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mercredi, 17 octobre 2012

LA FRANÇAFRIQUE EST VIVANTE, SON CHEF S'APPELLE FRANÇOIS HOLLANDE


MACKY SALL ET FRANçOIS HOLLANDE.jpg

 

Excellent papier de Théophile Kouamouo. Chapeau, le frère!


Qu’on se le tienne pour dit. Le nouveau président français François Hollande, si l’on s’en tient à ses proclamations enthousiastes – et qui ont l’avantage de ne pas «manger de pain» – entrera, à coup sûr, dans l’Histoire. Sous le visage de l’homme d’Etat qui aura «exterminé» la Françafrique. «Le temps de la Françafrique est révolu. Il y a la France et il y a l’Afrique. Il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité», a-t-il professé, emphatique, devant les députés sénégalais. Et la question que les commentateurs de l’actualité africaine se posent, tout naturellement, est : faut-il le croire?

En réalité, poser la question, c’est y répondre. Scruter dans l’attitude de  François Hollande les signes d’une réforme à venir revient à admettre que le président de la République française a encore entre ses mains le pouvoir de perpétuer le système. Ce que l’on appelle la Françafrique est une réalité structurelle, et doit être analysée comme telle par quiconque se veut un tant soit peu sérieux. Elle est d’abord un lien de sujétion entre Paris et ses ex-colonies, passant par un certain nombre de corsets institutionnels particulièrement rigides. C’est dans le cadre de ce lien particulier que se trament les affaires de corruption et que se meuvent les intermédiaires véreux et porteurs de valises qui ont fini par incarner la substance d’un phénomène dont ils ne sont que les symboles et les ouvriers plus ou moins bien rémunérés.
 
La Françafrique, c’est un lien de sujétion diplomatique. C’est la règle non écrite qui veut que, dès lors qu’une ancienne colonie française est en crise, c’est Paris et Paris seul qui rédige les résolutions du Conseil de sécurité organisant sa «sortie de crise». Le pouvoir que donne cette tradition est grand, et l’on a vu comment la France, sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, en a usé et abusé dans l’objectif de marginaliser Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire et de le pousser vers la sortie. Dès lors que ce pouvoir demeure, l’Union africaine en est réduite à faire, dès que l’on entre dans le «pré carré», des «propositions» qui ne deviennent «résolutions» que quand Paris les valide. De la même manière, c’est la France qui se fait «l’avocat» de «ses» pays africains auprès des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale, Fonds monétaire international). Bien entendu, «l’avocat» peut réduire son plaidoyer au minimum nécessaire ou se transformer en procureur en fonction des considérations qui relèvent plus souvent de la qualité des relations bilatérales qu’il entretient avec tel ou tel pays de son giron. François Hollande, lors de ses allocutions de Dakar et de Kinshasa, n’a pas exprimé la moindre intention de se dessaisir de cette prééminence fondamentalement néocoloniale. On avait pourtant cru comprendre que son désir était que l’Union africaine soit désormais l’interlocutrice principale du Conseil de sécurité s’agissant des crises africaines.
 
La Françafrique, c’est un lien de sujétion monétaire. C’est le franc CFA donc, une monnaie que continue de gérer un pays qui a lui-même abandonné sa propre souveraineté monétaire dans le cadre de la construction de l’Union européenne. Le franc CFA, la crise ivoirienne nous l’a montré, peut se transformer en arme de destruction massive. C’est cette monnaie qui a été utilisée, dans une opération pilotée par le Trésor français, pour isoler la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo de tout moyen de paiement et de tout commerce extérieur afin de l’épuiser économiquement avant de l’abattre militairement. Pour la petite histoire, il faut noter que c’est Rémy Rioux, actuel directeur de cabinet du ministre français de l’Economie et des Finances, alors sous-directeur des affaires financières internationales à la direction générale du trésor à Paris, qui a piloté ce que Jeune Afrique a appelé «la stratégie d’asphyxie de l’économie ivoirienne» pendant la guerre post-électorale de 2010-2011. Même ceux qui pensent qu’il s’agissait là de combattre un régime défait dans les urnes devraient s’inquiéter de ce pouvoir extravagant, sauf à considérer que Paris ne peut utiliser cette bombe atomique monétaire que pour le bien des Africains. Que l’ancienne ( ?) puissance coloniale est naturellement et irrémédiablement bienveillante. Qu’a dit François Hollande à Dakar au sujet du franc CFA ? Qu’il était un «véritable atout», notamment en matière d’intégration régionale. L’on pourrait lui objecter que cet «atout» n’empêche pas les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) d’avoir des taux de croissance notoirement médiocres par rapport à ceux des zones économiques autrement structurées – à l’image des pays d’Afrique australe. «Je suis convaincu que les pays de la zone franc doivent pouvoir assurer de manière active la gestion de leurs monnaies et mobiliser davantage leurs réserves pour la croissance et l’emploi», a ajouté Hollande. Autrement dit, il s’agit pour l’instant de gestion… passive. On aurait aimé l’entendre parler de gestion «indépendante» de ces monnaies. A part la France, quel pays étranger siège au sein du Conseil d’administration de banque centrale et du Conseil de politique monétaire d’un groupe de pays africains ? La Françafrique, c’est aussi le fait que des fonctionnaires de Bercy fassent les flics au sein des sièges de la BCEAO, à Dakar, et de la BEAC, à Yaoundé. Ce qui n’empêche pas ces institutions de multiplier les scandales de mauvaise gouvernance.
 
La Françafrique, c’est un lien de sujétion militaire. La France est le seul pays occidental qui est militairement présent sans discontinuer en Afrique depuis plus d’un siècle. François Hollande, à Dakar, a repris une promesse de Nicolas Sarkozy : faire ratifier par les Parlements les nouveaux accords de défense, qui ne contiendront plus de clauses secrètes. En réalité, la question des clauses secrètes n’en est plus une. Les expéditions françaises en Afrique se fondent désormais sur l’instrumentalisation d’institutions supranationales, dont Paris interprète les mandats selon ses propres enjeux de politique nationale, comme on l’a vu avec les résolutions 1973 et 1975 de l’ONU sur la Libye et la Côte d’Ivoire. L’on voit également comment, en Syrie, dès lors qu’elles peuvent se déployer logistiquement, les armées occidentales et leurs forces spéciales organisent des opérations secrètes s’affranchissant des conventions inter-Etats et des résolutions votées à la Maison de Verre. Un fait est constant : le retrait progressif des troupes françaises d’Afrique, vues il y a quinze ans, dans la foulée du discrédit rwandais, comme des survivances néocoloniales anachroniques, n’est plus du tout à l’ordre du jour. L’Afrique est un continent d’avenir. Les Chinois y déploient leurs investissements, les Indiens leurs technologies… et les Français leur armée. Comme qui dirait, «c’est ça qui est la vérité».
 
La Françafrique, c’est un mécanisme de cooptation des élites africaines selon le bon vouloir de Paris. Et tout le «cinéma» de François Hollande visant à montrer à quel point il désapprouvait la gouvernance de Joseph Kabila met en lumière, au final, la complaisance dont il fait preuve à l’égard… des autres. L’élection du président congolais est-elle plus contestable que celle de son homologue gabonais ? L’impunité qui entoure la mort de Floribert Chebeya est-elle plus scandaleuse que celle, plus ancienne, relative à la mort du Burkinabé Norbert Zongo ? Celui qui s’émeut pour Chebeya au point d’en faire un symbole mais qui n’a jamais un seul mot public pour les centaines de morts des deux massacres de Duékoué (2011 et 2012), dont le trépas reste impuni, n’est-il pas, au final, un hypocrite ?

La Françafrique n’est pas morte avec l’élection de François Hollande. Quand il a été investi, il en est naturellement devenu le nouveau chef. Et le seul enjeu pour lui est question de communication : saura-t-il, par des paroles et des attitudes à la marge, rendre la Françafrique plus «acceptable» qu’elle l’était sous ses prédécesseurs? Dans le fond, il faut peut-être comparer son emprise à celle que l’Union soviétique avait sur ses dominions alentour. Et se convaincre que ce qui peut la terrasser, c’est à la fois la conjonction des forces de contestation populaires et institutionnelles internes au continent, et la crise économique qui épuise l’Europe, et qui pourrait se charger de démanteler progressivement un certain nombre de dispositifs.
 


Théophile Kouamouo


mardi, 16 octobre 2012

UN RAPPORT DU MINISTERE FRANÇAIS DE LA DEFENSE FAIT FROID DANS LE DOS


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Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident!


Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.

Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde, encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret», a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.
Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?
 
Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté
 
Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…
Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.
 
Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci
 
Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)», indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?
 
Sécessions et migrations
 
«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà», anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.
 
Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !
 
Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».
 
La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique
 
Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée. La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés», écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces», écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.
 


Théophile Kouamouo


dimanche, 14 octobre 2012

PATERNALISME INSUPPORTABLE ET INSULTANT!

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L'actualité africano-française de ces derniers jours ne m'a pas laissé indemne. Elle m'a fait bouillir les veines. Un coup de gueule était de rigueur et s'imposait.

Dites-moi, pourquoi les présidents français se croient-ils obligés de venir faire de "beaux discours", creux et ennuyeux, en Afrique et en commençant par Dakar au Sénégal, quand dans les faits, ils ne bougent pas du doigt la Françafrique, franchement?

Plusieurs fois dans son discours de Dakar, François Hollande insiste: "LA FRANCE VOUS Y AIDERA". C'est justement cela notre problème, Monsieur Hollande, nous ne voulons plus de votre tutelle écrasante et infantilisante et de votre paternalisme insultant. "Lâchez-nous les baskets", comme on dit, nous voulons notre indépendance et revendiquons notre souveraineté et notre liberté de choisir les partenaires internationaux que nous voulons. VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN COMPRIS A L'AFRIQUE!!!

"Le temps de la Françafrique est révolu"? Ok, commencez par démanteler vos bases militaires dans nos pays pour faire faire quelques économies à votre pays, la France, en faillite et nous rendre notre souveraineté.

"Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à l'Elysée". Ah bon? Charmant, ce discours! Mais nous vous attendons sur les actes. En attendant, devons-nous vous faire remarquer, cher Monsieur, que dès votre accession au pouvoir, c'était le ballet des chefs d'Etats africains parmi les moins recommandables, reçus à l'Elysée, notamment les sieurs Ouattara et Compaoré, actuels piliers de la françafrique triomphante. Mauvais signal envoyé aux Africains!

Comme le dit Thierry MBEPGUE, Combattant de la liberté, sur sa page Facebook, parlant de vous, "CET HOMME N'A RIEN COMPRIS DE NOS REVENDICATIONS!". Avant d'ajouter: "De passage à Dakar où il va rejoindre par la suite Kinshasa, François Hollande, a déclaré sans détour: "La volonté de la France est d’être toujours à vos cotés". Voilà que lui aussi n'a rien compris de ce que veut l'Afrique actuellement, il n'a rien compris du sens du mot LIBERTE, il fait semblant de ne pas comprendre que l'Afrique ne veut plus être considérée comme son élève ou son enfant. La seule véritable chose que nous attendons de la France, c'est notre indépendance POLITIQUE et ECONOMIQUE. La fin de l'ASSISTANAT". C'est très clair! 

Et quand François Hollande décoche, au XIVème Sommet de la francophonie, à des nègres obséquieux, dans une salle acquise à sa cause, ce samedi 13 octobre 2012 à Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC), "la francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme et le respect de la liberté d'expression", nous ne pouvons manquer l'occasion de l'inviter à venir jeter un oeil en Côte d'Ivoire, au pays de son obligé Alassane Ouattara. Aucune de ces valeurs démocratiques n'y a cours, en ce moment. L'a-t-on entendu à ce sujet, depuis 6 mois qu'il a été élu à la tête de la France et qu'il la proclame amie de l'Afrique?

Il n'est pas sans savoir que le chef de l'Etat ivoirien y écrase son opposition, jette en prison ses leaders, musèle sa presse, enlève et torture ses militants et condamne les anciens partisans et soutiens de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dans des procès portés par une justice des vainqueurs. En outre, il cautionne le massacre de populations innocentes comme les réfugiés du camp de Nahibly, à Duékoué, dont les auteurs ne font l'objet d'aucune espèce d'enquête judiciaire. Une prime absolue au crime et à l'impunité. Hier encore, 3 charniers de cet affreux carnage qui avait fait plus de 230 morts viennent d'être découverts. La justice ivoirienne s'oppose à leur exploration pour que la vérité sur ces plus de deux centaines de morts (seulement 12, selon le gouvernement Ouattara) éclate au grand jour. Nous n'avons pas encore eu droit à un pépillement de sa part sur ces questions brûlantes d'actualité!

Et même qu'un citoyen français, Monsieur Michel Gbagbo, croupit dans les geôles de Ouattara, plus exactement dans ses goulags du Nord, pour délit de patronyme. A-t-il même daigné faire allusion au dossier, ne serait qu'un jour en passant? Facile de dire aux Salafistes du Nord Mali et à AQMI: "Nous ferons notre devoir: libérer nos compatriotes et ne rien céder au terrorisme". Ah bon? Qu'en est-il alors du français Michel Gbagbo? Y aurait-il deux catégories de français? D'un côté, ceux pour qui on écume le monde et de l'autre, ceux qui ne valent pas la balle pour les abattre?

Cher Monsieur François Hollande, ne nous prenez pas pour des imbéciles!!!

Il fallait que je le dise.


Salut à tous et que DIEU bénisse l'Afrique et la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

Résolument anti-impérialiste

FRANCOPHONIE A KINSHASA: LA FRANCE DANS SA BASSE-COUR!

 

 

Alors que des problèmes sérieux se posent à l’Afrique, les dirigeants des pays (anciennes) colonies françaises de ce contient n’en finissent pas de s’acoquiner avec les autorités de Paris, à la recherche d’un nouveau souffle pour l’asservissement à une France incapable de renoncer aux pratiques les plus avilissantes du colonialisme. Et ce n’est pas parce que le président français joue sur les mots en disant qu’à Kinshasa, lors du sommet de la Francophonie « il y aura la France et l’Afrique, et qu’il ne sera pas question d’associer la France et l’Afrique » qu’il faudrait croire que la Francafrique, ce système de relations de dupes entre la France et ses (anciennes) colonies aura vécu. Pour faire bien, on tente parfois de donner à la francophonie les allures du Commonwealth. Et pourtant, l’histoire a montré depuis toujours que les conceptions des relations avec les colonies n’ont jamais été les mêmes selon qu’il s’agisse de la France ou de l’Angleterre. Même si dans les deux cas on recherche le profit, les Français ont toujours eu un comportement qui tend à nier aux Africains toute personnalité, toute dignité ! Aujourd’hui, malgré les indépendances, le regard des Français sur l’Afrique n’a pas varié d’un pouce.

L’Afrique francophone : la basse-cour de la France !

L’image de la basse-cour, c’est ce qui convient le mieux, lorsqu’on veut parler des relations de la France avec les pays francophones d’Afrique. Aujourd’hui encore, les pratiques dégradantes de la francafrique font de ceux qui sont à la tête des Etats africains des responsables régionaux, de sortes de préfets de seconde zone, et leurs peuples subissent le dédain raciste, pendant qu’on parle de partenariat. Tout le monde sait que, non contente d’être un marché captif à maints égards pour la France, l’Afrique francophone va jusqu’à loger ses devises dans le Trésor de la France ; cela fait que l’Etat français a un contrôle exclusif absolu sur les économies des Etats de cet espace africain. Le Franc cfa, cette monnaie coloniale, est aujourd’hui la plus grossière arnaque qui puisse exister en matière de relations internationales. Le plus dramatique, c’est qu’on s’échine à faire croire que les Etats africains trouvent leur compte dans cette grotesque duperie. C’est un paternalisme avilissant que subit l’Afrique par la cupidité de dirigeants sans envergure, qui ne doivent souvent leur place qu’aux coups bas de la France des réseaux qui est en Afrique cette Francafrique ! Et ce n’est pas parce qu’un certain Abdou Diouf, après avoir dirigé le Sénégal, n’a pas pu se faire à l’idée d’une retraite méritée, et s’est retrouvé avec ce strapontin peu flatteur de Secrétaire Général de ce machin néocolonial, qu’il faudrait y voir une institution de coopération entre Etats. La francophonie est aujourd’hui le pilier visible le plus actif de l’action colonialiste de la France en Afrique. Pour la petite histoire, Monsieur Bernard B. Dadié, homme de lettres ivoirien bien connu, s’est vu refuser le visa par la France, en 2010, alors qu’il devait prendre part, en tant que membre à part entière, à une réunion important de la francophonie à Paris. La raison : ses prises de positions dans le complot électoral franco onusien en Côte d’Ivoire déplaisaient aux autorités de la France. D’ailleurs on a vu après, sans surprise, Abdou Diouf, le Secrétaire Général de cette institution, voler au secours de la France, dans sa guerre en Côte d’Ivoire, par des prises de positions indignes de l’ex chef d’Etat qu’il est !...

A quand donc « l’âge d’or » pour l’Afrique?

Nous entendons par « âge d’or », le temps où les Africains auront acquis le respect des autres. Le temps où sera abandonnée cette vision réductrice qui présente les Africains comme les dindons d’une farce grotesque. Le fait est que pendant que dans les Etat africains non francophones, on peut sentir comme un vent de dignité, dans la partie francophone, c’est l’aplatissement total, avec des comportements à faire honte même à l’idiot du village.

Il y peu, Tabo Mbeki, l’ex chef d’Etat sud africain, donc d’un pays anglophone, fustigeait la caducité des textes de l’ONU, et tançait durement l’Ua et les Africains pour leur tiédeur (le mot est faible) quand il s’agit de prendre position pour défendre un Etat africain. Cette semaine, c’est Paul Kagamé, un ex francophone qui a tourné vers la langue de Shakespeare, qui déclare que « l’Afrique n’a de leçon à recevoir de personne ! » A côté de cela on a vu, il n’y a pas longtemps, les chefs d’Etats francophones d’Afrique, Laurent Gbagbo (alors chef d’Etat) excepté, s’aligner pour aller faire la fête nationale en France. Et il y a quelques jours, ce sont les ministres des finances de  ces mêmes Etats francophones qui sont allés à Paris, avec au premier rang, Alassane Ouattara, le « préfet de seconde zone » que la France a placé au pouvoir en Côte d’Ivoire, après avoir chassé Laurent Gbagbo avec des bombes. Ils sont allés fêter l’esclavage financier que subissent leurs pays, avec le franc cfa.

Ces exemples pour dire que pendant que dans les pays anglophones, des voix s’élèvent pour parler de dignité de l’Afrique, dans les pays francophones, c’est toujours le statu quo colonial. On continue de s’aplatir devant la France, et on n’a pas honte de se ridiculiser avec des attitudes et parfois des propos aussi niais que lâches. Comme cette réponse de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) : à l’occasion de la fête des 40 ans du cfa, fête de l’esclavage financier, dernièrement à Paris, un journaliste s’est hasardé à demander à l’ancien gouverneur de la BCEAO si et quand les Etats africains envisageaient de créer leur propre monnaie. Monsieur Banny, à la manière de « Toto » qui voudrait faire de l’esprit, a demandé au journaliste de quoi il parlait. Puis il a poursuivi, à peu près en ces termes : «  nous avons une monnaie à nous,  qui est le franc cfa ! Et si c’est une affaire de mot, on peut, pour vous faire plaisir, remplacer cfa pour autre chose ; mais nous, nous n’avons pas du tout le sentiment de ne pas avoir une monnaie à nous… » Voilà, sans commentaire, le propos d’un ex haut fonctionnaire de l’esclavage financier que la France exerce sur l’Afrique francophone. Avec çà, on a de quoi être sceptique devant les campagnes pour la francophonie, et se demander avec insistance : à quand « l’âge d’or » ?

Que Dieu nous protège !


Nda Adjoua Suzanne, Enseignante

REPONSE AU DISCOURS DE FRANÇOIS HOLLANDE, PRESIDENT ELU ET CERTIFIE PAR LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

 

 

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«Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l'Afrique, il y a le partenariat entre la France et l'Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité».

Comme le disait Martin Luther King et je cite :

«The truth beyond these words is without doubt, but the mission for which they call us is the most difficult one».

En termes français, «la vérité de ces mots ne souffre d’aucun doute, mais la mission qu’ils nous demandent est la plus difficile».

Mission d’autant plus difficile du fait que, si le temps de la françafrique est révolu, les françafricains sont à la manœuvre sur tout le continent avec l’aide de vos prédécesseurs qui n’ont pas hésité, en 2002, à armer des rebelles contre le Président GBAGBO, démocratiquement élu par le peuple de Côte d’Ivoire. Le seul, qui à son temps en Afrique de l’ouest, a exprimé ouvertement le vœu de la fin de la Françafrique. Le contexte actuel nous donne cette curieuse impression que la seule démocratie valable et la seule alternance acceptable sont celles qui portent au pouvoir un françafricain.

L’attaque de 2002, contre le régime du Président GBAGBO, a été organisée au Burkina Faso. Ce pays où justement un autre combattant contre la françafrique, Thomas SANKARA, a été froidement assassiné par le réseau françafricain. Ce réseau a fait de ce pays des hommes intègres la base d’entrainement militaire de la françafrique pour combattre tous ceux qui veulent se soustraire de la françafrique. Vous connaissez suffisamment ces faits puisque le Président du Burkina Faso vous en a sûrement fait un compte rendu exhaustif lors de son dernier séjour en France.

MOUAMAR AL KADHAFI, un autre combattant contre la françafrique a été exécuté par votre prédécesseur avec l’accord de l’ancien Président du Sénégal, pays dans lequel, vous avez prononcé ce discours.

Comme vous le dites : « L'amitié crée des devoirs, le premier d'entre eux est la sincérité. Nous devons tout nous dire, sans ingérence mais avec exigence »

Nous allons donc être sincères avec vous : On ne se sépare  pas de la françafrique sans les bénéficiaires et les maîtres d’œuvre de la françafrique car eux, n’ont d’autres projets pour l’Afrique que par et pour la françafrique et ne peuvent survivre une minute de plus au pouvoir sans la protection bienveillante de l’armée française et des ristournes faites sur les réserves de l’Afrique au trésor français distribuées sous forme d’aide.

La question du Franc CFA, de l’armée, des secteurs stratégiques de nos économies ne peut être sérieusement abordée dans l’intérêt bien compris de l’Afrique qu’avec les fils dignes d’Afrique qui ont fait de la fin de la françafrique, du nouvel ordre mondial et du co-développement leur projet de société.

Lors du dernier séjour de M. OUATTARA en France pour le 40ème anniversaire des accords monétaires entre la France et l’Afrique, il déclarait à propos de ces accords et je cite :

« Les choix effectués par les Pères Fondateurs de la zone Franc ont pleinement tenu leurs promesses ». La suite du discours nous situera sur ses promesses tenues et je cite :

« La majorité des pays est confrontée à une pauvreté galopante et à une insuffisance d’infrastructures socio-économiques ». Concernant l’avenir des accords monétaires il déclare et je cite :

« Leurs promesses (c'est-à-dire les promesses des accords monétaires) demeurent aujourd’hui encore parfaitement adaptées »

Pour nos Chefs d’États, aujourd’hui la françafrique paraît donc parfaitement adaptée pour augmenter la pauvreté et le manque d’infrastructures socio-économiques.

Excellence Monsieur Le Président, l’Afrique est plus riche que le Moyen Orient en matières premières, mais avec l’OPEP boostée par HUGO CHAVEZ a fait que le Moyen Orient comme le Venezuela n’attendent plus aucune aide, bien au contraire.

Les réserves en matières premières en Afrique suffisent à l’Afrique pour se passer de l’aide que vous promettez pour appuyer le développement et les organisations sous régionales.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire donc cette autre vérité : l’Afrique n’a pas besoin d’aide mais de justice économique et du contrôle de ses réserves monétaires, de la production et de la commercialisation des matières premières par l’Afrique contre l’abandon des privilèges faits aux négociants et autres trafiquants de toutes sortes qui sont les intermédiaires de la françafrique. Ces derniers ont pour nouveau commerce : armes contre matières premières en faisant disparaître les États et les droits de l’homme par des coups d’État et l’installation des rebellions. Vous avez une belle illustration en Côte d’Ivoire où des Militaires formés dans votre grande école Saint Cyr sont emprisonnés alors que des chasseurs traditionnels (Dozo) assurent la protection des droits de l’homme en confondant chasse à l’homme et droit de l’homme. Vous avez décidez de fermer vos portes à ces trafiquants et à ces négociants ; c’est une sage décision, mais je vous préviens : ils ont le double des clés.

Permettez-moi une dernière vérité : l’Afrique est la jeunesse du monde comme vous le dites et cela est vrai. Cependant, elle est parfaitement apte à présenter les résolutions sur l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. Pour quoi, jusqu’à présent, c’est la France qui joue ce rôle ? C’était donc curieux d’affirmer dans le même discours la fin de la françafrique et la présentation prochaine par la France d’une résolution sur le Mali. Ce rôle, Mme ZUMA la Présidente de l’UA (Union Africaine) peut parfaitement le jouer.

Sincèrement et avec respect, dans la clarté et la solidarité, je vous remercie.

 

DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur de Ponts et Chaussées

Ancien Ministre en exil.

samedi, 13 octobre 2012

MEDIA-MENSONGES: CESSER DE PLEURNICHER ET PASSER A L'OFFENSIVE

 

 
Jusqu’à quand entendrons et verrons-nous des africains, notamment des ivoiriens pleurer et se lamenter sur leur sort, tout en ignorant qu’ils le font en vain ? En effet, personne ne leur viendra en aide, le comprendront-ils un jour, une bonne fois pour toutes ?

Au risque de répéter ce que plusieurs avant nous ont – probablement – dit, mais qui semble tombé dans des oreilles de sourds, sachons que le monde actuel est en guerre. Une guerre impitoyable. Une guerre de positionnement et de survie dans laquelle les « grandes nations » de l’occident ou encore « puissances mondiales » mènent - depuis toujours - la danse au détriment des plus petites. Les réalités de cette guerre sont telles que toutes les nations du monde actuel, qu’elles le veuillent ou non, y sont engagées. Chacune, contrainte à lutter pour sa propre survie.

L’observation attentive de la tactique de guerre employée par les puissances occidentales – ces derniers temps, à travers le monde - nous apprend surtout que cette lutte pour la survie se fait, très souvent au mépris du bon sens, de l’entendement, des Droits humains et même de la vérité, si simple, si accessible soit-elle. 

D’ailleurs qu’est-ce que la vérité dans un monde littéralement dominé par les puissants média aux ordres, dictant ou imposant – partout à leur guise - « leur vérité », pour que triomphe et perdure l’hégémonie occidentale ?

C’est dans ce cadre – sans doute – que s’inscrit le récent pavé lancé dans la marre par Radio France Internationale (RFI) – et relayé par ses média alliés - à propos des - supposées – connexions établies, ces derniers mois entre des exilés ivoiriens, notamment des cadres du FPI et la junte malienne, mais aussi avec les djihadistes d'Ansar Dine, dans un rapport - dit-on - d’experts de l’Onu. Le FPI, parti populiste, nationaliste et souverainiste à souhait, fondé par Laurent Gbagbo, constituant – certainement - le dernier obstacle aux acquis occidentaux, notamment français en Côte d’ivoire. Une simple évaluation de l’engagement sans faille de la France, de son armée, de ses services de renseignements, de sa diplomatie aux côtés de monsieur Ouattara, dans la course au pouvoir et dans son maintien à la tête de ce pays, achèvera de convaincre plus d’un.

Pourquoi le régime de monsieur Ouattara, malgré les graves et massives violations des droits de l’Homme, perpétrées par ses hommes en Côte d’Ivoire, contre des civils, notamment ceux du camp Gbagbo, ne subit-il pas la même ampleur – ou presque pas – des critiques et dénonciations que celui de ses opposants, les pro-Gbagbo de la part des média occidentaux, notamment français ? Pourquoi n’est-il pas - lui et son régime – accablé alors que des charniers, après le massacre des réfugiés du camp de Nahibly, viennent – encore - tout fraichement d’être découverts ?

Pourquoi ces média, si prompts dans l’affaire Katinan, si empressés contre, le FPI, ses cadres et Laurent Gbagbo, l’empêcheur de tourner en rond, ferment-ils les yeux sur l’insécurité galopante en Côte d’Ivoire, sur la réconciliation nationale torpillée par les partisans de Ouattara, sur la justice à double vitesse dans la crise socio-politique ivoirienne ? Pourquoi se refusent-ils de voire que – manifestement – monsieur Ouattara n’est pas un rassembleur, le rassembleur qu’il faut aux ivoiriens ? Pourquoi feignent-ils d’ignorer que sous le règne de ce dernier le tissu social s’est considérablement dégradé et que, plus que jamais, les ivoiriens se regardent en chien de faïence ? Pourquoi, dans le scénario ivoirien, ce qui est juste et vrai doit être nié, considéré comme faux ? Pourquoi… ?²

Que de questions inutiles. Que de lamentations vaines qui sont loin d’être entendues, dans le rapport de forces déséquilibrées entre occidentaux et africains. Un rapport de forces médiatiques où les plus puissants s’imposent à tout prix, quand bien même ils sont dans l’erreur, le faux ou l’intox. Ces puissants média qui n’hésitent pas véhiculer le mensonge quand il le faut, se nourrissant notamment des complexes de l’africain, de sa propension à donner du crédit à tout ce qui arrive de l’extérieure, à tout ce qui vient des média occidentaux. 

Derrière ces média de propagande, se cachent – en réalité - ceux qui se veulent les – seuls - maîtres du monde et dont le but est d’abrutir ceux qui, noyés dans le flot de leurs mensonges repris en boucle finissent par y croire. Des média qui ont fini par tisser leur toile sur un auditoire ciblé et de plus en plus large.

Les média sont donc une force avec laquelle il faut compter, dans cette lutte de plus en plus âpre. Ne soyez donc pas étonné que l’occident - en déclin - en use au maximum, avec toute l’énergie possible. C’est – pour l’occident – une question de vie ou de mort. 

Soutenir, protéger, appuyer, caresser dans le sens du poil, les chefs d’Etats africains, plus que soucieux de préserver les intérêts occidentaux et leur fauteuil, en leur garantissant l’appui médiatique, participe du vaste plan de sauvegarde de l’hégémonie occidental sur l’Afrique. 

Pas donc étonnant que le FPI, parti aux velléités souverainistes, ses militants et ses cadres soit logiquement épinglé au compte des organisations terroristes par la bande de média occidentaux et leur lèche-bottes africains.

Que les africains et les ivoiriens ne s’y trompent donc pas. Ni leurs « pleurs », ni leurs jérémiades ne pourront émouvoir ces gens, résolus à accomplir la mission à eux assignée : tenir haut et pour longtemps encore, l’étendard de la suprématie occidentale. 

Ces gens, ces occidentaux osent-ils reconnaitre – pour une fois – qu’ils ont mal agit ? Rassurez-vous, vous aurez droit à quelques petites excuses et ce, lorsqu’ils veulent bien. Hélas, bien entendu, quand le pire, l’irréparable – comme au Rwanda – aura fini de se dérouler, pas plus. 

D’ailleurs ne connaissent-ils que trop bien nous autres, ces africains si complexés. Toujours prompts à pleurnicher, à se plaindre et à accuser tout le temps – même à raison – les blancs et leurs média. Des africains qui ne se limitent qu’à ceci: pleurs, jérémiades et accusations, rien de plus.

Pourtant, il faut aller plus loin, dans cette guerre déclarée. Il faut aller au-delà même des plaintes et des pleurnichements, dans cette guerre médiatique. Au lieu de rester là à s’apitoyer sur son sort. Car personne n’aura pitié de nous, personne n’entendra nos cris de détresse au milieu des bruits effroyables de ces « machines de guerre » que sont les puissants média occidentaux.

Il est donc temps d’essuyer nos larmes et de passer à l’offensive dans cette lutte, où il doit y avoir – nécessairement - vainqueurs et vaincus. Le processus est certes irrémédiable. En effet, ce n’est pas les ressources, ni les hommes qui manquent à l’Afrique pour mener cette « guerre » contre l’abrutissement et l’asservissement aux média occidentaux. 

A force d’insister, de combattre sans répit le média-mensonge par la racine, tout en tâchant de se montrer de plus en plus présents, « agressifs », envahissants et solidaires par-dessus tout, sur toutes les plates-formes d’expression possibles, le flagrant déséquilibre médiatique peut être réparé. 

Pour ce faire, il faudra s’armer de volonté et de détermination. Car rien n’est perdu, bien au contraire, tout est à gagner. 



Marc Micael
zemami1er@yahoo.fr

POURQUOI LES MALIENS ONT RAISON D'AVOIR PEUR

 

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 Ville de Gao, nord du Mali, le 10 septembre 2012. REUTERS


Une intervention militaire dans le nord du Mali pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ce pays.

 

Le «Malian bashing» est à la mode dans le petit cercle des commentateurs de l’actualité africaine. Si on n’écoutait que certains d’entre eux, on se convaincrait assez rapidement que le seul et unique problème du Mali est sa classe politique irresponsable, bien décidée à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang pour des lambeaux de pouvoir. Ou alors que la malédiction de ce pays est son armée, qui refuse de verser son sang pour Tombouctou ou pour Kidal, mais qui s’arc-boute sur son orgueil outragé quand les âmes vertueuses de la communauté internationale veulent venir mettre de l’ordre là où il y a le chaos.

Cette façon de voir les choses a «l’avantage» d’éluder une question fondamentale: le scepticisme profond d’une grande partie de l’opinion publique malienne quant à la capacité et à la volonté des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la France et plus globalement la communauté internationale, d’aider sincèrement le pays sinistré de Soundjata à se tenir de nouveau sur ses deux jambes. De nombreux Maliens se méfient, et ils ont des raisons de se méfier.

Raison numéro un: la sécession du Nord-Mali a d’abord été une perspective acceptable pour la France

Souvenons-nous. Tant que c’était le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, estampillé laïc) qui faisait la conquête du Nord du pays et y installait sa loi, tout ce que Paris compte d’officiels, d’analystes et de brillants rhéteurs considérait qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise malienne.

Qu’il fallait entendre le message des Touaregs, dont le lamento identitaire était reçu avec compassion et commisération. Il a fallu que le MNLA se fasse rouler dans la farine par ses alliés circonstanciels islamistes pour que les points de vue changent du tout au tout et que la diplomatie hexagonale se démène pour débarrasser son pré carré d’un impérialisme concurrent du sien sur ce terrain particulier: celui du salafisme international. Mais, vu de Bamako, la question fondamentale était l’intégrité territoriale, et rien ne ressemble plus à un barbu d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) qu’un imberbe azawadien dont le visage buriné est camouflé par le burnous bleu.

Raison numéro deux: la CEDEAO a été maladroite voire sadique avec le Mali

Très clairement, pour les chefs d’Etat de la région – en tout cas pour certains d’entre eux –, l’avancée des rebelles était moins importante que l’urgence d’imposer un «nouvel ordre politique», à la fois sans Amadou Toumani Touré (l’ex-président renversé en mars 2011) dont ils ont regretté le règne avec de trop apparentes larmes de crocodile et sans la junte dirigée par Amadou Sanogo, qu’il fallait marginaliser afin de placer les petits et les grands copains réunis dans le cadre d’un gouvernement de transition. Afin de gouverner le Mali par procuration. Afin, ont dit certains intellectuels mauvais coucheurs, de «recoloniser» le Mali pour le compte de grandes puissances en embuscade.

Pour arriver à ses fins, le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara est même allé jusqu’à fermer d’autorité la frontière avec le Mali pendant quelques jours. Ce qui revenait à asphyxier, dans tous les sens du terme, le pays qu’il prétendait sauver. Il est vrai que Ouattara peut considérer que cette méthode sadique lui a réussi dans sa guerre de quatre mois contre son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Mais tout de même! Difficile de faire du chantage à vos voisins, même si c’est pour leur bien à vos yeux, sans vous aliéner définitivement un grand nombre d’entre eux.

Raison numéro trois: les forces d’interposition règlent fort mal les crises

Fort peu solidaires pour une majorité d’entre eux de Laurent Gbagbo quand il subissait sa rébellion à lui, les Maliens se sont tout de même rendu compte que la MICECI (on parle aujourd’hui de MICEMA (Mission de la Cedeao au Mali), ancêtre de l’ONUCI, n’a rien réglé mais a coupé la Côte d’Ivoire en deux pendant près de dix ans, laissant macérer les racines de la haine et d’une confrontation finale (?) qui a été bien plus violente que celle du 19 septembre 2002.

Et si les «forces impartiales», étaient, comme on dit à Treichville (quartier d’Abidjan), des «aggravaffaires»? En plus, quand elles viennent, elles ne partent plus. L’ONU et ses fonctionnaires surpayés sont toujours là au Liberia, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan… Conflit internationalisé un jour, conflit internationalisé toujours?

Raison numéro quatre: la France et les islamistes ont les mêmes «meilleurs amis»

Si la Côte d’Ivoire a été l’obsession des exécutifs Chirac et Sarkozy (au pouvoir jusqu’en mai 2012), la «reconquête» du Sahel malien semble être la priorité des priorités de l’administration Hollande. Il n’empêche qu’il est difficile de ne pas tiquer lorsque l’on sonde la profondeur des alliances des uns et des autres. C’est un secret de polichinelle : la France réac et la France baba cool se retrouvent unies dans une fascination pour les «hommes bleus» des dunes dont le MNLA est la figure emblématique.

Mais alors que Paris hausse le ton contre les islamistes liés à la nébuleuse Al Qaida qui coupent les mains et manient le fouet plus que de raison, comment oublier tout à fait que, selon de nombreux spécialistes du renseignement, une partie de l’approvisionnement des salafistes provient de réseaux qataris? Ce n’est pas un détail, puisque le Qatar d’aujourd’hui est dans le monde arabe, pour Paris, ce qu’était la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny dans les années 1960 et 1970 en Afrique: un allié sûr, un pivot stratégique, un partenaire central.

Le Qatar est même plus que cela, puisqu’il met la main à la poche pour financer le Paris-Saint-Germain (club de foot de la capitale française) ou pallier aux défaillances de l’Etat français dans les banlieues.

Mais pourquoi, au lieu de financer une invasion militaire du pays qui pourrait le transformer en une sorte de lieu de cristallisation de longue durée des forces en présence dans le cadre d’une guerre froide qui ne dit pas son nom, François Hollande – qui n’a pas un sou en poche, dit-on – ne prend-il pas son téléphone pour appeler ses amis les émirs? Pourquoi les Etats-Unis ne sont pas «chauds» pour une intervention? Iront-ils jusqu’à la saboter si elle a lieu?

Pourquoi les salafistes sont-ils les alliés, voire la force virile de l’Occident en Syrie, comme hier en Libye, quand il s’agit de chasser de vieux régimes «laïcs», et deviennent en Afrique subsaharienne la menace absolue?

Les Maliens ont l’impression d’être les victimes d’un grand jeu qui les dépasse. Ils n’ont pas sollicité la guerre de Libye menée par l’OTAN sans aucun souci de l’après-Kadhafi, mais ils sont obligés d’en subir les conséquences, dans un contexte où ils sont divisés, mal préparés militairement, et persuadés d’avoir fort peu d’amis dans la grande épreuve qui les étreint. C’est pour cette raison qu’ils se méfient. Et ils ont bien raison.


Théophile Kouamouo

 

Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 octobre 2012

DEBUT 2013, OUATTARA AUGMENTE LE PRIX DU CARBURANT ET DE L’ELECTRICITE

 

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 Mines des mauvais jours!!! Lundi 1er octobre 2012. Abidjan. Palais de la présidence. Alassane Ouattara accorde une audience à une mission du FMI conduite par M. Michel Lazare, Sous-Directeur du Département Afrique.

 

C’est l’un des rarissimes sujets qui met d’accord toutes les sensibilités médiatiques ivoiriennes. Dans leurs livraisons d’hier (mardi 2 octobre 2012, Ndlr), la presse ivoirienne, toutes tendances confondues, a parlé d’une même voix: les prix de l’électricité et du carburant vont connaitre une hausse!

L’information émane de la rencontre entre les autorités ivoiriennes et les envoyés du Fmi avant-hier lundi 1er octobre. Michel Lazare, sous-directeur Afrique dudit organisme et tête de la délégation hôte a en effet signifié à Alassane Ouattara qu’il doit absolument augmenter le prix du pétrole et du courant électrique. Et cette exigence des puissances économiques qui régentent le monde doit entrer en vigueur dès 2013. 

« Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux pressions exercées par la hausse mondiale des prix de l’énergie notamment sur les mécanismes d’ajustement, de fiscalisation et de subvention des prix des produits pétroliers (...) », professe Michel Lazare. Traduisons en des termes simples les exigences de la délégation du Fonds monétaire international. Il y a une hausse mondiale du prix de l’énergie, le courant électrique y compris.

Par conséquent, l’Etat de Côte d’Ivoire doit faire des « efforts supplémentaires », c’est-à-dire augmenter le prix du courant, afin de pouvoir faire face aux exigences de cette hausse. Comment augmenter le courant? Michel Lazare donne la recette: augmenter la fiscalité, faire des ajustements, etc. Autrement dit, dès 2013, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), filiale de la multinationale française Bouygues, va augmenter le prix du courant. Ça va chauffer dans les poches!

Il ressort des échanges avec le régime d’Abidjan que les envoyés de Christine Lagarde ne sont pas contents des autorités ivoiriennes car les augmentations devraient être faites depuis bien longtemps. Mais elles ont trainé jusqu’à ce jour. D’où la « nécessité » des efforts qui doivent être faits début 2013.

Face à ces exigences, le gouvernement  Ouattara, qui n’a d’autre choix que de se conformer aux desiderata des puissances économiques, a montré son embarras. Les autorités sont en effet coincées entre le marteau des institutions de Bretton Woods et le soulèvement populaire que pourraient entrainer des telles mesures. « Le choix est difficile pour le gouvernement, nous voulons faire un choix conséquent », a avoué l’Argentier ivoirien. Qui s’est tout de même plié à la volonté de Michel Lazare et de sa délégation : «Ces mesures seront certes impopulaires mais elles seront comprises avec le temps», s’est-il résigné.

Les bénéfices engrangés par ces augmentations visent, si l’on en croit M. Michel, à « assurer un financement adéquat et pour l’accroissement de la production et l’extension du réseau de distribution, l’introduction de la flexibilité dans la détermination des prix des carburants, la maitrise de la masse salariale, etc. » Disons ça aussi en des termes accessibles à tous: les bénéfices serviront à la multinationale détentrice exclusive de l’exploitation de l’électricité en Côte d’Ivoire, la CIE, ainsi qu’aux exploitants du pétrole ivoirien à étendre leur réseau, et asseoir leur influence.

Hormis cela, la délégation du Fonds monétaire a aussi donné dans la mystification en pondant des chiffres qui ont fait sourire plus d’un dans la salle. En effet, selon le communiqué de presse de fin de mission, les experts occidentaux ont affirmé que « les résultats économiques au cours de la première moitié de l’année 2012 ont été meilleurs que prévus. » Mais l’Ivoirien lambda se demande de quels meilleurs résultats parlent ses hommes. On a du mal à se nourrir par manque d’argent, et quand il y en a, les prix des denrées alimentaires sont hors de portée des bourses.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du mercredi 3 octobre 2012.

L’IMPOSSIBLE EXTRADITION DE KONE KATINAN

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Les autorités ivoiriennes sont revenues à la charge dans l’affaire Koné katinan de la manière la plus maladroite. En effet, déstabilisée par la liberté sous caution qui lui a été accordée par la justice ghanéenne, elles ont cru devoir rebondir avec un nouveau mandat d’arrêt, en vertu duquel le ministre Koné Katinan et l’ancien ministre Désiré Dallo, qui croupit déjà dans les geôles du régime pour d’autres chefs d’inculpation, seraient maintenant accusés du meurtre les 25 et 29 Mars 2011, de Kamagaté Seydou, un soudeur de 83 ans et Diabaté Drissa, un commerçant de 37 ans.

La révolte le dispute à l’indignation dans le caractère grotesque de cette nouvelle procédure. Alors même que l’infortuné ministre est dans le viseur du pouvoir depuis longtemps, et que de nombreux mandats d’arrêts ont été lancés à l’encontre de plusieurs pro-Gbagbo réfugiés à l’extérieur, c’est subitement maintenant que les hommes forts de la Côte d’Ivoire découvrent que le ministre Koné Katinan aurait commis des crimes de sang. Quelle triste image de notre pays dans le monde au moment où l’Assemblée générale des nations unies consacre ses discussions justement à l’Etat de droit!

En réalité, ce  nouveau mandat d’arrêt s’explique par le fait que les textes protégeant les réfugiés disposent qu’ils « ne sont pas applicables à toute personne dont l'Etat d'asile a des raisons sérieuses de penser (…) qu'elle a commis un crime grave de caractère non politique en dehors du pays d'accueil avant d'être admise comme réfugiée ». Cette disposition de la Convention OUA de 1969 se retrouve dans la plupart des autres textes dont la loi ghanéenne sur les réfugiés de 1992 et la loi sur l’extradition (de 1960 ou même le projet de 2012).

Or même dans cette hypothèse, les textes clairs et sans équivoque n’autorisent pas l’extradition dans tous les cas. Comme le prévoit la convention sur l’extradition de la CEDEAO et les lois ghanéennes, dans trois hypothèses au moins, la demande d’extradition peut être refusée : s’il y a des raisons sérieuses de craindre que  la demande d’extradition motivée par une infraction de droit commun a été présentée aux fins de poursuivre un individu pour des considérations d’opinions politiques; lorsque l’individu dont l’extradition est demandée serait soumis dans l’Etat requérant à des tortures et autres peines ou traitement cruels inhumains et dégradants ; lorsque l’individu est susceptible de ne pas bénéficier au cours des procédures pénales des garanties minimales prévues par l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

La gouvernance du régime Ouattara est le principal obstacle à l’extradition

Le moins que l’on puisse dire est que ces trois hypothèses se vérifient dans le cas de la Côte d’Ivoire. En effet, les motivations politiques de cette demande d’extradition ne font pas de doute. Faut-il rappeler que les crimes reprochés auraient eu lieu dans le cadre d’un conflit électoral dont le caractère politique ne peut être contesté ? La qualité d’actuel porte-parole du Président Laurent Gbagbo du ministre Koné Katinan et son intense activité diplomatique gênent manifestement le Gouvernement ivoirien qui veut le faire taire. C’est pourquoi, après avoir échoué à le faire extrader pour crimes économiques, les autorités ivoiriennes, comme des magiciens,  ont sorti de leur chapeau cet autre mandat d’arrêt pour des crimes de sang que l’infortuné Justin Katinan Koné n’a jamais commis.

Le régime de Ouattara qui refuse au FPI de s’exprimer librement réserve manifestement un traitement cruel et dégradant  au ministre Koné Katinan. La répression terrible qui s’abat sur les cadres de l’opposition en Côte d’Ivoire, notamment FPI est devenue un secret de polichinelle. Le couple Laurent Gbagbo n’a pas échappé à la furie du pouvoir. L’exemple de l’ex ministre de la défense Moïse Lida Kouassi, extradé manu militari du Togo et torturé pour avouer un coup d’Etat imaginaire, est encore frais dans nos mémoires pour savoir ce qui attend Koné katinan dans l’hypothèse de son extradition en Côte d’Ivoire.

Et ce n’est pas au système judiciaire ivoirien qu’il faut faire confiance pour espérer défendre les droits ainsi bafoués tous les jours en Côte d’Ivoire. Ouattara a instauré une justice des vainqueurs qui n’est contestée par aucun observateur de la scène politique ivoirienne. Celle-ci ne peut offrir les garanties minimales exigées par la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, dont des principes sont battus en brèche. C’est ainsi que  la présomption d’innocence et le droit d'être jugé dans un délai raisonnable sont inconnus par cette justice qui détient, sans jugement, dans ses cellules, des pro-Gbagbo depuis au moins 18 mois.  Les juridictions ne sont pas impartiales dans la mesure où cette justice aux œillères ne poursuit que ceux qu’elle a identifiés comme étant des pro-Gbagbo. Le droit de la défense est bafoué avec les perquisitions sans mandat au domicile des avocats des détenus et les nombreuses entraves à l’exercice de leur profession.

Assurément le règne de l’Etat de police et la volonté de réprimer une opposition véritable au régime actuel constituent de bonnes raisons pour refuser l’extradition de ministre Koné Katinan. Et le fait que les autorités ivoiriennes privilégient Interpol dans cette deuxième procédure ne changent rien à la donne. Outre que cette organisation internationale est interdite d’interférer dans les affaires politiques (article 3), ses statuts le contraignent à exercer ses activités dans le cadre des lois existant dans les différents pays membres (article 2), dont le Ghana qui, outre ses propres lois, a adhéré à un ensemble d’instruments internationaux régissant les réfugiés et l’extradition.

Interpol ne peut réserver un autre sort que le refus à la demande d’extradition. Aucune « procédure simplifiée  de remise de personnes de police à police », qui autoriserait le Bureau National Central (BNC) d’Interpol à remettre un individu poursuivi aux autorités judiciaires d’un pays étranger ne saurait donc prospérer. Pourvu que l’on inscrive son action dans le cadre d’un Etat de droit.

C’est l’occasion d’informer les hommes forts de Côte d’Ivoire dont le premier d’entre eux était curieusement absent à la dernière Assemblée générale de l’ONU, qu’à cette session, près de 80 chefs d’État et de gouvernement ou ministres ont adopté, par acclamation, une déclaration qui souligne l’importance de l’Etat de droit, « en tant qu’un des éléments essentiels de la prévention des conflits, du maintien de la paix, du règlement des conflits et de la consolidation de la paix ». La nouvelle gouvernance politique est indissociable de l’Etat de droit.

Ouattara et John Mahama: deux gouvernances opposées

Manifestement, l’affaire Koné Katinan nous donne d’apprécier deux gouvernances totalement différentes. D’une part, celle du Ghana sous la houlette du Président John Dramani Mahama et dans le sillage du Président Atta Mills, qui, respectueuse de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs,  n’interfère pas dans les compétences de l’autorité judiciaire. Ce qui n’empêche pas le pays de mettre en œuvre un impressionnant programme de renforcement de ses infrastructures de base, notamment dans le domaine des communications avec des autoroutes, des ponts et des échangeurs construits d’année en année sur l’ensemble du territoire national, y compris à Accra, et surtout de réaliser des performances économiques avec un taux de croissance à deux chiffres (14% en 2011), faisant du Ghana un Etat à revenu moyen.

D’autre part, il y a la (mal)gouvernance du régime Ouattara, pour qui développement et Etat de droit sont incompatibles. Ainsi, en faisant miroiter une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2025, il piétine l’Etat de droit, les libertés démocratiques et les droits fondamentaux de la personne humaine (400 enlèvements, 360 à 380 arrestations, 4 tués à Abidjan et au moins 12 camps de tortures selon le dernier bilan du FPI). La carrière politique de Ouattara est d’ailleurs caractérisée par un défi constant à l’autorité judiciaire. La violente contestation de la décision du Conseil constitutionnel du 3 décembre 2010 n’est que l’épilogue d’une longue série. En 2000, les deux arrêts de la Cour suprême invalidant sa candidature à la présidentielle et aux législatives ont fait l’objet de contestations diverses parfois violentes et d’une tentative de coup d’Etat. En 1993, en dépit d’une décision de la Cour suprême rejetant sa requête dilatoire, c’est malgré lui qu’il a dû rendre sa démission afin de permettre au Président Bédié d’exercer son office présidentiel.

 

Dr Kouakou Edmond, Juriste-Consultant

AFFAIRE KONE KATINAN: LE SECOURS DE LA JURISPRUDENCE FRANÇAISE

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Les raisons pour le juge du district d’Osu de rejeter la demande d’extradition de Justin Koné Katinan, sont nombreuses et ont été exposées par le Dr. Edmond Kouakou, dans son article ci-contre (voir article précédent, Ndlr). Le caractère politique de l’infraction imputée à Justin Koné Katinan et la finalité politique évidente de la demande d’extradition  présentée aux autorités ghanéennes par la Côte d’Ivoire, retiendront notre attention.

Si l’infraction politique n’a pas reçu une définition universelle dans le droit conventionnel, c’est à l’Etat saisi d’une demande d’extradition, qu’il revient d’apprécier s’il est ou non en présence d’une telle infraction. Toutefois la doctrine s’accorde sur l’opinion qu’une infraction de droit commun par nature, peut être considérée comme étant une infraction politique, en considération des motifs qui l’ont inspirée et des liens qu’elle a avec des circonstances politiques.

L’avis rendu le 4 décembre 1967 par la Chambre d’Accusation de Paris dans l’espèce Inacio da Palma Herminio, est un édifiant exemple d’une infraction de droit commun par nature, estimée politique par ses motivations et son but.

Inacio da Palma Herminio est un révolutionnaire portugais, bien connu pour ses actions radicales contre la dictature salazariste, et rendu célèbre pour avoir détourné en 1956, un avion commercial afin de distribuer des tracts au-dessus de Lisbonne et sa banlieue, appelant à la révolte contre le potentat portugais.

Pour financer les activités de son organisation anti-fasciste, la LUAR, il braqua le 17 mai 1967, une agence de la Banque du Portugal à Figueira da Foz. Tenant en respect les employés et les clients présents, il se fit remettre les clefs du coffre-fort, sous la menace des armes, puis y déroba une très importante somme d’argent. Recherché par la justice portugaise, il trouve refuge en France. Objet d’un mandat d’arrêt décerné contre lui par un magistrat portugais, il est interpellé le 3 août 1967 en France. Après qu’il a reconnu les faits qui lui étaient imputés dans le mandat d’arrêt par le magistrat instructeur de son pays, il s’est opposé à son extradition vers son pays, prétextant qu’il avait agi dans un but politique. La Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Paris, lui donna raison et repoussa la demande d’extradition. En effet, bien qu’ayant reconnu la gravité particulière des faits de crime de vol avec circonstances aggravantes, reprochés au fugitif, elle a décidé que ces faits avaient été accomplis pour un motif politique et dans un but politique.

La chambre d’Accusation a considéré que : « les faits tels que visés dans la demande s’analysent en un crime de vol avec circonstances aggravantes, notamment port d’arme… Considérant qu’il résulte des documents fournis en complément d’information par le Gouvernement portugais …que les procédures suivies antérieurement devant les juridictions portugaises se référaient à des faits de caractère politique ; qu’il est établi que Inacio da Palma est bien connu pour son activité militante ; qu’il apparaît enfin, d’après les pièces produites dans la procédure, que les faits imputés à Inacio da Palma dans le mandat… bien que d’une particulière gravité, se rattachent à cette activité politique, ont bien été accomplis pour un motif politique et uniquement dans un but politique… » (Cour d’Appel de Paris, 4 décembre 1967)

Cette règle qui bannit du droit extraditionnel les infractions politiques, se trouve bien insérée à l’article 4 de la Convention d’extradition de 1994 dans l’espace CEDEAO à laquelle la justice ghanéenne confrontera la demande de remise de Justin Koné Katinan pour juger de la suite à lui réserver.

Plus subtilement encore, en son second alinéa, cette même disposition, interdit que la procédure d’extradition soit dévoyée de son but, pour servir à des fins de représailles politiques. Elle défend, en ce point, que soit accueillie favorablement une demande d’extradition présentée sous un motif de droit commun par un gouvernement, qui pourrait avec raison, être suspecté de vouloir régler son compte à un adversaire pour ses prises de positions politiques.

Qui peut croire que les demandes réitérées d’extradition de Justin Koné Katinan formulées par les autorités ivoiriennes, sont exemptes d’arrière-pensées politiques ?  Les propos de M. Adjoumani, ministre des ressources halieutiques, figure de proue de la coalition au pouvoir, rapportés par Nord-Sud dans sa livraison du Vendredi 05 octobre 2012 ne laissent aucun doute sur le désir ardent des autorités ivoiriennes de punir Koné Katinan pour ses opinons politiques. Il disait : « Je crois aussi que les Ghanéens ont eu vent de ce que Katinan Koné représente pour la Côte d’Ivoire et ce qu’il a fait durant la crise… Quelqu’un qui a posé de tels actes doit y répondre ».

On découvre ici qu’il ne s’agit pas l’extradition d’un sale malfrat, casseur invétéré de banques mais d’une extradition d’une personne occupant une place de choix en Côte d’Ivoire et ayant de par sa position, joué un rôle prépondérant dans la crise postélectorale,  ouverte le 3 décembre 2010 et, qui se poursuit à ce jour.  C’est donc pour cette raison fondamentale qu’il faut le punir selon le bien-aimé ministre, Kouassi Adjomani. Les faits de vol qualifié qui lui sont reprochés, ne sont, en définitive, qu’un camouflage des motivations politiques  de ses adversaires. 

En effet, ils lui reprochent de s’être rendu, le 26 janvier 2011, à la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et  d’avoir, sous la menace des armes des personnes qui l’accompagnaient, fait main basse sur les avoirs de l’Etat détenus par cette banque. Véritable conte de fée, tant la réalité est autre.

En effet, l’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest, (UEMOA) s’associant aux mesures de rétorsion financières prises durant la crise post-électorale par la communauté internationale, contre le président Gbagbo, afin de le faire fléchir, avait décidé, de n’autoriser que les personnes nommées par Alassane Ouattara à gérer les avoirs financiers de la Côte d’Ivoire détenus par la BCEAO, et plus encore, de fermer toutes les agences de la BCEAO en Côte d’Ivoire. Réagissant promptement à cette mesure, le président Gbagbo a pris à son tour, le 25 janvier 2011, un décret de réquisition de toutes les agences de la BCEAO. C’est en exécution de ce décret, que le Ministre du Budget,  Justin Katinan Koné s’est rendu le 26 janvier 2011 pour faire, en présence d’autorités policières, d’huissiers de justice requis à cet effet, un inventaire des biens de la Direction Nationale ainsi que de ceux des agences nationales de la banque centrale et ordonner la poursuite de ses activités. Un procès-verbal de cette visite a été dressé le jour même par la police, qui a attesté de la régularité et de la transparence de l’opération de prise de contrôle de l’institution par le gouvernement Aké N’GBO. Les activités de la Banque se sont donc poursuivies, les comptes de l’Etat gérés dans le respect des règles de gestion des finances publiques en vigueur, jusqu’au 11 avril 2011, date de la fin précipitée du gouvernement auquel appartenait Justin Koné Katinan.

Sur cette période, les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat ont été payés avec ponctualité. C’est la masse salariale versée sur la période allant de décembre 2010 à fin mars 2011, que les autorités ivoiriennes considèrent comme étant le montant du préjudice causé par Justin Koné Katinan à l’Etat de Côte d’Ivoire. Y-a-t-il en ces faits tels que relatés, réunis les éléments constitutifs de vol? Telle est la question à laquelle devra, somme toute, répondre le juge ghanéen. S’il est admis, que respectant le principe de souveraineté des Etats et de leurs juridictions, il ne lui revient pas de mettre en cause la qualification retenue par le juge ivoirien, il n’est pas en revanche, tenu, en vertu du même principe, de l’avaliser sans analyser les faits desquels elle découle. En effet, pour donner une existence légale à sa décision, le juge ghanéen doit nécessairement s’expliquer sur la qualification, au regard du droit ghanéen, des faits qui doivent lui être exposés par les autorités judiciaires ivoiriennes dans leur requête en extradition, et qu’elles ont qualifiés de vol selon leur droit national.

Si pour la justice ivoirienne, commet un vol, un ministre du Budget (appartenant à un gouvernement, quoiqu’on en pense qui assurait à l’époque des faits, l’effectivité du pouvoir) qui fait exécuter une réquisition dans les circonstances indiquées ci-dessus, il n’est pas évident qu’il en soit ainsi pour la justice ghanéenne. Elle se posera, bien certainement, la question de savoir si, en présence de policiers, chargés de par leurs fonctions de la constatation des infractions à la loi pénale, des huissiers de justice,  l’on peut soustraire environ 350 milliards de Francs CFA des caisses de la BCEAO, sans éveiller leur attention?

C’est pour toutes ces raisons qu’il convient de se convaincre, de ce que, loin des passions qui perturbent le bon sens des acteurs de l'échiquier politique ivoirien, le juge du district d’Osu, saura avec discernement et sérénité, démêler le vrai du faux pour bien vite s’apercevoir que les héritiers d’Houphouët-Boigny veulent insidieusement l’embarquer dans un combat politique.

Il refusera de retenir dans les faits de la procédure, la qualification de vol qualifié, tel qu’il ressort du dossier RI 09/12 du Parquet d’Abidjan-Plateau. Nul doute qu’il refuse d’accorder l'extradition pour non satisfaction du principe de la réciprocité d’incrimination tel que prévu par l'article 3 de la Convention de la CEDEAO sur l’extradition. Il dispose que «donneront lieu à extradition les faits punis par les lois de l’Etat requérant (la Côte d’Ivoire) et de l’Etat requis (le Ghana)…»

Si par extraordinaire, dans les faits ainsi relatés, le juge ghanéen trouvait réunis les éléments constitutifs du vol, il aurait, toutefois, du mal à les détacher des circonstances politiques (crise postélectorale) qui les entourent ou à nier la motivation politique de leur auteur et le but éminemment politique et social dans lequel il les a accomplis.

Et les autorités ivoiriennes, friandes du «made in France» ne trouveraient certainement pas à redire, si le juge ghanéen suivant l’exemple exposé ci-haut, de son homologue français, refusait de donner une suite favorable à leur requête, au motif que les faits qu’elles ont imputés à Justin Koné Katinan, militant politique bien connu, porte-parole de Laurent GBAGBO, ont, malgré leur gravité, bien été accomplis pour un motif politique et uniquement dans un but politique. «Wait and see»!

 

James Cénach, journaliste

LES PARRAINS AU SECOURS DU REGIME IVOIRIEN AUX ABOIS


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Après le 11 avril 2011, date à laquelle l’ONU et la France de Sarkozy ont parachevé le coup d’état contre Laurent Gbagbo, l’on avait pensé que les Ivoiriens auraient du répit. La France étant parvenu à installer à la tête de son ex colonie un homme lige, les souffrances des Ivoiriens prendraient fin. Malheureusement, pour les concepteurs de la démocratie par les bombes, le cheval sur lequel ils ont misé ne fait pas le poids. Il se révèle piètre politicien, doublé d’un esprit sanguinaire et d’un totalitarisme hors du commun. L’homme qui a tout obtenu dans la vie, y compris la présidence d’un pays qui n’est pas le sien, souffre d’une carence de légitimité. Une grande partie du peuple qu’il est sensé gouverner ne se reconnaît pas en lui. En réaction, le chef de l’État ivoirien multiplie les actes antidémocratiques et use de violence dans le secret espoir de bâillonner son opposition. Mais plus il brime une partie de la population, plus il approfondit le fossé entre lui et les Ivoiriens d’une part, et entre Ivoiriens d’autre part.

Pour conquérir le pouvoir, au début de 2011, après avoir dénié au Conseil Constitutionnel ses prérogatives en matière électorale, Monsieur Ouattara a lancé son armée à l’assaut de la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Composée des combattants de la rébellion de Soro Guillaume et de mercenaires de la CEDEAO, cette armée va commettre les pires atrocités sur les populations des régions supposées favorables au Président Gbagbo. Les Ivoiriens se remettent difficilement du massacre d’un millier de Guérés dans la ville de Duékoué, à la fin du mois de mars 2011. La mise à sac courant 2012 d’un camp de réfugiés par les partisans de Ouattara sous le regard complice des FRCI et des soldats de l’ONU, toujours à Duékoué, en rajoute à la longue liste des actes criminels du régime.

A la fin c’est Laurent Gbagbo qui est capturé par les forces françaises et remis à son adversaire, avant d’être enfermé, sans autre forme de procès, dans le nord de la Côte d’Ivoire sous la garde du chef de guerre Kouakou Fofié. Il sera par la suite transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) sous le chef d’accusation de crime contre l’humanité. Tous les collaborateurs et autres Ivoiriens supposés proches du Président Laurent Gbagbo sont traqués, emprisonnés ou contraints à l’exil. Tous les membres de la direction du Front Populaire Ivoirien (FPI), dont son Président Pascal Affi Nguessan, sont en prison ou en exil, leurs comptes bancaires gelés et leurs domiciles occupés par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Les attaques des camps militaires et autres positions tenues par les FRCI depuis le début du mois d’août 2012 ont servi de prétexte au régime Ouattara qui a amplifié sa répression de l’opposition significative du pays et des pro-Gbagbo. Une étape supplémentaire a été franchie dans la « bunkérisation » du régime qui a procédé à la fermeture de la frontière avec le Ghana voisin après l’attaque du poste de Noé par des individus armés non identifiés à la mi-septembre 2012.

Sur le plan économique, malgré la remise d’une partie importante de la dette extérieure d’une part, et des incessants voyages du chef de l’État ivoirien d’autre part, les investisseurs ne se bousculent guère. Le pouvoir d’achat des Ivoiriens s’amenuise, le chômage est galopant et la paupérisation s’accroît, faisant craindre à tout moment une explosion sociale. Scénario d’autant plus probable que la politique incongrue de rattrapage ethnique initiée par Monsieur Ouattara lui-même contribue à aggraver le fossé d’incompréhensions entre les Ivoiriens.

La réconciliation nationale apparaît comme le dernier des soucis des tenants du pouvoir qui torpillent les initiatives allant dans le sens de la concorde nationale et supposées ramener la paix en Côte d’Ivoire. Pis, le parti au pouvoir (RDR) appelle au meurtre des militants du FPI, tandis que le président de l’Assemblée Nationale lui prône l’éradication de cette formation politique qu’il assimile à une organisation terroriste. Excusez du peu!

Bref ! Le régime d’Abidjan a du mal à convaincre ses soutiens extérieurs de sa capacité à relever les défis auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis le renversement du Président Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, comme toujours en pareille situation, il est plus aisé de trouver un bouc émissaire que de s’attaquer à la racine du mal. Et c’est le FPI, souffre-douleur, qui est tout indiqué pour porter encore la responsabilité de l’échec des champions de la démocratie des bombes.

C’est dans cette atmosphère délétère que Radio France Internationale (RFI) annonce, dans une de ses éditions du samedi 6 octobre 2012 et sur son site internet, qu’un rapport confidentiel de l’ONU mettrait en cause les exilés ivoiriens proches du président Laurent Gbagbo, dans une entreprise de déstabilisation de la sous région ouest-africaine. Ces exilés qui fuient la répression aveugle du régime ivoirien se seraient rapprochés d’une part des jihadistes d’Ançar Dine qui écument le nord du Mali et d’autre part de la junte militaire qui a renversé le Président Amani Toumani Touré.

L’opération pue la manipulation et de nombreuses voix s’élèvent pour condamner une campagne de diabolisation mal ficelée. Tous les mis en cause ont réfuté les accusations portées contre eux et ont mis au défi RFI et l’ONU de rapporter la moindre preuve de leurs allégations. L’ONUCI, maitre d’ouvrage délégué d’une enquête qui aurait été menée par des experts indépendants de l’ONU, ne se reconnaît pas dans les conclusions de ce rapport dit « intermédiaire ». Comment des experts de l’ONU, même indépendants, peuvent-ils organiser la fuite d’un document aussi sensible avant de l’avoir fait valider par l’ONU? On est en droit de se poser des questions sur l’existence même de ce rapport. Nous sommes certes habitués aux entourloupettes d’un média propagandiste au service de l’impérialisme mondial et qui ne lésine pas sur les moyens pour, au mieux attenter à l’image d’honnêtes citoyens, au pire livrer à la vindicte populaire des leaders récalcitrants. Mais l’information du 6 octobre dernier est à prendre au sérieux pour plusieurs raisons.

D’abord, ce genre d’annonce précède toujours des actions de déstabilisation déjà conçues dans les officines occidentales, auxquelles il reste à trouver la justification. Depuis 2002, c’est de façon régulière que la presse française fait des fausses  révélations sur la Côte d’Ivoire dans le seul but de neutraliser le Président Gbagbo qui tentait de reprendre la main dans l’opération de déstabilisation de son pays. Peu importe que l’information distillée soit vraie ou fausse – le plus souvent elle est fausse – l’essentiel c’est de d’accabler et de préparer les esprits à des coups tordus à venir.

Ensuite, tout le monde entier sait désormais que c’est pour installer Alassane Dramane Ouattara (ADO) au pouvoir en Côte d’Ivoire que la communauté internationale (France et Etats-Unis, notamment) ne cesse d’agresser ce pays depuis la disparition du Président Houphouët-Boigny en décembre 1993. On se souvient en effet de la tentative de Ouattara, alors premier Ministre, de s’emparer de l’héritage du «Vieux» alors que la constitution avait tranché la question en faveur du Président de l’Assemblée Nationale. Les Ivoiriens ont également en mémoire la difficile fin de mandat du Président Konan Bédié qui a eu le malheur de lancer le concept de l’Ivoirité ayant ouvert la boite aux pandores. Son régime avait été accusé de détournement de 18 milliards de FCFA au titre de l’aide de l’Union Européenne, avant d’être balayé par le premier coup d’état militaire de l’histoire de la Côte d’Ivoire, en décembre 1999.

En septembre 2002, la tentative de coup d’état mué en rébellion armée finit de convaincre les observateurs de la scène politique africaine de la volonté des commanditaires de cet acte d’installer leur homme de main à la tête de ce pays. En effet, non seulement cette rébellion a été tolérée et encouragée, mais elle a été entretenue et maintenue jusqu’à la mascarade d’élection de la fin décembre 2010, en vue de parachever le coup d’état de 2002. Le black-out de la presse occidentale sur la réalité du contentieux électoral de 2010 et la promotion du mensonge et des montages grossiers s’inscrivent dans une logique de diabolisation systématique du camp Gbagbo opposé à Ouattara. Au simple recomptage des voix proposé par Gbagbo pour déterminer le vrai vainqueur de l’élection, Ouattara a appelé à la guerre pour déloger son rival. La suite, on la connaît !

En réalité, l’entrée en scène de l’ONU et de RFI obéit à une logique de soutien inconditionnel à un pion en difficulté. Que personne ne s’imagine que Ouattara installé à coup de bombes larguées sur la tête des ivoiriens soit lâché par ses maîtres 18 mois après leur forfait ! L’échec de Ouattara est celui de ses parrains. Lesquels mettront tout en œuvre pour prouver qu’ils ont eu raison de l’imposer au prix  de milliers de vies massacrées. Et pour cela, ils fermeront toujours les yeux sur les insuffisances et les crimes de leur poulain. Les cris de détresse des Ivoiriens et le délitement de la société ivoirienne ne changeront rien à la donne. Ouattara pourra massacrer autant de pro-Gbagbo qu’il voudra ; il pourra emprisonner sans jugement autant d’opposants qu’il voudra ; il pourra opposer les Ivoiriens du Nord à ceux des autres régions du pays comme il le voudra ; il pourra brader le patrimoine du pays comme il voudra. Aucune ONG, aucun média occidental d’investigation, aucune instance onusienne ne le dénoncera. Tout simplement parce qu’il est leur produit et qu’il assure la mission qui lui est assignée à savoir, fragiliser les pays d’Afrique de l’Ouest.

Pour sûr, les parrains du Chef de l’État ivoirien se rendent bien compte que leur protégé n’est pas l’homme de la situation. Il a échoué sur toute la ligne. Pour autant, ils ne peuvent le lâcher tant qu’ils n’auront pas trouvé un autre cheval sur lequel parier. Soro Guillaume, ayant goûté au délice du pouvoir, est en embuscade et manœuvre pour accélérer la chute de son mentor. Mais les parrains hésitent. Et pour cause, Bogota a fait couler trop de sang dans le cadre de sa rébellion qui endeuille le pays depuis plus de dix ans. Il est donc trop tôt de le propulser à la tête du pays. Surtout que la CPI réclame sa tête. Du côté du PDCI, personne pour le moment ne semble trouver grâce aux yeux des faiseurs de rois en Afrique. Idem pour le FPI qui demeure la bête noire des promoteurs de la démocratie des bombes. Faute donc de mieux, on se contente de celui qui est là. On le porte à tour de bras et on distrait l’opinion.

Sinon, comment comprendre qu’alors qu’ils ont réussi à éjecter Laurent Gbagbo du pouvoir et museler le FPI qui « est fini » selon les propos de Choï, ancien représentant du Secrétaire général des Nations Unies, ils s’acharnent encore contre les pro-Gbagbo?

Et si au-delà des partisans de l’ex Président ivoirien, la cible visée était le Ghana qui réaffirme depuis quelques années ses penchants souverainistes et panafricanistes ainsi que son ambition de développement! Après que Ouattara a accusé le pays de Kwamé Nkrumah de servir de base arrière aux déstabilisateurs de son régime, la France apporte de l’eau à son moulin en alléguant que les opposants ivoiriens exilés dans ce pays ont une accointance avec les mouvements islamistes du nord malien liés à Al Qaida.  Il est de notoriété qu’au nom de la lutte contre le terrorisme, les puissances occidentales sont prêtes à engager des guerres dont les objectifs inavoués restent le contrôle des Etats jouissant d’une position géostratégique. RFI préparerait-elle les esprits à une mise au pas du Ghana par l’ONU, organisation instrumentalisée par les puissances occidentales ? Rien n’est moins sûr!

 

John K. Silué

Economiste financier

jeudi, 11 octobre 2012

HUGO CHAVEZ: LES LEÇONS D'UNE VICTOIRE

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La victoire d’HUGO CHAVEZ est la victoire du socialisme de marché et de la démocratie participative qui constituent en réalité l’idéologie émergeante dont le leadership est assuré par la Chine.

L’aveuglement de l’impérialisme occidental qui le conduit à diaboliser systématiquement tous ceux qui n’empruntent pas la voie sans issue du libéralisme, l’isole de plus en plus de l’aspiration profonde des masses populaires pour être un simple marchant d’armes et un instrument d’endettement de leur population aux profit des détenteurs de paradis fiscaux.

En déclarant stratégique un certain nombre de secteurs économiques dont le secteur pétrolier sous contrôle de l’Etat, le Venezuela a pu redistribuer les richesses du pays et créer un tissu industriel dont les facteurs de productions sont internes.

Le contrôle par l’Etat a touché les secteurs suivants :

• La nationalisation du secteur des pétroles est un choix aussi idéologique que stratégique. La ressource, représente 30 % du PIB et 85 % des exportations. L’Etat détient 60 % des projets menés par Petroleum PLC, américaines Exxon Mobil, Chevron, Conoco Phillips, la française Total et Statoil.

• Les secteurs des télécommunications et de la production d'électricité ont également été nationalisés. Les sociétés refusaient par exemple d'investir dans des régions jugées peu rentables. 

• Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuélien annonce la nationalisation de la production de ciment, montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements. 

• En 2010, le commerce de détail est nationalisé, avec la chaîne Exito détenue par le groupe français Casino accusée de contribuer à la hausse des prix. La filiale locale de l'américain NorPro, fabricant un produit pour les forages pétroliers est étatisée et intégrée à l'entreprise publique PDVSA qui détient les parts pétrolières pour le compte de l’Etat. Le groupe sidérurgique italien Tenaris Dalmine est exproprié de ses actifs, n'ayant trouvé un accord financier avec le gouvernement. 

Conséquence, le taux de croissance a atteint dans la période CHAVEZ des pics de 17% avec une réduction continue du niveau de pauvreté passant de 67% à 27% de 97 à 2011. Cette réélection confirme ce choix stratégique contre le désir de quelques multinationales qui rêvaient d’un retour triomphal par une diabolisation démesurée.

Le Venezuela a été l’initiateur de l’OPEP ayant permis aux pays producteurs de pétrole de contrôler le marché international du pétrole au profit des producteurs.

Avec CHAVEZ la révolution bolivarienne est passée du rêve à la réalité servant d’exemple à plusieurs pays d’Amérique du Sud et une leçon pour ceux qui veulent émerger de la dépendance.


DON MELLO Ahoua

Dr Ingénieur des Ponts et chaussées,
Ancien Ministre

L'EDITORIAL DE HENRY AGRE: MAGOUILLES JUDICIAIRES ET NEOCOLONIALISME FRANÇAIS EN COTE D'IVOIRE

 

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Jean-Marc Simon 

 

«J'ai fait mon travail en défendant le président élu de la république, en l'occurrence Monsieur Laurent Gbagbo, reconnu par notre constitution et les institutions de la Côte d'Ivoire. Je ne regrette pas le travail accompli. Je suis en paix avec moi-même et avec Dieu car je n'ai jamais trahi»; les propos tenus à la Cour par le vaillant général Dogbo Blé Bruno sont clairs et nets.

En réponse à ceux qui veulent réinventer la vérité et réécrire les doctrines judiciaires en Côte d'Ivoire, l'officier supérieur leur a rabattu le caquet de façon intelligible et très intelligente. Que l'être humain soit un descendant de quelque primate ou bien encore d'Adam et Eve comme l'ont stipulé sur ce dernier point tous les trois rameaux du monothéisme abrahamique, il est une structuration corporelle, idéelle, idéologique puis spirituelle qu'on ne peut enlever à tout le monde.

L'ancien ambassadeur de France à Abidjan, le néo-esclavagiste et criminel Jean-Marc Simon dont les missions dans notre pays ont consisté à remodeler notre paysage politique et ramener de force la Côte d'Ivoire dans le giron de l'Afrique Occidentale Française (AOF) en reconstruction doit être tout petit dans ses souliers là où il se trouve. De ce pseudo procès dirigé à charge contre les patriotes, rien ne sortira qui puisse faire baisser pavillon au vaisseau patriotique ivoirien. Parce que la raison appartient au général Dogbo Blé Bruno puis à tous ceux, hommes et femmes, petits et grands, borgnes et aveugles qui savent ce que veut dire la liberté individuelle d'abord et ensuite, l'indépendance totale d'une nation en devenir. Jean-Marc Simon est homme avec ce manque crucial qu'est la morale, celle-là même qui conditionne l'entrée de l'être humain dans l'humanité.

Ce monsieur est-il resté en dehors des temps? J'en suis persuadé. Envoyé par son pays dans le but de parfaire le plus long coup d'état de l'histoire, nous l'avions vu sur les chaînes de télé du monde entier, le téléphone en main, diriger les opérations militaires françaises ayant abouti au kidnapping du président Laurent Gbagbo. La justice ivoirienne ou plutôt ce qu'il en reste ne jouit d'aucune considération depuis que le rattrapage ethnique a été imposé en sous-main par la France dans notre pays. S'inquiéter à juste titre de cette justice aux ordres est un devoir patriotique lorsque le bourreau, le rebelle en armes, celui qui a assassiné durant des années s'ingénie à dicter la magouille comme article de loi. Là où j'aurais convoqué en tant que témoins Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy et Jean-Marc Simon devant nos tribunaux; car ils sont des témoins précieux de ce qu'il s'est passé dans notre pays, les juges commis d'office depuis Paris dans sa nouvelle zone d'influence ivoirienne ont poussé la caricature du nègre soumis aussi loin que l'Elysée l'a ordonné. 

Au soir du verdict que prononceront ces messieurs du rattrapage ethnique, le droit n'aura pas été dit, mais la Côte d'Ivoire déjà en recul socio-éducatif et économique, aura grimpé dans le véhicule de l'esclave qui refuse de s'affranchir. Pour autant, à l'instar du président Laurent Gbagbo et du général Dogbo Blé Bruno pour ne citer que ces deux-là, une seule certitude règne dans l'enclave patriotique ivoirienne. Celle-ci, aux avant-postes de nos décisions affirme que nous avons le devoir légal de renverser le renversement de notre histoire.

Monsieur Mohamed Azab est un éminent intellectuel égyptien ayant exercé son métier d'enseignant-chercheur à travers le monde et surtout en Europe. Ceux qui ont eu le privilège d'assister à un de ses cours en France à la Sorbonne ou à une de ses conférences en sortent richement dotés en connaissances. Depuis octobre 2010, il fait office de conseiller du grand imam de la mosquée Al-Azhar du Caire, lieu cultissime d'échanges et de débats de haute volée intellectuelle. Ce vénérable sachant, comme on aimait à décrire les personnes de grande culture il y a quelques siècles de cela, s'est prononcé à propos des fièvres obsidionales qui secouent l'Europe en ce moment et les haines que cela engendre contre les peuples non blancs et leurs religions. Dans l'interview peu vulgarisée qu'il a donnée à un quotidien européen la semaine dernière, en s'adressant aux Européens, il a dit ceci en réponse à une des questions : « Est-ce que vous connaissez le droit à la différence? Vous faites des lois contre l'antisémitisme et la Shoah et cela est tout à fait normal. Nous souhaitons un traitement équivalent pour tout ce qui excite la haine des peuples. Nous avons nos valeurs, vous avez les vôtres. [...] J'accepte les critiques mais, acceptez la mienne très amicale. Nous avons le droit de demander des améliorations dans nos rapports. Nous sommes ensemble sur la terre. »

Encore une fois, on ne peut être plus clair. Monsieur Mohamed Azab à qui je demande de recevoir tous mes respects a résumé la pensée de beaucoup de personnes à travers le monde. Oui, nous respectons les valeurs des Européens et de tous leurs alliés qu'ils appellent les Occidentaux. Quand bien même beaucoup de leurs valeurs sont discutables, nous les leur laissons avec. Effectivement, ils ne sont pas seuls sur la terre, ils n'ont ni créé le ciel ni les éléments de la nature. Et nous leur demandons de respecter nos valeurs. Aux Français, nous demandons de respecter notre indépendance ; s'ils ne sont pas de cet avis, nous irons la chercher par tous les moyens nécessaires.

 

Source: IVOIRE-POLITIQUE, le blog de Henry Agré

mercredi, 10 octobre 2012

LA DEVALUATION DU FRANC CFA ET SES MAGOUILLES OBSCURES - AUX ORIGINES DU «PACTE» OUATTARA-SARKOZY


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Alors qu’Alassane Ouattara tient conférence à Paris, dans le cadre de la commémoration des 40 années de la zone franc, et que Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et des Finances, le présente comme un homme qui «incarne notre volonté de faire le lien entre le passé, le présent et l’avenir» (cf. Jeune Afrique n° 2699 du 30 septembre au 6 octobre 2012), Le Nouveau Courrier revient sur les secrets d’un épisode à la fois important et socialement douloureux de la zone franc en question.

C’est un document secret, d’une valeur exceptionnelle et d’une importance considérable à plus d'un titre que Le Nouveau Courrier s’est procuré. Il est daté du 27 janvier 1993 et a été rédigé par le secrétariat général du gouvernement français de l’époque. Il évoque la «situation économique et financière d’Afrique francophone». Mais il faut le contextualiser, l'analyser, en tirer ce qu'il dit, mais aussi ce qu'il ne dit pas. Cela tombe bien. Nous avons pu non seulement en prendre connaissance, mais également nous en faire donner les clés de compréhension par un proche du dossier, que nous nommerons «Gorge profonde».

Mitterrand et les socialistes ne voulaient pas de la dévaluation de 1994 

Le mercredi 27 janvier 1993, se tient une réunion secrète, un «conseil restreint» au Secrétariat général du gouvernement, présidée par François Mitterrand lui-même. Y assistent : le Premier ministre, Pierre Bérégovoy, le Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas (qui connaît donc certains des protagonistes actuels de la crise ivoirienne depuis bien longtemps), le ministre de la Défense, Pierre Joxe (lui-même fils d'un homme politique de premier plan), celui de l'Économie et des Finances, Michel Sapin (membre actuel du gouvernement français), et, bien sûr, le ministre en charge alors de la Coopération et du développement, Marcel Debarge, "éléphant"du PS, comme on disait alors. Signalons, présents au titre de la Présidence de la république française, le Conseiller M. Delaye, le Chef d'État-major, M. le général Quesnot et, plus étonnant, le Secrétaire général adjoint, Mme Anne Lauvergeon. M. Jurgensen, Directeur général de la Caisse centrale de coopération économique, et M. Denoix de Saint Marc, Secrétaire général du gouvernement, complètent la distribution.

En ce 27 janvier 1993, la France est encore à gauche pour quelques semaines. La droite remportera en mars les législatives, accèdera au pouvoir, qu'elle devra néanmoins partager, selon les délices constitutionnels français, avec le président de la République en place, François Mitterrand. Depuis 1981 et la victoire historique de celui-ci, la droite n'a pas gouverné, si l'on excepte la précédente cohabitation, entre 1986 et 1988, qui vit Jacques Chirac accéder à Matignon. Autant dire que les réseaux françafricains dits de droite, en opposition supposée à ceux de gauche, s'activent et préparent leur retour aux affaires.

Onze ans ou presque qu'ils attendent de réinvestir l'Afrique francophone et sa zone franc. Cela explique sûrement l'extrême rapidité avec laquelle, à peine réinstallée aux commandes, la droite de Balladur va mettre en place une dévaluation du franc CFA foudroyante. Contre les volontés des présidents africains et de la gauche française bientôt défaite. C’est ce que prouve très clairement le document secret que Le Nouveau Courrier s’est procuré. Ainsi lit-on sur la deuxième page de notre document que «le 31 juillet 1992, les présidents Bongo, Compaoré, Diouf et Houphouët-Boigny ont réaffirmé solennellement leur souhait de maintenir la parité actuelle des francs français et CFA.» Mieux : «Pour ce faire, ils ont manifesté leur ferme engagement de poursuivre dans la voie de l'ajustement réel.» Très clairement, la «mitterrandie» souhaite une cure d’austérité, mais ne veut pas de dévaluation.

«En diminuant récemment les salaires de la fonction publique de 20%, le président Biya a montré que l'ajustement réel n'était pas hors de portée», se félicite le document. Admirable rhétorique. Aussi pour le pouvoir français, «il convient de soutenir cette démarche courageuse, premier pas vers un programme de redressement économique qui permette de rétablir les conditions d'une croissance durable sans ajustement monétaire et d'inciter la Côte d'Ivoire ainsi que les autres États de la Zone Franc à faire de même.»

Le duo Camdessus-Ouattara : ceux qui ont poussé à la dévaluation à marche forcée

Ce n'est peut-être pas encore écrit dans les manuels d'Histoire français, mais il est (presque déjà) notoire que, depuis les indépendances, Libreville, Dakar et Abidjan sont les places fortes de la France en Afrique. Pour ne pas dire de la Françafrique. En 1993, les présidents que la France consulte et écoute se nomment Omar Bongo, Abdou Diouf, Félix Houphouët-Boigny (même si très diminué, dans les faits, c'est Alassane Ouattara, son Premier ministre, qui gouverne), mais aussi, et là encore ça surprendra sûrement quelques observateurs attentifs, Paul Biya, président (déjà) du Cameroun et Blaise Compaoré, président (déjà lui aussi) du Burkina Faso.

Les leaders africains le savent pertinemment : l'hypothèse d'une dévaluation du Franc CFA est, en 1993, depuis plus d'un an et demi dans les tubes des plus libéraux du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale, institutions économiques toutes puissantes issues des Accords de Bretton Woods. Au FMI, et en particulier à sa direction, M. Camdessus en est un partisan inconditionnel. Et derrière lui celui qu'un storytelling bienveillant et accommodant présente comme un "ancien directeur du FMI" ou un "ancien directeur adjoint du FMI", mais qui ne fut dans les faits que membre du cabinet Camdessus : Alassane Ouattara. (Pour preuve, celui qui succèdera à Camdessus, embarrassé par quelques affaires pénibles, sera son "vrai" numéro 2, M. Fischer).

La dévaluation du franc CFA: une fabrique de misère pour les masses africaines, une gigantesque opération spéculative pour les «sachants»

Finalement, le camp «anti-dévaluation», incarné par François Mitterrand et ses hommes, perdra le contrôle de la situation. Le Parti socialiste défait aux législatives, Mitterrand doit cohabiter. Chirac préfère envoyer Balladur. Le Banquier par excellence. Un physique de héros de Molière et de roi de France en même temps. Le moins soupçonnable de tous. Formé à la banque Rotschild et auprès de Georges Pompidou.

Donc pas tout à fait innocent des affaires et réseaux de la Françafrique. Autour de lui, un gouvernement. Le retour en grâce de réseaux qui, s'ils ont rouillé, n'en continuent pas moins d'occuper une bonne partie du terrain. La dévaluation se met en place. Elle n’empêchera pas une division par deux des salaires dans de nombreux pays où elle s’additionnera à l’austérité préconisée par la gauche.

Tout va aller vite. Vraiment très vite. En quelques semaines, on passe de la note secrète de Conseil restreint recommandant en somme de repousser la dévaluation au profit de l'ajustement à la mise en place effective de celle-ci. La dévaluation sera une opération financière et monétaire, mais aussi une opération juteuse et assimilable à un gigantesque délit d'initiés pour certains – qui savaient ce qui allait se passer pour des raisons évidentes, et qui en ont bien profité.

Les dommages (et bénéfices) seront tels que pour stopper l'hémorragie, le 31 juillet 1993, il sera décidé de suspendre la convertibilité du CFA. Le New York Times parlera, en octobre 1993, «de trains de camions» remplis de billets françafricains transitant par Londres pour Genève. On disait alors que «des Nigérians» tenaient ce business excessivement lucratif. Il était urgent pour les veinards qui en possédaient d'aller changer en francs français ou en devises «bankables» des CFA dont la valeur allait être multipliée par deux après la fameuse dévaluation.

Sarkozy était déjà à la manœuvre Qui contrôlait donc ce bateau ivre de la dévaluation ?

En premier lieu, en second chef et à tout saigneur tout honneur : dans le désordre économique protocolaire, l'exécuteur des hautes œuvres et des basses besognes, celui qui officiait alors à Paris au Budget, Nicolas Sarkozy.

S'il n'a pas, effectivement, marié Alassane et Dominique Ouattara, on peut sans s'avancer conjecturer sur, au minimum, une rencontre «fructueuse» entre les deux hommes dans cette période. En second lieu, tout au moins dans les souvenirs précis de notre informateur de l’ombre : Anne Le Lorier, Conseillère économique à Matignon. Peut-être sinon le plus important, en tout cas le plus «conséquent»: l'alter ego de Nicolas Sarkozy à la Coopération, le «gendarme» Michel Roussin. Qui sera plus tard le troisième bras de Vincent Bolloré, après avoir, parmi d'autres, payé pour un "système Chirac" qui les dépassait probablement, lui et Chirac. Comme on se retrouve ! Qui est donc Directeur de cabinet de Michel Roussin à l'époque, et donc forcément au courant de l'ensemble des problèmes et questions liés à la dévaluation ? Dov Zerah himself ! Celui qui sera nommé à la direction de… l'Agence Française de développement par… Nicolas Sarkozy en 2011. (Même si, pour la petite histoire, Zerah sera assez vite remplacé par M. Pouilleute.) 

Deux autres hommes se détachent incontestablement : Jean-Claude Faure et Jean-Michel Sévérino. Faure est à la direction du Développement et reviendra en grâce en 1997. Paradoxalement, il mettra à profit la victoire de la gauche lors des calamiteuses législatives, nées de l'encore plus calamiteuse dissolution due au fantasque Dominique de Villepin, pour réapparaître auprès de M. Josselin. Son épouse était Conseillère de Lionel Jospin.

Ceci expliquerait-il cela? Sévérino, issu du Cabinet de Jacques Pelletier, était le chef du Service de Coordination géographique. Notre ami Gorge profonde voit en lui «la cheville ouvrière de la dévaluation». Plus tard, son forfait accompli, si l'on peut dire, il sera soutenu par Jacques Chirac à la direction de la Banque mondiale. Il en sera vice-président. Libéral assumé, il n'en sera pas moins encarté au PS. Ami et de l'influent Camdessus et de l'influencé Ouattara. Il dirigera plus tard l’Agence française de développement.

Décidément «machin» à recycler les hauts fonctionnaires et les plus méritants des réseaux. Actuellement, un homme comme M. Séverino, en complément d'autres activités, officie, par exemple, en qualité d'administrateur dans des firmes comme Danone ou Orange. On ne l'y paye pas en salaires, mais en jetons de présence (à hauteur de 50 000 euros chacune chaque année pour quelques heures de… présence). 

La question qu’on ne peut pas ne pas se poser

Aujourd’hui avec le recul, l’on sait que la dévaluation de 1994 n’a pas enrichi l’Afrique. Après un rebond artificiel de certaines économies, qui se limitait aux beaux tableaux des institutions de Bretton Woods, la baisse généralisée du pouvoir d’achat qu’elle a entraîné a exacerbé la corruption chez les fonctionnaires, voire précipité des troubles politiques considérables, comme en Côte d’Ivoire.

La dévaluation n’a pas vraiment fait bouger la règle de la «monoculture» agricole et l’industrialisation n’a pas fait des progrès fulgurants. On retiendra surtout qu’elle a enrichi ceux qui savaient ce qui allait se poser et comment cela allait se passer et ceux qui pouvaient orchestrer le «déplacement» de l’Afrique à l’Europe de sommes considérables d’argent.

Ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) où il disposait encore de solides réseaux, Ouattara a-t-il, d’une manière ou d’une autre, joint «l’utile» à «l’agréable» en ce temps-là? Aujourd’hui, les différentes «affaires» qui secouent la République française, notamment l’affaire Karachi, montrent que les années dont il est question ont été des années où les deux clans rivaux de la droite – les clans Balladur/Sarkozy et Chirac – étaient à la recherche effrénée d’argent pour financer leurs ambitions politiques. L’Histoire retiendra sans doute que c’est dans cette période bien particulière que la grande amitié, pour ne pas dire «le pacte», entre Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara s’est forgée.


Grégory Protche


NB: Les documents se trouvent dans la rubrique ''documents'' en bas de votre site ou suivez cet lien:

 http://abidjandirect.net/document/devaluation_doc_1.jpg

 

Source: ABIDJAN DIRECT.NET

LE CFA POUR «GARANTIR LA GARANTIE» DE LA FRANCE AU MECANISME EUROPEEN DE STABILITE

 FRANC CFA - CARTE ZONE FRANC.jpg

 

L’Europe vient de se munir de son propre fonds monétaire, le Mécanisme européen de stabilité, présenté par les économistes européens comme l’équivalent du Fonds monétaire international ; un mécanisme financier censé gérer les crises financières au sein de la zone euro. Pourquoi donc, l’Europe, qui depuis la création du FMI en assume la présidence, éprouve-t-elle soudain le besoin de se doter de son propre fonds monétaire ? Tout simplement parce que le Fonds monétaire international, géré de mains de père sévère par l’Europe, n’est qu’un mécanisme de contrôle des économies du Tiers Monde, et plus précisément des économies africaines.

Le tout nouveau Mécanisme européen de stabilité sera financé à 700 milliards, dont 190 milliards venant de l’Allemagne et 143 milliards de la France. En réalité, de sa contribution de 143 milliards, la France, éprouvée par la crise financière,  ne versera que 16 petits milliards, le gros de la somme, c’est-à-dire les 127 milliards restants, seront en garanties.

De quelle garantie est-il donc question ? C’est ici que le dernier voyage d’Alassane Dramane Ouattara à Paris trouve son explication. Seul chef d’état sommé par la France d’être à Paris à l’occasion de l’énigmatique célébration des 40 ans de la zone CFA, Ouattara est allé se faire expliquer la décision de Paris, qui entend utiliser les recettes des pays de la zone CFA déposées au Trésor français pour garantir sa contribution au Mécanisme européen de stabilité.

En effet, en vertu de « l’accord » entre la France et les pays de la zone CFA, 85% des recettes de ces pays sont permanemment déposées dans des comptes d’opérations contrôlés par le Trésor français, qui en dispose comme il l’entend, sans qu’aucun rapport comptable ne soit fourni aux pays de la BEAC et la BCEAO concernant l’utilisation qui en est faite ni les intérêts qui en sont générés De leurs recettes déposées au Trésor français, les pays de la BEAC et de la BCEAO ne peuvent théoriquement retirer que 20% ; théoriquement puisque toute demande de retrait est soumise à l’approbation d’un club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui, historiquement, ont rarement accepté de prêter aux pays africains plus de 15% de leur propre argent.

Afin de garantir la garantie de la France au tout nouveau Mécanisme européen de stabilité, les pays membres de la BEAC et de la BCEAO devraient gérer leurs besoins de sorte à ne pas soumettre de demande de retrait au-dessus de 10% de leurs recettes déposées au Trésor français. Ils devraient se serrer la ceinture afin que la France desserre la sienne et mange à sa faim. Alassane Dramane Ouattara est à Paris pour recevoir cette consigne, qu’il s’attellera ensuite à relayer à ses pairs.

 

Source: Le blog de Martial Frindéthié

DECRYPTAGE D'UNE MANIPULATION SOURNOISE - RFI, LA PRESSE FRANÇAISE ET LA TECHNIQUE DU VRAI-FAUX RAPPORT OFFICIEUX

 

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Ce n’est pas la première fois que la presse parisienne mène des opérations de guerre psychologique en s’appuyant sur des rapports onusiens pas encore validés, auxquels on a ajouté des éléments fournis par des services secrets… ou complètement imaginaires. Il est également constant que son sens des «révélations» s’affadit quand des experts onusiens mettent en cause les alliés du camp Ouattara et de l’ex-rébellion… ou la France elle-même. Un grand émoi s’est emparé d’une grande partie de l’opinion publique ivoirienne après la diffusion, par RFI, d’un «scoop» selon lequel un rapport d’experts onusiens, en plus de prétendre qu’un certain nombre de personnalités proches du président Laurent Gbagbo, nommément citées, comploteraient pour renverser Alassane Ouattara, affirmerait sans rire que les leaders de l’opposition ivoirienne en exil auraient noué une «alliance» avec les islamistes maliens d’Ançar Dine, proches d’Al Qaeda, qui occupent le Nord Mali, et le capitaine Amadou Sanogo, le tombeur d’Amadou Toumani Touré. Bien entendu, la force des accusations et le caractère quasi-romanesque de l’article de la «radio mondiale» frappent les esprits et alimentent l’indignation. Mais lorsque l’on prend le nécessaire recul historique, l’on se rend compte que ce que ce que nous appellerons la technique du vrai-faux rapport officieux est une constante dans la communication de la nébuleuse internationale – surtout française – qui soutient Alassane Ouattara et tente de criminaliser, donc de disqualifier politiquement, depuis une dizaine d’années, toute une mouvance : celle incarnée par Laurent Gbagbo et les souverainistes ivoiriens. Retour sur un certain nombre d’opérations psychologiques du même type que celle qui vient d’être «mise en œuvre».

Le vrai-faux rapport de l’ONU sur les escadrons de la mort
 
En février 2003, les accords de Linas-Marcoussis et les résolutions de la conférence de Kléber, qui donnent une prime à la rébellion ivoirienne, sont chahutés sur le terrain abidjanais. Un rapport express de l’ONU évoquant de manière très vague l’existence d’«escadrons de la mort» en Côte d’Ivoire fait l’objet de fuites bien organisées dans les quotidiens Le Monde et La Croix. C’est une aubaine pour Jacques Chirac, qui peut menacer le couple Gbagbo des foudres de la Cour pénale internationale – imitant en cela Blaise Compaoré, parrain des rébellions libérienne, sierra-léonaise et ivoirienne. Le Monde, dans une belle coordination, va plus loin que ce que l’ONU peut se permettre et multiplie les articles sur les fameux «escadrons», accuse nommément des membres de la garde rapprochée du président Gbagbo et de son épouse de les diriger, sous la haute autorité, bien entendu, de leurs patrons. C’en est trop pour le numéro un ivoirien qui organise une conférence de presse, et annonce qu’il portera plainte, notamment contre Le Monde. Il le fait dès le 18 avril 2003.
 
Lors du premier procès qui a lieu le 26 mai 2004, la journaliste genevoise Catherine Fiankan-Bokonga, spécialiste des questions relevant de l’économie et des droits de l’homme, montre une interview du regretté Vieira De Mello, ancien Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, qui affirmait que le rapport de l’ONU ne comportait aucun nom de prétendus membres d’escadrons de la mort, et que son institution n’avait publié aucune liste, contrairement aux affirmations du Monde. Lors du procès en appel, Le Monde produit un prétendu document de l’ONU présenté comme la liste des neuf membres des «escadrons de la mort». C’est en réalité une note blanche des services de renseignements français, sans en-tête, ni signature. La presse française, en convergence avec les services secrets français, a en réalité fait dire ce qu’il n’avait pas dit à un rapport de l’ONU ayant opportunément «fuité», et qui était déjà destiné à faire pression sur le pouvoir ivoirien.
 
Le rapport de l’ONU sur la marche avortée du G7, éventé par RFI
 
En mars 2004, le G7, coalition des partis politiques d’opposition «houphouétistes» et des mouvements rebelles coalisés (MPCI, MPIGO et MJP) annonce qu’elle organisera des «marches éclatées» dans un contexte explosif. Les autorités d’alors, se fondant sur des rapports alarmistes des structures sécuritaires du pays, interdisent la marche. Le mot d’ordre est maintenu, et la manifestation est étouffée dans l’œuf. Le bilan des affrontements entre forces de l’ordre et activistes, civils et armés, fait l’objet d’une polémique. L’ONU décide, très rapidement, d’enquêter sur la question. L’enquête doit être présentée au gouvernement ivoirien, qui doit faire ses observations et ses réfutations, avant publication. Ce qui est susceptible de rendre moins unilatéralement accusatoires les conclusions du rapport. Qu’à cela ne tienne ! Le 3 mai, RFI publie, sur son site web, ce que l’ONU présentera, assez hypocritement, comme «une copie non officielle» du rapport de la Commission d’enquête sur les événements du 25 mars 2004. L’ONU reconnaît qu’il n’avait pas été présenté au gouvernement ivoirien, encore moins distribué aux agences de l’ONU se trouvant en Côte d’Ivoire. Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire à New York accuse la Commission d’avoir intentionnellement permis la «fuite» spectaculaire d’un document forcément non soumis au moindre débat contradictoire, «afin de ruiner le processus de réconciliation nationale». Dans une lettre à Kofi Annan, le président Gbagbo soutient que le rapport a été «clairement influencé». Pour faire baisser la pression, l’ONU s’engage à mettre en place la Commission d’enquête réclamée par les accords de Linas-Marcoussis qui doit se pencher sur tous les crimes et exactions commis depuis le 19 septembre 2002.
 
Le rapport de l’ONU qui n’est jamais sorti sur les exactions de tous les camps…
 
Mise en place le 22 juin 2004, la Commission d’enquête indépendante sur les graves violations des droits de l’Homme enregistrées en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, rend ses conclusions au secrétaire général de l’ONU et au Commissaire aux droits de l’Homme, comme l’indique un communiqué daté du 19 octobre 2004. Cette fois-ci, la procédure est respectée. Le gouvernement ivoirien reçoit un draft du rapport et appose ses remarques et observations. Mais ce rapport, qui évoque aussi de manière assez exhaustive les exactions des rebelles, les complicités du Burkina Faso et du Mali, ainsi que – assez timidement – celles de la France, ancienne puissance coloniale, ne sortira jamais. Alors que l’on est en face d’une véritable opération de camouflage de la vérité, la presse française n’est pas intéressée par l’organisation de fuites opportunes. Il faut attendre le 24 décembre 2004, en pleine fête de Noël donc, pour que le quotidien Libération publie de courts extraits de ce rapport – sans bien entendu mentionner les extraits qui mettent en cause Paris. RFI ne publie pas le rapport dans son intégralité sur son site web, comme elle l’a fait pour le rapport relatif aux événements de mars 2004. Outré par le refus de la Maison de Verre de publier un rapport qu’elle a pourtant chèrement financé, le gouvernement ivoirien remet le document à la presse ivoirienne. L’Intelligent d’Abidjan le publie en intégralité. Le Courrier d’Abidjan en fait même un ouvrage intitulé «Tout sur le rapport de l’ONU qui dérange». L’affaire rebondit fin juin 2011. Interrogée par des journalistes, Navi Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU soutient qu’il «est tout à fait pertinent que le Rapport de 2004 soit rendu public.» Elle ajoute – argument curieux ! – qu’elle s’employait «à trouver qui est autorisé à la publication de ce rapport que ce soit le Conseil des droits de l’Homme ou le Secrétaire Général de l’ONU». Elle martèle qu’elle «ne renoncera pas à cette action». Près d’un an et demi après cette pétition de principe, rien n’a bougé. Le rapport n’a pas été officiellement publié, donc officiellement endossé, par l’ONU. 
 
Le faux rapport de l’ONU sur le massacre de Petit-Duékoué et Guitrozon

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, un commando de personnes que des survivants désignent comme des Dozos, associés aux Forces nouvelles hier et supplétifs des FRCI aujourd’hui, attaque les villages Guéré de Petit-Duékoué et Guitrozon, faisant plusieurs dizaines de morts. C’est un vrai crime contre l’humanité. L’émoi est grand et des regards désapprobateurs se tournent vers les rebelles que Paris s’obstine à ennoblir. Soudain, RFI sort un «scoop». Une «note confidentielle» de l’ONUCI qui affirmerait qu’en réalité, ce sont les «miliciens pro-Gbagbo» qui sont responsables de cette tuerie. Très vite, l’ONU dément l’information et affirme que ce «rapport» n’est pas d’elle, par la bouche d’Hamadoun Touré et de Pierre Schori, représentant spécial de Kofi Annan à Abidjan. Mais le venin de la désinformation a déjà fait son effet.
 
Le rapport du Comité des experts 2010, étouffé parce qu’il gênait le grand «storytelling»
 
Si la presse française sait trouver des rapports «accablants» contre le camp Gbagbo, y compris en mélangeant le vrai et le virtuel, elle sait aussi ne pas trouver les rapports que l’ONU elle-même s’évertue à cacher. A propos du Comité des experts chargés de surveiller l’embargo justement. Le rapport de 2010 sur les violations de l’embargo a été bloqué par le Conseil de sécurité. Et pour cause: il évoque le réarmement des parties en présence, et l’action néfaste du Burkina Faso, qui alimentait les Forces nouvelles en fusils d’assaut notamment, là où la communication officielle onusienne plaidait pour une élection sans désarmement. Entériner ce rapport aurait signifié admettre que les conditions n’étaient pas réunies pour un scrutin pacifié, alors qu’il était question de broder autour de Gbagbo qui retarde les élections depuis cinq ans parce qu’il a peur de perdre. Le rapport est étouffé en dépit de la lettre envoyée le 17 septembre 2010. Finalement, le rapport, qui comportait des vérités pas bonnes à savoir, sera publié le 20 avril 2011, neuf jours après la chute de «l’ennemi» Gbagbo. Bien entendu, la presse française dans sa grande majorité s’en désintéressera.
 
Pourquoi le «rapport» évoqué samedi par RFI ne pouvait pas être publié en l’état
 
Dans sa mise au point relative au «rapport» dont RFI a dévoilé le «contenu», la porte-parole de l’ONUCI a affirmé deux choses: premièrement, le rapport du Comité des experts de l’ONU sur l’embargo est produit par des équipes extérieures, et peut être endossé ou non par l’institution; deuxièmement, l’ONUCI n’a pas encore reçu le dernier rapport du Comité. En clair, non seulement elle ne peut pas confirmer que ce que dit RFI se trouve vraiment dans le rapport, mais de plus même si cela était le cas, rien ne dit que de telles conclusions seront endossées par l’ONU. En réalité, il est fort peu probable que les accusations fantaisistes évoquées par RFI soient publiées un jour par le Comité des experts. Notamment parce que sa méthodologie est très contraignante. Les experts doivent, pour publier une information, se fonder sur des sources documentaires éprouvées ou au moins deux sources indépendantes. Ils doivent aussi, autant que faire se peut, contacter les mis en cause et recueillir leur version des faits. Ce qui n’a pas encore été fait, selon les nombreuses personnalités interrogées par Le Nouveau Courrier. Par exemple, sur un sujet comme la prétendue réunion de Takoradi, Marcel Gossio, par exemple peut aisément prouver qu’il n’était pas au Ghana à la date citée. 
 
Par ailleurs, selon RFI, le rapport (?) évoque des SMS interceptés et qui seraient des preuves contre les pro-Gbagbo. Or, le Comité des experts ne comporte en son sein aucun expert en écoutes téléphoniques, et l’ONUCI non plus. La réalité doit être la suivante, au-delà de cette opération de propagande bien huilée. Il est fort probable que, tout simplement, les sécurocrates du régime Ouattara aient livré de prétendues «preuves» aux experts, qui ont dû les consulter, se les partager ou les archiver. Et la «magie» de la «com» a pour effet de transformer les accusations des pro-Ouattara – Guillaume Soro ne comparait-il pas le FPI au MUJAO il n’y a pas longtemps? – en conclusions d’experts indépendants. Là où RFI et ses sources ont su se couvrir, c’est que l’article évoque un rapport «intermédiaire». Ce qui signifie, sans doute, qu’il n’a aucune vocation à être publié. Cela tombe bien. Puisque s’il n’est pas publié, RFI pourra se couvrir et… rebondir.
 


Théophile Kouamouo
 
 

mardi, 09 octobre 2012

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LAURENT FABIUS: SILENCE, ON TUE EN COTE D’IVOIRE!

 

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A la fin du mois de juillet dernier, M. Alassane OUATTARA a effectué une visite officielle en France où il a rencontré M. Laurent FABIUS Ministre d'État, Ministre des Affaires étrangères de la France. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, M. FABIUS a déclaré que M. OUATTARA est son ami et que les relations entre la Côte d'Ivoire et la France ne devraient pas changer et qu'il ne fallait pas voir des problèmes là où il n'y en a pas c'est-à-dire en Côte d'Ivoire.

M. Ouattara vient de séjourner encore en France à l’occasion du 40e anniversaire du Franc CFA. Vous avez remarqué qu’il est le seul chef d’Etat à y croire encore et être content de ce nazisme monétaire qui a développé la pauvreté en Afrique et la prospérité en France.

Pour M. Fabius, il n’y a donc aucun problème en Côte d’Ivoire. Nous savions depuis longtemps que la droite française avait catégorisé les ivoiriens en deux camps: les Pro OUATTARA qui devait être protégé à tous les prix y compris aux prix du sacrifice de quelques soldats français et les pro-GBAGBO, déclassés sur l’échelle de l’évolution des espèces et qui sont devenus le chaînon manquant entre les quadrupèdes et les bipèdes et donc ne méritent que des chasseurs à leur trousse pour les abattre et pour les plus chanceux, se retrouver dans des prisons, des camps de tortures ou des camps de refugiés transformés pour la circonstance en zoo pour les quelques spécimens à protéger.

Pour la droite française, il n’y avait donc pas de problème, la réglementation de la chasse étant respectée et les méthodes de mise à mort par égorgement étant conformes aux normes sanitaires. Par votre déclaration vous nous apprenez que pour la gauche française, il n’y a pas de problème non plus étant donné que les hommes changent mais les intérêts restent.

Nous voudrions juste rappeler à Monsieur FABIUS, que dans un passé proche où il était Premier Ministre de France, il n'a pas vu venir le scandale du sang contaminé. Aujourd'hui, Ministre français des Affaires étrangères, il trouve qu'il n'y a pas de problèmes en Côte d'Ivoire. Dont acte.

Toutefois, nous attirons l'attention de Monsieur Fabius sur les faits suivants :

  • LES MASSACRES DE DUEKOUE (OUEST IVOIRIEN)

A l’Ouest de la Côte d’Ivoire, quatre (4) bandes armées Burkinabé et plusieurs bandes de chasseurs dozos, occupent l’ouest de la Côte d’Ivoire comme le nord du Mali est actuellement occupé par des bandes armées. Au Nord du Mali, la Charia est pratiquée et vos porte-voix RFI et France 24 vous rapportent les bras coupés en cas de vol, mais il ya pire à l’Ouest  de la côte d’Ivoire où le culte au dieu de la guerre est pratiqué régulièrement avec des sexes coupés, les terminaisons des bras et des pieds coupées, la gorge tranchée pour recueillir le sang pour le culte au dieu de la guerre. Vos porte-voix ne vous rapportent pas ces scènes parce que les victimes sont le chaînon manquant de l’évolution des espèces et les analyses d’ADN à travers des enquêtes interminables ne précisent pas encore leur statut d’humain. Pour votre gouverne, prière prendre un temps pour consulter cette vidéo à l’adresse suivante:

http://www.youtube.com/watch?v=tpxbDA4M87c,

où un jeune baoulé de l’Ouest est en train de subir ce rite macabre. Les sacrifices individuels ne suffisent pas à ces dieux, il leur faut de temps en temps, pour les jours de fête des troupeaux entiers:

Du 27 au 29 mars 2011, ces forces lugubres qui font maintenant partie de l’armée de OUATTARA parce que invitées à toutes les cérémonies officielles, ont massacré plus de 1000 civils à Duékoué dans le quartier Carrefour supposé être un quartier pro-Gbagbo quasiment la veille des bombardements français (censés protéger la population civile, faut-il le rappeler ici?). Des femmes, des enfants et tous les hommes ont été tués par balles, armes blanches, voire brûlés vifs. C’était le grand sacrifice pour la grande fête des dieux de la guerre pour implorer leur soutien dans l’offensive armée contre le régime du Président GBAGBO. L'ONUCI (l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire), l'armée de l'ONU en Côte d'Ivoire qui a pour mission de protéger les civils a prétendu n'avoir pas pu s'interposer pour protéger ces innocents lors du massacre mais a pu trouver les moyens d'entasser les corps dans des fosses communes.

La CPI (la Cour Pénale Internationale) a dû utiliser des drones pour retrouver les charniers pour le compte de ses enquêtes et cela en présence de l'ONUCI qui, dans sa précipitation de cacher les morts, a oublié de baliser les charniers.

Le vendredi 20 juillet 2012, un autre massacre a eu lieu dans un camp de réfugiés supposés pro-Gbagbo à Nahibly à quelques kilomètres de Duékoué. Ce camp de la Croix-rouge qui était sous la protection de l'ONUCI, encore eux, a vu à peu près 230 civils tués, des fois brûlés vifs. Le camp a aussi été incendié.

L'Ambassadeur de Suisse en Côte d'Ivoire a réagi en déplorant ces actes abjects et a demandé au Gouvernement ivoirien d'identifier et de punir les coupables. Nous attendons encore la réaction de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

N'oublions pas que la Licorne qui est l'armée française positionnée en Côte d'Ivoire fait partie de l'ONUCI. C'est quand même paradoxal que l'armée française qui a bombardé à deux reprises la Côte d'Ivoire (2004, 2011) soit une composante de l'ONUCI qui a pour mandat la protection des civils ivoiriens. Vivement des pilules contre la schizophrénie.

Aujourd'hui, aucun responsable de ces massacres n'a été ni arrêté, ni jugé par la justice ivoirienne. Les coupables courent toujours et continuent leurs exactions.

Monsieur Fabius a déclaré, lors de la passation de service avec Monsieur Alain Juppé, qu'en France les hommes changent mais les intérêts restent. La France était informée de tous ces massacres donc Monsieur Fabius aussi.

En traitant à l’ONU le Nord Mali n’oubliez pas l’ouest de la Côte d’Ivoire. Si vous ne le faites pas, demain, ne venez pas dire à l’assemblée Nationale Française que vous n’étiez pas au courant comme dans le cas du sang contaminé car je vous informe par cette lettre ouverte.

Je vous informe aussi que les armes qui atterrissent au Nord du Mali comme à l’Ouest de la Côte d’Ivoire transitent par le BURKINA FASO et que ces armes sont achetées en Occident parce que le BURKINA n’a pas encore d’usine de fabrication d’armes. Je sais aussi que dans ces temps de vache maigre en Europe et de manque de compétitivité de l’économie française sur les produits classiques, la vente des armes est un marché sûr et prospère. Je sais aussi que les pays n’ont pas d’amis et que les hommes changent mais les intérêts restent. Vos intérêts vous commandent de continuer à vous taire, mais soyez rassuré, les auteurs, coauteurs directs et indirects de quelques pays que ce soit ne manqueront pas le jugement des fils dignes d’Afrique.

  • TORTURES ET BRIMADES

Plusieurs journaux ivoiriens ont fait état des camps à Yopougon et au PK17 route de Dabou des quartiers de la banlieue d'Abidjan dans lesquels des jeunes civils et militaires supposés pro-Gbagbo sont emprisonnés et torturés. Ces jeunes gens ont eu simplement cette infortune d'habiter le mauvais quartier et d'appartenir à la mauvaise ethnie. Il faut préciser que la constitution ivoirienne dans son préambule proclame son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.

Mais, depuis que la France et l'ONU ont imposé Monsieur Alassane Ouattara à la tête de l'État de Côte d'Ivoire, son armée, les FRCI procèdent à l'enlèvement des jeunes civils. Certains d'entre eux sont libérés moyennant rançon.

Le silence assourdissant de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire fait froid dans le dos. La France est informée donc Monsieur Fabius le sait mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • EMPRISONNEMENT ARBITRAIRE DES MEMBRES DE L'OPPOSITION

Décapiter l'opposition reste le leitmotiv de Monsieur Ouattara. Au lendemain de l'arrestation du Président Gbagbo, la plupart de ses ministres et de ses partisans ont été arrêtés et jetés en prison dans le Nord de la Côte d'Ivoire et à Abidjan. Après plusieurs mois d'emprisonnement, ils ont enfin entendu leurs chefs d'inculpation qui varient entre génocide, crimes de sang, atteinte à la sécurité nationale, crimes économiques et détournement de fonds publics. Le dernier à connaître les geôles de la MACA (Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan) est le Secrétaire général du FPI (Front Populaire Ivoirien), Parti du Président Gbagbo.

Comprenons-nous bien qu'en Côte d'Ivoire s'il y a un génocide l'auteur sera sans aucun doute Monsieur Ouattara dont l'armée est en train d'exterminer la population Wè de l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

La France est informée Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • MANDATS D'ARRET INTERNATIONAUX

À la date d'aujourd'hui, la justice de Monsieur Ouattara a émis 34 mandats internationaux contre les opposants à son régime. Un record ! Alors que dans le même temps aucun auteur des crimes de Duékoué n'est inquiété. Pire, les chefs rebelles sont nommés Préfet de région. Le Préfet de l'Ouest est cité par la CPI pour ses responsabilités identifiées par Amnesty International dans les massacres de la région Ouest. Il pourra continuer en toute impunité ses crimes et les expropriations du peuple Wê. Encore un effort et Monsieur Alassane Ouattara traversera le mur du son du ridicule.

Son nouveau hobby, c'est l'acharnement contre la personne de Monsieur Koné Katinan Ministre du Budget du dernier gouvernement du Président Gbagbo et l’interdiction aux épouses de rendre visite à leur mari au Ghana.

La France est informée, Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • GELS DES AVOIRS BANCAIRES

Une liste de 150 personnes ont eu leurs avoirs bancaires bloqués en France et en Côte d'Ivoire après que Monsieur Sarkozy ait déposé Monsieur Ouattara à la tête de l'État de Côte d'Ivoire plus d'un an après, ces comptes restent toujours bloqués. Pourquoi ? Faut-il plus d'un an pour vérifier s'il y a eu des mouvements litigieux sur un compte ? À cette question la réponse est NON. La Libye, qui n'a pas encore organisé ses élections législatives, a eu ses comptes dégelés. Alors, pourquoi ces hommes et ces femmes qui ont eu pour seul tort d'agir pour la continuité de l'État de Côte d'Ivoire se voient dépossédés de leur économie.

La France est informée, Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • MUSELLEMENT DES JOURNAUX DE L'OPPOSITION

Six journaux de l'opposition ont été interdits de parution pour avoir donné le titre de Ministre aux membres du dernier gouvernement du Président Gbagbo. N'eut été la réaction de l'Ambassadeur des USA en Côte d'Ivoire, cette interdiction aurait continué. On attend toujours la réaction de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

Nous aurions voulu que l'AFP (l'Agence France Presse) et RFI (Radio France Internationale) dans leur traitement de cet évènement, parlent de journaux d'opposition et non de journaux pro-gbagbo car pendant la campagne présidentielle en France, ils n'ont jamais traité "Libération" de journal pro-Hollande ni le Figaro de pro-Sarkozy.

Eh Oui ! Messieurs, Dans cette république très très démocratique de la Côte d'Ivoire de Monsieur Ouattara, il y a encore des journaux qui veulent traiter l'information autrement.

  • CONCLUSION

Aujourd'hui, nous avons une parodie de justice où l'on a créé une usine de fabrication de chefs d'inculpation dont les produits manufacturés les plus prisés sont : Génocide, Crimes de sang, Atteinte à la sécurité nationale et Crimes économiques. Si vous êtes partisan du Président Gbagbo ou supposé, vous risquez l'un de ces chefs d'inculpation voire plusieurs.

Les marchés publics sont attribués de gré à gré à l'instar de ce marché de réhabilitation des Universités d'un montant de 100 milliards de francs CFA (un peu plus de 152 millions d'Euro). Bravo ! La bonne gouvernance.

A part cela, Monsieur Fabius, tout va bien en Côte d'Ivoire, il n'y a pas de problèmes sous le régime de Monsieur Ouattara.

Madame Alliot-Marie n'avait pas vu des problèmes en Tunisie au début du printemps arabe. Résultat, sa carrière politique est partie en vrille avec la chute de Monsieur Ben Ali. Le jour où les ivoiriens se soulèveront, vous ne direz pas que vous n'aviez rien vu venir.

A Propos du Mali, Le Président Hollande a déclaré à l'ONU "quant aux élections elles seront organisées quand le Mali aura recouvré la totalité de son territoire. Comment organiser des élections avec un Nord Mali occupé par des terroristes qui n'appliquent pas les lois de la démocratie". Voyez-vous Monsieur Fabius, en 2010 le Nord de la Côte d'Ivoire était occupé par des chefs rebelles qui n'appliquaient pas les lois démocratiques avec le cambriolage de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et autres crimes de sang mais Monsieur Nicolas Sarkozy, qui partage le même ami que vous, avec l'onction de l'ONU a organisé les élections dont nous voyons le résultat. En 2012, l’Ouest de la Cote d’Ivoire est occupé par quatre (4) bandes armées Burkinabé, des bandes de dozos, sa population chassée, mais je suis sûr d’une chose, vous ne trouverez pas incongrue l’organisation des prochaines élections locales dans cette zone.

Dans quelques jours, vous accompagnerez le Président Hollande au XIVème sommet de la Francophonie à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Vous verrez sûrement votre ami, Monsieur Ouattara. Il vous dira sûrement, pour la nième fois, que tout ceci ne serait pas arrivé si le président Gbagbo ne s'était pas accroché au pouvoir. Mais il oubliera sûrement, pour la nième fois, de vous dire que si l'on avait recompté les bulletins de vote comme l'avait demandé le Président Gbagbo, tout cela ne serait pas arrivé.

Soyez-en rassuré, M. le Ministre, le peuple de Côte d’Ivoire n’attend rien de vous, mais de grâce, ne dites pas que tout va bien en Côte d'Ivoire et ne venez surtout pas parler de droit de l’homme lorsque le peuple prendra ses responsabilités.

Vous remerciant.


Dr Cheick DIABATE,


Enseignant chercheur

Université du Colorado, USA

MALI: CHRONIQUE D'UN DESASTRE ANNONCE


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De la déliquescence de l’État à la régression nationale

Jamais un pays n’aura connu pareille décélération, où, en moins d’un semestre, du début des dernières hostilités séparatistes, le Mali s’est vu projeter dans une vertigineuse phase de fragmentation accélérée par la déliquescence de l’État et la régression morale de la société.

Depuis le 6 avril 2012 et suite au coup-d’État du 22 mars, le Mali, jadis cité en exemple de stabilité, a été amputé des 2/3 nord de sa superficie, soumis désormais à une loi divine dans la pure tradition talibane de Kaboul, étrangère aux mœurs africaines.

Havre de tolérance et de coexistence, le septentrion fait ainsi l’apprentissage de la loi d’airain de la religiosité obscurantiste avec fermeture des écoles publiques et leur remplacement par des "écoles coraniques", fermeture des échoppes de tabac, le tout agrémenté par une cascade d’interdictions: interdiction des jeux du hasard (loteries), interdiction aux femmes de sortir sans accompagnement, interdiction des chants, danses et des rites de transmissions séculaires, dont les premières victimes sont la jeunesse et la gent féminine, supposées être la relève de la nation et la matrice de la culture africaine, mais vivant confinées dans ces quartiers faute d’écoles, de loisirs, d’espaces de transmissions y compris dans les familles.

Tous les grands secteurs de l’État sont en panne : l’économie est en chute libre avec une perte de l’ordre de dix milliards de F CFA par mois rien que pour les recettes douanières.

Une chute imputable tout autant aux destructions et aux pillages infligées aux infrastructures de l’administration par des soldats mutins qu’au refus des compagnies d’assurances de garantir les transferts financiers des opérateurs économiques maliens, en raison du climat d’insécurité.

L’administration douanière a dû d’ailleurs entreprendre, en toute urgence, la remise en état de son réseau informatique dont les serveurs et les câbles de liaison avaient tous été volés ou détruits lors des pillages qui ont suivi le coup-d’État.

Le secteur du BTP pâtit aussi de l’insécurité et de l’incertitude ambiantes : les chantiers de modernisation de l’aéroport international de Bamako-Sénou, tout comme le "Millenium Challenge Account"(MCA), un programme d’investissement spécial des Etats-Unis, ont été suspendus dans l’attente de la restauration de la démocratie.

A cela s’ajoute une crise alimentaire du fait de la sécheresse prolongée dans le nord du pays, se superposant au marasme économique consécutif d’une crise alimentaire générée par le refus des banques de financer les importations des produits alimentaires de première nécessité (sucre, riz et autres produits de grande consommation).

Cependant, nul ne devrait plaider la surprise !

Nul ne saurait être surpris, tant la chronique de ce désastre était annoncée, même pour l’observateur le moins avisé.

En cinquante ans d’indépendance, le Mali n’aura connu qu’un seul mandat de bonne gouvernance, celui du premier président du Mali indépendant, Modibo Kéïta (1960-1968).

Au cours de cette gouvernance, toutes les grandes institutions formatrices de la conscience nationale se sont déployées avec l’aide des pays de l’Est, notamment l’École Normale Supérieure, don du parti communiste de l’URSS (PCUS) au parti socialiste malien (US-RDA) et l’École Nationale d’Administration, ainsi que les grandes coopératives de production mises sur pied avec l’aide de la Chine, de la Yougoslavie, de l’URSS, de Cuba, entre autres : conserveries, coopératives de distribution des produits alimentaires, usine d’égrenage du coton, huilerie, usine textile, centre d’odontostomatologie, etc.

Le renversement de Modibo Kéïta par un coup-d’État d’un lieutenant fantasque - Moussa Traoré, va inaugurer une ère de plus de quarante années de mensonges et de corruption, dont le Mali ne connaitra l’épilogue tragique qu’avec le régime calamiteux de Amadou Toumani Touré (ATT) et le coup-d’État pathétique du capitaine Ahmadou Haya Sanogo.

Plus de quarante années de mensonges et de corruption à la cadence militaire et en tenue para, camouflée en civile sur la dernière décennie, aussitôt après un intermède "franchement civil"sous Alpha Oumar Konaré (AOK) de 1992 à 2002.

Puis, la sanction inévitable de tant de dérives !

Les non-dits et la fuite en avant

Tout Bamako, de même que tous les Maliens conscients, savaient que les élections présidentielles du 29 avril 2012 n’auraient pas lieu. Pourtant, tous, ou du moins la plupart, faisaient semblant d’y croire toujours.

Tous, ou les principaux acteurs, savaient que le Pouvoir était déconnecté des réalités du pays, que l’armée était démotivée par le népotisme et le formidable étalage de sa cupidité, que la classe politique, enfiévrée devant les privilèges du pouvoir, n’était intéressée que par l’avidité, tandis que la population demeurait plongée dans la désespérance.

Mais tout ce monde était taiseux avec le secret espoir d’y parvenir à son tour et de jouir au sommet des bienfaits du vœu d’or.

Avec la prévision démoniaque, une fois leur forfait accompli, de se prémunir d’un sauf conduit vers l’exil et le pardon, loin du peuple et ses lamentations.

Le dictateur (1968-1991) Moussa Traoré, parricide du symbole de l’indépendance malienne, deux fois condamnés à mort, puis gracié, vit aujourd’hui une retraite pieuse mais très confortable aux frais de l’État, à Bamako, narguant de sa présence aux cérémonies les proches de ses victimes, sans s’encombrer de leurs fantômes ou de remords.

Son Excellence Alpha Oumar Konaré (AOK): 2 mandats successifs de 5 ans. Le professeur – enseignant de son État, démolisseur attitré de l’éducation nationale et des mœurs, qui, après avoir transformé son parti politique en groupement d’intérêt économique (GIE) et modifié tous les seuils de concession (de gré à gré) des marchés publics, concéda à la corruption ses lettres de noblesses en élevant le clanisme, la perversion et la trahison à un tel degré de raffinement qu’un chroniqueur politique national titra à son sujet «Pourquoi, l’Histoire ne retiendra pas Alpha Oumar Konaré» (Quotidien Sud-Info N° 59 du 24 avril 1998)

Pour sa propre succession, AOK finit par nier au parti qui l’a porté au pouvoir la qualité et les capacités de promouvoir et soutenir une candidature à l’élection présidentielle, préférant s’en remettre à un "non-partisan" – le général ATT.

Et, du 17 janvier à ce jour, nul n’a encore entendu AOK placer un seul mot sur l’actualité si brûlante du Mali, de laquelle il est tout de même directement et personnellement comptable au moins pour 10 ans!

Qu’en sera-t-il du colonel Gamou, en charge de la base de Kidal jusqu’à sa chute en février 2012, actuellement réfugié au Niger avec cinq-cents soldats prêts pour le combat à ce qu’il paraît? Pour quel bord entend-il combattre?

Quid du colonel Maydoun, qui assumait, dans les mêmes circonstances, des prérogatives similaires à Gao?

Ces officiers supérieurs sont-ils toujours dans "le repli tactique ou stratégique"recommandé à l’époque ou recèlent-ils des caractéristiques de l’irrédentisme, sans le courage et l’honnêteté de l’affirmer?

Enfin, dernier et non le moindre, le mytique général stratège ATT, principal responsable de ce chaos absolu, en retraite tranquille à Dakar.

La mafia politico-militaro-administrative à l’œuvre

Un procès aurait sans doute démontré l’incurie administrative et l’impéritie politico-militaire :

Que le dispositif militaire déployé dans le Nord du Mali était factice avec des chars désarmés. De crainte d’un coup-d’État contre le pouvoir à Bamako?

Que l’armée constituait le principal ascenseur social et le principal prédateur du pays, avec une poignée d’officiers généraux affectés à des postes diplomatiques sensibles dans les pays du BRIC disposant d’un droit de véto (Russie, Chine) et la ceinture névralgique de la périphérie du Mali (Burkina Faso, Côte d’Ivoire). D’autres, en faction dans chaque ministère, ombre portée du ministre, en tant que contrôleur occulte pour le compte de l’institution militaire.

Que d’anciens diplomates en poste dans le Golfe, par endoctrinement ou lubrification par les pétromonarchies (?), s’étaient transformés en chefs rebelles, tels Abder Rahman Galla, ancien diplomate du Mali en Arabie saoudite, et Iyad Aghaly, ancien Consul général à Djeddah, chef actuel du mouvement "Ansar Eddine", interpelé en Arabie saoudite pour trafic de drogue, puis relâché en raison de son immunité diplomatique, sans qu’il ait été établi si les stupéfiants étaient destinés à son usage personnel ou au financement de son futur mouvement.

Que le MLNA, le vecteur d’une certaine revendication touarègue dans le Nord du Mali, ne fait pas le poids face à la mobilité des partisans expérimentés de l’AQMI. Que ses tentatives, soutenues par des chaînes de télévision et radios étrangères, d’offrir une image moderniste de tolérance à son combat se heurteront à la rigidité dogmatique du MUJAO - une branche sahélienne d’Al-Qaida.

Les larmes des victimes toisent les armes des rebelles

L’accord de paix de 1992 prévoyait l’intégration des rebelles Touaregs dans les rangs de l’armée en signe de réconciliation nationale entre la province dissidente et le pouvoir central. Il a donné lieu à la plus formidable opération de recyclage d’une classe politique dévoyée dans l’affairisme, au sein des deux seules institutions nourricières (l’administration publique et l’armée), pour lesquelles la paie était régulièrement versée à la fin de chaque mois. Sans le moindre souci de pacification des esprits.

L’accord d’Alger de 2006, décrié en son temps par la jeunesse malienne comme un accord de haute trahison, a suscité des manifestations de contestation dans les rues de Bamako, de Paris et d’ailleurs, au motif que l’État malien s’était "totalement aplati" en signant pour se désengager militairement des régions du nord au profit des seuls militaires Touaregs.

Ainsi, comme on pouvait s’y attendre, les prébendes et les sinécures ont mission de calmer les appétits, mais jamais vocation à forger une conscience nationale!

Ah, quel extraordinaire sens de l’État qu’un aspirant bachelier soit propulsé, sans la moindre protestation, à la tête des douanes avec le titre de Major (commandant)!

Quel remarquable sens de l’État que cette flopée de combattants Touaregs directement intégrés dans l’armée au rang de Major! D’autres, déserteurs en Libye, récupérés sans le moindre questionnement, mais plutôt avec tous les égards: galons, vivres, indemnités en sus!

Que l’on ne s’étonne pas ensuite que des groupes de jeunes officiers maliens formés jusqu’à ce jour dans les académies militaires étrangères (France, Allemagne, États-Unis, Russie, Chine) aient décliné l’offre du nouveau chef militaire du Mali de rejoindre actuellement les rangs!

Quelle vigoureuse et vertueuse jeunesse que celle-ci, née dans les milieux de magouille d’État et nourrie au seul lait avarié des spéculations foncières, des détournements de deniers publics et des trafics d’influence!

Bruyante jeunesse, lisse et incolore, à l’apparence courageuse et combative, déployée selon les besoins comme chargé de mission (dans un tel ou tel département ministériel) ou responsable du club de soutien d’un candidat recommandé suivant l’épaisseur de son portefeuille ou le clinquant de ses extravagances!

La vénération de la divine corruption

Les Évêques du Mali, dans un message circonstancié, questionnaient déjà en 2002 : «Peuple du Mali, dis-moi qui est ton Dieu!» (Pâques 2002, Message des Évêques du Mali à l’occasion des élections générales 2002).

À l’évidence, le Dieu des travailleurs maliens, honnêtes et entreprenants, n’est pas un Dieu de corruptions, de vols ou de mensonges, ni de surfacturations et encore moins d’escroqueries et de guerres. Ce Dieu, est-il le même que celui qui est adoré par ceux qui ont dirigé ou prétendent guider le Mali vers le bonheur?

Osons l’affirmation sans fausse honte: la corruption gangrène toutes les strates de la société. «Le virus est déjà implanté dans le fœtus à peine constitué dans le ventre de sa mère», selon le constat désabusé le plus fréquent dans nombre de conversations privées au Mali. Terrible constat, couvrant un lourd aveu de culpabilité!

Viennent ensuite se rajouter les dommages collatéraux de la déstabilisation de la Libye par l’alliance atlantique.

Le Mali est, là aussi, victime des turpitudes de sa propre classe politico-militaire, qui aura été, dans une belle inconscience, le meilleur terreau au prosélytisme dogmatique de la branche la plus obscurantiste de l’islam pétro monarchique - le meilleur propagateur, par ricochet, de l’islamophobie à travers le monde.

Dans ces conditions, quoi de moins étonnant que de jeunes soldats malmenés et désappointés, mal conseillés et très souvent manipulés, déferlent dans les rues, avec la molle prétention de s’arroger le droit de se servir de ce gâteau de la République (le pouvoir et ses privilèges), dont ils ne percevaient, jusques ici, que la couleur tout en ignorant aussi bien la consistance que la saveur?

Quoi de plus prévisible que, dans la foulée, de vieux charognards bataillant de jeunes hyènes haussent ensemble le hurlement et montrent leurs serres et crocs, au détriment du peuple et sa quiétude? Que, ce faisant, ils s’entourent des mêmes caméléons et pique-assiettes, puis s’entredéchirent au sujet d’une légitimité politique qui, de toutes les façons, n’échoira aux uns à l’exclusion absolue des autres?

Que des "religieux" en manque de spiritualité et d’inspiration s’imaginent que ce pourvoir reste à ramasser, puisque mis à terre et ne semblant plus appartenir à personne, et concluent en se pourléchant que "l’affaire est dans le sac"?

Osons espérer que ces faiblesses de la chair et ces crises cumulées aboutissent, cette fois, à la consécration de la véritable Nation du futur au Mali par la formation d’une conscience nationale.

Une conscience nationale toujours laïque et authentiquement démocratique, à l’abri des intégristes de tout bord, des corrompus de tout poil et de leurs insatiables appétits.

Ce ne sera certes pas la chose la plus aisée à réaliser par les temps qui courent, mais c’est sans doute la seule qui vaille d’être retenue pour cible!


P/FNC

La Coordination


Source: Le blog de Afrohistorama 

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


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Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

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3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

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4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

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7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

MARCEL GOSSIO ECRIT A BERT KOENDERS, PATRON DE L'ONUCI

 

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A Monsieur Bert Koenders,

Représentant spécial  du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire



Monsieur,

C’est avec stupéfaction que j’ai lu le samedi 06 Octobre 2012 sur le site internet de Radio France Internationale (RFI), un article de presse signé du journaliste Cyril Ben Simon. Celui-ci me cite comme une des personnes qu’un récent rapport effectué par des experts de l’ONU aurait épinglées pour le financement d’activités subversives contre le régime Ouattara depuis le Ghana.

Le texte se veut précis en affirmant que, courant juillet 2012, j’aurais en compagnie d’autres cadres de la majorité présidentielle en exil participé à une réunion à Takoradi, cela dans le but de définir une stratégie de reconquête du pouvoir à Abidjan par les armes.

En ce qui concerne les accusations portées contre ma personne, je réaffirme que je suis en exil au Maroc depuis le 19 avril 2011. Je n’en suis jamais sorti. Vous pouvez le vérifier auprès de la police des frontières du Royaume du Maroc et de la République du Ghana. Je n’ai donc jamais mis les pieds à Takoradi à plus forte raison pendre part à une quelconque réunion qui s’y serait tenue. Par ailleurs, je me sens concerné ni de près de ni de loin par un prétendu financement d’actions subversives.

J’étais donc dans l’attente des preuves irréfutables de mon implication dans un tel projet lorsqu’intervenant sur la chaine de radio BBC, Mme Sylvie Van Den Wildenberg a formellement démenti pour le compte de l’organisation des nations unies en Côte d’Ivoire l’existence d’un tel rapport.

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Bert Koenders

Ce démenti vient une fois de plus démontrer à la face du monde que certains media à l’instar de RFI qui tirent certainement profit de la belligérance en cours dans mon pays n’ont pas intérêt à ce qu’un climat apaisé, propice à la difficile mais possible réconciliation s’installe définitivement. Sinon, comment expliquer que ce media de renommée internationale puisse produire un mensonge aussi grossier juste au lendemain de votre visite aux exilés politiques d’Accra afin de renouer le fil de la discussion et favoriser leur retour au pays?

Je m’étonne par ailleurs que pour un article publié par Radio France Internationale, votre porte parole fasse le démenti sur BBC tandis que RFI continue de diffuser cette information en boucle. C’est le lieu de demander à votre collaboratrice de le faire sur la radio coupable de cette diffamation.

Monsieur le représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, c’est le lieu pour moi de dénoncer et condamner cette énième tentative de manipulation, et attirer votre attention sur le fait que vous devriez être plus regardant pour définitivement savoir quelles sont les personnes qui ne veulent pas de la paix dans mon pays. Celles-ci ne sont certainement pas à rechercher parmi les cadres de la majorité présidentielle en exil.

Monsieur le représentant spécial du Secrétaire Général de L’ONU en Côte d’Ivoire, je vous rappelle que je suis un cadre du Front Populaire Ivoire. Nous avons conquis et exercé le pouvoir d’état après 30 années passées dans l’opposition sans jamais prendre les armes même face aux multiples humiliations et injustices dont nous avons été victime. Mieux, depuis mon lieu d’exil, j’ai toujours encouragé la direction actuelle de notre parti à s’engager résolument dans le dialogue républicain avec afin de créer un climat social apaisé nécessaire à un retour à la normalité. Mes déclarations publiques précédentes l’attestent.

Tout en vous souhaitant bonne réception de mon courrier, je vous prie de trouver ici l’expression de ma profonde indignation et de mon exaspération face à la manipulation médiatique dont je suis victime.

 

Marcel GOSSIO


Ex-Directeur du Port Autonome d’Abidjan

Cadre du FPI en exil