topblog Ivoire blogs

mardi, 10 avril 2012

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

AHOUA DON MELLO 6.jpg

Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

lundi, 09 avril 2012

COMMENT LA FRANC-MAÇONNERIE CONTROLE TOUT SOUS LE COUVERT DE LA REPUBLIQUE

 
INITIATION MAçONNIQUE.jpg

Que font un squelette humain et un cercueil dans une loge censée promouvoir une philosophie élitiste?

 

Chers lecteurs, je vous ai dégoté un site inestimable, BARRUEL.COM, qui va vous horrifier par ses révélations et sa riche documentation sur cette secte religieuse appelée "Franc-maçonnerie", qui écume le monde en réseau avec des cercles occultes comme les Skull and Bones (le pouvoir occulte américain), la Trilatérale, le CFR, le groupe Bilderberg, le Bohemian Club et les Illumatis. Peut-il sortir quelque chose de bon d'une telle secte pour l'Afrique et pour notre monde? Nos pays et la terre entière dirigés par ces "frères de lumière" n'en finissent pas de sombrer dans les crises financières, les coups d'Etat, les guerres, les révolutions illusoires et le chaos. Ne gobez plus les mensonges officiels et refusez d'être des victimes de la manipulation médiatique de ces hommes puissants. Informez-vous, libérez-vous, désintoxiquez votre esprit! Bien à tous.

INFLUENCE DE LA FRANC-MAçONNERIE EN FRANCE.gif

 

Cliquer sur:

Réflexions sur les élections en "république" maçonnique Française ou "démonocratie".



 

" La franc-maçonnerie est ici chez elle au ministère de l'intérieur ".

Paroles prononcées par NICOLAS SARKOZY le 23 Juin 2003, pour le 275° anniversaire de la secte, mère de la république.
(Lire plus bas.)

 
SARKOZY ET LA FRANC-MAçONNERIE.jpg




"La franc-maçonnerie n'est autre chose que la république à couvert, comme la république elle-même n'est autre chose que la franc-maçonnerie à découvert."

F.-. Gadaud, compte rendu du convent de 1894.
Cité par Paul Copin-Albancelli, Le Pouvoir Occulte contre la France, page 97. (LIRE)

 
OBAMA FRANC-MAçON.jpg

 

Source: BARRUEL.COM

samedi, 07 avril 2012

REVELATION SUR LA CRISE MALIENNE: LE DEAL FRANCE-MNLA


MALI-AZAWAD.jpg

Le nouveau Mali de Nicolas Sarkozy

 

Un véritable complot est tramé entre la France et le MNLA contre le Gouvernement du Mali. En effet, d'une part mécontent du soi-disant laxisme d'ATT face aux enlèvements de ses ressortissants par l'Aqmi, et d'autre part voyant l'intention du gouvernement du Mali à écarter les sociétés françaises dans l'attribution du marché d'exploitation de son futur pétrole au nord, la France a délibérément cherché à faire un deal avec la rébellion touareg en vue de déstabiliser le régime d'ATT et d'inciter les Targui à réclamer l'indépendance sinon l'autonomie de leur zone (Azawad). Le deal convient que la France s'engage à soutenir financièrement, diplomatiquement et stratégiquement les séparatistes jusqu'au bout (c'est-à-dire jusqu'à l'atteinte de leur objectif). En contrepartie, les séparatistes devront s'engager à éradiquer l'Aqmi du nord du Mali et aussi à confier aux sociétés françaises l'exploitation du pétrole du nord.

Le scénario tracé est le suivant :


Les rebelles devront se soulever et attaquer les camps militaires du grand Nord (Aguelock et Kidal) en vue de libérer le septentrion malien. La France pourra alors les ravitailler en armements, carburants et autres via l'aéroport de Tessalit. Ils devront continuer la progression vers l'Est en annexant GAO et Tombouctou. Une fois Tombouctou tombé, l'objectif serait en parti atteint. La France de son côté garantira la légitimité et la protection des rebelles en empêchant la CEDEAO d'intervenir militairement. Pour ce faire elle devra anticiper en convoquant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU (ce qui masquera son soutien aux séparatistes) pour demander un arrêt d'hostilité aux belligérants et afin que soit privilégié le dialogue. Dans le plan, il est prévu que le MNLA proclame la fin des opérations militaires dans les heures qui suivront la déclaration de l'ONU. Alors, la CEDEAO qui ne peut agir sans l'aide et l'aval de l'ONU sera contrainte de renoncer aux interventions militaires contre les rebelles. Aussi de par leur déclaration anticiper de cesser le feu, les rebelles parviendront à gagner la confiance de la communauté internationale. Ainsi, ils réclameront leur autonomie territoriale afin de finaliser le deal conclu. Dans le deal, il a été recommandé au porte-parle du MNLA Moussa Ag ATTAHER (logé, escorté et protégé par la France), que pour qu'on ne soupçonne pas la France de jouer un double jeu, il ne devra citer la France qu'en dernier ressort dans son appel envers les communautés Internationales. C'est pourquoi, il citera chaque fois, les Nations Unis, les USA et ensuite la France. Voyez cette recette facile ! Qui aurait cru qu'une telle attitude, qu'un tel complot proviendrait de la France ? C'est regrettable, c'est pitoyable et c'est indigne de la part d'une soi-disant Puissance ! Ces moyens ignobles et indécents déshonorent la France. C'est une violation grave du traité colonial qui lie le Mali à la France. Est-ce que les citoyens maliens ont besoin de répondre à une erreur de laxisme de leur premier dirigeant ? Dans tous les cas c'est un signal fort à l'endroit de tous les autres pays colonisés par la France, pour qu'ils sachent que la France n'a pas d'amis mais des intérêts et qu'elle est prête à vendre son honneur pour sauvegarder ses intérêts.


Nous pensions que la France pouvait avoir des moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds.


L'objectif de la présente pétition est de faire éclater au grand jour le complot tramé par la France et le MNLA contre le gouvernement du Mali.


Il est urgent que le Gouvernement du Mali saisisse la Cour pénale internationale pour demander réparation à la France pour complot contre son intégrité territoriale et aussi à l'OTAN pour sa responsabilité dans la crise en aval de la guerre de Libye. Nous avons dénoncé le fait, il reste aux autorités institutionnelles de notre Etat à poursuivre le combat en saisissant qui de droit.

Maliens, maliennes ! Demeurons unis, n'offensons pas les ressortissants français vivant chez nous car ils ne sont pas comptables des erreurs de leur pays. Mais haïssons la France et sabotons toutes ses coopérations. Haïssons Nicolas Sarkozy et son gouvernement fantoche. Levons-nous pour réclamer le droit de réparation. Demandons l'aide des USA, de la chine et de la Russie. Tout sauf la France et tout contre la France et ses alliées.

Envoyer ce message à tous les maliens et à tous les africains pour qu'il sache le dessous et le non-dit de la guerre au Mali


Ce message est écrit ce jour, Mercredi 21 Mars 2012, par la Coalition Malienne pour l'Unité Territoriale (CMUT) :


Suivez le déroulement des choses et vous donnerez raison à ceux qui l'ont écrit.

D'autres révélations plus intrigantes sont en cours.

« L'union sacrée pour la libération du Nord est la thérapie qui, avec l'ensemble de toutes les forces vives, sans distinction d'âge, de race et d'appartenance politique, permettra de relever le défi qui se pose à toute la nation malienne ».


Dr ASSADEK aboubacrine

Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.

Tel (00) 223 2022 32 44
Fax (00) 223 2023 81 68

B.P. E3206 Bamako-Mali

Cel1 (00) 223 7643 49 64
Cel2 (00) 223 6653 83 44

MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


MOSSA AG ATTAHER LE TOUAREG.jpg

Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

vendredi, 06 avril 2012

ABEL NAKI, PRESIDENT DU CRI PANAFRICAIN, DE RETOUR DE LA HAYE OU IL A RENCONTRE LE PRESIDENT GBAGBO



ABEL NAKI ET CHRISTIAN VABE.JPG

Abel Anaki (à droite, avec Christian Vabé, Directeur de Publication de IvoireBusiness.net, à gauche): «Ce que Gbagbo m'a dit». «Le Président m'a donné des consignes». «Il m'a donné mandat».

 

Le 26 mars dernier, Abel Naki, président du Cri-panafricain, était reçu en audience par le Président Laurent Gbagbo au quartier VIP de la prison de Scheveningen à La Haye. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était la première fois qu'il rencontrait le Président Gbagbo. Selon Abel Naki, il a fait le point de la mobilisation au Président Gbagbo, qui lui a donné des consignes et des conseils, comme un père. C'est donc un mandat qu'Abel Naki a reçu du Président Gbagbo, ce qui est une tâche très lourde.

Ce dernier a insisté pour que la diaspora, surtout celle de France mette en place un comité central pour la mobilisation. Il nous livre en exclusivité, le contenu de son entretien avec le Président Laurent Gbagbo. Il parle avec émotion du mandat qu'il a reçu par ce dernier pour travailler à l'union de la résistance. Tâche à laquelle il a commencé à s'atteler sans délai, et dans la plus grande humilité.


Christian Vabé


IvoireBusiness : Pourquoi êtes-vous allé voir le Président Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Je suis allé voir le Président parce que la CPI m'a convoqué pour me donner rendez-vous avec le Président. C'est une visite qui m'a permis de faire le point de la mobilisation, parce que c'est de ça qu'il s'agit, et de lui faire part de toutes nos actions que nous avons menées peu avant le 11 avril 2011 et juste après le 11 avril, jusqu'à aujourd'hui.

IvoireBusiness: Est-ce pour vous une reconnaissance que le Président ait accepté de vous recevoir ?

Abel Naki: Ce n'est pas une reconnaissance pour moi en tant que Abel Naki, mais c'est une reconnaissance pour toute la diaspora, pour chaque leader, pour chaque responsable d'association, pour chaque responsable de mouvement. Pour tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre à l'édifice de la résistance. Je pense que c'est une reconnaissance du Président au combat que nous avons commencé à mener au niveau de la diaspora.

IvoireBusiness : A la veille de cette visite au Président Laurent Gbagbo, vous avez été arrêté. Pourquoi ?

Abel Naki: J'ai été arrêté parce que les forces de l'ordre, sinon les services de police ont estimé que j'avais eu des propos antisémites, des propos terroristes. Ils ont dit que je faisais l'apologie du terrorisme et que je soutenais Mohamed Merah, celui qui a perpétré les tueries de Montauban et de Toulouse.

C'est pour ces raisons que j'ai été arrêté. J'ai dit ici que mes propos ont été mal interprétés et mal compris parce que c'est dans un cheminement, dans un raisonnement que le nom de Mohamed Merah est sorti. Ce n'était peut-être pas le bon exemple à choisir. C'était dans un cheminement bien précis et cela a été mal interprété par les services secrets français qui étaient présents à la manifestation.

IvoireBusiness : Est-ce à dire que vous ne soutenez pas les actions de Mohamed Merah ?

Abel Naki: Je ne peux pas soutenir les actions de Mohamed Merah parce que je ne suis pas un terroriste. Mohamed Merah a été qualifié de terroriste. Je ne suis pas un antisémite. Je ne peux pas soutenir et je ne peux pas louer les actions de Mohamed Merah. Les services secrets français nous connaissent parce que ça fait plus d'un an que nous sommes dans les rues de Paris. Et nous travaillons avec eux car ce sont eux qui coordonnent nos marches. Ce sont eux qui sont avec nous dans les marches, nous les connaissons, ils nous connaissent, on n'a jamais tenus de tels propos. Il est arrivé que cette fois le nom de quelqu'un qui est l'objet d'actes terroristes et d'actes antisémites est sorti dans mes propos. Mes propos ont été mal interprétés tout simplement parce que nous sommes dans une période très sensible où il y a des noms qu'il ne faut pas prononcer.

IvoireBusiness : Est-ce vous avez évoqué cette question avec le Président ?

Abel Naki : Avec le Président, j'ai évoqué cette question mais je ne suis pas rentré dans les détails.

IvoireBusiness : Que lui avez-vous dit ?

Abel Naki: J'ai dit au Président que je venais de sortir juste d'une garde-à-vue et le Président m'a dit, on t'a encore arrêté? J'ai un peu tiqué et je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Que j'aie parlé de cette affaire ou pas, je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Je lui ai simplement dit que j'ai été arrêté par rapport à la manifestation que nous avons faite et que mes propos avaient été mal interprétés.

IvoireBusiness: Comment avez-vous trouvé le Président ?

Abel Naki: J'ai trouvé le Président en tout cas serein, en très bonne forme, en bonne santé, et jovial. C'est en tout cas le Laurent Gbagbo que nous avons toujours connu et courtois. J'ai trouvé en tout cas un Président de la République droit dans ses bottes, avec toutes ses facultés en place. Il y a même pendant notre entretien, de petites anecdotes qu'il ressortait et qui me faisaient penser à quand il était encore aux affaires en Côte d'Ivoire.

IvoireBusiness : De quelles anecdotes s'agit-il ?

Abel Naki: En tout cas, je vais me garder de dire certaines choses que j'ai eu à évoquer avec le Président. Tout ce qu'on doit savoir, c'est que le Président se porte très bien et qu'il est en bonne santé.

IvoireBusiness : Que vous a dit le Président Gbagbo ?

Abel Naki: Le Président a insisté sur l'union de la mobilisation parce que moi Abel Naki, résistant à Paris avec tous mes camarades ayant fait le point de la mobilisation et de tout ce qui entre en ligne de compte, le Président a souligné que c'est l'union dans la mobilisation qui est essentiel. Le Président a donc insisté sur le fait que nous soyons unis parce que les divisions entre nous, il est au courant et ça l'a beaucoup affecté. Son plus grand souhait, c'est que tous ses enfants, tous les ivoiriens, en tout cas tous les leaders soient unis pour pouvoir gagner ce combat-là.

IvoireBusiness : Vous-a-t-il donné mandat pour travailler à cette union ?

Abel Naki: On ne peut pas dire que j'ai eu mandat. Mais je pense que j'ai eu un mandat par le fait d'y aller et que le Président mette l'accent sur l'union, je pense que j'ai eu mission pour œuvrer à ce qu'effectivement, il y ait union dans toutes nos activités, dans tout ce que nous faisons.

Je m'attèle à cela. Quand je suis revenu, j'ai appelé tous mes camarades, tous ceux avec qui on pouvait peut-être ne pas s'entendre, je les ai tous appelés pour leur faire part de ma visite au Président et leur faire un compte-rendu. Je pense qu'il faut que nous nous inscrivions dans cette dynamique unitaire pour pouvoir gagner le combat.

IvoireBusiness: Alors ce mandat du Président, comment comptez-vous l'utiliser? Allez-vous écraser vos adversaires ?

Abel Naki: On ne pas revenir de chez le Président Laurent Gbagbo et avoir un air hautain ou alors vouloir écraser les autres! Parce que vous-même, quand vous le voyez et quand vous le rencontrez, vous vous dites que vous n'êtes rien par rapport à lui. Donc ça permet à ceux qui le rencontrent de pouvoir se maintenir dans leur position d'humilité. C'est donc vraiment avec humilité que je prends ce mandat. Je ne suis pas le chef de quelqu'un, je ne suis pas le patron de quelqu'un. Je suis allé voir notre chef à nous, la phrase ou le mot d'ordre qui est sorti, c'est l'union dans la mobilisation, je l'ai bien compris et je voudrais bien le transmettre à mes camarades pour que nous puissions tous travailler à cette union-là. Chacun peut avoir son groupe, chacun peut avoir son association, son mouvement, mais quand il s'agit des grands rassemblements, quand il s'agit des grandes plateformes, il est important et impératif que nous soyons sur la même longueur d'onde et que nous puissions travailler de façon unitaire.

IvoireBusiness : Avez-vous parlé de Miaka Ouretto, car ce dernier, lorsqu'il est allé voir le Président a dit que Koné Katinan n'était pas le porte-parole de Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Vous savez, cette visite au Président, ça a été une surprise pour moi. C'est avec honneur que je l'ai rencontré. Nous n'avons pas parlé de ces choses, parce que j'estime que je ne suis pas allé le voir pour parler de ça. Et je n'ai pas évoqué ce problème parce que je considère que ce n'est pas un problème qui me concerne moi. Ce qui me concerne et qui concerne mes camarades de lutte, c'est la mobilisation. Alors j'ai fait le point et le Président nous a donné des consignes. Il nous dit d'être unis dans la mobilisation. Donc, je n'ai pas touché tous ces aspects parce que je ne suis pas responsable du FPI, ni représentant du ministre Koné Katinan. Donc je n'ai pas abordé ces sujets.

IvoireBusiness : Récemment, Laurent Gbagbo était au centre de l'actualité, surtout par IvoireBusiness qui a évoqué l'imminence de son empoisonnement à La Haye. En avez-vous parlé ?

Abel Naki: Lorsqu'on discutait et que je lui posais des questions sur sa santé, il me disait qu'il était en bonne santé et qu'il était bien traité. L'imminence de cet empoisonnement, je n'en ai pas parlé pour ne pas entrer dans des situations qui risquent peut-être de fâcher la CPI. Parce qu'il ne faut pas ignorer que là où nous sommes assis, il y a peut-être une camera qui nous regarde ou des micros. Donc j'ai pris sur moi de ne pas parler de ces choses-là, parce que c'est quand même de la CPI qu'il s'agit dans ce cas précis. J'ai eu le réflexe de ne pas en parler.

IvoireBusiness : Comment le Président Laurent Gbagbo appréhende t-il l'ouverture de son procès le 18 juin prochain ?

Abel Naki: Le Président compte d'abord sur lui-même, sur ses avocats qui font un travail excellent et il compte sur la mobilisation de la diaspora et de tous les ivoiriens. Alors, il a insisté pour que nous la diaspora, surtout nous en France, parce que c'est nous qui sommes allés le voir, nous mettions en place un comité central pour la mobilisation, pour qu'il n'y ait pas plusieurs organisateurs, et qu'il n'y ait pas différents prix pour décourager bon nombre d'ivoiriens, et bon nombre d'africains qui ont envie de participer à ce procès. Alors, nous allons mettre en place un comité central d'organisation avec toutes les sensibilités et tous les différents mouvements, toutes les plateformes et coalitions. Pour que tous les ivoiriens, on ait un seul langage et un seul moyen de transport pour aller à La Haye, le 18 juin prochain.

IvoireBusiness : Comment avez-vous trouvé le Président, a-t-il récupéré ?

Abel Naki : Il a récupéré, il m'a même accompagné jusqu'à la sortie.

IvoireBusiness : Comment était habillé le Président ?

Abel Naki: Le Président avait porté une tunique, mais je peux dire que sous l'émotion, je n'ai même pas remarqué la couleur de son pantalon, je n'ai même pas remarqué les chaussures qu'il avait portées. C'est pour vous dire que c'était pour moi un honneur de voir celui pour qui nous avons lutté depuis 2002 jusqu'aujourd'hui en 2012. C'était un grand jour, je n'avais jamais vu le Président Laurent Gbagbo face à face. On l'a toujours vu à la télévision ou de passage dans un cortège présidentiel. Mais imaginez-vous, moi Abel Naki, assis dans une petite salle d'audience seul à seul avec le Président de la République et sans témoin. C'était très émouvant et je peux vous dire qu'il était lui aussi très content de me voir. Quand il m'a vu, il a grandement ouvert ses bras. En tout cas, c'était une visite d'un fils à un père. C'est comme ça que je qualifie ma visite à Laurent Gbagbo.

IvoireBusiness : Quel appel avez-vous à lancer ?

Abel Naki: Je voudrais lancer un appel aux ivoiriens d'être sereins, parce que le Président Laurent Gbagbo compte sur toute la Côte d'Ivoire. Il est informé sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans la diaspora. Et il compte sur nous pour pouvoir gagner son procès. Et le 18 juin, il faut que tous les ivoiriens du monde entier et toute la diaspora, puissent se rendre à La Haye, afin que nous allions soutenir notre Président.

IvoireBusiness : Merci, Abel Naki!


Propos recueillis à Paris par Christian Vabé.


Source: IVOIREBUSINESS

LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT

Fichier:International Criminal Court logo.svg

La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d'ailleurs: « C'est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l'humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l'examen d'un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d'une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l'est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l'humanité ?

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C'est en raison de cette prétention à l'universalité, qu'elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n'a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C'est pour ces mêmes raisons qu'OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n'a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l'engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d'ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE...) dont les pays n'ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n'est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité dans la crise en Cote d'Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

Pour les africains qui en sont restés à l'idéalisme de l'enfance juridique, il faut qu'il soit su ce qui suit. Au fond, ce n'est jamais l'acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l'apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

Et c'est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d'erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c'est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l'interprétation juridique est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l'infaillibilité de la C.P.I.

Quand un homme, par le biais d'une déportation, sort de l'orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l'étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l'objet d'une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d'Etat, en l'occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d'ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires.

Sachez qu'aucune forme d'esclavage n'est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d'autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l'Architecte de l'indépendance de l' Haïti) ; celle de  L'ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

Quand les projecteurs de l'histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd'hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d'être « partial, partiel et parcellaire ». Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d'un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l'esclavage.

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l'instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE...) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n'est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n'est pas parce qu'on s'en détourne qu'elle devient mensonge.


Séry Zadi Gboziagnon

Juriste, Politologue, Traducteur.

jeudi, 05 avril 2012

SANCTIONS DE LA CEDEAO: QUAND LE CLUB DES CHEFS D'ETAT MAL ELUS DECIDE DU SORT DU MALI



CEDEAO - SOMMET D'ABIDJAN 2.JPG

La presse malienne charge Ouattara et les chefs d'Etat de la CEDEAO. Sans concession aucune.

 

Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sur la situation du Mali, les chefs d'Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l'ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d'Etat, mais pour se prémunir d'un scénario dont ils ne sont jamais à l'abri.

Avant de monter sur l'arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d'œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l'ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l'Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l'instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et non choisis par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l'Afrique sens dessus dessous, assassinant l'espoir de tout un continent qui ne rêvait qu'à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l'exécution des mots d'ordre de l'épreuve de dictée préparée qu'ils ont subie dans l'Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d'une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l'indépendance aux organisations continentales et sous-régionales. Ainsi l'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l'Union africaine (UA) en 1999, à l'image de l'Union européenne (UE) menacée d'implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu'on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l'appellation de l'Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu'un seul objectif: l'instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu'ils jouent parfaitement leur rôle dans la Françafrique.

Mais de là à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même a beaucoup à se reprocher.

CEDEAO - SOMMET D'ABIDJAN.jpg

Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l'assassinat d'un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d'abord à éliminer tous ses frères d'armes qui l'ont aidé à abattre le jeune capitaine, l'incarnation de l'espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n'est pas épargnée. Le journaliste d'investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d'un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1998.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l'Afrique de l'Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous-région.

Du Libéria à la Sierra-Leone en passant par la Côte d'Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l'armée du pays des "Hommes intègres" et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays, au moment de la guerre, la plaque tournante du trafic de l'or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.
Ce criminel, qui n'a sa place que dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d'Ivoire.
En un mot, cet homme n'incarne que Satan en personne.

Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d'Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO

Son cas est des plus pathétiques. Incapable d'arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N'eut été le poids économique de la Côte d'Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l'époque, le géant de l'Afrique de l'Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l'installer au pouvoir et les pressions économiques de l'UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d'une élection déjà pipée à l'avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d'être un modèle pour donner des leçons à d'autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d'être un coup d'Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l'armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d'Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c'est que les militaires maliens n'ont pas pris l'avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.

Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l'Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l'omission sur le fichier électoral d'un million d'électeurs dans le camp de l'opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d'être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.

Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d'Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu'un coup d'Etat est inversement apprécié selon qu'il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu'il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est-ce pas? Le silence serait d'or pour vous.

Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l'ancienne puissance entre les deux tours d'une élection qu'elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu'elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

Quand les anciennes provinces du Grand Mali, s'étendant de l'Atlantique à l'Aïr, viennent à son secours de façon arrogante, il y a de quoi pleurer pour ne pas rire. Mais la faute n'incombe qu'à nous-mêmes, du moment où nous avons élu des présidents comme Alpha Oumar Konaré et ATT qui ont contribué à la déchéance de notre pays.


Yoro Sow, in l'«Inter de Bamako» du 3 avril 2012.

mercredi, 04 avril 2012

LIBYE-MALI: LA GRANDE ARNAQUE ET L'HYPOCRISIE ABYSSALE DE LA FRANCE


KADHAFI ET SARKOZY 2.jpg

Génétiquement, l'homme est un prédateur, surtout les politiques. C'est maintenant que certains reconnaîtront que nous avions raison, lorsque nous parlions des dangers de la guerre en Libye. Le Mali s'est embrasé. La France crie au scandale et dit craindre l'islamisme dans le nord malien. Or, c'est la France qui est à l'origine de la force des Touareg aujourd'hui, et d'Aqmi d'ailleurs. Dans un article publié le 8 septembre 2011 (in extenso en dessous), je prévenais que Sarkozy était en train de transformer le sahel en poudrière. Nous y sommes. Alors, quand Juppé lance des cris d'orfraie, j'ai envie de lui dire : "Tais-toi, Juppé !". La France est le parangon de l'impérialisme en Afrique. Elle a liquidé la Libye, le Mali aussi. Demain, à qui le tour ?


Quand un cancre arrive à convaincre des personnes, quel adjectif peut les qualifier ? J'avoue que je n'ai aucune idée. Des fous ? La crise libyenne qui se résume à la haine que voue Sarkozy à Mouammar Kadhafi, à l'Afrique et à satisfaire ses amis pétroliers a fait du Sahel une poudrière. C'est un fait indéniable. L'arrivée massive d'armes, notamment le parachutage abscons par la France, et en violation de la résolution 1973, d'armes lourdes dans le Djebel Nafoussa, le retour de près d'un million de travailleurs migrants, auront transformé ce conflit menée par des gens sans vision, en un massacre qui se poursuivra.

La région du sahel, déjà infestée de mercenaires, de terroristes et de contrebandiers, va se transformer en véritable point d'insécurité inextricable. Souvenez-vous, quatre Français restent donc entre les griffes d'Aqmi : Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Ferret. L'Aqmi qui s'est apparemment lié avec la France pour renverser Mouammar Kadhafi. Seront-ils libérés en contrepartie ? Aqmi réclame à la France, 90 millions d'euros.

Cette zone désertique c'est 8 millions de kilomètres carrés répartis notamment entre l'Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie. Le Tchad est à proximité, et a une frontière commune avec le Cameroun. Effet boule de neige ? Probablement. Le désert, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Pour le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, avec la crise libyenne "la région a été transformée en poudrière". Il a bien raison.

Une pauvreté endémique va se développer, d'autant plus que le chômage se pose avec acuité, chez les migrants venant de Libye, qui ne peuvent plus nourrir leurs familles. Pire, cette région regorge aussi de trafiquants de drogue, d'armes et d'être humains. L'immigration clandestine en direction de l'Europe va augmenter d'une manière exponentielle, et le terrorisme aussi, au coeur de l'Europe.

Au niveau des armes, on peut noter des explosifs, des missiles sol-air et sol-sol, des petites bombes, des kalachnikovs... etc. Il y a aussi des millions d'euros offert au CNT par l'Occident et les pétro-dollars du Qatar. Le CNT redistribuait à ces terroristes-islamiques cet argent. Ce trésor de guerre engrangé par l'Aqmi, qui compte près de 1000 membres, permettra un recrutement conséquent lié à la pauvreté. On ne compte plus les Toyota 4X4 volés qui écument cette immense région difficile, que dis-je, impossible  à sécuriser. L'Algérie paye déjà un lourd tribut de ce conflit. Actuellement, une recrudescence des attentats terroristes dont le plus meurtrier de l'année a fait le 26 août 18 morts à l'académie miliaire de Cherchell proche d'Alger. Inévitablement, les autres pays suivront.

A qui la faute ? Surtout pas à Mouammar Kadhafi. Il faut chercher ailleurs. Michel Onfray dans la vidéo, vous donne une idée. La navigation à vue de cet homme montre bien, comme décrit ci-dessous, qu'il fait courir au monde entier un réel danger. N'est-ce pas le même qui veut attaquer l'Iran?


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 03 avril 2012

MALI: LA VICTOIRE ECLAIR DES TOUAREGS ANNONCE-T-ELLE LA CREATION DE L'AZAWAD?


MALI. CARTE.gif

Le territoire que revendique Les Touareg (au singulier un Targui)  depuis des décennies, l'Azawad, vient de tomber dans leur escarcelle. Il s'agit de la quasi-totalité du nord du Mali. Sous pression, la junte a annoncé rétablir la Constitution et les institutions et promis: «la mise en place d'organes de transition en vue de l'organisation d'élections apaisées, libres, ouvertes et démocratiques auxquelles nous ne participerons pas».

Après les villes de Kidal et Gao, c'est au tour de celle de Tombouctou de tomber aux mains des rebelles touareg. Tombouctou, la ville millénaire à fort attrait touristique, n'est qu'à 800 km au nord-est de la capitale Bamako. Mais, les rebelles se contenteront-ils d'en rester là ou voudront-ils continuer vers Bamako ? Je ne le pense pas mais,  cette affaire risque de mal se finir pour l'intégrité territoriale du Mali...

En position de force sur leurs terres ancestrales, les Touareg ont vu des militaires de l'armée régulière se rallier à eux, même des hauts gradés. On annonce aussi des combats où, des soldats islamistes, notamment ceux d'Aqmi, on prêté main forte aux Touareg, réunis sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

Après la découverte de gisement d'or, d'uranium et de pétrole dans l'Azawad, les Touareg vont sans doute, à défaut de demander leur indépendance, exiger au moins leur autonomie. Ils peuvent dire merci à Nicolas Sarkozy, l'homme qui a fait la guerre à la Libye, en transformant le sahel en poudrière.


Source: Le blog d'Allain Jules

lundi, 02 avril 2012

AMINATA TRAORE: POUR UNE AUTRE ANALYSE DE LA QUESTION MALIENNE

AMINATA TRAORE.jpg

Nous attendions l'analyse des patriotes maliens pour plus d'éclairage sur la situation au Mali et aller plus loin que les simples repères géostratégiques nécessaires afin de comprendre les enjeux en général et pour chaque acteur en particulier. Mais bien insuffisants pour percevoir les nuances qui ouvrent les portes du possible devant nos peuples.

Par bonheur, une première analyse nous est venue d'Aminata Traoré, militante altermondialiste et ancienne ministre de la Culture, auteure de deux livres majeurs pour le Mali et pour toute l'Afrique, « L'Afrique humiliée » et « Le Viol des imaginaires », et organisatrice du Forum pour un autre Mali.

Le «journaldumali.com» nous fait une relation de la conférence de presse de Madame Traoré et ses camarades. Elle rappelle que la clé de l'analyse du coup d'Etat se trouve dans le rapport à la réalité et non dans le respect abstrait de l'idée de démocratie et assène qu' « ATT était déjà tombé bien avant le 22 mars ; humilié par Nicolas Sarkozy depuis son refus de signer les accords sur l'immigration et de faire le jeu de la France dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique. «Il y avait déjà un vide dans la gouvernance du pays», déclare-t-elle ».

Le putsch des capitaines maliens ne doit pas nous cacher le coup d'Etat permanent perpétré par la Françafrique, malgré son art de la dissimilation. Aminata enfonce le clou en rappelant que cette démocratie formelle n'avait rien amené au Mali ni réalisé aucune des promesses faites par ses promoteurs, sauf qu'elle a mis les dirigeants sous la coupe continuelle de puissances extérieures qui ont continué - comme la France - à peser sur la vie du pays d'une manière insupportable. C'est quand même drôle que dans tous nos pays cette démocratie formelle aboutisse toujours à donner caution et légitimité pour exercer non la souveraineté de nos peuples mais celle de puissances étrangères. Aminata nous invite à chercher ce côté vertueux introuvable de la démocratie représentative que les pervers de la CEDEAO veulent rétablir, mais avec cet «acquis» que le Mali serait déjà dans un «après- ATT» qui se résume pour l'instant à un «après refus» des demandes de Sarkozy et qu'en toute bonne dialectique les solutions de la CEDEAO transforment en un «oui à Sarkozy» comme base de la solution.

Aminata dénie, à juste titre, aux dirigeants de la CEDEAO de parler au nom de la démocratie alors qu'ils ont de sérieux comptes à rendre à leurs propres peuples. Elle dénonce, au passage, la responsabilité écrasante de Sarkozy dans le risque en cours de démembrement du Mali en attendant l'extension des prétentions Azawad au Niger, à la Mauritanie et au Sud-Est algérien.

Alors peut-être que la France a poussé l'exaspération des militaires - notamment après l'humiliation publique d'ATT par Juppé l'instruisant en public de négocier avec les rebelles - et que ces soldats ne voulaient plus subir les conséquences du rabaissement de l'Etat malien.

En lisant Aminata Traoré, on comprend que ces soldats peuvent aussi ouvrir la voie à un redressement national au Mali et à la répudiation de toutes ces politiques libérales qui ont saigné le pays, miné l'Etat et attisé les facteurs centrifuges. On note d'abord que dans, ces tempêtes qui menacent le Mali ces anticolonialistes ne perdent pas de vue les véritables enjeux de l'indépendance, ni le colonialisme ennemi aux mille visages, ni l'espérance de rendre le Mali au peuple malien.


Mohamed Bouhamidi

dimanche, 01 avril 2012

RATTRAPAGE ETHNIQUE: OUATTARA PRIS EN FLAGRANT DELIT DE MENSONGE, EN DIRECT!


ALASSANE OUATTARA 34.jpg

Alassane Ouattara pris en flagrant délit de mensonge, en direct sur RTI 1, devant tout le peuple ivoirien et devant le monde entier!



OUATTARA, dans son interview du vendredi 30 mars 2012, sur RTI 1. A la question de la journaliste de Frat-Mat, Agnès Kraidy, sur son fameux rattrapage ethnique, en présence de Brou Aka Pascal, journaliste, PCA de la RTI et animateur principal de l'émission, il répond sans sourciller: "Je n'ai jamais dit cela. Je ne me reconnais pas dans ces propos"!

Cet homme est-il sérieux et mérite-t-il de diriger la Côte d'Ivoire?


Ces propos, recueillis par le journaliste Vincent HUGUEUX, sont encore en ligne. Appréciez!!!

 

« La nomination de nordistes aux postes clefs

Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité

"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher." »


Lire toute l'interview. Cliquer sur: L'EXPRESS

 

-----------------------------------------

 

ALASSANE OUATTARA: INCONGRUITES POLITIQUES

 

En outre, il promet de se tourner désormais vers les marchés financiers, et non plus vers les institutions publiques, pour obtenir le financement des projets ivoiriens. En clair, ce sera la nouvelle voie d'endettement de la Côte d'Ivoire. Pour rappel, ce sont ces marchés financiers qui ont ruiné l'EUROPE et qui la tienne captive, en ce moment.

C'est ainsi que Nicolas SARKOZY a offert, pieds et poings liés, la France aux marchés financiers. Jean-Luc MELENCHON n'arrête pas de le dénoncer avec force. OUATTARA a parié sur un cheval perdant pour la Côte d'Ivoire. Bientôt, on sera tous vendu aux cercles financiers mafieux internationaux et à ses petits copains.


Excellent, non, ce choix?

samedi, 31 mars 2012

IL AVAIT INCRIMINE DES PROCHES DE OUATTARA DANS L'AFFAIRE KIEFFER - ILS ONT TUE «GORGE PROFONDE»!


UNE N° 480 LE NOUVEAU COURRIER.jpg

«Gorge Profonde» (surnommé ainsi par Le Nouveau Courrier pour des raisons de sécurité), celui qui avait fait «ressusciter» l'affaire Kieffer par ses révélations, de son vrai nom Adama Koné, est mort hier au Ghana. Où il avait trouvé refuge, suite aux graves menaces qui pesaient sur sa vie. Les conditions de son décès portent à croire qu'il s'agit d'un acte criminel.

''Gorge Profonde'' avait trouvé refuge au Ghana voisin, suites aux nombreuses menaces qu'il a reçues, après ses révélations sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Même dans ce pays, il n'était pas en sécurité, parce que selon ses dires, il sentait que ses mouvements étaient suivis. C'est au camp de réfugié Ivoiriens de Elubo qu'il s'était établi vers fin janvier, en attendant de partir pour une autre destination. Et ce, après avoir échappé à un assassinat, alors qu'il avait rendez-vous avec le juge Patrick Ramaël qui avait effectué le déplacement d'Abidjan suite aux informations échangées avec lui.

Adama Koné alias «Gorge Profonde» menait une vie tranquille dans ce camp, et préparait avec des avocats des éléments de preuves devant être reversées à la défense du président Laurent Gbagbo. Dans la nuit du mardi au mercredi dernier, après une causerie avec ses amis de fortune dans le camp, comme chaque soir, «Gorge profonde» regagne sa tente. Entre 2 heures et 3 heures du matin, c'est par des cris stridents qu'il alerte la communauté des réfugiés ivoiriens. Un incendie venait ainsi de se déclencher dans sa tente, alors qu'il dormait. Sérieusement brûlé, et Elubo ne disposant pas de centre de santé, Adama Koné sera transféré à Ekwé, une petite localité ghanéenne. Malheureusement, là-bas, il n'y a pas d'équipements adéquats pour les premiers soins. Le personnel médical va demander que le brûlé soit évacué sur Takoradi, à près de 200 Km de Ekwé. C'est à l'hôpital régional de Takoradi que «Gorge profonde» sera interné. Après 24 heures, les médecins vont suggérer une autre évacuation du grand brûlé, cette fois sur la capitale, Accra. Malheureusement, «GP» n'aura pas la chance d'être évacué sur Accra. Dans la nuit du mercredi à jeudi en effet, aux environs de 5h du matin, les médecins constateront qu'il a rendu l'âme. L'une de ses dernières volontés, sur son lit d'hôpital, était de voir sa sœur et son épouse (à Abidjan) à son chevet.

Quelques jours avant l'acte criminel qui devrait lui coûter la vie, comme s'il sentait la fin de son combat, «Gorge Profonde» ne cessait de répéter son admiration pour le combat de Laurent Gbagbo, un homme qu'il avait combattu, alors qu'il était encore en 2002-2003 dans la rébellion. Mais une chose le peinait le plus, selon les confidences d'un de ses proches, c'était la trahison d'un homme, Jean-Yves Garnault. Qui pourtant l'avait bien mis en confiance, avant de le trahir et le livrer aux tueurs. Avec la complicité d'un confrère, qui dans une de ses parutions, livrait en pâture Adama Koné, photo en manchette et le titre Wanted. Le defunt avait accusé des membres des cercles très proches de Ouattara d'être les instigateurs de l'assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Jean-Yves Garnault, ami de Guy-André Kieffer et homme clé dans cette affaire, ne s'était pas gêné pour dire qu'il n'en avait rien à cirer de ce qui pouvait arriver à «Gorge profonde» après l'avoir livré aux tueurs, en faisant publier sa photo. Adama Koné décède en emportant certainement avec lui des secrets.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 30 mars 2012

LA REEMERGENCE DE LA CHINE EN TANT QUE PUISSANCE MONDIALE (DISSIDENT VOICE)


CHINE. REEMERGENCE.jpg

Important à savoir! Pour comprendre le fonctionnement du monde actuel et pour l'Histoire. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

L'histoire du pouvoir dans le monde a été déformée par des historiens eurocentrés qui ont ignoré le rôle dominant de la Chine dans l'économie mondiale de 1100 à 1800. La brillante rétrospective historique que John Hobson fait de l'économie mondiale de cette période fournit des quantités de données empiriques qui prouvent la supériorité économique et technologique de la Chine sur la civilisation occidentale pendant la plus grande partie du millénaire précédent avant qu'elle se soit assujettie et ne commence à décliner au 19ième siècle.

La réémergence de la Chine en tant que puissance économique nous conduit à nous interroger sur son ascension et sa chute précédentes et sur les menaces intérieures et extérieures qui pèsent dans le futur immédiat sur cette superpuissance économique renaissante.

D'abord nous soulignerons les principaux aspects de l'ascension historique de la Chine et de sa supériorité économique sur l'Occident avant le 19ième siècle à partir du livre de John Hobson, "Les origines orientales de la civilisation occidentale". Etant donné que la majorité des historiens économiques occidentaux (libéraux, conservateurs ou marxistes) ont représenté la société chinoise comme stagnante, arriérée et bornée, un "despotisme oriental" selon leur expression, il est nécessaire de montrer qu'il n'en était rien. Il faut aussi particulièrement montrer comment la Chine, la puissance mondiale technologique de 1100 à 1800, a permis l'ascension de l'Occident. C'est seulement en empruntant et en assimilant les innovations chinoises que l'Occident a pu opérer la transition vers l'économie capitaliste et impérialiste moderne.

Dans la seconde partie nous analyserons les facteurs et les circonstances qui ont amené le déclin de la Chine au 19ième siècle et la domination, l'exploitation et le pillage subséquents de ce pays par les puissances impériales occidentales, d'abord l'Angleterre puis le reste de l'Europe, le Japon et les Etats-Unis.

Dans la troisième partie, nous soulignerons brièvement les facteurs qui ont mené à l'émancipation de la Chine de la règle coloniale et néocoloniale et nous analyserons sa récente percée comme deuxième plus grande économie mondiale.

Enfin nous étudierons les menaces passées et présentes qui pèsent sur l'avènement de la Chine comme puissance économique mondiale en mettant en lumière les similitudes entre le colonialisme anglais des 18 et 19ièmes siècles et les stratégies impériales étasuniennes actuelles et en montrant les forces et les faiblesses des réactions chinoises passées et présentes.

LA CHINE : L'ascension et la consolidation de sa puissance mondiale de 1100 à 1800

A l'aide de comparatifs systématiques, John Hobson fournit énormément de données concrètes qui démontrent de façon indiscutable la supériorité mondiale économique de la Chine sur l'Occident et en particulier sur l'Angleterre. En voilà quelques unes :

Dès 1078 la Chine était le plus grand producteur au monde d'acier (125 000 tonnes) tandis que l'Angleterre n'en produisait encore que 76 000 tonnes en 1788.

La Chine était le leader mondial de l'innovation dans la production textile, sept siècles avant la "révolution textile" anglaise du 18ième siècle.

La Chine était la première puissance commerciale et faisait du commerce avec la plus grande partie de l'Asie de l'ouest, de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Europe.

La "révolution agricole" chinoise et sa productivité dépassaient l'Occident au 18ième siècle.

Ses innovations dans la production de papier, de livres imprimés, d'armes à feu et d'outils, en ont fait une superpuissance dont la production était exportée dans le monde entier grâce à un système de navigation des plus avancés.

La Chine possédait les bateaux de commerce les plus grands. En 1588 les plus grands bateaux anglais pouvaient transporter 400 tonnes de fret, les navires chinois 3000 tonnes. Même à la fin du 18ième siècle, les marchands chinois disposaient encore de 130 000 navires de commerce privés, infiniment plus que les Anglais. Le Chine a gardé ce rôle dominant dans l'économie mondiale jusqu'au début du 19ième siècle.

Les fabricants Anglais et Européens qui ont suivi l'exemple de la Chine, en copiant et assimilant ses plus grandes avancées technologiques, étaient pressés d'entrer sur le marché chinois moderne et lucratif.

Jusqu'en 1750, le revenu per capita des Chinois égalait celui des Anglais grâce à leur système bancaire, leur économie basée sur du papier monnaie stable, leur production manufacturée et de bons rendements agricoles.

La position dominante de la Chine a été remise en question par la montée de l'impérialisme britannique qui a adopté les avancées technologiques, maritimes et commerciales de la Chine et d'autres pays d'Asie pour devenir une puissance mondiale en brûlant les étapes.

L'IMPERIALISME occidental et la déclin de la Chine.

Les piliers de la conquête britannique et occidentale de l'Orient sont la militarisation des états impériaux, le manque de réciprocité dans leurs relations économiques avec les pays étrangers et la nature de l'idéologie occidentale impériale qui permettait et justifiait la conquête de pays étrangers.

A la différence de la Chine, la révolution industrielle britannique et son expansion au delà des mers est le fruit d'une politique guerrière. Selon Hobson, entre 1688 et 1815, l'Angleterre était en guerre 52% du temps. Tandis que la prospérité chinoise reposait sur le libre échange, la production de biens et les innovations commerciales et bancaires, les Britanniques préféraient les barrières douanières, les conquêtes militaires et la destruction systématique des entreprises étrangères compétitives ainsi que le vol et le pillage des ressources locales. La suprématie chinoise était basée sur "les bénéfices réciproques" des partenaires, tandis que les Britanniques avaient recours à des armées de mercenaires, la répression sauvage et la méthode "diviser pour régner" pour attiser les rivalités locales. En cas de résistance des autochtones, les Anglais (comme d'autres puissances impérialistes) n'hésitaient pas à exterminer des communautés entières.

Incapables de rentrer en compétition avec le marché chinois, l'Angleterre a eu recours à la puissance militaire brute. Elle a armé et formé des mercenaires recrutés dans ses colonies en Inde et ailleurs pour forcer la Chine à importer ses produits et pour lui imposer des traités inégaux à des tarifs préférentiels. La Chine a été inondée d'opium britannique produit dans ses plantations d'Inde au mépris des lois chinoises qui interdisaient ou régulaient l'importation et la vente de narcotiques. Les dirigeants chinois habitués depuis longtemps à la supériorité de leur commerce et de leur fabrication n'étaient pas préparés aux "nouvelles règles impériales" du pouvoir international. La propension occidentale à coloniser des pays par les armes, à piller leurs ressources et à recruter d'énormes armées de mercenaires commandés par des officiers européens a mis fin à la puissance internationale de la Chine.

La base de la suprématie économique de la Chine était la "non ingérence dans les affaires internes de ses partenaires commerciaux". A l'opposé les impérialistes britanniques sont intervenus brutalement en Asie pour adapter les économies locales aux besoins de l'empire (en éliminant les concurrents économiques, y compris les fabricants de coton indiens plus efficaces) et ont pris le contrôle des appareils politiques, économiques et administratifs locaux pour mettre en place la colonisation.

L'empire britannique s'est construit en s'appropriant les ressources de ses colonies et en militarisant massivement son économie. Sa puissance militaire a bientôt supplanté celle de la Chine. La politique étrangère de la Chine a été handicapée par la confiance exagérée des élites dirigeantes dans les relations commerciales. Les officiels chinois et les grands marchands qui cherchaient à se concilier les Britanniques, ont convaincu l'empereur de leur accorder des concessions extra-territoriales dévastatrices et de leur ouvrir leur marché au détriment des fabricants chinois tout en renonçant à leur souveraineté locale. Comme toujours les Britanniques ont attisé les querelles internes et fomenté des révoltes pour déstabiliser davantage le pays.

La pénétration occidentale et britannique du marché chinois et la colonisation de la Chine ont créé une nouvelle classe : les riches "compradores" chinois qui importaient les marchandises anglaises et facilitaient la conquête des ressources et des marchés locaux. Le pillage impérialiste a engendré une plus grande exploitation de la grande masse des paysans et de ouvriers chinois écrasés par de lourds impôts. Les dirigeants de la Chine pressuraient la paysannerie pour payer les dettes de guerre et les déficits commerciaux imposés par les puissances impériales occidentales. Cela a conduit les paysans à la famine et à la révolte.

Au début du 20ième siècle (moins d'un siècle après les Guerres de l'Opium), la Chine avait perdu son statut de puissance économique mondiale ; elle était devenue un pays brisé, à demi colonisé et dont l'immense population était réduite à la pauvreté. Les principaux ports étaient contrôlés par les officiels de l'impérialisme occidental et l'intérieur du pays était régi par des seigneurs corrompus et brutaux. Des millions de personnes étaient devenus esclaves de L'opium anglais.

LES UNIVERSITAIRES britanniques : Eloquents défenseurs des conquêtes impériales

Toute la classe académique occidentale -et à sa tête les historiens impérialistes anglais- ont attribué la domination impérialiste anglaise sur l'Asie à "la supériorité technologique" de l'Angleterre et la pauvreté et de la Chine et sa colonisation au "retard oriental" sans mentionner la supériorité millénaire du commerce et des avancées techniques de la Chine qui a duré jusqu'au début du 19ième siècle. A la fin des années 1920, avec l'invasion impériale japonaise, la Chine a perdu son unité. Sous la loi impériale, des centaines de millions de Chinois sont morts de faim ou ont été dépossédés ou assassinés pendant que les puissances impériales occidentales et le Japon pillaient son économie. Cela a complètement discrédité toute l'élite chinoise collaboratrice des "Compradores" aux yeux des Chinois.

Le souvenir du pays prospère, dynamique et puissant qu'a été autrefois la Chine est resté dans la mémoire collective du peuple chinois mais a été complètement occulté par les prestigieux intellectuels étasuniens et anglais. Les commentateurs occidentaux ont discrédité la mémoire collective de la suprématie de la Chine en la qualifiant d'illusion ridicule due à la nostalgie des seigneurs et de la royauté, et à l'arrogance sans fondement des Han.

LA CHINE renaît des cendres du pillage et de l'humiliation impériales : La révolution communiste chinoise

C'est le succès de la révolution communiste chinoise du milieu du 20ième siècle qui a rendu possible l'ascension de la Chine moderne à la place de seconde économie mondiale. L'armée "rouge", l'armée populaire de libération, a vaincu d'abord l'armée impériale japonaise et ensuite l'armée impérialiste étasunienne soutenue par le Kuomintang, l'armée "nationaliste" menée par les "compradores". Cela a permis la réunification de la Chine en un état souverain indépendant. Le gouvernement communiste a aboli les privilèges extra-territoriaux des impérialistes occidentaux, mis fin au pouvoir des seigneurs de guerre et des gangsters et chassé les propriétaires millionnaires de bordels, les trafiquants de femmes et de drogues ainsi que les autres "fournisseurs de service" de l'empire étasuno-européen.

A tous les sens du mot, la révolution communiste a forgé l'état chinois moderne. Les nouveaux dirigeants ont alors procédé à la reconstruction d'une économie ravagée par les guerres impériales et le pillage des capitalistes japonais et occidentaux. Après plus de 150 ans d'infamie et d'humiliation, le peuple chinois a retrouvé sa fierté et sa dignité nationales. Ces éléments socio-psychologiques ont joué un rôle essentiel dans la capacité du pays à se défendre contre les attaques, le sabotage, les boycotts et les blocus étasuniens qui ont suivi la libération.

Contrairement à ce que prétendent les économistes occidentaux et les économistes néolibéraux chinois, la dynamique croissance de la Chine n'a pas commencé en 1980. Elle a commencé en 1950 avec la réforme agraire qui a procuré de la terre, des infrastructures, des crédits et de l'assistance technique à des centaines de millions de paysans et ouvriers agricoles misérables. Grâce à ce qui est aujourd'hui appelé "capital humain" et à une gigantesque mobilisation sociale, les communistes ont construit des routes, des aérodromes, des ponts, des canaux et des lignes de chemin de fer de même que les industries de base, comme le charbon, l'acier, le fer, qui ont constitué la colonne vertébrale de l'économie de la Chine moderne. Le vaste système d'éducation et de santé de la Chine communiste a produit une force de travail motivée, instruite et en bonne santé. Son armée hautement professionnelle a empêché les Etats-Unis d'étendre leur empire militaire à travers la péninsule coréenne jusqu'aux frontières de la Chine. De même que les historiens et propagandistes ont fabriqué l'histoire d'une Chine "décadente et stagnante" pour justifier leur brutale conquête, de même leurs homologues contemporains ont réécrit l'histoire des trente premières années de la Révolution Communiste chinoise, en niant son rôle positif dans le développement de tous les éléments d'une économie, d'un état et d'une société modernes. Il est clair que la rapide croissance de la Chine a été la conséquence du développement de son marché intérieur, de la formation rapide de scientifiques, de techniciens et de travailleurs qualifiés et que le filet de sécurité sociale qui protégeait et promouvait la mobilité des ouvriers et des paysans étaient les fruits de la planification et des investissements communistes.

La montée en puissance de la Chine sur l'échiquier mondial, a commencé en 1949 par l'évincement de toute la classe financière spéculatrice parasite des "compradores" qui avaient servi d'intermédiaires aux impérialistes européens, japonais et étasuniens pour drainer les grandes richesses de la Chine.

LA TRANSITION chinoise vers le capitalisme

A partir de 1980, le gouvernement chinois a opéré un changement dramatique dans sa stratégie économique : Au cours des trois décennies suivantes il a ouvert le pays à des investissements étrangers d'envergure ; il a privatisé des milliers d'industries et il a mis en place une politique délibérée de concentration des revenus dans le but de récréer une classe économique dominante de milliardaires liés aux capitalistes étrangers. Le projet de la classe politique chinoise dirigeante était "d'emprunter" les connaissances techniques nécessaires pour entrer sur les marchés étrangers par l'intermédiaire des entreprises étrangères à qui ils fourniraient une abondante main d'oeuvre bon marché. L'état chinois a redirigé des subventions publiques massives pour générer une haute croissance capitaliste en démantelant son système national gratuit de soins et d'éducation. Il a cessé de subventionner la construction des habitations de centaines de millions de paysans et d'ouvriers d'usines pour fournir des fonds à des spéculateurs immobiliers pour construire des appartements de luxe privés et des gratte-ciel de bureaux. La nouvelle stratégie capitaliste chinoise, de même que sa croissance à deux chiffres, s'est enracinée dans les profonds changements structurels et les investissements publics massifs rendus possibles par l'ancien gouvernement communiste.

"L'envolée" du secteur privé chinois a eu comme fondement les immenses dépenses publiques consenties depuis 1949.

La nouvelle classe capitaliste triomphante et ses collaborateurs occidentaux se sont vantés d'être les artisans du "miracle économique" de la Chine et de son ascension à la seconde place dans l'économie mondiale. Cette nouvelle élite chinoise est moins pressée de mentionner la place de la Chine en ce qui concerne les brutales inégalités de classes car on ne trouve pire qu'aux Etats-Unis.

LA CHINE : De la soumission aux impérialistes à la compétitivité internationale

La croissance soutenue du secteur industriel de la Chine a été le résultat d'investissements publics très ciblés, de profits élevés, d'innovations techniques et d'un marché intérieur protégé. Le capital étranger a fait bien sûr des profits mais toujours dans le cadre des priorités et des règles de l'état chinois. La "stratégie d'exportation" dynamique du régime a produit d'énormes surplus commerciaux qui ont fait de la Chine un des plus grands créanciers de la planète et surtout des Etats-Unis. Pour maintenir sa dynamique industrielle, la Chine a du importer de grands quantités de matières premières ce qui l'a conduit à faire des investissements importants à l'étranger et à conclure des accords commerciaux avec des pays exportateurs de minerais et de produits agricoles comme l'Afrique et l'Amérique Latine. Dès 2010, la Chine, supplantant les Etats-Unis et l'Europe, est devenue le principal partenaire de beaucoup de pays d'Asie, d'Afrique, et d'Amérique Latine.

La Chine moderne, comme celle de 1100 à 1800, est devenue une puissance économique mondiale grâce à sa prodigieuse capacité de production. Le commerce et les investissements se faisaient dans le cadre d'une stricte politique de non-ingérence dans les affaires intérieures de leurs partenaires commerciaux. A la différence des Etats-Unis, la Chine n'a pas mené des guerres sans merci pour le pétrole ; au contraire elle a signé des contrats lucratifs. Et la Chine ne fait pas la guerre dans l'intérêt des Chinois de l'étranger comme les Etats-Unis ont fait pour Israël au Moyen-Orient.

Le rapport entre la puissance économique chinoise et sa puissance militaire est à l'opposé de celui des Etats-Unis, un gros empire militaire parasite dont l'influence économique internationale continue de diminuer.

Les dépenses militaires des Etats-Unis sont 12 fois supérieures à celles de la Chine. L'armée étasunienne tient le rôle principal dans les efforts de Washington pour empêcher la Chine de devenir une puissance mondiale.

L'ASCENSION de la Chine : L'histoire va-t-elle se répéter ?

La croissance de la Chine a été d'environ 9% par an et la qualité et la valeur de ses produits augmentent rapidement. Au contraire, les Etats-Unis et l'Europe ont stagné autour de 1% de croissance de 2007 à 2012. Les créatifs savants et techniciens chinois ont assimilé les dernières inventions occidentales (et japonaises) et les ont améliorées, diminuant ainsi leur coût de production. La Chine a remplacé les "institutions financières internationales" contrôlées par les Etats-Unis et l'Europe (le FMI, la banque mondiale et la banque interaméricaine de développement) comme principal prêteur de l'Amérique Latine. La Chine continue d'être le premier investisseur dans les ressources minières et l'énergie africaines. La Chine a pris la place des Etats-Unis comme premier partenaire commercial d'Arabie Saoudite, du Soudan, premier acheteur de pétrole iranien et est en passe de devenir aussi le premier acheteur de produits pétroliers vénézuéliens. Aujourd'hui la Chine est le premier fabriquant et exportateur mondial, dominant même le marché étasunien tout en jouant le rôle de bouée de sauvetage financière grâce à ses 1300 milliards de dollars de bonds du trésor étasuniens.

Sous la pression des travailleurs, des fermiers et des paysans, les dirigeants chinois ont développé le marché intérieur en augmentant les salaires et les dépenses sociales pour rééquilibrer l'économie et éviter le spectre de l'instabilité sociale. Au contraire, aux Etats-Unis, les salaires et les services publics vitaux ont décliné de façon alarmante en termes absolus et relatifs.

Tout cela laisse présager que la Chine va prendre la place des Etats-Unis comme première puissance économique mondiale dans les dix années qui viennent, si l'empire étasunien ne l'attaque pas et si les profondes inégalités de classe chinoises ne provoquent pas un soulèvement général.

De sérieuses menacent pèsent sur l'ascension de la Chine dans le monde. Contrairement à ce qui s'est produit dans le passé, la puissance économique de la Chine moderne n'est pas accompagnée de visées impérialistes. La Chine est sérieusement en retard par rapport aux Etats-Unis et à l'Europe pour ce qui concerne la capacité de mener des guerres de conquête.

Cela a sans doute permis à la Chine d'utiliser plus de financement pour générer de la puissance économique mais la Chine est aujourd'hui sans défense devant la supériorité militaire étasunienne, son énorme arsenal, ses bases avancées et ses positions géo-militaires stratégiques au large des côtes chinoises et dans les territoires adjacents.

Au 19ième siècle, l'impérialisme britannique a détruit la position de la Chine sur la scène internationale grâce à sa supériorité militaire en saisissant les ports chinois - à cause de la confiance de la Chine dans sa "supériorité commerciale".

La conquête de l'Inde, de la Birmanie et de la plus grande partie de l'Asie a permis à l'Angleterre d'établir des bases coloniales et de recruter des armées locales de mercenaires.

Les Anglais et leurs alliés mercenaires ont encerclé et isolé la Chine, ce qui a déstabilisé le marché chinois et permis d'imposer de brutaux accords commerciaux. L'armée de l'empire britannique dictait à la Chine ce qu'elle devait importer (et l'opium représentait 50% des exportations anglaises dans les années 1850) tout en neutralisant sa plus grande compétitivité par des tarifs préférentiels.

Aujourd'hui les Etats-Unis poursuivent la même politique : la flotte étasunienne patrouille et contrôle les voies commerciales maritimes de la Chine et ses ressources en pétrole off-shore à partir de ses bases. La Maison Blanche de Obama et Clinton est en train de préparer une réponse militaire rapide, à partir de ses bases en Australie, Philippines, et ailleurs en Asie. Les Etats-Unis intensifient leurs efforts pour gêner l'accès chinois aux ressources étrangères stratégiques tout en soutenant les séparatistes "issus de peuple" et les "insurgés" en Chine occidentale, Tibet, Soudan, Birmanie, Iran, Libye, Syrie et ailleurs. Les accords militaires étasuniens avec l'Inde et la mise en place d'un régime fantoche interchangeable au Pakistan ont fait progresser ses efforts pour isoler la Chine. La Chine est fidèle à sa politique de "développement harmonieux" et de "'non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays" et elle est restée neutre quand l'armée impérialiste des Etats-Unis et de l'Europe a attaqué un des partenaires commerciaux chinois dans le but principal de contrecarrer l'expansion commerciale pacifique de la Chine.

La Chine n'a pas de stratégie politique et idéologique pour protéger ses intérêts économiques à l'étranger et cela a encouragé les Etats-Unis et l'OTAN à mettre en place des régimes hostiles à Pékin. L'exemple le plus frappant est celui de la Libye où les Etats-Unis et l'OTAN sont intervenus pour renverser un gouvernement indépendant dirigé par le président Kadhafi avec qui la Chine avait signé des accords commerciaux s'élevant à plusieurs milliards de dollars. Le bombardement des villes, ports et installations pétrolières de la Libye par l'OTAN a forcé la Chine à rapatrier 35 000 ingénieurs du pétrole et ouvriers de la construction Chinois en quelques jours. La même chose est arrivée au Soudan où la Chine avait investi des milliards pour développer l'industrie du pétrole. Les Etats-Unis, Israël et l'Europe ont armé les rebelles soudanais pour désorganiser la production de pétrole et attaquer les Chinois qui travaillaient dans le pétrole. Dans les deux cas la Chine a laissé les impérialistes étasuniens et européens attaquer ses partenaires commerciaux et endommager ses investissements sans réagir.

Sous Mao Zedong, la Chine contrecarrait activement l'agression impériale. Elle soutenait des mouvements révolutionnaires et des gouvernements indépendants du Tiers Monde. Aujourd'hui la Chine ne soutient plus activement des gouvernements ou des mouvements capables de protéger ses accords commerciaux et ses investissements à l'étranger.

L'incapacité de la Chine à s'opposer à la montée de l'agression militaire étasunienne contre ses intérêts économiques est due à de profonds problèmes structuraux. La politique étrangère de la Chine repose sur de gros intérêts commerciaux, financiers et industriels qui comptent sur leur "compétitivité économique" pour gagner des parts de marché et qui ne comprennent rien aux fondements militaires et sécuritaires de la puissance économique mondiale. La classe politique chinoise est profondément influencée par une nouvelle classe de milliardaires qui ont des liens étroits avec les fonds d'équité occidentaux et qui ont absorbé les valeurs occidentales sans les remettre en question. La preuve, ils envoient leurs enfants étudier dans les universités élitistes des Etats-Unis et d'Europe. Ceux-là veulent "s'entendre avec l'Occident" à tous prix. Comme ils ne comprennent pas bien comment on construit un empire militaire, ils ne réagissent pas comme il le faudrait à chaque fois que les Impérialistes entravent leur accès aux ressources et aux marchés. L'approche "les affaires avant tout" de la Chine a peut-être été la bonne tant qu'elle était un pion sur l'échiquier économique mondial et que les impérialistes étasuniens considéraient son "ouverture au capitalisme" comme une occasion de mettre la main sur les entreprises publiques chinoises et de piller son économie.

Mais quand la Chine (à la différence de l'ancienne URSS) a décidé de garder le contrôle des capitaux et de développer une "politique industrielle" planifiée et contrôlée par l'état en redirigeant les capitaux occidentaux et le transfert des technologies vers des entreprises d'état qui ont réussi à pénétrer les marchés intérieurs et étrangers étasuniens, Washington a commencé à protester et à parler des mesures de rétorsion. Les énormes surplus commerciaux de la Chine par rapport aux Etats-Unis ont provoqué une réaction à deux tranchants de la part de Washington. Washington a vendu de grandes quantités de bons du trésor étasuniens aux Chinois et a commencé à développer une stratégie globale pour enrayer l'avancée de la Chine.

Comme les Etats-Unis n'avaient pas la capacité économique d'empêcher le déclin de leur pays , ils ont eu recours à leur seul "avantage comparatif" -leur supériorité militaire basée sur un réseau de bases offensives réparties sur toute la planète, de régimes clients, d'ONG et de mercenaires idéologiques ou armés. Washington s'est tourné vers son vaste appareil de sécurité visible et invisible pour nuire aux partenaires commerciaux de la Chine. Washington compte sur ses relations de longue date avec des leaders corrompus, des opposants, des journalistes et des nababs médiatiques pour qu'une puissante couverture de propagande soit déployée pendant que son offensive militaire contre les intérêts chinois à l'étranger progresse.

La Chine ne possède rien de comparable à l'appareil planétaire de sécurité étasunien parce qu'elle pratique une politique de non-ingérence. Elle n'a opposé à l'offensive en bonne voie de l'Occident impérialiste, que quelques initiatives diplomatiques comme des tracts en anglais pour expliquer sa politique, l'utilisation de son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour contrecarrer les efforts des Etats-Unis visant à renverser le régime indépendant d'Assad en Syrie et pour s'opposer aux sanctions drastiques contre l'Iran. Elle s'est aussi insurgée vigoureusement quand la secrétaire d'état Hilary Clinton a exprimé des doutes au vitriol sur la "légitimité" de l'état chinois suite à son vote contre la résolution des Etats-Unis et de l'ONU préparant une attaque contre la Syrie.

Les stratèges militaires chinois sont de plus en plus conscients, et inquiets, de l'intensification de la menace militaire contre la Chine. Ils ont demandé et obtenu une hausse de 19% du budget militaire au cours des 5 dernières années (2011-2015). Mais même avec cette augmentation, le budget militaire de la Chine est encore 5 fois inférieur à celui des Etats-Unis et la Chine n'a pas de base à l'étranger tandis que les Etats-Unis en ont 750. Les opérations des services secrets chinois à l'étranger sont quasi-nulles. Ses ambassades sont gérées par et pour des intérêts commerciaux à courte vue qui n'ont rien compris à la brutale politique de changement de régime de l'OTAN contre la Libye et ont négligé d'informer Beijing de ce que cela signifiait pour l'état chinois.

Il y a deux autres faiblesses structurelles qui empêchent la Chine de devenir une puissance mondiale. Elles proviennent de l'intelligentsia hautement "occidentalisée" qui a avalé sans discernement la doctrine économique des Etats-Unis sur la libre circulation des produits en ignorant la militarisation de son économie. Ces intellectuels chinois répètent comme des perroquets la propagande étasunienne sur "les vertus démocratiques" des campagnes électorales présidentielles qui coûtent des milliards de dollars tout en soutenant une déréglementation financière qui aurait permis à Wall Street d'engloutir les banques et les avoirs chinois. De nombreux intellectuels et consultants d'affaire ont été formés aux Etats-Unis et sont influencés par leurs liens avec des universitaires étasuniens et des institutions financières internationales directement liées à Wall Street et à la City de Londres. Ils ont prospéré et sont devenus des consultants grassement payés qui ont des postes prestigieux dans les institutions chinoises. Ils identifient la "libéralisation des marchés financiers" avec "les économies de pointe" qui selon eux permettraient de mieux s'intégrer au marché mondial au lieu de les considérer comme la source principale de la crise financière économique mondiale actuelle. Ces "intellectuels occidentalisés" ressemblent aux "Compradores" du 19ième siècle qui sous-estimaient, pour ne pas dire niaient, les conséquences à long terme de la pénétration impériale occidentale. Ils ne comprennent pas que la déréglementation financière aux Etats-Unis a causé la crise actuelle ni qu'elle aboutirait à la main mise de l'Occident sur le système financier chinois -qui aurait pour conséquence de rediriger l'épargne intérieure chinoise vers des activités non productives (la spéculation immobilière), de causer une crise financière et finalement d'empêcher la Chine d'atteindre une position dominante.

Ces cadres branchés* chinois imitent le style consumériste occidental dans ses pires aspects et leurs opinions politiques découlent de ce style de vie et de leur identification aux Occidentaux qui les rendent incapables de la moindre solidarité avec leur propre classe ouvrière.

Il y a un fondement économique aux sentiments pro-occidentaux des néo-compradores chinois. Ils ont transféré des milliards de dollars sur des comptes en banque étrangers, acheté des maisons et appartements luxueux à Londres, Toronto, Los Angeles, Manhattan, Paris, Honk Kong, et Singapour. Ils ont un pied en Chine (la source de leur richesse) et l'autre en Occident (où ils consomment et cachent leur fortune).

Les compradores occidentalisés sont profondément intégrés dans le système économique chinois et ont des liens familiaux avec les dirigeants politiques, les membres de l'appareil du parti et de l'état. Moins étroits sont leurs liens avec l'armée et avec les mouvements sociaux grandissants, même si certains étudiants "dissidents" et intellectuels militants du "mouvement démocratique" sont soutenus par les ONG impérialistes occidentales. En gagnant de l'influence les compradores affaiblissent les puissantes institutions économiques de l'état qui sont à l'origine de la percée de la Chine comme puissance économique internationale, exactement comme au 19ième siècle quand ils servaient d'intermédiaire à l'empire britannique. Au 19ième siècle, sous couvert de "libéralisme", les Anglais ont rendus plus de 50 millions de Chinois dépendants de l'opium en moins d'une décennie. Aujourd'hui, sous couvert de "démocratie et de droits humains" les navires étasuniens patrouillent au large des côtes chinoises. Les élites qui ont piloté l'ascension de la Chine ont créé des inégalités monumentales entre les milliers de nouveaux milliardaires et multi-millionaires au sommet et les centaines de millions de travailleurs, de paysans et de travailleurs émigrés appauvris tout en bas.

La rapide accumulation de richesse des Chinois s'est faite à travers l'intense exploitation des travailleurs qui furent dépouillés du filet de sécurité sociale et de la réglementation du travail que le communisme leur garantissait. Des millions de familles chinoises sont aujourd'hui dépossédées au profit des promoteurs/spéculateurs immobiliers qui construisent des tours de bureaux et d'appartements luxueux pour l'élite locale et étrangère. Ces caractéristiques brutales du capitalisme chinois ont fait naître une revendication massive et grandissante qui concerne à la fois le travail et le logement. Le slogan des promoteurs/spéculateurs :

"S'enrichir est merveilleux" ne trompe plus personne. En 2011 il y a eu plus de 200 000 mouvements populaires dans les usines des villes de la côte et dans les villages ruraux. La prochaine étape sera sans nulle doute, l'unification de ces luttes en nouveaux mouvements sociaux nationaux qui au nom de la lutte des classes exigeront qu'on leur rende les services de santé et d'éducation qu'ils avaient sous le régime communiste ainsi qu'une plus grande partie de la richesse de la Chine. La lutte pour des augmentations de salaire peut se transformer en lutte pour plus de démocratie sur le lieu de travail. Pour répondre à ces demandes populaires, les nouveaux compradores libéraux occidentalisés de la Chine ne pourront pas proposer leur "modèle" américain en exemple car les travailleurs étasuniens sont en train d'être dépouillés de tout ce que les Chinois demandent maintenant qu'on leur rende.

La Chine déchirée par l'intensification des conflits de classe et des luttes politiques ne peut pas maintenir sa progression vers le leadership économique mondial. L'élite chinoise n'est pas en mesure d'affronter la menace militaire impérialiste étasunienne tout le temps que ses alliés, les compradores, font partie de l'élite libérale intérieure et d'autre part la société est profondément divisée avec une classe laborieuse de plus en plus hostile. Il faut mettre fin à l'exploitation sauvage des travailleurs chinois pour pouvoir affronter l'encerclement militaire étasunien de la Chine et la déstabilisation économique de ses marchés étrangers. La Chine possède d'énormes ressources. Avec des réserves se montant à 1 500 milliards de dollars, la Chine peut financer un service national de santé et d'éducation publique pour tout le pays.

La Chine a les moyens de mettre en place un "programme de logements publics" pour les 250 millions de travailleurs émigrants qui vivent dans une misère noire. La Chine peut imposer un système d'impôts progressifs à ses milliardaires et millionnaires et financer des coopératives pour les petits fermiers et des industries rurales pour rééquilibrer l'économie. Le programme de développement de l'énergie alternative comme les panneaux solaires et les éoliennes est un premier pas vers la solution du grave problème de la pollution. La dégradation de l'environnement et les problèmes de santé qu'elle entraîne inquiètent des dizaines de millions de personnes. Finalement la meilleure défense de la Chine contre les conquêtes impérialistes, est encore un régime stable basé sur la justice sociale pour ses centaines de millions d'habitants et une politique étrangère de soutien des mouvements et régimes étrangers opposés aux puissances impérialistes et dont l'indépendance est vitale pour la Chine. Ce qu'il faut, c'est une politique active basée sur des entreprises militaires conjointes et mutuellement profitables et de la solidarité diplomatique. Il y a déjà un petit groupe d'intellectuels chinois qui a soulevé la question de la menace militaire étasunienne grandissante et qui "dit non à la diplomatie à la pointe du canon".

La Chine moderne a beaucoup de ressources et d'avantages dont ne disposait pas la Chine du 19ième siècle quand l'empire britannique l'a soumise. Si les Etats-Unis continuent leur politique agressive d'escalade militaire contre la Chine, Beijing peut déclencher une sérieuse crise fiscale en mettant sur le marché une partie des centaines de milliards de bonds du trésor étasunien qu'elle détient. La Chine, une puissance nucléaire, devrait s'allier avec un voisin qui a lui aussi l'arme atomique et qui lui aussi est menacé, la Russie, pour affronter et faire taire la belliqueuse et vociférante secrétaire d'état américaine, Hilary Clinton. Le président de la Russie, Poutine, va augmenter ses dépenses militaires de 3 à 6% du PIB pendant la prochaine décennie pour contrecarrer l'offensive des bases de missiles de Washington aux frontières russes et enrayer les tentatives du régime d'Obama de renverser des gouvernements alliés comme celui de la Syrie.

La Chine a de puissants réseaux commerciaux, financiers et d'investissement dans le monde ainsi que des partenaires économiques puissants. Ces liens sont devenus essentiels pour la croissance de beaucoup de pays du monde développé. En s'attaquant à la Chine, les Etats-Unis devront faire face à l'opposition de nombreux membres de la puissante élite internationale qui tire profit du marché. Peu de pays et peu de leurs élites veulent prendre le risque de lier leur destin à un empire économiquement instable qui se maintient grâce à de destructrices occupations militaires coloniales.

En d'autres termes, la Chine moderne, en tant que puissance internationale, est incomparablement plus forte qu'au début du 18ième siècle. Les Etats-Unis n'ont pas la puissance coloniale que l'empire britannique possédait après les Guerre de l'Opium. De plus, de nombreux intellectuels chinois et la vaste majorité des citoyens chinois n'ont aucunement l'intention de laisser les "compradores occidentalisés" d'aujourd'hui vendre leur pays. Rien n'accélèrerait davantage le clivage politique de la société chinoise ni ne hâterait plus l'avènement d'une seconde révolution sociale chinoise que des dirigeants timorés qui se soumettraient à une nouvelle ère de pillage impérialiste occidental.


James Petras

James Petras est un professeur de sociologie de Binghamton University, New York, à la retraite. Il lutte depuis 50 ans pour l'égalité et conseille les sans-terre et sans-travail du Brésil et d'Argentine. Il a co-écrit Globalization Unmasked (Zed Books). Son dernier livre est : The Arab Revolt and the Imperialist Counterattack.

Pour consulter l'original et les notes : http://dissidentvoice.org/2012/03/chinas-rise-fall-and-re...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note : *Dans le texte : yuppy : Young urban professional


Source: LE GRAND SOIR

jeudi, 29 mars 2012

EUROPE: CREPUSCULE DU CAPITALISME ET HORIZON DU SOCIALISME

CREPUSCULE CAPITALISME. TOILE.jpg

Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l' Europe s'enfonce profondément dans la misère. Les peuples d'Europe, comme des « esclaves », sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l'Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d'austérité. Et lorsqu'on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les « aider » en leur dictant leur choix. Cette « farce démocratique » se produit régulièrement et porte à la tête de l'État des partis dont la mission est d' exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l'avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d'une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l'Italie sont désormais sous tutelle de l'Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.

En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d'austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d'hommes et de femmes privés d'emploi à 4,7 millions, record absolu pour l'Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d'Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l'occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).

Les Pays-Bas, présentés avec l'Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le « triple A » connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l'Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l'Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour « flexibiliser » un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.

Les quelques différences de degré et non d'essence qui existent entre l'UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu'ils appellent les « petits partis », ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l'Union Européenne, ne fait qu'empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l'ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives.

Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n'a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d'austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.

Dans toute l'Europe, avec ou sans élections, à l'Est comme à l'Ouest, c'est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.

Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu'ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.

Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L' Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n'a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d'austérité comme les véritables responsables des malheurs de l'Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d'occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui « volent » l'emploi des « vrais » européens et rabaissent « la civilisation européenne ». Rappelons pour mémoire que c'est au nom de cette même « civilisation » que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l'histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue « civilisation », sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.

Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n'ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n'a aucune valeur !

L'abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n'est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même.

La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l'opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l'histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d'une minorité : richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d'un côté et misère sordide pour la majorité de l'autre !

L'exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l'Europe de l'Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Cœur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l'église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l'école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s'étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.

Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l'impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l'élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d'un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l'économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l'Éducation et à la Santé, protection de l'environnement, résistance à l'impérialisme américain etc. etc.

Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l'aube du socialisme. Si certains pays d'Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l'Europe, elle, s'enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l'activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n'est qu'un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et « la guerre de tous contre tous » sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.

Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d'austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l'ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s'ils ne veulent pas voir leurs conditions d'existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d'abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l'Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d'escarmouches contre ses effets. Il faut œuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.


Jeudi 22 mars 2012

Mohamed Belaali


Source: COMITE VALMY

AU MALI, LA FRANCE VEUT EXPERIMENTER LE SEMI COUP D'ETAT


SARKOZY ET ATT 4.jpg

La France ne recule devant rien pour garder la mainmise sur ses ex-colonies en Afrique où l'instabilité chronique est savamment planifiée en réalité dans les bureaux de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ainsi après l'étape de la Côte d'Ivoire où il a réussi à chasser le président Gbagbo du pouvoir à coups de bombes et de canons, voilà Nicolas Sarkozy qui expérimente au Mali où le président Amadou Toumani Touré (ATT), a été évincé la semaine par l'armée, une théorie nouvelle : le semi-coup d'Etat.

Si Paris condamne officiellement le coup de force, clamant par la voix de son ambassadeur au Mali que «le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu, et qu'il fallait s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin», la sortie du ministre français délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, montre que Paris ne voit pas d'un bon oeil un éventuel retour d'ATT au pouvoir pour la suite de son mandat.  Invité de l'émission Internationales (RFI, TV5 Monde, Le Monde), le collaborateur de Nicolas Sarkozy a déclaré qu' «il n'y a aucun problème pour organiser des élections» et que «la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel».


Henri de Raincourt: Le maintien des élections au... par internationales

Ce schéma sorti des tiroirs de Sarkozy, assez discret sur la question en raison des élections en France, l'Elysée prépare déjà son esprit à son application. Tout le long de son intervention, le ministre français a vainement tenté de faire croire que Paris n'avait rien à avoir avec le coup d'Etat et que les divergences avec ATT au sujet de la lutte contre Al Qeada au Maghreb n'étaient que des malentendus sans réelle incidence sur les relations entre les deux pays.

Mais cette sortie vise à préparer les esprits à la mise à l'écart du président Amadou Toumani Touré, qui pourrait être maintenu en otage par la junte militaire et remplacé à la tête du pays par le président de l'Assemblée nationale. C'est le deal que prépare Paris qui veut coûte que coûte installer dans cet autre pays d'Afrique un homme à sa solde. Comme c'est le cas à Abidjan et ailleurs dans la sphère francophone sur le continent.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 mars 2012

DIFFICILE ASCENSION DU SOMMET DE LA CEDEAO A ABIDJAN


SOMMET CEDEAO A ABIDJAN SUR LE MALI 1.JPG

Je viens de lire les discours d'introduction et de conclusion de Ouattara, Président non élu de la Côte d' Ivoire, plébiscité au rang de Président de la CEDEAO ! « Qui peut le plus, peut le moins » !

Suite et fin donc, de cette rencontre inutile, relayée en détails par la presse aux ordres, et qui donne à Ouattara des paroles pour la Communauté Internationale, des paroles « fortes », mais qui en dehors de cet évènement déjà boudé par les chefs d'état invités - 6 présents sur les 15 convoqués - va rester dans les annales comme le sommet-« coup d'épée dans l'eau » ! En effet, comment un Ouattara incapable de faire advenir en Côte d'Ivoire le calme, l'apaisement et la réconciliation, peut-il donner au Mali l'impulsion bénéfique nécessaire, d'autant plus que prôner un retour à la démocratie et l'application des règles constitutionnelles, ferait sourire, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas aussi tragique, dramatiquement absurde ! Alors que tout à été bafoué là-bas, Ouattara nous parle depuis Abidjan, et appelle de ses vœux la démocratie et le retour au dialogue de toutes les factions, au Mali ! C'est exactement le contraire qu'il applique en Côte d'ivoire !

Mais voilà, Ouattara ne fait que lire un texte que les conseillers en communication blancs lui ont soumis, et alors peu importe que maintenant noir devienne blanc, ou l'inverse ! L'essentiel est que Ouattara joue bien son rôle de potiche dans la CEDEAO, comme il le fait en Côte d'Ivoire et que les intérêts blancs soient protégés !

SOMMET CEDEAO A ABIDJAN SUR LE MALI 2.JPG

« Des millions d'Africains et le monde entier nous regardent et fondent en nous l'espoir d'une sortie de crise décisive et porteuse d'espérance » Là encore, c'est la mégalomanie du manipulateur de la potiche, ou de la marionnette qui parle ! En fait, ce dernier est dévoilé ! Même si les français ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Afrique, - et on les a dissuadés de s'y intéresser -, ils réalisent bien que le véritable homme fort de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique se trouve à La Haye et qu'il va nous servir le 18 juin prochain, un discours  moins lénifiant que celui du Jocond, l'homme à l'éternel sourire « Cheese » « Tout va bien mais je ne parle qu'en présence de l'hélico-protecteur au dessus de ma tête, et de mon escorte mobile blindée ! »

« Nous ne pouvons nous permettre d'hésiter au risque de laisser ce pays, qui s'est doté d'instruments démocratiques précieux depuis plus de deux décennies, sortir de l'histoire à reculons », dit encore le clone de l'Elysée, reprenant  le thème de l'Africain qui n'est pas encore entré dans l'histoire, en 2007, à Dakar, lorsque Sarkozy l'africain se déguisait en gentil loup pour mieux entrer dans la bergerie ! Maintenant cinq ans ont passé, l'Afrique est rentrée dans l'histoire de la recolonisation forcée, « La stabilité est le gage du développement de nos pays qui n'ont que trop souffert de situations anachroniques et anti-démocratiques. » Entendez : il nous faut pour le Mali un carcan préfectoral calqué sur celui de la Côte d'Ivoire, afin que la France puisse l'immobiliser, et telle une sangsue la sucer, la vider, jusqu'à l'agonie ! Si Atta Mills président du Ghana, ne semble pas d'accord avec la résolution prise par la CEDEAO, puisqu'il est rentré chez lui sans avoir signé l'acte de la conférence,  les autres présidents-fantoches, Compaoré en tête, suivi de Yayi, Sirleaf, Mahamane, et GoodLuck, eux, ont répondu « présent » à l'appel du Kapo Ouattara, à croire que le vampire France les a déjà entièrement et définitivement vidés de leur sang. Tout ce beau monde est en effet persuadé de jouer un rôle important dans l'histoire africaine, alors qu'ils ne sont que de simples figurants, pour préparer l'entrée en scène de la Bête immonde occidentale, qui au nom de ses valeurs humanitaires perverties, ne sème que la division, le chaos et la mort sur son passage.


Shlomit Abel


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE

DU MALI ET DE L'INDECENCE FRANÇAISE

SARKOZY ET ATT.jpg

Depuis quelques jours, à la suite du coup d'Etat opéré au Mali, à quelques semaines des élections présidentielles maliennes mais aussi françaises, des ministres du gouvernement français appellent au «rétablissement de l'ordre constitutionnel», ainsi du ministre des Affaires étrangères et du ministre à la Coopération qui affirme que « le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu ».

Mais de quel ordre constitutionnel s'agit-il ? Le Président malien depuis son élection, en mars 1991, n'a pas su instaurer un pouvoir exécutif digne de ce nom, fort et assorti de contrepouvoirs. Ainsi, si ce coup d'Etat est jugé « insensé » par beaucoup, il n'a surpris personne, « tant le problème sécuritaire du pays semble dépasser le président Touré », ainsi que l'a précisé Aminata Dramane Traoré à RFI.

Depuis quelque mois, l'armée malienne fait face et «sans moyens» à une rébellion armée qui a réussi à faire tomber quelques villes du nord Mali, sous le contrôle du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) composé essentiellement de combattants touaregs. Ce mouvement a pu acquérir des armes en provenance de Libye, en circulation libre à la frontière de ces deux pays, conséquence prévisible de l'intervention de l'OTAN favorisée et revendiquée essentiellement par la France.

Cette intervention a  ouvert la boite de pandore des arsenaux libyens dans une région extrêmement pauvre, mais à très fort potentiel, et livrée à elle-même. Aucun développement économique, aucun minimum de prise en charge sociale des populations locales n'est assuré. Le blocage est amplifié par les programmes économiques imposés par  les institutions financières internationales. A cela s'ajoutent les ajustements structurels, l'orientation vers une production agricole tournée vers l'exportation, l'ouverture systématique de l'économie malienne au marché mondial imposés à un Etat incapable de résister et contraint d'accepter le libéralisme qui exclut la liberté de circulation pour les populations.

En plus des Etats-tampons du Maghreb, chargés d'empêcher le transit des migrants, les Etats de départ sont tenus de jouer le rôle de geôlier de leurs propres populations. Ainsi, l'Europe délègue son incapacité à apporter une réponse construite à la migration en externalisant sa politique de répression et de contention du flux des migrants ; la France, quant à elle et quoi qu'elle en dise, continue ses relations françafricaines dans l'opacité et les connivences coupables entre élites françaises et africaines, au nom desquelles, les terres maliennes sont pillées. Les intérêts des anciens colons français ont été préservés et les intérêts étrangers sont plus dominants que jamais.

Sur le plan socio-économique, la gestion est un désastre continu et sur le plan stratégique, les accords de défense ont permis l'installation de bases permanentes et dans les aéroports, les contrôles policiers sont sous supervision étrangère, française notamment.

Le Mali n'échappe pas à ce bilan sans appel : le peuple malien n'a toujours pas été libéré de l'oppression qui l'aliène, de la misère, de l'injustice et de l'abandon dont il pâtissait sous le joug colonial.

Pourtant, le Mali, de par son histoire et sa configuration géographique aurait pu barrer la route aux ingérences occidentales et à celles de ses alliés et face à un monde arabe en ébullition, une Europe en crise systémique. Il aurait pu constituer un facteur de stabilisation positive dans une région convoitée et cible du nouvel ordre ultralibéral de misère et de violence. Le Mali aurait pu jouer le rôle d'antidote à la balkanisation de l'Afrique de l'Ouest.

Mais il n'en sera pas ainsi, la voie ouverte par les indépendances a été piégée par des découpages territoriaux et par le legs empoisonné des séparations ethniques du colonialisme.

La liberté pour laquelle des peuples se sont soulevés est toujours confisquée par des pouvoirs soutenus par l'ancien colonisateur. La domination a seulement changé d'apparence, l'émancipation des peuples, hier colonisés, reste à venir. Les maîtres d'hier continuent à imposer leur loi.

Le Mali en est l'exemple actuel. Ainsi, ces mêmes ministres français s'autorisent à appeler avec force et autorité le maintien « des élections (...) programmées pour avril (...) » et qui doivent avoir « lieu le plus vite possible" car il faut « s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin », allant même jusqu'à affirmer qu'« il n'y a aucun problème pour organiser des élections puisque la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président, le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel ».

Comment les Occidentaux ont-ils le cynisme d'obliger les peuples anciennement colonisés à adopter leur modèle démocratique alors que leurs propres pays sont confrontés au délitement de ce même modèle  qui sécrète xénophobie et racisme débridé, injustice et misère ? 

La domination coloniale, avec quelques variations et adaptations, s'est renouvelée et s'effectue en toute bonne conscience néocoloniale. Elle est rendue possible grâce à l'instrumentalisation de la guerre « éternelle » et généralisée contre le terrorisme qui autorise, sur le terrain, la présence de forces militaires extracontinentales afin de veiller à la sauvegarde des intérêts des multinationales. Interviendront-elles au Mali -au nom de l'illégale « responsabilité de protéger»- pour contrôler à leur profit la bande sahélienne au potentiel minier inexploité ?

Force est de constater que la période néocoloniale s'achève sur une recolonisation, sous des formes nouvelles, mais qui ont été rendues possibles par les bombes à retardement léguées par les puissances coloniales. Hier le Sud-Soudan, aujourd'hui le Nord-Mali et demain ? La partition de certains Etats d'Afrique semble clairement inscrite dans le projet néocolonial en cours. 

Alors que le monde vacille sous les coups de la crise économico-financière au nom de l'instauration d'un nouvel ordre mondial unilatéral, ce sont les peuples qui sont les victimes directes de ce libéralisme débridé, inhumain et violent. Au nom d'une globalisation injuste et illégale, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pour mieux priver les peuples du droit à disposer de leurs ressources naturelles est remis en cause. La recolonisation du monde est un des moyens trouvés par les dominants pour assurer leur hégémonie.

La solidarité avec le peuple Malien et ses forces politiques réelles pour une résolution nationale et autonome des conflits internes est l'unique voie pour la justice et la paix.

 

26 mars 2012


Mireille Fanon-Mendes-France

Tél.: + 33 686783920


Experte du groupe de travail sur les Afro Descendants au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU


FRANTZ FANON FOUNDATION - FONDATION FRANTZ FANON

Président d'Honneur: Aimé Césaire

Fondationffanon@hotmail.com

www.frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com


Collaboratrice parlementaire

Bureau de Patrick Braouezec

Assemblée nationale

126, rue de l'Université, Paris 75007

pbraouezec@assemblee-nationale.fr

Tél.: +33 140634968

Fax: +33 140634938

LA DELINQUANCE EN TREILLIS, EPIDEMIE OUEST-AFRICAINE


CAPITAINE SANOGO.jpg

La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C'est-à-dire à la case coup d'Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu'il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu'une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l'expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s'est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d'un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s'est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.

Si un des signes de la démocratie est l'existence d'une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l'on ne peut pas vraiment dire que le Mali d'Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d'une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n'a pas non plus bénéficié du soutien d'une armée qu'il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l'intégrité territoriale de son pays n'a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d'officier et d'homme d'Etat.

L'on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d'Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n'éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n'y a-t-il donc ni de coup d'Etat, ni de rébellion dans les pays d'Afrique australe, à l'exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n'est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu'il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s'exprimer, prendre le pouvoir, en s'attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l'occasion d'une mutinerie qui n'est pas allée jusqu'à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l'armée française et les Casques bleus de l'ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd'hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l'opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d'ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l'ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA) n'engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics - carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés...- en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d'Afrique de l'Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n'enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l'honneur de se faire recevoir par leurs chefs d'Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l'imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L'on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s'organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s'appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d'un Alassane Dramane Ouattara s'adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L'Afrique de l'Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s'amoncellent au-dessus de nos têtes.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: WADE N'A DONNE AUCUNE LEÇON A GBAGBO


LAURENT GBAGBO 14.jpg

Après sa défaite face à son ancien Premier ministre, Macky Sall, dimanche au terme du 2ème tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat sortant du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a appelé le vainqueur pour le féliciter. Cette initiative de fair-play et de démocratie est à saluer. Et tous les Africains s'en sont réjouis. Curieusement, la presse pro-Ouattara en Côte d'Ivoire a trouvé là l'occasion pour brocarder le Président Laurent Gbagbo, renversé le 11 avril 2011, par l'armée française et injustement détenu actuellement à la Cpi à La Haye. Pour les partisans d'Alassane Dramane Ouattara, «le coup de fil de Wade à Macky constitue une leçon du premier cité à Gbagbo». Ce parallèle est à la fois inapproprié et infondé puisque la présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire était totalement différente, à tout point de vue, de celle du 25 mars 2012 au Sénégal. C'est donc établir un amalgame truffé de contrevérités que de rapprocher les situations ivoirienne et sénégalaise.

Au moment où s'organisaient les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, le pays était toujours divisé en deux, en proie à une rébellion armée pro-Ouattara. Dont le Rdr, parti dirigé par Alassane Dramane Ouattara, ne cachait pas la proximité. Cette rébellion armée avait pris en otage une partie du pays, en l'occurrence le nord, où elle régnait en maître absolu. Elle s'est invitée, dès le premier tour en octobre puis en novembre lors du second tour, dans le jeu électoral en exerçant une violence inouïe sur les partisans du Président Gbagbo pour les empêcher de voter dans les zones Cno (Centre, nord et Ouest) qu'elle tenait.


Dans le nord du pays, les rebelles ont bourré frauduleusement les urnes au profit de Ouattara. Au vu et au su des observateurs internationaux qui ont dénoncé la fraude massive et la violence perpétrées par ces combattants pro-Ouattara. Seuls les observateurs de l'Union européenne sont restés bouche bée pour des raisons que tout le monde saura plus tard. Au Sénégal, la rébellion Casamançaise n'est pas l'œuvre d'un parti de l'opposition soutenu par des pays étrangers dont la France. Elle n'est pas spécialement dirigée contre Abdoulaye Wade.


Et ne s'est pas invitée dans le jeu électoral. De sorte que le vote s'est même bien déroulé en Casamance. Par ailleurs, en Côte d'Ivoire, avant que le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, ne soit kidnappé par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis (Jean-Marc Simon et Philipp Carter 3) pour le contraindre à prononcer de vrais faux résultats au quartier général de campagne du candidat Ouattara au Golf Hôtel d'Abidjan, les résultats validés donnaient le candidat Gbagbo, vainqueur du scrutin. Par contre au Sénégal, Abdoulaye Wade a été dominé de bout en bout par Macky Sall. Et l'écart de voix entre les deux était tel que Wade n'avait d'autre choix que de reconnaitre sa défaite avant terme. Comme on le voit, si quelqu'un devrait reconnaitre sa défaite avant terme, c'est bien Alassane Dramane Ouattara.


Pour tout dire, Wade a été écrasé par une coalition de partis politiques sénégalais, quand Gbagbo lui, a battu le Rhdp, la coalition comprenant le Rdr, le Pdci-Rda, l'Udpci et le Mfa. Au Sénégal, bien que Wade ait reconnu sa défaite avant terme, Macky Sall attendra que le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs et l'investisse comme président de la République avant d'exercer le pouvoir. Ceci dans le strict respect de la Constitution sénégalaise.


Pourtant en Côte d'Ivoire, Ouattara s'est opposé aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel qui est pourtant le seul organe habilité à le faire conformément à la Constitution ivoirienne. S'il y a une leçon à retenir des récentes élections présidentielles au Sénégal, c'est celle d'un scrutin libre et transparent, du respect des résultats des urnes et des règles institutionnelles du pays. Et cette leçon s'adresse bien évidemment à M. Ouattara. Mais pas à M. Gbagbo.




Boga Sivori, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

bogasivo@yahoo.fr

 

Source: AFRIK 53

mardi, 27 mars 2012

SANS COMMENTAIRE! UNE IMAGE QUI PARLE D'ELLE-MEME

 

pays-autoritaires-selon-ONU.PNG

 

Cette image (d'hier, lundi 26 mars 2012, sur France 2) parle d'elle-même. La Côte d'Ivoire (de Ouattara) figure parmi les pays où il y a une absence totale de démocratie, selon l'Onu. Et pourtant c'est bien elle qui a encouragé et installé de force ce régime autoritaire...

La vérité est bien lente, mais elle finit toujours par se faire voir.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE