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mardi, 17 mai 2011

PARALLELE AFFAIRE DSK-KIDNAPPING DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Parallèles, parallèles


Si l'affaire DSK pouvait ouvrir les yeux des français et de l'indigne parti socialiste .... !
Alors que les ivoiriens dénoncent depuis 2002 l'ingérence dont ils sont victimes et qu'ils ont hurlé au complot international lors du kidnapping de Laurent Gbagbo, la presse française les a discrédités à longueur de colonnes.

Cette même presse, curieusement relaie le doute sur l'affaire DSK....

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Curieux comme dans l' « affaire DSK » tout comme dans l'affaire des élections en Côte d'ivoire, un jeune proche de l'UMP a lancé un tweet suspect. (Voir séquence « Aurore Bergé
» dans cette vidéo à la septième minute).

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La France s'indigne des images de l'homme fort du PS menotté.

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Et comme le dit si bien Bruno Ben Moubamba:

http://moubamba.com/choc-des-images-de-gbagbo-a-strauss-k...

« Les images dégradantes du Président ivoirien, le 11 avril 2011 ! Elles n'ont pas choqué la classe politique française et le FMI !


Ça fait mal ? »


Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre mon cher cousin ? Comme c'est bizarre... !


Allez, encore un effort, un peu d'optimisme et les Français vont finir par comprendre ce qui s'est réellement passé en République de Côte d'Ivoire, en leur nom.

Et comme le dit un de mes amis (Fernand Dindé), « Ils finiront bien par comprendre avec l'affaire STRAUSS-KHAN. Ils comprendront que ce sont des intérêts mafieux qui dirigent désormais le monde et non plus les États. Le centre du pouvoir a changé (il s'est déplacé). Nous sommes en plein dans la mise en place du Nouvel Ordre Mondial. SARKOZY nous l'avait promis au lendemain de la crise financière de 2009.

L'angoisse et la stupéfaction parmi les hommes qui ont encore toute leur raison ne fait que commencer! ».

 

Voir la vidéo "Sarkozy veut imposer le Nouvel Ordre Mondial", cliquer:

 

ICI


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

dimanche, 15 mai 2011

PRESIDENTIELLE FRANÇAISE 2012: L'AGENT DE LA CIA, NICOLAS SARKOZY, S'OFFRE LA TETE DE DOMINIQUE STRAUSS-KHAN



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L'on a encore en mémoire les méthodes peu catholiques utilisées par Nicolas Sarkozy, selon les révélations de Wikileaks qui a publié une biographie peu enviable de l'agent de la CIA qu'est le Président français, pour éjecter de la course à la présidentielle 2007 ses rivaux les plus sérieux, dont notamment Dominique de Villepin avec l'affaire Clearstream, montée de toutes pièces par les agents secrets américains pour porter leur poulain à la tête de l'Etat français, comme cela a été le cas en Côte d'Ivoire avec Alassane Ouattara. L'axe du mal Washington-Paris est en ce moment en état de grâce et en plein printemps avec les révolutions arabes en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie, au Barhein et au Yémen, les crises interminables d'Afghanistan et d'Irak, la crise ivoirienne, l'affaire Strauss-Khan et les dossiers d'Al Qaeda dans le monde et au Maghreb islamique. Que DIEU garde l'humanité contre le Nouvel Ordre Mondial!


PLUTOT EN RIRE QU'EN PLEURER!


Affaire Strauss-Kahn : « La bombe a été actionnée à distance », selon le Lieutenant Colombo.


Le Président du FMI a été arrêté par la police à New-York au moment où son avion s'apprêtait à décoller vers la  France. Strauss-Kahn est accusé d'agression sexuelle sur la personne de « Miss Monde», pardon, une femme de ménage. Vraiment, c'est n'importe quoi !

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Lieutenant Colombo : «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été actionnée à distance».


Le scénario dont le Président du FMI a fait l'objet est digne d'un film érotique. La scène : Strauss-Kahn qui était sous la douche, aurait aperçu une splendide jeune femme en train de ranger son lit. M. Strauss-Kahn quitta brusquement la douche nu avant de plonger directement sur la «bombe». Au diable le Sida, il n'a même pas eu le temps de mettre un préservatif. La femme résista sur le lit chose qui a fait enrager M. Strauss-Kahn. Elle est traînée de force dans la salle de bain et agressée une deuxième fois. Le directeur du FMI aurait même forcé la femme à lui faire une fellation, tout en tentant de la déshabiller. La jolie et courageuse jeune femme a réussie à s'enfuir après avoir été blessée par le «méchant» Strauss-Kahn. Quelle horreur ?

L'alerte est donnée, la police New-yorkaise a fait appel au Lieutenant Colombo, pour élucider cette affaire. Peter-Falk a réussi non seulement à identifier le coupable mais à le localiser, en un laps de temps. «C'est lui, j'étais sûr. M. Strauss-Kahn est un récidiviste, il a déjà fait ça, avec une fonctionnaire du FMI», a déclaré M. Colombo à la presse internationale. Les aiguilleurs du ciel ont été alertés avec instruction de suspendre l'ensemble des vols vers la France. Strauss-Kahn s'est rendu à la police sans résistance et fut débarqué de son avion. Accusé de tentative de viol, agression, séquestration et de tentative de fuite, M. Strauss-Kahn ne sera certainement libre qu'après 2012. Tenant un cigare, Colombo a expliqué à sa femme que «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été «actionnée à distance».


Source: LE NOUVEL OBSERVATEUR

vendredi, 13 mai 2011

LA BALKANISATION DE LA LIBYE: LES PLANS DES ETATS-UNIS ET DE L'OTAN

 

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Mahdi Darius Nazemroaya


Cet entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya réalisé le 26 avril 2011 traite de l'impasse de la guerre en Lybie, et de la stratégie du Pentagone et de l'OTAN pour diviser ce pays. Il aborde également le rôle de la Turquie et de l'Allemagne, ainsi que les plans de l'Union européenne d'envoyer une force de maintien de la paix. Il souligne l'importance économique de Misrata.


XU JINGJING : Il semble que la coalition occidentale ait ralenti ses actions durant les trois dernières semaines. À votre avis, quelles sont les raisons de cette impasse ?

NAZEMROAYA : L'impasse en Libye est calculée. Les États-Unis et l'OTAN veulent maintenir une impasse stratégique entre le Gouvernement libyen à Tripoli et le Conseil transitoire à Benghazi. Ils se servent de cette impasse pour manipuler à la fois Tripoli et Benghazi. Plus les parties seront fatiguées et affaiblies, plus elles seront disposées à se tourner vers les États-Unis et ses partenaires de l'OTAN pour mettre fin au conflit. Le Conseil transitoire sera également enclin à faire davantage d'offres aux États-Unis et à l'UE. Le régime libyen à Tripoli demandera aux États-Unis et a l'UE de mettre fin au conflit et fera aussi des concessions. Les États-Unis et l'UE veulent que les deux côtés, à Benghazi et à Tripoli, soient plus dépendants de Washington et de Bruxelles comme arbitres de la situation en Libye.

Le résultat final sera que la Libye va se transformer en ce que les États-Unis et l'Europe de l'Ouest voulaient qu'elle soit depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Leur objectif est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations.

Ils ont divisé les Arabes qui devraient n'être qu'une seule nation. Ils ont contribué à diviser le peuple de l'Inde. Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans. Ils ont divisé les peuples de l'Asie du Sud-est. Ils ont travaillé à diviser l'île de Taiwan de la Chine continentale. Ils ont œuvré pour que l'Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l'Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les Libanais. Maintenant les États-Unis et l'UE ont l'intention de diviser davantage les Arabes, et de créer aussi des divisions dans les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud. Et ils continuent à diviser les musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites. Ils continuent aussi à travailler d'arrache-pied pour diviser la Russie, l'Iran et la Chine.

Avant 1951, les États-Unis, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne avaient tous des accords entre eux pour diviser la Libye en sphères d'influence et ils ont même tenté d'empêcher la Libye de devenir un pays uni et indépendant. Ces puissances impérialistes voulaient à l'origine que la Libye soit divisée en trois territoires distincts. Le peuple libyen s'y est farouchement opposé.

Washington, Londres et Paris ont même eu des entretiens avec l'URSS sur l'établissement de trois mandats des Nations Unies appelés tutelles en Libye. Un de ces mandats aurait concerné la Cyrénaïque sous contrôle britannique, un autre le Fezzan sous contrôle français et le dernier la Tripolitaine sous contrôle italien. Les États-Unis supervisant l'ensemble. Mais les Soviétiques avaient des idées différentes sur la question et désiraient le mandat en Tripolitaine ou le partager avec l'Italie. Finalement, aucun accord ne put être conclu et la Libye devint indépendante après un débat à l'ONU.

Quand les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie tombèrent d'accord pour donner l'indépendance à la Libye, il fut décidé que cela se ferait sous la forme d'un État fédéral sous la férule du roi Idris. Idris fut placé comme chef de l'État libyen par les Britanniques et les puissances coloniales et, dans le cadre de ce système fédéral, les autres petits émirs dirigeraient la Cyrénaïque et le Fezzan et seraient les représentants non-élus de ces deux territoires.

En Tripolitaine, où se concentrait la vaste majorité de la population libyenne, les représentants libyens seraient choisis par le peuple, mais dans le cadre d'un système fédéral qui donnerait une importance équivalente à la Tripolitaine, à la Cyrénaïque et au Fezzan. Les représentants choisis par le peuple libyen seraient ainsi placés en minorité face aux émirs et aux cheikhs.

Dans le système fédéral souhaité par Washington, les émirs non élus représentant les populations plus réduites de la Cyrénaïque et du Fezzan seraient majoritaires dans l'Assemblée nationale libyenne. Ce que les États-Unis et leurs alliés essayaient de faire était d'éliminer toute forme d'auto-détermination de la part des Libyens. Les États-Unis et leurs alliés tentaient de transformer la Libye en un émirat comme le Bahreïn, le Qatar, le Koweït ou les Émirats Arabes Unis.

Aujourd'hui les États-Unis et l'UE sont en route pour imposer un nouveau système fédéral en Libye ou pour diviser le pays entre au moins deux administrations, à Tripoli et à Benghazi. Ces pays poussent à une guerre tribale en Libye, ce qui transformerait le pays en une seconde Yougoslavie. Les guerres tribales en Libye se répandraient au-delà des frontières de la Libye dans le reste de l'Afrique, de l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique centrale et à l'Afrique de l'Est.

XU JINGJING : Les négociations politiques sont-elles dans une impasse ou au-delà ? Comment voyez-vous ces pays attribuer les obligations de la guerre et les intérêts de l'après-guerre ?

NAZEMROAYA : Les Britanniques ont élaboré un schéma selon lequel les membres arabes de la coalition contre la Libye enverront leurs troupes en Libye ou financeront une armée massive de mercenaires étrangers.

Une invasion terrestre partiellement privatisée de la Libye aura lieu. À cet égard, les Britanniques veulent que les pays arabes comme le Qatar et les Émirats Arabes Unis financent des mercenaires britanniques et américains en Libye. Comme les Britanniques l'ont déjà fait à Oman il y a plusieurs années, Londres va même autoriser des membres de l'armée britannique à quitter temporairement l'armée pour aller travailler ou combattre en Libye comme mercenaires. Voilà pourquoi les États-Unis étaient contre l'inclusion d'un article dans la résolution de l'ONU 1973, qui aurait permis de poursuivre en justice des mercenaires étrangers qui ne sont pas parties à la cour internationale de justice.

Alors que les États-Unis ont été chargés de diriger l'attaque contre la Libye, ce seront les Européens de l'Ouest qui se chargeront de l'occupation.

L'UE veut maintenant occuper la Libye. Ils le feront sous la couverture d'un mandat d'une force de maintien de la paix. Ceci ne fera que diviser la Libye plus avant. Et ce sera sous les yeux d'une force de maintien de la paix de l'UE que les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi s'éloigneront irrémédiablement l'un de l'autre. Très probablement, la Libye sera gouvernée par deux gouvernements séparés ou dans le cadre d'un système fédéral.

Les États-Unis et l'UE ont contribué à créer à Benghazi une nouvelle banque centrale, ainsi qu'une nouvelle compagnie pétrolière nationale. Les États-Unis veulent sans doute se positionner militairement en Libye et peut-être même essayer d'y établir plus tard le QG de l'AFRICOM. Wall Street et les grosses banques européennes géreront également les finances de la Libye. Le secteur de l'énergie sera partagé entre les États-Unis et l'UE, avec l'inclusion du Qatar en récompense à son émir pour les services rendus. Celui-ci est déjà responsable de l'accord entre la nouvelle compagnie pétrolière nationale à Benghazi et Al Jazeera a également contribué à créer les stations médiatiques du Conseil national transitoire.

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XU JINGJING : Voyez-vous des dissensions au sein des pays de la coalition se battant contre Kadhafi ? Ont-ils des buts et des intérêts nationaux différents ?

NAZEMROAYA : Je ne vois aucune preuve de dissensions majeures entre les États-Unis et leurs alliés. S'il y en avait cela ne pourrait se produire qu'entre la partie anglo-américaine d'un côté et franco-allemande de l'autre. Ce sont les deux piliers de l'OTAN. Tout le monde au sein de l'OTAN suit un de ces fronts.

Il a été dit que l'Allemagne et la Turquie ont des vues opposées à celles des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Avec Rome quelque part entre les deux. Mais les actions des dirigeants de ces pays en disent plus long que leurs paroles. Le gouvernement allemand a soutenu la guerre dès le début. Parce que le peuple allemand ne l'aurait pas permis, Berlin n'a pas pu prendre directement part à l'attaque contre la Libye. Ce que le gouvernement allemand a fait en revanche, est d'envoyer plus de ressources militaires en Afghanistan de façon à ce que davantage de ressources de l'OTAN puissent être consacrées à la Libye.

La Turquie et l'Allemagne auraient pu empêcher l'utilisation de l'OTAN si elles avaient vraiment été contre cette guerre. Un des QG opérationnel de cette guerre est basé en Turquie. La Turquie est aussi l'autorité administrative à l'aéroport de Benghazi et elle fournit une aide dans les opérations navales contre la Libye.

Oui, il y a des intérêts divergents entre le bloc américano-britannique et le bloc franco-allemand, surtout en ce qui concerne le contrôle des réserves énergétiques en Libye et en Afrique du Nord. Contrairement aux États-Unis, les pays de l'UE sont dépendants de l'énergie libyenne, en particulier l'Italie. Il est dans leur intérêt stratégique de contrôler les ressources pétrolières et gazières en Afrique du Nord. Si Washington et Londres gagnent le contrôle majeur de ces réserves, ils contrôleront la sécurité énergétique de l'UE. Mais je crois que les États-Unis et l'UE travaillent en associés en Afrique du Nord et coordonnent en fait des opérations contre la Chine et ses alliés en Afrique.

XU JINGJING : Les combats dans la ville de Misrata attirent toute l'attention maintenant. Que pensez-vous de l'importance de cette ville ? Comment le résultat de cette bataille peut-il influer sur les mouvements de l'opposition libyenne ?

NAZEMROAYA : La ville de Misrata est le Shanghai de la Libye. Pour le Conseil transitoire ce serait une victoire économique majeure. Elle est une importante base industrielle et commerciale pour la Libye et l'Afrique. Certaines des plus grosses compagnies africaines sont basées à Misrata, y compris la Libyan Iron and Steel Company. Misrata est aussi un port très important. Beaucoup de compagnies nationales libyennes et d'industries ont leur siège à Misrata et dans les districts avoisinants.

Voilà pourquoi l'Allemagne et l'UE veulent envoyer des troupes à Misrata sous prétexte de maintien de la paix. L'UE veut envoyer des militaires là-bas pour des raisons purement stratégiques et économiques et pas du tout pour des raisons humanitaires. La force de l'UE est composée des mêmes pays qui font partie de l'OTAN. Ils utilisent simplement un autre nom. La différence entre la force de l'UE et l'OTAN est purement technique.

Ceci qui est aussi ridicule, c'est que les pays qui veulent envoyer leurs soldats comme soldats de la paix, sont des combattants de cette guerre. De fait, parce que l'OTAN est entrée en guerre de manière collective, toute nation faisant partie de l'OTAN est une nation combattante. Ceci inclut l'Allemagne. Ceci devrait disqualifier l'ensemble des nations européennes comme force de paix en Libye. Seules des parties neutres et non combattantes peuvent faire office de force d'interposition et de maintien de la paix.

Des nations comme la Russie, la Chine, l'Algérie, le Kazakhstan, l'Ukraine, l'Iran, la Biélorussie, le Brésil, la Malaisie et le Venezuela devraient envoyer des forces de maintien de la paix. Les Russes et leurs partenaires militaires dans l'espace post-soviétique pourraient tous jouer un rôle majeur en tant que gardiens de la paix. Même l'Organisation de Coopération de Shangai pourrait jouer un rôle. Il est dans l'intérêt stratégique de la Chine et ses alliés de s'assurer que la Libye ne soit pas colonisée ou victimisée comme l'est l'Afghanistan sous les forces d'occupation de l'OTAN. Pour l'alliance militaire occidentale, les évènements de Libye sont des préalables dans sa politique d'isolement et de confrontation vis-à-vis de l'Iran, de la Russie, et de la Chine et de l'Eurasie.

XU JINGJING : Pensez-vous que les États-Unis sont toujours l'acteur décisif ? Pourquoi ?

NAZEMROAYA : Oui, sans l'ombre d'un doute.

Pour répondre à cette question, définissons en premier lieu la coalition qui est impliquée dans cette guerre d'agression contre la Libye. Le Pentagone a transféré les opérations militaires à l'OTAN après quelques jours. Ainsi la guerre est officiellement pilotée par l'OTAN. Quelques autres pays comme le Qatar, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Suède, sont aussi partenaires sous commandement de l'OTAN.

Dès lors et avant que je n'analyse l'OTAN, voyons de plus près une autre alliance militaire datant de la guerre froide appelée le Pacte de Varsovie. Washington et l'Europe occidentale avaient l'habitude de critiquer l'ancienne Union soviétique en disant que le Pacte de Varsovie était en fait une organisation fictive, qu'en fait ce n'était que l'Armée Rouge soviétique. En d'autres termes que la Bulgarie, la Roumanie, l'Allemagne de l'Est, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l'Albanie n'avaient pas de force réelle au sein du Pacte de Varsovie et que ce Pacte n'était que l'Union soviétique agissant sous le masque du multilatéralisme en Europe de l'Est. Je ne discuterai pas ce point.

L'OTAN est bien plus compliquée que le Pacte de Varsovie et n'est pas gérée par un seul pays. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne sont les piliers de cette force et ils sont le vrai pouvoir décisionnaire à Bruxelles. La Turquie, à cause de l'héritage de Kemal Atatürk a aussi une certaine indépendance au sein de l'OTAN. Toutes les autres nations ou bien suivent les anglo-américains ou bien suivent le bloc franco-allemand. Mais dans tout cela, l'OTAN est juste un Pacte de Varsovie plus sophistiqué Les États-Unis devraient se regarder dans le miroir. L'argument critique de Washington envers le Pacte de Varsovie s'applique à eux-mêmes et à l'OTAN.

L'OTAN d'aujourd'hui n'est pas très différente de ce que les États-Unis qualifiaient le Pacte de Varsovie d'être, à savoir l'Union soviétique sous un drapeau multilatéral. L'OTAN elle-même et les commandants du Pentagone disent que l'OTAN n'est presqu'exclusivement constituée que de l'armée états-unienne. En d'autres termes, l'OTAN est l'armée états-unienne, renforcée par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Turquie, le Canada, l'Italie et quelques autres pays européens comme auxiliaires. Les États-Unis font la guerre, puis envoient ces pays pour occuper les pays défaits, pour privatiser leurs économies sous contrôle étranger. Au bout du compte, l'OTAN est en réalité l'armée états-unienne avec le soutien politique et financier de ces autres pays. Le sénateur MC Caïn et le Sénat états-unien ont demandé il y a quelques semaines que le reste de l'OTAN finance les États-Unis pour la guerre contre la Libye. La plupart des membres de l'OTAN sont en fait des pays satellites des États-Unis.

L'OTAN sans les États-Unis n'aurait jamais pu faire la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan, sans même parler de lancer une guerre dévastatrice contre la Libye. Il suffit de regarder le rôle que les États-Unis ont joué dans les bombardements en Libye. Ils y ont fait l'essentiel des bombardements et du pilonnage. En fait, réellement, les États-Unis se cachent derrière l'image de multilatéralisme offerte par l'OTAN. Ils ne veulent pas apparaître comme étant en charge de tout ce qui se passe. Washington a peur de l'opinion publique. C'est pourquoi Obama, Clinton et Gates ont prétendu publiquement que le gouvernement états-unien était contre la création d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye et ce jusqu'au tout dernier moment lorsque les véritables objectifs des États-Unis sont devenus transparents. Dans le même temps où l'Administration Obama disait être contre la zone d'exclusion, les États-Unis se préparaient pour attaquer la Libye. Paris et Londres ont juste joué les rôles principaux sur la scène publique.

Je désire ici faire une remarque finale et importante. Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l'OTAN ; parce que l'OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. Il n'existe aucune circonscription d'électeurs vis-à-vis desquels l'OTAN doive rendre des comptes. Les États-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder la Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l'OTAN, que l'OTAN est en charge de la guerre. De fait. Obama, Cameron et Sarkozy essaient tous d'échapper à leurs responsabilités d'hommes politiques vis-à-vis du public en laissant l'OTAN faire la guerre et en se cachant derrière elle pour se protéger.


Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya spécialiste du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale, réalisé le 26 avril 2011 par Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week Magazine.


Source: INVESTIG'ACTION / MICHEL COLLON.INFO



Mahdi Darius Nazemroaya est chercheur associé du "Centre for Research on Globalization" (CRG), spécialisé en géopolitique et stratégie.


Source : silvaicattori.net

Source originale : globalresearch

Traduit de l'anglais par resistance71 révisée par JPH

COTE D'IVOIRE: DE NOUVELLES TUERIES EN PERSPECTIVE...


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Le voyage de Ouattara étonne même ses plus fervents supporters. Tandis qu'il annonce 3 jours de deuil en hommage à tous les morts de la crise post-électorale, il annonce une tournée de remerciements au Sénégal et au Burkina ! Non seulement il ne se sent nullement concerné par son deuil national, ce qui n'est guère étonnant puisqu'un assassin ne porte généralement pas le deuil de ses victimes, mais cette visite de courtoisie de Ouattara ressemble bien à une de ses fuites à l'étranger dont il est coutumier. Ainsi ConnectionIvoirienne, journal en ligne pro-Ouattara hébergé aux pays-bas, se permet-il d'écrire:

Disons le tout net, le bon sens a du mal à comprendre la simultanéité de ces deux événements. Voici un président dont le pays est « couché à plat-ventre » pour reprendre ce terme familier à notre ainé Serge-Nicolas Nzi, un pays pillé, épuisé, déstructuré, sans police, sans gendarmerie, sans armées réelles, truffé de seigneurs de guerre mais aussi de combattants étrangers Burkinabé, Maliens et Libériens entre autres. Un pays qui compte et continue de compter ses morts. Un pays dont la capitale économique est soumise au desiderata des seigneurs de guerre. Un pays qui regorge de près d'un million d'habitants déplacés ou refugiés suite à la grave crise armée née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale, le 28 novembre 2010 dernier. En clair, les tâches urgentes pour un président élu dans un régime présidentiel aussi fort que celui de la 2èmeRépublique de Côte-d'Ivoire, ne manquent pas. « Ce voyage, c'est de la comédie et de la foutaise ! », nous confiait un collègue ce matin, depuis Londres. « Il n'y a aucune sincérité là-dedans frère, ce sont des larmes de crocodiles »


Dans le même temps, l'ambassade de France en Côte d'Ivoire enverrait des SMS à ses ressortissants pour leur demander d'observer un couvre-feu jusqu'au 18 Mai. Que craint donc Jean-Marc Simon ? La force Licorne se déploie au plateau, de nouveaux légionnaires français se déploieraient dans l'Ouest. Que signifient toutes ces manœuvres ?

On apprend aussi
dans la presse que Soro serait le véritable homme fort du pays, et Ouattara ne pourrait pas s'en débarrasser pour nommer un autre premier ministre choisi par Sarkozy.

Enfin,
les milices FRCI massacreraient actuellement la population à Soubré ! Après être sortis de Yopougon, les résistants ont défait les milices FRCI à Grand Lahou, avant de mener des combats victorieux à Soubré. En représailles, les milices FRCI armées et convoyées par la force française licorne, s'en prennent donc aux populations autochtones. Une chose est certaine, Ouattara a tout intérêt à bien sécuriser Yamoussoukro pour son sacre du 21 mai, plus que jamais menacé.

Il faut donc s'attendre à de grandes manœuvres militaires dans les prochains jours, ce qui explique la fuite de Ouattara, et qui pourraient se terminer par un règlement de comptes programmé dans le camp FRCI. En effet, les massacres de Grand Lahou pourraient bien être reproduits dans tout le pays, conformément à la logique génocidaire du programme Ouattara, par les milices FRCI. Pendant ce temps, l'armée française pourrait traquer et éliminer les résistants. Enfin, l'armée française aurait le beau rôle d'éliminer les FRCI accusés de génocide, jusqu'à Guillaume Soro qui subirait le même sort que son ennemi IB. Alors Ouattara pourrait rentrer de voyage pour son investiture à la tête de la République de la Communauté Internationale.


Source : CRISE IVOIRIENNE LIVE JOURNAL

jeudi, 12 mai 2011

ALAIN TOUSSAINT, CONSEILLER DE GBAGBO, A BAN KI MOON

 

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« Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation ! ».


Monsieur le Secrétaire Général,


Il y a un mois, les forces spéciales françaises enlevaient, avec la complicité des soldats de l'Opération des

Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), le Président de la République, Monsieur Laurent Gbagbo, pour le livrer aux forces rebelles de Monsieur Alassane Ouattara. Depuis le 11 avril 2011, le Président Gbagbo est l'otage de M. Ouattara au terme d'un putsch militaro-électoral orchestré par la France, les États-Unis et l'ONU.

Le 13 avril 2011, vos Casques bleus ont déporté le Chef de l'État à Korhogo (au Nord), où il a été remis au chef de guerre Fofié Kouakou, pourtant sous sanctions de l'ONU depuis 2006 pour de graves atteintes aux droits humains. Par la force des armes et la volonté franco-américaine, M. Alassane Ouattara contrôle désormais mon pays. Rien ne peut justifier le maintien illégal en "résidence surveillée" du Président Gbagbo, de son épouse, de son fils et d'environ deux cents (200) personnalités civiles et militaires. Je demande votre intervention auprès des autorités de fait pour la libération immédiate de tous ces prisonniers politiques. Je vous informe que pour échapper à une épuration de type politique, ethnique et religieux opérée par le régime tyrannique de M. Ouattara, plusieurs dizaines de milliers de mes compatriotes vivent actuellement en exil dans les pays voisins.

Des centaines de milliers d'autres sont contraints à la clandestinité. Munis du "mandat de l'ONU", les combattants de M. Ouattara tuent, pillent, volent et violent en toute impunité. Je condamne la lâcheté de l'ONUCI, en particuliers Division des droits de l'Homme, et son "deux poids deux mesures". D'un côté, elle dénonce les exactions imputées à des présumées forces pro-Gbagbo, de l'autre, elle tait celles commises par les troupes rebelles, la Licorne et l'ONUCI.

A Duékoué, plus d'un millier de civils ont été massacrés fin mars 2011 par les milices de M. Ouattara. Exécutions extrajudiciaires, enlèvements, tortures et disparitions sont aussi le lot quotidien des populations d'Abidjan, Daloa, Gagnoa, Soubré, San Pedro, Sassandra, Divo, Lakota, Tiassalé, etc. Pis, il n'y a aucun début d'investigation pour rechercher et punir les auteurs de ces crimes barbares. Les droits fondamentaux de dizaines de milliers de citoyens sont violés. Des familles entières ont été délestées de leurs biens mobiliers et immobiliers sans que cela émeuve les bien-pensants. A Yopougon, suite à votre "ordre de détruire les armes lourdes", d'autres ont vu leurs maisons entièrement ou partiellement détruites par les bombardements des hélicoptères de combat de l'ONUCI et Licorne.

Les maisons de milliers de compatriotes ont été pillées et saccagées par les forces de M. Ouattara. Et, à l'intérieur du pays, des dizaines de villages, dont celui du célèbre footballeur Didier Drogba, incendiés, rayés de la carte ; les villageois ont trouvé refuge dans la forêt. La raison : leur appartenance politique ou ethnique. Des dizaines d'exploitations agricoles ont été pillées puis occupées par les forces de M. Ouattara, le bétail décimé ou emporté, les récoltes brûlées ou vendues. Je plaide en faveur d'une indemnisation des victimes et/ou parents de victimes de votre étrange croisade pour la "démocratie" doublée d'une guerre de peuplement.

Je vous accuse d'avoir dévoyé la mission de l'ONU en faisant prévaloir un droit d'ingérence à géométrie variable. Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation. Ces dernières affirmant agir sous le couvert de la résolution n°1975 du Conseil de sécurité. En sacrifiant sa Charte de l'ONU sur l'autel des intérêts géostratégiques franco-américains, vous avez gravement nui aux Nations unies dont les principes fondateurs prônent un règlement pacifique des conflits. Vous avez préféré le pétrole, le cacao et les immenses richesses du sous-sol de mon pays à la "protection" de ses 22 millions d'habitants. Vous êtes définitivement le déshonneur des Nations Unies. Je vous accuse d'avoir pris le parti de M. Alassane Ouattara, le père d'une rébellion sanguinaire depuis septembre 2002, contre le Président Laurent Gbagbo, le père de notre jeune démocratie, outrancièrement diabolisé par une communication infâme consécutive aux rapports tronqués de vos représentants successifs en Côte d'Ivoire. L'ONU s'est muée en agent de déstabilisation. Dans mon pays, vous avez ôté à la paix sa valeur suprême en banalisant le recours à la guerre. A cause de votre duplicité et votre soumission aveugle aux grandes puissances - France, États-Unis - et à la ligue anti-Gbagbo (médias et lobbyistes), la Côte d'Ivoire traverse de nouvelles perturbations.

Pour espérer panser durablement les blessures et réparer les torts faits à mes compatriotes et à mon pays, vous devez exiger de M. Alassane Ouattara qu'il rétablisse, sans délai, l'État de droit et les libertés avant de s'aventurer dans un quelconque processus de "réconciliation nationale".

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de mes salutations les meilleures.



Monsieur Toussaint Alain,

Conseiller du Président Laurent Gbagbo

Paris (France)

E-mail : fnsp.abidjan@gmail.com


Monsieur Ban Ki-moon

Secrétaire Général de l'Organisation des Nations unies (ONU)

New York, NY (USA)


Paris, le 11 mai 2011


 

Source: RESISTANCE CI-ISRAEL

COTE D'IVOIRE: CRIMES D'ETAT, TERREUR TOTALE ET SILENCE COMPLICE DES MEDIAS FRANÇAIS

 

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Un article de David Gakunzi


Il sera dit un jour que l'obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l'Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d'or et de diamant, de cuivre et d'uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole... Il sera dit un jour qu'il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d'un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.


Ouattara. L'homme n'a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu'il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l'avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d'Ivoire. On ne l'imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s'élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d'Ivoire.

Assassinats, enlèvements, viols, pillages. Simone Gbagbo trainée dans la poussière, martyrisée dans sa féminité ; cruauté innommable : la différence qui sépare l'homme de la bête tout simplement franchie. La mère de Laurent Gbagbo, Mamie Koudou Gbagbo, âgée de 90 ans, arrêtée ; elle aussi ! Arrêtée, séquestrée et malmenée. Désiré Tagro, ancien ministre, assassiné : l'homme négocie la fin des hostilités avec les troupes françaises et se présente un tissu blanc à la main ; à quoi aura-t-il droit ? A une balle plantée dans la bouche. Et Duékoué. Les habitants de Duékoué, génocidés : les hommes, tous les hommes, y compris des gamins de deux ans, alignés massacrés à coup de fusils et de machettes. Et Yopougon, Yop l'insoumise, bombardée, saccagée, pillée, déshabillée, violée, massacrée. Perquisitions cour après cour, parents mis à genou devant leurs enfants ; exécutions sommaires sur indication, chasse aux Guérés et Bétés. Combien de morts ? Combien de corps ramassés par la Croix-rouge ? Combien de corps ? Et le village de Sassandra brulé ; et les villages de Abedem et de Drago rayés de la carte.

Meurtres collectifs, meurtres sélectifs, meurtres génocidaires, épuration ethnique ; rafles et torture instituées en règle de gouvernance. Henri Dacoury Tabley, l'ancien gouverneur de la BCEA0, arrêté, tabassé, torturé ; son corps exposé nu, nié dans son humanité, l'enfer total, enfer filmé ; Affi N'guessan, secrétaire général du FPI et tous ceux qui refusent la soumission, kidnappés, séquestrés, embastillés, frappés, torturés, bestialisés ; les militants de l'opposition traqués, traqués listes à la main, traqués jour et nuit, battues organisées, les militants de l'opposition traqués et assassinés tous les jours ; comme si on voulait rendre impossible tout avenir à l'opposition politique. Echos mussoliniens : « L'opposition n'est pas nécessaire au fonctionnement d'un système politique sain. L'opposition est stupide et superflue dans un régime totalitaire comme le régime fasciste ».

Eliminés donc d'abord les proches de Gbagbo ; éliminés ensuite ses sympathisants ; éliminés encore ceux qui pourraient éventuellement devenir ses sympathisants, tous ceux-là qui ne sont pas en allégeance, qui ont eu l'impudence de ne pas accourir pour embrasser comme il se doit, c'est-à-dire avec fougue et flamme soudaine, le nouveau pouvoir. Eliminés tous ces autres-là qui ne sont ni de l'ethnie ni du parti des vainqueurs. Eliminés pour un oui ou pour un non. Eliminés même les alliés d'hier. Ibrahim Coulibaly, dit IB, abattu. L'homme de tous les mauvais coups depuis plus de dix, le compagnon d'hier, celui qui a ouvert les portes d'Abidjan à Ouattara avec ses commandos invisibles, IB encerclé, sommé de se rendre, torturé puis abattu comme un chien. Dynamique fasciste.

C'est qu'il s'agit de semer la terreur ; c'est qu'il s'agit non seulement de châtier, de faire gémir les ivoiriens d'avoir voulu l'émancipation, mais aussi de faire perdre conscience à la société ivoirienne, de la briser, de la modeler dans la terreur ; c'est qu'il s'agit de ramener les Ivoiriens à la case départ, la case esclave avec des méthodes dignes de la gestapo ; c'est qu'il s'agit de faire comprendre à tous les Africains que la liberté est cause de malheur, de grand malheur et que seule la servitude, que seul l'esclavage est porteur d'avenir !
Ouattara plante donc son trône dans le sang. Un trône mugissant et prompt au sacrifice humain. Les Ivoiriens sont désormais, de nouveau, bons à dévorer. A dévorer avec leur pétrole, avec leur cacao, avec leur café. Alors à Paris, on se tait. Jour après jour, on tue à Abidjan et Paris se tait ; et lorsque la terreur s'incruste jusque dans les corps violés de Yopougon, l'un de ces illustres quotidiens de la place parisienne, toute honte bue, parle de « traitement de Yopougon ». C'est écrit : rayer des humains, c'est les « traiter ». Summum d'inhumanité, insensibilité absolue face aux supplices infligés aux Ivoiriens ; silences.

Silence dans la quasi-totalité de la presse de France. Meurtres collectifs, assassinats politiques et emprisonnements enfermés dans le non advenu, embastillés dans le silence. Ce qui est advenu, ce qui est en train d'advenir n'est pas advenu ! Silence sur ces familles condamnées à errer dans les forets, sans nourritures, pour fuir l'anéantissement, pour fuir les tueurs de Ouattara ; silence sur Bloléquin, ville autrefois habitée par 30 000 personnes, aujourd'hui cité fantôme aux rues désertes ; silence sur ces journalistes et avocats poursuivis, pourchassés comme du gibier à abattre ; silences sur ces cabinets d'avocats brulés ; silence sur ces journalistes et musiciens arrêtés, torturés ; silence sur ces jeunes poursuivis car coupables d'être « nés du mauvais côté », l'Ouest du pays... La Côte d'Ivoire de Ouattara exhale, empeste, pue la mort, les corps sont enfouis dans des conteneurs car les morgues sont débordées, mais ... silence dans la presse de l'autoproclamée patrie des Droits de l'Homme. Douleur sans fond des Ivoiriens niée, douleur redoublée par ce déni, ce refus de reconnaissance, cette expulsion dans le non existant, dans le hors langage, dans le « n'ayant pas lieu ».

Mais qu'est donc devenue la presse de France ? A quoi sert cette presse qui n'est plus affirmation de la liberté de tous les hommes et qui n'ose plus nommer par son nom, la terreur concrète contre l'homme, contre les hommes ? Pourquoi ce renoncement ? Pourquoi ? Cette presse-là sait pourtant ; elle sait, elle est bien informée, elle est au courant de la terreur qui règne à Abidjan, elle sait qu'on étouffe à Abidjan, que l'air est devenu tout simplement irrespirable et que fait-elle ? On attend qu'elle s'insurge, qu'elle dénonce au nom de la défense des droits de l'homme mais elle fait l'inverse, le contraire : elle se tait. Elle sait que la Côte d'Ivoire vit sous la terreur mais elle ne parle pas. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Parce que tout simplement lever le voile sur la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de la Côte d'Ivoire : une terre brutalisée, torturée, massacrée. Crime d'Etat postcolonial.

Or pourquoi nommer ce crime ? Que vaut le destin, la vie des Ivoiriens face aux intérêts suprêmes de la France ? Pas grand-chose. Mépris cynique et vicieux de la vie humaine. Latitude totale donnée ainsi au pouvoir de Ouattara de torturer et de tuer ! Impunité assurée d'avance pour les tueurs et les tortionnaires de l'homme installé à Abidjan. Et où, oui, où le refus inconditionnel et universel de l'assassinat politique, de l'arbitraire, de la torture, de la dictature, de la férocité de la dictature ? Où ? « L'école française d'Alger » est de retour sur le continent africain ; elle fait des ravages au bord de la lagune Ebrié ; on le sait, et pourtant, silences ; on fait bloc dans le silence autour de l'homme de la France à Abidjan. Rien vu ; rien entendu.

Mais qu'importe. Qu'importe le jour, le mois ou l'année : Ouattara, l'homme de Paris à Abidjan, partira un jour. Il partira. Le temps de Ouattara finira. Il n'y a pas d'avenir dans l'histoire de l'Afrique pour ce nom-là, Alassane Ouattara ; il n'y a d'autre avenir pour ce nom-là que celui d'un Mobutu et d'un Bokassa, eux-aussi tueurs de leurs propres peuples et morts abandonnés de tous. Ouattara partira un jour, et il sera dit ce jour-là, que cet homme faible qui n'avait de force que venue de Paris ; il sera dit que cet homme de la démesure dans la cruauté, aura planté et porté la violence à son paroxysme au cœur de la société ivoirienne. Il sera dit qu'en un seul mois de règne, il aura arrêté et exécuté plus de monde que durant les quarante ans de règne d'Houphouët-Boigny et de Gbagbo réunis ! Il sera dit et rappelé que s'il a pu ainsi sévir impunément, ce fut en parti, grâce, au silence de ceux qui, à Paris, devaient parler et qui ont refusé d'élever la voix. Il sera rappelé que non, ceux-là ne dormaient pas, qu'ils savaient et que leur silence, chacun de leur silence, fut coupable. Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu'aucune parole, qu'aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d'alibi aux crimes contre l'humanité. »


 

David Gakunzi est l'auteur de Côte d'Ivoire : le crime parfait


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 11 mai 2011

COTE D'IVOIRE: CLARIFICATIONS ATTENDUES DE LA PART DE LA FRANCE ET DE L'ONU



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Ong Survie: Communiqué, le 10 mai 2011


L'attention internationale semble s'être détournée de la Côte d'Ivoire, beaucoup considérant que l'arrestation de Laurent Gbagbo a mis un terme à la crise ivoirienne. Pourtant, les menaces sur les populations de l'ouest et d'Abidjan n'ont pas cessé et le processus de réconciliation qui se dessine ne laisse pas présager la fin de l'impunité. L'association Survie signale l'existence de documents qui jettent le trouble sur le rôle de la France et de l'ONU dans la crise ivoirienne et invite les représentants concernés à donner les clarifications nécessaires.

L'association Survie s'inquiète du contenu des documents publiés, les 8 et 13 avril, par le juriste et journaliste Matthew Lee sur son blog Inner City Press[1]. Ces documents - d'origine française selon le journaliste - jettent le discrédit sur l'action de la France et de l'ONU en Côte d'Ivoire. Charles Konan Banny et Kofi Annan, aujourd'hui impliqués dans le processus de réconciliation, s'y retrouvent mêlés à une « opération non confirmée » que devaient préparer « Licorne et les casques bleus », destinée à « contrer les partisans du processus de paix »[2]. La nomination, à la tête de la « Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation », de Charles Konan Banny, homme politique aux ambitions présidentielles, au détriment d'un juriste reconnu ou d'un représentant de la société civile, n'offre aucune garantie d'indépendance. En outre, l'absence du mot « Justice » dans le libellé de cette commission est un très mauvais signe adressé aux populations qui sont toujours en grand danger.

Par ailleurs, si l'on note la publication du rapport S/2011/271 du Groupe d'Experts de l'ONU, dont l'association Survie signalait, dans son communiqué du 6 avril, le blocage depuis le mois de septembre, il convient de dénoncer le retard inacceptable avec lequel il est rendu public. À la lecture de ce rapport, on regrette que le Comité des sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de Sécurité des conditions inappropriées dans lesquelles le scrutin présidentiel allait se dérouler. Les experts montrent que, loin de se préparer au désarmement avant les élections, comme l'exigeaient les accords de Ouagadougou, les Forces Nouvelles favorables à Alassane Ouattara préparaient la reprise du conflit armé qu'elles avaient déclenché en 2002. Le désarmement faisait pourtant partie intégrante du mandat des casques bleus et de la force française Licorne. Il devait aussi être un élément essentiel de la certification de l'ONU dans le processus de sortie de crise. Le réarmement des Forces Nouvelles et leur refus croissant des inspections de l'ONU avaient d'ailleurs amené les experts à suggérer la prise de sanctions contre deux commandants de zone[3] . Loin d'être inquiétés, l'un a mené l'offensive récente dans l'ouest et l'autre des combats dans Abidjan sans que personne ne s'en émeuve[4] ! Lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées le 30 mars, le Conseil de Sécurité a ignoré ces suggestions du Groupe d'Experts.

Il semble, par ailleurs, que le Conseil de Sécurité de l'ONU n'a toujours pas rendu public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne[5], remis au Conseil en décembre 2004. Celui-ci permettrait pourtant de savoir si des exactions ont alors été commises ou couvertes par certains des acteurs politiques et militaires actuels : il en va de la lutte contre l'impunité et de la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

Aussi, l'association Survie :

* demande des explications à la diplomatie française et l'ONU sur le contenu des documents diffusés par Inner City Press les 8 et 13 avril. En l'absence de réaction, ces documents, qui ternissent l'action de la communauté internationale et des forces impartiales en Côte d'Ivoire, seront tenus pour authentiques.

* salue, enfin, la publication du rapport du Groupe d'Experts S/2011/271, discrètement bloqué depuis le mois de septembre, mais regrette que le Comité des Sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de sécurité de l'ONU que, loin du désarmement prévu avant les élections, les belligérants se réarmaient, et s'inquiète que lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées, le même Comité ait ignoré les suggestions du Groupe d'Experts (cf. S/2011/271 §443).

* exhorte le Conseil de Sécurité de l'ONU à rendre public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne, établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17, qui lui a été remis en décembre 2004.

 

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[1] http://www.innercitypress.com

[2] Charles Konan Banny est un ancien président de la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest, propulsé Premier Ministre «  aux pouvoirs élargis » le 4 décembre 2005. L'un des documents publiés par Inner City Press fait d'abord état, deux jours avant cette nomination, d'un « accord négocié », par « le service », « avec Guillaume Soro en personne ». Cet accord assurait à Konan Banny le soutien du leader de la rébellion. On y apprend plus loin que « Konan Banny avait appartenu à un comité de sages développant des relations et un réseau important mais discret entre membres de la CEDEAO, RDR de Ouattara, et quelques anciens houphouëtistes du RHDP. » Surtout, le dernier paragraphe, titré « Vu de New York : le départ de Gbagbo » est particulièrement explicite : «  Selon le Secrétaire général des Nations Unies [Kofi Annan], les moyens dont va disposer le nouveau Premier Ministre [Charles Konan Banny] sont suffisants pour mettre en place une politique de rigueur et de fermeté afin de contrer les partisans [sic] du processus de paix en Côte d'Ivoire et devrait notamment permettre la mise en place dans les tout prochains mois d'un plan d'action pour déstabiliser Laurent Gbagbo et provoquer des élections présidentielles anticipées. À charge pour Licorne et les casques bleus sur place de préparer cette mission de sécurité dans les meilleures conditions (Opération non confirmée). »

[3] Cf. Rapport S/2011/271, §443.

[4] Voir l'article de Billets d'Afrique de mai : http://survie.org/billets-d-afrique...

[5] Établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17.

Association Survie
107, boulevard Magenta 75010 Paris
Tél : 01 44 61 03 25
Fax : 01 44 61 03 20

http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cote...



Source : MILLE BABORDS.ORG

YAHYA JAMMEH (PRESIDENT GAMBIEN): « IL FAUT REORGANISER LES ELECTIONS DANS DE BREFS DELAIS POUR EVITER UNE LONGUE GUERRE CIVILE »

 

 

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Le Président Gambien Yahya  Jammeh a préconisé lors de son adresse à la Nation mardi la réorganisation des élections Présidentielles ivoiriennes dans de brefs délais afin d'éviter à la Côte d'Ivoire une guerre civile qui risque de durer, a rapporté un correspondant de DirectScoop.


Le Président Gambien a regreté la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire par la faute, dit-il, des puissances occidentales et de l'ONU.

« La seule solution pour éviter en Côte-d'Ivoire une longue et haletante guerre civile avec toutes les conséquences qui en découlent est de réorganiser des élections présidentielles dans les plus brefs délais. En attendant, un gouvernement intérimaire d'unité nationale devrait être formé sans Alassane Ouattara; comme il a aussi beaucoup à répondre devant la justice. Une chose est très claire aujourd'hui pour tous les Africains - le complot visant à recoloniser l'Afrique est bien réel et nous devons le combattre », a déclaré le Président Gambien.

Yahya  Jammeh a précisé que le Gouvernement de la Gambie ne reconnaîtrait pour aucune raison un président ou un gouvernement en Afrique qui a été imposé par des forces extérieures au continent africain. Nous savons ce que ces gouvernements et ces présidents représentent pour l'Afrique. Ils pillent les ressources africaines pour le compte des forces qui les ont amenés au pouvoir.

« Les Africains ne doivent pas seulement se réveiller, mais ils devraient se tenir prêt pour faire face à la nouvelle tentative de recoloniser l'Afrique par de prétendues élections qui sont organisées dans le seul but de tromper les gens étant donné que le vrai choix du peuple ne sera jamais respecté s'il n'est pas à la faveur des candidats suppôts de l'occident comme cela s'est produit en Côte d' Ivoire et ailleurs en Afrique, a indiqué le Président Gambien.

Le gouvernement  gambien avait  annoncé samedi 16 avril dans un communiqué qu'il ne reconnaissait pas Alassane Ouattara comme Président de la Côte d'Ivoire, malgré la capture par les forces françaises du Président Laurent Gbagbo, lundi 11 avril,  qui le remettront aux forces de son rival.


Source : DIRECTSCOOP.NET

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COTE D'IVOIRE: GBAGBO A ETE RENVERSE PAR LES PUISSANCES OCCIDENTALES DONT L'ONU, ET REMIS A SON ENNEMI JURE POUR ETRE ASSASSINE (LE PRESIDENT GAMBIEN)

 

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Le Président Gambien Y. Jammeh, a dénoncé lors d'un discours lu à la Nation mardi l'implication « grossière » des « puissances occidentales » lors de la capture du président ivoirien Gbagbo par les forces spéciales Française.


Le Président Gambien s'est voulu très clair sur la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire.

« La position du Gouvernement Gambien sur la tragédie ivoirienne est sans équivoque. Les événements en Côte-d'Ivoire nous donnent raison quand nous affirmions préalablement que des occidentaux néo-colonialistes parrainent des agents en Afrique qui ne respectent qu'à leurs propres lois et celles de leurs maîtres occidentaux et prêts à marcher sur des milliers de cadavres pour accéder au pouvoir. C'est ce qui est en train de se passer en Côte-d'Ivoire », a-t-il dénoncé.

Pour Y. Jammeh, ce que vit le Président ivoirien Laurent Gbagbo est une réplique de l'affaire Patrice Lumumba qui, comme un combattant de la liberté et pour la dignité et l'indépendance, non seulement des Congolais mais toute la race noire, a été renversé par les puissances occidentales dont l'ONU, et remis à son ennemi juré pour être assassiné.

« Nous demandons à l'ONU d'assurer la sécurité, la protection et le bien-être du président Laurent Gbagbo, le président de la Côte d'Ivoire constitutionnellement reconnu et qui doit être libéré.

Il ne peut pas être jugé tandis qu'Alassane Ouattara, le Président de la communauté internationale s'en tire sans jugement après avoir massacré des milliers de civils juste pour devenir président », a déclaré le président Gambien avant d'ajouter que le Gouvernement de la Gambie ne reconnaîtrait pour aucune raison un président ou un gouvernement en Afrique qui a été imposé par des forces extérieures au continent africain.

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Source : DIRECTSCOOP.NET

L'AMBITION DEMESUREE ET CRIMINELLE DES ETATS-UNIS: LE CONTROLE MILITAIRE DE LA PLANETE

 

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Lundi, le 17 février 2003, par Samir AMIN

 

Je viens de lire un article de Samir Amin datant de 2003. Lu à son époque, il est fort probable que beaucoup d'entre nous y auraient vu un raisonnement trop unilatéral et excessif...
Lu aujourd'hui, à la lumière des évènements en cours, avec une attention aiguisée chez nous tous, le texte de Samir Amin paraît d'une pertinence et d'une clarté étonnantes. En tout cas c'est comme cela que je le perçois.
A chacun de voir...  Omar.

 

Dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, se dessine une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des États-Unis (ses establishments démocrate et républicain). Emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les États-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète ». Une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington.

 

La stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban, Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été faite ...) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les confits à venir ...) . Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs.

La « guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes.

L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

Quels sont donc ces intérêts « nationaux » que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer comme bon lui semble ?

A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué par les transnationales des Etats Unis.

Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on. Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les transnationales américaines, en contre partie trois cents millions de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou » par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père, Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis.

Ce projet est certainement impérialiste au sens le plus brutal, mais il n'est pas « impérial » au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée à la maximisation de la rentabilité financière à court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction mieux encore que celui des sociétés européennes. Car l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante) à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion politique de la société par un parti unique du capital, dont les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales, se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite moitié de la société qui croit suffisamment au système pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont marqué la formation de la culture politique européenne moderne, la société américaine ne dispose pas des instruments idéologiques qui lui permettraient de résister à la dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne unilatéralement le mode de pensée de la société dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ». « Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ; se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.

De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation économique et l'inégalité politique. Il est infiniment plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ». Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie de « benign » (« indolore ») !

S'il doit se déployer pendant encore un certain temps ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afghanistan, font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire permet de croire à « l'invincibilité » des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement.

L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.

L'opinion générale la plus courante, véhiculée par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir, est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels. La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend serait donc de ce fait incontournable.

L'examen des réalités économiques infirme cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être « le plus efficient du monde ». Au contraire presque aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards en 1990, a désormais laissé la place à un déficit. La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain. Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie, à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le recours à des moyens « extra économiques » qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !

En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).

La croissance des années Clinton, vantée comme étant le produit du « libéralisme » auquel l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires. Pour tous les segments du système productif réel, la croissance des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe. Le « miracle américain » s'est exclusivement alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation des inégalités sociales (services financiers et personnels : légions d'avocats et de polices privées etc ...). En ce sens le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !

Le monde produit, les Etats-Unis (dont l'épargne nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage » des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature diverses : violations unilatérales répétées des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché mondial) largement imposées à des alliés subalternes (qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera la ponction exercée au titre du service de la dette imposée à la presque totalité des pays de la périphérie du système mondial.

Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société américaine et permettent à cette super puissance de vivre au jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent en rien de prétendues « lois du marché » à la fois rationnelles et incontournables.

La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé » de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires si nécessaire) de ces « intérêts communs ». Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement » les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance atlantique ? Pas impossible, mais peu probable.

Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait alors être affecté à une relance économique et sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité à son essor économique et social, la santé artificielle de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante américaine serait confrontée à ces propres problèmes sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe sera de gauche ou ne sera pas ».

Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée « honnêtement » par tous et que dans ce cas tout irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences. La « prospérité » américaine a pour prix la stagnation des autres.

Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ? Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont « un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr. C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde. Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des marchés » - opère ici avec une puissance certaine auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe de « libre circulation des capitaux » a été sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales, auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement ! Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer à Washington pour en assurer la permanence.

Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi un « pays puissant endetté », dont on devrait savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait, fragile.

Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur hégémonie économique.

Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles. La médiocrité des systèmes de l'enseignement général et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant systématiquement le « privé » au détriment du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que traverse la société des Etats Unis.

On devrait s'étonner donc que les Européens, loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là également le virus libéral n'explique pas tout, même s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs dont bénéficie encore la « vieille Europe » (comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans le court terme, l'occasion de profits supplémentaires.

L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples. Elle procède de la même logique qui fut naguère celle d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques. Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.

Le combat pour mettre en échec le projet des Etats Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose - ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non Alignés).

Le succès de ce combat dépendra de la capacité des esprits à se libérer des illusions libérales. Car il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande de Washington concernant la « démocratie » et la « bonne gouvernance », ou la « réduction de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant quelques vérités élémentaires, affirmées avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale, une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également, par la libération des illusions d'un système libéral mondialisé « non asymétrique » qui permettrait aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ». N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination aucune », bénéficiant alors des applaudissements nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle défendu le tiers monde contre les Etats Unis ?

Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et son option militariste est celui de tous les peuples, de ses victimes majeures d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens et japonais condamnés à la subordination, mais tout également du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui « au cœur de la bête », refusent de se soumettre comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder au Mac-Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ? Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon rien, dans la formation historique, de la société des Etats Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent. A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires, pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse par s'assagir !

S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.


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DROGBA A RFI, APRES QUE LES « FRCI » DE OUATTARA AIENT BRULE SON VILLAGE


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Interview du Capitaine des Éléphants de Côte d'Ivoire, Didier Drogba, sur RFI, qui lui demande ce qu'il penserait d'un spot publicitaire pour la Paix en Côte d'Ivoire avec Yaya Touré de Manchester City.

La réponse de Didier fut brève et simple :


"Je ne le ferai que lorsque les rebelles auront reconstruit mon village qu'ils ont brûlé."

 

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Source: LE NOUVEL OBSERVATEUR

DEBUT DE PANIQUE A L'ELYSEE - SARKOZY EXIGE QUE OUATTARA NOMME UN PREMIER MINISTRE LMP PRO-GBAGBO EN LIEU ET PLACE DE GUILLAUME SORO




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Plus d'un mois après avoir été porté par la France à la tête de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara peine véritablement à décoller. L'hebdomadaire français « Le nouvel observateur » dans sa parution du 04 mai lève un coin de voile sur la panique qui commence à s'emparer de l'Elysée où on commence à devenir nerveux devant les contre-performances du Gouverneur Ouattara.


"Le nouvel observateur" fait en effet un clin d'œil à la grosse impasse politique ivoirienne actuelle, et confirme la thèse selon laquelle les arrestations arbitraires et les assassinats continuent toujours en Côte d'Ivoire malgré le fait que le Président "Gbagbo" et son épouse soient en résidence surveillée respectivement à Korhogo et à Odienné dans le nord du pays.

De sources concordantes, deux militaires des forces de défense et de sécurité (Fds) venus faire allégeance à "Ouattara" au Golf hôtel, y auraient été exécutés sans autre forme de procès. Mais, "Alassane Ouattara" a d'autres problèmes à gérer. Entre autres dossiers brûlants, le Premier ministre "Guillaume Soro" dont le remplacement exigé par la France pourrait créer des problèmes au Président "Ouattara"...

"Alassane Ouattara" a peut-être commis l'erreur de promettre la primature à tour de bras. Alors que le Pdci-Rda "d'Henri Konan Bédié" attendait tout sagement ce qui lui revient au terme de la campagne présidentielle,"M. Ouattara" a maintenu "Soro" qui ne serait plus prêt à perdre son poste de Premier ministre. De sources diplomatiques, la France ferait une impressionnante pression suivie de menaces à peine voilées sur "Alassane Ouattara" afin que celui-ci nomme un cadre de la majorité présidentielle(Lmp) " proche du Président "Gbagbo» au poste de Premier ministre.

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Il est difficile à "Alassane Ouattara" de faire partir "Guillaume Soro" contre son gré du poste de Premier ministre. Ce dernier a fait irruption en politique avec des hommes chargés de fusils d'assaut, lui-même arborant un ensemble vert treillis et chaussé en brodequins. Le premier de ses atouts reste et demeure son armée. Les forces nouvelles toujours prêtes à lui obéir à l'image des "Issiaka Ouattara" alias "Watao", "Touré Hervé" alias "Vétcho", "Morou Ouattara", "Fofié Kouakou" et bien d'autres chefs de guerre qui ont jusqu'ici constitué l'épine dorsale des stratégies de pression de "Guillaume Soro" dans toutes les négociations et accords politiques."Guillaume Soro" se serait retranché avec son cabinet politique à "Bouaké", son fief du nord où il peaufine sa stratégie, laissant en base arrière à Abidjan quelques fidèles en arme dont "Wattao", sous chef d'état major des "Fafn". C'est un signal fort que le secrétaire général des forces nouvelles entend ainsi envoyer à quiconque voudrait le priver de son butin de guerre. En attendant que le couple "Sarkozy-Ouattara" trouve la solution à l'énigme "Soro", des nouvelles boites de pandores se sont ouvertes béantes les unes après les autres. Parmi elles, l'insécurité ambiante dans le district "d'Abidjan" et toutes les villes de Côte d'Ivoire.

Tout le monde s'en inquiète même les guerriers venus du nord. Bien que "Laurent Gbagbo" ne soit plus à la tête de l'Etat ivoirien tel que l'a voulu la communauté internationale pilotée par "Nicolas Sarlozy", "Barack Obama","Ban Kimoon", "YJ Choi", l'Union africaine, la Cedeao et les militants du "RHDP", l'ombre de "Laurent Gbagbo" continue de planer sur la Côte d'Ivoire. Un coup d'Etat ne semble pas suffire pour effacer "Laurent Gbagbo" de l'esprit des ivoiriens... "Ainsi la France politique sarkoziste semble être rattrapée par le piège de ses contradictions idéologiques néocoloniales. Plus que jamais sa volonté manifeste de planifier une Côte d'Ivoire sans "Gbagbo" semble malheureusement voler en éclats... wait and see!!! (Attendons pour voir, disent les anglo-saxons)!


Yves T. Bouazo


Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 09 mai 2011

COTE D'IVOIRE, OU LE SILENCE FAIT LOI

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Le journaliste François Leclerc évoque la loi du silence et l'impunité qui entourent la situation en Côte d'Ivoire au lendemain de l'arrestation de Laurent Gbagbo et ses proches.


Les jours passent et dévoilent un peu plus la portée des mensonges d'Etat en Côte d'Ivoire. L'interview ici sur SlateAfrique de Choi Young-jin, l'envoyé spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire dit beaucoup de l'incroyable morgue, de l'incommensurable mépris que porte ce haut fonctionnaire à une partie du peuple ivoirien. Je passe sur ses difficultés à jouer au golf alors que les gens tombaient sous les balles et que le pays s'enfonçait dans la tourmente... Invraisemblable.

On ne compte pas les faussetés recensées dans ses propos, lui qui annonçait 70% de votants le lundi 29 novembre 2010, au lendemain du second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, et 81% fièrement aujourd'hui. Comment peut-il évoquer environ 300 morts à Duékoué alors que le comité international de la Croix rouge (CICR) a comptabilisé plus de 800 corps? Comment peut-il évoquer les soutiens de Gbagbo avec autant de haine? Faut-il lui rappeler que la plupart de ceux qui ont voté pour le vieux combattant de la démocratie sont issus de la classe moyenne, qu'ils sont notamment étudiants, professeurs, fonctionnaires; ce tissu social aujourd'hui détruit ou brisé par des tueurs à amulettes dans les rues d'Abidjan? Faut-il lui rappeler le texte qu'il avait écrit trois jours avant les élections confirmant la suprématie du Conseil constitutionnel sur tout organe extérieur?

Il ne peut donc évoquer des tricheries identiques au Nord et à l'Ouest alors qu'aucune requête n'a été formulée contre la majorité présidentielle. Choi piétine les lois qu'il assurait respecter la veille du scrutin... Bizarre, bizarre. Nous avons aussi découvert dans son exposé l'existence de bureaux-tests en Côte d'Ivoire. Est-ce possible, dans un pays qui n'a jamais connu de vraies élections présidentielles et qui n'a donc aucune antériorité dans l'analyse de résultats?

La loi du silence

J'aurais aimé qu'il réponde aux accusations du Canard Enchaîné sur le soutien de l'ONU au trafic de diamants par les proches de Ouattara dans les années 2009-2010. Ce sujet majeur est au cœur de la manipulation. Je vous conseille le reportage d'Arte sur la prise de Laurent Gbagbo par les soudards de Ouattara: un parfait résumé pour comprendre les forces en présence. Au milieu de ce désastre orchestré, un homme: Jean-Marc Simon, ambassadeur de France. «Gbagbo n'existe plus», vomit-il, posture de coq dans la basse-cour. Son attitude est insultante, ignorante de tous ces gens qui ont voté pour son ennemi revendiqué. Il se rêve en gouverneur au royaume des Eléphants; il n'est qu'un pantin triste qui a tué la démocratie dans ce pays grâce à l'armée française dont certains gradés s'avouent écœurés, en privé, de travailler à côté de chiens de guerre incultes.

Certaines organisations humanitaires -Médecins sans frontières, toujours droit dans ses bottes, Amnesty International ou le Comité International de la Croix-Rouge- ont heureusement brisé la loi du silence généralisé. Reporters sans frontières s'est aussi indigné des atteintes à la liberté de la presse.

Une presse ivoirienne moribonde

Rappelons-nous l'époque récente où l'opposition sortait six ou sept quotidiens, ou les pro-Ouattara s'exprimaient sans vergogne. Le paysage est maintenant dévasté. Les journaux pro-Gbagbo n'existent plus, des imprimeries ont été brûlées, et ça ne pose aucun problème aux médias français. La Télévision Côte d'Ivoire (TCI) reproduit les mêmes reportages que la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) mais à l'inverse, et la France et l'ONU applaudissent ce qu'elles honnissaient la veille.

Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), ose critiquer ce système dictatorial? On lui coupe la parole et on l'interne! Ce jour-là, le reporter de RFI présent sur les lieux au moment de la déclaration est rudoyé par les autorités et son matériel et son portable saisis. La réaction de ses boss parisiens? Un silence courtois. Tous les employés aimeraient être défendus avec autant d'amour par leurs patrons...

La démocratie par les armes

Quid des autres membres du gouvernement, proches du FPI (Front populaire ivoirien), embastillés dans un hôtel? On leur retire leurs cellulaires. Interdiction de communiquer avec l'extérieur. Où sont les Blé Goudé (ex-ministre de la Jeunesse), les Don Mello (porte-parole du gouvernement Gbagbo)? Pourquoi frapper Michel Gbagbo? Personne ne le sait. Magnifique démocratie par les armes. Recherchez les images de Dakoury-Tabley, ancien directeur de la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), en caleçon aux mains de voyous dans la résidence présidentielle, ou encore celles de Jean-Jacques Béchio, politicien éminent, le visage déformé et sanguinolent après avoir reçu un coup de pied alors qu'il venait se rendre...

A une époque récente, la France était intervenue contre le gouvernement précédent pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes à Abobo (quartier nord d'Abidjan), nous avait-on affirmé. Les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) utilisent les armes lourdes à Yopougon mais le silence règne en maître. Chut, on tue des « miliciens». Y-aurait-il un bon et un mauvais sang ivoirien?

Si les exactions sont moins nombreuses ces derniers temps, comment arriver à renvoyer les dépenaillés de Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien -sorte de Mad Max sans le moindre soupçon de professionnalisme, capable d'abattre de sang froid Désiré Tagro, ancien ministre de la République, de se servir de boucliers humains pris au hasard dans la rue ou d'abattre I.B. pour l'empêcher de parler? Ils sèment la terreur, ont pillé toutes les administrations, les villas cossues. C'est d'ailleurs au passage la preuve que le vote dans le Nord était un vol manifeste; qui aurait osé exprimer un avis contraire à ces hommes ivres de violence et d'alcool?

On ne parlera même pas ici des meurtres perpétrés un temps sur les ethnies qui seraient proches de Laurent Gbagbo... On a créé des monstres; comment s'en débarrasser? Les principaux généraux de Gbagbo ont fait allégeance -par nécessité ou par choix- mais leurs troupes ne veulent pas spécialement travailler à côté de leurs fossoyeurs. Il est encore trop tôt.

Réconciliation: quelle légitimité?

L'administration est en panne, en dépit des appels à la reprise du travail. Et l'armée française s'est vue contrainte de sécuriser des banques le jour de la paie pour éviter de voir ses alliés piquer dans les caisses... Quelle marge de manœuvre possède Alassane Ouattara, ce président imposé par la France? Ses appels au calme, à la paix sont nécessaires, mais pas suffisants. Il sera jugé sur des actes, pas sur des paroles. L'enfermement de Gbagbo est une erreur stratégique à l'heure de la réconciliation: son ennemi est devenu son allié le plus puissant, le plus sûr. Peut-être le seul.

Le choix de Charles Konan Banny, membre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) anti-Gbagbo, comme président d'une Commission vérité et réconciliation participe de ces décisions iniques: on ne prend pas un homme aussi marqué politiquement pour apaiser les tensions. En Afrique du Sud, Desmond Tutu avait une immense légitimité en prenant la tête de cette même commission, dont les travaux ont duré trois ans. Il faut d'ailleurs absolument lire le texte de Thabo Mbeki, l'ancien président de la «nation arc-en-ciel». Il a travaillé sur la crise pendant des années, en connaît les ressorts et les hommes.

Je n'ai pas évoqué Nicolas Sarkozy, le président français, celui qui a amené et orchestré le chaos. Sa femme laissait échapper des larmes sur la mort de Français dans un attentat à Marrakech. Sait-elle seulement que des centaines de patriotes ivoiriens sont tombés sous le feu de leurs soldats? Cela vaut peut-être aussi quelques larmes...


François Leclerc


Source: SLATE AFRIQUE

IL Y A A BOIRE ET A MANGER DANS LA CRISE IVOIRIENNE: SABINE CESSOU, C'EST UNE AFFAIRE DE SOUS!

 

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L'argent n'a pas d'odeur mais Abidjan sent l'hydrogène


Quelle n'a pas été notre surprise de découvrir hier qu'une interview de Marie Antoinette Singleton, fille de Laurent Gbagbo, et parue dans Slate Afrique, avait été menée... par Sabine Cessou elle même... !!!

Pour reprendre la formule d'un ami « l'argent n'a pas d'odeur mais Abidjan sent l'hydrogène ».

Voilà donc que la collaboratrice de Thomas Hofnung, pilier de la désinformation sur la crise ivoirienne au sein de la presse Rotschild

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et qui nous a habitués à une information partie prenante et donneuse de leçon, du dezingage des intellectuels

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à l'hagiographie du « nouvel  ambassadeur » élégant et parfumé qui a un enfant « avec une bété »

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en passant par la compassion pour le courageux Venance Konan  qui « sait que son téléphone est sur écoute, mais  n'a pas changé de numéro »

côte-divoire-pourquoi-les-intellectuels-et-les-artistes-....

décroche subitement le sien pour joindre un membre éminent du « clan gbagbo ».

Sabine Cessou aurait elle réfléchi à la lecture de son confrère François Leclerc?

cote-d-ivoire-silence-fait-loi-france

ou encore à l'écoute de jean Ziegler ?

article-cote-d-ivoire-jean-ziegler-enfin-on-attend-hessel...

et opérerait-elle le début d'un mea culpa ?

Rien n'est moins sûr !

Celle qui a écrit, entre autres, cet article:

côte-divoire-le-facteur-zimbabwe-.html

et a vanté à longueur de colonnes la « résistance à Abobo » produisait, sans doute un peu obligée au lendemain de la capture du PR ce papier:

côte-divoire-dangereuse-chasse-à-lhomme.html

dans lequel on trouve cette perle:

« Comment faire la différence, aujourd'hui, entre les vrais appels au secours lancés depuis la Côte d'Ivoire, et la propagande assenée pendant des mois par les médias aux ordres de Gbagbo? Le ratissage à grande échelle en cours en Côte d'Ivoire est le corollaire de la chute de Gbagbo: inévitable, mais aussi extrêmement risqué, pour l'avenir politique d'Alassane Ouattara ».

Sacrée Sabine ! Elle peut continuer à parler de propagande alors que toute la presse non ouattariste est interdite, et justifier une épuration arbitraire en s'inquiétant uniquement de ses conséquences politiques tout en courant  juste après derrière le scoop. Quelle santé !

Fort heureusement pour elle, Marie Antoinette Singleton n'a pas été « ratissée » aux Etats-Unis après le kidnapping de son père, ce qui permet à Sabine de mettre un peu de beurre dans les épinards.

Si vous croisez Marie Antoinette, qui force le respect, s'il vous plait, expliquez-lui la ligne de Sabine Cessou sur la crise ivoirienne et indiquez-lui ce blog: on lui donnera avec grand plaisir le nom des rares journalistes français respectables.


Saper Aude

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

QUAND L'UNIVERSITE DEVIENT UNE CIBLE MILITAIRE POUR LE TRIO LICORNE-ONUCI-FRCI D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 


CITES UNIVERSITAIRES SACCAGEES.jpg

Résidence universitaire bombardée et pillée, à Abidjan.

 

Dans sa mission occulte d'installation d'un Gouverneur de Province à la tête de la Côte d'Ivoire, le trio Licorne-Onuci-Rebelles d'Alassane Dramane Ouattara, commandité depuis Paris par Sarkozy, n'a pas épargné les structures universitaires et les étudiants ivoiriens.
La stratégie du trio Licorne-Onuci-Rebelles d'Alassane Dramane Ouattara est méthodiquement réglée et coordonnée : d'abord, la Licorne et l'ONUCI bombardent les sites avec leurs MI-24 et PUMA ; ensuite ils transportent et déversent les rebelles sur lesdits sites ; enfin, les rebelles d'Alassane Dramane Ouattara entrent en scène pour piller, saccager, violer, torturer, tuer...

 

Les deux universités publiques, que sont l'Université d'Abidjan-Cocody et l'Université d'Abobo-Adjamé, sont hors d'état de fonctionnement. La première a été pillée et saccagée et la seconde, pillée et en partie détruite. Les seize résidences universitaires du District d'Abidjan ont été toutes littéralement pillées et mises à sac. Un certain nombre de chambres de ces cités sont occupées par les rebelles d'Alassane Dramane Ouattara.

Pour apporter des précisions, l'on peut citer quelques exemples:

- l'université d'Abobo-Adjamé a été en partie détruite en même temps que l'Hôpital Militaire d'Abidjan (HMA), située non loin de celle-ci, suite aux premiers bombardements des hélicoptères de combat de la Licorne et de l'Onuci ;

- les Résidences universitaires d'Abobo (I et II), de Williamsville et des 220 logements ont été violemment attaquées par les rebelles d'Alassane Dramane Ouattara, sous le regard bienveillant de la Licorne et de l'ONUCI, qui les encadraient par le survol de leurs hélicoptères : armés de gourdins, de machettes et de kalachnikovs, ils ont sauvagement pris à partie les étudiants desdites cités ;

- l'université d'Abidjan-Cocody a été le théâtre de violents affrontements : du lundi 4 avril au lundi 11 avril 2011, elle a servi de base arrière aux bombardements de la Résidence du Président de la République. Les rebelles, transportés sur place ont ensuite pillé et saccagé la Présidence de l'Université, la Scolarité, la Comptabilité de même que certaines facultés, dont celles des Sciences Juridiques et des Sciences Economiques et de Gestion: ordinateurs et coffres-forts emportés, livres et divers autres documents administratifs et financiers éparpillés et irrécupérables ;

- le Centre Régional des Œuvres Universitaires d'Abidjan (CROU-A) et l'Ecole Normale Supérieure (ENS), tous deux situés au sein de l'Université d'Abidjan-Cocody, n'ont pas échappé à la furie des rebelles pilleurs. Ils y ont respectivement emporté l'argent des bourses des étudiants et le matériel informatique ;

- les Résidences universitaires du Campus de Cocody et de la Riviéra II ont été attaquées à l'arme lourde, obligeant les étudiants à se réfugier au sein du Centre Hospitalier Universitaire de Cocody et dans les églises et écoles environnantes (notamment la Paroisse Saint Albert Le Grand, la Maison des Etudiants protestant (MAPE) et le Cours Supérieur Protestant de Cocody (CSP). Tout un pallier d'un bâtiment de la Cité de la Riviéra II a été calciné par les tirs de missiles d'un hélicoptère de combat de la Licorne ;

- les résidences universitaires de Port-Bouët (I, II et III) ont été, dans les mêmes conditions que précédemment, décoiffées puis incendiées par la main criminelle des rebelles d'Alassane Dramane Ouattara avec la complicité de la Licorne et de l'ONUCI ;

- l'ensemble des résidences universitaires a été prise d'assaut par les rebelles pilleurs, à peine entamé l'ultimatum de 72 heures donné aux étudiants pour libérer les cités.

Le Gouverneur Alassane Dramane Ouattara annonçait, le mardi 19 avril 2011, sur TCI, sa chaîne gracieusement offerte par l'Ambassadeur de France, que les étudiants avaient 72 heures à partir du mercredi 20 avril pour quitter les résidences universitaires. Cependant, dès le jeudi 21 avril à 15 heures, alors même que le délai n'était pas expiré, les rebelles se livrèrent à leur sale besogne, le pillage des chambres des étudiants : télévisions, frigos, ordinateurs, matelas, bouteilles de gaz, ustensiles de cuisines et même les vêtements ont constitué leur butin de guerre.

Il n'est pas inutile de relever que dès le lundi 18 avril 2011, les rebelles, munis de bulldozers, avaient entamé la destruction de tous les magasins et petits commerces des étudiants situés au sein des cités, voire des commerces de particuliers voisins aux cités universitaires, sans leur avoir permis d'en récupérer le contenu ;

- Les résidences universitaires, pour celles qui ont subi le moins de dégâts, notamment celles du campus de Cocody, hébergent désormais les rebelles d'Alassane Dramane Ouattara, tout particulièrement ses dozos.

Les étudiants ivoiriens payent un lourd tribut et sont constamment en proie à la folie meurtrière des rebelles d'Alassane Dramane Ouattara :

- de nombreux étudiants ont été tués lors des bombardements de la résidence du Président de la République par la Licorne et l'ONUCI;

- les étudiantes et étudiants présents sur les cités au débarquement des rebelles ont été, pour les premières, violées et pour les seconds, molestés et tués de sang froid, sous prétexte de leur appartenance à la FESCI;

- des milliers d'étudiants rejoignent leurs parents en zone rurale, suite à la fermeture des universités et des résidences universitaires. L'on assiste à un exode massif de la population estudiantine vers les villages ;

- beaucoup d'autres sont condamnés à errer dans les rues d'Abidjan, car n'ayant aucune famille ou ami susceptible de les accueillir. Ils ne peuvent non plus rejoindre leurs parents, faute de moyens ou parce que ces derniers ont eux aussi fui leurs villes et villages pour des destinations inconnues. Et, là encore, ils s'exposent à tout moment au danger d'être appréhendé ;

- tous, les jeunes hommes en particulier, sont pourchassés : les rebelles assiègent les domiciles à la recherche d'étudiants qu'ils considèrent de fait comme des miliciens du Président Gbagbo; ces derniers sont arrêtés à des barrages, dans les rues, exécutés sur place ou conduits à des destinations inconnues ;

- des milliers d'étudiants sont contraints à l'exil pour d'une part préserver leur vie et d'autre part poursuivre leurs études. Mais, hélas, pour la plupart, ils ne pourront s'inscrire dans aucune université, car leurs diplômes et autres documents ont été détruits.

L'université ivoirienne est en danger si ce n'est déjà le chaos. Une réouverture imminente des universités publiques est sinon une utopie à tout le moins une œuvre difficilement réalisable. Les administrations sont en ruine, tous les fichiers et bases de données étant détruits.
Il s'ensuit qu'il est désormais impossible de vérifier la qualité encore moins le niveau d'études de toute personne qui prétendrait être étudiant.

Tout semble avoir été savamment orchestré pour l'épuration de la race estudiantine.
Au moins, avons-nous le » privilège » de connaître le titre de la nouvelle matière qui sera introduite dans les facultés des universités africaines aux prochaines rentrées académiques: « Le Droit de la Force » !!!


Le Patriote Ivoirien


Source: ABIDJAN 360

dimanche, 08 mai 2011

COTE D'IVOIRE: SIMPLICE KOUADIO AUDITIONNE LE PRESIDENT GBAGBO SANS SES AVOCATS


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Simplice Kouadio Koffi, procureur nommé par Ouattara a dit avoir entendu samedi pour la première fois, dans le cadre d'une enquête préliminaire, le président ivoirien Laurent Gbagbo, à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, où il est détenu sans chefs d'accusations, a-t-on appris d'une source proche du dossier.

« Laurent Gbagbo a été auditionné en présence de son médecin personnel », a affirmé Simplice Kouadio Koffi, en sortant de la villa où M. Gbagbo est gardé en résidence surveillée.

Un entretien qui a duré environ une heure, a constaté des journalistes de DirectScoop.

« Je me rendrai dimanche à Odienné (nord-ouest) pour l'audition de Simone Gbagbo », a précisé le procureur Simplice Kouadio.

Prévu pour se tenir vendredi, c'est finalement samedi que Simplice Kouadio a tenu à auditionner le président ivoirien Laurent Gbagbo. Ses avocats ayant été refoulés à leur arrivée vendredi matin à l'aéroport d'Abidjan par le ministre de l'intérieur d'Alassane Ouattara.

Les avocats du Président Gbagbo, Jacques Vergès et Marcel Ceccaldi, ont dénoncé un « piège » et une « violation des droits de la défense » à leur retour à Paris vendredi soir, demandant un report de l'audition jusqu'à leur arrivée. Tous deux se trouvaient encore en France samedi.

« Si Laurent Gbagbo ne veut pas être entendu hors de la présence de ses avocats, il ne peut pas y avoir d'audition, selon la loi ivoirienne », avait déclaré dans la matinée à DirectScoop Marcel Ceccaldi, précisant qu'il allait se rendre lundi à l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris pour demander un visa.

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Capturé le 11 avril après une nuit de bombardements intenses par les forces françaises, à la résidence présidentielle de Côte d'Ivoire, le Président Laurent Gbagbo a été déporté dans le nord du pays. Détenus sans aucun chef d'accusation, il fait, aux dires des nouvelles autorités, l'objet d' «enquêtes préliminaires ».


 

Source : DIRECTSCOOP.NET

samedi, 07 mai 2011

REVENIR A LA RAISON

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Nous ne partageons pas cet avis, qui nous ramène 50 ans en arrière dans la lutte pour la libération de notre pays du joug colonial français. On y récrimine presque contre l'Accord Politique de Ouagadougou négocié pour donner un peu de paix aux Ivoiriens en ignorant les circonstances et les blocages inextricables qui l'ont précédé. Aurait-on préféré en lieu et place une guerre totale qui aurait défiguré la Côte d'Ivoire? Le président Gbagbo ne trouvait pas cela judicieux, et il avait raison.

Ces paroles seraient vraies et donneraient de l'espérance si on avait en face des démocrates et des personnes soucieuses des libertés, des quidams qui ne soient pas parrainés par la plus génocidaire et la plus colonialiste des puissances modernes - en l'occurence la France -, des individus aux paroles de qui ont pouvait se fier, et si concomittament, parlant de pardon et de réconciliation, les nouveaux locataires du palais présidentiel ne continuaient pas à tuer, à piller et à faire la chasse à l'homme. Ces faits, nous les vivons chaque jour. On ne peut nous assurer qu'en faisant profil bas, le contraire se produirait! Comme par enchantement. Faisons gaffe à la séduction, à la méprise et à la crédulité! Il fallait au moins les laisser assumer leur coup d'Etat jusqu'au bout, sans les y aider!

Mais pour donner une chance à la diversité de vues et d'opinions, je vous donne l'occasion, chers lecteurs, d'entendre un autre son de cloche. Au nom de la Côte d'Ivoire.

 

«Libérez Gbagbo !», «On veut Gbagbo!», «Pas de négociations sans Gbagbo!», «C'est Gbagbo le président !», «Yao N'Dré est un traitre !».

Que d'injonctions péremptoires et d'accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l'armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l'arrêt rendu hier par le Conseil constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara président de la république de Côte d'Ivoire, n'est pas venu calmer l'intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu'ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !


Mais si l'émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.


Ceux qui s'époumonent en récriminations et incantations, niant une situation certes douloureuse, mais bel et bien réelle, servent-ils vraiment la cause qu'ils défendent ? Laurent Gbagbo n'a plus l'effectivité du pouvoir en Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011. Il ne reviendra pas au pouvoir, ni dans les jours, ni dans les semaines, ni dans les mois à venir. Refuser d'accepter cette réalité n'est pas faire preuve de loyauté envers le prisonnier de Korhogo, mais contribue plutôt à compliquer ses conditions de détention et ses perspectives de libération.


Une stratégie ne peut être viable et avoir du succès que si elle prend en compte sans concession tous les paramètres contextuels : les forces, les faiblesses, les opportunités et les dangers. Il est donc vital que les partisans d'une Côte d'Ivoire digne et debout reformatent au plus vite leur logiciel de fonctionnement en tenant compte de quelques réalités, dont notamment celle-ci : Laurent Gbagbo, bien que vainqueur du scrutin de novembre 2010, n'est plus le président de la Côte d'Ivoire. Pour arriver à ce résultat, la France, aidée par la quasi totalité de la communauté internationale, a fait la guerre à la Côte d'Ivoire. La bataille militaire a été perdue par l'Etat ivoirien. Des défaites ont aussi été enregistrées sur le plan médiatique, diplomatique, stratégique, politique.


L'arrêt rendu par le Conseil constitutionnel hier, comme la déclaration du FPI signée par son vice-président Mamadou Koulibaly ou l'appel à déposer les armes lancé par Eugene Djué aux résistants pro Gbagbo sont très loin d'être des preuves de traîtrise. Par ailleurs, c'est n'est pas la première fois que deux individus prêtent serment pour l'exercice de la magistrature suprême devant une cour constitutionnelle en l'espace d'un court laps de temps. Un précédent existe tout près, en Côte d'Ivoire même : en 2000, le général Guéi, proclamé vainqueur, a prêté serment devant la chambre constitutionnelle de la Cour suprême, présidée par Tia Koné. Quelques heures plus tard, c'est devant la même institution et le même Tia Koné que Laurent Gbagbo prêtait lui aussi serment, après que sa victoire dans les urnes lui ait été rendue par la rue.


A candidature exceptionnelle, présidence exceptionnelle


En quoi la proclamation et la reconnaissance de la présidence factuelle de Ouattara sont-elles donc soudain si méprisables ? Est-ce pire que d'avoir signé  les accords de Kleber/Marcoussis qui ont fait entrer les rebelles au gouvernement ? Est-ce plus grave que d'avoir accepté la candidature exceptionnelle de Ouattara, alors que l'inéligibilité de ce dernier avait été constatée et motivée par un arrêt légendaire de la Cour suprême en 2000 et que les décisions de la Cour suprême sont réputées irrévocables ? Est-ce plus inacceptable que de n'avoir pas exigé le départ de l'armée française et ni poursuivi l'Etat français devant les juridictions internationales suite aux événements sanglants de novembre 2004, dans un contexte favorable comme jamais, où l'Hexagone avait perdu les batailles diplomatique et médiatique ? Est-ce plus répulsif que d'avoir imposé un assassin comme Guillaume Soro comme Premier ministre, lui donnant non seulement un pouvoir auquel lui-même n'aspirait plus depuis la mise en déroute de ses troupes par l'opération Dignité conduite, faut-il le rappeler, par le Général Philippe Mangou, aujourd'hui soupçonné des pires turpitudes par certains pro Gbagbo, mais le présentant en plus comme le «meilleur premier ministre » que la Côte d'Ivoire ait eu depuis l'accession de Gbagbo au pouvoir ? Est-ce plus odieux que d'avoir accepté d'aller aux élections sans désarmement préalable des rebelles, en violation flagrante des dispositions de l'Accord politique de Ouagadougou, pourtant déjà difficile à accepter en l'état, ce qui a permis aux rebelles de se rendre coupables de toutes les exactions possibles et imaginables afin d'aboutir aux fraudes massives enregistrées dans les zones sous leur contrôle lors du scrutin présidentiel de novembre 2010 ? Et pourtant, qui peut nier les idéaux nationalistes à la base du combat de Laurent Gbagbo lorsqu'il se lança en politique il y a maintenant 40 ans ?

Au regard de ce qui précède, la proclamation d'hier ou la prestation de serment de ce jour ne relèvent pas plus d'Ubu que l'ensemble de la situation dans laquelle la Côte d'Ivoire est maintenue depuis 9 ans. Les actes récemment posés par les personnalités au patriotisme au-dessus de tout soupçon que sont, entre autres, les membres et le président du Conseil constitutionnel, le président de l'Assemblée nationale, le secrétaire général du Front populaire ivoirien sont donc loin d'être constitutifs de trahison ou d'allégeance. Ils procèdent d'une analyse pragmatique de la situation, de la nécessité d'accepter de payer le prix des erreurs colossales et des choix désastreux faits ces dernières années, de l'obligation de se réorganiser autrement et de la volonté d'apaisement nécessaire à la réinstauration d'un Etat de Droit pour faire place au chaos, à la barbarie et à la terreur qui sont devenus le quotidien des Ivoiriens depuis le putsch militaire franco-onusien qui a imposé au forceps Ouattara à la tête de l'Etat.


Les représentants du FPI à l'étranger qui ne représentent qu'eux-mêmes tant qu'ils font fi de la discipline du parti ou les conseillers autoproclamés ou non de l'ex-président de la république seraient donc bien inspirés de se taire ou d'avoir des prises de paroles plus utiles. Ce n'est pas ceux qui crient le plus fort qui en font le plus pour la libération de Laurent Gbagbo et de toutes les personnes détenues de façon illégale et dans des conditions souvent inhumaines à travers le pays. Que dire du commandant de la garde républicaine, de l'aide de camp du président, de ses gardes du corps qui sont entassés à 23 dans une cellule de 9 mètres carrés sans fenêtre et sans toilettes au camp militaire de Korhogo, par des températures suffocantes ? Sont-ils seulement encore en vie ou ont-ils déjà succombé au cholera ou à la typhoïde, compte tenu de leurs conditions de détention ? Ne méritent-ils pas eux aussi d'être au centre de l'attention de ceux qui se démènent pour le retour de la sécurité et de la normalité dans la vie des Ivoiriens ou ce privilège est-il uniquement dévolu à Gbagbo?


Continuer la lutte sous une autre forme


Laurent Gbagbo n'est plus le président en exercice des Ivoiriens. Cependant, malgré le fait qu'il ne soit plus au pouvoir, il n'en demeure pas moins un des personnages clé de l'avenir de la Côte d'Ivoire. Le processus de réconciliation ne saurait aboutir sans son rétablissement rapide dans les droits et prérogatives les plus élémentaires qui lui sont dévolus. Ouattara et toutes les parties prenantes à la crise ivoirienne en sont naturellement bien conscients. En tant qu'ancien président, Gbagbo a le droit de vivre paisiblement et en toute sécurité en Côte d'Ivoire et de jouir de tous les avantages liés à son statut, toutes choses dont ses bourreaux d'aujourd'hui (Ouattara et Bédié) ont par ailleurs largement bénéficiés grâce au grand sens démocratique pratiqué par l'homme de Mama lorsqu'il était aux commandes du pays.

Il sera intéressant de voir si les «vaincus du 11 avril» sauront surmonter leurs incompréhensions, désabusement, tentations de positionnement personnel et inutiles guerres de leadership, et faire preuve de suffisamment de maturité pour se rassembler en rangs serrés derrière ceux qui ont eu le courage de prendre des décisions parfois difficiles et impopulaires pour mieux préserver l'intérêt général de tous les Ivoiriens et les quelques acquis d'un long et fastidieux combat d'émancipation. De la rapidité avec laquelle ils intégreront cela, ainsi que de leur capacité à focaliser leur passion sur leur seul et vrai adversaire : la France et son pion local Alassane Dramane Ouattara, dépend l'avenir de la lutte nationaliste de libération et la mise en échec de la recolonisation de l'Afrique entreprise avec violence par l'Occident.

 

 

Elias Koré, le 6 mai 2011


Source : SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

 

MARIE-ANTOINETTE SINGLETON: «LA FRANCE A FAIT LA GUERRE A LA COTE D'IVOIRE»

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Interview de Marie-Antoinette Singleton, fille de Laurent et Simone Gbagbo, installée aux Etats-Unis.


L'une des cinq filles de Laurent et Simone Gbagbo, Marie-Antoinette Singleton, installée depuis douze ans aux Etats-Unis, a écrit le 6 avril une lettre au président Nicolas Sarkozy, restée sans réponse. Elle s'y élevait contre les mauvais traitements infligés à ses parents lors de leur arrestation, le 11 avril, et contre leurs conditions actuelles de détention. Pour SlateAfrique, Marie-Antoinette Singleton, belle-fille de Laurent Gbagbo, née avec sa sœur jumelle Marthe et sa sœur aînée Patricia d'un premier mariage de Simone Ehivet, réagit à l'investiture, le 5 mai, du président Alassane Ouattara par le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire -ce même Conseil constitutionnel qui avait investi son père, Laurent Gbagbo, après le second tour de la présidentielle du 28 novembre. Elle a été assistée, dans cette interview, par l'avocat camerounais Michel Noulowe, membre du collectif constitué pour la défense de Laurent Gbagbo, aux côtés de Roland Dumas, Jacques Vergès, Gilbert Collard, Marcel Ceccaldi et Habiba Touré.


SlateAfrique - Quelles sont les conditions de détention de vos parents aujourd'hui?

Marie-Antoinette Singleton - Le Président se trouve en ce moment à Korogho et la Première dame à Odienné. Mon frère Michel est à Bouna [communes du Nord de la Côte d'Ivoire, ndlr]. A ce jour, je n'ai pas pu leur parler. Les informations qui me parviennent sont celles de la presse. Sur une photo prise lors de la visite rendue au Président par Desmond Tutu et Kofi Annan, j'ai vu qu'il portait les même vêtements, une chemise bleue et un pantalon noir, deux semaines après son transfert à Korogho. Je me demande d'où viennent ces vêtements. La tenue de ma mère a été déchirée à l'hôtel du Golf, et on lui a prêté un boubou [vêtement typique du Nord de la Côte d'Ivoire, ndlr] d'après ce que j'ai pu voir sur les photos. La famille n'a pas été contactée, nous n'avons pas pu donner de vêtement ni même de dessous. D'autre part, mes parents suivent un régime alimentaire particulier à cause de l'âge... Mon frère, lui, porte des loupes et je l'ai vu sur des photos sans ses lunettes. Sans elles, il est pratiquement aveugle. Comment est-il traité? Voilà deux jours que j'appelle au Golf pour parler à Jeannot Ahoussou [le ministre de la Justice du gouvernement d'Alassane Ouattara, ndlr], mais je n'ai pas réussi à le joindre. Je vais continuer. Je ne dis pas qu'il m'évite, peut-être était-il occupé. Je continue d'essayer.

Michel Noulowe - Le Président et toutes les autres personnes arrêtées sont soumis à un régime d'isolement. Ils ne reçoivent pas de visites, n'ont de contact avec personne, ni les proches, ni les avocats. C'est contraire à toutes les règles élémentaires et à la Charte des Nations unies sur les droits de l'homme.

SlateAfrique - Que demandez-vous pour vos parents?

M.-A. Singleton - Que les règles élementaires soient respectées. Nous ne demandons pas un traitement de faveur particulier. C'est difficilement concevable que des personnes puissent être arrêtées sans qu'elles en sachent les raisons. Une situation qui se passe au XXIe siècle et sous la supervision des Nations unies en Côte d'Ivoire.

SlateAfrique - Le médecin personnel de votre père est-il toujours à ses côtés?

M.-A. Singleton - Oui, il est toujours là, d'après ce que nous avons pu voir sur les photos. J'espère qu'on ne lui a pas refusé ses médicaments.

SlateAfrique - Pourquoi vos parents ont-ils été séparés?

M.-A. Singleton - Je n'en sais rien. Je suppose qu'ils essaient de les briser.

SlateAfrique - Avez-vous le droit de voyager et, si oui, souhaitez-vous vous rendre en Côte d'Ivoire?

M.-A. Singleton - J'ai le droit de voyager, mais j'aimerais pouvoir avoir un interlocuteur en Côte d'Ivoire. Il n'y a pas de police, les rebelles font la loi dans les rues. Ce serait utile que j'y aille, si les conditions de sécurité sont réunies.

SlateAfrique - Où se trouvent vos sœurs en ce moment?

M.-A. Singleton - Je préfère ne pas donner de détails. Elles ont été arrêtées avec mes parents, puis relâchées, de même que leurs enfants. J'aimerais dire au passage que les filles ont été tabassées pendant l'arrestation. Ils n'ont pas touché aux enfants.

SlateAfrique - Comment avez-vous réagi en voyant les photos de vos parents arrêtés dans l'hebdomadaire Paris-Match?

M.-A. Singleton - Cela m'a fait mal pour la Côte d'Ivoire, qu'on subisse un sort tellement injuste et que le monde ne soit pas offusqué. Ces choses ne seraient pas tolérées ailleurs. Pour les journalistes qui couvrent les évènements, c'est un autre dossier, sans plus. Mes parents ont traversé beaucoup de choses, ma mère a été tabassée quand Ouattara a fait arrêter mes parents en 1992. Ce n'est pas nouveau! Eux-mêmes étaient préparés psychologiquement pour ce combat qui n'est pas terminé. Nous avons été tellement traumatisés enfants que je ne suis pas émue. J'adhère à 100% au combat de mes parents et je suis prête à le continuer, pour la libération de la Côte d'Ivoire.

SlateAfrique - Votre père est accusé par Choi Young-jin, le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire, d'avoir laissé faire les violences politiques après les élections. Le bilan des exactions s'élève à plus de 1.000 morts. Que répondez-vous à ces accusations?

M.-A. Singleton - Un Président a le devoir de défendre son peuple, les institutions, la République. L'armée a fait son travail. Qu'on me dise ce qu'on reproche à mes parents! L'armée a défendu le pays car il était attaqué. A Abobo [quartier d'Abidjan, ndlr], le commandant IB a déclaré que c'était lui qui était derrière le commando invisible, alors qu'on a accusé l'armée de tuer les gens dans ce quartier. Je suis désolée, mais l'armée avait un devoir, et elle l'a fait.

SlateAfrique - On reproche aussi à votre père d'avoir laissé faire des milices à sa solde, les Jeunes patriotes et la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d'Ivoire (Fesci)?

M.-A. Singleton - C'est facile de dire ce genre de choses. Choi peut raconter ce qu'il veut, encore faut-il qu'il le prouve. Les enfants de la Côte d'Ivoire se sont levés depuis 2000 pour défendre leur pays. On a vu des révolutions en Europe et aux Etats-Unis. Pourquoi ces combats seraient-ils nobles, et pas le nôtre? Que M. Choi vienne prouver que Laurent Gbagbo est un adepte de la violence! On a vu qui a produit la violence en Côte d'Ivoire... C'est Ouattara! Ils parlent de charniers, d'escadrons de la mort, ils créent ce genre de termes parce que ce sont leurs pratiques! Il y a des enlèvements à Abidjan aujourd'hui, des actes qui se passent en toute violation du mandat de l'ONU. Choi n'est pas impartial, il a un parti-pris. L'ONU a transporté des rebelles pour les amener dans les quartiers. Qu'il réponde à cela d'abord!

SlateAfrique - Pendant la crise post-électorale, avez-vous conseillé à vos parents d'adopter une stratégie différente?

M.-A. Singleton - Je porte le combat entièrement. Je suis d'accord avec ce qu'ils font. Il y a eu des élections. La Commission électorale indépendante (CEI) n'a pas été capable de donner les résultats provisoires. C'est une aberration de voir la seule voix du président de la CEI porter, alors qu'elle est constituée de 31 membres. Le délai de proclamation des résultats a été dépassé. C'est scandaleux! Les résultats ont été proclamés au QG de l'un des candidats, l'hôtel du Golf, ce même hôtel où les rebelles ont logé pendant des années aux frais de l'Etat. C'est ridicule! Le président de la CEI y a été amené par des diplomates étrangers, ce qui relève d'une ingérence dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire... Quand le Conseil constitutionnel déclare le président Gbagbo vainqueur, on le refuse. Moi, je respecte les institutions de mon pays. Je l'aurais fait même s'il ne s'agissait pas de mes parents. Si les Ivoiriens ne respectent pas leurs institutions, qui va le faire? Ici aux Etats-Unis, qui a empêché George Bush d'être Président en exercice, alors que sa victoire était contestée face à Al Gore? Qui l'a contestée, alors qu'une partie du peuple s'estimait spoliée de la victoire de Gore?

SlateAfrique - A vos yeux, Alassane Ouattara représente-t-il l'illégalité?

M.-A. Singleton - A supposer qu'il soit prouvé qu'il est le vainqueur, il y a un processus à suivre, à respecter... Il faut avoir été investi. Comment tolérer que ce Monsieur puisse agir comme Président? Le monde veut nous enseigner la démocratie, mais le monde ne peut pas en appliquer les règles en Afrique... C'est scandaleux! Chaque jour, on piétine la Constitution en Côte d'Ivoire. On va de violation en violation. On nous dit que le Conseil constitutionnel applique une décision contraignante de l'Union africaine (UA), pour laquelle il doit se dédire, cinq mois plus tard, en investissant quelqu'un d'autre...

Me M. Noulowe - Le Conseil constitutionnel a pris une décision pour proclamer la victoire d'Alassane Ouattara. C'est une démarche singulière, dans la mesure où c'est un conflit armé qui a abouti à cette décision. C'est le même Conseil constitutionnel, présenté comme un groupe d'affidés de Laurent Gbagbo, le même Conseil constitutionnel qui était vilipendé ces derniers mois qui est porté aux nues aujourd'hui. Le fait que le Conseil constitutionnel n'ait pas été dissous et qu'il se soit contredit lui-même, à quelques mois d'intervalle, pose un certain nombre de questions qui restent sans réponses. C'est également un aveu: en tout état de cause, c'est bien le Conseil consitutionnel qui était seul habilité à proclamer le résultat des élections. Tantôt la CEI, tantôt le représentant des Nations unies pouvaient s'arroger cette prérogative. On revient à la case départ, au terme de cinq mois de conflit. Quel besoin Alassane Ouattara a-t-il du Conseil consitutionnel? On est allé plus vite que la musique. On a mis la charrue avant les bœufs. Et comme on dit chez vous, la réalité dépasse la fiction.

SlateAfrique - Que pensez-vous du rôle de la France dans la situation actuelle en Côte d'Ivoire?

M.-A. Singleton - La France a montré aux yeux du monde qu'elle a toujours été l'instigatrice des crises que nous avons traversées depuis 2002. Elle a d'abord été active, non pas dans les combats mais en apportant des équipements et un soutien logistique aux rebelles. Maintenant, les choses se passent à l'échelon international, tout simplement. On a vu l'ONU et la France transporter les rebelles et même combattre sur le terrain. La France est l'instigatrice de ces coups. Elle a fait la guerre à la Côte d'Ivoire sans qu'on lui ait déclaré la guerre, et sans déclarer la guerre elle-même.

SlateAfrique - Etes-vous déçue par la position des Etats-Unis?

M.-A. Singleton - C'est cette année que j'ai vu les Etats-Unis prendre parti. Je ne sais pas encore quelles sont les motivations des Etats-Unis, une nation censée représenter les valeurs de justice, de démocratie et de droit. Ils auraient pu regarder les choses d'un point de vue légal. On ne peut pas soutenir les efforts de rebelles... En Libye, c'est le même schéma. Désormais, tout se passe comme si on pouvait apporter des armes à des rebelles.

SlateAfrique - Etes-vous soutenue par votre communauté aux Etats-Unis?

M.-A. Singleton - Absolument! Des Ivoiriens, des Africains et des Américains n'arrêtent pas de nous appeler et demandent à contribuer au combat. Nous coordonnons les efforts, nous reçevons des emails, des coups de fil. Tout le monde estime qu'il ne s'agit plus de la Côte d'Ivoire mais d'un antécédent majeur pour l'Afrique.

SlateAfrique - Redoutez-vous une procédure contre vos parents devant la Cour pénale internationale (CPI)?

M.-A. Singleton - Non, je ne la redoute pas. Je ne sais pas ce que la CPI pourrait leur reprocher. J'attends de voir. Je ne suis pas inquiète.

SlateAfrique - Croyez-vous à la politique de réconciliation annoncée par Alassane Ouattara?

M.-A. Singleton - Leurs paroles sont contradictoires. Ils parlent de réconciliation alors qu'on se bat encore à Yopougon! Les gens ne sont pas libres de se déplacer, les rebelles occupent les maisons, les gens ont tout perdu. Il ne s'agit pas de mon opinion, mais des faits.

Slate Afrique - Etes-vous en contact avec Charles Blé Goudé?

M.-A. Singleton - Non, je ne cherche pas à rentrer en contact avec ces personnes, elles ont des raisons évidentes de se cacher pour protéger leur vie et ne pas jouer les martyrs. Je les félicite pour le travail qu'ils ont fait. Il faut continuer là où nous sommes. Je m'organise depuis les Etats-Unis. On n'a pas besoin de Blé Goudé, il en a fait suffisamment, mais s'il revient, gloire à Dieu.

SlateAfrique - Est-il vrai que nombre de fidèles de vos parents se trouvent au Ghana, où ils s'organiseraient pour poursuivre leur combat?

M.-A. Singleton - Je l'ai entendu dire mais je n'ai pas de contacts particuliers avec eux.

SlateAfrique - Quelle est votre situation personnelle en ce moment? Travaillez-vous?

M.-A. Singleton - J'ai étudié l'administration publique aux Etats-Unis, je suis mariée à un Américain et mère de quatre enfants. Jusqu'en février, je travaillais comme conseiller à l'ambassade de Côte d'Ivoire. J'ai cessé d'y aller, physiquement, pour protester contre le traitement subi par l'ancien ambassadeur [Charles Yao Koffi, nommé par Laurent Gbagbo, a été de facto remplacé par Daouda Diabaté, nommé par Alassane Ouattara et reconnu par Washington le 11 février, ndlr]. C'est une forfaiture que je ne partage pas. Mais je me considère toujours comme employée de l'ambassade.



Recueilli par Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 06 mai 2011

COTE D'IVOIRE: LES AVOCATS DE GBAGBO REFOULES, PRESTATION DE SERMENT POUR OUATTARA


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Les deux défenseurs français du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo ont été refoulés vendredi avant son premier interrogatoire, alors que son successeur Alassane Ouattara doit prêter serment.


Les deux avocats, Me Jacques Vergès et Me Marcel Ceccaldi, ont été interdits d'entrée à l'aéroport d'Abdijan faute de visas en règle et ont été placés dans un avion pour Paris.

Cet incident est intervenu alors que M. Gbagbo, 65 ans, devait être entendu par le Procureur de la République à Korhogo (nord), où il se trouve en résidence surveillée depuis son arrestation il y a près d'un mois à Abidjan.

Il devait être interrogé dans le cadre d'une enquête préliminaire portant sur la crise née de la contestation du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, au cours de laquelle 3.000 personnes ont trouvé la mort, selon les autorités.

Des accusations d'exactions, de concussion et d'appels à la haine pèsent notamment contre M. Gbagbo, qui avait refusé de reconnaître la victoire de M. Ouattara.

M. Outarra doit finalement prêter serment vendredi devant le Conseil constitutionnel.

"Manifestement, on ne veut pas que le président Gbagbo soit défendu. Je suis très pessimiste sur l'avenir d'un régime qui traite les avocats de cette manière", a commenté Me Vergès.

Le célèbre avocat est arrivé à Abdijan muni d'un visa délivré par le consulat ivoirien de Nancy (est de la France), mais les autorités ivoiriennes ont soutenu que le document n'avait pas été validé par l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

"Les autorités se livrent à une palinodie de justice", a dénoncé Me Ceccaldi, qui ne disposait pas de visa mais avait écrit au Procureur pour lui demander de "favoriser" son entrée dans le pays.

La troisième membre de l'équipe assurant la défense de M. Gbagbo, l'avocate franco-camerounaise Lucie Bourthoumieux, détentrice d'une carte de résident, a pu passer les contrôles mais a décidé de repartir avec ses collégues vers Paris.

Les trois avocats devaient également assister samedi l'épouse du président déchu, Simone Gbagbo, assignée à résidence depuis le 22 avril à Odienné (nord-ouest).

Ils devaient aussi être présents lors des auditions d'autres membres de l'ancien régime, dont le chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien, Pascal Affi N'Guessan, à Katiola (nord).

"Près de 200 personnalités de l'ancien régime sont concernées par ces auditions", avait indiqué le ministère de la Justice, précisant que le procureur d'Abidjan devrait les entendre "d'ici le mois de juin".

Selon le ministère, ces personnalités "figurent pour la plupart sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne".

L'audition de M. Gbagbo intervient après l'arrivée mercredi en Côte d'Ivoire de trois experts internationaux indépendants chargés par l'ONU d'enquêter sur les violations graves des droits de l'Homme commises depuis la présidentielle.

"Nous avons exclu (de l'acte d'accusation ivoirien, ndlr) ce qui relève de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), comme les crimes contre l'humanité", avait souligné le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a indiqué mardi que ses services préparaient une demande au tribunal pour ouvrir une enquête concernant des massacres commis en Côte d'Ivoire.


AFP

Source: 20MINUTES.FR

jeudi, 05 mai 2011

CALIXTHE BEYALA: «QU'AURAIS-JE FAIT A LA PLACE D'ALASSANE OUATTARA ? TOUT, SAUF CETTE PORNOGRAPHIE MEURTRIERE !»



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Dès lors que les français ont donné le poste de Président à Alassane Ouattara, il eût été préférable d'arrêter les massacres. Il s'avère aujourd'hui, que cet homme et ses acolytes ont été d'une violence inouïe, inutile... d'ailleurs. Dès lors, ils se sont mis à massacrer des gens, civils, chrétiens, sudistes appartenant à la région de Laurent Gbagbo. On a vu comment ils ont tué Tagro... Tant de morts ! Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté à une pornographie meurtrière ! Non seulement on tue, mais on présente ces images d'une sauvagerie extrême à la télévision. Impudique ! Ce qui me donne à penser que nous avons là affaire à des gens soit inintelligents, soit sans aucune conscience, ce qui me semble d'une gravité extrême !

Régner par la peur n'a jamais été une solution. Comment expliquez-vous l'exécution sommaire d'IB ? Je ne le connaissais pas, mais je trouve indécent que le cadavre de ce dernier, leur allié, quoiqu'il ait fait, soit ainsi exposé aux yeux du monde. D'ailleurs, pourquoi ne l'avoir pas tout simplement arrêté et mis à disposition de la justice ? Pourquoi ? J'ai l'impression de revivre malgré moi, un remake des Bokassa, Mobutu et autres sanguinaires africains des années soixante dix. C'était à la mode de tuer les adversaires et d'exposer leurs cadavres ! Il eut mieux valu que Monsieur Ouattara, Président nommé par la Communauté Internationale continuât de palabrer, de négocier, de tenter de convaincre les ivoiriens qu'il est l'homme de la situation. Il a tué tant de personnes qu'il a provoqué une rétractation à la fois identitaire, religieuse...

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Tout ceci fait penser qu'il ne saurait être un Président rassembleur, un président symbolisant les valeurs d'égalité et de justice, de liberté et d'équité ! Laurent Gbagbo avait tous les moyens de l'éliminer depuis dix ans, il ne l'a pas fait, tout au contraire, il lui a permis de se présenter aux élections! Laurent Gbagbo avait tout loisir de faire assassiner Guillaume Soro, il en a fait un premier Ministre. Dans le cas Ivoirien, qui est donc véritablement un meurtrier ?
L'une des valeurs essentielles du continent Noir est la palabre et avec patience et ténacité, on arrive toujours à une solution.

Le compromis, voilà ce qu'il eût mieux fait d'adopter comme posture... Et non la violence. Après tant de morts, comment voulez-vous que les Ivoiriens notamment du Sud et des Chrétiens chez qui d'ailleurs il compte installer son pouvoir l'acceptent ? On le voit déjà : l'armée refuse de le rejoindre, par peur de représailles ; les fonctionnaires refusent de reprendre leurs postes, par crainte d'être égorgé par ses rebelles. La résistance continue. Comment gouverner ? Effectivement, il ne lui reste qu'une solution : massacrer tout le monde! Et je ne m'étais point trompée ! Ils viennent d'assassiner Félix Anoblé proche du PDCI. A quand la fin des massacres ?


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Par Calixthe Beyala, Ecrivaine franco-camerounaise

UN EMPLOYE DE LA RESIDENCE PRESIDENTIELLE: «CE SONT LES FRANÇAIS QUI ONT PRIS GBAGBO»



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Ce sont des soldats français, des « Blancs », qui ont enlevé le président ivoirien renversé, explique, dans cette interview, un employé civil de la présidence ivoirienne, qui était à la Résidence de Cocody durant tout le temps où elle était assiégée. C'est le premier témoignage direct d'un témoin qui n'est ni un officiel français, ni un officiel du camp Ouattara. Les images de fumée diffusées par Arte, une chaîne de télévision française (à partir de la treizième minute), dans le sous-sol de la Résidence, à proximité du tunnel, accréditent fortement le récit ci-dessous. Pour voir la vidéo, cliquer: ICI

 

L'interview: En France, il y a une polémique sur la manière dont le président Gbagbo a été pris. Les officiels et les médias affirment que ce sont les FRCI d'Alassane Ouattara qui l'ont pris, tandis que certains de ses collaborateurs vivant en France disent qu'il s'agit des Forces spéciales françaises. Vous qui étiez sur place, pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé ?

Nous étions nombreux dans le sous-sol. On a entendu un très grand bruit. On s'est vite rendu compte que les Français avaient dynamité le mur de béton [érigé par le président Gbagbo après l'attaque de sa Résidence par l'armée française le 6 novembre 2004] obstruant le tunnel reliant le domicile officiel de l'ambassadeur de France et celui du président de la République. On a entendu un grand bruit, il y avait des éclats de béton partout, beaucoup de fumée, tout le monde courait dans tous les sens, toussait. C'était le désordre ! On a vu malgré tout beaucoup de Blancs qui entraient dans la pièce. Je ne peux pas vous dire combien exactement, puisqu'il y avait beaucoup de fumée et du chaos, mais j'en ai identifié au moins trois. J'ai vu ces Blancs faire monter le président au rez-de-chaussée après l'avoir pris dans le sous-sol. Le président était le premier à monter les escaliers. Ils l'ont aidé à monter. Après, ce qui s'est passé, je ne peux pas le dire. L'ont-ils remis aux rebelles ? L'ont-ils envoyé directement au Golf ? Je ne sais pas.

Pouvez-vous nous raconter les journées que vous avez passées là-bas, les bombardements ?

Les gens descendaient au sous-sol quand il y avait les bombardements. Sinon, on se trouvait généralement au rez-de-chaussée. Le président était régulièrement dans son bureau, et nous dans le salon.

Y a-t-il eu des morts à la Résidence ? Comment sont-ils morts ?

Il y en a eu beaucoup, je ne peux pas compter. Ceux qui sont sortis le 11 avril, beaucoup se sont vu tirer dessus. Lors du bombardement aérien qui a eu lieu dans la nuit du 10 au 11 avril, une partie de la Résidence a pris feu. Des vitres et des éclats de béton sont tombés avec beaucoup de force sur des gens. Des escaliers se sont effondrés sur d'autres personnes. On a vu beaucoup de sang. Après ce bombardement, nous sommes restés dans le sous-sol. Il n'y avait plus d'électricité, il faisait très chaud, nous étions asphyxiés, et les éclats de béton qui ont été projetés lors du dynamitage du mur bouchant le tunnel ont aggravé les dégâts.

Avez-vous été conduit à l'Hôtel du Golf avec le président Gbagbo et sa suite ?

Non. Je ne suis pas allé là-bas. Je me suis caché derrière un escalier en colimaçon. Dans la fumée, on a pensé que tout le monde était monté. Or, je n'étais pas monté. Je me suis enfui deux heures environ après.

Avez-vous des nouvelles des autres employés de la Résidence ?

Non. Aucun.

Avez-vous parlé à des médias en Côte d'Ivoire ?

Non. C'est difficile. Nous ne sommes pas en sécurité. Nos vies sont en danger. Nous souffrons beaucoup.


 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo