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mardi, 04 octobre 2011

MICHEL GALY: POURQUOI OUATTARA ET SORO RISQUENT LA CPI


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Après l'intervention militaire d'Abidjan en avril dernier, l'Onuci, et au-delà le système des Nations unies, ont renoué avec leur pire histoire : ainsi l'Histoire rappelle que l'action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigu, notamment en se faisant le relais des intérêts américanos belges, et contribuant à créer la situation qui a livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l'ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui dès fin 2010 dénonçait cette situation) le représentant du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, M. Choi, a fait plus : proclamant dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis M. Ouattara élu (au lieu de certifier l'élection comme le prévoyaient les accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes. La « responsabilité de protéger »est bien morte début avril : détournant la résolution 1975 lui permettant de détruire les armes lourdes menaçant les civils, l'ONU est intervenu par des hélicoptères d'assaut en tuant, à l'inverse de son mandat et à l'encontre du droit international, des civils désarmés -quelques centaines ou quelques milliers ? En même temps que la résidence et la présidence, les hélicoptères de M. Choi ont en effet délibérément bombardé des camps habités par des familles de militaires (Agban et Akouédo), un supermarché, une université et un hôpital- puis ont tiré sur des civils proches du président Laurent Gbagbo, qui essayaient de faire autour de lui un bouclier humain, pour protéger leur régime et leur Constitution.

Transformant en cibles vivantes les personnels occidentaux et même africains des agences des Nations unies, cette forfaiture risque d'avoir de très graves conséquences pour l'institution et l'idéal de concorde entre nations égales, qu'elle a autrefois représenté : déjà au Nigeria, le mouvement fondamentaliste Boko Haram s'en est pris violemment aux membres des Nations unies (18 morts à Abuja, fin août dernier), et il est à craindre que ces actes se multiplient.

Crimes de guerres que partagent les militaires français de Licorne, forces spéciales faisant prisonnier un président nommé par son Conseil Constitutionnel en déployant chars et hélicoptères pour participer au même massacre : quand les donneurs d'ordre rendront-ils des comptes ?

Mais ce sont surtout Alassane Ouattara et son chef de guerre, Guillaume Soro, qui pourraient dans l'immédiat relever de la Cour pénale internationale, pour le « massacre d'Abidjan » commis pendant les mois d'avril et mai dans la capitale, l'épuration ethnique en brousse contre les peuples Guéré, Bété et Attié, faisant suite au massacre de Duékoué -plus de mille victimes hommes, femmes et enfants- à tel point que le CICR est sorti de sa neutralité pour condamner implicitement le camp Ouattara pour cet acte qui pourrait être qualifié de génocidaire.

Quelle retenue des chancelleries, des médias et des « organisations des droits de l'homme » devant ces crimes de guerre - et pour certains, de génocide ! Il apparaît que les FRCI pro Ouattara ont exterminé en deux mois plus de 3000 ivoiriens au bas mot, le massacre étant « protégé » par les patrouilles de la force Licorne et de l'ONUCI qui, au lieu de sauvegarder les civils, ont laissé faire - et pourraient logiquement être poursuivis pour cette passivité ou même pour leur complicité.

Les ONG et le CICR n'en sortent pas indemnes : ils ont les chiffres et des morts civils de la « bataille d'Abidjan » (la Croix rouge ivoirienne ayant, par exemple, ramassé les cadavres) et des milliers de morts de la conquête de la capitale ou des colonnes infernales en brousse- et se refusent à les communiquer, renforçant par leur silence la gouvernance Ouattara.

Qu'ils aient ordonné ou échoué à empêcher ces massacres - l'instruction le dirait -, Guillaume Soro et Alassane Ouattara en portent la responsabilité politique- ni plus ni moins que Jean Pierre Bemba ou Charles Taylor dans leurs procès respectifs. Si leur menace perpétuelle est actuellement de déférer Laurent Gbagbo à la CPI, leurs actes les rendent eux aussi passibles du même tribunal : nul doute que cette institution internationale, suspectée et même accusée d'être un relais des intérêts occidentaux et de pratiquer le « deux poids deux mesures »  en Afrique voudra pour une fois équilibrer les inculpations.

Bien plus, depuis 2002, ces deux leaders du RDR et de la rébellion (dont 2011 a démontré la complicité active depuis leur coup d'Etat, en 2002) sont judiciairement comptables du « système de violence continue » qui a livré Bouaké, Korhogo et la partie septentrionale du pays à l'arbitraire total d'une guérilla sans foi ni loi, si ce n'est aux exactions bien pires des Dozos. Combien de milliers de morts (sans doute plus de 8000 cadavres au passif des rebelles !), viols, ou exactions criminelles sont impunis et parfois méconnus ? Leur défèrement éventuel à la CPI sera l'occasion de faire la lumière sur ces violences et de les punir enfin, tout en révélant les bailleurs de fonds, instructeurs et complices occidentaux (et sans doute français !) de la déstabilisation, depuis une décennie, de la Cote d'Ivoire.

Il est cependant une autre voie : devant cet équilibre de la terreur judiciaire, un pas vers la libération des prisonniers et des déportés politiques, une annulation de toute procédure judiciaire permettant leur réintégration dans le jeu politique en vue des législatives de décembre.

Bien sûr, cela suppose aussi que des conditions équitables soient remplies : les partisans de Laurent Gbagbo ont actuellement 3 délégués sur 31 (à la Commission Electorale Indépendante, Ndlr), les mouvements fantômes rebelles en possédant autant ! Présidée par Youssouf Bakayoko par qui le coup d'Etat franco-onusien a été légitimé, cette institution très contestée prévoit de réintégrer des dizaines et peut-être des centaines de milliers d' « électeurs » pro Ouattara sur les listes électorales (sans compter les milliers de sahéliens s'installant dans la « nouvelle Cote d'ivoire », selon eux, le « pays de tous ») : qui peut aller aux élections avec une commission électorale partisane et des listes d'électeurs truquées ?

Et que se passerait-il si l'Elysée cessait d'être un protagoniste et arrêtait de souffler sur les cendres du conflit ? Les élections françaises de 2012 pourraient être l'occasion pour une majorité de gauche de rompre avec le camp du néolibéralisme et de la Françafrique la plus sanglante, ce qu'incarne Alassanne Ouattara. Si l'Occident retirait ses deux contingents militaires, Licorne et Onuci, la régulation du conflit se ferait spontanément- et sans nul doute, pour Abidjan et le Sud, au profit des partisans de Laurent Gbagbo.

Une solution négociée n'est elle pas meilleure que ces perspectives ? Une judiciarisation du conflit, au lieu de conduire à la réconciliation, serait à coup sur le signal du retour à la violence, si ce n'est à la guerre civile.

 

Par Michel Galy


Source : LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 03 octobre 2011

LIBYE: LES VERITES VOIENT LE JOUR

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L'Alliance atlantique peut-elle plus, veut-elle plus en Libye ? Le fait est qu'elle se trouve dans une sale situation, parce que les initiateurs du bourbier actuel avaient des informations particulièrement optimistes, quand la réalité se trouvait dans l'anticolonialisme exacerbé du peuple libyen, dans ses capacités de résistance et dans son entêtement à ne jamais se soumettre, quel que soit le prix à payer. Les bombardements criminels et leur lot de victimes ont achevé de le convaincre qu'il doit se battre jusqu'au bout. Il ne reste plus aux agresseurs et à leurs supplétifs qu'à se gargariser d'une «victoire» que personne ne voit sur le terrain et à la fabriquer, coûte que coûte, en crédibilité, à une presse mondialisée et fédérée dans l'ignominie du mensonge.

Mais, inévitablement, le système médiatique commence à s'épuiser devant les faits. Il ne peut plus continuer indéfiniment à annoncer presque quotidiennement la prise de Béni Walid et, depuis quelques jours, il ne peut plus cacher pourquoi l'OTAN continue de bombarder et pourquoi le «nouveau pouvoir» ne trouve à s'installer nulle part. Les canaux alternatifs ont fini par gagner en audience et à attirer ceux, en masse, qui ont fini par être écœurés par les ridicules contorsions d'une presse qui n'arrive même plus à trouver les ressorts qu'il lui faut pour se renouveler. La faute est parfois imputée à l'inconséquence de l'OTAN/CNT, pour se dédouaner, ce qui arrive assez tard pour faire oublier des mois de mépris de téléspectateurs, d'auditeurs ou de lecteurs trompés. Sur des sites sourcilleux vis-à-vis de l'authenticité des informations postées, une leçon aux monopolisateurs de la démocratie, on peut accéder à une actualité qui ne met pas en scène les seuls «révolutionnaires» et qui n'est pas fabriquée par les centres de propagande.

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On peut apprendre qu'il n'y a pas de «victoire» mais un massacre continu que la «communauté internationale» ignore. On peut apprendre que les ONG humanitaires refusent ou sont interdites de porter secours aux habitants de Syrte qui paient le prix de défendre leur dignité et qui manquent cruellement de médicaments. On peut apprendre que le «nouveau pouvoir» ne contrôle pas grand-chose dans le pays et qu'à l'inverse, sans les bombes des avions occidentaux, il ne tiendrait pas une journée. On peut apprendre que des quartiers de Benghazi et de Tobrouk sont insurgés et que Tripoli vit un face à face où ce sont les résistants qui ont l'initiative avec le soutien de la population, dont les manifestations anti-OTAN sont sauvagement réprimées. On peut apprendre, surtout, malgré les prévisions de l'OPEP et de la presse spécialisée que la production de pétrole est loin de faire l'objet de la moindre prévision, puisque tout bonnement Brega et Ras Lanouf sont sous contrôle de la résistance libyenne et que Zaouiah connaît des assauts incessants.

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Ceci n'est qu'une partie de la liste des vérités qui ont fini par gagner une opinion qui grossit à vue d'œil. A leur lumière on pourra comprendre pourquoi le «nouveau pouvoir» reproche à l'OTAN de «ne pas faire assez» et pourquoi le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'opération «protecteur unifié» lui répond que «l'Otan n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol». Dans la foulée, bientôt, il faudra bien que soit mise sur la table cette escroquerie criminelle de «protection des civils».


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

COMMENT ONT-ILS FAIT POUR ARRIVER JUSQUE-LA?

 

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COMMENT ONT-ILS FAIT POUR

ARRIVER JUSQUE-LA?

 

ETONNANT NON ?!!!


Sans commentaires.

dimanche, 02 octobre 2011

VOICI LE DOCUMENT EXPLOSIF REMIS PAR LE FPI ET LE CNRD A ALASSANE OUATTARA



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INTRODUCTION

Le Front Populaire ivoirien (Fpi) et ses alliés du congrès national pour la résistance démocratique (Cnrd) accueillent avec beaucoup d'espoir ce début de dialogue républicain à travers l'audience que lui accorde le Président Alassane Ouattara ce jeudi 30 septembre 2011 au Palais de la Présidence. Faisant suite à trois (03) demandes d'audience dont deux (2) émanant du Cnrd dans son ensemble et une (1) du Fpi seul, cette rencontre ouvre, nous en sommes persuadés, la voie à la réalisation de la démocratie pleine et entière dans la côte d'ivoire post crise électorale.

Aussi convient-il d'accorder la plus haute priorité à l'ouverture du dialogue politique pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Dès lors, saisissant cette opportunité historique le Fpi/Cnrd qui entend pleinement assumer sa position de parti dans l'opposition en toute responsabilité entend exposer sans ambiguïtés le constat qu'il fait de l'environnement politique actuel. Mais pour éviter un exposé trop «large et éparpillé», il se concentrera sur les préoccupations urgentes liées à la sécurité, à l'Etat de droit et au fonctionnement des institutions de l'Etat, à la réconciliation nationale et au jeu démocratique.

Ce faisant, les élections à venir, revêtent pour le Fpi/Cnrd, des enjeux de taille non seulement parce qu'elles représentent un repère majeur pour la paix dans notre pays mais aussi et surtout, elles réconcilieront les ivoiriens avec les institutions de la république qu'ils se sont librement données à travers la constitution. Car en vérité, la représentativité d'un parti politique fusse-t-il dans l'opposition se mesure à sa représentation nationale quand la crédibilité des dirigeants d'un Etat se jauge par l'organisation d'élections transparentes, crédibles, ouvertes et acceptées de tous. C'est donc le lieu pour nous de réaffirmer notre doctrine d'accession au pouvoir d'Etat par les urnes et notre disponibilité à assumer notre part dans les prochaines élections.

Celles-ci intervenant après une crise post électorale sanglante ne sauraient être une opération toute «banale». C'est pourquoi pour assurer à ces élections et singulièrement à l'élection législative, tout son sens il conviendrait de se concentrer avec sérieux sur trois (3) éléments importants qui en influenceront l'issue. Il s'agit d'abord de l'environnement sécuritaire, ensuite du cadre organisationnel et enfin de l'environnement judiciaire. Ces trois facteurs imbriqués représentent le gage d'une élection réussie dont émaneront des institutions crédibles, acceptées et respectées des citoyens ivoiriens, à des habitants et des amis de la côte d'ivoire.

Pour les besoins d'ordre rédactionnel nous présentons les attentes du Fpi/Cnrd sur chacune des préoccupations.

I- De l'environnement sécuritaire

C'est un truisme d'affirmer que la situation sécuritaire est des plus délétère. Des hommes armés se réclamant des Forces républicaines de côte d'ivoire(Frci) ou des chasseurs traditionnels dont l'aire culturelle d'activité était bien circonscrite dans le nord (dozo), paradent dans les centres urbains et ruraux. Il n'existe aucun site habité de notre pays (villages, villes, quartiers, campements) qui ne dispose de son contingent de Frci ou de dozos. Ceux-ci continuent d'occuper des brigades de gendarmeries, des commissariats de police, des cantonnements forestiers et des postes douaniers. Ils font la loi selon leur bon vouloir, s'érigent en «officiers de police judiciaire, procureurs et juges». Dans ces conditions le citoyen est livré à lui-même car le corps préfectoral demeure impuissant devant ces personnes armées et qui se croient investis de tous les pouvoirs y compris celui d'ôter la vie aux populations.

Il ne se passe pas de jours sans que les exactions diverses, les tueries et les humiliations ne soient exercées sur les populations. La liberté de circuler est gravement entravée aussi bien pour les personnes que pour les biens. Si cette situation prévalait déjà en zones dites cno avant l'élection présidentielle, elle s'est généralisée depuis la crise post électorale à l'ensemble du territoire nationale.

Par ailleurs, les biens, maisons, les plantations des personnes privées sont confisqués par les Frci et les dozos. Pour le Fpi/Cnrd, la période électorale est un moment très sensible où par la force d'arguments, les candidats se donnent les moyens d'acquérir l'adhésion du maximum d'électeurs à leur cause. La période électorale est un moment de grande mobilité où les horaires de circulation ne se mesurent qu'à la stratégie de conquête de l'électorat. Les candidats se déplacent à toute heure et selon la disponibilité des électeurs. La nuit n'est pas un obstacle à cette activité et la liberté d'aller et de venir avec les moyens (biens) de déplacement qui sied au candidat et à son équipe est de mise. La trop grande insécurité qui prévaut actuellement dans le pays est à tout point de vue incompatible avec une vie nationale paisible.

C'est pourquoi le Fpi/Cnrd est fortement préoccupé par la situation délétère qui prévaut depuis avril 2011 et qui perdure aussi s'agissant de la sécurité des personnes et des biens nous faisons deux (2) groupes de propositions.

 

Il s'agit dans l'immédiat :

- de procéder au retrait total et au désarmement des Frci et des dozo ;

- d'encaserner les militaires; de rétablir la police et la gendarmerie dans leur mission de sécurité intérieure.

 

Le Fpi/Cnrd voudrait avoir la garantie que pendant la période électorale, par exemple, que ces personnes désarmées ne sortiront pas de leur lit pour empêcher la libre circulation des personnes et des biens, influencer le libre exercice du devoir électoral et pour commettre des voies de fait susceptibles d'entacher la sincérité du vote.


Dans le court terme:

- il faudrait réactiver les fondamentaux de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) en particulier l'accord complémentaire IV relatif à la nouvelle armée.


Cet accord, seul consensus national autour des forces armées, donnent les éléments pour régler de manière efficace et définitive l'environnement sécuritaire national. Les autorités actuelles n'ayant pas dénoncé l'Apo (et en ont-elles d'ailleurs le droit ?), il convient de prendre des dispositions y inscrites et applicables à tous les corps armés (militaires, gendarmes, policiers, agents des eaux et forêts et agents de la douane, etc.) pour rapprocher des hommes qui se sont combattues et de leur réapprendre à vivre ensemble. C'est une telle approche qui évitera la création d'une armée sur des bases partiales qui peut, certes, satisfaire un camp mais sans jamais assurer la réconciliation des factions de l'armée entre elles, ni la réconciliation de l'armée avec le peuple.

Pour nous, toutes les décisions prises depuis l'élection présidentielle et qui se poursuivent actuellement donnent le net sentiment de la construction d'une «armée des vainqueurs» d'une guerre postélectorale. Créer un environnement sécuritaire immédiat et bâtir une armée nouvelle sur la base de l'Apo, voilà les ingrédients d'un environnement sécuritaire favorable non seulement à la tenue d'élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous mais aussi d'un meilleur «vivre ensemble» qui contribuera durablement à la vie démocratique et apaisée dans notre pays.

II- De l'Etat de droit et le fonctionnement des institutions de l'Etat

Le peuple de côte d'ivoire s'est librement dotée d'une constitution en août 2000. C'est sur cette constitution que vous avez prêté serment en mai 2011 en jurant de la protéger et de la respecter. Le respect de cette constitution était de mise dans notre pays depuis sa promulgation jusqu'au 19 septembre 2002. L'insécurité, l'absence des administrations régnaient dans les zones Centre-Nord-Ouest (Cno). Néanmoins, dans la partie du pays dénommée zone gouvernementale, la constitution ivoirienne était scrupuleusement respectée et protégée et les institutions de la république fonctionnaient.

À l'inverse, depuis le 11 avril 2011, il est courant de constater de graves violations de la loi fondamentale ivoirienne. Retenons à titre d'exemples :


- le nouveau chef d'état n'a pas déclaré ses biens et continue d'être président du Rdr.

- la nomination à la présidence du conseil économique et social d'une personnalité qui n'en est pas membre ;

- le replacement du président et des membres du conseil constitutionnel dont le mandat était en cours ;

- la dissolution de fait de l'assemblée nationale.

 

En outre, dans le fonctionnement de l'appareil administratif de notre pays, les nominations civiles et militaires se font sur des bases claniques, soit partisanes, soit tribales, excluant toute notion de compétence. Dans la plupart des cas, surtout concernant les conseils d'administration, on n'attend pas les délais règlementaires pour procéder à des remplacements de personnes soupçonnées d'être non membres du clan.

Face à ces dérives, le Fpi/Cnrd préconise un dialogue politique pour renforcer la gouvernance démocratique dans notre pays et ainsi normaliser la vie publique. Par ailleurs, l'environnement judiciaire se caractérise par ce que les organisations des droits de l'homme qualifient à juste titre de «justice déséquilibrée». Le Fpi/Cnrd adhère à ce constat car depuis l'avènement du nouveau pouvoir le 11 avril 2011 suite à la guerre post électorale, la justice ivoirienne s'est acharnée sur les cadres et militants du Fpi/Cnrd. De plus, la liberté de presse est mise à mal par le président du conseil national de la presse (Cnp).

Pendant ce temps, les tueries massives, les exactions, les confiscations de biens, de domiciles et de plantations perpétrées par les hommes en armes (Frci et dozos) proches du pouvoir ne font l'objet d'aucune mesure judiciaire ne serait ce que les enquêtes préliminaires. Même dans l'ouest, notamment à Duékoué, où les populations Wê sont confrontées à des tueries massives ciblées telles que rapportées par les organisations internationales des droits de l'homme et l'Onuci, il n'y a aucune suite judiciaire. C'est le lieu de donner quelques indications majeures sur des faits marquants qui seront fortement gravés dans l'histoire de nos pays et dans la mémoire collective des ivoiriens et des africains :


-la déportation au nord du président Laurent Gbagbo à Korhogo, de son épouse Simone (Odienné) et de son fils Michel (Bouna) ;

-déportation du président du Fpi Affi N'guessan, des cadres du Cnrd/Lmp et militants du Fpi au nord-est (Bouna) ;

-la déportation du vice-président du Fpi Sangaré Abou Drahamane et de plusieurs cadres du parti et du Cnrd à Katiola au centre nord ;

-la déportation du premier ministre Aké N'gbo, économiste émérite de renommée internationale et des membres de son gouvernement à Boundiali au nord ;

-le lancement de plusieurs mandats d'arrêts internationaux contre les cadres, ministres et militants du Fpi/Cnrd contraints à l'exil dans la sous région ouest africaine où on dénombre près d'un million d'exilés auquel il convient d'ajouter au moins deux millions de déplacés internes ayant fuit les exactions et exécutions sommaires.

-le gel des avoirs des cadres et militants Lmp/Cnrd non seulement au plan national et aussi à l'extérieur de la côte d'ivoire ;

- l'incarcération des hauts gradés de l'armée ivoirienne à Korhogo et Abidjan.

 

Ce survol succinct de l'environnement judiciaire pré élections législatives et autre permet de parler d'une véritable insécurité judiciaire dans le pays pour les membres du Fpi/Cnrd. Pour se justifier les autorités évoquent la lutte contre l'impunité. Mais l'on est en droit de savoir si dans une communauté humaine il est vrai de considérer qu'il n'y a qu'un camp des fautifs face à un autre des «saints» ? Telle n'est pas notre conviction et plus cela ne correspond à rien de la situation actuelle de notre pays.

Au demeurant, l'on constate qu'il a fallu attendre quatre mois (4) après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de son épouse pour lui «coller» le chef d'accusation de crime économique. Son fils, Michel Gbagbo, à qui le ministre de la justice avait trouvé un délit de patronyme sur le plateau de Tci (télévision ivoirienne du camp Ouattara) écope désormais d'un chef d'accusation d'atteinte à la sûreté de l'état. Chef d'accusation d'ailleurs devenu très générique pour tous les déportés, trois à quatre mois après leur arrestation et leur détention. C'est donc dans un environnement judiciaire crispé et véritablement délétère que les élections législatives sont annoncées. Objectivement que peut on attendre d'un parti politique dont les référents moraux, les inspirateurs, les principaux cadres dirigeants sont emprisonné ou exilés ? Que peut-il valoir si les ressources humaines et financières sur lesquelles ce parti peut compter pour une compétition équitable sont bloquées?

La situation à laquelle le Fpi/Cnrd est invité s'apparente à un jeu de perte «si tu ne t'y engages pas tu perds et si tu y renonces tu perds !» dans ces conditions comme le disent les ivoiriens renoncer n'est il pas mieux ?

Mais nous ne voulons pas pour autant désespérer de la côte d'ivoire de ses filles et fils, et de ses politiques. C'est pourquoi aussi difficile que soit la situation nous gardons l'espoir dans le discernement et la clairvoyance du Président Alassane Ouattara de mettre un frein à cette machine judiciaire. Ce qui est attendu et qui fonde notre espérance, c'est plus une décision politique. Ainsi, nous suggérons pour un apaisement général, la création des conditions pour :

 

-la libération du Président Gbagbo Laurent, de son épouse et de son fils ;

-la libération du Président, du Fpi, Pascal Affi N'guessan, du vice-président Sangaré Abou Drahamane, des cadres et militants du Fpi/Cnrd-Lmp

-la libération de tous les détenus militaires de la crise post électorale;

-le retour de tous les exilés et les déplacés -l'arrêt de toutes les procédures judiciaires.

 

Pour la mise en oeuvre de cette noble mission à la fois politique et humanitaire, nous suggérons la prise d'une loi d'amnistie générale et la mise en oeuvre de la loi portant financement des partis politiques.

III. De la Réconciliation nationale

La réconciliation nationale représente un vaste programme transversal dont la mise en oeuvre nécessite l'engagement effectif et non supposé de tous les acteurs de notre société. Puisqu'il s'agira de réconcilier les différences et de recréer la confiance, la réconciliation doit être comme un espace de dialogue et de vérité pour aboutir à une cohésion sociale nationale renforcée. Le Fpi en fait une préoccupation majeure basée sur une analyse en profondeur dont un aperçu succinct est, ici, présentée.

 

Ainsi trois points essentiels méritent l'attention :

- Les origines de la fracture sociale

- Les justifications de la réconciliation

- La mise en oeuvre du processus de réconciliation en parcourant l'histoire de la côte d'ivoire, l'on note que différentes situations assimilables aux fractures ont jalonné la vie sociale du pays.

 

Toutefois il convient de noter que le pays a connu une paix relative jusqu'en 1999 date du coup d'état même si les épisodes douloureux du temps colonial, les arrestations de 1963, de la crise du Sanwi, de la guerre en pays Guébié, du retour tumultueux au multipartisme, de l'arrestation des leaders de l'opposition et responsables syndicaux en 1992, du boycott actif des élections de 1995, de la gestion difficile de la succession du Président feu Félix Houphouët-Boigny ne peuvent être ignorés.

Ainsi donc le coup d'état du 24 décembre 1999 apparaît véritablement comme le point de départ de la grande fracture sociale en ce sens qu'il mettait fin pour la première fois en côte d'ivoire aux activités d'un gouvernement légalement établi et des institutions de la république. Le régime militaire issu du coup d'état à travers sa mauvaise gestion des résultats de l'élection présidentielle contribuera à la détérioration du climat politique.

Arrivé au pouvoir en octobre 2000 dans «les conditions calamiteuses» le Président Laurent Gbagbo va prendre de grandes initiatives pour rétablir la cohésion nationale. En témoignent les gouvernements d'ouverture successifs (27 octobre 2000 : Fpi, Pdci, Pit), janvier 2001 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci) et août 2002 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci, Rdr).

Par ailleurs, il organise un forum national pour la réconciliation nationale auquel participent tous les leaders dont les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara rentrés de France où ils étaient en exil, de même que le général Guéi robert retranché avant dans son village natal dans les montagnes de l'ouest après son échec électoral d'octobre 2000. Ce forum a formulé des recommandations pertinentes à même de «ressouder» la société ivoirienne.

Malheureusement l'attaque armée intervenue la nuit du 18 au 19 septembre 2002 viendra briser l'espoir suscité par cette amorce de stabilisation de la situation sociopolitique.

Ainsi au lendemain de l'attaque du 19 septembre 2002 la côte d'ivoire va être défigurée et divisée en deux zones : La zone centre -nord- ouest contrôlée par les rebelles et la zone gouvernementale. Cette guerre, représentera un traumatisme encore plus grand que le coup d'état de 1999 au regard des violences, des exactions, des meurtres et du nombre de victimes.

Les ivoiriens ont perdu confiance les uns dans les autres et se regardent alors désormais en chiens de faïence. Les accords successifs conclus à l'extérieur n'ont pas réussi à rétablir la paix. C'est alors que le président Laurent Gbagbo initie le dialogue direct avec le secrétaire général des forces nouvelles aboutissant à l'accord politique de Ouagadougou (Apo) le 04 mars 2007. Cet accord a défini une série d'étapes civilo-militaires comme gage d'une élection présidentielle apaisée.

A la vérité les aspects essentiels de cet accord n'ont pu être mis en oeuvre précipitant la côte d'ivoire dans des élections dont la gestion maladroite et contradictoire par les institutions nationales et internationales a conduit à l'affrontement militaire d'avril 2011. Cet affrontement s'est soldé par la victoire militaire de Alassane Ouattara aidé par les forces coalisées (France -Onuci-Frci) et l'arrestation du président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs.

Devenu président de la côte d'ivoire dans les conditions ci-dessus décrites, Alassane Ouattara prône la réconciliation et la lutte contre l'impunité. C'est alors que nous assistons depuis avril 2011 à la persécution des pro-Gbagbo (tueries et exécutions sommaires, vols, viols, confiscation de biens et patrimoine... action judiciaire unilatérale) on compte par centaine de milliers les exilés et déplacés intérieur. Pendant ce temps, le processus de réconciliation piétine et aucune visibilité n'est perceptible tant au niveau de la méthode que de l'action. Toutefois, le Fpi est convaincu que la réconciliation se justifie amplement. Il l'a démontré en 2001 en inspirant et en soutenant l'initiative du président Gbagbo pour organiser le forum national pour la réconciliation. Il ne cesse de déclarer par tout moyen (diplomatique, politique et communicationnel) sa disponibilité à prendre part à la réconciliation nationale prônée par les nouvelles autorités.

Le rétablissement de la paix, les conséquences graves et multiples de la crise sur la société ivoirienne, la détresse et les souffrances multidimensionnelles des populations, l'idéal d'un développement socio-économique et la cassure de la côte d'ivoire sont au moins des éléments suffisants non exhaustifs qui justifient la réconciliation nationale. Ce processus comportera des étapes et niveaux d'intervention, des méthodes et des approches impliquant toute la communauté nationale. Il s'agira en réalité de retrouvailles autour de l'arbre à palabre à l'africaine au cours desquelles chaque «famille» sera conduite par son «père ou chef spirituel ou inspirateur». Tous devraient être présents à commencer par le Président Laurent Gbagbo et tous les exilés. Il faut alors créer les conditions de ce rassemblement dont l'initiative appartient aux autorités. Des choix clairs et des priorités doivent être établis en toute sincérité : réconciliation et lutte contre l'impunité en concomitance, pardon et justice en concomitance et pour quelle priorité et quel résultat ?

Le Fpi ne croit pas à une réconciliation à la Nuremberg, ni à un oubli forcé. Il est adepte d'une approche méthodique basée sur une première sécurisation du processus de concertation à travers la manifestation d'une volonté des autorités publiques de rassembler tous les acteurs. À partir de ce gage de sécurité dont une amnistie générale n'est pas le moindre aspect, l'on est rassuré d'un processus non piégé et donc ouvert et crédible. Au demeurant, le Fpi prône une approche inclusive à travers une démarche emprunte d'humilité, de tolérance, d'acceptation et de considération mutuelles. La côte d'ivoire doit faire face à elle-même en interrogeant sa propre histoire sociopolitique pour trouver les racines de la crise contemporaine. Dès lors, aucun sujet ne doit être tabou et tout doit être abordé. À titre illustratif, il faudra passer en revue les éléments actuels et lointains qui ont pu s'accumuler pour créer les conditions d'une crise aussi grave que celle-ci.

 

À présent une chronologie succincte:

- Les évènements d'avant les années 50 et l'instrumentalisation de la diversité ethnique et des communautés par le pouvoir coloniale (ex : l'association des ressortissants de côte d'ivoire et les évènements de 1938) ;

- Les années 50 et la lutte pour l'émancipation avec la manipulation ethnique contre le Pdci, le nationalisme anti gouvernement fédéral, l'utilisation des leaders politiques non ivoiriens, la lutte pour le leadership dont les points culminant sont repris dans le rapport damas auxquels, il convient d'ajouter la mort de Biaka Boda ; frustrations et regroupement forcé des partis politiques.

- Les années 1960 avec les faux complots de Houphouët-Boigny dont certaines personnalités de la vie actuelle garde un amer souvenir. À cela s'ajoute la crise du Sanwi, la gestion approximative des problèmes de cohésion restés en suspens avant les indépendances et non élucidés par la suite.

- La décennie 1970, avec l'affaire Kragbé Gnangbé à Gagnoa. Arrêté par l'armée ivoirienne, il n'est jamais réapparu ; la répression des leaders syndicaux estudiantins et enseignants ; l'arrestation de jeunes officiers de l'armée ;

- La décennie 1980 caractérisée par la crise économique et l'avènement des premières mesures d'ajustements structurels que les ivoiriens ont dénommés "la conjoncture". La répression des mouvements sociaux, et exil de citoyens ivoiriens dont Laurent Gbagbo en France. Premières révoltes publiques de Félix Houphouët-Boigny contre le système de prévarication capitaliste avec "la crise du cacao".

- La décennie 1990 : la réinstauration du multipartisme dans des conditions tumultueuses et non acceptées de tous les acteurs ; la "loubardisation" du milieu estudiantin; l'accentuation de la crise économique et la surchauffe de la vie politique et syndicale dont les points forts sont l'arrestation de leaders politiques, syndicaux et de la société civile (février 1992), la mauvaise gestion de la succession de Félix Houphouët Boigny (décembre 1993), notamment le refus du premier ministre d'alors de l'application de la constitution ; le boycott actif des élections présidentielles par la coalition de l'opposition Fpi-Rdr suivi de plusieurs arrestations et condamnations et l'humiliation du chef d'état major (1995), le mandat d'arrêt international contre Alassane Ouattara avec l'emprisonnement de plusieurs cadres du Rdr (1998) et la déclaration à caractère ethnique, régionaliste et religieux du leader du Rdr à Paris (1999), le summum des évènements des années 1990 étant le coup d'état du Général Guéi (24 décembre 1999).

- La décennie 2000 se caractérise par l'éclatement au grand jour de la crise qui puise sa source dans un passé lointain et proche dont le cumul aboutit à la situation actuelle :


 2000 :

  • nouvelle constitution, nouveau code électoral ; profond désaccord sur les critères d'éligibilité à la présidence de la république;
  • élection et accession de Laurent Gbagbo à la présidence de la république malgré la tentative de confiscation du pouvoir par le général Guéi. Formation d'un premier gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Pit) ;
  • refus du Rdr de participer aux élections législatives et troubles de 2 jours à Abidjan (décembre 2000) ;


 2001 :

  • deuxième gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Udpci)
  • coup d'état manqué (8-9 janvier 2001)
  • organisation du forum pour la réconciliation nationale
  • élections municipales : le Rdr obtient la majorité des communes


 2002 :

  • élections (départementales) des conseils généraux le Fpi et le Pdci arrivent coude à coude tandis que le Rdr cantonnée en région nord n'obtient à peine que 15% des départements.
  • Gouvernement de très large ouverture avec la participation du Rdr (5 août 2002) ;
  • septembre 2002, tentative de coup d'état muée en rébellion et consacrant la partition du pays;


 2003 :

  • accord de Linas Marcoussis et formation d'un gouvernement de réconciliation national avec la présence des partis politiques et des mouvements rebelles signataires dudit accord suite à la désignation d'un premier ministre dit consensuel (Seydou Diarra) ;
  • déclaration officielle de fin de belligérance entre les Fds et les forces de la rébellion ;
  • installation de la "centrale", régie financière de la rébellion dans les zones Cno ;


 2004 :

  • tentative de marche à Abidjan de l'opposition alliée aux forces de la rébellion (G7) interdite et réprimée par le gouvernement (mars 2004) ;
  • tentative de libération des zones occupées par la rébellion (opération dignité novembre) ;
  • intervention de l'armée française (Force Licorne) qui attaque l'armée ivoirienne et massacre des jeunes patriotes aux mains nues ;


 2005 :

  • report de l'élection présidentielle avec prolongation du mandat du Président Gbagbo par le conseil constitutionnel conformément à la constitution ; la communauté internationale suit ;
  • Prolongation subséquente du mandat des députés ;
  • nomination du nouveau premier ministre (Charles Konan Banny) et d'un nouveau gouvernement de réconciliation.


 2006 :

  • tentative de dissolution de l'assemblée nationale par la communauté internationale (Gti) qui se heurte au soulèvement des ivoiriens ;
  • Lancement des audiences foraines et tentatives de révision unilatérale de la liste électorale occasionnant des affrontements meurtriers dans plusieurs localités;
  • crise des déchets toxiques : le Premier ministre présente sa démission et celui du gouvernement au Président de la république Laurent Gbagbo qui, séance tenante le reconduit. Après deux (02) semaines, le Premier ministre présente la liste de nouveaux ministres sans photo de famille avec le président de la république (une grande première dans l'histoire de notre nation !) ;
  • consultation générale des populations du pays par le président de la république concluant à la nécessité d'un dialogue direct avec la rébellion ;


 2007 :

  • Lancement du dialogue direct aboutissant à l'accord Politique de Ouagadougou (Apo) ;
  • mise en place d'un nouveau cadre institutionnel (Premier ministre et gouvernement) ;
  • organisation de la flamme de la paix à Bouaké ;


 2008-2009 :

  • Le pays retrouve un calme relatif permettant la mise en oeuvre d'une partie de l'Apo, la circulation des personnes sans beaucoup d'entrave, la réalisation de l'identification, du recensement et du contentieux électoral avec la distribution des rôles (Cei, conseil constitutionnel, Onuci, communauté internationale en particulier la France, les Usa et l'Ue) avec toutefois des entraves graves sur le volet militaire,
  • Visites des régions par le président de la république.


 2010 :

  • découverte de fraude organisée par le président de la Cei sur la liste électorale aboutissant à la dissolution de la Cei et du gouvernement ;
  • mise en place d'une Cei et d'un gouvernement remaniés ;
  • Pression de la communauté internationale pour l'organisation des élections alors que le désarmement (point majeur de l'accord politique de Ouagadougou) n'est pas réalisé ;
  • organisation de l'élection présidentielle débouchant sur des résultats contradictoires, le conseil constitutionnel (juge des élections) proclamant finalement la victoire de Laurent Gbagbo ;


 2011 :

  • L'union africaine préconise une médiation en nommant un haut représentant suite à la mission du panel des chefs d'état du conseil de paix et de sécurité qui reconnaissait la victoire de M. Ouattara ;
  • M. Ouattara déclenche l'affrontement militaire avec l'appui de la France et de l'Onuci ;
  • arrestation de Laurent Gbagbo et prise de pouvoir par m. Alassane Ouattara ;
  • Vastes mouvements de répression contre les personnes soupçonnées d'être "partisans de Gbagbo" (militaires, cadres, intellectuels, populations, etc.).


Ce survol chronologique rappelle que la crise actuelle est la résultante de plusieurs frustrations, et même des méprises sur l'évolution de la société ivoirienne. Des concepts ont été introduits dans le langage politique sans que l'on en mesure toujours les conséquences. Aussi à l'occasion des travaux de la commission dialogue vérité et réconciliation, il faudra s'appesantir sur des thèmes dont la compréhension purgerait les malentendus et favoriserait de ce fait la réconciliation. Ainsi au moins sept (07) groupes thématiques mériteraient d'être abordés en profondeur en se référant à l'histoire de leur avènement et aux compréhensions antagoniques qu'ils ont engendrées.

 

1- La nationalité ivoirienne avec pour corollaire la xénophobie, l'exclusion, l'ivoirité ;

2- La cohésion nationale comprenant l'intégration nationale, le régionalisme, le tribalisme, la religion et la cohabitation, le népotisme, etc.

3- La constitution, les lois et règlements et le respect des institutions de la république ;

4- L'état de droit, les droits humains, l'appareil judiciaire, la démocratie, le multipartisme et le mode de scrutin ;

5- La défense et la sécurité nationale : l'armée et la police ;

6- L'intégration sous-régionale et le droit d'établissement ;

7- Le problème foncier : foncier rural, urbain, droit de la femme et des jeunes sur la terre, le droit des étrangers et des allochtones sur les terres, etc.

 

Les thématiques (non exhaustives) évoquées ci-dessus devront être abordées sans langue de bois et faire l'objet d'une analyse rigoureuse dans une démarche toute méthodique du processus de mise en oeuvre de la réconciliation. S'il est de notoriété que la crise est d'ordre essentiellement politique liée à la prise et à la gestion du pouvoir d'état, retenons que plusieurs mécanismes plus ou moins lointains ont été actionnés pour assouvir ces ambitions politiques. C'est pourquoi le FPI préconise une grande attention dans les éléments relatifs à la période et aux acteurs à considérer, à la faisabilité, à la durée et au choix du type de réconciliation. Mais auparavant nous ne répéterons jamais assez, il y a lieu de créer les conditions idoines à la réussite de ce "grand rassemblement sous l'arbre à palabre à l'africaine".

Ainsi il conviendra de couvrir au moins la période de 1990 à 2011 pour mieux apprécier les fondements de la crise dont la phase post électorale 2010-2011 n'est que le point culminant d'un iceberg social et politique profond et lointain. Les acteurs sont à rassembler et à identifier dans la classe politique consensuelle certes, mais aussi dans toute la société nationale au titre duquel on ne saurait ignorer la société civile, les forces belligérantes (militaires, rébellion, etc.), les leaders religieux, les groupes sociaux, les ressortissants des pays frères et amis et les membres de la communauté internationale avec en tête la France. Pour une bonne conduite du processus de réconciliation, il faudra adopter des termes de références (Tdr) consensuels et transcrits par au moins un acte (décret) pour lui conférer une valeur dépassant le simple symbole et soustraire sa mise en oeuvre de tout folklore et amalgame entre cérémonie de réjouissance ou de retrouvailles et la réconciliation. Un tel acte réglementaire devra indiquer la durée assortie d'un chronogramme et d'indicateurs de performance acceptables et vérifiables pour tous.

En outre le processus en lui-même doit clairement établir la typologie des manquements à pardonner ou à absoudre par des mécanismes idoines à convenir. De là, des résolutions à caractères obligatoires seront formulées en vue d'un nouveau départ de la cohésion nationale et préparant les esprits à une bonne intégration sous-régionale. Afin de donner à la réconciliation les chances de réussite attendue, les autorités sont invitées à créer les conditions minimales de confiance en prenant une loi d'amnistie générale pour arrêter les poursuites judiciaires, libérer les biens confisqués, restaurer la libre circulation des personnes et des biens et garantir la sécurité par l'encasernement des forces militaires, favoriser le retour des exilés.

Au total, le Fpi s'inscrit pleinement dans la réconciliation préalable à la reconstruction et au développement. Ce référant à l'histoire de l'humanité, trois (03) modèles de réconciliation s'offrent à la côte d'ivoire :


  • le modèle de justice grecque du IVème siècle avant J-C, préconisant l'oubli pour ne pas ressusciter les maux et les blessures du passé ;
  • le tribunal de Nuremberg institué par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale qui retient une sanction imprescriptible pour les crimes contre l'humanité ;
  • la commission vérité et réconciliation inspirée par l'Afrique du sud qui construit une voie entre l'oubli et la vengeance.


Le Fpi privilégie la voie sud africaine car il est faux de croire que dans ce pays il y a un camp des victimes en face d'un autre, celui des bourreaux.

IV- Du jeu démocratique

S'il est indéniable que le Fpi est le fils des élections au regard de sa doctrine d'accession au pouvoir par les urnes, il n'en demeure pas moins très attaché aux conditions d'organisation du processus électoral. C'est d'ailleurs parce que le Fpi ne voit d'autre possibilité de prise de pouvoir qu'il fait du cadre organisationnel des élections sa grande priorité. Au demeurant, le Fpi est d'avis constant que la non participation à une élection laisse des traces mais il pense fortement à prendre part à un scrutin aux contours biaisés est le pire des risques démocratique à ne jamais tenter.

Au surplus, nous disons que c'est une grave erreur de gouvernance en ne créant pas les conditions de la pleine participation de tous les acteurs politiques au processus électoral. Cette participation de tous passe nécessairement, nous dirons même obligatoirement par l'assainissement du cadre organisationnel des élections. Car si le penseur affirme «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» que vaudrait une élection gagnée d'avance par un groupement de partis politiques qui, par le refus obstiné d'un jeu transparent s'adjugeait une majorité aux ordres.

La nature a horreur du vide a-t-on coutume de dire. Dans un hémicycle composé uniquement de parts alliés, il n'est pas évident que l'harmonie projetée soit de mise. Bien au contraire les rivalités internes peuvent s'exacerber et fragiliser dangereusement la cohésion sociale de la nation. Une alliance politique quelle qu'elle soit n'est jamais définitive, elle est toujours conjoncturelle en fonction de l'opportunité du moment. L'histoire récente de notre pays nous en donne plusieurs exemples. Le pouvoir corrompt le détenteur et le pouvoir absolu corrompt absolument. Voilà ce qui fonde la nécessité de disposer d'une contradiction démocratique pour l'équilibre de la république. Dans le cas contraire c'est l'absolu avec pour corollaire l'abus et in fine, le chaos. Pour avoir subi les affres du parti unique mais surtout pour en avoir analysé les contradictions, le Fpi sait de quoi il parle. Évitons le recul démocratique de la côte d'ivoire en mettant en place un cadre organisationnel des élections acceptables pour tous.

Les prochaines élections devront être l'occasion de panser ou d'atténuer le traumatisme né de l'organisation chaotique de l'élection présidentielle d'octobre 2010. Elles devraient être, et nous le répétons parce que nous en sommes convaincus, la base durable d'une réconciliation nationale autour des institutions de la république et renforcer l'unité et la cohésion nationale. C'est un virage historique et exaltant à ne pas rater.

Aussi, le Fpi/Cnrd ne peut faire l'économie d'un certain nombre de préoccupation majeure assortie de suggestion forte à même d'assurer des élections acceptables pour tous et un environnement post électoral apaisé.

À cet effet, le Fpi/Cnrd se préoccupe du déséquilibre encombrant de la composition de la commission électorale indépendante (Cei) dont sur 31 membres 27 proviennent des partis du Rhdp. La tendance de dire qu'on ne change pas les règles de jeu en cours de partie s'apparente dangereusement à l'expression «le débat est clos» lancé par le Pdci en 1995 aux yeux de la coalition de l'opposition du front républicain (Fpi-Rdr). Dans la république le débat sur les conditions d'élection qui déterminent l'avenir de la communauté ne saurait jamais être «clos». Tout au contraire, seul le dialogue républicain permanent assure le bien individuel et collectif. La république n'est jamais un champ d'application des règles sportives encore qu'à chaque étape d'un tournoi sportif l'on procède à des ajustements du corps arbitral et chaque match est toujours précédé d'une réunion technique pour harmoniser les points de vue. Non ! La composition actuelle de la Cei est trop suspecte aux yeux du Fpi/Cnrd car à la vérité quelle est l'existence réelle «des Mpci, Mpigo, Mjp» fondus dans les forces nouvelles (Fn) et qui ont publiquement adhéré au Rhdp ?

La responsabilité des dirigeants et du chef de l'état en personne est de rassurer l'opposition, non à travers les déclarations d'intention mais en posant des actes qui convainquent. La composition de la Cei est un challenge qu'ensemble nous devons lever. Non moins important est le challenge portant sur le président de la Cei M. Youssouf Bakayoko dont la partialité, le parjure et la responsabilité sont patents et ne sauraient être occultés pendant l'élection présidentielle. Le président du conseil constitutionnel a bien été remplacé. Pour rassurer l'opposition de la crédibilité de la Cei, il faudra remplacer l'actuel président par une personnalité consensuelle, crédible et non partisane. La côte d'ivoire en dispose autant qu'on voudra car l'essentiel est de présenter les gages d'équité qu'à chaque acteur pour sa pleine participation aux élections. Que dire des notions de certification et de validation ?

Pour le Fpi/Cnrd il y a un besoin de clarification de ces notions, les responsabilités institutionnelles y afférentes et surtout du positionnement protocolaire des organismes chargés de chaque aspect. Cette préoccupation prend tous son sens dans les élections à venir au regard de la confusion enregistrée après l'élection présidentielle d'octobre 2010. La liste électorale recelait des points de désaccord qui n'ont pas été purgés avant l'élection présidentielle. Ce sont des points politiques et non techniques que la Cei n'a pas le droit de traiter en dehors de tout arrangement entre partis. Le faisant, la Cei et son président outrepassent leur mission et compromettent sciemment la sincérité des futures élections.

L'accès au media d'état est une donnée fondamentale de la démocratie en période électorale. C'est un sujet d'ordre stratégique qui a besoin d'être inscrit au chapitre des préoccupations tout comme les hypothèques qui pèsent aujourd'hui sur les journaux proches de l'opposition. Des préoccupations sus-évoqué découle les propositions du Fpi/Cnrd relatives au cadre organisationnel des élections :


-1) Révision de la composition de la Cei

Cette préoccupation tient son fondement de ce qu'après l'élection présidentielle, des leçons doivent être tirées de la nécessité d'un organe arbitral équilibré dans lequel chaque acteur a confiance. Le Fpi/Cnrd pense qu'il faut revisiter les données en retenant pour l'essentiel : l'équilibre et la confiance. Pour se faire, dans la mesure où l'échiquier politique national se gère entre deux blocs que sont le Rhdp et le Cnrd, la Cei doit être composée de quinze (15) membres pour chaque partie, le trente et unième membre devant être proposé par le président de la république.

-2) Changement du président de la Cei

Nous ne le répéterons jamais assez que l'enjeu est d'organiser des élections crédibles basées sur la confiance des acteurs au système arbitral. Le Fpi/Cnrd a fini de faire confiance à M.Youssouf Bakayoko. Il n'est plus à nos yeux un arbitre et même un juge crédible. Nous demandons des pourparlers pour désigner une personne acceptable par les deux parties. Car dans une compétition dès lors qu'un camp ne fait pas confiance à l'arbitre, il ne peut l'accepter. D'ailleurs même le processus judiciaire prévoit la récusation du juge de siège.

-3) Nécessité de clarification des notions de certification et de validation

Ces deux notions si elles ne sont pas bien comprises par les acteurs et surtout par les institutions dédiées sont susceptibles d'engendrer des équivoques regrettables. C'est pourquoi le Fpi/Cnrd demande une clarification par des définitions précises de ces notions à formuler dans un document de valeur règlementaire suite à un accord entre parti ; il est également suggérer de désigner les institutions chargées de ces aspects tout en établissant l'ordre protocolaire.

-4) La liste électorale

Comme indiqué plus haut, plusieurs points de discordes demeureraient sur la liste électorale notamment les personnes n'ont prises en compte en 2010 et les nouveaux majeurs. Pour ces points politiques le Fpi/Cnrd demande une réunion politique pour une décision consensuelle à laquelle la Cei doit se soumettre.

-5) Les découpages électoraux et les circonscriptions électorales

Le dernier découpage électoral date de 2000, au moment de la rédaction du nouveau code électorale adopté par référendum. Deux éléments avaient été pris en compte : la population et la superficie. Cette dernière étant fixe, il apparaît indiquer d'adapter le nombre de députés et la répartition de leur nombre dans les circonscriptions à l'évolution de la population sur la base de documents techniques fiables.

-6) L'accès aux médias d'Etat

Le Fpi/Cnrd suggère que cette préoccupation fasse l'objet de décisions consensuelles pour que les partis engagés dans la compétition aient un accès équilibré à ces organes publics.

-7) La date des élections législatives

Le Fpi/Cnrd face à l'importance des problèmes à réglés suggère que la date des élections soit repoussée d'au moins... par les autorités ivoiriennes. Toutes ces propositions sont pour nous fondamentales car gage de transparence et de crédibilité des futures élections. Il s'agit de redonner confiance à tous les acteurs et en particulier à l'opposition démocratique que représente le Fpi/Cnrd.

 

V- Chronogramme de mise en oeuvre

Une revue d'ensemble permet de classer les mesures demandées comme suit :


- Au titre de la sécurité

 

  • désarmement des Frci et encasernement des militaires
  • désarmement des dozos et regroupement dans leur ère culturelle
  • réhabilitation des policiers, gendarmes dans leur mission
  • réactivation de l'Apo
  • création de la nouvelle armée conformément à l'Apo
  • libération des domiciles des biens confisqués et dédommagement


- Au titre du cadre organisationnel des élections


  • révision de la composition de la Cei
  • changement du président de la Cei
  • clarification des notions de certification et de validation
  • redressement de la liste électorale
  • découpage électoral et circonscriptions électorales
  • conditions d'accès aux médias d'état
  • élections législatives


- Au titre de l'Etat de droit


  • Loi d'amnistie
  • Libération des détenus
  • retour des exilés
  • retour des déplacés
  • Financement des partis politiques sur les ressources publiques


Le chronogramme ci-après (voir en annexe) est suggéré à titre indicatif étant entendu que le délai de 15 décembre 2011 arrêté pour les législatives peut être prorogé de 30 à 45 jours.

 

CONCLUSION GENERALE

Après une décennie de crise militaro-politique pleine et entière la côte d'ivoire est face à son destin. De la lucidité dans les choix et dans l'établissement des priorités dépendra l'avenir de ce pays. La sagesse voudrait que l'on privilégie tout ce qui rassemble. Les élections à venir devrait constituer le premier grand test du «vivre ensemble» parce que la participation de tous découlera du degré de consensus autour de cette opération. Cela constituera un pas de géant.

Pour se faire la mise en confiance de tous les acteurs est une nécessité. Ceci suppose un environnement sécuritaire maîtrisé, un cadre organisationnel des élections consensuel et enfin le retour au calme avec le règne de l'état de droit.

Le Fpi/Cnrd estime que la responsabilité de cet apaisement général appartient en priorité au chef de l'état car c'est à l'aune des grandes décisions que l'on s'inscrit dans l'histoire immortelle. Il doit ouvrir le dialogue politique ici et maintenant. Nous sommes prêts à jouer notre partition car il faut à tout prix nous éloigner de la «République des vainqueurs, avec une armée des vainqueurs, un parlement des vainqueurs et in fine, une réconciliation des vainqueurs».


Fait à Abidjan, le 29 septembre 2011


FPI/CNRD

 

Pour télécharger le document original en PDF, cliquer sur:

 

DOCUMENT DU FPI-CNRD REMIS A OUATTARA

LA DETTE : UN HOLD-UP, UN OUTIL DE DOMINATION!

 


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Une analyse du Front Syndical de Classe

 

Pas un jour ne se passe sans que des mauvais coups soient portés contre les travailleurs au nom de la "dette" et des "déficits" : suppression massive de postes et casse des services publics, attaques contre la protection sociale solidaire (retraites, santé...), suppressions de jours fériés... et dans de nombreux pays européens, augmentation des impôts, baisse des salaires, coupes sombres dans les "dépenses sociales"...

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Groupes financiers, institutions officielles du capitalisme (FMI, UE), agences de notations, médias... utilisent à chaque fois le même argument : les peuples ont vécu au-dessus de leurs moyens, les déficits explosent, il faut rembourser la dette et rassurer les marchés financiers... C'est ainsi que sont justifiés l'appauvrissement massif de la population grecque, portugaise, espagnole, irlandaise... et tous les plans de rigueur préparés par l'UE et le FMI, de même que la mise sous tutelle euro-bancaire des budgets nationaux.

Pourtant, les profits des grands groupes capitalistes ne se sont jamais aussi bien portés et les peuples sont de moins en moins dupes : la dette est un outil de racket des peuples et des travailleurs.

C'est pour contribuer à cette prise de conscience et à l'impérieux besoin de lucidité dans les luttes qui vont s'amplifier en Europe, que le FSC a décidé de publier ce document sur la question de la dette.

1. La dette souveraine : qu'est-ce que c'est ?

La dette dite souveraine ou dette des États correspond au cumul de la dette de l'État proprement dit, de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Pour financer ses dépenses, ses investissements ou pour combler des déficits, l'État peut avoir recours à l'emprunt : le montant de ces emprunts constitue donc la dette publique.

Et depuis des années, les gouvernements et le patronat mènent une politique d'endettement par le subventionnement direct ou indirect du grand capital et des mesures qui créent mécaniquement de la dette : par exemple les dizaines de milliards annuels d'exonérations de « charges » pour les entreprises, à commencer par les plus grosses.

La situation en France actuellement

D'après le Figaro du 30 septembre 2010, la dette publique de la France qui a augmenté de 56 milliards d'euros au deuxième trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent, atteint 1591,5 milliards d'euros, soit "approximativement" 82,9 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

C'est donc effectivement une somme considérable.

Le service de la dette

Les sommes empruntées sont affectées d'un taux d'intérêt. Et ce sont prioritairement les intérêts de la dette qui sont remboursés, avant le capital emprunté lui-même.

Pour la France le seul remboursement des intérêts de la dette correspond à l'ensemble annuel de l'impôt sur le revenu, soit 110 millions d'euros par jour ! Par an, payés par la population cela correspond à la valeur de 250 Airbus A350 ou à 3 porte-avions nucléaires ! Et à combien d'écoles, d'hôpitaux, de maisons de retraite... ? Depuis 1980 nous avons versé en intérêts d'emprunt 1142 milliards d'euros (valeur de l'euro 2006) !

Au final, la dette est remboursée plusieurs fois aux compagnies financières privées qui tiennent là un moyen de s'engraisser à coup sûr.

Comment en est-on arrivé là ?

Il y a pour la France une date clé : 1973 !

Jusque là, depuis la période ouverte par les lendemains de la seconde guerre mondiale et sous la pression des besoins populaires et du rapport des forces du moment, l'emprunt d'État s'effectuait auprès de la Banque de France. L'État en étant propriétaire à 100% depuis la nationalisation de 1945, les dividendes des emprunts effectués étaient en fait reversés à l'État. Cela revenait donc à emprunter à 0%. Si bien qu'en 1973 la dette de la France était nulle !

La cassure

Sous la Présidence de Pompidou et la gestion ministérielle de Giscard d'Estaing, rompant avec les traditions régaliennes et la politique de 1945 issue du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), la loi du 4 janvier 1973 interdit à l'État d'emprunter auprès de la Banque de France. Cette décision inspirée par les monopoles bancaires fait donc obligation à la puissance publique pour faire face à ses obligations d'emprunter sur les marchés financiers !

Et c'est à partir de cette date que débute l'histoire récente de la dette et son explosion progressive : dès 1978 elle est déjà de 72,8 milliards d'euros, soit 21% du PIB !

Loin donc de résulter des dépenses publiques utiles pour les populations, comme le prétendent tous ceux qui veulent masquer les causes profondes de l'existence de la dette et de son explosion, la dette est d'abord le résultat de l'obligation de se financer sur les marchés financiers afin d'accroître les profits du capital financier !

Le rôle de l'Union Européenne et des Traités

Ce choix politique de mise sous dépendance des États sous le joug des marchés financiers sera conforté par les choix de l'UE et l'élaboration de ses traités, avec comme priorité la mise en place de l'Euro, monnaie unique au service des groupes bancaires et des économies dominantes de l'Europe de l'ouest, à commencer par l'Allemagne et ses groupes industriels :

- en 1992, l'article 104 du Traité de Maastricht prolonge cette contrainte en interdisant tout emprunt des États auprès de leur Banque centrale et de la Banque Centrale Européenne.

- En 2007, l'article 123 du Traité de Lisbonne stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

- En 2011, le "Pacte Euro-plus" adopté le 11 mars par le Conseil européen (sommet des chefs d'État et de gouvernement des 27) verrouille complètement la situation en précisant dans l'annexe II : « L'accès à l'assistance financière fournie par le MES (mécanisme européen de stabilité) sera accordé sous une stricte conditionnalité dans le cadre d'un programme d'ajustement macroéconomique et sur la base d'une analyse rigoureuse du niveau d'endettement public supportable, effectuée par la Commission et le FMI, en liaison avec la BCE. L'État membre bénéficiaire devra mettre en place les modalités appropriées d'une participation du secteur privé, en fonction de la situation qui lui est propre et en totale conformité avec les pratiques du FMI ». Le texte recommande notamment de reculer l'âge de la retraite et d'établir un lien entre les salaires et la productivité.

En clair : toute opération d'emprunt public doit rapporter au capital privé ; si des difficultés apparaissent dans le remboursement de la dette, des programmes d'ajustements structurels seront imposés : privatisations, baisse des salaires, des pensions, augmentation des impôts...

La question monétaire

De plus, le mécanisme de la dette ne peut se comprendre sans intégrer la question monétaire [1]. Jusqu'en 1971, les monnaies, à commencer par le dollar, sont gagées sur l'étalon or. A partir de 1971, les États-Unis (Nixon) découplent le dollar de toute contrepartie métallique. Toutes les monnaies sont à partir de là aussi découplées de l'or et la voie est ouverte à une privatisation de la capacité de créer monnaie. La monnaie devient un crédit qui passe sous le contrôle privé des banques. La création monétaire qui jusque là était un monopole régalien de l'État devient une exclusivité privée : à l'occasion de chaque demande de crédit de particuliers, les banques créent de la monnaie à partir d'une simple opération comptable. Sauf que ledit crédit devra être remboursé avec des intérêts qui tombent aussi dans l'escarcelle des banques privées. Le paradoxe des paradoxes étant qu'en renonçant à son pouvoir d'émission de la monnaie, en empruntant auprès des banques privées avec intérêts, l'État creuse de cette manière considérablement la dette.

« Le système bancaire moderne fabrique de l'argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l'iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais... laissez-leur le pouvoir de créer l'argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d'argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l'argent et à contrôler les crédits », Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d'Angleterre 1928-1941.

2. La situation actuelle et les "solutions" proposées

 

Les PIGS (« cochons » en anglais)

Le poids considérable de la dette dans les équilibres économiques et budgétaires n'est évidement pas spécifique à La France. Pour s'en tenir à l'Europe, l'ampleur de la dette et les menaces de faillite des États (Islande) frappent des pays comme l'Irlande, la Grèce, l'Espagne et le Portugal.

Depuis 2007/2008, la crise mondiale du capitalisme qui a trouvé sa source dans la crise et la faillite de grandes banques américaines et la crise globale du système financier est venue télescoper et aggraver la situation d'endettement des États :

- Grèce, 142,8% du PIB

-
Portugal, 93%

-
Irlande, 65,6%

-
Espagne, 60,1%

Cette situation résulte en particulier du fait que pour sauver les banques, les États sont venus à leur secours en leur donnant des centaines de milliards d'euros ! Autrement dit, les banques privées ont été sauvées par le don d'argent public qui a gonflé une dette publique que les peuples devraient désormais rembourser !

Loin donc de reconnaître les véritables raisons et causes de l'endettement des États, les élites mondialisées désignent les pays les plus endettés comme des cochons (PIGS) en les accusant de mauvaise gestion, de laisser faire !

Quelles "solutions" proposent-elles pour sortir de cette situation ?

Ce sont partout les mêmes commandées par le FMI et l'UE et centrées sur la réduction des dépenses publiques et la réduction massive de la sphère d'intervention de l'État :

- hausses des impôts et des taxes

- coupes claires dans les budgets ministériels

- réduction des salaires des fonctionnaires et des retraites

- privatisations et vente des biens publics

Et ils osent appeler cela des "plans de sauvetage" ! Autant dire que le remède ne va faire qu'amplifier la crise !

3. Ces "solutions" sont-elles nouvelles ?

On pourrait penser que les mesures préconisées en 2011 sont des mesures exceptionnelles destinées à faire face à une crise elle-même exceptionnelle. Pourtant il n'en est rien !

Le Consensus de Washington (1989)

On désigne ainsi les principes qui ont servi aux organisations internationales (FMI, Banque Mondiale) ainsi qu'au Gouvernement des États-Unis pour gérer la crise de la dette intérieure et extérieure des « pays en voie de développement » durant les années 1980.

Que préconisent ces principes ?

1 - une stricte discipline budgétaire ;
2 - cette discipline budgétaire devant s'accompagner d'une réorientation des dépenses publiques ;br> 3 - la réforme fiscale (élargissement de l'assiette fiscale, diminution des taux marginaux) ;
4 - la libéralisation des taux d'intérêt ;
5 - un taux de change compétitif ;
6 - la libéralisation du commerce extérieur ;
7 - la libéralisation des investissements étrangers ;
8 - la privatisation des monopoles ou participations de l'État ;
9 - la déréglementation des marchés (par l'abolition des barrières à l'entrée ou à la sortie) ;
10 - La protection de la propriété privée dont intellectuelle.

Ces mesures issues du consensus de Washington recoupent donc parfaitement les mesures à présent préconisées par l'Union Européenne, le FMI et la Banque Centrale Européenne (BCE) aux États en difficulté. Et cela démontre que loin d'être des mesures conjoncturelles liées à la crise actuelle, elles correspondent à des orientations de long terme mises en œuvre par les mêmes acteurs financiers, économiques et politiques qui précisément ont conduit à la crise et qui ne feront que l'aggraver si nous laissons faire !

Et tout cela n'est donc pas le fait du hasard ou des circonstances mais bel et bien dû au fonctionnement du système capitaliste et à la course aux profits !

4. La dette, un enjeu économique et idéologique

Ceux là mêmes qui sont responsables de la situation actuelle entendent continuer à en tirer profit en poursuivant sur la même voie et en tentant d'en faire porter la responsabilité à leurs propres victimes.

Ceux qui en France ont organisé la dépendance de l'État vis-à-vis des marchés financiers, les technocrates et les idéologues et autres « intellectuels » au service des puissants font les gros yeux.

L'extrême droite, comme dans toutes les crises, feint de s'en prendre aux puissants pour mieux diviser et désigner au final le bouc émissaire que serait l'immigré comme jadis les nazis s'en prenaient aux judéos-bolcheviks et recevaient l'aide massive des barons de l'acier !

Nous sommes donc invités à nous serrer encore la ceinture non seulement parce qu'est évoqué le sort des générations futures (hypocrites !) mais surtout parce qu'il faut bien payer la dette et qu'il faut garder la confiance des marchés financiers. Sinon gare au chaos !

Et,
- c'est au nom de la dette que les plans d'austérité sont imposés ;

- c'est au nom de la dette qu'ils sont présentés comme incontournables ;

- c'est au nom de la dette que la droite et la gauche social-démocrate comme on vient de le voir en Grèce, au Portugal et en Espagne disent, même si c'est de manière différente, qu'il faut en passer par là pour garder la confiance des marchés financiers.

Mais vous aurez remarqué que ni nos médias, ni les "grandes" forces politiques ne disent mot sur l'origine de la dette et n'ose même évoquer d'autre solution que d'honorer la dette.

Citations :

- John Monks, ex-secrétaire et lord de sa majesté dans « Vie Nouvelle » juin-juillet 2011, Magazine de l'Union Confédérale des retraités CGT :

"Le pacte qui nous est imposé est conçu pour que l'Europe coûte moins cher, pour faire travailler les salariés plus longtemps et pour réduire les prestations sociales dans la plupart des pays. La priorité a été donnée au sauvetage des banques, au soutien de l'euro et au renforcement de la rigueur budgétaire. Naturellement le remboursement de la dette est nécessaire, mais pas de cette façon-là et pas aussi rapidement."

J. Attali, Arrêt sur images mai 2010 :

"A un moment la dette il faut la payer, Il faut la payer [bis], il faut que quelqu'un la paye"

François Hollande réunion publique à Gentilly en Janvier 2011 :

A la question de savoir s'il était favorable à la suppression de l'article 123 du Traité de Lisbonne interdisant aux États l'emprunt direct sans intérêt auprès de la BCE il répond : "... Mais je ne veux pas ici donner d'illusion. On n'arrivera pas à sortir de nos problèmes de financement en demandant à la BCE de nous faire des avances sans intérêts... Ce qu'il faut en revanche, c'est la bonne solution, il faut permettre à l'Europe d'emprunter elle-même sur les marchés financiers".

Autrement dit, ceux qui nous ont conduit à l'actuel chaos prétendent poursuivre dans le même sens et ceux qui prétendent s'y opposer et offrir une alternative n'entendent pas bousculer grand-chose ! L'aggravation massive des inégalités se poursuivra inexorablement si les peuples n'y mettent pas un coup d'arrêt !

5. De véritables solutions

Un véritable nœud coulant a été passé au cou des peuples d'Europe, mais aussi d'Afrique et d'Amérique. Plus les nations sont confrontées aux difficultés de l'endettement et plus le nœud se resserre.

Les agences de notation (3 agences américaines) aggravent la note des pays en difficulté, ce qui aggrave encore leur situation puisque ayant "perdu la confiance des créanciers", ils doivent emprunter à des taux toujours plus élevés, connaissant le sort des particuliers étranglés par les banques dans le cercle infernal d'un endettement sans fond !

C'est pourquoi il est nécessaire de se fixer pour objectif de briser ce cercle et la domination des marchés financiers pour commencer à avancer vers une véritable politique sociale en faveur des travailleurs, des salariés et des plus démunis.

Car autrement, c'est mentir de promesses qui ne disent pas les moyens de leur application ! Et pour briser cet étouffement, ce qui doit être envisagé, doit être mis en débat et doit monter comme exigence du peuple lui-même, c'est le refus de payer la dette !

Parce qu'accepter de payer la dette, c'est accepter les plans d'austérité ! Il n'y pas de troisième voie ! Et nous ne sommes pas les seuls à le proclamer.

Dans un récent Marianne (du 28 mai- 3 juin), Jacques Nikonoff du M'PEP opposé à Michel Sapin (député PS) à une question du journal portant sur la restructuration de la dette pouvait dire :

« ...Sinon avec le poids actuel de la dette, la gauche sera contrainte à "l'austérité de gauche" comme s'y résignent les gouvernements socialistes grec ou portugais. La sortie de l'euro est alors essentielle car bien sûr les États en défaut ne peuvent plus emprunter sur les marchés financiers. Mais, justement, c'est excellent, car il faut démanteler les marchés financiers. L'État se financera alors par l'épargne nationale, en s'appuyant sur des produits de type livret A par des quotas d'achat obligatoire des emprunts d'Etat par les banques et les compagnies d'assurances nationalisées. Une partie de la dette publique sera achetée par la Banque de France, comme le font actuellement les États-Unis et le Royaume-Uni. Pourquoi la gauche refuserait-elle de se servir de ces instruments ? ».

Le cas de l'Islande

Mais il y a aussi ce qui se passe sur le terrain ! Le refus de payer la dette n'est pas une exigence utopique. Déjà à la fin des années 80 la crise Argentine s'était close par une restructuration importante de la dette.

Dans une Islande conduite à la banqueroute pour avoir pratiquement tout misé sur les marchés financiers, à l'issue de luttes populaires massives (grèves, siège du Parlement) contre les décisions gouvernementales et après avoir imposé l'organisation d'un référendum, le 9 avril 2011, les islandais ont refusé, à près de 60%, de payer pour assumer les erreurs de ceux qui ont conduit leur pays dans l'abîme. Ils ont une nouvelle fois refusé l'accord Icesave, qui prévoyait que l'État indemnise les centaines de milliers d'épargnants britanniques et néerlandais ayant perdu de l'argent lors de la faillite de cette banque en ligne en 2008.

Ils ont donc confirmé le premier « non » prononcé en mars 2010, ce qui agace au plus haut point tout à la fois le gouvernement islandais, les gouvernements britannique et néerlandais, l'Union européenne, les banquiers et les promoteurs de la mondialisation néolibérale. Mais ils ont dû s'incliner devant la détermination d'un peuple, ce qui prouve bien que cette voie est possible et qu'elle est efficace !

Mais il s'agit aussi et enfin pour s'affranchir de la tutelle des marchés financiers de s'engager à récupérer la souveraineté monétaire publique sans laquelle il n'est pas de véritable politique économique, de politique de l'emploi industriel et de l'emploi tout court !

Non à la dette ! Sortir de l'euro ? Sortir de l'UE ?

Ce sont de ces questions qu'il faut débattre ! C'est cela que nous proposons sans prétendre détenir des solutions toutes faites ! En ce moment de crise profonde du système capitaliste et pour desserrer l'étau de la misère, de la crise sociale, démocratique, politique et écologique, il est aussi de la responsabilité du mouvement syndical de s'adresser aux travailleurs pour parallèlement aux luttes indispensables, engager le débat sur les véritables enjeux en dehors du cirque politicien !

Thomas Sankara, assassiné quelques semaines après son discours du 29 juillet 1987 à Addis Abeba : "La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également".

Conjuguons le refus - en soi positif - de payer la crise qui porte principalement sur les conséquences de cette crise, au refus de payer la dette qui porte lui sur ses véritables causes !

 

Le Front Syndical de Classe, Juin 2011


[1] Ces réflexions comme d'autres dans ce texte s'inspirent largement de l'ouvrage de André-Jacques Holbecq et Philippe Derruder "La dette publique une affaire rentable. A qui profite la dette ?"


Source : COMITE VALMY

14:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, europe, la dette un hold-up, un outil de domination | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

«LA DETTE DE LA GRECE EST AUJOURD'HUI ABSOLUMENT IMPOSSIBLE A REMBOURSER»


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"La dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser" Jacques Sapir

 

Jacques Sapir, est Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales

 

La Grèce est surendettée : quoi qu'il arrive, cette dette passera par pertes et profits et les créanciers n'en mourront pas. Qu'en pensez-vous ?

Jacques Sapir : Oui, la dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser, oui, la Grèce va faire défaut sur tout ou partie de sa dette. Le problème qu'il faut poser, c'est comment la Grèce va-t-elle survivre après le défaut, et pour cela on conçoit qu'elle sera obligée de dévaluer. Autrement dit, elle devra quitter la zone euro, retrouver sa monnaie et la dévaluer de 40 à 50 % par rapport à l'euro.

Quel serait l'intérêt d'un retour à la drachme pour la Grèce ?

Jacques Sapir : Le problème pour la Grèce, mais aussi pour d'autres pays, est celui de sa compétitivité par rapport à l'Allemagne. Il y a deux manières de chercher à restaurer la compétitivité d'un pays : soit en faisant des investissements massifs dans ce pays, et l'on pourrait concevoir que l'Allemagne, peut-être la France, investissent massivement en Grèce, au Portugal et en Espagne.

Mais on conçoit aussi que l'ampleur de ces investissements dépasserait de très loin ce qu'il nous faudrait payer par ailleurs pour maintenir ces pays à flot dans la crise de la dette. Donc nous sommes renvoyés à la deuxième possibilité : ces pays doivent dévaluer, et pour cela ils doivent sortir de l'euro. Cela nous rappelle qu'une monnaie unique impose un carcan de fer aux économies qui la composent, et que la seule solution qui permette d'assouplir un peu ce carcan, ce sont des transferts financiers massifs depuis les pays à forte compétitivité vers les pays dont la compétitivité est plus faible.

Dans la mesure où ces transferts ont été exclus, que ce soit dans le traité de Maastricht ou encore, plus récemment, dans le traité de Lisbonne, la zone euro était malheureusement condamnée.

Si la Grèce sort de la zone euro, n'ouvre-t-elle pas la voie à l'implosion de celle-ci, sachant que d'autres pays comme l'Espagne ou l'Italie sont aussi en difficulté ?

Jacques Sapir : Effectivement, une sortie de la zone euro par la Grèce, et même simplement l'annonce d'un défaut, ne serait-ce que partiel, déclenchera un processus de contagion qui touchera tout d'abord le Portugal, puis, très rapidement, l'Espagne, et enfin, l'Italie, la Belgique, et finalement la France.

Ce processus d'implosion de la zone euro, par ailleurs, n'est pas seulement lié à la contagion que provoquerait la sortie de la Grèce, il faut savoir qu'un pays comme l'Espagne devra faire face à une situation sociale et économique très difficile en 2012. En effet, les allocations chômage en Espagne ne durent que deux ans. Et l'on voit à ce moment que plus de la moitié des chômeurs, qui représentent aujourd'hui 21 % de la population active, se retrouveront sans aucune ressource. Cela imposera soit des dépenses importantes pour les solvabiliser, soit des dépenses tout aussi importantes pour solvabiliser les banques, qui seront confrontées à des prêts non remboursés de manière massive. La crise de la zone euro apparaît aujourd'hui comme inéluctable.

Y a-t-il un risque, si la Grèce ne sort pas de la zone euro, de voir des pays "forts", comme l'Allemagne, quitter cette dernière ?

Jacques Sapir : C'est effectivement une possibilité. Par exemple, si l'Allemagne était isolée sur la question des eurobonds, ou de la monétisation directe de la dette - soit le rachat par la Banque centrale européenne, directement aux Trésors publics, d'une partie de leur dette. On sait que ces deux solutions ont été évoquées. Or, elles sont en réalité inconstitutionnelles du point de vue de l'Allemagne.

Le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe a rappelé la semaine dernière que le gouvernement allemand ne devait pas donner son accord à une mutualisation de la dette, excluant ainsi la possibilité des eurobonds, et il a rappelé que l'euro n'était acceptable pour l'Allemagne qu'à la condition qu'il garantisse aussi la stabilité monétaire, comme le faisait le mark. On voit donc que la cour constitutionnelle a fermé la porte à ces deux solutions.

Si l'Allemagne sortait de la zone euro, ce ne serait d'ailleurs pas une catastrophe. Le deutsche mark retrouvé se réévaluerait fortement par rapport à l'euro maintenu. Les pays de la zone euro pourraient ainsi rééquilibrer leur commerce extérieur avec l'Allemagne. Mais politiquement, c'est une solution qui apparaît très peu probable. Il est à craindre que nos gouvernements s'obstinent dans des perspectives de sauvetage de la zone euro et qu'ils soient acculés d'ici à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine à la perspective d'un éclatement général de cette zone.

Pensez-vous comme Jacques Delors que c'est le manque de réaction de la zone euro qui plombe la Grèce ? L'UE ne semble pas avoir les moyens de sauver la Grèce alors que ce pays représente le PIB des Hauts-de-Seine. La crise grecque n'illustre-t-elle pas la faillite de l'UE et de ses institutions inadaptées ainsi que la mise en avant des égoïsmes nationaux ?

Jacques Sapir : La réaction de Jacques Delors est juste, mais bien tardive. Comment pouvons-nous prendre au sérieux un homme qui a conçu un système dont l'aboutissement logique est la crise actuelle, et qui vient maintenant déplorer celle-ci ? Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu'ont eu un certain nombre d'hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu'il s'agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d'autres, dans la déréglementation financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d'une Europe fédérale sans le dire aux populations.

La construction européenne a été faite de telle manière qu'elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l'Europe espéraient que les solutions iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l'on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de l'enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l'Europe. On peut toujours aujourd'hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd'hui reprocher aux classes politiques de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, leur manque d'initiative et leur aveuglement face à la crise de l'euro, qui était une perspective inévitable depuis 2009.

Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit en France ou aux Pays-Bas, et que l'on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. Mais les faits sont têtus, et quand on les méprise, ils se vengent.

On nous parle de l'exposition des banques (françaises ou pas) à cette dette grecque. Mais les prêts octroyés aux banques après la "crise des subprimes" ont été rapidement remboursés. Ne vaudrait-il mieux pas injecter de l'argent dans les banques trop exposées, plutôt que de prêter à une Grèce qui n'aura jamais la possibilité de rembourser ?

Jacques Sapir : Le problème des banques est bien sûr celui des dettes grecques qu'elles détiennent, et au-delà celui des dettes portugaises, espagnoles et italiennes. Bien entendu, on peut toujours injecter de l'argent dans les banques, et d'une certaine manière ce serait certainement plus efficace que de chercher à tout prix à sauver la zone euro. Mais il faut savoir qu'aujourd'hui l'opinion, dans différents pays européens, est très hostile aux banques. Alors un scénario possible consisterait à nationaliser les banques, à se servir de cette nationalisation pour faire accepter la recapitalisation des banques, mais en utilisant aussi cette nationalisation pour mettre de l'ordre dans les systèmes bancaires, et en particulier rétablir la distinction impérative entre banques de dépôts et banques d'affaires, et très sérieusement limiter le nombre d'opérations que les banques ont le droit de faire.

D'une certaine manière, toute crise correspond à un risque et à une opportunité. Nous avons aujourd'hui l'opportunité de nous saisir de cette crise pour réformer en profondeur nos systèmes bancaires, pour mettre fin à la financiarisation qui dicte sa loi depuis la fin des années 1980, et pour recréer les conditions de stabilité d'un grand pôle de crédit alimentant à la fois les entreprises et la population. De ce point de vue, la crise peut être utile.

Pensez-vous qu'aujourd'hui il y a un moyen de "sauver" la zone euro ? Si oui, quel est-il ?

Jacques Sapir : On pourrait sauver, au moins temporairement, la zone euro soit par la mutualisation de la dette ou par l'émission massive par la Banque centrale européenne de crédits au profit des Etats membres. Ce que l'on appelle la monétisation de la dette. Mais comme je l'ai dit, ces deux options sont exclues, à la fois pour des raisons politiques, mais surtout juridiques, par l'Allemagne. Je rappelle ici que la cour de Karlsruhe, dans son arrêt rendu il y a une semaine, a tué dans l'œuf toute possibilité de rebond.

Et si la Banque centrale européenne décidait de prêter directement aux Etats, au lieu de prêter aux banques, qui elles-mêmes prêtent aux Etats, une nouvelle plainte devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe aboutirait à ce que cette dernière rende un avis d'inconstitutionnalité sur cette pratique. Cela, le gouvernement allemand le sait, et il ne pourra donc pas accepter une telle solution. Nous voyons donc qu'aujourd'hui les deux solutions pour sauver, ne serait-ce que temporairement, la zone euro sont de fait exclues.

D'un point de vue juridique, comment peut-on sortir de l'euro ?

Jacques Sapir : La zone euro ne prévoit pas de mécanisme de sortie. Mais elle ne prévoit pas non plus de mécanisme pour expulser un pays contrevenant à ses règles. Cette situation juridique tout à fait extraordinaire démontre bien que la zone euro était institutionnellement très fragile. On peut d'ailleurs imaginer que certains pays décident de réquisitionner leur banque centrale, et décident que leur banque centrale se mette à octroyer des crédits en euros à leur gouvernement. Cela provoquerait une crise politique très grave qui pourrait soit se solder par l'éclatement de la zone euro, soit par la sortie de l'Allemagne et de ses pays satellites, l'Autriche et la Finlande, de la zone euro.

La solution la plus simple et la plus judicieuse consisterait néanmoins dans une autodissolution de la zone euro, un peu sur le modèle de l'autodissolution de la zone monétaire nordique que la Suède, la Norvège et le Danemark avaient constituée dans les années 1920, et qui a été dissoute avec la crise de 1929. Cette autodissolution, se faisant de manière ordonnée, permettrait alors à chaque pays de fixer le taux de change de sa monnaie retrouvée, en concertation avec les autres pays. Cette solution aurait le grand avantage de maintenir une concertation monétaire minimale entre les pays qui composaient la zone euro, et pourrait permettre de reconstituer des mécanismes monétaires une fois que la crise serait passée.

Mais ce que l'on doit craindre aujourd'hui, c'est que les gouvernements, pris d'un entêtement infantile, renoncent à une telle solution jusqu'au moment où ils seront contraints par la réalité de l'envisager, et ceci se fera alors dans une atmosphère de crise, de très grandes récriminations entre les pays, et en particulier entre la France et l'Allemagne, et généralement dans des conditions politiques tout à fait détestables.

En 2013, le SPD arrivera sans doute au pouvoir en Allemagne, et il est très favorable à l'Europe fédérale. Ne pensez-vous pas que cela permettra d'aller vers des solutions comme la monétisation de la dette (quitte à ce que la Constitution soit modifiée en Allemagne) ?

Jacques Sapir : L'hypothèse d'un changement constitutionnel en Allemagne ne saurait être à l'ordre du jour avant plusieurs années. Le destin de la zone euro se jouera dans les semaines ou les mois qui viennent. Il n'est simplement plus temps de rêver à de telles solutions.

Vous dites que la sortie de la Grèce de la zone euro permettrait une dévaluation. Il me semble que cela augmente l'inflation. Est-ce envisageable dans un climat social déjà agité en Grèce ?

Jacques Sapir : Il est inévitable qu'une dévaluation de très grande ampleur, et celle-ci ne devrait pas être inférieure à 40 % pour la Grèce, entraîne par la suite une poussée d'inflation. De ce point de vue, c'est le taux de change réel, autrement dit le taux de change corrigé des taux d'inflation, qui doit nous servir d'indicateur. Mais en même temps, aujourd'hui, les tensions inflationnistes dans la zone euro sont relativement faibles. Elles ne sont pas les mêmes entre pays, ce qui est d'ailleurs un problème, mais elles sont relativement faibles. Dès lors, l'inflation doit être acceptée comme un mal nécessaire pour qu'un pays puisse bénéficier des avantages de la dévaluation.

Le véritable problème n'est pas tant l'inflation que la spéculation possible sur les taux de change des différentes monnaies une fois que ces dernières auront été recréées. Mais il faut signaler ici qu'il y a une monnaie sur laquelle on ne parle pas de spéculation, et cette monnaie, c'est le yuan chinois. La raison en est simple : il y a des contrôles de capitaux extrêmement sévères qui encadrent le cours du yuan. Il faudrait donc que les pays européens acceptent de mettre en place, si possible de manière concertée, des systèmes de contrôle de capitaux permettant aux marchés des changes de fonctionner sans risques de spéculation. Les méthodes en sont connues, elles sont déjà appliquées hors d'Europe par un certain nombre de pays et, ce qui est assez extraordinaire, elles sont même recommandées par le Fonds monétaire international pour les pays émergents.

Le point de vue des spécialistes sur les contrôles des capitaux a beaucoup évolué depuis une dizaine d'années, en particulier parce que l'on a vu, lors de la grande crise de 1997 à 1999, que ces contrôles étaient efficaces, en particulier dans le cas de la Malaisie, du Chili et de la Russie. Il reste aujourd'hui aux gouvernants européens à tirer tardivement les leçons de ces expériences et de se mettre d'accord pour des systèmes analogues en Europe ou, au pire, pour que de tels systèmes soient introduits individuellement dans un certain nombre de pays.

Ne trouvez-vous pas étonnant que la dette grecque et la sortie de l'euro ne soient pas au cœur du débat politique en France ?

Jacques Sapir : Oui, c'est effectivement assez surprenant, surtout quand on sait que ce débat a lieu aujourd'hui en Allemagne. Je pense que la classe politique française s'est enfermée dans un déni de réalité massif. Non seulement ce dernier l'empêche de comprendre la situation, mais il l'empêche aussi de préparer des solutions de rechange. Ce déni de réalité est en train de se fissurer, mais quand la crise de l'euro va éclater, ce qu'elle fera de manière inévitable d'ici quelques mois au plus, elle se doublera d'une crise politique majeure dans notre pays, car les électeurs et la population pourront à bon droit demander des comptes à nos gouvernants ainsi qu'à une partie de l'opposition, pour ne pas avoir su anticiper la situation. On sait que gouverner, c'est prévoir ; la classe politique française, en se refusant à prévoir l'hypothèse d'une crise de la zone euro, a ainsi perdu le droit de gouverner.

 

Chat modéré par Audrey Fournier, Astrid Gouzik et Adrien de Tricornot

 

In LE MONDE.FR


Source : COMITE VALMY

samedi, 01 octobre 2011

LIBYE - NOUVELLES DU FRONT (29 SEPTEMBRE 2011): DEFAITE REBELLE

MOUAMMAR KADHAFI 2.jpg

Caramba !

Il y a six jours, dans un article que nous avions intitulé «l'OTAN n'y croit plus, le CNT aussi», le 23 septembre dernier, c'était le constat d'un blues général dans le camp de ceux qui attaquent la Libye. Signe de Dieu ? Amateurisme de l'OTAN ? Toujours est-il que, les nouvelles du front sont désastreuses. Sur tous les fronts pratiquement, malgré la propagande. Ils avaient annoncé la chute imminente de Syrte et de Bani Walid. Échec et Mat !

Bani Walid : La journée a été surtout désastreuse sur le front de Bani Walid. En effet, le chef des opérations terrestres, Dan Salehim, a été tué et son corps n'a pu être amené par ses troupes mises en déroute. Eh oui, ainsi meurt un « rat » comme le dirait le leader libyen, Mouammar Kadhafi. Le gros des troupes a pris la poudre d'escampette, pris les jambes à son cou. Finalement, les bombardements de l'OTAN ne sont pas décisifs et du coup, les soldats de l'apocalypse demandent à leurs laquais du CNT de soudoyer les chefs tribaux et les habitants des villes, avec des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Ah, encore une histoire d'argent ! On comprend pourquoi le CNT veut que s'accélère le vol des fonds libyens mis de côté par Kadhafi pour le bien des générations futures de son peuple. Ne dit-on pas souvent que bien mal acquis ne profite pas ? 

Syrte : ils disaient que le port de Syrte était sous leur contrôle. Il suffit de voir comment est construit le lieu de naissance de Mouammar Kadhafi. Débarquer par voie d'eau ne veut pas dire qu'on maîtrise le port où on accoste. Après de violents bombardements, par des pilotes de l'OTAN dont certains ne veulent plus bombarder les sites civils -vrai scoop-, les renégats sont entrés dans le port, avec à leur tête le commandant Mohamed Nabouss, croyant que tout leur était donné sur un plateau d'argent avant que la riposte se fasse. Nabouss a été tué. Seule issue de secours qui s'est avérée tragique: la mer. Au lieu de lâcher, avant de plonger à la mer, leurs Kalachnikov, leurs bottes de fortune, aussi,  sans oublier leurs gilets pare balles, ils ont plongé, se sont noyés ou se sont suicidés. Impossible de nager avec autant de kilos, non ? Un festin pour les poissons.

Quant à ceux qui sont entrés dans la ville, ils ont été reçus par un comité d'accueil digne, puisqu'ils étaient à pied, sûrs de leur fait. Leurs chefs accusent l'OTAN de ne pas en faire assez, et veulent l'intensification des bombardements... Étonnant pour les libérateurs autoproclamés qui devaient plutôt être accueillis à bras ouvert si leur révolution par procuration était populaire. Considérant donc qu'ils étaient à pied, ils n'ont pu s'échapper. Une vraie galère, un vrai piège à rats. Allah leur a gardé semble-t-il, à chacun, cent vierges, là-haut. 

Sabha : les médias « meanstream » avaient annoncé urbi et orbi que ce fief pro-Kadhafi avait été pris par les rebelles or, la vérité c'est que les populations avaient fui la ville pour se mettre à l'abri. Résultat des courses: les renégats ont pillé la ville. Tout dans la ville, jusqu'aux hôpitaux. Mais, hier, une mauvaise surprise les attendait. Revenus dans le secteur de la ville qu'ils pillent, le pire leur est arrivé. En sortant de la cité avec le fruit de leur rapine transporté dans 15 pick-up, ils ont rencontré sur leur chemin, des...Touaregs. Ils ont tous été éliminés. 

Ça devient de plus en plus dure cette histoire, non ? Vous avez dit révolution ? Ils ont cru qu'il s'agissait d'un jeu vidéo. C'est à mourir de rire !

Contre-attaque : rassurez-vous, les forces loyalistes ne font pas que se défendre. Elles attaquent désormais. C'est ainsi que, dans le sud libyen, les forces Libyennes ont contre-attaqué et mis en déroute les forces de l'OTAN/CNT, tuant au passage, plus de 50 personnes. Une triste journée pour les prédateurs. Nous l'avions annoncé, hier, ils nous ont ri au nez. C'est le retour pétaradant de Mouammar Kadhafi !

 

Source : Le blog d'Allain Jules

  

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LES NOUVELLES DU FRONT EN LIBYE : LES SURPRISES PROMISES PAR KADHAFI SE MULTIPLIENT

 

Les quartiers de Benghazi sont sous contrôle des milices qui soutiennent Mouammar Al-Kadhafi. Plusieurs régions voisines de Benghazi ont brandi des drapeaux verts. Deux villes, Tobrouk ainsi qu'une autre ont également développé des drapeaux verts. Ras Lanuf et Brega sont sous contrôle des volontaires. Par Hassan Alliby pour « stcom.net ».


Ben-Jawad est actuellement occupée par les « rebelles ». Les habitants de Ben-Jawad se sont depuis longtemps déplacé à Syrte ou une atmosphère tendue demeure. Au cours des deux derniers jours, les « rebelles » ont subit des défaites majeures. Trois commandants «rebelles » ont été tués et plus de 2.000 « mercenaires » blessées. Certaines équipes sont retournées à Misrata, ou la situation qui s'y développe  pour les « insurgés » est également critique.

A Syrte les « forces » du « CNT » se regroupent faiblement. Malgré cela, avec le soutien des « forces aériennes » de l'« OTAN », les «rebelles » ont regroupés dans l'Est toute leurs « forces » et ont réussi à prendre quelques districts à l'ouest de Syrte. Mais la « guérilla verte » garde l'avantage. Une forte explosion à eut lieu dans un hôtel lors d'une réunion entre les dirigeants des représentants des rebelles et les français et les britanniques. Selon un bilan provisoire, environ 90 personnes ont été tuées. Cette attaque réalisée par les « milices » de la résistance a contraint les « rebelles » à prendre la fuite.  À l'heure actuelle, des combats se déroulent à la périphérie de Syrte. Les rebelles sont constamment attaqués, mais les défenseurs ont mené une foudroyante contre-attaque et repoussé les « rebelles », les forçant à se retirer. Le  problème majeur pour la ville est les bombardements des avions de l'« OTAN » qui, selon certaines sources, « utilise du phosphore blanc contre les habitants de la ville ». Les bombes de l'« OTAN » sont larguées sans arrêt depuis 48 heures, mais un tapis de bombes ne peut pars briser la résistance. En attendant, les défenseurs de Syrte ont réussi aujourd'hui à abattre un hélicoptère des « forces » de l'« OTAN».

LA SITUATION A TRIPOLI EST A L'AVANTAGE DE LA RESISTANCE

En ce moment même, la périphérie de Tripoli est entre les mains des milices et de l'armée. Le matin du 29 Septembre 2011 tous les postes «rebelles » à Tripoli ont été attaqués par l'« armée libyenne ». Un certain nombre de lieux ont été reconquis. En particulier, le siège de la « CIA» et de l'« OTAN » ou des documents ont été saisit.  Un message très intéressant vient de nous parvenir selon lequel de nombreuses zones de la ville ont soulevé les « drapeaux verts ». Nous entendons des explosions, notamment dans le quartier de Bab al-Azizia. Le port de la ville a été attaqué, poussant les « rebelles » à quitter certaines zones du port. Il a également été signalé la capture de mercenaires de « Grande Bretagne, de la France et du Qatar à Tripoli ».

A BANI WALID LA SITUATION S'EST SOUDAINEMENT RETOURNEE

Après que la résistance ait tué le commandant des « rebelles » à Beni Walid, les « rebelles », épuisés et démoralisés, ont fuit la ville. Mouammar Kadhafi avait déclaré l'autre jour que les « rebelles » doivent s'attendre à une grosse surprise. Et ces derniers jours sont riches en surprises [*].

Voir, ci-dessous,  la vidéo Frappe chirurgicale du Sniper de Syrte qui d'un obus a mis hors d'état de nuire Noureddine El Gene, le commandant des « rebelles » de Misrata :


VIDEO:  LIBYE : FRAPPE CHIRURGICALE A SYRTE TUANT NOUREDDINE EL GENE, LE COMMANDANT DES REBELLES DE MISRATA.

 

Source: NERRATI.NET

vendredi, 30 septembre 2011

MALGRE LES PERSECUTIONS: LE FPI RESTE INCONTOURNABLE

 

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Malgré sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des discussions avec Le Front populaire ivoirien (Fpi). La preuve que ce parti reste la première force politique du pays.


Vous n'avez pas rêvé. Miaka Oureto et ses camarades étaient bel et bien au palais présidentiel hier, pour des échanges-vérités avec l'actuel occupant des lieux. 5 mois, après l'arrestation puis la détention arbitraire de Laurent Gbagbo, le pouvoir se résout à entamer des discussions avec le fer de lance de l'opposition ivoirienne.

Un scénario sur lequel personne n'aurait parié, le 11 avril 2011. Et pourtant, l'homme du moment a dû se plier à cette implacable «exigence démocratique». Dialoguer avec l'adversaire. La rencontre historique d'hier constitue sans équivoque la preuve qu'en dépit de sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des pourparlers avec le parti fondé par Laurent Gbagbo. Mais, en fait, le Fpi s'impose au nouveau régime comme une force politique incontournable et majoritaire. La première du pays, avec La majorité présidentielle (Lmp), qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner l'élection présidentiel de novembre 2010, avant d'être spolié de sa victoire suite au complot international. De bonnes sources, il est établi que Ouattara n'avait pas en projet de dialoguer avec le parti de celui qu'il considère, non pas comme un adversaire politique, mais comme un ennemi qu'il faut humilier et éliminer par tous les moyens. Le mentor du Rdr et la rébellion ont d'abord compté sur la menace, l'intimidation, la violence, les exactions et la persécution. Le locataire du palais, nous dit-on, entendait venir à bout du Fpi et de l'opposition par la terreur.

Mais l'homme, après avoir manœuvré en vain, a bien été obligé de descendre de son piédestal pour rencontrer la direction de ce parti. Voici que le pouvoir est acculé sur le terrain de la démocratie, le terrain de prédilection de Laurent Gbagbo. Qu'importe qu'il tende à ses interlocuteurs une oreille agacée. Ouattara est contraint d'écouter ses adversaires parler, de vive voix, des sujets qu'il ne veut pas entendre évoquer. Ce sont les vérités du Fpi au pouvoir "dictatorial" de Ouattara qui ne mise que sur la force. Il s'agit de la libération de Laurent Gbagbo et des siens, de l'arrêt des poursuites engagées contre eux et de la traque des cadres et militants Lmp, de la levée des sanctions injustes qui les frappent, de l'ouverture du jeu démocratique, entre autres points. Des conditions indispensables à une réconciliation vraie et à des élections législatives crédibles, telles que voulues par les bailleurs de fonds. 

Ouattara acculé

En fait, Ouattara qui fait le dur apprentissage de la démocratie, n'a pas d'alternative. Ici, la force n'étant pas à l'ordre du jour, il est acculé sur plusieurs points. La Banque mondiale et le Fmi ont exigé qu'il organise des législatives démocratiques et crédibles, c'est-à-dire libres, transparentes, ouvertes à tous..., s'il veut recevoir quelques «gouttes» de milliard. Or, des législatives sans la principale force politique du pays, celle qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner la présidentielle 2010 avec 52% des voix, n'aurait vraiment aucun sens.

Hélas, nous convenons que les réalités du moment ne sont pas propices à un scrutin législatif ouvert à l'opposition. Du coup, Ouattara se trouve dans l'obligation de discuter, bien malgré lui, des conditions posées par le Fpi. Par ailleurs, les capitales européennes viennent d'infliger Ouattara un revers cinglant sur le plan diplomatique. Il n'est plus le chouchou de la communauté internationale. Son mandat d'arrêt international contre les proches du Président Laurent Gbagbo a été rejeté du revers de la main par ses alliés qui ont jeté le document à la poubelle. Ce qui signifie que son projet d'envoyer Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) a très peu de chance d'aboutir. D'autant plus qu'à travers le monde entier, des voix de grande dimension comme Desmond Tutu, l'archevêque anglican Sud-Africain, qui a dirigé la commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, s'élèvent pour demander la libération du président Gbagbo. Ce qui met Ouattara dans une position inconfortable.

Car on ne comprend pas qu'il s'acharne à poursuivre, à emprisonner, à torturer, à humilier et à persécuter ceux avec qui il prétend vouloir faire la paix. Se conduire ainsi, c'est donner la preuve qu'on est un ennemi de la paix qui ne tient pas vraiment à la réconciliation. Une telle image gêne terriblement le nouvel occupant du palais, au moment où les choses sont mal engagées pour son parrain, le président Nicolas Sarkozy en difficulté devant la gauche socialiste, à quelques mois de la présidentielle en France. De plus, l'homme qu'il a choisi pour diriger la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, son «collègue» ex-gouverneur de la Bceao et ex-Premier ministre, vient d'être investi à Yamoussoukro, en qualité de président de ladite commission. Ouattara est donc tenu de donner un «signal fort» dans le sens de la réconciliation. Même si cela doit le conduire à faire des choses qu'il ne voulait pas au départ. 

Ne dit-on pas que la faim chasse le loup hors du bois ? Il faut seulement espérer que le mentor du Rdr retrouve le bon sens pour comprendre qu'il ne peut pas diriger seul la Côte d'Ivoire par l'instauration un autoritarisme kaki, en écartant les partisans de Laurent Gbagbo. Il ne fera que continuer à enfoncer ce pays. Jusqu'à ce que, à la fin de son règne, son nom soit inscrit dans les annales comme la page la plus noire de l'histoire de la Côte d'Ivoire.


K. Kouassi Maurice

 

Source : LE TEMPS

PROJET DU «PONT HENRI KONAN BEDIE», UN EXEMPLE DE GUERRE ECONOMIQUE CONTRE LES PAUVRES ET LES PAYS EMERGENTS



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Le Pont Henri Konan Bédié dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre «des 12 travaux de l'Eléphant d'Afrique» du régime du Président Bédié déjà en 1996. En1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d'oeuvre est confiée au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur Thiam désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d'économistes, d'ingénieurs, d'environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée).

Le projet est alors confié à un opérateur privé encharge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes. Un appel d'offres est lancé à cet effet et le Groupe Bouygues est choisi comme l'opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d'études et de négociation. Le coût du projet est négocié à91.8 milliards de FCFA avec une concession de30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l'Etat de Côte d'Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard GISCARD d'ESTAING pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l'accès au dit boulevard. Coût de l'échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l'AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L'étude d'impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6milliards de FCFA entièrement à la charge de l'État de Côte d'Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard GISCARD d'ESTAING, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999. La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory »étant bouclée, la mise en oeuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l'emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté. C'est dans l'attente du démarrage effectif des travaux que le coup d'État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d'État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition. Après l'élection du Président Laurent Gbagbo, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l'équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L'équipe-projet le réévalue en tenant compte de l'inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d'avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l'équipe projet propose une solution alternative : la construction d'un pont semi-métallique. La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au coeur d'Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l'opérateur technique et financier Bouygues et d'étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d'Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l'Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI. C'est alors q'un autre coup d'État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Le coup d'État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d'Ivoire. Après toutes ces péripéties, le Président Laurent Gbagbo demande qu'une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s'en remet au Ministère de l'Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l'épargne garanti par le compte séquestre. Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA. Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l'opérateur Bouygues soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l'évaluation des dommages et intérêts. Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l'État ivoirien. D'une pierre la Côte d'Ivoire peut réaliser deux coups:

1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres

2/ éviter le péage en plein coeur d'Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en2009, le Ministère de l'Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d'un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l'opérateur Bouygues sur la construction de l'échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l'État ivoirien pour la construction de l'échangeur. Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétexte jusqu'au 11 avril2011.

Pour écarter l'expertise ivoirienne, ADO fait revenir, Serey Eiffel, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au Gabon où il a dirigé la société écran d'Alassane Ouattara : l'Institut International pour l'Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée.

La mise à l'écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l'expertise française en Côte d'Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers« prêts à porter » constituent une « banque »de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en oeuvre du pont de Jacqueville, de l'autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l'Hôtel Ivoire et du programme d'urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri Konan Bédié est l'expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d'Ivoire et à terme, entre l'occident et l'Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on est mieux servi que par soi-même, dit l'adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d'Ivoire et le futur visage français de l'économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l'Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara à payer les salaires, d'une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les Ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane Ouattara et le Groupe Bouygues choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président Gbagbo propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs retro commissions.

Les divergences d'approche du développent de la Côte d'Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des ivoiriens par le Président Laurent Gbagbo sont la cause fondamentale de l'emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d'Ivoire par la françafrique.


*Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l'équipement et de l'assainissement du gouvernement Gilbert Aké Ngbo.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

jeudi, 29 septembre 2011

LIBYE: LE RETOUR PETARADANT DE KADHAFI - GADDAFI IS BACK!



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Nous pouvons, sans le moindre risque, d'ores et déjà vous annoncer que les jours de l'OTAN/CNT déchanteront d'ici la semaine prochaine et que le vrai leader de la Jamahiriya arabe libyenne et socialiste sera de retour. Et fortement. Tremblez bande de tueurs d'enfants ! Ah, au lieu de mettre sur pied un vrai gouvernement, l'illégitime CNT s'est engagé dans une partie de poker menteur insipide où, il a simplement donné des postes ministériels par ville. Une sorte de planification hypocrite alors que le « rebelle » choisi de Brega ou de Misrata ne représente que lui-même et non la population de sa zone tribale ou de sa région. Ce Gouvernement fantoche est donc refusé par les chefs de tribus, sans que les médias « meanstream » n'en parlent. Mais, il y a pire.

Ces médias auraient aimé dire urbi et orbi que le leader panafricaniste libyen a été pendu haut et court, qu'il a été arrêté ou même tué. Hélas, tous ces rêves en couleur sont renvoyés aux calendes grecques parce que l'insaisissable guide bénéficie de la protection de vaillants guerriers Touaregs irrépérables dans le désert arrivés par milliers sur le sol libyen (12 000 membres) et que des millions de Libyens lui apportent soutien et aide journalière face à la sempiternelle et immémorielle barbarie de l'Occident via l'OTAN contre l'Afrique.

Pour atteindre le guide libyen, faudrait tuer des dizaines de milliers de Libyens. C'est vrai que les monstres génocidaires de l'OTAN ne reculent devant rien et argueront comme depuis le début, alors qu'ils bombardent les populations civiles, que, « c'est pour la protection des civils »...mon oeil. Des opérations d'envergure et inarrêtables auront lieu bientôt, à Tripoli voire Benghazi. Soyez en sûr. Peu à peu, le Libyen sort de sa torpeur et se réhabilite. Le danger viendra d'un enfant, d'un vieux, d'une femme. Quoi de plus légitime quand la souveraineté de son pays est menacée ? Quand on veut vous réduire en esclavage ?

Ce qui est réel aujourd'hui, malgré le black-out total sur ces évènements, sachez que Brega, Zawiyah  ou encore Ras Lanouf, ne sont plus aux mains du CNT. A Zliten, les renégats sont entrain d'être mis en déroute. La non-information, pour ne pas décourager les « troupes », et surtout pour ne pas montrer que l'intervention de la coalition armée la plus « puissante » au monde est mise en échec par un petit peuple, mais vaillant. Il ne faut pas en parler, donc. La haute technologie, la puissance de feu et la propagande mortifère ne peuvent venir à bout d'un peuple fier.

Ne vous méprenez pas, la prise supposée de Tripoli n'est en rien la fin de quoi que ce soit. Le génocide organisé, enfin, contre les villes de Syrte ou de Bani Walid parce qu'elles sont proches de Mouammar Kadhafi par affinités ethnico-tribales ne changera rien à la situation. Le CNT qui ne peut gagner la guerre face aux loyalistes ne peut imposer une quelconque autorité sur les Libyens. Leur seul salut c'est l'implantation ad vitam aeternam des soldats de l'apocalypse de l'OTAN en Libye. Après le vrai-faux charnier d'Abou Salim que nous dénoncions, nous sommes heureux de savoir que les médias « meanstream » reconnaissent enfin leur faute. Certains sont allés jusqu'à dire que c'était l'oeuvre d'Hannibal Kadhafi.

 

Source : Le blog d'Allain Jules

mercredi, 28 septembre 2011

L'ANCIEN CONGRESSMAN AMERICAIN WALTER FAUNTROY: «J'AI VU LES TROUPES DE L'OTAN DECAPITER DES LIBYENS»

 


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L'ancien congressman américain, Walter Fauntroy.


Un ancien congressman américain, Walter Fauntroy [*], qui est récemment rentré d'une mission de paix (négociateur de bonne volonté pour tenter de stopper la guerre) en Libye, a déclaré « qu'il s'est caché pendant environ un mois en Libye après avoir été témoin d'évènements horribles pendant la sanglante guerre civile en Libye », une guerre qui, selon Fauntroy [*], est soutenu par les « forces européennes ». De retour aux États-Unis, il a donné une interview à « US Afro ».


La disparition soudaine de Fauntroy [*], avait déclenché des rumeurs et des articles de presse disant qu'il avait été tué. Dans une interview à son domicile de « Northwest DC » au journal « US Afro » la semaine dernière, le fameux leader des droits civiques, a déclaré aux journalistes qu'il a vu des petits villages attaqués par des troupes françaises et danoises tard dans la nuit, décapitant, mutilant et assassinant les « rebelles » et les « loyalistes » afin de leur montrer qui commande.

« Quel est cet enfer ? Pensais-je. Je me suis sorti de là et Je suis donc parti clandestinement », a déclaré Fauntroy [*], ajoutant que les « forces européennes » avaient ordonné aux rebelles de rester à l'intérieur. Selon Fauntroy [*], les « forces européennes » diraient ensuite aux « rebelles », « regardez ce que vous avez fait ». En d'autres termes, les français et les danois ont reçu l'ordre de commettre ces attentats et assassinats, et de faire ensuite accuser les rebelles. « La vérité là-dessus viendra plus tard », a déclaré Fauntroy [*].

L'ancien député a également dit avoir rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi lors d'une conversation en tête-à-tête. Fauntroy [*] dit avoir parlé avec Kadhafi en personne et que Kadhafi lui a assuré que s'il survit à ces attaques, sa mission d'unir les pays africains continuera.

« Contrairement à ce qui est rapporté dans la presse, à partir de ce que j'ai entendu et observé, plus de 90 pour cent du peuple libyen aime Kadhafi », a déclaré Fauntroy [*]. « Nous pensons que la véritable mission des attaques contre Kadhafi est de s'opposer aux efforts des leaders africain entrepris pour arrêter la re-colonisation de l'Afrique ».

Les assertions de Fauntroy [*] n'ont pu être vérifiées par le journal « US Afro » et le département d'État US n'a pas validé la version des faits de Fauntroy [*]. Fauntroy n'a pas agi comme un représentant officiel des USA en Libye. Le Département d'Etat américain n'a pas commenté la version des évènements donnée par Fauntroy [*]. Fauntroy n'a pas agit officiellement en tant que représentant des États-Unis en Libye. Il est retourné à Washington, DC, le 31 août 2011.

Lorsque les rumeurs disaient que Fauntroy [*] avait été tué, il entra dans la clandestinité. Fauntroy [*] a déclaré que pendant plus d'un mois, il avait décidé de ne pas contacter sa famille afin de continuer sa mission de discussion avec les dirigeants d'un mouvement spirituel africains pour unifier l'Afrique malgré les soulèvements arabes. « Je suis toujours là », a déclaré Fauntroy [*] pointant vers plusieurs parties de son corps. « J'ai tous mes doigts et mes orteils. Je suis extrêmement chanceux d'être ici ».

Après les blogs et les rumeurs rapportant que Fauntroy [*] avait été tué, le bureau du Congrès de Delaware Eleanor Holmes Norton annonça le 24 août 2011 qu'il avait été en contact avec les autorités qui confirmèrent qu'il était sauf et pris en charge par le « Comité international de la Croix-Rouge ». Fauntroy [*] est rentré à Washington DC le 31 août 2011.

A l'intérieur de son domicile, Fauntroy [*] sorti plusieurs mémoires et cahiers expliquant pourquoi il a voyagé en Libye à un moment où le pays passait par des « troubles civils ». « Ce récent voyage en Libye se faisait dans la continuité d'une mission qui a commencé avec le Dr. Martin Luther King quand il m'a donné l'ordre de rejoindre quatre pays du Continent africains accompagné de quatre organisations de la diaspora africaine pour relier les liens cassés par colonisation », a déclaré Fauntroy [*]. « Nous voulons que l'Afrique soit le grenier du monde », a-t-il dit. « Actuellement, toutes les routes principales dans chaque pays à travers l'Afrique conduit à des ports qui prennent ses ressources naturelles et ses richesses en dehors du continent pour les vendre sur les marchés européens ».


NOTE :

[*] Le révérend Walter Fauntroy fut le représentant personnel de Martin Luther King Jr. à la « Maison-Blanche ». Elu démocrate de Washington DC, il siégea à la « Chambre des représentants » de 1971 à 1991. Il est aujourd'hui très actif dans de nombreuses organisations pour le développement du continent noir. L'ancien député US Walter Fauntroy compagnon de Martin Luther King, qui est récemment revenu d'une mission de paix en Libye, a précisé qu'il était resté caché pendant un mois après avoir été le témoin d'horribles évènements de cette sanglante guerre civile de Libye, une guerre dont Fauntroy assure qu'elle fut menée par des « forces européennes ».

Prisonnier avec les journalistes du « Réseau Voltaire » dans l'« Hôtel Rixos », il n'a échappé que de justesse à la mort : nous pouvons témoigner que la secrétaire d'État Hillary Clinton avait personnellement donné l'ordre de l'exécuter. Il n'a dû son salut qu'à sa foi et à l'intervention d'une très haute personnalité militaire US.


Source : NERRATI.NET

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

AÏCHA KADHAFI N'Y EST POUR RIEN

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Aïcha Kadhafi a qualifié des membres du CNT de traîtres, Medelci : «Des propos inacceptables»

 

"Dans une récente sortie médiatique, la fille de Kadhafi, à qui les autorités algériennes ont accordé l'asile pour des raisons humanitaires, a déclaré que son père allait bien et s'en est prise aux nouvelles autorités libyennes". Le site Algérie 360.

 

Plus passent les mois plus s'estompe l'euphorie qui s'est emparée des colonialistes au début de l'entreprise coloniale en Libye. Les heures prévues pour la «victoire» se sont transformées en semaines, puis en mois, ensuite en «prolongation de trois mois» de l'opération «protecteur unifié». Si rien n'est fait, ces prolongations, il va certainement y en avoir indéfiniment. Pour le moment, la résistance arrive encore à les justifier. Plus tard, si par malheur elle venait à être réduite, les puissances engagées trouveront bien une explication à leur nécessaire maintien dans le pays. Le plan est déjà prêt, à n'en point douter, qui aidera à faire perdurer la fiction politique et militaire d'un pouvoir autochtone issu d'une révolution.

Pour le moment, il s'agit d'abord de faire place nette pour que les affaires reprennent et la mission n'est pas de tout repos. D'autant que les supplétifs à terre n'arrivent pas à avancer au gré des bourses financières qui jouent du yoyo. Et les choses traînent. Ce qui est proprement désastreux, dans un climat économique délétère qui a plus que jamais besoin de promesses claires à échéances rapprochées. Jusqu'ici, on utilise toujours la formule du début. Mais elle fait de plus en plus preuve d'inefficacité. Alors qu'il y a l'urgence qui se fait ressentir de se faire payer en retour. Récupérer l'industrie pétrolière, sécuriser le territoire, réimplanter les compagnies qui doivent exploiter les ressources, donner le pays à reconstruire aux entreprises qui s'impatientent, autant d'objectifs vitaux qui sont sans cesse repoussés. Cela ne pourra durer sans devenir insupportable à un système où tout investissement requiert des retombées.

Et nous sommes dans l'incertitude absolue, dans une «absence de visibilité» disent les spécialistes. Situation mortelle pour le «marché». Maigre compensation, un projet off-shore, à 100 km des côtes libyennes, hyper protégé, a pu reprendre et c'est vraiment un hasard si c'est celui de Total. Malgré tout, posons l'hypothèse que tout va se terminer pour le mieux pour la «révolution». Plus de résistants, ces «pro-Kadhafi» comme on les appelle, et établissement de l'autorité du «nouveau pouvoir» sur toute la Libye. On devra immédiatement se rappeler qu'on a dit aux jeunes, qui sont allés au casse-pipe, que les bombardiers sont juste là pour les aider et qu'ils repartiraient gentiment chez eux dès que le «danger kadhafiste» sera éliminé.

On devra se rappeler, surtout, qu'il faudra les convaincre que la «révolution» c'était pour qu'ils soient désormais libres de trouver du travail ou de goûter au chômage sans allocation, qu'ils doivent payer pour se loger, pour se soigner, pour étudier et pour bien d'autres choses. Ce sera le plus dur à faire passer et si on ne leur a pas dit ça au début, c'est qu'on savait qu'ils n'auraient pas marché. On leur a aussi caché que l'OTAN n'était pas là pour des prunes, on leur a juste dit qu'elle resterait dans le ciel quand beaucoup d'entre eux ont refusé qu'elle vienne les «protéger». Parions qu'ils déchanteront et que l'OTAN trouvera bien quelque chose à «protéger», le cas échéant. Ceci reste une hypothèse.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM

lundi, 26 septembre 2011

POUR EN FINIR AVEC LE PRINTEMPS ARABE, COMMENÇONS PAR NOUS DECOLONISER MENTALEMENT

 


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Par Professeur Chems Eddine CHITOUR, le lundi 26 septembre 2011.


«Si un événement arrive par hasard, vous pouvez être sûr qu'il a été programmé pour se dérouler ainsi.» Franklin Delano Roosevelt (ancien président des Etats-Unis d'Amérique).

Cette boutade d'un ancien président des Etats-Unis est d'une brûlante actualité. Elle peut à elle seule expliquer la boulimie de mimétisme qui nous prend d'organiser des colloques, congrès, conférences sur ce que la doxa occidentale appelle le «Printemps arabe». On le voit, une révolution, une révolte, une jacquerie qui appartient aux Arabes reçoit son nom de baptême d'un Occident qui, plus que jamais, dicte la norme comme l'a pointé du doigt Sophie Bessis dans un ouvrage remarquable et prémonitoire: «L'Occident et les autres: histoire d'une suprématie» parue aux éditions La Découverte. Nous allons donner notre sentiment sur ces colloques en prenant l'exemple de celui organisé par le journal El Watan avec d'éminents spécialistes. Nous lisons sous la plume de Mustapha Benfodil: «Un colloque sur les révolutions arabes se tient du 23 au 25 septembre et se propose de disséquer cette formidable lame de fond qui soulève comme un seul homme le Monde arabe, de Casa à Damas et de Tunis à Sanaa. Une lame de fond qui a pour étincelle l'auto-immolation de Mohamed Bouazizi, un diplômé au chômage improvisé camelot, un certain 17 décembre 2010 dans la province de Sidi Bouzid, en Tunisie(1).

Ce qui est en cause, c'est d'abord le choix du thème: le Printemps arabe de l'Atlantique au Golfe. Le thème sur le Printemps arabe est, dès le départ, une allégeance et une soumission intellectuelle à la doxa occidentale qui, la première, a décidé d'appeler ainsi ces mouvements. Pour Mohammed Hachemaoui, enseignant à l'université d'Alger et qui a soutenu une thèse le 17 décembre 2004 à l'Institut d'études politiques sur la corruption en Algérie, l'histoire commence, pourrait-on dire à «Sumer» (Sidi Bouzid) quelque part dans une petite ville de Tunisie. «Depuis l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, une nouvelle page de l'histoire est en train de s'écrire dans le Monde arabe», constate-t-il. «Une vague irrépressible de soulèvements populaires emportant tour à tour Ben Ali et Moubarak, (...) deux amis et alliés protégés par l'Empire. Il s'agit bel et bien d'un événement.»(1)

Le début des révoltes

Monsieur Hachemaoui va jusqu'à épouser la thèse occidentale comme celle de Gilles Kepel, et tant d'autres qui n'ont pas vu semble-t-il «venir» les événements- qu'ils ont commandités- mais qui se félicitent que ces révoltes ne soient pas connotés par l'Islam. Pour eux, le soubassement de ces révoltes parfumées n'a pas les fondements classiques imputables à un hypothétique choc des civilisations. Tout ceci est bien beau, mais il est quand même étonnant pour l'auteur de fixer le début des révoltes du Printemps arabe à une immolation qui aurait pu passer inaperçue n'étaient les médias occidentaux qui en ont décidé autrement. Cela me rappelle ce que nous écrivions pour répondre aux mêmes propos d'une universitaire tunisienne qui voyait dans la révolte des jeunes en Tunisie une analogie totale avec la prise de la Bastille, la fuite du roi (Ben Ali), l'arrestation à Varennes (à l'aéroport) avec Marie-Antoinette (Leïla Trabelsi). Mimétisme quand tu nous tiens! Comme si 1789 était un horizon indépassable!(2)

La réalité est malheureusement tout autre. Si nous n'inscrivons pas toutes ces indignations de la jeunesse arabe dans un «agenda occidental» nous n'avons rien compris au mouvement du monde. Nous aurions souhaité que lors de ce colloque, au lieu d'asséner des lapalissades de salon qui n'ont aucune portée, ces augustes personnes rétablissent l'Histoire, des révoltes récentes. Pour l'histoire. Le ras-le-bol arabe n'a pas commencé en décembre 2010 mais en octobre 1988 en Algérie. Le tribut fut très lourd. La jeunesse algérienne a été la première -triste privilège- à mourir pour s'être battue pour la démocratie, la liberté. Sauf que ça n'intéressait personne.

L'Algérie a payé le prix de la démocratie avec une décennie rouge et dit-on 200.000 morts, 10.000 disparus et 30 milliards de dollars de dégâts sans compter les traumatismes que nous allons encore trainer pendant longtemps. Il a fallu attendre l'après-11 septembre 2001 pour que la voix de l'Algérie soit audible concernant le terrorisme. N'est-ce pas là un sujet concernant la révolte arabe? Nous aurions espéré aussi que cet aéropage de compétences nous dise leur sentiment de ce qui se passe en Palestine, en Syrie et en Libye où, comme le relève Djamel Labidi, il y a maldonne, l'Otan bombarde des personnes qu'il était censé protéger. Ecoutons-le: «Conformément à la résolution 1973, ou du moins l'interprétation qu'ils en ont faite, l'Otan ne devrait-elle pas à présent bombarder... les positions du CNT? En effet, c'est celui-ci qui est désormais le pouvoir et ce sont les autres, les «gueddafistes» qui sont à présent «les rebelles». C'est donc le nouveau pouvoir, le CNT, qui, aujourd'hui, «bombarde son propre peuple», à Syrte et ailleurs, et qui tombe sous le coup de la résolution 1973 de l'ONU.

Je plaisante? A peine. Car on voit ainsi à quoi a été réduit le droit international. C'est le cas aussi de la reconnaissance de l'Etat palestinien. Le gouvernement français s'était empressé de reconnaître le CNT libyen alors que rien ne prouvait sa légitimité. C'est de l'étranger que le CNT a tiré d'abord sa légitimité. Mais le gouvernement français ne veut pas reconnaître l'Etat palestinien qui, lui, est légitime depuis 60 ans... Depuis toujours. (...). Les révolutions arabes continuent de charrier le meilleur et le pire. Je lisais dans un journal français (le Nouvel Observateur. 13 septembre 2011) un reportage sur une jeune Libyenne de 24 ans qui s'enorgueillait d'avoir fourni des renseignements à l'Otan, par le relais d'Al Jazeera, sur les cibles libyennes à attaquer, quand l'intervention militaire se préparait». (3)

Ahmed Halfaoui abonde dans le même sens: «On parle toujours de «rebelles» en Libye, pourtant il y a un Etat, avec un drapeau tout neuf, qui y a été installé par l'Otan. La remarque vient du fait que ce n'est pas pour désigner la résistance populaire qui, depuis sept mois, fait toujours front dans le pays, mais les troupes du pouvoir «élu» d'abord dans les salons des grandes puissances et confirmé par l'ONU. (...). Les rebelles ne peuvent être que les Libyens qui défendent leur terre et leurs maisons à Syrte, Beni Walid, Ras Lanouf, Zaouiah, Tarhouna, Sebha, Brega et là où ils tiennent des positions, et qui font le coup de feu à Tripoli et dans tous le pays. Rien ne justifie le vocabulaire qui règne dans les médias. (4)

La réalité du «Printemps arabe»

Comme par hasard, les monarchies arabes dociles aux Etats-Unis et à Israël ont survécu à la ««tempête du Printemps arabe»». Cependant, à Bahreïn au Yémen, silence on tue, mais là l'Empire ne bouge pas donc, les vassaux européens regardent ailleurs. Nous aurions voulu que lors de cette réunion savante on démonte la mécanique de ces révoltes pour y voir une manipulation de grande ampleur et la «spontanéité» des révoltes est un paramètre qui a été mis en équation pour susciter le chaos pour le plus grand bien de l'Empire et de ses vassaux. Tout le monde se souvient des bloggeurs qui ont catalysé les révoltes en Egypte, en Syrie...On le voit, ce qui a perdu les potentats arabes, c'est le lâchage de l'Occident mis en musique par l'Internet et un projet mûrement réfléchi qui a travaillé sur un terreau favorable, une masse arabe toujours prête à l'émeute constamment en posture pré-insurrectionnelle au vu de la hogra, le déni de justice, les passe-droits la corruption institutionnalisée, bref ce que décrit admirablement justement Mohammed Hachemaoui dans sa thèse soutenue en 2004 sur la corruption. Le chaos en Irak, en Afghanistan, ne gêne pas la curée sur les matières premières et le pétrole. Les Afghans, les Irakiens et de plus en plus les Libyens peuvent se démolir à qui mieux mieux au besoin aidés par les bavures des drones, cela ne gênera pas l'écoulement du pétrole qui, aux dernières nouvelles, commence à être exploité par Total.

Le droit d'ingérence

Ce colloque me donne la pénible impression, outre le fait qu'il n'apporte rien de nouveau, de s'apparenter au discours main stream occidentale. Nous lisons dans ce cadre un morceau d'anthologie sous la plume de Jean Daniel: «...Il était inévitable, avec la progression des ondes de choc venues de Tunis et du Caire,que l'émergence du Printemps arabe suscite des polémiques et des affrontements. (...) Nous n'avions qu'à applaudir, qu'à nous solidariser et à décider de faire l'impossible pour que personne ne confisque aux peuples qui s'étaient libérés, leur révolution. (...) C'est alors que s'est posé le problème du devoir d'assistance et du droit d'ingérence. (...) En Libye, le Conseil de sécurité, la Ligue arabe et l'Otan représentée par la France et la Grande-Bretagne ont décidé de faire un choix qui impliquait un viol de souveraineté.

Kadhafi menaçait d'écraser une partie de son pays et de son peuple, et menaçait d'ailleurs le monde entier. La communauté internationale s'est octroyée un «droit d'ingérence exceptionnel». (...) A quoi sert de dire que l'on ne s'est pas opposé à l'intervention israélienne à Ghaza, si les membres du Conseil de sécurité ne sont pas d'accord entre eux pour le faire? La justice, en géopolitique,n'est pas abstraite. Elle dépend des circonstances et de ceux qui ont en charge de la définir et de l'appliquer. Il y a toujours eu «deux poids, deux mesures». (....) A la réflexion, et tout compte fait, j'ai décidé de préférer le comportement ostentatoire d'un BHL à l'indifférence dédaigneuse et frileuse de ses rivaux. BHL (...) d'autre part, à force de vouloir être Malraux, il va peut-être finir un jour par lui ressembler». Tout est dit, le devoir d'ingérence, Kadhafi qui assassine puis est pourchassé, le deux poids, deux mesures s'agissant d'Israël et BHL, le Malraux qui s'ignore. Pourtant, il faut lire l'ouvrage de Gene Sharp qui décrit par le menu comment faire une révolution non violente et la réussir. Nous y trouverons tous les symptômes constatées dans les révoltes légitimes tunisiennes et égyptiennes, libyennes et qui, rapidement, ont été «prises en charge».

Ahmed Bensaâda nous présente l'ouvrage: «De la dictature à la démocratie», livre de chevet depuis près de deux décennies de tous les activistes du monde non occidental rêvant de renverser des régimes jugés autocratiques. (...) Dans cet ouvrage, Gene Sharp décrit les 198 méthodes d'actions non violentes susceptibles d'être utilisées dans les conflits en vue de renverser les régimes en place. Parmi elles, notons la fraternisation avec les forces de l'ordre, les défilés, les funérailles massives en signe de protestation, les messages électroniques de masse, les supports audiovisuels, les actes de prière et les cérémonies religieuses, l'implication dans le nettoyage des places publiques et des endroits qui ont été la scène de manifestations, l'utilisation de slogans forts (comme le «Dégage» ou «Irhal»), des logos (comme le poing fermé), des posters avec les photographies des personnes décédées lors des manifestations et une certaine maîtrise de l'organisation logistique»» (6).

« (...) Cette brillante application des théories de Gene Sharp fut suivie par d'autres succès retentissants: Géorgie (2003), Ukraine (2004) et Kirghizistan (2005). Voici ce que dit, en 2010, Pierre Piccinin, professeur d'histoire et de sciences politiques: «Les "révolutions colorées" [...] ont toutes mis en oeuvre la même recette: un groupuscule organisateur est financé par l'étranger et soutenu logistiquement (ordinateurs, abonnements à Internet, téléphones portables...). Formé par des professionnels de la révolution, sous le couvert d'ONG censées promouvoir la démocratie, telle la célèbre Freedom House, il arbore une couleur et un slogan simple. Le but: se débarrasser d'un gouvernement hostile et le remplacer par des leaders amis».(6) Ahmed Bensaâda met dans le même paquet la manipulation concernant l'Iran où l'on se souvient de la jeune dame «tuée» dont l'image a fait le tour du monde. Les évènements qui ont secoué la rue iranienne pendant l'été 2009 ont été riches en enseignements. (...) L'éclatant succès des révoltes populaires en Tunisie et en Égypte est certainement dû à une application pragmatique des méthodes d'actions non violentes de Gene Sharp. Les jeunes activistes de ces deux pays (ainsi que ceux de plusieurs autres pays arabes) ont été formés aux nouvelles technologies par les organismes américains d'«exportation de la démocratie». Ils ont participé à de nombreuses rencontres dont celles organisées par l' «Alliance of Youth Movements» (AYM) en 2008, 2009 et 2010. (...) Il va sans dire que les révoltes populaires dans ces deux pays se sont largement inspirées des expériences des révolutions colorées et de la révolte de la rue iranienne. (....)» (6).

Ce colloque, qui aurait pu proposer quelques pistes de réflexion quant à une sortie de crise, se termine comme les autres, tous les autres, selon un scénario lisse qui ne perturbe pas «l'ordre établi» par une prise de position claire, nette, précise. Adoube-t-il l'ignominie qui se déroule sous nos yeux? Après le carnage à huis clos de la Libye voici venir le tour de la Syrie. Certes Al Assad doit partir mais au bout d'un processus que l'Occident ne veut pas. Je ne peux m'empêcher de donner la parole à soeur Agnès -Mariam de Chrétiens d'Orient qui s'explique sur la Syrie: «(...) Aussi, c'est avec soulagement et gratitude que les chrétiens non gagnés aux thèses fallacieuses des maîtres du monde, accueillent les courageuses et franches assertions du Patriarche concernant la situation dramatique liée au «Printemps arabe». «Que se passera-t-il en Syrie? Y aura-t-il une guerre sunnito-alaouite dans ce pays? Ce serait, non pas une démocratie, mais un génocide (...) Présentées comme étant des quêtes démocratiques populaires, les manifestations sont le trompe-l'oeil tout trouvé pour faire exploser la situation en Syrie et justifier, au cas où le besoin se présente, une intervention militaire comme en Libye». (7)

Le monde est en pleine mutation. Allons-nous vers la «Bellum omnium contra omnes», «la guerre de tous contre tous» prévue par Thomas Hobbes? Le monde ancien est en train de s'écrouler. Le drame des peuples arabes est que l'alternance à la pointe des canons de l'Otan est suspecte, il est hors de doute que les futurs dirigeants adoubés par l'Empire vont continuer comme leurs prédécesseurs à tétaniser leur peuple. Pendant ce temps-là l'Occident regardera ailleurs pourvu que les sources de rapines de matières premières et d'énergie soient garanties. Ainsi va le monde. Seule une révolution endogène de la taille de l'immense révolution algérienne, véritable lame de fond, permettra aux peuples de prendre en main leur destin.


1. Mostefa Benfodil monde-arabe-une-nouvelle-page qui s'écrit El Watan 24-09-2011
2. C.E.Chitour http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25328
3. DjamelLabidi http://www.legrandsoir.info/guerre-contre-la-libye-le-meilleur-et-le-pire.html
4.
Ahmed Halfaoui http://www.lesdebats.com/editions/250911/les%20debats.htm
5. Jean Daniel: Deux poids, deux mesures Blog NouvelObs. 26.04.2011
6. Ahmed Bensaada - Les limites de la théorie de la non-violence Le Grand soir 21.09.2011
7. Agnès-Mariam: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

 

Source : L'EXPRESSION DZ

LA CRISE ECONOMIQUE LES BALAIERA TOUS!

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LES SOLUTIONS DU GROUPE ATTAC

Au milieu de cette crise récurrente du système économique qui n'en finit plus de tituber et de hoqueter sous ses propres contradictions insolubles - incapable de sauver sa destinée, sinon en transférant le poids immense des dettes souveraines sur le dos des différents peuples appauvris -, voilà qu'une voix venue de France susurre ses « solutions » et apporte sa contribution afin d'empêcher ce système moribond d'effectuer le grand plongeon.

Suzanne George, présidente d'honneur d'ATTAC-France et auteur prolifique, était en visite à Montréal pour consolider l'Université d'été des Nouveaux Cahiers du Socialisme, un groupe de militants contrits de voir s'étioler ce système économico - politique « démocratique » qu'ils ont tant chéri (1).

Madame George et ses semblables, analystes de « gauche » de moult horizons, sont outrés de constater les disparités de revenus entre les riches et les pauvres, conséquences inéluctables et fondement du système capitaliste. L'auteur du livre « Leurs crises, nos solutions » présenta donc une série de statistiques révoltantes démontrant hors de tout doute raisonnable que les riches sont toujours plus riches et que les pauvres toujours plus pauvres, jusqu'à la famine et la multiplication des SDF (sans domicile fixe), pourrions-nous surenchérir aux propos de Madame George.

Puis, constatant que l'État bourgeois (pas du tout démocratique comme chacun a pu le constater lors du G-20 à Toronto à l'été 2010), l'État au service des riches, l'État des capitalistes géré par leurs hommes de main contre forte rémunération ; constatant disions-nous que tous les États nationalisent les dettes souveraines et privatisent les actifs publics,dégrèvent la fiscalité des riches et surchargent la fiscalité des travailleurs et de la petite bourgeoisie en voie de paupérisation (d'où leurs récriminations) ; la présidente honoraire crie au scandale et propose non pas la destruction de ce système inique mais plutôt des solutions pour le sauver de l'extinction.

À la traîne de Gérald Fillion, l'analyste de service à la télévision de Radio-Canada, Suzanne George déclame, et nous citons : « Il fallait les sauver (les banques) parce que l'on ne pouvait pas laisser tout le système s'écrouler, c'aurait été les assurances, la sécurité sociale, les investissements, les retraites et tout, alors cela n'était pas possible (...).  Il fallait dire aux banques : vous êtes partiellement ou totalement socialisées,  voilà un cahier des charges que vous allez suivre et vous allez investir un quota dans les PME-PMI qui ont un projet vert ou qui ont un projet d'investissement pour le bien de la communauté... Vous allez suivre ce cahier des charges et vous allez payer des taxes normalement et vous allez rémunérer vos directeurs normalement. Il fallait  reprendre le contrôle de cette finance qui était devenue folle (Ajoutez à cette panoplie la taxation des transactions boursières selon le principe de la taxe Tobin. NDLR). Il faut limiter les hauts salaires. Tout doit être codifié dans la loi. (...)  Ce qui manque c'est la volonté politique de le faire. » (2). Mélenchon ou le Nouveau Parti Anticapitaliste français n'auraient pas dit autrement (3).

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Comment se fait-il que personne n'y avait pensé auparavant? Tous ces « traders » boursiers astucieux, assez du moins pour frauder la bourse, le public et les gouvernements ; tous ces analystes financiers ingénieux ; tous ces banquiers industrieux, capables de doper la profitabilité de leurs institutions en pleine crise financière ; tous ces milliardaires frauduleux, suffisamment du moins pour voler le fisc pendant des années, mais pas assez futés pour suivre les conseils de madame la présidente émérite qui, à la fin, ne souhaite que leur bien !  C'est à désespérer de réchapper leur système capitaliste en faillite. Pourquoi ne peuvent-ils s'autodiscipliner ces accapareurs de la richesse collective ?

En effet, plutôt que de laisser s'écrouler leur système économique désuet, elle leur offre l'opportunité de le sauvegarder en lui refaisant une virginité. Qu'y a-t-il à redire à ce projet philanthropique du groupe ATTAC et de madame Suzanne ? L'auteur prolifique  devrait pourtant observer que dans tous les États occidentaux les assurances collectives, la sécurité sociale, les budgets à l'éducation et aux services de santé, les retraites et les investissements publics qu'elle prétend sauver vont à vau-l'eau et sont attaqués de toutes parts justement dans le but de dégager les crédits requis pour rehausser la profitabilité des banques, comme elle le souhaite ; pourtant malgré cet effort titanesque la crise capitaliste s'approfondit (4).

Un pays qui imposerait à ses banques transnationales les politiques proposées par ATTAC et l'universitaire réputée verrait celles-ci vider leurs coffres et expatrier leurs capitaux vers les paradis fiscaux (Macao, Bahamas, Caïmans et Monaco), ce qu'elles ont déjà amorcé de toute façon (5).

UN CHERCHEUR REALISTE ET ENRAGE

Appelons maintenant à la barre un expert analyste du système « néolibéral » comme se plaisent à l'appeler les opportunistes de service.

Monsieur Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS à Paris est une sommité en son domaine. Il affirme que : « Le néolibéralisme est un régime d'endettement généralisé : ménages, institutions financières, États. La crise menace de mettre à bas tout le système des institutions financières, car si la puissance publique a pu sauver les banques de la crise de la dette privée, il n'est pas certain qu'elle puisse y parvenir pour les dettes publiques (dettes souveraines NDLR). ».

C'est aussi ce que nous pensons et,  comme le professeur Lordon,  nous constatons que : « Le système européen actuel touche à l'absurde. D'un côté, les marchés financiers, pour être « rassurés », exigent l'austérité pour que toutes les sources de revenus des pays leur soient versées au travers du remboursement des dettes ; mais d'un autre côté, l'austérité empêche la croissance qui seule peut générer les recettes fiscales permettant de rembourser les dettes... Les plans européens continuent à fabriquer des surendettés futurs pour « sauver » les surendettés présents. » (6).

Ce monsieur Lordon est un fin limier exaspéré par l'entêtement de ces banquiers et de ces milliardaires qui ne veulent rien écouter de ceux qui tentent de les sauver; le directeur lance donc l'appel insurrectionnel que voici : « Jamais un groupe d'intérêt aussi puissant que celui qui s'est constitué autour de la finance ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, seule peut le mettre à bas la force d'un mouvement insurrectionnel - puisqu'il est bien clair par ailleurs qu'aucun des partis de gouvernement, nulle part, n'a le réel désir de l'attaquer. » (7).

Nous apprécions à sa juste valeur la franchise du professeur. Ce n'est pas tous les jours qu'un directeur du CNRS appelle à l'insurrection généralisée. Mais nous regrettons que l'auteur n'aille pas jusqu'au bout de son labeur puisque en conclusion il propose ceci : « Sur ces ruines fumantes - tout rebâtir ». Monsieur Lordon ne semble pas avoir compris que c'est le projet de construction capitaliste qui est fautif. Le capitalisme version améliorée ne peut être que la copie conforme du capitalisme version détériorée. C'est « built in » comme disent les anglais, ce système est ainsi fait.

Le capitalisme sans la recherche du profit maximum et l'accaparement de la plus value ce n'est plus du capitalisme. Si un magnat de la finance refuse d'appliquer cette loi et d'absorber ses concurrents, c'est lui qui sera avalé et qui se retrouvera un jour salarié de son coéquipier.

UN MILITANT ALTERMONDIALISTE UTOPISTE ET DESESPERE

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dimanche, 25 septembre 2011

OU ETAIENT LE CNP ET EUGENE KACOU QUAND LES JOURNAUX DU RHDP ONT PONDU CES BRULOTS?



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Voici quelques Unes des journaux de la coalition anti-Gbagbo. Ils se permettaient d'écrire toutes les vacheries possibles et imaginables. Au nom de la liberté de la presse, le président Laurent Gbagbo n'a jamais porté plainte contre eux. Le CNP (Conseil National de la Presse), qui est l'organe de régulation de la presse écrite, était étrangement silencieux devant ces dérives. Aujourd'hui, son président Eugène Kacou retrouve subitement la voix, menace et suspend à tour de bras les journaux libres (Notre Voie et Aujourd'hui) qui disent qu'Alassane Ouattara est un putschiste et qu'il a été installé au pouvoir suite à un coup d'Etat sanglant de la France contre le Président ivoirien Laurent Gbagbo. Ces faits sont ceux de notre histoire récente. Peut-on les falsifier sans être accusé de manipulation et de révisionnisme? Le relever, en outre, est-il un crime de lèse-majesté dans la nouvelle République de Côte d'Ivoire?

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Ce faisant, le constat est évident pour nous, et d'ailleurs, pour tous les Ivoiriens lucides et objectifs: il y a manifestement deux poids et deux mesures. Le CNP est-il désormais aux ordres de Ouattara pour réduire au silence la presse indépendante et celle de l'opposition, instaurer l'ère de l'encensement béat du pouvoir, de la pensée unique et de l'unilatéralisme journalistique? La question reste posée. "Reconnaître Ouattara ou disparaître", telle semble être la nouvelle dévise du CNP. Visiblement, les dictateurs en Côte d'Ivoire ne sont pas forcément du côté où on veut nous obliger à les voir!

Source photos et première partie du premier paragraphe :

FACEBOOK

LE KARACHIGATE: LE «PLUS GRAND SCANDALE DE CORRUPTION DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE» EST ARRIVE



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L'attentat de Karachi a tué, voici bientôt 10 ans, onze Français, un jour de mai 2002. Après des années d'enquêtes, de fausses pistes, de blocages politiques, l'instruction est en passe de faire basculer la Présidence Sarkozy. Pour sa 228ème semaine à l'Elysée, Nicolas Sarkozy craint le pire et il a raison. La violence de sa réaction aux récents développements est à la mesure de la gravité de la situation: attentat, corruption, manipulation, obstruction, l'affaire est grave.


A Lyon, des chercheurs de l'Institut de physique nucléaire de Lyon auraient démonté la fameuse théorie de la relativité d'Albert Einstein: ils ont envoyé de Lyon à Milan des neutrinos «superluminiques», des particules très légères, plus rapidement que la lumière.

En Sarkofrance, c'est la République irréprochable qui a été relativisée.

Fillon, la gaffe préméditée

François Fillon a fait une gaffe. Une belle, une grosse. Jeudi, il a annoncé... une nouvelle réforme des retraites ! On croyait que la précédente, qui a été votée il n'y a pas un an, devait résoudre tous nos problèmes. Pire, Fillon s'est abrité derrière l'exigence de faire converger notre fiscalité et nos régimes sociaux avec ceux de nos voisins allemands.

Outre-Rhin, la retraite nous est annoncée à 67 ans... Dans ces raccourcis oratoires, le premier ministre oubliait de préciser l'essentiel: les Allemands n'ont besoin que de 35 annuités de cotisations pour bénéficier d'une retraite complète. La France, avec 41 annuités et demi, affiche déjà l'un des régimes les plus durs d'Europe. Vendredi matin, rétropédalage. Le secrétaire d'Etat Pierre Lellouche confie à France2 que Fillon voulait bien sûr parler de l'âge légal pour une retraite à taux plein...

Cette polémique volontaire a rapidement échoué. L'attention générale était ailleurs.

Agitation diplomatique

Nicolas Sarkozy avait préféré consacrer l'essentiel de sa semaine à s'agiter sur la scène des Nations Unies, à New-York. Avant de partir, il avait une fois rencontré son grand ami dictateur du Kazahstan, autoproclamé « père de la nation ». Le pays que dirige Noursoultan Nazarbaïev d'une main de fer a du pétrole, du gaz et de l'argent. Un client idéal. Quatre jours à peine après de grandes leçons de démocratie et d'odes au printemps arabe sur une tribune à Benghazi, le même Nicolas Sarkozy accueillait avec tous les honneurs, et une interminable déclaration commune, cet autocrate régulièrement épinglé par les associations de défense des droits de l'homme. On doit sans doute commercer avec tout le monde, on n'est pas obligé de ridiculiser l'exigence démocratique par de telles courbettes.

A New-York, Nicolas Sarkozy amusait la galerie. Son agenda était en fait très allégé. Il cherchait juste la bonne image à envoyer aux journaux télévisés français, lui sur une tribune onusienne, lui avec Barack Obama, lui avec Mahmoud Abbas. Effectivement, il a bien eu ses moments de petite gloire: un discours d'une vingtaine de minutes à l'Assemblée générale... comme 192 autres chefs d'État ou de gouvernement. Il eut aussi ses rencontres diplomatiques, mais peu nombreuses et très brèves. Et jeudi, troisième et dernière journée de son périple, il s'était consacré à un hommage à la ... Statue de la Liberté pour son 150ème anniversaire. Honnêtement, on s'en fichait un peu. Pendant quelques heures, les communicants élyséens ont même failli nous faire croire que Nicolas Sarkozy avait trouvé la solution miracle, le compromis idéal pour concilier Palestiniens et Israéliens. Quel Grand Homme ! En fait, il avait proposé un statut d'État observateur à la Palestine, une formule ... prévue dans les statuts de l'ONU. Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, ne s'est pas démonté. Vingt-quatre heures plus tard, il demandait officiellement la reconnaissance de la Palestine dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capital. Le moment était historique, mais Nicolas Sarkozy l'a raté. Sarkozy était déjà reparti.

Jeudi soir, il fallait bien rentrer à Paris. Il y avait le feu. A distance, Nicolas Sarkozy paniquait.

Panique politique

Mardi, l'Elysée avait été informée qu'un proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, était placé en garde à vue. C'était illégal, mais bon, nous avions l'habitude. Gaubert, un « intime » a juste eu le temps de prévenir Brice Hortefeux, qui travaille désormais à l'Elysée. Le juge Renaud van Ruymbeke, en charge de l'instruction sur le volet financier de l'affaire de Karachi, a pu passer à la vitesse supérieure après les révélations de deux femmes, les semaines précédentes. L'épouse de Ziad Takieddine, divorcée le 14 septembre, et Hélène Gaubert, également séparée mais depuis 5 ans. De leurs témoignages respectifs, le juge apprend que Ziad Takieddine, un homme d'affaires proche de Nicolas Sarkozy depuis des lustres dont le site Mediapart a révélé les liens et l'entregent, et Thierry Gaubert aimaient aller en Suisse déposer ou retirer des espèces en grande quantité. Lors de son audition, Gaubert reconnait l'existence de comptes en Suisse mais nie tout retrait significatif.

Le lendemain, Gaubert est mis en examen. Un autre ami, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur et témoin de mariage de Sarkozy en février 2008, est placé en garde à vue, son domicile et son bureau perquisitionné. Jeudi matin, Bazire est à son tour mis en examen. Les charges sont lourdes, abus de biens sociaux. Toute la presse, ou presque, fait sa une sur ce Karachigate devenu Sarkogate. Même TF1, le soir, diffusera un reportage sur les comptes de campagne truqués d'Edouard Balladur en 1995.

Nicolas Sarkozy est en rage. Cette affaire l'a toujours fait sortir de ses gonds. Le compte Twitter de l'Elysée s'affole dans l'après-midi de démentis en contre-arguments. Un communiqué de la Présidence est lâché. Le ton sent la panique, le texte est court et se termine par « tout le reste n'est que calomnie et manipulation politicienne. » Toute la journée, les ténors de Sarkofrance se succèdent pour dénoncer la « calomnie » et la « diversion », réclamer le respect de la présomption d'innocence. Nadine Morano, très en pointe, oublie qu'elle est ministre de la République et devient porte-parole du candidat Sarkozy sur les ondes radio-télévisées. Elle dénonce l'amalgame, Sarkozy n'était que porte-parole du candidat Sarkozy... Mais on s'en fiche: c'est son intervention comme ministre du budget en 1994/1995 qui nous intéresse; ou ses ventes d'équipements à la Libye ou en Arabie Saoudite, par Takieddine interposé, quand il était ministre de l'intérieur après 2002. Eric Besson explique « ce n'est pas le chef de l'Etat qui est visé, ça n'est pas lui qui est mis en examen.»

On sourit.

Accélération judiciaire

Mais le soir même, catastrophe. L'avocat des familles de victimes de l'attentat accuse Hortefeux de conversations téléphoniques avec Thierry Gaubert avant et pendant sa garde à vue. Le détail des échanges est quasi-intégralement publié le lendemain. Le scandale est d'Etat. Un ancien ministre, proche collaborateur de l'actuel président Sarkozy, s'est donc procuré le dossier de l'instruction (première faute), a prévenu un futur prévenu des charges qui allaient être retenues contre lui (seconde faute).

La procédure s'accélère. Une enquête préliminaire est ouverte sur le cas Hortefeux. Ce dernier se défend: «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c'est resté un ami, j'étais préoccupé pour lui, j'ai entendu des rumeurs donc je l'ai appelé pour lui en faire part, savoir si c'était fondé ou pas. Point barre, c'est tout.» Jean-François Copé, qui réclamait qu'on impose un serment d'allégeance aux armes aux Français, est aussi visé. Takieddine l'a grassement invité entre 2003 et 2005. La Commission consultative du secret de la défense nationale émet trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges Trévidic, van Ruymbeke et Le Loir dans cette affaire. Reste aux ministères concernés de suivre, ou pas, ces recommandations. Au domicile de Thierry Gaubert, la police trouve vendredi la preuve d'un transfert de 10 millions de francs de l'un de ses comptes suisse, soit exactement la somme douteuse retrouvée dans les comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

C'est la panique la plus complète. En quelques jours, quelques confessions et quelques aveux, des mois d'efforts en présidentialisation accélérée de notre Monarque ont été ruiné. Sarkozy perd tout le bénéfice de ses postures humanitaires en Libye ou protecteur en France.

Le Karachigate existe. Nous l'avons enfin rencontré. A Londres, le Guardian qualifie le Karachigate de « plus grand scandale de corruption depuis la Seconde Guerre Mondiale. »

Ami sarkozyste, où es-tu ?


In sarkofrance.blogspot.com


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

samedi, 24 septembre 2011

POUR QUI SE BAT L'OTAN EN LIBYE?

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Combattants anti-Kadhafi à Bani Walid, le 23 septembre 2011. REUTERS/Youssef Boudlal

 

L'alliance atlantique a annoncé le 21 septembre qu'elle allait prolonger de trois mois son intervention en Libye. Pour les Libyens ou pour ses intérêts personnels?

 

Le 5 septembre 2011, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) n'hésitait pas à annoncer la fin prochaine des opérations de l'alliance en Libye.

Deux semaines plus tard, alors que les communiqués en provenance de la rive sud de la Méditerranée ne cessent de nous promettre la chute définitive des «derniers bastions» du régime du colonel Kadhafi et nous décrivent la marche triomphale des forces du Conseil national de transition (CNT) sur Syrte, Sebha et Béni Walid, l'Otan décidait le 21 septembre de prolonger de trois mois supplémentaires son intervention. Se pourrait-il que d'aucuns aient vendu la peau de l'ours kadhafiste avant de l'avoir tué?

Elle court, elle court, la rumeur

L'Otan s'efforce de dédramatiser et tient malgré tout à donner de la Libye l'image d'un pays en passe de sortir de la crise. Sur son site, dans un article qui brosse un tableau pittoresque et sympathique de la vie quotidienne à Tripoli, on peut lire que les préoccupations des militaires occidentaux ne sont pas que guerrières:

Ainsi, «il est essentiel, pour un retour rapide à la normale, que les services d'électricité et d'eau soient vite rétablis. C'est ici que le choix de l'Otan de ne pas s'en prendre aux infrastructures porte ses fruits», se félicite l'auteur du texte. Toutefois, «la mission de l'Otan visant à protéger les civils est maintenue car le conflit se poursuit contre les poches de résistance pro-Kadhafi. La rapidité avec laquelle le CNT pourra en finir avec le reste des forces de l'ancien régime conditionnera son aptitude à normaliser la situation en Libye».

Pour l'heure, les combats ne sont pas terminés. 6.000 combattants du CNT se masseraient pour«l'assaut final» sur Syrte, tandis que des rumeurs -comme toujours contradictoires- nous parviennent de Béni Walid et de Sebha. Cette dernière ville serait depuis quelques jours aux mains des anciens rebelles.

C'est en tout cas ce qu'affirment la BBC et le Guardian de Londres. Lequel assure en outre que«les forces libyennes libres» -toute ressemblance avec les Forces Françaises Libres étant sans doute médiatiquement voulue- «se sont emparées de points clés de la ville de Sebha, dans le désert au sud du pays, un bastion des partisans de Mouammar Kadhafi et d'autres personnalités du régime en fuite, a annoncé le nouveau gouvernement rebelle à Tripoli».

La chute de Sebha, nœud essentiel sur la route du Niger, permettrait au CNT de couper toute retraite aux kadhafistes dans la région:

«La confirmation de la prise de la citadelle [sic] et de l'aéroport de Sebha constitue une importante percée militaire, bien que l'on ne sache pas avec exactitude ce qu'il en est du reste de la ville. Mais de violents combats se poursuivent à Béni Walid, à environ 150 kilomètres au sud de Tripoli, où Seif al Islam al-Kadhafi, fils du dirigeant déchu, aurait été aperçu».

Seif al Islam est à la fois l'Arlésienne et le croquemitaine de cette nouvelle phase de la guerre en Libye, que l'on croit voir partout depuis la chute de Tripoli-quand on ne l'a pas capturé ou tué, comme quelques-uns de ses nombreux frères. Il est certain qu'il incarne aujourd'hui le visage de la résistance kadhafiste, là où son père, dont nul ne sait vraiment où il s'est retranché, se contente d'émettre régulièrement des messages galvanisants où il appelle ses fidèles à continuer le combat.

Les kadhafistes n'ont pas dit leur dernier mot

Tant que Seif al Islam et le colonel resteront insaisissables, au point de narguer les forces de l'Otan et les troupes du CNT, la guerre continuera. Cependant, on voit mal comment les loyalistes pourraient reprendre l'initiative. Et ce n'est probablement pas un hasard si l'alliance a choisi de prolonger de trois mois -presque jusqu'à Noël- ses opérations de couverture aérienne.

A Béni Walid, par exemple, toutes les tentatives de pénétration des rebelles ont été repoussées avec de lourdes pertes. Dès qu'ils se cassent les dents sur des positions ennemies, les hommes du CNT, comme le faisaient les combattants albanais de l'UÇK au Kosovo en 1999, réclament un appui aérien de l'Otan.

Preuve que les avions français, britanniques et américains, entre autres, ne chôment pas, le point de situation n° 44 du ministère français de la Défense dresse la liste des objectifs «traités» du 15 au 22 septembre:

«Une dizaine de véhicules militaires et d'armements (véhicules légers armés, lance-roquette multiples) dans la région de Syrte, Béni Walid, Waddan et Sebha; une dizaine de bâtiments de commandement et de stockage de matériel dans les régions de Syrte, Béni Walid, Waddan et Sebha».

Les forces de Kadhafi ont peut-être trouvé une certaine forme de parade à ces frappes, puisqu'elles semblent capables de reprendre le combat après les bombardements et d'interdire pour l'instant à leurs ennemis l'accès aux villes qu'elles défendent. Si l'alliance s'octroie généreusement une rallonge de trois mois pour mener à bien ses opérations, peut-être faut-il y déceler des indices quant à la capacité de nuisance des kadhafistes, qui semblent loin d'avoir dit leur dernier mot.

Le CNT sur la sellette

En Occident, d'ailleurs, des voix s'élèvent pour s'inquiéter de cet après-Kadhafi qui tarde à venir. Les rebelles du CNT n'inspirent pas que la confiance. Ils sont divisés, leur programme paraît incohérent, pour ne rien dire de leur volonté de fonder leur Constitution sur la charia (loi islamique). Aux États-Unis, le Washington Post tire la sonnette d'alarme:

«[...] alors que les loyalistes de Mouammar Kadhafi résistent avec acharnement dans les villes assiégées de Syrte et Béni Walid, et que des querelles éclatent entre les révolutionnaires, il est de plus en plus à craindre que le renversement de Kadhafi ne soit pas synonyme de la fin des combats dans la nouvelle Libye. En fait, certains estiment que la défaite de l'ancien dirigeant pourrait ouvrir la voie à un conflit beaucoup plus complexe».

L'Occident se paye-t-il la Libye de ses rêves?

Le problème tiendrait peut-être, à en croire l'auteur britannique Greg Muttitt, interviewé par Al Jazeera, au principe même des interventions occidentales. Muttitt ne mâche pas ses mots. Pour lui, l'Ouest n'intervient qu'à ses propres fins, et se soucie en fin de compte fort peu de satisfaire les aspirations des peuples au côté desquels il intervient:

«Autrement dit, commente-t-il, les puissances occidentales trouveront la Libye qui leur convient dans les mois qui viennent. Elles peuvent préférer [une Libye] divisée entre tribus, ou entre "modérés" et "islamistes". Les Américains et les Britanniques chercheront à soutenir les politiciens libyens avec lesquels ils estimeront qu'il est possible de faire des affaires. Ils auront tout naturellement tendance à penser qu'ils aident les modérés, mais ces derniers seront également prêts à tout pour plaire aux puissances occidentales».

Il reste trois mois à l'Occident pour s'offrir cette Libye rêvée, peut-être, effectivement, en guise de cadeau de Noël.

 

Roman Rijka

 

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Source : SLATE AFRIQUE

RECOLONISATION DE L'AFRIQUE: MBEKI APPELLE A DES PROTESTATIONS DE MASSE SUR TOUT LE CONTINENT

 

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L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki au forum mondial de l'économie.


Thabo Mbeki, ancien président de l'Afrique du sud, appelle les Africains à une union véritable pour défendre leurs intérêts face à l'Occident. Il est formel : «L'Afrique doit se dresser contre l'Occident».

 

Dans une interview au Sunday Times, Thabo Mbeki s'indigne du comportement des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire. Et estime que le centenaire de l'ANC doit être une occasion pour relancer le combat de libération du continent.

Ex-chef de l'Etat et figure centrale de l'ANC, Thabo Mbeki est en colère.

Et il est décidé à lancer sa nouvelle croisade : celui du nécessaire combat contre un Occident de plus en plus agressif contre l'Afrique. Alors qu'il était très en retrait de l'activité de son parti politique, il revient au devant de la scène à l'occasion des célébrations du centenaire du parti. «Nous ferons de notre mieux pour que l'anniversaire soit célébré comme il se doit. Un centenaire, ça arrive une seule fois par siècle et je suis sûr que c'est une occasion de réflexion pour le peuple», a-t-il dit lors d'une interview avec le Sunday Time.

«Je sais que les camarades de l'ANC préparent activement la célébration du centenaire l'année prochaine. Cela doit être un jour important pour réfléchir sur le passé mais, plus particulièrement, pour regarder le présent et le futur. Où en est le processus qui a abouti sur l'indépendance du continent africain et sur la fin de l'apartheid? Où en sommes-nous aujourd'hui et où en serons-nous demain?».

Evoquant les bombardements aériens de l'OTAN en Libye, mais aussi l'implication française dans le conflit ivoirien, Mbeki a appelé à des protestations de masse sur tout le continent, rapporte le Sunday Times. Il a aussi appelé les gouvernements à condamner ce type d'actes. Choqué, Thabo Mbeki n'a pas manqué de s'indigner.

« En tant qu'Africains, nous avons besoin de faire notre introspection et de nous dire ce que nous devons faire pour défendre nos intérêts. La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre», a-t-il dénoncé.

«Un grand désastre»

Thabo Mbeki compte donc faire du centenaire de l'ANC un moment-clé pour nos luttes communes. Ses propos interviennent à un moment de violence extrême sur l'Afrique et de prise de conscience de certains milieux, jusque-là plutôt conservateurs et complaisants avec les Occidentaux.

Ainsi, l'on a entendu Jean Ping, le secrétaire général de l'Union africaine charger Louis Moreno Ocampo, Procureur près la Cour pénale internationale, le qualifiant de «plaisantin» après ses manœuvres politico-judiciaires contre Muammar Kadhafi. Il l'a invité à dire le droit au lieu de faire de la politique et s'est demandé pourquoi il n'y avait que des Africains qui étaient poursuivis devant la «Cour pénale internationale».

Source : AFRIKA UNITED.COM

vendredi, 23 septembre 2011

LA LIBYE NE SERA JAMAIS CONQUISE !

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Tribune libre de Djerrad Amar.



Sept mois de bombardements par l’OTAN. Contre des civils, un carnage, de la rapine, des mensonges, de la tromperie, de la diversion et de la désinformation perpétuelle n’ont pas pu arriver à faire plier un peuple de 6 millions d’habitants et qui vient de surcroît de commencer sa résistance ! Quelle victoire a bien remporté l’OTAN ? L’OTAN – dont-il ne reste en Libye que la France de Sarkozy et la Grande-Bretagne de Cameron – connaît Pyrrhus !

Les retraits des villes des forces armées libyennes est, en effet, purement tactique car l’OTAN s’en sert comme argument– répondant à son objectif – pour viser les populations en bombardant en permanence les cités, en coupant l’eau et l’électricité mais aussi en empêchant l’approvisionnement des populations en nourriture et médicaments. C’est donc pour protéger les populations, en particulier, que ces retraits sont décidés.

Cette tactique s’avère un piège redoutable. Malgré le retrait, les « rats » de l’OTAN n’arrivent pas à occuper les villes, y compris Tripoli, car ils rencontrent une forte résistance de la population qui pratique maintenant la guérilla et subissent de lourdes pertes face aux tireurs d’élite et ce, par le témoignage même de « Reuters » qui rapporte que des centaines de cadavres « d’insurgés » jonchent les rues ayant reçu une balle soit au front soit au niveau du cœur. Ceux qui y entre n’en sortent pratiquement jamais. Selon des rapports que la presse ne diffuse pas, les « insurgés » refusent les ordres d’avancer. La débandade et la démoralisation sont réelles sur tous les fronts. De plus, l’OTAN n’arrive plus à mobiliser car la « chair à canon » n’est pas illimitée. Elle n’arrive plus à remplacer les centaines de morts que lui infligent les forces libyennes composées de dizaines de milliers de volontaires libyens (les renforts des tribus arrivent tous les jours) et de l’armée. Elle n’arrive pas aussi à renforcer un front par le transfert par manque d’effectifs au risque d’en dégarnir un autre.

Combien l’OTAN a bien pu avoir mobilisée ? 6000, 10 000 ? Exagérons à 20 000 !! Elle en a sacrifiée combien de ces clowns, sales, affreux et désorganisés ? Bien plus de 10 000. Il reste disons 10 000 au maximum (sans possibilités de remplacement sinon pourquoi en importer), totalement démoralisés car se sachant vaincus, sans but que de se faire un « capital » par le vol et la rapine (puis déguerpir), actes qui deviennent de moins en moins possibles depuis que les Libyens ont totalement réorganisés leurs troupes, changés de stratégie et de tactique face à la folie, aux turpitudes, l’empressement, la précipitation et les tâtonnements de l’OTAN. Donc 10 000 face à des dizaines de milliers motivés car défendant une cause juste ; leur pays et leur honneur ayant l’avantage du terrain, l’endurance et le temps. Au vu de l’évolution des choses ce nombre restant – inextensible –sera réduit à zéro en moins d’un mois !

C’est dans le sens de l’échec qu’il faut comprendre la diversion de Sarkozy et Cameron, singés par le vassal Erdogan de Turquie, à l’approche de la réunion du Conseil de Sécurité même s’il ne faut pas trop y compter. C’est bien de sortir de ce guêpier aux conséquences politiques et économiques, voire personnelles, désastreuses. « Nous vous avons aidé dans votre révolution, vous voici donc à la capitale, à vous de poursuivre maintenant les réformes en tenant vos promesses. Nous on se retire »semblent dire ces deux idiots utiles, à un CNT qui s’avère être un ramassis hétéroclites de bras cassés, désunis, incompétents, sans consistance et sans vision ni projet. Même l’ONU, si force de « police internationale» de 5 000 hommes il y aura, ne sera d’aucun secours ou utilité face à un peuple déterminé à défendre son pays. Le pétrole tant convoité ne dépassera pas les côtes libyennes. Il sera visé en priorité avec ses sociétés prédatrices, ses personnels, ses bateaux, ses pipe-lines etc. Toutes les forces étrangères, sur le sol libyen, seront la cible légitime des Libyens. Elles seront terrorisées et traquées en permanence jusqu’à leur disparition.

L’enlisement est bien visible. La Libye ne sera jamais conquise. L’OTAN n’est plus qu’un géant aux pieds d’argile, l’ONU une escroquerie, les médias un instrument de propagande, les «journalistes » désormais des propagandistes et agents doubles, au service de la« démocratie » des « libertés » imaginaires, bien plus au service des mensonges et des leurres ! Le monde doit donc être refait sur d’autres bases, d’autres règles, d’autres pôles. L’échec est le débouché inexorable de tout ce qui est construit sur du faux, le mensonge, la falsification et l’escroquerie !

La Libye est bien l’endroit où les prétendues « valeurs universelles », dont se prévaut l’Occident autoproclamé «gardien du bien », sont mises à nues en s’avérant tromperies, où les institutions et organisations dites « internationales » chargés de défendre des droits, des principes et prévenir les conflits, se confirment être des instruments de domination et hégémoniques au service du Grand capital.


Source : Le blog d’Allain Jules