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mardi, 06 septembre 2011

LES VERITES DE DAMANA PICKAS SUR LA TRINITE FRANCE-ONU-REBELLES



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"...parce que Laurent Gbagbo est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy..."

Ex-numéro 3 de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) de 1995 à 1998 sous Soro Guillaume, ancien responsable de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI, 1998-2001), Damana Adia Pickas est doctorant en droit. Revenu de France, pendant la crise née de la rébellion du 19 septembre 2002, où il poursuivait ses études, il a été nommé, par décret, administrateur civil. Et a servi à la Direction de la décentralisation et du développement local. C'est étant là-bas que feu Désiré Tagro l'a choisi, en 2010, pour représenter le ministère de l'Intérieur à la Commission électorale indépendante (CEI). Et puis arrive la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle... Le monde entier voit Damana Pickas empêcher Bamba Yacouba de lire certains résultats qu'il juge non consensuels. La crise post-électorale venait ainsi d'éclater jusqu'à la chute, le 11 Avril 2011, de Laurent Gbagbo, son leader. Depuis, l'homme s'est muré dans le silence. Pour nos lecteurs, nous avons pu l'avoir. Et il a accepté de nous parler. Via internet. Interview exclusive!

Où vous vous trouvez actuellement?

Merci, nous voudrions d'abord remercier l'Eternel des armées qui a préservé notre vie, parce que ce n'était pas évident que nous soyons en vie. Ce qui malheureusement n'a pas été le cas pour beaucoup d'Ivoiriens devant la mémoire de qui nous nous inclinons. Cher ami, nous revenons d'un très grand traumatisme. Permettez-moi donc de saluer tous les Ivoiriens et tous les habitants de la Côte d'Ivoire qui ont souffert ou qui continuent de souffrir dans leurs chairs. De même que toutes ces personnes illustres ou anonymes détenues dans des conditions inhumaines çà et là. Notamment le Président de la République Laurent Gbagbo et son épouse la Députée Simone Ehivet, le Premier ministre Aké N'Gbo et certains membres de son gouvernement, le Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien et certains de ses camarades aussi bien du FPI comme de LMP, nous leur adressons des mots de réconfort et de courage. Aux nombreux Ivoiriens contraints de vivre en exil dans des conditions difficiles, nous leur demandons de rester sereins et dignes dans leurs souffrances et de regarder l'horizon avec espoir. A tous les Ivoiriens de la diaspora, nous portons nos félicitations pour le sens du combat et l'intérêt qu'ils portent à la mère patrie. Et à tous leurs concitoyens, nous les encourageons à continuer le combat. A nos héroïques FDS, nous leur exprimons notre admiration et notre fierté pour leur détermination, leur bravoure et leur sens de la responsabilité. Pour revenir à votre question, sachez que le lieu où je me trouve n'a aucun intérêt. Je n'ai pas une position stable, je suis en Afrique. Mais le plus important, c'est d'être en vie et je me porte bien.

Comment avez-vous quitté Abidjan?

C'est par la grâce de Dieu.

Pourquoi ce long silence depuis que vous avez quitté Abidjan ?

Oh ! Nous avons dit d'entrée de jeu que les Ivoiriens ont subi un très grand traumatisme et donc il nous fallait nous imposer ce silence pour rentrer dans une phase introspective pour comprendre exactement ce qui est arrivé à notre pays. Pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur des responsables aussi bien politiques que sur le citoyen lambda ? En un mot, pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur la Côte d'Ivoire ? Pourquoi un tel acharnement de la communauté dite internationale, en particulier la France, sur notre très chère patrie ? Pourquoi tant de traîtrise et de lâcheté autour du Président Laurent Gbagbo ? Pourquoi dans des quartiers, certains Ivoiriens se sont réjouis du malheur d'autres Ivoiriens, au point d'indiquer leur domicile pour qu'ils soient tués ou pillés ? Après avoir longuement médité sur ces questions, nous pensons avoir trouvé des ébauches de réponses qui nous serviront pour l'avenir.

Comment réagissez-vous à certains écrits qui vous citent comme faisant partie de ceux qui veulent faire un coup d'État contre le régime d'Abidjan?

Ils ne sont pas sérieux.

On vous a vu, des jours avant la chute de Gbagbo, mobiliser les populations à résister. Malgré cela, il est parti. Avez-vous l'impression d'avoir échoué ?

Qu'est-ce que vous appelez échec ?

Le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, malgré votre appel à la mobilisation

Non, ce n'est pas un échec. Le sens de notre appel s'inscrit dans le combat que nous avons toujours mené. Vous savez, nous étions arrivés à une confrontation armée directe avec la coalition rebelle. L'heure du combat décisif avait sonné et il fallait donc assumer cette responsabilité qui était la nôtre. Notre stratégie de résistance depuis le 19 Septembre 2002, a toujours reposé sur trois piliers. A savoir : le chef, c'est-à-dire le président Laurent Gbagbo, l'armée et le peuple. Si le chef est resté digne et a donc pleinement joué son rôle jusqu'au bout, cela n'a pas été le cas pour les deux autres piliers que sont l'armée et le peuple où de graves défaillances ont été constatées. Il fallait donc vite réagir pour remettre de l'ordre. Ce qui restait de notre Armée, s'est aussitôt réorganisée autour du colonel Major Konan Boniface qui faisait, dès lors, office de chef d'état-major des armées. Au niveau du peuple, nous avons aussi dû nous réorganiser pour mener à bien la mobilisation. Et vous avez constaté que notre appel à la mobilisation et à la résistance a été massivement suivi par la population malgré la violence inouïe et les tueries dans les quartiers. Les deux ponts étaient bondés de monde, et plusieurs sites stratégiques étaient occupés par la population dont la résidence du Chef de l'État. Cette réorganisation nous a permis de mettre en déroute la coalition rebelle (Onuci-Licorne-FRCI) malgré l'important soutien aérien dont elle disposait. C'est dans cette dynamique que nous étions lorsque, le dimanche 10 avril, le président Laurent Gbagbo, chef suprême des Armées a ordonné aux FDS, pour des raisons qui lui sont propres, la cessation des combats. C'est suite à cela, qu'il a été arrêté sans résistance aucune, le lendemain lundi 11 avril, par l'Armée française.

Vous étiez à la résidence de Laurent Gbagbo pendant les bombardements. Qu'est-ce qui s'est réellement passé et qu'elle était l'ambiance là-bas?

C'est un très mauvais souvenir. On était dans une ambiance de guerre et la résidence était la cible privilégiée des Français. Pendant plusieurs jours, ils y ont balancé des obus de gros calibre depuis leurs hélicoptères au point où à un certain moment on a cru que la résidence allait s'écrouler sur nous et nous tuer tous. Mais malgré cet état de fait, nous sommes restés debout. Plusieurs images se bousculent encore dans ma tête. Il y a l'image des petits-enfants du président, âgés d'environ 2 à 6 ans, qui trouvaient l'occasion, entre deux bombardements, de s'amuser. C'était très émouvant. Nous voyons l'image d'un Aboudramane Sangaré, fidèle parmi les fidèles, placide, imperturbable à toute émotion, serein, assis près d'une fenêtre en train de lire. L'image d'un Sidiki Bakaba, tout aussi fidèle, avec sa caméra en train d'immortaliser ces moments. Il sera par la suite touché par des éclats d'obus. Gisant peu après dans une mare de sang. L'image d'un Tagro, jovial, qui était au four et au moulin, paix à son âme. L'image d'une Simone Ehivet, resplendissante de courage et de détermination et toujours plongée dans la prière. L'image d'un Konaté Navigué et d'un Alcide Djédjé, sereins et s'activant sur le front diplomatique. L'image du porte-parole de l'armée, Hilaire Gohourou, lâchement assassiné par un sniper français posté depuis la résidence de leur ambassadeur. L'image du colonel Major Ahouman Nathanaël, paix à son âme, du Commandant Dua, du Commandant Séka Anselme, de Maître Bahi Patrice, du Docteur Blé, de Kuyo Téa Narcisse, de Koné Boubakar et de toute la garde du président Gbagbo qui ont fait preuve de loyauté et de fidélité exemplaires, nous leur rendons un hommage mérité. Ce sont des hommes d'honneur. L'image de tous ces valeureux jeunes patriotes, dont beaucoup ont perdu la vie ou garderont à jamais, des séquelles indélébiles. Il y a aussi tous ces FDS qui, entre deux bombardements, repoussaient la coalition rebelle qui tentait des incursions au sol.

Avez-vous les preuves, quand vous accusez un sniper français d'avoir « lâchement assassiné » le colonel Hilaire Gohourou ?

Je suis formel sur mes accusations. Je sais que ce sont des snipers français, embusqués au domicile de l'ambassadeur de France, qui ont abattu lâchement ce vaillant soldat des Fanci, juste au portail de la résidence du président de la République alors que nous n'étions pas en guerre contre la France. Ces tueurs embusqués, dissimulés un peu partout chez l'ambassadeur de France, avaient pour réelle mission d'abattre le président de la République en exercice, SEM. Laurent Gbagbo, au cas où celui-ci venait à sortir de sa résidence qui est proche de celle de l'ambassadeur de France. C'est pourquoi d'ailleurs, le Groupement de la sécurité présidentielle (GSPR) nous avait imposé le port des gilets pare-balles. Réduisant ainsi nos mouvements dans la cour de la résidence, parce que nous étions aussi leurs cibles.

Vous arrivait-il souvent d'avoir des contacts avec Laurent Gbagbo pendant ces bombardements ? Si oui, quel était son état d'esprit ?

Bien évidemment, il nous arrivait d'avoir des échanges avec le Président pendant ces événements extrêmement graves. Nous avons pu nous rendre compte d'une autre dimension, de sa force de caractère et de sa conviction. Ce monsieur est un homme de grande stature morale. Pendant l'une de nos conversations, il nous a dit ceci : « Si je résiste, c'est pour vous. J'aurais pu démissionner, mais cela serait catastrophique pour la Côte d'Ivoire et pour votre génération ». Risquer sa vie pour ses concitoyens et pour son pays, n'est pas donné à tout le monde. C'est un homme politique de dimension mondiale que nous ne regrettons pas d'avoir côtoyé. Nous continuerons à toujours le soutenir.

Au moment de son arrestation, étiez-vous encore à la résidence présidentielle? Si oui, qui l'a arrêté ? C'étaient les soldats français ou les FRCI ? Et pourquoi n'avez-vous pas été arrêté aussi?

Nous sommes restés à la résidence jusqu'au dimanche 10 avril 2011. Ce qui nous a permis de vivre tous les événements qui s'y sont déroulés. Notamment les bombardements ainsi que l'ambiance. Sachez que toute la journée de ce dimanche, la résidence a été l'objet de bombardements intenses jusqu'à 19 h où, profitant d'un moment d'accalmie, nous sommes sortis porter assistance à des patriotes blessés à Blockhaus. C'est pendant que nous nous trouvions à Blockhaus, que les bombardements ont repris. Ce qui nous a empêchés de revenir à la résidence du chef de l'État. Ceux-ci n'ont plus cessé jusqu'à l'arrestation du président, le lendemain lundi 11 avril 2011 aux environs de 11h. Depuis blockhaus, nous voyions au moins 7 hélicoptères de combat, bombardant la résidence du président. Nous avons aussi vu, à partir de notre position, une colonne de chars français se dirigeant vers la résidence. Ce sont ces soldats français qui, après avoir encerclé le périmètre avec leurs chars, ont procédé à l'arrestation du président avant de le livrer aux FRCI.

N'avez-vous pas fui Laurent Gbagbo pour ne pas être arrêté?

Avec tout ce que je viens de vous expliquer, vous avez encore le courage de me demander si j'ai fui ? Non, je n'ai pas fui, Damana Pickas n'est pas un fuyard et toute la Côte d'Ivoire le sait.

Aujourd'hui, avec tout ce qui s'est passé, pensez-vous avoir bien fait en empêchant, à la CEI, Bamba Yacouba de donner certains résultats?

Vous faites bien de me poser cette question, car elle me permet d'expliquer, une fois de plus, le rôle essentiel de la CEI dans le processus électoral. La CEI est un organe qui avait en charge de conduire les élections jusqu'à la proclamation des résultats provisoires. Non seulement, elle devait être indépendante mais elle devait être aussi impartiale. C'est pourquoi, nous nous sommes donné un mode de travail précis. Et c'est ce mode de travail qui a prévalu depuis l'établissement des listes électorales jusqu'au premier tour des élections présidentielles. Ce mode est le consensus qui était destiné à amortir le déséquilibre de la représentativité des différentes parties. On me fait le procès d'avoir empêché la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, ce qui n'est pas exact ! Que s'est-il passé ? Bamba Yacouba a voulu proclamer des résultats non consensuels. Ce qui était contraire à notre mode de travail. Ce n'était donc pas les résultats provisoires de la CEI que venait proclamer Bamba Yacouba. Donc Damana Pickas n'a jamais empêché la proclamation des résultats des élections présidentielles. Puisque la CEI n'avait pas ces résultats. Il y avait en réalité un réseau parallèle et frauduleux de proclamation de résultats avec pour tête de pont, Bamba Yacouba. C'est ce réseau que j'ai démantelé. Vous remarquerez que Bamba Yacouba est le seul commissaire, excepté le président Youssouf Bakayoko, à avoir été décoré par le Chef de l'État, M. Ouattara. Pourquoi lui et pas aussi les autres ? Vous comprendrez que c'est juste pour le récompenser pour la mission qui lui a été confiée.

Vous ne pensez pas que votre geste, vu de tout le monde, a joué contre Laurent Gbagbo?

Non, pas du tout ! Ce geste a plutôt permis de mettre à nu ce coup d'État électoral. Il a déstabilisé complètement le plan des rebelles. Ce qui les a amenés à commettre beaucoup d'erreurs comme celle qui a consisté, pour le président Bakayoko, à aller au Golf Hôtel pour proclamer des chiffres imaginaires.

Et si c'était à refaire, allez-vous faire la même chose?

Oh! Oui, oui, oui ! Et en plus, si je savais que Bakayoko partait au Golf Hôtel, je l'aurais empêché de s'y rendre.

Comment réagissez-vous à votre remplacement à la CEI par Amani Ipou Félicien, pour le compte du ministère de l'Intérieur?

Tout ceci est illégal. La Commission électorale indépendante dans sa composition issue des accords de Pretoria, était chargée d'organiser toutes les élections générales en Côte d'Ivoire. Pas seulement les présidentielles, mais aussi les législatives, les municipales, les conseils généraux. En remaniant la CEI juste après les élections présidentielles, M. Ouattara viole l'esprit et la lettre de Pretoria. Cette CEI monocolore n'est pas crédible et ne peut garantir à la Côte d'Ivoire, des élections équitables, justes et transparentes. Sinon franchement, dites-moi ce que cherchent encore le MJP, le MPIGO, le MPCI dans la CEI quand ils disent avoir unifié l'armée en créant leur FRCI ? C'est la preuve que ce pouvoir ne veut pas de la décrispation, de la transparence du jeu, car il sait que sur ce terrain, il sera battu. Ce régime veut masquer sa minorité populaire en caporalisant la CEI. Les Ivoiriens ne doivent donc pas se méprendre sur le caractère de ce régime qui veut monopoliser la scène politique. Mais il nous trouvera sur son chemin. Car la CEI est une conquête de la lutte démocratique du peuple de la Côte d'Ivoire.

Que pensez-vous de la décision du Conseil constitutionnel qui a finalement proclamé Alassane Ouattara, président de la République?

D'un point de vue strictement juridique, nous savons tous que les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours et sont irrévocables. Elles ne peuvent donc pas changer en fonction du temps. Ce qui rend donc nul, quelles que soient les motivations qui l'ont fondé, l'arrêt du Conseil constitutionnel proclamant M. Ouattara, président. Car le droit, une fois dit par le Conseil Constitutionnel, ne peut plus être dédit. Et ce n'est pas cette investiture folklorique, arrachée par la terreur à un Yao N'dré complètement tétanisé, qui changera les choses.

Comment jugez-vous les premiers mois de la gouvernance Ouattara?

Ces premiers mois de gestion du Chef de l'État Ouattara sont caractérisés par une absence totale de gouvernance, il n'y a pas d'État. Au plan sécuritaire, les commissariats et les brigades de gendarmerie n'existent plus. Ce sont les braquages, les exécutions sommaires, les attaques de domiciles, les meurtres qui sont le quotidien des Ivoiriens. A la nuit tombée, c'est l'incertitude. Abidjan est devenue un far-West où les bandes armées se tirent dessus à tout bout de champ. Un tel climat d'insécurité généralisée, n'est pas favorable aux investissements. Les quelques rares entreprises qui n'ont pas été pillées sont contraintes de fermer. Le Chef de l'État, M. Ouattara, est en train d'anéantir le travail phénoménal de réduction de la dette accompli par Laurent Gbagbo en procédant à un surendettement de la Côte d'Ivoire. Au plan social, ce sont les licenciements abusifs, la destruction systématique et sans contrepartie des petits commerces qui représentent les moyens de subsistance du petit peuple. Au plan politique, c'est le musellement de l'opposition et de la presse (j'en profite pour demander la libération d'Hermann Aboa et de Serges Boguhé), l'absence de l'État de droit avec la dissolution de l'Assemblée nationale, les violations des libertés fondamentales, la justice à deux vitesses, etc.

Le président Ouattara peut-il réussir, selon vous, sa mission de réconciliation?

Il n'y a pas de volonté de réconciliation de M. Ouattara. Car, depuis qu'il est à la tête de la Côte d'Ivoire, il n'a posé aucun acte traduisant de façon claire son intention de réconcilier et d'unir les Ivoiriens. Bien au contraire, il pense que la solution aux différentes contradictions est d'emprisonner tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Et M. Banny, à qui la mission a été donnée de réconcilier les Ivoiriens, peut-il réussir ?

Non ! Car M. Ouattara n'a pas cette volonté de réconciliation de sorte que M. Banny n'aura pas les mains libres pour travailler. Encore que M. Banny lui-même doit faire preuve de beaucoup d'humilité, d'impartialité. Car il est lui-même un acteur majeur de la crise ivoirienne et en plus, il a déjà posé des actes qui ne militent pas en sa faveur. Notamment, la catégorisation des victimes.

Quelles sont les conditions de la réconciliation, pour vous ?

D'abord, sachez et comprenez qu'il ne peut y avoir de réconciliation véritable en Côte d'Ivoire sans Laurent Gbagbo. Tant que le président Gbagbo est en prison, il ne peut y avoir de réconciliation. C'est un préalable. Ensuite, il faudra que la réconciliation puisse situer tous ceux qui sont encore sceptiques sur les résultats des élections présidentielles. Qui a gagné les élections présidentielles et qui est donc le vrai président de la République de la Côte d'Ivoire? M. Banny doit, dans sa mission, répondre à cette préoccupation majeure qui a déclenché la crise post-électorale et le coup de force de la France. Si on répond clairement et objectivement à cette question, vous verrez que beaucoup de questions vont se résoudre d'elles-mêmes. Il ne doit y avoir aucun doute sur celui que nous avons choisi pour diriger notre pays. C'est bien pour M. Ouattara et je souhaiterais vivement qu'il permette à M. Banny d'ouvrir ce débat, librement. Par ailleurs, cette réconciliation ne doit pas consister à mettre ensemble deux petits Dioula, deux petits Bété, deux petits Baoulé et les faire danser ensemble sur la place publique pour dire que la Côte d'Ivoire est réconciliée. Il ne s'agit pas non plus de superposer des rencontres région par région et en faire une synthèse. Il s'agit surtout d'identifier la question fondamentale qui a entraîné toute cette crise qualifiée à tort, de crise post-électorale. A mon sens, il s'agit de la question de la souveraineté, de la compréhension de la notion de souveraineté qui signifie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tel que proclamé par les instruments internationaux. Notamment la charte des Nations unies, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le pacte international des droits civils et politiques qui énoncent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de leurs richesses nationales. Avons-nous la même approche de cette notion avec la France et la communauté dite internationale ? Nous pensons que non. C'est pourquoi nous croyons que la réconciliation doit réunir trois acteurs fondamentaux : la France qui représenterait, à l'occasion, la communauté dite internationale, et les deux parties ivoiriennes. C'est-à-dire LMP, souverainiste et le RHDP, colonialiste, afin que nous puissions nous entendre sur la notion d'indépendance d'un État et son application en Côte d'Ivoire.

Quels commentaires faites-vous du retour d'exil de certains officiers ?

Pas de commentaires particuliers. Ce sont des militaires qui ont décidé de rentrer, ils sont rentrés.

Êtes-vous en contact avec Gbagbo, Simone, Affi, Blé Goudé... ?

Non, leurs conditions de détention ne me permettent pas de rentrer en contact avec eux.

Comment réagissez-vous au départ de Koulibaly Mamadou du FPI ?

Koulibaly Mamadou est un aîné pour qui nous avons beaucoup de respect, mais qui a décidé de quitter le parti à un moment crucial. Nous en avons pris acte, mais le FPI est un grand parti qui dispose encore de personnes ressources, de personnes de grande valeur qui peuvent relever les défis présents et futurs.

Êtes-vous d'avis avec Koulibaly Mamadou, quand il déclare, dans un journal béninois, parlant du FPI, qu'« on aurait pu continuer notre lancée comme un grand parti, si le tribalisme n'était pas venu gangréner le FPI au point de perdre le président Gbagbo qui s'est laissé emprisonner par un clan tribal » et quand il dit aussi que Gbagbo a perdu les élections?

Koulibaly Mamadou n'est plus du FPI. Ce qu'il dit ne m'intéresse plus. En plus, nous ne réglons pas nos contradictions sur la place publique. C'est ainsi que le FPI nous a éduqués.

Laurent Gbagbo est-il politiquement fini ?

Laurent Gbagbo ne peut plus finir, car il est un esprit qui est en chacun de nous. Il est rentré dans l'histoire de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique parce que son combat, dès à présent, transcende toutes les générations à venir. Ouattara et ses parrains ne détiennent momentanément que l'enveloppe charnelle qui renferme cet esprit. Qu'ils sachent qu'en chaque Ivoirien digne, je dirais même plus, qu'en chaque Africain digne, vibre du Laurent Gbagbo. Physiquement, mentalement et intellectuellement. A travers sa dernière sortie lors de la célébration de l'indépendance, Laurent Gbagbo nous a démontré qu'il demeure un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne. Et puis, parce qu'il est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy.

Quels commentaires faites-vous de l'inculpation de Laurent Gbagbo et de son épouse?

Elle n'a aucune base juridique. Le président Laurent Gbagbo, en raison de son statut, n'est justiciable que devant la Haute cour de justice et non devant les juridictions de droit commun. Quant à son épouse, elle est parlementaire et son immunité n'ayant pas été levée, elle ne peut faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire.

Comment réagissez-vous à la menace du président Alassane Ouattara d'envoyer Laurent Gbagbo au TPI ?

Ce qui me gêne, ce n'est pas le fait d'accuser le président Laurent Gbagbo de crime de sang ou de crime économique. Car l'homme que nous connaissons tous, ne peut pas être coupable de meurtres, d'assassinats, de détournements de fonds ou de vol. Mais plutôt que le TPI n'est pas une juridiction impartiale et crédible. C'est un instrument de domination des plus forts. Pour nous, il n'y a donc pas de suspense, car leur justice va condamner Laurent Gbagbo et son épouse, les placer au poteau et les exécuter. Telle est la volonté des dirigeants de ce monde. Notamment, Nicolas Sarkozy et Barack Obama. Mais après Laurent Gbagbo, ce sera au tour de tous ces jeunes gens qu'ils ont eux-mêmes armés pour faire la guerre contre leur pays, c'est-à-dire les Zakaria, Wattao, Chérif Ousmane, Fofié, Soro Guillaume, etc. Car, ils veulent donner une image d'homme d'État sain à Ouattara. Encore que, quand ils en auront fini avec ceux-ci, ils s'en prendront à M. Ouattara lui-même, quand il ne sera plus d'aucune utilité pour eux. Retenons donc que tôt ou tard, chacun aura son tour devant cette CPI. Mais ce sont toujours les Occidentaux qui nous divisent et qui nous manipulent.

Que répondez-vous à Monsieur Choi qui, en visite le jeudi 18 Août 2011, à Ouagadougou a dit que Laurent Gbagbo a perdu l'affection de la population ivoirienne, après s'être accroché au pouvoir par la force pendant quatre mois ?

Vous savez, ce monsieur est hanté par le président Gbagbo au point où il ne cesse de prononcer des propos ridicules et grotesques. A partir de quoi conclut-il que Gbagbo a perdu l'affection des Ivoiriens ? Quel sondage sérieux et crédible a-t-il effectué pour aboutir à ces résultats ? Si c'est l'absence de manifestations publiques de soutien au Président Gbagbo qui le fonde dans ces déclarations-là, encore, il fait preuve de mauvaise foi car il sait la répression inhumaine qui s'abat sur la Côte d'Ivoire pro-Gbagbo et Dieu seul sait qu'elle est largement majoritaire. Nous en voulons pour preuve, la marche de soutien des populations de Dabou au Président Laurent Gbagbo. Ce qui a entraîné le limogeage du Préfet de Dabou et du Sous-préfet de Lopou parce qu'ils auraient laissé cette marche se dérouler. Il y a également l'assassinat par des hommes armés, du camarade qui a financé et aidé à l'organisation de la rencontre mémorable de la Jeunesse du FPI à Bassam, la semaine dernière. Par ailleurs, beaucoup de ses partisans se rendent compte que loin d'être la solution, Ouattara est le véritable problème de la Côte d'Ivoire. L'exemple de ces femmes d'Abobo et d'Adjamé qui l'ont exprimé à travers des manifestations publiques confirme nos dires. Cette déclaration de Choi dénote donc clairement de sa partialité et de celle de l'Onu dans la crise ivoirienne. On comprend, dès lors, pourquoi il y a eu autant de chaos et de morts dans ce processus. Choi doit certainement être fier de sa boucherie. Nous le remercions d'avoir versé tout ce sang et anéanti notre pays. Mais, comme le phœnix, la Côte d'Ivoire renaîtra de ses cendres avec un Laurent Gbagbo élevé au panthéon de la dignité ivoirienne voire africaine. Ce Gbagbo-là ne peut être que plus fort et plus populaire que par le passé. Je souhaite donc à Choi d'être en vie pour vivre cela. Ce sera fabuleux !

Envisagez-vous votre retour au pays?

C'est vrai qu'il faudra qu'un jour que tous les Ivoiriens exilés, rentrent au pays. Mais cela n'est pas notre priorité car certaines questions préalables doivent être réglées. Notamment la sécurité des personnes et des biens, les domiciles injustement occupés par les FRCI, les exécutions sommaires, la libération des prisonniers politiques. En attendant que ces conditions soient réunies, il faut penser aux réalités quotidiennes de tous ces Ivoiriens vivant en exil et de tous ceux qui souffrent tous les jours dans leur propre pays. Toutes ces questions méritent une implication véritable des organisations de Défense des droits de l'Homme. Je ne saurais terminer sans demander aux militants du FPI, à toute la grande famille LMP et à tous les patriotes ivoiriens, de savoir se remettre en cause et faire preuve d'humilité. Je souhaite que nous améliorions plutôt nos qualités et surtout que nous réveillions les autres qui sommeillent en nous et qui sont nombreuses. Car c'est de cette manière que nous pourrons repartir de plus belle, reconstruire un groupe plus solide pour reconquérir notre liberté. Aux nombreux Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire, nous demandons de ne pas perdre espoir, de ne pas se laisser décourager par les nombreuses trahisons et défections qu'ils observent çà et là car Dieu est en train de faire son tri. Rapportez-vous à la Bible, dans Les Juges 7 où Gédéon, partant à la conquête de leur liberté confisquée avec le peuple d'Israël, a vu son groupe être réduit de 32 000 à 300 personnes par Dieu. En effet, voyant le nombre important de combattants Israélites, Dieu n'a pas voulu qu'en cas de victoire, ceux-ci pensent que c'est leur nombre qui la leur a procurée et prendre de ce fait la gloire qui lui revient de droit. Il a donc fait réduire ce nombre en disant à Gédéon, de demander à ceux qui étaient craintifs et avaient peur, de s'en retourner et s'éloigner du lieu de la bataille. 22 000 personnes quittèrent le groupe et il n'en resta que 10 000. Malgré cela, Dieu trouva encore que le nombre était assez élevé et demanda un second tri à Gédéon. Ce qu'il fit au bord de l'eau et il ne resta plus que 300 personnes. C'est donc avec ceux-ci et avec la bénédiction de l'Eternel des Armées, que Gédéon mena et remporta la victoire contre leurs ennemis d'alors. C'est-à-dire, les Madianites et leurs alliés qui étaient d'environ 135 000 hommes. Ce n'est donc pas le nombre des soldats qui garantit la victoire, mais plutôt la qualité des combattants. Nous opposerons permanemment l'État de Droit, la démocratie, le respect des libertés publiques et individuelles, à cette dictature rampante en Côte d'Ivoire. Restez donc sereins et ne perdez pas espoir, car le combat continue dans la détermination et la prière. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens.

In le quotidien ivoirien « Soir Info ».

Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

AU NOM DES MAITRES

KADHAFI ET SARKOZY 2.jpg

Une «révolution» offerte sur un tapis de bombes. Qui dit mieux ? Sous le tapis agonisent, ici et là,  des centaines d'enfants, de femmes et d'hommes, que personne ne peut aller dégager des décombres qui les recouvrent, sauf à risquer de les rejoindre. Un appel a été lancé il y a trois ou quatre jours de Syrte. Il est inutile de le chercher dans les colonnes  de la grande presse démocratique. Elle ne s'intéresse pas à ce côté des choses. Comme elle ne s'est pas intéressée à ces milliers d'Africains noirs de peau torturés et assassinés par les «révolutionnaires», enfants chéris de la «communauté internationale», pour le simple fait qu'ils soient Africains et noirs. Il n'en a pas été question à la conférence des «amis de la Libye» où il a surtout été question de «terminer le travail», car c'est bien d'un travail qu'il s'agit. C'est le ministre français des Affaires étrangères qui le dit : «C'est nous, la France et la Grande-Bretagne, qui avons fait le job».

Et le travail va continuer parce qu'aux dernières nouvelles les Libyens, ceux qu'on ne voit ni sur Aljazeera, ni sur France 24, ni sur aucune chaîne de télévision, entendent toujours ne pas se laisser faire par ceux qui veulent les démocratiser. Les autres, les «révolutionnaires» ont donc demandé que le tapis soit bien déroulé et que l'OTAN reste plus longtemps, car ils se sentent toujours en danger, malgré la «victoire» affichée partout. Ceci, quand tout le monde croyait qu'il s'agissait  juste de les protéger des avions de l'armée libyenne. On n'a pas vu l'ombre d'une aile d'aéroplane, en dehors des Tornado, Rafale, Apache, qui ouvraient les pistes devant la marche télévisée des «rebelles». Ce n'était pas prévu dans la résolution 1973 de l'ONU, mais qu'importe. On se demande même pourquoi les affréteurs de bombardiers se sont donnés la peine de s'encombrer de cette organisation. Pour ne pas gêner les rédacteurs pétromonarques peut-être. Si nous faisons les comptes, cette «révolution» va faire date dans l'Histoire.

Dans le ciel les meilleures armes au monde, au sol les meilleures forces spéciales au monde et, selon le journal pakistanais «La Nation», des djihadistes chevronnés de la guérilla recrutés par la CIA à Mazar-e-Sharif en Afghanistan (Ouzbeks, Hazaras et Perses), en tant que rebelles sous- traitants. Elle n'est pas belle la vie ? Et puis tous ces palais ouverts dans les capitales les plus huppées de la planète et cette attention de tous les instants des grands de ce monde. Combien de révolutionnaires en rêveraient. Les gars de Benghazi ont eu ce privilège, une première.  Et bien  plus encore, ils n'y sont pas encore, même pas mis les pieds à Tripoli «libérée» qu'ils menacent l'Algérie de derrière les épaules des résolus 1973. Ils peuvent se le permettre, ils ont des porte-parole qui n'ont pas attendu l'appel pour s'offrir en courtisans attentifs à leur moindre saute d'humeur qui tapent, de toute la force que leur permet leur rage de se faire reconnaître, par procuration, par les maîtres du monde, sur un pouvoir qui tergiverse sur le fait de s'aligner maintenant ou plus tard.

 

Par Ahmed Halfaoui 

Source: LES DEBATS.COM

lundi, 05 septembre 2011

LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LYBIE: VOICI POURQUOI L'OCCIDENT VEUT TUER KADHAFI

 

KADHAFI ET SARKOZY.jpg

A- Les vraies raisons de la guerre en Libye

C'est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l'Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l'enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

1-Premier satellite Africain RASCOM 1

L'histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d'un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l'Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu'il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l'Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l'intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et permet de ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l'équation la plus difficile à résoudre était : comment l'esclave peut-il s'affranchir de l'exploitation servile de son maître en sollicitant l'aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l'Union Européenne ont fait frire inutilement ces pays pendant 14 ans. C'est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l'inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire ; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c'est ainsi que l'Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s'y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l'Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d'intérêts que cette même dette permettait de générer à l'infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l'Afrique.

2. Fonds Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements.

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare :


- la Banque Africaine d'Investissement à Syrte en Libye,
- la création dès cette année 2011 du Fonds Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège,
- la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans.

On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fonds Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fonds Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d'obliger les pays africains à passer d'un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fonds Monétaire africain et c'est à l'unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu'après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l'Algérie, parce qu'en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d'Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France, la Grande Bretagne et l'Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d'Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l'espoir de trouver de l'oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s'empirer ne fera qu'enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l'avait prédit l'économiste américain Adams Smith en 1865, dans son soutien à Abraham Lincoln pour l'abolition de l'esclavage, « l'économie de tout pays qui pratique l'esclavage des noirs est en train d'amorcer une descente vers l'enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller ».

3- Unions régionales comme frein à la création des Etats-Unis d'Afrique.

Pour déstabiliser et détruire l'union Africaine qui va dangereusement (pour l'Occident) vers les Etats-Unis d'Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l'Union Européenne a d'abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l'UPM (Union Pour la Méditerranée). Il fallait à tout prix couper l'Afrique du Nord du reste de l'Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d'origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d'y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l'Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l'Union Européenne.

L'UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce qu'Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l'Union Européennes qui financera l'Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n'y aura pas d'effective indépendance. C'est dans le même sens que l'Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l'essentiel de son financement de l'UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine.

C'est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu'à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d'une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l'organe central. C'est ce que l'Europe voulait et c'est ce que les Africains n'ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l'UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n'a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l'avait très bien compris.

4-Kadhafi, l'Africain qui a permis de laver l'humiliation de l'Apartheid.

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé à la bataille contre le régime raciste d'Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l'obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l'ANC dans sa bataille contre l'apartheid.

C'est pour cela qu'à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d'aller rompre l'embargo des Nations Unis contre la Libye, le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu'à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu'à la côte libyenne.

Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant à l'ex-Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite « malvenue », il s'insurgea : « Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». Il ajouta : « Ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd'hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d'être ingrats et d'oublier nos amis d'hier ».

En effet, pour l'Occident, les racistes d'Afrique du Sud étaient leurs frères qu'il fallait protéger. C'est pour cela que tous les membres de l'Anc étaient considérés comme de dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l'ANC de cette liste noire, pas parce qu'ils ont compris la bêtise d'une telle liste, mais parce qu'on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd'hui repentis de leur soutien d'hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu'on lui donne des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- Ceux qui veulent exporter la démocratie sont-ils des démocrates ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d'y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c'est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c'est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d'Amérique, pour justifier qu'il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c'était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuelle de jugement et d'appréciation ne peut s'empêcher de se poser est : ces pays comme la France , l'Angleterre, les USA, l'Italie, la Norvège , le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s'être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n'existe pas. Ce n'est pas moi qui l'affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l'essentiel du commandement des Nations Unies. Il s'agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais ». Pour qu'un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d'Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1-Dimension de l'Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique.

Pour Rousseau l'Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres.

Avant donc de faire voter les gens, il faut s'assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c'est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l'organisation de l'Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d'autorégulation, d'autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu'on peut avoir. Sous cet angle, c'est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu'on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d'Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans.

Dans ces pays, on est passé directement à l'étape suivante : « le vote » qu'on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m'exprime sur l'avenir d'une nation sans en connaitre ses membres.

On est ainsi arrivé jusqu'à la bêtise du vote des citoyens vivant à l'étranger.

Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements

Pour éviter que l'on passe l'essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d'intérêts divers qu'une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se définissant comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c'est-à-dire aux mœurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c'est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu'il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l'appareil répressif de l'état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L'égalité dans les rangs et dans les fortunes.

Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu'en matière de redistribution de la richesse du pays, c'est à la Libye d'exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C'est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- Pas de luxe.

Pour Rousseau pour qu'il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu'il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l'objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d'asservissement des employés qui sont poussés jusqu'au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d'une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d'Amérique ne sont pas une démocratie parce qu'en définitive, c'est l'argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l'expression de la voix de l'argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu'il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n'ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités.

Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenu par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l'armée etc.

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu'au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu'au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu'en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 200, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d'or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d'un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n'est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d'hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l'oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s'approprier ou un refrain à vanter parce qu'on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c'est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n'est pas une mauvaise chose. C'est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium - traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu'on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- Quelles leçons pour l'Afrique ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l'Occident, il est dès lors prouvé que nous n'avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l'Afrique du Nord n'a rien à partager avec l'Afrique Subsaharienne, l'Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l'Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l'Egypte, la Libye, l'Algérie ne faisaient pas partie de l'Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l'Union Africaine sur ses états membres. L'objectif est d'isoler les pays d'Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle.

En effet, dans le capital du nouveau Fonds Monétaire Africain (FMA), l'Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d'Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l'Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C'est très inquiétant de constater que pour la première fois de l'histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème. L'Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l'Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l'Occident demande, parce qu'ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n'a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l'avait, il y a belle lurette que Mitterrand l'aurait faite pour l'Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n'est pas à l'ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s'ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s'ils ont obtenu ce qu'ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.

Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l'écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d'accord alors qu'ils savent très bien qu'ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l'action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd'hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine aujourd'hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C'est ce qui s'est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soi-disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c'est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu'elle a prétendu et obtenue d'être membre permanent avec doit de veto, si non elle n'entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d'admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité.

Qu'est-ce que l'Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d'Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d'une institution constitutionnelle de ce pays.

Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d'être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l'UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n'a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d'Africains.

La force et la vraie liberté de l'Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

 

Genève le 28/03/2011


Jean-Paul POUGALA


(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d'origine camerounaise, directeur de l'Institut d'Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l'Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

LIBYE: LE BILAN DE LA «DICTATURE» DU COLONEL KADHAFI!

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Les observateurs occidentaux qualifient le «guide» libyen de «dictateur», information relayée par tous les médias occidentaux dit de «très sérieux». Pour l'équipe de Nicolas Sarkozy, «nous avons faillit en Tunisie, pour avoir cru, naïvement, aux merveilles de l'économie tunisienne, avoir plébiscité l'économie tunisienne comme modèle de référence en Afrique, cette fois-ci pour le cas de la Libye la diplomatie ne fera plus d'erreur, et elle soutiendra les démocrates libyens (Royalistes, tribus, Al-Qaïda, islamistes)». L'ambition affichée, est d'installer «la démocratie [1]» et la «liberté d'expression [2]» pour des lendemains meilleurs en Libye. Qu'en est-il réellement de la vie des libyens ?


01 - L'électricité à usage domestique est gratuite (Les entreprises payent l'électricité sauf la population) !

02 - L'eau à usage domestique est gratuite.

03 - Le prix d'un litre du carburant est de 0,08 à 0,14 euros.

04 - Le « coût de la vie » en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France. Par exemple, le prix d'une demi baguette de pain en France est d'environ 0,40 Euros , tandis qu'en Libye il est de 0,11 Euros.

05 - Les banques libyennes accordent des « prêts » sans «intérêts».

06 - Les citoyens n'ont pas d'« impôts » à payer, et la « TVA » n'existe pas (Voir également le point 20).

07 - Chaque membre d'une famille reçoit une subvention de 1 000 dollars par an.

08 - Les chômeurs sont payés 730 euros par mois (Voir également le point 27).

09 - Le salaire d'une infirmière d'hôpital est de 1 000 dollars.

10 - Chaque nouveau-né, on reçoit 7 000 dollars.

11 - L'éducation nationale est gratuite.

12 - La médecine est gratuite.

13 - Les pharmacies offrent des fournitures gratuites.

14 - Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l'étranger, le «gouvernement» attribue une bourse de 1.627,11 Euros par mois.

15 - Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s'il ne trouve pas d'emploi.

16 - Les nouveaux mariés reçoivent 64 000 dollars pour acheter un appartement (Lorsqu'un couple se marie, l'état paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés).

17 - Pour créer une affaire privée, on bénéficie d'une aide financière de 20 000 dollars.

18 - Les « taxes » et « impôts » lourds sont interdits (Voir également le point 20).

19 - Si quelqu'un veut acheter une voiture, jusqu'à 50% du prix est réglé par l'État, 65% pour les miliciens de la garde.

20 - Le prix pour l'achat d'une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault...) est au prix d'usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, États-Unis...). (Voir également le point 18).

21 - Une « jeep KIA » sud-coréenne neuve pour 7500 dollars.

22 - Le système a été appelé « la huitième merveille du monde ». Il fournit cinq millions de mètres-cube par jour à travers le désert et a considérablement augmenté le territoire irrigué. 4000 Km de pipelines sont profondément enterrés pour les protéger de la chaleur.

23 - Les Libyens bénéficiaient d'un « crédit » de 20 ans sans «intérêts» pour construire leurs maisons (Voir également le point 06).

24 - Le « PIB » parité nominale est de 96,100 milliards de dollar.

25 - Le « PIB » par habitant est de 14 192 dollars.

26 - La croissance du « PIB » est de 8,5%.

27 - L'inflation « IPC » est de 6,3%.

28 - Le « taux de chômage » 30% de la population active (Voir également le point 08).

29 - Population sous le « seuil de pauvreté » 7,4%.

30 - Le « déficit public » est nul (déficit public = Dépenses publiques - Recettes publiques).
31
- La « dette publique » est 4,267 mille milliards de dollar US (Ensembles des engagements pris par l'état et les comités populaires).
32
- La « dette extérieure » est nulle (dette extérieure = Emprunts extérieurs - Prêts extérieurs).

33 - La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endetté ! La « dette publique » est à 3,3% du « PIB » ! En France, elle est à 84,5% Aux US, 88,9% ! Aux Japon à 225,8% !

34 - Kadhafi est resté avec son grade de « colonel », il ne s'est jamais autoproclamé « général » comme ailleurs.


NOTE :

[1] En 1977 y a été proclamée la « Jamahiriya » qui est une forme élevée de « démocratie » où les institutions traditionnelles du gouvernement sont abolies, et où le pouvoir appartient directement au peuple à travers ses « comités » et « congrès ». L'« état » est divisé en de nombreuses communautés qui sont des « mini-états autonomes » dans un État ayant autorité sur leur district, y compris l'allocation des fonds budgétaires.

[2] Les libyens peuvent s'exprimer au niveau des comités populaires pour faire des propositions ou débattre sur l'avenir et la gestion de leur « mini-états autonomes ». Cependant la « police politique » veille contre La critique, l'opposition, les manifestations et assure la sécurité.


Source: NERRATI.NET

00:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, libye, le bilan de la dictature du colonel kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 04 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: L'AFFAIRE DES 3 FRANÇAIS «ENLEVES» N'EST PAS FINIE


HAMED BAKAYOKO 2.jpg

L'affaire, révélée par France-Soir, des trois anciens officiers français arrêtés à Abidjan en dehors de tout cadre légal par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) continue de créer la polémique. Plus de dix jours après leur « arrestation » une importante somme saisie illégalement n'a toujours pas été restituée. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur, semble vouloir protéger les FRCI sous la responsabilité du commandant Wattao alors que les ONG s'alarment de la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire.


Le calme a du mal à revenir à Abidjan malgré les efforts politiques du président Alassane Ouattara et les déclarations rassurantes de son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Raser la célèbre rue Princesse, connue pour sa fête, sa musique et sa débauche ne suffit pas à marquer le changement d'ère. La colère de nombre d'ivoiriens augmente face aux abus récurrents des Forces républicaines de Côte d'Ivoire tandis que plusieurs ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent la poursuite d'exactions. Une affaire embarrasse actuellement le pouvoir à Abidjan : trois ex-officiers français  déclarent avoir été « enlevés », « séquestrés » et « volés » samedi 20 août par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), comme l'a révélé France-Soir dans la nuit du samedi 20 août au dimanche 21 août.

Ainsi, dans une interview télévisée accordée à la journaliste Pauline Simonet de France24 le 1er septembre 2011, le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a donné une version des faits différente de celle qu'il a présenté à France-Soir quelques jours auparavant au sujet de cette affaire.


A la question de savoir ce qu'il pensait de la version des faits des officiers, le ministre de l'Intérieur ivoirien avait répondu à
France-Soir que les Français n'avaient pas été « arrêtés » : « Il faut d'abord savoir qu'il n'ont pas été arrêtés, ils ont été « entendus ». » Nuance. A cela, le colonel Jean-Grégoire Charaux avait répondu catégorique qu'il avait été « enlevé ». Dans l'interview accordée à France24, la version change : le ministre indique avoir préalablement autorisé l'interpellation sur le territoire de la Côte d'Ivoire de ces hommes par les FRCI.

Mise en cause des FRCI

Or, à France-Soir le ministre, alors en séjour en France, indiquait ne pas être à l'origine de cette interpellation puisqu'il avait du se « renseigner » afin de faire un rapport à la demande du président Alassane Ouattara, lui aussi en visite dans l'Hexagone : « L'affaire est remontée jusqu'à moi et jusqu'au président de la République qui m'a demandé de faire toute la lumière sur cette affaire ». Le ministre a donc été mis au courant de « l'arrestation » des trois hommes par les FRCI après que celle-ci soit intervenue et non avant. En aucun cas il n'avait déclaré à France-Soir l'avoir ordonnée. Ni lui, ni le Président de la république, Alassane Ouattara n'ont commandité ce que les trois officiers retraités dénoncent comme une « embuscade ». Au contraire puisque la présidence a demandé « toute la lumière sur cette affaire » mettant en cause les agissements de certains éléments des FRCI.

A
France-Soir comme à France24, Hamed Bakayoko a assuré que les trois Français avaient été remis par les FRCI (qui n'ont aucun pouvoir de police) aux services de police pour être « entendus » selon sa version. Pourtant le colonel Jean-Grégoire Charaux est formel : il n'a jamais vu de policier lors de sa « séquestration » mais uniquement des militaires, dont un capitaine, second du commandant Wattao. Il a par ailleurs affirmé avoir eu au téléphone le commandant Wattao, commandant en second de la Garde républicaine, juste avant sa libération. L'ambassade de France sur place avait exercé toute son influence pour faire libérer les trois hommes arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI.

Deux jours avant les faits Hamed Bakayoko avait pourtant lancé publiquement un avertissement aux FRCI. Il souhaitait
« qu'on ne retrouve plus un FRCI en train de s'occuper de juger des affaires entre deux Libanais ou deux opérateurs économiques. Ce n'est pas leur mission, ils ne sont pas formés pour cela (...) ». Cette déclaration faisait suite à de violents affrontements entre les factions rivales des FRCI sous les ordres des deux « com-zones » ennemis, Zakaria Koné et Issiaka Ouattara alias... Wattao. Il ajoutait même, très clair , dans la foulée : « Vous devez comprendre que la Côte d'Ivoire a changé et que ce qu'on pouvait faire avant, on ne peut plus le faire maintenant. Celui qui n'a pas compris cela est condamné ». A peine deux jours plus tard, la règle change... et le ministre aurait ainsi autorisé ce qu'il interdisait : une arrestation par les FRCI. « Pourtant, le ministre ne peut ignorer qu'il n'a pas pouvoir sur les éléments des FRCI qui sont sous la tutelle du ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi », explique une source.

Revirement politique

Pourquoi soudainement le ministre prend-t-il la responsabilité des « arrestations » alors qu'elles ne sont pas le fait de ses services ? Le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux expliquait à France-Soir que Hamed Bakayoko « est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là (les FRCI NDLR) paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. »
« Que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. »
Mais dans ce cas pourquoi protéger le commandant Wattao et ses hommes ? « Wattao est très puissant et indispensable aujourd'hui. Le régime n'est pas encore stabilisé malgré le discours officiel. Il y a des tensions profondes dans le camp Ouattara. Les « seigneurs de la guerre » se payent de leurs années de lutte avec la richesse d'Abidjan : squattage de villas, vols de berlines, racket. Demain cela changera peut-être. En attendant, Hamed Bakayoko marche sur des œufs et est obligé de composer avec lui et d'assumer les exactions de ces hommes sans foi ni loi qui tiennent Abidjan quitte... à avaler son chapeau et de se contredire. C'est un choix politique : il temporise. Avec peu de moyens humains et techniques il essaye de faire le nécessaire. Le pouvoir ivoirien aurait pu se saisir de cette occasion pour faire le ménage et écarter Wattao. Ils ne le font pas et Bakayoko est obligé d'endosser toute la responsabilité de cette affaire » commente cette source.  Et de poursuivre : « Alassane Ouattara envoie un très mauvais signal en ne réglant pas cette affaire et en accusant ces anciens militaires français d'être les hommes de main d'un trafiquant d'armes. C'est grossier comme attaque. Ce que les gens retiennent c'est qu'aujourd'hui même un ressortissant étranger ne peut pas être en sécurité, physiquement, même chez lui ».
Hamed Bakayoko l'a martelé à juste titre le 1er septembre sur France24 : en Côte d'Ivoire « nul n'est au dessus de la loi même pas un français ». Ce serait oublier que les trois hommes ont été relâchés sans qu'aucun motif n'ait été retenu contre eux... En l'espèce, c'est le colonel Jean-Grégoire Charaux qui considère les FRCI, dont il assure être la victime, comme étant « au dessus de la loi » et qui este en justice son affaire.

Accusation de banditisme organisé

Ces citoyens français « arrêtés » pour « atteinte à la sûreté de l'Etat » dénoncent non seulement un « enlèvement » et une « séquestration » par les FRCI mais aussi le vol de 41.000 $ qui appartiennent à la société de leur employeur, Frédéric Lafont. Le colonel Jean-Grégoire Charaux va plus loin et accuse les FRCI de « banditisme » et refuse tout compromis : « Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée. »

L'ordre règne ?

En attendant, les 41.000 $, retirés par des soldats des FRCI aux trois citoyens français n'ont pas refait surface. Le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, avait déclaré à France-Soir être prêt à rendre l'argent « s'il n'y a pas de charge » retenue contre le colonel Jean-Grégoire Charaux. Or, aucun des trois n'a été inquiété.
Après une enquête, les services de renseignement ivoiriens auraient eux aussi conclu à la véracité du témoignage du Français. Ceux-ci auraient alors assuré au colonel Jean-Grégoire Charaux la restitution sous 48 heures de la somme dérobée. L'affaire, même portée au plus haut sommet de l'Etat ivoirien n'a semble-t-il pas trouvé d'issue.
A la question de savoir où pouvait se trouver le pactole, le ministre n'avait pas pu répondre tout en justifiant que « si cet argent a été retenu c'est parce qu'il y avait suspicion » par rapport à son origine et à sa destination. « Le problème c'est que cette suspicion pour justifier de la rétention de l'argent est illégale. C'est du vol pur et simple. C'est la méthode des FRCI pour se rémunérer » explique une source.

Frédéric Lafont, homme d'affaires, un temps inquiété par l'Union européenne pour être «
susceptible d'agir en violation de l'embargo fixé à la Côte d'Ivoire » fin 2010 suite à des accusations de trafic d'armes lors de la crise post-électorale, puis blanchi, récuse ces suspicions : « Nous avons fourni aux autorités tous les documents prouvant l'origine et la destination de cet argent. Cet argent vient de ma compagnie aérienne à Abidjan, ce n'est pas de l'argent qui a transité. Cette somme devait servir à payer essence et  pièces détachées. Dans l'aviation, tout se paye en dollars ! »

Les moyens d'une ambition

Responsable de la sécurité, Hamed Bakayoko jure qu'en Côte d'Ivoire « l'ordre est de retour ». Ainsi il avance à France24 que « le retour à la normalité se passe très bien ». A France-Soir il a assuré être à l'écoute des ONG qui dénoncent la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire. « Nous sommes en contact avec ces ONG et nous travaillons de concert. Nous voulons rester informés de la situation (...). On veut repartir sur les bases d'un Etat de droit. »

Pour retrouver un Etat de droit la Côte d'Ivoire peut compter sur la France. Hamed Bakayoko reçu mardi 30 Aout 2011, au ministère de l'Intérieur à Paris par Claude Guéanta évoqué le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité. La France devrait fournir à la Côte d'Ivoire une cinquantaine de véhicules et du matériel de sécurité.


L'affaire des trois Français arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI, et qui attendent toujours la restitution de la somme dérobée, sans démentir la volonté politique d'Alassane Ouattara et de son ministre d'un retour à l'Etat de droit et de la fin de la corruption, révèle que le gouvernement ivoirien n'a pas encore pleinement les moyens d'y parvenir. En cause : Les actions menées par certains commandants de l'armée ivoirienne issus de la rébellion, et ce sans compter des calculs politiques complexes avec, en vue, les législatives de la fin 2011.


A lire et à voir

Interview de Hamed Bakayoko à France24

Interview de Hamed Bakayoko à France-Soir

Interview du colonel Jean-Grégoire Charaux

Côte d'Ivoire : Libération des trois officiers français arrêtés


Par Antoine Kowalski

 

Source : FRANCE SOIR.FR

samedi, 03 septembre 2011

LIBYE - PETROLE: L'ACCORD SECRET ENTRE LE CNT ET LA FRANCE DEVOILE


ACCORD SECRET CNT-FRANCE.PNG

La morale politique n'a rien à faire avec les affaires. C'est, en substance, ce que répète le gouvernement français depuis le 19 mars, jour du lancement de l'opération militaire contre les troupes du colonel Kadhafi. Paris n'a qu'un seul objectif : «Venir en aide à un peuple en danger de mort [...] au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes, déclare Nicolas Sarkozy lors d'un discours à l'Elysée, le 19 mars. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d'un régime qui, en assassinant son propre peuple, a perdu toute légitimité.» n'empêche, les entreprises pétrolières françaises pourraient largement profiter de cette campagne militaire. C'est en tout cas ce qui est écrit noir sur blanc dans un document que « Libération » s'est procuré.

 

Texte signé par le conseil national de transition (Cnt), autorité de transition créée par les rebelles libyens. Certes, il était de notoriété publique que les pays les plus engagés auprès des insurgés seraient les mieux considérés par le Cnt le jour venu, notamment en nombre de contrats pétroliers sonnants et trébuchants. Mais ce document montre clairement que des engagements chiffrés ont été donnés il y a déjà plusieurs mois.

«Soutien total»

Nous sommes le 3 avril. Dix-sept jours se sont écoulés depuis l'adoption de la résolution 1973 au conseil de sécurité de l'Onu, où la France a joué un rôle déterminant pour venir en aide aux insurgés. ce 3 avril, le Cnt signe donc une lettre (reproduite ci-dessus) dans laquelle il est précisé : «[...]S'agissant de l'accord sur le pétrole passé avec la France en échange de la reconnaissance de notre Conseil, lors du sommet de Londres, comme représentant légitime de la Libye, nous avons délégué le frère Mahmoud [Shammam, ministre en charge des médias au Cnt, ndlr] pour signer cet accord attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre Conseil.» A qui s'adresse cette missive ? Au cabinet de l'émir du Qatar. Et pour cause, ce pays sert depuis le début du soulèvement d'intermédiaire entre la France et le Cnt. Avec copie au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

«Rétribution»

Cette lettre aurait-elle de quoi accréditer la thèse des islamistes, qui n'ont eu de cesse de répéter que cette guerre n'avait d'autre but que de faire main basse sur les ressources pétrolières du pays, dont les réserves frôlent les 44 milliards de barils, les premières du continent africain ? «Absolument pas, s'emporte Mathieu Guidère, professeur des universités et spécialiste du monde arabe. C'est ignorer la culture libyenne. Ce peuple n'est pas pauvre, il ne tend pas la main, car il a conscience de sa richesse. Pour les membres du Cnt, cet accord n'est que la juste rétribution, au sens culturel du terme, du soutien offert par la France et confirmé par le large vote des parlementaires français.» contacté, le Quai d'Orsay a expliqué qu'il n'avait «pas connaissance d'un tel document». Une chose semble évidente: l'application de cet accord dépendra du nouveau bureau du Cnt, élu le 8 août dernier.


In Liberation.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE


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LE CNT ET LA FRANCE NIENT LE CONTRAT QU'ILS ONT GOUPILLE


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La raffinerie de Zawiya, à l'ouest de Tripoli, en Libye.

 

Pétrole : les rebelles libyens ne feront pas de «favoritisme»


Le CNT aurait promis d'accorder 35% des nouveaux contrats pétroliers à la France, selon une lettre citée par Libération. Mais les rebelles libyens démentent, affirmant que ces contrats seront signés «sur la base du mérite».


La France pourrait tirer profit de son engagement en Libye. Alors que «la conférence des amis de la Libye», qui doit sonner la fin des opérations militaires dans le pays, a débuté ce jeudi matin à Paris, un document dévoilé par Libération indique qu'un accord secret sur le pétrole aurait été passé entre la France et les nouvelles autorités libyennes. Ce que le CNT dément.

Libération s'appuyait sur une lettre datée du 3 avril, soit 17 jours après l'adoption par l'ONU de la résolution sur une aide aux insurgés, les rebelles libyens auraient promis d'accorder 35% du pétrole brut produit par le pays aux Français «en échange d'un soutien total et permanent» au Conseil National de Transition (CNT), l'autorité créée par les rebelles libyens.

Or, les ressources pétrolières du pays sont particulièrement importantes. Les réserves pétrolières de la Libye sont estimées à 44 milliards de barils, souvent considérées comme sous-exploitées. Jusqu'au début de cette année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. En 2010, la France était le deuxième acheteur de pétrole libyen, derrière l'Italie, avec plus de 15% de son or noir importé de Tripoli.

Les contrats conclus «de manière transparente»

Si l'accord en tant que tel n'était pas connu, le CNT n'a toutefois pas caché que la priorité pour la reconstruction et l'attribution des contrats pétroliers serait donnée aux pays qui ont soutenu le mouvement de révolte. Mais les futurs contrats sur l'exploitation du pétrole libyen seront accordés «sur la base du mérite et non par favoritisme politique, a affirmé jeudi le représentant en Grande-Bretagne du Conseil national de transition (CNT), Guma al-Gamaty. Les contrats seront conclus de manière transparente».

Du côté des compagnies pétrolières, on nie l'existence de cet accord révélé par Libération. En marge de l'Université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le patron de Total, Christophe de Margerie a déclaré que la production des champs offshore exploités par Total en Libye pourrait redémarrer prochainement et que le groupe n'avait pas discuté des contrats pétroliers avec le pays. Le PDG du pétrolier français a également fait savoir que Total n'expédiait actuellement pas le moindre baril depuis la Syrie, alors que la répression de l'opposition par les forces du président Bachar al Assad se poursuit.

De son côté, BP, qui a dû suspendre ses projets dans le pays en début d'année, a dit vouloir reprendre ses explorations. Quant au groupe italien Eni devrait lui aussi continuer à être très présent sur le terrain. Le principal producteur étranger de pétrole en Libye sous le régime Kadhafi a déjà débloqué une aide de 350 millions d'euros pour la reconstruction libyenne. L'italien, dont les contrats de production pétrolière ont été conclus jusqu'en 2042, a en outre annoncé fin août la reprise de ses activités en Libye et le retour de ses employés.

Le CNT risque par ailleurs de se montrer méfiant à l'égard des compagnies de Russie, Chine ou Brésil, car les gouvernements de ces pays étaient opposés à la guerre contre le régime de Kadhafi.

Alain Juppé dit ne pas avoir eu connaissance de cette lettre

Un peu plus tôt dans la journée, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a également indiqué au micro de RTL ne pas avoir «connaissance de cette lettre et ignorer l'existence d'un accord formel» avant d'ajouter ce que je sais c'est que le conseil de transition a dit très officiellement que, dans la reconstruction de la Libye, il s'adresserait de manière préférentielle à ceux qui l'ont soutenu. Ça me parait assez logique et assez juste.» Le numéro un du Conseil national de transition, Moustapha Abdeljalil a recémment indiqué que les États seraient récompensés «en fonction du soutien» apporté aux insurgés.

Dans la bataille économique qui s'annonce, les deux grands gagnants devraient être la France et le Royaume-Uni. Les deux pays sont en effet à l'initiative de la résolution 1973 de l'ONU qui a permis le recours à la force contre les forces de Kadhafi.

 

Source : LE FIGARO.FR

mercredi, 31 août 2011

LES VERITES DE BERNARD HOUDIN SUR LA CRISE IVOIRIENNE


BERNARD HOUDIN.jpg

Bernard Houdin, Conseiller du Président Laurent Gbagbo n'est pas en Côte d'Ivoire ; à travers cet entretien effectué en ligne, il croque l'actualité ivoirienne avec la rigueur d'un observateur averti.


Conseiller français du Président Laurent Gbagbo, comment vivez-vous les événements tragiques en Côte d'Ivoire ?

Je suis effectivement français d'origine et j'ai acquis la nationalité ivoirienne il y a plusieurs années. Arrivé très jeune (un an) à Abidjan, j'y ai grandi et fait l'essentiel de mes études primaires et secondaires de l'école de la Ran au Banco jusqu'au lycée classique de Cocody en passant par le collège d'orientation du Plateau.
Mon père dirigeait une entreprise de travaux publics qui a bâti, entre autres, les deux ponts d'Abidjan et l'Hôtel Ivoire. J'ai, plus tard, travaillé au ministère des Finances de 1975 à 1977, quand M. Bédié en était le ministre, et dirigé la société Ash à la fin des années 1990 puis d'autres entreprises jusqu'à ce que le Président Gbagbo m'appelle à son cabinet en 2007.
J'ai vécu l'ensemble de la crise ivoirienne, de 2002 à aujourd'hui comme un gâchis effroyable dont les autorités françaises successives porteront la responsabilité devant l'Histoire. Après l'élection et la décision du Conseil Constitutionnel, je n'aurais jamais imaginé que le président français ordonnerait la destruction de la Résidence présidentielle et la capture du Président de la République par l'armée française, un acte qui entrera dans l'Histoire comme une des pires forfaitures des relations franco-africaines.

Depuis le 11 avril, une nouvelle situation prévaut en Côte d'Ivoire. Que pensez-vous du choix du Président concernant le Porte-parole ?

Le ministre Koné Katinan a été, par mandat écrit, désigné par le Président Gbagbo comme son Porte-parole officiel. Je sais, d'expérience, que le Président ne pose jamais un acte à la légère. Le Porte-parole est le «lien» entre lui et tous ses partisans. Le choix de l'ancien ministre du Budget n'est pas anodin.
Dans une période difficile le Président a voulu promouvoir un homme de rigueur qui a démontré, dans le gouvernement formé après l'élection du 28 novembre, toutes les qualités pour mériter la confiance du Président.
Toutes celles et ceux, quelle que soit la structure à laquelle ils appartiennent, qui veulent s'engager dans le combat du Président doivent, d'abord, accepter ses décisions et sa vision des choses. En effet, comment peut-on se prévaloir du Président et, dans le même temps, ne pas respecter ses choix et décisions ?

Représentant du Président Gbagbo en Europe et en Amérique, sous l'autorité de son Porte-parole, quelle est votre mission ?

Pendant toutes mes années auprès du Président j'ai essayé d'agir sans ostentation, en m'efforçant de remplir honnêtement ma mission. Le choix du Président à mon égard, confirmé par le Porte-parole, tient, peut être, de sa conviction que je travaillerai, sans état d'âme, à la mise en œuvre de sa «feuille de route».
La feuille de route du Président était déjà claire, pour moi, le 11 avril lorsqu' il a déclaré, à l'hôtel du Golf :
«La crise militaire est terminée, il faut régler la partie civile de cette crise pour que le pays reprenne».
Il a renouvelé ce mot d'ordre lors de la venue des Elders à Korhogo et il a délivré, dans son message à la nation à l'occasion de la Fête nationale, sa vision profonde de la crise et des conditions du renouveau du pays. J'encourage tous les Ivoiriens et, au-delà, tous les Africains épris de souveraineté et de dignité pour leurs pays respectifs, à s'approprier ce discours qui montre, une fois de plus, la vision politique et le sens de l'Histoire du Président Gbagbo.
C'est mon rôle, ici, de relayer la parole du Président, en accord avec le Porte-parole. Il existe en Europe et aux Amériques de nombreuses associations et représentations de partis politiques ivoiriens déjà implantés localement où qui sont apparus dans l'urgence de la crise. Il faut les faire travailler ensemble pour créer une force qui puisse peser sur les médias et l'opinion publique, ce qui finira par interpeler le monde politique.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Dans nos sociétés modernes, la prolifération des moyens d'expression, en particulier à travers toutes les possibilités offertes par l'internet, rend difficile la maîtrise de l'action politique. Aujourd'hui, ces moyens de communication amplifient la propagation des informations et, le plus souvent, des rumeurs. Vue de Paris, de Hambourg ou de Montréal, la situation du pays est «scrutée» en permanence et si, juste après le 11 avril, les manifestations «émotionnelles» étaient légitimes et nécessaires, il faut désormais agir de façon plus «politique», ce qui impose aux uns et aux autres un effort sur soi-même car il est évident que le sort actuel du pays nous fait naturellement pencher vers des actions plus radicales.
Je rentre du Canada où j'ai représenté le Président aux cérémonies organisées par la diaspora ivoirienne à l'occasion du 51e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. J'ai rencontré des hommes et des femmes bien intégrés dans la société canadienne, mais qui se sentent totalement concernés par l'état du pays. C'est une prise de conscience que je retrouve partout où je vais. Cela démontre la justesse du combat du Président qui a toujours privilégié le respect du Droit et qui accepte les pires humiliations pour faire triompher, à la fin, sa vision d'une Côte d'Ivoire moderne et démocratique, qui soit un exemple pour l'Afrique et le monde.
Dans cette période de combat politique, nous devons montrer à l'opinion internationale et aux medias que nous représentons une «force tranquille» et ne pas risquer d'être entrainés dans des provocations de toutes sortes. Mais je dis à toutes celles et à tous ceux qui se battent avec nous qu'il leur faut rester mobilisés et entretenir autour d'eux la flamme de l'espérance. Il faut arriver à comprendre que, dans ce genre de situation, l'action la plus efficace n'est, généralement, pas la plus bruyante.

Quatre mois après le 11 avril, la situation de la Côte d'Ivoire est en effet toujours très précaire. Quelle est votre analyse ?

Il est commun de dire que «l'on récolte ce que l'on a semé». Le jeudi 25 novembre 2010, à la veille du 2e tour, j'avais demandé audience à l'Ambassadeur Jean Marc Simon. Au cours de l'entretien, déjà inquiet des manœuvres qui avaient commencé dans le nord au 1er tour et émettant différentes hypothèses pour le scrutin du dimanche suivant, je lui ai dit :
«je pense, hypothèse n°1, que le Président va gagner, que Ouattara va contester quelques temps mais que les choses rentreront rapidement dans l'ordre, Mais, hypothèse n°2, si l'on fait gagner Ouattara, alors là je vous promets le chaos».
La réponse de l'Ambassadeur de France résonne encore à mes oreilles : «je crains, monsieur, que l'on s'achemine vers votre dernière hypothèse» ! Vous connaissez la suite...
La vérité est que le Président Gbagbo avait gagné effectivement l'élection du 28 novembre 2010. Le scrutin a été truqué et, passé la période où «le monde entier a été trompé par l'annonce de M Choi»comme l'a déclaré, en son temps, le Président angolais Eduardo Dos Santos lors de ses vœux au corps diplomatique en poste à Luanda, cette vérité commencera, imperceptiblement, à prendre corps.
Un seul chiffre, incontournable, est le «talon d'Achille» de ce trucage: le taux de participation du 2e tour, officiellement annoncé par la Cei à 70,84 % le lundi 29 novembre 2010, confirmé par un communiqué de l'Onuci et, brutalement, «augmenté» à 82 % dans la «proclamation» du président de la Cei du 2décembre 2010, dans les conditions que l'on sait.
J'ai participé, en juin dernier, à l'invitation des Autorités vénézuéliennes, à une Convention sur l'Afrique à Caracas. Au cours de la séance d'ouverture, l'ancien Président Jerry Rawlings a dit clairement à la tribune :
«en Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo a gagné l'élection mais a perdu la guerre contre la France».
Le pouvoir en place n'est pas celui élu démocratiquement et tous les «cris d'effroi» que pourront pousser certains, hommes politiques et medias confondus, n'y feront rien. Un jour, qui n'est peut être pas si lointain, le point d'inflexion de cette crise sera atteint et vous verrez les choses changer.
D'ailleurs la politique menée par les autorités installées par le coup de force des dirigeants français démontre chaque jour sa vraie nature : un pouvoir faible et dissolu, incapable d'instaurer un climat d'apaisement pour rassurer l'ensemble des Ivoiriens. Dans ce contexte la déclaration du Premier ministre français à l'Assemblée nationale, après le 11 avril 2011, précisant «sa fierté que l'armée française ait contribué à restaurer la démocratie en Côte d'Ivoire» apparaît encore plus cynique alors que nous entrons dans le 4e mois de gestion de monsieur Ouattara.
La France va entrer dans la phase active de la période pré-électorale pour la présidentielle de 2012. Il faudra peser de toutes nos forces et «inviter» la crise ivoirienne dans le débat.
Dans le même ordre d'idée, les élections à venir en 2012 dans le monde, aux Etats-Unis, au Sénégal, au Mali et au Cameroun seront, elles aussi, l'occasion de rappeler qu'en Côte d'Ivoire certains ont truqué délibérément le suffrage universel pour assouvir une soif de pouvoir personnel, ce qui n'est rien d'autre que le viol de la conscience collective du peuple ivoirien.

Vu d'Europe quels sont les éléments qui vous donnent l'espoir que les choses pourraient changer en Côte d'Ivoire ?

Si nous avons confiance ici, toutes celles et ceux qui luttent pour une vraie démocratie en Côte d'Ivoire, certains signes alimentent notre conviction. Prenons l'exemple de la presse. Au lendemain du 11 avril 2011 une chape de plomb s'est abattue sur la presse «bleue» et malheur à ceux qui auraient eu l'idée de critiquer les «nouveaux maitres».
Aujourd'hui, dans un climat de violence et d'intimidation permanente, des esprits libres et courageux permettent aux Ivoiriennes et Ivoiriens de ne pas entendre seulement une propagande aveugle. Votre propre journal en est l'incarnation : malgré les menaces et les sanctions iniques, vous ne cédez pas. Vous êtes un modèle pour tous ceux qui luttent de l'extérieur : ce que vous faites à l'intérieur est infiniment plus compliqué et courageux que tout ce que l'on peut faire à l'extérieur.
Cela doit être un motif permanent de persévérance dans l'action. D'un autre côté, nous voyons chaque jour nos interlocuteurs, Ong, médias, milieux politiques, s'interroger de plus en plus ouvertement sur la vraie nature de cette crise ivoirienne.

Revenons au quotidien de votre travail. On parle de dissensions dans l'organisation de la diaspora. Qu'en pensez-vous ?

La gravité de la situation actuelle rend vaine et dérisoire toute polémique. Les faits sont clairs. Le Président fait des choix, ceux qui se réclament de lui doivent les suivre ou sont libres d'agir selon leur propre entendement. Mais ils ne peuvent pas, dès lors, le faire au nom du Président. Depuis toujours je m'attache à agir selon un des principes cardinaux du Président :
«Asseyons nous et discutons».
J'entends et j'observe, ça et là, des propos et des initiatives peu propices à favoriser un climat serein nécessaire à l'efficacité de la lutte. Ne comptez pas sur moi pour me prêter à ce jeu et à me détourner de l'objectif qui m'a été assigné. Je dis et redis qu'il y a un temps pour tout. Après le 11 avril 2011, dans l'émotion des événements, il fallait montrer que l'on ne se soumettrait pas au diktat de l'étranger.
Aujourd'hui est venu le temps du combat «politique», moins ostentatoire mais indispensable. Dans ce contexte les manifestations (marches, rassemblements) doivent être des armes à utiliser à bon escient pour en conserver toute leur efficacité. A titre d'exemple, l'an dernier les Français sont descendus par millions dans les rues pour manifester leur opposition à la réforme des retraites. M. Sarkozy l'a finalement imposée (avec un Conseil Constitutionnel composé de 9 membres sur 9 de sa famille politique...).

On se rend compte que pendant qu'il tend la main aux Gbagbo, le pouvoir inculpe ses membres. Comment expliquez-vous cette politique ?

Depuis son installation par le coup de force de la France, M. Ouattara n'a de cesse de prôner la réconciliation nationale. Dans ce domaine, comme dans tous ceux où il a pris position depuis le 11 avril 2011, les actes posés contredisent singulièrement les propos émis. Les «inculpations» de la majorité des dirigeants de la mouvance présidentielle Lmp, au-delà du caractère «loufoque» des motifs invoqués, sont de nature à briser durablement le tissu national que le Président Gbagbo avait commencé à tisser avec patience.
La position du Président et de la 1ere Dame, vice-présidente de l'Assemblée nationale, sans aucun statut juridique, conduit aujourd'hui même les plus fervents défenseurs d'Ado à se sentir «gênés». En fait tout cela rend raison au Président Gbagbo qui apparaît chaque jour qui passe comme le seul à pouvoir rendre au débat démocratique en Côte d'Ivoire toute sa signification. Cela rappelle, aux uns et aux autres, que le mandat du Président n'a, à aucun moment, été celui d'un dictateur tel que les parrains du complot antinational ont voulu le faire paraître.
La liste est longue des actes à caractère démocratique posés par Laurent Gbagbo pendant sa présidence, guidé par le souci de la préservation de l'avenir du pays, en privilégiant sans cesse le dialogue entre les Ivoiriens, au risque, avéré désormais, de voir les ennemis de la liberté se servir de cette ouverture d'esprit pour mieux avancer masqués.
Au contraire, les dirigeants actuels, mués par la satisfaction de leurs intérêts personnels au détriment de l'intérêt général, s'enferrent dans leurs contradictions et prennent, à chaque fois, les mauvaises décisions. Ce cycle «infernal» aura ses limites tôt ou tard. C'est parce que l'attelage hétéroclite du Rhdp n'a, ni consistance politique ni un soutien populaire majoritaire qu'il n'a pas d'avenir. Préparons-nous, comme le Président Gbagbo nous l'a toujours enseigné, à avoir une réponse «politique» à cet état de fait.

Après un rapport accablant de l'Onuci contre les Frci et les Dozo sur les violations des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire, les deux entités indexées disent être irréprochables, innocentes. Finalement, personne n'a tué ceux qui sont morts pendant cette crise ?

Depuis le 19 septembre 2002, jour où, ne l'oublions jamais, plusieurs centaines de personnes sont mortes, en majorité des soldats des Fanci qui ont sauvé la République à ce moment là, jusqu'aux dernières exactions quotidiennes des «Frci», le peuple de Côte d'Ivoire est victime de la «volonté de pouvoir» d'une caste politique qui n' a pas hésité à s'appuyer sur la force de puissances étrangères d'une part, et de bandes armés dont la conviction politique est inversement proportionnelle à la soif de pillage économique d'autre part.
Oui, on a tué, on a beaucoup tué en Côte d'Ivoire ces dernières années, mais les bourreaux «paradent» dans Abidjan et les villes de l'intérieur, avec la complicité veule d'une partie de la classe politique dont l'appât du gain et la recherche d'un «poste» tient lieu de viatique.
Heureusement les Ong telles que Human Rights Watch et Amnesty International ainsi qu'une partie croissante de la presse d'investigation commencent à «briser» la loi du silence qui s'était abattue sur le pays depuis le 11 avril 2011. C'est un combat long et difficile à mener où le courage et l'honneur devront triompher du mensonge et de la manipulation.
Les victimes ne sont pas les tueurs et ceux-ci devront, un jour, rendre compte au tribunal de l'Histoire. Je salue d'ailleurs, à cette occasion, le travail exemplaire que votre journal, dans la pire adversité, continue à réaliser. Il illustre bien une phrase du Président Gbagbo dans son message du 7 aout dernier : «...Car, jamais un peuple qui lutte pour sa liberté n'a été vaincu».

Quel message voudriez-vous retenir ?

La crise actuelle donne raison au Président Gbagbo. Le 15 octobre 2010, dans sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle, il avait dit : «je suis le candidat de la Côte d'Ivoire contre le candidat de l'étranger et cette élection marquera la fin de la période houphouetienne de l'Histoire du pays....».
Ce qui arrive aujourd'hui en est l'illustration parfaite et si nous nous plaçons dans une perspective historique, le Président Gbagbo, par son sacrifice personnel, va faire rentrer la Côte d'Ivoire dans une nouvelle époque, celle de la souveraineté nationale au vrai sens du terme. Aussi, son message du 7 août doit être lu, relu et médité par chacun et chacune.
Aussi permettez-moi, en conclusion, de donner la parole au Président :
« (...) je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août. Cette réflexion est un exercice de prospection de nous-mêmes qui s'impose à chaque de ce pays, mais surtout aux dirigeants et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de construire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n'aspire qu'à vivre sa souveraineté en tant qu'acteur et sujet de l'humanité, et non pas comme simple objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire (...)
Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats il y a des batailles perdues. (... )
Qu'une bataille perdue ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l'affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine (...) 
Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd'hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres. (...) 
Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n'a été vaincu. C'est aussi une vérité historique»

Entretien réalisé par Germain Séhoué, in le quotidien ivoirien "Le Temps".


gs05895444@yahoo.fr


 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

COMMENT AL-QAEDA EST ARRIVE A REGNER SUR TRIPOLI (ASIA TIMES)


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Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI


Par Pepe ESCOBAR

Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu.

Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l'histoire de comment un agent d'Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va - une fois de plus - briser l'immense champ de miroirs qu'est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l'OTAN sur son « intervention humanitaire » en Libye.

La forteresse de Kadhafi, Bab-al-Aziziyah, fut envahie et conquise la semaine dernière principalement par les hommes de Belhaj - qui ont été le fer de lance de la milice des Berbères dans les montagnes du sud-ouest de Tripoli. La milice est connue sous le nom de Brigade Tripoli et elle a été secrètement entraînée pendant deux mois par les Forces Spéciales US. Elle s'est révélée la milice la plus efficace au cours de ces six mois de guerre civile/tribale.

Mardi dernier, Belhaj jubilait déjà sur la victoire et racontait comment les forces de Kadhafi s'enfuyaient « comme des rats » (notez que Kadhafi emploie la même métaphore pour désigner les rebelles).

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.

Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir - avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d'entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.

Après le 11/9, Belhaj s'est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s'est lié d'amitié avec ni plus ni moins que l'ultra radical AbuMusab al-Zarqawi - tout ceci avant qu'Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.

En Irak, les Libyens constituaient le contingent étranger de djihadistes sunnites le plus nombreux, devancés uniquement par les Saoudiens. De plus, les djihadistes libyens ont toujours été des « super stars » dans les hauts échelons de l'Al-Qaeda « historique » - d'Abu Faraj al-Libi (commandant militaire jusqu'à son arrestation en 2005. A présent il fait partie des 16 prisonniers « importants » de la base militaire US à Guantanamo) à Abu al-Laith al-Libi (un autre commandant militaire, tué au Pakistan au début de 2008).

Le GICL a été sous la surveillance de la CIA depuis le 11/9. En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie puis transféré, dans le plus pur style « rendition » dans une prison secrète à Bangkok où il était torturé quotidiennement.

En 2004, les Américains ont décidé d'en faire cadeau aux services secrets Libyens - jusqu'à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres « terroristes », une opération publicitaire annoncée en grande fanfare.

Le chef d'orchestre était Saif Islam al-Kadhafi en personne - la figure moderne et éduquée au London School of Economics du régime. Les dirigeants du GICL - Belhaj et ses adjoints Chrif et Saadi - publièrent un confession de 417 pages intitulée « études correctives » où ils déclaraient que le djihad contre Kadhafi était terminé (et illégal), avant d'être finalement libérés.

Un compte-rendu fascinant de tout le processus est disponible dans un rapport intitulé "Combating Terrorism in Libya through Dialogue and Reintegration" (Combattre le terrorisme en Libye par le dialogue et la réinsertion) . [1] Notez que les auteurs, des « experts » en terrorisme basés à Singapour et qui furent accueillis et choyés par le régime, expriment leurs « chauds remerciements à Saif al-Islam Kadhafi et la Fondation Internationale Kadhafi pour la Charité et le Développement pour avoir rendu la visite possible ».

Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d'Al-Qaeda à l'époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir).

Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d'engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque.

Tous les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Europe et du Monde arabe savent qui il est. Il a déjà fait savoir que lui et ses hommes ne se contenteront de rien de moins que l'application de la charia en Libye.

On aura beau chercher partout et se raconter des histories, il n'y a rien de « démocratique » chez lui. Mais l'OTAN n'a pas voulu s'en séparer sous prétexte qu'il n'aimait pas beaucoup les « infidèles ».

L'assassinat fin juillet du commandant militaire rebelle, le général Abdel Fattah Younis, par les rebelles eux-mêmes semble être l'œuvre de Balhaj ou de gens très proches de lui.

Il est important de savoir que Younis - avant de se retourner contre le régime - avait dirigé les forces spéciales libyennes qui combattaient férocement le GICL dans la Cyrénaïque entre 1990 et 1995.

Le Conseil National de Transition (CNT), selon un de ses membres, Ali Tarhouni, raconte que Younis aurait été tué par une organisation obscure appelée Obaida ibn Jarrah (du nom d'un des compagnons du Prophète). Apparemment, le groupe a disparu sans laisser de traces.

Ce n'est pas un hasard si tous les hauts commandants militaires des rebelles sont du GICL/AQMI, de Balhaj à Tripoli à un certain Ismael as-Salabi à Benghazi en passant par Abdelhakim al-Assadi à Derna, sans oublier un membre important, Ali Salabi, qui siège au cœur du CNT. C'est Salabi qui a négocié avec Saif al-Islam Kadhafi la « fin » du djihad du GICL/AQMI, leur garantissant ainsi un nouvel avenir radieux sous l'étiquette de « combattants de la liberté ».

Pas besoin d'une boule de cristal pour imaginer les conséquences lorsque le GICL/AQMI - qui a remporté le pouvoir militaire et fait partie des « vainqueurs » - se montrera très peu disposé à céder son pouvoir juste pour satisfaire aux caprices de l'OTAN.

Pendant ce temps, dans les brouillards de la guerre, il n'est pas clair si Kadhafi veut entrainer la Brigade Tripoli dans une guerre urbaine ou forcer le gros des troupes rebelles à pénétrer l'immense zone de la tribu Warfallah.

L'épouse de Kadhafi fait partie de la tribu Warfallah, la plus grande tribu de la Libye d'une population de 1 million d'habitants et composé de 54 sous-tribus. On raconte dans les couloirs de Bruxelles que l'OTAN s'attend à ce que Kadhafi livre combat pendant des mois, sinon des années, ce qui explique la prime offerte, dans le plus pur style du Texas de George W. Bush, et le retour résigné de l'OTAN à son plan initial qui a toujours été celui d'éliminer Kadhafi.

La Libye fait peut-être face au spectre d'une guérilla à deux têtes ; les forces de Kadhafi contre le faible gouvernement central du CNT et les troupes de l'OTAN au sol ; et la nébuleuse GICL/AQMI dans un djihad contre l'OTAN (s'ils sont écartés du pouvoir).

Kadhafi est peut-être une relique dictatoriale du passé, mais on ne monopolise pas le pouvoir pendant 40 ans pour rien et sans que ses services de renseignement n'apprennent deux ou trois choses.

Depuis le début, Kadhafi a dit que l'opération était appuyée de l'étranger et par Al-Qaeda ; il avait raison (même s'il a oublié de dire que cette guerre était par dessus tout celle du président français néo-Napoléonien Nicolas Sarkozy, mais c'est une autre histoire).

Il a aussi dit que l'opération était un prélude à une occupation étrangère dont l'objectif était de privatiser et prendre le contrôle des ressources naturelles de la Libye. Il se pourrait qu'il ait - une fois de plus - raison.

Les « experts » de Singapour qui ont salué la décision du régime de Kadhafi de libérer les djihadistes de GICL/AQMI ont qualifié cette décision de « stratégie nécessaire pour réduire les menaces à l'encontre de la Libye ».

Désormais, le GICL/AQMI peut agir en tant que « force politique locale ».

Dix ans après le 11/9, il n'est pas difficile d'imaginer un certain crâne jeté au fond de l'océan sourire de toutes ses dents.

 

Pepe Escobar


Source: ASIA TIMES

REACTION DU MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO RELATIVE AU MANDAT D'ARRET INTERNATIONAL CONTRE SA PERSONNE ET D'AUTRES PRO-GBAGBO

 

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Nous avons appris par voie de presse, le 25 Août 2011, qu'il a été lancé contre sept autres proches du Président Laurent Gbagbo des mandats d'arrêt internationaux dont notre modeste personne.

Ces mandats qui n'ont de l'importance qu'aux yeux de ceux qui les délivrent, appellent  toutefois de notre part une réaction afin que l'opinion comprenne encore mieux les incongruités, le cynisme du pouvoir passager installer par la Communauté Internationale à Abidjan.

Je ne m'attarderai pas sur la forme atypique voire carnavalesque d'émission des mandats d'arrêt par le Procureur de Monsieur Alassane Ouattara. Une procédure qu'un journaliste ivoirien a qualifiée de façon laconique de «Vuvuzela judiciaire».   Toutefois, qu'il me soit juste permis de revenir en quelques lignes sur les raisons qui les sous-tendent. Précisément, le mandat à mon encontre.

Pour les justificatifs de ce mandat, le pouvoir Ouattara parle sans vergogne de crime économique.

Quand on a été, dans un gouvernement, chargé des personnes affectées par la guerre, que pendant votre court exercice, vous n'avez eu la gestion d'aucun budget, il vous est difficilement imputable un délit de crime économique, la nouvelle trouvaille de Monsieur Ouattara et ses juristes. On invoquerait certainement la responsabilité collective des membres du gouvernement pour m'incriminer. Mais, là encore, nous serions dans un cas de poursuite générale de tous les membres du gouvernement. Ce n'est point le cas. Les raisons de cette poursuite sont donc ailleurs.

Au nombre de plusieurs raisons plausibles, je voudrais retenir trois. L'expression aggravée de la justice des vainqueurs, la poursuite du musellement de l'opposition par le pouvoir des sbires de la France et la bataille spirituelle sortant de l'abstrait pour devenir matériel donc perceptible au commun des mortels afin que la parole s'accomplisse.

On savait Messieurs Ouattara et Soro accoutumés à faire couler le sang, tuer, massacrer de paisibles et innocentes personnes pour le pouvoir. Il est donc dans l'ordre normal des choses que, les pleurs, les gémissements, les sanglots de douleur des personnes victimes de leurs atrocités soient sans intérêt à leurs yeux. Cependant, nous étions en droit de penser que le couple de meurtriers propulsés temporairement au sommet de l'Etat ivoirien par l'armée Française, ne pourraient pas atteindre un certain degré de sadisme. Notamment, intervertir les rôles entre les bourreaux qu'ils sont et les victimes directes de leur barbarie.

En effet, après avoir essayé de récupérer mordicus sans succès la Fédération des Victimes de la Guerre que nous présidons, les victorieux de la razzia Française du 11 AVRIL 2011 veulent la décapiter pour faire taire à jamais les nombreuses preuves de leur stupidité guerrière qui dure depuis le 19 septembre 2002. Ainsi, après avoir fait subir des traitements de choc aux responsables restés sur place, le pouvoir d'Abidjan se lance dans une chasse sans merci au garant moral de l'organisation des victimes de la guerre. Ceux qui ont tué d'innocentes personnes, éventré des femmes enceintes, violé des filles et femmes sans défense, pillé les agences de la BCEAO, les ressources naturelles, agricoles des zones assiégées, décernent un mandat d'arrêt international contre quelqu'un dont ils ont fait piller tous les biens à Korhogo en 2002, refusé le transfert médical de la maman de Man à Abidjan en temps opportun, ce qui entraîna son décès le 25 septembre 2004. Sans oublier que cette rébellion a opposé un refus catégorique quant à l'idée de nous voir participer à ses obsèques.

On lance donc, un mandat d'arrêt international contre quelqu'un dont le seul tort est d'être victime et défenseur d'un corps social d'indigents créé par la guerre menée par Monsieur Ouattara contre les ivoiriens. C'est simplement ridicule !

Ainsi, pour célébrer leur victoire, les vainqueurs du 11 AVRIL veulent pousser leur arrogance, leur justice de vainqueur à se faire remplacer dans les prisons qui devraient leur être destinées par les victimes directes de leur barbarie.

Monsieur Ouattara veut certainement se débarrasser de la face hideuse de sa récente histoire. Malheureusement, tuer des milliers d'innocentes personnes pour son élévation personnelle, marque à jamais. Contre cela, Monsieur Ouattara ne pourra rien. En dépit de tout ce qu'il fera, la mémoire collective retient contre lui et sa descendance la qualité de tueur.

Pour ce qui nous concerne, c'est simplement un autre défi. Dans cette lutte, nous ne sommes pas au premier défi. Je voudrais rassurer l'ensemble des victimes de la guerre que ce défi sera relevé comme les premiers. Et ce ne serait point par notre force, encore moins par notre intelligence mais par l'Esprit de Dieu. Notre Dieu n'est-il pas le Dieu des faibles, des veuves et des orphelins ? Victimes de la guerre, gardons le silence car Dieu combat pour nous. Très bientôt, il sera rendu à chacun selon ses œuvres. Le juste sera justifié. Le méchant verra sa rétribution.

Au-delà de ce qui précède, ce mandat d'arrêt trouve également son explication dans la fermeture de Monsieur Ouattara à toute contradiction. La contradiction qui sied à toute démocratie, même les moins avancées. Cette procédure dépourvue de tout bon sens et est en réalité l'expression extérieure du refus de Monsieur Ouattara d'accepter que nous ayons ouvert la voie de la contradiction après la forfaiture de l'armée Française. Une forfaiture qui l'a installée momentanément au Pouvoir. Monsieur Ouattara aurait voulu être célébré et ovationné par les ivoiriens après qu'il ait fait larguer des tonnes de bombes  sur la tête d'un peuple qui n'aspirait qu'à la liberté et à  son autonomie ; faisant au bas mot 3000 morts. Ce, pendant que son adversaire Laurent Gbagbo demandait simplement le recomptage des voix en véritable démocrate pour trancher le contentieux électoral.

Ainsi, le pouvoir Ouattara lance tout azimut des mandats d'arrêt pour obtenir de force ce qu'il n'a pu obtenu de gré. C'est-à-dire l'adhésion des ivoiriens à sa politique machiavélique, déshonorante faisant de notre pays à nouveau une colonie Française et placée sous tutelle du Burkina Faso, 50 ans après notre indépendance.  Par ces mandats, Monsieur Ouattara voudrait obtenir la reddition de son opposition et la soumission du peuple ivoirien martyrisé par ses ambitions personnelles.

Espérer que les mandats d'arrêt imposent le silence aux dirigeants légitimes de la Côte d'Ivoire et au peuple ivoirien, c'est se méprendre sur l'enjeu de cette lutte.

Il me plairait de lui rappeler que si sa lutte à lui consiste à amener la  Côte d'Ivoire à ne plus exister dans le concert des nations et gérer une représentation française comme Président des Ivoiriens, la lutte de Laurent Gbagbo est de donner à la Côte d'Ivoire son autonomie aussi bien politique qu'économique comme il l'a démontré quand il était au pouvoir. Laurent Gbagbo a choisi de faire des ivoiriens des personnes dignes, ne vivant pas de mendicité internationale. C'est au nom de ce choix de dignité que le Président Laurent Gbagbo a défié la mort sans rechigner, le 11 Avril. Nous sommes adeptes de ses choix politiques, conscients des risques qui s'y attachent. Pour se faire, décerner des mandats d'arrêt internationaux à l'emporte-pièce ne changera rien à notre engagement. Dans la lutte pour l'existence de la Côte d'Ivoire, même la mort ne serait pas chère payée.

Je voudrais terminer mon propos en invitant une fois de plus les ivoiriens à croire sincèrement que Dieu n'a point lâché notre nation. Qu'il est bel et bien au contrôle. Sa gloire apparaîtra très bientôt. Ce jour là, le mal sera rendu au mal et le bien au bien. L'ordre établi par l'Homme sera évincé au profit de l'ordre divin. Même les multiples vies sacrifiées par les nombreux accidents, les cérémonies d'exorcisme des Dozos (chasseurs traditionnels réputés pour leur mysticisme) convoyés de toute la sous-région n'y pourront rien. Dieu dira son dernier mot dans la crise ivoirienne. Tournons tous les regards vers lui. A défaut, il endurcira davantage le cœur de l'ennemi qui sera de plus en plus arrogant, méprisant, violent dans la répression. Ce, pour nous briser, nous pousser à réaliser notre faiblesse, notre limite d'humain. Conditions à remplir pour la manifestation de la puissance de Dieu en Côte d'Ivoire. A la répression, opposons simplement la louange à Dieu. Car, la délivrance ne tardera pas. Elle approche à grand pas.

Pour ma part, je veux encore bénir Dieu pour ce que le sceau de mort que l'ennemi avait placé sur ma vie ait été transformé en poursuite judiciaire. Car en réalité, c'est après trois tentatives d'assassinat infructueuses qu'il s'est résolu à me mettre dare-dare sur une liste de personnes poursuivies. La précipitation après l'échec de la première option a  été telle qu'il n'a pas eu le temps nécessaire pour retrouver dans les multiples fichiers mon nom, au point où il a été totalement dénaturé sur leur fameuse liste.  Notre Dieu ne dort pas, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est bel et bien sur son trône. Même dans l'ombre de la mort, nous ne craignons aucun mal, sa présence nous rassure.

Ivoirien, Ivoirienne, ne laisse point ton cœur troubler, ton Dieu t'a promis une délivrance, il ne se reprend jamais de sa parole. La grande montagne que tu vois devant toi sera aplanie et tu glorifieras pour toujours ton seigneur. Quand Dieu t'aura donné le signal, tu te lèveras spontanément et tu saisiras ta liberté, la liberté de ta nation et même celle de ton continent.

Que Dieu bénisse chacun de nous !

 

Fait à Abidjan, le 31 Août 2011


Le Ministre Charles Rodel Dosso

LIBYE - TEMOIGNAGE D'UN ANCIEN LIEUTENANT-COLONEL RUSSE PRESENT SUR PLACE: L'OTAN COMMET UN MASSACRE A SYRTE ET RASE LA VILLE




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Pour la troisième journée consécutive, des avions de l'OTAN lancent des missiles et bombardent massivement la ville de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, ne permettant pas à quiconque de s'échapper. Le périmètre de la ville est entouré de points de contrôle « rebelles », derrière lesquels se trouvent des unités des forces spéciales de la Grande Bretagne, de la France, du Qatar et des Émirats arabes unis.


La sortie de la ville est complètement bloquée. Ni les femmes, ni les enfants ne sont autorisés à la quitter. Les hommes qui tentent de quitter la ville avec leurs familles, sont capturés puis fusillés. Leurs familles sont renvoyées dans la ville sous les bombardements. « Il n'y a pratiquement aucun moyen d'enterrer les cadavres », a déclaré dans une lettre qui a été reçu à Argumenty.ru, ce matin. L'auteur est un ancien officier de l'armée soviétique et des services spéciaux russes, qui est maintenant à Syrte.

Ilya Korenev, cet ancien officier de l'URSS et des forces spéciales russes, est un ancien lieutenant-colonel, que la rédaction d'Argumenti.ru a précédemment qualifié de « source », et qui assume être proche du colonel Kadhafi, a décidé de mentionner son nom dans la lettre.

« Dans la ville, jusqu'à présent, pas de troupes (ndlr : pas « d'armée » loyaliste, stricto sensu) : les rebelles ou les forces spéciales n'ont pas osé entrer. Dans la nuit, il y avait beaucoup de petites provocations afin d'essayer d'établir la présence et l'emplacement de troupes gouvernementales. Plusieurs petites escouades de rebelles ont tenté une action pour sonder dans la nuit et les reconnaître, mais ils ont été détruits. En même temps, un avion de reconnaissance télécommandé d'espionnage sans pilote, « drone », qui était en l'air, répertoriait les défenses de la ville. Une heure après, les attaques aériennes ont commencé sur les cibles ainsi repérées. Cependant, les défenseurs de la ville avaient déjà quitté leurs positions pour d'autres endroits », écrit le lieutenant-colonel.

Selon lui, « la situation ressemble au terrible hiver de 1995 à Grozny, Tchétchénie, où tout ce qui bougeait était bombardé, sans aucun bon système de guidage ou sans coordonnées précises. La seule différence était que la Russie et l'armée de l'air n'avaient pas beaucoup de combustible, donc les vols n'étaient pas aussi intenses que ceux d'aujourd'hui. Pour le moment, les forces aériennes de l'OTAN sont en opération quasiment 24 heures sur 24. ».


Source : COMITE VALMY

AFFAIRE WATTAO: LES HOMMES DU COMMANDANT DECLARENT LA GUERRE

 

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«Si jamais, on touche à notre commandant, nous allons rendre ce pays ingouvernable. Celui qui est « garçon » qu'il vienne arrêter le commandant. Nous sommes prêts».


L'affaire d'anciens militaires français arrêtés et relâchés par Issiaka Ouattara, alias Wattao continue d'alimenter l'actualité. Le commandant et ses hommes sont accusés par l'un des Français de vols numéraires, séquestration avec violences et voie de fait.

Cette situation a mis les autorités françaises dans tous leurs états. Ainsi, selon les informations en provenance de l'hexagone, les autorités françaises réclameraient la tête du patron de la compagnie «Anaconda».


Ce qui n'est pas du goût des hommes du commandant en second de la garde républicaine. Nous avons échangé avec certains d'entre eux, vendredi dernier, aux environs de 16 heures, par téléphone. Selon ces derniers, c'est une manœuvre mise en place pour «liquider » leur chef. Ils soutiennent mordicus que pendant les faits, leur commandant n'était pas sur les lieux. Et que l'interpellation et l'interrogatoire des trois Français se seraient déroulés sans aucune violence. «Tous leurs matériels leur ont été remis. Les Blancs mêmes ont reconnu n'avoir subi aucune violence. Nous sommes surpris qu'on vienne demander la tête de notre commandant », font-ils remarquer. Et de menacer : «Si jamais, on touche à notre commandant, nous allons rendre ce pays ingouvernable. Celui qui est « garçon » qu'il vienne arrêter le commandant. Nous sommes prêts. Nous ne pouvons pas l'accepter. C'est nous qui avons mis Alassane au pouvoir. Qu'on fasse attention ». Dans les échanges, ils font des révélations sur ce qui arrive à Wattao. Selon eux, il y a longtemps que leur commandant était dans le viseur de ses pourfendeurs.


Les gens attendaient le moindre faux pas de ce dernier pour frapper. Puisque selon certains proches d'Alassane, il aurait aidé de nombreuses personnalités de la majorité présidentielle à sortir du pays au lendemain de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Notamment, Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes.

En effet, les nouvelles autorités se demandent comment Blé Goudé a pu sortir du pays sans complicité. Tous les regards sont tournés vers Wattao. Parce qu'il est très lié au leader des jeunes patriotes. « Le commandant n'a aidé personne à sortir du pays, même pas Blé Goudé. Ce sont des rumeurs pour le salir », font-ils remarquer. Et d'ajouter : «Celui qui est garçon qu'il vienne enlever le commandant. Les gens veulent qu'on s'amuse. On va s'amuser. Au lieu de gérer le pays, on veut liquider ceux qui les ont aidés à prendre le pouvoir».

Peut-on avoir la tête de Wattao sans que Morou et Fofié ne réagissent? Les deux autres n'accepteront sous aucun prétexte que leur frère soit livré. Puisque les trois sont liés. C'est une autre paire de manche qu'il faudra gérer. Le film est loin d'être terminé. Les jours prochains nous situeront. Comme le disent les Anglo-Saxons, « Wait and see ».


Source : AFRICAN LIBERTY

mardi, 30 août 2011

L'ALGERIE ACCUEILLE UNE PARTIE DE LA FAMILLE DE MOUAMMAR KADHAFI


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C'est officiel, l'Algérie accueille une partie de la famille du guide libyen déchu. Par ailleurs, depuis l'entrée des Kadhafi en Algérie, c'est l'alerte aux frontières.


"L'épouse de Mouammar El Gueddafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 08 h 45 par la frontière algéro-libyenne", a déclaré le ministère dans un communiqué diffusé par l'agence APS, sans fournir d'indication sur l'ancien homme fort libyen. "Cette information a été portée à la connaissance du secrétaire général des Nations unies, du président du Conseil de sécurité et de M. Mahmoud Djibril, président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen", a ajouté le ministère.

Par ailleurs, Mouammar Kadhafi, lui, se trouverait à 100 km au sud-est de Tripoli, à Bani Walid avec ses fils Saadi et Saïf al-islam, affirme l'agence de presse italienne Ansa, qui cite des "sources diplomatiques libyennes autorisées".

Le CNT entend demander le retour des Kadhafi

Les rebelles libyens "vont demander à Alger de ramener" les membres de la famille Kadhafi, a déclaré, lundi, un membre de l'exécutif du Conseil national de transition. "Nous allons demander à l'Algérie de les ramener" en Libye, a indiqué Mohammed al-Allagy après l'annonce faite à Alger de l'arrivée sur le territoire algérien de l'épouse du colonel Mouammar Kadhafi et trois de ses enfants.

Alger avait démenti samedi l'iinformation relative à l'entrée en Algérie d'un convoi de cinq Mercedès blindées en provenance de Libye, rapportées par l'agence égyptienne Mena. Mais cette fois c'est l'agence officielle qui rend publique l'information. Reste à savoir comment va réagir la Libye et par delà l'Onu à cette offre d'asile, surtout concernant Mohammed et Hannibal, recherchés comme leurs autres frères.

L'Algérie, partage près de mille kilomètre de frontières avec la Libye. Ce week-end, Alger avait entamé des contacts avec les rebelles mais n'a pas reconnu le Conseil national de transition libyen (CNT), organe politique de la rébellion, et n'a jamais demandé officiellement le départ de Mouammar Kadhafi. En revanche, en respect de la résolution onusienne, Alger a néanmoins gelé les avoirs de la famille Kadhafi et de ses proches.

Alerte aux frontières algéro-libyennes

C'est l'alerte générale aux frontières Algéro-Libyenne, selon El Watan. L'Algérie a décidé unilatéralement de fermer ses frontières avec la Libye, apprend-on de sources sures. Un communiqué devait être adressé avant la soirée aux différentes administrations intervenant sur les frontières telles que l'Armée nationale populaire (ANP), la gendarmerie garde-frontières (GGF), la police des frontières et les douanes algériennes pour mettre en exécution cette décision. Cette fermeture intervient après l'annonce par le ministère des Affaires étrangères, de l'entrée en Algérie de plusieurs membres de la famille de Kadhafi. Selon des sources diplomatiques à Alger, qui confirme l'information, la fermeture ne concerne que la partie à l'extreme sud de la frontière.


Source: LE MATIN DZ

lundi, 29 août 2011

CE N’EST PAS «UNE AFFAIRE DE KADHAFI»

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Ainsi donc, nous devrions nous réjouir ! Pour ne pas être excommuniés du «cercle de la raison», nous devrions applaudir l'expédition de l'OTAN en Libye, glorifier la «benladinisation» de Muammar Kadhafi depuis la prise de Tripoli par les forces supplétives de la «communauté internationale» pro-occidentale, saluer ce prétendu dénouement qui relancera la dynamique des révolutions arabes, jouer les autruches face au chaos qui s'annonce... Mais voilà ! Nous préférons être minoritaires plutôt que de bêler avec le troupeau face à une des plus grosses mystifications de l'histoire contemporaine.

Ce qui se passe en Libye est inquiétant. Il ne s'agit pas d'une «guerre pour la démocratie». Qui a consulté le peuple libyen pour savoir s'il était prêt à accepter de voir son pays et ses acquis détruits pour pouvoir jouir d'hypothétiques libertés demain ? Il ne s'agit pas du dernier épisode du «printemps arabe», que les chaînes de télévision Al-Jazira, CNN et France 24, pour une fois d'accord, nous «vendent» comme elles le feraient pour la dernière telenovela à la mode. Comparer la révolte de la rue tunisienne aux manipulations de Benghazi reviendrait à mettre côte à côte Martin Luther King - apôtre du progressisme non-violent - et tous les théoriciens du chaos libérateur dont le siècle dernier a été fécond.

Ce qui se déroule en Libye n'est rien d'autre qu'une guerre illégale de l'Occident. Et la situation historique qui s'en rapproche le plus est la campagne d'Irak. L'évolution d'un certain nombre de gouvernements et d'opinions publiques est monstrueusement fascinante. Qui se souvient de Dominique de Villepin acclamé dans son pays et dans le monde arabe parce qu'il défendait, contre George W. Bush et le nouvel impérialisme américain, les principes de la légalité internationale ? Qui peut prétendre - sans rire ou emprunter le regard vitreux des porte-paroles officiels payés pour mentir en dépit des évidences - que c'est au nom de la résolution 1973 des Nations unies censée protéger les civils et créer une zone d'exclusion aérienne que les soldats des services spéciaux américains, français et britanniques combattent désormais au sol aux côtés des «insurgés» ? La ruse de l'OTAN, qui a enrobé son forfait dans un beau paquet cadeau onusien, rajoute au gangstérisme international une détestable malhonnêteté intellectuelle.

Les propagandistes «otaniens» pourront toujours dire qu'ils ont violé la Charte des Nations unies pour «sauver des vies», selon leur rhétorique habituelle. Seulement, l'expérience irakienne nous montre que le type de chaos qui vient est gourmand en sang humain... Il faut de toute urgence revenir aux fondamentaux et se demander quel monde nous prépare-t-on quand le droit international cesse d'être un référent admis par toutes les nations. Pour l'instant, l'OTAN ne fait face à aucune coalition résolue à mettre en échec ses visées. Mais demain ? La rage contenue des Chinois et - surtout ! - des Russes a de quoi inquiéter pour l'avenir.

Pour parler à l'ivoirienne, on dira que «ce n'est pas une affaire de Kadhafi». Il s'agit ici du destin de la Libye et de l'Afrique, malmenées au gré des caprices de véritables apprentis-sorciers. Depuis le 11 septembre 2011, les Etats-Unis ont remué la planète entière au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Maintenant que le CNT est quasiment sûr de l'emporter, tout ce que le monde compte de spécialistes de la Libye nous explique que les combattants qui sont en première ligne aux côtés de l'OTAN sont des... islamistes ! Devons-nous nous attendre à une «réplique» quelques mois après le «séisme», et à des règlements de compte meurtriers entre anciens alliés ? L'irresponsabilité des Occidentaux et leur volonté de faire des «coups» à très court terme au mépris de leurs conséquences nous confortent dans notre conviction : l'Afrique doit écrire elle-même sa propre histoire, et non se contenter d'être un jouet à la disposition des puissants.

En Côte d'Ivoire, le pouvoir Ouattara, installé par la «communauté internationale» au prix de milliers de morts, se réjouit du trépas de Kadhafi parce qu'il constitue un message subliminal à destination d'une potentielle opposition musclée. «Voyez comme nos protecteurs sont forts, comme ils sont fous, comme ils sont déterminés et tremblez» : tel est, en substance, ce que nos nouveaux maîtres voudraient laisser entendre. Le plus grotesque dans les articles de leur presse est qu'ils se plaisent à tancer le «dictateur» Kadhafi, assimilé sans nuances à Laurent Gbagbo et à Charles Taylor. Ils le font en trichant une fois de plus avec l'histoire récente de la Côte d'Ivoire. En effet, si Alassane Ouattara est aujourd'hui au pouvoir, c'est en partie grâce à Charles Taylor, qui a créé de toutes pièces le MPIGO et le MJP, avec la participation de Blaise Compaoré - selon la très sérieuse ONG britannique Global Witness. En septembre 2002, la presse française ne glosait-elle pas sur le soutien supposé du Guide libyen à la toute nouvelle rébellion ivoirienne ? L'on se souvient également de la jubilation avec laquelle Le Patriote, quotidien fondé par Hamed Bakayoko, prêtait ces propos à Kadhafi, au cours de la crise postélectorale : «Allez-y bombarder son Palais, lui et ses soldats, tuez-le s'il le faut. Mais ne laissez plus Gbagbo au pouvoir. Y en a marre. Je ferai face à la facture de la reconstruction».

Les alliances politiques se font et se défont au gré des intérêts des acteurs, c'est une évidence. Aujourd'hui, un certain camp en Côte d'Ivoire se réjouit d'être sous le parapluie occidental. Il ne faudrait pas que ses animateurs, dont certains sont assez jeunes pour voir l'Histoire se retourner, considèrent ce soutien comme une donnée permanente. Au-delà des calculs à courte vue, il est plus qu'urgent que le continent, militairement indigent et extrêmement riche de ses matières premières, plaide d'une seule voix pour le respect du droit international, notamment des chartes de l'ONU et de l'Union africaine. Et pour cause : si une deuxième guerre froide ou une troisième guerre mondiale commence, ce qui est aujourd'hui plus que probable, ses enfants seront les premiers à en mourir. Par dizaines de milliers.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

LE COLONEL CHARAUX LIVRE SA VERSION DES FAITS ET DENONCE LES ABUS DES FRCI

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Interview d'un des trois Français victimes d'arrestation arbitraire en Côte d'Ivoire, le samedi 20 août. Pour France-Soir, le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux livre sa version des faits et dénonce les abus de pouvoir commis par certains FRCI.


France-Soir. Le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a déclaré dans une interview à France-Soir que vous n'avez pas été arrêté mais que vous avez été "entendu" par la police et la gendarmerie, le samedi 20 août. Est-ce votre version des faits ?

Jean-Grégoire Charaux. Je n'ai pas été « entendu » ni « arrêté ». J'ai été enlevé. Je suis officier de gendarmerie à la retraite et je connais les procédures légales pour les avoir pratiquées durant toute ma carrière. J'ai enseigné la police judiciaire en Côte d'Ivoire et ailleurs. Quand on est entendu, on signe un procès verbal, on a droit à un avocat, on peut prévenir un proche. Là, non, aucun de ces droits ne m'ont été garantis. Tout m'a été retiré. J'ai été enlevé sur dénonciation.

F.-S. Qui vous a enlevé et vous a donc « entendu »?

J.-G. C. Je sais faire la différence entre un policier, un gendarme et un militaire. Ces gens là étaient dans une tenue panachée, mi-civile, mi-militaire...

F.-S. Comment les choses se sont-elles passées ?

J.-G. C. Je suis arrivé par avion de Lomé (Capitale du Togo, Ndlr) à 1′aéroport d'Abidjan à 15H10. J'étais entre 16H15 et 16H30 en train de faire visiter un domicile à un couple de Français expatriés.  A ce moment là, ces hommes que je vous décris sont arrivés. Ils étaient armés de kalachnikov et d'armes de poing. Ils nous ont demandé de sortir. Nous avons obtempéré. Ils ont libéré le couple et des trois qui restaient ils m'ont nommément désigné pour monter dans un véhicule noir sans plaque d'immatriculation en me menaçant de leurs armes. J'ai bien voulu demander qui ils étaient et ce qu'ils me voulaient mais ils ont répondu en m'intimidant avec leurs armes. Ils m'ont intimé l'ordre de monter et à mes compagnons de les suivre, encore une fois, sous la menace. Mes bagages ont été montés dans leur véhicule. Ils nous emmenés dans une caserne entre le boulevard de Marseille et le boulevard Valéry Giscard d'Estaing. Cette caserne abrite apparemment les Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Ce n'est pas un poste de police ! Il était 17H30. Dehors, ils ont directement sorti mon sac, m'ont demandé la clé de mon bagage. En ouvrant ils ont « découvert » 41.000 $ en espèces que je venais de récupérer à la compagnie aérienne de mon employeur, à sa demande, pour régler le carburant des avions. Dans l'aviation en Côte d'Ivoire, et ailleurs en Afrique, tout se paye en dollars. Ils savaient que je venais de retirer cette somme. J'ai été victime d'une dénonciation et la victime d'une embuscade. Comment voulez-vous qu'ils me désignent autrement aussi facilement ? Ils sont venus nous cueillir et ils savaient où se trouvaient l'argent. Je m'y connais en embuscade, je suis un ancien capitaine d'infanterie, ce n'est ni plus ni moins que du banditisme. C'est du banditisme sous le sceau d'une autorité militaire d'Etat.

F.-S. Que s'est-il passé une fois qu'ils vous ont retiré l'argent ?

J.-G. C. Ils m'ont séparé du reste du groupe et isolé dans un bureau dans le corps central de la caserne. Mes deux ravisseurs, sans grades, avaient toujours leurs armes pointées sur moi et franchement ils ne m'inspiraient pas confiance. Ils n'avaient rien de militaires officiels, réguliers. L'un avait une tête de barbu et l'autre portait avec son treillis une casquette de baseball. J'ai connu les événements de 2004 et là, honnêtement j'ai cru que je voyais les mêmes hommes. J'ai eu peur que l'on me retrouve dans une forêt avec une balle dans la tête. Je me suis aussi souvenu de l'affaire Kieffer. Etre enlevé, séquestré, humilié par ces gens-là m'a vraiment inquiété sur le moment. Je ne savais pas ce qu'il pouvait se passer. Là, un type arrive que l'on me présente prétendument comme un capitaine de police, sans en avoir l'air, me pose un tas de questions sur mon patron, m'accuse d'être un salopard, un trafiquant ! Evidemment aucun procès verbal, aucune déposition, aucune procédure légale... Je nie tout ce dont on m'accuse et répond que la somme est celle de mon patron, qu'il me l'a confiée parce que je suis un homme de confiance et que celle-ci sert à l'approvisionnement en essence des avions de sa compagnie. Vers 19H45, le commandant Wattao (« Com-zone » en charge des FRCI sur le secteur et nommé commandant en second de la Garde républicaine par Alassane Ouattara, Ndlr), appelle pour savoir si j'ai été brutalisé. Il m'a demandé de faire un écrit spécifiant que je n'avais pas été victime de violences et que l'on m'avait rendu mes effets personnels. J'ai signé bien évidemment, mais en sachant qu'à côté de moi mes ravisseurs étaient toujours armés. Que se serait-il passé si je n'avais pas signé ? J'ai signé, oui. Et quand on m'a rendu mes « effets personnels », on ne m'a pas rendu l'argent qui s'y trouvait au moment de mon enlèvement.

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F.-S. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, déclare dans l'interview donné à France-Soir ne pas savoir où l'argent est gardé. Qu'en pensez-vous ?

J.-G. C. J'ai du respect pour Hamed Bakayoko qui m'a appelé pour avoir ma version des faits. Mais c'est un politique. Il est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. Les gens à qui j'ai eu à faire sont en réalité plus des voyous que des militaires. Après, que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée.

F.-S. Vous avez porté plainte pour quels motifs le lendemain ?

J.-G. C. J'ai porté plainte auprès de la gendarmerie pour arrestation arbitraire, séquestration et vol. C'est bien de cela dont il s'agit. Après avoir fait enregistrer cette première plainte, un officier de police judiciaire de la Sûreté de l'Etat s'est présenté pour que je présente une deuxième déposition. Ce que j'ai fait. Il y a donc deux plaintes et deux enquêtes. Les deux sont identiques et je suis formel dans celle-ci comme ici : ce qui s'est passé samedi 20 août est une bavure de la part des FRCI.

F.-S. Vous n'avez donc pas en tout cas été « brutalisés » par les FRCI ?

J.-G. C. Nous n'avons pas été brutalisés mais nous avons été intimidés par des hommes armés qui refusent de s'identifier et de vous dire pourquoi vous êtes embarqué et séquestré ! Ce n'est déjà pas mal non ? Franchement quand vous vous retrouvez face à ces hommes là vous ne savez vraiment pas comment vous allez sortir de là... Ils nous ont traités comme de la viande, comme des voleurs.

F.-S. L'ambassade de France est-elle bien intervenue dans votre libération ?

J.-G. C. Oui, c'est vrai et je remercie l'ambassade et le Premier conseiller ainsi que la Force Licorne. Ils suivent l'affaire avec attention depuis le début.

F.-S. Est-ce que vous pensez que le commandant Wattao a commandité votre enlèvement ?

J.-G. C. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que c'est son second qui a fait le coup. Je n'envisage pas qu'il n'ait pas été informé par lui. Je n'accuse pas le commandant Wattao de corruption mais ce sont ses hommes qui m'ont pris l'argent dans la zone qu'il est sensé contrôler. Il y a une expression parfaite pour cela : « responsable mais pas coupable ».

F.-S. Cette affaire semble embarrasser le gouvernement ivoirien. Ne croyez-vous pas que votre « affaire » tombe au mauvais moment pour lui ?

J.-G. C. Au contraire ! Avec cette affaire on rend service au gouvernement Ouattara pour qui j'ai le plus grand respect. Il faut qu'Abidjan soit débarrassée de la prédation et que gendarmerie et police retrouvent leurs prérogatives. Je n'ai rien contre le nouveau pouvoir au contraire. Je n'accepte pas l'injustice parce que je suis un soldat de la loi. Par mon action je veux laver mon honneur et que ces actions de ce genre cessent ! Il faut le savoir, tous les jours les Français sont pillés, volés, vandalisés taxés, rackettés par ces voyous qui ont mis Abidjan sous leur coupe. Ces voyous, il faut les encaserner ou leur trouver un travail ! Mon affaire permet de lever le voile sur cette vérité là. Je veux rendre service. C'est un test fort pour le pouvoir qui suit l'affaire de près. Il n'est pas le seul... Les investisseurs internationaux regardent aussi cette affaire avec un grand intérêt. Si le gouvernement refuse de rendre justice et montre que l'Etat de droit n'est pas de retour en Côte d'Ivoire, ces investisseurs là se détourneront et ne feront pas confiance au pays. En attendant, j'ai confiance en la Justice ivoirienne.

F.-S. Vous parlez de « voyous » au sujet de certains FRCI. Vous n'y allez pas un peu fort?

J.-G. C. Je n'ai pas peur de dire ce que je pense même si ces jours-ci je ne sors pas de mon hôtel de craintes de représailles. Ils sont les mêmes que les voyous d'avant. La seule chose qui a changé ? Leur ethnie. Sinon les mœurs restent les mêmes, la seule chose qui les motive c'est l'argent. Aujourd'hui ces gens-là squattent des domiciles privés, volent des voitures... La Côte d'Ivoire mérite bien mieux. Je ne fais pas de politique mais j'aime ce pays. C'est mon deuxième pays. J'y ai de la famille, j'y ai travaillé pendant des années, j'ai protégé des familles chrétiennes, j'ai protégé des familles musulmanes à Yamoussoukro où j'étais en poste, j'ai formé des gendarmes qui sont aujourd'hui responsables, officiers... Je sais que la Côte d'Ivoire peut réussir à retrouver la paix. Les Ivoiriens ont le droit à la démocratie. J'ai confiance en ce pays et je veux y vivre.

F.-S. Que demandez-vous à la justice ivoirienne ?

J.-G. C. C'est simple. Je veux récupérer l'argent de mon patron. Je veux laver mon honneur. Je veux recevoir des excuses de ces hommes-là. Il faut que cette histoire serve d'exemple. Ces méthodes doivent cesser.

 

Source: FRANCE-SOIR

RECONNAISSANCE DES REBELLES LIBYENS: OUATTARA S'INVITE A LA «SOUPE POPULAIRE»



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Comme bien d'autres pays, la Côte d'Ivoire vient de reconnaître les rebelles libyens regroupés au sein du Conseil national de transition (Cnt). Dans l'ordre normal des choses.


Le bal des vainqueurs est à son climax. Et il ne fait pas bon de se tenir à l'écart quand on sait d'où on vient et grâce à qui on est là où on est. Les grandes capitales du monde, qui ont porté à bout de bras les rebelles libyens, saluent la «chute» du Guide libyen Mouammar Kadhafi. Certains pays comme la France, rappellent à qui veut l'entendre qu'ils ont été les premiers à reconnaître les rebelles. Ce n'est pas fortuit, le partage du gâteau est pour bientôt. Le chef des rebelles a dans ce sens promis récompenser, lors de la reconstruction du pays, les Etats ayant aidé les rebelles en '' fonction du soutien''. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la course à la reconnaissance du CNT. Ainsi du gouvernement ivoirien qui, par la voix du ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, «décide en conséquence de reconnaitre le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen pour conduire une transition politique en Libye». En clair, la Côte d'Ivoire, pays de démocratie, reconnait la prise de pouvoir de rebelles. Doit-on s'en étonner ou s'en offusquer ? Certainement pas. Pour qui connaît les méthodes et le pedigree des nouveaux hommes forts d'Abidjan, c'est dans l'ordre normal des choses. Point besoin de rappeler qui a pris les armes contre la mère patrie en 2002, ou encore qui a financé la rébellion - de l'aveu d'un des commandants de la nouvelle armée qui a récemment donné des cours de «babiè» à des dames en détresse - pour s'en convaincre.

Pour justifier cette décision qui s'apparente à du suivisme, le régime Ouattara invoque entre autres, «la justesse et la pertinence du CNT dans la défense des intérêts du peuple libyen et dans sa quête du soutien de la Communauté internationale et du gouvernement ivoirien» ; «les massacres des populations civiles, les atteintes massives aux droits de l'homme». Des maux qu'on retrouve dans la Côte d'Ivoire d'après crise post-électorale, censée écrire une page blanche. Des maux dénoncés dans les deux pays par les organisations de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch et Amnesty international. C'est connu, les oiseaux de même plumage volent ensemble. Les Ivoiriens ne sont pas dupes.


Gérard Koné

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 27 août 2011

LES MEGA-MEDIA-MENSONGES ATTEIGNENT DES RECORDS: L'OTAN DANS SA GUERRE DES MENTEURS ET DES LACHES

 


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Par Mohamed Bouhamidi

Aujourd'hui, il apparaît bien que cette guerre oppose directement l'OTAN au peuple libyen et ses organisations actuelles de résistance. La jubilation de notre presse néocoloniale qui a - redisons-le - rivalisé dans les termes de mépris à l'endroit de Kadhafi montre surtout combien elle a eu peur d'un échec de l'OTAN qui aurait signifié la ruine de ses espérances ici même dans notre pays. La peur haineuse de nos apprentis chouans à la mode Benghazi est à la mesure de l'exploit réussi par l'Etat national libyen. Il a réussi à transformer au cours de sa résistance sa nature d'Etat avec ce qu'implique un Etat en mouvement de résistance. C'est déjà très difficile à réaliser cette mutation à cause des lourdeurs de  tout Etat et à cause de la mentalité des fonctionnaires d'un Etat qui restent des fonctionnaires. Il est évident que Kadhafi a joué un rôle central dans cette mutation en accentuant le césarisme qui caractérisait son régime. Alors, mort ou pas mort, Bab El Azizia tombée ou pas tombée, la résistance de l'Etat libyen s'est transmuée en résistance du peuple libyen en ce laps de temps très court. Le nombre insignifiant de soldats et d'officiers déserteurs peut déjà donner une indication de la détermination au combat de soldats et il est impossible que des soldats gardent un haut degré de fidélité et de courage face à une telle adversité - vous avez mesuré l'ampleur de la coalition, l'ampleur des moyens utilisés et la férocité des bombardements ? - sans cette capillarité avec le peuple qui vous donne le courage de résister à tous les adversités.

Les jubilations haineuses de la presse coloniale arriveront-elles à cacher cette question de politique élémentaire : comment des supplétifs que l'OTAN a si difficilement traînés à la «victoire» de Tripoli pourront-ils faire face au peuple libyen et à des adversaires qui ont montré leur détermination, leur pugnacité, leur courage et leurs hautes convictions nationales ? Notre propre presse néocoloniale est la dernière du monde à croire à une victoire des «rebelles» alors même que depuis lundi leurs maîtres occidentaux et leurs médias s'évertuent à expliquer que la «chute de Tripoli» est une prouesse de l'OTAN avec quand même une prime spéciale de triomphalisme cocardier pour la presse française. Combien de temps les forces aériennes de l'OTAN et spécialement celles de la France vont rester dans le ciel libyen pour protéger «une rébellion» incapable de se défendre, et la preuve irréfragable de son incapacité foncière est la présence de l'OTAN. Leur propre appel à une intervention étrangère reflète leur profonde et insurmontable nature factice. On peut arguer de la supériorité militaire des forces nationales libyennes pour justifier cet appel. A-t-on jamais vu une rébellion populaire ou une révolution authentique disposer des armes de l'adversaire ou craindre pertes et souffrances ?  Faut-il rappeler notre propre cas national et la disproportion des forces entre les bombardiers de l'OTAN - vous avez oublié les bombardements par l'OTAN de nos maquis et sa sollicitude pour l'action de la démocratie française ? - et nos fusils rudimentaires récupérés, justement, pour la plupart en Libye ? Vous n'avez quand même pas oublié les cas les plus récents - les plus immédiats devrait-on dire - de    l'Egypte et de la Tunisie ? Inutile de revenir sur les mégas-médias-mensonges et les fabrications d'images qui ont stupéfait une opinion publique occidentale - et ses assimilés indigènes - qui n'attendaient que le prétexte pour accompagner sur le mode symbolique la reconquête coloniale de l'Afrique du Nord. Le développement des faits montre suffisamment - et montre, même à l'envi - que l'OTAN avait engagé une vraie guerre de reconquête coloniale en Libye et qui doit s'étendre à l'Algérie après avoir réussi à détourner à son profit l'énergie et l'exaspération populaires en Egypte et en Tunisie.

Leur grande peur d'un retour des idées qui ont construit l'Etat national algérien

Leurs jubilations ont accompagné celles des bourses qui ont retrouvé des couleurs par le sang des Libyens. Il en a toujours été ainsi et depuis toujours la bourse revit du sang des colonies ou des néo colonies ou des territoires ouverts aux délocalisations. La bourse n'attend pour ses  profits que la dissolution des frontières devant les marchés comme nos intellectuels compradores et nos compradores tout court n'attendent que la dissolution des Etats nationaux  pour s'extraire mentalement de leur indigénat et se servir au passage aux miettes de futures royalties tirées d'un pétrole enfin rendu aux étrangers. Cette jubilation haineuse cache mal une attente fébrile. On lit presqu'en clair : «Maintenant que Sarkozy en a fini avec le dictateur, on va voir ce qu'on va voir !» Ils rêvent déjà de monter à El Mouradia derrière les bombes de l'OTAN et après ils vont nous montrer ce qu'ils vont nous montrer. En fait, ils l'ont déjà commencé. Ils ont recueilli et publié avec ferveur et un courage retapé à neuf les propos de proconsul tenus par le nouvel ambassadeur US. Ils nous resservent en pleine crise du capitalisme les «potions miracles» de l'économie de marché  en redoublant de conseils aux décideurs et en regrettant que le pouvoir ait raté les chances infinies de gagner en misant à la bourse mais en oubliant les chances de se planter sont tout aussi infinies que les possibilités de la martingale. Nous, nous imaginons, tout juste, ce que seraient devenus nos dollars investis dans des fonds qui auraient offert une vie de casino aux candidats flambeurs. Nous essayons d'imaginer à quelle monnaie de singe vont être réduits nos bons du trésor américain. Mais nous essayons d'imaginer encore plus simplement si - au contraire de la Chine grande puissance quand même et par ailleurs - nous aurions la témérité de demander au Trésor US de nous rembourser ou de nous laisser juste l'utiliser pour acheter quoi que ce soit aux USA. Que serait devenu notre argent en cas de conflit avec une puissance étrangère alors que dans le cas de l'Iran et de la Syrie, les USA gèlent des avoirs selon leur bon plaisir. La crise économique va bien accentuer ces tendances agressives.

La guerre de Libye - les historiens l'appelleront certainement comme cela car il s'agit d'une guerre et par sa durée et par l'ampleur des moyens mobilisés par des super puissances contre un petit pays - marque un tournant dans l'histoire du monde. Dès le départ, les Anglais et les Français ont refusé toute idée de médiation et toute initiative africaine qui aurait préservé l'unité de la Libye. Ils voulaient apparemment la tête de Kadhafi ; ils voulaient en réalité mettre fin aux ambitions d'indépendance de ce dirigeant avec ses projets de monnaie or, de développement de l'Afrique, de coopération accrue avec la Chine et avec son espoir que se développe la coopération sud-sud et interafricaine. La question de savoir si les supplétifs de Benghazi peuvent tenir la Libye sans l'OTAN a dû être pesée et soupesée par les puissances coloniales. Et ces puissances ne peuvent écarter le risque d'une somalisation de la Libye ; Il ne nous reste qu'une seule conclusion possible : ils visent délibérément cette somalisation, cette situation d'instabilité générale dans laquelle l'Algérie deviendra la cible de choix car elle représente au plus haut point, à cause de son histoire, l'idée d'Etat national et l'idée d'indépendance même si du cœur du pouvoir lui-même se développent des initiatives pour nous faire dégoûter sciemment de notre indépendance, mais tout comme hier nous nous sommes battus pour l'indépendance et pas pour nos chefs, nous nous battrons demain pour notre Etat indépendant et pas pour nos dirigeants dont certains auront rejoint une Benghazi algérienne. La Libye se bat pour l'indépendance de tous les pays du tiers monde. Elle se bat même pour celle des puissances émergentes y compris la Chine la cynique qui n'est pas loin d'inventer le social impérialisme. La Russie de Medvedev qui a donné à sa diplomatie la légèreté des dandys semble se réveiller à la grande arnaque qu'elle a cautionnée et se retrouve dindon de la farce - vous avez le choix de termes plus appropriés - et s'éveille à la réalité politique et sociale qui a donné à Kadhafi la force de tenir tête à une coalition conçue pour la pulvériser elle même. Pour cette Russie, Kadhafi était un homme fini il y a six mois. Il est aujourd'hui une force réelle sur le terrain. Cela veut beaucoup dire non sur la réalité de Kadhafi mais sur les intentions des USA d'élargir immédiatement son agression vers la Syrie puis l'Iran. L'Algérie aura le Qatar pour s'en occuper en supputant tous les ennuis que peuvent nous créer des pays désormais alliés de l'Emirat aux dents longues.

Quel bonheur alors pour les Bourses : le pétrole à celui qui sait le trouver, aucune frontière sur les mouvements des marchandises et des capitaux et beaucoup de postes de police pour les migrants illégaux ! Enfin débarrassée de l'Etat national, notre bourgeoisie compradore pourra accéder aux royalties sur le pétrole et les élites mondialisées  pourront prouver qu'elles sont sorties de l'indigénat en montrant aux maîtres du monde qu'elles savent tenir le souk et faire suer le burnous. Elles nous taperont sur la tête pour nous éveiller à l'erreur du patriotisme économique  et nous expliquer le «réalisme économique».A Tripoli, la bataille n'est pas gagnée du tout pour l'OTAN. En Libye, elle est déjà perdue pour elle et pour Sarkozy. Un peuple qui a tenu sous ce déluge de feu et une armée qui n'a pas connu de désertion dans cet enfer ne se réduisent pas avec quelques bombes supplémentaires. Avec ou sans Kadhafi, l'agression de l'OTAN butera sur la résistance d'un peuple héroïque, comme tous les peuples qui se battent pour leur indépendance. Serons-nous capables de développer de telles capacités à l'heure de vérité qui s'approche avec la politique du chaos, seule politique qui reste à des USA en déclin et à ces états vassaux face à la montée des BRICS et pour se sortir de la crise.


Par Mohamed Bouhamidi


Source : LA TRIBUNE ONLINE

INVASION DES MEDIAS OCCIDENTAUX: L'AFRIQUE PEUT-ELLE RELEVER LE DEFI?


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Les africains ont trop souvent tendance à pleurnicher sur le silence des média occidentaux. Qu'espèrent-ils en le faisant ? Que ces médias aux ordres de leurs dirigeants occidentaux, changent subitement de ligne de conduite? Et qu'ils dévoilent leurs nébuleuses intentions? Qu'ils se détrompent ! Mais alors très vite. En ce 21ème siècle, où la montée en force des pays émergents confirme un changement des équilibres économiques mondiaux, l'occident est en guerre. Une guerre sans merci pour la reconquête de l'Afrique. Avec pour enjeu, la survie des puissances occidentales. Dans cette guerre où les armes les plus sophistiquées sont mises à rude contribution, les politiques occidentaux allient à merveille puissance militaire et puissance médiatique. Le tout dans une stratégie parfaitement orchestrée. Avec ce schéma, les médias occidentaux occupent une place de choix et jouent un rôle plus que capital. A lumière des récents développements de l'actualité, suivons comment ces médias sont utilisés dans la bataille pour la recolonisation de l'Afrique, mais aussi pourquoi l'Afrique doit nécessairement apporter la riposte dans cette décisive bataille.


Les occidentaux ont vite fait d'occuper le terrain médiatique en Afrique. Pendant que les africains se livraient à des guerres fratricides à n'en point finir, ces prédateurs, quant à eux, inondaient le continent africain de leurs médias. De la télévision, aux NTIC, en passant par la presse écrite, et la radio, ces médias sont de plus en plus suivis en Afrique. La quasi-totalité des foyers africains en sont pourvus. Même dans les contrées les plus reculées. Ils ont déployé leur armada de moyens de diffusion de l'information à travers le monde. Satellites, chaînes de télé câblées, radios FM dans toutes les langues, sans compter des équipes impressionnantes de journalistes-reporters, véritables professionnels sur le terrain, qui se livrent même parfois, quand la cause l'exige, au jeu d'espionnage. Ils sont en effet pratiquement, les premiers sur tous les points chauds du continent.

Attisant les rancœurs, amplifiant ou déformant les faits, selon que leurs intérêts se trouvent dans l'un ou l'autre des parties en conflit : En Côte d'Ivoire, on a fait croire que la vérité se trouvait du côte des insurgés sanguinaires, et que ces derniers sont venus à bout d'une armée professionnelle. Que des rebelles criminelles, ignorant le sens même du mot ''démocratie'', ont combattu pour une soi-disant liberté du peuple ivoirien. Que Laurent Gbagbo président élu par les ivoiriens, proclamé comme tel par le Conseil Constitutionnel selon la Constitution de la Côte d'Ivoire, était un dictateur et qu'il refusait de reconnaitre sa défaite, qu'Alassane Ouattara l'économiste aux manières policées devrait être reconnu vainqueur de l'élection présidentielle, car l'Occident, sous la complaisante appellation de ''communauté internationale'', le souhaitait. Comme on peut le constater, l'information est orientée, biaisée, traitée de façon partisane et tendancieuse selon les intérêts en jeu.

Ces médias ne sont donc pas là que pour le business. Leurs objectifs vont bien au-delà de ce qu'ils veulent faire croire. Manipulant l'information à leur guise, tantôt ils décident de la surfaire ou même de l'inventer de toute pièce. Ces médias sont même utilisés à des fins de magie blanche ! : Ils peuvent à souhait, faire mourir et ressusciter un être humain: Blé Goudé Charles, leader des jeunes patriotes en est un exemple émouvant ! Déclaré et certifié mort dès les premières heures de la crise, il réapparait, quelques semaines plus tard au grand étonnement de tous.

Le lynchage médiatique

Ces médias occidentaux entrainent dans leur sillage, d'autres médias satellites à travers les 3 plus grandes agences de presse au monde: l'AFP (l'agence France presse), Reuters (de la Grande Bretagne) et l'AP (associated press des Etats-Unis): les dépêches de ces puissantes agences internationales constituent la ''sève nourricière'' de la quasi-totalité des médias internationaux. Scoop et dépêches se succèdent à un rythme effréné. Les informations sont reprises en boucle, débattues, commentées, ressassées à n'en point finir aux téléspectateurs, auditeurs et aux lecteurs jusqu'à leur abrutissement total. Un matraquage médiatique qui s'apparente à n'en point douter, à un véritable lavage de cerveau. L'information, à force de leur être répétée, fini par devenir à leurs yeux, une vérité divine. Pour la Côte d'Ivoire, ils n'ont cessés de dépeindre Gbagbo le populiste, comme le bourreau de son peuple. Jusqu'à ce que cela soit admis comme vrai, par des spectateurs obnubilés. A ce sujet, David Gakunzi, écrivain, auteur de l'œuvre ''Côte d'Ivoire le crime parfait'', affirme: « « Gbagbo a perdu les élections » : mensonge institutionnel, idée répandue, admise à force d'être martelée. Information reprise en boucle hors de toute vérification de la matérialité des faits.

Désinformation

La désinformation est un jeu de massacre contre la vérité ; elle martyrise, elle broie, elle réduit en miettes la vérité ; elle annonce parfois la guerre. Pis : elle l'accompagne et la justifie ; elle couvre la guerre et va jusqu'à en faire l'éloge ». Et la vérité se trouve ailleurs. Ces médias-là le savent pourtant. Ils savent que Ouattara a été imposé aux ivoiriens. Et que son pouvoir ne saurait prospérer tant que les ivoiriens vivront dans cette injustice.

Le silence complice

Et quand l'objectif fixé est atteint, c'est le silence complet. Et comme en Côte d'Ivoire, après la chute de Kadhafi on entendra plus parler de la Libye, du moins avec le même acharnement actuel. Ces médias se tairont, tant que leurs intérêts ne seront pas à nouveau menacés. Ils se tairont comme ils se taisent en Côte d'Ivoire. Malgré la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan. Ces médias savent pourtant que les ivoiriens souffrent en Côte d'Ivoire, que la situation devient tout simplement insupportable. Mais pourquoi donc se taisent-ils ? Parce que lever le voile sur les agissements du pouvoir installé en Côte d'Ivoire, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de ce pays africain. Pour mémoire, rappelons que les chiffres officiels, ceux de l'institut national de l'audio visuel (INAV - France), nous rapportent que les médias français ont abondamment couverts la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. En 2010, un quart (1/4), des reportages français consacrés à l'Afrique, portaient sur la Côte d'Ivoire.

Faut-il encore le rappeler ? L'occident a amorcé son déclin et s'accroche à l'Afrique, continent de l'avenir, comme à une bouée de sauvetage. La préservation de son hégémonie passe nécessairement par la soumission de l'Afrique. Qui, plus qu'eux-mêmes aura comprit cela ? Ils n'ont donc pas hésité à jeter tout leur dévolu dans cette conquête. Les occidentaux ont mis des moyens colossaux et puissants dans ces médias, pour atteindre leurs objectifs. Les journalistes occidentaux tués ou kidnappés un peu partout et ceux qui risquent encore leur vie dans tous les conflits à travers le monde, illustre cet état d'esprit. Ces médias y participent bien évidemment, à leur façon: convaincre l'opinion publique mondiale, afin de justifier toutes leurs interventions. Ces puissances qui se disent si démocratiques, tiennent par le bout du nez leurs mass-médias. Ces médias, en effet, sont plus ou moins dépendants de leurs gouvernements. Car très souvent, c'est ce dernier qui détient le capital. Certains médias perçoivent aussi des subventions publiques importantes directes ou indirectes de l'État. Cela entraine donc fort logiquement que ces médias soient à leur disposition. Les médias sont une arme de guerre redoutable et qui peut être utilisée insidieusement comme outil de propagande. Ces dirigeants occidentaux n'hésitent donc pas à s'en servir à leur guise. Voilà pourquoi lors des conflits armés, le contrôle de la télévision ou de la radio d'Etat est systématiquement l'un des objectifs des insurgés.

Face à cet impressionnant déploiement de force médiatique, les africains doivent se réveiller de leur torpeur. Il leur faut vaincre leurs complexes et comprendre une fois pour toute que les médias occidentaux à la solde de leurs gouvernants, sont en réalité utilisés comme arme de guerre en vue de l'assujettissement de l'Afrique. Et que l'avenir du continent noir se joue aussi sur ce terrain. Qu'ils abandonnent cette habitude qui consiste à ''ingurgiter'' sans discernement tout ce qui leur parvient comme information à travers ces médias. Mais bien plus encore, ils doivent répondre présent au défi médiatique à eux lancé par les occidentaux et engager la bataille. Cette lutte passe d'abord et surtout par la revendication de la liberté. La liberté de la presse et des médias en général. Obtenir la libéralisation et l'indépendance du secteur des médias en Afrique. C'est aussi en partie pour cette volonté politique affichée par Laurent Gbagbo et plus loin, Mouammar Kadhafi, que ces derniers sont aujourd'hui victimes de ce qui leur arrive. Il faut ensuite oser, aller plus loin. Nos chaines de télévision publiques exagérément ''pudiques'' ont souvent péché par leur manque '' d'agressivité'', au regard des occidentaux qui n'hésitaient pas à brandir des images dégradantes de l'Afrique et des africains et à véhiculer des informations souvent non-vérifiées et orientées. Le défi leur est lancé. Ils doivent le relever. Leur absence du terrain médiatique a joué et joue encore en leur défaveur, comme c'est le cas en Côte d'Ivoire. Chaque africain, doit être déterminé. Déjà à son humble niveau, il lui faut, à l'image des asiatiques, toujours prêts à faire usage de leurs appareils multimédia, filmer, photographier, enregistrer, écrire, noter avec précision les dates, les lieux, etc. Il faut sortir un temps soi peu de l'oralité. Arrêter de colporter des rumeurs, des ''on dit'' ou des ''il parait que''. Et apporter la contradiction aux médias occidentaux. Mettre à nu leurs mensonges en présentant à l'opinion nationale et internationale, des preuves solides et irréfutables. Ne surtout pas attendre que d'autres personnes viennent le faire à leur place. Mais alors l'Afrique, malgré tous ces dirigeants, tels qu'Alassane Ouattara et consorts, parachutés et parrainés par ces mêmes occidentaux, pourra t- elle tenir réussir ce difficile pari ? Ivoiriens, Africains, la balle est dans votre camp !


Marc Micaël

Source : Le blog ANGE EVERSE

UNE «CELLULE SPECIALE» A PARIS POUR DIRIGER LA COTE D'IVOIRE

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Lu pour vous dans "Le Temps" du Vendredi 26 Août 2011 par K. Kouassi Maurice.


(...) L'Elysée aurait tancé Ouattara pour l'incapacité avérée de son régime à tenir le pari. Non sans dire sa déception quant à un gouvernement de "Ministres nommés par complaisance pour satisfaire les alliances politiques" et qui sont payés à ne rien apporter de concret. En révélant que le Trésor français est obligé de supporter les salaires des fonctionnaires ivoiriens, à un moment où la France, à l'instar des pays européens et les Etats-Unis, se cherche au milieu des gros déficits économiques, Fillon donnait un avertissement.

Des sources crédibles indiquent que les deux hommes (Sarkozy et Ouattara) ont eu des "entretiens serrés" à ce sujet. Aussi, Ouattara pourrait ne plus avoir de marge de manœuvre dans la gestion courante de la Côte d'Ivoire. Il se murmure qu'une sorte de "Cellule spéciale pour les affaires ivoiriennes" a été mise en place à l'Elysée qui ferait office de gouvernement à distance pour la Côte d'Ivoire. Car, "on ne peut pas compter sur eux", s'affligent les colonisateurs aujourd'hui confrontés aux limites de leurs hommes de main. On imagine donc qu'au retour des vacances, les ministres adopteront un profil plus petit que par le passé. Ils seront toujours là, certes, mais, pour la forme. (...) Et la France, après son coup d'Etat contre Laurent Gbagbo, est obligée de palier les carences de ses affidés, dans la mesure où l'échec de Ouattara sera la plus grande honte de la France. Ce que Sarkozy tente d'éviter à tout prix (...).


Source : INFOS PLUS

CIA-OTAN: 7 PAYS A PRENDRE EN 5 ANS, APRES LA LIBYE L'ALGERIE


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Interview Internet avec Tiziana Gamannossi à Tripoli.

 

Par Smaïn Bédrouni, samedi 27 août 2011, à 00h27 :

Cet entretien Internet a subi de nombreuses coupures de connexion, de plusieurs minutes, entre les questions et les réponses et il a duré de 00h27 à 01h32.


Smaïn Bédrouni : Bonsoir, nous sommes très inquiets ici, peux-tu nous donner des infos, s'il te plaît?

Tiziana Gamannossi : Les rebelles sont dans tripoli. Il y a encore la zone de Buslim et celle de l'hôtel Rixos qui sont en train de combattre

Smaïn Bédrouni : c'est tout ce que tu peux me dire ?

Tiziana Gamannossi : Oui, car aujourd'hui je ne suis pas sorti et le mobile phone ne marche pas. Internet a recommencé à fonctionner depuis trois jours mais il marche très mal comme tu peux le voir.

Smaïn Bédrouni : oui

Tiziana Gamannossi : Mercredi 24 j'ai fait un tour de la ville: de Tajoura au Corinthia, je suis allée voir nos amis T. et M., les journalistes de TELESUR, ils étaient tous bien, ils ont été amenés au Corinthia par la Croix Rouge. Même les journalistes minables étaient bien !

Smaïn Bédrouni : oui c'est répugnant, car pendant ce temps, c'est le peuple qui souffre.

Tiziana Gamannossi : Et pendant la route, tout était sous le control des rebelles, beaucoup de barricades faites avec des containers MSC, des palmiers coupées, des matériaux de constructions et des voitures brulées

Smaïn Bédrouni : En fait les rebelles contrôlent tripoli ? Est ce que tu peux m'en dire plus stp ? les lecteurs de stcom.net sont inquiets et attendent des nouvelles de Tripoli.

Tiziana Gamannossi : Ils ne contrôlent pas entièrement Tripoli, les combats se poursuivent. Alors la chose plus terrible est que les rebelles à Tripoli sont a 90% des boys entre 10 et 25 ans, TOUS ARMES! Est-ce que tu t'en rends compte! ? Des gamins qui ont entre 15 et 20 ans avec des Kalachnikov entre les mains. Les rebelles de Tripoli tiennent maintenant soigneusement des check points et les rebelles de Misurata et de Montagnes Nafusa étaient sur les pickups en train de roder dans tout Tripoli ! Ils semblent arabes, mais j'ai vu des européens donner les instructions aux garçons tripolitains aux check points ! Mais pendant il y a des combats, qui ont commencé samedi et sont toujours en cours, il y avait soit les rebelles armés soit les garçons tripolitains la plupart sans armes et donc, ce sont eux qui sont morts surtout !

Smaïn Bédrouni : C'est ce crime contre l'humanité que les médias essaient de cacher. Est ce que tu veux donner un message aux lecteurs de La Voix des Opprimés ?

Tiziana Gamannossi : Oui, comme tu sais bien cette guerre était prévue depuis 2001 après l'attaque des Twin Towers ; je t'envoie le document, qui prévoie la prise de 7 pays en 5 ans! La NATO est en retard, mais veut prendre 7 Pays !
Tu sais bien que cette guerre pouvait être évité avec des négociations entre Kadhafi et les rebelles, de façons qu'on aurait évité des milliers de morts, la plus part des jeunes, un pays détruit et surtout maintenant des jeunes avec des armes dans les mains !

Mon message est les suivant : Si vraiment on s'appelle des gens civilisés, essayons d'empêcher les guerres qui n'amènent que destructions et morts ! Autrement même si en 2011 nous avons les portables le plus modernes, les machines les plus modernes, cela ne pourra jamais prouver qu'on est des gens civilisé car en 2011 ENCORE, ON RESOUD LES CRISES POLITIQUES AVEC DES GUERRES !
Voilà mon message.
Merci.

Smaïn Bédrouni : Nous sommes sur la même longueur d'onde, nous pensons exactement la même chose, c'est pour cela que notre journal existe afin d'utiliser les nouvelles technologies pour l'éveil des consciences des populations à la paix, montrer l'horreur de la guerre pour la refuser et travailler pour construire la paix.

Tiziana Gamannossi : Oui, il faut faire tout pour éviter les guerres! Elles sont la honte de la civilité !

Smaïn Bédrouni : La honte de l'Humanité !

Tiziana Gamannossi : Merci!

Smaïn Bédrouni : Je met quel nom ou pseudonyme pour tes réponses ?

Tiziana Gamannossi : TIZIANA GAMANNOSSI, mon nom. J'espère qu'être contre la guerre ne soit pas un motif pour être attaqué, car alors le monde est fini !

Smaïn Bédrouni : Je suis vraiment inquiet pour vous tous, j'aimerais être avec vous qui êtes dans la difficulté. C'est moins pire que de voir tout ça à distance sans pouvoir vous assister.

Tiziana Gamannossi : Mon cher, sois tranquille, je n'ai rien fait de mal et maintenant comme je ne peux plus me battre contre la guerre, je me battrais de façon à ce que ces jeunes gens laissent les armes et aient une vie normale ! Merci mon cher.... Très bien ! Il faut tout faire pour faire cesser cette manipulation des jeunes gens par la CIA/NATO ! (NDLR: NATO = OTAN) ! Je t'envoi le document maintenant.

Smaïn Bédrouni : Oui, merci à toi !

Tiziana Gamannossi: Une chose importante: Il semble qu'en Septembre ce soit le tour de l'Algérie...... Faites attention, ne permettez pas cela !

Coupure de connexion, à 01h32.

Il est maintenant 03h06, heure de Paris, et toujours pas de connexion internet à Tripoli, nous décidons de publier l'entretien tel quel.


Source : LA VOIX DES OPPRIMES

vendredi, 26 août 2011

L'INCULPATION DE LAURENT GBAGBO POUR CRIMES ECONOMIQUES, UN AVEU QUI DOIT CONDUIRE A SA LIBERATION IMMEDIATE

 

GBAGBO ET LES CHEFS MUSULMANS IVOIRIENS.jpg

Le jeudi 18 août 2011, le procureur de la République, Simplice Kouadio Koffi a inculpé le couple Gbagbo pour « crimes économiques », à la surprise générale. Aucun crime de sang au menu. L'on se souvient pourtant de toutes les récriminations faites contre le couple présidentiel ivoirien depuis 2000, avec l'appui de toute la presse anti-Gbagbo porte-voix de l'Elysée, en France, en Belgique et en Afrique. Pour tous les observateurs et analystes de la crise ivoirienne depuis ses origines, qui ont connu la violence et la dureté des diatribes imputant des crimes à Monsieur et Madame Gbagbo, une telle « pudeur » dans leur inculpation laisse sans voix.

Loin d'être un acte à mettre au compte de la réconciliation nationale, cette dernière sortie du pouvoir Ouattara est à décrypter comme un aveu. Cinglant. Un aveu de mensonges, de diabolisation hémiplégique, de lynchage médiatique et d'invective manichéenne contre Laurent Gbagbo, pendant 10 ans.

Comment expliquer autrement que des affaires, faits et crimes longuement et permanemment ressassés comme le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, les enfants esclaves des plantations ivoiriennes de café et de cacao, le documentaire « Côte d'Ivoire, poudrière identitaire » du sociologue belge Benoît Scheuer de l'ONG Prévention Génocides, le concept de l'ivoirité clairement imputé à l'ancien chef de l'Etat ivoirien, la mort du journaliste franco-belge Jean Hélène, la disparition du journaliste affairiste Guy-André Kieffer, un autre franco-belge, les massacres et enlèvements de populations civiles et étrangères de la période postélectorale, n'aient pas même fait l'objet d'une évocation, du moindre chef d'inculpation. Silence radio sur 10 années « de crimes » de Laurent Gbagbo qui ont fait les choux gras de la presse française, belge et de l'opposition ivoirienne.

Laurent Gbagbo aurait dû au moins être entendu sur le financement des armes que le journaliste Hermann Aboa aurait achetées et distribuées à des milices, selon Alassane Ouattara, le chef de l'Etat ivoirien, devant la presse américaine, lors de sa visite de travail aux Etats-Unis. Que nenni ! C'est la preuve irréfutable que ce procès, qui entrera dans les annales de la justice et du droit ivoiriens - car ne respectant ni la Constitution ni les lois ivoiriennes -, n'est en réalité qu'une mascarade, un procès politique pour mettre sous l'éteignoir un opposant significatif qu'on redoute comme la peste.

Cette inculpation est totalement illégale parce que selon l'Article 2 de la loi du 27 mai 2005, «portant statut d'ancien président de la République, d'ancien chef ou président d'institution nationale et d'ancien ministre»: «Aucun ancien président de la République ne peut être poursuivi ou arrêté à raison des faits criminels ou délictueux par lui commis qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale». En outre, selon l'Article 3 de la même loi : «Lorsqu'un ancien président de la République est susceptible d'être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, le Procureur général près la Cour de cassation, avisé des faits par tous moyens, saisit par requête le Bureau de l'Assemblée nationale». Sans nous immerger dans les détails juridico-législatifs de ces dispositions, nous constatons simplement qu'aucune de ces procédures n'a été respectée. Mieux, l'Assemblée nationale est suspendue. En toute illégalité et inconstitutionnalité. Vous parlez d'un Etat de droit !

C'était au moins l'occasion rêvée pour juger Laurent Gbagbo pour l'homicide des « 6 femmes martyrs » d'Abobo ! Comment se fait-il que rien n'ait transpiré, dans la communication du procureur de la République, de ce « crime affreux » du président ivoirien qui a fait le tour du monde ? Pour sauver la face - parce que le pouvoir Ouattara l'a vraiment perdu - il est fait référence et allusion à la Cour pénale internationale (CPI) pour juger les crimes de sang de l'ancien président ivoirien. Un cache-sexe, en réalité. Pour masquer les angoisses du nouveau pouvoir ivoirien relativement à ses propres démons et à ses propres crimes, quotidiennement dénoncés par les organisations internationales de défense des Droits humains (Human Rights Watch, Amnesty International), y compris la division des Droits de l'Homme de l'ONUCI et le CICR.

Mais, comme le dit un internaute ivoirien, « il ne faut pas prendre l'ombre pour la proie.  La légèreté ou l'illégalité des chefs d'inculpation est faite à dessein. Il s'agit de faire le lit à la CPI afin d'obtenir l'inculpation de Gbagbo pour crime contre l'humanité par cette dernière et pouvoir ainsi l'éloigner définitivement de la vie politique ivoirienne ». A la vérité, un procès contre Gbagbo pour « ses » crimes de sang offrirait une tribune locale inespérée qui exposerait le régime ivoirien au plus grand mépris international, tant le déballage serait croustillant. Le monde découvrirait avec horreur et stupeur les mensonges odieux macérés contre le couple présidentiel ivoirien pendant 10 bonnes années. Il faut donc renvoyer toutes ces affaires sales loin des bords de la Lagune Ebrié - par ailleurs, en pleine opération de salubrité publique - pour continuer à apparaître et à plastronner en toute « virginité », à la face du monde. Un mauvais calcul, du reste. Car rien ne nous garantit que le même résultat ne sera pas atteint outre-Atlantique, au regard de la qualité et de la pugnacité mondialement reconnues des avocats du couple présidentiel. La CPI fût-elle l'un des instruments séculiers de l'impérialisme international triomphant, adoubée tribunal des petits et des vaincus, dans un monde déliquescent et déclinant. En un mot, Laurent Gbagbo est devenu une véritable « patate chaude » entre les mains du pouvoir ivoirien, de quelque côté qu'il le tienne.

Pour en revenir aux crimes économiques de Gbagbo - s'il en est - il existe un lien étroit et un rapport dialectique indéniables entre eux et la rébellion de 2002. De sorte qu'on ne peut juger Laurent Gbagbo, en toute justice, sans juger les auteurs du coup de force avortée de 2002 et tous les drames et crimes qu'il a entraînés, qui l'ont contraint, en tant que chef d'Etat responsable de millions de vie, à prendre les mesures appropriées pour maintenir debout la Côte d'ivoire et permettre aux Ivoiriens de continuer à se nourrir et à vivre. On ne peut juger les effets et faire table rase des causes. Les vraies. Oui, les véritables causes du désordre ivoirien remontent, à la date la plus proche, au début de la rébellion ivoirienne. Il va donc falloir, au pied levé, juger aussi les auteurs de tout ce trafic de diamant, d'or, de cacao, de café, de coton, de bois et de minerais qui a été instauré dans le Nord du pays depuis 10 ans au moins, le casse des agences de la BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man - auquel ont participé, au demeurant, des soldats français -, l'économie parallèle des ex-FAFN dans les zones CNO (Centre Nord Ouest) qui prospère jusqu'à ce jour, avec la « Centrale », véritable Ministère de l'économie et des finances de l'ex-rébellion, et ses postes douaniers, dans un Etat dit « de droit » et dans un pays prétendument réunifié.

Juger donc Laurent Gbagbo pour crimes économiques et blanchir la rébellion de tous ses péchés en faisant abstraction de ses nombreux crimes, elle, la vraie coupable, ce ne serait pas de la justice mais de la vengeance, à l'état primaire. Et la Côte d'Ivoire n'en sortirait ni grandie ni plus unie. Bien au contraire ! Il ne faudrait pas se leurrer. La seule décision ou mesure qui vaille, à l'heure actuelle, après cet aveu que constitue l'inculpation du couple Gbagbo pour crimes économiques - même si cela est fait intentionnellement -, est sa libération pure, simple et immédiate.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 301 du jeudi 25 août 2011.