topblog Ivoire blogs

lundi, 23 juillet 2012

PROCHAINE VISITE DE OUATTARA EN FRANCE - LE PARTI DE MELENCHON MONTE AU CRENEAU

 

côte d'ivoire,france,prochaine visite de ouattara en france,le parti de mélenchon monte au créneau,jean-luc mélenchon,françois hollande,alassane ouattara

 

Dans un texte au vitriol, Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon, rappelle à François Hollande les problèmes de fond d’une Côte d’Ivoire où la démocratie est piétinée et où la vie chère écrase le bas peuple. Alors que l’actuel maître d’Abidjan se prépare à faire une visite (tardive) sur les bords de Seine. Il a diffusé son texte avant que le dernier massacre perpétré au sein du camp des déplacés de Nahibly (Duékoué) ne jette une lumière crue sur la nature du régime qui domine actuellement sur les Ivoiriens.

"La situation en Côte d’Ivoire se caractérise actuellement par l’absence de respect des règles démocratiques en particulier par l’empêchement de toute expression véritable de l’opposition, mais aussi  par une insécurité générant la peur dans la population. S’ajoutent à cela la vie chère, le manque de monnaie métallique en circulation, des banques prédatrices, une question foncière qui s’aggrave avec l’arrivée de nouveaux occupants, des salaires impayés.  Nicolas Sarkozy avait accueilli  avec un faste déplacé son ami Alassane Ouattara à Paris pour célébrer la «réconciliation» des deux pays. En fait, pour sauver les liens néo-coloniaux : perpétuation de la présence militaire française à Abidjan, contrats importants pour les entreprises françaises, soutien diplomatique réciproque. François Hollande s’apprête à recevoir Alassane Ouattara prochainement et le Parti de Gauche souhaite rappeler à cette occasion au gouvernement français les vraies priorités qui devraient être les siennes vis-à-vis du peuple ivoirien :  cesser son interventionnisme militaire, donner une suite favorable à la demande de  commission d’enquête parlementaire sur les interventions militaires françaises dans la crise ivoirienne, se préoccuper de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, aider au retour des personnes déplacées ou exilées et garantir leur sécurité, engager la Cour Pénale Internationale à juger équitablement les deux camps. C’est à la réconciliation entre les Ivoiriens que doit chercher à contribuer le gouvernement français,  en demandant la libération des prisonniers politiques emprisonnés sans jugement,  en demandant la formation d’un gouvernement plus équilibré sur les plans politique et ethnique et la réintégration des fonctionnaires et forces de l’ordre mis à l’écart pour des raisons politiques. Mais l’exigence première doit être celle du respect des libertés publiques et politiques, de la liberté d’expression, du soutien aux  efforts de la société civile ivoirienne pour occuper la place qui lui revient, de façon à ce que soient créées les conditions d’un vrai dialogue entre l’ensemble des protagonistes".
 


Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon


vendredi, 20 juillet 2012

PPTE: L'INFORTUNE AVEC OUATTARA


côte d'ivoire,l'infortune avec ouattara,kouakou edmond,alassane ouattara,ppte

 

Depuis le 26 juin 2012, la Côte d’Ivoire a atteint le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE), un objectif poursuivi par les autorités gouvernementales depuis la création de ce mécanisme de désendettement en 1996.

C’est le Président Bédié qui a commencé les négociations et obtenu l’éligibilité de la Côte d’Ivoire en 1998. Le Président Gbagbo a poursuivi et presque finalisé le travail en faisant franchir les étapes décisives à la Côte d'Ivoire. Ouattara ne fait donc que récolter les dividendes des actions menées par ses prédécesseurs, alors même que ses actes et sa gouvernance empêchent la Côte d’Ivoire de jouir pleinement de l’IPPTE.

En effet, c’est à Ouattara qu’incombe la responsabilité du retard accusé dans l’obtention du PPTE, après 32 autres pays sur les 41 admissibles. A deux reprises, notre pays était sur le point d’obtenir le point de décision, mais à chaque fois, les ambitions de pouvoir de Ouattara ont repoussé l’échéance. Ce fut d’abord le coup d’Etat de décembre 1999 qu’il a revendiqué et qui a ruiné les espoirs de reprise des négociations de l’initiative. Puis vint la rébellion de septembre 2002 qui visait à l’installer au pouvoir alors que le point de décision était prévu pour le dernier trimestre de 2002. L’instabilité politique qui s’ensuit ne permettra pas des négociations pour le PPTE jusqu’en 2007. Enfin, c’est la crise postélectorale à partir de décembre 2010, née du refus de Ouattara de se soumettre pour la énième fois à une décision juridictionnelle et la guerre consécutive qu’il a enclenchée, avec l’appui de son ami Sarkozy, qui ont retardé l’atteinte du point d’achèvement attendue en 2011, mais finalement accordée en juin 2012.

Les dégâts provoqués par ces  différentes secousses politiques expliquent la nature des investissements qui seront en définitive réalisés dans le cadre du PPTE. En effet, ceux-ci seront en grande partie consacrés à la réhabilitation de ce que la rébellion et la guerre de Ouattara ont détruit dans les secteurs prioritaires (éducation, santé et infrastructures). Certes, un nouveau souffle sera donné aux routes non entretenues depuis le coup  d’Etat de 1999 ou aux écoles et centres de santé sinistrés par la rébellion, et certaines infrastructures sans cesse reportées (3e pont d’Abidjan) seront réalisées.

Mais, ces piètres ambitions n’étaient pas celles affichées par nos dirigeants quand ils plaçaient beaucoup d’espoir sur l’IPPTE qui aurait certainement offert plus d’opportunités et de perspectives, si elle avait été obtenue sans la rébellion et la guerre de Ouattara. Les investissements attendus  n’apporteront qu’une plus-value dérisoire, sans commune mesure avec les ambitions des douze travaux de « l’éléphant d’Afrique » qui, quoi qu’on en dise, complétaient opportunément les infrastructures de base des trois premières décennies de l’indépendance et ouvraient des perspectives pour une Côte d’Ivoire encore plus flamboyante. Paradoxalement, ces investissements ne nous permettront pas non plus de réaliser l’assurance maladie universelle et l’école obligatoire (jusqu’en 3e) alors que le PPTE constituait une belle opportunité pour les incruster durablement dans le paysage économique et social de la Côte d’Ivoire. Ces deux pans du projet de société du Président Laurent Gbagbo s’inscrivaient en droite ligne dans les objectifs de l’initiative. Quelle perte de chance quand on connaît l’effet structurant de l’assurance maladie à l’exemple de la France! Quelle perte de chance quand on connaît le rôle de l’éducation dans tous les pays du monde ! « Un trésor est caché dedans » confiait Jacques Delors.

Ces programmes de gouvernement nous propulsaient mieux dans les sillons d’un pays émergent dans un horizon plus rapproché que les incantations servies par les vendeurs d’illusions, spécialistes de la communication mensongère.

Ouattara, un obstacle à la pluie de milliards

D’ailleurs, il faut garder à l’esprit que les ressources du PPTE sont constituées par les ressources que la Côte d’Ivoire réussira à  rembourser au titre de sa dette remise. Comment constituer ce pactole si les comzones de Ouattara continuent de capter une bonne partie des ressources publiques à leur seul profit? C’est aussi un secret de polichinelle qu’une grande quantité du cacao produit en Côte d’Ivoire transite par le Burkina Faso et est exportée à partir du port d’un autre pays. Ce trafic illégal provoque un manque à gagner pour les ressources de l’Etat, puisque le DUS (droit unique de sortie) dû sur chaque kilogramme de cacao ne peut plus l’être. C’est le Burkina qui prélève désormais des taxes sur le transit de cette marchandise, augmentant d’autant les ressources de son budget. Des observateurs évaluent à 200 000 tonnes le cacao qui échappe ainsi au circuit ivoirien. En y ajoutant le trafic portant sur toutes les autres ressources (minières, ligneuses etc.), on mesure l’ampleur des revenus qui auraient pu venir abonder le financement PPTE.

Le budget de l’Etat ne peut que ressentir négativement ce manque à gagner d’autant que la dette ivoirienne étant redevenue supportable en conséquence de l’atteinte du point d’achèvement – c’est d’ailleurs l’objectif visé par l’IPPTE – l’Etat va recommencer à payer les échéances de la dette hors PPTE évaluée à 4000 milliards de F. CFA.  Il devra aussi respecter ses échéances de paiement.

Il convient de noter que, compte tenu de la structure de la dette publique ivoirienne, une grande partie de cette annulation (1300 milliards de F.CFA) devra être accordée par la France à travers les contrats de Désendettement et Développement (C2D). Ce mécanisme prévoit le remboursement effectif de la dette, à chaque échéance, au trésor français qui ensuite reversera la somme correspondante dans un compte séquestre ouvert à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces fonds, transformés en dons devraient servir à financer des programmes de lutte contre la pauvreté.

Non seulement les C2D sont négociés, mais la gestion du processus d’allocation des ressources est assurée par des organes dans lesquels la partie française est omniprésente. C’est donc peut dire que d’affirmer que d’excellentes relations avec le pouvoir français sont indispensables pour une bonne conduite de cette opération de désendettement. Or Ouattara ne semble pas être l’interlocuteur le plus indiqué pour négocier avec la France. La faute politique commise à l’occasion de la dernière présidentielle française le plombe. Au-delà des convenances diplomatiques, le « Président reconnu par la communauté internationale » avait entouré de tous ses soins le Président sorti Nicolas Sarkozy. Ce n’est qu’après avoir mis un point d’honneur à être le Premier chef d’Etat reçu par le Président déchu qu’il a daigné adresser une lettre de félicitations au nouveau Président Hollande. Après cette bévue diplomatique sans précédent, il ne faut pas être étonné de constater que Ouattara ne sera reçu à l’Elysée qu’après ses homologues du Bénin, Niger, Gabon, Sénégal et de Tunisie. Ah ! Qu’elle est bien loin l’époque où les nouveaux dirigeants français s’empressaient de venir faire leurs civilités sur les bords de la lagune ébrié avant toute autre initiative en Afrique.

Pis, Ouattara ne s’inscrit pas dans la nouvelle gouvernance française. Le Président Hollande avait déclaré qu’il «n’accepterai(t) pas des élections frauduleuses» et que son élection «sera… terrible pour les dictateurs». Après avoir fait la guerre pour s’imposer à la suite d’une élection très contestée à l’occasion de laquelle il a été accusé de fraudes graves et massives, Ouattara montre, à travers ses actes, son aversion pour la démocratie et une tendance atavique à la répression de tout contre pouvoir. Ce n’est certainement pas la meilleure posture pour améliorer ses relations avec les dirigeants français. Ainsi, si à la lourdeur du mécanisme C2D, il faut ajouter une contrainte d’ordre politique, il y a à parier que les efforts des ivoiriens pourraient être vains. Pour avoir obtenu le point d’achèvement en dépit d’une gouvernance très approximative - M. Madani Tall, représentant résident de la Banque mondiale a lui-même reconnu que la Côte d’Ivoire n’a pas satisfait cinq des treize déclencheurs - Ouattara sait mieux que quiconque l’importance de la décision politique dans ce genre de programmes.

Ouattara, une gouvernance pénalisante

Mais c’est la mal gouvernance de Ouattara qui risque d’annihiler nos espoirs. En effet, pour jouir pleinement du PPTE il ya tout un environnement qu’il faudra créer pour stimuler la croissance dont les retombées permettront d’avoir le supplément de ressources publiques nécessaires pour payer une bonne partie de la dette. Ouattara ne semble pas être l’homme qui peut créer  cet environnement à cause des pratiques de ses soldats en guenilles dont 40 000 dozos (LC, n°639) et d’une justice (des vainqueurs) inéquitable qui découragent les investisseurs. A l’occasion d’une mission récente du patronat français regroupé au sein du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), la  délégation ne s’est pas gênée de le rappeler aux autorités gouvernementales. Les investissements directs étrangers espérés pourraient donc ne pas arriver pour booster l’économie tant que le climat des affaires ne s’améliore pas.

Il faudra aussi créer une paix durable, en évitant les tensions politiques et sociales (notamment dans le foncier rural et avec les syndicats). Ouattara qui refuse de créer les conditions du dialogue avec l’opposition significative et de se pencher sur le cas des victimes de la crise postélectorale n’est pas l’homme d’un nouveau départ.


Kouakou Edmond

Docteur en droit, consultant

jeudi, 19 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: NON, OUATTARA NE VEUT PAS DE LA RECONCILIATION

 

CDVR.gif

 

Le lundi 16 juillet 2012, Radio France internationale RFI, au cours de son émission quotidienne «Questions d’actualités» de Juan Gomez a, pendant 20 minutes, invité ses auditeurs à faire le bilan de la Commission Dialogue, Vérité et  réconciliation (CDVR) de Charles Konan Banny, un a après son installation par Alassane Ouattara. De manière unanime, incisive et sans détours le constat a été le suivant : On ne peut pas  faire le bilan d’une action qui n’a pas eu lieu. Décryptons…


Réconcilier, c’est l’acte qui consiste à remettre en accord, en harmonie, des personnes qui étaient brouillées, dit l’encyclopédie de la langue française. En politique, l’acte de réconciliation relève de la grandeur, de la transcendance, de l’humilité, de l’élégance. Le Président Laurent Gbagbo enseigne même que la politique est un métier. Il y croit si fort  qu’il était en train d’achever un livre ayant précisément pour titre  « La politique est un métier ». C’est connu, chaque métier requiert des prédispositions,  des qualités qui sont pour la plupart innées. Or justement, Alassane Ouattara qui veut faire la politique dans notre pays, n’a rien d’un  homme politique. La Politique au noble sens du terme, faite  à la fois de grandeur, de dépassement, d’humilité, de pondération, de mesure, de discernement, de don de soi, de transcendance.

Non, en vérité, Alassane Ouattara  ne veut de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Ne lui en voulez pas, il n’en a ni la culture  ni la volonté.

En effet, en créant la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, au lendemain de son installation au pouvoir et en choisissant  Konan Banny flanqué de Désiré Tanoé et Boubakar Fofana pour l’animer, Ouattara remplissait contre son gré une obligation de ceux qui l’ont mis à la tête de la Côte d’Ivoire. Ces derniers, après avoir lourdement investi dans la déstructuration de la Côte d’Ivoire avaient tout logiquement besoin d’un rapide retour sur investissement nécessitant un climat apaisé pour les affaires.

Le point d’achèvement de l’initiative PPTE était aussi dans le pipeline avec ses conditionnalités multiples. Voilà. Au-delà de ces considérations d’intérêts financiers, rien  d’autre n’intéressait Ouattara.

Pour lui ,pour la France de Sarkozy, son Parti le RDR, ses alliés de circonstance du RHDP et pour sa cohorte de thuriféraires, tant que Gbagbo sera à la Haye, ses principaux lieutenants en prison ou en exil, son Parti mis sous le boisseau, ses militants écrasés pas la terreur, la  presse de l’opposition fonctionnant avec le couperet de la sanction de fermeture  à la gorge ,un parlement  et une justice aux ordres…  mieux il gouvernera tranquillement. Il ne faut donc pas se tromper d’analyse. Suivez en ce moment les déclarations des dirigeants de son parti  le RDR dans les bases à propos de l’éventualité de la libération de Gbagbo lors du procès du 13 aout à la CPI. Pour eux Laurent Gbagbo doit mourir à La Haye. A défaut, s’il est libéré, que l’atmosphère électrique d’Abidjan à créer, faite de terreur, le dissuade à regagner la terre de ces ancêtres en pleine convulsion d’occupation. Comptabilisez le nombre de mandats d’arrêt qui continuent d’être lancés, les arrestations, enlèvements, et assassinats dans tout le pays, plus d’un an après l’avènement de ce régime d’exception. Vous aurez tout compris !!!

Non, Ouattara ne veut pas de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Aucun discours, aucune action, aucun geste ne présentent une inclination à la décrispation, à la concorde  de la part d’un chef d’Etat qui en a la l’obligation constitutionnelle. Le simulacre de dialogue de Grand  Bassam avec les partis et mouvements du CNRD, les rencontres du Premier Ministre Ahoussou Kouadio Jeannot avec le FPI, obéissent beaucoup plus  à des agendas précis  pour lesquels certaines  poignées de main  et photos de famille sont convenantes. Hier c’était pour le PPTE, aujourd’hui c’est assurément pour la tournée de Ouattara à l’extérieur et enfin sa rencontre avec le Président français François Hollande. Sans plus.

Au total, on  observe que les différents discours malicieux sur la réconciliation en Côte d’Ivoire sonnent faux. Aussi, les Ivoiriens qui dans leur majorité subissent au quotidien en silence  le poids de la dictature de Ouattara  savent que leur salut réside dans leur capacité à transformer cette résistance en énergie libératrice de la Côte d'Ivoire. Nécessairement.


Yves Komenan

Correspondance particulière


Source: ABIDJAN DIRECT

mercredi, 18 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE CHEF DE L’ETAT IVOIRIEN, N’A PAS D’ARMEE

 côte d'ivoire,alassane ouattara,le chef de l’état ivoirien,n’a pas d’armée,jean-lucas attoh

 

Commençons notre chronique de ce jour par une scène très récente, assez cocasse, si ce n’est rocambolesque et, au final, effrayante pour l’histoire future de notre peuple. Dans un district de police bien connu de notre pays, un attroupement d’agents de police de service, comme on le voit tous les jours dans nos commissariats et camps militaires. Ils s’adonnent à la lecture de journaux pour être au fait de l’actualité ivoirienne. Chose curieuse – et peut-être finalement, normale – tous les quotidiens entre leurs mains étaient des journaux bleus (journaux éditorialement proches du camp Gbagbo). Le fait même pour eux de ne plus s’en cacher dénote désormais et assurément d’un nouvel état d’esprit, différent de la hantise, des peurs-paniques et de la discrétion de rigueur, au lendemain du dénouement sanglant de la crise ivoirienne d’avril 2011.

En clair, ces policiers se considèrent encore et toujours comme des FDS (et c'est la faute à Ouattara) et non comme des soldats FRCI, l’armée ouattarandienne faite de supplétifs, de dozos (chasseurs traditionnels incultes) et de miliciens créée le 17 mars 2011, depuis la prison volontaire et dorée de l’Hôtel du Golf, par ordonnance d’Alassane Ouattara, et qui a été à l’origine de l’effroyable massacre de Duékoué qui a fait des milliers de morts. Massacre que nous attestent encore de récentes vidéos sur le Net montrant le contingent marocain de l’ONUCI jeter sans égard aucun, le 1er avril 2011, des corps de victimes de l’épuration ethnique FRCI. Pourrait-il encore exister un quidam, sur la terre d’Eburnie et par-delà les mers, pour nier le génocide des Wê, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les 29 et 30 mars 2011, par les milices de Ouattara ?

Comme on peut le constater, il n’y a pas eu osmose entre les FDS, l’armée républicaine sous Gbagbo et les FRCI, l’armée putschiste d’Alassane Ouattara. Et il ne peut en être autrement. D’ailleurs, Ouattara ne considère pas les FDS comme son armée et se méfie d’eux comme de la peste. Pour preuve, les ex-FDS ne sont autorisés, jusqu’à ce jour, à ne détenir aucune dotation d’armes. A contrario, les FRCI, jusque dans nos villages et campements, exhibent encore des armes de guerre et en font usage sans aucune éthique militaire, notamment contre d’innocentes populations civiles, de tous les bords y compris les leurs, depuis maintenant plus d’une année. Mieux, ces armes ont été utilisées et retrouvées dans nombre de braquages, de cambriolages et d’attaques à main armée qui ont endeuillé familles et entreprises dans notre pays, ces quinze derniers mois.

A la vérité, tant que le gouvernant actuel de la Côte d’Ivoire continuera de traquer d’honnêtes ivoiriens civils et militaires (en qui ces ex-FDS se reconnaissent) jusque dans leur exil parce que proches du président Laurent Gbagbo, tant que nos concitoyens de l’Ouest seront spoliés de leurs terres ancestrales et tués par de nouveaux colons burkinabé armés et arrogants, protégés par le seigneur de guerre burkinabé Amadé Ouérémi et son âme damnée Issiaka Tiendrébéogo, tant que prévaudra la « justice de vainqueurs », tant que les droits de l’homme seront rélégués au rang de vœux pieux en Côte d’Ivoire, au vu et au su d’ONG internationales complices et de la communauté dite internationale et que les Ivoiriens continueront à croupir injustement dans les geôles, goulags et autres camps de concentration et de torture de Ouattara, tant que la jubilation sera de mise en lieu et place de la compassion naturelle et de l’humilité, tant qu’aucune véritable volonté de réconciliation (dont Ouattara sera d’ailleurs le plus grand bénéficiaire) ne sera affichée par les tenants actuels du pouvoir par l’élargissement de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires et l’arrêt des arrestations arbitraires, aucune chance que cette osmose ait lieu.

Pourquoi ?, pourrait-on s’interroger. Pour la simple et bonne raison que l’armée n’est en réalité que le reflet intégral du peuple et de la société. La rupture politique, sociale et sociologique qui s’est produite en Côte d’Ivoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara a déteint et s’est gravement répercutée sur nos corps militaires, de sorte que l’armée ivoirienne actuelle n’est qu’une piètre juxtaposition de deux forces ex-bélligérantes : les FDS et les FRCI. Le dire n’est pas un appel à la sédition mais un juste compte-rendu de la réalité et du vécu des Ivoiriens, depuis maintenant quinze mois. Le nier relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.

Pire, les FRCI ne peuvent honnêtement être considérées comme l’armée d’Alassane Ouattara. Sinon, comment comprendre qu’il n’ait aucune confiance en elle, au point que le premier carré de sa garde rapprochée soit exclusivement et uniquement constitué de soldats burkinabé, commandos militaires du camp de Pô, au Burkina Faso, mis à sa disposition par son homologue et « compatriote » Blaise Compaoré ? Comment expliquer ensuite que le second carré de sa protection rapprochée soit assuré par des unités spéciales françaises et par les casques bleus de l’ONUCI ? Qu’en est-il de la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Ou faudra-t-il considérer qu’elle n’en a plus, depuis l’avènement du régime RHDP ?

Alassane Ouattara refuse de s’en remettre pour sa sécurité et pour sa vie à « son armée ». En réalité, il n’a pas tort. Cette armée-là répond non pas d’un seul et unique chef suprême comme dans toute république digne de ce nom mais de plusieurs chefs et seigneurs de guerre, à la tête desquels le désormais Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Soro Kigbafori Guillaume. Tout ce beau monde, au-delà des sourires convenus, se regarde en chien de faïence et entretient l’équilibre de la terreur, en attendant qu’à la fin de ce jeu de dupes le plus fin, le plus rusé et le plus machiavélique de la fratrie prenne le dessus sur tous les autres et les mette à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI). Juste une question de temps.

Qu’Alassane Ouattara arrête donc de se mentir à lui-même, aux Ivoiriens et au monde entier en feignant de maîtriser son monde. Il ne maîtrise strictement rien. Il n’a pas d’armée, il ne doit sa survie qu’aux forces étrangères, toutes bannières confondues, auxquelles ces proches et lui vouent une confiance idolâtre. Mais aussi puissantes fussent-elles, pourraient-elles résister à une désagrégation générale et au sursaut d’un peuple digne en quête de liberté ? Ce que le Vietnam a été pour l’armée américaine devrait nous instruire.

Oui, c’est certain, Ouattara n’a pas d’armée. En tout cas, aucune qui puisse se réclamer nationale, républicaine et loyale. Fait rare dans l’histoire des pays dits démocratiques. Pour tout dire, Alassane Ouattara gouverne sur le cratère d’un volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment. Jusqu’à quand tiendra-t-il cet équilibre précaire ? Qui vivra, verra ! Au reste, de notre humble avis, il devrait commencer plus résolument que jamais à penser à réconcilier les Ivoiriens et ne pas se réfugier derrière des armées étrangères, fussent-elles celles du Nouvel ordre mondial. Il en est encore temps.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

samedi, 14 juillet 2012

CRISE SYRIENNE: FRANÇOIS HOLLANDE, LE PANTIN AMERICAIN, PASSE EN TRAVERS

 

monde,syrie,onu,thierry meyssan sur l’agression de la syrie,la diplomatie de françois hollande,crise syrienne,françois hollande le pantin américain passe en travers

 

Thierry Meyssan sur l’agression de la Syrie et la diplomatie de François Hollande

 

Dans une interview pour la radio La voix de la Russie que nous reproduisons dans nos colonnes, Thierry Meyssan revient sur les développements récents de l’opération de déstabilisation de la Syrie et la position du nouveau gouvernement français.

Dans la continuité de l’ère Juppé-Levy-Kouchner, le Quai d’Orsay s’obstine jusqu’à présent à prendre la communication de guerre pour la réalité. Alors que la France ne brille que lorsqu’elle sait jouer de l’équilibre entre les grandes puissances, elle se prive de toute marge de manœuvre en s’enferrant dans un parti-pris à courte vue.


La Voix de la Russie. Monsieur Meyssan, merci d’être avec nous sur les ondes de la Voix de la Russie. Vous êtes au cœur de l’actualité proche-orientale. Vous voyez les choses évoluer au jour le jour et pouvez témoigner de la situation à Damas. Que pensez-vous de la mise en pratique du plan de Kofi Annan qui, d’après vous, a largement puisé dans l’initiative d’un Serge Lavrov, chef du Quai d’Orsay russe ?

Thierry Meyssan. Le plan Kofi Annan est la reprise du plan Lavrov. On a juste modifié une clause qui concerne le statut de la presse. Et c’était une bonne manière de faire puisque M. Lavrov avait réussi à trouver un accord avec la Ligue arabe. Donc cela pouvait paraître une plateforme de discussion correcte. Cependant au moment même où Monsieur Lavrov avait négocié cela avec la Ligue arabe, le président de séance de la Ligue à ce moment-là, c’est-à-dire le représentant qatari avait donné une conférence de presse, quelques minutes après celle de M. Lavrov en tenant des propos en totale contradiction avec le contenu du plan. Et aujourd’hui on est toujours dans la même situation, c’est-à-dire que tout le monde se réclame du plan Lavrov, maintenant du plan Annan, mais certaines parties au conflit s’expriment d’une manière qui ne laisse aucun doute sur leur refus de l’appliquer. Parce que les bases de cette idée, du plan de paix, est que tout le monde doit cesser le feu de manière unilatérale. On ne doit pas attendre que les autres fassent une démarche et descendre progressivement. Chacun doit s’arrêter de tirer. Or, l’armée syrienne a fait des efforts considérables, s’est retirée des grandes villes malgré les protestations des gens, des manifestations – non pas contre l’armée mais des manifestations pour l’armée ; des gens réclamant la protection militaire face aux groupes des mercenaires. Et puis en face il n’y a pas du tout d’arrêt, les actions commandos continuent. Il y a beaucoup d’actions ciblées soit pour détruire l’infrastructure, soit assassiner des responsables de l’État ou des personnes qui ont manifesté leur soutien au pays.

Est-ce que d’après vous, il subsiste ne serait-ce qu’une infime chance de pacification de la Syrie ?

Oui ! La chance, elle est toute simple ! Si les armes et l’argent arrêtaient d’arriver de l’étranger… Si on arrêtait d’envoyer des mercenaires… Il y a constamment des mercenaires qui franchissent la frontière avec la Turquie comme l’a souligné le représentant russe au Conseil de Sécurité. On a transféré des combattants qui étaient en Libye vers la Turquie en utilisant d’ailleurs les moyens des Nations Unies. On a installé un camp de prétendus réfugiés qui est en fait une base arrière de cette pseudo-armée syrienne libre. Et puis constamment ces gens franchissent la frontière et viennent pour commettre des crimes sur le territoire syrien. Donc si on arrêtait ce soutien extérieur aux bandes armées, il ne resterait plus rien ! Après on va se retrouver dans une situation normale avec un gouvernement qui est largement majoritaire, une opposition qui existe, qui a les moyens de s’exprimer, qui fait sont travail d’opposition, qui propose des nouvelles choses, etc. Il y aurait un débat démocratique comme cela existe dans de nombreux pays. Là quand se réunit maintenant le groupe de contact initié par la Russie, la question est : est-ce que les États-Unis qui sont la puissance titulaire à la fois de l’Occident et du Conseil de Coopération du Golfe, est-ce que les États-Unis vont demander leurs alliés d’arrêter ce jeu en sous-main ? Ou est-ce qu’ils vont au contraire continuer à les encourager à jeter de l’huile sur le feu?

Une autre question, cette fois-ci beaucoup plus délicate, plusieurs de nos confrères, journalistes d’une télévision locale, ont été sauvagement assassinés par la prétendue Armée libre syrienne soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Croyez-vous qu’on s’attaque à la presse pour créer un blocus médiatique, pour priver les citoyens des pays occidentaux et arabes de toute information véridique ? Quels ont été les mobiles de ces criminels ?

Je pense qu’il y a deux éléments qui vont ensemble. D’une part, au cours des vingt dernières années, nous avons vu les mêmes scènes se reproduire successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Il y a des puissances qui systématiquement détruisent les médias des pays qu’ils attaquent. Et c’est simple. Il y a constamment derrière cela les États-Unis et l’OTAN. Personne d‘autre ne se comporte comme ça dans le monde. Il n’y a pas de plus grand ennemi de la liberté d’expression que les États-Unis et l’OTAN. Quoi qu’on en dise, ce sont les faits qui le montrent.

Deuxièmement, il était prévu dans le cas particulier de la Syrie une immense campagne en décrochant des satellites les canaux syriens et en leur substituant des canaux qui étaient des programmes qui ont été fabriqués par la CIA qui a créé plusieurs chaînes satellitaires au cours des derniers mois. Donc l’idée c’était qu’on allait diffuser des images fictionnelles tournées dans les studios, des images de synthèse pour faire croire à l’effondrement de l’État syrien et pour que les gens en Syrie quand ils avaient branché leur télévision, au lieu de voir leur chaîne habituelle, ils auraient vu autre chose avec de fausses images. Et ils auraient pensé – « Voilà ! C’est trop tard ! Il faut se résigner, la patrie est perdue, elle est occupée par des forces étrangères. »

Eh bien ça, ça n’a pas été possible parce qu’il y a eu d’abord une mobilisation incroyable dans le monde entier. Il y a des dizaines de très grands journaux qui ont consacré des pages entières à ce sujet. Il y a eu des centaines de sites internet qui ont véhiculé tous les détails de cette opération. Finalement NileSat avait refusé d’enlever les chaînes syriennes de son satellite. La Ligue arabe a été forcée de reculer avec ArabSat. Les Syriens ont installé sur de nouveaux satellites leur télévision. Enfin ils ont saisi le Conseil de Sécurité avec une lettre très importante sur ce sujet. Et surtout M. Lavrov a inscrit comme point numéro un à l’ordre du jour de la réunion du groupe de contact l’arrêt immédiat de la guerre médiatique contre la Syrie.

Alors l’OTAN s’est vengée comme ça. Ils ont envoyé un commando. Cette télévision était installée à une quinzaine de kilomètres à la sortie de Damas, à la campagne, en fait. C’était un lieu pas du tout défendu. Le commando était arrivé – des gens avec des systèmes de visée nocturne, avec tout ce qu’il faut. Ils ont tué les gardiens. Il y avait juste 4 gardiens. Ils sont rentrés. Ils ont arrêté 3 présentateurs qu’ils ont ligotés et qu’ils ont exécutés sur place. Et puis après ça ils ont mis le feu. Ils ont fait tout sauter. Maintenant il ne reste que des gravas à cet endroit-là. Il y a juste un bâtiment qui est encore debout.

Encore une fois ce n’est pas nouveau. Les États-Unis et l’OTAN font ça partout depuis 20 ans. C’est quelque chose d’incroyable. Parce que ce sont les mêmes personnes qui pratiquent ces actes barbares et qui dans les organisations internationales se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression ! C’est le monde à l’envers ! La réalité nous dit l’inverse de leurs paroles ! Et pour nous, journalistes, ceci devient impossible à vivre. C’est bien clair. Si toute personne qui veut s’opposer à cet impérialisme et qui se retrouve dans un pays qui n’a pas les moyens importants pour se défendre est désormais en danger.

Et qu’en est-il de la position de la France par rapport à la Syrie. On voit François Hollande louvoyer à tous les vents et zigzaguer sans cesse comme s’il ne savait à quel saint se vouer… Qu’est-ce que vous en dites ?

Comme vous dites : François Hollande zigzague et louvoie. C’est-à-dire qu’il ne sait pas quelle est sa politique ; Il essaie de suivre son mouvement. Il se rend bien compte que la position officielle sur la Syrie n’est pas tenable. Mais en même temps il n’est pas capable d’en dégager une autre. Il n’est pas capable de ça parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre. Il accepte que la France continue comme au cours du mandat de Nicolas Sarkozy à être le suiveur des États-Unis. Comment pourrait-il énoncer une nouvelle politique dans ces conditions ? Il a à côté de lui l’administration du Quai d’Orsay, les diplomates français qui ne cessent de lui répéter que nous commettons une erreur très grave avec la Syrie. Que normalement la France et la Syrie devraient être alliés comme c’était le cas dans le passé. La France a été la puissance mandataire pendant l’entre-deux-guerres ici. Il y a une incapacité à s’adapter.

Cette incapacité, elle s’est exprimée clairement lors de la première rencontre de François Hollande et de Vladimir Poutine à Élysée. C’était quelque chose d’un peu grotesque en fait ! Les deux Chefs d’État ont fait une liste de sujets à aborder dont la Syrie qui occupait une grande part de la discussion. Et ils n’ont trouvé aucun point d’accord. C’est honteux ! Aucun point d’accord ! Pourquoi ? Parce que sur chaque sujet Vladimir Poutine exprimait les demandes de la Russie en les argumentant. Nous voulons ceci parce que cela… Et il donne ses arguments. Et en face il y avait un François Hollande qui lui répondait : « Nous pensons que… » Sans arguments... ! C’est-à-dire il n’y a rien à négocier. C’est juste l’affrontement d’un point de vue borné en face d’une position ouverte. Et quand on a abordé plus précisément la question syrienne, ceci est devenu encore plus ridicule ! Puisque le Président français a évoqué seize mille morts dont serait responsable le gouvernement, etc. Le Président Poutine lui demanda : « Mais d’où tenez-vous ces chiffres ? De l’Observatoire syrien des droits de l’homme ? Mais nous avons envoyé notre ambassadeur à Londres. Il a vu ces gens –là : c’est un marchand de kebab avec une petite échoppe. C’est ça la source des renseignements français ? La Russie pendant ce temps, nous avons cent mille Russes qui sont déployés sur l’ensemble du territoire syrien ! Rien ne nous échappe ! Nous pouvons tout vérifier ! Et nous pouvons vous affirmer évidemment que ce que raconte ce marchand de kebab à Londres n’a aucune valeur ! ».


Source: VOLTAIRENET

jeudi, 12 juillet 2012

LA REUNION DU 6 JUILLET A PARIS DES « AMIS DE LA SYRIE »: UNE AUTRE AUDACE DE L’IMPERIALISME INSATIABLE DES OCCIDENTAUX

 

côte d'ivoire,la reunion ce 6 juillet a paris des « amis de la syrie »,une autre audace de l’imperialisme insatiable des occidentaux

Les participants à la troisième réunion des Amis du peuple syrien, lors du discours de François Hollande, vendredi, à Paris, au ministère des Affaires étrangères. Crédits photo: FRANCOIS BOUCHON/FRANCOIS BOUCHON 

 

Extrait de l'article "Syrie: A Paris, l'insurrection appelle à l'aide" du FIGARO, daté du 6 juillet 2012:

«La défection du général Tlass, un proche d'el-Assad, a été annoncée à la conférence des Amis de la Syrie.

En ouvrant la troisième réunion des Amis du peuple syrienFrançois Hollande a demandé vendredi une minute de silence pour les 16.000 victimes d'une répression dont le terme n'est toujours pas en vue. «Le régime de Bachar ne tiendra pas, sa chute est inéluctable, le plus tôt sera le mieux», a dit le chef de l'État devant la centaine de pays et d'organisations présents à Paris - ils étaient une soixantaine à Tunis, en février dernier, et 80 environ à Istanbul en avril, lors des deux premières conférences».

 

--------------------------------------

 

Ils ne renonceront jamais ! Ils n’abandonneront jamais leurs réflexes de prétentieux boulimiques, ces occidentaux ! Non contents de tirer en sous-terrain les ficelles de la désagrégation des Etats arabes, après avoir désorganisé la Libye et la Côte d’Ivoire, et ouvert la voie à la destruction du Mali,  les Etats occidentaux s’acharnent toujours sur la Syrie. Leur prétexte, « sauver ce pays du dictateur Bachar El Assad». Alors, avec des dirigeants de pays sous leur contrôle, ils usent de la manipulation de leur presse aux ordres, pour commettre une autre forfaiture contre l’ordre de justice et d’égalité, l’ordre de dignité et de liberté, un ordre contre lequel ils sont montés depuis de nombreuses décennies. L’ambition de soumettre l’humanité à leurs choix, pour le règne du plus pervers, la domination sans partage du plus fort, la prédominance du mal sur la terre est si forte sur eux que rien ne les arrête. Ils n’hésitent pas à soutenir des dictateurs sanguinaires dans certains pays, en même temps qu’ils prétendent défendre la démocratie dans d’autres, en occasionnant des massacres de populations et des destructions massives, la dégradation des institutions et la destruction de l’Etat de droit.

A Paris, on reçoit des fossoyeurs de démocraties sur le tapis rouge pendant qu’on arme des rebelles, et  cela serait la marque de pays des Droits de l’homme:

Comme si tous les droits, y compris celui de massacrer des populations et celui d’être contre la démocratie, étaient à exercer pour elle, la France est partisane de tout. Vain espoir que celui qui habita de nombreuses personnes, en Afrique et certainement en Europe, de voir la France prendre véritablement des habits de pays des Droits de l’Homme, à la défaite du président de tous les excès que fut Nicolas Sarkozy. C’était ignorer le côté hypocrite de la politique française, qui n’a jamais fait que tirer profit de façon malicieuse des autres. Tant de choses ont montré que la France reste ce pays des déboires de l’humanité, ce pays où le sort de notre monde s’est vu si souvent malmené. Sous le prétexte de se prémunir contre de graves dérives, on a embrigadé l’humanité dans des projets aux contours sombres : de la première guerre dite mondiale à la deuxième, tout est parti de la France, et ce tout a façonné le visage actuel du monde. Le monde a été aiguillé sur des voies de souffrance quel que fût la personne qui se retrouva à la tête de l’Etat français. On a donc eu tort de croire que Sarkozy était la mauvaise personne. Certes, on trouvera difficilement quelqu’un de pire que ce Sarkozy-là. Mais les faits nous montrent, avec les deux guerres mondiales, que la France, dans ce monde, est le pays d’où partent les pires souffrances de l’humanité. Hier, on a vu Nicolas Sarkozy sur la scène internationale, mener des actes criminels, notamment en Afrique. A peine s’est-il retiré que son successeur, a qui on a volontiers attribué des a priori favorables, parce qu’il est socialiste, se fait leader de positions va-t-en- guerre : On se réunit sous son autorité, à Paris, pour donner des armes aux rebelles de Syrie (comme on le fit en Lybie)…Et on veut faire croire au monde entier que c‘est en armant des rebelles pour faire partir du pouvoir un chef d’Etat, fût-il un mauvais dirigeant, qu’on travaille pour la démocratie ! On se gargarise de la défection des soldats en faveur de la rébellion. Mais on se garde bien de montrer comment on persuade ces hommes-là de trahir leur pays, leur peuple, leur patrie, en s’alliant à une rébellion dont les ficelles sont tirées de l’extérieur, par les occidentaux.

Les dirigeants occidentaux sont pressés de faire partir le président Bachar de la tête de la Syrie avant que ne se découvrent les coups tordus qu’ils font dans ce pays, pour des raisons très loin des intérêts des Syriens :

L’excitation des Hillary Clinton et autres dirigeants occidentaux contre le président syrien et l’empressement de ces occidentaux démontre au moins deux choses.

La première, c’est que le départ de Bachar El Assad n’est qu’un élément d’un programme qu’ils ont besoin d’exécuter absolument. Et l’intérêt de ce programme n’a rien à voir avec les arguments avancés publiquement. A la vérité, il s’agit d’avoir à la tête de la Syrie des hommes à leur solde, pour la réalisation d’un projet inavouable. Lequel ? Nous pouvons seulement dire que ce projet servira la domination de l’occident sur le reste du monde.

La deuxième, c’est que plus le temps passe, plus il devient possible de découvrir tous les coups tordus que les occidentaux ont fait dans cette partie du monde où se trouve la Syrie. Une telle découverte compromettrait la suite des plans de l’occident dans son ambition de soumettre l’humanité à ses choix et désirs : il faut donc aller vite.

Pour ces deux raisons et certainement d’autres, les occidentaux sont pressés. Ils ont même essayé de donner dans la provocation, histoire de mesurer de quoi était capable l’armée syrienne qu’ils ont baptisée «  l’armée de Bachar », afin d’apprêter les armes indiquées pour leur forfait : l’avion turque abattu est une preuve sans ambages que militairement le coup n’est pas si facile ! Ils savent maintenant avec une certaine précision à quoi s’en tenir militairement. Mais les occidentaux ne peuvent pas attendre. Et la réunion prévue à Moscou, non seulement ne leur garantit rien, mais elle est trop loin. Ils sont pressés ! On comprend dès lors que la Russie et la Chine qui, quoi qu’on dise, demeurent des acteurs majeurs dans la situation ne se sentent pas concernées par la réunion de Paris.

Au demeurant, la Russie et la Chine ne font pas partie du dispositif de l’occident pour manipuler l’humanité à sa guise et ne sont pas les bienvenus à cette réunion des « amis de la Syrie » qui se tient à Paris. En fait d’ « amis », il faudrait plutôt parler des « ennemis », et chercher les « amis de la Syrie » du côté de la chine, de la Russie, de l’Iran et ailleurs.

Que Dieu nous protège.


Une Contribution de Nda Adjoua Suzanne

LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: «DES CHEFS D'ETAT, DES DIPLOMATES... SE MOBILISENT POUR GBAGBO»

 

côte d'ivoire,le ministre lazare koffi koffi,des chefs d’etat des diplomates se mobilisent pour gbagbo,laurent gbagbo,alassane ouattara,exilés pro-gbagbo

 

Une excellente interview du ministre Koffi Koffi Lazare que vous ne pouvez manquer d'apprécier. Bonne lecture!  

 

La situation sociopolitique que vit la Côte d’Ivoire depuis l’installation du régime de «rattrapage» d’Alassane Ouattara intrigue et inquiète. Malgré les apparences du «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes» que tente de diffuser les hagiographes du Rdr. Dans une entrevue accordée au Nouveau Courrier, Lazare Koffi Koffi, ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo, et actuel directeur de cabinet du porte-parole du président Laurent Gbagbo, depuis son exil analyse la Côte d’Ivoire version Ouattara, tout en apostrophant les nouvelles autorités françaises. Et fait des révélations sur les soutiens grandeur nature qui se mobilisent pour le président Laurent Gbagbo. Entretien !

Un exil qui dure aujourd’hui quinze mois. Comment vous sentez-vous?

Cela fait en effet 15 mois que nous sommes, pour la plupart d’entre nous, hors du pays, en exil. Notre état d’esprit d’exilés et de réfugiés politiques est au beau fixe. Il est vrai que le pays nous manque, mais nous n’allons pas rentrer à n’importe quel prix. Un de mes parents, Ehounoud Bilé, qui a vécu la même situation sous Houphouët, avait l’habitude de dire : « La liberté de l’homme ne doit pas être l’objet d’un marchandage pour des intérêts matériels et sordides». Là où nous sommes, malgré les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, malgré toutes les turpitudes de qui-vive au quotidien, nous nous sentons moralement forts parce que en sécurité et libres. Vivre libre, sentir la fraîcheur matinale des fleurs et du vent, se familiariser à tous les mouvements humains, aller et venir selon son vouloir, goûter aux joies du milieu et partager des instantanés avec nos compatriotes et nos hôtes, tout cela nous maintient en vie et entretient notre moral.

Plus d’un an après, Ouattara semble plus déterminé à vous traquer…

Oui, c’est vrai nous sommes poursuivis dans notre exil. En dehors des nombreux mandats d’arrêt internationaux lancés contre nous, il ne se passe pas de jour sans que des éléments de la DST ivoirienne franchissent la frontière pour être à nos trousses. Il ne se passe pas de jour sans que des tueurs à gage à la solde de Ouattara nous filent pour nous abattre en temps voulu. Même des jeunes filles chèrement payées nous sont envoyées pour nous séduire aux fins de nous empoisonner. Nous ne sommes pas démontés pour autant. Chacun fait son travail auquel il est destiné. Si Ouattara a voulu être Chef d’Etat pour utiliser toutes ses énergies et son intelligence pas pour construire le pays mais pour traquer et tuer ses adversaires politiques, nous, avec l’aide de Dieu, nous travaillons pour rester en vie. Soyez donc rassurés, nous reviendrons vivants au pays. Par la grâce de Dieu.

C’est vrai que nous comptons dans nos rangs des morts et non des moindres : le ministre d’Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, les maires Raymond Gnan et Jean-Baptiste Diagou Gomont de regrettés mémoire sans oublier les nombreux anonymes qui meurent abandonnés dans les camps de réfugiés. Avec ces morts, mais aussi avec l’arrestation spectaculaire et stalinienne du ministre Lida Kouassi et celle imaginaire digne d’un conte de fée du ministre Koné Katina, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, notre histoire, l’histoire des exilés s’écrit. C’est une histoire douloureuse certes, mais c’est une histoire qui s’écrit en lettres d’or avec nos héros et nos légendes tandis que celle de Ouattara et de ses sbires se noircit chaque jour.

Pourquoi le régime Ouattara ne cesse d’accuser les exilés de planifier des coups?

Je ne sais pas. C’est à lui peut-être qu’il faut demander. Cependant, je puis dire que cette frénésie de Ouattara à voir des coups d’Etat partout est une projection de la conscience de l’homme dans celle d’autrui. Mais cette propension à voir des ennemis partout rappelle fort curieusement celle d’Houphouët au début de son règne en Côte d’Ivoire. On se souvient en effet, qu’après la proclamation de la République de Côte d’Ivoire le 4 décembre 1958, Houphouët-Boigny, alors ministre dans le gouvernement de De Gaulle puis de Michel Debré, sera imposé à notre pays par la France comme Premier Ministre en 1959. L’année suivante, après la proclamation de l’indépendance le 7 août, Houphouët sera, sans élection, proclamé Président de la Côte d’Ivoire en dehors de toute règle démocratique. Conscient de cette irrégularité dans son ascension au sommet de l’Etat, dans un environnement où le pays comptait de nombreux intellectuels de valeur pouvant lui apporter la contradiction comme J.B. Mockey, Germain Coffi Gadeau, Kacou Aoulou, Me Kouamé Binzème, Joachim Bony, Jean Konan Banny, Ernest Boka, Charles Donwahi, etc. Houphouët voyant en eux de réels concurrents qui pouvaient lui disputer le pouvoir, trama avec Philippe Yacé toute une série de complots qui ont endeuillé notre pays entre 1959 et 1963 et traumatisés à jamais des familles entières.

C’était donc l’époque des faux complots?

Effectivement ! C’étaient des complots juste pour asseoir, affermir son pouvoir. Quand cet objectif a été atteint, un jour, Houphouët est venu dire au peuple, sans vergogne et sans repentir qu’il n’y a jamais eu de complots en Côte d’Ivoire. C’est cette voie d’Houphouët que, de toute évidence, emprunte Ouattara qui a eu, lui aussi, le pouvoir presque dans les mêmes conditions. Et les cadres du Fpi et leurs alliés qui peuvent s’opposer à lui, il leur colle ce délit de putschistes. Un jour viendra, lorsqu’il se sera assis confortement dans son fauteuil présidentiel, où il annoncera qu’il n’y a jamais eu de coups d’Etat. Pour le moment il fait le vide autour de lui par la terreur. Mais il se trompe d’époque. Nous ne sommes plus dans les années 60.

Mais, n’a-t-il pas réussi à écarter le président Gbagbo et bon nombre d’entre vous?

Oui, mais c’est en apparence. Cela fait 15 mois que le Président Gbagbo n’est plus au pouvoir. Mais pendant ces 15 mois, il occupe la Une des journaux, y compris et surtout ceux proches de Ouattara. Gbagbo se vend bien, en même temps que par ces journaux on mesure le niveau de sa popularité et la place qu’il occupe dans le cœur des Ivoiriens. En le déportant à la Cpi, Ouattara espérait sans doute que les Ivoiriens allaient se décourager et se lasser d’attendre son retour. Mais que non ! Il se rend bien compte que cette déportation a été une erreur. Et pourtant il en avait été déconseillé. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que tant que le Président Gbagbo sera à la Haye, Ouattara n’aura pas la sérénité nécessaire pour diriger ce pays. Parce que, un homme comme Gbagbo, on ne peut pas se débarrasser de lui comme un vulgaire malfrat. Il est et demeure le choix des Ivoiriens. Plus il restera donc à la Haye, plus sa popularité ira croissante, devenu désormais pour les Ivoiriens mais aussi pour les Africains du continent et de la diaspora l’icône de l’Afrique libre, indépendante et souveraine, et plus l’espace de manœuvre de ceux qui nous gouvernent par le fusil se réduira. Et plus, la réconciliation attendue sera incertaine.

Tout semble fonctionner en Côte d’Ivoire, selon le régime Ouattara…

En vérité, tout est bloqué. Au plan intérieur, le pouvoir d’achat s’est considérablement réduit. Le panier de la ménagère s’est profondément aminci depuis ces 15 derniers mois. L’insécurité est vécue par tous au quotidien. Les droits humains n’ont plus de sens en Côte d’Ivoire. On tue impunément. La peur a gagné tout le monde y compris les pro-Ouattara. Les hôpitaux ne désemplissent pas. L’aide sociale est restée un vœu pieu. Que dire de l’emploi promis ! Rien ne se dessine à l’horizon. L’assainissement de la société et la lutte contre la corruption qui ont été brandis lors de leur campagne sont loin des préoccupations des tenants actuels du pouvoir devenus pour la plupart des grilleurs d’arachides. Au plan extérieur, Ouattara court en vain après des investisseurs qui tardent à venir à cause du climat incertain dans lequel se trouve le pays qui court chaque jour le risque d’un isolement. On annonce des milliards dont on ne voit pas les effets sociaux. Comme vous voyez, Ouattara s’est précipité pour prendre le pouvoir avec l’aide des Blancs, et 15 mois après, tout le monde se rend bien compte de son incapacité à le gérer et à proposer de véritables solutions pour la reconstruction économique et sociale du pays, mais aussi des solutions humaines pour rassembler et soigner les cœurs meurtris des Ivoiriens. C’est pour cacher cela qu’il y a cette fuite en avant, celle de traquer les cadres du Fpi, d’entretenir un climat de terreur dans le pays en faisant courir des bruits de coup d’Etat et en planifiant un génocide à l’ouest. Pour tout dire, tout est en panne en Côte d’Ivoire sous Ouattara et, croyez-moi, ce n’est pas le Ppte qui va arranger les choses.

côte d'ivoire,le ministre lazare koffi koffi,des chefs d’etat des diplomates se mobilisent pour gbagbo,laurent gbagbo,alassane ouattara,exilés pro-gbagbo

Dans un mois Gbagbo comparait à la Cpi. Comment envisagez-vous son avenir?

Le Président Gbagbo nous reviendra contrairement à ce que pensent nos gouvernants actuels. Devenu un os dans la gorge de ceux qui voulaient l’avaler, ces derniers sont obligés de le cracher s’ils veulent vivre. Son ombre plane sur la Côte d’Ivoire. Ouattara lui-même ne manque jamais de parler de lui à chacune de ses sorties médiatiques. Gbagbo est devenu son cauchemar. Tout restera bloqué sans lui dans ce pays. Je crois que même ses plus irréductibles adversaires et ses ennemis en sont convaincus qui donnent de la voix pour qu’il revienne au plus vite au pays. On a entendu récemment Amoikon Edjampan ; à l’Onu, en France, aux Etats-Unis, et en Afrique, des diplomates, des leaders d’opinion, des Chefs religieux et des Chefs d’Etat se mobilisent en sa faveur et vous verrez, les jours prochains, ils se feront entendre. La question qui revient souvent, c’est comment vider définitivement le contentieux électoral qui fait de notre pays un no man’s land.

Selon vous, comment peut-on vider justement ce contentieux électoral?

Je ne vois qu’une et une seule solution : à défaut du recomptage des voix proposé en son temps par le Président Gbagbo et refusé par ses adversaires,- ce qui nous aurait évité tous les blocages actuels -, il faut courageusement mais humblement reprendre les élections présidentielles.

Pensez-vous que Ouattara et ses hommes peuvent accepter une telle proposition?

Mais, c’est la seule voie s’ils veulent diriger ce pays sereinement. Mais ils ne devraient pas en avoir peur, surtout qu’ils clament partout qu’ils sont majoritaires dans ce pays. Ma position est fondée sur le fait suivant : comme c’est le Conseil Constitutionnel version Paul Yao Ndré qui a proclamé deux vainqueurs des élections de 2010 en l’espace de quelques mois, la sagesse commande qu’on reprenne ces élections qui seront arbitrées par le Conseil Constitutionnel version Francis Wodié sous la supervision active mais désintéressée et sans parti pris de la France, les Etats-Unis, l’Onu, l’Union Africaine et toute organisation non gouvernementale qui le désire. Il faut scruter cette voie, la seule à mon sens pour sortir notre pays du bourbier actuel.

Vous parliez tantôt de la France qu’on sait un acteur clé de cette crise. Que peut-elle faire actuellement?

Elle peut faire beaucoup. La France de François Hollande s’entend. Le nouveau président français dont je salue au passage la brillante victoire aux dernières élections, a tout pour redorer l’image de la France trop ternie par son prédécesseur en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. La France de Sarkozy est vue par tous les Africains épris de justice et de liberté comme une France génocidaire, une France arrogante, une France inutilement interventionniste qui s’ingère dans les affaires intérieures des Etats indépendants et souverains, une France des coteries et des affaires mafieuses. Hollande doit faire oublier tout cela et il le peut.

Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il le peut?

D’abord c’est le slogan de sa campagne «le changement c’est maintenant ». C’est tout un programme dont le monde attend beaucoup. Mais nous les Africains, ce changement ne doit pas se réduire à un simple ménage de meubles dans la maison. Ce que l’Afrique attend, c’est une véritable rupture d’avec une vision du monde coupé en deux, l’un détenteur de la force nucléaire qui veut imposer sa volonté à l’autre qui ploie sous le poids de la misère et à qui on refuse le droit minimum de disposer de lui-même. Ce que l’Afrique attend c’est une rupture radicale avec une certaine politique étrangère outrancière, outrageante et arrogante, une rupture avec l’interventionnisme militaire tous azimuts, rupture avec une coopération financière stressante, avilissante, oppressante et appauvrissante. Hollande doit savoir que le monde aujourd’hui et surtout l’Afrique appelle au changement comme en France.

Ensuite, Hollande doit lui-même tirer les leçons de la chute de Sarkozy et savoir avoir une oreille pour les Africains qui voient dans la date du 6 mai 2012 qui a marqué son élection comme une date porteuse de grands bouleversements comme celle de 1789 de la Révolution Française qui a proclamé la République, 1917 de la Révolution russe qui a sanctionné la fin du régime des Tsar, 1948 qui a vu la naissance de l’Onu et 1989 qui a mis fin à la guerre froide après la chute du mur de Berlin. Les Africains ont soif de changement comme ils l’ont eu après la Deuxième Guerre Mondiale, soif qui a enclenché la décolonisation. Nous sommes dans les mêmes dispositions d’esprit aujourd’hui. L’Afrique appelle au respect de l’indépendance et de la souveraineté de ses Etats. Et Hollande devrait être attentif à cela et ne doit pas se laisser devancer et dominer par les événements comme ses prédécesseurs dans les années 50 «pour ensuite céder aux revendications lorsqu’elles s’expriment sous une forme violente. Il importe de prendre en temps utile les dispositions qui permettent d’éviter les conflits graves» ainsi que le recommandait le projet du préambule de la Loi-Cadre.

Pour vous donc, dans quel sens les choses peuvent-elle évoluer?

D’abord la France officielle ne doit pas avoir peur des Africains, surtout ceux de l’espace qu’elle contrôle et auxquels elle est historiquement liée. Elle ne doit pas un seul instant présumer que ces Africains de culture française, de sentiments français, placés depuis longtemps dans un système économique français, ayant pour référence le modèle français, peuvent se détourner d’elle. Ensuite, elle doit, par une conférence internationale du type de celle qui a eu lieu à Brazzaville en 1944, avec tous ses diplomates mais aussi tous les Africanistes pour faire le point de sa présence en Afrique, mais aussi de la vérité sur les réalités africaines colportées, pour bâtir une nouvelle politique de coopération avec les Etats africains. Au-delà de tout çà, Hollande doit rompre courageusement avec la Françafrique ainsi que les sommets anachroniques France-Afrique. Et plus que cela, le gaullisme qui engageait vers la fin des années 50, la France à voir chez les nouveaux Etats africains, des partenaires privilégiés parce que, «si leur administration novice, leur économie naissante, leurs finances désorganisées, leur diplomatie tâtonnante, leur défense à ses débuts, recouraient à elle pour s’établir, il faudrait s’y prêter». La France doit cesser de voir les Etats africains comme des Etats naissants. Elle doit voir autrement nos Etats devenus matures car à vouloir les maintenir sous une quelconque domination «peut devenir une gageure, où la France, pour ne rien gagner peut tout perdre ».

Pour en revenir à vos vies d’exilés. Comment arrivez-vous à survivre quand on sait que vous avez vos avoirs gelés?

(Rires). Ça, c’est une grâce de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous. J’ai souvent entendu dire que nous avons fui du pays avec des caisses d’argent et que nous vivons un exil doré. On a même dit que le gouvernement ghanéen nous soutient financièrement. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet espace pour remercier vivement et très sincèrement tous nos compatriotes qui, depuis le pays, ne cessent de nous soutenir aussi bien moralement que financièrement. Cela est très encourageant et cela montre aussi que nous sommes dans la vérité. Fait surprenant, il y a parmi ceux qui nous aident de nombreux pro-Ouattara découragés sans doute de l’orientation nouvelle de l’action politique dans notre pays. Je n’oublie pas dans mes remerciements les associations et les groupements religieux qui, au-delà des soutiens matériels, prient pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Je voudrais leur dire ici de ne pas désespérer et de rester toujours mobilisés pour la Côte d’Ivoire éternelle. La nuit est longue, il est vrai, mais le jour finira par se lever.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 08 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: LA REPUBLIQUE DES MENTEURS

côte d'ivoire,soro guillaume,claude bartolone,côte d'ivoire la république des menteurs


Après le retentissant mensonge d’Etat d’Alassane Dramane Ouattara à propos de l’arrestation imaginaire de Justin Koné Katinan au Cameroun et des contacts imaginaires de Ouattara avec le Président Paul Biya à ce sujet, c’est au tour de Guillaume Soro de servir un des plus gros mensonges à la Côte d’Ivoire.

A la suite de sa visite controversée au Président de l’Assemblée Nationale Française Claude Bartolone, le journal L’INTER dans son édition N°4229 du MERCREDI 04 JUILLET 2012 - en Page 14 a écrit ceci :

SORO ET BARTOLONE : Comment les 2 hommes (se sont connus: d’Archives)

''il faut savoir que Claude Bartolone et Guillaume Soro se connaissent depuis longtemps. C'est le président du Parlement ivoirien lui-même qui le révèle sur son blog officiel. «J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'Unef (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, ndlr). Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins», a révélé Guillaume Soro. On l'imagine, le président du Parlement ivoirien devait être très à l'aise face à son ami''

Alors quelque chose a fait tilt dans notre tête. Claude Bartolone est né en 1951. Soro est né en 1972 .Comment Bartolone qui avait donc 21 ans et fini ses études alors que Soro n’était pas encore né peut il partager des souvenirs estudiantins avec Soro ???

Nous avons fait des recherches. Voici ce que nous avons trouvé :

Enfance et études de Bartolone …

Cadre de l'industrie pharmaceutique, Claude Bartolone est né le 29 juillet 1951 à Tunis sous le Protectorat français de Tunisie à, dans une famille d'ouvriers agricoles d'origine sicilienne par son père, qui a émigré en Tunisie pour fuir le fascisme, et maltaise par sa mère. La famille Bartolone et leurs trois enfants viennent s'installer en France en 1960 au Pré-Saint-Gervais où ils vivent dans la cité Jean-Jaurès. Claude Bartolone fait sa scolarité au collège Anatole-France et, alors qu'il doit s'inscrire en CAP de mécanique, décide de poursuivre ses études au lycée Turgot à Paris sur les conseils de sa professeur de français qui convainc ses parents, en 1965, des capacités de leur enfant. Après son baccalauréat, en 1968 Claude Bartolone s'inscrit à l'université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, où il obtient une licence de mathématiques en 1971 (à cette date Soro n’était pas encore né)

Les débuts de Bartolone dans la vie politique

Claude Bartolone devient membre du Parti socialiste en 1974 (Soro avait 2 ans) après la défaite de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1974. Il est élu pour la première fois en 1979 comme conseiller général du département 3. (Soro avait 7 ans)

Ancien cadre commercial de l’industrie pharmaceutique, il est élu député en 1981(Soro avait 9 ans) à la surprise générale à la faveur de la vague rose des législatives de 1981. Il est réélu, sans discontinuer et pour la dernière fois le 17 juin 2012, pour la XIVe législature (2012-2017), dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis, composée du canton de Bagnolet, des Lilas, du canton de Pantin-Est et de Pantin-Ouest. Il fait partie du groupe socialiste 6.

GUILLAUME SORO a été secrétaire général de la FESCI de 1995 à 1998.

A cette date Bartolone était :

• Du 19 juin 1995 au 9 mars 2008 : membre du conseil municipal du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 19 juin 1995 au 25 octobre 1995 : adjoint au maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 26 octobre 1995 à 1998 : maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 1er juin 1997 au 30 avril 1998 : député de Seine-Saint-Denis
• Du 16 mars 1998 au 28 juin 2002 : membre du conseil régional d'Île-de-France 
• Du 30 mars 1998 au 5 mai 2002 : ministre délégué à la ville du gouvernement de Lionel Jospin.


----------------------------------

Voici donc les faits. Vous en savez désormais un peu plus sur la décence morale des deux personnalités qui dirigent la Cote d’ivoire ; Le chef de l’état Alassane Dramane Ouattara et son dauphin constitutionnel Guillaume Kigbafori Soro .

Les faits on ne le dira jamais assez sont sacrés et les commentaires sont libres …. Dans l’attente du prochain mensonge d’État !!!

Steve Beko

Le mensonge mis à nu de Soro Guillaume vient d'être corrigé sur son blog dans la version suivante

"J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'UNEF (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci. Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins. Mon ami et frère Guillaume Houzel était son adjoint à l'Unef. Il s'agit du député Amirshahi Pouria. Il a participé à l'audience avec M. Claude Bartolone. C'est peu dire que d’affirmer que c'est avec joie que je l'ai revu. "

Nous attendons le rectificatif du journal l’Inter.

 

Source: FACEBOOK Steve Beko 

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


côte d'ivoire,le commandant invisible raconte la bataille d'abidjan,germain séhoué


Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

..............................................................

Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

................................................................

Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 05 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, «LE PRESIDENT DE L'ETRANGER»

 

côte d'ivoire,alassane ouattara le président de l'étranger,théophile kouamouo,le quotidien ivoirien le nouveau courrier


Il est toujours réjouissant de constater que des médias qui sont à mille lieues de nous au point de vue idéologique finissent par confirmer des informations que nous avons données par le passé. Pour une raison simple : leurs «validations» permettent de clore le débat sur les faits, surtout quand on sait que nos contradicteurs sont des spécialistes du «pas vu, pas pris» et des audacieux négateurs des évidences.

Nous ne boudons pas notre plaisir de voir l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont Alassane Ouattara était jusqu’à une date récente un actionnaire minoritaire, qui l’a soutenu quand il était dans l’opposition et qui le soutient aujourd’hui, énoncer quelques vérités que nous répétons depuis longtemps à propos de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Jugez-en par vousmêmes. «Fidèles à Laurent Gbagbo, les natifs de la région ont beaucoup perdu à la faveur de la crise postélectorale: nombre d’entre eux se sont vus chassés de leurs maisons et de leurs terres, à l’exemple des Oubis, expropriés au profit de nouveaux arrivants. L’installation des étrangers et des travailleurs agricoles originaires du Nord est appuyée par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, dont le commandement est assuré par Losseni Fofana, dit Loss, un ex-rebelle) et par les Dozos, ces chasseurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest qui ont troqué leurs vieux fusils contre des kalachnikovs. Ces derniers seraient aujourd’hui 10 000, contre un petit millier avant la crise : ils règnent en seigneurs de la guerre et font payer un droit de protection aux nouveaux arrivants.

En ville, c’est la même chose. Les commerçants doivent verser leur obole. (…) Il y a aussi les miliciens burkinabè installés avec leurs hommes dans les forêts classées de l’Ouest. Parmi eux : Issiaka Tiendrébéogo et Amadé Ouérémi – lequel est soupçonné par HRW d’avoir joué un rôle dans les massacres de Duékoué, en mars 2011. (…) Surtout, reconnaît-on à Abidjan, ils entretiennent avec les FRCI un système d’activités illégales mais fort lucratives : trafic d’armes, exportation de cacao vers le Burkina Faso, exploitation aurifère forestière, et vente de terres.» Jeune Afrique publie également une infographie qui situe l’implantation de ces miliciens burkinabè sur le territoire ivoirien. Leurs noms se passent de tous commentaires : Sana Salifou, Issa Ouédraogo, Kouanda Lassané, etc…

Le constat est désormais indiscutable. Une opération concertée de colonisation armée des régions les plus convoitées de la Côte d’Ivoire est en cours. Qui dirige cette opération? Difficile de ne pas orienter les regards vers deux hommes : Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Premièrement, parce qu’ils en sont les bénéficiaires politiques. Ouattara profite des miliciens burkinabé pour effrayer voire pousser à l’exil les soutiens politiques de son adversaire embastillé à La Haye, le président Laurent Gbagbo. Quant à Compaoré, c’est son pays qui jouit depuis plusieurs années des filières d’évasion du cacao; il se débarrasse de son trop-plein démographique tout en élargissant son «espace vital» et ses territoires d’influence. En réalité, le président burkinabè est ici dans le même type de stratégie que le Rwandais Paul Kagame en République démocratique du Congo. Et l’Ouest ivoirien est dans la même position géopolitique que la région martyre du Kivu, comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes. Il faut toutefois noter qu’Alassane Ouattara s’associe avec entrain à l’opération de colonisation de la Côte d’Ivoire, alors que Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir avec l’aide des Rwandais et des «nouveaux prédateurs» occidentaux, s’est rebellé contre la «prise en main» de son pays. Et est mort en martyr national.

Face à cette incontestable réalité, face à ce danger qui pèse sur la Côte d’Ivoire, que font les consciences morales de la Nation? Rien ou presque. A la fois soucieux de préserver la présence de ses électeurs de plus en plus menacés sur les riches terres de l’Ouest et désireux de continuer à profiter des privilèges du pouvoir, le PDCI porte un regard névrotique sur cet enjeu – et les «Unes» du quotidien qui porte sa voix traduisent bien ce malaise. Complexés par les accusations de xénophobie, de nombreux intellectuels ont capitulé alors que la stature de certains objecteurs de conscience leur permet de s’exprimer clairement et sans haine sur ce qui n’est rien d’autre qu’une vaste stratégie de dépossession.

Une chose est sûre : par son action, Alassane Ouattara donne un caractère prophétique aux propos de campagne du président Laurent Gbagbo qui le qualifiait pendant la campagne en vue de la présidentielle de «candidat de l’étranger». Qu’on en juge. Sans l’aide de forces étrangères, jamais il n’aurait pris le pouvoir, concèdent aujourd’hui tous les analystes sérieux, quel que soit leur bord. Le premier cercle des militaires qui veillent sur sa vie est constitué de soldats burkinabè – comme nous l’a récemment confirmé, effaré, le collaborateur d’un chef d’Etat de la région. Les soudards qui règnent sur son «coffrefort» (l’Ouest minier et cacaoyers) sont burkinabè. Une bonne partie de sa stratégie de persécution de son opposition est fondée sur l’instrumentalisation de ses «relations» avec des chefs d’Etat étrangers. Toutes ses prétentions économiques s’appuient sur ses «relations» à l’étranger et sur un endettement massif qui, comme l’occupation des terres de l’Ouest, participe d’une logique de soumission voire «d’esclavagisation» durable de la Côte d’Ivoire.

Dès lors que l’on se débarrasse de toute complaisance et de notre tendance naturelle à la politique de l’autruche, l’on ne peut pas sérieusement accréditer la thèse généralement véhiculée selon laquelle l’invasion de la Côte d’Ivoire par des hordes armées non conventionnelles est le résultat d’une crise de l’ordre sécuritaire contre laquelle le pouvoir central se bat. De toute façon, cette thèse est absurde. La Côte d’Ivoire est un pays où la police et la gendarmerie ont été désarmées par le pouvoir central. La nature des armes dont sont dotées les milices ethniques qui prolifèrent de toutes parts est telle qu’il n’y a qu’un Etat qui peut les fournir. Le numéro de série de chaque arme permet de connaître sa provenance. Quand on connaît l’acharnement avec lequel le régime traque ses ennemis, prétendre que les ex Forces nouvelles, les Dozos et les Burkinabè de l’Ouest sont armés sans son consentement revient à prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles.

Le 15 novembre 2000, avant la guerre donc, Laurent Gbagbo, nouvellement élu, disait : «Un jour viendra où, dans ce pays, il y aura deux camps. D’un côté celui dont le territoire et la Nation se confondent pour la défense de ce que nous sommes et de l’autre, celui pour lequel ni la Nation, ni le territoire, encore moins la République que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur». Nous sommes en plein dedans. Ceux qui ne le savent pas sont sans intelligence. Ceux qui le savent et se taisent sont des lâches.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D’IVOIRE: SILENCE, ON TORTURE SOUS DES REGARDS PASSIFS ET COMPLICES!!!

  

PRO-GBAGBO ENLEVES.jpg

 

« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

 Article 5, déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

  

La Côte d’ivoire, depuis plus d’un an est devenue un Etat d’exception. Tout ce qui choque l’entendement humain est célébré comme un fait heureux. Au delà de la célébration des contre-valeurs, il apparait clairement que l’une des cordes que le régime d’Abidjan manie bien, c’est  la violation des droits de l’homme. Bien que notre Constitution proclame, dans son préambule, « son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 et dans la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 1981 », rien n’empêche le pouvoir de Dramane Ouattara de méconnaitre, dans les faits, cette affirmation. Or, le rôle d’un gouvernement sérieux est de veiller à la protection des droits des citoyens, à les promouvoir en vue de permettre l’épanouissement de tous, sans distinction aucune.  Mais en Côte d’Ivoire, ne sont élevés à la dignité d’être humain que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara. A l’opposé, les citoyens de « seconde zone » que sont les pro-Gbagbo, ont droit à tous les lots de traitements inhumains et cruels. Ces traitements se déroulent de façon paisible et continue dans l’indifférence totale des organisations de défense des droits de l’homme. En un mot, le régime Ouattara torture sous le regard passif et complice des ONG.

Le régime Ouattara torture…

Le régime de Ouattara, prétendument qualifié par ses amis et partisans, de démocratique, s’est spécialisé dans l’art d’arrêter, torturer, arracher des aveux infondés, exécuter sommairement des citoyens, violer  les domiciles etc. Toutes ces arrestations et perquisitions sont faites en violations flagrantes de règles en vigueur. Les rares témoins qui ont pu échapper miraculeusement à leurs tortionnaires, ont relaté dans la presse de l’opposition, les méthodes et les techniques utilisées par les hommes du régime. Pour procurer du plaisir au régime, tous les traitements cruels sont les bienvenus.

En effet, certains infortunés reçoivent des braises de feu sur le dos, des gouttes de sachets plastics brûlés sur les mains et parties sensibles, d’autres sont marqués au fer rouge. Certains d’entre eux sont enchainés à quatre ou à cinq comme furent les esclaves du temps de la traite négrière. Point n’est besoin de préciser qu’ils sont journellement battus comme des animaux. Tous ces faits se déroulent dans des lieux tenus par les hommes du régime. Yopougon, une commune pro-Gbagbo est présentée comme un super « camp de concentration ». Le régime a transformé, « la place de la liberté », patrimoine du FPI (parti de Laurent Gbagbo), en lieu de torture. Est-il utile de noter que l’activité sordide qui se déroule sur cette place est totalement contraire à l’esprit du lieu. Il s’agit en effet d’une place qui célèbre les libertés et non les exactions.

En dehors de Yopougon, il existe un  autre « camp de concentration » à PK 17, route de Dabou ; ce camp devait servir de site pour le service civique. Les pratiques qui s’y déroulent sont les mêmes constatées dans le camp de Yopougon. Ces deux camps « spécimens » sont les prolongements d’autres lieux tenus par les hommes du pouvoir. Et ces hommes n’ont qu’une seule cible : les pro-Gbagbo ou supposés. Ce sont ces citoyens qui peuplent les camps du régime. Ils viennent principalement des villes qui ont affirmé leur attachement au Président Laurent Gbagbo. Certains sont arrêtés à Abidjan, d’autres à l’intérieur du pays et convoyés soit dans les camps de l’intérieur soit dans ceux de la capitale économique. Ils sont des civils et militaires, tous accusés de vouloir renverser le régime. Ces accusations sont fallacieuses d’où, les traitements inhumains infligés à ces pro-Gbagbo. Car, si elles étaient fondées, le régime ouvrirait un procès qui donnerait l’occasion aux accusés de se défendre.

Ayant choisi la voie des camps de concentration, le régime d’Abidjan avoue le peu d’intérêt qu’il accorde aux droits humains. Cela est d’autant plus vrai que les tortionnaires eux-mêmes sont des ex-rebelles, maîtres dans l’art de la torture, connus pour être des criminels de guerre, des mercenaires, des miliciens tribaux.

Cette addiction à la torture donne du lustre au classement fait par l’Onu. En effet, selon l’organisation mondiale, le régime Ouattara, est un régime autoritaire. La chaine de télévision française France 2 en avait parlé le 26 Mars 2012 (édition de 20h). Mais si la Côte d’Ivoire est devenue championne en tortures et traitements inhumains, c’est bien parce qu’elle peut compter sur  le silence coupable de certaines organisations.

…sous le regard passif et complice des ONG

Le feu de la torture qui s’abat sur les pro-Gbagbo et supposés n’est dénoncé que par les journaux proches du Président Gbagbo. Ces organes se battent en publiant les témoignages des personnes ayant connu les flammes de la torture. Pendant qu’elles donnent de la voix, les ONG de défense des droits de l’homme brillent par leur mutisme. Elles assistent, passives, impassibles au drame que subit une partie des citoyens ivoiriens. Pourtant, elles se disent être équidistantes des pouvoirs politiques.

Notre actualité récente nous permet de dire que certaines ONG nationales sont complices du jeu du pouvoir. En effet, lors de la crise post-électorale, la Présidente du Réseau paix et sécurité des femmes dans l’espace Cedeao côte d’ivoire (Repsfeco-ci) Salimata Porquet, s’était vidée de ses larmes, lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja en Mars 2011. En substance, elle demandait à l’institution d’intervenir pour  sauver « les victimes si nombreuses ». Depuis que son mentor Ouattara est aux affaires, elle a séché ses larmes, plus de pleurs, même pour ceux qui sont torturés par le régime. Ces personnes qui sont torturées ne descendent-elles pas de femmes ? A l’évidence leur vie n’a aucune importance tout simplement parce qu’elles ont eu le tord d’être des « Gbagboïstes ». N’Gouan Patrick, coordinateur national de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), lui et sa « convention » sont muets comme une carpe face au règne des « camps de concentration ». Pourtant, Patrick N’Gouan ne manquait pas de s’offrir en spectacle sur la chaine Africa 24 pour demander le départ de Laurent Gbagbo, il ne manquait pas d’organiser des séminaires pour montrer les tares du régime de Gbagbo. Où se trouve t-il pendant que des citoyens, des contribuables sont arbitrairement détenus dans les fers ? Le Mouvement Ivoirien des droits de l’Homme (MIDH), connu pour être un démembrement du RDR, parce que créé par des pro-Ouattara dont « le Petit Juge militant » Epiphane Zoro Bi Balo (actuel DG de l’AICF), est lui aussi passif. Il a perdu et on le comprend, sa verve des premiers jours. Ce mouvement a été rejoint par la Ligue Ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO). C’est à croire que l’universalité des droits de l’homme est sujette à caution en Côte d’Ivoire. Comme le dirait Mobutu du haut de la tribune de l’Onu en 1973, lorsque qu’on parle des droits de l’homme on doit savoir de quel homme on parle. Est-ce des militants et sympathisants du Rhdp ou des pro-Gbagbo ? S’il s’agit des pro-Gbagbo, alors exit le respect des droits de l’homme et bonjour la torture !

A l’image de ces ONG nationales, celles dites internationales, semblent avoir d’autres préoccupations. En effet, elles ferment royalement les yeux sur cette prouesse du régime d’Abidjan. Amnesty International, Human Right Watch, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), la division des Droits de l’Homme de l’ONUCI, La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), toutes ces organisations sont devenues subitement aphones. Elles sont dans une sorte de complicité qui donne de la graisse à la dictature instaurée par le régime d’Alassane Dramane Ouattara. Pourquoi un tel mutisme ? Tous ceux qui sont torturés dans ces « camps de concentration » devenus un « archipel de torture », sont-ils des sous-hommes ? N’ont-ils pas aussi droit à un brin de dignité ? Qui portera devant l’histoire, la responsabilité des errements du pouvoir d’Abidjan ?

Disons clairement que ces ONG muettes, seront autant responsables que le pouvoir actuel.

Voici donc, sur le chemin de l’hypocrite réconciliation nationale, les actes du pouvoir qui énervent le processus. Les gouvernants ivoiriens  ont les mains dénouées et toujours tendues sur la tête des pro-Gbagbo, comme une épée de Damoclès. Et lorsque cette épée frappe, les ONG applaudissent pas leur mutisme. Il est peut être politiquement correct que les membres et amis du pouvoir s’invitent à ce mutisme, mais il est inacceptable que des ONG, par essence neutres, s’adonnent à ce jeu macabre. L’histoire les jugera avec rigueur.

 

Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

mercredi, 04 juillet 2012

REPORTAGE TV5: LES BURKINABES OCCUPENT LES TERRES A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE



Les Ivoiriens perdent leurs terres, avec la bénédiction d'Alassane Ouattara, de la coalition qui l'a installé au pouvoir (France, Etats-Unis, Cedeao, Onu), de certains autres ivoiriens et de la communauté internationale pourtant si prompte à décrier la violation des droits humains et toutes sortes d'abus sous d'autres cieux. Le cas ivoirien avec la dictature en place, le piétinement du droit et de la Constitution, les crimes et les spoliations tous azimuts, n'émeut personne.

Il faudra craindre avec le plus grand effroi et la pire angoisse tout retournement de situation. Une bombe terrifiante se met insidueusement mais très sûrement en place pour la Côte d'Ivoire et pour toute la sous-région ouest-africaine.

Que les voix les plus autorisées parlent maintenant ou se taisent à jamais.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire! 

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - PPTE: LA COTE D'IVOIRE COURT UN TRES GRAND DANGER!

 

côte d'ivoire,chronique de hassane magued,ppte la côte d'ivoire court un très grand danger


«Les Économistes nous ont trahis. Ils ont poussé le pays dans l’antre du diable. Si les Ivoiriens ne sortent pas immédiatement de l’initiative PPTE, il n’y aura plus de Côte d’Ivoire dans 3 ans».

 

La Révolution Permanente se fait le devoir de porter ce message aux Ivoiriens ce jour, mardi 3 juillet 2012. Ce message est la conclusion à laquelle les analystes de la Révolution Permanente sont parvenus lorsqu’ils ont été alertés par la position de certains pays d’Amérique latine qui ont rejeté systématiquement cette initiative.

Pour vous permettre de comprendre ce cri du cœur, je vous invite à découvrir ce que cache l’initiative PPTE lorsqu’après avoir atteint le point d’achèvement, un instrument du libéralisme usurier est chargé de sa mise en œuvre.

Le HIPC (Heavily Indebted Poor Countries) ou PPTE (Pays Pauvre Très Endetté), cette appellation qui devrait sonner comme une injure,  cache un concept économique mis sur pied par le FMI (Fonds Monétaire International) et la Banque Mondiale en 1996.

L’initiative HIPC ou PPTE a été empiriquement conçue pour être la Phase N°2 du PAS (Programme d’Ajustement Structurel). Il est donc bon de noter que l’initiative PPTE est le prolongement du PAS dont elle achève de réaliser les grands axes.

Officiellement, l’initiative PPTE est un système, je dirais, un engrenage économique, qui vise à assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales «soutenables».

Si elle était un système conçu de bonne foi, l’initiative PPTE devait être l’équivalent de la procédure judiciaire dite de Règlement préventif. Pour les entreprises qui cumulent des dettes exigibles -que leur trésorerie disponible ou à recouvrer sur le court et moyen terme ne permettra pas d’apurer, alors qu’elles conservent encore des chances de s’en sortir financière-, le déclenchement de la procédure de règlement préventif leur permet de geler la poursuite des créanciers, qui se regroupent pour créer un collectif et signer un concordat et qui s’entendent avec le juge pour planifier de façon supportable, le recouvrement de leurs créances, parfois, en accordant à l’entreprise débitrice des allègements ou des délais de carence. Ainsi, avec un peu de chance, l’entreprise essoufflée réalise des investissements productifs, rembourse à un rythme soutenable ses dettes et retrouve la santé financière.

En principe, c’est ainsi que devait être perçue l’initiative PPTE pour les Etats. C’est également la finalité recherchée par le déclenchement d’une procédure judiciaire de règlement préventif au profit des entreprises en difficulté, que l’initiative PPTE devait viser à atteindre.

Mais que non. L’initiative PPTE cache un lourd secret que très peu de personnes connaissent. C’est ce secret que je vais exposer maintenant.

De façon innocente, les Économistes nous expliquent que pour qu’un pays soit éligible à l’initiative PPTE et PPTE renforcée, il doit respecter quatre critères:

· n’être éligible qu’à une assistance concessionnelle de la part du FMI et de la Banque mondiale (“IDA-only”) ;

· faire face à un niveau d’endettement insoutenable ;

· avoir parfaitement mis en œuvre des réformes et de saines politiques économiques dans le cadre de programmes soutenus par le FMI et la Banque mondiale ;

· avoir formulé un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). (Celui de la Côte d’Ivoire a été élaboré sous la Direction du Ministre d’Etat, feu Bohoun Bouabré. Sa version finale a été rendue publique en janvier 2009)

Mais tout cela est compliqué. Je ne vais pas vous entraîner là-dedans.

Ce qu’il faut savoir de la face cachée de l’iceberg des conditions d’éligibilité d’un pays à l’initiative PPTE, se présente comme ci-après:

- pour qu’un pays fasse partie du programme, il faut qu’il soit listé parmi les pays les plus endettés au monde et incapables de payer ses dettes extérieures. Donc le pays doit être un Etat indigent, un Etat en situation de quasi-faillite;

(Petite parenthèse sur ce point : est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi pendant que Laurent GBAGBO se battait pour payer les dettes extérieures tout en évitant d’endetter la Côte d’Ivoire, il s’est trouvé des individus, anciennement chargé de mettre en œuvre le PAS, qui conjuguaient tous leurs efforts pour lancer des attaques armées, lutter contre l’exportation du café et du cacao, souiller l’image de l’Etat en commettant des meurtres, diviser le pays, saper son potentiel économique en pillant une partie des richesses ? Est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi?)

- les “saines politiques économiques” dont la mise en œuvre conditionne l’éligibilité du pays au programme, sont déterminées par le FMI et la Banque Mondiale, et sont les héritières – bien qu’elles ne s’appellent plus ainsi – des “Programmes d’ajustement structurel” des années 1980 et 1990 d’inspiration libre-échangiste : restriction des interventions de l’État dans l’économie, libéralisations, privatisations, politiques fiscales et monétaires restreintes… (Source: Wikipédia)

(Petite parenthèse sur ce point : Est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi au lendemain du 11 avril 2011, toute la Côte d’Ivoire a été mise en vente ? Est-ce que vous comprenez pourquoi les banques appartenant à l’Etat de Côte d’Ivoire que sont la BNI, la BHCI, Versus Bank, bref, tout ce qui appartient à l’Etat est mis à marché depuis le 11 avril 2011 afin que les groupes privés français les achètent ?)

Bien. Vous commencez à tout comprendre

Alors, venons en de façon plus concrète au cas de la Côte d’Ivoire. Et vous comprendrez pourquoi GBAGBO Laurent ne pouvait pas rester Président mais aussi les raisons profondes du repeuplement économique de l’Ouest ivoirien avec la main-d’œuvre voltaïque.

Déjà en 1998, l’éligibilité de la Côte-Ivoire au programme PPTE fut conditionnée par la libéralisation complète du secteur du café pour l’année de récolte 1998-1999. Bédié Konan entre deux verres, a retrouvé un brin de lucidité. Il a refusé cette libéralisation telle que le FMI la lui demandait. Aussitôt, l’affaire des 18 milliards “volés” est sortie sur fausse dénonciation de qui vous savez et, au soir du 24 décembre 1999, le premier coup d’État de l’histoire de la Côte d’Ivoire a été consommé.

Mais après la chute de Bédié, Laurent GBAGBO arrive au pouvoir à la faveur des élections de 2000. La première pression qu’il subira, sera la réforme du secteur café-cacao. Ils n’ont pas utilisé le mot privatisation. Mais la fermeture de la CAISTAB et le retrait de l’Etat conduisaient au même résultat.

Sauf que Laurent GBAGBO est un Patriote ivoirien. Il ne peut pas accepter de vendre l’âme de l’Economie ivoirienne aux prédateurs étrangers. Donc il engage la réforme et aboutit à une libéralisation qui transfèrera la gestion de la filière aux acteurs de la filière.

Cette forme de libéralisation n’est pas celle qui était attendue. Mais elle était un bon pas vers la libération entre les mains des multinationales américaines, anglaises et françaises (Cargill, ADM, Armajaro, etc.) au cas où un homme à tout faire du FMI et de la Banque Mondiale prendrait le pouvoir. Parce qu’à terme, il faudrait atteindre cet objectif.

Nous sommes en 2012. Depuis le 26 juin de l’année, la Côte d’Ivoire a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mais dans quel contexte et avec quelles ambitions ?

Pour ce qui est du contexte, Alassane Ouattara, celui qui a mis en œuvre pour le compte d’Houphouët-Boigny, la Phase N°1 de la stratégie de contrôle des secteurs clés de l’Economie des pays non occidentaux, cette phase baptisée PAS (Programme d’Ajustement Structurel), est en Côte d’Ivoire et règne en maître des lieux incontestable.

Dès la conquête de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a enclenché un processus vertigineux de ré-endettement du pays. Il a aussitôt vendu tout ce qui appartenait à l’Etat et est en passe de boucler ses dernières ventes avec la privation des banques comme la BNI, la BFA, la BHCI, Versus Bank.

Plus révélateur que de raison, son avènement en Côte d’Ivoire a ouvert la voie à un repeuplement agricole systématique de l’Ouest ivoirien par des Burkinabè. A terme, nous vous le disons chaque jour, ces terres villageoises occupées avec les armes ainsi que les forêts classées contrôlées par les mêmes milices burkinabè pour y cultiver le café et le cacao, seront vendues aux multinationales américaines et françaises afin que les ouvriers burkinabè et les autochtones de l’ouest deviennent des salariés.

Sur ce point, les ambitions de l’initiative PPTE sont claires et doivent l’être pour chacun d’entre nous.

Ce programme n’enrichira personne. Il ne permettra pas à la Côte d’Ivoire de prendre une moindre ascension économique. Non. Ce programme vient parachever la nocivité économique du PAS pour les Etats qui ont commis l’erreur d’y entrer.

L’initiative PPTE ne fera entrer aucune somme d’argent liquide dans les caisses de l’Etat ivoirien. Le ré-endettement massif a porté la dette ivoirienne à son niveau initial. Les remboursements effectués par le Président GBAGBO ont été renouvelés systématiquement par de nouveaux emprunts sur papier. L’argent entre et ressort aussitôt. Ce n’est qu’un jeu d’écriture.

Mais la plus grosse menace dans tout ça, c’est que l’Etat perdra totalement ou presque, ses avoirs sur  le café et le cacao avec la privatisation qui sera réalisée après la modification de la loi de 1998 sur le foncier rural pour permettre aux personnes physiques non ivoiriennes et aux entreprises privées de devenir propriétaires sur le domaine foncier rural. Une telle modification de la loi ouvrira la voie à l’achat de toutes les terres de l’Ouest ivoirien par les multinationales étrangères, d’abord en acquérant les terres occupées illégalement par les Burkinabè, ensuite en contraignant les allochtones baoulé et les autochtones Wè à leur vendre le reste des terres et les vieux vergers.

Une fois le cacao sorti du giron de l’Etat, les droits et taxes d’exportation perçus sur le café et le cacao réduits à des portions congrues, les banques nationales privatisées pour respecter les engagements pris ou imposés avec l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, que restera-t-il encore de la Côte d’Ivoire ? Que restera-t-il de ce pays puisque l’eau, l’électricité, les grands hôtels, les autoroutes et ponts à péage, les richesses du sous-sol, ont déjà été cédés  pour l’essentiel à 1 franc symbolique par Ouattara Alassane aux grands groupes français et américains ?

Si vous avez enfin compris, c’est que vous avez compris pourquoi le combat que la Révolution Permanente mène avec vous est un combat pour la survie du peuple de Côte d’Ivoire. Et l’histoire ne nous pardonnera pas d’avoir échoué.

Que Dieu sauve la Côte d’Ivoire des griffes acérées du diable !

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00320/07/12

 

Source: INFO D'ABIDJAN

mardi, 03 juillet 2012

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR GUILLAUME KIGBAFORI SORO, PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D’IVOIRE

 

côte d'ivoire,lettre ouverte au président de l'assemblée nationale,soro kigbafori guillaume,rebelle,rebellion,fodé sankoh,jonas savimbi,samuel doe,fodé sankoh,ousmane mané,joseph kabila,alassane ouattara,laurent gbagbo

 
 Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,

 
Je viens d’apprendre, dans un communiqué signé des mains de Madame Fatim Camara, Responsable service Communications et Presse de l’Ambassade de Côte d`Ivoire en France, que vous effectuez une visite de travail en France et que vous serez reçu par votre homologue français, M. Claude BARTOLONE, ce lundi 2 juillet 2012 à 15 heures à l`Hôtel de Lassay, au 128 rue de l`Université Paris 7ème.
 
A l’occasion de cette visite en France, je vous adresse, ce lundi 2 juillet 2012, cette lettre, en espérant qu’elle vous parviendra et que vous la lirez jusqu’au bout.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, comme tout le monde le sait, la rébellion ivoirienne a vu le jour le 19 septembre 2002, avec comme chef, vous-même, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Vous vous êtes alors révélé au monde par ses déclarations ronflantes et parfois tonitruantes dans les medias et dans votre livre intitulé «Pourquoi je suis devenu un rebelle» et sous-titré «La Côte d'Ivoire au bord du gouffre» (Editions Hachette, Paris, 2005).
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avec cette rébellion, il a été donné aux Ivoiriens de vivre et de subir des horreurs immondes et des violences inouïes d’un groupe d’individus en armes de toutes sortes, pour la plupart analphabètes ou demi lettrés, sans légitimité aucune, sans foi, manquant de bon sens et d'«esprit des lois» (Montesquieu), et prétendant imposer leur volonté et leurs caprices, tels des cow-boys dans les films westerns d'antan, lesquels cow-boys, hors-la-loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du District, règnent en maîtres et, par la force de leurs pistolets, dictent leur loi.
 
Vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, et les autres rebelles sembliez ignorer (du moins méconnaître) que cette époque est révolue et que les temps modernes commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes, en vue de contribuer à favoriser leur bien-être et le progrès de l'humanité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, on peut se demander ce que les populations ivoiriennes et l’Afrique ont gagné, ce que vous avez ajouté à l'humanité, quelle image vous représentez pour le présent et le futur dans l'histoire, quelle leçon la jeunesse africaine peut tirer de vos actes ?... La réponse est claire et nette : du gâchis.
 
Par exemple, en Côte d’Ivoire, on compte plus de huit années de situation de guerre, durant lesquelles le fonctionnement des institutions a été pratiquement en péril, où tout a été considérablement dégradé, où les ressources ont été systématiquement livrées au pillage...
 
Pendant que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils…, pour notre confort, pour notre santé…, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO et les autres rebelles, ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), vous n’avez eu aucune honte, aucun regret, ni remords de tuer vos propres parents et amis. Vous n’avez éprouvé aucune gêne à basculer notre pays dans un état lamentable de régression, ni aucun dégoût à vous faire payer sans travailler, ni aucun scrupule à piller et à faire piller les ressources de notre pays. Vous avez été toujours fiers de narguer, de troquer les autorités et les élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos Institutions et notre Constitution, en toute immoralité et en toute impunité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, plus que jamais auparavant, le sang a coulé, trop coulé en Côte d’Ivoire, comme dans les autres pays concernés par les rebellions. Du sang des autochtones comme des étrangers. Du sang des forces de l’ordre et des populations civiles comme des rebelles. «Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu’entre nous et les Forces loyalistes», avait déclaré sur Radio France Internationales (RFI), votre chargé de communication des rebelles... Ces pertes importantes de vies humaines ont énormément endeuillé les populations ivoiriennes et suscité partout animosité, rancœur, indignation, colère et désirs de vengeance... Tels sont les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne dont vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, êtes un des instigateurs privilégiés.
 
Vous êtes l’un des premiers responsables, devant Dieu et devant les hommes, des exactions, des tueries perpétrées depuis 2002 par les rebelles, rebaptisés « Forces nouvelles » (FN), puis Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
 
Vous avez siégé, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, dans le gouvernement de M. Laurent Gbagbo, en tant que Premier ministre. Vous avez mangé à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé par vos mandataires (Marcoussis) et voulant emprunter des raccourcis, vous aviez mission, selon vos propres déclarations, d’assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir, pour accéder (vous ou un de vos commanditaires) à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire. C’est aujourd’hui mission accomplie.
 
Mais, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avez-vous compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang de barbares des temps anciens, réduisent l’Afrique à l’état de jungle ou de champ de bataille permanent où le label démocratique est vidé de son contenu ? De plus, avez-vous réalisé que les rebellions africaines enrichissent les fabricants d’armes et ont pour victimes les populations africaines, c'est-à-dire des femmes, des hommes, des enfants innocents qui ne demandent qu’à vivre ?

Avez-vous compris que ceux qui fabriquent les armes, les vendent et ceux qui arment les rebelles ne sont nullement responsables de l’utilisation que l’on en fait ?  Avez-vous compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent leurs propres ennemis et que, ceux qui arment et financent les rebellions, s’intéressent, d’abord et avant tout, aux ressources minières et naturelles des régions concernées?...
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, le 22 février 2002, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, est tombé au front, les armes à la main, M. Jonas Malheiro Savimbi, un des plus vieux rebelles de l’histoire d’Afrique, chef de l’UNITA, fondée le 13 mars 1966. C’est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud-est de l’Angola, non loin de la frontière zambienne, que ce vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l’armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s’être défendu : quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui, Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi-clos. II a fini comme vous finirez, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Il a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce : Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences inouïes, par des tueries sans nom. En tout cas, tel est le sort de tous les rebelles, c'est-à-dire des individus qui, comme vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, prétendent rétablir leurs concitoyens dans leurs droits humains, et qui, contradictoirement, leur ôtent le premier des droits humains, à savoir : « le droit à la vie ».
 
L’Histoire retient que le leader de l’UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté longtemps, très longtemps, de 1962 à 2002, et qu’il avait été à la fois un chef charismatique, un stratège, un «nationaliste» intransigeant et obstiné avec un parcours exceptionnel, un rebelle jusqu’au bout, du moins jusqu’à la mort. Certes, la mort l’a, finalement, emporté sur le succès qu’il escomptait.
 
Et comme Jonas Savimbi, vous serez, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,  très bientôt rattrapé. Pour les crimes que vous avez commis, ainsi que par vos exactions et vos tueries, perpétrées depuis 2002, que nous gardons en mémoire, et telles qu’elles ont été consignées dans les journaux, dans votre livre et les livres d’histoire.
 
Enfin, que vous soyez Président de l`Assemblée Nationale de Côte d`Ivoire ou pas, vous en rendrez bientôt compte devant la justice, envers et contre vous, même si vous prétendez n’avoir pas de souci à vous faire, ni rien à vous reprocher. Rappelez-vous le cas Maurice Papon, impliqué dans l'arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise, entre 1942 et 1944. Quoiqu’il eût de très hautes fonctions, il a été inculpé, plus de 40 ans après, notamment en 1983, à la suite de plaintes déposées en 1981, a été jugé à partir d'octobre 1997 et condamné le 2 avril 1998. 
 
Bon séjour à Paris, Monsieur le Président.
 
 
Paris, le 2 juillet 2012
 


Léandre Sahiri, Ecrivain et Enseignant chercheur.

jeudi, 28 juin 2012

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - COTE D'IVOIRE: HOLLANDE PREPARE LA DERNIERE BATAILLE D'ABIDJAN


côte d'ivoire,france,hollande prépare la dernière bataille d'abidjan

 

Deux navires de guerre français mouillent dans les eaux territoriales ivoiriennes depuis quelques jours. Un communiqué officiel, rapporté par le quotidien Soir-Info dans sa parution de ce jeudi 28 juin 2012, nous informe que ces navires participeront à une série d’opérations de “formation” des FRCI de Dramane Ouattara et de maintien du savoir-faire opérationnel de la Force Licorne.

Mais Hollande se fout de notre gueule. Deux navires de guerre pour former les FRCI de Dramane Ouattara, des individus qui exécutent chaque jour, au moins un civil décrété pro-GBAGBO?

Non. Je sais que François Hollande n’est pas si normalement anormal que ça! Il ne ferait pas former des bandits en tenues militaires avec armes de guerre au poing pour renforcer leurs capacités génocidaires. Non. Hollande a accepté de maintenir ces navires de guerre mis en mission pour la Côte d’Ivoire par Nicolas Sarkozy depuis mars 2012, parce qu’il prépare à sa façon, la dernière bataille française en Côte d’Ivoire.

Que cela se sache. Jamais la France n’acceptera de lâcher de bon gré, la Côte d’Ivoire tenue dans les liens de l’esclavage à la fois diplomatique et économique qui fait bien vivre des multinationales françaises.

Donc, “la France est prête  pour la Côte d’Ivoire”. C’est ce message que François Hollande nous envoie. Il dit qu’il n’est pas le Président des Conseils d’Administration, comme son prédécesseur; mais il nous démontre qu’il ne laissera pas non plus ces Conseils d’Administration orphelins après les nombreux marchés acquis de gré à gré avec à la clé, des exonérations et des exemptions d’impôts complètement appauvrissantes pour l’Etat ivoirien en déconstruction.

Mais quoi de plus normal! Un service, ça se rend. Le troc bombes françaises contre marchés de gré à gré, tirs de chars français rémunérés avec les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne bradés à 1 franc symbolique, la protection des criminels de guerre et la couverture des crimes à relent génocidaire contre richesses minières et pétrolières ainsi que le pouvoir d’Etat; c’est tout de même une bonne affaire qui nécessite la présence de deux navires de guerre avec probablement des missiles équipés de têtes nucléaires!

Alors, les Ivoiriens sont avertis. Les prophéties n’ont pas menti. La France, peu importe qu’elle soit dirigée par François Hollande ou Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, a une dernière bataille à livrer contre le peuple souverainiste de Côte d’Ivoire.

Mais cette guerre sera la dernière contre le peuple souverain de Côte d’Ivoire car la France fera pour la première fois, l’amère expérience de la Gloire de Dieu!

Ecoutez-les rires. Et attendez qu’ils cessent subitement de rire. Puis après coup, passez en bordure de la Lagune Ebrié pour voir les corbeaux se régaler.

Je sais que nous nous comprenons. 

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00315/06/12


Source: INFODABIDJAN.NET

dimanche, 24 juin 2012

LE PRESIDENT GBAGBO PORTE PLAINTE CONTRE NICOLAS SARKOZY ET LA FORCE LICORNE

 

 

Selon l’agence France Presse (AFP), l’armée française va devoir s’expliquer devant la justice française sur les actes de guerre commis contre le gouvernement du Président LaurentGbagbo durant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

En effet, le Président Gbagbo a instruit ses avocats français de porter plainte contre l’armée française devant les juridictions françaises. C’est la raison pour laquelle, Me Jacques Verges, Roland Dumas et Marcel Ceccaldi, ont porté plainte devant le Tribunal aux armées de Paris contre l’armée française et son ex-Président Nicolas Sarkozy, pour tentative d’assassinat du Président Laurent Gbagbo, de son épouse Simone Ehivet, de son fils Michel Gbagbo, et de tous ses proches présents avec lui à la résidence présidentielle, durant les bombardements de cette dernière par la Force Licorne.

Cette plainte a été déposée auprès du tribunal des armées de paris le 05 juin dernier, et un juge d’instruction a été nommé à cette fin, pour suivre le dossier qui s’annonce des plus volumineux.

L’ex-Président français Nicolas Sarkozy sera entendu sur le rôle joué par lui-même et la France durant cette douloureuse période de l’histoire de la Côte d’Ivoire, où le monde entier éberlué a vu des hélicoptères de guerre français bombarder la résidence d’un chef d’état africain, sans aucune résolution d’ ONU, et au mépris de l’indépendance et de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.


Cathérine Balineau


SourceIVOIRIAN.NET

mercredi, 06 juin 2012

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - CPI: ÇA VA SE PASSER TRES MAL POUR OCAMPO ET OUATTARA


 

ALASSANE OUATTARA ET LUIS MORENO OCAMPO.jpg

 

« Tout se complique pour Ocampo », confesse le camp Ouattara. Le week-end dernier, à l’occasion de la récente visite éclair rendue par le sulfureux procureur Ocampo à son "partenaire d’affaire" Alassane Ouattara, c’est l’émoi qui s’est abattu sur l’association de malfaiteurs qui accuse de tous les péchés, le Président GBAGBO, le Chef d’État en exercice qu’ils ont agressé et tenté d’assassiner sans succès en avril 2011.

Qu’est-ce qu’Ocampo est venu chercher à la veille du procès prévu pour le 18 juin 2012, alors qu’une exception d’incompétence soulevée par les avocats du Président GBAGBO a fini par mettre du sable dans la bouche gourmande de ce faux procureur ?

Les indiscrétions ne tarissent pas en confidences. Les murs ont des oreilles. Pour Ocampo, ça va se passer très mal. Il n’a pu trouver de témoins capables de prouver les ragots que des militants du RDR ont compilés pour lui remettre et qu’il n’a pas hésité à brandir à la face du monde comme des charges contre le Président GBAGBO.

Plus grave encore, des personnes déclarées comme tuées par "la milice de GBAGBO" se trouvent être en service au sein des FRCI actuellement pendant que d’autres sont des apprentis de mini cars urbains appelés Gbaka. Ils sont déclarés tués par Ocampo mais ils sont en activité en ce moment à Abidjan.

Donc, ça se complique pour Ocampo. Et ça se complique énormément, parce que le fameux procureur de la CPI n’a jamais mené aucune enquête en Côte d’Ivoire. Cela peut se prouver. Il ne s’est contenté que de coupures de journaux pro-Ouattara, de récits écrits par un collège de militants RDR ayant travaillé à l’Hôtel du Golf, mais aussi et surtout, de faits récupérés dans les archives des auditions de témoins du génocide rwandais.

C’est pourquoi ça va se passer très mal pour lui. Il a fait du faux. Il a menti. Il a fabriqué les faits et les circonstances. Il ne peut justifier les soi-disant preuves qu’il a contre GBAGBO. 

Alors, il se contente de slogans et de propagande depuis la riposte sommaire apportée par la Défense du Président GBAGBO. Il en est ainsi quand il dit que "les pro-GBAGBO ont commis les pires atrocités". Ici, il est dans la démagogie, les clichés sans faits, la propagande anti-gbagbo sans discernement.

En effet, les rapports des organisations internationales de défense des droits de l’homme fixent clairement des grands moments de crimes commis dans la période postélectorale : il y a ceux commis par le Commando dit invisible à Abobo (56 femmes, enfants et vieillards à Anonkoua Kouté en une seule nuit, plus de 30 policiers et gendarmes tués alors qu’ils étaient endormis à leurs domiciles) ; il y a les innombrables massacres commis par la rébellion de Ouattara rebaptisée FRCI lorsqu’il en a pris le contrôle officiellement en mars 2011(plus de 2000 Guérés massacrés de mars à avril 2011 par les FRCI et Dozo à Duekoué dont 800 femmes et enfants égorgés, aspergés d’essence et brûlés sur un seul site, plus de 200 élèves et étudiants sortis de leurs domiciles et exécutés à Yopougon par Shérif Ousmane et ses hommes, des centaines d’étudiants tués autour de la Résidence du Président GBAGBO par l’armée française, des dizaines d’étudiants tués par les FRCI sur les lits du CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Cocody alors que blessés par les bombardements franco-onusiens autour de la résidence du Président GBAGBO où ils avaient constitué un bouclier humain, ils étaient hospitalisés pour recevoir des soins ; etc. etc.) 

A quel moment Monsieur Ocampo peut-il trouver des faits pour démontrer sur la période dite postélectorale, des crimes plus graves commis par les pro-GBAGBO ? 

Il n’y aucun fait qui accompagne ce mensonge ridicule proféré par un procureur malhonnête, soudoyé par des criminels et qui pense qu’il va s’en tirer si facilement pour aller se la couler douce.

Ocampo lui-même le sait. Il va couler avec Ouattara. Donc il veut s’en laver les mains. Il clame en public des slogans de diabolisation classiques auxquels ils ont habitué l’opinion occidentale. Mais en privé, il confie à Ouattara que les choses risquent de se passer très mal pour lui. Mais aussi pour Ouattara et ses obligés.

Résultats de la panique et de l’angoisse : Ocampo veut rompre le pacte scellé avec des pots de vin.

« Mais comment compte-t-il s’y prendre ? » Notre source dit qu’elle n’a pas encore les informations. Mais ce dont elle est sure, c’est qu’Ocampo a tenu à préparer les esprits qui comptaient sur sa malhonnêteté pour en finir avec GBAGBO Laurent, à s’attendre à un revirement brutal de la situation dont les conséquences seraient incalculables pour lui mais aussi pour Ouattara et ses hommes.

« Dans ce cas, Ocampo qui a manifestement échoué dans sa mission contre le Président GBAGBO va-t-il rembourser les pots de vin déjà encaissés » ?

Notre source répond que ce n’est pas à exclure s’il ne veut pas être dénoncé par le camp Ouattara au cas où les choses se passeraient vraiment mal. Et comme les choses vont se passer très mal pour lui, il fait le fanfaron en public, mais pleure sur son triste sort en privé.

Voilà donc qui promet. Et comme le dit la sagesse africaine : « le poisson vit dans l’eau, mais ce n’est pas dans toutes les eaux qu’il peut nager ».

Habitué aux coups fourrés, Ocampo a sous-estimé le peuple digne de Côte d’Ivoire et son Président, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO. Mais il s’en rend compte : le mépris et le racisme rendent aveugles et non intelligents.

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued

 

Source: AFRIK53.COM

mardi, 05 juin 2012

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - SORO GUILLAUME AUDITIONNE PENDANT 2 HEURES PAR OCAMPO


 

côte d'ivoire,chronique de hassane magued,soro guillaume auditionné pendant 2 heures par ocampo

 

Nous vous promettions dans la Chronique N°00282/06/12 de ce même lundi 4 juin 2012, que nos sources allaient nous apporter de nouveaux détails sur les activités qui ont meublé la présence du sulfureux Ocampo en Côte d’Ivoire le week-end dernier. Eh bien c’est fait !

Sommé par les instances supérieures qui actionnent la CPI, OCAMPO après sa récente lettre de félicitation au chef de rébellion Soro Guillaume, s’est vu obligé d’auditionner son "ami" pendant 2 heures. Le Procureur très célèbre en Côte d’Ivoire pour sa collusion affichée avec le clan Ouattara a interrogé Soro Guillaume, notamment sur les crimes commis de 2002 à 2011 par les Forces nouvelles rebaptisées FRCI.

Très énervé et se sentant trahi à la suite de cet interrogatoire qui a failli mal tourner entre les deux amis d’hier, Soro Guillaume a menacé de ne pas se laisser faire. Il n’a pas hésité à rappeler à Ocampo qu’au moment des faits en 2002, il n’était qu’un étudiant et qu’il n’avait pas d’argent pour financer une rébellion.

Il a même jeté à la figure d’Ocampo qu’il vient « le cuisiner » seul alors qu’il sait qui a financé la rébellion de 2002 et qu’il ne peut accepter qu’on le tienne tout seul pour responsable des tueries. Il a même juré que s’il doit être jugé, eh bien, il faudra que celui qui a financé la rébellion le soit en même temps que lui.

Le Procureur Ocampo n’a pas demandé qui a financé la rébellion selon notre source. Mais il a tenu à préciser à l’attention de Soro Guillaume qu’il ne fait qu’exécuter une mission qui lui a été intimée par la CPI.

Lorsque nous avons demandé à notre source quelle sera la prochaine étape de cette audition, il nous a répondu : « la capture de Soro Guillaume. Manifestement, il refuse de se faire arrêter ou de comparaître volontairement à la CPI. L’ordre de le capturer sera donc donné dans les jours qui viennent à la Licorne et à l’ONUCI. »

Mais Soro Guillaume qui a promis ne pas se laisser faire, à mis en alerte les FRCI qui lui sont proches. Une attaque imminente est prévue contre Ouattara par les FRCI qui tireront prétexte d’une insurrection en cour de préparation à Anyama (commune sise dans la banlieue nord d’Abidjan). En effet, cette insurrection a avorté le week-end passé grâce à une intervention de l’Imam de la mosquée d’Anyama. Ce dernier croyait qu’il s’agissait d’un mouvement de colère lié aux fausses promesses de Ouattara et était intervenu pour empêcher l’insurrection qui prendrait la forme d’une marche spontanée d’hommes en armes vers la résidence privée de Ouattara.

Mais les prochains jours achèveront de convaincre cet Imam de se mettre à l’écart parce que les deux camps ont affûté leurs stratégies pour s’affronter à l’arme lourde.

Ainsi, Ouattara, informé par les services de renseignement qu’il a engagés, vient de recruter 500 Militaires Commandos togolais livrés à Abidjan par Faure Gnassingbé, en fin de semaine dernière. Ces 500 togolais ne sont pas en mission pour le compte de l’ONUCI. Ils constituent un corps de sécurité privé financé avec le budget de souveraineté de 300 milliards de francs CFA que Ouattara s’est octroyé. Ils constituent une force d’appui aux bérets rouges burkinabès, qui le protègent depuis son installation au pouvoir par Nicolas Sarkozy.

Du côté de Soro Guillaume, c’est le temps de compter les alliés au sein des ex-Forces Nouvelles rebaptisées FRCI. Il a un argument de poids pour recruter même les inconditionnels pro-Ouattara. Il leur rappelle que si lui le chef est lâché par Ouattara, eux-aussi seront pris dans les filets de la trahison. 

Alors, aujourd’hui plus que jamais, l’affrontement entre les FRCI alliés de Soro Guillaume et les 500 mercenaires togolais venus en renfort au millier de militaires burkinabès formant le fameux GSPR (Groupe de Sécurité Présidentiel), est une certitude qui se conjugue dans un futur très, très proche.

D’autant plus que cet affrontement sera anticipé par Soro Guillaume pour éviter que la Licorne et l’ONUCI lancent l’opération de sa capture et que son armée ne soit obligée d’affronter à la fois ces forces d’occupation étrangères et la milice de burkinabès et togolais d’Alassane Ouattara. 

Comme le dirait l’autre : souhaitons la bienvenue au temps de la cueillette !

Parce que ça va saigner !

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued


Source: AFRIK53.COM

mercredi, 30 mai 2012

OUATTARA AU POUVOIR, LA BONNE GOUVERNANCE SUR LE BANC DE TOUCHE

                                 

côte d'ivoire,ouattara et la bonne gouvernance,alain bouikalo,juriste-consultant,la bonne gouvernance sur le banc de touche

 

Jamais le citoyen ivoirien n’avait pensé que sous le règne de Dramane Ouattara, des affaires sales viendraient polluer la vie de ce pays. Dramane, en effet, s’était présenté à tous comme un homme pur comme l’eau de roche, celui qui ne pouvait côtoyer les eaux  boueuses. Ceux qui y avaient cru n’avaient certainement pas connu l’époque de « Ouattara vend et rachète » cette époque où le titulaire actuel du trône, en sa qualité de chef du gouvernement (1990-1993) s’était bradé une bonne partie du patrimoine de l’Etat en combinant la double qualité de vendeur et acquéreur. Ceux qui ont abusivement cru en Ouattara avaient sans doute oublié la fameuse affaire des 19 tonnes d’affaires personnelles non dédouanées. Pour les excuser, nous diront que le temps a dû plaider en faveur de Dramane Ouattara. Malheureusement, les mauvaises habitudes ont la peau dure comme les faits de l’histoire qui demeurent têtus. Et l’ivoirien à aujourd’hui l’occasion de le vérifier avec Ouattara au pouvoir. Ouattara est-il nié par ses prétentions de bon gestionnaire ennemi de la mal gouvernance ?

Depuis un an qu’il est au pouvoir, les affaires sales s’enchaînent au rythme de la souffrance du peuple lequel assiste impuissant, à la corruption démentielle en vogue sous l’actuel régime. La dernière de ces affaires puantes est celle qui a emporté le très affairiste Ministre de l’intégration africaine, Adama Bictogo. En effet, selon les conclusions d’une enquête diligentée par la Direction de la police économique et financière, le Sieur Bictogo aurait détourné la coquette somme de 600 millions, une tranche de l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. L’affaire portée depuis bien longtemps à la connaissance de Ouattara, Bictogo n’a nullement été inquiété, au contraire il n’a fait que grossir sous l’effet de l‘estime de son maître, ce dernier ayant fait de lui, l’un des pions essentiels de la restauration de l’ordre constitutionnel au Mali. Ce ministre vient d’être limogé de façon carnavalesque sous le regard d’une délégation du conseil de sécurité en mission en Côte d’Ivoire. Pure coïncidence ou désir de laver l’image d’un gouvernement qui devient progressivement l’ombre de lui-même? Mais là où le régime de Ouattara a de façon incontestable, démontré que son fameux code d’éthique n’est rien d’autre qu’un papier bon pour les toilettes, est le renouvellement de sa confiance en des ministres impliqués dans des affaires sulfureuses. L’on se souvient que lors de son interview télévisée le 30 Mars 2012, Ouattara avait avoué que son équipe faisait du « bon travail ». Pourtant, deux affaires ont secoué son gouvernement avant cette interview. Il s’agit des affaires Celpaid impliquant deux ministres du gouvernement et Satarem-Greensol impliquant un Ministre et un autre relié mystiquement à cette même affaire, le même Bictogo. Dans la première en effet, la Ministre de l’éducation Nationale, Mme Kandia Camara, s’était offerte le luxe d’attribuer un marché de gré à gré à un des ses collègues M. Mamadou Sanogo, Ministre de la construction et de l’urbanisme. Ce marché dont le montant est de loin supérieur à 30 millions avait pour objet l’inscription en ligne de près de 5 millions d’élèves. Le mode d’attribution avait selon la lettre du continent, provoqué « des grincements de dents au sein de la banque mondiale ». Le fait est que selon la réglementation en vigueur en Côte d’Ivoire aucun marché de gré à gré n’est admis au-delà du montant de 30 millions F CFA. Mais par un tour de magie transpirant la corruption, les deux Ministres membres du RDR ont pu passer par le filet et cela sous le regard attentif de Ouattara. L’affaire avait fait grand bruit, sans pour autant inquiéter les mis en cause.

 La seconde affaire avait même conduit l’Autorité de Régulation des Marchés Publics à désavouer la ministre de la salubrité publique, Désirée Anne Oulotto, par l’annulation pure et simple de la procédure de passation de l’appel d’offres relatif à la mise en œuvre d’un schéma de gestion intégrée des déchets solides. En effet, après un appel d’offre déclaré infructueux, la ministre en question avait attribué le marché dans un appel d’offre restreint à une société dénommée Satarem-Greensol. Or, la société Satarem lors du premier appel d’offre ouvert et déclaré infructueux, n’avait pas pu recueillir la moyenne exigée. Curieusement elle se trouve être attributaire du marché par un jeu de greffe opéré par la ministre donnant ainsi Satarem-Greensol. C’est donc cette nouvelle entreprise créée de toute pièce qui remporta le juteux marché estimé à des milliards de Francs CFA. Mais le comble c’est que Satarem est une entreprise française ayant fait banqueroute et Greensol, une entreprise ivoirienne créée le 23 Novembre 2011, bien après le lancement de l’appel d’offre et appartenant au frère ainé de d’Adama Bictogo, le sieur Salif Bictogo. Voici donc la mine de corruption que la Ministre de la Salubrité Publique a pu constituer. Cela n’a point déranger le « bon gestionnaire Ouattara », l’homme qui prône la bonne gouvernance. Mais ces ministres ne sont certainement pas les seuls à « déchirer » le fameux code d’éthique. Arthur Alocco, DG par intérim de l’ATCI a été  récemment viré pour « des manquements graves constatés dans l’exercice de ses fonctions ». Quels sont ces manquements graves qu’a pu commettre celui qui fut l’un des artisans de la mise en ligne de la chaine pirate TCI? Avait-il osé toucher là où ça fait mal? L’affaire de la licence 3G attribuée à MOOV-CI semble être la raison du précoce limogeage de l’ancien DG intérimaire. Comment le ministre Koné Bruno a pu attribuer en violation des règles, cette licence à l’entreprise MOOV-CI ? En effet, après un appel d’offre ayant mis en concurrence trois entreprises que sont MTN-CI, ORANGE-CI et MOOV-CI, l’évaluation technique des offres avait permis de conclure que l’entreprise MOOV-CI ne remplissait pas les conditions contenues dans le cahier de charges minimales. Au niveau de l’obligation de couverture qui était plafonnée à 95% sur 4 années, l’entreprise MOOV-CI (Atlantique Telecom) s’était engagée sur un taux de couverture de 32% sur les 4 ans. Le classement a donné les résultats suivants : « MTN-CI, 193 points sur 250 soit une moyenne de 15,44 sur 20. 2ème Orange-CI, 133 points sur 250 soit une moyenne de 10,64 sur 20. 3ème MOOV-CI, 118 points sur 250 soit une moyenne de 9,44 sur 20 ». Tout naturellement cette entreprise ne pouvait pas bénéficier de cette licence face aux concurrentes MTN et ORANGE qui, elles, remplissaient  les conditions. Malgré cette note minable de MOOV-CI le Ministre attribue souverainement la licence 3G à MOOV-CI après un recours gracieux exercé par cette dernière. Le ministre, par ailleurs neveu du patron de MOOV-CI,  Koné Dossongui, donne ainsi droit à ladite requête. Mais là où la complaisance apparait est que MOOV-CI prend l’engagement de couverture de 95% sur 6 ans au lieu de 4 ans prévues par le cahier des charges minimales. La rupture d’égalité est donc saisissante. Pourquoi MTN et ORANGE s’engagent, conformément au cahier de charges, sur une couverture de 4 ans alors que MOOV, elle s’engage pour 6 ans, sans toutefois présenter des garanties techniques. Cette autre affaire sale de la république n’a suscité aucun frémissement au sommet de l’Etat. Ce coup de pouce donné par le neveu à l’oncle, ressemble bien à celui donné à Aka Sayé Lazare actuel Directeur Général de la RTI. Au terme d’un appel à candidature en vue de sélectionner le Directeur de la RTI, des candidats avaient présenté des tests organisés par le cabinet Deloitte. Les résultats avaient classé M. Obou Armand (93 points sur 100) en tête suivi par Messieurs Abdel Kader Sanogo (55 points sur 100) et Bakayoko Amadou (35 points sur 100). Le militant du RDR Aka Sayé Lazare n’avait pas été capable d’être parmi les trois premiers. Mais l’on ne sait par quelle opération du saint esprit, Aka Sayé Lazare a été confirmé au poste de Directeur Général de la RTI par le conseil d’administration. Que dire de l’appel d’offre restreint lancé par le secrétariat Général du gouvernement en vue de la réhabilitation de la CCIA? Cet autre appel d’offre s’est tout simplement corrompu en un marché de gré à gré et ce, au détriment de trois entreprises soumissionnaires que sont les entreprises SONITRA, PFO et ZARAGOZA-CI. Alors qu’elles attendaient les résultats, le marché est attribué en catimini à une entreprise tierce à l’offre qui a déjà engagé les travaux. A cette affaire, ajoutons celle de la réhabilitation des commissariats ainsi que des universités publiques actuellement fermées. En effet, suite au pillage et à la destruction des commissariats et universités par les forces pro-Ouattara en Mars-Avril 2011, des entrepreneurs ont été choisis en dehors de tout critère objectif pour la réhabilitation de ces ouvrages. L’on a pu même voir un opérateur très magnanime prendre la décision de réhabiliter certains commissariats notamment ceux de la commune d’Attécoubé et d’Adjamé. Au final, les factures fournies par ces entrepreneurs, concernant les commissariats, ont tellement subies une surfacturation que la police économique se trouve obligée d’intervenir. Ces entrepreneurs réclament aujourd’hui à Ahmed Bakayoko, la somme de 3 milliards. Pour la réhabilitation des universités, aucun appel d’offre n’a été lancé par le ministère de tutelle. Ces marchés estimés à des milliards ont été attribués à des opérateurs récoltés pour certainement leurs liens d’amitié avec les tenants du pouvoir. L’argument présenté est qu’il y avait urgence. C’est à croire que l’urgence met entre parenthèses les prétentions de « bon gestionnaire ».

Voici donc quelques sales affaires qui démentent l’éternel argument de bonne gouvernance arboré par Dramane Ouattara. Comment comprendre cette folle corruption qui fait son chemin au cœur du pouvoir Ouattara ? Il y a dans un premier temps de la part des tenants du pouvoir une réelle volonté de rendre leurs comptes dodus. L’argument peut être simpliste et peu fouillé. Mais à quoi répondent le délit d’initié, la passation des marchés à des entreprises créées au pied levé, le gré à gré au profit de collègues et amis ou encore des coups de pouce à des parents? Le partage du butin est la raison essentielle et rien d’autre. Dans un second temps il y a la moralité peu enviable des chargés des différents dossiers. En effet l’épine dorsale de la corruption est la moralité de l’individu qui fait de cette contre-valeur, un mode de vie. Enfin, les sales affaires traduisent l’incompétence des gouvernants à conduire en toute responsabilité, la cité. Ces trois éléments mis en commun disqualifient d’office les tenants du pouvoir d’Abidjan. Certains seront tentés de dire que le précédent pouvoir était corrompu (pouvoir dont ils ont d’ailleurs été cogestionnaires). Soit ! Mais si le régime actuel a pendant 10 ans utilisé des moyens contestables pour accéder au pouvoir avec l’aide de l’étranger, nous pensons sincèrement qu’ils sont animés d’une volonté de renverser la table. Que nenni. Au lieu de chasser la corruption par la bonne gouvernance, ils la promeuvent au grand bonheur des infatigables grilleurs d’arachides. Mieux, le chef de l’exécutif, Dramane Ouattara, l’honnête des honnêtes ne se lasse pas de tenir des conseils des Ministres avec ses Ministres plongés jusqu’au dernier grain de cheveux dans les puanteurs de la République. Ainsi va la République de « la solution » qui a fait asseoir depuis un an, la bonne gouvernance sur le banc de touche.


Alain Bouikalo, Juriste-consultant

bouikhalaud10gmail.com

mardi, 29 mai 2012

CPI-GBAGBO: AU COEUR D'UN TOURNANT DECISIF

 

côte d'ivoire,cpi-gbagbo,au coeur d'un tournant décisif,théophile kouamouo,cour pénale internationale,maître emmanuel altit,requête en incompétence de la cpi,audience de confirmation des charges du 18 juin 2012,la haye,scheveningen

 

79 pages riches et précises. La requête en incompétence de la Cour pénale internationale (CPI) rédigée et déposée par l’équipe de défense du président Laurent Gbagbo – Maître Emmanuel Altit, Maître Agathe Bahi Baroan, Maître Natacha Fauveau-Ivanovic –, malgré son caractère technique quelquefois ardu, se lit passionnément. Le sujet, bien entendu, est en lui-même d’un intérêt capital, pour les Ivoiriens et pour tous les Africains. On ne saurait le traiter par-dessus la jambe, en se contentant du prisme souvent déformant des agences de presse occidentales. Pour cette raison, et malgré le temps très court qui nous était imparti, nous avons voulu, au Nouveau Courrier, partager avec vous de très larges extraits de ce texte. Pour rendre cette lecture essentielle plus agréable, nous avons fait le choix éditorial de rassembler les extraits les plus significatifs dans des articles séparés, précédés d’un commentaire et encadrés par une titraille qui guide la lecture et permet de comprendre plus vite un certain nombre de concepts qui peuvent se noyer dans un langage juridique volontiers ésotérique. Vous avez dans les mains le résultat de notre travail. Il aurait pu être meilleur, et nous travaillerons, lors du procès qui vient, à en expliciter les moindres enjeux de la manière la plus professionnelle. A la mesure de vos attentes.  

Que retenir de la démarche des avocats du président Gbagbo ? Premièrement, elle est surprenante. Alors que l’opinion était focalisée sur la procédure de demande de liberté provisoire sur laquelle quelques informations étaient disponibles, la Défense se lance dans une vaste contre-attaque qui déroutera sans doute le Procureur, la Cour et bien entendu le régime d’Abidjan.

Collusions Ocampo-Ouattara et pratique de la torture

Plus question d’être dans une position attentiste ! En lisant ce texte, on se rend bien compte que Laurent Gbagbo ne va pas à son procès comme un mouton à l’abattoir. La meilleure défense, c’est l’attaque ! Il attaque donc. Dans une position passive durant de nombreux mois, ses avocats capitalisent désormais les nombreuses erreurs d’une accusation compromise dans ses «liaisons dangereuses» avec le régime autoritaire d’Abidjan, ce dernier ne pouvant plus compter sur la protection inconditionnelle de la France officielle.

Le camp Gbagbo met en lumière un certain nombre de faits gênants pour ses adversaires. Il décrit les différentes formes de collusion entre l’une des parties ivoiriennes (le camp Ouattara) et l’Accusation, ce qui jette une suspicion légitime sur cette dernière. Il montre que ceux qui se présentent comme le camp du Bien – la France, les Nations unies, la CPI, le régime Ouattara – se sont signalés par des violations du droit international, du droit national ivoirien, du droit international humanitaire, du statut de Rome, etc… Des violations si nombreuses et si diverses qu’on ne peut que se dire que ceux qui les ont perpétrées étaient persuadés de leur impunité.

Le récit détaillé des mauvais traitements infligés à Gbagbo, et le fait même que ces mauvais traitements soient certifiés par un médecin expert de la CPI, qui les considère comme assimilables à de la torture, place de fait le régime Ouattara, au plus haut niveau – qui peut imaginer que l’actuel maître d’Abidjan ignorait ce que ses hommes faisaient de Gbagbo ? – sur le banc des accusés. En effet, la Cour pénale internationale est très clairement compétente pour juger les actes qui relèvent de la torture. Si, en dépit de l’argumentaire juridique des avocats de Gbagbo, elle considère qu’elle a compétence pour juger les événements survenus en Côte d’Ivoire dans le cadre fixé, comment le Procureur pourra-t-il empêcher la mise en cause de Ouattara lui-même sans se discréditer durablement, alors qu’un médecin-expert «validé» par l’institution affirme que le régime d’Abidjan a torturé celui qu’il considère comme un ancien chef de l’Etat ? S’il en est ainsi du bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ? Si Gbagbo est soumis à de telles choses, on imagine ce que vivent, dans l’indifférence internationale, les militaires embastillés par Fofié ou les jeunes qui sont arrêtés quotidiennement à Abidjan dans un climat de rafle généralisée ?

En filigrane, le choix d'une stratégie

La stratégie du président Gbagbo apparaît d’ores et déjà. De son statut d’accusé, il a bien l’intention de passer au statut symbolique d’accusateur, décidé à démontrer au monde entier le double langage meurtrier de la «communauté internationale», en réalité de l’Occident conquérant. Il a bien l’intention d’ouvrir les yeux des Africains sur les mécanismes internationaux subtils tendant à criminaliser ceux qui tentent, même de manière imparfaite, de porter leurs voix et leurs aspirations à un monde plus équitable.

Les avocats de Gbagbo remettent-ils en cause la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) parce qu’ils «paniquent» à la vue des «preuves» d’Ocampo ? En réalité, ils ont plutôt économisé leurs «munitions» dans le cadre d’une bataille qui s’avère longue. Et ils jouent en contre. Le 18 mai dernier, l’Accusation a abattu ses cartes principales en produisant ses preuves supposées. Elle ne peut plus rajuster sa stratégie de manière fondamentale. La Défense peut donc, sans grand risque, sortir une partie de son jeu et de son plan de bataille. Le faire avant que l’Accusation montre toutes ses cartes était fondamentalement risqué. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Il est question de prendre l’ascendant psychologique et juridique dans la période qui nous sépare du 18 juin. Et de faire bien comprendre à l’adversaire qu’il sera mis en cause – et de la manière la plus juridiquement charpentée possible –  dans sa personnalité, dans ses pratiques scandaleuses, dans ses intentions. Dans un échange téléphonique rapide avec Le Nouveau Courrier, Maître Emmanuel Altit a dévoilé son état d’esprit. Sa requête est «sérieuse», «juridiquement fondée». «Nous avons de bonnes chances de gagner ce débat. Nous considérons que la CPI n’est pas compétente sur cette affaire. A elle de démontrer le contraire», nous a-t-il confié.

Une subtile partie de poker à la fois juridique, judiciaire, politique, psychologique, diplomatique et historique vient de commencer. Elle sera rude.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER