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mardi, 09 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


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Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

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3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

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4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

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7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

MARCEL GOSSIO ECRIT A BERT KOENDERS, PATRON DE L'ONUCI

 

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A Monsieur Bert Koenders,

Représentant spécial  du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire



Monsieur,

C’est avec stupéfaction que j’ai lu le samedi 06 Octobre 2012 sur le site internet de Radio France Internationale (RFI), un article de presse signé du journaliste Cyril Ben Simon. Celui-ci me cite comme une des personnes qu’un récent rapport effectué par des experts de l’ONU aurait épinglées pour le financement d’activités subversives contre le régime Ouattara depuis le Ghana.

Le texte se veut précis en affirmant que, courant juillet 2012, j’aurais en compagnie d’autres cadres de la majorité présidentielle en exil participé à une réunion à Takoradi, cela dans le but de définir une stratégie de reconquête du pouvoir à Abidjan par les armes.

En ce qui concerne les accusations portées contre ma personne, je réaffirme que je suis en exil au Maroc depuis le 19 avril 2011. Je n’en suis jamais sorti. Vous pouvez le vérifier auprès de la police des frontières du Royaume du Maroc et de la République du Ghana. Je n’ai donc jamais mis les pieds à Takoradi à plus forte raison pendre part à une quelconque réunion qui s’y serait tenue. Par ailleurs, je me sens concerné ni de près de ni de loin par un prétendu financement d’actions subversives.

J’étais donc dans l’attente des preuves irréfutables de mon implication dans un tel projet lorsqu’intervenant sur la chaine de radio BBC, Mme Sylvie Van Den Wildenberg a formellement démenti pour le compte de l’organisation des nations unies en Côte d’Ivoire l’existence d’un tel rapport.

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Bert Koenders

Ce démenti vient une fois de plus démontrer à la face du monde que certains media à l’instar de RFI qui tirent certainement profit de la belligérance en cours dans mon pays n’ont pas intérêt à ce qu’un climat apaisé, propice à la difficile mais possible réconciliation s’installe définitivement. Sinon, comment expliquer que ce media de renommée internationale puisse produire un mensonge aussi grossier juste au lendemain de votre visite aux exilés politiques d’Accra afin de renouer le fil de la discussion et favoriser leur retour au pays?

Je m’étonne par ailleurs que pour un article publié par Radio France Internationale, votre porte parole fasse le démenti sur BBC tandis que RFI continue de diffuser cette information en boucle. C’est le lieu de demander à votre collaboratrice de le faire sur la radio coupable de cette diffamation.

Monsieur le représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, c’est le lieu pour moi de dénoncer et condamner cette énième tentative de manipulation, et attirer votre attention sur le fait que vous devriez être plus regardant pour définitivement savoir quelles sont les personnes qui ne veulent pas de la paix dans mon pays. Celles-ci ne sont certainement pas à rechercher parmi les cadres de la majorité présidentielle en exil.

Monsieur le représentant spécial du Secrétaire Général de L’ONU en Côte d’Ivoire, je vous rappelle que je suis un cadre du Front Populaire Ivoire. Nous avons conquis et exercé le pouvoir d’état après 30 années passées dans l’opposition sans jamais prendre les armes même face aux multiples humiliations et injustices dont nous avons été victime. Mieux, depuis mon lieu d’exil, j’ai toujours encouragé la direction actuelle de notre parti à s’engager résolument dans le dialogue républicain avec afin de créer un climat social apaisé nécessaire à un retour à la normalité. Mes déclarations publiques précédentes l’attestent.

Tout en vous souhaitant bonne réception de mon courrier, je vous prie de trouver ici l’expression de ma profonde indignation et de mon exaspération face à la manipulation médiatique dont je suis victime.

 

Marcel GOSSIO


Ex-Directeur du Port Autonome d’Abidjan

Cadre du FPI en exil

lundi, 08 octobre 2012

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE AU RAPPORT D’EXPERTS INDEPENDANTS DE L’ONU DIFFUSE PAR RFI

 

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Le samedi 6 octobre 2012, la Radio Française RFI annonçait un rapport de l’ONU qui ferait état d’une réunion des pro-GBAGBO au Ghana dans la ville de TAKORADI le 12 juillet 2012 visant à déstabiliser le régime OUATTARA. Ce rapport ferait état du soutien politique et financier de pro-GBAGBO en exil dont KONE KATINAN, GOSSIO Marcel, Charles BLE GOUDE,  Damana PICKASS, KORE Moise, Nady BAMBA.

Cette rencontre aurait eu pour objectif la préparation d’une entreprise de déstabilisation de la Côte d’Ivoire  à partir du Ghana en relation avec l’ex-junte militaire au Mali et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Ce rapport intervient dans un contexte marqué par la faillite de la gestion des problèmes sécuritaires, socio-économiques et du refus de la réconciliation des ivoiriens par le régime OUATTARA. Ce régime fait donc face à un  mécontentement généralisé aggravé par une justice sélective et une répression de plus en plus féroce. Enfin le conseil de sécurité a décidé d’une diminution des effectifs  de l’Onuci pour obliger OUATTARA à mettre en place une véritable armée nationale et ramener la paix.

Ce rapport qui ne mentionne nulle part le refus de OUATTARA d’aller à la réconciliation et les graves violations des droits de l’homme vise en réalité à :

-Sauver le régime OUATTARA en difficulté

-Maintenir les effectifs de l’ONUCI

-Mettre la pression sur le Ghana afin de livrer les exilés ivoiriens vivant sur son territoire

 - Créer des circonstances aggravantes à la détention du Président Gbagbo en incriminant son porte-parole, ses proches et son parti politique par une diabolisation allant de crimes économiques, crimes de sang à la déstabilisation en liaison avec l’ex-junte malienne et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Le caractère grossier, mensonger et fumant de ce rapport nous interpelle car depuis l’avènement de  Laurent GBAGBO au pouvoir en 2000 et la crise qui a éclaté en Côte d’Ivoire en 2002 par des rebelles pro-OUATTARA venus du Burkina-Faso, il y a une constance dans la production et la certification du faux contre le régime GBAGBO et ceux qu’on appelle les pro-GBAGBO.

Dès l’élection du Président GBAGBO en 2000, un charnier fabriqué par Ouattara a été attribué à Laurent GBAGBO; les images ont  fait le tour du monde.

En 2010, suite au deuxième tour des élections présidentielles, le réseau françafricain en Côte d’Ivoire fabrique de faux résultats du deuxième tour des élections présidentielles. La trilogie médiatique françafricaine : France 24, AFP, RFI diffusent en boucle, ce résultat qui sera ensuite certifié par l’ONU sur présentation de la France.

En pleine crise postélectorale, ce même réseau avec la même méthode, fabrique des violations des droits de l’homme systématiquement attribuées au régime du Président GBAGBO et certifiées par l’ONU pour justifier l’intervention de l’armée française et de l’ONUCI. Il s’en est suivi l’arrestation du Président GBAGBO, l’installation de OUATTARA, l’arrestation de tous les hauts responsables du FPI avec la complicité de l’ONUCI qui avait en charge la protection d’une partie d’entre eux à l’hôtel Pergola d’Abidjan.

Pour justifier aux yeux des autorités ghanéennes la nécessité de livrer les partisans de GBAGBO au Ghana, un faux complot financé par le régime OUATTARA est monté par l’intermédiaire d’un lugubre affairiste ghanéen d’origine nigériane, le nommé TAHO TCHICATA pour servir de preuve. Complot ayant entrainé l’arrestation du Colonel Katé à Abidjan et du Ministre d’Etat Moïse Lida Kouassi  au Togo et extradé. L’enquête conduite par le régime ghanéen a aboutit à l’arrestation de ce sinistre personnage.

Une auto attaque du post frontalier de Noé est organisée entrainant la fermeture de toutes les frontières avec le Ghana avec d’énormes conséquences socio économiques  pour l’ensemble de la CEDEAO. Le village ivoirien de Nougoua d’où seraient partis les assaillants est présenté pour les besoin du faux comme un village ghanéen.

Non satisfait de tous ces faux complots, Interpol est sollicité pour procéder à l’enlèvement du Porte-parole du Président GBAGBO pour crime économique. La justice ghanéenne attend encore les preuves de ce crime. Dans l’impossibilité de prouver le crime économique, il est accusé de meurtre sur la personne d’un vieillard de 83 ans sans preuve.

Des  infiltrés de ouattara se faisant passer pour des pro-GBAGBO venus acheter des armes, sont arrêtés par la police ghanéenne et remis à leur commanditaire.

Après avoir échoué dans ces entreprises antérieures, le régime ouattara va fabriquer  une fausse réunion à Takoradi visant à  monter un faux complot.

Dans le même souci le représentant de l’ONU à Abidjan est dépêché à ACCRA pour convaincre le gouvernement ghanéen de l’existence d’un tel complot dont les ramifications vont jusqu’à Ansar Dine qui occupe le Nord du Mali.

Lorsqu’on connait le drame que ces différents faux, certifiés par l’ONU avec la bénédiction du réseau françafricain a causé à la Côte d’Ivoire, la coordination FPI ne peut se taire devant un tel faux.

Les personnes citées par ce rapport ont tous démenti leur soutien politique et financier  aux prétendues opérations armées qui seraient menées depuis le Ghana et le Liberia.

Il apparait manifestement surréaliste que des pro-GBAGBO aient réussi l’exploit de rapprocher l’ex-junte militaire malienne et les jihadistes d’Ansar Dine en conflit ouvert, pour un projet de déstabilisation du régime OUATTARA.

La coordination FPI en exil tient donc :

-A dénoncer cette escalade de la diabolisation du Président GBAGBO, de ses proches et de son parti.

-A dénoncer publiquement cette tentative de certification  par l’ONU d’un faux complot pour livrer les exilés ivoiriens à la torture 

-A dénoncer RFI pour s’être illustré une fois encore comme un instrument de diabolisation des pro-GBAGBO.

-A dénoncer le réseau françafricain dont le seul objectif est la création d’une insécurité permanente en Afrique de l’ouest pour réaliser le commerce odieux armes contre matière première.

La coordination rappelle son attachement à la transition pacifique à la démocratie et aux méthodes pacifiques de résolution des  conflits et invite donc :

-M. OUATTARA à abandonner la voie sans issue du faux et à s’engager dans la recherche d’une réconciliation sincère, effective et durable. Cette réconciliation passe par la libération  du président Laurent Gbagbo, de tous les prisonniers politiques civils et militaires, du retour sécurisé des exilés.

-Invite l’ONU dont le crédit dans l’opinion ivoirienne est  fortement entaché à revenir aux  valeurs cardinales qui ont été au fondement de sa création  et à œuvrer pour l’apaisement et la réconciliation nationale.

-Rassure les autorités ghanéennes et toute la communauté internationale de notre volonté de trouver une issue politique à la crise ivoirienne par la négociation.

La Coordination du FPI en Exil lance un appel pressant à tous les ivoiriens pour l’avènement d’un état de droit en vue d’éviter encore des drames à notre pays.

 

Pour la Coordination du FPI en Exil,

Le Porte parole

 

Dr Assoa Adou

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

dimanche, 07 octobre 2012

L'ONU DEMENT L'INTOX DE RFI: «NOUS N'AVONS PAS EU CONNAISSANCE D'UN TEL RAPPORT»

 

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L’information donnée par RFI a été démentie par Sylvie van den Wildenberg, une porte-parole de l'ONU, dans le journal de 12h00 (du 06 octobre 2012) de la Radio BBC–Afrique.

côte d'ivoire,l'onu dément l'intox de rfi,"nous n'avons pas eu connaissance d'un tel rapport",la page facebook ma patrie

En effet, l'ONU a indiqué qu'elle n'a pas eu connaissance d'un tel rapport et qu'il s'agit d'un rapport d'un groupe d'experts indépendants qui n'engage pas l'ONU. 

Rappelons que la radio de propagande France-africaine "RFI" avait annoncé dans son édition du 06 octobre 2012 qu'un rapport de l'ONU mettait en cause le FPI et les exilés pro-Gbagbo du Ghana, dans la déstabilisation du régime Ouattara et de la CEDEAO, avec la complicité des groupes rebelles maliens Ançar-dine du Nord et ceux du Capitaine Sanogo du Sud du Mali : 

Information donc démentie par une porte-parole de l'ONU sur BBC-Afrique.

 http://www.bbc.co.uk/afrique/

Il faut réecouter le journal de 12h00 sur la BBC:

http://www.bbc.co.uk/afrique/audio_console.shtml?programm...

 

Source: La page Facebook Ma Patrie

COTE D'IVOIRE: DECLARATION SUITE AUX ACCUSATIONS DE L'ONU RELAYEES PAR RFI

 

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RFI a publié en ce jour du 6 octobre 2012, un article intitulé «Côte d’Ivoire : un rapport de l’ONU riche en révélations» qui «…doit être débattu, dans les prochains jours, au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce rapport intermédiaire de 26 pages est explosif tant il paraît accablant pour les leaders pro-Gbagbo en exil en Afrique de l'Ouest…» On y lit «Le rapport dénonce un complot de la part des pro-Gbagbo». «Toujours selon ce rapport, une connexion a été établie ces derniers mois entre ces exilés ivoiriens et la junte malienne, mais aussi avec les jihadistes d'Ansar Dine. L'objectif des militaires et des islamistes maliens étant de compromettre, à tout prix, les actions de la Cédéao et de son président en exercice, afin de stabiliser le Mali…»

Nous nous élevons contre de telles accusations très graves. Si des preuves existent pour montrer que le gouvernement Ouattara contourne l’embargo sur les armes, pour se procurer des munitions et autres moyens lourds de guerre, les accusations contre les pro-Gbagbo ne peuvent que relever d’un jeu d’équilibrisme comme c’est devenu la coutume d’observateurs sur la Côte d’Ivoire.

En effet, l’ONU peut bien pointer la mauvaise gouvernance du pouvoir Ouattara et toutes les dérives qui y sont associées, sans être obligée d’accabler par la même occasion le camp de Laurent Gbagbo.

Déclarer sans en apporter des éléments, que des liens existent entre des partisans de Laurent Gbagbo et des jihadistes d'Ansar Dine, consiste à franchir un cran critique dans la diabolisation de Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro avait déjà déclaré que « le FPI est un mouvement terroriste qu’il faut éradiquer ». Nous craignons fortement qu’il s’agisse, à travers ce rapport de l’ONU, - dans une tentation d’emballement -, d’aller dans le sens de Guillaume Soro, qui n’est pas inquiété malgré tout le sang des nombreuses victimes ivoiriennes qu’il porte sur les mains.

Par ailleurs, Laurent Gbagbo ayant fait de « la transition pacifique à la Démocratie » son crédo de lutte politique, nous affirmons ici avec la plus grande énergie ne pas nous reconnaître dans ce qui est injustement imputé à la logique de cet Homme de dialogue. Toutes les propositions de Laurent de 2002 au 11 avril 2011 vont dans le sens de l’apaisement de la Côte d’Ivoire. Il faut dire que la Côte d’Ivoire dont les populations souffrent dans leur chair ne peut se contenter de manoeuvres périodiques de diversions.

Nous affirmons également ici que tous ceux agiraient au nom de Laurent Gbagbo, avec la violence politique, ne peuvent être reconnus dans la lutte pacifique que mène Laurent Gbagbo depuis plus de trente ans. La voie du dialogue et de la réconciliation avec tous les acteurs représentatifs est la logique dans laquelle nous nous inscrivons. Nous sollicitons l’ONU à appuyer cette voie avec toute l’objectivité que cela requiert.

 

Pour la Représentation du Porte-parole de Laurent Gbagbo Europe/Amérique,


Dr Claude KOUDOU


Source: IVOIREBUSINESS.NET

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI


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Déjà lu, relu et toujours d'actualité. Bonne (re)lecture! 


La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques: les intérêts « français » et « individuels ».

 

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités. Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon... sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs. Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.

Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.

 

Calixte BANIAFOUNA


Source: MEDIAPART

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

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François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

BERNARD HOUDIN: «RFI, UN INSTRUMENT DE LA MANIPULATION ANTI-GBAGBO»

 

BERNARD HOUDIN 2.jpg

 

Ce samedi 6 octobre 2012, à l’antenne, le journaliste Cyril Bensimon évoque un rapport d’un «groupe d’experts» de l’ONU que RFI se serait « procuré » et qui dénonce les agissements des «pro-Gbagbo» dans la résurgence des violences en Côte d’Ivoire.

L’ensemble des faits décrits dans ce rapport pourraient prêter à sourire si, derrière ces «révélations» ne se profilait pas une manipulation grossière qui ne résiste pas à la plus simple analyse. Et, à ce niveau, de deux choses l’une : ou bien ce « rapport » est effectivement issu d’une enquête de l’ONU et cette organisation se rend coupable d’une action unilatérale de désinformation, ou bien il est le fruit d’un travail « parallèle » et il faut, dès lors, chercher à qui «profite le crime».

1) Le «tempo» du rapport

Le «rapport» fait état de réunions en juin et juillet ce qui «date» une origine déjà ancienne et permet de supposer, comme c’est quasiment toujours le cas dans une organisation aussi lourde que l’ONU, que des responsables de haut niveau, concernés au premier chef par la situation de la Côte d’Ivoire, aient eu à en connaitre à un moment où à un autre. Bizarrement la direction l’ONUCI à Abidjan n’avait «jamais entendu parler» d’un tel «rapport»!

Or il fait référence, entre autres, à l’attaque du camp d’Akouédo sur laquelle, justement, l’ONUCI, dans sa propre enquête interne, tourne ses regards vers des factions «divergentes» du pouvoir en place à Abidjan.

RFI s’est «procuré» (sic) le «rapport» à quelques jours de la réunion du Conseil de Sécurité! Cela fait dix ans maintenant que la Côte d’Ivoire, et ses habitants, sont les victimes de manipulations et de forfaitures trop souvent avalisées par «la communauté internationale», à travers ses représentations. Ce «rapport» semble en être le dernier avatar.

2) Les «révélations» du rapport

Les «pro-Gbagbo» ont rencontré, à Bamako, les dirigeants de la junte, dont le capitaine Sanogo d’une part, et des responsables d’Ansar Dine d’autre part. Qui sont ces «pro-Gbagbo» qui agiraient sous le contrôle de Damana Pickass?

Le «rapport» cite, pêle-mêle, une liste de noms de «pro-Gbagbo» qui seraient à la manœuvre pour déstabiliser le pouvoir de Ouattara.

3) L’épreuve des faits

A la fois le tempo et les révélations du «rapport» font apparaitre, en filigrane, la tentative, grossière, de manipulation.

Les révélations d’abord: quiconque qui s’intéresse à la situation malienne sait que le capitaine Sanogo a été instrumentalisé, dès l’origine du Coup d’Etat à Bamako, par le président du Burkina-Faso qui entretient, dans le même temps, des rapports «inavouables» avec la mouvance islamique du Nord-Mali et, principalement, avec Ansar Dine. Donc, si l’on arrive, difficilement, à suivre le «rapport», les «pro-Gbagbo» viendraient au Mali rechercher l’appui des obligés de celui qui a «facilité» la déstabilisation de la Côte d’Ivoire depuis dix ans (au moins)!

Quiconque qui s’intéresse à la situation des exilés «pro-Gbagbo» ne peut que sourire à la lecture de la liste évoquée dans le «rapport» car elle additionne, sans autre forme de procès, des personnalités qui, dans le contexte actuel, n’ont que peu, ou pas, de relations entre elles!

Le tempo ensuite: comment ne pas s’interroger, nous l’avons évoqué plus haut, sur la concordance des dates entre le «scoop» de RFI, canal «historique» de la désinformation en Côte d’Ivoire et la réunion à venir du Conseil de Sécurité?

4) A qui «profite le crime»?

Quid des acteurs principaux, éventuellement concernés?

- Alassane Ouattara s’enferme, chaque jour un peu plus, dans une «bunkérisation des esprits», en espérant «survivre» par une politique «tout-sécuritaire»: chasse aux opposants, atteintes quotidiennes aux libertés fondamentales, procès «politiques» au relent de déjà-vu dans l’Histoire des dictatures, etc…

- Guillaume Soro, «exilé» à l’Assemblée Nationale, rongé par la perspective d’être envoyé à la CPI pour y être le «pendant» du président Gbagbo dans l’esprit de certains milieux occidentaux, est «condamné» à justifier sa position dans l’échiquier ivoirien en faisant comprendre qu’il est «incontournable» dans le contexte actuel.

- Laurent Gbagbo, enfermé depuis le 11 avril 2011 et extradé à La Haye depuis 10 mois, et qui continue, à travers ses canaux officiels à prôner une solution politique en Côte d’Ivoire, dans l’intérêt de toutes les ivoiriennes et de tous les ivoiriens, apparait chaque jour un peu plus, comme un acteur majeur, indispensable à la réussite d’une réconciliation nécessaire de tous les ivoiriens en s’inspirant de son mot d’ordre historique: «asseyons-nous et discutons»!

Dans ces conditions seuls Ouattara et/ou Soro ont un intérêt à ce genre de «révélations» et, compte tenu de la nature de celles-ci, en particulier sur «l’attaque» d’Akouédo, il semblerait que l’actuel titulaire du Perchoir à l’Assemblée Nationale soit le «bénéficiaire» principal d’une telle manœuvre.

Cette nouvelle affaire démontre que la Côte d’Ivoire est toujours prisonnière de clans prêts à toutes les compromissions pour se maintenir au pouvoir. Dans le même temps, le président Gbagbo, et tous ceux qui sont réellement soucieux de suivre sa ligne politique, sont fermement engagés dans la recherche d’une solution politique pérenne ce qui sous entend le rejet systématique et permanent d’une quelconque aventure subversive qui serait sans avenir pour le futur du pays.

 

Le 6 octobre 2012

 

Bernard Houdin


Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Représentant du Porte-parole Europe/Amérique

samedi, 06 octobre 2012

40ème ANNIVERSAIRE DES ACCORDS DE COOPERATION MONETAIRE DE LA ZONE FRANC: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, SEUL CHEF D'ETAT PRESENT




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Alassane Dramane Ouattara et Pierre Moscovici, hier à la tribune de l'ouverture 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc.



Aussi bizarre que cela puisse paraître, Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien, était le seul chef d’Etat présent à la célébration du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc. Il partageait la tribune officielle avec Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et Finances, et hôte du colloque.
 
Etaient également présents, les gouverneurs des banques centrales africaines BCEAO et BEAC et même d’anciens gouverneurs.
 
On notait ainsi la présence de Casimir Oyé Mba, gouverneur de la BEAC (1978-1990), de Charles Konan Banny gouverneur de la BCEAO (1990, comme intérimaire d’abord, à 2005) et ancien premier ministre de Côte d’Ivoire, d’Abdoulaye Bio Tchané ancien ministre de l’Economie et des Finances de Mathieu Kérékou, ex-président de la BOAD (2008-2011), du Camerounais Jean Nkuete, secrétaire exécutif de la CEMAC (1999-2006) économètre particulièrement brillant et proche de Paul Biya qui en a fait un ministre d’Etat, de Michel Camdessus gouverneur de la Banque de France (1984-1987) directeur général du FMI (1987-2000) et ami de Ouattara, de Sylviane Guillaumont-Jeanneney professeure émérite de l’Université d’Auvergne et spécialiste de la zone franc, de Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France (1993-2003), président de la Banque centrale européenne (2003-2011), de Christian Noyer gouverneur de la Banque de France, de Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores (1977-1981), pour ne citer que ceux-là.
 
L’absence des treize autres chefs d’Etat africains ayant en partage le Franc CFA comme monnaie hier à ce colloque de Bercy, dont le thème est « Regards croisés sur 40 ans de zone franc », est la preuve selon plusieurs analystes, du peu d’intérêt accordé par les africains à ce colloque, et d’une célébration au rabais des 40 ans du F CFA.
 
Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique sur ce arrimage du FCFA à l’Euro, arrimage aujourd’hui totalement dépassé, car condamnant l’Afrique à la stagnation sans croissance sur l’autel de la lutte contre l'inflation menée par la banque de France, alors que des pays comme le Ghana, le Nigeria, qui ont leur propre monnaie, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc.
 
Deux tables rondes seront néanmoins organisées à ce colloque : une première consacrée à « la zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 », et une seconde intitulée « De l’intégration monétaire à l’intégration économique ».
 
Hier lors de la cérémonie d’ouverture, Alassane Dramane Ouattara a fait une déclaration fleuve dont nous vous livrons la teneur. ICI.
 
 
Christian Vabé


LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

 FRANC CFA - SENEGALAISE PRESENTANT DES BILLETS DE 10.000.jpg

A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

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La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

vendredi, 05 octobre 2012

CAS DE MICHEL GBAGBO: MELENCHON DEMANDE «SOLENNELLEMENT DES EXPLICATIONS» A FRANÇOIS HOLLANDE

 

JEAN-LUC MELENCHON 2.jpg


On ne peut pas dire qu’il n’est pas constant dans ses convictions. Soutien résolu de Michel Gbagbo, prisonnier d’opinion en Côte d’Ivoire, victime de son patronyme, Jean-Luc Mélenchon vient de publier un communiqué sans fioritures, alors que Ouattara est en France pour une énième visite.

Le titre du communiqué? «Emprisonnement de Michel Gbagbo: la France doit défendre tous ses citoyens.»

«Michel Gbagbo, citoyen français, est emprisonné depuis 18 mois en Côte d’Ivoire. Son seul crime: porter le nom de l’ancien président, Laurent Gbagbo, dont il est le fils. A ce jour, et malgré de nombreuses demandes de la mère de Michel Gbagbo, les autorités françaises sont restées muettes: aucune visite consulaire, aucune interpellation officielle. Alors que la France reçoit Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, à l’occasion du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone Franc, je demande solennellement à François Hollande d’exiger des explications sur cet emprisonnement. La France se doit, en toute priorité, quelles que soient les circonstances, de défendre tous ses citoyens emprisonnés à l’étranger, sans aucune discrimination. Il est temps d’en finir avec une inertie qu’aucun intérêt particulier ne saurait justifier.»


Source: LE NOUVEAU COURRIER


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Le Parti de Gauche


Emprisonnement de Michel Gbagbo: la France doit défendre tous ses citoyens

 

Michel Gbagbo, citoyen français, est emprisonné depuis 18 mois en Côte d’Ivoire.

Son seul crime: porter le nom de l’ancien président, Laurent Gbagbo, dont il est le fils.

A ce jour, et malgré de nombreuses demandes de la mère de Michel Gbagbo, les autorités françaises sont restées muettes: aucune visite consulaire, aucune interpellation officielle.

Alors que la France reçoit Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, à l’occasion du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone Franc, je demande solennellement à François Hollande d’exiger des explications sur cet emprisonnement. La France se doit, en toute priorité, quelles que soient les circonstances, de défendre tous ses citoyens emprisonnés à l’étranger, sans aucune discrimination.Il est temps d’en finir avec une inertie qu’aucun intérêt particulier ne saurait justifier.


Source: LE PARTI DE GAUCHE

CONFERENCE DE PRESSE DE LA JFPI: DECLARATION LIMINAIRE DE KOUA JUSTIN RELATIVEMENT A L'INTERDICTION DU SIT-IN DU 4 OCTOBRE 2012

 

 

côte d'ivoire,conférence de presse de la jfpi,déclaration liminaire de koua justin relativement a l'interdicti,koua justin,le secrétaire national de la jfpi

CONTEXTE :

1) Les résultats des élections présidentielles de novembre 2010 proclamés par le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire, sur la base de la Constitution ivoirienne de Juillet 2000 ont donné le Président Laurent Gbagbo vainqueur. Mais la communauté internationale avec à sa tête la France en a décidé autrement. S’appuyant sur une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU dévoyée, la France de SARKOZY a bombardé la résidence du Chef de l’Etat ivoirien. Le Président Laurent Gbagbo, celui que les ivoiriens ont choisi pour présider aux destinées de la Côte d’Ivoire a été arrêté par la France de SARKOZY le 11 Avril 2011 et remis aux autorités actuelles. Depuis cette date, la Côte d’Ivoire est plongée dans un climat de terreur inqualifiable.

2) Le Président Laurent Gbagbo a été déporté à La Haye (Pays-Bas), tandis que des dizaines de personnalités qui lui sont proches croupissent dans les geôles du pouvoir actuel, dirigé par Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
3) La terreur érigée en mode de gouvernance continue de s’abattre sur la Côte d’Ivoire. Cette répression généralisée est orchestrée non seulement par les services publics de l’Etat, mais aussi et surtout par des supplétifs et milices armés entretenus par le régime actuel.
 
4) Les militants du FPI et les personnes soupçonnées d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo sont systématiquement arrêtés, séquestrés, torturés et assassinés par le régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
5) Des camps de concentrations copiés sur le modèle nazi sont créés à travers la ville d’Abidjan et dans certaines régions de la Côte d’Ivoire. Ce sont entre autres:
 
- l’Escadron de Gendarmerie d’Abobo ;
- La caserne de la brigade anti-émeute (BAE) ;
- la résidence George Ouegnin à Yopougon ;
- Le génie militaire à Adjamé ;
- La Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) ;
- La gendarmerie d’Agban ; 
- La garde républicaine à Treichville.
 
Dans ces camps de concentrations, croupissent des centaines de jeunes ivoiriens arrachés à leurs familles, simplement parce qu’ils sont soupçonnés d’être des sympathisants du Président Laurent GBAGBO.
 
6) La Démocratie et les libertés publiques durement acquises par le peuple ivoirien ont fait place à une dictature féroce, doublée d’un totalitarisme inédit. L’Etat policier répressif procède systématiquement à une épuration politique, ethnique (génocide du peuple Wê) et sociale sans précédent.
 
7) Sous le prétexte de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de tentatives de coup d’Etat, (condamnés par le FPI), la répression s’est accentuée sur les populations ivoiriennes en générale et particulièrement sur les jeunes pro-Gbagbo qui continuent d’être traqués, pourchassés, torturés dans ces camps de concentration et d’épuration.
 
8) Nous assistons à l’instauration d’une Côte d’Ivoire des vainqueurs qui pille, traque, enlève, torture et assassine tous les autres ivoiriens soupçonnés d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo, ou n’étant pas du groupe ethnique de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
9) Les appareils de l’Etat (la Télévision et la Radio nationales) sont utilisés pour inciter et entretenir la haine, la violence, la dérive tribale et religieuse.
 
10) Face à ces violations quotidiennes des droits et libertés des populations ivoiriennes, la JFPI constate le mutisme de la communauté internationale qui a installé Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir. Il est à relever aussi le silence des organisations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques. Tous les objecteurs de consciences nationaux et internationaux restent silencieux face au drame qui se déroule pourtant sous leurs yeux.
 
Face à la destruction programmée de la Nation ivoirienne érigée en mode de gouvernance par le régime de monsieur Alassane Dramane Ouattara, la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien et toutes les organisations sœurs avaient décidé de tenir un sit-in devant la cathédrale Saint Paul du Plateau, ce Jeudi 04 Octobre 2012 afin d’appeler :
 
1) L’ensemble des confessions religieuses à faire diligence auprès du régime Ouattara pour exiger que soit reconnu et garanti le droit à la vie de tout ivoirien, quelque soit ses idées politiques et croyances religieuses. Ce droit étant prescrit dans toutes les religions, la JFPI attend de toutes les communautés religieuses qu’elles œuvrent de façon effective à son respect en interpellant le régime de Monsieur Alassane Ouattara pour qu’il protége la vie des Ivoiriens.
 
2) Les organisations de défenses des droits de l’homme à se pencher sur la situation de chaos avancé dans laquelle est plongée la Côte d’Ivoire en dénonçant les violations systématiques et quotidiennes des droits humains les plus élémentaires.

3) La communauté internationale à travers l’ONU à :
 
- condamner toutes les formes de violences, les graves exactions et autres violations du Droit International, notamment le Droit International Humanitaire, le Droit International des droits de l’homme, perpétrées quotidiennement en Côte d’Ivoire par les FRCI et les supplétifs Dozos de Monsieur Alassane Ouattara. 
 
- Exiger de Monsieur Alassane Ouattara que soit garanti le droit à la vie, un droit fondamental consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 en son Article 3.

- A rappeler à Monsieur Alassane Dramane Ouattara qu’il est de sa responsabilité de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales en Côte d’Ivoire.

- A ne pas se rendre complice du génocide du peuple ivoirien par son incompréhensible mutisme. (Le cas Rwandais est encore vivace dans les consciences).
 
4) L’ensemble d’organisations de la société civile à agir pour les libertés en dénonçant l’épuration politique, ethnique et sociale qui a cours en Côte d’Ivoire sous le règne de Monsieur Alassane Ouattara.

LES FAITS :
 
Dans le cadre des préparatifs du sit-in, la JFPI a adressé:
 
- Deux courriers au Ministre de l’Intérieur à l’effet de l’informer, d’une part, de la situation dramatique que vivent les ivoiriens et particulièrement ceux soupçonnés d’être des proches du Président Laurent Gbagbo qui sont tués quotidiennement et d’autre part, de la tenue d’un sit-in pour exiger le droit à la vie.
 
- Des courriers à l’ensembles des représentations des Etats membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, des représentants de l’ONU en Côte d’Ivoire, des organisations de défense des droits de l’homme, de la société civile, des confessions religieuses et des institutions de notre pays.
Pendant que nous faisions nos tournées dans le District d’Abidjan et les villes de l’intérieur pour inviter les Ivoiriens à se déplacer massivement à l’effet d’exiger que le pouvoir Ouattara garantisse leur droit à la vie, des informations nous parvenant faisaient état de ce que le pouvoir, devenu fébrile projetait, au mieux de faire interdire le sit-in et au pire de l’infiltrer pour rééditer le 18 février 1992 dans le même endroit. Nous n’avons pas pris au sérieux de telles informations, eu égard au caractère et au lieu de la manifestation. (Elle devait avoir lieu devant une Eglise)
 
- Le Mercredi 03 Octobre 2012, en fin d’après-midi, c'est-à-dire à quelque heures seulement de la manifestation, nous apprenions par un communiqué lu à la Télévision que le sit-in du lendemain venait d’être interdit.
 
- Ce matin 04 octobre, nous apprenons que des camarades qui n’ont pas été informé de l’interdiction de la manifestation viennent d’être arrêtés par les services de Monsieur Alassane Ouattara au Plateau et conduits à une destination inconnue.

NOTRE ANALYSE :
 
La JFPI constate une fois encore que le régime Ouattara a décidé de confirmer la nature fasciste de sa gouvernance, caractérisée par la confiscation de toutes les libertés, notamment la liberté d’expression, de réunion et de manifestation. Et l’interdiction de notre sit-in en est une preuve de plus.
 
Le régime de Dramane Ouattara démontre encore une fois son incapacité à promouvoir la démocratie dans notre pays.
 
La JFPI rappelle que le sit-in qui devait se tenir n’avait qu’un seul but: exiger le droit à la vie, qui est un droit fondamental reconnu dans toutes les sociétés. 
 
Et le régime Ouattara, en agissant comme il l’a fait, vient de démontrer encore une fois son mépris pour la vie humaine qui est pourtant sacrée. 
 
La JFPI estime que tous les actes posés par le régime sont de nature à compromettre dangereusement les acquis démocratiques et à instaurer un climat de suspicion pouvant conduire à une aggravation des tensions déjà existantes. C’est pourquoi :

NOTRE POSITION :
 
1) La JFPI condamne :
 
- Tous ces actes antidémocratiques qui ont cours sous le règne de Monsieur Dramane Ouattara;
- L’utilisation des appareils de l’Etat pour inciter à la haine, à la violence, à la dérive tribale et religieuse.
 
2) S’insurge contre :
 
- L’interdiction de la manifestation pacifique qu’elle a projeté de faire pour exiger le droit à la vie des ivoiriens.
- La montée en puissance de l’Etat totalitaire dirigé par Alassane Dramane Ouattara.
- L’incapacité de Ouattara à assurer la sécurité des ivoiriens.
- La défaillance de l’Etat-RDR qui entraîne chaque jour le Cote d’Ivoire dans le gouffre.
- La faillite du régime Ouattara qui est actuellement dans état de déliquescence avancée.
 
3) Exige :
 
- Une rencontre avec le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Monsieur Ahmed Bakayoko pour, non seulement obtenir la libération sans condition et sans délai des ivoiriens illégalement détenus dans les geôles du pouvoir, mais aussi pour trouver une nouvelle date de manifestation, à l’effet d’exiger le droit à la vie.
 
5) Réaffirme à tous les Ivoiriens martyrisés par le régime fasciste de Dramane Ouattara, sa ferme volonté à continuer le combat pour la dignité de la vie humaine.
 
6) La JFPI recommande à la grande famille des démocrates ivoiriens, de rester à l’écoute de leur direction quant à la prochaine date du sit-in qui leur sera communiqué incessamment et de ne point se laisser envahir par la crainte et la peur, car c’est l’arme du régime pour nous contraindre au découragement et au silence.
 
 
 
Abidjan, le 4 octobre 2012
 
Le Secrétaire National de la JFPI

CAPTURE ET MORT DE KADHAFI: DES OFFICIELS LYBIENS SOUPÇONNENT LES SERVICES SECRETS FRANÇAIS


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Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko

 

Que s’est-il vraiment passé le 20 octobre 2011, lors de la capture du colonel Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen déchu? Alors qu’officiellement, ce sont les rebelles des brigades révolutionnaires qui ont arrêté —et tué d’une balle dans la tête dans des circonstances qui demeurent floues— l’ancien chef d’Etat en fuite près de la ville de Syrte, le quotidien italien le Corriere della Serra donne crédit à la théorie selon laquelle les services secrets français seraient responsables de sa mort.

Il y a quelques jours, Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT), a affirmé sur la chaîne égyptienne Dream TV «que beaucoup de parties avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs secrets et avait noué d’étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux et arabes.»

Sous couvert d’anonymat, un agent diplomatique européen en poste à Tripoli poursuit dans le Corriere:

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel le plus rapidement possible».

Alors que son convoi était bombardé par l'OTAN, Kadhafi avait tenté avec quelques gardes du corps de se réfugier dans une canalisation en béton. Selon l’ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères du CNT, les communications par téléphone satellite entre Kadhafi et le régime syrien auraient permis à l’OTAN de le localiser très facilement.

En mars 2011, peu après que la France ait reconnu le conseil national de transition libyen, l’agence du régime encore en place avait déclaré avoir «appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». L’entourage du colonel menaçait alors de dévoiler ce «secret».

En avril dernier, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le site Médiapart révélait une «preuve» de la participation de Kadhafi au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy pour un montant de 50 millions d’euros. Des affirmations jugées à l’époque «grotesques» par le candidat.

 
 
Source: SLATE.FR

jeudi, 04 octobre 2012

QUI ORCHESTRE LES ATTAQUES D'HOMMES ARMES EN COTE D'IVOIRE? LE SITE FRANÇAIS MEDIAPART EVOQUE LA PISTE SORO


 

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Les hommes de Guillaume Soro sont lourdement soupçonnés dans les récentes attaques.



Les attaques armées contre des cibles militaires en Côte d’Ivoire n’ont pas encore livré tous leurs secrets, hormis la version officielle des tenants du régime Ouattara qui voient des pro-Gbagbo dans leurs rêves. Un site internet français généralement bien informé, explore la piste Guillaume Soro.
 
 

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En Côte d'Ivoire, les attaques se multiplient, les auteurs restent introuvables

 

Qui cherche à déstabiliser le pouvoir du président ivoirien Alassane Ouattara ? Depuis début août, la Côte d’Ivoire est le théâtre de curieuses attaques : des positions militaires sont mitraillées et vidées de leurs stocks d’armes par des hommes mal identifiés, suscitant craintes et interrogations. Le tout dans un contexte politique resté très tendu depuis le grave conflit qui a opposé M. Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo entre décembre 2010 et avril 2011, au lendemain d’une élection présidentielle très disputée.

De fait, le règlement politique et judiciaire de cette crise n'est qu'à peine commencé. Cette semaine s'est ainsi ouvert à Abidjan le premier grand procès lié à la crise ivoirienne de 2010-2011. Sur le banc des prévenus : le général Brunot Dogbo Blé, pilier de l'appareil sécuritaire de l'ex-régime de Laurent Gbagbo, et quatre autres militaires, inculpés d'assassinat, d'enlèvement ou de complicité d'assassinat du colonel-major à la retraite Adama Dosso en mars 2011. La première audience, mardi, n'a duré qu'une heure et a donné lieu à de vifs échanges, signe que la tension dans le pays est loin d'être retombée.

Elle s'est même exacerbée depuis début août : des individus lourdement armés ont pris d’assaut le camp d’Akouédo, l’une des plus grandes casernes militaires du pays, située à Abidjan. Pendant plusieurs heures, ils ont occupé les lieux, tuant une dizaine de soldats, dévalisant l’armurerie, avant de disparaître dans la nature. Des épisodes similaires se sont produits dans d’autres quartiers d’Abidjan et plusieurs autres localités : à Abengourou (est), Agboville (sud), Dabou (sud). Le dernier s’est déroulé le 22 septembre à l’est, à la frontière avec le Ghana. Il a fait officiellement cinq morts.

En tête des suspects possibles : les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo – en détention depuis bientôt un an à La Haye, soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d’être «coauteur de crimes contre l’humanité» commis pendant la crise postélectorale. Ce n’est un secret pour personne : beaucoup des militaires qui ont servi sous M. Gbagbo et vivent en exil dans les pays voisins, où ils sont plus d’un millier, ont des envies de revanche depuis l’installation au pouvoir par la force d'Alassane Ouattara, appuyé par l’armée française et l’ONU, en avril 2011. Les autorités les ont d’ailleurs très vite incriminés. Au lendemain de la dernière attaque, M. Ouattara a même décidé de fermer la frontière avec le Ghana, suspecté d’être leur base arrière. Le Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo, est aussi dans le collimateur, accusé d’être de mèche avec ces militaires, bien qu’il ait nié toute implication. «Ils veulent créer la psychose, déclencher une insurrection», soutient Joël N’Guessan, porte-parole du parti au pouvoir, le Rassemblement des républicains (RDR).

Mais dans l’hypothèse où des partisans de M. Gbagbo seraient à la manœuvre, ce ne sont pas eux qui profitent pour le moment de ces opérations armées : après chaque attaque, les forces de sécurité multiplient les interpellations qui visent essentiellement les groupes ethniques présumés favorables à M. Gbagbo et les membres de son parti. Pour le seul mois d’août, l’ONU a compté près de 400 arrestations, dont beaucoup se sont déroulées hors du cadre légal. Mi-septembre, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a ainsi dénoncé des «détentions illégales et des traitements inhumains, cruels et dégradants» dans le fief de M. Gbagbo, la région de Gagnoa (ouest). En tout, 327 militants et cadres du FPI sont aujourd’hui en prison, selon Justin Koua, responsable de la jeunesse du parti. Parmi eux, il y a son numéro deux, Laurent Akoun, arrêté fin août et condamné à six mois de prison ferme pour «trouble à l’ordre public», après des déclarations publiques critiquant le pouvoir.

Pour Mamadou Koulibaly, président de LIDER, un parti d’opposition, il faut ouvrir le champ des investigations : les «assaillants», dont la presse ivoirienne parle désormais quotidiennement, pourraient aussi être issus du camp présidentiel. «Les gens qui en veulent à M. Ouattara sont nombreux», souligne M. Koulibaly. Parmi eux, il y a les combattants qui ont contribué à installer le président au pouvoir en avril 2011, mais n’ont pas été intégrés dans l’armée par la suite. Ces hommes sont plusieurs milliers et s’estiment pour la plupart mal récompensés. Ils ont toujours leurs armes. La création, en août, d’une «Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion» va relancer le processus de désarmement, en panne depuis un an, promet M. N’Guessan.

En attendant, ces ex-combattants ont tiré profit des attaques : au lendemain des premiers incidents, les autorités ont rappelé un certain nombre d’entre eux pour assurer des opérations de contrôle dans les rues d’Abidjan. Pour se payer, ils ont institué un système de racket très particulier :«Ils procèdent à des arrestations de jeunes aux barrages de contrôle, puis amènent ces derniers dans les camps militaires où on les torture. Ils les libèrent contre 100 000 FCFA (150 euros) ou 200 000 FCFA (300 euros)», raconte Pierre Kouamé Adjoumani, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho).

Les anciens éléments du fameux «Commando invisible» pro-Ouattara, qui avait mené une guérilla urbaine à Abidjan pendant la crise postélectorale, figurent également parmi les mécontents du nouveau régime. Leur chef, Ibrahim Coulibaly, dit « IB », ancien garde du corps de la famille de M. Ouattara et ex-responsable de la rébellion des Forces Nouvelles qui a tenu le nord du pays entre 2002 et 2011, a été tué le 19 avril 2011. Ce sont ses anciens camarades des Forces Nouvelles qui l’ont éliminé, huit jours après l’arrestation de M. Gbagbo. Depuis, plusieurs hommes d’IB ont été supprimés ou emprisonnés, et la plupart ont été mis à l’écart. Policiers et gendarmes ont des raisons d’être eux aussi insatisfaits : soupçonnés d’être restés fidèles à M. Gbagbo, ils sont peu ou pas armés. À l’intérieur du pays, ils ont même été remplacés de fait par les Dozos. Ces chasseurs traditionnels, reconnaissables à leur tenue marron, leurs gris-gris et leurs fusils de chasse, sont à l’origine présents dans le nord du pays et les États voisins. Lors du conflit postélectoral, ils ont joué le rôle de forces supplétives pour l’armée créée en mars 2011 par M. Ouattara. Depuis, de plus en plus nombreux, venant entre autres du Mali et du Burkina Faso, ils se sont progressivement installés sur l’ensemble du territoire, où ils interviennent dans le domaine de la sécurité mais aussi de la justice, avec l’appui des autorités.

Outre les pistes de coupables possibles menant au camp de M. Gbagbo et à celui de M. Ouattara, il en existe une troisième, évoquée notamment dans les milieux diplomatiques : celle conduisant à Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale et ex-chef des Forces Nouvelles. Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale sous M. Gbagbo entre 2007 et 2010, puis premier ministre et ministre de la défense pendant les premiers mois de la présidence de M. Ouattara, ce quadra est réputé ambitieux. Il a gardé des liens étroits avec des anciens chefs de guerre des Forces Nouvelles, qui commandent aujourd’hui des unités de l’armée régulière.

Mais son nom, comme celui d’autres ex-rebelles, est depuis plusieurs mois associé à la CPI : cette dernière enquête sur les crimes commis pendant le conflit postélectoral. Or les troupes placées par M. Ouattara sous la responsabilité de M. Soro sont soupçonnées d’avoir perpétré des tueries, en particulier à Duékoué (ouest) où des centaines de civils avaient été massacrés en mars 2011. Selon une source de l'ONU, la CPI «fait pression sur M. Ouattara pour qu’il lâche certains des ex-chefs de guerre ainsi que M. Soro». Ce dernier a t-il choisi avec ses alliés la voie des armes pour faire à son tour pression sur le président et rendre impossible un tel scénario?

Le FPI a suggéré cette hypothèse lorsqu’il s’est défendu d’être lui-même mêlé aux attaques : «Qui a intérêt à avoir la mainmise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, de lui et ses hommes, à La Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ?» s'est interrogé Miaka Oureto, le président du FPI, dans une déclaration, fin août. Faut-il voir un lien avec tous ces événements : le 26 septembre, M. Ouattara a nommé préfets trois ex-chefs rebelles, dont Ousmane Coulibaly, dit «Ben Laden», soupçonné par Human Rights Watch d’être impliqué dans de graves exactions.

Et si l’explication se trouvait au croisement de ces trois pistes ? C’est l’idée avancée par un diplomate occidental qui évoque derrière les attaques un «mélange d’acteurs» de tous bords…

 

Fanny Pigeaud, in Médiapart, le 03 octobre 2012.


Source: Le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 622 du jeudi 04 octobre 2012.

24ème CONGRES DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE: LE PARTI DU PRESIDENT GHANEEN DEVOILE LE COMPLOT CONTRE GBAGBO

 

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Pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, l’Internationale Socialiste n’a pas eu le courage de défendre un de ses membres, le Fpi qui faisait face à une adversité féroce. C’est bien ce que lui a rappelé le Pr. Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen Ndc lors du 24ème congrès de l’IS, à Cape Town (Afrique du Sud), du 30 août au 14 septembre 2012. Ci-dessous l’intervention intégrale.

 

Camarade Président, M. Georges PAPENDREO

Camarade Secrétaire Général, M. Louis AYALA

Camarades, Membres du Présidium.

Qu’il me soit permis, en premier lieu, d’exprimer la profonde appréciation par la délégation du Ghana, de l’honneur rendu à la mémoire du disparu Président du Ghana, feu John Atta Mills. L’hommage rendu par ce Congrès à travers cette minute de silence renforce et s’ajoute aux nombreux messages de condoléances exprimés par divers peuples du monde à notre parti, le Congrès Démocratique National (NDC), à l’occasion du décès de son leader. Nous aimerions brièvement informer le Congrès, que conformément à la Constitution de notre pays, notre Vice-président, le camarade John Mahama a prêté serment en tant que Président, la même nuit suivant le décès du Président Mills, le 24 Juin 2012. Quelques jours après, un nouveau Vice-Président en la personne du camarade Amissah-Arthur, précédemment Gouverneur de la Banque Centrale, a été nommé, confirmé et investi par le parlement a prêté serment en tant que Vice-président.

Chers camarades, au moment où je vous parle aujourd’hui, notre parti, le NDC, tient un congrès pour entériner la nomination du Président John Mahama comme son candidat aux élections présidentielles du 7 décembre 2012. Nous invitons les représentants de notre mouvement à envoyer des observateurs à cette élection cruciale.

Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana; mais nous la prenons, pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin: la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès: Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde.

Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans. Quels étaient les objectifs de cette rébellion? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée. Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Lybie de Kadhafi, la Cedeao, l’UA; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine auto-détermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive.

Camarades, notre délégation est indignée de savoir que, le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun portevoix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’oeil sur le Rapport Mbeki concernant la situation ivoirienne. Le Président Mbeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade Mbeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle oeuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays.

Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néo-colonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

Je vous remercie de votre attention.

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

mercredi, 03 octobre 2012

COMPAORE, LE PARRAIN DE TOUTES LES REBELLIONS

 

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Le 19 septembre 2002, date de l’éclatement de la maudite rébellion en Côte d’Ivoire et la réception le 19 septembre 2012 en France du Président burkinabè Blaise Compaoré, amènent à s’interroger sur les actions obscures et surtout criminelles de cet homme d’état. Pourquoi cette malheureuse coïncidence de date en ce 10ème anniversaire des massacres perpétrés par les scélérats rebelles de Compaoré et de Ouattara ? 

Voici un Chef d’Etat qui, pour parvenir au pouvoir a dû assassiner son ami et Président du Burkina Faso (BF), Thomas Sankara le nationaliste, l’autonomiste, le panafricaniste, le digne fils d’Afrique. Il s’est soumis au diktat de la France qui trouvait en ce patriote un ennemi de ses intérêts. Depuis lors, ce monsieur est devenu un des pions avancés de la France en Afrique et le parrain de toutes les rébellions suscitées et entretenues par l’ex-colonisateur. 

Au Libéria, la France, pour amener Charles Taylor au pouvoir, a utilisé Houphouët et Compaoré pour approvisionner en armes et munitions la rébellion libérienne. Ainsi, plusieurs convois d’armes de guerre ont-ils été livrés à ces rebelles soutenus par Compaoré et la France, avec le regard bienveillant du Président Houphouët qui se disait homme de paix et qui laissait ces produits de guerre transiter par la Côte d’Ivoire. C’est donc, au Burkina Faso de Blaise Compaoré qu’ont été déchargées armes et munitions destinées à la rébellion de Taylor via le territoire ivoirien. 

En Sierra Leone, le même Président burkinabè a soutenu la rébellion du RUF en pourvoyant celle-ci en armes et munitions par les territoires ivoirien et libérien. 

Il s’agissait, dans les deux cas, d’installer des hommes-liges à la solde de l’impérialisme français et occidental pour faciliter le pillage des richesses de ces deux pays riches en matières premières agricoles et surtout minières. 
 
S’il y a donc quelqu’un à condamner dans le cadre de ces rébellions, c’est bien Blaise Compaoré, le Chef de l’Etat burkinabè, la source de ravitaillement des ces rebelles, qui a passé près de 30 ans au pouvoir sans que cela n’émeuve la Communauté Internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux(CSVIO), prompte à vilipender le Président Gbagbo pour ces quelques dix années de pouvoir dont huit longues années de lutte contre la rébellion enracinée au Nord ivoirien grâce aux soutiens de tous genres du Burkina Faso et de la France. 

C’est ce même Président du pays dit des hommes intègres qui a hébergé, formé les rebelles ivoiriens sur son territoire à la demande de la France de Chirac. Il est vrai que, selon les dires mêmes des rebelles, ils recevaient, pendant leur séjour burkinabè des moyens financiers d’Alassane Ouattara, montrant ainsi la complicité entre le voltaïque devenu burkinabè et le voltaïque devenu ivoirien. 

Il apparait de plus en plus clairement que la rébellion ivoirienne était une guerre, de la France et du Burkina Faso contre le paisible peuple de Côte d’Ivoire, menée par quelques ivoiriens égarés et un très grand nombre de résidents étrangers en Côte d’Ivoire dont une large majorité de guinéens, de burkinabè et de maliens lesquels récoltent, à n’en point douter, les « bons fruits» semés en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi Blaise Compaoré n’a pas hésité à donner gîtes et couverts à ces marmitons et autres soldats de première classe de l’armée ivoirienne. C’est ce Président, traitre à l’Afrique et à son frère Sankara qui a fait assassiner Balla Kéïta qui se trouvait en son temps au BF comme représentant du Général Guéi pour préparer avec les rebelles le coup d’état contre Gbagbo. Son assassinat fut sans doute le résultat de son refus de marcher selon les desseins macabres des rebelles criminels de Ouattara et Compaoré. 

Après avoir éliminé l’obstacle Balla Kéïta, ces rebelles venus du BF de Compaoré et d’Alassane Ouattara, à la solde de la France vont donc dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 s’attaquer, au pouvoir de Gbagbo à Korhogo, à Bouaké et à Abidjan. Cette attaque sur plusieurs fronts fait suite à plusieurs tentatives de coups d’état de ces rebelles qui se sont soldées par des échecs cuisants. Elle marque le désir, sans cesse, affirmé de ces exécutants des basses œuvres françaises d’en finir avec le régime Gbagbo. 

C’est pourquoi, cette attaque a été conçue par Compaoré «himself» dans l’optique de se transformer, en cas d’échec, en une rébellion armée et une sécession du territoire ivoirien pour fragiliser le pouvoir de Gbagbo en pillant les richesses ivoiriennes pour son propre compte, pour les intérêts du BF et pour avoir, selon le bon vouloir de la France, le Président ivoirien, à l’usure. 

Cette rébellion de Compaoré a conduit ses hommes sans foi ni loi à massacrer et sacrifier de nombreux ivoiriens. Ainsi, des milliers de sympathisants et militants du FPI, de même que des originaires de l’Ouest et du Centre-Ouest ivoiriens ont-ils été horriblement assassinés dans ces régions Nord, Centre et Ouest occupées par ces rebelles aujourd’hui appelés sauveurs. Quelle ignominie !!! 

Il a été donné de constater que des caisses de munitions retrouvées sur le territoire ivoirien portaient toutes la mention «Ambassade de France au Burkina Faso» attestant ainsi éloquemment que cette rébellion a été montée de toutes pièces par Compaoré au BF pour le compte de la France, son mandant. De plus, l’occupation des forêts, des plantations, des maisons et même de certains villages montre bien le désir de conquête de l’Ouest ivoirien par Compaoré. 

D’ailleurs, ce pays est la plaque tournante des rebelles où ils ont investi et bradé leurs nombreux butins de guerre. Aujourd’hui, tous les chefs de la rébellion ivoirienne n’ont-ils pas une résidence de luxe au pays de Blaise Compaoré? Ce pays a su tirer un profit énorme de cette rébellion. C’est là-bas que se vendaient et se vendent encore les biens pillés en Côte d’Ivoire: automobiles, bois, café, cacao,… Et cela, avec la participation active des responsables burkinabè qui encouragent ainsi ces vols de richesses des ivoiriens, au bénéfice de populations se disant du pays des hommes intègres. Pouaah !!! 

C’est pourquoi les grandes villes du BF pendant cette rébellion sont devenues de véritables ports secs pour les produits en provenance de Côte d’Ivoire (CI) qui seront ensuite exportés vers les ports de Lomé et Cotonou. C’est ainsi que ce pays sahélien est devenu exportateur de produits de la zone forestière: café, cacao, bois… Ces trafics en tous genres se sont toujours effectués avec l’accord des hommes politiques du pays dit des hommes intègres. Quelle intégrité!!! 

Compaoré et son pays ont su aussi tirer profit des casses des agences de la BCEAO de Korhogo, Bouaké, Man (villes occupées par sa rébellion) que le gouverneur de la BCEAO d’alors Konan Banny n’a pas daigné sécuriser; c’est pourquoi ces casses ont permis aux rebelles et à leurs parrains africains et français d’engranger plusieurs dizaines de milliards de FCFA que la BCEAO voudrait imputer au contribuable ivoirien. Quelle sorcellerie !!! Ce sont ces casseurs qui, aujourd’hui, lancent un mandat d’arrêt farfelu contre le digne et honnête collaborateur de Gbagbo, Koné Katina qui n’a fait que payer les fonctionnaires et agents de l’Etat en réponse à l’acte criminel de fermeture des banques décrété par le bourreau Sarkozy. 

Sachant bien que Compaoré était le pion de la France dans sa guerre contre la CI, et afin de lui donner des chances de se racheter, le Président Gbagbo décida d’utiliser ce parrain des rebelles comme médiateur; ainsi naquirent les accords de Ouagadougou qui devaient conduire au désarmement avant l’élection présidentielle de 2010. Compaoré et ses rebelles refusèrent le désarmement en même temps que la France et les autres membres du CSVIO vitupéraient Gbagbo sur tous les médias déjà acquis à leurs causes funestes, arguant que ce dernier refusait les élections. 

La suite donnera raison à ce digne fils d’Afrique. Ainsi, à la place d’une élection, les zones Centre, Nord et Ouest (CNO) occupées par les rebelles venus du BF vont mener une guerre électorale pour chasser et tuer les représentants dans les bureaux de vote, les militants et sympathisants, du candidat Gbagbo; les populations de ces zones seront contraintes de voter le candidat Ouattara sous peine de mort et les rebelles de Ouattara et Compaoré se chargeront de bourrer les urnes avec le concours des soldats de l’ONUCI et de la Licorne. 

Pour permettre à ces concitoyens d’être utilisés comme bétail électoral, Compaoré, supposé médiateur, a dû imposer à la CEI le report de la présidentielle ivoirienne, le temps d’offrir à son compatriote une victoire forcée dans les zones occupées par sa rébellion. Malgré tout, Gbagbo a gagné cette élection; c’est alors que la France, les autres membres du CSVIO et Compaoré vont réactiver la rébellion, en augmentant considérablement les armes et les effectifs par le recrutement de mercenaires de la sous région pour livrer une guerre contre le régime de Gbagbo et réussir, grâce aux soldats de France et de l’ONU ainsi que le concours non négligeable des USA, à chasser du pouvoir le candidat proclamé vainqueur de la présidentielle par le Conseil Constitutionnel ivoirien que Ouattara vient enfin de reconnaître comme seule institution habilitée à cet effet. 

Ce sont des milliers d’ivoiriens qui seront massacrés par ce conglomérat de forces hétéroclites composées de rebelles ivoiriens et burkinabè, de mercenaires maliens, nigérians, burkinabè, libériens, des soldats de la force française Licorne et ceux de l’ONUCI censés être des soldats de la paix de l’ONU. 

Voilà l’homme politique Compaoré, Chef de l’Etat d’un des pays les plus pauvres du monde, parrain de toutes les rébellions Ouest-africaines (Libéria, Sierra-Leone, Côte d’Ivoire, Mali …) et même africaines (exemple : son soutien au rebelle angolais Savimbi) qui ne fait qu’agir pour ses mandants français; il y a de quoi souiller la mémoire du digne patriote Sankara dont Compaoré, aujourd’hui vendu, était le plus proche collaborateur. 

Heureusement que le chef rebelle du Libéria, Taylor, est confronté aujourd’hui a la CPI; cependant, l’homme-orchestre de toutes ces rebellions, de tous ces massacres des innocentes populations du Libéria, de Sierra Leone , de Côte d’Ivoire et du Mali, reste à ce jour impuni. Evidemment, ce bras armé de la France en Afrique est protégé, pour le moment, par ces parrains des réseaux politiques, financiers, spirites et même mafieux du CSVIO qui, ne travaillant que pour les intérêts exclusifs de leurs grands groupes financiers, le lâcheront un jour. 

Ce sera alors, à celui qui disait que Gbagbo méritait d’être traduit devant la CPI, de rendre compte devant les juridictions internationales ou nationales des nombreux crimes de ses rebelles perpétrés en Côte d’Ivoire et dans les autres pays d’Afrique Occidentale. Il pourra par conséquent passer le reste de ces jours en prison afin que prennent fin les rébellions en Afrique. Vivement que ce jour vienne le plus tôt possible!!! 


NANWOULET G. Simone 


Source: AFRIK53.COM

mardi, 02 octobre 2012

AFFAIRE KATINAN: MISE AU POINT DU MINISTRE AHOUA DON MELLO SUITE A LA DEPECHE MENSONGERE DE L’AFP DU 1er OCTOBRE 2012

 


AHOUA DON MELLO 2.jpg

 

Deux (2) mensonges dans un seul communiqué de l'AFP:

1- Le ministre Koné Katinan n'est pas inculpé car il n'a pas eu de rencontre avec le juge. Dans un Etat de droit cette responsabilité relève de la justice ce qui est diffèrent dans un état françafricain de surcroit régit par le code dozo.

2- GBAGBO n'a pas refusé de quitter le pouvoir. C’est plutôt la françafrique qui a refusé de se soumettre à la décision du Conseil constitutionnel. Dans un Etat de droit, il existe un organe constitutionnel qui décide du vainqueur des élections présidentielles. En Côte d'Ivoire, c'est le Conseil constitutionnel et non l'ambassadeur ou le président français comme dans un état françafricain régit par le code de l'indigénat.

Après avoir taillé sur mesure l'histoire de nos héros pour faire d'eux des sanguinaires, la France veut fabriquer une histoire récente de la Côte d'Ivoire, là où des témoins vivants et des documents officiels existent. Comment accorder un seul crédit à tout ce qu'on nous a servi dans les livres d'histoire et qu'on nous sert encore aujourd'hui sur d'autres pays à travers la presse?

 
Le Ministre AHOUA DON MELLO, sur Facebook.



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Affaire Katinan, l'AFP en flagrant délit de mensonge

 
C’est avec stupeur que certains parmi vous ont dû voir cette page sur le site abidjan.net affirmant que le ministre Katinan Koné a été inculpé à Accra pour le meurtre de deux personnes à Abidjan.

Tout d’abord du point de vu du droit, cela n’est pas possible car le ministre Katinan ne jouissant pas de la nationalité ghanéenne, il ne peut nullement être jugé dans ce pays pour un crime commis en Côte d'Ivoire.

Si Katinan avait été reconnu coupable en vertu des preuves présentées par le régime Ouattara, son statut de refugié lui aurait été retiré et il serait actuellement dans un avion pour Abidjan.

Pire, pendant que l'AFP publiait ce texte, RFI appelait à Accra pour savoir ce qui s’est réellement passé ce matin à la BNI.

Soit, sûrs de leur fait, ils avaient déjà préparé leur article et leur correspondant est resté à l’hôtel au lieu de se rendre sur le terrain ou bien cela est fait à dessein pour semer le doute dans l’esprit des Ivoiriens.

En tout état de cause, gardez bien cette pièce à conviction car l’article sera certainement supprimé dans quelques temps.
 

Source: La page Facebook de Steve Beko

samedi, 29 septembre 2012

EXISTE-T-IL ENCORE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS?

 

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Faut-il encore accorder du crédit aux organisations internationales de défense des droits de l’Homme, des organisations créées de toutes pièces par les puissances impérialistes dont elles sont des bras séculiers dans les conflits mondiaux? Nombreux sont ceux qui se posent cette question aujourd’hui, face à leurs comportements douteux, suspects parfois même criminels. C’est pourquoi, il faut tenter de répondre à cette question pour aiguiller la curiosité et attirer l’attention de toute personne sur les actes macabres et le rôle néfaste de ces organisations censées défendre les droits de l’Homme. 

Plus le temps passe, plus les manigances, de la soi disant communauté internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux (CSVIO) et tous ses appendices d’ONG de défense des droits humains, sont mises à nu; en réalité, ces organisations ne sont que des clubs de soutien masqués des basses manœuvres déshumanisantes des puissances impérialistes qui les manipulent pour installer leur domination dans le monde. 

Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que plutôt que de défendre les droits de l’Homme, ces organismes sont créés et financés par ces super puissances pour déstabiliser sournoisement les pays sous développés, contrôler, exploiter astucieusement et à vils prix leurs richesses. Ainsi, les actes les plus ignobles de ce CSVIO ne font-ils l’objet d’aucune condamnation (tueries massives des ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire et dans beaucoup d’autres endroits de la Côte d’Ivoire, génocide des Wè en Mars 2011 à Duékoué, massacre de plusieurs centaines de réfugiés du camp de Nahibly en Juillet 2012, pour ne citer que trois exemples). Ces organismes fantoches appelés abusivement organisations internationales de défense des droits de l’Homme ferment les yeux sur les agissements inhumains de leurs maîtres qui divisent des peuples, installent des rébellions et autres actions déstabilisatrices dans les pays bien choisis selon les besoins de la cause. Ces organisations confirment de plus en plus qu’elles sont le relais de dénigrement des dignes fils d’Afrique, ces Présidents qui nourrissent de nobles ambitions pour leurs populations, leurs pays et pour le continent noir. 

Après que leurs maîtres eurent brocardé ces dirigeants patriotes africains, les qualifiant par de grossiers mensonges de dirigeants-dictateurs exerçant un pouvoir antidémocratique, elles prennent le relai pour continuer de calomnier ces dirigeants souverainistes et patriotes à travers les organes de communication propagandistes au service des pays occidentaux néo-colonialistes. 

Le cas du Président Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, est très patent pour éclairer les vrais démocrates de ce Monde. Que n’a-t-on pas entendu dire sur son compte ? Voici un Président qui n’entrait pas dans le système de spoliation de la Côte d’Ivoire établi par la France. A ce sujet, l’homme politique, ancien Président de l’Assemblée Nationale française, Henri Emmanuelli disait de Gbgabo: « Ce Président sait ce qu’il veut pour son pays ». Cet homme qui, pendant plus de 40ans a mené une opposition démocratique et pacifique en Côte d’Ivoire, sans jamais recourir aux armes pour obtenir le pouvoir d’Etat, est traité de dictateur, de Président infréquentable, xénophobe. Quel mensonge honteux! 

A partir de l’an 2000 où il parvint à la Magistrature Suprême après une brillante élection, les complots de la France vont se succéder contre lui avec des assassinats, des charniers fabriqués par ceux-là-mêmes qu’elle a installés aujourd’hui au pouvoir. 
C’est alors que ces ONG de droits de l’Homme vont entrer en transe pour hurler aux massacres, des militants de l’opposition et engager ainsi la déstabilisation de la Côte d’Ivoire (CI). 

Inventer des raisons farfelues pour vilipender Gbagbo et aider une rébellion à s’installer, tel fut le rôle exercé par ces ONG en Côte d’Ivoire. Ainsi, la France de Chirac en Septembre 2002, va-t-elle déclencher contre le pouvoir du Président Gbagbo, une rébellion préparée et entretenue par le Burkina Faso de Blaise Compaoré, au vu et au su de Human Right Watch (HRW), Amnesty International (AI), la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et bien d’autres organisations aux objectifs semblables ; ces organisations dites humanitaires sont toujours promptes à vilipender les dignes Présidents du continent noir pour les objectifs cruels de leurs mandants, les membres du CSVIO. 

Ces rébellions seront pourvues en armements et en ressources financières pour déstabiliser les régimes réfractaires au néo-colonialisme. Ainsi pendant dix longues années, les rebelles du couple « infernalissime » Ouattara-Soro, avec la bénédiction de la France et de l’ONU, vont semer la terreur au sein des populations et s’enraciner au Nord, au Centre et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ils y feront régner une justice expéditive pour massacrer des pro-Gbagbo et de nombreuses populations innocentes: les gendarmes désarmés de Bouaké, les danseuses d’Adjanou de Sakassou, de nombreux sacrifices rituels humains, etc. 

C’est bien avec les armes offertes par la France que des tueries vont être perpétrées sans que ces crimes ne soient véritablement dénoncés par la soi-disant Communauté Internationale et les ONG à sa solde. Il faut rappeler que cette Communauté Internationale a été pleinement actrice dans ces événements douloureux de Côte d’Ivoire éloquemment attestés par les actes destructeurs de l’ONUCI et de la Licorne pourtant venues en CI pour y restaurer la paix. Les rapports sur les atrocités vécues par les ivoiriens rédigés par ces organisations de l’ONU et de défense des droits humains, au lieu d’être véridiques et équitables, vont toujours indexer le Président Gbagbo, l’accusant d’être le plus grand criminel de tous les temps, lui qui a été la victime de la barbarie de la communauté internationale dirigée par la France. 

HRW, AI, FIDH…. savent aujourd’hui l’issue de ce complot ourdi contre celui que les ivoiriens avaient élu et réélu pour les sortir du sous développement par son programme audacieux de gouvernement. Laurent Gbagbo, après avoir miraculeusement échappé aux milliers de tonnes de bombes et de missiles de l’armée française, a été déporté manu militari à La Haye, pendant que les vrais criminels Chirac, Sarkozy, Ban ki Moon, Choi et leurs larbins ivoiriens Ouattara, Soro et autres quasi analphabètes, promus Préfets de régions pour services rendus aux nombreux ivoiriens, aujourd’hui dans les cimetières, ne sont guère inquiétés pour leurs nombreux crimes. Patissanganan !!! La partie fut vraiment sanglante. 

Ces organisations dites de défense des droits humains savent très bien que l’occident est à la base de tous les conflits qui déchirent le monde. En Lybie, Sarkozy et son ami Obama se sont solidarisés dans le mal pour devenir les bourreaux de Kadhafi. Par cet assassinat, ce pays est devenu une proie à toutes sortes de groupuscules équipés d’armes, à eux offertes par ces deux gendarmes, en réalité les pyromanes pompiers des conflits dans ce monde. C’est avec ces mêmes armes que le Nord du Mali est aujourd’hui sous le contrôle d’une horde d’intégristes religieux et de plusieurs bandes de voyous sans cesse soutenus par ces mêmes impérialistes. Le deal était qu’ils combattent Kadhafi pour obtenir le Nord du Mali. 

Voilà donc des comportements inhumains à dénoncer au lieu de hurler sur les antennes des télévisions, la pratique obligée de la charia et les destructions de monuments historiques qui n’ont aucune importance devant les massacres d’êtres humains que l’OTAN a perpétrés en Lybie, tout comme les nombreux crimes de l’ONUCI et de la Licorne en Côte d’Ivoire. Oh ! Un crime n’est-il crime que quand Sarkozy et Obama en décident ainsi. A eux a été donné, par on ne sait qui, le permis de tuer. C’est pourquoi HRW, AI, FIDH et autres organismes de même acabit se taisent sur leurs crimes odieux en Irak, en Côte d’Ivoire, en Lybie, en Syrie. 

Ainsi, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, ce régime tyrannique installé par la France commet les crimes les plus inimaginables. 

Il n’est pas exagéré de noter que le programme des gouvernants actuels se résume à la traque, l’emprisonnement, l’expropriation et à l’assassinat des pro-Gbagbo. Malheureusement, au lieu d’être sanctionnés, ces miliciens du RDR, sont plutôt promus dans le silence de ces organisations qui voient bien les affidés de leur poulain commettre ces crimes et exactions. Bien sûr que les puissances financières ont rendu aphones ces organisations qui claironnent à tout moment leur autonomie. Heureusement qu’il y a Dieu qui jugera leurs crimes et leurs perfidies pour que chaque membre coupable de ces ONG subisse la punition éternelle en enfer. 

De même, voici une révolution, baptisée « Printemps Arabe »comme si tuer des être humains était annonciateur de bonnes nouvelles, inventée de toutes pièces par ces mêmes impérialistes pour déstabiliser les pays arabes, prendre le contrôle de leur pétrole et y installer leurs voraces multinationales. Toujours dans le même style, ces cyniques ONG de défense des droits de l’Homme se fourvoient actuellement en Syrie. Après avoir dénigré injustement le régime de Bachar El Assad, le CSVIO a créé une opposition fictive pour envahir la Syrie de mercenaires recrutés par ses soins à partir de la Turquie, croyant réussir aussi facilement son coup de force contre le Président syrien. 

Comme en Côte d’Ivoire où la rébellion a été affectueusement dénommée « Forces Nouvelles », elle appellera la coalition des mercenaires occidentaux « Armée Libre de Syrie » (ALS). Comme pour dire que celle qui défend le peuple syrien est une armée esclave d’El Assad. OH Honte ! Qu’une rébellion contre un régime légalement installé dans un pays ne puisse émouvoir les membres d’une organisation Internationale de défense des droits humains parce qu’elle a la caution des maîtres du monde est tout simplement ahurissant. 

Y a-t-il aujourd’hui lieu de prendre au sérieux ces satellites de la Communauté Internationale que sont ces organisations des droits humains? Car à la vérité, elles sont au début et à la fin des processus de déstabilisation des pays avec leur rôle de pyromanes et pompiers. Elles installent le lit du désastre en accompagnant les maîtres impérialistes qui n’ont d’yeux que pour les richesses des petits pays. 

Comment faire pour échapper à leur manège désormais dévoilé? Beaucoup de pays sous développés vivent encore une pauvreté accrue que les populations n’arrivent pas à juguler, à cause des nombreux besoins que la société occidentale leur impose à travers tous leurs instruments de communications actuels. Alors, au niveau de certains politiciens véreux, la tentation est grande quand ils sont sollicités pour servir d’instrument de déstabilisation de leurs propres pays, par des propositions faramineuses de promotion politique et d’enrichissement illicite et rapide. 

Tant qu’il y aura cette espèce de politiciens, il sera difficile de fermer la porte aux déstabilisateurs ; il n’est cependant pas impossible d’y arriver. Il faut alors une prise de conscience collective, comme en Syrie, où la véritable armée du peuple a compris qu’il n’est pas question de renoncer à cette lutte et qu’elle doit aller jusqu’au bout. Chaque citoyen doit normalement comprendre qu’il doit être un résistant permanent, face aux impérialistes qui veulent maintenir le monde sous domination, en privant les faibles de la liberté vivre et de jouir de leurs richesses. Il est seulement regrettable de constater que les organisations de défense des droits humains ne les y accompagnent. Pour les Africains, ces ONG méritent-elles de continuer d’exister ? Assurément non. 

 
NANWOULET G. Simone 
 
 
Source: AFRIK53.COM

vendredi, 28 septembre 2012

OCCUPATION DU NORD DU MALI PAR LES ISLAMISTES: LA GRANDE COMEDIE ET LE CHANTAGE HONTEUX DES OCCIDENTAUX

 

 

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Les pays africains et arabes sont pris dans l’engrenage des ambitions démesurées des occidentaux. Lorsqu’ils ont des appétits de matières premières (pétrole, minerais, agricole,..), ils trouvent des prétextes pour s’attaquer aux pays qui en possèdent. Pour les uns, ce sont des dictateurs dont il faut se débarrasser. Pour les autres, ce sont des mauvais perdants aux élections démocratiques et qui cherchent désespérément à s’accrocher au pouvoir. 

L’un dans l’autre, au nom d’une démocratie ces personnes sont vouées aux gémonies et traitées comme tel. Alors qu’en réalité, les occidentaux n’ont jamais voulu la démocratie en Afrique et dans les pays Arabes. Pour se donner bonne conscience, ils s’attachent les services d’une minorité de la population du pays visé, aidée en cela par des mercenaires recrutés par leur soin. Le scénario de la déstabilisation se met en branle par le canal de leurs puissants médias. Quand cette féroce machine démarre, il est difficile de la stopper. Toute personne qui se met en travers est broyée sans autre forme de procès. Oui c’est cela le monde d’aujourd’hui. Sous le couvert de la communauté internationale tout y passe. La pauvreté et le vouloir paraître poussent certains individus en mal de publicité et jaloux de quelques dirigeants à se laisser manipuler par elle. 

La situation que vit le Mali en ce moment n’est pas fortuite. Tout a été préparé et orchestré par les occidentaux. Les islamistes qui occupent le nord du Mali ne sont pas là par hasard. Les responsables ont des connexions avec l’Elysée. Chacune des deux parties joue sa partition selon le schéma convenu. Les actes posés par ces islamistes traités aujourd’hui de terroristes sont calculés et millimétrés. Ils commencent par une prise d’otage dans le camp de la France pour faire croire que cette dernière est neutre afin de lever tout soupçon à son égard. C’est cela la dextérité des occidentaux dans les coups bas. 

Pourquoi cela arrive au Mali ? Certainement qu’avec Amadou Toumani Touré dit ATT, la France et ses alliés n’ont pu obtenir ce qu’ils voulaient. Souvent, ce sont des contrats au détriment du peuple. Que ce soit la droite ou la gauche française, c’est d’abord l’intérêt du pays. Vous comprenez que François Hollande ne peut se départir de ce que Nicolas Sarkozy a commencé au Mali. C’est une question de survie des pays occidentaux. Tout le monde sait qu’ils sont confrontés à d’énormes difficultés financières. De ce fait, ils sont prêts à tout. Au nom de la raison d’Etat, les otages français peuvent périr, pourvu que la France obtienne ce qu’il faut pour demeurer dans le gotha des leaders de ce monde. 

Le Mali est victime de la malice de la France tout comme la Côte-d’Ivoire l’a été en 2002 avec la rébellion de Guillaume Soro soutenue par elle. Lorsque le régime de Laurent Gbagbo a décidé de chasser cette rébellion de Bouaké, la France a trouvé l’alibi d’évacuer ses ressortissants de cette ville. Ce qui naturellement lui a permis d’organiser et de structurer ce groupe rebelle. En 2004, l’armée ivoirienne a pratiquement mis en déroute les rebelles. 

La France se voyant contourné décide de bombarder son propre camp et accuse le régime Gbagbo d’avoir tué 9 soldats français et 1 américain. Du coup, appliquant la théorie de la raison du plus fort la France a anéanti les aéronefs de l’armée ivoirienne. Voilà la triste réalité. Aujourd’hui, c’est cette rébellion qui est au pouvoir. Où est donc la morale ? L’ex-président du Mali, ATT a tenté d’en découdre avec ces groupes islamiques. Il s’est heurté au monstre caché derrière ces soi-disant terroristes. 

Le Mali fait partie de l’Afrique de l’ouest. Pourquoi la CEDEAO n’a-t-elle pas été prompte à l’aider à se débarrasser de ces hors-la-loi ? Où était l’ONU ? Tout ça, c’est de la comédie. Pauvre Afrique des fiers guerriers ! Du haut de la tribune de l’ONU, on annonce la guerre contre les islamistes installés depuis belle lurette au nord du Mali. Or, ceux-ci ne sont inquiétés outre mesure. Vous verrez que les soldats maliens qui seront en première ligne seront massacrés. Quant aux soldats de la CEDEAO, ils empêcheront les institutions maliennes de fonctionner normalement. L’armée française viendra en sauveur quand elle aura obtenu ce qu’elle veut. Cela s’appelle faire du chantage. 

Ce qui se déroule en Syrie n’est rien d’autre que la méchanceté des occidentaux. Déstabiliser le président Bachar Al Assad pour mieux contrôler les richesses de ce pays. C’est vraiment dommage ! On ne peut pas soutenir des rebelles en Syrie et ensuite venir combattre des terroristes au Mali. Quelle incohérence dans la marche du monde ! Terroristes et rebelles ne sont-ils pas les deux faces d’une même pièce ? Il ne sert à rien de dire : « La situation au sahel est inacceptable.. » alors qu’au fond on y est pour quelque chose. Ça aussi c’est de l’hypocrisie. 

Dire que quand l’armée française a fait le travail à la place des rebelles en arrêtant le président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, les maliens se sont réjouis en dansant sans comprendre ce qui a rougi les dents de l’écureuil. Lorsque la maison de ton voisin brûle aide-le à éteindre le feu. Sait-on jamais. Celui qu’on a mandaté pour mettre le feu en Côte-d’Ivoire, c’est le même qui s’acharne à convoyer les soldats de la CEDEAO pour créer la chienlit au Mali. Peuple malien, les occidentaux s’apprêtent à scinder votre pays en deux comme au Soudan pour des intérêts dont eux seuls ont le secret. C’est leur dernière trouvaille. La sincérité n’est plus une valeur cardinale. La comédie, le chantage et l’hypocrisie sont leurs armes et leur gagne pain. 


Gilbert KOIME 

gilbertkouame@yahoo.fr 



Source: AFRIK53.COM