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mardi, 14 juin 2011

LE RETOUR A LA NORMALITE ET LA RECONCILIATION NE SE DECRETENT PAS, PAS PLUS QUE LA REPRISE ECONOMIQUE



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Voici deux mois que le Président Laurent Gbagbo a été renversé par la coalition Licorne-ONUCI-FRCI. Nous étions en droit de nous attendre à une reprise en main rapide de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire et à une amorce véritable de la réconciliation nationale et de la reprise économique. Nous sommes restés sur notre faim et les signes actuels ne nous inclinent pas à davantage d'espoir, vu que les actes attendus ne sont encore qu'au stade des vœux pieux et des décrets d'intention.

D'abord l'aspect sécuritaire : les FRCI occupent encore et toujours nos commissariats, nos brigades de gendarmerie et nos casernes et camps militaires, malgré la promesse d'Alassane Dramane Ouattara de nous ramener à la normalité en 2 mois. Une nouvelle promesse non tenue parmi des dizaines d'autres telles qu'un gouvernement de 25 ministres et la Primature au PDCI-RDA. Ce sont eux, d'authentiques et illustres analphabètes, qui disent et font le droit. Selon leurs humeurs. Tandis que les vrais professionnels de la sécurité et de la sûreté de l'Etat que sont les policiers, gendarmes et militaires, sont désarmés et bien souvent en civils, réduits en « Reine d'Angleterre », à inaugurer les chrysanthèmes.

L'appareil judiciaire ne s'est pas encore remis, depuis la sanglante alternance d'Avril qui a laissé pantois même les militants pro-Ouattara. Certains parmi eux n'ont pu réprimer une larme ou s'empêcher d'éclater en sanglots à la vue d'un président de la République de Côte d'Ivoire, bombardé, capturé et humilié comme un vulgaire bandit. Jamais pareille horreur n'aura été vue dans ce pays. Ça, ça marque les esprits, comme dirait l'autre. Ouattara ne le sait peut-être pas : cette carte politique du résistant joué par Gbagbo jusqu'au bout est celle qui lui a enlevé toute crédibilité et détruit son image policée d'économiste aristocrate et démocrate. Malgré tous les sourires obséquieux, les allégeances trompeuses et même les jets de fleurs des médias internationaux (qui commencent d'ailleurs et se raviser), il passe, dans les causeries de salon, pour être un goujat et un boucher. Cette image-là n'est pas près de lui passer.

Les greffes des tribunaux ont été pillés, de nombreux commissariats incendiés ou occupés, les prisons défoncées ou brûlées, des milliers de prisonniers dans la nature, bien souvent enrôlés par les FRCI, les brigades de gendarmerie devenues les bases des forces pro-Ouattara. Tout naturellement, dans ce décor apocalyptique, les magistrats ne font plus office que de meubles dans nos institutions judiciaires. Aucun Etat au monde, aucune république sérieuse ne peut se payer ce luxe. Mais la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara, abusivement - ou à raison -  appelée « la nouvelle Côte d'Ivoire » (peut-être parce que totalement en rupture avec la vraie), si ! Elle ne s'en gêne guère. Bien au contraire ! L'informel a pris le pas sur la légalité et la régularité. C'est au point où la sécurité présidentielle est assurée par l'armée burkinabé et la force française Licorne. Quel crédit peut-on accorder à un tel régime ? Quel investisseur s'aventurerait-il dans un tel bourbier et dans un tel Etat de non droit où des bidasses règnent en maîtres, quand les magistrats rasent les murs et sont dans leurs petites chaussures. Les combattants de Ouattara recensés seraient au nombre de 26.000 mais Hamed Bakayoko, son ministre de l'Intérieur  qui nous annonce la nouvelle, n'y reconnaît que 9.000 FRCI. Les 17.000 restants, qu'est-ce qu'on en fait ? Ne pas les reconnaître est enfantin et dangereux. Qui les a armés ? Ont-ils combattu, oui ou non ? Il ne faut pas jouer avec la sécurité et les nerfs des Ivoiriens. Monsieur le ministre, assumez vos actes. Ceux de votre régime. Vous nous avez promis une pluie de milliards dès que vous seriez installés et, à eux, 5 millions de francs CFA par combattant ; payez-leur leur dû pour qu'ils retournent chez eux et débarrassent nos rues de leur présence incommodante. Ne rusez pas avec ces jeunes gens au péril de nos vies. Et surtout, vous avez à redouter une rébellion au sein des FRCI qui risque de nous replonger dans une violence aveugle et plus meurtrière encore. Vous êtes avertis !

Pour ce qui est de la réconciliation, pas davantage de progrès. On continue de tuer à l'Ouest et au Sud, dans les villes et villages réputés pro-Gbagbo. On a encore frais en mémoire, les tueries de Yakassé-Mé, Bécouéfin, Anandjé, Domolon, du 5 au 7 juin 2011, dénoncées par la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, l'organisation même qui a aidé à installer ce chaos. Hypocrisie, quand tu nous tiens ! Deux pasteurs ont été froidement abattus à Cocody Angré et à Yopougon Camp militaire pour leurs activités évangéliques. A Yopougon et Abobo, on continue de terroriser les pasteurs et les chrétiens pour les empêcher de se réunir. A Akouédo, les pasteurs Bohui et Sépé de l'Eglise Evangélique des Assemblées de DIEU ont été proprement pillés par les FRCI, en représailles à leur activisme chrétien. Le Président Gbagbo est toujours en résidence surveillée avec son épouse, déclarés coupables par Ouattara sur les chaînes étrangères avant même d'avoir été jugés. Cela promet pour la suite de l'affaire ! Ses collaborateurs et proches sont incarcérés dans le Nord du pays dans des conditions inhumaines. De quelle réconciliation parle-t-on alors ? Ce que le régime RHDP ne doit jamais oublier, c'est que la réconciliation des plus forts qu'il veut instaurer n'est pas de la réconciliation mais une bombe à retardement. Elle leur explosera un jour à la face, au moment où ils s'y attendront le moins. Just wait and see !

Quand à la reprise économique, elle se fait voire se fera encore attendre et pour cause : l'appareil de production qui est essentiellement tenu par les entreprises a été en partie détruite, à l'exemple de la Parfumerie Ghandour  où tout l'outil informatique a été emporté et des machines déboulonnées et vendues à l'étranger. Orange et Côte d'Ivoire Télécom ont perdu plus de 200 véhicules et le Groupe SODECI-CIE, plus de 400. Leurs agences et bureaux pillés dans la quasi-totalité des villes de la partie Sud de la Côte d'Ivoire. 80 à 90% des commerces, des pharmacies, boutiques, supermarchés, salons de coiffure, ateliers de couture, magasins divers et stations d'essence de Yopougon ont été cassés à la Kalachnikov ou au RPG et pillés, les pompes à essence électriques des distributeurs démontées et emportées, la Mairie détruite. Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, a été presque anéantie du point de vue économique, comme s'il n'y vivait que des pro-Gbagbo. Totalement renversant ! Le comble est mis quand s'y ajoutent l'insécurité et le racket sauvage aux barrages et corridors FRCI, en Abidjan et sur nos routes nationales. Les opérateurs économiques étrangers, essoufflés, accablés, se tournent, tout naturellement vers les ports des pays de la sous-région et vers d'autres marchés. Ce qui aggrave le mal ivoirien. D'où tirer donc les indispensables impôts et taxes douanières salvatrices qui doivent garantir le paiement des salaires et nous permettre de nous assumer, comme cela a toujours été le cas sous Gbagbo ?  Surtout quand on a fait la promesse incongrue et à effet boomerang d'offrir les vignettes auto 2011 aux usagers de la route, depuis l'Hôtel du Golf, dans le secret espoir de faire mal à Gbagbo et au gouvernement Aké N'Gbo en asphyxiant l'économie ivoirienne ?

Monsieur Farikou, président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (FENACCI), va pour sa part jusqu'à demander 6 mois d'exonération d'impôts pour les aider, sa corporation et lui, à relever leurs activités, après tous les torts subis dans le dénouement de la crise électorale et dans l'observation de l'arrêt de travail demandé par Ouattara depuis son QG du Golf. Résultat logique, les caisses de l'état sont sinistrées. Avec quels fonds restaurer les administrations mises à sac à Abidjan et à l'intérieur du pays qui paralysent la reprise effective du travail dans bien des ministères ? Le plus logiquement du monde, Ouattara se tourne vers la France - marraine du chaos ivoirien - et les Institutions de Bretton Woods. Manque de pot. La première doit faire face au financement budgétairement assommant des agriculteurs sinistrés par la sécheresse historique de cette année, trouver des financements pour les élections de 2012 et gérer une croissance à l'équilibre précaire d'à peine 0,5% (en réalité, moins de 0% ; les français ont toujours su se mentir à eux-mêmes et au monde entier). En somme, une économie en grave récession et en quasi faillite (plus de 15 ans de déficit budgétaire), qui attendrait plutôt les dividendes de la sanglante campagne ivoirienne, pour reprendre un peu de souffle. Pas donc tout à fait encline à jouer les philanthropes forcenées. Quant aux secondes, elles sont attendues comme les pompiers de la débâcle financière grecque, irlandaise, portugaise et espagnole. Et la liste est loin d'être exhaustive. Toute chose qui n'arrange pas les affaires du nouveau régime ivoirien. D'autant moins que les effets induits de la crise du concombre et des légumes provoquée par la bactérie E-coli vient ouvrir un nouveau front budgétaire en Europe. Le tout aggravé par une croisade libyenne qui s'éternise, injustement menée par l'OTAN contre le très atypique et nationaliste Kadhafi, croisade européenne (ou plus exactement occidentale ultralibérale) dont la facture s'alourdit dangereusement et grève tous les budgets. Ouattara est dans les cordes. La pluie de milliards attendue manquera le train à la gare, c'est sûr. Il y aura tout juste quelques appuis financiers ici et là, sans plus. Il le sait. Pour l'heure, il faut donner l'illusion au peuple et au monde que tout va désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes, en Côte d'Ivoire. Nous sommes bien loin de cette réalité.

Morale de l'histoire : il faut compter sur soi-même. Mais comment y parvenir quand on a soi-même tout détruit pour s'installer sur des ruines ? Comment y parvenir quand l'économie ne reprend pas ? Et comment reprendrait-elle quand personne n'a plus le cœur au travail avec tout ce que les Ivoiriens continuent de subir comme exactions ? Des cœurs meurtris par le deuil et engourdis - si ce n'est tétanisés - par la désolation et l'angoisse dues aux nombreux assassinats, crimes d'épuration ethnique et pillages qui ont réduit à néant des entreprises (plus de 400) et détruits des milliers d'emplois (au moins 80.000 selon une enquête récente et 120.000 selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire). Comment y parvenir quand on ruse avec des FRCI laissés en rade au nom de calculs budgétaires déprimants ? Comment y parvenir quand des dizaines de milliers d'Ivoiriens partis en exil n'osent plus revenir dans leur propre pays ? Dur, dur, la réalité du pouvoir ! Il fallait réfléchir plus d'une fois avant de faire ce qu'on a fait à la Côte d'Ivoire. Les regrets ne serviraient à rien, il faut assumer. Ainsi est faite la vie !

En définitive, nous retiendrons qu'il ne suffit pas de décréter la normalité, la réconciliation et la reprise économique pour que tout reparte de plus bel, comme par enchantement. Il y a des actes à poser. Des actes de responsabilité et d'honnêteté, des actes de rapprochement sincère et de compassion, des actes de repentance et de pardon, des actes de vérité et de grandeur. Ouattara s'y refuse ! Ou plus exactement, n'en est pas capable. On ne se décrète pas grand homme. On l'est ou on ne l'est pas. La vengeance est une mauvaise conseillère. La haine, pire encore. Il l'apprendra à ses dépends. Néanmoins, souhaitons-lui de retrouver la raison et de parvenir à conduire la Côte d'Ivoire vers des jours meilleurs. Si DIEU le veut.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 10 juin 2011

L'ONCTION DU SANG A ABIDJAN: AVEC DIX JOURS DE RETARD, BRAVO L'HUMANITE!

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Le rapport d'Amnesty International va gâcher la fête normande. Nicolas Sarkozy devait, devant le G8, dérouler un tapis rouge sous les pas d'Alassane Ouattara. On sait désormais que la laine ne sera pas teinte d'amarante mais du sang de centaines de civils massacrés sous les yeux de l'armée française et sans un geste de l'Onuci. Les assassins tenaient des armes fournies par Paris; ils étaient guidés et formés par les services spéciaux occidentaux; ils bénéficiaient du coup de pouce indispensable des frappes françaises pour parachever leur victoire à Abidjan. L'Humanité l'écrivait sans écho, hélas, de ses confrères, début avril, quand les premiers charniers étaient exhumés à Duékoué. Ils n'étaient que les prémices de l'horreur et pourtant celle-ci est restée ignorée des festivités d'installation du nouveau président de la Côte d'Ivoire, en présence du président français et des grands patrons de la Françafrique. Parmi ces derniers, certains n'avaient pas tenu rigueur à Gbagbo des massacres perpétrés par ses hommes...

«Je pleure, écrivait Jaurès, sur les morts innombrables dont la puanteur arrive jusqu'à nous comme un remords...» Pas sûr que cela troublera les senteurs marines humées à Deauville par les grands de ce monde. Lequel d'entre eux saura s'indigner que l'ONU, dont la mission est la démilitarisation des relations internationales, ait été dévoyée? De pareils fourvoiements menacent le rôle fédérateur qui doit être celui de l'organisation internationale, alors que la dimension mondiale des défis contemporains appelle une nouvelle coopération des peuples et des États. Comment ne pas juger également que l'intervention d'hélicoptères en Libye, après les frappes visant Kadhafi et sa famille, puis l'expédition de barbouzes occidentaux pour former les troupes rebelles, viole explicitement la résolution 1973, prise par le Conseil de sécurité le 17 mars dernier, qui ne prévoyait qu'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations civiles libyennes d'un massacre? Désormais l'Otan mène la danse sur des objectifs bien différents, sans que l'ONU dise mot ni que le moindre effort soit conduit pour aboutir à un cessez-le-feu et à une solution à la crise. La résolution 1973 avançait une nouvelle ambition pour la « communauté » internationale, la « responsabilité de protéger » contre d'éventuels génocides... La Libye est en guerre civile et des flots de sang ont coulé en Afrique sans un doigt levé par les casques bleus. La légitimité, la crédibilité, l'efficacité de l'ONU viennent d'en prendre un coup en couvrant de grandes déclarations éthiques des menées au parfum d'impérialisme. Nul ne peut s'en réjouir: la planète a besoin de l'ONU, d'une autre ONU, de plus d'ONU.

Les mystères de l'hôtel Sofitel de New York éclipseront-ils les drames ourdis à l'hôtel du Golf d'Abidjan? Il faut à toute force l'éviter et encore plus quand on lit les exaltations bellicistes de Bernard-Henri Lévy, reconverti en conseiller militaire de l'Élysée, qui proclame dans le dernier Nouvel Observateur: « Après Kadhafi, Assad! » Va-t-on bombarder Damas aux premiers jours de juin? Dans le langage de son temps, Jaurès écrivait en 1903 que l'Europe unie « devra se garder de toute intervention provocatrice; oui, elle devra répudier cette philanthropie hypocrite qui n'est si souvent qu'un prétexte pour exploiter "les peuples inférieurs" que l'on prétend défendre ». Qui prétendra que ces lignes ont pris une seule ride?


Patrick Apel-Muller in L'HUMANITE.FR


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 07 juin 2011

COLERE DES CHEFS DE GUERRE FRCI APRES LE DERNIER RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH LES ACCUSANT: CHERIF OUSMANE MENACE OUVERTEMENT LE MINISTRE HAMED BAKAYOKO

 

 

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L'interview du ministre Hamed Bakayoko publiée le 05 juin sur RFI, après la publication du dernier rapport d'Human Right Watch sur la Côte d'Ivoire, continue de faire des vagues au sein de certains chefs de guerre FRCI qui ne veulent pas entendre parler d'enquête ou de Cour pénale internationale.

Un chef de guerre nommément cité dans ce rapport aurait particulièrement été attentif aux propos du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko à RFI: Il s'agit du célèbre chef de guerre, Cherif Ousmane, Com'zone de Bouaké, qui avait dirigé l'expédition punitive à Abobo contre Ibrahim Coulibaly dit IB, pour le neutraliser.

Selon une source, Chérif Ousmane ne comprend toujours pas que son nom soit mêlé à ces rapports de HWR, et aurait ouvertement menacé ses patrons, Guillaume Soro et Hamed Bakayoko, qu'il mettrait désormais dans son collimateur. Et exigerait d'eux qu'ils montrent patte blanche en affichant leur loyauté envers lui dans toutes leurs déclarations.

Jeudi 2 juin dernier, Human Rights Watch affirmait dans un rapport que 149 personnes avaient été tuées à Abidjan par les FRCI fidèles à Alassane Ouattara, depuis le 11 avril, date de l'arrestation de Laurent Gbagbo, et demandait aux autorités ivoiriennes de sanctionner au moins trois commandants de zone, dont Cherif Ousmane.

L'interview d'Hamed Bakayoko avait donc pour Chérif Ousmane, valeur de test en loyauté envers sa personne. Et il le lui aurait fait savoir, selon cette source.
Le ministre, menacé par le redoutable chef de guerre, lui a effectivement apporté des gages au micro de RFI. Il a royalement blanchi Cherif Ousmane, allant jusqu'à dire que ce dernier était d'une probité morale incontestable, qu'il le connaissait personnellement, et qu'il n'était ni de prêt ni de loin mêlé à ces massacres de Yopougon.

En outre, Hamed Bakayoko s'est montré sceptique quant aux conclusions du rapport de HWR et a prévenu que les témoignages ne suffisaient pas, qu'il lui fallait des preuves tangibles.
Mais conscient de la gravité de ces accusations, le ministre Bakayoko a promis qu'une enquête serait diligentée par la justice et qu'il n'y aurait pas d'immunité si les faits étaient avérés. Ce dernier point aurait particulièrement fâché Cherif Ousmane et d'autres chefs de guerre, qui ne veulent pas entendre parler d'enquête.

Le gouvernement Ouattara va-t-il reculer devant la menace de certains de ses chefs de guerre qui l'ont porté au pouvoir ? Rien n'est moins sûr. Du rififi dans l'air dans les jours à venir.
Nous suivons de prêt le coup de sang du redoutable chef de guerre Cherif Ousmane, dont l'accès d'humeur peut porter un coup fatal à Ouattara en cas de division au sein des FRCI.


Patrice Lecomte


Source: IVOIREBUSINESS.NET

dimanche, 05 juin 2011

LES CHEMINS INCERTAINS DE LA CONVERGENCE DES LUTTES DES PEUPLES


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Dans un grand silence l'OTAN décide de frapper encore en Libye


Par Mohamed Bouhamidi


Dans les désormais très lointains cours de philosophie qui ne s'arrêtait pas au syllogisme, les candidats bacheliers pouvaient apprendre que les sociétés primitives vivaient sans Etat et que ce dernier pouvait exister à l'état embryonnaire ou à des stades sophistiqués.

Mais qu'il existe dès qu'un groupe d'hommes, se distingue par une supériorité économique et symbolique sur les autres par ou pour différentes raisons. Mais l'Etat existe dès que ce groupe d'hommes devient capable de s'octroyer le monopole de la violence, de régenter la vie sociale et économique des autres groupes et de «dire le droit». Dans ses formes embryonnaires l'Etat, comme dans ses formes les plus sophistiquées,  consiste à s'assurer un monopole de la violence combinée à une parole appelée le «droit», légitimant la violence et, dans le même mouvement, user de cette force «légitimée» pour faire de cette parole un monopole de l'état.

A la base l'Etat naît dans cette équivoque qui a besoin à son tour de nouvelles équivoques pour perdurer comme expression d'une volonté commune, celle de tous, quand il n'exprime que la volonté de quelques uns d'opprimer le reste en faisant passer cette volonté particulière pour la volonté générale. L'affaire libyenne a porté cette problématique de la volonté de quelques pays d'être le gouvernement de toute la planète mais comme une dame porte le bébé arrivé à terme tout visible dans un  ventre grossi. La décision de l'OTAN de prolonger son agression coloniale en Libye concentre le problème dans un troublant impensé.

Ainsi quelques pays concentrent les moyens militaires considérables et monopolisent le droit de dire le «droit», ils se réunissent en G8 et décident pour le reste du monde en invitant quelques présidents pour faire passer l'impression qu'ils agissent pour le bien de tous - sans se donner trop de peine quand même - et mènent les guerres selon le droit qu'ils ont écrit tous seuls. La régularité des réunions du G8, l'usage d'une force militaire mobilisée en permanence et le monopole de dire le droit à travers le cosmétique de la démocratie sont les éléments fondamentaux d'une gouvernance mondiale en marche depuis la chute du mur de Berlin. Les côtés équivoques ne pèsent plus très lourds de cette gouvernance mondiale qui s'installe avec ses parlements de Davos, ses conseils de ministres du G8 (sous présidence américaine quand même !), ce Tribunal Pénal International. Mais ils restent quand même. Cette gouvernance doit agir et fonctionner sous le signe de la dénégation permanente mais d'une dénégation confirmative. Les dirigeants de ces grandes puissances doivent constamment répéter qu'ils agissent en vertu d'une morale qu'ils espèrent transcrire en «droit».

Mais qui aurait du légiférer ? Quelle instance représentative  universelle ou quel parlement mondial a discuté de ces principes oraux ou a légiféré pour dire ce droit ? Evidemment, aucun parlement. Car la référence à l'ONU gêne par l'origine de cette institution : elle reflète des compromis et des accords entre des «Etats nationaux» disposant de droits égaux et souverains dans leurs pays. Ces ententes qui ont permis de créer l'ONU restent, en leur principe, antinomiques avec cette image que nous brandissent les USA et leurs puissances vassales d'agir au nom d'une « volonté générale». Nous assistons à une phase historique, réellement historique et réellement formidable au sens étymologique. À la légalité internationale née des rapports de forces entre nations après la deuxième guerre mondiale les grandes puissances du G8 veulent opposer la légitimité de principes moraux qu'ils se donnés le droit de proclamer universels. L'«Affaire libyenne» a aussitôt commencée, aussitôt investie de cette fonction : désormais aucun dictateur - lequel, celui qui interdit aux femmes de conduire ? - ne pourra réprimer son peuple - lequel de peuple, celui de Bahreïn ? -  ne pourra réprimer son peuple.

Bien sûr aucun texte juridique, aucun texte de droit, ne vient définir avec précision qui est ou non un dictateur comme hier aucune texte juridique ne précisait la notion de terreur et de terroriste. Une puissance qui a assassiné un million d'irakiens et en a déplacé près de deux millions peut ainsi émettre annuellement un rapport sur les droits de l'homme dans le monde ! Et un rapport attendu dans le monde mais avec une impatience particulière par la presse ultra libérale algérienne en vue de frapper le pouvoir pour mieux frapper l'idée de l'Etat national algérien. Car au fond de quel droit, les USA, même exemplaire sur ce plan là, s'ingèrent-ils dans la vie des autres nations et qu'en dire quand on met Somoza dans la balance ? On peut rétorquer avec facilité : par les liens que les humains se sont tissés dans leurs échanges, par les rapports qu'ils entretiennent. Parlons-en de ces liens ! Ils furent des liens de violence, de pillage, de vols, de cruauté, de soumission.Cette période tragique - tragique pour eux, car cela ne nous concerne que comme victimes - met ces dirigeants impérialistes devant le dilemme de l'habillage des idées. Le maquillage de leurs crimes et leurs mobiles de plus en plus apparents pour les opinions publiques  ne tiennent pas la route bien longtemps.  Très vite le pétrole se met à puer derrière les grands mots de démocratie. Alors la guerre tout court devient tributaire de la guerre des mots, de la guerre de la parole.

De ce point de vue et depuis l'invasion de l'Irak, il faut noter que les grandes puissances ont marqué des points, beaucoup de points. Nous avions assisté à de grandes manifestations contre l'agression américaine sur l'Irak. Nous avions ensuite assisté à moins de protestation pour la Yougoslavie. Nous n'avons assisté qu'à de faibles et épisodiques contestations de l'agression sur la Libye. Que s'est-il passé entre temps ? Comment la conscience des gens en est venue à s'accommoder de ce genre d'intervention aussi bien en Libye qu'en Côte d'Ivoire ? Beaucoup de facteurs entrent en jeu et malheureusement les forces dominantes feront tout pour empêcher la publication d'études sérieuses sur cet aspect des choses. Nous sommes nous fait à l'idée d'une supériorité morale du modèle libéral et de ses corollaires politiques ? Nous sommes nous faits à l'idée d'une légitimité mondiale des USA et des dirigeants européens les plus acquis au capitalisme financier ?  Peut-être. Une information anodine vient de nous apprendre que le tiers des africains appartient désormais aux couches moyennes. s'en suit une analyse qu'on peut accepter ou pas mais dont la ligne de fond est la monétisation de la notion de couche moyenne comme le FMI avait déjà monétisé la notion de pauvreté avec les conséquences dramatiques sur la perception des dirigeants africains de la question de la pauvreté par sa «désocialisation». Aminata Traoré a écrit deux très beaux livre sur cette question («L'Afrique humiliée» et le «Viol de l'imaginaire», disponibles à Alger). La monétisation de cette notion est évidemment importante et singulièrement trompeuse. Découvrir aujourd'hui que le tiers des africains appartiennent aux couches moyennes fait d'abord oublier qu'avant les agressions coloniales et parfois malgré elles les biens disponibles en Afrique et pour les africains ne le cédaient pas de beaucoup aux bien disponibles en Europe ; c'est le pillage colonial qui a creusé la différence. Quoi qu'il en soit l'accès d'un tiers d'africains aux niveaux de couches moyennes  aiguise l'appétit des marchands.

Mais cette info nous éveille aussi que cette notion monétarisée de couches moyennes veut dire aussi couches mondialisées. Dans notre expérience politique algérienne la plus immédiate nous sentons combien ces couches mondialisées sont sensibles aux sirènes ultra libérales et tellement désireuses de se «mondialiser idéologiquement et politiquement». Combien elles aspirent à une intervention étrangère qui les débarrassera des contraintes des frontières nationales et de cette idée surannée de nation. Une deuxième information moins anodine nous apprend que le gouffre financier que les banquiers - ou banksters - ont creusé pour la Grèce dépassera les 300 milliards d'euros.  Même le trésor libyen ne suffira pas à combler le trou.  Partout en Europe l'inquiétude monte et le mécontentement aussi. La peur s'installe chez les gens ; la peur de l'autre aussi. Le nègre, le basané, le jaune, le peau-rouge. Tout ce qui peut cristalliser et donner à la peur du lendemain une image et une possibilité d'exutoire. Alors que les grands dirigeants impérialistes craignent comme la peste la convergence des luttes du Tiers Monde avec celles des classes ouvrières des pays développés ce serait plutôt l'avènement de la conjonction aujourd'hui entre les aspirations «assimilatrices» des couches moyennes mondialisées des pays du sud  avec les peurs des couches moyennes des pays du nord.  Cela veut dire que les convergences révolutionnaires tardent à se produire et que face à cet état mondial du G8 et de l'OTAN l'internationale des peuples d'Egypte à Madrid n'a pas encore tout à fait trouvé sa voie.


Source: LA TRIBUNE ONLINE

samedi, 04 juin 2011

COTE D'IVOIRE: «149 PERSONNES PROCHES DE GBAGBO TUEES PAR LES COMBATTANTS D'ALASSANE DEPUIS SON INSTALLATION» (HRW)

 

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Au moins 149 partisans  du Président ivoirien Laurent Gbagbo ont été tués par les combattants d'Alassane Ouattara depuis son installation au pouvoir  mi-avril par la coalition ONUCI-Licorne-FRCI, a affirmé jeudi l'organisation Human Rights Watch.

Plusieurs personnalités ainsi que les populations civiles jugées proches du Président Gbagbo, font l'objet de représailles malgré les nombreux appels à la retenue des organisations internationales.

A Yopougon, considéré comme un bastion du Président Gbagbo., des familles entières ont été exterminées. Selon le quotidien ivoirien « L'Inter », l'on assiste à une « chasse aux sorcières » des sympathisants du Président déchu par la coalition Licorne-ONUCI-combattants pro-Ouattara.

Une vague de violences dirigées principalement contre ses proches s'était abattue suite à la capture le 11 avril du Président ivoirien investi selon les lois constitutionnelles du pays. Des centaines de personnes avaient été arrêtés « arbitrairement » puis déportées dans des camps au nord du pays.

Plusieurs centaines d'autres sont portées disparues. De nombreux témoignages rapportent des massacres et exécutions sur indication. A l'ouest, toutes les organisations internationales présentes sur le terrain s'accordent sur l'existence « de massacres d'envergure dirigés contre les ressortissants Guéré proches  de Laurent Gbagbo et commises par les forces d'Alassane Ouattara»


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COTE D'IVOIRE : APRES AMNESTY ET HUMAN RIGHT, L'ONU DOS AU MUR


La Commission d'enquête de l'ONU chargée de conduire les investigations sur les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010 (date du second tour de la présidentielle) rendra jeudi son rapport au Conseil de sécurité, a appris DirectScoop.

Selon certaines indiscrétions, ce rapport pourrait citer nommément « des responsables présumés de haut rang, et apporter les premiers éléments de preuves pour une éventuelle procédure devant la justice internationale. » Un pas qu'ont déjà franchi les organisations internationales de droit de l'homme.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right Watch parle d' « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly.

Amnesty Internationale, quant à elle, a estimé dans son rapport du 27 mai qu'à partir du moment où « les liens de subordination entre les forces armées des Forces nouvelles et Alassane Ouattara ont été définitivement éclaircis [par décret présidentiel pris le 17 mars et créant les FRCI, nouvelle armée sensée réunir la rébellion des Forces Nouvelles et les Forces de Défense et de Sécurité] », celui-ci devrait assumer « la responsabilité de tous les actes commis ou tolérés par ces forces armées ».

La Commission dirigée par le thaïlandais Vitit Muntabhorn assisté de la béninoise Reine Alapini Gansou et du soudanais Souleïmane Bado, a conduit ses recherches sur le terrain, pendant un mois, voyageant à travers le pays à la rencontre des victimes ou autres survivants des massacres.

Elle avait pour mandat  de mener une « investigation sur les faits et les allégations de violations des droits de l'hommes commis en Côte d'Ivoire suite à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 dans le but d'identifier les responsables de crimes graves et de les traduire en justice».


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BURKINA FASO : LES FORCES SPECIALES DE COMPAORE INTERVIENNENT CONTRE DES MILITAIRES MUTINS


BOBO DIOULASSO - Des éléments de la sécurité du président burkinabè Blaise Compaoré sont intervenus vendredi matin à Bobo Dioulasso (sud-ouest), contre les militaires mutins, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Selon des habitants, des hommes du Régiment de sécurité parésidentielle (RSP), qui avaient rejoint la ville dans la soirée, sont passés à l'action aux environs de 10 heures.

Ils « ont pratiquement encerclé le camp, ils occupent toutes les voies qui mènent au camp et sont entrés pour chercher les militaires qui y sont », a déclaré un résident.

« J'ai vu des éléments du RSP qui tiraient en l'air en allant vers le camp. On a vraiment peur », a ajouté un autre.

Des « tirs d'arme lourde » retentissaient vers le gouvernorat et l'hôpital, non loin du camp Ouezzin Coulibaly où sont basés les mutins, selon un témoin.

C'est la première fois, depuis le début de la grogne des militaires en mars, que le Blaise Compaoré emploie la manière forte pour mater l'une des protestations des militaires, généralement motivées par des revendications financières.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.


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SENEGAL : «WADE DOIT QUITTER LE POUVOIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD» (LEADER D'OPPOSITION)


DAKAR - Le leader du Rassemblement des travailleurs africains / Sénégal (Rta-S), Momar Samb, a reclamé samedi, dans un communiqué, le départ de Wade pour permettre au Sénégal d'avoir une stabilité.

« Il faut tourner le dos définitivement à l'illusion selon laquelle Wade peut entendre la douleur du peuple » a-t-il laissé entendre.
Pour Momar Samb, Abdoulaye Wade entend, au prix de la violence et du meurtre, dérouler son plan machiavélique pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire.

« Abdoulaye Wade prépare pour la Présidentielle de 2012 un hold-up électoral » mentionne le communiqué.
Momar Samb et ses camarades ont demandé immédiatement le retrait des décrets de redécoupage administratif des collectivités locales.



Source: DIRECTSCOOP.NET

mercredi, 01 juin 2011

POURQUOI ALASSANE OUATTARA NE PEUT PAS RECONCILIER LES IVOIRIENS

 

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Après la capture (et non la « capturation » comme l'a dit la Ministre pro-Ouattara de l'Education Nationale, Kandia Camara) du président Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa mise à la disposition des FRCI, le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara, n'a de cesse de clamer à l'envi que les Ivoiriens doivent se réconcilier. Il promet y travailler personnellement - ce qui est une bonne chose - mais là où se trouve le hic de l'affaire, c'est que ses actes nous renvoient un tout autre message et finissent de nous convaincre qu'il ne pourra pas réconcilier les Ivoiriens. Décryptage :


1-      Le Président Gbagbo, son épouse et 102 autres personnes sont illégalement incarcérés à Korhogo, Odiénné, Séguéla et Bouna, sans aucun chef d'accusation. Ils croupissent dans des geôles mal famées, pire que des camps de concentration et sont malmenés, interdits de visite et de soins de qualité. Sans compter tous ceux qui sont partis en exil, comme Charles Blé Goudé et bien d'autres. Les ONG et médias internationaux généralement si prompts à hurler avec les loups pour les moindres faits (surtout quand il s'agissait de Gbagbo), sont subitement devenus aphones. Il faut bien se le dire, Laurent Gbagbo a été élu par plus de 51% des Ivoiriens, n'en déplaise aux loges maçonniques qui ont installé de force Alassane Ouattara et aux partisans de la violence politique du RHDP. Tant qu'il sera donc en prison avec son épouse et ses collaborateurs, la paix en Côte d'Ivoire ne sera que très provisoire et factice, et la réconciliation, une vue de l'esprit. Libérer Gbagbo serait un geste majeur de restauration du tissu social déchiré et de réconciliation. Malheureusement, Alassane Ouattara, semble-t-il, le redoute trop pour le laisser en liberté et, surtout, faire de la politique. Il est trop heureux de les avoir vaincus avec l'aide de Sarkozy et il cache très mal son bonheur de les voir brisés et en prison. C'est un vindicatif, on n'y peut rien. Il n'est pas rassembleur. Tout l'opposé de Laurent Gbagbo. C'est d'ailleurs ce qui le perdra. Qu'il assume son coup d'état plutôt que de s'agripper à une légitimité électorale et constitutionnelle usurpée. Dans aucune république digne de ce nom de telles exactions ne peuvent avoir cours. Sauf dans un régime d'exception comme le sien, issu d'un putsch.

2-      Alassane Ouattara a nommé à la tête de la Commission Vérité et Réconciliation, un cacique de son camp, le Premier Ministre Charles Konan Banny. Un homme aussi marqué politiquement qui a été l'un des pires adversaires de Laurent Gbagbo trouvera-t-il le détachement nécessaire pour être neutre, impartial et rassurant pour La Majorité Présidentielle qui a justement beaucoup à dire sur les exactions et les crimes d'épuration des FRCI et d'Alassane Ouattara ? Impossible ! Il faudra donc s'attendre à une foire RHDP où ne se présenteront que les supposés victimes de Gbagbo. Nous le croyons avec une conviction absolue : ce forum sera une grosse farce pour se donner bonne conscience et prétendre avoir rapproché les Ivoiriens ; il ne sera, en réalité, qu'un procès en règle contre le Président Gbagbo pour justifier qu'il soit traduit devant la CPI, en lieu et place des bourreaux des Ivoiriens.

3-      Aucune réconciliation ne peut se faire sans l'armée ivoirienne et les FDS, qui ne font pas moins de 50.000 hommes et femmes en armes. A en croire un journal français qui interrogeait l'un des responsables des FRCI, seulement 20% de cette armée a repris le service. Où sont donc passés les 80 autres pour cent ? En clair, 40.000 soldats armés et bien entraînés sont dans la nature, dont un bon nombre à l'étranger avec le Com-Théâtre Konan Boniface, un redoutable marins (prononcer en anglais). Au point où se sont des FRCI analphabètes et en tenue bigarrées, fortement appuyés par les forces françaises (vous avez dit occupation et recolonisation ?) qui assurent la sécurité présidentielle et, prétendument, celle des citoyens, avec en prime pillages, exactions, chasse à l'homme et assassinats. Pourquoi l'armée ivoirienne, à part quelques officiers supérieurs, n'a-t-elle pas encore fait allégeance à ADO, deux mois après la chute de Laurent Gbagbo ? Tout simplement parce qu'elle ne se reconnaît pas en lui. Depuis le carnage qu'il a mené contre elle en 2002, à Abidjan, Bouaké et Korhogo. D'ailleurs, les quelques-uns qui se sont hasardés à la reddition aux premières heures, se sont faits exécuter par les FRCI. Le message a été donc très clair et il est encore valable aujourd'hui : On ne peut faire confiance à Ouattara. Leurs camps et casernes sont, au surplus, occupés par les FRCI qui paradent avec leurs tenues et galons à Abidjan et eux, ceux qui ont fait acte de reddition s'entend, sont obligés de se mettre en civil et de se trouver d'autres logements. Mauvais signal envoyé aux FDS. Monsieur Ouattara qui, il faut l'avouer, est très peu doué en politique, ne comprend pas encore que ce sont ces erreurs-là qui vont mettre fin prématurément à son règne, s'il ne les corrige. Qui vivra verra !

4-      Bien des églises protestantes et évangéliques ne peuvent plus tenir de cultes à Abidjan parce que menacées par les FRCI. Des pasteurs sont activement recherchés, certains ont abandonné leurs églises et sont en exil au Ghana (j'en connais personnellement), quand d'autres se terrent de maison en maison pour ne pas se faire prendre. Un d'entre eux a été assassiné à Duékoué et de nombreux autres ont été sévèrement battus, séquestrés et dépouillés à Abidjan, comme par exemple à l'Eglise des Assemblées de DIEU d'Adjamé et à l'Eglise Baptiste Œuvres et Missions Internationales de Yopougon. Après des actes aussi graves qui créent une fracture sociale et religieuse, un seul mot aurait suffi pour la réconciliation : « Pardon ! ». Que nenni ! Cette noblesse-là, il ne faut pas la demander à Ouattara. Il ne faut donc rien attendre de lui. Il plane au 7ème ciel à l'idée de faire juger tout le monde et d'avoir tout le monde à sa merci.

5-      Les artistes chanteurs, musiciens et comédiens peuvent constituer un canal puissant pour l'apaisement social. Malheureusement pour Alassane Ouattara, la grande majorité d'entre eux est pro-Gbagbo et donc recherchée. Au lieu d'œuvrer à les rassurer pour les intégrer au processus de réconciliation, on continue de les traquer. En lieu et place, on fait passer sur TCI, uniquement des artistes RHDP, comme Noël Douré, pour des messages sans emprise ou comme Tiken Jah Fakoly, soutien indéfectible et tuteur des rebelles aux premières heures de la crise ivoirienne, au Mali, et d'Asalfo des Magic System qui ne cache pas sa nationalité burkinabé. Impact : Zéro ! Encore un manque de flair politique déroutant et déconcertant !

6-      Un autre indice nous convainc que l'avènement du pouvoir Ouattara n'a pas été du fait des Ivoiriens et qu'il sera difficile de les conduire à la réconciliation : la prise de pouvoir de Ouattara s'est faite sans éclats de joie, sans allégresse, sans liesse populaire, preuve on ne peut plus irréfutable qu'il n'est pas le choix de cœur du peuple de Côte d'Ivoire. Aujourd'hui une atmosphère lourde pèse sur Abidjan, depuis le départ de Gbagbo. Les Ivoiriens, bons vivants, polémistes à souhait et fêtards pleins d'humour ont perdu le sourire et de leur superbe, rasent désormais les murs, n'osent plus s'exprimer en public sur des sujets politiques (ce qu'ils affectionnaient particulièrement), de peur de se faire tuer et hantent nos rues clairsemées (autrefois grouillantes de monde et d'activité) comme des zombies. Quant aux travailleurs, ils n'ont plus le cœur à la tâche. Ils font simplement acte de présence, pour la plupart. Y a-t-il preuve plus grande de l'attachement d'un peuple à son président et de la majorité électorale de Laurent Gbagbo sur ses adversaires ? Abidjan s'est arrêtée de vivre. On n'a plus l'impression de vivre en Côte d'Ivoire. Plus de RTI, plus de presse bleue (à part Notre Voie du FPI, réapparu il y a quelques jours grâce à Mamadou Koulibaly, qui confirme la règle), plus de CRS, plus de BAE, plus de CECOS, plus de débat politique franc et ouvert nulle part, plus de pluralité d'opinion, plus de joie de vivre, plus de liberté. Rien que la pensée unique triomphante. En clair, la Côte d'Ivoire a disparu, au détour d'un coup d'état de la France. Les Ivoiriens le pardonneront-ils à ADO ? Pas si sûr !

7-      La Côte d'Ivoire n'a plus de tribunaux. Les prisons ont été vidées de leur monde par les FRCI et brûlées pour l'essentiel. Les magistrats sont quasi au chômage. Les palais de justice et sections de tribunaux, les commissariats et brigades de gendarmerie ont été pillés, brûlés ou occupés. A qui porter plainte pour un préjudice ou une exaction ? Les Ivoiriens ne se sentent plus en sécurité, ni même en vie ; d'autant que sur indication des militants RHDP et parfois de ressortissants étrangers de la CEDEAO (je connais personnellement un cas), les FRCI débarquent chez d'honnêtes citoyens au milieu de la nuit et les terrorisent, sous le fallacieux prétexte qu'ils détiendraient des armes par-devers eux. Au meilleur des cas, ils sont délestés de leurs biens ou frappés d'une amende lourde à réunir dans les 24 heures. Au-delà de cela, les militants et sympathisants LMP sont hués, moqués, nargués, injuriés dans les marchés, les lieux publics et dans les rues par les militants RHDP qui jubilent ouvertement de la capture de Laurent Gbagbo et de son épouse, à travers des chants très insultants et dégradants. Ils ajoutent à cela la vente de photos et de calendriers avec les images humiliantes de Laurent Gbagbo, son épouse, sa famille et tous ses collaborateurs battus, mis en sous-vêtements, ensanglantés. Certains autres calendriers célébrant leur victoire affichent sur la voie publique, les atrocités de l'épuration ethnique de Duékoué, avec des femmes tailladées à la machette comme du saucisson ou éventrées, des hommes et des jeunes gens égorgés ou décapités, des enfants mutilés. Et les partisans RHDP se les arrachent comme de petits pains pour les accrocher dans leurs maisons. Mon épouse a même entendu l'une d'entre eux, venue acheter son calendrier, dire : « Ils n'ont pas dit qu'ils peuvent ? Ça c'est petit. On va faire pire que ça ! ». Mon DIEU, où est donc passée l'humanité que tu nous as si jalousement donnée ? Parle-t-on de réconciliation dans une telle ambiance de suspicion, d'insécurité, de moquerie et d'humiliation de la partie adverse ? Certainement pas !

8-      Sous l'ère Gbagbo, quoi qu'on puisse lui reprocher, nous n'avons jamais eu besoin de nous endetter pour payer les salaires des fonctionnaires. Sous l'ère ADO, c'est tout autre chose : 400 millions d'euros de la France mendiés par-ci, 13.000 milliards de francs CFA des Institutions de Bretton Woods quémandés par-là. Autant nous dire qu'on vient de vendre notre pays, la Côte d'Ivoire ! Car jamais l'état ivoirien ne se sera autant endetté en aussi peu de temps. Un record inouï ! Exit l'achèvement de l'initiative PPTE du Président Gbagbo et vive l'embrigadement de l'économie  et des ressources minières ivoiriennes. La coalition anti-Gbagbo triomphante va régler ses factures avec ce qui est sensé être notre argent. On n'y verra que du feu. Beaucoup d'Ivoiriens commencent déjà à regretter amèrement le Président Gbagbo. Les nouveaux venus, les valises à peine déposées, parlent déjà dans les couloirs de réduction des salaires. Ils ne pourraient pas tenir longtemps ce rythme, susurrent-ils. Comment alors Laurent Gbagbo y parvenait-il, sans aucun appui extérieur et en pleine guerre ? C'est simple à comprendre : Gbagbo n'est pas un pillard. Il a même la réputation légendaire de ne pas être attaché à l'argent et de n'avoir aucun compte à l'étranger, contrairement à ses adversaires. Toutes les ressources du pays ne pouvaient donc que servir à investir dans le pays et à rehausser le niveau de vie des Ivoiriens. D'où les augmentations substantielles des salaires des enseignants du primaire au supérieur, des magistrats, des préfets et autres cadres de l'Administration territoriale, des agents du Ministère de la Fonction Publique, des médecins, infirmiers et sages-femmes, des policiers, officiers de l'armée et douaniers, etc. C'est, en outre, cette manne financière qui nous a permis de financer, quasiment seuls (les autres bailleurs n'ayant pas tenu intégralement leurs promesses pourtant si attendues) le coûteux processus de sortie de crise ivoirienne et l'élection la plus chère du monde (record Guinness, s'il vous plaît !). Les nouveaux venus ont de lourdes factures à régler et des royalties à verser ici et là, pour services rendus, dont 5 millions de francs à chaque combattant FRCI, promis la main sur le coeur. Soyez-en sûrs, ils ne feront pas dans la dentelle. Doublé du fait qu'ils sont eux-mêmes (et tous) des hommes d'affaires. Tout le contraire de Laurent Gbagbo ! Ça promet pour le bien-être des Ivoiriens ! Ajouté à tout cela et pour ne rien arranger, le prix du cacao qui est passé de 1.000 francs CFA à 350 francs CFA depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Où est donc passé le slogan de campagne sur le cacao : « Si je suis élu, les paysans vivront enfin du fruit de leur labeur » ? Croyez-moi, il n'y a pas pire ! Ce n'est certainement pas ainsi qu'on redonnera le sourire aux Ivoiriens et qu'on leur donnera envie de se réconcilier et de souhaiter longévité au pouvoir Ouattara. Non ! Nous en pensons tout le contraire.


Comme on peut le constater et le palper, Alassane Ouattara accumule erreur sur erreur, sûr qu'il est du soutien de la France et de son ami Nicolas Sarkozy, et conduit la Côte d'Ivoire dans le mur. Du feu couve. Une grande déflagration est à redouter, en permanence, à moins de réparer ces erreurs. Les hommes du régime Ouattara ont planqué familles et enfants à l'abri à l'étranger. Cela veut tout dire. A bon entendeur..., salut !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

lundi, 30 mai 2011

INTERVIEW DU PRESIDENT MAMADOU KOULIBALY AU QUOTIDIEN PRO-GOUVERNEMENTAL FRAT-MAT



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Fraternité Matin vient de lancer, dans le cadre de ses Grands débats mensuels, celui portant sur le sujet suivant: quel régime politique pour la Côte d'Ivoire? Les avis sont partagés, nous voulons bien savoir votre position sur cette question.

Dans une période post-crise immédiate, ce n'est pas le moment de changer un régime politique. Cependant, l'histoire de la Côte d'Ivoire nous montre que depuis les indépendances, la Côte d'Ivoire souffre d'un Etat centralisé, omniprésent et osons le dire envahissant, hérité du modèle jacobin importé par la France. En tant que libéral, je prône un Etat minimum, c'est-à-dire un Etat qui assume ses responsabilités au niveau de la sécurité, de la justice mais qui laisse la liberté à ses populations de faire le reste. Bien sûr? l'Etat a le devoir de mettre en place l'environnement institutionnel qui permette à chacun de travailler et d'être propriétaire. Cette vision m'amène à prôner le régime parlementaire en Afrique car c'est dans ladécentralisation du pouvoir que les pays africains trouveront la stabilité. Audace Institut Afrique (AIA), le think tank indépendant que je préside, travaille sur le sujet et publiera en octobre des propositions. J'ai le sentiment que rapidement, la Côte d'Ivoire aurait intérêt à s'orienter vers un régime parlementaire, d'autant qu'elle l'a déjà connu à travers la constitution de 1959.

Les pouvoirs en Afrique, sont tous, ou presque, d'essence présidentialistes, des sortes de monarchies déguisées ou des dictatures en exercice. Et les exemples montrent bien que les pays de type parlementaire, comme le Cap-Vert, ont des réussites de développement que des pays mieux lotis comme la Côte d'Ivoire envieraient. Quelle lecture faites-vous d'un tel constat?

Des chercheurs au sein d'AIA travaillent là-dessus et les premières tendances qui se dégagent de leurs travaux semblent mettre en évidence que dans les régimes parlementaires, certes peu nombreux sur le continent, la liberté économique y est plus importante et les conflits moins fréquents. Bien sûr, je ne souhaite pas tirer de conclusion hâtive mais en octobre, nous aurons avancé le travail et nous pourrons ainsi engager une discussion constructive sur les résultats.

Doit-on voir, dans nos crises à répétition, la matérialisation de cette conception du pouvoir où le Président est tout à la fois?

Il est évident qu'un Etat qui repose sur un homme ou une poignée d'hommes est un Etat fragile. Cependant, des pays comme la France ont opté pour un régime présidentiel qui, sous Sarkozy, est encore plus marqué. Il y a un président omniprésent et pourtant la France ne connaît pas les crises de l'Afrique, parce que le pouvoir là-bas est décentralisé et que les villes, les départements, les régions, ont des pouvoirs et des moyens financiers pour les exercer. Il y a certes le problème de la concentration du pouvoir, mais en Afrique, nous nous heurtons également à la mauvaise gouvernance qu'induit facilement ce modèle. Comme nous ne sommes pas responsables, il faut donc créer des limites pour protéger les populations des excès des pouvoirs en place. Le régime présidentiel complique la chose.

La crise postélectorale qui a fait des morts et d'énormes dégâts a pris fin par l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Regrettez-vous aujourd'hui le fait qu'il n'ait pas cédé pacifiquement le pouvoir à Alassane Ouattara reconnu par la communauté internationale?

J'ai prôné dès le début du mois de décembre 2010 une sortie de crise par le dialogue. Les deux camps adverses que j'ai rencontrés et tenté de convaincre sont restés totalement hermétiques à mes propositions. La situation était figée. Aujourd'hui, bien sûr, lorsque nous comptons les morts et les dégâts, nous ne pouvons que le regretter.

L'on semble vous reprocher votre silence face à cette crise qui aura fait, dit-on, 3000 morts?

Je n'ai pas l'impression d'être resté silencieux. J'ai tenté une médiation qui n'a pas abouti. J'en ai pris acte. La situation reposait ensuite sur des éléments que je ne maîtrisais plus, sur la volonté des hommes politiques. Le silence ne veut pas dire indifférence. Je suis au contraire profondément attristé par tous ces morts et ces souffrances. Je suis d'autant plus touché que cette situation était prévisible et que j'avais d'ailleurs mis en garde contre ces dérives possibles durant la dernière décennie dans différents discours publics et privés. A l'époque, on me reprochait de trop parler! Depuis la signature de l'accord de Marcoussis, tout s'est enchaîné logiquement pour conduire au chaos, mais le dire était devenu politiquement incorrect dans tous les camps.

Il y a même plus: que vous auriez dû démissionner de votre poste de président de l'Assemblée nationale, au lieu de vous installer dans un mutisme?

Les gens dont vous parlez sont alors ceux qui reconnaissent l'institution ! Ces derniers temps, nombre de communications officielles vont à l'inverse ! Si ma démission pouvait débloquer la crise, il est évident que je me serais empressé de le faire. Je crois que certaines personnes mélangent tous les problèmes et les rendent encore plus compliqués.

Le parlement ne fonctionne pas depuis fin avril et les députés ne seraient pas payés depuis deux mois. Quel est votre rôle?

Effectivement, les députés ne sont plus payés depuis fin avril. Le Président Ouattara a pris cette disposition considérant que, depuis le second tour du scrutin, les députés exerçaient dans l'illégalité. Décision étrange sachant que la constitution ivoirienne établit une séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Dans cette logique, il est étrange également que les fonctionnaires de l'Etat n'aient pas été soumis à ces sanctions. C'est tant mieux d'ailleurs. Je ne cherche pas à polémiquer sur cette histoire de salaires. Ce n'est pas un évènement central et il faut réellement se concentrer aujourd'hui sur la réconciliation et sur les mesures qu'il faudra mettre en place pour que dans l'avenir, nos institutions ne soient plus un terrain de jeu pour les influents. Les conseillers juridiques du Président de la République qui soutiennent cette violation de la constitution doivent savoir qu'ils l'induisent en erreur et au parjure. Selon l'alinéa 4de l'article 59 de la Constitution sur laquelle le serment du Chef de l'Etat a eu lieu, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. Cela voudrait dire tout simplement que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en place. L'élection législative n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin. Le Chef de l'Etat n'a pas raison de suspendre le traitement des députés. Il en est de même des émoluments des membres des autres institutions de la République.

Ils sont nombreux à s'expliquer difficilement que vous soyez libre de vos mouvements, tout comme Miaka Oureto, alors que plus de 200 cadres de votre parti sont assignés en résidence surveillée ou détenus?

Je me pose parfois la question. Je n'ai pas forcément saisi la logique des arrestations. On peut dire que certaines personnes ont été impliquées plus directement dans les excès et d'autres ne se trouvaient tout simplement pas au bon endroit au bon moment. Je ne peux répondre pertinemment à votre question. Il faudrait poser la question au Ministre de l'Intérieur, au ministre de la Défense, au Président lui-même. Je ne suis pas le seul dans ce cas.

Y aurait-il un deal entre vous et le nouveau pouvoir pour faire de vous le successeur de Laurent Gbagbo sans la volonté de la base, comme il se murmure?

Est-ce à dire que vous jugez mon envergure politique tellement faible que je pourrais être un opposant idéal pour le nouveau pouvoir ? Le Fpi n'est pas à la recherche d'un successeur. Pour l'instant, notre préoccupation est plus de réintroduire la notion de parti d'opposition et de contrepouvoir. Nous souhaitons simplement retrouver un espace d'expression pour éviter que le pays ne glisse vers le parti unique et la pensée unique. Ce sera ma contribution à l'ancrage de la démocratie dans notre pays. Le Fpi n'est pas une Pme familiale ou un club de soutien et la Côte d'Ivoire n'est pas une monarchie, autant que je sache.

Votre parti et ses alliés du Cnrd dont vous assumez le secrétariat général par intérim, depuis le 17 mai, en lieu et place de Mme Simone Gbagbo, va-t-il prendre part aux législatives de décembre? Si oui, à quelles conditions et quelles sont vos chances?

Oui, le Fpi et le Cnrd prendront part aux élections législatives et nous sommes conscients des difficultés que nous allons rencontrer. Nous savons que nos chances sont minces. Mais cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à nous renforcer en vue des prochaines échéances électorales. Notre objectif est d'être une véritable opposition d'ici à 2015. La Côte d'Ivoire a d'ailleurs intérêt à cela, car un modèle de parti unique est la voie ouverte à tous les excès.Le contre-pouvoir est le moyen de contrôle le plus efficace entre les échéances électorales dans un modèle démocratique. Notre existence est donc un enjeu important pour tous. Du moins, nous osons le croire.

Le Président du Ghana, Atta Mills, aurait œuvré pour que le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dré, organise la cérémonie de prestation de serment. Y-a- t-il eu des négociations ou des pressions sur vous et Atta Mills?

Le Président Atta Mills s'est en effet impliqué en tant que médiateur ou facilitateur dans le dossier ; mais il n'est nullement question de pressions. Moi, j'ai agi parce que je voulais aller à l'apaisement et au retour des conditions de l'Etat de droit en Côte d'Ivoire, après la guerre postélectorale.

Vous parlez sans cesse de réconciliation. Cet engagement n'est-il pas contrarié par des informations selon lesquelles certains cadres de votre parti auraient à cœur de se venger de Ouattara?

Je connais peu de cadres animés d'un désir de vengeance. Il est vrai que les vainqueurs ont utilisé l'humiliation comme moyen de domination et que l'humiliation est le sentiment qui conduit naturellement à la frustration et à la violence. Les cadres avec lesquels je demeure en contact ont pourtant plus envie de revenir chez eux en Côte d'Ivoire que de vivre en exil enlisés dans le désir de vengeance. Le nombre d'Ivoiriens morts a forcément conduit chacun à l'humilité et au devoir de Plus jamais ça! Les esprits se tournent vers l'avenir et la réconciliation. J'ai foi en cet avenir qui devrait nous conduire vers une Nation.

Vous avez dit dans un récent entretien sur les antennes d'une radio que vos médiations au plus fort de la crise se sont heurtées au refus des faucons des deux camps. Pensez-vous pouvoir aujourd'hui faire fléchir les faucons pro-Gbagbo au point d'accepter le principe de la réconciliation nationale?

Je crois sincèrement que chacun est animé d'une volonté de réconciliation nationale. Une tâche importante est aujourd'hui entre les mains de M. Konan Banny et de l'équipe qu'il va former autour de lui, pour faire en sorte que chacun se retrouve dans la responsabilité et le pardon pour avancer vers une solide réconciliation. Cependant, dans le même temps, le Président de la République qui affiche sa volonté de réconciliation parle fréquemment de justice. Ce qui est une bonne chose. Mais de quel concept de justice s'agit-il ?

S'agit-il d'une vengeance justicière qui conduit le vainqueur d'une guerre à imposer aux vaincus et à eux seuls les punitions et autres humiliations ? S'agit-il d'une justice réconciliatrice qui implique que, soit l'on amène tout le monde en justice, soit l'on n'y amène personne ? La réconciliation ne peut être sélective comme le préconise le Président

Ouattara. Soit l'on part sur la piste d'un forum de réconciliation où chacun vient faire son mea culpa et recevoir son absolution, soit l'on traîne tout le monde en justice et chacun paie le prix à payer à la hauteur de ses crimes, sans exception. S'agit-il d'une justice sécurisante qui devrait permettre de rétablir tous les citoyens dans la puissance de tous leurs droits. Elle doit mettre un terme à la violation récurrente et systématique des droits individuels des populations? Cette dernière conception me semble mieux à même d'aider à la reconstruction politique, économique, morale et sociale de la Côte d'Ivoire.

Le Fpi que vous dirigez, aujourd'hui, en l'absence de son président, Affi N'Guessan, incarcéré, est-il prêt à entrer dans le gouvernement d'union proposé par le Président Alassane Ouattara? Si oui, quels sont les noms de vos cadres «ministrables»?

Le Comité central du Fpi élargi à la haute direction du Cnrd vient de décider que les conditions n'étaient pas remplies pour sa participation à un gouvernement d'union nationale. Les conditions de sécurité de ses membres en liberté, celles de ses membres en exil ne militent pas en faveur d'une participation au gouvernement d'union. De plus, la question du statut exact des membres incarcérés à la Pergola, à Katiola, à Odienné, à Bouna et à Korhogo ne rassure guère pour un parti invité à la table du Conseil des ministres. Les militants disent ne pas avoir peur de se trouver franchement dans l'opposition vraie. Ils disent qu'ils ne peuvent pas avoir critiqué les modèles de gouvernement Nzassa et venir maintenant en faire la promotion. De plus, ils ne veulent pas être comptables des politiques que le régime du Rhdp mettra en place. Ils ne veulent pas servir de faire valoir à un régime qui a décapité leur parti. Ils souhaitent que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et souhaite une alternance véritable sans gouvernement d'union dans les conditions actuelles. Ils m'ont donné mandat de discuter de toutes ces questions avec les autorités. Ils m'ont demandé de faire savoir que, pour eux, les urgences aujourd'hui ont trait au statut de la Commission électorale? avec la disparition de nombreuses composantes que sont le Mpci le Mpigo, le Mjp. Ils estiment que la commission électorale centrale est très déséquilibrée en leur défaveur. Ils aimeraient parler du nombre de places à l'Assemblée nationale, compte tenu de la démographie qui a évolué ces dix dernières années. Ils aimeraient comprendre le statut actuel de l'Accord de Ouaga que le Président Ouattara appelle accord inter-ivoirien, après que l'un des signataires a été capturé, déporté etincarcéré. Ils veulent comprendre la logique de la construction de la nouvelle armée. Ils ont de nombreuses autres urgences ayant trait à la liste électorale, au découpage électoral, etc. Dans ces conditions, voyezvous, le Fpi n'a pas de ministrables pour le moment. Nous avons d'abord besoin de nous restaurer, de comprendre ce qui nous est arrivé et nous aviserons, si besoin est, quand nous serons mieux adaptés à notre environnement.

L'on spécule assez sur les notions: gouvernement d'ouverture; gouvernement d'union; gouvernement de large ouverture, etc. Quelle pourrait être la bonne formule, pour vous?

Mon point de vue est que quelle que soit l'appellation que l'on souhaite donner à l'ouverture, le partage du pouvoir est une mauvaise chose. L'expérience africaine a pu le mettre en évidence de nombreuses fois. On voit également où a mené le partage du pouvoir sous Gbagbo. Comment voulez-vous gouverner dans ce contexte ? L'équipe du Président Ouattara devrait gouverner seule pour à la fois avoir une chance d'appliquer son programme mais également pour en assumer toutes les responsabilités. C'est le point de vue de Koulibaly Mamadou. Je leur suggère de ne pas s'inquiéter, nous ne souhaitons pas quémander des postes ministériels. Ils pourront travailler à leur programme que nous critiquerons ou soutiendrons en fonction des orientations.

L'opposition n'est pas un groupe de perdants qui restent assis jusqu'au prochain scrutin. Nous avons une vision moderne d'une opposition active et constructive.

Bientôt, les élections législatives. Comment évaluez-vous les chances du Fpi décapité à cette bataille électorale?

Comme je viens de vous le dire, les chances du FPI sont minimes, tant le parti est affaibli.

Aujourd'hui, quand vous regardez la Refondation, que vous dites-vous: on a échoué, on a dévié...

La Refondation est un mot très utilisé mais vide de sens puisque le programme n'a jamais été appliqué. Nous avons d'abord fait l'erreur de nous orienter vers un partage du pouvoir, pour ensuite nous retrouver face à une rébellion armée, un pays ingouvernable, puis un Premier ministre issu des Forces nouvelles, ex-rébellion, et nous étions largement minoritaires dans l'équipe gouvernementale. La Refondation restera donc un programme intéressant qui n'a jamais été appliqué.

De la réunion du Comité central du Front populaire ivoirien que vous avez présidée mercredi dernier, le Comité pose de nombreuses conditions pour entrer dans le prochain gouvernement. Parmi elles, la question de la libération de vos camarades posée comme condition sine qua none. N'est-ce pas une manière de consacrer l'impunité? Les nombreuses conditions du Fpi, ne peuvent-elles pas être vues comme une sorte de chantage?

Peut-on parler de conditions ? Nous ne posons pas de conditions réellement. Nous avons simplement fait un constat. Nous jugeons que, compte tenu de l'insécurité actuelle pour les opposants politiques en Côte d'ivoire et du fait de la détention de nos camarades, l'environnement n'est pas propice à l'entrée du FPI au gouvernement. Poser des conditions voudrait dire que nous sommes indispensables au nouveau gouvernement. Nous ne pensons pas que ce soit le cas. Nous ne pensons pas non plus que les missions qui nous ont été réservées au sein de la nouvelle équipe soient essentielles. Donc, dans ce contexte, je ne pense pas que nous puissions parler de chantage ou de condition sine qua none. Quant à la libération de mes camarades du FPI, vous savez que je n'ai jamais consacré l'impunité. Pour cette raison, certains me trouvent très dérangeant. Je ne souhaite pas non plus m'ériger en juge et déterminer les responsabilités de mes camarades. Ce qui est certain, comme je vous le disais dans votre précédente question, c'est que s'il y a jugement et qu'ils sont les seuls jugés, une part de justice sera faite et si l'on s'arrête là, ce sera une forme de justice du vainqueur animée de vengeance.

D'évidence, comme d'ailleurs semblent le prouver différents rapports, tous les camps ont commis des crimes graves. Je ne dis pas cela pour minimiser les crimes de mon camp mais pour faire une place nécessaire à l'objectivité qui semble brutalement manquer au pays. Je ne crois pas trop au clan des gentils et à celui des méchants. Ainsi, limiter la justice aux perdants de l'élection pourrait profondément saper le processus de réconciliation. Nous pensons d'ailleurs, mes camarades et moi, que la participation du FPI au gouvernement n'est pas franchement une démarche réconciliatrice ou alors ce genre de réconciliation serait une coquille vide. On peut se réconcilier sans partager le « gâteau». Nous ne courrons pas après des postes. Par contre, la manière dont la justice se prononcera dans les mois qui viennent sera au coeur de la dynamique de réconciliation. La justice sélective est profondément injuste et ne peut conduire au pardon et à la réconciliation.

Aujourd'hui, avec du recul, qu'est-ce qui a bien pu expliquer le refus du camarade Gbagbo d'accepter le verdict des urnes? L'en aviez-vous dissuadé?. Auquel cas, de quoi aviez vous eu peur?

- Que votre discours d'homme libre soit mal vu par les autres camarades?

- D'être... tué dans le pire des cas?

Je ne peux me prononcer à la place de Laurent Gbagbo. Il est déjà emprisonné. Je ne vais pas m'octroyer sa liberté d'expression ! Quant à nos conversations privées avant sa chute, elles demeurent de l'ordre du privé. D'évidence, mon parcours politique répond à votre question: est-ce que j'ai peur? Quant à mon statut de libéral, je l'assume et le FPI est un parti ouvert au sens où notre indépendance de penser est respectée. C'est dans la diversité et l'échange que l'on grandit, même si la différence peut parfois réveiller des susceptibilités. Malheureusement, les gouvernements d'union, la rébellion et les différents accords de paix qui l'ont accompagnée, ont brisé la machine et les pensées sont restées sur papier, car nous étions minoritaires au sein des gouvernements. Je reste un libéral avant tout, car je suis persuadé que seule une politique libérale peut apporter le progrès au pays.

Aujourd'hui, vous tentez de redonner vie au Fpi, revenu au pays. Est-ce la fin de votre exil? D'ailleurs, l'on se demande encore, pour quoi cet exil au Ghana?

Je ne me considère pas comme un exilé. Je fais certes des séjours en famille à Accra... Ici, le gouvernement de réconciliation avait totalement marginalisé l'Assemblée nationale et le pays était géré par ordonnances. Cette situation m'a laissé du temps pour faire des allers et retours sur Accra. Parler d'exil est un bien grand mot!

Volet économique. Où en êtes-vous avec votre monnaie flottante?

Effectivement, je pense qu'après plus de 50 ans d'indépendance, il serait nécessaire de revoir les accords monétaires liant les pays de la zone franc à la France, de manière à rendre l'institution monétaire adaptée à la mondialisation et à l'ouverture.

La monnaie est un pilier de l'économie et il est difficile de progresser sans liberté à ce niveau. De plus, l'inflation qui se profile pour les années à venir dans les pays européens expose les pays de la zone à ce risque, alors que l'argument des défenseurs du Cfa est bien souvent la stabilité et la faible inflation. Je crois que dans les années à venir, les pays de la zone franc vont devoir s'asseoir pour aborder sans tabou ces problèmes avec les autorités françaises.

Sinon, nous continuerons à avoir une bancarisation faible et des investissements privés faibles comparés aux flux de l'aide publique au développement. Le monde est aujourd'hui à la flexibilité, au libre marché et à l'ouverture. Le système du franc CFA est protectionniste, appauvrissant et moralement et économiquement indéfendable.

Considérez-vous encore que l'Afrique et ses Cfa arrimés à l'euro devait s'en éloigner, pour trouver la voie d'une indépendance économique?

Je reste convaincu de la nécessité de revoir la parité entre le franc Cfa et l'euro. Mais je vous invite à poser la question aux industriels des pays africains membres de la zone franc.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 29 mai 2011

MARINE LE PEN: «ALASSANE OUATTARA DOIT ETRE JUGE POUR SES CRIMES»

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Marine Le Pen, Présidente du Front National, lors de son passage vendredi sur la chaîne Française France 2, a déclaré  qu'Alassane Ouattara devrait être jugé pour ses crimes en Côte d'ivoire.

« Il y a quelques jours Monsieur Sarkozy, qui a contribué à mettre en place Alassane Ouattara, était présent à son investiture en Côte d'Ivoire, or le rapport d'Amnesty international indique que les combattants d'Alassane Ouattara se sont rendus coupables de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité », a précisé la présidente du Front National avant d'ajouter :

«Je pense qu'Alassane Ouattara doit être poursuivi...ou alors on considère encore une fois qu'il y a des intérêts supérieurs qui font qu'il y a des « gentils criminels de guerre » et des « méchants criminels de guerre », comme il y a de « bons dictateurs » et de « méchants dictateurs ». Ça dépend d'ailleurs du moment. Parce que les gentils dictateurs deviennent des méchants dictateurs en quelques jours...».

Alassane Ouattara, le nouveau chef d'Etat ivoirien installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI, a qualifié vendredi le Président Laurent Gbagbo de « criminel », estimant qu'il devrait rester en « prison ».

Cette sortie de celui qu'on surnomme « le Préfet d'Abidjan » (en référence à ses liens étroits avec le Président français) intervient alors que la procédure judiciaire vient de démarrer avec la deuxième audition jeudi du Procureur désigné par Ouattara.

Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement» dans une résidence à Korhogo (nord du pays). Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, prononcé contre lui, ni contre les nombreuses personnalités enlevées en même temps que lui.

 

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LE PARTI DU PRESIDENT GBAGBO «PAS PRESSE» DE PARTICIPER AU GOUVERNEMENT OUATTARA


 

Le FPI (Front Populaire Ivoirien, parti fondé par le Président Laurent Gbagbo) a soumis mercredi ses préalables quant à son éventuelle participation au prochain « gouvernement d'union » annoncé par  Alassane Ouattara, le nouveau Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI.

« Quand les conditions de sécurité, de libération de nos camarades (seront remplies) alors, nous pourrons envisager sérieusement d'entrer au gouvernement. Il n'y a pas d'urgence ! », a indiqué le Professeur Mamadou Koulibaly, à l'issue d'un conclave de plus de 3 heures du Comité Central du parti élargi à ses alliés du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD).

Selon le rapport final de la rencontre dressé par Mamadou Koulibaly, d'autres questions, non sans importances, feront l'objet dans les jours avenirs de réflexions afin de constituer un mémorandum qui servira de directive.

«La question de la Commission électorale indépendante. Oui ou non, cette Commission est encore valable ou pas, vu que le changement du champ politique est profond. Ils se sont interrogés sur la liste électorale : est-ce que cette liste électorale est encore valide pour aller à des élections à venir ? Est-ce que nous y intégrons les nouveaux majeurs ou pas ? Ils se sont posé la question du découpage électoral et du nombre de députés à l'Assemblée Nationale et du mode de scrutin. Ils aimeraient savoir exactement ce qui va se passer », a-t-il expliqué.

Alassane Ouattara a annoncé, dans la foulée de son investiture en tant que « Président de la République de  Côte d'Ivoire», la constitution d'un gouvernement ouvert au FPI, le parti de son prédécesseur capturé par les forces armées le soutenant.

Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale et assurant l'intérim de la présidence du FPI, avait interpellé, début mai, les nouvelles autorités sur « l'urgence d'un retour rapide à la normalité », préalable à toute activité politique.

Les exactions se poursuivent, faisant penser à une « chasse aux sorcières » contre les personnes jugées proches du Président Gbagbo, obligées de fuir ou de rester cacher pour échapper à une mort certaine.

Plusieurs organisations internationales des droits de l'homme, ont révélé que la situation sécuritaire reste précaire à Abidjan, plus d'un mois après la capture du Président Gbagbo par la coalition France-ONUCI-Licorne. Les forces de Ouattara commettent encore des exactions sur les civils, ont-elles rapporté.



Source: DIRECTSCOOP.NET

vendredi, 27 mai 2011

GBAGBO VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA: «UN REDOUTABLE ADVERSAIRE POLITIQUE, IL EST HUMAIN ET GENEREUX»

 

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COMMENT GBAGBO EST VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA :

Entretien révélateur avec un proche de Ouattara enregistré discrètement par un «agent secret»




Appelez-moi DM, 47 ans, américain d'origine sénégalaise, cadre dans un cabinet américain d'évaluation de risque d'investissement. Je rentre d'une mission en Cote d'Ivoire pour le compte d'un de nos clients. Nous avons eu à faire, mes collègues et moi, en plus d'Abidjan, un fructueux déplacement à Yamoussoukro pour assister à l'investiture de monsieur Ouattara Alassane.


Nous ne pouvions pas manquer, comme certains cabinets concurrents qui avaient aussi leurs hommes en mission, ce grand rendez-vous qui se présentait à nous comme une véritable aubaine pour réactiver nos contactes dans l'entourage des présidents africains, et surtout sonder, dans le cas du nouveau pouvoir ivoirien, ceux que nous appelons dans notre jargon les "back sits", et qui ne sont rien d'autres que les hommes de l'ombre qui aspirent un jour à être en première ligne. Ceux-là sont plus ouverts, francs, un peu bavard pour certains, que les officiels qui, très souvent, nous tiennent un langage diplomatique, lorsqu'ils savent l'objet de notre visite.


C'est dans cette perceptive que je fais la rencontre, parmi tant d'autres, de celui que je nommerais AK, à qui je n'ai pas révélé le but réel de séjour en Cote d'Ivoire, et dont j'ai enregistré la conversation à son insu comme le veut ma profession. Rien de méchant en cela, puisque ce que nous faisons peut être assimilé à de l'espionnage. Nos clients ont besoin de savoir où et avec qui, ils iront faire du business. Passé de gros contrats pétroliers nécessite un minimum de garantie.

Je précise que AK que je voyais pour la troisième fois ne sont pas ses initiales réelles. Je me dois sincèrement de protéger l'identité de cet homme intelligent, sympathique, plein de bon sens, dont on m'a dit après, qu'il a d'énormes chances de rentrer au gouvernement dans les jours à venir. Mon but n'étant pas de l'exposer, j'ai délibérément retiré de notre entretien que je publie en dessous de mon introduction, certains passages qui pourraient amener ses connaissances à l'identifier. A lui-même qui se reconnaitra probablement, je voudrais d'ores et déjà lui présenter mes excuses les plus honnêtes pour l'acte que je pose. Qu'il se rassure, ma nature, mon honneur et mon métier ne me permettront jamais de le porter au grand jour. Seulement voilà, je ne pouvais pas m'empêcher de publier cet aveu fait sur Laurent Gbagbo, cet homme politique que j'admire pour ses idées, son audace et son courage à défier la France qui du reste, pour moi, reste un des maux majeurs pour nous les africains. Ne dit-on pas que le meilleur hommage vient de son adversaire? AK et moi avons eu un long échange "amical". C'est peu à peu, astucieusement, comme le veut ma méthode de travail que je l'ai conduit à un jeu de question-réponse. Voici l'extrait concernant uniquement le président Gbagbo que je souhaite partager avec vous, frères africains, pro et anti Gbagbo. Merci pour vos commentaires qui j'en suis sûr seront diamétralement opposés les uns aux autres. C'est ça aussi la beauté de la démocratie qui ne devrait pas nous amener à nous entre-tuer pour le toubab. Que la paix revienne en Cote d'Ivoire.

Moi : Ouf ! Pourrait-on dire. Après tant d'années de lutte, le président Ouattara y est enfin.


AK : Oui, on pourrait voir les choses comme ça. Sauf que nous y sommes pas encore parfaitement. La tâche n'est pas aisée pour être franc avec vous.


Moi : Non, mais, monsieur...


AK : A...


Moi : Pourquoi? Laurent Gbagbo est en résidence surveillée, le président Ouattara est investi aujourd'hui devant ses pairs africains et Sarkozy...


AK : Oui, ça, c'est le coté cérémonial de la prise du pouvoir. Mais le volet sécuritaire qui est du domaine de l'exercice quotidien du pouvoir, nous le laisse croire. Quand vous avez eu affaire à un adversaire politique chevronné, aussi coriace que Laurent Gbagbo, vous ne racolez pas les morceaux aussi aisément après lui. Son ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme. Politique jusqu'au bout des ongles, je crois sincèrement qu'il a préféré cette sortie pour mieux nous discréditer à la face du peuple et des panafricanistes. Nous entendons beaucoup de choses à ce propos. Si son départ avait été autre que celui que nous avons connus, gagner l'estime d'une partie de la population qui répugne le président Ouattara aurait été plus facile par des actes concrets de développement. Mais là, c'est très compliqué pour lui et ses collaborateurs que nous sommes. Il y a une partie de la population qui, quelque soit ce que nous ferrons de bien pour elle, ne nous acceptera jamais. Mais ce n'est pas pour autant que nous baisserons les bras dans la voie de la réconciliation.

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Moi : Ses principaux généraux ont faits allégeance ! Avec un peu de temps, leurs subalternes suivront certainement...

AK : Ça fera bientôt deux mois que nous les attendons ! (rires) Nous avons l'impression d'être dans une situation savamment orchestrée, où on nous donne la tête et on garde le cœur pour soi. Hors vous conviendrez avec moi que sans le coeur, le corps ne fonctionne pas ! Avec Gbagbo tout est possible. (rires) Il est d'une perversité hors paire dans son approche de la chose politique, et personne ne peut limiter son champ d'action dans ce domaine. Ce que nous savons, par contre, tous de lui, c'est qu'il affectionne l'adversité. Cela semble l'exciter. C'est homme extrêmement rusé qui ne vous lâche pas dans un affrontement politique. Vous savez, s'il y a quelque chose que Laurent Gbagbo a parfaitement réussi, c'est son appareil sécuritaire. Cette armée qui a fondu dans la nature est une armée redoutable qui dispose de quatre composantes : les FDS, les milices, la FESCI et les mercenaires, le tout avec encore assez d'armes dissimulées un peu partout sur le territoire que nous cherchons vainement.


Moi : Et pourtant, elle n'est pas parvenue à le maintenir au pouvoir...


AK : C'est là où il y a lieu de s'interroger profondément. Hormis le fait que ce soit à cause de la puissance de feu française, l'on pourrait aussi se demander, comment une armée pour laquelle L'ONUCI et la France ont eues une attention particulière, parce que bien équipée et très bien entraînée (nombreux de ses jeunes officiers font partie des meilleurs de leur promotion), peut-elle décrocher et refuser de rejoindre les nouvelles autorités? On suppose que si elle a décrochée, c'est parce qu'elle ne voulait plus suivre son chef. Mais pourquoi ne veut-elle pas nous rejoindre dans ce cas alors?


Moi : Par peur de représailles peut-être !


AK : Je veux bien croire pour ceux qui étaient à des postes de commandements. Mais qu'avons nous comme moyens pour mener des actions de représailles contres des milliers d'hommes de rang sans attirer les regards de la communauté internationale? Non, la vraie cause doit être ailleurs. Est-ce un piège qu'on nous a tendu? Du genre prenez place et nous nous occuperons de vous après. N'oubliez pas que pendant dix ans, elle n'a pas renversé Gbagbo comme nous l'aurions aimés. Aujourd'hui, c'est à ce niveau que se situe notre plus grosse inquiétude. Comment gouverner avec tous ces milliers de militaires dans la nature? Qu'ils fassent allégeance ou pas, ils resteront, de toute évidence une épée de Damoclès sur nos tète. Si nous leur confions la sécurité du pays, ils pourront nous renverser. Si nous les laissons là où ils sont, ils pourraient mener une attaque depuis leur cachette. Je ne vous le cache pas, notre situation est très inconfortable, au point que beaucoup d'entre nous gardent encore femmes et enfants hors du pays.


Moi : Qu'allez-vous faire maintenant? Le premier ministre qui est aussi celui de la défense s'attèle à cela je suppose?


AK : Qui ça? Le jeune frère Soro? Non..., il a joué sa partition, il est maintenant temps qu'il prenne un bon repos mérité. Il faut que le grand-frère (Ouattara) fasse appelle à quelqu'un de plus étoffé, plus âgé ayant un CV requis pour la fonction. Nous sommes en Afrique et cela est très embarrassant pour beaucoup de se voir appeler tonton en privé et de lui donner du monsieur le premier ministre avec révérence en publique. (rires)


Moi : Ç' a quand même marché avec le président Gbagbo !


AK : C'est la particularité de l'homme Gbagbo ça ! (rires) On croyait lui faire mal en lui demandant de prendre le jeune frère comme PM, il l'a accepté pour plutôt mieux ridiculiser nos amis qui étaient au gouvernement dans l'ordre protocolaire.


Moi : La Licorne et l'ONUCI vous aident à sécurisé le pays, je constate?


AK : Oui, mais cela nous fait passer pour un pouvoir à la solde de l'étranger et ne rassure ni nos compatriotes quant à la fin de la guerre, ni les éventuels investisseurs qui verront en cette présence un signe d'instabilité. Voilà pourquoi certains au parti disent que même chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo codirige la Côte d'Ivoire avec nous. (rires)


Moi : Vous qui semblez le connaitre, comment le décrirez-vous?


AK : Vous êtes un Gbagboïste, il me semble ! (rires)


Moi : Non, pas nécessairement... Je suis chez vous, autant me faire une idée autre que celle de la presse !


AK : Nos frères sénégalais sont en général pour le président Ouattara. (rires) Ou bien, c'est parce que vous vivez aux USA, vous? Non...Il est humain, généreux, très généreux, amusant, aimant la femme (rires)..., et un redoutable adversaire politique pour ce qui me revenait très souvent des amis du parti qui ont eus à bien le côtoyer. Pour ma part, j'ai eu à le rencontrer que quatre fois où il nous à bien fait rire avec des histoires drôles qu'il aime conter pour détendre l'atmosphère. Mais quand nous allions le croiser, la consigne était claire : faire attention à ce qu'il propose comme solution. Car, il a un don inouï de piéger ses adversaires politiques qui ont fini par le surnommer le boulanger. (rires) Oui, c'est vrai, avec Gbagbo vous prenez goût à la politique qui devient un jeu de réflexion excitant. Ce serait faux de dire qu'il ne nous passionne pas tous quelque part.


Moi : A vous entendre, c'est vous plutôt le gbagboïste ! (rires) Apercevez-vous la noblesse de son combat dont parlent encore ses partisans?


AK : Noblesse de son combat... Vous savez, il y a ceux qui veulent changer les choses et qui n'y arrivent pas. C'est le cas de Gbagbo. Et il y a ceux qui disent, l'ordre est déjà établi, autant faire avec. Pour le reste, le débat peut être lancé en ayant à cœur la question suivante : avons-nous les moyens nécessaires, en tant qu'africain, d'inverser l'ordre de la domination occidentale? S'il s'en est lui-même remis à l'aide divine, c'est parce qu'il n'avait pas la capacité de l'emporter sur la France.

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Moi : Attendez-là, je croyais qu'il s'agissait d'un duel entre lui et le président Ouattara ! (rires)

AK : (Rires) Je vous sais intelligent pour croire que c'en est la principale raison. Il y a un chanteur reggae de chez nous qui dit "ils ont partagés le monde, rien ne m'étonne...". C'est Tiken Jah.


Moi : Je m'apprêtais à poser une autre question, lorsque je suis interrompu par une tape dans le dos. Qui vois-je en me retournant?

TH, ancien compagnon d'université aux USA. Devenu membre influent du cabinet présidentiel de son pays, il était du voyage avec son président Toute suite, il se lance dans une violente critique, en anglais bien sûr, pour ne pas que les gens nous comprennent, cela, à l'endroit de la France impérialiste qui venait de renverser le président Gbagbo pour installer Ouattara. Je profite pour lui demander: " what about your boss? How he is seeing the all situation?" (et ton patron? Comment voit-il la situation? ). Il me répond qu'il n'a pas cessé de se plaindre tout le temps qu'a duré le vol de ce que ce petit (Sarkozy) les ait presque obligé à venir à Yamoussoukro. Ce dernier aurait ironisé à un de ses homologues africain en lui disant : "ça t'ennuierait pas de le provoquer (Sarkozy) pour qu'il te bombarde et qu'il me mette à ta place? Toi au moins, tu as la forêt que je n'ai pas, moi ! ".

Lorsque TH nous quitte, AK qui comprend l'anglais, j'aurai du m'en douter vu son niveau d'étude, me fait remarquer que si TH était dans l'opposition en train de courir après le pouvoir d'état, il n'aurait pas tenu ses propos presque désobligeants à l'endroit de son patron à lui, le président Ouattara. Quand il me demande de quel pays est-il? Je presse de lui dire gentiment qu'il n'y aura pas d'incident diplomatique par ma faute. Il a fallu aller à la recherche d'autres sujets avant de revenir sur celui qui m'intéressait le plus ce jour-là, c'est à dire le président Gbagbo.

Moi : Allez-vous vraiment l'envoyer devant la CPI?


AK : J'en sais rien. Je ne suis pas en charge du dossier. Mais si tel était le cas, nous aurions empirés une situation déjà chaotique de laquelle nous peinons vraiment à sortir. Et puis dans le fond, sommes-nous, nous-mêmes exempts de tout reproche? Ce que je sais, par contre, c'est que plus il sera entre nos mains, moins il sera probable que nous subissions une attaque armée de ses partisans. Cela nous donne donc le temps d'asseoir notre pouvoir avec l'aide de l'armée française à laquelle le grand-frère (Ouattara) a demandé un plan de restructuration de la notre en incluant des coopérants français dans sa chaîne de commandement comme au temps du président Houphouët. C'est après cela que nous pourrions être sûrs d'être réellement aux commandes. (rires) La politique, c'est aussi l'art de faire diversion. Garder Gbagbo, c'est amener ses partisans à plus réclamer sa libération que contester la légitimité du président Ouattara.


Moi : Entre nous, de vous à moi, la présidentielle, vous l'avez vraiment remportés? Parce que sur le net, j'ai vu des preuves...


AK : (Eclats de rires) Eh bien là, vous vous êtes dévoilés maintenant ! Vous êtes pour Gbagbo. (rires) Vous savez, il y a un proverbe chez nous qui dit, et je cite : quand vous avez faim et qu'on vous donne à manger, vous ne vous demandez pas, si les mains qui ont cuisiné la nourriture étaient sales. Nous avons le pouvoir et nous avons l'intention de l'exercer pleinement. La polémique des élections, c'est du passé. (rires)


Moi : Il va falloir compter avec la résistance dite patriotique de Blé Goudé alors !


AK : Mais elle était là avec ses meetings qui coutaient au contribuable, et puis nous sommes arrivés au pouvoir ! Vous savez, elle était d'ordre pécuniaire. Et comme ils n'ont plus les caisses de l'état et qu'ils vivent dans des conditions déplorables au Ghana, elle s'essoufflera à coup sûr ! Dans peu de temps beaucoup d'entre eux négocieront leur retour pour retrouver le confort de leur palace qui leur manque tant. La seule chose que nous craignons, je vous le répète, ce sont les militaires et non Blé Goudé que d'aucun déclare mort. Lorsque les français nous auront aidés à les mettre sous l'éteignoir, nous roulerons en roue libre. Les partisans de Gbagbo qui, nous le reconnaissons, est un doué de la politique, n'ont pas la persévérance qui est la notre. C'est elle qui nous a amenée à acculer leur champion pendant dix ans. Leur machine est décapitée, ils baisseront les bras tôt ou tard. Vous verrez qu'à votre prochaine visite, ils seront tous rentrés dans les rangs. Ya rien en face, comme ils avaient l'habitude de nous le dire.



Moi : Pourtant, pour ce que j'ai entendu de nombreux pro-Gbagbo, vous ne seriez pas au bout de vos peines, parce qu'ils ne vous lâcheront pas !



AK : Ils peuvent menacer. Quand ils se seront remis de la chute de Gbagbo, cela leur passera. (rires)

 


Source: TELEDIASPORA.NET

mercredi, 25 mai 2011

REVOLUTIONS ARABES: L'HEROÏSME SE DEVALUE AU CHANGE

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La «révolution» tunisienne s'est  rapidement invitée dans le débat sur  les frontières intérieures de l'Union européenne (UE). Ils sont des milliers à affluer en Italie, ces Tunisiens plus ou moins  jeunes, à la rencontre du paradis que les polices déchues de Ben Ali et de Kadhafi protégeaient  jalousement. Dès les premiers craquements, ils se sont préparés. Ensuite, ils ont fendu les flots de  la Méditerranée. Mais, y avait-il que l'opportunité de le faire, de fuir la mal- vie et la misère ? Il semble que  non, parce que ceux qui ont eu accès aux médias ont interloqué plus d'un. La première à réagir a été Marine Le Pen qui, cyniquement, a rappelé que les «clandestins» n'avaient plus de raisons de fuir leur pays.

Et des réactions plus explicites ont commencé à fuser, comme celle-ci : «L'espoir est bien là chez eux alors quelles motivations réelles incitent ces personnes à rejoindre notre pays ?» Ou encore celle-ci : «Souci démocratique ? Mais la démocratie naissante en Tunisie n'est pas assez bonne à leurs yeux ?» Ou encore celle-là : «Trouver du travail? Mais la Tunisie va avoir besoin de tous leurs bras pour se construire   sur des schémas nouveaux !» La réponse, inattendue et apparemment incompréhensible, nous vient de l'un des harraga : «Je pensais que je serais accueilli en héros».  Rien que ça !

A Lampedusa, accueilli par la police des frontières, il est conduit tout droit dans un centre de rétention. Des jours et des semaines à attendre, sans égard, sans couverture ni matelas.  Ce qui doit lui traverser l'esprit doit être assez terrible. Il est venu en «héros» et il est traité comme un «moins que rien». Et puis, qu'est-ce qui a  fait qu'il ait cru à ce statut ? Ce sont ces journalistes des télévisions qui parlaient de lui et de tous ceux qui, comme lui, se sont insurgés. Les images étaient belles et les mots ronflants et colorés. Il n'y avait alors aucun doute, il était bien un «héros» puisqu'on le lui a dit. Et là, il est réduit  à un problème dont on ne veut pas. L'Italie d'abord, qu'il veut quitter de toutes façons, car c'est en France qu'il veut se rendre, et la France, ensuite, qui refuse de l'accueillir.

Au point qu'une crise assez intense est née entre ces deux pays. Le premier pour se débarrasser de «ses» Tunisiens leur a tout simplement délivré le sésame qu'il faut, un permis de séjour, la clé de l'Europe, sachant par avance la ruée qu'il allait observer  vers la frontière française. Le permis devant, légalement,  permettre la libre circulation dans l'espace Schengen. Notre harrag et ses amis ne sont pas au bout de leur calvaire. La France installe, immédiatement,  un dispositif  policier quasi hermétique et décrète qu'il faut  avoir un passeport valide et justifier de ressources suffisantes pour pouvoir séjourner dans un autre pays de l'espace Schengen.

«L'Europe ne va nulle part si on érige des murs», s'offusque les Italiens. Peine perdue, la Commission européenne approuve la décision française et rappelle  aux Italiens que les permis de séjour temporaires n'étaient en aucun cas une autorisation de voyager dans les autres pays de l'espace Schengen. Ailleurs, la Belgique prend des mesures similaires alors que l'Allemagne et l'Autriche projettent de faire de même.

Les «héros» doivent comprendre, tel que l'a dit Le Pen pour les «arabes», qu'on ne les aime que chez eux.



Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

AUX FRANÇAIS DE COTE D'IVOIRE: «OTAGES, SAUVEZ-VOUS !»

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N'étaient le visage et la voix de notre frère en humanité Philippe Rémond, l'un de ceux grâce auxquels, en ces temps de ténèbres, un citoyen français peut encore s'honorer de l'être, elle aurait de quoi faire frémir, l'ovation qui a salué l'engagement pris par Nicolas Sarkozy, dans son adresse aux ressortissants français d'Abidjan, à maintenir sur place les forces armées françaises.

Bien sûr, en l'absence d'images montrant la foule, on peut aisément l'imaginer noyautée par une clique payée pour faire la "claque" à ce moment clé du discours. Mais quoi qu'il en soit, l'écho de cette ovation retentira longtemps dans la mémoire africaine : Sarkozy aurait voulu aggraver le porte-à-faux de la communauté française en Côte d'Ivoire qu'il ne s'y serait pas pris plus sournoisement.

D'autant que, si cela n'avait tenu qu'à lui et à ses nervis du Quai d'Orsay et de Matignon, c'est à Paris que le Président français se serait adressé à la communauté française d'Abidjan, après en avoir réussi l'évacuation massive; on se souvient en effets des efforts pathétiques déployés il y a peu, autant pour persuader sur place les "expatriés" de quitter le pays, que pour faire croire aux téléspectateurs français qu'une foule d'entre eux s'apprêtaient à fuir.

On vient d'assister en somme à la deuxième tentative de prise d'otage des Français de Côte d'Ivoire par les autorités de la République en l'espace d'un mois en demi : faute d'avoir réussi à les victimiser début avril -la recette de 2004 ayant mal vieilli-, il s'agit maintenant de les faire passer collectivement pour une caste de profiteurs que réjouiraient des propos du genre "vous n'avez plus rien à craindre : ces sales nègres menés par le chef Gbagbo sont désormais hors d'état de nuire; les nègres maintenant au pouvoir sont en notre pouvoir : plus rien ne vous empêche, avec notre soutien, de trafiquer à loisir pour contribuer à l'enrichissement de la Métropole".

Les voilà malgré eux embarqués sur l'énorme cargo du pillage méthodique, pistolet sur la tempe et barbouzes à la manœuvre, pris entre le marteau d'une France impudente, effrontément vorace, et l'enclume d'une Afrique au bord de l'explosion libératrice.

Pour déjouer une telle machination, et se sortir du piège mortel tendu à ses propres compatriotes par le premier d'entre eux, la meilleure option ne serait-elle pas celle choisie, peu de temps avant son assassinat, par Philippe Rémond : demander la nationalité ivoirienne, et -pourquoi pas- s'en contenter, en se souvenant que face aux traîtres actuellement associés à ce "trône de malice, qui façonne la peine et l'érige en décret"(1), et bientôt "anéantis par leur propre méchanceté"(2), le droit, la justice et la vérité -même séquestrés !- demeurent, et ne tarderont pas à l'emporter.

C'est sans doute à ce prix qu'une immense majorité d'"expatriés", loyalement épris de leur terre d'adoption, pourront acquérir sur place le poids d'un réel contre-pouvoir, et le mettre, en l'honneur de la France authentique, au service de la vraie Côte d'Ivoire, pour que se lève et que vive l'Afrique.

Alors Philippe Rémond, hier encore odieusement et scandaleusement ignoré par le Prince noir de l'Élysée dans son évocation des souffrances endurées par la communauté française; Philippe Rémond, solidaire jusque dans la mort de ce peuple qu'il aimait; uni à la foule de ces martyrs ivoiriens condamnés à une mort atroce par le petit caporal et son sergent Ouattara, valets serviles de l'internationale prédatrice; Philippe Rémond ne sera pas mort pour rien.


Eliahou Abel

Jérusalem, le 22 mai 2011


(1) Psaume 94:20

(2) Psaume 94:23

UN JOURNALISTE ASSASSINE, UN JOURNAL D'OPPOSITION TRAQUE, LES REGLEMENTS DE COMPTE SE POURSUIVENT EN COTE D'IVOIRE

 

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Reporters sans frontières est choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, membre au bureau de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire, rédacteur-adjoint et présentateur d'émissions à la Radio de Yopougon, commune d'Abidjan, théâtre ces derniers mois de violents affrontements entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du Président Alassane Ouattara et des miliciens de l'ancien président, Laurent Gbagbo. Sylvain Gagnetaud était connu pour sa proximité avec le Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, manifestée lors de ses activités journalistiques. Selon des sources convergentes, il aurait été arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara dans le quartier de Koweït à Yopougon, aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens. Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées. Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours qui viennent, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés.

Reporters sans frontières constate avec une grande déception que l'heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d'Ivoire, où la situation demeure toujours tendue et délicate pour de nombreux journalistes. La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies. Reporters sans frontières exhorte la justice ivoirienne à retrouver et à juger les commanditaires de cet assassinat afin de mettre un terme à l'impunité. L'organisation appelle ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à tenir ses promesses et à créer les conditions d'une presse libre et indépendante.

Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir, à cette date, alors que le quartier de Yopougon était le lieu de violents combats. Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues. Malgré la nouvelle encourageante du retour en kiosques de la presse d'opposition, et les promesses faites, les journalistes politiquement engagés auprès de Gbagbo lors des violences électorales, sont traqués. Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, la société éditrice du journal Le Temps, a été arrêtée ce matin par des hommes armés inconnus. Elle s'était rendue dans les locaux du journal afin de dresser l'état des lieux avec un avocat et un huissier, en vue de la réouverture prochaine du quotidien.


Source: REPORTERS SANS FRONTIERES

mardi, 24 mai 2011

HYPOCRISIE: KADHAFI, LA «COMMUNAUTE INTERNATIONALE» ET NOUS


SARKOZY ET KADHAFI.jpg

Cette photo est introuvable sur le site de l’Elysée. Selon L'Express.fr (cliquer pour lire), il n'y a plus aucune trace de la visite du leader libyen en France sur le site Elysée.fr. Certains accusent les administrateurs dudit site d'avoir supprimé les photos. La présidence de la République Française dément. Vous avez dit hypocrisie et perfidie ? Fernand Dindé.


[Quand je pense, qu'un certain président de la RF disait que : "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire..." il y a de quoi rire, les arriérés ne sont pas là où il pense ! L'Afrique, bruissant d'âmes et d'énergies, est en train de laisser sur place les vieux réacs d'Occident, ses birbes et ses contempteurs, et il n'y a qu'à se promener sur Internet pour s'en faire une idée. J-J].


Il faut faire attention au «Baobab qu'on abat» en utilisant des arguments ridicules qui cachent mal des manœuvres d'encerclement.

Je suivais la télévision cette nuit de Dimanche 1er Mai, dans mon salon à New York, lorsqu' à 23H, en Breaking News, le Président Américain est apparu sur l'écran pour annoncer, qu' après qu'il ait donne le feu vert d'agir, Ossama Bin Laden avait été tué dans un raid d'une unité d'élite de l'armée américaine au Pakistan. Une décision politique donc. Une idée m'a tout de suite traversé l'esprit : les militaires de l'OTAN ne pouvaient pas avoir pris l'initiative de bombarder pour tuer, la veille, la résidence familiale de Kadhafi, le Chef d' Etat de la Libye, sans que cela n'ait été en exécution d'un ordre politique de Sarkozy et autres. Il est donc fort probable que le week-end du 1er Mai devait voir être annoncée la liquidation de Ossama Ben Laden et ...de Mouammar El Kadhafi, le caractère absolument criminel de l'assassinat de Kadhafi, dirigeant d'un pays souverain, par les forces coalisées des pays occidentaux devant être couvert par les clameurs de la mort de Ben Laden.

Dieu merci, ce but n'a pas été atteint, sauf la mort sous le bombardement du fils et des trois petits enfants de Kadhafi, qui n'a d'ailleurs suscité aucune expression de regrets à Paris, Londres, Washington... Les bombardements à répétition du Palais de Kadhafi qui sont autant de tentatives d'assassinat, sont le signe d'un échec politique et stratégique, la manifestation d'une impatience enragée de ceux qui ont engagé cette guerre qu'ils croyaient finir en 72 heures.

Malheureusement pour eux, en dépit des moyens technologiques et des systèmes d'armement sophistiqués utilisés, Kadhafi résiste et son régime ne s'est pas effondré. Nos envahisseurs cachés derrière les soit- disant rebelles, pour sortir de l'enlisement, croient tenir la solution en assassinant Kadhafi, pariant ainsi que sa mort entraînera l'effondrement instantané de son régime.

L'objectif de la guerre en Libye, préparée de longue date par les Services secrets français et ayant utilisé le fallacieux prétexte de la protection de civils, en réalité des rebelles armés, n'est pas seulement la prise du contrôle du pétrole et du gaz naturel de ce pays. Dans le viseur des envahisseurs, il y avait les Fonds Souverains Libyens, ces capitaux que l'État libyen a investis à l'étranger. Ils sont gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) et sont estimés à plus de 150 milliards de dollars- soit 75. 000 milliards de francs.

Les cercles dominants américains et européens, avant d'attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont approprié ces fonds, dans le plus grand acte de piraterie et de rapine de tous les temps. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas qui, comme le révèle un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le 20 janvier, a informé l'ambassadeur américain à Tripoli que la LIA avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques américaines. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor Américain les a soi-disant «gelés».

Selon les déclarations officielles, c'est «la plus grosse somme d'argent jamais bloquée aux États-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l'avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l'économie américaine toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l'Union européenne a «gelé» de son coté environ 45 milliards d'euros de fonds libyens, pour en faire un usage similaire.

Martyr du Panafricanisme

Le ''premier crime'' que les nouveaux maîtres du monde imputent à Kadhafi et tentent d'en corriger férocement les manifestations est son Panafricanisme militant. Ainsi, il était connu que l'assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la ''Libyan Arab African Investment Company'' a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, et programmait de les augmenter dans les cinq prochaines années dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications, où la Libye a contribué de manière décisive à la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), qui permet aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux, et de réaliser des économies annuelles de centaines de millions de dollars.

Beaucoup plus importants encore auraient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l'Union africaine et qui auraient contribué à asseoir l'émancipation monétaire et financière du continent noir: la Banque africaine d'investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d'échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tous deux instruments de domination néocoloniale, et devait marquer la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d'utiliser 14 ex-colonies françaises.

Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Notamment, si la Banque Centrale Africaine voit le jour, les dépôts au compte d'opération des réserves des pays de la zone CFA cesseront et les positions du Trésor Français en seraient fragilisées. L'hystérie interventionniste du Président Français, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre Britannique David Cameron dont le pays est lié inextricablement à la France s'explique donc, non pas par l'amour des ''civils- rebelles- armés'' libyens, mais par les conséquences qu'auraient pour leurs pays l'émancipation monétaire de nos nations, dont Kadhafi était l'architecte et l'artisan.

Le second ''crime'' imputé à Kadhafi est qu'il est en passe de gagner la guerre de l'Eau et de se présenter comme un réel challenger du Grand Capital. La Libye et l'Egypte se partagent un véritable océan souterrain d'eau douce, le ''Nubian Sandstone Aquifer'' dont les réserves s'élèvent à 200 années de débit du Nil en haute saison. Depuis plus de 25 ans, Kadhafi a lancé le '' GMMRP- Great Man-Made River Project'', qui est un réseau de 4000 km de pipeline qui procure de l'eau à toutes les villes côtières libyennes, de Tripoli a Benghazi en passant par Syrte.

Dans une deuxième phase, il est prévu que le GMMRP alimente un système d'irrigation en direction du Sud qui rendra vert le désert du Sahara et le Sahel, ouvrant ainsi des possibilités insoupçonnées de production agricole dans ces immenses régions qui pourraient devenir le grenier du monde au 22eme siècle, arrachant a l'Occident sa place de premier producteur de céréales et de produits alimentaires du monde.

Kadhafi a engagé 85 milliards de dollars dans cette entreprise pharaonique sans en solliciter un seul de la Banque Mondiale- quel mauvais exemple !!!- et en défiant les ''trois sœurs'' - Veolia (autrefois Vivendi), Suez Ondeo (autrefois Générale des Eaux) and Saur - les compagnies françaises qui contrôlent 40% de la production mondiale de l'eau.

Quand on met côte à côte ce pari titanesque et sa contribution décisive dans la mise en place de RASCOM, ces cas font que pour le Grand Capital Occidental, Kadhafi est devenu l'homme à abattre à tout prix autant pour ses velléités d'indépendance que pour son audace et son impertinence.

Le troisième ''crime'' de Kadhafi est de n'avoir jamais voulu s'enrôler dans toute organisation qui affaiblirait ou freinerait la mise en place de l'Union Africaine. Son refus de participer à l'Union pour la Méditerranée en a enragé la France de Sarkozy - à qui par ailleurs, il a refusé d'acheter les avions Rafales- car un espace méditerranéen intégré est l'un des leviers sur lequel compte ce pays pour se redonner du souffle, lui qui est si impuissant à résoudre le problème du déclassement de son économie et n'entrevoit d'autre issue que les reconquêtes coloniales. Les Anglo-saxons sont prêts à lui concéder au détriment de notre continent quelques os à ronger. C'est ainsi qu'il faut comprendre sa férocité manifestée hier en Côte d' Ivoire, et que l'on revoit aujourd'hui en Libye.

Les Nouveaux Barbares

L'agression contre la Libye est l'illustration du monde sans loi que ceux que nous appellerons : "l'empire"- en minuscule s'il vous plait ! - instaure de manière éhontée. Certains chroniqueurs en verve les appelleraient d'ailleurs sans trop abuser '' Les Nouveaux Barbares''.

L'empire, "puissante machine du mensonge" qui s'affuble du nom usurpé de ''la Communauté internationale'' et dont l' ONU est désormais le bras séculier, a deux objectifs clairement discernables : Premièrement, détruire tout dirigeant de l'espace afro-arabe qui pourrait initier et soutenir un projet politique qui affranchirait nos pays de sa domination ; deuxièmement, s'accaparer des ressources financières et imposer à la tête des pays riches en matières premières, des dirigeants qui lui sont, non pas seulement acquis, mais soumis.

Ce n'est pas seulement Kadhafi que les ''Blancs'' veulent tuer, c'est le symbole qu'il représente. C'est le rêve d'émancipation réelle de nos peuples qui est entrain d'être assassiné. C'est l'Afrique dont les richesses ont toujours nourri les convoitises de l'Occident. C'est ce Baobab qu'on abat, pour voir nos enfants hériter de pays qui ne seraient souverains que de nom. C'est la réécriture à l'envers de l'Histoire des 100 dernières années, où se retrouvent à la manœuvre deux des maîtres colons d'hier, la France et l'Angleterre. Triste perspective qui constitue pour le peuple africain un nouveau défi, ou à nouveau un défi, si on croyait l'avoir relevé.

Ultime recours

Et pourtant, les faits et les chiffres parlent et rendent un verdict irréfutablement positif sur une gestion politique, financière et économique exemplaires de la Libye par Kadhafi. En Libye, il n'y avait ni prisonnier politique, ni dissident crédible. S'il en existait un, son nom serait claironné sur tous les médias de l'empire en nouveau Lech Walesa ou Vaclav Wavell. Ce pays était entrain de réussir, avec la Jamarhiya, un système de démocratie directe organisée en comités populaires, un modèle politique et économique original, avec 0% de taux de chômage à comparer aux taux de 9.9% de l'Union Européenne et de 8.8% des USA. C'est un pays où les soins de santé et l'éducation sont gratuits, à comparer aux Etats Unis où plus de 40 millions de personnes n'ont aucune couverture maladie ; un pays où tout adulte est propriétaire de sa maison et de sa voiture.

En Libye, 7.5% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté contre 14,3 % aux USA et... 48% au Cameroun. Ces chiffres confirment que les causes de la '' rébellion'' ne sont pas endogènes, mais d'essence extérieure.

Fait le plus remarquable, Kadhafi a su éviter à son pays le '' syndrome hollandais'', ce grave déséquilibre économique causé par un apport massif de ressources financières par l'exploitation du pétrole ou du gaz naturel. Des pays aussi variés que les Pays Bas, le Royaume Uni, et tous les pays pétroliers d'Afrique Centrale en ont été, à un moment donné, victimes.

Les pays et les peuples africains se retrouvent sans une organisation établie en pacte de défense collective qui pourrait les soutenir populairement, diplomatiquement, les protéger militairement. La créer serait donc la mission du nouveau panafricanisme dont l'esprit, la doctrine et les actes étaient inscrits dans les actions de Kadhafi.

C'est ce qui doit prévaloir aujourd'hui dans nos pensées, notre discours et notre démarche, c'est un engagement total pour l'avènement des structures et des institutions africaines, une Union Africaine des Peuples qui, seule, peut être notre bouclier contre les convoitises prédatrices des ''nouveaux barbares''. Tel devrait être notre message aux générations futures.


Célestin BEDZIGUI

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/
Economiste, Poète, Essayiste
Chairman, Global Democratic Project,
En exil aux USA
BIOGRAPHIE


Autres articles intéressants de l'auteur :

Guerre contre la Libye : Prétexte humanitaire et Volonté de domination impériale :

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/...

LE VRAI DEBAT :

http://www.cameroon-info.net/stories/0,26302,@,le-vrai-de...


Pour développer son info :

Emeutes de février 2008 : Célestin Bedzigui demande une enquête de l'Onu :
http://www.africapresse.com/actualite/news-50/25/02/2010/

17:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, libye, kadhafi et nous, célestin bedzigui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LUMIERE SUR LE DISCOURS DE SARKOZY A LA COMMUNAUTE FRANÇAISE EN COTE D'IVOIRE

 

ADO ET SARKO.jpg

Sarkozy est finalement venu en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie d'investiture d'Alassane, ce 21 mai 2011, à Yamoussoukro. Après l'arrestation du président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, il est arrivé pour couronner officiellement son poulain ADO. Comme il l'avait promis, il a rencontré des membres de la communauté des expatriés français vivants en côte d'ivoire. Au cours de cette rencontre, il a livré un discours qui traduit dorénavant, la manière dont il compte mener la politique étrangère de la France en côte d'ivoire.

Nous avons lu ce discours pour vous, afin de mettre en exergue les enjeux de l'implication de la France dans cette crise mais aussi les nombreuses contre vérités qu'il renferme.

Ce discours s'articule tout d'abord autour d'un souci permanent : celui de justifier l'intervention de l'armée française, car hantée et acculée de par les critiques qui fusent de toutes parts et même au sein de la classe politique française.

Il commence son propos par un tour de charme destiné à la communauté française. Cette communauté qui aux heures chaudes de la crise avait refusé de se faire évacuer, car ayant en mémoire les déboires qu'avaient connus ceux qui l'ont été aux cours des évènements de 2004. Il leur exprime les préoccupations, les soucis, les inquiétudes qu'il avait ressentis pour eux pendant la crise dite postélectorale. Et leur affirme que c'est surtout à cause d'eux et de leurs familles que l'armée française est intervenue. On le sait, des expatriés français, il n'en était point question : seuls les intérêts économiques français comptaient. N'est ce pas eux qui chaque année rapatrient des capitaux vers leur pays d'origine, la France ? En effet ses agissements (destruction des aéronefs de l'armée ivoirienne, hélicoptère tirant sur les jeunes patriotes sur le pont De Gaule, tueries des jeunes gens sur l'esplanade de l'hôtel ivoire) avaient mis à mal cette paisible communauté livrée ainsi à la vindicte des ivoiriens. L'on se souvient encore des slogans : '' à chacun son blanc'' d'un côté et de l'autre '' à chacun son nègre''.

Poursuivant, il ne cache pas sa joie d'avoir reconquis l'ex colonie, en utilisant le terme de : '' relations fraternelles''. Quelqu'un disait quelque part : « ...les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts... ». Puis, il n'oublie pas de féliciter son Ambassadeur Jean Marc Simon qui a accompli sa mission commandée. On se rappelle comment ce dernier, aidé par celui des USA avait amené Youssouf Bakayoko président de la CEI à l'hôtel du Golf pour y proclamer les résultats de l'élection de décembre 2010. Notons en passant que ce dernier avait bénéficié depuis lors d'un exil doré en France.

Cette opération de charme va plus loin ; il évoqué la disparition des deux français enlevés et deux autres étrangers et promis de non seulement les retrouver, mais de punir les auteurs de cet enlèvement. Là-dessus, il ignore royalement Philippe Rémond, Français vivant à Yamoussoukro, assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. Il va plus loin en affirmant : « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité», oubliant les nombreux ivoiriens aussi tués en toute impunité. Deux poids, deux mesures donc : la vie du français est plus importante que celle de l'ivoirien.

A maintes reprises il a évoqué la démocratie. Selon ses propos, la France a pour vocation de soutenir la démocratie, donc des régimes démocratiques. Chères frères, cela fait bientôt deux mois qu'Alassane a pris le pouvoir. En Côte d'Ivoire il n'y a pas de démocratie :

- La liberté de réunion est compromise par l'insécurité grandissante

- Les journaux proches de l'opposition ne paraissent plus, ceux qui essaient de contrarier le régime en place sont menacés (exemple du quotidien l'Inter)

- La chasse à l'homme continue : plusieurs de nos ressortissants : plusieurs de nos citoyens sont exilés dans d'autres pays, fuyant les exactions

- Les rackets se sont intensifiés sur nos routes

- Plusieurs personnes politiques et civiles sont maintenues arbitrairement en prison au motif d'appartenir au camp Gbagbo

C'est cela la démocratie que ADO prône et que la France compte soutenir, alors que les médias français restent muets sur tous ces faits évoqués plus haut.

Parlant des élections, il affirme sereinement que le peuple s'est exprimé librement. C'est faire preuve de mauvaise foi : ignorer qu'au nord les rebelles ont intimidés, empêchés, menacés, violés les partisans de la LMP et ont bourrés les urnes, falsifiés les bulletins de vote, etc. Plusieurs observateurs notamment africains ont relevés tous ces manquements graves.

Du mandat de Gbagbo, il le décrit comme ''un décennie de crise et de souffrance''. Les ivoiriens sont encore là, ils ont vécu ces 10 années sous le régime Gbagbo et peuvent témoigner. Pendant 10 ans, des progrès significatifs ont été enregistrés :

- Amélioration des traitements des fonctionnaires

- De nombreux jeunes recrutés dans la fonction publique

- Gratuité de l'école

- Création de centres de soins

- Amélioration des revenus des producteurs agricoles

- Liberté d'expression etc.

Oui, les ivoiriens sont encore là. Tout n'a pas été rose, mais tout n'a pas été négatif non plus.

Puis il va plus loin dans son désir de tronquer l'histoire. En évoquant les présumés tueries des femmes à Abobo et l'utilisation des armes lourdes. A ce niveau, il faut rappeler que plusieurs gendarmes et policiers ont été aussi assassinés par ceux qu'ont a appelés ''les commandos invisibles'', sans compter les déplacements massifs des populations fuyant les combats. Des armes lourdes, il y en avait dans les deux camps. Mais seulement voilà, chose curieuse, l'ONU et la France avaient décidés de ne voir que celles du camp Gbagbo. Comment appeler cela sinon un parti pris pour des forces qui se disaient impartiales.

Dans son discours, il tire des leçons. Intéressons-nous à la deuxième : '' la responsabilité de protéger''. Il affirme : «  la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre... » Eh oui, elle ouvre les yeux lorsqu'il s'agit des blancs et des partisans de celui qu'elle supporte, et ferme les yeux sur ceux du Rwanda et plus près de nous ceux de Duékoué. A ce sujet, on peut se référer au rapport du Nouvel Observateur, organe de presse français. Les massacres de milliers de guérés de Duékoué reprochés d'être proche du camp Gbagbo, se sont perpétrés au nez et à la barbe des forces onusiennes qui y étaient stationnées.

3ème leçon, il réaffirme que la France a agit sous le mandat de l'ONU. Encore un stratagème quand on veut assouvir ses basses besognes, on utilise la couverture de l'ONU, comme en Libye. Voilà la nouvelle politique africaine de la France.

Avant de terminer, il évoque une série de mesures sur lesquelles la France compte aider ADO. Des mesures qui touchent des domaines sensibles tels que l'éducation, l'armée, la reconstruction, la réconciliation, etc. Mesures qui ressemblent étrangement dans leur description à des consignes qu'il laisse à son protégé ADO. La France compte aider la Côte d'Ivoire ? Quelqu'un a dit : «  les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts », sinon, au nom de quelle ''amitié'' ou ''fraternité'' la France s'ingèrerait-elle si ouvertement en Côte d'Ivoire ?

Cerise sur le gâteau : l'armée française sera maintenue en Côte d'Ivoire, bien plus, il sera signé entre les deux pays un nouvel accord de défense. Le ministre français à la défense sera dépêché dans les tous prochains jours en Côte d'Ivoire pour finaliser le document, qui dit-il sera rendu publique puisque publié. Rassurez-vous, la France est experte dans ce genre de traité floues et opaques qui n'offrent aucune lisibilité. Rappelez-vous, l'ancien accord de défense signé le 24 avril 1961 sous Houphouët Boigny.

Pour conclure son propos, il nous éclaire sur la morale de cette histoire : « ... la conviction, la détermination, le courage, les principes finissent par toujours triompher ».

Chers ivoiriens, reprenons à notre compte cette morale. A tous les ivoiriens qui aiment leur pays : notre conviction, notre détermination, notre courage, nos principes finiront par triompher de ce pouvoir ouattariste indigne et vendu à la France.

Côte d'Ivoire, la lutte continue...



Source: POUR UNE COTE D'IVOIRE SOUVERAINE

21 MAI : LE LAPSUS REVELATEUR DE DIABATE

DAGRI DIABATE INVESTITURE.jpg

 

«Monsieur le Préfet» (cliquer pour voir la vidéo) a lâché, avant de se rebiffer, la toute nouvelle Grande Chancelière nommée par Ouattara, lors de son investiture de samedi.

« Ce lapsus serait passé inaperçu n'eût été le contexte politique ivoirien où Ouattara est considéré par une grande partie de la population ivoirienne, et même africaine, comme l'homme de Paris », estime un observateur.

Alassane Ouattara, arrivée au pouvoir grâce à l'action de l'armée française, a exprimé sa reconnaissance à la France, non sans révéler « une vision commune de l'avenir » avec celle-ci.


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UNE «INTRONISATION» A PLUS DE 20 MILLIARDS


Les dépenses liées à l'investiture du chef d'Etat ivoirien, installé par la coalition armée Licorne-Onuci-FRCI, s'élèvent à plus de 20 milliards, rapporte dans son édition de lundi l'Observateur de Palga, journal burkinabé pro-Ouattara.

« Le coût élevé de l'évènement choque plus d'un ivoirien d'autant plus que le contribuable ivoirien sort de près de 10 ans d'une crise qui s'est soldée ces 4 derniers mois par un épuisement des dernières ressources qui pouvaient exister », commente-t-on à Abidjan. Pour certains, « il s'agit de l'intronisation du nouveau Préfet imposé par la France à la Côte d'Ivoire ».

Alassane Ouattara s'est fait investir Président de la République de Côte d'Ivoire samedi 21 mai à Yamoussoukro en présence d'une vingtaine de chefs d'Etat, dont Nicolas Sarkozy, seul représentant l'Occident.

Le Président Laurent Gbagbo, précédemment investi Président à l'issue de sa victoire constatée par le Conseil Constitutionnel aux élections de novembre 2010, est quant à lui détenu illégalement, sans chef d'accusation et sans droit de visite, dans le nord du pays depuis sa capture le 11 avril par la coalition pro-Ouattara.


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BURKINA FASO: MOUVEMENT DE COLERE DES MILITAIRES A OUAGADOUGOU


Les militaires du camp de gendarmerie Paspanga, en colère, ont tiré en l'air lundi aux environs de 20 heures dans la capitale du Burkina Faso, a-t-on appris d'une source militaire.

Des membres de la Garde nationale réclamaient des indemnités au gouvernement. Le centre de Ouagadouou a de nouveau été le théâtre d'un soulèvement militaire.

« Nous revendiquons des indemnités. Ce sont des sous qui sont déjà là, mais qu'on ne nous verse pas. On ne sait pas où ça va », a expliqué un militaire.

Un officier de l'armée a pour sa part affirmé que les militaires réclament des indemnités spécifiques, les mêmes que la Garde présidentielle.

Les mutins ont ensuite mis en place un barrage routier, bloquant avec des autobus les principales artères autour du camp militaire et refoulant les véhicules s'aventurant jusque-là. Le centre-ville s'est rapidement vidé dans la soirée, les passants sont rentrés chez eux en hâte.

Une mutinerie qui intervient alors que lundi matin, des milliers de collégiens et de lycéens ont de nouveau manifesté à Ouagadougou pour demander au gouvernement de satisfaire aux revendications de leurs professeurs en grève, qui exigent le versement d'indemnités.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.



Source des 3 articles: DIRECTSCOOP.NET

lundi, 23 mai 2011

SARKOZY - L'INTEGRALITE DU DISCOURS DE PORT-BOUET


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A chaud, je partage avec vous l'intégralité du discours que Nicolas Sarkozy a prononcé devant la communauté française réunie sur la base militaire de Port-Bouët. Bien entendu pour qu'on en débatte. Ma première remarque est qu'il est absolument curieux de venir s'expliquer sur des choix diplomatiques et une nouvelle orientation de "politique africaine" devant ce type de public. A priori, ses "explications", Sarkozy les doit soit aux Africains en Afrique, soit aux Français en terre française. Là, la première chose qu'il risque de faire est de créer une sorte de polarisation politique et idéologique sur une communauté qui sera encore plus associée aux errements de la classe politique hexagonale. Alors que les Français sont déjà pris pour cible dans les pays du Sahel en raison des choix de leur gouvernement, une telle mise en scène apparaît comme profondément irresponsable. Le lieu choisi, s'il peut se justifier par des nécessités de sécurité, est également problématique et rappelle l'obsession militariste d'un pays qui lie la perennité sa présence économique en Afrique à ce qu'il faut bien appeller une occupation armée. Pour les questions de fond, le débat est ouvert. Une dernière chose, Sarkozy se préoccupe du sort de Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, deux Français disparus lors de la crise poste électorale - parce qu'ils auraient été enlevés par des forces pro-Gbagbo -, et ignore superbement - comem la presse de son pays - le destin tragique de Philippe Rémond, Français assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. C'est cette logique qui consiste à évoquer des "massacres" en ignorant le plus massif qu'ait jamais connu la Côte d'Ivoire : celui de Duékoué, perpétré par les forces de Ouattara, et qui a fait environ un millier de morts, selon Le Nouvel Observateur.



Mesdames et Messieurs,


Je voudrais d'abord vous demander de bien vouloir excuser notre grand retard qui est dû au fait que nous sommes restés un peu plus longtemps que nous l'avions prévu à Yamoussoukro, compte tenu des impératifs de la cérémonie d'investiture.

Messieurs les Ministres, cher Alain, cher Henri,

Monsieur le Sénateur,

Monsieur l'Ambassadeur,

Madame et Messieurs les Conseillers à l'Assemblée des Français de l'Étranger,

Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes et si vous le permettez mes chers amis,

Je veux d'abord vous dire notre profonde émotion de nous retrouver aujourd'hui en terre ivoirienne, dans ce pays auquel la France est profondément attachée, et dont le destin, au cours des derniers mois, nous a causé tant d'inquiétude.

Notre émotion, mes chers compatriotes, de nous retrouver aujourd'hui à vos côtés, vous dont le sort, tout au long de la crise, n'a cessé d'être au cœur de nos préoccupations. Il n'est pas un moment, je vous l'assure, pendant ces événements, où nous n'avons pas pensé à vous et à vos familles.

A cette émotion se mêle naturellement la joie d'avoir célébré, ce matin, l'investiture du Président Alassane Ouattara. Il s'agit de l'avènement d'une Côte d'Ivoire nouvelle ; une Côte d'Ivoire démocratique, une Côte d'Ivoire en paix ; une Côte d'Ivoire qui retrouve le chemin de la stabilité et de la prospérité et puis surtout une Côte d'Ivoire qui renoue avec la France des relations fraternelles.

Mes chers compatriotes,

Je sais par quelles épreuves vous êtes passés, et si j'ai tenu à vous rencontrer aujourd'hui, c'est d'abord pour vous exprimer, en notre nom à tous et au nom de la nation toute entière, notre sympathie, notre admiration et notre solidarité.

Informé jour après jour des évènements qui se déroulaient ici, nous savons ce que vous avez vécu pendant quatre longs mois : l'inquiétude, l'angoisse, l'angoisse des parents pour la sécurité de leurs enfants ; l'angoisse des chefs d'entreprise, déjà profondément marqués par le traumatisme de 2004 et qui redoutaient de voir le fruit de leur travail à nouveau anéanti ; l'angoisse également quand les pillards frappaient à vos portes, ou quand les combats faisaient rage, parfois tout près de chez vous.

Dans ces circonstances extraordinairement difficiles, vous avez fait preuve d'un grand sang-froid, et d'une confiance inébranlable en l'avenir d'un pays auquel vous êtes profondément attachés. Les Français, tous les Français, par ma voix, vous rendent hommage, et je suis venu vous dire, au nom de chacun d'entre nous, que nous sommes fiers, que nous avons été fiers, de nos compatriotes de Côte d'Ivoire.

Si le pire, lors de cette crise, a pu être évité, nous le devons aussi à votre action, Monsieur l'Ambassadeur, et à celle de vos collaborateurs. Votre calme, votre solidité, le courage et la lucidité dont vous avez fait preuve dans les moments les plus délicats, tout cela n'a échappé à personne. J'ai voulu que vous en soyez récompensé et je veux ici vous dire, une fois de plus, ainsi qu'à tous ceux qui vous ont assisté pendant cette période, mon estime et notre amitié.

Comment enfin, dans ce camp de Port-Bouët, haut lieu de la présence militaire française en Côte d'Ivoire, ne pas saluer le travail admirable effectué, au profit des Ivoiriens et des ressortissants de nombreux pays, par les officiers, sous-officiers et soldats de la Force Licorne tout au long de ces évènements ? Ils ont accompli avec professionnalisme, avec dévouement et avec humanité les missions qui leur étaient confiées. Je veux leur dire qu'ils ont fait honneur à notre armée et je veux leur exprimer, en notre nom à tous, la plus vive reconnaissance de la nation.

Mesdames et Messieurs,

Le pire a été évité, lors de cette crise. Le traumatisme d'une nouvelle évacuation a été évité. L'année scolaire a été perturbée, mais finalement sauvée.

Pour autant, des tragédies individuelles n'ont pas pu être évitées.

Je pense bien entendu à nos compatriotes Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, ainsi qu'aux collaborateurs béninois et malaisien de ce dernier, enlevés le 4 avril et dont nous sommes, toujours depuis lors, absolument sans nouvelles. Que leurs familles, que leurs proches sachent que nous ne les oublions pas. Nous ne ménagerons aucun effort pour les retrouver, je l'espère, je veux y croire, sains et saufs. Nous mettrons également tout en œuvre pour que soient identifiés et punis sévèrement les auteurs de cet enlèvement abject. On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité. Ca ne serait pas juste, ça ne serait pas conforme à l'idée que je me fais de la morale. Le Président Ouattara m'a assuré, à cet égard, de son soutien et du plein concours des autorités ivoiriennes.

Je pense également à ceux d'entre vous dont l'outil de travail a subi des dommages graves et dont l'entreprise voit sa survie menacée. C'est un sujet que nous avons évoqué ce matin avec le Président Alassane Ouattara. Il s'y est montré attentif.

Il m'a d'abord promis de se pencher sur le cas des entreprises qui ont subi des dommages lors des manifestations anti-françaises de 2004.

Mais plus largement, nous sommes convenus de travailler à l'adoption rapide de mesures destinées à aider les entreprises à surmonter les conséquences des évènements récents. Dans cet esprit, l'Agence française de développement, en liaison avec les banques locales, soutiendra l'octroi, au cours des deux années à venir, de 100M€ de prêts aux PME, grâce à des crédits bonifiés et des mécanismes de garantie. La partie ivoirienne, pour sa part, étudie un certain nombre de dispositions destinées, à soutenir le secteur privé et à accélérer la relance de l'économie.

C'est un dossier, Monsieur l'Ambassadeur, que je vous demande de suivre personnellement, en liaison avec nos chefs d'entreprise et, naturellement, avec les autorités ivoiriennes. Et comme le Premier ministre François Fillon viendra en Côte d'Ivoire au mois de juillet, j'aimerais que ces dossiers soient réglés ou en voie de l'être pour le mois de juillet, de façon à ce que vous puissiez conclure avec le Premier ministre. Il n'est pas question là non plus de laisser seuls celles et ceux d'entre vous qui ont investi une grande partie de leur vie de travail ici.

Mes chers compatriotes,

L'action de la France, tout au long de la crise ivoirienne, s'est inspirée de principes simples : soutien à la démocratie ; appui aux efforts de la communauté internationale ; respect de nos engagements.

Prévues dès 2007 dans l'Accord Politique de Ouagadougou, les élections se sont longtemps fait attendre. Cinq ans après l'échéance normale, les Ivoiriens ont finalement pu voter le 31 octobre, puis le 28 novembre. Ils se sont déplacés en masse, sous le regard de trois mille observateurs.

Le peuple s'étant exprimé librement en faveur du changement et de la paix, nous avons donc appelé au strict respect de sa volonté.

Mes chers compatriotes,

Je vous demande de comprendre  qu'agir autrement, accepter un véritable hold-up électoral, n'aurait été au final acceptable ni pour les Ivoiriens, ni pour la communauté internationale. C'eût été sacrifier une chance historique de clore une décennie de crise et de souffrances. C'eût été se résigner à l'impuissance, alors que les Nations Unies avaient déployé des moyens considérables. C'eût été, enfin, la certitude d'un recul durable de la démocratie sur le continent africain : pourquoi aller voter si l'élection peut en toute impunité être volée ?

La France n'avait pas de candidat, la France a choisi de soutenir le candidat choisi librement par les Ivoiriens. Très vite, la CEDEAO, l'Union Africaine, et toute la communauté internationale, ont marqué, dans l'unité, leur refus de l'inacceptable.

La seule réponse fut une répression systématique. Chacun se souvient de ces femmes désarmées tombées sous les balles d'une mitrailleuse le 3 mars, ou du massacre sur le marché d'Abobo, provoqué deux semaines plus tard, par des tirs de mortier.

A l'initiative de la France et du Nigéria, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, unanime, a alors autorisé les forces impartiales à détruire les armes lourdes qui menaçaient les populations. La France, avec l'ONU, a pris ses responsabilités. De nombreuses vies - et la démocratie - ont été sauvées.

Je veux le dire avec force pour que chacun le comprenne : la démocratie n'est pas un privilège réservé aux pays occidentaux. C'est une aspiration profonde de chaque peuple, sur tous les continents de la planète. C'est aussi la garantie de la paix et du développement, comme nous le constatons aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Voilà la première leçon de cette crise !

Il ne viendrait à l'idée de personne, en Europe ou partout ailleurs en Occident, de transiger sur la démocratie. Il était hors de question de le faire, ici, en Côte d'Ivoire. J'ai été stupéfait, je dois le dire, d'avoir entendu des voix se lever, dans mon propre pays, dans notre pays, pour suggérer entre guillemets un « arrangement » avec un pouvoir devenu illégitime. En matière démocratique, il n'y a pas d'arrangement. Il y a la démocratie ou il y a la dictature. Il y a le respect de l'Etat de droit ou il y a la violence.

Mais il y a une deuxième leçon, qui me paraît tout aussi importante. En Côte d'Ivoire hier comme en Libye aujourd'hui, les Nations Unies ont mis en œuvre un principe qu'elles avaient adopté à l'unanimité en 2005 mais qui n'avait jamais été vraiment appliqué : la responsabilité de protéger. Oui je l'affirme, la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre. Dans ces deux crises, l'ivoirienne et la libyenne, face à des dirigeants - j'emploie les mots - qui massacraient leur propre population, la communauté internationale a décidé d'agir avec détermination, et c'est l'honneur de la France d'avoir, avec quelques autres, mené ce juste combat. L'armée française a agi au service de la démocratie. C'est là son honneur.

Troisième enseignement de cette crise -, tout ce que la France a fait, elle l'a accompli en appui aux organisations africaines, et dans le cadre strict de ses engagements vis-à-vis des Nations Unies. La France a eu le souci permanent de l'unité de la communauté internationale Et je veux rendre hommage au ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, pour l'action personnelle qu'il a menée au Haut Conseil de Sécurité, pour garantir cette unité. La France est intervenue en Côte d'Ivoire au nom de principes universels, forte d'un mandat international.

Mes chers compatriotes,

Vous l'avez compris, c'est une nouvelle politique africaine que nous mettons en œuvre. Et même une nouvelle politique étrangère que notre engagement en Côte d'Ivoire a illustrée ces derniers mois.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

L'investiture du Président Alassane Ouattara ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de la Côte d'Ivoire et des relations franco-ivoiriennes.

Même si c'est aujourd'hui l'espoir qui domine, nous savons que ce pays fait face à d'énormes défis : reconstruction d'une économie exsangue, mise à mal par des années d'inertie et de crise ; défi du rétablissement de l'autorité de l'État, de la reconstruction de forces de sécurité réellement nationales et non pas ethniques; défi de la restauration de l'unité du peuple ivoirien, par des mesures de justice et de réconciliation.

Nous en avons parlé ce matin avec le Président Ouattara, que j'ai trouvé, sur tous ces sujets, lucide et animé d'une détermination sans faille. Je lui ai exprimé la confiance de la France dans sa capacité à relever ces multiples défis. Je l'ai surtout assuré de notre ferme volonté de tout mettre en œuvre pour l'aider et aider la Côte d'Ivoire dans ce moment si crucial de son histoire.

Nous avons déjà mis en place des financements pour permettre à l'État de remettre l'administration en marche et de remplir ses obligations les plus urgentes. Nous serons également à ses côtés pour l'aider à renouer avec l'ensemble des organisations multilatérales.

La France prendra toute sa part de l'effort collectif en faveur de la Côte d'Ivoire. Des moyens importants seront consacrés à la relance de notre coopération bilatérale. Je souhaite qu'une attention particulière soit apportée, dans ce cadre, à des secteurs essentiels comme l'éducation, la formation professionnelle, les infrastructures, secteur sur lequel un travail spécifique du G20 est en cours d'initiative. Alain Juppé et Henri de Raincourt y travaillent déjà.

Pour financer ces secteurs prioritaires, la France mettra en place, conformément à ses engagements internationaux et après l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE par la Côte d'Ivoire, un contrat de désendettement et de développement pour la Côte d'Ivoire. Celui-ci sera d'un montant sans précédent puisqu'il dépassera les 2 milliards d'euros.

Dans le domaine militaire, la France contribuera à la réforme de l'armée ivoirienne. Je vous le dis mes chers compatriotes, nous garderons toujours des forces militaires ici, pour assurer la protection de nos ressortissants, dans ce camp. Mais je veux que les choses soient claires entre nous : l'armée française n'est pas là pour assurer la stabilité de quelque gouvernement que ce soit, fut-il un gouvernement ami.

Ce sont les Ivoiriens qui doivent choisir. Ici, nous avons des milliers de nos compatriotes, leur sécurité doit être assurée et donc il y aura des soldats pour cela, français, en accord avec les autorités de la Côte d'Ivoire. Mais l'armée française n'a pas vocation, c'est une nouvelle époque, à soutenir ou à intervenir dans les affaires des Etats africains. Nous sommes intervenus parce que la communauté internationale nous l'a demandé. Je dois vous dire avec honnêteté, que si nous n'avions pas obtenu de mandat de la communauté internationale, nous ne serions pas intervenus comme nous sommes intervenus. Nous serions intervenus sans mandat si vous aviez été vous-mêmes en danger, pour vous évacuer et pour vous protéger. Mais l'action que nous avons menée, c'est une action dans un cadre international.

J'ai demandé donc au Président Ouattara, et le ministre de la Défense viendra dans les semaines qui viennent, qu'un nouvel accord de défense soit conclu entre nos deux pays. Et j'ai indiqué que cet accord de défense sera publié. La France ne veut plus d'accord secret, d'accord caché. La France n'a rien à cacher. Elle est l'amie de la Côte d'Ivoire, ce sont les Ivoiriens et eux seuls qui choisissent leur gouvernement. C'est cela, la politique africaine de la France.

Mes chers compatriotes,

Dans ce nouveau partenariat franco-ivoirien, vous avez naturellement un rôle majeur à jouer.

Vous aimez profondément ce pays dans lequel nombre d'entre vous sont nés, ou ont vécu une grande partie de leur existence. Vous avez contribué à son développement par votre dynamisme et par vos compétences. Vous l'avez vu, ce pays, se déchirer. Vous en avez été meurtris mais, malgré les épreuves, vous êtes restés ici et vous avez maintenu votre confiance dans ce pays. Vous êtes le cœur battant de la relation entre la Côte d'Ivoire et la France.

Vous faites aussi rayonner, dans ce pays, nos savoir-faire, nos valeurs, notre culture. Vous y êtes l'image de la France.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire reprend sa marche en avant et compte sur vous pour l'accompagner dans cette nouvelle étape. Le Président Ouattara nous l'a confirmé avec force. Quant à nous et quant à moi, je compte sur vous pour nous aider à établir avec la Côte d'Ivoire la relation renouvelée, sereine, fraternelle, décomplexée - tournons-nous vers l'avenir au lieu de systématiquement évoquer le passé - et équilibrée entre deux grands pays indépendants et maintenant démocratique, que j'appelle de mes vœux.

Croyez bien que ce déplacement, pour nous, c'est un déplacement qui compte. Et pour moi qui aime tant la Côte d'Ivoire, que je ne puisse venir qu'à la 4ème année de mon mandat, ça en dit long sur la situation dans laquelle était tombée la Côte d'Ivoire. Vous, vous le saviez, mais nombre de gens ne le savaient pas ou faisaient semblant de ne pas le savoir.

Mes chers amis, la morale de cette histoire, c'est que la conviction, la détermination, le courage, les principes, finissent toujours par triompher.

Vive la France ! Vive la République et vive la Côte d'Ivoire !


Je vous remercie.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

vendredi, 20 mai 2011

UN FRANÇAIS REVELE: «LES FORCES DE OUATTARA TUENT ET CONSTITUENT DES CHARNIERS ATTRIBUES AUX PRO-GBAGBO»

 

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A la recherche d' informations sur le scandale sexuel du responsable du FMI, un ami à SARKOZY, nous avons rencontré le samedi dernier à l'hôtel Sofitel à Manhattan un touriste français qui, à notre grande surprise, semblait plus préoccupé par les souffrances du peuple de Cote d'Ivoire: "Je ne m'intéresse pas du tout à la vie mouvementée de ce type ( Ndlr: Mr Dominique STRAUSS) " balise t-il d'emblée la conversation avant d'ajouter: " Je suis plutôt outré par le développement du drame ivoirien". Un drame selon lui fabriqué par son pays la France et l'ONU. "Vous, les médias, devriez plutôt aller en Côte d'Ivoire et rendre compte de la souffrance des nombreuses personnes qui sont exécutées chaque jour dans les villes et villages de ce pays mais dont personne ne parle ici à New York.

Ce qui se passe dans cette partie du monde est vraiment triste et révoltant". La cinquantaine révolue, Nicholas LECHIENT insiste à ce que cela soit su car il dit avoir perdu son épouse, une ivoirienne d'ethnie Guéré et 6 membres de sa famille qui ont tous été exécutés par les soldats d'Alassane Ouattara en sa présence dans le quartier de Yopougon alors que, lui, a été épargné à cause de la couleur de sa peau. Très amer, Mr LECHIENT éprouve un véritable dégoût à l'égard des Présidents OUATTARA, SARKOZY et OBAMA: "Ce que ces gens ont créé en Cote d'Ivoire ne s'effacera jamais de la mémoire collective. Ecrivez le, Il y a eu plus de morts en Côte d'Ivoire qu'il n y en a eu ici lors des attentats du 11 septembre et cela continue toujours contrairement aux mensonges des nouvelles autorités ivoiriennes. Ce qui est plus révoltant, c'est que ce sont ceux qui ont commis ces crimes qui sont au pouvoir et se chargent aujourd'hui d'en trouver les responsables.

C'est vraiment la comédie juridique dans ce pays où tous les journaux de l'opposition sont aussi condamnés au silence et leurs sièges transformés en QG des combattants indigènes et incultes de Ouattara. Plus personne ne doit véhiculer d'autres messages que ceux du nouveau Président et ses hommes. Si c'est cela la démocratie voulue par OBAMA et SARKOZY, j'ai pitié pour ces soit disant "grands de ce monde".

Interrogé sur les nombreux charniers découverts chaque jour à Abidjan et attribués aux pro-GBAGBO, le touriste Français est sans détour: "C'est de la distraction. Comme elles sont accusées d'avoir massacré plus d'un millier de personnes à Duekoué, les forces de Ouattara cherchent aussi à épingler le camp GBAGBO. Mais, que cela soit à Duekoué comme à Abidjan, pourquoi les forces pro Gbagbo attendraient elles que les pro Ouattara les attaquent avant d'aller tuer des civils ? Cela a t-il un sens ? Le gouvernement OUATTARA fait des accusations stupides comme si son armée de rebelles n'avait pas combattu. Pourquoi les hommes de Gbagbo tueraient ils des gens qui ont majoritairement voté pour GBAGBO? Or c'est ce que le pouvoir Ouattara cherche à faire avaler au monde entier quand il parle de miliciens pro-Gbagbo et de découvertes bizarres de charniers évidemment constitués par lui-même. Ce sont toutes les personnes que les forces de Ouattara elles mêmes ont exécutées qu'elles ramassent à travers le pays pour en faire des charniers attribués aux miliciens(?) pro Gbagbo. C'est triste et vous comprenez que l'objectif de Ouattara et de ses hommes est de se blanchir dans des procès ridicules qu'ils annoncent.

A un moment où l'on parle de mandats d'arrêt internationaux contre Kadhafi et sa famille, Ouattara et ses tuteurs usent de toutes les combines pour échapper à cette mesure, inévitable pour lui si vraiment la justice est de ce monde. Dans tous les cas, la Cote d'Ivoire est devenue la terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie surtout quand on y forme cinquante après les indépendances "une armée républicaine" avec des analphabètes de tout acabit. Allez y comprendre quelque chose!"


Côte d'Ivoire, terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie


C'est par ces mots que Nicholas LECHIENT a terminé l'entretien qu'il a eu avec nous avant de regagner sa chambre dans ce luxueux hôtel de New York. L'émotion et la rage qu'on a pu lire sur son visage nous ont convaincu sur la réalité du drame des ivoiriens et surtout du black out total dont il fait l'objet de la part des médias étrangers. Mais dans ce monde moderne des nouvelles technologies de l'information où rien ne peut être enterré en cachette, l'espoir est permis. Malgré cette option des nouvelles autorités ivoiriennes de tuer, de traumatiser, de forcer tout le monde au silence, tout se saura maintenant ou plus tard. L'illettré Capitaine et seigneur de guerre qui se croit tout permis à Bouna savait il que la vidéo de son interrogatoire pouvait être regardée sur notre site quelques minutes seulement après la fin de ses errements ?

Une chose est sure; Nicholas LECHIENT connait bien ce pays où il a passé 19 années de sa vie. En insistant sur "Cote d'Ivoire, terre d'expérimentation des incongruités de cette dernière décennie", il nous rappelle que c'est bien ici que, se servant d'une véritable acrobatie juridique sans précédent, Paul Yao N'DRE, Président de la plus haute institution en matière d'élections a déclaré le 5 Mai dernier, Alassane Ouattara vainqueur des Présidentielles du 31 Octobre 2010 après l'avoir fait dans les mêmes conditions pour GBAGBO quelques mois auparavant. En se débrouillant pour trouver des "tra-la-la" inimaginables afin de justifier cette pirouette d'une exclusivité déconcertante, ce grand homme de lois venait ainsi de se signaler dans l'histoire des rares et courageuses prouesses juridico-constitutionnelles dans le monde.

Si, pour s'accommoder ce saut vu comme étonnant et humiliant, d'aucuns ont estimé que Yao n'avait pas de choix, c'est le sérieux et le courage même de la justice ivoirienne qui nous interpellent car elle nous donne des frissons quand nous regardons aujourd'hui comment elle opère pour désigner les responsables des nombreux massacres des ivoiriens pourtant déjà révélés dès les premières heures par les organisations internationales. Certainement une parodie de procès se prépare contre GBAGBO et ses partisans.



Jack SARKORRACHI


Source: TWNews

L'OTAN PEINE A ATTEINDRE SES OBJECTIFS: LA PANNE DE LA DETTE AMERICAINE ET L'EUROPE VASSALE

 

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Par Mohamed Bouhamidi



Dimanche et lundi de cette semaine qui s'écoule,  deux informations se côtoyèrent sans se télescoper. La première nous apprenait que le gouvernement américain, dont l'idéologie économique inspire si profondément nos ultralibéraux locaux ou expatriés, avait atteint le plafond de l'endettement autorisé. Ce plafond culmine à plus de quatorze mille deux cent quatre-vingt-quatorze milliards (vous avez bien lu 14 294 milliards) de dollars. Il reste une seule option pour le gouvernement américain : diminuer ses dépenses et fermer des écoles, des centres de santé, des centres sociaux et des centres d'aide aux plus pauvres. Des pauvres, de plus en plus il en existe aux Etats-Unis et les expulsions des familles de leurs logements ont atteint des records et se comptent en centaines de milliers. Ces pauvres n'ont pas encore leur Charlie Chaplin et ses films poignants sur leur détresse. Ils n'ont plus ces syndicats-courage qui affrontaient les milices de la maffia (vous avez aussi oublié que le patronat et les gouvernements américains ont utilisé la maffia pour mater puis tuer les syndicats de classe ? Revoyez vite Sur les quais et relisez vite Manhattan Transfert). Les travailleurs américains n'en sont pas moins capables de retrouver le chemin des luttes sociales et des luttes de classes.

Et tout le dispositif de pillage planétaire qui payait, sur le dos des autres peuples, le niveau de vie qui permettait aux Américains de base de se satisfaire d'une vie à crédit. La somme astronomique du plafond d'endettement de l'Etat avait permis et permet encore aujourd'hui de faire des Etats-Unis la principale base militaire et politique du capitalisme mondial. Les autres grandes puissances ont aussi servi de base à leurs capitalismes locaux devenus des «capitalismes dominés» à la suite de la Seconde Guerre mondiale, des capitalismes sous protection face à la «menace soviétique» ; entendez par là face à la menace de leurs propres peuples en butte à la surexploitation capitaliste. Les colonies avaient permis aussi à ces puissances de payer un niveau de vie qui éloignait les menaces internes et cela explique largement, par ailleurs, la vocation coloniale et l'impérialisme humanitaire à plusieurs géométries variables de socialistes ou socio-démocrates européens. Même sans le grand Charlot, même sans de puissants syndicats de classes, les travailleurs américains peuvent retrouver les chemins de la lutte et se doter d'organisations de classes - partis et syndicats. Les dernières luttes du Wisconsin  pour la préservation du droit des travailleurs à mener des négociations collectives (eh, oui !) nous le montrent bien.

Dans la grande démocratie américaine, un Etat interdit désormais aux travailleurs  de mener des négociations collectives et enlève toute signification à l'existence des syndicats dont c'est la seule justification sociale ! L'idéologie du management aura triomphé jusqu'au bout dans cet Etat. Le feu est donc dans la maison américaine, et il constitue une sérieuse menace. Cette interdiction de lever de nouveaux crédits pour le fonctionnement des services de base transformerait les Etats-Unis en pays du tiers-monde sur le plan social et induirait une quasi-faillite accompagnée d'un effondrement du dollar. Les Républicains finiront par accepter un arrangement avec les Démocrates en imposant certaines de leurs conditions car, comme Obama et les siens, ils sont là pour sauver le capitalisme et lui assurer encore plus de chances pour des profits encore plus élevés. Les Républicains, comme les démocrates, n'ont d'ailleurs pas le choix, face à la gravité de la crise,  que d'aller vers une gestion politique unique. Les grands centres financiers qui ont rassemblé les sommes délirantes de la campagne électorale d'Obama savaient déjà que la profondeur et la gravité de la crise exigeaient une convergence des deux grands partis américains. Maintenant, nous apparaît dans toute son étendue la signification du maintien de Républicains dans des postes clés de cette administration démocrate. Comme se trompaient les éditorialistes et analystes qui voyaient dans la volonté consensuelle d'Obama le trait d'un caractère hésitant et porté à la conciliation. Même Fidel Castro et bien d'autres dirigeants du monde se sont laissés induire en erreur par l'image qu'Obama s'est construite.

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En fait, derrière le prix Nobel de la paix se dévoile jour après jour un intraitable homme de guerre en charge de couvrir de son sourire charmeur la politique de Bush agressive. Obama défendra le leadership mondial des USA avec la dernière et donc la seule carte qu'ils possèdent encore : la suprématie militaire. Obama doit mener une politique guerrière en vue de faire payer les déficits américains au monde entier et les alliés des USA doivent la faire à la place des Etats-Unis pour ces mêmes considérations budgétaires qui obligent la Chine et d'autres pays à payer pour les USA leur déficit, leur endettement et leurs emplois. Les USA ne peuvent plus attendre une solution à la crise ; ils doivent aller chercher eux-mêmes et au besoin la faire chercher par leurs alliés. L'évolution de la position italienne en reste le meilleur indice : Berlusconi n'avait pas à exprimer des intérêts italiens dans l'affaire libyenne mais s'aligner sur les Américains. Il l'a fait avec quel sens du rapport de force et quel sens de l'obéissance ! L'Italie cherchera autrement qu'avec El Kadhafi les contrats qui peuvent alléger ses dettes et la crise qui frappe à sa porte. Dans cette affaire libyenne on a voulu nous faire avaler bien des couleuvres, de l'«influence» de BHL qui a rendu de bien grands services à ses maîtres du capital, à la fiction d'une révolution. Une nouvelle vérité planétaire en sortira pourtant toute crue : l'Europe menée par les deux sionistes Cameron et Sarkozy, c'est-à-dire par les deux plus pro-Américains des dirigeants actuels de l'Europe, est passée officiellement de statut d'alliée des USA à celui de vassale. En clair, il n'existe plus pour les Européens de solution européenne. Ni monnaie unique, ni défense commune, ni économie commune, ni diplomatie commune. La solution pour tous, c'est l'alignement sur les USA. Et c'est une bien grosse erreur que de se laisser impressionner par cette Europe vassale même dans les négociations sur l'accord d'association.

L'Europe peut-elle faire face à la crise qui la secoue sans les USA ? Evidemment, non. Le gouffre grec a déjà englouti plus de 120 milliards d'euros et le pays se débat dans de nouvelles difficultés. Le Portugal, l'Espagne, l'Italie ne sont pas à meilleure enseigne. Le gouvernement français multiplie les mesures préventives dont le symbole est aujourd'hui moins de classes pour plus d'élèves. L'Angleterre ne va pas mieux. Pour elle comme pour les USA l'équation est la même et elle est simple : pour garder des taux de profits élevés pour le capital il faut réduire toutes les structures sociales, de l'hôpital à l'école publique et empêcher que le mécontentement des citoyens ne se retourne contre le capital. Alors l'argent qui manque, il faut le chercher ailleurs. (Nos enfants apprennent-ils que l'occupation française commença exactement de cette façon, par une histoire de dettes et de crise financière en France ?). Le chercher ailleurs par la force en s'emparant directement des richesses comme en Irak ou en mettant un peu partout des Ouattara et des Karzai.Au même moment que la Réserve fédéral et l'administration américaine cherchaient des solutions au problème de cessation de paiement, le chef de l'état-major britannique demandait l'élargissement des cibles militaires en Libye. Dans les médias dominants on nous raconte tous les jours la belle histoire d'avions qui mènent des «frappes» ouvrant la voie aux partisans de la liberté. Ces médias font tout pour faire croire à un bon déroulement de l'agression et inventent des exploits là où  l'Otan ne commet que des crimes. Pour les dirigeants des grandes puissances, la manipulation est devenue vitale. L'opinion publique doit croire aux exploits de ses soldats et trouver au moins un motif de satisfaction dans la conduite de la guerre, consumer leur agressivité sur des bicots-nègres et retrouver le sentiment de supériorité du petit Blanc qui laisserait à la fois du répit à Sarkozy et consorts européens et donnerait au petit citoyen européen du coin le sentiment de naviguer plus haut que l'Arabe. Le chef militaire anglais avoue quand même que les bombardements n'ont pas produit les effets escomptés. Nous sommes passés d'une estimation guerrière de trois jours pour liquider Kadhafi, à quelques jours ou semaines, puis à quelques semaines mais pas des mois, à quelques mois puis maintenant à une demande de bombardements «élargis».

L'aviation et les missiles de croisière mobilisés pour abattre Kadhafi ont théoriquement la capacité de détruire n'importe quel autre pays. Et aucun, absolument aucun dictateur n'aurait tenu sous ce déluge de feu. La guerre des mots et des concepts qui est l'autre versant de cette guerre des colonisateurs-croisés (comme elle l'est de toutes les guerres) commence à atteindre ses limites. Approfondissement de la crise du capitalisme avec ses conséquences guerrières et belliqueuses, d'une part, et impuissance des organisations politiques et militaires (Etats capitalistes plus l'Otan) de mener des guerres asymétriques, de l'autre. La fin de l'hégémonie américaine ressemble à s'y méprendre à l'agonie de l'Empire romain qui a rendu l'âme sur notre sol sous le coup d'une insurrection commencée avec Donat et Cyprien et achevée après Gédéon. Pour faire face à sa crise financière, il fallait à Rome des impôts et des tributs plus lourds que seules des guerres pouvaient assurer mais qui coûtaient plus cher que les revenus générés. Comme dans la Rome antique, il faut aujourd'hui du pain et des jeux pour calmer les frondes sociales. La télévision et le football  assurent les deuxièmes mais il est de plus en plus difficile d'assurer le premier.

Comme dans la Rome antique, le sexe et l'argent tiennent lieu d'exorcisme quotidien à des populations en perte de statut social partout en déchéance et en déshérence sociales.En Libye le «Bédouin» a tenu tête aux puissances occidentales coalisées ; à toutes ces puissances occidentales. Il est devenu le grain de sable qui bloque la machine de l'agression et de la rapine et l'empêche de nous toucher tout de suite. Le «Bédouin» suscite aujourd'hui la haine viscérale de tous les ultra libéraux et particulièrement les ultra libéraux algériens tapis dans le pouvoir politique, économique ou médiatique qui espéraient un «traitement» de l'Algérie dans la foulée des «trois jours» que s'accordaient les coalisés pour descendre Kadhafi comme Israël s'était donné une semaine pour descendre le Hezbollah. La haine de Kadhafi grandira en fonction de sa résistance. La coalition a déjà perdu une bataille en échouant dans son  objectif de se débarrasser rapidement de Kadhafi. Medvedev s'est mis dans la partie et il veut intimider le dirigeant libyen et obtenir son départ pour complaire aux Américains et bénéficier de leur soutien dans la course prochaine au Kremlin qui l'opposera à Poutine. Dans ce total isolement, le peuple libyen continue de résister.

L'histoire jugera ceux qui en Algérie ont fait des pieds et des mains pour nous entraîner dans l'immobilisme en croyant faire œuvre de «théorie» en renvoyant dos à dos Kadhafi, «le dictateur», et les agresseurs coalisés. La même astuce avait réussi pour Saddam Hussein mais on ne pourra plus demander d'avis à un million d'Irakiens morts de démocratie. Face au CNT, composé essentiellement d'anciens responsables libyens gagnés à la religion du libéralisme qui veulent aller plus vite et plus loin  dans la communion mondialisante avec les Camdessus et autre Dominique Strauss-Kahn, le peuple libyen et ses dirigeants, dont El Kadhafi, sont en train de défendre aussi une idée : celle de l'Etat national alors qu'on nous annonçait le temps venu de refaire les frontières des indépendances. Les femmes et les hommes honnêtes prendront-ils la pleine conscience de l'enjeu planétaire qui se joue en Libye entre un capitalisme en crise structurelle et avide de profits et de ressources, d'une part, et, d'autre part, des nations plus que jamais en nécessité de leurs ressources et de leur autonomie politique ? Nous le saurons quand du monde entier, et d'abord de notre pays directement menacé, se lèveront les protestations et les masses mobilisées contre l'agression colonialiste-croisée et pour le soutien à la nation et à l'Etat libyens  dans la défense de son indépendance et de son intégrité contre l'impérialisme et ses agents du CNT.


Source: LA TRIBUNE ONLINE.COM

mardi, 17 mai 2011

ENQUETE SUR UN MASSACRE - ALASSANE DRAMANE OUATTARA A ORGANISE DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE, AVEC LE SOUTIEN DE NICOLAS SARKOZY




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L'enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire. Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l'ex-président Laurent Gbagbo a fait l'objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l'entreprise de diabolisation qui le visait. Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l'élection présidentielle, on était habitué.

Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l'exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d'organisations humanitaires que l'on ne peut soupçonner de collusion avec l'ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu'il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d'Alassane Ouattara, construite à coup d'articles laudateurs, d'omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l'Histoire retiendra qu'il a été capable d'enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s'asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.


La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu'au bout, même s'il est plus agréable d'ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C'est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L'opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l'ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience: L'horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby


Pour voir des photos du massacre de Duékoué, cliquez ici: link


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1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse.
Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L'endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l'humidité trempe le corps. Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.


Dans l'air, il reste cette odeur pois­seuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l'ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Sauveur, carbonisée, les mai­sons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d'Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d'un foot­balleur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d'une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D'abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l'armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l'armée de l'ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l'autre, le grand propriétaire, le fermier, c'est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s'appelle une épuration ethnique.

Tout près d'ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l'une d'elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l'autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d'où les massacreurs ont surgi. Et s'ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d'Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d'une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s'y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l'on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu'au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l'hiver, précisément à l'heure de la récolte. Les grandes terres appartiennent depuis toujours aux Guérés, réputés peu enclins à défricher leur brousse. Depuis une vingtaine d'années, certains ont vendu, loué ou concédé, souvent sans contrat écrit, une parcelle aux Malinkés venus du Mali, du Burkina Faso. Des immigrés durs à la tâche qui ont labouré, pris racine, se sont multipliés. « La terre est à celui qui la travaille», disait Houphouët-Boigny, le vieux sage. C'était avant le débat sur l'«ivoirité», une saleté théorique inventée à Abidjan pour fabriquer des castes. Le prix du cacao a augmenté, les métayers Malinkés sont devenus riches, grignotant parfois les champs au-delà du permis, le propriétaire guère est mort et ses enfants ont voulu réviser, voire annuler les contrats : les conflits ont éclaté.

En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe... juste au-dessus de Duékoué. L'ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route», bandits de grand chemin, le groupe d'Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s'est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d'autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de «généraux» et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria... la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu'aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l'occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Malinké et pas une semaine ne passe sans que l'on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d'animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d'occire un éléphant d'un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s'est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l'hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d'Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande revanche. « Vers quatre heures du matin, j'ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J'ai hurlé, croyant à un cauchemar. J'avais raison», dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l'herbe au pied de l'arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : «Nous sommes souffrants, vous comprenez...» Elle a pourtant tout fait pour échapper à l'horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s'abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l'Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s'effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L'armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s'infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis... s'arrêtent, font la fête et pillent. C'est l'erreur. Venue du sud, une unité pro-gouvernementale, dotée d'un tank, contre-attaque et reprend le centre-ville. Au passage, les soldats en profitent pour assassiner les civils malinkés et égorgent un imam. Dans l'après-midi, le gros des troupes régulières du Nord, armées de mitrailleuses lourdes et de canons, arrive en renfort, désintègre le tank et met un terme à vingt-quatre heures d'une bataille confuse et sanglante. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d'identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d'identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers !», dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : «Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs... Les gâteurs, c'est ceux qui arrosaient nos maisons d'essence avant de mettre le feu.» Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l'église : «Quel est ton parti ? - Le parti de Jésus-Christ. - Jésus-Christ ? C'est pas un parti !» Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : «Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres !» Et les anciens métayers exultent : «Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue !» Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ?» Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l'épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. «Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans... Ils ont tué neuf personnes de ma famille», dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l'appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : «Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer !» Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l'enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d'une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d'aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l'Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l'arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J'ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc», dit Clémentine. Quand les hommes s'en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. «Ces cris... je les entends encore, chaque nuit !» Elle appelle l'Onuci, trois fois, au secours, en vain : «Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements !» Le lendemain, le groupe d'assassins revient, avec des chiens «pour chercher les fusils cachés», disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C'est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : «Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] !» Clémentine, elle, reste, «pour continuer à informer les autorités». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l'argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : «Je suis vieille. Je suis votre maman.» Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S'en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : «On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques !»

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu'au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu'à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l'odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. «La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours.»

Dans la nuit africaine, quand l'orage finit par éclater, c'est toute l'eau d'un ciel peu miséricordieux qui s'abat d'un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l'Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d'eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.




Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011


Source: SAOTI, Le blog de Mahalia Nteby