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samedi, 27 août 2011

CIA-OTAN: 7 PAYS A PRENDRE EN 5 ANS, APRES LA LIBYE L'ALGERIE


TIZIANA GAMANNOSSI.jpg

Interview Internet avec Tiziana Gamannossi à Tripoli.

 

Par Smaïn Bédrouni, samedi 27 août 2011, à 00h27 :

Cet entretien Internet a subi de nombreuses coupures de connexion, de plusieurs minutes, entre les questions et les réponses et il a duré de 00h27 à 01h32.


Smaïn Bédrouni : Bonsoir, nous sommes très inquiets ici, peux-tu nous donner des infos, s'il te plaît?

Tiziana Gamannossi : Les rebelles sont dans tripoli. Il y a encore la zone de Buslim et celle de l'hôtel Rixos qui sont en train de combattre

Smaïn Bédrouni : c'est tout ce que tu peux me dire ?

Tiziana Gamannossi : Oui, car aujourd'hui je ne suis pas sorti et le mobile phone ne marche pas. Internet a recommencé à fonctionner depuis trois jours mais il marche très mal comme tu peux le voir.

Smaïn Bédrouni : oui

Tiziana Gamannossi : Mercredi 24 j'ai fait un tour de la ville: de Tajoura au Corinthia, je suis allée voir nos amis T. et M., les journalistes de TELESUR, ils étaient tous bien, ils ont été amenés au Corinthia par la Croix Rouge. Même les journalistes minables étaient bien !

Smaïn Bédrouni : oui c'est répugnant, car pendant ce temps, c'est le peuple qui souffre.

Tiziana Gamannossi : Et pendant la route, tout était sous le control des rebelles, beaucoup de barricades faites avec des containers MSC, des palmiers coupées, des matériaux de constructions et des voitures brulées

Smaïn Bédrouni : En fait les rebelles contrôlent tripoli ? Est ce que tu peux m'en dire plus stp ? les lecteurs de stcom.net sont inquiets et attendent des nouvelles de Tripoli.

Tiziana Gamannossi : Ils ne contrôlent pas entièrement Tripoli, les combats se poursuivent. Alors la chose plus terrible est que les rebelles à Tripoli sont a 90% des boys entre 10 et 25 ans, TOUS ARMES! Est-ce que tu t'en rends compte! ? Des gamins qui ont entre 15 et 20 ans avec des Kalachnikov entre les mains. Les rebelles de Tripoli tiennent maintenant soigneusement des check points et les rebelles de Misurata et de Montagnes Nafusa étaient sur les pickups en train de roder dans tout Tripoli ! Ils semblent arabes, mais j'ai vu des européens donner les instructions aux garçons tripolitains aux check points ! Mais pendant il y a des combats, qui ont commencé samedi et sont toujours en cours, il y avait soit les rebelles armés soit les garçons tripolitains la plupart sans armes et donc, ce sont eux qui sont morts surtout !

Smaïn Bédrouni : C'est ce crime contre l'humanité que les médias essaient de cacher. Est ce que tu veux donner un message aux lecteurs de La Voix des Opprimés ?

Tiziana Gamannossi : Oui, comme tu sais bien cette guerre était prévue depuis 2001 après l'attaque des Twin Towers ; je t'envoie le document, qui prévoie la prise de 7 pays en 5 ans! La NATO est en retard, mais veut prendre 7 Pays !
Tu sais bien que cette guerre pouvait être évité avec des négociations entre Kadhafi et les rebelles, de façons qu'on aurait évité des milliers de morts, la plus part des jeunes, un pays détruit et surtout maintenant des jeunes avec des armes dans les mains !

Mon message est les suivant : Si vraiment on s'appelle des gens civilisés, essayons d'empêcher les guerres qui n'amènent que destructions et morts ! Autrement même si en 2011 nous avons les portables le plus modernes, les machines les plus modernes, cela ne pourra jamais prouver qu'on est des gens civilisé car en 2011 ENCORE, ON RESOUD LES CRISES POLITIQUES AVEC DES GUERRES !
Voilà mon message.
Merci.

Smaïn Bédrouni : Nous sommes sur la même longueur d'onde, nous pensons exactement la même chose, c'est pour cela que notre journal existe afin d'utiliser les nouvelles technologies pour l'éveil des consciences des populations à la paix, montrer l'horreur de la guerre pour la refuser et travailler pour construire la paix.

Tiziana Gamannossi : Oui, il faut faire tout pour éviter les guerres! Elles sont la honte de la civilité !

Smaïn Bédrouni : La honte de l'Humanité !

Tiziana Gamannossi : Merci!

Smaïn Bédrouni : Je met quel nom ou pseudonyme pour tes réponses ?

Tiziana Gamannossi : TIZIANA GAMANNOSSI, mon nom. J'espère qu'être contre la guerre ne soit pas un motif pour être attaqué, car alors le monde est fini !

Smaïn Bédrouni : Je suis vraiment inquiet pour vous tous, j'aimerais être avec vous qui êtes dans la difficulté. C'est moins pire que de voir tout ça à distance sans pouvoir vous assister.

Tiziana Gamannossi : Mon cher, sois tranquille, je n'ai rien fait de mal et maintenant comme je ne peux plus me battre contre la guerre, je me battrais de façon à ce que ces jeunes gens laissent les armes et aient une vie normale ! Merci mon cher.... Très bien ! Il faut tout faire pour faire cesser cette manipulation des jeunes gens par la CIA/NATO ! (NDLR: NATO = OTAN) ! Je t'envoi le document maintenant.

Smaïn Bédrouni : Oui, merci à toi !

Tiziana Gamannossi: Une chose importante: Il semble qu'en Septembre ce soit le tour de l'Algérie...... Faites attention, ne permettez pas cela !

Coupure de connexion, à 01h32.

Il est maintenant 03h06, heure de Paris, et toujours pas de connexion internet à Tripoli, nous décidons de publier l'entretien tel quel.


Source : LA VOIX DES OPPRIMES

vendredi, 26 août 2011

L'INCULPATION DE LAURENT GBAGBO POUR CRIMES ECONOMIQUES, UN AVEU QUI DOIT CONDUIRE A SA LIBERATION IMMEDIATE

 

GBAGBO ET LES CHEFS MUSULMANS IVOIRIENS.jpg

Le jeudi 18 août 2011, le procureur de la République, Simplice Kouadio Koffi a inculpé le couple Gbagbo pour « crimes économiques », à la surprise générale. Aucun crime de sang au menu. L'on se souvient pourtant de toutes les récriminations faites contre le couple présidentiel ivoirien depuis 2000, avec l'appui de toute la presse anti-Gbagbo porte-voix de l'Elysée, en France, en Belgique et en Afrique. Pour tous les observateurs et analystes de la crise ivoirienne depuis ses origines, qui ont connu la violence et la dureté des diatribes imputant des crimes à Monsieur et Madame Gbagbo, une telle « pudeur » dans leur inculpation laisse sans voix.

Loin d'être un acte à mettre au compte de la réconciliation nationale, cette dernière sortie du pouvoir Ouattara est à décrypter comme un aveu. Cinglant. Un aveu de mensonges, de diabolisation hémiplégique, de lynchage médiatique et d'invective manichéenne contre Laurent Gbagbo, pendant 10 ans.

Comment expliquer autrement que des affaires, faits et crimes longuement et permanemment ressassés comme le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, les enfants esclaves des plantations ivoiriennes de café et de cacao, le documentaire « Côte d'Ivoire, poudrière identitaire » du sociologue belge Benoît Scheuer de l'ONG Prévention Génocides, le concept de l'ivoirité clairement imputé à l'ancien chef de l'Etat ivoirien, la mort du journaliste franco-belge Jean Hélène, la disparition du journaliste affairiste Guy-André Kieffer, un autre franco-belge, les massacres et enlèvements de populations civiles et étrangères de la période postélectorale, n'aient pas même fait l'objet d'une évocation, du moindre chef d'inculpation. Silence radio sur 10 années « de crimes » de Laurent Gbagbo qui ont fait les choux gras de la presse française, belge et de l'opposition ivoirienne.

Laurent Gbagbo aurait dû au moins être entendu sur le financement des armes que le journaliste Hermann Aboa aurait achetées et distribuées à des milices, selon Alassane Ouattara, le chef de l'Etat ivoirien, devant la presse américaine, lors de sa visite de travail aux Etats-Unis. Que nenni ! C'est la preuve irréfutable que ce procès, qui entrera dans les annales de la justice et du droit ivoiriens - car ne respectant ni la Constitution ni les lois ivoiriennes -, n'est en réalité qu'une mascarade, un procès politique pour mettre sous l'éteignoir un opposant significatif qu'on redoute comme la peste.

Cette inculpation est totalement illégale parce que selon l'Article 2 de la loi du 27 mai 2005, «portant statut d'ancien président de la République, d'ancien chef ou président d'institution nationale et d'ancien ministre»: «Aucun ancien président de la République ne peut être poursuivi ou arrêté à raison des faits criminels ou délictueux par lui commis qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale». En outre, selon l'Article 3 de la même loi : «Lorsqu'un ancien président de la République est susceptible d'être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, le Procureur général près la Cour de cassation, avisé des faits par tous moyens, saisit par requête le Bureau de l'Assemblée nationale». Sans nous immerger dans les détails juridico-législatifs de ces dispositions, nous constatons simplement qu'aucune de ces procédures n'a été respectée. Mieux, l'Assemblée nationale est suspendue. En toute illégalité et inconstitutionnalité. Vous parlez d'un Etat de droit !

C'était au moins l'occasion rêvée pour juger Laurent Gbagbo pour l'homicide des « 6 femmes martyrs » d'Abobo ! Comment se fait-il que rien n'ait transpiré, dans la communication du procureur de la République, de ce « crime affreux » du président ivoirien qui a fait le tour du monde ? Pour sauver la face - parce que le pouvoir Ouattara l'a vraiment perdu - il est fait référence et allusion à la Cour pénale internationale (CPI) pour juger les crimes de sang de l'ancien président ivoirien. Un cache-sexe, en réalité. Pour masquer les angoisses du nouveau pouvoir ivoirien relativement à ses propres démons et à ses propres crimes, quotidiennement dénoncés par les organisations internationales de défense des Droits humains (Human Rights Watch, Amnesty International), y compris la division des Droits de l'Homme de l'ONUCI et le CICR.

Mais, comme le dit un internaute ivoirien, « il ne faut pas prendre l'ombre pour la proie.  La légèreté ou l'illégalité des chefs d'inculpation est faite à dessein. Il s'agit de faire le lit à la CPI afin d'obtenir l'inculpation de Gbagbo pour crime contre l'humanité par cette dernière et pouvoir ainsi l'éloigner définitivement de la vie politique ivoirienne ». A la vérité, un procès contre Gbagbo pour « ses » crimes de sang offrirait une tribune locale inespérée qui exposerait le régime ivoirien au plus grand mépris international, tant le déballage serait croustillant. Le monde découvrirait avec horreur et stupeur les mensonges odieux macérés contre le couple présidentiel ivoirien pendant 10 bonnes années. Il faut donc renvoyer toutes ces affaires sales loin des bords de la Lagune Ebrié - par ailleurs, en pleine opération de salubrité publique - pour continuer à apparaître et à plastronner en toute « virginité », à la face du monde. Un mauvais calcul, du reste. Car rien ne nous garantit que le même résultat ne sera pas atteint outre-Atlantique, au regard de la qualité et de la pugnacité mondialement reconnues des avocats du couple présidentiel. La CPI fût-elle l'un des instruments séculiers de l'impérialisme international triomphant, adoubée tribunal des petits et des vaincus, dans un monde déliquescent et déclinant. En un mot, Laurent Gbagbo est devenu une véritable « patate chaude » entre les mains du pouvoir ivoirien, de quelque côté qu'il le tienne.

Pour en revenir aux crimes économiques de Gbagbo - s'il en est - il existe un lien étroit et un rapport dialectique indéniables entre eux et la rébellion de 2002. De sorte qu'on ne peut juger Laurent Gbagbo, en toute justice, sans juger les auteurs du coup de force avortée de 2002 et tous les drames et crimes qu'il a entraînés, qui l'ont contraint, en tant que chef d'Etat responsable de millions de vie, à prendre les mesures appropriées pour maintenir debout la Côte d'ivoire et permettre aux Ivoiriens de continuer à se nourrir et à vivre. On ne peut juger les effets et faire table rase des causes. Les vraies. Oui, les véritables causes du désordre ivoirien remontent, à la date la plus proche, au début de la rébellion ivoirienne. Il va donc falloir, au pied levé, juger aussi les auteurs de tout ce trafic de diamant, d'or, de cacao, de café, de coton, de bois et de minerais qui a été instauré dans le Nord du pays depuis 10 ans au moins, le casse des agences de la BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man - auquel ont participé, au demeurant, des soldats français -, l'économie parallèle des ex-FAFN dans les zones CNO (Centre Nord Ouest) qui prospère jusqu'à ce jour, avec la « Centrale », véritable Ministère de l'économie et des finances de l'ex-rébellion, et ses postes douaniers, dans un Etat dit « de droit » et dans un pays prétendument réunifié.

Juger donc Laurent Gbagbo pour crimes économiques et blanchir la rébellion de tous ses péchés en faisant abstraction de ses nombreux crimes, elle, la vraie coupable, ce ne serait pas de la justice mais de la vengeance, à l'état primaire. Et la Côte d'Ivoire n'en sortirait ni grandie ni plus unie. Bien au contraire ! Il ne faudrait pas se leurrer. La seule décision ou mesure qui vaille, à l'heure actuelle, après cet aveu que constitue l'inculpation du couple Gbagbo pour crimes économiques - même si cela est fait intentionnellement -, est sa libération pure, simple et immédiate.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 301 du jeudi 25 août 2011.

jeudi, 25 août 2011

ZONES D'OMBRE AUTOUR DE LA SANTE DE OUATTARA


ALASSANE OUATTARA.jpg

La presse nationale a été alertée avant-hier mardi en fin de soirée, par une dépêche de l'Agence France Presse (Afp)  sur l'hospitalisation du chef de l'Etat ivoirien en France. En dépit des assurances données par les journaux proches du régime sur ce « court passage » d'Alassane Ouattara à l'hôpital militaire de Toulon pour des « examens médicaux », des zones d'ombre subsistent sur l'état de santé du chef de l'Etat. Et relance le débat sur le danger institutionnel que fait planer ce type de situation sur  la Côte d'Ivoire.

 

Alassane Dramane Ouattara, en vacances en France depuis le 12 août dernier, « a été admis dans la matinée (du mardi 23 aout) à l'hôpital militaire Sainte-Anne (de Toulon) pour subir des examens médicaux », a-t-on appris mardi d'une dépêche de l'Afp, qui cite une « source proche du dossier ». La presse nationale s'est faite l'écho de cette hospitalisation du chef de l'Etat ivoirien en France, et chacun y est allé de son commentaire.

Ainsi, les journaux pro-Ouattara, avec à leur tête Fraternité Matin, se sont montré assez rassurants sur l'état de forme de notre vacancier de chef d'Etat. « Bilan de santé annuel du chef de l'Etat, hier en France : Tout va très bien », a barré à sa Une le quotidien gouvernemental, illustrée d'une photo où Ouattara est tout sourire. « Comme il en a l'habitude chaque année, le chef de l'Etat a mis à profit son séjour privé en France, dans le cadre des vacances du gouvernement, pour faire ce check-up que son entourage qualifie de bilan de santé classique. Le bilan est très bon et le Président rentre en fin de semaine. Il est en pleine forme », a écrit hier Fraternité Matin en page 9, qui dit avoir joint au téléphone un membre du cabinet présidentiel. De son côté, la presse de l'opposition s'est voulue très circonspecte sur la santé du chef de l'Etat. Selon Notre Voie, « on lui a fait faire (à Ouattara) une biopsie pour analyser son cœur et permettre une circulation plus aisée du sang ».

Au fait, Alassane Ouattara a-t-il des ennuis de santé ? Même si en l'état actuel des informations disponibles sur son passage, aussi bref soit-il, à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon, on ne peut pas répondre de façon précise à cette interrogation. Car des zones d'ombre subsistent sur l'état de santé du  chef de  l'Etat. En effet s'il s'agissait vraiment d'un banal check-up (contrôle) annuel de routine « comme d'habitude », pourquoi en fait-on tout un plat et tente-t-on par tous les moyens de rassurer l'opinion, au point de se fendre d'un laconique « tout va très bien », alors qu'on n'en sait rien sur le fameux bilan de santé du chef de l'Etat ? Et puis, pourquoi le chef de l'Etat fait-il son contrôle de routine de santé en France, alors qu'il y a des hôpitaux et de bons médecins dans son pays pour faire son bilan de santé ?

Le danger institutionnel qui guette la Côte d'Ivoire

On serait aujourd'hui à l'abri de toutes ces supputations autour de la santé   d'Alassane Dramane Ouattara, si les procédures constitutionnelles de validation des candidatures à l'élection présidentielle avaient été respectées. En effet, l'article 35 de la Constitution ivoirienne du 1er août 2000 prescrit que « (...) le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins». Ce verrou constitutionnel a été sauté par les arrangements de Marcoussis - les signataires de cet accord ont été admis de facto à postuler pour le fauteuil présidentiel même s'ils ne remplissaient pas ces formalités -, ce qui n'a pas permis de se fixer sur « l'état complet de bien-être physique et mental » des principaux candidats à l'élection présidentielle.

Cela dit, si la nouvelle de la brève hospitalisation du chef de l'Etat en France fait grand bruit aux abords de la lagune Ebrié et  alimente les discussions dans les chaumières, c'est parce que les Ivoiriens sont inquiets de se retrouver dans un vide constitutionnel. En cas de grand malheur (touchons du bois) au sommet de l'Etat, la voie serait tout ouverte pour une telle aventure. En effet, aux termes de l'article 40 de la loi fondamentale - la constitution ivoirienne n'a pas encore été abrogée ni révisée ni dissoute malgré les velléités du régime d'exception instauré par Alassane Ouattara -, « en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République (...). En cas de décès, de démission ou d'empêchement absolu du Président de l'Assemblée nationale, alors que survient la vacance de la République, l'intérim du Président de la République est assuré, dans les mêmes conditions, par le Premier Vice- Président de l'Assemblée Nationale ».

Or, depuis la prise de pouvoir d' Alassane Dramane Ouattara, l'Assemblée nationale a été dissoute de fait. Les députés ne siègent plus et ne perçoivent plus leurs indemnités depuis plus de quatre mois, malgré les cris d'orfraie poussés par le Président du Parlement ivoirien Mamadou Koulibaly. Et les juristes du chef de l'Etat font preuve d'un juridisme de mauvais aloi pour justifier que le mandat de l'Assemblée nationale a pris fin depuis fin 2005 par un acte pourtant illégal du défunt Groupe de travail international (Gti). Dans ces conditions, comment se ferait la succession en cas de vacance du pouvoir au sommet de l'Etat dans un pays qui serait alors sans Président et vice-président de l'Assemblée nationale ? Surtout que nulle part dans ses dispositions, la Constitution ivoirienne ne prévoit que le Premier ministre succède au Président de la République en cas d'empêchement de celui-ci.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 48 du jeudi 25 août 2011.

LA DETTE SOUVERAINE ET LA CRISE DE L'IMPERIALISME

 

DETTE PUBLIQUE DANS LE MONDE.PNG

Par Robert Bibeau, le 24 août 2011


Nous abordons aujourd'hui le problème récurrent et fort complexe des déficits publics américains et du gonflement vertigineux de leur dette souveraine. Nous expliquerons le mécanisme économique qui engendre ces déficits et qui suscite le gonflement de leur dette souveraine, le défaut de paiement et la dévaluation du dollar US. Nous verrons que ce processus est inhérent au modèle de développement impérialiste et qu'à terme il engendre la création de gigantesques entreprises multinationales sans patrie, sans allégeance, sans foi et sans loi, prêtes à flouer l'économie américaine si nécessaire  afin de poursuivre leur marche inexorable vers l'accumulation de profits.

LE MODELE DE LA « PLATEFORME »

Un nouveau « modèle de division internationale du travail » serait  en train de se répandre sur la planète. À commencer par les États-Unis d'Amérique, les grandes multinationales, américaines d'abord, canadiennes, australiennes, israéliennes et européennes ensuite, auraient développé une nouvelle façon de produire et de vendre des marchandises en accumulant des profits astronomiques. En fait, il s'agit de l'implantation systématique du modèle de division du travail impérialiste mais à une échelle jamais égalée auparavant. Selon l'économiste Charles Gave ce nouveau mode de division internationale du travail, que les technologies de l'information et de la communication facilitent grandement, s'appelle faute de mieux le système de la « Plateforme » (1).

C'est la systématisation de ce modèle de développement économique impérialiste qui provoque les présentes perturbations économiques, budgétaires, monétaires et commerciales mondiales. Ce ne sont pas les mauvaises décisions des banquiers, des spéculateurs boursiers, des industriels ou des politiciens qui engendrent ces crises systémiques répétitives qui s'abattent comme la peste sur les peuples du monde mais l'application mécanique des lois inexorables du développement impérialiste redécouvertes par Charles Gave.

Nous savons tous que chaque pays tient une comptabilité nationale d'où l'on peut observer annuellement les fluctuations de sa balance commerciale (2), de sa balance des paiements (3), de son PIB (4), de son endettement cumulatif et de ses déficits budgétaires (5), de ses emprunts et de la valeur de sa monnaie nationale. Selon l'économiste Charles Gave, toute cette comptabilité nationale est de moins en moins pertinente et elle permet de moins en moins d'analyser et de comprendre les crises économiques et financières mondiales.

D'après l'éminent économiste, la logique de la comptabilité nationale est sans intérêt.  En fait, que les sociétés multinationales se proclament « Américaines », « Canadiennes », « Israéliennes », « Européennes » ou « Chinoises », elles domicilient où elles le veulent leurs déficits commerciaux : « les marchés n'ont pas compris que nous sommes en train d'assister à la privatisation des balances commerciales (nationales et internationales NDLR). » (6).

Dans son article de macro économie Charles Gave donne l'exemple de la société de micro-informatique DELL dont le siège social est situé au Texas.

Tous leurs ordinateurs sont conceptualisés de façon « virtuelle » dans leurs centres de recherche. Aucune de leurs machines vendues aux États-Unis n'est construite sur place. Elles sont toutes montées au Mexique ou en Chine, et importées en Amérique après coup. L'originalité est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées (ce qui est différent de la délocalisation industrielle). La seule chose que fait l'entreprise Texane est de préciser les caractéristiques techniques que devront avoir ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants de Dell s'engagent à les produire au coût fixé par Dell.

Des trois fonctions nécessaires à la commercialisation d'un produit - conceptualisation, fabrication et vente - Dell a réussi à externaliser la plus dangereuse et la plus cyclique, la fabrication. Charles Gave explique ensuite que par une telle division internationale du travail un ordinateur construit en Asie, vendu 700 $ aux États-Unis, muni d'un système d'exploitation Microsoft (dont le siège social est à Seattle mais la production délocalisée), équipé d'un processeur Intel (dont le siège social est aux USA mais la production délocalisée), monté d'un écran fabriqué à Taiwan dans un boîtier - clavier fabriqué en Chine, la part du produit de la vente empochée par des firmes dites de « nationalités américaines » sera de 300 $ (et leur marge bénéficiaires de 262 $ soit 87 %) et la part des entreprises dont le siège social est en Asie de 365 $ (et leur marge bénéficiaire de 28 $ soit  7,7 %). (7).

Les impérialistes internationaux trouvent ce mode de division internationale du travail très avantageux et il se répand chaque jour davantage. Cependant, quand l'ordinateur vendu en ligne par Internet entre aux États-Unis, ce pays enregistre une forte détérioration de sa balance commerciale.

Dans l'exemple ci-dessus l'exportation dite « américaine » a été de 275 $ alors que l'importation aux États-Unis a été de 670 $ (bénéfice de Dell et taxes en sus), d'où les États-Unis enregistrent un déficit commercial de 395 $. Malgré cela la rentabilité des sociétés dites « Américaines » présente un certain nombre d'avantages fort désirables aux yeux de n'importe quel investisseur :


- Elle est très stable : la partie cyclique (la production) a été affermée à des industriels extérieurs. - Elle est très élevée : la recherche, le développement et la vente par Internet ne suscitent pas des besoins de fond de roulement importants. La rentabilité sur capital investi est donc forte. - Elle ne nécessite pas d'apports de capitaux nouveaux : Dell n'a pas besoin d'emprunter pour son développement.

- Elle est très transparente : si le coût du travail augmente trop fortement au Mexique, Dell ne renouvelle pas ses contrats de production au Mexique pour en signer de nouveaux au Brésil, ou en Chine...  De ce fait, les prix à la production demeurent sans arrêt sous pression, d'où le peu d'inflation, du moins jusqu'à ce que les travailleurs du tiers-monde revendiquent des hausses salariales afin de bénéficier eux aussi du pactole du développement capitaliste dans leur pays.

La Chine avec son système policier très répressif possède à cet égard un avantage certain et elle maintien ainsi les salaires de ses ouvriers aussi bas que possible. Toutefois, ceci n'empêche pas le Yuan chinois de subir des pressions à la hausse que le gouvernement chinois ne peut résorber, ce qui entraîne une augmentation du coût des importations américaines en Chine et l'exportation de l'inflation chinoise aux États-Unis.

LA BALANCE COMMERCIALE

Tout ceci à pour effet que les pays émergents se retrouvent avec des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des États-Unis, qui pourtant ne veulent strictement rien dire selon l'économiste Gave, puisque la maîtrise des flux (importations de marchandises aux États-Unis) est à cent pourcent dans les mains de sociétés dites « Américaines ». De réclamer de ces pays de réévaluer leurs monnaies contre le dollar ne règlera rien (ce qui laisse entendre que les sénateurs américains pétitionnaires ne font que de la figuration pour le public américain) (8).

De fait, ces pays émergents en voie d'industrialisation accélérée sont intégrés à la zone dollar. Ce qui veut dire en termes simples que la balance commerciale d'un pays où les sociétés s'organisent selon les principes de la « plateforme » ne veut plus rien dire. Pour raisonner à nouveau comme cet économiste, l'avantage comparatif qui crée le déficit américain n'est pas en Chine, mais aux États-Unis. Ce sont les sociétés américaines qui domicilient où elles le veulent le déficit américain. Si le Yuan est réévalué, Wallmart passera ses commandes au Vietnam. Le déficit US restera le même, mais il sera comptabilisé au Vietnam (si les entreprises oeuvrant au Vietnam sont vietnamiennes, ce qui n'est pas assuré) plutôt qu'en Chine, et le chômage augmentera en Chine.

Gave ajoute : « Les pays qui pour des raisons politiques (rejet de la globalisation et de la  mondialisation) refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises absolument laminées, car elles seront forcées de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n'ont rien à faire. À terme, elles disparaîtront, et tous leurs emplois avec elles (et pas seulement les emplois industriels). Et le protectionnisme ne les sauvera pas plus qu'il n'a sauvé l'industrie textile en France. » (9).

Le raisonnement de Gave laisse entendre que les investisseurs étrangers désirent détenir des actions de ces sociétés américaines, et que les dollars excédentaires qui entreraient ainsi aux États-Unis serviraient à acheter des actions de ces sociétés ou des obligations émises par les gouvernements des États-Unis. Ce qui signifierait que l'équilibre des paiements américains se ferait en prenant en compte les ventes d'actifs américains aux étrangers.

Ce dernier raisonnement de l'éminent économiste est totalement faux cependant. La preuve en est que depuis 2008 les investissements étrangers (directs et de portefeuilles) ne cessent de diminuer aux États-Unis à cause de l'instabilité du dollar américain (10).

Le modèle de division internationale du travail appelé « plateforme » entraîne la relocalisation de la production dans les pays pauvres ce qui réduit d'autant le pouvoir d'achat des travailleurs des pays riches car l'augmentation des emplois du secteur tertiaire ne compense pas la destruction des emplois dans le secteur secondaire, et qui plus est, les emplois tertiaires créés sont parfois si mal payés (MacDonald et Tim Horton) que les capacités de consommation des travailleurs d'occident sont réduits à presque rien, ce que les banques compensent pour un temps par l'élargissement du crédit à la consommation qui ne fait qu'accroître l'endettement des ménages jusqu'à la prochaine crise des « subprimes ».

Plus loin Gave explique que les constructeurs asiatiques sont totalement dépendant du marché nord américain pour survivre et que donc ils ne peuvent pas refuser de vendre leurs marchandises aux firmes ayant siège social aux États-Unis contre des dollars dont la masse internationale est toujours plus importante et la valeur marchande toujours plus réduite (le dollar ne vaudra bientôt plus qu'un demi euro). Ce raisonnement est également faux. À court terme le constat est exact, mais à moyen terme la Chine et l'Inde ont commencé à développer leurs immenses marchés domestiques et ils se rendront ainsi de plus en plus indépendants du marché nord américain et alors ils refuseront les dollars plombés et c'en sera fini pour cette devise.

PRIVATISATISATION DES BALANCES COMMERCIALES

L'économiste Gave ajoute : « Les marchés n'ont pas compris que nous sommes en train d'assister à la privatisation des balances commerciales nationales. Ce qui veut dire en termes simples que quiconque reste enfermé dans la logique de la comptabilité nationale pour effectuer ses investissements va tout droit à la ruine. » (11).

Le développement impérialiste signifie la totale intégration du capital industriel et du capital bancaire en un capital financier international « off shore », sans patrie, sans intérêt national et voué exclusivement à l'accumulation de profits et de dividendes internationaux. En cela Gave a raison de souligner que pour ces puissants spéculateurs boursiers et pour ces grandes entreprises multinationales la seule comptabilité globale qui vaille est la comptabilité internationale. C'est d'ailleurs pourquoi ces ploutocrates  réclament l'internationalisation des organismes de gestion et des mécanismes de régulation économique.

Ce qui provoque la présente crise budgétaire américaine (défaut de paiement de leur dette souveraine gigantesque de 15 000 milliards de dollars) est du au fait que les dépenses du gouvernement fédéral et des États américains sont croissantes alors que les revenus étatiques sont en baisses.  Nous savons déjà pourquoi les dépenses américaines sont si importantes - guerres d'agression incessantes, subventions aux entreprises privés et aux banques soit - 1 200 milliards en 2008 seulement (12) - mais pourquoi les revenus des impôts sont-ils en baisse alors que les firmes américaines sont prospères et font des profits records ? Même si Barak Obama augmentait le taux d'imposition des entreprises américaines cela ne changerait rien.

C'est que les entreprises dites « Américaines », c'est-à-dire ayant leur siège social aux États-Unis (alors que leurs manufactures et leurs centres d'affaires sont répartis un peu partout dans le monde) ne rapatrient plus leurs profits aux États-Unis afin d'éviter de les « dollariser » et de les voir dévaloriser par l'inflation et la dévaluation de cette monnaie. Les trusts et les entreprises multinationales Américaines choisissent de localiser leur profits dans des centres bancaires « off shore », dans des paradis fiscaux (Caïmans, Bahamas, Monaco, Macao, Israël, etc.) où ils se mélangent aux capitaux du monde interlope et une fois blanchies ils sont réinvestis dans les pays émergents ou dans des fonds boursiers spéculatifs.

« Pour prendre la mesure du choc qui se prépare, il est utile de savoir que même les banques américaines commencent à réduire leur utilisation des bons du trésor US pour garantir leurs transactions par crainte des risques croissant pesant sur la dette publique US. Le groupe GEAB croit qu'un autre 15 000 milliards d'actifs-fantômes spéculatifs vont s'envoler en fumée dans les prochains mois de 2011 et 2012. En ce moment les grandes entreprises accumulent de la trésorerie en prévision de ce choc financier qui verra les trésoreries gouvernementales  s'effondrer. » (13).

INFLATION ET DEVALUATION DE LA MONNAIE

Au milieu de ce salmigondis la Fed (banque fédérale américaine) songe à un troisième épisode d'assouplissement quantitatif...Comprendre ici que la Fed songe à émettre de nouveaux dollars pour acheter les obligations d'épargnes des gouvernements américains que de moins en moins de spéculateurs (y compris les banques américaines) désirent acquérir car l'investissement est trop risqué. Cette troisième émission de monnaie  engendrera la dévaluation du dollar et une inflation importante aux États-Unis; méthodes par lesquelles le gouvernement américain transfert le coût de la crise de la dette souveraine sur le dos des petits salariés, des retraités, des pauvres et des démunis qui verront leur maigre pouvoir d'achat s'éroder encore davantage (14).

Pour le gouvernement américain les bénéfices combinés de l'inflation et de l'émission de monnaies est double puisque d'une main il décharge le fardeau de la dette sur le peuple (par la hausse des prix et des recettes fiscales de l'État) et de l'autre il réduit d'autant sa dette extérieure en dévaluant les créances en dollars de ses créanciers. C'est la raison pour laquelle de nombreux pays dans le monde cherchent à transiger avec d'autres monnaies que le dollar américain, ce que nous avions déjà souligné dans une étude antérieure (15).

Pendant ce temps, les immenses trusts internationaux, les multinationales de tout acabit, les spéculateurs boursiers et les banquiers internationaux observent l'économie mondiale, spéculent, jouent avec les actifs du monde entier et cherchent à tirer leur épingle de ce jeu macabre dont les lois inéluctables les entraînent inévitablement vers la catastrophe économique. Mais attention, ce système économique moribond ne s'effondrera pas de lui-même, il imposera encore et toujours plus de sacrifices aux peuples du monde entier afin de se maintenir à flot. Seule une révolte généralisée pourra l'abattre et construire un monde nouveau...Qu'attendons-nous pour le construire sur ses ruines ?


Source : CENT PAPIERS.COM


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(1)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(2) http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS

(3)   http://www.wikiberal.org/wiki/Balance_des_paiements

(4)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

(5)   http://lexpansion.lexpress.fr/economie/etats-unis-vers-un...

(6)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(7)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(8)   http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/e...

(9)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(10)http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanc...

(11)  http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&s...

(12)http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/3...

(13)  GEAB no 56 Spécial été 2011. Crise systémique globale - dernière alerte avant le choc de l'automne 2011. in L'Étoile du Nord, vol 9 no 3. Mai-juin 2011.

(14)  Aux Etats-Unis la Fed est poussée à injecter des liquidités dans l'économie. Le Monde, 17.08.2011. Page 11.

(15)   http://www.centpapiers.com/la-chine-imperialiste/74924


Salutations cordiales.

 

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

robertbibeau@hotmail.com

mercredi, 24 août 2011

LIBYE: LA RESISTANCE S'ORGANISE

MOUAMMAR KADHAFI 6.jpg

Diantre !

Je suis déçu, estomaqué, scié et groggy. Je ne comprends pas les chefs d'État arabes. Encore moins les leaders africains. Comment ont-ils permis ça ? Comme le désigne si bien mon ami posteur Ric, « les bouchers de Benghazi », finiront bien par tuer leurs parrains face à l'échec qui se présente. Pacifier la Libye ne sera pas une mince affaire. Pire, si le leader Mouammar Kadhafi meurt, le pire est à venir. Vous verrez. Pauvre Libye !

Ils construisent déjà des châteaux en  Libye alors qu'ils n'ont encore rien gagné. Se répartissent déjà sans vergogne un beau pays en portion comme un gâteau: pétrole, pétrole. L'action de l'OTAN s'apparente à l'œuvre d'un pizzaïelo face à une pizza. Non, Tripoli ou Paris ne peuvent être pris comme ça, sans qu'il n'y ait riposte ou résistance. Ce qu'on nous présente comme une victoire, un coup porté au régime parce que l'ex forteresse de Bab al-Azizia serait aux mains des « bouchers de Benghazi » est un leurre.

A quoi ça sert de « prendre » un champ de ruines et crier à la victoire ? Pour petit rappel, ce haut lieu a été bombardé... 64 fois par les soldats de l'apocalypse. Excusez du peu. Les terroristes de l'OTAN ont pourtant réaffirmé, hier, que, Mouammar Kadhafi n'était pas une cible. Cherchez l'erreur ! Mais, comme je l'avais dit le 23 juin sur le plateau de Télésud, la Libye risque de se transformer en véritable chemin de croix pour les voleurs occidentaux et les renégats de Benghazi. Pourquoi ? Simplement parce que la prise de l'Elysée, par exemple, ne veut pas dire qu'on a gagné Paris ou la France.

Mouammar Kadhafi a précisé hier, que, son repli était une tactique. Les chefs des fous de Benghazi, apeuré, Moustafa Abdeldjeïl a mis en garde contre le triomphalisme de certains. Il s'adressait probablement aux prédateurs européens en ces termes: « Il est prématuré de dire que la bataille de Tripoli est terminée. Ce ne sera pas le cas tant que Kadhafi et ses fils n'auront pas été capturés. » Dites-le à des assoiffés de pétrole !

Vous connaissez la Somalie ? Vous connaissez l'Irak ? Vous connaissez l'Afghanistan ? En Libye, ça va être pire. Tout le monde est armé et le danger est partout. Vous avez vu les manifestations à la place verte de ces vendus au Kit Kat américain ? Ils se comptaient au bout des doigts. Alors,  bienvenus chers amis prédateurs, à votre tentative de vol de pétrole et de recolonisation ! Kadhafi n'est ni Ben Ali ni Moubarak.

Tripoli est encerclé. Plus de 750 terroristes ont été capturés. Il y a plus de 3000 fidèles de Mouammar Kadhafi à l'aéroport international de Tripoli, armés jusqu'aux dents. Des volontaires affluent du pays pour porter main forte au peuple libyen pour mettre en déroute ceux qui bradent leur pays pour un plat de lentilles. Il sera maintenant difficile aux coalisés racistes, de bombarder car, c'est maintenant que la vraie bataille commence. ne dit-on pas très souvent que la nuit, tous les chats sont gris ? La guerre psychologique ne prendra pas.

Haut les cœurs !


Source : Le blog d'Allain Jules

LIBYE: UN JOURNALISTE PARLE DEPUIS SON HOTEL A TRIPOLI


MAHDI NAZEMROAYA.gif

Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l'hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l'hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins...

Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l'hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l'évidence ils s'étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu'ils ont brossé n'est pas celui d'une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n'ai pas pu aller plus loin... je crois que l'un d'entre eux a peut-être été tué devant l'hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l'heure qu'il est parce qu'il y a encore des snipers dans l'hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d'Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C'était une menace voilée qui m'a été adressée directement. C'est inacceptable, c'est de la censure, et c'est inacceptable.

Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s'agit de violences autour de l'hôtel où vous vous trouvez où s'agit-il de violences dans d'autres parties de la ville ? Entendez-vous d'autres violences dans d'autres parties de la ville ?

Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu'ils ont pris contact avec les rebelles et l'OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c'est ça qu'ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d'évacuation et je crois que ma vie et celle d'autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu'ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C'est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l'OTAN, parce que nous ne sommes pas d'accord avec la version donnée par l'OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu'ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d'une « responsabilité de protéger » que je n'ai jamais vue s'appliquer dans le cas de Bahreïn ou l'Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontrés ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j'étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.

Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?

Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.

Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...

Mahdi Nazemroaya : l'ambassade de Russie a dit qu'elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s'y rendre parce qu'il y a des combats autour. L'ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c'est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l'OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d'ici...

Présentateur : qu'est-ce qu'on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?

Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n'ai pas entendu de bombardements de l'OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.

Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?

Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu'un a été touché, je ne sais pas s'il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu'ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des événements qui n'est pas conforme à ce qu'ils avaient prévu.

 

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EN COMPLEMENT :


Inquiétudes au sujet de nos confrères à Tripoli.

L'OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger

Les combats autour de l'hôtel Rixos à Tripoli, empêchent les journalistes qui le veulent, de sortir. Quatre gouvernements sont maintenant impliqués dans une opération de secours destinée à protéger deux journalistes du Réseau Voltaire.

22 août 2011

Aux dernières nouvelles, ce sont quatre États qui offriraient une protection diplomatique aux deux journalistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, ouvertement menacés de mort par de prétendus "journalistes" occidentaux. Ce ne sont pas les seuls journalistes menacés. Les ambassades qui sont disposées à les protéger sont actuellement inaccessibles parce qu'encerclées par les Forces de l'OTAN.


Silvia Cattori

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

12:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde arabe, afrique, libye, mahdi nazemroaya parle depuis tripoli | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LIBYE - BAIN DE SANG: LES APACHES S'EN OCCUPENT


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Lundi 22 août, le monde ne s'est pas réveillé avec la gueule de bois, alors qu'il aurait dû. Et pour cause, finalement le bain de sang qui devait se produire à Benghazi, provoqué par l'armée libyenne, se produit à Tripoli provoqué par les bombes très démocratiques de l'Alliance atlantique.

Le matin de ce seul jour, on dénombre 1300 morts et 5000 blessés, tombés sous les coups des hélicoptères Apache, qui nettoient le parcours des supplétifs vers la  «victoire» contre des cadavres. La presse très démocratique, fidèle à sa mission, titre triomphalement, «le régime de Kadhafi s'effondre» ou encore «les heures de Kadhafi sont comptés». Une façon de dire une vérité qui évite de dire la réalité. Cette réalité têtue qui veut qu'un peuple est massacré parce qu'il se bat et qu'il refuse d'accepter l'ignominie de l'occupation. Cette réalité que retiendra l'Histoire, que fabriquent des hommes et des femmes qui ont conservé leur dignité et qu'ils défendent au prix de leur vie, contre la plus puissante organisation criminelle que le monde ait connue. Oui ! Il s'agit bien d'un crime et la naïveté la plus profonde a fini par fondre devant les faits.

Le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en «rebelles», elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l'oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu'ils n'existent pas. Inutile d'invoquer le droit à l'information, il n'est pas valable en tout temps et tout lieu. Quand les maîtres du monde en parlent, ce n'est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent.

On a pu voir comment l'un des chefs de guerre qui sévit en Libye a traité, dans son pays, les informations sur la révolte populaire. Plus de journalistes, rien que des Ouvriers spécialisés qui produisent une information industrialisée, selon les critères définis par les spécialistes du marketing. Les clients n'étant plus les téléspectateurs, les auditeurs ou les lecteurs, mais les dieux du marché. Tant pis pour ceux qui s'échinent à chercher ce qu'il y a derrière le miroir. Ces artisans qui croient que leur échoppe peut résister à l'usine.

De toute façon, ils ne seront pas assez nombreux pour faire la différence. Au besoin, ils seront muselés, comme il se fait sur Internet où des blogs réfractaires à la doxa dominante sont bloqués, mis en difficulté ou supprimés, sous un prétexte ou sous un autre. Comme s'ils pouvaient par leurs seuls écrits arrêter les tirs meurtriers, qui ne cesseront ni avec le départ de Kadhafi, ni avec l'usurpation de la souveraineté des Libyens. Car la Libye a été plongée dans la spirale bien connue de cette violence où l'oppression, imbue du droit  de la force, ne comprend pas que les opprimés ne céderont jamais leurs droits à la force. On apprécie déjà les premiers résultats de la supposée  «protection des civils», on les appréciera plus longuement, durant tout le temps où les Libyens se dresseront contre le déni qui les frappe. Sans le préjudice du chaos possible, dont les démocratisations passées ont le secret et le label.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

WATTAO DANS LE VISEUR DES FRANÇAIS

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Une scabreuse affaire de coup d'Etat impliquant d'anciens militaires français aurait d'abord poussé Issiaka Ouattara dit Wattao à les arrêter avant d'en libérer deux sur les trois interpellés. L'affaire en elle-même n'est pas tout à fait claire, mais c'est ainsi que procèdent généralement les français quand ils veulent liquider celui qui les gêne.


A Abidjan, les rumeurs de coup d'Etat font partie du décor habituel mais pour ce qui est des ressortissants français qui plus sont d'anciens militaires qui voudraient faire partir Ouattara par la force au nez et à la barbe de la coalition internationale qui assure sa sécurité, cela est nouveau dans le ciel ivoirien où rien en principe ne devrait plus surprendre. Or dimanche dernier, c'est pourtant avec cette information que le quotidien français en ligne francesoir.fr a ouvert ses pages nationales maintenant le suspens jusqu'au bout. Selon la dépêche qui relate cette histoire pour le moins alambiquée, reprise par certains journaux ivoiriens, les trois français dont deux anciens officiers et deux anciens sous-officiers ont été arrêtés « dans des conditions troubles » par Wattao et ses hommes qui les soupçonnaient de vouloir faire un pustch.

L'information en elle-même en rajoutait à la confusion. Pas de mobile apparent et l'auteur de l'article, pas trop sûr de son affaire, multiplie l'emploi du conditionnel. Eux qui d'ordinaire ont leurs entrées même jusque dans l'intimité des gouvernants africains ne savaient plus si les trois français avaient vraiment été arrêtés. Or paradoxalement l'identité de leur assaillant, lui, ne semblait pas faire l'objet du moindre doute. C'était Wattao comme par hasard. Ses hommes sont sommairement accusés d'avoir malmenés les dits français, ensuite de les avoir dépouillés de la somme de 45 mille euros, environ 30 millions de nos francs.

La stratégie est en place. Pour liquider ceux qui gênent leurs dispositifs, les français n'ont de pareils dans la mise en scène de ce type de scénarii. Avec le développement des moyens de communication, les mass-médias aident généralement à peaufiner les détails de leurs complots. Première chose, il faut toujours partir d'un fait réel. En effet, comme la plupart de ses amis chefs de guerre, Issiaka Ouattara dit Wattao règne sur la partie sud de la capitale et donc sur la zone industrielle du port d'Abidjan où les entreprises françaises ont pignon sur rue. A ce titre, c'est lui qui gère, comme on le dit à Abidjan l'aéroport et tout ce qui a de la valeur aux yeux des français. Mais Wattao règne aussi sur Marcory où vivent la plupart des français dans des villas cossues et bon marché.

Or Wattao n'est pas leur homme. Ses combattants sont régulièrement accusés de rançonner les chefs d'entreprises qui sont pour la plupart des français. Wattao est aussi l'un des chefs de guerre les plus loyaux à Guillaume Soro dont la France voudrait voir la tête coupée. Les dirigeants français avaient notamment demandé à Ouattara de limoger le Premier ministre ivoirien de son poste pour y mettre Tidjane Thiam, l'un des petits fils d'Houphouët-Boigny, histoire de réinstaller tous les paradigmes de la colonisation et des forces locales qui les soutiennent.

Il faut donc commencer à affaiblir Soro en commençant par ses chefs de guerre. D'autant plus que c'est en raison de la présence nombreuse et dissuasive des FRCI majoritairement inféodées au Premier ministre qu'Alassane Ouattara a consenti à le maintenir en place. Wattao est un symbole de la menace Soro. Le liquider amenuiserait la nocivité du chef du gouvernement qui a parfois tendance à la jouer nationaliste comme Laurent Gbagbo.


Mélanie Coulibaly, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 46 du lundi 22 août 2011.

mardi, 23 août 2011

ENTRETIEN AVEC THIERRY MEYSSAN, LE DIMANCHE 21 AOUT 2011: «C’EST L’OTAN QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL MILITAIRE, PAS LES REBELLES»

 



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Thierry Meyssan, à l'Hotel Rixos, à Tripoli

 

Par Silvia Cattori

En pleine attaque de l'OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s'entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s'exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors, que l'OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tipoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande « victoire » des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que « l'OTAN a du stopper les bombardements ». « Saïf al-Islam que l'on assurait arrêté a surgit du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.


Réseau Voltaire | 23 août 2011


Thierry Meyssan s'exprimant dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 août 2011 depuis Tripoli.


Silvia Cattori : D'ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s'effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l'hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s'effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l'appel à l'insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l'OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d'où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S'agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c'est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l'abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l'hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l'hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l'entour de l'hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n'ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n'y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L'OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu'il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l'hôtel. Cela dit on a l'électricité, l'eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l'hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d'assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C'est un périmètre qui est assez grand parce qu'il y a un parc tout autour de l'hôtel. Je pense que s'il n'y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s'il y a d'autres troupes de l'OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l'on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l'air, et qui ne paraissent pas des professionnels...

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s'agitent et qui ne sont pas militairement formées. C'est de la pure mise en scène, ce n'est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l'OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l'OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L'action ce sont les forces de l'OTAN.

C'est ainsi que cela s'est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l'OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c'est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c'est de la blague ça ! C'est l'OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C'est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c'est une ville d'un million et demi d'habitants. Qu'il y ait des cellules combattantes à l'intérieur c'est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l'encadrement par les forces l'OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l'extérieur. Les assaillants encerclent l'hôtel. Je pense qu'il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l'hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l'hôtel Rixos sont complètement paniqués. C'est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j'essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d'entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions...

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu'ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir...

Thierry Meyssan : L'Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n'est pas rentré dans le port. C'est l'OTAN qui l'empêche d'accoster. Quand l'OTAN l'autorisera l'évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l'OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l'OTAN qui sont ici au sol c'est évident que tout peut tomber rapidement...

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l'a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l'OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n'est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu'ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses... Je n'ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L'ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

 

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori


Source: RESEAU VOLTAIRE

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

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Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

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Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

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De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 août 2011

LIBYE: CONSEILS ANTI-MANIPS

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N'étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias... Ils n'ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l'essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d'un affrontement décisif, changer de méthodes ?


  1. Toute image peut être manipulée. Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l'image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n'avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames...

    Exemple : Lors de l'invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu'il n'y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s'agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l'autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?

    Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l'implication des talibans dans les attentats du 11/09.

    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes
    . Quelles preuves ?

    Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l'opposition libyenne et de l'OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ? Nous présente-t-on la version de propagande d'une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?

    La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : "Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu."


    Pourquoi libérer les libyens d'un côté et soutenir les dictatures de l'autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

Les bombardements de l'OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts. Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l'OTAN s'acharne. Les combats ont repris autour de l'hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Khadafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L'ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d'abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n'ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb, directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

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Journalistes non-menacés

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D'après des analystes interrogés par l'agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP.

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Action


Source: INVESTIG'ACTION

DE TRIPOLI, THIERRY MEYSSAN RELATE LE CARNAGE DONT IL EST TEMOIN


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Image d'archive de combat à Raz Lanouf entre les pro-Kadhafi et les insurgés, le 09 mars 2011.

 

L'offensive «Sirène», lancée samedi 20 août 2011 au soir se déroule en coordination entre le «CNT (l'organe politique de la rébellion à Benghazi)», les combattants dans et autour de Tripoli, et l'«OTAN».

 

Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’« Iftar (la rupture du jeûne de Ramadan) », l’« Alliance atlantique » et le « CNT » ont lancé l’« Opération Sirène ».

Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’« Al Qaeda » à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche 21 août 2011.

Un bateau de l’« OTAN » a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’« Al Qaeda », encadrés par des officiers de l’« Alliance » dans les combats.

Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’« OTAN » bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’« hôtel Rixos » où séjourne la presse étrangère. L’« OTAN » n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve, est assailli sous un tir nourri.

A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

L’« OTAN » avait reçu mission du « Conseil de sécurité » de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

Les Etats-Unis ont intensifié ces dernier jours leur activité aérienne autour de Tripoli en utilisant des « drones Predator » pour détecter, suivre et à l'occasion frapper les troupes du colonel. Ces raids ont détruit les infrastructures militaires du régime.

Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a été « arrêté ». il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la « CPI » pour « crimes contre l'humanité » commis en Libye.

Lundi 22 août 2011, Tripoli est entièrement entre les mains des rebelles, sauf le quartier résidentiel de Mouammar Kadhafi où se déroule actuellement de violents combats. Une foule en liesse arborant les drapeau rouge, noir et vert au couleur de la rébellion, dansant au cri de « Allah Akbar ».

Tous les analystes de l'« OTAN » prédisent la chute de Kadhafi dans quelques heures.

 

Source: NERRATI.NET

dimanche, 21 août 2011

REUNIONS SECRETES A L'AMBASSADE: TOUT SUR CE QUE PREPARE LA FRANCE


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Une information légèrement décalée qui révèle la recolonisation achevée de la Côte d'Ivoire: la France se charge elle-même désormais d'assurer la sécurité de son pré-carré et de ses intérêts, après y avoir installé son homme lige. Vous avez dit souveraineté et indépendance?

 

La France prend au sérieux les rumeurs de déstabilisation du pouvoir de son poulain. Elle prend toutes les précautions sécuritaires pour parer à toute éventualité. Ainsi depuis le vendredi 29 juillet 2011, le navire M/n Eider en provenance de Toulon est arrivé au Port autonome d'Abidjan. Augmentant du coup, ses capacités en termes de puissance de feu. C'est le deuxième arrivage en moins de deux semaines. Tous ces armements proviennent du camp militaire Larzac.  Le nombre de colis a considérablement triplé lors de ce dernier arrivage.

On est passé de neuf mille trois cent soixante quinze (9375) colis de 558345 kg à trente et un mille quatre cent trente neuf (31439) colis de 2525944 kg. On compte parmi ce matériel, quatre (4) hélicoptères : Deux Puma sa 330 et deux Gazelle sa 342.

Hélicoptères Puma sa 330

Ce type d'hélicoptère est bimoteur de transport tactique avec une vitesse maximale de 265 km/h une vitesse de croisière de 260 km/h et une autonomie de 2 heures. Il possède des mitrailleuses installées de chaque côté du fuselage de portée de 7,62 mm, d'un canon latéral de 20 mm . Ainsi que des missiles antichars, des roquettes. Sa mission est simple : apporter un appui de feu au profit des troupes au sol ou la protection des hélicoptères ou de manœuvre. Cet hélico peut également détruire les chars. Il s'adapte à tous les climats. Il faut signaler que c'est un appareil d'assaut de grande qualité ayant une bonne capacité d'emport de charge. Il constitue l'épine dorsale des unités d'hélicoptères français.

Hélicoptères Gazelle sa 342

Cet appareil d'attaque peut détruire des objectifs de tout type : chars, poste de commandement et dépôt logistique. Il possède des missiles d'une portée de 4000 mm à une vitesse de 250 mètres par seconde. Ces missiles peuvent percer plus de 1,20 m de blindage d'acier homogène. Il possède également deux mitrailleuses 7,62 mm, d'un canon latéral, de 20 mm. La Gazelle sa 342 a une vitesse croisière de 240 km/h et une autonomie de 1h40mn. Elle est adaptée à un nombre de missions militaires : appui de feu, lutte antichar, liaison, reconnaissance, entraînement... Sans compter ses usages civils. Cette logistique aérienne est accompagnée des engins terrestres. Ainsi, pour ce second arrivage, la Licorne a envoyé douze (12) chars AMX.

Amx

Il a un armement principal : son canon de 105 mm , assorti d'une conduite de tir dotée d'un télémètre laser, il peut atteindre sa cible jusqu'à 200 m. Son armement secondaire : une mitrailleuse coaxiale de 6,62mm sous tourelle et 4 tubes lance pots quarante (40 coups), deux (2) mitrailleuses. Sans oublier ses quatre (4) pots lance- fumigènes. Ainsi, que de munitions avec mille (1000) cartouches.

Véhicules avant Blindés (Vab)

Des véhicules avant Blindés (vab) font également partie du matériel lourd de contingent de la Licorne. Ce sont des véhicules pouvant aussi bien transporter des troupes qu'intégrer des systèmes d'armes, de communication ou bien servir de poste de commandement. Ils sont amphibies et intègrent deux (2) turbines pour se mouvoir dans l'eau. Ils sont dotés d'un circulaire bouclier avec mitrailleuse de 7,62 mm ou 12,7 mm. D'un point de vue opérationnel, les véhicules avant blindés sont couramment utilisés sur les nombreux théâtres d'opération. Ils ont fait leur preuve lors de guerre du Golf. Ainsi que durant les missions de la paix en Bosnie au Cambodge, au Liban, au Rwanda et en Somalie... Le navire a débarqué cent dix kg (110) de munitions, soixante quatre (64) remorques... Tous ces matériels lourds montrent que l'Elysée ne veut pas lâcher prise.

Ce que Paris demande à ses ressortissants.

La Licorne et les autorités françaises sont très actives. Selon les informations qui nous parviennent, plusieurs réunions se sont tenues à l'Ambassade. L'objectif est de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre les ressortissants et autres opérateurs économiques français à l'abri. Ainsi, il leur est demandé de se regrouper à Abidjan sud. Précisément en zone 4 et Biétry, considérés comme des quartiers français. Leur Ambassade a conseillé à ceux qui résident à Abidjan nord (Yopougon, Adjamé, Cocody...) de s'y replier. Mieux, il est demandé aux Français de l'intérieur du pays de rejoindre Abidjan. Et d'observer la même consigne. En d'autres termes, éviter de rester tard dans la nuit en ville. Les autorités françaises justifient cette mesure par le fait qu'il serait facile pour la Licorne de sécuriser ses ressortissants. Il faut dire également que l'ex-43e Bima va servir de village français de crise. Il se murmure que la compagnie aérienne française Air France, a, elle aussi, reçu la consigne de réaménager le programme de ses vols Paris-Abidjan. Et de privilégier la tendance contraire.

Réactions de la Licorne et d'Air France...

Suite aux informations faisant état de réunions entre l'Ambassade de France, la Licorne et les ressortissants français vivant sur le sol ivoirien, nous avons joint le lundi 8 août dernier, aux environs de 10 h 55 mn, le centre d'opération de la Licorne basée au 43e Bima. Afin d'en savoir plus. notre interlocuteur au bout du fil soutient qu'il ne sait rien de ces informations. Et de nous conduire à un autre militaire, qui soutient : « Nous sommes au centre des opérations. Nous ne pouvons pas vous donner des informations concernant la Licorne ». Avant de nous conseiller, à son tour, de nous adresser au commandant adjoint, chargé de la communication de la Conafor. Comme s'ils se sont passé le mot. Ce dernier refuse de décliner son identité.

Mieux, il nous demande d'avoir l'autorisation de son Ambassade. Par ailleurs, des responsables de la compagnie Air France joints, le mardi 9 août, par téléphone, sous le sceau de l'anonymat, ne se reconnaissent pas dans ces informations. Ils les considèrent comme étant de la désinformation et de l'intoxication.

Avant de soutenir n'avoir jamais reçu de consignes d'une quelconque autorité française dans ce sens. Les différents vols à destination de la capitale économique ivoirienne sont maintenus jusqu'à nouvel ordre. Par ailleurs, ils estiment qu'en cas de troubles, la compagnie se verra dans l'obligation de réduire ses vols. Comme ce fut le cas pendant les événements survenus à l'arrestation du Président Laurent Gbagbo par l'armée française. Les clients désirant se rendre à Paris, seront obligés de passer par Lomé. Mais, ils espèrent ne pas en arriver à cette décision extrême. Au niveau de l'Ambassade de France, c'est un silence radio. Toutes nos tentatives pour avoir la version de l'Ambassade sont restées vaines.


Yacouba Gbané

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 20 août 2011

LIBYE: VERS UNE PARTITION?

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Crise en Libye - La partition de la libye, une solution permettant à Seif El Islam de rester au pouvoir, serait avantageuse pour le pays. Depuis des mois, le sud-est tunisien est de plus en plus agité et instable, une situation imposée par le conflit libyen et par les puissances occidentales, soutenues par les riches pays du Golfe. Par le passé, quand la Tunisie avait prêté main-forte à l'Algérie, c'était pour soutenir sa résistance contre le colonialisme dans le cas de la Libye, c'est différent puisqu'il s'agit d'un conflit interne.


Au début de ce conflit, après quelques semaines de révolte «à la tunisienne», les Libyens ne réussissent pas à écarter Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Dans la foulée, des groupes armés de diverses fractions, formés de jeunes recrues sans formation militaire complète, entament à la hâte une offensive visant le contrôle de toutes les villes libyennes, y compris les installations pétrolières. Les forces aériennes françaises, suivies des forces anglaises et américaines se sont attribué la mission de couverture aérienne d'attaque d'objectifs terrestres.


Cependant, il semble que le but recherché de l'action de l'Otan n'est pas de renverser le régime de Kadhafi mais de mettre la main sur les puits et les vannes de pétrole et gaz libyens, comme ce fut le cas en Irak.


Quelques mois de conflit suffisent pour mettre à l'évidence la suprématie aéronavale de l'Otan, plus de la moitié du potentiel militaire de Kadhafi est détruit ou neutralisé.


La bataille terrestre est différente, les insurgés libyens bénéficiant de l'appui aérien réussissent difficilement à progresser vers Tripoli. Ils essuient de lourdes pertes en hommes et en matériels militaires face à une armée de métier libyenne entraînée. Les forces de Kadhafi repoussent les attaques terrestres, harcèlent les insurgés et sans l'appui militaire occidental, ces derniers ne seraient pas en mesure d'arriver aux confins de Tripoli.


Par ailleurs, Kadhafi et ses troupes loyales attirent la sympathie nationale libyenne et internationale par leur capacité d'agir partout en Libye avec de faibles moyens et par leur résistance à l'armada de l'Otan et aux «collaborateurs» libyens.


Le monde entier est aussi témoin de la discorde au sein des insurgés et du gouvernement provisoire qui s'avère non représentatif de tous les libyens et dénué d'autorité sur certaines fractions extrémistes qui lui échappent.


A l'heure actuelle, la situation est confuse et même si Kadhafi choisit l'exil, ou part pour une raison ou une autre, il restera du chemin à faire pour réunifier les libyens et pacifier le pays. Sachant que tout au long de son histoire, la Libye actuelle a toujours été divisée en deux provinces distinctes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine elle ne s'est unifiée que sous l'occupation italienne.


En attendant le retour de la paix, les pays limitrophes de la Libye, et particulièrement la Tunisie, devraient prendre leur mal en patience car leur économie et leur sécurité continueraient à souffrir tant que le spectre de la guerre règne sur la région.


La guerre «internationalisée» en Libye menace l'indépendance de la Tunisie et sa sécurité intérieure parce qu'elle a démarré sans étude stratégique préalable globale, voire sur un «coup de tête» du président Sarkozy. La priorité était de devancer Kadhafi pour défendre la ville «rebelle» de Benghazi.


En effet, l'Occident se soucie peu de la partition de la Libye et de tout changement éventuel dans la géographie des Etats du Maghreb, mis à part le Maroc, pour le moment.


Tout faux pas de la part des Tunisiens durant ce conflit coûterait cher et ses conséquences persisteront des générations.


Depuis le 14 janvier, tous les pays riches sont plus rigoureux avec la Tunisie et la plupart des promesses sont au stand-by.


Pour cela, le gouvernement tunisien, fragilisé depuis le 14 janvier, devrait repenser sa stratégie, la guerre civile en Libye pourrait engendrer une situation de paix et un eldorado pour toute la région du sud-est, comme elle pourrait générer d'autres conflits de faible et moyenne intensité.


Dans tous les cas, la Tunisie bénéficierait mieux d'un scénario, exceptionnel, avec la partition de la Libye en deux Etats, la Cyrénaïque et la Tripolitaine où Seif El Islam serait le chef d'Etat de cette dernière.


Ainsi, Tunis et Tripoli qui partagent plus de huit siècles d'histoire commune, sous différents royaumes, se remettraient tout de suite à réparer les dégâts et reconstruiraient deux Etats voisins modernes.


Kilani Bennasr

La Presse, le 18 août 2011


Source: AFRIQUE EN LIGNE

LES VRAIS CHEFS D'AL QAÏDA SE TROUVENT A LA MAISON BLANCHE ET AU PENTAGONE


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Il me semble que pour bien comprendre la tragédie qui se joue en Libye, il faut partir de l'objectif initial de cette intervention qui bien entendu n'a rien à voir avec la démocratie.


Il y a la volonté d 'accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

L'objectif était la dislocation d'une Nation et d'un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région.

Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l'intrusion des bandes armées n'a pu se faire qu'avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des puissances occidentales et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d'Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d'Al Qaïda se trouvent à la Maison Blanche et au Pentagone; c'est toute une longue période de l'histoire de cette organisation criminelle qui s'achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu'en Syrie la même stratégie d'infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d'exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses.

Si les sbires salafistes constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l'enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d'influence au service des plans de l'impérialisme, dont cette organisation est l'une des plus anciennes créations.

Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l'Otan planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples.

Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur CNT est aujourd'hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter .

Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l'onde de choc va se répandre jusqu'à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l'envoi de milliers de soldats pour des combats au sol.

Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre.

Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C'est une mauvaise nouvelle pour les maîtres du monde, mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d'altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites.

Quoi de plus ridicule et dérisoire que d'entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la Maison Blanche ne sait au juste de quoi il est ministre.

Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu'elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

Standard and Poor's l'a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l'abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l'Administration Obama a imposé la politique de réduction des déficits publics.

Les pires canailles n'en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous.

Le Congrès américain vient d'adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les Républicains qui n'en sont plus et les Démocrates qui ne l'ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d'existence, toutes les garanties d'une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d'américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné.

Tous, républicains ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d'Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la révolte sociale de millions et de millions, d'hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l'avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l'on appelle le Tea Party, une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l'affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l'un des 2 grands partis institutionnels, l'embryon d'un parti de type fasciste.

La complexité et la difficulté de la position d'Obama tiennent à la nature même du Parti Démocrate et de ses liens avec l'AFL CIO, la grande centrale syndicale américaine.

Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son Parti n'auraient aucune hésitation à plonger des millions d'hommes dans la déchéance, ce qu'il ont largement commencé à faire.

L'opposition à Obama ne se trouve pas au sein du Parti Démocrate, l'opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le Parti Démocrate, ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical.

Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c'est avec ceux-là qu'a commencé un choc frontal avec la politique d'Obama.

Tout ce qui fondait le conservatisme politique du peuple américain, son attachement à l'American way of life, sa croyance au rêve américain, son attachement à ses institutions démocratiques, tout ce fatras confus d'illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l'Amérique.

Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd'hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n'hésiteront pas à employer, des millions d'hommes s'éveillent à la conscience politique, c'est cela la grande nouvelle de notre temps.

Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le 11 Septembre n'a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n'a sans doute jamais connue d'une ampleur telle qu'elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d'exception.

Il suffira d'attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J'ignore si comme le dit la Bible Jérusalem est au centre du monde, mais c'est ici et dans cette région, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde.

Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables .

Comme partout dans le monde, un groupe de capitalistes s'est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (...)

Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la puissance sociale des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette puissance sociale qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu'ils en disent et l'arrogance et la morgue qu'ils affichent.


Rakosky - Paris 13ème.

mercredi, 17 août 2011

L'ELYSEE A RAISON D'ETRE INQUIET APRES LE 15 AOUT 2011


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Le président Nicolas Sarkozy a-t-il interrompu ses vacances d'été uniquement pour assister à un rebond technique des bourses européennes ? La réalité est que le problème de la dette française constitue maintenant un problème immédiat pour les marchés internationaux, bien plus grave que l'abaissement de la note de la dette américaine. Le dollar n'a pas été affecté par cette décision de Standard and Poor's, mais l'euro, c'est une autre affaire ! Car la dégradation de la note de la dette française impacterait dramatiquement l'euro. Quand les bourses américaines ont plongé, en début de semaine dernière, de nombreux investisseurs ont afflué vers le Trésor américain, signe que le pessimisme n'était pas au plus bas pour les Etats-Unis. Par contre, les problèmes de liquidités concernant les dettes européennes sont si conséquents maintenant, que l'idée fait son chemin selon laquelle l'Allemagne et la France ne disposent pas de liquidités suffisantes pour renflouer tout le monde au sein de la zone euro.A chaque grande réunion européenne, on assure que tous les problèmes sont résolus et que le navire Europe va pouvoir voguer en pleine mer dans la sérénité. Puis une nouvelle dégradation survient et la houle redevient dangereuse.

Madrid et Rome auront besoin de plus de 700 milliards d'euros pour financer leurs déficits courants et payer la dette venant à échéance en 2012. Les « forces de marchés » reconnaissent ce fait et ont imposé des coûts d'emprunt plus lourd pour les deux pays. En conséquence, les banques espagnoles et italiennes vendent massivement des obligations, rachetées par la BCE. Ces actions de la BCE sont sans issue et ont des conséquences sur les liquidités du marché interbancaire. En outre, la France arrive à un endettement très proche désormais des 90% du PIB, que Carmen Reinhart, de l'Institut Peterson, et Kenneth Rogoff, de Harvard, jugent « dangereux ». « Un niveau qui constitue un sérieux frein à la croissance économique ». D'ailleurs, cette analyse se trouve renforcée par l'annonce d'une croissance anémique pour la France. Finalement, selon la presse américaine, la France est quasiment KO et seule l'Allemagne se trouve présente sur le pont pour essuyer la tempête. Mais voilà le problème : combien même l'Allemagne aurait toute la bonne volonté possible pour éponger les autres pays défaillants de l'Union européenne, elle n'en a pas les moyens. C'est bien pour cette raison que ses représentants ont annoncé que l'Allemagne ne verserait pas un euro supplémentaire dans le FESF. Voilà pourquoi on peut sérieusement douter d'un rebond durable des marchés, car la France est déjà dans la lunette de tir des forces de marché avec lesquelles notre cher président a été si complaisant depuis plusieurs trimestres.

 

Source : L.I.E.S.I (Lettre d'Informations Economiques Stratégiques Internationales).

16:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, l'élysée a raison d'être inquiet après le 15 août 2011 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

COTE D'IVOIRE: GBAGBO ISOLE DANS UN VIDE JURIDIQUE


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Le président Laurent Gbagbo, une vraie patate chaude entre les mains du pouvoir Ouattara

 

Un peu plus de quatre mois après son arrestation, aucune procédure n'a encore été ouverte contre l'ancien président ivoirien.

 

Que faire de Laurent Gbagbo? L'ex-président embarrasse le gouvernement d'Alassane Ouattara. Quatre mois après son arrestation, le 11 avril dernier, Gbagbo est maintenu dans un vide juridique qui préoccupe l'ONU. Chef d'État élu, Alassane Ouattara avait assuré que son prédécesseur allait être jugé pour les violences qui avaient suivi la contestation par Gbagbo des résultats du scrutin présidentiel annoncés le 2 décembre 2010. Deux solutions s'offraient: un procès en Côte d'Ivoire ou devant la Cour pénale internationale (CPI). Aujourd'hui, aucune procédure n'est ouverte. Laurent Gbagbo n'est ni accusé ni libre, et quasiment maintenu au secret.

Le responsable pour les droits de l'homme de l'Onuci, la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, a fini par s'en émouvoir. Guillaume Ngefa se dit en particulier préoccupé que l'ancien chef de l'État n'ait pas accès à ses avocats. Laurent Gbagbo n'a pu voir brièvement que deux de ses conseils locaux, au cours d'une audience où il était cité comme témoin. Il a en outre reçu la visite du représentant de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Choi Young-jin, et trois représentants du «Conseil des anciens», un groupe informel de personnalités éminentes, l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.

«Une fin de non-recevoir»

Ses avocats français n'ont pas pu lui rendre visite, ni même s'entretenir avec lui au téléphone. Deux d'entre eux, Me Emmanuel Altit, ancien défenseur des infirmières bulgares retenues en Libye, et sa collaboratrice, Me Jennifer Naouri, se sont pourtant rendus en Côte d'Ivoire en juin et juillet, frappant à toutes les portes, du ministre de la Justice au procureur de la République. En vain. Emmanuel Altit a également sollicité l'Onuci, garant du processus de paix ivoirien. «Nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir», accuse l'avocat dans une lettre ouverte.

À écouter Me Altit, les conditions de détention de Laurent Gbagbo, détenu à Korhogo, dans le Nord, en font une sorte de masque de fer africain. «Il est enfermé dans une chambre close, à peine éclairée, et ne sort que pour prendre ses repas en compagnie de son médecin, lui aussi incarcéré.» Un avocat togolais de Laurent Gbagbo, Me Joseph Kokou Koffigoh, confirme: «Pour recevoir le représentant de l'ONU ou les anciens, on l'a transféré dans une résidence présidentielle de Kor­hogo. Mais le reste du temps, il est enfermé ailleurs.»

L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à Paris, Ally Coulibaly, dément et assure que le prisonnier vit en permanence dans la villa présidentielle. Me Altit, pour sa part, demande que Laurent Gbagbo soit assigné à résidence dans sa maison de Gagnoa, «pour échapper aux pressions» de son gardien, Fofié Kouakou, un ex-chef de guerre rebelle sous sanction onusienne. L'avocat exige aussi que son client sorte de ses limbes juridiques. Le gouvernement ivoirien semble toujours hésiter. Mercredi dernier, douze personnalités liées à l'ancien président, dont son fils Michel, ont été inculpées, entre autres, d'atteinte à la sûreté de l'État. Vingt-six autres dignitaires les avaient déjà précédés. Mais ni l'ancien chef de l'État ni son épouse, Simone, ne faisaient partie de cette nouvelle vague d'inculpations. Le procureur de la République répond qu'il attend un avis du Conseil constitutionnel.

Impasse politique

Reste l'option de la Cour pénale internationale. Son procureur, Luis Moreno-Ocampo, a lancé une enquête préliminaire sur les violences qui ont précédé la chute de Laurent Gbagbo. Il devrait dire en septembre s'il inculpe ou non des personnalités. Toutefois, la CPI laisse la préséance aux justices nationales: elle n'inculperait Laurent Gbagbo que si la Côte d'Ivoire décide de ne pas le juger. Mais pour Abidjan, la CPI est une arme à double tranchant. La Cour enquête sur les exactions commises par les deux côtés. L'Onuci elle-même affirme que les Forces républicaines, la nouvelle armée ivoirienne, continuent à tuer illégalement. Selon un rapport de la mission onusienne, 26 exécutions sommaires de partisans de Laurent Gbagbo ont encore eu lieu le mois dernier.

L'impasse du cas Gbagbo est aussi politique. Le gouvernement d'Abidjan redouterait, selon les observateurs, qu'un procès fournisse une tribune à Gbagbo, redoutable orateur, et qui compte encore de nombreux partisans dans le pays. Et à l'extérieur, plusieurs chefs d'État de la région ont fait savoir à leur homologue ivoirien qu'ils ne souhaitaient pas voir juger un ex-président, précédent fâcheux aux yeux de nombre d'entre eux.


Pierre Prier, in Le Figaro.fr, mercredi 17 Août 2011.


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN

LIBYE: LA CHAPE MEDIATIQUE

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L'entreprise coloniale contre la Libye a révélé, par-dessus tout, la puissance médiatique des maîtres du monde. D'un seul tenant, tous les grands organes de presse audiovisuelle et écrite et leurs clones périphériques se sont ligués contre l'ennemi désigné par la  «communauté internationale», enrichie des pétromonarchies arabes. Tous, journaux, télévisions, radios, n'ont plus qu'un seul comité de rédaction, une seule ligne éditoriale. Tous ne diffusent, à l' infini, que la même version de l'information, celle délivrée par l'OTAN-CNT.

A les suivre, il y aurait des mois que l'Etat Libyen se serait effondré, puisqu'une révolution est en cours, appuyée de surcroît par la plus redoutable machine de guerre que le monde ait connue. A les suivre, il n'y aurait qu'un seul acteur en Libye, les supplétifs de Benghazi  qui traquent un «tyran esseulé qui se terre», après avoir massacré sa population. A les suivre, les civils  tués par dizaines, tous les jours, par les bombardiers de l'Alliance atlantique seraient une «invention du régime de Tripoli». Faute de pouvoir faire croire qu'ils ont été les victimes de l'armée libyenne. Une armée qui serait encadrée par des mercenaires qui terroriseraient les soldats et les obligeraient à se battre. Goebbels aurait reconnu, dans cette propagande, la main d'un disciple beaucoup mieux outillé.

Même les moteurs de recherche sur Internet veillent au grain et travaillent à filtrer, tant qu'ils le peuvent, les voix discordantes. Heureusement que d'infimes brèches s'offrent encore, qui permettent d'accéder à des versions différenciées du discours formaté sur une tragédie qu'on voudrait se voir jouer sans témoins. D'après ce que l'on sait ce serait la   théorie des cinq cercles qui serait appliquée dans le carnage en Libye. On a certainement dû  lui ajouter un sixième cercle pour intégrer la neutralisation ou le recrutement de l'opinion internationale. Chose étonnante, la destruction de la télévision libyenne n'a pas été menée jusqu'au bout. Artisanale et gérée avec amateurisme, elle a été supprimée de certains satellites et a subi des attaques pour la faire taire, parce qu'elle constitue l'unique source alternative à l'imposante industrie mensongère arabo-occidentale.

Il n'est pas exclu qu'elle soit, le cas échéant, réduite au silence quitte à exploser ces masses de jeunes qui protègent de leurs corps les émetteurs. Mais, quelle que soit l'issue de cette agression, voulue vainement en vase clos, il faudra bien que soit posée la problématique de la responsabilité des médias dans le recueil, le traitement et la transmission de l'information. Et elle sera posée.

Un seuil de duplicité et de mépris des lecteurs a été dépassé. Un  seuil qui a été atteint dans la partialité insupportable vis-à-vis des souffrances du peuple palestinien, sous le prétexte d'une information qualifiée  d'équilibrée, qui a mis les pétards du Hamas contre Sderot au même niveau que le bombardement de Ghaza.  Si la problématique n'est pas posée, ce sera en Europe et aux Etats-Unis que sera exercée la chape sur les mouvements de contestation que les politiques antipopulaires, en cours de mise en œuvre, ne manqueront pas de provoquer. Et pour finir ce sera la mise à mort du droit à l'information.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

02:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, libye, monde arabe, libye la chape médiatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

DERNIERE HEURE: L'OTAN ET LA TURQUIE APPUIENT LES REBELLES ARMES EN SYRIE - RECRUTEMENT DE MOUDJAHIDINES



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Les médias occidentaux ont contribué activement à dissimuler la nature de l'interférence étrangère en Syrie, incluant le soutien extérieur aux insurgés armés. Ils ont décrit en chœur les récents événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al Assad.

Des développements récents en Syrie indiquent qu'il s'agit d'une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l'OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement  israélien : 

Entre-temps, le quartier général de l'OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d'armes pour combattre les chars d'assaut et les hélicoptères. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l'OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d'antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011. C'est l'auteur qui souligne.) constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence.

La livraison des armes doit être effectuée par « voie terrestre, à savoir par la Turquie et sous la protection de l'armée Turque [...] Autrement, les armes seraient transportées par camion jusqu'en Syrie sous la garde de l'armée turque et transférées aux chefs des rebelles lors d'une rencontre prévue. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

L'OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d'un djihad impliquant le recrutement de milliers de « combattants de la liberté, ce qui évoque l'enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l'âge d'or de la guerre soviéto-afghane :

Selon nos sources, Bruxelles et Ankara discutent également d'une campagne pour enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et le monde musulman afin de combattre auprès de rebelles syriens. L'armée turque logerait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie. (Ibid. C'est l'auteur qui souligne.)

Ces divers développements indiquent une implication potentielle de troupes turques en Syrie, ce qui pourrait mener à une confrontation militaire élargie entre la Turquie et la Syrie ainsi qu'à une intervention militaire « humanitaire » sans réserve de l'OTAN, dont la mise en oeuvre serait coordonnée avec l'insurrection.

Un reportage détaillé sur l'évolution de la situation en Syrie sera publiée sous peu par Mondialisation.ca.

Article original en anglais publié le 15 août 2011:
BREAKING NEWS: NATO and Turkey Support Armed Rebels in Syria. Campaign to Recruit Muslim "Freedom Fighters"

 

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

COTE D'IVOIRE: LE CLIVAGE FONDAMENTAL

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Le dernier-né des partis politiques ivoiriens, Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a fait sa première sortie le 11 août dernier, un mois jour pour jour après le départ hypermédiatisé du FPI de Mamadou Koulibaly, son “président-fondateur”. Quatre mois jour pour jour après le violent kidnapping de Laurent Gbagbo par les forces françaises et leurs supplétifs d’alors, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). On peut se contenter de considérer ce nouvel objet politique sous l’angle exclusif de la compétition entre les différentes chapelles partisanes. Et il est assez piquant de noter que Le Nouveau Réveil, journal pro-Ouattara, qui s’est enthousiasmé au commencement pour l’aventure politique de Koulibaly, et Notre Voie, journal du FPI, ont eu le même traitement de l’événement. Koulibaly n’est parti qu’avec des « feuilles mortes », et a fait une « maigre moisson ». Leçon de choses: dans l’arène politique, personne ne fait de cadeau à personne. Et les petits “clins d’oeil” ne servent qu’à exacerber les divisions du camp adverse…

Pour notre part, nous voudrions nous attarder sur les enjeux idéologiques de la création de LIDER. Qui revendique très clairement son appartenance à la grande famille libérale. Au moment où les pays-phares du libéralisme vacillent sur leurs bases et redoutent un krach financier et un effondrement du système. Crise de la dette, folie des marchés financiers, conséquences désagréables de la dérégulation et de la désindustrialisation de l’Occident qui en est le corollaire… Les idéologues de la”démondialisation”, nouveau mot pour définir le protectionnisme, commencent à se poser en alternative et à engranger des partisans.

Aujourd’hui, les Etats-Unis, patrie emblématique du libéralisme, vivent en “prenant crédit” auprès de la Chine, toujours dirigée par un Parti communiste qui a jeté aux orties son orthodoxie et adopté une forme de capitalisme d’Etat hybride qui semble relativement lui réussir… pour l’instant. Economiquement piégé, l’Occident libéral engage des guerres au nom de la démocratie. Hier en Irak, aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Libye. Et où demain?

On peut toujours rétorquer que le libéralisme n’y est pour rien, que c’est l’ingérence gouvernementale, de nature profondément keynésienne donc “socialiste” qui a, par exemple, fabriqué la crise des “subprimes”. On peut dire que le libéralisme est par nature pacificateur, parce que, dans sa vision idéelle, les nations qui commercent ensemble ne se font pas la guerre. Mais est-il réaliste d’imaginer qu’une Côte d’Ivoire dirigée demain par le LIDER soit le seul pays qui applique “bien” les recettes miraculeuses du libéralisme “pur”?

Dans son discours de présentation de son parti, Mamadou Koulibaly dit quelquechose qui nous semble pertinent. Selon lui, les concepts de gauche et de droite sont inopérants en Afrique. Le véritable clivage se situe, selon lui, entre l’étatisme castrateur et le libéralisme émancipateur. Mais ces concepts, dans toute leur pertinence, ne sont-ils pas des “pièges” pour une Afrique qui doit faire preuve, plus que jamais, d’une créativité conceptuelle bien son histoire, sa géographie et sa sociologie? Mamadou Koulibaly prend l’exemple du marché foncier pour illustrer les bienfaits que l’affirmation de la propriété individuelle apporterait à la Côte d’Ivoire. Munis de leurs titres de propriété, les paysans devenus exploitants agricoles pourraient obtenir des crédits bancaires, acheter des intrants et des engins, et améliorer leur productivité.

Le schéma est séduisant sur le papier, mais se heurte à un certain nombre de réalités locales. Premièrement la conception profonde que beaucoup d’entre nous ont de la ruralité. Le village est à la fois terroir ancestral inaccessible voire mystique, moyen de production, cimetière et lieu de mémoire. Le paysan dont le cousin rachètera à la banque son titre de propriété, après qu’il ait fait quelques “mauvaises années”, admettra-t-il de bon coeur une transaction de cette nature? Et si c’est l’ancien métayer «allogène » qui récupère ses terres? Sur quel mode seront distribués les titres de propriété, alors que le concept même de propriété est source de conflits, et que ni les “transactions traditionnelles”, très souvent orales, ni le droit coutumier, souvent interprété de manière fantaisiste par les dépositaires du pouvoir local, ne peuvent être un point de départ pertinent? Plus grave, un pays comme la Côte d’Ivoire peut-il “supporter” socialement l’activisme des fonds américains ou asiatiques cherchant à acheter des terres et proposant aux paysans, pauvres parmi les pauvres, des deals qu’ils ne pourront pas refuser?

Au-delà de toutes ces considérations, on peut se poser une question: dans un Etat dominé, occupé militairement par la France et l’ONU, où les élections et les institutions ne tiennent que si elles ne disconviennent pas à la “communauté internationale”, débattre des subtilités du socialisme et du libéralisme est-il aussi fondamental que cela? Le peuple ne doit-il pas arracher le droit de disposer de lui-même avant toute chose? Contrairement à ce que certains disent, Mamadou Koulibaly n’est pas passé du socialisme au libéralisme. Il a de tout temps été libéral. C’est au nom de la nécessaire lutte contre les structures du parti unique qu’il s’est, selon ses propres explications, fait compagnon de route des sociaux-démocrates, des marxistes et des frustrés de tout bord qui se sont réunis pour créer le FPI qui était, selon son fondateur, un « front », une sorte de fédération de plusieurs tendances idéologiques.

Aujourd’hui, après le 19 septembre 2002 et le 11 avril 2011, la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire s’est substituée à celle du multipartisme, depuis que l’alternance d’octobre 2000 a été littéralement “sabotée” par l’ancienne puissance coloniale qui a réussi à se remettre au centre du jeu et à imposer sa volonté. Au-delà du libéralisme, du marxisme, du conservatisme et de toutes les autres écoles de pensée. Un autre “front” ne s’impose-t-il pas désormais? Mamadou Koulibaly, qui s’est refusé à condamner la dernière expédition punitive de la Force Licorne, la qualifiant de “remise en ordre”, considère-t-il que « la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire » s’est terminée au bénéfice de la Côte d’Ivoire, pour que la subtilité des choix de société puisse s’exprimer sur une terre désormais “libérée”? Question subsidiaire: face à un RDR membre de l’Internationale libérale, Mamadou Koulibaly, qui prône les vertus du bipartisme, veut incarner une opposition tout aussi libérale que le pouvoir. La Côte d’Ivoire ne mériterait-elle donc rien d’autre que le choix entre un libéralisme de type A – frelaté selon l’interprétation de Koulibaly – et un libéralisme de type B, plus authentique? Le débat est ouvert.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo