topblog Ivoire blogs

jeudi, 21 juillet 2011

PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA: NICOLE BORVO COHEN-SEAT, SENATRICE FRANÇAISE, ECRIT A ALAIN JUPPE



NICOLE BORVO COHEN-SEAT 2.jpg

Situation désastreuse des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire: La sénatrice de Paris écrit à Alain Juppé.


Madame Nicole Borvo-Seat, Sénatrice de Paris, Vice-présidente de la Commission des lois, a adressé le 20 juillet 2011 une lettre à Monsieur Alain JUPPE, Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et Européennes de Sarkozy. Je la partage avec vous. Toussaint ALAIN.

 

Monsieur Alain JUPPE
Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37, Quai d'Orsay
75007 Paris


Paris, le 20 juillet 2011

Monsieur le Ministre,

 

Je me permets d'attirer votre attention sur des situations constatées en Côte d'Ivoire par des organismes de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International.

Selon ces associations au moins 50 personnes ont été placées en détention sans avoir été inculpées par les autorités ivoiriennes à la suite de l'arrestation de Laurent Gbagbo il y a trois mois.

Parmi eux figurent des hommes politiques connus, des députés, des syndicalistes, des anciens ministres, l'ancien directeur de la BCEAO et des ressortissants français.

Nombre d'entre eux sont détenus dans différents endroits du nord de la Côte d'Ivoire. Ni le CICR ni aucune autre organisation non-gouvernementale n'ont pu leur rendre visite. Par contre le directeur de la division des droits de l'homme de l'ONUCI a pu se rendre sur le site de Bouna. Il y a constaté que les personnes détenues faisaient l'objet de mauvais traitements et que l'incarcération se faisait dans des conditions humaines dégradantes. D'ailleurs certains de ces traitements contrevenant à l'article 1 de la Convention des Nations Unis contre la torture ont été filmés et mis en ligne sur Internet. On y voit certains de ces détenus - dont un ancien premier Ministre, un ressortissant français et des personnes souffrant de graves problèmes de santé - humiliés et contraints de faire des pompes par des membres des forces armées des actuelles autorités ivoiriennes. A Korhogo 23 détenus survivraient entassés dans un container.

Par ailleurs des associations de droits de l'homme ont exprimé l'exigence que tous ces détenus bénéficient de l'attention médicale et des soins dont ils ont besoin. L'état de santé de certains d'entre eux comme Mahan Gahé, président du syndicat « Dignité » membre de la CSI, et Maurice Louhourignon, directeur de l'aménagement du territoire, actuellement détenus à Boundiali, s'est brutalement dégradé.

Ces mêmes associations considèrent également que le maintien de personnes en détention sans inculpation relative à une infraction précise prévue par la loi serait une violation directe des normes internationales en matière de droits humains et ferait de celles-ci des prisonniers d'opinion qu'il faudrait libérer immédiatement.

Elles ont par ailleurs relevé que les soldats de la Licorne et de l'ONUCI étaient présents lors de l'arrestation de nombre de ces personnes mais qu'ils ne sont pas intervenus pour empêcher les mauvais traitements.

Je vous serais reconnaissante, Monsieur le Ministre, de me faire savoir la position du gouvernement français concernant l'ensemble des points soulevés et les initiatives qu'il compte prendre.

Pourriez-vous également m'indiquer, Monsieur le Ministre, les démarches entreprises en vue d'éclaircir les circonstances de la mort par balle le 31 mars dernier à Yamoussoukro de Philippe Rémond, ressortissant français exerçant le métier d'enseignant en Côte d'Ivoire ? Ce dernier  déclarait le 17 janvier dernier avoir fait l'objet de menaces liées à ses opinions politiques.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

NICOLE BORVO COHEN-SEAT.jpg
Nicole BORVO COHEN-SEAT



FRANCE-COTE D'IVOIRE: LA TENTATION COLONIALE


FILLON-OUATTARA.jpg

Depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, la diplomatie et l'armée françaises sont en première ligne à Abidjan. Selon le politologue Michel Galy, cette situation ramène la Côte d'Ivoire 50 ans en arrière.


Quels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n'en demeure pas moins que l'armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d'Algérie et la sanglante opération de répression contre l'Union des populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l'opération avec la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et avec l'ex-rébellion, bras armé du pouvoir d'Alassane Ouattara, que dans le bombardement d'objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la présidence et de la résidence présidentielle d'un pays étranger n'entre pas dans le cadre d'un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d'assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l'application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

Un coup d'Etat programmé

Il s'est agi de toute évidence de changer de régime et de président, en prenant le contrôle d'une capitale de 5 millions d'habitants. En toute clarté terminologique: un coup d'Etat franco-onusien.

A quel prix? Voilà un point qu'une commission d'enquête parlementaire ou internationale ou pourquoi pas un rapport enfin objectif d'organisations de droits de l'homme -décidément bien ambiguës- pourraient éclaircir. A moins que des chercheurs africanistes, que l'on a connu plus diserts pour condamner le régime précédent, se livrent à des enquêtes de terrain ou des analyses argumentées.

Il est question, lors de ce coup d'Etat, de centaines ou de milliers de morts, dont nombre de civils désarmés. Où est la vérité? Les forces pro-Ouattara ont torturé et exécuté plusieurs milliers de civils, tant à Yopougon (quartier pro-Gbagbo) que dans l'ensemble de la capitale, et commis des crimes de guerre dont Duékoué n'est que l'exemple le plus connu.

Qui nous donnera des chiffres exacts et détaillera la complicité -même dans la passivité- des forces occidentales? Tout ce qu'on sait de la «triple alliance» force Licorne, Onuci-FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, ex-rebelles pro-Ouattara) font craindre une implication de l'armée française plus importante qu'au Rwanda.

Une gouvernance de l'ombre en Côte d'Ivoire

Ces graves problèmes sont en fait la conséquence d'une délégitimation programmée du régime précédent, coupable sans doute d'une résistance larvée à une volonté de normalisation franco-africaine, et d'une volonté pourtant très relative de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme la Chine.

Délégitimation intellectuelle et politique, depuis Paris et Abidjan, concomitante à une aide multiforme au coup d'Etat de 2002 où les forces de Guillaume Soro et Alassane Ouattara ont conquis les deux tiers du pays. Cette descente vers le Sud des conquérants dioulas n'a été possible in fine que grâce à l'aide des services français et de la force Licorne, dont seules les grandes lignes sont connues.

«Et maintenant, on fait quoi?», disent volontiers les Abidjanais... La «tentation coloniale» semble se traduire par une mise en coupe réglée du pays et, pire encore, une mise sous tutelle du nouveau régime, qui ramène 50 ans en arrière.

Tous les observateurs le savent: en cas de retrait de la force Licorne et des troupes de l'ONU, l'armée et le régime Ouattara ne tiendraient pas longtemps dans une ville qui leur reste majoritairement hostile. D'où la tendance, pour les responsables français d'Abidjan, à se substituer ou à collaborer aux centres de décision ouattaristes: de nommer très récemment, par exemple, un colonel français au poste de conseiller sécurité à la présidence.

Le retour des institutions internationales -et particulièrement françaises, comme l'Agence française de développement (AFD)- (absentes depuis 10 ans, avec la volonté implicite de couper toute aide au régime Gbagbo) se traduira par des experts étrangers tout puissants et par des conditionnalités renforcées: une gouvernance de l'ombre qui formate en amont projets et programmes.

Décapitalisation aussi de l'économie: de nombreuses sociétés d'Etat seraient alors privatisées, comme pendant la primature Ouattara, au profit de ses proches (et des clients étrangers) qui trustent déjà ministères et postes-clés -au détriment du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique de Felix Houphouët Boigny de 1960 à 1990, de droite, à tendance libérale), décidément la dupe du coup d'Etat.

Les matières premières comme le café, le cacao et surtout le pétrole offshore du golfe de Guinée sont bien plus importants, et les Américains sont à l'affût, en rivalité directe avec les entreprises françaises.

L'opposition muselée

Le prix de ce retour à l'ordre colonial est hélas celui d'une brutale criminalisation de l'opposition, de l'incarcération et de la déportation de ses dirigeants -tandis qu'une répression multiforme décime ou terrorise ses partisans. Le plus scandaleux est la déportation non seulement de Laurent Gbagbo à Korhogo, mais de sa famille (son fils, de nationalité française, Michel Gbagbo, qui subit des mauvais traitements à Bouna, est-il coupable d'un «délit de parenté»?) et des «Cents d'Abidjan» eux aussi emprisonnés dans des conditions indignes dans des zones hostiles, malgré la présence complice des troupes de l'ONU. Les conventions de Genève stipulent des conditions de détention décentes et la possibilité de consulter un avocat; des droits déniés à ces prisonniers politiques ivoiriens.

Encouragé par l'absence de réactions internationales, le pouvoir vient très récemment de déporter à Boundiali les réfugiés de la Pergola, hôtel où, dans une sorte de guet-apens, l'ONU était censé assurer leur sécurité. Le Premier ministre Aké Ngo Gilbert, que j'ai connu dirigeant l'université d'Abidjan et garant scientifique des remarquables colloques de 2010 (pour fêter les 50 ans des «indépendances»!) a-t-il fait autre chose que de gérer honnêtement une situation économiquement très difficile depuis les élections?

On a hélas l'impression qu'au-delà de l'opposition, ce sont les élites intellectuelles et même les classes moyennes qui sont condamnées, tandis que les criminels de guerre et autres rebelles reçoivent les prébendes et la reconnaissance internationale!

Abidjan «hors de contrôle»

Sur le plan militaire, les pouvoirs français et ivoiriens (ou «franco-ivoiriens»?) sont devant un dilemme: soit ils s'appuient sur les FDS (Forces de défense et de sécurité) pro-Gbagbo, foncièrement hostiles à l'armée de Ouattara; soit ils aident comme pendant la «bataille d'Abidjan» (entraînement, logistique, armes et uniformes) les rebelles pro-Ouattara, dont tout laisse deviner qu'il ne suffit pas de les baptiser «FRCI» pour que cessent leur pratiques de prédation.

L'amalgame étant difficile -si ce n'est impossible- tant les deux factions militaires sont hostiles, l'armée française peut être tentée de se substituer à l'armée ivoirienne (comme sous le président Houphouët-Boigny) ou de l'«encadrer», c'est-à-dire de la diriger par une présence massive de «conseillers», comme au Vietnam autrefois, ou en Libye aujourd'hui.

La situation à Abidjan est en effet «hors de contrôle», selon l'aveu des dirigeants civils pro-Ouattara: outre les centaines de meurtres d'opposants, notamment à Yopougon, d'immenses quartiers comme Angré ont été totalement pillés; plus de police et de gendarmerie, et les Dozos (qui auraient massacré un millier de civils à Duékoué) sont dans les commissariats.

Dès lors la tentation est grande pour les Franco-onusiens d'aider le gouvernement Ouattara à éliminer les rebelles les plus dangereux, sur le modèle de la liquidation d'Ibrahim Coulibaly -ce qui entraînerait plus loin les forces occidentales dans les violences ivoiriennes.

Contre ce programme néocolonialiste, une autre politique franco-ivoirienne se dessine, qui pourrait favoriser un retour à la paix civile et à des élections législatives représentatives, faute de quoi l'hypothèse d'un nouveau cycle de violences ne serait pas à exclure, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays. Retrait des deux corps expéditionnaires occidentaux, libération des prisonniers politiques et réintégration de ceux-ci dans le jeu politique en seraient les points-clés.

Dans le cas contraire, la «bataille d'Abidjan» et ses nombreuses victimes aurait été menée pour rien: à terme, les intérêts et même les ressortissants français courraient de graves dangers, tant le ressentiment est important à Abidjan.

Décidément, l'image quasi «bushienne» de lutte du bien contre le mal -comme en Libye?- n'était pas très réaliste... Pas plus que celle d'un «post-conflit» idyllique et consensuel.

On parierait qu'un terrible scandale politico-médiatique reste à venir, quand on saura enfin ce qu'il s'est réellement passé à Abidjan, il y a aujourd'hui trois mois.


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

FRANÇOIS FILLON: DISCOURS PEU SERIEUX POUR PERSONNES PEU SERIEUSES

FRANÇOIS FILLON.jpg

Ainsi donc, François Fillon a fini son « tour du propriétaire » en Côte d’Ivoire. Un séjour qu’on devrait qualifier d’historique : la première visite officielle d’un Premier ministre français en Côte d’Ivoire depuis… 1986. A l’époque, Jacques Chirac, chef d’une droite ayant tout juste obtenu la majorité lors des législatives et par conséquent le contrôle du gouvernement dans le cadre de la cohabitation, venait remercier son « papa » Félix Houphouët-Boigny de l’avoir aidé par ses « conseils », mais surtout par son argent, qui se confondait avec celui de son pays, durant la campagne électorale. C’était le temps de l’Afrique de papa, d’un néocolonialisme que pourfendait, à Ouagadougou, Thomas Sankara, avant d’être assassiné avec, disent certains historiens, la bénédiction de Paris et d’Abidjan.

Tout aurait, aujourd’hui, changé de face. Evoquer même encore le terme « Françafrique » reviendrait à se servir d’un « logiciel dépassé », si l’on en croit les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Ce discours de François Fillon, disons le tout net, est peu sérieux, et ne sera considéré sérieusement que par des personnes peu sérieuses. Mal inspiré au Cameroun en mai 2009, quand il niait les crimes commis par l’armée française durant la guerre d’indépendance, à côté de la plaque quand il a évoqué le faible taux de « francité » d’Eva Joly, et ce – ironie ! – devant Alassane Ouattara, la « victime » de l’ivoirité, Fillon a été naturellement défaillant en essayant de donner un avis pertinent sur l’évolution des relations entre son pays et ses ex-colonies africaines.

Au fait, quand est-ce que la France officielle a-t-elle admis que le logiciel « Françafrique » était de saison, pour qu’elle puisse affirmer aujourd’hui qu’il est passé de mode ? Depuis que François-Xavier Verschave, ex-président de l’ONG Survie, a passé au tamis critique le néologisme créé par Félix Houphouët et l’a érigé en mot-repoussoir résumant l’ensemble des relations mafieuses et entachées de sang liant la France à son « pré carré », le concept a été contesté, moqué, ridiculisé. Verschave a été accusé de paranoïa complotiste. Aujourd’hui, on aurait parlé de « conspirationnisme »… D’hier à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans le sens de la souveraineté des pays d’Afrique dite francophone? En 1997, Paris soutenait les milices de Denis Sassou N’Guesso contre le président élu Pascal Lissouba dans le cadre de la reconquête de Brazzaville. En 2002, Paris soutenait les milices pro-Ouattara contre le président élu Laurent Gbagbo. En septembre 1979, les parachutistes français renversaient le Centrafricain Jean-Bedel Bokassa. En avril 2011, les forces spéciales françaises détruisaient la Résidence présidentielle ivoirienne afin de livrer Laurent Gbagbo à ses adversaires. Lors de la guerre du Biafra, entre 1967 et 1970, la France, alliée à l’Afrique du Sud raciste, convoyait des armes aux rebelles ibos. Aujourd’hui, la France largue des armes aux rebelles libyens, en partie islamistes. La seule différence entre les aventures militaires néocoloniales d’hier et celles d’aujourd’hui ? La force de la résistance populaire qui se construit lentement « oblige » légionnaires et hélicoptères à tuer des civils africains. Par centaines. A Abidjan, François Fillon a demandé que les crimes de tous les camps soient punis. Qui punira la France ?

La Françafrique, c’est une relation dans laquelle la France utilise sa présence militaire en Afrique pour y jouer un rôle politique, renverser et installer, soutenir et déstabiliser. C’est ce qui s’est passé et c’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire. La Françafrique, c’est une relation économique du cheval et du cavalier, où Paris est le partenaire économique « de référence », vers qui les contrats se tournent prioritairement… sans que la réciproque soit vraie. On est en plein dedans. La Françafrique, ce sont les conseillers militaires et économiques dépêchés par l’Elysée et qui travaillent, au plus haut niveau de l’Etat africain vassal et de manière très officielle, pour le compte du pays donneur d’ordres. On y est retournés, pieds et poings liés. La Françafrique, c’est le jeu qui consiste pour la France à choisir ses interlocuteurs en Afrique, et à décider toute seule en donnant l’impression d’un dialogue avec « nos partenaires africains ».

La manière dont les autorités françaises communiquent sur le maintien – ou le retrait – des troupes hexagonales en Côte d’Ivoire illustre à la perfection le complexe de la marionnette et du ventriloque qui caractérise les relations diplomatiques entre nos pays. Alors que l’investiture d’Alassane Ouattara se tenait encore, Nicolas Sarkozy a affirmé devant ses compatriotes regroupés dans le camp militaire français de Port-Bouët – symbole ravageur ! – que son pays garderait une présence militaire « permanente » en Côte d’Ivoire. Pourtant, les accords de défense doivent être renégociés d’Etat à Etat, et ratifiés par l’Assemblée nationale. Si Sarkozy se risque à une telle affirmation, c’est parce qu’il sait qu’il contrôle le pouvoir exécutif ivoirien et qu’il contrôlera demain – notamment grâce à l’opération d’épuration politique en cours, sanctifiée par Paris – le pouvoir législatif, au terme des élections qui doivent se dérouler avant la fin de l’année.

François Fillon a raison : le logiciel « Françafrique » est dépassé. Il a été remplacé par un software d’écrasement des peuples africains qui est, paradoxalement, à la fois plus subtil et plus grossier. Et terriblement violent.

 

Sylvie Kouamé, in Le Nouveau Courrier du 18 juillet 2011.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 20 juillet 2011

LA COTE D'IVOIRE INQUIETE DE PLUS EN PLUS

ALASSANE OUATTARA 3.jpg

Ouattara maîtrise-t-il la situation actuelle en Côte d'Ivoire?

 

Ils ont été des millions à y croire et voilà qu'aujourd'hui le doute a commencé à s'installer de nouveau en Côte d'Ivoire. Alors pourrait on parler d'un mauvais départ?

C'est en tout cas le constat fait à travers nos différents déplacements sur le terrain lors de nos reportages. Les annonces d'encaissement de milliards pleuvent tout comme les promesses à tout va et rien de concret pour annihiler l'insatisfaction ivoirienne du moment replongée dans le fatalisme du « ça va aller ».


En effet, les critiques du nouveau régime commencent progressivement à se faire de plus en plus ressentir. Au delà du constat actuel de stagnation politique sur quasi tous les chantiers annoncés, cela a commencé par l'épisode des nominations contestées, du lobby « ethnique », du pillage et trafic nébuleux de matière première au nord par des proches de Soro et continu désormais avec les informations de plus en plus nombreuses attestant de fait de détournements de fonds et autres magouilles à ciel ouvert contraire pourtant au discours officiel du nouveau président ivoirien. Autre fait, la visite d'un premier ministre français sans aucune annonce de réalisation, d'implantation d'entreprise ou de chantier concret susceptible de création d'emploi et d'inversion de la tendance déprimante. Déjà les rumeurs de financement par l'intermédiaire d'argent détourné via la Côte d'Ivoire du parti français de Sarkozy, l'UMP, pour la prochaine campagne présidentielle en France apparaissent dans le landerneau ivoirien.


En marge de la venue du premier ministre français nous constaterons que les entrepreneurs débarqués en Côte d'Ivoire dans la délégation de ce dernier qui se sont livrés à KOACI semblaient avoir les yeux tournés sur une implantation au Ghana plutôt que dans l'ancienne puissance coloniale qui semblerait il, ne les rassurerait pas.


Le top départ du pire avait été donné avec le dossier du détournement survenu lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président à Yamoussoukro dont sont accusés des proches de Ouattara, au total, selon os informations plus de 300 millions auraient été détournés à travers des surfacturations opérées par l'intermédiaire d'entrepreneur libanais peu scrupuleux et toujours, malgré la chute de Gbagbo, aussi actif dans les histoires illégales.


La série continue avec des informations de plus en plus nombreuses qui nous progressivement parviennent. Ces dernières sont essentiellement liées aux attributions de marchés publics dont les appels d'offre ne seraient pas si clairs qu'on le laisserait là encore paraître avec, comme sous l'ère Gbagbo, l'intrusion là encore de libanais à tous les étages.


Le dossier de la rénovation de la Maca (maison d'arrêt correctionnel d'Abidjan) est actuellement sur le bureau de nombreuses rédactions ivoiriennes, on estimerait le préjudice à plusieurs centaines de millions de Fcfa, les dénonciations sur ce marché qui aurait été attribué en ne respectant aucun principe d'appel d'offre équitable fusent.. Pour l'heure les entrepreneurs « grugés » n'osent encore par peur de représailles dévoiler à visage découvert les éléments des dossiers, mais la dénonciation d'un système mafieux est de plus en plus vive et ce depuis près de deux semaines.


La presse d'opposition titrait déjà ce mardi sur le bilan nul de Ouattara et Soro 100 jours après l'installation du nouveau régime. Et l'angélisme d'alors des observateurs commence lui aussi à s'estomper.


En Côte d'Ivoire à ce jour, rien ne semble être fait pour rassurer les investisseurs et plus généralement la population, les armes et la peur sont partout tout comme les risques de déstabilisation toujours aussi palpables au sein de la population.

 

Amy

Source : KOACI ABIDJAN

3 MOIS APRES LE RENVERSEMENT DE GBAGBO: CHERIF, WATTAO, ZAKARIA, FOFIE INTERDITS CHEZ OUATTARA


3 mois après le renversement de Gbagbo: Chérif, Wattao, Zakaria, Fofié… interdits chez Ouattara

 

Dans son édition numéro 615 du 7 juillet 2011, la publication La Lettre du Continent, a révélé que les chefs de guerre de l'ex-rébellion armée sont «instamment priés de ne pas approcher armés, Alassane Dramane Ouattara». Il s'agit, selon le confrère, des commandants Chérif Ousmane, Wattao, Koné Zakaria, Fofié Kouakou, Touré Hervé dit Vetcho mais également Morou Ouattara. Tous ces chefs de guerre et leurs éléments qui font pourtant office de «forces publiques», en l'absence de policiers désarmés, à Abidjan, Yamoussoukro et dans toutes les autres villes, constituent aujourd'hui les Frci, la nouvelle armée pro-Ouattara. Des Frci fondées par décret du nouveau chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara.

Dans la prise de pouvoir de M. Ouattara, les chefs de guerre de l'ex-rébellion et leurs hommes armés ont joué un rôle important. Cela, depuis septembre 2002 à travers la mise sur pied d'une rébellion armée contre le régime Gbagbo, puis en avril 2011, en combattant aux côtés de la force française Licorne pour le renversement du Président Laurent Gbagbo. Vu toutes ces étapes, «l'éloignement » des chefs de guerre de l'ex-rébellion d'Alassane Dramane Ouattara pourrait être perçu par certains observateurs comme une «ingratitude». Selon des sources concordantes, cette situation de «divorce» serait liée à la mise à nu des nombreuses violations des droits de l'homme qui ont émaillé la crise post-électorale.

De nombreuses exactions dont les chefs de guerre seraient les auteurs et pour lesquelles, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme exigent des inculpations et des condamnations judiciaires au niveau de la Cour pénale internationale (CPI). Toujours selon ces sources, le chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara, serait favorable à la comparution des chefs de guerre incriminés devant la CPI. Il en aurait d'ailleurs fait la promesse à la France et aux Etats-Unis. Voulant éviter toute «surprise» pouvant émaner de ces chefs de guerre, écoeurée par ces révélations, la sécurité de M. Ouattara assurée conjointement par l'Onuci, la force française Licorne et des soldats burkinabé, aurait pris la décision de tenir à l'écart Chérif, Wattao et les autres.

Didier Depry in Notre Voie


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN

UN SOLDAT FRCI FAIT DES REVELATIONS SUR L'AFFAIRE DES 4 PERSONNES ENLEVEES A L'HOTEL NOVOTEL



FRANçAIS ENLEVES EN COTE D'IVOIRE.gif

L'article ci-dessous a été rédigé après plusieurs échanges de mails avec un soldat des ex-FAFN devenu aujourd'hui FRCI. Cet homme, victime des fausses promesses des dirigeants actuels de la côte d'ivoire, dit ne pas vouloir laisser les mensonges lancés contre le régime du Président Gbagbo car selon lui il veut avoir la conscience tranquille afin de pouvoir bénéficier du pardon du père céleste. N'ayant pas tous les moyens pour vérifier la véracité de ses dires et après plusieurs concertations, nous avons décidé de soumettre l'article à nos internautes.

Excusez moi si je souhaite rester toujours dans l'anonymat, c'est juste par mesures de précautions afin de préserver la vie de mes proches. Au moment opportun je ferai tomber le masque pour confondre les ennemies du peuple Ivoirien.


Il est grand temps que tout soit dévoilé afin que les vrais coupables soient connus de tous et qu'ils répondent de leurs actes devant la justice et surtout le peuple Ivoirien qui est la plus grande victime.


Permettez avant tout que je puisse lever toute équivoque pour les fausses accusations qu'on fait peser sur le couple Gbagbo. Ce couple a été dupé par ses proches (collaborateurs, travailleurs, ami(e)s, parents, pasteurs venues juste profiter de leurs largesses financières).


Je veux faire des révélations dans l'affaire des 4 personnes enlevées à l'hôtel Novotel.


En effet, pendant le blocus du golf hôtel les soutiens extérieurs nous ont fournis du matériel de communication de pointe ; ceci nous a permis d'avoir toutes les informations sur le régime légitime GBAGBO. Sa résidence, le palais présidentiel, les ministères et institutions publiques et privées ; tous étaient sur écoute jour et nuit. Les fax, appels, SMS, E-mails... ont tous été interceptés.


C'est ainsi que le Dimanche 03 Avril vers 16 heures nous avons intercepté une communication entre M. LAMBELIN et un proche du Président qui se trouvait à sa résidence. Il donnait des informations sur tout ce qui se passait dont il était informé depuis son hôtel (Les mouvements et agissements des troupes et informateurs à la solde de la Licorne, et même certains communiqués privés que faisaient certains journalistes sur les évènements).


Vers 23 heures, il a informé les proches de Gbagbo que l'ONUCI s'apprêtait à déployer ses éléments pour ouvrir de nouveaux fronts afin de permettre à nos forces (FRCI) de se déployer sur les positions des forces régulières. Je vous confirme que nos hommes avaient été repoussés hors de la ville d'Abidjan dès les 1ères heures du fameux « assaut final ». C'est grâce à l'aide de l'ONUCI que nous avons pu nous déployé partout car c'est elle qui assurait notre transport.


Le lundi 04 Avril, jour de son enlèvement, M. Lambellin a donné l'information selon laquelle les forces françaises allaient se déployer pour officiellement prendre part dans cette crise aux cotés de nos forces en donnant dans les moindres détails les sites qu'attaqueront la coalition pour déstabiliser les forces de défenses et de sécurités.


Les rapports de ces écoutes ont été transmis à nos dirigeants politiques. Ceux-ci ont décidés de mettre hors d'état de nuire cet informateur jugé trop bavard et certains de ses proches sans en informer les autorités françaises et Onusienne de peur qu'elles s'y opposent. Pour cela, nos responsables ont fait appel au Commandant qu'ils ont tué par la suite. Je veux parler du ''Général'' IB pour que très vite certains de ses éléments sûrs et efficaces fassent une descente sur l'hôtel et ramener ses hommes à la base qu'ont avait formé à ELIBOU sur l'autoroute du nord. Sachez que le ''Général'' IB avait ses hommes dans toute la ville grâce à la complicité de la force Onusienne. Ces hommes sont arrivés rapidement sans être vus par les troupes ONU, de la licorne et même des forces régulières. Une fois à l'hôtel, comme ils avaient les descriptions exactes, ils ont directement pris M. Lambellin et ses compagnons, sans toucher les autres alors qu'ils se trouvaient en compagnie de bon nombre de ressortissants français regroupés dans cet hôtel. Cette opération n'a duré que 10 min, car nous l'avons coordonnée. Le 4ème à été pris juste pour distraire l'opinion sinon, il ne représentait aucun danger. Ceux qui sont venu les prendre étais au nombre de 12 dont 3 étaient en position dehors pour la garde. Un est resté dans le char à l'effigie de l'ONUCI qui était à notre disposition afin de mener cette guerre. L'ONUCI nous avait donné de nombreux chars. A la base d'ELIBOU où ils ont séjournés un certain moment avant d'être conduits par la troupe du collègue IB vers sa base à ABOBO-ANYAMA.


Le pouvoir GBAGBO n'a rien à avoir avec ces enlèvements. En plus des personnes qui étaient venues opérer, seulement deux étaient en uniforme de l'armée régulière. Un était dans le char (le pilote) et l'autre était à l'arrière vers l'autre rue pour la surveillance. Ceux qui sont entrés dans l'hôtel étaient en bigarré et ne s'exprimaient pas correctement en français. La plupart de ses éléments ont périt dans l'affrontement qui a opposé les hommes d'IB aux nôtres. Certains sont bel et bien là, mais en cavale de peur d'être retrouvés et tués pour ce qu'ils savent.


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

mardi, 19 juillet 2011

FILLON ET LE 14 JUILLET: JEUNE FRANÇOIS ET VIEUX FRANÇAIS


FRANçOIS FILLON 2.jpg

La prise de position d'Eva Joly relative au 14 Juillet a suscité maintes réactions et commentaires, en particulier celle fort désobligeante de François Fillon.

Notre article s'efforce, à l'aide de quelques pointes, de révoquer en doute les critiques contre Eva Joly même si nous ne partageons pas l'intégralité de son approche.


Sacré Fillon ! Il avait fini par donner de lui-même une image lisse, celle d’une personne de mesure, d’un jeune homme fort bien éduqué, qui soigne son langage et pratique la pondération, chose peu habituelle en politique française, tant l’attitude et le langage ont baissé de niveau. On s’en souvient, Fillon avait même courageusement défendu les Roms, l’été dernier, contre l’ignoble et anachronique politique publique dont ces Européens « de seconde zone » faisaient l’objet. À côté de Nicolas Sarkozy, il donnait l’image d’une digue républicaine, une sorte de garantie démocratique, une assurance institutionnelle. Mais, comme dit Arlequin : il n’y a rien de plus trompeur que la mine de gens[1]. Car la digue vient de céder, « la mine » a subitement rompu. L’immonde refait surface, avec son apparat d’idées infectes. Comment ne pas être surpris par ses flèches empoisonnées sorties de son carquois et décochées contre Eva Joly ?

La nature des propos de Fillon choque, non parce qu’ils sont plutôt considérés d’extrême-droite (ce qui n’est pas une ‘’vérité vraie’’), mais bien parce qu’ils sont formulés par un « modéré ». Réécoutons-les : « Je réagis, déclare-t-il, avec tristesse, euh, je pense, euh, que cette dame [Eva Joly], euh, euh, n’a pas, euh, une culture très ancienne, euh, des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française… »[2].

Ces propos étonnent et choquent, à plus d’un titre et pour au moins trois raisons. En premier, parce qu’ils sont très hésitants. En effet, le Premier ministre tâtonne et cherche visiblement ses mots pour exprimer sa pensée. Et il les formule, en avouant préalablement une « tristesse ». Car il pressent qu’il va commettre un véritable impair politique. Comment et pourquoi ? Pour saisir sa gêne et ses hésitations, il convient de rappeler et préciser le contexte particulier dans lequel ils ont été prononcés. C’était au sortir d’un entretien avec le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui a lui-même longtemps été considéré comme « pas suffisamment ivoirien », pour prétendre être président de la Côte d’Ivoire. Fillon ne l’ignorait pas. Ainsi, en formulant ses attaques contre Eva Joly, François Fillon exhumait un argumentaire dont son hôte fut la victime et qui fut l’une des causes de la guerre civile en Côte d’Ivoire. En lançant contre Eva Joly une inquisition en francité, il rappelait le procès en « ivoirité » dont fut victime son hôte. C’est pourquoi les paroles de Fillon sont d’abord un grave manquement au protocole d’état ivoirien et à la politesse française, bien avant d’être une insulte à Eva Joly. Qu’en pense Alassane Ouattara ? Il serait instructif de l’entendre. En second lieu, les paroles de Fillon sont choquantes, parce que désobligeantes et relèvent d’une impolitesse caractérisée. En effet, parlant d’Eva Joly, il dit « cette dame » et évite d’énoncer son prénom et son nom. Ses paroles sont donc hautaines et accompagnées d’un zeste de mépris voire de condescendance. En réalité, cette recette est ancienne. Qui ne se rappelle que, lors des présidentielles françaises de 1995, pour affaiblir Édouard Balladur, ses adversaires gaullistes du RPR avaient créé un slogan efficace : « la France profonde » opposée à une France de surface. Fillon semble s’en remémorer. En troisième lieu, la suspicion en francité peut s’étendre à d’autres candidats, tels Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Valls, fils d’immigrés espagnols. À cette « liste de mauvais tours », la moitié des candidats déclarés aux prochaines présidentielles pourraient être suspectés de n’être pas assez Français. Et « pardi », comment oublier qu’en 2007, certaines officines de droite mirent en exergue les origines hongroises de Nicolas Sarkozy ? Mais, par-dessus tout, les arguments de Fillon indiquent bien qu’il ne connaît pas assez bien l’histoire de France, contrairement à ce qu’il allègue avec belle assurance et grande autorité. Quelques exemples suffisent à ruiner ses propos. Bonaparte ne deviendra « français » qu’en 1797, lorsqu’il se convaincra qu’il n’avait plus de destin corse. Alors, il ne signera plus Buonaparte mais, francisant son patronyme, il écrira désormais Bonaparte. Au reste, et si l’on en croit l’excellent linguiste Louis Hagège, la prononciation de Bonaparte n’était pas du tout parisienne et ses constructions de phrases fautives étaient multiples. Cela ne l’a pas empêché d’être Empereur des Français. Sous ce rapport, Eva Joly ne doit pas avoir de complexes. Dans le même registre, combien de rois et de reines françaises furent d’origine étrangère directe ?

Bien cher Fillon, lorsque l’on veut donner de grandes leçons en francité, il faut connaître ses classiques ou du moins ne pas les oublier en cours de route ou à l’occasion d’une polémique. Dans L’identité de la France, Fernand Braudel est plus précis que vous sur l’apport des « étrangers ». Et il a le courage de rappeler que nous sommes tous des fils d’immigrés : « Tant ‘’ d’immigrés ‘’, depuis si longtemps, depuis notre Préhistoire jusqu’à l’histoire très récente, ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l’on pourrait dire, en s’amusant, que tous les Français, si le regard se reporte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d’immigrés[3].

Eva Joly, blessée, vous a rétorqué avec la vivacité de Marianne : « Moi, je ne descends pas de mon drakkar. Ça fait cinquante ans que je suis en France et donc je suis Française ». En évoquant le « drakkar » (navire des Vikings) et son enracinement ancien, Eva Joly vous fait une belle leçon d’histoire. Elle invoque une ascendance Viking, de ces peuples du Nord qui deviendront nos fameux Normands de Normandie ou de Northmannie[4]. Eva Joly vous rappelle les liens entre la France, la Norvège et le Danemark, comme le « maître » que vous servez, Nicolas Sarkozy, dut en sont temps rappeler son ascendance hongroise qui n’est pas sans invoquer Clovis qui lors de son baptême signa ses origines hongroises, c’est-à-dire sycambriennes.

En tous les cas, Eva Joly préfère sans doute La Marseillaise de la Paix (de Lamartine) au Chant de l’Armée du Rhin (Rouget de Lisle), notre célèbre Marseillaise. C’est son droit. Et nul n’est moins Français qu’un autre, parce qu’il aura formulé l’idée de voir le « 14 Juillet » (re)devenir une fête populaire qui n’aurait rien de militaire. Car, d’où nous vient le « 14 Juillet » ? De 1790, de la Révolution, lorsque, un an après la prise de la Bastille (14 juillet 1789), les Fédérés décidèrent de célébrer l’unité nationale, avec tambours et drapeaux. Et ce n’est que depuis 1880 que le « 14 Juillet » est devenu notre Fête Nationale. À l’origine, le « 14 Juillet » n’était pas une fête militaire, mais une cérémonie populaire et festive où la parade des armes n’était pas l’essentiel. Ce qu’Eva Joly réclame, il est vrai quelque peu maladroitement, c’est que la France retrouve l’esprit populaire du « 14 Juillet » initial : une journée de Liberté et non pas de Défense. Est-ce vraiment trop demander ? Car, ce n’est pas l’armée qui fait la France. Encore que la France ait besoin de son armée et même d’une armée forte et dissuasive. Pour départager les protagonistes, pourquoi ne pas alterner fête populaire et fête militaire la même journée ou une année sur l’autre ?

 

François Fillon vous êtes bien Jeune, en matière d’histoire française. Par conséquent, ne jouez pas au vieux Français. Tout simplement parce qu’il n’existe pas de vieux Français, mais une France qui, comme le dit Braudel, se renouvelle et se rajeunit sans cesse dans l’identique.


Pierre Franklin Tavares



 

[1] Marivaux, La Double Inconstance, La Bibliothèque, Édition Garnier, Paris, 2010, p. 142.

[2] Ce sont les paroles exactes du Premier ministre qui sont ici citées.

[3] Braudel, Les hommes et les choses, L’identité de la France, t. 1, Champs histoire, Flammarion, Paris, 2004, p. 214 – 215. Auparavant, il précisait : Mais, finalement, quels que soient leur nature, leurs motifs, leurs itinéraires, les migrations rééquilibrent la diversité française, elles lui permettent de durer, in Espace et histoire, in Op. Cit., p. 65.

[4] En effet, de 816 à 886, les Vikings ravagèrent la France. En 890, ils firent le siège de l’embouchure de la Seine et obtinrent, en 911, la création du Duché de Normandie par le Traité de Sait-Clair-sur-Epte. Ainsi devinrent-ils Français.


Source: AGORA VOX

12:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, françois fillon, le premier ministre français, prise de position d'éva joly | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 18 juillet 2011

LE TOUT DERNIER KONE MALACHIE SUR LA FIN DE LA CRISE IVOIRIENNE


KONE MALACHIE.jpg

Je n'y mets personnellement pas le coeur mais pour satisfaire la curiosité et le besoin d'information de mes milliers de lecteurs, je poste ici "le dernier Malachie Koné" pour permettre à chacun d'apprécier et d'en juger. Bien à tous! Fernand Dindé.


Nouvelle lettre ouverte du Pasteur Koné Malachie aux Ivoiriens.

Nous avons reçu à notre rédaction une nouvelle prophétie du sieur Koné Malachie que nous avons décidé de partager avec vous. Veuillez noter que Cameroonvoice ne partage pas forcément les éléments de la réflexion ci-dessous mais accepte par choix éditorial de les mettre à votre disposition afin que chacun puisse y apporter son jugement. Maintenant, lisez cette prophétie et jugez-en par vous-mêmes.... Bonne lecture. Sévérin Toche.


La date précise de la guerre des 6 jours et de celle de l'intervention divine spectaculaire, mettant ainsi fin totalement à notre crise. Que toutes les bonnes volontés usent de leurs relations ou de leur influence, pour que ce message passe dans tous les journaux de la place.

Très chers frères et sœurs, ivoiriens et ivoiriennes

Fasse Dieu, Celui que je sers de tout mon cœur, que vous soyez soutenus dans toutes ces épreuves difficiles, auxquelles nous sommes tous confrontés, depuis un certain temps.

Je vous avais promis que j'entrerais en présence du Seigneur, pour en ressortir très certainement avec des nouvelles fraîches du Ciel, concernant la fin exacte de cette crise, qui n'aura que trop duré. Eh bien, gloire soit rendue à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur, qui m'a fait la pure grâce de pénétrer dans "le secret des dieux." Ecoutez donc à présent, les paroles du Seigneur :

"Moi le Seigneur, J'éprouverai très durement cette nation, et de fond en comble, j'y remuerai tous les hommes en treillis, sens dessus-dessous. Je ferai passer sur ce pays, un grand vent de destruction et j'y anéantirai tous ses exterminateurs. Moi l'Eternel, j'ai fait passer en revue mon armée qui doit combattre et qui est déjà positionnée sur le terrain; elle sera d'un œil sans pitié."

J'entendis alors une autre voix, comme du milieu de la forêt, et qui disait : "Cachez ici, tous les vrais serviteurs de l'Eternel et tous ses enfants qui se reconnaissent vraiment de lui, jusqu'à ce que la colère divine soit totalement épuisée sur ces fils de la rébellion". Puis j'entendis encore une autre voix, mais cette fois, comme du milieu d'un océan, et qui proclamait une sorte de verdict individuel.

A monsieur Alassane Dramane Ouattara

"Je mettrai ma boucle à ta mâchoire et mon mors sur ton canal buccal. Je t'entraînerai sur des chemins inconnus et je te ferai passer à l'oubliette, jusqu'à ce que tu disparaisses dans le mystère."

A monsieur Abdoulaye Wade

"Je te conduirai sur des voies ridicules et je te livrerai à un sarcasme public. Je t'abandonnerai sur un espace plein de ténèbres, où tu ne pourras plus jamais distinguer ta droite de ta gauche."

A monsieur Blaise Compaoré

"Je te ferai connaitre une autre dimension de désert, et j'enfouirai ton nez dans du sable mouvant. Je te précipiterai dans un lieu secret, et là, je te soumettrai à une corvée, tellement rude, que tu ne pourras même plus faire la différence entre la nuit et le jour."

A monsieur Sarkozy

"Toi, j'effacerai ton nom de dessous les cieux et je te transformerai en un souvenir très amer, pour chaque citoyen de ta nation. Je déverserai sur toi une odeur de pourriture et je te rendrai semblable au néant, dès maintenant et à jamais."

A tous les rebelles convertis en FRCI

"J'avais dit qu'avec un peu de patience, le rebelle abandonnerait peut-être sa mauvaise vie et se convertirait à moi de tout son cœur. Je pardonnerais alors ses péchés et je ne me souviendrais plus jamais de l'ensemble de ses iniquités. Mais le rebelle n'est point revenu à moi et l'homme d'iniquité n'a point abandonné ses mauvaises habitudes. Il n'a point recherché mes faveurs et ne s'est même pas soucié de se réconcilier avec son Créateur. Maintenant, j'en appellerai à toute ma fureur, et je ferai allusion à toute ma sainte colère. J'épuiserai sur ces méchants, toute l'ardeur de ma vengeance et toute l'énergie de mon courroux. Nul d'entre eux n'échappera, pas même un seul."

A la Côte d'Ivoire toute entière

"Ton bonheur est près de naître, mais il te faudra encore assez de force pour l'accouchement. Tu seras encore éprouvée comme par les douleurs de l'enfantement, mais après ces choses, je te glorifierai pour toujours et à jamais."

A monsieur "point, point, point"

Une voix crie dans le désert: "Le temps de ta servitude est fini et la période de ta corvée, totalement achevée. Maintenant, lève les yeux autour et regarde, comment je traiterai rudement tous tes adversaires."

Très chers frères et sœurs, ivoiriens et ivoiriennes,

Je vous donne à présent, la période précise des 6 jours de guerre et la date exacte de l'intervention divine spectaculaire, depuis longtemps annoncée. Sachez donc, que tout cela débutera pendant les vacances, dans la première semaine du mois d'Août, entre le premier jour et le deuxième (Lundi 1er ou Mardi 2), et s'achèvera à la fin de la même semaine (Samedi 6 ou Dimanche 7).

Que donc tous ceux qui adorent le Seul Vrai Dieu se mettent maintenant en prière pour une protection spéciale et divine, car la catastrophe sera rude, difficile et très pénible pendant les six jours, pour tous ceux qui ne sont pas en Christ Jésus.

Comme je l'avais d'ailleurs déjà annoncé dans une lettre précédente, adressée à monsieur Sarkozy le président français, nous vivrons 6 jours de véritable enfer, mais le 7ème jour à minuit, l'Eternel Dieu inversera la tendance, sans l'effort d'aucune main humaine. Et puisque tous ces ennemis de la Côte d'Ivoire tiennent tant à savoir réellement qui est vraiment cet Eternel des armées, et de quoi peut-il être réellement capable, alors, ils le verront. Ils le verront:

  • LUI, le RESSUSCITÉ GLORIEUX aux siècles des siècles,
  • LUI, L'INCONTESTABLE JÉSUS depuis l'aube des temps,
  • LUI, le DIEU DES CHRÉTIENS de génération en génération.

OUI, ils le verront, ils le verront dans toute sa réalité, et ils ne se remettront plus jamais de la frayeur que leur causera la personne du PLUS PUISSANT DES SIÈCLES.

Informez les différents responsables des communes d'Abobo, de Yopougon, de Koumassi, et surtout de celle du Plateau, de beaucoup prier, afin que quelque chose au moins reste de leurs communes respectives, après ces différents mouvements.

Que les habitants de Daloa, de Gagnoa, de Lakota, de Divo, de Tiassalé, de Dabou et ceux de Bassam, implorent l'Eternel pour sa grâce et pour ses compassions envers eux.


Nota bene

J'ai appris à Grand-Lahou par mes voisins, alors que je revenais de San-Pedro, d'une mission classée top-secret, qu'un journal de la place, aurait titré à sa Une, une soi-disant repentance de ma part, avec des paroles de regrets, attribuées à ma personne.

Frères, ne vous laissez pas berner. Personne n'est jamais venu me voir à Grand-Lahou, encore moins, jusqu'au lieu où je me trouve. Et sachez-le très bien, je ne me repentirai jamais de la vérité. Même s'il faille que je périsse pour la cause du Seigneur, alors, je périrai.

Votre jeune frère, le Pasteur Malachie, l'esclave de Jésus et le défenseur des droits divins.


Source: CAMEROON VOICE

dimanche, 17 juillet 2011

LE TRIOMPHE DECALE

FRCI 7.jpg

Il est devenu courant, par ces temps hypermédiatisés, d'observer le comportement des dirigeants du monde, surtout ceux qui font la une de la presse et qui mènent des guerres. Il y a par exemple cette démarche altière, la tête relevée et le sourire triomphal, qui caractérisent, entre autres, Hillary Clinton. A la regarder, elle donne l'impression de celle qui est en train d'abattre des empires surarmés. Au point qu'elle se serait volontiers fait payer un arc de triomphe, à Washington, à la mode de ces généraux romains, de retour de campagnes victorieuses où ils ont courus des terres lointaines et hostiles. Plus près de nous, ce serait un commandant en chef qui aurait réussi à abattre l'Armée rouge.

En pareil cas, on aurait alors compris qu'elle plastronne, jubile et quémande des satisfécits. Mais, quand on sait qu'il ne s'agit que d'agressions aux risques nuls, contre des pays désarmés, le spectacle relèverait du ridicule s'il ne coûtait pas la vie à des populations déjà bien mal loties, quand elles ne souffrent pas du dénuement et du fléau du sous-développement. La dame et ceux qui lui ressemblent font donc dans la pire des lâchetés et dans l'abjection sur le plan moral. Triste époque. Plus bas dans la hiérarchie, tout au fond de la chaîne de commandement, des «dirigeants» n'ont aucun scrupule à se faire imposer à leurs peuples. Ils en tirent même une forme d'arrogance, celle de l'homme de main que le maître lâche sur plus faible que lui, grâce à la procuration de puissance dont il dispose, pour exprimer au mieux sa servilité.

Dernièrement, au Sommet de l'Union africaine, le président de la Côte d'Ivoire, certifié  et installé au pouvoir par la «communauté internationale», s'est agité on ne peut mieux contre la position de ses pairs qui refusaient de consentir à voir  la Libye subir le même sort que son pays. Quand celui-ci est livré aux exactions de son armée, celle des «Forces nouvelles», qui ont joué le même rôle que veut jouer, avec moins de succès, cet alibi de l'Alliance atlantique, le Conseil de Benghazi avec ses hordes sanguinaires. Alassane Ouattara, ce pur produit de la «démocratisation» du monde, fidèle supplétif, réagit au quart de tour tel que dicté par le programme qui l'a mis au devant de la scène.

Entre-temps, dès sa certification et après que le travail fut terminé, son pays n'est plus un élément essentiel des écrans qui appuyaient sa «démocratisation». Et pour cause, ce qui s'y passe ne doit pas apparaître. En guise de démocratie, ce sont des «commandants de zones» devenus commandants de groupements tactiques qui se sont partagés la Côte d'Ivoire, soumise à un racket généralisé.

FRCI 8.jpg

Seule geste d'autorité de Ouattara, le dédommagement empressé des entreprises françaises. Cela ne pouvait pas attendre, même si la situation économique impose des mesures plus urgentes. A commencer par rétablir l'administration civile, les services publics, les circuits légaux et l'autorité de l'Etat sur la fiscalité, le contrôle du commerce extérieur, la protection des citoyens contre les vainqueurs qui les terrorisent etc. Devant cet état de fait, il serait bien de dérouler le film depuis le début, depuis la cabale contre Laurent Gbagbo en passant par les déclarations tonitruantes des pontes occidentaux et leurs menaces «démocratiques».

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM

jeudi, 14 juillet 2011

FRANÇOIS FILLON A ABIDJAN AUJOURD’HUI: LA FRANCE VIENT VISITER SA «SOUS-PREFECTURE»


FRANÇOIS FILLON.jpg

Trois mois après avoir renversé le Président Laurent Gbagbo par les armes, la France s’engage visiblement dans une sorte de « visite de popote » auprès d’Alassane Dramane Ouattara, nouveau chef d’Etat ivoirien qu’elle a adoubé mais qui peine à faire face à une crise multidimensionnelle qui sévit en Cote d’Ivoire depuis le 11 avril dernier. Une crise sans précédent à la fois politique, économique, sociale et religieuse. La France visite dès aujourd’hui, 14 juillet, à travers son Premier ministre, François Fillon, sa « sous-préfecture », la Côte d’Ivoire.

M. Fillon ne vient pas seul. Il est accompagné d’une vingtaine de chefs d’entreprise français qui viennent reprendre pied dans le pays. Comme pour dire clairement que les velléités d’indépendance économique et de diversification des partenaires engagées sous la présidence Laurent Gbagbo ne sont qu’un « mauvais souvenir » pour la France et son option économique dans son « pré-carré » bâtie autour du monopole.

Triomphaliste, la France reprend sa « sous-préfecture » et réactive ses pratiques Françafricaines. A preuve, François Fillon annoncera, a-t-on appris, lors de sa visite à Abidjan, un crédit de la France à la Côte d’Ivoire d’une valeur globale de 20 millions d’euros (soit environ 13 milliards de fcfa). Ce crédit sera déboursé par l’agence française de développement (Afd). Sur ces 20 millions d’euros, 10 millions d’euros reviendront aux entreprises françaises ayant connu des sinistres en Côte d’Ivoire lors des événements douloureux de novembre 2004. Les 10 autres millions d’euros seront affectés, soutient une source proche du dossier, aux entreprises ivoiriennes et étrangères notamment libanaises également sinistrées. Evidemment, les 20 millions d’euros constituent une dette que la Côte d’Ivoire devra rembourser.

Si les entreprises françaises ont été dédommagées, les victimes ivoiriennes (morts et blessés) des barbaries de la force française Licorne en 2004 ont été ignorées. Par Sarkozy, Fillon et Ouattara.


D.D

Source: NOTRE VOIE

L’ECONOMIE MONDIALE MENACE DE PARTIR EN VRILLE

TRADERS.jpg

Mais où va l'économie? Bilan du premier semestre.

 

Notre spécialiste Olivier Delamarche fait le point sur la situation économique mondiale. Et nous livre ses prévisions.

 

Reprenons, point par point, l'environnement dans lequel nous avons évolué au cours de ce premier semestre.

La Chine est confrontée d'une part, à une forte inflation et tente de la ralentir en montant ses taux, et d'autre part à une bulle immobilière qui ne cesse d'enfler et dont on sait qu'elle contribue largement au montant astronomique de créances pourries dans les banques évaluées autour de 540 MDS de $ soit 10 % du PIB. En outre, 2 000 des 3 000 MDS de réserve de change sont en dollar ce qui, du fait de la politique américaine, est devenue un véritable casse tête pour les autorités chinoises qui aimeraient bien se débarrasser de cette monnaie « fondante » mais qui ont du mal à trouver des acheteurs et des actifs de remplacement (pas le yen pas l'euro….).

Le Japon, déjà en récession avant la catastrophe du 11 mars, est à l'agonie depuis 20 ans, avec un endettement de 225 % avant le tremblement de terre et qui sera probablement de 250 % en 2012.

Ce taux d'endettement qui annihile toute croissance, n'est probablement plus absorbable par une population vieillissante. Il faudra donc aller sur les marchés internationaux où les investisseurs demanderont des taux plus élevés que les taux actuels (1,17 sur 10 ans). Les Japonais ne pourront alors plus payer, et là, fin de l'histoire…

Le Brésil est étranglé par la hausse des taux à plus de 12 % et par celle du real due à la défiance envers les autres monnaies qui pèse sur ses exportations.

La Grande Bretagne, coincée entre récession et inflation utilise la même recette que les américains, la fuite en avant, la planche à billet alors même qu'ils savent que c'est en pure perte puisque l'argent imprimé ne circule pas.

L'Europe, qui a pris une position dogmatique de sauvetage à tout prix de l'euro plutôt que de reconnaître qu'il a été mal conçu au départ, en essayant de gagner un peu de temps, nous enfonce dans la crise et rend la situation de moins en moins maîtrisable.

Les pays aujourd'hui en crise, l'Irlande, la Grèce, le Portugal, l'Espagne ne rembourseront jamais car ils sont structurellement incapables de générer une croissance suffisante pour faire face au coût et au remboursement de leurs dettes.

Combien de temps les peuples des pays en crise vont-ils accepter de se sacrifier sur l'hôtel idéologique d'un euro mal conçu par de petits fonctionnaires européens à la pensée étriquée, pour sauver des banques dont la seule fonction est de distribuer des bonus à ses dirigeants et de tondre leurs clients ?

Combien de temps les peuples des pays soi-disant en bonne santé vont accepter de payer pour les autres et pour éviter la faillite de quelques banques qui ont multiplié les erreurs mais qui ne s'en sentent pas le moins du monde responsables ?

Le Moyen Orient mérite plus que jamais son statut de poudrière avec les révolutions du printemps arabe qui sont loin, pour la plupart, d'avoir connu leur épilogue, avec l'Iran qui continu d'enrichir de l'Uranium pour fabriquer une bombe nucléaire, les Israéliens qui ne pourront pas vivre longtemps avec une telle menace et l'Arabie Saoudite qui elle aussi a peur et qui a annoncé qu'elle se doterait de l'arme nucléaire si l'Iran en avait une.

Le Pakistan, repère de terroristes, qui, lui, a déjà l'arme nucléaire…

Les Etats-Unis, repère de deux terroristes nommés Bernanke et Geithner, qui ont en leur possession deux armes infiniment plus dangereuses que l'arme nucléaire, à savoir la politique monétaire et la dette.

Monsieur Bernanke ne connait qu'une politique, Taux bas et Quantitative Easing (QE), qui a conduit les Etats Unis dans une impasse totale.

Sa politique a échoué complètement et nous en avons la preuve toutes les semaines depuis six mois : le QE ne crée pas d'emploi, le QE ne fait pas repartir l'immobilier, le QE ne relance pas la croissance.

Au vu de la dégradation des chiffres macroéconomique de ces derniers mois, la probabilité d'un double dip augmente même de façon exponentielle !

Le QE consiste à donner de l'argent gratuitement aux banquiers qui l'emploient à spéculer sur les matières premières ou à souscrire aux adjudications du trésor US avec une garantie de rachat par la FED la semaine suivante avec une petite plus-value. Les banques dans ce schéma se gardent bien de financer l'économie, trop risqué pour elles !!!

L'endettement des Etats-Unis, le montant des créances pourries dans les banques, le taux de chômage sont devenus tel aux USA que le risque systémique n'a jamais été aussi élevé.

Dans cet environnement, comme on l'a vu quasi idyllique, qu'ont fait les marchés ?

Sur le FOREX, malgré tout ce qui se passe sur l'Euro, le dollar continue de baisser ce qui laisse imaginer la valeur que l'on peut donner à ces deux monnaies.

D'où la question pour un gérant : en quoi doit-il libeller ses actif s'il ne veut pas perdre toute valeur.

De plus, cela pose la question de la viabilité des fonds euro des assureurs.

Le marché des governement bonds est complètement sinistré en Europe et aux USA. Il va très probablement piéger encore de nombreux investisseurs car, si aujourd'hui il valorise clairement une récession et sert de refuge pour ceux qui fuient les actions, la très forte augmentation de sa volatilité indique qu'il perd son statut d'actif sans risque et que ce marché est sur le point de craquer. Il est en effet incapable d'absorber les montants gigantesques des émissions mondiales.

Le marché des corporate bonds est déjà tellement suracheté que certains sont en taux négatifs sur six/neuf mois.

Les marchés actions, ici il est inutile de chercher la moindre lueur d'intelligence dans le pricing de cet actif, vous perdriez votre temps. Durant tout le premier trimestre, plus les nouvelles étaient mauvaises, plus les marchés montaient car cela impliquait que Monsieur Bernanke allait continuer d'imprimer des dollars. Il a fallut attendre le mois de juin pour voir enfin les marchés baisser avant d'annuler cette baisse en trois jours sur la fin juin. Pendant cette amorce de repli, le discours est resté constant : « le marché n'est pas cher, les résultats sont bons ». Or, s'il est vrai que les résultats sont bons, ils ne vont pas le rester car ils ont été obtenus au prix d'un chômage hors norme, plus structurel que conjoncturel. De plus, le prix d'une action est composé de deux facteurs, la capacité de génération de résultats d'une part et son taux de capitalisation d'autre part. Et sur ce dernier, il y a beaucoup à dire.

Aujourd'hui, les marchés se calent sur des taux de capitalisation historiques, sans tenir compte et du risque considérable engendré par le dérapage mondial de la dette, les créances pourries des banques, et l'utilisation de façon inconsidérée de l'effet de levier, et du changement total de modèle économique avec des pays du troisième âge surendettés (occidentaux) à tous les niveaux et des pays émergents obligés de leur prêter et de ralentir leur croissance interne pour ne pas trop vite aggraver l'état des ancêtres. Rapportez ce schéma à une population ou même à une famille, la conclusion viendra toute seule !

On peut se demander pourquoi, avec un tel environnement, nous ne sommes pas déjà sur les objectifs de nos joyeux prévisionnistes soit 4 500-4 700 sur le CAC 40, 1 450-1 500 sur le S&P 500.

En fait, dans ce contexte, les taux de capitalisation devraient varier entre 7 et 10 et non pas entre 12 et 15 comme actuellement.

Mes objectifs sont donc de 2 000-2 500 sur le CAC 40….550-600 sur le S&P500.

Bon second semestre !


Olivier Delamarche, Président de la société Platinium Gestion.

 

Source : YAHOO FINANCE

mercredi, 13 juillet 2011

GRECE: BERCEAU ET TOMBEAU DE LA CIVILISATION EUROPEENNE?


GRECE - EMEUTES.gif

La Grèce, l'idée de responsabilité et la civilisation

 

Il est commun de dire que la civilisation européenne et occidentale est née en Grèce. C'est aussi en Grèce que le concept de responsabilité a été sans doute développé pour la première fois, par le grand Aristote, dans son Éthique à Nicomaque. Ces deux faits ne sont pas un hasard. La responsabilité est ce qui nous rend civilisés au sens le plus plein du terme : non une civilisation de « fourmis » mais d'hommes libres. La croissance d'une société aux relations de plus en plus complexes et anonymes, entre les individus et communautés qui la composent, repose sur cette pierre angulaire, cette boussole, qu'est la responsabilité.

Or, ce qui se déroule sous nos yeux depuis un an avec la crise grecque participe de la négation de l'idée même de responsabilité et, implicitement, mais de manière bien réelle, de la civilisation qui va avec. C'est d'abord la consécration de la non-sanction de la mauvaise gestion publique, du renflouement systématique de ce que tout être rationnel ne peut concevoir que comme un tonneau des Danaïdes : une nation vivant largement au-dessus de ses moyens et qui s'attend à ce que les autres nations l'assistent sous perfusion. Une nation dont les fonctionnaires d'une improductivité légendaire, sont embauchés de manière pléthorique par leurs politiciens, sur « privilège » et non sur la base du mérite et de la nécessité pour l'intérêt général. Une nation où népotisme et clientélisme vont évidemment de pair avec une corruption endémique, qui s'est d'ailleurs exprimée dans le maquillage des chiffres des finances publiques (avec l'aide des petits génies de Goldman Sachs). Il faut dire que la redistribution européenne et ses célèbres subventions, notamment aux oliviers inexistants, ont pu donner le goût de la facilité aux grecs.

C'est ensuite le remake, après 2008, du renflouement d'investisseurs privés ayant fait des mauvais choix, qui, encore une fois, empochent les profits (ce qui est normal) quand tout va bien, mais envoient la note au contribuable quand il y a des pertes (ce qui ne l'est pas). Il n'y a pas que les États-Unis qui sont une bailout nation (nation du sauvetage) pour reprendre l'intitulé de l'ouvrage de l'analyste Barry Ritholtz : L'Europe entière est elle aussi devenue un repère pour banquiers et financiers irresponsables, bénéficiant de leurs connexions politiques pour maintenir un capitalisme de copinage (crony capitalism) qui n'a plus rien à voir avec la liberté et la responsabilité. La dangereuse sous-capitalisation des banques européennes n'est d'ailleurs pas un hasard : il s'agit de faire encore et encore fonctionner l'effet de levier, avec le filet de protection public. Et les institutions financières françaises et allemandes, les plus exposées à un défaut grec par leur politique malavisée d'achat de titres, seront renflouées par ... solidarité avec les (dirigeants irresponsables) grecs. Car l'épouvantail du risque systémique est brandi : « pas de plan B ». Selon une étude du think tank Open Europe si les dettes grecques détenues par l'étranger aujourd'hui le sont à 42% par les institutions privées et à 26% par les États, ces chiffres vont passer à 12% et 64% en 2014 : c'est aux contribuables de boire la tasse.

Et une des institutions les plus mouillées dans cette sombre affaire est la Banque Centrale Européenne elle-même, et donc in fine, à nouveau le contribuable européen. On se souvient en effet que Jean-Claude Trichet s'était élevé début mai 2010 contre la possibilité de racheter ou prendre en garantie des titres pourris grecs. Sous l'évidente pression politique, il changeait d'avis le 10 mai suivant. Le Fonds Européen de Stabilité Financière est venu couronner ce changement de cap, ouvrant la voie à un gouvernement économique européen...

A cet égard, il est crucial de noter que dans le but affiché de sauver l'Euro, le Leviathan européen accélère en réalité sa croissance à la faveur de la crise. Le schéma suit la description de l'historien américain Robert Higgs dans son ouvrage classique Crisis and Leviathan (Crise et Leviathan) : la crise, causée par la bureaucratie, constitue une opportunité pour la croissance ... de la bureaucratie et ses «solutions » de socialisation des problèmes. Bien sûr le keynésianisme triomphant de la fin 2008 et 2009 a pris du plomb dans l'aile au niveau des États : il s'agit donc de déplacer le processus au niveau supranational. On en appelle à la nécessité du « fédéralisme », pour être plus forts. Mais de quel fédéralisme ? Celui où les responsabilités « locales » sont toujours plus diluées ? Un fédéralisme qui débute sa carrière dans le but explicite de masquer ce fait, par la création d'un supra-gouvernement économique qui, par on ne sait quel miracle, résoudrait désormais nos problèmes ? Et ce, par des règles qui, comme par le passé avec les critères de Maastricht, seront là pour ne pas être respectées ? Belles perspectives d'avenir, en vérité. Les bureaucrates se frottent les mains. La démocratie est rangée au placard depuis longtemps. Le fédéralisme, le vrai, fondé sur le principe de subsidiarité et les responsabilités locales, n'a rien à voir avec ce monstre anti-démocratique instaurant l'institutionnalisation de mécanismes d'irresponsabilité.

Le premier sauvetage de la Grèce n'a fait qu'empirer sa situation. Rien d'étonnant : le politique ne s'y est pas réformé. De ce point de vue, les manifestants grecs n'ont pas tort de traiter leurs dirigeants de voleurs. Comment croire que ce deuxième sauvetage permettra de remettre en selle la nation hellénique ? Comment ne pas voir que l'Europe vient à nouveau de bafouer les principes les plus élémentaires de vie en commun fondée sur la responsabilité, au nom qui plus est, de la solidarité, qui, comme le fédéralisme, voit désormais sa définition inversée ?

La Grèce a été le berceau de notre civilisation et de la notion, consubstantielle, de responsabilité. Elle devient aujourd'hui leur tombeau.


Emmanuel Martin, analyste sur Un Monde Libre.org


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

LULA - EX PRESIDENT BRESILIEN.jpg

L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 09 juillet 2011

LA FRANCE S'ISOLE EN LIBYE

SARKOZY-LIBYE.JPG

Par Armin Arefi

Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est au tour du Congrès américain de prendre ses distances avec l'initiative française d'armer les rebelles.


Après avoir fustigé l'intervention américaine en Irak, la France jouerait-elle désormais le mauvais rôle en Libye ? Paris se trouve en tout cas chaque jour davantage isolé auprès de ses alliés, en dépit de l'annonce mardi de l'abandon du parachutage français d'armes aux rebelles libyens. Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est maintenant au tour des États-Unis de prendre leurs distances avec l'initiative française. En effet, la Chambre américaine des représentants a voté jeudi un amendement interdisant au Pentagone de fournir tout équipement, entraînement ou soutien militaire aux opposants de Muammar Kadhafi, sans pour autant couper les fonds nécessaires à la poursuite de la guerre en Libye. À l'origine du vote, le représentant républicain Tom Cole, qui a insisté sur la "responsabilité du Congrès (...) à mettre fin à cette aventure irréfléchie en Libye".

Pour Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et ancien militaire de haut rang dans l'armée de l'air, ce vote possède à la fois des portées intérieures et internationales. "Il s'agit d'une réaction logique du Congrès américain qui n'a pas été consulté au moment de l'engagement américain en Libye", explique le chercheur. "Mais c'est aussi un sérieux rappel à l'ordre vis-à-vis de la France et de son interprétation extrêmement limite de la résolution 1973 de l'ONU."

Des missiles en guise d'aide

Les résolutions 1970 et 1973, qui ont ouvert la voie à une intervention occidentale en Libye, sont notamment censées, d'une part, prévoir une zone d'exclusion aérienne visant les forces du colonel Kadhafi et, de l'autre, mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires" pour éviter des exactions contre les populations civiles. Des "moyens" qui ont donc pris la forme de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars parachutés par avion dans la région montagneuse du djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, a-t-on appris le 28 juin dernier dans les colonnes du Figaro.

Or, c'est avec des mots très durs que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a condamné publiquement le 1er juillet l'initiative française, devant un Alain Juppé médusé. Pour le chef de la diplomatie du Kremlin, qui a dénoncé une "violation grave de la résolution 1970", cette résolution permettrait en réalité "à n'importe qui de faire n'importe quoi, n'importe quand". Faux, répond le ministre français des Affaires étrangères, qui met en avant la situation "extrêmement précaire" des populations attaquées par Kadhafi pour expliquer le geste français, qui, selon lui, rentre donc "exactement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". Mais Paris était loin de se douter que la gronde irait jusqu'à gagner son principal partenaire en Libye, c'est-à-dire le Royaume-Uni.

"Une guerre civile"

"Cette résolution ne prévoyait pas d'armer un camp contre un autre dans une guerre civile, à l'intérieur d'un pays dont on avait oublié qu'il n'avait pas vocation à rester uni", estime Jean-Vincent Brisset, qui pense que l'on sous-estime les soutiens dont dispose encore Muammar Kadhafi dans le pays. Tandis que le conflit va bientôt entrer dans son quatrième mois et que Tripoli est toujours aux mains du colonel Kadhafi, cette dernière polémique ne symbolise-t-elle pas l'enlisement d'une coalition dont l'intervention ne devait pourtant pas dépasser la quinzaine de jours, dixit les membres du Conseil national de transition libyen, réunis en mars à Paris ? Et l'ancien pilote de chasse de mettre en cause certaines décisions politiques : "Peut-être les gouvernements engagés auraient-ils dû se concerter avec de véritables connaisseurs de la Libye avant de s'engager."


Source : LE POINT.FR

vendredi, 08 juillet 2011

ADAMA CHAMPION FAIT DES REVELATIONS SUR LE ROLE DE L'ARMEE FRANÇAISE LE 11 AVRIL


ADAMA CHAMPION.jpg

De nouvelles révélations à couper le souffle d'Adama Champion - dont la femme a été enlevée après ses premières confidences au Nouveau Courrier - sur ce qui s'est passé lors des derniers jours de résistance à la Résidence présidentielle de Cocody. Sur le rôle actif des forces spéciales françaises, les soldats des FRCI présents sur les lieux... Et sur le jeu trouble du Général Mangou.


Après votre témoignage exclusif sur l'arrestation du président Gbagbo, votre femme a semble-t-il été victime d'un enlèvement ?

Je suis vraiment peiné par un tel comportement et nous nous rendons de plus en plus compte que les nouvelles autorités ne sont pas prêtes à accepter la contradiction. Quand un chef d'Etat se met devant la Nation pour raconter ce qui n'est pas vrai et que quelqu'un qui a été témoin des faits, vienne apporter la contradiction, je ne crois pas que cela puisse poser problème. Puisque ce chef de l'Etat en question n'était pas sur les lieux. C'est ce qu'on a dû lui rapporté qu'il dit et moi qui étais sur les lieux, c'est ce que j'ai vécu à la résidence du président Gbagbo que j'ai raconté. En effet, ma femme a été enlevée aux alentours de 8h le jour de la publication de mon témoignage dans les colonnes de votre journal, c'est-à-dire le lundi dernier. Les hommes du commandant Soudja des Frci établis au 16ème arrondissement de Yopougon ont débarqué à bord d'un pick-up au Terminus 40, le quartier où vivait mon épouse et ont encerclé la cour. Ils ont fouillé toute la maison sans rien trouver et ont emmené ma femme avec eux.

Et que s'est-il passé par la suite ?

Elle a été séquestrée et bastonnée 24 heures durant dans les locaux du 16ème arrondissement avant d'être relâchée le lendemain, avec un message clair pour moi : «si on attrape ton mari, c'est un homme mort». Aujourd'hui, elle porte encore sur tout son corps, les séquelles de cette torture.

Revenons une fois encore sur les évènements d'avril dernier. Dans votre témoignage, vous aviez dit qu'il y a eu beaucoup de morts...

Oui, il y a eu énormément de morts de civils surtout, mais également de militaires. Les morts, on en voyait un peu partout. Depuis chez le président Mamadou Koulibaly (dont la résidence est à quelques pas de la résidence présidentielle) jusqu'à chez le président. Sur toute la voie, il y avait des cadavres de civils. Mais également devant le camp de la Garde républicaine qui se trouve à proximité de la résidence du président. Il y avait des tentes dressées là pour les civils qui affluaient à la résidence du président Laurent Gbagbo. Ils sont presque tous morts, je ne peux pas me hasarder sur les chiffres, mais ce sont des centaines de cadavres. Les cadavres étaient un peu partout dans ce périmètre-là jusqu'à l'intérieur de la résidence du chef de l'Etat. Et la Croix Rouge en sait quelque chose parce que c'est elle qui se chargeait de ramasser tous ces cadavres. Si les volontaires de la Croix Rouge, sur les lieux, sont honnêtes, ont une conscience professionnelle et un respect profond pour la mémoire de ces martyrs, ils ne diront pas le contraire de ce que je révèle dans les colonnes de votre organe de presse. Tous ces morts sont le fait des hélicoptères de l'armée française qui, durant plusieurs jours, tiraient sans retenue sur la résidence du président Laurent Gbagbo.

Vous, en ce moment là, où étiez-vous ?

Nous étions cachés sous les murs déjà tombés. Tantôt on rentrait à l'intérieur de la résidence, tantôt on se retrouvait sous un abri de fortune dehors. Mais on se rend compte aujourd'hui que c'est une grâce que Dieu nous a faite d'avoir eu la vie sauve. Nous aurions pu connaître le même sort que ces nombreux jeunes Ivoiriens tués par l'armée française depuis ses hélicoptères.

Quels sont les commandants Frci que vous avez pu identifier chez le président Gbagbo le 11 avril dernier ?

Il y en avait certainement plusieurs. Etant dans le feu de l'action, on ne pouvait pas prendre le temps de reconnaître tout le monde. Mais, en réalité ceux que j'ai pu voir, ce sont Wattao, puisque c'est lui-même qui s'est interposé entre ses éléments et le président Laurent Gbagbo, Delta, qui était à l'époque le chef de la sécurité de Guillaume Soro, je ne sais pas s'il l'est encore. Il y avait également Atchengué de Bouna (Morou Ouattara, ndlr). Ce sont les quelques-uns que j'ai pu identifier. En tout cas, je n'ai pas fait attention à Vétcho que j'ai découvert après dans les médias, puisque je ne pouvais pas tout voir, d'autant plus que je m'évertuais à sauver ma peau.

Y a-t-il eu un affrontement entre les Fds et les Frci à la résidence du chef de l'Etat ?

Je suis formel et catégorique. Il n'y a pas eu d'affrontement entre Frci et les éléments des Fds qui étaient à la résidence présidentielle, ni dans les alentours. Parce que depuis 6 heures du matin, les chars de l'armée française étaient déjà garés devant la résidence de l'Ambassadeur de France. Et depuis cette heure, ils (soldats français, ndlr) ont commencé à faire des manoeuvres au moment où les hélicos bombardaient la résidence du président Gbagbo. Les éléments des Fds étaient presque tous partis. Ceux qui sont restés, pour la plupart, ce sont les cadavres des soldats tués par l'armée française. Et quand les éléments des Frci ont été informés et rassurés qu'il n'y avait plus de résistance, c'est en ce moment là qu'ils sont venus tranquillement rentrer dans la cour, faire ce qu'ils avaient à faire. Sinon dire que les Frci ont échangé des tirs avec les Fds, c'est archifaux. Les Frci même sont conscientes que n'eût été le concours de ces gens-là (les forces spéciales françaises, ndlr), elles ne pouvaient rien dans la capture du président Laurent Gbagbo.

Vous qui étiez à la résidence, qu'est-ce qui s'est passé le jour où le président recevait les Généraux, avec à leur tête le Général Mangou?

Le jour où le président recevait les Généraux, nous avons été tous surpris de voir le Cema, le Général Mangou, qui avait trouvé refuge quelques jours plutôt chez l'Ambassadeur d'Afrique du Sud. Il a dit être venu présenter ses excuses au chef de l'Etat et aux jeunes patriotes qui y étaient. Il a été hué par les jeunes. On lui a même dit que nous ne voulons pas d'un chef d'état-major traître, d'un fuyard. Mangou nous a dit, pour se justifier, qu'il y est allé (chez l'Ambassadeur d'Afrique du sud, ndlr) contre sa volonté et que la pression s'était accentuée sur lui. C'est ce qui l'avait poussé à se réfugier. Et qu'il était de retour, présentant ses excuses à l'ensemble des Ivoiriens. Nous avions cru en ces propos. Après ce jour, il n'a plus jamais remis les pieds à la résidence.

La dizaine de jours passés chez le président, un fait particulier vous a-t-il marqué?

Tout le temps que j'ai passé à la résidence, ce qui m'a le plus marqué, c'est le dimanche 10 avril aux alentours de 8 heures, à l'heure du petit déjeuner, où le président Gbagbo est sorti avec une serviette au coup pour nous retrouver dehors. Il nous a dit : «ah je vous ai dit de rentrer, vous êtes encore ici ?». Et il s'est approché de moi et m'a dit ceci en souriant: «toi, ils ne vont pas te tolérer, parce que tu es du nord. Donc est-ce que tu ne vas pas partir ?». Je lui ai dit : «non monsieur le président, je vais rester.» J'ai été profondément marqué par cet échange entre lui et moi. Et, jusqu'à ma mort, je n'oublierai jamais cet instant d'intimité entre le président et moi. Et ce qui était aussi intéressant, c'est que chaque soir, il organisait des séances de prière pour qu'on pardonne à ceux qui nous tuent. Il est resté humble, serein et toujours souriant jusqu'à la minute même de son arrestation.

Les nouvelles autorités semblent déterminées à allier réconciliation et justice...

Pour que la réconciliation soit vraiment une réussite, il faudrait qu'Alassane Ouattara dise la vérité sur certains aspects de la crise que traverse notre pays. S'il tient vraiment à la réconciliation, qu'il s'arrange aussi à retirer les mandats d'arrêts internationaux contre ceux qui sont en exil pour leur survie et leur demander de rentrer au pays. On ne peut pas menacer d'arrêter les Ivoiriens qui sont dehors et parler de réconciliation. S'ils rentrent au pays, ils seront arrêtés ou tués, nous le savons tous. Il ne faut pas que Ouattara oublie que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Le président Bédié avait lancé un mandat d'arrêt international contre lui en 1999, il y a eu le coup d'Etat. Le Général Guéi, à son tour, a voulu arrêter un certain nombre de personnes, dont les sergent-chef IB et compagnie qui se sont retrouvés hors du pays. On sait ce qui est arrivé par la suite, il y a eu septembre 2002. Si Ouattara aspire réellement à une réconciliation vraie comme il le dit, qu'il mette fin à sa justice des vainqueurs. Qu'il fasse la part belle à une justice impartiale. Je pense que nous pourrons parvenir à cette réconciliation.

Ne voyez-vous pas qu'on se dirige vers le rétablissement de l'ordre aussi bien à Abidjan qu'à l'intérieur du pays ?

Quand vous-même vous regardez, vous voyez quel ordre qui est rétabli ? Les Frci sont partout dans les villes, villages et campements avec des armes. Des gens qui ne doivent pas avoir des armes qui ont des armes. On parle d'encasernement, mais est-ce qu'ils sont réellement encasernés ? Ils sont dans la ville, ils sèment la terreur partout. Aucun jour ne passe sans qu'on entende que les Frci ont fait ci, les Frci ont fait ça. Où est l'ordre en ce moment. C'est une comédie qu'on nous sert, il faut que les Ivoiriens comprennent cela. La preuve en est que l'unicité des caisses n'est pas encore une réalité en Côte d'Ivoire. Le nord n'est toujours pas rallié à la zone gouvernementale, le cacao continue toujours de prendre la direction du Burkina Faso. Si Ouattara contrôlait la situation, au moins il aurait pu mettre fin aux activités de la centrale des Forces nouvelles. Où va cet argent? Bien sûr dans les poches de Soro et ses hommes.

Votre parti, le Fpi continue de se chercher...

Oui, en effet ! Le Fpi est décapité. C'est en cela que moi j'appelle les uns et les autres à s'unir autour du président Mamadou Koulibaly qui assure en ce moment l'intérim. Il faudrait pour cela, mettre fin aux querelles inutiles et réorganiser le parti. Si possible, convoquer rapidement un congrès et désigner un président, en la personne de Mamadou Koulibaly pourquoi pas, qui aura les pleins pouvoirs, pour faire face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Notamment, oeuvrer pour la libération de nos camarades, préparer les futures échéances électorales... Tout le monde connait la force de frappe du Fpi et c'est ce qui fait peur à Ouattara. Il ne veut pas que le Fpi s'organise et, nous aussi, nous n'allons pas tomber dans son jeu. Il faudrait qu'on se réorganise pour se mettre en ordre de bataille. C'est pourquoi, j'invite tout le monde à l'union et à l'entente autour de l'idéologie et des autorités actuelles du parti pour repositionner très vite le Fpi.


Gérard Koné, in Le Nouveau Courrier N° 261 du jeudi 7 juillet 2011.


Source : INFO D'ABIDJAN.NET

jeudi, 07 juillet 2011

FRANCE - CRISE IVOIRIENNE: TROISIEME INTERPELLATION DE LA REPRESENTATION NATIONALE


ASSEMBLEE NATIONALE FRANCE.jpg

Paris, le 7 juillet 2011

Mesdames, Messieurs les députés, émanation du peuple souverain,

 

Il y a de cela quelques semaines, nous vous avons alerté sur la nécessité de mettre en place une commission d'enquête parlementaire, visant à  éclairer les français sur les agissements de la force Licorne en Côte d'Ivoire. A deux exceptions près, la Représentation Nationale est demeurée silencieuse. Nous revenons vers vous cette fois pour porter à votre connaissance les traitements odieux dont font l'objet d'anciens officiels ivoiriens et un ressortissant français.

Nous constatons que le pouvoir législatif, délaissant ses prérogatives, ferme les yeux face à l'aventurisme colonial du gouvernement français. Votre silence, couplé aux campagnes de désinformation gouvernementale et médiatique, remet en cause les  principes démocratiques qui régissent l'exercice du pouvoir exécutif encadrant votre action. Chaque jour qui passe ébranle la légitimité et la sincérité de l'action de la France dans ce que, selon toute vraisemblance, nombre de responsables politiques considèrent, non pas comme une ex-colonie mais comme une chasse gardée. Le but supposé de l'action de notre gouvernement était de permettre l'installation du candidat vainqueur de l'élection présidentielle au regard du droit interne ivoirien, et non pas au regard du droit international. Ceci aurait permis de lever tout soupçon pesant sur une intervention évoquant les politiques néocoloniales et expansionnistes des puissances occidentales.

Nous ne vous ferons pas l'affront de réécrire ici ce que nous savons tous. Il n'a pas été question de l'installation de la démocratie en Côte d'Ivoire, mais plutôt de la protection «d'intérêts» français et autres.

M. Alassane Ouattara, qui peut se féliciter d'avoir été installé au pouvoir grâce à la France et l'ONUCI, n'est pas un défenseur de l'état de droit et des libertés individuelles.

Non content de voir ses milices soupçonnées de crimes de guerre, voire de crimes contre l'humanité (Cf. le rapport d'Amnesty international en date du 24 mai), il maintient, sans justification légale et dans des conditions violant les textes internationaux encadrant les droits des personnes, des citoyens au motif qu'ils sont de proches collaborateurs de M. Gbagbo. Nous vous citons M. Affi N'guessan Pascal, ancien premier ministre de Côte d'Ivoire, maintenu avec ses camarades d'infortune dans la prison politique de Bouna.

Les images que nous mettons à votre disposition sont particulièrement insoutenables.

Nous attirons particulièrement votre attention sur un point. Dans cette vidéo est clairement identifiable un ressortissant français, M. Gbagbo Michel.

Est-il concevable que la Représentation Nationale reste sans réaction à la vue des maltraitances qu'il subit?

Autre question solennelle : son patronyme le prive-t-il de la protection diplomatique de l'Etat français ?

Si oui, notre droit positif aurait-il entériné une nouvelle distinction parmi les citoyens français? Nous n'avons trouvé, malgré nos recherches, aucune trace d'une telle modification juridique...

Il est temps que la Représentation Nationale prenne ses responsabilités et engage toute mesure appropriée pour faire cesser ces atteintes répétées à l'intégrité physique et à la dignité d'un citoyen français, qui comme tout justiciable, à fortiori présumé innocent, doit jouir de toutes le garanties reconnues par le droit français et les normes internationales en vigueur.

Il est temps que la Représentation Nationale engage les actions en son pouvoir, pour contacter et faire revenir à la raison les dirigeants que notre armée a installés à la tête de l'Etat ivoirien. Mardi dernier le Tribunal aux armées de Paris a accepté d'instruire une plainte. Celle-ci déposée il y a plus de sept ans par des refugiées rwandaises qui, fuyant les massacres perpétrés lors du génocide de 1994, se sont retrouvées être victimes présumées de viol, du fait de militaires rattachés au contingent de l'opération Turquoise. Y-aurait-il une fatalité ou une tradition qui condamnerait la France à être synonyme de forfaiture et d'atteinte aux droits de l'homme en Afrique ?

L'image de notre pays a été gravement écornée du fait de guerres menées dans des pays africains souverains, guerres reflétant le droit du plus fort et un impérialisme à peine dissimulé. Il est peut-être opportun, par le biais d'une action énergique auprès des autorités ivoiriennes, de favoriser l'application des normes de droit et de respect de la dignité humaine, normes indissociables au bon fonctionnement d'une véritable démocratie. Cette action en faveur des prisonniers politiques ivoiriens concourt également à  la libération sans condition de notre concitoyen Michel Gbagbo. Ceci permettrait de rassurer les citoyens français et les peuples africains, quant à l'attachement de la France aux principes de droit qu'elle se plaît à promouvoir...

Nous réitérons, par la même occasion, notre demande visant à la formation d'une commission d'enquête  parlementaire portant sur l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire. Le précédent rwandais, remis sous les feux de l'actualité par la décision du Tribunal aux armées cette semaine, démontre la nécessité de lever dès à présent toute ambiguïté concernant l'action française en Côte d'Ivoire. M. Dominique Paillé a eu à connaitre, à travers l'expérience d'un proche, des méthodes peu démocratiques de nos alliés de circonstances. Il est un exemple, certainement plus évocateur que les morts ivoiriens anonymes. Partant, le caractère impératif que revêt toute action tendant à laver les militaires français du soupçon de «collaboration» avec les milices ouattaristes (qui n'ont rien de républicaines) s'impose.

Il est impératif d'éviter à l'armée, et par ricochet à l'Etat français, de se retrouver, pour la seconde fois en moins de vingt ans, sur le banc des accusés aux côtés de régimes soupçonnés de pratiquer des massacres (ethniques et d'opposants). Nous souhaitons ne pas vous laisser indifférents à la vue d'atteintes à la dignité humaine et de violations patentes des textes internationaux organisant la protection des droits de l'homme. Voici le lien permettant d'y accéder, bon courage... http://www.youtube.com/watch?v=9URpePMLl3A&feature=pl...


En attendant votre réponse.


Respectueusement, Pour Alternatives et Cohérence


Ahouansou Séyivé

mercredi, 06 juillet 2011

CHARLES BLE GOUDE: «JE SUIS PRET A COMPARAITRE DEVANT LA JUSTICE. A CONDITION QUE M. OUATTARA SOIT MON VOISIN»

 

BLE GOUDE CHARLES.jpg

Par Christophe Boisbouvier

 

Alors que s'ouvre, ce mardi 5 juillet 2011 à Abidjan, un séminaire gouvernemental pour faire redémarrer l'économie du pays, Charles Blé Goudé, qu'on avait dit mort, a répondu aux questions de RFI. Ce proche de l'ancien président Laurent Gbagbo s'est dit prêt à comparaître, sous certaines conditions, devant la justice ivoirienne alors qu'un mandat d'arrêt international a été lancé il y a quelques jours contre lui.


RFI : Charles Blé Goudé, bonjour. Que devenez-vous ?

Charles Blé Goudé : Je suis Charles Blé Goudé. Je suis là.

RFI : Quand vous dites, « je suis là », cela veut dire où ?


C.B.G. :
Je suis là où je dois être. Je suis à l'abri. Je suis là et je regarde les choses.

RFI : On dit que vous circulez beaucoup en Afrique de l'Ouest.


C.B.G. :
Oui. On dit aussi que je suis décédé ! Donc je laisse les gens déblatérer sur mon sort et souvent, je ris.

RFI : Donc, vous êtes quelque part en exil ?


C.B.G. :
Non. Je dis aux uns et aux autres qu'on est ensemble, là où on doit être. Certainement que je suis à Abidjan ou je suis quelque part, mais je suis dans une vie de clandestinité que j'assume totalement. On m'annonce souvent mort, on m'annonce au Zimbabwe, au Bénin, au Ghana... Tout cela m'amuse et je regarde.

RFI : Alors vendredi dernier, le 1er juillet 2011, la justice ivoirienne a lancé contre vous un mandat d'arrêt international. Comment réagissez-vous ?


C.B.G. :
Oh, écoutez ! Rien ne me surprend. Parce que voyez-vous, depuis que monsieur Ouattara est au pouvoir, il y a une justice à double vitesse. Il a peur. Il a peur d'une opposition significative.  Il a décidé d'installer son pouvoir dans la terreur. Et tous les signes apparents d'un pouvoir dictatorial, d'un pouvoir tribaliste, sont là, et visibles.

Pour moi, ce pouvoir n'ira pas bien loin, parce que monsieur Ouattara fait comme si son pouvoir avait pour seul objectif de traquer, de tuer, de poursuivre tous ceux qui ont été plus ou moins proches du président Gbagbo. Donc nous osons croire qu'à un moment donné, le président Sarkozy et le président Obama vont l'interpeller pour lui dire qu'il n'est plus le président du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Ouattara est le président de la Côte d'Ivoire. Alors il doit garantir la justice à tous les Ivoiriens. Alors, j'attends qu'on me signifie ce mandat d'arrêt et qu'on me dise les raisons pour lesquelles on me poursuit.


RFI : Le ministre ivoirien de la Justice dit : « Blé Goudé pense se cacher, mais on sait où il est. Son extradition se fera ».


C.B.G. :
Je ne veux pas entrer dans cette comédie. Je veux simplement dire qu'en Côte d'Ivoire il y a une justice à deux vitesses. Regardez-vous ! Un président de la République du nord, un Premier ministre du nord, ministre de l'Intérieur du nord, ministre de l'Agriculture du nord, ministre de l'Industrie du nord... Où allons-nous avec tout cela ? Pourvu que vous ayez battu campagne pour Laurent Gbagbo, alors on bloque votre compte ? 

RFI : Ce que vous reproche la justice ivoirienne ce n'est pas seulement d'avoir battu campagne pour Laurent Gbagbo. Est-ce que vous ne regrettez pas vos appels à la mobilisation populaire contre Alassane Ouattara, contre l'Onu, contre la France, entre décembre et avril 2011 ?


C.B.G. :
Au moment où je vous parle, il y a quelques semaines, les indignés qui sont dans la rue en Espagne, ne se sont pas arrêtés.

RFI : Mais quand vous avez appelé vos Patriotes à bloquer les véhicules de l'Onuci, en février et mars 2011, était-ce vraiment pacifique ?


C.B.G. :
Combien de véhicules de l'Onuci ont été bloqués ? Combien d'agents de l'Onuci ont été blessés ? Que s'est-il réellement passé ? Face aux gens de monsieur Ouattara, qui, depuis 2002, tuent, pillent, tous les Ivoiriens ! Pourquoi ne parle-t-on pas d'eux ?

Et puis on s'acharne sur la personne de Blé Goudé ! Moi, je pense qu'il faut être sérieux et puis mettre tout ça dans la balance. Maintenant, si c'est la justice des vainqueurs  sur les vaincus... Mais monsieur Ouattara n'a pas vaincu l'armée de Côte d'Ivoire, je suis désolé ! Il sait très bien que c'est l'armée française qui l'a aidé à être là où il est.


Monsieur, je voudrais vous dire que j'ai la conscience tranquille. Depuis 2002, c'est la mobilisation aux mains nues et je défie quiconque de mobiliser plus que nous. Voilà ce qu'est la démocratie, la loi du nombre !


RFI : Mamadou Coulibaly, président de l'Assemblée, affirme que le 10 mars dernier, quand l'Union africaine a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara, il a compris qu'il était fichu. Et vous ?


C.B.G. :
Je ne veux pas commenter les propos du président Mamadou Koulibaly, pour qui j'ai beaucoup de respect. Et je pense qu'il fallait plutôt faire en sorte qu'on revienne au vrai débat. Qui, de Laurent Gbagbo ou d'Alassane Ouattara a remporté les élections ?

RFI : On a souvent dit que Laurent Gbagbo était le plus malin de tous les hommes politiques ivoiriens. Mais il a quand même perdu. Quelle faute politique a-t-il pu commettre ?


C.B.G. :
Pourquoi voulez-vous qu'on vienne exposer les fautes de Laurent Gbagbo sur les antennes ? C'est un être humain. Il peut se tromper ! Mais on ne parle pas des fautes de son chef sur des antennes.

RFI : Quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?


C.B.G. :
Je suis désolé, ça encore, c'est entre lui et moi.

RFI : Charles Blé Goudé, reconnaissez-vous Alassane Ouattara comme président de la République ?


C.B.G. :
Mais si c'est moi qui reconnaissait les hommes politiques en tant que président de la République, vous savez très bien que Laurent Gbagbo serait président aujourd'hui ! La volonté de la France a été faite par la force. Et à partir du 11 avril, moi je n'ai pas à savoir qui est président ou qui ne l'est pas.

RFI : Donc pour vous, aucune réconciliation n'est possible ?


C.B.G. :
Moi je veux qu'il y ait réconciliation ! Mais monsieur Ouattara a pris le pouvoir pour se venger. Et il veut installer son pouvoir dans la terreur ! Aujourd'hui, tous ceux qui semblent avoir même une toute petite odeur de camp proGbagbo, tous ceux-là sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements !

RFI : Vous dites que tout le monde est traqué, mais il y a tout de même un Front populaire ivoirien (FPI) qui a pu à nouveau se réunir à Abidjan !


C.B.G. :
S'il vous plaît ! Quand le président du Front populaire ivoirien Affi N'Guessan est en prison dans le nord de la Côte d'Ivoire, c'est cela que vous appelez « la liberté » ? Quand on parle de pillages dans la ville d'Abidjan... Vous êtes d'accord avec moi que les FRCI ont pillé ?... Que les chefs de guerre  ont pillé ! Mais ils sont en liberté, pendant que d'autres sont traqués !

RFI : A quelles conditions cette réconciliation sera-t-elle possible ?


C.B.G. :
Quand on veut se réconcilier, on discute avec les opposants. Laurent Gbagbo ne peut pas être en prison à Korhogo, son épouse en prison ! Le président du Front populaire ivoirien et le fils de Laurent Gbagbo en prison, dans le nord. Et puis on nous parle de réconciliation ! Je demande à monsieur Ouattara de prendre de la hauteur. Il faut réunir les Ivoiriens et savoir pardonner.

RFI : Vous demandez le pardon, mais est-ce que la justice peut passer l'éponge sur les quelque 3 000 victimes de la crise postélectorale ?


C.B.G. :
Mais moi-même, je suis une victime de cette crise postélectorale ! Nous ne demandons pas que la justice ne se fasse pas. Mais de là à aller tuer de gens toutes les nuits, aller les traquer dans leurs villages, ce ne sont pas des signes encourageants !

RFI : Vous dites qu'il est normal que justice se fasse. Seriez-vous prêt, le cas échéant, à comparaître devant un tribunal ivoirien ?


C.B.G. :
Cela ne me pose aucun problème ! A condition que monsieur Ouattara soit mon voisin ! Parce que, quand on va comparaître, vous savez très bien qu'il a commis des actes, que des hommes ont commis des actes ignobles, en son nom ! Alors je suis prêt à comparaître. Mon voisin doit être Alassane Ouattara, mon voisin Soro Guillaume et ensemble nous allons comparaître devant la justice !

RFI : Comment reviendrez-vous sur la scène politique si vous êtes un clandestin, si vous êtes en fuite ?


C.B.G. :
Dites à tous les Ivoiriens qu'un jour, il fera jour. Nous avons perdu une bataille. Nous n'avons pas encore perdu notre combat.

R.F.I. : Vous avez des accents revanchards dans vos réponses. Croyez-vous encore à une solution militaire ?


C.B.G. :
Non, non, non, non.... Pas du tout ! Je ne suis pas revanchard. J'ai toujours pardonné, comme vous savez. Je veux que les Ivoiriens se parlent à nouveau. Je veux qu'il y ait un débat responsable, critique. Je ne suis pas pour le coup de force. Je pense que les Ivoiriens ont déjà été trop traumatisés et ils attendent mieux des hommes politiques que de nouveaux coups de canons.

RFI : Samedi dernier à Paris encore, 1 300 personnes ont manifesté en faveur de la libération de Laurent Gbagbo. Qu'attendez-vous de la France et des Français ?


C.B.G. :
Comme c'est la France qui a permis à monsieur Ouattara d'être au pouvoir, je souhaite que la France pèse encore de tout son poids sur monsieur Ouattara et lui dire que un monsieur Laurent Gbagbo, qui a dirigé la Côte d'Ivoire et qui a obtenu, selon les résultats de la Commission électorale plus de 49% des suffrages, ce monsieur ne peut pas être maintenu au nord (du pays). A ce sujet d'ailleurs,  le 16 juillet, le Conseil européen du congrès panafricain de la jeunesse des patriotes se réunit. Je voudrais inviter tous les Africains, qui vivent à Paris, à participer à cette conférence. Pour la première fois, on verra ce que je suis devenu, et cela à travers une vidéo exclusive que nous allons projeter.

RFI : Charles Blé Goudé, merci.


Source: RFI.FR

 

Ecouter l'interview de Charles Blé Goudé à Radio France Internationale (RFI):

 


podcast


lundi, 04 juillet 2011

LIBYE-ONU: LE MENSONGE MEDIATICO-SARKOZYSTE


LOGO ONU.jpg

Commençons cet article par une boutade de Patrick Cohen, sur Facebook : « Ma réponse à Allain Jules: ’’Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye’’ ? Wow ! enfin, il se réveille, l’évangéliste de la prétendue démocratie et des gendarmes du monde… Ce qui se passe en Libye n’est pas mieux que ce que vous avez défendu en Côte d’Ivoire. Je dirais même qu’en Côte d’Ivoire, c’était mieux avec des « élections transparentes » et une demande de recomptage de voix refusée par le camp que vous supportiez … En Libye, il n’y a pas d’élection même s’il y a les mêmes mensonges, truquages et falsifications médiatiques avec, bien sûr, votre touche personnelle ! Qu’est-ce que vous avez bouffé pour changer aussi radicalement du mensonge à la vérité, Mr Allain Jules ? »


Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye, nos médias pratiquent sans vergogne une désinformation abyssale. Aujourd’hui, le président français Nicolas Sarkozy, rencontre certains dirigeants du monde, notamment ceux de la Ligue arabe et de l’Union africaine (UA), pour que ces derniers l’accompagnent dans sa guerre contre la Libye détournée en guerre contre Kadhafi. Or, le guide libyen Mouammar Kadhafi a eu jeudi dernier, bien avant la résolution 1973 de l’ONU, un entretien téléphonique avec le président de la Guinée équatoriale, Théodore Obiang Nguema, président en exercice de l’Union africaine (UA).

L’Afrique pour le règlement du conflit

Il y a une décennie déjà, les Etats-Unis, sous un prétexte fallacieux relatif aux évènements du 11 septembre, avaient décidé d’attaquer  l’Afghanistan. Mal lui en a pris, George Bush Jr., deux années après, président su gendarme du monde récidivait, en s’en prenant à l’Irak. Problèmes irrésolus jusqu’à ce jour. Or,  Kadhafi et Obiang Nguema ont, dans leur entretien parlé de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de paix et de la sécurité africaine (CPS) relative à la création d’un panel d’enquête de cinq chefs d’Etat. Ce dernier devrait négocier un accord de paix entre le gouvernement libyen et les insurgés et a exigé une enquête sur les accusations faisant état de l’implication de milliers de mercenaires étrangers dans les activités criminelles en Libye.

On constate en passant que seuls les pays arabes du Golfe sont partie prenante de la guerre contre la Libye. Aucun pays africains ne donnant son aval à cette re-colonisation détournée. On peut détester ou aimer Mouammar Kadhafi mais ne pas rester silencieux face à l’injustice dont il est victime. Les cris d’orfraie ici et là ne sont qu’hypocrisie, mensonge et mépris pour l’Afrique. Dans quel pays au monde peut-on accepter qu’une insurrection armée s’impose ? Imaginons un seul instant, des rebelles prenant Lyon et marchant sur Paris. Que fera l’Elysée ? C’est de cela qu’il s’agit et la création de la dialectique selon laquelle cette opération militaire est à but humanitaire laisse pantois. Par mimétisme des révolutions tunisienne et égyptienne, pacifiques, certains Libyens ont pris des armes. Par ouï-dire donc, après le passage d’un écrivain décati aux yeux de lynx qui aurait vu des morts par milliers et des charniers, pire, décidant pour 66 millions de Français sans en référer au Parlement, il faut attaquer la Libye sans apporter la moindre preuve des « exactions ». Étonnant, non ? La presse française n’en parle pas…

Que veulent BHL, Sarkozy et les autres ?

Sans doute renverser le leader de la Jamahiriya arabe libyenne Mouammar Kadhafi, à défaut de mettre sur pied la partition de la Libye en restaurant la Cyrénaïque (515 av. J.-C) actuel Benghazi en la transformant en État indépendant. Probablement aussi, faire de cette partie de la Libye, une entité autonome à l’image du Kurdistan irakien, pour mieux pomper le pétrole libyen. Cette déstabilisation libyenne a donc une forte odeur de pétrole. Finalement, avoir du pétrole et être vindicatif comme l’est Mouammar Kadhafi est une malédiction. On comprend aisément la servilité des régimes du Golfe qui font des fellations aux Occidentaux. Pourquoi, alors que les révoltes pacifiques sont réprimées dans le sang au Yemen ou à Bahreïn ne voient-on pas de résolution de l’ONU ? Cherchez l’erreur !

A propos de ces régimes arabes du Golfe, il est assez étonnant de ne jamais les voir appuyer les résolutions de l’ONU lorsque l’Institution internationale épingle Israël. Faut-il vous faire un dessein en ce qui concerne l’opération « plomb durci » d’Israël contre Gaza vue par le juge sud-africain juif Richard J. Goldstone comme étant un crime contre l’humanité/ des crimes de guerre ? Passons. Faudrait vraiment avoir la science infuse pour convaincre les pays africains de se lancer dans cette aventure belliqueuse. Mouammar Kadhafi est le principal financier de l’Union africaine (UA) et contribue au développement de l’Afrique. Les dirigeants africains qui s’engageront dans cette forfaiture bhélévienne auront des comptes à rendre à leur peuple, face aux salmigondis sarkoziens…

Mais que dit la résolution de l’ONU ?

Le mensonge médiatico-sarkozyste risque de se retourner contre le président français Nicolas Sarkozy. En effet, tout le monde, même des ministres ont cru bon d’annoncer que les bombardements allaient commencer dès l’adoption de la résolution de l’ONU. Balivernes.  La résolution onusienne demande instamment aux autorités libyennes de protéger les civils, met en place une zone d’exclusion aérienne, le respect de l’embargo sur les armes, le gel des avoirs de l’Etat libyen dans leur ensemble, et la mise sur pied d’un panel d’experts ( La consulter en intégralité). Ceci, pour amener à la paix et rien d’autre. Nicolas Sarkozy, BHL, François Baroin, Cameron et autres Alain Juppé n’ont pas dû lire cette dernière.  Le message appelle en somme, à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution.

Et par conséquent, par la voix de son ministre  des Affaires étrangères Moussa Koussa, après la résolution onusienne,la Libye a cessé toute attaque contre les rebelles. Ces derniers qui ont par ailleurs tué froidement des noirs soupçonnés d’être des mercenaires, entre autres, à Benghazi et non Kadhafi, il n’y a plus rien à faire en principe. Mais, coup de théâtre après l’annonce des autorités libyennes, les rebelles ont recommencé à attaquer. La riposte des soldats loyalistes n’a pas tardé. Surprise: ignorant les crimes des rebelles, Paris, Londres et Washington ont appelé à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution de l’Onu.

Conclusion

Craignant de se retrouver seul, Sarkozy se trouve obligé de faire le pied de grue devant les régimes arabes et l’Union africaine (UA). Un appel du pied qui montre l’amateurisme élyséen. C’est ainsi que deux aventuriers français, BHL et Sarkozy, risquent de se retrouver humiliés et, le pire c’est qu’ils ridiculisent par la même la France.  On a appris par ailleurs que, malgré l’unanimité des politiques de tous bords, en France, il y aura un débat au Parlement qu’ils ont failli fouler aux pieds. Ceci, après que les deux quidams aient craché sur la Constitution ou le Quai d’Orsay. Une pantalonnade en perspective. Le blogueur Alert2neg a bien raison de parler de petit gesticulateur, que dis-je, d’éjaculateur précoce, qui joue les Bush Jr., son mentor.


Source : Le blog d’Allain Jules

FAIRE GAFFE A LA RECONCILIATION ET A LA JUSTICE DES VAINQUEURS

 

AHOUSSOU JEANNOT 2.jpg

Nous avions espéré l’après kidnapping du Président Laurent Gbagbo par l’armée française, malgré le choc qu’ils ont pu subir pendant ces heures dramatiques de la jeune histoire de leur pays, comme une période de rapprochement, de pardon et de réconciliation pour les ivoiriens. Qui n’ont en fait pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à exister en tant que nation. Notre espérance aura été bien vite déçue.

Le Prix Nobel de la Paix sud-africain et illustre président de la célèbre Commission Vérité et Réconciliation de l’après Apartheid, le Révérend Desmond Tutu, l’aura recommandé aux Ivoiriens lors de sa visite au Président Laurent Gbagbo, à sa résidence surveillée de Korhogo, en compagnie de Monsieur Kofi Anan, ex-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) : « Il faut éviter de parler de justice quand on veut réussir la réconciliation ». Aura-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Encore énivré et grisé par sa chevauchée victorieuse du 28 mai au 11 avril 2011 qui a vu le renversement du régime de Laurent Gbagbo, le RHDP n’en a cure et fait fi du chemin de la sagesse et de l’expérience qui lui est ainsi proposé. Il a décidé de définir sa propre voie de la réconciliation : celle des vainqueurs ! Qui fait table rase de toute considération humanitaire, légal, juridique et même humaine : une centaine de parents, collaborateurs et partisans de Gbagbo emprisonnés sans aucun chef d’accusation, dans des conditions inhumaines ; l’ex-Première Dame, la Député Simone Ehivet Gbagbo, mise aux arrêts sans aucune levée de son immunité parlementaire ; un Premier Ministre et des ministres inculpés sans que ne soit mise en place la Haute Cour de justice ivoirienne, seule juridiction habilitée et compétente, selon notre Constitution, à juger les hautes autorités de l’Etat. Or Me Ahoussou Jeannot, le Ministre de la Justice de Ouattara, l’avait déclaré presqu’avec serment : « Nous sommes soucieux du droit et de la justice », avait-il confié à Jeuneafrique.com. Non seulement on ne tient aucun compte de la nécessité de prendre une option véritable pour le rapprochement des ivoiriens et leur réconciliation mais on escamote les procédures judiciaires. « C’est sous la pression des ONG internationales qu’Alassane Ouattara a enfin bougé et emprunté le chemin du droit », a expliqué un juriste sous le couvert de l’anonymat. Autrement, il ne l’aurait certainement jamais fait, en concluons-nous.

Ainsi, des mandats d’arrêt internationaux seront très prochainement lancés contre Charles Blé Goudé, le leader des « Jeunes Patriotes », et l’actuel porte-parole du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan, également Ministre du budget, accusé par le nouveau régime d’avoir procédé à la nationalisation de l’agence ivoirienne de la BCEAO et des filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale que sont les banques de droit ivoirien, BICICI et SGBCI.

Ainsi le vendredi 24 juin 2011, il a été clairement notifié à quinze (15) hautes autorités de l’Etat et collaborateurs du Président Gbagbo leur inculpation par les services du Parquet du Tribunal de Première instance d’Abidjan, sous au moins 18 chefs d’accusation. Ce sont :

1- Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Premier Ministre.


2- Alcide Djédjé, Ministre des Affaires Etrangères.


3- Désiré Dallo, Ministre de l'Economie et des Finances.


4- Ettien Amoakon, Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information.


5- Christine Adjobi, Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida.


6- Danielle Boni Claverie, Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant.


7- George Armand Ouégnin, Secrétaire d'État chargé de l'Assurance Mutuelle Universelle (AMU).


8- Philippe Henri Dacoury-Tabley, ancien Gouverneur de la BCEAO.


9- Franck Anderson Kouassi, Président du Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA).


10- Armand Bohui Komé, journaliste au Cabinet de l'ex-Première Dame Simone Gbagbo et ex-membre du Conseil National de la Presse.


11- Norbert Gnahoua Zibrabi, Directeur de publication du journal L'Oeil du peuple et ex-Conseiller technique de Laurent Gbagbo.


12- Simone Hué Lou, Directrice générale adjointe de "La Refondation", société éditrice du journal du FPI Notre Voie.


13- Germain Guézé, cameraman à la RTI, détaché à la Présidence.


14- Chantal Léba, membre de la FESCI, présidente d'un mouvement patriotique.


15- Parfait Atsé Acho, Chef de cabinet de Ahoua Don Mello, au Ministère de l'Equipement et des Assainissements.

Si des procès doivent être ouverts contre des citoyens « indélicats », alors autant que cela se fasse à partir de 2002, où les premiers assassinats et crimes économiques ont été commis contre les Ivoiriens et l’Etat de Côte d’Ivoire par la rébellion conduite par Soro Guillaume et parrainée par Alassane Ouattara. On ne peut absoudre les coupables et incarcérer les victimes, celles qui ont tentées de minimiser ce désastre socio-économique et ses effets par des opérations de sauvegarde et de salut public. Et quand, concomitamment à cette chasse aux sorcières, on embouche le clairon de la réconciliation, nous y perdons notre latin. Cette justice à sens unique nous conduit, inexorablement, dans le mur. Ce n’est qu’une question de temps.

Monsieur le Chef de l’Etat, si tant est que vous souhaitez aller à la paix avec tous les Ivoiriens, vos signaux et messages de réconciliation sont parfaitement illisibles. Aussi bien dans les médias d’Etat ivoirien – accusateurs du camp adverse et cachant mal une contemplation jouissive de sa déchéance – que dans vos actes chargés d’une forte connotation vindicative.

Oui, les appels du pied d’Alassane Ouattara à la réconciliation sont si illisibles que toutes les démarches de ses émissaires auprès des exilés ivoiriens au Ghana et au Togo (où il a lui-même, de vive voix, sollicité le retour de ses concitoyens) auront accouché d’une souris. Le Colonel-major Konan Boniface (jeune, brillant et valeureux officier supérieur de l’armée ivoirienne, major de sa promotion parmi les marine’s américains), Commandant du Théâtre des opérations (Com-théâtre) sous le régime du Président Laurent Gbagbo, se refuse à revenir au pays. Ou du moins, n’y reviendra qu’« au moment opportun », selon ses propres termes. Et avec lui, des dizaines de milliers d’Ivoiriens, ainsi que de redoutables soldats, armés et bien entraînés. Pourquoi donc ? Parce qu’ils ne voient pas de sincérité dans les propos et les actions du camp Ouattara.

Monsieur le Chef de l’Etat, vous ne pouvez tendre une main de velours à vos concitoyens et, de l’autre, cacher un glaive dans le dos. Ce n’est pas de la réconciliation mais plutôt des règlements de compte, qui feront immanquablement le lit d’un repli conservatoire et défensif qui pourrait gravement compromettre la paix en Côte d’Ivoire et conduire à une déflagration générale. Nous vous interpellons, ici. De la façon la plus vive. Un chat aculé dans un endroit clos peut se montrer extrêmement dangereux, nous apprend l’expérience de la vie. Parce qu’on ne lui laisse aucun autre choix pour sa survie.

Nous avons encore souvenance que le Président Gbagbo a évité de mener la traque contre le Président Robert Guéi à Kabakouma, dans sa région natale de Man, après sa chute en 2000, ou contre ses collaborateurs exilés. Sa préoccupation était véritablement de rapprocher tous les Ivoiriens. Et il l’a concrètement traduit par l’organisation du Forum de la Réconciliation Nationale, avec des personnes neutres (ce qui n’est pas le cas du régime Ouattara, pour sa Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation). Il a pour se faire, fait revenir d’exil Messieurs Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, pour dire leur part de vérité à cette tribune et conduire la Côte d’Ivoire vers des jours plus apaisés, même s’ils basculeront, deux ans plus tard, dans une tentative de coup d’Etat muée en rébellion qui balafrera notre pays, par le manque de sincérité de certains participants audit forum. Il aura au moins eu le mérite de mettre en confiance ses adversaires politiques pour les faire revenir dans leur pays et leur a donné des statuts qui siéent à leur rang.

Ne leur avait-il pas notamment, comme nous l’écrivions antérieurement, reconnu un statut d'anciens présidents et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs forfaits et nommé leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne? Et, cerise sur le gâteau, nul parmi eux n’a été, le moins du monde, inquiété pour ses actions subversives, ses crimes économiques et ses délits de droit commun. Voici ce qu’on peut qualifier d’efforts véritables de réconciliation. Pas le simulacre qu’il nous est donné de déplorer, en ce moment, en Côte d’Ivoire.

Ivoiriens, nous voulons aller à la paix. Nous n’avons de cesse de le réaffirmer, depuis le sanglant dénouement de la crise postélectorale, intervenu en avril 2011. Prenons donc garde à la réconciliation et à la justice des vainqueurs. Périlleuse et aux issues incertaines. Au risque de faire basculer la Côte d’Ivoire, notre beau pays, dans une nouvelle spirale de violence dont on ignore totalement ce que seront les aboutissements.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

 

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 254 du mercredi 29 juin 2011

dimanche, 03 juillet 2011

ADO SOLUTION, J’AI DES PROBLEMES POUR VOUS!




 

La chronique de Hassane Magued

La Solution. C’est votre nouveau nom. Vous respirez les solutions. Vous mangez les solutions. Vous vivez de solutions. Vous êtes la Solution. Alors, je pense que je frappe à la bonne porte en vous sollicitant. Moi, j’ai plutôt des problèmes. De nombreux problème en divers gabarit et doses. Avec vous, c’est une question de dose. Votre spécialité nous y oblige. Pour un professionnel des solutions sans solution, il faut des problèmes surdosés. Cependant aujourd’hui, je veux commencer avec vous par un petit problème. Il est certes bien dosé à l’Ivoirienne, mais il demeure un tout petit problème pour vous.

Toutefois, avant de commencer cet Article 21ème de la Révolution Permanente, j’aimerais que vous et moi vidions un petit malentendu que certains Ivoiriens ont pu entretenir dans la Presse proche de vous. J’ai cru lire, à moins que je ne trompe, que plusieurs chefs d’Etat se bousculeraient pour vous rencontrer en Guinée Equatoriale, au 17ème sommet des chefs d’Etat de l’UA (Union Africaine) tenu à Malabo où grâce à quelques coups de canons français, vous vous trouviez être celui qui représenta le peuple de Côte d’Ivoire.

Sur la question, je vais être direct et rapide. Je vous y ai vu. Vous étiez assis derrière au fin fond de la salle, exactement à l’avant dernière rangée en bout de sièges, à côté du délégué du Burundi avec dans votre dos, celui de la Mauritanie. Les chefs d’Etat de l’UA étaient eux, assis sur les rangées de devant. De vous à moi, quelqu’un que des éminentes personnalités d’Afrique se bousculeraient pour rencontrer ne s’assoit pas là où les organisateurs vous ont laissé tout triste. Pour être honnête, vous avez compris lors de ce sommet, tout le bien que les autres participants pensent de vous et la considération qu’ils ont pour vous. Votre place occupée en dit très long. C’est pourquoi, je vous ai demandé en toute amitié d’arrêter de demander de l’argent à n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Sinon, le monde entier finira par vous traiter n’importe comment. Il y a quelque temps, c’est une de vos inconditionnelles, Henriette Diabaté qui vous traitait officiellement de “Préfet”. Aujourd’hui, c’est au tour des organisateurs du sommet de l’UA de vous installer au fond, dans la rangée des chefs venant des petits pays. Bientôt, on vous installera à la place des vigiles quand il y aura des réunions officielles. Le monde est petit et les gens se parlent. Alors, arrêtez de tirer la Côte d’Ivoire vers le bas. Je vous en prie.

Cette mise au point faite, je reviens sur le sujet qui nous met face à face ce matin. Avez-vous besoin de problèmes ? Ou bien vous en avez déjà assez, Monsieur ADO Solution?

J’ai lu des articles parus dans vos organes de presse et j’ai compris que vous avez besoin de problèmes complémentaires. Alors, pour faire bien les choses, j’ai voulu vérifier avec vous si la cagnotte à problèmes était vide ou déjà pleine. Bien entendu, je me mettrai en colère contre vous, si vous me répondez que vous avez suffisamment de problèmes déjà. Vous êtes ADO Solution et je pense que vous vivez de problèmes compliqués. Alors, essayons de voir ensemble, quelques uns des problèmes qui se posent à vous afin que je puisse les compléter. Et après moi, des bonnes volontés suivront. Je l’espère.

Cela dit, j’ai noté que votre premier problème en Côte d’Ivoire, actuellement, c’est le problème d’argent. Sur ce point, je vous ai dit de laisser tomber. Vous n’en aurez pas. Et comme vous ne savez pas comment produire de l’argent, je vous ai recommandé de laisser les fils du pays s’en charger après la Révolution qui vous soulagera de vos angoisses têtues et intraitables. Alors passons à autre chose.

Un de vos problèmes coriaces, c’est votre milice armée baptisée FRCI. Pour gérer leur situation, il vous faut à la fois de l’argent, des infrastructures militaires ou civiles et surtout de l’audace. Ces gars ne vous comprennent plus. Ils ne se reconnaissent plus en vous. Vous leur aviez promis les salaires et les maisons des FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Pour preuve, il y a deux semaines, ils ont essayé d’emménager dans des locaux occupés par la Gendarmerie dans un sous-quartier de Yopougon. Ils ont été mitraillés intensément par les Gendarmes. Ils sont retournés avec plusieurs plombs dans le corps. Plus grave, la plupart d’entre eux continuent de dormir à même le sol, sur leurs vieux treillis. Ils continuent d’utiliser les mêmes serviettes déchirées, de porter les mêmes culottes perforées, de garder les mêmes débardeurs raccommodés. Ils ont faim et ils mendient eux aussi. Vous le savez mieux que moi-même. Un homme armé qui a faim, à qui vous devez de l’argent, du confort et un statut, peut à tout moment vous trouer la peau. Mais vous êtes ADO Solution, donc je n’ai pas peur pour vous. Sauf que les promesses, quand elles tardent à se réaliser, ceux à qui vous devez leur réalisation peuvent faire de vous une victime innocente, surtout quand ils sont des éléments notoirement incontrôlés comme vos hommes en armes. Alors, wait and see.

Un tout petit problème pour lequel vous vous moquerez de moi très certainement, le pays hanté que vous avez décidé de diriger contre vents et marrées. Eh oui! Pour ceux qui ne le savent pas, la Côte d’Ivoire est un pays hanté, non pas par un fantôme, mais par un homme vivant. On le voit partout. Eveillé comme endormi. On le voit roder. Son ombre plane sur tout. On parle de lui partout. On lui attribue tout. On veut qu’il paie pour tout. Et finalement, il est devenu un cauchemar pour vous. Vous l’avez déjà mis en prison. Mais vous voulez le mettre beaucoup plus en prison. Vous voulez le mettre en prison à la fois en Côte d’Ivoire et dans une prison de la communauté dite internationale. Comme cela est humainement impossible, je ne peux que compter sur votre don d’avoir des solutions pour y arriver. A moins que vous le mettiez en prison en Côte d’Ivoire et que vous mettiez ses photos et portraits en prison ailleurs. On ne sait jamais, avec ADO Solution, tout est possible. Mais quoi que vous fassiez, ce pays restera hanté par Laurent GBAGBO qui s’est déjà immortalisé par ses choix panafricanistes et son combat anticolonialiste. Ne perdez pas votre temps. Laurent GBAGBO rythmera toujours votre vie en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde. Vous-mêmes l’avez remarqué à Malabo. Pour jouer l’intéressant, vous avez été obligé de photocopier le projet de GBAGBO Laurent demandant la mise en place d’un fonds africain, sans même citer l’auteur de ce projet. C’est votre plus belle qualité. Vous savez être le père de la réussite des autres.

Et cet autre problème gravissime. Un homme normal en serait altéré. Mais vous êtes ADO Solution.

ADO SOLUTION.jpg

Le problème, c’est que tout se gâte, tout se détruit, tout devient cher, tout devient invivable, tout devient compliqué : règlement de comptes dans les entreprises, licenciements abusifs de cadres pro-GBAGBO, gèle des avoirs des pro-GABGBO, mise en examen des officiers qui ont liquidé les 317 légionnaires français et débarrassé le plancher lorsque vos analphabètes en armes ont débarqué à Abidjan croyant que la trahison des officiers supérieurs avait créé un boulevard pour eux. Tout ça crée tellement d’incertitudes quant à vos chances de vous en sortir vivant, que j’en ai des céphalées à votre place. Mais vous êtes comme une bactérie. Vous prospérez en environnement malsain, en environnement problématique. Alors, je croise les doigts pour vous et j’attends de voir la fin de tout ça.

Les problèmes, il y en a un peu trop à mon avis. Mais vous êtes ADO Solution. Je vous interdis de penser comme moi. Cela dit, voici mon cocktail maison de problèmes pour vous. J’ai noté pour vous que personne ne vous aime et personne n’a besoin de vous en Côte d’Ivoire, en tout cas, depuis que les Ivoiriens ont commencé à mieux vous connaître. Alors je vous soumets ce problème tout simple mais très bien dosé.

La Côte d’Ivoire est en train de perdre tous ses fondamentaux. Il faut mettre en urgence fin à la débâcle. Libérez Laurent GBAGBO. Proposez l’organisation de nouvelles élections dans six mois. Mettez-vous à l’écart et laissez les Ivoiriens se mesurer entre eux. Et après, faites vous inviter à la réconciliation nationale que la nouvelle autorité qui sortira de ces élections organisera. C’est le petit problème que j’aimerais vous soumettre ce matin.
La solution la plus simple à ma préoccupation serait que vous refusiez d’accéder à ma requête. Mais vous n’aimez pas les choses simples. Donc je sais que vous allez l’accueillir favorablement. Néanmoins ADO Solution reste imprévisible. Vous pourriez prendre l’option la plus inattendue de ma part, c’est-à-dire, le refus. Au fait, je sais que vous vous croyez malin et que vous refuseriez, ne serait-ce que par pur bon sens. Chez les Illuminati, le pouvoir ne se prend pas pour être rendu. Je le sais.

Mais j’aimerais attirer votre attention sur ce que vous risquez en n’accédant pas à ma requête. Des personnes pourraient décider de vous mettre devant des solutions et non devant des problèmes comme je le fais. Et comme vous avez été formé pour ne trouver que des solutions, je sais que vous ne saurez pas inventer des problèmes nouveaux qui correspondront à toutes les solutions qui seront mises devant vous. Vous serez emportez par ces solutions avant d’avoir le temps de les examiner. Rien ne pourra vous aider à y échapper. Une Révolution comme celle que je vois venir est un condensé de solutions qui vous laissera perplexe. Mon cher ADO Solution, réfléchissez par deux fois avant de décréter votre Solution à ma requête. Je reviendrai vers vous. Si entre temps, les solutions révolutionnaires ne vous ont pas emporté.

A très bientôt.


Hassane Magued


In La Révolution Permanente N° 0021/07/11


-------------------------------------------------


EMEUTES A DAKAR.jpg


SENEGAL : DES MERCENAIRES DEBARQUENT A DAKAR (PRESSE)


Environ 150 mercenaires recrutés par des responsables proche du président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ont débarqué mardi nuit à Dakar, rapporte le journal sénégalais « Le Quotidien ».

Selon des informations recoupées par « Le Quotidien », ces mercenaires qui seraient d’origine nigériane et ghanéenne auraient pour mission d’« infiltrer les prochaines manifestations pour, par la suite, aiguillonner les manifestants vers les domiciles de leaders d’opposition, de journalistes, d’entreprises de presse ». Certains parmi les sources contactées précisent que « ceux qui sont à la base de tout cela n’excluent pas des kidnappings dans ces moments-là, si toutes les conditions sont réunies ».

Selon la même source, lors des différentes réunions qui se sont tenues au palais de la République, des membres du parti au pouvoir et leurs alliés ont martelé qu’il faut savoir rendre coup pour coup, n’ayant pas digéré l’humiliation subie suite aux différentes manifestations de ces derniers jours.

Par ailleurs, le président d’honneur du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), Amath Dansokho, a révélé mercredi sur les ondes de la Radio Futur media (RFM) que « des gens sont recrutés hier (mardi, ndlr) dans la salle de commission de l’Assemblée nationale pour attaquer les maisons des dirigeants de l’opposition ». « Je mets en garde Abdoulaye Wade et Bennoo le tient pour responsable de tout ce qui va se passer après avoir ouvertement déclaré qu’ils vont faire œil pour œil dent pour dent », a-t-il ajouté.

Le Sénégal est plongé dans une grave crise socio-politique, née de la création par le chef de l’Etat Abdoulaye Wade d’un poste de vice-président taillé sur mesure pour son fils Karim, selon ses détracteurs. La contestation, dont l’allure fait de plus en plus songer au printemps arabe, a lieu dans plusieurs villes du pays.

Depuis le 23 juin 2011, plusieurs bâtiments publics et des domiciles de responsables du régime ont été incendiés. La police et la gendarmerie étant débordées, le gouvernement a eu recours à l’armée pour mettre fin aux émeutes.


In Le Quotidien/RFM

-----------------------------------------------


SARKOZY BOUSCULE.gif


FRANCE: SIX MOIS DE PRISON AVEC SURSIS POUR HERMANN FUSTER L’AGRESSEUR DE SARKOZY


L’homme qui a agrippé le président hier lors de sa visite dans le Lot-et-Garonne est donc sorti libre du tribunal.

Hermann Fuster, l’homme d’une trentaine d’années qui a violemment agrippé le président de la République Nicolas Sarkozy jeudi à Brax (Lot-et-Garonne) a été condamné à six mois de prison avec sursis, vendredi 1 juillet après-midi, en comparution immédiate par le tribunal d’Agen.

Il est donc sorti libre du tribunal, le visage fermé, et s’est engouffré dans une voiture avec sa mère, sans faire de déclaration.

La condamnation a été assortie de 3 ans de mise à l’épreuve, d’une obligation de soins en milieu hospitalier et d’un stage de citoyenneté de 2 jours.

Le procureur avait requis neuf mois de prison, dont six avec sursis. Pascal Prache avait également requis un mandat de dépôt ainsi qu’une obligation de soins et un stage de citoyenneté de deux jours à l’encontre du prévenu.

Un “tabou brisé”

“En vous en prenant au président de la République, c’est un tabou qui a été brisé, celui de l’intégrité physique de celui qui est la clé de voûte des institutions”, a lancé Pascal Prache dans son réquisitoire d’une vingtaine de minutes, ajoutant: “La base de la démocratie, c’est le respect et l’absence de violence physique, c’est un enjeu démocratique que vous avez mis en péril”.

Le prévenu avait assuré avoir plutôt voulu pousser “un coup de gueule” que “mettre un poing dans la gueule” du président, allusion à plusieurs SMS envoyés à son ex-épouse juste avant son geste, et mentionnant son intention de donner un coup à Nicolas Sarkozy. Hermann Fuster a expliqué qu’il fallait lire ces SMS avec humour.

Son avocat Me Laurent Bruneau avait estimé que son client “fait partie de ceux qui s’indignent”, et que son geste signifiait “y’en a marre”.

Hermann Fuster, employé municipal au Conservatoire de musique et de danse d’Agen, est apparu dans le box habillé de noir, avec des motifs de style gothique à base de têtes de morts sur son tee-shirt, et les cheveux ramenés en long catogan.

3 ans de prison encourus

Il était jugé pour “violences sur personne dépositaire de l’autorité publique” n’ayant pas entraîné d’incapacité, des faits passibles de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende. Il avait passé la nuit en garde à vue dans les locaux de la Section de recherches (SR) de la gendarmerie d’Agen.

Il avait été immédiatement maîtrisé par des officiers de sécurité et Nicolas Sarkozy n’a pas porté plainte. C’est la première fois depuis son accession à l’Elysée que celui-ci était ainsi pris à partie physiquement.

Aux termes de l’article 222-13 du code pénal, Hermann Fuster encourait trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.



In Le Nouvel Observateur


Source des articles : IVORIAN.NET