francs Cfa, une zone où tout (écoles, formations sanitaires, infrastructures d’eau potables dans les villages, bâtiments publics tells Préfectures, Sous-Préfectures, Mairies, Directions Régionales, routes et ponts etc..) est tombé en ruine par manque d’entretien pendant le temps d’occupation par la rébellion, la licorne et l’Onuci. Une zone où pendant 8 ans, les enfants en âge d’aller à l’école n’ont pas été à l’école. Personne ne saura jamais le coût de tout ce que Chirac a causé en Côte d’Ivoire pour l’amour de la France. Il a passé le relai à son fils Sarkozy et Sarkozy a continué son œuvre et l’a même amplifiée. Alors que la licorne et l’Onuci étaient toujours présentes, le pays divisé en deux et qu’il a été demandé à la rébellion de refuser de d’être désarmée, il a obligé Gbagbo à organiser l’élection sous menace. Et alors que Gbagbo a gagné, il a fait certifier un faut résultat qui n’était pas encore proclamé par le Conseil constitutionnel, alors que la résolution 1865 de l’Onu du 29 Janvier 2009 sur laquelle il s’est basé, disait tout simplement, dans son alinéa 8 que « Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire certifiera que toutes les étapes du processus électoral fournissent les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes ». Rien ne dit dans cette résolution que le résultat de l’élection doit être certifié par le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire. Je ne sais donc pas où il a été dit qu’il certifierait le résultat de l’élection en lieu et place du Conseil constitutionnel. Et sur la base d’un mensonge grossier, car personne n’a jamais su exactement ce que la résolution de l’Onu disait, Nicolas Sarkozy a plongé la Côte d’Ivoire dans une guerre totale ayant fait plus 26 500 morts, plus 700 000 exilés, des milliers de prisonniers dont Simone, parce qu’elle la femme de Gbagbo et Michel, parce qu’il  est fils de Gbagbo et Gbagbo lui-même, parce que c’est Gbagbo, et il a fabriqué des pauvres artificiels en gelant des comptes bancaires de milliers de cadres ivoiriens, parce qu’ils sont considérés comme des pro-Gbagbo. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur la population qui partait installer le D.G de la RTI, le 16 Décembre 2010. Il y a  eu 32 morts dont 9 policiers. Certains ont été tués dans leurs commissariats à Abobogare, très loin de la RTI. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur les femmes de l’opposition qui marchaient à Abobogare, le 3 Mars 2011. On a dit que les forces de Gbagbo ont bombardé un marché essentiellement occupé par des femmes dioula à Abobogare, le 17 Mars 2011. Et pour faire face à tout cela, la licorne et l’Onuci ont déversé des milliers de rebelles à Abidjan et ont créé le commando invisible. Et Nicolas Sarkozy, son successeur, depuis la tribune officielle de l’Union européenne à Bruxelles, a demandé à Simone et Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, sinon… ! Et Alain Juppé a déclaré : « Les jours de Gbagbo sont comptés ». Et dès le lendemain jeudi 7 Avril 2011, à partir de 17 heures 30, la résidence présidentielle de Cocody où Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs étaient, et le palais présidentiel du Plateau, siège du pouvoir, ont été pilonnés pendant 5 jours jusqu’au lundi 11 Avril à 7 heures 30. Gbagbo a été pris, conduit à l’Hôtel du Golf, puis jeté en prison dans une cabane à Korhogo où il a passé 7 mois et 17 jours, avant d’être déporté à La Haye, dans la soirée du 29 Novembre. A la CPI à La Haye, malgré 82 témoins, il a été démontré que c’était bien les rebelles appuyés par l’Onuci qui avaient tués le 16 Décembre 2010. Les 3 et 17 Mars 2011, aucun élément de forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire n’était présent à Abobogare où le commando invisible terrorisait tout le monde, donc, que le pouvoir n’avait pu donner d’ordre à aucune force régulière pour commettre les crimes de ces jours-là. Et Gbagbo a été acquitté. Fatou Bensouda dont la nomination a été l’affaire personnelle de Nicolas Sarkozy en qualité de Procureure, s’est battue comme un beau diable. Elle continue à se battre, mais le monde sait que Gbagbo n’a rien fait. La France a honte.

Mon cher Paul, vois-tu, pour revenir à ta question, je dirais que le Président Jacques Chirac a été pour la Côte d’Ivoire et pour le peuple de Côte d’Ivoire, sans cœur et sans foi. Jésus a dit pour ses bourreaux, quand Il était sur la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait ». Pour nous, nous sommes convaincus que le Président Chirac savait ce qu’il faisait. Il l’a fait en âme et conscience. C’est pourquoi il ne s’est jamais repenti. Il a été méchant jusqu’à l’extrême et je ne pense que les Ivoiriens aient pu lui pardonner. Ira-t-il au Paradis ? Ça, c’est Dieu seul qui décide. Si j’avais été quelque chose, j’aurais répondu, NON ! Il ne mérite que le brasier de l’Enfer. Je sais que c’est brutal, c’est pourquoi, je ne dis pas cela, laissant tout à Dieu qui, Lui, est plus Juste que moi.

Fraternellement à toi. Que Dieu te bénisse. Bien des choses à Anicia.

 

Jean De Dieu AGNEAU

mercredi, 20 février 2019

FRANC CFA: LARBA LOMPO REPOND A ALASSANE OUATTARA

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Monsieur le Président de la République de la Côte d'Ivoire, ancien vice Gouverneur et ancien Gouverneur de la BCEAO, ancien Directeur Général du FMI pour l'Afrique, ancien Conseiller économique de 120 pays à travers le monde qui ont tous sombré dans la faillite.

Monsieur le Président

Lors de votre intervention sur les médias, vous avez affirmé que : le Franc CFA est une monnaie africaine depuis 1960, c'est une propriété des Africains. Que le débat sur le FCFA est un faux débat.

Nous sommes une fois de plus dans l'obligation de vous enseigner sur les fondements d'une monnaie et l'histoire du FCFA.

Au plan juridique "la propriété "est" le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue " (article 544 du Code civil français)

Permettez-nous de vous informer que le FCFA ne nous appartient pas! 
Tout simplement parce que battre monnaie relève purement de la volonté du peuple ou bien de ses représentants.
Il existe trois classes de citoyens qui interviennent dans la création d'une monnaie, ce sont :

1-) Les experts qui mettent leur expertise au service du politique pour l'intérêt du peuple, pour démontrer les avantages et les inconvénients d'avoir une monnaie propre au peuple.

2-) Le politique à son tour, étudie le contexte géopolitique nationale et internationale, les capacités du peuple à assurer la survie d'une monnaie souveraine, l'observation de critères de convergence quand il s'agit d'une Union Monétaire, c'est à dire l'appartenance à une Zone Monétaire Optimale (ZMO) (selon les termes de Mendel 1961)...

Le politique n'ayant pas le dernier mot, fait appel à l'unique souverain : Le Peuple.

3-) Le peuple en dernier ressort, par référendum ou par ses représentants, décide si oui ou non il veut sa monnaie.

Exemple: Le 20 septembre 1992, avant que la France ne rejette le franc français pour l'Euro, le peuple français a été appelé par référendum et à 51%, le peuple français a rejeté le Franc français pour l'Euro. 
Nous avons vu tout récemment la Grèce qui a fait pareil pour rejeter l'Euro.

Nous avons parcouru toutes les constitutions des pays Africains du FCFA, il n'existe dans aucune constitution, ni dans aucun journal officiel un seul article ni un seul décret qui reconnaissent le Franc CFA comme étant la monnaie du peuple Africain.

Le Franc CFA n’est pas un héritage colonial mais une monnaie coloniale contrairement à la langue française qui est reconnue dans toutes les constitutions des pays Africains francophones comme étant la langue officielle.

Le seul décret au monde qui reconnait le FCFA c’est : l’article 3 du décret N° 45-0136 du 26 décembre 1945. Les signataires de ce décret furent : Charles de GAULLE, Président du Gouvernement provisoire, René PLEVEN, Ministre des finances et Jacques SOUSTELLE, Ministre des colonies.

Monsieur le Président

Nous vous informons également que la BCEAO que vous aviez dirigé en tant qu'employé du trésor français, n’est pas juridiquement reconnue sur le marché international et la France seule a le pouvoir de vendre et d’acheter le franc CFA sur l’échiquier international.

La BECEAO n'a jamais participe à la conférence internationale sur la monnaie organisée par le FMI . Les Zones CFA ont toujours été représentée par la France chaque première semaine du Mois d'Octobre de chaque année de la conférence internationale sur les monnaies.

Et Pour mémoire :

1-) Le rapport d'information N°2907 produit par l'Assemblée Nationale de France dit que c'est : " La Banque de France qui achète et vend quotidiennement les devises sur le marché des changes pour le compte des Institutions d'émissions africaines "

2-) Edouard BALLADUR ancien Ministre d'État de l'Économie, des Finances et de la Privatisation et ancien Premier Ministre Français disait que : « le FCFA a été dévalué à l'initiative de la France »

3-) Le Vendredi 30 Septembre 2016 à Bercy, le Ministre de l’économie et des Finance Français Michel SAPIN avait réunis ses homologues des 14 Pays du Franc CFA pour « échanger sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun. » 

Cette rencontre avait un autre objectif : les tenir informer de la tenue des assemblées du FMI et de la Banque mondiale organisées dans la première semaine du mois d'octobre 2016 avec la participation de toutes les monnaies officielles du monde entier à Washington avec pour thème: “Croissance, investissement, développement…“ Le grand absent représenté par la France était : le franc CFA, une monnaie au service de la France depuis plus de soixante-dix ans.

Monsieur le Président

Vous nous parlez de la technicité de la monnaie et de sa stabilité. Voyons le point de vue de ceux qui ont créé le FCFA.

Le Même Édouard BALLADUR disait que: « la monnaie n'est pas un sujet technique, mais un sujet politique qui touche à la souveraineté et à l'indépendance des États ».

Dans la Constitution des États-Unis d’Amérique, Section 8 de l’article1 : « Le Congrès aura le pouvoir de battre monnaie, d’en déterminer la valeur. »

Thomas Jefferson, le 3ème président des États-Unis déclarait : [« Une banque centrale privée qui émet la monnaie publique du peuple est une menace plus grave pour sa liberté qu’une armée dressée. »

Il continue en 1791 : « Si les colonies américaines permettent d‘aventure aux banques privées de contrôler l‘émission de la monnaie, alors ces banques passeront par l‘inflation puis la déflation pour priver le peuple de ses biens. Jusqu‘à ce qu‘un matin, leurs enfants se réveillent en ayant perdu leur maison et les terres que leurs pères avaient exploitées. » ]

Monsieur le Président

Les textes économiques sur lesquels vous vous basez pour défendre le Franc CFA ont été tous élaborés par la France. Et jusqu’aujourd’hui la BCEAO, la BEAC, la BCC sont les seules Banques Centrales au Monde qui n’ont pas le droit de garder leur or en leur seins faisant ainsi de la France la 5ème réserve d’or au Monde derrière l’Italie.

Si vraiment les autorités Françaises étaient intelligentes, elles auraient pu choisir quelqu'un d'autre pour défendre le FCFA.

Nous n'avions pas encore croisé une seule phrase qui parle d'économie dans un article publié par vous. Vous n'aviez jamais été paraphrasé dans une école d'économie. Les 120 pays dans lesquels vous aviez été conseiller économique sont les derniers au monde dans le classement.

Bonne lecture.

 

Association Oeil D'Afrik
Le Président
Larba Israël LOMPO

mardi, 19 février 2019

FRANC CFA: 2 PRINCIPES NON NEGOCIABLES, POUR LESQUELS NOUS DEVONS ETRE INTRANSIGEANTS ET ABSOLUMENT INTRAITABLES

 

 

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Ce n'est plus le moment de jouer les équilibristes. Nos positions doivent être extrêmement claires, par rapport à cette monnaie coloniale appelée FRANC CFA. Sortons des dissertations.

Pour moi, il y a 2 principes de fond, non négociables :

1) Il n'appartient pas à la France de décider de ce qui est bon pour nous, après plus de 50 ans d'indépendance.

2) Il n'est pas acceptable que ce soit la France qui gère notre monnaie (une monnaie qu'elle nous a du reste imposée), qui gère nos réserves d'or et 65% de nos recettes à l'international (c'est amoral).

Ne serait-ce que pour ces 2 principes, sortir du Franc CFA est une urgence. Africains, ayez un peu d'honneur et... des couilles, POUR UNE FOIS ! ! !

Pour ma part, le Franc CFA est l'acte de brigandage le plus odieux que l'Afrique ait connu depuis 80 ans.

 

DINDE Fernand AGBO

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From Fernand Agbo Dindé
@U.S. Department of State @Jesse Watters Fox News @FoxNews
From Fernand Agbo Dindé @i24NEWS English @Donald J. Trump @The White House @The Prime Minister of Israel

 

FRANC CFA: 2 NON-NEGOTIABLE PRINCIPLES, FOR WHICH WE MUST BE INTRANSIGENT AND ABSOLUTELY INTRAITABLE.

This is no longer the time to play the equilibrists. Our positions must be extremely clear. Let's get out of the dissertations.

For me, there are two basic principles, non-negotiable:

1) It is not up to France to decide what is good for us, after more than 50 years of independence.

2) It is not acceptable that it is France that manages our currency (a currency that it has imposed on us), which manages our gold reserves and 65% of our revenue abroad (it is amoral).

If only for these 2 principles, getting out of the CFA Franc is an emergency. Africans, have a little honor and ... balls, FOR ONCE ! ! !

 

Une traduction de Patrick Cohen. Merci, cher frère pour l'initiative spontanée !

samedi, 09 février 2019

L'HOMMAGE DU QUOTIDIEN FRANÇAIS MEDIAPART AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Khorogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité.

Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

 

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier.

Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journaliste d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien.

Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur.

Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d'état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait.

Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain – l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien – a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo.

En décembre 2012, enfin, un socialiste –François Loncle – révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français.

Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté.

Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison ?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité.

Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo – œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices.

Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose.

Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique […] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis la ministre a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI.

Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer.

Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger.

Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français – en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Bourgi – et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple.

Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait pour soutenir le combat de l'homme que l'on admire aujourd'hui ?

 

Auteur : Raphaël ADJOBI

Source : MEDIAPART (2016).

mardi, 10 juillet 2018

LA RUSSIE POUSSE L'OCCIDENT HORS DE L'AFRIQUE SANS COMBAT

 

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La Russie est de retour en Afrique noire, mais contrairement à l’URSS pendant la guerre froide, elle n’a pas l’intention d’attaquer de front l’influence occidentale sur le continent.

Par Evgeny Krutikov

 

La République centrafricaine « est tenue par les mercenaires russes ». Le Mozambique « relance » les relations avec la Russie et réfléchit à la liste des armes qu’il veut recevoir. La République démocratique du Congo suggère à la Russie de « s’engager » dans la coopération militaire. Ailleurs, des négociations sur la construction d’une base militaire russe à Djibouti sont en cours.

Ce ne sont pas des manchettes paranoïaques de la BBC ou de CNN. C’est la réalité des deux derniers mois. Ce n’est pas aussi proche de nous que, disons, les événements de Kiev, et cela reste quelque part à la périphérie de nos préoccupations. Mais nos partenaires américains et européens sont déjà sérieusement troublés par l' »invasion russe » de l’Afrique noire qui, en termes de couverture géographique, dépasse déjà les temps mémorables du pic de l’influence soviétique. Et cela se construit sur un principe complètement différent.

L’Occident a commencé à devenir très nerveux après le 30 mars, lors de la célébration du deuxième anniversaire de l’élection à la présidence de Faustin-Archange Touadéra (au stade de la capitale Bangui) en République centrafricaine (RCA). Le Président est arrivé dans un stade qui avait été construit par les Français, accompagné d’une protection d’une blancheur suspecte, vêtue de tenues de camouflage sans insignes. Officiellement, la protection de tels événements devait être assurée par les Rwandais appartenant à ce qui restait des forces de maintien de la paix de l’ONU en RCA. Mais une semaine auparavant, des Blancs bien armés et bien organisés ont remplacé les patrouilles rwandaises dans les rues de la ville.

Il est vite devenu clair que les gardes de sécurité blancs contrôlaient complètement l’administration présidentielle, le garage du Président et les véhicules blindés, et avaient un accès illimité à ses déplacements et aux personnages clés de son entourage. Des patrouilles de Blancs sont apparues dans les rues de Bangui, et des conseillers d’apparence européenne ont été remarqués dans les unités militaires de la RCA, et pas seulement dans la capitale. Les Français, préoccupés par leur responsabilité historique à l’égard de leurs anciennes colonies, ont commencé à faire retentir la sonnette d’alarme. Et le président Touadéra a fini par tout expliquer.

Son administration a officiellement indiqué qu’il existe désormais « un groupe de forces spéciales russes pour renforcer la sécurité du Président ». Un nouveau poste est apparu dans la structure de l’administration présidentielle – un « directeur de la sécurité » parmi les officiers russes qui est également responsable du travail du « groupe de gardes du corps ». Les Français affirment que ce même officier est aussi  » un intermédiaire clé pour les contacts entre la RCA et la Russie dans le domaine de la défense et de l’économie « .

Déjà le 31 mars, le Président Touadéra a accueilli un défilé des troupes de la première compagnie (200 personnes) de l’armée centrafricaine, qui a été complètement réarmée avec des armes russes, habillé en tenue de camouflage russe, et ce sont également des Russes qui ont commandé le défilé. En général, l’accord sur la modernisation de l’armée de la RCA par la Russie a été conclu en octobre de l’année dernière à Sotchi, où Touadéra s’était rendu. Il avait d’abord demandé de préparer deux bataillons (1 500 personnes) avec des armes de tir, des lance-grenades et des véhicules blindés. A cette fin, il était nécessaire de lever les restrictions de l’ONU sur les livraisons d’armes à la RCA. Un mois plus tard, l’ONU acceptait de lever partiellement ces restrictions pour Moscou, et le 26 janvier, le premier avion de transport militaire Il-76 atterrissait à Bangui.

Les Américains ont été particulièrement mécontents que le Président Touadéra ait ordonné de remettre aux « Russes » les voitures Ford d’état-major que le Pentagone avait précédemment livrées à la RCA comme aide militaire. 1,5 million de dollars sont passés aux mains des Russes, qui  » circulent sans vergogne  » dans ces  » Fords  » à Bangui. Touadéra a ensuite remis le « Palais de Berengo » – l’ancienne résidence du célèbre dictateur Bokassa, abandonnée dans la banlieue de Bangui – aux conseillers militaires russes pour leur logement et en tant que QG.

« On ne peut rien faire. Les Russes attendent une réaction de l’Amérique. De plus, ils utilisent des méthodes que nous n’utilisons pas « , a déclaré un diplomate français anonyme en RCA. « Ils corrompent impudemment tous ceux qui ouvrent leurs portes devant eux ».

 (C’est le comble ! Historiquement, la France ne vivait en RCA que de pots-de-vin – et ces pots-de-vin ont été donnés et pris dans les deux sens. Les Français, soit dit en passant, ont essayé de faire en sorte que leur protégée, la mairesse de Bangui, Catherine Samba-Panzala, devienne la Présidente du pays. Mais en février 2016, le recteur de l’université locale Faustin-Archange Touadéra remporte une victoire décisive aux élections présidentielles, et les Français commencent à partir progressivement vers le Gabon et le Mali).

L’une des principales plaintes des résidents locaux au sujet des parachutistes français concernait leur inutilité complète. Ils ont rapidement pris sous leur contrôle les mines d’uranium diamantifères qui restaient encore formellement dans la concession française, et n’ont rien fait dans les rues de Bangui. Ils ont même commencé à être accusés d’aider au génocide, comparant ce qui s’est passé à Bangui au Rwanda des années auparavant. Et c’est là que « ces Russes » sont apparus.

Jusqu’à présent, il n’y a pas de données sur qui contrôle maintenant les mines de diamants et d’uranium en exploitation. Habituellement, cela se produit plutôt rapidement et sans effusion de sang. Une autre chose est que le contrôle physique des champs et des mines ne signifie pas la transition légale de la propriété. Pour le président Touadéra, l’efficacité des actions du contingent invité à protéger les frontières, à éliminer la menace des groupes musulmans, et le rétablissement définitif de la sécurité sur tout le territoire du pays – à commencer par la capitale – sont plus importants. Et si les Français n’ont pas été capables d’y faire face, alors pourquoi les Russes n’essaieraient-ils pas ?

Mais le récent accord russe avec le Mozambique est resté moins remarqué par les médias occidentaux. Au début, les ministres de la Défense de la Fédération de Russie et du Mozambique ont signé un accord sur l’entrée gratuite des navires de guerre russes dans les ports du Mozambique. En vertu de cet accord, les navires de guerre russes peuvent s’arrêter dans les ports mozambicains selon le schéma simplifié de service et de ravitaillement, qui fait de ce pays sud-africain pratiquement une base de la marine russe. Ce n’est pas, bien sûr, une base à part entière comme l’est celle de Tartous en Syrie, mais ce n’en est pas loin.

Puis (le 22 décembre 2015) un contrat complet de coopération militaro-technique assurant la livraison au Mozambique d’armements russes, d’équipements, ainsi que la formation du personnel a été signé. Et le 28 mai 2018, le ministre des Affaires étrangères du Mozambique, José Pacheco, a déclaré que la nomenclature de ces livraisons était en cours de discussion. « Cet accord dans le domaine militaire fait partie du processus général de lancement des relations bilatérales entre le Mozambique et la Russie », a-t-il noté. « Parmi les priorités figurent la formation et la livraison de différents équipements ». « Nous sommes en train de discuter avec la Russie de questions techniques pour définir exactement ce dont le Mozambique a besoin et comment financer ces achats ».

Le fait que cela se produise dans un pays où il n’y avait même pas de présence soviétique, malgré les tentatives continues de l’URSS pour s’enraciner dans la région de l’Afrique centrale – la République démocratique du Congo – est devenu une percée inattendue. La convention sur la coopération militaire entre Moscou et Kinshasa a été signée en 1999, mais était resté « dans les tiroirs » pour des raisons politiques (l’accord n’est pas entré en vigueur à cause de la position pro-occidentale du gouvernement du Congo).

Et le 27 mai de cette année, la convention a été relancée. Les livraisons d’armes, d’équipements et d’autres équipements spécifiques russes sont incluses dans le nouvel accord. En outre, la présence de conseillers russes et la formation d’experts militaires du Congo en Russie sont prévues. « Aujourd’hui nous sommes dans un nouveau paradigme, dans une impasse avec l’Occident, et puisque la Russie s’intéresse à l’Afrique, nous voyons sa présence en RCA, nous » mettons à neuf « un ancien document », a déclaré un politicien congolais.

Une autre ligne de négociations a lieu avec le Sud-Soudan, pays producteur de pétrole, qui a un besoin urgent de véhicules blindés et d’artillerie lourde, et Djibouti, qui vend en gros et au détail son territoire stratégiquement important pour la construction de bases militaires étrangères.

Les négociations sur la construction d’une base militaire russe près d’une base chinoise déjà en activité et d’une base américaine non loin de là se poursuivent depuis longtemps, mais avaient été interrompues à cause d’une crise financière. Il n’y a en général aucune idéologie dans les actions des autorités de Djibouti – pour elles les bases étrangères ne sont qu’une question de chiffres d’affaires financier. A l’heure actuelle, la Russie souhaite bénéficier d’un accès immédiat à l’aérodrome et au port qui sont déjà en cours de construction sur un terrain ouvert (à la manière djiboutienne, « en plein désert »). Ce sont les Américains qui vivent dans cet aérodrome qui résistent à cette idée, ne voulant pas le partager avec les Russes. Mais les négociations continuent néanmoins.

Les Américains affirment que la pénétration inattendue et massive de la Russie dans le continent noir est le début d’une « bataille pour l’Afrique » à grande échelle, qui, contrairement aux guerres par « proxy » de la guerre froide, utilisera non seulement des méthodes purement armées, mais aussi politico-stratégiques. Ils prétendent qu’un certain « projet africain » russe existe.

Que ce projet existe ou non, il est difficile de le dire. Mais déjà il est possible de prétendre que l’Afrique noire deviendra presque certainement une « zone de compétition » de plus, comme nos partenaires américains aiment à l’appeler ces derniers temps.

 Source : RIA Novosti

Via : https://russia-insider.com/en/politics/russia-squeezing-w...

Traduction : Avic – Réseau International

 

Source : RESEAU INTERNATIONAL

dimanche, 25 février 2018

MUHAMMADU BUHARI: «LES PAYS DE L’UEMOA DOIVENT PRESENTER UNE FEUILLE DE ROUTE CLAIRE SUR LEUR DECONNEXION DU TRESOR FRANÇAIS»

 

 

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Le Nigeria appelle à la prudence sur la proposition d’intégration monétaire de la Cedeao


Loin des annonces vuvuzela et creuses des pays de la zone cfa, le Nigeria pointe du doigt les défaillances et manquements qui font que l’intégration monétaire est très loin de devenir une réalité en Afrique de l’ouest. 

Chijoke Nelson | The Guardian | 22 février 2018


Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a mis en garde les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) contre le passage à l’intégration monétaire prévue dans la sous-région d’ici 2020.

M. Buhari, qui était représenté par le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (Bcn), Godwin Emefiele, a lancé cet avertissement mardi lors de la cinquième réunion du Groupe de travail présidentiel sur le programme monétaire de la Cedeao à Accra, au Ghana.

Il a noté que les chefs de gouvernement n’avaient pas correctement articulé et analysé l’état de préparation de chaque pays pour l’intégration monétaire d’ici 2020.

Il a réitéré que la non-préparation de certains pays membres, ainsi que la tentative d’édulcorer les critères et les disparités persistantes entre les conditions macroéconomiques des pays de la Cedeao, continuaient d’être des sujets de préoccupation majeure que les membres devaient examiner pour progresser.

Le président a en outre fait observer que les chefs de gouvernement de la Cedeao n’avaient pas été suffisamment informés sur toutes les implications de l’intégration à l’horizon 2020, en particulier concernant certains pays qui ne sont pas prêts individuellement au niveau national.

Tout en soulignant qu’il restait des questions en suspens dans la feuille de route d’une union monétaire intégrée, il a noté que les fondements macro-économiques de nombreux pays de la Cedeao étaient disparates et incertains.

Selon lui, le régime de ciblage de l’inflation recommandé comme cadre n’est pas viable, car il repose sur l’adoption d’un régime de taux de change flexible alors que la convergence réelle est loin d’être réalisée, malgré les efforts déployés jusqu’à présent.

M. Buhari a donc appelé à impulser la ratification et l’intégration, au niveau national, des instruments juridiques et des protocoles connexes, ainsi qu’à l’harmonisation de toutes les politiques fiscales, commerciales et monétaires et des systèmes statistiques, afin de limiter l’ampleur des divergences politiques actuelles.

Il a également conseillé aux pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) de présenter une feuille de route claire sur leur déconnexion du trésor français.

Par ailleurs, le président a appelé à un réexamen de l’approche accélérée de l’intégration monétaire et de l’harmonisation des plans des membres de la Cedeao avec celui du Programme de convergence monétaire de l’Union africaine, qui préconisait un objectif de convergence en 2034 pour la création des Banques centrales régionales dans toutes les sous-régions du continent.

Le dirigeant nigérian a également profité de l’occasion de la réunion pour appeler à la création d’un médiateur ayant le pouvoir d’imposer des sanctions lorsque les pays membres violent les normes, protocoles et critères de convergence convenus.

De même, le président a appelé à la transformation de l’Institut monétaire ouest-africain (Imao) en une Commission de la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest, équivalente à la commission de l’Uemoa.

Il a souligné que sa proposition de fusionner l’Imao et l’Agence monétaire ouest africaine (Amao) de la Commission de la Cedeao, en un Institut monétaire de la Cedeao serait décisif pour réaliser l’union monétaire dans la sous-région ouest-africaine.

Pour rappel, ici la vidéo du Professeur Mamadou Koulibaly (LIDER) qui, déjà en août 2017, soulignait exactement les mêmes manquements que le président Buhari aujourd’hui.

 

Source : LIDER-CI.ORG

mercredi, 07 février 2018

COTE D'IVOIRE - «MATCH RETOUR», UN TEXTE DE L'ECRIVAIN FRANÇOIS MATTEI

 

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Il sera de toute façon contraint de le faire à l’issue du procès de Laurent Gbagbo, à cause des dégâts irréversibles que cette parodie de justice manigancée par Nicolas Sarkozy aura causés. N’oublions pas qu’à La Haye, et contrairement aux engagements pris par la CPI en mars 2012, les crimes de masse des troupes de Ouattara n’ont jamais été examinés par Fatou Bensouda, sans que les successifs gouvernements français s’en émeuvent. Ce sera donc à Emmanuel Macron d’assumer la catastrophique gestion du dossier ivoirien par Jacques Chirac, François Hollande, et surtout Nicolas Sarkozy depuis plus de quinze ans. Aura-t-il le courage d’en faire l’inventaire, et d’en tirer les leçons ?

Il serait temps, comme le firent il y a longtemps les Anglais, les Portugais, ou les Espagnols, d’établir des relations assainies de tout abus de position avec nos anciennes colonies, indépendantes, depuis près de soixante ans…La France y retrouverait peut-être quelque éclat de sa grandeur passée. A ce titre, le traitement du cas Laurent Gbagbo se présente paradoxalement comme une occasion inespérée.

Sait-on assez qu’en Afrique, le petit frère ne reproche jamais à son aîné d’avoir fauté ? Il ne se venge pas ; le petit s’assoit en face du grand pour continuer à parler, comme avant la faute…Pour un homme politique comme Emmanuel Macron, dont l’avènement a surpris, ce pourrait être l’embryon d’une idée pour continuer à surprendre, et à innover. Cela suppose qu’il connaisse la psychologie africaine, ce qui n’est pas certain, ou qu’on la lui explique un peu.

Sinon, après avoir disparue de la scène internationale au Moyen-Orient, où elle jouait traditionnellement un rôle central, la France risque fort d’être engloutie sous le poids de ses erreurs et de son double jeu en Afrique, en particulier en Côte d’Ivoire. C’est sans doute à La Haye que se joue son avenir sur le continent, à la CPI, où elle l’a l’hypothéqué gravement. Sous le regard intéressé de la Chine, fortement implantée dans ce qui fut jadis le « pré carré » français, et celui de la Russie, qui l’a déjà supplantée en Syrie, et pousse ses pions en Afrique, au Congo, au Cameroun, en Angola. Poutine ne dissimule pas son rêve d’étendre sa présence, en prenant une revanche sur l’Occident, qui stoppa, grâce à une série de coups d’Etat et d’assassinats ciblés, la progression soviétique sur le continent africain dans les années 80 et 90.

A la CPI, sonne le glas de l’échec historique d’une certaine politique étrangère de la France. « Une sorte de Côte d’Ivoire papers ».

Son emprise internationale n’a cessé de rétrécir au fil des entreprises hasardeuses, depuis son alignement exclusif sur les Etats Unis, et des moyens de plus en plus réduits qui ne lui permettent plus depuis longtemps d’assumer des prétentions de grande puissance. De Gaulle a entretenu la fiction de son vivant grâce à sa stature de géant du XXème siècle, et à l’incarnation d’une troisième voie entre les deux grands blocs américain et soviétique, où se reconnaissaient les pays du Tiers monde. Après lui, la France est rentrée dans le rang, dans la crise économique, le chômage, les déficits tous azimuts… Disparaîtra-t-elle un jour complètement de cette Afrique où elle avait fondé son empire, et sa richesse ? C’est probable.

A moins que, par une miraculeuse et soudaine inspiration, elle affronte son passé, et en tire les conclusions. A moins qu’elle aille chercher la clé de sa propre rédemption dans la cellule de celui qu’elle y a jeté, à Scheveningen, 32, Pompstationweg, dans la banlieue de La Haye. Elle a taillé sur mesure, bien involontairement, une statue du Commandeur à Laurent Gbagbo. Les Afrikaners, tenants blancs de l’Apartheid en Afrique du sud, qui ont d’abord traité Nelson Mandela comme un terroriste, et l’ont maintenu en détention pendant 27 ans, en firent leur président, et une icône mondiale, en lui ouvrant les portes du pénitencier de Robben Island. Ils sauvèrent ainsi la face, leurs intérêts, et leur avenir. Ce fut un exemple africain de solution à une impasse historique d’origine coloniale apparemment sans issue. Plus récemment, le gouvernement belge a présenté des excuses officielles pour la responsabilité de Bruxelles dans l’assassinat de Patrice Lumumba, au Congo, en 1961. D’autres discours et d’autres scénarii plus adéquats sont à inventer dans le cas de la Côte d’Ivoire. Sans attendre 50 ans pour sortir du déni, et voir un président, en l’occurrence Jacques Chirac en 1995, venir reconnaître un crime d’Etat, celui de la participation à la déportation des juifs de France entre 1942 et 1944…Tout est toujours possible: de manière assez surprenante pour un farouche adversaire de la « repentance »- appellation contrôlée caractérisant ceux qui refusent d’admettre et de reconnaître leurs crimes -avec beaucoup de culot, et autant de cynisme, Nicolas Sarkozy a souligné à Kigali, il y a quelques jours, les « erreurs de la France » au moment du génocide du Rwanda en 1994.

Précisons qu’il accusait ainsi François Mitterrand, au pouvoir à l’époque…

En 2011, le même Sarkozy s’étant engagé dans une sinistre confrontation France-Côte d’Ivoire, s’était cru qualifié en gagnant le « match aller » et en faisant tomber Gbagbo. Alors qu’il a peut-être disqualifié Macron, pour le match retour » que la France est en train de perdre à La Haye en 2018.

A moins qu’avec un peu de courage, de panache, et une intelligence unanimement reconnue, l’actuel locataire de l’Elysée vienne refonder la relation africaine sur de nouvelles bases. N’est-ce pas là le véritable intérêt de la France? Une nouvelle vision d’avenir est à ce prix, car il y aura bien sûr un avant, et un après La Haye.

En Côte d’Ivoire, l’histoire est en marche, et l’horizon de l’après Ouattara n’est pas engageant : les rivalités entre Guillaume Soro, Ahmed Bakayoko, et Alassane Ouattara, chacun possédant sa milice armée, font craindre une nouvelle guerre civile. Avec un Henri Konan Bédié prêt à jouer sa carte personnelle dans le chaos. Et un Laurent Gbagbo, resurgi de l’enfer en héros.

 

Source : JOURNAL D'AFRIQUE, FEVRIER 2018

LA LEÇON DU PRESIDENT GHANEEN A MACRON, MACKY SALL, CLAUDY SIAR, RIHANNA ET TOUS LES COLLABOS

 

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« Nous ne pouvons pas dépendre des autres pour financer l’éducation de nos pays (...) Je ne le dis pas pour tourner le dos à ces nombreux bailleurs qui nous soutiennent, mais si notre politique dépend d’autres bailleurs de fonds, si leur politique est réformée, nous allons souffrir (...) Les fonds sont disponibles sur notre continent. Nous en avons en abondance, si nous éliminons la corruption de notre continent, si nous nous organisons pour avoir des arrangements plus prometteurs et plus attractifs pour exploiter nos ressources (...) cinquante (50) milliards de dollars américains sont envoyés hors de l’Afrique à des fins illicites à travers des nids de corruption et de fuite de capitaux (...) Imaginez ce que ces fonds auraient pu faire si nous n'étions pas restés inactifs devant cette fuite de capitaux. Nous devons nous organiser pour nous assurer que les richesses du continent soient utilisées pour servir les populations du continent et pas ailleurs. Si nous comblons ce fossé, nous reviendrons à Dakar pour discuter d'Éducation, mais nous ne parlerons plus de financement. Il est pour nous temps de changer d'état d'esprit. Nous avons les capacités en nous pour nous développer et promouvoir l'intérêt de notre continent nous-mêmes»,

Dixit Nana AKufo-Addo qui s’étonne du bien-fondé de l’organisation de la conférence sur le financement du partenariat mondial pour l’éducation.

 

Un commentaire de Thierry Mbepgue - Combattant de la Liberté.

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C'EST DE CETTE EDUCATION QU'ON PARLE ?

 

Voici votre ambassadrice pour l'éducation en Afrique, Rihanna. Elle est venue au Sénégal avec Claudy Siar et Macron pour parler d'éducation. Nous savons tous qu'un enfant est le reflet de la personne qui l'éduque ou de la société dans laquelle il est éduqué. Rihanna en Afrique pour nous parler d'éducation, c'est comme si on nous envoyait le Français Bob Denard nous parler de démocratie et de prise de pouvoir sans arme. Arrêtez de vous moquer des miens, arrêtez de nous infantiliser.

Dans une vidéo postée sur son mur facebook, Claudy siar, sans convaincre, a essayé de se justifier par un argumentaire puéril et dénudé d'africanité. Comme il a si bien dit, il ne va pas nous répondre, moi aussi je ne vais pas réagir. La seule chose que je peux lui dire c'est qu'il n'oublie jamais que notre problème majeur en Afrique, en ce qui concerne l'éducation c'est la nature même du système éducatif qui nous maintient enchaîner.

 

Thierry Mbepgue - Combattant de la Liberté

LE SOCIOLOGUE GUINEEN AMADOU DOUNO INCENDIE MACRON: «LE DEFI DE L’AFRIQUE, C’EST DE SE DEBARRASSER DE LA FRANCE»

 

 

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Par Amadou Douno – Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré : «Avec une famille qui a sept, huit enfants en Afrique, investissez des milliards, rien ne changera. (…) Le défi de l’Afrique est civilisationnel.» Le sociologue guinéen Amadou Douno, professeur à l’Université Ahmadou-Dieng de Conakry, lui répond.

 

«Les Africains n’ont pas besoin de votre civilisation de débauche. Parce qu’avec votre civilisation : un homme peut coucher avec un homme ; une femme peut coucher avec une femme ; un président célibataire peut avoir deux maîtresses à la fois ; une femme peut coucher avec son chien ; un enfant peut insulter son père et sa mère sans problème ; un enfant peut faire emprisonner ses parents.»

«Avec votre civilisation, quand les parents prennent de l’âge, on les emmène à la maison de retraite, et, enfin, avec votre civilisation, un jeune homme peut vivre avec une femme qui a l’âge de sa mère ou sa grand-mère sans problème. Votre cas en est une parfaite illustration ! Les Africains n’ont aucune leçon de civilisation à recevoir de gens comme vous ! L’Afrique est de loin le continent le plus riche au monde avec ses énormes richesses minières. Ce qui retarde ce continent, c’est le pillage à grande échelle de ses ressources par les grandes puissances, la France en tête !»

«Tout le malheur de l’Afrique vient de ce pays qui réalise ses ambitions sur le dos des Africains, avec la complicité de ces traîtres qui n’hésitent pas à sacrifier des générations entières en livrant leurs pays à l’ancienne puissance colonisatrice. Ces derniers confient tous les secteurs clés de leurs économies à la France. En réalité, ils mènent la stratégie ou vision politique voulue par l’ancien colon. Ce qui contribue à enfoncer leurs populations dans une misère et une pauvreté extrême. Ceci est la cause des coups d’Etat, des guerres civiles, des génocides, des famines, avec des despotes à la tête de ces pays qui sont maintenus au pouvoir par la France, car cette dernière satisfait toutes leurs exigences !»

«La France n’est rien sans l’Afrique ! Le jour où les pays africains tourneront le dos à la France, ce pays plongera dans le chaos ! Tant que les pays africains ne se départissent pas de cette domination de l’ancienne puissance coloniale, en prenant en charge leur propre destin, comme l’ont fait les pays asiatiques, ce sera très difficile pour eux de sortir du gouffre.»

«Le défi de l’Afrique, c’est de se débarrasser de la France. Parce que cette dernière n’est pas la solution à son sous-développement, elle est au cœur du problème !»

 

Source : ALGERIE PATRIOTIQUE.COM

jeudi, 19 janvier 2017

REVELATION: LA COTE D'IVOIRE SERA UNE BELLE, RICHE ET GRANDE NATION MAIS AVANT ELLE CONNAITRA UN TERRIBLE DELUGE DE DESTRUCTION

 

 

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Les évènements que traverse en ce moment la Côte d'Ivoire, avec la grève prolongée des fonctionnaires, les mutineries à répétition des ex-rebelles et ensuite des forces de défense et de sécurité, et les affrontements qui s'en sont suivis entre les deux groupes ou entre les ex-rebelles, faisant de nombreux morts, il est important de revisiter la grave révélation d'une soeur ivoirienne, reçue plus de dix fois depuis 2011, parlant de la profonde division de l'armée, de la guerre qui va éclater en son sein et de choses terrifiantes pour notre pays. Il est important de le savoir pour en tirer toutes les conséquences et prendre toutes dispositions utiles.

 

La présente révélation est aussi terrifiante que celle du Pasteur Dali Claude reçue en 2003. La sœur qui l’a reçue (elle vit en Occident), l’a vue 10 fois en songe, depuis 2011. Elle n’est ni servante de Dieu, ni prophétesse. Juste une simple enfant de Dieu. Une révélation reçue 10 fois, c’est énorme ! Comme pour nous dire, de la part du Seigneur Eternel, que cela s’accomplira certainement, inéluctablement, et que nous devions absolument le prendre au sérieux et en informer le maximum de personnes qui nous sont chères. Voici ce que nous rapporte la sœur bien-aimée :

« Partagez-le avec vos proches. Ce que je vais partager avec vous est long.

Dieu ne m'a pas donné de date dans mes songes mais il m'a montré que le pays va être délivré et cela, complètement. Il va se passer des choses dans le pays, je ne sais pas quand mais il se passera quelque chose pour le bien de la Côte d’Ivoire. Cette nouvelle Côte d’Ivoire qui va arriver n'aura absolument rien à voir avec la Côte d’Ivoire actuelle et le nombre d'habitants sera très peu élevé, car ils seront très peu nombreux.

J'ai vu ce qui attend le pays, plus de dix fois en songe, et c'est pour cela que je crois qu'il va se passer quelque chose. Voir une chose plus de dix fois est pour moi un message et non des songes.

Dieu m'a montré le début et la fin de ce qui va arriver au pays et moi, j'attends la réalisation de ce qu'il m'a montré.

Je voulais vous le dire pour vous, votre famille et vos proches. Dans mes songes, Dieu ne m'a pas dit : « Va dire à tout le monde ce qui va arriver dans ton pays », il m'a juste montré ce qui attend le pays.

C'est pour cela que je suis prudente et le garde dans l'intimité de mon cœur. J'informe juste mes proches de ce que j'ai vu en songe. Je n’en sais ni le jour, ni l'année mais je crois qu'il va se passer des choses dans le pays.

C'était comme si je regardais un film, du début à la fin. Et à la fin de tous ces songes, c'est une voix qui m'a parlé clairement pour confirmer les songes. Oui, c'est vrai, une voix m'a dit clairement ce qui attend le pays. Mais cette voix ne m'a pas dit : « Va le dire à tout le monde, va le dire à ton peuple ». Je pense que Dieu m'a montré cela pour que je sache tout simplement ce qui attend mon pays.

Merci à vous. En voici, résumée, la teneur :

1) La voix m'a dit, alors que j'étais étendue sur mon lit en train de prier dans le silence de mon cœur:
« Tout ce que tu vois (en Côte d’Ivoire) n'est qu'un semblant de victoire, ils n’attendent que le feu vert. Lorsque le feu vert sera donné, ils sortiront de partout sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire et ce jour-là, le monde entier sera surpris et étonné et se demandera d'où sortent tous ces Hommes ».

2) Les gens sortaient de partout, dans toutes les rues du pays.

3) L'épouse du président actuel était désemparée et elle criait sur son mari: « Comment tu as fait pour perdre le pouvoir ? On a tout fait, on a beaucoup dépensé et comment as-tu fais pour perdre le pouvoir ? ».
Alors, il y a quelque chose qui a été dit en Occident qui rendait ce pouvoir illégitime et le pays était devenu calme ; alors l'épouse de ce chef de l'état s'est approchée d'un groupe de jeunes en disant : « De grâce, laissez-nous encore diriger ce pays, on va s'arranger ». Et ces jeunes ont dit, en l'ignorant totalement : « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On sort dans les rues ? ».

4) L'armée française était paniquée et le chef de l'armée française disait : « On ne peut plus rester dans ce pays on part, on part, on part ! », tout en fuyant.

5) L'armée ivoirienne était divisée ; ses membres s'entretuaient les uns les autres.

6) Des Frci cherchaient à en découdre avec ce pouvoir.

7) Les étrangers fuyaient tous la Côte d'Ivoire.

8) L'eau envahissait les maisons, plusieurs maisons étaient détruites, des voitures, des immeubles, etc ; c'était un déluge.

9) Tous les dirigeants présents avaient disparu ; je ne sais comment ni où ils étaient partis mais la Côte d'Ivoire était totalement libre.

10) Il n'y avait plus d'armée française, plus d'armée de l'Onuci, plus de Frci, plus de Dozo, plus d'étrangers.

11) Les Ivoiriens étaient devenus très peu nombreux, comme en 1960.

12) Tout était détruit et le pays a été reconstruit, il était d'une grande beauté, c'était vraiment très beau, il n'y avait plus d'Ivoirien pauvre. Tous les Ivoiriens étaient prospères. Je n’ai pas vu celui qui a reconstruit la Côte d’Ivoire. Le Seigneur ne me l’a pas montré. Ce que je sais, c’est que le pays a été reconstruit.
Le pays était vraiment riche, les frigidaires, les maisons jusque dans les jardins, étaient remplis de nourriture.

13) La Côte d'Ivoire avait vraiment changé, elle n'était plus celle que nous connaissons aujourd’hui, elle était vraiment devenue belle, moderne et très propre, avec des espaces verts bien entretenus partout, de belles et larges routes, de la discipline. Les gens venaient du monde entier, émerveillés, pour visiter ce nouveau et glorieux pays qu’était devenue la Côte d’Ivoire.

Les nouveaux immeubles étaient vraiment beaux à voir, le Plateau avait changé, la commune de Cocody également. Ils avaient été reconstruits. Le pays était riche. L'armée française n'était plus là, de belles villas étaient construites sur le site du 43ème Bima, à Port-Bouët.

J'ai gardé tout cela pour moi afin d’observer sa réalisation de loin car je ne veux pas me ridiculiser ; alors, j'attends de voir, car aucune date ne m'a été donnée ; je ne sais pas si c'est dans 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans..., je n’en sais rien.

J'ai aussi fait 5 songes sur le Président Gbagbo. A chaque fois, il était de retour en Côte d'Ivoire. Des foules sont allées l’accueillir à l’aéroport, avec des tee-shirts imprimés à son effigie.

C’est encore long, les détails de ce que j'ai vu sur le pays. Si tout ce que j'ai vu doit se réaliser, alors, ce qui va arriver (je n’en connais pas la date) est extrêmement grave !

Les rêves et songes que le Seigneur m’a montrés parlent tous de délivrance et de libération du pays.
Dieu m'a montré toutes ces choses en songe et en rêve et à la fin, il m'a parlé de façon audible : « Tout ce que tu vois (en Côte d’Ivoire) n'est qu'un semblant de victoire, ils n’attendent que le feu vert. Lorsque le feu vert sera donné, ils sortiront de partout sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire et ce jour-là, le monde entier sera surpris et étonné et se demandera d'où sortent tous ces Hommes ».

En fait, dans le songe, un lundi, je me suis retrouvée à Abidjan mais on ne pouvait pas emprunter les nouvelles routes construites ; les gens glissaient dessus et faisaient des accidents. Je ne comprenais rien, j'ai dû quitter la route pour me déplacer sur une route sablonneuse. Le matin du mardi, lorsque je me suis réveillée, je me suis dis : « Mais qu'est-ce que cela signifie ? ». Ce même mardi dans la nuit, je prie et je m'endors et voilà, je me retrouve encore à Abidjan et c'est encore le même problème :

Tous ceux qui empruntent ces nouvelles routes tombent ou font des accidents. Alors, j'ai crié vers Dieu dans mon sommeil en lui disant : « Seigneur, je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas emprunter ces routes, et pourtant tout est fini, le pays est calme, il n'y a plus de guerre, pourquoi on ne peut ni marcher ni conduire sur ces nouvelles routes ? ».

Et je me suis réveillée, confuse. C'est à cet instant qu'une voix audible m'a parlé, étendue dans mon lit, dans ma chambre: « TOUT CE QUE TU VOIS N'EST QU'UN SEMBLANT DE VICTOIRE, ILS N'ATTENDENT QUE LE FEU VERT. LORSQUE LE FEU VERT SERA DONNÉ, ILS SORTIRONT DE PARTOUT SUR TOUT LE TERRITOIRE DE LA COTE D'IVOIRE ET CE JOUR-LA, LE MONDE ENTIER SERA SURPRIS ET ÉTONNÉ ET SE DEMANDERA D'OU SORTENT TOUS CES HOMMES ».

Mes rêves me montrent qu'il va y avoir un changement dans le pays, mes rêves me montrent un déluge, la disparition du pays de tous les hommes politiques actuels, la division dans l'armée, l'armée française qui fuit le pays, l'Onuci qui fuit le pays, les étrangers qui fuient le pays, le président actuel (Alassane Ouattara) qui perd le pouvoir, le pays qui est détruit et complètement reconstruit, de façon infiniment moderne, les Ivoiriens qui se retrouvent entre eux, désormais solidaires, unis les uns aux autres et surtout avec un trait distinctif : ils craignent Dieu mais sont très peu nombreux comme en 1960, la Côte d’Ivoire qui est devenue un pays très riche, le président Gbagbo qui est de retour au pays, accueilli comme un héros, le pays complètement reconstruit et d'une très grande beauté.

Je continue de garder tout cela en moi et je n'en parle plus à mes proches parce qu'ils n'y croient pas.

Ils pensent que rien ne changera dans le pays mais mes rêves sont totalement contraires à ce qu’ils pensent. Moi, j'attends de le voir. J’ai écouté les révélations du Pasteur Dali Claude sur la Côte d’Ivoire, pour la toute première fois le 17 septembre 2015 dernier, et j'ai eu des sueurs froides parce que c'est ce que moi-même j'ai vu en songe. Je crois que c'est vraiment Dieu qui m'a parlé car cela coïncide avec mes rêves, à la différence que Dieu ne m'a jamais dit d'en parler aux autres et je l'ai dit juste à mes proches – qui n’y croient d’ailleurs pas – alors, de votre côté, partagez cela juste avec vos intimes. Faites des provisions d’eau, de nourriture et de médicaments pour ces temps qui arrivent. Ils seront terrifiants.

Demeurez dans la crainte profonde de Dieu, éloignez-vous du péché sous toutes ses formes, ayez le mal en horreur, annoncez la Parole de Dieu avec vérité, servez le Seigneur, prêchez le salut et l’amour de Dieu à ceux qui ne le connaissent pas, appelez vos proches à se détourner de toutes formes d’idoles et à s’attacher au Seigneur Jésus-Christ, seule voie de salut à ces heures de ténèbres profondes. Que Dieu garde la Côte d’Ivoire ! ».

 

Le mardi 22 septembre 2015.

jeudi, 05 janvier 2017

LA GUERRE CONTRE LE FRANC CFA EST DECLAREE!

 

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Après la Seconde Guerre Mondiale, les grands sentiments qui avaient motivé les engagements des pays de l’Occident dans le conflit contre l’Allemagne pour lutter contre la barbarie et le racisme, et pour libérer les peuples sous occupation allemande, se sont vite trouvés en contradiction avec le principe de colonisation, entraînant une prise de conscience des peuples colonisés. La lutte pour la libération de ces peuples durera plus de dix ans, pour n’aboutir finalement, dans la plupart des cas, qu’à une réorganisation du système colonial sous le beau nom d’indépendance. Les décisions politiques qui avaient permis aux pays africains francophones d’accéder à l’indépendance n’avaient en rien gommé les fondements du système colonial qui était et reste, avant tout, une affaire de gros sous.

Pendant des décennies, les Africains de la zone CFA n’ont pas eu l’air de prendre conscience de l’importance de leur dépendance monétaire et de l’impact de cette dépendance sur leur économie. C’est aujourd’hui chose faite. Un deuxième combat de libération se profile à l’horizon, un combat d’une portée phénoménale dont les conséquences seront historiques pour l’Afrique. Les panafricanistes se mobilisent pour faire disparaitre le Franc CFA, la monnaie commune de la plupart des anciennes colonies africaines francophones. A l’appel de l’activiste et chroniqueur Kemi Seba, une mobilisation aura lieu le 7 Janvier prochain, simultanément dans plusieurs pays, pour dire NON au FCFA. Des interventions auront lieu en France (Paris), Belgique (Bruxelles), Grande Bretagne (Londres), Mali (Bamako), Bénin (Ouidah), Haïti, République Démocratique du Congo (Kinshasa), Guinée (Conakry), Sénégal (Dakar), Côte d'Ivoire (Abidjan), Italie (Bologne), Burkina (Ouagadougou).

Il ne s’agit pas d’un combat classique, d’un pays contre un autre, ni d’un peuple contre un autre. C’est le combat d’une population contre un système dont les rouages se trouvent en France, mais d’une portée beaucoup plus vaste. Il s’agit d’une première étape d’une longue marche semée d’embuches. Les puissances financières qui sont à la base du système ne se laisseront pas dépouiller sans réagir, et la France ne verra pas d’un bon œil la perte de son influence, même si la perte du FCFA n’aura pas trop d’impact sur son économie. La bagarre sera donc âpre et longue.

En cas de victoire des panafricanistes, l’Afrique retrouvera ses ailes qui lui ont été coupées depuis des siècles et nous assisterons à la naissance spectaculaire d’un autre monde, peut-être aussi spectaculaire que le fut le réveil chinois. Il n’est pas sûr que l’Europe soit préparée à la naissance d’une nouvelle puissance économique propriétaire de ses biens et de sa monnaie. Il est plus que probable qu’elle sera secouée par une série de crises avant de s’adapter à la nouvelle donne, comme ce fut le cas pendant la montée en puissance de la Chine.

Quant à la France, elle aura un choix simple, entre deux options : soit elle jouera le jeu des élites financières en se mettant en première ligne dans cette guerre perdue d’avance, car tôt ou tard le CFA disparaitra comme le fut la colonisation, soit elle accompagne le mouvement à son profit, comme le fit De Gaulle pour l’indépendance des colonies africaines. Aujourd’hui comme hier, la France a plus d’atouts en Afrique que la Chine ou les Etats-Unis. Si elle daigne laisser de côté son arrogance impériale qui ne peut plus avoir cours et traiter avec ses anciennes colonies en véritable ami, les deux premières puissances économiques mondiales citées ci-dessus n’auront aucune chance face à elle en Afrique. Mais, pour cela, il faudrait qu’elle sorte de l’esprit Jules Ferry, ce qui, pour l’instant, semble impossible, puisque c’est précisément le modèle par lequel le président actuel a débuté son mandat.

 

AvicRéseau International

 

Source: RESEAU INTERNATIONAL

mardi, 03 janvier 2017

UN FRONT INTERNATIONAL DES AFRICAINS CONTRE LE FRANC CFA, LE 7 JANVIER 2017

 

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DAKAR, le 2 janvier 2017 - Le samedi 7 janvier, les panafricains organisent pour la première fois, de Paris à Dakar en passant par Abidjan, Ouidah, Londres et Bruxelles, une journée internationale de mobilisation sur le thème du franc CFA et la nécessité de se défaire de cette monnaie postcoloniale.

Lorsque l’Afrique et sa diaspora s’unissent pour démanteler les jalons du colonialisme, il en découle un événement historique : le front contre le franc des Colonies Françaises d’Afrique (CFA). L’appel a été lancé le 26 décembre 2016 par le militant panafricaniste, écrivain et chroniqueur Kemi Seba et par l’ONG Urgences Panafricanistes (URPANAF).

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Créé en 1945, le franc CFA est en cours aux Comores et dans quatorze Etats en Afrique : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo.

En Europe, comme dans les pays de la Zone franc CFA et ailleurs sur le continent, les citoyens et associations se mobilisent. Tous dénoncent les effets pervers de cette monnaie postcoloniale et réclament la fin de la servitude monétaire. Ils exigent la vérité sur les comptes d'opérations ouverts par les banques centrales auprès du Trésor français.

Le temps est venu de mettre en œuvre des solutions alternatives pour un développement économique qui corresponde réellement aux besoins des populations. Au-delà, la société civile pose la question d’une autre architecture financière, qui déboucherait sur la monnaie unique africaine.

La mobilisation a pour objectif de contribuer aux débats en Afrique, en Europe et en Amérique concernant les moyens de sortir de cette servitude monétaire, et d’informer l’opinion africaine, française et européenne des conséquences du lien qui attache encore l’ancienne métropole à ses ex-colonies. 

Il s’agit également de discuter des transformations indispensables à opérer tant au niveau institutionnel que politique pour répondre aux intérêts des quinze pays de la Zone franc CFA dont onze sont classés parmi les pays moins avancés (PMA) par les Nations unies.

Un défi panafricain

Penser une Afrique nouvelle, c’est penser l’émergence d’un continent libéré du joug impérialiste, qui prend en main son économie et gère directement l’exploitation de ses propres ressources naturelles. La monnaie est un attribut de souveraineté. Or, le franc CFA, cheval de Troie du néocolonialisme, empêche évidemment cette impulsion. 

C’est pourquoi cette action coordonnée du 7 janvier 2017 contre l'ordre économique du système franc CFA est une mobilisation inédite et historique. Elle met en lumière la capacité des Africains et afro-descendants à comprendre l’urgence de prendre part à ces discussions afin de s’impliquer réellement dans l’avenir du continent.

Un événement mondial, des personnalités engagées

Les panafricains de la société civile, qui ont fait de cette problématique économique un point capital de leur réflexion et de leur argumentaire ont immédiatement répondu présents.

La coordination internationale des conférences du samedi 7 janvier 2017 et leur déroulement seront assurés par les membres de l’ONG URPANAF :

 

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A Paris (France), la rencontre sera animée par Nicolas Agbohou, docteur en économie politique et l’un des pères de la résistance au franc CFA, auteur du célèbre ouvrage « Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique » (1998), Toussaint Alain, journaliste politique et ancien conseiller de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, etThéophile Kouamouo, journaliste politique et écrivain.

De 15h 30 à 18h, au 4 bis, rue Henri Bergson, 92600 Asnières-sur-Seine (en face de la tour d'Asnières) - Accès : RER C arrêt : Les Grésillons - Métro ligne 13 : Gabriel Péri, Puis bus 177 arrêt : Tour d'Asnières

 

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A Bamako (Mali), avec Aminata Traoré, militante altermondialiste, écrivaine et ancienne ministre, Pape Diallo de Jeunesse Maya, Ismaël Youssef Koné, représentant de l’ONG Urgences Panafricanistes au Mali.

De 15h30 à 18h, au Missira Hôtel, Le Djenne, Salle Amadou Hampâté Bâ

 

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A Ouagadougou (Burkina Faso), avec le mouvement citoyen C.A.R, Citoyens Africains pour la Renaissance.

A 15h, au siège du C.A.R, Quartier Tanghin, non loin de l’Hôtel Ricardo

 

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A Abidjan (Côte d’Ivoire), avec les militants panafricanistes Pîija Souleymane Yameogo, économiste de développement, conférencier sur l’histoire et les valeurs africaines et directeur général à PER-FORM, et Thi-Mi N’guessan, responsable de l’ONG Urgences Panafricanistes en Côte d’Ivoire.

A 10h, à l’Institut des Civilisations Noires, Plateau Dokoui 1er Feu, Abobo

 

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A Bruxelles (Belgique), avec Jahi Muntuka, ingénieur aérospatial, analyste en économie et administrateur du groupe Négritude, Black Power, Claude Wilfried, écrivain et analyste politique, et Natou Pedro Sakombi, essayiste et fondatrice de Reines et Héroïnes d’Afrique.

De 19h à 22h, à L’Horloge du Sud, 141, rue du Trône, 1050 Bruxelles

 

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A Londres (Royaume-Uni), avec Clarice Kamwa alias Mamoushka, militante panafricaniste et Cheikh Ba, Data Scientist Senior et analyste en Marketing.

De 14h30 à 16h30, 199-201 Lewisham High Street, 13 SE 6LG

 

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Bologne (Italie), la sensibilisation sera menée par les militants panafricanistesBolivie Wakam, ingénieur en énergie, et Donfack N. Alex Leroy, entrepreneur

A 19h, Piazza Spadolino 3

 

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A Ouidah (Bénin), avec la Famille Jah.

A 15h, au Centre d’Eveil, d’Animation et de Stimulation pour Enfants (CEVASTE), Ambassade culturelle de la Diaspora et du Peuple de JAH, près d’Ouidah

 

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A Dakar (Sénégal), avec Demba Moussa Dembele, Hulo Guilabert, Guy Marius Sagna, Ndongo Samba Sylla, Badou Kane et Ndeye Nogaye Babel Sow.

A 15h, rassemblement Place de l’Obélisque

 

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Le militant panafricaniste Kemi Seba interviendra comme Invité d’honneur à l’Université de Zinguinchor en Casamance.

A 15h, à l’Université Assane Seck

 

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A Haïti, avec Bayyinah Bello, écrivaine, professeur d’Histoire et dirigeante de la Fondasyon Félicité, Camille Chalmers, professeur d’Economie et de planification sociale à l’Université d’Etat d’Haïti.

De 13h à 17h, à la Fondation Félicitée, 4 rue A, Village Théodat, Tabarre

 

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A Kinshasa (RD-Congo), avec Rex Kazadi, homme politique et militant panafricaniste, Ted Beleshayin, économiste monétariste et consultant financier.

De 14h à 17h, à l’Hôtel Campo, Beau Marché, Commune de Barumbu, en face de la Bralima

 

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Pour toute information, merci d’écrire à : urpanaf@gmail.com

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LE FRANC CFA ET L'EURO CONTRE L'AFRIQUE

 

1 Euro = 1.54 Dollars Lorsque nous vendons nos produits sur le marché international en Dollars, ce montant est d’abord converti en Euro. Prenons l’exemple de vente de produits à 1.540.000.000 Dollars, converti en Euro, cela fait 1.000.000.000 d'euros CE QUI REVIENT A DIRE QUE 540.000.000 de Dollars sont déjà perdus :

PREMIÈRE PERTE

Conformément au pacte néocolonial signé par les 15 pays, ils sont obligé de verser au minimum au Trésor Public Français (COMPTE D'OPÉRATIONS) 65% au départ mais ramené à 50% après plusieurs négociations d’où 1.000.000.000 d'euros est multiplié par 50% soit 500.000.000 d'euros qui sont déjà gardé au Trésor Public Français (COMPTE D'OPÉRATIONS) qui ne sont que perdu car selon eux, c’est l’argent des Africains qui y est gardé mais qui n’est qu’un leurre car du vol scientifiquement organisé par LA France qui ne cesse d’avilir les Africains :

DEUXIÈME PERTE

PARLONS DES COMPTES D'OPÉRATIONS

Dans tous les pays qui utilisent leur propre monnaie, cette compétence relève de l’exclusivité du parlement c’est-à-dire des représentants du peuple (les députés). Prenons le cas de la France qui utilisait sa monnaie mais a accepté d’utiliser la monnaie européenne à travers son parlement (Assemblée Nationale) en faisant un REFERENDUM en Congrès à travers lequel le peuple français a accepté de rejeter sa propre monnaie LE FRANC FRANÇAIS au profit de la monnaie européenne L'EURO. Dans le cas des pays de la zone F CFA (Franc des Colonies Françaises d’ Afrique), ce n’est pas le cas car crée par la France le 25 Décembre 1945 pour l’Afrique. La France ayant hérité de ce système du Nazisme Allemands car pendant que les allemands avaient occupés la France, ils ont créé le Mark qui était la monnaie coloniale allemande utilisée seulement en France et non en Allemagne (1 MARK était égale à 10F Français : imposition de manière autoritaire car à partir d’un rien d’où une dévaluation en son temps de la monnaie Française).

On se rappellera que la France a fait la même chose aux pays africains utilisant le F CFA avec une dévaluation en 1994 car on est passé à 1F Français = 50F CFA à 100F CFA d’où une dévaluation pas de 50% mais de 100% du F CFA.

POURQUOI LA France A CRÉÉ LE F CFA ?

Les raisons sont les suivantes : Cette monnaie a été créée pour les peuples noirs qu’elle avait colonisés et continue de coloniser mais sous d’autres formes pour endormir la conscience des peuples noirs. Sortant de la Guerre, elle avait deux possibilités pour conquérir ses anciennes colonies car SOIT DE MANIÈRE MILITAIRE SOIT ÉCONOMIQUE.

Les produits africains en ayant accès au monde avaient la possibilité d’être directement vendu par les africains afin d’assurer sur le territoire Africain, les devises extérieures car la France occupée et à peine libérée des bourreaux de la guerre, en bref cette monnaie a été créé pour rendre captives les anciennes colonies. Après la guerre, la France étant faible à plusieurs niveau a vu sa monnaie être dévaluée après les accords de Bretton Woods réunissant 44 pays en 1944 a conclu : 1$ = 50F Français à 1$ = 119.70F Français en 1945, 1Franc Français = 1.70F français ; en 1948, 1F CFA = 2F français Avec cette époque de réévaluation du F CFA, les matières premières africaines devenaient plus chères donc la France jouait ce jeu pour empêcher les Africains d’avoir accès au Marché International. A la veille des indépendances, précisément en 1958, la France change la donne car ne voulant pas être la colonie de ses propres colonies, donne un nouveau visage au F CFA, en faisant 1F CFA = 0.02F Français c’est-à-dire 2centimes d’euro (Drôle de coïncidence car en 1948, 1F CFA = 2F français, 10 ans après 1F CFA = 0.02F Français et cette inversion est restée comme ça jusqu’à la dévaluation en 1994 où 1F CFA = 0.01F Français.

Dans tous les pays où on parlera de la monnaie, ça veut dire qu’on touche à la poche de chaque citoyen, ce qui revient à dire que la monnaie relève de la compétence exclusive du citoyen africain c’est-à-dire de ses représentants qui sont les députés puis les Présidents de chaque nation or il n’existe dans aucun des 15 pays africains, un acte législatif qui crée ou qui reconnait le F CFA comme étant leur monnaie, Pourquoi à votre avis ? Tout simplement parce que c’est une propriété de la France.

Donc il y a des superstructures c’est-à-dire les institutions de la zone F CFA à savoir la Conférence des Chefs d’Etats ensuite le Conseil des Ministres des finances de chaque pays et après ce qu’on appellera, les institutions d’émissions monétaires c’est-à-dire les Banques Centrales mais on remarquera que toutes ces structures ne sont également rien devant la France.
Pourquoi ?

Parce que le F CFA est d’abord une invention de la France et elle est sous le contrôle de la France car ces 15 pays d’Afrique refusent de se donner les moyens objectifs de leur développement et de ceux de leur concitoyen alors ils se content d’utiliser une monnaie sui leur est étrangère or lorsqu’on dit monnaie, ça veut dire banque centrale qui est la banque des banques en d’autres termes celle qui fournit et contrôle les banques commerciales ( appelé aussi les banque de second rang) où les citoyens lambda font des dépôts, des retraits et autres. Une banque centrale est une banque publique c’est-à-dire la propriété de l’Etat donc quand l’Etat veut injecter dans l’économie une certaine quantité de monnaie, Il donne des instructions à la banque centrale qui va baisser par exemple son taux d’intérêt c’est-à-dire son taux directeur et les banques commerciales où toutes les populations ont leur argent vont aller prendre cet argent et créer de la monnaie c’est-à-dire prêter à la clientèle. Par contre si l’Etat ne veut pas injecter de l’argent dans l’économie, Il donnera encore l’ordre à la banque centrale afin d’élever ses taux directeurs
(Taux d’intérêts) d’où les banques commerciales en retour vont facturer à la clientèle à un taux élevé. Nous entendrons alors par-là que l’Etat a le libre choix de développer ou pas son pays à travers le financement de ses infrastructures de premières nécessité telles que :
Les hôpitaux
Les écoles et universités Les routes
Les usines de transformation de nos matières premières
Etc.

Qui sont l’un des socles de développement d’un pays.

LES QUATRE PRINCIPES DU F CFA:

1- Le principe de la libre convertibilité du F CFA en Euro

2- Le principe de la fixité des parités entre le F CFA et l’Euro

3- Le principe de la centralisation des changes autrement appelé les comptes d’opérations.

4- Le principe de la libre transférabilité des capitaux des pays de la zone F CFA vers la France et les autres pays du monde.

On parlera plus tard de ces 04 principes.

Ces 04 principes et la Banque Centrale ont été conçus à l’époque coloniale et tous convergent vers un même objectif, c’est à dire : Piller les richesses de l'Afrique au profit de la métropole.

La lutte ne fait que commencer.

 

Merci au Pr Nicolas Agbohou, L'un des Pères de la révolution contre le F CFA.

 

Source: PAGE FACEBOOK MOUSSA KONE

vendredi, 23 décembre 2016

GEOPOLITIQUE: LES CONSEQUENCES DE LA CHUTE D'ALEP POUR L'EUROPE

 

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Quels liens et quelles conséquences stratégiques entre la reprise d'Alep et la vente au Qatar de près de 20 % du capital de Rosneft ?

Par le Général JEAN-BERNARD PINATEL.



La Bataille d’Alep marque un tournant décisif dans le conflit syrien. Le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad n’est plus un préalable à la fin du conflit. Les Russes ont désormais toutes les cartes en main pour imposer leur solution. Cette victoire des forces syriennes appuyées par la Russie contre les islamistes radicaux va avoir des conséquences géopolitiques considérables pour le Moyen-Orient et pour l’Europe. Le premier effet concret s’est traduit ce 10 décembre 2016 par la vente de 19,5% des actions de Rosneft au Qatar.

La Turquie avait anticipé cette victoire. Erdogan, dès le 9 août, était allé à Canossa, pardon à Saint-Pétersbourg, après avoir exprimé ses « regrets » à Vladimir Poutine fin juin concernant le sukkoi 24 abattu par son aviation. Poutine lui a rendu la politesse le 10 octobre en se rendant à Istanbul où les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur engagement à mener à bien le projet de gazoduc russo-turc TurkStream, qui doit acheminer le gaz russe vers l’Europe en passant par la mer Noire, ainsi qu’à la construction par la Russie de la première centrale nucléaire turque.

De leur côté, confrontés à l’efficacité de l’intervention militaire russe de septembre 2015 qui contrastait avec les atermoiements d’Obama en Syrie et le peu d’efficacité de son action de soutien militaire à l’Irak, les dirigeants qataris comprenaient que leur stratégie de soutien aux Frères musulmans et aux wahhabites en Syrie allait les conduire à leur perte. Et que dorénavant, pour vendre leur gaz à l’Europe, il faudrait trouver un accord avec la Russie car c’est elle qui a les cartes en main pour autoriser ou interdire la construction d’un gazoduc terrestre pour acheminer son gaz vers les pays de l’Union Européenne (1).

Après une première visite de l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani à Moscou en janvier 2016, ce rapprochement s’est traduit, le 6 septembre, par la signature d’un accord militaire entre les deux pays, au cours d’une visite du ministre qatari de la Défense, Khalid bin Mohammad Al-Attiyah, à l’occasion du Forum international militaire et technique « ARMÉE-2016 », à Moscou. « Nous avons signé un accord de coopération militaire avec la Russie, mais il ne comprend pas l’achat d’armes », a ainsi indiqué Saoud Bin Abdallah al-Mahmoud, l’ambassadeur du Qatar à Moscou. Toutefois, s’agissant d’éventuels contrats d’armement, rien n’est fermé du côté de Doha, le diplomate ayant assuré que son gouvernement examinerait cette « possibilité » (2).

Mais l’acte majeur de ce rapprochement à la portée géopolitique considérable s’est traduit samedi 10 décembre 2016 par la conclusion d’un accord de vente de 19,5% des actions de Rosneft à la Qatar Investment Authority (QIA). Cette vente s’est faite au prix de 11,37 milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’Etat russe qui en avait bien besoin. Le Qatar est désormais le second actionnaire de Rosneft après l’Etat russe.

Pour comprendre la signification géopolitique exceptionnelle de cet accord, un rappel historique et économique s’impose.

Trois pays – la Russie, l’Iran et le Qatar – possèdent 50% des réserves mondiales de gaz naturel (3). Les trois sont désormais alliés économiquement et stratégiquement, ce qui marque l’échec de la stratégie de l’Union européenne de diversification de ses sources d’approvisionnement de gaz naturel inspirée et voulue par les Etats-Unis et l’Otan.

En effet, la Russie est déjà le premier fournisseur de l’Union européenne avec 40% des importations, qui représentent 20% de la consommation totale de gaz de l’Union européenne. Compte tenu de la hausse de la consommation dans l’Union européenne et de l’épuisement du gisement gazier en Mer du Nord, cette dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie devrait fortement s’accroître dans les prochaines années. La Commission européenne estimait en effet que, d’ici 2040, 70% des besoins énergétiques de l’UE devraient être assurés par les importations, contre 50% aujourd’hui.

Cette dépendance était inacceptable pour les stratèges américains pour lesquels la création d’une Eurasie annoncerait la fin de leur suprématie mondiale et l’arrivée d’un troisième grand acteur sur la scène mondiale qui perturberait leur tête-à-tête d’adversaire-partenaire avec la Chine.

Pour les stratèges américains et les atlantistes européens, le Qatar, avec 24300 milliards de m3 de réserves prouvées qui lui assurent 154 ans de production au rythme actuel, était la solution. A condition toutefois de construire un gazoduc, car la liquéfaction et le transport en bateau via le détroit d’Ormuz et le canal de Suez rendaient le gaz qatari non concurrentiel avec le gaz russe. Selon des informations du journal libanais Al-Akhbar publiées en 2012, les Qataris avaient établi un plan, approuvé par l’administration Obama et l’UE visant à construire un gazoduc vers l’Europe via la Syrie. Ce gazoduc terrestre aurait traversé l’Arabie Saoudite, puis la Jordanie, en évitant l’Irak pour arriver à Homs en Syrie, d’où il aurait bifurqué dans trois directions : Lattaquié sur la côte syrienne, Tripoli au nord du Liban, et une troisième branche via la Turquie vers l’Europe. Mais Bachar El-Assad refusait d’autoriser ce transit.

Désormais, les cartes sont redistribuées et rien ne s’oppose plus à ce que le gaz qatari rejoigne en Turquie le gazoduc TurkStream et vienne alimenter les besoins énergétiques de l’Union européenne. Dans un proche avenir, parions que les Européens vont lever leurs sanctions économiques contre la Russie.

Il aura fallu une guerre de cinq ans, des centaines de milliers de morts en Syrie et des attentats terroristes en Europe pour que s’impose par la force ce qui aurait dû se décider par la raison. Car tant dans la lutte contre l’islam radical que sur le plan économique, l’alliance russe est vitale pour que la voix de l’Europe existe à nouveau sur la scène internationale.



Jean-Bernard Pinatel | 12 décembre 2016


Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique. Il est l’auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

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(1) Pour certains auteurs, ce projet de gazoduc et le refus d’Assad de le laisser traverser la Syrie aurait été l’un des facteurs déterminants de la guerre en Syrie.

(2) En savoir plus ici.

(3) Russie : 22,8% soit 47 500 milliards de m3 ; Iran : 15,9% soit 33 800 milliards de m3 ; Qatar : 11,7% soit 24 300 milliards de m3.

 

Source: ATLANTICO.FR