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mardi, 27 mars 2012

COUP D'ETAT AU MALI: LA FRANCE A LA RECHERCHE D'UN PANTIN A L'IMAGE DE OUATTARA



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A ceux qui le vilipendaient d'avoir réalisé le premier coup d'état ivoirien, le général Guéi répondait qu'en Afrique francophone, aucun coup d'état n'avait de chance de réussir sans l'accréditation et le support logistique de la France. En Côte d'Ivoire, le coup d'état du général Guéi, que la France s'était empressée de condamner, n'était qu'une circonlocution pour l'installation d'Alassane Dramane Ouattara. Bien que le scénario de Paris fût perturbé par les appétences imprévues de Guei puis par l'opiniâtreté exceptionnelle du président Gbagbo, Ouattara fut finalement imposé aux Ivoiriens après dix longues années émaillées de moult complots locaux et internationaux.

Aujourd'hui, la France possède son pantin de prédilection en Côte d'Ivoire et à la CEDEAO. La France peut donc procéder à la reconquête totale de l'Afrique de l'Ouest ainsi qu'au prolongement de son influence en Afrique Anglophone - en séparant le Nigéria de la persuasion américaine et Sud-Africaine - et dans l'Océan indien - en ramenant Kagamé dans le giron hexagonal. Mais avant de procéder à l'installation d'une Françafrique anglophone (par le biais du Nigéria) et océanindienne (par la porte stratégique du Rwanda), il fallait que l'Afrique de l'Ouest fût débarrassée des empêcheurs de tourner en rond de la Françafrique version nouvelle et parfumée au citron de Sarkozy.

L'un de ces empêcheurs de tourner en rond est le président Amadou Toumani Touré (ATT). A Toumani Touré, la France reproche sa propension à faire trop ami-ami avec les Américains, au point de se croire permis de contrarier certains plans de l'Elysée. Pour Sarkozy, les 170 millions de dollars d'aide que l'Amérique accorde annuellement à ATT ainsi que l'armement militaire qu'il reçoit du pays du président Obama pour la lutte contre le terrorisme d'obédience AQMI ont fait du président malien un inapprivoisable. Les vexations faites à l'Hexagone par le président malien, Sarkozy peut les égrener comme un chapelet: Elles sont, entre autres, le refus d'ATT de permettre à la France d'installer un centre d'écoute dans le Nord du Mali, le refus d'ATT de permettre l'installation d'une base militaire à Sévaré, le refus d'ATT de signer l'accord de réadmission des expulsés maliens en France, l'autorisation de manifestations au Mali condamnant la guerre de la France en Libye, l'hésitation d'ATT, qui a des millions de ses ressortissants en Côte d'Ivoire, à supporter la guerre de la France en Côte d'Ivoire. Les tentatives pour affaiblir le président malien se sont traduites d'abord en cabales journalistiques, qui, au cours de la crise ivoirienne l'accusaient, soit de supporter militairement le président Gbagbo, soit de payer les fonctionnaires du président Gbagbo, soit les deux à la fois. La mayonnaise n'ayant pas pris et les échéances électorales maliennes s'annonçant d'autant moins favorables à la France qu'aucun des candidats en lice pour la présidence malienne n'entendait remettre en cause ces grandes décisions du président ATT, qui d'ailleurs avaient l'approbation de la grande majorité des Maliens, la France, après la chute du plus grand support africain d'ATT, le colonel Kadhafi, ressuscita la rébellion de l'AZAWAD, dont elle équipe secrètement les combattants et loge et nourrit présentement les dirigeants en France et au Burkina Faso.

Les condamnations du coup d'état malien par Paris, l'UA, la CEDEAO, l'ONU n'auront d'effets que théâtraux. Le but de Sarkozy est atteint. Il s'agit de jeter un pavé dans la mare électorale malienne, d'arrêter le processus de démocratisation en cours, de battre les cartes à nouveau, en prenant soin d'y introduire son joker de la « résolution des crises » de la « transition », du « gouvernements d'union nationale » de l'immobilisme, pour, après de longs mois, voire de longues années, de négociations, installer au Mali une marionnette à l'image de Dramane Ouattara, qui fera ses mille génuflexions à Paris et qui permettra le transport vers l'Hexagone de l'uranium, de l'or, et du probable pétrole maliens. Que le Mali reste uni ou divisé après ce coup d'état, c'est toujours la France qui demeurera gagnante. De de Gaulle à Sarkozy, plus ça change, plus ça reste le même. En vérité!


Source: FRINDETHIE

OUATTARA, LA CEDEAO ET LES MANOEUVRES FRANÇAISES AU MALI


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Avec Ouattara, la Françafrique connaît un nouveau printemps sur le continent. Tous les coups tordus de la France contre les Etats africains seront désormais officiellement permis. A tout le moins, pendant la durée de son mandat à la tête de la CEDEAO. Vive la régression politique et institutionnelle en Afrique! Fernand Dindé.



A défaut d'avoir d'une base française au Mali, nous risquons - avec ou sans l'aile protectrice de la force Licorne - d'avoir les troupes d'Alassane Ouattara, «l'élu
» ivoirien de Sarkozy, à nos frontières Sud. Car, voyez-vous, la CEDEAO réunie en urgence a décidé d'agir pour ramener le Mali dans l'ordre démocratique. Bien sûr et comme par hasard la CEDEAO, à l'image de la France, ne demande pas le retour d'ATT au pouvoir, mais des élections le plus vite possible. ATT est selon le calendrier français, un homme politiquement mort après avoir refusé de faciliter une présence militaire française sur le sol de son pays.

A tous les naïfs qui se demandaient pourquoi avoir précipité son départ par un coup d'Etat aléatoire, alors qu'il devait quitter le pouvoir dans quelques semaines seulement et pourquoi la France a fourni tant d'efforts pour paraître aussi distante de ce coup d'Etat qu'elle a inspiré, il y a lieu de rappeler qu'ATT représentait des forces politiques et sociales qui ont pesé de leur poids et dans son refus d'une base française et dans son évolution à l'endroit de l'Algérie et de la démarche globale pour la solution des problèmes à l'origine de l'instabilité du Nord Mali. Il apparaît aujourd'hui clairement - et à la lumière des déclarations officielles françaises - qu'il faut vite passer à l'après-ATT. Et donc, que ce coup d'Etat devait éloigner des centres de décision ces forces (que représente ATT, NDLR), les neutraliser et les empêcher ainsi qu'ATT lui-même de peser sur les prochaines élections et par là, de faire élire un ATT bis.

Que reproche fondamentalement la France à ATT ? De s'éloigner des conclusions de la conférence antiterroriste du G8 qui s'est tenue les 13 et 14 octobre 2010 à Bamako à l'instigation de la France, en l'absence de l'Algérie et en présence du Maroc. Chacun peut comprendre que les dirigeants maliens aient été séduits, en octobre 2010, par la force de frappe financière, économique et militaire du G8. La conférence a promis beaucoup d'aide au Mali, l'a décidé à accepter des instructeurs étrangers tout à fait capables d'influencer les officiers «réceptifs», l'a persuadé d'accepter la tutelle politique de la CEDEAO en contrepartie de promesses de développement.

Bref, c'est la victoire totale de la France qui isole l'Algérie, introduit son allié marocain, s'assure une influence militaire et accrue dans un pays qui lui échappait totalement en 1960. En moins d'une année les dirigeants maliens avec ATT en tête s'aperçoivent que les promesses du G8 n'étaient que du vent et se rapprochent de nouveau de l'Algérie car l'unité du Mali était en danger sous le poids des problèmes socio-économiques qui alimentaient les conflits au Nord Mali jusqu'au risque de sécession.

Pour la France, Il fallait stopper cette correction au plus vite et empêcher ATT et ses soutiens de lui imposer une continuité en influant sur le choix électoral. Ce coup d'Etat avait ce seul but. En demandant des élections au plus vite, la France récupère pour elle un pays politiquement vacant entre un putsch et des élections. Comment s'en assurer ? Rien de plus qu'en utilisant la CEDEAO dirigée par l'obligé de la France, le supplétif Ouattara et non moins élu de la MINURSO et de la force Licorne. Avec la précipitation de Ouattara à jouer le Matamore, la France rafle la mise, mais a-t-elle à ce point sous estimé l'intelligence et la détermination des forces patriotiques maliennes ?


Alger, le 26 mars 2012.


Mohamed Bouhamidi

Publié le 27 mars 2012 in "Le Jeune Indépendant".

lundi, 26 mars 2012

SARKOZY ET L'AFFAIRE TERRORISTE DE TOULOUSE ET MONTAUBAN: COMME PAR HASARD


MONTAUBAN - POLICE.jpg


Tribune libre de Jérôme Ancel

On croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher - électoralement parlant bien sûr, encore que... -; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d'affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres; voilà donc un président "fini", sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l'ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l'homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d'une France menacée par l'hydre du fanatisme sanguinaire.

Le simple exposé des termes de ce paradoxal retournement médiatique devrait suffire à susciter quelques questions dont on espère qu'une fois dissipée la passion émotive, tout le monde en France va se les poser. D'abord, celle de la rapidité de l'enquête. La police française, généralement connue pour la lenteur des investigations aboutissant à ses rares succès, vient en l'occurrence de rivaliser en promptitude avec Superman. A la vitesse de l'éclair, on a :

- identifié et répertorié les projectiles - inaugurant au passage une nouveauté : celle de "l'expertise balistique en temps réel" -;

- identifié et repéré le scooter, puis son conducteur;

- localisé l'assassin présumé et lancé l'assaut pour sa capture.

- fait coïncider cette dernière avec l'arrivée sur les lieux du Président urgentiste.

Quel timing !

Un tel déploiement de prouesses policières, une telle débauche de performances hors du commun laissent évidemment songeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que de A à Z, cette affaire de vague d'attentats ressemble fort à un mécanisme d'horlogerie minutieusement réglé.

Autre question, celle du vocabulaire : le mot "tuerie" a-t-il été employé par les médias à propos de l'assassinat de seize Afghans par un marine américain il y a une dizaine de jours ? Ou à propos de l'élimination de la famille du fils de Mouammar Kadhafi, et des massacres sans nombre et sans nom qui ont émaillé cette guerre du fric contre l'un des derniers bastions africains de la résistance aux démons de l'Occident ?

Monsieur Sarkozy se souvient-il encore de son rôle de traiteur en chef dans cette boucherie de 100 000 morts aux portes de l'Europe? Et la communauté juive de France a-t-elle gardé la mémoire de la complicité effroyablement lucide et cyniquement volontaire de l'un de ses représentants les plus illustres et, dit-on, les plus intelligents, dans la perpétration de cette monstruosité ? Je veux parler de Monsieur Bernard Henri Lévy, probablement moins digne de porter le nom de Juif que ne l'aurait été l'ennemi désigné - Mouammar Kadhafi, supplicié, abattu, incinéré, privé de sépulture, "effacé" comme les victimes juives de la barbarie nazie...

Autre question : lorsque les autorités françaises, il y a un an, ont pris l'initiative de superviser et d'encadrer sur le terrain le déferlement de violence qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire, en approuvant l'ouverture des portes des prisons ivoiriennes et burkinabées, et la mise en liberté de 12 000 détenus de droit commun qui à ce jour continuent à faire la loi, pensaient-elles vraiment que leur crime resterait impuni ? Sans parler de Douékoué, Bloléquin, Toulepleu, combien de bourgades en Côte-d'Ivoire n'ont-elles pas été le cadre de tueries durant l'année écoulée ? Et combien se passe-il de jours, en Côte d'Ivoire et en Libye, sans que l'on ait à déplorer la mort de nouvelles victimes, au fil de massacres voués à l'anonymat par l'indifférence des médias sous tutelle sarkozienne ?

Toutes ces questions, Nicolas Sarkozy est le premier à se les poser. Si nous voulons l'aider à y répondre, encore faut-il ne pas perdre de vue cette évidence : Nicolas Sarkozy est un homme aux abois; hanté par le spectre de ses innombrables victimes; épouvanté par le nombre et la nature de ses innombrables mensonges; terrifié à l'idée de se retrouver, au lendemain des élections, dans l'incapacité de se soustraire aux non moins innombrables accusations dont la liste, sous forme de plaintes en bonne et due forme, l'attend à la Haye, au siège de cette cour pénale dont tous les juristes ne sont pas corrompus, et où le Président légitimement élu Laurent Gbagbo lui-même lui aura chauffé la place.

Alors, pour conjurer cette menace, tous les coups sont permis. Renonçant à la méthode douce, celle des sourires enjôleurs - discours des Cévennes à l'intention des Protestants, parrainage de la libération de Gilad Shalit à l'intention des Juifs, tournée arménienne -, méthode restée désespérément inefficace, le candidat Sarkozy tire aujourd'hui ses dernières cartouches : celles du mythe de la France assiégée, de nos libertés en péril, de la barbarie terroriste. Le comble, pour le chef d'un gouvernement qui aura terrorisé en un an plus d'innocents que ne l'ont fait ceux de ses prédécesseurs en vingt. Le délinquant, c'est lui, le fanatique, c'est lui; la terreur, c'est celle qu'au nom de la France, lui-même impose à la Côte d'Ivoire, à la Libye, à la Syrie: délinquance, fanatisme et terrorisme de ces sphères de la haute finance dont il a toujours été le servile domestique, intérêt oblige.

Une expression résume le coup de théâtre de ce spectaculaire - et espérons-le éphémère - sauvetage du prédateur Sarkozy : "comme par hasard". On y pensait déjà lors de la libération de Gilad Shalit. Aujourd'hui, l'évidence s'impose. La ficelle est trop grosse. Et cela d'autant plus que l'on sait les inestimables services que le personnage vient de rendre à la mouvance islamique radicale, en livrant au chaos la Libye, et dans son sillage le Mali - grâce au largage intempestif de dizaines de tonnes d'armes sophistiquées -, ainsi qu'en s'employant à appliquer le même traitement à la Syrie. Nicolas Sarkozy a vitalement besoin d'un sursis présidentiel, non seulement pour gérer, depuis l'Élysée, les conséquences incalculables autant qu'imprévisibles de son aventurisme forcené; mais aussi pour consolider et engranger les dividendes, pour l'heure encore mouvants, de sa cupidité. Le temps qu'il faut en somme au malfaiteur pour effacer ses traces, et peaufiner le déguisement qui lui permettra de se mêler à la foule en passant inaperçu.

Reste le plus inquiétant : à supposer que le stratagème sécuritaire de Toulouse et Montauban ne produise pas l'effet escompté sur la courbe des sondages, le souverain déchu pourrait, en désespoir de cause, chercher à obtenir ce sursis par d'autres moyens. Car il lui reste toujours deux jokers :

- Celui de l'état d'urgence, et du report sine die des élections. Mais cela supposerait la réalisation d'un scénario de déstabilisation simulée vraisemblablement trop coûteux pour figurer parmi les accessoires de sa mégalomanie.

- Celui du déclenchement d'une nouvelle guerre, une vraie, qui, cette fois, souderait la France autour de son chef. On pense à l'Iran, évoqué durant l'enquête comme un commanditaire potentiel des derniers attentats. On appréciera à cet égard l'indécente obséquiosité du premier ministre israélien Netanyahou envers un homme auquel - en dépit des circonstances, aussi douloureuses soient-elles -, il ne doit rien. A moins que ce qui les lie relève d'un accord dont les tenants et aboutissants nous échappent, mais dont la réélection de Sarkozy serait l'un des enjeux.

Une dernière question : ne serait-il pas plus que jamais temps pour le peuple de France de se réveiller, en se débarrassant au plus vite de celui qui pourrait, en cas de réélection - ce qu'à Dieu ne plaise -, condamner le pays à l'enfer - un enfer cette fois non électoralement contrôlé -, lorsqu'il s'agira pour nous tous, tôt ou tard, de régler la facture des violences inouïes perpétrées par nos autorités contre des peuples souverains, pour l'heure humiliés et asservis, mais, soyons-en certains, bientôt libérés.


Jérôme Ancel


Source: Le blog d'Allain Jules

POURQUOI LA FRANCE EN VOULAIT A AMADOU TOUMANI TOURE


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Officiellement, Paris dénonce avec la plus vive énergie le coup d'Etat qui vient d'avoir lieu au Mali. Mais en diplomatie, la vérité est dans les nuances. Alors que les Etats-Unis et un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU appellent très clairement au rétablissement du président Amadou Toumani Touré dans ses prérogatives, la France se contente d'exiger des élections au plus vite et de suspendre sa coopération avec le Mali, comme le veut une coutume qui n'a été remise en cause ces dernières années que pour les putschistes du CNT libyen. La France avait de nombreuses raisons d'en vouloir à Amadou Toumani Touré, même si l'on peut supposer qu'elle comptait davantage sur des élections que sur un coup d'Etat pour s'en débarrasser.

La pomme de discorde du «pacte migratoire»

Paris en voulait à ATT pour des raisons bilatérales en premier lieu. Le président malien avait refusé de signer un «pacte migratoire» avec Paris. Un pacte destiné à limiter l'immigration régulière, à lutter contre l'immigration clandestine, et qui devait subordonner toute aide au développement à l'adhésion du Mali aux objectifs français en termes de contrôle des flux de population. «Malgré les pressions exercées par le Ministère de l'intérieur ou le gouvernement français sur l'État malien, ce dernier a refusé d'apposer sa signature. Pour le Mali, le très faible taux de régularisation des ses ressortissants présents en France (et qui risquent donc l'expulsion) est une question sensible : pour cause, le montant des transferts de fonds effectués par les Maliens vivant en France est estimé à 295 millions d'euros par an, soit 11 % du PIB malien», révèle une note du Comité catholique contre la faim pour le développement (CCFD).

La question de la gestion de la crise en Libye et du problème du Nord

L'opinion publique malienne a pris fait et cause pour l'ex-«Guide» libyen Muammar Kadhafi durant son duel avec les rebelles du CNT, à tel point que des marches de soutien ont été organisées à Bamako. ATT était sur la même ligne et s'est clairement inquiété des conséquences de l'équipée de l'OTAN en Libye pour la stabilité de son pays et a reproché aux Occidentaux de n'avoir rien fait pour désarmer la Légion islamique de Kadhafi - composée en grande partie de Touaregs aujourd'hui liés à l'insurrection.

La France s'est par ailleurs montrée agacée par le refus d'ATT de la laisser intervenir directement sur son sol dans le cadre de la lutte contre AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique) et est allée jusqu'à accuser mezza voce son entourage de profiter du business des rançons payées en échange des otages occidentaux. La Première Dame malienne n'avait pas payé des biens de consommation avec des billets de banque ayant transité par les mains des preneurs d'otage ?

Paris complice du MNLA ? La grosse suspicion qui a tout gâté

Une bonne partie de l'opinion malienne et des officiels du régime ATT dénonçaient, ouvertement ou pas, la complaisance de la France pour les rebelles du MNLA, malgré leurs crimes odieux. Alors qu'ATT insistait sur le respect de l'intégrité territoriale du Mali, l'ancien colonisateur était en tout cas - comme en 2002 en Côte d'Ivoire - favorable à un cessez-le-feu et des négociations avec les rebelles touareg sans aucun préalable en termes de désarmement. «C'est peu dire que l'éviction d'ATT a été suivie de près à Paris, qui voit partir sans regret un partenaire jugé insuffisant face aux grands défis du Sahel - instabilité, développement, immigration et terrorisme. Certes, mardi, Alain Juppé a condamné le coup d'État, appelé au respect de l'ordre constitutionnel et à la tenue «le plus vite possible» des élections prévues le 29 avril. La France a aussi annoncé la suspension de sa coopération avec le Mali, hormis l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste. Mais des sources diplomatiques n'hésitent pas à jeter une lumière plus crue sur un président malien «fatigué» et un pouvoir «en manque de confiance» par rapport à la population. D'autres parlent d'un président «dans le déni» de la gravité de la situation militaire au nord du pays, dans le déni aussi du dialogue avec les rebelles touaregs, que Paris juge nécessaire», résume ainsi Le Figaro.

Par deux fois, Christian Rouyer, ambassadeur de France au Mali, s'était déjà signalé par des sorties peu diplomatiques (voir encadré). «J'ai entendu que l'Etat n'a pas joué son rôle. En fait, la classe politique n'a pas joué son rôle ! Combien de débats à l'Assemblée nationale sur le Nord-Mali ? Combien même de questions orales ? (...) La classe politique a démissionné au nom d'un consensus de façade qui lui a fait perdre tout esprit critique», disait-il ainsi, appelant quasi-ouvertement les députés à contester les options d'ATT.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Libye, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, france, amadou toumani touré, nicolas sarkozy, aqmi, att, otan, mouammar kadhafi, ccfd, onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INTERDITE D'EVACUATION SANITAIRE EN FRANCE - LA PETITE SOEUR DE SIMONE GBAGBO EST DECEDEE

 

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Temps d'épreuve. Alors qu'elle est incarcérée à Odienné (nord-ouest de la Côte d'Ivoire), très loin des siens, et qu'elle n'a pas pu voir ses enfants depuis bientôt un an, la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo a appris, dimanche dernier, le décès de sa sœur cadette, Françoise Ehivet épouse Légré. «Bien entendu, elle est affectée. Etre loin des siens et apprendre ça, en sachant dans quelles conditions les choses se sont passées, c'est difficile. Mais nous confions toutes choses à Dieu. Nous prions», a confié au Nouveau Courrier une des parentes de Simone Gbagbo.

Françoise Ehivet a rendu l'âme à la polyclinique Saint-Gabriel des Deux-Plateaux samedi dernier à 18 h 45 minutes. Malade d'un cancer, traitée habituellement en France, elle a essuyé deux refus de visa pour raisons médicales alors qu'elle devait aller suivre son traitement. Si aucune raison officielle ne lui a été donnée, il faut noter que d'autres proches de personnalités politiques ivoiriennes subissent le même type de blocages. Ainsi, l'époux d'une ancienne ministre incarcérée dans un des bagnes du Nord s'est vu refuser un visa alors qu'il devait aller au Canada pour le suivi de son traitement, et en dépit du fait qu'une de ses filles est citoyenne canadienne et vit effectivement dans ce pays d'Amérique du nord. Où l'on s'aperçoit que le principe de «culpabilité génétique» appliqué à Michel Gbagbo, arrêté «parce qu'il était avec son père» selon l'actuel Premier ministre d'Alassane Ouattara, est mis en exécution par les chancelleries occidentales à Abidjan. Françoise Ehivet Legré sera inhumée assez vite, probablement durant la semaine prochaine, selon des membres de sa famille.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 25 mars 2012

COUP D'ETAT CONTRE ATT AU MALI: UN JOURNAL FRANÇAIS DEVOILE LA COMPLICITE DE SARKOZY


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L'éviction de Amadou Toumani Touré, dit ATT, a été suivie de très près par le Quai d'Orsay. Crédits photo : RAVEENDRAN/AFP


Paris tourne sans regrets la page du «mauvais élève» ATT


Le président Amadou Toumani Touré était un partenaire jugé insuffisant face à l'instabilité du Sahel et le développement du terrorisme affilié à al-Qaida.


Un «briefing» de presse consacré à l'action de l'Union européenne au Sahel a pris une tournure plutôt inhabituelle, mercredi, au Quai d'Orsay: tandis que s'enclenchait au Mali, le coup d'État qui allait emporter le président Amadou Toumani Touré dit ATT, les journalistes présents ont pu bénéficier en direct des analyses du diplomate chargé de ce dossier à mesure que les nouvelles lui parvenaient sur son téléphone portable.

C'est peu dire que l'éviction d'ATT a été suivie de près à Paris, qui voit partir sans regret un partenaire jugé insuffisant face aux grands défis du Sahel - instabilité, développement, immigration et terrorisme. Certes, mardi, Alain Juppé a condamné le coup d'État, appelé au respect de l'ordre constitutionnel et à la tenue «le plus vite possible» des élections prévues le 29 avril. La France a aussi annoncé la suspension de sa coopération avec le Mali, hormis l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste. Mais des sources diplomatiques n'hésitent pas à jeter une lumière plus crue sur un président malien «fatigué» et un pouvoir «en manque de confiance» par rapport à la population. D'autres parlent d'un président «dans le déni» de la gravité de la situation militaire au nord du pays, dans le déni aussi du dialogue avec les rebelles touaregs, que Paris juge nécessaire. Entre Paris et Bamako, la lutte contre al-Qaida n'a pas cessé d'être une source de défiance, ATT étant accusé de ne pas en faire suffisamment. «Il croyait avoir la paix en évitant le combat, à la différence de ses partenaires mauritaniens et nigériens», lâche sèchement un diplomate. On n'a pas non plus digéré, à Paris, qu'ATT traîne les pieds en matière de coopération antiterroriste avec la France, qui a dû se replier sur le Niger pour installer ses militaires spécialisés dans la traque des djihadistes. Un sujet ultrasensible, dans la mesure où six ressortissants français sont toujours retenus au Sahel.

Transition démocratique

ATT ayant perdu la main dans les délicates tractations pour la récupération de ces otages, Paris a misé sur des contacts avec les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et de sa dissidence islamiste, Ansar Dine, dont le chef, Iyad Ag Ghali, est connu pour avoir joué un rôle de médiateur. L'arrivée massive dans la «sous-région» sahélienne, d'armes en provenance de Libye a encore accru l'incertitude. Il est donc loin, le temps où Jacques Chirac ne jurait que par ATT, en vantant à travers lui, un modèle de transition démocratique en Afrique, une qualité que Paris continue de lui reconnaître. Après 2007, le refus du président malien de signer l'accord bilatéral sur la «gestion des flux migratoires» proposé par Paris a entamé la concorde. ATT sorti du jeu, les inquiétudes demeurent concernant les capacités des putschistes, la tenue des élections, l'intégrité du pays (dont trois provinces sont en sécession) et l'avenir de la lutte contre al-Qaida. Aujourd'hui (vendredi 23 mars), Alain Juppé sera à Bruxelles pour lancer, avec ses homologues européens, un plan d'action (aide humanitaire, gouvernance, sécurité, justice...) en faveur du Sahel. Une région dont les «bons élèves» restent, à ce jour, la Mauritanie et le Niger.


In LE FIGARO


Source : NOTRE VOIE


NB : Le titre est de la rédaction de Notre Voie

MOHAMED MERAH: PAS DE TRACE OFFICIELLE EN AFGHANISTAN ET AU PAKISTAN


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Photo de Mohamed Merah (AFP - Capture d'écran France 2)

 

Contrairement aux déclarations des autorités françaises, l'Afghanistan et le Pakistan assurent n'avoir aucune trace.


L'Afghanistan et les forces américaines et de l'Otan dans ce pays, mais aussi le Pakistan assurent n'avoir aucune trace des séjours de Mohamed Merah, le jeune soupçonné d'avoir assassiné sept personnes en France, malgré les déclarations dans ce sens des autorités françaises.

Mercredi, le procureur de la République de Paris, François Molins, avait évoqué un séjour en Afghanistan - en 2010 selon des sources proches de l'enquête -, et au Pakistan, sanctuaire d'Al-Qaïda, pour deux mois en 2011.

Intercepté lors d'un contrôle routier par la police afghane, il avait été remis aux militaires Américains qui l'avaient renvoyé en France par le premier avion, selon lui. "De la mi-août à la mi-octobre 2011", il s'est rendu, au Pakistan cette fois, un séjour écourté car il a contracté l'hépatite A.

Selon des sources proches de l'enquête, la brève détention en Afghanistan a eu lieu à Kandahar (sud) en novembre ou décembre 2010.

"Nous cherchons davantage d'informations sur cet individu avec nos partenaires militaires français et le gouvernement afghan, mais pour l'heure, nous n'avons aucune information sur son éventuelle détention par l'Isaf (la Force internationale de l'Otan) ou l'armée américaine", qui en compose plus des deux tiers, a déclaré à l'AFP Jimmie Cummings, porte-parole de l'Isaf.

Les autorités et le renseignement afghans ont également assuré n'avoir pas d'informations sur la présence de Merah.

Au Pakistan, plusieurs hauts responsables des forces de sécurité et des services de renseignements, l'ISI (Inter-Services Intelligence), ont affirmé à l'AFP n'avoir aucune trace de son passage dans leur pays, estimant toutefois plausible qu'il soit passé au travers de leurs contrôles.

"C'est un nom inconnu de nos services, toutes les informations dont nous disposons sont celles livrées par le ministre français de l'Intérieur", assure un de ces officiers supérieurs, sous couvert de l'anonymat.


Source: SUD OUEST.FR

vendredi, 23 mars 2012

COMMENT LA FRANCE EST EN TRAIN DE DETRUIRE UN PAYS: LE MALI


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En Afrique, il y a très peu de pays démocratiques. Le Mali et le Ghana sont probablement des Etats vraiment démocratiques en Afrique, berceau de l'humanité. Mais voilà, un coup d'Etat est en train d'être perpétré actuellement dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, simplement, parce que, Amadou Toumani Touré (ATT) le président, fait la volonté de la France face aux islamistes et aux rebelles Touaregs.

Malheureusement, les médias français n'oseront pas dire ce que nous dénonçions déjà, avec le coup d'Etat fait par l'OTAN en Libye et dont la France faisait la course en tête contre le régime de Mouammar Kadhafi. Nous disions, nous les sans-voix, que le Sahel allait devenir une poudrière. Souvenez-vous, c'était le 8 septembre 2011, avant l'assassinat macabre du frère guide Mouammar Kadhafi. Nous disions en substance ceci:

La région du sahel, déjà infestée de mercenaires, de terroristes et de contrebandiers, va se transformer en véritable point d'insécurité inextricable. Souvenez-vous, quatre Français restent donc entre les griffes d'Aqmi : Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Ferret. L'Aqmi qui s'est apparemment lié avec la France pour renverser Mouammar Kadhafi. Seront-ils libérés en contrepartie ? Aqmi réclame à la France, 90 millions d'euros.

Des militaires maliens mutinés ont attaqué, hier, mercredi, le palais présidentiel à Bamako, a-t-on appris de source proche du ministère de la Défense et auprès d'un diplomate, alors que des tirs d'armes lourdes retentissaient dans la capitale. Les militaires sont déçus par la percée dans le nord malien des rebelles Touaregs qui contôlent déjà certaines villes. Or, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, mandaté par Nicolas Sarkozy, avait demandé au Mali de négocier avec les Touaregs. Pourquoi ? Simplement parce que la France sait que ces Touaregs se sont alliés à Aqmi qui détient les otages français, pour déstabiliser le Mali. Bref, seuls les intérêts de la France comptent, peu importe le sort réservé aux Maliens.


Source: Le blog d'Allain Jules

mercredi, 21 mars 2012

FEDERALISME LIBYEN: LE RETOUR AU TRIBALISME, AU CLANISME ET A LA ROYAUTE RELIGIEUSEMENT OBSCURANTISTE



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La proclamation d'une entité autonome dans l'Est libyen rappelle cruellement la réalité sociologique d'une Libye patriarcale et tribale. Notons, au passage, que ce genre de structures sociales ne laisse aucune place au choix politique individuel et fait du vote d'une personne l'expression du choix du clan et non du sien. C'est dire l'imposture de ceux qui ont habillé la destruction de l'Etat libyen et de la Libye avec les oripeaux démocratiques déjà mis en haillons en Irak, en Afghanistan, à Ghaza, dans l'île de Grenade, à Guantanamo, dans le Patriot Act ou dans la légalisation américaine de la torture.

Pendant que la presse dominante encensait la destruction de la Libye, suivie, avec zèle, par la presse néocoloniale indigène, des dizaines d'articles et de textes alternatifs alertaient sur le web de l'inéluctable dislocation de ce pays avec la démolition de l'Etat libyen et des buts réels des agresseurs, lesquels avaient obstinément refusé les propositions africaines de négociations, acceptées du reste par Kadhafi. Il ne fait aucun doute que  l'OTAN - et particulièrement le couple Sarkozy - Cameron - cherchait à infliger à la Libye le maximum de  destruction et laisser le maximum de blessures et de rancœurs insurmontables. Ces analyses dévoilaient les buts stratégiques de morcellement du pays après la division du Soudan, et ce, afin de créer sur toute la zone sahélienne des mini-Etats en guerre et en demande permanente de protection extérieure, en contrepartie du bradage de leurs ressources.

La partition de la Libye n'est ni un accident ni un effet «non désirable». C'était le but même de la guerre. Sarkozy et Cameron savaient très bien que le CNT servait juste à camoufler la mise en branle des forces les plus rétrogrades à travers des identités politiques, tribales et religieuses d'avant la colonisation. La presse dominante a soigneusement caché le lynchage des Noirs  libyens - il ne fallait pas réveiller la vigilance et la conscience des Noirs américains - sinon il aurait fallu expliquer que ce lynchage prévient de la vengeance de leurs anciens maîtres (ou de leurs enfants) qui ne leur auraient pas pardonné leur libération. Jeter un œil sur la Mauritanie et sur l'histoire des «Haratine» (ou «H'ratane» en Algérie) permet en effet de cerner la question.

Le retour au tribalisme, au clanisme, à la royauté religieusement obscurantiste des Senoussi, à  l'idéologie esclavagiste des notables féodaux et au fétichisme et à l'animisme de la mort par la profanation des cimetières prélude à la mort spirituelle de la foi, voilà le contenu démocratique des bombes de l'OTAN et des gauches européennes, et voilà le contenu démocratique de certaines gauches algériennes qui ont tenté de nous vendre les «bienfaits» de l'OTAN par «la libération des Berbères» de Nefoussa. Fiction politique, fiction militaire, fiction sociale, le CNT ne servait donc qu'à couvrir l'action de forces réelles, mais rebutantes, que sont les tribus et leurs identités passéistes, l'OTAN, le Qatar, la CIA et ses Belhadj, ses Shalabi ou ses Jibril.

Quelques jours avant la proclamation de l'entité de Brêga ou Cyrénaïque, la presse française et sa comparse indigène ont commencé à lever le voile sur les crimes de guerre des «thouwars», sur le sort barbare réservé aux Noirs, sur les tortures jusqu'à la mort... Beaucoup de gens se sont interrogés sur l'origine de cette volte-face dans le traitement médiatique et se sont demandés s'il ne s'agissait pas d'une autocritique sans mea-culpa.

L'explication du mystère est tout entière dans la proclamation de cette nouvelle entité qui ruinait toutes les manœuvres de Sarkozy et ses ententes faussement secrètes avec le CNT. Cette autonomie de la Cyrénaïque n'était plus qu'une question de circonstances.

Pendant que le Qatar investissait sur le terrain dans les milices, dans les groupes djihadistes et dans les forces spéciales, et pendant que les Etats-Unis plaçaient leurs hommes passés par Guantanamo ou par la CIA dans les postes-clés, tout en téléguidant l'action du Qatar, des Saoudiens et de la Turquie, Sarkozy n'avait que la fiction du CNT pour signer ce fameux accord secret accordant aux Français le tiers du pétrole libyen. Et les Français n'ont eu que cette fiction du CNT pour croire à des contrats de reconstruction, d'armement ; ou encore ce contrat indécent de contrôle des frontières libyennes, côté algérien.

Durant la guerre d'agression, les analystes et observateurs avaient souligné le rôle de sous-traitant de la France. Elle se retrouve sans aucun recours. Sa seule planche de salut est d'aller contre les buts de la guerre qu'elle a exécutée pour le compte des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne et d'essayer de donner le maximum d'oxygène au CNT pour ne pas tout perdre. Du côté de la Tripolitaine et du Fezzan, la douche est glacée avec une prise de conscience d'enjeux autrement plus importants que celui de tenter de vivre la réalité à travers une PlayStation. Du coup, les milices se montrent prêtes à discuter d'intérêts supérieurs à ceux de leur univers tribal, en attendant que se décide le sort du pays en tant que nation et en tant qu'identité supérieure à celles des tribus. L'Algérie deviendra-t-elle le seul acteur régional capable d'éviter une implosion à la Libye ou, du moins, une implosion incontrôlée ? Quel paradoxe ! Surtout si l'on se souvient que le titre phare de la presse coloniale locale se faisait le relais des menaces d'un Abdeljalil reconnaissant aujourd'hui n'avoir aucun moyen d'assurer l'unité de la Libye.  Retenons, quand même, la reconnaissance timide et honteuse des crimes des rebelles, tout en notant qu'elle cherche à occulter le pire d'entre eux : avoir servi de supplétifs à des agresseurs étrangers. Nous savons déjà que cette presse ne pleure pas les malheurs des Libyens mais cherche à détourner un cours de l'histoire qui fait de la France de Sarkozy le dindon de la farce américano-qatarinne dans ce pays.


Mohamed Bouhamidi


Source: LE GRAND SOIR

mardi, 20 mars 2012

UN KIVU-BIS A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE?

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Et si les Africains cessaient de regarder les situations politiques de leurs pays comme des phénomènes isolés les uns des autres, uniquement explicables par les passions localisées agitant leurs peuples ? S'ils cessaient de se gaver sans discernement des récits médiatiques superficiels et du storytelling ? S'ils se rendaient compte qu'au-delà des émotions et des réflexes pavloviens, il est impossible de saisir la quintessence de la politique internationale contemporaine sans faire appel aux invariants de la géopolitique, du jeu des intérêts, de l'évolution des tendances et des principes régissant la diplomatie ?

Une nouvelle fois, le Mali est soumis à une rébellion partie du Nord touareg. Mais cette insurrection est bien plus grave et plus dangereuse pour l'intégrité de son territoire que les précédentes. La rébellion accuse le pouvoir central d'exclure une partie de la population, privée de tout. Le pouvoir et plus globalement les Maliens sudistes crient à la malhonnêteté et au chantage permanents. Des représentants de la force publique sont cruellement assassinés par les rebelles. Des débordements malheureux et des manifestations de dépit dans le Sud font craindre des pogroms de Nordistes. Ancienne puissance colonisatrice, la France est sur le banc des accusés en raison de son jeu trouble. Les atrocités des insurgés ne suscitent pas l'indignation internationale qu'on aurait pu imaginer et la communauté internationale appelle tout le monde à la table des négociations, mettant sur le même pied d'égalité la République et ceux qui la défient.

Comment ne pas avoir l'impression diffuse de revivre le début de la rébellion ivoirienne, il y a presque exactement dix ans ? A l'époque, le gouvernement du Mali et une bonne partie de l'opinion publique de ce pays ont soutenu le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), lui servant plus ou moins de base-arrière sans pour autant aller jusqu'aux outrances du Burkina Faso de Blaise Compaoré. Ceux qui ont justifié hier le lancement d'une rébellion sur des bases régionalistes et les complaisances de l'ancien maître commun chez leur voisin du Sud peuvent-ils aujourd'hui, en toute logique, se plaindre du même type de traitement ? Iront-ils jusqu'à tenter de théoriser sur les «bonnes» et les «mauvaises» rébellions ? Il n'y a pour l'instant pas de procédé scientifiquement accepté permettant de distinguer les unes des autres. Les Etats africains gagneraient donc à se déterminer au sujet de ce qui passe chez leurs voisins sur la base des principes et non sur le fondement d'émotions passagères souvent trompeuses voire manipulées par les maîtres du storytelling. Il est par exemple évident que la création de l'Etat du Sud-Soudan et son admission au sein de l'Union africaine - quoi que l'on puisse penser des acteurs locaux - est un «beau» précédent sur lequel se fonderont demain les sécessionnistes «azawadiens» et les autres aventuriers de la nouvelle balkanisation de l'Afrique.

Il faut bien admettre que dès lors qu'une expérience de «gouvernance» d'un certain type s'impose dans un pays africain, elle devient un précédent facile à dupliquer dans d'autres contrées, surtout si elle peut profiter à ceux que la journaliste belge Colette Braeckman a appelé «les nouveaux prédateurs». Ainsi, il devient de plus en plus évident que l'Ouest de la Côte d'Ivoire s'apparente irrésistiblement à un nouveau Kivu (région de l'est de la République démocratique du Congo en conflit structurel depuis une quinzaine d'années).

Les parallèles sont frappants. La RDC et la Côte d'Ivoire sont des Etats au fort potentiel de prospérité, clients du camp occidental pendant la guerre froide, qui se sont progressivement affaiblis en raison d'une mauvaise gestion de la question du renouvellement de leur leadership (Mobutu, Houphouët). Les deux pays ont été soumis à des rébellions parties de voisins moins nantis mais dotés de pouvoirs forts, militarisés et alliés aux puissances occidentales (Etats-Unis pour le Rwanda, France pour le Burkina Faso) dans le cadre de leur stratégie d'influence géopolitique. Le Burkina Faso et le Rwanda sont soumis à des pressions démographiques les poussant à rechercher des «déversoirs» pour leur trop-plein de population, et peuvent compter, dans les pays où ils se projettent, sur des migrants de plus ou moins longue date, mal intégrés et armés, qui jouent un rôle de cheval de Troie, dans un contexte où la thématique de la nationalité est explosive. Ce sont eux qui affrontent et très souvent mettent en déroute des milices autochtones qui se sont créées en réaction comme les Maï-Maï ou le Front de libération du Grand Ouest (FLGO).

La guerre structurelle de l'est du Congo est une aubaine pour l'oligarchie mondiale. Elle justifie la présence pérenne des troupes et de l'administration onusiennes. Le désordre organisé rend possible une exploitation maximale des innombrables ressources minières de la région. Et si les médias internationaux sont prompts à dénoncer les viols et les violences des différentes milices, leurs liens avec les multinationales qui profitent de leur barbarie sont bien peu documentés. Si l'ouest de la Côte d'Ivoire ne fait pour l'instant pas l'objet d'une exploitation minière conséquente - quoique son sous-sol soit riche lui aussi -, il est le cœur du pays cacaoyer. Et l'afflux concerté de miliciens burkinabé (comme le tristement célèbre Amadé Ouérémi, qui fait irrésistiblement penser à Laurent Nkunda) et de travailleurs agricoles qui se jettent sans trop réfléchir sur les plantations des autochtones exilés après les massacres massifs des forces pro-Ouattara mais aussi sur les forêts classées (où sont passées les grandes consciences écologiques ?) suscite des inquiétudes légitimes. Il est vrai que la disparition de la propriété villageoise traditionnelle et son remplacement par une sorte de politique du fait accompli pourrait ouvrir la voie à une appropriation des terres âprement disputées par des grands groupes transnationaux ayant les moyens de se faire «respecter» par les uns et par les autres. Dans un contexte où la course aux terres arables devient un des principaux enjeux du capitalisme mondial.

Face à ces défis qui interpellent la conscience nationale ivoirienne, dont la mauvaise gestion pourrait ouvrir la voie à des conflits structurels comme en Colombie où la guérilla est devenue un sport national, face au risque réel de dépossession, où sont les voix courageuses qui peuvent tirer la sonnette d'alarme ? Que fait l'opposition ? Que dit la société civile ? Où sont les ecclésiastiques ? Et Charles Konan Banny, n'a-t-il pas mieux à faire que se transformer devant nos yeux médusés en une sorte de navrant exorciste laïc, adepte de la politique de l'autruche ? Pour éviter le pire à la Côte d'Ivoire, il faut du courage. Encore du courage. Toujours du courage.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

SANGUINAIRES, INCOMPETENTS MAIS PAS IDIOTS!


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Craignant d'être arrêtés par la CPI, les Com'zones Wattao, Cherif Ousmane, Morou refusent d'aller en formation en France

 

Les Com'zones ivoiriens Wattao, Cherif Ousmane, Morou Ouattara, Vetcho, Zacharia, comme nous l'avions déjà dit, sont en formation accélérée par la force Licorne, à la base militaire du 43ème BIMA à Abidjan. Mais cette formation n'est apparemment pas suffisante ou est incomplète. La décision a donc été prise, qu'ils viennent en France pour parfaire leur formation militaire.

Mais contre toute attente, ces derniers, craignant un coup fourré, ont refusé. Ils prefèrent rester à Abidjan et ne pas prendre de risques.

La récente condamnation par la CPI du chef de guerre de la RDC Congo, Thomas Lubanga, n'a pas dû les rassurer. En effet le 14 mars dernier, Lubanga a été reconnu coupable par la CPI de crimes de sang, de crimes de guerre, et d'utilisation d'enfants soldats en Ituri : Il risque une peine d'emprisonnement maximale de 30 ans de réclusion.

Nul doute que cette condamnation n'est pas passée inaperçue du côté des FRCI et de ses Com'zones dont les plus célèbres sont Wattao, Cherif Ousmane, Koné Zacharia, Morou, Vetcho, etc...
C'est certainement la raison pour laquelle, ils ont décliné l'offre de se rendre en France pour une formation militaire.

Surtout que depuis quelques temps, les enquêteurs de la CPI sont présents sur les bords de la lagune ébrié et ont effectué le déplacement de Duékoué à la recherche des preuves concernant les 1000 civils pro-Gbagbo massacrés par les FRCI. Recherches qui se sont révélées concluantes. Ils devraient aussi faire la lumière sur les massacres de gendarmes et de certains membres de leurs familles à Bouaké en 2002, sur les charniers découverts par la Croix Rouge à Yopougon, et sur bien d'autres crimes non encore élucidés.

Du côté des FRCI, où l'étau commence à se resserrer, la sérénité n'est effectivement plus de mise.

D'où le refus des Com'zones, sur qui plane la menace d'un mandat d'arrêt de la CPI, de venir en France se former.


Eric Lassale, in IVOIREBUSINESS


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

SYRIE: LES MEDIAS ONT LEUR PROPRE PEUPLE

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Le peuple syrien a peur pour son pays, pour lui-même et pour ses enfants. Il a d'autant plus peur qu'il  voit ce que sont devenus l'Irak et la Libye, après qu'ils aient subi le même vacarme médiatique. Il est donc sorti, par centaines de milliers, à travers toute la Syrie pour dire, comme il faut le dire, qu'il refuse ce que les «amis de la Syrie» lui réservent. Hommes, femmes, jeunes, vieilles et vieillards, se sont rassemblés dans une explosion de couleurs, dans l'espoir qu'enfin on cesse de faire croire qu'ils veulent que l'OTAN vienne les bombarder. Ils ont aussi dit qu'ils se défendraient  contre toute agression.

Mais le comité de rédaction international unifié ne les a pas vus, ne voulait pas les voir. Il a juste vu, comme il est prévu dans son lexique, une «démonstration de force du régime au premier anniversaire de la révolte». Parce que, selon lui, «le régime de Bachar al Assad a fait défiler... des milliers de personnes... dans les grandes villes du pays, à l'occasion d'une démonstration de force coïncidant avec le premier anniversaire du début du soulèvement contre le pouvoir». Le même, qui a écrit cela, pourra dire plus tard, si les choses tournent mal, que ses sources l'avaient trompé ou fera mine de ne jamais rien avoir écrit de tel.

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A l'instar de ceux qui dénoncent, après coup, les «nouveaux maîtres» de la Libye, omettant le soutien qu'ils leur ont apporté, il y a quelques mois. Ainsi un peuple, surtout dit arabe, ne peut pas décider pour lui-même, même pour faire une révolution. Il lui faut se mettre derrière un CNT labélisé à Paris,  à Londres ou ailleurs, sinon il n'existe pas, en lui-même, et se confond avec le «régime» qui le dirige. Il ressemblera à ce genre de description : «Dans une ambiance quasi festive, les pro-régime  agitaient des drapeaux syriens et russes pour ''remercier Moscou de son soutien à Damas''». Beaucoup portaient des portraits du président sur lesquels était écrit «On t'aime». Des «pro-régime», rien de plus méprisant comme qualificatif, quand on n'obéit pas au programme établi. Ce programme que portent les «défenseurs des droits de l'Homme», qui savent mieux que l'Homme où se trouve son salut.

Pour la Libye les ONG se dénombraient à 70, pour la Syrie elles sont deux cents à hurler ceci : «Unissez-vous pour la Syrie : mettez fin à une année d'effusion de sang». Aucune ne s'est autant mobilisée ailleurs et surtout pas pour «mettre fin» à soixante-quatre années d'effusion de sang en Palestine.

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Pourtant, on peut penser que le peuple syrien est en train de gagner. Les décideurs de la «démocratisation aéroportée», nonobstant l'obstacle russo-chinois, sont moins chauds que d'habitude à aller ouvrir des autoroutes devant leurs supplétifs, vers la «victoire». Le Potus Barak Obama vient de le confirmer en déclarant que «l'idée selon laquelle la manière de résoudre chacun de ces problèmes est de déployer notre armée, cela n'a pas été vrai dans le passé et cela ne le sera pas plus maintenant». Ce n'est évidemment pas de la sagesse, c'est du pragmatisme coulé dans l'implacable réalité d'un contexte international qui a remis en cause l'unipolarité.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

L'AVOCAT DES VICTIMES FRANÇAISES DE NOVEMBRE 2004: «POURQUOI JE CROIS QUE GBAGBO EST INNOCENT»

 

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Pas de doute, c'est un personnage. Jean Balan, l'avocat des soldats français morts en novembre 2004 à Bouaké dans des circonstances non encore élucidées, n'a pas peur, et le montre. Il a vu passer quatre juges d'instruction et est à ce jour le meilleur connaisseur de cette affaire obscure, maîtrisant quasiment sur le bout des doigts les 12 000 pages du dossier. Acharné à ne pas laisser enterrer cette affaire d'Etat, très peu familier de la langue de bois, il livre ses convictions dans cette interview. Au départ persuadé que Gbagbo avait commandité le bombardement, il a désormais changé d'avis. Et s'en explique, tout en dénonçant violemment les mensonges et les mystifications de Michèle Alliot-Marie, alors ministre française de la Défense, et de Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur de l'époque. Il évoque aussi l'omerta médiatique en France sur cette affaire. Et livre une analyse intéressante que nous ne partageons pas. De son point de vue, la presse française est discrète sur cette affaire parce qu'elle ne dérange pas Nicolas Sarkozy mais pourrait éclabousser Dominique de Villepin. Pour notre part, nous pensons qu'elle est surtout aveuglée par son prisme anti-Gbagbo forcené, qui fait qu'elle répugne à lui faire le cadeau de la vérité. Pourquoi, au Nouveau Courrier, nous sommes autant «obsédés» par novembre 2004 ? Parce que cette période nous apparaît comme un condensé de vérités sur ce qui s'est tramé en Côte d'Ivoire de nombreuses années durant. Aux condamnations médiatiques sans appel et à la diabolisation de Gbagbo, ont souvent succédé de nombreuses interrogations sur les versions officielles répandues sans nuance par des médias dominants pas soucieux du «droit de suite» que pourraient revendiquer à juste titre leurs lecteurs. Si des mensonges d'Etat énormes ont pu prospérer sur ce dossier, comme on en a aujourd'hui la preuve, cela ne signifie-t-il pas qu'il faut revisiter d'autres accusations faciles brassées par la sphère médiatique et institutionnelle occidentale contre la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo, et qui ne résisteraient pas, comme la thèse officielle sur Bouaké, au goût de l'enquête et à l'exigence de vérité de citoyens curieux et iconoclastes à l'image de Jean Balan ? Le débat est ouvert.

Avant d'être sollicité par une partie liée à la crise en Côte d'Ivoire, aviez-vous une opinion sur ce qui se passait dans ce pays depuis 2002 ?

Généralement, je m'intéresse beaucoup à la politique, à ce qui se passe partout dans le monde, je suis assez bon connaisseur de la géopolitique. Mais ce qui est clair, c'est que la Côte d'Ivoire ne faisait pas partie de mes préoccupations premières.

Donc vous êtes arrivé vierge de tout préjugé dans cette affaire ?

Oui, je suis arrivé vierge de tout préjugé... Pas complètement au début ! Mais j'avais l'esprit complètement ouvert dans cette affaire.

Quels préjugés aviez-vous ?

Pas vraiment de préjugés, mais je croyais sincèrement au début que le bombardement de Bouaké était une action commanditée par Gbagbo. J'ai changé d'avis par la suite assez rapidement.

Qui vous a contacté dans cette affaire, et quand ?

C'est compliqué. Il y avait beaucoup de parties civiles dans ce dossier qui n'avaient pas d'avocats. Madame Raynaud a demandé au Conseil de l'ordre des avocats de mettre des avocats dans l'affaire. Des avocats qui n'avaient pas «peur» des actions difficiles, complexes. C'est comme cela que je suis arrivé dans le dossier comme commis d'office. Et immédiatement, les gens m'ont adopté. Donc je suis leur avocat, mais plus commis d'office.  Quand cette affaire s'est présentée à moi, je savais comme tout le monde ce qui se passait en Côte d'Ivoire puisque la presse et la télé en avaient parlé abondamment. Evidemment, j'avais l'impression d'une certaine complexité. En dehors des victimes, l'affaire impliquait des relations internationales, l'armée... ce n'était pas une affaire extrêmement simple dès le début. Et elle s'est encore plus compliquée par la suite.

Est-ce que vous vous souvenez du premier élément qui vous a interpellé ?

Le premier élément qui m'a interpellé énormément, c'est quand la mère d'un enfant s'est rendue compte que ce n'était pas son enfant qui était sur les photos le désignant dans le dossier. Il y a eu tout simplement inversion des corps. Des corps que les familles n'ont jamais pu voir.

C'est juste une erreur...

On ne fait pas une erreur comme ça... Arrêtez un peu ! C'est quoi une erreur ? On ne vérifie même pas qui on enterre ? On n'était pas dans un état de guerre absolue lors de la guerre mondiale 1914-1918 avec les soldats inconnus... Je n'ai pas considéré cela comme une erreur, les familles non plus. C'est à cette occasion que j'ai commencé à me poser des questions. Pourquoi cette précipitation ? Et ce qu'on a découvert quand on a déterré les deux corps pour changer leurs sépultures, on s'est rendu compte qu'ils avaient été enterrés en l'état, sans être lavés, sans être nettoyés, sans que leurs vêtements aient été changés, avec leurs blessures, pleins de boue. Si ces deux ont été enterrés comme cela, je suppose que les autres l'ont été de la même manière. Et là j'ai commencé réellement à me poser des questions. Il y avait quelque chose qui clochait. Et au fur et à mesure, ça s'est développé.

Cela s'est développé comment ? Quels autres éléments vous ont fait tiquer ?

Plein d'éléments ! Ce n'était pas facile. On n'avait aucun document valable dans le dossier. Le secret défense était bien gardé. Madame Raynaud, qui était le premier juge d'instruction dans cette affaire, a fait un travail formidable. Je vous le dis franchement, c'est grâce à Sarkozy qui était ministre de l'Intérieur à l'époque, que l'enquête a commencé à se développer. Il a donné des ordres précis à la Brigade criminelle de participer le plus possible à l'enquête, et d'informer le juge. C'est dès ce moment qu'on a commencé à découvrir des éléments pas connus ou très peu connus.

Par exemple ?

Par exemple, quand les mercenaires qui étaient sur le terrain ont été arrêtés immédiatement après le bombardement puis relâchés et remis à l'ambassade de Russie. Sans être interrogés selon la thèse officielle, au nom de multiples motifs invraisemblables. J'ai la conviction profonde qu'ils ont été interrogés, mais que ces interrogatoires ne figurent pas dans le dossier jusqu'à présent. Cette conviction est d'ailleurs confirmée par plusieurs déclarations dans le dossier. Je me pose alors une question. Mais pourquoi diable quand on tient des éléments absolument essentiels pour savoir qui a bombardé, qui a donné l'ordre, comment et pourquoi... les relâche-t-on ? Je commence à poser des questions, je les pose publiquement. Et j'ai des réponses complètement alambiquées et fausses de Michèle Alliot-Marie. Une guéguerre par l'intermédiaire de la presse commence. Et on se pose des questions. Mais pourquoi essaie-t-on de cacher les choses ? On avait arrêté des pilotes au Togo, ils avaient été donnés sur un plateau à la France. On a tout fait pour qu'ils soient libérés, pas entendus, etc... Sur ce sujet, on a eu des déclarations complètement aberrantes de la ministre de la Défense qui se sont avérées toutes aussi fausses les unes que les autres. Ce n'est même plus discutable maintenant...

Tellement aberrantes que l'on se demande si elle a pu être l'instigatrice de tout cela...

Non, je ne pense pas qu'elle ait été l'instigatrice directement. Mais en bon petit soldat, très fidèle au camp élyséen de l'époque, elle a fait tout pour couvrir quelque chose. Mais elle l'a fait de manière tellement maladroite que ça s'est retourné contre elle. Elle a tout de même menti sous serment devant le juge d'instruction, ce qui est très grave. Mais ça c'est une autre histoire...

Des mensonges par omission ?

Non, des mensonges par volonté. Clairs, nets et précis. Vous savez le dossier fait 12 000 pages actuellement. Les déclarations d'Alliot-Marie sont contredites par des dizaines de pages.

Pourquoi ce dossier stagne-t-il maintenant ?

Disons que c'est pour des raisons administratives. La juge d'instruction Florence Michon, qui a succédé à Madame Raynaud - et qui a fait un travail remarquable - était arrivée à la fin de sa mission au tribunal aux armées de Paris. Un autre juge devait la remplacer fin septembre 2010. Il n'est arrivé qu'en février 2011. Par la suite, il a eu un accident et a été indisponible pendant une très longue période. Il a repris fin septembre début octobre 2011. Sa mission se terminait fin 2011 parce que le tribunal aux armées de Paris a cessé d'exister fin 2011 et que ses missions ont été transférées dans un autre cadre au Tribunal de grande instance (TGI)) de Paris. Avec d'autres juges d'instruction qui étaient nommés. Non seulement il ne pouvait plus s'occuper de ce dossier-là mais il devait préparer tous les autres dossiers pour les transmettre à celui qui viendrait à sa suite.

Au TGI de Paris, un seul juge d'instruction avait été nommé pour s'occuper de toutes les autres affaires qui relevaient du tribunal aux armées. J'ai insisté mais je ne crois pas que ce soit seulement à cause de moi qu'un deuxième juge d'instruction a été nommé. Je leur ai transmis des éléments nouveaux recueillis pendant les longs mois d'inaction... durant lesquels je ne suis pas resté inactif. Je suis un peu sorti de mon cadre. Je ne suis pas un avocat anglo-saxon, je n'ai pas des moyens de recherche, mais j'ai recueilli beaucoup d'impressions, de témoignages officieux. J'ai remis tout cela à la nouvelle juge d'instruction Sabine Khéris qui est une personne remarquable. Mais elle hérite d'un dossier énorme ! C'est un travail dur, long, complexe, très difficile parce que ce n'est pas facile d'établir la vérité quand on veut l'enfouir à tout prix. Surtout quand ça se passe dans certaines sphères...

On en est là à l'heure actuelle. J'ai mes convictions qui demeurent sur la forme d'hypothèses. Je les transmets au juge d'instruction mais pas aux journalistes parce que je n'ai pas les moyens de les prouver. Même si on peut les prouver.

Il y a eu assez peu de choses dans la presse française sur ce dossier. Pourtant, avec des victimes françaises, on pouvait imaginer que...

C'est une chose assez aberrante. Parce que quand je vois le battage médiatique dans le dossier Karachi où tout ce que l'on fait n'apportera pas de réponse sur qui a commandité l'attentat. Mais la presse française, dès que le nom de Sarkozy apparaît quelque part, monte tout et n'importe quoi.

Plus que quand il s'agit des noms de Chirac et de De Villepin...

Mais bien sûr. Il y a des journalistes qui m'ont dit très clairement : «Implique un peu Sarkozy dans cette affaire-là et on va faire monter la mayonnaise !» Mais il n'y est pour absolument rien dans l'affaire de Bouaké. En revanche, sur Alliot-Marie, on tape assez facilement. Mais dès qu'il s'agit de mettre en cause De Villepin dont le rôle n'est, à mon avis, pas très neutre dans tout cela, il n'y a plus personne. Plus personne ne veut enquêter dans ce sens.

Vous dites que Sarkozy a fait bouger l'enquête quand il était ministre de l'Intérieur. Mais y a-t-il eu de grosses déclassifications sous sa présidence, en ce qui concerne les documents verrouillés par le secret défense ?

Oui, il y a eu beaucoup de déclassifications. Peut-être il y a des choses encore classifiées, mais sans aucune mesure avec le début de l'enquête. Il ne reste à mon avis que les interrogatoires des mercenaires qui ont été arrêtés à Abidjan, si ces interrogatoires existent. Vu l'évolution du dossier, ces interrogatoires ont aujourd'hui beaucoup moins d'importance que ce qu'ils pouvaient avoir au début de l'enquête.

Avez-vous subi des pressions ?

Non, pas particulièrement. Au début, Michèle Alliot-Marie a écrit au bâtonnier pour se plaindre de moi. C'est de bonne guerre. Mais je ne peux pas dire que j'ai été menacé ou quoi que ce soit.

Maintenant que Michèle Alliot-Marie n'est plus au gouvernement, n'est-il pas possible de relancer l'affaire, par exemple en la mettant en cause de manière personnelle ?

Ce sont des détails techniques qui vont évoluer par la suite dans le dossier. Il est important pour moi de voir l'évolution de l'instruction avec le nouveau juge, en fonction des éléments que je lui ai donnés. J'ai demandé l'audition et l'interrogatoire d'une vingtaine de personnes. Dont Gbagbo. Tant que ces actes de procédure qui étaient demandés ne sont pas faits, je ne peux pas avancer dans un sens ou dans l'autre.

Avez-vous une vraie chance de pouvoir interroger le président Gbagbo ?

Oui, je pense. C'est une personne qui n'a plus d'immunité, donc c'est un justiciable comme les autres.

Même dans sa situation à la Cour pénale internationale ?

Je ne suis pas si fort en droit international, mais à mon avis M. Gbagbo a aussi tout intérêt à parler dans cette affaire.

Pourquoi ?

S'il n'est coupable en rien et si tout simplement c'est une action qui avait pour but de le faire chuter, je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas parler. C'est une des hypothèses que j'évoque...

Pourquoi n'aurait-il pas parlé avant ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué une chose. Vous savez très bien que Gbagbo avait des relations exécrables avec la France, et cela depuis 2002. Après cette affaire tragique de Bouaké, vous avez remarqué que jusqu'en 2011, il a été laissé tranquille. Il n'y a plus eu de pression sur lui. Les relations se sont comme par hasard, disons, apaisées...

Vous pensez que la France l'a laissé tranquille pour ne pas qu'il parle ?

C'est une des hypothèses. Comme toute hypothèse, il peut y avoir du vrai et du faux.

Des gradés français se sont-ils confiés à vous sous couvert d'anonymat ?

Oui. Oui.

Et ils ont conforté vos hypothèses ?

C'est sous couvert d'anonymat, donc je n'irais pas plus loin. Je leur ai demandé de témoigner devant le juge d'instruction. Le feront-ils ou pas ? Je ne sais pas.

Dans l'appareil d'Etat français, qui a été amené à témoigner à part Alliot-Marie ?

De Villepin. Mais son témoignage, c'est de la «foutaise». Laissez tomber... C'est à peine s'il sait que la Côte d'Ivoire existe...

Est-ce que vous diriez que c'est une affaire d'Etat ?

C'est sûrement une affaire d'Etat. Est-ce l'Etat français, l'Etat ivoirien ? J'ai mon opinion là-dessus.

Et votre opinion, c'est...

Vous savez, quand on dit très clairement une opinion, en tant qu'avocat, il faut avoir des éléments de preuves absolues pour la dire publiquement. Je peux laisser entendre des choses, j'ai beaucoup de convictions soutenues par des éléments qui me disent qu'en tout cas, l'enquête qui pouvait avancer extrêmement vite a été totalement sabordée par l'intervention très claire des politiques français de l'époque ! Si elle a été sabotée, c'est qu'il y a des choses à cacher... On ne voulait en aucun cas que la justice soit saisie, parce qu'elle aurait pu l'être dès le premier jour.

On a appris qu'il n'y a pas eu d'autopsie...

Il y a eu toutes sortes de choses. Je peux faire une liste longue de trois pages !

L'autopsie aurait dû, aux termes de la loi, être pratiquée par les Français ou les Ivoiriens ?

Par les Français. Par la justice française. Il y a eu une enquête criminelle ouverte. En cas de crime, selon la loi française, l'autopsie est obligatoire.

Y compris lorsque le crime est commis à l'étranger ?

Evidemment. Surtout que les victimes ont été amenées en France par la suite. Autre chose : les exécutants qui étaient parfaitement identifiés dès le début, on a fait tout le possible pour qu'ils disparaissent dans la nature. On ne voulait pas qu'ils parlent !

Quels sont les personnes que vous tenez le plus à voir témoigner ?

Les deux pilotes, d'abord. Il y a eu toutes sortes de rumeurs, notamment qu'ils auraient été assassinés en Hongrie. J'aimerais bien qu'on interroge Montoya, pas sur les raisons pour lesquelles il a vendu ses avions. On a fait des tas d'enquêtes dessus, saisi ses comptes, mais la vente s'est faite de manière totalement légale. Point final. Ce qui m'intéresse, c'est qui l'a averti de la présence des pilotes au Togo après le bombardement pour qu'il fasse l'exfiltration. C'est un vieux de la vieille, il dira ce qu'il voudra dire, mais bon... Je voudrais bien que Gbagbo donne sa version des faits, qu'il n'a jamais donnée. Je voudrais que les deux copilotes qui se trouvent en Côte d'Ivoire, qui sont visés par un mandat d'arrêt international depuis très longtemps, soient interrogés aussi. Même si je ne sais pas ce qu'ils vont dire à l'heure actuelle. Cela fait peut-être partie du deal dont je parlais tout à l'heure, mais Gbagbo ne les a jamais extradés en France. Ils ont même été promus à un moment donné. Maintenant, ils sont sous Ouattara. Vu les bonnes relations avec Paris, qu'est-ce qu'ils vont dire ? J'aimerais bien que quelques généraux de l'armée française, qui sont maintenant à la retraite et qui en a gros sur la patate, témoignent. J'aimerais réécouter De Villepin parce qu'il ne m'a pas beaucoup convaincu dans son premier témoignage qui est complètement aberrant. Chirac est-il en état de répondre à quoi que ce soit ? Il y a beaucoup de personnes qui peuvent être écoutées.

Quel est l'état d'esprit des familles des victimes qui attendent depuis bientôt huit ans ?

Elles attendent avec impatience de connaître la vérité. La question des indemnisations qu'elles doivent recevoir se pose. Ils n'ont jamais été indemnisés ou très peu, dans des conditions particulières.

Pensez-vous qu'une commission d'enquête parlementaire sur novembre 2004 serait légitime ?

Oui, je pense que ce serait légitime. Ça m'étonne que personne ne l'ait demandé.

Les groupes communiste et socialiste avaient demandé une telle commission en 2004, mais ils étaient minoritaires. En cas de changement de majorité, cela peut-il évoluer ?

La question va se poser à un moment donné. Je suis en stand-by actuellement. Je ne peux pas intervenir pendant les présidentielles. Cela va donner lieu à des commentaires et je ne le souhaite pas. Changement de majorité ou pas, je vais repasser à l'attaque avec des choses très concrètes. Il faudrait aussi que les journalistes français comprennent que cette affaire est plus importante en termes de justice et d'implications que l'affaire de Karachi. Maintenant, je tiens à dire que la réaction de l'armée française se justifiait sur le moment par la légitime défense et le souci de protéger la population française avec les informations dont elle disposait. Que l'armée ait été manipulée ou dépassée, c'est autre chose. Elle n'aurait pas pu réagir autrement à ce moment-là. La question qui se pose est : comment on en est arrivé là ?

Est-ce qu'il est possible d'imaginer que toute cette affaire aurait été possible sans que le sommet de l'exécutif français ait été informé ?

Non.

Est-ce que Villepin aurait pu être mis au courant et pas Chirac ?

Vous posez une question piège. On sait très bien que Chirac n'aimait pas Gbagbo et réciproquement. De Villepin aurait-il manipulé quelque chose pour faire en sorte que le souhait du président soit exaucé sans que le président le sache ? C'est une hypothèse qui doit être démontrée. On ne peut pas jeter l'anathème comme cela. Mais ce que je sais est que De Villepin est très insaisissable dans cette affaire.

Les neuf morts peuvent-ils être le résultat d'une bavure française ?

Oui. Cela fait partie des hypothèses que je ressors. Ce n'est pas à exclure. Pourquoi je dis cela ? Si c'était à exclure, je ne vois pas quel aurait été l'intérêt de tenir la justice complètement à l'écart. Mais j'affirme que s'il y a une bavure, les morts n'ont pas été planifiés ou désirés ou prévus. De nombreux éléments dans le dossier laissent présumer que ces morts furent le fruit d'une confusion, pour ne pas entrer dans les détails.

Qu'en est-il du mort américain ?

C'est une des questions que je pose au juge.

Parce qu'il a disparu à un moment de l'Histoire...

Totalement.

Les Américains ne le revendiquent pas !

C'est exactement ce que je dis au juge. Pour moi, c'est un mystère ! Les Américains, quand ils ont un mort, ne l'oublient jamais. Les familles, leurs avocats, rentrent dans l'affaire totalement. Quand on connaît la puissance des avocats américains, cela permet de penser que pour éviter qu'ils mettent le nez dans cette affaire-là, on a indemnisé la famille, les proches ou l'Etat américain très vite pour que l'on n'en reparle plus.

Peut-on imaginer que cet Américain n'existe pas ?

Non. Il y a son nom, son identité, dans le dossier.

Il y a sa photo ?

Non, je n'ai pas vu ses photos.

A ce jour, que réclament vos clients ?

Que la vérité soit connue, tout simplement. Il y a des gens qui ont perdu leur mari, leur enfant, leur père. Alors que l'on n'était pas dans une situation de guerre. On était juste en train d'empêcher que les gens s'entretuent. Et voilà qu'on nous tue.

Vous avez une longue expérience du Tribunal aux armées de Paris. Avez-vous le souvenir d'une affaire aussi carabinée que celle-là ?

Il y en a une autre, mais je ne veux pas entrer dans les détails...

C'est l'affaire Mahé ?

Oui. L'affaire Mahé, selon moi, est un contre-feu de l'affaire de Bouaké. Elle a été mise sur la place publique par Michèle Alliot-Marie pour qu'on ne parle pas de Bouaké. C'était un assassin absolument notoire qui a été liquidé dans des conditions qui n'étaient pas nobles par les militaires français, mais cela a tout de même suscité un soulagement au sein de la population. Mais en donnant cette affaire en pâture à la presse, il était question de se débarrasser de Poncet qui commençait à l'emmerder drôlement dans l'affaire Bouaké. Par ses questions.

Avez-vous des relations avec les nouvelles autorités ivoiriennes ?

Non. Pas du tout. Je ne vois pas en quoi elles sont concernées.

Les bons rapports qu'elles ont avec Paris pourraient militer en faveur de l'extradition des copilotes...

C'est une des choses que j'ai évoquées quand je demandais l'extradition maintenant des copilotes. Maintenant, il n'y a aucune réponse en ce sens.

Vous avez fait cette demande après le changement de régime ?

Oui, il y a plusieurs mois.

Et il n'y a pas eu de réponse ?

Non. Le nouveau juge chargé de l'affaire vient de prendre ses fonctions il y a un mois environ. On attend. Mais c'est une affaire difficile. Il y a énormément d'éléments épars, différents, contradictoires et il faut qu'elle trace une ligne directrice. J'ai essayé d'aider le juge en lui fournissant deux lettres assez longues. J'en avais fait un pour la juge Florence Michon qui a beaucoup servi. La juge d'instruction n'est pas obligée de me croire. Elle doit aussi suivre les choses personnellement, de toute façon. J'essaie d'être le plus objectif possible, mais je suis subjectif aussi puisque je représente les victimes. Madame Michon ne me croyait pas trop au début. Après, elle s'est rendue compte que je disais vrai et l'enquête a beaucoup évolué dans le sens que je préconisais.

Qu'est-ce qui fait courir l'avocat Jean Balan ?

J'ai l'habitude en tant qu'avocat de me battre au maximum pour mon client. Et mon caractère déteste l'hypocrisie et les mensonges. Et il y en a beaucoup eu dans cette affaire. Mais avant tout, je fais mon travail d'avocat. Cela fait sept ans que je suis dans cette affaire, et j'ai fait beaucoup évoluer le dossier en fonction de ce que je préconisais. Maintenant, il y a une différence entre avoir raison sur de nombreux points et avoir raison sur tout.

En tant que citoyen français, avez-vous découvert des choses qui vous ont déplu dans la manière dont les institutions françaises fonctionnent?

Je ne suis pas né de la dernière pluie. J'ai bourlingué dans le monde, et je sais comment fonctionnent les institutions ici et là. Je ne suis pas surpris par certaines choses. Mais en France, on est dans un pays où on arrive à déterrer des choses même quand elles sont profondément enfouies.


Propos recueillis par Grégory Protche (Le Gri-Gri International) et Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 19 mars 2012

LE QUOTIDIEN LE MONDE INCENDIE LE PROCUREUR DE LA CPI: «OCAMPO EST SOUMIS AUX OCCIDENTAUX»

 

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Dans un article au vitriol, la correspondante du quotidien parisien du soir, «déshabille» le magistrat argentin, dénonce sa servilité vis-à-vis des puissances occidentales et dévoile ses méthodes absolument douteuses. Ces critiques sont émises depuis plusieurs mois déjà... par votre quotidien préféré. La charge est violente. Et surprenante de la part du quotidien Le Monde, soutien inconditionnel de la «gouvernance mondiale» et des aventures guerrières occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et en Syrie. Dans son édition datée d'aujourd'hui, Le Monde revient, sous la plume de Stéphane Maupas, sur le premier jugement rendu par la Cour pénale internationale en dix ans d'existence. Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga a en effet été reconnu coupable de «crimes de guerre» avant-hier. Ce jugement sera sans doute le seul rendu par le procureur Louis Moreno-Ocampo, qui plie ses bagages en juin prochain. La question de son bilan et de ses méthodes plus que discutables est donc à l'ordre du jour. Et Le Monde ne passe pas par quatre chemins pour le tacler sévèrement. «Dans ses communiqués, M. Moreno-Ocampo revendique une impartialité qui est démentie par les faits. Poignée de main chaleureuse avec l'Ougandais Yoweri Museveni, admiration déclarée pour le Rwandais Paul Kagamé, dont les pratiques sont pourtant dénoncées par l'ONU et les ONG», écrit Le Monde. Qui aurait également pu noter la rencontre discrète d'Ocampo et de Ouattara à son domicile privé parisien, et la «poignée de main chaleureuse» avec Guillaume Soro, pourtant soupçonné des pires crimes contre l'humanité. A Yoweri Museveni et Paul Kagame, qui ont historiquement prêté leurs pays comme bases arrières aux rébellions congolaises et qui ont été les alliés indispensables des multinationales qui pillent la RDC, Le Monde aurait pu adjoindre Blaise Compaoré, revolver françafricain tendu sur l'Afrique de l'Ouest, complice de Charles Taylor au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire mais jamais inquiété, tellement dans le secret des dieux qu'il a pu «prophétiser» dès 2003 sur l'extradition du président Laurent Gbagbo à la CPI. Museveni, Kagame et Compaoré sont les alliés des Occidentaux et des «nouveaux prédateurs» en Afrique et, sous Ocampo, cela vaut impunité.

Le Monde poursuit dans sa lancée. «C'est par le jeu des preuves que la justice internationale peut être manipulée. En enquêtant par des intermédiaires, par procuration, le procureur multiplie les risques. Sa victoire dans l'affaire Lubanga semble être une goutte d'eau dans la lutte contre l'impunité au Congo. En obéissant à la même stratégie au Darfour, en Libye ou en Côte d'Ivoire, M. Moreno-Ocampo reste soumis au bon vouloir des puissances régionales et occidentales», écrit Stéphanie Maupas. En évoquant les «intermédiaires» dont se sert l'actuel procureur, la journaliste du Monde met les pieds dans le plat et permet de comprendre la pertinence de la démarche de l'avocat principal du président Gbagbo à la CPI, Maître Emmanuel Altit, qui entrave la stratégie d'Ocampo, qui veut «expurger» (faire disparaître des dossiers) de manière systématique et sans s'expliquer les noms de ses «victimes» mais également de tous les membres de son bureau, de tous ses enquêteurs et de tous ses traducteurs. Parce que, selon toute évidence, il a travaillé main dans la main avec des officines du RDR, et ne voudrait pas que la Défense enquête sur ses enquêteurs et leur crédibilité. La référence aux «intermédiaires» fait également penser à l'utilisation excessive de Human Rights Watch, ONG financée en grande partie par le milliardaire Georges Soros, qui est réputé avoir financé la campagne d'Alassane Ouattara.

Couper ses accusations de la racine du conflit

La technique d'Ocampo, qui consiste à «séquencer» les crises et les crimes liés à ces crises afin d'accabler les personnes qu'il vise, sans avoir à s'en prendre aux protégés des grandes puissances, est également dénoncée par la correspondante du Monde à La Haye. «Jean-Pierre Bemba, principal opposant au président congolais, Joseph Kabila, est à La Haye depuis novembre 2010. Il est un acteur majeur des guerres de l'est du Congo. Mais pourtant, devant la CPI, il ne répond que des crimes commis en République centrafricaine. Un peu comme si le tribunal pour l'ex-Yougoslavie avait inculpé l'ancien président Slobodan Milosevic pour la seule guerre du Kosovo, faisant l'impasse sur son rôle en Bosnie-Herzégovine. Les accusations du procureur sont circonscrites à quelques faits. Elles ne donnent pas une vision claire des responsabilités dans la guerre féroce que se sont livrés par milices interposées l'Ouganda, le Rwanda et le Congo. Seuls deux autres chefs de milices, Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité en raison du massacre de 230 personnes à Bogoro, village d'Ituri, le 24 janvier 2003. Une seule journée dans une guerre de dix ans pour laquelle il n'existe pas de bilan précis, mais qui, selon l'ONU et les ONG, a fait plusieurs centaines de milliers de morts. En coupant ses accusations de la racine du conflit, le procureur a posé un acte politique. Ni le pouvoir ougandais ni le régime rwandais ni les responsables de Kinshasa n'ont été inquiétés ; aucun responsable clé n'a été cité, ne serait-ce que comme témoin», écrit-elle. La volonté d'Ocampo de n'enquêter, au départ, que sur la guerre post-électorale ivoirienne ne relève-t-elle pas des mêmes techniques de saucissonnage opportuniste ? Sur le dossier ivoirien, la question de «la racine du conflit» est un tabou réel. Le malaise du bureau d'Ocampo à l'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter sur le dossier ivoirien au début de la rébellion en 2002 est ainsi apparu dans les propos de Pascal Turlan, conseiller français du magistrat argentin. «On va regarder ce qui s'est passé depuis 2002 mais on n'a pas d'obligation d'enquêter sur ces crimes-là, on a maintenant la compétence pour le faire si on le souhaite et si on l'estime pertinent».

«Il voulait conduire une affaire rapide et facile»

Le pli politicien de Luis Moreno-Ocampo, plus soucieux des effets de manche que de la soif de justice des victimes, transparaît également de l'article du quotidien français. Pour gagner du temps, et se donner de la contenance avant son départ, le procureur qui n'avait jusque-là bouclé aucun de ses nombreux dossiers, a envoyé valdinguer toutes les charges relevant des violences sexuelles et des massacres au sujet de l'affaire Lubanga. «Le procureur nous avait demandé d'oublier les massacres, il voulait conduire une affaire rapide et facile», affirmait en 2009 un enquêteur qui avait claqué avec amertume la porte de la Cour», révèle Stéphanie Maupas. Au final, l'article du Monde reprend quasiment tous les griefs que les analystes ivoiriens critiquant la méthode Ocampo ont développés ces derniers mois. Le Nouveau Courrier n'est pas peu fier d'avoir été à la pointe du combat contre les impostures du procureur argentin sur une affaire Gbagbo qu'il laissera comme une patate chaude à son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, qui sera déjà à la barre lors de l'audience de confirmation des charges le 18 juin prochain. Bien entendu, rien ne prouve qu'elle sera plus soucieuse du droit et moins politicienne que son prédécesseur. Comme lui, elle a été, au fond, cooptée par les puissances occidentales qui utilisent tant la CPI comme un jouet que son crédit ne cesse de s'éroder. Dangereusement.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COMBAT CONTRE LA FRANÇAFRIQUE ET L'IMPERIALISME: LA LETTRE EMOUVANTE D'UN CITOYEN FRANÇAIS AU PRESIDENT GBAGBO

 

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Le combat pour une Afrique digne et véritablement indépendante mené par Gbagbo est entré dans les esprits de ses concitoyens, mais pas seulement. Des amis de l'Afrique, opposants au néocolonialisme et la Françafrique ont bien perçu ce message et sont décidés à le mener avec les Africains. Ainsi du français Stéphane Gayet, qui, dans une lettre émouvante au président Gbagbo, loue son mérite et son courage d'homme d'Etat, face aux impérialistes de tous poils. Un texte dense.

Monsieur le Président Gbagbo, je ne vous ai jamais rencontré et je ne suis même jamais venu dans votre beau et auparavant riche pays, la Côte d'Ivoire. Français blanc de France, fils de résistant chef d'équipe pendant l'occupation allemande, j'ai appris à vous connaître par l'intermédiaire de la diaspora ivoirienne de Strasbourg, où je vis. J'ai eu beaucoup de difficultés à vous cerner correctement, tant la désinformation au sujet de la politique ivoirienne depuis 2002 a été la règle dans les médias français. C'est grâce à mes amis ivoiriens que j'ai fini par comprendre qui vous étiez vraiment. C'est en m'intéressant à votre parcours et à vos luttes d'ancien opposant politique que j'ai pu vous saisir. Car on ne connaît bien un homme que lorsque l'on s'est imprégné de son histoire personnelle. Ce que j'ai compris de vous, c'est que vous ne vous êtes pas engagé dans le socialisme par opportunisme, mais par profonde conviction. J'ai découvert en vous un homme épris de loyauté, de justice et d'équité ; un homme authentique ; un leader réellement investi pour le bien de son peuple et de son pays ; un homme d'État courageux n'ayant pas peur de résister aux puissances financières et politiques internationales. Vous avez certainement des choses à vous reprocher, commis des erreurs préjudiciables, comme tout chef d'État. Mais je tiens à vous exprimer ici que je suis solidaire, pour l'essentiel, de vos options et de vos actions, car, nonobstant ce que l'on peut vous objecter, je considère que vous incarnez le juste combat d'une Afrique de l'Ouest victime d'un néocolonialisme machiavélique, inéquitable et ravageur qui maintient les pays cibles dans un état de dépendance et de pauvreté. Vous avez résolument pris un chemin difficile, mais noble, celui de l'indépendance vraie, non de celle de façade.

J'admire l'homme déterminé, pugnace et courageux que vous êtes. Mais que pouviez-vous faire face à ce complot, cette coalition dirigée contre vous dès votre élection de 2000 et dont la première offensive a été menée en 2002 ? Vous avez réussi à résister pendant huit années de guerre anti-Gbagbo, pendant lesquelles vous ne pouviez pas gouverner correctement. L'accord de Linas-Marcoussis a été le deuxième acte, après le coup d'État raté de 2002, de votre élimination. L'élection présidentielle de fin 2010, qui ne pouvait pas bien se dérouler étant donné le contexte, en a été le troisième. Sachez, Monsieur le Président, que je ne suis pas du tout convaincu que vous avez perdu cette élection. Je sais que les fraudes et autres irrégularités de toutes natures de la part de vos opposants ont dépassé l'entendement et que la soi-disant Commission électorale indépendante était tout sauf indépendante. Vous avez demandé un recomptage des voix et l'on vous a bombardé.

Vous êtes, j'en suis intimement convaincu, victime d'un complot international qui vous a conduit dans cette situation scandaleuse. Heureusement, une résistance s'est organisée, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ; cette résistance est extrêmement déterminée et ne lâchera pas, j'en suis persuadé. Recevez, Monsieur le Président, mes salutations très distinguées et respectueuses.


Dr Stéphane Gayet


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 14 mars 2012

L'ETAT EN AFRIQUE MENACE DE DESTRUCTION

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C'est une question qu'il serait intéressant de soumettre aux étudiants des différents instituts de sciences politiques du continent, voire à leurs enseignants, en vue de susciter un débat fécond et accoucheur de bonnes résolutions pour l'avenir. Quelle est la principale menace qui guette l'Afrique contemporaine ? Bien entendu, les possibilités de réponse sont infinies. On peut évoquer le sida, qui décime la jeunesse. Les guerres civiles. Le déficit démocratique. La faiblesse de la norme de droit. La crise énergétique. La mondialisation. L'enjeu démographique. Toutes ces problématiques sont pertinentes et se rejoignent. Mais il me semble - puisqu'il faut bien désigner la priorité des priorités pour ne pas se laisser entraîner dans des combats superflus ou mal posés - que les attaques toujours plus violentes dirigées contre les Etats et même contre la notion d'Etat en Afrique pourraient déboucher sur les pires déconvenues.

Une fausse évidence continue d'habiter de nombreux analystes de l'actualité dans nos contrées. Elle considère comme certaine la permanence et le caractère incontournable des Etats situés à l'intérieur des frontières héritées de la colonisation et représentés au sein de l'Assemblée générale des Nations unies. Pourtant, le travail rationnel de délégitimation et d'émasculation de ces Etats, engagé depuis une vingtaine d'années, s'accélère devant nos yeux. Pendant que, dans un combat de coqs, Francophones et Anglophones, Afrique de l'Ouest et Afrique australe, s'affrontent à grands renforts d'orgueil pour le poste de président de la Commission de l'Union africaine.

Au commencement étaient les plans d'ajustement structurel. Ils ont déconsidéré l'Etat en Afrique en lui enlevant toute marge de manœuvre économique. Endetté au nom du clientélisme en vigueur pendant la guerre froide, bridé dans ses capacités d'investissement, contraint de remettre les clés des entreprises publiques à des multinationales qui ont plus profité de l'existant que construit des routes, des ponts, des complexes agronomiques - mais est-ce leur rôle ? -, soumis aux caprices des institutions de Bretton Woods et de leurs recettes tout aussi idéologiques qu'inopérantes, l'Etat africain a perdu sa crédibilité. Selon le même procédé qui a amené les pères «compressés», «déflatés» et «décrochés», à être considérés comme financièrement impotents par leurs propres enfants.

Un néocolonialisme occidental déguisé en «démocratisme»

L'ajustement structurel, d'une certaine manière, a préparé le terrain pour les rébellions, les sécessions et les irrédentismes. Sous la double pression des ingérences occidentales prétendument pourvoyeuses de démocratie et des croisés de l'islamisme sunnite le plus rétrograde, le continent se délite. Focalisés sur les enjeux nationaux et politiciens de chacune des crises qui éclatent ici et là, les Africains ne distinguent pas toujours le fil blanc qui les relie. Pourtant, tout se rejoint. Cette année, le Nigeria, qui se plaît à se croire gendarme de l'Afrique de l'Ouest et qui était prêt à  envoyer ses soldats servir de tirailleurs en Côte d'Ivoire l'année dernière, fait face à une véritable guerre civile opposant la secte Boko Haram, que l'on dit proche d'Al Qaida, à l'Etat central. Un Etat tellement compromis avec les multinationales pétrolières occidentales qu'une partie de ses populations autochtones prennent leur part de la manne nationale les armes à la main, à travers des opérations de piraterie que l'on peut comprendre, même si on les désapprouve. Des cellules de Boko Haram, nous dit-on, sont déjà installées à Douala, au Cameroun.

En 2011, le néocolonialisme occidental déguisé en «démocratisme» a ravagé la Côte d'Ivoire et la Libye. En 2012, la déstabilisation de la Libye par les Occidentaux, objectivement aidés par les groupuscules d'Al Qaida, a entraîné le déclenchement d'une rébellion touarègue bien plus dangereuse que toutes les précédentes pour l'intégrité territoriale du Mali. Demain, fatalement, une succursale du MNLA s'ouvrira au Niger, sur les terres gorgées d'uranium que les pays industrialisés convoitent.

Comme en Côte d'Ivoire en 2002, la France glorifie les exploits de la rébellion au Mali, accrédite la thèse de sa puissance militaire, et plaide pour un accord qui consacrera, on l'imagine, une partition provisoire du pays et une institutionnalisation du MNLA sur le modèle des «Forces nouvelles». Le MNLA, prétend-on, aidera mieux que l'armée malienne, à lutter contre AQMI. Plus certainement, il sera bien plus inféodé aux Occidentaux et à leurs visées économiques... Au nom de quel type de priorités stratégiques l'OTAN se mobilise-t-il pour chasser Kadhafi mais pas pour neutraliser les différentes succursales de la nébuleuse Al Qaida, présentée comme l'ennemie publique numéro un ? Pourquoi a-t-on l'impression qu'en Afrique et au Moyen-Orient, l'Occident se mobilise plus pour démembrer les Etats - Irak, Libye, Syrie, Côte d'Ivoire, Mali... - que pour affronter les vraies menaces globales ?

Il y a quelques jours, la Cyrénaïque, province pétrolière de Libye, a fait une déclaration d'autonomie. Dans un contexte où l'Etat central s'est effondré, où chaque chef local a sa milice surarmée, qui peut arrêter ce processus ou dire avec certitude qu'il n'y aura pas d'effet d'entraînement ? Qui peut dire qu'un «Areva State», un Etat-AREVA, ne naîtra pas de l'unification des Touaregs du Mali et du Niger ? L'indépendance du Sud-Soudan a constitué une jurisprudence dans laquelle beaucoup de minorités ethniques vivant au-dessus de richesses minières peuvent désormais s'engouffrer. Dans vingt ans, l'Union africaine abritera-t-elle 70 ou 80 Etats ? Existera-t-elle encore ?

Alerte ! L'Afrique doit se réveiller. Elle doit comprendre que l'existence d'un Etat minimal, déconsidéré, aux frontières floues, sans maîtrise territoriale, sans règles constitutionnelles sérieuses, est le rêve fondamental des multinationales et des Etats qui les sponsorisent. A cet égard, la République démocratique du Congo, toujours instable, toujours pillée, malgré la présence désormais structurelle d'une administration civile et militaire onusienne, représente un spectre inquiétant pour tous.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 12 mars 2012

COUP D'ETAT CONTRE LE PRESIDENT GBAGBO: DES IMAGES QUI ACCABLENT LA FRANCE


LE DRAPEAU IVOIRIEN ENTRE LES MAINS DE L'ARMEE FRANçAISE.jpg

La vérité éclate progressivement au grand jour ! Une photo inédite est disponible sur le net. Selon des sources concordantes, cette image ferait même partie des nombreuses preuves accablantes rassemblées par la Défense du Président Gbagbo contre l'armée française. La photo daterait du 11 avril 2011, jour du renversement de Gbagbo par la France. Sur cette image écœurante pour l'Afrique digne, on voit des soldats français posant avec, comme un butin de guerre, le drapeau national de Côte d'Ivoire. De toute évidence, le drapeau orange-blanc-vert ainsi brandi par les soldats français a été pris à l'intérieur de la résidence présidentielle.

Selon toute vraisemblance, les militaires français qui ont pénétré dans la résidence du chef de l'Etat ivoirien et renversé le Président Gbagbo avant de le remettre aux forces armées pro-Ouattara, le lundi 11 avril 2011, n'ont pu se retenir d'immortaliser leur forfaiture. Nullement gênés d'avoir fait la guerre à un pays souverain avec lequel aucun conflit n'a été officiellement déclaré, ces soldats à la solde de Nicolas Sarkozy ont arraché l'écharpe une fois à l'intérieur de la résidence officielle présidentielle. Et là, sûrement au moment où les chefs rebelles de Ouattara partaient au Golf Hôtel, QG de Ouattara, avec le Président Gbagbo qui venait d'être renversé, les soldats français, ont certainement ameuté cameramen et photographes français pour se faire filmer. Comme pour dire : on y était effectivement et c'est nous qui avons fait le boulot.

Lors de sa première audience devant les juges de la chambre préliminaire 3 de la Cour pénale internationale (Cpi), le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo, expliquant les circonstances de son renversement du pouvoir, avait nommément indexé la France de Nicolas Sarkozy : « J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises...La résidence du Président de la République a été bombardé du 31 mars au 11 avril, et c'est dans ces conditions-là, le 11 avril, pendant qu'on me bombardait, qu'on bombardait la résidence qui était déjà à terre- nous, on se cachait dans les trous de la résidence- et, une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères bombardaient ; C'est dans ces conditions là que j'ai été arrêté. C'est l'armée française qui a fait le boulot ».

Ce témoignage du Président Laurent Gbagbo a fait « boom » dans l'opinion internationale. Comme il fallait s'y attendre, la France et ses médias ont tenté de discréditer les propos du chef de l'Etat ivoirien renversé. Mais en vain. Les témoignages concordants et les preuves qui accablent la France pour son coup d'Etat contre Gbagbo sont légion. A preuve, cette photo inédite de soldats français à côté d'un de leurs nombreux chars de combat, brandissant tel un trophée de guerre, le drapeau de Côte d'Ivoire. Les soldats français qui viennent d'investir la résidence officielle du chef de l'Etat ivoirien et d'arrêter le Président Laurent Gbagbo, tournent en dérision le plus grand symbolise de la Côte d'Ivoire. Ils souillent notre drapeau et foulent ainsi au pied notre souveraineté.

Une façon explicite de dire aux ivoiriens que l'armée française a reconquis la Côte d'Ivoire par les armes. Qu'elle n'est plus un pays indépendant et souverain comme le voulait Gbagbo. Qu'elle est désormais redevenue une colonie française où Paris vient d'installer, ce 11 avril 2011, son « pion » Alassane Dramane Ouattara. C'est l'analyse qu'inspire la photo des soldats français posant en conquérants.


Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr

Source: NOTRE VOIE

 

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TOUS DANS LEURS PETITS SOULIERS


Dans un communiqué du 21 septembre 2011, le Conseil national de la Presse (Cnp, organe de régulation de la presse écrite), proférait des menaces graves tendant à nier l'évidence : « (Des) journalistes s'évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l'opinion que les autorités politiques en place seraient issues d'un coup d'Etat opéré contre leurs prédécesseurs...

Les concepteurs de ces idées présentent le Chef del'Etat Ivoirien (Ndlr, Alassane Dramane Ouattara) comme un président installé par coup d'Etat et son régime installé par la France, tandis que l'ancien chef de l'Etat (Ndlr, Laurent Gbagbo) est vu comme renversé par l'Armée française et prisonnier du chef de l'Etat français ».

Pour le Cnp, « ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d'informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité ». Quelle est donc cette réalité ? Réponse du Cnp : « Le Président de la République de Côte d'Ivoire exerce son mandat actuel des suites d'élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges ».

Et le Cnp de continuer : « ces faits étant établis et de notoriété, le Cnp, à compter de la publication du présent communiqué, sera intraitable sur les écrits à caractère subversif et insultant non seulement pour les autorités en place mais également pour le peuple ivoirien qui a, dans la transparence, élu son président ».

Et depuis ce communiqué, le Cnp s'est bandé les yeux et a bouché ses oreilles sur toute autre réalité. En tout cas, quand ils daignent les rouvrir, c'est pour distribuer des sanctions à la presse libre. On se prend de pitié en regardant les décideurs du Cnp s'épuiser à vouloir masquer lavérité pour plaire à Ouattara. Leur « combat » est devenu bassement ridicule depuis le 5 décembre 2011, quand, lors de sa toute première audition à la Cpi, le Président ivoirien renversé a proclamé, parlant de ce coup d'Etat, en direct et devant les cameras des télévisions du monde entier : « C'est l'armée française qui a fait le boulot ! ».

Cette déclaration aurait pu conduire le Cnp à un peu de pudeur, de discernement et de nuance sur le sujet, mais que non ! La structure continue à exercer ses tentatives de musèlement de la presse libre sur le «boulot» scandaleux de l'armée française. Démontrée par cette image des soldats français plastronnant avec le drapeau de notre pays, comme un butin de guerre. Dites-nous, Messieurs les décideurs, pourquoi doit-on se taire quand une armée étrangère profane notre drapeau national !? Que gagnez-vous à cacher la vérité au monde entier ? Pour ce qui nous concerne, nous, presse libre et attachée à la mère-patrie, refuserons toujours «la collaboration». C'est-à-dire la traitrise à la Côte d'Ivoire!


César Etou

cesaretou2002@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4082 du lundi 12 mars 2012.

mercredi, 07 mars 2012

LIBYE - LE CNT INCAPABLE DE GERER LA LIBYE, LES LIBYENS PLEURENT KADHAFI


MOUAMMAR KADHAFI, L'AFRICAIN.jpg
Kadhafi, l'Africain

Comme un seul homme, les médias "mainstream" reprennent les informations de l'AFP sans plus analyser quelque chose. Ainsi, c'est par cette introduction lapidaire qu'ils annoncent la fin de la Libye: "Des chefs de tribus et de milices de l'Est libyen ont déclaré mardi l'autonomie de cette région pétrolière, où est née la révolte qui a fait chuter Mouammar Kadhafi, faisant craindre une partition du pays, où les nouvelles autorités peinent à exercer leur autorité".

Souvenez-vous, j'avais fait le serment de dire tout ce que je sais, savais, sur la Libye, en juin dernier dans un billet après mon passage sur Télésud (vidéo en dessous), dont voici l'extrait:

" Même sous la torture, tant pis pour le prix à payer, quelque soit ce que ça me coûtera, je dirai toujours la vérité sur le dossier libyen qui est une vaste fumisterie. Quant à nos amis du CNT, ils ne pourront jamais avoir la main mise sur la Libye. Jamais ".

Finalement, toutes nos prévisions sont entrain de se révéler vraies. Le CNT ne peut pas gouverner la Libye. L'OTAN a installé des faibles, pour mieux piller le pays. Sachant que les Libyens ne peuvent accepter de revenir à un Royaume, le clan Sénoussi qui a piloté la révolte de l'Est libyen, est aux avant-poste, aussi, pour réclamer son autonomie. Le Conseil intérimaire de Cyrénaïque comme il s'est baptisé a été établi sous la direction de Cheikh Ahmed Zoubaïr al-Sénoussi, cousin du roi Idriss déposé en 1969 par Kadhafi sans effusion de sang.

La presse française vient enfin de diffuser ce dont nous parlions ici le 02 mars dernier, avec la profanation des tombes des soldats et du Commonwealth tués en Afrique du Nord lors de la seconde guerre mondiale par les renégats de Benghazi. C'est L'Express qui en parle, sans toutefois préciser qu'il y avait aussi des tombes juives. Ah, les ingrats ! Aidés par David Cameron pour assassiner le frère guide Mouammar Kadhafi, le résultat est vraiment très amusant. Comment Mouammar Kadhafi l'homme traité de tous les noms d'oiseaux dont d'antisémitisme a pu laisser en place ces tombes durant 42 ans ?

Ce que la presse dominante refuse de reconnaître, c'est que cette fameuse Cyrénaïque n'a connu son développement que sous l'impulsion de Kadhafi. Faut-il vous faire un dessein ? Regardez la vidéo n°1. Contrairement aux affirmations mensongères de la presse, Le CNT de plus en plus faible est incapable de gérer la Libye et par conséquent, ses dirigeants presque tous issus de l'Est libyen veulent créer un petit Émirat et laisser tomber la Tripolitaine (ouest, zone de Tripoli) et le Fezzan (sud libyen), moins riche. Seul Kadhafi ne voulait pas la partition de la Libye et redistribuait équitablement les richesses de son pays...

Nous étions en juin 2011, bien avant l'assassinat que l'ONU a commandité avec les mains américaines, françaises, anglaises et....africaines. Pas de doute possible, la malédiction Kadhafi se payera un jour. On ne peut surfer éternellement sur cette injustice faite au peuple libyen.


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 06 mars 2012

SYRIE - HOMS LIBEREE: NOUVELLES REVELATIONS SUR LE TERRAIN A BABA AMR


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Ça y est. L'armée syrienne a pénétré Baba Amr et en a chassé les groupes armés. Une occasion qui a permis aux caméras de presse de révéler toute la vérité sur ce qui s'est déroulé pendant les trois dernières semaines dans ce quartier de Homs.

A première vue, les images diffusées montrent une région fantomatique complètement dévastée. Plus rien n'y bouge. Des immeubles et unités résidentielles ont été transformés en ruine, laissant constater la dureté des combats auxquels se sont livrées les forces syriennes contre des groupes, sans aucun doute, armés jusqu'aux dents.

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Près de 700 hommes armés, arabes et étrangers à la fois, ont mis bas les armes à Baba Amr, le bombardement des tunnels leur en ont coupé tout approvisionnement. Les gangs et leurs munitions se trouvent actuellement aux mains des forces sécuritaires syriennes, et personne ne peut dorénavant démentir les vérités suivantes suite aux aveux des insurgés qui viennent de capituler:

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- Les hommes armés arrêtés par les forces syriennes sont originaires des pays du Golfe, de l'Irak, et du Liban. Des membres de renseignements qataris, des combattants afghans, turcs, et des Européens, notamment des Français, ont eu aussi « l'honneur » de combattre côte à côte l'armée nationale syrienne. C'est ce qu'a révélé l'expert syrien des affaires stratégiques, Salim Harba, dans une interview au site d'information d'alManar.

- Des armes israéliennes, européennes et américaines ont été confisquées à Baba Amr. Ces armes sont tellement sophistiquées qu'elles n'ont pas encore été testées dans les pays producteurs, ajoute l'expert, qui promet la révélation prochaine par les autorités syriennes de nombreuses informations à ce sujet, tenues secrètes jusque-là.

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Armes confisquées à Baba Amr - Des obus israéliens, des jumelles nocturnes, des roquettes, des systèmes de vision nocturne, des systèmes de télécommunications très sophistiqués ont été également saisis par l'armée syrienne.

- Des stations de communications ont été mises en place sur le territoire libanais afin de superviser les opérations militaires à Baba Amr, et d'assurer le contact entre les commandants sur le terrain et un bureau de coordination dirigé par des membres de renseignements dans la capitale qatarie, Doha.

- Ces stations de communications ont été commandées à partir du Liban par des personnalités libanaises, dont des députés du Courant du Futur, révèle aussi l'expert syrien dans son interview. «C'est ainsi que la région de Wadi Khaled a constitué la profondeur stratégique de Baba Amr pendant les combats», a-t-il affirmé.

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Le Mossad et Black Water supervisent depuis le Qatar les opérations à Homs

De même source, on confirme qu'un bureau de coordination a été mis en place au Qatar, sous le parrainage des Etats-Unis et des pays du Golfe. Ce bureau regroupe des agents de renseignements américains, français, qataris et saoudiens, ainsi que des membres de l'agence de renseignement américaine, la CIA, du Mossad israélien, de la compagnie Black Water, et certes des figures éminentes du « conseil transitoire syrien».

Le Qatar a, en effet, finalisé une transaction avec des compagnies d'armement israélo-américaines pour armer les gangs armés, et les pays du Golfe ont financé l'accord.

Et Harba d'ajouter que les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations », a-t-il dit.

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Les journalistes européens exfiltrés au Liban via des tunnels

Arrivés à leurs pays après neuf jours passés à Homs, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, n'ont pas oublié de rendre hommage aux rebelles qui les ont exfiltrés. Il suffit de lire leur compte rendu publié dans Le Figaro de samedi pour faire taire toutes les allégations sur l'absence de tunnels de contrebande entre le Liban et la Syrie.

«Une première tentative à travers un tunnel a échoué sous les bombardements syriens, dans la nuit du 26 au 27 février, seuls Paul Conroy et Javier Espinosa sont parvenus à être exfiltrés par l'ASL (armée syrienne libre) et à gagner le Liban... L'ASL a alors décidé de sortir les deux journalistes par un véhicule, le long d'un itinéraire secret. Edith Bouvier et William Daniels sont allés de cachette en cachette... Leur itinéraire était ouvert par des éclaireurs qui connaissent les routes et les chemins détournés.

En changeant plusieurs fois de véhicule (pick-up, camion), sur des chemins de montagne, les deux journalistes ont atteint la frontière libanaise jeudi soir, avant d'être rapatriés par avion, vendredi, en France», racontent les deux journalistes.

Preuve à l'appui, l'ASL usait bel et bien de tunnels qui liaient Baba Amr au territoire libanais, des tunnels servant à l'acheminement d'armes et de combattants, et non comme le prétendait le Telegraph sur la présence de tunnels pour abriter les civils.


Source: INFOS D'ALMANAR

CPI, UN TRIBUNAL HAUTEMENT POLITIQUE

UNE N° 160 AUJOURD'HUI.jpg

Le monde entier se mord aujourd'hui les doigts sur l'orientation donnée au fonctionnement de la Cour pénale internationale par les Occidentaux.  Créée avec pour objectif précis de juger les personnes accusées de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l'humanité, elle est devenue un instrument hautement politique utilisé par les Etats-Unis et la France contre les chefs d'Etat qui refusent de leur faire allégeance.

Sur les 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome, seulement, ces deux pays dont l'un, (les Etats-Unis) n'a pas ratifié ledit traité,  font de  cette juridiction internationale leur chasse gardée. Ils s'en servent abondamment pour régler les comptes politiques à certains de leurs ennemis. La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye le 29 novembre 2011, en est une parfaite illustration. Il a fallu que ces deux pays qui ne veulent pas le voir au pouvoir fassent pression sur le procureur Ocampo pour qu'il agisse dans la précipitation et procède à l'enlèvement de l'ex-Président de la République. Nicolas Sarkozy et Barack Obama en ont fait leur affaire personnelle parce que Laurent Gbagbo n'est pas celui qui sacrifie les intérêts de son peuple sur l'autel de l'égoïsme économique de l'étranger.

On l'a vu, avant d'envoyer ses hommes chercher le  célèbre prisonnier  à Korhogo, Ocampo a fait des tours aux Etats-Unis et en France pour prendre les consignes auprès de ses « maîtres ». Au cours de son séjour parisien, Il a rencontré également Alassane Ouattara pour les décisions finales  sur le transfèrement de Laurent Gbagbo. Ce ballet politico-diplomatique est la preuve que le politique a une réelle emprise sur  le fonctionnement et les décisions de la Cour pénale internationale dont le premier responsable agit selon les humeurs de Sarkozy et son Américain et non sur la base du droit, comme le prévoient  les textes fondateurs.

Le procès qui attend l'ancien chef de l'Etat ivoirien, est donc purement politique. Le droit n'y aura pas sa place. C'est « la volonté des pères qui sera faite ». C'est ce qui fonde d'ailleurs la grande sérénité qu'il affiche depuis sa déportation à la prison de la Haye. Son choix porté sur  Me Emmanuel  Altit, un avocat rompu aux arcanes des procès politiques comme celui qui attend Laurent Gbagbo, la légende vivante de la lutte contre la nouvelle forme de l'impérialisme occidental. « Nous avons une équipe de professionnels expérimentés et aguerris »  disait Me Altit, hier, dans les colonnes d'un confrère de la place.

Cette assurance qui augure d'une belle victoire en ajoute à l'espoir des milliers d'Ivoiriens et de sympathisants qui se mobilisent à travers le monde. «J'entends vos pleurs. Mais continuez le combat», disait récemment Laurent Gbagbo à tous ces hommes et femmes qui se battent pour sa cause à travers les 6 continents qui composent le globe terrestre. Comme cela se voit, le Woody de Mama s'apprête à aller jusqu'au bout.

Les armes dont il dispose pour réaliser ce vœu, ce sont les preuves et la force de ses  arguments pour convaincre cette cour politique quant à son innocence dans toutes ces accusations fantaisistes mises à sa charge. Parce qu'il n'a pas commis les crimes dont on l'accuse et dont les vrais auteurs continuent dans la plus grande impunité de tuer en Côte d'Ivoire sous l'œil parfois complice de l'Onuci. Malgré les manœuvres politiciennes des parrains occidentaux de l'actuel régime ivoirien, Laurent Gbagbo va gagner.

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 160 du samedi 3 mars 2012.