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vendredi, 01 juillet 2011

REGRETS CHEZ LES SOUTIENS DE OUATTARA : L’UNION EUROPEENNE DESAVOUE LE POUVOIR


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Le temps du soutien aveugle passé, c'est actuellement le temps des regrets chez les alliés de Ouattara qui reconnaissent à chaque occasion qu'ils «se sont trompés sur son compte» et qui ne manquent plus de l'exprimer ouvertement.


Ce n'est plus un secret pour personne. Les relations ne sont plus au beau fixe entre Ouattara et ses soutiens extérieurs, après le coup d'Etat de l'armée française qui a renversé Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. Dans les milieux diplomatiques et les chancelleries européennes, des sources crédibles reviennent chaque jour sur la désillusion de Paris et des capitales européennes quant aux capacités à gouverner efficacement la Côte d'Ivoire pour relever les défis nées de l'anéantissement de économie du pays par la «coalition alliée» contre le président Gbagbo. Déjà, un diplomate français, notant les atermoiements, les tâtonnements, les ratés et le manque de lisibilité qui entourent les actions approximatifs de Ouattara, ne cachait pas que la France s'est mépris sur les aptitudes réelles de son pion à  diriger et la popularité dont il était censé jouir dans le pays. «Certes Paris fait un constat bien tardif mais qui n'est pas moins vrai. Mais les parrains du mentor du Rdr ont sans doute de mérite de reconnaître leur erreur et il n'y a pas de honte à le faire. Le drame est que trop d'innocents sont morts pour rien, trop de choses ont été détruites inutilement», regrette un observateur proche des troupes françaises qui ont perpétré le dernier coup d'Etat de la France en Afrique. «Un coup pour rien», semblent dire les personnalités françaises désabusées qui rejoignent aujourd'hui ceux qui avaient déconseillé ce coup de force au président français qui «...est allé trop loin dans la crise ivoirienne, il n'aurait pas dû en arriver là».

Mais le mal est fait. Et la triste réalité est que  «Ouattara n'est pas à la hauteur de la tâche», murmurent beaucoup de conseillers dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, à en croire certaines indiscrétions.

Les capitales européennes excédées...

A l'Elysée, c'est le profil bas pour les comploteurs. Dans la mesure où la crise ivoirienne risque de peser lourd pour le candidat Sarkozy lors de la prochaine campagne de l'élection présidentielle 2012 en France. Surtout après l'affaire Strauss Kahn, ex-Dg du Fmi. Un homme qui inquiète Sarkozy et qui pourrait en savoir beaucoup sur certaines choses...

Pis, «le Trésor français qui éprouve lui-même des difficultés n'est pas prêt à débourser  un rond pour les nouveaux maîtres d'Abidjan», confient des diplomates français, sous cape. Surtout  tant que leurs  gens en armes circuleront à travers le pays. Mais le malaise créé par le nouveau pouvoir ivoirien ne s'arrête pas qu'à Paris. Dans les capitales européennes où le pouvoir en place a effectué des démarches pour demander des aides et des prêts, «les milieux financiers sont excédés par la propension du régime actuel à tendre la main à tout bout de champ». Même si ceux-ci restent courtois dans le ton de leurs vagues promesses à Ouattara, une autorité européenne «irritée  par le harcèlement» des demandeurs, leur aurait, selon nos sources, répondu ce qui suit de façon cinglante: «Laurent Gbagbo a dirigé la Côte d'Ivoire pendant que le pays était occupé en partie par les ex-rebelles en mettant en place un budget basé sur les ressources de son pays.

Jamais il n'a demandé un centime à qui que ce soit». En fait, celui-ci n'a fait que dire tout haut ce que les Européens pensent tout bas de leurs alliés ivoiriens. La réalité est que l 'Union européenne, confrontée elle-même à une crise économique et budgétaire accrue, n'a pas d'argent à donner  à un chef d'Etat africain actuellement. Pour s'en convaincre, il suffit de comprendre que des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Irlande pour ne citer que les plus malades sont au bord  de la faillite. Chaque jour, ces pays en difficulté pleurent et sollicitent l'aide financière de l'Ue qui, jusque-là, n'a pas encore trouvé un sou pour les sauver de ce  naufrage collectif imminent. Une situation qui menace dangereusement l'union au plan économique et «qui risque d'ébranler financièrement l'Europe et même les Etats-Unis», ont averti  les hautes autorités grecques qui sont aujourd'hui confrontées à des vagues de manifestations syndicales et populaires. Nul n'est donc besoin de sortir de la plus grande université du monde pour comprendre que les soutiens de Ouattara se cherchent eux-mêmes. Et on ne voit pas comment ils trouveraient à l'heure où nous parlons, 13.000 milliards de F pour Ouattara, alors qu'ils n'ont pas encore résolu les problèmes de pays européens, membres de l'Ue. En clair, ce n'est pas  à un pays africain que l'Ue donnera de l'argent au moment où elle a du mal à sortir ses propres membres des problèmes financiers qui les secouent actuellement. Les rêves du nouveau pouvoir quant au déluge de milliards promis par Ouattara lors de sa campagne électorale et attendus par ses électeurs, si elle repose sur une aide de l'Europe et du Fmi, relèverait tout simplement de la chimère. La désillusion est donc grande pour «les preneurs de crédité» qui essuient actuellement un cinglant revers de la part des leurs alliées qui, comble du désamour, les renvoient à l'école de Laurent Gbagbo.

Les bailleurs de fonds renvoient Ouattara à l'école de Gbagbo

En effet, les partenaires de Ouattara lui auraient poliment demandé de s'inspirer de l'exemple de Laurent Gbagbo qui, au moment où il était au pouvoir, a su réaliser une prouesse économique dans une situation difficile. En d'autres termes, «les Blancs ont conseillé au nouveau pouvoir d'aller demander à Laurent Gbagbo comment il a fait pour diriger un pays en guerre pendant 10 sans prendre crédit», a dit, pour ironiser, un observateur de la scène économique ivoirienne. Avant de rappeler que le président Gbagbo était même sur le point de sortir la Côte d'Ivoire de l'endettement car il a réussi, par sa bonne gestion, à atteindre le «Point d'achèvement de l'initiative Pays pauvre très endetté». Et il aurait réussi si Ouattara et ses alliés ne lui avaient pas mis les bâtons dans les roues. Ce qui aurait permis à la Côte d'Ivoire d'économiser au moins 500 milliards de F par an. Car, avec Laurent Gbagbo, c'était du concret, sur la base des ressources propres et du travail des fils et filles de la Côte d'Ivoire. Et non d'hypothétiques pluies de milliards, sur la base de l'aide qu'on attend des autres. «Cette remarque sur la bonne gestion de l'économie ivoirienne par Laurent Gbagbo, l'on s'en doute, n'aurait pas été du goût du nouveau pouvoir qui en aurait été vexé et frustré», selon nos sources. Car l'ombre de Gbagbo, dont les Ivoiriens attendent la libération, plane, plus épaisse que jamais sur le pays, au fur et à mesure que les nouvelles autorités montrent leurs limites.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps"


Source: TELEDIASPORA.NET

dimanche, 26 juin 2011

DRAMANE OUATTARA ET L'ILLUSION DU DEVELOPPEMENT

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La chronique de Hassane Magued

J'ai lu comme vous, avec beaucoup d'émotion mais aussi, avec beaucoup d'étonnement, certains commentaires postés par certains lecteurs des Articles de la Révolution Permanente demandant l'appui de tous à Monsieur Dramane OUATTARA pour mener à bien son programme de développement pour la Côte d'Ivoire au lieu de formuler contre lui, des critiques acerbes. Certains d'entre vous ont répondu sans porter gant, à ces lecteurs des Articles de la Révolution Permanente que je remercie et encourage du fond du cœur.

Comme vous et moi, ces personnes soucieuses du bien-être des Ivoiriens depuis l'intrusion de Dramane OUATTARA en Côte d'Ivoire, n'ont, de cesse, souffert le martyr. Je vous invite par conséquent, Patriotes et amis de la Côte d'Ivoire, à voir en ces réactions, un cri du cœur mal formulé, ou béatement exprimé. Aussi ai-je jugé bon, de consacrer l'Article N°0011 de la Révolution Permanente, à la question du Développement, telle qu'elle se pose aujourd'hui en Côte d'Ivoire.

Sans entrer dans les théories économiques de type académique qui ne vous apporteront rien de nouveau, permettez-moi de partager avec vous, une bien sobre définition de la notion de Développement. En règle générale, le Développement pourrait se définir comme la capacité pour une cité humaine, de satisfaire les besoins primaires de la collectivité qui l'habite, grâce à un système stable de production de richesses, dont l'accès est garanti pour tous, selon le niveau d'instruction, de la force de travail, des mécanismes solidaires mis en place, pour assurer le bien être social, matériel et spirituel de tous. Le Développement est donc à la fois social et économique. Et en tant que tel, il s'apparente à un processus dynamique, qui évolue avec l'environnement social, culturel et le marché de la consommation locale ou internationale. Bref. Au-delà de la difficulté qu'il y a de donner une définition technique ou sociologique raisonnable de la notion de Développement, il importe de relever à l'attention de tous, que la question du Développement en Côte d'Ivoire, s'est inscrite depuis les années coloniales, dans une dynamique de "production pour compte de".

En effet, à la différence des colonies de peuplement comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire est une Colonie de production dont l'essentiel de la production agricole, a été réalisé pour le compte du colon qui devait développer son industrie. Depuis cette période jusqu'à la recolonisation actuelle de la Côte d'Ivoire, le pays n'a fait que produire pour l'industrie française et occidentale. Chose qui, si elle s'inscrivait dans un environnement de souveraineté nationale effective, constituerait un accélérateur de progrès économique pour la Côte d'Ivoire, car l'argent qui enrichi est celui qui vient des autres pays. Mais à quoi assistons-nous ? Examinons ensemble les grandes époques du processus de développement de la Côte d'Ivoire.

L'époque d'Houphouët Boigny et le "miracle ivoirien"

Ce fut l'époque de l'âge d'or du commerce du cacao et du café. Houphouët Boigny, par un jeu savant, a su encourager la production agricole et faciliter l'accès aux terres cultivables sans une véritable politique agraire. Bien entendu, cela allait entrainer les problèmes de terres dans les régions cacaoyères. Mais en attendant, il fallait produire et enrichir le pays. L'homme était lui-même paysan, et il connaissait les secrets de la terre. La balance commerciale extérieure de la Côte d'Ivoire fut et demeura excédentaire pendant des années. C'était normal. Le pays exportait plus qu'il n'importait. Ce fut dans les années 1970. La Côte d'Ivoire avait atteint le niveau d'un pays émergent. Il avait les mêmes indicateurs du développement que la Chine et la Corée du Sud. Mais la Bourse du cacao était à Londres. Et c'est le colonisateur qui fixait les règles du marché. Il créa une inflation de l'offre en encourageant une forte production de cacao et de café de moindre qualité gustative en Asie, notamment dans les pays comme le Vietnam, la Thaïlande ... Le prix des instruments de la puissance économique de la Côte d'ivoire s'effondra brutalement. La Côte d'Ivoire fut dès lors plongée dans une conjoncture économique désastreuse. C'était la fin du miracle Ivoirien.

L'époque de Laurent GBAGBO et le développement autocentré

Enseignant et politicien, l'Homme ne s'est jamais présenté comme un paysan ni même comme un intellectuel. Son métier, c'est la politique. La politique pour gouverner des hommes dans un environnement de développement axé sur le potentiel national. Sur la question des piliers du Développement de la Côte d'Ivoire, il a très vite concentré son espérance sur le monde agricole. Il avait très vite compris que ce n'était pas en vain qu'Houphouët disait que « le succès de ce pays repose sur l'agriculture ». Mais l'Homme GBAGBO est dans une dynamique de Refondation. Il oriente sa stratégie du développement autocentré sur deux axes : d'une part, il confie la gestion de la filière agricole aux agriculteurs, encourage la transformation locale des matières premières et réussit à obtenir des prix d'achat record pour le cacao. Au moment où la France le capturait pour installer Dramane OUATTARA à la tête de la Côte d'Ivoire, le cacao s'achetait au prix bord champ à 1200 francs CFA (soit 1.83 euros) le kilogramme. Avec les ressources tirées du cacao et du café, Laurent GBAGBO paie les dettes contractées par ses prédécesseurs. Il supporte les charges publiques de l'Etat. Et initie des actions de développement en direction des jeunes. Mais Laurent GBAGBO n'est pas vigilant. Ou il est attentiste. Des paysans dirigeant la filière se partagent des deniers collectifs et soulèvent la question cruciale de la bonne gouvernance. Laurent GBAGBO fait réaliser des audits qui aboutiront à l'incarcération des patrons de la filière café-cacao. Mais le mal était presque déjà fait, faute de vigilance.

D'autre part, Laurent GBAGBO invente un mécanisme de financement des infrastructures publiques à partir des ressources pétrolières. Avec l'architecte Pierre Fakhouri, le partenariat public-privé fonctionne et permet aux grands projets comme le Transfert de la Capitale à Yamoussoukro, le Palais Présidentiel de Yamoussoukro, l'extension du Port d'Abidjan à l'Ile Bouley, de voir le jour. Laurent GBAGBO n'emprunte pas 1 franc à qui que ce soit. Toutes les avances de trésoreries qui lui sont accordées sur ses projets sont garanties par les ressources du sous-sol immensément riche de la Côte d'Ivoire.

En effet, il était en disgrâce. Frappé d'anathème parce que la rébellion que la France lui a offerte, peine à le vaincre. Sans ami dans les loges des réseaux d'influence, passant ses vacances auprès de sa mère dans son village à Mama, ce fils de pauvre qui s'est invité à la politique ne pouvait que compter sur le potentiel du peuple ivoirien. Il a payé très cher, cette indépendance économique en filigrane de son action de développement. Depuis le 11 avril 2011, il a été fait prisonnier au profit de Dramane OUATTARA et il attend dans le silence, comme un agneau abandonné, un orphelin méprisé, le temps de la délivrance par le Père des orphelins, l'Eternel des Armées. Combattant de la liberté, nous sommes à la tâche. Tiens bon. Ce n'est plus qu'une question de ...

L'époque de Dramane OUATTARA et l'art de développer sans production de richesses

C'est l'épopée des pluies de milliards. A maintes reprises, Dramane OUATTARA l'a dit. Il ne veut pas que les jeunes aillent à l'école. Il les a invités, pendant sa période d'incubation à l'Hôtel du Golf, à ne plus aller à l'école. Il a des armes pour eux, à quoi bien peut leur servir l'école ? La richesse est au bout du canon. Et les pluies de milliards tomberont drues et soutenues.

Mieux, Dramane OUATTARA n'a pas besoin d'impôt. Il fait cadeau à tous les transporteurs, de la fiscalité liée à leur secteur d'activité. Il ne veut d'aucun impôt. En droit économique, pour supprimer un impôt, une ressource acquise à l'Etat, il faut proposer une ressource de substitution. Cela s'appelle l'amendement compensé. Mais OUATTARA a plus d'un tour dans son sac. Abracadabra ! Les caisses de l'Etat seront pleines. Il est féticheur de naissance et bouddhiste doublé d'un statut très convoité d'illuminati. C'est le summum du spiritualisme luciférien.

Plus important, Dramane OUATTARA va construire 5 universités sans étudiants pour les occuper, 2000 écoles par an, créer 20 000 emplois également par an. Mais il ne compte pas sur l'argent du cacao ou du café. De 1200 francs CFA par kilogramme au moment où il enjambait les corps des Ivoiriens pour s'asseoir sur son fauteuil virtuel de Président, il ramène le prix du kilogramme de cacao bord-champ à 300 francs CFA. Les paysans avaient commencé à s'enrichir. Cela poserait problème à moyen terme. Il fallait y mettre fin.

Dramane OUATTARA ne veut pas que les fonctionnaires se fatiguent à la tâche. Des pluies de milliards arrivent. Ils ne doivent pas travailler pour assurer la continuité de l'Etat. S'ils le font, ils passeront de longs séjours en prison ou perdront leurs emplois. Là encore, l'Homme surprend par l'originalité de son approche du développement.

Mieux Dramane OUATTARA croit que les coupures du franc CFA attachées à la Côte d'Ivoire, notamment les fameux billets « A » doivent être démonétarisés. Il paie son armée d'indigènes venus du Nord avec des faux billets. Chez ce monétariste, l'argent est meilleur pour les autres, quand il n'a pas de valeur monétaire.

Enfin, pour réaliser ses projets pharaoniques, il ne propose aucune stratégie de production de richesse. En tout cas, je ne m'en souviens pas. Il veut juste dépenser. C'est cela l'essentiel de son programme de Gouvernement.

Alors question. C'est l'argent de qui que Dramane OUATTARA veut dépenser ? Un humoriste ivoirien vous dira : il y a deux cas. Soit, c'est de l'argent emprunté, soit c'est de l'argent falsifié. Si c'est l'argent emprunté, là aussi, il y a deux cas : soit c'est une dette qui sera accordée, soit refusée. Si la dette est accordée, là aussi il y a deux cas : soit elle le sera entièrement en tenant compte de la capacité de remboursement du pays, soit elle le sera au prorata de la capacité réelle de remboursement du pays. Mais si le prêteur veut être exigeant, là encore, il y aura deux cas : soit il refusera d'accorder le prêt parce que tous les indicateurs de production sont au rouge, soit, il acceptera à condition de conduire des réformes pour rendre visible la stratégie de production durable de richesse.

Mais OUATTARA n'a aucune stratégie de production de richesse. Il veut vivre de dette. Il veut endetter la Côte d'Ivoire. Il utilise le nom de la Côte d'Ivoire et ses richesses comme une carte de crédit. C'est cela l'illusion du Développement. Elle est l'art de dépenser à crédit ou de formuler des projets pharaoniques en comptant sur une entrée d'argent peu probable. Soyons sérieux ! Il s'agit de gérer un pays tout de même ! En théorie économique, le réflexe de dépenser ou de projeter de dépenser l'argent qu'on n'a pas encore reçu, s'appelle "l'illusion monétaire". Côte d'Ivoire, tu es en danger. Tu es en pleine illusion économique. Tu es victime d'arnaque. Si tu ne fais rien, tu seras plus qu'appauvrie. Tu seras réduite à rien. Tu es abusée et en pleine illusion du Développement avec Dramane OUATTARA. Réveille-toi !

A très bientôt.

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°0011/06/11

Source: IVORIAN.NET

samedi, 25 juin 2011

MICHEL GALY: «ARRETONS LA FAUSSE SYMETRIE ENTRE LES DEUX CAMPS: CES MASSACRES SONT BIEN LE FAIT DES PRO-OUATTARA»



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Côte d'Ivoire: l'état des massacres

 

Villages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse - par centaines. Et parfois plus: un millier, lors de l'entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l'ouest du pays: crime de guerre ou crime contre l'humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d'Abidjan pillés, des militants pro-gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l'ethnocide au Sud concerne en particulier les bété, attié et guéré): par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l'Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts - de 3000 à 5000 cadavres - pour les deux mois d'Alassane Ouattara, ce héros de l'Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l'ONU?

Arrêtons la fausse symétrie entre les deux camps: ces massacres sont bien le fait des pro-Ouattara, cautionnés par l'armée française et onusienne, dans une complicité implicite ou passive. Chacun sait maintenant que les hélicoptères d'assaut de la force Licorne et ses supplétifs onusiens ont réalisé la pire intervention coloniale depuis la répression de l' UPC au Cameroun et la guerre d'Algérie.

Décapiter l'élite politique et intellectuelle sudiste, proche de Laurent Gbagbo et du Front populaire ivoirien au profit d'un « mercenaire » des intérêts occidentaux - selon l'expression de Jean Ziegler. Bombarder les lieux de pouvoir d'un pays qui n'a plus de souverain que le nom: présidence, résidence, camp militaire, télévision... La leçon est terrible: 50 ans après les Indépendances formelles, il n'y plus que sujétion et humiliation!

Et voilà qui remet en cause bien des analyses à la mode: à l'aune du coup d'Etat franco-onusien, on n'est pas encore en « post-colonie », ni prêt à sortir de la nuit coloniale. Décidément, chaque fois que l'homme africain s'essaie à rentrer dans l'histoire, on lui écrase le visage à coup de bottes!

Malgré un formatage médiatique et une certaine lâcheté chez des analystes patentés qui ont cautionné ces massacres, la vérité se fait jour. Il faut arrêter la fausse symétrie entre les deux camps et la politique d'occultation des « spécialistes des droits de l'homme » : depuis la prise du pouvoir du camp Ouattara, c'est bien eux qui massacrent, en fonction des cartes d' identité - comme au Rwanda -, qui torturent ou massacrent, embastillent ou déportent les opposants, tandis que les journalistes pro-Gbagbo sont traqués et que l'« Etat Dioula » s'est mis en place: tout le reste est révisionnisme.

Quel recours à Yopougon, quartier martyr, quand les tueurs font des « patrouilles communes » avec la force Licorne et l'ONUCI ? Plus qu'au Rwanda, notre institution militaire est complice ou coupable: où est la fameuse « éthique » dont se targuent les philosophes en kaki - notamment l'obligation de désobéir à des ordres illégaux?

A qui a sillonné le pays depuis 20 ans, suivi les élections sur le terrain et mené de récentes missions en zone rebelle, le doute n'est pas permis: oui, les élections largement truquées au Nord ont bien été « la continuation de la guerre par d'autres moyens » (Bertrand Badie). Oui, l'ambassade de France a été et reste une officine anti-Gbagbo. Et oui, la déportation en terre ennemie et l'incarcération à la Lumumba, dans des conditions ignobles, des responsables pro-Gbagbo ont été autant planifiée que la désinformation continue ou l'armement des rebelles - jusqu'à la logistique, les pick-up ou les uniformes !

C'est pourquoi, les responsables onusiens ou français, donneurs d'ordre illégaux, en regard des résolutions onusiennes, risquent la Haute cour de justice ou les juridictions internationales, tandis que Guillaume Soro et Alassane Ouattara sont passibles de la CPI, pour ce qui se passe en Cote d' Ivoire!

A propos, comment s'appelle-t-il, un régime qui massacre sa propre population, qui est arrivé au pouvoir dans les fourgons (pardon, les hélicoptères!) de l'étranger, qui n'a de forces que des bandes armées incontrôlables et des délinquants sans foi ni loi? Sans Parlement ni Cour constitutionnelle, contrôlé par deux corps expéditionnaires, en train de brader les richesses du pays sans contrôle et de tuer, comme au Rwanda, sur des bases ethniques? Vous avez dit « dictature »?



Michel Galy
Politologue,
Paris

Source: M.LVDPG.COM

vendredi, 24 juin 2011

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS (SUITE ET FIN)

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Après nous avoir livré, dans un entretien précédent, les derniers instants dans le bunker et l'arrestation du Président Gbagbo, Mme TANOH Agnès nous raconte comment les personnes arrêtées au Palais présidentiel ont été conduites à l'Hôtel du Golf et traitées dans cette prison.

 

Abidjandirect.net : Comment avez-vous été traités au Golf hôtel ?

Mais avant d'arriver au golf, il fallait traverser la cour de la résidence. Déjà, dans la salle où les militaires nous ont trouvés, ils ont pris tout ce que nous avions : téléphones, ordinateurs portables, argent, pièces d'identité, clefs de voitures, sac à main. A chaque étape, on vous prenait ce qui restait sur vous. Ma montre bracelet m'a été prise par une rebelle quand je m'apprêtais à monter à bord du KIA et mon alliance de mariage m'a été enlevée par un autre quand nous étions entassés dans la camionnette. Le seul pagne qui me restait m'a été enlevé quand je suis arrivée au Golf.

Pour décider de notre destination, les soldats de la force licorne dont les chars étaient positionnés depuis la résidence jusqu'au boulevard de France « Carrefour Konan Banny » et les forces rebelles ont discutés longuement. J'en ai été informé par un jeune militaire français qui était à coté de notre camionnette. Nous attendions à ce carrefour sous le soleil. Je lui ai ensuite posé la question. «Pourquoi, ne nous emmèneraient-ils pas dans une Ambassade». Il m'a répondu attendons la fin de leur discussion. La suite, c'était le golf !

Arrivés au Golf, nous avons été accueillis par une cohorte de rebelles. C'est là que beaucoup d'entre nous ont pris des coups. Le Ministre Jean Jacques BECHIO et un autre monsieur ont été blessés à la tête. Le maire Adèle DEDY a été aussi blessée à la tête et à l'arcade sourcilière. Des militaires ont été blessés, tous avec des points de suture. Une des nounous, qui s'appelle Oumou, a reçu une balle dans la jambe. Le Ministre Geneviève BRO GREBE, fut piétinée par les rebelles avec leurs godasses à telle enseigne que pendant trois jours, elle ne pouvait ni s'asseoir, ni se lever. C'est après qu'elle a pu marcher, à l'aide de béquilles. L'Ambassadeur Boubacar KONE, lui, a pris des balles avant de monter dans le KIA. C'est certainement dans les mêmes conditions que le Ministre TAGRO Désiré a subi le sort dramatique.

Après être entrés dans la pièce où nous étions au nombre de 59, nous n'avons plus été battus. Ce nombre va être complété par les serveurs, les infirmiers, un médecin-colonel, qui ont fait quelques jours sur le terrain de tennis. Cependant, les deux premiers jours, chaque nuit, il y avait un groupe de personnes qui entrait dans notre cellule pour nous insulter et qui menaçaient de nous tuer. C'est suite à la plainte du ministre BECHIO à celui qui disait avoir notre charge que nous avions eu la paix. Nous avons eu trois gardes dont un de l'ONUCI et deux FAFN qui avaient le brassard « Sécurité ». Ces gardes nous accompagnaient pour les toilettes ou nous allions en groupe de 5 ou 10. Cela n'a pas empêché qu'un jour, Diabaté Bèh soit battu dans les toilettes. Nous dormions à même le sol, les uns collés aux autres comme dans un carton de poissons.

Hormis quelques-uns qui voulaient se donner de l'importance comme un certain Mr. Porquet et la Dame du PDCI à la grosse perruque, les autres nous traitaient avec humanisme. Une Dame nous a acheté des sandales parce que nous sommes arrivés au Golf nu-pieds. Une autre a apporté également du coton hygiénique aux jeunes dames et des habits pour ceux qui étaient nus car tous les hommes sont arrivés presque nus. La secrétaire de Soro a envoyé quelques effets à la secrétaire du Président, Mme OBODOU, et une Bible pour moi. Les médecins que nous avons eus ont été très aimables sauf un (rires). C était le second du médecin qui n'était pas content quand on n'avait pas aimé le repas ou quand on ne finissait pas notre assiette. Nous ne nous sommes pas lavés pendant tout le temps que nous sommes restés là-bas. Nous n'avions pas droit au téléphone et aux visites.

Abidjandirect.net : Qu'en était-il des autres dans d'autres cellules?

Je suis chrétienne catholique convaincue et je ne peux témoigner que de ce que j'ai vu. Nous n'avions aucune nouvelle d'eux, seule la jeune dame dont j'ai parlée plus haut nous disait qu'ils allaient bien. Il ne faut pas oublier que nous étions en prison, comme se plaisait à nous rappeler un commissaire qui nous visitait. Et, en prison, je crois savoir qu'on ne rend pas visite à ses co-détenus. Et j'ai été surprise de voir Mme KACOU Rolande sur la liste des personnes libérées parce que, pour moi, elle était avec la Première Dame dans le nord du pays car pendant notre séjour, ils sont venus la chercher en disant que la Première Dame avait besoin d'elle.

Abidjandirect.net : Comment est intervenue votre libération ?

Quand nous sommes arrivés, deux équipes ont fait notre identification: un commissaire et un responsable des rebelles. Un jour, avant notre libération, les militaires (gardes et autres personnels militaires de Gbagbo, Ndlr) qui étaient avec nous ont été déportés au nord, alors qu'il nous avait été dit qu'ils rentraient chez eux. Nous avons donc été quelque peu surpris par notre libération car auparavant, M. Porquet, un monsieur très zélé, est passé nous rappeler que nous étions des prisonniers. Un autre jour, M. Ahoussou Koffi est venu nous dire que nous serions jugés. C'est dans l'attente de notre jugement que le matin de notre libération, un monsieur a informé la secrétaire du Président, Mme OBODOU, que les membres de la famille présidentielle devraient se tenir prêts à quitter le Golf. La Première Dame leur avait demandé de les déposer à Moossou. Mme OBODOU a dit aux membres du Cabinet que nous sommes, de partir en tant que membres de cette famille. Depuis 10 heures, heure à laquelle nous avions eu l'information, nous étions prêts. C'est à 13 heures que nous avons été exfiltrés par l'arrière-porte.

Abidjandirect.net : Pourquoi avez-vous quitté le pays ?

Avec tout ce que j'ai subi (maison pillée, prison ...) et ce qui se passait à Bonoua, mon village, les domiciles de Major Amangoua, du Président du Conseil général, du Ministre Adjobi saccagés, les assassinats à Larabia où j'allais souvent, les parents ont insisté que je m'éclipse un peu.

Abidjandirect.net : Etes-vous prêtes à continuer la lutte ?

C'est une question qui ne se pose pas à moi. Naturellement, la lutte continue car l'idéal pour lequel je me suis engagée au FPI, en 90, alors que j'avais été sollicitée par l'AFI (Association des femmes ivoiriennes, Ndlr) de mon quartier, n'est pas encore atteint.

Vous savez, être née d'une ethnie ne se choisit pas. Les ethnies et les langues sont du Divin. Et c'est ce qui définit notre appartenance à une portion de la terre dans ce monde. Est-ce que vous me comprenez ? L'ethnie wolof est du Sénégal ; le peuple Juif est d'Israël. Le Mossi est du Burkina Faso. Le Fon est du Bénin, le Zoulou de l'Afrique du Sud. Le Sénoufo, l'Abouré, le Bété, l'Alladian, l'Ebrié, et d'autres ethnies sont de la Côte d'Ivoire. C'est Divin et l'homme ne peut effacer ce que Dieu lui a donné. Dieu m'a faite Abouré. Il ne m'a pas faite Peulh. L'Abouré est en Côte d'Ivoire, mon pays, alors je me battrai pour mon pays, tant que Dieu m'en donnera la force.

Je continue la lutte parce que je rêve d'une Côte d'Ivoire libérée de la tutelle du colon, je rêve d'une Côte d'Ivoire souveraine. Je rêve d'une Côte d'Ivoire démocratique. Pour les 63 ethnies que nous sommes, chacune à sa manière d'accéder au pouvoir suprême dans sa communauté. Seule la démocratie, importée soit-elle, peut résoudre ce problème. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où tous les enfants ont la même chance de réussite. D'une Côte d'Ivoire dont les paysans, comme mon père, ne meurent pas pauvres mais avec une retraite assurée par le fruit de leur dur labeur. Où la décentralisation aura un effet réel et de bien-être. Une Côte d'Ivoire où dans le petit campement comme celui de mon père, l'on pourra regarder la télévision. Je rêve d'une Côte d'Ivoire solidaire où le pauvre peut se soigner, boire de l'eau potable. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où le nom n'est pas sujet de stigmate. Ma fille mariée à un Koné du Nord; ma grande sœur est avec un Thé de l'Ouest, mon neveu avec Sarah de Korhogo ne pose pas problème, Soro marié a une Tagro, Ottro Laurent à Feue Sarata Touré.

Je rêve de la Côte d'Ivoire qui m'a été proposée par Laurent GBAGBO, le FPI et tous les ivoiriens qui n'ont de patrie que ma chère Côte d'Ivoire. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où l'on pourra chanter le travail de mille générations.

Abidjandirect.net : Bientôt les élections locales; avez-vous des projets dans ce sens ?

Bien sûr que oui, quelles que soient les difficultés. Sinon, la démocratie que nous voulons tant pour notre pays ne viendra pas. Il ne faut plus retourner à la pensée unique, mais plutôt laisser nos différences nous enrichir. Alors, aussi difficile que cela puisse paraître, si rien ne change dans la conduite des nouveaux tenants du pouvoir, il faudra quand même y aller ; c'est l'occasion pour moi d'adresser toute ma compassion et mes encouragements aux prisonniers de la Pergola qui ont été libérés. Particulièrement, nos représentants à l'Assemblée. Le président Laurent GBAGBO nous a déjà ouvert la voie en se présentant aux présidentielles de 1990. Mais chaque chose à son temps, et la discipline du parti est une contrainte.

Abidjandirect.net : Un mot à l'endroit des lecteurs d'Abidjandirect?

Je voudrais remercier très sincèrement Abidjandirect.net et ses responsables, car ils m'ont donné de revivre et de reprendre la lutte. Ma première intervention, une note adressée au Président Koulibaly, a été sur ce site. Je voudrais vous encourager à persévérer, quelles que soient les difficultés. Je vous aime et l'Eternel, Dieu créateur qui a décidé de faire de nous des Ivoiriens et non une autre nationalité, nous garde. Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

 

Source : ABIDJANDIRECT.NET

ASSAUT FRANÇAIS CONTRE LA RESIDENCE DE GBAGBO: SIDIKI BAKABA TEMOIGNE

 

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Par Théophile Kouamouo, in Le Nouveau Courrier du 21 juin 2011.

 

Il a failli mourir, ciblé par un hélicoptère de Licorne puis battu à coups de crosse par les soldats d'Alassane Ouattara. Mais il a été jusqu'au bout de sa destinée de témoin des chocs de l'Histoire nationale. Il ne regrette rien. De son lieu de rééducation en France, il se souvient...



«On dit que ce qui échappe à la conscience nous revient sous forme de destin». Dans le «refuge» où il s'est retiré, au coeur de la France profonde, pour panser ses plaies,  Sidiki Bakaba, présent à la Résidence présidentielle de Cocody au moment du kidnapping de  Laurent Gbagbo et de sa suite, soigne son âme à coups d'introspection philosophique.

Il en est persuadé : son destin et sa vocation d'artiste engagé l'ont toujours amené à  être le témoin privilégié d'événements importants pour son pays et son continent. Une  fois de plus, il a donc été jeté au coeur de la fournaise ardente. Comme dans d'autres pays africains, au Burkina Faso durant la période «révolutionnaire», ou en Guinée lors de  la première purge du règne de Lansana Conté, en 1985. Comme en novembre 2004, lors du  premier«épisode» de la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire. Une page tragique de l'histoire de la Côte d'Ivoire qu'il a «offerte» aux générations futures sous la forme d'un documentaire au nom évocateur : «La Victoire aux Mains Nues».

Témoin d'une résistance héroïque

«Je n'avais pas forcément l'intention de faire un film sur la crise postélectorale. Contrairement à ce qu'une légende bien orientée prétend, je ne suis pas allé sur le front  avec l'intention de me battre arme au poing. C'est le front qui estvenu vers moi! Ma maison se trouve dans le pourtour présidentiel, à quelques minutes à pied de la Résidence présidentielle.

Progressivement,les bruits de guerre se sont rapprochés. Un jour, je me réveille, et je vois devant mon domicile quelques centaines de jeunes combattants loyalistes. Ils m'expliquent qu'Abidjan est divisée, et que seuls les combattants sont dans la rue. Ils se reconnaissent par des noms de code bien spéciaux. Les uns, c'est «ami ami», les autres c'est «miaou miaou».

Bref, ils m'expliquent que je ne peux pas sortir seul même pour acheter du pain. Et ils me proposent de m'escorter, de me protéger d'une certaine manière. J'écoute ces jeunes soldats, qui sont mes compagnons par la force des choses. Et il me semble que je retrouve dans leur bouche les mêmes mots que ceux des jeunes qui, les mains nues, ont affronté les chars français en novembre 2004. Sauf que là, ils sont armés. Ils disent qu'ils sont prêts à mourir... Ils répètent :«Nous voulons libérer la Côte d'Ivoire, nous voulons libérer l'Afrique. L'indépendance que vous, nos oncles, avez eue, elle n'est pas réelle. Nous avons la mémoire de 2004. Cette fois, cela ne se pas sera pas comme ça, ils ne nous trouveront pas les mains nues». La phrase «il faut libérer l'Afrique » crée une résonance en moi. Nous l'avions prononcée il y a longtemps, quand j'étais jeune, quand nous commencions à remettre en cause les indépendances dans nos pays. Je suis donc allé voir, sentir, et pourquoi pas témoigner de ce qui apparaissait déjà comme un remake de novembre 2004».

Sidiki Bakaba ne pense pas forcément à un documentaire. Mais dans sa tête trotte l'idée d'un film de fiction  reconstituant l'histoire de la Côte d'Ivoire. Il se dit : «Dans ce cas, il me faut du matériau». Et ajoute : «Je ne voulais pas travailler à partir de ce qui a été écrit ou raconté par d'autres, mais vivre cette histoire-là, à l'endroit où je me trouvais». Du côté où il se trouvait aussi, peut-on ajouter. Comme les équipes de la chaîne de télévision franco-allemande Arte ont filmé la descente sanglante des FRCI à Abidjan, lui, il filmait ce qui est très vite apparue comme une résistance «héroïque».

Il filme quelques centaines de combattants qui font face aux assauts répétés d'adversaires soutenus logistiquement par l'armée française et par l'ONUCI. Mais qui, systématiquement, battent en retraite, perdent des hommes en masse, s'enfuient en laissant des liasses de faux billets offerts par leurs commanditaires politiques - un mensonge fondamental qui explique sans doute aujourd'hui les actes de sabotage économique et de pillage forcené des FRCI.

Sidiki Bakaba, qui ne peut plus dormir chez lui dans ce contexte explosif, filme également le petit monde qui s'est aggloméré autour de Laurent Gbagbo à la Résidence, préparé à partager une destinée tragique. Il voit arriver là les généraux Philippe Mangou (chef d'état-major des Armées) et Edouard Tiapé Kassaraté (patron de la gendarmerie). Des généraux que la rumeur accuse déjà de trahison. Très vite, Laurent Gbagbo les éconduit,

le cameraman de la RTI et lui. «Nous avons à nous dire des choses qui ne se disent pas devant les caméras», explique le chef de l'Etat. Bakaba pressent une atmosphère houleuse...

Le bureau de Gbagbo mitraillé alors qu'il s'y trouve. Progressivement, la pression des coalisés se renforce. Un autre témoin présent à la Résidence, dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité évidentes, raconte.
«A partir du 7 avril, les attaques des hélicos se sont intensifiées. On était obligés de se réfugier au sous-sol. Le 9 avril, la dégradation s'est accélérée. La bibliothèque de la Résidence a pris feu, contaminée en quelque sorte par des voitures qui se trouvaient dans la cour et qui, bombardées, avaient explosé littéralement». Ce témoin là fait une révélation troublante. «Le vendredi, le bureau du président a été mitraillé au moment où il venait d'y entrer pour travailler un peu, comme si ses ennemis maîtrisaient ses mouvements.» Miraculeusement, Gbagbo s'en sort, et retourne au sous-sol. L'atmosphère est apocalyptique dans ce que les médias occidentaux appellent«le bunker».

Les veillées de prière se succèdent. «On n'espérait qu'en Dieu seul», se souvient ce témoin. Le dimanche 10 avril, en milieu d'après-midi, l'amiral Vagba Faussignaux annonce que les forces internationales vont venir chercher l'ambassadeur d'Israël, et demande aux soldats de ne pas tirer sur leurs hélicos. Il est 16h40. Très rapidement, une intense campagne de bombardements - la plus terrible! - est engagée. Et Sidiki Bakaba, qui se trouve dans la cour, au niveau de la guérite, à l'entrée de la Résidence, est pris pour  cible, contrairement à un canon bitube, qui ne se trouve pas trop loin. Et est provisoirement épargné. Une caméra accusatrice est sans doute une arme lourde bien plus menaçante...

«Je sens quelque chose d'animal. Je me dis: «Cet hélico va me tirer dessus». Je rentre dans le poste de contrôle. Je me couche par terre, et le mur s'effondre. Je suis comme projeté en l'air. Je retombe par terre. Je psalmodie. «Il n'y a de Dieu que Dieu». Trois fois. Je me lève : une de mes jambes ne répond plus. Je sautille. Je me traîne jusqu'à l'infirmerie. Mon sang gicle de partout. Ils essaient de me soigner. Mais mon instinct de survie me pousse à ramper jusqu'au bâtiment principal.

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Je veux aller y mourir dignement. Là-bas, les médecins commencent à m'inciser avec des rasoirs, sans anesthésie. Ils sortent des éclats d'obus tout noirs de mon corps. C'est atroce. J'ai des moments de perte de connaissance. Et des fois je reprends connaissance. Je dis des choses, je les chante. Je répète que cette indépendance réelle, dont ces jeunes qui sacrifient leurs vies rêvent, deviendra réalité un jour. A titre personnel, je suis persuadé que je vais mourir. Des rideaux brûlent. Les personnes les plus religieuses parmi nous semblent partagées entre transe et peur. Je sens que c'est fini, avec la force des explosions. J'accepte le principe de ma mort. Je me dis que j'ai atteint plus de 60 ans, sur un continent où l'espérance de vie est de moins de 50 ans. Je n'ai ni le  sentiment d'être un héros ni celui d'être un lâche, mais un homme qui meurt dignement».

Des incendies provoqués délibérément

Les incendies, méticuleusement provoqués par les frappes françaises pour faire sortir les «rats» de leur tanière, se multiplient dans le sous-sol. Héroïquement, les ultimes compagnons de Laurent Gbagbo luttent pour éteindre le feu qui menace de les dévorer. Prient. Et se remettent à l'ouvrage. Bakaba est hors jeu. Sa caméra n'a pas survécu. Lors de ses moments de conscience, il sent l'affection forte d'un homme qu'il ne connait pas vraiment, mais dont les paroles affectueuses tentent de le maintenir en vie : il s'agit  de Désiré Tagro (photo), qui ne sait pas qu'il vit lui-même ses dernières heures.

Notre témoin raconte. «Le lundi 11, les bombardements ont repris avec une force inédite. Trente chars français et six hélicos. Ce sont les chars qui détruisent le portail d'entrée à la résidence. Les hélicos crachent leur déluge de flammes... et le sous-sol prend feu à nouveau. On veut remonter par la buanderie. Mais un commandant de l'armée nous dit que si
on le fait, ils vont nous canarder. Nous sommes coincés dans un tunnel. Avec le chef de l'Etat, son épouse, les ministres. Il n'y a pas d'issue de secours. Le portail de secours est bloqué. Celui qui en avait les clés a disparu.

Avec les clés. Notre seul choix : mourir canardés ou asphyxiés. Pendant près de trente minutes, le commandant mitraille ce portail. Il réussit à le défoncer.Nous cachons le chef de l'Etat dans un endroit pas loin de la bibliothèque. C'est à ce moment-là que Désiré Tagro appelle les Français pour demander l'arrêt des tirs. On lui 
remet un drapeau blanc pour qu'il sorte négocier. Quand il sort, on lui tire dessus. Il revient pour dire au chef de l'Etat :
«ils vont nous tuer». Cinq minutes après, des rebelles pénètrent dans la Résidence.»

Le carnaval de violence commence, malgré le fait qu'Hervé Touré dit
«Vétcho», s'oppose à l'assassinat des civils. Des personnes ont été tuées au rez-de-chaussée. Des coups de kalach, des coups de couteau, des balles dans les fesses... Les nouveaux «prisonniers», y compris les religieux, mis entièrement nus,sans le moindre cache-sexe, doivent chanter, sous la menace des armes, «on va installer ADO». Certaines personnes sont mitraillées dans la cour. Et tombent. Mortes ? Très probablement. Les autres n'ont pas le temps de voir s'ils sont récupérables. Un homme filme sans relâche ce spectacle macabre. C'est un militaire français, un Blanc, le seul qui est franchement visible aux côtés des FRCI, qui est descendu des chars avec eux. Ce sont ses images à lui qui seront présentées par le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, comme ayant été prises par la troupe 
d'Alassane Ouattara.

Sauvé par Paul Madys et un militaire français

Quand Sidiki Bakaba reprend conscience  -avant de s'évanouir à nouveau quelques temps après -, il est face à trois personnes, habillées en treillis. Chacune est coiffée d'un bonnet et d'une plume sur la tête. L'un d'entre eux dit, comme dans une scène de western : «Ah ! Sidiki Bakaba, toujours fidèle !  Fidèle jusqu'au bout ! Moi, j'aime les gens fidèles !» Il a un drôle de sourire aux lèvres. Il informe une personne, par téléphone et par talkie walkie, de la présence du premier directeur général du Palais de la Culture d'Abidjan. «Au moins, il me connaît», se dit Bakaba. Le plus jeune des trois hommes en treillis dévisage le «kôrô» mal en point, incapable de se défendre, à l'article de la mort.

«Il m'insulte en malinké, soulève la crosse de sa kalach, me donne un coup violent sur la tête,puis en plein dans l'arcade sourcilière, me promettant de me bousiller un œil. Malgré mon état, je sens une agression terrible. Il me prend ma montre et un talisman en argent. Il ne me reste que le chapelet de ma mère»
, raconte Bakaba. Qui retombe dans les pommes. Après avoir entendu dire : «On l'a attrapé, on le tient maintenant, Gbagbo».
Quand l'artiste se réveille, il est dans une brousse qu'il ne parvient pas à distinguer. En réalité, il se trouve à proximité de la brigade de gendarmerie en contrebas de la Résidence de Madame Thérèse Houphouët-Boigny avec d'autres blessés considérés comme trop amochés pour arriver à l'hôtel du Golf, où les caméras des journalistes de la presse internationale sont déjà allumées.

Il est donc question, pour l'armée de Ouattara, de les achever là. Mais les FRCI se heurtent au refus des soldats français. «Derrière nous, il y a plusieurs soldats des FRCI avec des kalachs qui nous promettent une mort certaine. En face de moi, je vois trois silhouettes de militaires français, qui semblent s'opposer. A ma 
gauche, le chanteur Paul Madys. Avec toute son énergie, il est en train de plaider pour nous auprès des soldats français. Il dit : «On vous demande pardon, ne nous laissez pas. Ceux qui sont derrière-là, vont nous tuer».
En désespoir de cause, il offre sa vie pour la mienne. Il me regarde et dit aux soldats français : «Celui-là, vous ne pouvez pas le laisser. Prenez-le et laissez-moi, je vais mourir à sa place». A ces mots, Bakaba, entre la vie et la mort, ressent une sorte de «bouffée», un «élan de foi en l'homme»«C'était le contraire de l'inhumanité, de la 
violence que m'avait infligée le «blakoro» des FRCI à la Résidence présidentielle. Dans cette Côte d'Ivoire, à ce moment-là, un homme, un frère, qui n'avait rien de mandingue, qui avait au moins vingt ans de moins que moi, donnait sa vie pour moi...»

Alors que ses collègues veulent s'en aller, promettant aux blessés agglutinés là que l'ONUCI viendra les chercher, un militaire français fait le tour de son visage de son doigt, regarde Paul Madys dans les yeux et lui fait le serment de ne pas les abandonner, quand bien même ses collègues le feraient. Il se débrouille pour trouver un char pour conduire les blessés au CHU de Cocody. L'armée française qui, par les airs, a failli ôter la vie à l'acteur 
principal de Bako, l'autre rive, lui sauve la vie à travers l'initiative personnelle d'un jeune homme juste.«Pour la première fois depuis longtemps, je ressens de la fraîcheur, je me sens bien, je perds connaissance».

A son réveil, Sidiki Bakaba est dans un tout autre décor. «J'ouvre les yeux, je suis dans un hôpital. Les gens qui Arrivé à l'aéroport dans une ambulance, Sidiki Bakaba se déplace en fauteuil roulant. A sa vue, la petite foule des voyageurs et du personnel en service fond en larmes.
«Mon Dieu ! On nous a dit que vous étiez morts !», crient certains. Bakaba s'engouffre dans l'avion, rempli à 70% de militaires français rentrant au pays, leur «mission» accomplie. «Marqué par la haine» selon son expression, il se prépare à de longs mois de soins et de rééducation.

Pourquoi Bakaba ne renie pas Gbagbo

Les Ivoiriens le savent. Sidiki Bakaba entretenait des rapports passionnels et compliqués avec le président Laurent Gbagbo, avec qui il n'a pas toujours été sur la même longueur d'ondes. En conflit avec des ministres qui, estime-t-il, lui ont savonné la planche, il a souvent attendu de nombreux - et douloureux - mois une audience présidentielle. Mais il est hors de question pour lui, hier, aujourd'hui ou demain, de renier le chef de l'Etat renversé. Et il l'explique, avec passion.

«Je retiens qu'aux derniers moments avant son arrestation,il m'aura vu. L'ami est l'ami, dans ma culture. Aujourd'hui qu'il est dans une situation difficile, je ne crache pas sur Gbagbo. Il a certes des défauts, mais il n'est pas le monstre qu'on dépeint.

Je n'aurais pas composé avec un monstre. Il y a une sagesse qui dit chez nous «le fou de quelqu'un ici est le sage de quelqu'un ailleurs». L'homme que je connais est un homme qui m'a respecté, qui a respecté mes créations même s'il n'en a pas toujours fait une promotion à la mesure de ce que j'attendais. Je retiens qu'il m'a respecté, qu'il a respecté mon travail en se refusant à interférer, et c'est très important pour un homme de culture soninkée. Je pense que ces derniers jours là, il a dû penser aux petites anecdotes que je lui rappelais quand on avait l'occasion d'avoir des moments d'intimité.

Comme celle du rapport entre Samory, le dernier empereur résistant face à la pénétration coloniale, avec son ami et aîné Morifindian Diabaté, griot, mémoire vivante du pays et capitaine. Quand Samory a été arrêté à Guélémou en Côte d'Ivoire, Diabaté a proposé d'aller avec lui en prison. Les Français ont dit «non», et sont allés avec Samory au Gabon. Plusieurs mois plus tard, Morifindian est arrivé au  Gabon par ses propres moyens. Ils se sont parlé, se sont rappelé les moments de gloire et les moments tristes. Quand Samory est mort, Diabaté l'a enterré. Les Français lui ont  proposé de le ramener en Côte d'Ivoire. Il a refusé. Il a creusé sa propre tombe à côté de celle de Samory. Et il leur a dit : «Quand je mourrai, vous m'enterrerez ici». Et ses dernières volontés ont été respectées. Ce n'est qu'à la fin de son règne que Sékou Touré a ramené leurs cendres dans leur terroir ancestral mandingue, en Guinée.

Ce n'est pas leurs faits de guerre, leur gloire, qui ont alors été célébrés, mais leur serment d'amitié, la valeur du serment d'amitié. Là où il est, peut-être mon grand-frère se dira que je ne suis pas Louis Sépulvéda, romancier et compagnon de route d'Allende jusqu'à sa fin tragique au palais de la Moneda.

Je ne suis pas Morifindian Diabaté, mais je suis Sidiki Bakaba avec mon histoire. Ceux qui racontent que j'ai combattu les armes à la main doivent savoir que je ne suis pas André Malraux qui s'est engagé et s'est battu dans un avion militaire contre le franquisme en Espagne. Il l'a fait par conviction. Il n'a pas été diabolisé pour autant. De Gaulle en a fait son ministre de la Culture. Moi, Sidiki, j'attends mon De Gaulle."



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

jeudi, 23 juin 2011

LA COTE D’IVOIRE, UN PAYS SINISTRE - TAUX DE CROISSANCE PREVISIONNEL 2011: - 7,3% !


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De mémoire d’Ivoiriens et d’économistes, jamais la Côte d’Ivoire ne se sera portée aussi mal, après l’expédition punitive sarko-onusienne de mars-avril 2011 qui aura ouvert la boîte de Pandores d’un véritable désossement de notre pays : le pillage systématique des FRCI, forces pro-Ouattara, qui n’ont rien épargné sur leur passage.

Le nouveau régime ivoirien et sa soldatesque nous ont donné le net sentiment qu’ils ne venaient pas pour régner mais tout juste pour casser du Gbagbo et s’en aller. Sinon, comment comprendre qu’ils aient pu tout détruire et piller avec autant de minutie ? Commerces, entreprises, micro-finances, domiciles, véhicules de luxe, véhicules utilitaires (4x4), installations électriques, canalisations d’eau, administrations, églises, pharmacies, stations d’essence, universités, cités universitaires, commissariats, casernes de police, camps militaires, centres émetteurs, matériels de diffusion et de production (RTI), prisons. Tout y est passé. Tant et si bien qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout est à refaire.

Comme le dit une analyste politique ivoirienne : « Presque tous les voyants sont au rouge après la tempête de pillages systématiques qui a marqué le changement de régime et mis à genoux la plupart des entreprises exerçant dans le pays. Même son de cloche dans l’administration publique, paralysée après le passage des troupes FRCI dans les différents services. Tout est à refaire là où les chefs d’entreprise n’ont pas encore mis la clé sous le paillasson. Une situation chaotique qui selon les spécialistes, porte les prévisions de croissance pour cette année au chiffre record de – 7,3% contre 3% l’année dernière (sous Gbagbo, Ndlr). Un chiffre jamais atteint, même pendant la dure crise économique des années 80 et la décennie de guerre que vient de vivre la Côte d’Ivoire ».

Faut-il s’en étonner ? Non ! Les forces pro-Ouattara sont d’un illettrisme souverain. Comment pourraient-elles donc savoir qu’il ne faut pas piller les universités, par exemple, ou l’appareil de production, qui devait aider leurs mentors à bien reprendre en main le pays, après la victoire ? Boule de gomme !

Alassane Ouattara qui sait parfaitement ce qu’il a fait subir à la Côte d’Ivoire et entièrement conscient du drame, s’en est allé en Occident, à la faveur du dernier G8 en France, en quête de 13.000 milliards de francs CFA auprès des bailleurs de fonds internationaux. La récolte a été maigre à en pleurer : des promesses, rien que de vagues promesses. Or la Côte d’Ivoire ne peut se satisfaire actuellement de promesses. Il faut de la liquidité. Beaucoup de liquidité. Ici et maintenant. Alassane Dramane Ouattara nous avait certifié, pendant sa campagne présidentielle, que son métier était de trouver des fonds. Qu’il nous les trouve donc pour relancer notre économie. En attendant, la Côte d’Ivoire vit à crédit. Même les salaires sont payés à crédit, faute d’entrée de recettes significatives dans les régies financières de l’Etat. Comme le disait trivialement un ami : « On ne s’endette pas pour manger. On s’endette pour investir. Un pays qui s’endette pour son quotidien est un pays en faillite ». Il ne croit pas si bien dire. Plus de 400 entreprises en dépôt de bilan ou en grande difficulté, 120.000 emplois détruits, selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Monsieur Jean Kacou Diagou, Président du Patronat ivoirien enfonce le clou : « Tout le monde porte des treillis. Il y a entre 2.000 et 3.000 prisonniers qui errent dans la ville et menacent nos activités. On ne fait plus la différence entre les FRCI et les bandits ». Quant à Monsieur Farikou, Président de la Fédération des Commerçants de Côte d’Ivoire, il ne décolère pas : « Le racket s’est aggravé comme jamais auparavant sur nos routes nationales. Tout le monde est en treillis ! ».

Il faut donc désarmer les FRCI et les faire entrer en caserne. Ils s’y refusent tout net. Leur hiérarchie ne les maîtrise pas. La force Licorne entre donc en lice, comme en avril, pour les y contraindre et – pour ne rien arranger à la situation économique de la Côte d’Ivoire – les tirs à l’arme lourde reprennent à Abidjan, entre FRCI et entre FRCI et Licorne, à Abobo et à Yopougon. Vous parlez d’une armée républicaine ! Quelle poisse ! Le chef de guerre et Com-zone d’Anyama, le commandant Bauer, pro-IB invétéré, est très clair en ce qui le concerne : « J’attends de pied ferme celui qui viendra me déloger ». A bon entendeur, … ! Ça promet pour la sérénité des populations!

Mais là où la malhonnêteté est poussée à son comble, c’est quand le pouvoir Ouattara veut faire imputer ce désastre économique au Président Laurent Gbagbo. Un membre illustre du gouvernement RHDP clame, pince sans rire : « C’est Gbagbo qui a mis le pays en faillite avant de partir. Ils ont commis des crimes économiques. Ils doivent en répondre ». Eh bien, Monsieur le Ministre, vous aller devoir répondre à 10 petites questions pas si idiotes que cela, que nous vous posons pour nous éclairer, un tant soit peu, sur le sujet :

1- Qui a donné à la Côte d’Ivoire un taux de croissance de 3% en pleine crise, en 2010 ?

2- Qui a payé les salaires des fonctionnaires, fin mars 2011, sans aucun appui extérieur et en pleine offensive militaire (virement bancaire que vous vous êtes indûment attribué, au paiement des deux mois de salaire de la fin du mois d’avril 2011) ?

3- Qui a pillé les entreprises et déboulonné leurs machines de production, en avril 2011, au moment où Gbagbo avait été renversé et ses partisans, traqués et assassinés, avaient fondu dans la nature ?

4- Qui a libéré et enrôlé les 6.000 prisonniers de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) et les milliers d’autres de nos villes, qui sèment la terreur à Abidjan et à l’intérieur du pays ?

5- Qui a instauré une économie parallèle au Nord du pays depuis 2002, encore en place à ce jour ?

6- Qui a exploité les minerais et pierres précieuses de la zone CNO (Centre, Nord et Ouest du pays), instauré un trafic en règle du bois, du café et du cacao ivoiriens (ce qui a d’ailleurs fait du Burkina Faso, un pays désertique, un gros exportateur de cacao) pour acheter des armes et financer la guerre contre la Côte d’Ivoire ?

7- Qui a procédé au casse des agences ivoiriennes de la BCEAO à Bouaké, Korhogo et Man pour ce constituer un fonds de guerre contre Gbagbo ?

8- Les coupables de ces crimes économiques ont-ils été poursuivis devant les tribunaux ?

9- Le seront-ils, un jour, sous vos auspices ?

10- Qui a nous promis une pluie de milliards, qui n’honore toujours pas sa parole pour permettre à la Côte d’Ivoire de rebondir, et qui se cherche des boucs émissaires ?

Si vous répondez en toute honnêteté à ces questions, Monsieur le Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, vous saurez sans coup férir qui a commis des crimes économiques contre notre pays, qui l’a mis en faillite et qui doit en répondre devant les instances judiciaires.

Oui, la Côte d’Ivoire va mal. Alassane Dramane Ouattara et les FRCI l’ont mise en faillite. Il lui faudra un traitement de choc pour se remettre des effets induits de la sanglante alternance d’avril 2011 qui plombent sa croissance et, partant, son développement. Une seule porte de sortie possible : la maîtrise de la question sécuritaire et la remise à flot des caisses de l’Etat par la reprise économique, sur la base d’une réconciliation vraie et non pas celle des vainqueurs, triomphaliste et justicière.

« La solution » (surnom d’Alassane Ouattara, émanant de son slogan de campagne) pourra-t-il relever le défi ? Une gageure à forts relents de suspense ! En ce qui nous concerne, nous nous astreindrons à une posture d’attente et d’observation patiente, pour nous faire ensuite une opinion définitive sur la question et sur l’individu. « Wait and see », comme disent les anglophones.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 22 juin 2011

COTE D’IVOIRE: DES DETENTIONS ARBITRAIRES SOUS LES YEUX DE L’ONU (AMNESTY)


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Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont certains ont été "battus" par les forces d'Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus.

"La présence de soldats de l'ONU devant l'hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions", déclare Véronique Aubert, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique, citée dans un communiqué de l'ONG.

"C'est loin d'être un début encourageant pour la présidence d'Alassane Ouattara", ajoute Mme Aubert.

L'organisation de défense des droits de l'homme affirme que "les autorités ivoiriennes détiennent au moins 50 personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang", deux mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces armées (FRCI) de M. Ouattara à l'issue d'affrontements sanglants.

Au moins "21 personnes" sont retenues à l'hôtel La Pergola d'Abidjan, la capitale économique, selon l'ONG.

Plusieurs d'entre elles "ont été battues par les FRCI (...) au moment de leur arrestation, dont l'une assez violement pour avoir perdu connaissance", poursuit le texte.

"Des soldats français (de la force Licorne déployée sans la bannière de l'ONU) et de l'ONUCI (Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire) étaient présent au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l'hôtel, mais n'ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements", déplore l'ONG.

Amnesty relève que les FRCI sont en charge de la sécurité à l'intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, mais que des Casques bleus de l`ONUCI sont postés devant l'hôtel pour la sécurisation à l'extérieur du bâtiment. "Cela signifie qu'ils (les Casques bleus) exercent un degré de supervision concernant les personnes autorisées à y entrer."

Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les "libérer immédiatement", et appelle l'ONUCI à s'assurer que ses soldats ne sont pas impliqués "dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement".


AFP

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN


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DEPUIS SON EXIL, LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: "OUATTARA N'A PAS GAGNE LES ELECTIONS!"


Lazare Koffi Koffi était ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts dans le gouvernement d’Aké N'gbo. Depuis le 11 avril 2011, il est en exil suite à l'offensive des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Il nous a accordé cette interview par le truchement d'Internet.



Où êtes-vous depuis la chute de Laurent Gbagbo ?

Lazare Koffi Koffi : Je suis au Ghana, un pays devenu depuis quelque temps, le pays où l'on savoure la liberté. J'y suis arrivé deux jours après l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Je bénis Dieu et je le loue chaque jour de m'avoir préservé d'une mort certaine puisque du lieu où je m'étais réfugié après la destruction et le pillage systématique de mon domicile à Abidjan, j'ai côtoyé la mort. J'ai vu des gens sauvagement abattus comme des animaux sans raison. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je me porte bien. Mon moral est au beau fixe ainsi que toutes mes facultés pour apprécier sainement les événements douloureux que vit notre pays depuis mars 2011. Je tiens à dire également qu’après avoir attaqué et pillé ma résidence d'Abidjan, les rebelles ont investi mon domicile du village d'Eboué (dans la nouvelle sous-préfecture d'Adjouan). Après avoir à coups de kalachs et machettes porté atteinte à l’intégrité physique de mes parents (ma mère a été molestée et Koffi Amichia mon petit frère a été rudoyé et tailladé à la machette, il a été abandonné dans un état comateux), ils ont tout pris dans la maison y compris les habits et autres ornements sacerdotaux de l'Abbé Koffi Gnassou Bruno, mon jeune frère prêtre défunt. Récemment encore, dans la nuit du 6 au 7 juin dernier, pour la troisième fois, les Frci sont encore venues chez moi au village pour tout briser. Tout le village se trouve aujourd'hui choqué même parmi les pro-Ouattara qui ne comprennent pas cet acharnement contre ma personne et qui s'interrogent sur cette manière de gouverner. Mais moi, je reste serein, habité par l'esprit de Job de la Bible. La perte de ces biens, du reste périssables, n'est pas importante. Ce qui est important, c'est d'avoir la vie.

Le Procureur de la République a gelé vos avoirs. Comment arrivez-vous à vivre?

L.K.K : Le Procureur de la République a gelé nos avoirs sans une décision de justice. C’est une grave atteinte aux droits de l’Homme. Et le plus cocasse dans cette affaire, c'est qu'il vise des décisions du Conseil de l'Union européenne. Pour le reste, comment je vis ? Dieu a dit que je vaux mieux que les passereaux ; donc il me demande de ne pas me soucier du lendemain.

Regrettez-vous d'avoir accepté d'être ministre dans le gouvernement d'Aké N'Gbo?

L.K.K : Et pourquoi devrais-je le regretter ? J'ai appartenu à un gouvernement légal dans lequel les Ivoiriens se sont reconnus et identifiés. Pendant quatre mois, j'ai été accueilli partout dans la liesse populaire et non sous la baillonnette. J'ai échangé avec les Ivoiriens en toute liberté dans le respect mutuel en ayant toujours à l’esprit que c'est le peuple qui détient la réalité du pouvoir. C'est pourquoi je ne comprends pas ceux des nôtres qui pensent que nous avons tout perdu, allant même jusqu'à renier toute légitimité à Gbagbo. Ils sont devenus des démarcheurs quotidiens pour faire reconnaitre Ouattara comme un Président légal et légitime.

De qui parlez-vous ?

L.K.K : De tous ceux qui, dans nos rangs, pensent que leur heure est venue pour se faire une place au soleil.

Comment avez-vous vécu les derniers moments du règne du Président Gbagbo?

L.K.K : J'ai été traversé simultanément par trois sentiments. D'abord la nausée. Face à l'acte criminel perpétré par la France contre notre pays, un pays indépendant et souverain. J'ai été écœuré de voir comment nuitamment, dans la lâcheté, les Institutions républicaines ont été renversées et notre Armée détruite. La France, depuis, n'est plus pour moi un pays de référence en matière de respect du droit international et de droit de l'Homme. Ensuite, j'ai éprouvé de l'admiration pour le Président Laurent Gbagbo qui a fait montre d'un courage exceptionnel qui fera date dans l'histoire. Face au déluge de feux sur Abidjan et particulièrement sur sa résidence de Cocody, il est resté digne. Il a montré encore une fois que pour la confiance placée en lui par les Ivoiriens, il était prêt à défendre le pays même au prix de sa vie. Enfin, j'ai été horrifié, meurtri et franchement dégouté de constater que ce sont ceux qui se disent héritiers d'Houphouët, regroupés au sein du Rhdp, qui, avec l'appui de la France et de l'Onu, ont détruit ce que Houphouët, toute sa vie durant, a construit, et qui constitue aujourd'hui l'âme de la Côte d'Ivoire moderne. Le Palais présidentiel, la Rti, l'Atci, les bases militaires et, scandale des scandales, la résidence mythique d'Houphouët, symbole de notre souveraineté, tout a été détruit par les enfants d'Houphouët. Un véritable parricide. Ce que Gbagbo, le célèbre opposant à Houphouët, n'a osé faire, sinon que chercher à restaurer ce qui tombait en ruine, Ouattara, Bédié et leurs alliés l'ont fait pour satisfaire leur volonté de venir au pouvoir.

A quel moment avez-vous senti que c'était la fin de votre régime?

L.K.K : Je n'ai jamais senti la fin de notre régime et même encore aujourd'hui, je crois en sa survie. Car tout le monde le sait, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Face aux canons de la France, il a crié cette phrase : « Mais Ouattara n’a pas gagné les élections !» Cette phrase retentira pendant longtemps dans les esprits des démocrates. Gbagbo n'a pas été vomi par son peuple. Bien au contraire, celui-ci reste fidèle et uni à sa personne. Non, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Il a seulement perdu la guerre contre la France, une guerre qui n'a jamais été ouvertement déclarée, une guerre lâche dans laquelle la France sous Sarkozy a démontré toute sa laideur sur la question du droit des peuples à s'autodéterminer. La conséquence de tout cela, c'est qu'Abidjan ayant (re) perdu son indépendance et sa souveraineté, titube dans les décisions à prendre.

Vous avez dit que vous croyez en la survie de votre régime. Mais plusieurs cadres de votre parti dont Mamadou Koulibaly ont fait allégeance. Ce qui fait dire que c’est fini pour le Fpi…

Ceux de nos camarades qui ont fait allégeance à Ouattara savent ce qu'ils font. Nous serons tous jugés par l'Histoire. Le peuple ivoirien est mature. Il sait discerner. Il sait que la vérité est de notre coté. Même ceux de nos frères qui ont soutenu honnêtement Ouattara commencent à déchanter face aux pillages, aux assassinats sommaires dont ils sont témoins au quotidien.

Que pensez-vous des menaces de Koulibaly à quitter le Fpi et créer son parti politique ?

L.K.K :C’est son droit et il ne sera pas le premier. Seulement s’il veut partir, il faut qu’il le fasse dans l’élégance et non donner l’impression qu’il a eu mission de mains noires pour « tuer » le Fpi. Il ne réussira pas. Il ne faut pas qu’il donne de lui, dans l’opinion, l’image d’un homme inconstant qui a abandonné ses camarades et surtout Gbagbo et Simone qui l’ont fait, dans les geôles de Ouattara dont il est devenu l’admirateur attitré. S’il part, il ne nous reste qu’à lui souhaiter bonne chance. En toute camaraderie.

Selon vous est-il possible pour les Ivoiriens de se réconcilier?

L.K.K : Vous avez dit réconciliation? Que signifie ce mot aujourd'hui? Réconciliation entre qui et qui? En tout cas, pas entre les Ivoiriens. Il n'y a jamais eu de problèmes entre les Ivoiriens. Même quand on a voulu les opposer de manière artificielle, les sentiments forts qui les unissent ont bravé toutes les adversités. Les Ivoiriens s'entendent bien entre eux. Mais s'il s'agit de réconcilier le peuple au nouveau pouvoir qui lui a été imposé alors qu'on le dise. Donc, j'attends de voir comment il va procéder pour se réconcilier avec les Ivoiriens encore traumatisés par toutes les pertes en biens matériels et en vies humaines de leurs proches à cause du pouvoir à conquérir.

Charles Konan Banny a été nommé à la tête de la commission Dialogue vérité et réconciliation. Quels commentaires ?

L.K.K : Laissons Charles Konan Banny là où il est. Il ne réconciliera personne. Il ne peut réussir une mission dans laquelle juge, il a pris déjà parti. Dans plusieurs déclarations, il a déjà condamné Gbagbo et ses partisans. De plus, tout le monde sait qu'on l'a nommé à ce poste juste pour l'éloigner de la Primature.

Que pensez-vous de la décision du président Ouattara de faire juger Gbagbo par la Cpi?

L.K.K : Ouattara ne fera jamais juger Gbagbo par la Cpi (Cour pénale internationale, Ndlr) parce que le faisant, il s'exposera lui-même à des poursuites internationales ainsi que tous ceux qui l'ont soutenu c'est-à-dire Bédié, Soro, Mabri, et autres. ainsi que tous les chefs de guerre. Envoyer Gbagbo devant la Cpi, c'est se faire hara-kiri.

Pourquoi ?

L.K.K : S'il accepte de faire juger Gbagbo par la Cpi, ce dernier poursuivra immanquablement Soro, ainsi que les chefs qui ont tué en son nom. Ouattara se gardera bien de présenter Gbagbo devant la Cpi. D’ailleurs, ces derniers temps, les Frci ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’on évoque cette question ou lorsque les organisations humanitaires les épinglent.

Monsieur le ministre, vous êtes très dur dans vos propos. Ne craignez-vous pas pour votre retour en Côte d’Ivoire ? Comptez-vous rentrer au pays un jour ?

L.K.K : En quoi suis-je dur dans mes propos? Je ne fais que dépeindre la situation actuelle que tous les Ivoiriens vivent. Pour ma vie, il ne faut pas vous en faire. Il faut bien mourir un jour mais au moins pour une bonne cause. Moi, depuis 1990, je me bats auprès du Président Gbagbo pour qu'il y ait un nouvel ordre démocratique en Côte d'Ivoire. Cette démocratie doit s'enraciner pour le bonheur de notre peuple. Je me bats pour que les Ivoiriens soient respectés. C'est pourquoi il faut parler, il faut dénoncer, il ne faut pas se rendre complice de quelque manière que ce soit de ce qui se déroule sous nos yeux. Pour ce qui est de mon retour au pays, tout dépend de Dieu.



Réalisée via Internet

K.A.Parfait


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS


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Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien (Fpi) jusqu'au 11 Avril 2011, Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l'Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d'Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l'arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livre dans cet entretien les derniers instants dans le bunker...


Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d'Angré que nous sommes, ce n'était pas du tout le repos car la nuit c'était les bruits d'armes en provenance d'Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d'Abidjan, ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d'habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j'ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d'avant nous avions été informés que j'étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j'habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j'apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ''Allées'' et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu' à l'arrestation du Président Gbagbo. D'ailleurs, je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvée dans les mêmes circonstances et je me suis rendue utile. J'ai ouvert les bureaux de la Première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d'être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite, est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J'étais là quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n'était pas en fuite. J'ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l'accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s'est passé, il faut noter qu'avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d'arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en action. Ainsi, il y a eu l'attaque de l'école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d'Agban (etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l'Ambassade du Japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l'Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l'entrée de la résidence. C'est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l'arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au-dessus de sa chambre alors qu'il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous-sol car c'est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D'autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21 heures à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au lever du jour. Le bureau de la Première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l'Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l'accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c'est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu'à l'arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous, nous attendions 21 heures pour la ''pluie de feux'', comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s'est poursuivi jusqu' à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n'a pas atteint l'intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d'égouts. Cela s'est transformé en une fumée opaque. Ils l'ont fait à dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d'électricité étaient à cet endroit. Le commandant Séka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous-sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la nôtre, il n'y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adjé Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ''certainement'' la Première dame, le Ministre Aboudramane Sangaré, etc.

Le Ministre Tagro s'est proposé à la négociation. Je l'ai vu et entendu téléphoner à quelqu'un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, «demandez leur d'arrêter de tirer, je viens discuter». J'ai appris plus tard que cette personne était l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l'attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous-sol, il était encore à l'entrée de la résidence, téléphone à l'oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine a-t-il mis le nez dehors qu'il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d'entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le Président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grand'chose. Quelques instants après, d'autres (soldats rebelles, ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo, ndlr) qu'ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit qu'ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s'il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c'est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d'autres garder notre porte. La suite de l'arrestation, vous l'avez vu par les images qu'ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence, nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury, le Ministre Adjobi Christine, l'ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en-dessous de l'aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l'Assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant, complètement trempé de son sang. Il est allé s'adosser au mur de la résidence de l'Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force Licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l'un d'eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L'objectif des deux groupes (forces Licorne et des forces rebelles, ndlr) était de tuer le Président Laurent GBAGBO et d'éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d'entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armées des forces nouvelles, ndlr) pour commettre l'exploit de l'assassinat de plus d'une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n'ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C'est Dieu qui a travaillé en notre faveur, Psaume 23.

Abidjandirect.net : Qu'en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l'enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d'une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d'un obus la veille, n'ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu'après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l'Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s'échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s'ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C'est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu'elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n'étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c'est qu'il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l'Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu' au golf.

 

Réalisé par AbidjanDirect.Net


Source: Blog Emile Constant Bombey



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COTE D'IVOIRE, LA JUSTICE A SENS UNIQUE


Human Rights Watch a signalé, le mercredi, la justice à sens unique en Côte d'Ivoire, en disant: Personne dans le camp de Mr Alassane Ouattara, n'avait encore été arrêté pour les abus dans le conflit postélectoral.


L'agence des droits de l'Homme a exhorté Ouattara à répondre aux exigences d'une commission d'enquête onusienne pour les enquêtes impartiales sur les violations, y compris les meurtres politiques et ethniques et les viols commis par les deux camps durant les cinq mois de bataille.

«Il y a un fossé croissant entre la  rhétorique du gouvernement Ouattara qui dit que nul n'est au-dessus des lois et la réalité qui montre que la justice apparaît unilatérale et retardée», a déclaré dans un communiqué le chercheur principal en Afrique de l'ouest, Corinne Dufka.

L'enquête de l'ONU présentée mercredi, a été appuyée d'autres conclusions selon lesquelles les deux camps ont été impliqués dans des abus de violence déclenchée par le soi-disant refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre à 2010.

Il s'agit notamment de potentiels crimes de guerre  et crimes contre l'humanité, avec des dizaines de femmes violées et un nombre de morts estimé à au moins 3 000, indique la déclaration.

Gbagbo a été kidnappé de sa résidence, le 11 avril, et mis en résidence surveillée, permettant à Ouattara à travers ce putsch, d'occuper son bureau. Toutefois, aucune accusation n'avait été portée contre lui ou des dizaines de ses alliés, dit Human Right Watch.

Il a été recommandé aux putschistes "de mettre fin à ce vide juridique et à engager des poursuites rapidement contre les personnes en détention, conformément au droit, ou à les libérer".

Se référant aux forces armées de Ouattara, il a déclaré: "À l'opposé, aucun membre des forces républicaines n'a été arrêté ou détenu pour de graves crimes commis pendant la crise postélectorale».

Plusieurs Ong des droits de l'homme les ont (Ouattara et ses troupes) impliqués dans des atteintes graves.

«Si  la Côte d'Ivoire veut faire le break du passé promis par Ouattara, une justice impartiale pour les milliers de victimes est  essentielle", a déclaré Mme Dufka.

Ouattara a promis une enquête impartiale sur les violences dans le cadre d'un effort pour ramener une réconciliation compromise par la guerre, dans le premier pays producteur mondial de cacao.

Comment peut-on laisser un criminel mener des enquêtes sur des crimes qu'il a commis ?

L'évidence même de cette justice à sens unique est que la première personne à condamner, Mr Ouattara, sur laquelle les enquêtes doivent se porter n'a jamais été cité par Human Right Watch comme responsable. En gros, il y a déjà une distorsion de la réalité, et en plus quand on parle des droits de l'homme. Et quand on ne condamne pas des arrestations et détentions sans motifs, on ne peut s'empêcher de dénoncer la complicité de cette ONG, qui donne indirectement des indications à leur complice, concernant le mobile de l'accusation. Du coup, on a un pseudo procureur de la République du nom de Simplice Kouadio Koffi, qui saisit la perche au bond et nous déclare que le motif de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo est "le refus de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre 2010". Quelqu'un disait une fois, "le diable se pend très souvent", une expression pour dire qu'il s'expose à tous les coups; car cette accusation débouchera à tout prix sur la vérification des résultats. En un mot, on revient à la case départ que les terroristes ont voulu éviter : le recomptage des voix. Qu'est ce qu'ils sont plouk!


Patrick Cohen, un coup de gueule sur sa page Facebook.

MAMADOU KOULIBALY: UN DISCOURS DEVENU ILLISIBLE

UNE DE JEUNE AFRIQUE.jpg

Je l'avoue, je ne me retrouve plus dans le discours et dans la nouvelle posture du Professeur Mamadou Koulibaly, un homme que j'ai toujours considéré comme une icône de la lutte contre le néocolonialisme et pour l'indépendance africaine. Que craint-il ou que redoute-t-il tant pour tourner ainsi casaque? La perte des siens ou de sa propre vie? Ou qu'espère-t-il? Faire le procès de ses camarades de lutte (qui, du reste, ne sont pas toujours exempts de reproches), régler des comptes personnels, torpiller Laurent Gbagbo, déjà au sol et qui a plus besoin, en ce moment, de compassion que de récriminations? Pourquoi s'acoquine-t-il avec l'innommable? En toute franchise, je donne ma langue au chat. Je retiendrai, néanmoins, la leçon que c'est face à l'épreuve qu'on découvre les grands hommes. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire et l'Afrique! Fernand Dindé.


Le président de l'Assemblée nationale fait sans Gbagbo et souhaite tourner une page qu'il regrette amèrement. En prenant les rênes du parti de l'ex-président de la République, il n'a qu'un seul but: remettre l'appareil en ordre de marche et préparer la présidentielle de 2015. Mis sur la touche par Laurent Gbagbo pour, entre autres, avoir dénoncé les excès des durs du régime, écarté lors de la campagne pour la présidentielle, exilé au Ghana durant la crise postélectorale, Mamadou Koulibaly signe son grand retour sur la scène politique. Interlocuteur du nouveau pouvoir, le président de l'Assemblée nationale veut sauver un Front populaire ivoirien (FPI, ancien parti au pouvoir) assommé par la défaite électorale et militaire. «L'objectif est de proposer un nouveau projet de société pour gagner la présidentielle de 2015», explique-t-il. En attendant, il dresse un bilan sévère de la décennie écoulée.

Fidèle à ses principes, intransigeant sur la morale et les règles de droit, il se pose en défenseur de la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Avec, en filigrane, une phrase qu'il ne prononce jamais mais que l'on entrevoit à chacune de ses réponses; «si Gbagbo m'avait écouté ...»

Jeune Afrique: On vous a peu entendu pendant la crise postélectorale. Pourquoi?

Mamadou Koulibaly : Je n'avais pas le choix. Ma présence n'était pas désirée; l'Assemblée nationale ne fonctionnait plus. Mais aujourd'hui, j'ai la lourde responsabilité d'assurer la présidence par intérim du FPI. Cela m'oblige à rassurer les militants, à aider à la libération des cadres du parti qui ont été arrêtés et à faciliter le retour des exilés.

Êtes-vous en contact avec les cadres du parti en exil?

MK : Oui, notamment avec Kadet Bertin, qui est au Ghana. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est l'un des premiers à avoir reconnu notre défaite et il souhaite qu'on tourne rapidement la page. J'ai aussi rendu visite à ceux qui sont en résidence surveillée à l'hôtel de La Pergola à Abidjan: Alcide Djédjé, Dano Djédjé, Philippe-Henri Dacoury-Tabley ... Ils reconnaissent Alassane Ouattara comme chef de l'État et me demandent de plaider leur cause auprès de lui. Ils promettent de ne pas perturber son travail. Certains se mettent même à sa disposition.

Avez-vous des nouvelles du couple Gbagbo?

MK : Non. On ne m'a pas permis de les rencontrer. J'en ai parlé avec Charles Konan Banny, qui préside la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Il prévoit d'aller les voir prochainement et m'a promis de tout faire pour que je puisse leur rendre visite.

À quand remonte votre dernier contact?

MK : J'ai rencontré Laurent Gbagbo quelques jours après le retour de Pascal Affi Nguessan d'Addis-Abeba [rencontre avec le panel des cinq chefs d'État, le 11 mars, NDLR]. Je lui avais conseillé d'accepter le verdict de l'Union africaine.

Laurent Gbagbo a-t-il, selon vous, perdu l'élection présidentielle?

MK : Il a fini par reconnaître sa défaite. D'ailleurs, le 11 avril, il a demandé à Désiré Tagro [alors secrétaire général de la présidence, NDLR] de sortir avec un mouchoir blanc.

N'était-ce pas plutôt la reconnaissance d'une défaite militaire?

MK : C'est la continuation du résultat électoral. Nous avons dénoncé la fraude, dans le nord du pays. Nous sommes les premiers responsables, car le FPI n'avait pas de représentant dans de nombreux bureaux de vote. Nous avons réalisé une très mauvaise campagne électorale, mal organisée. Il n'y avait pas de stratégie, pas de discours cohérent, et trop de personnes étaient en première ligne, avec des moyens colossaux mais mal utilisés. Certains cadres n'ont pas travaillé; ils ont détourné de l'argent pour acheter notamment des véhicules.

Le pouvoir leur est-il monté à la tête?

MK : Le problème, c'est l'usure du pouvoir. Lorsque nous étions dans l'opposition, on faisait mieux avec moins de moyens. On rêvait d'une nouvelle Côte d'Ivoire et on déplaçait des montagnes. Dix ans plus tard, nous étions pleins de fric. On disait qu'on voulait ouvrir le marché ivoirien au monde entier mais, dans les faits, on a fait des deals avec les plus grosses entreprises françaises. Alassane Ouattara a proposé une vision plus cohérente.

Sur quelles bases faut-il reconstruire le FPI?

MK : La priorité, c'est de refaire du FPI un grand parti d'opposition. Cela veut dire qu'il faut dresser un bilan en profondeur, prendre des dispositions institutionnelles, remobiliser les militants et donner des signaux forts aux Ivoiriens, en modifiant complètement notre discours et nos méthodes. Il faut revenir aussi à plus d'humilité et reprendre le travail à la base. Ensuite, on pourra peut-être penser à organiser un grand congrès du parti.

Que pensez-vous des poursuites judiciaires et des sanctions financières engagées contre le camp Gbagbo?

MK : La justice n'est pas un problème en soi. Si Koulibaly ou d'autres sont coupables, ils méritent de payer pour leurs actes. Mais dans ce cas, il faut enquêter sur tous les crimes de sang et tous les crimes économiques perpétrés depuis 2002. Je crains que l'on ne prépare quelque chose de spécial pour Gbagbo et ses compagnons. On peut dire qu'ils ont braqué la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, à Abidjan. Mais les banques ont également été dévalisées dans la zone nord. Si Ouattara cherche à se venger, il va créer de nouvelles frustrations.

Simone Gbagbo a-t-elle persuadé son époux de s’accrocher au pouvoir ?

MK : Je ne pense pas que quelqu'un puisse influencer Laurent Gbagbo. Il est toujours resté maître de ses actes. Mais tous, les militants, les cadres, se demandent pourquoi il s'est à ce point entêté, à la limite de l'irrationnel. Pendant la cérémonie d'investiture de Ouattara, je me suis mis à rêver. Laurent Gbagbo était en train de lui remettre les insignes de la République. Cette passation aurait ancré la démocratie dans notre pays. Cinq ans plus tard, il avait toutes ses chances pour redevenir président.

Dans quel état d’esprit sont les militants du FPI ?

MK : Ils craignent pour leur sécurité. Je reçois régulièrement des messages de détresse.

En tant que président de l’Assemblée nationale, avez-vous reçu des garanties du président Ouattara ?

MK : Il a promis d'assurer la pérennité des institutions. Mais, dans le même temps, il m'a fait savoir que son conseiller juridique considérait que mon mandat avait pris fin avec l'élection du 28 novembre 2010.

Acceptez-vous que le chef de l’Etat, dont le parti n’a pas de représentant à l’Assemblée nationale, puisse gouverner par ordonnance et par décret jusqu’aux législatives ?

MK : C'est une situation intolérable. Le mandat des députés expire après l'élection de la nouvelle Assemblée. Le nouveau président a prêté serment et doit respecter la Constitution. Il n’y a effectivement pas de députés du RDR (Rassemblement des républicains, NDLR), mais ses alliés du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, NDLR) occupent la moitié de l’hémicycle.

Se dirige-t-on vers une hyper-présidence ?

MK : C'est mon sentiment. C'est la raison pour laquelle nous n'avions pas intérêt à entrer dans ce gouvernement d'union. Dans ce système, les présidents se sentent obligés d'avoir des "shadow cabinets'' pour diriger. Gbagbo n'aurait jamais dû accepter- je le lui avais dit - les accords de Marcoussis, qui sont l'origine de ce mode de gouvernance.

Quel doit être le chantier prioritaire du nouveau président ?

MK : La refonte de l'armée. L'insécurité règne et le phénomène de racket est pire qu'avant. Le président Ouattara a appelé les militaires des deux camps à se considérer désormais comme des frères. Il faut poser des actes qui le montrent vraiment. C'est comme une maison à reconstruire. Nous avons les briques. Encore faut-il qu'elles soient positionnées de manière à ce qu’il y ait des chambres, des toilettes et un salon !

Alassane Ouattara a dit à Nicolas Sarkozy que l’armée française était la bienvenue. Qu’en pensez-vous ?

MK : Nous sommes indépendants depuis plus de cinquante ans. Il n'est pas dans notre intérêt d'entretenir ce type de relation infantilisante. Les accords de défense devront donc être révisés.

Selon vous, quelles sont les priorités économiques de la Côte d’Ivoire ?

MK : L'Etat a quasiment disparu. Il faut redéployer l'administration sur l'ensemble du territoire, mais, pour cela, il faut rétablir la sécurité. On doit aussi faire en sorte qu'il n'y ait plus d'administration parallèle, celle des FN (Forces nouvelles, dans le Nord, NDLR) en l'occurrence. En fait, ce sont les mêmes problèmes qui se posaient à Gbagbo.



Interview par Pascal Airault in Jeune Afrique, le 5 Juin 2011


Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

mardi, 21 juin 2011

POUR UNE COMMISSION D'ENQUETE PARLEMENTAIRE SUR L'INTERVENTION DE LA FORCE LICORNE



BOMBARDEMENT CAMP D'AKOUEDO.jpg

Chers lectrices et lecteurs, voici déjà quelques semaines nous vous avions annoncé, à la suite de l'article "Pour mémoire", la mise en place d'une action citoyenne visant à l'établissement de la vérité concernant l'action de notre armée en Côte d'Ivoire. La voici enfin matérialisée. 


Veuillez trouver ci-après la lettre ouverte adressée à Mr Nicolas Sarkozy et le courrier adressé à l'ensemble de la Représentation Nationale (Aux députés et sénateurs, aux Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux Présidents des différents groupes parlementaires ainsi que des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires étrangères).

Nous publierons ultérieurement les courriers envoyés aux responsables des partis d'opposition. Voici le lien de la pétition sécurisée qu'A&C a mis en place:

http://alternativesetcoherence-actions.com/ .

Nous vous communiquons la liste des médias contactés: Le Monde, Marianne, le Parisien, Libération, l'Humanité, le Figaro, le Canard Enchaîné, la Croix, le Nouvel Observateur, l'Express, la Dépêche du Midi, Charlie Hebdo, Sud-Ouest, La Provence, Les Inrockuptibles, Canal+, France Télevision, TF1, BFM TV, ITélé, France 24, Télésud, The International Herald Tribune, El Pais, la Tribune de Genève, El Watan, The Guardian, le Frankfurter Allgemeine Zeitung. 


N'hésitez pas à vous adresser par mail ou courrier à votre député en lui adressant le lien de la pétition ou en l'interpellant sur ces actions de l'armée française et de notre gouvernement qui nous interpellent. Nous comptons sur votre soutien, unis et massivement mobilisés, nous sommes en mesure d'influer sur les politiques et décisions de nos dirigeants, ne nous en privons pas. 


Pour Alternatives et Cohérence, Ahouansou Séyivé

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Lettre ouverte à M. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy


Paris, le 21 Mai 2011


M. Le Président de la République,


C'est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d'Ivoire et l'implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d'Ivoire. Ne pouvant accepter qu'une puissance étrangère ne s'immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère. Nous rappellant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l'instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l'élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s'en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd'hui scandalisés.
Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l'intérêt de la France d'attiser les braises de ce qui ne pouvait qu'immanquablement finir en brasier? Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu'il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d'exactions frappant la population ivoirienne. Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux. Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d'un chef d'État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l'ordre juridique ivoirien. Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n'avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l'avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l'État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population. Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l'ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l'utilisation d'armes lourdes du fait de l'armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé). Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n'avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu'il était mandaté par l'ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d'épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l'allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd'hui républicaines? Comment tolérer qu'en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu'il était du devoir et de l'honneur de notre pays de garantir, n'ait pas été assurée? Comment tolérer que nos forces présentes à l'hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien "reconnu par la communauté internationale", se muer en lieu de torture et d'assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la communauté internationale"? Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle? Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo? Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d'une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l'interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l'homme et dignité humaine. Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d'Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur "expertise" dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d'Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes? Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?


M. le Président, face à tant d'accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d'Ivoire pour qu'il faille souiller l'image de notre république, brader l'honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir? Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes. Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l'idée que nous nous faisons de notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l'idée que nous nous faisons de l'exercice du pouvoir. Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l'action gouvernementale. Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l'action de la France en Côte d'Ivoire. Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république. Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l'image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d'y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres. Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale et du Sénat, à l'ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d'enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d'ombres entourant notre intervention en Côte d'Ivoire. Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue. Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l'avancée des "forces républicaines" vers Abidjan. Nous devons savoir pour quels motifs elle n'a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire. Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d'Abidjan, ni à l'hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n'a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l'action de nos soldats en Côte d'Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l'adressons aux leaders des partis d'opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l'assortissons d'une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé


Accéder à la pétition et signer.

 

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Lettre à l'attention des Députés et Sénateurs.

Paris, le 21 Mai 2011


Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames, Messieurs les sénateurs, émanation du peuple souverain.


Comme nombre de nos concitoyens, nous éprouvons un malaise devant les manifestations dramatiques de l'action de notre gouvernement en Côte d'Ivoire. Tributaires de l'information diffusée par les médias généralistes,  nous ne doutons pas que la majorité d'entre vous ait contemplé cette énième "aventure africaine" sans mesurer les conséquences de ce qui peut être qualifié aujourd'hui d'action néo-coloniale de la France. Nous notons avec étonnement que la représentation nationale n'a pas été consultée, conformément aux dispositions constitutionnelles applicables en pareil cas.

Partant, notre initiative ne vise qu'une chose: mettre en conformité la lettre de l'action politique française avec l'esprit des valeurs que nous chérissons et que vous êtes, de par le mandat que nous vous avons confié, les défenseurs. De trop nombreuses questions restent sans réponse, de trop nombreux agissements restent inexpliqués, voire inexplicables.

Il ne peut être question de nous satisfaire des demi-réponses qui ont été apportées à nos interrogations par une communication gouvernementale qui s'apparente plus à de la propagande qu'à l'information légitime due aux citoyens dans une démocratie qui se respecte.
Nous vous demandons par conséquent de favoriser la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter et de mettre en lumière certains points précis de l'action de la force Licorne et du gouvernement français dans cette guerre civile qui n'a pas dit son nom. Ces points sont détaillés dans la lettre ouverte adressée à Mr le Président de le République que vous trouverez en annexe. Cette démarche sera présentée concomitamment aux présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, Messieurs Accoyer et Larcher, à Messieurs Tessier et Poniatowsky présidents des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires Etrangères, aux représentants des partis d'opposition. Une pétition est mise en ligne
http://alternativesetcoherence-actions.com/ , cette initiative intéressant tous les français.

Nous comptons sur votre compréhension et appui afin que cette démarche soit couronnée de succès. Pour finir nous demandons à la représentation nationale de nous éclairer sur les dispositions législatives futures, visant à encadrer la présence ou organiser le départ définitif de forces militaires dont les prérogatives s'apparentent à celles d'une armée d'occupation, notamment dans les rues d'Abidjan. En ces temps de crise, un dispositif coûtant au contribuable plus de 500 millions d'euros à l'année, pour des gains et bénéfices que nous ne nous expliquons pas, n'a qu'une vocation, être levé.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour tout contact.


Respectueusement, pour Alternatives et Cohérence, M. Ahouansou Séyivé.


Accéder à la pétition et signer.

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCES

RETOUR DE LA GUERRE DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE: COMMENT SARKO A APPUYE L'OFFENSIVE CONTRE GBAGBO

 

NICOLAS SARKOZY.jpg
Le président français Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy.

 

Un «document exceptionnel» qui met en lumière le travail du metteur en scène Sarkozy qui distribue les rôles avec comme acteur principal le candidat du «RHDP». Vous verrez surtout comment la hiérarchie militaire française a organisé les forces pro-Ouattara avec des conseils, des armes neuves et... En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire  oublier les exploits de certains chefs de guerre. Par Jean-François Julliard (Le Canard enchaîné). 


Le canard enchaîné (6/4)

L'entrée en guerre de la France contre les «forces» de Gbagbo, le 04 avril 2011, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l'«ONU», Paris n'a laissé à personne d'autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en «Conseil des ministres» comme en privé, le chef de l'Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, «le dictateur sanglant de Côte d'Ivoire». Au point de s'avouer, le 05 avril 2011, «être à bout de patience».

Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l'«ONU», de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné «quarante-huit heures» au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois ...

Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent. N'était-il pas accusé de perpétuer la «Françafrique», ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que «Bouygues», «Bolloré», «Veolia» ? Mais, après l'échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l'ancienne puissance coloniale n'était pas la mieux placée» pour intervenir. En janvier 2011, devant l'«Union africaine», il ose même affirmer : «La France ne veut donner de leçons à personne». Il faut dire que les événements de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie n'ont guère fait briller la diplomatie tricolore.

La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d'ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au «Canard», la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L'un d'eux, proche de l'«Elysée», se félicite de «notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan». Il est vrai qu'en moins de quatre jours les «Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI)» ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : «On a fourni des conseils tactiques aux FRCI», mais aussi «des munitions et des Famas (fusils d'assaut)».


Barbouzes aux premières loges

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 04 avril 2011, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent «Licorne» ont été notamment renforcés par des «Rambo» de la Direction des opérations (ex-Service action) de la «DGSE» et des «Forces spéciales».

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19 h 30, quatre hélicos «Puma», soutenus par des «MI 24» de l'«Onuci», commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le «CHU» et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, «l'ancienne puissance coloniale» bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.


Armement à prix d'or

Cet héroïque canardage, qui, selon l'«Elysée», laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D'abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L'armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l'étonnement des Ivoiriens. Si l'aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d'autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par «Le Canard», des proches de Ouattara ont monnayé en 2009 et en 2010 d'importantes quantités d'or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l'«ONU». Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l'état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L'image du camp Ouattara - présenté par certains comme 1'«axe du bien» - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple plusieurs centaines de morts seraient, selon l'«ONU» et diverses organisations internationales, surtout imputables aux «FRCI», les «forces» de Gbagbo se voyant aussi accusées d'atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie.

 

Source: NERRATI.NET

lundi, 20 juin 2011

LES GROS BRAS GATES ET RASMUSSEN TENTENT UNE NOUVELLE EXTORSION DE FONDS

ROBERT GATES.jpg

Par Lucille Baume

Les caisses du complexe militaro-industriel US sont vides. Le Pentagone a donc envoyé ses gros bras, Robert Gates et Anders Fogh Rasmussen, pour presser ses alliés. Comme tous les racketteurs, ils assurent garantir la « protection » de leurs interlocuteurs.

 

Bien que saisonnière, l'offensive conduite par Robert Gates et Anders Fogh Rasmussen au sein de l'OTAN surprend par son déphasage d'avec la réalité.

Dans son discours d'adieu, prononcé le 10 juin devant le Security & Defense Agenda [1], le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert M. Gates, a souligné que les membres européens de l'Alliance voulaient bénéficier de la protection US, mais étaient pour la plupart incapables d'apporter une contribution significative aux opérations en cours. Il les a donc exhortés à augmenter leurs budgets militaires.

Dans un entretien au Guardian, publié le 15 juin [2], le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen en a rajouté : « L'élargissement de ce fossé économique peut conduire également à un agrandissement du fossé technologique risquant d'entraver les capacités opérationnelles de nos forces entre elles. Les Américains continuent de fournir des équipements militaires plus perfectionnés tandis que les Européens sont loin derrière. Il pourrait devenir éventuellement difficile de coopérer même en ayant la volonté politique de le faire en raison du fossé technologique ».

Au premier abord, ces jérémiades ne sont pas nouvelles. De manière à peu près régulière, le Pentagone sonne l'alarme, annonce que la situation est critique... et tend sa sébile. Habituellement, les Alliés font d'abord la sourde oreille et finissent par mettre la main à la poche. Jusqu'à la prochaine fois. Si le discours n'est pas nouveau, le contexte - lui - a changé, il en résulte un étrange décalage.

Résumons les faits : les États-Unis sont au bord de la faillite. Ils financent leurs armées avec une monnaie de singe, le dollar. Le complexe militaro-industriel s'avérant incapable de se remettre en question et de diminuer son train de vie, le Pentagone entend contraindre ses alliés à s'engager dans des conflits qui ne les concernent pas pour qu'ils y perdent des matériels et des munitions qui leur seront facturés au prix fort.

Rappelons le contexte : en 2010, un État membre de l'OTAN, de l'UE et de la zone euro (la Grèce) ne parvient plus à rembourser ses emprunts. Pour le sauver, il a été convenu non pas de réduire sa dette, mais de l'accroître. Les Etats-Unis, l'Allemagne et la France l'ont renfloué, par le biais de l'UE et du FMI, tout en le contraignant à acheter des avions de combat et des sous-marins pour se défendre contre un autre État membre de l'OTAN (la Turquie). Alors qu'Athènes ferme ses services publics et brade ses entreprises d'État, il se voit obligé d'entretenir un budget de Défense délirant, presque double (en proportion) de celui de la France. Résultat : un an après le pays implose.

Sur le fond, les choses sont limpides : l'OTAN ne protège pas ses membres, mais les rackette - la preuve par la Grèce face à la Turquie -. Et en cette période de crise économique occidentale, le racketteur est plus violent encore.

Le seul à s'en être ému publiquement est, comme à l'habitude, un Français. L'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la Marine, a répliqué que la mobilisation des forces françaises contre la Libye obérerait rapidement leur capacité à défendre le pays. Une déclaration en forme de préavis qui doit se comprendre en se souvenant que l'amiral était opposé à l'engagement du porte-avions Charles-de-Gaulle dans ce conflit.

Le chef d'état-major de la Marine est dans son rôle. Comme l'était celui de l'armée de Terre, le général Bruno Cuche lorsqu'il s'interrogeait sur l'engagement français en Afghanistan et s'opposait au déploiement des chars Leclerc. Cuche a été contraint à la démission par le président Sarkozy à l'occasion d'un accident meurtrier dans une caserne, gageons que le premier prétexte venu sera utilisé par l'Élysée pour se débarrasser de Forissier.

En définitive, la seule question qui se pose est celle formulée par Vladimir Poutine à la conférence de Munich en 2007 [3] : mais pourquoi donc les Européens restent-ils membres d'une alliance qui va à l'encontre de leurs intérêts ?

Lucille Baume

[1] « Farewell speech on Nato », par Robert Gates, Voltaire Network, 10 juin 2011.

[2] « Nato chief Anders Fogh Rasmussen warns of 'two-tier' force », par Julian Borger, The Guardian, 15 juin 2011.

[3] « La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale », par Vladimir V. Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.

 

Source : RESEAU VOLTAIRE

L'EXCELLENCE SELON ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN

ALASSANE OUATTARA.jpg

Après avoir été aidé par les forces spéciales françaises à renverser le Président Laurent Gbagbo, depuis sa résidence de Cocody Ambassades, et à le placer sous surveillance à Korhogo (Nord du pays), le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara a mis en place un gouvernement populaire de 36 membres (en lieu et place des 25 promis) à qui il exige résultat et excellence. Et il donne sa parole d'honneur qu'il en sera désormais ainsi en Côte d'Ivoire : rien que le mérite et le travail ! Malheureusement, à notre analyse, le top départ de cette nouvelle gouvernance et de ces nouvelles vertus a été faussé par la constitution ou la teneur même de ce gouvernement, ainsi que par toutes les nominations qui se font aujourd'hui à la tête des institutions et sociétés de l'Etat, donnant à croire que toutes ces allégations, ces déclarations de bonnes intentions, ne sont en réalité que des effets de presse s'inscrivant dans un coup médiatique savamment ficelé pour couvrir les tares congénitales du nouveau régime ivoirien.

En effet, dans notre entendement, parler d'excellence et de mérite ne doit pas relever d'un discours banal mais de l'exemple le plus affiné. Ce qui est loin d'être le cas dans le nouveau gouvernement. Il aurait fallu, pour qu'un tel laïus tienne la route et aie de la consistance, que la leçon se fasse par l'exemple, par des symboles forts qui renvoient un message sans équivoque possible. Mais que nous sert-on ?

D'abord un Premier Ministre qui n'est pas lui-même un modèle. Son cursus est totalement atypique : niveau d'études, Licence. A 31 ans, chef d'une rébellion qui a défiguré la Côte d'Ivoire, et à 40 ans, Chef de guerre à la tête de bidasses qui ont fait de l'épuration ethnique à Duékoué (pas moins de 2.000 guéré froidement exécutés, selon le CICR). Le fait que le Président Laurent Gbagbo l'aie nommé à ce poste au forceps parce qu'ayant été le seul courageux à revendiquer l'attaque contre la Côte d'Ivoire en 2002, ne nous autorise pas à le reconduire quand il est question de donner une base nouvelle au paradigme de l'excellence en Côte d'Ivoire.

Ensuite, le gouvernement : bien des ministres n'ont guère le profil de la fonction ou du poste. Un vrai crève-cœur ! A ce niveau, point d'excellence ni de mérite. Seulement la nomination de « petits copains » et de camarades de lutte. Ce n'est pas un gouvernement d'excellence mais plutôt de reconnaissance et de récompense. Le cas le plus patent est à retrouver au Ministère de l'Education Nationale. Un cas d'école. Tout simplement. Balbutier et escamoter ainsi la langue française sur la tribune de l'UNESCO n'honore pas notre pays. On pouvait faire mieux. A côté de cela, des ministres qui ont été maires dans des communes comme San Pedro, Taabo, Abobo, Man et dont la gestion a été des plus décriées et des plus chaotiques ne sauraient nous être brandis comme des modèles.

Seulement deux choix parmi ces serviteurs de l'Etat, à notre avis, font l'unanimité sur la qualité de leur travail et leur excellence - qui font d'ailleurs écho jusqu'au-delà de nos frontières - et auraient fort valablement pu assumer la fonction de Premier Ministre de la République de Côte d'Ivoire. Il s'agit de messieurs Charles Koffi Diby, Ministre de l'Economie et des Finances, et Gnamien Konan, Ministre de la Fonction Publique. Curieusement, ces deux technocrates émérites sont de purs produits Gbagbo, révélés au monde à la faveur de l'appel à candidature instauré par celui-ci pour les nominations à la tête des régies financières de l'Etat, notamment du Trésor (Diby) et de la Douane (Konan), par souci de bonne gouvernance. Les résultats ont relevé tout bonnement de l'extraordinaire, Impôts y compris (avec monsieur Fé Kessé).

Il convient également de relever que la moitié des membres du gouvernement est issue du Nord de la Côte d'Ivoire, région d'Alassane Ouattara. Est-ce une nouvelle base ou un nouveau critère d'excellence ? Qu'on nous le dise. On pourrait être en droit de le croire quand la majorité des hauts cadres nommés à la tête de nos sociétés d'Etat, régies financières et directions centrales sont anecdotiquement aussi du Nord. Le « Dioula Power » ? Qu'on nous éclaire sur la question. Parce qu'à notre sens, ce n'est pas ainsi qu'on bâtira « la nouvelle Côte d'Ivoire ». Dans la même veine, au moins 80% des soldats pro-Ouattara sont du Nord, si ce n'est à 90%! Ils sont en grande majorité analphabètes et d'une inculture renversante, tous en profilage, en ce moment, pour être intégrés à l'armée ivoirienne, elle, professionnelle et formée dans les meilleures écoles militaires. De quelle excellence nous parle-t-on?

En somme, Alassane Dramane Ouattara envoie un très mauvais signal aux Ivoiriens, à tous ceux qui pensaient qu'il pouvait faire du neuf dans une Côte d'Ivoire déconfite par 10 années de crise aiguë et particulièrement à la jeunesse : quasi aucun membre de son gouvernement n'est un modèle, un symbole des nouvelles valeurs qu'il veut prôner et imposer au peuple ivoirien. Ici encore, nous disons que l'excellence ne se décrète pas, elle se donne des symboles ou s'impose par des modèles et par l'exemple. Se donner une charte gouvernementale est une avancée, certes, mais cela ne suffira pas, vu que les paradigmes sont déjà biaisés à la source, au départ même de l'action. Nul n'est dupe de ce point de vue. Partant de là, qu'on ne vienne pas nous rabâcher les oreilles de discours creux déclamés pour policer médiatiquement une image suffisamment écornée de putschiste et d'épurateur.

Au final, l'initiateur de cette excellence devrait lui-même en être un exemple. Apprécions ensemble : en novembre1993, alors Premier Ministre imposé par le FMI au Président Félix Houphouët-Boigny pour soi-disant redresser l'économie ivoirienne, il a mis la Côte d'Ivoire en faillite et a annoncé sur nos antennes que notre pays serait en cessation de paiement, à la fin du mois de décembre. Le 7 décembre, à la mort du « sage de Yamoussoukro », son dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié, prend le pouvoir et fait mentir Alassane Ouattara : tous les salaires sont payés, non seulement en décembre, mais également sur toute la durée de ses 6 années de pouvoir, sans discontinuer. L'initiateur de la nouvelle excellence ivoirienne a, en outre, parrainé une rébellion pendant près de 10 ans, a fraudé à l'élection présidentielle (avec preuves à l'appui) et a pris le pouvoir dans le sang, en humiliant par la force des armes un chef d'Etat légal, Président de la République en exercice, de connivence avec des forces étrangères (Licorne et ONUCI). Où est le modèle, où est l'exemple, où est le symbole ? Nous aimerions le savoir.

De toutes les façons, aucune république au monde - surtout africaine - parrainée par la France n'a jamais eu pour valeur l'excellence. Elle n'y a aucun intérêt. Il lui faut, dans tous ces Etats fantoches qu'elle mène par le bout du nez, des prébendes et des monopoles condescendants pour continuer à être « la grande France ». Exit donc l'excellence, exit la concurrence loyale, exit les appels d'offre transparents. Vive la nouvelle république ivoirienne et ses nouvelles valeurs !

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

DINDE Fernand AGBO

samedi, 18 juin 2011

LES 8 ERREURS DE MAMADOU KOULIBALY

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Par Suzanne Assalé

Il vaut mieux que Le Temps présente, pour respecter la transparence qu’il aime tant au point de mettre tous ses problèmes sur la place publique, les 8 erreurs du Pr Mamadou Koulibaly dans la gestion de cette crise postélectorale plutôt que cela nous tombe dessus.

Chaque chose a son temps, dit-on. Selon la règle de la vie, il y a un temps pour semer, il y a un temps pour récolter ; un temps pour lutter et un pour dire la vérité. Et les « vérités » du Président de l’Assemblée nationale, qui sortent maintenant, à l’heure où la France réalise ce que lui-même appelle la recolonisation du territoire ivoirien, par des bombardements et l’instrumentalisation des bandes armées de Ouattara, sont des vérités qui arrivent à contretemps. Ainsi, éclatant en dehors de leur cadre, de leur heure, ces « vérités » apparaissent fondamentalement plutôt comme des contrevérités. Quels objectifs ? Quel agenda secret ? Quel dessein inavoué ? C’est cela, la problématique. C’est la trame de la réflexion de tous ceux qui n’ont pas attendu la dernière déclaration de Mamadou Koulibaly pour comprendre que l’homme a connu une profonde mutation au niveau de sa vision politique. Etant bien outillé pour savoir que le temps qu’il a choisi pour parler n’est pas un temps où l’on parle, mais où l’on construit, on se demande pourquoi alors a-t-il choisi ce temps pour parler. Quel est son agenda ? Où veut-il conduire la lutte ? On peut comprendre qu’il ait eu des frustrations en tant que numéro 2 du régime. Mais le jeu politique n’est-il pas ainsi ? Même Henri Konan Bédié, alors Président de l’Assemblée nationale, a rongé ses freins pendant longtemps, attendant son tour, en tant que numéro 2 du régime Houphouët. C’est en cela, comme il aime poser ses problèmes sur la place publique, qu'il convient de rappeler quelques-unes de ses erreurs monumentales.

Première erreur. Mamadou Koulibaly a toujours reproché à Laurent Gbagbo sa mollesse relativement à la France. Soit. Mais ce Gbagbo qu’il traitait de faible vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, est resté à Abidjan avec toute sa famille et ses proches, pour affronter la même France. Qui, avec l’Onu, a largué sur « sa tête », dans la nuit du 10 au 11 avril 2011, 150 bombes et obus. Et le « peureux » est resté là, stoïquement. Jusqu’au bout, Laurent Gbagbo a assumé pour la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi depuis ce 11 avril, il est entré dans une autre dimension. Ceux qui l’ont vu « mourir » le saluent, comme une icône, un véritable symbole de la lutte de libération pour l’Afrique. Où était-il alors lui, Mamadou Koulibaly, « l’intrépide », avec les siens ? Où était-il lorsque ça chauffait, lui le courageux ?

Quelle carte joue Koulibaly ?

Sa deuxième erreur c’est qu’en tant que numéro 2, il avait la possibilité de dénoncer les prises de positions « irrationnelles » de Gbagbo ou de démissionner en disant par exemple : « On lui parle, il n’écoute pas, il n’écoute personne, il nous conduit au suicide ». Il serait même sorti du Fpi que cela l’aurait grandi. Et Laurent Gbagbo l’a signifié clairement dans son communiqué du 30 mai 2011 : « il tient à relever que pendant toute la durée de la crise, aucune institution de l’État, aucune unité militaire n’a rejoint le camp de l’ennemi. Toutes les Institutions de la République lui sont restées loyales. Le peuple est resté soudé derrière les institutions qu’il incarne. Les composantes essentielles de notre pays ne pouvaient pas toutes se tromper en même temps». Mais en ne démissionnant pas, il est censé faire partie du sérail. En tant que tel, pour quelle raison n’était-il donc pas à la cérémonie de prestation-investiture du Président Gbagbo ? Mais non seulement il n’y était pas, alors qu’il court à celle d’Alassane Ouattara, mais c’est lui Koulibaly qui invite ses camarades à cette cérémonie du président du Rdr. Ouattara serait-il devenu aujourd’hui un meilleur symbole pour Koulibaly au point de faire la publicité de sa prestation de serment ?

Troisième erreur monumentale de Koulibaly. Alors qu’il était à l’abri avec sa famille au Ghana, où il n’avait pas à gérer la pression des bandes armées de Ouattara et de la coalition France-Onu, comment comprendre que ce soit la Licorne qui soit allée le chercher pour Abidjan ? Et cela, les habitants de son quartier (Rosier, programme 4) s’interrogent toujours. Ce quartier avait été littéralement assiégé, avec une centaine de soldats Frci à l’entrée, Frci qui y avaient d’ailleurs fait quatre ou cinq descentes musclées. Et c’est pendant cette période qu’il débarque avec les Blancs, à ses petits soins. Et le lendemain, il annonce à la télévision qu’il est venu aider le « Président Ouattara » à rétablir l’ordre constitutionnel. Que s’est-il passé pour qu’avant même qu’il ne parle, il s’affiche déjà avec les Blancs ?

Quatrième erreur monumentale. En plus du fait qu’il soit revenu en Côte d’Ivoire dans les bagages de la Licorne au moment où les gens pleuraient, Mamadou Koulibaly n’a jamais pu prononcer le nom de Gbagbo pour dire par exemple : « Libérez Gbagbo ! », comme si cela était lourd à prononcer. On sentait que cela n’était pas du tout dans ses préoccupations.

Cinquième erreur monumentale. Il a enterré trop tôt Laurent Gbagbo en célébrant la messe de requiem. Or, à notre sens, la question est de savoir si le rapt colonial dont Gbagbo est victime signifie sa mort politique et définitive. Non ! Bien au contraire, ce kidnapping de Gbagbo depuis ce 11 avril 2011 augure d’une nouvelle approche.

Sixième erreur monumentale. Ayant enterré trop tôt Laurent Gbagbo, il espère récupérer à moindres frais tous les instruments et plates-formes de lutte de celui-ci (Fpi, Cnrd,…Lmp) pour se repositionner. C’est de ce point de vue que beaucoup s’interrogent si ce n’est pas pour lui ouvrir le chemin que Pascal Affi N’Guessan a été arrêté et mis en prison. Affi ne disait-il pas qu’il était prématuré d’aller offrir l’Assemblée nationale à Ouattara dans la mesure où sa vice-Présidente et Laurent Gbagbo étaient en prison. Koulibaly ne jouerait-il pas sa propre carte en se présentant comme la « solution » ? Persuadé que son heure a sonné, ne serait-il pas en train de mener une course contre la montre en voulant tout boucler avant une éventuelle libération de Gbagbo ? De sorte que dépouillé de tout instrument, l’ancien Président libéré ne servirait plus qu’à inaugurer les chrysanthèmes ? Si dans son communiqué, Laurent Gbagbo a félicité Affi N’Guessan et le comité central du Fpi, sans citer Koulibaly, cela ne signifie-t-il pas, peut-être, qu’il ne se reconnaît pas dans le combat du président par intérim de sa formation politique ? Peut-être, oui. Peut-être, non.

Mais à la lumière des actes de Mamadou Koulibaly, il est permis de s’interroger si, au regard de l’effritement du capital santé du Président Alassane Ouattara, les mêmes puissances étrangères ne le positionnent pas comme étant un des choix possibles (leur option dans le camp Gbagbo) pour représenter la Françafrique, au cas où ? Les forces franco-onusiennes ne seraient-elles pas en train d’imposer subtilement aux Ivoiriens un schéma? Simple question.

Mamadou Koulibaly a tourné le dos à la Constitution

Septième erreur monumentale. L’on a vu Mamadou Koulibaly en 2005 se présentant comme le guerrier et l’homme de la Constitution qui ne permet aucun compromis sur la Loi fondamentale. Or, cette même Constitution dit, relativement à la situation actuelle, que lorsque le Président de la République est dans une situation d’empêchement, le pouvoir est dévolu au Président de l’Assemblée nationale. Mais voilà que la Constitution lui donne le pouvoir, lui le constitutionnaliste inégalé, il refuse la voie constitutionnelle et vient légaliser le coup d’État français (par l’appui des Institutions : Assemblée nationale et Conseil constitutionnel). S’il avait accepté d’assumer ses prérogatives constitutionnelles, Mamadou Koulibaly serait resté en exil, aurait formé un gouvernement provisoire et rassemblé tout le monde (légalistes) autour de lui pour la suite de la lutte. Mais il a refusé ce schéma pour venir faire allégeance à Alassane Ouattara.

S’il reproche à Laurent Gbagbo de n’écouter personne, qui écoute-t-il, lui-même ? Et si Gbagbo n’est pas rationnel, Ouattara dont il vante le programme est-il rationnel ? Bédié est-il rationnel ? A ces questions Koulibaly n’a pas encore montré de réponses. C’est pourquoi le sentant équivoque, les bases et les sections du Fpi élargies au Congrès national pour la résistance et la démocratie (Cnrd) ont rétabli l’ordre des priorités relativement au débat sur l’entrée ou non de leur parti au gouvernement Soro. Et signifié à leur nouveau leader que ses positions dans les médias mettaient le parti à mal.

Huitième erreur monumentale. Aujourd’hui, la priorité du Pr Mamadou Koulibaly, ce sont les législatives. Or, c’est du trompe-l’œil. Il n’y aura pas de législatives au sens démocratique du terme. Car pour réviser la loi sur le foncier votée à l’unanimité en 1998, la Constitution et opérer un certain nombre de reformes profondes, Alassane Ouattata veut un contrôle strict et absolu sur l’Assemblée nationale. L’une des missions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) appelées affectueusement par les Ivoiriens, « les Frères Cissé », mission pour laquelle Guillaume Soro est maintenu Premier ministre, est de terroriser les éventuels candidats, Lmp et même Pdci, afin qu’ils connaissent le score certifié de Laurent Gbagbo au Nord au cours de la récente présidentielle. Mamadou Koulibaly fait une erreur de penser que Ouattara va lui faire la faveur de ne pas recommander à ses hommes les intimidations, les enlèvements, les brimades et le contrôle par la force des Pv. Et cela, quelle que soit l’organisation que Mamadou Koulibaly mettra en place et le nombre de représentants qu’il enverra dans chaque bureau de vote. Soit il connait très bien cet agenda des Frères Cissé et y oriente ses camarades malgré l’insécurité, auquel cas, il joue la tactique de l’affaiblissement de Lmp, soit il ignore ce plan, alors il se présente comme un homme politique de peu de maturité. Ce qui serait également discutable.

Quoiqu’il en soit, le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, les militants du Fpi et de Lmp, ne comprennent pas toujours leur camarade Koulibaly. Selon la presse (L’Inter du 10 mai 2011), il se serait préoccupé de ceux des leurs détenus, affirmant à une réunion au Cnrd: « Laurent Gbagbo et son épouse ont déjà des avocats pour les défendre alors que ce n’est pas toujours le cas pour les autres prisonniers ». Mais Koulibaly ne peut dire cela. S’il le dit, soit il décide d’induire intentionnellement en erreur l’opinion, insinuant qu’à l’heure de la détresse, Gbagbo et sa famille ont leurs avocats et ont oublié les autres, soit il n’est pas dans le secret des dieux. Parce que simplement, les avocats de Laurent Gbagbo sont également les avocats de tous les détenus dans cette affaire. Et ces avocats se sont rendus à Korhogo, Katiola, Bouna et à la Pergola, et ont constitué un dossier pour tous les détenus identifiés de Ouattara.

Suzanne Assalé, in le quotidien ivoirien ''Le Temps''

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 16 juin 2011

GRAVES REVELATIONS PROPHETIQUES DU PASTEUR DALI CLAUDE SUR LA COTE D'IVOIRE


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Le jeudi 09 mars 2006, il nous a été donné d'entendre sur la chaîne nationale ivoirienne de radio, Fréquence 2, à l'émission Mythes et Mystères de Juliette ANZIAN, entre 22 h et Minuit, un pasteur du nom de DALI Claude qui faisait, pour la deuxième fois, des révélations effrayantes sur la fin de la crise ivoirienne.

Joint au téléphone après la grande bataille d'Abidjan qui s'est soldée, le lundi 11 avril 2011, par la capture du Président Laurent Gbagbo, alors que bon nombre d'Ivoiriens croient en la fin de cette pénible crise débutée en 2002, l'Homme de DIEU est formel: "Les évènements hyper-dramatiques que j'ai annoncés depuis 2004 n'ont pas encore eu lieu. Ce qui vient de se passer n'est rien du tout. Les Ivoiriens doivent encore se repentir et se convertir à DIEU car le pire arrive".

Quels sont ces évènements? Loin de nous le projet d'entretenir une quelconque psychose chez les Ivoiriens mais savoir ces choses et ne pas les banaliser peut être salvateur pour chacun de nous. Découvrez-les donc ou redécouvrez-les en écoutant les révélations du Pasteur DALI Claude sur Fréquence 2, le jeudi 09 mars 2006. Durée de la bande: une quarantaine de minutes. Bien à tous!


DALI Claude, 1ère partie

podcast


DALI Claude, 2ème partie

podcast

 

DALI Claude, 3ème partie

podcast


DALI Claude, 4ème partie

podcast


 

Cette révélation peut également être consultée, en intégralité, sur DAILYMOTION. Cliquer:

ICI

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 15 juin 2011

DSK: LE SCENARIO DU COMPLOT!

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Depuis longtemps déjà, le Président Français redoutait une candidature de Dominique Strauss-Kahn aux présidentielles de 2012.

Il avait peur de ne pas « faire le poids » par rapport au Directeur Général du FMI comme cela a été le cas lors d'une ancienne confrontation :



Les choses se sont accélérées dès le début avril 2011 avec la possible candidature de DSK aux présidentielles 2012.

Un grand péril, au vu des sondages, mais également au vu des sommes colossales que DSK pourrait investir en propagande, grâce à la fortune d'Anne Sinclair.

Comment mettre son rival KO ?

Très simplement en l'attaquant par sa grande faiblesse (pour ne pas dire sa tare) :

sa passion irraisonnée pour les femmes et le sexe !

Il fallait marquer un grand coup, non pas sur le territoire Français, trop complaisant en ces affaires de moeurs, mais bien sur le territoire Américain beaucoup plus répressif en la matière, surtout s'il y a dans l'acte, une quelconque violence...


En grand secret, le Président convoqua la DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux), afin de mettre sur pied une opération, certes risquée, mais qui mettrait définitivement DSK hors course si elle venait à réussir.

D'emblée, la scène coulait de source : l'hôtel Sofitel de New York où Strauss Kahn avait ses habitudes.

Parmi ses habitudes, et lorsqu'il venait seul, il y a avait parfois appel discret à une call girl, bien que cela ne rencontrait pas les plus secrets de ses fantasmes.

Il fallait trouver autre chose.

Contact secret fut pris avec la direction de l'hôtel.

Il se trouve qu'y travaillait de temps en temps et en tant que femme de chambre, une certaine Ophelia Famotidina, 32 ans, guinéenne, à la plastique parfaite.

Elle n'avait jamais été affectée aux suites VIP du 28ème étage, et donc n'était pas drillée aux règles du jeu en vigueur.

Une fille sans histoires, polie, mais certainement pas corruptible.

Il n'y avait plus qu'à tendre la souricière et attendre le bon moment.

Coup de théatre : le 11 mai 2011, DSK téléphone au Sofitel pour réserver une suite au 28ème étage : la suite 2806 lui fut réservée, pour une seule nuit.

Il précisa qu'il viendrait seul et devrait partir le lendemain vers 12h30...

Dominique Strauss Kahn arriva en taxi en fin de soirée.

Comme d'habitude, on lui demanda s'il voulait « un petit extra ».

Il répondit : Pourquoi pas, mais demain fin de matinée, ce soir, je suis trop fatigué.

Le lendemain matin, la direction l'appela en lui annonçant qu'une nouvelle et jeune femme de chambre, pas du tout farouche... le rejoindrait en fin de matinée, ajoutant : « à vous de faire le reste... »

La pauvre Ophelia Famotidina n'était pas du tout informée de ce qui l'attendait.

11h45 : l'employé du « room service » est envoyé en éclaireur, pour débarrasser  le petit déjeuner, ayant soin de laisser la porte de la suite entr'ouverte.

DSK était sous la douche, sa valise pas encore bouclée, des vêtements traînant sur le sofa...

11h47 : Ophelia Famotidina arrive avec son chariot, voit la porte ouverte :

Le « room service » lui dit : entre, il n'est pas là !

11h52 : DSK sort de sa douche, nu comme un vers, et croyant Ophelia bonne à prendre, lui saute dessus sans méfiance...

Celle-ci repousse ses avances, ce qui a le don d'exciter DSK, croyant naïvement que cela « fait partie du jeu »...

12h15 : La Femme de chambre, ayant subi, à juste titre, des sévices sexuels graves, quitte la suite et, affolée, va se plaindre à son supérieur hiérarchique.

12h25 : Dominique Strauss Kahn, qui n'a pas encore retrouvé tous ses esprits, mais pressé de retrouver sa fille dans un restaurant proche, boucle sa valise (en oubliant des vêtements et un de ses portables) règle sa note et part, sans précipitation.

13h25 : La direction du Sofitel appelle la police, qui arrive dans les 10 minutes.

14h15 : DSK, qui s'est rendu compte du manque de l'un de ses portables, appelle le Sofitel, depuis le taxi qui l'emmène à l'aéroport.

On lui répond que des vérifications allaient être faites, en lui demandant de rappeler un peu plus tard...

14h35 : DSK rappelle le Sofitel: on a retrouvé le portable.

Il demande qu'il lui soit apporté à l'aéroport.

14h40 : La Police New-yorkaise appelle l'aéroport, fait bloquer l'avion d'Air France à destination de Paris... et vient cueillir « le coupable » sur place...

Et la descente en enfer est enclenchée, inexorablement !!!


ATTENTION: ceci n'est qu'un scénario purement imaginaire !!!


Dans un tel cas, Ophelia n'aurait été qu'une sorte de chèvre de Mr Seguin, offerte aux appétits sexuels insatiables de Mr Strauss-Kahn...

C'est bien malheureux pour cet homme pourtant doué, à cette exception près, d'une intelligence exceptionnelle !


A voir (cliquer ICI) : un mail adressé par un certain Mel Cooper au Directeur du Sofitel New York



Source: VEILLE CITOYENNE LIBRE

LA NUIT AFRICAINE A PARIS: UN ECHEC RETENTISSANT LIE AU BOYCOTT DES ORGANISATIONS PANAFRICAINES

 

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Il n'y a pas si longtemps, l'annonce d'un concert de Kofi OLOMIDE ou de tout autre star de la chanson africaine et nous voilà nous ruant pour acheter les billets et faire salle comble. Samedi, la France fêtait la Nuit Africaine au Stade de France. Plus des 3/4 du stade étaient vides. Que s'est-il donc passé pour ce peuple africain français - ce peuple noir dont la légende prétend qu'il aime tant danser, secouer de l'arrière-train, cet amuseur public numéro un, celui-là même qui, lorsqu'il ne distrait pas en tapant dans un ballon ou en sprintant avec vigueur, rit, rit et danse pour le plus grand bonheur du reste de l'univers, - n'aie pas répondu à ce magnifique rendez-vous du bonheur savamment concocté pour lui par des organisateurs scrupuleux ?

Oui, c'était une première ! Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que la fête réussisse ! Oui, les ingrédients étaient réunis à coups de publicité dans les grands médias français, des affiches géantes aux couleurs de la joie, des voix à la radio vantant la qualité de ses magnifiques chanteurs. Oh, que oui ! Grâce à la Nuit Africaine, on aurait tout oublié ! Les bombardements sur la Côte d'Ivoire ? C'est pas si grave que çà, mon frère. La vie continue, n'est-ce pas ? Le bombardement sur la Libye et ses milliers, milliers de morts... ? Oh, que veux-tu que j'y fasse ? C'est la vie ! La vie continue, n'est-ce pas ?

Voilà que pour la première fois, les organisations africaines françaises ont décidé de réagir. Marre de ces artistes tout en ego et en paillettes qui jamais ne disent un mot plus haut que l'autre pour ne point froisser la susceptibilité du sponsor. Ces artistes toujours d'accord sur tout. Vous tuez ? Tuez donc, je ne suis qu'un artiste, moi ! Vous exploitez ? Exploitez donc, je ne suis qu'un artiste, moi ! Ces artistes qui comme des canards ne se mouillent jamais même lorsqu'ils marchent sous une pluie torrentielle ! Alors, alors, les organisations africaines françaises ont lancé un mouvement de boycott de cette Nuit Africaine, car ont-elles estimé, l'Afrique est en deuil, donc son peuple ne saurait chanter ou danser.

Samedi soir, l'immense Stade de France prévu initialement pour accueillir entre 70 et 80 000 personnes était vide, oui, vide à en pleurer. L'événement lancé à grande pompe n'a réussi à réunir qu'entre 5 et 10 000 personnes, tout au plus. Une première expérience, un avertissement pour dire à ceux qui nous manipulent que les données ont changé, que l'homme noir devient chaque jour plus conscient des enjeux, pour dire aux artistes Africains, que le fait d'être artiste ne les dispense pas des combats de survie des peuples... En deux mots comme en mille, un monde où il fait bon vivre, vivre ensemble.


Calixthe Beyala

Ecrivain, scénariste
Candidate malheureuse au poste de Secrétaire générale de la Francophonie


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 14 juin 2011

LE DEAL SECRET DES VAUTOURS QUI RODENT AUTOUR DE LA COTE D'IVOIRE: SORO GUILLAUME FUTUR PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE



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La situation post-putsch n'est toujours pas gérée à souhait par le camp Ouattara resté tétanisé par la peur d'un probable coup d'Etat dont on ne sait s'il viendrait des militaires pro-Gbagbo ou des forces fidèles à Soro Guillaume.

La situation d'insécurité actuelle est sagement entretenue par les deux camps qui en usent pour évaluer leur force. Aussi longtemps que la situation sera instable, Soro aura démontré que Ouattara et son ministre de l'intérieur Ahmed Bakayoko ne maîtrisent pas la situation sécuritaire du pays. Le fait même pour Ouattara de faire appel à la France pour le sécuriser est un aveu d'incapacité qui ne fait que confirmer la thèse du camp de Soro qui, on l'imagine aisément, en rigole.

Les rumeurs de tentatives de coup d'état sont bien entendu entretenues par Soro et ses hommes pour faire peser l'épée de Damoclès sur la tête de Ouattara et fonctionne comme une menace voilée sur lui, si l'idée lui venait de le dégommer de la primature. Soro a des ambitions au-delà de la simple primature, ça tout le monde le sait. Pour atteindre son but, il est prêt à tout, même tuer son maître d'hier Ouattara. Soro l'a déjà fait à Laurent Gbagbo, un homme qu'il a toujours admiré.

Les sceptiques seront prêts à réfuter notre argumentation, arguant que si Soro pose tant problème pour asseoir le pouvoir de Ouattara, celui que Sarkozy a choisi, pourquoi la France ne l'assassinerait-il pas. C'est une hypothèse à écarter. Car tout antagonisme entre les camps arrange toujours le prédateur. Pendant qu'ils sont occupés à se battre, ils signent tout de même les contrats nécessaires à la survie de l'économie française.

Et puis les autorités françaises ont déjà fait leur calcul macabre qui tourne toujours autour de la protection de leurs intérêts. La France sait que Ouattara est malade. Il a déjà, au plus fort de la crise, eu deux attaques cardiaques. Les pressions diverses peuvent l'emporter d'un instant à l'autre. Du côté du PDCI, personne n'est capable d'assurer la relève et tenir tête aux pro-Gbagbo. Seul Soro constitue une alternative possible en l'absence de Ouattara. Soro est un véritable sanguinaire pour qui tuer est un jeu. Il a la capacité d'en commettre pour mettre au pas ses adversaires. Il ne résistera pas à la tentation de le faire à nouveau. Tous ces crimes font de lui un homme facilement malléable. Si l'envie lui venait demain de se rebeller comme avait voulut le faire Omar Bongo, la grande France s'en servira pour le mettre au pas.

Concernant ces crimes, on voit déjà que plusieurs crimes commis par les hommes de Soro sont en train d'être banalisés par les autorités françaises avec l'aide de leur presse. Ainsi lorsque Amnesty International sort un rapport accablant pour les hommes de Ouattara, RFI titre que le rapport est plutôt accablant pour les hommes de Gbagbo. Pire, lorsque des ressortissants français considérés hier comme des proches du Président Gbagbo, sont enlevés par les hommes de Ouattara, la presse française impute ces enlèvements aux hommes de Gbagbo.

En somme, les soi-disant enquêtes sur les violations de droit de l'homme sont dévoyées d'avance. On a déjà désigné les coupables. Pour l'heure, ils ne sont pas du camp de Ouattara. Mais croyez-moi, il y aura deux copies différentes de ces rapports d'enquête. L'une officielle qui ne mentionnera pas grand'chose de Soro, Ouattara et de leurs hommes, une sorte de synthèse. Puis la vraie copie qui sera gardée par la France avec copie au camp Ouattara. Cette copie, qui sera plus sévère contre le camp Ouattara servira à faire le chantage honteux pour les emmener à brader nos ressources.

Soro Guillaume, le futur dauphin constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire

Pour éviter l'actuel bicéphalisme, le plan concocter par Ouattara et ses conseillers, nous rapporte une source, est de faire en sorte que Soro Guillaume devienne le futur dauphin constitutionnel de Ouattara. Ce qui ferait de lui le Président de la République de Côte d'Ivoire si Ouattara venait à passer. Ce plan à l'avantage de permettre à Ouattara de résoudre deux problèmes qui menacent son pouvoir. Ouattara aura ainsi la possibilité de tenir sa promesse faite au PDCI de lui confier le poste de Premier Ministre que Soro refuse de céder pour l'instant. Par la même occasion, Ouattara se serait calmement "débarrassé" de Soro sans le fâcher.

Des gens sont déjà cooptés pour réfléchir à la faisabilité de ce plan. La première étape sera l'organisation d'un congrès d'union entre le PDCI et le RDR afin de formaliser l'union jusque-là connue sous le nom de RHDP en un parti unique, qui, avec la terreur exercée dans tout le pays sur toute forme d'opposition, donnerait une victoire sans ambages au camp Ouattara. C'est la mise en exécution de ce plan-là qui, selon nos sources, provoque les remous actuels au PDCI.

Entre temps, Soro Guillaume sera coopté pour être candidat aux législatives dans une localité du Sud pour faire croire que "Gbagbo n'est rien", même dans le Sud. Les experts penchent pour une commune d'Abidjan, probablement Abobo ou Adjamé. Avec le principe des listes uniques et l'aide de la CEI, Soro n'aura aucune difficulté pour être élu. Selon nos sources, ce plan a déjà eu l'aval du PDCI (malgré quelques soubresauts ça et là). Entendez donc qu'après dix années de lutte armée, Soro Guillaume parviennent au plus haut du sommet de l'Etat. Comme quoi la fin justifie toujours les moyens.


Marie-Laure Koutouan


Source: INFO D'ABIDJAN.NET


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SITUATION SOCIO-POLITIQUE: LES FRCI PORTENT UN MAUVAIS COUP A ALASSANE OUATTARA



L'humeur joyeuse, du chef de l'Etat Alassane Ouattara, selon une source diplomatique à Abidjan, a pris un sacré coup depuis le vendredi 7 juin 2011. La raison, le report, dans trois ans, du retour de la Banque africaine de développement (Bad) à Abidjan. Le... président de la République tenait à ce retour dans l'immédiat. C'est pourquoi il s'est personnellement investi et a mis tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir ce retour, dans un délai n'excédant pas six mois. A Abidjan, on était d'autant plus sûr que le président de cette institution, le Rwandais Donald Kaberuka, avait décalé, récemment, que « le retour de la Bad à Abidjan est imminent ». Le ministre d'Etat, ministre chargé du Plan et du développement, Abdallah Mabri Toikeusse et sa délégation, en se sont rendant à Lisbonne (Portugal) dans le cadre des Assemblées annuelles de la Bad, étaient loin d'imaginer qu'un mauvais sort viendrait tout mettre à l'eau.


De fait, les gouverneurs de la Banque africaine de développement ont décidé que la Bad reste à Tunis, pour encore trois ans. Selon Nkosana D. Moyo, "la banque a décidé qu'elle se donnait encore trois ans en Tunisie", où elle s'était installée provisoirement en 2003 en raison des troubles en Côte d'Ivoire, mais "peut à tout moment, au cours de cette période, retourner à Abidjan", a précisé M. Moyo, lors d'une conférence de presse à l'issue des Assemblées annuelles de la Banque. Le retour de la Bad dépendra du "rétablissement des conditions de sécurité acceptables" et de la "réhabilitation des bâtiments de la banque, endommagés", a-t-il ajouté. Selon notre source, la Côte d'Ivoire était à deux doigts d'obtenir ce retour dans un délai d'au moins six mois quand un coup de fil passé de Paris, est venu tout annuler. C'est qu'en Côte d'Ivoire, des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire ( Frci) ont fait une descente, récemment dans la région du Bas-Sassandra, où ils ont pillé une exploitation agro-industrielle appartenant à des Français. Ceux-ci ont été séquestrés avant d'être dépouillés de tous leurs biens. Après leur passage, l'Ambassade de France en Côte d'Ivoire est immédiatement saisie, qui informe, à son tour le ministère des Affaires étrangères. Emoi et colère s'entremêlent à Paris. La devise de Nicolas Sarkozy, le président français, est connue. « On ne touche pas impunément aux cheveux d'un Français ». Le rapt, le 4 avril 2011 au Novotel Hôtel, suivi de la mort de Yves Lambelin (Sifca) et Stéphane Frantz di Rippel, en compagnie d'un Béninois et d'un Malaisien, par un groupe armé, est encore présent dans les esprits à Paris. Un axe téléphonique va s'établir entre Paris, Abidjan et Lisbonne et la décision du report est tout de suite arrêtée...Abidjan doit être puni pour « son incapacité à tenir ses troupes ». Le Président Ouattara a accusé durement le coup, soutient notre source. Toujours, selon celle-ci, un chef de groupement tactique dont les éléments seraient mis en cause, a « été convoqué d'urgence à Ouagadougou » pour rencontrer le président du Faso. L'onde de choc est d'autant plus forte à Abidjan que le Premier ministre Guillaume Soro a entrepris, en compagnie du général Bakayoko Soumaïla, avant-hier, une tournée visant à « mettre de l'ordre dans les rangs des Frci ». Dans les prochains jours, des mesures énergiques devraient être prises, pour mettre hors d'état de nuire « toutes les brebis galeuses » qui, il faut le dire, sont en train d'écorner sérieusement, l'image du gouvernement Ouattara. Ce retour à Abidjan de la Banque africaine de développement aurait été une première grande victoire pour le président de la République Alassane Ouattara. Alors que ce retour était quasiment acquis, par la faute d'éléments incontrôlés des Frci, les autorités ivoiriennes devraient donc attendre encore 3 ans... Néanmoins, Mabri Toikeusse et sa délégation ne sont pas rentrés les mains vides. Les gouverneurs de la Bad ont décidé d'accorder à la Côte d'Ivoire une aide de 160 millions de dollars (111 millions d'Euros), consacrée à l'éducation, à la santé et aux infrastructures.


Cette aide devrait être suivie "d'ici la fin de l'année" d'un financement supplémentaire équivalent, a précisé le président de la Bad, Donald Kaberuka.

 


Armand B. DEPEYLA (Soir Info)

LE RETOUR A LA NORMALITE ET LA RECONCILIATION NE SE DECRETENT PAS, PAS PLUS QUE LA REPRISE ECONOMIQUE



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Voici deux mois que le Président Laurent Gbagbo a été renversé par la coalition Licorne-ONUCI-FRCI. Nous étions en droit de nous attendre à une reprise en main rapide de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire et à une amorce véritable de la réconciliation nationale et de la reprise économique. Nous sommes restés sur notre faim et les signes actuels ne nous inclinent pas à davantage d'espoir, vu que les actes attendus ne sont encore qu'au stade des vœux pieux et des décrets d'intention.

D'abord l'aspect sécuritaire : les FRCI occupent encore et toujours nos commissariats, nos brigades de gendarmerie et nos casernes et camps militaires, malgré la promesse d'Alassane Dramane Ouattara de nous ramener à la normalité en 2 mois. Une nouvelle promesse non tenue parmi des dizaines d'autres telles qu'un gouvernement de 25 ministres et la Primature au PDCI-RDA. Ce sont eux, d'authentiques et illustres analphabètes, qui disent et font le droit. Selon leurs humeurs. Tandis que les vrais professionnels de la sécurité et de la sûreté de l'Etat que sont les policiers, gendarmes et militaires, sont désarmés et bien souvent en civils, réduits en « Reine d'Angleterre », à inaugurer les chrysanthèmes.

L'appareil judiciaire ne s'est pas encore remis, depuis la sanglante alternance d'Avril qui a laissé pantois même les militants pro-Ouattara. Certains parmi eux n'ont pu réprimer une larme ou s'empêcher d'éclater en sanglots à la vue d'un président de la République de Côte d'Ivoire, bombardé, capturé et humilié comme un vulgaire bandit. Jamais pareille horreur n'aura été vue dans ce pays. Ça, ça marque les esprits, comme dirait l'autre. Ouattara ne le sait peut-être pas : cette carte politique du résistant joué par Gbagbo jusqu'au bout est celle qui lui a enlevé toute crédibilité et détruit son image policée d'économiste aristocrate et démocrate. Malgré tous les sourires obséquieux, les allégeances trompeuses et même les jets de fleurs des médias internationaux (qui commencent d'ailleurs et se raviser), il passe, dans les causeries de salon, pour être un goujat et un boucher. Cette image-là n'est pas près de lui passer.

Les greffes des tribunaux ont été pillés, de nombreux commissariats incendiés ou occupés, les prisons défoncées ou brûlées, des milliers de prisonniers dans la nature, bien souvent enrôlés par les FRCI, les brigades de gendarmerie devenues les bases des forces pro-Ouattara. Tout naturellement, dans ce décor apocalyptique, les magistrats ne font plus office que de meubles dans nos institutions judiciaires. Aucun Etat au monde, aucune république sérieuse ne peut se payer ce luxe. Mais la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara, abusivement - ou à raison -  appelée « la nouvelle Côte d'Ivoire » (peut-être parce que totalement en rupture avec la vraie), si ! Elle ne s'en gêne guère. Bien au contraire ! L'informel a pris le pas sur la légalité et la régularité. C'est au point où la sécurité présidentielle est assurée par l'armée burkinabé et la force française Licorne. Quel crédit peut-on accorder à un tel régime ? Quel investisseur s'aventurerait-il dans un tel bourbier et dans un tel Etat de non droit où des bidasses règnent en maîtres, quand les magistrats rasent les murs et sont dans leurs petites chaussures. Les combattants de Ouattara recensés seraient au nombre de 26.000 mais Hamed Bakayoko, son ministre de l'Intérieur  qui nous annonce la nouvelle, n'y reconnaît que 9.000 FRCI. Les 17.000 restants, qu'est-ce qu'on en fait ? Ne pas les reconnaître est enfantin et dangereux. Qui les a armés ? Ont-ils combattu, oui ou non ? Il ne faut pas jouer avec la sécurité et les nerfs des Ivoiriens. Monsieur le ministre, assumez vos actes. Ceux de votre régime. Vous nous avez promis une pluie de milliards dès que vous seriez installés et, à eux, 5 millions de francs CFA par combattant ; payez-leur leur dû pour qu'ils retournent chez eux et débarrassent nos rues de leur présence incommodante. Ne rusez pas avec ces jeunes gens au péril de nos vies. Et surtout, vous avez à redouter une rébellion au sein des FRCI qui risque de nous replonger dans une violence aveugle et plus meurtrière encore. Vous êtes avertis !

Pour ce qui est de la réconciliation, pas davantage de progrès. On continue de tuer à l'Ouest et au Sud, dans les villes et villages réputés pro-Gbagbo. On a encore frais en mémoire, les tueries de Yakassé-Mé, Bécouéfin, Anandjé, Domolon, du 5 au 7 juin 2011, dénoncées par la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, l'organisation même qui a aidé à installer ce chaos. Hypocrisie, quand tu nous tiens ! Deux pasteurs ont été froidement abattus à Cocody Angré et à Yopougon Camp militaire pour leurs activités évangéliques. A Yopougon et Abobo, on continue de terroriser les pasteurs et les chrétiens pour les empêcher de se réunir. A Akouédo, les pasteurs Bohui et Sépé de l'Eglise Evangélique des Assemblées de DIEU ont été proprement pillés par les FRCI, en représailles à leur activisme chrétien. Le Président Gbagbo est toujours en résidence surveillée avec son épouse, déclarés coupables par Ouattara sur les chaînes étrangères avant même d'avoir été jugés. Cela promet pour la suite de l'affaire ! Ses collaborateurs et proches sont incarcérés dans le Nord du pays dans des conditions inhumaines. De quelle réconciliation parle-t-on alors ? Ce que le régime RHDP ne doit jamais oublier, c'est que la réconciliation des plus forts qu'il veut instaurer n'est pas de la réconciliation mais une bombe à retardement. Elle leur explosera un jour à la face, au moment où ils s'y attendront le moins. Just wait and see !

Quand à la reprise économique, elle se fait voire se fera encore attendre et pour cause : l'appareil de production qui est essentiellement tenu par les entreprises a été en partie détruite, à l'exemple de la Parfumerie Ghandour  où tout l'outil informatique a été emporté et des machines déboulonnées et vendues à l'étranger. Orange et Côte d'Ivoire Télécom ont perdu plus de 200 véhicules et le Groupe SODECI-CIE, plus de 400. Leurs agences et bureaux pillés dans la quasi-totalité des villes de la partie Sud de la Côte d'Ivoire. 80 à 90% des commerces, des pharmacies, boutiques, supermarchés, salons de coiffure, ateliers de couture, magasins divers et stations d'essence de Yopougon ont été cassés à la Kalachnikov ou au RPG et pillés, les pompes à essence électriques des distributeurs démontées et emportées, la Mairie détruite. Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, a été presque anéantie du point de vue économique, comme s'il n'y vivait que des pro-Gbagbo. Totalement renversant ! Le comble est mis quand s'y ajoutent l'insécurité et le racket sauvage aux barrages et corridors FRCI, en Abidjan et sur nos routes nationales. Les opérateurs économiques étrangers, essoufflés, accablés, se tournent, tout naturellement vers les ports des pays de la sous-région et vers d'autres marchés. Ce qui aggrave le mal ivoirien. D'où tirer donc les indispensables impôts et taxes douanières salvatrices qui doivent garantir le paiement des salaires et nous permettre de nous assumer, comme cela a toujours été le cas sous Gbagbo ?  Surtout quand on a fait la promesse incongrue et à effet boomerang d'offrir les vignettes auto 2011 aux usagers de la route, depuis l'Hôtel du Golf, dans le secret espoir de faire mal à Gbagbo et au gouvernement Aké N'Gbo en asphyxiant l'économie ivoirienne ?

Monsieur Farikou, président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (FENACCI), va pour sa part jusqu'à demander 6 mois d'exonération d'impôts pour les aider, sa corporation et lui, à relever leurs activités, après tous les torts subis dans le dénouement de la crise électorale et dans l'observation de l'arrêt de travail demandé par Ouattara depuis son QG du Golf. Résultat logique, les caisses de l'état sont sinistrées. Avec quels fonds restaurer les administrations mises à sac à Abidjan et à l'intérieur du pays qui paralysent la reprise effective du travail dans bien des ministères ? Le plus logiquement du monde, Ouattara se tourne vers la France - marraine du chaos ivoirien - et les Institutions de Bretton Woods. Manque de pot. La première doit faire face au financement budgétairement assommant des agriculteurs sinistrés par la sécheresse historique de cette année, trouver des financements pour les élections de 2012 et gérer une croissance à l'équilibre précaire d'à peine 0,5% (en réalité, moins de 0% ; les français ont toujours su se mentir à eux-mêmes et au monde entier). En somme, une économie en grave récession et en quasi faillite (plus de 15 ans de déficit budgétaire), qui attendrait plutôt les dividendes de la sanglante campagne ivoirienne, pour reprendre un peu de souffle. Pas donc tout à fait encline à jouer les philanthropes forcenées. Quant aux secondes, elles sont attendues comme les pompiers de la débâcle financière grecque, irlandaise, portugaise et espagnole. Et la liste est loin d'être exhaustive. Toute chose qui n'arrange pas les affaires du nouveau régime ivoirien. D'autant moins que les effets induits de la crise du concombre et des légumes provoquée par la bactérie E-coli vient ouvrir un nouveau front budgétaire en Europe. Le tout aggravé par une croisade libyenne qui s'éternise, injustement menée par l'OTAN contre le très atypique et nationaliste Kadhafi, croisade européenne (ou plus exactement occidentale ultralibérale) dont la facture s'alourdit dangereusement et grève tous les budgets. Ouattara est dans les cordes. La pluie de milliards attendue manquera le train à la gare, c'est sûr. Il y aura tout juste quelques appuis financiers ici et là, sans plus. Il le sait. Pour l'heure, il faut donner l'illusion au peuple et au monde que tout va désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes, en Côte d'Ivoire. Nous sommes bien loin de cette réalité.

Morale de l'histoire : il faut compter sur soi-même. Mais comment y parvenir quand on a soi-même tout détruit pour s'installer sur des ruines ? Comment y parvenir quand l'économie ne reprend pas ? Et comment reprendrait-elle quand personne n'a plus le cœur au travail avec tout ce que les Ivoiriens continuent de subir comme exactions ? Des cœurs meurtris par le deuil et engourdis - si ce n'est tétanisés - par la désolation et l'angoisse dues aux nombreux assassinats, crimes d'épuration ethnique et pillages qui ont réduit à néant des entreprises (plus de 400) et détruits des milliers d'emplois (au moins 80.000 selon une enquête récente et 120.000 selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire). Comment y parvenir quand on ruse avec des FRCI laissés en rade au nom de calculs budgétaires déprimants ? Comment y parvenir quand des dizaines de milliers d'Ivoiriens partis en exil n'osent plus revenir dans leur propre pays ? Dur, dur, la réalité du pouvoir ! Il fallait réfléchir plus d'une fois avant de faire ce qu'on a fait à la Côte d'Ivoire. Les regrets ne serviraient à rien, il faut assumer. Ainsi est faite la vie !

En définitive, nous retiendrons qu'il ne suffit pas de décréter la normalité, la réconciliation et la reprise économique pour que tout reparte de plus bel, comme par enchantement. Il y a des actes à poser. Des actes de responsabilité et d'honnêteté, des actes de rapprochement sincère et de compassion, des actes de repentance et de pardon, des actes de vérité et de grandeur. Ouattara s'y refuse ! Ou plus exactement, n'en est pas capable. On ne se décrète pas grand homme. On l'est ou on ne l'est pas. La vengeance est une mauvaise conseillère. La haine, pire encore. Il l'apprendra à ses dépends. Néanmoins, souhaitons-lui de retrouver la raison et de parvenir à conduire la Côte d'Ivoire vers des jours meilleurs. Si DIEU le veut.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 10 juin 2011

L'ONCTION DU SANG A ABIDJAN: AVEC DIX JOURS DE RETARD, BRAVO L'HUMANITE!

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Le rapport d'Amnesty International va gâcher la fête normande. Nicolas Sarkozy devait, devant le G8, dérouler un tapis rouge sous les pas d'Alassane Ouattara. On sait désormais que la laine ne sera pas teinte d'amarante mais du sang de centaines de civils massacrés sous les yeux de l'armée française et sans un geste de l'Onuci. Les assassins tenaient des armes fournies par Paris; ils étaient guidés et formés par les services spéciaux occidentaux; ils bénéficiaient du coup de pouce indispensable des frappes françaises pour parachever leur victoire à Abidjan. L'Humanité l'écrivait sans écho, hélas, de ses confrères, début avril, quand les premiers charniers étaient exhumés à Duékoué. Ils n'étaient que les prémices de l'horreur et pourtant celle-ci est restée ignorée des festivités d'installation du nouveau président de la Côte d'Ivoire, en présence du président français et des grands patrons de la Françafrique. Parmi ces derniers, certains n'avaient pas tenu rigueur à Gbagbo des massacres perpétrés par ses hommes...

«Je pleure, écrivait Jaurès, sur les morts innombrables dont la puanteur arrive jusqu'à nous comme un remords...» Pas sûr que cela troublera les senteurs marines humées à Deauville par les grands de ce monde. Lequel d'entre eux saura s'indigner que l'ONU, dont la mission est la démilitarisation des relations internationales, ait été dévoyée? De pareils fourvoiements menacent le rôle fédérateur qui doit être celui de l'organisation internationale, alors que la dimension mondiale des défis contemporains appelle une nouvelle coopération des peuples et des États. Comment ne pas juger également que l'intervention d'hélicoptères en Libye, après les frappes visant Kadhafi et sa famille, puis l'expédition de barbouzes occidentaux pour former les troupes rebelles, viole explicitement la résolution 1973, prise par le Conseil de sécurité le 17 mars dernier, qui ne prévoyait qu'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations civiles libyennes d'un massacre? Désormais l'Otan mène la danse sur des objectifs bien différents, sans que l'ONU dise mot ni que le moindre effort soit conduit pour aboutir à un cessez-le-feu et à une solution à la crise. La résolution 1973 avançait une nouvelle ambition pour la « communauté » internationale, la « responsabilité de protéger » contre d'éventuels génocides... La Libye est en guerre civile et des flots de sang ont coulé en Afrique sans un doigt levé par les casques bleus. La légitimité, la crédibilité, l'efficacité de l'ONU viennent d'en prendre un coup en couvrant de grandes déclarations éthiques des menées au parfum d'impérialisme. Nul ne peut s'en réjouir: la planète a besoin de l'ONU, d'une autre ONU, de plus d'ONU.

Les mystères de l'hôtel Sofitel de New York éclipseront-ils les drames ourdis à l'hôtel du Golf d'Abidjan? Il faut à toute force l'éviter et encore plus quand on lit les exaltations bellicistes de Bernard-Henri Lévy, reconverti en conseiller militaire de l'Élysée, qui proclame dans le dernier Nouvel Observateur: « Après Kadhafi, Assad! » Va-t-on bombarder Damas aux premiers jours de juin? Dans le langage de son temps, Jaurès écrivait en 1903 que l'Europe unie « devra se garder de toute intervention provocatrice; oui, elle devra répudier cette philanthropie hypocrite qui n'est si souvent qu'un prétexte pour exploiter "les peuples inférieurs" que l'on prétend défendre ». Qui prétendra que ces lignes ont pris une seule ride?


Patrick Apel-Muller in L'HUMANITE.FR


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL