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dimanche, 30 janvier 2011

MAIS POURQUOI DONC LE POUVOIR FRANÇAIS JUGE-T-IL INDISPENSABLE QUE LA FRANCE SE TIRE UNE BALLE DANS LE PIED?



ROLAND DUMAS ET JACQUES VERGES.jpg

Mise à sac de l'ambassade à Paris, Roland Dumas et Jacques Vergès dénoncent la violation de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques... à 2 jours du Sommet de l'UA.

Depuis le 23 janvier, pour les médias français, Ally Coulibaly est "le nouvel ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France." Nicolas Sarkozy le leur a présenté ou presque ce jour-là lors d'une conférence de presse. Les Ivoiriens désireux de se rendre au pays, eux, sont au courant que rien ne va plus à l'ambassade depuis une quinzaine de jours. Paris a unilatéralement mis fin à la mission de l'ambassadeur légal Pierre Kipré. Ainsi qu'elle en avait le droit. Le bât commence à blesser après. Le Premier ministre Alassane Ouattara, autoproclamé président, a alors, tout aussi unilatéralement, mais la légalité en moins, "nommé" "son" "ambassadeur". Les échanges de courriers entre l'ambassade et le ministère des Affaires étrangères français méritent de figurer dans les livres d'histoire qui décriront la fin de la Françafrique. Entre rire et drame. Comme depuis le début de la crise post-électorale quand on regarde et écoute Paris s'agiter. Comme après la mort des deux jeunes Français au Niger. Comme (juste) avant la chute de Ben Ali. Comme (d'ici peu) pendant la chute d'un autre Ali Ben... Bongo, le fils du Mollah Omar, "le Mollah'Son". Aussi perdant et soutenu par Paris que Ouattara mais ayant, lui, le pouvoir (jusqu'à quand ?).

Dans les jours suivants, l'ambiance aux abords de l'ambassade a commencé à se dégrader. D'une sorte de statu quo à l'intérieur, on est passé à une quasi forteresse subissant le siège. Certains jours, ça restait fermé (mais ouvrait quand même un petit peu). Cela dérapa plusieurs fois. Quatre hooligans "ouattaristes" (?) lynchèrent un sexagénaire. Le 25 janvier, on saccagea le portail, les portes et l'intérieur d'une Ambassade vide. Pour permettre à Ally Coulibaly d'y entrer. Pire, la résidence de l'Ambassadeur Kipré fut prise pour cible, sa femme et ses enfants, injuriés, menacés et séquestrés à l'intérieur. Les hooligans (dont certains ont été identifiés, si l'on en croit la plainte déposée le 27 janvier par Pierre Kipré) n'abandonnant le siège qu'en début de soirée.

Vous trouverez ci-dessous un entretien avec Maître Roland Dumas et Maître Jacques Vergès. Ainsi que leur déclaration officielle, relative à la violation par la France de la Convention de Vienne des relations diplomatiques.



Paris, le 28 janvier 2011


La France a commis un acte grave à l'égard de l'Ambassade de la Côte d'Ivoire le 25 janvier 2011 en permettant (et accompagnant) une bande d'insurgés qui ont violé les locaux de la mission et la résidence de l'Ambassadeur.
Ceci est contraire aux dispositions de l'article 22 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

L'article 22 précise, au contraire :
"L'État accréditaire a l'obligation spéciale de de prendre toutes mesures appropriées afin d'empêcher que les locaux de la mission ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée ou sa dignité amoindrie.
Les locaux de la mission, leur ameublement et les autres objets qui s'y trouvent, ainsi que les moyens de transport de la mission, ne peuvent faire l'objet d'aucune perquisition, réquisition, saisie ou mesure d'exécution."

Ces faits graves sont en outre contraires aux usages qui veulent que les personnalités diplomatiques étrangères soient traitées avec égard jusqu'au moment où elles quittent le pays accréditaire.



Roland Dumas                                                Jacques Vergès
Avocat à la Cour                                             Avocat à la Cour

 

Source: IVOIREVOX.COM

samedi, 29 janvier 2011

LETTRE OUVERTE A M. NICOLAS SARKOZY SUR LA CRISE IVOIRIENNE POSTELECTORALE

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Dr Pierre Franklin TAVARES

 

Monsieur le Président,


Pour avoir lu un article paru il y a peu[1], maintes Français résidant en Côte d'Ivoire m'ont demandé de rédiger, à votre attention, une lettre en m'en suggérant l'objet : la Crise ivoirienne postélectorale. Et, après en avoir médité l'opportunité et l'utilité, j'ai accepté en choisissant un thème : la position de la France dans cette crise. Pour autant, j'ai convenu de donner une facture « ouverte » à ma lettre, qui - au plan du genre littéraire - empruntera la forme d'une fiction, puisqu'il s'agit de la transcription d'un rêve récent. Toutefois, à l'inverse du Mercier de L'An 2440, rêve s'il en fut jamais[2], ma lettre, une cohue d'images, ne sera pas un récit d'anticipation, mais la narration d'une fiction qui relatera les événements d'un « rêve » dans lequel la France fit autre chose que ce qu'elle fait actuellement en Côte d'Ivoire.

Je dormais. Mon « rêve », tout en chanson, commença avec La Marseillaise de la Paix de Lamartine, l'ami des Noirs : Ma patrie est partout où rayonne la France, Où son génie éclate aux regards éblouis ! Chacun est du climat de son intelligence. Je suis concitoyen de toute âme qui pense : La vérité, c'est mon pays. Et tandis que je méditais ces paroles, je me vis distinctement observant un spectacle insolite. Sur un mur, un grand calendrier suranné indiquait un jour et une date : Dimanche 28 novembre 2010. J'y entrais, attiré par une irrésistible force de curiosité. C'était l'après-midi du deuxième tour des présidentielles ivoiriennes. Il devait être 14 heures. Vous étiez à Abidjan, en réunion de concertation avec les deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, avant l'annonce des résultats provisoires, dans ce beau Palais en forme de trône baoulé, symbole du pouvoir royal-présidentiel bâti par Houphouët-Boigny et situé dans le quartier du Plateau. Et comme dans L'Iliade et l'Odyssée ou les Métamorphoses, Renommée[3] (bona Fama), portée par Écho, laissait dire partout que vous comptiez les bulletins de vote et recherchiez inlassablement un consensus. C'est à ce moment que, sans y avoir été invité, Henri Konan Bédié, l'éliminé du premier tour, prit l'initiative de participer à votre décompte. Il arriva à pieds, seul, et, comme toujours, élégant. Un vieil appariteur, qui le reconnut de loin, ouvrit spontanément la porte, et celle-ci, à mon grand étonnement, ne menait plus à la salle des audiences où vous étiez, mais donnait, par je ne sais quel prodige, sur un mur qui reproduisait le tableau du peintre Andrea Mantegna, Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu. Vous y êtes entrés, tous, l'un après l'autre, tel passe-muraille. C'est alors que, vous tenant seul derrière Minerve, déesse de la Raison et de la Guerre, d'un regard sévère et de votre index droit pointant la sortie, vous chassiez le 11ème vice, la Françafrique, conformément à votre Discours de Dakar. Aussitôt, Gribou, un personnage subitement apparu de je ne sais où, alarma les autres vices qui, visages renfrognés, se coalisèrent pour résister à vos injonctions. Elles formèrent une ligne, un barrage d'intérêts, refusant de quitter le jardin. Minerve se dressa, menaçante. La tension perdurait quand, le signifiant du nom du peintre italien retentit, et interpellé, je fis un salut de la main aux Vertus, parce que, dans ma langue maternelle, « mantegna » signifie « bonjour ». Les vertus, elles, occupaient des fonctions dignes. Ainsi, la Commission Électorale Indépendante était présidée par la Tempérance, qui prit le visage de Mandela, et dont le porte-parole, Élie Wiesel, symbolisait la Justice. La Force, elle, s'incarna dans Solon, qui dirigeait le Conseil Constitutionnel. Un tel aréopage apportait une solide caution à votre neutralité. Marianne, garante des institutions de la République, se tenait à vos côtés, coiffée de son bonnet phrygien. Vous étiez non pas en visite d'État, mais en ami de la Cote d'Ivoire, au-dessus des deux camps, impartial comme Homère, objectif comme Thucydide, et, tel Socrate, ne recherchant que le bien. En ces trois personnes se concentrait le meilleur de la culture occidentale. La France était à sa vraie place, en une posture de neutralité active et positive. Comme elle sait l'être, quand elle veut l'être. La France, quand elle est franche, libre, ainsi que l'indique son nom, est amie de la vérité. En effet, la France, fille des faits[4], ne peut effectivement être juste que lorsqu'elle recherche des informations vraies, vérifiées, et organisées par une analyse politique pertinente. La France est forte quand elle n'est pas guidée par des intérêts mais par ses idéaux. Or, dans mon « rêve », c'était le cas. La France, également fille des événements[5], conduisait donc une médiation préventive. Elle était en avance sur l'histoire, comme souvent. « Pourquoi êtes-vous à Abidjan ? », questionna David Pujadas. - « C'est que, dans mon Discours de Dakar, en établissant le catalogue des maux qui frappent l'Afrique, j'avais oublié de mentionner les fraudes électorales, ainsi qu'on me le fit remarquer[6]. Je répare donc un grand oubli et, dussè-je le répéter, je suis ici, en pays ami, pour prévenir les disputes éventuelles qui naissent de la non application du droit électoral ».

Vous « palabriez » à quatre, à l'abri du monde et vous aviez même demandé au monde, à la communauté internationale, à l'ONUCI, au Facilitateur, et à tous les intéressés de ne point s'en mêler. À l'extérieur, comme à leurs habitudes, les journalistes armés de caméras et d'appareils photo filmaient et criblaient de flash tout ce qui se passait. Ils n'avaient pas d'appareils numériques. Leurs pellicules ne se rembobinaient pas et s'étendaient à courir les rues. Ainsi, quiconque pouvait les regarder, voir et revoir les faits et événements. Aux abords du Palais, une foule immense et bruyante indiquait l'importance de la rencontre et tout l'espoir qu'elle y mettait. La multitude était ordonnée. En face de l'entrée principale, sur l'avenue Howen, la communauté française agitait sa présence de bandelettes blanches de paix. L'un d'eux arborait un livre, Fier d'être français[7]. Un autre, qui ressemblait à Jean Giraudoux, arborait une pancarte sur laquelle était inscrite la guerre d'Abidjan n'aura pas lieu. La statue du gouverneur Latrille s'anima et, venant de Cocody, arriva, prit un mégaphone et, à haute voix, avisa : il faut sauver l'année agricole ! Les étrangers de toute l'Afrique de l'ouest occupaient le vaste espace entre l'Hôtel du District et le Palais. Je percevais les sons des sereines mélodies des balafons burkinabés, je reconnus les airs percutants du mbalax sénégalais, et le calme de la minoritaire kora de Gambie, ainsi que les frappes percutantes du goumbé guinéen. Plus faible, la coladeira capverdienne se faufilait. Sur le grand Bd Clozel, bordée d'acacias géants, et qui dépasse le Palais puis incline vers la vaste place de la République où triomphe debout la reine Pokou, des deux cotés, des Ivoiriens en grand nombre, « patriotes » et « houphouétistes », vêtus ou bariolés en orange, blanc et vert, confraternisaient et se taquinaient, par des piques amicales. Les uns, sur du zouglou, scandaient : « Y a rien en face, c'est maïs ! », quand, sur des pas identiques, les autres répliquaient : « Si, y a coco dur ici ! ». Sur un podium de la RTI, Allah Thérèse, majestueuse, et N'goran la loi, son époux accordéoniste, chantaient l'univers Akan ; elle dansait « l'agbirô » si beau au regard. Mamadou Doumbia, chapeau melon noir, guitare électrique en mains, jouait « l'estomiase », la belle mélodie mandingue qui rappelle les exploits passés. Amédée Pierre, le « dopé [rossignol] national », assis, jouait de son orgue et psalmodiait le peuple Krou. Au pied de la reine Abla Pokou, Houphouët-Boigny, chef d'orchestre, en redingote noir, tenait une baguette et donnait la mesure de l'harmonie d'une nation à bâtir. Les musiciens obéissaient à ses ordres d'intégration. Nul soldat présent. Les deux armées, FDS et FAFN, avaient rangé leurs armes et regagné les casernes. Les autres « corps habillés » contenaient les enthousiasmes. De ce tableau, on eut dit la réalisation partielle de L'Abidjanaise contractée en deux vers, le premier, Salut ô terre d'espérance, et le final, la patrie de la vraie fraternité. Mais qui donc a brisé ce vase de paroles ? Qui, comme Clovis à Soissons, en recueillera les débris sonores ? Toutefois, le sacrifice fondateur a déjà eu lieu, au passage d'une rivière, la Comoé. Et il suffit à fonder et à refonder.

Je dormais et m'enfonçais dans mon doux rêve, non sans intention onirique. Goethe, son Faust à la main, passa d'un pas rapide et me lança : J'aime celui qui rêve de l'impossible. J'étais heureux de voir ce jeune homme de quatre-vingt ans, comme l'appelait Hegel, et surtout de recevoir les conseils d'un des esprits les plus brillants des Lumières. Car, c'est en cela que consistait mon « rêve » : une impossibilité à accomplir, et dont seuls les Français sont capables, comme dit le vieil adage. D'autant que, dans l'histoire, il est parfois plus facile de réaliser l'impossible que réussir le possible. N'est-ce pas ce que Hannah Arendt appelle les miracles dans l'histoire ?

Voyez-vous, monsieur le Président, les médiations pertinentes précédent les conflits et les désamorcent. Dans mon « rêve », la France, sous votre égide, anticipait les malentendus, arrondissait les angles des vanités tranchantes. Elle demanda et obtint que les dés ne fussent pas jetés avant que les règles n'aient été distinctes, claires et admises, que le Nord rebelle n'ait été désarmé, sous la double garantie du héros des Gonaïves, Toussaint-Louverture, et du gouverneur noir Félix Éboué.

Il y avait beaucoup de mouvements, de nombreuses images qui s'assemblaient et se défaisaient. Sans ordre apparent. Mais le temps, paradoxalement, ne s'écoulait pas. Il durait et fournissait une trame.

L'ombre de Zarathoustra, en alerte maximale, volait au-dessus des vertus et s'époumonait dans un long avertissement : Il est temps, Il est grand temps ! De quoi est-il donc grand temps ?[8] Il passait et repassait, avec la même vélocité, plus rapide que les rapides nuées. Mais, qu'est-ce qui ne peut attendre plus longtemps, lui demandai-je ? Que tu te réveilles ! Ce n'est qu'un rêve. La réalité est contraire, répondit-il, en s'éloignant poussé par un vent rapide qui le portait vers le nord. Avant de disparaître, il décocha un autre cri : Regarde l'obvers ! - Pourquoi, questionnai-je ? - Regarde l'obvers de ton rêve, répéta-t-il ? Je pris alors mon « rêve » entre mes mains, comme on tient ferme un miroir. Et, le retournant, je vis un autre spectacle, celui réel dominé par le vice dénommé Haine immortelle, avec la Françafrique étêtée qui frappait des coups dans tous les sens.

Triste tableau ! Le génie français n'éblouissait plus les regards. La patrie ne rayonnait plus. La France n'était plus concitoyenne des nations qui pensent. La vérité n'était plus le socle de sa propre histoire. Crise immense ! Certes. Mais, y a-t-il, pour la France, crise plus grave que celle où l'État ne sait plus faire entendre sa voix ?

Soudain, alors que je méditais cette situation, je me retrouvais dans la cour de l'Externat Saint-Paul d'Abidjan, l'école de mon enfance dirigée par les Marianistes, où le son puissant d'une corne d'alarme, semblable à celle de M. Labombe, me réveilla brusquement.

Pourquoi avais-je rêvé ce rêve ? Était-ce les traces lointaines et endormies de mon enfance si forte en imagination, qui me firent croire que j'étais semblable à Aristéas[9], fort du pouvoir de disparaître à ma guise et de resurgir à des époques différentes et en des lieux divers ?

Mais au fond, chaque rêve est l'équilibre psychique d'une confrontation entre le réel et la volonté. Joseph, bien d'autres anciens et Freud nous ont appris à les interpréter. Parfois, ils surgissent tels des indications de voies. En interprétant mon « rêve », me vint une pensée écrite à une militante du RHDP : Le vrai miracle ivoirien est à venir. Le vrai miracle ivoirien, c'est d'avoir simultanément (au même moment), trois hautes personnalités aux compétences remarquables. Je les cite : Henri Konan Bédié, Laurent Koudou Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara. Et je me plais à rêver de les voir constituer une seule entité (équipe) politique. Imaginez, un instant, la fusion de leurs compétences ! Le gestionnaire de la chose publique, le politique de la chose publique et le financier de la chose publique ? Pris isolément, aucun d'eux ne suffit à la Côte d'Ivoire. En 15 ans, comme avec la fusion des intelligences au Brésil, la Côte d'Ivoire peut être le premier pays émergent d'Afrique, si ces trois ne font qu'un. En l'état actuel des choses, tout autre schéma est inadapté. Ni les élections ni la guerre ne sont, pour lors, des solutions. La réalité nous le rappelle avec son lot de tristesse. La seule solution est une entente, une concorde réelle et sincère entre ces trois hautes personnalités. Personne ne la fera à leur place. C'est leur mission historique de la réaliser. Cela sera aussi leur immense mérite. Il n'y a rien en dehors du consensus national[10]. Malheur à qui les divise ! Bienheureux, qui les unit !

Lycurgue surgit et risqua une parole : pour une telle idée, relisez la Constitution ivoirienne (articles 1, 34, 35, 48, 64), mais seulement à partir des paroles de L'Abidjanaise ? Cela suffira à ce projet.

Quelquefois, les rêves sonnent aussi comme un avertissement. Il est temps, il est grand temps ! Mais de quoi le grand temps est-il venu ? Que la France, en Afrique, établisse des liens simplement normaux. Sinon, elle continuera de s'y affaiblir. En méditant l'alerte de Zarathoustra, je me souvins d'un mot de Rilke tiré de son poème Gong : L'oreille peu profonde déborde vite[11]. Je crois bien, Monsieur le Président, que depuis la Côte d'Ivoire retentit un nouveau « gong ». Deuxième rêve s'il en fut jamais.


Veuillez croire, Monsieur le Président, en l'expression de mon profond respect.


Pierre Franklin Tavares

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] P. F. Tavares, Qui est Pedro Pires ?, mis en ligne sur Google.

[2] Louis-Sébastien Mercier, L'An 2440, rêve s'il en fut jamais, Londres 1771, La Découverte, Paris, 1990.

[3] Joël Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse Paris, 1993, p. 184.

[4] Colette Beaune, Naissance de la nation France, Folio - Histoire, Gallimard, Paris, 1985, p. 12.

[5] C. Beaune, Op. Cit., p. 11.

[6] P. F. Tavares, Nicolas Sarkozy : Relire le Discours de Dakar, NEI, Abidjan, 2009.

[7] Max Gallo, Fier d'être français, Fayard, Paris, 2006.

[8] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 10 - 18, Union Générale d'Éditeurs, Paris, 1958, p. 125.

[9] J. Schmidt, Op. Cit., p. 34.

[10] P. F. Tavares, Réponse à Marguerite Yolibi, 6 janvier 2011.

[11] Rilke Rainer Maria, Gong, Exercices et évidences, in Œuvres poétiques et théâtrales, Gallimard, Paris, 1997, p. 1159.

vendredi, 28 janvier 2011

LA FRANCE OU LA STRATEGIE DU CHAOS EN COTE D'IVOIRE

SARKOZY.jpg

Source  :HighProfile News - 26.01.2011


Quand Sarkozy se rend à un sommet de l'Union Africaine, c'est l'indignité de l'Afrique qui nous est jetée à la figure.


Depuis plusieurs semaines, la presse occidentale annonce que Sarkozy participera au sommet de l'Union Africaine sans que cela n'émeuve les intellectuels africains. Alors qu'aucun pays africain encore moins l'Union Africaine n'a jamais été invité à un sommet de l'Union Européenne, voilà que les valets africains de l'Occident permettent à Sarkozy de mettre son nez dans les affaires intérieures du continent et cela au vu et au su du monde entier.

Nos chefs d'états auraient voulu démontrer combien ils ont encore enracinés en eux le complexe de l'homme blanc, ce blanc qui pour eux pourrait être l'égal de DIEU, qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Nous y reviendrons.

Nègres 3 : le retour

Après s'être comporté comme le propriétaire exclusif des droits et aspirations du peuple de Côte d'Ivoire en intimant infructueusement l'ordre d'abord dans l'avion qui le menait en Inde au Président Laurent GBAGBO de quitter le pouvoir au profit d'Alassane Ouattara, puis en lui ordonnant (encore échec!!!) de quitter le pouvoir sous 3 jours en décembre dernier, Sarkozy (l'homme qui aime la Côte d'Ivoire plus que les ivoiriens eux mêmes) s'est rappelé au bon souvenir des africains désireux d'oublier ses charters de sans papiers noirs menottés et torsadés par la police française en appliquant un adage bien connu chez nous: « Quand le blanc veut tuer un africain, il s'adresse à un autre africain ».

Suite aux critiques en France pour son implication personnelle exagérée dans une affaire interne à la Côte d'Ivoire (pays qu'il ne connait même pas), Sarkozy a fait appel à ce qui lui reste de nègres indignes en Afrique pour accomplir la sale besogne. C'est-à-dire faire la guerre au peuple de Côte d'Ivoire pour le seul plaisir du colon d'hier, nostalgique de cette Afrique où du « oui patron, oui missié » était donné aux blancs à tous les coins de rue.

Qui mieux que Blaise Compaoré, le tueur de Sankara en 1987, au pouvoir depuis ce jour maudit et qui vient de se faire réélire avec un score soviétique de plus de 80% aux dernières présidentielles, Abdoulaye Wade, le roi de Dakar qui rêve d'introniser son fils à sa place, Jonathan Goodluck, le jamais élu à qui on promet une élection digne d'une fête foraine, Raila Odinga, cet autre Dramane kenyan, pouvaient faire l'affaire?

Le casting terminé, Sarkozy pouvait donc activer le bouton « putsch » pour lancer la machine. Encore une fois, comme si l'Afrique devait rester à jamais ce continent maudit, le noir s'élançait glaive au vent contre son frère noir pour assouvir les desseins maudits de l'homme blanc. Sarkozy s'efface tout en tenant les manivelles depuis l'Élysée pour faire place à la 3ème génération de nègres. Celle-là moins évoluée intellectuellement et moralement qui feint de ne toujours pas comprendre l'essence des rapports entre l'Occident et l'Afrique tant que le maître blanc lui garantit un peu de bonheur et d'honneur, au détriment de notre peuple. Maintenant que son armée nègre est constituée, Sarkozy peut se lancer à l'assaut de Gbagbo, l'insoumis.

Quand le peuple ivoirien trinque pour la seule gloire de Ouattara

Pour soumettre GBAGBO, les ennemis de l'Afrique ont décidé de faire souffrir le peuple ivoirien afin que celui-ci se retourne contre son Président. Ils demandent donc à leurs pions intérieurs volontairement reclus à l'Hôtel du Golf de poser des actes de défiance quotidienne à l'autorité de l'Etat afin de créer une psychose au sein de la population. Il ne se passe donc plus de jour sans que Soro Guillaume et Dramane Ouattara n'appellent à l'extermination du peuple de Côte d'Ivoire par des armées étrangères pour la seule gloire de l'élu des étrangers ou ne menace les ivoiriens d'emprisonnement s'ils collaborent avec le régime du Président légal. Drôle de démocrates !!!!!

Quand Soro appelle publiquement au meurtre du Président GBAGBO, l'Occident lui souffle le terme de « violence légitime » et demande à la CEDEAO, sa caisse de résonance locale d'amplifier la menace. Malheureusement pour eux, les jours passent et aucun changement ne pointe à l'horizon. Ils décident donc d'affamer le peuple de Côte d'Ivoire en opérant un véritable hold-up à la BCEAO au profit d'Alassane Dramane Ouattara. Maintenant que la banque centrale est prise, ils ont décidé de tuer les millions de paysans ivoiriens en appelant à l'arrêt des exportations de café et de cacao. La stratégie est simple : affamer le peuple et l'armée dans le but de créer un soulèvement populaire contre le gouvernement légal et légitime du premier ministre Aké N'gbo.

Le réveil de l'Afrique et le baroud d'honneur de Sarkozy et compagnie

Depuis quelques jours, des voix discordantes se font de plus en plus entendre en Afrique pour dénoncer l'attitude raciste et esclavagiste avec laquelle Sarkozy et l'Union Européenne traite les ivoiriens. La France Sarkozienne agit comme si elle aime notre propre pays plus que nous même. Sarkozy s'irrite de voir Gbagbo lui résister alors il appelle, par l'intermédiaire de ses valets, à l'envahissement et au chaos en Côte d'Ivoire. GBAGBO propose un recomptage, il est automatiquement rejeté par la France et les États-Unis comme s'il s'agissait de leurs pays respectifs. Heureusement pour l'Afrique digne, des pays comme l'Angola, l'Afrique du Sud, le Ghana, l'Ouganda, la Gambie, le Cap Vert se posent de plus en plus publiquement des questions.

Face à la menace de voir son rêve s'écrouler, Sarkozy lance ses dernières forces dans la bataille ; maintenant, c'est l'Union Européenne dont près de 20 observateurs ont été séquestrés dans le nord par les rebelles, le 28 novembre dernier, qui pond un communiqué pour désapprouver un recomptage des voix et pseudo certifier les résultats de la CEI dirigée par un militant avéré du RHDP, coalition dont 80% des commissaires centraux de la CEI sont issus. Alors question, pourquoi dans aucun rapport de l'UE il n'est fait mention de l'agression dont ont été victimes les observateurs européens, lors du 2ème tour de l'élection ? (Accusé Lafont se défend).

C'est d'ailleurs pour avoir commencé à rendre publique cette information en déclarant à France Soir : « Je les ai vachement aidé. Je sais des choses » que Frédéric Lafont a été retiré de la liste des sanctionnés de l'Union Européenne. Quel crédit l'UE veut elle qu'on donne aux affirmations de ses représentants quand ceux-ci passent sous silence les tentatives d'assassinat dont ils ont été victimes au nord de la Côte d'Ivoire, le 28 novembre dernier, et qui a nécessité l'intervention des éléments de monsieur Lafont pour leur exfiltration ?

Pourquoi, diantre, continuer de vouloir cacher le soleil avec la main si ce n'est pour faire plaisir à Sarkozy, l'ami personnel d'Alassane Ouattara, qui a publiquement juré d'avoir la tête du Président GBAGBO ?

Cette énième sortie de l'UE n'est en réalité que le baroud d'honneur du dernier colon d'Afrique qui rêve de placer un ami à la tête des richesses du sous-sol ivoirien pour mieux continuer le pillage de l'Afrique.

DIEU aidant, les choses rentreront peu à peu dans l'ordre car malgré une presse occidentale ouvertement hostile et désinformatrice à souhait, la crise ivoirienne mettra à nu les manigances de l'Occident dans les régions les moins développées de la planète.


Source: IVOIREVOX.COM

LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (2)

PRAO SERAPHIN.JPG
  • Le franc CFA n'a pas apporté le développement mais la pauvreté


Déjà, parmi  les 49 pays moins avancés (PMA),  35 sont en Afrique subsaharienne (ASS). La zone franc, elle, représente 12% de la population africaine, 12% du PIB et 1,5% des exportations.

Avec une population de 25% supérieure à celle de la France, les PAZF représentent 4,5% du PIB français ou 1,5% de masse monétaire.

La zone franc n'a pas apporté le développement aux pays membres mais le développement du sous-développement.

Pour atténuer cette pauvreté, l'aide française est venue comme une bouée de sauvetage. En effet, les pays de la zone Franc sont des principaux bénéficiaires de l'aide publique au développement française. En 1997, ils ont reçu environ la moitié de l'APD bilatérale française aux pays d'Afrique sub-saharienne, ce qui représente 23 % des apports bilatéraux de la France aux pays en développement (6,5 MdF sur 27,8 MdF d'aide bilatérale en 1997). Dans le cadre du traitement de dette au sein du Club de Paris, 10 pays de la Zone franc[1] ont bénéficié d'annulations pour un montant total rééchelonné de 23 MdF. La France a apporté près de 50 % de l'effort ainsi consenti par les créanciers. En plus des accords conclus dans le cadre du Club de Paris, la France a pris des mesures bilatérales exceptionnelles de réduction de dettes, en annulant en 1989, les crédits d'aide publique au développement (Dakar I), puis en procédant à une nouvelle annulation en 1994 (Dakar II), soit une annulation de dette de 55 MdF au profit des pays de la zone Franc. Entre 1993 et 1996, l'effort de réduction de dettes a représenté en moyenne une contribution annuelle de la France de 3,2 MdF, soit plus du tiers de l'aide bilatérale française à la zone Franc.

En tout état de cause, les pays de la zone franc ne sont pas mieux lotis en termes de performances  macroéconomiques à comparer aux pays africains hors  zone franc. Une synthèse de nombreux travaux comparant les performances est présentée chez Hadjimichael et al. (1995)[2].

Lorsqu'on compare les taux de croissance du PIB des pays africains de la zone franc et des pays hors zone, il apparait que les années 60 et 70 sont marquées par des résultats supérieurs pour les pays  de la zone franc (5% contre 4,4%) alors qu'il y a inversion au cours de la décennie 80, plus précisément entre 1985 et 1991(1% contre 3,7%), sur l'ensemble des trois décennies, les résultats sont, en revanche, comparables[3].  On note également une plus grande instabilité des taux de croissance au sein de la zone. L'écart-type du taux de croissance a été entre 1971 et 1987 de 7% contre 4,5% pour les pays voisins.  De 1980 à 1994, les écarts du PIB réel par rapport à sa tendance à long terme ont été supérieurs.

En 2010, la situation n'est guère reluisante pour les pays de la zone franc.  La Côte d'Ivoire demeure en dépit de la crise militaro-politique qu'elle traverse depuis 2002, le premier pays africains de la zone franc en termes de PIB réel. Pourtant, le franc CFA n'a pas permis à ce pays de faire mieux que les pays hors zone franc (Tableau 1).

Les pays comme l'Algérie, l'Angola, l'Ethiopie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, pour ne citer  que ces pays, ont chacun un PIB réel supérieur à celui de la Côte d'Ivoire (le premier en termes de PIB réel en 2010 de la zone franc), comme l'indique le tableau 3 ci-dessous. Certains de ces pays font mieux en matière d'espérance de vie.  Au sein des PAZF, le Togo (63), le Benin (62) et le Gabon (61) occupent le peloton de tête en termes d'espérance de vie.  Les pays qui ont accédé très tôt à leur souveraineté monétaire ont des espérances de vie plus élevées que les trois pays cités ci-dessus. Il s'agit par exemple de la Tunisie (74), de l'Algérie (73), du Maroc (72), de Maurice (72) et du Cap-Vert (72).

Tableau 1 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel en 2010.

Rang

Pays

PIB réel (en milliards de dollars)

1er

Côte d'ivoire

22,4

2e

Cameroun

21,9

3e

Guinée-Equatoriale

14,5

4e

Sénégal

12,7

5e

Gabon

12,6

6e

Congo

11,9

7e

Mali

9,1

8e

Burkina-Faso

8,7

9e

Tchad

7,6

10e

Benin

6,5

11e

Niger

5,6

12e

Togo

3,1

13e

Centrafrique

2,1

14e

Guinée-Bissau

0,8

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.


Tableau 2 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel/ habitants en 2010.

Rang

Pays

PIB réel/habitants (dollars)

1er

Guinée-Equatoriale

11081

2e

Gabon

8395

3e

Congo

3075

4e

Cameroun

1071

5e

Côte d'Ivoire

1016

6e

Sénégal

964

7e

Tchad

743

8e

Bénin

673

9e

Mali

649

10e

Burkina-Faso

590

11e

Guinée-Bissau

498

12e

Centrafrique

469

13e

Togo

441

14e

Niger

383

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

Tableau 3 : Le PIB réel et le PIB réel/habitants de quelques pays  hors zone franc.

Pays

PIB réel (milliards de dollars)

PIB réel/Habitants

(dollars)

Algérie

159

4478

Angola

85,8

4812

Botswana

12,5

6796

Ethiopie

30,9

365

Ghana

15,3

646

Kenya

32,4

888

Maroc

91,7

2868

Maurice

9,4

7303

Mozambique

10,2

473

Namibie

11,5

5454

Nigeria

206,7

1324

Ouganda

17,1

504

Soudan

65,9

1643

Tanzanie

22,4

543

Tunisie

43,9

4160

Zambie

15,7

1286

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

IV.2. Le franc CFA est un instrument de domination de la France en Afrique

 

Sur ce point, commençons d'abord par dire que les pièces de monnaie et les billets de banque sont fabriqués en France ;  les premières dans l'usine de Pessac en Gironde et les deuxièmes dans le Puy de Dôme, (papeterie de Vic-le-Comte, imprimerie et centre de recherche à Chamalières). Pour ceux qui pensent que l'intérêt économique pour la France est peu significatif, ils ne doivent cependant pas perdre de vue qu'en réalité, l'enjeu principal de la zone franc pour la France n'est pas seulement de nature matérielle, économique ou comptable, mais réside également dans la reproduction continue d'un ensemble de relations qui, en effaçant la « perte » survenue en 1960, préserve son statut de puissance internationale.  Le dispositif de la zone franc, conservateur dans son essence, entretient en Afrique l'ossature  des Etats et leur survie dans un système économique et social figé.

Ensuite la zone franc développe l'extraversion de nos économies.

Avec le franc CFA, les PAZF sont des réservoirs de Matières premières et des déversoirs de produits manufacturés.

L'empire colonial français, qui absorbait 10% des exportations françaises à la fin du 19e siècle et 17% à la veille de la crise de 1929, devint dans les années trente, et jusqu'à la constitution de la communauté économique européenne, un débouché majeur pour les entreprises métropolitaines. Elles y écoulaient 42% de leurs exportations en 1952[4].

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'UE et en direction de l'UEMOA la même année se situent à 43%.

Les exportations de la zone UEMOA en direction de cette zone représentent 12% et 10% pour les importations. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. Les monnaies coloniales encourageaient l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

La domination française est également visible avec la présence des français dans le Conseil d'administration de la BCEAO : 16 dont 2 français. Dans le cadre des directives données par le Conseil des Ministres, le Conseil d'Administration:

  • précise les opérations de la Banque Centrale et fixe leurs taux et conditions d'exécution
  • arrête les règles qui s'imposent aux Comités Nationaux du Crédit, dans l'exercice de leur compétence
  • détermine le montant global des concours que la Banque Centrale peut accorder au financement de l'activité économique dans chacun des Etats
  • autorise les opérations affectant le patrimoine de la Banque Centrale et arrête les comptes de cette dernière détermine les modifications aux Statuts de la Banque devant être soumises à ratification par le Conseil des Ministres de l'Union.

Selon l'Article 52, du statut de la BCEAO, la politique monétaire est confiée au Conseil d'administration. La présence des français peut empêcher l'adoption de politique favorisant notre  développement. Avec la présence des français dans ce conseil, il apparait que la France décide en dernier ressort qui entre et sort de la zone franc.

Enfin la zone franc et ses mécanismes engendrent un système bancaire oligopolistique dominé par les banques françaises. Les banques sont des maillons importants du système financier. Elles remplissent un double rôle. D'une part, elles sont des entités privées qui recherchent le profit ; d'autre part, elles constituent des réseaux qui fournissent à l'économie globale un bien collectif : les systèmes de paiement et de règlement. Or les systèmes financiers africains en général et ceux de l'UEMOA en particulier, sont peu profonds, étroits, peu diversifiés et n'assument pas leur rôle dans le financement du développement (Popiel ,1995)[5]. La création d'un embryon de système financier au sein des pays de la zone franc pendant la période coloniale avait pour seul dessein de répondre aux besoins de financement des sociétés d'import-export et d'exploitation des produits primaires agricoles (Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali), miniers (Niger, République centrafricaine, Sénégal, Togo) et pétroliers (les pays de la CEMAC aujourd'hui).

Les banques ne trouvaient pour ainsi dire aucun intérêt à développer un réseau d'agences à l'intérieur de ces pays ou à établir des contacts avec les populations locales.  Le taux de bancarisation dans l'UEMOA est très faible (moyenne de 4%). Ce taux était en 2001 de 99% en France.

Les banques commerciales proposaient surtout des crédits à court terme permettant de s'adapter au caractère cyclique de la production et de la commercialisation des produits tropicaux et aux délais d'acheminement des produits manufacturés entre la métropole et l'Afrique. Le crédit bancaire ne facilite pas la formation du capital car il finance plutôt les affaires commerciales et d'import-export. Le financement bancaire en Côte d'Ivoire est de l'ordre de 16% contre environ 70% en Tunisie.

Il est d'ailleurs lié au système commercial mis en place par l'économie de traite et non au système de production. La stratégie bancaire postindépendance est restée identique à celle de la période coloniale. Le maintien, après les indépendances, des schémas d'organisation spatiale et sectorielle de l'activité économique (spécialisation sur le commerce et l'exportation de matières premières brutes) cumulé à l'échec des politiques de diversification industrielle expliquent aujourd'hui encore la perpétuation des structures économiques héritées de la période coloniale et les caractéristiques financières qui en découlent.

Par ailleurs, les centres de décision de ces grandes firmes bancaires sont situés à l'étranger. Autant de facteurs qui réduisent leur impact sur les pays où elles sont installées : elles paient des impôts, sans pour autant s'embrayer sur l'économie nationale. Au total, sur le plan bancaire, le système bancaire postcolonial ne tranche guère avec la logique coloniale, celle qui consistait à financer l'échange et la production de matières premières exportées.

Finalement, avec le franc CFA, la France nous domine économiquement, commercialement et politiquement.

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LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (1)

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« Il faut apprendre au nègre à trouver de la beauté en lui »

Marcus Garvey


Le débat sur le franc CFA s'enfle, mobilise et inquiète la France. De plus en plus, les africains s'imprègnent des réalités monétaires et s'interrogent sur le bien-fondé du maintien du franc CFA, une monnaie coloniale.  En fait, la guerre mondiale des monnaies a fini par ouvrir les yeux de ceux qui s'efforçaient encore de les fermer. Les Etats-Unis font marcher la planche à billet pour faire chuter le dollar. On se souvient que la banque centrale des Etats-Unis avait annoncé début novembre  2010, qu'elle allait racheter pour 600 milliards de dollars (443,5 milliards d'euros) de bons du Trésor. Le but, affirme-t-elle, est de maintenir les taux d'intérêt à de très bas niveaux afin de soutenir la reprise économique.

C'est dans ce contexte que la crise post-électorale en Côte d'Ivoire a réveillé le vieux débat sur le franc CFA.  En effet, sept ministres des finances de l'UEMOA, ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO, d'autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au nom de ce pays ».  Ce même Conseil a renchéri pour décider « d'instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire d'effectuer les mouvements sur les comptes en son nom ».

Face à cette imposture de la BCEAO et de l'UEMOA, certains économistes ivoiriens versent au débat leurs contributions. Mais là n'est pas le problème, car il est inacceptable que cinquante années après les indépendances, les pays africains de la zone franc (PAZF) n'arrivent pas à accéder à la souveraineté monétaire, préalable à la souveraineté tout court.

Si le combat est louable, il arrive parfois que des contributeurs, par leurs écrits et argumentations, galvaudent le combat. Ne comprenant pas eux-mêmes les phénomènes monétaires, ils s'invitent dans un débat où seuls les initiés ont voix aux chapitres.

L'objectif de ce papier est justement de démontrer pourquoi le franc CFA doit disparaitre pour faire place à une monnaie africaine au service du développement.  Cela suppose en premier lieu de montrer l'importance de la monnaie : il s'agit de définir correctement la monnaie (I).

Faisant suite à cette démarche définitoire de la monnaie, il sera utile en deuxième lieu, de présenter l'historique de la zone franc (II).

Une telle présentation permettra en troisième lieu de dire pourquoi sortir de la zone franc (III).


I. UNE DEMARCHE DEFINITOIRE DE LA MONNAIE

C'est faute d'avoir compris que la monnaie n'est pas banale, que le développement des pays africains de la zone franc (PAZF) se trouve aujourd'hui à la limite du paradoxe.  Dans les lignes qui suivent, nous allons donner les fonctions et la nature de la monnaie.


I.1. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE

Charles Rist se refusait à définir la monnaie parce qu'elle recouvrait un domaine très vaste. En effet, la monnaie est l'un des concepts les plus difficiles à définir de la théorie économique.  La monnaie est de plus en plus présente à tous les niveaux de la vie quotidienne des agents économiques et, parallèlement, ses formes sont de plus en plus complexes et multiples.

Depuis Aristote, la monnaie est définie par les trois fonctions qu'elle est supposée exercer : la monnaie comme intermédiaire des échanges, la monnaie comme réserve de valeurs et, enfin, la monnaie comme unité de compte.

Considérée comme intermédiaire des échanges (unité de paiement), la monnaie est un instrument qui permet d'échanger deux biens, en évitant les contraintes du troc. Il s'agit de surmonter la contrainte de la double coïncidence exacte des besoins du vendeur et de l'acheteur en qualité et en quantité, sur un même lieu, contrainte propre au troc.  En considérant une économie de troc, l'absence de double coïncidence limite les possibilités d'échanges et l'apparition d'un élément tiers, la monnaie, règle cette contrainte, elle "lubrifie" les transactions. La médiation monétaire serait une condition nécessaire au développement des échanges de biens et de services selon Jevons[i].  Cette fonction suppose que la monnaie a un pouvoir libératoire, c'est-à-dire qu'elle garantie la possibilité d'effectuer des règlements et également d'éteindre des dettes. Or il est possible d'avoir des monnaies en circulation sans pouvoir libératoire. Le paiement renvoie, selon B. Courbis, E. Froment et J.-M Servet, à « l'appartenance à une communauté de paiement dans laquelle les moyens de s'acquitter sont établis »[ii]. Ainsi donc, l'unité de paiement peut différer de celle de compte.

La monnaie exerce également une fonction de réserve de valeur pour deux raisons : la non-synchronisation entre les recettes et les dépenses d'une part et l'incertitude sur les réserves futures d'autre part. Elles constituent deux motifs de « demande de monnaie ». Elle a une fonction de réserve de valeur parce qu'elle est acceptée par tous et surtout parce qu'elle est unité de compte.  Cette fonction n'est pas spécifique à la monnaie car les agents économiques disposent d'autres moyens pour conserver de la valeur,  c'est-à-dire détenir de la richesse. Cette dernière a d'ailleurs plusieurs composantes :

- la richesse non financière, qui est constituée des biens matériels (or, maison, bijou, usine...) et immatériels (comme, par exemple, un fonds de commerce, une qualification) ;

- la richesse financière, qui est constituée des titres qui peuvent s'échanger directement contre des biens matériels ou qui, en général, doivent d'abord se transformer en monnaie pour s'échanger contre des biens matériels (actifs monétaires, actifs financiers).

La monnaie a une troisième fonction : celle d'unité de compte.  Sans monnaie, dans une économie marchande, il y a autant de prix que de paires de biens, de types d'échanges entre deux biens. S'il y a n biens, il y a n(n-1)/2 prix relatifs. Pour opérer ses arbitrages dans un système de troc, chaque consommateur doit avoir en tête tous ces prix. Si un de ces biens est utilisé comme étalon des valeurs, alors le système des prix est profondément simplifié. Il suffit alors de connaître les n-1 expressions de la valeur des autres biens dans le bien choisi comme monnaie pour connaître l'ensemble des rapports de valeurs des n biens. La monnaie permet donc d'établir une échelle de prix simple et unique, exprimée en unités monétaires.

Mais une " vraie " unité de compte ne peut avoir de valeur par elle-même sauf à varier. Or, c'est bien ce que les hommes ont fait en utilisant, pendant de brèves périodes historiques, comme valeur monétaire, des biens ayant eux-mêmes un certain prix. Toutefois, durant la majeure partie du Moyen-Âge, le Prince demeurait le " maître des mesures " : il imprimait son sceau et fixait les valeurs monétaires qui différaient, la plupart du temps, de celles du métal incorporé.

Finalement, la définition fonctionnelle de la monnaie ne nous aide pas dans la poursuite de notre objectif, celui de justifier la disparition du franc CFA.

On ne peut pas se satisfaire de cette définition.  Il nous faut approfondir la question monétaire en disant ce qu'elle est et non ce qu'elle fait.


I.2. LA QUESTION DE LA NATURE DE LA MONNAIE

Qu'est-ce que la monnaie ? Cette question par laquelle il fallait bien commencer, n'admet pas de réponse simple, acceptée par l'ensemble des économistes, ni sous l'angle empirique, ni sous l'angle théorique. Notre préoccupation à ce stade de notre réflexion, est de dissiper le « nuage épais » qui enveloppe les contributions sur la nature de la monnaie.

La monnaie, rassurons-nous n'est pas un bien industriel comme le pain.  Elle n'est pas une marchandise. La monnaie a plusieurs dimensions.

La monnaie est une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette de celui-ci. De ce point de vue, il est impossible de dissocier la monnaie du système monétaire d'où d'ailleurs l'importance des banques dans une économie monétaire de production.

Cette définition est complétée par l'approche institutionnelle de la monnaie : la monnaie est certes une technique mais c'est aussi un phénomène social qui met en jeu des relations humaines et pas simplement une technique. L'enjeu principal de la monnaie est toujours l'appartenance à une communauté de valeurs. Or, cette appartenance s'inscrit dans des formes relativement différentes selon les époques et les sociétés. La monnaie est une institution qui exprime et conforte les valeurs globales de la société où elle existe.

La monnaie a également une dimension conventionnaliste. Elle est générée par une convention marchande : j'accepte la monnaie car autrui l'accepte. La qualité d'une monnaie se mesurera, dès lors, à l'aune de son aptitude à conserver sa valeur d'une période à l'autre et de sa capacité à inspirer confiance  à ses utilisateurs. Ce minimum de cohésion sociale et de confiance, qui est au fondement même de toute monnaie, émane soit d'un acte de foi (acceptation générale du numéraire par la communauté), soit d'un édit des autorités qui l'établit comme cours légal dans un territoire donné.

Dans le premier cas, la monnaie peut provenir soit d'une coutume immémoriale, soit d'une convention émergeante ou librement négociée, ou encore être le résultat d'une concurrence entre monnaies privées où une a fini par s'imposer dans un vaste réseau d'échange.

Dans le second cas, la monnaie est la production d'un monopole d'État qui impose le médium d'échange et tente de le contrôler. La puissance publique tire profit de cette situation à divers échelons : la monnaie sert, à la fois, de source d'unité symbolique du pays, de source de revenu pour l'État et de moyen d'indépendance politique, le pays ayant sa propre devise.

Georges Simmel met pour sa part en avant que si la monnaie ne doit rien dans sa genèse, à l'Etat, un fonctionnement viable ne peut cependant être garanti par celui-ci.  C'est dans cette filiation que se situe l'approche étatique de Knapp (1973)[iii] à laquelle fait référence J.M. Keynes dans le « treatise on money ». Cette approche peut être résumée ainsi : « la monnaie est une créature de la loi », c'est-à-dire du droit. En fait, selon Knapp, l'État sélectionne et impose une forme-monnaie en choisissant une certaine unité et en lui donnant une validité sur un territoire qui correspond à son espace national. Ainsi, l'acceptation inconditionnelle de la monnaie par les individus est garantie par l'État.

Il s'agit de dire que c'est l'autorité politique représentative qui, dans un espace national donné, fait battre monnaie et lui donne cours légal, un principe repris, après bien des vicissitudes, du droit romain.

Bien qu'elle soit un enjeu entre les classes sociales et un instrument de domination des uns sur les autres, la monnaie est aussi un bien public. Elle ne peut exister que par la légitimation politique qui lui donne la capacité d'être un pouvoir d'achat immédiat ou futur, garantissant son rôle de réserve à travers le temps.

La monnaie a également une dimension politique : les nations se sont construites autour de la monnaie et autour d'un roi qui avait le pouvoir de battre monnaie. Au 19ème siècle, l'unification progressive de l'Allemagne s'est faite à partir du Zollverein, mais aussi par une monnaie commune : le Thaler (1857). A l'heure actuelle, le pouvoir monétaire est perçu comme un élément de la souveraineté nationale : ses capacités régulatrices lui viennent de son aptitude à représenter les valeurs qui sont au fondement de la communauté d'échanges.  Pour Charles Loyseau[iv] dans son « Traité des seigneuries » (1669) : « ...la souveraineté est du tout inséparable de l'Etat, auquel, si elle était ôtée ne serait plus un Etat. Car, enfin, la souveraineté est la forme qui donne l'être à l'Etat, voire même l'Etat et la souveraineté prise in concreto sont synonymes et l'Etat est ainsi appelé, pour ce que la souveraineté est le comble et période de puissance où il faut que l'Etat s'arrête et s'établisse ». La souveraineté s'affirme ad externa. Concrètement, elle s'exerce sur un territoire délimité - la première fonction du roi étant de tracer la ligne qui situe le domaine de la couronne dans l'espace, et qui marque sa libre existence face à toute autre puissance extérieure contre quoi le moyen militaire peut être requis.

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mercredi, 26 janvier 2011

METTRE UN COUP D'ARRET URGENT A L'HECATOMBE OUEST-AFRICAINE QUI SE PREPARE EN COTE D'IVOIRE



SARKOZY ET COMPAORE.jpg

En lisant ce titre, un coup de froid pourrait presque parcourir la colonne vertébrale de toute personne en peine pour le peuple ivoirien et de quiconque redoute des lendemains difficiles, incontrôlés et incontrôlables à la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire. En effet, depuis quelques semaines, la communauté occidentale pilotée par les Etats-Unis et la France pompeusement appelés « communauté internationale » pour les besoins de la cause, fait macérer la Côte d'Ivoire dans la psychose d'une opération militaire pour, dit-on, « exfiltrer » quasi « pacifiquement » le président élu Laurent GBAGBO et installer douillettement à sa place son adversaire, Alassane Dramane OUATTARA, qui a perdu l'élection présidentielle et qui est allergique à la recherche de la vérité pour dénouer ce blocage politique que connaît notre pays.

Cette option peut séduire les va-t-en-guerres qui ne connaissent pas les Ivoiriens et leur détermination à défendre, par vagues de milliers de milliers, leur dignité et la souveraineté de leur pays. En plus, Laurent GBAGBO, loin d'être un orphelin dans son pays - bien au contraire ! - est entourée d'une armée loyaliste, aguerrie par huit années de crise armée, prête à en découdre jusqu'à la dernière goutte de sang. Est-ce devant ce peuple et cette armée-là qu'on veut venir ôter Laurent GBAGBO et espérer gouverner la Côte d'Ivoire dans la quiétude ? Que nul ne se prenne à rêver d'une manière aussi démente. Ce scénario échafaudé d'une façon totalement déraisonnable par un Alassane OUATTARA épuisé et en perte de vitesse qui appelle la « communauté internationale » à attaquer son propre (?) pays, aiguillé en cela par un Nicolas SARKOZY en plein délire, pris en flagrant délit de mensonge éhonté lors de la troisième conférence de presse de son obscure mandat à la tête de l'Etat français, est un scénario de l'apocalypse. Que le monde entier le sache.

Même d'un point de vue africain, la Côte d'Ivoire n'est pas orpheline : des pays comme l'Angola, le Ghana, le Cap Vert et l'Afrique du Sud, et bien d'autres plus discrets, ont compris le vrai enjeu de la crise postélectorale ivoirienne et réclament le réexamen des documents électoraux pour une sortie de crise pacifique. Les ennemis de la Côte d'Ivoire n'en ont cure. Mais honnêtement, pensent-ils que ces pays amis laisseront dépecer la Côte d'Ivoire sans un pépiement, sans broncher ? Rien n'est moins sûr. Il se trouve même que de nombreux volontaires africains sont prêts à venir faire la guerre sur les bords de la lagune Ebrié, au nom de l'honneur, de la dignité, de la liberté et de la souveraineté de l'Afrique. Il suffit simplement de leur faire appel ou d'ouvrir une liste et nous aurons bien vite fait de refuser du monde. Que le monde le sache : il n'y aura pas de guerre propre en Côte d'Ivoire. C'est un leurre dont la France berce toute la terre.

Nicolas SARKOZY attaquera les Ivoiriens et il y perdra la face. Les armées qui enverront leurs soldats se faire canarder en Eburnie n'auront aucune reconnaissance de sa part et ces derniers et leurs familles, aucune indemnité ou indemnisation. Parce que la France sortira exsangue et humiliée de ce conflit, elle mordra la poussière devant un peuple digne et déterminé à se faire respecter. Leur déconvenue sera telle que de violentes crises ou des levées de boucliers insurrectionnelles succèderont à leur expédition ivoirienne sur leurs propres territoires. C'est certainement la raison pour laquelle le Nigéria demande une résolution onusienne avant de partir en guerre contre la Côte d'Ivoire. Histoire de sauver la face, se donner bonne conscience et d'avoir une couverture sociale pour les familles de leurs futurs morts.

Pour faire un appendice au grossier et grotesque mensonge de Nicolas SARKOZY à sa conférence de presse d'avant-hier, lundi 24 janvier, en tant que nouveau président du G20-G8 pour l'année 2011, relevons que sur le dossier tunisien, le fils de Nagy-Bocsa a crânement affirmé (pince sans rire), que la puissance coloniale (la France, prise à défaut) n'a pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de son ex-colonie. On en tomberait presqu'à la renverse tant le propos est incroyable, surréaliste, abracadabrantesque, provenant de cet affidé des sciences françafricaines les plus rétrogrades. Tunisie-Côte d'Ivoire, deux poids deux mesures, pourrait-on dire ! Or donc, il ne faut pas s'ingérer dans les affaires internes de son ex-colonie !? En Côte d'Ivoire, on ne s'embarrasse pourtant d'aucune éthique ou élégance diplomatique pour clouer le pays d'Houphouët-Boigny au pilori, menacer vertement le président démocratiquement élu d'un pays souverain de traduction devant le TPI et lui lancer un ultimatum totalement insolite. La mauvaise foi dans cette crise ivoirienne est absolument sidérante !

Mais au-delà de cet aspect moral des choses, ce que l'on ignore et surtout ce que feint d'ignorer cette nébuleuse mafieuse prétendument adoubée « communauté internationale » ou ce qu'elle refuse de prendre en compte dans ce crescendo apologétique de la violence appelée de tous ses vœux par le candidat Alassane OUATTARA (et ses aficionados), c'est qu'il n'y a pas que des Ivoiriens en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire, en tant que nation hospitalière, compte officiellement en son sein une incroyable population de plus de 30% d'étrangers mais officieusement, tous s'accordent en Côte d'Ivoire pour reconsidérer ce taux à la hausse, soit un peu plus de 40% de non nationaux. Le pays de la sous-région ouest-africaine qui vient après la Côte d'Ivoire dans ce classement, est le Sénégal, avec... moins de 5% d'étrangers (et là nous sommes extrêmement généreux !). En France, chez les donneurs de leçons universels, un taux de seulement 1,5% d'étrangers sème la panique parmi les hommes politiques et les spécialistes de la prospective, de la planification et des statistiques. Une telle fièvre ne s'est pas encore emparée du peuple digne, fier et hospitalier de Côte d'Ivoire. Et ce n'est pas le droit d'en être saisis qui nous en serait dénié.

La Côte d'Ivoire compte en son sein, sur une population d'environs 20 millions d'habitants, au moins 3 millions de burkinabé, 2 millions de maliens, 1 million de sénégalais, 1 million de guinéens, ½ million de nigérians, ½ million de ghanéens et de libériens, et des milliers de citoyens du reste de l'Afrique et du monde intégrés, prospères et vivant dans une paix totale, parmi lesquels 16.000 français. Comme nous pouvons le voir, la Côte d'Ivoire est une terre d'accueil (et même d'asile, de refuge) et aucun pays sur la planète ne peut s'en prévaloir, dans la même proportion. Plus singulièrement, elle représente le complet microcosme de toute la CEDEAO.

Alors, que des chefs d'Etats africains, véritables suppôts et potentats au service de l'Occident, en mal de pub et de légitimité, adeptes obscures d'une philosophie aplaventriste totalement rétrograde et anachronique dans un monde en pleine mutation du point de vue des libertés, réunis dans une incontestable association de malfaiteurs, se préparent à attaquer un pays frère abritant des milliers voire des millions de leurs concitoyens, cela relève des énigmes de l'histoire, du mystère fonctionnel du complexe cerveau humain et, plus simplement, du suicide collectif.

Ces hommes pensent-ils un seul instant pouvoir « exfiltrer sans effusion de sang », comme ils disent, le président Laurent GBAGBO et lui arracher ainsi le pouvoir au profit de leur filleul, Alassane OUATTARA ? Se posent-ils seulement la question de savoir comment le candidat du RHDP gouverne-t-il ensuite une Côte d'Ivoire en ébullition, une Côte d'Ivoire désormais irréversiblement entrée en irruption ? A la vérité, ils ont pris toutes les dispositions pour une guerre totale en Côte d'Ivoire, à défaut d'effrayer Laurent GBAGBO pour qu'il se sauve la queue entre les jambes et parte en exil, à défaut de parvenir à museler la RTI ou asphyxier économiquement les Ivoiriens pour qu'ils capitulent. Une guerre pour faire des millions de morts. Les pays occidentaux ne sont-ils pas en train de mettre leurs ressortissants à l'abri en leur demandant de quitter immédiatement la Côte d'Ivoire ? Nous aurons certainement, ici, un scénario pire que le Rwanda et le Libéria réunis. Ce discours faussement pacifiste n'est, en fait, tenu que pour donner le change à une opinion publique internationale qui commence à comprendre et qui est de moins en moins encline à accepter une explosion de violence, une expédition massacreuse, dans le Golfe de Guinée. Car le vent est désormais en train de tourner et ils veulent faire vite, avant d'être eux-mêmes mis au ban des nations et épinglés à leur tour.

Mais savent-ils au moins que si les Ivoiriens se retrouvent dos au mur et contraints de faire la guerre dans un baroud d'honneur, leurs ressortissants n'échapperont pas à une inévitable vendetta générale et que même leurs territoires ne seront pas épargnés par des bombardements ivoiriens ? En clair, c'est toute la sous-région ouest-africaine qui va flamber à grand feu. Le savent-ils ?, continuons-nous à nous interroger avec angoisse. Pas pour la Côte d'Ivoire. Mais pour la sous-région et l'Afrique entières ! Et comment comptent-ils rétablir la cohabitation, la cohésion sociale, économique, sécuritaire et politique qui sera ainsi effroyablement mise à mal sur tout le continent après cette sortie hasardeuse aux conséquences apocalyptiques ?

Les conclusions du 16ème sommet de l'Union Africaine qui se tient du 24 au 31 janvier 2011, à Addis-Abeba en Ethiopie - auquel l'énigmatique et hyper président français Nicolas SARKOZY veut s'arroger le droit de participer - nous le dirons. Il faut espérer que le bon sens l'emporte sur la logique du pire en pleine expansion et sur la folie meurtrière incontrôlée en préparation. Au surplus, les Africains ont lancé une pétition contre cette participation provocatrice et altière du fils de Nagy-Bocsa à ce qu'ils considèrent comme leur chasse gardée et l'expression de leur souveraineté, leurs chefs d'Etats aux ordres dussent-ils y prendre des décisions retorses contre le pays frère de Côte d'Ivoire. La sagesse et l'intelligence triompheront-elles ? Attendons de voir.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

HOLD-UP ELECTORAL DE CHOI ET AFFIDES - Me CECCALDI: «LE MECANISME DE LA FRAUDE SE TROUVE DANS LE TAUX DE PARTICIPATION»



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In Le Nouveau Courrier N°187 du 25 Janvier 2011 par Stéphane Bahi


La tribune des Communicateurs citoyens a accueilli hier, l'avocat français Me Ceccaldi, qui avait à dire et à redire sur la forfaiture de Choi et ses mandants pour proclamer Ouattara vainqueur de la présidentielle.


On ne le dira jamais assez, Choi s'est rendu complice de la fraude et des violences qui ont contribué à cristalliser les tensions post-électorales en Côte d'Ivoire, en faisant croire à l'opinion que Alassane Dramane Ouattara a gagné l'élection présidentielle ivoirienne. Un passage en force cousu de fil blanc mis à nu au fil des jours par les Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire épris de paix et de justice. Au nombre de ceux-ci, Me Marcel Ceccaldi, avocat international qui a répondu à l'invitation des Communicateurs citoyens, qui ne ménagent aucun effort pour le rayonnement de la démocratie. Hier lundi donc, aux 2 Plateaux, le juriste s'est longuement attardé sur les tenants et aboutissants de la crise actuelle en prenant pour repère le Thème : «Problématique de la Certification des élections en Côte d'Ivoire». Pour l'éminent juriste, «le mécanisme de la fraude se trouve dans le taux de participation». Le disant, il se base sur des faits palpables. Il s'explique en effet difficilement le fait que le taux de participation ait changé en l'espace de quelques jours, sans que cela n'émeuve personne, particulièrement Choi et ses patrons de la communauté dite internationale. «La proclamation des résultats à l'échelle administrative n'a pas été faite. Si la procédure avait été suivie, Choi aurait vu qu'il y avait des incohérences au niveau du taux de participation ; et que dès lors, il y avait un risque de fraude. Le mécanisme de la fraude se trouve dans le taux de participation. De 72% on est passé à 82 % de taux de participation. C'est ça la fraude», a-t-il dénoncé, pointant du doigt le laxisme complice doublé de mauvaise foi, du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire.

Une plainte contre Choi

Allant plus loin dans l'analyse, Me Ceccaldi lève un coin de voile sur une autre manœuvre méprisante de Choi, voire sa mauvaise foi. En effet, dans le rapport de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, le Coréen s'abrite derrière une disposition de l'Accord politique de Ouagadougou, pour justifier les irrégularités constatées dans le nord et son refus de les considérer outre mesure. Extrait du rapport : 3.4.4.1. La disposition de l'article 3 de l'APO dit ceci : «Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du CCI, et la supervision des Forces Impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux forces ex- belligérantes ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces Nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux (02) mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. »

3.4.4.2. M. Choi dit avoir conseillé aux parties ivoiriennes de respecter cette disposition. Il dit avoir prévenu les parties en indiquant que si elles acceptaient d'aller aux élections sans la mise en œuvre de cette disposition, alors, elles ne devraient pas formuler des requêtes liées à des allégations d'irrégularités du scrutin dans les zones concernées et sous le contrôle des Forces Nouvelles.

Allégations que bat en brèche Me Ceccaldi, au motif que les conditions de sécurisation et le désarmement des rebelles incombait à l'Onu, conformément à la résolution entérinant l'APO. «S'il y avait des jeux olympiques de la mauvaise foi, Choi serait médaillé d'or. Est-ce que l'Onu a fait sa part ?», s'est-il insurgé. «Nous nous réservons le droit de saisir la Cour internationale de justice sur le cas de M. Choi».

Le forcing du tandem Ban Ki-moon - Choi et les incongruités de l'UE

Le conférencier du jour ne s'est pas arrêté en si bon chemin dans ses éclairages. Pour lui, la certification est une assistance électorale de l'Onu à un pays, soit dans un pays en conflit. Mais «en aucun cas, il n'y a abandon de souveraineté». Ce que à l'en croire, Ban Ki-moon a feint d'ignorer dans le cas de la Côte d'Ivoire, en attribuant les prérogatives de Haut représentant pour les élections à son compatriote Choi, au mépris d'une décision de l'Assemblée générale de l'Onu qui l'en empêchait. «J'accuse Choi de forfaiture. Il a outrepassé son devoir en violation d'une décision de l'AG des Nations unies...» Il poursuit pour dire que Choi doit se soumettre au verdict du Conseil constitutionnel, parce que la Côte d'Ivoire n'a pas renoncé à sa souveraineté.

L'Union européenne, qui s'est arrogé le droit de sanctionner tous ceux qui empêchent Ouattara de tourner en rond, n'a pas été épargnée par le juriste. Dans son allégeance à Ouattara, l'Ue crois bon de punir tous les supposés soutiens de Gbagbo, si le ridicule pouvait tuer, les donneurs de leçons ont franchi le rubicond en sanctionnant tous les membres du Conseil constitutionnel. Motif invoqué : refus de se placer sous l'autorité d'Alassane Ouattara. «La décision de l'Union européenne du 15 janvier va entrer dans le livre des records Guiness ; c'est une atteinte à la séparation des pouvoirs», a-t-il déclaré.

L'homme de droit estime que la meilleure des choses à faire dans cette situation actuelle est d'accepter le recomptage des voix pour une issue pacifique car une attaque de la Côte d'Ivoire équivaudrait à «une agression armée comme l'Angleterre et les Etats Unis en Irak en 2003».


 

Source : LE NOUVEAU COURRIER


Autre article sur le même sujet: AFREEKELECTION.COM

lundi, 24 janvier 2011

Pr GORGUI DIENG - COTE D'IVOIRE: VERS L'ECLATEMENT DE LA CEDEAO ET DE L'UA ?

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Chaque jour qui passe ajoute de l'huile au feu qui brûle en CI. Et les pays occidentaux et l'Onu qui tiennent à leur 'président' comme à la prunelle de leurs yeux, l'attisent par des sanctions qui vont crescendo contre Gbagbo et ses proches. Les rebelles, - alliés de l'ONUCI ? -, attaquent et tuent des soldats de l'Armée régulière ivoirienne. Ces derniers ripostent et reçoivent de l'Onu des menaces de poursuites pour crimes contre l'humanité. Le message de l'Onu aux forces restées fidèles à Gbagbo est donc clair : laissez-vous canarder par les rebelles sans réagir, sinon c'est la CPI ! Dans quel monde sommes-nous ? Pourquoi l'Onu ne tempère-t-elle pas l'ardeur des adversaires de Gbagbo qui cherchent à marcher sur les institutions de la république ? Comme Gbagbo n'est pas légitime, il n'a aucun droit, même pas celle de se défendre. Pourtant il a indiqué des cas de fraude dans le Nord avec chiffres à l'appui et demandé à la 'Communauté internationale le recomptage des voix. Mais pour toute réaction, cette dernière lui demande de céder sans délai le pouvoir à Ouattara. Pourtant, il est établi - et personne ne peut le nier - que dans plusieurs bureaux de vote du Nord le Président élu par la CEI et par l'Onu a engrangé des suffrages deux fois supérieurs au nombre des inscrits. Les Experts Electoraux Africains présents lors du scrutin ont relevé de graves irrégularités dans une bonne partie du Nord. Mais comme ce sont des Africains, leur voix ne compte pas ! On ne doit écouter que Bakayoko de la CEI et Choi de l'Onu!

Ce qui est causasse dans l'imbroglio ivoirien, c'est que le président reconnu par l'Occident, après s'être rendu compte que le peuple qui l'a 'élu' reste de marbre devant ses multiples appels à la grève générale et à la désobéissance civile, il se rabat sur l'extérieur pour retrouver son fauteuil usurpé par l'autre! Quel paradoxe ! Le problème de la Côte d'Ivoire, il faut avoir le courage de le dire, pourrait bien être Ouattara ! On a l'impression qu'Il cherche à diriger les Ivoiriens quoique cela puisse coûter au pays. Certainement pour laver l'affront de Bédié - son ennemi d'hier et 'allié' d'aujourd'hui - qui l'a sans nul doute traumatisé en lui niant son 'ivoirité' au lendemain de la mort de Houphouët. Il s'est servi hier des rebelles, sans succès. Aujourd'hui, il implore l'Onu, la France et les Etats Unis d'ordonner à la CEDEAO d'aller au charbon. A la place du peuple ivoirien qui visiblement ne compte plus. Mais les braises risquent d'être bien ardentes...

La leçon tunisienne est encore fraîche dans nos mémoires... Qui a fait partir le redouté Ben Ali ? La Ligue Arabe ? L'Onu ? C'est bien le peuple tunisien. Et franchement, nous applaudirions des deux mains si le peuple de Côte d'Ivoire sortait comme un seul homme et balayait Gbagbo. Pour nous ce dernier ne compte pas face au peuple ivoirien qui doit se choisir son président et demeurer maître de son destin. Mais l'échec des journées 'pays mort' initiées par Ouattara montre à ceux qui veulent voir le soleil si brûlant au-dessus de nos têtes, que Gbagbo n'est pas si vomi par son peuple que certains le prétendent. Et c'est ce président que la CEDEAO veut aller déloger comme un malpropre ? Comme si eux, les autres chefs d'Etat de la sous-région, incarnaient l'idéal démocratique en Afrique de l'Ouest ! Faut-il en rire ou en pleurer ?

Nous devons nous poser les questions suivantes : La CEDEAO aime-t-elle plus la CI que les Ivoiriens eux-mêmes ? Qu'est-ce qui la motive ? Est-elle libre de ses mouvements ? Va-t-elle exécuter des ordres, la tête baissée ? Nos dirigeants ne savent-ils pas qu'on n'envahit pas un pays comme cela, fût-il le plus faible du monde ? Le repli identitaire au niveau national et international risque de surprendre et de porter la guerre bien au-delà des frontières de la CI. Le Sud du pays peut resserrer les rangs contre le Nord. Et les pays africains dirigés par des partis de Gauche comme le MPLA, le FRELIMO, l'ANC, le PAIGC et la SWAPO, entre autres, peuvent bien se coaliser pour faire face aux pays aux ordres de l'Occident.

Nous insistons sur le fait que le conflit en CI est plus identitaire que purement politique, parce que foncièrement culturel, ethnique et religieux. Cela Choi de l'Onu le comprend-il ? La CI n'est pas un pays homogène. Il est très fortement clivé : un Nord essentiellement Sahélien, 'Burkinabè-malien', malinké et musulman et un Sud plutôt Forestier, 'autochtone', Baoulé-Bété et chrétien. C'est cela le véritable casse-tête ivoirien que la forte personnalité de Houphouët avait réussi à juguler le temps d'un règne. Mais que l'alliance contre nature entre Ouattara et Bédié peine à cacher. C'est d'ailleurs cette réalité ethnique et culturelle explosive qui explique le soutien dont bénéficie Ouattara de la part de certains dirigeants de la CEDEAO et de l'UEMOA, même si tout le monde semble éluder le débat. Le Burkina Faso de Blaise Compaoré (pays du père de Ouattara), le Mali de Amadou Toumani Touré, le Sierra Leone de Ernest Bai Kroma, la Guinée-Conakry de Alpha Condé, la Guinée-Bissau, sont des pays Malinkés qui voient en Ouattara un des leurs. Même le Sénégal est concerné malgré les apparences qui en font un pays wolof.

Si la CEDEAO perd la raison et attaque la CI, cela pourrait conduire à une situation totalement inattendue : des pays de la Communauté comme le Cap Vert, la Gambie, le Ghana qui ont exprimé haut et fort leur opposition à toute intervention militaire en CI pourraient se sentir humiliés et se ranger machinalement derrière Gbagbo contre les 'agresseurs'. Ils pourraient aussi envisager leur retrait de la CEDEAO qui serait perçue comme un instrument au service de la France, des EU, de la GB et de l'Onu. La frustration pourrait gagner d'autres pays au-delà de la CEDEAO et avoir des répercussions dévastatrices sur l'Union Africaine elle-même. L'Angola, un vétéran de la guerre de libération nationale contre le Portugal des dictatures, a, par la voix autorisée de son président, fait une déclaration qui a le ton d'un avertissement pour qui sait lire entre les phrases. Dos Santos a dit sans détour que vu le contexte dans lequel elles ont été organisées dans un pays divisé et contrôlé dans sa partie Nord par la rébellion, les élections sont nulles et de nul effet. Cependant, pour lui, Gbagbo doit rester au pouvoir pour éviter à la CI un vide institutionnel. Si la CEDEAO fait fi de cette voix discordante, elle court de gros risques. L'Angola, qui a maintenant le soutien de la Guinée Equatoriale, a bien les moyens financiers et militaires de venir en aide au 'camarade' Gbagbo, que beaucoup de nationalistes africains commencent à percevoir comme un martyr car son cas rappelle bien celui d'un certain Patrice Lumumba. Et avec le président sud-africain Zuma qui commence à parler le même langage que ses 'camarades' angolais en invitant la Communauté internationale à tenir compte de la requête de Gbagbo (recomptage des voix par une commission internationale) la situation semble bien se compliquer pour la CEDEAO. D'autant plus qu'elle ne peut se baser sur aucun texte juridique pour justifier une action militaire contre Gbagbo élu par le Conseil constitutionnel de son pays. Elle a plutôt l'obligation de respecter les institutions des différents pays membres.

Nous estimons donc que si on n'y prend garde, la crise postélectorale en CI risque de déboucher sur une autre crise à l'échelle du Continent et conduire à l'éclatement de la CEDEAO et de l'UA. Nous avons la certitude que l'Angola et l'Afrique du Sud ne resteront pas les bras croisés si la CEDEAO franchit le Rubicon. Et à qui va profiter une telle situation lourde de dangers ? A ceux qui incitent les Africains à s'entretuer pour freiner la marche de l'Afrique vers son unité organique sans laquelle il n'y ni développement durable ni indépendance véritable.


Pr. Gorgui Dieng


Laboratoire d'Etudes Africaines et Postcoloniales
Département d'Anglais
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, Sénégal.


Source: SUD ONLINE.SN

dimanche, 23 janvier 2011

LA PRESSE FRANÇAISE ENFIN SUR LA VOIE DE LA VERITE

ALASSANE DRAMANE OUATTARA 2.jpg

Dans sa parution du mardi 19 janvier 2011, sous le titre « Sept semaines de solitude », le journal d'information en ligne « Le Monde.fr » a jeté un regard peu habituel sur la situation postélectorale en Côte d'Ivoire. Dans un lyrisme chargé d'ironie, le confrère français fait une peinture de l'univers restreint et lassant du « Président Ouattara du Golf Hôtel ». Doit-on croire qu'enfin, la vérité est en train de se mettre en place ?


Cloîtré à l'Hôtel du Golf depuis son élection, le président ivoirien officiellement reconnu, Alassane Ouattara, voit la situation lui échapper peu à peu.Les ordures se consument, comme un fumier géant, embrasant l'air. L'odeur piquante relègue au second plan les effluves douceâtres de la lagune d'Abidjan. Les embouteillages vont leur train habituel, entre les barrages de police et les arrêts en triple file de véhicules fatigués. Au palais présidentiel, les photographes parés de gilets orange fluo attendent, lundi 17 janvier, l'arrivée du médiateur de l'Union africaine, le premier ministre kenyan, RailaOdinga. Ses entretiens avec Laurent Gbagbo, le président qui se considère comme réélu, seront "très utiles" et ses conversations avec Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, "très fructueuses.

Mais plus le temps passe et plus la situation apparaît ubuesque. Comme si le président cloîtré en son Hôtel du Golf depuis l'élection du 28 novembre 2010 avec un gouvernement fantôme perdait peu à peu toute réalité. M. Ouattara reste invisible - un sourire qui s'efface, sur des affiches électorales dépassées. Les rumeurs les plus folles circulent, comme souvent en Afrique : est-il bien toujours à l'Hôtel du Golf ? Les diplomates en sont assurés, puisqu'ils le rencontrent, mais qui s'en soucie ? Sa stratégie semble de plus en plus illisible, même à ses partisans. Ils n'osent guère s'exprimer à découvert, car la situation reste tendue

Lundi, alors que l'ONU doit voter un contingent supplémentaire de 2 000 hommes pour l'Onuci, qui portera leur nombre à 11 500, des échauffourées ont éclaté en plein centre-ville, près de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Pour disperser un groupe de jeunes qui avait encerclé des blindés légers de la force d'interposition, celle-ci a tiré en l'air. Deux personnes ont été blessées. Ces heurts sporadiques, dont la nouvelle se répand à toute allure par les téléphones portables, ne sont cependant pas quotidiens.

Et de là à réussir une "opération pays mort", comme M. Ouattara y a appelé, mardi 18 janvier, il y a un grand pas. Le président favori de la communauté internationale risque d'y user un peu plus son crédit en cas, probable, d'échec. De même que ses appels à déloger M. Gbagbo par la force, sans lever le petit doigt, finissent par apparaître comme des rodomontades. Cela s'ajoute aux anecdotes qu'on ne manque pas de raconter à toute personne arrivant à Abidjan. Comment, vous ne connaissez pas l'histoire des langoustes ? Une cargaison de ces crustacés de luxe destinée aux reclus de l'Hôtel du Golf a été interceptée. Sitôt l'histoire livrée, avec forces détails, on vous précise que les Ouattara - que Nicolas Sarkozy a mariés naguère à la mairie de Neuilly - vivent "comme des milliardaires".

Sans incarnation, le débat politique devient un jeu de massacre médiatique. En Côte d'Ivoire, les quotidiens fleurissent. De bon matin, ils provoquent des attroupements devant les kiosques, jusqu'à bloquer la voie. Les Ivoiriens se qualifient eux-mêmes de "titrologues", car ils ne lisent souvent que les manchettes. Ou bien ils "louent" le journal pour 0,50 franc CFA, malgré un prix de vente assez bas, 200 francs CFA (30 centimes d'euros) en moyenne. Les deux présidents disposent chacun de six ou sept titres, qui ne font pas dans la nuance. Lundi, Le Nouveau Courrier, favorable à M. Gbagbo, faisait état d'un "assaut sur Abidjan", préparé à Bouaké par les forces de l'Onuci qui "s'apprête à transporter (...) mercenaires et combattants rebelles" pour soutenir M. Ouattara.

Du bord opposé, Le Patriote donnait le même jour "la liste des 85 ennemis de la paix", personnalités sanctionnées par l'Union européenne depuis vendredi, dont les avoirs sont gelés et les déplacements réduits - avec les dates de naissance et les numéros de passeport. S'y ajoutait un bref commentaire pour chacun, tel celui-ci pour Laurent Gbagbo : "Prétendument président de la République. Obstruction au processus de paix et de réconciliation, refus du résultat de l'élection présidentielle."

Pourtant nul ne nie que chaque jour contribue à l'affaiblissement de M. Ouattara, voire au renforcement de son adversaire. M. Gbagbo l'a très bien compris, qui joue la montre. Les ultimatums qui font flop - comme celui lancé par le président français à M. Gbagbo pour quitter le pouvoir et dont la date a expiré depuis belle lurette - sont aussi contre-productifs. Un Français influent, mais qui tient à garder l'anonymat dans cette période tendue, soupire : "Quand Sarkozy dit "Gbagbo partira à telle date", on voit bien qu'il n'est jamais venu en Côte d'Ivoire."

La communauté française, estime-t-il, (environ 700 PME-PMI et 15 300 personnes dont 60 % de binationaux), considère d'un oeil sceptique les décisions prises à Paris. Ainsi la décision de reconnaître l'ambassadeur de M. Ouattara apparaît-elle comme un brin décalée dans le contexte ivoirien. "Gbagbo a conquis son pays sur le terrain, dans la rue. Il le connaît parfaitement, il a fait trente ans d'opposition. Pour enlever M. Gbagbo, il faudra aller sur la route", dit-il, alors que M. Ouattara a été formaté par les occidentaux. De plus, par tempérament, le président reconnu "n'est pas un chef, pas un combattant, pas un gagneur. Il attend qu'on le mette au pouvoir et c'est bien le problème".

Comme nombre des Français du secteur économique, ce chef d'entreprise qui réside depuis trente ans en Côte d'Ivoire a d'autres craintes : il est évident à ses yeux que si la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), veut déloger M. Gbagbo par la force, c'est le Nigeria, plus gros contributeur, qui viendra. Non seulement ce n'est pas une démocratie exemplaire, mais il est assuré qu'il mettra ainsi la main sur tout le pétrole du golfe de Guinée. "Ils ne partiront plus d'ici, c'en sera terminé de la Côte d'Ivoire", dit-il.

Le couvre-feu par intermittences, les troubles, les barrages, la baisse de l'activité économique, autant de raisons qui rendent le temps long... "Une présence prolongée, confinés dans un hôtel, alors que notre adversaire occupe le fauteuil de la République, c'est vrai que cela pose problème", reconnaît Patrick Achi, le porte-parole de M. Ouattara. Mais il a toute une batterie d'arguments. Le pouvoir n'est pas un lieu physique, affirme-t-il, à l'heure du village global et planétaire. Qu'importe d'être assis dans un palais quand l'ensemble de la communauté internationale, ou à peu près, vous a adoubé...

Et puis M. Gbagbo n'a plus les leviers financiers, assure-t-il : "Il n'est plus reconnu par la Banque centrale. C'est comme si la Banque de France ignorait M. Sarkozy." Enfin, le spectre d'une guerre civile retient le bras du président élu, du moins aux yeux de la moitié d'un pays, toujours coupé en deux. "C'est vrai que cela dure et que la population ne comprend pas bien, admet M. Achi. Mais nous, on a gagné, pourquoi diantre se précipiter ?" A ceux qui suggèrent que M. Ouattara pourrait aller s'installer à Bouaké, dans le Nord qui lui est favorable, son conseiller répond : "Gbagbo est assis au palais. Nous, on est assis à l'hôtel et le pays est paralysé. A Bouaké, cela ne changerait rien." Tous ces arguments méconnaissent une dimension du conflit qui enfle au détriment de M. Ouattara : chaque jour, l'insistance de la communauté internationale à vouloir régler les problèmes des Ivoiriens à leur place agace davantage.



Béatrice Gurrey


Article paru dans l'édition du 19.01.2011 in Le Monde.fr


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

POURQUOI BAN-KI-MOON TENTE D’ACHEVER LE COUP D’ETAT DE 2002

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Le destin de deux personnalités, dès la fin de cette année 2011 se joue dans le dénouement de la crise ivoirienne née, depuis septembre 2002. Celui de Nicolas Sarkozy Nagy Bosca, chef d'Etat français et du coréen, Ban Ki Moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Ils sont alors décidés à parachever le coup d'Etat déclenché par une rébellion venue de la frontière nord de la Côte d'Ivoire. Intrigues d'une collusion.


L'administration de l'Organisation des Nations Unies sous le contrôle du coréen Ban Ki Moon est engagée dans une course contre la montre dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Un fait devant s'achever par l'évincement du pouvoir, du Président Laurent Gbagbo démocratiquement élu. Même si les choses ne semblent pas toujours aller comme elle l'aurait souhaité, le projet s'exécute avec autant de détermination de part et d'autre des centres d'intérêts au mépris des principes fondamentaux de celle qui se positionne aujourd'hui comme la toute puissante machine au monde. Et les arguments ne manquent pas chez les deux acteurs clés de la nouvelle guerre contre la Côte d'Ivoire que sont Ban Ki Moon et Nicolas Sarkozy. Il ne se passe plus de jours que ces deux acteurs majeurs de la crise ne se manifestent. Selon plusieurs sources, les raisons multiples que singulières se rejoignent.

L'année 2012 reste une année déterminante pour les deux dirigeants mondiaux. Ils luttent tous pour le renouvellement de leurs mandats respectifs. L'un pour son maintien à la tête de la France et l'autre au secrétariat général de l'Onu. Mais, ils ont besoin de l'appui de l'un et l'autre. L'ennemi commun est président Laurent Gbagbo. Pour ce faire, le chef de l'organisation mondiale a dépêché un déstabilisateur en terre ivoirienne : Young Jin Choi

Sentant la fin de son mandat, le 31 décembre prochain, à la tête de la plus haute Administration mondiale, Ban Ki Moon s'est vu selon des sources de l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), faire les offres d'un soutien en la personne du président français, dont le mandat constitutionnel s'achève en 2012. « Tu me soutiens en Côte d'Ivoire, je te soutiens à l'ONU », le deal est ainsi passé. Sans états d'âmes, les deux personnalités se mettent à la tâche en soutenant l'insoutenable : le terrorisme en Côte d'Ivoire. Ils décident de couvrir les crimes et assassinats pour le compte d'un individu, le candidat malheureux de la présidentielle soutenu par la France, Alassane Dramane Ouattara.

Car il faudra à Nicolas Sarkozy un soutien pour le financement occulte de sa campagne de 2012 en France. Il s'agit donc pour la France, pays disposant du droit de véto au Conseil de sécurité de l'Onu, d'installer à la tête de la première puissance économique de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, un faire-valoir en vue de constituer sa caisse noire de campagne. « Et cela Sarkozy est prêt à aller jusqu'au bout », soutiennent plusieurs confidences de l'Onuci. « C'est alors que sachant le rôle que peut jouer Sarkozy pour sa réélection, le secrétaire général de l'ONU s'est fait le chef de file de la déstabilisation du régime de Laurent Gbagbo, là où il doit jouer le rôle de stabilisateur et acteur du retour de la paix.

Pourtant, en 2008, il a été fait Grand Officier de l'Ordre national de Côte d'Ivoire, par le président Laurent Gbagbo », regrettent ces sources. Aussi, par une intervention dénuée de tout fondement, Ban Ki Moon estime imposer la paix par les armes avec l'envoi de troupes supplémentaires pour une intervention rapide en Côte d'Ivoire. Faisant passer de 9000 à 11000 les casques bleus, aujourd'hui transformés en force d'occupation. Ceci en flagrante violation de la souveraineté de l'Etat ivoirien

Pour parvenir à ses fins, des promesses seront faites à son bras séculier en Côte d'Ivoire, Young Jin Choi. Celui-ci, alors représentant permanent auprès de l'ONU pour le compte de la Corée du Sud, a œuvré à son élection à l'Onu. « En cas d'une deuxième victoire, promesse lui a été faite par son compatriote de le désigner comme représentant spécial du Secrétaire général en Birmanie ». Pays de l'opposante et prix Nobel de la paix (1991), Aung San Suu Kyi. Ce qui représente pour Choi un défi plus grand que celui de la Côte d'Ivoire, selon les fonctionnaires de l'Onuci

Toujours à la recherche de renommée, Choi entend peut-être un jour prétendre au poste de Secrétaire général de l'ONU avec la caution de la France, pour son action en Côte d'Ivoire. « Ce qui ne serait pas mauvais en soit ». Mais la désinvolture avec laquelle le représentant spécial de Ban Ki Moon a traité le dossier électoral, conduit, aujourd'hui le kenyan Raila Odinga à traiter avec une arrogance inqualifiable, les dernières décisions du gouvernement de la République de Côte d'Ivoire qui ne le reconnaissant plus comme médiateur de l'Union Africaine

Alors que l'ONU s'est donné pour mission de garantir la coexistence pacifique et la résolution des conflits par la négociation dans le monde mais aussi le respect du droit des peuples à l'autodétermination, en Côte d'Ivoire, l'opinion assiste de façon abrupte à une pression contre un régime constitutionnel. Une ingérence inacceptable. Toutes ces données montrent clairement que Ban Ki Moon a décidé de parachever le coup d'Etat de Alassane Dramane Ouattara commencé depuis septembre 2002

Pourtant, l'on a encore en mémoire le rôle joué par Ban Ki Moon dans la signature de l'accord historique de paix (1992 et 1995) et de stabilité dans la péninsule coréenne (son pays), sur la question du nucléaire. C'est, cette personnalité au nom de ses intérêts personnels, qui entreprend toutes les tentatives d'isolement de la Côte d'Ivoire au plan international. Un poste administratif, fut-il celui du Secrétariat général des Nations unies, peut-il faire perdre de vue à ce haut fonctionnaire, le principe de liberté dont jouit chaque peuple sur cette terre ? Il joue donc gros avec Sarkozy en Côte d'Ivoire où l'échec des comploteurs est programmé.


Hervé Makré


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

samedi, 22 janvier 2011

PIERRE ALAKA ALAKA: «LA FRANCE VA PERDRE 65% DES RESERVES EN DEVISES DE LA COTE D'IVOIRE»

 

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Président de la Société africaine de finances publiques et droit fiscal, de l'Association française des docteurs en droit, section du Cameroun et spécialiste des questions fiscales et financières, cet expert fiscal hors hiérarchie opine sur les conséquences de la création d'une monnaie souveraine la Côte d'Ivoire, ainsi que le processus de sa survie.



Est-ce que la Côte d'Ivoire est capable de créer sa monnaie à l'heure actuelle, compte tenu de sa population et de son économie ?

Cette question pose tout le problème de la lutte africaine pour son indépendance économique, cinquante ans après les indépendances dites politiques. S'agissant du cas précis de la Côte d'Ivoire, à 40% de l'économie de l'Uemoa, premier producteur mondial de cacao, un sol et
un sous-sol riches, et une population décidée et volontaire, il me semble que ce pays est capable de créer sa propre monnaie.

Le facteur nombre d'habitant joue-t-il dans la création d'une monnaie ?

Oui et non. Oui, parce que la population implique la consommation qui sous-tend les échanges ; Non parce que la bonne tenue de l'économie et la discipline budgétaire sont les facteurs majeurs de la création monétaire. Des petits pays comme le Ghana, Maurice etc... ont des
monnaies, sans pour autant être des pays très peuplés.

Dans quels délais cette création peut-elle se faire ?

La création monétaire exige une réflexion qui peut prendre du temps lorsqu'il s'agit d'une monnaie communautaire. Ça peut être le cas pour un pays lorsque, en période de paix, on souhaiterait changer de cap. Mais dans la situation ivoirienne actuelle, il ne s'agit pas d'une question de délais, mais de survie. Bloqué et acculé de toute part, au bord de l'asphyxie, chaque peuple est capable de miracles. La Côte d'Ivoire a, par cette voie, les moyens de résister à l'adversité et de conquérir son indépendance économique. Dès lors les délais ne comptent plus.

Quelles peuvent être les conséquences de la création sur l'économie ivoirienne, la zone franc et sur la sous-région ?

Les conséquences sont multiples mais bénéfiques pour la Côte d'Ivoire. La France va perdre 65% des réserves en devises de la Côte d'ivoire, du fait de sa sortie de la zone franc. Ceci permettra de déverrouiller le système d'exportation en le sortant du monopole quasi institutionnel de la France, pour l'orienter vers un pays de son choix, dans un partenariat gagnant-gagnant. La France perdra ainsi les soldes créditeurs ivoiriens dans son Trésor et concurremment, le financement de ses déficits budgétaires d'autant et ça peut la desservir face à l'Allemagne au niveau de l'Euro. La sous-région perdra la Côte d'Ivoire, qui est pour l'UEMOA, ce que le NIL est pour l'Egypte. Tous les autres pays autour de la Côte d'ivoire vont connaître des difficultés et peuvent être tentés de rester sourds aux sollicitations étrangères, et poussés par la grogne de leurs populations, ils pourraient à moyen terme suivre l'exemple de la Côte d'Ivoire à défaut de bénéficier d'un surcroît d'effort financier de la France.On comprend que l'économie ivoirienne va sortir de la dépendance et profiter aux Ivoiriens et surtout aux Africains qui pourront y trouverle nouvel eldorado continental.

Cette monnaie peut-elle permettre à la Côte d'Ivoire d'être souveraine sur le plan économique ? Dans quelle mesure ?

La monnaie est l'expression première de la souveraineté d'un Etat et le reflet de son économie. Si vous n'avez pas votre propre monnaie, votre souveraineté est entre les mains de celui qui gère votre monnaie, ainsi que votre économie. C'est le cas des pays de la zone CFA avec la France. En créant sa monnaie et en la maintenant par une bonne discipline budgétaire et fiscale, un environnement sain des affaires, en la faisant gérer par des personnes compétentes et qualifiées, il n'y a pas de doute que ce pays deviendra le futur éléphant d'Afrique. Ceci implique une bonne gestion de ses ressources humaines, une mise à mort de la corruption, une justice indépendante, et un esprit patriotique majoritaire sans faille. Il y a donc lieu de voir ce pays se mettre au travail, car le travail est le fondement de la monnaie.

Dans quelle mesure cette monnaie peut-elle survivre ?

Le premier obstacle à la monnaie de tout Etat qui sortirait de la zone Cfa, est la France, qui a peur de perdre le Compte d'opérations qui lui procure un trésor de guerre impressionnant. La Côte d'Ivoire devra se préparer à affronter la guerre informatique qui viendra exacerber les dysfonctionnements de son système informatique dans des secteurs clés de la finance. Ensuite, on peut remettre à la Côte d'ivoire ce qui a été fait à la Guinée de Sékou Toure, avec la fausse monnaie qu'on tentera d'introduire dans son circuit financier à travers ses voisins. La parade est simple : il va falloir que les ivoiriens soient disciplinés, travailleurs, compétitifs. Le pays doit investir dans la formation technique, informatique et stratégique des jeunes pour le moyen et le long terme. Les ivoiriens doivent rester dignes et fiers de leur pays et mettre en avant le souci de l'intérêt général. Il va falloir rappeler toutes les compétences de la diaspora dans les secteurs stratégiques. Le deuxième obstacle reste l'instabilité politique qu'il faut absolument régler, pour que ce pays ne perde plus dix années à juguler la rébellion. Et c'est là où je m'interroge sur l'attitude de la France : hier lorsqu'il y avait un coup d'Etat militaire en Afrique qui renversait un régime démocratiquement élu, c'est RFI qui nous parlait à longueur de journée du nouvel homme fort. Aujourd'hui, en admettant même que le Président Gbagbo ait perdu (ce à quoi, je ne crois pas), pourquoi ne pas admettre qu'il est toujours l'homme fort par un coup d'Etat constitutionnel sans effusion de sang !! Sachant que c'est lui qui détient l'effectivité du pouvoir !!! Si on m'objecte que l'époque a changé, alors le président français aurait dû avoir l'élégance de l'annoncer au sommet France-Afrique de Montreux, comme le Président Mitterrand l'avait fait pour le multipartisme à la Baule. Il faut savoir que la sécurité qui implique la paix et la stabilité des institutions, lorsqu'elle est ébranlée, n'arrange pas la bonne tenue de la monnaie, si la Banque Centrale n'est pas indépendante de ces facteurs. Il y a donc lieu de transformer urgemment la Banque communautaire actuelle en Banque centrale ivoirienne. C'est une révolution qu'il faut mener tambour battant. Il faut la dépolitiser pour la techniciser afin de lui laisser sa matière.

La monnaie doit-t-elle être obligatoirement « coachée » par une grande monnaie ?

Il n'y a pas de grandes monnaies ni de petites monnaies ; il y a la monnaie et l'économie qui supporte cette monnaie. La notion de grande monnaie participe de ce que j'appelle les idées reçues, qui ont embrigadé la nouvelle élite des indépendances quasi analphabète économiquement. La monnaie est l'expression de la souveraineté de l'Etat, de sa force économique et de sa discipline budgétaire. Peut-être que ces conditions n'étaient pas remplies au moment des indépendances et les pères fondateurs aient été contraints de signer des accords de "protection", qui ont accouché d'une monnaie de la communauté française d'Afrique (CFA). Aujourd'hui, il ne me semble pas que ces données aient dompté le temps. En créant sa monnaie, la Côte d'Ivoire va asservir le Cfa des pays voisins et par conséquent, pourrait afficher une monnaie qui absorberait le Cfa dans le marché des échanges compte tenu de sa puissance économique dans la sous-région. Si cela venait à se produire à moyen terme, le pays pèsera sur la balance et la coopération égalitaire pourrait reprendre avec la France, après le départ du Président Sarkozy ou même pendant sa présidence. En politique tout est possible. Et alors, son indépendance et sa souveraineté pourraient être célébrées, et voir apparaître enfin un ETAT ivoirien. Mais tout ça nécessite une volonté affirmée du peuple ivoirien, car ce que le peuple veut, Dieu le veut.


vendredi, 21 janvier 2011

DECLARATION DE LA JEUNESSE SENEGALAISE SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

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Mesdames, messieurs,


Depuis plusieurs jours, des événements post-électoraux secouent la République de Côte d' Ivoire.

La propagande internationale extra-africaine a créé le trouble dans les esprits, en prenant parti, exclusivement, pour un camp au point de suggérer le recours à la force armée pour régler un conflit purement politique.

Après les ultimatums de toute nature en direction du gouvernement ivoirien, après des sanctions dites «ciblées » contre des officiels ivoiriens, voilà venir le temps des canonnières avec cette particularité où les boulets, la mèche et l'étincelle sont mis entre les mains des gouvernements ouest-africains.

En effet, des puissances extra-africaines, ne souhaitant pas se salir les mains, ont fait pression sur des gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), soit disant réunis en Sommet, afin que ceux-ci mettent sur pied et à exécution un recours à la force militaire pour tenter de résoudre ce différend ivoirien postélectoral qui, nous le répétons, demeure politique.

Précisons que, à propos de Sommet, c'est essentiellement, le Sénégal, le Nigeria et le Burkina qui, par la présence effective de leurs présidents ont poussé à la roue et pensent pouvoir lancer le processus alors que chacun d'eux est confronté à des problèmes sérieux de démocratie chez lui.

Pour l'heure, nous observons que le gouvernement du Ghana a refusé officiellement, d'envoyer des troupes dans une éventuelle ECOMOG appelée à attaquer la Côte d'Ivoire. Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes du Sénégal félicite le Ghana pour sa prise de position sage, indépendante et constructive.

Comme toute la jeunesse de Côte d'Ivoire, y compris celle du PDCI-RDA, les Jeunesses Socialistes se déclarent hostiles à toute agression militaire contre le peuple Ivoirien. Celle qui est projetée sera source de malheurs, de mort d'innombrables civils ivoiriens, de profondes blessures de toute nature, de dégâts matériels incommensurables, tandis qu'elle ne règlera nullement le conflit en cours.

Notre Mouvement exhorte tous les chefs d'Etats de la CEDEAO à imiter l'exemple ghanéen, à renoncer, immédiatement, à cette aventure insensée et à privilégier l'intermédiation diplomatique, pacifique et politique.

D'ores et déjà, le Mouvement National des Jeunesses Socialistes exige de M. Abdoulaye Wade et du gouvernement sénégalais de s'abstenir de tout envoi de troupes dans une quelconque ECOMOG destinée à agresser militairement le peuple frère de Côte d'Ivoire. II ne doit jamais être dit que de jeunes militaires sénégalais sont allés tuer leurs frères, leurs sœurs, leurs tantes, leurs oncles ivoiriens qui ne leur ont rien fait. C'est le moment pour nous de rappeler que plus d'un million de sénégalais vivent en paix en Côte d'Ivoire depuis plusieurs générations et qu'une quelconque participation des forces armées sénégalaises à une « soit disant » force d'intervention internationale, exposerait de fait nos compatriotes.

Ces temps-ci, l'Afrique de l'Ouest a connu de sérieux cas de difficultés politiques dont le coup d'état constitutionnel du Général Tanja au Niger (suppression du Conseil constitutionnel ; Référendum pour prorogation du mandat présidentiel) et pourtant la CEDEAO n'a jamais prôné l'envoi d'une force militaire.

Au total, les Jeunesses Socialistes du Sénégal condamnent toute opération militaire dans ce dossier ; car, préfigurant une guerre évidente. Ils en appellent à la Paix, non seulement dans l'intérêt des populations innocentes ivoiriennes, mais aussi dans celui de la sous-région Afrique de l'Ouest dans son ensemble.


Fait à Dakar, le 04 janvier 2011


Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes.


(Source : Point de presse du 4 Janvier 2011).

In Le Filament N° 12 du 15 janvier 2011


Consulter le site : LE FILAMENT.INFO

LA MORT DE LAURENT GBAGBO: POUVIONS-NOUS FAIRE AUTREMENT ?


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Il n'est pas question de politique fiction. Il ne s'agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d'Ivoire. D'autres l'ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d'un pays, la Côte d'Ivoire et au-delà d'un continent, l'Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l'avenir du Congo est beau. J'attends de vous, comme de tous les Congolais, d'accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d'assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu'il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

L'incapacité des Nations unies à régler les conflits n'est pas nouvelle. Cela s'est vu en Irak et au Rwanda notamment, avec au bout des millions de morts. Que Messieurs Ban Ki Moon et Choi se rassurent, la Côte d'Ivoire, ne leur offrira pas ce triste spectacle.

Etats-Unis d'Afrique vs Afrique de la coopération

Pauvre Afrique, pauvre continent. Plusieurs décennies plus tard, des milliers de kilomètres plus loin, se réécrit le scénario katangais. Un très mauvais polar d'une expédition punitive encouragée pour rétablir la « démocratie » dans ses droits dans un petit pays.

Afrique mon continent, tu ratais à Addis-Abeba en 1963, lors de la création de l'OUA, un tournant décisif. Et au bout de ce virage manqué, des millions de morts.

En effet au moment de la constitution de cette organisation, deux thèses s'affrontent. D'un côté, l'Afrique panafricaine et révolutionnaire des Nkrumah et Jomo Kenyatta, partisans d'une Afrique fédérale, les Etats-Unis d'Afrique. L'Afrique de la rupture avec les anciennes puissances coloniales.

Et de l'autre, l'Afrique des modérés d'Houphouët et Senghor, adeptes d'une confédération dans laquelle devraient s'exprimer la souveraineté des Etats et l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. L'Afrique de la coopération.

Et si la conférence d'Addis-Abeba a, dans une forme de mixture des deux thèses, adopté les trois principes fondamentaux suivants : l'africanité, la négation du colonialisme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la pratique et le temps ont joué en faveur des modérés.

Les mises en garde de Kwamé Nkrumah n'y ont rien changé. Il estimait que si l'Afrique ne parvenait pas rapidement à une véritable unité, les différences et les conflits entraîneraient le continent tout entier dans les filets du néocolonialisme. Avait-il tort ?

L'Afrique se cherche de nouveaux héros

On reproche souvent à notre génération de regarder de façon nostalgique le passé. Autour de nous, il est vrai, les Nkrumah, Senghor, Lumumba, Sankara, Moumié ne sont plus là. En ces temps de disette, l'Afrique se cherche de nouveaux héros. Et hormis Nelson Mandela, les nouveaux mythes africains se font désirer.

Si pour couronner le tout, interdiction est faite de regarder dans le rétroviseur, il ne reste plus que l'écriture d'un présent imparfait, et l'espoir d'un futur commun plus que parfait.

Eluder à Addis-Abeba, 48 ans auparavant, le débat entre révolutionnaires et modérés revient comme un boomerang sur la scène politique ivoirienne et oppose les héritiers d'Houphouët à Laurent Gbagbo. Et espérer voir enfin triompher les thèses de Nkrumah n'est pas faire injure au père de la nation ivoirienne.

Dos au mur, Gbagbo ne peut plus reculer

Gbagbo est ce qu'il est, avec de redoutables qualités mais aussi ses défauts. Le voir ainsi acculé, honni, menacé mais résister, seul face à la puissante communauté internationale, avec autant de courage, suscite en Afrique beaucoup de sympathie et de respect à son égard. Mais ce n'est pas suffisant, Laurent Gbagbo ne peut se contenter d'une forme de « panafricanisme de résistance » ; il doit aller plus loin.

Dos au mur, il ne peut de toute façon plus reculer. L'occasion est belle de solder cet héritage colonial. De renier ses symboles qui pèsent encore sur les frêles épaules des jeunes nations africaines. Et il n'est pas seulement question de la présence militaire française en Afrique.

Gbagbo n'est plus reconnu, par la communauté internationale, comme président de la Côte d'Ivoire ? Il peut devenir le premier président de l'Eburnie. Nkrumah et Sankara l'ont fait avant lui. The Gold Coast est devenu le Ghana, le 6 mars 1957. La Haute-Volta est devenue le Burkina Faso, le 4 août 1984. La Côte d'Ivoire peut devenir l'Eburnie, terre d'ivoire, terre de nos ancêtres.

Il n'a plus la signature à la BCEAO ? Gbagbo peut sortir du franc CFA - franc des anciennes colonies d'Afrique - et s'allier par exemple à ce grand pays voisin le Ghana en vue d'une union monétaire.

Un gouvernement d'union nationale avec Ouattara

Les chantiers qui attendent nos pays, notre continent, sont immenses. Pour cela, avec Ouattara, il doit entamer un dialogue direct ou négocier un gouvernement d'union nationale. Et si un troisième tour est nécessaire pour parvenir enfin à cette réconciliation en Côte d'Ivoire, allons-y sans hésitation. C'est au bout de la nuit que renaissent la lumière et l'espoir.

« Combien de temps passerons-nous à pleurer nos mythes ? Combien de temps devrons-nous encore compter nos morts ? » s'exclamait récemment un ami de la mouvance « houphouétiste ».

Il n'a pas tort mais, sur les bords de la lagune ébrié, s'écrivent l'avenir d'un pays, et peut-être celui d'un continent. Cet avenir ne concerne pas les seuls Ivoiriens, c'est aussi celui des Camerounais, des Gabonais, des Congolais, des Angolais, des Burkinabés, des Sénégalais, de tous les Africains.

« La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? » écrivait le célèbre penseur antillais Frantz Omar Fanon. Il est de notre devoir de faire en sorte que le titre de cette contribution ne soit pas dans cinquante ans à la une d'un quotidien africain. Autrement, notre continent aura encore perdu un demi-siècle dans de stériles querelles intestines.


Par Anicet Djéhoury, Essayiste ivoirien, le 19 janvier 2011.



Source : RUE89

jeudi, 20 janvier 2011

DE GRAVES REVELATIONS FAITES PAR DES FRANÇAIS VIVANT EN COTE D'IVOIRE


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Les révélations et confidences de français vivant à Abidjan.


Les témoignages ont été recueillis quelque part à Abidjan, capitale  économique ivoirienne et ont été livrés par des Français, vivant en Côte  d'Ivoire depuis des années. Ils y ont fait fortune. Ils ont décidé de se  confier. « Nous avons décidé d'alerter les autorités ivoiriennes et le  monde entier sur ce qui se trame dans l'ombre sur le compte du peuple ivoirien ».  Pour ces ressortissants français, la France est sur le point de mettre à  exécution son plan savamment préparé, depuis le premier tour de l'élection  présidentielle. Un plan visant d'une part à exécuter des personnes du  sillage du chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo et d'autre part, à  déclencher une situation de chaos en vue d'extrader celui-ci vers une  destination inconnue. Mais ces français, compatriotes de Nicolas Sarkozy,  président de la République française s'opposent à un tel projet.


Au nombre de quatre ce jour-là, l'air grave et refusant pour la circonstance tout appel (car ils ont fermé leurs téléphones portables) ces ressortissants français très au fait du « coup spectaculaire » imminent ont confié avoir alerté le pouvoir Laurent Gbagbo, sur la nature du commando présent à Abidjan. «Ils sont dans nos murs. Des unités spéciales de la terreur sont à Abidjan. Le temps presse. Si rien n'est fait, dans les jours qui suivent, la Côte d'Ivoire sera un champ de bataille», laissent-ils attendre. « Nous sommes autant menacés que les Ivoiriens. Il faut réagir vite », estiment-ils avant de livrer quelques indications sur les tueurs en embuscade.


« C'est depuis la fin du second tour de la présidentielle en novembre 2010 que nous ne manquons, et cela chaque jour, de dévisager des éléments de plusieurs unités des forces spéciales membres de commandos des missions et autres expéditions, à Abidjan », lancent-ils d'emblée. Et de poursuivre : « Au sein de l'armée française, il existe des sections pour des opérations précises et urgentes. Ce sont des éléments de ces forces spéciales que nous avons identifiés au sein des populations, ici à Abidjan. Ce qui veut dire qu'il y a danger », indiquent ces français qui soulignent être des Ivoiriens dans l'âme.


« Nous avons fouiné et découvert qu'il y a actuellement trois sections du Centre des Opérations Spéciales, le COS. C'est une force de massacre. Ses éléments ne font pas de renseignements, ils tuent. C'est le COS qui a fait le sale boulot en Algérie. Ce sont des grenadiers voltigeurs. C'est une force spécialisée dans les combats urbains. Elles sont composées de 33 éléments par sections des six groupes parlant toutes les ethnies de Côte d'Ivoire.

Nous tenons à faire remarquer que ce sont des éléments spécialisés dans l'infiltration, l'extraction et l'élimination. Nous vous confions que la présence du COS à Abidjan est inquiétante et représente une réelle menace pour les populations. Parce que le COS n'est pas une force conventionnelle », insistent-ils.


« Cette unité spéciale, une idée de De Gaule est très active aujourd'hui. Car il s'agit pour ceux qui la composent de mourir pour le drapeau. Ils ont pour particularité d'apprendre et de parler plusieurs langues. Ceux qui sont actuellement en Côte d'Ivoire parlent parfaitement les ethnies ivoiriennes. Ils sont fondus au sein des populations et vivent actuellement avec elles. Ils se font passer pour des pêcheurs, marins ou des maçons et vivent ou marchent en double. Ils sont pour la plupart des noirs. Plusieurs d'entre eux qui étaient en Irak ou en Afghanistan ont été sélectionnés pour la mission en Côte d'Ivoire ».


Dans la phase finale de l'exécution de la déstabilisation de la Côte  d'Ivoire, confient-ils, le COS sera appuyé par plusieurs autres unités des forces spéciales françaises qui sont trempées dans la chute de plusieurs régimes que Paris ne voyait pas d'un bon œil: «Il y a actuellement des éléments du 3è Régiment Parachutiste d'Infanterie Marine, le RPIM. Des éléments du 3è Régiment Etranger d'Infanterie, le REI basé en Guyane, ils ont leur quartier à Dakar. Il y a également ici, à Abidjan, le 6è Régiment d'Etranger du Génie, le REG. Ses éléments sont spécialisés dans la destruction et la reconstruction ; ils sont basés à Rouen en France »..


«Assassinats de français programmés... »


La Côte d'Ivoire a été déclarée zone 3 : « C'est-à-dire que ce pays a été déclaré zone en attente d'attaque. Deux croisières et des porte-avions sont en route pour la Côte d'Ivoire. Depuis une semaine nos parents présents au sein des forces spéciales nous recommandent de quitter la Côte d'Ivoire pour le Ghana », indiquent ces français et de poursuivre : «Toutes ces forces spéciales ont décidé de procéder par des intimidations. Puis pousseront à des embuscades aux forces onusiennes, ce qu'ils ont déjà entrepris avec des provocations des casques bleus. C'est déjà constaté dans les différentes villes.


Il faudra être très vigilants... Ils veulent commettre des assassinats contre des ressortissants français pour faire porter le chapeau aux forces de défense ivoiriennes. Or, tuer un français c'est déclarer la guerre à la France. Le COS utilise actuellement les renseignements de la Licorne qui a partagé Abidjan en 10 zones de combats et de rapatriement des ressortissants français ».


Toujours selon ces français, un avion américain, ''Apach Hawack'', un bombardier serait depuis plusieurs jours positionné au-dessus de la Côte  d'Ivoire. Avec pour mission de localiser les positions des soldats ivoiriens ou des manifestants qui iraient contre des intérêts français. « Lors de l'attaque, il projettera des bombes en papier comme cela s'est passé au Kossovo, dans les Balkans.


Grâce aux marquages par des transpondeurs et compteurs que les éléments des forces spéciales continuent de poser à travers la ville d'Abidjan. Ces bombes provoquent une onde de choc dans un cercle de 2 kilomètres qui fait tomber tout humain dans un étourdissement qui dure au moins cinq minutes. Mais, pour que la victime retrouve toute sa lucidité, il lui faudra au moins trois à quatre jours », révèlent-ils.


Au sortir de ce tourbillon chaotique, poursuivent ces français, « avec une attaque rapide prévue, ces forces spéciales envoyées par Sarkozy auront eu le temps de se saisir du Président Laurent Gbagbo pour le conduire hors de la Côte d'Ivoire. Nos sources au sein de ces forces nous rapportent que la destination prévue pour accueillir le chef de l'Etat Laurent Gbagbo est une île entre la Floride aux Etats-Unis d'Amérique et Bermudes pour accueillir la famille du Président. Pour un exil doré.... ». Ce qui pourrait certainement expliquer l'information récurrente de demande d'exil du Président Laurent Gbagbo auprès du Président américain Barack Obama.


«Une liste de 18 personnes à exécuter...»


« Dans leur plan diabolique, il y a une liste de 18 personnes à éliminer dont 5 généraux de l'armée ivoirienne. Il n'est point question d'éliminer physiquement le Président Laurent Gbagbo. Mais, le contraindre à l'exil. Il s'agit plutôt, pour les tueurs de Nicolas Sarkozy, d'éliminer en priorité, Charles Blé Goudé. C'est lui que l'Elysée redoute le plus en Côte d'Ivoire. Il est très populaire et charismatique. Il est perçu par Paris comme celui qui est capable de mettre à mal les actions de terrain des forces en présence. Ceci avec des appels aux soulèvements populaires ». Pour ces français, auteurs de cette attaque en vue, il n'est point question d'échec. « Toutes les chancelleries internationales savent ce qui se prépare. Et elles suivent attentivement la préparation de l'opération », confient-ils.


«Mais nous refusons que cela se passe ainsi. Aujourd'hui tous les français qui ont fait des déclarations pour soutenir la légalité constitutionnelle en Côte d'Ivoire en reconnaissant l'élection de Laurent Gbagbo sont menacés. Nous nous sentons frères des Ivoiriens », soulignent nos informateurs avant de noter un autre volet spirituel du complot. « Nous savons que ce qui se passe en Côte d'Ivoire est une histoire de confrérie. La Rose Croix, la Franc-maçonnerie, le Feu Ardent, le 5è Œil, Couleur pourpre, dont sont membres la plupart des membres de la hiérarchie militaire. Ce sont elles qui veulent décider de ceux qui doivent diriger ici en faisant croire au peuple qu'il est libre de se choisir un président ».


« Paris nous traite de rebelles »


Pour ces confidents français, les USA soutiennent Sarkozy parce qu'il leur a fait croire que Laurent Gbagbo a organisé la confiscation du pouvoir, grâce aux preuves qu'auraient fournies les services secrets français avec le soutien de certains services secrets étrangers en Côte d'Ivoire. « C'est pourquoi les Usa soutiennent Alassane Ouattara. Aujourd'hui les ressortissants des pays occidentaux ont progressivement quitté à plus de 90 % la Côte d'Ivoire sur le nombre qu'ils ont été par le passé. Il ne reste en majorité que près de 16.800 français. Et l'Elysée nous traite de rebelles.


A l'heure où nous vous parlons, nous n'avons plus accès aux services de paieries. L'ambassade a bloqué nos comptes. Les autorités françaises veulent que nous rentrions en France. Or nous refusons de quitter la Côte d'Ivoire. Nous avons reconstruit nos vies passés les évènements de novembre 2004. Sarkozy veut que nous rentrions pour nous reverser l'équivalent de 300.000 francs Cfa.


Pourtant, nous gagnons mieux nos vies ici en Côte d'Ivoire parce que nos affaires ont repris depuis belles lurettes. Il faut que la police diplomatique s'active sur la trace des éléments du Centre des Opérations Spéciales. Si elle parvient à mettre la main sur un seul de ses éléments la Côte  d'Ivoire évitera les massacres », ont invité ces Français avant de prendre congé de nous. Tout en indiquant être prêts à œuvrer à mettre hors d'état de nuire les forces françaises présentes sur les bords de la lagune Ebrié.



Des amis français qui aiment la Côte d'Ivoire.

UN JOURNALISTE FRANÇAIS CONFESSE: «QUELQUE CHOSE NE VA PAS»


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Quelque chose commence à se troubler dans le discours médiatique concernant la Côte d'Ivoire. Une interrogation se répand dans l'opinion : tout n'est peut-être pas aussi simple qu'on l'a cru dans cette affaire. Jusqu'alors, nous pensions tous la même chose : vaincu par les urnes ; désavoué par une majorité d'électeurs ; condamné par la communauté internationale unanime, Laurent Gbagbo s'accrochait coupablement au pouvoir, au risque de provoquer un carnage dans le pays. Tout cela relevait, en somme, d'une figure classique : celle du satrape exotique prêt, faute de mieux, à lancer ses « escadrons de la mort » à la trousse des opposants. La cause paraissait donc entendue.

La France comme l'Amérique et l'Onu avaient d'ailleurs reconnu en Alassane Ouattara le vrai vainqueur du scrutin, c'est-à-dire le président légitime. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, du même avis, se disaient prêts à intervenir militairement pour chasser le mauvais perdant du pouvoir. Je dois dire que c'est justement cette unanimité qui, depuis le début, m'a dérangé. J'ai pensé à une sage tradition juive, citée par Emmanuel Levinas dans l'une de ses « Leçons talmudiques » : si tout le monde est trop vite d'accord pour condamner un prévenu, alors mieux vaut le libérer, car tout jugement unanime est suspect. (...).»

Il reste qu'une interprétation simpliste de la réalité ivoirienne ne tient plus la route. Bornons-nous à quelques remarques. Plusieurs journaux, dont notre confrère Le Monde, ont publié des cartes détaillées du résultat des élections. Elles montraient clairement que la Côte d'Ivoire était coupée en deux. Battu dans la moitié nord (musulmane) au prix de certaines fraudes, Gbagbo reste très majoritaire dans le Sud chrétien, y compris à Abidjan. Cela signifie qu'une opération militaire du clan Ouattara au Sud - et à Abidjan - serait forcément sanglante.

Le personnage le plus va-t-en-guerre, Guillaume Soro, n'est autre que l'ancien chef de la rébellion du Nord, le « Premier ministre » de Ouattara. Le rappel de cette complexité géographique liée à des réalités ethniques et religieuses m'a incité à chercher d'autres points de vue que ceux de nos grands médias. J'ai consulté le blog d'une consœur spécialiste de l'Afrique dont je respecte depuis longtemps la compétence : Colette Braeckman, du Soir de Bruxelles. Sans blanchir de ses responsabilités Laurent Gbagbo, elle insiste sur quelques vérités dérangeantes. Je cite en vrac : les résultats électoraux « globaux » ne sont pas si clairs que cela ; le jeu des grandes sociétés occidentales en Côte d'Ivoire l'est encore moins ; plusieurs pays africains commencent eux-mêmes à douter et, comme le Ghana voisin, refusent à l'avance d'intervenir militairement.

Citant le chercheur Michel Galy, animateur de la revue « Culture et conflits » et bon connaisseur de la Côte d'Ivoire, Colette Braeckman met donc les Occidentaux en garde. En cadenassant le discours dominant sur une vision simplificatrice des choses, on risque d'échauffer un peu plus l'opinion et, au bout du compte, de favoriser une logique massacreuse qui paraît s'éloigner mais peut resurgir à tout moment. Ajoutons qu'on exacerbe ainsi le sentiment « anti-étranger » qui pourrait bien, un jour, réconcilier les deux camps ivoiriens, mais à nos dépens.


Source: GBAGBO.CI

CRISE POST-ELECTORALE IVOIRIENNE: DES CHARS ET DES SOLDATS BURKINABE ET SENEGALAIS A BOUAKE



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Bouaké, le fief de la rébellion ivoirienne est depuis quelques jours, le théâtre d'intenses manœuvres de déstabilisation orchestrées par les Présidents burkinabé et sénégalais. Ce ne sont plus des rumeurs. La menace est bien réelle. Depuis le mardi 18 janvier 2011, la ville de Bouaké est en effervescence. Et pour cause, 12 chars de combats, 5 camions de transport de troupes, 5 véhicules avant-blindés et 5 porte-chars, sont arrivés dans la ville de Bouaké, fief des rebelles.

Ces engins de la mort ont été accompagnés par 400 soldats burkinabè et 300 soldats Sénégalais. Cette force spécialement débarquée dans la capitale de la Vallée du Bandama, a été convoyée sous le label ECOMOG pour incessamment faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Les choses sont désormais claires et les Ivoiriens savent à partir d'aujourd'hui, les pays qui ont ouvertement déclaré la guerre à leur pays. Il s'agit du Sénégal et du Burkina Faso. Les Ivoiriens ne doivent pas s'étonner de voir les soldats des pays frères tels que le Sénégal et le Burkina Faso, s'engager dans une telle aventure qui leur sera sans doute fatale.

Nous sommes déjà en guerre depuis que les troupes de l'ONUCI tirent à balles réelles sur des Ivoiriens. Le peuple doit rester soudé et uni derrière son Président démocratiquement élu, SEM. Laurent Gbagbo pour faire barrage à l'imposture. Les Ivoiriens savent aussi que, les pays qui font la guerre à leur pays ont un grand nombre de leurs ressortissants ici en Côte d'Ivoire. Nous sommes en guerre et chaque Ivoirien où il se trouve, doit avoir en esprit qu'il est en puissance un soldat. La population doit aider les Forces de défense et de sécurité (FDS), en dénonçant les collaborateurs ivoiriens qui seraient tentés d'héberger les rebelles. Vous devez savoir une chose. Les soldats étrangers ne nous feront pas de cadeau. Ce sont des tueurs sans cœur qui débarqueront avec la ferme intention d'exterminer le peuple Ivoirien. C'est la guerre. Ce sont des Ivoiriens que les soldats burkinabé et sénégalais engagés aux côtés de la France viendront pour exécuter. Nous devons donc défendre âme et corps la Côte d'Ivoire qui reste pour nous le seul refuge. Patriotes, l'heure est venue pour la libération totale de ton pays, la Côte d'Ivoire.


Source: GBAGBO.CI

KADHAFI PREND POSITION: «CE N'EST PAS A LA FRANCE ET AUX USA D'IMPOSER UN PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE»



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Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

 

Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mouammar Kadhafi qui a présidé cette rencontre, n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Ce n'est pas à la France et aux États-Unis d'imposer un président à la Côte d'Ivoire. Le peuple ivoirien est mature. C'est en toute souveraineté qu'il se choisit un président. Il faut que les Occidentaux respectent la souveraineté des États africains. Ils n'ont pas à s'ingérer dans les affaires internes d'un État africain", a t'il martelé. A également pris part à cette importante rencontre, une forte délégation du forum des rois, sultans, princes, cheicks et chefs coutumiers africains.


Source: IVOIREVOX.COM

POUR DETOURNER L'ATTENTION DES IVOIRIENS: PARIS LANCE UNE INTOX SUR LA SANTE DE OUATTARA



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M. Alassane Ouattara n'est pas malade. Il n'est donc hospitalisé nulle part. Ni en Côte d'Ivoire, ni à Paris. Le candidat malheureux au 2nd tour de la présidentielle ivoirienne est toujours retranché au Golf Hôtel depuis qu'il s'est fait proclamer élu, hors délai et hors cadre, le jeudi 2 décembre 2010, par le président de la Commission électorale indépendante pris en otage à son QG. Le samedi dernier, Alassane Ouattara a joué au golf dans les jardins de son bunker onusien d'Abidjan. Il a effectué un parcours golfique de 60 minutes au cours duquel il a marqué un arrêt pour étancher sa soif au Coca light. Cette information doit pouvoir mettre fin à toute la rumeur dont bruit le tout Abidjan bruit depuis quelques jours et qui faisait état qu'Alassane Ouattara serait gravement malade et transféré en soins intensifs en France. De nombreux détails sur cette prétendue hospitalisation de Ouattara ont envahi le net. Avec des précisions diaboliques, cette rumeur prétendait que M. Ouattara est arrivé à Paris le samedi 8 janvier à 10h34 par le Vol SWK 4834, un jet privé qui aurait atterri à Villacoublay. M. et Mme Ouattara auraient embarqué à bord d'un véhicule de type Renault Velsatis immatriculé 789jhf92 qui a quitté l'aérodrome de Villacoublay en direction de Plaisir-Les-Clay, 78ème Arrondissement, dans les Yvelines, en région parisienne. Ce véhicule aurait été suivi par trois (3) autres véhicules de police banalisés. A son arrivée, Ouattara aurait reçu des personnalités et des hommes d'affaires français jusqu'à 15h de Paris, heure à laquelle son état de santé se serait détérioré. Il aurait alors été conduit en urgence, conclut la rumeur, à l'hôpital américain de Neuilly. Et bla bla bla...

Nos investigations auprès de diverses sources, ailleurs comme au Golf Hôtel d'Abidjan où se terrent Alassane Ouattara, Guillaume Soro et leurs nombreux rebelles en armes, nous ont permis de découvrir que cette rumeur est totalement fausse. En réalité, elle n'est rien d'autre qu'une intoxication entretenue par les services secrets français et les communicants de Ouattara. L'objectif est de détourner l'attention des Ivoiriens et des Forces de défense et de sécurité (FDS) pendant que Paris, ses alliés autour de Ouattara et leurs rebelles préparent activement une attaque contre la Côte d'Ivoire. «Alassane Ouattara n'est ni hospitalisé à Paris ni dans le coma. Il n'est pas décédé non plus comme le soutiennent certaines rumeurs. Il est bel et bien vivant et se trouve ici à Abidjan », nous a confié samedi dernier une source proche de « la république du Golf ».


La France de Nicolas Sarkozy, la Françafrique, la nébuleuse onusienne et leurs alliés n'ont pas renoncé à leur criminel objectif d'attaquer notre pâys pour espérer « dégommer » le Président élu de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, pour installer par la force leur pion, Alassane Ouattara. La preuve, selon des sources que nous n'avons pour l'instant pas recoupées, à la demande de l'Elysée (palais présidentiel français), la direction de la compagnie aérienne Air France aurait décidé d'annuler ces vols sur Abidjan dans la période du 19 au 23 janvier 2011 en raison « des troubles qu'il y aura sur le terrain ». Sans donner la nature des troubles à venir, Air France qui sait assurément ce que ses grands patrons de l'Elysée préparent contre la Côte d'Ivoire a effectivement revu son programme sur Abidjan comme le stipule le site de la compagnie française : www.airfrance.com.


Bien évidemment, les FDS ivoiriennes en ont été informées et suivent toutes les manœuvres sur le terrain. Les Patriotes aussi.



César Etou et Didier Depry


Source: NOTRE VOIE

POURQUOI LA COTE D'IVOIRE EST DANS L'OEIL DE L'OURAGAN ?

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Prof. Jean-Paul Pougala, enseignant à l'Université de la Diplomatie de Genève en Suisse (co-auteur de «L'Afrique, l'Europe et la Démocratie Internationale» (Ed. Federop)), le 11 janvier 2011. Extraits.

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"Le dessous des cartes - La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine-Occident"

Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara qu'ils appellent "Président élu" alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo qu'ils désignent par "Président Réélu". Au-delà des choix partisans pour l'un ou l'autre président élu ou réélu, il est intéressant de constater qu'il y a une autre bataille celle là à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l'occident en Côte d'Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects.

L'Occident défend une vieille idée de l'Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s'accommodent volontiers d'une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l'Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d'Asie. Ce qui froisse fortement l'Union Européenne et les USA.

Mais ces derniers ont-ils la force et l'énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l'Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ?

Laurent Gbagbo, meilleur symbole des frustrations des Européens et des Africains

Pour les Africains, les deux personnages de notre feuilleton symbolisent deux conceptions opposées de la politique africaine. M. Ouattara, se définit comme «Houphouëtiste», c'est-à dire quelqu'un qui était ouvertement contre les États-Unis d'Afrique. En 1963, son mentor Houphouët Boigny était avec l'ancien président Sénégalais Léopold Sédar Senghor un principal fossoyeur du rêve de Kwame Nkrumah de créer immédiatement les États-Unis d'Afrique. Pour Senghor et Houphouët la relation avec la France était plus importante que toute nécessité d'autonomie africaine. Ce dernier avait alors prononcé la célèbre phrase: «Ils disent qu'ils vont unir l'Afrique du Cape au Caire. Ils le feront sans nous, sans ma Côte d'Ivoire». La suite on la connaît : l'OUA est née comme une nullité avec un seul programme cher à Senghor et Boigny : «intangibilité des frontières héritées de la colonisation européenne» et adieu le vieux rêve de Nkrumah contenu dans son livre prémonitoire publié en 1961 du titre : Africa must unite (l'Afrique doit s'unir si elle ne veut pas connaître famine, pauvreté et guerres).

Mettre fin à la triste parenthèse de l'OUA était une priorité pour Gbagbo dès son arrivée au pouvoir en 2000 pour passer à la nouvelle Union Africaine (en 2002) comme étape intermédiaire vers la création des États-Unis d'Afrique. Aujourd'hui, M. Ouattara continue dans la même voie : il ignore les institutions de la Côte d'Ivoire (le conseil Constitutionnel) et préfère attendre sa légitimité de Paris ou de Washington. Il demande à une partie du monde de venir faire la guerre pour tuer une partie du peuple ivoirien. Il demande d'affamer les fonctionnaires ivoiriens en les privant de leur salaire. Il demande à la France d'organiser des commandos sous le couvert de la CEDEAO, et comme Houphouët, il n'a jamais expliqué ce qu'il compte offrir à la France en retour.

Aux apprentis sorciers de la théorie des guerres éclair, j'ai envie de dire : aucune élection, aucune personne ne mérite qu'il y ait une seule vie de perdue. Les hommes passent, les empires disparaissent. Mais les cicatrices d'une guerre ne finissent jamais. L'Irak peut-il nous servir de leçon ?

Trois exemples hors d'Afrique pour élucider mes propos :

  • Le 19 décembre 2010, on a voté en Biélorussie, le président sortant a proclamé qu'il a gagné avec 72% et a aussitôt mis en prison les dirigeants de l'opposition. Y-a-t-il un seul pays Européen qui a menacé ce pays d'utiliser la force pour déloger Alexander Loukachenko au pouvoir depuis 16 ans ? L'Union Européenne n'a prévu aucun plan militaire pour aller déloger le dictateur. La raison est simple : les 27 pays de l'Union Européenne ont à cœur la valeur de la vie de leurs frères et sœurs de la Biélorussie. C'est à chacun de soigner ses intérêts et les Européens considèrent la vie humaine en Biélorussie plus importante qu'un dictateur qui s'en ira tôt ou tard.
  • Le Secrétaire Général des Nations Unies M. Ban Ki-Moon et le Représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire M. Y Choi sont tous les deux citoyens d'un pays divisé en deux, la Corée. Il y a un des deux présidents Kim Jong-Il qu'ils disent fou et un danger permanent pour sa propre population et pour ses voisins. Mais pour Kim, M. Y Choi et M. Ban Ki-Moon ont toujours justement prôné la retenue. A ceux qui veulent faire la guerre en Côte d'Ivoire, j'ai deux questions : En quoi la vie d'un Coréen serait-elle plus précieuse à préserver que celle d'un Ivoirien ? En quoi la mort des populations civiles en Côte d'Ivoire serait-elle moins grave qu'en Corée ? En quoi Laurent Gbagbo est-il plus dangereux pour ses voisins que le dirigeant Nord-Coréen M. Kim Jong-Il, au pouvoir hérité de son père depuis 17 ans et qui lui-même l'avait exercé pendant 46 ans jusqu'à sa mort et qu'il s'apprête à passer à son fils ?
  • En Birmanie (Myanmar) en 2000 un vainqueur des élections présidentielles a été privé de sa victoire, pire, privé de liberté pendant 10 ans. Mme Aung San Suu Kyi s'est contentée en silence d'un prix Nobel de la paix, sans jamais exiger une quelconque intervention de l'extérieur pour aller déloger les usurpateurs du pouvoir. La victoire de Mme Aung San Suu Kyi validée par la Cour Constitutionnelle Birmane est-elle moins importante que la défaite de M. Ouattara déclarée perdant par le Conseil Constitutionnel de son pays ?

M. Laurent Gbagbo entrera-t-il dans l'histoire comme un dirigeant médiocre, méchant, valeureux ou éclairé ? Nul ne pourra le dire. Ce que nous savons par contre, c'est qu'il est l'homme qui symbolise le mieux les frustrations des Européens et des Africains. La crise Ivoirienne s'est vite transformée en une crise raciale entre les Blancs et les Noirs, entre l'Afrique et l'Europe. Avec cette fois-ci un 3ème larron, la Chine en embuscade.

L'Angola, premier partenaire africain de la Chine sur le plan commercial et militaire, soutient indéfectiblement Laurent Gbagbo

Le jour précis (17/12/2010) où l'Union Européenne annonçait avoir à l'unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait être devenue le premier partenaire commercial du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d'échanges avec les pays Africains. Il en ressort une augmentation du volume d'affaires à 20 milliards de dollars avec l'Angola faisant de ce pays son premier partenaire africain sur le plan commercial, mais aussi militaire.

Et le hasard veut justement que l'Angola soit le pays qui soutient militairement les Forces de Défense et de Sécurité de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. Et c'est ce même jour que le général Chinois de division Jia Xiaoning, directeur adjoint du bureau des affaires étrangères au ministère chinois de la Défense était reçu en audience au Cameroun par le Président Biya.

Ont-ils parlé de la crise ivoirienne ? La Chine peut-elle aider financièrement l'Europe pour sortir de la crise économique et accepter qu'elle utilise cet argent pour la combattre en Afrique ? Ce qui est sûr, c'est que c'est un scénario que l'Europe n'avait pas prévu.

C'est aussi le prélude d'une longue saison tumultueuse entre l'Afrique et l'Europe qui peine à accepter l'inexorable autonomie effective de l'Afrique, 50 ans après la parodie d'indépendance. Les généraux de l'armée chinoise sont en train de défiler un peu partout en Afrique pour tisser des accords de partenariat militaire ; à Pékin, on ne cache plus que le vrai but est de neutraliser toutes les rebellions que l'Europe organisera sur le sol Africain pour les freiner et retarder cette autonomie. L'arrivée de la Chine sur la scène politique, économique et militaire africaine est en train de se transformer en cauchemar pour l'Europe qui en perd toute sa lucidité.

L'Union Africaine doit reprendre la main en Côte d'Ivoire pour que le gouvernement invisible de l'Europe n'entrave, ne déstabilise et n'enlève pas à l'Afrique une des pièces maîtresses du puzzle (la Côte d'Ivoire). Si aujourd'hui la Côte d'Ivoire est sacrifiée pour offrir à l'Europe une consolation de répit dans sa guerre commerciale et industrielle perdue d'avance avec la Chine (comme le diktat chinois sur les terres rares), demain à qui le tour ?

La crise ivoirienne aura pour le moins, le mérite de nous donner plusieurs enseignements :

  • L'ONU est une boîte vide qui nécessite une complète refonte. Cette organisation est en train de se transformer en instrument de déstabilisation des nations et l'initiatrice des guerres civiles plutôt que d'être un instrument de pacification des peuples comme elle a été originellement conçue.
  • L'entraînement pour la première guerre mondiale du 21ème siècle entre l'Occident (Europe/USA) et la Chine se fera très probablement sur le sol africain. Le déclin des premiers ne les prive pas de l'instinct d'arrogance habituelle pour continuer d'humilier la seconde en lui intimant ce qu'elle doit faire en Afrique, sur la dévaluation du Yuan. Le ridicule ne tue pas. Ce sont les pays qui se sont de trompés de politique et sont responsables d'une crise financière mondiale, qui prétendent donner des leçons à la Chine qui elle a été vertueuse dans sa gestion. Il y a une ligne rouge que tôt ou tard l'Occident va traverser et ce jour là, cela va faire: boum ! Et c'est pour ce boum que l'Afrique sert aujourd'hui à l'un et à l'autre de terrain d'entraînement.

Gbagbo, enjeu du contrôle de l'Eldorado pétrolier du Golfe de Guinée

«Derrière le maintien ou non de Gbagbo au pouvoir se joue le contrôle du Golfe de Guinée, cet Eldorado pétrolier que Français ou Américains, en perte de vitesse dans le monde arabe, et unis pour cette fois, ne souhaitent pas voir passer en d'autres mains. A leurs yeux, Alassane Ouattara, ami personnel de Sarkozy, ancien directeur du FMI et gestionnaire libéral, représente un interlocuteur beaucoup plus crédible que Gbagbo le nationaliste». Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir, elle collabore aussi au "Monde Diplomatique".



Source: IVOIREVOX.COM

mercredi, 19 janvier 2011

CRISE IVOIRIENNE POST-ELECTORALE: DES FACTURES EMBARRASSANTES POUR L'UNION EUROPEENNE



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Incroyable ! Les preuves que la rébellion ivoirienne ou les «forces pro-Ouattara» ont régenté les élections dans plusieurs localités du nord de la Côte d'Ivoire. En effet, l'«Union Européenne» avait fait évacuer 17 de ses observateurs internationaux en danger, suite aux violences des «Forces Nouvelles (FN)», lors du scrutin présidentiel 2010 de Côte d'Ivoire dans les localités nord du pays...  Et c'est cette même «Union Européenne» qui reconnaît le bon déroulement de l'élection présidentielle, pourtant contrôlée dans le nord, par les rebelles. Evènement avec l'«Affaire» du couple Lafont, bouc-émissaire de l'«UE», parue sur «France-Soir».

 

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Alors que l'« UE » accuse aujourd'hui Frédéric Lafont, elle (l'UE) utilisait ses services il y a un mois et demi dans le nord de la Côte d'Ivoire.


Le couple Lafont, figurant sur la liste de 59 proches de Laurent Gbagbo visés par des sanctions de l'« Union Européenne », nie les faits qu'on lui reproche. « France-Soir » publie en exclusivité des documents liés à l'affaire.

L'« Union Européenne » accuse Frédéric Lafont, un entrepreneur clé en Afrique de l'Ouest de 41 ans, d'avoir transporté des armes avec sa compagnie aérienne « Sophia Airlines ». L'homme nie les faits et contre-attaque.

Frédéric Lafont nous a affirmé mardi soir s'être porté au secours de 17 observateurs internationaux de l'« Union Européenne » dans le Nord et dans l'Ouest, en plein fief d'Alassane Ouatarra, les 28 et 29 novembre 2010 à la demande de l'instance européenne. « France-Soir » détient en exclusivité les factures et les manifestes passagers et publie un des documents qui prouve la véracité des propos de Frédéric Lafont. Le document publié a pour destinataire « Union Européenne MOE-UE Côte d'Ivoire ».

Le responsable sécurité de l'« Union Européenne » sur place a affreté un « Beech 1900-D » le 28 novembre 2010 pour évacuer les observateurs présents à Khorogo qui étaient « en mauvaise posture » selon l'ex-légionnaire. « Même mes pilotes ont eu peur sur place », explique Frédéric Lafont. Le lendemain, le 29 novembre 2010, « Sophia Airlines » est allé recherché d'autres observateurs « du côte de Man » à l'Ouest du pays.


«C'était très chaud pour la sécurité des observateurs internationaux européens»

Les observateurs qui auraient craint pour leur sécurité « ont demandé de quitter au plus vite le pays vers le Ghana. Mais je ne sais pas si ils sont passés par nous ou par les vols réguliers. Je ne me souviens pas ». Frédéric Lafont raconte que deux observateurs se sont confiés à lui à l'arrivée de l'avion à Abidjan lors de leur retour de Khorogo : « Ils expliquaient que c'était très chaud pour leur sécurité et qu'ils ont constaté des fraudes au Nord ». « Je les ai vachement aidé. Je sais des choses. Est-ce que c'est pour ça que je me fais allumer ? », s'interroge l'entrepreneur.

Mercredi 05 janvier 2011 au matin, Christine Fages, porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, réagissant à nos informations, a précisé lors d'un point-presse au « Quai d'Orsay », que figurent sur la liste des proscrits « les personnes dont l'+ Union européenne + estime qu'elles font obstruction au processus de paix et de réconciliation nationale et en particulier menacent le bon aboutissement du processus électoral. Cela peut être le cas de ressortissants ivoiriens comme européens ou autres ».

« Si cette liste, qui concerne uniquement les restrictions de visas, n'a pas pour effet d'obliger la France à refuser l'entrée à ses propres ressortissants, le champ des sanctions européennes devrait être prochainement élargi à d'autres mesures pouvant les affecter », a-t-elle ajouté. Sous-entendant un éventuel gel des avoirs...


Source: NERRATI.NET