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lundi, 05 décembre 2011

UN GBAGBO AMAIGRI, DIMINUE MAIS OFFENSIF CONTRE LA FRANCE ET OUATTARA


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La première audience du président ivoirien renversé Laurent Gbagbo s'est achevée vers 14 heures 30 locales (13 heures 30 GMT) devant la troisième Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de La Haye. Vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'une cravate bleu nuit, rasé de près, Laurent Gbagbo est apparu publiquement, pour la première fois depuis le 11 avril 2011, amaigri, visiblement fatigué, diminué au point de vue de sa santé comme il a eu à le dire lui-même, mais pugnace et offensif. En dépit du fait que l'audience ne consistait qu'en une présentation des charges et en une vérification de son identité.

Interrogé par la juge Silvia Fernandez de Gurmendi sur ses conditions de transfert et de détention, il a rappelé les conditions de son arrestation le 11 avril 2011, insistant sur le fait que "ce sont les Français qui ont fait le travail", le remettant aux forces d'Alassane Ouattara, "qui n'étaient pas encore des forces régulières". Laurent Gbagbo a rappelé l'assassinat de Désiré Tagro, les tortures auxquelles ont été soumises son fils Michel et son médecin particulier Christophe Blé "qui se trouve toujours à Korhogo".

Le président Gbagbo a aussi révélé aux juges les conditions de sa détention à Korhogo. "Je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. (...) L'enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir... ont fait que j'ai des nouvelles pathologies en plus de celles que j'avais déjà", a-t-il dit. Il a également expliqué qu'il a été transféré à La Haye suite à une audience "volée" avec le juge ivoirien d'application des peines, camouflée sous d'autres motifs, sans que ses avocats ni lui n'aient été préparés à la remise d'un mandat d'arrêt.

Le président Gbagbo s'est dit prêt à "aller jusqu'au bout" de son procès, et dit attendre les "preuves" de ceux qui l'accusent, qu'il confrontera avec sa vérité à lui. La prochaine étape de ce procès, l'audience de confirmation des charges, aura lieu le 18 juin 2012, donc après le départ du procureur Louis Moreno-Ocampo. "Il s'agit d'une audience publique au cours de laquelle la Chambre préliminaire de la CPI décide de confirmer ou non, partiellement ou dans leur totalité, les charges retenues par le Procureur à l'encontre du suspect et de renvoyer l'affaire, le cas échéant, en jugement devant la Chambre de première instance."


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

 

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GBAGBO CHARGE LA FRANCE DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE


L'audience de comparution initiale de Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien soupçonné de crimes contre l'humanité, s'est ouverte ce lundi après-midi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

 

Laurent Gbagbo, écroué à La Haye, est soupçonné d'être « coauteur indirect » de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2010-2011 commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Son refus de céder le pouvoir à son rival et actuel président Alassane Ouattara avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3 000 morts.

« La présence du président Laurent Gbagbo dans le box des accusés est manifestement une erreur judiciaire, une tromperie », s'est élevé son conseiller Toussaint Alain, lors d'une conférence de presse tenue avant l'ouverture du procès. « Nous dénonçons le parti pris d'une procédure insensée, prétendument judiciaire, qui a conduit au transfèrement illégal et à l'incarcération tout aussi illégale du président Gbagbo, victime expiatoire d'une justice politique », a-t-il déclaré.

« J'ai été arrêté sous les bombes françaises »

« J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises », a déclaré Laurent Gbagbo en début d'audience. « C'est l'armée française qui a fait le travail. » Interrogé par la présidente Silvia Fernandez de Gurmendi sur ses conditions de détention, l'ancien président ivoirien a assuré que celles-ci étaient « correctes ». Mais a ajouté : « Ce sont les conditions de mon arrestation qui le sont moins. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence - présidentielle, ndlr - pendant que les hélicoptères bombardaient. »

L'audience de confirmation des charges débutera quant à elle le 18 juin, ont annoncé les juges de la CPI.


Source: OUEST-FRANCE.COM

LA VERITE SUR LES MEDIAS OCCIDENTAUX

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Si je vous disais que le journal Le Messager ou Dikalo (journaux camerounais) faisaient un meilleur travail d'information que le Figaro ou le Washington Post, vous ne me croiriez pas j'en suis sûr. Apres tout, ces 2 organes de presse ne sont-ils nommes parmi les meilleurs du monde ?

Ne sont-ils pas imprimés dans des sociétés démocratiques et sophistiquées ou la justice est amplement pratiquée,  la constitution strictement respectée et la presse libre? N'ont-ils pas plus de moyens, plus d'équipement que leurs pairs africains? Leurs journalistes n'ont-ils pas reçu une très bonne formation et ne sont-ils pas possesseurs d'une plus grande indépendance d'esprit ? C'est ce que je croyais moi aussi jusqu'à ce que je comprenne un certain nombre de choses.

Cet article n'est pas une comparaison entre les médias occidentaux et africains. Il a simplement pour but  de révéler la logique qui gouverne les médias occidentaux et révéler les secrets qui se cachent derrière ces apparences de professionnalisme.

Faux concepts

Imaginez un instant que vous soyez très riche et très influent et qu'en même temps vous fassiez de mauvaises choses comme par exemple tromper votre épouse. Evidemment c'est une chose que vous n'aimeriez pas que vos enfants sachent car cela vous ferait perdre leur respect et même votre place de chef de famille. Alors pour vous assurer que cela n'arrive pas, vous utiliserez votre influence et argent pour contrôler les organes d'information de votre maison et garder l'information secrète.

Et pour justifier vos sorties nocturnes, ces organes d'information de la famille donneraient d'autres raisons telles que des réunions de travail tardives, diner avec d'autres partenaires, tout cela évidemment  pour le bien de la famille. C'est un peu la logique des organes de presse de ces jours-ci.

Il y a un certain nombre de faux concepts qui soutiennent la compréhension que certains africains ont des médias occidentaux :

Les médias veulent informer le public de  ce qui se passe ? Faux :

Ceux qui dirigent les nations ne veulent pas que les populations sachent ce qui se passe réellement. La réalité des événements est si choquante que l'américain, l'allemand ou le français moyen n'en croirait pas ses oreilles. Faire connaitre la vérité ferait tomber des gouvernements et envoyer en prison un nombre élevé d'acteurs politiques. Vous ne pensez bien pas qu'on dira aux américains que les Etats-Unis vont en guerre en Iraq pour du pétrole et pour prendre pied dans une région ou elle pourrait alors déstabiliser des ennemis comme l'Iran.

On ne dira pas aux français que la France  ne s'opposait pas à  l'intervention américaine pour des raisons morales mais pour protéger ses propres investissements en Iraq. On ne dira pas aux français que leur pays a quelque chose à voir avec les événements qui ont abouti a la mort de Thomas Sankara et a la destitution de Pascal Lissouba. Ne vous y trompez pas, les peuples occidentaux sont aussi victimes des individus qui contrôlent le monde que les sont les peuples d'autres nations. Leurs médias sont aussi manipulateurs que les médias d'Etat en Afrique. Les occidentaux sont même plus manipulés que les africains le sont car ils vivent encore dans l'illusion que leurs pays sont libres et démocratiques. Malheureusement beaucoup de gens prennent pour vérité ce que la presse dit au lieu de s'en méfier.

La presse occidentale est plus libre ? Faux :

Aucun grand groupe de presse n'est vraiment libre. En occident comme en Afrique, les journaux sont sujets aux contraintes financières et à la pression politique. La presse occidentale fortement dépendante de la publicité est soumise à la dictature des groupes financiers. Certains des propriétaires d'organes de média sont amis d'acteurs politiques et influencent souvent la gestion de l'information que font leurs médias.

Bernard Arnault par exemple, propriétaire de La Tribune est un ami de Nicolas Sarkozy (qui est par ailleurs ami de beaucoup de capitaines d'industrie propriétaires de presse) dont il a été témoin du défunt mariage. Rupert Murdoch propriétaire du Wall Street Journal (dont le groupe a récemment été implique dans un grand scandale en Grande Bretagne) est un supporter politique de l'ancien président américain Georges W. Bush.

Il y a des articles que les journaux africains sortent sur leurs leaders que la presse occidentale ne peut dévoiler. Dan Rather de CBS avait fait une émission qui mettait en doute certains détails de la vie du président Georges W. Bush  et il a été licencié. Plus récemment encore, Rick Sanchez un grand journaliste de CNN a été licencié car il a fait allusion au cours d'un de ses shows que la plupart des médias américains sont aux mains des juifs. A cause de ce fait, presqu'aucun grand journal du monde occidental ne dira rien de préjudiciable contre Israël.

La presse occidentale a un esprit indépendant ? Faux :

Les journaux privés travaillent pour les intérêts de leurs propriétaires qui sont souvent des groupes financiers ayant des intérêts dans d'autres secteurs de l'économie. C'est ainsi que la chaine de télévision NBC appartient a General Electric qui est par ailleurs un fabricant de moteurs d'hélicoptères de combat. La presse publique est paradoxalement même un peu plus crédible car dépendante des fonds publics et souvent sous le contrôle indirect des députés ou sénateurs.

Même comme cela, RFI, BBC ou LA VOIX DE L'AMERIQUE organes de propagande publics n'iront malgré les apparences jamais contre les intérêts stratégiques de la France, de l'Angleterre ou des Etats-Unis d'Amérique. Ils sont financés par le budget d'Etat et ne peuvent mordre la main qui les nourrit. Ces réseaux sont installés pour défendre les intérêts de ces nations Des journalistes américains tels que Dan Rather de CBN ont d'ailleurs dit pendant la guerre d'Irak que lorsque leur pays est en guerre, ils n'ont aucune honte à le supporter.

Le Figaro ne donnera pas une information qui puisse être préjudiciable au groupe Dassault (auquel il appartient) qui construit les avions de combat Rafale. « Vincent Bolloré, venu aux médias relativement récemment, a une vision toute personnelle de l'indépendance de ses rédactions, qui lui sont très utiles pour promouvoir ses intérêts en Afrique » selon Rue 89, un web site francophone. Pensez-vous toujours que les journalistes pris en sandwich entre les exigences financières et la pression politique puissent écrire ceux qu'ils aimeraient écrire ?

Même si ces organes de presse donnent souvent des informations partiellement vraies, elles mentent aux gens dans le
« comment » et le « pourquoi ». Le principe sous-jacent c'est qu'un peuple informe et éduqué est difficile à diriger. Les gens qui essayent de contrôler de ce monde ne veulent pas plus que les français, les allemands ou les américains soient informés que les gouvernements africains  ne veulent que les maliens, les sénégalais, burkinabés ou les togolais soient informés.

Certains journaux sont brimés : Al-Jazzera a été pendant longtemps  interdit d'émission aux Etats-Unis parce qu'on lui reprochait de présenter l'Amérique sous un mauvais jour. Voilà ce que ce groupe de presse a répondu en substance : Nous présentons les faits tels qu'ils sont, sous une perspective parfois différente de celle des médias américains : Les médias américains présentent les missiles à leur décollage et nous les présentons à leur atterrissage. Mais ce groupe de presse qui appartient au gouvernement du Qatar, allié des Etats-Unis a perdu sa crédibilité depuis qu'il s'est transformé en un organe de propagande des intérêts de son gouvernement.

Pensez à ceci : la plupart des gens n'assisteront pas en direct aux événements qui se déroulent dans le monde. Nous serons pour la plupart de temps informés à travers la presse. C'est parce qu'ils savent que qui contrôle l'information contrôle les esprits et les opinions des gens que la plupart des pays occidentaux créent des réseaux de radios a travers le monde entier. Et cela leur réussit bien vu le nombre élevé de personnes, y compris de responsables politiques africains qui s'y informent.

Ce n'est pas par hasard que lorsque l'Otan ou un pays occidental en guerre, il commence d'abord par détruire la radio et la télévision de ce pays. On comprend ainsi pourquoi la France tenait tant à détruire la RTI (Radio Télévision Ivoirienne) pendant les derniers évènements de Cote d'Ivoire. Non seulement la RTI permettait de combattre la machine de propagande déclenchée par les medias français, mais elle montrait aussi des documentaires qui révélaient les activités mafieuses de la Françafrique et de la France en Afrique. En passant, ces mêmes documentaires sont montrés dans les médias français qui diffusent en France mais ne l'ont jamais été par France 24 par exemple qui dessert la région africaine. L'une des raisons pour laquelle Sarkozy en veut tant a Laurent Gbagbo c'est d'avoir exposé aux yeux du public ignorant la véritable politique de la France en Afrique. Comme vous le voyez, les dirigeants occidentaux ne veulent pas que vous sachiez la vérité.

Le mensonge est le même partout. La presse n'est libre nulle part et n'a aucune intention pour la plupart d'informer le peuple. Elle fait son travail sans passion comme certains pasteurs font leur ministère sans conviction, juste comme un gagne-pain. La différence entre les medias occidentaux et africains d'Etat est que les premiers sont plus sophistiques dans le mensonge. La preuve c'est que vous leur faites plus confiance que les journaux de vos propres pays.


Organisation des médias en occident

Il y a 3 genres de médias :

1.    Les medias privés qui sont les plus contrôlés

Ils sont pour la plupart aux mains de groupes financiers. Comme nous l'avons dit ces groupes financiers ont des activités dans d'autres secteurs de l'économie que les groupes médiatiques qu'ils possèdent sont supposes protéger.

Ils appartiennent à des conglomérats : Par exemple, 6 grands groupes financiers aux Etats-Unis contrôlent plus de 90% des medias. La multiplicité des noms et la diversité géographique cache souvent ce contrôle et cette concentration de la presse dans les mains de quelques puissants individus. Un seul groupe peut contrôler des centaines de stations radio, des dizaines de journaux écrits et de chaînes de télévision. Les 6 groupes qui contrôlent l'essentiel de la presse aux Etats-Unis sont :

*    General Electric: qui contrôle NBC, MSNBC, the History Channel, the Biography Channel. Ils contrôlent aussi Universal Pictures une maison de production de films. 

*    Walt Disney:
contrôle ABC, ESPN. ABC a 226 stations affiliées qui atteignent 99% des domiciles américains.

*    News Corp.:
est propriétaire de Fox Channel, the Wall Street Journal, National Geographic. Possède aussi la maison de production de films 20th Century Fox et 120 chaines de télévision a travers le monde. Cette compagnie appartient a Murdoch qui été récemment au centre d'un scandale médiatique en Angleterre.

*    Time Warner: est propriétaire de CNN, HBO, TBS. Il contrôle aussi Warner Bros, New Line Cinema, Castle Rock  qui sont toutes des maisons de production de films.

*    Viacom:
est propriétaire de MTV, Simon and Schuster Publishing house, une maison de publication de livres et près de 130 stations radios

*    CBS:
contrôle  CBS  et près de 130 stations radio.

La chaîne la plus regardée de France -et d'Europe-, TF1, appartient à Bouygues, groupe de BTP qui signe quotidiennement des contrats avec la puissance publique. Arnaud Lagardère, important actionnaire du groupe aéronautique EADS, contrôle l'empire qui porte son nom et donc Europe 1, Paris Match, le Journal du Dimanche, 25% du Parisien-Aujourd'hui, 17% du Monde, et la moitié du plus grand circuit de distribution de journaux, les NMPP

General Electric fabrique et fait l'entretien des moteurs d'hélicoptères de combat, des chars Abrams, d'avions de combat F-16. Vous comprenez bien que la guerre comme celle d'Iraq fait son affaire et que NBC fera beaucoup d'efforts pour faire accepter à l'opinion que Saddam Hussein est un dictateur qui devait partir.

Ces groupes industriels contrôlent aussi des maisons d'édition célèbres telles que Simon and Schuster Publishing house, ce qui étend leur contrôle sur la publication des livres. Tout ceci pose un  grand problème d'indépendance de l'information.

Vous avez vu récemment avec quel zèle des organes de presse tels que France 24, CNN, Al-Jazzera, BBC ont appuyé par la désinformation et le mensonge la guerre de l'Otan contre la Libye.

Le monde du cinéma n'échappe pas à leur contrôle comme vous l'avez constaté. Il y a peu de films qui sortent de façon innocente. Il y a quelques années, l'ennemi préféré des films était les Soviétiques. Aujourd'hui, ce sont les arabes. Vous pouvez en imaginer la raison.

MEDIAS OCCIDENTAUX.gif

L'information ne vient pas toujours de source indépendante : Il y a des journaux de province ou de taille moyenne qui ne peuvent pas envoyer des correspondants a certains coins du globe faute de moyens financiers. Alors ils achètent l'information auprès de grandes agences de presse telles que l'agence France Presse (AFP) ou Associated Press (AP) ou l'agence Reuters qui sont de puissants groupes de presse aux mains de l'Etat (AFP) ou d'individus privés. Ainsi les gens vivant en province en France ou dans l'Alabama aux Etats-Unis ou ceux lisant Yahoo sur le net vont avoir la même information sans avoir le moyen de vérifier sa crédibilité par d'autres sources. Même de grands journaux comme Le Monde ou le New York Times ne peuvent avoir des correspondants partout. Ils utilisent aussi très souvent ces agences de presse pour certains articles.

Lorsqu'un organe de presse n'appartient pas directement à une compagnie, il en dépend pour des frais de publicité. Les sources de revenus les plus importantes de ces journaux ne viennent de l'achat des journaux par les lecteurs. Elles proviennent des spots publicitaires pour lesquels les compagnies donnent de l'argent aux medias. L'un de moyens les plus efficaces de faire pression sur un organe médiatique est de menacer d'annuler les contrats publicitaires avec lui. Une annulation pareille signifie une baisse de revenus, le licenciement des journalistes et du personnel d'appui, la perte de maison, de voiture, de l'assurance maladie (dans des pays comme les Etats-Unis) et de tous les autres avantages de l'emploi pour les journalistes licenciés. En bref la fin de presque tout. Et cela personne ne le veut.

Qu'est ce qui se passerait si un journaliste prenait la liberté de publier un article qui raconte la vérité ? Pour commencer son éditeur ne laissera pas passer cet article. S'ils le faisaient ils seraient 2 à perdre leurs emplois.  Les journalistes connaissent bien ces règles et jouent simplement le jeu pour survivre.

La presse privée qui représente environ 70% du total des medias dans les pays occidentaux est en fin de compte contrôlée par les riches. C'est ce qui explique qu'une minorité soit capable de diriger sans problèmes la masse.
Certains de ces medias appartiennent en totalité ou sont contrôles par des services de renseignements à travers des contributions. Ces services de renseignements les utilisent pour des opérations ponctuelles de manipulation de l'opinion et d'intoxication d'une cible précise.

2.    Les medias publics sont curieusement plus crédibles que la presse privée

Ils sont plus importants en France qu'aux Etats-Unis. Dans les 2 pays, ils sont sous le contrôle direct des autorités politiques. Leurs chefs sont très souvent nommes en fonction de leur connaissance du jeu de l'information et du rôle que les dirigeants attendent de la presse. On n'y nomme pas des gens réputés pour leur indépendance d'esprit.

Curieusement c'est dans ces médias dans les pays comme les Etats-Unis  que l'on retrouve parfois des informations de bonne qualité. Ils ne subissent pas la dictature stricte des financements prives. N'ayant pas autant d'argent que leurs confrères du domaine privé, ils n'offrent pas autant d'amusement (distractions) dont les gens raffolent et sont de toute façon pas très regardes aux Etats-Unis.

3.    Les médias indépendants sont les plus fiables.

C'est a cause du constant accablant du contrôle de la presse par des groupes industriels prives que certains medias indépendants ont émergé. Ils ont investi le domaine de la télévision, de  la radio, de la presse écrite et surtout de l'Internet. Ces medias qu'on appelle encore la presse citoyenne sont entretenus par d'anciens journalistes qui se sont lasses de jouer le jeu de la désinformation. Je suspecte même que certaines de leurs informations et articles viennent de journalistes de la presse privée qui ne peuvent simplement pas faire publier leurs articles dans leurs journaux.

Les médias indépendants échappent à la dictature de groupes financiers et à la pression politique. Ils n'utilisent pas de spots publicitaires et dépendent parfois de leurs audiences pour subvenir à leurs besoins financiers. Ils sont ainsi libres dans leur gestion de l'information. Lorsqu'ils sont télévisuels ou radiophoniques, ils dépendent des contributions volontaires des auditeurs. Parfois ces auditeurs doivent s'abonner pour accéder à l'information. Sur le net ils sont presque toujours gratuits.

Leurs invités sont aussi des gens bien informés, souvent d'anciens hauts responsables de l'Etat révoltés par le mensonge qui disent les choses sans les maquiller. Ils donnent en général la version cachée des événements, le pour, le comment et le pourquoi. C'est dans ces médias qu'on retrouve souvent la vérité crue, celle qu'on cache aux enfants, je veux dire au public.

Toute une industrie de l'information s'est créée dans l'Internet. Il y a la télévision, la presse écrite et même des radios. L'organisation y est plus facile. Vous n'avez pas besoin de vendre une idée à aucun groupe de presse ou de demander des autorisations. Vous créez simplement un web site et commencez à diffuser des informations. Il y a des centaines de groupes de ce genre sur tous les sujets imaginables : finances, religion, politique et dans toutes les langues etc....

Stratégies de mensonge

Il y a un certain nombre de techniques que les médias occidentaux font pour maintenir une certaine crédibilité et continuer la supercherie:

1. Ils se comportent d'abord comme s'ils disaient la vérité, c'est-à-dire qu'ils vous mentent froidement en vous regardant dans les yeux. Ils invitent des « experts » et d'autres professionnels qui viennent renforcer votre impression. Pensez-vous vraiment qu'un ancien ministre, président ou député vous dira les choses qu'on ne veut pas que vous sachiez ? Ils font partie de ce système de tromperie. On les fait venir parce qu'on sait qu'ils ont une crédibilité a vos yeux. Ces gens-la n'ont aucune intention de vous dire la vérité. C'est d'ailleurs pourquoi un de mes amis me disait que ce n'était pas la peine de lire leurs biographies car elles ne contiennent aucune information importante.

2.
Ils évitent les gros mensonges. Ils font attention a ne pas dire les choses facilement vérifiables ou a omettre des choses que d'autres journaux pourraient publier. J'ai souvent lu sur le net des articles sur des sujets importants, bien de jours avant que les grands journaux de la presse écrite en parlent. Et lorsqu'ils en parlent l'information est souvent diluée.

3.
Ils font un mélange de la vérité et du mensonge. La part de vérité a pour but de donner de la crédibilité au mensonge qu'ils professent. Le mensonge est la véritable substance de leur travail. Utilisons une métaphore pour bien illustrer cet aspect. Supposons que vous ayiez été attrapé en infidélité par le mari de votre concubine et qu'un bagarre s'en soit suivie. Si les medias vous sont favorables, ils diront qu'il y a eu bagarre dans la nuit (ce qui est vrai). La bagarre a eu lieu entre votre voisin et vous (qui reste vrai). Puis on dira que c'est lui qui vous a agresse (ce qui serait vrai aussi). Mais on ne parlera pas d'adultère et on prétendra dira qu'il a agresse a cause d'une dispute de terrain (ce qui pourrait être vrai mais cette raison est utilisée pour cacher le véritable délit).

Pour crédibiliser cette thèse on ajoutera que vous êtes un monsieur respectable dans la communauté, un père de famille, diacre à l'église locale (ce qui pourrait être vrai). On ajoutera que vous êtes un bienfaiteur qui contribue aux œuvres sociales (ce qui est vrai). De votre voisin on dira qu'il est alcoolique avec un passé de violent et des retards dans le paiement de son loyer. Personne ne lui donnera la parole sauf pour lui demander si c'est vrai qu'il a un passe de violent, qu'il a déjà été arrêté pour consommation d'alcool etc.... Ceux qui ne vous connaissent pas de façon intime croiront à cette version des faits parce qu'ils partent de l'assomption que LES MEDIAS DISENT LA VERITE. Ce genre de scénario se produit tout le temps dans les médias.

4. Ils détruisent l'image d'un individu gênant : Lorsqu'on veut éliminer un leader populaire par exemple on utilise d'abord les médias pour le « tuer » dans le cœur des gens. Les médias vont le peindre utilisant des apparences et en faisant une analyse tronquée des événements. Les médias jouent avec les émotions des gens dont ils savent qu'elles contrôlent leur comportement et leurs décisions. On peut dire par exemple qu'il a une maîtresse, qu'il a des fonds et des maisons à l'étranger ou qu'il brutalise ses enfants. Dès que ce leader a perdu l'estime de ses admirateurs alors on l'élimine physiquement sans aucun problème, en utilisant l'un des siens pour mieux protéger les commanditaires. On commence presque toujours par les médias lorsqu'on veut initier une action contre un individu.

5.
Ils peuvent créer une fausse image positive : De la même façon que les médias sont capables de peindre en vilain un homme intègre, ils sont aussi capables de fabriquer une image positive d'un homme aux actions sinistres. Il se dit que c'est son contrôle sur la presse italienne qui permet a Silvio Berlusconi un homme soupçonné de contacts avec la mafia, de transactions financières douteuses et de relations sexuelles avec des mineures de rester premier ministre d'Italie.

6.
On distrait les gens de choses sérieuses : L'homme aime le jeu et la fantaisie. Pour l'occuper, on lui donne toutes ces émissions qui tournent autour du sexe, des relations amoureuses, le sport, la musique, les scandales de célébrités etc... Ces émissions ont leur place car on ne peut pas toujours regarder des émissions de politique. Leur nombre est cependant si élevé qu'on peut voir clairement une volonté de distraire les gens. Il y a par exemple des protestations en ce moment aux Etats-Unis contre Wall Street pour son rôle dans la crise financières mondiale mais des medias comme CNN passent beaucoup plus de leur temps a montrer les témoignages des copines du médecin impliqué dans la mort de Michael Jackson

7.
Ils présentent des informations négatives sur l'Afrique : Ce n'est pas par hasard que l'on ne voit que des images négatives de l'Afrique dans les médias occidentaux. Les occidentaux le font en partie pour entretenir un complexe de supériorité sur le noir. L'autre  raison c'est de présenter L'Afrique comme un continent permanemment en proie à la famine, a la guerre, aux calamites naturelles.

Cette image permet aux puissances occidentales de cacher leurs interventions et leur présence sous la charte d'actes humanitaires. Et comment répond l'Afrique à cette offensive ? Elle passe le temps à faire rêver son peuple sur l'occident, a montrer les jeux de télévisions et émissions importes. Elle fait auprès de son propre peuple la propagande de l'occident. Il n ya pas un seul africain qui n'ait été surpris de découvrir une réalité différente lorsqu'ils sont arrives en France, en Allemagne ou au Canada. Comment un peuple peut-il se libérer s'il continue de tirer son information de l'oppresseur ?

8.
Ils peuvent être utilisés pour faire pressions sur un leader politique : Lorsqu'un chef d'Etat africain défend les intérêts de la France par exemple, les journaux français pour la majorité ne diront pas de mauvaises choses sur lui. Un journal un peu rebelle appartenant a la mouvance de l'opposition pourrait écrire quelque chose d'embêtant mais ce sont des articles qui ne font pas souvent beaucoup de mal. En général, les medias valident ses élections frauduleuses, se taisent sur ses prisonniers politiques et lui accordent des interviews amicales Mais lorsqu'il essaye d'affirmer son indépendance, on commence à voir subitement apparaître dans ces journaux des histoires sur des comptes bancaires, des maisons et des affaires qu'il aurait a l'étranger. Tout aussi brusquement 

9.
Ils posent des questions difficiles aux « ennemis » : Faites simplement attention au genre de questions qu'on pose à Fidel Castro ou a Ahmadinejad. Certains journalistes sont souvent à la limite, impolis. Lorsqu'ils invitent ces leaders c'est essentiellement pour leur poser des questions sur des allégations de corruption, despotisme, d'abus de droits de l'homme, accusations de terrorisme etc.... Il n'y a rien de mal à poser ce genre de questions mais lorsque l'essentiel de la conversation met l'invité sur la défensive, ça devient suspect. A ces adversaires on ne pose pas de questions sur le développement ou les actions sociales qu'ils mènent.  Considérez un peu le genre de questions qu'Euronews a posé à Gbagbo.

-  L'Union européenne conteste votre légitimité. Votre adversaire Alassane Ouattara forme un gouvernement, nomme des ambassadeurs qui sont reconnus. Vos opposants disent que vous n'êtes pas un démocrate, que vous êtes un dictateur. Laurent Gbagbo seriez-vous prêt à sacrifier des Ivoiriens pour légitimer votre vision de la démocratie ?

- Vous ne quitterez pas le pouvoir ?

- Si dans les rues des violences sont commises, si des exactions sont commises de part et d'autre, quitterez-vous le pouvoir ? Si vous aviez fait attention, vous auriez  remarque d'ailleurs l'agressivité des journalistes français vis-à-vis du camp Gbagbo. C'est d'ailleurs la même attitude  vis à vis de Laurent Gbagbo qu'on a retrouve dans la quasi-totalité de la presse occidentale, solidarité avec la France oblige. Un jour le président Erythréen Issayas Afeworki avait carrément demande à Ris Khan de Al Jazzera si c'était la CIA ou le département d'Etat américain qui lui avait donné la liste de ses questions. Je sais, Al Jazzera n'est typiquement pas un média occidental mais il appartient a un gouvernement allié aux occidentaux.

Comment obtenir la bonne information

1. Etablissez une base de données. J'entends par base de données un ensemble de valeurs ou d'intérêts qui identifient un individu ou une entité. Vous avez une base de données consciente ou non de tous les gens qui sont autour de vous. Vous connaissez qui paye ses dettes, qui ment souvent, celui qui aime la calomnie, etc..... Vous savez où sont les intérêts de la France, quels sont les rapports des Etats-Unis avec le gouvernement Chavez, que les pays du monde occidental sont solidaires, à quels ordres mystiques appartient tel ou tel leader. Une bonne source d'information pour établir cette base de données est les livres et les documentaires.

2.
Considérez la source d'information avec attention : si c'est un média d'Etat ou un média privé qui dépend de la publicité faites très attention. Jeune Afrique par exemple qui a fait la promotion de beaucoup de régimes africains a perdu la capacité de rester objectif et n'est plus crédible. Gardez à l'esprit que la plupart des journaux veulent faire de la désinformation. Si un leader est détesté par «  la communauté internationale » mais est populaire dans son pays, c'est un leader défend les intérêts  contre de grandes entités financières. Faites donc attention a tout ce que vous lirez sur lui. Allez sur Google ou YouTube écouter vous-même ses discours au lieu de prendre pour vérité ce que les autres disent de lui.

3.
Comparez l'information que vous avez à votre banque de données. Réfléchissez par rapport à ce qui est logique, ce qui fait un sens. Si la presse américaine dit quelque chose sur Cuba, il faudra le prendre avec des pincettes. Retenez que la presse française protégera les intérêts de la France en Afrique et ailleurs. Voyez où sont les intérêts des parties en jeu. Qui y gagne de l'argent ?

4.
Vérifier cette information dans la presse alternative. Aller sur le net et regardez quelle analyse ces web sites font de cette information. Aller sur Google et tapez  quelque chose comme : « la vérité sur... » et vous y mettez le titre du sujet qui vous intéresse.

Rendons justice aux médias occidentaux. Il y a des journalistes même dans ces grands groupes privés qui prennent souvent le risque d'écrire des articles de bonne qualité. Ces journaux font aussi de l'excellent travail en termes de qualité d'expression, de présentation et d'élocution. De la même façon, il y a des journaux privés africains qui se sont laissés corrompre par la recherche du gain facile, se sont ainsi prostitués et sont devenus de véritables feuilles de choux.


In Cameroonvoice.com


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

LA DEFERLANTE PORNOGRAPHIQUE ET SES CONSEQUENCES

 

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Affiche porno-logo


Avec L'«OEuvre chrétienne» de la Cité vivante, «Oser en parler» est l'une des rares associations à lutter contre le fléau de la «pornographie». Son fondateur, Philippe Auzenet, développait il y a peu cette question dans La «Lettre de Famille et Liberté» : «Personne ou presque ne réagit contre les dangers d'une telle marée noire, car elle s'étend sans faire de bruit». Favorisée par la «révolution de Mai 68», l'industrie pornographique est devenue omniprésente jusqu'à tout envahir (magazines, chaînes de télévision, sites internet, supports vidéo...) sans réaction politique proportionnée.

Une industrie qui a notamment sa « vitrine légale » dans les kiosques ou les rayons des magasins. Avec des filières du vice plus souterraines - comme la drogue et la prostitution -, la « pornographie (classique ou homophile et pédophile) » entretient aussi un commerce très juteux qui spécule sur le péché et la perversité sexuelle sans peur de s'attaquer aux plus jeunes, de les appâter et de les exploiter ignoblement. Quelques statistiques déjà anciennes étaient données dans l'émission de télévision « Le sexe dans tous ses états » du 18 février 2010 sur « TF1 » : 266 sites pornos s'ouvrent chaque jour dans le monde ; 80 % des ados ont déjà visionné des films pornos (dont un enfant de 10 ans sur trois) ; 372 millions de pages pornographiques sont vues chaque jour dans le monde ; 750 000 pédophiles sont connectés en permanence sur internet auquel ont accès trois foyers sur quatre, 74 % des 11-18 ans y passant trois heures par jour...

Les jeunes font ainsi de plus en plus leur « éducation » sexuelle par le biais des images pornos, et ce, de plus en plus tôt : des cas sont signalés dès l'âge de 6-7 ans. Les agressions sexuelles entre mineurs, comme les « tournantes », sont en très grande augmentation. Car le danger principal de cette exposition fréquente à la pornographie est un comportement violent, un passage à l'acte agressif et pervers, c'est-à-dire à la délinquance sexuelle. Lorsqu'un enfant visionne de la pornographie, les troubles occasionnés peuvent être similaires à ceux des abus sexuels : « Perte du sentiment d'exister, de l'estime de soi, ambivalence, mort intérieure »... C'est ainsi qu'une nouvelle « population à risque » est apparue : celle des « dépendants sexuels », victimes d'une addiction tenace, comme celles à l'alcool, au tabac ou à la drogue. C'est une véritable « pathologie » surnommée quelquefois « sexolisme », qui mène à des dysfonctionnements de tous ordres, à un état d'asservissement, souvent à cause d'un déficit et d'un trouble psychologique et affectif.

Après des heures et des années de pornographie, cela peut mener « au viol, à la récidive, aux meurtres en série, aux mauvais traitements infligés aux enfants et à l'impuissance ». Les faits divers en sont pleins. L'accroc au sexe est pourtant un malade qu'ignorent aujourd'hui la morale et la santé publiques contrairement à d'autres addictions. Philippe Auzenet cite Judith Reisman qui parle d'« érotoxine » : la « pornographie » agit sur le cerveau comme une drogue. Selon elle, les images et les films pornographiques n'affectent pas le centre de la parole, mais « une zone cérébrale viscérale, non langagière située dans l'hémisphère droit » du cerveau. « L'humanité est déséquilibrée à l'endroit du sexe et la santé véritable ne lui est permise que dans la sainteté », disait Chesterton. « S'il appartient à la morale personnelle et aux familles de proposer d'abord cette santé difficile, il appartient au devoir politique de les y aider en veillant fermement au bien commun, c'est-à-dire en refrénant la luxure et les mauvaises moeurs, en les obligeant au moins à se dissimuler. Ce que ne fait plus le gouvernement par idéologie soixante-huitarde... ».

CONSEQUENCE: LE PASSAGE A L'ACTE

La vérification par les faits est malheureusement des plus faciles à faire. Nos colonnes de journaux sont remplies de soi-disants « faits divers » qui sont en fait des crimes sexuels dont la recrudescence inquiétante est caractéristique de cette décennie « porno » :

En juillet 1993, la « Cour d'Assises du Val-d'Oise » acquittait Sandrine, 22 ans, coupable du meurtre de son père qui lui avait fait subir pendant huit ans des violences sexuelles. Au départ, « elle avait évoqué des "drôles de regards" de son père, et s'était plainte du goût de celui-ci pour les revues et cassettes pornographiques ». En 1993, en Grande-Bretagne deux enfants meurtriers d'un petit garçon « traumatisent » par leur geste monstrueux l'opinion internationale. Leur Juge, Michaël Morland, a souligné la logique démente dans laquelle les a placés « le fait d'avoir été exposés à des films vidéos violents » (...) « Le père de Jon avait loué, au cours de l'année précédant le meurtre une soixantaine de vidéos à caractère violent ou pornographique ».

Lorsque dans l'Ile de la Réunion, la chaîne « Télé-Free-Dom » diffusa régulièrement des films classés « X », certains médecins établirent « un rapport » de cause à effet entre le nombre des films pornographiques diffusés par « Télé-Free-Dom » et « l'augmentation des "viols incestueux" dans les familles les plus pauvres de l'île ». En Bretagne, une fillette de 14 ans a été violée maintes fois par un groupe de 11 garçons, dont 8 mineurs, qui se sont acharnés sur elle pendant deux mois en la menaçant de mort si elle les dénonçait. « Ces garçons n'étaient pas des jeunes à l'abandon. Plusieurs d'entre eux appartenaient à des familles solides. Comment expliquer qu'ils aient pu, jour après jour, agresser la pauvre petite (...) ? Tout simplement, tout horriblement, parce que certains d'entre eux avaient des cassettes vidéo qu'ils passaient et repassaient ».

Le meurtrier américain Ted Bundy, exécuté en 1989 pour l'assassinat de 28 jeunes filles, décrivait peu de temps avant de passer sur la chaise électrique « la spirale fatale dans laquelle il s'est trouvé entraîné (...). Ce qui selon son témoignage explique sa métamorphose graduelle en monstre sadique n'est autre que l'accès précoce au matériel pornographique. (...) « Je pense souhaitable d'expliquer comment ce genre de littérature contribue à modeler les comportements violents tels que ceux dont je me suis rendu coupable. La "pornographie" violente, dit-il, est comme l'alcool ou la drogue une sorte de dépendance et, comme toute forme de dépendance, elle réclame un matériel qui est toujours plus explicite.... Vous recherchez quelque chose qui vous donne une plus grande sensation d'excitation, jusqu'à ce que vous atteigniez le point où vous vous demandez si le faire dans la pratique n'est pas la prochaine étape après l'avoir lu ou l'avoir vu ». L'on pourrait malheureusement multiplier les exemples à l'infini tant ils sont devenus monnaie courante.

CONSEQUENCE: L'ACCOUTUMANCE

Mais dans ce passage à l'acte suggéré par les représentations pornographiques, il y a en outre un phénomène de surenchère qui provient d'une rapide accoutumance aux excitations émotionnelles ainsi visuellement provoquées :

Phénomène d'accoutumance décrit, entre autres, par le neuro-biologiste Jean-Didier Vincent, président de l'« Institut Alfred Fessard », auteur de « Casanova » aux éditions « Odile Jacob » : « Le cerveau fonctionne toujours avec des boucles de rétroaction : tout système excitateur met en jeu un système inhibiteur qui le freine. Et vice versa. Si une drogue amplifie le système excitateur, le processus inverse se renforce également. Ce mécanisme est à l'origine de l'accoutumance, car la rétroaction est également stimulée. Il faut, chaque nouvelle fois, absorber une quantité de drogue plus importante pour obtenir le même effet ». Phénomène d'accoutumance à tout agent excitateur, valable pour la drogue, pour l'alcool et... pour les images pornographiques. Traduction et vérification neuro-biologique du dicton populaire qui veut que « plus l'on boit, plus l'on a soif ». En raison même de cette accoutumance, l'on assiste donc à une constante surenchère à la fois dans la recherche du « plaisir sexuel » et dans la nature des excitants.



Cordialement,


Appolinaire Noël KOULAMA.

MME ODILE BIYIDI REAGIT AU TRANSFEREMENT DU PRESIDENT GBAGBO A LA HAYE


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Odile Tobner Epouse Biyidi Awala, veuve d'Alexandre Biyidi Awala alias Mongo Béti, agrégé de lettres et auteur africain.

Ex-présidente et actuelle vice-présidente de Survie France, ayant succédé à François-Xavier Verschave, mort en juin 2005.

 

Lynx.info : Dans une de nos interviews, vous dites qu'Alassane Ouattara avait encore besoin de ses seigneurs de guerre. Après le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI, a-t-il encore besoin d'eux ?

Mme Odile Biyidi : Alassane Ouattara a, plus que jamais, besoin d'eux, pour maîtriser la population de Côte d'Ivoire, choquée par ce transfèrement.

Lynx.info : Vous avez une explication sur l'acharnement de la France et de Ouattara  qui a conduit au transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye ?

Gbagbo a commis le crime capital. Arriver au pouvoir sans l'aval de la France, qui n'a eu de cesse de se débarrasser de lui.

Lynx.info : Ce qu'on a refusé à Laurent Gbagbo concernant les droits de l'homme et le respect des journalistes, Ouattara le fait sans être inquiété. Comment vous l'expliquez ?

Il suffit d'être soutenu par la France pour jouir d'une totale impunité. Les exemples abondent : Déby, Sassou Nguesso, Biya peuvent assassiner leurs conciyoyens sans que rien ne se passe.

Lynx.info : Pour vous le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI va réconcilier les Ivoiriens comme le dit Ouattara et ses proches ?

C'est évidemment le contraire qui va se passer. Une partie de la population va se sentir humiliée. Et même je pense que des Ivoiriens pas spécialement pro-Gbagbo vont être scandalisés de cette procédure. La situation en Côte d'Ivoire est très mauvaise. Ouattara pense qu'en éloignant Gbagbo il peut éviter des mouvements populaires demandant sa libération.

Lynx.info : Comment expliquez-vous qu'aucun proche de Ouattara ne soit inquiété par le TPI ?

L'impunité est toujours acquise aux protégés de la France et des puissances occidentales. C'est un véritable encouragement au crime.

Lynx.info : Le cas Guillaume Soro ne fait-il pas du TPI un tribunal partial ?

La partialité du TPI, à travers son procureur Ocampo, n'est plus, hélas, à démontrer. Les Massacres de SORO, depuis "le 19 septembre 2002" (les 60 Gendarmes et pour certains avec toutes leurs familles à Bouaké en Octobre 2002, Guitrozon, Petit Duékoué, etc, etc) à aujourd'hui, passant par "l'assassinat" de son complice IB, patron "du commando invisible", en Mars 2011 sont établis, sont dans les rues, sur films. OCAMPO semble les "éviter"...On Verra bien!!

Lynx.info : Pour l'avocat  français, Jacques Verges, tous les inculpés à la CPI sont noirs. Finalement, il est plus facile aux Occidentaux de s'imposer en Afrique ?

Les Occidentaux dominent les organisations internationales (ONU, TPI). Celles-ci ne s'attaquent donc pas à leurs crimes. Les autres grandes puissances, Chine, Russie, tiennent en respect ces organisations, qui n'osent pas s'attaquer à elles. Il ne reste que les pays africains assujettis pour subir cette loi.

Lynx.info : Peut-on assister, avec le transfèrement de Laurent Gbagbo au TPI, à un recul de la démocratie en Côte d'Ivoire ?

La démocratie n'a pas encore commencé en Côte d'Ivoire. Elle ne peut pas reculer. Ce qui a régné ce sont les différents despotismes (?? GBAGBO "un despote"??? Aucun Ivoirien NE PEUT ACCEPTER NI CROIRE A CELA, Mme Biyidi, aucun!! Là vient le grand problème de dits "Intellectuels" Africains!!), le dernier, celui d'Alassane Ouattara, étant le pire et le plus sanglant.

Lynx.info : Finalement, la gauche comme la droite française sont unanimes au transfèrement de Laurent Gbagbo. Etait-il le pire que l'Afrique ait comme dictateur ?

Il y a gauche et gauche. Le PCF vient de publier un communiqué très sévère sur ce transfèrement. Le PS n'a jamais eu, en politique africaine, de position différente de celle de la droite, satisfaisant aux même intérêts, avec le même mépris pour les populations africaines. On verra ce que l'avenir leur réserve, "ces socialistes", quant les Africains se réveilleront!!

Lynx.info : Pourquoi les socialistes en France en voulaient tant à Laurent Gbagbo ?

Certains socialistes, comme Hollande, après Mitterrand, ont toujours soutenu l'impérialisme français avant toute chose. C'est sous Mitterrand qu'un des plus grand leader d'Afrique francophone, Thomas Sankara, a été assassiné. Le "Rwanda" (1.000.000 de morts..!!), c'était l'époque Mitterand (avec les Juppé et Sarkozy, "déjà").

Lynx.info : Quelles leçons peuvent tirer les ivoiriens et africains avec la guerre en Côte d'Ivoire pour une question électorale et le transfèrement d'un président élu à la CPI ?

Les Africains ne peuvent que constater l'instrumentalisation des organisations internationales censées faire régner la paix et la justice au service de tout ce qui les opprime et pour contrer toute ambition d'indépendance.

Lynx.info : Je vous remercie.


Interview réalisée par Camus Ali de Lynx.info, le 30 novembre 2011.


Source:TOGO FORUM.COM

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

samedi, 03 décembre 2011

DEPORTATION DE GBAGBO A LA CPI - ABOU CISSE A OUATTARA: «TU VIENS DE MANGER TON TOTEM»



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Abou Cissé, oncle d'Alassane Ouattara, ne voulait pas garder le silence après la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Selon lui, son neveu vient de se tirer une balle dans le pied. Entretien.


Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

C'est une honte pour la côte d'ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n'est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s'asseoir autour d'une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara vient de signer l'arrêt de mort de la côte d'ivoire. C'est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu'Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n'est pas digne de lui. dans tous les cas, il va le payer très cher. C'est son totem qu'il vient de manger. Il s'est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.

Quelles sont ces inquiétudes?

En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale de la Haye, on ne fait qu'emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d'inquiétudes que d'apaisement.

On ne vous suit pas...

Le Président Laurent Gbagbo a une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus il est en prison, plus il a une aura qui va s'affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n'a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. À travers cette situation, il a toutes les chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d'ivoiriens vont se sentir, compte tenu du fait qu'il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l'idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l'exemple de Mandela, quand il était en prison. Ce n'était pas lui qui faisait la révolte, en Afrique du sud. C'est le fait qu'on l'a mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd'hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d'Ivoire ne pourra pas être géré par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l'ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence à la Cour pénale internationale va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n'aura pas besoin des armes ou d'une révolution par la guérilla. C'est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre aux attentes des ivoiriens. La côte d'Ivoire n'avait pas besoin de cette situation. On aurait pu en faire l'économie. Pour diriger un pays, il faut être investi d'un certain humanisme. Nous prenons l'exemple du Président Gbagbo. Il est d'un humaniste incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde, sans distinction d'ethnie, de religion et de région. Alassane est le problème de la Côte d'Ivoire. Il n'est pas la solution.

En quoi il est le problème ?

Il est en train de nous conduire dans le mur. Ce n'est pas en envoyant le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale qu'il y aura la paix. Bien au contraire! Au lieu de gouverner, il crée des problèmes. Alassane montre son incapacité à diriger convenablement le pays. Il n'a pas le coffre d'un chef d'Etat. Cela se sent. Il ne connaît pas la Côte d'Ivoire. Il vient de créer un précédent dans la vie politique ivoirienne. On a fait plus de tort au Président Laurent Gbagbo quant il était dans l'opposition. Il a fait plusieurs fois la prison. Il a connu l'exil. Sa famille n'a pas été épargnée du courroux des pouvoirs Pdci. Arrivé au pouvoir, il n'a jamais daigné se venger. Bien au contraire, il a appelé tous les ivoiriens sans distinction aucune à travailler ensemble pour le développement de la côte d'ivoire. On ne gouverne pas un pays avec la haine.

On a pensé que les Ivoiriens allaient manifester...

Le silence est un message. Le silence des ivoiriens ne veut pas dire qu'ils ont abdiqué. Le temps est le second nom de Dieu. Il va faire son effet. Le silence des ivoiriens est un signal pour ceux qui ont décidé de déporter le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Tout a une fin. Et la fin du film n'est pas loin. Allons doucement, car nous sommes pressés. Le temps joue en faveur du peuple. Et non en faveur d'Alassane et ses amis.

Soro soutient que le Président Laurent Gbagbo a été déporté parce que le Fpi a refusé d'entrer au gouvernement et d'aller aux législatives. Et que Gbagbo a refusé de discuter avec Ouattara...

Si nous comprenons bien Soro, c'est un règlement de compte. C'est une décision politique qui a déporté le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Guillaume Soro soutient avoir pris les armes, le 19 septembre 2002, pour réparer une injustice. Quelle contradiction avec ses actes d'aujourd'hui. Que soro ne se presse pas. Son tour va bientôt arriver. Aujourd'hui, dans les bonnes grâces de ceux qui ont décidé de mettre la Côte d'Ivoire à genou. Il n'échappera point. Il va être rattrapé par ses crimes perpétrés depuis le 19 septembre 2002. Le massacre des gendarmes à Bouaké, les femmes enceintes éventrées... Il va connaître le même sort que ceux qui ont été soutenus par les grandes puissances pour détruire leur pays. Qu'ils se souviennent de Mobutu. Il est mort dans l'anonymat. La France a refusé de lui délivrer un visa pour se faire soigner à Monaco. Et pourtant, c'est lui qu'on a utilisé pour tuer Patrick Lumumba. Que dire d'Omar Bongo. Le pion incontournable de la Françafrique. Paris a actionné des Ong pour l'accabler de recel de biens mal acquis. Ce qui a précipité sa mort. Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, ne diront pas le contraire. Rira bien qui rira le dernier.

Selon la Cpi, il est considéré comme co-auteur de ce qui s'est passé...

C'est du rigolo. Comment peut-on arrêter un co-auteur et laisser l'auteur en liberté. C'est la première fois que nous voyons cela. Le monde est l'envers.

Qui est l'auteur ?

C'est Alassane Ouattara, Guillaume Soro, la France, le Burkina Faso. Ils sont à la base de ce qui est arrivé à la Côte d'Ivoire. ce sont eux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire, le 19 septembre 2002. Le Président Laurent Gbagbo n'a fait que se défendre. Soyons sérieux. Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles. Qu'ils aient du respect pour le peuple ivoirien.

Malgré l'appel de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara l'a transféré à la Cour pénale internationale...

Quant Dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n'aurait pas fait ce qu'Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n'est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l'inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C'est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié.

Que dire de la réconciliation nationale ?

C'est fini. Si Charles Konan Banny a un peu de dignité, il doit démissionner. Parce que son travail est fini. Alassane a enterré la réconciliation. Qui va-t-il réconcilier ? Il ne peut pas réconcilier Alassane avec lui-même. L'idée de réconciliation est terminée. On ne peut pas la faire en excluant le Président Laurent Gbagbo. C'est un acteur majeur. il est incontournable.

Il faut que les Ivoiriens se réconcilient...

La réconciliation sera possible si le Président Laurent Gbagbo est libéré. Il faut qu'on se dise la vérité. La réconciliation sera possible avec son absence. si on se fie aux faux chiffres donnés par Youssouf Bakayoko, Gbagbo pèse 46%. Peut-être que Banny veut réconcilier Alassane avec les ivoiriens.

Que pouvez-vous dire aux Ivoiriens ?

Nous leur demandons de rester mobilisés. La lutte n'est pas terminée. Le combat du Président Laurent Gbagbo dépasse les frontières de la Côte d'Ivoire. Il nous reviendra de manière triomphale comme Mandela, en Afrique du sud. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Le Président Laurent Gbagbo est en congé. Il n'y a aucun doute sur son retour. Nous demandons à la direction du Fpi, aux militants de la Majorité présidentielle et aux démocrates de ne pas se décourager. Le jour de notre jour n'est pas loin. Le combat continue. Nous allons le gagner, pas avec les armes. Mais avec les voies légales et démocratiques.


Entretien réalisé par Yacouba Gbané.

yacou066336510@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien "Le Temps" N° 2505 du samedi 3 décembre 2011.

LE LIVRE DE CHARLES ONANA INTROUVABLE EN COTE D'IVOIRE


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Alors que le livre de Charles Onana sur le 11 avril  intitulé à juste titre "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat" fait l'objet d'une grosse demande auprès des libraires abidjanais, ceux-ci restent impassibles et ne semblent guère intéressés par des profits substantiels.


Combien coûte "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat", ce livre de Charles Onana qui pénètre au tréfonds des événements du 11 avril ?  Aucun libraire ivoirien ne pourra répondre à cette question, car depuis qu'il est sorti en France et qu'il y fait un véritable tabac, Abidjan a choisi de ne rien faire pour qu'il soit dans les librairies nationales.

Officiellement, rien ne justifie la réalité d'une chape de plomb sur les meilleures ventes du moment en termes de productions littéraires. Il n'y a donc pas d'omerta assumée, pas non plus de consigne directe contre ce livre qui affirme que ce qui s'est passé pendant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire relève d'un coup d'Etat et où le Président Gbagbo déporté dans l'un des goulags nordistes d'Alassane Ouattara témoigne abondamment.

Sauf, un incompréhensible manque d'empressement qui agace les Ivoiriens qui couvrent littéralement de demandes toutes les librairies de la place, à commencer par la plus prestigieuse et sans doute aussi la plus fortunée d'entre elle, La librairie de France. Ici, les responsables se défendent de snober l'ouvrage, pour des raisons qui pourraient être d'ordre politique et affirment avoir écrit aux éditions Duboiris qui éditent depuis de nombreuses années les productions du journaliste camerounais. « Nous lui avons écrit et attendons toujours d'avoir sa réponse ».

Bref, Duboiris aurait en creux décidé d'ignorer l'espace où le livre a pris forme et où on montre une voracité évidente pour lui. Quant au géant de la distribution ivoirienne Edipresse, ses rayons ne comportent pas non plus le sésame du moment. Selon l'un de ses responsables, le principe de la maison est d'attendre d'abord les demandes des libraires ; ce n'est qu'après qu'Edipresse assure la commande et fait venir les stocks demandés. Il arrive cependant qu'elle fasse venir des livres susceptibles d'intéresser les libraires quand Edipresse flaire une bonne affaire. Mais cette fois-ci, rien n'a été tenté de ce côté-ci et personne, apparemment ne semble intéressé de faire quelques profits sur la plus grosse vente du moment.

Mais cette attitude des libraires ivoiriens est d'autant plus bizarre que dans l'histoire, les autorités ivoiriennes ont souvent procédé à l'interdiction pure et simple de publications gênantes. Des publications entières de Jeune Afrique ont déjà été suspendues  sur toute l'étendue du territoire national sans compter celles dont les éditions étaient totalement rachetées par le gouvernement pour empêcher la divulgation d'un secret important. Or le livre de Charles Onana est un condensé de secrets d'Etat. Pour la postérité, Laurent Gbagbo y livre sa part de vérité une fois que les clameurs semblent s'être tues.

En librairie depuis le 4 novembre, ce livre parle beaucoup de la crise post-électorale qui a entraîné l'intervention militaire de l'armée française et des troupes rebelles en Côte d'Ivoire. La version officielle a tenté de faire croire qu'il s'agissait d'une action visant à faire respecter le résultat de l'élection présidentielle qui donnait Alassane Ouattara vainqueur.

L'enquête de Charles Onana tend plutôt à prouver qu'il s'agit d'un coup d'Etat préparé par le président Sarkozy et par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. L'auteur dévoile les correspondances secrètes échangées par ces deux dirigeants dans le but de renverser Laurent Gbagbo.

Il montre également comment les banques françaises ont participé à cette action de déstabilisation à travers les filiales de la Société générale et de la BNP Paribas.

Pour la première fois, un général français, ex-numéro 2 de la force Licorne en Côte d'Ivoire, témoigne de ce qu'il a vécu. Dans cet ouvrage, l'auteur publie aussi plusieurs rapports confidentiels de l'ancien ambassadeur de France à Abidjan, Renaud Vignal, dont un accablant sur Alassane Ouattara.

Charles Onana, qui a également reçu les confidences du président Laurent Gbagbo, montre comment les autorités françaises, principalement Michel Alliot-Marie, ministre de la Défense, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ont étouffé la vérité sur la mort des soldats français en novembre 2004 à Bouaké. Son enquête met également en lumière le rôle trouble de deux personnalités françaises dans la disparition de Guy-André Kieffer.

Ce livre, très documenté et qui illustre dix années de combat contre le régime de Laurent Gbagbo, est préfacé par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne. On peut donc comprendre que la plupart des éditeurs ne soient pas vraiment  chauds pour le mettre dans leurs rayons.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

vendredi, 02 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: SILENCE, ON ASSASSINE L'INTELLIGENCE!


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Tout ce que le pays a, patiemment, rassemblé pour la formation de sa jeunesse, a été pillé, volé ou saccagé, avec une violence et une haine indescriptibles. Il est vrai que les laboratoires étaient sous-équipés, mais ils fonctionnaient. Les ordinateurs contenaient des données sans prix. Mais la horde de pillards dans le sillage de Ouattara avait pour mission de tout voler et de tout détruire, méthodiquement, car tout cela était programmé. La preuve, c'est que ces actes  n'ont jamais été condamnés par les nouvelles Autorités.

Ainsi, le pillage du Centre National de Floristique sonne le glas du plus important herbier d'Afrique, constitué pendant plus de cinquante années de Recherche par le Professeur AKE Assi, et qui représente un trésor inestimable, dont la valeur est reconnue  par  toutes les universités du monde entier, puisque y figurent plus de 3000 plantes de notre Pays, dont de nombreuses espèces ont maintenant totalement disparu. Plus qu'un patrimoine national,  c'était un patrimoine mondial.

Par ailleurs, des travaux de Recherches dont beaucoup étaient sur le point d'être publiés ou soutenus, ont été victimes de la furia barbaresque ouattariste. Pourra-ton jamais les reconstituer un jour? Combien de temps cela prendra t-il? Mesure-t-on la détresse des Chercheurs?

Et pourtant, non seulement la carrière des enseignants, mais aussi et surtout la formation des cadres ainsi que le développement du pays en dépendaient. Et on se permet d'annoncer avec le sourire que l'Université est fermée... Pour combien d'années? C'est proprement désolant et ... révoltant!

Tout universitaire, de toutes les universités du monde,  comprend  et  mesure, immédiatement, la catastrophe qui, sur le plan scientifique et intellectuel, s'abat sur notre Pays.

Voilà comment Ouattara, sur ordre de Sarkozy, assassine l'intelligence en Côte d'Ivoire! Même Houphouët-Boigny dont les principaux opposants étaient des universitaires, n'a pas assassiné l'intelligence, source de réels progrès, dans  son pays.

Casser des bâtiments ou des monuments, ce n'est rien! Mais, gommer l'élite intellectuelle d'un  pays et programmer son non-renouvellement sont des crimes sans nom.  La Côte d'Ivoire sera, ainsi, le seul pays du monde où il n'y a  aucune université, parce que cela arrange un régime qui veut en profiter pour mieux asseoir sa dictature, pour la plus grande gloire de  la France qui voudrait que les Africains soient des éternels assistés aussi bien sur le plan scientifique que technologique.

Silence de l'UNESCO et de toutes les ONG d'ordinaire si fébriles lorsqu'il s'agissait de Gbagbo, leur cible favorite! Et pourtant, sous Gbagbo,  aucun universitaire n'a fait l'objet de brimades pour ses idées, aucun journaliste n'a jamais été arrêté pour ses écrits, encore moins emprisonné, alors que, profitant de cette liberté, certains se permettaient même de traiter Gbagbo de Hitler noir. Gbagbo n'a jamais déporté ses opposants. Gbagbo n'a jamais arrêté ni bloqué les comptes d'un seul homme

politique opposant ou non, et Ouattara en profitait pour lancer à travers le pays des propos séditieux, sans jamais avoir été inquiété. Mieux, sa pension d'ancien Premier ministre, lui était régulièrement versée, ainsi qu'une dotation de 800 millions  de francs CFA par an, pour le RDR, le parti de Ouattara (la même somme qui est allouée au FPI, le parti de Gbagbo). Sous Gbagbo, il n'y avait aucun réfugié politique. Voila maintenant le bourreau Ouattara qui traîne la victime Gbagbo devant le CPI avec la complicité active de la France. Mais s'il y a une justice, c'est Ouattara et sa horde d'assassins Soro y compris, qui vont se retrouver à la CPI, sans cela elle perd toute crédibilité et toute légitimité. Maintenant que la Côte d'Ivoire est soumise à une des dictatures les plus féroces de la planète, ces ONG sont devenues, subitement, muettes, tétanisées, probablement honteuses de découvrir avec horreur le monstre qu'elles ont contribué à créer. Un peu de courage, Messieurs et Mesdames les humanitaires de tous les pays! Ressaisissez-vous, l'erreur serait de persévérer dans le faux. L'histoire qui finit toujours par découvrir la vérité, eh oui, pourrait ne jamais vous le pardonner.


Professeur N'GUESSAN Yao Thomas

Ministre Délégué à l'Enseignement Supérieur du Gouvernement Aké N'GBO


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

OUATTARA-OCAMPO: L'INDECENCE D'UNE RENCONTRE, LE SCANDALE D'UNE ACCOINTANCE

 

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Selon le tabloïd français L'Express, « A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée (25-26 novembre 2011, Ndlr) le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine ». Comme par hasard, dirions-nous. Les deux hommes auraient notamment évoqué le transfèrement à La Haye du président Laurent Gbagbo. Une accointance de mauvais augure et une coïncidence de fort mauvais goût. Qu'est-ce qu'a un procureur instruisant un dossier à charge contre une des parties en contentieux - c'est le moins que l'on puisse, par euphémisme, dire - à s'afficher sans cesse avec la partie adverse ?

L'on se souvient encore que le vendredi 14 octobre 2011, à la demande du nouveau pouvoir ivoirien et sous l'instigation de l'exécutif français, Monsieur Luis Moreno-Ocampo a effectué une visite en Côte d'Ivoire, au cours de laquelle il a rencontré le chef de l'Etat Alassane Ouattara, le Premier ministre Soro Guillaume, le Garde des sceaux et ministre de la justice, Me Ahoussou Jeannot, le président de la Commission Dialogue , Vérité et Réconciliation, Charles Konan Banny et le président par intérim du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo, Miaka Oureto. L'«illustre hôte» n'a pas même daigné rencontrer, pour entendre ou simplement voir où se trouve illégalement retenu en captivité par Ouattara, l'ancien chef de l'Etat ivoirien.

Mieux, nous décriions le mois dernier le fait que ce soit lors d'une première visite d'Alassane Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI , que cette cour a lancé sa machine sur le dossier ivoirien, en prenant le soin de bien circonscrire la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Blanchissant du coup le camp Ouattara de tous les crimes commis depuis 2002. Bien avant le procès. Etat de fait qu'a dénoncé l'une des juges de la CPI , Madame la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo, éventant, en des mots à peine différents, un complot au sein de l'instance judiciaire internationale visant à tronquer les faits et à rendre un jugement partial.

Il faut relever avec indignation et souligner avec force que la visite de Michel Mercier à La Haye , au juge sud-coréen Sang-Hyun Song, président de la Cour pénale internationale a, elle aussi, été suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques à la même CPI, accompagné du même Michel Mercier, pour une saisine officielle sur le dossier ivoirien. Ce ballet avait vraiment quelque chose de sinistre, de nauséeux et de pas du tout transparent. Nous dénoncions alors une collusion qui laissait présager une justice à sens unique de l'instance internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches.

Quant s'ajoute à tout ce bataclan la fabrication de preuves par les pro-Ouattara, assistée par les services même de la CPI , le scandale ne peut plus être couvert. En effet, Le Nouveau Courrier rapportait dans son édition du jeudi 24 novembre 2011 qu'une délégation du greffe de la Cour pénale internationale, composée de personnels en charge de la sensibilisation et de l'encadrement des victimes présumées au sein de la juridiction serait bientôt à Abidjan où elle prendrait part, à l'Hôtel Tiama, à une journée d'information. Ce séminaire a été organisé le samedi 26 novembre, conjointement par la Section de l'information et de la documentation et la Section de la participation des victimes et des réparations, toutes deux appartenant au Greffe de la Cour pénale internationale. Il visait, selon Caroline Maurel, fonctionnaire adjointe chargée de la Sensibilisation - Section de l'information et de la documentation de la CPI , « à informer les acteurs de la société civile ivoirienne sur le rôle et le mandat de la Cour ainsi que sur les droits des victimes devant la Cour  ».

Mais bien avant la tenue de ce séminaire d'information, des sources au sein de cette même CPI et du système des Nations Unies ont dénoncé ce qui apparaissait à leur sens comme un montage grotesque en vue de recueillir des preuves tangibles contre le président Gbagbo - dont le régime Ouattara fait du transfèrement à la Haye une priorité voire une obsession morbide.

Selon ces sources, les dossiers réceptionnés par la CPI contre le président Laurent Gbagbo seraient frappés d'un atavisme déconcertant : manque notoire de consistance et de sérieux. Les ONG plaignantes ayant fait du faux en se servant des images des crimes commis par les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » à Duékoué, Guiglo et Bloléquin pour documenter leurs accusations. Y a-t-il cynisme plus outrageant et machiavélisme plus criant ! Ainsi, à la place des présumées victimes de Gbagbo dont les identités ont été préalablement clairement déclinées, ce sont les images des femmes de l'ethnie Guéré qui ont fui les exactions et les tueries des FRCI dans ces localités qui sont produites, ainsi que les photos des massacres qu'ils y ont perpétrés. Devant des fonctionnaires de la CPI médusés, sidérés par l'énormité de la fraude morale.   De tels plaignants ne devraient-ils pas, de fait, être disqualifiés ? Que non ! On cherche à rattraper le tir, on les aide à parfaire la fabrication de preuves inexistantes, qui soient plus crédibles et plus solides. Ce faisant, on descend soi-même au charbon, pour faire passer la pilule de la condamnation prochaine de l'ancien chef de l'Etat ivoirien. D'où le voyage d'Abidjan. Y a-t-il des termes pour qualifier cette imposture ?

Toute cette alchimie rocambolesque donne la preuve, selon nos informateurs, que « quelque chose ne tourne pas rond. Toutes ces actions maladroitement planifiées visent à montrer aux yeux du monde que Gbagbo est un criminel de guerre ». Il n'en est rien, en réalité. Toutes les preuves sont là. Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara, Luis Moreno-Ocampo - procureur iconoclaste - et tout le pouvoir RHDP le savent. Mais qu'importe, il faut urgemment mettre hors d'état de nuire un indépendantiste, un démocrate, un patriote africain et un homme politique rétif, transcendant au sein de son peuple, atypique, empêcheur de tourner en rond, dans une nébuleuse françafricaine à bout de force après un demi-siècle de nuisance diabolique, en quête d'une nouvelle vie et d'un nouveau souffle. Au détriment de tout le continent africain et de sa démocratie à peine existante.

Le bouquet de l'affaire, c'est la nomenclature des ONG qui ont, pour ainsi dire, porté plainte contre le président Laurent Gbagbo. Avancer qu'elles sont inconnues en Côte d'Ivoire sur le terrain de la défense des droits humains, c'est peu dire, tant leur anonymat est prononcé et leur représentativité nulle. En réalité, elles ont été fabriquées de toutes pièces par le camp Ouattara - autant que leurs preuves - pour incriminer l'ancien président ivoirien et sont presque toutes tenues par des ressortissants du Nord, région d'origine d'Alassane Ouattara, versant une fois de plus dans le clivage ethnique, le cloisonnement tribal et l'enfermement régionaliste. Appréciez de vous-mêmes : Collectif des victimes de la barbarie de Laurent Gbagbo de Mamadou Sanogo ; l'Alliance pour le changement (APC) du frère cadet et conseiller du Premier ministre Soro Guillaume ; Assistance bénévole sans frontière de Moussa Zalié ; AIECA d'Abobo ; Femmes actives de Côte d'Ivoire ; des ONG maliennes ou burkinabé comme Malian Ambassy de Nouhou Diallo, etc.

Plus grave, comme l'a relevé Le Nouveau Courrier dans sa parution du jeudi 24 novembre, alors qu'il y a en Côte d'Ivoire un ministre en charge des Droits de l'Homme et une Commission nationale des Droits de l'Homme, c'est la « Coalition ivoirienne pour la CPI  », organisation fantoche du nommé Ali Ouattara, qui est l'interface de la Cour pénale internationale en Côte d'Ivoire. Autant d'incongruités qui nous laissent sans voix.

Le fait donc pour nous de voir Alassane Ouattara recevoir, en catimini - c'est le lieu de le dire - le procureur de la CPI , de passage comme par enchantement en France, au moment où le chef de l'Etat ivoirien s'y trouve, pour évoquer dans une messe basse, l'hypothèse du transfèrement à La Haye - imminent selon L'Express.fr - du président Laurent Gbagbo, en résidence surveillée à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis le mois d'avril 2011, ainsi que le sort d'autres cadres, civils ou militaires de son régime, nous apparaît inacceptable. Ouattara en tête à tête avec Ocampo pour échanger sur le transfert d'un adversaire politique à qui il a fait la guerre depuis 2002, par rébellion interposée, nous semble d'une impudicité repoussante.

Les deux hommes auraient également planché sur le sort de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. Nous en doutons fortement. A moins qu'il s'agisse de manœuvres pour traduire le patron des Forces Nouvelles et des FRCI, Soro Kigbafori Guillaume, devant la CPI , pour servir de souffre-douleur à Alassane Ouattara, personnellement loin d'être innocent dans les tueries massives de la crise postélectorale. C'est un secret de Polichinelle. Cette « discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français » n'augure donc rien qui vaille et nous incline plus que jamais à penser que les plus grands ennemis de la réconciliation nationale se trouvent être notre actuel chef d'Etat, le procureur de la CPI , Luis Moreno-Ocampo, et le président français Nicolas sarkozy. Certainement pas Laurent Gbagbo dont le transfert à La Haye est présenté par le pouvoir RHDP comme salutaire pour notre pays car devant favoriser la réconciliation des Ivoiriens. Méprise monumentale ! A cet effet, ce mardi 29 novembre 2011, La Cour pénale internationale a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, en prélude à ce transfèrement, et l'a effectivement transféré à La Haye, le même jour.

De toutes les façons, la Justice qui transcende toutes les autres justices triomphera bien, un jour, dans ce pays. N'en doutons pas un seul instant. Peut-être plus tôt qu'on pourrait l'imaginer ou que ne pourraient le laisser présager les évènements actuels.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 380 du 1er décembre 2011.

jeudi, 01 décembre 2011

GBAGBO A LA HAYE: LES PREUVES D'UN COMPLOT INTERNATIONALE S'ACCUMULENT


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Les éléments discréditant la démarche empressée de Louis Moreno-Ocampo, de toute façon sur le départ, foisonnent. Et jettent un peu plus le discrédit sur un homme au service des grandes puissances et non de la justice. Les grandes puissances, France en tête, et leur «correspondant local» en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ont-ils vraiment l’intention d’ôter à la Cour pénale internationale (CPI) le maigre crédit qui lui restait ? A voir la désinvolture avec laquelle la question du transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye a été gérée, on a de nombreuses raisons de répondre par l’affirmative. Au lendemain de l’arrivée du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye, revue des différents éléments qui attestent indubitablement du caractère profondément politique, donc extra-juridique, de l’opération.

L’ONUCI  a été totalement écartée de la procédure


Dimanche dernier, dans l’après-midi. Alors que des informations persistantes présentent comme imminent le transfèrement à La Haye du président Gbagbo, un de ses proches prend attache avec un responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, à un niveau assez élevé. Qui refuse de prendre au sérieux les «rumeurs» au sujet du projet que nourrit le régime Ouattara et ses relais internationaux. Et multiplie les arguments pour expliquer qu’un transfert à La Haye est «impossible» en l’état actuel des choses. Comédie ? Pas du tout. L’ONUCI, dont la Division des droits de l’homme est incontournable au point de vue logistique pour toute instance internationale qui veut enquêter sérieusement sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu sur le territoire ivoirien, a été totalement mise de côté pour des raisons mystérieuses par un Louis Moreno-Ocampo qui tenait à sa démarche solitaire et biaisée. Bert Koenders, patron de l’ONUCI, n’a d’ailleurs pas caché cette information troublante. «L’ONUCI n’est pas impliquée dans cette décision», a-t-il affirmé hier, disant sobrement qu’il «prend note du transfèrement». Vous avez dit bizarre…

L’enquête invisible… la plus rapide de l’histoire des enquêtes de ce type

Le procureur Louis Moreno-Ocampo est-il un surdoué ? En tout cas, sans le concours de l’ONUCI, sans que la majorité des victimes s’étant constituées auprès de la  CPI n’aient vu le moindre magistrat ou auxiliaire de justice officiel, il  a réussi à boucler une enquête par nature extrêmement complexe – puisqu’il s’agit d’établir des faits et d’avoir des preuves sur les chaînes de responsabilités – en moins de…  deux mois, et entre deux rendez-vous avec Alassane Ouattara – le premier à Abidjan, le second dans l’appartement parisien de l’ancien directeur général adjoint du FMI.

Ce sont ces étrangetés qui ont fait tiquer Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale et transitoire de l'université de Limoges, et ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), donc bon connaisseur de ce type d’environnement. Lors d’une interview accordée à la radio France Inter, il a tancé Ocampo : «Il aurait voulu faire en sorte que l’on  comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire». Rappelant que le procureur de la CPI a commencé son travail sur le dossier ivoirien seulement le 3 octobre, il a affirmé que «cette enquête est d’une rapidité suspecte», et que le mandat d’arrêt qui en est sorti «est quand même d’un vague extrêmement inquiétant». Si les chefs d’accusation sont faciles à formuler, «encore faudrait-il les étayer», avertit-il. «Dans le mandat d’arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI», a-t-il poursuivi. Laquelle CPI «existe depuis dix ans et n’a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu’en première instance». Rappelons-le : ce n’est pas là «un extrémiste proche de Gbagbo» qui parle, mais bel et bien un universitaire français renommé, ancien porte-parole du TPIY !

Des méthodes d’investigation incroyablement douteuses !


Ocampo n’a donc eu recours ni à la Division des droits de l’homme de l’ONUCI ni à des magistrats convoyés par la CPI. Mais a collaboré avec des ONG dont la plus douteuse est la Coalition pour la CPI, une structure locale dirigée par Ali Ouattara, un bras séculier du RDR. «Nos parents sont morts pour rien», affirment d’ores et déjà certains déplacés de Duékoué. Qui ont parlé aux envoyés de la fameuse association inconnue avant la guerre postélectorale, malgré les intimidations de ceux qui affirmaient que ceux qui viendraient dénoncer Ouattara et les FRCI seraient tués. Bien entendu, aucune protection particulière n’a été accordée aux survivants. Les «enquêteurs» d’Ali Ouattara sont repartis après une virée de quarante-huit heures à Duékoué, et certains déplacés les accusent déjà d’avoir utilisé les images des victimes et des maisons des autochtones détruites. Comment des amateurs de l’investigation judiciaire, affiliés à un parti politique, non assermentés, peuvent-ils donc avoir la haute main sur un travail de cette importance ? Ocampo, qui se prépare à laisser un dossier «pourri» à son successeur après avoir rempli sa mission – livrer Gbagbo – devrait s’expliquer sur ses méthodes de travail, plus que douteuses.

Un mandat d’arrêt aux allures grotesques

Bien entendu, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre le président Laurent Gbagbo. Il est en effet assez ridicule par endroits. Par exemple quand il lui attribue un patronyme imaginaire : Laurent Koudou Gbagbo. Faut-il rappeler que le nom à l’état-civil de Laurent Gbagbo est… Gbagbo Laurent, tout simplement ? La CPI prétend en plus que le président ivoirien renversé est né à Mama, alors qu’il est né à Babré. Et puis, que vient faire l’ethnie de Laurent Gbagbo dans un mandat d’arrêt ? C’est anecdotique, mais ce sont ces détails qui trahissent les légèretés. De plus, la CPI affabule quand elle affirme «au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques». La guerre postélectorale n’a en effet pas commencé de manière automatique le 28 novembre, et c’est bien le camp Ouattara qui l’a préparée et lancée, comme le laissent penser les déclarations affirmant que le commando invisible s’est structuré bien avant le premier tour du scrutin présidentiel et les images où l’on voit les combattants des FRCI encadrés par Guillaume Soro sur ordre de Ouattara, aller armés à l’assaut de la RTI sous le couvert d’une «marche pacifique».

Mais le plus important n’est pas là. C’est en justifiant le transfèrement de Gbagbo à La Haye que la CPI finit de se couvrir de ridicule. «Enfin, la Chambre est convaincue que l'arrestation de Laurent Gbagbo est  nécessaire pour : i) garantir qu'il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir  qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour  faire obstacle à l'enquête ou en compromettre le déroulement; et  iii) empêcher la commission d'autres crimes». Comment un homme en prison à Korhogo, sans aucune communication téléphonique, sans visites de ses proches, pouvait-il avoir le pouvoir de nuisance justifiant qu’il soit déplacé dans une prison où il pourra recevoir plus de visites, téléphoner et surfer sur Internet ? En réalité, ceux qui peuvent aujourd’hui user de leur pouvoir pour faire obstacle aux enquêtes, ceux qui peuvent commettre d’autres crimes aujourd’hui sont bien les tenants du pouvoir Ouattara et leurs tueurs, qui continuent d’être en liberté dans des zones meurtries comme l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Mais, bien entendu, il n’y a aucune urgence à les mettre hors d’état de menacer les survivants… Jusqu’où ira l’hypocrisie internationale ?


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 30 novembre 2011

POUR LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, LE TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI SOULEVE DE LOURDES QUESTIONS



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Le transfert de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale soulève de lourdes questions de droit et de justice mais aussi des questions politiques cruciales sur le rôle de la France en Afrique. Des crimes particulièrement graves, des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Côte d'Ivoire par les deux camps en conflit après le scrutin de novembre 2010. Pourtant, seul Laurent Gbagbo est directement poursuivi et incarcéré à La Haye. On se souvient pourtant, par exemple, que plus de 800 personnes (selon la FIDH) ont été atrocement massacrées à Duékoué en mars 2011, lors de la prise de la ville par les partisans d'Alassane Ouattara.

Amnesty International, parmi d'autres ONG de droits humains, a appelé les autorités ivoiriennes et le procureur de la CPI à enquêter sur tous les crimes de droit international commis par toutes les parties. On n’en est pas là et ce qui domine aujourd'hui est le risque d'une justice des vainqueurs.La crédibilité de la CPI ne sortira pas grandie de cette grave instrumentalisation.

Laurent Gbagbo est considéré comme le responsable de la crise ivoirienne, des confrontations armées et des violences que celle-ci a entraînée. Mais les résultats des élections de novembre 2010 – pour 20.000 bureaux de vote – furent-ils si évidents, si transparents et si honnêtes alors que les contestations déposées n'ont fait l'objet d'aucune analyse ou enquête sérieuse dans un dangereux contexte de tensions politiques et inter-communautaires qui a dégénéré en guerre civile? Alassane Ouattara «élu» dans de telles conditions, ou plutôt porté au pouvoir par la grâce sarkozienne de l'armée française dans les meilleures traditions néo-coloniales, est-il plus légitime que Laurent Gbagbo ? C'est ainsi qu'on entretient les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain. Il faudra s'en souvenir…et il faudra enfin sortir des pratiques de la Françafrique.

 

Parti  communiste français,


Paris, le 30 novembre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 29 novembre 2011

UN AN APRES LE SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, RETOUR SUR L’INDUSTRIE DE LA FRAUDE DU RDR



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Etape par étape, rétrospective des différentes manœuvres par lesquelles le parti d'Alassane Ouattara, s'appuyant sur les responsables locaux et départementaux de la CEI, à sa solde, a contourné toutes les dispositions électorales garantissant la transparence du scrutin présidentiel. Afin de mettre en place les techniques traditionnelles de fraude électorale pratiquées par les dictatures africaines. Comment un scrutin présidentiel longtemps attendu, censé ramener la paix de façon durable dans un pays déchiré, parrainé par la communauté internationale, et dont les détails de l'organisation ont été négociés pied à pied par les différents protagonistes, a-t-il pu conduire à une guerre de nature internationale pudiquement baptisée «crise postélectorale» ? Le catéchisme des grandes puissances et des médias «internationaux» voudrait nous convaincre d'une chose : le «troisième tour sanglant» en Côte d'Ivoire est le résultat quasi-naturel du «refus de Laurent Gbagbo d'accepter le verdict des urnes déclarant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle». L'énoncé est faux, dans la mesure où Laurent Gbagbo n'a fait qu'invoquer des fraudes et recourir, comme le prévoit la loi, au contentieux devant l'institution compétente, le Conseil constitutionnel en l'occurrence, qui a arbitré en sa faveur ? Les recours contentieux sont une banalité électorale, et sont observés dans la quasi-totalité des scrutins, y compris dans les «démocraties avancées». Dans ce contexte, la seule question qui vaut la peine d'être posée est la suivante : les fraudes massives dont Laurent Gbagbo s'est plaint étaient-elles réelles ou pas ? Justifiaient-elles, oui ou non, une saisine du Conseil constitutionnel ? Le Nouveau Courrier rouvre ce dossier, un an après le second tour de la présidentielle ivoirienne, met en perspective l'enchaînement des faits et apporte des éléments et des témoignages inédits.

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Technologie électorale

«En Afrique, on n'organise pas les élections pour les perdre». Ce dicton éprouvé par de nombreuses décennies de «technologie électorale» sur le continent est au cœur de ce qui apparaît comme la stratégie du Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et de ses alliés internationaux. Et il suffit de suivre l'enchaînement au bout duquel il a réussi à détricoter tout le dispositif de contrôle mis en place par un camp Gbagbo ultra-minoritaire au sein de la CEI pour mettre en lumière son «industrie de la fraude». Un «détricotage» imposé par les moyens de la violence et du fait accompli, mais qui n'a pas réussi à opérer le crime parfait. C'est en le suivant, étape par étape, que l'on parvient à mettre en lumière une gigantesque entreprise de fraude. Une fraude dont les traces sont demeurées, en raison du caractère imparfait du sabotage des moyens de surveillance du camp adverse. C'est la présence foisonnante de preuves relatives à cette fraude qui explique l'hystérie inédite qui s'est emparée à la fois du camp Ouattara et de la «communauté internationale» quand le président Laurent Gbagbo a évoqué la piste du «recomptage des voix» pour purger le contentieux électoral.

Au commencement, était la polémique sur le comptage électronique

Dix jours avant le premier tour de la présidentielle, prévu pour le 30 octobre 2010, une sourde polémique s'empare de la Commission électorale indépendante (CEI), où l'opposition est majoritaire, fait inédit en Afrique. Et pour cause. Les commissaires proches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s'opposent de manière virulente à ce qu'on appelle «le comptage électronique». En réalité, il s'agit de l'acheminement par voie numérique des procès-verbaux issus des dépouillements dans les différents bureaux de vote vers le siège national de la Commission électorale indépendante. Officiellement, le RHDP ne fait pas confiance à la Société informatique de localisation et de sécurité (Sils Technology), filiale du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), entreprise publique dont le patron est Ahoua Don Mello, un proche du président Gbagbo. Les commissaires RHDP proposent d'abandonner l'envoi des résultats par une liaison spécialisée - par Internet, dira-t-on, par facilité -, et de les convoyer uniquement par la route. Ce que les commissaires de la majorité présidentielle (LMP) ne souhaitent pas. La quasi-totalité des patrons des Commissions électorales locales et départementales, chargés du transport des procès-verbaux, étant issus de l'opposition, ils pourraient, comme cela se fait souvent au cours des élections en Afrique, «corriger» les procès-verbaux électoraux en cours de route.  La fronde du RHDP est surprenante. En effet, ses commissaires feignent de découvrir le contrat entre Sils Technology et la CEI alors qu'il a été signé librement trois ans plus tôt, par Robert Mambé Beugré, issu du PDCI, membre du RHDP. Il a été à nouveau signé et complété par Youssouf Bakayoko, issu lui aussi du PDCI. C'est grâce à SILS Technology que les Ivoiriens ont pu vérifier que leur nom figurait sur la liste électorale par SMS ou par Internet. Ce sont les techniciens de SILS Technology qui ont informatisé la CEI. Tout le monde les connaissait ! Et ce n'est qu'à une semaine du premier tour que leur présence est devenue problématique. Comme si l'on s'est rendu compte, en mettant en œuvre un «plan d'action», qu'ils pourraient être gênants... Au final, un compromis est trouvé, sous l'égide du Premier ministre Guillaume Soro. Il y aura un double comptage, à la fois manuel et électronique. Donc un double acheminement - par des moyens numériques et par la route. SILS Technology sera surveillée par un collège d'experts chapeauté par la société suisse Crypto AG. A priori, tout le monde est rassuré. Les mêmes procès-verbaux seront acheminés par la route par les responsables locaux et départementaux de la CEI, presque tous RHDP, et par voie électronique, par SILS Technology, soupçonnée de rouler pour le camp Gbagbo. Et les interventions illégitimes sur ces procès-verbaux seront démasquées. Tout le monde est rassuré... à condition que tout le monde soit de bonne foi.

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Le siège de SILS-Technology cambriolé !

Quelques jours après la fin de la polémique sur le comptage, un événement étrange se produit. Au milieu de la nuit, alors que tout le personnel est rentré à la maison, des drôles de cambrioleurs interviennent au siège de SILS-Technology. Tous les ordinateurs, tous les équipements sont férocement détruits. Malheureusement pour les commanditaires de ce sinistre coup, tout le système mis en place prévoyait des sauvegardes des données hors du siège. SILS a juste besoin de racheter du matériel pour être à nouveau opérationnel. Et peut travailler sans problème lors du premier tour...

Quand le camp Ouattara s'attaque aux observateurs étrangers

Entre les deux tours, l'atmosphère se tend de manière phénoménale. Les soutiens du candidat Alassane Ouattara à la CEI deviennent violents. Y compris à l'endroit des observateurs dépêchés par la communauté internationale. Dès le dépouillement des résultats du premier tour, l'atmosphère se dégrade particulièrement avec la Mission d'observation de l'Union européenne. Cristian Preda, chef de la mission, affirme que ses observateurs ont été empêchés d'accéder aux centres de traitement des bulletins de vote. Dans une interview qu'il accorde à l'auteur de ces lignes, le samedi 27 octobre, il précise ses accusations. Entre le premier et le second tour, «en ce qui concerne notre observation, il y a [...] un changement», dit-il. «Nos observateurs se sont vu refuser l'accès aux stages de formation des membres des bureaux de vote. Nous n'avons pas eu de garantie quant à la publication de procès-verbaux de dépouillement dans chaque bureau de vote. Il n'y a pas une procédure bien établie qui est mise en place et cela nous préoccupe. Par ailleurs, nous avons malheureusement enregistré un incident très regrettable dans la région très stratégique de Yamoussoukro. Nos observateurs ont reçu des menaces de mort, ce qui nous a poussés à les extraire de là-bas.»  Au final, le mode opératoire, qui prévoit l'affichage des résultats devant chaque bureau de vote sera violé. Conséquence : l'électeur lambda ne pourra pas vérifier que le chiffre donné à l'issue du dépouillement dans son quartier ou son village est le même que celui annoncé par la CEI centrale. A la fin de notre entretien, où il n'a de cesse de fustiger «l'opacité» et les «obstructions» de la CEI, Cristian Preda évoque un des scénarios qu'il dit «redouter» : une double proclamation de résultats contradictoires - l'une par la CEI, l'autre par le Conseil constitutionnel. L'attaque contre les observateurs de l'Union européenne dans la région de Yamoussoukro, fief du RHDP, ne sera pas la seule. Accusé de «trafic d'armes» par l'Union européenne au cours de la guerre postélectorale, Frédéric Lafont, patron de la compagnie aérienne Sophia Airlines, a présenté au quotidien France-Soir des factures et des manifestes passagers prouvant qu'il avait exfiltré du Nord 17 observateurs de l'Union européenne menacés par les pro-Ouattara. Deux observateurs lui auraient expliqué que «c'était très chaud pour leur sécurité et qu'ils ont constaté des fraudes au Nord», affirme-t-il. Ses propos n'ont jamais été démentis par l'Union européenne, qui a retiré très vite son nom de sa liste de «sanctionnés». De son côté, Joseph Kokou Koffigoh, patron de la Mission d'observation de l'Union africaine, révèlera que deux de ses observateurs ont été séquestrés dans le Nord, et «sauvés» par l'ONUCI. Qui ne démentira jamais. Une constante demeure, y compris dans les violences contre les observateurs étrangers : la CEI, contrôlée par le RHDP, ne veut elle-même être contrôlée par personne.

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La veille du second tour, Sils empêchée de se déployer

Le samedi 27 novembre 2010, alors que les opérateurs de Sils Technology viennent s'installer sur les différents sites prévus à l'intérieur du pays, conformément au mode opératoire consensuel, un grand nombre de présidents des Commissions électorales locales, qui suivent visiblement des consignes, les empêchent physiquement de mettre en place leurs équipements. Après un courrier officiel de Sils à Youssouf Bakayoko, tout se remet provisoirement dans l'ordre. Mais pas pour longtemps. Après les opérations de vote, de nombreux présidents des CEI locales refusent de remettre les procès-verbaux aux représentants Sils. Y compris dans certaines communes d'Abidjan. Dans le nord, de nombreux représentants Sils sont purement et simplement chassés. Le Nouveau Courrier est en mesure d'affirmer que nombre d'entre eux ont trouvé refuge au siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), ce qui écarte très clairement l'hypothèse que l'institution n'ait pas été tenue au courant de ces violences-là.

Pourquoi Sils gênait tant

Si l'on en croit Ahoua Don Mello, ex-patron du BNETD, maison-mère de SILS Technology, avec qui Le Nouveau Courrier s'est entretenu, c'est moins la personnalité des dirigeants de SILS que les possibilités du logiciel mis en place qui gênaient fondamentalement les «ingénieurs de la fraude». «Le processus d'affichage était automatisé : un écran chez le Premier ministre, un écran à la CEI et un écran chez SILS Technology. Il n'y avait pas de possibilité de tricher d'une manière ou d'une autre. Tous les procès-verbaux frauduleux étaient systématiquement exclus du système de calcul. Parce que le logiciel avait la capacité de les détecter. Les différents champs affichés sur les procès-verbaux étaient comparés à la base de données des bureaux de vote qui était pré-enregistrée. Le système rejetait donc naturellement les bureaux de vote fantômes. Si le procès-verbal n'avait pas de sticker, signe de son authenticité, il existait un système de reconnaissance automatique qui le détectait. Si le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits sur un procès-verbal, le système rejetait ce procès-verbal. En gros, le logiciel était conçu pour identifier les fraudes les plus courantes en matière de vote.» Laisser les opérateurs de Sils Technology acheminer électroniquement les résultats dès le 28 novembre 2010 aurait permis à l'entreprise de repérer très vite les fraudes les plus grossières, et aux candidats de préparer des recours détaillés et d'écarter les procès-verbaux non recevables durant la période de «consolidation» consensuelle des résultats entre les différents commissaires de la CEI centrale, à Abidjan. La mise à l'écart du comptage électronique, et le temps incroyablement long mis pour acheminer les résultats du Nord et de l'Extrême-Ouest par la route, ont ainsi planté le décor d'un cafouillage monstre. Et d'une course contre la montre, favorable au camp ayant misé sur le fait accompli.

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Les preuves de la fraude existent toujours !

Les adversaires de Sils Technology avaient visiblement raison de se méfier de son logiciel. En dépit des obstructions diverses, la société affirme avoir réussi à identifier plus de 2000 procès-verbaux «litigieux» sur seulement 60% de l'ensemble, dans une lettre adressée à Youssouf Bakayoko, président de la CEI. Mais l'heure est déjà à l'épreuve de force. Le rouleau compresseur des médias cornaqués par la diplomatie hexagonale est mis en œuvre. Personne n'écoute les récriminations argumentées de Sils Technology, qu'Ahoua Don Mello a détaillées pour Le Nouveau Courrier. «On a très vite remarqué des procès-verbaux fictifs, que l'on ne pouvait pas rattacher à un bureau de vote. Par exemple, certains de ces procès-verbaux prétendaient donner les résultats du troisième bureau de vote d'un lieu où il n'en existait que deux. Ils avaient naturellement été fabriqués et introduits dans le système. On a également vu un grand nombre de procès-verbaux sans sticker. Des faux PV donc, qui ont été substitués aux vrais. Il y a eu aussi un très grand nombre de vrais bureaux de vote dont les résultats ne sont jamais arrivés à la CEI à Abidjan. Cela s'est notamment passé dans la région de Divo», affirme Ahoua Don Mello. Qui enfonce le clou : «Les preuves qui ont disparu, ce sont les bulletins de vote. Mais les procès-verbaux n'ont pas disparu. Aujourd'hui, on peut s'asseoir face à face et mettre sur la table les procès-verbaux un à un et vérifier leur authenticité pour procéder à un recomptage. Les procès-verbaux sont en sécurité».

Au final, le RHDP a monopolisé tout le processus validé par la «communauté internationale»

Jamais le débat technique sur les procès-verbaux «à problèmes» n'a finalement eu lieu à la CEI. Dans les faits, Sils Technology a donc été écartée du dispositif final, alors qu'elle possédait les outils nécessaires à la manifestation scientifique de la vérité. De nombreux observateurs internationaux sur le terrain ont été écartés par la violence, comme détaillé plus haut dans cet article. Une bonne partie des commissaires de la CEI ont été écartés de l'étrange proclamation des résultats provisoires mais imposés comme définitifs par la «communauté internationale», dans la mesure où Youssouf Bakayoko a tenu sa conférence de presse en l'absence de la quasi-totalité des commissaires, et en l'absence de tout consensus, ce qui représente une violation du Code électoral. Le Conseil constitutionnel, instance suprême de proclamation des résultats définitifs, a lui aussi été mis à l'écart, puisque son arrêt a été déchiré par la «communauté internationale». Au final, un seul camp, juge et partie, a organisé les élections, violé impunément les dispositions consensuelles qui le gênaient, piétiné la Loi fondamentale, proclamé de manière unilatérale des résultats douteux avec et grâce à la complicité des grandes puissances occidentales. Si tous ces outrages ont eu lieu alors que «le parti de la communauté internationale» était dans l'opposition, qui peut prétendre sérieusement qu'ils ne se reproduiront pas lors des législatives alors qu'il tient tous les leviers du pouvoir ? Cette interrogation constitue le nœud du blocage politique profond qui continue d'hypothéquer la paix et la réconciliation dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

lundi, 28 novembre 2011

ENQUETE DE LA CPI - DISCRETE RENCONTRE OUATTARA-OCAMPO A PARIS: LE SORT DE LAURENT GBAGBO SCELLE?

 


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Le chef de l'Etat ivoirien et le procureur de la Cour pénale internationale se sont rencontrés en fin de semaine à Paris. Ils auraient notamment évoqué l'hypothèse d'un transfert à La Haye de l'ex-président, Laurent Gbagbo.


A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine. Tout porte à croire que les deux hommes ont évoqué l'hypothèse du transfert à La Haye -imminent selon certaines sources- de l'ex-président Laurent Gbagbo, placé en résidence surveillée à Korhogo (nord) depuis avril dernier; mais aussi le sort d'autres cadres, civils ou militaires, du régime déchu, tout comme celui de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. A la mi-octobre, lors d'un séjour à Abidjan, Ocampo, dont le mandat s'achève en juin prochain, avait promis une "enquête impartiale" sur les exactions commises pendant la crise postélectorale, tout en précisant qu'elle viserait "entre trois et six responsables". Un mois plus tard, le tombeur de Gbagbo avait quant à lui précisé à Lomé (Togo) que les auteurs de crimes seraient poursuivis "quel que soit leur bord". "Il n'y aura pas de discrimination, pas de protection, avait insisté ADO. La justice sera la même pour tous."

Un échéancier politique acrobatique

La discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français n'a rien d'anodin. Et ce d'autant moins que, comme l'a révélé vendredi lexpress.fr, la visite d'Etat du président de la Côte d'Ivoire dans l'Hexagone, initialement prévue du 18 au 21 décembre, a été différée de cinq semaines. Cet impromptu parisien s'inscrit dans un échéancier politique acrobatique, dominé par le premier scrutin législatif de l'ère ADO, programmé le 11 décembre. Le rapport de force instauré par ce rendez-vous électoral dessinera les contours du futur gouvernement, qu'il soit ou non dirigé par l'actuel Premier ministre Guillaume Soro. Lequel Soro pourrait un jour, de l'aveu d'un diplomate familier du dossier, " être appelé à rendre des comptes à la CPI ". Sans doute Alassane Ouattara juge-t-il plus urgent de clarifier la destinée judiciaire de son prédécesseur que de débarquer à Paris avec une cohorte de ministres appelés pour certains à s'effacer quelques jours plus tard.

 

In L'EXPRESS.FR


Source: L'INTELLIGENT D'ABIDJAN

PREPAREZ-VOUS A DES EMEUTES LORS DE L'EFFONDREMENT DE L'EURO: LES DIPLOMATES ONT REÇU L'INSTRUCTION DE SE PREPARER AU PIRE!

 


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L'Italie et l'Espagne sont au bord de la faillite et des ministres britanniques croient que l'effondrement de l'euro est de plus en plus plausible.

Les diplomates se préparent à aider les Britanniques à l'étranger dans l'éventualité d'un effondrement bancaire et d'émeutes liées à la crise de la dette. Le gouvernement, le Trésor, a d'ailleurs confirmé plus tôt ce mois-ci que la planification d'urgence pour un effondrement est actuellement en cours. Un ministre important a révélé l'ampleur de la préoccupation du gouvernement affirmant que la Grande-Bretagne est en train de planifier la chute de la zone euro et que ce n'est qu'une question de temps!

Le British Foreign & Commonwealth Office a donné des instructions récentes aux ambassades et aux consulats concernant la planification d'urgence, leur demandant de se préparer à des scénarios extrêmes, à des émeutes et à des graves troubles sociaux.

Les diplomates doivent se préparer à aider des dizaines de milliers de citoyens britanniques dans les pays en zone euro, à envisager les conséquences lorsque les gens ne pourront plus accéder à leurs comptes bancaires, à leurs argents.

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Les traités de l'Union Européenne, qui ont définient les règles d'adhésion, ne contiennent aucune disposition pour que les membres puissent en sortir. Si les gouvernements de la zone euro n'arrivent plus à acquitter leurs dettes, les banques européennes qui détiennent leurs obligations risquent l'effondrement.

Certains analystes croient que ce genre d'évènement pourrait provoquer l'effondrement global du système, laissant les banques incapables de redonner l'argent aux épargnants et par le fait même, mettre des milliers d'entreprises dépendantes du crédit bancaire à la rue.


Certains économistes estiment que dans le pire des cas, l'effondrement de l'euro produira la réduction du PIB de ses États-membres jusqu'à créer le chômage de plus de la moitié de la population. [les pays n'auront même plus d'argent pour mettre les gens en chômage...]


Source: Le blog de Philippe Ehua

 

Texte original en anglais: THE TELEGRAPH

LA POSITION DE MAMADOU KOULIBALY SUR LA DEVALUATION


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Le président de l’Assemblée nationale, lors de sa tournée dans l’est du pays, a profité d’une rencontre avec les enseignants de Koun-Fao vendredi 25 novembre dans la nuit, pour se prononcer sur une probable « dévaluation » du franc CFA.

« C’est un sujet qui ne m’intéresse pas. C’est un faux problème. Ce n’est pas la dévaluation du CFA qui est le problème mais c’est la monnaie elle-même. Il faut sortir du CFA et aménager autre chose. C’est un faux problème pour lequel on poursuit les gens pour les mettre en prison », a estimé M. Koulibaly. Qui a proposé qu’une monnaie pour la Côte d’Ivoire qui puise un peu de sa valeur dans des monnaies comme le dollar, l’euro, le yen, etc. soit créée ; qu’elle soit fluctuante pour être plus compétitive sur le marché monétaire international.

L’éminent professeur en économie a édifié les enseignants de la ville sur sa vision sur la monnaie.


Hervé Kpodion


Source: L'INTER

dimanche, 27 novembre 2011

GREGORY PROTCHE PARLE DE LA CRISE IVOIRIENNE SUR LA VOIX DE LA RESISTANCE AFRICAINE

 

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Le journaliste et auteur français Gregory Protche, Rédacteur en chef du "Gri-Gri International".


C'est long mais c'est très intéressant...  La Voix de la Résistance Africaine est une webradio engagée qui vient de se créer.

 

 

VOIX DE LA RESISTANCE AFRICAINE INTERVIEW DE MR GREGORY PROTCHE by Voix Resistance Africaine on Mixcloud

 

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

CONFERENCE DE PRESSE SUR LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE


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Appel à la mobilisation française et internationale en faveur des étudiants, des enseignants et du savoir en Côte d'Ivoire.


Un élément vidéo inspiré par l'organisation prochaine de la conférence de presse sur la mise à mort de l'université ivoirienne, le lundi 28 novembre 2011, à l'initiative du politologue français, Michel Galy, du directeur des Editions "L'Harmattan", Denis Pryen, et de l'écrivain-journaliste David Gakunzi.

Cette conférence se tiendra à cette date à 18 h 30, au 21 Bis, rue des Ecoles (5°), Me Maubert ou Cluny-la-sorbonne. A l'occasion de la sortie des Actes des colloques d'Abengourou et San Pedro (dirigés en 2010 par les professeurs Pierre kipré et Gilbert Aké N'gbo).


Présenté par Le Gri-Gri International (Gri-Gri TV).



 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

POUR JACQUES ATTALI, LA FRANCE A DEJA PERDU SON TRIPLE A

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L'économiste Jacques Attali

 

Erreur technique, manipulation, lapsus ? La diffusion à certains de ses abonnés d'un message annonçant la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's (S&P), une des trois agences de notation, a semé la panique au sein du gouvernement français.

Ce ne serait qu'une « erreur technique » assure l'agence, « qui va mener une enquête ».

Le triple A (AAA), la meilleure dans l'échelle de notation, permet - théoriquement - à la France d'emprunter de l'argent sur les marchés pour financer sa dette à des taux raisonnables. Mais L'Allemagne, également gratifiée d'un triple A, emprunte à des taux bien plus intéressants que la France, expliquait Jacques Attali, ancien patron de la Berd, jeudi dans La Tribune.

Ce vendredi matin sur Europe 1, il enfonce le clou :

« Quand on regarde le taux de l'emprunt d'Etat à dix ans (supérieur à 3%) et l'évolution du spread France-Allemagne [écart sur les emprunts d'Etat à dix ans passés de 40 à 120 points de base], la dette française correspond à une note AA. »

« C'est juste une question de timing... »

Pour le président de PlaNet Finance, ex-conseiller et « sherpa » de François Mitterrand, auteur d'une mission pour Nicolas Sarkozy (comment débloquer et réformer la société française), il s'agit juste d'une question de timing :

« Peu importe [cette erreur, ndlr], c'est symbolique, c'est un peu comme un journal qui publie une fausse nouvelle, se reprend, puis après on apprend que la nouvelle était vraie. »



Une crise "plus grave qu’on ne le dit" par Europe1fr

 

Jeudi, après l'entretien dans La Tribune, Valérie Pécresse, ministre du Budget s'était offusquée :

« Des propos de ce type sont irresponsables car ils sont faux : aujourd'hui nous faisons tout pour garder ce triple A. Dire que le triple A est déjà perdu, se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable. Et c'est démobilisateur pour des Français à qui nous demandons de faire davantage d'efforts. »

Accusé de devenir un « militant pro-Hollande » par Patrick Ollier, ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacques Attali va bientôt se voir accusé d'être responsable de cette « tragédie ». Le premier qui dit la vérité...

Il n'est pourtant pas le seul à voir l'avenir économique de la France en noir. La Commission européenne estime que le budget de rigueur de la France ne suffira pas. Les prévisions de croissance de 1% sont surévaluées, et la Commission table plutôt sur 0,6%.


Source : RUE 89

17:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, europe, triple a, échelle de notation, spread france-allemagne, jacques attali, standard and poor's, (s&p) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 26 novembre 2011

GUERRE DE L'INFORMATION, PROPAGANDE ET MEDIA-MENSONGES: LA SYRIE EST PLUS QUE JAMAIS LE TERRAIN D'UN JOURNALISME A GEOMETRIE VARIABLE

 


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DAMAS, Siège du Parti Baath. 21 novembre 2011 © photo Maha MAHFOUD


Depuis le début des troubles qui ont éclaté en Syrie dans le contexte du « Printemps arabe », l'information, la ré-information et la désinformation s'affrontent sur ce terrain que rendent particulièrement mouvant les intérêts multiples des différentes communautés et confessions qui y cohabitent, mais aussi les rôles ambigus de plusieurs acteurs internationaux et, notamment, ceux de la Turquie et de l'Arabie saoudite, comme celui du Qatar et de sa chaîne de télévision de plus en plus controversée, Al-Jazeera.

Face à cette situation critique, le gouvernement baathiste avait opté pour une politique d'opacité, la fermeture des frontières et l'interdiction des journalistes et autres observateurs.

Vérifier la fiabilité des informations qui parvenaient de Syrie était dès lors souvent très difficile. Mais pas impossible : en juillet, j'avais obtenu un visa et l'autorisation de me déplacer librement à travers tout le pays, de Deraa à Alep et de Latakieh à Der-ez Zor -et je n'étais pas le seul sur place : François Janne d'Othée, Alain Gresh du Monde diplomatique, ou encore Gaëtan Vannay de la Radio suisse romande.

J'avais observé la situation à Homs, où les manifestants « pacifiques » munis d'armes à feu s'en étaient pris à l'armée, et, le vendredi 15 juillet, à Hama, dont les quelques milliers de manifestants que j'avais pu y dénombrer s'étaient miraculeusement démultipliés en 500.000 opposants dans les dépêches de l'AFP, « information » benoîtement reprise par Euronews, France 24 et la plupart des journaux « mainstreams » ; seul Le Monde faisait exception, renchérissant avec l'annonce de 600.000 manifestants (Hama compte à peine plus de 340.000 habitants).

Cette politique d'opacité s'est ainsi rapidement révélée contreproductive pour le gouvernement syrien, dans la mesure où l'opposition a peu à peu diffusé des rapports fallacieux, grossissant l'importance des mouvements de contestation dans des proportions colossales : concernant le nombre des morts et celui des manifestants, la bataille des chiffres a atteint des degrés confinant à l'absurde, comme l'illustre bien l'exemple évoqué, relatif à la mobilisation de l'opposition à Hama.

Absents du terrain et manifestement peu enclins à critiquer leurs sources, les médias occidentaux n'ont en effet pas soupçonné les « informations » qu'ils recevaient par les canaux de l'opposition, rejetant en revanche les communications du gouvernement syrien, considérées comme propagandistes ; entre autres cas d'école, aucun doute n'a jamais été émis à propos des vidéos transmises par l'opposition et supposées témoigner d'une Syrie à feu et à sang, de manifestations de dizaines ou centaines de milliers de participants, alors que, systématiquement, les images diffusées étaient constituées de gros-plans présentant quelques centaines de personnes seulement. Et les rares observateurs qui ont pu entrer en Syrie et faire part de leurs constatations ont généralement été désavoués et discrédités, comme des affabulateurs ou des supporters de la dictature.

Parmi les sources principales des médias, on trouve l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme (OSDH), presque toujours cité en référence par les journalistes et qui domine largement « l'information » sur la Syrie (c'est cette organisation, basée à Londres, qui avait annoncé le nombre de 500.000 manifestants à Hama, le 15 juillet 2011).

Or, il n'est pas très difficile de se renseigner sur l'identité de l'OSDH et des personnes qui se cachent derrière ce label aux apparences honorables, à commencer par son président, Rami Abdel Rahmane, un opposant de longue date au régime baathiste, très connu en Syrie comme étroitement associé aux Frères musulmans, organisation islamiste radicale dont l'influence grandissante sur le mouvement de contestation en Syrie laisse entrevoir de plus en plus clairement l'ambition de ce groupe que d'aucun croyait presqu'éteint, du fait de son interdiction par le régime, mais qui couvait dans la clandestinité.

Le 17 novembre, les Frères musulmans sont sortis du bois : alors que plusieurs observateurs estimaient le mouvement exsangue et sans plus aucun poids, le porte-parole des Frères, Mohammad Riad Shakfait, en exil en Turquie, s'exprimant au nom du « peuple syrien », a annoncé qu'une « intervention était acceptable pour protéger la population civile  ». Il en a précisé les contours : l'intervention serait mieux reçue si elle venait de la Turquie plutôt que des puissances occidentales (la Turquie, gouvernée par un parti islamiste qualifié de « modéré », l'AKP).

En juillet, j'avais également pu constater l'implication grandissante des Frères musulmans dans les mouvements de contestation, à tel point que les minorités communautaires (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites... outre les Alaouites et une partie de la bourgeoisie sunnite) s'en étaient désolidarisées et revendiquaient même leur soutien au régime, par crainte de la montée en puissance des islamistes syriens, dont les intentions sont sans équivoque : l'instauration en Syrie d'une république islamique.

Plus encore, les Frères musulmans, membres du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l'opposition, très hétéroclites et aux objectifs divergents, et se présente comme une alternative au gouvernement de Bashar al-Assad, ont entamé au nom de ce CNS des négociations avec la Turquie, mais aussi avec des gouvernements occidentaux, pour l'établissement en Syrie d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les civils, alors que la ligne du CNS avait été, jusqu'à présent, de refuser toute ingérence étrangère. Il ressort clairement de ces événements que les islamistes ont pris une influence non négligeable sur l'ensemble de l'opposition et de ses structures exécutives.

En d'autres termes, il apparaît sans ambiguïté que, durant ces derniers mois, les médias occidentaux ont été « informés » par les Frères musulmans syriens via l'OSDH et ont, complaisamment ou non, servi leur agenda pour la Syrie.

Conscient de la nécessité de contrer efficacement la propagande de l'opposition, et ce de manière crédible et imparable (c'est-à-dire autrement que par des démentis officiels), le gouvernement syrien a semble-t-il décidé, depuis plus d'une semaine, de laisser à nouveau entrer sur son territoire des observateurs étrangers, et ce dans un contexte de plus en plus tendu : la Ligue arabe a sévèrement critiqué la Syrie, motivée par l'Arabie Saoudite et le Qatar, très impliqué dans le soutien aux mouvements islamistes libyens, tunisiens et syriens ; Israël, silencieuse depuis le début des événements, a accepté de recevoir les représentants du CNS et d'entamer avec eux des négociations ; la Russie, pourtant alliée historique du régime syrien, a fait de même (tout en déployant toutefois sa marine de guerre dans les ports syriens, message très clair à ceux qui envisagent, à Ankara ou ailleurs, une intervention militaire sur le sol syrien) ; enfin, la militarisation de la contestation en Syrie : l'opposition semble avoir décidé de passer à l'offensive et de plus en plus d'attaques ont lieu contre les forces armées gouvernementales syriennes, dont certaines à l'arme lourde, dont aussi des tirs de snipers sur les policiers, des enlèvements et des assassinats, et une « Armée syrienne libre », constituée de « déserteurs », a commencé la lutte contre le gouvernement et demandé au CNS de la recevoir sous son commandement (un doute subsiste cependant quant à la constitution de cette Armée syrienne libre, dont le gros des forces pourrait être en réalité composé d'éléments étrangers ayant revêtu l'uniforme syrien, majoritairement islamistes et armés par le Qatar).

Si certains médias ont commencé de changer leur point de vue sur les événements en Syrie (voir, par exemple, l'article de Christophe Lamfalussy publié par La Libre Belgique ce 19 novembre ou le reportage de la RTBF, encore timide cela dit, diffusé lundi 21, qui confirment à présent les propos des « affabulateurs » de juillet), cette ouverture n'a cependant pas réussi à enrayer la guerre de propagande hostile au régime baathiste, qui n'a pas seulement pour moteur l'organisation des Frères musulmans et les divers courants de l'opposition regroupés dans le CNS.

Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie, comme il l'avait fait en Tunisie, contre Zine Abidine Ben Ali (au Maroc, en revanche, Al-Jazeera avait abandonné à leur sort les manifestants qui dénonçaient la monarchie ; même silence d'Al-Jazeera sur le massacre des protestataires au Bahreïn, qui furent écrasés par les chars, appuyés par des troupes saoudiennes envoyées en renfort).

Ainsi en témoigne ce tout récent exemple d'un média-mensonge « made in Qatar » : ce dimanche 20 novembre, Al-Jazeera (et Al-Arabia : Dubaï - Émirats arabes unis) a diffusé un reportage annonçant l'attaque du siège du parti Baath, à Damas.

Selon Al-Jazeera, deux hommes en moto ont tiré deux roquettes au moins sur le bâtiment, qui s'est embrasé ; et l'attentat a été revendiqué par l'Armée syrienne libre, qui a ciblé ce symbole du pouvoir, dans le centre de Damas, la capitale, jusqu'alors totalement épargnée par ces neuf mois de contestation.

Le régime de Bashar Al-Assad, touché en plein cœur et pour la première fois à Damas, serait-il au bord du gouffre ?

À nouveau, à l'appui de cette « information », concoctée par Al-Jazeera cette fois, la caution de l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme, qui a même apporté des précisions : deux roquettes supplémentaires ont encore été tirées, mais ont manqué leur cible...

Comme d'ordinaire, « l'information » a été reprise en chœur par tous les médias mainstreams.

Ce même dimanche au soir, un de mes contacts à Damas m'a téléphoné : « ma famille habite tout près du siège du parti Baath ; le bâtiment est intact ; c'est un mensonge ».

Lundi 21, j'ai demandé à une amie qui habite également Damas de vérifier pour moi l'information et de prendre une photographie du siège du Baath, en présentant à l'avant-plan l'édition du jour d'un journal occidental connu, de telle sorte qu'il ne puisse y avoir le moindre doute quant à la date à laquelle cette photographie a été prise.

Résultat : le bâtiment du siège du parti Baath à Damas est effectivement intact ; aucune roquette n'a frappé ni incendié l'immeuble.

L'Armée syrienne libre, après avoir revendiqué dimanche l'attentat sur sa page Facebook, a supprimé lundi sa revendication.

Entre désinformation organisée par une opposition islamiste, qui a reçu l'appui des monarchies du Golfe et des médias arabes dominants, et l'incompétence politiquement correcte des médias occidentaux, Damas peut toujours rouvrir ses frontières...


Pierre Piccinin
Historien - Politologue (Bruxelles)


Source: INVESTIG'ACTION

vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


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Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.