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jeudi, 21 mars 2013

CONTREVERITES SUR LA PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010, ROBERT GBAÏ TAGRO REPOND A GUILLAUME SORO

 

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M. le Président de l’Assemblée nationale, voulez-vous qu’on parle des vrais chiffres des résultats de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire? Vous avez reçu, le samedi 2 mars 2013, au Palais de l’Assemblée nationale, le Chef de l’Etat du Nigeria, M. Goodluck Jonathan, en visite d’Etat en Côte d’Ivoire. Concernant l’élection présidentielle ivoirienne passée, vous avez déclaré à votre illustre visiteur : «A la demande de votre homologue Alassane Ouattara, encore sous le blocus au Golf, vous m’avez accordé une audience à Abuja, malgré votre calendrier extrêmement chargé du fait de la proximité des élections dans votre pays. A peine avais-je commencé à donner les résultats des urnes que vous m’avez interrompu en ces termes : «M. Soro, je sais qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire. Vous n’avez pas à prêcher à un convaincu. En tant que Président du Nigeria, je n’accepterai pas la forfaiture qui a cours chez vous. Pour moi, Alassane Ouattara est le Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et cela est non négociable. Avec la C.E.D.E.A.O., nous rétablissons la vérité des urnes». Fin de citation de vos propos (Journal l’Inter du lundi 4 mars 2013).

M. le Président, nous sommes à la fois gêné et peiné de faire cette mise au point sur la réalité des chiffres électoraux de 2010. Gêné et peiné parce que nous ne voulons pas jouer au connaisseur et au justicier qui répond comme une caisse automatique et pour ne pas remuer le couteau dans la plaie encore béante. Mais, comme il vous plaît de le rappeler à chacune de vos occasions officielles et privées, nous nous trouvons dans l’obligation de faire cette mise au point, en toute Neutralité, en toute Impartialité mais dans la Vérité, pour situer avec exactitude, l’opinion publique nationale et internationale.

M. le Président, pour la compréhension des faits, bien que connus vaguement par le monde entier, et avec votre permission, lisons ensemble les dispositions du Code électoral, relatives à l’élection du Président de la République:

Art. 34: «Nul ne peut être admis à voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Le vote par correspondance, par ordonnance ou par procuration est interdit»

Art. 59: «La Commission chargée des élections procède au recensement général des votes et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin, au niveau de la circonscription administrative, en présence des représentants des candidats. Trois exemplaires du procès-verbal accompagnés des pièces justificatives sont transmis à la Commission chargée des élections. Celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation provisoire des résultats en présence des représentants des candidats. La Commission chargée des élections communique au Conseil constitutionnel un exemplaire des procès-verbaux accompagnés des pièces justificatives dans les trois (3) jours qui suivent le scrutin. Les autres exemplaires du procès-verbal restent respectivement dans les archives de la Commission électorale de la circonscription administrative, de la Commission nationale chargée des élections et du ministère de l’Intérieur».

Art. 60: «Tout candidat à l’élection présidentielle peut présenter, par requête écrite adressée au Président du Conseil constitutionnel, une réclamation concernant la régularité du scrutin ou de son dépouillement. La requête doit être déposée dans les trois (3) jours qui suivent la clôture du scrutin».

Art. 61: «Le requérant doit annexer à sa requête les pièces produites au soutien de ses moyens. Le Conseil constitutionnel, après examen de la requête, statue dans les sept (7) jours de sa saisine. Toutefois, il peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs manifestement sans influence sur l’élection contestée ».

Art. 62: «L’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des procès-verbaux. Art. 63: «Le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d’urgence.»

Art. 64: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des Ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel».

Ajoutons, M. le Président, les dispositions de la Constitution relatives à l’élection présidentielle.

Art. 94 (dernier alinéa): «Le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles».

Art. 98: «Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux Pouvoirs publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale».

Fin de citation.

Pour le second tour de l’élection présidentielle de 2010, voyant que, après le scrutin, les trois (3) jours impartis à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), expiraient, M. Alassane Ouattara, candidat, a écrit la lettre suivante au Président de la C.E.I. : «Abidjan, le 1er décembre 2010. Monsieur Alassane Ouattara candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante de la République de Côte d’Ivoire. Objet: Proclamation des résultats provisoires de l’élection du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Il nous revient de façon récurrente que le Candidat de La Majorité Présidentielle (L.M.P.) vous a adressé une requête aux fins d’invalidation du scrutin dans certaines Régions du Nord et du Centre de la Côte d’Ivoire. Or, au regard de la loi, il n’est pas de vos attributions d’invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les Régions de l’Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Cavally, des Lagunes pour les motifs ci-après: – Empêchement de vote, violences et voies de fait sur nos représentants et militants, achats de consciences d’électeurs, séquestrations de nos représentants, bourrages d’urnes, menaces de toutes sortes, atteintes à l’intégrité physique, destructions de biens, et toutes sortes de violations graves des Droits de l’Homme, c’est pourquoi nous pensons que la Commission électorale indépendante doit s’atteler aux seules tâches qui sont les siennes, à savoir proclamer, sans délai, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission électorale indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la C.E.I. dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos considérations distinguées. Alassane Ouattara». Fin de citation et sans commentaire.

Concernant le délai de trois (3) jours impartis à la C.E.I., voici ce que M. Youssouf Bakayoko, Président de la C.E.I. a dit en réponse aux questions du Journaliste M. Thomas Bahinchi, le mercredi 1er décembre 2010, peu avant minuit:

QUESTION: M. le Président de la C.E.I., toute la Côte d’Ivoire attend les résultats provisoires. Qu’est-ce qui se passe? Nous ne comprenons rien!

REPONSE: «Je voudrais d’abord remercier les Ivoiriens pour leur grande patience. Nous avons, depuis la fin du scrutin, entrepris de faire un travail de «validation » des résultats qui nous parviennent des différentes Régions de la Côte d’Ivoire et bien entendu, des différents bureaux de vote et des différentes Commissions locales. Ce travail se poursuit. Nous n’avons pas encore achevé. Quand nous serons prêts, nous nous tournerons vers la Télévision et les médias, et nous ferons le point de nos délibérations à l’ensemble de la population. Je veux donc leur demander d’être patients, d’être compréhensifs et de nous laisser le temps de travailler en toute sérénité».

QUESTION: Un délai de trois jours vous est imparti, et ce délai s’épuise ce soir à minuit. Il est 23 heures 30 minutes et aucun signe des résultats. Il y a aussi le problème de désaccord au sein de la C.E.I. sur la publication des résultats provisoires. Nous sommes inquiets.

REPONSE: «Vous avez raison de vous inquiéter. Il s’agit de problèmes d’une grande importance. Il n’est pas encore minuit, et nous continuons de travailler. Nous avons travaillé à faire en sorte que la paix revienne au sein de la Commission, et nous continuons de faire ce travail. C’est pourquoi je dis que nous sommes en train de poursuivre nos délibérations qui doivent être acquises par consensus. C’est vrai que hier, il y a eu quelques actes regrettables, mais aujourd’hui, tout semble aller normalement ».

QUESTION: Mais, M. le Président, nous allons vers minuit! Il est minuit moins un quart.

REPONSE: «M. Bahinchi! Il n’est pas encore minuit! Soyez patients. Je viens de vous répondre que nous poursuivons notre travail».

QUESTION: Pourtant, M. le Président, certaines Radios et Télévisions étrangères ont annoncé la victoire de M. Alassane Ouattara. D’où viennent ces résultats?

REPONSE: «M. Bahinchi, nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit, parce que nous n’avons pas encore achevé notre travail».

Telle a été, M. le Président de l’Assemblée nationale, l’assurance donnée par M. Youssouf Bakayoko, au peuple ivoirien et à tous les Observateurs nationaux et internationaux de ces élections cruciales pour la Côte d’Ivoire, ce mercredi 1er décembre 2010 peu avant minuit. Dans le même souci d’éviter un vide juridique préjudiciable par la forclusion de la C.E.I., le Président du Conseil constitutionnel a écrit au Président de la C.E.I: «Abidjan, le 02 décembre 2010. Le Président du Conseil constitutionnel, à Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.) de Côte d’Ivoire. Abidjan. Objet: Demande de transmission des Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Aux termes de l’article 63 nouveau de la Loi N° 2000-514 du 1er août 2000, portant Code électoral, «le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles et publié selon la procédure d’urgence, dans les sept (7) jours à compter de la réception des Procès-verbaux». L’article 62 précise également que «l’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des Procès-verbaux». Le délai imparti à la C.E.I. pour la proclamation des résultats provisoires ayant expiré depuis le mercredi 1er décembre 2010 à minuit, je vous saurais gré de bien vouloir nous transmettre les Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle, en vue de permettre au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes à lui soumises. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma franche collaboration. Très haute considération. Le Président, Prof. Paul Yao N’Dré».

Malgré toutes ces précautions pour sauvegarder la primauté du droit, M. Yousouf Bakayoko a proclamé, seul, à l’Hôtel du Golf, M. Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Cette déclaration de M. Youssouf Bakayoko à l’Hôtel du Golf, est aussitôt «certifiée» par le Représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Nous le citons dans ses grandes lignes: «…4). En ce qui concerne le résultat du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010, sur la base des cinq critères cadres pour la certification ainsi que sur la base du mandat que m’a confié le Conseil de Sécurité, je l’ai dûment certifié le 12 novembre 2010. 10) Malgré mon appel à la C.E.I. pour qu’elle proclame promptement les résultats provisoires du 28 novembre 2010, la C.E.I. a été incapable de le faire sans retard en raison de divisions internes. Ces divisions internes ont été exacerbées lorsque les Forces de sécurité ivoiriennes ont renforcé leur protection au Siège de la C.E.I. à partir du 30 novembre au matin. Ceci a conduit, à la fin, le Président de la C.E.I., Youssouf Bakayoko, à annoncer les résultats provisoires du second tour dans l’après-midi du 2 décembre 2010 à l’Hôtel Golf. 11). Le Conseil constitutionnel a immédiatement réagi à cette proclamation du Président de la C.E.I. Dans l’après-midi du 2 décembre 2010, le Président du Conseil constitutionnel, M. Yao N’Dré, a déclaré que la proclamation de la C.E.I. était nul et de nul effet, car la C.E.I. a dépassé les limites légales de trois jours qui lui étaient imparties pour donner les résultats provisoires. Le Président du Conseil constitutionnel a ainsi proclamé le 3 décembre 2010. Suivant cette proclamation, le candidat Laurent Gbagbo aurait obtenu 51,45 pour cent et le candidat Alassane Ouattara 48,55 pour cent, avec un taux de participation de 71,28 pour cent. 12). Ainsi, la proclamation des résultats définitifs par le Président du Conseil constitutionnel, avec l’annulation du vote dans neuf départements du Nord, qui donne la victoire au candidat Laurent Gbagbo, peut seulement être interprétée comme une décision ne correspondant pas aux faits. 13). La seule question qui demeure est de savoir si l’ONUCI est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le Gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire). Fin de citation.

Aussitôt après la déclaration de M. Choï, la communauté internationale s’est précipitée pour reconnaître M. Alassane Ouattara comme le vainqueur de l’élection, et Laurent Gbagbo, comme celui qui ne veut pas quitter le pouvoir, et le pays commença à prendre feu.

Notre première question, pour aider à comprendre: Pourquoi le Représentant des Nations Unies a-t-il attendu tranquillement douze (12) jours pour «certifier» le 1er tour, alors qu’il s’est précipité pour «certifier» le second juste après la proclamation au Golf par la C.E.I. qu’il qualifie de «provisoire»?

 Nous répondons: Il s’est précipité pour «certifier» le second tour, d’abord pour rester dans la même ligne que le R.H.D.P. qui a dit qu’il ne reconnaitra jamais les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, ensuite parce que c’est la première et la dernière fois que M. Alassane Ouattara est candidat à cette élection à titre exceptionnel. Une fois cette occasion passée, tout sera perdu pour le R.D.R. et M. Alassane Ouattara.

Qu’est-ce que «certifier» cette élection? Voyons quelques lignes de la Résolution N° 1765 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative à la Certification de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire: «Le Conseil de sécurité, rappelant ses Résolutions antérieures, en particulier la Résolution 1739 (2007) et les déclarations de son Président concernant la situation en Côte d’Ivoire, réaffirmant son ferme attachement au respect de la Souveraineté, de l’Indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale, rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par le Président Laurent Gbagbo et M. Guillaume Soro à Ouagadougou le 4 mars 2007 (l’Accord politique de Ouagadougou, S/2007/144) et qu’il a soutenu la nomination de M. Guillaume Soro aux fonctions de Premier ministre, décide de mettre un terme au mandat du Haut représentant pour les élections. Décide en conséquence que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire certifiera que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». Fin de citation.

Comme clairement exprimé ci-dessus par les Nations Unies, le rôle de M. Young-Jin Choï, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Côte d’Ivoire, n’est pas de proclamer les résultats, ni de dire qui est élu et qui ne l’est pas, mais «de signaler si le processus électoral ivoirien fournit, dans son ensemble, toutes les garanties nécessaires pour la tenue de l’élection du Président de la République dans de bonnes conditions de transparence et de régularité». Ainsi, avec la suppression du poste de Haut représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire pour les élections, le rôle d’organiser les élections et de proclamer les résultats provisoires revenait de droit à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), et la proclamation des résultats définitifs au Conseil constitutionnel. Donc l’ONUCI était tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel.

Voyons maintenant, M. le Président, les raisons de l’annulation des résultats du second tour dans les zones Centre, Nord, Ouest (C.N.O.) par le Conseil constitutionnel.

D’abord la méthode de comptage des voix au second tour. Deux méthodes devaient être simultanément utilisées selon le consensus des parties: Le comptage manuel et le comptage électronique. Le 1er décembre 2010, le Directeur de la Société retenue pour le comptage électronique a écrit au Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.): «… Nous voudrions souligner à votre intention que notre logiciel a rejeté un nombre de Procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000 P.-v.». Fin de citation.

Avec votre permission, M. le Président, voici les preuves de la fraude dans le Nord.

Preuve n° 1: Région: 014 WORODOUGOU. Centre de coordination O55 SEGUELA. Sous-préfecture 004 MASSALA. Secteur 001 COMMUNAL. Lieu de vote 020 place Kouroukoro. Inscrits: 89. Votants: 92. Bulletins nuls: 0. Laurent Gbagbo 1 voix. Alassane Ouattara: 91 voix.

Preuve n° 2 : Région: 04 DENGUELE. Centre de coordination: 043 MADINANI. Sous-préfecture: 095 SEGUELON. Secteur: 001 COMMUNAL. Lieu de vote: 001 EPP 1 et 2 SEGUELON. Bureau de vote: 01 EPP 1 et 2 SEGUELON. Inscrits: 400. Votants: 428. Bulletins nuls: 01. Exprimés: 427. Gbagbo Laurent: 24 (05,60 %). Alassane Ouattara: 403 (94,15 %).

Lisons maintenant le Procès-verbal de dépouillement le plus scandaleux qui a fait le tour de toutes les Télévisions du monde: «Région de la Vallée du Bandama: Katiola, Bouaké, Béoumi, Dabakala, Sakassou. Alassane Ouattara (chiffre gonflé): 244 471 voix, soit 85, 40 %. Chiffre réel 149 598 voix. Gbagbo Laurent: 41 789 voix, soit 14,60 %. Ont signé ce Procès-verbal de dépouillement: MM. Sangaré Moussa, Président de la Commission électorale régionale, Koné Vamoussa, Vice-président, Kouadio P., Vice-président, N’Guessan Kouakou Gervais, Vice-président, Allali K. Valentin, Vice-président. Fait à Bouaké, le 29 novembre 2010».

Faisons ensemble, M. le Président, le commentaire de ce P-V. de dépouillement des résultats des cinq (5) Départements de la Région de la Vallée du Bandama (Bouaké, Dabakala, Sakassou, Béoumi, Katiola), Procès-verbal établi et signé le 29 novembre 2010, c’est-à dire le lendemain du scrutin. Le jour et la date de l’établissement et de la signature de ce P-V. constituent déjà une fraude en soi qui annule son contenu. Aussi, il est constant que dans aucun pays au monde nul ne peut voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Pour les cinq (5) Départements en question (Béoumi, Bouaké, Dabakala, Sakassou, Katiola) 5 612 électeurs ont voté sans être inscrits sur la liste électorale. Le Suffrage exprimé est toujours égal au nombre des votants moins les bulletins nuls. Pour Bouaké par exemple, sans entrer dans les détails des autres chiffres qui ne correspondent à rien, donc visiblement truqués, les suffrages exprimés 48 301 (pour votants inscrits) + 2 761 (pour votants non-inscrits) moins 2 662 bulletins nuls, donnent 48 400 et non 159 788.

Les suffrages exprimés doivent toujours être la somme des voix des deux Candidats: 22 845 (pour Laurent Gbagbo) + 42 070 (pour Alassane Ouattara) donnent 64 915 et non 159 788. Le nombre total des votants des cinq (5) Départements, si nous tenons compte des chiffres du P-V qui sont tous truqués, est de 184 167 et non 292 702. Ce chiffre de 292 702 est gonflé en connaissance de cause en vue d’obtenir un taux de participation élevé: Le nombre des votants divisé par le nombre d’inscrits multiplié par 100. Revenons au nombre total des voix attribuées à M. Alassane Ouattara: 244 471 voix sur le P-V en question.

Le vrai nombre des voix de M. Alassane Ouattara, dans les cinq (5) Départements concernés, si nous tenons compte des chiffres du P-V, est de 149 598 voix et non 244 471. Puisque le pourcentage des voix du candidat est obtenu par la division du nombre des voix du candidat par les suffrages exprimés multiplié par 100, il fallait donc gonfler et les suffrages exprimés et le nombre des voix. Ce qui donne 85,40 % des voix à M. Alassane Ouattara, pendant que, par le même procédé, le candidat Laurent Gbagbo est crédité de 14,60 % des voix.

Cette fraude avérée, visible, a poussé, naturellement, le Conseil constitutionnel à invalider le scrutin de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkéssédougou, Boundiali, Séguéla. Pour comprendre, afin de décider sans parti pris, posons une question de fond qui départage les deux parties L.M.P. et R.H.D.P. en conflit: Si quelqu’un vote, alors qu’il n’est pas inscrit sur la liste électorale, que devons-nous faire de sa voix? Si la C.E.I. attribue à un candidat un nombre élevé de voix qui ne correspondent pas au nombre des suffrages exprimés, que devons-nous faire de ces voix? Devons-nous les prendre en compte? Prendre ces voix en compte, c’est faire élire le Président de la République par la fraude et la tricherie, contre l’avis des Lois et du bon sens. Le bon sens peut-il nous pousser à accepter, M. le Président, l’élection du Président de la République par la fraude, pendant que nous combattons la fraude aux concours d’entrée en classe de 6ème, au B.E.P.C., au Baccalauréat, aux concours d’entrée à l’école de Police, à l’école de la Gendarmerie, aux concours directs et professionnels de la fonction publique et aux concours spéciaux? La réponse est naturellement non!

A ce stade du raisonnement, l’on nous retournera la question suivante: Pourquoi le Conseil constitutionnel n’a-t-il pas invalidé ou annulé l’ensemble du scrutin pour organiser une nouvelle élection? Notre réponse: Le premier alinéa de l’Article 64 du Code électoral que nous avons cité ci-dessus, stipule: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection». L’Article parle de «résultat d’ensemble» du scrutin. Que devrait faire le Conseil constitutionnel si le «résultat d’ensemble» n’est pas affecté par «de graves irrégularités?». Au moment des deux tours du scrutin (31 octobre 2010 et 28 novembre 2010), la Côte d’Ivoire comptait 19 Régions pour 95 Départements. Le Conseil constitutionnel a annulé ou invalidé les résultats de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Séguéla. Est-il normal et compréhensible d’annuler tout le scrutin des 95 Départements du pays, à cause des résultats frauduleux de sept (7) Départements? Non! Par contre, si c’était l’inverse (87 Départements frauduleux sur 95) ce serait moralement et logiquement acceptable d’annuler tout le scrutin au plan national.

Nous ne défendons pas le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas le rôle que nous nous assignons dans cette mise au point. C’est la logique et le respect des dispositions de nos Lois électorales dans lesquels il a proclamé les résultats que nous soutenons. Ainsi, au fur et à mesure que le Conseil constitutionnel invalidait ou annulait les résultats des bureaux de vote où il y a eu la fraude, le nombre des voix de M. Alassane Ouattara s’effritait, se réduisait progressivement jusqu’en deçà ou au-dessous du nombre des voix du candidat Laurent Gbagbo. Ce qui fait du candidat Laurent Gbagbo, le vainqueur automatique et incontestable de cette élection présidentielle de 2010.

Entre les deux candidats, il y a un qui n‘a pas voulu reconnaître que la C.E.I. était forclose au moment où elle proclamait des chiffres à l’Hôtel du Golf et qui n’a pas aussi voulu reconnaître les résultats proclamés, en dernier ressort, par le Conseil constitutionnel. Ce qui a conduit à la guerre civile (affrontement de deux camps armés) avec la participation des Nations Unies et de la France malgré l’appel du Président Laurent Gbagbo au recomptage des voix.

Pour tous les observateurs attentifs des suites de cette élection, le Président Laurent Gbagbo et tous ceux qui sont arrêtés et emprisonnés avec lui sont des prisonniers de guerre, parce qu’arrêtés à la suite de la défaite de son camp par le vainqueur de la guerre. Vous m’accusez, M. le Président, de soulever un autre problème? 

 

Gbaï Tagro Robert,

Président du Parti républicain de Côte d’Ivoire (PRCI)

gbataro@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» N° 4369 des Samedi 16 et Dimanche 17 mars 2013.

mercredi, 20 mars 2013

OUATTARA L’ECONOMISTE: UN DANGER POUR NOTRE ECONOMIE

 

ALASSANE OUATTARA.jpg



Cet homme venu du FMI après avoir échoué lamentablement à réhabiliter l’économie des pays africains dont il avait la charge et la supervision, se vante de ses mérites et talents d’expert en économie à qui veut l’entendre. Les militants du RDR se font aussi le relai de la médiocrité d’économiste de leur mentor pour nous pomper l’air. On entend par ci par là « ADO Pissanci » « ADO l’homme providentiel » et j’en passe. La réalité est toute autre. Je vais vous le démontrer malgré mon manque d’expertise en la matière et aussi à l’aide de mes anciens cours d’économie politique.
 
De 1989 à 1993, avec le PAS (Programme d’Ajustement Structurel) et ses mesures démodées, dépassées, sorties des tiroirs du FMI, Ouattara n’a pas pu redresser notre économie. Des sociétés d’état ont été bradées à des francs symboliques, c’est-à-dire sans profit réel pour la Côte D’Ivoire. Des pères de famille ont été licenciés, d’autres ont vu leur salaire à la baisse, des enseignants ont été raccrochés (Deux enseignants de la même fonction, touchant des salaires différents), des taxes inutiles et discriminatoires comme le remplacement des plaques d’immatriculation des véhicules et l’introduction de la carte de séjour, ont tous été des produits économiques de l’expert venu du FMI. Tout ceci et au finish, rien mais des dettes à hauteur de 6900 milliards CFA. C’était son premier échec lamentable au bord de la Lagune Ebrié.
 
Pendant la campagne électorale de 2010, Ouattara se vantait de pouvoir injecter des milliers de milliards de nos francs pour redresser l’économie du pays, qui selon lui est en panne ? Le président Gbagbo lui avait posé la question de savoir comment il procèderait et l’expert répondait qu’il était économiste et que chercher de l’argent était sa spécialité.
 
Depuis avril 2011 jusqu’à nos jours, nous n’avons pas vu de miracles ou des gouttes de cette pluie de milliards. Ces milliards sont l’imagination de Ouattara et ses suiveurs analphabètes. Si c’était de la réalité, les ivoiriens seraient mouillés ou trempés par cette pluie diluvienne. Les ivoiriens attendent toujours l’orage. Pendant ce temps, Ouattara continue de faire des promesses de milliards partout où il passe, et toujours rien. Foyie !
 
La réalité est celle-ci. Ouattara a effectué 57 voyages à travers le monde pour mendier des sous afin de mener à bien ses projets. Cet argent n’est pas l’argent du contribuable ivoirien mais de gros prêts au-dessus des dettes courantes.
Il faut être un piètre économiste pour adopter une politique économique pareille. La Côte D’Ivoire n’est pas le Burkina Faso. Nous sommes suffisamment riche en tout. Que deviennent les revenus de nos richesses si ceux-là ne peuvent servir à développer le pays ? Seul Ouattara peut répondre à cette question.
 
En termes d’emprunts, je vous donne la liste non exhaustive de ce que l’expert économiste a prévu pour nous :

-16.000 milliards pour le compte du PPTE.

-4.000 milliards pour le PND.

-490 milliards pour la Banque Mondiale.

Soit un total de 30.490 milliards FCA.

Un véritable record battu en termes d’emprunt. Jamais égalé ailleurs. Ce n’est pas de l’exploit mais de la stupidité et de l’amateurisme économique. C’est aussi la bêtise humaine que de vouloir emprunter plus que l’état ne peut financièrement supporter. Nous avoisinerons les 40.000 milliards CFA en 25 mois de règne sans partage. En clair, cela fera plus du million par habitant à payer comme dettes. C’est un déluge de dettes quand nous savons que 25% de la population travaille et que le reste vit en dessous du seuil de la pauvreté. Il nous faudra en moyenne 70 ans et plus pour éponger toutes ces dettes-là. Ce de l’inconscience d’agir ainsi, hypothéquant l’avenir de tout un pays. La Côte D’Ivoire sera ruinée en 3 ans malgré ses richesses et sa main d’œuvre. De là à parler de pays émergent en 2020, c’est vivre et nourrir l’utopie.
 
Ouattara compte sur un futur PPTE dans 20 ans et dans l’immédiat l’annulation des dettes coloniales prévues par l’ONU, qui en retour exige une nouvelle loi sur la protection des Homosexuels en Afrique. Ouattara brade tout et ne prévoit rien pour les enfants et les enfants en retour, sont fiers de leur père pour avoir endetté la famille. Il faut être un analphabète pour réagir de la sorte.
 
Cette pluie de milliards n’arrive même pas à régler des problèmes courants des enseignants qui réclament 4 milliards d’arriérés et 50 millions pour les balayeuses. Et pourtant, Ouattara menace les avantages sociaux et salariaux des fonctionnaires et demande sans gêne à ce que les parents d’élèves remboursent les frais de construction sinon de couches de peinture de l’université avec sa surfacturation. Qui est cet économiste qui ne peut même pas gérer des petites crises financières au sein du pays ?
 
Parlons un peu des crimes économiques du gouvernement actuel depuis avril 2011.

-Détournement et surfacturation dans l’Education Nationale (Kandia Camara) et Enseignement Supérieur (Cissé Bacongo).

-Achat d’un Yatch par Issiaka Ouattara dit Wattao.

-Enrichissement illicite de Charles Diby, Ministre des Affaires Etrangères.

-Passation de marche de gré à gré du Ministre de la Salubrité sous la houlette d’Anne Oulotto «Bulldozer ».

-Impunité dont bénéficie Adama Bictogo avec l’affaire des déchets toxiques.

-Prise en charge par l’état des deux loyers de Mabri Toikeuse, Ministre du Plan.

-Séjour de 16 mois d’Adama Toungara à l’Hôtel Pullman à 1 milliard 400 millions – Ministre des Mines et du Pétrole.

Vraiment scandaleux !!!!

Ouattara appelle cela la bonne gouvernance. Il est très mal placé pour nous donner des leçons de bonne gouvernance ou sur des crimes supposés des dignitaires LMP.
 
Des gens qui ne pouvaient même pas s’offrir un plat de garba sont devenus des milliardaires en 23 mois de pouvoir. De quelle immunité jouissent ces personnages-là?

Si l’on veut parler d’homme providentiel, c’est bien le professeur, Premier Ministre Gilbert Aké N’Gbo. Cet homme est titulaire de 3 doctorats en économie et économétrie. Il est le président de l’Université D’Abidjan et Président du CAMES. Il pourrait donner des cours d’économie gratuits à Ouattara pour lui rafraichir la mémoire. Ce savant est accusé de crimes économiques et génocide. Quand, pendant la crise, Ouattara fasait fermer des banques et les ports d’Abidjan et de San Pedro avec l’aide de ses soutiens occidentaux, paralysant l’économie, comment appelle-t-on cela ? Aussi cet argent n’est pas allé dans les poches des ministres mais a plutôt servi à payer les fonctionnaires y compris ceux qui ont voté pour Ouattara. Il n’y a pas eu détournement de deniers publics mais plutôt distribution. Ces ministres ont démontré leur amour et sens élevé pour leur pays, ce qui n’est pas le cas pour certaines personnes. Ils doivent être félicités pour leur exploit et leur génie. Ils ne méritent pas la prison mais des médailles.
 
Les derniers chiffres en provenance de la Banque Mondiale (Soutien financier de Ouattara) sont très catastrophiques et très alarmants. La croissance économique de 8.25% annoncée par les tenants du pouvoir s’avère fausse. La CIA (Soutien de Ouattara) annonce sur son site une croissance négative (-4.7%).
Cela reflète au moins la réalité que les ivoiriens vivent avec la non circulation de l’argent ou encore de l’argent qui travaille ailleurs sauf en Côte D’Ivoire.
Si ces chiffres sont confirmés, notre pays a amorcé la descente en enfer, suivie de la ruine et de la tutelle du FMI. Ce qui serait désastreux pour les ivoiriens. Le comble est que nous avons un « expert en économie » comme Chef d’état, qui est incapable de nous sortir de la crise économique. Son prédécesseur, un historien, a géré le pays sur fond propre, sans emprunter. Il payait les fonctionnaires et souvent leur accordait des avantages. Qui des deux hommes d’état, préférez-vous?
 
Le Ghana est devenu depuis des mois, le moteur économique de la sous-région devant le Nigeria et la Côte D’Ivoire. Les tenants du pouvoir actuel peuvent prendre des leçons sur l’économie de l’autre côté de la frontière, au lieu de traquer les exilés.
 
Si Ouattara est incapable de nous apporter le bonheur, qu’il rende le tablier afin que de nouvelles élections se tiennent dans les plus brefs délais.
 


Nick de Bessou

Juriste, Ex Vice-président Cojep UK

lundi, 18 mars 2013

MAMADOU BEN SOUMAHORO: OUATTARA ET SARKOZY COUVRE L'ASSASSINAT DU FRANÇAIS PHILIPPE REMOND

 

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Un homme est mort. Il était Blanc… Nous sommes Noirs. Après sa mort, il était toujours Blanc. Après sa mort, nous sommes restés Noirs. Cependant, ce que nous avons en commun avec cet homme, c’est notre évidente et incontournable appartenance à l’humanité. Il s’appelait Philipe Rémond et il avait décidé d’offrir à l’Afrique, toutes ses richesses cognitives acquises à la suite d’un dur labeur personnel. Il était Professeur agrégé en Sciences Industrielles. Il avait en Afrique, choisi le Sénégal puis la Côte d’Ivoire, mon pays. A l’intérieur de ce dernier choix, il avait résolument décidé de soutenir la démocratie et la vérité. Ce n’était même pas une question de courage ; c’était tout simplement, pour lui, une question de conviction. Je ne connais pas cet homme. Comme vous le voyez, je regrette de ne l’avoir jamais rencontré. J’ai simplement eu le lointain privilège de l’entendre parler un soir à la télévision nationale de Côte d’ivoire. L’effet qu’il m’a fait était assez étrange. J’étais assailli d’interrogations et d’une peur certaine. Le contexte, bien évidemment, était un facteur aggravant des risques que prenait cet homme. Qu’est ce que ce Blanc vient-il faire dans nos affaires déjà très compliquées et pourquoi ose-t-il asséner des évidences que même nos économistes et nos dirigeants les plus à gauche n’ont jamais transmis à leur jeunesse et à leur peuple comme hypothèse d’école ? Philippe Rémond a osé ce que nous n’avons jamais eu ni le courage ni même l’idée de faire. La démocratie, la monnaie, l’indépendance réelle, les rapports France-Côte d’Ivoire, le pouvoir exorbitant des Blancs en Côte d’Ivoire, la soumission aveugle de nos dirigeants aux diktats de l’Elysée et l’injustice de la mondialisation qui a tout simplement transféré le pouvoir de décision des petits pays au Conseil de sécurité de l’Onu.

Que voit Philipe Rémond quand il débarque en Côte d’Ivoire ? L’enseignant constate que nous sommes sous la tutelle des grandes puissances. Il voit que nous sommes ni plus ni moins que de petits protectorats des grands Etats de l’Occident. Il était Blanc mais il n’a pas accepté cette injustice, ce déni de nos droits élémentaires par la communauté internationale. Mais dans l’énorme fatras de déceptions mêlées de révolte qui l’anime, il découvre en Côte d’Ivoire, un homme dont l’intelligence, les décisions, les attitudes, les choix et l’aptitude à la résistance et au commandement le séduisent. Cet homme là s’appelle Laurent Gbagbo.

Attendez ! Depuis quand le Président d’une « République bananière » a-t-il eu le culot de refuser une invitation à assister au défilé militaire du 14 Juillet sur « la plus belle avenue du monde », les Champs-Elysées ? Depuis quand un Président africain a-t-il le droit d’opposer aux occidentaux le pouvoir de la Constitution de son pays ? Depuis quand un Président nègre nomme-t-il ses ministres sans en référer auparavant au Président de la France ? Depuis quand le Président d’un tout petit pays comme la Côte d’Ivoire peut-il dénoncer l’intrusion du Président des Etats Unis d’Amérique dans les affaires intérieures de son pays en refusant de le prendre au Téléphone ? Cette liste d’interrogations n’est pas exhaustive mais une seule réponse a suffi au Professeur Philipe Rémond : cet homme-là, ce Président-là, il l’a trouvé en Côte d’Ivoire. Et cette réponse lui a été fatale. Il était Blanc, nous sommes Noirs. Pourtant c’est pour nous et pour la vérité qu’il est mort.

Depuis qu’il a été égorgé par les Sofas d’Alassane Dramane Ouattara à Yamoussoukro, tout le monde a décidé de tourner sa tête ailleurs. Que les Ivoiriens qui se prennent pour des « vainqueurs » aujourd’hui piétinent l’âme et le corps de cet éminent professeur d’Université, peut à l’extrême limite se comprendre, puisqu’aussi bien cette mort servait leur cause. Mais, que des enfants dignes de cet pays – peu importe leur bord politique – fassent semblant d’ignorer ce crime barbare perpétré sur la personne d’un homme qui a choisi de servir notre pays, me consterne et me choque. Et c’est l’objet véritable de cette note.

Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa et Alassane Dramane Ouattara sont incontestablement les commanditaires de cette sauvagerie tropicale achevée. Son mobile est politique et géostratégique. L’histoire révèlera un jour les raisons de l’assassinat du Professeur Philipe Rémond. Les exégètes y travaillent. Pour l’heure, ses contemporains ont le devoir impérieux de s’interroger sur le silence assourdissant des classes politiques Françaises : ça va de la droite bicéphale-Ump à la gauche Chaviste et Bolivarienne de Jean-Luc Mélenchon en passant par le parti socialiste qui gère le Pouvoir d’Etat. Je n’ai pas cité les intellectuels parce que Bernard-Henry Levy qui s’est autoproclamé « pape » de leur association virtuelle ne sait plus défendre que la cause de l’interventionnisme brutal et celle de la guerre chez les plus faibles. Le seul et le dernier des justes qui nous appelait tous à l’indignation respectable vient de nous quitter à 95 ans : c’était Stéphane Hessel.

Alors, il n’y a plus personne en France pour s’interroger sur le sort d’un Français qui se fait trucider par des dozos barbares et hirsutes, avec des méthodes d’une époque médiévale, au nom de l’intérêt mesquin et combiné d’un Président Français en l’occurrence Nicolas Sarkozy De Nagy Bocsa et de son « ami » Alassane Dramane Ouattara ? La Présidence de la République de Côte d’Ivoire vaut bien le sacrifice d’un « petit Blanc Français » fût-il Professeur agrégé. Mais Philippe Rémond n’a eu droit ni a une messe ni a une sépulture digne. Son corps traîne dans un fossé creusé à la va-vite dans la brousse de Yamoussoukro. Aucune enquête n’a été ordonnée, ni par le pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara, ni par celui de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. On ne s’est donné la peine de rechercher ni les assassins, ni les commanditaires directs ou indirects. Personne ne sait même si les parents de l’infortuné professeur ont été informés de la mort de leur fils. Peut-être les a-t-on menacés de représailles s’ils s’agitaient trop ! Ou peut-être les a-t-on payés pour qu’ils se taisent à jamais ! Parce qu’avec Sarkozy tout peut arriver. Nous sommes bien placés pour le savoir. Même après toutes ces questions sur l’attitude scandaleuse de la France, on ne saurait se satisfaire de la discrimination dont souffre le cas Philipe Rémond. Qu’est ce que cet homme a bien pu faire à la France pour mériter une telle punition post-mortem ?

Nicolas Sarkozy a volé personnellement au secours des voyous de l’arche de Zoé au Tchad, puis exigé la libération de Florence Cassez au point de provoquer une rupture des relations diplomatiques avec la République du Mexique. François Hollande, qui arrive sur le tard dans le dossier, agit en faveur de « la belle Florence ». Que dire du combat personnel de Dominique Galouzeau De Villepin pour Ingrid Betancourt. Jacques Chirac a bombardé la moitié de la Côte d’Ivoire pour les neufs soldats Français dont on a réussi à imputer injustement la mort à Laurent Gbagbo. Le même Jacques Chirac a envoyé les forces spéciales Françaises soustraire des mains de la justice Ivoirienne quatre soldats Français, braqueurs de la Banque Centrale de Bouaké, sans informer le chef de l’Etat Ivoirien. Le Premier Ministre Français, François Fillon, s’est personnellement déplacé pour l’affaire Yves Lambelin à Abidjan et on se souvient du grabuge provoqué par la mort du correspondant de RFI, Jean Hélène en Côte d’Ivoire ; l’assassin, un agent de la Police nationale, a été arrêté, jugé et écroué pour 20 ans à la Maison d’Arrêt et de correction d’Abidjan(Maca). L’affaire Guy-André Kieffer, journaliste et accessoirement honorable agent du contre-espionnage Français, a empoisonné pendant plus de 10 ans, la vie politique Ivoirienne. Toutes sortes de juges ont défilé à Abidjan sans pouvoir mettre la disparition de l’espion sur le dos de la famille Gbagbo. Et le combat cessa faute de combattants, pour les raisons que vous savez.

 Le 7 Mars 2013, l’assassinat d’une religieuse à Madagascar a fait « la Une » de nombreux journaux français et suscité la réaction de l’ambassadeur de France à Antananarivo. Il a provoqué l’arrestation de plusieurs présumés coupables. Mais alors, encore une fois, comment expliquer le silence de la France quant au cas du professeur Philippe Remond. Pourquoi a-t-on enterré le dossier avec le défunt ? L’affaire Philippe Rémond est-elle classée « secret défense » et pourquoi ?

J’en suis même arrivé à me demander si Philippe Rémond était bien Français. Ou peut être a-t-il été déchu de sa nationalité Française. J’ai cependant un secret espoir : celui de voir réagir les ONG et les Associations de défense des droits humains. J’ai été singulièrement étonné de ne trouver aucune allusion sur l’affaire Philippe Rémond dans le rapport annuel 2013 d’Amnesty International. Pourtant ce rapport de 100 pages était d’une grande rigueur morale et d’une grande qualité technique et juridique. La cause de la vérité a été bien servie. Mais sur l’assassinat de Philippe Rémond, rien n’est signalé. Même pas l’ouverture d’une enquête !!!

Un vieillard Africain - donc une bibliothèque – m’a dit un jour une chose dont j’ai pu vérifier l’extraordinaire exactitude : « Dans la vie, il y a deux choses qu’on ne peut pas cacher : l’argent et un cadavre. Quoi que vous fassiez, ces deux choses remontent toujours à la surface »… le squelette de Richard III surgît des entrailles de la terre Britannique après cinq siècles et l’argent de Kadhafi éclaboussa le monde après 42 ans. A bon entendeur…

 

Mamadou Ben Soumahoro

Journaliste
Ancien Directeur Général de la Télévision Ivoirienne

Ancien Député à l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

Président Honoraire de l’URTNA (Union des Radios et télévisons Nationales D’Afrique)

Citoyen d’honneur des villes de Lafayette et de la Nouvelle Orléans aux USA

Commandeur de l’ordre du Rio Branco (Brésil)


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

vendredi, 15 mars 2013

COMBAT JUDICIAIRE DE LA FAMILLE DE FIRMIN MAHE: QUE PEUT-ON ENCORE ATTENDRE DE LA JUSTICE FRANÇAISE?

 

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"Le Grand Débat"  du 06 février 2013, avec Francis LALOUPO.

 

Dans le grand débat aujourd’hui, retour sur l’affaire Firmin MAHE du nom de cet Ivoirien de 30 ans, Firmin MAHE, présumé criminel, assassiné par des soldats français de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. C’était le 13 mai 2005 selon la plainte déposée par l’avocat, maître Fabien NDOUMOU. Firmin MAHE aurait trouvé la mort par asphyxie après avoir été étouffé à l’aide d’un sac plastique posé sur son visage. Cette exécution sommaire a été reconnue par la justice française. Et pour la première fois dans l’histoire judiciaire d’ici… de France… 4 militaires français accusés du meurtre de Firmin MAHE comparaissaient en décembre 2012 devant la Cour d’Assises de PARIS. Verdict : un acquittement et 3 peines de prison avec sursis, un verdict jugé alors scandaleux par les Ivoiriens qui étaient présents dans la salle d’audience. Aujourd’hui l’avocat de la famille de Firmin MAHE poursuit le combat judiciaire. Mais que peut-il, que peut-on attendre encore de la Justice Française ? C’est la question que se pose son avocat que nous allons recevoir dans cette édition.

Invité: Maître Fabien Ndoumou, Avocat de la famille de Firmin Mahé

Débatteur polémiste: Jean-Claude Tchicaya, Sociologue et consultant sur les questions éducatives

 

Le 13 mai 2005, Firmin MAHE, un Ivoirien de 30 ans, présumé criminel était assassiné par des soldats français de l’opération Licorne dans le contexte de la crise politico-militaire de la Côte d’Ivoire. Le 7 décembre dernier, à l’issue du procès de 4 militaires impliqués, la Cour d’Assises de PARIS livrait son verdict : un acquittement et 3 peines de prison avec sursis, et selon la Cour, même si le geste des militaires avait – je cite hein – « gravement porté atteinte aux valeurs de la République, la situation exceptionnelle dans la région ivoirienne où s’est déroulé le drame, était de nature à atténuer leur responsabilité ». Un verdict jugé scandaleux par la famille de Firmin MAHE qui espère toujours obtenir une juste réparation de la part de la Justice française. C’est ce combat que poursuit l’avocat de la famille MAHE, maître Fabien NDOUMOU, maître Fabien NDOUMOU qui est notre invité.

-       Bonsoir Maître

-       Bonsoir Francis LALOUPO

-       Je dois citer votre ouvrage… Vous êtes… Vous prenez le temps d’écrire de temps en temps. Vous n’êtes pas que dans les prétoires. Cet ouvrage : « les missions d’observation des élections », c’est tout un programme j’ose dire, aux éditions l’Harmattan

-       C’est le dernier qui est sorti au mois de décembre 2012.

-       Missions d’observation en Afrique je suppose…

-       Dans le monde, dans le monde.

-       Dans le monde, très bien. On en dira un mot d’ici la fin de l’émission.

-        Alors d’abord il faut rappeler que l’avocate générale avait requis des peines plus élevées hein contre ces militaires français allant de 6 mois avec sursis à 5 ans fermes et le colonel Eric BURGAUD qui  avait transmis l’ordre de tuer MAHE a été condamné finalement à 5 ans avec sursis ; l’adjudant Guy RAUGEL  qui l’a étouffé avec un sac plastique, lui a été condamné à 4 ans avec sursis ; le brigadier chef Joanès SCHNIER qui le maintenait, lui il a été condamné à un an avec sursis. Le brigadier Lyan Riffou  BEN YOUSSOUF lui qui conduisait le véhicule blindé qui transportait donc Firmin MAHE où se sont déroulés les faits a lui été acquitté. Bon, alors comment avez-vous accueilli à l’époque le verdict ?

-        « Bon mais vous savez M. Francis LALOUPO, lorsque vous attendez à des peines fermes et surtout que l’avocate générale avait requis, les peines fermes, et que vous vous retrouvez avec  des peines avec  sursis, il y a quand même un petit pincement. Vous êtes un peu déçu. Mais avec du recul, nous constatons que ce verdic, bien qu’il soit un peu une histoire moins ferme, ce verdic, nous nous trouvons que c’est, que c’est un bon verdic, puisque c’est une jurisprudence…

-        Vous dîtes ça parce que vous ne pouvez pas commenter ou contester les décisions de Justice ?

-        Non M. LALOUPO, vous savez je n’ai pas la langue dans ma poche. Je suis un avocat engagé. Au barreau de PARIS, on le sait. Ce n’est pas parce que je suis devant les micros. Je peux vous dire que même les radios australiennes, les radios Voix de l’Amérique m’ont appelé pour  prendre des nouvelles de ce verdic. Je n’ai pas ma langue dans la poche, mais avec du recul, j’ai constaté, j’ai vu que ce verdict, quelque part, il n’était pas ferme, mais, mais, euh, c’est un verdict, c’est un jugement, euh, c’est un arrêt qui était que les militaires, euh,  méritaient.

-        Oui, est-ce que ce procès des militaires aurait pu se tenir devant une Cour martiale ?

-        La Cour martiale, il n’y a pas, vous savez, cette affaire MAHE, c’est euh, il y a eu une révolution en France, y avait le Tribunal aux Armées, c’est l’affaire MAHE qui a suscité qu’aujourd’hui, euh, le Tribunal militaire n’existe plus. Donc que ce soit la Cour martiale ou bien  la Cour d’Assises de PARIS, je ne trouve pas de différence. Tout jure est-il  que le droit a été dit. L’arrêt a été rendu. La sentence a été prononcée. Et les militaires ont été condamnés. Oui, vous savez, les familles sont venues. En Afrique…

-        … C’est la première fois qu’un tel procès a lieu en France…

-        C’est une jurisprudence. Je suis très content parce que là nous avons une jurisprudence MAHE. MAHE est réhabilité par cette jurisprudence. Donc lorsque les militaires commettront dorénavant des infractions sur les opérations, euh,  le théâtre des opérations, on se référera à la Jurisprudence MAHE. Toute jurisprudence a une révolution. C’est la première jurisprudence. D’ici quelques années, nous allons suivre, nous allons suivre d’autres procès et ces procès peut-être la jurisprudence pourrait évoluer.

-        8’30 Oui, on essaie de comprendre. Le colonel Eric BURGAUD, qui en a été condamné à 5 ans avec sursis, lui-même avait transmis l’ordre de ne pas laisser Firmin MAHE vivant. Alors,  un ordre qu’il aurait reçu, euh, c’est ce qu’on disait du Général Henri PONCET qui commandait à l’époque la force française Licorne en Côte d’Ivoire. Et le Général PONCET, lui il a été mis en examen au début de l’enquête mais a toujours démenti ses propos. Et en 2010 finalement il avait bénéficié d’un non-lieu. Et ce Général PONCET n’était pas présent au procès. Pourtant, il est au cœur de cette affaire du point de vue de sa responsabilité non ?

-        Oui, mais si le Général PONCET était au procès. Si, si, si, le Général PONCET a été cité. Il a témoigné. Je lui ai posé des questions… Il a témoigné mais je lui ai posé des questions. La, les jurés avaient la latitude de pouvoir décider si le Général PONCET devenait un prévenu. Malheureusement cette voie leur était ouverte…

-        Ce n’était pas un prévenu. Il était au procès en tant que témoin ?

-        Oui, il était au procès en tant que témoin comme Alliot Marie. Et comme d’autres je crois : 12 ou 15 généraux qui étaient également présents et plusieurs colonels… Donc, voilà, le Général PONCET, certes il y a eu un non lieu contre lui. J’ai fait appel de ce non lieu pour non dénonciation de crime. Malheureusement, le non lieu, euh la Cour a confirmé le non lieu. Donc voilà.

-        Alors, on s’en souvient que pendant le procès, une certaine Madame Adèle DITO, qui est ancienne adjointe au Maire de BANGOLO, la commune où avait été capturé Firmin MAHE, avait déclaré que – je cite – « que la France devrait décorer les accuser plutôt que de les condamner, parce que selon elle, MAHE avait un groupe qui terrorisait la population ». La famille évidemment avait été très choquée par ces déclarations. Et pour la famille, contrairement à ce qui avait été dit, Firmin MAHE, c’est pas un voyou, un bandit, enfin c’est pas un coupeur de routes. Dites-nous vous qui était exactement Firmin MAHE ?

-        10’21 Oui, je suis très très content, parce que la Cour a reconnu… La Cour a reconnu qu’il n’y avait pas de fait établi, c’est-à-dire des preuves judicaires et des preuves policières établies que Firmin MAHE était, euh, était un brigand de grand chemin. Ca c’était déjà une victoire pour moi, parce que je me battais depuis le premier jour que j’ai pris ce dossier en mains, je me battais pour démontrer que Firmin MAHE n’était pas ce grand bandit.

-        Est-ce que cette présomption n’était  pas de nature, je veux dire, à justifier, à excuser…

-        …Vous allez me faire dire certaines choses ici… Vous savez, j’ai eu en mains un procès, un procès qui me brûlait comme du charbon ardent. Tout était mis en œuvre pour que cette affaire soit étouffée. Et lorsqu’on a tué Firmin MAHE, euh, l’Armée française ne savait pas que la famille pouvait se constituer … Parce qu’auparavant, il y a un jeune qu’on a tiré à bout portant –il était perché sur un manguier- et il a fait éclater un plastique. Un militaire a dégainé et il a tiré : le jeune en est mort. Et là cette affaire est passée sous silence. Et une deuxième affaire, c’est l’affaire Firmin MAHE. La France croyait que cette affaire devait se passer sous l’encre. Heureusement, il y avait la partie civile qui prenait connaissance du dossier et lorsque j’ai pris connaissance, euh, j’ai pris possession du dossier, je mettais mon nez un peu partout. L’affaire ne pouvait plus être étouffée.  Donc, je prends possession du dossier. Il fallait que je me batte pour un avocat. Et l’Armée, lorsque l’Armée a su qu’il y avait un avocat en France, l’Armée a mis tout en œuvre… Je peux même vous dire que même les services secrets militaires étaient organisés pour que l’affaire soit étouffée, pour que l’affaire ne tâche pas la grande muette. Heureusement. Donc je reviens sur cette affaire de DITO. Adèle DITO, c’est elle qui s’était – troisième adjointe au Maire de BANGOLO… Alors Adèle DITO, elle est contactée par… Déjà, il y avait eu des accointances, des accointances avec des militaires… Bon, je vais pas dire que…Y’avait certaines relations intimes, mais quelque part,  y’avait des doutes…

-        Bon mais attention à ce que vous dites hein, parce que des relations intimes…

-        12’38 Je suis libre, je suis libre… Des relations intimes, cela ne veut pas seulement dire qu’il y a des relations sexuelles. Des relations intimes peut-être que vous m’achetez une bière,…Bien sûr Mais quand même, j’ai des photos où on retrouvait des militaires dans la soirée avec Adèle DITO en train de partager des bières, dans les maquis.

-        Elle avait une vie dissolue cette dame ? 67 ans quand même !

-        12’58 Vous savez 67 ans, lorsqu’on est au front tout est possible alors. Et je peux vous dire à l’avance les militaires français,  on leur accusait d’avoir violé les enfants, les petits enfant qui étaient des mineurs. Cette affaire s’est passée sous silence. Donc voilà Adèle DITO qui est réquisitionnée pour dédouaner les militaires et que font les militaires ? Aujourd’hui les «Général » BARREIRA, M. BARREIRA à l’époque il était colonel. M. BARREIRA, c’était le camarade de classe de M. BURGAUD. Ils ont fait l’école SAINT-CYR. Après ils ont fait la formation de l’Ecole supérieur de SAINT-CYR. Et c’est ce général qu’on appelle au secours pour aller essayer de rétablir l’ordre. On l’envoie à MAN pour aller remplacer BURGAUD à l’Ouest de la CI (GTA2). C’était pour aller dédouaner son ami parce que c’était des camarades de classe. Et qu’est-ce qui arrive ? Le général BARREIRA organise et fait signer une pétition, bon, est-ce que c’était une pétition. On s’est retrouvé avec une pétition avec 300 noms. J’avais posé la question à la Cour. Nous avons 300 noms. Lorsque les personnes témoignent, il faut quand même leur pièce d’identité.

-        Cette pétition avec 300 noms… Vous étiez donc un peu seul face à…

-       La pétition, ça c’est des noms qu’on a pris à gauche et à droite. On mettait des noms, je peux dire des faux noms et la pétition a donc été soi-disant remise à l’époque au colonel BARREIRA qui a envoyé cette pétition en France. Et Adèle DITO, c’est elle qui a ramené la pétition et moyennant ce « travail », les militaires ont promis à Adèle DITO de se retrouver en France. Et c’est comme ça que en 2006, Adèle DITO s’est retrouvée en France. Quelques jours après, j’ai vent qu’Adèle DITO est en France. Et heureusement, heureusement, un journal satyrique de la place parvient à entrer en contact avec Adèle DITO et appelle Adèle DITO toute naïve parce qu’elle n’avait pas encore fait une semaine. Elle décroche le téléphone. La journaliste lui pose la question : « Madame comment vous appelez-vous ? » « vous venez d’où ? » « Je viens de la CI et depuis que je suis là, depuis une semaine, je tourne en rond. La France m’a promis… La France m’a dit… La France m’a promis des papiers. Je tourne en rond…

-        16’04« La France m’a promis des papiers ? »

-        Mais bien sûr. Ca a été dit, la phrase : « La France m’a promis des papiers. Là je suis dans ma chambre…

-        Ca s’appelle de la subornation de témoins ça ?

-        Moi je vous explique ce qui a été dit et ce la journaliste m’a rapporté, d’une grande aide. C’est pour cela que je remercie les médias. Dans les pays démocratiques, ça joue un grand rôle. Donc Adèle DITO livre les informations. Elle se ravise : « Mais qui m’appelle ? » Malheureusement, la journaliste a raccroché. Et là j’ai su qu’Adèle DITO était en France et qu’Adèle DITO a été exfiltrée. Elle a été exfiltrée ! Et je vous dis M. Francis LALUPO ce colonel, qui était colonel à l’époque, est aujourd’hui général. Il est venu témoigner. Malheureusement il a utilisé un langage, un jargon qui n’est pas le jargon judiciaire. Il a dit : « oui, j’ai extradé, j’ai fait extrader Adèle DITO parce que sa vie était menacée ». Il n’a pas fait extrader Adèle DITO : il l’a tout simplement exfiltrée ! Pour terminer, peut-être les auditeurs d’Africa N°1 seront intéressés par cette petite, enfin par cette… Enfin pour terminer avec Adèle DITO, à l’audience, vous savez les témoins ne se voient pas. C’est le général BARREIRA qui était venu témoigner. Il a plutôt dit qu’il a extradé Adèle DITO. Et lorsqu’Adèle DITO arrive, elle dit : « oui, je suis partie parce que ma vie était menacée. Je me suis présentée au Consulat de France. J’ai fait toute une journée sous le soleil. Je suis partie, j’ai rencontré le Consul et puis je lui ai expliqué, je lui ai expliqué ma situation. Et le Consul a décidé de me donner le visa pour venir en France, oubliant qu’un jour avant, le général avait déjà dit qu’il l’avait extradée. Donc je lui ai dit, Madame, aujourd’hui , et je lui ai posé une question piège M. Francis LALUPO : « Madame , Adèle DITO »… Elle se tourne et je lui dis : «Vous êtes en France, vous avez quel titre de séjour ? ». Elle me dit : « Non maître, je suis Française ». « Vous êtes Française pour les services rendus à la France. En 4 ans, vous avez une nationalité. »  Voilà !

-     18’14 Cette Adèle DITO qui a déclaré lors du procès « que la France devrait décorer les accusésplutôt que de les condamner ». Jean-Claude CHICAYA, votre commentaire :

-        18’25 Maître NDOUMOU, permettez-moi de partager à moitié votre satisfaction. C’est-à-dire que c’est vrai que la France donc a « accepté » entre guillemets que l’affaire puisse sortir même si vous avez bien dit, bien expliqué sans candeur que ça a été difficile, qu’il y a eu beaucoup de pressions, mais y a quand même eu ce procès. La Justice n’a pas suivi. Euh, est-ce que le verdict peut être satisfaisant ? Est-ce que la famille le ressent comme cela ? En tous cas, ce que j’ai pu lire et voir ne va pas dans ce sens. Peut-être qu’aujourd’hui vous avez d’autres éléments. D’ici, de France, mais aussi d’ailleurs quelle que soit la couleur des personnes qui ont pris connaissance de cette affaire. On est quand même devant un véritable scandale avec des lourdes charges, avec un réquisitoire qui était ferme de la part du Procureur et qui ne pouvait laisser penser à un tel verdict. En quoi, je ne comprends pas en quoi les raisons qui pouvaient donc atténuer la responsabilité des militaires, pour vous se trouvent les éléments probants qui permettent de dire que ces condamnations avec sursis peuvent être satisfaisantes ?

-        19’31 Oui, c’est une très bonne question. Je sais que vous les journalistes vous êtes derrière vos micros. Vous êtes habitués derrière vos micros. Nous sommes dans le cadre pénal. Lorsque nous avons des prévenus, on regarde d’abord leur passé. C’est-à-dire nous avons leurs extraits que nous regardons de plus près. Et n’oubliez-pas, n’oubliez-pas que dans cette affaire, vous avez des protagonistes, vous avez un général d’Armée 5 étoiles. Il est sans activité et les étoiles sont tombées. Vous avez son adjoint le général Malhaussène qui n’est plus général aujourd’hui. Il n’est même pas inscrit à Pôle Emploi. Vous avez BURGAUD un colonel qui avait de l’avenir. Il ne travaille plus aujourd’hui. Il est sans emploi. Vous avez Guy RAUGEL et puis Johan SCHNIER qui ont fait la prison ! Ce sont des gens qui ont fait la prison. N’oublions pas ça !

-        Certes maître, mais y a quand même une personne qui a été tuée ! Qui maintenant ne reviendra plus. Nous sommes dans un pays de droit. Ce procès s’est fait en bonne et due forme. Et comment au regard du droit. Là au regard du droit et pas seulement du point de vue journalistique, comment on peut échapper avec de telles charges à la prison ?

-        20’44 Francis LALOUPO : nous allons ouvrir un autre chapitre du débat. Est-ce que vous vous battez pour obtenir une juste réparation ? Considérant que évidemment que les réparations qui ont été proposées – on va en parler dans quelques instants – ne sont pas suffisantes. Donc vous ne pouvez pas parler de satisfaction totale. Donc, vous êtes, on a l’impression que finalement, voilà…

-        Non la question est légitime… Vous savez, nous sommes en France. C’est en Afrique on considère la condamnation, La prison… Lorsqu’on parle de prison, c’est quoi ? C’est… Une  condamnation pour l’Africain, c’est la prison. En France l’extrait de casier judiciaire joue un grand rôle. Lorsqu’on a un casier judiciaire en tant que militaire, on va encore travailler où ? Partout où vous passez, vous…

-        Donc vous pensez qu’ils ont été punis suffisamment ?

-        Ils ont été sévèrement punis ! Ils ont été sévèrement punis !

-        Prenez votre casque maître NDOUMOU, on va écouter les auditeurs. Ils sont nombreux à appeler. On va commencer… Ben voilà, M. YAO qui a été le plus patient, je crois. M. YAO bonsoir

-        21’37 Bonsoir Monsieur… Bon, moi je crois que cet évènement de Sylvain  MAHE, c’est la même mascarade…

-        … Firmin MAHE, Firmin…

-        Ouais, Firmin MAHE, c’est la même mascarade de justice qui continue aujourd’hui dans notre pays. Mais, vous voyez la France au temps de Monsieur….euh, je veux dire quoi, l’autre Président, l’autre président français- je veux pas dire son nom –ce monsieur là a fait – Voilà M. SARKOZY – je dis son nom parce que vous voulez que je le dise – ce monsieur là a fait vraiment des choses graves chez nous. En protégeant ce genre de rebelles…

-        M. YAO, quand vous dites chez nous, vous parlez de la Côte d’Ivoire ?

-        Oui… qui sont aujourd’hui devenus chez nous des gouvernants de rebelles, comment voulez-vous qu’il y ait une justice dans ce pays ? Et je remercie maître NDOUMOU, il s’appelle maître NDOUMOU oui, je le remercie pour toute cette lutte qu’il est en train de faire en Côte d’Ivoire pour faire justice. Il y a une injustice criante aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Et cette injustice criante ça dépend de ce jugement dans l’affaire de monsieur Firmin MAHE. Vous voyez, c’est une injustice ! Comment voulez-vous que les gens remplacent l’argent par l’homme qu’ils ont tué. Ici en France, même quelqu’un qui commet des fautes graves, on le met en prison en le condamnant pendant des années. Mais on ne le tue pas ! Vous voyez tuer son semblable, vous voyez ce que ça veut dire ? Rien ne peut remplacer ça par de l’argent. Comment voulez-vous ? L’espèce humaine ne dit rien à ces militaires. Mais c’est pas normal !

-        Ce n’est pas normal dites-vous, merci M. YAO.

-        En tous cas, l’injustice est criante en CI monsieur… Vous pouvez allez voir. En tous cas les Ivoiriens diront que c’est une dictature qui est en train de s’installer en CI.

-        On comprend très bien Monsieur YAO, On comprend très bien, mais pour recentrer le débat, il s’agit précisément ce soir de la Justice française hein ? Parce que le procès a eu lieu quand même en France. Alors ce qu’on va faire […] et nous passerons ensuite à votre combat actuel qui est donc d’obtenir une juste réparation, notamment financière pour…euh… la famille, en tous cas, notamment le fils de MAHE qui est aujourd’hui âgé de 8 ans. Nous parlerons notamment de toute cette partie civile, parce que vous n’êtes pas seul. Il y a eu d’autres parties civiles qui réclamaient des dommages en tous cas. Vous nous expliquerai comment il peut y avoir cette sorte de compétition entre des parties civiles face à la même Justice, en tous cas celle de France […]

-        25’14 M. BENJAMA Bonsoir

-        Oui bonsoir Africa N°1. Nous vous écoutons. J’ai une question à poser à maître, maître, j’ai oublié son nom…

-        Maitre NDOUMOU

-        … Maitre NDOUMOU… Alors c’est lui qui connaît le système judiciaire. Euh, je pense que pourquoi les militaires, ces prévenus là étaient jugés en France mais pas en CI ?

-        Ah, ça c’est une question très claire, très intéressante. Non mai Attendez, il va vous répondre Maitre NDOUMOU car c’est une question très précise.

-        Ça Monsieur BENJAMA c’est une question  pertinente, euh j’apprécie cette question. Mais sachez que le code de justice militaire prévoyait – le code de justice militaire français – prévoyait que lorsque les exactions sont commises par les militaires sur le théâtre d’opérations, surtout les militaires français, ces militaires sont plutôt jugés en France. Certes, vous évoquez un problème de droit très pertinent si je me réfère un peu aux locutions latines, la règle de « lex rei sitae» c’et-à-dire l’endroit où les faits ont été commis. C’est à cet endroit là que les personnes doivent être jugées. En l’occurrence, ça c’était ce que le code militaire français qui le prévoyait, que les militaires, lorsqu’ils commettent une exaction sur le théâtre de l’opération, ils sont jugés en France, raison pour laquelle ces militaires ont été jugés en France. Mais, j’ouvre une parenthèse, et c’est la question que j’ai posé à ALLIOT-MARIE, vous savez que la France avait signé, avait ratifié le traité de la Convention de la CPI sur les crimes contre l’humanité. J’ai demandé à Mme ALLIOT-MARIE, est-ce que la France s’est anticipée pour traduire les militaires en France, parce que moi, si la France n’avait pas encore ratifié ces traités, si la France ratifiait ces traités 6 mois après, je peux vous dire, et je peux vous garantir M. BENJAMA que je saisissais la CPI parce que ce que les militaires ont fait en CI pour cette affaire MAHE que je connais très bien, ils pouvaient être traduits devant la CPI. Donc quelque part, la France s’est précipitée afin d’éviter que 6 mois après la ratification de ce traité que, euh, que les militaires français puissent être traduits devant la CPI. Merci M. BENJAMA.

-        Oui et c’est la même MAM qui quand les militaires avaient tiré sur des civils pieds nus était venue devant les parlementaires dire qu’ils avaient tiré en situation de légitime défense. Légitime défense dans un pays qui n’est pas le vôtre, je sais pas si moi je vais commettre quelque-chose ici, et que je suis, je sais pas, dissident ivoirien, moi je suis originaire du Ghana hein, je suis résident de Côte d’Ivoire et que je viens et je dis c’est de la légitime défense. Et que je suis militaire…

-        28’40 D’accord, M. BENJAMA, on a compris qu’il y a peut-être d’autres procès qui n’ont pas eu lieu dans cette affaire ivoirienne.

-        Oui, la souveraineté dans chaque pays, je crois qu’elle doit être respectée. Quand on respecte le droit international, mais c’est qu’ils s’arrangent. Bon ils nous racontent tout ce qui les arrangent en fait. Bon enfin, je vous remercie et continuez comme ça.

-        29’06 On vous remercie aussi infiniment, on vous remercie. Alors, il faut qu’on avance là. Il faut dire la suite du jugement en Cour d’Assises. 3 des militaires ont été condamnés le 22 janvier dernier à verser solidairement 30 000€ au fils de la victime qui est âgé de 8 ans. Est-ce que cette somme vous parait suffisante pour dédommager la mort d’un père ?

-        Oui, mais ce n’est pas… J’ai interjeté appel. J’ai interjeté appel parce que la somme que vous avez, ce n’est que les dommages pour préjudice économique. Nous n’avons pas le préjudice moral. Nous n’avons pas les frais d’obsèques. Vous savez le combat que j’ai mené. La famille n’avait pas eu le temps pour produire certains éléments en l’occurrence les devis de l’Hôpital de la morgue de TREICHEVILLE parce que la famille avait des problèmes de visa. La famille avait des problèmes de passeport. J’étais… La famille était venue en catastrophe. Nous n’avons pas pu produire ces éléments.

-        30’02 Ma question maître, je vais vous la poser autrement : à combien vous évaluez la réparation du préjudice aujourd’hui ?

-        Je vais vous dire, le droit français est différent du droit américain. Aux EU, on privilégie la victime. En France tel n’est pas le cas. Je peux vous dire, en France, entre une personne qui est morte et une personne qui est victime, mais qui est amputée, c’est la personne qui est amputée qui est mieux indemnisée. Mais rien… les portes sont encore ouvertes, les portes sont encore ouvertes. Ca ne veut pas dire que c’est définitif.

-        Mais quand même, vous êtes dans une action judiciaire là qui se poursuit ?

-        Je suis dans une action judiciaire…

-        30’38 …Vous réclamez combien ?

-        Je suis dans une action judiciaire. Sachez qu’il y a deux branches dans cette indemnisation. Il y a une partie, c’est-à-dire je vais saisir le Tribunal Administratif…

-        Qui s’est déclaré ?

-        Non, non, je n’ai pas encore saisi le TA. Je vais saisir le TA. Donc ça ce n’est que des militaires. Donc, si la responsabilité de l’Etat est engagée, l’Etat versera les dommages et intérêts.

-        Parce que la Cour s’est déclarée incompétente, alors vous vous tournez vers le TA ?

-        31’11 Effectivement la Cour s’est déclarée incompétente concernant l’Etat, vous savez l’arrêt Bianco. La Cour ne peut jamais juger l’Etat responsable. Donc je me retournerai devant le TA. Les dommages que vous chiffrez et qui seront revus à la hausse concernent les trois militaires parce que c’est des civils. Et nous sommes devant une juridiction judiciaire.

-        Combien réclamez-vous ?

-        L’Africain, ce n’est pas tellement de l’intérêt, ce n’est pas de l’argent, c’est d’abord la personne qu’on a perdue.

-        31’50 Attendez, attendez, attendez, maître, la Cour d’Assises a condamné le 22 janvier dernier 3 militaires à verser 30 000€ au fils de Firmin MAHE qui a 8 ans. Vous contestez donc ce jugement ? Vous vous tournez vers le TA ?

-        Non, non, non. Il y a 2  branches. J’ai fait appel devant le judiciaire. Je fais une autre démarche auprès du TA pour la responsabilité. C’est l’Etat qui doit être condamné. Vous avez les réparations que je vais demander à l’Etat et les réparations que je demande aux militaires.

-        Combien demandez-vous à l’Etat ?

-        Je n’ai pas encore chiffré.

-        Je n’ai même pas encore reçu l’arrêt. Je n’ai pas encore pris connaissance de l’arrêt. J’ai pris connaissance de l’arrêt au greffe. Il faut qu’on me notifie cet arrêt et lorsque j’aurai l’arrêt, je vais saisir le TA. Je vais chiffrer.

-        Parce que nous nous faisons des enquêtes avant de recevoir des invités. Si vous ne dites pas le chiffre, je vais le dire.

-        Un million d’euros ?

-        Je ne sais pas, je ne sais pas. Entre parenthèse, vous savez qu’il y a un militaire américain qui a commis des exactions. Vous savez à combien le militaire américain a été condamné ? Je ne sais pas en dollars, mais j’ai converti en euros et vous savez à combien il a été condamné : 1 500€.

-        Moi j’allais vous demander si un million d’euros était suffisant… Bon enfin, après tout, on peut pas évaluer

-        Même si on donne 100 millions d’euros, la vie d’un homme n’a pas de prix.

-        Alors maître, il n’y a pas que vous qui réclamez des dédommagements à l’Etat français, y a d’autres parties civiles qui ont été déboutées de leurs demandes de dommages et intérêts,

-        Je vois c’est qui

-        la Cour ayant estimé que - je cite – des « liens de parenté que ces parties invoquaient, il n’était nullement démontré que Firmin MAHE subvenait à leurs besoins. » Alors est-ce que la multiplication des parties civiles n’a pas nui aussi à votre demande, ne pourrait pas nuire à votre demande de dédommagement ? Y a une compétition comme ça de demandes vis-à-vis de l’Etat et de la Justice française.

-        Non, mais lorsque l’on se constitue partie civile, vous savez, c’est des jugements. Vous venez voir une affaire. Ca, c’est l’iceberg. L’affaire dure depuis 2005 et je peux vous dire depuis 2005, chaque mois il y avait des audiences. On se constitue partie civile. Dans cette affaire, il ya avait au moins 40 personnes qui se sont constituées parties civiles. Plus de 40 personnes. Vous savez la famille africaine est large. Vous avez les tontons ; vous avez les tatas ; vous avez les gnagnagnas. Ils se sont constitués. Et le Juge d’instruction a statué, a arrêté un certain nombre. Donc le nombre que vous avez, ils ne sont pas en compétition. C’est les gens qui ont été retenus par la Justice française comme étant les ayants-droit de Firmin MAHE.

-        Et vous vous représentez qui finalement alors ?

-        Je représente toutes ces personnes. Ah oui toutes ces personnes.

-        D’accord. Donc y a pas de demandes discordantes ?

-        34’53 Je peux vous dire, la France avait envoyé 10 billets pour les 10 membres. Ah oui, c’était 10 billets d’avion pour que ces personnes puissent voyager.  

-        Mais y a pas de demandes discordantes ?

-        Mais non, mais non, mais non.

-        Alors à qui la Cour a dit « qu’en dépit des liens de parenté… » ?

-        C’est normal, ça c’est ce qu’on appelle le préjudice économique.

-        Vous avez le préjudice économique et vous avez le préjudice moral.

-        Lorsqu’une tante vient déclarer que Firmin MAHE passait souvent lui dire bonjour, et lui servait un repas et que cette tante demande un préjudice économique, on ne peut pas lui allouer ce préjudice économique.

-        Alors là ça devient compliqué…

-        Eh oui et bien voilà ! C’est pour ça je vous dis pour les profanes. Je vous explique, comprenez donc que le préjudice économique qui a été demandé – y a certaines personnes qui ont demandé ce préjudice économique – MAHE ne subvenait pas à leurs besoins, tout au contraire, ce sont ces personnes qui subvenaient aux besoins de Firmin MAHE.

-        On comprend mieux. C’est pour cela qu’on vous a invité.

-        35’50 Jean-Claude TCHICAYA : on peut dire aussi dans cette affaire que la souveraineté de l’Etat Ivoirien a été bafouée. Parce qu’en qualité de quoi les militaires, pour quelles raisons M. Firmin MAHE a pu être arrêté par une armée étrangère dans son propre pays qu’il soit vu - présumé coupable ou non ? En tous cas, il rentre dans un camion militaire d’une armée étrangère. Il en ressort mort. Qu’est-ce que l’Etat ancien et actuel – l’Etat actuel qui doit en tous cas faire régner la Justice souveraine de son pays – en tous cas est-ce qu’il s’est saisi de l’affaire pour que justice soit faite ? Ce n’est pas une attaque contre l’Etat français. Vous pourrez faire – parce que vous faites appel à la morale populaire que ça soit en CI ou en France – la plupart des Ivoiriens et des Français réclament justice.  

-        En fait ce que vous demandez Jean-Claude, c’est est-ce que l’Etat ivoirien s’est porté partie civile ?

-        36’58 Oui, c’est une bonne question Monsieur TCHICAYA. Il faut comprendre. Les faits se sont passés à la bande, c’est-à-dire la zone partagée par les Nations Unies. Donc c’était une bande de 80 kms de large et plusieurs centaines de kilomètres de long. Et là, la souveraineté de l’Etat ivoirien ne prévalait pas sur cette bande.

-        Vous voulez dire qu’on était dans le contexte de la crise ivoirienne ?

-        37’23 M. TCHICAYA Mais en  matière de droit, vous n’ignorez pas qu’à partir du moment où on a les Nations Unies, un pays comme la France et la souveraineté ivoirienne, tout est imbriqué, c’est-à-dire que les trois, même les Nations Unies auraient pu se porter partie civile pour au moins avoir un éclairage sur cette histoire Firmin MAHE. A partir du moment où vous rentrez sur un territoire, soit au nom des Nations Unies, de l’Etat français ou d’un autre Etat, vous n’ignorez pas que vous êtes sous un mandat donc  qui est régi par le droit.

-         37’53 C’est ce que je suis en train de vous expliquer. Comment voulez-vous que cette zone, cette bande était sous la protection des Nations Unies donc les Nations Unies ont fait appel à la France. C’est comme si vous demandez à l’Etat français, quelqu’un qui a été tué à PARIS, vous demandez à l’Etat français, pourquoi vous ne vous constituez pas partie civile parce qu’on a tué votre ressortissant.

-        TCHICAYA Mais imaginez l’armée ivoirienne faire de telles turpitudes en France, l’Etat français, les Nations Unies et l’UE se seraient saisi tout de suite de l’affaire.

-        38’29 Maître NDOUMOU Oui mais si les faits se passent à l’ambassade de Côte d’Ivoire, c’est-à-dire à l’intérieur de l’ambassade de la Côte d’Ivoire, je peux vous dire, ce n’est que l’ambassadeur qui sera responsable parce que l’ambassade, c’est le territoire d’un pays. C’est le cas de la bande, à BANGOLO, c’est-à-dire la bande que les militaires français protégeaient ; cette bande, c’était une bande neutre, c’est-à-dire qui appartenait aux Nations Unies. Ca n’appartenait ni à la CI, ni aux forces rebelles de l’époque.

-        39’31 Messages :

-        Barnabé SEDOUFIO « je pense que la hiérarchie des forces armées françaises tente de se dédouaner d’un crime que je pourrais qualifier dit-il  de crime de guerre et au-delà.  Il s’agit d’une atteinte contre le droit international, humanitaire dans pays supposé en conflit armé» ;

-        Guy Watsé Mamandza : « ce qui me dégoûte, c’est que la totalité du Gvnt ivoirien y compris M. OUATTARA se trouvait à PARIS non pas pour assister au procès de leur compatriote et soutenir la famille mais pour quémander de l’argent à la France. C’est pathétique et pitoyable ».


Lire également: QUAND LA FRANCE S’ACHARNE SUR LA FAMILLE MAHE!


Source: AFRICA 1.COM

jeudi, 14 mars 2013

COTE D'IVOIRE: LA SITUATION EST ENCORE PLUS GRAVE QUE NE LE DIT AMNESTY INTERNATIONAL

 

Oumou Kouyaté, Docteure en anthropologie sociale et ethnologie associée à l'EHESS

 

J’ai lu le rapport d’Amnesty International. La situation sur place est parfois encore plus exécrable que ne l'écrivent les auteurs du rapport. Je suis moi-même originaire du nord du pays, de la même aire ethnique que celle d’Alassane Dramane Ouattara. 

Quand je vois des dozo (qui sont en fait des chasseurs traditionnels) être employés dans le corps des forces de l'ordre sans qu’aucune formation préalable ne leur soit dispensée, je me dis qu'il y a un problème.

Je me fais un devoir de dénoncer ce qui se passe: rattrapage ethnique (je qualifie cela de rattrapage politique), règne des dozos (ils installent des checkpoint partout et terrorisent la population!), violation des droits de l’homme en série par les FRCI... et j’en passe. Le seul fait que ceux qui attaquent la population soient les mêmes que ceux qui font régner l’ordre public montre évidemment que quelque chose ne va pas.

À l'époque nous avions dénoncé à hue et à dia le concept xénophobe de «l'ivoirité» qui excluait de nombreux ressortissants du Nord y compris l'actuel Président. Et de voir ce concept repris au profit de cette même population est un comble dont je me passerais volontiers!

On ne peut plus réellement s'opposer au régime

Amnesty International dénonce depuis longtemps, à travers des rapports poignants, cette impunité dont certains bénéficient - et pourtant il n’y a pas de réel changement à l'horizon. 

Il y a donc un certain nombre de choses à corriger . Mais ce qui me rend encore plus triste, c’est que sous le règne de Laurent Gbagbo, nous avions dénoncé les exactions, les violations massives des droits de l’Homme commises sous son régime (il en a commis lui aussi un certain nombre - il ne faudrait pas non plus faire de lui un ange). À l’époque, pourtant, mon organisation (la CIFDDH), n’avait pas été inquiétée.

Je crains qu’aujourd’hui la même chose ne soit plus du tout possible. Il y a des privations de liberté collectives et individuelles au sein de la société ivoirienne. Impossible désormais d’exprimer quelque opinion contraire à celle du parti au pouvoir même s'il reste quelques irréductibles parmi l'opposition au sein du Lider, du FPI etc.

La société civile gronde en silence

L’un des exemples les plus cinglants de cet état de fait, c’est la grogne sociale qui frappe le pays: nombreux sont ceux qui ont du mal à trouver un repas par jour (un concept appelé mort subite), le pouvoir d’achat est en berne, le chômage est galopant... le marasme économique est partout, criard. 

Saviez-vous que pour une certaine classe sociale en Cote d'Ivoire, se soigner devient le parcours du combattant et qu'à force de désespoir, certains, au sein de cette classe, préfèrent mourir que d'aller dans un centre de soins? Pourtant, silence radio.

La grogne sociale est bâillonnée. Elle est pourtant animée des luttes à la fois plurielles et multi-sectorielles qui traversent la société ivoirienne: d’un côté les luttes professionnelles (absence de revalorisation des salaires, et de redistribution des richesses) et de l’autre le chômage des jeunes. Une gestion opaque du pouvoir, des ressources minières et pétrolifères ivoiriennes avec en sus la nomination de membres de la famille du président à des postes importants.

Il faut bien voir aussi que du côté des étudiants, il y a eu des années blanches sans que l’on se soucie de ceux qui devaient reprendre leurs études à la fin de la guerre civile...Une assise pour l'avenir de l'école ivoirienne s'impose car, depuis, peu de solutions crédibles ont véritablement émergées.

La baisse du pouvoir d’achat se ressent partout: même les fameux maquis d’Abidjan, ces restaurants populaires où l’on mange pour une bouchée de pain, sont devenus un luxe pour une grande partie d’ivoiriens.

Surtout, à ces problèmes économiques et sociaux se surajoute l’ethnicisme, qui existait déjà sous Laurent Gbagbo mais qui s’est exacerbé depuis. Ironie du sort, l’ONUCI, présente en Côte d’Ivoire ferme les yeux sur la situation. Mieux, elle s'est disqualifiée en refusant de porter secours aux ivoiriens dans l'ouest, et en fermant les yeux sur des pogroms...

D’ailleurs la communauté internationale, présente sur place, ne dit rien non plus. Tout juste le FMI distribue-t-il les bons points en disant que bientôt la Côte d’Ivoire aura une croissance à deux chiffres. Tout juste parlent-ils de la «parade incessante» des institutions internationales, de la venue de certains investisseurs (qui parfois dénoncent - et à juste titre - l'insécurité du pays).

Tout cela ne veut rien dire quand on voit comment les gens vivent. Un expression revient d’ailleurs souvent: «L’argent ne circule pas mais il travaille».

La situation pourrait exploser du jour au lendemain

L’attitude de la communauté internationale me sidère totalement. Les gens comprennent-ils que la guerre du Mali est à notre porte? Que l’Islamisme radical pénètre dans notre société et s’y développe à travers des frontières qui au fond sont très poreuses? Qu’une partie de la population ivoirienne est ouverte à un Islam radical? Que se procurer une arme en Côte d’Ivoire est d’une facilité déconcertante?

Dans la société ivoirienne, la volonté de vengeance est criarde! On en entend parler parfois dans le taxi à Abidjan, ou au détour d’une conversation, sur le marché: «untel a subi des discriminations en raison de son ethnie», ou «de ses convictions supposées». Il suffit de tendre l’oreille! On entend aussi des gens affirmer qu'ils ou elles ne se feront pas avoir une seconde fois... La population se prépare donc à la vengeance - il faut prendre conscience de cela.

Une autre chose m’interpelle, étant issue du même moule que celui des intellectuels Français: la prise de parti de ces derniers pour un camp ou pour l’autre. Ils n’ont pas été capables de prendre de la hauteur et de porter une voix crédible.  

Il serait plus sage d’apporter des solutions ou un éclairage, d’essayer d’éteindre le feu au lieu de l’attiser. J’en ai moi-même souffert: des personnes que j’ai côtoyé ont du jour au lendemain tourné leur veste, et se mettaient à m’assurer que j’avais tort...

Ici dans les médias, on donne systématiquement la parole à des gens qui ont certes une certaine connaissance de la Côte d’Ivoire, qui souvent ont fait une thèse dessus, mais qui depuis n’y vont plus et par conséquent font des analyses obsolètes ; La Cote d'Ivoire a des intellectuels capables qui n’attendent qu’à être consultés!

On a deux vérités, deux visions - celle de l’occident et celle des pays émergents - sur la situation, et ce que l'on devrait faire en matière de justice internationale. Un groupe d'intellectuels africains réfléchit de son côté depuis l’année dernière à la création d’une Cour Pénale Africaine.

La société ivoirienne va mal, il faut absolument que les choses changent. La communauté internationale devrait hausser le ton fasse cette véritable censure. Parce qu’en Côte d’Ivoire, il est devenu impossible de parler sans être tout de suite taxé d’être dans un camp ou dans l’autre. Tous subissent cela, quel que soit leur camp. 

Pourquoi cette même communauté internationale n’arrêterait-elle pas, pour commencer, de subventionner les pays qui refusent la démocratie et la pluralité politique? Je pense ici à un accompagnement sain, incitant les dirigeants politiques à des actions plus vertueuses.

 

Source: NEWSRING.FR

Oumou Kouyaté: Alassane Ouattara est à la tête d’un État faible où la pluralité politique est quasi-inexistante

 

On ne sait pas quoi attendre de l’administration actuelle. Ces dernières semaines, le ministère de la défense a annoncé mener une campagne pour lutter contre les dozos - ces combattants déployés au sein des forces nouvelles à l’époque. Il y a eu aussi une campagne anti-cybercriminalité. 

Mais d’un autre côté, on peut aussi avoir une impression de laxisme - que ça ne bouge pas vraiment. Tout dépend encore une fois dans quel camp on se place.

Personnellement je crois qu’il y a des circonstances exceptionnelles qui font que l’administration est affaiblie. Mais il y a tout de même un facteur aggravant: le fait qu’Alassane Ouattara n’ait pas encore abandonné l'habit de président du RDR pour enfin endosser celui du Président de tous les ivoiriens. La Cote d'Ivoire doit rester une et indivisible, et ce quelque soit l’appartenance du président qui la gouverne.

En l'État, la Côte d'Ivoire sera très compliquée à réconcilier

Que dire de la commission mise en place par Ouattara? Elle qui n’est composés de septuagénaires (pour les plus jeunes). Comment peut-elle porter haut les fonds baptismaux de la réconciliation qui reste l’objectif central de ce mandat?

Depuis sa création, je n’ai jamais vu la CDVR assister aux procès de la Haye. On ne l’a jamais vu non plus aller au Ghana, où il y a beaucoup de réfugiés ivoiriens, ni dans les prisons de l’intérieur du pays à Khorogo et à Bouna...

Que penser de Charles Konan Bany qui dirige la CDVR? Il avait été un des fers de lance de la dévaluation du franc CFA en 1994 et a lui-même joué un rôle dans cette crise... La société civile et la CEI doivent se ré-approprier la CDVR, comme cela s’est fait ailleurs.

Car on ne réconciliera pas la Côte d’Ivoire dans ce contexte. Et le procès de la CPI contre Gbagbo, au vu de la manière avec laquelle il est mené, n’arrange rien, car une majorité d’ivoiriens se sentent lésés. Le bilan de la CDVR est nul.

Gbagbo n’est que l’un des responsables, l’une des figures du trio Gbagbo-Ouattara-Bédié qui a mené notre pays là où il est aujourd’hui une crise militaro sociopolitique qui continue de diviser les ivoiriens. Mais il est à la fois un bourreau et une victime.

Et cela m’insupporte qu’un ivoirien soit détenu pour des chefs d’inculpation douteux dans les geôles de n’importe où. C’est pour cela qu’il faut mettre en lumière la responsabilité des deux camps.

La communauté internationale, et plus particulièrement la France, doivent réagir

François Hollande, à travers ses discours «réparateurs» de Dakar et de Kinshassa lors du sommet de la francophonie, parlait de la jeunesse africaine, et du besoin d’un renouveau politique, social et économique.

Je lui demande de prendre acte que la société ivoirienne grogne - un mécontentement que l’on maquille pour éviter à tout prix que tout cela n’explose.

On a muselé la société civile exceptée la frange qui est fidèle au régime. Les forces vives de cette nation se meurent. Elles sont pour certaines parties grossir la diaspora. Il est grand temps qu’on leur ouvre des opportunités pour qu'ils reviennent.

On pourrait par exemple penser à des «assises de la réconciliation» dans un pays africain avec toutes ces forces vives de la nation, et qui serait présidée par Macky Sall, l’actuel président du Sénégal.

Tous semblent vouloir que nous échouions

En désespoir de cause, on en vient à se demander si ceux qui nous gouvernent veulent sincèrement aller à réconciliation. Tout le monde, en effet - communauté internationale incluse - semble vouloir que nous allions droit dans le mur! Et la CDVR semble bien frêle face aux enjeux qui se dessinent.

D’où viennent les armes que se procure si facilement la population? Ne sont-elles pas importées d’Europe et d’autres pays occidentaux?

Les ivoiriens, et plus particulièrement la jeunesse africaine, viennent déjà en Europe par centaines en bravant les océans et les déserts. Mais ce qu’ils veulent, c’est un avenir meilleur que la misère et la précarité le continent africain n’a à leur offrir.

Aussi faudrait-il réviser les accords de coopération, ainsi que les partenariats économiques afin de les équilibrer dans un corpus "gagnant/gagnant".

Il faut aussi que l’Etat soit suffisamment fort pour lutter contre les pirates, un fait nouveau que l’on peut lier à la guerre civile, et à l’effondrement de l’Etat.

Pour tout cela la communauté internationale et plus particulièrement la France doit apporter son aide. On ne peut pas en effet toujours se réfugier «dans son lit douillet» en considérant que rien ne peut nous atteindre: si quelque chose de grave se passe dans un endroit, on finit par en payer le prix surtout dans un monde globalisé.

La France doit donc jouer son rôle, mettre les vraies questions au centre du débat, peser de tout son poids en faveur de la démocratie, des libertés, du développement et de la réconciliation nationale en Cote d'Ivoire.

Je suis convaincue que seule la France peut nous aider à sortir de cette impasse ! Et il est donc grand temps qu’elle écoute la société civile ivoirienne qui elle seule détient la clé d’une vraie réconciliation.

 

Source: NEWSRING.FR

QUAND LA FRANCE S’ACHARNE SUR LA FAMILLE MAHE!

 

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«Gbagbo, c’est nous ; Mahé, c’est moi, c’est toi…» 


Non contents d’avoir assassiné en toute impunité ou presque (une condamnation avec un sursis intégral vide considérablement la peine de sens !), l’Etat français refuse aujourd’hui d’entendre les cris de désespoir des proches de Firmin MAHE, ce jeune Ivoirien étouffé à l’aide d’un sac poubelle par des soldats de la force Licorne sur ordre de leur hiérarchie le 13 mai 2005. Son frère et son neveu notamment se battent pour obtenir sa réhabilitation ainsi que la restitution de son corps promise depuis 2005 sans cesse reportée depuis, à laquelle rien ne devrait plus s’opposer maintenant que le procès s’est achevé (1).

Le procès pour la vérité et la Justice tant attendu n’a donc  pas eu lieu. Le procès MAHE/LICORNE n’a pas été celui des accusés mais bien plus celui du disparu, une inversion de la victime et du bourreau récurrente dans les relations Nord-Sud afin d’asseoir et de justifier les relations d’asservissement.

Le frère et le neveu de Firmin MAHE n’ont toujours pas reçu la moindre notification des arrêts pas plus celui de la chambre criminelle du  07 décembre 2012 que celui de la chambre civile du 22 janvier 2013. Pire que cela : alors que pour des raisons à la fois sanitaires et politiques, tous deux se trouvent toujours sur le territoire français, leur avocat les a laissés sans aide et sans assistance depuis le 10 décembre dernier, date à laquelle le premier a été hospitalisé en urgence suite à l’évolution défavorable d’une pathologie dont il souffre depuis 2009, grave maladie dont Maître NDOUMOU a d’ailleurs toujours refusé de tenir compte, y compris pendant son séjour en FRANCE. « Quant on a de tels amis, plus besoin d’ennemis » : un adage qui ne ment pas dans le cas d’espèce ! A l’heure où nous écrivons, nous sommes toujours en attente du dessaisissement de Maître NDOUMOU ou de toute autre solution qui permettrait à toutes les parties civiles qui le souhaitent d’exercer les voies de recours qui leur reviennent de droit sans subir les menaces et pressions de Maître NDOUMOU qui se garde bien de parler des 20 000€  qu’il réclame à au moins deux des parties civiles qu’il est supposé défendre ! (2)

Maître NDOUMOU est trop occupé à se mettre en valeur pour se soucier des proches de MAHE. Il passe son temps à vanter ses propres mérites, alors que la seule jurisprudence MAHE dont il ait accouché pour l’instant est d’avoir octroyé un véritable permis de tuer aux soldats de la Licorne et à tous ceux qui agissent sous ses ordres ou sa tutelle, (notamment la force africaine en cours de déploiement au MALI). Pour ce faire, il se débrouille pour écarter les témoins gênants, eût égard à ses relations privilégiées avec une des parties civiles qu’il a érigée en représentante de la famille, au détriment de la mère biologique et représentante légale du fils de Firmin MAHE qui n’a pas pu venir en France avec l’enfant pour le procès nonobstant leurs passeport, visa et billets A/R pris en charge par l’Etat français. Maître NDOUMOU a en effet prétexté que les papiers envoyés par mail en même temps que ceux des 4 autres parties présentes ne lui étaient pas parvenus, sans autre explication. Ainsi il prétend dans le grand débat ci-dessous retranscrit que les parties civiles ont été légitimement déboutées de leur demande d’indemnisation du préjudice économique du fait qu’elles ne dépendaient pas financièrement de Firmin MAHE et que c’était même plutôt ce dernier qui dépendait d’elles. Mais qui était leur avocat ? Qui a demandé l’indemnisation du préjudice économique en leur nom ? Idem pour la demande légitimement rejetée de « frais funéraires » ? Alors que la famille attend depuis plus de 7 ans que le corps de son proche lui soit rendu pour lui donner une sépulture, maître NDOUMOU a gardé l’original du document des autorités ivoiriennes autorisant la famille à retirer le corps depuis fin 2005 en disant que tant que le procès n’aurait pas eu lieu, il ne fallait surtout pas récupérer le corps, que cette demande ne pourrait être formulée qu’une fois les assassins condamnés, ce qui a été fait avec le verdict non suivi d’appel du 07 décembre 2012. Comment vouliez-vous que la Cour accède aux demandes de Maître NDOUMOU en matière de remboursement de frais funéraires alors que la demande de restitution du corps de Firmin MAHE n’a même pas été faite ? Pourquoi n’a-t-il pas pris le soin en 7 ans de procédure de réclamer la facture de la morgue de TREICHVILLE que les parties civiles – qu’il représente j’insiste- n’auraient soi-disant pas eu le temps de récupérer avant de venir en France en cours de procès (3)? Maître NDOUMOU prend des libertés incroyables avec la réalité des faits : il prétend avoir à lui seul fait condamner l’Etat français et renvoie la responsabilité de tous les autres rejets de demandes aux seules parties civiles qui n’auraient pas fait les bonnes demandes justement ! Est-ce à lui ou à ses clients de connaître le droit ? De savoir que quand on invoque un  préjudice économique, il faut être capable de le prouver ? Qu’en tout état de cause, il y a toujours lieu d’invoquer un préjudice moral, ce que Maître NDOUMOU a omis de faire en première instance et que normalement, les choses auraient dû s’arrêter là pour les parties civiles, ces dernières n’étant pas habilitées à introduire de nouvelles demandes en appel. Sauf que à notre plus grande surprise et sans que Maître NDOUMOU n’en fasse état, nous tenons de source sûre -un autre avocat ayant également consulté la décision rendue le 22 janvier 2013 en vue d’exercer un éventuel recours en faveur de 2 des parties civiles- que non seulement  Maître NDOUMOU n’a pas déposé de conclusions écrites (du jamais vu dans une affaire de cette ampleur à notre connaissance !), mais que deux des accusés auraient fait appel (BURGAUD et RAUGEL) de la décision du 22 janvier les condamnant collectivement à payer 30 000€ de dommages et intérêts au seul enfant de Firmin MAHE  au titre de la réparation du préjudice économique subi par ce dernier. Nous qui pensions que toute honte bue, les assassins de Firmin MAHE s’empresseraient de se faire oublier après avoir échappé injustement à la prison, sans jamais avoir manifesté le moindre commencement de remord ou exprimé le moindre regret pour leur acte barbare, nous devons bien admettre que nous sommes restés muets de stupéfaction et d’indignation quand nous avons appris la nouvelle. Ils doivent être sûrs de gagner pour prendre le risque de braquer à nouveau les projecteurs sur l’horreur de leur crime (à moins que cela ne soit là encore un des symptômes évidents de ce « décrochage du sens moral » bien connu des psychiatres militaires et d’ailleurs évoqué à la barre à plusieurs reprises pour expliquer leur geste, comportement bestial sans doute exacerbé par la relative impunité dont ils ont bénéficié dans cette affaire).

En conclusion de l’émission du Grand débat d’Africa N°1 du 06 février intitulée « retour sur l’affaire Firmin MAHE », « Traître » NDOUMOU qui se prétend toujours l’avocat de la famille MAHE  apostrophe les Ivoiriens ainsi : « Il ne faut pas qu’ils pleurnichent. Celui qui disait qu’il ne peut pas rentrer en Côte d’Ivoire. Non la Côte d’Ivoire, c’est quand même un Etat de droit. […] Vous êtes passifs. Vous êtes tellement passifs. Vous allez pleurer à gauche ; vous allez pleurer à droite. Mais engagez-vous ! Engagez-vous et puis les choses marcheront ! »

Je ne suis pas sûre que les femmes exilées du camp d’AVEZEPO du TOGO qui manifestent en ce moment leur souffrance et leur refus de rentrer en Côte d’Ivoire au péril de leur vie apprécient (4), pas plus que les familles des victimes de BANGOLO, DUEKOUE, GUITROZON, BOUAKE, ANONKOUA KOUTE (5),… ou encore les familles des centaines de prisonniers politiques actuellement détenus et torturés par le régime illégitime que la France a installé et maintient au pouvoir en CÔTE D’IVOIRE (6). Que Maître NDOUMOU fasse allégeance à OUATTARA si ça lui plaît, mais qu’il ose exhorter le peuple ivoirien à en faire autant alors que les exactions se poursuivent en  CÔTE D’IVOIRE, cela nous paraît aussi indécent que pétri d’ignorance et d’égocentrisme.

Si nous partageons entièrement son appel à faire confiance aux talents africains et notamment aux avocats du continent, nous préférons nettement mettre à l’honneur Maître BAROAN (7) ou encore Maître HABIBA TOURE qui viennent d’obtenir la désignation d’un juge d’instruction suite à la plainte déposée par Michel GBAGBO contre Guillaume SORO et 10 de ses chefs de guerre pour « enlèvement, séquestration et traitements inhumains » (8) que de relayer la campagne mensongère de Maître NDOUMOU qui s’attribue seul le mérite de la condamnation des soldats de la Licorne - et encore avec sursis - occultant complètement le rôle de la famille dont il s’est autoproclamé l’avocat depuis 2005 (sans que ceux-ci ne le récusent d’ailleurs n’ayant que récemment compris son double jeu). C’est bien la famille de Firmin MAHE qui est à l’origine de la plainte contre la Force Licorne depuis 2005 ainsi qu’en atteste l’article paru dans le Courrier d’Abidjan du jeudi 20 octobre 2005 (9). Alors si l’on prête crédit à Maître NDOUMOU qui se vante d’avoir transpiré et subi de nombreuses pressions dans cette affaire, imaginez ce que la famille et les témoins directs de l’affaire MAHE vivant au pays ont souffert, eux qui ne bénéficient d’aucune protection ?

A tous ceux qui ne voient pas le lien entre l’affaire MAHE et la situation actuelle en CÔTE D’IVOIRE, nous tenons à rappeler que l’assassinat de Firmin MAHE par des soldats de la force LICORNE n’est ni un acte isolé, ni une simple bavure couverte par la hiérarchie militaire et l’Etat français. Ce crime ressortit directement à la politique de la FRANCE qui depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002 a soutenu, financé, armé la rébellion pour installer Alassane Dramane OUATTARA au pouvoir et sécuriser ses filières d’approvisionnement en matières premières essentielles et autres marchés lucratifs (10).

Puisque la Défense des accusés a osé remettre une « pétition » à décharge pour ces derniers, faisant croire aux jurés que 300 habitants de BANGOLO se seraient spontanément levés pour  féliciter les accusés de leur crime. Quand on connait la culture africaine et les modes habituels de contestation, on ne peut que s’étonner de ce document qui n’a même pas pu être interrogé pour soi-disant raisons de sécurité. Nous nous engageons à produire la pétition papier que nous faisons actuellement circuler en vue de la révision du procès MAHE et qui compte déjà près de 300 signatures, sans compter la version électronique que nous mettons en circulation (11). Cette pétition en sa forme manuscrite ou électronique revêt une importance toute particulière dans la mesure où elle vient contrebalancer celle qui a été instrumentalisée par la Défense des condamnés pour tenter de légitimer leur crime. A notre interrogation sur l’absence de civils ivoiriens au procès (puisqu’il parait que la force Licorne fait l’unanimité et aurait évité un RWANDA bis en CÔTE D’IVOIRE d’après les avocats de RAUGEL et BURGAUD), il nous a été répondu que tout BANGOLO était prêt à venir témoigner, mais que ça n’a pas été possible à cause des menaces de mort qu’ils auraient reçus… Etonnant non, alors que c’est Alassane Dramane OUATTARA le principal commanditaire et premier bénéficiaire de la rébellion qui est Président de fait du pays depuis bientôt deux ans et que, si l’on en croit les 8 généraux et 7 colonels qui se sont relayés à la barre, la force LICORNE a permis de pacifier la région et de réconcilier les Ivoiriens entre eux ? Nous vous invitons d’ailleurs à visionner la vidéo d’une artiste engagée native de BANGOLO qui témoigne de la souffrance infligée aux habitants de sa région par les rebelles depuis 2002, rebelles aujourd’hui au pouvoir en CÔTE D’IVOIRE tous promus à des postes de responsabilité en dépit des plaintes pour crimes contre l’humanité qui pèsent contre eux (12).

Pendant le procès, il a été dit à plusieurs reprise que le dilemme de la Force Licorne, c’était que s’ils remettaient les prisonniers aux autorités légales du Sud comme le prévoyaient les accords, ils étaient convaincus de leur libération rapide, mais que s’ils les conduisaient aux autorités rebelles de MAN qui contrôlaient le Nord du pays, ils les exposaient à une mort certaine. Après le procès inique qui a abouti au verdict étrangement clément du 07 décembre 2012, les soldats français chargés du maintien de la Paix  et néanmoins assassins de Firmin MAHE ne nous ont toujours pas expliqué pourquoi ils ont sauvagement tué Firmin MAHE après l’avoir torturé pour le préserver d’une mort certaine s’il tombait entre les mains des rebelles du  Nord auxquels ils avaient finalement décidé de le remettre, le condamnant d’après leur propres aveux à une mort certaine… Concrètement : ils ont reçu l’ordre de tuer Firmin MAHE pour ne pas qu’ils soit tué par les rebelles de MAN ! Allez comprendre… Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour sur un blog de soutien au soldat RAUGEL  (13).

Extrait du témoignage anonyme de soutien trouvé justement sur ce blog de soutien à Guy RAUGEL   :

« Alors que faire de F. M. ? Le remettre aux rebelles ? Mais dans ce cas précis, le peloton ne respectait pas les termes du mandat et il est certain qu’il aurait été tué et que la Croix Rouge internationale en aurait été avisée, ce qui aurait certainement provoqué des remous de niveau international. Le donner au sud pour le faire libérer, ou le remettre au nord pour qu’ils le tuent ? Cruel dilemme pour le Commandement ! La situation réclamant un règlement définitif de cette question des coupeurs de routes, l’ordre est tombé et l’adjudant-chef l’a exécuté."»

Nous nous permettons enfin d’interroger Maître NDOUMOU mais aussi le Parquet Général sur leur refus de solliciter la révision du procès qui n’a pas été équitable au regard de l’absence des parties civiles pendant toute la première moitié, la subornation de témoins, notamment Adèle DITO, l’enquête effectuée par des proches des accusés membres du comité de soutien de RAUGEL et de ses compagnons (les photos qui ont été diffusées la première semaine aux jurés au service de  la thèse de Firmin MAHE Présumé coupable  ont été prises par un soldat de la Licorne, ami de RAUGEL et membre de son Comité de soutien), … la négation totale de toute l’histoire de cette zone dite de « confiance » devenue une véritable zone de non droit sous « contrôle » de la Licorne qui n’a pas défendu les civils contre les attaques des rebelles, voire les a couvertes ou mêmes mises en œuvres comme dans le cas d’espèces (14). Ainsi, sur les pratiques des rebelles soutenus par l’Armée française, nous vous renvoyons à cette photo insoutenable (15), mais que nous insistons à verser au dossier. On y voit un homme que certains d’entre vous reconnaîtrez à côté duquel gît un jeune homme décapité. Ce responsable Wé a été  qualifié de « milicien mafieux pro-GBAGBO » par le Général PONCET lors de son témoignage dans l’affaire MAHE/LICORNE pour laquelle il a bénéficié d’un non lieu pour le moins suspect… Il paraît que la FRANCE soutient les démocrates contre les terroristes en CÔTE D’IVOIRE. Chacun appréciera !

 

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Notes:

(1) Contre le permis de tuer accordé à la force Licorne en Côte d’Ivoire:

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:00:00-08:00&max-results=16

(2) Quelques documents relatifs au litige entre Maître NDOUMOU et deux des parties civiles de l’affaire MAHE

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/03/documents-affaire-mahe.html

(3) Des témoins pourraient manquer au procès des militaires français dans l’affaire Mahé 231112 par le Monde

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/11/23/des-temoins-pourraient-manquer-au-proces-des-militaires-francais-accuses-de-meurtre-en-cote-d-ivoire_1795420_3212.html

France: les parties civiles arrivent au procès des accusés du meurtre de Firmin Mahé

 http://www.rfi.fr/afrique/20121203-france-cote-ivoire-meurtre-ivoirien-firmin-mahe-ndoumou

(4) Lien vers vidéo et article du deuxième jour de grève des femmes du camp de réfugiés ivoiriens d’AVEZEPO au TOGO:  

http://www.dailymotion.com/video/xxvogi_2eme-jour-de-greve-des-femmes-ivoiriennes-refugies-au-togo_news#.UT8OFRyZYVc et 

http://www.africatime.com/ci/nouvelle.asp?no_nouvelle=725035&no_categorie

(5) Lien vers des vidéos sur le massacre  d’Anonkoua Kouté :

http://www.youtube.com/watch?v=uB638UwgGbM ;

http://www.youtube.com/watch?v=o7cO2pl43qk ;

http://nouvelles.abidjantv.net/print_article.php?id=9561-un-an-apres-le-massacre-mene-par-des-hommes-armes-le-village-martyr-d-anonkoua-koute-se-souvient.html

(6) Lien vers un mémorandum en images sur la crise ivoirienne depuis 2002 :

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html

(7) Lien vers l’allocution de Maître BAROAN du deuxième jour de l’audience de la CPI d’infirmation des charges pesant contre Laurent GBAGBO :

http://www.monsaphir.com/k2-comments/actualites/politique-economie/cpi-laurent-gbagbo/item/507-audience-de-confirmation-des-charges-du-pr%C3%A9sident-gbagbo-me-agathe-baroan-les-victimes-de-la-r%C3%A9bellion-crient-leur-douleur.html

(8) Désignation d’un juge d’instruction dans la plainte de Michel GBAGBO contre Guillaume SORO et ses chefs de guerre:

http://www.linfodrome.com/index.php?option=com_content&view=article&id=7679%3Ajustice-me-habiba-toure-avocate-de-michel-gbagbo-que-soro-et-les-com-zones-rendent-compte&catid=8%3Avie-politique&Itemid=110

Rapport des avocats de Michel GBAGBO de juillet 2012

http://soutienetliberte.files.wordpress.com/2013/02/rapport-avocats-michel-gbagbo-juillet-2012.pdf 

(9) Lien vers l’article d’octobre 2005 paru dans le Courrier d’Abidjan:

http://unevingtaine.wordpress.com/category/general/page/50/

(10) Bombardement à BOUAKE de novembre 2004 : les familles des victimes françaises portent plainte contre MAM pour complicité d’assassinat 211112 par LNC

http://nouveaucourrier.net/bombardement-de-novembre-2004-a-bouake-les-familles-des-victimes-francaises-portent-plainte-contre-alliot-marie-pour-complicite-dassassinat/?fb_action_ids=384696461609612&fb_action_types=og.likes&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=246965925417366  

Qui a tué les 9 soldats français à BOUAKE?

http://www.youtube.com/watch?v=A8zrh2ccfVM&feature=share

Côte d’Ivoire: la victoire aux mains nues

http://www.youtube.com/watch?v=f01NfTjJreI&feature=share

(11) Lien vers la Pétition papier pour une révision du procès MAHE

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/03/verite-et-justice-pour-firmin-mahe.html

Lien vers la Pétition électronique pour une révision du procès MAHE

http://www.petitionduweb.com/Petition_verite_et_justice_pour_firmin_mahe-1000128.html

(12) Témoignage poignant de l’artiste engagée Mahély BA native de BANGOLO

http://www.youtube.com/watch?v=uCiabp-7F8Y&feature=youtu.be

(13) Blog de soutien à l’adjudant-chef RAUGEL

http://adjudantchefraugel.over-blog.com/article-2992978.html

(14) Interview de Georges PEILLON dit Georges NEYRAC Consultant en communication de crise et ancien porte-parole de la Force licorne sur Laurent GBAGBO par Nicoletta FAGIOLO LYON avril 2012 auteur de «Ivoire nue- Chroniques d'une Côte d'Ivoire perdue»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=l1YnmToSr38    

(15) Photo qui témoigne de la sauvagerie des rebelles que la France a installés à la tête de la CÔTE D’IVOIRE

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/03/les-rebelles-que-la-france-installe-la.html

 

Christine COLIN-TIBALA

Contrepoids99@gmail.com

06 10 47 67 17


Lire également: COMBAT JUDICIAIRE DE LA FAMILLE DE FIRMIN MAHE: QUE PEUT-ON ENCORE ATTENDRE DE LA JUSTICE FRANÇAISE?

mardi, 12 mars 2013

LETTRE OUVERTE DE NAHIBLY A MADAME FATOU BENSOUDA, PROCUREURE A LA COUR PENALE INTERNATIONALE

 

côte d'ivoire,nahibly inacceptable et révoltant,dékos badaud,le quotidien ivoirien "aujourd'hui",massacre au camp des réfugiés de duékoué


MADAME LA PROCUREURE,


Nous souvenant de vos propos le jour de votre accession au poste que vous occupez, il y a moins d’un an, nous nous permettons, nous, victimes de la loi des vainqueurs d’une guerre voulue et imposée à la Côte d’Ivoire par messieurs CHIRAC et SARKOZY, de vous faire le rappel suivant, dans le strict respect de votre personne et du poste que vous occupez.

Madame la Procureure, suite à votre investiture et prestation de serment il y a presqu’un an, vous avez signifié, devant le monde entier et la presse internationale qui vous interrogeait, votre ferme engagement pour que justice soit rendue à toutes les victimes, de quelque côté où elles se trouvent. Quelques semaines après votre profession de foi, le monde entier a suivi, presqu’en direct, ce qui aujourd’hui se nomme « le massacre de Nahibly », perpétré le 20 Juillet 2012 . Là où nous, victimes de cette cruelle animosité, déplorons des centaines de morts et des dizaines de disparus pour une population d’au moins cinq mille réfugiés, le gouvernement ivoirien, en prince obscur de la censure, a chiffré et « validé » six morts. Les médias, les chancelleries et les organisations de l’Occident (politiques et humanitaires), responsables avérés et  véritables acteurs et bénéficiaires des malheurs et de l’enfer que vivent les ivoiriens, ont, sans gêne aucune, répété le chiffre six (six morts, s’entend) pour respecter on ne sait quel rituel.

Madame la Procureure, cet Occident qui se prévaut d’exporter la civilisation et la démocratie nous choque et nous dégoûte, en tant que victimes obligées par cet Occident, d’être de la chair à canon pour des négriers des temps modernes.

Constater, Madame la Procureure, ce n’est pas injurier :

-huit mois après les tueries dignes d’un terrorisme bestiaire à Nahibly, nous les victimes, nous nous demandons  où sont passés tous ces justiciers et donneurs de leçons de démocratie de l’Occident, quand le monde entier aujourd’hui sait très bien que ce jour-là, à Nahibly, le massacre a eu lieu sous les regards passifs des autorités préfectorales et militaires de la ville de Duékoué et des soldats de l’O.N.U. basés dans cette ville. Oui, Madame la Procureure, la Cour Pénale Internationale s’intéresse-t-elle à ce qui s’est passé à Nahibly, vu que cette tragédie qui rabaisse l’humanité à un rang indiscutable d’imbécilité ou de sauvagerie, a bel et bien eu lieu en pleine crise postélectorale, dans la mesure où toute la paysannerie et la racaille de la sous-région ouest-africaine (dozos et f.r.c.i.) qui ont endeuillé notre beau pays, en vrais hors-la-loi font office de « loi » et que la Côte d’Ivoire est désormais devenue une jungle depuis le 11 Avril 2011 ?

-où sont donc passés radio france internationale, France 24, t.v.5, tous ces médias français , ces consultants occidentaux, « spécialistes » de contrées qu’ils n’ont parfois jamais visitées et leurs juges ou censeurs politiques ainsi que l’O.N.U. qui, dix années durant, avaient vomi une haine injustifiée contre le Président Laurent GBAGBO et tous ceux qui résistaient à leur volonté de nous assujettir ? Sous le pouvoir GBAGBO, ils avaient inventé des charniers qu’ils attribuaient à ce dernier. Ces charniers, ils les ont recherchés en vain, sans pouvoir les dévoiler à la face du monde, pour la simple raison qu’ils n’ont jamais existé. Le monde, aujourd’hui affranchi de leurs montagnes de mensonges, les découvre sous leur vrai visage, leurs bras chargés de charniers dont le nombre augmente chaque jour que Dieu fait, sans aucune réaction appropriée ou indiquée de la part de ces mêmes modèles de démocratie et de civilisation.

-Madame la Procureure, est-il possible que l’horreur de Nahibly, dans les mêmes conditions, se reproduise à Paris ou face à votre résidence hollandaise, sous vos yeux, avec à vos côtés des autorités préfectorales et militaires de Paris ou de Scheveningen, sans que cela n’émeuve pour le moins du monde votre conscience et votre cœur, en tant que simple être humain sans vouloir référer à votre qualité de magistrat et de représentant légal de l’O.N.U., même si c’est à ce titre que nous vous écrivons ? « Les victimes de tous bords, toutes les victimes… »,  disiez- vous après votre prestation de serment ! Malheureusement pour nous, victimes de dix années de massacres orchestrés par la France, nous continuons  de déterrer des corps putréfiés de nos parents des nombreux puits où ils ont été enfouis par les tueurs fous des exportateurs occidentaux de la démocratie, sans qu’il n’y ait le moindre début d’enquête pour en punir les coupables. Le préfet de la ville de Duékoué ainsi que les chefs militaires f.r.c.i. continuent de vaquer tranquillement à leurs taches, parce que le massacre qui a eu lieu à Nahibly est dans « l’ordre normal des choses », c’est-à-dire nous tuer pour nous exproprier de nos terres fertiles, nous terroriser pour nous réduire au silence ? C’est mal connaître les ivoiriens ou les Wê que de s’imaginer que l’on peut les réduire au silence en leur imposant crimes et injustice ou la peur par la violence et la terreur gratuites !

A ce niveau de notre adresse à votre honorable personne, Madame la Procureure, nous voudrions vous apporter (de même qu’à toute autre conscience objective) les précisions suivantes :

-la présente lettre à vous adressée n’a rien à voir les pleurnichements de victimes résignées qui attendent leur mort certaine parce que d’autres en ont décidé ainsi. Cette lettre est pour nous un témoignage relatif à l’histoire vraie de notre pays, un témoignage de vérité à la postérité pour situer, dans ce qui se joue contre notre droit à la vie et contre notre propre volonté, sur le rôle ou alors sur la responsabilité de chaque acteur ou témoin de notre tragédie collective. Un témoignage qui, loin d’être un pamphlet de malédictions à l’endroit des néo- esclavagistes et de leurs obligés qui prétendent nous gouverner, se veut un acte d’affirmation d’une foi inébranlable : le brigand ou le criminel en armes, son maître et leur parrain (ce roi hautain de la servitude par crimes, attentats terroristes et génocides interposés) sont-ils des immortels, quand leur prétendu règne est un reniement total de tout ce qui est vie et liberté ?

-Madame la Procureure, qui, mieux que nous-mêmes, est bien placé pour écrire notre propre histoire ? Ne pensez-vous pas avec nous, Madame la Procureure, que c’est l’obstination dans le mensonge et la force (militaire) aveugle de l’Occident qui sont à l’origine des nombreux génocides où pullulent des esclaves mentaux (le cas de l’Afrique noire) d’une part et d’autre part, des nombreux attentats terroristes là où d’autres humains refusent dans une violence inouïe et dans le sang bien souvent de dizaines ou de centaines d’innocents, cette « sodomie mentale » qui veut les obliger à être tout sauf des humains (le Moyen Orient depuis des décennies, l’Afrique du nord aujourd’hui) ? La civilisation occidentale, tant vantée par ses fils et ses farouches défenseurs, pour nous, victimes africaines, est pire qu’un vampire ou un dragon qui s’est nourri et continue de s’abreuver du sang des nôtres. C’est cela même qui est la vérité et rien, absolument rien jusqu’à preuve du contraire, Madame la Procureure, ne peut détruire une telle affirmation : en 2011, ici, sous nos yeux, pour avoir pris fait et cause non point pour GBAGBO mais pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire, des français ont été assassinés à Yamoussoukro, à Abidjan par des rebelles quand bien d’autres croupissent dans les geôles ivoiriennes sans jugement et sans aucune attention de la part du pouvoir français. Alors, ce vocable « civilisation » revêt-il ici, oui ou non, Madame la Procureure, des relents ou des germes d’escroquerie ou d’arnaque morale, voire de crime contre l’humanité ? Et tous ces milliers d’enfants, de femmes et de jeunes gens, bombardés ici en Avril 2011 par l’aviation française, après ses massacres contre les mêmes ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire d’Abidjan, là aussi, c’est un sujet dont vous n’avez certainement pas connaissance, Madame la Procureure, alors, passons sans perdre plus de temps. Au nom de la hiérarchie ou de la catégorisation au royaume des victimes ou bien alors parce qu’un oppresseur (même puissamment armé) n’a jamais tort quand il se rend coupable de terrorisme  vis-à-vis de moins fort que lui ?

-A propos d’escroquerie morale, notre constat à nous, victimes de la guerre de dix ans de la France contre notre pays est le suivant : en fait d’escroquerie morale, il y en a beaucoup eu aussi, lors de la dernière audience du Président GBAGBO à La Haye. Sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit, disons que l’impérialisme de l’Occident  et de ses valets doit se plier à la vérité que dans le désormais « village planétaire », la communication et les médias ont pris des années-lumière d’avance sur tous les gros mensonges fabriqués de toutes pièces dans les laboratoires de ceux qui ont pour tout programme d’évolution ou de survie l’extermination de leur prochain pour passer au pillage ses richesses et de ses biens. Nous vous le répétons ici, Madame la Procureure, constater ce n’est point insulter. De ce fait donc, surmontant sans nous en rendre compte notre douleur de victimes encore traumatisées, nous avons ri, au cours de cette audience, concernant « vos » preuves contre le Président GBAGBO. Nous abaissant devant la mémoire de toutes les vraies victimes, nous vous posons la question suivante, Madame la Procureure : à vous qui jamais n’êtes venue en Côte d’Ivoire pour mener des enquêtes pour vous situer sur la réalité même des faits, que valent les témoignages de quelques victimes triées sur le volet de la délation et de la haine (pour preuve, votre fameuse vidéo du Kenya et la présence d’un civil armé d’un lance-roquettes à la marche des femmes d’Abobo où sept de ces femmes auraient trouvé la mort, une marche dite pacifique) contre les dépositions et les preuves massives (audio, photos , vidéos, plaintes et témoignages) des enfants du peuple ivoirien qui, reconnaissons- le si nous sommes de bonne foi, a été attaqué et massacré par plusieurs fois, depuis l’an 2002?

Madame la Procureure, si nous vous disons que nous ne sommes pas de ceux qui disent que vous vous avez été « achetée », que vous êtes « la négresse de service » de l’impérialisme ou de l’O.N.U.à la C.P.I.,  que « vous avez fui l’audience après deux jours », ce n’est point pour vous attendrir ou pour rentrer dans vos bonnes grâces. Non, ce n’est point notre genre de prendre les honteux raccourcis du favoritisme, de la pitié ou de la tricherie car nos pères ou nos ancêtres ne nous ont jamais appris à ramper là où notre honneur et notre dignité sont engagés. C’est pourquoi, Madame la Procureure, plus qu’indignés par la comédie de la communauté internationale qui se moque de nos vies et de nos morts, en toute objectivité, nous vous demandons de bien vouloir ne plus nous servir l’insulte que vous avez lancée à nos consciences de victimes en tout début d’audience quand vous avez dit comme ça : « on n’est pas ici pour dire qui a remporté ou non les élections ». Ou bien alors, rendez tout simplement leur tablier qui se souille chaque jour un peu plus du sang d’ivoiriens innocents (et ce depuis dix ans) à ces corsaires des temps nouveaux qui, contre toute bonne convenance, se sont arrogés le droit ( ?) de mener le monde vers sa perte. Sinon, les charniers et autres fosses communes de nos parents et compatriotes sont légions qui attendent que vous rendiez justice à qui de droit, pour briser la tempête qui vient et qui va dévaster le bal grotesque et satanique qui nous est servi jusqu’à présent. Ceci, dans un contexte où les prisonniers et les vraies victimes de la loi des vainqueurs ont et gardent pour eux, aussi surprenant que cela puisse être, l’assurance, la sérénité, le sourire et la liberté, contrairement à leurs bourreaux et à leurs juges qui semblent souffrir depuis cette audience, du sommeil troublé de la femme de Ponce Pilate.

Madame la Procureure, n’est-ce pas une évidence qu’il est désormais établi que la morale et la justice humaines sont entrées en procès dans votre institution de la C.P.I. depuis une nuit de Novembre 2011 qui a vu la déportation du Président Laurent GBAGBO ? Plus qu’une question, cette interrogation est un défi qu’il nous revient, vous et nous tous, en tant qu’humains, de relever. Car, contrairement à Robert ZIMMERMANN alias Bob DYLAN (le chanteur de folk américain et « roi » du protest-song) qui chantait dans un de ses tubes (Blowing in the wind) : « the answer is blowing in the wind », « la réponse est dans vent qui souffle », nous, victimes de Nahibly et de toute la Côte d’Ivoire profonde qui a été attaquée et massacrée, nous disons que la réponse à toutes nos tribulations (y compris le malaise profond de nos bourreaux et de leurs maîtres) est dans la conscience de chacun, libéré du joug qui l’asservit, afin d’apporter au musée de l’Histoire et de la Civilisation le témoignage de notre combat pour l’honneur, la dignité et la libération des peuples opprimés. S’il vous plaît, Madame la Procureure, ouvrez véritablement les yeux et tendez plus l’oreille en direction de l’Afrique (à travers villes, champs et hameaux) et le macadam des rues des cités occidentales et vous aurez compris que les dirigeants autoproclamés de ce monde sont bien en retard d’un désir exacerbé d’une mutation profonde. 

Merci, Madame la Procureure, d’accorder une attention particulière au présent message et que Dieu, dans Sa miséricorde vous inspire, vous guide et vous garde.


Duékoué, le 12 Mars 2013.  

Pour le Collectif des victimes de Nahibly : Emmanuel CALEB.

LE SAVIEZ-VOUS? QUELQUES FAITS REVELATEURS A PROPOS DE LA GUERRE AU MALI


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L’intervention au Mali a prétendument lieu dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mais il y a plus. Les rebelles ont été entraînés par les États-Unis et le sous-sol malien, de toute évidence, contient autre chose que du sable et du sel. À l’arrière-plan, la Chine apparaît également dans le collimateur.

 

Le sous-sol

Officiellement, l’intervention française au Mali visait à arrêter la progression des terroristes djihadistes et n’avait rien à voir avec les matières premières du pays. Mais savez-vous que, dans le sous-sol, on trouve de très nombreux minéraux, entre autres du calcaire, de la kaolinite, du cuivre, des phosphates, de la bauxite et de l’or. Ensuite, il s’avère qu’il y a aussi du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium.

La France produit 76 % de son électricité au moyen de centrales nucléaires, donc à partir de l’uranium. Savez-vous qu’au moins 30 % de cet uranium est importé du Niger, un pays voisin du Mali ?

Entraînés par les États-Unis

L’intervention française visait l’alliance des rebelles djihadistes et touareg. Mais saviez-vous qu’une partie de ces Touareg sont des militaires déserteurs de l’armée régulière malienne, qui ont été entraînés par les États-Unis ? Les soldats français qui se battent contre des rebelles drillés par les États-Unis ? Bienvenue en Absurdistan !

Mais ces Touareg ne sont pas les seuls à avoir été entraînés par le Pentagone. En mars 2012, un coup d’État a eu lieu, au Mali. Le responsable du coup d’État a été formé aux États-Unis. Dans les deux pays voisins du Mali, la Mauritanie et le Niger, la même chose s’est produite ces huit dernières années. Au Tchad, un autre pays du Sahel, des militaires également formés par les États-Unis ont vu leur tentative de coup d’État avortée. La France y a pris l’armée sous sa protection. Bienvenue encore une fois.

Un étrange concours de circonstances

Après le coup d’État au Mali, l’an dernier, trois événements se sont produits : 1. Le pays a été complètement mis à sec, ce qui l’a totalement affaibli. 2. Les rebelles dans le Nord ont été armés et financés à partir de l’étranger et on ne leur a en aucun cas mis des bâtons dans les roues. 3. Les Français ont stationné des troupes en stand-by afin d’intervenir militairement. Étrange combinaison, n’est-il pas ?

1. Les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique occidentale (ECOWAS), qui est contrôlée par la France et par les États-Unis, ont fermé leurs frontières avec le Mali, qui n’a pas d’accès à la mer. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont suspendu leur aide. De leur côté, les États-Unis ont réduit de moitié leur soutien financier au pays. C’est ainsi que le pays est devenu une proie facile pour les rebelles.

2. Et les rebelles ont donc eu de nouveau le vent en poupe. Les rebelles islamistes ont pu compter sur le soutien financier du Qatar. L’année précédente, cet État du Golfe avait déjà accordé un très gros soutien financier et militaire aux rebelles islamistes qui se battaient contre Kadhafi et il fait aujourd’hui de même en Syrie.

Les rebelles islamistes ont également pu compter sur un important soutien militaire de la part de leurs homologues en Libye. Dans ce dernier pays, il n’y a pour ainsi dire pas d’autorité centrale et les islamistes peuvent faire ce qu’ils veulent. Ainsi, actuellement, ce sont eux qui contrôlent les check-points dans les villes de Benghazi et de Derna. C’est ainsi que les preneurs d’otages de l’entreprise algérienne de gaz naturel ont également pu compter sur un soutien logistique en provenance de la Libye. Le ministre tunisien des Affaires étrangères décrit la Libye comme un « lieu de refuge pour les sections nord-africaines d’Al-Qaeda ».

Mais les choses vont bien plus loin que le soutien en provenance de la Libye. Les rebelles islamistes du Mali ont conclu une nouvelle alliance avec le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG – Groupe de combat islamiste libyen). C’est ce groupe qui, avec le soutien de commandos spécialisés de France et de Grande-Bretagne et d’unités d’élite de Jordanie et du Qatar, a chassé Kadhafi du pouvoir en 2011.

Soit dit en passant, Belhadj est le chef du LIFG et il serait (prétend-on) un ancien dirigeant d’Al-Qaeda. Savez-vous qu’il a été impliqué dans les attentats à la bombe de Madrid, en 2004, mais que, malgré cela, juste avant la rébellion en Libye, lui et sa milice ont encore reçu des entraînements des unités spéciales des États-Unis ? Saviez-vous aussi qu’après la chute de Kadhafi, l’homme est devenu gouverneur militaire de Tripoli et a envoyé des centaines de djihadistes libyens en Syrie afin de combattre contre Assad ?

Les rebelles djihadistes du Mali avaient conclu une alliance temporaire avec les Touareg. Un grand nombre de ces rebelles touareg avaient travaillé au service de Kadhafi. Pendant et après l’insurrection libyenne, il se sont rendus, lourdement armés, dans le Nord du Mali. Le gouvernement du Mali soupçonnait la France et l’Otan d’avoir conclu un marché avec les Touareg : s’ils renonçaient à soutenir Kadhafi, ils pourraient en échange s’occuper de leur propre cause dans le Nord du Mali. Quoi qu’il en soit, quand, début février 2012, les Touareg ont gagné beaucoup de terrain dans le Nord du pays, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a exigé un cessez-le-feu immédiat et un « traitement approfondi de la question targuie ».

3. Depuis avril 2012, les rebelles djihadistes et touareg avaient conquis le contrôlé du Nord du Mali. Les États-Unis et la France n’y étaient absolument pas préparés. Dans l’attente d’une intervention par des troupes africaines, les deux pays ont entretenu des unités spéciales sur place. Pour la France, il s’agissait de deux régiments, d’hélicoptères, de chasseurs à réaction et d’avions de transport militaires. Ce sont ces deux régiments qui, en quelques heures, ont lancé une contre-offensive.

La Chine

On sait que, ces dix dernières années, la Chine a considérablement renforcé sa présence en Afrique et que ceci n’est pas sans provoquer une grande nervosité. Peuvent en témoigner les propos de Pierre Moscovi, le ministre français des Finances : « Il est évident que la Chine est de plus en plus présente en Afrique. Les entreprises françaises qui le peuvent doivent passer à l’offensive. Elles doivent être présentes sur le terrain. Elles doivent se battre. »

Puisque les moyens économiques font défaut, ne faut-il pas jouer la carte militaire, dans ce cas ? En novembre 2006, la Chine organisait un sommet exceptionnel sur la collaboration économique et auquel au moins 45 chefs d’État africains étaient présents. Saviez-vous qu’un mois plus tard, précisément, Bush approuvait la création d’Africom ? Africom est le haut commandement militaire des États-Unis pour le continent africain (avec avions, navires, troupes, etc.) ? Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et, aujourd’hui, au Mali.

Saviez-vous que les États-Unis ont des bases ou installations militaires permanentes dans dix pays d’Afrique au moins ? La France, elle, a six bases militaires sur le continent. Saviez-vous aussi que l’armée américaine organise régulièrement des exercices militaires avec au moins 17 pays africains et qu’elle forme en outre des militaires dans 34 des 54 pays africains ?

Amel Boubekeur, chercheuse au prestigieux Brookings Institute, affirme qu’avec son intervention au Mali, le président français entend résoudre la situation urgente sur place, restaurer l’équilibre régional et « contrer l’influence croissante d’autres acteurs dans la région, comme la Chine ».

Le Financial Times tire une conclusion similaire à propos des États-Unis : « La militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps parce que, dans la région, elle est considérée comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle des matières premières et de contrer le rôle commercial sans cesse croissant de la Chine. »

Citation de la semaine :

«Tirons les leçons de la décennie de guerres perdues en Afghanistan, en Irak et en Libye. Ces guerres n’ont nulle part mis en place un État fort et démocratique. Au lieu de cela, elles favorisent le séparatisme, les États voyous et la loi de fer des milices armées.

Nulle part, ces guerres n’ont été en mesure de venir à bout des terroristes qui essaiment dans la région. Au lieu de cela, elles légitiment les plus radicaux d’entre eux.

Jamais ces guerres n’ont apporté la paix dans la région. Au contraire, avec l’intervention occidentale, chacun peut se soustraire à ses responsabilités. Plus grave encore, ces guerres provoquent une réaction en chaîne. Chaque intervention crée les conditions de la suivante. Elles sont une composante d’une seule et même guerre qui s’étend de l’Irak à la Libye et la Syrie, de la Libye au Mali, et qui inonde le Sahara d’armes de contrebande. Nous devons y mettre un terme.

Au Mali, aucune condition n’est présente en vue d’un succès.»

 

Dominique de Villepin, ancien ministre français de l’Intérieur et des Affaires étrangères.



Sources:

« The interests behind France's intervention in Mali  » (Les intérêts derrière l’intervention française au Mali)

F. William Engdahl, « The War in Mali and AFRICOM’s Agenda : Target China » (La guerre au Mali et l’agenda d’AFRICOM/ Cibler la Chine)

Adam Elliott-Cooper, « Blood for Uranium : France’s Mali intervention has little to do with terrorism » (Du sang pour l’uranium : L’intervention française au Mali n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme)

Yun Sun, « How China Views France’s Intervention in Mali : An Analysis » (Comment la Chine voit l’intervention française au Mali : Une analyse)

 

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action.

 

In dewereldmorgen.be


Source: MICHEL COLLON.INFO

lundi, 11 mars 2013

HOLLANDE ET FABIUS LIMOGENT PLUSIEURS DIPLOMATES FRANÇAIS OPPOSES A LA GUERRE AU MALI

 

côte d'ivoire,Hollande et Fabius limogent plusieurs diplomates français opposés à la guerre au Mali,Kamel Moulfi,ALGéRIE PATRIOTIQUE



Selon TTU (Très Très Urgent, lettre d’information hebdomadaire consacrée aux questions stratégiques et de défense), les divergences de vues sur la gestion de la crise malienne et l'intervention de l'armée française dans ce pays ne sont pas du tout tolérées par François Hollande. Plusieurs hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères qui ont osé critiquer cette politique ont perdu leur poste. Il ne s’agit pas seulement de punir ceux qui sont sortis de l’unanimisme, mais surtout, selon TTU, de mettre à l’écart des éléments «hostiles» susceptibles de parasiter la conduite actuelle du dossier malien.
 
Parmi les victimes de cette purge: d’abord la directrice de la DAOI (Direction Afrique-Océan indien), Elizabeth Barbier, puis Laurent Bigot, sous-directeur dans la même structure. Aucune explication ni affectation ne sont données aux limogés qui sont sommés par leur hiérarchie de quitter leurs postes «sous 48h».
 
Laurent Bigot n’était pas d’accord, et l’a dit, avec «la décision française de s’appuyer sur un gouvernement intérimaire contesté et une armée suspectée d’exactions contre les populations civiles, et, dans le même temps, de favoriser le MNLA, en utilisant ses hommes pour mener à bien la bataille des Ifoghas».
 
Fin janvier déjà, l’ambassadeur Jean-Félix Paganon a connu le même sort: remercié sans affectation. Il avait été nommé en juin dernier par Laurent Fabius comme son représentant spécial pour le Sahel. TTU fait savoir que c’est un «ancien» de Bamako qui l’a remplacé dans la coordination interministérielle Mali-Sahel (MMS) au sein de la DAOI.
 
Ancien gendarme saint-cyrien, Gilles Huberson avait rejoint en septembre l’ambassade de France à Bamako pour opérer comme officier de liaison entre le Quai d’Orsay et la Défense. Selon des sources diplomatiques, rapportées par TTU, il a fait partie, aux côtés de la DGSE, des discussions initiées à Kidal avec les responsables locaux et les chefs des grandes tribus targuies, dont le très influent chef ifoghas, Intalla ag Attaher. TTU s’attend à de nouvelles purges dans les rangs, cette fois, des ambassadeurs en poste dans la région.
 
Par ailleurs, toujours selon TTU, Michel Réveyrand de Menthon, ambassadeur de France au Tchad et ancien ambassadeur au Mali, pourrait remplacer Dov Zerah à la tête de lʼAgence française de développement.
 
 
Kamel Moulfi
 
 

LES FRANÇAIS SONT DES VEAUX

STALINE-HITLER.jpg

VOUS ALLEZ EN LIRE DES CHOSES ! ! !


Les français sont des veaux... pour la république façade de la secte nommée franc-maçonnerie... et ils ne sont plus chez eux... en France...



Cette belle pensée sur un peuple - les français sont des veaux - vient d'un type qui s'est vite barré de France... pour simplement aller gueuler derrière un micro en buvant du thé... au chaud... juste gueuler... contre un gouvernement légal... en temps de guerre... ça vous résume le genre du type...

CITATION DU GENERAL DE GAULLE.jpg


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00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, monde, les français sont des veaux, barruel.com, françois-xavier obrador | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 10 mars 2013

SOGONA BAMBA: VOLEUSE D'IMAGES ET MANIPULATRICE DE MEDIAS POUR «TUER» GBAGBO

 

SOGONA BAMBA. MANIPULATRICE.jpg


Voleuse et « détourneuse » d’images, adepte dévergondée de la manipulation médiatique au service d’Alassane Dramane Ouattara et de ses maîtres impérialistes. Sogona Bamba est tout cela à la fois. Elle est même plus, puisque tuer politiquement le président Laurent Gbagbo par les moyens les plus perfides fait partie de ses basses œuvres de prédilection.

 
Au plus fort de l’épisode post-électoral de la crise qui déchire la Côte d’Ivoire depuis la tentative de coup d’Etat de septembre 2002, Sogona Bamba occupe le poste stratégique de conseillère en Communication de Ouattara. Elle est donc une pièce de la nébuleuse d’officines tissée par Ouattara et ses maîtres pour manipuler l’opinion dans le dessein de renverser Laurent Gbagbo. 

L’histoire est connue. C’est le 1er avril 2011 que Sogona Bamba se révèle au monde sur le plateau de la chaîne de télévision France 24, au cours de l’émission Débat dont le thème est, ce jour-là, « Côte d’Ivoire. La guerre civile. » Sous les regards complaisants et approbateurs des journalistes de ce média qui a fait du soutien à Alassane Dramane Ouattara une véritable gageure, Sogona Bamba brandit devant les caméras une photographie montrant un homme en flammes. Les commentaires de la conseillère de Ouattara ne laissent aucun doute sur la cible et l’objectif visés par ses commanditaires. « Oui ils [les FRCI - Foces républicaines de Côte d’Ivoire - pro-Ouattara] descendent vers le sud, et je pense que c’est par légitime défense, parce que vous ne pouvez pas avoir un monsieur qui a gouverné un pays, et qui peut accepter de laisser ses partisans brûler des jeunes comme ça ! Vous ne pouvez pas ! Aujourd’hui, on ne peut pas regarder ça. […] Il faut montrer ce que les hommes de Gbagbo ont fait, c’est donc une légitime défense ! » 

Aucune méprise n’est possible sur la cible des officines qui ont mis Sogona Bamba en mission. Il s’agit d’ « un monsieur », Gbagbo, et de ses « hommes ». L’objectif est tout aussi visible. Il est double, au moins. Il s’agit, d’une part, de diaboliser le président Gbagbo en le représentant injustement sous les traits d’un sanguinaire et, d’autre part, de justifier les massacres de masse commis par les forces de Ouattara dans toute la Côte d’Ivoire et particulièrement à l’ouest du pays. En effet, au moment même où Sogona Bamba se livre à son exhibition sur France 24, les sbires de Ouattara - Frci, dozos, milices en tout genre dont celle d’Amadé Ourémi, etc. - se livrent méthodiquement à des massacres de centaines de civils Guérés à Duékoué. La concomitance de l’annonce de Sogona Bamba et des massacres n’est pas fortuite. Elle s’inscrit dans le projet machiavélique d’élimination du président Gbagbo. 

Quelques temps après, la grosse arnaque est découverte. La photographie brandie par Sogona Bamba devant les caméras de France 24 n’a pas été prise en Côte d’Ivoire mais dans un autre pays africain. Le Kenya ou l’Afrique du sud, peu importe. Les faussaires ont même pris soin d’effacer un ou deux agents de forces de l’ordre - selon l’angle de la prise de vue - dont les tenues indiquent qu’ils ne sont pas ivoiriens (Voir photographies ci-dessous) Il y a indéniablement faux et usage de faux. 

Le vol d’une photographie dans l’histoire d’un pays étranger et son intégration pernicieuse dans l’iconographie de la guerre post-électorale en Côte d’Ivoire ne peuvent être l’effet du hasard. Ils sont prémédités et participent d’un plan général de manipulation médiatique concocté par les hommes de main d’Alassane Dramane Ouattara. Le détournement et l’utilisation de cette photographie usurpée ou d’une autre venue d’ailleurs, près de deux ans plus tard, pour étayer les accusations de la Cour pénale internationale (Cpi) contre le président Gbagbo montrent bien qu’il y a préméditation. Ces actes ajoutent même aux circonstances aggravantes de la vacuité de ces accusations. 

La présence de preuves fabriquées de toutes pièces dans le dossier d’accusation du président Gbagbo jette le discrédit sur la Cpi. Le délit de faux et usage de faux ne lui laisse que le choix de la libération du président Gbagbo. Sauf à vouloir prouver que la Cpi peut s’affranchir des normes élémentaires du droit positif. Sauf à admettre, contraint et forcé par ses géniteurs, que le faux peut prospérer et faire foi devant la Cpi pourtant présentée par ses thuriféraires comme le nec plus ultra de la fameuse « justice internationale. » Les commanditaires de la Cpi finiront par convaincre même les plus sceptiques que leur chose est bien au service de l’impérialisme international et que sa mission consiste à flétrir les faibles, par tous les moyens, et à blanchir les puissants, à tout prix. 

L’Histoire a retenu des exemples fameux de manipulations médiatiques. Pour fabriquer les charniers de Timisoara, en Roumanie, en décembre 1989, les manipulateurs ont déterré des morts d’un « cimetière des pauvres » et les ont « offerts complaisamment à la nécrophilie de la télévision. » (Ignacio Ramonet in Le Monde diplomatique, mars 1990). Les images de ces faux charniers ont donné lieu à une virulente campagne qui a couvert les médias de discrédit. Les charniers de Timisoara rappellent celui de Yopougon que beaucoup attribuent aux manipulateurs nécrophiles du Rassemblement des républicains (Rdr) d’Alassane Dramane Ouattara. 

Aujourd’hui, il est indéniablement établi que l’affaire des armes de destruction massive de Saddam Hussein n’était qu’une campagne mensongère orchestrée par les Etats-unis d’Amérique de Georges Bush et leurs alliés. Cette manipulation fait penser aux obus que Ouattara et la Cpi accusent, sans la moindre enquête, le président Gbagbo d’avoir lancé sur un marché de la commune d’Abobo en mars 2011. Des obus si intelligents qu’ils ont su faire le tri entre les Ebriés, les Baoulés, les Bétés, les Abeys, les Guérés, etc., qui se côtoient sur ce marché pour ne tuer que des Dioulas partisans de Ouattara. 

Sogona Bamba a franchi les limites du mensonge avec sa photo volée et truquée. Elle est même allée au-delà de l’imposture. Le titre de députée béni-oui-oui de Tafiré, Badikaha et Niediekaha qui lui a été gracieusement offert comme salaire de la débauche et de la perversion intellectuelle par son gourou Ouattara lui sied à merveille. Circonstance aggravante, Sogona Bamba s’est installée dans une attitude de défiance face à la stigmatisation de son imposture. Effarouchée par la menace de poursuites judiciaires évoquée par un quotidien ivoirien, Sogona Bamba est montée sur ses grands chevaux pour attaquer les « donneurs d’ordres pro-Gbagbo qui sont sûrement derrière cette fronde dérisoire et ridicule » sur « la base d’une puérile et unique photo (sic) », avant de conclure : « J’attends avec bonheur et impatience leur plainte. » (Le Patriote, samedi 02 juin 2012). 

Sogona Bamba n’a rien inventé. La défiance arrogante et naïve est l’une des caractéristiques des marionnettes de l’impérialisme, lorsqu’elles fantasment sur une protection supposée indéfiniment acquise de leurs maîtres. Commères et mégères peuvent nourrir l’illusion d’être des lumières. 

Sogona Bamba ne perd rien pour attendre les poursuites judiciaires qu’elle appelle de tous ses vœux. Le jugement de l’Histoire la jettera dans les poubelles puantes des temps sales. Elle y retrouvera sa photo volée et truquée. 
 

Par Deuxer Céi Angela. L’œil du juste


Source: AFRIK53.COM

samedi, 09 mars 2013

ALTIT - AFFAIRE GBAGBO: «C'EST L'AVENIR DE LA COTE D'IVOIRE QUI EST EN JEU»


MAITRE EMMANUEL ALTIT.JPG

Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, a exposé sa vision des faits qui se sont déroulés en Côte d'Ivoire.


Emmanuel Altit, avocat du président déchu, revient sur l'audience de confirmation des charges qui s'est déroulée à la Cour pénale internationale. Interview.

 

Laurent Gbagbo, ex-président de Côte d'Ivoire, est soupçonné de crimes contre l'humanité par le procureur de la Cour pénale internationale. Fin février, au moment où l'audience de confirmation des charges se déroule à La Haye, Amnesty International publie un rapport intitulé "Côte d'Ivoire. La loi des vainqueurs". L'ONG pointe du doigt les exactions commises contre des partisans de Laurent Gbagbo. Elle s'inquiète que le bureau du procureur de la CPI n'ait pas encore annoncé "l'ouverture de l'enquête à des événements antérieurs" aux violences post-électorales de 2010. Jusqu'à aujourd'hui, le clan Ouattara n'a pas été inquiété par la justice internationale. La France est intervenue militairement dans la chute de Laurent Gbagbo, tandis que les Nations unies ont endossé tour à tour le rôle de force de maintien de la paix et de négociateur. Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, revient pour Le Point.fr sur sa ligne de défense. Et décrit une "autre réalité". Entretien.


Le Point.fr : Laurent Gbagbo a été arrêté il y a bientôt deux ans, le 11 avril 2011. Depuis cette date et jusqu'à aujourd'hui, quel a été son parcours ? 

Emmanuel Altit : Laurent Gbagbo a été arrêté dans des conditions terribles, après un assaut donné par les forces françaises et les rebelles. Il y a eu une intervention extrêmement brutale des rebelles. Les personnes qui se trouvaient dans la résidence ont été battues, poignardées, molestées. Laurent Gbagbo a passé deux jours à l'hôtel du Golf, le QG d'Alassane Ouattara. Puis il a été transféré dans le nord de la Côte d'Ivoire le 13 avril à Korhogo, où il est resté jusqu'au 29 novembre 2011. Il était gardé par un chef de guerre, le commandant Fofié, soupçonné de crimes très graves. Il a été arrêté et détenu sans mandat et sans aucun titre judiciaire. Ses droits ont été violés. Nous avons essayé d'aller le voir dès juin 2011, mais nous n'y sommes parvenus qu'en octobre. Au moment où nous l'avons rencontré, Laurent Gbagbo était dans un grand état de fatigue, aggravé par ses conditions de détention. Le 29 novembre 2011 a eu lieu une audience à Korhogo durant laquelle les avocats n'ont pas pu réellement s'exprimer. Leur demande visant à obtenir quelques jours supplémentaires pour préparer la défense a été rejetée. On leur a même affirmé, à l'issue de l'audience le 29 novembre au soir, que Laurent Gbagbo allait réintégrer sa cellule, alors qu'il était déjà dans l'avion pour La Haye. Cet enlèvement, appelons-le comme ça, puisque cela ne répondait à aucune norme juridique applicable, a été décidé quelques jours auparavant, après une réunion à Paris entre Alassane Ouattara et le procureur de la CPI de l'époque, Luis Moreno Ocampo. À partir de son arrivée à La Haye, il a été traité avec décence, mais a mis du temps à récupérer. 

L'audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité, a eu lieu à la Cour pénale internationale du 19 au 28 février. Le procureur lui reproche quatre événements qui ont tous eu lieu lors de la période post-électorale, du 16 décembre 2010 au 12 avril 2011. Votre ligne de défense a consisté, dès le début, à revenir sur les événements qui ont eu lieu avant les élections de 2010. Pourquoi ?

Le procureur est particulièrement discret sur tout ce qui s'est passé entre 2002 et 2010. Il a voulu faire porter la responsabilité du conflit sur les seules épaules du président Gbagbo. Avant 2010, il y a eu un certain nombre de coups d'État. À chaque fois, les rebelles venaient du Burkina Faso, parvenaient en Côte d'Ivoire et attaquaient différents endroits, notamment Abidjan. En 2002, après plusieurs échecs, les rebelles mettent la main sur la moitié nord du pays. Ces rebelles ont mis le nord du pays en coupe réglée, pratiquant extorsions à grande échelle, pillages, meurtres, viols, trafics en tout genre (cacao, diamants, or, armes). Les chefs des rebelles sont soupçonnés par de grandes ONG de défense des droits de l'homme de crimes très graves. Voilà la vérité des choses. Il y avait une guerre depuis 2002 et les événements de 2010 en sont la suite logique. Le président Gbagbo n'a cessé de tenter de parvenir à un accord avec les rebelles pour réunifier le pays. En 2003, il les fait entrer au gouvernement et leur confie des ministères importants : Défense, Affaires étrangères, etc. En 2007, il nomme même le chef de la rébellion, Guillaume Soro (désormais président de l'Assemblée nationale, NDLR), Premier ministre. À l'époque, ces tentatives de conciliation lui seront reprochées, certaines personnes craignant que les rebelles jouent un double jeu, qu'ils n'acceptent des postes que pour mieux se saisir du pouvoir.

Vous vous êtes demandé devant la Cour pourquoi des membres du clan Ouattara qui ont commis des exactions ne comparaissent pas, eux aussi, devant la CPI. En faisant cela, ne cherchiez-vous pas à politiser l'affaire ?

Le procureur n'a pas suffisamment précisé le contexte. Il nous appartenait de reconstituer la vérité historique : il y avait une guerre depuis le 19 septembre 2002. Ce qui s'est passé après les élections de 2010, c'est la continuation de cette guerre. Cela change tout. Car, dans cette optique, qui attaque ? Les rebelles. Qui tente de s'emparer du pouvoir ? Les rebelles. Cela donne une clé de compréhension différente. Le procureur, en ne tenant pas compte des faits antérieurs à 2010, donnait à penser que, soudainement, le président Gbagbo avait décidé de refuser le verdict des urnes et de s'attaquer de manière gratuite aux supporteurs de son adversaire. Ce n'est pas la vérité. Il est difficile de reconstituer dans une cour la vérité, mais il est nécessaire de vouloir reconstituer quelque chose qui s'en approche. Si l'on donne à voir une réalité différente, on comprend que le récit du procureur n'est pas forcément le bon. 

L'audience de confirmation des charges s'est achevée le 28 février. Quelle est la suite de cette affaire ?

Nous déposons les écritures de la défense le 28 mars. La Cour aura ensuite soixante jours pour se décider. Il y a quatre possibilités. La première est que les juges estiment que les éléments étayant les accusations du procureur ne sont pas convaincants. Deuxièmement, les juges peuvent confirmer seulement certaines charges et en infirmer d'autres. Ils peuvent également confirmer l'intégralité des charges. Enfin, les juges peuvent demander au procureur des précisions ou un complément d'enquête. Il faut bien comprendre que c'est un dossier important, car c'est l'avenir de la Côte d'Ivoire qui est en jeu.


Propos recueillis par 


Source: LE POINT

BERNARD HOUDIN - GBAGBO: CRIMINEL OU DEMOCRATE?

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1er mars 2013. Bernard Houdin, conseiller spécial et représentant du porte-parole de Gbagbo pour l’Europe et l’Amérique, revient pour Marianne, sur les contre-arguments des avocats de l’ancien président.


Après avoir comparu pendant dix jours devant la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), l’ancien président de Côte d'Ivoire devra attendre encore plusieurs semaines pour connaître son sort : la liberté ou un procès. Procès à haut risque, selon son conseiller spécial Bernard Houdin qui conteste ici point par point les charges de crimes contre l’humanité présentées par l’accusation.

 

C’est au plus tard le 28 mai prochain que la Cour pénale internationale (CPI) dira si oui ou non Laurent Gbagbo, 67 ans, président déchu de la Côte d’Ivoire, devra être jugé pour «crimes contre l’humanité».

Pendant dix jours, les magistrats ont tenté de déterminer si les éléments de preuve rassemblés par l’accusation justifiaient la tenue d’un éventuel futur procès. D’après la Gambienne Fatou Bensouda, la procureure de la CPI interrogée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, «sans l’implication de Laurent Gbagbo, tous les crimes commis durant la crise post électorale ne l’auraient jamais été.»  Il serait le «coauteur indirect» d’un plan visant à conserver le pouvoir, malgré l’élection (controversée) d’Alassane Ouattara, y compris en recourant aux meurtres et à la violence, laquelle fit près de 3 000 victimes dans les deux camps. «Il élaborait sa stratégie avec un groupe de proches mais il était le principal coordonateur des exactions» estime Fatou Bensouda. Pour Eric McDonald, un de ses magistrats, «les attaques des forces pro-Gbagbo entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 revêtaient un caractère généralisé et systématique (…) contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques.»  

Au dernier jour de l’audience de confirmation des charges, le 28 février, pour la première fois depuis sa comparution devant la CPI en décembre 2011, Laurent Gbagbo a pris la parole. «Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie », a expliqué celui qui connut à plusieurs reprises les geôles d’Houphouët-Boigny. « Je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre, je n’ai jamais cru çà, j’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion.»

Pourquoi, selon vous, la CPI ne peut renvoyer Laurent Gbagbo en procès? 

Bernard Houdin: D’abord pour des raisons strictement juridiques d’irrecevabilité, comme l’a magistralement démontré à l’ouverture de l’audience, le 19 février, un des avocats du président, le Pr Jacobs, de l’université de Leiden, lequel a d’ailleurs formé plusieurs des juges de la CPI. 

Dans ses nombreux arguments, j’en retiens un. Depuis la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, à plusieurs reprises l’état ivoirien s’est dit parfaitement en mesure d’instruire et juger, avec son propre système. La Côte d’ Ivoire n’est ni la Somalie, ni le Sierra Leone. Pour que la CPI se saisisse, il aurait donc d’abord fallu que Laurent Gbagbo soit jugé dans son propre pays.

Par ailleurs, la notion de coauteur indirect entretient une totale confusion sur les responsabilités supposées du président dans les violences qu’on lui reproche. Et où sont les autres auteurs? 

Sur le fond, la comparution de Laurent Gbagbo devant la CPI est une entreprise politique, en contradiction flagrante avec la déclaration d’indépendance autoproclamée de cette juridiction.  Il ne faut pas oublier que son transfert à La Haye y a été précédé par le déplacement du procureur de la République du nouveau régime (celui d’Alassane Ouattara, ndlr) accompagné… du ministre français de la Justice de l’époque. Cela pose un problème, non?

Entre autres, l’accusation a retenu quatre gros dossiers à charge. Vous les contestez? 

Prenons les un par un. Il y a d’abord la répression, soi disant aveugle, d’une marche, soi disant pacifique, des pro Ouattara sur la RTI, la télévision nationale ivoirienne. Des images des télévisions françaises ont confirmé ce que nous affirmons depuis longtemps : loin d’être pacifique cette marche était infiltrée par des éléments rebelles armés, venus d’Abobo (immense quartier d’Abidjan, réputé favorable à Alassane Ouattara et qui abritait plusieurs groupes rebelles pendant la crise, ndlr) ou de l’hôtel du Golf (le QG  de Ouattara jusqu’à la chute de Gbagbo, ndlr).  Face à la menace, les forces de sécurité ont fait leur travail.

Et la marche des femmes d’Abobo, réprimée dans le sang (sept tuées par balle, ndlr)... Elles aussi étaient infiltrées? 

Parlons-en! On attribue aux forces loyalistes (FDS) la responsabilité de ce drame. Mais un livre («Abobo la guerre » de Leslie Varenne, éditions Mille et Une Nuits),  a démontré, sans qu’il fût  à ce jour jamais contesté ni attaqué, que cette marche a été instrumentalisée par Guillaume Soro (l’actuel Premier ministre d’Alassane Ouattara, ancien chef des rebelles lors du coup d’état de 2002, ndlr) afin de créer des incidents graves et d’en faire porter la responsabilité à Laurent Gbagbo.

Vous savez que la journaliste en question, correspondante de la Tribune de Genève, n’était pas particulièrement pro-Gbagbo et considérait d’ailleurs qu’Alassane Ouattara avait été normalement élu. On ne peut donc lui reprocher un point de vue partisan. A Abobo, elle a travaillé pendant plusieurs mois au contact du fameux Commando Invisible (une des factions rebelles contre laquelle Soro et Ouattara se sont ensuite retournés, tuant son chef Ibrahim Coulibaly dit IB, ndlr), au plus près donc de ce qui se passait réellement.

Son enquête sur cette tuerie est édifiante. Sur la foi des informations venues de l’hôtel du Golf (QG de Ouattara, ndlr) les femmes en question pensaient manifester en toute tranquillité, protégées par le Commando Invisible. Or les hommes d’IB n’étaient au courant de rien et le parcours choisi par le RDR (la formation de Ouattara, ndlr) était loin d’être sans risque. La preuve, puisqu’elles ont croisé des chars des FDS. L’accusation prétend que ce sont eux qui ont tiré sur les femmes mais pourquoi alors ont-elles été touchées dans le dos?

Manip aussi le bombardement du marché de Siaka Koné, toujours à Abobo? 

Ces supposés bombardements ne sont étayés que par des témoignages au demeurant fort contradictoires. Sur place en tout cas on n’a relevé aucun impact, aucun cratère susceptible d’avoir été causé par une bombe!

Le dernier point concerne les violences et exactions perpétrées contre des populations dioulas le 12 avril à Yopougon, fief des partisans de Laurent Gbagbo? 

Une précision d’abord: cette idée que les quartiers à Abidjan seraient racialement et politiquement totalement homogènes ne correspond pas à la réalité. Mais passons. Le 12 avril Laurent Gbagbo est dans l’hélicoptère qui le conduit vers son lieu de détention forcée de Korhogo. Dès sa chute, acquise uniquement grâce à l’intervention de militaires français, les bandes rebelles se sont répandues dans de nombreux quartier d’Abidjan et notamment à Yopougon où elles ont commencé à piller et tuer. Que des individus ou des groupes d’individus se soient constitués en groupe d’auto défense ne fait guère de doute mais rien, absolument rien ne démontre un plan machiavélique de nettoyage ethnique ordonné préalablement à son arrestation par Laurent Gbagbo.

Pour sa première prise de parole depuis sa comparution, Laurent Gbagbo a peu parlé hier (28 février). Il n’avait rien à dire aux juges? 

Le président n’allait pas refaire l’audience et reprendre les arguments de ses avocats… Il a en tout cas témoigné son respect à la Cour en étant constamment présent, à l’inverse de la procureure qui est partie dès le troisième jour. C’est un peu cavalier comme comportement alors que c’est la première fois que la CPI, en tant que tel,  doit se prononcer sur le sort d’un chef d’état africain. Gbagbo a dit ce qu’il avait à dire: de 2002 à 2011 il a toujours fondé son action sur le respect du droit et de la Constitution.

L’accuser d’un plan machiavélique pour rester au pouvoir est absurde! C’est lui qui a crée la commission électorale indépendante, composée essentiellement d’opposants, lui qui a autorisé Ouattara  à se présenter (en dépit de la controverse ancienne sur sa nationalité, ndlr) lui encore qui a imposé le bulletin de vote unique et un équilibre des temps de parole pendant la campagne électorale! Cela en fait un dictateur bien singulier…

Comment voyez-vous la suite… 

La CPI se veut indépendante. Dans ce cas, elle doit dire le droit et rien que le droit et rejeter le storytelling matraqué ad nauseam depuis des mois par certains milieux politiques et relayés par la majorité des médias français. Elle doit libérer Laurent Gbagbo et ouvrir ainsi la voie à la réconciliation nationale dont la Côte d’Ivoire a tant besoin pour préparer son avenir et son développement. Et ce, quelle que soit la position future de Gbagbo dans le pays.

Dans le cas contraire? 

Outre que la Cour foulera aux pieds le droit, on peut craindre des dégâts politiques et humains dont elle sera redevable.

 

Source: MARIANNE.NET

mercredi, 06 mars 2013

«L'AUTORITE PUBLIQUE EST AUX MAINS DU SYSTEME FINANCIER» - HERVE KEMPF


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Vous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique: la fin possible de la démocratie.


L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie. L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.

Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.

Bien sûr. L’oligarchie répète sans cesse que nous sommes dans une démocratie et que tout est parfait. C’est une fiction. Même les intellectuels ont oublié le concept d’oligarchie et contribuent à nourrir la fiction. Tous les intellectuels en syntonie idéologique avec le capitalisme ont maintenu l’idée selon laquelle existaient seulement deux alternatives: ou la démocratie, ou le totalitarisme. Cela pouvait être compris au début à travers deux exemples : dans les années ’30 avec Hitler, ou dans les années ’50 ou ’60 avec l’Union soviétique, on pouvait dire qu’il était précis d’opter entre la démocratie et ces deux dictatures. Mais cela est fini: depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le naufrage de l’Union Soviétique, nous passons à un autre ordre. Mais les intellectuels qui sont au service du capitalisme ont persisté dans l’idée selon laquelle il y a seulement deux chemins: ou la dictature, ou la démocratie.

C’est pourquoi il est important que le concept d’oligarchie soit bien présent pour comprendre que, progressivement, la démocratie nous a été volée. Les pays européens, et beaucoup plus les États-Unis, ont glissé vers un régime oligarchique où le peuple n’a déjà plus de pouvoir. La démocratie européenne est malade, elle s’est beaucoup affaiblie, et s’oriente de plus en plus vers l’oligarchie. En revanche, les États-Unis ont arrêté d’être une démocratie : c’est une oligarchie, parce que c’est l’argent qui détermine les orientations des décisions politiques. En réalité, l’oligarchie est une démocratie qui fonctionne seulement pour les oligarques. Dès qu’ils se sont mis d’accord entre eux, ils imposent les décisions. Nos systèmes ne peuvent plus s’appeler démocratie, parce que la puissance financière détient un pouvoir démesuré. L’autorité publique est dans les mains du système financier. Les pouvoirs publics ne prendront jamais de décision que puisse nuire aux intérêts économiques, aux intérêts de l’oligarchie financière. Nous devons accepter l’idée que ceux qui ont les rênes du pouvoir politique de l’État ne prennent pas de décisions pour le bénéfice de l’intérêt général. Leurs décisions peuvent aller à l’ encontre de l’intérêt public.

Ce raisonnement implique que la souveraineté populaire a disparu, comme idée et comme pratique.

Effectivement. Déjà il n’y a plus de souveraineté populaire. Quand le peuple arrive à réfléchir, à discuter et à délibérer ensemble et prend une décision, l’oligarchie va contredire la décision populaire. En 2005 il y a eu en Europe un grand débat autour d’un référendum qui à la fin a été organisé en France et ensuite en Irlande et aux Pays-Bas sur un projet de traité de Constitution européenne. Pendant six mois, la société française a discuté de ce sujet comme elle ne le faisait pas depuis de nombreuses années. Les médias, appuyant la philosophie capitaliste, disaient « il faut voter oui, il faut voter en faveur du traité ». Mais le peuple français a voté « non ». Et qu’est-il arrivé ensuite ?

Presque deux ans plus tard les gouvernements d’Europe ont imposé ce traité avec quelques légères modifications sous le nom de Traité de Lisbonne. Il y a eu alors une trahison extraordinaire de la volonté populaire. Nous retrouvons cet exemple dans d’autres endroits. Sans aller plus loin, en 1991, en Algérie, les islamistes ont gagné les élections législatives, mais les militaires ont interrompu le processus par un coup d’État qui a mené le pays vers une guerre civile épouvantable. Autre exemple : en 2005 les palestiniens ont voté pour choisir leurs députés. C’est le Hamas qui a gagné. Cependant, tous les États, des États-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par Israël, ont choisi d’ignorer le Hamas parce qu’ils le considèrent comme une organisation terroriste.

On n’a pas respecté le vote du peuple palestinien. Le peuple en tant que tel est le cœur de la démocratie c’est-à-dire le principe à partir duquel tous partageons quelque chose. Le peuple n’est pas vous, Michel ou moi, mais tous ensembles. Nous partageons quelque chose et nous devons prendre une décision conjointe. Nous formons un corps, c’est pourquoi on dit « le corps électoral ». Mais ce qui est arrivé en Europe en 2005 marque une rupture profonde avec le peuple.

Cependant, entre l’idée d’oligarchie qui existait au début du XXe siècle et maintenant, il y a eu aussi une coupure radicale dans ce groupe.

Oui. Il y a eu une évolution de l’oligarchie. Maintenant nous pouvons parler des déviations de l’oligarchie poussée par l’évolution même du capitalisme. Durant les trente dernières années le capitalisme s’est transformé. Tout commence en 1980, quand Ronald Reagan gagne les élections présidentielles aux États-Unis et Margaret Thatcher arrive au pouvoir en Grande-Bretagne. À partir de là, non seulement s’est concrétisé un capitalisme orienté vers la spéculation financière, mais aussi une une transformation culturelle, anthropologique a eu lieu. La philosophie capitaliste s’est répandue avec ce message: «La société humaine n’existe pas».

Pour les capitalistes, la société est un une collection d’individus qui se trouvent dans une boule et son unique mission consiste à en tirer un maximum de profit. Pour les capitalistes, l’individu est séparé des autres, est en concurrence permanente avec eux. Dans cette vision, ce qui est commun n’est plus le peuple, mais le marché. Pour cette raison les gens ont tant de difficultés à se sentir un citoyen qui participe à un processus commun à tous. Le système a occulté une donnée : le phénomène fondamental qui s’est produit au sein du capitalisme au cours des trente dernières années fut l’augmentation de l’inégalité, dans tous les pays, y compris les pays émergents.

Nous sommes dans une phase cruciale de crise. Il n’y en a déjà plus une, mais plusieurs, et toutes se concentrent en même temps. La réponse de l’oligarchie est proportionnelle à l’intensité de ces crises : l’autoritarisme et la répression comme réponse.

Nous sommes dans un moment très délicat de l’humanité. La crise écologique s’aggrave de plus en plus et les crises sociales s’accroissent : Europe, États-Unis, les pays arabes, la Chine et Inde. Et face à l’augmentation des protestations populaires, l’oligarchie tend à aller vers une direction de plus en plus autoritaire, répressive, militaire. C’est ainsi en France, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada. Dans chacun de ces pays nous avons vu le développement impressionnant des technologies policières (caméras de surveillance, fichiers informatiques, etc.). Nous affrontons un double danger : non seulement que la démocratie se dirige vers l’oligarchie mais, aussi, que l’oligarchie, le capitalisme en général, entrent dans une phase autoritaire, insistant sur des sujets comme la xénophobie, l’insécurité ou la rivalité entre les nations. L’oligarchie ne veut pas adopter des mesures pour pallier à la crise écologique ou pour diminuer l’inégalité. Non. Ce que l’oligarchie veut, c’est conserver ses privilèges fondamentaux. C’est une oligarchie destructrice. Je crois qu’elle ne comprend pas la gravité de la situation. Au lieu d’évoluer, l’oligarchie est chaque fois plus réactionnaire.

Aujourd’hui il y a un nouvel élément, qui sera sans doute déterminant: la crise écologique, la crise climatique. Cependant, peu sont ceux qui sont disposés à relever les défis.

Nous sommes dans un moment essentiel de l’histoire humaine, pour deux raisons. En premier lieu, nous traversons un moment de notre histoire dans lequel l’humanité arrive aux limites de la biosphère. L’espèce humaine s’est répandue et développé à travers de la planète en s’appuyant sur une nature qui nous semblait immense et inépuisable. Mais maintenant l’ensemble de l’espèce humaine découvre que la planète a des limites et qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre l’activité et la créativité humaines et les ressources. Nous devons changer de culture et passer de l’idée selon laquelle la nature est inépuisable à la réalité que nous mettons en danger ces ressources. Il nous reste à apprendre à les économiser et à les utiliser avec sagesse et prudence. En cela, se joue un changement de culture. Le deuxième en importance, est que nous nous trouvons au moment où nous formons une société humaine. Avant nous étions comme des étrangers les uns avec les autres. Là non.

Même si à Río de Janeiro on vit d’une façon différente qu’à Paris, à Londres ou Shanghai, il y a beaucoup d’éléments communs qui nous amènent à prendre conscience que nous appartenons au même monde. La mondialisation non seulement est en compétition avec la mondialisation de la culture ou de l’économie, non, mais aussi atteint la population humaine. Nous découvrons que nous avons des intérêts communs. Les problématiques de l’oligarchie ou de la démocratie se jouent aussi en « Amérique Latine [El Correo propose « Latinoriginaire », parce que il faut intégrer et non diviser, comme le fait ce concept raciste et ségrégationniste] », en Asie et en Europe. Nous sommes la même société. C’est un nouvel élément dans l’histoire de l’humanité. Mais cette nouvelle société doit réécrire, inventer une nouvelle façon de vivre avec la biosphère et les ressources naturelles. Si nous n’arrivons pas à le faire, cette société humaine ira vers le chaos, la concurrence et la violence [nous y sommes déjà au Moyen Orient et Afrique NDLT]. Il n’y aura pas seulement du désordre, l’aventure humaine s’arrêtera.

Pour vous, il ne peut pas y avoir un renouvellement de la démocratie si la question écologique n’est pas prise en considération.

L’écologie et la démocratie sont inséparables. Si nous regardons vers les années 70, quand le mouvement écologique a pris son impulsion, il l’a fait avec une critique de la démocratie. La démocratie a toujours été dans le cœur de l’écologie. Mais ensuite le capitalisme a dérivé vers l’oligarchie et nous ne sommes déjà plus dans une situation démocratique. Le capitalisme et l’oligarchie poussent toujours vers la croissance économique. Mais aujourd’hui nous savons que cette croissance économique fait des dommages importants à l’environnement. Nous ne savons pas produire de la croissance économique sans détruire l’environnement, sans émettre du gaz avec effet de serre, sans détruire les forêts comme dans l’Amazonie, ou sans produire d’énormes quantités de soja comme en Argentine, pour lequel des tonnes de pesticides sont utilisés. La croissance permet qu’on oublie l’énorme inégalité qu’existe. La croissance permet de calmer les tensions sociales. Le développement de l’oligarchie, c’est-à-dire, le délire d’un petit nombre de personnes pour s’enrichir d’une manière colossale, pousse à la croissance et, en même temps, à la destruction de la nature. C’est pourquoi la question démocratique est essentielle. Nous devons arriver à une situation où nous pouvons discuter et réussir à diminuer l’inégalité et, ainsi, pouvoir redéfinir ensemble une économie juste qui ne détruit pas l’environnement.

En somme, toute reformulation de l’idée et du principe de démocratie passe par l’écologie.

Effectivement: il est impossible de penser le monde si nous oublions de la question écologique. Ce sujet n’est pas exclusif des Européens ou des occidentaux, non, c’est une question mondiale. Le sujet du changement climatique, le sujet de l’épuisement de la biodiversité ou de la contamination sont des sujets mondiaux. Il est impossible de penser à l’émancipation humaine, à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’évolution vers une humanité réalisée dans laquelle chaque personne pourra exprimer ses potentialités par rapport aux autres, dans le concret, rien de cela ne peut être pensé si sont laissées de coté , la nature et la relation avec la biosphère. La situation actuelle est grave à cause de la crise écologique mais aussi pleine d’espoir. Nous avons dix ou vingt ans devant nous pour organiser la transition et permettre aux jeunes du futur qu’ils imaginent une société harmonieuse. Si dans 10 ans nous ne contrôlons pas la contamination, si dans 10 ans nous ne réussissons pas à l’empêcher l’évolution dictatoriale du capitalisme, nous allons tout droit vers des situations très difficiles.

 

Par Eduardo Febbro, Hervé Kempf *

 

El Correo, le 19 février 2013.

Eduardo Febbro pour Página 12
Página 12. Depuis Paris, le 18 février 2013.


Source: INTERNATIONAL NEWS

POURQUOI LA CPI NE PEUT PAS LACHER (DE SITOT) GBAGBO

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L’évènement est passé inaperçu.  Le 14 mars 2012, la cour pénale internationale, créée le 1er juillet 2002, a rendu son premier jugement en condamnant à 14 ans de prison un chef de milice congolais Thomas Lubanga, reconnu coupable de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.

Le procès avait débuté trois ans plus tôt, ce qui témoigne de l’extrême lenteur de la justice internationale. La défense de Lubanga avait pointé de nombreux faux témoignages, reconnus comme tels, dans le dossier d’accusation, ce qui illustre sa propension à mener des enquêtes bâclées. Et, on avait noté l’absence sur le banc des accusés de nombreux autres chefs de guerre responsables, autant que Lubanga, des millions de morts du conflit congolais.

D’où l’accusation d’exercer une justice des vainqueurs. Ce qui n’avait pas empêché le procureur de réclamer trente ans de prison. Les juges avaient coupé la poire en deux en infligeant à Lubanga une demi-peine.

Lenteur, approximation et partialité

Dans l’audience de confirmation des charges contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo qui a débuté depuis le 19 février, on retrouve les mêmes symptômes de lenteur, d’approximation, et de partialité dont la justice internationale a fait sa marque de fabrique.

L'ex chef d'État est accusé d'être «le coauteur indirect de meurtre, de viol et d’acte inhumain constituant un crime contre l’humanité». Au cœur de l'accusation, quatre événements, la répression de deux marches des pro-Ouattara, l'une  sur la Télévision ivoirienne, l'autre de femmes d'Abobo, un quartier d'Abidjan, le bombardement d'un marché d'Abobo, et les massacres qui ont suivi la chute de Gbagbo dans le quartier de Yopougon.

Au total plusieurs dizaines de victimes dans une crise post-électorale qui a fait des milliers de morts (le nombre de trois mille est communément avancé mais, en réalité, il est bien supérieur).

Pour étayer son dossier, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, a collecté des rapports de l'ONU, d'organisations de défense des droits de l'homme, cité des témoins le plus souvent anonymes, s'est appuyé sur des articles de presse souvent partisans mais n'a pas mené de véritable enquête pénale: pas d'autopsies des corps des victimes, pas d'expertises balistiques sérieuses...

Or, les partisans de Gbagbo rejettent la responsabilité de certains de ces événements meurtriers sur un «commando invisible», dirigé par un chef rebelle dissident, Ibrahim Coulibaly, qui avait pris, à l'époque, le contrôle d'une partie du quartier d'Abobo. Ce chef de guerre a été abattu par les partisans du tandem Ouattara-Soro après la chute de Gbagbo.

Silence sur les crimes commis par les nouvelles forces pro-Ouattara

La justice internationale pêche aussi par omission. Elle oublie ainsi d'évoquer l'exécution de centaines de pro-Gbagbo à Duékoué, dans l'ouest du pays. Des hommes et des adolescents, abattus selon un scénario qui évoque Srebreniça, sous les yeux de casques bleus marocains qui sont restés l'arme au pied.

Elle limite son champ d'investigation aux quatre mois de la crise post-électorale (décembre 2010-avril 2011) et ne prend pas en compte les événements antérieurs et postérieurs. Pas d'enquête sur les exactions commises depuis le coup d'état manqué du 19 septembre 2002 en zones gouvernementales et rebelles.

Silence sur les exécutions sommaires, les tortures commises par les nouvelles forces pro-Ouattara et dénoncées dans un récent rapport d'Amnesty International.

Et, enfin, symbole d'une justice inéquitable, aucun chef de guerre pro-Ouattara n'est traduit devant la CPI. On sait pourtant qu'au moins trois mandats ont été émis contre eux mais ils ne sont pas exécutés.

Selon la propre enquête du gouvernement Ouattara, au moins un tiers des morts de la crise post-électorale leur sont pourtant imputables. Sont-ils les «coauteurs indirects» des crimes qu'on impute pour l'instant au seul Gbagbo. Un concept fumeux qui induit l'idée qu'il y aurait des auteurs ou des coauteurs directs qui, eux, ne sont pas inquiétés.

Si Gbagbo encourt une lourde peine de prison dans l'hypothèse où les charges qui pèsent contre lui seraient confirmées, la Cour Pénale Internationale court un bien plus grand risque dans ce procès, celui de perdre le peu de crédibilité qui lui reste. Car, après plus de dix ans d'existence, son bilan est bien maigre.

Gbagbo: une «opportunité» pour la dispendieuse CPI

Depuis sa naissance en juillet 2002, la CPI n'a réussi à condamner qu'un seul criminel de guerre, le Congolais Lubanga. Pendant cette période, l'institution a dépensé plus de cent millions d'euros par an en budget de fonctionnement pour payer l'armée mexicaine de 800 fonctionnaires internationaux qu'elle emploie.

Un milliard d'euros en dix ans: Lubanga est donc le condamné le plus cher de l'histoire de l'humanité. Elle a mené à leur terme sept enquêtes dans sept pays, tous africains, dont la Côte d'Ivoire, le Congo, le Soudan (Darfour) et la Libye qui ont abouti à l'arrestation et à la détention de six personnes, Lubanga et trois autres obscurs chefs de guerre congolais, un centrafricain et Laurent Gbagbo, le seul à bénéficier d'une «notoriété» internationale.

Il est évident que, détenant un tel homme, ex chef d'état de surcroît, la CPI ne va pas le lâcher de sitôt pour continuer à justifier son existence, pour légitimer des budgets en perpétuelle augmentation et la présence à La Haye de dix-huit juges permanents (trois pour un détenu) rétribués 180 000 euros par an, hors de multiples avantages en nature.

Et le monde continuera à tourner. Omar El-Bechir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2009 pour les crimes commis au Darfour, vaquera tranquillement à ses occupations de président soudanais, Bachar El-Assad bombardera ses opposants, les Russes pourront écraser les Tchétchènes, les Chinois  réprimer les Tibétains...

Il est vrai que tous ces pays, des États-Unis à la Russie, de l'Inde à la Chine en passant par le Pakistan ou l'Iran, soit les deux tiers de la population de l'humanité, ne reconnaissent pas la compétence de la CPI.

La juridiction est aux ordres des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, dont la France, l'ex-puissance coloniale, qui a arrêté elle-même Gbagbo le 11 avril 2011 dans son palais présidentiel bombardé pour le livrer aux forces d'Alassane Ouattara - avant de le rétrocéder à la CPI.

Sarkozy était alors président. Depuis, les rapports d'organisations internationales de défense des droits de l'homme se multiplient pour dénoncer les tortures, les exactions commises par les nouveaux maîtres de la Côte d'Ivoire dans le silence assourdissant de François Hollande et de son gouvernement. Un président qui ne cesse d'appeler au respect des droits de l'homme... en Syrie.

 

Philippe Duval

 

Source: NEWSRING

LE FPI EN EXIL FELICITE MAITRE EMMANUEL ALTIT

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La Coordination FPI en Exil

A Maître Emmanuel Altit

Avocat au barreau de Paris

 

Accra, le 1er mars 2013

Objet: Félicitations à la défense du Président Laurent Gbagbo

 

Maître,

La Coordination FPI en Exil est heureuse de vous manifester sa satisfaction à la suite de votre plaidoirie mémorable dans l’affaire le Procureur contre Laurent Gbagbo, à l’occasion de l’audience dite de confirmation des charges, qui vient de s’achever.

Cette audience revêtait un caractère historique, autant au regard de la qualité de l’homme qui était dans le box des accusés, Laurent Gbagbo, Président élu de la Côte d’Ivoire, que des enjeux qu’elle recelait. En effet, cette audience mettait face à l’ingénieux organe de répression des souverainistes africains des temps modernes, qu’est la Cour Pénale Internationale, un Homme qui a consacré sa vie au combat pour l’avènement de la démocratie dans son pays, et qui en a subi tous les contrecoups, faits d’emprisonnements, d’exil et d’humiliations de toutes sortes.

Parvenu au pouvoir à la suite d’un processus démocratique, son ambition d’approfondissement de la démocratie a été contrariée par une guerre déclenchée par la France et ses valets locaux, toujours au nom de sordides intérêts égoïstes. L’épisode en cours à la Cour Pénale Internationale, vise à habiller juridiquement la mascarade de la spoliation électorale dont il a été victime, du fait de la seule volonté de Nicolas Sarkozy.

Pour défendre la cause de cet Homme valeureux, votre plaidoirie a été à la hauteur de l’évènement et a comblé les attentes tant du peuple ivoirien frustré et meurtri par tant de méchancetés et de mensonges à son encontre, que des démocrates africains qui sont restés attentifs. Ce peuple, grâce à vous, reprend espoir. Vous avez trouvé les mots justes pour rendre compte de la personnalité de Laurent Gbagbo, un Homme d’Etat, démocrate convaincu, pacifiste et humaniste qui ne pouvait commettre les crimes qui lui sont reprochés, tout en dévoilant le complot qui le visait à travers une accusation fantaisiste qui ne reposait sur aucun moyen de preuves véritables. Soyez rassuré qu’après ces deux semaines d’audiences publiques, la décision n’appartient plus aux seuls juges de la Chambre ; elle sera passée au crible par tous ceux qui, de par le monde, ont été édifiés par les vérités révélées au cours de cette instance.

C’est pourquoi, au nom des militants du Front Populaire Ivoirien (FPI) exilés à travers le monde du fait de cette guerre, je voudrais exprimer notre satisfaction et témoigner notre reconnaissance à Me Natacha Fauveau Ivanovic, Me Agathe Bahi Baroan, Me Jennifer Naouri et au Professeur Dov Jacobs, les membres de l’équipe de défense que vous avez dirigée avec compétence, ainsi qu’à vous-même, Me Emmanuel Altit. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre profonde et infinie gratitude.

 

Dr Assoa Adou,

Coordonnateur et porte-parole

mardi, 05 mars 2013

OBIANG NGUEMA: «L'INGERENCE DE LA FRANCE ET DE L'ONU EN COTE D'IVOIRE A CREE UN MAUVAIS PRECEDENT»

 

OBIANG NGUEMA.jpg


INTERVIEW DU PRESIDENT DE LA GUINEE EQUATORIALE, OBIANG NGUEMA BASOGO

 

Dans une interview exclusive au magazine Panafricain Africawatch, le président Equato-Guinéen Obiang Nguema Basogo dénonce de manière véhémente l’intervention de la France et de l’ONU dans les conflits ivoirien et libyen. Président en exercice de l’Union Africaine au moment des faits, le Président Obiang s’insurge contre l’internationalisation du conflit par la France qui avant même les élections en Cote d’ivoire avait clairement choisi son camp.



Q: Vous étiez le président de l'Union Africaine de Janvier 2011 à Janvier 2012. Il y a eu plusieurs événements importants au cours de cette période, y compris la famine en Afrique de l'Est, le printemps arabe en Tunisie, Égypte et Libye, et une guerre civile en Côte d'Ivoire. Cela semble avoir été un agenda chargé pour juste sur un année au pouvoir. Comment avez-vous managé dans ces situations difficiles?

R: Eh bien, c'était vraiment une période difficile. J'ai fait face à beaucoup de problèmes au cours de mon mandat en tant que président de l'UA, donc je ne sais pas quoi dire. Était-ce la volonté de Dieu pour moi d'être le président de l'UA à ce moment précis pour faire face à tous ces conflits et ces problèmes? Ou était-ce juste une malchance? Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai travaillé très dur pour essayer d'apporter la paix à tous les endroits ou il y avait des conflits, et en Afrique en général.
 
En ce qui concerne les cas de la Tunisie et  de l’Egypte que vous avez mentionnés, je pense que c'était des questions internes que les gens de ces pays voulaient mettre à l'attention de leurs gouvernements et des présidents. Et il n'y avait pas grand-chose qu'on pourrait faire ou dire à leur sujet au niveau de l'UA ou international. À propos de la Côte d'Ivoire et de la Libye, c'était une autre paire de manches. On peut clairement dire que les deux conflits ont échappé à notre contrôle à cause de l'ingérence extérieure dans les deux pays.
 
En Côte d'Ivoire, par exemple, quand j'étais président de l'UA, j'ai parlé et j'ai réussi à convaincre l'ancien président Laurent Gbagbo à démissionner du pouvoir et il a accepté de le faire, j'ai aussi essayé de convaincre l'autre partie à accepter la négociation avec Gbagbo parce qu'il avait accepté de démissionner, mais l'ingérence extérieure n'a pas donné vraiment le temps à Gbagbo de démissionner ou de s'engager dans des négociations avec l'autre partie.
 
En fait, le problème ivoirien n'était pas vraiment un problème au début, il s'agissait d'un malentendu. Les gens sont allés à une élection et il y avait un malentendu sur le gagnant. En fait, cela me surprend qu'à partir de ce malentendu est né un énorme conflit qui s'est aggravé au niveau que nous avons vu.

Q: Qu'est ce qui à votre avis a provoqué l'escalade?

R: Je crois que c'était l'ingérence de pays étrangers, des Nations Unies et de tous les organismes, qui ont vraiment aggravé le conflit en Côte d'Ivoire. Je me suis demandé pourquoi les Nations Unies, une institution de la paix fondée pour favoriser la paix dans le monde, a pris parti dans un conflit interne et créée l'escalade à l'aide de ses troupes qui sont intervenues, ont même combattu, pour une partie au conflit.
 
Pourquoi n'a-t-elle pas dit: "Eh bien, nous savons que la France s'est impliqué jusqu'au cou dans ce conflit, elle a utilisé ses troupes et s'est battu pour un camp dans le conflit avant les élections, et beaucoup de personnes sont mortes. En tant que tel, la France n'est plus un arbitre impartial en Côte d'Ivoire. Elle devait donc se mettre à l'écart et donner la place à des pays neutres acceptés par les deux parties pour vraiment aider à trouver une solution acceptable en Côte d'Ivoire".
 
Mais non. L'ONU, elle-même, sous l'influence des pays occidentaux au sein du Conseil de sécurité, a déployé ses troupes en tandem avec la France pour attaquer Laurent Gbagbo, le traquer dans le bunker présidentiel, et l'humilier, lui , sa femme et sa famille devant la télévision internationale. Oui, ils l'ont défilé devant la télévision internationale. Cela, pour moi, restera à jamais l'un des points les plus bas, les jours sombres, même des Nations Unies. Pourquoi l'ONU a décidé de descendre si bas dans un conflit international me tourmente. Et beaucoup de gens sont morts en Côte d'Ivoire en raison de l'ingérence extérieure. Ils n'ont vraiment fait qu'aggraver le problème.

Q: En ce qui concerne l'UA, pouvait-elle ou devait-elle intervenir?

R: Je crois qu'il était possible à l'UA de trouver une solution, parce que, en tant président de l'UA, j'ai demandé à la communauté internationale de permettre à l'Union africaine de trouver une solution en Côte d'Ivoire. Je leur ai dit que c'était une opportunité pour l'Union africaine et les Africains, pour résoudre le problème. C'était un problème africain qui avait besoin d'une solution africaine.
 
Mais ils n'ont pas écouté. Pour eux, il était trop tard, car ils avaient déjà pris la décision d'intervenir et d'utiliser leurs troupes contre Gbagbo, de le retirer de pouvoir au profit de l'autre partie. Ainsi, contrairement à la Tunisie et l'Egypte, ce n'était pas le peuple de Côte d'Ivoire qui a enlevé Gbagbo du pouvoir. Ce sont les Français et les troupes de l'ONU qui l'ont fait. Ce n'était même pas l'armée ivoirienne qui l'a enlevé. Ce sont les français et les troupes de l'ONU, des troupes étrangères.

Q: Pourquoi exactement la France et les Nations Unies ont-elles joué ces rôles importants dans ces conflits africains?

R: la France a joué un rôle clé dans le conflit ivoirien parce que la France avait promis de donner le pouvoir à l'autre partie. Mais elle n'allait pas le faire par les urnes ou les négociations, elle avait l'intention d'utiliser l'armée française. Et c'est exactement ce qu'elle a fait. Et quelque soit ce que nous disions en tant que dirigeants de l'Afrique, siégeant à l'Union africaine, n'avait pas d'importance pour eux.
 
En Libye, le conflit a aussi commencé comme une affaire interne, comme ce qui s'est passé en Egypte et en Tunisie, mais il a fini dans une rébellion parrainée par les pays étrangers. Tout à coup, les rebelles de l'Est, qui n'avait pas de fusils, ont reçu des armes envoyées par des pays étrangers pour lutter contre le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, qui avait contribué à la création de l'Union africaine, et a soutenu l'organisation de quelque manière qu'il le pouvait.
 
Dans tous les pays, si un gouvernement est attaqué par des rebelles armés, le gouvernement a le droit de se défendre par le déploiement de son armée. C'est inscrit dans le droit international. Et c'est exactement ce que le gouvernement de Kadhafi a tenté de faire.
 
En Tunisie et en Egypte, le peuple s'est levé pour exiger un changement de gouvernement sans utiliser les armes. En Libye, c'était différent. La soi-disant armée rebelle dans l'est de la Libye a soudainement obtenu des armes en provenance de pays étrangers et les ont utilisées pour attaquer le gouvernement de Kadhafi.
 
On peut donc comprendre ce que Kadhafi a essayé de faire pour se défendre et défendre la souveraineté de son pays. Même si c'était un cas évident d'un gouvernement qui se défend contre l'agression rebelle, contre les rebelles financés et armés par des pays étrangers, les mêmes pays étrangers se sont cachés derrière l'OTAN pour bombarder et de détruire l'armée de Kadhafi et neutraliser sa capacité de se défendre et défendre son pays.
 
Ces mêmes pays étrangers ont à nouveau utilisé les Nations Unies pour imposer une «zone d'exclusion aérienne» sur la Libye. Alors, vraiment, les mains et les pieds de Kadhafi étaient attachés par l'ingérence internationale qui a joué un rôle clé dans le conflit libyen, contrairement aux soulèvements en Tunisie et en Egypte, qui ont été autorisés à être des questions purement internes à résoudre par les peuples de ces deux pays, et non par des puissances étrangères.
 
On peut donc distinguer entre les soulèvements en Egypte et en Tunisie, d'une part, et les conflits en Côte d'Ivoire et la Libye, d'autre part. Les deux premiers étaient des questions internes qui ont été régler par les peuples de ces pays eux-mêmes, tandis que la Côte d'Ivoire et en Libye ont connus des interférences internationales qui n'ont fait qu'empirer les choses.
 
Pour cette raison, nous pensons que les Nations Unies, une institution de la paix, ne devrait pas avoir joué le genre de rôle qu'elle a joué en aidant les puissances étrangères à intervenir en Côte d'Ivoire et en Libye. Ce n'était pas pour cela que l'ONU a été créé. Elle a créé un mauvais précédent dans le monde.

 

Source: TELEDIASPORA.NET

lundi, 04 mars 2013

LE POUVOIR FRANC-MAÇON IVOIRIEN ET L'USAGE DES SYMBOLES MYSTIQUES (Réédition)

 

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Comme pour narguer Dieu, les chrétiens et tous les ivoiriens d’une part; et d’autre part flouer les ignorants, mais aussi pour montrer qu’ils sont les maitres actuels du pays, les adorateurs et disciples de Lucifer au pouvoir en Côte d'Ivoire ont érigé depuis un mois un autel à Baal, au rond-point de la commune d’Abobo.

Cet autel à la forme d’une maisonnette représente une loge maçonnique, il est carré voire cubique, et est situé à Abobo, vers la Mairie. Haut d’environ 5 mètres, il a 5 m sur chaque côté et à 2 entrées opposées.

Cliquez, s'il vous plait, sur les différents liens et vous verrez vous même l’abomination:

1. Ici, vous voyez la représentation de Baphomet, le dieu des francs-maçons et des illuminatis:

BAPHOMET.jpg

Baphomet

2. Et là vous voyez d’un coté, à la gauche, l’autel satanique (en pleine luminosité, la nuit) dressé par Alassane Dramane Ouattara, à Abobo. Puis comparez avec la tête de Baphomet; regardez bien:

SYMBOLISATION DE BAPHOMET A ABOBO.jpg

Symbolisation de Baphomet à Abobo

Au milieu de l’autel, vous avez pu remarquer une croix maçonnique, incrustée dans un cercle (vert) qui représente un serpent qui se mord la queue, le tout surmonté par l'oeil illuminati:

CROIX MAçONNIQUE.jpg

Pin's maçonnique - Croix templière émaillée rouge sur fond blanc

SERPENT SE MORDANT LA QUEUE.jpg

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Le serpent se mordant la queue et l'oeil illuminati, symboles maçonniques

 

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L'oeil illuminati (Visible aussi sur le dollar américain, ci-dessous. Novus Ordo Seclorum: Le Nouvel Ordre des Siècles ou Nouvel Ordre Mondial)

 

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Source: Michel S.

dimanche, 03 mars 2013

CPI: INNOCENCE DE GBAGBO ET CULPABILITE DE SARKOZY, OUATTARA ET CONSORTS

 

SARKOZY ET OUATTARA.jpg

 
La CPI accuse Gbagbo, Chef d’Etat en exercice avant l’apothéose du plus long coup d’état de la France, orchestré par Sarkozy et sa bande de rebelles, d’être coupable de crimes contre l’humanité. Ces crimes, selon la CPI, auraient été commis lors des quatre événements que sont: 

-attaque par les rebelles du 16 Décembre 2010 devant conduire à l’occupation de la RTI; on comprend mieux aujourd’hui l’objectif visé: faire de la RTI, l’actuel instrument de propagande fasciste; 

-manifestation des femmes d’Abobo accompagnées de rebelles lourdement armés 

-bombardement du marché d’Abobo, fief du commando dit invisible de Soro Guillaume pour lequel il a reçu les félicitations des Ministres Guikahué du PDCI et Tounkara du RDR; 

-massacre de Yopougon du 12 Avril 2011 alors que le Président Gbagbo était déjà dans les mains de Sarkozy et Ouattara; 

Quatre chefs d’accusations sont brandis par la CPI, outil de répression juridique de l’ONU: 

- meurtre de 166 personnes, un nombre certes significatif, mais de loin inférieur aux 800 personnes tuées en une journée par les soldats de Ouattara à Duékoué, et les 200 réfugiés de Nahibly, assassinés au vu et au su des soldats de l’ONUCI, restés passifs donc complices; 

- «viol de 34 femmes». Que dire du cas des nombreuses femmes violées et éventrées par les criminels de Ouattara depuis le 19 Septembre 2002 sur toute l’étendue du territoire et particulièrement à l’ouest, devenu aujourd’hui fief des mercenaires burkinabès? Pour la Procureure Bensouda, l’africaine, ces sœurs-ci ne méritent-elles pas justice? 

- «Actes inhumains contre 94 personnes avec tentative de meurtre». Que dire des cas d’exécutions sommaires, de la centaine de gendarmes pourtant désarmés, des innocentes femmes danseuses d’Adjanou, de la mort par étouffement de centaines de pro-Gbagbo entassés dans des conteneurs exposés au soleil brûlant de Korogho, des sacrifices rituels avec la participation de soldats français, et de celui de beaucoup d’autres civils ivoiriens désignés du vocable de BAD (Bété, Attié puis Abbey, et Dida) par le sieur Venance Konan, actuel DG de Fraternité Matin, devenu journal propagandiste du nouveau régime. Encore aujourd’hui, l’homme de la Communauté Internationale continue de torturer, commettre les exactions les plus ignobles et même d’assassiner impunément des pro-Gbagbo. 

- -«Persécution pour motif politique, ethnique, religieux contre 294 personnes». Aujourd’hui, sous ce régime, qui pratique honteusement le rattrapage, non seulement ethnique mais surtout «ethniste», c’est près de 80% de la population qui subit au quotidien une atroce persécution pour motif politique, ethnique et religieux. 

Gbagbo est déporté à la Haye, la nouvelle terre des bagnards de France, parce qu’accusé d’être co-auteur-indirect. Qui sont donc les autres co-auteurs indirects, les co-auteurs directs, les auteurs indirects et enfin les auteurs directs? Où sont-ils? 
Alors que les auteurs, notoirement connus, sont en liberté, Gbagbo, le Président réélu, est injustement maintenu dans les geôles françaises de la CPI qui lui refuse la liberté provisoire pour «cause de popularité». Quelle injustice criarde !!! 

Les chefs d’accusation montés de toutes pièces contre Gbagbo sont tous farfelus, imaginaires et volontairement tronqués. Que recouvrent-ils? 

• Chef d'accusation1: Meurtre de 166 personnes. 

Dès la journée du 28 Novembre 2010, sur toute l’étendue du territoire et particulièrement dans les zones aux mains des rebelles, il y eut des assassinats perpétrés sur les pro-Gbagbo. Bon nombre d’observateurs de l’UE et de l’UA l’ont échappé belle en fuyant la furia des rebelles pour regagner en catastrophe la zone sous contrôle gouvernemental. 

Les meurtres dont Gbagbo est accusé ont été plutôt commis par les rebelles de Chirac, Compaoré, Ouattara, Soro, Sarkozy, l’Onu et toute la clique du Club des Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux(CSVIO), non seulement sur les Forces de Défense et de Sécurité mais aussi sur les populations civiles notamment à Abobo, à Attécoubé, à Daloa. Les crimes les plus horribles ont été commis par les rebelles criminels du commando dit invisible qui était approvisionné en armes par les soldats de l’Onuci et la Licorne. Ils ont tendu des embuscades aux FDS, incendié l’antenne de la RTI à Abobo pour brouiller les émissions de la RTI et surtout brûler les agents en poste. 

A propos du meurtre des 166 personnes, rien ne justifie que les pro-Gbagbo en soient les auteurs surtout qu’aucune enquête-terrain n’a été menée par les Procureurs successifs de la CPI qui se sont contentés des coupures de journaux du RDR, le parti dont Ouattara est toujours le leader. De plus, ce parti nous a habitués aux mensonges et aux faux témoignages. 

L’utilisation du mensonge a été exploitée, comme arme préférée de gouvernement du …menteur, pardon, mentor de ce parti qui, déjà, le 18 Février 1992, a vu de son bureau et à travers les immeubles du Plateau «Gbagbo casser et incendier les véhicules au Palais de Justice d’Abidjan». 
Il faut se rappeler la constitution du charnier de Yopougon avec des morts collectés dans différents lieux d’Abidjan. 

Bien qu’étant reconnu publiquement par ses rebelles comme celui pour qui ils ont pris les armes et qui les finance, il a toujours refusé d’assumer ce choix et a préféré déléguer à Soro la fonction de Chef-rebelle. Un autre cas de mensonge porte sur sa nationalité dont le doute, à ce jour, n’a pas été levé. 

Le dernier exemple qu’on peut citer est celui du camp des réfugiés de Nahibly où les gouvernants actuels parlent de quelques 6 morts alors que les ONG et les populations avancent le chiffre effarant de plus de 200 tués. Cette liste des mensonges est loin d’être exhaustive. 
En clair, ce chef d’accusation 1 porte en lui beaucoup de doute surtout que des images des manifestants au Kenya et en Afrique du Sud ont été utilisées par le parti de Ouattara pour être imputées faussement au Président Gbagbo. 

En Côte d’Ivoire, les vrais criminels sont ceux qui dirigent aujourd’hui ce pays où les droits de l’Homme sont continuellement bafoués; ce sont Ouattara, Compaoré, Soro et leurs chefs de guerre qui sont promus dans les hautes fonctions de l’Etat. Aujourd’hui, les meurtres perpétrés par les assaillants d’hier continuent impunément alors que Gbagbo est à la CPI; c’est la preuve que les tueurs sont du camp de Ouattara. Le dernier en date est celui d’Afféry où trois habitants ont été froidement assassinés par ses miliciens. 

 Le deuxième chef d’accusation, Gbagbo est accusé de viol.

Et pour bien faire les choses, c’est une femme qui le dit. Il aurait donné des instructions à ses soldats de violer toutes ces femmes du camp de Ouattara. Pour quel objectif, dans ce pays où le SIDA continue de faire des ravages? Voilà quelqu’un qui a été jeté en prison en 1992 par ADO pour avoir demandé que les militaires qui avaient violé des étudiantes à la cité universitaire de Yopougon soient jugés et condamnés et qui, aujourd’hui serait coauteur indirect de viol? 

C’est faire injure à la foi chrétienne et évangélique de cet homme et de son épouse que de penser un seul instant que ces époux puissent encourager de tels comportements. Il est vrai que les tenants actuels du pouvoir ivoirien n’ont pas de respect pour les choses de Dieu et ne se privent donc pas d’arracher à une église un terrain légalement acquis. Pourtant, Gbagbo, pendant son mandat, n’a fait que choyer les religieux. 

De plus, sous le régime véritablement démocratique de Gbagbo, les formations dispensées aux soldats FDS, les ONG ont suffisamment fait comprendre à ses soldats de métier, les règles de la guerre. Si, malgré tout, certains ont commis de tels actes, il faut pouvoir les sanctionner comme il se doit, et ce n’est pas faute de ne les avoir pas préparés au respect de ces règles. 

Il faut rappeler que des rebelles étaient suffisamment présents sur l’ensemble du territoire ivoirien grâce à l’appui logistique de l’Onuci et des soldats français. De plus, les tenues des FDS volées par les rebelles ont été utilisées par ces criminels pour commettre les actes ignobles de viols surtout qu’ils foulent au pied les règles élémentaires de guerre et des droits de l’Homme. Dès 2002, de nombreux viols ont été perpétrés par ceux-ci en zone sous leur contrôle. Parfois, après ces viols, des femmes étaient éventrées. Il est vrai aussi que les soldats de l’ONUCI, à l’Ouest, ont commis de tels actes sur des jeunes filles ivoiriennes. 

Comme on l’aperçoit, ce deuxième chef d’accusation relatif aux viols n’est qu’un tissu de mensonges visant à salir l’image de Gbagbo et celle de ses proches. Comment peut-on penser un seul instant que la Première Dame Simone Gbagbo puisse donner des consignes de viols aux militaires, elle qui n’avait aucune autorité sur ceux-ci ? 

 Chef d’accusation n°3 relatif à la tentative de meurtre de 94 personnes.

Heureusement que ces personnes n’ont subi qu’une tentative de meurtre et sont peut être encore en vie. Mais les rebelles eux, ne mènent pas de tentative de meurtres ; ils ont commis et continuent de commettre de nombreux crimes crapuleux, en massacrant des milliers d’ivoiriens. 

Une fois de plus, cet autre chef d’accusation est une invention de la Procureure, des affidés et serveurs de thé du poulain des impérialistes occidentaux. 

 Chef d’accusation n°4 portant sur la persécution pour motif politique, ethnique, religieux contre 294 personnes: 

Le Président Gbagbo a suffisamment souffert des persécutions politiques sous Houphouët- Boigny pendant le long règne dictatorial du parti-état PDCI-RDA. Plusieurs fois, il a été jeté en prison, pour des raisons purement politiques et ne saurait faire vivre à d’autres ce même calvaire. De plus, ses convictions religieuses l’ont toujours guidé dans l’exercice du pardon. 

S’il fallait persécuter ses opposants, il n’aurait pas mis fin au mandat d’arrêt international lancé par Bédié contre Ouattara, l’allié par intérêt; il n’aurait pas non plus prévu des rentes viagères à ces anciens responsables étatiques; il n’aurait pas encore institué le fonds de soutien aux partis politiques dont le PDCI et le RDR ont largement bénéficié pour leur fonctionnement. 

S’agissant de religion, c’est le Président Gbagbo qui a fait ouvrir une ambassade en Arabie Saoudite pour faciliter le pèlerinage aux musulmans ivoiriens et c’est lui qui avait fait inscrire au budget leurs prises en charge pour le pèlerinage à la Mecque. 

Que dire de la persécution ethnique exercé par l’actuel régime qui pratique, selon les dires de Ouattara, le «rattrapage ethnique» qui n’est pas justifié car déjà sous Gbagbo les ressortissants du Nord occupaient la majorité des postes de responsabilité ? 

Voilà des chefs d’accusations creux, montés de toutes pièces pour salir l’image de Gbagbo et celle de son parti. Ce Président qui vit dans la crainte de Dieu ne saurait commettre ces monstruosités qu’on veut lui attribuer. D’ailleurs, ce Dieu de justice saura rendre aux professionnels du mensonge un jugement adéquat. 

Comment peut-on imputer les effets néfastes de la marche sur la RTI du 16 Décembre 2010, organisée par la Licorne et l’ONUCI qui ont débarqué à l’hôtel du Golf un nombre important de rebelles avec des armes lourdes, une marche de rebelles armés jusqu’aux dents, prêts à tuer des soldats des FDS, une marche qui commence par des tirs de roquettes des rebelles. Les responsables de ces tueries sont donc bien la Licorne et l’ONUCI présents au Golf pour protéger Ouattara et ses rebelles qui y logeaient. 

S’agissant de l’attaque lancée lors d’une manifestation des femmes d’Abobo, la journaliste française d’investigation Leslie Varenne et l’ivoirien Germain Séhoué du journal Le Temps en ont parlé abondamment dans leurs livres. Le résumé de leurs écrits attestent que c’est une auto-attaque des rebelles de Ouattara avec la complicité des armées coalisées ONU et France. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Ouattara utilise de tels subterfuges pour accuser d’autres. Le 18 Février 1992, c‘est Ouattara qui a fait brûler les véhicules des juristes sympathisants du FPI au Tribunal d’Abidjan, alors que les marcheurs étaient encore loin de cet endroit. En outre, c’est son parti le RDR qui est l’auteur du charnier de Yopougon et qui véhicule les images du Sud-Africain brûlé vif pour le faire passer pour un ivoirien, victime de Gbagbo. Le parti de Ouattara a habitué les ivoiriens aux mensonges et aux songes. 

Par conséquent, ces chefs d’accusations que brandit la CPI, sans enquête sérieuse, sont du domaine du mensonge et de l’affabulation visant à éloigner Gbagbo des siens et à briser sa carrière politique comme le souhaitent les membres du Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux. Quoiqu’il en soit, l’innocence de Gbagbo le ramènera très bientôt auprès de son peuple qui piaffe d’impatience de le voir libre car faussement accusé par l’ONU et surtout la France. 

A lire ces chefs d’accusation, on reste sur sa fin. Il apparait clairement que ce n’est pas pour ces prétextes-là que la France a fait le coup d’état. On attend encore les vrais chefs d’accusation. 


NANWOULET G. Simone

vendredi, 01 mars 2013

AFFAIRE GBAGBO: LA COUR PENALE INTERNATIONALE SOUS LE FEU DES CRITIQUES

 

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La défense de Laurent Gbagbo s'organise et démonte un par un chaque fait avancé par l'accusation. © Michael Kooren/AFP


Les haines se cristallisent autour de l'affaire Gbagbo, examinée devant la Cour pénale internationale (CPI). Mais curieusement, Laurent Gbagbo ne fait pas tant l'objet des attaques que la CPI elle-même. Les partisans de l'ancien président de Côte d'Ivoire, soupçonnés de crimes contre l'humanité, font un lobbying intense sur Twitter et commentent quotidiennement les audiences. Ils réclament, derrière le hashtag #FreeGbagbo, sa libération. Ils tournent en dérision une justice internationale "partiale", qui aurait fermé les yeux sur les exactions commises par le clan Ouattara.

Le journaliste Frédéric Taddeï s'en indigne également, en signant sur Newsring une tribune intitulée "Arrêtons les frais". "Ne devient-il pas urgent de mettre un terme à cette parodie de justice internationale qui agit comme un instrument de domination supplémentaire au service des pouvoirs en place ?", écrit-il. Enfin, le rapport d'Amnesty International, publié lundi et intitulé "Côte d'Ivoire - la loi des vainqueurs", jette de l'huile sur le feu. "La Côte d'Ivoire demeure le théâtre de violations graves des droits humains à l'encontre de partisans avérés ou supposés de l'ancien président Laurent Gbagbo", peut-on lire en introduction. 88 pages viennent étayer ces informations.

De la poudre aux yeux politique

Toutes ces critiques - qu'elles soient fondées ou non - nous en feraient presque oublier l'essentiel. Laurent Gbagbo n'est pas jugé pour les exactions commises par le clan Ouattara, mais pour ses propres crimes. "Dire que Ouattara devrait lui aussi comparaître devant la CPI, ça n'apporte rien à la défense de Gbagbo. C'est de la poudre aux yeux politique", assure Géraldine Mattioli, directrice de la division justice auprès de l'ONG Human Rights Watch (HRW). "C'est une technique classique. Déjà Milosevic, quand j'étais au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, tentait de faire la même chose : politiser le tribunal", confie pour sa part Bruno Cathala, président de tribunal et ancien greffier à la CPI.

"La Cour mène un vrai travail d'enquête et d'investigation. Elle va se demander si les éléments constitutifs des crimes reprochés à Gbagbo sont bien là. Elle sait très bien que d'autres exactions ont été commises en Côte d'Ivoire, mais cela n'a rien à voir dans le débat", insiste Bruno Cathala. La Défense, elle, continue à démontrer la vision "parcellaire" et "incomplète" des faits, tels que présentés par l'Accusation. Mais devant les pièces apportées par le procureur, Emmanuel Altit et ses confrères avocats sont contraints de passer à la vitesse supérieure.

Délégitimer le travail du procureur

L'Accusation évoque des comptes rendus du gouvernement et des rapports du chef d'État-major, plus ou moins accablants pour Gbagbo. Un e-mail est dévoilé. On y apprend qu'Anselme Seka, ex-garde du corps de Simone Gbagbo, s'inquiète auprès de Laurent Gbagbo des conditions de recrutement des mercenaires. En pleine période de crise post-électorale, des réunions quotidiennes avec les forces armées (FDS) ont eu lieu. Les jeunes miliciens ont quant à eux, affirme le bureau du procureur, été maîtrisés par le truchement de Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse. Bref, autant d'indices qui permettent à l'Accusation d'affirmer que Laurent Gbagbo était au courant de toutes les actions entreprises.

Alors, durant de longues heures, la Défense s'échine à pointer toutes les faiblesses de l'enquête, preuve par preuve. Le travail est long, fastidieux, mais remarquable. Tel rapport n'est pas assez documenté. Les auteurs de crimes ne peuvent pas être identifiés. Tel fait a été mal interprété. Les avocats de Laurent Gbagbo cherchent à délégitimer les "insiders", ces gens qui étaient dans l'entourage de Gbagbo et qui veulent se refaire une santé en témoignant contre lui. Leur récit est très dangereux pour Gbagbo. Il "faut nettoyer Abobo et en faire un cimetière", aurait par exemple dit l'ex-président de Côte d'Ivoire à l'un de ses proches, qui a depuis retourné sa veste.

Au stade de l'audience de confirmation des charges, les juges doivent juste vérifier que les preuves sont assez solides pour ouvrir un procès. Aucune des deux parties - Défense et Accusation - ne dévoilent donc totalement leur jeu. Mais si Laurent Gbagbo venait à être poursuivi, son procès dépassera largement ses seuls crimes. C'est l'implication de la France dans ce conflit qui sera passée au peigne fin.


 

Source: LE POINT