topblog Ivoire blogs

jeudi, 16 février 2012

UN DOCUMENTAIRE DE FRANCE 5 REVIENT SUR LES MASSACRES DES FORCES PRO-OUATTRA ET L'INDIFFERENCE COUPABLE DE L'ONUCI

 

LOGO DE L'ONU.jpg

Regardez et téléchargez cette deuxième partie d'un passionnant documentaire (il l'est du début à la fin) diffusé par France 5 intitulé "Menace sur les droits de l'homme". Un documentaire assez peu vulgarisé et dont des télévisions africaines devraient songer à acheter les droits, comme la RTI de l'époque avait acheté les droits de "La Françafrique" de Patrick Benquet. A partir de 1'37", il parle longuement de la Côte d'Ivoire, et de la lâcheté complice de l'ONU à Duékoué. Les enquêteurs d'Amnesty International parlent sans langue de bois. Mais ces messieurs et dames d'une Cour pénale internationale financée quasi-exclusivement par les pays occidentaux auront-ils le courage de dire leur fait à leurs "bienfaiteurs" ?

 

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 14 février 2012

CRISE AU NORD-MALI: A QUOI JOUE LA FRANCE?

SARKOZY ET ATT.jpg

La question mérite d'être posée au regard du comportement déjà suspect des médias français les plus prisés au Mali et qui vient d'être corroboré par les déclarations incendiaires à friser la démesure, de la part d'un chef de diplomatie.

En abordant la question du septentrion malien sur RFI, avant-hier, Alain Juppé, sans la moindre retenue due à sa tunique  diplomatique, n'a trouvé mieux que de blesser les Maliens dans leur orgueil par des propos qui frôlent la jubilation. «La rébellion a engrangé des succès», a-t-il laissé entendre, allusion faite visiblement aux assauts sporadiques d'éléments armés sur certaines contrées du Nord-Mali. Ménaka, Tessalit, Aguelhoc, Anderamboukane, etc, ont été soit définitivement soit temporairement abandonnés aux positions rebelles parfois par mesure stratégique.

Quoi qu'il en soit, le succès auquel le Ministre français des Affaires Étrangers fait allusion est entaché d'exactions graves et même passibles de comparutions  devant la Cour Pénale Internationale. Il s'agit des abus commis sur les soldats maliens après qu'ils se soient rendus, abus dont les images ont fini de faire le tour du monde et d'horrifier les internautes de la planète entière.

REBELLES TOUAREG 2.jpg

Au lieu d'attirer les attentions sur ces horreurs dignes de la barbarie d'un autre âge, Alain Juppé semble visiblement mettre les intérêts de la France sur celle de l'humanité.

En effet, une telle perception de l'évolution de la situation dans le Nord-Mali, pour peu qu'on est attentif, ne peut s'expliquer que par la détention d'une poignée de citoyens Français par l'AQMI dans la zone. Il se trouve, selon des sources dignes de foi, que la collusion d'intérêts entre la France et la rébellion est de plus en plus manifeste. Leur collaboration, de même source, a même atteint une certaine proportion depuis que l'AQMI, principal ennemi de Paris, a essuyé une lourde perte à la suite d'un récent accrochage avec les positions rebelles du Mali.

Se servir des rebelles maliens pour combattre les islamistes et autres preneurs d'otages. Telle est, en définitive, la logique qui vaut au Mali l'indifférence de l'ancienne métropole face aux horreurs que subissent ses vaillants combattants sur le front septentrional. Il ne lui a donc pas suffi que son ancienne colonie ait fait violence sur elle en compromettant ses rapports de bon voisinage avec des pays limitrophes (Algérie et Mauritanie) par la libération de leurs terroristes contre celle du Français Pierre Camate.


A.Keïta


Source: TELEDIASPORA.NET

00:25 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Mali | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, mali, crise au nord-mali, rfi, alain juppé, aqmi, pierre camate, ménaka, tessalit, aguelhoc, anderamboukane, cpi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LETTRE OUVERTE DU DOCTEUR CHRISTIAN SADEK A NICOLAS SARKOZY: TOUJOURS D'ACTUALITE

 

Dr CHRISTIAN SADEK.jpg


Docteur Christian SADEK

Médecin généraliste

Les Prades

46250 CAZALS


A Monsieur Nicolas SARKOZY

Président de la République Française


Cazals, le 08 Mars 2010


Monsieur le Président de la République,

Avec tout le respect que je vous dois dû à votre fonction, je me permets de vous adresser ce petit présent : un croc de boucher. Ce n'est pas pour y suspendre Monsieur Dominique de VILLEPIN et n'a rien à voir avec les balles de 9mm qui vous ont été adressées anonymement. « Moi, je vous dis qui je suis, et pourquoi je vous adresse cet objet.

En temps que médecin de campagne, je suis tous les jours au contact de la France « d'en- bas », des agriculteurs, des artisans, des professions libérales, des commerçants, des employés salariés qui doivent travailler toujours plus pour en fait gagner de moins en moins. Je côtoie aussi des personnes au R.S.A. qui travaillent au noir, arrivent à toucher de nombreuses allocations diverses et variées et qui en fait ne payent pas d'impôts et s'en sortent beaucoup mieux que ceux qui sont au SMIC, et qui travaillent 7 H /jour, et bien mieux que de nos agriculteurs qui eux travaillent plus de 60 H/ semaine et 365 jours par an et qui parfois sont obligés de fréquenter les Restos du Cœur pour nourrir leurs enfants.

Et que dire de nos retraités qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Tous les jours, je mesure la température de la population de notre canton et, je ne sais si c'est une conséquence du prétendu réchauffement climatique, mais la température monte, monte lentement mais sûrement et un jour cela va éclater. Je pense que c'est comme le « big one » sur la faille de San Andréa : on sait que cela va arriver mais on ne connait pas la date.

C'est ce que je perçois sur le canton de Cazals et aussi ce que je pressens dans les autres cantons de France. Il serait dommage que notre Pays qui est au bord de la faillite, faillite en grande partie liée à l'incompétence et à la corruption de nos énarques, soit victime d'une troisième révolution qui achèverait de le ruiner.

Comme en 1789, la Révolution pourrait éclater pour une parole de trop : en 1789 ce serait Marie-Antoinette qui l'aurait prononcée : « Ils n'ont plus de pain alors qu'ils mangent de la brioche ». L'ENA n'existait pas mais déjà nous avions une énarque qui ignorait comment se faisait le pain et la brioche : aucune réalité de la condition de vie des gens sur le terrain. C'est peut être pour éviter cela que nos énarques et hommes politiques font de longs discours qui nous endorment et ne veulent plus rien dire : au moins cela évite de mettre le feu aux poudres et ils se sont fait plaisir en alignant des mots mais aucune idée. Nous sommes en présence d'un État qui devient de plus en plus inquisiteur envers ses citoyens, de plus en plus répressif envers les honnêtes gens, de plus en plus laxiste pour les voyous : auriez-vous peur des voyous, Monsieur le Président?

Pourtant ce sont les honnêtes gens qui feront la prochaine révolution parce qu'ils en ont assez que 1789 ne serve à rien et qu'ils ne soient bons qu'à payer des impôts. Je pense, en tant que médecin, que la révolution c'est comme le vaccin : de temps en temps il faut des rappels. Il y a trop longtemps maintenant que le dernier rappel a été administré.

Après le dépistage des délinquants à l'âge de 3 ans, la taxe carbone qui épargne les plus pollueurs (vos petits copains), les radars « pompes » à fric, qu'allez vous nous pondre : le rétablissement des lettres de cachet ? Pourvu que je n'en sois pas la première victime !   

Vous êtes en train de nous faire une France à l'Américaine. Mais pas celle d'Obama ! Celle de Bush, marionnette de la C.I.A., des lobbies de l'industrie et de l'armement. Votre idole était G.W. Bush : cela « crevait » les yeux. L'Europe géographique avait un pays à la botte des américains (l'Angleterre), maintenant elle en a deux. Lors de l'invasion en Irak, par les américains, je devrais dire par la C.I.A. et les industriels de l'armement et accessoirement G.W.Bush, Jacques CHIRAC a eu probablement la meilleure initiative de ses mandats : ne pas y aller. S'il n'en avait pas été ainsi, je pense que notre pays, qui compte 1/6 de musulmans explosait de l'intérieur. En médecine, il y a un dicton qui dit « primum no nocere » - d'abord ne pas nuire - et il a su l'appliquer.

Vous êtes, lentement mais sûrement, en train de transformer le pays en dictature car vous avez l'esprit d'un petit dictateur ; il existe une grande similitude entre vous et Napoléon III dit Le Petit (dixit Victor Hugo). Mis à part quelques ministres, vous vous êtes entouré (mais cela est peut être voulu) d'incompétents notoires qui n'ont aucune réalité du terrain, comme par exemple Madame R. Bachelot qui nous a montré ses talents dans la gestion de la « grosse » épidémie de grippe A. Heureusement que le virus H1 N1, quant à sa virulence, n'avait rien à voir avec le H5 N1, auquel cas elle aurait participé à décimer le pays : elle aurait peut être résolu le problème de chômage en créant un maximum d'emplois... dans les funérariums. Il y a un proverbe qui dit : « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois » ; je crains que vous l'ayez fait vôtre. Mais au fait, cette épidémie de grippe, n'était-ce pas une diversion, pour faire parler d'autre chose que de la crise ce qui aurait risqué d'échauffer les esprits ? En vous adressant ce présent, je ne fais pas de menaces, je m'inspire un peu de vous - après tout, c'est vous qui en avez parlé le premier, du croc de boucher - Je fais seulement de la prévention.

Il serait en effet regrettable que votre absence de bon sens, votre éloignement de plus en plus grand de la France « d'en bas », comme avait dit Jean Pierre Raffarin, vous conduise à vous y trouver suspendu par le peuple, ou pire encore, que la Guillotine, reléguée au musée par Robert Badinter, reprenne du service et fonctionne au rythme qu'elle a connu sous la Terreur. Je vous rappelle que vous êtes le Président de tous les Français même si tous n'ont pas voté pour vous et  que vous avez été choisi pour vous occuper de notre Pays, pas pour l'anéantir.

Je suis un libéral, mais je suis pour le libéralisme choisi et non subi et imposé. Vous êtes en train de créer un système de santé à l'américaine, c'est-à-dire à deux voire trois vitesses, alors que Monsieur Obama lui veut faire machine arrière et rendre l'accès aux soins à tous les Américains qui en étaient exclus. Vous êtes en train d'anéantir l'enseignement qui est le type même d'investissement à long terme où l'on dépense aujourd'hui de l'argent (nos impôts) qui sert à former les cerveaux qui feront l'élite intellectuelle de demain. Les pays nordiques comme la Finlande l'ont bien compris. Avec la suppression du juge d'instruction, vous êtes en train de créer une justice aux ordres du pouvoir : la France va devenir une République Bananière si elle ne l'est pas déjà. A l'allure où vous allez, la France sera le premier pays sous développé d'Europe : plus d'université, plus d'hôpitaux, plus d'industries, plus de services publics, plus d'agriculture, une réserve de gaulois pour touristes étrangers tout au plus. Attention ! Les Gaulois à l'image d'Astérix et Obélix pourraient bien entrer en Résistance.                 

Dans 15 jours j'adresse cette lettre à N. Sarkozy accompagnée de son "cadeau" le crochet de boucher. Diffusez-la à un maximum de vos contacts, qu'elle fasse le tour du pays. Si un maximum de gens sont informés, je ne risque rien. Je compte sur vous et...

Vive la liberté d'expression !!!!!



Docteur Christian SADEK

Médecin généraliste
Les Prades 46250 CAZALS


Source: LE GAULOIS DECHAINE

SYRIE - NADIA KHOST: LE TERRORISME AU NOM DE LA «DEMOCRATIE»


ARMEE SYRIENNE LIBRE.jpg

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.


Nadia Khost dénonce le cynisme de l'Occident


L'intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l'auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s'emploient aujourd'hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori

Se préparant à envahir l'Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd'hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N'est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n'est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d'avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l'ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l'État Syrien qu'il veut fabriquer : 1) Il n'a pas exigé des élections qui révéleraient l'État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu'ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu'à l'ouverture des urnes. 2) Il ne s'est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l'ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c'est la réponse des Syriens au projet de l'Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d'Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d'artistes et d'intellectuels et la délégation des opposants syriens de l'intérieur, à l'entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l'ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l'ONU, les partisans de ce Conseil d'Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s'y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D'où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n'a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l'intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l'économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l'économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l'Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l'intérieur, avions également rappelé l'œuvre de Khaled ALAZEM, l'économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d'un système public puissant, avec l'aide de l'Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l'expropriation des maisons privées.


Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l'eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu'aujourd'hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu'ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l'explosif à Idleb. Ou le sort de l'ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N'importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu'ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n'a jamais connu un tel mépris de l'être humain ! Et l'Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d'une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani - Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas - Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d'armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n'avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas - Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s'opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n'ont-ils pas été tués parce qu'ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l'Occident.

Voici par exemple le cas d'un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d'armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d'ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une «  armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d'électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d'Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu'une armée arabe patriotique puisse être équipée d'armes fabriquées par l'État d'Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d'une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?


Radwan Zyiadé (photo) , membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l'article 7 [de la Charte des Nations Unies -Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l'ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d'un million d'Irakiens, et qui garantissent l'impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n'est pas un printemps, c'est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d'horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l'information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s'affrontant. Nous avons su nous mettre d'accord sur la loi qui garantit le droit à l'information, l'interdiction d'emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l'interdiction d'autorisation à n'importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d'accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l'information, mais d'un « Conseil national de l'information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l'objectif de protéger la liberté d'expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l'ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu'ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d'une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l'ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d'une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J'y ai participé en tant qu'écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d'ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d'éducation nationale et d'aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d'indépendance nationale et patriotique... en feignant aussi d'ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire!


N'importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd'hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu'a connu l'Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l'épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s'applique aussi aux autres partis.

Et c'est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l'ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J'ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l'ingérence étrangère a instrumentalisée. J'ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J'ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l'ancien gouverneur de Homs, et la mise à l'écart du président de l'Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J'ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l'expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d'un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l'infiltration sioniste par des prix attribués à l'élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi - et pas seulement le parti Baath - mettent en avant la loyauté au parti.


Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.

Qu'amène aujourd'hui le projet « démocratique » de l'Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n'écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l'ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L'opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, d'être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l'ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l'occupant occidental, avec l'argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n'arrive presque pas à croire qu'un intellectuel comme le chef du Conseil national d'Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu'il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l'embargo contre l'Irak, mais n'a pas libéré le Liban, et n'a pas utilisé l'article 7 pour empêcher l'État d'Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu'il ne sache pas que les «  négociations » n'ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n'aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n'est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d'un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s'il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s'il est obtenu par la voix des urnes.

L'attaque contre les ambassades syriennes n'est pas une action politique ; c'est l'œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j'ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l'être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n'est pas l'amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l'occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n'est qu'un papier d'emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.


La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari (photo), de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l'occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l'infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l'une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu'une élite d'intellectuels et d'hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l'indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l'insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l'occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n'y a pas de Syriens de la génération de l'Indépendance qui n'aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l'orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m'a raconté qu'avec deux de ses amis, il s'est engagé pour lutter contre l'occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n'est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu'il nouerait des contacts avec l'État d'Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d'Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d'images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu'Israël... est une base militaire d'occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l'ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l'expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C'est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu'on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l'âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n'est pas seulement l'enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d'amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n'est pas portée par la colère ». Sa colère s'adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C'est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l'ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n'avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l'homme de l'indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l'ont porté jusqu'à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l'ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu'au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l'âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu'il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l'arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu'en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l'ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n'ont pas bougé pour la terre volée et l'honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».


Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l'argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d'imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d'histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d'intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L'utilisation de l'ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n'est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l'ont brandi n'ont pas remarqué que c'est le drapeau de la résistance contre l'occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l'Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l'Etat d'Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l'ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l'argent du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, n'ayant touché aucun pot de vin occidental, n'ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d'Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu'à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu'un homme corrompu, comme l'ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d'un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l'ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c'est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l'opposition de l'intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d'Istanbul serait présent ». C'est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu'il fasse en Syrie ce qu'il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n'est pas qu'une question politique, c'est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c'est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d'être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d'occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l'Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd'hui que l'armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l'on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d'États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la «  démocratie occidentale » : SARKOZY n'a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d'OBAMA n'a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n'ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l'Occident colonialiste qu'il n'avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.



Dr Nadia KHOST


6 février 2012.

Traduit de l'arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l'opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



dimanche, 12 février 2012

MALI: LES COMBATS SE POURSUIVENT, LES APPELS AU CESSEZ-LE-FEU SE MULTIPLIENT


MALI. COMBATS.jpg

Les appels au cessez-le-feu et au dialogue se multiplient au Mali et à l'étranger. Pour l'heure les combats continuent entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA, dans le nord-est du pays, pour empêcher ces derniers d'évoluer vers Kidal. L'impasse actuelle inquiète d'autant plus que le nord du Mali est aussi le théâtre d'opérations d'al-Qaïda au Maghreb islamique qui y détient treize otages occidentaux. C'est dans ce contexte que le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt est arrivé le 9 février à Bamako, avant de se rendre au Niger et en Mauritanie.

La France ne peut pas rester à l'écart de la grave crise qui secoue le Nord-Mali d'autant que six de ses ressortissants ont été pris en otages dans cette région du Sahel. Henri de Raincourt a eu un entretien avec le président malien Amadou Toumani Touré. Le déplacement du ministre français de la Coopération devrait permettre à l'ancienne puissance coloniale d'écouter mais aussi de s'assurer de la volonté de Bamako d'ouvrir un dialogue avec la rébellion du MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad. Même si les Français ne souhaitent pas apparaître en première ligne, ils peuvent peser et aider les deux parties en conflit à négocier.

MALI. COMBATS 3.jpg

Henri de Raincourt
Ministre français de la Coopération

La France est aux côtés du Mali pour trouver des solutions à la crise (...) Le Mali a vocation à vivre dans la paix et la sécurité et que c'est un acteur très important pour la stabilité du continent tout entier.

Le ministre français de la Coopération devrait également évoquer la menace qui pèse sur l'élection présidentielle prévue le 29 avril. Dans l'impossibilité de la tenir, quelles seront les options ?

Après cette étape malienne, le ministre français est aujourd'hui à Niamey. Le risque d'un débordement de la crise malienne chez le voisin nigérien suscite sans doute de l'inquiétude. Les Touaregs nigériens vivent dans une zone frontalière avec la Libye. Ce serait grave, explique un diplomate si le MNLA faisait tache d'huile, le Nord-Niger pourrait servir de base arrière et réveiller des alliances entre forces touarègues et forces pro-kadhafi.

A Nouakchott dernière étape de sa tournée régionale, Henri de Raincourt pourrait demander au président Mohamed Ould Abdel Aziz de nuancer ses critiques à l'égard du régime de Bamako et de profiter de ses éventuels contacts avec le MNLA pour faciliter l'ouverture d'un dialogue entre les adversaires maliens.
Exode des populations

Les violences qui font rage depuis la mi-janvier provoquent l'exode de milliers de personnes qui cherchent refuge dans les pays voisins et dans des campements de fortune. La ville de Ménaka, touchée par les premiers combats entre le MNLA et l'armée malienne, continue de se dépeupler. Les départs se sont multipliées quand l'armée malienne a quitté la ville : 26 000 personnes ont fui dans la région, et plus de 15 000 ont passé la frontière nigérienne selon le CICR, Comité international de la Croix-Rouge. Ibrahim est parti avec toute sa famille, quinze personnes au total, pour trouver refuge en début de semaine chez des proches à Gao à quelques heures de route de là. Il raconte son désarroi.


Un habitant de Ménaka
Réfugié à Gao

Les gens fuient parce qu'ils ont peur, ils ne sont pas habitués aux armes, aux pillages. L'Etat a abandonné Ménaka.

Le CICR est présent sur le terrain du conflit. L'organisation est appelée à prêter secours aux nombreux déplacés, les populations qui ont quitté leur maison pour fuir les combats. Germain Mwehu responsable de la communication pour le CICR Niger Mali témoigne.

MALI. COMBATS 2.jpg

Germain Mwehu
Responsable de la communication pour le CICR Niger Mali

Une équipe du CICR a rendu visite à treize militaires de l'armée malienne qui sont aux mains d'un groupe armé aux environs de Ménaka et entamer un dialogue avec eux. Le CICR a également porté secours aux combattants blessés.

En Mauritanie, les autorités et le Haut commissariat aux réfugiés sont en train de mettre en place un immense camp de réfugiés à deux jours de route de la capitale Nouakchott. Elise Villechalane, porte- parole du HCR en Mauritanie s'en explique.


Elise Villechalane
Porte parole du HCR en Mauritanie

Le HCR a assuré dans un premier temps le transport de biens essentiels, couvertures, sanitaires, moustiquaires et doit livrer 1 200 tentes familiales dans les jours qui viennent.

A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les autorités, appuyées par les Nations unies, font tout leur possible pour gérer ces arrivées. Une cellule de coordination est en place pour gérer la situation.


Réfugiés maliens au Burkina Faso

Les autorités burkinabè s'inquiètent également des désertions au sein de l'armée malienne. Pour Vincent Zakané, le ministre délégué à la coopération regionale, le Burkina Faso ne doit pas être une base arrière pour déstabiliser le pays.


Source: RFI

ABOU CISSE, ONCLE D'ALASSANE OUATTARA: «LE REGIME ACTUEL FAIT DU NAZISME!»


ABOU CISSE 2.PNG

Membre-fondateur du Rdr et oncle maternel d'Alassane Dramane Ouattara, Abou Cissé prend position pour les populations ivoiriennes qui vivent l'enfer depuis avril 2011. Avec son franc-parler habituel, il dénonce la politique du nouveau chef de l'État. «C'est du nazisme», assure-t-il.


Notre Voie : Alors qu'on s'attendait visiblement que l'oncle d'Alassane Dramane Ouattara que vous êtes se réjouisse de l'arrivée de son neveu au pouvoir, dans des conditions catastrophiques, vous le brocardez plutôt. Pourquoi une telle attitude?

Abou Cissé: Je ne pense pas qu'il faille associer la famille ou la religion à l'action politique. La gestion liée à une société n'est pas régie par l'amour pour un fils. La gestion d'un pays est faite de vérité et de consensus des différentes composantes de la société. C'aurait été malheureux que je m'enfuie de la Côte d'Ivoire alors que dans mon for intérieur, nous avons été le fondement de la création du Rdr, ainsi que le défenseur farouche d'Alassane Ouattara pendant la polémique sur son identité face à Bédié.

N.V : Mais entre-temps, vous aviez changé de camp. Vous étiez avec Laurent Gbagbo. Et ce sont justement les partisans de Gbagbo qui étaient pourchassés en avril 2011 et continuent d'ailleurs d'être brimés par le nouveau régime...

A.C : Vous savez, j'ai pour moi, la vérité. Parce qu'au moment où Alassane Ouattara avait des problèmes face à Bédié, c'est Laurent Gbagbo et moi qui le défendions. C'est Gbagbo, à travers toute la Côte d'Ivoire, qui avait pris le bâton de pèlerin pour dire «non» à cette politique de destruction menée par Bédié. Si Ouattara a fait arrêter Gbagbo, m'arrêter aurait été une épine dans sa gorge.

N. V: Surtout que vous êtes son oncle. Peut-être que les liens parentaux ont été déterminants?

A.C : Peut-être, mais il y a aussi que je connais toute l'histoire d'Alassane Ouattara. Notre famille est l'une des familles fondatrices d'Odienné. Par cela, nous connaissons l'histoire des Malinkés de Côte d'Ivoire mais également celle des Ouattara. Comme Laurent Gbagbo, j'ai foi en ce que je pose comme action. Autant j'ai pu défendre avec Gbagbo, Alassane Ouattara; autant je dois être capable aussi de défendre Laurent Gbagbo parce que je voyais venir ce qui devait lui arriver.

N.V : C'est-à-dire?

A.C : Par l'entremise de certains amis diplomates étrangers, j'étais informé du complot qui se tramait contre Gbagbo. Et l'élection présidentielle factice (sans désarmement des rebelles, ndlr) qu'on voulait mettre en place pour installer Alassane Ouattara de force.

N.V : En aviez-vous parlé au Président Gbagbo, quelle a été sa réaction?

A.C : J'ai eu à dire à Laurent (Gbagbo, ndlr) qu'il y a des artifices qui se préparent et dont nous n'avons pas la maîtrise totale. Ces artifices avaient pour but non pas d'aider le pays dans la voie de la démocratie. Mais plutôt de mettre à nouveau la Côte d'Ivoire sous le joug colonial. Il m'a écouté et a dit : «Attendons pour voir». Non seulement, il a pris très au sérieux ce que je lui ai affirmé, mais il s'est dit que quelque part, il y a un Dieu qui peut réparer à tout moment les torts.

N.V : Ce que vos amis vous avaient dit est arrivé en avril 2011. Comment avez-vous vécu tout cela?

A.C : Une interview ne suffirait pas pour en parler. Ça fait l'objet d'un livre qui constitue en quelque sorte mes mémoires. Il ne s'arrête pas à l'arrestation de Gbagbo...

N.V : Vous êtes donc en train de rédiger vos mémoires?

A.C : J'ai presque achevé la rédaction de mon livre. Il part de toute l'histoire d'Alassane Dramane Ouattara à l'arrestation de Laurent Gbagbo. Des raisons et du moment de décision de cette arrestation. Étant un homme courageux et un grand leader politique, Laurent Gbagbo savait, je crois, qu'on devait l'arrêter. Mais il voulait être un exemple devant l'histoire et non un martyr. Son attitude face à cette injustice correspond à celle de Nelson Mandela au moment où le régime de l'Apartheid l'arrêtait. Le combat de Gbagbo, c'est comme celui de Lumumba qui voulait transformer le Congo.

N.V : Vous ne croyez pas en la libération de Gbagbo qui viendrait poursuivre son combat?

A.C : La lutte politique ne s'arrête pas à une arrestation. Une incarcération, c'est une étape nécessaire pour créer une icône. On ne devient une icône comme Mandela, par exemple, parce que vous avez déclaré que vous voulez la liberté pour votre pays. Il y a des actes qu'inconsciemment vos adversaires vous font poser ou subir pour que vous atteigniez votre objectif: que le pays se libère et que vous entriez dans l'histoire. Gbagbo n'a pas fui la Côte d'Ivoire parce qu'il a conscience qu'il mène un combat pour tous les Ivoiriens et les Africains. Gbagbo va marquer l'histoire de la Côte d'Ivoire comme Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Sékou Touré, Kwamé N'Krumah pour leurs pays respectifs. A travers le procès à la Cpi qui permettra à ceux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire de s'expliquer, Gbagbo sortira la tête haute de la prison. Comme Houphouët-Boigny, Laurent Gbagbo est le produit de l'histoire de notre pays.

N.V : Depuis son arrivée au pouvoir, avez-vous rencontré le nouveau chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara?

A.C : Je n'ai pas besoin de le rencontrer. Parce que l'injustice, quand elle se caractérise par l'arrestation de personnes innocentes, en tant qu'homme de vérité, je ne vois pas pourquoi je dois aller vers l'auteur de ces actes. Je pense que mes déclarations et mes écrits l'inciteront à me rencontrer. Ce jour-là, je lui dirai ce que je pense.

N.V : Justement, est-ce vrai que vous recevez des menaces de mort pour vos déclarations et vos écrits critiques envers Ouattara?

A.C : Oui, mais tous ceux qui écrivent l'histoire sont souvent menacés par ceux qui ont peur que la vérité s'impose. Malheureusement pour eux, la vérité est en train de sortir. Tout le monde commence à savoir que c'est Gbagbo qui a remporté les élections présidentielles. Nous le savions depuis longtemps par l'entremise des ambassades étrangères. On sait aussi qu'au terme du procès à la Cpi, Gbagbo sera libéré. Et la Côte d'Ivoire sera transformée par le biais de la vérité.

N.V : Quel regard portez-vous sur la gouvernance de la Côte d'Ivoire sous Ouattara?

A.C : Qui vous a dit que c'est Ouattara qui gouverne ce pays ? Il y a Alassane Ouattara qui est un commis, un administrateur. Il y a Soro qui détient les forces... du mal. Il y a la France qui ordonne tout. Et puis le pays va à vau-l'eau avec l'insécurité galopante, les licenciements par grappes dans les sociétés, les prix des denrées alimentaires qui flambent, la pauvreté qui est répandue etc. Aujourd'hui, le pouvoir ne tient que parce qu'on arrive encore à payer les fonctionnaires et les retraités. Le jour où cela sera bloqué, tout va s'écrouler.

N.V : La réconciliation nationale est quasi impossible, le dialogue politique notamment entre le pouvoir et le Fpi, le principal parti d'opposition, est au point mort...

A.C : Mais, je crois que la presse attribue trop de choses au Fpi. C'est la société ivoirienne, dans son ensemble, qui n'accepte pas Alassane Ouattara. Ne voulant pas de lui, les populations ivoiriennes ne sont pas prêtes à engager des actions politiques et sociales en accord avec lui. Un Président qui est entouré de militaires français et de l'Onu. Je n'ai jamais vu un chef d'Etat qui est aussi entouré d'armes. Le peuple ne veut même pas être associé aux élections qu'organise Ouattara. A preuve, il y a eu 13% de taux de participation aux législatives.

N.V : La Commission électorale a dit officiellement 36,56% de taux de participation...

A.C : Ce pourcentage de 36,56%, c'est pour faire plaisir à la France et aux États-Unis. Sinon la communauté internationale sait que ce n'est pas 36,56%, mais exactement 13,13%.

Pire encore, lorsqu'Alassane Dramane Ouattara soutient que la population ivoirienne est constituée à 40% de dioula (malinké, sénoufo etc.), c'est archifaux. Il ne dit pas vrai. La population dioula du nord de la Côte d'Ivoire représente exactement, d'après les statistiques, 13,55% de la population ivoirienne.

N.V : Face à la presse française, Alassane Ouattara a affirmé que les nominations à caractère tribal qu'il effectue dans l'administration publique, l'armée et les sociétés d'État visent à faire «un rattrapage» puisque, selon lui, sous les régimes précédents, les ressortissants du nord étaient victimes d'injustice. Qu'en dites-vous?

A.C : Mais le nord n'a pas mandaté Ouattara pour rétablir une prétendue injustice. Et puis, de quels ressortissants du nord parle-t-il ? Si Ouattara estime qu'il est à la tête du pays pour les ressortissants du nord, il n'avait qu'à se faire élire Président du nord et laisser le sud en paix. C'est une erreur grave que de tenir de tels propos. La Côte d'Ivoire a 64 ethnies. C'est dangereux qu'un chef d'Etat privilégie une ethnie ou une région au détriment des autres. Une telle politique, c'est du nazisme. C'est ce qu'Hitler a fait en Allemagne avec des conséquences désastreuses pour l'humanité. Ce n'est pas bon pour les dioulas, eux-mêmes, qu'un dioula dise qu'il travaille pour eux.

N.V : Croyez-vous que la réconciliation nationale est possible?

A.C : Le pouvoir actuel n'est même pas sur la voie de la réconciliation nationale. Il est plutôt en train de diviser les différentes ethnies du pays à travers une politique de nazisme. Et créer ainsi les conditions d'une guerre ethnique, tribale, religieuse et civile. Parce que la tendance actuelle de privilégier les dioulas par rapport aux autres ethnies indique clairement qu'à un moment donné, les autres ethnies vont se révolter. Ce qui va occasionner une situation comme celle du Rwanda.

N.V: Que faut-il faire pour éviter cela?

A.C : Il faut que ce pouvoir s'en aille pour que le peuple installe un pouvoir fort pour permettre l'unification de la Côte d'Ivoire.

N.V: Qu'entendez-vous par un pouvoir fort?

A.C : C'est un pouvoir légitime, voulu par les Ivoiriens. Je pense que la société civile et les partis politiques doivent manifester leur désaccord de façon éclatante face à ce que nous vivons actuellement. Il ne faut pas que la peur fasse que la Côte d'Ivoire aille en lambeaux. La manière dont le pays est actuellement conduit ne peut que détruire notre patrimoine commun. La Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny ne pouvait jamais accepter qu'on envoie l'un de ses dignes fils en exil ou en prison dans un autre pays. A cause de sa politique, le président installé par la France à la tête de notre pays est totalement isolé au plan national et africain. C'est inadmissible, par exemple, qu'un chef d'Etat ivoirien soit gardé par des militaires étrangers. Où allons-nous avec tout ça ? Il est temps que les Africains et Ivoiriens se mobilisent pour que les choses changent.


Interview réalisée par Didier Dépry - Notre Voie du 9 février 2012.


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

samedi, 11 février 2012

SYRIE: VERS UNE LIBERATION TOTALE DE HOMS PAR L'ARMEE SYRIENNE, CAP SUR ALEP


BASHAR-AL-ASSAD.jpg

Depuis que la Russie et la Chine ont sifflé magistralement la fin de la récréation pour les prédateurs and co, convaincus benoîtement que le monde leur appartient et qu'ils peuvent faire de lui ce qu'ils veulent, c'est l'hallali. Malgré le décompte macabre des morts fait par des médias "mainstream" dépassés par les évènements et s'appuyant honteusement sur l'hypothétique Observatoire syrien des droits des terroristes décliné en droit de l'homme, l'heure est grave.

Pas de quartiers pour les terroristes. De nombreux quartiers de Homs sont en train de retrouver peu à peu le calme. Les terroristes ont été chassés, après leurs exactions cachées par l'Occident. Pour preuve, incapable de s'asseoir à une table de négociations, ils préfèrent tuer. C'est ainsi qu'aujourd'hui, A Alep, la capitale économique du pays située dans le nord, deux explosions émanant des terroristes ont soufflé le bâtiment de la sécurité militaire et un siège des forces de l'ordre. Bien sûr, les médias qui considèrent ces renégats comme étant des démocrates, refusent de se déjuger, malgré les faits. De nombreux civils et des militaires ont été ainsi assassinés. On parle de 25 morts. Attribuez ça aussi à Bachar al-Assad bande de zozos !

A Homs, on peut noter encore quelques poches de résistances, après 6 jours de chasse aux terroristes estampillés démocrates par qui vous savez mais, l'essentiel est en train d'être fait. Le nègre de maison Barack Obama parle de "bain de sang", sans toutefois mentionner que c'est du fait des terroristes qu'il soutient sans vergogne.  Ces quartiers qui veulent résister en prenant en otage les habitants sont Inchaat qui, selon nos informations est en ce moment encerclé, et Baba Amr, où, il y a une plus grande concentration des traîtres à leur nation. Ce ne sont pas les populations des quartiers libérés de Homs qui démentiront (vidéo).

Selon un haut responsable de l'armée, dans une semaine maximum, tout sera terminé, et les terroristes éradiqués. D'ailleurs il y a urgence, pour que la paix revienne. Un Gouvernement responsable, doit protéger ses citoyens, ce que le régime Assad fait en ce moment, malgré la désinformation. Alors, d'entendre le chef de la diplomatie turque crier avec les loups et déclarant qu'il faut que la communauté internationale agisse alors qu'ils (les Turcs) ont été incapables de protéger leurs concitoyens lors de l'épisode Marvi Marmara pour la flotille pour Gaza, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.

La chasse se poursuit, et, on peut comprendre la panique dans les chancelleries occidentales. Après Obama, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé un «massacre quotidien» et son homologue britannique William Hague appelait M. Assad à quitter «immédiatement» le pouvoir. Qui sont-ils pour exiger le départ d'un chef d'Etat étranger ? Pourquoi ne le font-ils pas à l'encontre de la Chine ou de la Russie ces poules mouillées qui ne s'en prennent qu'aux faibles ? Toujours est-il que, de nombreux terroristes, déserteurs de l'armée ont été arrêtés (vidéo) ces derniers jours, d'où le baroud d'honneur de la lâcheté de ce matin à Alep.




Source: Le blog d'Allain Jules

vendredi, 10 février 2012

EDITO: ÇA SUFFIT, M. JUPPE!

ALAIN JUPPE.jpg

Tous ceux qui aiment ce pays, qui le savent fragile dans son projet de nation, qui ne veulent pas du fossé Nord-Sud ou des dérives ethniques à la base de bien des hécatombes en Afrique ne peuvent vouloir que d'une chose : la paix au Nord Mali, la paix tout de suite et la paix via le dialogue.

C'est d'ailleurs un des acquis majeurs des échanges qui mobilisent actuellement la classe politique malienne. C'était plus facile pour elle par démagogie, de préconiser la solution militaire mais elle s'en est gardée. Car pour beaucoup d'entre nous, l'autorité réside dans l'usage de la force et rarement dans le compromis qui rend celle-ci inutile. Beaucoup d'entre nous voteraient aujourd'hui l'indépendance de l'Azawad juste pour souhaiter bon débarras à ce que nous appelons l'irrédentisme touareg. Beaucoup d'entre nous pousseront à la guerre sans chercher à explorer davantage les issues pour le dialogue, et totalement ignorants des réalités et des pièges du terrain. Non, le salut n'est pas dans la guerre.

Il est dans la négociation et négocier avec son peuple n'est pas de la faiblesse. Nous sommes de ce camp quant à nous et nous y resterons. Mais rien n'est au-dessus de notre pays et sous ce regard-là, nous trouvons déplorable, voire méprisant le cheminement par lequel Alain Juppé exige le cessez-le feu. Un ministre respectueux de l'orgueil des peuples n'a pas à constater les exploits d'une rébellion.

Or il l'a fait. Et du coup, on est bien en situation de penser que ce qu'il demande, dès lors, peut être perçu comme la capitulation d'un Etat dont les citoyens se croient stigmatisés par la France.  Par sa déclaration qu'il doit rectifier, Juppé n'accélère pas la paix que nous appelons de nos vœux. Au contraire, il l'éloigne. Or M. Juppé a trop de classe pour se reconnaître dans la France du discours de Dakar ou celle bien plus récente de la supériorité de certaines cultures sur d'autres.

Adam Thiam


Source: MALI WEB.NET

INTERVIEW AVEC AHMED MANAÏ, OBSERVATEUR DE LA LIGUE ARABE EN SYRIE


AHMED MANAI.jpg

Etant l'un des 166 observateurs envoyés par la Ligue arabe en Syrie, on a interviewé Ahmed Manaï, ancien expert international auprès de l'ONU, militant en faveur d'une démocratisation de la Tunisie et auteur de «Supplice Tunisien - Le jardin secret du général Ben Ali».


Nawaat: Quelle était votre réaction, en tant que membre tunisien des observateurs envoyés par la Ligue arabe, face au véto sino-russe au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie ?

A.M: Une immense satisfaction pour le peuple syrien et la Syrie, leur présent et leur avenir. Le véto sino-russe a sauvé un pays, berceau de la civilisation humaine et arabe, de la destruction totale à laquelle le destinaient d'autres arabes et que les puissances de la guerre s'apprêtaient à lui faire subir. Avec ce véto la Syrie ne connaîtra pas, je l'espère, le sort de l'Irak si proche avec son million de morts, ses 3 millions d'orphelins, ses deux millions de veuves, ses quatre millions de réfugiés et sa société déstructurée. Il ne connaîtra pas non plus le sort incertain de la Libye déstructurée et désarticulée.

Nawaat: Vous avez écrit sur votre page facebook que la décision du "renvoi de l'ambassadeur syrien" de la Tunisie émane non pas du Président Marzouki mais de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha et du Qatar, d'où est-ce que vous détenez cette information ?

A.M: Je rappelle d'abord qu'il n'y a pas d'ambassadeur de Syrie à Tunis depuis plus d'un an, mais juste un vice chargé d'affaires. On n'a pas besoin de puiser ce genre d'information à une autre source que celle de M.Ghannouchi lui-même. Il suffit de revenir à ses déclarations et rappeler, par exemple, celle qu'il a faite en novembre 2011, je crois, dans laquelle il a « décidé « que la Tunisie allait renvoyer l'ambassadeur syrien.. Il avait déclaré plus tard, « qu'il allait remettre les ambassades du Yémen et de la Syrie aux opposants des deux pays » ignorant sans doute la convention de Genève qui régit les relations diplomatiques et consulaires.

Il n'était alors que le chef d'un parti politique ayant gagné les élections.

Heureusement que le gouvernement de l'époque avait tempéré son zèle. Maintenant il est tout et décide de tout, toujours sans autre qualité que celle de président d'un parti chef de file de la majorité à l'assemblée nationale constituante. Pourquoi le Qatar ? Parce que ce pays, sous-traitant des basses besognes, qui pilote « l'initiative arabe » avait enjoint à tous les pays sous sa tutelle, d'accompagner la réunion du Conseil de sécurité du 04/ 02, par une action concertée de rupture avec la Syrie. Ils ont tout prévu sauf le double véto. Il a donné aussi des consignes à certains médias pour chauffer un peu plus l'ambiance. Le CNT syrien pour sa part a recommandé aux siens de procéder à l'occupation des ambassades syriennes partout dans le monde et à ses militants et ses groupes armés de se distinguer par des actions d'envergure. Cependant je ne vous cache que j'ai des amis à la ligue qui m'ont confirmé certaines choses, entre autres l'alignement inconditionnel de la délégation tunisienne à la ligue arabe sur le Qatar.

D'autre part, tout cela est en droite ligne de la stratégie concertée entre les « frères » et leurs alliés arabes, turcs et occidentaux.

Nawaat: Que pensez-vous, de la décision même de "renvoi d'un ambassadeur" ?

A.M: Je rappelle que la Tunisie a envoyé une délégation officielle qui a participé à la rédaction du rapport de la mission arabe en Syrie. Si les décideurs tunisiens avaient consulté les membres de cette délégation sur la situation en Syrie, ils leur auraient conseillé sûrement autre chose. Je ne sais pas d'ailleurs si ces décideurs avaient connaissance de cette mission qui comprend des ambassadeurs, de hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs. Alors qu'est ce que j'en pense ? C'est une décision irréfléchie, prise par des amateurs de la diplomatie et des relations internationales, inconscients du tort qu'ils font aux intérêts et à l'image d'un pays qui s'est longtemps distingué par sa diplomatie sage et équilibrée, ou alors, une décision dictée par plus forts qu'eux !

Curieusement aucune des puissances qui s'apprêtaient il y a quelques semaines à lancer leur aviation sur la Syrie, n'a eu recours à la rupture des leurs relations avec la Syrie.

Nawaat : Quels sont les différents agents (On a parlé de l'Iran, de Hezb Allah, Irakiens ...) impliqués aux événements qui se déroulent en Syrie depuis mars 2011 ? Pouvez-vous nous éclaircir plus les acteurs svp ?

A.M: L'Iran et le Hezbollah sont des alliés stratégiques des syriens. Les irakiens par contre, étaient en mauvais termes avec eux, quoique actuellement on assiste à leur rapprochement. Seraient-ils impliqués dans les évènements en Syrie ? Je ne crois pas que les syriens auraient besoin de l'aide de quiconque pour gérer la situation intérieure de leur pays. De nombreux médias ont parlé de combattants du Hezbollah et des Pasdaran iraniens qui seraient engagés dans la répression des manifestants. C'est tout simplement de la propagande. Mais il est certain qu'ils coopèrent à plein au niveau du renseignement, par exemple. Il y a d'autres pays impliqués à fond dans la crise syrienne : ce sont les pays du golfe avec à leur tête le Qatar, puis la Turquie et l'ensemble des pays de l'OTAN. Certains d'entre eux accueillent les groupes armés sur leur sol, d'autres les financent, d'autres encore les entraînent et certains autres leur assurent la couverture médiatique.

Il y a d'autres acteurs de taille, tels que les Russes et les Chinois, mais comme on l'a vu lors du dernier vote du Conseil de Sécurité, leur rôle est surtout de soutien.

Mais il y a aussi, en plus de ces Etats, des mouvances politiques très influentes, telle que les frères musulmans et les Salafistes.

Nawaat: Que pensez-vous de la couverture médiatique en Syrie? Qu'en est-il de la censure?

A.M: Il y a une couverture médiatique étrangère sur la Syrie et une autre en Syrie.

L'une des questions inscrite dans le protocole et à laquelle devrait répondre la mission des observateurs concerne les médias et leurs conditions de travail. Le rapport final y a répondu ainsi :

« Vérification des agréments accordés par le gouvernement syrien aux médias arabes et internationaux, et enquête sur les possibilités offertes à ces médias de se déplacer librement dans toutes les régions de la Syrie..

41 - Le gouvernement syrien, par la voix de son ministre de l'information, a confirmé avoir accordé l'agrément à 147 divers médias arabes et étrangers depuis le début de décembre 2011 et jusqu'au 15/01/2012. 112 divers médias étrangers nouveaux ont visité le territoire syrien en plus des 90 médias déjà présents sur le territoire syrien qui disposent de correspondants permanents.

42 - La Mission a suivi cette question et a observé la présence de 36 médias arabes et étrangers et un certain nombre de journalistes dans un certain nombre de villes syriennes. Elle a reçu quelques plaintes qui indiquent que le gouvernement syrien a accordé des autorisations pour certains médias d'opérer en Syrie pour une durée n'excédant pas 4 jours considérés comme durée insuffisante de leur point de vue, en plus de ne pas permettre leur déplacement à l'intérieur du pays à moins d'indiquer au préalable leur destination et de demander une autre certification pour se rendre à certaines zones sensibles. Le gouvernement syrien se dit prêt à accorder aux médias des mandats de 10 jours renouvelables.

43 - Des rapports et des déclarations de certains secteurs de la Mission montrent l'existence de restrictions gouvernementales sur le déplacement des médias dans les secteurs de l'opposition, incitant ces journalistes à se déplacer, dans de nombreux cas, derrière le déplacement de la mission, pour exercer leurs fonctions.

44 - La ville de Homs a été le témoin de l'assassinat d'un journaliste français travaillant pour France 2, et de la blessure d'un journaliste de nationalité belge. Sur ces deux cas, le gouvernement et l'opposition ont échangé les accusations sur la responsabilité de chacun dans ces incidents et ils ont publié, chacun, des déclarations condamnant la partie adverse. Le gouvernement syrien a constitué une commission gouvernementale d'enquête sur l'incident pour déterminer ses causes. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l'opposition.

Quant au rôle des médias internationaux, il suffit pour y répondre, qu'il y a une soixantaine de chaînes télévisées, dans tous les pays, qui débitent en permanence et dans toutes les langues, un flot de mensonges et de propagande éhontée sur la situation en Syrie.

Nawaat: Revenons au "véto": Il y a de cela un an, La Russie et la Chine, avec l'Allemagne, le Brésil, et Inde se sont abstenus vis-à-vis de la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime de Kadhafi en Libye. Comment expliquez-vous l'usage de ce véto cette fois-ci pour le cas de la Syrie ?

A.M: La résolution 1973 sur la Libye, votée en principe pour assurer la protection des populations civiles a été détournée par les pays de l'OTAN. Le résultat de la guerre de l'OTAN contre la Libye, encore très peu connu du grand public, a été catastrophique. La Russie et la Chine, n'avaient pas fait usage de leur droit de Véto, estimant sans doute que la résolution serait exécutée à la lettre. Il y aussi que la Libye, même avec sa production pétrolière de près de 4% de la production mondiale, n'a pas le même poids stratégique que la Syrie dont la production pétrolière est presque négligeable. Le double Veto sino-russe, a empêché que le verrou syrien ne se brise, et que ces deux pays ne deviennent les prochaines cibles de l'occident. Il est donc avant tout l'affirmation de la fin d'un monde dominée par les USA et du retour à un monde binaire. Il y a une autre raison qu'a expliqué le chef de la diplomatie russe, c'est qu'il y avait une clause secrète dans cette résolution qui autorise le recours à l'intervention armée.

Nawaat: Les Russes et la Chine ont intérêt à maintenir Bashar Al Assad à la tête du régime syrien, notamment pour des raisons purement économiques qui serait entravées en cas d'embargo sur les armes: Selon le think tank russe Cast, la Syrie a acheté 700 millions de dollars d'armes à la Russie en 2010, soit 7% des ventes russes du secteur... Pourquoi la communauté internationale ainsi que les médias internationaux semblent offusqués par le véto sino-russe déjà annoncé par l'ambassadeur de Russie à l'Onu, Vitali Tchourkine le 4 octobre 2011 puis ce jeudi 2 février 2012 ?

A.M: Les Etats n'ont pas de sentiments mais des intérêts. Certes les Russes et les Chinois ont de nombreux intérêts économiques, commerciaux et stratégiques avec la Syrie. Les ventes d'armes n'en constituent qu'une partie infime.

Nawaat: Le massacre à Homs, tuant plus de 200 vies, le plus meurtrier depuis le début des événements vous semble-il suspect ? Ce massacre est signé et ses auteurs se moquent de notre intelligence. Est-il possible de croire un instant, qu'un gouvernement, quel qu'il soit, puisse commettre un tel massacre le jour même où son affaire est portée devant Conseil de sécurité ?

A.M: En fait, il s'agit d'un coup monté dans le cadre d'une stratégie globale et concertée où sont intervenus les « militants syriens » à l'étranger pour occuper les ambassades et les consulats syriens», l'appel au renvoi des ambassadeurs syriens dans les pays arabes et bien sûr ce massacre de Homs.

Alors ce massacre : tous ceux qui ont suivi les télévisions ce jour là ont vu des photos de très nombreuses victimes. La plupart de ces victimes avaient les mains liées derrière le dos et certaines avaient le visage au sol. Les metteurs en scène nous ont expliqué que c'étaient les victimes des bombardements des bâtiments et des habitations par les blindés et même par l'aviation syrienne. Curieusement ces victimes ne portaient pas de blessures ni même aucune trace de l'effondrement de leurs maisons et habitations. Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut. En tout cas tout au long de la journée du 4 février, de citoyens syriens ont témoigné qu'ils avaient reconnu parmi ces victimes, des proches et des voisins enlevés depuis une semaine et même des mois.

Chacun peut en tirer les conclusions qu'il veut.

Nawaat: En réaction à ce véto et suite au massacre à Homs qui a eu beaucoup d'échos sur la scène internationale, Susan Rice, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, a déclaré que les dirigeants russes et chinois auront sur les mains toute effusion de sang supplémentaire. Que pensez-vous de cette recrudescence de tension et les jeux d'intérêts entre la Chine et la Russie d'un côté face aux USA, à la France et au Royaume Uni de l'autre côté, tous membres permanents du conseil de sécurité ?

A.M: La meilleure réponse faite à Susan Rice, est venue de l'ambassadeur syrien aux Nations unies, qui lui a rappelé les 60 Vétos des USA pour faire avorter les résolutions condamnant Israël. Mais il y a dans la déclaration de Rice une menace à peine voilée, parce que le sang risque de couler en Syrie. La coalition anti-Syrienne va continuer dans son entreprise de déstabilisation de la Syrie et envisage de recourir prochainement à l'assemblée des Nations Unies pour s'offrir un droit d'intervenir militairement.

Globalement nous vivons un retour de la guerre froide avec cette fois-ci une Russie et une Chine plus puissantes, assurées du soutien d'un certain nombre de pays émergents, avec en face un occident en crise et même en déclin.

Nawaat: Le 8 janvier dernier, des navires de guerre russes ont accosté à la base navale russe située au port de Tartous en Syrie, chose déjà prévue depuis août 2010... Avec ce véto, serions-nous dans une phase catastrophe de préparation à une guerre dont les alliés semblent de plus en plus définis ?

A.M: Après la guerre d'occupation de l'Irak, puis le retrait honteux des troupes américaines, il est difficile de croire que les américains puissent s'engager de nouveau dans une guerre impliquant une présence de leurs troupes au sol. C'est ainsi qu'ils ont choisi, dans le cas libyen, de faire intervenir l'aviation de l'OTAN et de leur apporter un soutien au final. Ce scénario n'est pas valable dans le cas Syrien parce que la Syrie est une puissance relativement importante et qu'elle a des alliés très puissants. C'est pourquoi, la coalition anti syrienne a choisi de faire imploser le pays de l'intérieur en créant, finançant, entraînant et armant des foyers de rébellion.

Sommes-nous à la veille d'une guerre ? S'il y a une guerre, elle ne sera pas confinée aux frontières du Moyen-Orient, tout le monde en est convaincu même les plus fous et tous ceux qui en dressent les plans!

Nawaat: En continuant à collaborer et avec le régime syrien et avec l'opposition syrienne divisée, la ligue arabe semble croire à une possible 'solution politique' à la crise syrienne, afin le Président Bashar Al-Assad délègue ses prérogatives au Vice-président pour former, dans les deux mois, un gouvernement d'union nationale qui conduirait le pays vers des élections libres. Le véto sino-russe bloque cette résolution, quel genre de pression se préparerait à votre avis pour mettre à genoux Bashar Al Assad ?

A.M: La Ligue arabe est entièrement discréditée en enterrant le rapport de sa propre mission d'observateurs et par son recours au Conseil de sécurité. Elle a laissé échapper l'occasion unique de participer au règlement de l'affaire syrienne. Tout ce qu'elle peut proposer dans l'avenir sera sans valeur.

Maintenant c'est le tour de la Russie de jouer le rôle principal mais aussi à la direction syrienne appelée à accélérer et à concrétiser les réformes.

Nawaat: A votre avis, quel serait le véritable poids du CNS (pro intervention militaire) et du Comité national de coordination pour le changement démocratique (contre une intervention et dont on entend rarement parler dans les médias internationaux) ?

A.M: Le CNS n'a pas une bonne réputation en Syrie justement parce qu'il appelle à l'intervention armée. Les syriens ont une vieille tradition de patriotisme et une haute histoire de résistance à la domination étrangère. Par contre, à l'étranger, il est le chouchou des médias et le partenaire favori des hommes politiques, qui le soutiennent et le financent.

D'ailleurs le CNS n'a pas de représentants à l'intérieur du pays et une de ses composantes, les kurdes, vient de le quitter.

C'est différent dans le cas du Comité de Coordination, parce que ses représentants sont presque tous des militants de l'intérieur du pays, et n'ont qu'un porte parole à l'étranger, Haytham Manna. Il est tout à fait normal qu'on ne parle pas de ce Comité dans les médias de la propagande et de la désinformation qui soutiennent l'intervention.

Nawaat: Comment estimez-vous les actions entreprises par les déserteurs de l'armée régulière syrienne ? Disposez-vous de preuves qui prouvent que l'armée syrienne libre (ASL) commet des actes de barbarie ?

A.M: Le rapport de la mission des observateurs arabes signale l'existence de l'ASL et d'autres groupes armés qui attaquent les forces gouvernementales, procèdent aux enlèvements de civils qui ne sont libérés que contre paiement de rançon, de meurtres, de sabotage des installations pétrolières, de bâtiments civils, des trains et voies ferrées....

Nawaat: Dernière question : peut-on être pour ou contre le régime de Bashar Al Assad et du Président syrien en lui-même ?

A.M: Ceux qui croient que le départ d'un président résoudrait tous les problèmes du pays, sont tout simplement des idiots. Nous n'avons pas réussi à tirer les leçons des exemples tunisien, égyptien et yéménite et convenir que les lendemains de dictature sont souvent plus difficiles à gérer que la dictature elle-même, parce que les oppositions n'ont pas encore appris à gouverner !

 

Lu sur ABDALLAH KALLEL.COM

 

Source: NAWAAT.ORG

mercredi, 08 février 2012

PROPHETESSE NAOMIE BETHEL: LETTRE POUR MONSIEUR LAURENT GBAGBO


LAURENT GBAGBO 11.jpg

 

Malachie 3/8:  Un homme trompe-t-il Dieu?


Shalom à vous tous qui lirez cette "lettre" que j'adresse à Monsieur Laurent Gbagbo.

Il y a bien des jours, j'ai reçu sur ma boite e-mail une évocation : celle de contacter par écrit "le prisonnier de Dieu" ce que je n'envisageais pas avant cela.

Le temps est passé, puis depuis plus d'une semaine, jour après jour, mes yeux se porte sur cette injonction : écris à L. Gbagbo.

C'est donc ce que je fais aujourd'hui; non pas un courrier de ma volonté, mais un courrier de la volonté divine. Ce courrier est sobre, mais n'est-il pas dit : si tu dis un mot... pas cinquante, pas dix, pas cinq; mais un seul mot et vient la guérison. C'est de cela qu'à besoin cet homme; il n'a pas besoin d'autre chose que de savoir que le Seigneur ne l'a pas oublié, et que ce n'est pas de la part des hommes qu'il est ainsi prisonnier, mais que Dieu a permis cela afin que L.Gbagbo le trouve enfin.

Soyez bénis vous tous, de la bénédiction qui provient du ciel dont la porte s'est ouverte un jour alors qu'à Golgotha des yeux se fermaient et que le salut pouvait être enfin acquis par les hommes de bonne volonté.

Shalom. Naomie.

-------------------------------------------------


En recevant votre adresse, j'étais loin de penser que je serai amenée à vous écrire autrement que par le passé ; vous ayant déjà contacté à maintes reprises et ce dès 2005.


A Cette époque, je vous avais signifié ce qui en serait de votre sort et de celui de la côte d'Ivoire si vous persistiez à ne pas vous soumettre à la loi de Dieu, non pas celle des hommes, alors que vous aviez proclamé être de sa maison.

Avez-vous un seul instant oublié que l'on ne se moque pas du Seigneur Dieu Eternel selon ce qui est écrit ? Galates 6/7 - Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi.

Chacune des paroles prononcées a trouvé son accomplissement, et aujourd'hui, qu'en est-il ?

La Côte d'Ivoire est en souffrance, nul ne peut dire le contraire, à part les menteurs.
Vous êtes en souffrance, nul ne peut dire le contraire, à part les méchants.

Mais moi je ne cherche pas à vous satisfaire par des paroles mielleuses;  simplement vous rappeler ce qui en a été et ce qui sera.

Dieu, que vous avez méprisé, au risque de subir votre sort présent, est toujours le même Dieu d'amour, et sachez qu'il fait toujours grâce à celui qui crie vers lui.

Ce que je veux vous dire aussi, avec affirmation, c'est qu'un jour devant lui est égal à son temps et que rien ni personne ne saura se mettre au travers de sa seule volonté.

Un jour, vous connaîtrez sa vérité, et vous pourrez dire tout comme Job :
J'avais entendu parler du Seigneur, mais maintenant je le connais personnellement. - Job 42/5.

Je ne veux pas rajouter à votre peine, ce serait inutile et méchant, je veux simplement à ce jour vous dire que notre Seigneur à un plan pour la Côte d'Ivoire, et que celui qui sera présent sur le devant de la scène est l'égal du « Bon Samaritain » biblique qui pris soin de celui qui se mourrait.

Il en sera ainsi pour votre Nation, et aussi pour vous ! Vous sortirez de ce lieu, sur la demande de cette personne qui se recommandera du Seigneur Dieu.

(Attention, ne pas confondre de la magnanimité et de la miséricorde avec la faiblesse; il sera meilleur pour vous un siège à la droite du Seigneur qu'un trône ici-bas).

Jamais je ne vous ai dis autrement que la seule vérité qui sortit du cœur de Dieu, tout comme il en a été de même pour le Chef de la Libye, auquel le Seigneur disait, après sa visite en territoire de France, que s'en était fini de lui ; également comme le Seigneur m'avait montré que l'Afrique se doterai « d'un roi couronné comme empereur » et que cet homme était bien le colonel Kadhafi.

Monsieur, si je vous nomme « président, c'est que vous avez occupé ce poste et qu'en France celui qui a été une fois Président garde son appellation quand bien même il ne l'est plus.

C'est par respect que je vous nomme ainsi, non par déférence ni obséquiosité; je ne me prosterne que devant mon seul Seigneur.

Que ces temps soient pour vous des temps appelés à la réflexion et que votre réflexion vous conduise sur la voie de la sagesse, il n'est jamais trop tard pour revenir d'où l'on a chuté.

J'en ai fais l'expérience pour ma propre vie.

Comme je l'ai souvent fait, je vais vous bénir, par le nom tout puissant qui est au dessus de tous les autres noms, du plus petit au plus grand. Ce nom est Yéshua.

Que le Seigneur déverse sur vous ses fraîches rosées afin que votre âme altérée ne le soit plus et que vous puissiez jouir des jours de votre vie comme un enfant de la maison du Seigneur, comme un de ses rachetés.

Nul ne peut servir deux maîtres à la fois, c'est ce que vous fîtes par le passé, qu'il n'en soit plus ainsi et que la vérité soit votre partage chaque jour.

J'espère que les nouvelles que vous pouvez recevoir de votre famille sont des nouvelles bonnes ; Dieu gardant chacun de ceux que le Père Eternel lui a confié jusqu'à l'accomplissement se toutes ses promesses. 

Luc 19/10 -  Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Jean 17/12 - Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie.

Jean 18/9 -  Il dit cela, afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite: Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés.

Monsieur, tous nous paraîtrons devant le trône de la grâce, et sachez que ce qui a été sera pesé dans la balance divine. Les œuvres que nous accomplissons seront évaluées, et les mains que nous tendrons seront vides de toutes nos espérances. Vous comme moi !

Seule, la foi que nous aurons manifesté dans le Fils, qu'il faut « embrasser » avant qu'il ne se mette en colère, sera notre passeport pour la vie éternelle, et son rejet notre passeport pour la mort éternelle.

Mais cela vous le savez très bien, c'est en cela que vous avez été trouvé coupable devant le Seigneur, c'est d'avoir su, d'avoir connu les bontés de Dieu à votre égard et de faire comme si cela n'était pas.

1 Corinthiens 4/7 -  Car qui est-ce qui te distingue? Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu?

Apocalypse 3/3 -  Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi.

Monsieur le Président, je pourrais vous dire des paroles humaines, mais en cela je n'aurais pas l'approbation de Yéshua, aussi je veux simplement vous rappeler ce qui en était, ce qui en est, et ce qui sera ; le Seigneur Dieu de dire : JE SUIS CELUI QUI ETAIT QUI EST ET QUI SERA , parce qu'il est écrit ceci : Ecclésiaste 3/15 - Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé.

Je vous dis : shalom !

Que la paix du Très Haut qui surpasse toute chose soit votre partage et que votre vie soit mise en harmonie avec lui et sa parole.

NAOMIE,
Servante du Seigneur, le 2 Février 2012.


Source: Le Site du Ministère de Naomie

mardi, 07 février 2012

POLITIQUE DE NICOLAS SARKOZY EN COTE D’IVOIRE: JEAN-LUC MELENCHON, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE, BRISE L’OMERTA FRANÇAISE

 


JEAN-LUC MELENCHON.jpg

«La politique qui a été appliquée en Côte d'Ivoire est une politique impériale. La France s'est immiscée dans la discussion rude qu'avaient entre eux les Ivoiriens. Cette discussion à laquelle elle n'aurait jamais dû se mêler. Il fallait respecter de manière extrêmement scrupuleuse l'indépendance des Ivoiriens. Il a été aussitôt organisé contre Laurent Gbagbo une sorte de pression internationale car son régime déplaisait, le Front populaire ivoirien, beaucoup à la droite internationale. Qui depuis des années manipulait leur marionnette, M. Ouattara, qui a précédemment nui au précédent président, et au précédent encore avant. Car c'est un homme qui a été en quelque sorte introduit par les instances internationales, et notamment par les Nord-Américains et les Français depuis de très nombreuses années. Et c'est cet homme a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rébellions absolument insupportables comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiquées les plus grosses fraudes électorales.

Et la France s'est mêlée de tout cela, est intervenue de manière militaire et elle a fait en quelque sorte que M. Gbagbo soit embastillé. Et il est aujourd'hui traduit devant le Tribunal pénal international alors que son pays n'a pas signé les clauses de ce Tribunal pénal international. Si l'on procède de cette manière, il y a un certain nombre d'Américains qui pourraient être arrêtés et envoyés au même tribunal, on ne le fait pas. Maintenant, je vais vous dire une chose. Je plaide pour que l'on relâche le fils de M. Gbagbo, qui est un de nos compatriotes, qui est un Franco-Ivoirien, et qui est retenu sans aucune raison légale. Simplement du fait de son nom et de sa filiation avec son père M. Gbagbo, qui est détenu en prison. J'estime que la France s'honorerait en intervenant pour qu'il soit libéré. Merci de m'avoir posé cette question, elle me permet de dire ce que je pense aux Ivoiriens qui se trouvent en France, avec toute mon affection».


Jean-Luc Mélenchon, sur la radio française RMC.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 06 février 2012

L’IMPACT DE LA PERTE DU TRIPLE A DE LA FRANCE SUR LES PAYS DE LA ZONE FRANC


TRIPLE A.jpg

Le 13 janvier 2012, la France a vu son triple A voler en éclat. Qualifiée d’électrochoc par certains et de catastrophique par les autres, la perte du triple A suscite des commentaires en Afrique et principalement dans les pays africain de la zone franc (PAZF). Le présent article se propose de revenir sur cette perte du triple A de la France sous le regard africain.

1.    Une présentation sommaire des agences de notation


Une agence de notation désigne généralement une agence de notation financière et ne doit pas être confondue avec une  agence de notation sociale et environnementale. Une agence de notation désigne  une entreprise ou une institution chargée de la  notation financière des collectivités (Etats etc.) ou des entreprises selon certains critères définis par une réglementation ou par les acteurs du marché. La notation apparaît aux  Etats-Unis où se développe le marché financier aux  19e siècles. La  panique bancaire de 1837 fait ressentir le besoin d'évaluer la solvabilité des entreprises. En 1841,  à New-York naît The mercantile Agency, première société d'analyse financière de crédit.

Le développement des chemins de fer américain développe ce secteur : les importants investissements des compagnies ferroviaires nécessitent l'appel au  marché obligataire  auprès du grand public et des investisseurs institutionnels. John Moody crée en 1909 la Moody’s  qui vend ses études statistiques sur l'activité des compagnies ferroviaires.

Dans la foulée sont créées The Poor's Publishing Company (1916), The Standard Statistic Company (1922),  Fitch(1924, spécialisée dans la notation du secteur bancaire et communal), Duff & Phelps Corporation (1932, spécialisée dans la notation du secteur des compagnies d’électricité). La  grande dépression a conduit, dans les années  1970  à revisiter le métier des agences qui notent plus sévèrement et n'analysent plus simplement les créances à long terme (obligations) mais aussi à court terme (billet de trésorerie). Avec la mondialisation,  les deux principales agences américaines  Standard & Poor’s et Moody’s développent leurs services sur le marché international. Parallèlement se créent des agences nationales (la première en France en 1986 est l'ADEF, Agence d'évaluation financière) qui ne travaillent qu'à l'échelon local.

Les crises financières et bancaires à répétition ont fini par donner à ces agences, des pouvoirs absolus même si parfois leur diagnostic est mauvais.

Retenons simplement que ces agences de notation financière sont spécialisées dans ce que l'on nomme en anglais le « rating ». Elles se chargent d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs. Les emprunteurs, dans ce cas précis, peuvent être des entreprises privées ou publiques, des Etats, des collectivités locales comme les départements ou les régions, des communes.

Le rôle des agences de rating est de mesurer précisément le risque de non remboursement des dettes que présente l'emprunteur, on parle aussi de la « qualité de la signature ».

Quels sont donc les systèmes de notation de ces agences ?

Chaque agence de notation financière possède son propre système de notation. Schématiquement, les notes s'établissent de A à D avec des échelons intermédiaires. Ainsi, la meilleure note est AAA, c'est notamment celle des pays industrialisés (Etats-Unis, Allemagne, France etc.). Ensuite on trouve AA puis A chez Standard and Poor's, ou Aa, A, etc. chez Moody's.

On trouve également des notations intermédiaires : en effet, les notes peuvent être affublées d'un "+" ou "-" ou encore d'un "1" ou "2", etc. Ainsi on retrouvera des notations du type AA+, A-, Aa2, etc. Cela permet des classifications plus fines des différents emprunteurs.

Ces différentes notations peuvent être scindées en deux grandes familles : la catégorie "Investissement" ou "High Grade" contenant les notes comprises de AAA à BBB, la catégorie dite "spéculative" pour les notes inférieures.

Il faut également souligner que la notation est assortie d'une orientation à moyen terme permettant de situer un peu mieux la tendance à venir pour la qualité de l'émetteur. Dans certaines situations, on parle de "mise sous surveillance". En effet, les étapes les plus importantes de la vie des sociétés (acquisitions, fusions, investissements très importants...) sont susceptibles de modifier fortement leur physionomie.

2.    Les conséquences de la perte du triple A pour la France


Pour aborder la question portant sur les conséquences de la perte du triple A en France, il semble nécessaire de présenter avant l’impact de la notation des agences de notation.

Pour une entreprise  qui cherche à se financer, la notation obtenue sera déterminante pour les conditions de l'opération. Que ce soit par financement bancaire ou par émission d'obligations sur le marché, plus la note sera élevée et plus l'entreprise trouvera des fonds bon marché à des taux d'intérêt faibles.

A l'inverse, une mauvaise note signifiera un taux d'intérêt plus élevé et des difficultés pour mettre sur pied un financement. La différence de niveaux entre les taux d'intérêt constituera la prime de risque.

Le problème devient notamment important pour les Etats ou les sociétés situées dans la catégorie "spéculative". Les investisseurs institutionnels, principaux pourvoyeurs de fonds du marché, ne prennent pas de risques et n'investissent pas sur ce type de valeurs. Boucler une émission obligataire pour une telle société devient dès lors difficile.

La note n'est pas figée et évolue tout au long de la vie des obligations par exemple. Une révision de la note à la baisse peut faire baisser le cours du titre visé. De même, un changement d'évaluation à la hausse peut faire monter le cours. Les investisseurs sont très attentifs aux modifications de notes ou aux mises sous surveillance des titres.

Enfin, il est important de souligner que les notations attribuées ne sont en aucun lieu des recommandations d'achat ou de vente de titres, il s'agit uniquement de l'estimation du risque de solvabilité à un instant donné et mesuré de manière statistique.

Concernant la France, la perte du triple A  a deux  types de conséquences pour le pays : les conséquences politiques et les conséquences économiques et financières.

Sur le plan politique, l’annonce du vendredi 13 janvier, sonne comme une gifle pour Nicolas Sarkozy. En effet, le président Sarkozy a tellement fait du maintien du triple A français un marqueur politique, que sa perte lui revient comme un boomerang.  Depuis trois ans, le chef de l'Etat fondait son action économique sur le maintien du triple A. Il en avait fait une affaire personnelle, un test de son volontarisme. Une réforme des retraites, deux plans de rigueurs en l'espace de quelques semaines, des hausses d'impôts ciblées puis généralisées, tous ces sacrifices étaient justifiés au nom du maintien du triple A, accordé à la France depuis qu'elle est notée (en 1975) et qu'elle n'a jamais perdu depuis.  Dans le combat de rivalité qu’il a engagé entre la France et l’Allemagne, le coup est d'autant plus dur que l'Allemagne conserve la note maximum, consacrant ainsi le décrochage de la France par rapport à son principal partenaire. Le président Sarkozy est tout simplement « KAO débout ».

Le président et candidat du MoDem, François Bayrou, a ainsi estimé que cette dégradation signait l'échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy - en substance, "avec moi on garde le triple A avec les autres on le perd."

Pour François Hollande «  Ce n’est pas la France qui est dégradée mais la politique de Nicolas Sarkozy ».
Il est fréquent d’entendre que le président Sarkozy a commis une triple erreur.

Premièrement, une erreur de méthode. La méthode qui consiste à multiplier les annonces pour occuper le terrain de la réforme et du «courage»  a perdu le président Sarkozy. Car celles-ci peuvent donner, au contraire, l’image de «l’agitation» que Nicolas Sarkozy fustige par ailleurs; accréditer l’idée d’une parole forte suivie d’une action faible; et surtout s’annuler.

Deuxièmement, une autre erreur  a consisté à encourager Claude Guéant dans sa chasse aux voix lepénistes, au motif que, là, seraient les vraies questions posées par les vrais gens. Or, c’est quasiment une ligne directe d’approvisionnements du vote Le Pen qui a été construite; et l’offensive de Nadine Morano contre Marine Le Pen vient bien tard.

TRIPLE A (2).jpg

Lire la suite

samedi, 04 février 2012

COTE D'IVOIRE: L'OEUF OU LA POULE?

ALASSANE OUATTARA OEUF.jpg

Lors de son séjour dans la capitale Française, Alassane Ouattara a lâché une petite bombe qui, sur l'instant, est passée inaperçue. En effet, lors de ses interviews par les médias Français, ce dernier a exprimé sa volonté de ne pas livrer à la CPI la femme de l'ex-président Ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que leurs plus proches amis et collaborateurs.

Si pour d'aucuns, ce « geste » pourrait sembler magnanime, en réalité, il est loin, très loin de l'être.

Alassane Ouattara est dans une impasse. Sa réconciliation nationale bat de l'aile, son pouvoir et sa sécurité dépendent en grande partie de son premier ministre Guillaume Soro, de l'ONUCI ainsi que des quelques militaires Français actuellement basés sur Abidjan. Ajouté à cela le monde entier qui n'arrête pas de lui réclamer à tort et à travers la tête de ceux à qui, pourtant, il est en partie redevable de son statut actuel de numéro 1 Ivoirien !!

Ainsi, après avoir constaté son erreur d'appréciation sur l'ampleur du phénomène Gbagbo, car c'est loin d'être de bon coeur qu'il aura pris telle décision, Alassane Ouattara informe le monde entier de « sa préférence » de juger tous les Pro-Gbagbo sur le territoire Ivoirien.

Ce geste faisant, il se donne un peu d'air et montre des gages de bonne volonté à tous ses proches éclaboussés par l'affaire, ceux là même qui, plus que quiconque, sont responsables de terribles atrocités et autres crimes de guerre et qui ne doivent pas manquer de lui mettre une énorme pression pour « échapper à leur sort ».

Si l'on peut se réjouir de ce revirement brusque, ne serait-ce que pour tous les pro-Gbagbo enfermés ou en cavale, une chose pourtant demeure !! Mr Alassane Ouatttara peut toujours tenter de faire diversion, il n'empêche que la véritable question reste et restera toujours celle de la libération de Laurent Gbagbo !!

La crise douloureuse qu'a traversé la Côte d'Ivoire (et qu'elle traverse toujours, du reste) est du fait d'une guerre de pouvoir entre deux individus.

Mr Ouattara, incapable de se résoudre à la victoire de Laurent Gbagbo se sera évertué à lui pourrir sa présidence tout du long. Les médias Français, jusqu'au bout, n'auront eu de répit de  nous ressortir à chaque fois, encore et encore, la même rengaine, comme si elle leur avait été ainsi dictée : « crise postélectorale née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle et qui aura entraîné son pays dans une guerre qui aura causé plus de 3000 morts ... et bla bla bla et bla bla bla ».

Ainsi, on reproche à Laurent Gbagbo de s'être ravitaillé en armes pour défendre son pays. N'est-ce point le rôle de tout président, de tout chef des armées? Oui, c'est en toute logique que Laurent Gbagbo aura répondu à l'agression par une contre agression. Il ne pouvait en être autrement.

Il s'agissait bien d'un coup d'état à l'origine lorsqu'en 2002, des hommes ont fait irruption en pleine nuit dans la capitale Ivoirienne, massacrant tout sur leur passage. Ces évènements tragiques, entre les rebelles d'Alassane Ouattara (car aujourd'hui, plus personne ne peut le nier) et les FDS de Laurent Gbagbo, auront donc coûté des vies comme dans toute guerre. Peut-on dès lors parler de crimes contre l'humanité hormis, entre autres, le cas Duékoué? Il faut bien comprendre que ce sont ces mêmes évènements ayant eu lieu depuis 2002 qui ont inexorablement débouché sur cette situation. On ne saurait donc dissocier la récente crise postélectorale, elle même, de tout ce qui fut, au cours de ces dix dernières années !!

Ce fameux rapport sur le massacre de Duékoué, imputable aux rebelles armés Ouattaristes (soutenus par une France qui a décidément le génocide dans le sang), rédigé par Human Right Watch, pourtant à la solde de Georges Soros et donc de son allié Ouattara, dressait une liste de pas moins de 800 à 1500 civils assassinés sans vergogne. Nous pouvons donc affirmer, sans ambages aucuns, que l'actuel président Alassane Ouattara devrait, dans ce cas, avoir son siège aux cotés de Laurent Gbagbo, s'il était réellement question de rendre justice. Après tout, la justice doit être égale pour tous,  il ne saurait y avoir ni justice de vainqueurs ni justice de vaincus. Déterminer qui est à l'origine de tous ces morts, c'est un peu comme se demander de qui, entre l'oeuf et la poule, est apparu en premier !! Et c'est sur ce flou que profite tout ce monde pour faire porter le chapeau à l'un tout en ménageant l'autre...


Ecrit par Yann-Yéc'han, in le quotidien burkinabé "San Finna".


Source: SAN FINNA

vendredi, 03 février 2012

BOMBARDEMENTS DU 11 AVRIL: L’ASSASSINAT DE GBAGBO ETAIT PREVU, VOICI COMMENT LA FRANCE COMPTAIT LE FAIRE



BOMBARDEMENTS ABIDJAN.jpg

Sur la crise ivoirienne, il faut le dire, il y à beaucoup à dire et à écrire sur l'attitude partisane de la France de Nicolas Sarkozy. A la vérité, ce monsieur a beau se donner bon jeu pour s'offrir une bonne conscience, le monde découvre qu'il fait du faux sur la lagune Ebrié. En réalité dans la crise post-électorale provoquée et orchestrée par la France, l'assassinat du président Laurent Gbagbo était à l'ordre du jour. Pour les conséquences, ce n'était pas important. « On pouvait gérer le reste, le temps que la situation se stabilise ». S'est-on dit dans les rangs de l'Etat major français chargé de mener les opérations de déstabilisation du régime du président Laurent Gbagbo.

Comme au Zaïre, aujourd'hui RDC, Lumumba avait gagné les élections organisées par la puissance coloniale. Mais il n'était pas le choix de la couronne Belge qui voyait en lui, un anarchiste à la solde des communistes. On sait ce qui est arrivé. Lumumba a été assassiné sur ordre des Belges, Américains...En somme des occidentaux qui, plusieurs décennies après, se sont contentés de simples excuses envers le peuple congolais. Mais le mal est déjà fait. Et surtout les énormes richesses de ce pays ont été pillées par l'Europe et les Américains, avec la complicité du roi « Mobutu » qu'ils ont rejeté et humilié par la suite.

C'est en fait ce schéma que Paris a voulu appliquer en Côte d'ivoire, quitte à s'excuser un peu plus tard, auprès du peuple ivoirien.

Pour que cet assassinat passe facilement dans l'opinion internationale, il fallait présenter le président Laurent Gbagbo comme l'horrible dictateur qui ne veut pas quitter le pouvoir après avoir perdu les élections. Dans la presse française, la consigne était donc bien claire ; le dépeindre autant que se peut en noir. Ce qui a été fait, et bien fait. Alain Juppé, le ministre des affaires intimement anti-Gbagbo ne s'est pas empêché de révéler dans la presse hexagonale, « c'est fini pour Gbagbo ». Cette phrase était plein de sens. A quelques jours 11 Avril, les bombardements se sont intensifiés sur la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo à Cocody et certains symboles de l'Etat.

Le président ivoirien qui se demande si la Côte d'ivoire est en guerre contre la France, appelle alors l'ambassadeur Jean Marc Simon qui, à Abidjan, répond au nom de l'Elysée. En ce moment les snippers français et les forces rebelles pro-ouattara avaient paradoxalement entouré sa résidence.

C'est vrai que dès le début de cette crise, ce diplomate répétait en privé qu'il ne comprenait pas l'acharnement de son président contre les institutions ivoiriennes. Mais il était dans le coup contre le président Gbagbo. Lorsqu'il l'appelle, il se fait compatissant et lui demande de sortir pour brandir le drapeau blanc. Etait-ce un piège?

Le ministre Tagro Désiré qui était à la résidence avec lui, sort avec le drapeau blanc qu'il brandit. Mais il reçoit vite plusieurs décharges de plombs. Tagro s'écroule sur le champ. Il est très vite ramené dans la résidence. Entre temps, dehors, c'est la joie entre les rebelles pro-ouattara et les snipers français. « Chef, on l'a eu », téléphonent alors quelques uns à la hiérarchie en croyant avoir tué le président Gbagbo. « A l'ambassade de France, juste à côté de la résidence, c'était déjà la joie », révèle un chef de guerre qui a pris part à l'expédition.

Lorsque le président Laurent Gbagbo voit son collaborateur agonisant, il s'écrit, « tout ça à cause du pouvoir ». Il prend alors son téléphone pour appeler Jean Marc Simon. Mais au bout du fil, le diplomate marque d'abord son étonnement avant de lui rire au nez. Ça voulait tout dire.. « il a été étonné que ça ne soit pas Gbagbo, parce que c'est lui qu'il cherchait » fait-on remarquer dans l'entourage du président. Paris venait ainsi de rater son coup...du siècle.

Alors qu'avant ça, la France s'était donné tous les moyens de réussite, en s'offrant les services de certains collaborateurs directs du président ivoirien. C'est ainsi que le Général Touvoly s'est retrouvé à l'ambassade de France, en lâchant son bienfaiteur au dernier moment. Et il n'y est pas allé sans rien. Le général est parti avec la voiture blindée, plus précisément le véhicule de commandement du président Laurent Gbagbo qu'il leur a remis. « La France pensait que le Président allait fuir du palais. C'était une manière de l'empêcher de sortir », confirme un officier de l'armée ivoirienne. « Jusque là, ajoute un autre, je n'arrive pas à m'expliquer le comportement de Touvoly. Parce que ce monsieur doit tout à Gbagbo. C'est lui qui l'a fait. Je me rappelle même qu'il lui a demandé de l'argent pour construire une maison à son père au village. Et Gbagbo lui a donné... ». On ne sait jamais, peut-être qu'il avait peur de la France.


In le quotidien ivoirien "Le Temps" du jeudi 2 février 2012.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

DEUX MOIS APRES LE TRANSFEREMENT DE GBAGBO, LES REVALATIONS D'UN AVOCAT


LAURENT GBAGBO.jpg

Maître Ciré Clédor Ly, du barreau de Dakar, est l'un des avocats constitués pour la défense des intérêts du président Gbagbo et de ses proches emprisonnés au nord du pays le lendemain du 11 avril 2011. Il lève un coin du voile sur les tractations politico-judiciaires auxquelles il a assisté à Korhogo qui ont marqué les heures précédant le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

 

"Saisie par le Président Laurent Gbagbo et sa famille de requêtes dirigées contre l'Etat de Côte d'Ivoire et SEM Alassane Ouattara, la Cour de Justice de la Cedeao avait délocalisé toutes ses audiences du mois de novembre 2011 à Porto Novo, conformément à son Règlement de Procédure. En raison de la visite du Pape Benoît XVI au Bénin, les procédures initialement programmées le 18 novembre furent reportées au mardi 22 novembre 2011. Advenue cette date, la Cour, rendant sa décision sur le siège, ordonna la jonction des procédures déclarées urgentes avant de décider du renvoi au 19 décembre 2011 pour les plaidoiries des avocats constitués. Il est à signaler que l'avocat conseil de SEM Alassane Ouattara était cependant rentré de toute urgence en Côte d'Ivoire, sans attendre les débats.

La suite des évènements permettra de comprendre qu'en réalité, l'Etat de Côte d'Ivoire craignait d'entendre la Cour ordonner la libération du Président Laurent Gbagbo et sa famille, détenus illégalement depuis la prise du pouvoir par le nouveau régime. Il fallait d'urgence planifier le transfèrement du président à la Cour pénale internationale, pour mettre ainsi le monde entier devant le fait accompli. La Cour de justice de la Cedeao n'aurait aucun moyen, ni aucune base juridique pour empêcher le fait accompli qui avait un autre fondement juridique que celui sur lequel elle était saisie.

C'est ainsi que le 23 novembre 2011, les avocats du Président Laurent Gbagbo furent convoqués pour un interrogatoire au fond sur la procédure d'inculpation inédite de vol à main armée pour un chef d'Etat. L'on fera remarquer à cet effet que la procédure ainsi engagée violait les droits de la défense de Laurent Gbagbo car, en sa qualité de Président de la République pour certains, d'ancien Chef d'Etat et membre de droit du Conseil constitutionnel pour d'autres, ce dernier ne peut légalement faire l'objet d'une inculpation, d'un interrogatoire ou même un jugement par un magistrat, radicalement incompétent rationae personae.

Le 25 novembre 2011, par ordonnance N°42/11 rendue par Monsieur Kanga Penond Yao Mathurin, premier président de la Cour d'appel d'Abidjan, la Chambre d'accusation d'Abidjan sera autorisée à «se transporter et siéger au lieu de détention de monsieur Gbagbo Laurent et autres».

Korhogo fut ainsi investi par toute la Cour d'appel d'Abidjan, les avocats s'interrogeant sur cette présence massive et insolite de Hauts Magistrats, ignorant tout de l'Ordonnance précitée, mais soupçonnant que quelque chose se tramait.

Et alors que «l'interrogatoire» au fond du Président Laurent Gbagbo devait commencer le lundi 28 novembre 2011 à 09 heures devant le Tribunal de Première Instance de Korhogo, il ne débutera que le soir vers 16 heures, des membres des Nations Unies devant rendre visite au détenu pour s'enquérir de sa situation et vérifier les conditions de sa détention, selon les explications servies aux Avocats.

Le Président était assisté par cinq (05) avocats, le Sénégalais Ciré Clédor Ly qui rentrait de l'audience de Porto Novo, ainsi que quatre (04) avocats ivoiriens : Agathe Baroan Dioumency, Dako Zahui Toussaint, Dohora Blédé et Félix Bobré.

Etant donné l'heure tardive, l'interrogatoire au fond n'a pu être mené à terme pour des raisons sécuritaires et fut reporté au lendemain 29 novembre 2011. Mais avant que celui-ci ne débuta, le procureur général près la Cour d'appel d'Abidjan informa les avocats de son intention d'enrôler séance tenante la demande de transfèrement du Président Laurent Gbagbo formulée par la Cour pénale internationale. Pris de court par cette nouvelle pour le moins inattendue, les Conseils n'ont pu bénéficier que d'une seule et unique heure pour se préparer et ce, contrairement à la Loi ivoirienne qui organise les droits de la défense et prévoit un délai suffisant de préparation des avocats avant leur comparution et plaidoirie devant la Chambre d'accusation, quel que soit le motif de la saisine.

Le mandat d'arrêt fut alors notifié sur le champ par le Procureur de la République près le Tribunal de 1ère Instance d'Abidjan, Monsieur Koffi Kouadio Simplice, lequel procéda immédiatement à la vérification d'identité et à «l'arrestation» du Président. Ce dernier fut informé des incriminations qui lui sont imputées ainsi que de ses droits prévus par l'article 55 du statut de Rome.

Il convient de souligner que l'arrestation d'un Président de la République ou d'un ancien président de la République, lequel est membre de droit du Conseil constitutionnel, ne peut se faire que sur autorisation de la Commission d'instruction près la Haute Cour de Justice, le Procureur de la République n'étant nullement habilité à opérer une telle démarche, aux termes de la Constitution ivoirienne du 23 août 2000 et de la Loi n° 2005-201 du 16 juin 2005 portant statut d'ancien Président de la République, d'ancien Chef ou Président d'institution nationale et d'anciens membres du gouvernement.

Naturellement, les cinq (05) avocats présents et confirmés par le Président Laurent Gbagbo n'eurent d'autre choix que de plaider, la Chambre d'accusation ayant catégoriquement refusé tout renvoi, n'accordant à la défense que quinze (15) minutes pour consulter le dossier avant les plaidoiries.

A l'examen, il est apparu que l'Accord de coopération entre la Cour pénale internationale et l'Etat de Côte d'Ivoire ne figurait pas dans le dossier. Les avocats n'avaient donc pas pu prendre connaissance dudit Accord, ce qui constitue une violation inadmissible des droits de la défense. La Chambre d'Accusation donnera finalement un avis favorable au transfèrement du Président à la Cour pénale internationale, rejetant à l'occasion et toujours sur le siège la demande de liberté provisoire présentée par les conseils du Président.

Toutes les recommandations prévues par le Statut de Rome et qui garantissent les droits de la défense étaient royalement ignorées. Après le retrait de la Chambre, le Procureur Général près la Cour d'Appel d'Abidjan, Monsieur Ibrahima Fofana, demanda au Président de décharger la notification de l'Avis qui venait d'être rendu sur le transfèrement. Les Avocats s'y opposèrent, exigeant de voir la décision, laquelle n'était naturellement pas disponible. C'est ainsi que le Président Laurent Gbagbo, dépité par cette mascarade judiciaire, trancha en ces termes : «Maîtres, laissez-moi signer...Tout cela est politique».

L'Homme était visiblement exténué, déçu et dégoûté de tout cela. La maxime selon laquelle «la plus éloquente des plaidoiries se brise immanquablement sur le récif d'un dossier partisan» venait d'être encore confirmée. Les Avocats n'auront finalement que quelques petites minutes pour parler au Président, les conditions sécuritaires donnant tous les prétextes pour arracher la proie à ses défenseurs impuissants et sans arme. Ils ne furent même pas informés de l'immédiateté du transfèrement, et c'est ainsi que celui qui présidait aux destinées d'une grande nation, la Côte d'Ivoire, avait été embarqué sans même avoir eu la possibilité de s'armer de sa paire de lunettes.

L'Homme était emporté dans le noir, le droit élémentaire d'écarquiller les yeux pour essayer de percer l'obscurité lui étant refusé. Nous sommes incontestablement à la croisée du droit national et du droit international, à l'intersection des illégalités et de l'Arbitraire."


Par Maître Ciré Clédor Ly, Avocat au barreau de Dakar, membre du collectif des avocats du président Gbagbo.

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

LA GUERRE SORO-OUATTARA FAIT RAGE: LA BATAILLE LICORNE-US FORCES CONTRE FORCES NOUVELLES SE PREPARE

 

SORO ET ADO.jpg

Ce n'est pas fini ! 9 mois après la bataille d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro Kigbafory, remettent le couteau entre les dents. Ils s'apprêtent à livrer une autre bataille. Certainement la der des ders. Chacun fourbit ses armes. Ouattara a le soutien de Licorne «appuyée» par l'Us Forces, tandis que Soro peut encore compter sur quelques fidèles com-zones.

Ça sent le souffre entre la Présidence et la Primature d'Abidjan, depuis la visite d'Hillary Clinton à Ouattara. L'atmosphère entretenue par la paire au sommet de l'Etat ivoirien traduit bien l'adage qui dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Tout le monde savait plus ou moins qu'un jour ou l'autre les deux hommes finiraient par se planter le couteau dans le dos. Parce qu'il ne peut y avoir deux capitaines dans un même bateau. Mais la dernière réaction de la première puissance mondiale change la donne et précipite tout. Les Etats-Unis d'Amérique, secret de Polichinelle, veulent la tête du Secrétaire général et des pontes de la rébellion des Forces nouvelles.

En transit à Abidjan alors qu'elle était plutôt attendue au Ghana et au Libéria, des pays anglophones qui ne comprennent rien aux bizarreries francophones, Mme Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat américain avait fait injonction au président Ouattara de livrer Guillaume Soro à la Cpi. Ce serait à cette condition que le nouveau pouvoir ivoirien pourrait bénéficier des aides américaines.

Soro : les conséquences dramatiques d'une rébellion meurtrière

Préalablement informé par ses services renseignés, Soro n'avait pas jugé utile de pointer à l'aéroport d'Abidjan où se faisait l'accueil de Mme Clinton. Mais qu'à cela ne tienne, les carottes semblent désormais cuites pour l'auteur de «pourquoi je suis devenu rebelle», recueil de récriminations dans lequel Guillaume Soro justifie de façon prémonitoire les crimes dont ses chefs de guerre allaient se rendre coupables sur les populations civiles. L'heure du jugement a-t-elle sonné pour le super Premier ministre ? En tout cas, ce dernier et une bonne partie de ses com-zones pourraient être arrêtés par les forces françaises assistées de l'Us forces et «déférés de force», selon une source militaire, devant la Cour pénale internationale, à la Haye, en Hollande. Si ce n'est que de cela qu'il s'agit, c'est une petite affaire pour les Usa, affirment nos sources diplomatiques, très renseignées. Les choses semblent, malheureusement, se précipiter contre l'ex-leader estudiantin qui a pris le raccourci d'une rébellion meurtrière alors qu'il était attendu sur les bancs d'amphithéâtre pour la fin de ses études universitaires.

France : «On n'engage pas un bras de fer avec son allié traditionnel»

Quelque peu hésitante, la france qui a compris qu'il ne sert à rien d'engager un bras de fer avec son allié traditionnel pour quelqu'un qui de toute façon n'en vaut la peine, a fini par «s'aligner sur la position de Washington».

L'atmosphère était déjà sulfureuse entre le palais d'Abidjan et la Primature d'une part et entre les militants du Rdr pro-Ado et les partisans des Forces nouvelles dont de nombreuses familles ont jeté leurs enfants dans les bras de la rébellion pour «chasser Gbagbo du pouvoir». C'est dans ces conditions de préparation d'avant-guerre que le chef d'Etat ivoirien surfe entre Abidjan et Paris. M. Ouattara avait quitté la capitale française, du 25 au 27 janvier, pour Addis-Abeba, en ethiopie, où se tenait l'Assemblée annuelle de l'Union africaine. Avant d'y retourner, le 30 janvier pour une visite, cette fois-ci, privée.

Alassane Dramane Ouattara qui avait disqualifié la Cpi pour le jugement «des personnes dans ses rangs» qui auraient commis des exactions, est bien obligé, lui aussi de «s'aligner sur la position de Washington», comme son parrain Sarkozy. En avait-il le choix ? Pas vraiment. C'est un chef d'Etat qui agit désormais de «guerre lasse», susurre-t-on dans les chancelleries, à Abidjan. Mais à la guerre comme à la guerre.

Soro fourbit ses armes en toute discrétion

Guillaume Soro dont la tête est mise à prix n'entend pas se laisser conduire à la guillotine de la Cpi , sans jeter ses dernières forces dans la bataille. Pendant que le président Ouattara voltige entre Paris, Addis-Abeba et Abidjan, Soro lui, préfère rester à la maison où il peut sereinement fourbir ses armes. Plusieurs de ses chefs de guerre s'étaient retrouvés en conclave dans un village de Tiébissou, au centre du pays à une cinquantaine de kilomètres de leur fief de Bouaké. Ce conclave de Tiébissou «à l'initiative d'un chef militaire» mais certainement une autre idée «géniale» du Secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, était l'occasion pour les com-zones «de prendre leurs responsabilités » vis-à-vis du pouvoir politique qui entend les mener au purgatoire.

«Si on veut bien voir, nous avons mené une guerre à crédit. On refuse de nous payer et on nous menace de transfèrement à la Cpi. On ne s'est pas battu pour rien, pour faire plaisir à quelqu'un».

Les fuites de Tiébissou annoncent des jours sombres pour les populations civiles. Guillaume Soro et ses hommes attendent Alassane Dramane Ouattara et les siens de pieds fermes.

Ouattara et Soro : Les forces de chacun

Du côté des forces nouvelles, il y aura non seulement les com-zones mais aussi leurs éléments démobilisés à qui ils pourront faire appel à tout moment moyennant pièces sonnantes et trébuchantes. La fièvre monte.

Depuis dimanche 30 janvier, ce n'est plus la sérénité dans la partie Nord du pays. Un couvre-feu qui ne dit pas son nom y est même perceptible. Il y a une forte concentration de soldats, surtout à Bouaké, fief de la rébellion. La plupart des chefs de guerre font mouvement sur leurs secteurs de commandement respectifs. Néanmoins, les forces de Soro sont très affaiblies.

Soro est amputé de son chef d'Etat-major, Soumaïla Bakayoko, promu Général de Division, chef d'Etat-major des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci, armées unifiées) par Alassane Dramane Ouattara.

Le général Bakayoko joue désormais le son Ouattara dans le tocsin tragique. Soro ne peut plus compter sur Koné Zakaria, lui aussi promu à la tête de la Police militaire par le chef de l'Etat. Les forces nouvelles partent affaiblies car démobilisées.

Ouattata y a semé la zizanie en ne nommant à tour de bras que ceux qui peuvent facilement trahir Soro. La désunion est totale, contrairement au bon vieux temps lorsqu'il s'agissait pour «les frères Dioulas du Nord» de combattre Gbagbo. Alors qu'Alassane Dramane Ouattara qui bénéficiera, certainement, de l'appui de certains chefs de guerre dont il a fait la promotion, peut également compter sur les mercenaires Burkinabès de sa garde rapprochée. Mais le chef d'Etat ivoirien a aussi le soutien des forces françaises pour lesquelles il vient de signer un nouvel accord de défense avec Nicolas Sarkozy. Déjà, alors qu'il séjourne encore en France, 300 légionnaires de l'armée française ont débarqué à Abidjan, ce lundi 31 janvier. Ceux-ci n'ont rien à avoir avec l'effectif de Licorne déjà en place et évalué à 300 autres soldats. Nous en avons eu confirmation par une source française qui nous a joints, hier, au téléphone après avoir lu notre article. Se satisfaisant de la justesse de notre information, la source a félicité la rédaction de votre journal préféré, Le Temps, pour ses investigations poussées. Au cas où ça devient compliqué pour se saisir» de Soro et de ses com-zones, Ouattara peut toujours compter sur le soutien des Américains. Des GI's attendant en base arrière pour «faire le travail».


Simpice Allard, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du 2 février 20121.

al08062317@yahoo.fr


Source: EBURNIENEWS

CLASH SORO-ADO: VOICI LE SCENARIO DE LA CAPTURE DE SORO

 

FORCE LICORNE.jpg

Les 300 légionnaires français déjà à Abidjan. La psychose gagne la capitale!


Alors que nous avions annoncé depuis deux jours dans IvoireBusiness, le débarquement imminent de 300 légionnaires à Abidjan, une source très crédible nous informait, hier, que les 300 légionnaires en question étaient déjà sur les bords de la lagune ébrié, depuis le 31 janvier dernier. Information recoupée et confirmée par une seconde source.

Selon un timing savamment orchestré et ayant eu vent que leur projet était su, les légionnaires français ont précipité leur arrivée en Côte d'Ivoire, où ils sont arrivés dans la nuit du 30 au 31 janvier dernier.

Au même moment, à l'autre bout de l'Afrique, Alassane Dramane Ouattara quittait Addis-Abeba pour s'envoler, non pas pour Abidjan, mais pour Paris. Officiellement, pour des soins, officieusement pour être, comme il en a l'habitude, loin du théâtre des opérations. Les légionnaires viennent rejoindre les 300 soldats Licorne déjà sur place.

Les carottes sont-elles en train de cuir à la vitesse grand V pour Soro, l'auteur jadis adulé par les médias français du livre «Pourquoi je suis devenu rebelle», dans lequel il justifiait de façon prémonitoire, les crimes perpetrés par les Forces nouvelles et ses chefs de guerre sur les populations civiles ivoiriennes.

Pas si sûr, mais certains signes ne trompent pas. Un étau irrésistible est en effet en train de se resserrer autour du Premier ministre et de ses Com'zones qui sont en passe d'être capturés par les forces françaises, car c'est de cela qu'il s'agit, et transférés à la CPI.

Tel semble le scénario qui se dessine contre Soro, dont le sort a été scellé lors de la dernière visite d'Hillary Clinton à Abidjan.
Ce dernier averti par ses propres services de renseignements, n'avait pas jugé utile de se rendre à l'aéroport d'Abidjan, accueillir la secrétaire d'Etat américaine, encore moins la recevoir à la Primature.

Une fois au palais présidentiel et après les civilités d'usage, celle-ci assena des paroles crues à Alassane Ouattara, qui bien qu'ayant fait la majeure partie de sa carrière aux Usa, n'a pas encore compris l'attachement des américains à l'expression plurielle des opinions, aux droits de l'homme, et à la liberté de la presse.

Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on t'a installé au pouvoir que tu as le droit de faire n'importe quoi.

Exaspérée par les exactions des Frci envers les populations civiles, Clinton, dans un ton très directif demanda à ADO de livrer Soro et certains de ses chefs de guerre à la CPI, car coupables de crimes de sang et de crimes contre l'humanité, selon les rapports de Human rights watch, Amnesty international, et la croix rouge.

Mais Soro qui ne tient pas à se faire capturer comme un pigeon a déjà commencé sa riposte.

L'incendie des locaux de la Primature le 28 janvier dernier n'est en réalité qu'un acte criminel ourdi par les hommes de Soro, pour effacer toute trace de son passage à la Primature. Le but, éviter d'être épinglé un jour pour crimes économiques.

C'est la raison pour laquelle seuls les services économiques rattachés à la Primature sont partis en fumée. Et chose curieuse, Soro n'y a pas mis les pieds pour constater les dégâts.

Deuxième acte de riposte, Soro a quitté sa résidence d'Abidjan pour le Nord. C'est la raison pour laquelle aucun conseil de gouvernement ne s'est tenu à Abidjan depuis deux semaines.

Il serait entre Bouaké, Korhogo et Ferkessédougou. Toutes ces zones centre-nord-ouest (CNO) sont en état d'alerte maximale. On peut y noter une concentration très importante de troupes.

Les hommes de Soro se livreraient en ce moment à des exactions contre les populations burkinabé, coupables à leurs yeux de spolier les richesses de la Côte d'Ivoire et d'avoir pris leurs terres.

Une chasse à l'homme a en ce moment lieu contre les ressortissants du Burkina Faso, qui soutiennent sans faille Alassane Ouattara, par les ressortissants du Nord.

Les villes de Bouaké, Dabakala, Bouna, Ferkessédougou, Korhogo, Odienné, Boundiali sont concernées.

Sur le plan purement militaire, les hommes de Soro ont déjà totalement quadrillé tout le centre-nord-ouest de la Côte d'Ivoire, et attendent de pieds fermes les soldats français de Licorne et les légionnaires. Les forces spéciales américaines, déjà présentes à Abidjan, pourraient les aider à capturer SORO.

Licorne et la Légion disposent d'un appui aérien supérieur aux Frci, qui n'en possèdent pas. Mais au sol, la connaissance du terrain demeure la faiblesse majeure des légionnaires et de Licorne, même s'ils ont reçu un entrainement puissant en terrain étranger et très hostile.

Les hommes de Soro disposent également du soutien de la population dans les zones sous contrôle de l'ex-rébellion des Forces nouvelles. Ce qui n'est pas un atout négligeable.

La nation retient son souffle. Nul ne sait comment tout ça finira. Car les populations abidjanaises ont commencé à faire leurs provisions. La psychose s'étant déjà emparée d'elles.

Nous y reviendrons.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

CLASH SORO-ADO: OU SE CACHE SORO? LE PREMIER MINISTRE REFUSE D'ETRE CAPTURE ET TRANSFERE A LA CPI!

 

ADO-SORO-GBAGBO.jpg

Le Premier ministre Guillaume Soro est porté disparu depuis deux semaines. Il s'est bunkérisé parmi sa garde prétorienne surarmée de 500 hommes, quelque part entre

Bouaké et le Nord de la Côte d'Ivoire. Une concentration très importante d'hommes en armes a été notée à Bouaké et à Korhogo ces derniers jours.

Ce qui est sûr, il n'est plus à Abidjan et a annulé un déplacement à Malabo aux côtés des éléphants. C'est pour cela qu'il n'a même pas mis les pieds à la Primature lorsque celle-ci est partie en flammes le 28 janvier dernier, se contentant d'y emmener des seconds couteaux.

Selon une source, il prend à cœur sa guerre contre Ouattara, et il la prépare très sérieusement. Car il n'a pas du tout l'intention de se laisser capturer par ce dernier via les Légionnaires et Licorne, et conduit à la CPI.

C'est la raison pour laquelle il multiplie en ce moment conclaves sur conclaves avec ses chefs de guerre, dont Wattao, également dans le collimateur de Ouattara. Des réunions secrètes se tiendraient entre lui et ses hommes à Bouaké, Tiébissou et Ferkessedougou, sa ville natale.

Depuis le débarquement de 300 légionnaires le 31 janvier dernier aux premières heures à Abidjan, Soro a compris que son sort était scellé.

C'est donc peu dire qu'il a disparu des écrans radars, écœuré par la guerre que lui livre sans merci son mentor d'hier, Alassane Ouattara. Lequel est devenu aujourd'hui son ennemi le plus farouche qui a désormais pour ambition de le livrer pieds et points liés à la CPI, avec certains de ses chefs de guerre.

En privé, une source nous annonce que Soro regretterait même le Président Gbagbo qui « n'allait jamais envoyer un enfant de la Côte d'Ivoire à la CPI ».

Il déplore la facilité avec laquelle Ouattara a emmené Gbagbo à la CPI, sans privilégier un règlement entre ivoiriens. Ce qui aurait été le cas du Président Gbagbo, qui n'avait pas hésité en 2000 à faire revenir Ouattara et Bédié en Côte d'Ivoire, pour qu'ils participent au jeu démocratique.

Selon une source, Soro préférerait être tué que d'être capturé par les forces françaises et livré à la CPI.

Même rengaine chez ses chefs de guerre lesquels affirment avoir mené une guerre à crédit pour Ouattara sans être payés, et pour ses beaux yeux. Et qu'aujourd'hui, ce dernier veut les transférer à la CPI par la force.

La bataille Soro-Ado s'annonce donc sanglante. Ce dernier, comme c'est la coutume, a fui le pays pour se réfugier en France, laissant cette dernière faire tout le travail pour lui.

Soro sait qu'il ne peut pas fuir le pays, car un mandat d'arrêt international serait vite lancé contre lui et il serait capturé à coup sûr.
Il est donc plus en sécurité en Côte d'Ivoire qu'à l'étranger.

C'est au pays qu'il livrera donc bataille, depuis sa cachette et parmi ses 500 hommes surarmés et spécialement recrutés par lui.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

PERILS SUR LA NATION IVOIRIENNE

ADO A PARIS.jpg

La visite d'Etat d'Alassane Ouattara en France, du 25 au 28 janvier 2012, a constitué pour lui une occasion inouïe pour débiter nombre de contrevérités et de propos qui représentent, à n'en point douter, avec certains actes qui ont engagé la Côte d'ivoire, une suite effrayante de périls contre la nation ivoirienne, son avenir, sa cohésion et son existence même, en tant qu'entité particulière dans un monde globalisé.

Les signatures consenties et les affirmations qu'il a pu faire, à la faveur de ce voyage, notamment dans la presse française, donnent à penser qu'Alassane Ouattara gouverne la Côte d'Ivoire pour les populations du Nord et pour les intérêts français, et non pour les ivoiriens dans leur diversité.


Premier péril: l'ethnocentrisme. Morceau choisi, tiré de l'interview qu'il a donné au journal « L'Express », au premier jour de sa visite, le mercredi 25 janvier 2012 : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN (donc du Nord, Ndlr), flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière ». Ouattara est-il venu gouverner la Côte d'Ivoire pour les nordistes ou pour les ivoiriens ? Est-il un chef de tribu ou le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire ? Quelle est donc cette référence constante au régionalisme et à l'ethnie ? N'est-ce pas cette tendance malheureuse aux particularismes et aux affinités qui nous a valu vingt années de troubles sociopolitiques ?

Ouattara porte personnellement la responsabilité du référencement tribal et religieux en Côte d'Ivoire car on se souvient encore, comme si c'était hier, qu'il disait à propos du président Henri Konan Bédié, son actuel allié avec lequel il est, en ce moment, en pleine idylle : « On ne veut pas que je sois candidat parce que du Nord et musulman ». Ce propos incendiaire nous aura valu un coup d'Etat en 1999 et une rébellion en 2002, avec toutes ses conséquences et, cerise sur le gâteau, ses milliers de morts de la crise postélectorale, en 2010 et 2011. Cette propension morbide et suicidaire au balisage et à l'arrimage ethniques constitue un obscur péril pour toute la nation ivoirienne. Ouattara avait catégorisé les Ivoiriens en affinités religieuses et régionalistes, hier, et ne s'en est pas encore repenti, aujourd'hui. Bien au contraire !


« Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population (plutôt 25,71% selon l'INS, Ndlr), étaient exclues des postes de responsabilité » ? Et pourtant, sous Gbagbo, on pouvait dresser cette liste révélatrice du souci de cohésion nationale et de l'esprit rassembleur de celui qui est, aujourd'hui, vilipendé et présenté, à tort, comme un dictateur et un exclusionniste: Soro Guillaume: Premier ministre, Mamadou Koulibaly: Président de l'Assemblée Nationale, Laurent Dona Fologo: Président du Conseil Economique et Social, Youssouf Koné: Grand Chancelier de l'Ordre National, Youssouf Bakayoko: Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), Koné Adama, Directeur Général Adjoint du Trésor et de la Comptabilité Publique (de 2001 à 2010), Aboudramane Sangaré, Directeur de l'Inspection Générale d'Etat, Issa Malick Coulibaly: Directeur de cabinet adjoint et Directeur adjoint du Protocole de la Présidence, Koné Boubacar: Directeur du Protocole d'Etat (tous du Nord), de nombreux ministres (également du Nord), et des milliers d'autres à tous les niveaux de responsabilités en Côte d'Ivoire. A quoi bon mentir ainsi et se rabaisser d'autant?


Au demeurant, ne doit-on pas occuper un poste de responsabilité dans une république que sur la base du mérite, et non mû par un ténébreux souci de rééquilibrage ethnique portant en lui les germes d'une fissure sociologique et d'une injustice sociale ? Les Ivoiriens doivent occuper des postes dans l'administration par compétence et non par pourcentage ethnique! Cette conception de la nation est une bombe qui ne manquera pas d'exploser à la face de ses célébrants.


Quant à la réconciliation nationale, Alassane Ouattara en a une bien curieuse conception. C'est à y perdre son latin ! Appréciez. Ouattara affirme dans son interview à « L'express », à propos de la réconciliation en Côte d'Ivoire : « Elle ne devient réalité que lorsque les uns et les autres se sentent en paix et en sécurité. Il faut avant tout améliorer les conditions de vie, restaurer les pistes, bâtir des centres de santé ou des écoles. Voilà pourquoi j'ai retardé ma visite dans l'Ouest, initialement programmée en octobre dernier, et que j'accomplirai en mars... Qu'est-ce que j'apporte aux populations ? Voilà la question. D'abord, du concret sur le terrain ». Parler de routes, de centres de santé et d'écoles (matérialité) là où il est question de guérir les cœurs (immatérialité), nous laisse pantois. Il est, désormais, clair qu'Alassane Ouattara n'a aucune « solution » pour le rapprochement des Ivoiriens, pas plus qu'il n'a la moindre idée de ce qu'on peut appeler « réconciliation ». Il ne faut rien attendre de lui, visiblement, quant à la réconciliation des Ivoiriens. Il veut faire leur bonheur sans eux. Il se propose de leur construire des routes, des écoles et des centres de santé pour leur faire oublier les plaies à vif que leur a causé le massacre de milliers d'entre eux par ses milices Dozos et par les FRCI. Belle réconciliation que celle qui s'en vient en Côte d'ivoire !


Autre péril - et non des moindres - sur la nation ivoirienne, la spoliation des populations de l'Ouest de la Côte d'Ivoire de leurs plantations et terres ancestrales qui sera bientôt entériné par la réforme du foncier rural préconisé par le nouveau régime ivoirien. Les informations qui nous parviennent d'amis et de connaissances vivant dans cette partie de la Côte d'Ivoire font état du fait que, depuis les croisées rageuses des milices pro-Ouattara, appelés Dozos, et des FRCI dans les villes et forêts de l'Ouest, nombre de villages n'ont plus accès à leurs terres traditionnelles. De nombreux planteurs n'ont plus le droit de se rendre dans leurs propres plantations sous peinent de subir le courroux des nouveaux occupants, qui ont pris possessions des lieux, en toute impunité. Ils nous attestent que des cars entiers déversent des populations venues des pays voisins de la Côte d'Ivoire dans nos forêts et que les autochtones se font ainsi déposséder, dans le plus grand silence et n'ont personne à qui se plaindre. Pire, ils craignent par-dessus tout les représailles des « nouveaux propriétaires », en cas de dénonciation.

AMADE OUEREMI.jpg

Amadé Ouérémi, au premier plan, à gauche.


L'une des plaies de cette région est le supplétif FRCI d'origine burkinabé, Amadé Ouérémi, appuyé de sa milice et responsable de grands crimes, dénoncés par plusieurs ONG internationales, dans cette partie de la Côte d'Ivoire. Le simulacre de désarmement volontaire opéré devant les caméras et les objectifs photographiques par le Bureau de désarmement, démobilisation et réintégration (Ddr) de l'Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) de Duékoué, le vendredi 30 Septembre 2011, à Bagohouo, reste négligeable. L'opération avait été menée en collaboration avec la Commission nationale sur les armes légères (Com-Nat Alpc) et était la seconde phase de l'opération de désarmement des éléments d'Amadé Ouérémi dont 25 éléments venaient de Tabou et 12 de Bangolo, prouvant l'étendue du champ sous le contrôle de ces forces qui règnent en seigneurs sur l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les ivoiriens de l'Ouest vivent dans la terreur, dans l'indifférence du pouvoir.

« Il faut avoir le courage de s'attaquer enfin au problème du foncier rural, ce que personne n'a fait jusqu'alors. Je vais le régler, d'autant que je dispose d'une majorité solide à l'Assemblée. Les ministres de la Justice et de l'Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Il y aura des décisions difficiles à prendre, mais nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété ». Ces « décisions difficiles » à prendre, relatives au « droit de propriété » dont parle Alassane Ouattara pourraient bien être le droit donné à ces non nationaux qui envahissent l'Ouest de notre pays de cultiver nos terres avec un droit de propriété officiel et légal. Le contraire nous étonnerait.

Au demeurant, il est faux d'avancer que personne ne s'est jamais attaqué au problème du foncier rural, en Côte d'Ivoire. Un tel propos relève d'un regrettable négationnisme d'Alassane Ouattara. Sous Bédié, en 1998, cette réforme avait été bel et bien faite. Et cela, au profit des Ivoiriens. Ce qui est tout à fait normal. Sous Gbagbo, des amendements ont été apportés pour parfaire la Loi. Elle était en examen sur la table des députés quand la crise postélectorale a éclaté. Que donc Ouattara ne vienne pas nous dire que rien n'a jamais été fait, relativement à cette question nationale. Il n'est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier initiateur de cette réforme.

D'autres périls guettent notre nation, parmi lesquels: l'embrigadement de la Côte d'Ivoire par l'ancienne métropole, à travers le renouvellement du pacte colonial, entériné par Alassane Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, là où Laurent Gbagbo était en passe d'y mettre définitivement fin avec la fermeture du 43ème BIMA ainsi que l'affirmation de notre souveraineté et de notre indépendance vis-à-vis d'un Hexagone possessif et parasite. Au regard de la débâcle financière et économique de la France, ce nouveau pacte colonial ne peut que comporter des clauses secrètes devant lui offrir une béquille inespérée, contrairement aux déclarations officielles et sourires diplomatiques d'un Nicolas Sarkozy voulant montrant pattes blanches à travers l'annonce du projet de soumission aux parlements des deux pays des nouveaux accords de défense entre la France et la Côte d'Ivoire. Sur le sujet, personne n'est dupe.

ADO A PARIS 2.jpg

La banalisation de la Côte d'Ivoire est le dernier péril que nous relevons pour notre nation. Le respect dû à une nation, quelle que soit sa petitesse, se voit à travers l'estime et l'accueil accordés à son « souverain » au cours d'une visite dite d'Etat. Pour notre part, nous avons été interloqué par le peu de considération accordée à Alassane Ouattara, en visite en France : d'abord accueilli au bas de l'échelle de coupée par Monsieur Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. Pourquoi Nicolas Sarkozy ne lui a-t-il pas rendu la pareille ? A Yamoussoukro, le 21 mai 2011 pour son investiture, c'est le chef de l'Etat en personne qui l'a accueilli ? Comment, à défaut de se déplacer lui-même, ne commet-il pas le Premier ministre François Fillon ou, au pire des cas, le Ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, à la tâche ? De deux, comment Alassane Ouattara, le président d'un « Etat souverain », peut-il accepter de se déplacer sur un plateau de télévision, fut-il celui de France 24, plutôt que la chaîne de télé ne soit reçue à son hôtel ? Et de trois, comment se fait-il que Nicolas Sarkozy peut recevoir un autre chef d'Etat, en l'occurrence Monsieur Hamid Karzaï d'Afghanistan, le 27 janvier, pendant le séjour officiel non encore achevé du chef de l'Etat ivoirien ? Autant de désinvolture et de mépris qui nous apparaît frustrant et, tout compte fait, révélateur de la relation maître-laquais existant désormais entre le président français et le chef de l'Etat ivoirien.


Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire !




In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 432 du jeudi 2 février 2012.

L'ADMINISTRATION US MANŒUVRE A L'ONU POUR IMPOSER UN MANDAT INTERNATIONAL ILLEGITIME A LA SYRIE



DRAPEAU AMERICAIN.jpg


Une analyse d'Amin Hoteit, expert en stratégie militaire.

Que peut attendre l'administration US du Conseil de Sécurité alors qu'elle en connaît toutes les ficelles ?

31 janvier 2012

La question se pose parce que toutes les données disponibles indiquent sans équivoques que le Conseil de sécurité ne déléguera pas les États-Unis pour mener la guerre contre la Syrie comme il l'a fait pour l'Afghanistan et, en aucune manière, ne déléguera qui que ce soit pour y intervenir militairement, ou y imposer des zones d'exclusion aérienne à l'instar de ce qui s'est passé pour l'Irak et la Libye, ou encore y établir des zones tampons et des couloirs humanitaires...

Ceci parce que la Russie, soutenue par la Chine, a déclaré clairement que son veto sera opposé à toute résolution internationale qui rééditerait les expériences du passé ; telle celle vécue récemment par la Libye, qui a conduit ce pays à sa destruction et vers l'inconnu, après assassinat de plus de 130.000 personnes par l'OTAN, directement ou indirectement. Cela à la faveur d'une intervention censée installer une zone d'exclusion aérienne, mais qui a fini par outrepasser le mandat du Conseil de sécurité pour aboutir à une attaque aérienne écrasante suivie de l'éradication du régime en place.

L'administration US sait parfaitement que les déclarations des Russes ne sont pas de simples manœuvres et que, du point de vue de ces derniers, la question syrienne ne saurait souffrir d'aucun faux semblant, parce qu'elle est directement liée aux intérêts mêmes de la Russie et se trouve en relation organique avec sa sécurité nationale. Autrement dit, la Russie ne peut se permettre de négocier ou de se plier à des logiques d'échange et de transactions. Malgré cela, les États-Unis insistent et continuent de frapper à la porte du Conseil de sécurité en utilisant des partenaires arabes et occidentaux, avec l'espoir d'obtenir quelque chose contre la Syrie.

En sciences stratégiques, il est un principe accepté par tous : « C'est à celui qui possède le pouvoir ou l'opportunité, de ne cesser de les mettre à profit pour atteindre son objectif ». En pratique, ceux qui possèdent cet atout établissent leurs plans avec l'idée que, si jamais un plan échoue, un autre plan le remplacera, aussi longtemps qu'ils n'ont pas perdu leurs capacités.

Ce qui nous amène au comportement des États-Unis et aux résultats observés suite aux interventions occidentales en Syrie. Or celle-ci résiste depuis près d'une année et a fait capoter tous les plans successifs conçus pour la conduire à sa perte. Des plans qui sont passés des soi-disant « manifestations pacifiques », aux tentatives de «  division de l'armée », et aux manœuvres de découpage de son territoire par des zones échappant à l'autorité de l'État dans le but de propager une terreur à grande échelle, pour finalement être obligé de reconnaître l'existence d'une opposition militaire organisée, armée et financée par l'étranger !

Par sa résistance déterminée, la Syrie a déjoué ces plans, l'un après l'autre, mais les forces d'agression n'ont pas perdu toutes leurs capacités de nuisance. Elles possèdent toujours l'appui des médias, l'argent, les moyens de pression économique, la possibilité de recruter et d'armer des mercenaires et des terroristes, et elles jettent le tout dans leur bataille animée par la vengeance.

Face à tout cela la Syrie résiste, forte de l'intime conviction que son peuple, son armée et son gouvernement sont suffisamment armés et immunisés contre la défaite. Elle a décidé de rétablir la sécurité des zones déstabilisées par les terroristes et a commencé à le faire, maintenant qu'une occasion historique lui a été donnée par le rapport des observateurs arabes qui ont été témoins du terrorisme et des crimes perpétrés contre l'État et les citoyens. Des observateurs qui ont certifié que des médias ennemis, diffusant à partir de certains satellites, sont fondamentalement responsables d'attiser l'agression et la subversion en Syrie.

Aujourd'hui, l'administration US réalise qu'elle a perdu sur le terrain syrien et qu'elle n'a plus de cartes pour en modifier les réalités militaires ou politiques. En même temps, elle sait que capituler devant la défaite est impossible en cette année électorale critique pour son chef qui se prépare à la course présidentielle pour renouveler son mandat. En effet, la capitulation de l'administration US serait catastrophique pour les bénéfices acquis suite à son déploiement tant en Tunisie qu'en Egypte et en Libye ; elle aurait des conséquences stratégiques désastreuses sur la scène internationale car elle rétablirait la Russie qui, avec ses alliés, serait un adversaire puissant du système occidental sous leadership des USA.

Oui, l'administration US est aujourd'hui face à un dilemme. Elle ne peut pas s'en sortir par une victoire en Syrie et, en même temps, elle ne peut pas déclarer son échec. C'est pour toutes ces raisons qu'elle rechercherait actuellement une solution honorable qui ne compterait pas pour une défaite. Elle consisterait à reporter le dossier à un moment plus propice pour rebattre les cartes et faire pencher la balance à son avantage. D'où, apparemment, ses tentatives pour renouveler l'expérience libanaise consécutive à la résolution 1559 [1] ; résolution qui a mis le Liban sous tutelle internationale et surveillance d'un proviseur, dossier indéfiniment ouvert sur la table du Conseil de sécurité, autorisant son ingérence quotidienne sous couvert du mensonge de la légitimité internationale ...

L'administration US veut donc pour la Syrie une résolution semblable à la résolution 1559 afin de lui imposer un mandat international, confisquer son droit d'élire son président, confisquer son droit aux relations internationales, en plus de confisquer son droit de posséder une puissance défensive. Elle espère réussir dans cette entreprise qu'elle pourra promouvoir comme une opération réussie de soustraction de la Syrie à l'axe de la résistance et du refus, comme en 2005, lorsqu'elle a soustrait le Liban à son environnement et à ses relations avec la Syrie pour en faire un pays hostile.

En 2004, les USA avaient réussi à faire adopter la résolution 1559 à la majorité de 9 voix [minimum requis pour l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité] dans un environnement stratégique international qui leur était favorable. À l'époque les USA affichaient leur fierté pour avoir occupé l'Irak, se vantaient d'être en route pour contrôler complètement l'Afghanistan, et avaient étendu leur pouvoir sur les pays du Golfe. Aucun des États membres ne pouvait leur faire face et les contredire pour n'importe quelles considérations subjectives ou internationales. Aujourd'hui tout a changé, et le Conseil de sécurité est soumis à un nouvel équilibre qui empêche les USA de le contrôler, ce qui signifie qu'adopter une résolution à minima est désormais presque impossible.

De plus, malgré l'adoption de la résolution 1559, les USA n'ont pas pu réussir à en faire grand chose d'un point de vue effectif au Liban. Le général Émile Lahoud est resté à la présidence jusqu'à la dernière minute de son mandat. La résistance visée par la résolution 1559 est toujours armée, et continue à nourrir sa force qui a vaincu Israël en 2006 ; elle n'accorde aucune importance aux initiateurs de la résolution et se moque des comptes-rendus de son proviseur. Quant au retrait de l'armée syrienne du Liban, il n'a pas eu lieu en application du 3ème décret de la résolution ; mais a été le résultat d'une décision stratégique majeure prise par la direction syrienne elle-même, dans l'intérêt de la sécurité nationale de la Syrie, suite aux nouvelles donnes sécuritaires surgies sur la scène libanaise.

Tout ce qui précède montre que l'administration US a échoué malgré ses pratiques meurtrières et terroristes et qu'elle sera, cette fois, impuissante au Conseil de sécurité malgré son instrumentalisation creuse de la Ligue, de ceux qui se prétendent arabes et qui se sont empressés de suspendre la mission de leurs observateurs en Syrie, pour empêcher la divulgation de leurs témoignages prouvant le caractère éminemment terroriste de la soi-disant « opposition syrienne », et aussi pour faire pression sur la Russie. Les circonstances ont changé et le monde entre dans une nouvelle ère de relations internationales où les USA n'ont plus l'exclusivité du leadership et du pouvoir. Par ailleurs, la Russie sait parfaitement qu'elle est visée à travers la Syrie et qu'elle se doit de se défendre.

Ce qui signifie que la Syrie ne subira pas une nouvelle résolution 1559 et qu'elle ne sera pas acculée à la soumission comme cela a été le cas au Liban, car le nouvel équilibre des forces peut la protéger d'un tel malheur. Il n'en demeure pas moins qu'elle doit s'attaquer au fléau terroriste pour l'éradiquer, ce qu'elle semble en train de réaliser. Dès lors, l'administration US ne pourra que se plier devant l'évidence ; et ses [alliés] Arabes et leur Ligue ne pourront plus nuire, maintenant qu'ils ont utilisé leur dernière cartouche en ramenant le dossier syrien devant un Conseil de sécurité qui ne répondra pas à leurs attentes.

Amin Hoteit


thawra.alwehda.gov.sy, 30 janvier 2012

________________________________________


Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
Article proposé et traduit de l'arabe par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste) pour silviacattori.net

Texte original en arabe :

http://thawra.alwehda.gov.sy/_View_news2.asp ?FileName=65779514320120130010248


Source: SILVIA CATTORI.NET