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mardi, 15 octobre 2013

COURAGEUSE RADIO FRANCE INTERNATIONALE - RFI SE MOUILLE... LES ORTEILS

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Demi-mensonges, demi-vérités, il « faut » parler de Nahibly, des évènements du 10 et 11 octobre 2011, histoire de déranger le Mossi, comme un poil à gratter, mais sans l’écorcher vraiment. La RFI décide donc de rappeler ce triste anniversaire, et se donne un titre accrocheur: « L'enquête sur la fosse commune de Duékoué au point mort ». Mais voilà tout est dans le titre, il n'y a aucun développement dans l'article. Aucune critique du régime Ouattara qui n'a pas encore déposé ses conclusions d'enquête, ou pour être plus précis, n'a pas encore commencé à enquêter...Comme la réconciliation, le vivre ensemble, les procès des plus de 700 personnes incarcérées au nom de leur proximité avec Laurent Gbagbo, l'enquête sur Nahibly est au point mort, les six morts sont les six cadavres retrouvés dans "une" fosse commune, la seule, l'unique.

Et les trois doctorats de notre économiste bardé de deux récentes distinctions « honoris causa » de la sous région, n'ont pas multiplié ses neurones, ses capacités de travail, son soucis de vraie justice... L'enquête sur Nahibly est au point mort .Simple point mort, comme celui d'un véhicule en bon état à l'arrêt, momentanément, bientôt les vitesses s'enclencheront, bientôt, très bientôt, le train du progrès n’attend pas, mais d'abord il…faut préparer les élections d’octobre 2015...

Le seul cri du cœur de RFI, la radio au service des tueurs bien plus que de leurs victimes, c'est de brandir ce chiffre ridicule de six victimes, sans honte, sans aucune gêne : un chiffre est neutre, il n'a pas de vie en lui, il n'est le fils de personne, il n'est l'époux de personne, il n'est le père de personne.

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Et pourtant, oser affirmer comme RFI que Nahibly se résume à 6 morts est plus que du mensonge, c’est une insulte grave faite aux vivants et aux morts, même si ce média affirme timidement que des familles sont sans nouvelles de quarante autres personnes …Et bien sûr on ne rapporte même pas les morts découverts dans des puits à cause de l'abominable odeur, les décomptes faits par la Croix Rouge, diverses ONG et les associations de victimes, les disparus, évanouis dans la nuit de l’horreur… On ne rappelle pas non plus le travail des soldats de l’ONUCI, filmés, et qui ont enterrés dans des fosses des dizaines de cadavres, sans aucuns témoins ni les familles, ni les autorités villageoises, ni les autorités religieuses, ce contingent de bérets bleus marocains, récompensés, honorés, et réduits au silence, qui ont à la hâte enterré les victimes de Duékoué et certainement celles de Nahibly, simples déchets humains mis dans des sacs poubelles, manipulés avec des excavatrices et que l’on jette sans état d’âme dans des fosses…

Les nazis étaient jugés à Nuremberg pour ces crimes appelés « crimes contre l’humanité ». Ici celui qui croupit à la Haye est en attente lui aussi d'un jugement pour crimes contre l’humanité, mais les vrais tortionnaires les vrais génocidaires, exécutants des commanditaires se promènent en toute liberté, sans aucune enquête. Nicolas Sarkozy vient d’être blanchi contre toute attente dans l’affaire Bettencourt et Ouattara se prépare à gagner de vraies fausses élections en octobre 2015 pour continuer de bénéficier d’une immunité, désormais délivrée par la CPI, grâce au courage de larbin de l’Union Africaine, qui demande l'immunité de tous les chefs d'états africains en cours de mandat. Alors que le président Gbagbo, en dépit de l’absence de preuves, reste “le” coupable à juger, et que son épouse, parlementaire élue selon des élections reconnues, a perdu son immunité.

Allez comprendre autre chose que cette mascarade où toutes les normes sont renversées, ingérence humanitaire pour déshumaniser, intervenir sans autorisation dans les affaires d’un pays, le spolier,piller ses biens et ses ressources, tuer ses habitants, monter les populations les unes contres les autres, en soufflant sur les braises des antagonismes religieux, et tout cela dans l’indifférence totale des populations occidentales anesthésiées.

Silence, on tue...


Shlomit Abel, 15 octobre 2013.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 14 octobre 2013

«PASSEPORT POUR LE CRIME: ABIDJAN»

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«Passeport pour le crime: Abidjan», un film de Lionel Langlade avec Christophe Hondelatte


On l’appelait la perle de l’Afrique. C’était une capitale florissante, avec ses gratte-ciels, sa bourgeoisie d’affaires et ses quartiers colorés. Abidjan : 7 millions d’habitants, et une richesse que le monde entier s’arrache : le cacao. Une guerre civile et quelques milliers de morts plus tard, Abidjan n’est que l’ombre d’elle même. Une mégapole rongée par la corruption et gangrénée par la violence…

Christophe Hondelatte a repris son Passeport pour le Crime, et c’est en Côte d’Ivoire qu’il débarque cette fois. Parce que l’Afrique de l’Ouest est sur les routes de la drogue, entre la Colombie et l’Europe, la drogue circule en grandes quantités à Abidjan. Christophe Hondelatte est avec les stups sur plusieurs grosses opérations de repérage et destruction de fumoirs clandestins.

Mais la police n’a pas toujours les moyens d’agir : Christophe Hondelatte constate que les enquêtes se perdent dans les sables, faute de carburant pour les voitures… Il est avec les journalistes de faits divers de Soir Info, le grand quotidien d’Abidjan. Avec eux, ils suit les faits divers qui émaillent l’actualité : le corps d’un bébé est retrouvé dans un sac de riz, sur un terrain vague : meurtre maniaque, ou drame de la jalousie, entre épouse régulière et maitresse attitrée ?

Christophe Hondelatte se rend en prison, et constate la promiscuité extrême qui règne entre les murs. Il est reçu avec tous les honneurs par le Commandant Wattao, ex-seigneur de guerre réintégré dans la police. Un colosse à la réputation sulfureuse : l’homme roule en Ferrari et ne se sépare jamais de son pistolet plaqué or.


N.P

Difficile d’être une femme, quand les anciens combattants désœuvrés sont tentés de faire parler les armes. La prostitution s’étale partout et Christophe Hondelatte prend la mesure des violences sexuelles qui frappent la société ivoirienne. À l’école par exemple, les viols sont monnaie courante, même au collège. Difficile de briser la loi du silence, et pourtant, chose rare, Christophe Hondelatte assistera à l’arrestation et au procès d’un directeur d’école violeur.

Abidjan est aussi la capitale des brouteurs : ces escrocs d’Internet qui rivalisent d’astuce pour soutirer de l’argent à distance. Leurs victimes sont souvent françaises, et Christophe Hondelatte suit le travail des policiers chargés de la cyber-criminalité. Il parvient aussi à rencontrer ces criminels du clavier, qui sont réputés dans toute la ville pour souvent claquer en une seule soirée le fruit de leurs arnaques.

Le sang coule , le long de la lagune, et les ivoiriens ont une spécialité, qui résiste aux criminologues : les meurtres rituels. La magie noire fait des ravages, et Christophe Hondelatte en est le témoin. Il y a cet enfant, éviscéré par son assassin, qui pour éloigner le mauvais œil a aussi bu son sang. Il y a aussi les sorciers gendarmes, qui font la chasse aux brebis galeuses dans leurs rangs et combattent les mauvais sorciers…

 

«Passeport pour le crime: Abidjan»
Un film de Lionel Langlade avec Christophe Hondelatte

Vu le 27/09 à 22h15 sur 13ème Rue.

samedi, 05 octobre 2013

LE DJIHAD DE L'INTOX

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En réaction à la vague d’indignation qu’ont suscité les révélations sur l’ampleur qu’a pris le djihad du sexe (nikah) en Syrie, le journal français Le Monde a pris sur lui de plaider la cause des islamistes, combattants et prédicateurs, mis en cause dans cette histoire. Mais ne pouvant assumer une telle plaidoirie, ce journal a préféré le faire à travers un article publié dans la page Blogs, signé par Ignace Leverrier, un ancien diplomate en poste à Damas, connu pour être le principal pourvoyeur du journal de référence des Français en informations provenant de la Syrie et certainement toujours liés aux services de renseignements de son pays. Avec un titre sciemment provocateur, «Vous allez être déçus : le djihad du sexe en Syrie n’a jamais existé !», l’auteur de l’article veut faire croire que ce concept est «la dernière invention de la propagande du régime». Comme si tous les autres crimes, tout les drames que vivent les Syriens depuis plus de deux ans étaient le fait de la propagande. Il explique : «Rendu public pour la première fois sur la chaîne de télévision libanaise Al-Jadid (…) et immédiatement repris par certains médias favorables au pouvoir en place à Damas, ce nouveau concept était destiné comme les autres à heurter et paralyser les opinions publiques occidentales».
 
Il faut comprendre donc que si les opinions publiques occidentales n’étaient pas paralysées, les gouvernements occidentaux trouveraient plus de difficulté à justifier la croisade qu’ils s’étaient promis de déclencher contre le régime syrien. Comme si, là encore, les puissances occidentales pouvaient s’offusquer d’une raison morale pour passer à l’action. Poursuivant son raisonnement par l’absurde, l’auteur estime que «pour lui donner du crédit, cette idée était imputée à un cheikh saoudien ultraconservateur, un certain Mohammed Al-Arifi, dont le nom n'avait pas été choisi par hasard.
 
L'intéressé s'était fait remarquer par la promulgation d'avis juridiques montrant un rigorisme radical et un mépris certain pour les femmes. Le cheikh a immédiatement nié ce qu'il était censé avoir diffusé sur les réseaux sociaux... mais qui ne figurait nulle part sur sa page internet. Il a expliqué qu'un imposteur avait utilisé son compte Twitter, où il comptait plus de 3 millions de followers, pour lui imputer ce qu'il n'avait jamais dit». Encore plus effronté, l’article réfute les déclarations du ministre tunisien de l’Intérieur qui a récemment donné des détails sur ce réseau de prostitution islamiste, au motif qu’aucun témoignage n’est venu corroborer ses propos. Le diplomate feint d’ignorer que le gouvernement islamiste tunisien serait bien le dernier à vouloir ternir l’image de la «rébellion» syrienne.
 
Son seul argument, sa seule référence sont, au bout du compte, les dénégations de l’Armée syrienne libre et Jabhat Al-Nosra, exprimées dans des communiqués : «Devant le scandale provoqué par ces affaires, l'Armée syrienne libre et la Coalition nationale syrienne ont réagi. Même Jabhat Al-Nosra y est allée de son communiqué. Tous ont affirmé que le djihad al-nikah, qui était contraire aux législations divines et humaines n'avait jamais existé en Syrie et que les prétendues victimes, tunisiennes ou syriennes, dont les témoignages avaient été colportés par les médias du régime (…) n'avaient été que les comparses plus ou moins consentantes d'une machination contre eux qui les dépassaient». Il faut les croire, puisqu’ils l’ont dit dans des communiqués !


Par R. Mahmoudi


00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Algérie, Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, syrie, le djihad de l'intox | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 04 octobre 2013

LES CRIMES OUBLIES DE LA REBELLION IVOIRIENNE: LE GRAND DEBALLAGE SUR LES ORIGINES ET LES COMMANDITAIRES DU DRAME IVOIRIEN

 

 

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PADJOFê IBRAHIM (ancien rebelle): «Pourquoi nous avons tué Robert Guéi». Des accusations graves, des révélations à couper le souffle. NB: Document inédit, paru en 2003, mais toujours d'actualité. A lire, à relire et surtout à partager.

 

19 septembre 2002, 19 septembre 2013, il y 11 ans que Guillaume  Soro et ses hommes plongeaient la Côte d’Ivoire dans le chaos. Dans ce document plusieurs fois publié par les médias ivoiriens, Padjofê Ibrahim, l’un des piliers de cette rébellion qui a endeuillé la Côte d’Ivoire pendant plus de 10 ans, fait le grand déballage sur les origines et les commanditaires du drame ivoirien. Un témoignage qui rabat définitivement le caquet, à tous ceux qui, comme Kobenan Kouassi Adjoumani, accusent Laurent Gbagbo d’être l’auteur des crimes en Côte d’Ivoire.

Monsieur Honorat Dé Yedagne (DG de Fraternité-Matin),


Je voudrais vous demander de faire en sorte que  cette lettre soit publiée dans son entièreté. J'ai  beaucoup hésité avant de l'envoyer à votre journal car, il n'a pas de position tranchée et donc si ma lettre y est publiée, on lui accordera toute la valeur qu'il lui faut plutôt que d'être considérée comme suscitée si elle était publiée par le National ou Notre Voie. Cette lettre ne vaut sans doute rien, venant de la part d'un assassin comme moi, mais, j'aime mon pays comme vous et j'ai décidé de ne plus le tuer.

Publiez ma lettre s'il vous plait !

Je m'appelle Padjofê Ibrahim. Je suis de l'ethnie  Dioula et je suis un déserteur de l'armée ivoirienne. Si je donne mon vrai nom, c'est parce que je n'ai plus personne à protéger car, mes parents (mon père, mes deux sœurs et mon frère étudiant en licence d'anglais à l'Université de  Bouaké) ont été exécutés dans la nuit du 8 au 9 février dernier.  Je suis donc un rebelle fugitif qui a décidé de ne plus participer à la destruction de mon pays. J'ai été au cœur de la rébellion, j'ai participé à toutes les étapes de la préparation de l'attaque jusqu'à son exécution. Je sais que les choses que je vais dire aujourd'hui paraîtront aux yeux de certaines personnes comme une plaisanterie de mauvais goût, mais je jure sur les cadavres de mes parents que ce qui  va suivre est la stricte vérité et même si cela arrive bien en retard, il n'empêche qu'il peut  permettre de comprendre beaucoup de choses et de prévenir bien d'autres dangers qui guettent le contrôle gouvernemental pour réaliser à quel point les Ivoiriens, avec les autorités à leur tête, ignorent les véritables dangers qui planent sur le pays. Je voudrais préciser avant toute chose, qu'aucun des pays qui entourent la Côte d'Ivoire n'aime la Côte d'Ivoire. Ils ont tous participé d'une façon ou d'une autre à la destruction du pays. J'y reviendrai.  Cela dit, je voudrais demander pardon aux  Ivoi - riens et à toutes les victimes innocentes de  cette guerre atroce que nous avons provoquée dans notre propre pays.  J'ai fait du mal, beau - coup de mal en succombant à un certain discours, en pensant d'après ce qu'on nous avait dit, que le Président Gbagbo  était venu au pouvoir pour organiser le génocide des gens du Nord et qu'il fallait tout mettre en œuvre pour l'arrêter. Voilà pourquoi, la plupart de ceux qui ont pris les armes sont des gens du Nord et qu'à la fin de cette guerre, on découvrira que 60% des jeunes du Nord sont morts, tant les FANCI les massacrent sur les fronts de guerre. Quelqu'un a dit que" le jour où ceux qui financent les guerres se retrouveront sur les fronts, il n'y aura plus de guerre dans le monde ". Je me demande si ce monsieur se rendait compte de la véracité de ce qu'il disait. Je voudrais dire ici qu'aucun des chefs de la rébellion qui endeuille le pays n'a jamais mis les pieds sur un front de guerre, ni conduit une troupe au cours d'un combat. Le seul qui a eu le courage de participer à un combat à la tête d'une unité de 227 personnes (tous des gamins de 12 à 15 ans) a été abattu par les FANCI le jeudi 17 octobre 2002 à M'Bahiakro et son unité a été totale - ment anéantie. Il s'agit de Inza Karamoko. Après cette guerre, le monde entier constatera le désastre. Cela dit, je voudrais situer les choses que je vais dire à 11 niveaux :

1. La préparation de l'attaque.

2. Le recrutement.

3. Les raisons de l'attaque.

4. Les personnalités qu'il fallait tuer.

5. La mort de Balla Kéita

6. Les commanditaires du coup.

7. Les complicités internes et externes.

8. L'élimination systématique des gendarmes.

9. Le but assigné au MPIGO et au MJP

10 . La mission de l'escadron de la mort et des  médias étrangers.

11 . Le rôle de la France et des multinationales françaises.

Beaucoup de choses ont été dites sur l'attaque du  19 septembre 2002. Certaines de ces choses sont  vraies, et d'autres sont très loin de la vérité. Il a  fallu que je sois au Burkina Faso du mardi 16 janvier 2001 au lundi 16 septembre 2002 pour  comprendre à quel point la Côte d'Ivoire était haïe  par les pays qui l'entourent. J'y reviendrai dans le point 7.

1.- La préparation de l'attaque

A mon arrivée à Somgandé au Burkina le 16 janvier 2001, le noyau qui devrait diriger les opérations était déjà constitué; il s'agissait de Tuo Fozié, Massemba Koné, Omar Diarrassouba, Iréné Kablan et Souleymane Diomandé. il s'agit là de la phase 1.

2.- La deuxième phase a consisté à recruter

C'est IB qui a été chargé de cette tâche, aidé par  trois officiers burkinabè qui agissaient pour le  compte de leur pays. Le recrutement a été fait  dans trois pays: le Liberia, la Sierra Leone et le Burkina Faso. Ainsi, au total, ce sont 417 personnes qui ont été recrutées en deux mois, dont 288 Burkinabè (125)  soldats de l'armée burkinabé et 163 repris de justice libérés des prisons et conduits au camp de  formation de PÔ.  Quant aux Ivoi - riens qui ont participé à l'attaque, il a suffi de leur expliquer ce qui suit:

3.- Les raisons de l'attaque

Il Y a trois raisons essentielles à l'attaque du 19 septembre.

- Il fallait sauver les peuples du Nord et  principalement les Dioula, du génocide que préparait le Président Gbagbo.

- Pour convaincre chacun de cette idée, une photo  cou - leur agrandie était accrochée dans toutes les  chambres des villas de Somgandé et une autre  (petite) était dans les poches de toutes les re - crues,  de sorte que chacun se disait qu'il avait une  mission noble à accomplir en faisant la guerre en  Côte d'Ivoire. Il s'agissait de sauver tout un peuple  menacé d'extermination totale par un régime  supposé génocidaire.

- Il fallait ensuite permettre aux Burkinabè résidant en Côte d'Ivoire d'avoir les mêmes droits que les  Ivoiriens et de participer à toutes les prises de  décisions concernant l'avenir du pays. Pour convaincre les Burkinabè de ce que les  Ivoi - riens partisans du régime étaient en train de  massacrer leurs compatriotes, le journal Sidwaya a utilisé les mêmes photos du charnier de  Yopougon qu'il a présenté comme étant constitué  de ressortissants burkinabè. Cela a provoqué une  grande colère et a facilité le recrute - ment des Burkinabè avec l'accord des autorités burkinabè.  Pour que ce qui précède puisse se réaliser, il fallait  éliminer systématiquement un certain nombre de  personnalités politiques et militaires et permettre ainsi, par la chute du gouvernement, l'installation  d'un nordiste à la tête de l'Etat et en l'occurrence  M. Alassane Ouattara, après 6 mois de transition  au cours de la - quelle, par l'usage de la terreur, toutes les personnes gênantes devraient être soit exécutées soit forcées à l'exil.

4.- Les personnalités politiques et militaires qu'il fallait tuer

Je reviendrai de façon détaillée sur un certain nombre de choses dans le point 6, mais il faut dire que si le coup d'Etat avait réussi, il n'y au - rait aujourd'hui d'hommes politiques en Côte d'Ivoire que ceux venant du RDR tant la liste  des personnes qu'il fallait exécuter était longue. Je ne pourrai donc pas donner la composition  de cette liste de façon exhaustive mais voici  quelques-uns des noms.

1. Emile Boga Doudou (à la demande de Blaise Compaoré).

2. Doué Mathias

3. Touvoli-Bi

4. Lida Kouassi

5. Henri Konan Bédié

6. Emile Constant Bombet (l'ancien ministre)

7. Blé Goudé Charles

8. Tapé Koulou (à la de - mande de Shérif  Ousmane).

9. Mamadou Coulybali

10 . Guéi Robert (à la demande de Alassane  Ouattara).

C'est ce dernier nom, celui du général, ajouté à  la demande de Alassane Ouattara qui a changé  tout et donc a précipité les choses car, on ne  sait trop comment cela s'est passé mais  quelqu'un a filé l'information à M. Balla Kéita qui  suivait le déroulement des préparatifs pour le compte du général.

5.- La mort de Balla Kéita

M. Balla Kéita a été envoyé au Burkina Faso par le général Guéi pour suivre l'évolution des préparatifs pour son compte. A son arrivée au Burkina, M. Balla devrait avoir ses appartements à Somgandé, mais pour éviter les soupçons, Blaise Compaoré a décidé de le loger personnellement. Cette démarche n'a pas  beaucoup plu au Général qui soupçon - nait un mauvais coup de la part d'Alassane, mais on a su le convaincre.  En réalité, si on avait éloigné Balla Kéita, c'était pour qu'il ne soit pas au courant de certains détails, tels que la composition de la liste. Ainsi, lorsqu'il s'est agi de dresser la liste, le Général n'a eu son mot à dire que sur le sort du Président Gbagbo, car l'informateur qui se trouvait à la Présidence avait prévenu que le Président devait s'absenter dans le courant de la 3e semaine du mois de septembre 2002. Le Général a donc conseillé que le coup se fasse en son absence car, cela per - mettrait d'épargner sa vie et donc d'éviter un certain nombre de difficultés inutiles. Mais le Général ne savait pas qu'il était lui-même sur la liste; normal, car le coup devait être fait pour lui, du moins d'après ce que M. Ouattara lui avait promis. Ainsi, le Général en qualifiant le Président de boulanger, ignorait que le vrai boulanger était celui à qui il téléphonait 3 fois par jour. Lorsque Balla Kéita, on ne sait par quel moyen, avait appris que le nom de son patron était sur la liste des personnes qu'il fallait exécuter, au lieu d'informer directe - ment le Général, il a cru bon d'en parler d'abord à Blaise Compaoré. Dès cet instant, il avait signé son arrêt de mort et effectivement, on le retrouvera mort le lendemain. Nous étions alors fin juillet - début août. La difficulté a été dès lors de convaincre le Général que la mort de son agent n'avait rien à avoir avec  un mauvais coup que l'on préparerait dans son dos. Une tâche que les autorités burkinabè avec le ministre de la Défense vont réussir à merveille, en retournant les soupçons sur le gouvernement FPI au pouvoir à Abidjan et pour para - chever la machination, Fabien Coulibaly qui, à la demande du Général, s'était rendu au Burkina, avait été chargé d'assassiner le Général, mais on ne sait pour quelles raisons, il n'a jamais exécuté son contrat et donc jusqu'à ce qu'on déclenche l'attaque, on ne savait pas si Fabien Coulibaly et le Général avaient un autre plan et dans le doute,  pour éviter les problèmes, son nom avait été ajouté sur la liste, de même que celui de tous ceux qui se trouvaient dans l'environnement immédiat du Général. Ceci explique ce qui s'est passé ou plus précisément, devrait expliquer ce qui s'est passé car on saura plus tard que Fabien Coulibaly avait vendu la mèche et que le Général avait concocté son propre plan, mais malheureusement pour lui, certains éléments de la gendarmerie qui étaient dans le coup et dont le Général avait les noms, avaient réussi à s'infiltrer dans les patrouilles des gendarmes loyaux et donc pour éviter que le Général ne se venge d’eux s'il prenait le pouvoir, ont réussi à créer la confusion, de sorte que même au jour d'aujourd'hui, vu la façon dont les choses se sont passées, au plus haut niveau de la rébellion, tout le monde a la trouille quand il s'agit de savoir si ceux qui ont tué le Général sont tous morts ou vivants et prisonniers ; mais on les préfère plutôt morts que vivants : suivez mon regard.

6.- Les commanditaires du coup

Il y a essentiellement trois commanditaires.

- M. Alassane Dramane Ouattara

- Guéi Robert

- Blaise Compaoré.

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Alassane Ouattara a offert tous les moyens de communication dont dispose le MPCI. Il a également corrompu tous les correspondants-Afrique de tous les médias français à qui une mission précise a été confiée. J'y reviendrai dans le point 10. C'est M. Alassane qui s'est chargé de la rémunération de tous les chefs rebelles de Tuo Fozié à Dacoury-Tabley en passant par Soro Guillaume. Même au niveau de la rébellion, on ignore où Alassane Ouattara a tiré tout l'argent qu'il a investi dans cette guerre et c'est sans doute ce qui constitue le plus grand danger pour la Côte d'Ivoire. Le rôle de Guéi a consisté à créer au sein de l'armée, un environnement de suspicion propice à un soulèvement général de l'armée. Mais il a échoué dans sa tâche car en dehors des Bayefouè et des Zinzins et de quelques officiers dont Gueu Michel, pas grand monde n'a mordu à son hameçon et c'est l'une des raisons qui explique l'échec de la prise d'Abidjan. Blaise Compaoré est ce qu'il convient d'appeler le plus grand danger pour la Côte d'Ivoire. Ce Monsieur a juré que tant que Alassane ne sera pas à la tête de la Côte d'Ivoire, ce pays ne connaîtra jamais la paix. Blaise Compaoré a fourni à lui seul et cela grâce à ses propres réseaux de trafic d'armes dont les sièges se trouvent en Libye et au Liberia, toutes les armes dont dispose actuellement le MPCI. C'est lui qui a fourni tous les instructeurs, c'est également lui qui a fourni 125 soldats burkinabè  dont 38 officiers qui sont répartis comme suit: 13 à Korhogo, 15 à Bouaké et 10 à Odienné. Ce sont eux qui forment actuellement sur le terrain, toutes les recrues. Blaise Compaoré a investi au bas mot, plus de 4 milliards dans cette guerre, de l'argent qu'il compte récupérer une fois que les Burkinabè résidant en Côte  d'Ivoire et Alassane seront parvenus au pouvoir.

7.- Les complicités internes et externes

Tous les dirigeants du RDR, des plus modérés aux plus durs, savaient plus ou moins que leur mentor préparait un coup fumant. Certains comme Ali Coulibaly, Gon Coulibaly, Ali Kéita, ont par - couru nuitamment pendant des semaines les villes du Nord avec des photos du charnier de Yopougon. Je dois avouer qu'ils ont fait un travail remarquable, car aujourd'hui, pour convaincre un jeune du Nord de tuer un gendarme et de boire son sang, il suffit de lui montrer une de ces photos et de lui dire que c'est le sort que Gbagbo et ses gendarmes lui réservent s'il ne réagit pas. Alassane lui-même leur avait expliqué cela pendant sa tournée d'avant les élections des conseils généraux. Au ni - veau interne, il faut souligner que même dans l'entourage du Chef de l'Etat, certaines  personnes étaient au courant du coup. Aujourd'hui, un travail a été fait pour éloigner ces traitres qui mangeaient avec le Président et qui savaient pourtant qu'on allait le tuer. Au niveau interne toujours, il faut dire que dans toutes les villes occupées et non occupées, se trouve quelqu'un qui est chargé d'organiser avec l'aide de quelques per - sonnes, la chute de la ville et à dresser  la liste des per - sonnes qu'il fallait  systématiquement exécuter à notre arrivée.  Ainsi par exemple à Bouaké, le maire a joué ce rôle, à Béoumi, le chef de canton a aidé à la prise  de la ville. La liste complète de tous ces gens qui  tapis dans l'ombre aident les rebelles est  actuellement au domicile du préfet de Bouaké qui  est la maison de Soro Guillaume. La plupart des gens qui sont sur cette liste sont des Burkinabè qui connaissent très bien les villes  dans les - quelles ils vivent. Ainsi à Agboville, il y a un certain Ouédraogo Binaté, à Divo, un certain Sampoudou Dra - mane, à  Tiassalé, un certain Savadogo Ladji dit " Sabari Kagni ", ce dernier est actuel - lement à Bouaké et joue un grand rôle dans le rapatrie - ment des corps des gen - darmes exécutés au Burkina Faso par le biais de gros camions qui semblent lui ap - partenir. J'y reviendrai dans le point 8.  A Daloa, Kafando Compaoré (tué par les loya - listes pendant la libération de la ville, à Sakassou, Boureïma Sylla, à Bouna, IIboudo Assimi (c'est lui qui a exigé et obtenu l'exécution du commandant  de brigade de Bouna devant sa femme et ses enfants).

Il y a donc actuellement, dans presque toutes les villes de Côte d'Ivoire, des gens dont le rôle est de préparer l'arrivée des rebelles en donnant  journellement des in - formations précises sur les mouvements des gendarmes.

8.- L'élimination systématique des gendarmes

Si tout le monde a constaté que la Gendarmerie a payé le plus lourd tribut à cette guerre, eh bien ! c'est parce que cela fait partie d'un plan bien précis. MM. Ouattara et Blaise Compaoré ont une grande colère contre la Gendarmerie de Côte d'Ivoire et pour cause, ils considèrent que les gendarmes sont la cause de tous les malheurs des  militants du RDR et des Burkinabè et par conséquent, il fallait les éliminer jusqu'au dernier, du moins, ceux qui ne sont pas avec eux, c'est-à- dire la quasi totalité car au jour d'aujourd'hui, il y a  exactement 113 militaires et gendarmes qui sont avec la rébellion en dehors des Bayéfoué et des Zinzins. La consigne qui a donc été donnée était de tuer systématiquement tous les " corps habillés " des  villes prises et principalement les gendarmes, mais comme il était impossible de cacher les corps d'autant de per - sonnes, avec l'accord des autorités, plutôt sur proposition de ces autorités, les cadavres de la plupart des corps habillés ont été convoyés au Burkina dans des camions et même les corps de beaucoup de civils tués, environ 2000  per - sonnes, se trouvent au Burkina; ce qui advient de ces corps une fois au Burkina, seuls Alassane, Blaise Compaoré et Soro le savent. C'est un moyen efficace d'éviter les charniers. Quant aux gendarmes qui ont réussi à fuir pour se retrouver au Burkina, s'ils n'ont pas été abat - tus à la frontière, ils sont dans une prison quelque part au  Burkina. Je sais par exemple qu'il y a environ 47 gendarmes ivoiriens qui se trouvent actuellement dans les prisons de Blaise Compaoré.

9.- Le but assigné au MPIGO et au MJP

A la date du 23 octobre, tout le monde était unanime pour reconnaître que le coup avait capoté et que ou bien on fuyait tous le pays ou  bien on restait et alors, il fallait poser des actes de nature à ébranler le pouvoir et à obtenir par les massacres et la terreur, ce que nous n'avions pas été capables d'obtenir par l'attaque du 19 septembre.  Il fallait d'un côté cher - cher à gagner du temps en bluffant, le temps que les commanditaires trouvent des soutiens et apportent la logistique nécessaire pour mener une guerre sur un long terme car nous n'étions absolument pas préparés pour cela. Il n'a pas été facile de trouver des soutiens et je dois avouer qu'il y a eu un moment de flottement au cours duquel si les FANCI avaient tenté leur chance, elles auraient fait de nous une bouchée  mais il y avait une telle crise de confiance au sein de l'armée que personne n'osait tourner le dos à son voisin. Le premier sou - tien trouvé fut le Liberia de Charles  Taylor qui devrait ouvrir un front à partir de l'Ouest, mais ce dernier a posé tellement de conditions que les choses ont traîné. Finalement, Alassane et Compaoré ont dû lui vendre tout l'Ouest y compris ses habitants pour que Charles Taylor se décide. C'est ainsi que le MPIGO et le MJP ont été créées à partir du MPCI avec pour mission farfelue de venger le général Guéi. Le 2ème soutien a été le Sénégal à qui il a été confié la mission de faire accepter la rébellion à une table de négociation. Le 3ème soutien a été le Gabon dont le Président a été chargé de convaincre les autorités françaises que Gbagbo n'a que ce qu'il mérite et que tout le monde l'avait prévenu qu'il ne ferait pas de vieux os au pouvoir et qu'il fallait aider les rebelles à régler une fois pour toutes, tous les problèmes créés par Gbagbo depuis son arrivée au pouvoir.  Le 4ème soutien a été celui des multinationales françaises installées en Côte d'Ivoire, soutien obtenu par MM. Ouattara et l'Ambassadeur Renaud Vignal qui ont quasiment vendu le pays. Au jour d'aujourd'hui, la Côte d'Ivoire n'appartient aux Ivoiriens que parce que Gbagbo est encore au pou - voir, sinon Alassane Ouattara a vendu le  pays au Burkina Faso et aux sociétés françaises.

10.- L'escadron de la mort

Effectivement, il Y a un escadron de la mort en  Côte d'Ivoire. Cet escadron a été créé pour une mission précise. L'escadron de la mort a été créé le vendredi 20 avril 2001 à Abobo par des res - ponsables du RDR qui voulaient laver l'image de M. Alassane Ouattara en éliminant toutes les personnes qui s'attaqueraient ou dénonceraient son imposture. La 2ème mission de l'escadron était d'éliminer tous les gendarmes qui avaient été jugés dans le procès du char - nier de Yopougon. Il est inutile de préciser que M. Ouattara avait donné toute sa caution. A l'origine, l'escadron était constitué de 7 personnes (3 membres de la garde rapprochée de M. Ouattara, 2 Burkinabé (des anciens gendarmes), un chauffeur plus le chef du groupe  était (jusqu’au 17 2001) Shérif Ousmane. Après cette date, compte tenu de l’opération actuelle qui était en préparation au Burkina, l'escadron de la mort avait été dissous mais en dehors de Shérif, les autres sont restés en Côte d'Ivoire et ont travaillé dans la sécurité de M. Ouattara et depuis le 18 octobre 2002, l'escadron de la mort a été reconstitué avec les mêmes éléments mais le chef est désormais un Burkinabé et ses missions sont : salir le gouvernement et provoquer une guerre musulmans-chrétiens. En dehors de Benoît Dacoury- Tabley dont la mort a été une erreur, les autres sont bien sur la liste et ceux qui restent sont les suivants:

Maurice Guikahué

K.K Bertin (Jeunesse PDCI)

Blé Goudé (rayés-contradiction).

Tapé Koulou (rayés-contradiction)

Thierry Legré (rayés-contradiction)

Trois Imams (non déterminés)

Trois évêques (rayés-contradiction)

Le maire d'Adjamé (à sacrifier pour la cause).

Le directeur de l'AFP Abidjan.

P.S. Les personnes doivent être exécutées selon  l'actualité

11.- Le rôle des médias

Tous les médias étrangers qui couvrent la guerre en Côte d'Ivoire ont été achetés. Ainsi, dès le 15 septembre 2002, tous les médias français ou presque étaient déjà à Bouaké. Le rôle à eux assigné est de faire en sorte que les agresseurs passent pour les victimes auxquelles les armes se sont imposées, d'où les déclarations de Soro du genre: " les armes se sont imposées à nous ". Les Médias français se sont tus sur les massacres commis en zone occupée et je dois avouer que beaucoup de massacres ont été commis sous les yeux des journalistes français.

Comme je l'ai dit plus haut, environ 2000 personnes ont été  massacrées mais les journaux français n'en ont jamais parlé, normal, ils font leur travail,  il faut avoir été bien payé pour fermer les yeux sur l'exécution de 70 gendarmes après l'entrée et la sortie des FANCI dans Bouaké. Il faut avoir été bien payé pour fermer les yeux sur le viol public de 37 filles baoulé dont le sang a été  par la suite distribué aux dozos après les avoir égorgées. Il faut avoir été bien payé pour être capable de fermer les yeux sur le fait que toutes les filles qui se trouvent dans les

zones sous contrôle rebelles sont violées journellement depuis. En fait, le rôle de la presse française en Côte d'Ivoire est de faire en sorte que Gbagbo se retrouve de - vant le TPI ou la CPI. 

* * Le rôle de la France- mère

Tout ce que je peux dire, c'est que la France  est coupable mais elle est prise dans l'étau entre les menaces de dénonciation de la rébellion et la réaction du peuple ivoirien et des Français de Côte d'Ivoire. En réalité, aucun pays n'aime la Côte d'Ivoire, tous les voisins de la Côte d'Ivoire sont contre elle et principalement le Burkina qui a déclaré la guerre à la Côte d'Ivoire.  Des indignes fils comme moi ont pris les armes pour détruire la Côte d'Ivoire, la mère patrie, mais je sais que je me suis lourde - ment égaré,  trompé et je veux faire marche arrière. Pourra-t-on me pardonner un jour?


Une contribution de Padjofê Ibrahim, In Frat-Mat du 03 septembre 2003.

jeudi, 03 octobre 2013

MICHEL COLLON: «LA GUERRE EN SYRIE EST UN PLAN DE RECOLONISATION DONT FAIT PARTIE L'ALGERIE»


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Algeriepatriotique: Comment évaluez-vous le développement de la situation en Syrie en ce moment?

Michel Collon: Je crois que l’on assiste à un tournant historique. On voit que les Etats-Unis, qui ont été, jusqu’à présent, très arrogants et se permettaient de déclencher des guerres assez facilement, sont maintenant face à une résistance très forte en Syrie, face aussi à un refus de la Russie et face à la résistance croissante des pays du Sud. Le sentiment qui se développe en Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe aussi et en Asie bien entendu, est que les Etats-Unis sont une puissance déclinante, qu’ils mènent une politique égoïste visant seulement à voler les richesses pendant que les peuples restent dans la pauvreté, et qu’il est donc temps de résister à ces guerres qui sont purement économiques, des guerres du fric, et qu’il faut construire un front par rapport aux Etats-Unis et à leurs alliés européens, puisque l’Europe suit les Etats-Unis de manière très docile et hypocrite et est impliquée dans ce système.


Nous avons réalisé une série d’entretiens avec des personnalités aussi divergentes les unes que les autres, notamment Paul Craig Roberts qui fut conseiller de Reagan. Un point revient souvent : dans le monde occidental, aujourd’hui, les anti-guerre par rapport à ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, par exemple, sont à droite. Pourriez-vous nous faire un commentaire à ce sujet ?

Nous avions, en Europe, un mouvement anti-guerre extrêmement puissant qui s’était développé justement pendant la guerre du Vietnam. Ce mouvement a été très affaibli. On en a vu encore une pointe en 2003 au moment où Bush a attaqué l’Irak et où nous étions des millions dans la rue, mais il faut bien constater que quand les Etats-Unis ont attaqué la Libye, quand ils sont intervenus en Yougoslavie et en Afghanistan, il n’y a pas eu de forte résistance. Je pense qu’il faut analyser le problème en se demandant comment la Gauche européenne qui avait toujours été en principe anti-guerre, anti-coloniale, anti-injustices sociales, se retrouve maintenant, à de très rares exceptions, aux côtés des Etats-Unis et de l’Otan, dans une grande alliance qui englobe Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et toutes ces dictatures épouvantables qui prétendent qu’elles vont apporter la démocratie en Syrie. Et la gauche européenne marche avec ça ? C’est une comédie et il est très important d’expliquer d’où cela provient. Je pense qu’on a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme, de refuser la guerre et de rechercher des solutions politiques aux problèmes. On a perdu cette idée que les nations ont le droit de décider de leur système social, de leur avenir, de leurs dirigeants et que ce n’est pas à l’Occident colonial de dire qui doit diriger tel ou tel pays. Nous avons un grand examen de conscience et une analyse à faire : comment se fait-il que ceux qui devraient être à gauche se retrouvent avec ceux que je considère, moi, comme l’extrême droite, à savoir Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?

D’après les informations que nous avons récoltées à travers nos entretiens et qui se confirment, Barack Obama serait otage du lobby israélien, notamment via l’Aipac et ses partisans, comme Susan Rice, Lindsay Graham, etc., et les néo-conservateurs pro-israéliens. Qu’en pensez-vous ?

C’est une thèse très répandue que les Etats-Unis sont dirigés par Israël et je ne suis pas d’accord avec cette position. Je pense, en fait, que c’est le contraire. Ce n’est pas le chien qui commande à son maître, c’est le maître. Quand vous regardez l’économie israélienne et son budget, vous voyez bien que la force est aux Etats-Unis et qu’Israël est ce que j’appelle le « porte-avions » des Etats-Unis au Moyen-Orient. Bien sûr, le lobby est un phénomène qui joue, mais le jour où l’élite des Etats-Unis décidera qu’Israël ne nous est plus utile ou qu’il nous fait du tort parce que tout le monde arabe est en train de résister et nous allons perdre notre crédit et notre marge de manœuvre au Moyen-Orient, ce jour-là, les Etats-Unis lâcheront Israël. Il y a des fantasmes sur le lobby juif qui dirigerait le monde, mais je ne crois pas à cette théorie.

L’Aipac n’est pas une vue de l’esprit…

Nous sommes dans un monde dirigé par les multinationales. Quand vous voyez qui a le pouvoir de contrôler les richesses, de décider l’économie, de contrôler Wall Street, la City, Frankfurt, etc., ce sont des multinationales. Et le fait qu’il y ait quelques patrons juifs n’est pas le problème. Je pense vraiment que l’on doit s’en prendre au système des multinationales et ne pas prendre la conséquence pour la cause.

Vous avez dit dans l’émission de Taddéï : « Vous m’inviterez un jour car ce sera au tour de l’Algérie d’être ciblée par une frappe ou une guerre. » Le pensez-vous toujours ?

Oui, je pense que ce qu’il se passe en Tunisie et au Mali et l’attaque contre la Syrie annoncent qu’effectivement les Etats-Unis sont en train d’exécuter un plan de recolonisation de l’ensemble du monde arabe et des pays musulmans – puisqu’il y a l’Iran aussi – qui ont échappé au colonialisme classique. Clairement, l’Algérie fait partie des cibles, comme l’Iran, et donc il est très important de voir qu’en défendant l’autodétermination du peuple syrien, on empêche les Etats-Unis d’attaquer les cibles suivantes. Ce que je dis dans ce cas, c’est que, en fait, il s’agit toujours de la même guerre. Nous sommes dans les différents chapitres d’une même guerre de recolonisation.

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen


Michel Collon pour Algérie Patriotique

 

Source: INVESTIG'ACTION

vendredi, 27 septembre 2013

LA COUR PENALE INTERNATIONALE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE


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Le Parlement Kenyan vient de voter le retrait du pays, du protocole de Rome, à l’origine de la Cour Pénale internationale (CPI). Bien que ne prenant effet que dans 12 mois, ce retrait est une mauvaise publicité pour la CPI. Les raisons de son fiasco résident dans l’impression qu’elle donne de n’être qu’une émanation des puissances occidentales dominatrices, quand elle s’en prend la plupart du temps, qu’aux vaincus de ses grandes. En effet, elle est incapable de lancer la moindre enquête sur les centaines de morts survenues en Égypte, en Lybie ou en Côte d’Ivoire. Certains criminels de guerre ou contre l’humanité avérés, sont ressortis blancs comme neige, malgré les preuves accablantes des dossiers d’instructions. Quand ces derniers n’ont pas disparus tout bonnement. Ce précédent historique pourrait servir d’exemple, pour de nombreux autres États africains. Les récentes déclarations du président somalien de l’O.U.A, lors du dernier congrès à Alger, illustraient le malaise de ces pays africains, qui après plus d’un demi-siècle d’indépendance, ont le sentiment de s’être faits dépossédés, par les puissances colonisatrices de naguère, de leurs libertés ou de l’organisation des conditions de justice de leurs propres concitoyens.
 
Avec l’invasion et l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats-Unis des Bush père et fils, qui se sont soldées respectivement par près de 2 millions et un million de morts, à quoi avons-nous eu droit de la part de la CPI ? A aucune poursuite, car Washington qui encourage la CPI à traquer les criminels de guerre à travers le monde, quitte à les lui livrer, protège ses propres ressortissants. Comment l’expliquer ? Très simplement. La Cour Pénale Internationale est une juridiction permanente, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. En 1998, 121 États sur les 193 États membres de l’ONU, ont ratifié le Statut de Rome et accepté l’autorité de la CPI. Trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, Israël, l’Irak, la Libye, le Qatar et le Yémen, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié.
 
Prenons le cas des USA qui ont signé également avec 180 pays, l’ABI : l’Accord Bilatéral d’Immunité. Grâce à ces accords bilatéraux, les États-Unis obtenaient l’exclusion de la compétence de la CPI, à l’égard des ressortissants et des militaires nord américains, interdisant ainsi leur transfert devant le tribunal de la Haye. Les pays signataires de cet accord bénéficient en contrepartie, d’une aide financière et militaire des Etats Unis. C’est la raison pour laquelle la CPI ne peux intervenir en Israël, en Irak, en Libye, au Qatar ou au Yémen pour ne citer que ceux-la. Et l’article 98(2) du statut de Rome le dit clairement.

Ce qui veut dire, que si un citoyen américain est arrêté, dans l’un des pays signataire de l’accord ABI, pour que ce citoyen, auteur de crime contre l’humanité, soit remis a la CPI, il faut que l’Etat concerné  consente dans un premier temps a transférer le criminel et dans un deuxième temps, que cela soit compatible avec les accords bilatéraux internationaux.

En conséquence, on ne peut poursuivre les dirigeants Américains ou les alliés des Etats-Unis pour crime de guerre. Qu’importe le nombre de morts, les voilà absous par avance.
 
Cette puissance impériale se permet de porter le fer et le feu sur la planète en toute impunité. Voilà pourquoi les responsables des massacres ethniques, consécutifs à la destitution du président ivoirien Laurent Gbagbo, ne seront jamais jugés. Comme ceux de Sago en 2011 lorsque les hommes de la FRCI d’Alassane Ouattara, accusèrent les populations civiles d’avoir contribué à la fuite des dernières troupes loyalistes vers le Libéria mais aussi de cacher des armes en vue de venger le président Laurent Gbagbo. Fuyant dans la forêt, les moins heureux ont été rattrapés, fusillés et/ou égorgés et parfois brulés vifs. Les soldats d’Alassane Ouattara, avec l’aide de populations civiles étrangères au pays, massacrèrent ainsi, tout ceux de l’ethnie Godié qu’ils croisèrent sur leur chemin et cela pendant plusieurs jours. Des journalistes occidentaux, alertés par des cyber-activistes, viendront constater les massacres, mais minimiseront la portée de ceux-ci. Cela ne collant certainement pas avec la version officielle, commandée par leurs rédactions. Il est en effet difficile d’accepter la vérité, lorsque les mensonges sont exactement ce que l’on veut entendre. Comme en Bosnie, au Kossovo, en Lybie ou en Syrie de nos jours, en quelque sorte.
 
Ni le gouvernement Ouattara, ni la cour pénale internationale n’ont jusqu’à ce jour ouvert d’enquêtes, afin de déterminer qui furent les responsables de ces atrocités. Et les victimes attendent encore que justice leur soit rendue, comme pour tant d’autres crimes, commis sous couvert de la toute puissance occidentale, qui se sert du droit et de la morale pour effacer ses propres assassinats. Mais si la vérité est plus lente que le mensonge, elle finit toujours par arriver.


Source: PRORUSSIA.TV

jeudi, 26 septembre 2013

NADINE MORANO SUR LES RIVES DE LA LAGUNE EBRIE - QUE VIENT FAIRE LA TRESORIERE DE SARKOZY A ABIDJAN?

 

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La Côte d’Ivoire est décidément un des lieux de prédilection des dirigeants de la droite française, qui y vont et viennent à un rythme intrigant. Après Nicolas Sarkozy (ex-président), Jean-François Copé (patron de l’UMP), François Fillon (ancien Premier ministre) et Christian Estrosi (maire UMP de Nice), c’est au tour de la très particulière Nadine Morano, grognarde attitrée de l’ancien chef de l’Etat, et – ce n’est pas un détail – trésorière de l’association des Amis de Nicolas Sarkozy, de «faire son entrée».

Que vient-elle donc faire à Abidjan, alors qu’elle passe elle-même par de très mauvais moments «médiatiques», après avoir «dérapé» en accusant la justice française d’être «manipulée» et aux «ordres de la gauche» suite à la confirmation, par la Cour d’appel de Bordeaux, de la mise en examen de son «idole» Nicolas Sarkozy, accusé d’abus de faiblesse dans ce qu’il est convenu d’appeler en France «l’affaire Bettencourt» ? Selon des informations en notre possession, elle organisera, dans un restaurant d’Abidjan, une rencontre avec les militants de l’UMP en Côte d’Ivoire. Peut-être rencontrera-t-elle aussi quelques journalistes… Contactée par Le Nouveau Courrier, la responsable de cet établissement n’a ni confirmé ni infirmé, se bornant à dire qu’elle n’était qu’une «hôtesse»…

Bien entendu, personne ne peut croire que Nadine Morano soit à Abidjan pour une réunion politique avec quelques dizaines de personnes. La «caissière» des ambitions de Nicolas Sarkozy mesure sans doute elle-même l’ampleur des supputations qui naîtront de ce voyage tout à fait mystérieux, alors que son «homme de destin» (qui a «offert» le pouvoir à un Alassane Ouattara éternellement reconnaissant) est dans une situation plus que difficile. A la fois contesté en douce par Jean-François Copé et François Fillon et par les socialistes, il est talonné par des magistrats pugnaces qui s’interrogent sur son rapport particulier à l’argent.

Alassane Ouattara, qui prononce aujourd’hui son discours à la traditionnelle assemblée générale de l’ONU, reviendra-t-il à temps pour rencontrer Morano – ou lui a-t-il laissé un colis quelconque en prenant l’avion ? Mystère et boule de gomme.

 

Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 22 septembre 2013

GOUVERNEMENT DE RECONCILIATION NATIONALE EN CI: LES VICTIMES DE DUEKOUE SUSPECTENT LA FRANCE D’UN AUTRE COUP TORDU PLUS CRUEL QUE CELUI DU 11 AVRIL 2011

 

 

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Ces derniers jours, les journaux de l’opposition ivoirienne (ô, sacrés journaux bleus du collectif J.V.11, sève de la résistance patriotique !) nous ont appris que le président élu par la communauté internationale en Côte d’Ivoire est rentré au pays, sonné et pour cause ; il aurait été sommé par l’actuel pouvoir français de :

-1°: libérer sans condition aucune tous les prisonniers politiques (tous des pro-GBAGBO),

-2°: nommer  un premier ministre pro-GBAGBO,

-3°: nommer  un chef d’état major des armées  issu des rangs des ex- forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (F.D.S.-C.I. ou F.A.N.C.I.),

-4°: revoir la composition de la commission électorale qui, on le sait depuis toujours, n’a rien d’indépendant.

Sur ces informations, reprises encore hier par le  "Quotidien d’Abidjan", nous voudrions, en tant que victimes de la cabale et des massacres de la France contre notre pays, la Côte d’Ivoire, donner notre avis.

I – DU POUVOIR POUR LE POUVOIR

En supposant un seul instant que les informations énumérées ci-dessus soient vraies, nous disons alors ceci : tel que mené, si l’assaut franco-onusien contre notre pays en Mars et Avril 2011 avait exterminé tous les cadres et ministres pro-GBAGBO comme ces méchants ont lâchement assassiné l’officier  militaire BABRI Gohourou, le ministre TAGRO Désiré et bien d’autres de nos compatriotes, où serions-nous tous aujourd’hui pour qu’un pro-GBAGBO soit choisi comme  premier ministre d’un individu dont certains même de ses partisans reconnaissent ou découvrent aujourd’hui qu’il nous a volé notre victoire à la présidentielle de Novembre 2010, par Youssouf BAKAYOKO, Nicolas SARKOZY,  Ban Ki MOON et leurs armées interposés ? Or, voici que MAHAN GAHE, un valeureux patriote vient de mourir, après des milliers d’autres Ivoiriens, illustres et inconnus, par la méchanceté même de ceux-là qui nous ont imposé leur racisme, leur voracité et leur haine.

II – QUELLE BONNE GESTION DE QUEL BON POUVOIR?

Entre nous, que va faire le Front Popula ire Ivoirien (F.P.I.) au sein d’un gouvernement qui a fait massacrer des Ivoiriens par milliers, comme s’il avait voulu régner sur un…cimetière, avec ses hordes d’étrangers qui ont aujourd’hui envahi notre pays et y font la loi par la force de leurs armes de guerre ? Voici que notre pays n’est plus à nous, pris en otage qu’il est, avec des légions d’assaillants puissamment armés dans nos résidences, nos villages, nos villes, nos champs et même dans nos casernes militaires, nos commissariats et postes de police, notre administration et devisant sans gêne, parfois même dans une ethnie qui n’a jamais été d’ici. Pis, infamie des infamies, cette racaille en armes a massacré des milliers de nos compatriotes et est jusqu’à présent impunie ! La constitution, mille fois violée, est en souffrance. Entre nous, quelle bonne réconciliation sans justice ?

III – PENSER PAR NOUS ET POUR NOUS DANS UN MONDE DE VRAIE JUSTICE

Après un siècle d’une colonisation sauvage et un demi-siècle de fausse indépendance, nous voici ramenés dix siècles en arrière par la volonté de ceux qui, comme monsieur SARKOZY,  se targuent d’être de la patrie des droits de l’homme, avec ses  "Attila" et ses "Gengis Khan" locaux qui nous empestent l’air au quotidien.  Mais alors franchement, qui, ici en Côte d’Ivoire, a oublié les puants accords dits de Marcoussis de Janvier 2003 et la haine raciste des De VILLEPIN, Pierre MAZEAUD et Jacques CHIRAC ? L’arrogante et calomnieuse intrusion des gouvernants français, de leurs réseaux d’affaires et de leurs médias dans notre quotidien reste encore vivace dans nos mémoires. Sans oublier les nombreux bombardements et massacres de l’armée française contre des patriotes et civils  ivoiriens aux mains nues, en 2004 et 2011. Nous expliquera-t-on un jour le pourquoi d’une telle folie, sauvage et grandement meurtrière ? Aujourd’hui encore, ce sont des accords du genre «assieds-toi, mange avec le diable et réjouis-toi» qui nous sont proposés. Pardonner à des rebelles sanguinaires et accepter de partager le pouvoir avec eux, comme en 2003 et en 2007, c’est faire preuve de grandeur d’esprit et d’ouverture au dialogue et à la paix mais être conduit par la France à composer avec ses ouailles ou la racaille ambiante qui a endeuillé et détruit notre pays serait une porte ouverte à une plus grande traîtrise de la France qui n’a de ressources que les richesses de notre sol et de notre sous-sol ! Comme il a plu à la France de mener la communauté internationale en bateau pour nous faire massacrer, laissons cette France de la décadence et ses démons locaux aller au bout de leur logique de volonté d’extermination des patriotes ivoiriens, d’usurpation du pouvoir par invasion étrangère massive de notre pays et nous verrons à quoi ils aboutiront. Nous avons froid dans le dos quand nous pensons aux coups tordus de la France en Afrique, son omniprésence dans les coups d’Etat qui ont eu lieu sur le continent africain, à son piège grossier contre Toussaint LOUVERTURE, son génocide impuni au Cameroun il y a un demi siècle, à sa main mise sur les pays des Antilles et de l’Océan Pacifique où elle a fait assassiner Jean-Marie TCHIBAOU ainsi que Thomas SANKARA au Burkina Faso en 1988, avant de contraindre Pascal LISSOUBA du Congo Brazza et le père Jean-Bertrand ARISTIDE d’Haïti à l’exil, il y a quelques années. C’est pourquoi nous réprouvons l’idée ou le fait que ce soit la France qui prenne encore des décisions pour notre propre existence. Ne serait-ce peut-être pas parce qu’il semble impossible  ou coûteux à la France de nous débarrasser de son armée coalisée de la C.E.D.E.A.O.(Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) majoritairement burkinabè et de ces millions d’immigrants sans foi ni loi, qu’elle a contribué à déverser dans notre pays que la France, fidèle à une fâcheuse perfidie, croit pouvoir tendre un piège au grossier que farfelu à l’opposition ivoirienne ?

IV – CONCLUSION

A l’ombre de l’arbre où ils ont discuté, les quelques membres du collectif des victimes de Duékoué voudraient dire ceci :

- s’agissant de la libération des prisonniers politiques ivoiriens, c’est bien à la France qu’il revient d’accélérer ce processus pour que tous ces prisonniers ainsi que le Président  GBAGBO et son épouse, la mère de tous les patriotes ivoiriens, soient enfin libres. Pour la simple raison que c’est bien la France, sous SARKOZY, qui a commandité leur humiliation, leur maltraitance et leur incarcération, après avoir bombardé et tué des milliers de jeunes patriotes ivoiriens autour du palais présidentiel à Abidjan, en Avril 2011. Car dévoilée et mise à nu dans sa volonté d’asservissement de notre peuple et de notre Nation, la France sarkozienne, comme une brute, a rué dans les brancards pour s’en prendre à tous ceux qui en osant leur dire non, ont par là-même ouvert les yeux aux Ivoiriens et rallumé la flamme du patriotisme.

– quant à la nomination d’un premier ministre pro-GBAGBO, nous ne sommes pas le porte-parole ou l’avocat du F.P.I. mais au moins notre opinion est que ceux qui ont sali notre pays pour l’attaquer sont noyés par la pagaille et la merde qu’ils y ont installées, au point où en voulant jouer les bons offices, le F.P.I. ou  tout parti  d’opposition responsable risque un matin d’être accusé d’avoir pratiqué l’euthanasie sur la personne d’un grabataire (le tyran au pouvoir, son entourage et sa soldatesque) atteint d’un cancer irréversible, toujours par la France qui continue de se croire chez elle, en notre pays !

- pour les mêmes raisons qui précèdent, la France en bonne altruiste, a encore sous la main des généraux qui ont pour noms DETO Leto, DOUE Mathias, KASSARATE, MANGOU ou même le piteux colonel Gahoudi OULATTA, élu député à Bangolo. Quel bon officier, ex-F.D.S., va encore se faire accuser demain par la France de crimes contre l’humanité quand, en voulant restaurer la république gravement mutilée, cet officier souhaité par la France va procéder au désarmement de brigands et d’étrangers se prenant pour des militaires alors qu’ils n’ont de formation véritable que leur forte adhésion au mensonge, à l’instinct grégaire, à la violence gratuite et à la mise à mort de tout contradicteur?

- la Commission Electorale sans le sulfureux Youssouf BAKOYOKO ? C’est ici que la France, toute honte bue, rejoint enfin le F.P.I., les patriotes ivoiriens et les victimes que nous sommes. Victimes depuis 2009 des listes électorales par la technique frauduleuse du groupe français SAGEM qui a exclu des Ivoiriens lors de l’enrôlement des électeurs, victimes de l’engagement sorcier et irresponsable de Beugré MAMBE  ainsi que de son successeur Youssouf BAKAYOKO, nous voulons savoir aujourd’hui qui a vraiment gagné l’élection présidentielle de 2010 avant toute autre chose. Toute autre chose qui consiste en ces questions:

- 1/ quel est, selon la C.E.I. de Youssouf BAKAYOKO, le nombre actuel des électeurs ivoiriens et quelle sera son augmentation avec la naturalisation des neuf cents mille (900 000) faux apatrides de monsieur OUATTARA et de son complice Blaise COMPAORE, étant entendu que chacun de ces apatrides n’est pas forcément sans épouse et sans descendance ? (cf. les analyses sur ce sujet du professeur Hubert OULAYE , de Hassan MAGUED ou de Joseph MARAT).

- 2/ combien sommes-nous désormais d’Ivoiriens, au milieu de ces innombrables hordes d’étrangers qui nous ont envahis et vivent ici comme dans une jungle ? 60, 50 ou alors 40%, vu qu’en 2000, la Côte d’Ivoire avait déjà (officiellement !) 26% d’étrangers sur son sol. Ceci pour dire quoi ? Pour dire tout simplement quelles bonnes élections par ici sans un recensement rigoureux des populations et surtout quel bon développement économique sans désarmement de toute la racaille commandée et envoyée sur nos terres par la France et l’O.N.U. ?

Le pardon et la bonne disposition d’esprit ne sont point une faiblesse, bien au contraire : c’est oublier tous les nombreux torts endurés par soi et sa propre destinée qui relève de la bêtise. Surtout qu’il est bien connu qu’il n’y a qu’une seule chose que les hommes préfèrent à la liberté : l’esclavage ! C’est pourquoi nous disons : France, grande France, toi qui as oublié que des Africains dont des Ivoiriens ont participé à ta libération des puissantes griffes de l’Allemagne et du nazisme en 1945, toi qui as royalement ignoré le fait qu’il n’est pas un seul Ivoirien qui ait au moins un parent Français, toi qui t’es moqué éperdument de l’appel à la retenue de Jacques VERGES en Février 2011 et qui a nous a attaqués pour nous faire massacrer, prends courageusement le taureau de ta rébellion par les cornes pour l’anéantir à jamais. Ne refuse pas, comme le mauvais fermier, toi la France du dévouement à la cause d’autrui, chère France de la vertu, de chercher à savoir ce que cela coûte de servir de la confiture à des cochons. En attendant que nous portions massivement plainte contre toi, médites un peu ceci : le fait que tes bombardiers n’aient pas réussi à mettre GBAGBO en fuite en Avril 2011, comme un couard ou comme ces psychopathes que tu installes au pouvoir en Afrique pour couvrir tes pillages, la volonté et le courage de GBAGBO de n’avoir pas fui le palais, tout ça ne te dit rien, France de la servitude ? Vraiment ?

Cependant, nous sommes rassurés par la déclaration du grand combattant pour la liberté totale qu’est AFFI N’GUESSAN : « le seul et unique point de notre agenda, c’est la libération de GBAGBO ». Pas question de légitimer un pouvoir importé ou imposé (et qui est en agonie), comme dirait le vieux BANAO !

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 20 Septembre 2013.

jeudi, 19 septembre 2013

MORT DU SYNDICALISTE IVOIRIEN MAHAN GAHE: LES VICTIMES DE DUEKOUE ACCUSENT LA FRANCE

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C’est avec émotion et douleur que nous venons d’apprendre le décès du syndicaliste ivoirien, Basile MAHAN GAHE. Surpassant comme il se doit la douleur relative à cette autre mort gratuitement et méchamment occasionnée par le régime Ouattara et ses dozos au pouvoir, les victimes de Duékoué, une fois de plus, voudraient crier leur indignation à la face de la France dont les pouvoirs se succèdent dans un faux changement car en France, seuls les intérêts comptent plus que les amis, selon De GAULLE.

Pour qui sait véritablement ce qui s’est passé ici en notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis ces douze ou treize dernières années et surtout plus récemment en Mars et Avril 2011, nous, victimes de Duékoué, disons  qu’il serait lâche, irresponsable ou imbécile de ne voir que cette rébellion avec à sa tête Ouattara, en fait de simples pantins de service, des chiens aux ordres de maîtres tapis dans les couloirs obscurs des réseaux mafieux qui ont leurs entrées chez les gouvernants français de tout bord politique. Oui, ici et maintenant, nous crions haut et fort que c’est la France qui a tué MAHAN GAHE, notre frère, notre parent comme elle fait torturer en ce moment même Simone GBAGBO, Charles BLE GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, Martial YAVO ainsi que tous ces milliers de civils et militaires qui croupissent dans les geôles de l’Attila local, simplement parce que toutes ces victimes de l’injustice de la France et de Ouattara ont fait preuve de patriotisme et ont de tout temps osé dire non à la volonté de leur soumission à un esclavage mental par la France. A l’occasion, rappelons ici la mémoire de BOGA Doudou, DAGROU Loula, DALI Oblé, TAGRO Désiré, BOHOUN Bouabré, GNAN Raymond, DIAGOU Gomont, KONE Dramane et Marcellin YACE, pour ne citer qu’eux.

Oui, peuple français, toi qui brilles tant par ton silence, ton indifférence et ton inaction face à notre douleur et à nos souffrances, c’est bien par la méchanceté de tes gouvernants successifs que nous en sommes arrivés là et souffre ici d’en avoir ici quelques détails :                                                        

- en Septembre 2002, ton ministre de la Défense, a juré la main sur le cœur, depuis le Burkina Faso, qu’aucune rébellion n’était sur le point d’attaquer la Côte d’Ivoire depuis ce pays frontalier du nôtre. Mensonge et hypocrisie de la part d’un Etat français qui avait pourtant conçu, planifié et appuyé cette rébellion qui allait déstabiliser la Côte d’Ivoire et ses institutions quelques jours plus tard.

- en Octobre 2002, la France, par une perfidie dont elle seule a le secret, a remis sur pied la rébellion et l’a réarmée, alors que l’armée ivoirienne l’avait pratiquement écrasée et boutée hors de Bouaké, la deuxième ville au centre du pays. Pour ensuite, à partir de Bouaké, consacrer la partition de notre pays au profit de la rébellion qu’elle précédait dans chaque ville et région dont les militaires français organisaient et coordonnaient la prise par leurs protégés rebelles. Il y a même eu cette scène d’horreur où des soldats français ont assisté à une scène où des rebelles et dozos ont égorgé un gendarme ivoirien, ont versé son sang dans une calebasse et ont été accompagnés dans un rituel sauvage et répugnant par ces militaires  français qui ont eux aussi  lavé leurs mains dans le sang du malheureux gendarme et s’en sont badigeonnés ensuite le corps (peuple français, vas sur google, lance ‘’gendarme égorgé par les rebelles ivoiriens à Bouaké et tu sauras).

- passons sur la table ronde de Marcoussis (Janvier 2003) près de Paris et ses inepties déshumanisantes à l’endroit du peuple ivoirien mais insistons sur les bombardements et les fusillades des jeunes patriotes ivoiriens aux mains nues à Abidjan par l’armée française sous Jacques CHIRAC en Novembre 2004 puis en 2011 sous le tristement inénarrable Nicolas SARKOZY avec la fermeture des banques pour priver les patriotes ivoiriens de leur propre argent et l’embargo sur les médicaments ‘(du jamais vu au monde), tous ces coups tordus pour chasser du pouvoir le candidat élu par notre peuple au profit d’un imposteur et fraudeur que le monde entier a fini par découvrir et par éviter, tellement ses actes sont abominables !

Or, c’était en prévention de toutes abominations, de toute cette cruauté inutile, de cette décadence humaine que la France mijotait alors que MAHAN GAHE, en patriote résolu et engagé, n’a pas pris de gant, début Octobre 2002, place de la République à Abidjan, pour accuser les multinationales, les réseaux mafieux et les colons français experts en trafics délictueux et toujours tapis dans leurs cavernes obscures pour un ésotérisme ou de plus en plus dépravant !

Comme on le voit donc, il n’est point du tout hasardeux et mal pensé de conclure que c’est la France avide de pétrole et de ressources naturelles en Côte d’Ivoire pour sa propre survie qui a tué Basile MAHAN GAHE, tuer ou faire tuer (en se barricadant derrière de faux concepts ou préjugés tels que dictature ou démocratie) relève pour les victimes que nous sommes, du même degré de responsabilité. Car à y voir de près, tous les suppliciés et prisonniers de fait de Ouattara, leurs humiliations et maltraitances à commencer par GBAGBO, son épouse, ses ministres, Geneviève BRO GREBE, Jean Jacques BECHIO ou le banquier DAKOURY, tous ces jeunes patriotes et militaires ne sont en réalité que ceux-là même qui ont dénoncé publiquement et opposé un niet catégorique au sale jeu de sodomie mentale et de spoliation de notre pays à la France, ses gouvernants et  ténébreux réseaux qui, confus et manquant de courage aujourd’hui à faire mea culpa, en pâtissent eux-mêmes gravement. Oh, honte ! Comme disait Simone GBAGBO.

Voici, peuple français, une vérité qui doit désormais t’habiter : tes gouvernants et tes réseaux ont toujours été l’alpha et l’oméga des rébellions et des coups d’Etat qui assassinent nos frères ici en Afrique en même temps que ces méthodes sauvages (est-ce bien cela la civilisation tant vantée par tes intellos ?) nous appauvrissent toujours davantage. Quand chez vous, la bourgeoisie en place, ses fétus de paille et ses mercenaires de tous ordres s’offrent tous les jours de notre sang innocent dans leurs fastes et luxures. Oh, honte !

Honneur et hommage à toi, MAHAN GAHE ! Tu n’es pas mort pour rien  car la France, à défaut d’une repentance sincère, paiera un jour pour la voracité vampirique et le racisme de ses gouvernants!

   

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 16 Septembre 2013.

mardi, 17 septembre 2013

UN GENERAL FRANÇAIS: «FRANÇOIS HOLLANDE NOUS MANIPULE»

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Dans une analyse, le général français Dominique Delawarde, ancien chef du bureau situation-renseignement-guerre électronique de l’état-major interarmes de planification opérationnelle en région parisienne, rejoint le clan des opposants à une frappe militaire contre la Syrie en mettant en cause les accusations formulées par les services de renseignement français contre le régime syrien, seul responsable, selon eux, d’avoir gazé la population. Pour lui, il n’y a aucun doute : les preuves présentées par le Premier ministre aux députés ne sont «ni convaincantes ni crédibles». Le militaire français rappelle, à cet effet, la présentation du général Colin Powell aux Nations unies de «fausses preuves indubitables» établies par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. «Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas», affirme-t-il. Pour cet ancien officier, l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad «est une affirmation absurde et ne tient pas la route».
 
Selon lui, le président syrien n’aurait jamais pris un tel risque, sachant qu’une intervention occidentale suivrait de facto. «Il (Bachar Al-Assad) possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangères ?» se demande-t-il, dubitatif.
 
Ce «massacre», continue le militaire dans son analyse, ne profite qu’aux deux autres parties en cause dans cette affaire. «D’abord aux opposants à Bachar El-Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie. Ensuite, aux Etats-uniens et aux Franco-Britanniques qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire), en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar Al-Assad», a-t-il expliqué.
 
Pour corroborer son argumentation, le général Delawarde rappelle des précédents de ce genre de manipulation dans la ville roumaine de Timisoara, en décembre 1989, où les médias avaient repris pendant plusieurs semaines la fausse information d’un prétendu «massacre» de 4 600 personnes juste pour faire tomber Nicolae Ceausescu. «Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants», a-t-il révélé.
 
Le général Dominique Delawarde conteste les renseignements français, selon lesquels les rebelles syriens «n’ont pas le savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz». «C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires», a-t-il avancé. Fustigeant la politique étrangère française en faveur d’une intervention militaire en Syrie pour faire respecter, selon elle, les conventions de Genève, le général Delawarde s’est demandé pourquoi la France n’a pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en 2009: «Il y avait, lors du massacre de Gaza, 1 300 morts, bien réels ceux-là, dont 900 civils et 300 enfants. L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève (…) Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?» s’est-il encore demandé, en concluant avec ironie : «Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que plus c’est énorme, plus ça passe. Mais, là, la ficelle est un peu grosse.»
 
 
Mohamed El-Ghazi
 
 

VERS UNE GUERRE FROIDE QUE VERS UNE GUERRE MONDIALE!

monde,syrie,vers une guerre froide que vers une guerre mondiale!,par cheikh si mimoun


En Russie, il y a et il y a toujours eu un camp pro-occidental, et ce, au moins depuis Pierre le Grand… Tous les dirigeants successifs du plus haut niveau au 4ème ou 5ème cercle étaient si l’on peut dire russo-centristes et plus tournés vers l’est et le sud.
 
La catastrophe a commencé avec le Pape polonais et le roi Fahd (succédant à Fayçal… assassiné par un neveu), instruments de Reagan, le premier pour faire craquer l’empire à partir de la Pologne catholique et le second pour le faire sombrer économiquement au moyen du prix du baril, qui a touché le fond vers la mi-année 80 à tel point qu’il suffisait à peine pour couvrir les frais de production, consécutivement à la nouvelle politique des prix appelés "net back" mise en place après l’éviction de Zaki Yamani et son remplacement par un membre de la famille royale.
 
Nous avons fait les frais aussi de cette politique, dont octobre 88 (conflit réformateurs/aile dure du FLN) et tout ce qui a suivi en est la conséquence (*).
 
Et l’Afghanistan a été le coup de grâce.
 
Dès que l’empire soviétique a explosé, qui voit-on apparaître aux manettes de la nouvelle Russie arrivés dans les bagages du clochard Eltsine?
 
Des chacals à la solde de la City et de Wall Street qui se sont mis à se partager les dépouilles en se tournant vers l’occident et tournant le dos à leurs anciens alliés notamment arabes qui de leur côté avaient déjà senti la nouvelle musique dès l’ère Gorbatchev.
 
D’où le sursaut des nationalistes russo-centristes représentés par Poutine et qui devait dans un premier temps composer avec le camp pro-occidental dont Medvedev est le pion visible au sein du pouvoir russe.

Je pense que Poutine n’est pas pour que la Russie devienne un satellite d’une autre grande puissance, il a d’autres ambitions.
 
Et s’il fait la preuve de sa fermeté et sa capacité à offrir un soutien solide à ses alliés potentiels contre les prédateurs, … et qu’il a définitivement pris le dessus chez lui, il y a de fortes chances que tous les anciens "alliés" ou protégés de l’URSS, y compris l’Égypte, reprennent le chemin de … Moscou.
 
Ce qui se passe avec la Syrie joue en sa faveur et à mon avis ce qui fait le plus enrager le trio US/GB/Fr, en plus du coup de frein à leurs plans, c’est l’évolution probable des évènements sur un plan plus large que la Syrie.
 
Il est plus juste de parler de guerre froide ou guerre tiède, sur le dos du monde arabe (richesses du sous-sol et position stratégique en méditerranée) que de guerre mondiale vu qu’il y a 2 puissances qui peuvent effacer 20 fois la planète et 6 ou 7 autres qui peuvent en effacer le 1/4, le 1/3 ou la moitié.
 
Et ça, à mon avis, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

S’il y a un théorème à tirer de tout ça, c’est celui-ci : pour les Républiques arabes, leurs intérêts et leurs souverainetés sont mieux respectés par la Russie en échange de leur non-alignement à l’ennemi de celle-ci : les monarchies arriérées, féodales, anti-démocratiques où les richesses du pays sont entre les mains de 2 douzaines de familles ne peuvent avoir pour protecteurs que des prédateurs et maquereaux qui assurent leur survie, malgré leurs vices et turpitudes qui ne dérangent en rien ces souteneurs, contre la possibilité de disposer à volonté de 90% de ces richesses.

 

Cheikh Si Mimoun

lundi, 16 septembre 2013

POUTINE, L'HOMME QUI LES REND TOUS FOUS

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Vladimir Poutine, G20, Saint Petersbourg, septembre 2013 - Host Photo Agency/CNP/AdM/SIPA


Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue?

 
 
Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré: «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout. 

Manque de chance, il n’a pas dit « Niet » mais « Da » à la suggestion de John Kerry sur les armes chimiques de la Syrie. Patatras. C’est le monde à l’envers. Du coup, l’analyse de L’Express tombe complètement à plat (ce n’est pas exceptionnel) tout comme les clichés véhiculés dans les médias occidentaux pour qui Poutine est à la fois un Diable, un Soviétique en peau d’ours et un imbécile. 

Certes, on ne peut comprendre la Russie sans son passé soviétique ou même tsariste. Et pourtant, rien ne ressemble moins à l’URSS que la Russie d’aujourd’hui, convertie aux dogmes de l’hyper capitalisme fou. De même, si Poutine n’a rien d’un petit Saint orthodoxe, s’il perpétue des traditions antidémocratiques tenaces, il est absurde de le réduire à une marionnette de l’ex KGB, comme on le lit en permanence dans Le Monde ou dans les écrits des nostalgiques de la guerre froide. Quand Bush père était à la Maison Blanche, on ne rappelait pas en permanence son passé de dirigeant de la CIA. 

La Russie a donc pris tout le monde à contre-pied en ouvrant une porte diplomatique. Surprise dans les chaumières. Quoi ? Les Russes, ces rustres que l’on dit incapables de sortir de l’obstruction permanente au Conseil de sécurité de l’ONU peuvent reprendre une suggestion américaine afin d’ouvrir une alternative à la guerre ? Comment est-ce possible ? Manifestement, ça l’est. On ne peut d’ailleurs exclure que Barack Obama en soit fort satisfait, lui qui voyait arriver l’hypothèse d’un Waterloo politique au Congrès comme un Tomahawk mal dirigé tombant sur la Maison Blanche. On peut même penser que des discussions secrètes ont été menées depuis plusieurs jours entre les représentants des deux pays. 

Certes, la question de la Syrie n’est pas réglée pour autant. Certes, il faut s’assurer de la faisabilité du projet. Certes, on peut douter de la bonne volonté de Bachar El Assad. Certes, on peut penser que dans les rangs de la rébellion, certains auront tout intérêt à faire capoter l’opération. Certes, il ne sera pas facile d’aller chercher les armes chimiques dans un pays déchiré par la guerre civile. Bref, le plus dur est à venir. 

Reste que le pire a été (peut-être) évité, à savoir l’engrenage guerrier aux lendemains indécis. Force est de reconnaître que la Russie y aura pris une part non négligeable, prouvant ainsi qu’elle ne se réduit pas aux raccourcis manichéens en vogue dans les gazettes. Les adeptes de la diplomatie du missile diront qu’une telle perspective aurait été inenvisageable sans la menace militaire exhibée par les Etats-Unis et la France. C’est possible, mais ce n’est pas certain. On peut aussi y voir la volonté de ne pas rajouter la guerre à la guerre dans un pays d’ores et déjà éclaté. 

Dans ce conflit, rien ne pourra se faire sans la Russie et a fortiori contre elle. Ses liens avec la Syrie sont connus. On peut sans doute les critiquer compte tenu de ce qu’est le régime en place à Damas, mais ils ne sont guère différents de ceux entretenus par les Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ne sont pas vraiment des modèles de démocratie. Quoi qu’on pense de Poutine, il ne fait que dire à haute voix ce que disent les dirigeants de nombre de pays (comme l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du sud, la Chine et la plupart des membres de l’Union Européenne). 

Evitons les raccourcis, les diabolisations et les procès d’intention qui font écrire au Monde que « la nouvelle donne diplomatique suscite des inquiétudes ». Ah bon ? Parce que l’ancienne donne, celle qui devait déboucher sur les bombardements suscitait de l’espoir ? Si, pour l’heure, le risque d’un aventurisme guerrier a été écarté, c’est parce que certains pays, à commencer par la Russie, ont su trouver une voie que d’autres, aveuglés par la folie guerrière, n’ont pas voulu étudier. 

 
Cela ne change rien à la nature du régime syrien. Cela n’enlève rien à la nécessité de faire toute la lumière sur des exactions qui ont conduit la Commission d’enquête de l’ONU à dénoncer les « crimes contre l’humanité » commis par les forces gouvernementales et les « crimes de guerre » perpétrés par une opposition gangrenée par les djihadistes, comme en témoigne le journaliste de La Stampa, Domenico Quirico, détenu cinq mois en Syrie. Mais cela devrait amener à regarder le monde avec les lunettes d’aujourd’hui et non avec des clichés hérités d’une époque révolue.

 

Jack Dion - Marianne

 

Source: MARIANNE.NET

KONE KATINAN APRES SA LIBERATION: «LE RETOUR A LA NORMALITE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE, C’EST LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO»

 

 

KONE KATINAN 2.jpg

 

Vous venez d’être acquitté par le tribunal d’Osu à Accra après un procès qui a duré un an. Quels sont vos sentiments sur cet acquittement?

- Je suis traversé par un sentiment ambivalent. Je suis animé d’un sentiment de grande joie, qui se juxtapose malheureusement à une profonde peine. Cette peine qui se justifie par le fait que le président Laurent Gbagbo, celui-là qui a tout donné à la Côte d’Ivoire, pour reprendre l’expression du camarade Abou Drahamane Sangaré, vice-président du Fpi, et celui à qui le peuple ivoirien continue de s’identifier, est maintenu de façon absolument illégale en prison. Ils sont nombreux nos compatriotes et nos frères d’Afrique et d’ailleurs qui ont le sommeil perturbé à cause de la détention inadmissible de cet homme. De ce fait, aucune joie ne peut être totale, surtout pas la mienne. Cependant dans la nuit la plus noire, chaque rayon de lumière est une source d’espérance. Dans ces circonstances, Il faut savoir exprimer sa gratitude.

C’est pourquoi, je voudrais avant tout propos rendre gloire au Dieu Unique qui est toujours juste. Je suis l’expression achevée de sa présence aux côtés des faibles et des persécutés. Ma foi chrétienne a été la source unique de mon espérance devant cette épreuve où se jouait ma vie. C’est le philosophe et écrivain français, Jean Paul Sartre qui disait qu’à chaque fois que quelqu’un fait quelque chose de positif, il rappelle à l’humanité que cela est possible et faisable. La Justice ghanéenne vient de rappeler que la quête de l’indépendance de la justice est avant tout l’œuvre du Juge lui-même. Exerçant une fonction divine, (Dieu est le Juge Suprême), il n’a de censeur que Dieu. En disant le droit dans un contexte de fortes pressions politico-diplomatiques, le Juge Aboagye Tandoh a élargi le domaine du possible dans un espace africain qui focalise sur lui, toutes sortes de récriminations, qui partent de la corruption de l’appareil judiciaire, à sa soumission au pouvoir politique. Je voudrais sincèrement exprimer ma reconnaissance et mon admiration à la justice ghanéenne à travers le Juge Aboagye Tandoh. Mais il a fallu que le gouvernement ghanéen, qui a subi toutes les formes de pressions de la part de son homologue ivoirien et de ses soutiens, accepte de se soumettre aux lois du Ghana. J’exprime au président John Mahama, à son prédécesseur John Evans Atta Mills, de regretté mémoire, au gouvernement et à la classe politique dans son ensemble, au nom du président Laurent Gbagbo et en mon nom propre, ma profonde gratitude. J’associe à ses remerciements tout le peuple ghanéen, qui accueille dans un esprit de grande fraternité tous les exilés ivoiriens et ceux venant d’ailleurs. Je relève avec la fierté d’être africain, la grande sagesse de ce peuple, qui donne une leçon de démocratie qui contraste avec les clichés que les afro-pessimistes véhiculent sur ce continent.

Je voudrais saluer avec déférence, le président John Jerry Rawlings, qui s’est déplacé en personne pour me rendre visite dans ma prison. Il porte partout le combat du président Laurent Gbagbo. Pour les personnes de notre génération, il fait partie avec Thomas Sankara, des icônes qui ont éveillé nos consciences de jeunes africains et entretenu nos rêves pour une Afrique qui peut gagner. J’associe à ces remerciements avec autant de déférence, le président Thabo Mbeki qui a suivi cette affaire avec une très grande attention et qui ne ménage aucun effort pour dénoncer l’injustice dont est victime le président Laurent Gbagbo. Je remercie également l’Ambassadeur des Etats Unis au Ghana, qui a toujours dépêché une délégation à chaque jour de mon procès. Je finis ces remerciements par là où j’aurais dû commencer. J’adresse mes vifs remerciements et mes chaleureuses félicitations à mon équipe d’avocats composée de Maitre Lucie Bourthoumieux et de maître Patrice Sogbodjor. Leur talent a été déterminant dans cette affaire. Je crois fermement que si Madame Bourthoumieux n’était pas avec moi, les jours de mes arrestations, j’aurais eu très peu de chance de passer devant un juge. Elle m’a sauvé d’une mort certaine. Je lui suis indéfiniment reconnaissant. Je marque toute mon amitié à la cellule juridique de la coordination du FPI en exil composée des éminents hommes et femmes de droits de notre pays. Son président, le professeur Tano Félix, le professeur Hubert Oulaye , madame le ministre Jeannine Badjo, tous agrégés de droit, et surtout à maître Dakoury Roger, pour sa présence continue à mes côtés au tribunal. J’y associe la cellule de communication dirigée par les Ministres Lia bi et Koffi Koffi Lazare et à l’ensemble de leur formidable équipe avec un regard particulier sur les internautes notamment ceux qui animent mes différents espaces de communication, et les blogueurs qui ont donné la preuve de l’immensité de leur talent. Que Dieu rétribue chacun d’eux au-delà de ses espérances.

Comment avez-vous vécu une année durant l’absence ou la restriction de votre liberté de mouvement?

- Cela été le moins qu’on puisse dire très pénible pour moi. Mais jamais je n’ai douté de la victoire finale. La très grande chaine de solidarité surtout spirituelle autour de moi m’a convaincu de la justesse du combat que nous menons. Parce qu’il ne faut pas se méprendre, je n’ai aucun mérite particulier que celui d’avoir bénéficié de la confiance du président Laurent Gbagbo. Je n’ai reçu que l’expression de la grande affection que tous combattants de la liberté ont pour le président Laurent Gbagbo. Autrement dit ce n’est pas la personne de Koné Katinan Justin qui a bénéficié de cet élan de solidarité, mais Koné Katinan en tant qu’acteur pour le compte exclusif d’un grand homme : Laurent Gbagbo. Ayant vécu ces moments terribles en association avec tous les maillons de cette chaine de solidarité, c’est évident que je les associe pleinement au bonheur de la victoire. A ce titre :

Je voudrais remercier mon épouse et mes enfants, toute ma famille au sens africain du terme qui part des plus proches et se prolonge aussi loin que possible par l’effet d’un lien de sang qui se détend à l’infini, sans pour autant jamais se rompre. Je remercie également les camarades de la Direction du parti, tous les membres du comité central, les militants et l’ensemble des Ivoiriennes et des Ivoiriens. A ce niveau, j’adresse une motion spéciale au Docteur Assoa Adou, notre doyen, président de la Coordination du FPI en exil qu’il dirige avec une grande dextérité. Évidemment en le citant, c’est l’ensemble du bureau de cette coordination que je vise. Je ne peux occulter tous les autres exilés qui ont fui leur pays pour avoir supporté le président Laurent Gbagbo. Ce seul fait est devenu le crime le plus puni en Côte d’Ivoire. Enfin je reste infiniment redevable à tous ceux qui ont donné de leur argent pour m’aider dans la situation très difficile que ma famille et moi avons traversé. Que Dieu le leur rembourse avec un taux d’intérêt exponentiel. Pour répondre à votre question, j’ai été formaté au Fpi dont je suis militant depuis septembre 1989. J’ai retenu de la formation de mes maîtres, que rien n’est figé. Une intelligence figée est en soi déjà le signe d’une profonde maladie morale. J’ai compris très tôt que l’objectif de mes persécuteurs était de m’immobiliser.

Nous nous sommes réorganisés autrement au niveau du « Porte-parolat », pour continuer la mission. Ici encore, que tous ceux qui sont avec moi dans cette mission confiée par le président Laurent Gbagbo en soient remerciés. Ils m’ont encadré et nous avons continué notre mission. Aujourd’hui, avec l’avancement des moyens de communication, vouloir immobiliser une personne est une épreuve à la limite vaine. On peut être à Accra et être en même temps ailleurs. C’est ce que nous avons su faire.

Au plan politique, en quoi cela a pu véritablement être un obstacle à vos activités en tant que Porte-parole de Laurent Gbagbo?

- Lorsque le président Laurent Gbagbo m’a fait l’insigne honneur de me choisir comme son porte-parole le 26 mai 2011, il m’a donné une feuille de route. Conformément à cette feuille de route, je devrais accomplir certaines missions. C’est ce que j’ai fait du 6 juin 2011 au 24 août 2012, le jour de mon arrestation. Donc de ce point de vue cette immobilisation d’un an a un tant soit peu perturbé notre travail, mais comme je l’ai dit, nous nous sommes réorganisés autrement pour contourner cet obstacle là où c’était possible.

Au fait de quoi, vous accusait-on au juste, tant les chefs d’accusations semblaient varier au gré des humeurs de vos accusateurs?

- Je rappelle que les mandats émis par les autorités judiciaires ivoiriennes contre les ministres et les hauts fonctionnaires proches du président Laurent Gbagbo, contiennent tous les mêmes motifs. Crimes économiques. Il m’est reproché d’avoir, en tant que ministre du budget, commis des vols à main armée dans plusieurs banques et institutions financières du pays, y compris à la Bceao. En d’autres termes, on me reproche d’avoir braqué ces banques et sociétés de février à mars 2011. Je suis également poursuivi en tant que complice dans la commission des mêmes infractions. Le montant est évalué à 380 milliards de F CFA. Dans l’acte d’accusation qui a été lu devant le juge, il est mentionné que j’ai commis ces infractions pour soutenir le président Laurent Gbagbo qui faisait face à un embargo. Pour la seconde affaire, j’ai été accusé d’avoir tué moi-même, après avoir conspiré avec le ministre de l’économie et des finances, deux personnes dont j’ai entendu les noms la première fois le lundi 1er octobre 2012 devant le EMS Court. Il s’agit d’un certain Kamagaté, soudeur de son état et âgé de 83 ans que j’aurais tué le 29 mars 2011 à Port-Bouët, et un autre répondant au nom de Diabaté Drissa, négociant âgé, quant à lui, de 38 ans également domicilié à Port-Bouët. J’aurais tué ce dernier le 19 mars. Même là aussi on fait du rattrapage.

L’accusation en définitive vous semblait-elle grotesque, dénuée de sens?

- Ces deux accusations ont été toutes portées devant deux juges différents. Le mandat d’arrêt international de la deuxième affaire relative au double meurtre a été émis le mardi 25 septembre 2012, le jour même où le Juge m’accordait une liberté provisoire pour la première affaire, relative au braquage des banques. Après un mois de détention, le second juge, las d’attendre les preuves qui étayent le double meurtre, et ayant compris qu’il s’agissait d’une fausse accusation qui cachait mal un mobile politique, m’en a finalement déchargé le mercredi 24 octobre 2012. Finalement il ne restait plus que l’affaire relative au vol à mains armées des banques, pour laquelle le juge a refusé mon extradition pour les raisons qu’il a bien développées dans sa décision. En définitive que ce soit le vol à mains armées ou le double meurtre, toutes ces accusations sont absolument grotesques et dénuées de tout sens.

Un ministre du gouvernement actuel vous a publiquement accusé d’avoir fui le pays, emportant avec vous des sacs d’argent de la Bceao. Est-ce techniquement possible?

- Je crois avoir suffisamment expliqué l’impossibilité aussi bien technique que pratique d’une telle opération. 380 milliards c’est une somme énorme dont le transport nécessite une logistique qui ne peut passer inaperçue. Pour un calcul simple, à supposer que la somme volée soit composée de billets de 10 000 f Cfa, la coupure de CfA la plus importante, un milliards c’est 100 milles coupures de 10 000. Soit 100 paquets de 10 millions. Tous ceux qui ont eu à transporte 10 millions, savent que cela pèse au moins 2 kg. Un milliard pèse donc au moins 200 kg. Rapporté au 380 milliards cela représente un poids de 76000kg soit 76 tonnes. Les valises les plus grandes ne peuvent contenir un poids de 100 kg. A supposer que par extraordinaire, j’ai pu trouver des valises de 100 kg, il m’en aurait fallu au moins 760. Je ne suis pas Hercules. C’est tout cela qui enlève tout sérieux à cette accusation. Je rappelle que 380 milliards c’est 38 millions de billets de 10 000. C’est-à-dire que je distribue 10 000 à chaque ivoirien, la population ivoirienne étant estimée à 25 millions il m’en restera encore 13 millions de billets de 10 000.

J’avoue que j’ai été très peiné de voir comment mon pays s’est donné en spectacle dans un autre pays pour soutenir l’insoutenable.

Avant le verdict du Juge ghanéen, votre procès était tantôt perçu comme politique, tantôt comme de droit commun. Quel était pour vous l’interprétation la plus plausible ?

- Le gouvernement ivoirien le voulait de droit commun, moi j’étais convaincu qu’il s’agissait d’une affaire politique. Le juge est arrivé à la même conclusion que moi. Il ne faut jamais perdre de vue que le gouvernement ivoirien et ses parrains internationaux se sont évertués à soutenir qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Le Secrétaire général de l’Onu en personne a affirmé qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Du président Laurent Gbagbo jusqu’au moindre soldat, tout le monde était considéré comme des prisonniers de droit commun. Ayant célébré la démocratie à la bombe, ils ont écrit en Côte d’Ivoire d’autres critères pour définir les prisonniers politiques. C’est pourquoi, la décision du Juge Aboagye Tandoh est un véritable coup de tonnerre, dans le ciel ivoirien artificiellement dépeint d’un bleu reposant.

Quels sont les arguments que le juge a développés pour débouter vos accusateurs?

- Le juge avait à répondre de façon cumulative à 5 questions :

• Les infractions pour lesquelles je suis poursuivi dans mon pays sont-elles considérées comme telles au Ghana?

• Ces infractions sont-elles réellement constituées?

• N’ont-elles pas un caractère politique?

• Y-a-t-il une convention d’extradition qui lie les deux pays ( le Ghana et la Côte d’Ivoire)?

• Si je suis extradé, est ce que je pourrai bénéficier d’un jugement impartial et si ma vie ne sera pas en danger dans mon pays?

Le Juge Aboagye Tandoh a répondu de la façon suivante :

• En ce qui concerne le premier point, le juge a reconnu que le vol à mains armées constitue une infraction punie aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Ghana. Il a rappelé les différents articles des codes pénaux des deux pays.

• Sur le second point, le juge a passé en revue toutes les preuves apportées par l’accusation et le témoignage du témoin à charges. Il a relevé trois éléments qui ont forgé sa conviction.

• Le témoin à charge a reconnu que dans les preuves apportées par le gouvernement ivoirien au soutien de son accusation, lesquelles preuves sont constituées exclusivement des Procès-verbaux d’auditions des directeurs généraux des banques ou des sociétés qui auraient subi mon vol à mains armées ou de leurs représentants, mon nom figure dans quatre des dix dépositions. Mais il reconnait que nulle part dans ces dépositions il est fait mention de vols à mains armées.

• Sur les autres dépositions dans lesquelles mon nom ne figure pas, une seule de ces dépositions fait état de vol à mains armées.

• Mais le déposant a affirmé clairement dans sa déposition que les vols ont été commis dans son établissement entre le 19 et 21 avril 2011. Or A cette date a dit le Juge, j’étais déjà au Ghana et mon attestation de réfugié émis par le Ghana Refugies Board ( l’organisme qui gère les réfugiés au Ghana), établit nettement que je suis rentré dans ce pays le 13 avril 2011. Il est donc évident qu’en toute logique, je ne pouvais être l’auteur de ce vol. Mieux, le déposant affirme sans ambigüité que le vol a été commis par les FRCI.

• Le juge a relevé le fait que les banquiers eux-mêmes qui ont fait les dépositions ne mentionnent pas de vol à mains armées, d’où vient-il que l’Etat se substitue à eux pour m’accuser de cette infraction. Je rappelle que la BCEAO qui est censée avoir subi le plus grand préjudice n’a jamais porté de plainte.

• Il est revenu sur le fait que j’ai suffisamment démontré à la barre l’impossibilité matérielle de commettre ce crime et que l’accusation n’est pas arrivée à me confondre à la barre.

• Il a rappelé en outre que les banques ont été ouvertes suivant une procédure légale avec l’autorisation expresse du président du Tribunal d’Abidjan, l’ordonnance délivrée à cet effet par ce Juge faisant foi. De tels faits ne peuvent constituer des infractions.

Il en a conclu qu’il y avait trop d’ombres qui sont autant de doutes sur le fait que j’ai commis ces crimes.
• Sur le point relatif au caractère politique ou non des poursuites engagées contre moi, le juge a fait le raisonnement suivant :

• J’étais ministre du budget et c’est dans ce cadre que j’ai agi.

• Je suis haut cadre du Fpi, le parti du président Laurent Gbagbo et qu’il est notoirement établi que beaucoup de cadres de ce parti ou qui lui sont proches sont en prison

• J’ai été arrêté une deuxième fois pour une affaire de meurtre qui a été abandonnée faute de preuves.

Il en déduit qu’il est difficile de soutenir que la demande d’extradition est dénuée de mobiles politiques. Or il est constant que la constitution ghanéenne interdit l’extradition pour des motifs politiques.

• Sur le quatrième point relatif à l’existence ou non d’une convention d’extradition entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, le juge a fait les observations suivantes :

• Il n’existe pas de convention bilatérale d’extradition entre les deux pays. Le gouvernement ivoirien a fondé sa demande sur la convention de la Cedeao.

• Or sans remettre en cause le document de ratification de cette convention par la Côte d’Ivoire, le Juge a dit que sur la base des informations en sa possessions et étayées par un document produit par le procureur ghanéen qui agit par commission rogatoire pour le compte de l’Etat ivoirien, seulement cinq pays ont ratifié la convention d’extradition signée entre les Etats membres de la Cedeao. Le Juge a énuméré ces Etats qui sont le Burkina Faso, le Benin, le Cap vert, le Ghana et… la Côte d’Ivoire n’y figure.

En tout état de cause, à supposer que la Côte d’Ivoire ait ratifié cette convention, le document de ratification apporté par le gouvernement ivoirien établit que cette ratification est intervenue en Août 2012, c’est-à-dire, un an après l’émission des mandats d’arrêts. Au Ghana, une loi ne peut rétroagir. Le Juge en conclut qu’au moment de l’émission des mandats d’arrêts, la Côte d’Ivoire n’avait pas de fondement légal pour les rendre exécutoires. Le gouvernement ne peut revendiquer le bénéfice d’une convention qu’il n’avait pas ratifiée.
• Sur le dernier point relatif à ma sécurité dans mon pays, le juge a soutenu que dès lors que le gouvernement ivoirien m’a reconnu la qualité de réfugié, il a reconnu de facto que ma vie était en danger en Côte d’Ivoire. Il n’était donc pas possible pour le même gouvernement de m’extrader dans le pays dans lequel, lui-même a reconnu que ma vie était en danger.
Sur tous les points de droit, l’accusation a perdu. L’on se rend compte en définitive que le procès en extradition est un procès complet dans lequel le Juge se prononce sur le fond de l’affaire.

Pendant une année, vous avez été au centre de tractations politiques (tête-à-tête Mahama- Ouattara), et judiciaire relativement à votre extradition en Côte d’Ivoire, pensez-vous dans votre cas que le droit a prévalu sur les arrangements politiques?

- Je reconnais que le Ghana a été soumis à une pression énorme de la part du gouvernement ivoirien et de ses soutiens, allant jusqu’à la fermeture unilatérale de la frontière ivoiro-ghanéenne par le gouvernement ivoirien. Il y a des aspects de cette pression diplomatique que j’évoque dans mon prochain livre dont le titre est le « procès », un livre à la fois écrit en français et en anglais. Souffrez donc que je ne puisse m’étaler sur cette question. Mais ce qui est essentiel et je crois que c’est la leçon qui doit être retenue, le Juge ne s’est pas laissé influencer par cette pression.

N’y avait-il pas similitude entre votre cas et celui du ministre Lida, extradé manu militari du Togo où il résidait vers la Côte d’Ivoire sans décision judiciaire ?

- Jusqu’à ce jour je ne connais pas les chefs d’inculpation du ministre d’Etat Lida Kouassi. Je ne sais pas si lui-même en sait plus. Je sais qu’il a été extradé du Togo de façon extrajudiciaire, enfermé dans une prison à Bouna puis libéré provisoirement nous dit-on, sans jamais avoir été entendu par un Juge. Je dirais que j’ai eu plus de chance que lui.

En tant que leader politique, quelle lecture faites-vous (forcée ou volontaire) dans le cas de Lida, Blé Goudé, Dibopieu?

- Moi je ne juge du caractère volontaire ou non de leur départ de leur lieu d’exil. Je retiens seulement que j’ai eu plus de chance qu’eux de passer devant un juge comme l’exigent les textes de la CEDEAO. Étant en prison, ils ne peuvent se défendre, donc je crois qu’il n’est pas juste de juger quelqu’un qui ne peut répondre. Nul ne peut décrire exactement les conditions de leur départ vers la Côte d’Ivoire.. Ne précipitons pas nos jugements. Dans la situation qui est la leur aujourd’hui, ces personnes ont plus besoin de notre soutien que d’autre chose. Prions pour eux.

Dans ce qui est convenu d’appeler l’affaire Katinan, les autorités ivoiriennes ont annoncé vous avoir arrêté tantôt au Cameroun, tantôt en Afrique du Sud, tantôt à l’aéroport d’Accra au Ghana, quelle est la vérité des faits?

- Je n’ai jamais été arrêté ni au Cameroun, ni en Afrique du Sud. J’ai été arrêté au Ghana précisément à Accra. Je préfère ne pas m’étendre sur cette affaire rocambolesque. Mon prochain livre en parle. Dans cette affaire j’ai volontairement adopté un profil bas pour ne pas confondre davantage les autorités de mon pays. Je suis énarque et pour moi, le respect des institutions de l’Etat est sacré. L’Etat et la République exigent un grand respect même, si j’ai beaucoup de raisons à la fois objectives et subjectives de ne pas aimer ceux qui les incarnent aujourd’hui.

Désormais libre de tout mouvement, pour quel agenda politique?

Je n’ai qu’une et une seule mission : œuvrer aux côtés du Fpi et de tous les combattants pour la justice du monde entier, qui se mobilisent pour obtenir la libération et le retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le peuple l’attend. La Côte d’Ivoire et l’Afrique le réclament.

Depuis la libération de son président du Fpi, Affi Nguessan, le FPI amorce une reconquête du terrain politique et diplomatique. Selon certaines personnes « les lignes sont en train de bouger en Côte d’Ivoire ». Qu’en pensez-vous?

- C’est certain que depuis la sortie de prison du président Affi, du doyen gardien du temple du Fpi, Abou Drahamane Sangaré et des autres cadres du parti, le terrain politique est saisi d’une sorte de frémissement favorable à notre parti mais il faut reconnaitre qu’il y a longtemps que les lignes bougent en Côte d’Ivoire. Le président Miaka et son équipe ont fait un travail titanesque dans un contexte absolument hostile. Je me joins à toutes les autres voix pour leur dire merci. Il y a aussi cette formidable mobilisation autour du président Laurent Gbagbo et de la Côte d’Ivoire qui a fait bouger les lignes. Il faut saluer tous les acteurs de cette mobilisation. Mais il reste évident que le président Affi et les autres cadres du parti qui sont libérés viennent apporter leur pierre à l’édifice qui a été maintenue contre vents et marées. Très peu de partis au monde auraient pu résister à la bourrasque animée par une coalition mondiale qui a secoué notre parti. Mais « nous sommes infrangibles » comme l’a dit récemment le Camarade Laurent Akoun. C’est l’âme que les pères fondateurs de notre parti lui ont insufflée.

Un tandem Affi et Katinan pour des actions politiques d’envergure sur le terrain est-il envisageable?

- Il n’y a pas de tandem Affi-Katinan. Il y a un chef de parti et un cadre de parti qui travaillent tous deux dans le cadre du parti. Ma mission du porte-parole ne peut s’exercer en dehors du parti. Je suis membre du Secrétariat général du Fpi et conseiller du président Affi Nguessan. J’ai une mission ponctuelle qui m’a été confiée par le président Laurent Gbagbo. Je l’exerce sous l’impulsion du parti. Il n’y a donc pas de tandem mais une unité d’action dans un objectif commun : obtenir la libération sans condition du président Laurent Gbagbo.

Quels sont selon vous les conditions d’un retour à la normalité politique en Côte d’Ivoire au moment où on parle de réconciliation, et au moment où, le régime a libéré certains de ses prisonniers politiques?

- La première c’est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la deuxième est la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la troisième est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; l’avant dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays; la dernière condition est la libération du président Laurent Gbagbo et son retour dans son pays.

Son peuple l’attend.

L’actualité politique est aussi le vote au parlement des lois controversées sur la nationalité et le foncier rural. En quoi ces lois votées sont-elles confligènes?

- Le Chef de l’Etat ivoirien a dit que ces questions étaient tellement importantes qu’elles ont justifié à elles seules la rébellion et toute la désolation qu’elle a semée dans le pays. De telles questions ne peuvent se régler sans un large consensus. Or l’on agit dans ce domaine comme si l’on voulait narguer les Ivoiriens. Je me suis largement prononcé sur ces question dans mon livre « Côte d’Ivoire, l’audace de la rupture » qui est dans les rayons des librairies depuis plus un mois. Il y a des matières explosives qu’il faut savoir manipuler. Depuis 1960 et même bien avant, les Ivoiriens sont restés constants sur la question de la nationalité. On ne peut venir les contraindre à la baïonnette et leur faire accepter l’inacceptable. Ces questions méritent un débat national. Le gouvernement ivoirien donne l’impression d’avoir un agenda caché aux Ivoiriens. La précipitation avec laquelle il opère sur ces matières est très suspecte. Il expose le pays à des risques graves pour des questions électorales. Je suis prêt à m’associer un front de refus de ces lois. Si nous restons inactifs devant cette opération de prédation de notre pays, nous seront autant comptables de ce qui pourrait advenir dans notre pays. Le gouvernement doit absolument ouvrir le débat. Je remarque que l’Onu s’est félicitée de l’adoption de ces lois. Vous comprenez donc l’issue de la crise postélectorale. La Côte d’Ivoire est devenue le champ d’implémentation des formules magiques sorties des laboratoires d’une gouvernance mondiale pilotée par l’Onu pour le bonheur du capitalisme sans morale. La loi sur la nationalité telle que votée va envenimer les conflits fonciers parce que la loi 98-750 du 23 décembre 1998 relative au foncier rural établit un lien solide entre la nationalité et le foncier. La nouvelle loi sur la nationalité prépare des lendemains sombres pour le pays. Il est indispensable que le peuple soit associé directement à la réflexion sur ces matières.

Selon des rumeurs, Bédié proposerait à Ouattara, son allié un poste de vice-présidence à la tête de l’Etat ce, en violation de la Constitution. Doit-on regarder les bras croisés l’application des textes conflictuels de Marcoussis ?

- Il y a eu tellement de violations de la Constitution en Côte d’Ivoire que finalement, elles tendent à s’ériger en principe. Linas-Marcoussis est pour moi, le cimetière de l’Etat ivoirien et de la démocratie. J’ai même entendu le président Bédié revendiquer l’application des accords de Linas-Marcoussis au Pdci, Il appartient au peuple suffisamment instruit d’exiger la résurrection de l’Etat ivoirien des enfers de Linas-Marcoussis.

En tant que Porte-parole du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, quels sont ses dernières nouvelles depuis qu’il a appris la décision de justice?

- Le président Laurent Gbagbo est resté égal à lui-même. Altruiste accompli, il se soucie du sort des autres même quand le sien est plus grave. La libération de chaque prisonnier politique lui apporte un soulagement. Il me charge d’ailleurs de transmettre toutes ses félicitations à tous les prisonniers qui ont recouvré la liberté. Il continue de prier pour les autres en espérant qu’ils recouvreront eux-aussi, leur liberté très prochainement.

A quel niveau se situe le combat pour sa libération des geôles de la CPI?

- Ce combat est celui de chacun de nous. L’on veut écarter le président Laurent Gbagbo de la vie politique en Côte d’Ivoire. Mais à la pratique, les promoteurs de cette idée se rendent compte qu’elle ne peut prospérer, parce que le peuple le veut ainsi. Depuis le début le schéma est resté identique. L’instrumentalisation de la politique pour éliminer un adversaire politique. Sinon comment expliquer que celui à qui l’on attribue l’entièreté des morts dans une guerre soit celui-là même qui l’a perdue. On dit Gbagbo a perdu la guerre, mais c’est lui qui a tué tous ceux qui sont morts. Le vainqueur de la guerre n’a tué personne. Nous devons continuer de nous battre pour le retour glorieux du président Laurent Gbagbo. C’est un combat qui ne peut connaître de répit. Il n’y a pas de repos pour celui qui combat l’injustice.

Y a-t-il espoir de le revoir parmi les siens en Côte d’Ivoire?

- Il ne s’agit pas d’un espoir, mais d’une certitude. Le retour du président Laurent Gbagbo est une exigence à la foi morale, spirituelle et politique. C’est toute la Côte d’Ivoire qui est maintenue en prison à la Haye. Et comme nul ne peut emprisonner définitivement tout un pays, le retour du président Laurent Gbagbo s’impose de lui-même, parce qu’il y a des formes d’injustice qui ne se rattrapent jamais et qui tuent définitivement tout le corps social. C’est La libération du président Laurent Gbagbo et son implication dans le débat politique qui marqueront le début de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour reprendre les paroles du sage du Fpi, le président Sangaré, Gbagbo n’est pas une partie du problème de la Côte d’Ivoire. C’est tout le problème de la Côte d’Ivoire. C’est donc avec lui et non en dehors de lui que l’on résoudra le problème de la Côte d’Ivoire. La fuite en avant a atteint le terminus.

 

Par Francesca Adeva, in le quotidien ivoirien "Le Temps", le 11 septembre 2013.

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS


côte d'ivoire,communiqué du comité pour la libération,des prisonniers politiques ivoiriens

 

Continuons le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques, et du premier d'entre eux, détenu à La Haye, Laurent Gbagbo.

 

Sans la libération totale de tous les prisonniers, sans le retour de tous les exilés, sans la cessation totale des ethnocides de l'Ouest, sans le jugement du génocide de Duékoué, sans l'abrogation de la politique liberticide de rattrapage ethnique, sans l'annulation de la loi sur la naturalisation et l'apatridie, passée en force au détriment des ivoiriens et de leurs terres, sans la restitution des biens et le déblocage des comptes, sans le retour de la liberté d'expression et du débat démocratique, la réconciliation, condition de la reconstruction du tissu social, ne pourra se faire

La clé de la réconciliation se trouve à La Haye.

Abidjan, Paris  et la «communauté internationale» le savent

 

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A la date du 6 août 2013, le total cumulé des prisonniers politiques s’élevait à 708 personnes. Or, il y a quelques jours, 4 pro-Gbagbo, ou supposés tels, ont été jetés en prison. Ainsi, le régime de Ouattara continue-t-il sa fuite en avant en poursuivant allègrement sa logique de persécution et de violation généralisée des droits de l'homme.

Un mois et demi à peine après leur mise en liberté provisoire, le régime d'Abidjan menace déjà de reconduire en prison le Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, et ses camarades : souffrant d'un déficit de légitimité, le régime d'Abidjan opte une fois de plus pour la réduction de toute contradiction idéologique par une instrumentalisation politique de la violence et de la justice.

D'ailleurs Alassane Ouattara et son ministre de la Justice et des droits de l’homme viennent de promettre la construction de 10 nouvelles prisons, affichant de la sorte publiquement leur volonté de durcir un des moyens de répression de la dictature qu'ils ont mise en place, depuis le 11 avril 2011, avec l'aide de la France et de l'ONU.

On sait que les camps illégaux de détention et de torture dont Amnesty international a dénoncé l'existence, continuent à fonctionner. Et que dans les locaux de la sinistre DST, des personnes soupçonnées d'être pro-Gbagbo sont gardées des jours entiers à l'intérieur de containers, dans des conditions que l'on ne souhaiterait à aucun animal.

Aujourd'hui, des prisonniers politiques, provisoirement libérés, souffrent de graves séquelles physiques dues à leurs conditions de détention. S'il est encore impossible d'évaluer précisément l'étendue et l'impact des conséquences des traumas moraux et physiques infligés par leurs tortionnaires, on sait par contre que les conséquences sont importantes et pour certains, terribles. Ainsi, Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale Dignité, qui n'a dû sa libération, après 18 mois de détention arbitraire et illégale, qu'au soutien sans faille de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la CGT-France, se trouve-t-il aujourd'hui dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie), à Abidjan.

Si la plupart des leaders politiques ont été libérés le 6 Août, il faut rappeler que Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, pour ne citer qu'eux, croupissent encore dans leurs cachots, en violation totale de toutes les conventions internationales.

La quasi-totalité des prisonniers anonymes, quant à elle, se trouve à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan), dans des conditions carcérales de surpeuplement innommables.

Nous venons d'apprendre que les FRCI (soldats de l'armée ethnique Ouattariste) ont lancé une offensive sur les détenus de cette prison, hier, samedi 14 Septembre. On note plusieurs blessés dont deux cas graves (Source: Le blog d’Alain Doh Bi:

http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com).

Cette attaque fait suite à celle du 23 au 24 Juillet 2013, pour laquelle le "Collectif des femmes des détenus de la crise postélectorale" a dénoncé le massacre de 57 personnes dont 16 femmes.

Le Nord du pays, considéré symboliquement par le pouvoir comme le lieu le plus sûr, parce qu'étant la région natale des «vainqueurs» qui font régner leur «justice» à travers une terreur généralisée dans tout le pays, est la zone territoriale où ont été embastillées les personnalités proches de l'ancien président Laurent Gbagbo.

Aujourd'hui encore, 28 mois après la prise de pouvoir de Ouattara par la force, les arrestations et les persécutions  continuent en toute illégalité, sur la base de présupposés ethniques (en particulier contre des personnes originaires du sud du pays), de sympathies politiques et/ou de motifs infondés. Mais parmi les victimes du régime totalitaire d'Abidjan, se trouvent bien entendu des ressortissants du Nord persécutés pour leurs opinions, ce qui confirme le fait que Laurent Gbagbo est bel et bien le leader le plus transethnique d’entre les candidats à la présidentielle du 28 novembre 2010.

Enfin, le nombre total des réfugiés est estimé à 80 000 personnes, dont 52 839 assistées par le HCR.

Certains de ces exilés (en particulier des membres de l'élite intellectuelle et/ou  politique complètement décimée depuis le 11 avril 2011) sont même pourchassés jusque sur le sol de leurs pays d'accueil (Ghana, Libéria, Togo, Bénin) par les services secrets ivoiriens et les milices tribales à la solde de Ouattara.

A la veille du 11ème anniversaire du coup d'état le plus long de l'histoire (19 septembre 2002-11 Avril 2011), il est plus que temps que cessent le martyre du peuple ivoirien et l'ethnocide des populations de l'Ouest.

L'allégresse générale suscitée par la libération des prisonniers politiques, et l'accueil phénoménal réservé à Pascal Affi N'Guessan lors de sa tournée actuelle dans le pays, témoignent de l'existence d'un véritable soutien populaire à  Laurent Gbagbo et à la politique mise en place par le gouvernement courageux, intègre et socialiste du Professeur Gilbert-Marie Aké N'gbo, ainsi qu'à la cause qu'ils ont défendue jusqu'au bout, celle du droit du peuple ivoirien à son autodétermination, dans la légalité.

C'est pourquoi il est à noter, à deux ans d'hypothétiques élections présidentielles, que sans la libération imminente de Laurent Gbagbo, dont la nature politique du procès n'est plus à démontrer, et dont la relaxe est la condition sine qua non d'une véritable réconciliation nationale, la Côte d'Ivoire ne pourra que continuer son escalade vers la violence. Sans cela, si le pire n'est jamais certain, il pourrait bien rester à venir.

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Continuons à faire pression pour la libération totale des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire, et du premier d'entre eux, Laurent Gbagbo, pour leur réhabilitation et pour le retour de tous les exilés!

Justice et vérité sont les conditions non négociables du retour à la paix.

 

Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens.

 

Paris, le 15 Septembre 2013.

 

Contact du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens: 

prisonnierspolitiques.rci@gmail.com

dimanche, 15 septembre 2013

SYRIE: LA LETTRE D'UN ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d'adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
 
 
 
Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,


Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.


Pierre Charasse, Français de l'étranger, contribuable et électeur.


UN JOURNALISTE QUITTE «LE MONDE» POUR ECHAPPER A LA CENSURE DU BUSINESS

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MICHEL COLLON : Le journaliste Hervé Kempf couvrait pour le « prestigieux » quotidien français la construction scandaleuse d'un aéroport anti-écologique à Nantes. Ses enquêtes étant de plus en plus “découragées”, il vient de quitter Le Monde pour garder sa liberté de publier. Il a découvert que Le Monde avait des intérêts liés avec les constructeurs de l'aéroport. Ceci rejoint notre analyse sur ce journal dans Les 7 Péchés d'Hugo Chavez : nous avions montré que les médiamensonges anti-Chavez et anti-Evo Morales de ce journal s'expliquaient par ses liens économiques avec les pires multinationales actives en Amérique latine. Seule l’info indépendante est vraiment libre. Le Monde est au service de ceux qui le payent. Et cela explique qu’il mente systématiquement sur chaque guerre de la France. Et refuse tout débat.

 

Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».

Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.

Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.

Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. Les lecteurs qui en auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.

Rappelons simplement quelques dates :
 création du service Planète : octobre 2008 ;
 création de la chronique Ecologie : février 2009 ;
 prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.

Notre Dame des Landes : il est interdit d’enquêter

J’ai suivi avec attention le dossier de Notre Dame des Landes depuis qu’en 2007, j’avais rencontré sur place des protagonistes du projet d’aéroport. J’y étais retourné en août 2009, enquêtant et présentant les arguments des uns et des autres, dans ce qui fut un des premiers articles de presse nationale abordant en détail le sujet.

Articles dans Le Monde du 11 août 2009.

Je gardais un oeil attentif sur ce dossier qui ne semblait pas vouloir s’apaiser. J’étais le journaliste qui publiait le plus d’articles sur ce sujet, comme en témoigne la base de données du Monde : sur les 155 articles ou brèves où apparaît l’expression « Notre-Dame-des-Landes » entre le 19 novembre 2005 et le 19 novembre 2012, 33 sont signés de moi, le deuxième auteur, Anne-Sophie Mercier, signant 14 articles, le correspondant local, Yan Gauchard, 10.

J’avertis, dans une chronique du 5 octobre 2011, que cette affaire serait délicate pour un gouvernement socialiste : « Il serait dommage qu’une éventuelle présidence socialiste s’ouvre par le spectacle de CRS évacuant des paysans et des écologistes pour faire couler le béton ». Mais ni M. Hollande, ni M. Ayrault, ne lisaient apparemment la chronique Ecologie.

En octobre 2012, des forces de police investissaient la zone de Notre Dame des Landes où est censé être construit un aéroport. Elles venaient déloger les quelques centaines de personnes qui s’y étaient progressivement installées durant les années précédentes.

Gendarmes à Notre Dame des Landes, octobre 2012

Je consacrais trois chroniques aux événements, dont deux peuvent être qualifiées de « scoop » : le 14 octobre 2012, j’avertissais de l’imminence d’une intervention policière, qui se produisit le 16 octobre ; le 21 octobre, je montrais que l’affaire n’était pas locale, mais bien nationale ; le 3 novembre, je révélais que M. Hagelsteen, le préfet de Loire-Atlantique qui avait préparé l’appel d’offres que remporterait ultérieurement la compagnie Vinci, avait plus tard été embauché par cette entreprise.

Durant toute cette période, entre la mi-octobre et la mi-novembre, je m’étonnais de la réticence du journal à suivre cette affaire, alors même que le service Planète aurait dû plonger sur ces événements qui étaient alors le principal sujet de l’actualité environnementale. Sur place, dans la ZAD (Zone à défendre), les forces policières puissamment armées détruisaient maison après maison, noyant le bocage sous le gaz lacrymogène, mais rencontrant une résistance farouche des nouveaux habitants de la zone, des opposants de toujours et des paysans. Ces événements étaient quasiment tus par Le Monde. Le journal publiait cependant le 27 octobre, alors que le résistance se renforçait, un article étonnamment titré "Le ciel se dégage pour l’aéroport de Notre Dame des Landes". J’avais demandé dès le 16 à partir sur place en reportage, la chef de service me dit que ce n’était pas possible pour des raisons budgétaires.

Je traitais donc le sujet, tant bien que mal, par la chronique Ecologie. Je dus m’absenter une semaine, juste après avoir publié, le samedi 3 novembre, l’information sur l’évolution professionnelle du préfet Hagelsteen. Ce papier fit du bruit : il intervenait à un moment où l’action policière échouait décidément à réduire la résistance. Alors que ce qui devait être expédié en deux coups de cuiller à pot se transformait en guerilla, cette information, comme tant d’autres éléments du dossier, montrait que la cause si obstinément défendue par le premier ministre était fort discutable.

Dans les jours suivants, en mon absence, un collègue était enfin envoyé sur place. Je revins le 12 novembre. Une grande manifestation devait avoir lieu le 16 novembre, elle s’annonçait d’ampleur importante. Je demandais à y aller, ayant suivi le dossier depuis le début. La chef de service s’y opposa. Au terme de l’échange, nous convînmes d’en référer au directeur adjoint de la rédaction, Didier Pourquery. J’allais voir celui-ci une heure plus tard. Il me dit que, par ma chronique, mes livres, j’étais “trop marqué" et que je ne pouvais pas couvrir le sujet. J’objectais que mes livres n’avaient pas évoqué le sujet de Notre Dame des Landes, que les chroniques avaient "sorti" des informations exclusives et exactes sur ce dossier, que, par ailleurs, j’écrivais dans les autres pages du journal différemment que dans la chronique qui, par nature, adoptait un ton et un angle fortement marqués. Mais non, "moi, directeur de la rédaction, je décide que tu n’iras pas". Mais ne pourrais-je travailler avec un autre collègue ? Non. Faire au moins un papier "magazine" dans le supplément hebdomadaire du journal ? Non. Nous parlâmes assez longuement, mais la réponse était tranchée : je ne pouvais pas couvrir Notre Dame des Landes pour Le Monde, hors la chronique. Je n’obtins qu’une chose : pouvoir partir en reportage sur mon temps libre pour celle-ci et pouvoir le raconter sur Reporterre.

Il m’envoya en fin d’après-midi un courriel indiquant : « Bonsoir, En effet Hervé tu as bien noté que je ne souhaite pas que tu suives ce dossier pour le journal (ni pour le M d’ailleurs). Et j’ai bien noté que tu irais sur le terrain en tant que Hervé Kempf chroniqueur ’engagé’. Tout est clair
Merci Didier »
.

Je répondis : « J’irai sur le terrain en tant que journaliste. Je ferai mon travail, qui est de témoigner de mon époque, en relatant honnêtement un moment important de l’histoire du mouvement écologique.
Dans le contexte actuel, le terme de chroniqueur
’engagé’ me paraît injurieux – à moins que l’on parle des ’éditorialistes engagés’ quand trois éditoriaux avalisent le Traité TSCG, ou de ’chroniqueur engagé’ à propos de notre camarade assurant la chronique Europe, aux vues très tranchées. J’en reste à ces exemples. »

Contre tous les usages, j’étais dessaisi sans raison valable d’un dossier que j’avais couvert et fait mûrir depuis le début. On me bloquait les reportages, mais aussi les enquêtes sur une affaire où les intérêts économiques paraissaient singulièrement tortueux. En m’interdisant de traiter ce sujet, en refusant de donner écho à ce que je pourrais voir ou trouver dans mes enquêtes, on assumait le fait que Le Monde ne creuserait pas le dossier de Notre Dame des Landes. C’était, de fait, une censure.

Que faire ? A court terme, préparer mon reportage (qui s’effectuerait à mes frais) et prendre rendez-vous avec Erik Izraelewicz, qui fut calé le lundi suivant. Je partis le jeudi pour Notre Dame des Landes. Dans l’espace confiné des 2 400 signes de la chronique, je restituais un constat essentiel de la lutte : les "zadistes" et les "historiques" ne s’étaient pas divisés, comme l’avait espéré le pouvoir, c’était au contraire leur alliance contre la répression qui avait fait échouer celle-ci (« Solidarité écologique »). Et sur Reporterre, je racontais ce que j’avais vu durant ces trois jours magnifiques. Dans un registre d’écriture propre au média, bien sûr, ce n’était pas le reportage que j’aurais écrit dans Le Monde.

La rencontre, lundi 19 novembre, avec Erik Izraelewicz, n’aboutit à rien. Nous discutâmes franchement, quoique calmement, car l’estime était, je crois, réciproque. Il me dit presque d’entrée de jeu qu’il soutenait sa direction. Il me reprocha l’accroche de mon reportage, en forme d’allégorie. Je lui répondis que c’était la réponse à la déloyauté du journal à mon égard. Il me dit que j’avais désobéi en allant à Notre Dame des Landes, à quoi je répondis que Didier Pourquery m’y avait autorisé. J’évoquais l’idée que le journal aurait pu subir des pressions à propos du traitement de ce dossier. Erik dit que c’était injurieux.

Plus tard, des indices concourrant me firent penser que l’hypothèse de pressions d’un propriétaire sur le journal à propos de Notre Dame des Landes était pensable. Ce sont des indices, pas des preuves. Je les publierai si cela parait nécessaire au public.

Mais mon propos n’est pas de savoir pourquoi la direction du Monde a bloqué mon travail de journaliste. S’il y a eu pression, elle devait y résister. S’il n’y en pas eu, elle devait me laisser travailler. Le journal aurait pu discuter des sujets, travailler les angles, m’associer un autre journaliste. Mais non : la direction ne discutait pas, elle interdisait. Le contrat de liberté qui fonde la légitimité de la presse était rompu.

Je ne lâchais pas le morceau. J’allais voir les uns et les autres, interrogeais le syndicat, faisais front face à l’agressivité de la hiérarchie. Nous avions convenu avec Erik Izraelewicz de nous revoir. J’appelais son secrétariat pour prendre rendez-vous. Sa secrétaire me dit, affolée, "Erik va mal, les pompiers sont dans son bureau". Le directeur du Monde décédait le soir même, 27 novembre.

Nous n’étions pas d’accord, mais je le respectais. C’était un homme droit, il écoutait.

La vie continua. L’affaire n’était pas close. Il me restait la chronique. Je continuais à travailler avec les moyens du bord. Le 2 décembre, m’appuyant sur le travail de contre-expertise des opposants au projet de Notre Dame des Landes, la chronique Ecologie montrait comment, dans l’enquête publique, l’Etat avait manipulé les chiffres pour présenter comme profitable le projet. J’étais coincé dans les 2 400 signes d’un article enfoui au fond du journal ? Rien n’interdisait de développer la démonstration sur internet. De nouveau, ce travail repris par d’autres sites, eut un réel écho.

Mais un journaliste ne peut pas enquêter durablement sur les sujets délicats si le média qui l’emploie ne le soutient pas. Il y faut du temps, quelques moyens, la discussion avec des collègues motivés, la force de la carte de visite. Je savais dans quelles directions il faut porter le regard, l’indiquais dans la chronique du 16 décembre ("Voici le programme") et notamment sur "le comportement des grandes firmes de génie civil et concessionnaires, à la puissance financière devenue énorme et qui, par des formules de type partenariat public privé, s’assurent la gestion d’opérations qui sont logiquement de la responsabilité publique. »

Je vis le directeur par intérim, Alain Frachon, le 5 décembre. Discussion intéressante, mais qui n’aboutit à rien : le fond du problème était nié. Dans une lettre qu’il m’écrivit le 17 décembre, il exprima le point de vue officiel de la direction : « Ce ne sont pas tes compétences qui sont en question, mais un problème d’image : nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète ».

A quoi je répondis : « Impavide, nous dit le dictionnaire, signifie ’qui n’éprouve ni ne manifeste aucune crainte, aucune peur’. De quoi le journal pourrait-il avoir peur ? En quoi mon travail de journaliste et de révélateur d’aspects dérangeants du dossier Notre Dame des Landes pourrait-il empêcher le journal de ne pas avoir peur ? »

Une réponse possible à cette question est que Le Monde avait peur de déplaire aux promoteurs du projet d’aéroport.

La fin

Je ne détaille pas les mois suivants, qui ont été pénibles. On voulait me transformer en coupable. Les événements prirent une telle tournure que le délégué du personnel me conseilla de consulter le médecin du travail, qui m’orienta vers une psychologue. J’allais bien, heureusement, même si le choc était rude. Je découvris alors que plusieurs de mes collègues étaient en dépression nerveuse, qu’une mission sur les risques psycho-sociaux était menée dans l’honorable journal, qu’une plainte pour harcèlement moral était engagée par une collègue.

En mars, une nouvelle directrice du Monde fut désignée par les actionnaires. Une de ses premières réformes fut de rétrograder le service Planète, pourtant bien peu remuant, en un pôle subordonné au service International. Le journal lançait une formule marquée par un cahier consacré à l’Economie et aux entreprises, signe de la ligne nouvelle, qui visait la clientèle des "responsables" et CSP +++.

Le Débat national sur la transition énergétique, peu traité par le journal, trouva soudain une vive expression, le 17 mai, sous la forme de quatre pages axées sur « la compétitivité des entreprises » et majoritairement rédigées par des journalistes économiques extérieurs à la rédaction. On expliquait que l’enjeu essentiel d’une nouvelle politique énergétique était la compétitivité des entreprises, que le gaz de schiste réveillait l’industrie américaine, que la politique énergétique allemande produisait maints effets pervers. Un colloque organisé par l’Association française des entreprises privées (les cent plus importantes) et le Cercle de l’Industrie (fondé naguère par Dominique Strauss-Kahn) avec Le Monde accompagnait cet exercice de communication, qui remerciait Alstom, Areva, GDF-Suez, Arkema, Lafarge, etc. Ces partenaires avaient-ils apporté 35 000 euros au journal pour prix de ces quatre pages, comme me l’indiqua un collègue bien placé pour le savoir ?

Le 18 juin, Le Monde organisait, avec l’Institut de l’entreprise, l’International summit of business think tanks (Sommet international des cabinets de réflexion sur les affaires), "avec le soutien de Deloitte et Vinci". Pour préparer cet important événement, des entretiens avec des chefs d’entreprise furent publiés, le premier avec Xavier Huillard, président de Vinci.

Xavier Huillard, PDG de Vinci

L’environnement gênait. Plus que jamais, la chronique Ecologie divergeait des éditoriaux et des autres chroniques. Cela restait un espace de liberté, mais dans une atmosphère de plus en plus pesante.

En juin, une actualité obligea à supprimer la page du journal qui comprenait la chronique Politique. La direction de la rédaction décida de déplacer cette page au lendemain, et de supprimer de ce fait la chronique Ecologie qui devait paraitre ce jour. C’était un choix éditorial net, qui marquait quelle était la priorité. Pour la première fois depuis sa création, cette chronique était supprimée. On allait me conduire à une lente asphyxie. Nous échangeâmes des courriels, puis des lettres.

J’allais voir Louis Dreyfus, le président du directoire et directeur de la publication, et nous convînmes qu’une rupture conventionnelle de contrat était la solution idoine. J’étais libéré.

Le quotidien de l’écologie

Libéré... et chômeur. Dans toute cette lutte, je n’ai pas cherché à "voir ailleurs". Un média aura-t-il le désir de travailler avec un bon journaliste d’environnement, libre, produisant régulièrement des informations et des idées nouvelles, apprécié du public ? On verra. Le téléphone est ouvert.

Mais dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du carosse, voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.

On ne peut plus feindre qu’il y aurait des journalistes "engagés" et d’autres qui seraient neutres. Derrière la bataille pour l’information se joue celle des priorités, et les choix de priorité renvoient à des visions différentes du monde. Le 11 juillet 2012, sur France Inter, Matthieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard en Europe et co-propriétaire du journal Le Monde était interviewé - présenté, d’ailleurs, comme "engagé". La vision de la crise par M. Pigasse était révélatrice. La question des inégalités et de la répartition des richesses n’était pas évoquée, comme si elle n’avait aucune part dans les difficultés. Et pour résoudre le problème de la dette, une seule solution : la croissance. « La mère de toutes les batailles est la croissance », selon M. Pigasse. Qu’il pourrait y avoir une tendance historique à la stagnation de la croissance économique dans les pays riches était hors sujet. Quant à l’idée d’écologie, elle était aussi absente de l’entretien que l’existence des Martiens.

Je ne reproche à personne cette vision des choses. Simplement, il en est une autre tout aussi légitime, et qui ne trouve pas sa place dans les médias : celle selon laquelle la crise écologique mondiale est le phénomène actuel essentiel, sur les plans historique, économique et géopolitique. Et que c’est autour de ce phénomène - qu’il faut mettre en relation avec l’inégalité record qui structure la majorité des sociétés nationales comme les rapports entre Nord et Sud, en relation aussi avec la lutte pour la démocratie qui anime tant de mouvements populaires à travers le monde -, c’est autour de cette question centrale que peut et doit s’orienter la hiérarchie de l’information.

Nous manquons de lieux où s’expose nettement cette problématique, où se présentent les informations et les reportages qui l’expriment, où l’on lise les débats et réflexions vigoureuses qu’appellent les nouvelles questions qui se posent, où les mouvements sociaux et les luttes "d’en bas" soient racontés, où les mille alternatives et solutions nouvelles que créent autant de citoyens qui savent que, oui, "un autre monde est possible" seront décrites, comme ailleurs, on relate les aventures des entreprises du CAC 40.

Eh bien, nous allons développer ce lieu nécessaire, ce "quotidien de l’écologie". C’est Reporterre.

Faiblesse de nos moyens face aux millions des oligarques qui contrôlent les médias. Nous ne sommes rien, ils sont tout. Mais nous avons ce que l’argent ne peut pas acheter : la conviction, l’enthousiasme, la liberté.

 

kempf@reporterre.net

 

In REPORTERRE


Source: MICHEL COLLON.INFO

jeudi, 12 septembre 2013

LETTRE AUX FRERES ET SOEURS SYRIENS - OBJET: «I HAVE A DRONE»

                                                              

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Chers frères et sœurs syriens, j’ai décidé de vous écrire car comme hier mon pays, la Côte d’Ivoire, a été attaquée par la France Sarkozienne avec la complicité des Etats Unis d’Obama après avoir épuisé 8 ans durant une liste impressionnante de faux prétextes et aujourd’hui, si le congrès américain l’autorise, ses deux pays  s’apprêtent à livrer bataille contre vous quel que soit le temps que cela prendra pour trouver le bon prétexte. Il est vrai que je continue, quand je n’ai pas le choix, de consommer français ou américain et donc je contribue au financement des armes qui s’apprêtent à vous « protéger » en vous tuant et vous poussant à l’exil pour occuper votre pays avec des  apatrides armés qui seront demain plus syriens que vous. Ayant vécu en direct la crise ivoirienne, je constate que les arguments utilisés par les initiateurs de la guerre (courte guerre, frappes ciblées, pas de troupe au sol) pour tromper les opinions publiques  pour arracher leur soutien, reviennent en force. Finalement, ils ont fait tout le contraire de ce qu’ils avaient promis et sont allés au-delà de ce que la résolution onusienne autorisait en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire après les bombardements illégaux et injustifiés de Sarkozy qui ont ciblé les armes d’origine russe et laissé intact les armes d’origine française, le nombre de massacres et d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires se sont multipliés sous le gouvernement de l’obligé de Sarkozy qui utilise des armes exclusivement françaises sans que la même émotion contre Laurent GBAGBO ne visite les champions de l’impunité et les protecteurs du peuple ivoirien. Hollande a-t-il tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne malgré le geste en faveur de la libération de quelques prisonniers politiques célèbres dont le Président du principal parti d’opposition ou applique-t-il la règle du pompier pyromane ? On se pose la question au regard de son attitude sur la question syrienne.

Ainsi, je m’en voudrais terriblement de ne pas vous faire partager l’expérience ivoirienne. J’ai donc décidé de vous écrire cette lettre…

Comme hier en Côte d’Ivoire,  il était question de frappes ciblées, de courte durée, contre les armes lourdes que le Président légitime, légal de la République de Côte d’Ivoire était supposé utiliser contre son peuple c’est-à-dire ses propres électeurs.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le Président Laurent GBAGBO aurait tué sept (7) femmes avec « ses armes lourdes » ; il est apparu que c’était un film tourné avec de vrais acteurs de cinéma pour émouvoir l’opinion publique et arracher une résolution de l’ONU.

 Je suis convaincu que la fameuse ligne rouge franchie par votre Président avec des armes chimiques qu’il aurait utilisées contre son peuple est encore un film sorti des studios d’Hollywood et que même s’il y a eu utilisation d’armes chimiques, l’auteur direct n’est pas obligatoirement un pro-Bachar.

 Je vous informe qu’en Côte d’Ivoire pendant la guerre de huit (8) ans de la France contre la Côte d’Ivoire, la France de Chirac n’a eu aucun scrupule à bombarder ses propres soldats à Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire, pour faire porter la responsabilité au Président GBAGBO et détruire toute la flotte aérienne d’origine russe de l’Etat ivoirien.

Je vous informe aussi que le Président GBAGBO a été arrêté, déporté à la Cour Pénale Internationale depuis  2011. Mais, jusqu’aujourd’hui, les accusateurs que sont la France, les USA, l’Union Européenne avec la contribution de tous les services secrets qui ont brandi aux yeux du monde entier les preuves du massacre des sept (7) femmes par Laurent GBAGBO, n’ont pas pu apporter, après trois ans d’enquête, le moindre élément factuel solide pour convaincre les Juges de la CPI attestant la culpabilité de Laurent GBAGBO d'avoir tué ces femmes et encore moins à l'arme lourde.

Comme hier en Côte d’Ivoire, ils ont tous criés que le crime contre ces femmes ne peut rester impuni mais par contre leur agent installé au pouvoir a massacré 800 personnes de même ethnie avec des armes d’origine française, un véritable génocide qui reste aujourd’hui impuni.

Comme hier en Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO  a été désigné comme co-auteur indirect du massacre de son peuple, mais jusqu’aujourd’hui les auteurs directs n’ont toujours pas été identifiés pour qu’ils désignent leur donneur d’ordre. De même, Bachar Al Hassad est désigné comme responsable d’utilisation d’armes chimiques sans qu’aucun coupable ne soit formellement identifié pour qu’il indique Bachar Al Hassad comme le donneur d’ordre. L’occident, parti pris au conflit, s’est érigé en juge du droit international contre le principe sacro-saint de la présomption d’innocence  et décide de frapper la Syrie en ne faisant même pas l’hypothèse de la réaction des alliés de Bachar en cas de propagation des dégâts collatéraux comme au Mali ou pire, comme Pearl Harbour qui a précipité les USA dans la seconde guerre mondiale malgré leur neutralité initiale.

Ainsi les Etats occidentaux jouent avec le feu et  hiérarchisent en grands frères et petits frères les Etats où les premiers jugent et frappent les seconds mettant de côté les institutions et règles qu’ils se sont librement données pour gérer les relations internationales entre Etats souverains. Nous constatons que ces pays, les USA, la France et la Grande Bretagne qui se sont érigés "Shérifs planétaires" font partie du Top 10 des plus gros exportateurs d'armes au monde.  Avouons-le tout net, l’ONU comme hier la société des nations, est aujourd’hui incapable de régler pacifiquement les relations entre nations souveraines face à la poussée des industries d’armement qui alimentent le nazisme économique : occupation militaire, domination monétaire et économique, consommation forcée, soumission, exécution ou contrainte à l’exil des populations.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la première cible frappée par la France n’était plus uniquement les armes lourdes d’origine russe mais la télévision ivoirienne, l’Université d’Abidjan et le palais présidentiel qui a reçu à lui seul 50 bombes dont une qui a frappé le mur de la chambre du Président, heureusement il n’était pas dans sa chambre.

Je suis convaincu que ça sera les mêmes cibles chez vous avec le même objectif : Eliminer  les seules armes lourdes qu’ils recherchent : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien ; détruire tout l’arsenal militaire d’origine non occidentale. L’arrestation du Président GBAGBO ayant permis de mettre à nu le complot et les mensonges d’Etat servis à la communauté internationale, je suis convaincu d’une chose : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien subiront le même sort que KADHAFI ou SADDAM HUSSEIN et leurs états respectifs si le monde entier continue de rester sourd et aveugle au nazisme économique de l’occident en crise.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le terme « courte période » n’étant pas normalisé par l’ONU seul le temps pour arrêter ou tuer Bachar et décimé l’Etat Syrien, sera le temps que prendront les bombardements. En une seule journée, plusieurs cibles peuvent être atteintes par les missiles Tomahawk. En Libye, pour la seule journée du 19 mars 2011, l’OTAN a tiré 124 missiles Tomahawk et touché une vingtaine de cibles. En Côte d’Ivoire, ces bombardements par la France ont commencé le 28 Mars 2011 pour se terminer le 11 Avril 2011, date de l’arrestation du Président Laurent GBAGBO mais la guerre des rebelles armés par la France de Chirac et de Sarkozy a démarré le 19 septembre 2002 pour prendre fin le 11 avril 2011.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le 11 avril 2011, contrairement aux déclarations initiales qui ne prévoyaient pas de troupes au sol, ce sont les troupes françaises qui sont descendues sur le terrain à bord d’une cinquantaine de chars pour prendre possession du palais présidentiel ayant résisté à la pluie de bombes pour arrêter le Président Laurent GBAGBO.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs que pendant cette « courte période », tout l’appareil d’Etat sera détruit, le peuple syrien sera enfermé chacun chez lui sans eau, sans électricité, sans gaz avec tous les hôpitaux, pharmacies et commerces fermés. Les malades mourront dans les hôpitaux, les femmes enceintes  accoucheront à domicile et celles qui auront besoin d’une césarienne mourront, les bébés seront privés de lait. La faim, la soif, la maladie seront vos amis. Les toilettes  de vos maisons seront remplies et vous dormirez avec vos urines et vos déchets. Les missiles Tomahawk, équipées souvent d’ogives nucléaires ne feront pas la différence entre pro et anti-Bachar. Les cadavres seront ramassés, incinérés et les cendres jetées à la mer pour effacer les traces et faire croire que les frappes étaient des frappes chirurgicales sans effet collatéral. Tout cela se passera hors caméra.

Paradoxe des paradoxes, punir un « présumé coupable » reviendra à punir des innocents. Autre paradoxe : punir un chef d’état supposé avoir violé le droit international passera par la violation de ce même droit édicté par la charte des Nations Unies qui recommande l’accord du conseil de sécurité pour l’usage de la force dans les relations entre états souverains sauf en cas de légitime défense. Sommes-nous dans un cas de légitime défense ? Certainement pas. Quel est l’avenir de l’ONU en cas de « frappes punitives » sans son aval ? Un machin qui risque de disparaitre comme son géniteur : la SDN. Quel est l’avenir de de la Syrie en cas de frappes ? Une poudrière djihadiste.

Chers frères et sœurs, sachez que quand l’industrie militaire a soif de profit, la vie, la morale et le droit ont  peu d’utilité et les commerçants de la mort n’ont pas  de limites.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la destruction de l’appareil d’Etat exposera le pays à un pillage sans précédent des commerces et des domiciles.

Comme hier et aujourd’hui en Côte d’Ivoire la destruction de l’appareil d’Etat ouvrira tout le pays à une foule de rebelles sans foi ni loi, qui se proclameront Syriens à la place des Syriens, exécutant sur dénonciation tous ceux qui seront de loin ou de près désigné pro-Bachar. Une foule de Syrien sera contrainte à l’exil, sans protection contre la faim ou d’un simple abri de la part de ceux qui sont soi-disant, venus  vous protéger, abandonnant ainsi champs, commerces, usines, domiciles entre les mains de rebelles sans identité fixe qui s’en approprieront à souhait.

Comme hier en Côte d’Ivoire, même les bénéficiaires du complot qui seront à la tête du pays n’auront pas la main mise sur cette foule de rebelles et le pays sera exposé à une insécurité permanente. La punition frappera donc tous les innocents qui vivront au rythme des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des tortures et des emprisonnements. Tout ceci se passera hors camera.

Comme hier en Côte d’Ivoire, tous ceux qui étaient venus avec le prétexte de vous protéger, ne parleront plus de vous dans leurs medias. Ils fermeront les yeux sur les massacres quotidiens des nouveaux seigneurs de guerre et leurs parrains installeront les principes du nazisme économique pour vous vendre de nouvelles armes sous prétexte de reconstruction de l’armée et  pomper en silence sans taxe ni autorisation toutes les richesses du sol et du sous-sol au nom de la démocratie et des droit de l’homme.

Comme hier en Côte d’Ivoire, cette guerre intervient au moment où les USA sont proches de la cessation de payement. La France, quant à elle, recherche désespérément une croissance économique et vient de recevoir, comme par enchantement, une commande de un (1) milliard d’Euros de l’Arabie Saoudite, principal financier et allié de la rébellion Syrienne et des USA dans la crise syrienne. Est-ce pour acheter la participation de la France et son  soutien indéfectible à la guerre ? Car l’histoire n'avait-elle pas donné raison à la France quant à sa position de "non participant" à la 2ème guerre américaine contre l’Irak ? Secret d’État. Cette hésitation dans le camp européen montre à quel point cette guerre pour punir Bashar, est difficilement  justifiable.

La défection européenne est venue de là où personne ne l’attendait : Londres.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs, que cette guerre n’est pas pour vous protéger mais pour protéger l’industrie d’armement de ces pays « shérifs de la terre » qui maquille leur commerce de la mort par une action humanitaire. Sinon, ils allaient commencer par protéger les millions d’exilés sans toit et ils n’auraient pas craint la présence des experts de l’ONU qu’on pressait de quitter les lieux pour cause de bombardement imminent. C’est pour protéger l’industrie d’armement en prenant possession de votre économie par la force après  avoir accompagné certains d’entre vous au cimetière ou en exil.

Comme hier pour le cacao ivoirien, le financement de cette guerre sera fait par l’étranglement du marché du pétrole pour faire flamber les prix au profit des pétrodollars qui soutiennent et financent la rébellion. Tout le monde entier sera puni en payant cette guerre pour le malheur des syriens et pour le bonheur éphémère de l’industrie militaire américaine qui sera momentanément sauvée de la faillite, le temps d’une autre cible et d’une autre crise de surproduction d’armes.

Chers frères et sœurs syriens, sachez que la Côte d’Ivoire a souffert et souffre encore, comme plusieurs autres pays, de ce nazisme économique et que vous pouvez l’éviter si vous opter franchement et sincèrement pour un compromis politique quel que soit le temps que prendront les négociations afin de préserver le  bien le plus précieux d’un pays : l’Etat.

Je sais que certains de vous n’aiment pas Bachar,  mais je vous en prie, aimez votre pays et évitez de mettre sous la guillotine la tête de Bachar, en même temps que votre pays !

 Vous le regretterez comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup d’Ivoiriens, entre autres, qui ont soutenus la rébellion et ses alliés. Car demain, ce seront leurs experts (militaires, économistes, santé, etc.) qui viendront vous dicter la gestion de votre pays, alors vous découvrirez que la Syrie est sous tutelle.

Si le besoin de punir peut faire avancer la résolution du conflit, il ne revient pas à l’exécutif d’un autre pays de faire justice, le mode d’identification des coupables et leur punition peut faire partie de la solution politique.

Chers frères et sœurs, Obama s’était battu contre la guerre de Bush en Irak parce qu’il avait jugé les preuves insuffisantes et l’intervention sans l’ONU illégale. Il se présente comme l’héritier du plus pacifique des américains : Martin Luther KING qui avait lancé la fameuse formule « I have a dream ». Obama peut être fier de l’héritage en lançant  « I have a drone ». De même Hollande s’est opposée à la guerre de Bush contre l’Irak pour les mêmes raisons et s’est retiré de l’Afghanistan pour faire des économies. Ils étaient tous deux convaincus que la crise économique et la réduction du chômage pouvaient être résolues sans faire la guerre comme Bush. Face à la concurrence des pays émergents, l’économie de marché ne marche plus pour l’occident. Le secteur de l’industrie des armes est le seul sauveur. La guerre suivie de l’occupation militaire et économique en accompagnant des citoyens du pays occupé au cimetière et en exil, restent l’unique alternative pour réduire le chômage, le déficit de la balance commerciale, le déficit budgétaire et  financer la croissance. Même cette solution est devenue éphémère et ne profite qu’aux paradis fiscaux et quelques intérêts privés. Ironie du sort, Obama, prix Nobel de la paix, héritier de Martin Luther King, fait la guerre avec Hollande dans les mêmes conditions que Bush pour tenter de redresser leur économie. Ils font leur devoir de Président élu pour donner de l’emploi à leurs concitoyens et protéger leurs industries stratégiques.

Chers frères et sœurs, faites le vôtre en disant non à la guerre et oui à une solution politique pour protéger vos domiciles, vos activités économiques et vos emplois. Je vous préviens, vous regretterai tout autre choix.

Chers frères et sœurs Syriens,

Je sais que vous n’aurez pas cette lettre car aucune presse internationale n’osera la publier. Je la considère comme une  bouteille à la mer.


Par le  Dr Cheick DIABATE

Enseignant chercheur, Université du Colorado

(USA)

mercredi, 11 septembre 2013

LA CRISE MORALE DES SOCIALISTES FRANÇAIS ET LE CAMARADE LAURENT GBAGBO

 

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Nombreux étaient les Africains francophones qui, en 2012, lors des élections présidentielles françaises, avaient adressé des prières au ciel pour qu'il les débarrassât de Nicolas Sarkozy. Une fois leurs vœux exaucés, ils s'étaient mis à espérer une politique plus ferme de François Hollande à l'égard de la dictature qui commençait à se mettre en place en Côte d'Ivoire. Ils ont attendu. Ils n'ont rien vu venir. Certains se demandent s'il faut encore espérer.

Au regard de l'esprit actuel des socialistes, on est tenté de leur dire que l'espoir n'est pas permis sans un petit miracle. Car, au-delà de l'impasse économique dans laquelle se trouve la France et qui demande une autre voie d’étude - excellemment analysée par Fernand A. Dindé dans son article « La France doit se réinventer ou périr » - le mal français trouve aussi son explication dans l'éloignement des valeurs morales. Et ceux qui ont perdu quelque chose dans ce domaine, ce sont les socialistes. Quand Jean-Marc Ayrault clamait le 25 août 2013 à la clôture de l'université d'été des socialistes à La Rochelle qu'il leur faut « se réinventer », c'est qu'il était conscient que son parti s'est éloigné de ses valeurs premières. En effet, depuis quelques décennies, il paraît tout à fait évident – aussi bien sur le plan national que sur le plan international – que les socialistes ne portent plus aucun espoir, n’indiquent plus aucune voie à suivre. L'affaire du camarade Laurent Gbagbo et l'état actuel de la Côte d'Ivoire sont là pour nous montrer qu’ils ont perdu tous leurs repères. Peut-être qu'avant de penser à se réinventer économiquement – comme le leur conseille Fernand Dindé - il faudra d’abord qu'ils songent à retrouver leurs valeurs morales.

Car, si dans l'opinion commune le libéralisme a une connotation individualiste, le socialisme revêt indubitablement une idée de société plus égalitaire, distillant des valeurs humanistes. Le socialisme renvoie aux combats pour l'égalité et la fraternité humaines. Des idées apparemment utopiques, mais qui ont dans la pratique quelques consistances charmantes et galvanisantes qui font de l'homme un être cherchant à donner le meilleur de lui-même pour construire une humanité plus juste. Le socialisme évoque le combat des abolitionnistes du XIXe siècle, le combat de tous ceux qui, çà et là, sous tous les cieux, ont soutenu ou participé aux luttes des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches.

En mai 1981, avec l'arrivée de François Mitterrand à l'Elysée, nous nous sommes tous mis à rêver : Français blancs, Français noirs et anciens colonisés d'Afrique et d'ailleurs. Oui, les Noirs de France et d'Afrique francophone ont vu se lever un jour nouveau sur leur rêve d'une plus grande fraternité humaine en mai 1981. Par ailleurs, la personnalité même de François Mitterrand, homme cultivé pétri de connaissances humanistes, laissait augurer de belles choses pour les minorités françaises et anciens colonisés vivant dans une indépendance tronquée au sein d'un système de soumission et de prédation adroitement préparé par Charles de gaulle.

La grande désillusion

Malheureusement, François Mitterrand et les socialistes n’ont jamais adressé de signe fort aux minorités nationales pour entretenir leurs rêves. Certes, les discours plaidant pour une vie commune apaisée n'ont pas manqué. Certes, le racisme n'a jamais été aussi vivement dénoncé par les autorités politiques. Mais à aucun moment le pouvoir n'a accompli de geste significatif permettant une plus grande acceptation des minorités par la majorité blanche. Rivés au principe selon lequel il n'y a pas de communauté ethnique en France, les socialistes n'ont pas tenté d'analyser les souffrances des minorités pour y trouver des solutions particulières comme on le fait pour les femmes, les handicapés, les victimes de guerre, les homosexuels... Ils n'ont pas jugé que des gens sortant assez récemment tout de même de l'esclavage et de la colonisation - états dans lesquels ils n'ont connu que brimades et tâches avilissantes - avaient besoin d'être présentés différemment pour être mieux acceptés par leurs nouveaux concitoyens blancs. Aucun héros noir ne sera élevé à la gloire nationale. La discrimination positive tant rêvée ne sera jamais tentée parce que constamment soumise à des débats stériles. L'on se contentera par conséquent d'un seul Noir issu de l'immigration (comme on le disait déjà) au sein du gouvernement durant les quatorze années de pouvoir mitterrandiste-socialiste.

Il a donc fallu attendre que la droite revienne au pouvoir avec Nicolas Sarkozy, le moins amoureux des lettres et donc des humanités parmi les présidents de la cinquième république, pour voir un geste allant dans le sens d'une meilleure visibilité des minorités en terre de France. La maigre poignée de ministres noirs et d'origine maghrébine a créé l'événement durant son quinquennat. En 2012, la nomination d'un plus grand nombre de ministres issus des minorités par François Hollande est presque passée inaperçue. Et pour cause : en cinq ans, les Français se sont déjà quelque peu habitués à voir des personnes basanées dans les plus hautes fonctions politiques de l'Etat ! Chacun venait de comprendre que ce n’est pas le talent qui permet d’accéder aux hautes fonctions politiques et à la direction des grandes sociétés d’Etat mais l’arbitraire de la nomination et de la promotion.

Retenons donc que c'est la nouveauté qui effraie mais qu’en même temps « on ne peut rétablir confiance et espérance que si l’on indique une autre voie » (Edgar Morin, sociologue et philosophe). Il fallait donc oser la nouveauté pour que l’habitude, ou plutôt la confiance s’installe ! Retenons aussi que quand on manque d’audace, quand on a peur de la nouveauté, à force de mollesse, on finit par marcher dans les pas de ses adversaires. Les valeurs qui sont votre marque distinctive finissent par vous sembler encombrantes et vous finissez par les taire ou les cacher. Les socialistes se renient constamment et se contentent de faire comme les autres parce que, aujourd'hui, défendre les valeurs morales et humanistes est vu comme une faiblesse. Par contre, prôner la violence pour la violence, le châtiment pour la moindre offense, lever des armées pour combattre sous tous les cieux pour y apporter désolation et misère est vu comme une vertu. Qu'elle est déjà lointaine cette époque où les intellectuels socialistes descendaient dans les rues pour défendre les peuples opprimés par nos propres armées !

Quand les socialistes livraient Laurent Gbagbo à la droite

S’ils ont du mal à reconnaître et à défendre des valeurs humanistes en France, ce n’est pas en terre africaine qu’ils vont jouer les défenseurs de la veuve et de l’orphelin. Sur ce continent, ce sont les armes qu’il faut faire parler. On est sûr d’être applaudi par les médias qui se parfument à la dynamite, la guerre sous tous les cieux étant leur fond de commerce. N'est-ce pas à leurs exploits militaires en Afrique que le peuple français juge de la valeur de chacun de ses présidents ? Après le Mali qui lui a permis de grimper durant quelque temps dans les sondages, François Hollande ne s’est-il pas découvert une âme de guerrier ? L’Afrique comme terrain de jeu ne lui suffisant plus, il veut aller s’amuser en Syrie. Il faut croire que les socialistes ont perdu toutes leurs valeurs au point de ne plus savoir ce qu’ils disent et ce qu’ils font. Edgar Morin a bien raison de dire que « le parti [socialiste] a perdu sa pensée » parce que « nos hommes politiques ne se cultivent plus, ils n’ont plus le temps, leur connaissance du monde est fournie par des spécialistes et des experts dont la vue est évidemment bornée à un domaine clos et il n’y a personne pour faire la synthèse »*. N’étant plus éclairés par les humanités ils ne peuvent que tourner le dos aux valeurs qui nous unissaient au-delà de nos frontières respectives. On comprend mieux le crime des socialistes français à l’égard du camarade Laurent Gbagbo.

Car là où François Hollande et les socialistes ont fait preuve de la plus grande lâcheté et d’une mollesse inqualifiable et continuent à le démontrer, c’est avec l’affaire du camarade Laurent Gbagbo. Oui, l’ancien président ivoirien est un socialiste dont le parti était une des composantes de l’Internationale socialiste. Nous disons « était » et allons vous expliquer pourquoi nous nous exprimons au passé. L’Internationale socialiste exige une certaine cohésion entre ses membres sur certaines valeurs. Cela va de soit, dans toute organisation.

Toutefois, tenez-vous bien ! Alors qu’à la fin des années 90 Dominique Ouattara organisait des galas au nom d'une association ivoirienne d'aide à l'enfance dont on devine que les bénéfices ont servi à acheter des armes, au moment où elle faisait le tour des personnalités socialistes pour plaider la cause de son cher et tendre époux (propos de François Loncle, député socialiste de l’Eure*), aucun d’eux n’a jugé utile d’entendre un autre son de cloche pour essayer de comprendre la réalité du terrain ivoirien parce qu'ils ne voulaient pas avoir à soutenir le socialiste Laurent Gbagbo contre un projet français. Ils iront même plus loin.

Non contents de se murer dans le silence quand les valeurs humaines sont bafouées dans les anciennes colonies par l'armée française et les réseaux officiels de l’Elysée (la Françafrique n'est plus un réseau occulte*), les socialistes français vont aller jusqu’à se désolidariser officiellement, et donc publiquement, du démocrate Laurent Gbagbo au nom des intérêts de la France. Par un acte officiel intitulé « Appel : Gbagbo doit partir » daté du 22 décembre 2004 publié par le journal Le Nouvel Observateur, ils avaient lancé les premières signatures demandant l’exclusion de Laurent Gbagbo et du FPI de l’Internationale socialiste !

Cet appel est intervenu à la suite des événements de 2004 où, encerclé par les patriotes ivoiriens venus protéger la résidence de leur président contre tout éventuel coup d’état, l’armée française tira sur la foule. Cet événement, exceptionnel en Afrique noire – qu’Antoine Glaser et Stephen Smith comparèrent à la prise de la Bastille* - fut l’occasion pour les socialistes de se rapprocher davantage du gouvernement de Chirac et lui témoigner leur solidarité. Effectivement, pour eux, « les pouvoirs passent, les intérêts de la France demeurent », selon les termes de Laurent Fabius.

Quand de jeunes patriotes défient à mains nues une armée étrangère qui vient faire la loi sur leur sol, universellement, on y voit un acte héroïque. Malheureusement pour les socialistes français, un jeune Ivoirien qui meurt pour son pays est un affront à la France ; et cela mérite des représailles. Quelle perte énorme du sens des choses ! Qu’ils prennent le temps de méditer ces paroles pleines de vérité de Bernard Houdin, le Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo : « En France on perpétue la mémoire de [Guy Moquet], tombé sous les balles nazies […]. Mais a-t-on le même souci pour tous les "Guy Moquet" des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, "leurs Guy Moquet" ? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ? »*

Et au moment où Nicolas Sarkozy avait besoin d'être officiellement approuvé pour mener la charge finale contre le palais présidentiel ivoirien et parachever l'œuvre commencée par Chirac, qui se chargea de déclarer le camarade Laurent Gbagbo « infréquentable » ? Le camarade François Hollande ! On n’est jamais mieux trahi que par les siens.

Aujourd’hui, plus personne ne cherche les valeurs humaines chères aux socialistes français d'antan. Depuis leur retour au pouvoir en 2012, François Hollande a purement et simplement chaussé les bottes impérialistes laissées sur le paillasson de l'Elysée par son prédécesseur pour aller défendre les intérêts français en Afrique sans une once d'attention à la dictature qui sévit en Côte d'Ivoire. Plus de 700 prisonniers politiques et plus de 200 militaires de l'ancien régime (Nouveau Courrier du 23/08) croupissent dans les geôles de Ouattara ; la plupart dans le nord du pays transformé en véritable Guantano impénétrable. Et Hollande se tait. Ceux qui sont laissés libres ont leur compte bancaire bloqué par Ouattara. Et Hollande se tait. Les exilés qui ont un peu de notoriété sont pourchassés avec la complicité des pays voisins et jetés en prison. Et Hollande ne dit mot. Les populations de l'ouest qui ont pris le chemin de l'exil après les massacres de Douékoué, Guitrozon et Nahibly sont remplacées par des populations venues du Burkina et du Mali. Pas un socialiste pour crier au scandale. Hollande se tait. Et quand officiellement Ouattara déclare que par la politique de rattrapage le sud de la Côte d'Ivoire est exclu de la gestion des affaires du pays, le président français se tait parce qu'il juge que cela ne porte nullement atteinte aux intérêts français.

Plus rien ne distingue une politique étrangère de la gauche d’une politique étrangère de la droite. Il est clair que pour le gouvernement socialiste, critiquer les agissements du pouvoir ivoirien installé avec force par la France réunifiée et solidaire équivaut à une remise en question de la politique africaine de la France. Après avoir chanté les louanges du burkinabé Ouattara et l'avoir imposé aux Ivoiriens comme leur sauveur, ce n'est sûrement pas un président français qui commettra le crime d'aller défaire ce que son prédécesseur a fait. Pourquoi aller parler de droits de l’homme et de démocratie à un dictateur installé par la France ? De toutes les façons, il n’est pas certain que les nègres aient assez de jugement pour distinguer démocratie et dictature.

De leur côté, sûrs de l'impossibilité pour la France de se renier, Alassane Ouattara et ses milices font la pluie et le beau temps depuis deux ans. Ils assurent haut et fort qu'ils sont en train de réussir la réconciliation nationale, de « rendre la démocratie irréversible en Côte d’Ivoire » (Le Monde du 4 février 2012), et leurs propos sont pris pour parole d'évangile en France. Ils assurent que tous ceux qui ont commis des crimes durant les périodes troubles du pays seront jugés et punis. Et François Hollande les croit, même si de toute évidence c’est un mensonge puisqu’il n'y a que Laurent Gbagbo et ses partisans qui subissent la loi du régime en place. Ni l'ONU, ni les Américains, ni la France ne juge tout cela inadmissible. Alors Ouattara passe son temps à voyager en Europe pour serrer des mains blanches qui sont autant de bénédictions qui l’innocentent des crimes de ses miliciens chargés de terroriser les populations pour éviter toute manifestation politique en Côte d'Ivoire. La peur est décidément devenue un gage de stabilité aux yeux de tous les observateurs étrangers.

Ou les socialistes se réveillent ou ils disparaissent

François Hollande le socialiste peut-il avoir une autre lecture de la relation entre la France et la Côte d'Ivoire ? Nicolas Sarkozy était l'ami d’Alassane Ouattara et il a mis l'armée française au service de son ami pour installer le pouvoir que nous connaissons aujourd'hui. François Hollande est-il capable de dire à Alassane Ouattara « moi aussi j'ai des amis et des valeurs à défendre avec eux » ? Non ! Il n'en est pas capable. Et c'est là que l'on reconnaît la gauche molle dans toute sa splendeur ! Elle n'est pas capable d'exiger le respect des valeurs chères à tous les socialistes du monde entier : un retour rapide à une vie politique normale afin de permettre des élections démocratiques honnêtes qui ne nécessitent pas l'intervention de l'armée française, de l'Onu et des Etats-Unis. Voilà le minimun que l’on attendrait d’un gouvernant socialiste. Si nous avons festoyé ensemble à la Bastille en agitant les drapeaux de divers pays de la terre lors de l'élection de François Hollande, c’était tout simplement pour lui demander qu’il nous permette de nous retrouver autour des valeurs simples comme la démocratie et le non-emprisonnement pour des opinions politiques.

A vrai dire, François Hollande et les socialistes français nous ont trahis. Ils vivent dans la peur d'incarner des valeurs pour lesquelles le monde entier lutte pour un mieux-vivre et un mieux-être. Ils ont peur d'agir parce qu’ils ont peur de la nouveauté. Alors, ils se contentent de gérer plutôt que de prendre des initiatives. Si François Hollande ne force pas immédiatement la main à Ouattara pour l’amener à une gestion plus humaine, plus démocratique et plus juste de la Côte d’Ivoire, alors ce dernier a de beaux jours devant lui. Grâce à ses dozos et à ses rebelles nordistes qui ont remplacé les forces régulières ivoiriennes plurirégionales – rattrapage ethnique oblige – et la naturalisation massive de ses anciens compatriotes burkinabés, il est certain d’avoir préparé le cocktail idéal pour remporter les élections de 2015 dans un carnaval de fraudes. Et quand la gauche aura perdu les prochaines élections présidentielles en France, l’homme fort d’Abidjan sera assuré de continuer à mépriser les appels à la démocratie, à l’instauration d’un état de droit, à une justice équitable pour tous et au non repeuplement de la Côte d’Ivoire.

C'est en Côte d'Ivoire, terrain d'injustice et de violations des droits de l'homme où la responsabilité entière de la France est engagée que les socialistes doivent "se réinventer" et non en Syrie. C'est là qu'ils doivent commencer - sur le plan international - le grand chantier moral qu'ils viennent de découvrir enfin. C'est au pied du mur ivoirien, où nous les attendions depuis si longtemps, qu'ils ne doivent pas mollir au risque de disparaître à jamais de la mémoire de leurs camarades de l'Internationale socialiste.
 
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*le film de Patrick Benquet : Françafrique, 50 années sous le sceau du secret.
* Antoine Glaser et Stephen smith : Pourquoi la France a perdu l'Afrique. Calmann-Lévy, 2005.
* François Loncle, député socialiste de l’Eure, ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale entre avril 2000 et juin 2002. http://www.youtube.com/watch?v=Yj7OJH_zH0c
* Bernard Houdin : hommage à Vergès, « Salut Jacques ! »


Raphaël ADJOBI

mardi, 10 septembre 2013

SYRIE: DES PREUVES ACCABLANTES CONTRE LES AMIS DE FRANÇOIS HOLLANDE ET LAURENT FABIUS

 

HOLLANDE ET FABIUS.jpg

 

Les Etats-Unis et leurs alliés semblent être devenus les prisonniers de leurs propres mensonges. Abraham Lincoln avait pourtant déclaré qu’aucun homme n’avait assez de mémoire pour réussir dans ce domaine. En février 2003, Colin Powell avait prononcé son fameux discours, présentant les prétendues preuves des liens du régime irakien avec Al-Qaïda, ainsi que la détention d'armes de destruction massive, justifiant ainsi, l’invasion puis l’occupation du pays. Deux millions de morts plus tard, on les cherche toujours. Dix ans après, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis viennent enfin de publier leurs rapports tentant de démontrer l’utilisation de gaz en Syrie.
 
Première impression: une partialité manifeste et leur manque de consistance. Après deux ans d’une collecte intensive d’informations, par les services de renseignements les plus compétents, aucune preuve matérielle concrète n’y est rapportée. Constitués d’une dizaine de pages tout au plus, ils ne sont qu’une pâle réponse, au rapport circonstancié et détaillé de plus d’une centaine de pages, remis par la diplomatie russe au conseil de sécurité de l’ONU en juillet dernier. De son côté Moscou précise, preuves à l’appui, la provenance et le type de munition utilisée, grâce à l’utilisation de radars de contre-batteries, d’imagerie satellite, ainsi que de relevés chimiques et biologiques incriminant les terroristes islamistes de l’ASL. Les américains, très doués pour espionner la planète entière, sont donc incapables de présenter le plus petit commencement de preuves. Tout comme ils n’ont su prévenir les attentats contre leurs ambassades ou celui du 11 septembre 2001. Etrangement, leurs faisceaux de présomptions reposent, comme en 2003 d’ailleurs, sur un pseudo échange téléphonique entre responsables syriens. C’est tout et c’est peu.
 
Deuxième impression, l’incohérence entre les rapports. En effet, les trois documents font état d’un nombre de victimes différent : 281 pour les Français, 350 pour les Britanniques et 1429 pour les Américains. Evidemment on ne conservera que l’hypothèse la plus haute que l’on arrondira à 1 500. Idem pour le nombre d’attaques et le gaz utilisé : 14 attaques au neurotoxique pour les Britanniques, 2 au sarin pour les Français et … beaucoup pour les américains ! Autant simplifier. D’autant qu’une contradiction majeure subsiste mais qui semble parfaitement partagée dans la version commune: l’utilisation de gaz de combat dans des zones urbaines confinées avant l’intervention de l’infanterie. Or, dans ce cas, les soldats syriens auraient eux-mêmes dû en être les victimes collatérales, sans décontamination des bâtiments ou des victimes, comme l’auraient été les membres du personnel hospitalier, selon des témoignages prétendument recueillis dans des hôpitaux syriens et rapportés dans les dits rapports (page 7 du document français).
 
Malgré l’accumulation de preuves et les documents vidéo diffusés, l’abject est cependant atteint lorsque l’on nie les capacités des terroristes et de leur encadrement à élaborer et à utiliser des armes chimiques. L’arrestation en Turquie de terroristes avec du gaz sarin, ou la découverte de stocks en Syrie dans les zones contrôlées par les islamistes, sont pourtant des faits avérés. L’horreur atteint son comble quand, sur les photos d’enfants gazés diffusés par les services secrets français et américains, des familles alaouites de Lataquié, ont reconnu leurs propres enfants, enlevés deux semaines avant le gazage par les rebelles islamistes. Ces enfants, de familles fidèles au régime légal syrien de Bachar-al-Assad, ont donc été assassinés par les amis de Laurent Fabius et de François Hollande. Dans leur précipitation, les assassins ont oublié de masquer un détail qui choque : les enfants ne correspondent pas à un échantillon de population: ils ont presque tous le même âge et ont les cheveux clairs. Ils ne sont pas accompagnés par leur famille en deuil. Ce sont bien les enfants enlevés à Lattaquié. Alors François Hollande et Laurent Fabius devront-ils un jour répondre de ce crime de guerre ?
 
Cette énième campagne de communication, tente une fois encore, de minimiser les vraies responsabilités et bien sûr de justifier l’intervention militaire. Un autre motif fallacieux est celui de l’épuisement des recours diplomatiques et du blocage de l’ONU par le véto de la Russie et de la Chine. C’est vite oublier, les nombreuses résolutions votées depuis 1948, contre l’occupation de la Palestine et la politique de colonisation des territoires occupés par Israël, qui se sont vu opposées le véto systématique américain, délivrant un blanc seing permanent, aux opérations militaires de l’Etat Hébreu, notamment sur des populations civiles. Il est vrai que le puissant lobby de l’AIPAC conditionne pour beaucoup la politique américaine. Confrontés à leurs mensonges, les Etats-Unis et leurs alliés, en sont réduits à inverser les rôles. Ils tentent aujourd’hui d’accuser la Russie de fournir les armes chimiques à la Syrie. C’est oublier encore l’histoire récente comme l’utilisation massive de l’agent orange au Viet Nam ou l’assistance apportée par les USA et la France à l’Irak pour gazer l’Iran.

La concentration de troupes aux frontières et au large de la Syrie, illustre le mécanisme infernal, créé par les responsables politiques occidentaux, qui les empêche de reculer sans craindre de perdre la face.
 
La vérité attend et normalement seul le mensonge est pressé. Cependant, cet empressement manifeste se trouve contrarié par un isolement croissant et une opinion mondiale fermement opposée à la guerre. Et ceci jusque dans les rangs mêmes de leurs forces militaires, comme l’illustre cette campagne de soldats qui affichent leur refus de se battre pour des terroristes et qui ne comprennent plus à quel ennemi se louer. Dans l’affolement général, le secrétaire d’état aux affaires extérieures, John Kerry, a dû avouer que cette opération était financée par les pays arabes, bailleurs de fond des terroristes, et que son véritable objectif était d’entrer en guerre contre l’Iran.

Comme le sénateur Mac Cain, qui semble plus absorbé par les parties de pokers que les débats au sénat sur la Syrie, les américains ont abattu leur jeu. A moins que tout ceci ne soit qu’un gigantesque bluff visant à détourner l’opinion publique de la crise financière internationale et de l’économie américaine moribonde.
Il serait peut-être temps que l’Amérique apprenne à gérer ses relations autrement qu’en menaçant ou en imposant la guerre.
 
La France, qui fut jadis aimée et respectée pour sa position si singulière et courageuse, jouissait récemment encore d’un grand prestige international. Mais en sacrifiant son indépendance, elle apparait aujourd’hui comme le chien servile des intérêts américains, en remplacement du bouledogue anglais. Une position malheureusement plus proche du roquet aboyeur que du mâle dominant. Alors, les Français ne doivent pas s’étonner de constater, que quand les chiens aboient, la flotte russe passe.


Source: PRORUSSIA.TV

SYRIE: LA MORALE PIETINEE

OBAMA ET HOLLANDE 4.jpg



Après avoir lu la " Synthèse nationale de renseignement déclassifié ", de la République Française, portant " Programme chimique syrien-Cas d'emploi passé d'agents chimiques par le régime-Attaque chimique conduite par le régime le 21 août 2013 " et visionné les vidéos jointes, un ami, Hafid de son prénom, a tenu à faire certaines remarques. D'ordinaire devant un document aussi solennel, émanant de la présidence de l'une des prétendues plus grandes puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, le quidam est figé dans un respect quasi religieux, mais la perspicacité a été plus forte. Se documentant sur le sujet à propos des " fumées blanches " signalées, il constate ceci: " un débutant en chimie affirmera sans l'ombre d'un doute que le SARIN, à température ambiante, est incolore, inodore et liquide " Il ajoute qu'à l'utilisation " Il s'évapore rapidement sous la forme d'un nuage incolore et inodore également ".

Mieux encore, dans son investigation, Hafid se rend très vite à l'évidence que les vidéos " déclassifiées " (un grand mot) sont en fait les mêmes qui figurent sur Youtube depuis un certain temps. Dans ces vidéos les corps d'enfants, supposés morts, sont propres et ne présentent aucune crispation des muscles, ni d'autres caractéristiques physiques, consécutives à une exposition au gaz Sarin. Là, notre ami, cite la réaction d'une pédopsychiatre étatsunienne qui considère que cela ressemble fort à " une mise en scène de cours d'école ", tout en jugeant du caractère " pédopornographique " des images exhibées.
 
Ainsi le pouvoir français n'a pas seulement abusé de son autorité morale pour tromper son peuple et le monde entier, mais a démontré le peu de cas qu'il fait de sa réputation. A telle enseigne que la prestation du secrétaire d'Etat étatsunien, Colin Powell devant le Conseil de sécurité, à propos des armes de destruction massive en Irak, peut paraître moins ridicule. Powell doit même en être soulagé de ne plus se trouver seul dans ce cas. Autre constat de Hafid, l'incapacité des " révolutionnaires ", à utiliser le gaz faute de moyens, est rapportée à l'affaire du métro de Tokyo où des illuminés ont pu réaliser l'opération, sans " fumées blanches " ironise-t-il.
 
Mais faut-il croire que le gouvernement français se préoccupe de la vérité ? Même si cela était, de quelle autorité morale dispose-t-il pour se porter en justicier ? Celle peut-être de la longue série de cadavres qui jalonnent l'histoire de la France coloniale où les " socialistes " avec leurs " pouvoirs spéciaux " ont su faire, il n'y a pas si longtemps ? Question crédibilité, le plus cynique reste quand même le prix Nobel de la paix, Barak Obama, qui nous sert un couplet pathétique: "Ce n'est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des Etats-Unis et du Congrès est en cause". Lui qui devrait mériter aussi se voir plonger la tête dans les mares de sang versé partout dans le monde, presque exclusivement par son pays. Histoire qu'il use, peut-être, d'un peu plus de circonspection en matière d'humanisme outré et qu'il affiche franchement la barbarie qu'il représente. 
 
 
Ahmed Halfaoui


00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, états-unis, france, syrie : la morale piétinée, ahmed halfaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |