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mercredi, 28 décembre 2011

DON MELLO FAIT LE BILAN DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE 2011

 

AHOUA DON MELLO 4.jpg

1- DE LA LEGITIMITE DE M. OUATTARA


L
es élections législatives de 2011 en Côte d'Ivoire viennent de s'achever. Le taux de participation était certainement plus attendu que la liste des élus et cela, afin de pouvoir mettre un chiffre officiel devant le désert électoral que tous les observateurs nationaux comme internationaux ont constaté pendant la journée du Dimanche 11 Décembre 2011 où il y avait plus de soldats français et onusiens autour des bureaux de vote que d'électeurs ivoiriens.

Le taux de participation qui est toujours le premier chiffre annoncé dans toutes les élections du monde, a été le dernier chiffre sorti des laboratoires de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Il ne fallait surtout pas  dépouiller le pouvoir de M. OUATTARA Dramane de toute légitimité surtout que ces élections représentaient le troisième tour des élections présidentielles de Novembre 2010 !

Deux mots d'ordre se sont affrontés lors de ces élections : l'appel à voter, lancé par M. OUATTARA et l'appel au boycott, lancé par les partisans du Président Laurent GBAGBO.

Le constat est sans équivoque. Selon les observateurs du monde entier, l'appel au boycott était le grand vainqueur des élections législatives du 11 décembre 2011 et ces élections ont enregistré le plus bas taux de participation de l'histoire électorale de la Cote d'Ivoire : moins de 20%.

Pour masquer cet échec du camp OUATTARA, la CEI tente désespérément de dépasser le taux de participation de 2000 (33%)en relevant le taux de participation de 2011 à 36.56% avec des  revenants  ayant participé au vote (cas d'ATTECOUBE ou plusieurs morts ont voté dont Feu SYLLA  moussa décédé le 6 mars 2011 a voté le 11 décembre 2011 etc.), des bourrages d'urnes avec expulsion de représentants de candidats non RDR ou séquestration de présidents de bureau de vote(cas de  YOPOUGON, de BOUAKE, de DUEKOUE, de KOUIBLY etc.) et des procès verbaux fictifs (cas de YOPOUGON avec 500 procès verbaux fictifs venant des résultats préenregistrés, BOUAKE, DIVO, MAN etc.).

Or l'appel au boycott des élections législatives, lancé par le RDR en 2000 a eu peu d'influence sur le taux de participation enregistré lors des élections présidentielles de 2000  (le taux est passé de 37% aux élections présidentielles à 33% aux élections législatives). Pis, en 2000, son fameux appel à la participation à l'élection des conseils généraux suite aux journées de réconciliation n'a pas non plus rehaussé le taux de participation qui est au contraire descendu à 28.01%. Le peuple de Côte d'Ivoire est donc resté indifférent aux appels au boycott du RDR comme aux appels à participer.

Ce qui n'est pas du tout le cas pour les élections présidentielles et législatives de 2010 et de 2011 où le taux de participation est passé de 81.10% aux élections présidentielles à moins de 20% aux élections législatives selon les observateurs, et a été bonifié à 36.56%  par la CEI. Cela ressemble à n'en point douter, à une chute libre quelque soit le chiffre considéré.

Le laboratoire de la CEI, en affichant un taux de participation de 36.56% proche du taux de participation de 37% aux présidentielles de 2000, veut faire avaler aux Ivoiriens qu'il ya eu autant d'engouement  aux élections présidentielles de 2000 qu'aux élections législatives de 2011. Ce qui frise le ridicule car aux législatives de 2011 il y avait plus de soldats onusiens et français dans les lieux de vote que d'électeurs vivants et cela tranche avec la grande mobilisation observée lors des élections présidentielles de 2000 !

Même ce taux bonifié ne sauve pas pour autant la légitimité du pouvoir OUATTARA et la suite de notre propos, nous le prouvera.

Le taux de désaffection en 2000 était de  moins de 4% entre les élections présidentielles et législatives  à l'appel au boycott du RDR, et de moins de 9% à l'appel à participation du RDR aux élections des conseils généraux.

Même en considérant le taux bonifié de 36.56% soit 2.070.793 votants (y compris « les revenants », les bourrages d'urnes et les procès verbaux fictifs), ce nombre est inférieur de 17% au nombre de votants pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles (2 483 164).

Sur les 4.843.445 de votants au deuxième tour des élections présidentielles, 2 772 652 électeurs ont respecté le boycott, soit 57.2% d'électeurs c'est-à-dire plus de la moitié des électeurs ayant voté aux présidentielles de 2010 ont boycotté les élections et donc ne se sont pas rendus aux urnes !

Ces résultats permettent de formuler deux hypothèses :

1-    Soit plus de la moitié des personnes ayant voté au deuxième tour des élections présidentielles sont des pro-GBAGBO et donc ont respecté le boycott, ce qui confirme à posteriori que le Président Laurent GBAGBO est le vrai vainqueur des élections présidentielles ;

2-    Soit, en plus des pro-GBAGBO,  17% de ceux qui ont voté pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles se sont abstenus d'accompagner un pouvoir ethno génocidaire qui n'est ému que lorsque ses partisans sont tués et sont donc déçus de sa politique menée depuis le 11 avril 2011 ou ont été empêchés de voter. Vu l'enjeu et les appels successifs à voter en pleine élection, les cas d'empêchement  sont certainement minimes même s'ils  existent. Ce n'est pas non plus à cause de l'insécurité vu le nombre de soldats français et onusiens par lieu de vote. Cela prouve au moins une chose : M. OUATTARA, non seulement n'a pu obtenir un début de réconciliation avec les pro-GBAGBO, mais il a augmenté le nombre de mécontents dans son propre camp y compris dans son bastion nord.

Dans les deux cas de figure, la légitimité de M. OUATTARA est fortement entamée. Pour sauver son régime, il instrumentalisme de plus en plus les ressortissants du nord et devient plus un chef de tribu qu'un Chef d'Etat en se réfugiant dans un communautarisme primaire comme nous allons le démontrer à travers les résultats de ces fameuses élections législatives.

2- DE L'ETAT-NATION LIBRE A L'ETAT TRIBAL ASSIEGE

Sur 254 sièges à pourvoir, le RDR s'est octroyé  127 sièges, le PDCI gagne péniblement 77 sièges.

Sur les 127 élus du RDR répartis sur l'ensemble du territoire, 103 sont des ressortissants du Nord soit 81% des élus. Là où le PDCI choisit des ressortissants de la localité pour représenter la population, le RDR préfère choisir un nordiste. Dans un pays où le taux d'analphabétisme dépasse les 50%, cela veut dire qu'entre la population et certains élus RDR, il ne peut qu'y avoir un dialogue de sourd à moins qu'un des objectifs inavoués du RDR ne soit d'imposer le Dioula comme langue nationale. La plupart des élus RDR ne représentent donc qu'eux mêmes et certainement pas la population.

Une telle volonté hégémonique et communautariste d'une tribu sur l'ensemble de la population qui  compte plus de 60 ethnies, ne peut que porter un coup mortel à l'unité nationale et à la diversité culturelle.

Après avoir détruit les corps d'armée régulière, la gendarmerie et la police en les remplaçant par une armée tribale FRCI, M. OUATTARA s'est constitué une administration tribale à travers les différentes nominations aux fonctions administratives et judiciaires. L'architecture d'un Etat tribal vient d'être parachevée par un parlement qui ressemble à  un parlement tribal avec des observateurs extérieurs à la tribu où la majorité qui va voter toutes les lois est du Nord de la Côte d'Ivoire.

Le PDCI  a été créé comme un instrument de lutte anticolonial et le FPI,  créé sur des bases idéologico-politiques (lutte pour le multipartisme, la démocratie et le socialisme). Ces partis ont donc  pu s'implanter dans tous les groupes ethniques. Le RDR quant à lui, est un parti fondé sur un sentiment infondé de rejet d'une tribu. Aussi se réfugie-t-il dans le communautarisme et  constitue-t-il une menace sérieuse pour l'unité nationale et la diversité culturelle.

Ainsi, après avoir détruit l'Etat, M. OUATTARA entreprend la destruction du tissu national par une tribalisation injustifiée et outrancière de la vie politique.

En effet, le recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 1998, donne une répartition de la population selon les origines ethniques. Sur une population de 15 millions d'habitants en 1998, il ressort que les divers groupes ethniques du Nord totalisent un effectif de 3.868.635 soit 19.34% de la population. Sur cet effectif, les Dioulas ne représentent que 505.764 soit 03.37% de la population. Une minorité si forte, ostentatoirement visible dans tout l'appareil d'Etat, ne peut qu'engendrer des ressentiments aux conséquences imprévisibles. Les ressortissants du nord non membres du RDR sont considérés comme des traitres et sont traités comme tels. On peut raisonnablement se demander : où va M. OUATTARA ?

Vouloir concentrer tous les pouvoirs d'Etat entre les mains d'un groupe ethnique minoritaire par un désir de vengeance, ne peut que compromettre l'harmonie de la société ivoirienne et  l'unité nationale et exacerber les haines. Si Nelson MANDELA s'était vengé, si Laurent GBAGBO en avait fait autant, ou serait l'Afrique du Sud, ou serait la Cote d'Ivoire ? La grandeur d'un homme politique se mesure par l'idéal qu'il souhaite et réalise pour chacun de ses concitoyens indépendamment de son appartenance politique, ethnique ou religieuse. Que souhaite M. OUATTARA pour 85% de ses concitoyens ? La réponse a cette question, détermine le projet de société réel du RDR.

Le seul projet de société du RDR semble donc de combattre l'exclusion par l'exclusion et de vivre ensemble sous une dictature tribale par une liquidation politique, économique, financière, voire physique de toute résistance que constitue 85% des ivoiriens avec la complicité de la communauté internationale dirigée par la France de SARKOZY dans sa volonté de reconquête coloniale. Elle qui était prompte à faire passer en boucle sur les télévisions internationales les moindres égratignures de ses alliés au nom des Droits de l'Homme, reste aveugle, aphone et sourde face aux meurtres commis chaque jour  sous ses yeux par les forces pro-OUATTARA confirmant cette règle d'or de toute stratégie de communication : on ne sert au public une information qu'à condition que cette information serve les intérêts de ceux qui la communiquent.

Il ne reste plus désormais, à M. SARKOZY  qu'à applaudir gaillardement « sa démocratie » qu'il est venu installer violemment avec ses bombes en ignorant plus de 80% du peuple mais s'alliant allègrement avec des « revenants » et autres citoyens fictifs. Incapable de régler les problèmes pour lesquels les Françaises et les Français l'ont élu, il décide de régler les problèmes de ceux qui ne l'ont pas élu pour distraire l'opinion publique en plongeant chaque jour son pays dans un surendettement.

Quand un pays africain a pour police la force française LICORNE, pour armée l'armée onusienne avec comme supplétifs des mercenaires africains, un parlement tribal, une administration tribale, une rébellion tribale dite force républicaine, ce n'est plus un ETAT-NATION libre mais un ETAT TRIBAL  assiégé. La réconciliation est devenue impossible avec un pouvoir de plus en plus assujetti, sourd, haineux, tribaliste et revanchard. Aucun pouvoir n'étant eternel, puisse la prochaine alternance, permettre aux ivoiriens de dépasser les haines tribales et raciales pouvant naitre de cette imposture qui n'est qu'une parenthèse de l'histoire de la Côte d'Ivoire pour forger dans l'unité retrouvée par la réconciliation, la patrie de l'hospitalité et de la vraie fraternité dans le respect de la souveraineté, du droit à la vie, du droit au travail quelque soit son bord politique, de la liberté d'expression, de l'égalité des citoyens devant la justice et les emplois publics, de la présomption d'innocence, de la volonté du peuple... c'est à dire : dans le strict respect de la charte des nations unies et  la déclaration universelle des droits de l'homme.



Dr DON MELLO Ahoua

 

Ministre de l'équipement et de l'assainissement  et

Porte-parole du Gouvernement AKE N'GBO

 

Source: INFOS COTE D'IVOIRE

L'ENVERS D'UN «PRINTEMPS»

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La «démocratie», version «printemps», est en train de faire des siennes dans la tête de pas mal d'excités qui croyaient dur comme fer que leur heure était venue. Ils se voyaient en haut, tout en haut de la vague irrépressible qui devait balayer les gouvernants arabes et leurs assimilés. On leur avait pourtant offert plateaux télévisés et prime time. On leur avait offert le plus puissant feu d'artillerie médiatique. On a fait d'eux le «peuple en marche» et la «révolution inéluctable». Leurs chefs, ceux qui avaient droit aux forêts de micros et aux lumières des projecteurs, jubilaient et ne croyaient plus qu'au sacre.

Et puis, rien de tout ça. La «démocratie», même entre guillemets, ne figurait pas, en définitive, dans les préoccupations de la «communauté internationale». Faisant feu de tout bois, elle a choisi ce qui est au plus près de l'efficacité recherchée et qui a les capacités de capter et de catalyser les mouvements populaires aux dérives imprévisibles. Le «printemps» prend l'allure d'un cauchemar. Fidèles aux signaux des maîtres, les têtes d'affiche se sont mises à féliciter les «islamistes», qu'hier elles voulaient éradiquer.

Les courtisans, moins initiés aux coulisses, en marge des QG de manœuvres, assistent médusés à l'effondrement d'un monde qu'ils pensaient à portée de main. Leurs pires ennemis sont les vainqueurs inattendus de ce qui figurait dans leurs agendas. On peut, désormais, lire leur panique, leurs lamentations ou leur amertume à longueur d'articles.

Les médias mainstream  ne sollicitent plus leurs leaders. Ils ont été surestimés...un temps. Ils ont eu droit aux sollicitations empressées et aux honneurs. Ils ont pu vivre le tourbillon que procurent la notoriété et les feux de la rampe. Ils n'ont été qu'une éventualité, pas une certitude. Inaptes à remplir les termes du contrat, ils ont été jetés à la poubelle ou remisés, en attendant. Seuls, abandonnés de tous, ils ramassent ce qui leur reste de bon sens et tentent de se ressaisir.

Tout s'est passé si vite ! Hier, adulés ils ne sont même plus des ombres. A leur place, ce sont les islamistes qui tiennent la vedette, qui ont le vent en poupe et qui caracolent sur la scène «printanière». Chose inimaginable, il y a peu, quand il fut établi que le «changement» devait survenir hic et nunc et que le peuple ne voulait rien d'autre que leur «démocratie» aux contours et au contenu non identifiés. Quand ils pouvaient jusqu'à se permettre de menacer ceux qui ne voulaient pas de leur diktat. A leur décharge, il était difficile pour eux de ne pas se laisser prendre par le délire, médiatisé, qui a déferlé sur la région et de ne pas avoir la grosse tête devant le statut qu'on leur a offert.

Reçus partout, reconnus et honorés, la tentation submergeait la raison. Ils étaient l'avenir et Alassane Ouattara en était la démonstration, la bande de Benghazi en prime. Il suffisait d'un petit mouvement, une petite secousse, une esquisse pour Al Jazeera, France 24 et consorts, qui feraient le reste et fabriqueraient les foules qui manquent à l'appel. Il n'en a rien été et il est dur d'en revenir.

 

Badis Guettaf


Source: LE JOUR D'ALGERIE

mardi, 27 décembre 2011

LOOKING FOR NICOLAS SARKOZY

NICOLAS SARKOZY 4.jpg

Looking for Nicolas Sarkozy a passionné les téléspectateurs (1 290 000 téléspectateurs soit une bonne audience pour Arte) mais énervé Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes et proche du président de la République. Dans ce documentaire, le réalisateur William Karel (Mais qui a tué Maggie?, Gallimard, le roi Lire) avait demandé à dix-huit correspondants de la presse étrangère en poste à Paris de juger Nicolas Sarkozy et son quinquennat.

« Durant 1h30, de propagande anti-Sarkozy, ces petits procureurs néostaliniens n'ont eu de cesse de critiquer, dénigrer, ridiculiser le chef de l'État », a expliqué le député du collectif UMP la Droite Populaire. Il a stigmatisé des « journalistes étrangers soigneusement choisis, dont un russe et un chinois sûrement moins bavards chez eux ». Selon lui, « ce documentaire-réquisitoire rappelle les grandes heures de la télévision soviétique. »

Arte « outrage des téléspectateurs qui participent à son financement et se déshonore avec une émission à sens unique », lâche Lionnel Luca avant de demander « comment le CSA compte comptabiliser ce temps ». William Karel, actuellement en tournage en Israël, n'a pas souhaité s'exprimer.

Lire aussi: Sarkozy vu par la presse étrangère


Source: LE FIGARO.FR

00:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, nicolas sarkozy, looking for nicolas sarkozy, arte, ump, lionnel luca, william karel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

JEAN ZIEGLER PREND POSITION: «JE METTRAI MA MAIN AU FEU POUR LAURENT GBAGBO»


JEAN ZIEGLER.gif

Traduction d'une partie de l'entretien de Jean Ziegler, le lundi 19 décembre 2011, avec le quotidien suisse « zuerichsee-zeitung ».


Zs-zeitung. Vous dites que les occidentaux sont méchants, font les gentils seulement  dans les pays en voie de développement?

Jean-ziegler: Pas du tout. Il existe des criminels de grands chemins qui tiennent le pouvoir  dans les pays africains.

Prenons le cas du Cameroun, un pays vachement riche et dans ce pays,  les gens meurent de faim. La corruption, le népotisme et la dictature ont causé la misère dans ce pays. Les gens ne mangent pas à leur faim. La responsabilité première de cette misère incombe aux grandes multinationales, qui exploitent les ressources de ces  pays et qui sont servis par ces grands criminels au pouvoir.

Zs-zeitung
: Vous êtes l'ami de l'un d'entre eux : Laurent Gbagbo, le Président déchu de la Côte d'Ivoire, qui a été livré à la Haye  à la Cour Pénale Internationale. On l'accuse de crime contre l'humanité?

Jean ziegler
: Je suis à 100% d'accord avec le président Laurent Gbagbo....

Zs-zeitung
. Comment, s'il vous plait?

Jean ziegler
: Je mettrai ma main au feu pour lui. Son arrestation est un complot du Président français Nicolas Sarkozy, le fruit d'une stratégie organisée par les Etats-Unis et la France. Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu en 2000 après avoir passé des années en exil, entre autre aussi à Genève.

Il est l'unique dirigeant ivoirien à avoir conduit des réformes gouvernementales et avoir voulu mener une politique d'assurance maladie dans son pays. Ces réformes ont été bloquées par les grandes multinationales de pharmacie. Les services secrets français ont ficelé, en 2002, un coup d'état contre Gbagbo et depuis ce temps, le pays est divisé, une partie chrétienne au Sud et l'autre musulmane au Nord. Son successeur Alassane Ouattara est une marionnette des services secrets français.

Zs-zeitung
: Quels intérêts pour l'occident, l'installation d'une marionnette au pouvoir ?

Jean ziegler
: La Côte d'Ivoire est le plus grand producteur de cacao au monde. Le pays dispose d'énormes réserves de pétrole. Gbagbo luttait pour un état souverain et nationaliste.

Zs-zeitung
: Pourriez-vous témoigner pour lui  à la Cour pénale internationale?

Jean ziegler
. Bien sûr, je comparaîtrais en qualité de témoin pour le défendre. Je suis convaincu qu'il sera déclaré non coupable dans le cadre de l'accusation. Le tribunal ne le chargera pas du tout. Ce sont les soldats français  qui l'ont bombardé avec des hélicoptères, l'ont  pris, mis en captivité et enfin l'ont  livré à la Haye. Laurent Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu.


In le journal suisse, zürichsee-zeitung, du lundi 19 décembre 2011.

www.zurichsee-zeitung.ch


Michèle Laffont


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

lundi, 26 décembre 2011

NOEL 2011 EN FRANÇAFRIQUE

NOEL EN FRANçAFRIQUE.jpg

"Nativité" macabre, sans paroles et sans musique... Arrêt sur image ! le film se déroule silencieusement : des flashs, les guerres, les coups d'état de Ouattara pour s'emparer du pouvoir, le président Gbagbo sous un déluge de feu, arrêté et traité comme un paria,  l'embargo sur les médicaments, puis l'absence de soins et la pénurie de médicaments encore et encore, le chômage en cascade, les violences au quotidien de ceux qui devraient protéger les civils, ces forces républicaines constituées de forçats en cavale et de délinquants désargentés, cette classe politique qui se recrute seulement dans le nord et qui continue de maintenir en prison les élus de la nation et qui n'est même pas capable d'intenter un procès au président Gbagbo dans son pays, cette élite qui ne souscrit qu'aux valeurs de la franc-maçonnerie : vie facile, argent facile, corruption déguisée en vertu, sexe, pouvoir, autorité ...

Bienvenue  en Chaos-land , dozoland et en ce moment Etat-lumière, magie de Noël...

Enfants, séchez vos larmes ! Dame Dominique est là pour vous distribuer des bonbons... Vous ne mangez plus à votre faim ? vous n'allez plus en classe ? Qu'à cela ne tienne, votre avenir est tout tracé : vous suivrez l'exemple des valeureux guerriers dozo et des hommes en treillis qui tirent sur tout ce qui bouge, vous pourrez violer, vous approprier le bien d'autrui, et si vous êtes un peu intelligent - pas trop ce serait suspect -, vous pourrez même vous imaginer aux commandes d'une charge, d'un ministère; et si vos mères manifestent des craintes et vous disent que vous êtes en train de mal tourner, vous leur direz que votre exemple, c'est le président plébiscité par la "communauté internationale", Ouattara le self made man dont le sourire et les manières policées ont fini de vous convaincre, et sa dame, la gentille croqueuse d'hommes et de fortunes ...

Oui, votre avenir tout tracé est du côté de ces hommes en costumes et chapeaux, sur le fond de la photo ! Ces hommes dont le destin est de singer la civilisation pervertie du blanc dont ils portent les oripeaux... et bientôt, comme eux, vous ne verrez plus la femme pleurer son fils qui n'est plus. Pour vous ce ne sera qu'un mort de plus, un anonyme, un de ces pauvres qui en grandissant vous aurait peut-être pris certains de vos privilèges, ou alors vous aurait fait de l'ombre, où vous aurait rappelé vos crimes...

Quant à vous, enfants d'hier devenus aujourd'hui les acolytes des brigands au pouvoir, sachez-le bien : ces morts, même s'ils deviennent poussière  et disparaissent de votre vue et de votre mémoire, ont du prix au regard de Celui qui comptabilise chacun de nos faits et gestes; et s'Il tarde à intervenir, ce n'est pas parce qu'il vous donne raison de dominer et d'imposer la loi du plus fort ! Mais plutôt parce que l'iniquité n'est pas encore à son apogée ! Parce que Dieu joue à « qui perd gagne », comme l'écrivait si joliment Didier Decoin, et que vous ne comprenez pas ses règles du jeu !

Parce que votre humanité est en train de vous quitter, et que vous ne voyez même pas que le monde vous observe et que les gens de bonne volonté sont horrifiés par vos actes et ceux de vos commanditaires ! Parce que vous vous prenez pour Dieu et que vous n'êtes que des pantins manipulés dans les mains d'autres pantins, encore plus méchants et plus déshumanisés que vous, prenez garde ! L'heure est aux bilans, la page 2011 va se refermer, mais vous n'allez pas ouvrir une page blanche, une page vierge ! Votre souillure ne va pas s'estomper sous les lumières somptueuses de votre "Noël" surréaliste où les ivoiriens manquent de tout, où plus rien ne marche, où les enfants sont sacrifiés sur l'autel de la cause occidentale, tandis que vous, vous étalez vos lumières! Prenez garde, tout comme les juifs n'ont plus voulu le terme d'Holocauste pour décrire leur génocide subi et non accepté, pour le remplacer par l'hébreu « shoah », catastrophe, anéantissement, prenez garde, les Ivoiriens et tout le continent africain derrière eux, les jeunes, ceux qui veulent un avenir qui en vaille la peine, ne vont pas vous tendre la joue droite puis la gauche pour que vous continuiez de les frapper, de les humilier...

Avec leurs pères, vous avez déjà suffisamment joué au punching ball; eux, ils n'ont plus de joue à présenter, mais ils vous disent qu'ils sont prêts, qu'ils sont équipés : ils ont étudié, ils se sont exilés pour ça, et ils vont revenir pour prendre en main leur destin !  Ils n'auront pas besoin de dépendre de préfets et de fonctionnaires dociles qui s'habillent en blanc pour jouer dans la cour des grands de ce monde ! Prenez garde, les règles ont changé et la participation de dame Ouattara à la messe de Noël, main dans la main avec ses « sœurs en la foi » ne va pas empêcher le Dieu de justice de déverser sa colère et de redresser la barre en réhabilitant qui vous savez et en guérissant les plaies vives de tous les Ivoiriens, telle Rachel pleurant ses enfants qui ne sont plus!

Que 2012 soit cette année de libération, ce « dies irae » de la juste rétribution de Celui qui ne sommeille ni ne dort, le gardien d'Israël, le gardien de la Côte d'Ivoire, et que tous les anciens « esclaves » se lèvent et prennent leur part d'héritage, leur part de fils et de filles, de dignes enfants de la côte d'ivoire et de l'Afrique, et chassent les usurpateurs, loin, très loin, définitivement !


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

«DECOLONISEZ L'AFRIQUE»: BERNARD LUGAN CENSURE SUR I-TELE


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Après un véritable psychodrame, la direction d’I-Télé a censuré un entretien que Robert Ménard avait enregistré avec l’africaniste Bernard Lugan dans le cadre de son émission quotidienne « Ménard sans interdit ». Bernard Lugan avait été invité pour présenter son essai « Décolonisez l’Afrique » qui vient de paraître chez Ellipses.


Cette décision relève de la censure et de l’atteinte à la liberté d’expression dont se réclament pourtant les journalistes. Une telle mesure montre que ceux qui se permettent de donner des leçons de démocratie, de tolérance et de « droits de l’homme » au monde entier ne supportent pas le parler vrai.

Quelle était donc la teneur des propos « scandaleux » tenus par Bernard Lugan ? Robert Ménard, avait posé à ce dernier quatre grandes questions:

1) Dans votre livre vous écrivez que les Africains ne sont pas des « Européens pauvres à la peau noire » ; selon vous, c’est pourquoi toutes les tentatives de développement ont échoué en Afrique ?

Le refus de reconnaître les différences entre les hommes fait que nous avons imposé à l’Afrique des modèles qui ne lui sont pas adaptés. Nous l’avons fait avec arrogance, comme des jardiniers fous voulant greffer des prunes sur un palmier et noyant ensuite le porte-greffe sous les engrais. C’est ainsi que depuis 1960, 1000 milliards de dollars d’aides ont été déversés sur l’Afrique, en vain. De plus, nous avons voulu européaniser les Africains, ce qui est un génocide culturel. De quel droit pouvons-nous en effet ordonner à ces derniers de cesser d’être ce qu’ils sont pour les sommer d’adopter nos impératifs moraux et comportementaux ? L’ethno-différentialiste que je suis refuse cette approche relevant du plus insupportable suprématisme. Contre Léon Blum qui déclarait qu’il était du devoir des « races supérieures » d’imposer la civilisation aux autres races, je dis avec Lyautey qu’il s’agit de pure folie car les Africains ne sont pas inférieurs puisqu’ils sont « autres ».

2) Dans votre livre vous proposez de supprimer l’aide.

Oui, car l’aide, en plus d’être inutile, infantilise l’Afrique en lui interdisant de se prendre en main, de se responsabiliser. Dans la décennie 1950-1960, les Africains mangeaient à leur faim et connaissaient la paix tandis que l’Asie subissait de terribles conflits et d’affreuses famines. Un demi siècle plus tard, sans avoir été aidées, la Chine et l’Inde sont devenues des « dragons » parce qu’elles ont décidé de ne compter que sur leurs propres forces, en un mot, de se prendre en charge. Au même moment, le couple sado-masochiste composé de la repentance européenne et de la victimisation africaine a enfanté d’une Afrique immobile attribuant tous ses maux à la colonisation.

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3) Vous dénoncez l’ingérence humanitaire que vous définissez comme un hypocrite impérialisme et une forme moderne de la « guerre juste », mais n’était-il pas nécessaire d’intervenir en Libye pour y sauver les populations ?

Parlons-en. Nous sommes en principe intervenus pour « sauver » les populations civiles de Benghazi d’un massacre « annoncé ». En réalité, nous avons volé au secours de fondamentalistes islamistes, frères de ceux que nous combattons en Afghanistan. Cherchez la logique ! Violant le mandat de l’ONU et nous immisçant dans une guerre civile qui ne nous concernait pas, nous nous sommes ensuite lancés dans une entreprise de renversement du régime libyen, puis dans une véritable chasse à l’homme contre ses dirigeants. Or, le point de départ de notre intervention reposait sur un montage et nous le savons maintenant. Que pouvaient en effet faire quelques chars rouillés contre des combattants retranchés dans la ville de Benghazi ? On nous a déjà « fait le coup » avec les cadavres de Timisoara en Roumanie, avec les « couveuses » du Koweït ou encore avec les « armes de destruction massive » en Irak. A chaque fois, la presse est tombée dans le panneau, par complicité, par bêtise ou par suivisme.

Mais allons plus loin et oublions un moment les incontournables et fumeux « droits de l’homme » pour enfin songer à nos intérêts nationaux et européens, ce qui devrait tout de même être la démarche primordiale de nos gouvernants. Nos intérêts étaient-ils donc menacés en Libye pour que nos dirigeants aient pris la décision d’y intervenir ? Etaient-ils dans le maintien au pouvoir d’un satrape certes peu recommandable mais qui, du moins, contrôlait pour notre plus grand profit 1900 kilomètres de littoral faisant face au ventre mou de l’Europe ? Nos intérêts étaient-ils au contraire dans la déstabilisation de la Libye puis son partage en autant de territoires tribaux livrés aux milices islamistes ? Sans parler des conséquences de notre calamiteux interventionnisme dans toute la zone sahélienne où, désormais, nos intérêts vitaux sont effectivement menacés, notamment au Niger, pays qui fournit l’essentiel de l’uranium sans lequel nos centrales nucléaires ne peuvent fonctionner…

4) Votre conception du monde n’a-t-elle pas une influence sur vos analyses et prises de positions ?

J’ai une conception aristocratique de la vie, je dis aristocratique et non élitiste, la différence est de taille, et alors ? Depuis 1972, soit tout de même 40 ans, je parcours toutes les Afriques, et cela du nord au sud et de l’est à l’ouest, ce qui me donne une expérience de terrain unique dans le monde africaniste ; c’est d’ailleurs pourquoi mes analyses ont du poids. Dès le mois de décembre 2010, dans ma revue, l’Afrique Réelle, j’ai annoncé ce qui allait se passer en Egypte trois mois plus tard. De même, dès le début, j’ai expliqué que le « printemps arabe » n’était qu’un mirage, un miroir aux alouettes autour duquel tournaient les butors de la sous-culture journalistique cependant que, méthodiquement et dans l’ombre, les Frères musulmans préparaient la construction du califat supranational qui est leur but ultime.


Voilà les propos que les téléspectateurs d’I-Télé n’ont pas eu le droit d’entendre.

Comment riposter à cette censure ?

1) En rejoignant les centaines de milliers d’internautes qui ont visité le blog officiel de Bernard Lugan : www.bernard-lugan.com

2) En s’abonnant à la revue mensuelle par PDF L’Afrique Réelle, la seule publication africaniste libre.

3) En achetant « Décolonisez l’Afrique » (Ellipses, novembre 2011).

4) En faisant savoir autour de vous que dans la « Patrie des droits de l’homme », un directeur de chaîne de télévision peut impunément censurer un universitaire auteur de plusieurs dizaines de livres consacrés à l’Afrique, conférencier international et expert de l’ONU.


10:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, bernard lugan, robert ménard, décolonisez l'afrique, direction d'i-télé, éditions ellipses | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ENQUETE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE: A QUI PROFITE LE CRIME?


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La Cour Pénale Internationale (CPI) a autorisé une enquête sur les crimes présumés relevant de sa compétence et commis en Côte d'Ivoire lors de la crise postélectorale. Qu'elle décide ou non d'étendre cette enquête à 2002 comme sollicité par la plupart de ceux qui connaissent la situation politique en Côte d'Ivoire, elle se prononcera sur les présumés auteurs.

Le Procureur Ocampo, a indiqué à cet effet, lors de son dernier passage à Abidjan,  qu'il s'intéressera  à un maximum de six personnes, réservant les autres aux juridictions nationales. Depuis cette annonce, les supputations vont bon train pour connaître ceux qui figureront sur cette liste restreinte. Et sauf à commettre la plus grande injustice du siècle, les observateurs attendent de lui qu'ils s'intéressent au camp du duo Ouattara-Soro, comme il n'a pas l'intention de le faire.

Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est cette réponse qui coule de source lorsqu'on se pose la question banale que les grands détectives de la littérature policière, de Sherlock Holmes à Colombo, se posent lorsqu'ils sont à la recherche d'un coupable dans un crime à élucider: à qui profite le crime ? Oui, à qui donc profitent tous ces crimes commis en Côte d'Ivoire depuis plus d'une décennie ? Le Procureur Ocampo ne devrait pas ignorer cette question, dans la mesure où elle lui permet de cerner les motivations profondes de ces crimes et de remonter par voie de conséquence les criminels.

En effet, depuis 1999 à ce jour, les violences que la Côte d'Ivoire a connues sont imputables aux ambitions d'un seul homme : Alassane Ouattara. Elles sont liées à son combat personnel en vue d'accéder au pouvoir et surtout à son refus obstiné de se soumettre à la loi et aux décisions des instances judiciaires de la Côte d'Ivoire.

Des crimes commis pour porter Ouattara au pouvoir

C'est en 1993 qu'il faut retourner pour trouver le fil conducteur des crimes commis en Côte d'Ivoire. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, M. Ouattara, alors Premier ministre s'oppose à l'application de la Constitution qui prévoit que le Président de l'Assemblée nationale termine le mandat présidentiel. « Hésitant quoi qu'il en dise, à tenter un coup de force pour s'emparer du pouvoir, il finit par démissionner de son poste le 9 décembre ». Le Président Henri Konan Bédié peut commencer son office présidentiel. Mais une lutte sans merci s'engage alors entre les deux hommes.

Car, en 1999 les choses sérieuses commencent avec le rebondissement du conflit entre les deux. Revenu de Washington où il avait travaillé au Fonds Monétaire International (FMI), M. Ouattara se fait désigner non seulement Président du Rassemblement Des Républicains (RDR), mais en même temps candidat de ce parti aux échéances présidentielles d'octobre 2000. A cette occasion, il présente des pièces d'identité nationale qui vont être par la suite contestées par le régime du Président Bédié, alors Président de la République.

Un mandat d'arrêt est alors délivré contre lui pour "faux et usage de faux documents administratifs". La direction du RDR neutralisée du fait de l'emprisonnement de ses principaux leaders, le RDR et M. Ouattara n'eurent leur salut que dans le coup d'Etat de décembre 1999 qui porta le Général Robert Guéï au pouvoir.

Manifestement, ce coup d'Etat vient mettre fin à une série noire pour M. Ouattara, le sort d'une très mauvaise passe et lui fait reprendre l'initiative. De toute évidence, le coup d'Etat qui a été perpétré lui profite. L'éclat de voix du Président Laurent Gbagbo à l'occasion de la formation du premier gouvernement Guéï prend tout son sens. « C'est un gouvernement RDR. Si c'est un coup d'Etat RDR, qu'on nous le dise », déclare-t-il à propos du putsch. M. Ouattara lui-même avait annoncé les couleurs en déclarant auparavant : « Nous  frapperons ce pouvoir au bon moment et il tombera ».

Cependant, de grosses divergences apparaissent entre les partisans de M. Ouattara et le Général Robert Guéï qui refuse de conduire la transition militaire selon les desiderata de M. Ouattara à qui devait échoir le pouvoir.  Les partisans de ce dernier se retirent des organes de la transition, y compris le gouvernement. Ce qui n'empêche pas le général Robert Guéï de respecter le calendrier référendaire et électoral. Si M. Ouattara reconnaît plus tard que la Constitution qui est adoptée à la fin du mois de juillet 2000 le vise en son article 35, même s'il ne se sent pas concerné, les observateurs constatent qu'elle l'écarte de la course à la présidence. Ce que la décision d'octobre 2000 de la Cour suprême ne manquera pas de faire pour « nationalité douteuse ».

Dans un tel contexte, le Général Robert Guéï n'eût plus de répit. Les mêmes militaires qui avaient opéré le coup d'Etat de décembre 1999 tentent de le déloger de la tête de la transition. Plusieurs tentatives de coup d'Etat le viseront de juillet à octobre, dont le plus connu est le « complot du cheval blanc » du 18 septembre 2000. Quant à la direction politique du RDR de M. Ouattara, elle demandera le boycott de l'élection présidentielle d'octobre 2000.

Mais le Général Guéï Robert, candidat, sentant sa défaite après les premiers décomptes de la Commission Nationale Electorale, se précipita pour dissoudre la Commission Nationale Electorale et se faire proclamer vainqueur de  l'élection présidentielle. Une crise électorale s'ensuit puisque, à l'appel de Laurent Gbagbo, ses partisans descendent dans les rues pour arracher sa victoire.

C'est le moment que choisit le RDR qui qualifie d' « illégitime » cette élection, pour réclamer un nouveau scrutin avec la participation de tous les candidats ».  Monsieur Ouattara demande à ses partisans de prendre la rue, sous le prétexte que le pouvoir y était et qu'il fallait le chercher. C'est dans cette explosion de violences que M. Ouattara annonce lui-même la découverte d'un charnier.

Le rejet de la candidature de M. Ouattara le 1er décembre 2000 par la Cour suprême à l'occasion des législatives est encore l'occasion d'une nouvelle explosion de violences. Tout en se retirant du scrutin, le RDR appelle ses partisans à des manifestations dont la violence conduit le Président Laurent Gbagbo à décréter l'état d'urgence et à imposer un couvre-feu le 4 décembre.

A défaut de créer une situation insurrectionnelle lors de ces manifestations électorales pour prendre le pouvoir, M. Ouattara et ses hommes vont s'engager dans d'autres voies. En janvier 2001, une tentative de coup d'Etat est éventrée et connue sous l'appellation de « complot de la Mercédès noire ». En septembre 2002, une autre tentative échoue et se mue en rébellion. L'objectif poursuivi et reconnu par plusieurs acteurs de la rébellion est de porter M. Ouattara au pouvoir.

A partir de ce moment, avec un pays coupé en deux, les accords que cette situation impose (Linas-Marcoussis, Accra, Pretoria, Ouagadougou), auront pour objectif de satisfaire les revendications de la coalition RDR-Rébellion. Elle obtient non seulement un  poste de Premier ministre et un quota automatique des postes ministériels dans le gouvernement, mais aussi des réformes législatives et constitutionnelles, particulièrement l'assouplissement des conditions d'acquisition de la nationalité, et des conditions d'accès au foncier rural et surtout l'éligibilité de M. Ouattara à l'élection présidentielle. En réalité, il s'agit de revenir sur les modifications législatives et constitutionnelles qualifiées d'« ivoiritaires » qui avaient été introduites par le Président Henri Konan Bédié lors de son mandat présidentiel.

De telles évolutions n'ont eu d'autre but que de préparer en fait l'estocade. Car, pendant que le Président Laurent Gbagbo faisait toutes ces concessions, la coalition RDR-Rébellion qui préparait une fraude gigantesque sur la liste électorale et le jour du scrutin n'a pas satisfait la seule exigence qui lui avait été demandée, à savoir le désarmement.

Et le plan qui avait été longtemps mûri fut appliqué. En dépit d'une décision du Conseil constitutionnel proclamant le Président Laurent Gbagbo vainqueur de l'élection présidentielle, M. Ouattara la contesta encore une fois et engagea, avec l'appui des forces militaires françaises et onusiennes, une guerre contre le régime qui réussit à l'imposer à la tête de la Côte d'Ivoire.

Ainsi qu'il est loisible de le constater à travers cette genèse, les violences que la Côte d'Ivoire a connues depuis une décennie, notamment à partir de septembre 2002 ainsi que les crimes dont la CPI recherche les auteurs ont été commis pendant les manifestations qui visaient à installer coûte que coûte M. Ouattara au pouvoir.

Peut-on mener une enquête impartiale sans chercher à tourner le regard vers son côté ? N'est ce pas parce que c'est à lui qu'ont profité tous ces crimes qu'il peut être le premier à avoir intérêt à les voir commettre ?

Ouattara récompense les auteurs des crimes

C'est en effet parce que c'est à lui que profitent tous ces crimes qui ont été commis qu'il faut donner du crédit aux déclarations des chefs rebelles qui ont avoué avoir pris les armes pour qu'il soit candidat et avoir reçu des vivres et subsides de  M. Ouattara au cours de leur exil - formation.

C'est aussi ce qui peut expliquer les nominations scandaleuses qu'un Etat normal n'aurait jamais accepté. En effet, tous les chefs militaires de la rébellion ont connu une promotion sous M. Ouattara, certainement pour les récompenser d'avoir mené le bon combat qui l'a conduit au pouvoir.

C'est encore ce qui peut expliquer que les cadres civils de la rébellion aient bénéficié de maroquins au Gouvernement et qu'ils s'apprêtent à bénéficier de postes de députés taillés sur mesure sous la bannière du RDR, le parti dont M. Ouattara est le Président.

En définitive, quand on a été aussi froid dans la mise en œuvre d'un plan aussi machiavélique, en agissant avec autant de constance dans la contestation de la loi, de l'ordre établi et des autorités judiciaires, on ne peut que conclure à la responsabilité de M . Ouattara. « Élémentaire, mon cher Watson !» aurait pu paraphraser M. Ocampo si tant est que son intention est de découvrir les auteurs des crimes commis en Côte d'Ivoire.

Gbagbo une posture de légitime défense et un devoir de défense de l'intégrité territoriale

De surcroît, ce sont les troupes du duo Ouattara-Soro qui ont toujours attaqué. Les crimes de guerre et contre l'humanité ainsi que le génocide commis à l'occasion de ces attaques l'ont été dans le cadre d'une politique bien pensée, planifiée, organisée et mise en œuvre de façon méthodique, relevée bien souvent par les rapports d'enquête[1] et sont imputables aux troupes du duo-Soro- Ouattara.

Le Président Laurent Gbagbo et les forces de défense et de sécurité n'ont été qu'en situation de légitime défense. L'article 8 paragraphe 3 du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale, leur reconnaît d'ailleurs des droits en la matière, en précisant, à l'occasion de la définition des crimes, que rien « n'affecte la responsabilité d'un gouvernement de maintenir ou rétablir l'ordre public dans l'Etat ou de défendre l'unité et l'intégrité territoriale de l'Etat par tous les moyens légitimes ». Ajoutons aussi que selon l'article 31 du Statut de Rome, « une personne n'est pas responsable pénalement si, au moment du comportement en cause ... elle a agi raisonnablement pour se défendre, pour défendre autrui ou, dans le cas des crimes de guerre, pour défendre des biens essentiels à sa survie ou à celle d'autrui ou essentiels à l'accomplissement d'une mission militaire, contre un recours imminent et illicite à la force, d'une manière proportionnée à l'ampleur du danger qu'elle courait ou que couraient l'autre personne ou les biens protégés ».

On se retrouve ainsi dans une situation à la ubuesque et cocasse et qui explique son caractère dramatique : M. Ouattara et ses troupes commettent des crimes passibles de la CPI pour assouvir une soif de pouvoir. Plutôt que de chercher à les traduire devant la juridiction sensée rendre justice, c'est ceux qui ont défendu bec et ongle leur Etat et ses institutions comme le Statut de Rome leur en donne le droit qui courent le risque d'être transférés pour répondre on ne sait de quels actes ?

Il s'agit manifestement d'une situation injuste dont le caractère scandaleux n'échappe à personne. Qui peut prévoir les conséquences d'une telle injustice sur les ivoiriens et les réactions qu'elle peut susciter dans un contexte déjà explosif de gestion de pouvoir par un régime ethno-génocidaire qui s'empare de tous les leviers de l'Etat tout en privant la majorité de la population de tous les droits au travail, à la propriété, à la sécurité et à la vie? Est-ce vraiment la loi du plus fort que l'on veut instaurer dans ce pays? Dans cette hypothèse, aucun pouvoir, aucune domination n'étant éternels comme nous l'enseigne l'histoire des peuples, les dirigeants actuels sont-ils entrain de donner les recettes pour leur traitement lors de l'inéluctable alternance ?

Assurément, il y a péril en la demeure. Car aucune parade ne semble s'opposer à la multiplication des  ingrédients d'une explosion sociale en Côte d'Ivoire. La réconciliation nationale a du plomb dans l'aile parce que l'un des acteurs incontournables de la crise en est écarté. Des élections législatives non inclusives et non transparentes vont mettre en place un parlement monocolore. La justice des vainqueurs qui a cours au plan national semble étendre ses tentacules au plan international.



Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant

 

http://www.infodabidjan.net/contribution/enquete-de-la-co... du 28 novembre 2011 ; http://cotedivoirebienaime.over-blog.com/articles-blog.html du 30 novembre 2011; Le Nouveau courrier, N°378 du mardi 29 novembre 2011 ; Notre voie, n°3996 du mercredi 30 novembre 2011



[1] Rapport de la Commission d'enquête internationale mise en place par  l'ONU, 25 mai 2004.

dimanche, 25 décembre 2011

COUR PENALE INTERNATIONALE: LIBERTE PROVISOIRE POUR LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 


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Le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo a fait sa première comparution devant les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI). Sollicité pour intervenir sur les conditions de son transfèrement le 29 novembre, Le président Laurent Gbagbo a dénoncé la violation répétée de ses droits. Il n'a eu de cesse d'attirer l'attention des juges sur la nécessité d'un respect scrupuleux des procédures. « On peut faire les choses de façon... plus normale... on peut faire mieux », a-t-il clamé tout au long de son intervention.

C'est donc une véritable leçon de droit qu'il a donnée devant une juridiction censée assurer la justice à l'échelle planétaire pour dénoncer les conditions de son arrestation, de sa détention et de son transfèrement qui ne se sont pas faites selon les règles prescrites aussi bien par le Statut de Rome instituant la CPI que par la législation nationale à laquelle le Statut de Rome renvoie  d'ailleurs de manière constante. En réalité, le Président Laurent Gbagbo a été capturé, séquestré et enlevé.

Une capture dramatique

Le Président Laurent Gbagbo a affirmé avoir été arrêté après douze jours de bombardement de sa résidence par les forces françaises. Ceux-ci continuaient au moment de son arrestation alors même qu'une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence. « C'est l'armée française qui a fait le travail, et elle nous a remis aux forces d'Alassane Ouattara qui n'étaient pas encore les forces régulières de la Côte d'Ivoire, parce que les forces régulières travaillaient avec moi ».

Ces propos du Président Laurent Gbagbo informent que c'est bien l'armée française qui a remis Laurent Gbagbo aux forces d'Alassane Ouattara après avoir fait le travail de destruction du palais, et notamment de massacre des jeunes patriotes qui étaient venus lui apporter leur soutien en musique. Une telle arrestation ne pouvait être conforme aux exigences du Statut de Rome dont l'article 59 exige que toute personne suspectée dans le cadre d'une enquête de la CPI soit « arrêtée selon la procédure régulière ». Les moyens militaires déployés en font une véritable capture.

La résolution 1975, adoptée le 30 mars 2011 par l'ONU, est souvent exhibée comme le texte de référence ayant servi de fondement à l'intervention des forces françaises. Mais, en dépit d'une lecture attentive, on n'y trouve pas trace d'une seule disposition qui autoriserait les forces françaises à procéder au bombardement du palais présidentiel et y opérer des arrestations. Au contraire, l'autorisation donnée aux forces dites impartiales, d'« utiliser tous les moyens nécessaires » était destinée à «  protéger les civils menacés d'actes de violence physique imminente.., y compris pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre la population civile  ». C'est d'ailleurs ce que reconnaît, la ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du sud, Madame Maite Nkoana-Mashabane qui a participé au vote de cette résolution : « Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d'Ivoire. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n'avons pas voté. »[1]. Les forces françaises ont ainsi outrepassé les droits à eux conférés par une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, à l'endroit d'un Etat plus faible, comme elles l'ont d'ailleurs fait aussi en Lybie avec d'autres puissances occidentales.

Aucune disposition ne les autorisait non plus à arrêter le Président Laurent Gbagbo et à le remettre aux forces de son adversaire, des forces rebelles et non régulières. Faut-il rappeler à ce propos qu'après avoir été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par le Conseil constitutionnel qui a recueilli son serment de façon solennelle,  le Président Laurent Gbagbo a reçu les forces militaires de Côte d'Ivoire qui sont venues lui faire allégeance ? Ainsi, au moins au moment de son arrestation, les forces alliées à M. Ouattara demeuraient des forces rebelles, hors-la-loi. L'arbitraire qui a présidé à cette arrestation laissait présager les conditions de détention peu amènes.

Une séquestration inhumaine et dégradante

Le Président Laurent Gbagbo a ensuite affirmé que lors de sa détention à Korhogo, il « ne voyai(t) pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit ... Les quelques rares fois où j'ai vu le soleil, (c'est)... quand ... mes avocats... sont venus... L'enfermement, sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir a fait que j'ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j'avais déjà... aujourd'hui j'ai mal à l'épaule, j'ai mal ... à tous les poignets ».

Les propos du Président tendent à dénoncer le traitement dégradant et inhumain dont il a été victime. Maintenu au secret, empêché de faire des exercices physiques, le Président  développe actuellement de nouvelles pathologies à l'occasion de cette séquestration que les autorités ont voulu habiller en « mise en résidence surveillée », alors même que le décret qui devrait lui servir de fondement n'a pas été produit à ce jour ni même notifié au concerné.

Ce traitement relève de la torture au sens de l'article 7 du Statut de Rome, à savoir « le fait d'infliger intentionnellement une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, à une personne se trouvant sous sa garde ou sous son contrôle ».

Un tel régime n'est pas celui que l'on applique à un prisonnier. Divers textes protègent les détenus à travers l'édiction de règles conformes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Parmi ceux-ci, les principes fondamentaux relatifs aux détenus imposent qu'ils soient « traités avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérentes à l'être humain ». Même au sujet des prisonniers du Camp de Guantanamo dont le statut de « combattants illégaux » justifiait un régime d'exception, la Cour suprême des Etats-Unis[2] a jugé en 2006 qu'il fallait leur appliquer la Convention de Genève, c'est-à-dire un traitement humain et conforme au droit.

Le Président Laurent Gbagbo n'a pas eu droit à un traitement conforme au droit et à des égards dus à son rang. C'est d'ailleurs pour dénoncer cet enfermement arbitraire qu'à l'époque, Me Altit, son avocat avait trouvé qu'il était un « otage maltraité ». Le simple suspect qu'il demeure à ce jour, à l'encontre de qui les charges demandent à être confirmées, ne devrait pas être privé de ses droits humains les plus fondamentaux.

Qu'est ce qui peut autoriser que le Président Laurent Gbagbo soit détenu au secret, enfermé des jours entiers, avec possibilité de voir la lumière du jour uniquement à l'occasion des rares visites de ses avocats ? A-t-on idée de la torture morale que représente le fait de confier sa surveillance à un chef de guerre (Fofié) sanctionné par l'Onu pour avoir fait mourir des prisonniers asphyxiés dans un container et qui pouvait, à lui seul, refuser de déférer aux ordres d'un juge d'instruction ?

Et dire que cette résidence de détention du Président Laurent Gbagbo appartenait à Soro Guillaume, Premier ministre de M. Ouattara! C'est donc reconnaître que ces conditions de détention étaient non seulement connues des plus hautes autorités du pays, mais mieux, voulues par elles. A quelle fin ? Que de nouvelles pathologies s'ajoutant aux anciennes, entraînent l'irréparable ? Le supplice de l'homme de soixante six (66) ans  ne s'est pas arrêtée à cette détention abusive.

Un enlèvement

Au sujet du transfert à la CPI, le Président Laurent Gbagbo dénonce une audience improvisée par  les juges ivoiriens dont ni ses avocats, ni lui-même n'ont été informés auparavant, alors même que ses avocats avaient été attirés là dans le cadre d'une autre affaire.

Pourquoi cette ruse ? Pourquoi cette « rapidité suspecte » ? Pourquoi une audience aussi précipitée alors même que selon l'article 89 du Statut de Rome, lorsque la coopération d'un Etat est demandée à l'occasion de l'arrestation d'une personne, ledit Etat doit y répondre conformément « aux procédures prévues par (sa) législation nationale ».  Celles-ci sont organisées par la loi fondamentale pour ce qui est d'un Président en exercice au moment de la commission des faits qui lui sont reprochés. Pourquoi les organes compétents n'ont-ils pas été sollicités ? Pourquoi la procédure spéciale prévue n'a pas été suivie ? Nous l'avons déjà écrit : quelque soit l'angle sous lequel ce problème peut être abordé, la Haute Cour de Justice ou tout au moins le Conseil Constitutionnel aurait dû être sollicité pour autoriser les poursuites et donc le transfèrement, si tant est que la Constitution le permet.

Ces écarts avec la procédure prévue expliquent certainement pourquoi la défense n'y a pas été associée. Le sort réservé aux avocats à l'occasion de cette audience « volée », rappelle  la façon dont la défense a été traitée depuis l'incarcération du Président Laurent Gbagbo, comme il le reconnaît lui-même : « Mes avocats... sont venus avec des difficultés... Me Altit est allé́ jusqu'à Korhogo. Il a fait deux jours. On l'a empêché de me rencontrer. Et ça été́ tout le temps, comme ça, une bataille entre les avocats et mes geôliers ».

Les avocats avaient auparavant dénoncé le fait que les droits de la défense étaient  bafoués. Car, même lorsqu'ils disposaient de l'autorisation écrite des autorités judiciaires, ils ne pouvaient accéder à leur client pour organiser sa défense et plaider sa cause.  Ils ne pouvaient pas le rencontrer dans des conditions de confidentialité.

Le vice de forme est incontestable puisque le Statut de Rome, en son article 55, impose que dans le cadre d'une enquête ouverte, la personne suspectée soit « interrogée en présence de son conseil ». Une exigence minimale qu'on n'aurait pas dû rappeler à des magistrats qui savent que le droit de la défense est une prérogative que possède toute personne à l'occasion d'un procès et qui commence dès le stade de l'enquête et que plusieurs textes reconnaissent, comme la déclaration universelle des droits de l'homme en son article 11.

Une logique juridique ne peut justifier cette procédure. Seule une logique politique peut expliquer de telles conditions de transfèrement. L'instrumentalisation de la CPI longtemps critiquée apparaît ici. Le mandat d'arrêt lui-même présente des lacunes, car certaines mentions n'y sont pas explicitées.

On est d'autant plus sidéré par ces comportements que, à ce jour, le Président Laurent Gbagbo n'est qu'un suspect, « soupçonné d'avoir joué un rôle » dans la commission des crimes portés à sa charge par un Procureur, dont les soupçons peuvent être remis en cause par la défense, à charge pour le juge de décider en définitive lors de l'audience de confirmation des charges. A ce stade de simples allégations, peut-on se permettre de faire subir autant d'épreuves au Président Laurent Gbagbo ?

Au total, depuis sa capture jusqu'à son enlèvement pour la CPI, nous n'avons assisté qu'à une violation répétée des droits du Président Laurent Gbagbo. De telles irrégularités commises dans une procédure qui implique une juridiction internationale censée rendre une justice planétaire, ne devraient-elles pas être sanctionnées ? Le minimum qu'on puisse offrir à un homme qui a subi un tel déni de droit n'est-il pas la liberté provisoire ?

Mais la CPI est-elle prête à y accéder lorsque l'on prend la pleine mesure des obstacles qu'elle met au travail de la défense et qui sont apparus lors de la Conférence de mise en état du 14 décembre 2011 ? En effet, privée d'aide judicaire pour mener ses enquêtes, ainsi que des indispensables appuis logistique et financier, la défense ne s'est pas encore vue remettre la requête rédigée par le Procureur pour justifier son mandat d'arrêt et les preuves qu'elle est censée contenir. Il s'y ajoute les trafics d'influence qui se sont multipliés depuis le début au niveau de la CPI, au grand dam de l'impartialité dont les juges devraient faire preuve. La diplomatie française s'est trop impliquée de manière voyante à la CPI aussi bien à la veille de la décision d'ouverture d'enquête en Côte d'Ivoire que lors du transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye pour qu'on ne soupçonne pas une influence coupable.   Comment justifier ces entretiens entre le Procureur Ocampo et le duo Ouattara-Soro dans une affaire dans laquelle ces derniers apparaissent comme les premiers suspects ?

Cette collusion entre le Procureur de la CPI et ces suspects jettent manifestement un discrédit sur cette juridiction internationale. Elle conforte dans l'idée que le rôle assigné à la CPI est d'accueillir les résistants et nationalistes africains qui, autrefois étaient déportés  dans des pays étrangers (au Gabon (Samory Touré) ou en Martinique (Béhanzin) par le pouvoir colonial alors même que leurs « collabo » locaux étaient promus à de hauts postes (chefs de cantons hier Président de la République et premier ministre aujourd'hui). Après avoir « livré bataille » pour installer son « préfet » Ouattara en Côte d'Ivoire, pendant combien de temps le Président français Nicolas Sarkozy compte-t-il le maintenir au pouvoir après le taux d'abstention record enregistré aux dernières législatives, la preuve parfaite de son illégitimité ? Va-t-il réussir à maintenir le Président Laurent Gbagbo qu'il veut à tout prix punir pour insoumission à l'ordre néocolonial, en déportation à la Haye, sans compromettre définitivement les rapports à long terme de son pays avec la Côte d'Ivoire ? Comment pense-t-il pouvoir maintenir la paix sociale en Côte d'Ivoire ? Comment pense t-il réconcilier les ivoiriens sans 80% d'entre eux ? Comment pense t-il installer la démocratie sans 80% du peuple ?


Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant



[1] http://www.jeuneafrique.com (12/12/2011).

[2] Hamdan v. Rumsfeld

COTE D'IVOIRE: COUP D'ETAT CONTRE LAURENT GBAGBO?


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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

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Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce de ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

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LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bictogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioulasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bictogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bictogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au-delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€


Jeudi 22 Décembre 2011


Alain Léauthier - In le journal français "Marianne".



Source :
CAUSES.COM


vendredi, 23 décembre 2011

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT KOULIBALY... MEME MALGRE LUI


MAMADOU KOULIBALY ET ADO.jpg

De Grégory Protche, rédacteur en chef de "Le Gri-Gri International". Un peu dur à mon goût contre notre cher atypique et bien-aimé Mamadou Koulibaly (Gbagbo a dit: Laissez Koulibaly, il est comme ça et c'est comme ça qu'on l'aime) mais ça ne manque ni de substance ni de pertinence.

 

Je viens de lire un article de Mamadou Koulibaly, Législatives sous hyper-présidence: Quelques leçons, paru le 16 décembre dans l'Inter. Long. Trop.  Pour masquer le vide : le trop plein ? Comme les chanteurs font 22 titres sur un cd quand ils n'en ont pas trouvé un d'assez fort pour faire un single... le bon. Beaucoup de lignes, de chiffres, mais pas une idée. Pas une idée importante. Essentielle. Et cruciale aujourd'hui. Ce qui est rare venant de lui. Et triste. Du commentaire. De la rhétorique. Du vide. Du bout du stylo. Comme s'il n'avait pas participé, comme s'il ne s'était pas présenté, comme s'il n'avait pas accepté les inacceptables conditions d'élections au mieux inutiles et au pire dommageables.   MK pose trois questions en ouverture de son article.

1) Les partis politiques ont-ils été à la hauteur des enjeux ?

2) La classe politique est-elle encore crédible dans notre pays?

3) Les élections servent-elles encore à quelque chose?

Trois questions fondamentales mais hors de propos. Anachroniques. Dérisoires. Il annonce ensuite que son analyse s'appuiera sur les chiffres de la Commission électorale indépendante... Pourquoi ? Pourquoi faire ? Qui croit encore à l'indépendance de cette commission au point qu'on en ait besoin pour s'en défier... MK plonge dans une piscine vide sous les yeux du public pour informer celui-ci qu'il n'y a plus d'eau dedans.

Un petit doigt d'égo, lorsque faussement naïf il découvre que sa défaite "semble focaliser" les attentions... c'est désagréable car énoncé presque narquoisement : Mamadou Koulibaly douterait-il (vraiment) de l'attention que les gens intelligents portent à son parcours ? Et donc de son importance dans le jeu politique, non pas seulement ivoirien, mais africain, panafricain même ? Françafricain au moins. Bien sûr que ceux qui voient en lui un traître se réjouissent de son fiasco. Bien sûr aussi que ceux qui pensent que rien n'est si simple sont consternés par cette évitable et inutile Bérézina annoncée. Quand MK rappelle que son parti est né il y a quatre mois à peine et qu'il est privé de ressources par Alassane Ouattara, on a envie de lui dire : autant de raisons de ne pas cautionner un prétendu jeu démocratique aux règles aussi viciées que vicieuses... C'est en comptant ses fractures que le plongeur se souvient qu'il avait vu le gardien vider la piscine. Alassane Ouattara devient sous sa plume un "hyper président". Une façon comme une autre de le légitimer, de le sarkozyser, grogneront certains. D'oublier dans quelles conditions il est devenu cet hyper président...

Mais là n'est pas le plus grave. Puisque tous les partis ivoiriens ont vu leur audience baisser, en raison d'une abstention qu'il ne commentera pas, celle du Lider, son parti, est à l'unisson. Pas plus, pas moins. Sauf que le Lider, en soi, n'existe pas. Le Lider, c'est son leader : Mamadou Koulibaly. Et c'est tout.

Comme un étudiant fainéant, il paraphrase et traduit les chiffres en mots. Et là, on commence à comprendre le but, naïf, de sa manoeuvre : trouver une explication politique, politicienne, à une erreur intellectuelle. À une faute morale. Lorsqu'il avance que "le vainqueur (RDR, ndlr) a pris soin de violer toutes les règles démocratiques pour mettre en déroute ses adversaires, terroriser les populations, intimider l'électorat et utiliser les moyens financiers de l'Etat pour soutenir les candidats de son choix", ce n'est que pour oser derrière l'infamant : "Le FPI, avec son refus de participer au scrutin, a laissé tomber son électorat et le débat national pour se focaliser sur ses urgences du moment : se réjouir du faible taux de participation". Comment, moi, Gaulois vaguement au fait des "Ivoireries", puis-je être au courant que le FPI a boycotté  ce scrutin en raison de l'arrestation, suite à l'intervention française, puis du transfert de Laurent Gbagbo devant la CPI, et pas Mamadou Koulibaly?

Rien n'est pire qu'un intelligent qui joue à l'imbécile, à part peut-être un idiot qui fait le savant. On peine pour lui en le voyant évoquer la situation politique en Côte d'Ivoire comme si elle n'avait pas été "perturbée" par l'intervention française, comme si cette intervention n'avait pas eu lieu, comme si elle n'avait pas tout changé... Comme si "l'absence" de Laurent Gbagbo n'était qu'un détail.

On a du mal à distinguer encore le pourfendeur du franc CFA et des pratiques de la Françafrique derrière ces coupables et pathétiques omissions : un père, ça ne se tue qu'une fois. Et en reconnaissant Ouattara, il l'avait déjà fait... Si je pouvais l'interviewer aujourd'hui, ce serait ma seule question : pourquoi le 12 avril 2011, prenant Accra pour Londres et vous-même pour de Gaulle, ne vous êtes vous pas proclamé, en vertu de votre poste de président de l'Assemblée nationale, président de fait puisqu'il y avait vacance du pouvoir...?

L'intelligence ne fait pas tout. Pas plus en politique qu'ailleurs. Il faut du coeur, des tripes et le sens de l'histoire. On ne passe pas à côté d'un destin pour une carrière lorsqu'on s'appelle Mamadou Koulibaly. On n'en a pas le droit.
Même si je persiste, depuis mon petit point de vue, à prétendre qu'il ne faut pas jeter le bébé politique Koulibaly avec l'eau vaseuse du bain électoral ivoirien. Aucun pays ne peut se permettre le luxe de se priver d'un cerveau comme le sien. Bref : il faut sauver le soldat Koulibaly... y compris malgré lui.


Grégory Protche Rédacteur en chef du Gri-Gri International

Auteur de "On a gagné les élections mais on a perdu la guerre".

 

Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

jeudi, 22 décembre 2011

PERIODES, LIEUX ET FAITS DES CRIMES ET GENOCIDES EN COTE D'IVOIRE

 

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Crimes commis par les forces du duo Ouattara-Soro. Notre Voie n° 4009 du 15 décembre 2011.


PERIODE ALLANT DU 18 SEPTEMBRE 2002 A L'ELECTION PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010


FAITS CONSTITUTIFS DE: GENOCIDE (Art. 5 et  6  DU STATUT DE ROME DE LA COUR  PENALE INTERNATIONALE)


Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


A Compter d'octobre 2002 Novembre 2002 (OUEST DE C.I.) MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

ASSASSINAT MASSIF DES MEMBRES DU GROUPE WE

Dès qu'ils prirent pied dans les localités désignées ci-contre, les rebelles et des mercenaires libériens et sierra léonais se livrèrent à des massacres des populations wê plus particulièrement dans les villes de Kouibly, Toulepleu, Bangolo, le village de Dah... Ainsi certains corps étaient jetés dans des puits tandis que d'autres dans des rivières. Aussi, apparait-il extrêmement difficile d'avoir une idée exacte du nombre de personnes assassinées. Toutefois, quoi qu'indéterminé, le nombre de tués est effarant au regard du nombre de villages entièrement rasés, donnant ainsi une idée de l'ampleur du désastre. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right watch, Amnesty International & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPIGO & MJP,démembrements du MPCI, appuyés par les supplétifs sierra-léonais, libériens, burkinabés, maliens, guinéens.


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES  CONTRE L'HUMANITE (Art. 5 et 7  DU STATUT DE ROME DE LA COUR  PENALE INTERNATIONALE)


Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


DU 18 AU 19/09/2002 A ABIDJAN

ASSASSINAT DU MINISTRE BOGA DOUDOU

Aux environs de 4 h du matin du 19 septembre 2002, des rebelles puissants armés prenaient d'assaut la résidence du Ministre BOGA DOUDOU Emile. Aussi, était-il froidement abattu de plusieurs coups d'armes lourdes, alors même qu'il avait pu trouver refuge dans la cour de son voisin en en escaladant la clôture. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Un groupe d'assaillants membres du MPCI de SORO Guillaume


A BOUAKE DU 18 SEPTEMBRE AU 6/10/2002

ASSASSINAT DE MILITAIRES ET GENDARMES DESARMES AINSI QUE DES MEMBRES DE LEURS FAMILLES

Les bases militaires de Bouaké ayant été concomitamment attaquées avec celles d'Abidjan et Korhogo, des militaires et gendarmes étaient froidement tués lorsque plusieurs étaient faits prisonniers avec leurs enfants de sexe masculin.

Parmi les militaires assassinés aux premières heures de l'attaque figurait le colonel DAGROU LOULA. Il avait été tué à son domicile de plusieurs balles tirées dans le dos.

Les gendarmes arrêtés avec leurs enfants étaient tous gardés dans des cellules de cette base militaire. Mais finalement, 131 d'entre eux sinon tous, à savoir 61 gendarmes + 61 enfants et 07 autres personnes étaient exécutés dans leurs cellules.


Mais pour tenter de masquer ces crimes odieux, les rebelles transportaient les corps des victimes à bord des camions, et les enterraient sommairement dans deux (02) fosses comunes au cimetière du quartier DAR ES-SALAM.


Par ailleurs, les danseuses traditionnelles d'Adjanou ressortissantes du département de Sakassou étaient également torturées avant d'être assassinées à leur tour. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right Watch, Amnesty Interntional & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI dirigés par SORO Guillaume

 

A KORHOGO DU 18 SEPTEMBRE

A JUIN 2004

ASSASSINATS DE MILITAIRES DESARMES, ET DE CIVILS

A la suite des affrontements entre factions rebelles, des charniers étaient découverts dans la ville de Korhogo. L'un de ces charniers contenait 99 corps. La plupart des corps étaient nus. Il ressort des constatations sur ces corps des amputations de membres des victimes étaient constatées. D'autres corps avaient les mains attachées dans le dos. Au total, on dénombrait 31 corps par armes à feu, 02 par armes blanches et 66 par asphyxie dans des conteneurs placés au soleil à la Compagnie Territoriale de KORHOGO  (C.T.K). (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guere en C.I. regroupant 27 Associations)

Ces crimes sont l'œuvredes rebelles du MPCI de SORO Guillaume, et plus précisément, de ceux de la Compagnie Territoriale de Korhogo dirigée par KOUAKOU FOFIE

 

Novembre 2002 ( OUEST DE C.I.)

MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

ASSASSINAT MASSIF DE POPULATIONS CIVILES

Courant novembre 2002, les villes, villages et campements des localités de l'Ouest mentionnées ci-contre étaient assiégés par des individus armés, parlant majoritairement l'anglais et le malinké. Ceux-ci assassinaient systématiquement plusieurs personnes du groupe wê, à savoir les guérés et wobés. Les crimes étaient tantôt réalisés par l'incendie de cases où les victimes étaient regroupées, tantôt par armes blanches ou à feu. Ici, les motivations avouées des assassins furent politiques et foncières. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I, Amnesty International., Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI de SORO Guillaume et de ses démembrements, le MPIGO & le MJP, appuyés par leurs

mercenaires sierra-Léonais, libériens,burkinabés, maliens et guinéens.

 


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES DE GUERRE (Art. 5 et 8 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


A BOUAKE DU 18 SEPTEMBRE AU 6/10/2002

ASSASSINATS DE MILITAIRES ET GENDARMES DESARMES, CASSE DE LA BCEAO, EXPLOITATION FRAUDULEUSE DES PLANTATIONS DE TECK APPARTENENANT A L'ETAT DE C.I., VOL DES ATTRIBUTS ROYAUX A  SAKASSOU, PILLAGES ET VOLS DES BIENS MEUBLES, VEHICULES, MOTO ET AUTRES BIENS PERSONNELS  DES AGENTS DE L'ETAT EN SERVICE DANS LA LOCALITE.

Après l'attaque surprise de toutes les bases militaires de Bouaké dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, plusieurs militaires, gendarmes, policiers et autres éléments des forces de l'ordre et de sécurité étaient assassinés dont le colonel DAGROU LOULA, tué à son domicile de plusieurs balles tirées dans le dos.

Par la suite, les rebelles procédaient à l'arrestation de plusieurs militaires et notamment gendarmes et des membres de leurs familles de sexe masculin, qu'ils emprisonnaient dans des cellules de la base militaires. Ces personnes étaient privées d'aliments et d'eau pendant plusieurs jours avant d'être finalement exécutées froidement dans leurs cellules.

Les corps étaient par la suite transportés dans des camions et enterrés sommairement dans deux (02) fosses communes au cimetière de DAR-ES-SALAM. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI de SORO Guillaume

 

A KORHOGO DU 18 SEPTEMBRE

A JUIN 2004

ASSASSINAT DE MILITAIRES DESARMES, PILLAGES, VOL DES BIENS ABANDONNES PAR  DES CIVILS POURCHASSES

L'assaut lancé par les rebelles contre les sites militaires de Korhogo, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002,  se soldait par l'assassinat systématique de plusieurs militaires et autres forces de sécurité en service dans la ville.


Les biens personnels de ces victimes et ceux abandonnés par les agents de l'Etat chassés de toutes les villes du Nord, étaient emportés par les rebelles. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch &  Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

LES REBELLES DU MPCI de SORO GUILLAUME SOUS LE COMMANDEMENT DE KOUAKOU FOFIE DU MPCI

 

Novembre 2002 ( OUEST DE C.I.) MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

Viols, traitements cruels et inhumains, pillages de villes et villages, expulsion forcée des populations, enrôlement de mineurs, casse BCEAO, exploitation frauduleuse de mines d'or, café, cacao et bois

Au nombre des crimes crapuleux commis par les rebelles à l'Ouest de la Côte d'Ivoire figuraient en bonne place les viols et autres sévices sexuels. Après ces crimes, suivent les incendies de quartiers entiers, des villages et des campements dont la plupart ont disparu de la carte de C.I. C'est le lieu de relever la multitude de cas d'incestes que les rebelles ont voulu la perpétration afin que les intéressés aient la vie sauve. C'est par exemple le cas d'un père qui, après avoir assisté à l'exécution, par les rebelles, de ses enfants en compagnie desquels il fuyait, était contraint de coucher avec sa propre fille en présence de la mère, sa femme. Apres l'acte, la mère, l'épouse donc, est atteinte de démence jusqu'à ce jour.


En outre, les rebelles s'étaient approprié les plantations de cacaoyers des paysans, de sorte qu'ils s'opposent à ce jour à leur retour sur leurs terres.


Il faut aussi relever la razzia dont les infrastructures sanitaires et éducatives étaient l'objet. Certaines infrastructures étaient même incendiées après le vol des équipements.


Quant aux enfants soldats auxquels recouraient les rebelles, lesdits enfants soldats sont visibles un peu partout à Man et dans les autres localités.


Par ailleurs, à l'instar de l'Agence BCEAO de Bouaké, celle de Man était l'objet de braquage.

Enfin, tout le cacao et le café de la région étaient recueillis et vendus par les rebelles dans les pays limitrophes pour leurs comptes.

L'extraction frauduleuse de l'or relevait de l'une de leurs prérogatives. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Des mercenaires sierra-Léonais, libériens, burkinabés, maliens, guinéens, supplétifs des factions rebelles


 

PENDANT  ET  APRES L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 28 NOVEMBRE 2010


FAITS CONSTITUTIFS DE: GENOCIDE (Art. 5 et 6 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS

A Compter janvier 2011 A BANGOLO, DUEKOUE, GUIGLO, BLOLEQUIN, TAI, TOULEPLEU,

EXTERMINATION DES MEMBRES DU GROUPE WE

Courant janvier 2011, invoquant l'implication d'un jeune guéré dans une attaque à mains armées dans laquelle avait péri une femme malinké, les ressortissants du Nord, appuyés par les burkinabé, les maliens, les guinéens et des rebelles en faction à Bangolo, faisaient une descente musclée dans le quartier wê. On dénombrait de nombreuses pertes en vies humaines. Plusieurs maisons des guérés étaient incendiées et d'autres pillées. Les biens des victimes étaient emportés.


C'est dans ce contexte conflictuel que les rebelles, à l'occasion de la crise post-électorale, prenaient pieds dans la quasi-totalité des localités de l'Ouest vers la fin du mois de mars 2011.

Aussi, accusant les populations wê, d'une part de soutenir le pouvoir GBAGBO, et d'autre part, d'exproprier les allogènes, assistait-on à des assassinats en règle des membres du groupe ethnique guéré. Il importe de relever que les victimes étaient d'abord l'objet d'un contrôle identitaire méticuleux avant d'être exécutées. Ainsi, jeunes, vieux, valides ou malades d'ethnie guéré étaient systématiquement exécutés. Officiellement, l'on avait annoncé le chiffre 800 au titre des wê assassinés. Mais la réalité est tout autre d'autant que des puits regorgeant encore de corps foisonnent dans la région. L'objectif poursuivi était manifestement d'exterminer les membres du groupe wê pour des raisons politiques et foncières. (Voir rapports Enquêtes Amnisty International, le C.I.R, ONUCI, Human Right watch & la national, nationale et internationale)

 

 

FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES CONTRE L'HUMANITE (Art. 5 et  7 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS

A Compter du 28 novembre 2010

ASSASSINAT MASSIF DES FORCES DE L'ORDRE, DES POPULATIONS CIVILES ET TRAITEMENTS HUMILIANTS ET DEGRADANTS

Exécutant le mot d'ordre de Messieurs Alassane OUATTARA et GUILLAUME SORO tendant à l'installation aux forceps d' un nouveau Directeur Général à la RTI, les rebelles transformés à l'occasion en forces républicaines, s'attaquaient aux institutions et aux populations civiles faisant ainsi plusieurs blessés graves et des pertes en vies humaines.


C'est dans cette logique qu'une faction des forces républicaines s'érigeait en commando dit invisible et s'établissait à Abobo où ses éléments surprenaient chaque nuit les patrouilles des policiers pour en assassiner plusieurs dizaines. Le même commando dit invisible faisait irruption nuitamment dans le village Ebrié d'ANONKOI à Abobo, et y sémait la désolation en assassinant plusieurs dizaines de villageois surpris dans leur sommeil dont certains par le feu. Des maisons étaient incendiées. Plusieurs disparitions de villageois étaient signalées.


Dans la même foulée, l'antenne de la RTI à Abobo était attaquée et plusieurs personnes civiles commises à la surveillance des lieux étaient surprises dans leurs tâches, ligotées et brûlées vives.


Après l'arrestation du Président GBAGBO le 11 avril 2011, les Forces Républicaines de Mr ALASSANE OUATTARA soumettaient cette Haute personnalité ayant assuré les destinées de la nation ivoirienne pendant plus de 10 ans, son épouse et plusieurs hautes autorités du pays à des traitements dégradants et humiliants.


S'en était suivi des tueries systématiques et massives de nombreux jeunes, motif principalement pris de leur appartenance au clan GBAGBO, tout d'abord, dans le quartier d'Anono à Cocody. Ils étaient également accusés d'être des étudiants-miliciens de la FESCI.


Ensuite, les autres quartiers étaient pris d'assaut à la recherche de soi-disant miliciens de GBAGBO.


Enfin, c'est dans le quartier de Yopougon où vivent majoritairement les ressortissants de l'Ouest et, de notoriété publique l'électorat de GBAGBO que des massacres des populations civiles ont été massivement perpétrés. Une telle situation a occasionné un exode massif des membres de certains groupes ethniques qui ont trouvé refuge dans les pays frontaliers comme l'ont d'ailleurs attesté plusieurs rapports des Organisations Internationales des Droits de l'Homme, tels HWR, les médias internationaux et des O.N.G. nationales tel le MIDH


Le traitement particulier subi par le Premier Ministre AFFI N'guessan, GBAGBO Michel et les autres pendant leur détention à Bouna, et dont les images ont fait le tour du monde, ne peut s'analyser autrement que comme humiliant et dégradant. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch et la presse nationale et internationale)

LES FORCES REPUBLICAINES DE COTE D'IVOIRE


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES DE GUERRE (Art. 5 et 8 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)

 

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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


APRES LE 11 AVRIL 2011 DANS TOUTES LES LOCALITES NE FAISANT PAS L'OBJET D'OCCUPATION DE LA REBELLION DEPUIS SEPTEMBRE 2002


Homicide intentionnel, torture ou traitement inhumain, viols. Destruction et appropriation des biens non justifiées, déclaration qu'il ne sera pas fait de quartier. Atteinte à la dignité. Privation délibérée des populations ivoiriennes de produits pharmaceutiques. Attaque de la résidence du Président de la République alors qu'elle ne fait pas un objectif militaire

Pillages des villes, villages, campements, vols des biens de toutes natures, occupations illégales des maisons et résidences.


Après un largage suivi de bombes sur la résidence du Président de la République, le Ministre TAGRO Désiré, alors Secrétaire Général de la Présidence au moment des faits était chargé de notifier la reddition. Mais alors qu'il se présentait aux forces républicaines pour accomplir cette mission, celles-ci l'abattaient à vue.


Ensuite, il est établi que lesdites forces avaient soumis toutes les personnes trouvées en compagnie du Président GBAGBO, y compris le Président lui-même, à des traitements dégradants et inhumains comme l'attestent éloquemment leurs images ayant fait le tour du monde.


Plusieurs destructions de résidences étaient enregistrées sur l'ensemble du territoire, notamment au détriment des personnes soupçonnées proches du Président GBAGBO. La résidence du Président de la République dans son propre village n'avait point échappé à ces agissements extrêmement dommageables.


La résidence de la Première dame à Grand-Bassam, celle du Premier Ministre Pascal AFFI N'GUESSAN n'avaient pas non plus échappé à ces destructions et pillages.


Au motif qu'en privant les populations de médicaments pharmaceutiques, il parviendrait à bout de son adversaire, Monsieur Alassane OUATTARA n'avait pas hésité à exiger l'interdiction de la livraison de produits pharmaceutiques aux populations ivoiriennes depuis le mois de février jusqu'en avril 2011.


Il est tout aussi constant que toutes les villes, tous les villages et campements, naguère inoccupés par la rébellion de 2002, étaient pris d'assaut par les FRCI courant mars 2011, ce, à la demande de Monsieur Alassane OUATTARA. Dans ces localités, ces forces tuent, violent les femmes et mineures. Elles rançonnent les populations, les volent et les exproprient.


Le compte rendu quotidien de la presse internationale et surtout nationale l'atteste à suffisance. Plusieurs plaintes des victimes corroborent également cette triste réalité. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I Amnesty International, Human Right watch, la presse nationale et internationale et  ONUCI)

LES FORCES REPUBLICAINES DE COTE D'IVOIRE


In le blog RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LA LIBYE, UN PAYS EN DECOMPOSITION AVANCEE


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Libye - Le chaos s'installe peu à peu, lentement mais sûrement!

 

Alors que les nouvelles autorités libyennes ne savent plus où donner de la tête, c'est maintenant au tour du peuple de constater qu'il s'est trompé. Les soi-disant rebelles  défilent chaque jour dans les rues. Pas seulement en Libye, mais, au Maroc, en Grèce, en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Ils lancent des cris d'orfraie, disent qu'ils sont maltraités dans les hôpitaux, ne sont pas payés, etc. Vous pouvez remarquer que ces gens ne sont soutenus nulle part.

C'est le visage hideux de ces bandits qui s'exprime dans toute sa splendeur. Pour le peuple donc, rien ne se passe. Syrte est complètement détruit. Ce n'est une découverte pour personne. Il n'y a rien sur les marchés, dans les hôpitaux. La tuberculose s'est déclarée, la typhoïde aussi, bref, de nombreuses maladies, suite à l'insalubrité des villes. Au temps de Kadhafi, la Libye était propre, même dans les coins les plus reculés. Les pauvres libyens voient dans leurs maisons aujourd'hui, des rats affamés, de vrais rats.

Selon nos informations, de nombreux renégats volent et s'enfuient vers les pays voisins. De nombreux veulent même présenter des excuses pour le mal qu'ils ont fait. Il se peut que de nombreux djinns aient prévu le pire pour les renégats. Du coup, ils sont convaincus que leurs péchés retombent sur eux. Sur le terrain, il ne se passe pas un jour sans que les félons aient des pertes humaines. Ce n'est que justice, d'autant plus que la bestialité de ces criminels et de leurs amis impérialistes de l'OTAN ont causé du tort à la Libye. Un bilan désastreux: 100.000 morts, 240.000 blessés, 78.000 disparus, 10.300 viols et 350.000 réfugiés.

C'est ainsi que de  Tarhunah à Tripoli, en passant par Bani Walid, Zentan, Tobruk, Benghazi,  Misrata, Sabha ou Gadhames, ce n'est plus la joie pour le CNT. Demain la chute ? Nous l'espérons bien.


Source: Le blog d'Allain Jules

DECLARATION D'UNE BRANCHE DISSIDENTE DE LA JEUNESSE DU PDCI-RDA

 

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En léger décalé mais très révélateur de la dissidence qui couve au PDCI-RDA. Des militants lucides et patriotes crient leur indignation et ne réchignent plus à en découdre. Espérons qu'ils soient entendus et soutenus pour un grand et salutaire renouveau au PDCI-RDA!

 

A la mort du père fondateur, mission a été donnée au Président Henri KONAN BEDIE, conformément à la Constitution ivoirienne, de gérer le pouvoir d’Etat. Aussi les militants du PDCI-RDA dans leur grande majorité lui ont confié leur avenir. Malheureusement à la suite du coup d’Etat de décembre 1999, le Président Henri KONAN BEDIE perd le pouvoir d’Etat.

Le plus grand parti de Côte d’Ivoire venait ainsi de basculer dans l’opposition. Malgré ce premier échec, le parti fait fi de toutes velléités internes de candidature pour confier encore au Président Henri KONAN BEDIE la mission ultime de récupération du pouvoir d’Etat, par la voie des urnes.

Les militants du PDCI-RDA et les jeunes en particulier ont mis beaucoup d’espoir en cette mission que le président BEDIE lui-même a qualifié de dernier combat, censé ramener notre parti au pouvoir et remettre la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement. Mais grande a été notre déception de constater que notre parti le PDCI-RDA venait en troisième position lors de la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. BEDIE venait ainsi de perdre son dernier combat. La noble et dernière mission à lui confier par le parti lors du dernier congrès, venait de connaitre encore un échec cuisant.


L’appel du Président Bédié à voter pour le candidat Alassane Dramane Ouattara a divisé les militants du PDCI-RDA et la population ivoirienne. Le refus du RHDP d’accepter les résultats du second tour proclamés par le Conseil constitutionnel, seule institution qualifiée en la matière et l’installation par la force de monsieur Alassane Dramane Ouattara au pouvoir ont considérablement dégradé l’unité nationale chère aux ivoiriens. Depuis le 11avril 2011 le Président GBAGBO Laurent et plusieurs de ses proches kidnappés sont détenus dans des conditions inhumaines dans les prisons du nord du pays.


Au moment ou monsieur Charles Konan Banny , Président de la commission dialogue vérité et réconciliation se bat pour que les filles et fils de Côte d’Ivoire se parlent et se donnent la mains pour ensemble construire une nation forte et prospère, au moment ou le pouvoir Ouattara appelle les ivoiriens à aller voter le 11décembre 2011 pour élire un nouveau parlement dans l’optique de mettre en place le deuxième piler de la république (l’assemblée nationale) c’est là que le 29 novembre 2011, soit deux semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté de façon clandestine à la Cour Pénale Internationale (CPI).


Face à cette situation très grave, même si la liberté d’expression a perdu la langue sous l’ère Ouattara, la jeunesse du PDCI-RDA, parti de paix, parti bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne ne peut évidemment rester sans mot dire.
Selon l’acte d’accusation: Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité à raison de meurtres, de viols et d’autres violences sexuelles, d’actes de persécution et d’autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.Le même acte indique que les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l’ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010 ,prenant pour cible des civils qu’elles pensaient être des partisans du candidat de l’opposition, Alassane Ouattara.

Ivoiriens, ivoiriennes, peuple de Côte d’Ivoire l’on veut encore travestir notre histoire sous nos yeux. Ceux qui ont commis les crimes et les pires atrocités en Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de 1999, la rébellion armée et pendant la crise postélectorale sont connus de tous. Ils ont été épinglés par les organisations de défense des droits de l’homme. En revanche les preuves abondent concernant les tueries, les pillages économiques et exactions perpétrées par la rébellion depuis 2002 et par les FRCI créées par Alassane Ouattara depuis le 17 mars 2010 (cf rapports d’Amnesty international, Human Right Watch, la Croix rouge internationale, de l’ONU et de l’ONUCI).


Les vrais crimes économiques ont été perpétrés par Ouattara, ses rebelles et l’Union Européenne lors de l’embargo sur le port d’Abidjan ayant privé de nombreux malades de médicaments et de la fermeture sans préavis des banques pendant la période de la crise postélectorale. Qui ne se souvient pas du génocide Wè à Duékoué , du massacre des jeunes non armés à la résidence du Président Laurent Gbagbo et à Yopougon , des pillages, tueries massives, persécutions et chasse aux sorcières, insécurité chronique pour la majorité des ivoiriens organisés par le pouvoir ethnique et génocidaire de M. Ouattara et son armée ? En vérité le Président Laurent Gbagbo est victime d’un complot international orchestré par la France au profit d’Alassane Ouattara. Sa place n’est pas en prison parce que c’est le bâtisseur de la démocratie ivoirienne, sa place n’est pas en prison parce que c’est lui le vrai vainqueur de l’élection de novembre 2010, sa place n’est pas en prison parce que ce n’est pas un criminel.


En outre, le nouveau découpage électoral a été fait par Ouattara de façon unilatérale. L’objectif recherché, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la multiplication des élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l’opposition et enfin en affaiblissant notre parti le PDCI-RDA dans son bastion du centre du pays. Dans sa curieuse conception de la démocratie M. Ouattara veut un parlement monocolore avec un PDCI à peine visible pour faire passer en force la vente aux enchères publiques de notre citoyenneté, de nos terres et de notre économie.


Jeunes du PDCI, l’heure est grave, pour cela tu dois :


• dire non à l’organisation de la marginalisation de notre grand parti, le PDCI-RDA;

• demander la démission systématique de M. Charles Konan Banny, haut cadre du PDCI de la présidence de la commission dialogue vérité et réconciliation qui n’accouche déjà que d’une souris car malgré tout, le PDCI-RDA devra garder sa notoriété de parti de paix et de sagesse

• t’adresser à tous les militants, à tous les ivoiriens, et leur dire de ne participer à aucune élection tant que M. Ouattara continuera d’occuper de façon illégale et illégitime le pouvoir d’Etat dans notre cher pays.

• lancer un appel vibrant à tous les démocrates d’Afrique et du monde entier à se joindre au peuple de Côte d’Ivoire pour exiger la libération sans condition du Président Laurent Gbagbo

• réitérer ton appel pour une discussion sincère, incluant le Président Gbagbo, en vue d’une solution politique susceptible de ramener la paix et la réconciliation vraie en Côte d’Ivoire.

• lancer un appelle à la CEDEAO, à l’Union Africaine, à l’ONU et à la communauté internationale, pour arrêter les dérives du pourvoir Ouattara, qui pourraient conduire à une explosion sociale et politique irrémédiable en Côte d’Ivoire.

Jeunes du PDCI-RDA, le président Félix Houphouët Boigny nous a légué un grand parti, nous n’avons aucunement le droit de le laisser mourir. Levons-nous et agissons maintenant car demain nous appartient.

Que DIEU garde la Côte d’Ivoire !


Vive le PDCI-RDA !


Fait à Abidjan, le lundi 05 décembre 2011.


Pour la jeunesse du PDCI-RDA,


Le Président YAO KOUAME Patrick
dealer1er@yahoo.fr
Cell. (225) 02 00 28 37.

mercredi, 21 décembre 2011

COFINANCEMENT DE LA DEFENSE DE GBAGBO: LA LEVEE DE FONDS OFFICIELLEMENT LANCEE

 

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Après la première comparution du président Gbagbo à la Haye, devant les juges de la CPI, les Ivoiriens, les patriotes et les démocrates du monde entier ont émis le voeu de contribuer au financement de sa défense, qui nécessite de gros moyens financiers. Le porte-parole du président Gbagbo, le ministre Koné Katinan, était même monté au créneau pour faire des précisions et désigner Bernard Houdin comme personne ressources devant conduire l'opération.

Aujourd'hui tout est fin prêt. La levée de fonds est officiellement lancée. "Depuis le 29 novembre dernier, la juste lutte du Président Laurent Gbagbo pour la souveraineté et la dignité de la Côte d'Ivoire est entrée dans une nouvelle, et décisive, phase avec son transfèrement inique et illégal à la CPI. Compte tenu du fait qu'aucune procédure légale n'a été respectée dans le processus de transfert, il est vain de polémiquer sur la capacité de la Défense du Président à empêcher qu'un tel acte soit commis par les autorités installées depuis le 11 avril 2011. Puisque celles-ci nous imposent de nous battre dans le cadre de la CPI, cela va être l'occasion unique de démontrer au monde entier la justesse de la lutte du Président et, à lui-même, de faire découvrir, ou redécouvrir, qui est vraiment Laurent Gbagbo.

A cet égard, sa première apparition devant la Cour, le 5 décembre 2011, a permis de comprendre, en un instant, que le Président est debout, sûr de son Bon Droit et fermement décidé à « aller jusqu'au bout » pour faire triompher la Vérité. Dans ce combat qui peut paraitre disproportionné contre des grandes puissances financières et économiques qui, on l'a expérimenté, n'hésitent et n'hésiteront pas à utiliser tous les moyens pour nous barrer la route, nous devons nous mobiliser avec conviction et chasser toute forme de doute qui pourrait nous envahir.

Ce combat, au-delà de l'engagement personnel des uns et des autres, va nécessiter de recueillir des fonds importants pour assurer le financement de tous les besoins qu'il va faire naitre. Les conditions de collecte de ces fonds doivent être totalement claires et vérifiables. On comprend mieux aujourd'hui le choix du Président Laurent Gbagbo dans la personne du Ministre Justin Koné Katinan pour exercer le rôle de son Porte-parole, choix qui souligne une nouvelle fois le sens de l'anticipation du Président.

En effet, le Président savait que le volet financier de la lutte serait un paramètre primordial du succès et il a ainsi confié au ministre du Budget de son dernier gouvernement, qui avait brillamment répondu au défi de la fermeture des banques françaises en Côte d'Ivoire pendant la crise postélectorale, le soin de maitriser toutes les levées de fonds qui s'avéreraient nécessaires. Face à la « prolifération » des « initiatives » dans ce domaine, qui vont en s'accélérant depuis le 29 novembre dernier, le Porte-parole a rappelé, dans un communiqué officiel, les conditions dans lesquelles ces appels de fonds devaient se faire et, en particulier, dans la zone où il m'a donné la lourde tache de le représenter.

Un compte bancaire a été ouvert, sous ma responsabilité, pour répondre aux innombrables demandes venant de toute la Diaspora pour savoir comment aider au financement de notre combat commun. Il va être largement diffusé à travers tous les types de médias pour faciliter les conditions de la collecte. Les fonds recueillis seront utilisés, en tant que de besoin, sous l'autorité du Porte-parole, pour le combat du Président.

Il est clair, cependant, que chaque association ou organisation locale ou régionale, devra, dans le même temps, subvenir à ses propres besoins de fonctionnement. Il revient, dans ce cas, à chaque association ou organisation, de trouver en son sein les moyens de se financer, en toute responsabilité et sous le contrôle vigilant de ses adhérents. Le Porte-parole et moi-même, collaborateurs de longue date du président Laurent Gbagbo, savons sa philosophie par rapport à l'argent et c'est dans le respect de sa position que, les uns et les autres, nous devons nous situer en affichant un comportement exemplaire et ne pas nous laisser «distraire» par des opérations douteuses au relent affairiste.

Au nom du Président Laurent Gbagbo, le Porte-parole et moi-même vous remercions pour votre engagement dans le combat pour la vraie Côte d'Ivoire et nous saluons aussi tous les amis de cette vraie Côte d'Ivoire qui voudront bien apporter leur part, aussi modeste soit-elle".

 

Vive la Côte d'Ivoire!


Fait à Paris, le 17 décembre 2011

 

Bernard Houdin, Conseiller spécial du Président

Représentant du porte-parole Europe et Amériques

 

COMPTE BANCAIRE : Banque CIC Paris La Villette 9 Avenue de Corentin Cariou 75019 PARIS

ORDRE : ONG Effort Humanitaire

Compte n°: 3006/10751/00020110401/95

IBANK : FR 7630066/10751/00020110401/95 (pour virement depuis l'étranger)

mardi, 20 décembre 2011

UN REPORTAGE SUR NICOLAS SARKOZY CENSURE EN FRANCE

 

Ce reportage réalisé par la TSR (Télévision Suisse Romande) a été censuré en France.


Sous Sarkozy, l'ami de tous les patrons des médias français, il ne fait pas bon être journaliste: mises à pied, offenses, sanctions, auto-censures... Bref, un climat délétère que fait règner l'hyper-président dans les rédactions françaises. Les preuves? Dans cette vidéo. Regardez!

Bien à tous!


DINDE Fernand AGBO

lundi, 19 décembre 2011

INADMISSIBLE - BAGARRE A PARIS: LA TABLE RONDE VIRE A LA TABLE CASSEE!


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Pro-Gbagbo à Paris, au cours d'une table ronde sur la crise ivoirienne, avant le kidnapping du Président Laurent Gbagbo.

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LA RESISTANCE PATRIOTIQUE PRO-GBAGBO VIRE AU PUGILAT SUR FOND DE QUERELLES DE LEADERSHIP.

 

La table ronde sur la crise ivoirienne organisée à l'AGECA à Paris, vendredi 16 décembre dernier, n'a visiblement pas tenu ses promesses, préférant virer à la table cassée.

Et pour cause, résistants et patriotes pro-Gbagbo ont préféré les coups de poings aux débats d'idées, les noms d'oiseaux aux questions-réponses.

Gbagbo peut donc crever à La Haye pendant que ses soutiens s'entre-déchirent en lambeaux. La résistance patriotique est aujourd'hui tellement divisée par ses querelles de chefs, qu'on se demande ce qui lui reste.

Rien ne prévoyait pourtant une issue pugilistique à cette table ronde qui réunissait du beau monde. Alain Toussaint était présent ainsi que les avocats de Gbagbo comme Me Dadjé.

La résistance patriotique et les partis pro-Gbagbo avaient aussi fait le plein. Les organisations comme le Cri-panafricain, le FPI-Cnrd, le Codesci, le Copaci, le Cojep, le Crd, l'Umad, le Curci, les Femmes patriotes, étaient représentées par leurs responsables respectifs.

Tout ce beau monde, au lieu de réfléchir sur la stratégie à avoir pour libérer Laurent Gbagbo à La Haye, a plutôt fait étalage de ses différences.

Certains reprochant à d'autres d'être devenus des résistants alimentaires et d'avoir bradé la lutte. D'autres remettant en question les marches mal organisées de chaque groupe qui finissent par lasser. Les derniers fustigeaient le choix de Me Altit comme avocat de Laurent Gbagbo.

Résultat des courses : Les chaises et tables ont commencé à voler dans les airs. Les coups de poing et les noms d'oiseaux aussi. A l'heure où nous mettons sous presse, certains patriotes en sont peut-être encore à panser leurs plaies.

Mélancolique virage que celui pris par la résistance patriotique pro-Gbagbo à Paris. Un nécessaire bon ordre doit absolument être mis en son sein, si elle veut faire triompher les idées de Laurent Gbagbo et obtenir sa libération de la CPI. Sinon, ce sera la fin de la lutte patriotique, qui a pourtant connu de grandes heures de gloire.

Nous y reviendrons.


Catherine Balineau


Source: IVOIREBUSINESS.NET

dimanche, 18 décembre 2011

CHARLES ONANA SUR 3A TELESUD POUR SON LIVRE «COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»

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Cette vidéo a été censurée par l'Etat français. Elle n'est plus du tout disponible sur YouTube. Pour l'heure, vous ne pouvez la visionner qu'ici ou sur LE GRI-GRI INTERNATIONAL!!! Profitez-en!


CPI: LA PREUVE QUE GBAGBO PEUT ETRE LIBERE D'ICI QUELQUES MOIS



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Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Louis Moreno Ocampo a réussi à transférer le président Gbagbo à la Haye comme l’ont demandé ses maîtres. Mais il peine à présenter ses preuves. Ce qui pourrait jouer lors de la prochaine audience et favoriser la libération de Gbagbo.

C’est une sorte de message d’encouragement et surtout d’appel à ne pas baisser les bras et à travailler inlassablement aux points de vue juridique et politique que le destin semble lancer aux avocats du président Laurent Gbagbo et à ses soutiens politiques. Alors que l’on considère généralement que la Cour pénale internationale est une sorte de mouroir pour vaincus de l’Histoire, et que l’on ne peut avoir qu’un aller simple vers son centre de détention, une information vient démontrer qu’on peut en sortir libre – et assez rapidement.

Calixte Mbarushimana, rebelle hutu soupçonné de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans le Kivu, en République démocratique du Congo en 2009, et arrêté le 11 octobre 2010 à Paris et transféré à La Haye le 25 janvier 2011, vient de bénéficier d’une ordonnance de remise en liberté signée des juges de la CPI. «La majorité de la Chambre a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve donnant des motifs substantiels de croire que Calixte Mbarushimana pouvait être tenu pénalement pour responsable de huit chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l’humanité portés contre lui par le Procureur», indique la décision publiée par la Cour.

C’est à l’occasion de l’audience de confirmation des charges, qui s’est déroulée du 16 au 21 septembre, que les avocats de Mbarushimana ont détruit, une à une, les prétendues preuves présentées par Louis Moreno-Ocampo. L’audience de confirmation de charges dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo aura lieu le 18 juin 2012. Elle peut, comme l’on s’en rend compte, ouvrir la voie à une relaxe pure et simple du premier président de la Deuxième République. Et l’on comprend aisément l’absence de fair-play du bureau d’Ocampo, qui tente d’handicaper la défense de son «adversaire» en refusant de transmettre à temps ses «preuves» et la requête aux fins de transfèrement qu’il a faite devant les juges de la Cour.

Pendant que le greffe tarde à accorder à la défense du plus célèbre prisonnier de La Haye les commodités logistiques nécessaires à un travail efficace. Le désaveu que les juges de la CPI ont opposé à Ocampo sur le dossier de Mbarushimana en rajoute au discrédit de ce procureur sous influence d’un certain nombre de lobbies, qui n’est arrivé, en huit ans, à boucler aucune des procédures qu’il a lancées, visant uniquement des Africains. La parole du magistrat argentin, présentée complaisamment comme vérité d’Evangile par les médias occidentaux, est ébranlée. C’est de bon augure pour le président Gbagbo. Mais il faudrait être naïf pour penser que les choses seront aussi aisées dans son cas.

Poursuivi par la vindicte de la France officielle et accessoirement de l’administration Obama, Gbagbo doit mettre l’édifice de la CPI en crise de manière profonde. En présentant des éléments juridiques en béton armé, ce qui est possible si ses avocats, munis de moyens conséquents et véritablement soudés autour de lui, se concentrent comme jamais sur son dossier, en ne méprisant aucun détail. Mais également si ses soutiens politiques, en Afrique et dans la diaspora, continuent de se mobiliser de jour comme de nuit pour tailler en pièces l’édifice mensonger qui l’a conduit à La Haye. Les défis sont grands, et le temps est compté.

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 394 du samedi 17 décembre 2011.

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

CALIXTHE BEYALA: QUAND LES PRO-OUATTARA MENACENT DE MORT


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"De quoi comprendre pourquoi l'ensemble des africains et de sa diaspora les rejettent !!!"

 

Oui, ils sont venus sur mes pages, avec des surnoms d'oiseaux ridicules, de quoi faire trembler une grand-mère ? Même pas ! Un enfant de six ans penserait qu'il s'agit d'un nom emprunté par un débile mental pour Halloween ! On va exécuter tous les pro-Gbagbo, les gens du FPI ainsi que Calixthe Beyala.

Voyons donc ! En quoi les empêcherai-je de gouverner la Côte d'Ivoire ? Je n'ai pas une armée à ma connaissance ; je n'intrigue contre personne, à ma connaissance ; je ne suis pas dans des réseaux mafieux pouvant les atteindre, à ma connaissance... Serait-ce la faute à mon écriture ? La plume, diantre fait-elle si ma!, plus mal que la guerre ? Tout donne à le penser.

Ils disent qu'ils me recherchent... Je ne me suis jamais cachée et si tous ceux à qui j'ai envoyé mes mots moqueurs, ironiques, parce que c'est cela un de mes traits d'écriture, devaient tous me rechercher pour me tuer, je serais morte depuis des lustres, pas une fois, mais des millions de fois.

J'en pleure de rire en écrivant ces mots. Même leur mentor Sarkozy me connaît, et connaît l'acidulé de mes écrits... Car combien de fois ne l'ai-je pas expédié cueillir des mangues pourries, me moquant de ses talonnettes, disant qu'il est le moins intégré de tous les Français ?

Parce que si mon petit Président Nicolas, Premier Empereur de l'Afrique, fout le bordel à travers son empire colonial de l'Afrique, il respecte sur notre territoire, la liberté d'expression... Et la démocratie.

Je l'ai insulté maintes et maintes fois. Ce qui ne l'a pas empêché, de me décorer de la Légion d'honneur et reconnaît non seulement mon talent littéraire mais mon apport intellectuel en France...

Ce qui ne l'empêche nullement de m'inviter lors des grandes festivités de la France...

Parce qu'on a beau dire, beau faire, les Ivoiriens Ouattaristes ne comprennent pas une seule chose : ils ne sont pas les compatriotes de Sarkozy, que malgré l'opposition de nombre de français à sa politique, il ne fera jamais passer un étranger avant un Français, ne bradera pas la France pour un Ivoirien, ne sacrifiera pas la vie d'un français, qu'il soit noir ou blanc, pour les beaux yeux de Ouattara.

Parce que, que les Ouattara le veuillent ou pas, il en a toujours été ainsi en France. La France est un pays bâti par les Africains.

Nous sommes des contestataires, mais la France nous aime !!!!


Calixthe Beyala, Ecrivaine franco-camerounaise.

samedi, 17 décembre 2011

TAUX DE PARTICIPATION DE 36,56% AUX LEGISLATIVES: LA GROSSE ARNAQUE DE LA CEI


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Le taux de participation aux législatives livré officiellement par la Cei reflète-t-il la réalité du scrutin ? 36,56% des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens inscrits sur les listes électorales se sont-ils effectivement déplacés dans les urnes, dimanche dernier? Les réponses à ces questions à l’aune d’éléments liés au déroulement du scrutin et aux témoignages recueillis sur le terrain inclinent à croire, à l’analyse, que le taux donné par la Cei est loin d’être celui des législatives du 11 décembre dernier largement boycotté par les Ivoiriens.

Le président de la Commission électorale indépendante (?), Youssouf Bakayoko, a annoncé officiellement, jeudi nuit, les résultats provisoires des législatives du 11 décembre dernier et le taux de participation du scrutin. Le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara, comme il fallait s’y attendre, grâce au découpage électoral biaisé par le pouvoir, s’est taillé la part du lion avec 127 sièges. Devançant largement son «allié», le Pdci-Rda de Bédié, qui totalise 77 sièges. De nombreux candidats du Pdci dont Konan Konan Denis à Bouaké crient à la fraude orchestrée par le Rdr. Quant au taux de participation, Youssouf Bakayoko le situe à 36,56%. Au grand dam des millions d’électeurs ivoiriens qui ont boycotté le vote législatif et des observateurs électoraux qui ont tous reconnu, dans leurs différents rapports, que le taux de participation était très faible. Certains observateurs qu’une équipe de Notre Voie a surpris à l’hôtel Novotel-Plateau faisant le point du vote, lundi 12 décembre dernier, ont même situé ce taux entre 20 et 25%. A la surprise générale, la Cei brandit un taux de 36,56%.

Les bureaux de vote étaient déserts

Tout le monde est unanime sur cette question y compris les observateurs électoraux et même le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote, dimanche dernier. Les élections législatives ont donc pâti par leur manque criant d’affluence. Après avoir accompli son devoir civique, dimanche dernier, à 12h, au lycée Sainte-Marie d’Abidjan-Cocody, M. Ouattara a reconnu qu’il n’y avait pas d’affluence. Il s’est alors senti obligé de lancer un appel aux Ivoiriens pour qu’ils aillent voter. Cet appel a-t-il été entendu ? Visiblement, non. Puisqu’à moins de 2h de la fermeture des bureaux de vote fixée à 17h, ce 11 décembre 2011, les électeurs se faisaient toujours rares dans les dix communes d’Abidjan. A l’EPP Sicogi-Est de Koumassi, sur les 13 bureaux de vote, moins de cent électeurs avaient accompli leur devoir. Adjamé, Cocody, Abobo, Treichville, Marcory etc., c’était l’indifférence totale des Ivoiriens. «Les gens ne sont pas chauds pour voter. Je suis venu et je n’ai trouvé personne. J’ai voté et je m’en vais sans laisser personne», a confié un électeur que l’équipe de Notre Voie a rencontré dans un centre de vote à Yopougon Niangon-nord. Zié Daouda, un des candidats qui représentent le PDCI à Yopougon, et qui contestent les résultats donnés par la CEI Yopougon, parle d’un taux officiel d’un peu plus de 19%. Au groupe scolaire d’Anono de l’inspection de l’enseignement primaire de Cocody, tous les responsables rencontrés ont déploré le manque d’engouement des électeurs pour le scrutin. Quand on sait qu’Abidjan, la capitale économique, totalise la plus forte concentration d’électeurs au plan national au niveau des villes avec 30,11 % des électeurs soit 1.944.482 personnes inscrites, on comprend aisément que «le désert électoral» (l’expression est de la télévision France 24) constaté, dimanche dernier, dans la mégalopole, a eu indubitablement des conséquences dramatiques sur le taux de participation national. En tournée sur le terrain à Aboisso dans le Sud-Comoé, région qui a un très faible taux de concentration d’électeurs, le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a souligné, la mort dans l’âme, que «les chiffres que nous avons sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions à la même période (la mi-journée du dimanche 11 décembre dernier, ndlr) pour l’élection présidentielle».

Les observateurs indexent le manque d’engouement

Dans le nord du pays, favorable à Ouattara et à son parti politique, le Rdr, le vote a été globalement mitigé, a-t-on appris. Il était timide dans certaines localités et intensif dans d’autres. Cependant, au plan des statistiques valables depuis les présidentielles 2010 et validées par la Cei, les régions du nord figurent parmi les régions disposant d’un faible taux de concentration d’électeurs. A titre d’exemples : le Denguélé totalise 1,36% du corps électoral national ; le Bafing = 0,68% ; le Worodougou = 1,99% etc. Si le vote dans le nord du pays a mobilisé largement plus de 50% des électeurs inscrits dans la zone, il ne saurait influer sur le taux de participation national étant donné que la zone nord totalise à peine 13% de l’électorat. Il faut préciser que la région des savanes qui totalise 6,55% de l’électorat a un pied dans le nord et un autre dans le sud. Les cinq régions ayant une forte concentration d’électeurs sont toutes dans la zone sud du pays. Ce sont la région des lagunes (33,96%), le Haut-Sassandra (5,1%), les Montagnes (5,39%), la vallée du Bandama (6,48%) et la région des savanes (6,55%). Or, les populations ont boudé à plus de 80% les législatives dans la zone sud du pays. C’est au su de tout cela que le Fpi, ex-parti au pouvoir, dont l’appel au boycott des législatives a été largement suivi par les Ivoiriens, suivant le rapport de ses structures internes, a officiellement parlé d’un taux de participation qui tourne autour de 14,33%. Une évaluation qui n’est fondamentalement pas loin du constat fait par des observateurs électoraux nationaux et internationaux. Le mardi 13 décembre dernier, face à la presse à l’hôtel Pullman-Plateau, les observateurs de l’Union africaine (Ua) conduits par l’ex-Premier ministre nigérien, Seini Ouamarou, ont indexé le manque d’affluence aux législatives et souligné que «l’appel au boycott par l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, a certainement eu des répercussions sur les élections législatives du 11 décembre dernier». Même son de cloche pour les observateurs du Cpi-Uemoa dont le porte-parole, Abdouramane Sow, a souligné «la participation plutôt faible des citoyens électeurs aux législatives».

Comme pour la présidentielle 2010…

Comment expliquez que la Cei affecte un taux de participation confortable de 36,56% à un scrutin législatif pour lequel tout le monde est unanime à reconnaître qu’il a été un flop ? En 2001, le taux de participation était de 33,1%, donc faible, alors que la fracture socio-politique était aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui où des millions d’Ivoiriens sont réfugiés internes et externes, des Ivoiriens sont contraints à l’exil, l’insécurité orchestrée par les forces pro-Ouattara est inquiétante et frappe toutes les couches sociales, Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont détenus illégalement, le processus de réconciliation nationale est plombé, la colère et la rancœur sont dans tous les cœurs, les Ivoiriens en veulent à leurs leaders politiques… c’est curieusement à ce moment-là que la Cei voit un taux de participation de 36,56% à une élection. Peut-on être surpris de ce «miracle» de la Cei version Youssouf Bakayoko ? Assurément, non. Puisqu’en novembre 2010, cette Commission avait fait passer curieusement le taux de participation au second tour de la présidentielle de 70 à 81%. M. Gérard Latortue, le chef de la délégation des observateurs de la Francophonie, affirmait le 29 novembre 2010, selon le site www.africa-times-news.com, que «même si le taux de participation au second tour était inférieur à celui du premier, il pourrait avoisiner les 70%». Cette information est confirmée, le même jour, par France 24 sur son site. Deux jours plus tard, Youssouf Bakayoko s’est rendu au QG de campagne de Ouattara au Golf hôtel pour y annoncer un taux de participation de 81%. Ces chiffres contradictoires ont jeté le discrédit sur la Cei et les résultats provisoires de la présidentielle donnés par Bakayoko. La suite, on la connait. Le schéma actuel des législatives est quasiment calqué sur celui des présidentielles. Et Youssouf Bakayoko est toujours à la manette.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4011 du samedi 17 décembre 2011.


Source: IVORIAN.NET