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mardi, 22 mars 2011

ABIDJAN BRULE-T-IL ? - OUATTARA LECTEUR DE MALAPARTE

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Par Michel Galy, politologue

Qui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo ? Peut être faudrait il dire « Guillaume Soro », tant l'option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et « président », Alassane Dramane Ouattara, si ce n'est le nouveau « général » Ibrahim Coulibaly, selon la dernière rumeur (ex-garde du corps d'ADO et éphémère leader de la rébellion) ? Ou bien faut il mettre aussi en ligne ONUCI et surtout « Force licorne » ? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la « guerre révolutionnaire » , tout ce savoir pratique sur les émeutes- et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises- et le perpétuel renseignement, lié - via l'Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique ; considérons donc « Ouattara » comme un emblème, le Signifiant d'un « intellectuel collectif » et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

 

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

La phase actuelle de tentative de contrôle d'Abidjan peut être mise en perspective par la longue durée de la conquête du pouvoir par Alassane Ouattara, depuis sa nomination « sous influence »par Félix Houphouët Boigny, en 1990, comme Premier ministre (et gouvernant de fait, les derniers temps, par substitution à un vieux président très affaibli).

Au delà des controverses sur sa nationalité d'origine, il faut bien reconnaître son extériorité culturelle et personnelle au monde politique ivoirien (et à la connaissance en profondeur de ses modes de vie) jusqu'à la fondation du RDR.

A cause du poids minoritaire du « bloc ethnico régional » qui le soutient (« dyoula », ce nouvel ethnonyme contemporain, regroupe les originaires du Nord de la Cote d'Ivoire, principalement Malinkés et Senoufo- mais aussi, et c'est bien le problème fondamental de la nation ivoirienne, les quelques 27% d'étrangers migrants, issus surtout du monde sahélien mandingue), M. Ouattara se trouve devant une alternative constante: soit passer des alliances, soit trouver une voie parallèle d'accéder au pouvoir.

Il adoptera en fait les deux : d'un côté son alliance implicite avec la communauté « dyoula » non ivoirienne (comme les très nombreux ressortissants du Mali et du Burkina : 3 à 4 millions dans le Sud ivoirien) en fait le candidat naturel d'une minorité migrante qui même à la troisième génération ne peut obtenir la nationalité ivoirienne : un changement législatif ou réglementaire les concernant lui donnerait (aux Nordistes en général) une majorité automatique à l'avenir.

En attendant que ces règles de nationalité soient revues (les étrangers ne votant évidemment pas) une alliance interne Ouattara-Bédié (et au-delà électorat dyoula-akan) a été rendue possible par une exclusion progressive du pouvoir et des prébendes du vieux parti , le PDCI RDA. Ce qui peut paraître une erreur stratégique majeure de la part de M. Gbagbo et de son parti, le FPI, était basé sur une analyse classiciste de la société ivoirienne. Analyse juste dans la capitale (où la population nordiste, toutes nationalités confondues, représente au moins 50 % de la population et le bloc akan- dont les baoulé, environ 20%), erronée dans les campagnes (où les akan et les dyoula ont voté sur des bases très ethnicistes) d'après les résultats des dernières élections de décembre 2010. Si on considère en effet que chacun des trois grands « blocs ethnico- régionaux » contrôle environ 1/3 de la population (et de l'électorat), seule une alliance bloc krou-bloc akan(en somme les « sudistes ») pouvait empêcher l'hégémonie d'ADO et du bloc « dyoula » - alors que en septembre 2002, devant l'invasion rebelle, l'union sacrée des sudistes ralliait bété et baoulé, FPI et PDCI autour des institutions républicaines - et implicitement contre Ouattara et son parti, le RDR.

Le pari risqué du Fpi et les alliances du Rdr

Le FPI, malgré les analyses politiques de terrain, a fait pour les dernières élections (malgré les avertissements des sociologues connaisseurs du « pays réel ») le pari risqué  d'une nouvelle Côte d'ivoire débarrassée du « joug ethnique » qui serait remplacé autour de Laurent Gbagbo, à la fois par un pouvoir charismatique amplifié par les médias d'Etat et à ses côtés par une alliance interclassiciste et « progressiste ».

La tactique classique des « technologies électorales à l'ivoirienne »  du parti présidentiel, a aussi échoué : malgré les traditions bien houphouétistes des cadeaux préélectoraux, de la conquête des populations par le ralliement (souvent intéressé !) des leaders. Le « réflexe légitimiste » autour du président en place n'a pas non plus fonctionné, tandis que l'analyse politologique appliquée en termes de néopatrimonialisme, voire de caciquisme local (chaque notable drainant sa « clientèle » , qui n'est pas qu' électorale) a échoué pour l'électorat baoulé et dyoula : la conquête à la marge de l'électorat Pdci (et singulièrement baoulé) s'est traduite par des cooptations individuelles, des rachats de notables , des mesures de développement ponctuelles (du genre des sous préfectures multipliées sans nécessité administrative), des tentatives de casser l'unité du parti d'Henri Konan Bédié, des mesures symboliques fortes - comme le maintien artificiel de Yamoussoukro comme capitale politique - tout cela en vain !

La politique d'Alassanne Ouattara, de son coté, a été bel et bien inverse : ralliement de M. Konan Bédié et du PDCI, alliance depuis 2002 avec la diplomatie française (et plus généralement appui sur ses réseaux internationaux personnels, notamment ceux du FMI) et la presse internationale (en particulier la « presse Rothschild », systématiquement favorable: cf l'étonnante et intrigante filiation Stephen Smith -Hoffnung - Cessou de Libération), qui en fait effectivement le candidat de l'étranger (et non « étranger » - comme s'en est ancrée pourtant la croyance au Sud).

Objectivement, l'étonnant formatage des médias occidentaux et la mise en condition des opinions publiques est le meilleur appui du leader du RDR à l'étranger, et si l'on suit les analyses gramsciennes, le préalable idéologique aux appuis politiques, puis militaires - ce qu'a longtemps sous-estimé le régime de Laurent Gbagbo, faisant à l'inverse le choix d'un repli sur la scène nationale.

Les solidarités ethniques et les « technologies électorales » ont fait le reste : en décembre, l'électorat baoulé et plus généralement akan a voté Konan Bédié comme un seul homme, puis - et c'est là le plus étonnant, s'est reporté massivement sur ADO : la persistance de ce que Mémel Foté nommait « destinée manifeste » pour les akan à gouverner[1] avait fait minimiser leur amertume d'être exclus du pouvoir et de ses prébendes. La « gouvernance par la violence »[2] au Nord rendant impossible toute opposition et élection démocratique a été illustrée jusqu'à la caricature par des scores « à la soviétique » portant M. Ouattara à plus de 95% dans certaines localités, éliminant le FPI (ce qui est possible) et même l'électorat PDCI (ce qui est une preuve de fraude, si l'on considère les élections précédentes ) ; par ailleurs les chiffres des électeurs dépassant souvent ceux des habitants, seule la nationalité accordée dans les zones rebelles à des Sahéliens et/ou des fraudes massives peuvent expliquer d'étonnants et univoques résultats.

Un conflit en trois temps

En 2000, la décision pour le moins paradoxale d'ADO de faire voter ses partisans en faveur de la Constitution -prévue pour l'exclure, n'avait qu'un but : empêcher le pays- et les observateurs extérieurs, de réaliser les 30% environ des votes qu'il aurait enregistrés s'il avait été le seul à préconiser le « non ».

Des lors de 2000 jusqu'à aujourd'hui M. Ouattara a développé une stratégie en permanence double : d'extraversion et d'alliances ouvertes à l'intérieur, d'instrumentalisation de l'ethnicité et de conquête militaire de l'autre.

Le premier temps est bien évidemment, en 2002, celui de la conquête du Nord -faute on le sait de conquérir l'ensemble du territoire, objectif initialement prévu.
Pour un observateur sur la longue durée, sa proximité avec les acteurs du coup d'Etat est suffisamment probante pour le lui attribuer avec une forte probabilité, même si les commanditaires extérieurs- à l'exception de M. Compaoré (qui a fourni la « base arrière » du Burkina, des instructeurs, du matériel militaire et peut être des soldats), et les financiers restent mal connus.

Une phase parallèle serait la série des « négociations internationales » où le pouvoir de Laurent Gbagbo a tout cédé, sans contreparties : notamment la composition déséquilibrée de la CEI, la candidature et la nationalité même de M. Ouattara, la composition du corps électoral et l'organisation des élections, la mise sous tutelle rampante du pays loyaliste par les deux corps expéditionnaires: force Licorne et ONUCI. L'extraversion du combat politique a fonctionné à l'avantage d'ADO, avec l'aide de la diplomatie française.

La deuxième phase est elle d'un processus électoral conçu comme la « continuation de la guerre par d'autres moyens », notamment dans la partie Nord occupée par un régime rebelle qui n'est autre que racket, violence arbitraire et élimination de toute opposition.

Or, «  une élection n'a de sens que si elle est approuvée comme mode de régulation politique par tous ceux qui y participent. Autrement dit : pas d'élection sans démocratie instituée, pas de démocratie possible sans Etat installé, et pas d'Etat concevable sans nation construite autour d'un contrat social. On voit bien, par exemple dans le cas ivoirien, que le vrai défi d'une élection est de faire en sorte que la minorité battue tienne son échec pour légitime », affirme le spécialiste Bertrand Badie de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, dans un entretien qui pourrait constituer la base d'une analyse théorique de la situation politologique ivoirienne.

Il conclue significativement sur l'échec récent, en réinterprétant pour l'occasion la « formule canonique » de Clausewitz: « En Côte d'Ivoire, l'élection n'apparaissait que comme le prolongement de la guerre intestine amorcée en 2002 en mobilisant d'autres moyens ; on ne s'étonnera pas que les résultats électoraux soient eux aussi le prolongement de la guerre civile par d'autres moyens ».

La cause profonde n'est pas que l'adoption d'une tactique volontariste et militariste, mais d'un échec structurel, toujours d'après Badie du « système de gouvernance mondiale » : d'un interventionnisme sans précédent des Nations Unies qui ont en quelque sorte « pris le pouvoir par le haut » dans la dernière décennie - comme auparavant les institutions de Bretton Woods(dont se réclame M. Ouattara) l'avaient fait dans les « deux décennies perdues du développement », pour toute l'Afrique sub-saharienne, y compris la Cote d'Ivoire.

Allant plus loin, Bertrand Badie pointe l' impossibilité d'organiser des élections libres et représentatives sous contrôle et occupation internationale, si certaines conditions n'ont pas été remplies ;au Mozambique, au Liberia, en Sierra Leone, « au-delà du travail déjà souligné de démilitarisation, un vrai effort de réintégration nationale a été accompli, de renouvellement des administrations rendues plus civiles et davantage plurales, de mise à l'écart des seigneurs de la guerre, souvent, comme en Sierra Leone ou au Liberia, grâce aux tribunaux spéciaux, d'un réel effort de conviction pour que les adversaires d'hier deviennent des partenaires politiques aujourd'hui. Bref, on a à un moment su faire l'effort d'aller vers les sociétés en crise et de leur redonner un minimum de vie et d'intégration. Aujourd'hui, il ne semble rester que des obsessions de puissance ou de micropuissance, une survalorisation du politique et du militaire, c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour aboutir à l'échec ».

Erreurs qui discréditent définitivement l'ONU en Cote d'Ivoire, notamment le représentant spécial du secrétaire général, M. Choï : pour le politologue parisien en effet, « il faut bien admettre que les Nations unies se sont placées dans une impasse qui, en l'occurrence, a de multiples facettes. D'abord, l'ONU s'est piégée par excès de confiance : une authentification de résultats électoraux obtenue dans un contexte si tendu aurait dû mobiliser davantage de moyens, plus de temps, et plus de garanties qui auraient ainsi désarmé par avance d'éventuelles contestations. En allant trop vite dans cette œuvre périlleuse de substitution à un souverain national, elle s'oblige maintenant à ne pas se dédire et se place objectivement dans une situation conflictuelle. Les Nations unies perdent une bonne partie de leur légitimité, comme tout médiateur, dès lors qu'elles ne sont pas reconnues comme acteur impartial par les deux partenaires ».[3]

La bataille d'Abidjan

La troisième phase est en effet celle de la « conquête du Sud » et de la « bataille d'Abidjan » qui n'en est qu'un épisode. Les buts et les méthodes de la guérilla urbaine, replacée dans le recommencement d'une guerre civile à outrance sont plus complexes qu'il n'y parait.

Dans le contexte politico-militaire déjà analysé, la « bataille d'Abidjan »s'appuie à la fois sur le Nord et les troupes rebelles, sur le noyau de combattants regroupés à l'hôtel du Golf, mais aussi, indirectement ou directement, sur la force Licorne et l'Onuci (et peut être , mais cela reste à prouver, sur un « commando ECOMOG » formé de militaires de pays CEDEAO, comme le Burkina ou Nigeria, et encore Libéria); et enfin le « milieu » sociétal de la guérilla urbaine semble bien les quartiers « dyoula », nordistes ivoiriens et étrangers mêlés, à savoir Abobo et Anyama, Adjamé et les quartiers mixtes comme Koumassi ou Marcory.

Il s'agit moins d'ailleurs de conquêtes territoriales que de ségrégation et purification ethnique, pour aboutir à des quartiers homogènes, sur le « modèle de Brazzaville », par référence à la guerre au Congo (1997-1999[4]). Elargir la base sociale de la rébellion à partir d'un groupe restreint de combattants : telle parait être la tactique, qui a si bien réussi au Nord, et qui est tentée dans les quartiers « dyoula » d'Abobo et Anyama - puis étendue à d'autres quartiers de la capitale, en s'appuyant notamment, comme en 2002, sur les micro quartiers précaires e t les bidonvilles.

Enfin, et ce but n'est nullement incompatible avec le premier, il s'agit aussi de rendre la capitale littéralement ingouvernable, à la fois pour démontrer l'incapacité du camp Gbagbo à gouverner, faire tomber les couches moyennes et les Akan côté ouattariste, et à terme de provoquer une intervention internationale dans la capitale.

Sur le plan militaire, le « centre de commandement de la République du Golf » coordonne les actions dans la capitale, avec les troupes rebelles du Nord - tout en restant en liaison permanente avec les chancelleries occidentales et les corps expéditionnaires

Le premier assaut frontal contre les sièges des media (RTI) et du pouvoir (Présidence, Primature) ayant échoué dans le sang le 16 décembre, d'autres cibles moins classiques des coups d'Etat sont visées, avec des succès inégaux ; la double stratégie déjà analysée se reproduit : extraversion diplomatique d'un côté, subversion localisée en « tache d'huile » et descente du Nord de l'autre.

Curzio Malaparte conseille en effet dans son célèbre ouvrage sur la «  Technique du coup d'Etat »[5] un mode d'intervention innovant: «  La clé de l'Etat, ce n'est pas l'organisation bureaucratique et politique, mais l'organisation technique, c'est-à-dire les centrales électriques, les chemins de fer, les téléphones, le port, etc. »

On remarquera en effet que le relais de la RTI, opportunément situé à Abobo a été touché dans les combats récents autour de ce quartier rebaptisé « Bagdad », privant le pouvoir de M. Gbagbo de son arme médiatique la plus efficace. Mais depuis l'hôtel du Golf et son contre-gouvernement s'est mis en place une tactique d'étouffement économique qui au-delà de l'infrastructure physique de la Ville, vise à paralyser tous les secteurs, appareils techniques, organisations d'Etat, parfois réels, parfois virtuels - et qui n'est objectivement possible qu'avec l'alliance et la complicité des puissances africaines et occidentales alliées à M. Ouattara.

Effectivement, l'étau se resserre pour les couches urbaines moyennes qui voient arriver leur propre destruction : fin des comptes en banque, des transferts d'argent de la diaspora et de la monnaie, télévision et radios subverties ou supprimées, pénuries multiples (alimentation, essence, gaz, bus, etc)...

C'est que les buts visés sont la paralysie du système bancaire (mise au ban de la Cote d'Ivoire hors de la BCEAO par la CEDEAO ; décision rapide de la BNP et Société générale de fermer leurs filiales ivoiriennes, vraisemblablement sur ordre), du système d'exportations du café cacao (injonction du gouvernement américain à des multinationales comme Cargill), du réseau diplomatique (reconnaissance d'ambassadeurs parallèles et retrait de l'agrément aux anciens).

Le danger sociétal de la destruction de la Ville elle-même en tant qu'infrastructure : eau, électricité, habitat, transports, est aussi d'abattre tout ce qui fait le quotidien possible - et les conséquences à terme touchent la nature du pouvoir lui-même. On peut se souvenir qu'en Amérique Latine, les pronunciamentos et les dictatures ont provoqué cette même érosion, voire la destruction des classes intermédiaires, et la solution par une dictature militaire à l'ivoirienne et un pouvoir très coercitif n'est pas exclu.

Mais en fait apparaît aussi dans le camp Ouattara une « stratégie nihiliste » (voire terroriste : c'est ainsi qu'une désinformation médiatique classique met en avant la violence effective de la répression, quand la déstabilisation de la capitale est le fait des attaquants) qui à terme est incompatible avec les voies diplomatiques et militaires, même si tactiquement elle semble hâter la victoire. C'est celle de la « terre brûlée » ou au mieux ce que ses adversaires nomment ironiquement « dyoulaisation » du pays, en référence à la destruction de l'Etat et de ses appareils techniques (notamment des infrastructures urbaines), et de la formidable régression structurale de la partie Nord, sous contrôle rebelle.

Cette démarche « destructrice - régressive » correspond à la formule peut être apocryphe que prêtent ses adversaires à M. Ouattara : « La Cote d'Ivoire peut brûler si je ne suis pas président ... »

Extension du domaine de la lutte

La suite de cette troisième étape du conflit, qui dans sa phase élargie, pourrait mener le Sud au bord du génocide, serait celui de l' instrumentalisation des identités ethniques en brousse, et en ville, qui pourrait amener une ethnicisation totale des quartiers et des affrontements à l'arme lourde, suivis de transferts de populations, ce que nous avions d'ailleurs prévu depuis décembre 2010.

Comme au Nord en 2002, la Conquête du Sud prend les civils pour cibles, ou plutôt, en dehors d'Abidjan, comme masse de manœuvre. Le but est moins de tuer que de terroriser. L'armée rebelle, ou « Forces nouvelles » selon l'acronyme de Marcoussis qui tient autant de l' « agit- prop » (comme « forces impartiales » ou  « zone de confiance »...), chasse devant elle les autochtones guéré, la guerre se greffant en partie sur les conflits fonciers qui les opposent aux migrants dyoula- provoquant déjà 50.000 réfugiés au Liberia.

Les forces en présence tiennent compte en effet des populations migrantes, qui comme à Abidjan, servent de « réserve civile », d'asile et d'appui à la progression rebelle, ainsi qu'à sa gouvernance.

Certes électoralement Laurent Gbagbo maîtrise à 54% la capitale, et dans les campagnes du Sud l'autochtonie krou est d'une grande force symbolique. Mais démographiquement les nordistes dyoula représentant environ la moitié de la population de la population d'Abidjan, et autant dans les grandes villes de l'Ouest comme Daloa ou Gagnoa : ce sont sans doute les prochaines cibles pour faire « exploser » la paix civile au Sud- tandis que les attaques entre Duékoué et Toulepleu visent dans l'immédiat une « libérianisation de la guerre » (dans ses formes et dans ses alliances avec les nomades guerriers de ce pays, en attendant Sierra Leone, Guinée, etc.. dans un cycle connu). Et par ailleurs, dans une visée géopolitique constante, la prise du Port de San Pedro, sans lequel le « Ouattaraland » du Nord, enclavé, n'aurait d'autre ressource à terme, pourrait n'avoir pour objectif qu'une réunification avec le Burkina Faso.

Cependant l'offensive rebelle, et son long cortège de violences dans la capitale ou en brousse, a peut être un but plus perver s: provoquer l'intervention internationale que l'état major ouattariste demande de manière récurrente.

Dans cette perspective, des « violences extrêmes » (le modèle rwandais semble inadapté, malgré les massacres envisageables, quand la moitié d'une population est opposée à une autre...), une décision de l'UA, cautionnée par l'ONU, justifierait les positions interventionnistes de la CEDEAO. Sous influence nigériane, une nouvelle ECOMOG deviendrait une nouvelle « faction combattante » comme au Liberia ou en Sierra Leone et viendrait, dans cette hypothèse, de Bouaké.

Feraient-ils la jonction, comme le souhaite le camp Ouattara, avec les forces Licorne et ONUCI ? Ceux ci sont on le sait, dans la capitale, alors que leur mandat est la protection des civils: seraient-ils attirés par exemple dans les combats de l'Ouest, ou assureraient-ils, comme dans la paradoxale alliance autour de la « République du Golf », la coordination d'une force armée multiforme : ECOMOG, Licorne, ONUCI et... Forces rebelles?

Une escalade meurtrière pourrait s'ensuivre, cauchemar des stratèges étrangers : si les partisans civils de Laurent Gbagbo, les corps francs de l'Ouest et les alliés extérieurs comme l'Angola ou l'Afrique du Sud entraient en lice, la Cote d'Ivoire serait finalement à feu et à sang et deviendrait dès lors ingouvernable pour longtemps ! Bien que le modèle rwandais ne soit pas pertinent, celui des violences extrêmes n'est pas exclu : se sentant le « dos à la mer » devant l'offensive dyoula, les sudistes et les partisans de M. Gbagbo dans la capitale pourraient se transformer en contre guérilla ; les partisans occidentaux de M. Ouattara le voient-ils vraiment gouverner sur des monceaux de cadavres, répétant la fameuse formule russe à Varsovie : « l'ordre règne »  dans la capitale ?

Appliquer les règles de Curzio Malaparte semble facile au « commando » pro-Ouattara d'Abobo ; devenir le Bonaparte ivoirien et administrer des ruines serait autrement plus complexe, dans le résistible avènement d'Alassane Ouattara ...

Reste à comprendre la stratégie militaire et politique de Laurent Gbagbo et de ses alliés : ce qui n'est pas « une autre histoire », mais bien, dans une interaction permanente, l'autre versant, l'autre version de la même Histoire.




[1] : MEMEL-FOTE, H., «Un mythe politique des Akan en Côte d'Ivoire : le sens de l'Etat», in : Mondes Akan. Identité et pouvoir en Afrique occidentale, P. VALSECCHI et F. VITI (sous la direction), Paris, L'Harmattan

[2] Cf. Michel Galy, « Politologie d'une rébellion. Une « gouvernance par la violence » au Nord de la Côte d'Ivoire ? », Cultures & Conflits, 65, printemps 2007.

[3] Bertrand Badie, 20 janv. 2011, entretien publié sur Le Monde.fr -

[4] Voir : Patrice Yengo, Dans La Guerre civile du Congo-Brazzaville - 1993-2002 - Chacun aura sa part, Paris, Karthala, 2006.

[5]Curzio Malaparte, Technique du coup d'Etat, Paris, Grasset, 2008.


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

PAYS ARABES: SAVOIR VERS QUOI «CHANGER»

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Ça bouge drôlement ces jours-ci, en Algérie, dans pas mal d'endroits. Je ne parle pas des marcheurs  qui animent la matinée du samedi, mais de ceux qui ne sont pas contents du changement qu'a subi le pays depuis 1988 et qui ne marchent pas. On ne les trouve pas sur Facebook, ils ne parlent pas de «démocratie» et ignorent tout de ce qui agite les partis politiques et les associations qui les accompagnent. Ils sont les étudiants qui n'aiment pas du tout les «réformes» qui ont affecté les performances de l'université, dont personne ne reconnaît le bien- fondé, sauf leurs concepteurs. Ils sont les chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi il n'y a pas d'investissements, donc de création d'emplois, alors que le pays a de l'argent. Ils sont ceux que l'Etat a abandonnés, depuis qu'il a accepté que ce soit au marché de s'occuper du développement national. Ils sont ceux que le marché a laissés-pour-compte pour ne s'occuper que de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu. Sans parler de changement, ils le proposent concrètement. Certains ne doivent pas les aimer en disant d'eux qu'ils sont des «tubes digestifs», mais des «opérateurs» du marché ont bien saisi le message et commencé à réfléchir aux réponses économiques qu'il faut donner.

Le seul problème est que le paysage politique n'exprime pas clairement «qui est pour quoi». On n'a droit qu'à des appels au «changement» sans que l'on nous précise ou que l'on sache vers où on déménage. Ce serait le minimum de voir vers où on veut nous emmener, car toutes les destinations ne sont pas verdoyantes pour tout le monde. Car le «changement» est bizarrement scandé par les puissants de ce monde. On le constate, en Libye, où les acteurs du «changement» ont trouvé grâce auprès des pires ennemis des peuples et ont opéré une jonction militaire avec eux. Ce n'est certainement pas pour les recettes du pétrole et du gaz de ce pays qui sont utilisées pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Le peuple, lui, peut le savoir, mais personne ne lui a demandé son avis.

Comme il a toujours suivi les promesses, il s'est divisé entre fidèles de Kadhafi et pro-insurgés, alliés de l'Otan et parrainés par Sarkozy. Les deux pans sont à des lieux de distinguer le bout du chemin, tracé en dehors d'eux, sur lequel ils se sont engagés. Probablement celui de la destruction de l'Etat national symbole de résistance, au seul profit de la mondialisation libérale, sous les coups des F16 et des Rafale. En Tunisie et en Egypte, les peuples perçoivent déjà le sens du «changement Facebooké», ils n'en veulent pas et le disent tous les jours. Alors que ceux qui ont eu le «changement» escompté sont revenus à leurs affaires et s'indignent que le peuple continue de ne pas voir que le «changement» est réalisé.

En Tunisie, Hillary Clinton a dû sentir le vent de la contestation à son encontre. Les manifestants contre sa visite avaient envie de lui dire en face, ce qu'elle va lire dans la presse : «Nous avons fait la révolution tous seuls, sans que personne ne nous aide. Les Américains ont pendant longtemps soutenu le dictateur (Ben Ali) et ils veulent maintenant récolter les fruits de notre révolution». Un parler vrai sur ce qu'elle est venue faire. Un jour enverra-t-elle, peut-être, ses bombardiers à la place de sa souriante frimousse. Elle peut compter sur la «Ligue arabe», qui a tenu à réitérer  «son soutien à une zone d'exclusion aérienne en Libye», comme si la décision de l'ONU en avait encore besoin.


Par Badis Guettaf


Source : LE JOURNAL D'ALGERIE

lundi, 21 mars 2011

DESASTRE POLITIQUE ET SOCIAL A MADAGASCAR

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Andry Rajoelina

Par José Ribeaud, le samedi 19 mars 2011

 

José Ribeaud, journaliste, spécialiste de la grande île, tire un bilan des deux ans au pouvoir de l'autocrate Andry Rajoelina, qui prétendait démocratiser le pays. Résultat, les caisses sont vides, le pillage des ressources et la terreur règnent en maître.


Le 17 mars 2009, un putsch mené par un quarteron d'officiers malgaches contraignit l'ex-homme d'affaires Marc Ravalomanana à abandonner le pouvoir et à s'exiler. Pendant sa présidence (2002 à 2009), il s'était attiré l'antipathie de la France, l'ancienne puissance coloniale, et la colère d'une large frange de ses concitoyens qui lui reprochaient de confondre ses propres intérêts avec ceux de la nation. Un jeune francophile à l'ego démesuré, Andry Rajoelina (36 ans), maire de la capitale Tananarive et instigateur du coup d'Etat, s'empressait de monopoliser le pouvoir. Il voulait, clamait-il, gérer la transition et organiser des élections. En deux ans de gouvernance chaotique, de promesses reniées, d'accords non appliqués, cet «enfant capricieux» comme le qualifie un diplomate français a précipité la grande île de l'océan Indien dans une crise économique, sociale, humanitaire et écologique sans précédent.

Le pouvoir d'achat de la population régresse, le chômage de masse explose, l'analphabétisme progresse, les caisses de l'Etat sont vides, les grèves du personnel enseignant et administratif s'étendent, les prix des produits de première nécessité augmentent, la santé publique se dégrade, le tourisme stagne.

Les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs étrangers désertent l'île en raison de l'insécurité, du racket, des pillages et de la corruption omniprésente. Plusieurs gouvernements retirent ou ne remplacent pas leurs ambassadeurs. L'Union européenne, l'Union africaine et les Etats-Unis ont pris des sanctions à l'encontre de Rajoelina et de ses affidés. Le FMI a suspendu son aide et la Banque mondiale a abandonné le pays à son sort. La France joue, dans cette tragédie, un rôle ambigu. Le président Sarkozy a convenu qu'il s'agissait d'un coup d'Etat mais, sans la complaisance des diplomates français, le président putschiste aurait déjà dû plier bagage.

Toutes les tentatives de médiation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) mandatée par l'Union africaine et toutes les propositions malgaches de sortie de crise achoppent sur l'intransigeance de l'impulsif et versatile autocrate. Quiconque s'enhardit à suggérer des solutions pour un retour à l'Etat de droit est traîné devant la justice. Ainsi, le professeur Raymond Ranjeva, ancien vice-président de la Cour internationale de justice et ancien recteur de l'Université de Tananarive, doit répondre de «complicité dans un complot pour atteinte à la sûreté de l'Etat». Son délit: la publication d'une feuille de route pour sortir de la crise. Ce sexagénaire intègre bénéficie d'une exceptionnelle aura internationale. Il pourrait former un gouvernement d'union nationale constitué de techniciens et de technocrates sans appartenance politique. Cette équipe serait chargée de gérer les affaires courantes, de rétablir l'ordre constitutionnel et d'organiser des élections parlementaires et présidentielles libres, transparentes et supervisées par des observateurs étrangers. Un tel processus démocratique est irréalisable avec les quatre mouvances qui se disputent la présidence, les ministères et les quelque trois cents formations politiques qui aspirent à des postes rémunérateurs. Pour preuve, les bisbilles et refus provoqués par la plus récente feuille de route négociée ces jours derniers par le médiateur africain.

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Récemment, le président autoproclamé a prétendu avoir échappé à un attentat. Mais personne, à part son chauffeur, n'a été témoin de cet inoffensif guet-apens. La psychose du complot est prétexte à des arrestations arbitraires, des inculpations fantaisistes, des perquisitions brutales, des interrogatoires musclés de journalistes et de leaders de l'opposition. L'armée est désorganisée, divisée, politisée. La récompense promise aux officiers supérieurs aux ordres du pouvoir arrive sous forme d'étoiles de général. Certains se mutinent. D'autres s'adonnent à un trafic illicite de bois précieux: bois de rose, de palissandre et d'ébène. La direction du zoo de Zurich, qui finance depuis 15 ans la protection d'un parc national sur la péninsule de Masoala, affirme que des milliers de personnes détruisent et pillent la forêt pluviale en toute impunité. L'agence américaine pour le développement international (USAID), principal donateur pour la protection de la biodiversité à Madagascar, constate que des centaines d'arbres sont coupés chaque jour dans des forêts protégées puis exportés vers la Chine.

Il y a eu en novembre dernier l'adoption par référendum unilatéral d'une nouvelle Constitution qui légitime le coup d'Etat et fait de la justice un instrument du pouvoir. Mais ce n'est pas la proclamation de la IVe République qui soulagera la misère des quelque 20 millions de Malgaches. Ceux-ci attendent des autorités qu'elles rétablissent les libertés civiques et l'ordre constitutionnel, relancent l'économie, luttent contre les injustices sociales et fassent bénéficier la population des produits de l'exploitation par des compagnies étrangères des hydrocarbures et des gisements de minerais précieux.

En deux ans, Andry Rajoelina a fait la démonstration de son incompétence dans la gestion des affaires publiques et de sa répulsion à consentir des compromis pour rassembler les forces vives du pays. Avant-hier, il a reconduit au poste de premier ministre Camille Vital, un général à ses ordres. Il l'a chargé de former un gouvernement prétendument d'union nationale. Ce remaniement ministériel est boycotté et déjà contesté par les principales mouvances de l'opposition. La classe politique démontre une fois de plus son incapacité à surmonter ses dissensions et à s'unir pour sortir Madagascar du cycle infernal du sous-développement, de l'insécurité et de la misère.


Source : TIM MADAGASCAR.ORG

CINQ REMARQUES SUR L'INTERVENTION CONTRE LA LIBYE

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Par Michel Collon, le 20 mars 2011.

1. Humanitaire, mon œil ! 2. Qui a le droit de «changer un régime» ? 3. Les buts cachés. 4. La «communauté internationale» existe-t-elle ? 5. Apprendre des précédents médiamensonges.


1. Humanitaire, mon œil !

Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu'ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahreïn ? L'Occident soucieux de démocratie alors qu'il protège la répression du dictateur au Yémen ?

Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la « brutalité » d'Israël. C'est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.

2. Qui a le droit de « changer de régime » ?

Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu'un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés.

D'un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c'est pour ça que l'Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette.

Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n'applaudirait pas ? Mais si c'est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l'Irak et l'Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ?


Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n'appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.


3. Les buts cachés.


S'il n'y avait pas de pétrole en Libye, jamais l'Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble.


Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c'est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n'utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l'or noir dans le monde entier. Comme instrument d'hégémonie.


Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

  • Dociles envers Washington
  • Conciliants avec Tel-Aviv
  • Refusant d'appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.

4. La « communauté internationale » existe-t-elle ?

Manipulé par l'argent et les chantages des USA, l'ONU n'est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ».

Mais leur agression n'est soutenue ni par l'Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l'Europe avait exigé que l'Union africaine donne son accord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l'intervention.

Et toute l'Amérique latine a soutenu l'idée d'une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n'était pas de sauver des gens, mais de s'emparer du pétrole.


En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s'agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d'œuvre, destruction de l'agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l'humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices.


Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s'il s'agit d'une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n'est pas dans l'agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s'est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s'ils l'emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité.


Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?


5. Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge.

Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L'argument - massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l'opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s'imposer.


Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l'Empire décide une guerre, l'info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N'est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d'un grand médiamensonge pour faire basculer l'opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l'Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d'Al-Qaïda, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d'un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l'Afghanistan, ce fut en prétendant qu'il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.


S'informer est la clé


Il est temps d'apprendre des grands médiamensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.

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Source : MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 20 mars 2011

LIBYE: UNE GUERRE EN PREPARATION DEPUIS NOVEMBRE 2010?


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Par Gilles Munier, le samedi 19 mars 2011

Sarkozy voulait sa guerre, il l'a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois - au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer« Southland »... entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d'un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée (1). Nom de code de l'opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » ! Elle est aujourd'hui programmée pour de vrai, quel que soit le nom qui va lui être attribué pour donner le change. Pour attaquer la Libye, donc, il ne manquait que l'habillage diplomatique de l'intervention occidentale, c'est-à-dire la caution du Conseil de sécurité de l'ONU et la constitution d'une coalition comprenant « nos bons vieux amis arabes ». C'est fait, en urgence.

On s'en souvient : « Desert Storm - Tempête du désert » était le nom choisi en janvier 1991 par le Pentagone, de l'attaque de l'Irak ordonnée par George Bush (père). L'opération avait été précédée par un exercice quasi identique à « Southland », dirigé quelques mois plus tôt au Koweït, par le général Norman Schwarzkopf. Le régime de Saddam Hussein était déjà clairement désigné comme l'ennemi.

Bye-Bye Kadhafi ?

On ne peut que s'interroger sur l'origine des informations alarmistes publiées dans les médias depuis le soulèvement de plusieurs tribus libyennes soutenues - pour des motifs en partie différents - par le courant islamique djihadiste. Le colonel Kadhafi n'est pas un ange, mais on a l'impression d'assister à un copier-coller de la campagne de diabolisation du Président Saddam Hussein : le Guide libyen « bombarde son propre peuple » - des diplomates et des ministres font défection - des massacres de civils sont dénoncés- les Berbères du djebel Nefousa sont menacés de génocide ; le tout repris en boucle sur la chaîne qatari Al-Jazeera.

A quand un tribunal spécial pour la Libye ? Il ne manque que les armes de destruction massive. Pas de chance : Kadhafi s'en est débarrassé, en 2004, sur les conseils de son « ami », Sir Mark Allen, chef du service Moyen-Orient du MI6, ex Intelligence Service. Un autre de ses « amis », le Premier ministre britannique Tony Blair, a pu ainsi lui décerner, en 2007, le titre de « solide partenaire de l'Occident » ! Comme dit Saïf-al-islam : « c'est vrai que quand tu es fort, tout le monde est tout gentil. Par contre, quand tu es sur le point de t'effondrer, c'est bye-bye... » (2).


(1) Site de « Southern Mistral » : http://www.southern-mistral.cdaoa.fr/

(2) Interview de Saïf-al-islam par Paris Match (9/3/11).


Source: OUMMA.COM

IMPACTS DE LA GUERRE SUR L'ECONOMIE IVOIRIENNE: LES AVEUX ET REVELATIONS DE CERTAINS PATRONS FRANÇAIS



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Plus la guerre s'installe dans la durée en Côte d'Ivoire, plus les langues se délient. Dernier fait en date, les aveux et révélations de certains patrons français au cours d'une réunion secrète à l'Elysée. «Quand la Côte d'Ivoire tousse, c'est toute la sous-région qui s'enrhume », dit-on.


Depuis plus de quatre mois, la Côte d'Ivoire vit la première guerre ouverte de son histoire depuis 50 ans. Les effets néfastes de l'interdiction d'exporter le cacao d'origine Côte d'Ivoire, ordonnée par l'Ue et voulue par Ouattara Alassane candidat malheureux à la dernière présidentielle de 2010, et l'embargo de l'Ue sur les ports d'Abidjan et de San Pedro, se traduisent par une baisse drastique des activités à l'import et à l'export au niveau des deux ports. Par ricochet, disons que c'est un véritable temps de vache maigre pour les transitaires et tous les acteurs du secteur maritime ivoirien. Mais aussi et surtout les douanes ivoiriennes dont quelques-unes des missions sont de non seulement collecter l'impôt sur les cordons douaniers pour l'Etat, mais aussi assurer la protection de l'industrie locale contre l'invasion des marchandises prohibées qui viendraient concurrencer les produits «Made in Côte d'Ivoire» sur le marché ivoirien.

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Si les pertes sont énormes pour l'économie ivoirienne (pas de données chiffrées pour l'instant), il n'en est pas moins pour les entreprises françaises qui opèrent aussi bien dans le secteur maritime que de la banque. C'est très conscients des effets néfastes de la guerre montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire pour aider son poulain Ouattara, que des chefs d'entreprise français ont pris part à une réunion secrète qui s'est tenue récemment à l'Elysée sur la situation en Côte d'Ivoire. Au menu de cette réunion, à laquelle a assisté un aréopage hétéroclite de personnalités françaises, la question économique en priorité.

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Au cours de cette rencontre, « Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et la Société Générale de banque, d'un commun accord, sont allés voir Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle avait été programmée pour durer 48 heures, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient, à tout point de vue, l'allure d'une catastrophe irréversible. Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet ».

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Par ailleurs, au niveau de l'espace Uemoa, les effets de la guerre en Côte d'Ivoire sont également ressentis aussi bien au Burkina Faso, au Mali qu'au Niger. Si au Burkina Faso, ça grogne sous le manteau contre le régime de Blaise Compaoré, la Mauritanie dont les nationaux contrôlent jalousement et gèrent officiellement 30.000 boutiques de détaillants en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Il est à préciser que bon nombre de ces boutiques sont fermées du fait de la persistance de la guerre à peine larvée en Côte d'Ivoire.


Elisée Koffi

 

Source : GBAGBO.CI


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Intervention de l'Ecomog en Côte d'Ivoire : La Cour de justice de la Cedeao dit non

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Les 15 Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont reçu l'ordre de la Cour de justice régionale de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire vendredi. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ». L'affaire sera jugée sur le fond, le 9 mai.

Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cedeao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cedeao avait exigé le retrait du pouvoir du chef de l'Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale.

La Cedeao avait également menacé de déloger M. Gbagbo par la force, s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'« aucune institution de la Cedeao ne devrait prendre quelque initiative que ce soit, susceptible d'aggraver la situation, tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ». « La Cedeao est une communauté économique qui a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un Etat membre, ce qui est hors de sa juridiction », avait argumenté en février un porte-parole de Monsieur Gbagbo, Ahoua Don Mello.

La décision de la Cour de justice n'aura cependant pas d'implication immédiate, la Cedeao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force en Côte d'Ivoire. Le Nigeria, pays dont le président, Goodluck Jonathan, est le président en exercice de la Cedeao, a souligné le 24 février que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir devait être placée « sous l'égide de l'Onu ».


Source : AFP

samedi, 19 mars 2011

LIBYE, UNILATERALISME ET NATIONS UNIES

 

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Par Alain Gresh, le dimanche 13 mars 2011

Alors que les rebelles perdent du terrain en Libye, une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire le 12 mars a décidé de demander aux Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays (« Arab states seek Libya no-fly zone », Al Jazeera English, 12 mars). L'Algérie et la Syrie ont exprimé leurs réserves. La Ligue arabe a aussi confirmé que le gouvernement de M. Mouammar Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'elle ouvrait un dialogue avec l'opposition. Cette position est sans précédent dans l'histoire de la Ligue arabe : suspendre la participation d'un gouvernement à la suite de sa politique « intérieure » et entamer des contacts avec l'opposition. Par ailleurs, la Ligue s'est opposée aussi à toute intervention militaire en Libye, alors que de nombreuses inquiétudes s'expriment dans le Sud face à toute décision unilatérale occidentale.

Un sommet de l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) s'est tenu le 8 mars à New Delhi. Cette organisation, dont les activités sont peu couvertes par les médias occidentaux, symbolise pourtant la naissance de nouveaux acteurs sur la scène internationale (dans le cadre de sa série sur « les alliances insolites », Le Monde diplomatique de mars y consacre une double page). Déjà, on s'en souvient, le Brésil et la Turquie avaient tenté, sans succès, de contribuer à résoudre le dossier du nucléaire iranien (lire « Iran, vers une "communauté internationale" post-occidentale ? »).

Cette fois-ci, les trois puissances émergentes se sont penchées sur le Proche-Orient et la crise libyenne. Elles ont affirmé que toute mesure supplémentaire par rapport à la résolution 1970 du Conseil de sécurité (qui avait décidé de sanctions contre le régime de Kadhafi) ne pouvait être décidée que dans le cadre de la charte des Nations unies (lire Ranjit Devraj, « IBSA Together in Resisting No-fly Zone », IPS, 9 mars).

Le ministre brésilien des affaires étrangères a expliqué que la déclaration reflétait ce que pensait le monde non occidental : « Il est problématique d'intervenir militairement dans des troubles internes. Toute décision d'intervention militaire doit être considérée dans le cadre des Nations unies et en coopération étroite avec l'Union africaine et la Ligue arabe. » Une zone d'exclusion aérienne risque, a-t-il ajouté, de nourrir des sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui ne sont pas présents pour l'instant (lire M K Bhadrakumar, « Arab revolt reworks the world order », Asia Times, 10 mars).

D'autre part, les trois pays ont souligné que la question palestinienne était au cœur des problèmes du Proche-Orient et qu'il fallait aller vers la création d'un Etat palestinien « souverain, indépendant, uni et viable, coexistant pacifiquement avec Israël, avec des frontières sûres sur les lignes de juin 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale ».Enfin, les trois pays ont confirmé leur volonté de coopération. L'Inde et le Brésil ont décidé de porter leur commerce de 7,8 milliards de dollars à 10 milliards et identifié des secteurs de complémentarité : l'énergie, le pétrole, le tourisme, l'industrie pharmaceutiques, les mines et l'agro-alimentaire. Les deux pays ont aussi signé un accord pour lever les restrictions sur leur compagnie aérienne respective.


Source: BLOG MONDE DIPLOMATIQUE.NET

COTE D'IVOIRE - PENURIE DE MEDICAMENTS: MSF ACCUSE «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE»


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Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé mardi les « grandes difficultés pour se faire soigner » que rencontraient les victimes des violences en Côte d'Ivoire « du fait de l'insécurité mais aussi des ruptures d'approvisionnement en médicaments résultant des sanctions internationales ».

« Pour peser sur la crise politique, la communauté internationale a imposé des sanctions commerciales et financières qui, ajoutées aux difficultés de transport, provoquent des ruptures d'approvisionnement en médicaments et matériel médical », commente l'organisation sur son site internet.

Cette situation, selon l'organisation, fait que « dans plusieurs régions du pays, des structures de santé manquent de médicaments de base et aussi de traitements pour soigner des maladies chroniques ou aiguës, notamment pour faire des dialyses rénales».

La ministre de la Santé Publique, Christine Adjobi, a dénombré le 7 mars, « 24 décès » pour la période de janvier à février chez les personnes dialysées consécutivement à la décision de l'Union Européenne d'infliger à la Côte d'Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.

Les étudiants du SYNESS (Syndicat National des Etudiants en Science de la  Santé de Côte d'Ivoire) ont organisé, le 24 février, une marche sur le siège de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Abidjan suivie d'un sit-in devant l'édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le SYNACASCI (Syndicat National des Cadres de la Santé), il ne faut pas faire d'amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l'OMS et l'UE (Union Européenne) devant les tribunaux pour « crime contre l'humanité ».

Le Dr Christine Adjobi, Ministre ivoirien de la Santé publique, avait elle-même condamné le 26 février l'embargo sur les médicaments imposé à la Côte d'Ivoire par l'Union Européenne. « Qu'est-ce que la santé a à voir dans cette situation?  », s'était écriée la ministre qui a dénoncé « un crime contre l'humanité ».

Cette mesure d'embargo fait partie d'une série de décisions de l'Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L'UE espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l'opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l'élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).


Source: IVOIREVOX

LES INSUCCES S'ACCUMULENT EN ATTENDANT LES ECHECS PATENTS: LA PERTE AMERICAINE DE L'INITIATIVE HISTORIQUE



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Par Mohamed Bouhamidi, le 17 mars 2011.

Les révoltes populaires arabes nous auront laissé sur de grandes interrogations sur nous-mêmes et sur le(s) nouveau(x) sens du mot « révolution ». Interrogation plus pesante après la belle contradiction qui pousse la Ligue arabe à  lier les mains de Kadhafi pour alléger le travail de l'insurrection armée en Libye et autorise les pays du Golfe à intervenir contre les manifestants à Bahreïn.

Des plans et des réalités

Le poids de l'interrogation pèse encore plus quand on se souvient que l'Arabie saoudite, qui aide les insurgés en Libye et le pouvoir à Bahreïn, avait ouvertement et fermement manifesté son soutien à Ben Ali et surtout à Moubarak pour lequel elle a pris le risque de se fâcher avec les Etats-Unis.  Cette même ligue, muette pendant les semaines décisives de l'agression israélienne contre le Liban et Ghaza, fait l'événement en offrant à la France et à l'Angleterre la caution arabe à leur impérialisme humanitaire. Sarkozy pouvait désormais envoyer ses avions bombarder les bases et aérodromes militaires libyens en nous disant : «J'agis à la demande des Arabes.» Il faut avouer que c'est le must pour le néo-colonisateur : il revient à la demande du peuple concerné ! Ce n'est plus la seule demande du Conseil national de transition (CNT) qui appelle à l'aide mais celle de tous les Arabes - moins la Syrie et l'Algérie traitées d'avocats du diable par sa presse interventionniste  -. Ça fleure bon le paternalisme et le patriarcat.  Si des gens doutent de la représentativité du CNT, la Ligue arabe vient de lui donner la caution ethnique. La zone d'exclusion verra-t-elle le jour ? Sera-t-elle utile pour les insurgés dans  l'actuel rapport de forces ? Ou un développement ultérieur - très grave pour sa proximité avec nos frontières - précipiterait la Libye dans un scénario à la yougoslave ou à la serbe ? Chacun peut rechercher sur Internet des informations sur les scandaleuses richesses minières qui dorment dans le sous-sol des pays du Sahel. Chacun peut rechercher les stratégies à long terme appliquées par les Etats-Unis pour s'assurer la maîtrise de ces richesses et dont la clé est la remise en cause des frontières laissées par les colonisateurs et la création d'ethno-Etats et d'Etats confessionnels pour se débarrasser définitivement de l'idée, si intimement liée aux indépendances et à la  lutte anticoloniale, de souveraineté sur les richesses et ressources locales. La lutte pour l'indépendance, partout dans le monde, s'est fondée essentiellement sur le mot d'ordre de réappropriation de ses richesses.

Les Algériens ont même prolongé leur guerre de seize  mois pour ne pas perdre un centimètre du Sahara. La scission du Sud-Soudan va bientôt produire son plein effet psychologique et rendre «normale» l'hypothèse que les crises africaines du Sahel trouveraient peut-être leurs solutions dans de nouvelles frontières plus proches des réalités ethniques, culturelles, voire historiques, puisque l'occupation coloniale est venue partout contrarier et annuler des dynamiques de création de royaumes et d'empires africains.  Le tout est que ces nouvelles frontières abritent des Etats qui ne reposent plus sur l'idée de nation et  acceptent plutôt l'idée d'appartenance à une zone. Il suffit pour les lecteurs algériens que l'essentiel des efforts américains et de leurs promesses d'aide au commerce et aux échanges avance toujours la nécessité pour l'Algérie d'adhérer à la zone MENA et de promouvoir la Maghreb comme zone de réflexion et de projection économiques. L'approche est d'autant plus séduisante qu'elle reflète aussi une nécessité pratique pour les pays en voie de développement : celle de favoriser leurs échanges, d'aller vers des commerces Sud-Sud qui n'auront jamais lieu car ces zones ne changeront rien à la réalité des structures économiques si des gouvernements n'engagent pas des politiques économiques  nationales autonomes. Rien ne dit que ces projets de reconfiguration du Sahel aboutiront. Ni les forces politiques nationales de la région  ni les peuples n'ont dit leur dernier mot. Le cas libyen est symptomatique des difficultés que rencontrent les Etats-Unis et les pays d'Europe à mettre leurs visées en pratique. La crise économique a réduit leur marge de manœuvre. Les Etats-Unis en sont réduit à faire d'intolérables pressions sur les autres pays pour leur transférer le poids de leur endettement interne et à l'international.

Les contrariétés impérialistes

Les Etats-Unis, comme les pays européens, sont grandement conscients qu'ils auront à affronter des révoltes et des mécontentements populaires sur leur propre sol. Par ironie du sort, au lieu de mener les changements du Grand Moyen Orient devant leur assurer maîtrise politique et géostratégique pour le contrôle de l'accès aux hydrocarbures, les peuples arabes leur imposent une autre configuration politique qui annihile leurs tentatives de contenir les peuples  dans les limites souhaitées par les grandes puissances. Les défilés ministériels au Caire ne visent pas autre chose que de s'assurer d'un positionnement pro-occidental des autorités et de leur capacité à reproduire le système mis en place en donnant l'impression des grands bouleversements. Et le défilé des ministres à Tunis n'a pas, non plus, d'autres buts. Ce qui frappe, c'est le côté dérisoire des aides proposées, quelques millions d'euros, un chiffre infinitésimal face aux besoins réels et comparé aux superprofits que ces grandes puissances ont retiré de l'alignement des tyrans arabes sur les orientations et les modèles de l'Occident.

Pourquoi la génération des jeunes Arabes qui n'ont pas connu les indépendances et encore moins les luttes de libération se soulève-t-elle contre les dirigeants actuels ? Les raisons sont nombreuses et les analyses sérieuses ne manqueront pas d'émerger du plombage idéologique binaire que les médias dominants se renvoient comme des échos s'épaulant l'un l'autre pour donner à une propagande - savante et sophistiquée certes mais une propagande quand même - les apparences d'une vérité universelle. Mais surtout la redoutable efficacité d'un dogme religieux qui renvoie dans la géhenne du soutien aux dictatures tous ceux qui discutent les intentions réelles des puissances en mal d'ingérence. Bref, qui discutent cet «impérialisme humanitaire» comme l'a si bien nommé Jean Bricmont. Jamais nous n'avions connu un tel poids du «taisez-vous». Nous devrions nous rendre aux logiques «démocratiques» sans les interroger. Le premier facteur de cet impérialisme, c'est la terreur morale que nous devons absolument rejeter, la stigmatisation, la fermeture vers une seule alternative : c'est «soit l'Occident, soit la dictature». Et une fois de plus, pour se tirer des griffes des dictatures, il faut tomber dans celles qui les ont fabriquées ? Pour nous Algériens, la question reste cruciale. Comme les autres pays arabes, la génération des jeunes ne se souvient pas de la guerre de libération, ni de la misère des gourbis, ni de la misère des jours sans pain. Et personne au pouvoir ne leur donne à lire les souffrances indicibles que nous retrouvons dans les romans de Dib, de Feraoun, de Mammeri, de Kateb Yacine. Pas même la vérité romanesque d'Omar ramassant les poussières de charbon pour les ramener à Aïni ou de Fouroulou passant l'hiver glacial des montagnes kabyles. Ce n'est évidemment pas un accident. Comment appeler la condition coloniale, comment rappeler quelques raisons profondes de notre guerre de libération et nous faire les louanges de l'économie de marché et du libéralisme dont la condition coloniale n'est qu'un segment ? Notre jeunesse ne veut plus entendre parler d'un patriotisme devenu discours paternaliste et culpabilisant à l'endroit de jeunes supposés moins méritants que leurs aînés.

Le diable et son avocat

C'est en direction de la jeunesse, ce «carburant» du changement, que se fait le maximum de l'autre  l'effort de culpabilisation.  Nous nous retrouvons non plus dans l'analyse politique, dans la réalité  mais dans d'invraisemblables abstractions. D'un côté, des tyrans surexposés dans les médias avec profusion de leurs portraits grâce à toutes les techniques possibles. Voilà le diable. Et de l'autre côté, des manifestants  dont on ne sait pas grand-chose à part quelques figures qui doivent devenir des symboles, c'est à dire encore des abstractions. Des individus transformés en destin. Des images de l'histoire sorties d'un néant de l'histoire. En parallèle de la dictature morale chemine l'ensevelissement de l'histoire. Kadhafi a fait réellement  autant de morts que Saddam Hussein et, pourtant, aujourd'hui dans le bilan des morts, des tortures, des prisons, des atteintes aux droits de l'Homme, de la destruction de toutes les infrastructures de l'Irak et dans le bilan de la corruption que pèsent les crimes de Saddam Hussein devant ceux de Bush prolongés par Barak Obama ?  Car le prix Nobel de la paix est un authentique tueur et il le prouvera de plus en plus clairement que les Etats-Unis s'enfonceront dans la crise. Ils iront plus vite dans cette direction avec le séisme du Japon qui obligera ce pays à ne plus acheter la dette américaine pour essayer de s'en sortir. Le monde civilisé et les nations démocratiques ont affaibli à petit feu l'Irak avant de lui donner l'estocade. A l'époque, un grand débat a fait illusion dans les milieux de la gauche européenne comme dans les cercles des anti-impérialistes  repentis et convertis à la modernité ; ce courant était contre le dictateur Saddam Hussein et ne pouvait le soutenir contre une agression de la coalition internationale.

Le débat s'est joué à peu de choses près. Premièrement, ne pas soutenir un dictateur est revenu à se taire devant une agression impérialiste qui devait enlever un dictateur selon les buts claironnés mais qui a, en réalité, détruit un pays, un Etat et les forces productives lentement et difficilement accumulées. Le silence à une agression dirigée contre un pays et pas contre un homme.  C'est la même chose aujourd'hui pour la zone d'exclusion aérienne de Sarkozy et Cameron. Deuxièmement, cela s'est joué à la dénomination des choses. En refusant de nommer l'agresseur par son nom : l'impérialisme, c'est-à-dire tout le système de domination du monde qui règle tous les détails de la gestion de la planète, les «juste-milieu» ont dérouté complètement la volonté des peuples de résister car ils ne savaient plus où frapper. Ces peuples pouvaient s'indigner de l'agression américaine en Irak,  ce sont  les «valeurs démocratiques» de l'agression qui gagnaient du terrain.

Troisièmement, cela s'est joué à l'«irréalité». On demande aux peuples de devenir conformes au bon modèle occidental de la démocratie représentative comme si chacun de ces peuples ne vivaient pas dans des conditions économiques, sociales, culturelles extrêmement différentes et lourdement marquées par le choc colonial. À la suite du rouleau compresseur du FMI qui nous met tous à la même médication économique passe le rouleau compresseur de l'idéologie impérialiste qui nous impose à tous la même potion démocratique. Les Etats-Unis n'interviendront pas en Libye. Comme Bouteflika, ils ne veulent pas d'une zone d'exclusion aérienne. La presse algérienne va-t-elle les traiter d'avocats du diable ou de soutien aux dictatures comme elle l'a fait pour Bouteflika ? Les Etats-Unis sont contre l'exclusion car ils n'en ont pas les moyens. Ils ont suffisamment à faire aujourd'hui avec les dangers internes. Si une protestation comme celle du Wisconsin se reproduit, ils n'auront pas assez de leur Garde nationale. Et pour ceux qui l'ont oublié, les Etats-Unis ont souvent tiré sur leur peuple notamment pendant les protestations contre la guerre du Vietnam.  Ils s'en priveront d'autant moins s'il s'agit  de défendre Wall Street. Que pèsent les appels à l'intervention humanitaire devant les froides réalités financières et militaires ? Sarkozy se moque des Libyens. Il a soutenu le CNT dans l'intérêt d'Israël pas de la démocratie. Vous connaissez  un Arabe qui soit remarquable pour Bernard Henri Lévy sans que ce dernier manifeste son allégeance pleine et entière à Israël ? Il manquait à la France cette avanie : Sarkozy le lui a infligé en compagnie de Cameron dont Israël est le premier pays. Sarkozy, dans sa frénésie, a voulu aussi devancer l'histoire. Il n'avait pas compris que pour l'Allemagne et pour les Etats-Unis, même les intérêts d'Israël peuvent ne pas être prioritaires même s'ils sont rentables pour sa réélection en 2012.La grande leçon est que les Etats-Unis et l'Allemagne ont des intérêts nationaux à défendre en refusant l'aventure française.

L'Algérie a-t-elle des intérêts nationaux et les Algériens ont-ils intérêt à avoir les troupes et les armes de l'Otan à leurs frontières ?


Source : LA TRIBUNE ONLINE

HUIT ANS D'INGERENCE NEOCOLONIALE FRANÇAISE...ET DE RESISTANCE HEROÏQUE DU PEUPLE IVOIRIEN


CARTE COTE D'IVOIRE 2.jpg

Par Luis Basurto (*), le 12 mars 2011

La crise en Côte d'Ivoire n'est pas née en décembre 2010, le 2 de ce mois, jour de l'annonce solitaire, surprenante et hors délai des résultats électoraux provisoires du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 faite par le président de la Commission électoral ivoirienne flanqué des ambassadeurs de la France et des USA dans le quartier général électoral du candidat Alassane Dramane Ouattara, l'orthodoxe économiste du FMI. La crise ivoirienne n'est pas née seulement du refus arrogant de la France, ayant obtenu le soutien des USA et de l'Onu, de reconnaître les résultats électoraux définitifs proclamés par le Conseil Constitutionnel ivoirien, l'instance suprême, la seule, qui avait le pouvoir légal de le faire.   La crise ivoirienne est née le 18 septembre 2002 au soir. La tentative de putsch, ratée, de ce jour là contre Laurent Gbagbo fut repêchée rapidement par un plan B de la France avec l'intervention efficace de l'armée française, le 43ème Bima, basée à Abidjan. Jacques Chirac ordonna rapidement la partition du pays sécurisant les rebelles dans le nord du pays en essayant parallèlement de déposséder Gbagbo de tous ses pouvoirs réels, ses pouvoirs constitutionnels, par les "accords" dits de Kléber, à Paris : il choisit  et désigna depuis janvier 2003 presque directement deux premiers ministres ivoiriens, Seydou Diarra en 2003 et Charles Konan Banny en 2005, qui bien entendu obéissaient aux instructions et aux injonctions de Paris. L'ingérence française, militaire, diplomatique et politique, fut constante depuis septembre 2002, elle vient donc de loin. La crise ivoirienne est un état quasi permanent depuis plus de huit ans du à cette ingérence permanente et intense.

La victoire de la force contre l'état de droit c'est justement ce qui s'est passé depuis 2002. Les putschistes pro-Ouattara furent requalifiés 'forces nouvelles » par l'interventionnisme chiraquien, par l'ingérence grossière. Laurent Gbagbo, historien, enseignant universitaire, social-démocrate modéré -fondateur du Front Populaire Ivoirien-FPI affilié à l'Internationale socialiste- fut élu le 22 octobre 2000 ayant long temps lutté pour les libertés politiques et contre le régime autocratique de Félix Houphouët-Boigny, l'allié inconditionnel de la France néocolonialiste. Mais, depuis le jour même de son investiture ses rivaux de l'ex parti unique houphouëtiste, le PDCI -Parti Démocratique de Côte d'Ivoire- l'ancien président Henry  Konan Bédié et l'ancien premier ministre d'Houphouët, A.D.Ouattara,  firent tout pour tenter de le déstabiliser et de l'éjecter de la présidence. Les putschistes du 18 septembre 2002 n'étaient pas à leur première tentative. Et la rébellion soutenue par J. Chirac commit dès le premier jour des crimes inavouables, des exactions les plus extrêmes, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Leurs responsables n'ont jamais été ni jugés ni condamnés. L'impunité -ainsi que la déloyauté et le cynisme- est ainsi devenue la règle dans la vie politique ivoirienne depuis septembre 2002.

La guerre civile, ouverte ou larvée, en Côte d'Ivoire est un état quasi permanent depuis septembre 2002. Et le coup d'Etat permanent, contre les institutions ivoiriennes et les élus, s'est érigé en système pérenne. En novembre 2004 les soldats français commirent contre des civils ivoiriens désarmés des tueries jamais poursuivies ni punies. Le 9 novembre 2004 face à l'hôtel Ivoire à Abidjan 57 civils ivoiriens furent sauvagement tués par l'armée française. Un reportage diffusé plus tard par Canal Plus en France montra les images horrifiantes, insupportables, de ce massacre. On l'a oublié ? Fin 2005 la France et son faux-nez onusien, l'Onuci, essayèrent de dissoudre rien de moins que l'Assemblée nationale ivoirienne, c'est ainsi que le 15 janvier 2006 le GTI, « groupe de travail international », annonça par communiqué banal qu'il « prenait acte » de la fin du mandat des députés ivoiriens. Cette ingérence inadmissible  provoqua le refus ferme des civils ivoiriens qui défilèrent par milliers ; les manifestations de colère patriotique furent stigmatisées par la France et diabolisées par ses médias français et ceux de la « communauté internationale ». Mais l'immixtion, l'ingérence grossière, ne put passer.

Chirac introduit l'ONU dans son dispositif géopolitique pour masquer le rôle néocolonial central de la France et « légitimer » l'ingérence ouverte en se drapant des « décisions » onusiennes. C'est ainsi que fut créée l'Onuci, la « mission de l'ONU pour la Côte d'Ivoire », avec un corps expéditionnaire de soldats, policiers et fonctionnaires civils chargés officiellement de s'interposer entre belligérants et de protéger la population civil mais dans les faits ayant plutôt couvert, consolidé, le pouvoir de la rébellion « nordiste » pro-Ouattara et ouvertement essayé d'éroder la souveraineté de l'Etat ivoirien. A l'ONU, touts les textes émanant du Conseil de sécurité furent, et le sont toujours, rédigés rien de moins que par les seuls diplomates français qui se livraient ensuite à un intense travail de lobbying pour les faire entériner par les membres permanents et non-permanents de cette instance.

A présent Nicolas Sarkozy ne fait rien d'autre que continuer cette aventure chiraquienne et il le fait avec beaucoup de conviction car A.D.Ouattara est son ami personnel. Ils partagent l'amitié avec certains potentats français comme Martin Bouygues et ce fut l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président qui  officia son mariage avec Dominique Folloroux, une femme d'affaires française liée aux milieux oligarchiques français. L'agitation, l'activisme et les gesticulations théâtrales sont la marque personnelle de Sarkozy, comportements pas moins hasardeux et dangereux pour autant, alors qu'il est dans la stricte continuité de Chirac et d'autres de Gaulle essayant à tout prix de sauvegarder le pré carré néocolonial français en Afrique.

En 2004, Jacques Chirac et Georges W. Bush commirent en Haïti un coup d'Etat « en douce » contre Jean Bertrand  Aristide, embarqué par la force dans un avion et envoyé à l'exil forcé en Afrique. Oublié tout cela ? Ils utilisèrent le même schéma qu'en Côte d'Ivoire, à quelques détails près, à savoir d'abord un coup d'Etat contre le président Aristide « justifié »  par une rébellion soutenue en sous main dès l'extérieur par les USA et le prétexte « d'éviter aux haïtiens une guerre civile », ensuite arriva le piétinement des institutions haïtiennes et finalement la totale mise sous tutelle du pays sous la bannière de l'ONU, la Minustah -Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti- pilotée et contrôlée par le couple USA-France. Le bilan de cette ingérence et de l'écrasement de la souveraineté haïtienne est là, un bilan pitoyable, un bilan honteux. Les exactions des soldats onusiens en Haïti restent impunies. L'échec de l'interventionnisme de l'Onu, de sa Minustah, qui est celui du couple néocolonial USA-France est aisément démontrable par le bilan à tirer de six ans d'ingérence : embourbés dans les affrontements sociaux et politiques, ils -les USA, la France et l'ONU- ont été incapables même d'organiser et de garantir des élections crédibles, sans trop s'attarder sur l'incompétence manifeste, tragique pour les haïtiens, à faire face à l'urgence humanitaire créée par le séisme terriblement meurtrier de janvier 2010.

La crise ivoirienne n'est pas qu'une simple crise postélectorale comme nous essayons de le démontrer en rappelant les faits. Elle débuta le soir du 18 septembre 2002, donc à présent plus de huit ans se sont écoulés. L'état de guerre civile ne date pas non plus des élections du 28 novembre 2010 mais de l'institutionnalisation des putschistes pro-Ouattara du 18 septembre 2002 et de la banalisation de leurs méthodes antidémocratiques et sanguinaires : la longue et tenace tentative de prise du pouvoir directe d'A.D.Ouattara commença plus huit ans en arrière avec l'acte « fondateur » d'un putsch manqué. Ce putschistes furent promus, par l'ingérence militaire et politique française, et l'agitation médiatique -la propagande- qui l'accompagnait, par une ingérence néocoloniale, en acteurs politiques « crédibles » alors qu'ayant commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et occupant en toute illégalité la moitié nord du pays, devenue zone de non-droit où toutes les exactions et trafics ont été et sont toujours possibles. La primauté de la force sur le droit c'est justement ce que les putschistes ratés pro-Ouattara, repêchés et requalifiés par J.Chirac, ont démontré et ouvertement revendiqué depuis 2002. L'impunité est érigée en système de par les exactions scandaleuses, non poursuivies et sanctionnées devant aucune juridiction ivoirienne ou internationale, des rebelles pro-Ouattara, mais aussi de l'armée française - le 43ème Bima puis la « Force Licorne » - et de son supplétif onusien, l'Onuci.

La résistance des civils ivoiriens et de l'Etat de Côte d'Ivoire est légitime et légale. La résistance contre l'ingérence néocoloniale française est un droit imprescriptible mais aussi  le devoir patriotique des ivoiriens. La défense ferme de la souveraineté et de l'intégrité de l'Etat et du territoire ivoiriens contre l'ingérence grossière et les desseins néocoloniaux de la France, épaulée à présent ouvertement par les USA -par l'axe impérialiste USA-Union Européenne qui fait tomber ses masques- est la seule conduite possible des ivoiriens s'ils veulent sauvegarder leur liberté, leur indépendance et leur dignité, celles du peuple ivoirien et celles de leur pays, pilier de l'ouest africain. L'avenir de l'Afrique et de l'ensemble des pays et des peuples du monde voulant préserver leur indépendance nationale et leur liberté passe par le combat héroïque et la victoire souhaitable des patriotes ivoiriens.


(*) Luis Basurto : Enseignant, syndicaliste.


Source : MONDIALISATION.CA

vendredi, 18 mars 2011

VOICI TOUTE LA STRATEGIE DE L'«OPERATION PALAIS» MISE EN PLACE PAR L'ELYSEE


LICORNE. ARMEE FRANçAISE EN CI.JPG

La guerre qui a cours actuellement en Côte d'Ivoire n'a pas du tout l'allure d'une guerre civile, appelons les choses par leur nom, c'est tout bonnement une agression internationale contre la Côte d'Ivoire dont le commanditaire principal, maître d'œuvre et maître d'ouvrage, reste la France. A preuve, selon nos sources de l'Hexagone, la réunion secrète d'une coterie qui s'est tenue la semaine dernière sous l'égide de Sarkozy au Palais de l'Elysée à Paris.

Etaient associées à cette réunion, une pléthore de personnalités politiques françaises de tous bords : A commencer par Sarkozy lui-même, président de la République. Ensuite, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, anciennement Secrétaire général de l'Elysée avec en charge le dossier ivoirien, Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie dite Mam, limogée dernièrement qui a eu à gérer ce dossier, en tant que ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de feu François Mitterrand. Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand. Jack Lang, ancien ministre mitterrandien, depuis août 2010, conseiller spécial aux Nations unies sur la piraterie, donc proche collaborateur de Ban Ki-moon. Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris. Jacques Toubon, ancien ministre chiraquien qui a représenté le Président Jacques Chirac. Martine Aubry et Ségolène Royale invitées toutes deux à cette réunion ont brillé par leur absence en déclinant l'invitation.

Cet aréopage hétéroclite de personnalités françaises avait à l'ordre du jour, un seul point : La situation en Côte d'Ivoire. Elle fait suite à deux raisons essentielles : La première est d'ordre économique : Bolloré, Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et de la Société Générale de banque d'un commun accord sont allés voir le président Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle était programmée pour 48 h, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient à tout point de vue l'allure d'une catastrophe irréversible.

Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet. La deuxième raison se situe sur le plan militaire. Malgré les moyens colossaux (armements, logistiques, financiers), l'Ecomog peine sur le terrain et n'arrive pas à trouver ses marques, face aux Fds. Sarkozy et autres en ont déduit que les forces en présence sont d'égale valeur, avec pour les Fds deux avantages certains, la maîtrise du terrain et la collaboration de la population qui la soutient. Ils en ont déduit qu'il fallait changer de stratégie pour réussir leur coup de force. Ce sont ces considérations et les donnes sur qui ont motivé ce conclave surréaliste ou des socialistes purs sangs sont allés se fourvoyer.

Une autre chose qui risque de créer un scandale politique en France et que le pouvoir français veut vite circonscrire par une victoire qui justifierait leur perte, c'est la mort sur le champ de bataille de l'Ouest de 37 soldats français dont les corps sont en souffrance à Sebroko, siège de l'Onuci, suite à une querelle diplomatique entre le Consul général de France et Choï, le représentant de Ban Ki-moon. Après discussions, ils ont choisi consensuellement de mettre fin au régime de Laurent Gbagbo avant la première semaine d'avril. La méthode : une guerre éclair «Blitz Krieg» à l'allemande qui ne doit pas durer plus de 48 heures. Un seul objectif, prendre le Palais présidentiel quel qu'en soit le prix. Simultanément, la Rti avec. Pour la réussir, voici le plan échafaudé :

1-      A l'extérieur : Pas de réunion de Conseil de sécurité à l'Onu. Car même si une telle résolution arrivait à passer sous les fourches caudines des vétos russes et chinois, les débats donneraient le temps à la Côte d'Ivoire de s'organiser pour faire face militairement à l'agression. Or, pour réussir ce «Blitz Grieg», il faut jouer totalement avec l'effet de surprise.

2-      A l'intérieur : a- Les Français de Côte d'Ivoire ne seront pas informés, de peur que l'affaire s'évente, et aucune disposition particulière ne sera prise pour eux, quitte à les sacrifier, s'il le faut. b- Il n'y aura pas de mise en congé d'élèves ou de fermeture de classes, pour éviter de mettre la puce à l'oreille des autorités ivoiriennes. c- Il n'y aura plus d'annulations de vols pour ne pas éveiller des soupçons chez les plus avertis des Ivoiriens.

Comment s'y prendre ? La procédure est aussi simple qu'ignoble. Prendre avant toute autre chose le ciel en main, avec une maîtrise totale (hélicos, avions, etc.) de l'espace aérien ivoirien. Pour se faire, prendre le jour-J l'aéroport de Port-Bouët (l'aéroport Félix Houphouët-Boigny, ndlr) par la Force Licorne, entre autres chargée aussi de bloquer les deux ponts et l'Autoroute du Nord pour éviter toute velléité de résistance de la part des patriotes (Treichville, Marcory, Koumassi et Yopougon étant isolés). Une fois le ciel maîtrisé, faire abattre un déluge de feu tous azimuts du ciel sur les Fds pour anéantir toute défense, en bombardant d'une manière intense le sol. Au sol, une offensive partira d'Adjamé et d'Attécoubé pour prendre le Palais.

Pour l'heure, la Résidence ne les intéresse pas; c'est le Palais du Plateau, symbole du pouvoir étatique. A cet effet, Choï a truffé tous les bidonvilles d'Attécoubé d'armes lourdes très sophistiquées qui seront utilisées par des éléments burkinabé, maliens et sénégalais formés pour et qui sont planqués dans ces quartiers précaires. La difficulté pour les soldats de l'Ecomog était de trouver une tenue qui leur permettrait de se reconnaître et d'éviter les bavures. C'est fait. Pour tout dire, Attécoubé est aujourd'hui, le plus grand dépôt d'armes lourdes que la Côte d'Ivoire ait connu. Les attaques de Port-Bouët et des autres communes seraient des diversions. Selon nos sources parisiennes, la seule commune d'Attécoubé contiendrait autant d'armements lourds que la Garde républicaine en possède. Pour éviter tout raté, les Français ont installé, à Sebroko cette fois, un matériel sophistiqué qui permettrait de visualiser tous les mouvements et sons du Palais présidentiel.

L'intérieur du pays : S'il ne constitue pas la préoccupation principale, il n'est pas en reste. Toumodi, par exemple, est quasiment infiltrée pour ne pas dire qu'elle est dans leurs mains. Ils veulent en faire un verrou pour prendre Yamoussoukro. Enfin, pour bloquer totalement toute velléité militaire venant de l'intérieur dans le but de renforcer les Fds à Abidjan, ils ont fait de N'Zianouan un dépôt d'armes, avec quatre significatives caches d'armes lourdes.

Voici, tel que décidé par le conclave de l'Elysée, ce que leurs médias qualifient d'«Opération Palais» depuis quelques jours. Et comme les partisans de Ouattara se trahissent toujours par leur propension à divulguer d'une manière ou d'une autre leurs basses besognes concoctées dans le plus grand secret des dieux, ils annoncent depuis le début de la semaine, à grands tapages médiatiques, qu'il y a des détonations d'armes lourdes à Adjamé, détonations qu'ils sont pour le moment les seuls à entendre. Ceci, quand ils n'affirment pas sur leurs chaines internationales qu'Adjamé est dans leurs mains. A quand la fin des rêves démoniaques de Sarkozy ?


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

 

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Réunion de guerre du 15 mars 2011, de 14 heures à 16 heures, au Camel : Attaque des positions Fds et des personnalités politiques.


1) Forêt du banco près de la Maca, Samedi 19 mars 2011: Dépôt d'armes le soir et la nuit pour une attaque d'envergure de la Maca et de Yopougon.

2) Au cimetière de Williamsville, Samedi l9 mars 2011: Dépôt d'armes entre 00 heure et 01 heure pour importante attaque du camp de la Crs1.

3) Biabou derrière l'aéroport, Samedi 19 mars 2011: Attaque de la base du Gatl.

La plus importante attaque est prévue pour le dimanche 20 mars 2011. Elle visera essentiellement la Résidence du chef de l'état. L'attaque partira de la résidence de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Pour ce faire, l'ambassadeur de France ou le représentant diplomatique quittera sa résidence, le vendredi 18 mars 2011, pour se réfugier à l'ambassade des Usa.

La stratégie d'attaque consistera pour les mercenaires à attaquer les éléments en poste dans les différents postes d'observation de la résidence. Ce qui, à n'en point douter, obligera les éléments Fds en faction en ces lieux à riposter. Par rapport à cette riposte, l'armée française sortira son artillerie pour attaquer les positions de Fanci et la résidence du chef de l'Etat dont selon eux, l'assassinat est programmé ce jour du 20 mars 2011. L'Onuci et la Force Licorne interviendront pour pouvoir porter le coup fatal à la République de Côte d'Ivoire. De même, les mercenaires postés à l'ambassade des Usa s'impliqueront en appuyant l'attaque contre la République de Côte d'Ivoire.

NB: La majorité des rebelles de l'Hôtel du Golf a été déversée à Abobo et à Yopougon. La probable investiture d'Alassane Ouattara le mercredi 23 mars 2011. Il se trouve en ce moment au Burkina Faso. Quant à Konan Bédié, il attend à Paris où il se trouve en ce moment. Un officier proche du Président de la République a été approché, à la base Camel, pour faciliter l'opération d'élimination physique du président Gbagbo.


Source: GBAGBO.CI

jeudi, 17 mars 2011

LE MAILLON FAIBLE DE LA CHAINE IMPERIALISTE: LA CRISE ARABE

BEDOUINS DES EMIRATS ARABES UNIS.jpg

 

Pour mieux connaître ou comprendre les fondements de la vague révolutionnaire dans les pays arabes et pour un regard critique sur leurs issues actuelles. Sans cautionner, pour autant, les thèses qui y sont défendues contre Israël, mon pays. Fernand Dindé.

 

 

 

Ode à la démagogie « démocratique »

 

La répression des révoltes spontanées aussi bien que des insurrections patentées est terrible, les morts sont nombreux et les blessés encore davantage, comme il sied dans ces pays « barbares » néo-colonisés qui doivent être mâtés par le fer et par le feu, disait l’éthylique Churchill (le même individu qui a proclamé que la démocratie était le pire des systèmes à l’exception de tous les autres). Cependant ce n’est pas le nombre de martyrs et de victimes collatérales qui détermine le caractère révolutionnaire d’un soulèvement populaire. (1)

 

Cette première phase de révolte de la rue arabe est pourtant absolument incontournable, voire indispensable, pour qui aspire à ce qu’une deuxième vague de révolte s’amorce enfin et au plus tôt. Il faut que le ressentiment instinctif et la colère réprimée s’expriment et projettent leurs vagues d’illusions jusque sur les murs de la répression où elles se  fracassent, déchirées par les armes des portefaix et des militaires chargés de maintenir le pouvoir des riches thuriféraires de l’impérialisme, et aussi le pouvoir des puissants qui en sous-main tirent les ficelles de ces polichinelles tenant lieu de chefs d’État, ces rois fainéants, ces sultans décadents et ces présidents tyrans. (2) Elle est en marche cette deuxième étape de la révolte arabe, elle éclate par intermittence à Tunis, à Amman, au Caire, à Sanaa, à Alger et à Rabat sans que les médias occidentaux n’en fassent état. Elle ressurgira à la face du monde dans un mois ou dans un an, car bien peu des exigences légitimes des insurgés n’auront été rencontrées.

 

Hillary Clinton, la première, aura lancé un leurre devant les yeux du pur-sang arabe hennissant, et toute la presse à la solde a repris cette billevesée perfide : « Nous soutenons l’aspiration des peuples arabes à la démocratie ». Ils chômaient, ils ployaient sous le joug, ils étaient affamés, emprisonnés injustement, battus, torturés, entassés dans des cars clinquants qui les transportaient dans la poussière vers leur misère, sans aide et sans soins médicaux. Pendant que leurs ressources naturelles, bradées, sortaient de leurs pays à vil prix, ils importaient au prix fort tout le nécessaire pour survivre, l’inflation rongeait leur maigre salaire, le coton égyptien pourrissait sur les quais déclassé par le coton américain subventionné; les paysans désœuvrés venaient s’agglutiner dans les villes surpeuplées alors qu’on aménageait leurs champs pour transformer la nourriture en carburant et que la crise économique les frappait de plein fouet. Ils se sont révoltés contre cette « fatalité », et la Secrétaire d’État Hillary, avec le plus grand mépris, leur a proposé de voter pour un plus grand nombre de ces satrapes dévoyés (car dans quelques pays arabes on votait déjà pour une liste restreinte de ces candidats à la dictature).

 

Les illuminés, les révoltés, les exploités, les aliénés ont tous pu constater au cours de cette première phase de la révolte (novembre 2010- mars 2011), au cours de ce premier round de la guerre des classes, les limites de ces revendications économiques pour le pain et le sel, pour le travail et l’équité. Les possédants leur ont jeté quelques ploutocrates à « démettre », ils leur ont accordé chichement quelques augmentations de salaires; ils ont réduit les prix des denrées de première nécessité et diminué la valeur de l’argent pour les acheter, ils ont promis des élections par lesquelles ces bons peuples pourront, à l’exemple des populaces du Nord, choisir l’État-major étatique de la classe dominante qui dirigera les destinées de chaque nation « démocratique » arabe. Enfin, la « liberté » de choisir son garde-chiourme frappe aux portes des pays arabes « modernisés et démocratisés »!

 

« Vos Révolutions victorieuses sont terminées : rentrez chez vous, il n’y a plus rien à voir », leur a-t-on fait accroire, puisque dorénavant il y aura dix, vingt ou trente candidats aspirant à s’emparer du pouvoir, dociles à rendre compte du bradage des ressources nationales au Président Obama et à ses acolytes. Pour ce qui est des hausses de salaires, elles seront temporaires; attendez que le FMI soit passé par ici une fois le calme rétabli. Ne restent que le royaume d’Arabie et quelques émirats à ne pas bénéficier de cette immense jouissance où pataugent ceux du Nord depuis leur enfance, sous le chômage, l’inflation, la déflation, la succession des crises économiques, les guerres sporadiques, l’insécurité des villes, la dégénérescence morale, la pollution, la drogue et la prostitution, le suicide des adolescents, les soupes populaires et la misère.

 

Peuples arabes, bienvenue dans la civilisation occidentale! Vous en aviez rêvé, ce sera pire que ce que vous pensiez. Vous êtes passés en quelques mois de la misère néo-coloniale à la mansuétude post-coloniale. Il vous faut dès à présent préparer la deuxième étape de votre révolte généralisée pour qu’elle donne lieu à de véritables révolutions, c’est-à-dire à des transformations radicales de vos sociétés par la prise entre vos mains de tout le pouvoir d’État, ce qui constitue la vraie démocratie.

 

Dignité bafouée

 

Et que dire de ce cancer impérialiste de souche européenne, implanté au cœur de la vie, au Levant d’une Méditerranée souillée par la pollution de ces colonisateurs industriels avides, arrogants et génocidaires! Cette « colonie colonisatrice » incrustée tout près du canal de Suez, entre le Golan syrien et les montagnes du Liban farouche, cette entité sioniste plantée entre la mer qu’elle a asphyxiée et Gaza la ville martyre indomptable. Cette plaie sioniste théocratique, terroriste, qui se complait à humilier tous les peuples arabes!

 

Depuis que l’impérialisme a découpé l’ensemble de la planète en zones d’exploitation et de concurrence qu’il se repartage et redistribue selon les puissances montantes ou déclinantes du moment (Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Japon, puis États-Unis, Russie, Chine, etc.), toute révolte populaire, toute résistance nationale authentique, est partie intégrante de la grande lutte anti-impérialiste mondiale. À titre d’exemple, quand le peuple palestinien arabe résiste au sionisme et tente de libérer toute sa terre occupée depuis 1948 par le colonisateur impérialiste israélien, il en vient très vite à lutter contre  la puissance de tutelle d’Israël, les USA. Les collaborateurs de l’Autorité de Ramallah le savent bien, ceux-là même qui quémandent à la puissance de tutelle de calmer les appétits de son protégé et de le contraindre à accepter la constitution d’un bantoustan à administrer par eux, les derniers supplétifs à ne pas bénéficier d’une zone de gestion partagée. Tous les autres pions arabes ont déjà reçu leur tribut et se sont vu attribuer une réserve à administrer; Mahmoud Abbas et sa coterie croient qu’ils y ont droit eux aussi. (3)

CARTE MAGHREB.JPG

Le maillon faible

 

Pourquoi cette première vague de soulèvements spontanés, généralisés à travers l’Afrique du nord et le Proche-Orient arabisé ? Qu’est-ce qui explique que tous ces peuples qui forment la grande nation arabe, de la frontière iranienne aux rives de l’Atlantique, protestent, s’agitent et se soulèvent à tour de rôle, parfois les armes à la main, le plus souvent le poing nu levé au ciel pour réclamer justice et équité, honneur et dignité,  travail et nourriture ? Les vicissitudes  de la crise économique et financière occidentale (2008), qui ont frappé tous ces pays expliqueraient-elles, à elles seules, ces soulèvements? Mais toutes les populations du globe n’ont-elles pas été frappées par la crise sans pourtant toujours se révolter de la sorte? Alors pourquoi ce tropisme arabe ?

 

Examinons de plus près la conjoncture politique, sociale, culturelle et idéologique particulière à ce ventre mou de l’impérialisme pour y trouver l’explication de ces insurrections à répétition qui ont pris l’allure d’une traînée de poudre sillonnant les déserts pétrolifères. Tentons de comprendre les raisons de cette révolte soudaine et inévitable sur cette terre qu’on aurait tort de réduire à un désert. Pourquoi donc le monde arabe se présente-t-il comme le maillon faible de la chaîne impérialiste ?

Le monde arabe est constitué d’une vingtaine de pays souverains mais pas indépendants (4), répartis sur 13 millions de km carrés s’étalant de l’Océan Atlantique à la frontière de l’Iran. Il compte 313  millions d’habitants de religion musulmane (90%), de langue et de culture arabe.  Le produit intérieur brut annuel moyen par habitant s’échelonne de 1000 $ en Palestine à 76 000 $ au Qatar - ils sont des centaines de milliers à survivre avec 2 $ par jour en Palestine occupée.

DIAGRAMME PAYS ARABES.JPG

« La population des dix-neuf pays du Maghreb et du Moyen-Orient a presque triplé au cours des quarante dernières années (1970-2010) pour passer de 112 à 313 millions d’habitants (+ 180 %). Mais, au cours des quarante ­prochaines années (2010-2050), elle va augmenter seulement de 62 %, soit trois fois moins vite. Ce simple constat signifie que la transition démographique est en marche dans l’une des régions les plus complexes du monde sur les plans politique, culturel, religieux, sécuritaire… et énergétique. Cette région, même si elle n’est pas homogène, abritera 6 % seulement de la population mondiale en 2050, contre 5 % actuellement et 3 % en 1970. Aujourd’hui, dans un monde qui a soif d’énergie, elle ­contrôle, selon la compagnie British Petroleum, respectivement 55 % et 30 % des réserves mondiales de pétrole brut et de gaz naturel. » (5)

L’ensemble du monde arabe est passé au cours des cinquante dernières années de la semi-féodalité au capitalisme, de l’artisanat à l’industrie et de l’agriculture de subsistance à l’agriculture industrielle. Au cours du dernier demi-siècle la population arabe, avec quelques écarts d’un pays à un autre, a migré de la campagne à la ville et du souk au supermarché; de l’analphabétisme généralisé à l’université; de l’organisation tribale à la technocratie bureaucratique. Au cours de ces quelques décennies, le monde arabe a connu un taux de natalité en recul; il est passé de la famille patriarcale clanique à la famille nucléaire éclatée; de pratiques religieuses de type médiéval à une diminution lente mais réelle des pratiques religieuses (les réminiscences des courants islamistes ne doivent pas faire illusion, elles pourraient bien n’être que les barouds d’honneur d’une sphère religieuse en déliquescence).

Au cours de cette brève période, l’ensemble du monde arabe est passé d’une pyramide des âges normale à un évasement pyramidal foudroyant (35 % de la population arabe a moins de 15 ans). Imaginons ce que ce rajeunissement prodigieux des couches populaires comporte de potentiellement révolutionnaire quand des millions d’adolescents et d’adolescentes se précipiteront tous ensemble sur un marché du travail exsangue.

 

Le bradage éhonté, rapide et sans retour de la plus importante ressource naturelle non renouvelable de la régionle maillon faible de la chaîne impérialiste. (pétrole et gaz naturel); la mise en coupe serrée des économies nationales arabes; l’endettement sévère de la plupart des pays de la zone; la dépendance de chacun de ces pays à l’égard de biens de consommation produits et achetés à grand frais à l’étranger; l’inflation qui découle de cette dépendance des approvisionnements en produits manufacturés; la destruction de l’agriculture nationale par la concurrence extérieure; la fuite des capitaux de la rente pétrolière vers les marchés boursiers spéculatifs où ils sont dilapidés dans chacune des crises monétaires qui frappent le monde impérialiste (lors de la crise de 2008 les princes arabes ont perdu sans sourciller 150 milliards de dollars); la paupérisation de couches entières de paysans, de petit- bourgeois et de travailleurs; la spoliation des ressources de l’État par les castes dirigeantes indignes qui dissimulent leurs trésors dans les paradis fiscaux sans impôts. Cette conjoncture de crise fait du monde arabe un foyer inévitable de révolte,

 

En plus de cette convergence de facteurs économiques, politiques et sociaux, la communauté religieuse, linguistique et culturelle de ces peuples engendre des rapprochements et suscite des échanges de renseignements (qu’Internet facilite grandement). Cette communauté linguistique et culturelle exacerbe le sentiment d’appartenance à une communauté de misère, d’injustice et d’iniquité, et facilite la mobilisation des citoyens, tout en favorisant l’émergence d’un vouloir-vivre collectif parmi ces peuples qui aspirent à mettre fin à ce sentiment de honte coupable d’être les témoins impuissants de cette gabegie.

 

La première vague de révolte populaire

 

Les puissances impérialistes occidentales ont eu beau soutenir fermement les régimes militaires parasitaires et oppresseurs, le couvercle posé sur ces jeunes marmites bouillantes de frustration et de désespoir sans perspective ne pouvait résister plus longtemps. L’étincelle tunisienne a suffi à mettre le feu à toute la plaine arabe sèche et amère. C’est le propre des oppresseurs de tenter de se maintenir à flot par tous les moyens qu’il faut. Quand une tactique de répression ne fonctionne pas les puissances impérialistes et leurs supplétifs locaux laissent échapper un peu de vapeur, et font quelques concessions mineures, le temps d’apaiser la rue en fureur, pour reprendre ensuite le terrain concédé. Mais comme rien n’est réglé, ni même vraiment amélioré, comme la misère et le chômage s’accentuent, comme la paupérisation s’accélère, comme la destruction des bases de l’économie nationale s’approfondit, comme l’humiliation arabe se perpétue, comme l’entité colonisatrice maintien son occupation illégitime avec la complicité des traîtres fratricides locaux, alors les forces révolutionnaires en état de latence reprennent leur souffle en préparation d’un nouvel assaut, d’un deuxième soulèvement contre la citadelle des exploiteurs et des spoliateurs. Le sirocco de la révolte couve dans les déserts arabes, des confins de l’Algérie aux dunes de l’Arabie, sur les massifs du Rif et en Kabylie, et il reviendra balayer les plaines du littoral.

 

Rapport de force au sein des bourgeoisies nationales arabes

 

Dans chacun des pays de la communauté arabe, la grande bourgeoisie nationale est divisée en deux sections, le segment compradore qui s'enrichit de la braderie des ressources naturelles et le segment « nationaliste » qui s'enrichit de l'exploitation de la main-d’œuvre et du développement du commerce national. Dans certains pays comme l'Égypte, la Syrie, l'Algérie les officiers de l'armée forment un contingent cohérent dans l'un ou l'autre de ces camps opposés. Profitant des révoltes spontanées des peuples arabes, un segment ou l'autre de la grande bourgeoisie de chacun des pays en profite pour remettre en cause le compromis historique en vigueur entre eux et tenter de s'accaparer l'hégémonie sur l'appareil d'État, source de pouvoir et de capital.

 

Ainsi, en Syrie et au Liban, où il n'y a pas de prébende pétrolière à partager, la situation est restée stable et les deux sections de la bourgeoisie sont restées sur leurs positions. Au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie et en Irak, les sections « nationalistes » ont tenté de secouer le joug des sections compradores avec plus ou moins de succès jusqu'à présent.

 

En Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, au Qatar, à Oman et au Koweït, où les sections compradores sont puissantes, les sections « nationalistes » ne sont pas encore parvenues à soulever la rue pour ébranler le pouvoir hégémonique de leurs concurrents.

 

En Égypte, où le colonel Nasser avait donné le pouvoir à la section « nationaliste », que Moubarak avait rendu à la section compradore, l'armée a réussi à se rétablir aux postes de commande de l'État et elle prépare l'élection « démocratique » de son dauphin. Pour cette raison l'armée égyptienne n'attaquera pas le représentant des clans de l'Ouest libyen basé à Tripoli. Il en est de même en Tunisie où le représentant de la bourgeoisie compradore ayant été démis, l'armée tunisienne n'est pas d'humeur à porter assistance aux clans royalistes de l'Est libyen.

 

En Algérie, la section compradore ayant déjà mâté sa section « nationaliste » lors de la guerre civile contre les islamistes au cours des années quatre-vingt dix, cette dernière regarde évoluer le mouvement populaire avant de relever la tête et de remettre en cause la trêve alors convenue. L'Algérie a suffisamment de difficultés pour ne pas même songer à une aventure militaire en Libye. Au Maroc, la section « nationaliste » de la bourgeoisie nationale devrait probablement être le prochain maillon faible de la chaîne impérialiste afin de repartager les prébendes du bradage du phosphate dérobé en partie au Sahara occidental.

 

Le rôle de la petite bourgeoisie « progressiste »

 

Faute d’orientation et d’organisation révolutionnaires pour diriger ces révoltes populaires, on  peut compter sur les « bobos » pour désorienter ces peuples, proposer des leurres, transformer un  soulèvement populaire potentiellement révolutionnaire en une lutte pour l’obtention d’un bulletin de vote en faveur de « la démocratie des riches » si chère à Hillary Clinton et à ces bourgeois bohêmes toujours prompts à vendre leur plume, leur pensée, leur travail intellectuel aux plus offrants et à diffuser vilenies, utopies, rumeurs, forfaitures et « solutions » bidon. (6)

 

L’effet de surprise passé, des « conspirationnistes » se sont récemment remis à l’œuvre  pour suggérer que tout ce mouvement de révolte spontané ne serait qu’une machination impérialiste-sioniste visant à remplacer la vieille garde prétorienne par une jeune garde modernisée. Les conflits de générations expliqueraient les tribulations au sein de l’État- major des larbins. Ces spéculations sont spécieuses. Les puissances impérialistes aiment la stabilité politique et exigent la sécurité de leurs investissements. Les révoltes populaires arabes les ont prises de court, mais sitôt revenues de leur surprise les unités militaires d’invasion de l’OTAN se sont mises en ordre de combat et les unités d’infiltration anti-insurrection ont pris position.

 

Les éléments « conspirationnistes » font partie de ce florilège voué à la liquidation des mouvements de révolte afin qu’ils ne deviennent jamais des mouvements révolutionnaires. Les rumeurs de conspiration, de manigance et de téléguidage des contestations ont fait leur apparition. (7) Ces « révélations » visent à créer confusion et suspicion et à diviser les peuples arabes. Chaque insurgé devrait maintenant se demander si celui qui est à ses côtés n’est pas un agent étranger et un manipulateur au service des impérialistes américains, israéliens, français ou britanniques, ces « forces invincibles » qui  dirigent et  contestent l’ordre établi tout à la fois. Plus de révolutions possibles  puisque « Big Brother » sait tout et dirige tout, même les révoltes qui visent à le renverser. Le « conspirationnisme » est une tactique visant à désarmer idéologiquement les peuples arabes et à saper la solidarité internationale en faveur des insurgés. En effet, pourquoi les organisations de solidarité internationale soutiendraient-elles la cinquième colonne de l’impérialisme infiltrée dans ces mouvements de révolte prétendument téléguidés de l’étranger ?

 

Il existe pourtant une technique toute simple pour départager les agents infiltrés dans les organisations d’insurgés des révolutionnaires authentiques, c’est la ligne politique. À titre d’exemple, quiconque soutient l’invasion militaire « humanitaire » de la Libye est un agent conscient ou inconscient des impérialistes. Tel  Bernard-Henri Levy qui s’excite à Benghazi en appelant l’OTAN à son « devoir de bombardement humanitaire » pour massacrer par les bombes à fragmentation les tribus de Tripolitaine lesquelles jusqu'à présent gobaient les prébendes et la rente pétrolière. L’OTAN souhaite, en effet,   favoriser les clans royalistes et les tribus de Cyrénaïque qui demandent à reprendre le contrôle de la rente pétrolière libyenne. Mais l’OTAN n’a pas encore suffisamment infiltré ces organisations pour être certaine de leurs orientations. Quoi qu’il en soit, les révolutionnaires ne font jamais appel aux dieux de la peste impérialiste et à la pseudo communauté internationale des riches pour mener leur combat; ils ne comptent que sur leur propre force pour renverser les tyrans. (8)

 

Le monde arabe souffre et pleure son humiliation non méritée. Il fut jadis une très grande civilisation qui voudrait aujourd’hui renaître et marquer le monde de son empreinte. Mais pour réussir cet exploit, il devra s’organiser, trouver en son sein, au sein de sa classe ouvrière révolutionnaire, les leaders, l’énergie et la direction politique capables de mener à bien son destin. Le lot de la grande nation arabe, scindée en une vingtaine d’entités nationales par les puissances coloniales, n’est pas de rester à la remorque de l’histoire, sous le joug de rois et de sultans dégénérés et de présidents tyrans qui la saignent à blanc.

 

Elle couve sous la cendre des trahisons récentes la flamme d’une deuxième révolte arabe.  Cette deuxième révolte sera plus terrible, plus radicale, plus violente et plus sauvagement réprimée que la précédente, car ceux qui ont été mystifiés par la trahison de clercs indignes auront appris de leur déception et seront beaucoup plus difficiles à berner lors de leur retour sur la scène de l’histoire.


 

Le 16 mars 2011, Robert Bibeau



robertbibeau@hotmail.com


 

Source : SAMIDOUN, le site de Robert Bibeau

 

 

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(1)  La révolution avortée. Robert Bibeau. 17.02.2011. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

 

(2) La révolution égyptienne. L’armée va trancher. Robert Bibeau. 5.02.2011. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956

 

(3)  Échec consommé des pourparlers directs. Robert Bibeau. 4.02.2011 http://www.michelcollon.info/Echec-consomme-des-pourparle...

 

(4) Algérie, République Arabe Unie (Égypte), Liban. Irak, Syrie, Soudan, Maroc, Mauritanie, Libye, Tunisie, Arabie Saoudite, Yémen. Djibouti, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar,  Oman, Palestine (incluant Israël), Bahreïn et la Jordanie. http://www.cairn.info/revue-population-2005-5-page-611.htm

 

(5)  Démographie galopante et développement économique http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2554p042-043.x... . Démographie du monde arabe http://www.ceped.org/documentation/article.php3?id_articl...

 

(6) Monde arabe les raisons de la révolte.

http://www.rfi.fr/afrique/20110204-carte-interactive-mond...

 

(7)  http://www.presseurop.eu/fr/content/article/522941-la-rev...

 

(8) Le parricide. Robert Bibeau 3.03.2011.  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114352 http://www.vigile.net/Le-grand-dilemme-americain

mercredi, 16 mars 2011

APRES LE MAGHREB, L'AFRIQUE NOIRE VA-T-ELLE S'EMBRASER?


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Immolation par le feu au Sénégal

 

Au Congo, au Cameroun et au Sénégal, les pouvoirs ont de bonnes raisons de craindre la « contamination » des révoltes qui secouent l'Afrique du Nord. La vie y est chère et le chômage endémique. Des tentatives y sont menées pour pousser les populations dans les rues. Les pouvoirs camerounais et sénégalais ont déjà réagi en baissant ou en régulant les prix des denrées de première nécessité. Par René Dassié.

 

Après le Maghreb, l'Afrique noire ? Les révoltes entamées en Tunisie, qui ont eu raison du régime de l'ex-président Ben Ali et qui font tanguer celui de l'Egyptien Hosni Moubarak pourraient bien s'étendre plus au sud du continent. De nombreux pays y rassemblent les conditions d'une explosion sociale majeure, similaire à celle qui secouent les pays arabes d'Afrique du Nord. De sorte qu'une certaine frilosité s'est emparée de quelques gouvernements qui, tout en épiant la rue, multiplient des mesures contre la cherté de la vie, principal ferment des soulèvements.


SIT-IN CONTRE DENIS SASSOU NGUESSO A PARIS

Samedi, « place Victor Hugo » dans le 16e arrondissement à Paris, une trentaine de Congolais ont bravé la météo peu clémente de l'hiver pour tenir sit-in contre le président Denis Sassou Nguesso. Si les manifestants emmenés par Bienvenu Mabilemono, secrétaire général du « Mouvement pour l'unité et le développement du Congo (MUDC) », qui ont affronté le froid pendant trois heures, sont conscients que leur action n'aurait que peu d'effet sur la conduite des affaires à Brazzaville, ils n'espèrent pas moins attirer l'attention du public français sur « l'oppression, la spoliation, la faim, la misère, le chômage et l'absence de perspectives dans des proportions bien plus effrayantes qu'en Tunisie, en Egypte ou en Algérie », tel qu'ils l'ont écrit dans le communiqué de presse annonçant leur projet.

« Nous avons expressément choisi la date du 5 février 2011 pour manifester. C'est le jour où Denis Sassou Nguesso est revenu au pouvoir par un coup d'Etat. Les gens au pays suivent de près ce qui se passe ici, et nous connaissons la capacité de nos compatriotes à se mobiliser. Ils l'ont déjà montré par le passé et nous travaillons à mettre en place des relais dans le pays », a expliqué Maurille Louzala, un des organisateurs de la démonstration. Conscient du rôle joué par les médias sociaux dans le déclenchement de la révolte tunisienne, Bienvenu Mabilemono a signé un document intitulé « Le Congo peut-il suivre l'exemple tunisien ? Si oui, le temps est-il notre ennemi ou notre allié ? » qu'il fait circuler par internet. Véritable concentré de charges contre le président du Congo-Brazzaville, le texte invite à suivre l'exemple tunisien pour chasser Denis Sassou Nguesso du pouvoir.

Une démarche qu'André Mba Obame, qui s'est proclamé président de la République du Gabon le 25 janvier 2011 dernier, appelle ses concitoyens à suivre pour renverser Ali Bongo Ondimba. « Comme en Tunisie, comme en Egypte, les Gabonais se battent pour que leurs droits fondamentaux soient respectés », nous déclarait-il dans une récente interview. Retranché au siège du « PNUD », à Libreville, il défie encore le président reconnu en 2009 par le « Conseil constitutionnel ». Depuis son appel, plusieurs manifestations, dispersées par les forces de l'ordre, ont eu lieu au Gabon.


TRACTS APPELANT A LA REVOLTE AU CAMEROUN

Au Cameroun, les tentatives visant à provoquer un soulèvement des populations se multiplient également. A Bafoussam et à Bamenda, respectivement chef-lieu de la région de l'Ouest et du Nord-ouest, les policiers, dont on sait qu'ils n'ont pas pour habitude de se montrer tendres envers les populations, ont reçu depuis quelques jours une mission bien particulière, nous apprend le quotidien Le jour. Ils doivent surveiller la rue, les photocopieuses du centre urbain et les personnes à l'allure suspecte, pour ramasser, empêcher de dupliquer ou confisquer des tracts qui ont récemment été déversés dans les deux villes.

Apparu dimanche dans les deux citadelles qui à chaque période de troubles au Cameroun se mettent en première ligne de la fronde sociale, le tract invite le « gouvernement néocolonial » de Paul Biya à démissionner au plus tard mercredi à minuit. Il demande aux Camerounais meurtris par la vie chère et victimes de la spoliation à grande échelle de leurs richesses, « d'arracher leur indépendance économique ». Il est signé du « Conseil national de la révolution », un mouvement inconnu de la rue camerounaise. Le discours est musclé et irréaliste. Cependant il ne manque pas de séduire. Le quotidien Le Jour rapporte ainsi qu'en dépit du travail de veille des policiers, le document, photocopié loin des centres-villes, continue de circuler, sous cape.


UN DEPUTE DE L'OPPOSITION APPELLE A MANIFESTER

Cependant, il n'y a pas que ce tract pour entamer la sérénité de Paul Biya. Dans une tribune reprise par des médias dont « Camer.be », Jean Michel Nitcheu, député du « Front social démocratique », le principal parti de l'opposition, invite ouvertement ses compatriotes à se soulever contre la précarité dans laquelle ils sont contraints de vivre. « La chute de M. Ben Ali devrait servir de leçon à son homologue siamois camerounais qui veut s'éterniser au pouvoir », écrit le député, qui poursuit : « Les Camerounais doivent aussi savoir que pour faire tomber les derniers vestiges de la dictature régnante qui sévit à la tête du pays, ils doivent organiser un front de mobilisation populaire et créer un rapport de force conséquent sur le terrain qui contraindra la clique gouvernante à renoncer ». Analysant la situation sociale dans son pays, Jean-Michel Nitcheu constate : « La dictature de M. Biya (...) est obscurantiste sur tous les plans : corruption institutionnalisée, détournements massifs des deniers publics, enrichissement illicite de M. Biya et de ses proches, gaspillage des ressources de l'Etat, interdiction de tenue de meetings, répressions permanentes des manifestations publiques, étouffement des libertés individuelles ». « Tout est donc réuni pour que le Cameroun sombre dans une déflagration de forte amplitude. Si rien n'est fait le plus tôt possible cette année, notre pays plongera dans une crise politique intense qui débouchera sur des tensions sociales indescriptibles », conclut-il.


INTERDICTION DE MANIFESTER AU SENEGAL

Au Sénégal règne la même frilosité. Fin janvier 2011, le pouvoir a interdit une marche nationale que la Coordination des centrales syndicales, un regroupement de 12 syndicats sur les 18 du pays, projetait de faire contre la vie chère. Pour le gouvernement Wade, la manifestation était « sans objet ». La Ligue sénégalaise des droits humains, organisation de défense des droits de l'homme, a vivement dénoncé cette mesure. Dans un communiqué, l'association a condamné « de la façon la plus ferme le gel des libertés publiques au Sénégal avec l'interdiction systématique des marches pacifiques envisagées par divers segments de la société ».


MESURES SOCIALES PREVENTIVES

En 2008, le Cameroun comme le Sénégal n'avaient pas échappé aux émeutes de la faim qui avaient secoué plusieurs pays du sud. Au Cameroun, la répression des manifestations avait fait plusieurs victimes, quarante morts selon le gouvernement, jusqu'à deux cents selon certains observateurs. Cette fois, les deux pays veulent pouvoir anticiper la réaction de la rue, en prenant des mesures contre l'inflation. Fin janvier 2011, Dakar a annoncé des baisses de 8 à 15% des prix de denrées de première nécessité comme le sucre, le riz, l'huile et le lait qui devenaient de plus en plus chères.

De son côté, Paul Biya a décidé de créer un organisme public chargé d'importer massivement les denrées alimentaires, de procéder à la régularisation des prix et de déclencher l'alerte en cas de pénurie ou d'inflation. La mesure n'arrange cependant pas les affaires de tout le monde. Certains milieux syndicaux et politiques l'ont en effet vivement critiqué, en pointant le risque d'asphyxier le système agricole local. Les mesures qu'il avait prises en 2008 pour endiguer la flambée des prix et calmer le mécontentement populaire au Cameroun n'avaient produit que peu d'effets.


NOTE:

La dernière tentative de soulèvement populaire s'est opérée au Burkina-Faso où à Koudougou, dans le centre-ouest, le décès d'un jeune dans les locaux de la police a mis le feu aux poudres. Depuis lundi 21 février 2011, la jeunesse est dans un état de révolte électrique dans la ville, où confrontée à la violence de la répression policière qui a fait de nombreux tués par balles dans ses rangs, elle a saccagé et mis le feu au siège du gouvernorat de la province. Sur place, les autorités locales s'employaient toujours à calmer l'inacceptable, par des mensonges et des omissions de responsabilités quant aux brutalités du régime Compaoré. Le bilan s'est alourdi : à ce jour, il est de 5 morts, en plus d'au moins, une centaine de blessés dont certains dans un état grave.


Source : NERRATI.NET

mardi, 15 mars 2011

«GBAGBO DANS LE TOURBILLON DU GOLFE DE GUINEE»: LE FILM DOCUMENTAIRE QUI MET CHOI ET SARKOZY DANS TOUS LEURS ETATS



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A peine la deuxième partie du film documentaire « Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée » passée sur les antennes de la télévision ivoirienne (RTI) que déjà, Nicolas Sarkozy et Young J. Choï sont dans la tourmente. Selon un diplomate onusien, dimanche, le représentant de Ban Ki-moon en Côte d'Ivoire a appelé un peu partout ses collaborateurs pour faire le point des informations de première main publiées par ce film.


Hier, au cours de la réunion qu'il a tenue avec le personnel, il n'a pas manqué de revenir sur ce qu'il a dit la veille, notamment au personnel local (les Ivoiriens) qu'il a accusé d'être à la base de l'importante fuite. Fou de rage, il lance à ses collaborateurs : «It is an inside information. I cannot accept it !». Traduction littérale : "C'est une information maison. Je ne peux pas l'accepter". Puis, se tournant vers le Chief-commander, le général bengladeshi Afyz, il se met à le savonner, l'accusant d'être une taupe au sein de l'ONUCI. Acculé et poussé dans son dernier retranchement, le général Afyz rend sur-le-champ sa démission. Choï, dans sa colère-panique, le remplace par un autre général, celui-là togolais. Hier, à l'ONUCI, c'était un branle-bas total, Choï le patron des lieux se sentant découvert dans sa tentative d'opposer les Ivoiriens les uns contre les autres.

Dans le même temps, à Paris, Nicolas Sarkozy est lui aussi dans le tourbillon provoqué par le film-documentaire. Selon une source proche du Quai d'Orsay, le président français a demandé que Canal Horizon coupe le signal de la RTI sur son bouquet pour que les émissions diffusées par la télévision ivoirienne ne soient plus vues dans l'Hexagone.

On le voit, Sarkozy et Choï ont été touchés là où ils dominent jusque-là : le domaine de la communication. Le combat qu'ils mènent contre la Côte d'Ivoire s'étant déplacé sur leur propre terrain, ils ont du mal à contrôler leur passion et donnent des coups dans tous les sens.


Source : NOTRE VOIE


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WIKILEAKS: UNE BIEN TROUBLANTE BIOGRAPHIE DE NICOLAS SARKOZY

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Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d'un noble hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l'Armée rouge, et d'Andrée Mallah, une juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le... couple divorce. Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline).

Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.
Sa mère est devenue la secrétaire d'Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de 'Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause.

Aux États-Unis, le magazine Time révèle l'existence d'une organisation criminelle secrète « l'Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l'Europe et l'Amérique, la fameuse «French connexion » qu' Hollywood devait porter à l'écran. S'appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d'un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n'est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d'alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l'Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l'Assemblée nationale et échappe même à un «suicide».

En 1977, Pal Sarközy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l'administration centrale du département d'État des États-Unis. Elle l'épouse et s'installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c'est bien connu, son mari n'est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu'il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d'État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste.

Il y fréquente d'autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n'est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s'étant inscrit au barreau, épouse la nièce d'Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu'avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l'île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi. L'année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l'épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l'époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly.
Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s'empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu'il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives.

Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle. Pompidou, refuse d'être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l'Intérieur. S'il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d'honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement. À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l'unissent au porte-parole du gouvernement français.

C'est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l'on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c'est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l'élection présidentielle, et sera battu...

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Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d'hier sont près de s'entretuer.

Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L'homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers. En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n'en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l'homme le plus riche du pays).

Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d'abord l'élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l'élimination du principal rival de droite et l'investiture du parti gaulliste à l'élection présidentielle, enfin l'élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d'emporter l'élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d'un promoteur immobilier. Avant de décéder d'une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo.

Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d'un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn, qui la fait parvenir indirectement à la presse.
Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé.

Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l'écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.
Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l'Intérieur.
Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et le renseignement intérieur qu'il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Assassinat du préfet Erignac

Il s'occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu'il n'ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d'un député socialiste. Faisant fi de la présomption d'innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d'être l'assassin.

C'est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l'Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l'île. Quoi qu'il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux. Bien qu'Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n'a été trouvée contre lui.

Étrangement, l'homme s'est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu'il sait. Nous révélons ici que le préfet Érignac n'a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, Igor Pecatte, immédiatement exfiltré vers l'Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d'Érignac. Il était responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l'élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.

En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine, dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c'est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.

Villepin se défend de ce dont on l'accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d'opposition. Les cotisations d'adhésion au parti socialiste sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants.
Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d'extrême gauche s'est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l'équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA). Ce n'est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn.

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l'élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d'éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu'il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal. L'opération est possible parce que Strauss-Kahn, d'origine juive marocaine, est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu'il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévôt de l'université, Condoleezza Rice. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l'Élysée

Le soir du second tour de l'élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet's. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l'Union corse » est aujourd'hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d'invités s'y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s'offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s'y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

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Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française.

Le premier décret qu'il signe n'est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.
Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l'ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s'appuie avant tout sur quatre hommes : Claude Guéant, secrétaire général du palais de l'Élysée. C'est *l'ancien bras droit de Charles Pasqua. François Pérol (qui vient de prendre du galon), secrétaire général adjoint de l'Élysée. C'est un associé-gérant de la Banque Rothschild. Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique, fils de l'ancien directeur de l'Agence juive. Ambassadeur de France à l'ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush. Alain Bauer, l'homme de l'ombre. Son nom n'apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Petit-fils du Grand rabbin de Lyon, ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe.

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l'indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l'indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner, un juif d'origine balte, a débuté sa carrière en participant à la création d'une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d'Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d'Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l'ONU au Kosovo.

Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l'Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l'US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d'Haçim Thaçi qui l'écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA. Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour compléter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l'Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre l'avionneur français Dassault.

Nouvelle escapade durant l'été. Nicolas, Cécilia, leur maitresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d'affaires italonew-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s'exprime dans Commentary, la revue de l'American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d'Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) directeur d'un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden). Devenu le 5e noueur de deals dans le monde, il gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La côte de popularité du président est en chute libre dans les sondages.

L'un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l'attention du public avec de nouvelles « people stories ».

L'annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l'artiste et ex mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c'est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l'épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont à faire ?


Source: WIKILEAKS

LIBYE: SARKOZY, KOUCHNER & CO

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Il y a quelques années, Bernard Kouchner, alors ministre français de la Santé et de l'Action humanitaire, voulait constituer une force européenne pour intervenir en Algérie, pour des «raisons humanitaires». Sa voix a ricoché sur l'indifférence que l'on accorde, en général, au  manque de sérieux, fut-il celui d'un homme politique. Un peu plus tard, il n'y a pas longtemps, il a rêvé tout haut : «La génération de l'Indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple». Oubliant que l'Histoire d'un peuple ne s'arrête pas avec le départ d'une génération.

Aujourd'hui, il se précipite derrière Nicolas Sarkozy, qui l'avait viré, et Bernard-Henri Lévy, dont il jalouse la fracassante irruption dans la crise libyenne. Il trouve l'occasion de pousser sa rengaine va-t-en-guerre contre la Libye en usant de la brosse à reluire vis-à-vis de son ancien patron. Il le juge  «courageux», insinuant la lâcheté des autres qui hésitent à frapper. Il pense certainement aux Etats-Unis qui n'excluent pas que Kadhafi pourrait bien reprendre les choses en main. Cette puissance, à l'inverse de son satellite qui s'excite le plus, sait ce que cela peut coûter de mettre les doigts dans un engrenage guerrier, pour être embourbée dans deux pays. Elle sait, aussi, que personne ne bougera sans qu'elle l'ait décidé. Ce ne sera pas en vain que la flotte étatsunienne fut la première sur les lieux. Les autres Européens sont encore plus prudents.

 

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Kouchner, lui, s'entête à embellir l'aventure : «Il faut d'ailleurs souligner que les acteurs de ce printemps arabe n'ont jamais dit du mal d'Israël, n'ont jamais appelé Al Qaïda et ont parlé de démocratie et d'Etat de droit». Allez savoir ce qu'Israël vient faire ici, si vous vous en tenez à ce qui est visible. Mais, il fallait que cela lui sorte des tripes. Bernard-Henri Lévy, lui, avait reconnu qu'il y avait des slogans antisionistes à Benghazi et les avait justifiés par le fait qu'ils étaient des «résidus du règne de Kadhafi». Une façon d'excuser ceux qu'il veut présenter comme des alliés pour convaincre la «communauté internationale» de déclencher son déluge de feu salvateur.

«Laurent Gbagbo doit être parti samedi», avait dit Sarkozy, on ne sait plus quand, et Laurent Gbagbo n'est toujours pas parti. Il vient de récidiver : «Kadhafi et sa clique doivent partir», et Kadhafi semble plus que jamais décidé à rester. Et plus encore, Sarkozy sera déjà parti que le «guide» sera peut-être toujours là, étant donné les derniers développements de la situation en France, autour des incivilités du premier et en Libye devant les reculs de la rébellion. Avec, en prime, une menace à l'horizon, qui se précise contre le truculent président français, qui serait la mise au jour d'affaires de gros sous, dont la presse tend de plus en plus à s'emparer pour y trouver les raisons de son impatience à en découdre par les armes. Voudrait-il couvrir par le vacarme des bombes, les révélations compromettantes, promises par Kadhafi, sur «un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». Beaucoup n'hésitent plus à en parler et à faire de troublants rapprochements entre la longue «amitié» des deux hommes et les indices de corruption qui suintent de partout. Si ça se gâte pour son maître, Kouchner se terrera, sûrement, le temps que soit oubliée son obséquiosité.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

19:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, france, afrique, libye, crise libyenne, bernard-henri lévy, mouammar kadhafi, laurent gbagbo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SARKOZY FINALEMENT GRILLE PAR KADHAFI

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Le jeu du chat et de la souris entre ex-balladuriens devenus sarkozystes et chiraquiens bon teint a duré bien longtemps, je vous ai dit. Chirac étant un vrai tueur en politique, il fallait bien une fin à cette rivalité. Il semble que nous n'en soyons plus très loin. On pensait que l'histoire des rétro-commissions versées par les pakistanais serait l'histoire qui plomberait définitivement Nicolas Sarkozy. On vient de découvrir que ç'en est une autre. Les chiraquiens ont eu avec Kadhafi une prudence que n'aura pas eue Nicolas Sarkozy, qui a foncé tête baissée dans le piège tendu. Attiré par les sommes mirobolantes versées pour la vente de matériels au dictateur libyen, rêvant de toucher le jackpot, l'homme s'est compromis avec lui, c'est sûr, au point aujourd'hui de réclamer la tête de celui qui l'a aussi berné, en tentant de monter une opération à la Reagan pour éliminer physiquement Kadhafi, ou le forcer à quitter le pays. Sa réaction incompréhensible pour son propre nouveau ministre des affaires étrangères (un chiraquien !) ne peut s'expliquer que par ce que vient d'annoncer le dictateur roué : le pot aux roses des rétro-commissions n'a pas concerné que le Pakistan, et ce sont bien les mêmes qui en ont bénéficié. Après le Karachigate, voici venir le Tripoligate.

Nous revenons alors en 2003, l'année ou Chirac a repris définitivement les rênes, à savoir a bloqué toute ressource financière aux balladuriens. L'un des protagonistes des "affaires" va en prime subitement disparaître. Cest le fameux Sheikh, qui "va en fait décéder en 2004 à Genève dans des conditions assez floues, ce Saoudien d'origine yéménite, paré du titre de « grand chambellan », était l'homme des « missions difficiles » du roi Fahd d'Arabie saoudite" nous rappelle tout à coup Paris-Match qui découvre ainsi (enfin) l'affaire ! Encore un disparu de plus ! Mais ce n'est pas encore terminé pour autant. On retrouvera le même Ziad Takkiedine, envoyé sarkozyste, mêlé à bien d'autres contrats, toujours en train de ferailler avec son adversaire de toujours, le sulfureux Alexandre Djouhri (représentant de Chirac), mêlé lui à d'autres événements fort peu reluisants, dont celui de la rixe au George V, dont j'ai évoqué la piste ici-même également. Une affaire où l'on retrouvait également, quel curieux hasard, Roussin et Proglio. "Alexandre Djourhi, un milliardaire franco algérien, proche de la famille Delon" avais-je alors écrit, en poursuivant : "Curieux personnage que ce Djourhi. Un homme qui dispose "d'une suite à l'année à l'Hôtel Crillon" (et habite à Genêve !). Fort curieux, même. Mais les "affaires" et les "entretiens" entre nos deux lascars ne vont pas se passer comme d'habitude en ce milieu. Dans leurs "discussions", c'est nouveau pour conclure des contrats, les deux hommes avaient fini par en venir aux mains (au au George-V, devenu ring de catch !). Etonnement : Ajroudi, il faut le dire, n'est pas n'importe qui : c'est le représentant dans le monde du prince Al-Waleed (le neveu du roi d'Arabie Saoudite). On conçoit mieux la taille de l'enjeu (mais on imagine toujours pas un pugilat !). Personne ne se doutait que cela se terminerait ainsi. On en reste tout étonné... Comme en regardant l'organigramme de Veolia Environnement. En troisième position figure "M. Daniel Bouton  : 55 ans, nationalité française". Le PDG de la SOCGEN, pas encore dans la tourmente. Et ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé. Ce que le monde est petit."

On comprend que ces gens-là ont d'autres chats à fouetter que le commun des mortels. Et Chirac de vouloir à tout prix coincer financièrement son rival. Ce à quoi il va s'employer, effectivement avec une certaine maîtrise, à vrai dire. Sarkozy sera promptement évincé du contrat Miksa initié au départ par son vieux mentor Charles Pasqua (qu'il a trahi) ! Entretemps, Henri Proglio, au départ chiraquien, a viré sa cutie et est devenu supporter de Sarkozy, séduit par le baratin de... l'enjôleuse Rachida, qui n'a que son nom aux lêvres. On le retrouvera, lui, l'ancien du GUD (avec son jumeau) le soir de l'intronisation du Fouquet's, toujours aux côtés de Rachida la météore. Trop petit, ce monde, je vous disais naguère.

A peine réélu, Chirac a décidé de sévir, disais-je, comme nous le rappelle Gattegno : "Le 12 décembre 2003, Chirac exige l'annulation du voyage de son ministre de l'Intérieur et décide de placer le contrat Miksa sous la surveillance directe de l'Élysée. Il désigne pour cela Maurice Gourdault-Montagne, ancien directeur du cabinet d'Alain Juppé, devenu conseiller diplomatique du Président et homme des missions délicates. Jamais la suspicion au cour du pouvoir exécutif n'avait suscité une telle violence ni entraîné un chef de l'État aussi loin ainsi, l'Élysée s'est assuré, dans un ordonnancement inédit, la haute main sur le plus gros marché de matériels sensibles jamais négocié par l'industrie française ; chiraquiens et sarkozistes se renvoient ouvertement l'accusation de vouloir profiter du contrat saoudien pour remplir d'hypothétiques caisses occultes. Malgré la vigilance de Gourdault-Montagne, dont la réputation d'intégrité est sans tache, intermédiaires officiels et officieux s'affrontent en coulisse avec la même avidité. Des émissaires de Rafic Hariri, le Premier ministre et homme d'affaires libanais, très en cour à l'Élysée, se rapprochent des négociateurs saoudiens. Un avocat bien introduit au Moyen-Orient et en Afrique, ancien des réseaux Foccart, invoque sa proximité avec Dominique de Villepin pour être associé aux pourparlers..." et le contrat mirobolant échappera à Nicolas Sarkozy, quatre ans à peine avant de préparer son accession au pouvoir. Et Chirac placera ses jalons auprès d'Hariri pour s'installer après son départ de l'Elysée dans son luxueux appartement. Gratuitement, bien entendu (voir notre épisode précédent).

C'est pourtant Rafic Hariri en personne qui va arranger tous les bidons , comme on pourra le lire dans une note signée Frédéric Bauer, le responsable d'une société de sécurité, racontée par le "Journal du dimanche" du 5 décembre 2010. "Cette note révèle également, selon le JDD, une intervention, « inconnue jusqu'à présent », de l'ancien premier ministre libanais tué en 2005 dans un attentat, « dont la banque aurait débloqué, dans le plus grand secret, 300 millions de francs de l'époque ». Ziad Takieddine affirme ainsi avoir rencontré Rafic Hariri à Paris. « Il m'a dit qu'il allait déjeuner le jour même avec Jacques Chirac, puis qu'il me verrait dans l'après-midi. Ce qu'il a fait. Les choses se sont alors arrangées », raconte-t-il au journal."Un accord avec la Sofresa est scellé en présence de leurs avocats respectifs et de l'avocat personnel du premier ministre libanais à l'hôtel Hilton de Genève.Par cet accord, il renonce aux termes initiaux du contrat Sawari II, en échange d'une commission pour lui et ses « contacts saoudiens », précise M. Takieddine au JDD. En mars 1997, il reçoit de la Banque de la Méditerranée, de Rafic Hariri, la somme de 300 millions de francs (45 millions d'euros) en quatre versements". Malgré ça, quelques années plus tard, Takieddine s'en prendra violemment à Jacques Chirac, l'accusant de l'avoir mêlé à l'affaire pakistanaise !


Source : AGORAVOX

02:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, europe, france, libye, sarkozy grillé par kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 mars 2011

CONFERENCE DE PRESSE DE MADAME LE MINISTRE DE LA SANTE ET DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA, LE LUNDI 07 MARS 2011



CHRISTINE NEBOUT ADJOBI.jpg

Objet :

Situation sanitaire de la Côte d'Ivoire, depuis l'embargo de l'Union Européenne sur les ports de Côte d'Ivoire


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Je voudrais avant tout propos vous saluer et vous remercier pour avoir répondu à notre appel.

C'est avec le cœur meurtri que je m'adresse à vous pour vous informer des effets dévastateurs de l'embargo sur les ports ivoiriens.

Ainsi, la notification de la mise en œuvre de l'embargo maritime de l'UE sur les ports autonomes de Côte d'Ivoire se traduit par l'impossibilité à partir du 11 Février 2011 d'embarquer dans l'UE des produits courants et pharmaceutiques à destination de notre pays et ce dans le cadre des sanctions infligées à la Côte d'Ivoire.

Mesdames et messieurs, je voudrais vous rappeler que le  profil épidémiologique de notre pays est préoccupant, car il  est marqué par un niveau très élevé des principaux indicateurs de morbidité et de mortalité.

Ces indicateurs qui traduisent le mauvais état de santé des ivoiriens sont par ordre de fréquence ; le paludisme (69,25 cas pour 1000 habitants), le VIH/sida (3,4 cas pour cent habitants), la tuberculose (393 cas pour 100 mille habitants), la malnutrition chronique constatée chez un enfant sur trois de moins de 5 ans, et les maladies à potentiel épidémique pour ne citer que celles-ci.

Les maladies chroniques que sont l'hypertension artérielle, le diabète, l'insuffisance rénale, et les cancers ne sont pas en reste, et font payer un lourd tribut à la population.

Je voudrais aussi rappeler que dès notre prise de fonction, sont survenues dans le contexte épidémiologique et environnemental  que nous connaissons,   les urgences sanitaires ci-après :

  • Les épidémies de fièvre jaune survenues à partir du 22 novembre 2010 dans quatre districts sanitaires de la zone CNO que sont Séguéla, Mankono, Béoumi et Katiola, avec notification de 11 décès sur les 21 cas enregistrés.
  • Une épidémie de choléra à Abidjan depuis le 21 janvier 2011, localisée à quatre districts sanitaires que sont Adjamé-Plateau, Attécoubé, Yopougon-Ouest et Abobo. A ce jour, 509 cas ont été notifiés dont 12 décès.
  • Une épidémie de rougeole dans les districts sanitaires d'Adiaké, Tiapoum et Aboisso que nous gérons depuis le 17 février 2011.
  • Parallèlement à la riposte contre ces situations d'urgence, nous assurons la prise en charge des victimes des violences postélectorales dans toutes les structures de soins du territoire national. A la date du 03 Mars 2011, nous avons enregistré 1233 victimes dont 1134 blessés et 99 décès.
  • Enfin, nous organisons, avec la cellule humanitaire mise en place par le gouvernement, la prise en charge des personnes déplacées:

-         au nombre de 25.000 pour   les régions des Montagnes (Man, Danané) et Moyen Cavally (Guiglo, Bangolo et  Duékoué),

-         de 13.000 pour les régions du Moyen Comoé, des Lacs, du Nzi Comoé, de la Marahoué, du Haut Sassandra et  du Zanzan ,

-         et de 600 personnes provenant d'Abobo pour la paroisse St Ambroise Jubilé d'Angré.

Des dispositions sont en train d'être prises pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon Gesco.


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Avec la situation des urgences sanitaires  que nous venons d'évoquer dans un pays au profil épidémiologique très préoccupant,  que vaudrait notre   système de santé sans médicaments ?

C'est ainsi que parallèlement à la riposte contre  les  épidémies, et à la prise en charge des victimes d'agressions, nous avons instruit nos services de nous évaluer les stocks en produits pharmaceutiques afin de gérer au mieux  les approvisionnements en médicaments, vaccins, produits sanguins et intrants.

De ce rapport, il est ressorti  que dans le secteur public, certains médicaments tels que ceux de l'hémodialyse sont en rupture, et que les autres médicaments de première nécessité comme les ARV, les antipaludiques, les antibiotiques sont disponibles pour les deux à quatre mois à venir.

La plupart des intrants et des consommables dont les solutés, les gants, les nécessaires pour prélèvement de sang, les films pour appareil de radiologie étaient à un mois de stock.

Dans le secteur privé, les pharmacies étaient également à deux mois de stock.

Pour les produits d'hémodialyse, leur rupture persistante a occasionné de janvier à février 2011 déjà 24 décès,  et ce nombre pourrait s'accroître les jours à venir si cet embargo perdurait.


Quels sont les facteurs  qui contribuent à la tension des stocks ?


Ces facteurs  sont   d'une part l'impact négatif de l'embargo sur les navires de l'Union Européenne  approvisionnant la Côte d'Ivoire en médicaments  et d'autre part les dysfonctionnements du système bancaire.

Pour ce qui est de l'embargo sur les navires à destination de notre pays, il faut noter que 90% au moins des approvisionnements en médicaments se font à partir de l'UE.  Ceux-ci sont acheminés dans 80% des cas par voie maritime et 20%des cas par voie aérienne.

Par ailleurs, la mise en œuvre de cet embargo a comme conséquence qu'un certain nombre de conteneurs de produits pharmaceutiques embarqués avant le 10 février 2011, sont   sur mer et ne pourront pas arriver directement en Côte d'Ivoire, car  débarqués à Dakar au Sénégal avant d'être probablement  réacheminés par d'autres voies sur Abidjan, avec un rallongement significatif du délai de livraison.

Tenant compte de ces stocks flottants, les stocks actuels pourraient permettre dans les perspectives les plus optimistes, une couverture des besoins en produits pharmaceutiques de la Côte d'Ivoire pour 1 mois en moyenne, soit fin mars 2011.

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En une vingtaine de jours de mise en œuvre de cet embargo ignoble sans précédent de l'Union Européenne, les grossistes privés sont en moyenne à 17% de taux de rupture de stock alors que celui-ci se stabilisait en situation normale, entre 2 et 3%.

En  ce qui concerne la Pharmacie de la Santé Publique qui est la centrale publique d'achats de médicaments, elle présente actuellement 70% de taux de rupture de stock sur ses produits traceurs y compris les consommables de dialyse. A cette difficulté, il convient de relever l'insuffisance d'approvisionnement des structures sanitaires, en raison de l'indisponibilité de liquidité pour la PSP en vue de s'approvisionner  en  carburant.

Par ailleurs, la fermeture des banques aggrave les difficultés d'approvisionnement en médicaments aussi bien pour le secteur public que pour les grossistes privés en raison des problèmes liés au règlement des fournisseurs à l'étranger.

A ce jour, il convient de relever que certaines pharmacies privées refusent le système du tiers payant et imposent à la clientèle un  règlement au comptant, avec pour conséquences une difficulté d'accès aux médicaments, des risques accrus de prolifération des médicaments contrefaits et d'automédication des populations.

Mmes et Mrs, je m'interroge avec vous encore une fois : que vaut un système de santé dans le monde sans médicaments, et particulièrement dans un continent comme l'Afrique qui connaît une résurgence des épidémies de toutes sortes ?

J'ajoute que cette indisponibilité des médicaments essentiels et des dispositifs médicaux, aura pour conséquences à très court terme, l'arrêt de certaines interventions chirurgicales, la mauvaise prise en charge médicale de certaines pathologies, les difficultés d'assurer les soins infirmiers, tout ceci contribuant à augmenter sans nul doute, la morbidité et la mortalité déjà élevées dans nos populations.

C'est pourquoi, en voulant asphyxier  les populations ivoiriennes  en médicaments, l'Union Européenne ne fait rien d'autre que de programmer méthodiquement la mort des populations ivoiriennes. Il s'agit ni plus ni moins d'un holocauste.

Mmes et Mrs les journalistes, nous refusons qu'on utilise la porte d'entrée du système sanitaire pour l'extermination des populations de Côte d'Ivoire.

L'Etat de Côte d'Ivoire, dont la mission est d'assurer la santé de ses populations, ne comptant pas rester inactif devant ce véritable désastre humanitaire assimilable à un crime contre l'humanité, continue de prendre des dispositions pour y faire face.

C'est l'occasion pour la Côte d'Ivoire, avec à sa tête le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement d'interpeller les traditionnels partenaires de la santé en Côte d'Ivoire que sont l'OMS et l'UNICEF pour leur silence coupable qui va à l'encontre de leur mandat qui devrait les emmener à dénoncer de pareils agissements et à manifester leur solidarité agissante au peuple de Côte d'Ivoire.

J'en appelle aux peuples qui ont connu par le passé de tels génocides, afin qu'ils se mobilisent aux côtés du peuple de côte d'Ivoire pour dénoncer cette mesure inique.

Avant de clore mon propos, je voudrais faire une mention particulière à tous les acteurs et professionnels de la santé qui, en cette période difficile, au péril parfois de leur vie, continuent sans relâche de porter secours et assistance aux populations  sur toute l'étendue du territoire national.

J'associe à ces remerciements toute la population de côte d'Ivoire qui fait preuve de civisme et de maturité d'esprit en ne tombant pas dans le piège de la révolte dans lequel toutes ces manœuvres ourdies par les ennemis de notre pays tendent à la pousser.

Mmes et Mrs les journalistes, encore une fois merci de nous avoir consacré votre précieux temps.

Vous êtes  tous témoins devant l'histoire de ce crime contre l'humanité perpétré en  Côte d'Ivoire par l'Union Européenne dont l'attitude est assimilable au tir sur une ambulance d'un snipper embusqué, alors qu'elle se targue de faire partie des peuples qui ont inscrit le droit à la santé dans la Charte des Nations Unies,  mais  pour qui, peut-être, les populations vivant en Côte d'Ivoire ne sont certainement pas des êtres humains devant jouir de ce droit fondamental reconnu à tout peuple.

Devant ces faits, et dans le souci d'assurer son devoir régalien, le gouvernement s'attèle à faire éviter à la Côte d'Ivoire une pénurie grave de médicaments afin de préserver la santé de ses populations.

La souveraineté d'un Etat passe aussi par la capacité de ses gouvernants à prendre en charge de manière autonome et durable son peuple.

C'est pourquoi, je remercie l'UE qui donne l'occasion à l'Etat de Côte d'Ivoire de prendre ses responsabilités.

Dieu bénisse toujours la Côte d'Ivoire !

Je vous remercie.


Madame le Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA

Dr Christine NEBOUT ADJOBI


Dispositions prises pour la prise en charge des déplacés


Des médicaments, intrants et kits d'une valeur de 23 millions de FCFA ont été acheminés par le gouvernement sur les deux principaux sites d'accueil des déplacés internes Duékoué et la paroisse St Ambroise du Jubilé de Angré pour la prise en charge des malades de ces sites qui hébergent pour Duekoué 25 000 déplacés et Angré 600 déplacés.

Des équipes médicales sont installées en permanence sur ces sites pour également lutter contre les maladies à potentiel épidémique. Des dispositions sont entrain d'être prise pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon GESCO.

 

Source: Ministère ivoirien de la Santé et de la Lutte contre le Sida.

LES RAISONS DE L'ECHEC DU PANEL DE L'UNION AFRICAINE: L'EMOTION L'A EMPORTE SUR LE FOND DU DOSSIER


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Rencontre de l'«Union africaine» sur la crise ivoirienne. L'on y attendait le dénouement du poker menteur ivoirien. Mais l'on en est plutôt sorti stoïque. Le consensus n'ayant pu être trouvé pour sortir définitivement la Côte d'Ivoire de l'ornière électorale, où elle s'est empêtrée depuis le 28 novembre 2010.


Mais à bien y voir de près le problème ivoirien remonte à bien longtemps, depuis que le socialiste Laurent Gbagbo a accédé en octobre 2000, à la Magistrature suprême. Le chef d'Etat ivoirien prône un rééquilibrage de la répartition des immenses richesses de son pays. L'appétit de la France insatisfaite se voit alors douché face à un Gbagbo « récalcitrant incommode et réfractaire » à la bonne boulimie hexagonale. On a battu en brèche les suggestions du plus pondéré du Groupe de Haut niveau des chefs d'Etat de l'« Union africaine », en l'occurrence le Mauritanien Ould Abdel Aziz. On a refusé de prêter une oreille attentive à la démarche constitutionnelle et donc légaliste du Sud-Africain Jacob Zuma. Que restait-il d'autre à part le Malawi dont la dette se voit « effacée » par la France corruptrice ? A quoi pouvait-on s'attendre du Burkinabé Blaise Compaoré fier de son statut de président à vie assuré par la France ? Le Tchadien Idriss Déby Itno qui doit une fière chandelle à la France qui lui a flanqué une rébellion de « surveillance », préfère ne pas prendre de risque. Le groupe de Haut niveau mis sur pied par le Conseil de paix et de sécurité de l'« Union africaine » souffre de trois péchés congénitaux.

Premièrement il est pris à son propre piège quand il dit que la solution doit être trouvée par « consensus » et ce n'est qu'à cette seule et unique condition qu'elle deviendra « contraignante à toutes les parties ivoiriennes ». Ce qui voudra dire que, tant qu'une des deux parties conteste la décision, il faudra attendre la saint glinglin. « Nous avons estimé que c'est une proposition inacceptable... Malheureusement, nous avons constaté que le panel de Haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision (le choix d'Alassane Dramane Ouattara comme président élu de Côte d'Ivoire, ndlr) ». S'est braqué l'ancien Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan qui représentait le président Gbagbo à ces rencontres. Le porte-parole du candidat Gbagbo à la dernière élection a donné le ton.

Deuxièmement, la couardise de certains de ses membres face au chantage de la France.

Dès le départ, le panel a été noyauté par la France consciente de la faiblesse de la majorité de sa composante. Là où l'idéal voudrait en vue de s'assurer une majorité soviétique, qu'elle s'aliène l'Afrique du Sud de Jacob Zuma, la Mauritanie d'Ould Abdel Aziz et narguer le continent noir. La France pourra se contenter d'une majorité relative constituée du Burkina Faso, du Tchad et du Malawi. Mais ce n'est qu'un round de joué. Il faudra attendre. Car, la « contrainte » passe forcément par le « consensus » qu'il faudra nécessairement trouver entre le candidat de « La majorité présidentielle (Lmp) » et celui du « Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ».

Troisième couac et c'est là où la tâche devient âpre. L'« Union africaine » a fermé les yeux sur les résultats de ses propres missions en Côte d'Ivoire. Ni le chef de délégation de la mission d'observation du second tour de l'élection présidentielle l'ancien premier ministre Joseph Koku Koffigo, ni l'émissaire de l'« Union africaine » l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, ni le Groupe des experts, encore moins le Groupe de grands niveau constitué de chefs d'Etat ; tout ce bataclan financé à grands frais pour des missions onéreuses en Côte d'Ivoire n'a été pris en compte, à entendre Affi N'Guessan. On a carrément botté en touche les considérations légalistes pour des considérations d'ordre émotionnel. Vous voulez une issue heureuse à la crise ivoirienne ? Veuillez passez demain !



Lire, ci-dessous, le « communiqué du Conseil de paix et de sécurité » de l'« Union africaine » sur la résolution de la crise ivoirienne postélectorale du 28 décembre 2010 :

>> COMMUNIQUÉ DE LA 265ème REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L'UNION AFRICAINE DU 10 MARS 2011.

 


Source : NERRATI.NET

NICOLAS SARKOZY: CELUI QUI VEUT «VOIR VENIR»

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Nicolas Sarkozy sera bien le président le plus décrié que la France ait connu, ce sont les Français qui le disent et ils ne manquent pas de qualificatifs. Cela fait un certain temps qu'ils s'en sont aperçus. Ces dernières semaines, tout s'accélère et il ne dément pas, une seconde, ce qui se dit de lui. C'est comme si une frénésie irrépressible s'était emparé de lui. C'était à la suite d'avoir été doublé en Tunisie, parce qu'il n'a «rien vu venir». Il a tout de suite décidé qu'on ne la lui referait pas et s'est mis «à voir venir» en Algérie.

Il a tout fait pour. Il a mobilisé tout ce qu'il a pu comme médias pour soutenir les partisans du changement qui voulaient manifester et la couverture a été parfaite. Et il a même donné de la voix. Pendant que Jean-Pierre Raffarin essayait de conclure, à Alger, de juteux contrats, mais, cela ne s'est pas passé comme il «avait vu venir». Ce qui lui a fait rater d'envoyer, le premier, sa flotte de guerre, devant les côtes libyennes avant les Etats-Unis. Alors, il a cherché à se rattraper n'importe comment.

Il pense dur comme fer que l'Afrique du Nord lui appartient. Il commence par envoyer Bernard-Henri Lévy  à Benghazi, le pire choix qui soit et prend sur lui, sans en informer son ministre des Affaires étrangères, de reconnaître la représentation des insurgés et propose de procéder à des «frappes» sur la Libye. Il se fait rabrouer par ses collèges européens et se fait accuser par Alain Juppé «stupéfait» d'avoir agi «sur un coup de tête». La presse ne lui fait pas de cadeau. On ressort les appréciations des diplomates  étatsuniens : «relâché»,  «discourtois», «autoritaire», «impulsif».

Parallèlement, sur le plan de la politique intérieure, où il dégringole dans les sondages, il ouvre un nouveau front, dans une folle équipée contre  la montée de Marine Le Pen, la présidente du Front national. Il lance un débat, au sein de son parti, sur l'Islam. L'un de ses partisans,  Abdallah Zerki, réagit en découpant sa carte UMP aux ciseaux devant les caméras de télévision. Ce geste est suivi par une violente réaction d'Abderrahmane Dahmane, son  conseiller à l'intégration et relais précieux, par les réseaux qu'il animait. Sarkozy le limoge (et coupe sa ligne téléphonique). Ses rancœurs remontent à la surface : «Depuis 2007, il a été invité à de nombreux dîners-débats dans la communauté musulmane. Il n'est jamais venu. Moi je l'ai excusé en expliquant qu'il avait du travail, qu'il était très pris...». Et tout le monde me répondait : «Mais il trouve bien le temps d'aller au dîner du CRIF».

Le fameux débat est prévu le 5 avril prochain et suscite une opposition au sein même de la droite. Pire, le jour même, de grandes manifestations seront organisées partout en France contre les discriminations, sur fond de contestations sociales. La dernière enquête d'opinion donne Dominique Strauss-Kahn en tête du premier tour de la présidentielle, avec 30% des voix, suivi de Marine Le Pen avec 21%, n'accorde à Nicolas Sarkozy qu'à peine 19% des suffrages. Une cuisante défaite pour n'importe qui la subit, mais une insupportable humiliation pour un mégalomane qui «ne l'a pas vue venir».


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM