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vendredi, 17 août 2012

LE REGIME OUATTARA DANS LA TOURMENTE, DABOU ET JACQUEVILLE TOMBENT, LES SOLDATS FRANÇAIS A LA RESCOUSSE…

 

http://actu.atoo.ci/images/photos/photo8553939704ddb4bec1a10d.jpg

 

Comme le montre la vidéo ci-dessous, la force française stationnée en Côte d’ivoire a décidé de venir en aide au régime Ouattara qui a du mal à faire face à un mécontentement généralisé au sein de sa propre armée. Ce « commando » non encore formellement identifié qui semble être aguerri à la technique du sabotage et du harcèlement militaire, technique que le camp Ouattara a appris à ses combattants au plus fort de la crise postélectorale, est bel et bien constitué d’éléments appartenant aux Frci (Forces pro-ouattara). 


 

Ce commando qui s’est signalé aujourd’hui dans deux villes proches d’Abidjan (Dabou et Jacqueville), se serait emparé de la base militaire de la ville de Dabou, et après l'avoir vidé de ses armes et munitions, aurait attaqué la prison et le poste de police de la même ville, avant de se diriger vers Jacqueville où d'autres affrontements tout aussi violents l'ont opposé aux FRCI.

Selon le député de Dabou, tous les pensionnaires de la prison, au nombre de 150, se sont tous évadés.

Dans les deux cas, à Dabou et à Jacqueville, l'on dénombrerait de dizaines de morts coté FRCI. Les renforts envoyés depuis les villes voisines n'auraient pas réussi à faire face au commando non identifié, d'où sans doute l'intervention dans les prochaines heures de la force française LICORNE.

Comme on peut le constater, malgré toutes les bonnes promesses de non ingérence, récemment renouvelées par Laurent Fabius, l'armée française a décidé une fois de plus de voler au secours d'Alassane Ouattara dont les troupes sont en difficulté face à un commando non identifié qui a déjà causé des dizaines de morts dans ses rangs. La guerre a donc officiellement repris en Cote d'Ivoire.

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 15 août 2012

DANS LE CADRE D'UN DEBAT SUR RFI - MAITRE ALTIT «SMASHE» L'AVOCAT DE OUATTARA

 

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L’avocat principal du président Laurent Gbagbo a, dans le cadre d’un débat organisé par RFI, dominé les échanges face à un avocat de Ouattara pleurnichard et sur la défensive. Et à un Florent Geel, Monsieur Afrique de la FIDH, gêné dans une défense qui se veut subtile d’une certaine vision du «deux poids deux mesures» dans le traitement judiciaire de la question ivoirienne. Hier, Radio France Internationale a diffusé, dans le cadre de l’émission «Le débat africain», un échange entre Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Laurent Gbagbo dans le cadre de la procédure ouverte contre lui à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, et Maître Jean-Pierre Mignard, homme d’influence françafricain encarté au Parti socialiste français et avocat d’Alassane Ouattara. C’est Jean-Pierre Mignard qui était à la manœuvre, avec son collègue Jean-Paul Benoît, pour traduire le président Gbagbo à la CPI alors que l’actuel maître d’Abidjan était reclus à l’hôtel du Golf. Florent Geel, le responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme – très controversé – était également de la partie. Maître Altit a été particulièrement offensif, face à un Maître Mignard en retrait et à un Florent Geel – qui a par le passé mouillé son maillot pour sortir d’affaire le camp Ouattara – gêné.

Tortures infligées à Gbagbo : «Les médecins ont conclu qu’il y avait eu torture»

La question du report de l’audience de confirmation des charges qui devait avoir lieu ce lundi a bien entendu été au cœur des débats. L’avocat principal de Laurent Gbagbo a tenu à faire une précision importante. «Ce n’est pas la Défense qui a demandé le report de l’audience de confirmation des charges qui était prévue pour le 13 août. C’est le juge qui, compte tenu des éléments qui lui étaient transmis, a considéré que c’était indispensable – et vous pouvez imaginer la force de ce qu’elle était en train de lire, parce que vous pouvez imaginer aussi les pressions qui s’exercent sur tout un chacun dans cette affaire. Donc ce n’est pas à la légère qu’elle a décidé d’elle-même de reporter l’audience de confirmation des charges. Elle l’a fait en se basant sur des expertises», a-t-il expliqué. «Ce que nous souhaitions, c’était que soit évalué son état de santé et par conséquent son degré de fatigue. Les conséquences en d’autres termes de cette détention qu’il a subie, détention arbitraire je vous le rappelle, pendant huit mois dans des conditions particulièrement difficiles et pénibles à Korhogo. Les médecins ont conclu qu’il y avait eu des mauvais traitements et des tortures. Le report de l’audience de confirmation des charges qui était prévue le 13 août nous permettra d’essayer d’éclairer les responsabilités, obligera le procureur près de la CPI à s’expliquer, et forcera les juges à prendre une position sur ces tortures et ces mauvais traitements. De ce point de vue-là, c’est une avancée essentielle de la procédure», a-t-il poursuivi.

La défense inconsistante de l’avocat de Ouattara

Extrêmement embêté par cette question des mauvais traitements et des tortures qui jette une lumière crue sur la véritable nature du régime de son client, Maître Mignard a tenté de faire de l’esprit. Et a fait assaut d’adjectifs qualificatifs… «Je suis un peu dubitatif (…) Ces indications me semblent opportunistes (…)Accusations aussi loufoques que graves…  Allégations étranges», a-t-il marmonné. Me Altit l’a renvoyé aux quatre expertises médicales indépendantes qui confirment ses propos. «Il ne s’agit donc pas de savoir si Maître Mignard et moi-même nous considérons ceci ou cela. Ce n’est pas la question. Il s’agit de savoir ce que les experts ont écrit. Quel est leur constat ? Et quelles sont leurs conclusions ? Ce n’est pas une question d’interprétation, c’est une question de faits. Les faits sont maintenant décrits», a-t-il rétorqué.

Les propos ahurissants de Florent Geel

Soucieux à la fois de préserver son boulot, donc sa crédibilité, et ses amitiés ouattaristes, Florent Geel  – l’homme qui avait promis un rapport démontant celui d’Amnesty International sur Duékoué et qui ne l’a jamais publié –, a d’abord reconnu du bout des lèvres un certain nombre de choses. «Son incarcération à Korhogo n’était certainement pas été une partie de plaisir. Nous-mêmes on a demandé à pouvoir le visiter, cela ne nous a pas été accordé», a-t-il dit, s’agissant de Laurent Gbagbo. Puis il a pris un exemple totalement hors de propos pour jeter le doute sur la réalité des mauvais traitements qui lui ont été infligés. En convoquant le grand méchant leader serbe Slobodan Milosevic. «On a vu Milosevic qui arguait de problèmes de santé alors que lui-même prenait, semble-t-il, une contre-médication qui a provoqué sa mort et on se demande même s’il n’y a pas eu une espèce de suicide volontaire ou involontaire». Incroyable ! Premièrement, les deux situations ne sont pas comparables.

Le président Gbagbo ne se plaint pas d’une situation de santé qui s’aggrave à La Haye mais bel et bien de séquelles de ce qu’il a vécu à Korhogo. Deuxièmement, on ne peut pas, juste en faisant un parallèle malvenu, sans aucune autre forme d’indication qu’une référence historique douteuse, faire planer l’ombre du discrédit sur un homme déjà emprisonné.

En développant sa théorie sur la disproportion des procédures telles qu’elles sont menées actuellement en Côte d’Ivoire et à la CPI, Florent Geel a lui-même trahi son biais partisan. «En tant que responsable in fine de la chaîne de commandement, soit [Gbagbo] les a ordonnées – ce sera à l’accusation de le démontrer – soit il ne les a pas condamnées (…) La justice ivoirienne a inculpé 140 proches de Laurent Gbagbo. Aucun FRCI. Alors que des crimes ont été commis aussi par des FRCI», a-t-il dit. Mais pourquoi le «responsable de la chaîne de commandement» d’un camp doit-il être jugé, tandis que seuls des responsables militaires, donc des exécutants, doivent-ils être jugés dès lors qu’ils sont de l’autre camp ? Si l’on ne considère pas l’innocence a priori de personnes comme Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme un dogme religieux, un tel raisonnement ne tient absolument pas la route.

Korhogo : la complicité des Nations unies

Dans son intervention, Maître Altit a fait quelques confidences qui démontrent que l’ONUCI s’est prêtée volontairement à plusieurs reprises à une sorte de mise en scène qui ne l’honore pas. «Je suis moi-même allé à Korhogo à plusieurs reprises (…) Je peux vous assurer qu’il [Gbagbo] n’était pas sous la surveillance des contingents des Nations Unies, qu’il était sous la surveillance des hommes du commandant Fofié (…) Lorsqu’il y avait des visiteurs étrangers, des officiels (…), les hommes du commandant Fofié appelaient les membres du contingent des Nations Unies qui étaient présents, qui se trouvaient stationnés à proximité, pour qu’ils l’escortent, et eux-mêmes le suivant de près. Cela donnait aux visiteurs étrangers l’impression qu’il était surveillé uniquement par des Casques bleus.» La responsabilité morale de l’ONU ne pourra pas objectivement être éludée quand la question des mauvais traitements infligés au président Gbagbo sera examinée par la CPI.

«La demande de mise en liberté n’est pas tranchée»

Au micro de RFI, l’avocat principal du président Laurent Gbagbo a levé un pan du voile sur une réalité méconnue. Il est encore possible que son client ait, au final, le droit de bénéficier de la liberté conditionnelle en attendant son procès. «La demande de mise en liberté est pendante. Il y a discussion extrêmement consistante sur cette question qui n’est pas tranchée, loin de là. Et qui ne sera pas tranchée avant un certain temps, loin de là, croyez-moi, et nous verrons dans quelques mois si nous avons échoué à convaincre la cour ou pas», a-t-il confié, sûr de lui et énigmatique. Il a également révélé que la question de la compétence de la CPI pour juger Gbagbo est «pendante». Elle n’a pas été tranchée.

Les mensonges de l’avocat de Ouattara

Acculé, l’avocat de l’actuel chef de l’Etat ivoirien a pris quelques libertés avec la vérité, et a été très rapidement repris par Maître Altit. Il a évoqué «le statut de Rome auquel la Côte d’Ivoire avait adhéré depuis une déclaration de 2003». Or tout juriste moyen sait qu’une simple déclaration ne fait pas d’un pays un Etat-partie au statut de Rome. Mais une déclaration peut, tout au plus, permettre la saisine de la CPI sur une question précise et dans un délai déterminé. De manière assez grossière, Maître Mignard a également prétendu que Gbagbo a refusé «de reconnaître une situation politique qui avait été actée sur le plan constitutionnel comme étant défavorable au président Gbagbo et favorable au président Ouattara». Ce qui est totalement faux dans la mesure où le Conseil constitutionnel a bel et bien déclaré Gbagbo vainqueur et Ouattara vaincu. La preuve est que Ouattara n’a été constitutionnellement oint, au forceps, qu’en mai 2011…

Essayant d’anoblir l’acharnement judiciaire tous azimuts de son client, Maître Mignard s’est lancé dans une démonstration douteuse. «Ce que je voudrais, c’est que vous insistiez quand même sur un choix qui est unique, qui est à l’honneur de la République de Côte d’Ivoire. C’est celui d’avoir décidé que dans une affaire aussi grave, et où les passions étaient aussi importantes, les exactions aussi nombreuses, et elles ont pu effectivement être commises de part et d’autre, que c’était à une juridiction pénale internationale qu’il revenait de juger, précisément pour qu’il y ait un procès équitable». Une telle thèse est impossible à soutenir aujourd’hui lorsque l’on sait qu’une fois que son rival a été transféré à la CPI, Ouattara s’est dédit et milite désormais pour que les autres personnes mises en cause soient jugées en Côte d’Ivoire. Si l’on considère que la justice internationale est plus crédible que la justice nationale pour juger son adversaire, on doit considérer qu’elle est naturellement plus crédible pour juger des alliés qui vous ont hissé sur le fauteuil présidentiel… Maître Altit lui a naturellement répondu :

«Le premier fait est que le Conseil constitutionnel, seul habilité pour le faire, a proclamé le président Gbagbo élu. Ensuite, il y a eu un désaccord. Jusqu’à preuve du contraire, les résultats n’ont jamais été examinés. Il n’y a pas eu de chiffres donnés ou avalisés officiellement».

L’optimisme de Maître Altit

Sur RFI, l’avocat principal du président Gbagbo n’a pas caché son optimisme – même s’il faut se garder de tout triomphalisme. «Nous avons en effet obtenu un certain nombre de succès (…) Je crois même que l’on peut dire que nous avons désormais changé le rapport de forces. Nous avons pris la main, imprimé le rythme, donné les cartes et le procureur est désormais sur la défensive. Nous avons forcé la Cour à reconnaître que les accusations des nouvelles autorités ivoiriennes portant sur le fait que le président Gbagbo et ses proches auraient détourné des sommes, disposeraient de fonds illimités sont des accusations dénuées de tout fondement et ne reposent sur rien», a-t-il estimé.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 12 août 2012

RAPPORT ACCABLANT DE HUMAN RIGHTS WATCH CONTRE LA CPI ET LE POUVOIR IVOIRIEN


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Un rapport paru, il y a quelques temps (Juillet 2012) et qu'il est toujours bon de connaître. Très édifiant! Bonne lecture.



Human Rights Watch: La CPI doit encore asseoir sa légitimité en Côte d’Ivoire

Par Matt Wells

 

Pour l’instant, la Cour Pénale Internationale (CPI), qui fête son 10e anniversaire, n’a émis de mandats d’arrêt que contre un seul des deux camps du récent conflit ivoirien. De hauts responsables du gouvernement de Côte d’Ivoire s’appuient sur ce fait pour justifier leur propre approche sélective de la justice. Celle-ci fait fi de milliers de victimes et entrave le retour d’un État de droit dans le pays.

Ces manœuvres des responsables ivoiriens rendent encore plus urgente la nécessité de voir le nouveau procureur de la CPI, Mme Fatou Bensouda, examiner, de manière visible, toutes les allégations de crimes, indépendamment des appartenances politiques. Tout retard en la matière ne fait que renforcer la position de ceux qui cherchent à utiliser la CPI à des fins politiques.

Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle de novembre 2010, la Côte d’Ivoire a connu six mois de graves atteintes aux droits humains au cours desquels au moins 3 000 personnes ont été tuées et plusieurs centaines de femmes violées, principalement pour des motifs politiques et ethniques. Cette violence a été, à bien des égards, le point culminant d’une décennie marquée par l’impunité pour des crimes graves et par de vives tensions politico-ethniques dans un contexte où les règles de droit ont largement laissé la place à des milices d’autodéfense.

Le pouvoir a changé de mains, mais la justice impartiale maintes fois promise par le président Alassane Ouattara reste essentielle pour que le pays parvienne à surmonter ses divisions communautaires toujours profondes.

Alors que les forces fidèles à l’ancien président Laurent Gbagbo ont commis la plupart des crimes pendant les premiers mois de la crise postélectorale, les forces pro-Ouattara ont commis des crimes graves après le lancement de leur offensive militaire visant à écarter Gbagbo du pouvoir. Les forces armées des deux camps ont été impliquées dans des crimes de guerre et probablement dans des crimes contre l’humanité, comme cela a été documenté, entre autres, par la Commission d’enquête internationale mandatée par les Nations Unies, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l’Homme.

Quinze mois après l’arrestation de Gbagbo par les forces pro-Ouattara, les procureurs militaires et civils de Côte d’Ivoire ont mis en examen plus de 140 personnes pour des crimes postélectoraux, toutes appartenant au camp Gbagbo. La nature unilatérale des poursuites judiciaires a attiré les critiques des organisations de défense des droits humains, des diplomates et de la société civile ivoirienne. En réponse, de hauts responsables du gouvernement ont commencé à expliquer le manque de justice impartiale en se tournant vers un allié inattendu : la CPI.

Dans une interview du 8 juillet accordée à Radio France Internationale, Guillaume Soro, ancien Premier ministre de Ouattara et actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, a déclaré à propos du manque de justice pour les crimes commis par son camp : « Pour ne pas, justement, être accusé d’avoir une justice des vainqueurs, nous avons fait appel à la Cour pénale internationale, […] on ne peut pas soupçonner la CPI d’être complaisante ou de choisir… Jusqu’à présent, la CPI a été appelée à venir faire des investigations en Côte d’Ivoire. La CPI n’a, à ma connaissance, émis que quatre mandats (d’arrêt, NDLR) [tous contre le camp Gbagbo]. (Et) vous me direz (conviendrez, NDLR) que la CPI a décidé sur la base d’enquêtes. »

Invitée par le président Ouattara à enquêter sur les violences postélectorales, la CPI a rapidement pris la décision regrettable de procéder par étapes successives pour ses enquêtes : se pencher d’abord sur le camp Gbagbo, avant de mener les enquêtes promises sur les crimes perpétrés par les forces pro-Ouattara. Cette décision était en partie liée aux défis auxquels est confronté un tribunal débordé et au budget insuffisant. Le gouvernement Ouattara était prêt à aider la CPI à monter rapidement un dossier contre Gbagbo. La présence éventuelle de Gbagbo en Côte d’Ivoire suscitait en outre des préoccupations sécuritaires lors des préparatifs des élections législatives de décembre dernier. D’un point de vue pratique, en novembre dernier, la CPI a répondu au principal souhait du gouvernement ivoirien : le transfèrement de Gbagbo à La Haye.

En même temps, les conséquences d’une stratégie consistant à procéder par étapes successives étaient facilement prévisibles. Les arrestations et les poursuites judiciaires unilatérales avaient déjà commencé en Côte d’Ivoire. La décision de la CPI de se pencher d’abord sur le camp Gbagbo n’a fait que renforcer le sentiment d’une justice des vainqueurs. Aussi longtemps que la justice restera unilatérale, les plaies communautaires profondes dans le pays seront ravivées. Et comme les propos de Soro l’indiquent très clairement, les retards dans la stratégie de la CPI en Côte d’Ivoire ont été interprétés à tort comme le feu vert pour appliquer une justice sélective dans le pays.

La plupart des partisans modérés de Gbagbo avec lesquels je me suis entretenu au cours des douze derniers mois voyait dans la CPI le meilleur espoir de sortir de l’impasse d’un système judiciaire politisé, qui a été l’une des principales causes de la violence politique au cours de cette dernière décennie dans le pays. La société civile ivoirienne a exprimé une confiance similaire dans la CPI, du moins si on la compare aux mécanismes judiciaires nationaux. Il doit être profondément choquant pour ces Ivoiriens de voir l’une des personnes les plus puissantes du pays invoquer la CPI pour justifier le fait que les victimes des crimes odieux commis par les forces pro-Ouattara n’ont aucun recours pour obtenir justice.

Les propos de Soro doivent être un signal d’alarme pour la CPI. Le transfèrement de Gbagbo et son procès à venir sont des étapes positives pour de nombreuses victimes et pour la justice internationale, mais la CPI ne peut pas différer plus longtemps l’examen des atrocités perpétrées par l’autre camp. La légitimité de la Cour en Côte d’Ivoire est en jeu. Plus fondamentalement, le sentiment parmi un nombre considérable d’Ivoiriens que la CPI agit comme un instrument au service de ceux qui détiennent le pouvoir pourrait alimenter davantage les tensions politico-ethniques et amoindrir la capacité de la Cour à obtenir la coopération de certains groupes de victimes lors de futures enquêtes.

La CPI n’a pas pour vocation de se faire discrète face au gouvernement en place. Son rôle est de mettre en examen, de manière individuelle et impartiale, les auteurs de crimes relevant de sa compétence, sur la base de preuves concernant des responsables de haut-rang. En Côte d’Ivoire, la Cour doit confirmer clairement qu’aucune personne ayant commis des atrocités ne se trouve au-dessus des lois, quel que soit son rang militaire ou son appartenance politique.

 

Matt Wells est chercheur sur la Côte d’Ivoire à Human Rights Watch.

Titre: J-ci.net


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 10 août 2012

DROIT DE REPONSE D'ABEL NAKI A HAMED BAKAYOKO


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Droit de réponse d'Abel Naki, Président-fondateur du CRI-panafricain à M. Hamed Bakayoko, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire


 

M. Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire,

 

Permettez-moi de vous adresser quelques lignes sur ma vision de la gestion des Affaires de l’Etat, tout en faisant l’économie de la définition de ce dernier.

La Côte d’Ivoire, ce grand pays qui a connu d’éminents dirigeants tels que feu Félix Houphouët-Boigny, qui lui conférera son indépendance le 7 août 1960, puis Laurent Gbagbo avec qui notre jeune nation connaîtra le pluralisme politique en 1990, lequel pluralisme donnera naissance aux élections libres, transparentes et démocratiques, ne saurait plonger dans l’obscurantisme au point d’accoucher des hommes d’état de votre carrure, aux agissements qui humilient plus d’un ivoirien. Car depuis votre arrivée aux affaires de l’état, nous sommes nombreux, ivoiriens à être tentés de jour en jour à nier notre appartenance à cette nation, tellement votre mépris pour vos concitoyens a dépassé le seuil de l’intolérable. Bref.

Maintenant, souffrez que je vous donne mon opinion sur les accusations mensongères que vous avez proférées hier, mercredi 8 août 2012, sur ma personne, au cours de votre rencontre avec la presse ivoirienne à Abidjan.

Alors qu’en votre qualité de Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’ivoire, vous communiquiez sur les récentes attaques perpétrées selon vous-même par des « assaillants non identifiés », vous déclarez à la face du monde, parlant des auteurs présumés de ces attaques :

« (…) L’une des personnes arrêtée a collaboré très franchement avec nos services (…) A la question de savoir qui était leur chef, cette même personne qui a participé aux opérations, nous a dit que le chef s’appelait Gédéon qui était son nom de code. L’exploitation de tous les portables retrouvés sur le théâtre des opérations a permis de noter que ce Gédéon était une des pièces maîtresses de l’opération.

Nous lui avons demandé s’il savait où le Gédéon en question habitait, il a dit qu’il habitait Yopougon.

Nos forces dans la nuit d’hier ont fait une descente au domicile du Gédéon en question. La résidence avait désertée par lui et toute sa famille. Et nous avons retrouvé les indications qui nous ont permis de conclure que ce Gédéon est en fait le soldat Blé Hervé du 1er bataillon d’Akouédo. Les recoupements nous ont permis de retrouver sa photo et un avis de recherche a été émis. Il est né le 17 juillet 1980 à Daloa et il est militaire depuis l’année 2011 au BASA (….) A ce stade de l’enquête, nous avons pu établir que le soldat Blé Hervé est en contact avec beaucoup de pro Gbagbo et il est quotidiennement en contact avec M. Abel Naki qui est le coordonnateur des manifestations pour l’ancien président Laurent Gbagbo à la Haye » fin de citation.

Fonder de tels propos, après avoir arraché des aveux à un individu sous la torture (car nous connaissons vos méthodes) et sans même avoir définitivement conclu une enquête suite à des attaques dans lesquelles il y a eu mort d’homme, est bien la preuve que M. Hamed Bakayoko n’a ni la maitrise de la sécurité intérieure, ni celle de la population encore moins des biens des Ivoiriens.

Pour ce seul fait, 

Je demande la démission du Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à cause de son incapacité à protéger la Côte d’Ivoire et ses occupants.

Pour moi, Hamed Bakayoko a échoué dans sa mission régalienne et doit avoir l’honnêteté intellectuelle et morale de demander pardon aux peuples de Côte d’Ivoire pour tout le tort à eux causé sous sa direction depuis qu’il occupe ce ministère très stratégique et sensible de notre pays.

Deuxièmement,

Je demande au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire, d’apporter la preuve de mon implication effective dans ces évènements dont il a fait mention.

Troisièmement,

C’est avec consternation et indignation que les Ivoiriens ont appris de la bouche d’une si haute autorité de l’Etat, avoir bouclé une enquête émanent d’un évènement le lendemain même des faits, alors que bien d’évènements et non les moindres, notamment les tueries de Duekoué (Nahibly), où plus de 206 civils ont été froidement assassinés par les FRCI et leurs supplétifs « Dozos », et ce depuis le 20 juillet 2012, n’ont toujours pas encore été élucidés.

Quatrièmement,

Je voudrais ici et maintenant rappeler à tous que je ne connais ni de loin ni de près le Sieur Hervé Blé ou Gedéon, dont le lien avec ma personne ne saurait prospérer uniquement que dans le fantasme du seul ministre Hamed Bakayoko.

Ainsi dit, je voudrais trouver ici et maintenant le lieu de mettre en garde M. Hamed Bakayoko pour ce qui concerne l’intégrité de la ma vie, celle de ma famille et de mes proches. Car depuis hier vous êtes tenu pour responsable de toutes les menaces et atteintes à ma vie et à celle de tous les patriotes acquis à ma cause.

Aussi, je vous informe qu’une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès des autorités judiciaires françaises contre vous, pour vos propos diffamatoires et mettant ainsi ma vie en danger.

En outre, croyez-moi, monsieur le ministre que de telles stratégies dans le seul but de nous intimider ou en profiter pour endeuiller davantage de nombreuses familles avec des chasses aux sorcières, ne sauraient m’ébranler ni affaiblir l’élan des nombreux patriotes ivoiriens pour la libération de la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, les patriotes et moi, voudrions trouver dans vos élucubrations une force, à la proportionnelle du temps a nous consacré, au lieu d’apporter de réelles solutions aux problèmes des ivoiriens (cherté de la vie, frais d’inscription à l’université, sécurité, emploi…), qui nous galvanise davantage et à jamais.

Merci Hamed Bakayoko pour avoir mis à nu le régime de Dramane Ouattara « le tueur de Duékoué », une fois encore, après que celui-ci ait été désavoué par tous les chefs d’Etats européens, ses amis d’hier.

Enfin, je voudrais m’incliner avec respect devant la mémoire de ces millions d’Ivoiriens morts gratuitement depuis la prise de pouvoir de Ouattara en Côte d’Ivoire.

A tous mes parents, à tous les patriotes, à tous mes proches, je vous demande de rester calmes et vigilants! Car nul ne peut nous contraindre à la violence. Le président Laurent Gbagbo nous a toujours enseigné le respect de la vie humaine et l’amour du prochain. Ca sera notre guide.

Pour le reste, Alassane Dramane Ouattara et ses affidés nous trouveront sur leur chemin s’ils nous opposent la violence et l’intimidation.

La lutte devient intéressante, pourquoi ne pas y croire?

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

 

Fait à Paris, le 9 août 2012.

 

Abel NAKI, président fondateur du Cri-panafricain.

 

Source: IVORIAN.NET

jeudi, 09 août 2012

GUERRE A LA TERREUR: VOUS NE L’AVEZ PAS REMARQUE, MAIS AL-QAIDA EST MAINTENANT NOTRE ALLIEE!

 

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S’il y a une chose que le conflit en cours en Syrie aura sans doute permis de révéler au grand public, c’est bien le côté parfaitement orwellien de la prétendue "Guerre à la terreur" menée depuis le 11-Septembre par les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN, France incluse. En effet, les médias ne parviennent plus à cacher ce fait incompréhensible à priori : des militants d’al-Qaïda sont aujourd’hui nos alliés en Syrie, et aident l’opposition dans sa tentative de renverser Bachar el-Assad. Mais alors, contre qui se bat-on ?

A y regarder de plus près, comme le fait cet article paru sur le Washington’s Blog – et c’est d’ailleurs le thème développé dans le film ONE – Enquête sur al-Qaïda -, la collaboration entre les USA et al-Qaïda n’a vraisemblablement jamais cessé depuis les années 1980 et la création de "la base" par la CIA pour aller combattre les Soviétiques en Afghanistan. Après la Somalie, la Bosniele Kosovo, mais aussi la Libye l’an dernier, des milices islamistes ont été formées par la CIA et d’autres services secrets occidentaux, puis utilisées pour renverser des régimes et occasionnellement les remplacer par des dirigeants "amis". Alors pourquoi cela s’arrêterait-il?

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Il est maintenant reconnu qu’al-Qaïda aide l’opposition syrienne

 

Par GeantVert



 

La “Guerre au terrorisme” a changé, et pas un Américain sur 1000 ne l’a remarqué : nous combattons désormais aux côtés d’al-Qaïda


Paru sur le Washington’s Blog, le 31 juillet 2012

Traduit de l’anglais par GV pour ReOpenNews

 

Ce que vous devez savoir sur ce revirement impensable…

Dans le roman de George Orwell, 1984, le pays dénommé Océania est en guerre contre l’Eurasia depuis des années.

Océania change soudain de camp, désigne l’Eastasia comme son ennemi mortel et fait de l’Eurasia son nouvel allié.

Le gouvernement utilise la propagande pour convaincre le peuple que « Nous avons toujours été en guerre contre l’Eastasia. » Le peuple abruti ne remarque même pas qu’ils ont changé de camp et se rallie aveuglément à l’Eurasia qu’il considère comme son allié historique.

La même chose se produit dans le monde réel avec "al-Qaïda".

Les gouvernements occidentaux et les médias "mainstream" ont admis le fait qu’al-Qaïda combattait contre le gouvernement syrien, et que l’Occident soutenait l’opposition en Syrie… quicollabore avec al-Qaïda.

De la même façon, l’opposition qui a renversé Kadhafi en Libye était essentiellement issue d’al-Qaïda… et elle semble maintenant avoir pris le contrôle du pays (et ses éléments sont essentiels dans les combats en cours en Syrie).

Les USA financent également des groupes terroristes sur le sol iranien.

monde,états-unis,guerre à la terreur,vous ne l’avez pas remarqué mais al-qaïda est maintenant notre a,l'afghanistan,la somalie,la bosnie,le kosovo,la libye,otan,fbi,cia,19 septembre 2001,syrie,armée syrienne libre,l’eastasia,l’eurasiaMais bien sûr, al-Qaïda a été accusée pour les attentats du 11-Septembre, et cette décennie de "guerre au terrorisme" a consisté à éradiquer al-Qaïda et ses groupes affiliés.

Par conséquent, le fait que nous considérions maintenant les combattants d’al-Qaïda comme nos alliés, quelle que soit la forme que cela prenne, est une chose tout à fait orwellienne.

Rappelez-vous, le conseiller à la Sécurité nationale de Jimmy Carter l’avait admis sur CNN, nous avons formé et soutenu Ben Laden et les autres chefs d’al-Qaïda dans les années 1970 afin d’aller combattre les Soviétiques. (Il a aussi déclaré devant le Sénat en 2007 que la guerre à la terreur était "un conte mythique historique").

Et, comme le professeur en stratégie au Collège naval, ex-analyste de la NSA et officier de contreterrorisme John Schindler l’a écrit, les USA ont soutenu Ben Laden et d’autres terroristes d’al-Qaïda en Bosnie. [Se référer aussi au livre ci-contre, en français - NdT]

Mais évidemment, nous avons perdu le contrôle et ils se sont retournés contre nous… et ensuite il nous a fallu des années pour chasser et finalement abattre Ben Laden. OK ?

Peut-être bien. Toutefois :

- L’officier en chef chargé de la capture de Ben Laden durant l’invasion de l’Afghanistan a affirmé que les USA avaient laissé celui-ci s’échapper d’Afghanistan.

monde,états-unis,guerre à la terreur,vous ne l’avez pas remarqué mais al-qaïda est maintenant notre a,l'afghanistan,la somalie,la bosnie,le kosovo,la libye,otan,fbi,cia,19 septembre 2001,syrie,armée syrienne libre,l’eastasia,l’eurasia- Un colonel à la retraite et les analystes militaires de Fox News ont déclaré : « Nous savons, avec 70% de certitude – ce qui est énorme en matière de Renseignement – qu’en août 2007, Ben Laden était dans un convoi se dirigeant le sud de Tora-Bora. Nous avions la cible dans nos caméras, à travers nos satellites. Nous écoutions ses conversations. Nous avions la meilleure équipe de chasseurs/tueurs au monde – la Seal Team 6 – dans les parages. Et nous avions le très efficace Commandement conjoint des armées (JSOC, pour Joint Special Operations Command) qui collaborait avec la CIA et d’autres agences. Nous avions des drones sans pilotes chargés de missiles sous leurs ailes ; nous avions les meilleures forces aériennes de toute la planète, n’attendant qu’une chose, envoyer une bombe sur la tête des terroristes. Nous l’avions dans notre viseur ; Nous l’aurions eu à tous les coups… Mais de façon incroyable, et à mon avis, criminelle, nous n’avons pas abattu Ben Laden. »

- Des soldats français insistent pour dire qu’ils auraient pu facilement capturer ou tuer Ben Laden, mais que le commandement américain les en a empêchés.

- Un membre du Congrès américain affirme que l’administration Bush a intentionnellement laissé s’échapper Ben Laden de manière à justifier la guerre en Irak.

Mais les magouilles avaient commencé bien avant le 11-septembre :

- L’enquête conjointe du Congrès sur le 11/9 a découvert qu’un informateur du FBI avait accueilli et loué un appartement à deux des pirates de l’air en 2000, et que, lorsque l’enquête a demandé à interroger cet informateur, le FBI a refusé tout net, et l’a caché dans un lieu secret, et qu’un haut-responsable du FBI a déclaré que ces manœuvres de dissimulation étaient menées suite à des ordres émanant directement de la Maison Blanche (ce qui est confirmé ici par le coprésident de l’enquête conjointe et ex-chef du Comité du Renseignement au Sénat, Bob Graham ; et lisez aussi cet article de Newsweek).

monde,états-unis,guerre à la terreur,vous ne l’avez pas remarqué mais al-qaïda est maintenant notre a,l'afghanistan,la somalie,la bosnie,le kosovo,la libye,otan,fbi,cia,19 septembre 2001,syrie,armée syrienne libre,l’eastasia,l’eurasia- Les attentats contre les Tours Jumelles à l’aide d’avion étaient prévus depuis des années, mais les USA n’ont rien fait pour les empêcher.

- Non seulement le gouvernement écoutait les conversations de Ben Laden, mais ils connaissaient les plans des pirates de l’air de leur bouche même.

- Un officier haut-gradé du renseignement militaire a déclaré que son unité – chargée de traquer Ben Laden avant le 11/9 – a été écartée de cette tâche, et que leurs avertissements comme quoi le World Trade Center et le Pentagone allaient être la cible d’attentats ont été ignorés.

- Plusieurs employés bien placés au département de la Défense ont affirmé que le gouvernement avait volontairement écarté leur témoignage sur la traque de Mohammed Atta avant le 11-Septembre.

- Un des formateurs d’al-Qaïda travaillait avec les Bérets verts et la CIA, et était un informateur du FBI.

- La CIA semble avoir aidé la plupart des pirates de l’air du 11/9 à obtenir un visa d’entrée aux USA.

Et aussi :

- D’après l’un des plus importants journaux français [Le Figaro - NdT], des agents de la CIAont rencontré Ben Laden deux mois avant le 11/9, alors que celui-ci était recherché pour l’attentat contre l’USS Cole.

- Sibel Edmonds – une ancienne traductrice du FBI, jugée extrêmement crédible par l’Inspecteur général du département de la Justice et plusieurs sénateurs – affirme qu’Oussama Ben Laden travaillait pour les USA pratiquement jusqu’au jour du 11 septembre 2001, et que ce fait est tenu caché, tout simplement parce que les USA sous-traitent les opérations de terrorisme à al-Qaïda et aux talibans depuis de nombreuses années.

Nous avons toujours été en guerre avec l’Eastasia…


 

Source: REOPEN911

LE DOGME DE L’INFAILLIBILITE DEMOCRATIQUE

côte d'ivoire,le dogme de l'infaillibilité démocratique,guillaume de rouville,le grand soir

 

Excellent article, à lire absolument. Bonne lecture!

 

Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntesd’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire(Irak, Soudan, Libye).

Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.

L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, du Guardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.

Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraires au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.

Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseurs du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelle les Atlantistes.

Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.

Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.

Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’il ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations, voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.


Guillaume de Rouville, in LE GRAND SOIR

Auteur de "La Démocratie ambiguë", Éditions Cheap, juillet 2012


A lire également sur le croustillant site L'IDIOT DU VILLAGE


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 07 août 2012

SYRIE: DEMASQUE, LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES S'ENFUIT

 

RIAD HIJAB - EX PREMIER MINISTRE SYRIEN.jpg

 

Se sentant démasqué, le président du Conseil des ministres syriens, Riad Hijab, a été exfiltré par l’OTAN vers le Liban, dimanche 5 août 2012.

L’agence de presse nationale syrienne (SANA) n’a pas rendu compte de l’événement, se contentant de signaler qu’il avait été « démis de ses fonctions ».

La Syrie étant un régime présidentiel (comme les États-Unis), les ministres sont nommés directement par le président de la République et cette vacance n’a pas d’incidence sur le reste du gouvernement. Le président Bachar el-Assad a demandé à l’un des quatre vice-présidents du Conseil, Omar Ghalawanji, d’exercer les fonctions de président du Conseil des ministres.

Le chef de l’Armée syrienne libre a annoncé que M. Hijab avait fait défection avec d’autres ministres. La télévision syrienne a montré des images panoramiques de la réunion du Conseil des ministres sous la présidence d’Omar Ghalawanji afin que chacun puisse constater que nul ne manque à l’appel. En outre, le ministre des Biens cultuels –dont le nom avait été cité par une agence de presse- a fait une déclaration à la télévision sur un sujet secondaire afin de mettre un terme aux rumeurs de la presse occidentale le concernant.

La trahison de Riad Hijab est la première d’importance depuis le début de la crise. Selon son porte-parole, Mohamed Otri, qui s’est exprimé depuis la Jordanie, M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres, il y a six semaines, le 23 juin.

Le président du Conseil des ministres coordonne la mise en œuvre de la politique intérieure, mais n’a aucun pouvoir en matière de Politique étrangère et de Défense, « domaines réservés » du président de la République.

Comme dans le système constitutionnel états-unien, les principaux pouvoirs de nomination reviennent au président de la République. Le président du Conseil des ministres n’a donc pas pu placer des hommes à lui à des postes stratégiques de l’État.

À ce stade de l’enquête, il semble que l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », qui a échoué, devait consister en un coup d’État militaire auquel Riad Hijab aurait donné une onction civile. Washington et ses alliés pensaient qu’après la décapitation du commandement militaire (attentat du 18 juillet), des généraux et leurs régiments s’empareraient du pouvoir avec l’aide des mercenaires entrant depuis la Jordanie, puis ils l’auraient remis dans les mains de M. Hijab. Le département d’État aurait alors applaudi à la victoire de la « démocratie ».

On ignore à quel moment les services de sécurité ont commencé à douter de la loyauté du président du Conseil des ministres. Celui-ci n’avait pas été inquiété et participait encore hier à une inauguration officielle, mais il avait évité de retourner à son bureau depuis deux jours.

Bien qu’ayant exercé des fonctions au sein du Baas, Riad Hijab était un technocrate, pas un leader politique. Ancien préfet de Lattaquié, jouissant d’une excellente réputation d’administrateur, il avait été nommé ministre de l’Agriculture, puis président du Conseil des ministres parce que n’étant pas lié à un courant politique, il semblait plus apte que d’autres à œuvrer à l’unité nationale. C’est le contraire qui s’est produit. N’étant lié à aucun groupe, il a pu changer de bord sans être retenu par un engagement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a souligné que -à la différence de l’Arabie saoudite- la Syrie est un État, et que la disparition d’un homme ne peut affecter la marche de l’État.

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

dimanche, 05 août 2012

COMMENT 30 ANS DE LIBERALISME ONT DETRUIT NOS SOCIETES


BOURSE - FOULE DE TRADERS.jpg


La crise actuelle est partie des "subprimes" mais il s'agit en fait d'une crise systémique qui aurait eu lieu de toute façon car elle est l'aboutissement de 30 ans de déséquilibres profonds créés par le libéralisme, ou plus exactement l'ultralibéralisme, cette idéologie fabriquée sur mesure par les élites économiques pour servir leurs intérêts et satisfaire leur avidité sans limite.

Le libéralisme avait déjà été appliqué dans les années 20, avec notamment une dérèglementation du secteur bancaire. Il en a résulté la crise de 1929 et la grande dépression qui a suivi et dont le monde n'est sorti que "grâce" à la guerre.

Suite au désastre qu'il avait engendré, le libéralisme avait été mis au placard, remplacé par le keynésianisme, c'est à dire une intervention régulatrice et stimulatrice des états dans l'économie.

FRIEDRICH VON HAYEK.jpgMais dès la fin de la seconde guerre mondiale, un groupe de personnes inspirées et réunies par Friedrich von Hayek (le pape de l'ultra-libéralisme, en photo ci-contre) ont fondé la "Société du Mont-Pèlerin", un club de réflexion dont le but était de convertir à nouveau les états au libéralisme.

36 personnalités étaient présentes lors de la première conférence le 10 avril 1947, dont Hayek bien sûr, Milton Friedman (prix Nobel d'économie et l'un des principaux théoriciens du libéralisme), Karl Popper, Maurice Allais, et Bertrand de Jouvenel(politicologue et économiste libéral, controversé pour son passé pendant l'occupation et son interview complaisante d'Adolf Hitler en 1936, il est aussi le fondateur du think tank de prospective "Futuribles").

Pour promouvoir l'idéologie libérale et la diffuser dans les cercles dirigeants, les membres de la Société du Mont Pélerin ont fondé une centaine d'autres think tanks et réseaux d'influence, comme la Heritage Foundation, le Cato Institute ou le Manhattan Institute.

Leur stratégie a atteint son but dans les années 80 avec l'arrivée au pouvoir de personnalités politiques entièrement acquises au libéralisme, en particulier Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Dès lors, les états ont progressivement abdiqué de leur pouvoir au bénéfice des multinationales et des banques. Ils ont privatisé et déréglementé massivement l'économie, en faisant disparaitre la quasi totalité des contraintes et des contrôles, laissant se développer les paradis fiscaux afin de faciliter l'évasion fiscale, et permettant aux grandes entreprises et aux plus fortunés d'échapper presque totalement à l'impôt. Les états se sont également désengagés de l'économie, abandonnant toute politique industrielle, cessant de préparer le long-terme, et privatisant tout ce qui pouvait devenir une source de profit pour le secteur privé, détruisant ou abandonnant les services publics.

Parmi les mesures inspirées par le libéralisme, il y eut en particulier la dérégulation du système bancaire aux Etats-Unis où l'administration Clinton avait supprimé le garde-fou mis en place par Roosevelt suite à la crise de 1929 pour interdire aux banques de dépot d'être en même temps des "banques d'investissement", c'est à dire de spéculer en bourse avec l'argent des déposants.

Mais la mesure clé a été la suppression des barrières douanières et du contrôle des changes. C'est ce qui a rendu possible la "mondialisation", c'est à dire la libre circulation des marchandises et des capitaux, permettant aux entreprises de "délocaliser" pour exploiter la main d'oeuvre à bas coût dans les pays du tiers-monde, et augmenter ainsi la concurrence sur un marché du travail désormais mondialisé lui aussi.

Cela a été possible grâce à la complicité des dirigeants de droite et de gauche, du fait de leur liens avec les multinationales et les banques, directement ou à travers les think tanks ou "clubs de réflexion" où se retrouvent l'élite des pouvoirs financiers, économiques, politiques et médiatiques.

Les délocalisations massives qui s'en sont suivi ont provoqué la désindustrialisation des pays occidentaux et un appauvrissement sans précédent de la population ordinaire, au point de faire disparaître les classes moyennes par le chomage, la précarité généralisée et la baisse des salaires réels. Dans le même temps, les délocalisations favorisaient l'essor spectaculaire de la Chine et quelques autres "pays émergents" où se concentraient les délocalisations, bouleversant au passage les équilibres géopolitiques.

Mais pendant qu'une majorité de la population s'est appauvrissait, la minorité bénéficiaire de la mondialisation s'enrichissait, dont une extrême minorité de façon astronomique, ce qui permettait à des statistiques en trompe-l'oeil d'afficher une hausse moyenne des revenus de 2% par an.

L'effondrement du pouvoir d'achat des classes moyennes est la véritable cause de la dépression économique actuelle dont la "crise des subprimes" n'a été que le déclencheur.

Une hyper inflation masquée

La baisse des salaires réels est aussi le résultat d'une hyper inflation, elle aussi masquée dans des statistiques officielles dont les produits de référence ne sont pas du tout représentatifs des dépenses ordinaires d'un ménage. Cette hyper inflation résulte de la baisse de la valeur intrinsèque de la monnaie, du fait de la monnaie créée en excès par les banques et les marchés financiers. En transformant les variations boursières en profit, les "investisseurs" créent de la monnaie sans contrepartie en biens nouveaux dans l'économie réelle. C'est ce qui crée l'inflation, car chaque dollar ou chaque euro correspond à une fraction plus petite des biens disponibles. C'est ainsi que se sont envolés les prix du logement, de l'alimentation et de l'énergie (les 3 biens réels les plus essentiels), une hausse amplifiée par la spéculation immobilière et la spéculation boursière sur les matières premières industrielles et agricoles. 

Cette spéculation qui a attisé l'inflation est elle-même le résultat de l'excès d'enrichissement des plus riches. Car ceux qui ont déjà tout placent leurs masses de capitaux en excès sur les marchés financiers et dans l'immobilier, créant des "oscillations destructrices" et des bulles spéculatives qui explosent en faisant à chaque fois des dégâts dans l'économie réelle.

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Les causes de la crise financière

Conformément aux commandements de l'idéologie libérale, les états avaient laissé se développer sans aucun contrôle le marché des "produits dérivés", ces titres financiers complexes qui permettent de démultiplier les variations boursières, à la hausse comme à la baisse, grâce à des "effets de levier" cumulés pouvant atteindre 100 (en clair, permettant de jouer 100 millions en bourse avec un capital de seulement 1 million). En seulement 15 ans après leur création au début des anées 1990, les produits dérivés ont pu se développer sans aucun controle, jusqu'à atteindre le montant astronomique de 683.000 milliards de dollars en 2008. A elles toutes seules, les banques Citigroup et Bank of America détiennent chacune 17.500 milliards en produits dérivés, dont une part importante a perdu toute valeur mais reste inscrite dans les bilans à la valeur d'achat, dissimulant ainsi des pertes abyssales.

Ce sont les effets de levier des produits dérivés qui expliquent comment les banques ont pu perdre des dizaines de milliards au point de se retrouver en faillite.

Parmi ces produits dérivés, il y avait les fameux "subprimes", des emprunts immobiliers titrisés qui transféraient des banques vers les acheteurs de titres le risque de non remboursement. De plus, la collusion entre les banques et les agences de notation chargées d'évaluer les risques a conduit à leur sous-estimation délibérée.

La phase finale de la crise financière

Les banques et les assurances ont joué au casino boursier des sommes colossales qu'elles ne possédaient pas, et elles ont perdu.

Dans un premier temps, les pertes ont été transférés aux états, selon le principe du libéralisme qui consiste à privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes. 

Les états ne disposant pas réellement de l'argent qu'ils avaient prêté aux banques, ils l'ont emprunté... aux banques, celles-ci ayant le pouvoir de créer de la monnaie par le simple fait de prêter de l'argent (voir le film "L'argent-dette" de Paul Grignon).

Le renflouement des banques ainsi que la baisse des recettes fiscales (du fait de la crise) ont fait exploser la dette publique des pays occidentaux, alors qu'elle avait été préalablement creusée par la désindustrialisation, la baisse des revenus (causée par la stagnation des salaires, le chômage et la précarité), l'effondrement de la consommation, l'évasion fiscale et les allègements d'impôts pour les riches et les grandes entreprises.

La plupart des pays occidentaux sont maintenant au bord de la faillite, avec des niveaux d'endettement de près de 100% du PIB, voire davantage.

Le transfert des pertes des banques sur des états déjà affaiblis n'était pas tenable très longtemps. C'est pourquoi nous en arrivons aujourd'hui à la phase finale du grand hold-up: le transfert des pertes bancaires vers les citoyens de base.

Les uns après les autres, les gouvernements de droite et de gauche sont en train d'adopter des plans "d'austérité" qui vont diminuer les revenus et les prestations sociales (retraites, allocations chômage, systèmes d'assurance maladie) tout en augmentant les impots et les taxes. On peut aussi prévoir que la crise servira de prétexte à finir de privatiser ce qui peut encore l'être, principalement dans les secteurs encore publics et semi-publics (énergie, poste, santé, éducation, justice, police, forces armées...).

Le libéralisme a sappé la démocratie, ruiné les classes moyennes, abandonné les citoyens au bon vouloir des multinationales, et transformé les ex pays riches en "pays en voie de sous-développement". Au final, le libéralisme aura entièrement détruit nos sociétés par l'anéantissement des états-nations et l'explosion des inégalités, nous faisant revenir aux conditions sociales du Moyen-Age avec une minorité de très riches et la misère pour le plus grand nombre.



En complément à cet article...

MAURICE ALLAIS.jpg- Maurice Allais était un membre fondateur de la Société du Mont Pélerin. Agé de 99 ans, il prend aujourd'hui position contre l'ultra-libéralisme. Dans "Réalités industrielles", une revue publiée par le ministère des finances, le seul français à avoir reçu le prix Nobel d'économie écrit: "Le libéralisme ne saurait être un laisser faire". Il dénonce les responsabilités du système né de "la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international". "Nous avons été conduits à l’abîme par des affirmations économiques constamment répétées, mais non prouvées. Par un matraquage incessant, nous étions mis face à des vérités établies, des tabous indiscutés, des préjugés admis sans discussion. Cette doctrine affirmait comme une vérité scientifique un lien entre l’absence de régulation et une allocation optimale des ressources. Au lieu de vérité il y a eu, au contraire, dans tout ceci, une profonde ignorance et une idéologie simplificatrice. (...)

L’enjeu capital actuel est le risque d’une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises. Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne. Un écart de salaire élevé, aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple, n’est pas supportable sur le long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé. (...) Cela ne veut pas dire que j’oppose entre elles ces différentes régions, qui me semblent toutes des victimes actuelles ou à venir du libre-échangisme voulu par l’OMC, le FMI et par Bruxelles en ce qui concerne l’Europe."

Voir l'article "Maurice Allais flingue le néo-libéralisme dans une revue financée par Bercy"


- A lire sur Agora Vox, "Les mauvaises raisons de la supériorité chinoise"

Extrait: "Sur la question du déficit commercial, rappelons cette simple donnée: alors que le déficit commercial de l’UE avec la Chine était déjà de 33 milliards d’euros en 1999, il atteignait 7 ans plus tard 131 milliard? 400 % de hausse ! On trouvait alors le chiffre énorme, impensable, inacceptable... Oui, mais voilà: en 2008, il bondissait à 170 milliards ! Et on sait déjà que le chiffre pour 2010 sera encore pire. (...) La situation est donc claire: dans un marché totalement dérégulé, tel qu’il existe aujourd’hui, il est presque impossible de fabriquer sur le sol européen des produits manufacturés de grande consommation. Seuls les Allemands y parviennent encore, dans certaines conditions et dans certains secteurs. La concurrence des produits chinois est irrésistible. Ce qui est vrai pour l’Europe l’est aussi pour les Etats-Unis, qui offrent sans doute le cas le plus caricatural de cette évolution délétère. La concurrence chinoise nous tue. Toutefois Alain Minc sera content: nous mourrons guéris."

- A voir, "Le capitalisme depuis 1975" est un documentaire de Jean Druon (réalisateur de "Alerte à Babylone") sur la totale victoire idéologique du libéralisme et la façon dont il a pris le pouvoir dans le monde, avec notamment une interviews de Milton Friedman réalisée au Mont Pélerin près de Genève, lors d'une réunion de la société du même nom...
voir le film

- A voir également, "Le malheur est dans le prêt", documentaire à propos d'un système financier devenu fou...
voir le film

Pour finir en musique cette série d'articles sur le nouvel ordre économique et en prélude à une session d'été plus légère, le clip d'Alain Souchon, "Parachute doré"...


http://www.youtube.com/watch?v=fweOwiwTNKA

 

Source: SYTI.NET

CRISE ALIMENTAIRE AU BURKINA FASO: «DES PAYSANS SE NOURRISSENT EXCLUSIVEMENT DE FEUILLES D’ARBRES»

 

 

BURKINA FASO - CRISE ALIMENTAIRE 1.jpg

Une femme ramasse des feuilles pour nourrir sa famille dans la région de Kaya (Burkina Faso). Photo : Neal Mann qui a lancé #hiddencrisis et poste régulièrement des photos sur son compte Twitter @fieldproducer sur la famine au Mali. 

 

 

Après s’être taillé une fortune colossale tirée de trafics de toutes sortes (notamment de diamant sierra-leonais, de cacao ivoirien et d’armes), de coups d’Etat et de guerres sous-régionales, Blaise Compaoré, le chef de l'Etat burkinabé, laisse son peuple mourir de faim, incapable de lui faire bénéficier du fruit de sa rapine. Pas étonnant que les ressortissants burkinabé envahissent et colonisent l’Ouest de la Côte d’Ivoire, kalashnikov au poing.

A la fin de la lecture de ce reportage des observateurs de France 24, vous aurez compris pourquoi, pour un régime de banane coupé dans le champ d’un burkinabé à Sanégourifla, dans le département de Sinfra en Côte d’Ivoire, des burkinabé, chasseurs traditionnels Dozos, ont tué à bout portant 3 personnes. Une dizaine d’autochtones luttent contre la mort dans les hôpitaux de Sinfra et de Yamoussoukro. Que DIEU garde les survivants de cette nouvelle tragédie sous le régime Ouattara ! Bonne lecture !


Comme une grande partie de la région sahélienne, le nord du Burkina Faso doit faire face depuis plusieurs mois à une importante crise alimentaire, conséquence de la mauvaise récolte de cette année. Une situation qui pousse les familles paysannes sur les routes, et en oblige certaines à se nourrir exclusivement de feuilles d’arbres. 

Selon les autorités burkinabè, le bilan céréalier national brut de 2011/2012 est déficitaire de plus de 150.000 tonnes. Cent soixante-dix communes rurales, essentiellement dans le nord du pays, ont été déclarées zones à risque d’insécurité alimentaire, soit six fois plus que l’année précédente.

Au Sahel, où les céréales comme le mil, le maïs ou le riz sont la base de l’alimentation, les mauvaises récoltes de l’automne 2011, dues notamment à la sécheresse, affectent plus de 16 millions de personnes. Et plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans se trouvent actuellement en situation de malnutrition "sévère" dans la région.  

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Un arbre dont les feuilles ont été quasiment toutes arrachées dans le village de Kambaogo.  Photo :@Rosiechilds de l'organisation Save the Children actuellement en mission dans le région de Kaya au nord de Ouagadougou. 

 

CONTRIBUTEURS

Barnabé ouéder

"Les paysans qui ont la chance d’avoir un peu de bétail sont en train de vendre leurs bêtes pour quelques kilos de riz"


Barnabé Ouédraogo vit à Kaya, capitale de la région centre-nord. Il est enseignant et travaille dans une association d’aide aux enfants déscolarisés. 

 

En tant que fils de cultivateur, je me souviens d’années très difficiles, mais cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu une situation aussi critique. Avec la disette, le prix du sac de maïs est passé de 12.500 francs CFA [19 euros] à 22.500 francs CFA [34 euros] en quelques mois. Les villageois viennent de plus en plus nombreux à Kaya pour essayer de trouver de la nourriture. Récemment, une grande vente à prix réduit a été organisée dans la ville par les autorités municipales. Les paysans ont commencé à faire la queue en pleine nuit et sont restés, pour certains, toute la journée suivante, sous un soleil de plomb, pour repartir avec un unique sac de riz. Il n’y en avait même pas pour tout le monde. Ces initiatives ont eu lieu dans plusieurs communes, mais l’impact est quasiment insignifiant au vu de l’ampleur de la crise.

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Des femmes font la queue devant un centre de santé. Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter @fieldproducer.


"Il arrive que certains se trompent ou, poussés par la faim, mangent des feuilles non comestibles"

Les paysans qui ont la chance d’avoir un peu de bétail sont contraints de vendre leurs bêtes contre quelques kilos de riz. Les autres font avec ce qu’ils trouvent et notamment les arbres, dont ils récoltent les feuilles. S’il leur reste un peu de riz, ils mettent les feuilles dedans et en font une bouillie. Ça permet d’augmenter la quantité de nourriture tout en économisant un peu de céréales. Certaines feuilles font déjà partie de l'alimentation des Burkinabés, mais  en ce moment certains en sont réduits à se nourrir uniquement de  ça, ce qui provoque inévitablement des maladies, notamment diarrhéiques. Il arrive aussi qu’ils se trompent ou, poussés par la faim, mangent des feuilles non comestibles.

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Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter @fieldproducer.


Moi, j’ai la chance d’avoir des revenus qui me permettent de subvenir aux besoins de ma famille. Et j’essaie d’aider ceux qui m’entourent, mais vous savez personne n’est à l’abri. On fait tout notre possible mais comme on dit ici, aider neuf personnes et vous devenez le dixième pauvre.

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Photo : @Rosiechilds de l'organisation Save the Children actuellement en mission dans le région de Kaya au nord de Ouagadougou.

 

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Une femme pile des grains de sorgho. Photo : Neal Mann postées sur son compte Twitter@fieldproducer.

 

 

Source: LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24

samedi, 04 août 2012

SYRIE: IL FAUT JUGER MERKEL, OBAMA, HOLLANDE ET CAMERON POUR APOLOGIE DU TERRORISME

 

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Avec la morgue habituelle, les eulogies perpétuelles pour soutenir des rebellions ailleurs, ce qu’elles ne feront jamais chez elles, les ONG sont alarmistes et n’arrivent surtout pas à dire la vérité puisqu’elles dépendent en grande partie des pays qui veulent la destruction de la Syrie. Vous avez dit “amis de la Syrie ?” Jusqu’à 30.000 Syriens ont fui au Liban durant les dernières 48 heures, a déclaré hier, vendredi 20 juillet à… Genève la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). DE vrais yeux de lynx depuis la Suisse. Quant à la Croix-Rouge, elle fait état de 18.000 réfugiés. Cherchez l’erreur !

Très intérressant. Ces chiffres étonnent et détonnent. La contradiction, avec cet écart conséquent est un indicateur sur la falsification générale relative à ce conflit qui prend une dimension morbide avec la non-condamnation des attentats perpétrés par Al Qaïda. le Qatar, via sa chaîne de désinformation mondiale Al-Jazeera soutient les terroristes syriens médiatiquement, mais aussi financièrement, matériellement et militairement, avec la bénédiction du quatuor Obama-Hollande-Merkel-Cameron. Nous nous taisons en Europe mais ne sommes pas à l’abri de grosses surprises car, ces lâches se retournent toujours contre leurs maîtres. On sait ce qu’il est advenu des talibans créés de toutes pièces pour combattre la Russie en Afghanistan.

Oui, il faut juger Merkel, Obama, Hollande et Cameron pour apologie du terrorisme. Ce quatuor approuve le terrorisme international dans la mesure où, aujourd’hui, ceux qui combattent en Syrie ne sont pas des enfants de coeur. Ce sont des djihadistes rompus au maniement des armes. Ils viennent d’Irak, de Libye ou encore d’Afghanistan. Hélas, qui peut engager des procédures contre ces nouveaux désinformateurs juges et parties ? 120.000 réfugiés syriens se trouvent en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, nous dit-on. Savez-vous combien de réfugiés libyens se retrouvent éparpillés dans le monde ?

Les dirigeants occidentaux sont nus. L’incohérence de leur combat contre le “terrorisme islamique” selon la formule consacrée a pris une sacré ride en Syrie. Leur discours se révèle être à géométrie variable. Eux, qui disent être inflexibles, intransigeants et contre toute forme de terrorisme l’approuve honteusement en Syrie. Mais bien sûr, quand ça touche d’autres pays, notamment la Syrie, ils sont affables, compréhensifs voire bienveillants. Et que fait le peuple de France, des Etats-Unis et autres ? Rien. Une association de baltringues, de pleutres,  de voyous et d’hypocrites qui se taisent, dictés par leur ethno-centrisme abscons. C’est simplement du racisme.

Il faut néanmoins ajouter dans ce quatuor, les affreux souverains du Qatar et d’Arabie Saoudite, qui financent le terrorisme. N’a-t-on pas dit que Seif Al-Islam finançait le terrorisme en recrutant des terroristes et des mercenaires ? Où est donc la CPI quand ils s’agit des personnes qui sont mentionnées dans ce texte ?

Pas de justice, pas de paix !


 

COUR PENALE INTERNATIONALE: ZONES D'ESPOIR

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L’audience de confirmation des charges censée mettre formellement en accusation le président Laurent Gbagbo, qui fait l’objet d’une inique déportation à La Haye, a connu, hier encore, un deuxième coup d’arrêt. Selon le communiqué officiel publié par la cour pénale internationale, « la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de reporter l’audience de confirmation des charges dans l’affaire à l’encontre de Laurent Gbagbo jusqu’à ce que l’évaluation médicale de son aptitude à y participer soit faite ». A la demande de la Défense, la Chambre avait, le 26 juin 2012, désigné trois experts médicaux pour procéder à un examen médical du président  Gbagbo à l’effet  d’évaluer son aptitude à participer à la procédure portée contre lui. « Les rapports médicaux confidentiels ont étés communiqués le 19 juillet. Dans sa décision du 2 août, la Chambre a ordonné au Procureur et à la Défense de soumettre leurs observations sur les rapports médicaux, respectivement, les 13 et 21 août. Au vu de l’importance de cette question, la Chambre a reporté l’audience de confirmation des charges jusqu’à ce que cette question soit tranchée », stipule le communiqué. Donc, tout va bien ; on est encore dans la routine du tribunal international qui joue notamment sur les nerfs des millions d’Ivoiriens et de démocrates Africains qui espèrent que le droit soit dit et que la vérité soit enfin sue sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire..

Cela dit, le contexte international mérite qu’on s’y attarde. Il a été notamment marqué par la tournée sino-européenne du chef de l’Etat ivoirien et par l’étape française au terme de laquelle Ouattara a eu un entretien de 75 minutes avec le président Hollande  à l’Elysée. Même si Alassane Ouattara ne veut en retenir que la cérémonie de signature officielle de l’annulation d’une partie de la dette ivoirienne, conformément aux promesses du ppte, et le fait de retrouver un partenaire commercial idéologique en dépit des changements majeurs intervenus en France, la diplomatie française n’a pas su user des circonlocutions habituelles pour masquer les exigences hexagonales en matière de réconciliation nationale. Ouattara, selon d’ailleurs ce que lui rappelle depuis hier l’universitaire Michel Galy, avait promis, à cette occasion, à François Hollande de libérer les prisonniers politiques. Mais aussi de mettre en place un gouvernement d’union nationale devant enclencher la réconciliation nationale. Et assurer la stabilité et la sécurité dans le pays.  Après les tueries de Duékoué et l’échec du désarmement qui a fait exploser toutes les statistiques de l’insécurité en Côte d’Ivoire, Ouattara ne peut  plus continuer à botter en touche. Ses propres soutiens n’en n’ont plus le temps et sont désormais d’avis qu’aucune réconciliation ne peut être possible sans Gbagbo.

Mais Ouattara comprend aussi sur le tard que la déportation de la quasi-totalité de la direction du FPI dans les goulags du nord n’a pas eu pour effet d’émietter la chaîne de commandement du parti et que les cadres du front populaire ivoirien ont continué à  voir en  Laurent Gbagbo leur unique chef. C’est donc dans ce contexte qu’intervient le deuxième report de l’audience de confirmation. Soit quelques jours seulement après l’intervention musclée de la nouvelle présidence de la commission de l’Union Africaine contre la CPI. L’opinion africaine ne supporte plus la position presqu’idéologique de la CPI qui semble destinée à juger les chefs d’Etat africains. Les aventures meurtrières de Georges Bush en Iraq, Nicolas Sarkozy et Barack Obama en Libye et en Côte d’Ivoire, où leurs avions ont semé la mort, n’ont pas l’air d’intéresser les juges de la CPI. En revanche, la CPI continue de demander aux chefs d’Etat Africains à coopérer pour l’arrestation puis le transfèrement d’Omar Al Béchir sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par ses soins. La position de la sud-africaine Dlamini Zuma rejoint largement l’opinion répandue parmi les chefs d’Etats africains.

C’est certainement l’ensemble de ces soutiens qui portent leurs fruits. A priori, on devrait aller vers une libération conditionnelle du président Gbagbo parce que les conditions de sa détention à Korhogo sont aujourd’hui admises comme celle d’une torture physique et morale. Il faudrait alors lui donner le temps de se soigner avant de répondre à une autre convocation. Mais au plan technique, l’absence d’auteurs à la barre de la CPI rend illusoire toute compréhension de ce qui s’est passé pendant la crise postélectorale. Dans les deux cas, il devient presque difficile de juger l’ivoirien. Surtout que sa détention n’a toujours pas apporté un début de paix et de réconciliation. Bien au contraire. A lundi peut-être, n’est-ce pas ?

                                                                                                                                                      

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" des samedi 4 et dimanche 5 août 2012.

jeudi, 02 août 2012

APRES LA COTE D'IVOIRE ET LE MALI, C'EST A PRESENT AU TOUR DU BURKINA FASO DE CONNAITRE LA GUERRE, SELON UN DIPLOMATE FRANÇAIS


 

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Burkina Faso, prochain pays dans la tourmente!


Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso... Un responsable du Quai d'Orsay fait des révélations.

 

Laurent Bigot, sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest au ministère des Affaires Etrangères (au Quai d’Orsay) de France, a fait de graves révélations, le 2 juillet dernier lors d’un colloque sur la crise au Sahel à l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’intervention du diplomate français à ce colloque censé restreint a fini par atterrir dans le «domaine public». Nous vous proposons quelques extraits d’un speech de vérité !

Le Sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest du Quai d’Orsay, Laurent Bigot, dans son intervention «à titre personnel», préciset-il, plante le décor de la situation latente qui prévalait depuis une dizaine d’années au Mali, avec sa «démocratie de façade». Et ne manque pas dans son développement de relever la cruelle injustice dont a été l’objet le président Laurent Gbagbo à l’occasion de la crise dite post-électorale. Selon lui, c’est l’ex-président malien, Alpha Omar Konaré qui avait décidé de ce que Amani Toumani Touré fût président de la république après lui.

«C’est Alpha Oumar Konaré (le président sortant, ndlr) qui a décidé qu’Amadou Toumani Touré (ATT) deviendrait président en 2002. A l’issue du premier tour, ATT arrive en tête en 2002, avec une marge de 1% devant Soumaïla Cissé, dans un mouchoir de poche. Et la commission électorale annule 500.000 votes, environ 10% du corps électoral. Pour 300.000 votes de plus, on a déclenché le feu sur Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire l’année dernière. (…) Il y a eu des manipulations pour que ce soit Soumaïla Cissé et non Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui arrive en seconde position.

Des missions d’observation des élections étaient là, mais on s’est contenté des résultats. (…) En 2007, rebelote. ATT est élu dès le premier tour avec près de 70% des suffrages et un taux de participation de 30%, ce qui veut dire que 21% des électeurs maliens l’ont choisi. Cela fait une légitimité extrêmement faible. Et même sur ce scrutin, nous savions très bien que les fraudes ont été très importantes. C’est ça, la démocratie malienne», explique-t-il méthodiquement et magistralement dans son intervention.

Laurent Bigot glisse judicieusement le paradoxe ivoirien, avec l’injustice faite à Laurent Gbagbo pour montrer combien de fois le système peut être cynique. Concernant la crise malienne, il fait savoir que seule la façade est tombée. «Les déterminants de la crise étaient là depuis longtemps : corruption impliquant toutes les sphères, au plus haut niveau, jusqu’au palais présidentiel de Koulouba, une économie largement informelle (…), des trafics en tout genre», révèle le diplomate français. Qui juge sévèrement la classe politique malienne.

«C’est pathétique, le discours de la classe politique malienne est pathétique! Pas un homme ne sort du lot… Les deux tiers du territoire échappent à la souveraineté de l’Etat malien et on a une classe politique qui se bat encore pour entrer au gouvernement», fait savoir ce responsable au Quai d’Orsay. Le Burkina qui mène des médiations tout azimut dans la sous-région n’est pas élément étranger dans les dites crises. Notamment les crises ivoirienne et malienne. Il ne manque de relever, sur la base d’informations en sa possession, que le Burkina Faso pourrait être le prochain pays à s’écrouler. Le Burkina, «élément perturbateur dans la médiation qui a aggravé la crise au Mali» en imposant l’actuel gouvernement de transition, selon lui, pourrait être le prochain à s’effondrer.

Le Burkina, prochain pays à s’effondrer

«Ce n’est pas passé loin il y a un an (lors de la mutinerie des militaires, ndlr), ça peut tout à fait se reproduire. Il n’y a pas d’armée, pas de classe politique, une société civile plus ou moins organisée et surtout une économie en coupe réglée par le clan présidentiel, une corruption qui dépasse l’entendement, une implication dans les trafics de la sous-région jusqu’au proche entourage du président», dépeint-il la situation au pays dit des hommes intègres.

Faisant ainsi le procès du pays de Blaise Compaoré qui selon ses dires n’est pas loin de basculer. Il estime à juste titre pour lui donc que le Burkina Faso sera le prochain Etat à s’effondrer après le Mali. Une intervention du diplomate français qui continue de faire jaser. Surtout au pays des hommes intègres, où les autorités n’ont pas manqué récemment d’élever une protestation auprès de l’ambassadeur de France à Ouaga, le Général Emmanuel Beth.

 

Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

mercredi, 01 août 2012

QUAND LE MENSONGE ODIEUX LE DISPUTE A LA MECHANCETE DIABOLIQUE - A PROPOS DE SIMONE GBAGBO: LES CONTRE-VERITES DE OUATTARA

 

 

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Ouattara fait preuve de cynisme en parlant de Simone Gbagbo.

 

« Mme Gbagbo n’a jamais dit qu’elle se sent bien en prison à Odienné. Elle n’a pas non plus refusé d’être transférée à Abidjan pour des soins. Son état de santé est préoccupant, il faut donc se garder de dire des contrevérités à son endroit », a soutenu hier un des avocats de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire. Même son de cloche pour cette proche de Mme Simone Gbagbo qui précise : « Elle n’a jamais été saisie à ce propos. On ne lui a jamais demandé quoique ce soit ».

Ces réponses démontrent clairement que les affirmations du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, relativement à Mme Simone Gbagbo sont totalement contraires à la vérité. Ni les avocats, ni les proches de la prisonnière politique d’Odienné, nord de la Côte d’Ivoire, n’ont intérêt à mentir. D’autant qu’il s’agit de la vie d’une personne qui leur est chère. Par contre, c’est bien l’actuel régime ivoirien qui croirait trouver son sésame dans le mensonge cynique sur le sort injuste que subit Simone Gbagbo, victime de la Justice des vainqueurs appliquée par Alassane Ouattara, depuis son installation au pouvoir, en avril 2011.

Désarçonné par les révélations faites par le quotidien Notre Voie, dans son édition du vendredi 27 juillet 2012 (voir article plus bas, Ndlr), concernant le traitement dégradant et inhumain auquel il soumet Mme Gbagbo, depuis plus d’un an, Alassane Ouattara tente de se défendre en embouchant la trompette de la démagogie. « Oui, elle est bien traitée. Nous voulions lui proposer d’être transférée plus près d’Abidjan, mais elle a estimé que ça n’était pas nécessaire, qu’elle est bien là où elle est, dans le nord-ouest du pays », a-t-il affirmé dans une interview accordée récemment au quotidien français, Le Journal du Dimanche (Jdd). Cette déclaration de M. Ouattara suscite le commentaire suivant : Mme Gbagbo n’a jamais demandé à être arrêtée, brutalisée puis détenue à Odienné en isolement.

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Une Mme Gbagbo totalement amaigrie que Ouattara prétend se sentir bien à Odienné (Photo récente datant du 19 Mai 2012)


Cesont les forces armées pro-Ouattara appuyées de l’Onuci et l’armée française qui l’ont conduite là où elle est. C’est donc le régime Ouattara qui la détient prisonnière dans des conditions exécrables.

Comment une personne qui n’a pas demandé à être dans un mouroir peut-elle s’y sentir à l’aise au point de refuser d’en sortir ?

L’argument d’Alassane Ouattara est donc totalement inopérant. Selon des sources judiciaires concordantes, ce sont les avocats de Mme Gbagbo qui, au vu de l’état de santé critique de leur cliente, ont approché le juge d’instruction en charge du dossier de l’ex-Première dame pour émettre le souhait qu’elle soit transférée à Abidjan ou à Bonoua afin de bénéficier de soins médicaux.

Il y a quelques jours, l’avocat principal de Mme Gbagbo, Me Ciré Clédor Ly, a adressé un courrier de protestation au directeur de l’hôpital d’Odienné au sujet de la situation que vit sa cliente

 

Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du mardi 31 juillet 2012.


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Traitement inhumain et dégradant: Le régime d'Alassane Dramane Ouattara tue Simone Gbagbo à petit feu



Si Simone Gbagbo a échappé à la mort lors des bombardements français d’avril 2011, elle pourrait en revanche survivre difficilement à ses conditions de détention. « Notre cliente pourrait perdre la vie si rien n’est fait. Elle est dans des conditions de détention inacceptables. Elle meurt à petit feu. Au nom de la dignité humaine, il ne faut pas se taire sur tout cela ». L’un des avocats de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Mme Simone Ehivet Gbagbo, est formel : l’épouse du Président Laurent Gbagbo est en danger de mort. Détenue, en isolement total, depuis 16 mois dans un « goulag » du régime Ouattara à Odienné, nord du pays, Simone Gbagbo est soumise à un traitement dégradant et inhumain qui risque de lui être fatal. « Elle a même des difficultés pour se déplacer », précise-t-il. 

En effet, le conseil principal de Mme Gbagbo, Maître Ciré Clédor Ly, également avocat de Michel Gbagbo, qui s’est rendu à Odienné, il y a quelques jours, a-t-on appris, pour visiter sa cliente, a fait le même constat. L’état de santé de l’ex-Première dame, ancienne député d’Abobo, ancienne présidente du groupe parlementaire Fpi et deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (Fpi, ex-parti au pouvoir), l’a si écœuré qu’il a adressé, dès son retour d’Odienné, des courriers de protestation au directeur de l’hôpital général d’Odienné, à la doyenne des juges d’instruction, Mme Cissé Makoni et au juge d’instruction chargé du 10ème cabinet du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, Koné Mamadou. Aux fins de les interpeller sur la situation que vit Simone Gbagbo qui est visiblement sans soins appropriés alors que son état de santé se dégrade dangereusement de jour en jour. 

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Des témoignages qu’attestent bien une photo prise le 19 mai dernier et postée sur le réseau social Facebook. On y découvre une Simone Gbagbo qui a certes gardé le sourire, de toute évidence pour les besoins de la photo, mais qui a énormément perdu du poids. Elle est totalement amaigrie. «Ils sont en train de la tuer à petit feu », s’est ému un de ses proches. 

C’est le même traitement inhumain qu’avait subi son époux, Laurent Gbagbo, lorsqu’il était détenu à Korhogo, toujours dans le nord du pays, par le régime Ouattara. Ses conditions de détention qui étaient ceux d’un mouroir ont gravement affecté son état de santé. Le président Gbagbo, lui-même, a rendu un témoignage émouvant lors de sa première comparution à la Cour pénale internationale (Cpi), le 5 décembre 2011. Les examens médicaux réalisés à La Haye l’ont confirmé. Aujourd’hui, il en porte les séquelles à La Haye. Les organisations de défense des droits de l’homme sont interpellées.


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du vendredi 27 juillet 2012.

mardi, 31 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE TEMPS DE L'ISOLEMENT DIPLOMATIQUE

 

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Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative.

- Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

- Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

- Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

- Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat».«Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ?

Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.

 

Théophile Kouamouo

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

GENOCIDE WE DE DUEKOUE: LAURENT FABIUS LACHE OUATTARA EN DIRECT, A L'HOTEL MEURICE

 

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Présenté comme la pièce maitresse du dispositif Ouattara auprès du gouvernement Hollande, le go-between entre ce dernier et Ouattara, Laurent Fabius ne s’est pas gêné pour lâcher le chef d’Etat ivoirien lors de sa dernière visite en France. Signe que le ministre français des Affaires Etrangères n’est pas si proche de Ouattara qu’on le croit, où qu’il n’est pas près de prendre tous les risques pour lui.

Le lâchage de Laurent Fabius a eu lieu à l’hôtel Meurice où Ouattara est descendu avec sa délégation.

En effet, la veille de sa rencontre avec le Président François Hollande, ADO y a reçu le ministre Fabius, pour les derniers réglages avant l’Elysée. Une heure durant, Alassane Ouattara l’a reçu en tête à tête. Signe de la complexité des sujets abordés.

Pendant ce temps-là, les journalistes attendaient pour le point de presse qui devait sanctionner la rencontre.

Durant cette dernière, un journaliste ivoirien a posé à Laurent Fabius la question suivante : « Pour répondre à la question sécuritaire à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, précisément à Duekoué, des massacres ont eu lieu la semaine dernière. Est-ce que ça a été au menu de vos discussions ?».

Et contre toute attente, Laurent Fabius, auréolé du titre d’ami de Ouattara, lui assène le coup de grâce: « Je préfère laisser le Président Ouattara s’exprimer ».

Selon les usages diplomatiques, Laurent Fabius aurait dû répondre à la question, même à minima, et ensuite passer le relais à Ouattara pour plus d’éclairage.

Son attitude a été décryptée comme la preuve qu’il n’avait pas du tout l’intention de protéger Ouattara sur le génocide WÊ de Duekoué, ou de prendre des coups à sa place.

Ouattara, surpris par l’attitude de son ami, de répondre que « la situation avait dérapé à l’ouest, qu’il condamnait la violence, que l’attaque du camp des réfugiés était inacceptable, qu’une commission d’enquête avait été mise sur pied qui est en cours de faire son travail et à l’issue de son travail, les juges prendront le dossier et ceux qui ont commis des crimes seront punis ».

Et le journaliste de poursuivre : « Vous êtes au courant des seigneurs de guerre issus du Burkina Faso?».

ADO: «Attendez que la Commission d’enquête fasse son travail et à l’issue de ce travail, il n’y aura pas d’impunité. Tous ceux qui ont commis des actes seront transférés à la justice internationale».

Sur ce, la conférence fut interrompue de façon brutale, ADO prenant congé de Fabius de la façon la plus lapidaire qui soit, contrairement au protocole.

Plus tard à l’hôtel Meurice, le journaliste ivoirien sera menacé par Ally Coulibaly, ministre de l’intégration africaine, et injurié copieusement par Charles Diby Koffi, ministre de l’Economie et des Finances du régime Ouattara, qui l’a qualifié de petit ingrat.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

dimanche, 29 juillet 2012

QUAND L'AFP RECONNAIT QUE LES BEAUX REVOLUTIONNAIRES SYRIENS SONT DES ISLAMISTES

 

ISLAMISTES SYRIENS.jpg


Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge - sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" - qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question: quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 28 juillet 2012

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

vendredi, 27 juillet 2012

OUATTARA SOMME DE NEGOCIER LA PAIX AVEC SES OPPOSANTS

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Le président français a descendu quelques marches pour accueillir hier son homologue ivoirien à l’Elysée où les apparences ont été pour le moment préservées. Mais Ouattara sait désormais qu’il n’a plus tout à fait son destin entre les mains puisqu’il est sommé de négocier la paix avec ses opposants.


Un chef de l’Etat sur écoute, humilié la veille à l’aéroport parisien où François Hollande n’a daigné envoyer ne serait-ce que  le moins gradé de ses conseillers. Hier, l’opération était plus à soigner les apparences qu’à autre chose. Ainsi, le président français qui a ostensiblement boudé son homologue ivoirien durant de longues semaines, y compris sur des questions dont celui-ci avait directement la gestion comme celle du Mali, a tenté de jouer à l’acteur parfait devant un parterre de photographes qui n’ont sans doute pas oublié que des mois plus tôt, Ouattara était encore dans les mêmes murs, pour soutenir une dernière fois, l’ami Sarkozy sorti perdant de l’élection présidentielle. Signe des temps, les ministres des finances des deux pays ont signé le document annulant officiellement l’essentiel de la dette ivoirienne due à la France. Une opération-colifichet en fait pour laquelle Ouattara a usé de sa tendance chronique à la mystification. « Monsieur le président, je voulais vous remercier parce que nous avons signé avec le ministre des Finances avant hier (mardi) une annulation de la dette de la Côte-d’Ivoire à l'égard de la France de 99,5%, c’est-à-dire plus de trois milliards d’euros. Cela va nous permettre de renforcer les investissements dans les secteurs sociaux et je voudrais vous dire un grand merci ». Pourtant, rien de nouveau sous le soleil. La Côte d’Ivoire qui vient d’obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE a déjà fêté cette décision qui devenait automatique. Ainsi tant qu’à rechercher les symboles, surtout de relations cordiales, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas son pareil. Mais loin des yeux, les amabilités ont fait face à des visages plus graves. Car selon le journal français Libération, Ouattara a été sommé de négocier la paix avec ses opposants en relançant le processus de réconciliation nationale en panne depuis de longs mois. Il doit aussi former un gouvernement d’union nationale et collaborer avec la justice internationale en permettant le transfèrement des criminels de son camp. Une décision de la CPI rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III présidée à l’époque par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi met en effet gravement en cause la responsabilité personnelle de Guillaume Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, notamment sur les événements de Duékoué. Coopérer avec la CPI signifierait procéder au transfèrement de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Ouattara est accusé par les officiels français de se désintéresser de la réconciliation nationale et d’attiser les foyers de tension dans son pays. C’est ce qu’avait déjà dit Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La présidence française a d’ailleurs tenu à préciser que la coopération entre les deux pays se fera désormais à l’aune de ces questions. «la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, passe par le dialogue, la lutte contre l’impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l’Etat de droit et du système judiciaire en Côte-d’Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale», a assuré la présidence française.

Pas d’autre façon de tordre le bras à quelqu’un qui avait jusque-là profité de la bienveillance de l’Elysée, y compris pour triompher du président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a toujours freiné sur ces questions et notamment sur la libération des cadres du FPI qu’il continue de maintenir en prison et contre qui la justice ivoirienne invente chaque jour des délits. Par exemple,  Simone Gbagbo a été d’abord poursuivie pour vol en réunion avant que le Procureur de la République ne décide de lui coller le délit de crime contre l’humanité. D’ailleurs sur les plateaux de France 24, Alassane Ouattara a affirmé que s’il ne poursuit pas les criminels de son camp, c’est parce qu’eux n’ont pas été pris en flagrant délit de commission des actes criminels qui leur sont reprochés ; ce qui ne serait pas le cas des cadres du FPI qui ont généralement BAC + 10.

Comment Ouattara peut-il donc négocier la paix s’il développe une telle peur et une telle inhumanité et que la commission dialogue vérité et réconciliation n’a toujours pas reçu le moindre kopeck pour financer ses activités ? Interrogé d’ailleurs sur cette réalité avant-hier, le chef de l’Etat, comme à ses habitudes, a préféré verser dans la démagogie facile et accuser le FPI de ne pas vouloir qu’advienne la paix. Pendant ce temps, son parti le RDR continue de faire de la provocation en accusant journalistes proches de l’opposition et le FPI d’être les auteurs des massacres de Duékoué. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas esquissé le moindre acte de compassion à l’égard des rescapés que le régime lui-même  ne veut plus voir retourner sur le site de l’ancien camp. Leur déguerpissement était, pour ainsi dire, planifié. Comme l’est aussi sûrement le délitement de l’école publique dans notre pays puisque Ouattara y a augmenté les frais d’écolage, notamment à l’Université d’Abidjan où les inscriptions passent de 6000 f à 100.000 f pour le premier cycle, 200.000 f pour le second cycle et 300.000 f pour les troisièmes cycle. De quoi rendre perplexe tous ceux qui espèraient la fin de l’instabilité.  

                                                                                                                                                                 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du 27 juillet 2012. 

jeudi, 26 juillet 2012

EN VISITE OFFICIELLE DEPUIS 48 HEURES, OUATTARA ACCUEILLI SANS HONNEUR EN FRANCE

 

ALASSANE OUATTARA - ARRIVEE SANS OFFICIEL FRANçAIS.jpg

 

Attendu hier matin par le ministre français des Affaires étrangères pour une séance de travail, Alassane Ouattara est arrivé un jour plus tôt  à l’aéroport de Paris où aucun officiel français ne l’attendait. Pour un homme à qui Nicolas Sarkozy a habitué aux flons flons et aux ors français, la descente aux enfers est pour le moins  terrible.

 

 Le chef de l’Etat ivoirien est arrivé deux jours avant son rendez-vous à l’Elysée où il doit rencontrer aujourd’hui François Hollande pour un premier tête-tête depuis l’arrivée de celui-ci au pouvoir. Sans doute pour cela, les apparences étaient donc d’une importance capitale parce qu’elles peuvent  permettre en outre de décrypter la suite des relations personnelles entre les deux hommes mais surtout aider à comprendre  si oui ou non les appuis forcenés de l’ivoirien à l’ex président ont été oubliés par le socialiste. Premiers frissons, l’arrivée à l’aéroport parisien, à quelques heures du tête-à-tête des ministres de l’Economie et des finances des deux pays pour une séance protocolaire d’annulation d’une partie de la dette ivoirienne obtenue, il faut bien le préciser,  dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE). Mais on est aussi  à la veille de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de François Hollande qui est une rencontre éminemment politique.

Un jour plutôt, Bernard Valero le porte-parole avait copieusement flingué le chef de l’Etat ivoirien en pointant du doigt l’instabilité et l’insécurité chroniques  en Côte d’Ivoire où la réconciliation est bloquée. « La sécurité en Côte d’Ivoire est étroitement liée au processus de réconciliation » que Ouattara a jeté aux orties. Retour sur terre. A l’aéroport  de Paris, justement. Pas une seule tête blanche à des centaines de mètres à la ronde. Aucun officiel et pas même un conseiller n’a daigné venir recevoir le chef de l’Etat ivoirien qui doit rencontrer le président français, ce matin à l’Elysée. La file de personnalités qui sacrifient au protocole sont plutôt les membres du gouvernement Ouattara. Ils étaient dans le même avion que lui. Cette visite en France est pourtant officielle et les thuriféraires du chef de l’Etat avaient été soulagés par son annonce. Mais visiblement, il est désormais périlleux d’y trouver quelques enjeux de communication interne, comme en Chine même si le résultat est le même.

En janvier dernier, Ouattara était sur le même aéroport qui avait affiché tous les ors de la République française en son honneur. Tapis rouge depuis la descente de l’échelle de coupée, garde républicaine en tenue d’apparat, Ouattara s’était offert une revue de troupes en compagnie de Claude Guéant, ami personnel de Sarkozy et ministre de l’Intérieur… Ce 23 juillet, seul le personnel de l’aéroport dévoile quelques têtes blanches sur le parcours de Ouattara qui entre dans le pavillon où il est attendu par les mêmes qui l’ont accueilli et une poignée d’Ivoiriens arborant de menus drapeaux tricolores aux couleurs ivoiriennes.

La déculottée diplomatique est terrible, surtout que la journée d’aujourd’hui réserve son lot d’hostilités à Ouattara sur le perron de l’Elysée. Les résistants ivoiriens composés de ceux de la diaspora française ont multiplié les appels sur les réseaux sociaux pour réserver un accueil inamical au chef de l’Etat ivoirien, fragilisé un peu plus par la tragédie des Wê de Duékoué. Selon la Croix Rouge qui table sur des bilans encore provisoires, 211 personnes ont été massacrées dans le camp de Nahibly et des milliers d’autres refugiés sont portés disparus. Mais alors que le monde entier condamne et appelle le gouvernement  à plus de responsabilité, celui-ci a fait une déclaration sur les antennes de la télévision nationale dans la soirée du 24 juillet pour menacer les journalistes de l’opposition qui auraient traité d’une façon politicienne l’actualité de ses massacres. Le gouvernement promet aussi de se rendre à Duékoué où aucun ministre n’a toujours pas mis les pieds. Même les cadres de cette région membres du RHDP ou du gouvernement n’ont pas daigné apporter la compassion fraternelle aux rescapés que le régime refuse par ailleurs de reloger sur un autre site.

Le jour de la tragédie, les premiers témoignages avaient indiqué que le gouvernement avait ciblé ce camp comme un repère de bandits. Ses pensionnaires qui se sont retrouvés là pour avoir tout perdu et en raison des menaces dont ils sont l’objet, avaient déjà subi une diminution de la ration alimentaire. Et le gouvernement maintient toujours son refus de les réinstaller alors qu’ils ont tout perdu et ne savent plus où aller.

Mais ces crimes risquent de laisser des traces profondes. Même les associations jusque-là tolérantes comme la Commission des droits de l’homme dirigée par l’épouse du président du Conseil constitutionnel, Françis Wodié, rallié à Ouattara pendant le deuxième tour de la présidentielle, s’est élevée publiquement contre la torture en Côte d’Ivoire « devenue une chose banale ». Mais ces FRCI qui sont au centre de toutes les condamnations, et notamment  françaises ont continué de faire parler d’elles les jours qui suivirent. Elles se sont affrontées entre elles dans la commune d’Abobo. Bilan : trois tués. Le lendemain, elles remettaient ça mais cette fois-ci en poignardant un chauffeur de gbaka ; ce qui a provoqué la grève de ces mini cars dans toute la commune.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

COTE D’IVOIRE: LE PCF «CONDAMNE LA POLITIQUE REPRESSIVE DE OUATTARA»

 

Logo PCF

 Le PCF a condamné mardi dans un communiqué la "politique répressive" du président ivoirien Alassane Ouattara, deux jours avant sa visite en France où il doit rencontrer le président François Hollande.

"Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l’exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l’Etat de droit en Côte d`Ivoire et de la sécurité des populations", écrit dans un communiqué le PCF.

Le PCF envisage aussi à l’Assemblée nationale, où il compte une dizaine d’élus, "l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne".

"Le PCF condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, ayant fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés", ajoute le parti, déplorant que la mission de l’ONU (ONUCI) soit "incapable d’assurer la sécurité des populations déplacées".

"Emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de " rassemblement et de réconciliation ", violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d’une justice inéquitable", selon les communistes.

 

Publié le mardi 24 juillet 2012, AFP