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mardi, 16 août 2011

JEAN ZIEGLER: «LAURENT GBAGBO REVIENDRA CERTAINEMENT AU POUVOIR»


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Jean Ziegler vice-président du Comité Consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ancien rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation au sein de la même institution connaît bien l'ONU. Il est par ailleurs l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels: Main basse sur l'Afrique (1978) L'empire de la honte (2005) La haine de l'Occident (2008) qui dénotent d'une maîtrise des rapports complexes entre les occidentaux et les africains. Il était hier dimanche l'invité de Christian Musampa dans le cadre de l'émission "Sans détours" sur la radio camerounaise Cameroonvoice et pour lui le retour de Gbagbo au pouvoir ne se discute pas.


Savoir lire les événements quand le commun des mortels pense que tout est fini ! En tout cas, Jean Ziegler offre une grille de lecture nouvelle de la situation politique en Côte d'Ivoire et pour lui, c'est bien Gbagbo qui sortira grandi de toute cette tourmente politico-juridique qui montre aussi à quel point les nouveaux gouvernants ne sont pas rassurants. D'abord parce que pour lui les ivoiriens ne se laisseront pas faire. « La communauté internationale s'est trompée sur les orientations et les solutions apportées au problème ivoirien. Sur la base de toutes les défaillances qui ont entaché le système électoral en Côte d'Ivoire, l'unique solution était le recomptage des voix. Par conséquent, l'attaque du domicile de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, en violation de l'esprit des résolutions de l'Onu, pour installer un larbin comme Ouattara est un acte purement impérialiste », estime Jean Ziegler. Ensuite, parce qu'il estime bien connaître Laurent Gbagbo, il ajoute « Je connais bien Laurent Gbagbo. Je l'ai rencontré pendant son exil ici en France et dans l'international socialiste, c'est quelqu'un qui va certainement revenir au pouvoir(...) il est le seul véritable homme d'Etat de toute la sous-région Ouest Africaine ». L'universitaire préfère d'ailleurs se focaliser sur les capacités de grand lutteur du président Gbagbo qui l'a fait triompher maintes fois alors que la situation semblait compromise. Enfin, parce que la vie nationale continue d'être bloquée et dans ce cas, il faudra bien discuter avec Gbagbo. Laurent Gbagbo lui-même ne le sait que trop. « Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleurs ne changeront pas leur cours mais, mieux, leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant... ». Volontairement énigmatique lors de cette première interview accordée à un internaute, Laurent Gbagbo montrait déjà qu'il fallait compter sur lui. Il a d'ailleurs tenu à le redire au fil des interventions de son porte-parole Koné Katinan. Le président Gbagbo y affirme qu'on ne peut pas passer par pertes et profits les relations franco-africaines pour sacrifier les intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Les français doivent gagner, les ivoiriens aussi.

Les autorités françaises ne semblent pour l'instant pas prêtes de l'accepter mais pour combien de temps ? L'histoire de Mandela a pris la même trajectoire il ya aujourd'hui de nombreuses années. Les afrikaneers l'avaient aussi jeté en prison parce qu'il était considéré comme un terroriste. Ce qui n'était pas tout à fait faux parce que la lutte pour l'égalité des races en Afrique du Sud a pris toutes sortes de contours et l'ANC a été un adepte de la lutte armée. Une fois Mandela mis sous les verrous, les blancs ont cru que l'affaire était réglée. Que nenni ! La situation politique fut bloquée pendant de nombreuses années. Au point où le seul moyen de garantir la paix aux populations blanches fut d'aller négocier avec Nelson Mandela qui sortit de prison avant de devenir le premier président noir d'Afrique du Sud. Mandela est aujourd'hui respecté par le monde entier, y compris par les blancs qui ne juraient que sa perte.

La première partie de l'intervention de Jean Ziegler a essentiellement consisté à analyser la situation de la famine dans la Corne de l'Afrique. Sur la question, M. Ziegler a dénoncé la duplicité et la cupidité des organisations internationales méthodiquement soutenues par les Institutions de Bretton Woods qui organisent et imposent à cette partie de l'Afrique une famine non conjoncturelle mais structurelle parce que liée à la spéculation des marchés boursiers sur les coûts des produits alimentaires. Pour lui, il y a à dénoncer un véritable crime contre l'humanité en Somalie où, à cause de la déstructuration de l'Etat, les aides humanitaires sont détournées. Lesquelles aides s'amenuisent à la faveur de la crise financière mondiale qui oblige la réduction du budget de la Fao de 50%. Il est passé de 6000 milliards à 2800 milliards.

Dans la deuxième partie outre la situation en Côte d'Ivoire, Monsieur Ziegler s'est aussi intéressé à l'élection présidentielle au Cameroun, à la guerre en Libye. A propos des élections au Cameroun, il pense qu'elles manqueront une fois encore de transparence à l'instar des autres élections dans certaines contrées d'Afrique comme le Burkina, le Togo, Le Gabon, le Tchad etc.  Et que le peuple Camerounais qui n'a pas encore vécu de véritables élections mérite mieux qu'un dirigeant comme Paul Biya : « Le peuple camerounais ne mérite pas ce genre de dirigeant d'un autre âge [...] qui passe son temps à l'hôtel intercontinental et se balade au bord du lac Leman ». Sur la guerre en Libye, le polémiste suisse a salué l'intervention de l'Otan face à ce qu'il a appelé le projet ou l'intention de Kadhafi d'exterminer tous les habitants de Benghazi.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 40 du mardi 16 août 2011.

LA LIBYE ET LA FIN DES ILLUSIONS OCCIDENTALES


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Cinq mois après le début des bombardements, il n'est plus possible de croire la version officielle du début des événements en Libye et des massacres imputés au « régime de Kadhafi ». Simultanément, il faut désormais tenir compte de la riposte judiciaire et diplomatique libyenne qui met en évidence les crimes contre la paix commis par la propagande TV, les crimes de guerre perpétrés par les militaires de l'OTAN, et les crimes contre l'humanité commis par les dirigeants politiques de l'Alliance atlantique.

Une petite moitié d'Européens soutiennent encore la guerre contre la Libye. Leur position se fonde sur des informations erronées. Ils croient en effet encore que le « régime de Kadhafi » a réprimé dans le sang des manifestations à Benghazi en février et a bombardé des quartiers de Tripoli, tandis que le colonel lui-même aurait promis de faire couler des « fleuves de sang » si ses compatriotes continuaient à contester son autorité.

En deux mois d'enquête sur le terrain, j'ai pu vérifier par moi-même que ces accusations sont des intoxications de pure propagande, imaginées par les puissances de l'OTAN pour créer les conditions de la guerre, et relayées dans le monde entier par leurs chaînes de télévision : Al-Jazeera, CNN, BBC et France24.

Le lecteur qui ne sait où se situer dans ce débat et qui, malgré les intox du 11-Septembre et des armes de destruction massives de Saddam Hussein, rechigne à envisager que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar aient pu fabriquer de tels mensonges, peut néanmoins se faire une opinion avec le temps. L'OTAN, la plus vaste coalition militaire de l'Histoire, n'est pas parvenue en cinq mois de bombardements à renverser celui qu'elle décrit comme un « tyran ». Chaque vendredi, une vaste manifestation de soutien au régime est organisée dans une ville différente du pays et tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que le colonel Kadhafi dispose d'au moins 90 % de soutien populaire en Tripolitaine et d'au moins 70 % à l'échelle du pays entier, incluant les zones « rebelles ».

Ces gens souffrent tous les jours du blocus, des bombardements aériens et des combats au sol. Jamais ils ne soutiendraient avec leur chair et leur sang un individu qui aurait commis contre eux les crimes dont il est accusé par la « communauté internationale ». La différence entre ceux qui croient en Occident que Kadhafi est un tyran qui a fait tirer sur son propre peuple, et ceux qui croient en Libye que c'est un héros de la lutte anti-impérialiste, c'est que les premiers vivent dans l'illusion créée par la propagande TV, tandis que les autres ont sur place l'expérience de la réalité.

Ceci étant posé, il existe une seconde illusion dont sont victimes les Occidentaux -et j'inclus désormais dans le camp « occidental », non seulement Israël qui s'en revendique depuis toujours, mais aussi les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie qui, bien que de culture orientale, ont choisi ce camp- : ils persistent à penser qu'il est encore possible de dévaster un pays et de tuer sa population sans conséquences juridiques. Il est vrai que, jusqu'à présent, la Justice internationale n'a été qu'une justice des vainqueurs ou des puissants.

On se souvient de ce dignitaire nazi qui apostrophait ses juges à Nuremberg leur disant que si le Reich avait gagné la guerre, ce serait les nazis qui seraient juges et les Alliés qui devraient rendre compte de leurs crimes de guerre. Plus récemment, nous avons vu l'usage fait par l'OTAN du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie pour tenter de justifier a posteriori que la guerre du Kosovo était la « première guerre humanitaire de l'Histoire », selon l'expression de Tony Blair. Ou encore, comment le Tribunal spécial pour le Liban, a été utilisé pour tenter de renverser le gouvernement syrien, puis pour décapiter le Hezbollah libanais, et probablement bientôt pour accuser les Gardiens de la Révolution iranienne. Sans oublier, le Tribunal pénal international, bras séculier des puissances coloniales européennes en Afrique.

Cependant, le développement des instruments et des organes de Justice internationaux au cours du XXe siècle a établi progressivement un ordre international auquel les grandes puissances elles-mêmes vont devoir se conformer, où qu'elles devront saboter pour fuir leurs responsabilités. Dans le cas libyen, on ne compte plus les violations du droit international. En voici les principales, telles qu'elles ont été établies par le Comité Technique Provisoire -organe libyen de coordination interministérielle- et décrites par l'avocat de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, le Français Marcel Ceccaldi [1], lors de différentes conférences de presse :

- Les chaînes de télévision qui, sous l'impulsion de leurs gouvernements respectifs, ont fabriqué de fausses informations pour conduire à la guerre, sont coupables de « crime contre la paix », tels que définis par les résolutions pertinentes de l'Assemblée générale de l'ONU adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale [2]

- Les journalistes-propagandistes doivent être considérés comme plus coupables encore que les militaires qui ont exécuté des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, dans la mesure où aucun de ces crimes n'aurait été possible sans celui qui les a précédés, le « crime contre la paix ».

- Les chefs politiques de l'Alliance atlantique qui ont détourné la Résolution 1973 de son objet pour se livrer à une guerre d'agression contre un État souverain sont personnellement responsables devant la Justice internationale. En effet, selon la jurisprudence établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le Tribunal de Tokyo, les crimes ne sont pas le fait des États ou des organisations, mais bien des individus.

- Piller les avoirs d'un État, instaurer un blocus maritime et bombarder des infrastructures pour faire souffrir les populations, attaquer une armée dans ses casernes, ordonner d'assassiner des leaders ennemis et, à défaut, de les terroriser en assassinant leur famille, sont autant de crimes de guerre. Les perpétrer de manière systématique, comme c'est le cas aujourd'hui, constitue un crime contre l'humanité. Ce crime est imprescriptible, ce qui signifie que MM. Obama, Sarkozy, Cameron et Al-Thani seront poursuivis par la Justice toute leur vie.

- L'OTAN, en tant qu'organisation, est civilement responsable des dommages matériels et humains de cette guerre. Il ne fait aucun doute en droit qu'elle doit payer, même si elle tentera sûrement d'invoquer un privilège de juridiction pour fuir ses responsabilités. Il appartiendra ensuite à l'Alliance de voir comment répartir la facture de ce conflit entre ses États membres, alors même que certains d'entre eux sont au bord de la faillite. Il s'en suivra des conséquences économiques désastreuses pour leurs populations, coupables d'avoir avalisé ces crimes. Et, en démocratie, personne ne peut prétendre être innocent des crimes commis en son nom.

- La Justice internationale devra se pencher plus particulièrement sur le cas de « l'administration » Sarkozy -j'emploie ici cet anglicisme pour souligner que désormais le président français conduit directement la politique de son gouvernement sans passer par son Premier ministre-. En effet, la France a joué un rôle central dans la préparation de cette guerre en organisant en octobre 2010 une tentative manquée de coup d'État militaire, puis en planifiant avec le Royaume-Uni dès le mois de novembre 2010 le bombardement de la Libye et un débarquement au sol que l'on croyait alors possible, enfin en participant activement aux troubles meurtriers de Benghazi qui aboutirent à la guerre.

- En outre, la France, plus que toute autre puissance, a déployé des Forces spéciales au sol -certes sans leurs uniformes- et a violé l'embargo sur les armes approvisionnant les insurgés -directement ou au moyen d'avions qatariotes-. Sans oublier que la France a violé le gel onusien des avoirs libyens, détournant une partie des fabuleuses liquidités du Fond souverain libyen au profit des fantoches du CNT et au détriment du peuple libyen qui croyait assurer le bien-être de ses enfants une fois le pétrole épuisé.

Ces Messieurs de l'OTAN qui espéraient échapper à la Justice internationale en écrasant en quelques jours leur victime, la Libye, de sorte qu'elle n'aurait pas survécu pour les poursuivre, vont devoir déchanter. La Libye est toujours là. Elle dépose des plaintes devant la Cour pénale internationale, les tribunaux belges (juridiction dont dépend l'OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des États agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l'homme de Genève, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies.

Il ne sera pas possible aux grandes puissances d'éteindre tous ces incendies à la fois. Pis, les arguments qu'elles utiliseront pour échapper à une juridiction se retourneront contre elles devant une autre. Dans quelques semaines, dans quelques mois, si elles ne sont pas parvenues à détruire Tripoli, elles n'auront plus d'autres échappatoires pour prévenir d'humiliantes condamnations que de négocier au prix fort le retrait des plaintes.


[1] Mettant fin à la confusion qui a prévalu au début de la guerre lorsque divers ministères engageaient des avocats différents pour des procédures désordonnées, la Libye a désigné en juillet Marcel Ceccaldi pour superviser l'ensemble des procédures en cours.

[2] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.


Thierry Meyssan, in « Egalité et Réconciliation »


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 14 août 2011

SENEGAL: LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY


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Monsieur le Président Sarkozy : Que vient faire votre gouvernement au Sénégal ?


Monsieur le Président, vous venez d'envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin, « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) » qui l'a convoqué à plusieurs reprises pour l'entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le « Rapport » de l'« ONU » sur le Rwanda.

Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées « Eléments Français au Sénégal (EFS) ».

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu'il soit légitime de vous interroger sur les raisons d'un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la « stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Du reste, il se dit que vous avez, jusqu'à récemment, soutenu ce projet et même tenté de le « vendre » à Obama, de la manière que l'on sait ...

Toujours est-il, que l' envoi de ce Général « présumé génocidaire », à Dakar, fait suite à la demande de votre Ambassadeur à Dakar, qu'il a adressée à l'opposition, de « permettre à Wade de briguer un 3 ème mandat », en violation flagrante de notre « Constitution », et de la déclaration fracassante de votre Ministre, chargé de la Coopération, soutenant que « c'est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade, disqualifie d'office le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal, qui vient pourtant d'achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L'on devrait donc s'attendre, en suivant votre logique, à ce que le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans la « Rue », précisément parce qu'il serait ridicule d'organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander si le Gouvernement français a déjà pris faits et cause pour la « stratégie de chaos » de Wade de conservation du pouvoir, même si vous semblez, personnellement, ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C'est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, à laquelle Wade se prépare, même s'il déclarait récemment, par pure démagogie, qu'il se conformerait aux décisions du « Conseil Constitutionnel » que les Autorités Françaises attendent qu'il se déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande, à l'opposition, de s'en remettre au « Conseil Constitutionnel », Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la «Rue», le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d'Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier que la crise en Côte d'Ivoire a eu pour origine la question de « l'inconstitutionnalité de la candidature de Ouattara » que Bédié, appuyé par la France sous Chirac, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste » et réactionnaire de cette « Constitution », n'avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d'appuyer Bédié pour lui permettre d'écarter Ouattara, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd'hui, et vous le savez bien, l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ème mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la « Constitution » de notre pays, en phase avec l'évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la « Démocratie », de la « Liberté » et de l'« Etat de Droit », soutient Wade dans son refus de se conformer à cette « Constitution », et semble s'inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d' « Ivoirisation » du Sénégal sont énormes, et ne peuvent, par conséquent, être conjurés que par une puissante campagne d'information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les « Forces Vives » de notre « Nation » qui sont prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C'est d'ailleurs de cette manière que l'on a pu obliger votre Gouvernement, le 23 Juin 2011, à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue », avait rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C'est dans cette perspective que nous exigeons le départ immédiat du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n'est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre peuple dans le respect strict des dispositions de la « Constitution » qu'il s'est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus tolérer de voir leur pays réduit en succursale ou filiale des Entreprises Françaises du « CAC 40 ». Pas plus qu'ils ne peuvent plus accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du Gouvernement Français.

Plus vite vous et votre Gouvernement comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera mutuellement bénéfique et fraternelle la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C'est dans la paix et la stabilité qu'une telle coopération se construit, et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d'Ivoire, après plus d'une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu'à son épilogue tragique récent.

Dans le même temps, nous attirons l'attention du « Conseil de Sécurité » de l'« ONU », des Autorités de l'« Union Européenne », et de l'« Union Africaine », sur la responsabilité pleine et entière de votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est en train de planifier contre le peuple Sénégalais, et que vous et vos services, êtes activement et publiquement en train d'appuyer.

Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l'horreur, avant qu'elles ne soient contraintes à agir en «sapeurs pompiers» pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernement de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d'Ivoire et de la Lybie.

C'est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de votre politique envers notre pays, et qui tiennent à bâtir avec nous, de solides relations de coopération entre nos peuples, dans le cadre de nos valeurs partagées d'« indépendance nationale », de « liberté », d'« égalité », de « démocratie » et de « fraternité ».

Le Sénégal ne saurait être ni la Côte d'Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l'oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu'il ne soit trop tard.


«PARTI DE L'INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL (PIT-SENEGAL)»

Le Secrétariat du «Comité Central»


Ibra Yali


Fait à Dakar le 9 Août 2011.

LIBERATION D'ERIC PATRICK MAMPOUYA, BLOGUEUR ET MILITANT ANTI-SASSOU


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Monsieur Eric Patrick Mampouya, Blogueur, militant anti-Sassou.


COMMUNIQUE DU CONSEIL DE LA DIASPORA CONGOLAISE POUR LA RESTAURATION DE LA DEMOCRATIE (CODICORD) SUITE A LIBERATION D'ERIC PATRICK MAMPOUYA.



Après avoir été  entendu dans les locaux des services de renseignement congolais par le Colonel «BAYIDIKILA Alice Bienvevu» Alias «Bayo»
Patrick  Éric MAMPOUYA a été libéré.

Éric Patrick MAMPOUYA membre du «CODICORD» chargé de la communication qui était en détention dans les locaux des services de renseignement Congolais vient d'être libéré.

Le «CODICORD» remercie toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du Congo pour œuvrer à la libération de notre compatriote.

 

Le Président du «Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie (CODICORD)»


Raphaël GOMA

Maisons des Associations 79 ter, rue de Paris 93800 Epinay sur seine.

Tél : 06 22 27 18 64 - 06 63 46 61 27.

samedi, 13 août 2011

COTE D'IVOIRE: UNE INFORMATION SOUS INFLUENCE


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Selon le politologue français Michel Galy, les médias occidentaux n'ont pas pris la juste mesure de la crise ivoirienne.


Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et... la presse française, «Laurent Gbagbo doit partir» et «Alassane Ouattara est le président reconnu par la communauté internationale» (en particulier, ces «éléments de langage» officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, dans laquelle, au moins, le lecteur a le choix entre les polémiques des deux camps «bleus» et «verts»!

Le formatage des esprits

Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué, et toujours a posteriori... Ainsi, en 2004, Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié de l'émission de télévison Arrêt sur images) ironisait déjà, à propos des massacres de civils ivoiriens (à propos d'une presse française «embarquée», comme en Irak ou en Afghanistan) qu'il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux. Pour avoir vu à l'époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de la force française Licorne vers Bouaké, «retour à 16 heures à l'Ivoire», on peut garantir qu'il ne s'agit pas que de métaphores...

Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Libye, hier la Côte d'Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l'urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes: unanimité politique, ethnocentrisme franco-français, alignement sur des positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la «kakisation des esprits», en 2004 comme aujourd'hui!

Pour autant la presse, enfin toute la presse, n'est pas «aux ordres». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet alignement, si ce n'est par ces «présupposés» que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant (Sur la télévision)? Ici et maintenant la «fabrique de l'opinion» formate les esprits, sur la Côte d'Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si, à un moment donné, le courant dominant produisait un consensus idéologico-médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir, quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard, voire s'inverse!

Est-on si loin de 1984? Un social-démocrate devient «un dictateur»; un légaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme pour redevenir un «guerrier bété»; ou un libéral du FMI un grand démocrate... Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont-ils pas des «rebelles qui sourient», et qu'importe si, dans ces guerres nomades, ce sont littéralement les mêmes qu'à Monrovia ou Freetown. De toute façon, si des exactions et même une violence continue comme «méthode de gouvernement» se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre-violences causées par le «coup d'Etat permanent» et la déstabilisation continue. Et alors? «La guerre c'est la paix», comme le savaient déjà les héros d'Orwell -et notre presse française, forcément libre et objective, est bien sûr composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants!

Pour La Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre...

Une presse africaniste en question

A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d'hebdomadaires «africains», directeurs de «revues» panarabes ont dû reconnaître qu'ils étaient redevables au dictateur Moubarak, à M. Ben Ali -et pas que moralement! Les mêmes ou d'autres écrivent des dossiers systématiquement favorables à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse -et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!

Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée se posent des interrogations sur la «presse Rothschild» -pour inverser le stigmate que ses «experts» ont publiquement affiché sur la «presse Bolloré», jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.

Depuis les années 90, le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur d'Alassane Ouattara. Dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui lui ouvrirent leurs colonnes.

Quand, dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolues (procédés typiques de la presse factieuse d'entre deux guerres), on amalgame hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s'attendre à rendre des comptes.

Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Vergès, l'un ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, l'autre brillant et inlassable avocat «de rupture» depuis la guerre d'Algérie, est-il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme «les deux grigous de Gbagbo»? On atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique... Listes noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journalistes.

Le plus étonnant aujourd'hui: des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit ivoirien.

La rhétorique de la désinformation

La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins conscientes d'ailleurs dans leurs effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d'inversion ou de déplacement.

On a fait allusion à une «politique de l'information» qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s'inscrivant dans un champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des articles et leur place, envoi (ou non) d'envoyés spéciaux (et leurs pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses «maison» des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement anonymes...

Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constitue une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la blogosphère n'échappe pas; suffit-il, comme Venance Konan par exemple, d'être une «bonne plume» ivoirienne pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité et son militantisme actuel pro-Ouattara)? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers, n'y sont bien sûr pas tenus!), on peut se permettre ainsi d'user des procédés les plus classiques de l'extrémisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du «dictateur» dénoncé; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain -toujours dans des termes où l'insulte ne cède qu'à l'outrance.

Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan: tous les observateurs savent que le «commando invisible» d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections. Ici, l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des procédés de Goebbels: «plus c'est gros, plus ça passe»! Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Côte d'Ivoire depuis dix ans, recyclent l'ivoirité ou attribuent ce faux concept, «l'ethnocratie», à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandi.

Les procédés de désinformation sont légion, et l'ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur, de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un «expert» journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60 morts et plus de 1.000 blessés ivoiriens semble significatif. Plus récemment, dans les pseudo débats télévisés (on pense par exemple à un débat de «spécialistes» à 100% ouattaristes: si la conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé...), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro-Gbagbo (sans d'ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro-Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à fait voulus.

Les procédés d'inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de Jacques Chirac -lui qui a 2004 sur la conscience- traitant Laurent Gbagbo de...  «fasciste»! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le «soulèvement du peuple» ou la «désertion de l'armée ivoirienne».

La diabolisation de l'adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l'inversion systématique, ou du déplacement victimaire: tactique langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l'on en croit les analyses de Jacques Semelin.

Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l'on pourrait nommer le «rendement décroissant de l'information», qu'il faudrait approfondir: de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante; d'autres ont pu travailler bien mieux sur les procédés de «construction» audiovisuelle, qui concernent aussi les réseaux sociaux ou les blogs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au Val-de-Grâce).

Beaucoup vient, au-delà de l'ethos (qui n'est pas qu'une absence d'éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique: pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des événements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à Abidjan...

Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique: faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d'autoréférencement. Leur dépendance des «fixeurs» autoproclamés n'en est que plus flagrante, et parfois pitoyable; demi-journalistes, demi-informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d'ailleurs très majoritairement pro-Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la désinformation que dans l'information.

Il est vrai que le milieu politique ivoirien est préstructuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec la presse occidentale; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo -avares de contacts et de données-, les journalistes  venus d'Europe sont accueillis à bras ouverts... et désinformés à proportion par le camp Ouattara... depuis 2002! Ce sont d'ailleurs les supplétifs, on veut bien croire involontaires, de la rébellion: quant au mythe du «smiling rebel» de 2002, lui correspond celui du «commandant du Vent», chef du commando invisible de 2011; et qu'importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia, Sierra Leone et Nord de la Côte d'Ivoire, qui s'apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud: ce n'est que trop tard que les mêmes s'apercevront que le sourire n'était qu'un rictus complaisant et que le vent d'Abobo ne charriait que l'odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les «belles âmes», ces idiots utiles de la sanglante Histoire à venir. «On ne savait pas...» diront-ils, comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu'elle soit irresponsable?


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 août 2011

LE PORTE-AVIONS FRANÇAIS CHARLES DE GAULLE: UN RETOUR SANS GLOIRE!

 

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Le «Grand Charles» est fatigué des libyens

 

L'actualité est riche en émotions. A commencer par le retour à la maison du porte-avions Charles de Gaulle, le navire amiral. Le «Grand Charles» comme on l'appelle. En souvenir de l'illustre personnage qui portait ce nom. Le «Grand Charles» rentre à Toulon où il va être accueilli en grande pompe, par le gotha de la classe politique de son pays. Il a bien mérité cet honneur pour avoir servi jusqu'à n'en plus pouvoir. Toute arme redoutable qu'il soit, il est sujet à la fatigue. Il rentre donc pour se refaire une santé. Le combat a été rude, des mois durant, quand on n'avait prévu que quelques jours, quelques semaines au plus. C'était plus qu'il n'en fallait, mais l'engin a tenu bon. Il fallait faire décoller des avions et les faire atterrir, des milliers de fois. Coup de chance personne ne pouvait lui tirer dessus et il n'a pas subi la moindre alerte, pas même pour l'exercice, c'était inutile. Il revient sans une éraflure.

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Les avions qu'il porte, eux-mêmes, n'avaient pas d'autres problèmes que de prendre l'air, de bien viser et de se délester de leurs missiles dans la bonne direction, droit sur la cible. Ils avaient aussi tous les instruments pour ne pas trop se fatiguer.

A Toulon ce sera quand même la fête et les guirlandes du triomphe et de la gloire et pour la coque et pour son équipage. Ce serait bien de voir, Hillary Clinton, dans le comité d'accueil. Elle sait y faire, elle. Avec son air altier, son hilarité permanente, expression de cette jouissance de vainqueur, qu'elle étrenne sur toutes les tribunes, sur tous les plateaux, là où elle peut exhiber sa satisfaction d'être celle parmi ceux qui accomplissent la dangereuse et courageuse mission de mater les «méchants» désignés par la «communauté internationale».

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Tant pis s'ils n'ont pas les moyens de se défendre et qu'ils ne font que recevoir des bombes sur la tête, qu'ils soient armés ou qu'ils soient des civils, du mauvais camp. La présence de la dame aurait rehaussé l'aréopage chargé d'être là lorsque le «Grand Charles» exténué rentrera dans son port d'attache. Le 12 août sera un grand jour pour l'héroïque bateau.  Il le sera aussi pour les hommes qui servaient d'équipage. Parce qu'on dit que les familles sont très inquiètes. Elles ne vont plus l'être. Les autres familles, celles que les avions du porte-avions écrasaient sous leurs bombes, on ne nous dit pas si elles sont inquiètes. On n'en parle même pas.

De toutes les façons, elles resteront à attendre les bombes qui viendront d'avions qui changeront simplement de piste. De plus, savent-elles seulement d'où viennent les bombardiers et le savoir les intéresse-t-elles ?  Quelques semaines avant d'aller servir de support à la destruction de la Libye et aux massacres des Libyens, notre fier bateau s'est promené durant quelques mois du côté du Pakistan. Il était donc déjà assez fatigué.

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Ce qui fait qu'il va être immobilisé pour un bon bout de temps, pour lui refaire une santé. On dit que cela pourrait durer 6 mois. Et il paraît que cela aurait pu être pire, si le navire avait été maintenu plus que ça en mer. Il ne serait pas sorti en 2012. Ils sont vraiment coriaces ces Libyens, d'avoir obligé (les français) à malmener un tel bijou !


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

ZONES D'OMBRE ET NON-DITS D'UN DISCOURS D'AUTO-CONTEMPLATION


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Dans la soirée du vendredi 6 août 2011 dernier, les Ivoiriens ont eu droit au traditionnel et institutionnel discours à la nation du chef de l'Etat, marquant la célébration de la Fête nationale et la commémoration de l'Indépendance de la Côte d'Ivoire. Pour notre part, il n'aura été qu'une débauche impudique de bons points attribués à soi-même par son auteur, qui fait l'impasse sur des aspects importants de la vie de notre peuple, au sortir d'une crise aussi aiguë que la crise postélectorale ivoirienne, et qui entretient l'omerta sur les actes concrets qui devraient être posés dans l'optique d'une réconciliation et d'une prospérité effectives de notre pays.

Nous avons ainsi pu apprendre avec stupéfaction « le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire » là où elle n'a jamais été plus dégradée : des opposants sont en prison ou en exil, leurs biens et ressources sous séquestre, l'Assemblée nationale suspendue, le pays gouverné par ordonnance, le chef de l'Etat encore et toujours chef d'un parti politique (le RDR) - ce qu'interdit notre constitution ; Article 54 -, ses biens non encore déclarés devant la Cour des comptes - comme l'exige la Loi fondamentale, en son Articles 55 -, des journalistes et hommes de médias en prison, le siège du quotidien de l'opposition Notre Voie occupé par des hommes en armes pro-Ouattara, la Commission Electorale Indépendante déjà majoritairement constituée par le RHDP qui enregistre de nouvelles nominations de proches de Ouattara - accentuant un déséquilibre déjà outrancier -, les élections législatives et municipales en approche envisagées dans une ambiance de traque et d'exactions des FRCI contre les pro-Gbagbo et les militants du FPI, le Conseil constitutionnel renouvelé avant terme, au plus grand mépris de notre Constitution. Bref, de quel retour de la démocratie nous parle-t-on, si ne n'est d'exprimer aux Ivoiriens tout le mépris et le peu d'égard qu'on a pour eux ?

Nous avons, en outre, été abreuvés de rhétoriques du genre « respect de Droits de l'homme » en Côte d'Ivoire et de « société souveraine ». Comment peut-on prétendre respecter les Droits de l'homme quand on a été épinglé plusieurs mois de suite par ses ex-partenaires les plus fidèles, les ONG internationales Human Rights Watch, Amnesty International et même par le HCR et l'ONUCI, pour meurtres, crimes, viols et pillages contre des populations sans défense et pour l'incarcération sans inculpation d'opposants politiques ? Ces structures supranationales ont clairement dénoncé la récente promotion de chefs militaires, proches du chef de l'Etat Alassane Ouattara, nommément cités dans des crimes contre l'humanité. Nous aurions bien voulu croire, avec Monsieur Ouattara, au respect des Droits de l'homme en Côte d'Ivoire mais force est de reconnaître qu'il n'en est rien. Les Droits de l'homme en terre ivoirienne ne sont qu'une vue de l'esprit. Ils ne relèvent que du discours officiel et non de la réalité.

Quant à la « société souveraine » du nouvel homme fort d'Abidjan, le peuple ivoirien, il s'est donné des institutions qu'on bafoue allègrement : le Président de la République qu'il s'est donné par la voie des urnes a été bombardé en sa résidence et kidnappé par des armées étrangères dont les bases et missions, en guise de reconnaissance, sont réinstallées, renforcées et reconduites, pour assurer la sécurité et la sûreté du territoire ivoirien. Ces mêmes forces assurent la sécurité du nouveau locataire du Palais présidentiel du Plateau, en appui aux soldats burkinabés récemment recrutés dans la garde rapprochée présidentielle, au milieu d'un parterre de conseillers politiques, diplomatiques et militaires français. Cette « société souveraine » s'est également donné un porte-voix : l'Assemblée nationale. Elle est aujourd'hui aphone, mise sous l'éteignoir. Selon le bon vouloir du « Brave Tchê » Alassane Ouattara. Comment exerce-t-elle alors la souveraineté qu'on lui reconnait subitement, à la faveur d'un discours de circonstance ? Motus, bouche cousue !

Le chef de l'Etat se targue, en outre, de se mettre en peine de la réconciliation nationale : « Nous œuvrons pour le retour de nos frères et sœurs à l'extérieur du pays ». Un d'entre eux en est justement revenu, sous son instigation, et a été mis aux arrêts dans les jours qui ont suivis : le journaliste Hermann Aboa. Sous des chefs d'inculpation aussi imaginaires que surréalistes, révélés non par la justice ivoirienne comme cela se doit, dans tout Etat de droit qui se respecte, mais de sa propre bouche, au détour d'une visite de travail aux Etats-Unis : achat d'armes de guerre et distribution à des milices, sur financement de Laurent Gbagbo (sic !).

Au regard de tout ce qui précède, où se trouve donc cette « Côte d'Ivoire dotée d'un Etat fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un Etat qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence » ?

« Je salue, dit Alassane Ouattara, la décision des officiers exilés au Ghana, de rentrer au pays, pour prendre une part active au processus de réconciliation ; j'encourage les refugiés demeurant au Liberia à rentrer ». Le fait que quatre mois après la Bataille d'Abidjan, ils en soient encore à se méfier et à redouter un retour en Côte d'Ivoire est un revers et désaveu cinglant pour le pouvoir en place. Si l'invite était aussi fraternelle et sincère qu'on veut le laisser croire, il y a belle lurette que ces Ivoiriens seraient de retour. Sans attendre d'être constamment rassurés par des discours officiels.

« Je lance à nouveau, poursuit-il, un appel à nos frères et sœurs, de tous bords politiques afin de nous retrouver pour bâtir ensemble une patrie de paix... Je continue de tendre la main en particulier à nos frères et sœurs du FPI et de LMP. Leur place est avec nous ( ?). Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour garantir le retour et la sécurité de tous ».  Soit dit en passant, les leaders FPI et LMP sont pour l'essentiel en prison, avec à leur tête le Président Laurent Gbagbo et son épouse ainsi que le Premier ministre Affi Nguessan. Leur place est-elle objectivement et effectivement parmi nous ? Hélas, trois fois non ! Les faits parlent plus que les mots. Et on ne peut les falsifier par une effusion émotive occasionnelle fût-elle lyrique et officielle.

Pour Alassane Ouattara « les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. Il travaille à réduire nos souffrances. La sécurité s'améliore de jour en jour. Les ordures et les dépôts sauvages se font de plus en plus rares. Abidjan retrouvera son lumineux visage de « Perle des lagunes » et toute la Côte d'Ivoire sera à nouveau belle. Les soins de santé des Ivoiriens les plus défavorisés seront gratuits. Les travaux d'assainissement ont commencé, bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier. Les jeunes auront des emplois et auront aussi les financements promis pour leurs projets ». Plutôt reluisant comme tableau dans un pays où le chômage a atteint des records et les universités - du reste, fermées - sont occupées par les ex-rebelles, où les hôpitaux sont plus que jamais des mouroirs, où l'appareil de production cassé est en lente agonie, où la misère atteint des summums jamais effleurés et où des arriérés de salaire de deux à quatre mois restent encore à payer aux ex-FDS et dans certaines entreprises publiques (BNETD et bien d'autres) et institutions nationales (Assemblée nationale, CEI etc).

En outre, à quoi peuvent bien servir un cadre de vie et un environnement assainis où l'on est plus susceptible de perdre la vie que la santé, du fait des exactions des FRCI et d'une insécurité permanente, insidieuse, rampante ?

Au final, Alassane Ouattara ne croyait pas si bien dire : « Sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire ». C'est exactement cette vérité universelle qui est implacablement à l'œuvre, en ce moment, dans notre pays. Absence de paix et de sécurité, c'est, hélas, la triste réalité ivoirienne.

Du sommet de son piédestal et au comble de l'auto-contemplation, il déclame : « Une telle volonté de ramener la paix et la prospérité chez nous attire à nouveau la confiance de nos partenaires. L'image de la Côte d'Ivoire s'est nettement améliorée et notre pays est de retour sur la carte du monde (Y avait-elle disparu ? Mystère !) ». Même si les investisseurs, à défaut de s'y rendre (insécurité et Etat de droit en déliquescence obligent), se contentent d'avoir « à nouveau le regard (seulement le regard) tourné vers la Côte d'Ivoire », dans un contexte mondial de crise financière généralisée, la plupart des pays occidentaux étant au bord de la faillite, avec en tête de file, les Etats-Unis d'un Barack Obama fauché et dans une tourmente historique, sauveur pressenti et attendu d'une Côte d'Ivoire sans le sou.

Cette débauche auto-célébrante aura permis de faire ombrage aux vraies questions qui intéressent les Ivoiriens : la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires, la création de richesses nationales sur la base de notre force de travail et de nos ressources propres (humaines et économiques), l'instauration d'une véritable impunité commençant par les siens - si tant est qu'il désire vraiment allier la justice à la réconciliation -, les raisons de la promotion de criminels de guerre qui devraient être traduits devant la CPI, la réunification effective du pays par l'unification des caisses de l'Etat, l'indépendance et la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Des points royalement éludés.

En effet, il aurait fallu qu'il nous dise :

- comment il espère réconcilier les Ivoiriens en maintenant Laurent Gbagbo en prison sans aucun chef d'inculpation. Il n'en a pas dit un traître mot ;

- comment il envisage de faire disparaître l'impunité tout en promouvant des militaires proches de lui et déjà épinglés par les organisations des Droits de l'homme pour une comparution éventuelle devant les instances judiciaires internationales ;

- comment il compte mettre fin à la saignée financière inacceptable (au moment où nos coffres-forts sont vides) et à la partition économique et financière de notre pays, avec l'économie parallèle florissante dans la partie Nord de la Côte d'Ivoire, entre les mains des ex-Forces Nouvelles dont la Centrale (Trésor de l'ex-rébellion) est en plein essor ;

- comment il espère éviter à la Côte d'Ivoire de n'avoir pour seule politique de création de richesses et pour seul programme de gouvernement que l'endettement excessif ;

- comment il compte « apporter à notre pays son indépendance totale (sic !) » et affirmer sa souveraineté quand il multiplie en Côte d'Ivoire les bases militaires étrangères (réouverture du 43ème Bima français et une dizaine de l'ONUCI en projet d'urgence), quand les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par la France, que sa propre sécurité est assurée par des forces étrangères et quand il semble ne tirer sa légitimité que de la reconnaissance de la « Communauté internationale ».

Au total, un discours qui aura tout dit sauf l'essentiel. Pas donc certain que nous fassions des pas de géant en matière de réconciliation et de cohésion sociale, d'avancées démocratiques, politiques et institutionnelles, de reprise économique et de prospérité nationale. Ouattara nous a servi une litanie de vœux pieux et fait une peinture irréelle de la situation de notre pays. Nous continuons à attendre qu'il se ressaisisse et nous donne des signes concrets et réalistes, à tout le moins autres que cet épanchement auto-contemplateur qui ne nous rassure guère pour l'avenir de notre pays. Nous voulons des actes, pas des discours. Gageons que la tendance sera bientôt inversée.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 290 du jeudi 11 août 2011.

jeudi, 11 août 2011

PETROLE CONTRE NOURRITURE: LE QUAI D'ORSAY AU TRIBUNAL

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Total et Charles Pasqua ne sont pas les seuls à être jugés pour avoir bénéficié des largesses du régime de Saddam Hussein. D’anciens diplomates de très haut rang seront aussi au tribunal. Une nouvelle illustration des errements de la fameuse politique arabe de la France.

 

Le groupe Total, son PDG, Christophe de Margerie, et l’ex-ministre Charles Pasqua se retrouveront l’année prochaine devant le tribunal correctionnel de Paris. Le 28 juillet, le juge d’instruction Serge Tournaire a décidé d’envoyer en correctionnelle 19 personnes physiques et une personne morale (Total) pour des malversations présumées dans le cadre du programme de l’ONU «Pétrole contre nourriture». Total est poursuivi pour «corruption active, complicité et recel de trafic d’influence» et Charles Pasqua pour «trafic d’influence et corruption passive».

Si Total et Charles Pasqua seront les accusés «vedettes» d’un procès qui s’annonce spectaculaire, les autres personnes renvoyées devant le tribunal méritent également qu’on s’intéresse à elles. C’est notamment le cas de deux diplomates de très haut rang: Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU de 1991 à 1995 et Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay. S’ils étaient jugés coupables, cela serait sans précédent pour des diplomates sous la Ve République. Et c’est aussi la fameuse politique arabe de la France et ses dérives qui se retrouveront au tribunal après avoir été déjà bien discréditées par les révolutions et les révoltes populaires des derniers mois. Le Quai d’Orsay avait bien tenté, y compris par une pétition, de faire porter la responsabilité de son aveuglement sur le seul chef de l’État, mais les compromissions avec les régimes douteux sont une tradition qui remonte à plusieurs décennies.

Ainsi, parmi les multiples «amis» de la France au Moyen Orient, il y aura eu, entre autres, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi, Ben Ali, Bachar el Assad, Rafic Hariri, Hassan II et… Saddam Hussein.

Pétrole contre nourriture

Le programme pétrole contre nourriture avait été mis en place entre 1996 et 2003 par l’ONU pour permettre à la population irakienne de moins souffrir de l’embargo imposé au régime de Saddam Hussein après la première guerre du Golfe. Il autorisait l’Irak à vendre tous les six mois pour deux milliards de dollars de pétrole. L’exportation des barils, l’utilisation des revenus et la distribution des vivres et des médicaments à la population irakienne étaient placées sous la supervision de l’ONU. Toutes les opérations financières passaient par un compte bancaire ouvert par les Nations unies à la BNP à New York. En fait, le système a été totalement détourné via des commissions occultes et des surcharges et a servi à Saddam à détourner du pétrole et de l’argent et s’acheter ainsi des amitiés et des soutiens, en Russie, à l’ONU et en France. Selon une enquête du Congrès américain et en ajoutant le pétrole de contrebande, plus de 10 milliards de dollars auraient été ainsi détournés par Bagdad.

Illustration: en juin 1995, Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU, annonçait être très satisfait des progrès que l’Irak avait fait en matière de désarmement et voulait que les sanctions économiques contre Saddam soient levées immédiatement. Il n’a pas obtenu satisfaction mais s’est vu gratifier quelque temps plus tard d’une somme correspondant à 2 millions de barils de pétrole… par le même Saddam.

Prises de positions pro-irakiennes

Selon un rapport de la police judiciaire:

«La plupart des personnes physiques qui ont perçu ces allocations ont eu à véhiculer une image positive du régime irakien avec prise de position pro-irakienne en contrepartie d’allocations pétrolières accordées par les autorités gouvernementales irakiennes de l’époque.»

Serge Boidevaix est soupçonné lui de s’être fait attribuer, via la Suisse, l’équivalent de 32,6 millions de barils de pétrole irakien entre 1998 et 2002. Ce fonctionnaire a été au cœur de la diplomatie gaulliste à partir des années 1970 et presque toujours aux côtés de Jacques Chirac. Il a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Michel Jobert (1973-1974) puis conseiller pour les affaires internationales au cabinet de Jacques Chirac à Matignon entre 1974 et 1976. Il fut directement impliqué dans la politique irakienne de la France, notamment sur la coopération nucléaire, la livraison de la centrale d’Osirak et les ventes d’armes menées par Jacques Chirac.

Il a été directeur de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay (1980-1982) et secrétaire général adjoint du ministère (1985-1986). En 1992, il est nommé secrétaire général du Quai d’Orsay, par Jacques Chirac, le plus haut poste de l’administration des Affaires étrangères. Il sera récompensé encore une dernière fois en 2002, juste après la réélection de Chirac, en étant nommé à la présidence de la chambre de commerce franco-arabe.

Enquête américaine

C’est après que les choses se sont gâtées. L’ONU, sous la pression américaine, notamment du Government Accountability Office (GAO), l’organe d’enquête du Congrès, est contrainte d’ouvrir en 2004 une enquête sur les détournements de l’opération pétrole contre nourriture. Elle est confiée à Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale américaine, et ira jusqu’à mettre en cause Kojo Annan, le fils du Secrétaire général de l’ONU d’alors, Kofi Annan.

Le mécanisme fonctionnait dans les deux sens. Il permettait via l’attribution de droits à des barils de récompenser des amis du régime et permettait à ce même régime de détourner de l’argent. Des intermédiaires et des groupes pétroliers payaient en échange de la fourniture de barils des commissions anormales et des pots-de-vin aux entreprises et aux banques contrôlées par le régime de Saddam Hussein. L’Irak de Saddam possédait des milliers de comptes bancaires secrets un peu partout dans le monde.

Même si l’affaire remonte maintenant à plus de dix ans, le déballage l’an prochain devant le Tribunal correctionnel de Paris s’annonce douloureux pour les institutions de la République. On comprend pourquoi le parquet avait requis un non-lieu dans cette affaire.


Eric Leser, in Le Nouvel Observateur du 10 août 2011.

 

Source: IVORIAN.NET

lundi, 08 août 2011

ALERTE ENLEVEMENT: PATRICK ERIC MAMPOUYA DANS LES GEOLES DE MONSIEUR SASSOU A BRAZZAVILLE



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Monsieur Eric Patrick Mampouya, Blogueur, militant anti-Sassou.


Eric Patrick Mampouya, blogueur de nationalité française, mais d'origine congolaise et anti-sassou, militant actif qui battait les pavés parisiens, lors des manifestations diverses pour le retour de la démocratie au Congo, a été arrêté à l'«aéroport international Maya-Maya de Brazzaville (Congo-Brazzaville)» ce dimanche à 4 heures du matin, après plusieurs années sans retour dans son pays.


Eric Patrick Mampouya a été emmené par des hommes armés et se trouverait actuellement entre les mains du Colonel N'Dinga. Il était parti au Congo pour passer ses vacances d'août et rencontrer les partis politiques de l'opposition locale. Voici en rappel, le message de Eric à quelques jours (dans sa livraison du 28 juillet 2011) avant son retour au Congo :


MEME PAS PEUR: JE SERAI AU CONGO AU MOIS D'AOUT


Je suis Patrick Eric Mampouya, je suis un militant politique très engagé pour la Restauration de l'état, des droits et de la république au Congo Brazzaville.

Membre d'« Amnesty international », je milite activement au sein de l'association « CODICORD (Coordination de la Diaspora Congolaise Pour la Restauration de Démocratie) » dont le siège est à Epinay sur Seine en France.

Je réside en France où je mène un «activisme effréné» en organisant des «manifestations», des «réunions», des «meetings» en salle ainsi qu'une «cyber guérillas» à travers le réseau mondial et mon Web-Site : «http://www.mampouya.com» contre le régime de Denis Sassou N'guesso et son système mafieux mais aussi contre toutes les personnes qui le soutiennent.

Avant qu'on me prête des intentions fallacieuses sur ma présence au Congo ou qu'on me bricole un motif quelconque pour entraver ma «liberté de mouvement et de parole», je tiens à préciser qu'à ce jour je ne fais l'objet d'aucune plainte ni poursuite judiciaire ou politique au Congo Brazzaville et en France. Tous mes «documents de voyage sont à jour (certificat d'hébergement, visas, carnet de vaccination, passeport etc....)».

Je suis ni inconscient ni fou ; j'aime et je tiens à la vie, je n'ai donc pas l'étoffe d'un héros et encore moins celui d'un « martyr ». Mon voyage au Congo n'est qu'une étape de mon « activisme ».

Le but essentiel de mon voyage est la rencontre avec toutes les personnes qui veulent « un autre Congo » ainsi que les forces de changement qui souhaitent s'organiser pour mettre en œuvre des stratégies efficaces de sortie crise pacifique afin d'instaurer dans notre pays une paix véritable qui ne repose pas sur la peur.

Toutes les personnes qui voudraient me rencontrer sont priés de contacter le Journal « Talassa » ou son Rédacteur en Chef Ghys Fortuné Dombé.

Etre Opposant est un « Droit Constitutionnel » au Congo Brazzaville. Dans une démocratie un opposant n'est pas un ennemi mais un adversaire politique ou un allié qui peut servir à faire progresser les idées et les  projets (quand les institutions fonctionnent correctement).

Dans sa « Loi fondamentale », le Congo Brazzaville adopte et intègre les principes fondamentaux proclamés et garantis par :

- La charte des Nations Unies du 24 octobre 1948;

- La déclaration universelle des Droits de l'homme du 10 décembre 1948;

- La charte Africaine des Droits de l'homme et des peuples du 26 juin 1981;

- Tous les textes internationaux pertinents dûment ratifiés relatifs aux Droits Humains;

- La charte de l'unité nationale et la charte des Droits et Libertés adoptées par la « Conférence Nationale Souveraine » le 29 mai 1991.

C'est donc muni du gilet Pare Balle que sont mes « droits fondamentaux » adoptés, proclamés et ratifiés par le Congo Brazzaville que je me rends avec confiance et détermination dans mon pays pour essayer de travailler avec toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent que le Congo Brazzaville redevienne un pays comme les autres.

Tous les Congolais doivent « Cessez d'avoir peur » pour exiger le « respect des droits fondamentaux » et des institutions de la République qui sont les seuls gage d'une paix véritable et du développement de notre pays. Depuis les indépendances le Congo Brazzaville est plongée dans un cycle infernal de crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Cette grave crise trouve son origine essentiellement dans le refus obstiné des dirigeants du pays d'accepter et de respecter les Principes Démocratiques d'accession au pouvoir et de sa gestion ; la Démocratie ne se limite pas à l'organisation des élections....

Le Congo Brazzaville et sa population sont pris en otage par des dirigeants qui ne défendent pas les intérêts de la collectivité mais leurs intérêts particuliers et égoïstes.

Sans vision adaptée aux réalités objectives des Congolaises et des Congolais, ni projet économique et social de dimension nationale, beaucoup de politiciens, cadres administratifs et militaires du pays recherchent le pouvoir par tous les moyens y compris par la violence et la corruption. Une fois installés au pouvoir, ils se livrent à la prédation au détriment de l'intérêt général, et de la population dont le sort n'a fait que s'empirer d'année en année. Après un demi-siècle d'indépendance les dirigeants Congolais en sont encore à chercher des coupables et des boucs émissaires pour justifiés leurs échecs.

Ma modeste ambition est d'informer, de conscientiser, d'éduquer de lutter et de pousser à l'action pour la libération des populations du Congo Brazzaville car on ne peut soumettre indéfiniment un peuple instruit. Chers amis, chers compatriotes, le défi de notre génération est noble et ambitieux ; ce sont les peuples qui font l'histoire, la nôtre, nous avons l'obligation et le devoir de l'écrire parce que personne ne le fera pour nous.

C'est une obligation pour chaque génération d'essayer de faire mieux que la génération qui la précède.

C'est un devoir pour chaque Congolaise et chaque Congolais d'essayer de construire un pays libre, une « Nation digne et une République prospère, là où nos aînés ont faillis.

Ne nous sous estimons pas ; il nous suffit de vaincre nos peurs et nos égoïsmes pour que tout soit enfin possible, pour que notre pays devienne attractif et se développe enfin :

- Il n'y a pas de développement possible dans une ambiance délétère !

- Il n'y a pas de développement possible sans lois, règles et institutions respectées par tous !

- Il n'y a pas de développement possible sans un minimum de cohésion sociale !

- Il n'y a pas de développement possible sans un ordre social âprement discuté et négocié !

Celui qui prétendra le contraire est un fabulateur parce que le développement exige une adhésion de tous au projet ; ou tout au moins une participation raisonnée, il nous faut donc demander à certains de quitter leur obsession du profit à court terme qui casse en morceaux notre société, notre communauté, notre pays ...

Le système patiemment installé au Congo Brazzaville par les dirigeants actuels qui le pérennisent n'est ni réformable ni même améliorable, ce système écrase et détruit toutes les personnes intelligentes qui ont essayé de l'améliorer de l'intérieur ; il faut absolument rompre et changer de système.

Pour exiger le « changement », il nous faut reconstruire le « lien » entre « l'indignation et l'action », entre « le réalisme et la volonté ». Il nous faut arrêter les incantations, arrêter de nous positionner en donneur de leçons, et surtout arrêter de nous indigner sans nous donner les moyens concrets d'agir ; l'indignation sans action n'est bonne que pour se donner bonne conscience...

Il s'agit de notre devenir, de notre avenir et de celui de nos enfants que nous n'avons pas le droit de sous traités ; si notre génération n'y arrive pas, alors nos petits-enfants se battront contre les petits-enfants de ceux qui détruisent notre pays ; ce qui est triste comme perspective d'héritage.

Nos petites lâchetés quotidiennes pérennisent la misère et construisent les guerres de demain.
La République est notre voûte céleste, si elle s'effondre, nous serons tous écrasés...

Nous sommes le Congo !

Cessons d'avoir Peur !

Pour un construire un état de Droit au Congo !

«Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission»
Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Web-site d'Eric Patrick Mampouya: «http://www.mampouya.com».


Affaire à suivre ...


Source: NERRATI.NET

ANDERS BEHRING BREIVIK L'AUTEUR DU CARNAGE D'OSLO EST FRANC-MAÇON ET FILS DE PARENTS DIVORCES



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Anders Behring Breivik , l'auteur du carnage d'Oslo du 22 juillet 2011, est un terroriste franc-maçon norvégien, il est aussi fils de parents divorcés.



A ce propos, nous vous proposons une tribune libre d'un lecteur du site «Contre-info» : «Le détraqué norvégien est un franc-maçon et fils de parents divorcés». Ce qui est passionnant, dans la façon dont les médias ont présenté les récents attentats norvégiens, c'est qu'on y voit, gros comme une maison, tous les préjugés de nos journalistes occidentaux.


1) Premier préjugé : L'anti-religion. S'il y a un attentat, c'est nécessairement la faute à la religion. Si ce n'est pas l'«islam», alors c'est le «fondamentalisme chrétien». La religion est la source de toutes les guerres et tous les terrorismes, chacun sait ça. On ne se soucie pas de savoir si le détraqué en question pratiquait réellement sa religion. On ne se demande même pas à quoi exactement il croyait (il n'invoque ni le «Christ», ni l'Évangile, ni la force de la prière, ni même le nom de «Dieu» !). Tout de suite, sans laisser aux téléspectateurs le temps de réfléchir, on met en avant sa qualité de «fondamentaliste chrétien» comme si c'est elle qui expliquait son acte... Le caricaturiste de Yahoo, Delize, en profite même pour mettre en cause un prêtre en soutane - catégorie très répandue, comme chacun sait, chez les «protestants» norvégiens...

2) Les grands médias trahissent également leurs préjugés par leurs silences. Pas un mot sur la «franc-maçonnerie», à laquelle appartenait pourtant le terroriste (exception : le «Nouvel Observateur» qui en fait timidement mention, au milieu d'un article). On évite également d'indiquer que ce jeune homme se déclarait «pro-Israël» et «pro-homosexuel». Bref, on respecte les «grands lobbyes».

3) Mais il est un autre silence très révélateur : aucun journal ne s'est demandé si un homme aussi manifestement perturbé avait grandi dans une famille normale, entre ses deux parents. Pour expliquer son acte, les médias pensent immédiatement à la religion, éventuellement aux jeux vidéo, mais pas du tout à son environnement familial ! On apprend seulement par hasard, par «Le Figaro», voir  ICI, que ses parents ont divorcé peu après sa naissance, que son père (qui vit en France) s'est vu refuser le droit de garde, et que, il y a quelques années, ce même père a fait la sourde oreille quand son fils a essayé de le recontacter.

Pour la presse officielle, c'est une situation tout à fait normale, qui ne mérite même pas d'être évoquée quand on essaie de comprendre le geste insensé du tueur (qui, parenthèse, a tiré sur des membres du «parti travailliste», alors que ses deux géniteurs avaient appartenu à ce parti... Tiens, tiens...).

- Comme si, en France, le sujet du «divorce» était, à son tour, devenu tabou.

- Comme si l'on ne pouvait même plus énoncer cette évidence : qu'il n'est pas naturel pour un enfant d'être écartelé entre ses deux parents, et que cela risque d'affecter son développement affectif et psychologique. (Selon les médias, le tueur, plus que trentenaire, vivait encore en célibataire, chez sa mère. Ce n'est pas un signe non plus, ça ?).

Bref, pour le «monde moderniste», le «divorce», c'est normal.


Appolinaire Noël KOULAMA


Source : NERRATI.NET

vendredi, 05 août 2011

LA LIBYE DEVALISEE

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Devant la crise qui frappe les Etats-Unis, quelqu'un vient de dire que la seule valeur de l'argent est la confiance qu'on lui accorde. Il traduit en peu de mots les appréhensions qui taraudent ceux dont les intérêts sont plus ou moins engagés avec ce pays, qui vit à crédit et au-dessus de ses moyens, depuis plus de vingt ans. Une autre appréhension devrait être à l'ordre du jour, elle concerne les avoirs placés dans les pays occidentaux. Ce qui est arrivé au peuple libyen est un précédent à méditer. Contre toutes les règles de droit, des pays l'arme à la main l'ont dépouillé de son argent. Un acte passible de sanction judiciaire, depuis que la propriété privée a été instituée.

Ces gangsters ont d'abord décidé que les comptes étaient gelés. Ils ont ensuite désigné des sous-traitants, selon on ne sait quel principe, comme ses " représentants légitimes ", sans le consulter et sans écouter sa colère qu'il exprime quotidiennement et que leurs médias ignorent. Tel que prévu, les sous-traitants viennent de recevoir une partie des fonds "débloqués ". On ne sait pas la procédure exacte qui permet à quelqu'un de donner un tel ordre sur quelque chose qui ne lui appartient pas. On ne comprend pas comment une banque peut obéir à quelqu'un d'autre qu'à son client, propriétaire légal et légitime du compte.

Le drame est que personne ne bouge. Aucun pays ne s'est insurgé contre un tel braquage. En fait les puissants savent qu'on n'osera pas toucher à leurs sous et les plus faibles n'osent pas. Le monde est pour la première fois sorti de son hypocrisie et la loi du plus fort n'a plus besoin de subterfuges pour s'exercer. Nicolas Sarkozy vient de donner 259 millions de dollars à la bande de Benghazi, qui ne donne pourtant pas entière satisfaction en matière d'image " démocratique ".

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Elle vient d'ailleurs de liquider le prétendant le plus plausible au trône. Dans le cas, bien sûr, où le peuple libyen se laisserait faire. Ce qui n'est pas du tout dans son programme, à court, moyen ou long terme, ni jamais. C'est pour cela que se posera un problème quand il demandera de lui restituer l'argent qu'on lui a volé. Et puis, il y a une question qui se pose d'elle-même, quand on se place dans la logique des gangsters. La bande de Benghazi, élue à la tête des Libyens dans un acte de banditisme, devrait faire valoir ses prérogatives directement et ne pas laisser faire quand il s'agit de gérer les comptes devenus siens. A moins que sa " légitimité "  inaugure un nouvel ordre mondial basé sur des " élections " de bandes affidées du même type, là où c'est possible et où il y a des richesses à prendre, chez les plus faibles.

On sait déjà que les pays africains de la zone franc sont dans l'obligation de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du trésor français. Aller plus loin dans ce système et l'élargir est donc du domaine des éventualités qu'on ne peut écarter. Comme cette éventualité que la crise systémique n'a pas d'autres alternatives que l'effondrement ou la prédation. Tant que c'est encore possible, même virtuellement, nous allons assister à un regain de férocité des " grandes démocraties ". Le temps presse et les périls montent à l'intérieur de leurs frontières. Sauf si les Libyens refroidissent définitivement leurs ardeurs guerrières.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM

jeudi, 04 août 2011

A CONTRE-COURANT DE L'HISTOIRE

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Si l’on en croit les idéologues officiels du régime Ouattara, la Côte d’Ivoire devrait se réjouir comme un seul homme. Et pour cause: notre bien-aimé Chef d’Etat est allé aux Etats-Unis où il a rencontré – accompagné de trois autres de ses pairs francophones, avec qui il était convié au sommet du G8 – Barack Obama. Dans le bureau ovale! Des “pluies de milliards”viendront donc du pays de l’oncle Sam. Elles nous sauveront de nos propres turpitudes, notamment de la faillite programmée de notre économie, elle-même liée à neuf ans de guerre sauvage pour le pouvoir et à la destruction systématique de l’outil de production national par qui nous savons.

 

Sauf que… il y a un hic ! Le président de la première puissance mondiale a reçu ses homologues africains alors qu’il était tourmenté lui-même par une question qui angoisse toutes les places du marché du monde développé. Celui du “plafond de la dette” américaine. Les parlementaires américains s’étripent autour de cette thématique. Les Démocrates veulent que le montant maximum de l’endettement américain, déjà relevé huit fois en dix ans, remonte encore. Ce n’est en effet qu’en “prenant crédit” que l’Etat central peut payer ses différentes charges. Les Républicains, adversaires d’Obama, exigent qu’en contrepartie, des économies substantielles soient faites – que certaines dépenses, notamment sociales, soient annulées. Cette polémique – qui se règlera sans doute dans les heures qui viennent – témoigne en tout cas de l’état économique des Etats-Unis. Elle montre la première puissance mondiale telle qu’elle est. Une nation financièrement essoufflée, tenue en laisse par ses créanciers – notamment les très économes Chinois, premiers détenteurs des bons du Trésor américain.

En gros, ceux qui nous prêtent de l’argent en empruntent eux-mêmes massivement auprès de pays plus liquides. Nos “sauveurs” cherchent eux aussi à être sauvés. L’Occident est en crise. Et si les Européens ont tout mis dans la balance pour que la Française Christine Lagarde succède à Dominique Strauss-Kahn, c’est parce qu’ils espèrent que l’institution sera plus compréhensive envers ceux d’entre eux qui “mériteraient” un programme d’ajustement structurel aussi violent que ceux auxquels l’Afrique a été soumise. La Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne… et demain l’Italie ou la France?

Sur le “vieux continent”, l’effet contagieux de la “misère du monde” va du Sud vers le Nord. Avec d’autres indices, il témoigne d’un changement des équilibres économiques mondiaux. Au détriment de l’Occident. Au profit des pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et dans une moindre mesure la Russie et l’Afrique du Sud. Les Ivoiriens, aveuglés par leurs querelles autochtones, ne peuvent pas ne pas voir ce mouvement de fonds mondial. En réalité, la guerre que nous avons vécue et la reprise en main brutale qui va jusqu’à l’installation à la Présidence d’un conseiller économique français chargé officieusement d’orienter au “bon endroit” un peu de “gras”, témoigne de la tentation occidentale d’instrumentaliser la seule supériorité intangible qui lui reste – la supériorité militaire – pour se faire “respecter” dans la jungle des échanges économiques internationaux. Et pour garder quelques marchés captifs. L’invasion de la très lucrative Libye, sous le faux nez d’un Conseil National de la Transition (CNT) fantoche, relève de la même logique implacable.

Le temps d’Houphouët-Boigny ne reviendra donc jamais. La Françafrique traditionnelle a prospéré pendant l’époque des “trente Glorieuses”. Elle était une relation de sujétion stratégique entre un pays riche ayant encore les moyens de sa politique et un “dominion” sous-peuplé et doté de richesses encore inexploitées. Aujourd’hui, nous avons en face de nous les responsables politiques de nations déclassées qui doivent résoudre leurs problèmes chroniques de dette et de compétitivité, et qui veulent se rassurer en faisant des “coups” vite rentabilisés. Or, pour créer les conditions d’une croissance qui peut relever le défi de notre poussée démographique, il nous faut autre chose que des “grands-frères” voulant nous recoloniser pour s’en sortir eux-mêmes.

La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui assume jusqu’à la caricature sa sujétion à la “communauté internationale” occidentale, va clairement à contre-courant de l’Histoire. L’Afrique doit aujourd’hui relever le défi de la stabilité de ses Etats – ceux qui nous dirigent actuellement n’ont cessé de déstabiliser l’Etat quand ils étaient dans l’opposition et s’appuient aujourd’hui sur leur statut de “chouchous” de l’Occident pour refuser de faire les gestes qui renforceront la cohésion nationale. Donc, forcément, la solidité des institutions.

L’Afrique, convoitée pour ses richesses, doit se battre pour sa souveraineté, seule gage de multipartenariats fructueux pour elle. Parce qu’il bénéficie pour l’instant du soutien de la France, Alassane Ouattara réclame le maintien du 43ème BIMA jusqu’à prétendre, devant des journalistes français, que l’Algérie – où l’Occident mène la guerre contre les Islamistes – est à nos portes. Les choses sont pourtant claires. A ce moment précis de l’évolution de l’histoire, un dirigeant africain ne peut à la fois enrichir son peuple et complaire à l’Occident. Il faut choisir. Alassane Ouattara a choisi, et son choix est connu de tous. Nous lui souhaitons bien du courage.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

LIBYE – LE DRAPEAU VERT FLOTTE SUR BENGHAZI

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Bon ramadan à tous !

Tous les médias sans exclusive vous disent que les renégats de Benghazi ont mené, hier, un raid meurtrier contre un groupe pro-Kadhafi à Benghazi. Balivernes. Il n’en est rien. La vérité est ailleurs. Il s’agit plutôt de dissensions persistantes au sein du Conseil national de transition (CNT). En réalité, le peuple de l’est, favorable aux petits d’esprits qui ont cru qu’en prenant les armes, ils allaient faire tomber le « tigre de papier » aka Mouammar Kadhafi, selon la dialectique de Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT, se rebiffe.

Hélas, le peuple de l’est de la Libye, qui croyait que ces soldats de pacotille allaient leur apporter le bonheur, se rend bien compte qu’il vit sous la terreur et ne comprend pas pourquoi la « liberté » qu’on leur a promis n’arrive toujours pas. Au contraire même, le régime d’épouvante qui l’assaille et de loin pire que le précédent. Du coup, il s’élève contre l’oppression instituée par le CNT. Pour peu qu’on dénonce ses méthodes, la direction qui serait l’institution qui apportera la démocratie à la Libye, ordonne directement votre liquidation.

Les éditocrates de nos médias « meastream » ne parlent plus de la Libye. Sarkozy qui sera à Cap Nègre cet après-midi après le dernier Conseil des ministres avant les vacances, ne dira rien sur la Libye alors que Benghazi s’enfonce crescendo dans l’horreur. Désormais, tout le monde a peur de tout le monde. Quand les médias parlent de pro-Kadhafi, il s’agit simplement de ceux qui s’élèvent contre le CNT. Mais, personne ne vous dira que les rues de Benghazi ne fleurissent plus de drapeaux français. Le flambeau de la rébellion et/ou royaliste, un détail qu’oublie volontairement de préciser les clowns de Benghazi, n’est plus aussi présent. A nouveau, le drapeau vert, le drapeau de la vraie Libye, et non celle de la traîtrise, flotte. Il fait un retour spectaculaire et Mouammar Kadhafi doit boire du petit lait.

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Les kadhafistes sèment la terreur à Benghazi ? Les heurts d’hier dans la ville étaient-ils réellement entre pro-Kadhafi et renégats ? Que nenni. C’est l’ultime subterfuge pour se sortir du pétrin dans lequel se sont mis les supports de la rébellion. Mais, ce n’est pas seulement à Benghazi que des pans entier de la population font à nouveau de leur étendard, le drapeau vert. Des manifestations sont signalés à Al Baïda, (ville de naissance du renégat en chef Moustapha Abdeljalil) ou même à Tobrouk où, les marcheurs brandissent encore et toujours le drapeau vert. Cherchez l’erreur ! L’est libyen n’est même pas encore aux mains de anti-Kadhafi, leur bastion soit disant mais, les médias ne cessent de nous parler de l’avancée de ceux-ci vers Tripoli. Fichtre.

Actuellement, excusez du peu, de nombreux lieux, des tribus, les plus importantes, se lèvent comme un seul homme  contre l’oppression des pseudo rebelles dans l’est libyen. Les cas les plus significatifs viennent de Benghazi ou, les quartiers de Hailkish et de Haísalama, ont complètement orné leurs maisons de la bannière verte. Mais qui a dit que l’avenir de la Libye se conjugue sans Kadhafi ? Et de quel droit d’ailleurs ?


Allain Jules

 

Source : ALLAIN JULES.COM

lundi, 01 août 2011

IMPERIALISME HUMANITAIRE: L'OTAN BOMBARDE LES EMETTEURS DE LA TELEVISION LIBYENNE

 

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Alors que la rébellion libyenne accuse le coup après l'assassinat du général Abdel Fattah Younès, l'Otan a voulu "réduire le colonel Kadhafi au silence" en bombardant, dans la nuit de vendredi à samedi, trois émetteurs de la télévision libyenne. Par Dépêche (texte).


AFP - L'Otan a annoncé samedi avoir mené une série de frappes de précision contre trois émetteurs de la télévision libyenne afin de "réduire le colonel Kadhafi au silence".

"Il y a quelques heures, l'Otan a réalisé des frappes aériennes contre trois centres émetteurs satellitaires de la télévision libyenne (...) avec l'objectif d'empêcher le colonel Kadhafi de l'utiliser pour intimider et inciter à mener des actes de violences contre sa population", a expliqué l'Alliance dans un communiqué.

"Ces frappes ont utilisé des bombes guidées", a précisé le porte-parole de l'Otan, le colonel Roland Lavoie.

"Nous sommes en train d'analyser les résultats", a-t-il ajouté.

"Notre intervention était nécessaire car la télévision est utilisée par le régime pour opprimer les populations civiles. Kadhafi se sert de ses interventions télévisées pour instiller la haine entre les libyens et mobiliser ses partisans", a accusé le porte-parole de l'Otan.

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"Conformément à notre mandat qui vise à protéger les populations civiles, nous avons dû agir. L'opération a été soigneusement préparée pour éviter de faire des victimes et avec l'intention de ne pas détruire toutes les infrastructures de la télévision libyenne", a-t-il indiqué.

"Les frappes ont ciblé ces antennes satellitaires pour réduire la capacité du régime d'opprimer la population sans priver les Libyens des infrastructures de la télévision qui seront nécessaires après le conflit", a conclu le porte-parole dans son communiqué.

Au moins une dizaine d'explosions, puissantes mais lointaines ont été entendues vendredi peu après 22 heures (20H00 GMT) depuis le centre ville de Tripoli, a constaté un journaliste de l'AFP.

Entre 1H00 et 2H00, de nouvelles explosions ont été entendues, notamment dans le secteur de la résidence du colonel Mouammar Kadhafi, au centre de Tripoli, faisant trembler l'hôtel abritant les correspondants de la presse internationale, pas loin de la résidence.

Un bandeau de la télévision libyenne a indiqué que "Tripoli est actuellement la cible de raids de l'agresseur colonianiste croisé", en allusion à l'alliance atlantique.

Un animateur de la télévision Al-Jamahiriya a précisé par la suite que le siège de la télévision libyenne avait été touché par les raids, sans autre précision.


Source: FRANCE 24.COM

LA FRANCE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE

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Violemment dénoncée dans la presse, de plus en plus vilipendée par la société civile, la cote de la France est en chute libre en Afrique. Retour sur un phénomène qui a véritablement commencé au début des années 90 et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Roland Désiré Aba’a est un jeune fonctionnaire gabonais. Il est membre du Conseil économique et social (CES). Le 14 juillet, il a entamé à Libreville, la capitale, une grève de la faim sur la place publique, pour dénoncer la mainmise de la France sur son pays:

«Si la perte de ma vie peut contribuer à démontrer aux yeux du monde que le Gabon est confisqué par la France, je descendrais heureux dans ma tombe.»

Le 14 juillet est une date symbolique: c’est la fête nationale française.

Plus précisément, Roland Désiré Aba’a formule trois exigences pour solder les «préjudices causés à son pays par la France»: l’annulation totale de la dette extérieure du Gabon vis-à-vis de Paris, le démantèlement de toutes les bases militaires françaises au Gabon, et la renégociation des accords qui lient les deux pays. Soutenu par des ONG locales, son combat commence à émouvoir un nombre croissant de ses concitoyens.

Un fait inédit au Gabon

Sans en exagérer la portée, cette mise en cause spectaculaire de la France au Gabon est un fait inédit. Le pays fait en effet partie du club fermé des meilleurs amis de la France en Afrique. Jusqu’à son décès en juin 2009, Omar Bongo Ondimba qui l’a dirigé pendant quatre décennies était considéré comme le bras droit de Paris, après le décès en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire.

Tumba Alfred Shango Lokoho, originaire de République démocratique du Congo enseigne l’histoire des civilisations et la géopolitique africaines à l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Pour lui, c’est le signe que l’élection présidentielle controversée d’août 2009 reste encore en travers de la gorge de beaucoup de Gabonais.

Avec un peu plus de 42% des suffrages, Ali Bongo, ostensiblement soutenu par Robert Bourgi, l’un des conseillers occultes du président français Nicolas Sarkozy, avait été déclaré vainqueur. Succédant ainsi à son père Omar Bongo Ondimba à la tête de ce petit «émirat pétrolier» d’Afrique centrale.

«Le monde a changé. On le voit bien avec ce que l’on appelle le printemps arabe. C’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes sont informés par la télévision, Internet et les téléphones portables. Ils connaissent davantage le monde et aspirent à voir évoluer les sociétés dans lesquelles ils vivent», explique Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique et directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le sentiment antifrançais ne se cache plus

Le Gabon vient ainsi à son tour grossir les rangs des pays africains où un sentiment antifrançais va crescendo. Et qui transparaît de plus en plus au travers d’éditoriaux au vitriol de la presse africaine. Celle-ci saisit la moindre occasion pour tirer à boulets rouges sur le «pays des droits de l’homme». Après la chute de Laurent Gbagbo, les journaux qui le soutenaient s’étaient déchaînés contre la France, qu’ils ont accusée d’avoir chassé leur champion du pouvoir et installé à sa place Alassane Ouattara. Ils ne sont plus seuls à vouer Paris aux gémonies.

«Après avoir participé au défilé militaire du 14 juillet, aux côtés de Nicolas Sarkozy, François Fillon s’est envolé pour une tournée en Afrique. S’agissant de la Côte d’Ivoire, cette visite prend l’allure d’un service après-vente», a persiflé le journal burkinabè l’Observateur Paalga dans sa livraison du 15 juillet dernier.

Et d’enfoncer le clou: «Après Abidjan, cap sur Libreville, un autre pion important du pré carré français. A défaut du fou pressé, pardon, du sous-préfet [Nicolas Sarkozy, ndlr], c’est Fillon le garde-cercle qui fait le tour des pâturages les plus luxuriants de son domaine.»

La Nouvelle Tribune, un quotidien béninois n’était pas en reste:

«Mensonges politiques. Mensonges diplomatiques. C’est ce qu’il s’est empressé au lendemain de la célébration de la fête nationale française de venir servir aux Africains. Pourtant, à l’exception du Ghana, par les destinations qu’il a choisies pour sa tournée africaine, le Premier ministre français a laissé entrevoir la contradiction entre ses discours et ses actes».

Du 14 au 17 juillet, le chef du gouvernement français s’est rendu en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Ghana.

La France enchaîne les maladresses

Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, un vent de démocratie venu de l’Europe de l’Est avait déferlé sur l’Afrique subsaharienne. Une occasion saisie par l’intelligentsia africaine pour fustiger la Françafrique, cette relation complexe et ambiguë faite de raison d’Etat, de lobbies et de réseaux politico-affairistes entre la France et ses ex-colonies africaines. Et qui s’est souvent traduite par le soutien de Paris à des régimes peu recommandables et à la légitimité discutable.

Le reste des populations africaines a emboîté le pas à ses élites au début des années 2000, lors des crises au Togo et en Côte d’Ivoire. Mais jamais la mise en cause de Paris n’a été aussi forte et spectaculaire qu’aujourd’hui.

Le paradoxe, c’est que cette dégradation sans précédent se produit avec le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis d’en finir avec la Françafrique. De fait, il a esquissé une timide réforme des accords de défense et de coopération militaires tant décriés entre Paris et ses alliés africains, histoire de les rendre «plus transparents et plus modernes».

Le problème, c’est qu’il a commis quelques bévues qui ont totalement annihilé ces petits pas dans la bonne direction. La plus spectaculaire aura été le discours qu’il a prononcé le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal) dans lequel il a affirmé que «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

«Une véritable catastrophe, qui prouve d’ailleurs une totale méconnaissance de l’Afrique de sa part. D’autant qu’il l’a prononcé devant des historiens sénégalais qui comptent parmi les meilleurs en Afrique et dans le monde. L’intervention militaire de la France en Libye sans que la diplomatie française se soit concertée avec l’Union africaine a été une maladresse de plus», indique Philippe Hugon.

Autre impair grossier de la part du locataire de l’Elysée, la poignée de main entre Karim Wade, le fils du chef de l’Etat sénégalais et le président américain Barack Obama lors du sommet du G8, le 27 mai dernier à Deauville, dont il a été l’initiateur. En Afrique en général et au Sénégal en particulier, elle a été perçue comme une preuve supplémentaire de la préparation d’une «succession dynastique» avec la complicité active de l’ancienne puissance colonisatrice.

«Les Africains entretiennent avec la France une relation d’amour-haine empreinte d’une certaine schizophrénie, tempère Tumba Alfred Shango Lokoho.

Dans le fond, ils ne la détestent pas vraiment. Avec elle, ils se comportent en amoureux très exigeants. Ils veulent qu’elle soit parfaite et ne lui pardonnent pas la moindre incartade. Quand elle prend ses distances, ils le lui reprochent. Et quand elle s’intéresse d’un peu trop près à leurs affaires, ils s’en émeuvent», analyse-t-il.

Une relation amour-haine

Depuis leur indépendance en 1960, les liens entre Paris et ses anciennes colonies sont en effet très complexes. La France n’est jamais tout à fait partie du continent noir. L’idée du général de Gaulle était simple: donner l’indépendance aux Africains puisqu’ils la réclamaient, tout en continuant à contrôler les matières premières dont regorge leur continent. Une politique poursuivie sans état d’âme par ses différents successeurs.

«Pendant très longtemps, Paris s’est très fortement engagée en Afrique, par le biais d’accords bilatéraux, dans toute une série d’opérations très importantes y compris militaires, pour défendre son pré carré.

Elle dépensait sans compter dans la mesure où il s’agissait d’octroyer des aides à des entreprises françaises. D’autant qu’elle était sûre de bénéficier d’un retour sur investissement à travers les bénéfices engrangés par ces dernières», a confié en avril 2010 au magazine panafricain Continental Jean-Pierre Dozon, anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Afrique.

Lorsqu’il a été élu pour la première fois président de la République, le socialiste François Mitterrand avait promis de mettre fin à cet héritage encombrant de plus en plus dénoncé par nombre d’Africains. Une promesse qui n’a pas fait long feu. Pire, c’est même sous son mandat que la France a connu l’une des pages les plus noires de son histoire en Afrique, lorsqu’elle a apporté, entre 1990 et 1994 au Rwanda, son soutien au régime hutu qui allait planifier et mettre en œuvre le génocide.

«La France a commis et commet encore des erreurs en Afrique. Mais attention à ne pas en faire le bouc émissaire de tous nos problèmes, nos insuffisances et nos malheurs», estime Tumba Alfred Shango Lokoho.

 

Valentin Hodonou


Source: IVORIAN.NET

mercredi, 27 juillet 2011

VOICI POURQUOI BUSH, OBAMA, SARKOZY, BAN-KI-MOON, CHOI ET AUTRES NE SERONT JAMAIS POURSUIVIS POUR CRIMES DE GUERRE, GENOCIDE OU CRIMES CONTRE L’HUMANITE

 
 
 
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L'ALLIANCE ATLANTIQUE


- A tous les chefs d'états africains
- A tous les gouvernements des états africains

- A tous les ambassadeurs africains dans le monde

- Aux armées africaines en Afrique
- A toutes les agences de presse africaine dans le monde

- Au président Barack Obama
- Aux grandes écoles africaines en Afrique

- Aux universités africaines en Afrique
- Aux lycées africains en Afrique

 

Selon un document confidentiel et découvert au «Musée royal de l’Afrique centrale», à Tervuren (1), une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand, les Occidentaux avaient déjà programmé l’exploitation des pays pauvres et le massacre de leurs habitants depuis la « traite négrière » à Washington. Le document historique qui suit est la preuve que les dirigeants occidentaux ne seront jamais poursuivis pour tous les crimes qu’ils commettent dans le monde.

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LA CHARTE DE L’IMPÉRIALISME

La présente «charte» a été élaborée à Washington pendant la «traite négrière», ensuite discrètement négociée à la «Conférence de Berlin en 1885» pendant que les puissances occidentales se partageaient l’Afrique ; renégociée secrètement pendant la création de la « Société des Nations», l’ancêtre de l’«ONU» et à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale. Source: «Musée de Tervuren et envoyé par : Jean-Jacques Ngangweshe».

I. DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 1° : De la Devise : - Devise de l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde.


Article 2° : Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant.


Article 3° : Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous, qui l’exerçons par la pression sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice.

Article 4° : Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde.

Article 5° : Tous les dictateurs doivent mettre leurs fortunes dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts. Cette fortune servira de dons et crédits accordés par nous comme assistance et aide au développement aux pays du tiers-monde.

II. DU RÉGIME POLITIQUE

Article 6° : Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n’émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelles que soient sa forme et sa légitimité.

Article 7° : Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître.

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III. DES TRAITES ET DES ACCORDS

Article 8° : On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté.

Article 9° : Tout accord conclu avec un autre pays ou une négociation sans notre aval est nul et de nul effet.

IV. DES DROITS FONDAMENTAUX

Article 10° : Là où il y va de nos intérêts, les pays du tiers-monde n’ont pas de droit; dans les pays du sud, nos intérêts passent avant la loi et le droit international.

Article 11° : La liberté d’expression, la liberté d’association et les droits de l’homme n’ont pas de sens dans le pays où les dirigeants s’opposent à notre volonté.

Article 12° : Les peuples du tiers-monde n’ont pas d’opinion ni de droit, ils subissent notre loi et notre droit.

Article 13° : Les pays du tiers-monde n’ont ni culture ni civilisation sans se référer à la civilisation occidentale.

Article 14° : On ne parle pas de génocide, de massacre ni de « crimes de guerre » ou de « crimes contre l’humanité » dans les pays où nos intérêt sont garantis. Même si le nombre des victimes est très important.

V. DES FINANCES PUBLIQUES

Article 15° : Dans les pays du tiers-monde, nul n’a le droit de mettre dans leurs banques un plafond d’argent fixé par nous. Lorsque la fortune dépasse le plafond, on la dépose dans l’une de nos banques pour que les bénéfices retournent sous forme de prêts ou d’aide économique au développement en espèce ou en nature.

Article 16° : N’auront droit à l’aide précitée que les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes et nos valets.

Article 17° : Notre aide doit être accompagnée de recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde.

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VI. DES TRAITES MILITAIRES

Article 18° : Nos armées doivent être toujours plus fortes et plus puissantes que les armées des pays du tiers-monde. La limitation et l’interdiction d’armes de destruction massive ne nous concernent pas, mais les autres.

Article 19° : Nos armées doivent s’entraider et s’unir dans la guerre contre l’armée d’un pays faible pour afficher notre suprématie et nous faire craindre par les pays du tiers-monde.

Article 20° : Toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

Article 21° : Toute opération d’évacuation des ressortissants des pays Occidentaux cache notre mission réelle, celle de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

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VII. ACCORDS INTERNATIONAUX

Article 22° : L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts.

Article 23° : Notre objectif est de déstabiliser et détruire les régimes qui nous sont hostiles et installer nos marionnettes, sous la protection de nos militaires, sous la couverture de mandats des forces de l’«ONU ».

Article 24° : Les résolutions de l’« ONU » sont des textes qui nous donnent le droit et les moyens de frapper, de tuer et de détruire les pays dont les dirigeants et les peuples refusent de se soumettre à nos injonctions sous la couverture des résolutions du Conseil de Sécurité de l’« ONU».

Article 25° : Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la misère, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller à travers les Missions des Nations Unies.

Article 26° : Notre règle d’or est la liquidation physique des leaders et dirigeants nationalistes du tiers-monde.

Article 27° : Les lois, les résolutions, les cours et tribunaux des « Nations-Unies » sont nos instruments de pression contre les dirigeants et les leaders des pays qui défendent les intérêts de leurs peuples.

Article 28° : Les dirigeants des puissances Occidentales ne peuvent être poursuivis, arrêtés ni incarcérés par les cours et tribunaux de l’«ONU», même s’ils commettent des « crimes de guerre », des « génocides » ou des « crimes contre l’humanité ».


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(1) À Tervuren se trouve le « Musée royal de l’Afrique centrale », Tervuren (anciennement Tervueren et également en français) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain (les autres sont situées dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde).

mardi, 26 juillet 2011

LA CPI DESAVOUEE

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Après des mois de «révolution» en Libye, l'OTAN commence à comprendre qu'on ne fait pas de révolution à la place des peuples. Ce qui est une bonne chose pour l'Afrique, qui a fini par sortir de son mutisme et qui s'est permis de ne pas hurler avec les loups. L'OTAN ne dit pas qu'elle s'est rendue compte qu'elle s'est fourvoyée dans une guerre sans fin et que son Conseil National de Transition est une bande d'opportunistes qui  n'iront pas loin. Elle se met juste à amorcer des retraits mesurés de façon à ne pas trop perdre la face. Même si elle consacre son CNT comme «seul et légitime représentant du peuple libyen».

Mouammar Kadhafi peut désormais ne pas quitter la Libye et y élire résidence. On peut se révolter devant un tel délit d'arrogance, qui autorise des puissances étrangères à décider à la place d'une population de qui doit la diriger, mais c'est pire que cela. On sait que la Cour pénale internationale, cette instance de justice pour indigènes, a mis Kadhafi en accusation ; ce serait lettre morte pour les maîtres du monde. Ils passent l'éponge sur la décision de la juge qui, si elle a la moindre miette de dignité, devrait démissionner, faute de pouvoir dédire Obama et ses affidés. Elle n'en fera rien, parce qu'aucune décision de ce type ne peut être prise sans une injonction. Maintenant on le sait. Il fallait une preuve pour les nigauds qui croient à la justice internationalisée, elle est là dans tout son cynisme.

Un problème surgit avec ce que certains vivent en coup de théâtre. Même si le colonel Kadhafi refuse de «bénéficier» de cette faveur. Il ne sera plus possible pour la CPI de conserver sa crédibilité pour autant qu'elle en ait une. Et ce n'est pas une simple question de jurisprudence, plutôt de validité d'une institution qui apparaît au grand-jour en tant qu'arme de guerre contre ceux qui veulent résister à la domination.

Kadhafi, après avoir été «déligitimé», lui et son entourage, après avoir été sommé de partir dès les premières heures de la mise en branle de l'opération CNT, après avoir été mis sous mandat d'arrêt international, est «autorisé à rester en Libye». Au passage, il semble que cela n'a pas plu à Bernard-Henri Lévy qui est sorti de ses gonds (oui, il gère de près et au plus haut niveau les affaires du CNT). Malheureusement pour lui, les Etats-Unis ont pris le dossier en main depuis une semaine ou plutôt ont rappelé à leurs satellites qu'ils étaient les maîtres. Le «Guide» se voit donc offrir une atténuation des mesures qui pesaient sur lui.

Dans le même temps, on est en présence du douloureux aveu  que les massacres et les destructions des infrastructures et du patrimoine d'un peuple n'ont servi à rien. Ce qui rend plus pathétique cette façon aussi grossière que désespérée de vouloir obtenir la défaite d'un homme, quand il s'agit désormais de la lutte d'un peuple. Tant l'aveuglement est total et tant le peuple n'a jamais été concrètement envisagé. On en vient à la condition posée. Il faudrait qu'il se retire de la vie politique. Tout est dit. Il faut assurer au CNT le pouvoir, tout le pouvoir, alors  que Kadhafi dans un regain de patriotisme des Libyens est devenu le symbole de la résistance.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

samedi, 23 juillet 2011

POUR UN AUTRE PARADIGME DES RELATIONS FRANCE-AFRIQUE, OU LA FIN DU MODELE FRANÇAFRICAIN


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Les années et les responsables politiques français passent. La mise en coupe réglée et les relations paternalistes, quasi mafieuses, liant la France et le continent africain, demeurent.

Nicolas Sarkozy, dans une de ses déclarations emplie de démagogie, où il fit une nouvelle fois l'illustration de sa piètre connaissance de l'Afrique et de l'histoire, avait affirmé que la France n'avait pas besoin de l'Afrique (1).

Voilà en une phrase résumé le paradigme (modèle) des relations France-Afrique. Au-delà de la saillie blessante et injurieuse pour ses hôtes maliens, elle mettait en évidence le cadre flou, teinté de paternalisme et de condescendance, dans lequel s'est inscrite la politique initiée par le Général de Gaulle au lendemain de la libération.

Les effets de cette « vision », le nègre d'Afrique francophone n'a cessé depuis lors de les observer et de les subir. Le nègre de Côte d'Ivoire les observe et les subit aujourd'hui même, dans les rues d'une Abidjan dévastée et livrée à des chefs de guerre.

Plaçant la question de la relation entre la France et ses ex-dépendances dans le cadre étroit et unilatéral de ses besoins supposés et évidents, le propos escamotait la véritable nature du lien vassalique et spoliateur unissant l'État français et ses ex-colonies.

Ceci est compréhensible, car comment expliquer aux français que la devise de leur pays en Afrique n'est pas Liberté-Égalité-Fraternité mais bien Pillage-Violence-Mensonge ?

Une exception culturelle bien française.

Pour ceux des commentateurs politiques français  qui se complaisent dans l'usage immodéré de la symbolique et qui substituent à une véritable analyse une catégorisation simpliste et erronée de l'action du politique, Nicolas Sarkozy n'est pas un gaulliste. Si la politique de classe, favorable aux milieux aisés et fortunés, qu'il a imposée aux français depuis son accession au pouvoir en 2007 renforce cette lecture, sa politique africaine, cristallisée par la guerre coloniale qu'il a menée en  Côte d'Ivoire, le place comme héritier de ce que nous appellerons, le Gaullisme africain et qui n'est autre que l'institutionnalisation du vol, de la corruption et de la violence la plus abjecte sur le continent noir.

Que ces pratiques aient été mises en place au lendemain de la libération  pour permettre à une France exsangue et marquée du sceau de l'infamie, du fait de son rapprochement avec le Reich, de retrouver son rang de puissance planétaire, importent peu aux citoyens français honnêtes ou aux africains qui en sont les victimes.
La fin ne justifie pas toujours les moyens, notamment lorsque l'équation intègre dans ses paramètres  la vie et la liberté d'hommes et de femmes qui n'eurent pour seul tort que de naître sur un continent immensément riche, balkanisé en 1884 à la Conférence de Berlin de sinistre mémoire ...

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Le concepteur et le maître d'oeuvre de la Françafrique

Le double langage de l'hypocrite et criminel personnel politique français  a, depuis MM. De Gaulle et Foccart, empêché le peuple français de s'approprier et d'appréhender correctement la question de la relation de son pays avec  l'Afrique. La duplicité qui a été instituée depuis lors dans l'exposé des politiques à destination du continent noir brouille toute compréhension ou analyses correctes.

Et heureusement! Il ne fait aucun doute que le peuple français ne tolèrerait pas les pratiques empruntées à la criminalité organisée, qui régissent là-bas les comportements des officiels français.

On nous objectera avec naïveté ou mauvaise foi que rien n'est tout blanc ou tout noir, que la France n'a point d'amis, seulement des intérêts. Ecartons-nous pourtant de ces évidences de Lapalisse, car lorsque le paradigme dans lequel se développent les relations entre la France et ses ex-colonies se définit par l'absence absolue de moralité, fille d'un cynisme sans frein, par la corruption du cœur et de l'esprit de ses agents et une opacité totale, il ne faut point espérer qu'il en ressorte quelque bien, même symbolique.

Le droit de désinformer.

A cela, ajoutons l'incompétence et la mauvaise foi caractérisée des grands médias et de la majorité des intellectuels, en charge d'éclairer les français sur la complexité du monde africain.
Prenons pour exemple édifiant M. Pascal Boniface, géopolitologue, qui se plu lors d'une émission télévisée à évoquer l'hypothèse d'un troisième homme susceptible de ramener la paix et favoriser une transition politique dans le calme en Côte d'Ivoire (2).

Au regard de la situation prévalant entre MM. Gbagbo et Ouattara, le nom de l'homme providentiel souhaité par M. Boniface, le footballeur Didier Drogba, s'il peut prêter à sourire, démontre la légèreté avec laquelle sont traitées les questions africaines dans les médias, lorsque ce n'est pas une propagande éhontée et fallacieuse qui abrutit et aveugle le citoyen français.                                                                                                                                                    
BFM TV, qui est à la déontologie journalistique ce qu'Eric Besson est à la fidélité en politique, ou l'excité Robert Ménard, ignorant tout des sujets dont il parle selon lui «Sans interdit», en furent les meilleurs exemples, lors de la guerre coloniale menée par la France contre la Côte d'Ivoire. Ils se plaçaient ainsi dans la perpétuation de la tradition de  cécité du journaliste, voire de sa malhonnêteté face aux réalités des méfaits de la politique africaine de la France, instaurée par André Blanchet journaliste au Monde lors de la «pacification » du Cameroun (1955-1962).
Alors que les troupes françaises secondées par des supplétifs africains à la solde du sanguinaire et pro-français Ahmadou Ahidjo massacraient populations et maquisards upécistes, cette figure du journalisme d'alors n'y voyait qu'œuvre bienfaitrice, n'hésitant pas à escamoter une vérité sanglante, désinformant sciemment ses lecteurs, qui n'avaient d'autres sources d'informations (3).

Tout a donc été mis en œuvre pour que le citoyen, floué par les politiques, désinformé par les médias lorsqu'il n'est pas intoxiqué par leurs mensonges, ne puisse se forger une opinion sur ce que le gouvernement français peut accomplir en son nom sur le continent africain.

Un jeu de dupes.

Par ailleurs, le ressentiment légitime qui peut lui être signifié par les africains et les afro-français en réponse à cette politique criminelle, il ne peut le comprendre. Lui qui a été bercé depuis des temps immémoriaux par des comptines à dormir debout, idéalisant la bonté de la France à l'endroit de ces pauvres nègres qui se massacrent par tradition, ou meurent de faim  par inclinaison, ne peut saisir que l'on puisse mettre en doute la politique « humaniste » de son pays. Il est en fait, et dans une moindre mesure, une victime de cette politique du mensonge qui en moins de vingt ans a permis à notre pays d'être complice de génocide au Rwanda et (potentiellement ?) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire.

En France on n'a pas de pétrole, mais on a des groupes pétroliers.
En France on n'a pas d'uranium, mais on fabrique des centrales nucléaires.
En France on n'a pas de cacao, mais on produit du chocolat.
Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi n'est plus à toi ...
Le citoyen français  est  en droit de savoir quel prix paie l'homme africain pour qu'il puisse se gargariser d'être le ressortissant d'une grande puissance. Pourtant tout est fait pour qu'il ne se questionne pas.

Le décryptage des véritables ressorts de la politique africaine de la France est laissé aux militants associatifs, à quelques politiques renégats ou calculateurs, et à une intelligentsia noire qui, tous ensemble, ont perdu le pari de la vulgarisation de cette thématique, essentielle à une prise de conscience par la société française des enjeux s'y rapportant.

Un Front National

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Ensemble et en route pour la CPI?

L'omerta demeure la règle, et la vision fortement teintée de darwinisme qui imprègne la classe politique française quant à sa lecture des relations France-Afrique, n'aide pas à la popularisation de ce débat nécessaire. En France, on s'émouvra de la situation dans le monde arabe, d'une simple phrase naîtra un déchaînement des passions politiques et journalistiques (la proposition maladroite de notre regrettée Michelle Alliot-Marie devant la Représentation Nationale). Mais en France, on restera coi devant l'agression coloniale du gouvernement Sarkozy, mise en musique par le spécialiste de l'Afrique et des africains, le droit dans ses bottes Alain Juppé qui semble préférer l'africain, non pas droit dans ses sandales, mais raide et allongé dans sa tombe ...

Le Parti Socialiste, lui, ne s'est pas trompé en soutenant la guerre coloniale de Sarkozy-Lyautey, il a renoué en cela avec son glorieux passé, celui de la gauche coloniale qui au nom des Lumières importât les ténèbres en Afrique. La boucle est ainsi bouclée ...                                                        
Après avoir démontré le peu de cas, hormis bien sûr en  période électorale, qu'il peut faire des problématiques auxquelles font face les afro-français (son nègre de service Ali Soumaré en est un exemple saisissant), le Parti Hypocrite affiche sans honte son peu de soucis des répercussions des politiques françaises  en Afrique.

Il apparaît clairement que cette question, pourtant centrale, ne préoccupe ni les politiques dans leur majorité, pour raison de complicité avec le système mafieux hérité du gaullisme, ni les médias ignorants de l'Afrique ou des africains ou tout simplement aux ordres, et encore moins la société civile, désinformée et lobotomisée par une pensée dominante aux relents paternalistes.

Pornographie et démocratie.

Le bouleversement de ces pratiques ne viendra que de la partie de la population française qui est sensible à ces problématiques, parce qu'elle est originaire d'Afrique et que bien souvent elle y maintient des attaches. Il n'y a pas grand-chose à attendre ni des politiques, ni des médias. Ils ne peuvent initier une réflexion qui peut faire ressortir leurs insuffisances ou leurs mensonges. D'autant plus que le débat débouchera, sans nul doute possible, sur la mise en lumière de leur trahison des principes républicains et humanistes (principes plus souvent observables dans les propos que dans les actes des responsables en charge de mener les politiques en direction de l'Afrique).

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Vérité d'hier, d'aujourd'hui et de demain?

Et pourtant, le  changement du  modèle qui définit les rapports France-Afrique, ce que nous appelons le paradigme gaullien françafricain, est un impératif. La France et les français ne peuvent plus maintenir leurs avantages et leur rang en usant du triptyque, Pillage-Mensonge-Violence mis en place par Foccart à la demande de De Gaulle et perpétué par tous les présidents de la Vème République. Triptyque auquel Nicolas Sarkozy a rajouté une touche de vulgarité et d'obscénité. La pornographie de la politique que nous pouvions déceler dans les propos qu'il avait tenus à Bamako, il l'a revendiquée dans son discours tenu à Dakar, annonciateur de son interventionnisme colonial.  Il l'a magnifiée en se rendant à Yamoussoukro pour l'investiture du nouveau David Dacko, Alassane Ouattara, dernier préfet-sident en date installé au pouvoir par l'armée française.

Dans un discours qui n'a véritablement été commenté par aucun média français, qui n'a été condamné par aucun responsable politique, il a affirmé que l'armée française restera toujours en Côte d'Ivoire.
Quand nous expliquera-t-il que la Force Licorne coûte 500 millions d'euros par an, lui qui se veut le champion de la diminution des dépenses publiques ?
Expliquera-t-il à ses concitoyens pourquoi l'état français, qui n'a nul besoin de l'Afrique, y va gaillardement bombarder des civils et se salir les mains en soutenant des criminels de guerre ?
Expliquera-t-il que c'est simplement parce que la France pille l'Afrique ?
Rendra-t-il intelligible que les immigrés qu'il poursuit de sa vindicte et qu'il veut à tout prix renvoyer chez eux ne sont en France que parce que cette dernière leur ôte, pour bonne part, le pain de la bouche ?  Que la France soutient et arme les dictateurs qui briment ces mêmes africains ?
Qu'elle soutient et arme les rebelles qui vont chasser du pouvoir ces dictateurs qu'elle hier a soutenus et qui aujourd'hui ne lui plaisent plus ? Va-t-il expliquer aux français que ce sont ses amis qui bénéficient de façon éhontée de cette politique de rapine, de violence et de dissimulation ?
Que c'est ainsi depuis De Gaulle, et que c'est le prix de la « grandeur » de la France ?
Nous en doutons fortement...

Comme une évidence...

Pourtant la fin du paradigme gaullien françafricain doit, et sera évoqué lors de la campagne présidentielle et par tous les candidats, ce n'est pas une question de forme mais de fond. La France aujourd'hui est différente, elle ne peut donc plus, au nom de principes nobles mais dévoyés par des hommes sans moralité, continuer de se bâtir sur des monceaux de cadavres et au prix du retard de tout un continent. La fin du paradigme gaullien  françafricain ne découlera pas d'une volonté politique, mais bien d'une volonté populaire. La demande d'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur l'intervention de la force Licorne est une des étapes de la volonté citoyenne tendant à cet objectif (4).                                                                                                                
En parallèle seront prises initiatives similaires visant à faire figurer cette problématique en bonne place lors du débat politique qui s'annonce.

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Cette Afrique qui nous fait vomir...

Nul modèle n'est immuable, comme tout cadre intellectuel, il peut être amené à évoluer, voire disparaître. Tout porte à croire que le paradigme gaullien françafricain vit ses derniers moments. Nous devons et allons nous mobiliser pour l'accompagner dans la tombe, mais au préalable doit être défini le cadre dans lequel évolueront les relations futures de la France et de l'Afrique. Un cadre diamétralement opposé à cette vision gaullienne faisant la part belle à une hégémonie et à un lien vassalique à l'avantage exclusif de la France.

Pour ce faire, les États et Peuples d'Afrique, secondés en cela par leurs diasporas, doivent œuvrer de concert pour abattre ce que nous nommons les murs de la honte et de la soumission.
Ils sont au nombre de trois :


- Les accords de défense, nés des indépendances de principe octroyées par la France, conçus pour maîtriser les populations autochtones et garantir la sécurité de despotes nègres, laquais de l'ancienne métropole.


- L'abandon de cette monnaie de singe que constitue le franc CFA. La France n'a pas vocation à être  la tutrice des économies africaines ! La mauvaise tenue de ses comptes publics devrait amener les décideurs africains à se désolidariser de ce bateau ivre ...


- La cession sans réelle contrepartie des richesses du sol et sous-sol des États d'Afrique noire doit impérativement être revue. Nationalisation est un gros mot uniquement pour le spoliateur, c'est au contraire une déclaration d'amour impérative que doit faire à son peuple tout responsable politique africain qui se respecte.


Il est plus qu'évident que ce système qui maintient depuis des décennies tant de femmes et d'hommes dans l'étau et obère toute possibilité de développement et d'épanouissement n'a d'autre vocation que d'être fondamentalement combattu, repensé et bien évidemment remplacé. Cet objectif est aujourd'hui, au regard de la dramatique résolution de la crise ivoirienne, la priorité de tout africain, et par extension, des hommes et des femmes expatriés ou déracinés qui portent en eux l'amour de ce noble continent, berceau de notre humanité et laissé depuis trop longtemps en pâture aux chiens ...


Ahouansou Séyivé


(1) Lors d'un voyage à Bamako en 2006, le candidat Sarkozy avait gratifié ses hôtes maliens de cette déclaration d'une rare élégance et d'une grande diplomatie ...

(2) En décembre dernier, sur le plateau de l'émission C dans l'air de M. Yves Calvi (Talk-show politique de la 5), M. Boniface se permit de proposer Didier Drogba comme troisième homme susceptible d'unifier la Côte d'Ivoire. Zidane réglant la contestation née de la réforme du régime des retraites est une idée ne pouvant germer que dans l'esprit d'un fou ou incompétent, à plus forte raison celle d'un homme ne faisant pas l'unanimité dans un vestiaire d'équipe de football, mis à la tête d'un état au bord de la guerre civile ... Le souvenir des mines effarées des trois autres intervenants (M.  Keumayou Directeur de l'information de la chaîne Télésud, M. Dogui homme d'affaire ivoirien et M. Glaser fondateur de la Lettre du Continent), ne lasse pas de nous faire sourire...

(3) Se référer,  pour plus de détails, à l'excellente monographie de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tsatsitsa, Kamerun, paru aux éditions La Découverte en novembre 2010. A ce jour, ouvrage le plus abouti portant sur l'histoire de la décolonisation de l'Afrique noire en général et de la guerre d'indépendance du Cameroun en particulier ...

(4) Pétition et courriers adressés aux responsables politiques français consultables sur internet à cette adresse: Cliquer ICI

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCE

vendredi, 22 juillet 2011

QUAND LA FRANCE REGLE SES COMPTES: UN 14 JUILLET POUR LAVER L’AFFRONT D’UN AUTRE 14 JUILLET


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La France et Licorne, désormais maîtresses d'Abidjan

 

L'on se souvient encore de l'invitation adressée en 2010 par le président français Nicolas Sarkozy aux chefs d'Etats africains en vue de prendre part à la commémoration de la Fête nationale de la France, le 14 juillet 2010. Un 14 juillet africain, pour célébrer le Cinquantenaire des indépendances des pays du continent noir. L'on se souviendra aussi, et pour longtemps, du refus poli de la Côte d'Ivoire, par l'entremise de son représentant officiel, le très atypique président Laurent Gbagbo.

Expliquant les raisons l'ayant motivé à fêter le cinquantenaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire seulement en Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat ivoirien dira : « Je n'ai pas voulu être hypocrite en allant à Paris, le 14 juillet, pour faire défiler nos troupes alors qu'elles ont été accusées d'avoir tué des soldats français lors d'une opération que j'ai engagée pour libérer la Côte d'Ivoire de la rébellion », révélant même qu'il a fait connaître sa position à l'Ambassadeur de France. « Je lui ai dit que je n'irai ni à Nice, ni à Paris. » A en croire alors le Président Laurent Gbagbo, les blessures ouvertes entre la France et la Côte d'Ivoire au cours de cette crise n'étaient pas encore tout à fait cicatrisées pour qu'il se sente heureux à Paris, dans ces conditions. Son rôle, a-t-il dit, c'est de protéger le peuple de Côte d'Ivoire pour qui, il a été élu, nous rapportait le site Atouhou.net. Laurent Gbagbo se posait ainsi en défenseur de la renaissance d'une Afrique décomplexée.

Au moment où l'«hyper président» français montait inexorablement en galon devant ses pairs occidentaux et portait quasi officiellement la voix du très craint « Nouvel Ordre Mondial », décliner ainsi un honneur tout impérial fait au chef d'un pays anonyme comme la Côte d'Ivoire par la métropole dont il est le pré-carré passait pour être un affront. Un crime de lèse-majesté. Une impertinence qui devait absolument être lavée. Comment ? Nous le saurons bien vite : le 11 avril 2011, après 10 jours de bombardements intensifs de sa résidence présidentielle où s'étaient réfugiés enfants, petits-enfants en bas âge, parents et collaborateurs de Laurent Gbagbo, le président ivoirien, qui avait antérieurement fait l'objet de l'une des pires campagnes médiatico-politiques qui puissent être menées contre un chef d'Etat, sera renversé, au terme d'une crise postélectorale montée de toutes pièces par la communauté dite « internationale », aux ordres de la France et des Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy n'en reste pas là. Il lui faut envoyer un signal fort à tous les nationalistes et indépendantistes du continent noir sur sa détermination à n'autoriser aucun Etat africain francophone à sortir du giron gaulois. En renvoyant, par la même occasion, sa monnaie à l'impertinent Laurent Gbagbo.

C'est dans cette veine que s'inscrira la visite du chef du gouvernement français, le Premier ministre François Fillon. Et donc pas à n'importe quelle date : très exactement le 14 juillet 2011, jour de la Fête nationale de la République de France ! Une symbolique toute maçonnique. Au-delà du compte réglé à Laurent Gbagbo. Oui, cette symbolique est loin d'être fortuite. Elle comporte un message clair porté aux Ivoiriens : la France reprend totalement pied en Côte d'Ivoire. Comme au temps colonial. N'en déplaise à tous les pourfendeurs sclérosés de la Françafrique qui refusent de changer de vocabulaire et de « logiciel » (dixit Fillon) pour se mettre à l'ère sarkozyenne, en abandonnant « tous ces discours idéologiques, convenus, qui n'ont plus aucune réalité dans le monde d'aujourd'hui ». Nous n'avons pas, depuis le tristement mémorable discours de Dakar de Nicolas sarkozy, entendu propos plus méprisants pour ce peuple africain francophone captif d'une camisole de fer française depuis sa prétendue indépendance, dans les années 1960.

La France veut tout juste « aider la Côte d'Ivoire à assumer la plénitude de sa souveraineté (sic !) ». Une énigme toute française, une incongruité toute gauloise. Comment peut-on prétendre aider un Etat à assumer l'entièreté de sa souveraineté en y implantant justement une base militaire étrangère désormais chargée d'assurer la sécurité et la défense de son territoire (devoir régalien relevant, stricto sensu, de la seule souveraineté), une force étrangère dont les soldats assurent déjà celle du chef de l'Etat ? Honnêtement, où se trouve la souveraineté ? A moins que le sens de cette notion ait changé depuis peu, à notre insu.

La Côte d'Ivoire et les pays de la zone franc l'étaient déjà moins, avec une monnaie (abusivement considérée comme la leur), le franc CFA, propriété de l'Etat français. Y renforcer une présence militaire dénoncée de tous temps et qui était sensée être en voie de disparition - pour coller aux promesses de Nicolas sarkozy himself, au lendemain de son élection à la tête de l'Etat français - en plein 21 siècle, relève de la plus loufoque des logiques et du plus révoltant des parasitismes. On le voit bien, comme le dit un citoyen français, « la France n'a pas délaissé son tropisme gaullien vis-à-vis de ses ex-colonies ».

Autrement, comment comprendre cette désormais omniprésence de la France en Côte d'Ivoire, après qu'elle ait, au vu et au su du monde entier, bombardé un chef de l'Etat - fut-il africain - chez lui, avec son épouse, ses enfants et ses petits-enfants à peine sevrés, une dizaine de jours durant. Il faudra, un jour, qu'on puisse nous expliquer comment une telle inhumanité ait pu se faire et s'applaudir dans un monde adoubé civilisé. Une omniprésence totale, pour le reste de nos jours :

- partenariat dit « de référence » pour masquer un asservissement paré des plus beaux atours, auréolé d'élégance, et une main mise presqu'exclusive,

- conseillers politiques et diplomatiques auprès du président ivoirien, en son cabinet,

- attachés militaires pour formater et reconfigurer l'armée nationale au goût de l'Elysée,

- agents secrets pour passer au crible les appels téléphoniques et les SMS des Ivoiriens, et tracer leurs mouvements (la France en a une expertise reconnue dans le monde),

- appropriation du marché ivoirien par les entreprises françaises (dixit Monsieur Fillon, avec un triomphalisme et un bonheur mal dissimulés). Vive la renaissance de l'ère coloniale !

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Un hélico de Licorne, en pleine chaussée abidjanaise!

De toute cette armada bureaucratique et militaire, les citoyens français, « abusés et intoxiqués par leur gouvernement et leurs médias caniches » n'y voient que du feu. A la vérité, Nicolas Sarkozy veut se donner les moyens du tyran du livre de Job qui ne relâche plus sa proie. La Côte d'Ivoire est retournée dans l'escarcelle élyséenne et doit y demeurer pour la durée des temps. Dût-il lui imposer un chef de l'Etat « dénué de charisme et d'épaisseur politique », qui peine à payer ses propres fonctionnaires (sinon sur prêt français ; vous avez dit souveraineté ?) et à réconcilier des Ivoiriens déchirés.

Au surplus, la France peut-elle, sans se sentir roublarde, prétendre nous faire des prêts quand nous disposons dans le compte des opérations du Trésor français de la bagatelle de plus de cinq à six mille milliards de francs CFA (qui, du reste, en sait le montant exact ?), défalqués de nos recettes à l'exportation depuis les années 60 jusqu'à nos jours, pour garantir une factice parité avec le Franc Français, une monnaie aujourd'hui morte et inexistante, à l'ère de l'Euro ?

L'Hexagone paierait les salaires des fonctionnaires ivoiriens depuis fin avril 2011 (impensable sous Gbagbo !), à concurrence de - bientôt - 400 millions d'Euros, soient environ 263 milliards de francs CFA. Somme à rembourser par l'Etat ivoirien, le geste n'étant pas marqué du sceau de la philanthropie. Et pendant que nous y sommes, pourquoi la France ne nous rendrait-elle pas ne serait-ce que le tiers de cette cagnotte (avec les intérêts !) pour nous permettre de reprendre notre souffle, si tant est qu'elle nous aime tellement et qu'elle est soucieuse de nous permettre « d'assumer la plénitude de notre souveraineté » ?

On le voit bien, nous sommes enfarinés dans une hypocrisie protocolaire où la vérité et la réalité sont cachées aux Ivoiriens. Et de toute façon, pourquoi donc la France nous prêterait-elle de l'argent, elle qui est actuellement si mal en point, en grave récession économique et en déficit budgétaire depuis au moins trente ans, comme nous l'a appris récemment le président français, lors de sa quatrième conférence de presse de mandat ? A la vérité, le Trésor français nous prête notre propre argent, avec intérêt ! De quelle souveraineté nous parle-t-on alors ?

La France voulait la tête de Laurent Gbagbo, elle l'a eue. Elle lui a proprement rendu la monnaie de son outrecuidance du 14 juillet 2010. Et a désormais marqué son territoire, par son Premier ministre, François Fillon, le 14 juillet 2011. Bien malin qui pourrait prédire la date du retour de la Côte d'Ivoire à la liberté et à une vraie souveraineté ! Mais comme dit la maxime, on n'opprime pas un peuple, tout le temps. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In Le Nouveau Courrier N° 273 du jeudi 21 juillet 2011

LA FRANCE ET OUATTARA PREPARENT UNE GRANDE FRAUDE ELECTORALE A TRAVERS UNE OPERATION BAPTISEE «CODE D’HONNEUR»


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Lentement mais sûrement avec le soutien de la France, Ouattara est entrain d’asseoir sa dictature. Des manœuvres très obscures sont en cours dans ce sens à la CEI. Les nouvelles qui nous viennent de la « case » électorale si chère à Youssouf Bakayoko, sentent le soufre.


En effet, des commissaires centraux proches du RHDP ayant requis l’anonymat, nous ont approché pour nous faire des révélations de taille. Selon leurs dires, une opération d’envergure baptisée «  Code d’Honneur » pour la partie française ou NLC « Noyer Le Cafri » pour le RDR est en ce moment même en préparation pour être exécutée lors des différents scrutins électoraux à venir ; à savoir les législatives, les municipales et les départementales. Pour ces derniers, la visite du premier français François Fillon était d’une importance capitale pour cette opération.

Ils se disent choqués par ce qui se profile à l’horizon à savoir le retour au parti unique. Pour eux, bien qu’ils soient opposés au président Laurent Gbagbo, au moins sous lui, la démocratie avait tout son sens. Aucun parti politique n’avait le monopole des sièges toutes élections confondues. Mais avec l’opération en cours, le RHDP fera une razzia des sièges de tous les scrutins. De quoi s’agit-il ? Ces commissaires centraux nous ont révélés que Paris veut se « blanchir » de son coup d’Etat sur le président Laurent Gbagbo. Pour ce faire, il faut inévitablement que le parti de son poulain fasse un « tsunami » des sièges aux différents scrutins électoraux futurs. Cela lui permettra (la France) de justifier son coup d’Etat aux yeux du monde comme quoi Alassane Dramane Ouattara est le « vrai candidat du peuple » puisque sa coalition vient de rafler tous les sièges. Ce qui prouvera que le président Laurent Gbagbo lui avait volé sa victoire.

Ordre a été donné à Youssouf Bakayoko et à Y. Choï de tout mettre pour que cette exigence de Paris soit une réalité. Il a été promis à Youssouf Bakayoko, un poste de président à la tête d’une institution en création par Alassane Ouattara.

Quand à Amadou Soumahoro numéro deux de la CEI et récemment nommé secrétaire général intérimaire du RDR par Alassane Dramane Ouattara et Bamba Yacouba, ils seront nommés sauf changement de dernière heure, ambassadeurs ainsi que d’autres commissaires du RHDP au sein de ladite institution. Fillon avait dans sa délégation, le patron d’une entreprise spécialisée dans le traitement informatique de données biométriques. Elle travaillera avec la CEI, l’I NS et la SAGEM. Mais, elle aura une mission spéciale, celle d’insérer frauduleusement les 429.030 personnes que Beugré Mambé avait voulu insérer et qui lui avait coûté son poste ainsi que les 1.033.000 inscrits de la liste litigieuse dite « liste grise ». Il est reproché à la SAGEM d’avoir échoué dans cette initiative.

La composition de la CEI dans sa forme actuelle qui pose problème car coloriée à 96% en « orange » couleur du RHDP, a été soumise au premier français. Selon nos interlocuteurs, cette question a été balayée du revers de la main par François Fillon parce qu’il estime que la composition de la CEI résulte des accords de Marcoussis, et que ces dits accords ne seront caducs qu’après l’organisation de toutes les élections sous Alassane Dramane Ouattara. Voilà pourquoi, le président de la CEI procède depuis un certain temps au remplacement des commissaires de l’opposition par des commissaires RHDP sans être inquiété, pour lui ces derniers sont démissionnaires car ne répondant plus aux convocations de réunion. Pourtant nul n’ignore que ces commissaires de l’opposition sont soit à l’extérieur pour certains soit vivent terrés pour d’autres pour échapper à la furia des sanguinaires comme Morou Ouattara, Sheriff Ousmane, Ousmane Coulibaly et autres.

Nos hôtes du jour se disent tristes de voir le FPI se détourner de ce qui devait être son combat pour des querelles inutiles.

Les nombreux voyages de leur mentor dans la sous-région répondent à un seul souci ; les modalités du convoyage de certains nationaux de ces pays en Côte d’Ivoire en vue de participer aux différents scrutins électoraux. Ces derniers n’auront aucun mal à voter puisque leur carte nationale d’identité et leur carte d’électeur seront déjà confectionnées à partir de la « liste grise » et des 429.030 personnes frauduleuses. Leur seul effort sera de fournir leur photo d’identité.

L’ONUCI, en ce qui la concerne toujours selon nos interlocuteurs, est chargée de l’identification de tous ces étrangers (Noms & prénoms – Pays d’origine – Date d’arrivée -  lieu de déportation en C.I – etc.) et de leur répartition sur le territoire national. Une fois, le vote achevé, elle est chargée de leur retirer leur carte d’identité et d’électeur et ils seront transportés soit dans leur pays d’origine soit ils pourront rester mais avec leur carte d’identité d’origine. L’ONUCI sera épaulée dans sa tâche par certaines organisations humanitaires. Ce bétail électoral servira aussi longtemps que possible. Ce qui signifie un retour direct au parti sans passer par la case de départ.

Nous leur avons fait savoir que c’est cette méthode qui avait prévalu aux élections présidentielles passées. Nos commissaires nous répondu qu’elle ne sait pas passer comme cela se devait ce qui explique toutes ces irrégularités que les observateurs internationaux ont décrié. Pour eux, à ces deux tours des élections, il y a eu vote multiple par manque de votants physiquement présents. Puisqu’à cause de la crise, la population des zones CNO (Centre Nord Ouest) ayant considérablement diminué, il fallait des votants or les électeurs étrangers n’ont pas répondu massivement. C’est ce qui explique ces scores soviétiques dus aux votes multiples puisque ces illettrés de rebelles ne sachant pas faire la différence entre nombre d’inscrits et suffrages exprimés.

Mais, cette fois étant donné que le monde entier aura les yeux rivés sur ces élections pour savoir qui de Laurent Gbagbo et de Alassane Dramane Ouattara a la majorité, alors il faudra éviter les erreurs du passé. D’où la nécessité de la présence de ces étrangers le jour J dans les bureaux de vote. Toujours selon leurs explications, en marge du sommet de Malabo (Sommet de l’UA du 30 juin au 1er juillet en Guinée Equatoriale), des émissaires des présidents de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali, du Togo, du Bénin du Sénégal, du Libéria et même du Gabon se sont rencontrés pour peaufiner la stratégie. Chaque pays devra fournir en ce qui le concerne un nombre exact de ces nationaux ayant le profil requis (ne pas être trop marqué des traits sociologiques de son pays) pour l’opération. Le ministre ivoirien de l’Intégration Africaine Adama Bictogo et son homologue burkinabé des Affaires Etrangères Djibril Bassolé٭ sont les chevilles ouvrières de cette opération.

Le ministre burkinabé aura une visite de travail d’ici peu dans la capitale ivoirienne où il s’entretiendra avec nos autorités, l’ONUCI, et certaines organisations coptées pour ce plan funeste et macabre.

A la question de savoir, quelle était la source de leur motivation en dénonçant ce plan aujourd’hui, nos chargés des élections, nous ont dit être pris de remords. Alors, ils fallaient qu’ils libèrent leur conscience de ce fardeau. Et, comme eux, il y en a plusieurs au sein de leur institution et au sein de leur parti.

Avant de nous laisser, nos amis d’un jour, nous ont laissé entendre que le chef de l’Etat n’a pas l’intention de désarmer « ses guerriers mystiques » de sitôt. Il compte faire régner l’ordre par la terreur au fin d’empêcher les militants de l’opposition d’exercer librement leur devoir civique et aussi tuer toutes velléités de soulèvement populaire. Ses ministres et collègues dans la loge, Soro Guillaume et Hamed Bakayoko sont entrain de tailler notre armée sur mesure avec leurs frères du Nord et des mercenaires. Ils procèdent en ce moment même à la répartition dans tous les grands commandements de l’armée et de la police, des soldats burkinabés dit radiés mais qui en fait ne le sont pas. Ils sont dans notre armée et payés par l’Etat ivoirien. Ils disent qu’ils se sentiront soulagés lorsque leur révélation paraîtra dans les journaux pour être sus des ivoiriens et du monde entier.



Charles Tiekpo

tiekpocharles@yahoo.fr


٭ Initiateur de Soro Guilaume, Adama Bictogo, Sidiki Konaté, Hamed Bakayoko, Ahoussi Jeannot, Patrick Achi, Alain Lobognon, Anne Ouloto etc. et tous les chefs de guerre à la franc-maçonnerie.


Source: KOACI.COM