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mercredi, 19 janvier 2011

PETITION: NON A LA PARTICIPATION DE NICOLAS SARKOZY AU SOMMET DES CHEFS D'ETAT DE L'UNION AFRICAINE

 

NON A LA FRANCE.jpg

Chers tous


Une pétition (publiée sur http://saoti.over-blog.com) a été initiée contre la participation de Nicolas Sarkozy au sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine. Les destinataires de cette pétition sont lesdits chefs d'Etat et de gouvernement. Merci de bien vouloir signer et faire circuler cette pétition en cliquant sur le lien suivant, afin de faire comprendre à nos dirigeants que nous nous érigeons contre la soumission avilissante dont ils font preuve à l'égard de l'Occident en général et du locataire de l'Elysée en particulier :

Cliquer sur : PETITION DU WEB


Bonne journée.


Texte de la pétition



Les 30 et 31 janvier 2011 a lieu à Addis Abeba la Conférence des chefs d'Etat de l'Union Africaine. En toute arrogance, le président français Nicolas Sarkozy a décidé de s'y inviter et d'y prendre part.

A-t-on jamais vu un président africain invité ou s'inviter à un sommet de l'Union européenne ?
A-t-on jamais vu un président européen invité ou s'inviter à un sommet des chefs d'Etat d'Asie ou d'Amérique du Sud ?

Le 26 juillet 2007, ledit Nicolas Sarkozy avait, depuis Dakar, insulter la Jeunesse d'Afrique, en ces termes : « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. (...) L'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable, où tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique, il est là.»

Douze d'entre vous ont néanmoins trouvé opportun nous couvrir de honte, nous, Peuples d'Afrique,  en allant célébrer le cinquantenaire de leur dépendance à l'ancienne puissance coloniale française à Paris, le 14 juillet 2010.

Cela suffit ! Le temps de la Dignité est venu !

Aujourd'hui, nous vous rappelons que votre devoir est de servir vos peuples et non de les asservir et les offrir pieds et poings liés à l'oppresseur occidental.

Nous disons NON à la participation de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Union Africaine !




Signé : Les Peuples de l'Afrique Digne


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

14:27 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, france, saoti, mahalia nteby, pétition contre participation sarkozy au sommet de l'ua | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

CRISE IVOIRIENNE: BLAISE COMPAORE PREND SES ORDRES A PARIS


BLAISE COMPAORE 2.jpg

Le 19 janvier 2011 par IvoireBusiness.


Dans le film françafrique de Patrice Benquet, on parle avec ironie de valets de la France ou Gouverneurs noirs. Il s'agit de chefs d'Etat africains, installés par Paris et aux ordres de Paris. Des sortes de sous-préfets de France, étant entendu que les anciennes colonies françaises n'ont jamais été considérées comme réellement indépendantes, mais comme de simples circonscriptions administratives de la France, à la manière des préfectures ou sous-préfectures.


Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, en est l'illustration la plus achevée, depuis la mort d'Omar Bongo qui dirigea le Gabon pendant 42 ans, qui atteignit des sommets en la matière.
Le beau Blaise se comporte, agit, respire comme un gouverneur noir. Hier, il débarquait à Paris, contre toute attente, pour être reçu par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, convoqué d'urgence par le maître des lieux.


Sa mission, apporter son aide à ce dernier pour faire virer la médiation dans la crise ivoirienne conduite du Premier ministre kényan, Raïla Odinga, qui n'avait pas compris que Paris ne souhaitait pas de négociation entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo.
Compaoré s'acquitta tellement bien de sa mission que le soir même, Raïla Odinga jeta l'éponge et annonça son retrait de la médiation censée trouver une solution à la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Puis, toute honte bue, il se répandit dans la presse française pour annoncer sa préférence pour une solution négociée en Côte d'Ivoire, solution négociée qu'il venait justement de faire chavirer grâce à son génie de déstabilisateur en chef de la sous-région. Son silence assourdissant depuis le début de la crise postélectorale née de la dernière élection présidentielle ivoirienne, alors qu'il est le facilitateur des accords de paix de Ouagadougou, en dit long sur ses méthodes. De plus en plus, on parle d'une intervention des troupes burkinabés aux côtés de Licorne dans une opération militaire visant à destituer le Président Laurent Gbagbo.


Ce serait aussi l'une des raisons de la visite du gouverneur Compaoré sur les bords de la seine.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

L'OPTION DE LA GUERRE CONTRE LE REGIME GBAGBO AURA-T-ELLE ETE FINALEMENT CONTRE-PERFORMANTE?


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En bonus: Pour voir la réponse au nouvel appel à la grève générale de l'ancien premier ministre Ouattara, cliquez sur : http://saoti.over-blog.com/



Quand on examine rétrospectivement les choses, on a des raisons de se demander si la «communauté internationale», emmenée par Sarkozy et Obama, a eu raison d'appuyer à mort sur le champignon de la guerre contre la Côte d'Ivoire pour débarquer Laurent Gbagbo.

En effet, plus d'un mois après cette saillie, on en est toujours au point de départ : Laurent Gbagbo, «
pas moyen bouger» ! Pire, son autre Dieu, c'est-à-dire le temps, a fini par émousser un peu les ardeurs des va-t-en-guerre en laissant émerger certaines données qui confortent la position du président élu Gbagbo. Ce dernier vaque à ses obligations de chef de l'Etat sans tambours ni trompettes. On vient d'annoncer un budget de près de 3.000 milliards de FCFA (2.907 milliards de FCFA précisément), donc  plus élevé que l'an passé et d'affirmer que les salaires seront payés rubis sur l'ongle tout comme une partie de la dette intérieure du pays. Qui dit mieux ?

Si on fait le point, de deux choses l'une.


D'abord, la  France et les USA ont pu agiter la menace de la guerre rien que pour faire peur à Laurent Gbagbo afin qu'il décampe de son pays. Si telle était l'intention, il faut reconnaître qu'il y a eu méprise sur l'homme. Le temps passé par ce dernier dans l'opposition, comme depuis 2000 où il a accédé au pouvoir, montrant sa capacité de résistance à la coalition internationale liguée contre lui, n'aura pas suffi à convaincre qu'on avait affaire à un être exceptionnel dont les convictions ne pouvaient être ébranlées ni par les menaces ni par l'usage de la force. On a donc fait chou blanc car ni ces jurements de l'écarter par la force, ni les offres financières pour qu'il accepte un exil doré, n'auront eu pour effet de le faire bouger d'un iota de ses positions.


Ensuite, peut-être que cette menace a été brandie parce qu'on entendait effectivement convaincre les Etats africains d'aller vite fait-bien fait, corriger cette forte tête et l'extraire du pays pour l'envoyer moisir dans une cellule de La Haye. Mais là aussi, on se retrouve le bec dans l'eau  puisque malgré les harangues de la CEDEAO et de bien d'autres,  et en dépit de  l'appel à la curée, on n'a pas vu un commencement de mise en route de l'expédition punitive contre l'homme de Mama.


Dans  un cas comme dans l'autre, c'est l'échec au jour d'aujourd'hui, de cette option de la guerre, ce qui explique que Ouattara Alassane semble de plus en plus désarçonné. Après avoir compris que le choix de la guerre ne pouvait pas prospérer, il avait tendu la main pour que les médias s'en saisissent mais le naturel reprenant ses droits, il  vient à nouveau de lancer le Djihad le 14 janvier, contre le président légal et légitime du pays d'Houphouët.  Mais manifestement, pendant que quelques-uns continuent à agiter des épouvantails, l'opinion africaine réalise qu'on a voulu amener les Etats africains à commettre un fratricide et se rétractent de plus en plus de la solution par la guerre. Du coup, ceux qui n'ont de cesse d'en appeler à la négociation, à l'arbre à palabres, gagnent en crédit à la plus grande satisfaction de Laurent Gbagbo qui n'a pas arrêté, depuis le déclenchement de cette énième crise, de convier ses «
frères ennemis» à s'asseoir autour d'une table pour discuter.  Non pas tant pour partager le butin, quoi qu'il ne soit pas contre l'ouverture, mais surtout pour procéder aux vérifications, au recomptage des voix afin que celui qui a véritablement gagné soit déclaré aux yeux de tous vainqueur et que le perdant reconnaisse sa défaite dans les mêmes conditions.

Voilà,  au train où vont les choses, une affaire qui risque de tourner à la pantalonnade pour ceux qui l'ont montée en neige, c'est-à-dire la « communauté internationale », la France, les USA en tête et quelques pays africains qui ont mordu à l'hameçon. Au point où nous  sommes rendus, la question se pose de savoir qu'est-ce qu'il faut faire pour sortir de cette sale panade.


Alors qu'Obama doit se couper les cheveux en quatre, se demandant qui l'a poussé à embrayer aussi vite sur la position anti-Gbagbo, peut-être Susan Rice (ambassadrice américaine auprès des Nations-Unis -et ex lobbyiste de Ouattara à ce qu'on dit et lit-), Sarkozy, lui, doit se dire qu'il a encore «
merdé» !

Ce n'est pas en effet joli-joli, surtout que les évènements en Tunisie viennent encore plus éclairer cette politique de «
deux poids, deux mesures» des grandes démocraties à l'égard des pays africains. Et comble de déveine, voilà que la Russie et la Chine, qui jusque-là s'étaient montrées plutôt discrètes, embrayent sur le registre du refus de valider l'ingérence extérieure dans les affaires des pays souverains et disent Niet à l'envoi de 2.000 Casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire et à des sanctions supplémentaires contre le régime Gbagbo.

C'est la quadrature du cercle !


Mais pour s'en sortir, il y a la bonne vieille formule du bouc émissaire chère à Machiavel. On n'en serait pas là si Ban ki-moon n'avait pas commis la gaffe monumentale d'envoyer son «frangin» Choi foutre  cette sainte pagaille en RCI, n'est-ce pas ! Alors, le mal vient de ces deux-là, et principalement du dernier. Cette conviction, la politologue Ivoiro-camerounaise Evelyne Adhéspeau,  l'a exprimée en ces termes dans L'Intelligent d'Abidjan du 11 01 2011
«c'est par la reconnaissance empressée par Mr Choi de l'élection de Ouattara que tout ce désordre est arrivé. Pourquoi n'a-t-il pas attendu comme au premier tour la fin du processus c'est-à-dire la validation par le Conseil constitutionnel des élections du second tour. C'est vraiment là, la question. C'est un peu comme les enfants qui jouent aux cartes et celui qui s'aperçoit qu'il est en train de perdre mélange tout. N'eut été les morts que cela engendre cela prêterait à sourire. Et on attend toujours qu'il vienne nous enrichir de sa science et nous expliquer quelle est sa méthode de comptage». Voilà tout simplement exprimée la cause de tout ce bataclan qui fait dire au président angolais Eduardo Dos Santos qu' «il ya un président constitutionnel, qui est l'actuel président de la République, Laurent Gbagbo, qui doit être maintenu jusqu'à la réalisation de nouvelles élections, comme l'établit la loi électorale de ce pays».
Et ce pays demande bien sûr qu'avant de reprendre éventuellement tout scrutin, les conditions en soient réunies ; désarmement, réunification du pays...
Alors, pour garder l'honneur sauf à la communauté internationale, à la France et aux USA, Diable, pourquoi ne pas sacrifier ces deux bougres et circuler ?

Par Victory Toussaint, in San Finna n° 599 (Burkina Faso), le 17 janvier 2011


Publié sur http://saoti.over-blog.com

COTE D'IVOIRE : ALASSANE OUATTARA EST-IL MORT ?

ALASSANE OUATTARA. CANAL+.jpg

Le dimanche 16 janvier 2011, à 09H50, par IvoireBusines.

Nul ne peut souhaiter la mort d'autrui, c'est pourquoi nous aussi ne souhaitons pas la mort d'Alassane Dramane Ouattara, dit ADO.
Mais des sources insistantes et concordantes proches de l'hôpital militaire parisien du Val de Grâce font état de la mort d'Alassane Ouattara, Président reconnu par l'ONU et la France, des suites d'un mal pernicieux qui l'avait déjà fait s'effondrer devant tous à une date très récente au Golf hôtel. Son évacuation sanitaire pour la France avait alors été décidée.


Depuis hier, c'est à une avalanche de messages de confirmation de sa mort que la rédaction d'IvoireBusiness est soumise par des milliers d'ivoiriens du monde entier, partisans et adversaires, pour que nous confirmions la rumeur de la mort d'Alassane Ouattara, laquelle se repend actuellement comme une traînée de poudre, en France, en Europe, aux Usa et en Côte d'Ivoire.
Vue l'extrême sensibilité de l'information et malgré nos sources très proches du Val de Grâce, nous nous bornerons à parler d'informations insistantes et concordantes, laissant ainsi la place à des voix plus autorisées pour la confirmer ou l'infirmer.


D'autres informations contradictoires brandissent la thèse d'une diversion avec la mort de Ouattara, pour distraire les ivoiriens et l'opinion, pendant que la communauté internationale prépare l'attaque de la Côte d'Ivoire pour enlever le Président de la République Laurent Gbagbo du pouvoir par la force, entre le 19 et le 23 janvier 2011. L'un des pions essentiels de cette diversion serait le journaliste-barbouze français Jean Paul Ney, que tous les ivoiriens connaissent pour avoir séjourné à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), après son coup d'Etat manqué de 2008 dénommé « Noël à Abidjan » avec le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, aujourd'hui en fuite.
Pour les tenants de la diversion, la preuve que Ouattara n'est pas mort sont ses passages successifs dans des émissions de radio comme le Grand débat d'Africa n°1 du 11 janvier, à Canal+ le 13 janvier face à Michel Denisot en duplex depuis l'hôtel du Golf et à la suite de Laurent Gbagbo la veille, et aussi son interview dans l'Express, hebdomadaire français.


Pour les tenants de la possible mort d'Alassane Ouattara, toutes ces émissions ne prouvent rien car elles ont été préalablement enregistrées ou ont fait l'objet d'un montage.
Pour eux, si ADO était bien vivant, pourquoi la médiation de l'Union africaine conduite par le Premier ministre kényan, Raila Odinga, a-t-elle été reportée par deux fois ? Initialement prévue les jeudi et vendredi derniers, elle a été reportée ce samedi et dimanche pour être une nouvelle fois annoncée pour mardi prochain.


Par ailleurs, dans l'interview donnée par Ouattara à Canal+ le 13 janvier, il n'a fait aucun cas de l'actualité brûlante en Côte d'Ivoire à cette date où on avait dénombré 10 morts (5 civils et 5 militaires) à Abobogare, l'un de ses fiefs, se bornant à traiter une actualité décalée.
Toujours est-il que ces sources situent l'arrivée de Ouattara à Paris au 08 janvier 2011 par vol privé SWK 4834. Le jet privé affrété pour son évacuation sanitaire a atterri à l'aéroport militaire de Villacoublay. A son bord, le couple Ouattara, le couple Bédié, le général Palenfo et d'autres personnalités de l'entourage d'ADO.
Suite à ses complications de santé à la suite du mal pernicieux qui le rongait au niveau de la poitrine, il serait entré dans un coma profond pour ensuite tirer sa révérence.


Les autorités françaises attendraient le bon moment pour annoncer son décès.
Nous y reviendrons.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 18 janvier 2011

RENCONTRE A L'ELYSEE AUJOURD'HUI - SARKOZY-COMPAORE: Y A UN COMPLOT DANS L'AIR !



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In Le nouveau Courrier N°181 du 18 Janvier 2011 par Gilles Naismon


Ce sont deux personnalités dont l'instigation de la guerre qui a débouché sur la partition du pays et l'ingérence notoire dans la crise ivoirienne sont avérées qui vont se rencontrer aujourd'hui à l'Elysée pour discuter de la résolution de la crise post-électorale. Le président français, Nicolas Sarkozy, et son homologue burkinabé, Blaise Compaoré se rencontreront en marge de la médiation du Premier ministre kenyan Raïla Odinga, à Abidjan. Qu'est-ce que ces deux hommes - l'un est tout excité publiquement à l'idée de voir Laurent Gbagbo partir du pouvoir et, l'autre, facilitateur, a adopté depuis une posture inexplicable durant la crise - vont bien mijoter dans le dos des autres chefs d'Etat africains ?

Quand l'on sait que des réunions de planification des opérations militaires, selon des sources crédibles, sont effectuées sur le sol burkinabé par des officiers de l'armée française, avec à leur tête l'ambassadeur de France Emmanuel Beth, et des mercenaires déguisés en soldats d'Ecomog. Compaoré dont le territoire sert de base arrière à la rébellion apparaît comme un partenaire privilégié de Nicolas Sarkozy dans cette autre guerre qu'il est en train de mener contre Laurent Gbagbo pour le faire partir du pouvoir. Quand on sait que Blaise Compaoré fait partie des chefs d'Etat qui manœuvrent en ce moment pour une intervention militaire en Côte d'Ivoire, il y a de forte chance que l'Elysée serve, ce mardi, de lieu de décision d'un assaut final sur Abidjan.

 


Source: LE NOUVEAU COURRIER

SARKOZY ET LA FRANCE EN PLEIN DANS LE DELIRE ET LE SURREALISME

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Appréciez vous-même. Bonne lecture!


M. Denisot au coeur d'une tempête politique : bientôt blacklisté par l'Elysée ?


Mauvaise pioche pour Michel Denisot qui, malgré le climat tendu entre les dirigeants Canal + et Nicolas Sarkozy, faisait partie des trois journalistes choisis pour interviewer le président en novembre dernier. Serait-il désormais en train d'apparaître sur la blacklist de l'Elysée ? C'est ce que laisse entendre notre confrère Renaud Revel, sur son blog Immédias (L'express.fr). Il révèle que le président de la République et son entourage ont vu d'un très mauvais oeil l'interview que Michel Denisot a réalisée de Laurent Gbagbo, président ivoirien très contesté.

Une situation politique complexe : 1 pays, 2 présidents !

En effet, il y a quelques jours, Michel Denisot a déserté le plateau du Grand journal sur Canal + (laissant la place à son remplaçant officiel, Ali Baddou) afin de se rendre en Côte d'Ivoire pour interviewer Laurent Gbagbo. Ce dernier est au coeur d'une polémique dont il est d'ailleurs à l'origine : le scandale des deux présidents !
La Côté d'Ivoire a en effet deux chefs d'État : Alassane Ouattara a été élu à 54 % et son statut est reconnu par la commission électorale internationale (sous l'égide de l'ONU) ainsi que par la plupart des pays d'Afrique et d'Europe (la France y compris). Mais, Laurent Gbagbo a contesté cette victoire et s'est vu accéder au poste grâce à la validation du conseil constitutionnel ivoirien composé d'amis à lui (d'après Ouattara). Sauf que cette dernière victoire n'est absolument pas considérée sur la scène internationale : elle est même critiquée puisque le service de Gbagbo instaure un climat tendu et oblige Ouattara à rester discret, enfermé dans un hôtel, malgré son poste - officiel - de président.

Denisot ose, l'Elysée grince des dents...

C'est dans ce climat politique instable que Denisot est allé demander des explications au controversé Gbagbo : une interview (diffusée sur Canal + le 12 janvier dernier - la revoir ICI) qui n'a pas plu à l'Elysée qui a jugé inacceptable d'offrir une tribune à un homme politique aussi décrié, considéré comme "un usurpateur et un dictateur" par Ouattara. Il ne nous semble pas que l'Elysée se soit élevé contre l'interview d'un autre dictateur, le président de l'Iran par une Laurence Ferrari... voilée.
Frank Louvrier, conseiller en communication de l'Elysée, s'est exprimé auprès de Renaud Revel : "On présidentialise soudainement un homme dont la victoire est pourtant contestée de toute part. On donne le sentiment de crédibiliser sa démarche".
Cette interview filmée a été d'autant moins bien vue qu'aucune interview de Ouattara n'avait été proposée pour contrer celle de Gbagbo. Un oubli rectifié dès le lendemain, puisqu'un entretien en duplex a été réalisé, toujours par Denisot.

Denisot défend sa position journalistique

Alors que l'Elysée grince des dents, Denisot se défend et explique le "choix" éditorial d'avoir "privilégié" Gbagbo : "Rien ne m'obligeait à faire d'ailleurs ce second entretien [d'Alassane Ouattara]. L'Express s'obligerait-il à donner la parole à Ouattara s'il publiait un entretien de Laurent Gbagbo? Je ne le crois pas. [...] Dès le départ, dans l'avion qui nous a amenés à Abidjan, les hommes de Gbagbo étaient là et la tension était palpable : nous étions sous surveillance et sans grande marge de manoeuvre. Quant à Ouattara, n'imaginez pas que ce fut plus simple : une extrême tension règne là aussi et son entourage, également sur les dents, s'est fait très menaçant. A l'image des hommes de Gbagbo. Bien sûr que nous voulions faire Ouattara, mais pas à n'importe quel prix. Pas à n'importe quels risques. Nous étions en terrain miné" se justifie-t-il.

Était-ce le rôle de Denisot que d'intervenir dans cette situation politique nébuleuse ? A-t-il eu raison de tenter d'éclaircir ce conflit ? A-t-il vu juste en réalisant cette seconde interview ? Fallait-il offrir une tribune à Gbagbo, non reconnu comme président sur le plan international ?

Au Palais de l'Elysée, on a vraisemblablement déjà son avis sur ces questions...


Allyson Jouin-Claude


Source: PUREPEOPLE.COM

vendredi, 14 janvier 2011

LAURENT GBAGBO SUR CBN NEWS: «JE PROPOSE QU'ON RECHERCHE LA VERITE, OUATTARA REFUSE»

 

LAURENT GBAGBO.jpg

 

Après ses interviews avec Al Jazeera, Le Figaro, Associated Press, le président élu de Côte d'Ivoire, SEM Laurent GBAGBO, vient de s'entretenir avec la chaîne de télévision communautaire américaine CBN News qui a dépêché à Abidjan son grand reporter international Gary Lane. Entretien.



Gary Lane (CBN News) : Nous sommes ici parce que nous sommes très préoccupés par la situation qui prévaut dans votre pays, vous êtes confronté à beaucoup de défis ces dernier temps, vous venez de rencontrer pour la deuxième fois la CEDEAO avec un représentant de l'UA, comment avez-vous ressenti ces réunions, qu'est-ce que vous en pensez ?

SEM Laurent GBAGBO (président élu de Côte d'Ivoire): Je suis très heureux, c'est fraternel de parler à ces chaînes-là. J'ai reçu une première délégation de la CEDEAO et la deuxième fois, une délégation de la CEDEAO plus un représentant de l'Union Africaine. On a parlé de la situation. Je leur ai expliqué que mon adversaire n'a pas gagné les élections et que c'est moi qui ai gagné. Et que j'ai des éléments pour montrer que c'est moi qui ai gagné effectivement les élections, la preuve, je propose qu'on aille à la vérité, à la recherche de la vérité. Pour dire que je souhaite la voie de la négociation avec mon adversaire. On m'a proposé de mettre en place une commission en partie composée de mes partisans et ceux de Ouattara afin que les discussions démarrent, j'ai accepté. Quand ils sont allés faire la même proposition à Ouattara, il a refusé. La discussion devait porter sur différents sujets de négociation. Mais mon adversaire voulait que je reconnaisse qu'il a gagné. Alors je leur ai dit que la demande de négociation ne vient pas de moi. Ma proposition est qu'on recherche la vérité. Mais si je reconnais qu'il a gagné, il n'y a plus de négociation. Si lui aussi reconnait que c'est moi qui ai gagné, il n'y a plus de négociation. C'est parce que je conteste sa victoire et que lui conteste la mienne, que nous sommes disposés à la négociation. Dans tous les cas, moi j'attends d'autres propositions car mon adversaire a refusé les négociations.

G. L. : Savez-vous quand ils vont revenir ? Vont-ils tenir une autre réunion avec Ouattara ?

L. G. : Je ne sais pas, ils m'on dit qu'ils me feraient signe quand ils viendraient.

G. L. : La situation de blocage continue donc...

L. G. : Oui, la situation reste bloquée. Cette élection est unique en son genre, parce que dans le monde il y a quelque fois des fraudes, mais c'est généralement ceux qui sont au pouvoir, le président, qui fraudent. Mais ici, c'est celui qui n'est pas président qui fraude. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la rébellion en 2002. L'essence de la rébellion, c'est d'abord la négation de la voix du peuple. Quand la rébellion a occupé une partie du pays, et que j'ai demandé qu'elle soit désarmée, elle n'a pas voulu le faire. Et cette rébellion est appuyée en cela par certaines puissances. Mon adversaire qui est le père de la rébellion s'est appuyé sur les armes de celle-ci. Le jour du vote, les éléments de la rébellion sont entrés dans les bureaux de vote avec des armes, ils ont même violé une femme.

G. L. : Je l'ai rencontrée.

L. G. : Elle a été violée, des gens ont été blessés, mes représentants ont été chassés des bureaux de vote. Les fiches des bureaux de vote et les procès verbaux ont été refaits. Alors on a, par exemple, dans le Nord 2.200 bureaux de vote où le nombre de votants est supérieur à celui des inscrits.
Toujours dans le Nord, il y a plus de 500 bureaux de vote où j'ai zéro voix. Alors que j'ai deux représentants par bureau de vote. Ce qui veut dire que même mes représentants n'ont pas voté pour moi. Ils ont fraudé de façon grossière et moi, ce que je veux, c'est qu'on recherche la vérité, qu'on aille au fond des questions. Mais comme la délégation de la CEDEAO a commencé une négociation, j'attends.

G. L. : Monsieur le président, pourquoi les rebelles n'ont pas respecté leur engagement ?

L. G. : C'est à cause de ce qu'on appelle la communauté internationale dont on parle aujourd'hui. La France, les Etats Unis, l'Angleterre, tous ceux là me mettaient la pression pour qu'on aille au vote ; malgré le fait que le désarmement n'a pas été fait. J'ai résisté, mais quand vous êtes le président d'un petit pays, vous ne pouvez pas résister plus longtemps. Donc tous ceux-là m'ont mis la pression pour qu'on aille aux élections malgré la présence des armes. Aujourd'hui, il faut qu'ils acceptent de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ce qui arrive. On ne peut pas aller aux élections avec des rebelles qui vous pointent le fusil sur la tempe. C'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale qui nous oblige à aller aux élections.

G. L. : Avez-vous discuté avec les représentants de la CEDEAO d'un certain fonds à la Banque Centrale qui ne serait pas à la disposition de votre gouvernement ?

L. G. : Non, ils ne sont pas concernés par cela, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest concerne les Etats. Il y a la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Guinée- Bissau, le Bénin, le Togo et le Sénégal. Cela concerne un autre groupe de pays qui n'étaient pas là. Bien sûr qu'il y a certains pays de la CEDEAO qui étaient là, mais il y a l'Union Africaine qui n'est pas concernée.

G. L. : Vous ne leur avez donc pas parlé de la question ?

L. G. : Non.

G. L. : Est-ce que c'est un sujet qui vous préoccupe ?

L. G. : Elle me préoccupe et j'en ai parlé à trois reprises. Notamment, avec le président de l'UEMOA qui est celui du Mali. J'ai appelé le gouverneur de la Banque Centrale, nous en avions discuté parce que la CEDEAO n'a pas de monnaie, donc elle n'a pas de banque centrale, tout comme l'Union Africaine. Cette Banque Centrale là est constituée de huit Etats dont le président en exercice est Monsieur Touré du Mali, nous sommes en contact, nous en parlons.

G. L. : Les pouvoirs ont été transférés à Ouattara, quelles en sont les conséquences sur votre pays ?

L. G. : Cela fait du tort parce que c'est nous qui gérons le pays. J'ai dit au président du Mali qui est notre président en exercice, de faire attention et de rétablir rapidement la situation afin que les opérations courantes puissent être faites. Mais nous n'avons pas terminé la discussion à ce propos. Donc, je vais le rappeler après cette interview.

G. L. : Mais cela va poser des problèmes, vu que les fonctionnaires...

L. G. : C'est leur objectif, ils veulent qu'on ait des difficultés avec le peuple, que celui-ci se révolte contre nous. Or la Côte d'Ivoire a toujours payé les fonctionnaires. Durant les huit années de crise, pas une seule fois les fonctionnaires n'ont manqué de salaire. Nous arrivons toujours à remplir nos obligations vis-à-vis de nos employés. C'est pour cela qu'ils veulent nous embêter, mais nous allons trouver une solution.

G. L. : Mais, il y a aussi la question des ambassadeurs...

L. G. : Oui, c'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale. Moi, je pense qu'on devait rechercher la vérité pour savoir qui a gagné les élections. Je souhaite que les gens ne fassent pas du brigandage politique. Ce que je veux dire, c'est que c'est nous qui gérons le pays. Essayer de donner la signature à la Banque Centrale à un autre, cela n'a aucun sens, tout comme faire nommer des ambassadeurs par quelqu'un qui n'est pas élu et qui bénéficie du soutien de quelques Etats. Mais nous sommes en crise et ces faits en sont les manifestations. Nous allons régler cela.

G. L. : Cela ressemble à un coup d'Etat politique de la France suivie des Etats Unis. Quels sont vos sentiments ?

L. G. : J'ai déjà dit que c'était un coup d'Etat, un coup d'Etat électoral et on ne peut pas accepter cela. Nous avons des règles précises et vous Américains savez que la Constitution est sacrée. Chez vous la Constitution est très sacrée. Quand les élections sont organisées, la commission électorale indépendante proclame les résultats provisoires qui doivent refléter la volonté du peuple. Mais une fois que les résultats provisoires ont été donnés, le Conseil constitutionnel qui est l'instance supérieure en Côte d'Ivoire regarde les résultats et proclame les résultats définitifs. On n'a pas eu de résultats provisoires et le Conseil constitutionnel donne les résultats définitifs. Et au lieu de suivre ces résultats, la France, l'ambassadeur de la France et l'ambassadeur des Etats-Unis s'en vont chercher le président de la Commission électorale indépendante et l'amènent au Golf Hôtel où se trouve le quartier général de campagne de mon adversaire. Et là-bas, il donne un résultat à la presse étrangère et non pas à la presse nationale. Et donc tout cela est un coup d'Etat électoral et nous n'accepterons pas cela.

G. L. : Il a donc été conduit là-bas par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France ?

L. G. : Oui, par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France. Normalement, l'ONU devrait poser des questions à ces gouvernements. Mais comme l'ONU elle-même est impliquée dans ces complots par l'intermédiaire de ses représentants sur place, ce n'est pas elle qui va poser les questions à ces deux diplomates. Vous avez travaillé avec deux personnes, deux victimes qui ont reçu des balles du bataillon des Nations Unies qui est censé être une armée de paix.

G.L : Bien que le mandat soit expiré, ils ont prolongé cela de six semaines.

L. G. : Oh ! Non. Non, pas du tout. Nous sommes Africains mais vous qui êtes Américain et qui êtes dans un pays où les droits des individus sont reconnus, je souhaite que vous témoigniez. Nous tous, nous cotisons pour les Nations Unies et quand il y a un problème dans un pays et qu'on nous amène une force des Nations Unies, c'est pour nous aider à maintenir la paix. Or dans notre pays, il y a de cela quelques années, les forces des Nations Unies ont déjà tué cinq personnes dans une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire qu'on appelle Guiglo. Et ces deux jours-ci, vous-même avez vu les civils qui ont été blessés par les forces de l'ONU. Je ne peux pas être d'accord avec cela, je ne peux pas du tout être d'accord. Je souhaite que les forces des Nations Unies partent et que les forces françaises qui les soutiennent partent. Je pense que les Africains doivent eux-mêmes s'arranger pour régler leurs propres affaires. Voila mon point de vue.

G. L. : Ces jours-ci on a vu que les Etats-Unis ont été impliqué dans les fraudes en Afghanistan et même le responsable des Nations Unies a été renvoyé de son poste et peut-être que là-bas ils vont encore recompter les voix. Comment voyez-vous cette situation de deux poids deux mesures, en Afghanistan, ils acceptent qu'on fasse des investigations et qu'on recompte des voix alors qu'en Côte d'Ivoire, ils adoptent une autre attitude ?

L. G. : Mais, parce qu'ils n'ont pas les mêmes intérêts. En Afghanistan, les Etats-Unis recherchent les cerveaux d'Al-Qaïda et cela prime sur tout. Donc leur objectif, c'est que quelle que soit la manière dont leur gouvernement a été élu, ce n'est pas leur problème, ils travaillent avec lui pour rechercher les responsables d'Al-Qaïda. Mais ici, on n'a pas ce problème. Donc on traite nos problèmes avec nonchalance, avec légèreté et avec injustice. Parce qu'ils estiment que nous ne sommes pas une plaque stratégique, c'est pourquoi ils peuvent être injustes avec nous. Mais nous crieront tant que nous auront la force, pour dire qu'il faut qu'on respecte la voix de notre peuple, qu'on respecte la démocratie. Moi, j'ai passé plus de la moitié de ma vie à lutter pour la démocratie. Aujourd'hui, si des élections démocratiques peuvent se tenir ici, c'est à cause des combats que nous avons menés. Voir des gens soutenus par l'occident, venir et pratiquer la fraude, c'est malheureux. Comme c'est malheureux ! Alors, je leur demande de se ressaisir, la France, les Etats-Unis, tout ceux-là, qu'ils se ressaisissent parce que nous ne laisserons pas piétiner notre Constitution.

G. L. : Chez-vous, vous prêtez serment sur la Constitution...

L. G. : Bien sûr, et j'ai prêté serment en 2000 et en 2010 sur la Constitution et devant le Conseil constitutionnel.

G. L. : Est-ce que Hilary Clinton et le président Obama vous ont contacté pour savoir ce qui se passait, vous-ont-ils appelé ?

L. G. : J'ai reçu quelques lettres. Mais je ne voudrais pas tellement parler des contacts personnels.

G. L. : Mais à part les courriers, vous avez eu des contacts ?

L. G. : Oui, on a quelques contacts, ils ne sont pas toujours agréables mais on a des contacts.

G. L. : Mais est-ce que vous pourriez refaire ces élections parce que j'ai rencontré le Conseil constitutionnel, hier (vendredi 7 janvier 2011, NDLR) qui m'a dit que ce serait anticonstitutionnel d'envisager la reprise car vous avez prêté serment et il vous a déclaré vainqueur ?

L. G. : Vous savez, moi, je respecte la loi de mon pays. Depuis que je suis président, je n'ai jamais posé un acte illégal. Je crois que c'est comme cela qu'un citoyen doit se comporter. Et en plus, si ce citoyen se trouve être le chef de l'Etat, il doit s'efforcer de travailler selon la loi. La Constitution, c'est la Bible d'un pays. De la même manière qu'un chrétien respecte les prescriptions de la Bible, de la même manière un citoyen doit respecter les prescriptions constitutionnelles. Moi, je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Et évidemment là-bas, vous êtes un modèle dans ce sens ?

L. G. : Je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Vous avez parlé d'une commission internationale qui pourrait exposer la vérité. Pensez-vous que cette commission pourrait voir le jour ?

L. G. : Je n'en sais rien, parce que le problème ne se pose pas tellement à l'intérieur de la Côte d'Ivoire. Le problème peut se poser avec l'extérieur parce que les soutiens de mon adversaire sont surtout des soutiens extérieurs. C'est à ceux de l'extérieur que je demande, pour découvrir la vérité, de venir et de recompter les bulletins de vote et de revérifier les procès-verbaux des bureaux de vote. Comme cela, ils vont découvrir, eux-mêmes, que dans plus de deux mille deux-cent (2.200) bureaux de vote, le nombre des votants est supérieur au nombre des inscrits. Je crois qu'à partir de là, ils vont comprendre beaucoup de choses. Les rebelles armés ont donné environ cinq cents mille (500.000) voix de plus à mon adversaire.

G. L. : Et le Conseil constitutionnel a annulé ces voix ?

L. G. : Alors, bien entendu, ce sont ces voix-là que le Conseil constitutionnel a annulées parce que ce sont des voix sans fondement qui n'émanaient pas du peuple.

G. L. : Les Nations Unies disent que vous les empêchez d'enquêter, de rechercher des charniers qui existeraient. Il y a des rapports qui disent que certaines personnes qui vous soutiennent commettent des crimes, vont attaquer des gens. Quelle est votre analyse sur la situation ?

L. G. : Je pense que les Nations Unies qui ont ici leurs troupes devraient faire preuve de sagesse. Jusqu'à présent, on les appelait les Forces impartiales, donc on les respectait. Mais avec ces élections, elles se sont montrées des forces partiales, des forces partisanes engagées aux côtés de mon adversaire. Donc, on ne veut plus d'eux. Et il ne faut pas qu'ils essayent de détourner la question. La question est électorale. Nous disons que les forces des Nations Unies présentes en Côte d'Ivoire, ont pris fait et cause pour Monsieur Ouattara contre Monsieur Gbagbo. C'est pourquoi, on n'en veut pas. Et donc, malgré le fait que je donne des consignes de calme au peuple, de temps en temps quand ils veulent abuser, les gens leur barrent les chemins. Mais, ils devraient être sages ; quand dans un pays, on dit qu'on ne veut pas de vous, il faut rester sage, il faut rester tranquille jusqu'à ce que l'ordre de votre départ du pays vienne. Voilà ce que je voudrais dire.

G. L. : Certains disent que ces informations sur les charniers, les massacres sont manipulées, ne sont pas vraies et que c'est encore un moyen de vous discréditer...

L. G. : C'est un moyen pour me discréditer. C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Mais la violence a été introduite dans la politique ivoirienne depuis que Monsieur Ouattara fait la politique. En 1993, au moment où le président Houphouët est décédé, il a essayé de s'emparer du pouvoir de façon illégale et depuis, il y a des faits de violence. Quand nous disons que nous ne voulons pas des forces de l'ONU, c'est pour cela. Parce qu'elles soutiennent mon adversaire. Allez regarder comment il vit à l'Hôtel du Golf, où il est réfugié. Il est refugié avec ses hommes, ce n'est pas nous qui l'avons poussé à s'y refugier. C'est lui qui y est allé tout seul.

G. L. : Mais qui le garde ?

L. G. : Ce sont les forces de l'ONU. Ce sont elles qui surveillent Monsieur Ouattara. Alors, ils allèguent que s'ils ne sont pas là, on va attenter à la vie de Monsieur Ouattara. Mais Monsieur Ouattara et nous, nous vivons ensemble, ici, depuis toujours. Est-ce que nous avons déjà tenté de l'assassiner ? C'est moi-même qui ai fait qu'aujourd'hui Monsieur Ouattara est candidat. C'est moi qui ai pris des décisions pour contourner certaines décisions constitutionnelles qui, par le passé, l'en ont empêché, pour que Ouattara soit candidat. Il ne faut pas que les Nations Unies se mettent dans des jeux partisans, dans des jeux politiciens, il ne faut pas cela. Il faut qu'ils partent ou bien s'ils sont là qu'ils restent tranquilles.

G. L. : Les gens disent que vous empêchez Monsieur Ouattara de sortir de l'Hôtel du Golf

L. G. : Mais c'est pas nous qui l'y avons emmené, et sa maison est même à cent mètres de l'Hôtel du Golf. Donc même s'il va chez lui, on ne saura pas qu'il a quitté l'Hôtel. Il peut même aller à pied en longeant la lagune, s'il veut. Il habite si près de l'Hôtel du Golf, il peut y aller quand il veut. Alors, qu'il arrête de raconter n'importe quoi aux étrangers qui viennent ici. Nous avons pris des décisions de sécurisation parce que l'Hôtel du Golf est le lieu où sont logés les rebelles depuis 2003. Puis Ouattara y est allé avec ses partisans. Jusqu'au mercredi 15 décembre, on n'avait pris aucune disposition quand nous avons vu qu'ils étaient surarmés à l'intérieur de l'Hôtel du Golf, avec plus de 300 personnes armées.
Il faut que vous sachiez que l'Hôtel du Golf est à cinq minutes de la Résidence du chef de l'Etat, sur l'eau, en pirogue, cinq minutes pour atteindre l'ambassade de France, et sept minutes pour aller à l'ambassade d'Allemagne. Il faut que vous sachiez que la résidence de l'ambassadeur des USA est toute proche de l'Hôtel du Golf, l'ambassade de Russie aussi est toute proche et puis c'est un quartier habité. Il faut que vous sachiez que la résidence de Madame Félix Houphouët-Boigny, la veuve du premier Président de Côte d'Ivoire, est à peu près à deux minutes de l'Hôtel du Golf.
Quand nous avons su qu'il y avait plus de 300 rebelles armés à l'Hôtel du Golf, nous avons pris des dispositions sécuritaires pour les empêcher de nuire. Ce n'est rien d'autre. On ne peut pas faire un assaut pour les déloger parce que les gens ne vont pas comprendre. Donc, on les empêche de nuire et on filtre les entrées pour que d'autres armes n'aillent pas grossir le lot des armes qui y sont déjà.

G. L. : Ouattara dit que s'il quitte le Golf Hôtel, il sera assassiné. Vous aussi vous avez des raisons de penser la même chose ?

L. G. : Ils sont là, ils sont 300 soldats à l'Hôtel du Golf. Alassane, il est ici, il est avec nous depuis longtemps, est-ce qu'une seule fois on a tenté de l'assassiner ? Je vous dis une chose : à travers votre télévision, je demande à tous ceux qui sont à l'Hôtel du Golf de renter chez eux, il faut qu'ils aillent à la maison pour que la Côte d'Ivoire retrouve une vie normale. Mais ils aiment être à l'Hôtel du Golf pour jouer à la victime, pour faire comme si nous les avons confinés à l'Hôtel du Golf, or, ce sont eux qui y sont allés, librement. Nous savons que Ouattara va chez lui à la maison tous les soirs. Il habite à un pas de chez lui. Il faut qu'ils rentrent chez eux pour que l'Hôtel du Golf redevienne un hôtel normal.

G. L. : Pourquoi est-ce que la France et les USA soutiennent-ils Monsieur Alassane Ouattara ?

L. G. : Je sais qu'il y a longtemps qu'ils souhaitent que Monsieur Ouattara soit président. Je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'ils veulent que Ouattara soit président. Je ne sais pas quel deal il y a entre Ouattara et eux, je ne suis pas dans leur secret mais je sais qu'il y a longtemps, ils sont avec Ouattara.
Mais le pouvoir, c'est Dieu qui le donne. Dieu passe par le peuple pour donner le pouvoir. Ce n'est pas ma faute, c'est le peuple qui m'a choisi. S'il veut être président qu'il attende un autre moment. Il y a des gens en Occident qui veulent mettre Ouattara au pouvoir mais le peuple n'est pas d'accord et cela, ce n'est pas la démocratie. Rester à Paris et décider qu'un tel doit être président, ce n'est pas de la démocratie.

G. L. : Votre ministre de la jeunesse, Monsieur Charles Blé Goudé, que nous avons interviewé, a dit que la France et les USA cherchent le pétrole, le cacao et cherchent un président qu'ils vont mettre à la tête de ce pays pour le manipuler et pour la société Total qui a une grande part dans la gestion du pétrole en Côte d'Ivoire.

L. G. : Chacun fait ses analyses. Le Gouvernement français actuel et certains Américains veulent que Ouattara soit président. Et c'est un fait visible. Je respecte l'avis de Blé Goudé mais je n'ai pas assez d'éléments pour avancer sur ce point de vue. Mais il faut qu'ils comprennent qu'il y a Dieu et le peuple qui choisissent un chef d'Etat.

G. L. : Je sais que cette situation est vraiment difficile pour vous mais vous donnez l'impression d'être calme. Vous êtes préoccupé, certes, mais vous n'avez pas peur. D'où est-ce que vous sortez cette force pour rester comme vous êtes ?

L. G. : (Rires) Vous savez, il y a longtemps que je fais de la politique donc j'ai traversé des moments difficiles. Ce n'est pas la première difficulté que je rencontre, j'espère que celle-ci sera la dernière. Je suis serein parce que je suis dans la vérité. Je souhaite que tous ceux qui veulent être dans la vérité viennent pour qu'on recompte les bulletins de vote et qu'on réexamine les procès-verbaux de tous les bureaux de vote. Quand je propose cela, c'est pour la vérité, je suis dans la vérité, c'est pourquoi je suis serein. Le Dieu que je prie, n'est pas un Dieu d'injustice. Je le prie toujours, je lui demande de me donner la force pour que je dirige le peuple qu'il m'a confié, et tout le reste c'est pour lui.

G. L. : Il y a beaucoup de chrétiens qui prient pour vous, Monsieur le Président, et pour votre pays. Moi aussi, je prie pour la Côte d'Ivoire. Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps car nous savons que vous êtes très occupé, merci et bon courage !

L. G. : Je remercie tous les chrétiens qui prient pour nous, je leur demande de continuer de prier parce que notre assurance est dans le seigneur. Nous demandons à tous ceux qui contestent ces élections de venir pour que nous recomptions les voix. Je remercie tout le monde.



Interview réalisée par Gary Lane, Grand Reporter International de CBN News

(Abidjan, le vendredi 7 janvier 2011)

mercredi, 12 janvier 2011

INGERENCE DANS LE DOSSIER IVOIRIEN - BARACK OBAMA: LA FIN D'UN REVE POUR LES IVOIRIENS


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In Le Nouveau Courrier N°175 du 10 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula


Le président américain, sur le dossier ivoirien, semble très loin de ses discours qui ont fait naître de l'espoir chez les Africains. Et il ne serait pas hasardeux de déclarer que Martin Luther King avait un rêve, Barak Obama vendait du rêve.


Lors de son passage à Accra, en juillet 2009, Barack Obama, dans un discours pathétique a suscité beaucoup d'espoir chez les Africains, notamment les Ivoiriens dont le pays était dans un processus électoral qu'ils voulaient transparent, afin de se doter, après plusieurs années d'atermoiements, d'institutions crédibles. Le président des Etats-Unis avait déclaré, devant le parlement ghanéen que l'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. Selon lui, la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, a révélé Obama, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux Institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s'assurent que les voix de l'opposition peuvent s'exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l'égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l'expertise comptable, l'automatisation des services, le renforcement des lignes d'appel d'urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

La crise post-électorale que traverse la Côte d'Ivoire était un test pour le président américain. Mais Barack Obama a du mal à tenir ses promesses, donnant raison à ses détracteurs au pays de l'oncle Sam. L'ex-sénateur de l'Illinois apparaissait comme celui qui pouvait changer les relations de son pays avec le monde arabe et ramener la paix au Moyen Orient. Il devait fermer Guantanamo, mais ne l'a pas fait, au grand dam des gauchistes «libéraux» américains. Il devait sortir les Etats-Unis des guêpiers irakien et afghan, il a été amené à renforcer le contingent US en Afghanistan. Il devait faciliter les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, il n'a rien pu faire. Il n'a pas su tenir tête à d'Ahmadinejad. Les déceptions ont été évidemment plus fortes du côté de ceux qui croyaient en lui, comme les électeurs démocrates de son camp de Chicago. Constat : le camp des démocrates est en déroute, offrant une opportunité aux Républicains de s'organiser pour qu'Obama n'ait pas un second mandat en 2012.

En Afrique où des pays comme la Côte d'Ivoire, 50 ans après, sont à la recherche de leurs repères pour amorcer leur souveraineté politique et leur développement économique, l'on comprend mal la prise de position de Barack Obama, après son discours d'Accra. Ses réactions qui ne se départissent pas de celles du président français jettent de l'huile sur le feu. Obama a-t-il été induit en erreur par ses services comme c'est courant aux Etats-Unis ou par son homologue français, qui s'accommode des réseaux françafricains, au point de n'adopter aucune réserve ? Agit-il en toute conscience ? Dans les deux cas, ses sorties sur la gestion de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire sont incomprises par les démocrates du monde qui sont imprégnés de la question ivoirienne. Barack Obama altère ainsi ce rêve ivoirien qui est de voir un Noir d'origine africaine, étant à la tête d'une grande démocratie, permettre aux Africains de décider librement de leur avenir.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

48H APRES LE DEPART D'OBASANJO: LE GRAND DILEMME DE OUATTARA


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In Le Nouveau Courrier N°176 du 12 Janvier 2011 par Emmanuel Akani


Alassane Ouattara qui accepte de collaborer avec Laurent Gbagbo. Du nouveau, même si la décision est assortie de conditions. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur le séjour de l'ancien président nigérian sur les bords de la lagune Ebrié.


48 h après le départ de l'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui a séjourné à Abidjan les 9 et 10 janvier, Alassane Ouattara se retrouve dans une situation embarrassante. Jusqu'au week-end dernier, l'homme était partagé entre deux sentiments : continuer de prôner l'intervention des forces militaires de l'Ecomog contre la Côte d'Ivoire pour l'imposer aux Ivoiriens ou écouter les médiateurs mandatés par l'Union africaine (Ua) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui l'invitent à la table de négociation. Depuis hier lundi, après le départ de l'ancien chef d'État nigérian qui effectuait une visite privée à Abidjan, avec la caution de Goodluck Jonathan et ses pairs de la Cedeao, le président du Rdr semble avoir décidé de saisir la main tendue de Laurent Gbagbo, pour une sortie de crise apaisée. C'est pourquoi il a annoncé, juste quelques heures après qu'Obasanjo s'est envolé pour Abuja, son désir de travailler avec le président Gbagbo dans le cadre de la mise en place d'un gouvernement d'union. A condition, selon lui, que le président de la République reconnaisse «sa victoire». Une réserve pour se donner de la contenance face à ses partisans et donner l'impression qu'il maîtrise la situation.

D'ailleurs, tout en donnant son accord aux médiateurs pour des négociations entre Gbagbo et lui, Alassane Ouattara brandit toujours l'épouvantail de l'attaque armée pour renverser Laurent Gbagbo. Quand lui-même parle de commando armé pour enlever le président de la République, ses lieutenants appellent la communauté internationale, France et États Unis en tête, à lâcher des bombes sur la Côte d'Ivoire. L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'ONU, Youssoufou Bamba ( ?), a ainsi déclaré hier, à New York, que «nous sommes dans la dynamique de l'usage de la force qui constitue un ultime recours quand les autres mesures ont été inopérantes».

Une cacophonie qui, ajoutée aux menaces que le camp Ouattara fait peser tant sur les fonctionnaires et agents de l'État que sur les opérateurs économiques, permet de comprendre que la cause est entendue pour le protégé de Nicolas Sarkozy. Et cela, Ouattara le sait!

Les dessous de la visite d'Obasanjo

Les tentatives de récupération de la visite d'Olusegun Obasanjo par l'Élysée ont fait long feu. Et les médias et agences de presse français qui parlaient d'une ultime chance donnée à Gbagbo pour quitter le pouvoir ont très vite déchanté. Selon une diplomate nigériane au cœur des échanges entre Obasanjo et les deux protagonistes de la crise, il n'a nullement été question d'ultimatum. La mission de bons offices de l'ancien chef d'État visait surtout à tenter de rapprocher les deux positions et faire entendre raison particulièrement au locataire du Golf hôtel. «Obasanjo est venu demander à Ouattara, à la demande des chefs d'Etat de la Cedeao, d'accepter de collaborer avec Laurent Gbagbo. Il l'a rassuré qu'un poste sera taillé sur mesure pour lui et lui a surtout expliqué que la Cedeao n'est pas en mesure d'envoyer une force de l'Ecomog en Côte d'Ivoire ; pour plusieurs raisons. D'une part, parce que la sous région a plus intérêt à écouter les deux parties et régler le problème de façon pacifique. Par la négociation et non par la force militaire qui pourrait créer des violences susceptibles de s'étendre dans les pays limitrophes et au-delà. D'autre part, le Nigeria, grand pourvoyeur de soldats, ne peut s'engager dans une telle opération, vu la situation actuelle du pays. Les élections prévues en avril approchent à grands pas et sont déterminantes. C'est pourquoi le président Obasanjo a multiplié les têtes-à-têtes avec le premier ministre Alassane Ouattara qu'il a rencontré à trois reprises au cours de son séjour. Je peux vous dire qu'il est reparti sur une bonne note», a rassuré la diplomate nigériane. Le président Obasanjo, qui a une parfaite connaissance du dossier ivoirien, «est venu en ami en Côte d'Ivoire, pour qu'on recherche ensemble la solution», soulignait lundi le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé. Il aura réussi un beau coup, sans bruit, si Alassane Ouattara décidait de respecter la parole donnée. Pourvu que ses maîtres, Sarkozy et Obama, lui laissent la latitude de savoir ce qui est bon pour lui.



Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 11 janvier 2011

A QUOI SERVENT LES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX LORS DES SCRUTINS EN AFRIQUE ?



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Depuis l'avènement du multipartisme en Afrique, les élections présidentielles mettent désormais aux prises plusieurs candidats issus généralement de partis politiques différents.

Avant chaque scrutin, des observateurs internationaux sont envoyés par des organisations internationales. Il s'agit principalement des personnalités très expérimentées, réputées être crédibles et impartiales qui viennent en mission dans les pays organisant des élections.

Leur mission : assurer la fiabilité des processus de vote

La mission de ces observateurs internationaux consiste à garantir, ne serait-ce que par leur présence, la fiabilité et la transparence des opérations de vote. Ils font désormais partie du rituel de toutes les élections africaines.

La plupart de ces observateurs internationaux sont des ex-chefs d'Etat, des anciens ministres, des juristes, des parlementaires, des responsables d'ONG ou des intellectuels célèbres.

Leur présence vise, dit-on, à contribuer à ce que les élections soient propres, « free and fair », (libres et équitables), transparentes, et partant fiables. En d'autres termes, les observateurs internationaux sont là et censées contribuer à enrayer les velléités et pratiques de manipulations illégales et de manœuvres frauduleuses par les candidats qui seraient tentés d'accéder ou de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille. Ainsi donc, l'observation internationale est supposée jouer un rôle important dans la protection de « l'intégrité électorale » et l'exercice du droit citoyen.

Afin d'assurer la légitimité et la crédibilité de leur tâche, les observateurs internationaux sont censés accomplir un travail de fourmi qui dure souvent plusieurs semaines, et qui consiste notamment à tout ausculter depuis l'établissement des listes électorales jusqu'à la proclamation des résultats. Ils sont aussi tenus de se soumettre à des normes de conduite internationalement reconnues. Dans ce sens, plusieurs organisations spécialisées dans l'observation internationale ont élaboré des codes de conduite visant à guider le comportement des observateurs durant leur mission.

Une présence incontournable, mais...

La force de ces observateurs internationaux réside en ceci que, une fois le scrutin terminé et leur mission accomplie, leur rapport a un poids évident, surtout dans la logique des relations internationales et leur avis est pris strictement en compte, du moins très au sérieux, notamment en matière de coopération. Cet état de fait est confirmé et souligné par M. Chris Fomunyoh, Directeur de National Democratic Institute for International Affairs (NDI) de Washington pour l'Afrique qui a la charge de superviser les processus de démocratisation dans le monde entier. Selon M. Chris Fomunyoh, « le gouvernement américain veut travailler avec tel ou tel Etat. Ainsi, les rapports des observateurs lui servent largement à fonder son jugement en ce qui concerne le degré de démocratisation ».

C'est sans doute cela qui rend la présence des observateurs quasi incontournable lors des scrutins en Afrique, certes.

Mais, là où le bât blesse, c'est qu'on observe que le nombre des observateurs internationaux est souvent restreint à quelques dizaines de personnes, même lorsque le pays observé est très peuple ou très vaste comme le Nigeria ou la RD Congo. Dans cet état de fait, les observateurs internationaux, même malgré de bonnes intentions et des expertises avérées, n'ont ni le temps, ni les moyens de visiter tous les bureaux de vote, ne peuvent assister à tous les dépouillements et décomptes, sortent très rarement de la capitale où ils sont reçus dans des conditions exceptionnelles durant leur séjour : hôtels et voitures de luxe, garde de corps, etc.

D'où, les rapports et avis des observateurs internationaux ne peuvent être que partiels ou partiaux, alors que l'observation doit être objective, efficace, vigilante et non partisane. Par ailleurs, on s'aperçoit très vite que leurs rapports sont souvent non équilibrés ou non concordants, et cachent mal leurs préférences pour un parti ou un candidat quelconque, en lieu et place de l'objectivité requise pour produire des rapports impartiaux. Cela enlève toute crédibilité à leur mission et n'aide pas à garantir l'intégrité ou la fiabilité du processus électoral.

On observe souvent que les observateurs internationaux sont souvent otages des politiques qui, par la force des choses, organisent et contrôlent le processus électoral et sont leurs premiers interlocuteurs, dans le sens du respect des règles d'accréditation pendant leur mission d'observation. Rien d'étonnant à ce qu'ils soient si souvent accusés de partialité ou de complicité en faveur de tel ou tel candidat qu'ils reconnaissent "légitimement élus", après bourrage des urnes et tripatouillage des listes, c'est-à-dire en dépit, des votes contestés. Des irrégularités et des manipulations frauduleuses qui n'échappent pourtant à personne, y compris les observateurs eux-mêmes. Par exemple, en 2007, la Commission européenne a déployé de gros moyens pour les législatives et la présidentielle au Nigeria : cent cinquante observateurs. Dans leurs rapports ceux-ci ont relevé des "preuves évidentes de fraude : assassinats, électeurs empêchés de voter, urnes ostensiblement bourrées. Leur chef, Max Van den Berg, n'a pas mâché ses mots : « ces élections ne peuvent être considérées comme crédibles" et sont "loin des critères démocratiques internationaux de base", a-t-il dit deux jours après le vote. Un mois plus tard, Umaru Yar'Adua, le vainqueur de la parodie électorale, était investi en grande pompe à Abuja.

On observe souvent qu'une lacune constatée parmi tant d'autres concerne la défaillance dans le contrôle au niveau des listes électorales. En effet, les observateurs internationaux se trouvent généralement dans l'impossibilité quasi-totale de vérifier si un électeur n'a pas déjà voté dans une autre circonscription, de faire respecter strictement les principes du vote secret, ainsi que d'imposer la présence dans tous les bureaux de vote des délégués ou des représentants de la société civile, etc.

Légitimer des mascarades et des crimes de sang ?

On dit que le mandat des observateurs internationaux n'est pas de superviser, ni de corriger les erreurs, ni de résoudre les conflits locaux, ni de s'ingérer dans le processus électoral, mais d'observer et à la limite de dénoncer des irrégularités, sinon de « saluer le calme qui a entouré le processus ». En effet, souveraineté nationale et non-ingérence obligeant, les observateurs internationaux se contentent naturellement d'observer. A ce propos, M. Patrice

Lenormand, chef du département de l'observation électorale à la Commission européenne déclare : « Nous n'avons qu'un rôle dedénonciation... Notre code de conduite précise que « les observateurs ne doivent entraver aucun élément du processus électoral. [...] Ils doivent porter les irrégularités, les fraudes ou tout autre problème important à l'attention des fonctionnaires électoraux sur place ». C'est ainsi que, en mai 2005, en Éthiopie, les élections ont été chaotiques. La contestation des résultats par l'opposition a été réprimée dans le sang. Près de 30 personnes sont mortes, 100 ont été blessées.

Des faits dénoncés par la mission d'observation européenne, mais les résultats ont été validés, comme l'atteste l'un des observateurs : « Nousétions 200 observateurs. Nous avons eu les résultats durant la nuit, mais ceux annoncés le lendemain par le gouvernement n'étaient pas dutout les mêmes. Il y a eu vingt jours de répression contre l'opposition. Et, alors que nous n'avions pas encore rendu nos conclusions, Javier Solana [haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, NDLR] félicitait Mélès Zenawi [le Premier ministre éthiopien]. Trois semaines plus tard, il était invité à Londres et à Bruxelles ». A noter aussi que, aux dernières élections à Madagascar, suite à une étude faite auprès d'une cinquantaine de bureaux de vote sur les 18.173 existant dans tout Madagascar, ces observateurs étrangers se disent satisfaits de leur mission d'observation, malgré de graves lacunes observées.

Utiles ou inutiles?

Cet état de fait a amené un observateur critique à dire, non sans humour noir, que « le travail des observateurs internationaux, c'est d'arriver le samedi soir, de faire la fête et de repartir le dimanche". On a aussi entendu dire que « dans l'attitude des observateurs, il y a un côté tourisme électoral ». Un autre observateur tirant subsistance de ses juteuses missions d'observateur international, a déclaré en sourdine : « les observateurs sont payés cher pour ce qu'ils font et surtout pour ce qu'ils ne font pas ».

Ce dernier faisait sans doute allusion au coût des observations, dont on ne sait jamais exactement qui paye. Parlant de coût, faut-il rappeler que, par exemple, au Togo, en février 2010, 110 observateurs (dont 30 de long terme) ont été envoyés par Bruxelles. Ils percevaient, par tète de pipe et par jour, un per diem de 195 euros, soit 128.000F CFA par jour, (hormis les dépenses d'hôtel et de restauration) ce qui équivaut à peu près à 24 euros par heure, soit 16.000F CFA ; les transports sont par ailleurs pris en charge).

Toujours au chapitre des coûts, il faut savoir que, depuis 2000, la Commission européenne a dépensé au moins 300 millions d'euros en missions d'assistance électorale, dans 40 pays.

Beaucoup d'argent, beaucoup de temps et beaucoup d'énergie, pour venir « observer » et être témoins de morts d'hommes, sans assistance à des personnes en dangers et pour finalement accréditer des mascarades consacrant la mort de la démocratie dans certains pays. Dans ces cas, l'observation prend le sens d'une quête de preuves récentes et d'images nouvelles de barbaries exotiques pour mettre à jour les préjugés et les thèses racistes.

On peut conclure que la plupart des rapports des élections, dans bien de pays observés, ne sont pas crédibles, malgré la présence des observateurs internationaux. Sur ce, je suis tenté de dire que les élections pourraient avoir lieu en leur absence, ou si l'on préfère, sans leur présence.

C'est que je pense.



Léandre Sahiri,

Directeur de Publication de « Le Filament »

In Le Filament N° 11 du 15 décembre 2010


Source : LE FILAMENT.INFO

dimanche, 09 janvier 2011

THEOPHILE KOUAMOUO: POURQUOI JE N'ACHETERAI PLUS JAMAIS "LIBERATION"


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Il y a des moments où le pacte de confraternité entre journalistes doit être égratigné pour des raisons élémentaires de salubrité intellectuelle. Ce petit billet vise en tout cas à dénoncer les pratiques étranges du quotidien français « de gauche » contrôlé par la famille Rothschild. J'ai nommé Libération. Ce 7 janvier, je vais à un kiosque parisien pour me procurer ce journal - que je n'achète plus depuis longtemps, préférant de loin le professionnalisme du Figaro ou du Monde à sa morgue germanopratine. Mais sa « Une » sexy sur « les réseaux français de Gbagbo » a attiré ma curiosité.

A la lecture du « dossier » de trois pages, qui n'est qu'une recension éditorialisante d'informations déjà données par des confrères - y compris le site Rue89 qui est, lui, gratuit -, un vaste sentiment de dégoût s'est emparé de moi. On le devine aisément, la « liste » dressée par « Libé », qui s'est débrouillé pour publier le maximum de photos des « amis de Gbagbo » qui représentent « le pire des relations entre les deux capitales », est d'intimider assez ceux qui, en France, n'approuvent pas la politique ivoirienne de Nicolas Sarkozy. L'enjeu est d'empêcher tout vrai débat national sur la question, en séparant les « bons » ouattaristes des « méchants » gbagbophiles. Nulle part, dans le dossier, on ne donne la parole aux pestiférés. Nulle part, on ne met en lumière leur discours, leurs arguments. On les diabolise, histoire d'arriver à un unanimisme national dangereux pour la démocratie.

Le procédé rappelle ces journaux camerounais controversés qui ont diffusé, il y a un temps, des listes d'homosexuels supposés, pour les livrer à la vindicte populaire. Il est méprisable. Non pas parce que Libé choisit son camp - c'est son choix, et je suis un militant du journalisme d'opinion - mais parce que le quotidien créé par Jean-Paul Sartre, qui surjoue, sur des enjeux mineurs, son ancrage à gauche, trompe ses lecteurs. Depuis le 19 septembre 2002, plus que Le Figaro, plus que tout autre journal, il est à la manœuvre pour Ouattara, le champion de la droite française. Il n'hésite pas à mentir, travestir les faits, à s'autocensurer... pour complaire à un prétendu adversaire idéologique. Je parle ici de Chirac puis de Sarkozy...

Libération est le seul quotidien français qui a écrit, après le début de la rébellion menée pour le compte de Ouattara, qu'il n'y avait rien en Côte d'Ivoire. Ni putsch ni mutinerie. Mais un auto coup d'Etat mené par Gbagbo. Contredit par les faits, le journal n'a jamais fait amende honorable. Sans le moindre début de preuve, Libé a écrit que l'entreprise Tommy, qui a déversé des déchets toxiques au port d'Abidjan, était la propriété de Simone Gbagbo. Or elle appartient à un Nigérian qui croupit à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Libé, dont les envoyés spéciaux étaient à Abidjan en novembre 2004, a respecté l'omerta profitant à Jacques Chirac selon laquelle il fallait faire le black-out sur les 64 civils ivoiriens tués par l'armée française ; omerta que Canal + et Le Canard Enchaîné ont courageusement violé. Contrairement au Monde et au Figaro, Libé n'a jamais enquêté sur les incohérences de la version française quant au bombardement de la base française de Bouaké le 6 novembre 2004.

Les ventes de Libé chutent-elles inexorablement ? Je m'en réjouis. Ce quotidien, que nous considérions (jeunes et naïfs étions-nous) comme une « bible » lorsque nous étions à l'école de journalisme, ne mérite pas d'exister. Lâche sur le fond, verbeux sur la forme, germanopratin et donneur de leçons, réduisant le fait d'être de gauche à une sorte de « culture » élitaire et dépressive, il représente le pire de ce qui se fait en matière de presse en France. Je n'achèterai plus jamais Libération.



Théophile Kouamouo


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

vendredi, 07 janvier 2011

COTE D'IVOIRE - UN FRANÇAIS DANS LA LIGNE DE MIRE DE L'UE

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Par Antoine Kowalski et Christine Ollivier 05/01/11

Un couple français est soupçonné d'avoir violé l'embargo imposé à la Côte d'Ivoire et se retrouve sur la liste des « proscrits » de l'UE. Leur avocat, Maître Collard, entend saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Frédéric Lafont et son avocat se sont confiés à France Soir.


L'Union européenne (UE) a approuvé vendredi 31 décembre des sanctions contre 59 proches du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Les 59 personnes qui figurent sur cette liste sont désormais interdites de visas pour l'UE. Parmi elles, deux ressortissants français, Frédéric Lafont et son épouse, Louise Kado-Lafont, tous deux entrepreneurs. Selon Bruxelles ils sont « susceptibles d'agir en violation de l'embargo » imposé à la Côte d'Ivoire.
Le couple Lafont, sanctionné par l'UE est actuellement dans le sud de la France. Il se retrouve dans une situation kafkaïenne.

Interdits de visas comme 57 dignitaires pro-Gbagbo, les deux Français ont un passeport... français et personne ne peut les empêcher dès lors de circuler. C'est ce que confirme l'ambassadeur de France à Abidjan, visiblement gêné : «  Ils ont un passeport français, ils peuvent circuler ». Impossible de savoir pourquoi ces deux ressortissants sont visés par des sanctions de l'UE. « La liste parue n'est pas officielle, elle n'est pas encore parue au Journal Officiel de l'UE, elle n'a pas encore de valeur légale... Attendons qu'elle le soit », se défend-il. Or, cette liste est parue le 31 décembre.

Une ambassade française gênée

Pourquoi ces deux Français sont-ils sur cette liste ? « Demandez à Bruxelles et interrogez le Conseil Européen », répond l'ambassadeur Simon qui soutient que la décision n'a pas été prise à l'ambassade de France à Abidjan. Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro, contacté mardi soir détaillait le processus différemment : « La décision se prend à deux niveaux. Les ambassades européennes à Abidjan sélectionnent ensemble les noms puis Bruxelles prend le relais ».  Que signifie « susceptible d'agir en violation de l'embargo » ? Nouveau silence de l'ambassadeur. De quoi sont-ils soupçonnés ?  « On ne soupçonne rien du tout ! Attendons la publication », se reprend-il.

Frédéric Lafont est revenu en France pour se défendre. Il a pour avocat Maître Collard. Selon le principal intéressé, on lui reproche d'avoir fait du transport d'armes à l'occasion de deux vols de sa compagnie aérienne Sophia. « Ce n'est pas vrai, je faisais du transport de fonds pour la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCAO). L'argent transporté lors de deux vols dans des caisses en bois ne contenait pas d'armes », maintient-il en assurant pouvoir en apporter la preuve. L'ancien légionnaire raconte qu'on l'accuse également d'avoir transporté des mercenaires depuis l'Angola : « Jamais aucun de mes avions ne s'est posé là-bas ! C'est de la diffamation pure et simple, certaines personnes veulent se venger ! » s'emporte-t-il.

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman »

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman, je suis dans la sécurité, le transport, la restauration. J'ai beaucoup d'activités. Chez moi il y a des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara. Je travaille pour tout le monde », souligne le sous-officier à la retraite. Et pour certifier sa capacité à travailler avec tous, il ajoute : « c'est fort quand même, l'UE me sanctionne alors que le 28 novembre lors du deuxième tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le responsable de la sécurité des observateurs de l'UE dans le Nord m'a téléphoné en urgence pour que je vienne rechercher 17 observateurs qui se faisaient molester ! Ils m'ont remercié en me disant qu'ils avaient craint de se faire couper en deux ! Mais ça on en parle pas ! D'ailleurs, j'attends toujours que Bruxelles me paye la troisième facture... », se défend l'homme d'affaire français.

Maître Collard, s'indigne de cette situation. L'avocat de l'entrepreneur français et de son épouse va déposer un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) et sommer la Commission Européenne, qui a pris les sanctions, d'expliciter les motifs de sa décision. « On se retrouve devant deux citoyens français qui normalement ne pourraient plus rentrer en France. L'UE se permet d'établir une liste de proscrits en violation de toutes les règles et en particulier celle de la présomption d'innocence ! ». L'avocat exige des explications : « Comment cette liste a-t-elle été établie ? Sur la base de quoi ? ». Selon le conseil, « c'est une interdiction qui n'est pas fondée ». Et l'avocat de s'interroger sur « le jeu de l'UE dans cette affaire » : « Je ne suis pas l'avocat de Gbagbo, ce n'est pas la question, mais on voit que l'UE est prête à faire n'importe quoi pour déstabiliser Gbagbo ». En tout cas pour Gilbert Collard les autorités françaises « se cachent derrière l'UE ».

Son client, Frédéric Lafont est un type « flamboyant » et présente pour le moins un parcours atypique selon une de ses connaissances. Issu d'une famille protestante et aisée de Marseille, le jeune homme à la bougeotte. Plusieurs fois « viré » de différents lycées, il s'engage dans la Légion étrangère juste après l'obtention de son baccalauréat. Il y passe 15 ans, entre la République centrafricaine, Djibouti et la Guyane. En 2000, il a alors 32 ans, Frédéric Lafont, sous-officier, débarque avec ses hommes en Côte d'Ivoire. Alors que le pays vient de connaître un coup d'Etat, le Français tombe amoureux de la région et décide d'y passer sa retraite après son temps de service. Un an plus tard, en 2001, il se reconvertit et devient entrepreneur dans le domaine de la sécurité. Sa société commence par importer des matériels tels que du gaz lacrymogène, des armes de défense, des gilets pare-balles, des radios, des matériels d'écoute.

Son domaine : la sécurité

Avec un pays en pleine crise, les business marche fort à tel point qu'il lance une autre société, « Risk », assurant la protection d'institutions comme de personnes avec des méthodes « modernes ». Il ne s'arrête pas là et se lance dans le domaine de la nuit, de la restauration, du sport allant jusqu'à relancer la boxe locale et créer une équipe cycliste. Ses activités florissantes dans le Golfe de Guinée en font un des personnages incontournables de l'économie ivoirienne.

L'ex-képi blanc emploie près de 4.000 personnes en Côte d'Ivoire mais aussi au Togo au Maroc, en Algérie et en Tunisie et détient en outre une compagnie aérienne, baptisée Sophia. Frédéric s'est marié à Louise Kado, une Franco-Ivoirienne influente, qui dirigeait une des branches africaines de la Mediterranean Shipping Company SA, tout en présidant l'association des armateurs de Côte d'Ivoire. Frédéric et Louise ont ensemble par la suite racheté l'entreprise « Vision », spécialisée dans le gardiennage et dans la sécurité des navires. « Vision » est en charge de la sécurité, si sensible, des deux poumons économiques du pays, le port d'Abidjan et celui de San Pedro par où transitent les 1,335 millions de tonnes de cacao du premier producteur mondial.

Une connaissance du couple ne veut pas croire au scénario du trafic d'armes impliquant Frédéric Lafont : « C'est un homme d'affaire. C'est certain. Je ne dis pas qu'il n'a jamais franchi la ligne jaune mais ce n'est pas un tordu. Il a gagné tellement d'argent et il est si peu discret, avec ses voitures de courses et sa réussite affichée qu'il a pu se créer des jalousies ». Des jalousies ? Cet ancien militaire de carrière aurait pu aussi s'en créer selon lui parmi les gradés français en place à Abidjan.


Source : FRANCE SOIR

TIERNO MONENEMBO, ECRIVAIN GUINEEN : «L'ONU N'A PAS A DECIDER QUI EST ELU ET QUI NE L'EST PAS A LA TETE D'UN PAYS»



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« Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % », a expliqué le célèbre écrivain guinéen, Tierno Monénembo qui  se dit fermement déçu du comportement de la communauté internationale dans la gestion de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Dans une déclaration publiée hier mardi, l'écrivain guinéen a regretté que les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d'Ivoire. « Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l'empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d'abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n'est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu'elle est censée éteindre », a-t-il déclaré.


Pour Tierno Monénembo, ce «machin» (allusion faite à l'ONU) derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l'Union Européenne, ne pèse pas plus que le poids d'un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s'avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. « Disons-le clairement : l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays. Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d'Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d'Oubangui-Chari », se désole-t-il.


Le rôle de la communauté internationale, selon l'écrivain, ne revient pas à prendre des positions partisanes et à se répandre en déclarations intempestives encore moins dans une situation aussi explosive que celle de la Côte d'Ivoire. « Pourquoi le défi et la menace du canon là où la discrétion, la ruse, la prudence et le tact bref, l'art de la diplomatie, auraient suffi ? (...) Eh bien, s'ils sont devenus aussi vertueux qu'ils le prétendent, pourquoi ne vont-ils pas fouiller dans les cuisines électorales du Burkina, de la Tunisie ou de l'Egypte ? Sont-ils sûrs que les dynasties présidentielles du Gabon et du Togo sont sorties de la vérité des urnes ? Se seraient-ils comportés ainsi s'il s'était agi de l'Iran, de la Birmanie ou de la Chine ? »,  s'interroge-t-il.
Tierno Monénembo avertit que si la  Côte d'Ivoire sombre, elle risque d'entraîner ses voisins parce qu'elle demeure la pierre angulaire de la sous-région.

Il estime également que ce « raffut » fait autour d'Alassane Ouattara est tel qu'il en devient suspect. « Que veut sauver la communauté internationale, à la fin : la Côte d'Ivoire ou un de ses protégés ? », s'interroge-t-il encore. Et d'ironiser le cas Ouattara: « Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % ».



Zarro Bi T.


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

LES REVELATIONS TROUBLANTES SUR LA «PROCLAMATION DES RESULTATS»



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1/ Pour arrêter la liste des candidats à l'élection présidentielle, c'est au Conseil Constitutionnel que la Commission Électorale Indépendante (CEI) a transmis les dossiers des candidats. Sur 20 candidats, le Conseil Constitutionnel en a éliminé 6 et retenu 14. Là personne n'a dit que le Conseil Constitutionnel était aux bottes de Gbagbo et qu'il n'était pas qualifié pour juger de la recevabilité et de la validité des candidatures. Tout le monde a accepté cette décision sans rien dire, même ceux qui ont été recalés.


2/ Quand la CEI a donné les résultats provisoires du 1er tour, il a fallu attendre les résultats définitifs du Conseil Constitutionnel avant d'ouvrir la campagne pour le 2ème tour. Le Conseil Constitutionnel a même jugé irrecevable la requête de M. Bédié parce qu'elle a été transmise hors délai. Là non plus personne n'a rien eu à redire contre la décision du Conseil Constitutionnel. Avec les mêmes conseillers et le même Président, personne n'a dit que ce Conseil était aux bottes de Laurent Gbagbo.

3/ Selon la loi électorale ivoirienne, la Commission Électorale Indépendante (CEI) avait 3 jours pour donner les résultats provisoires. Ensuite, compte tenu du déséquilibre notoire dans la représentativité des organisations politiques ou des institutions de la République (Présidium de la CEI : 4 opposants contre 1 pro-Gbagbo ; Commission Centrale de la CEI ayant voix délibérative: 16 opposants contre 6 pro-Gbagbo), le règlement intérieur de la CEI dispose que c'est par consensus que les résultats issus des commissions régionales sont validés. En clair, si un des conseillers n'est pas d'accord, le résultat n'est pas rendu public. C'est ce mode de travail qui a prévalu au sein de la CEI au 1er tour et au 2ème tour. Mais pour le 2ème tour, malheureusement la recherche du consensus n'a pas permis à la CEI de valider tous les résultats avant le délai imparti à cette institution par la loi. Au bout des 3 jours de délai la CEI n'a pu donner ses résultats. A partir de ce moment, la CEI n'était plus compétente pour proclamer un quelconque résultat. Mais fort curieusement, c'est 15 heures après le délai de 3 jours que le président de la CEI va, par quel moyen ??, se retrouver seul dans l'hôtel qui sert depuis début Octobre de QG de campagne à Alassane OUATTARA et y proclamer des résultats que la CEI n'a pas validés et ce, devant seulement deux télévisions d'État françaises (France 2 et France 24). Et ce sont ces télévisions françaises qui vont apprendre aux Ivoiriens les résultats de l'élection de leur Président. Dans quel monde sommes-nous ?

Le Président de la CEI a-t-il été kidnappé ? Oui, aujourd'hui nous pouvons l'affirmer: avec la complicité de l'Ambassade de France et d'éléments armés des Forces Nouvelles, il a été amené à l'hôtel du golf à 23 heures la veille, au QG d'Alassane OUATTARA en lui confisquant ses téléphones portables et en lui remettant des "résultats" à lire. Il a résisté jusque dans l'après-midi.

Il a ensuite été exfiltré par la France vers Paris, d'où il fait aujourd'hui des déclarations fracassantes aux médias et surtout complètement incongrues. Comment peut-il dire qu'il ne savait pas que l'hôtel du Golf était le Quartier Général de Campagne de Alassane OUATTARA???? Lui, le président de la Commission Électorale? Le second hôtel de Luxe d'Abidjan, était depuis le mois d'Octobre envahi par des centaines d'animateurs et de communicateurs, des écrans géants visibles depuis les routes, du matériel sonore, des chapiteaux, etc. Et c'est là que ce sont déroulées les nuits électorales du RDR!!!!!

Ainsi donc, contrairement à ce qui est propagé dans le monde entier, la CEI n'a pas validé les résultats de l'élection et n'a donc pas donné de résultats. C'est plutôt le Président de la CEI qui n'a pas compétence à valider et à donner seul les résultats qui s'est retrouvé dans un hôtel (QG d'Alassane Ouattara) où il a donné des "résultats". Et du coup le monde entier saute sur ce "résultat " pour dire Ok ! Alassane Ouattara est "Président de la République de Côte d'Ivoire".

On n'a plus besoin de l'avis du Conseil Constitutionnel parce qu'il est pro-GBAGBO. Les puissances occidentales avec la France à leur tête et certains pays de la sous-région considèrent le résultat provisoire comme définitif. Ils agissent ainsi parce qu'ils savent que plusieurs PV sont faux et que s'ils sont soumis à une juridiction, n'importe laquelle, le "résultat" du Président de la CEI et non de la CEI sera invalidé.

Si la CEI s'est montrée incapable de donner les résultats, c'est au Conseil Constitutionnel qu'il revient de trancher. Et c'est ce que le Conseil Constitutionnel a fait. Au-delà des jugements subjectifs qui consistent à dire que Paul Yao Ndré, Président du Conseil constitutionnel est un proche de GBAGBO, il faut regarder avec objectivité l'arrêt qu'il a rendu. Est-ce fondé ou non de rejeter les résultats qui l'ont été ? Pourquoi personne ne cherche à comprendre le bien fondé de la décision du Conseil Constitutionnel?

Il convient de souligner qu'en plus du comptage manuel, la CEI a commis un cabinet d'expertise à l'effet d'un comptage électronique des voix (voir document joint de SILS Technology). Ce cabinet a rejeté 2200 procès verbaux des bureaux de vote sur lesquels le nombre de votants est supérieur au nombre d'inscrits. Ce qui est une anomalie grave que nul ne saurait justifier. Ce n'est donc pas le Conseil Constitutionnel qui a invalidé le vote dans des départements du Centre et du Nord sous contrôle des rebelles des FN, mais la CEI elle-même à travers son partenaire, la société SILS, chargée du comptage électronique. Et ce sont ces PV frauduleux qui justifient le blocage des travaux de la CEI parce que plusieurs Conseillers n'ont pas accepté la validation des PV indiquant un nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits. Quel être humain normal pourvu de tous ses sens peut accepter la prise en compte de procès verbaux (PV) de bureau de vote où le nombre de votants est anormalement supérieur au nombre d'inscrits ?

Alors comment comprendre que Bingu Wa Mutarika, Président en exercice de l'Union Africaine s'aligne sur une position incongrue qui consiste à dire que les fraudes massives organisées avec les fusils des rebelles n'ont jamais existé ?

Comment comprendre que quatre chefs d'État, membres de la CEDEAO (la CEDEAO compte 14 membres + la Côte d'Ivoire) se retrouvent à Abuja le 7 décembre 2010 pour décider à la place de toute la CEDEAO en affirmant que le "résultat" provisoire donné par le Président de la CEI seul au QG d'Alassane Ouattara suffit et qu'il faut chasser Laurent GBAGBO du pouvoir ? Quel dommage ! Mille fois dommage !

Plusieurs groupes d'observateurs des élections ont noté qu'au 2è tour, il y a eu trop de violence de la part des Forces Nouvelles, ex-rebelles (toujours en armes) sur les représentants de Laurent GBABGBO dans les bureaux de vote dont plusieurs ont été battus à sang, séquestrés, chassés après le passage de l'ONU (qui faisait des sauts de puce dans les différents points de vote) et des femmes violées au sein même du bureau de vote.

Malheureusement, l'on a considéré que ces observateurs qui ont qualifié le scrutin d'injustice, non transparent en zone sous contrôle rebelle étant majoritairement africains, leurs rapports n'étaient pas dignes de confiance. Mais seul le rapport des observateurs de l'Union Européenne qui n'ont déployé aucun agent en zones sous contrôle rebelle devait être pris en compte. C'est ce qui a été fait. Voilà la vérité sur le 2è tour et les résultats des élections en Côte d'Ivoire.

Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu s'aligner sur ces positions insensées ? Comment et pour quel intérêt l'Union Africaine a-t-elle pu considérer tous les observateurs Africains y compris ceux de l'Union Africaine-même, comme des sous-hommes au point d'affirmer que tous leurs rapports n'étaient pas dignes du moindre crédit ?

Tout le monde condamne Laurent GBAGBO à cause de l'acte de Damana Picass qui a déchiré les résultats que voulait proclamer Bamba Yacouba, porte parole de la CEI (et membre du RDR!). Cet acte a été présenté pendant 3 jours en boucle par les médias en taisant les commentaires du magistrat Togba pour donner l'impression que les partisans de GBAGBO ne veulent pas qu'on donne les résultat parce qu'ils sentent que GBAGBO est battu.

C'est de la désinformation pure et simple et à partir de là, les gens condamnent un acte qui ne constitue qu'une conséquence et se taisent sur les causes. En effet, en France, sur 28 bureaux de vote, il y a eu des incidents dans 8 bureaux et à cause de ces 8 bureaux, Bamba Yacouba superviseur de la France (donc étant celui qui transmet le rapport de France aux commissaires de la CEI) a fait annuler tous les 28 bureaux de France en se présentant directement devant les caméras des TV à l'insu des autres membres de la commission centrale.

Et c'est cette forfaiture qu'il a voulu recommencer avec des résultats des zones sous contrôle rebelle (non validés par la commission centrale de la CEI) à l'insu des autres membres de la commission centrale et ce, devant des TV étrangères uniquement. Voilà ce qui a motivé la réaction de Damana Picas. Quel est cet être humain normal qui n'aurait pas agi ainsi ? Nous, en Côte d'Ivoire, nous avons salué et continuons de saluer l'acte de bravoure de Damana Picas.



Source : Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

mercredi, 05 janvier 2011

REFUS DE PAYER LES FONCTIONNAIRES IVOIRIENS : DEPART MASSIF DES CLIENTS DE LA SGBCI ET DE LA BICICI



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Les jours s'annoncent sombres pour la SGBCI et la BICICI, deux banques à capitaux français. De nombreux fonctionnaires et salariés Ivoiriens ont décidé de rompre le bail qui les lie à ces deux banques.


On se souvient que ces deux établissements financiers ont refusé de payer le salaire des fonctionnaires et travailleurs Ivoiriens le 24 décembre dernier alors que, l'Etat ivoirien avait déjà logé dans ces banques-là les fonds nécessaires à cet effet. Ce refus dit-on est la volonté manifeste de la France Sarkozienne d'asphyxier financièrement le pouvoir en place et susciter le courroux des Ivoiriens contre le Président Laurent Gbagbo.

Mais surtout, la France voulait faire croire aux yeux des populations par le biais de ses deux banques que le Chef de l'Etat Ivoirien, comme annoncé en grande pompe par eux, ne pouvait pas payer les salaires du mois de décembre. Mal leur en prit, Sarkozy et son poulain, Ouattara Alassane ont constaté que très tôt, le matin de ce 24 décembre, les autres banques ont procédé à la paye des salaires. C'est tout confondu alors que les responsables de ces établissements ont décidé d'ouvrir leurs portes peu après midi.

Le mal était déjà fait. Et les Ivoiriens surpris d'un tel comportement de leurs banques n'ont pas du tout apprécié qu'on les prive de leur dû à cause des desseins de personnes qui n'ont rien avoir avec la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire. Des voix se sont levées ça et là pour dénoncer cette attitude malencontreuse des responsables de ces banques françaises. C'est donc pour ne plus subir de telles conséquences que les clients de la SGBCI et de la BICICI ont décidé de les quitter pour d'autres établissements financiers de la place. Qui est fou... ? Les banques nationales et africaines se frottent les mains.


Alain Serge Zogbo


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

CRISE IVOIRIENNE : L'AFRIQUE S'HUMILIE

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Le Potentiel 30/12/2010 : Analyse. Je ne suis pas Ivoirien et je n'ai aucun intérêt en Côte d'Ivoire. Je n'ai donc pas voté pour Laurent Gbagbo ni pour son adversaire Alassane Ouattara. Cependant, comme observateur panafricain et analyste, je constate, depuis quelques semaines, que ce qui se passe dans ce pays est dangereux et présage d'un avenir incertain. L'imprudence et l'aveuglement des dirigeants africains face aux intérêts inavouables des puissances étrangères risque d'entraîner la Côte d'Ivoire mais aussi l'ensemble de la sous-région ouest-africaine dans la perdition. 

Ce qui est aujourd'hui en cause, ce n'est ni le résultat des élections ni le respect de la légalité. Tout le monde s'appuie ou feint de s'appuyer sur ces deux éléments, apparemment objectifs, pour réclamer un changement de régime en Côte d'Ivoire. Ceci était prévisible ! Tous les clignotants signalaient depuis au moins cinq ans que ce pays s'acheminait vers une situation politique explosive. J'ai beaucoup de mal à croire que le président Laurent Gbagbo est le grand Satan tant décrié dans les médias et les capitales occidentales et que son adversaire est le grand messie tant attendu pour sauver l'ancienne colonie française désormais en proie à la violence. 

Ce qui intrigue toute personne avisée des crises politiques en Afrique, c'est d'abord le silence convenu des géants économiques occidentaux qui opèrent massivement en Côte d'Ivoire et dont le chiffre d'affaires annuel avoisine plusieurs centaines de millions de dollars. Dans le climat de tension actuel, sont-ils favorables ou défavorables au camp de Gbagbo ou à celui de Ouattara ? Sont-ils totalement indifférents à un changement de régime en Côte d'Ivoire comme l'exigent les pays occidentaux ou participent-ils dans l'ombre au choix d'un des candidats ? Ce qui justifierait peut-être leur silence. En clair, sont-ils acteurs ou spectateurs impuissants d'une crise politique majeure dans un pays où ils se sont installés depuis un certain temps pour gagner de l'argent ? 

Le second point de curiosité est fondé sur les réactions plus ou moins tardives et cacophoniques des Africains à travers la CEDEAO et l'Union Africaine. La première organisation menace de destituer le président sortant, au besoin en usant de la force, la seconde acquiesce et suit les recommandations ou les ordres des puissances étrangères demandant le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir au profit de son adversaire Alassane Ouattara. Ces deux institutions suivent visiblement les positions officielles de quelques dirigeants occidentaux qui réclament l'éviction de Laurent Gbagbo. Il y a comme un petit malaise lorsque l'on sait que ces institutions proclament régulièrement l'indépendance de l'Afrique et la souveraineté des Etats africains. Honnêtement, quel dirigeant africain actuellement au pouvoir, depuis plus d'une décennie, serait prêt à accepter le traitement qui est réservé à Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire en ce moment ? 

En même temps que la CEDEAO et l'Union Africaine s'empressent de sanctionner Laurent Gbagbo et ses proches, comme le font déjà les Etats-Unis et l'Union Européenne, elles envoient aussi dans l'ordre ou dans le désordre des médiateurs en Côte d'Ivoire. Les résultats de ces multiples médiations sont, pour l'instant, impalpables et invisibles. Et pour cause ! Une médiation peut-elle réussir lorsque les initiatives des Africains interviennent accessoirement et en marge des décisions des grandes puissances au lieu de les précéder ? Le spectacle de ces va-et-vient « diplomatiques » infructueux des Africains à Abidjan est affligeant et humiliant pour la diplomatie africaine. 

Le moins qu'on puisse dire est que les Africains, plutôt que d'assumer eux-mêmes la gestion de cette crise dont ils devraient avoir l'entière responsabilité, s'alignent et s'appuient davantage sur un agenda extérieur en affichant des positions très peu cohérentes et très peu indépendantes. En se soumettant trop facilement à la pression extérieure, les Africains donnent d'eux-mêmes l'image de personnalités faibles, très influençables et pas très autonomes dans leurs décisions. Ce qui peut accréditer les préjugés courants sur l'Afrique et sur les Africains. Peut-on combattre ces préjugés en essayant de donner au moins l'impression que les Occidentaux n'ont pas toujours raison dans les affaires africaines ? Peut-on faire valoir que la gestion occidentale de cette crise est violente, indélicate et relativement grossière ? Devant cet état de fait, il y a le vide et le suivisme africains. L'imagination et la créativité africaines ont-elles déserté l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique tout court ? J'ai du mal à le croire. 

S'il s'agissait simplement d'un problème électoral en Côte d'Ivoire, pourquoi n'avoir pas proposé d'analyser tous les litiges électoraux de manière à lever toute équivoque sur le résultat final ? Pourquoi le point de vue de la CEDEAO est-il venu après celui de l'Occident alors que son expertise aurait dû primer par son efficacité et rassurer par sa sagesse ? Pourquoi avoir précipitamment entériné des résultats que l'on savait contestables et contestés dans la mesure où chaque camp se dit vainqueur de ces élections tout en accusant l'autre de fraude massive ? (Alassane Ouatara serait gagnant avec 54,1% d'après la commission électorale indépendante et Laurent Gbagbo l'emporterait à hauteur 52,6% d'après le Conseil constitutionnel). 

Dans ces conditions, comment comprendre l'attitude de la CEDEAO et de l'Union Africaine qui ont d'abord privilégié des options moins diplomatiques face à ce qui apparaît comme une pression insupportable et gravissime des pays occidentaux sur un dossier de politique intérieure en Côte d'Ivoire ? Il est surprenant que personne n'ait éprouvé le besoin primitif de réagir aux déclarations tapageuses et intempestives du ridicule procureur Moreno-Ocampo (*). 

A-t-on suffisamment pensé aux conséquences d'une décision hasardeuse sur les populations étrangères résidant en Côte d'Ivoire et sur l'ensemble de la sous région ? Quelle place accorde-t-on à la paix et à la sécurité des Ivoiriens dans cette affaire ? À en croire certains discours médiatique et politique, les Ivoiriens n'auront pas droit à la paix et encore moins à la sécurité si Gbagbo n'est pas évincé ou éliminé du pouvoir. Dans la même logique, l'ONU censée statutairement rester neutre ou du moins impartiale a aussi vite pris parti. Avant tout le monde, elle a affirmé dès le 3 décembre 2010, à travers son représentant et en pleine contestation des résultats, que Monsieur Alassane Ouattara était le président de la Côte d'Ivoire. A-t-elle facilité le dénouement de cette crise nationale ivoirienne ou l'a-t-elle compliqué ? Ce qui est étonnant est qu'immédiatement, la France et les Etats-Unis ont validé la position du représentant du secrétaire général de l'ONU Monsieur Young-Jin Choï sans prendre en compte la contestation des résultats par l'une ou l'autre des parties. Pourquoi agir de la sorte dans un contexte aussi tendu sur le plan politique ? Quel danger y avait-il à tout vérifier et à lever le doute sur les soupçons de fraude d'où qu'ils viennent ? 

Il est difficile au moment où le consensus médiatique est total et que « la majorité » des pays puissants prétend avoir raison d'aller à contre-courant ou de poser des questions qui dérangent. Mon expérience de l'interminable crise des Grands Lacs africains m'autorise à douter sérieusement du fait que les élections sont véritablement la raison principale de l'attention que toutes les grandes puissances et l'ONU portent aujourd'hui à la Côte d'Ivoire. Je ne suis pas non plus convaincu que la transparence électorale ou l'alternance politique sont des arguments sérieux au sujet du contentieux qui oppose désormais ce qu'on appelle d'un côté « la communauté internationale » et le camp Ouattara à Laurent Gbagbo. 

L'indifférence des pays occidentaux, tout comme celle des membres de la CEDEAO ou de l'Union africaine, à la fraude électorale en Afrique ou à la longévité politique outrancière de certains dirigeants africains est un fait qui n'appelle aucun commentaire désobligeant de ma part. Si ces principes étaient défendus avec acharnement dans toutes les élections africaines et s'ils étaient des vertus cardinales chez bon nombre de dirigeants qui sermonnent actuellement Laurent Gbagbo, tout le continent africain s'en féliciterait et les exemples seraient nombreux. Il me semble bien qu'évoquer les arguments sur le respect des résultats que très peu de gens connaissent d'ailleurs ou la transparence et l'alternance pour justifier ce qui se passe actuellement en Côte d'Ivoire n'est pas suffisant et certainement pas convainquant. 

J'ai à ce propos un petit souvenir qui éclaire certains comportements étranges que j'observe ici et là dans ce dossier. C'est en 1999 que j'ai rencontré à Washington un fonctionnaire de la Banque Mondiale, visiblement bien informé, qui me confia au cours d'un déjeuner que si Monsieur Alassane Ouattara ne devenait pas président en Côte d'Ivoire, il y aurait « le feu dans ce pays ». À l'époque, je ne compris pas exactement la teneur de ces propos. Peu après, il y eut un coup d'Etat de l'officier ivoirien Robert Guéi puis une crise politique, des élections mouvementées et l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo. 

La côte d'Ivoire, depuis cette période, vit au rythme de tensions incessantes et d'une guerre tantôt ouverte tantôt larvée entre les forces rebelles proches de Ouattara et les forces gouvernementales de Laurent Gbagbo. Quelques pays voisins de la côte d'Ivoire n'ont pas brillé dès le début de cette crise interne par leur neutralité absolue ni par leur impartialité admirable. Intérêts pécuniaires et calculs politiciens obligent ! Ce qui est dangereux aujourd'hui, ce ne sont ni les propos du fonctionnaire de la Banque Mondiale en 1999 ni le rôle joué par certains voisins de la Côte-d'Ivoire mais le parti pris immédiat de certains médias, de l'ONU, de l'Elysée et de la Maison Blanche et surtout l'alignement servile des Africains eux-mêmes à travers l'Union Africaine et la CEDEAO. Le comportement de ces derniers, entérinant de facto une décision prise visiblement avant ou contre « le choix des Ivoiriens », est regrettable. 

Prendre parti très vite et sans aucune précaution élémentaire en faveur d'un candidat à l'élection présidentielle, que quelques observateurs honnêtes reconnaissent comme particulièrement serrée, a été très imprudent. « Imposer » un candidat dans un contentieux électoral interne de façon aussi brutale et agressive est plus que troublant et pas très « démocratique ». Parmi les dirigeants africains qui prennent d'ailleurs position soit dans le cadre de la CEDEAO soit au sein de l'Union Africaine, combien peuvent prétendre avoir remporté des élections en toute transparence ou en dehors de fraudes avérées ? Combien ont été intronisés et légitimés alors même que leurs adversaires, déprimés par l'ampleur de la fraude, ne comprenaient pas le mutisme des représentants de l'Union Européenne et autres observateurs étrangers présents dans le pays ? Combien d'observateurs africains et occidentaux m'ont avoué avoir été témoins ou complices impuissants de la tricherie organisée lors d'élections présidentielles en Afrique Centrale et en Afrique de l'Ouest ? 

Mon propos ici n'est pas de défendre un candidat contre un autre. Je crois simplement qu'un certain flou persiste sur les vrais résultats de cette élection, qu'il y a apparemment un réel problème d'impartialité dans cette affaire au point que toutes les menaces proférées contre un des deux candidats sont suspectes et disproportionnées par rapports à d'autres situations similaires. Il semble bien que les vraies motivations derrière cette situation ivoirienne sont volontairement tues au profit d'un tapage douteux sur la « légalité électorale ». Il apparaît clairement que les ingérences étrangères dans le dossier ivoirien sont flagrantes et nocives pour la paix, la sécurité et la souveraineté en Côte d'Ivoire. 

Si personne ne veut revenir à la raison dans ce dossier, si personne, parmi les dirigeants africains qui ont pris fait et cause pour le discours dominant, n'accepte, par couardise, par opportunisme, par aveuglement ou pour des intérêts égoïstes, de questionner ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux, d'autres dirigeants africains risquent, à leur tour, de subir le même scénario et l'Afrique de l'Ouest risque bientôt d'être dirigée par des miliciens ou des « rebelles » et autres marionnettes à la solde d'intérêts extérieurs comme c'est déjà le cas en Afrique centrale. Ce processus engagé depuis le début des années 90 va s'étendre progressivement sous diverses formes dans une large partie du continent si les Africains continuent à somnoler sous leur beau soleil. 

Faire l'impasse sur le contrôle des richesses de la Côte d'Ivoire et les raisons qui ont poussé à deux tentatives de coup d'Etat dans ce pays en 2002 et 2004, faire semblant de ne pas se souvenir des raisons qui ont conduit à la création d'une rébellion dans ce même pays, développer une amnésie sur le rôle des pays voisins dans le soutien apporté à la rébellion ivoirienne, à son financement et à son armement, ignorer volontairement toutes les pressions qui ont poussé à l'organisation d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé pour partie par des rebelles et pour l'autre par l'armée gouvernementale, faire fi de tout cela c'est ne pas vouloir comprendre ce qu'est en réalité le nouvel ordre mondial dans les relations internationales. Choisir l'autisme politique sur la crise ivoirienne c'est tourner le dos à l'avenir et vouloir soumettre les Africains à la loi du fusil, de l'instabilité, du banditisme politique, de la précarité chronique et du pillage. 

Dire ceci n'a rien de défaitiste ou de fataliste, c'est simplement tenter d'apporter un peu de lucidité devant les nouvelles menaces qui visent tous les pays africains ayant des ressources économiques convoitées par l'Occident. Le dossier ivoirien rend tout observateur honnête sceptique à l'égard des discours pompeux sur la bonne gouvernance, le respect des droits de l'Homme, la transparence électorale et blablabla. Ce dossier est piloté en violation de tous les principes que prétendent aujourd'hui défendre ceux qui pérorent sur la légalité, l'Etat de droit, le respect des libertés publiques, etc. 

Je l'ai déjà observé très attentivement dans la région des Grands Lacs, je le vois également au Soudan, pays riche en pétrole, qui sera coupé en deux en janvier 2011 et dont la CPI (Cour Pénale Internationale) veut aussi arrêter le chef de l'Etat en exercice. Les Africains de l'Ouest sont peut-être en train de subir leur premier baptême des régimes pro-rebelles. Il faut espérer qu'ils ne le regretteront pas.




Charles Onana, journaliste et écrivain



(*) Cf. le dernier livre de Charles Onana : Al-Bashir Darfour, la contre-enquête, Paris, Editions Duboiris, 2010, 480 p. disponible en librairie et sur www.amazon.fr ou www.editionsduboiris.com

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L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (4)

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Quiproquo : La terre entière a été témoin de l'esclandre : deux membres de la Commission électorale indépendante appartenant à La Majorité Présidentielle, Damana Pickas et Vehi Tokpa, arrachant des mains du porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, les feuilles de résultats provisoires qu'il s'apprêtait à annoncer, le 30 novembre 2010. Le cas semblait entendu : le camp Gbagbo voulait s'accrocher au pouvoir par tous les moyens et empêcher le monde d'apprendre sa défaite. Que nenni ! La vérité est toute autre ! Les règles de la Cei prévoyaient clairement que seuls les résultats ayant fait l'objet d'un consensus pouvaient être consolidés comme résultats provisoires par cette administration. Or il s'avère, ainsi que le confirmera lui-même le président de la Cei dès le lendemain lors d'une intervention télévisée à la Rti, que les résultats que Bamba Yacouba voulait propager n'avaient pas fait l'objet du consensus requis comme préalable à toute annonce. Le commissaire central de la Cei et le directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Intérieur avaient donc non seulement le droit, mais également l'obligation d'empêcher l'acte délictueux du porte-parole rebelle. C'est un peu comme si un tueur en série entrait chez vous et menaçait d'abattre les vôtres avec une arme. Le laisseriez-vous assassiner votre famille parce que vous savez que vous avez le droit de votre côté et qu'il sera arrêté, jugé et jeté en prison après son forfait, ou bien tenteriez-vous quand même de le désarmer, pour sauver vos proches ? Le deuxième malentendu à lever concerne une question de fond : Légitimité et légalité sont-elles nécessairement antinomiques en Côte d'Ivoire ? Au sortir du second tour du scrutin présidentiel, beaucoup ont cru devoir expliquer ainsi la dichotomie factice créée de toutes pièces par une communauté dite internationale anormalement engagée dans notre pays. Au risque d'en irriter certains, l'heure est venue de mettre fin au mythe de Ouattara «président légitime» opposé à Gbagbo «président légal». Que Gbagbo soit le président légal, cela ne fait aucun doute. Il est celui qui a été proclamé vainqueur et investi par la plus haute juridiction de Côte d'Ivoire, le Conseil constitutionnel, dont les décisions revêtent l'autorité de la chose jugée. Mais, n'en déplaisent aux rapaces qui tournoient avec convoitise au-dessus des richesses de nos sol et sous-sol, il en est également le président légitime. Parce que, contrairement à George W. Bush, que la Cour suprême des Etats-Unis avait proclamé vainqueur au détriment d'Al Gore, pourtant crédité du plus grand nombre voix lors de l'élection de présidentielle américaine de 2000, c'est bel et bien Laurent Gbagbo qui a été choisi par la majorité des électeurs ivoiriens. Et cela est non seulement confirmé par le Conseil constitutionnel, que les médias internationaux s'entêtent à qualifier de «proche de Gbagbo», comme si ceux des autres pays du monde étaient composés de membres de l'opposition, mais également par la Commission électorale indépendante, à 80% aux mains d'Alassane Dramane Ouattara. En effet, les résultats consolidés et donc consensuels de 14 régions sur 19 compilés par la Cei au soir du 1er décembre 2010 donnent Gbagbo en tête. Et cela sans contestation aucune de son adversaire, qui n'a à aucun moment introduit une quelconque réclamation auprès du Conseil constitutionnel à ce propos, mais qui a prouvé qu'il reconnaissait l'existence de cette juridiction en lui envoyant une très farfelue et rigolote «prestation de serment écrite», qu'aucun rédacteur de la Constitution, même shooté à l'ecstasy, n'aurait pensé à inclure dans la Loi fondamentale. L'annulation des fraudes organisées par le camp Ouattara dans les zones contrôlées par les rebelles n'a donc en rien entaché la vérité du scrutin : Laurent Gbagbo est le président légal et légitime de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années... si les agitations de la communauté dite internationale ne viennent pas allonger d'autant son second mandat, comme la tentative de coup d'Etat de 2002, sensée abréger son premier mandat, n'aura in fine contribué qu'à en doubler la durée. Enfin, last but not least, il est impossible de clore la rubrique des quiproquos sans évoquer les incohérences de l'Union européenne, qui annonce une interdiction de visa pour une liste de personnalités ivoiriennes «sanctionnées» pour incarner ou supporter les institutions légitimes de Côte d'Ivoire. A ce sujet, nous avons juste deux questions à poser à l'Ue : Comment refuser un visa à quelqu'un qui n'en n'a pas besoin pour circuler en Europe ? Et est-ce qu'annoncer que l'on va refuser un visa à des gens qui n'ont jamais eu l'intention d'en demander, c'est une sanction ou une élucubration ?

RHDP : C'est à Paris, le 18 mai 2005 qu'a été scellée l'alliance surréaliste entre Alassane Dramane Ouattara, ancien premier ministre de Côte d'Ivoire de 1990 à 1993 et Henri Konan Bedié, ancien président de la république, sous le nom de rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Outre le fait que les acteurs ont jugé nécessaire, 45 ans après l'accession du pays à l'indépendance, d'aller en France pour donner naissance à un mouvement politique ivoirien, il est beaucoup d'autres anomalies à relever dans ce qui restera dans les annales comme l'une des plus grosses farces politiciennes ouest africaines. Le Rhdp, c'est l'association contre-nature de deux hommes qui s'autoproclament tous deux héritiers du père fondateur de la Côte d'Ivoire mais qui s'avèrent en fait être les deux plus grands démolisseurs de l'œuvre de Félix Houphouët-Boigny (FHB). Ouattara d'abord, qui n'a pas attendu la mort du Vieux pour détruire ce à quoi ce dernier tenait le plus : la paix et la stabilité. Cet économiste burkinabé a eu en charge la gestion de l'économie ivoirienne pendant quatre ans. Malheureusement entièrement dévoué aux désidératas des institutions financières internationales, il prendra des décisions et appliquera des mesures qui seront fatales pour le pays. Pendant que les Etats-Unis et l'Union européenne soutenaient largement leurs agriculteurs, il coupa les subventions aux planteurs ivoiriens, enterrant de facto leur compétitivité. S'ensuivirent des licenciements massifs de fonctionnaires, la réduction de plus de 40% des salaires des rescapés, des mises à la retraite anticipée,  des rémunérations à deux vitesses, la privatisation au franc symbolique des joyaux de l'économie éburnéenne... Il sema le germe de la division en introduisant la carte de séjour pour les étrangers, dans un pays qui jusque là s'était toujours distingué par son hospitalité. Il porta également un coup fatal au système éducatif ivoirien en gelant l'embauche des enseignants de l'éducation de base, en fermant les cantines scolaires, en éliminant la gratuité du transport et de la couverture sanitaire de base pour les étudiants. Sa plus grande trahison, qui consista à initier la dévaluation du franc CFA contre laquelle Félix Houphouët-Boigny s'était toujours battu avec la dernière énergie, couplée au pillage insolent des biens de l'Etat auquel il s'est livré avec la complicité de son épouse française de confession juive, achevèrent de précipiter la Côte d'Ivoire dans un gouffre économique duquel elle est encore loin d'être sortie. Cela eut pour conséquence immédiate la rupture de la paix sociale si chère à Houphouët, avec son lot de manifestations étudiantes et syndicales, d'arrestations arbitraires, des jugements fantaisistes... Quant à Henri Konan Bédié, en appelant - au grand effarement de ses militants - à voter pour celui qui a financé le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir en 1999, celui pour lequel il a conçu la tristement célèbre xénophobe théorie d'épuration ethnique appelée «ivoirité», qu'il développa justement pour écarter du pouvoir un Ouattara qui lorgnait goulument vers le fauteuil présidentiel sans pour autant remplir les conditions pré-requises pour y prétendre, il a tout simplement assassiné l'autre grande œuvre de FHB : l'historique PDCI-RDA (parti démocratique de Côte d'Ivoire), qui faisait pourtant partie du patrimoine politique de l'humanité, comme l'ANC en Afrique du Sud. Pas étonnant que l'association bouffonesque de ces deux individus se soit soldée par un plantage en bonne et due forme. Avec des héritiers comme ça, pas besoin d'ennemis. Le pauvre Houphouët doit s'être retourné maintes fois dans sa tombe !

Souveraineté : Peut-on vraiment s'offusquer qu'en 2010, un président français s'arroge le droit de désigner le chef d'Etat d'un pays africain «indépendant» depuis cinquante ans, en parfaite violation du choix de la majorité des populations et des dispositions constitutionnelles dudit pays? La souveraineté de la Côte d'Ivoire, qui est aujourd'hui bafouée par la «communauté internationale», n'est en réalité que factice, comme l'est celle de la majorité des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, car bien que la plupart de leurs constitutions la proclament, les Etats d'Afrique noire dite francophone subissent encore aujourd'hui les contraintes de l'aliénation à la puissance coloniale. Comment clamer notre souveraineté, alors que même les textes fondateurs de nos républiques et la quasi-totalité de nos textes de loi sont calqués sur le modèle français, bien que nos réalités culturelles, sociales, historiques et idéologiques divergent totalement ? Comment revendiquer notre autonomie, alors que nous peinons à dénoncer et déchirer les contrats indignes qui bradent les richesses de nos pays à l'exploiteur français par le biais d'un pacte colonial signé le 24 avril 1961, dissimulé au milieu de nuisibles accords de défense à géométrie variable ? Comment prétendre être libres alors que l'un des principaux attributs de la souveraineté des Etats, la monnaie, est, en ce qui nous concerne, géré de bout en bout par des mains étrangères, voire ennemies ? Comment aspirer à notre émancipation alors que génération après génération, nous sortons de l'école après avoir appris par cœur l'histoire de France, Descartes, Voltaire et La Fontaine mais sachant peu de choses sur le berceau de l'Humanité dont nous sommes originaires, incapables de narrer les luttes et les exploits de Soundjata Keïta, Chaka Zulu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Bantu Steven Biko, Ana Zingha, Sylvanus Olympio, Kwame Nkrumah, Samory Touré, Menelik II, la reine Pokou, Jean-Jacques Dessalines, Oliver Tambo, ou de réciter les contes de Birago Diop et les poèmes d'Aimé Césaire ? Comment préserver le droit de notre peuple à décider lui-même ce qui est bon pour lui quand nous devons importer les armes sensées le défendre ? Comment ambitionner être souverains quand nous dépendons de la France pour nous exprimer, au plan national comme international ? Il n'y a, au regard de ce qui précède, aucune raison d'être particulièrement choqué par la démarche coloniale parfaitement assumée de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire.

Terrorisme : Si les opinions publiques occidentales s'émeuvent quand des terroristes foncent avec des avions dans leurs gratte-ciels, font sauter des bombes dans leurs gares, cafés et représentations diplomatiques, ou enlèvent et décapitent des Européens au Sahel, elles peinent à s'opposer aux agissements meurtriers que leurs dirigeants commettent en dehors de leurs frontières. Dernier exemple en date : Ils s'appellent Stefan Barry, Jochen Kilian, Dirk Gerlich, Stephan Franke, Christian Stein, Fabian Müller, Sebastian Berwind, Frank Hütter, Patrick Thönessen, Alexander Schweig, Detlef Merchel et Uwe Max Heinrich Schulz. Ils sont tous titulaires de passeports délivrés le 16 décembre 2010 par le ministère allemand des affaires étrangères, à l'exception des deux derniers qui ont été délivrés respectivement le 21/12/2009 et le 20/12/2010.  Il s'agit des douze mercenaires teutons engagés par le gouvernement français pour assassiner le président Gbagbo, qui ont débarqué de façon rocambolesque sur le sol ivoirien par l'entremise de l'ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Philippe Carter III. Cet ami de longue date du couple Ouattara  a sollicité et obtenu des autorités légales (et non de celles du Golf!) une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët Boigny pour un appareil exploité par la compagnie Phenix Air avec Brian Edminster pour commandant de bord. Cependant, au lieu de se poser à Abidjan, l'appareil a plutôt atterri à Bouake, après une escale à Alger, pour y débarquer les tireurs d'élite allemands dotés de matériel sophistiqué. Si leur mission n'est à ce jour pas encore accomplie, l'histoire coloniale française en Afrique est jalonnée d'épisodes assassins. Mais faire partie des «grandes puissances» ne garantit en rien le succès d'offensives militaires impérialistes. Sarkozy et Obama seraient bien inspirés de replonger leurs nez dans les livres d'histoire, aux chapitres Indochine, Vietnam, Algérie, Afghanistan. Plus récemment, en 1992, sous le mandat de l'Onu, les Etats Unis, au nom d'une soi-disant ingérence humanitaire qui sentait quand même beaucoup le pétrole, lançaient l'opération «Restore hope» en Somalie, qui se solda par la mort de 173 soldats américains,  casques bleus et civils étrangers et contraignit Bill Clinton à retirer ses troupes. Qui ne se souvient pas du spectacle délectable des cadavres des soldats américains trainés par des voitures dans les rues de Mogadiscio sous les vivas de la foule ? De quoi susciter des vocations ! Il reste à espérer que l'Union européenne a planifié l'évacuation de tous ses ressortissants, non seulement de Côte d'Ivoire, mais également des autres pays d'Afrique. Parce qu'une chose est certaine : le temps où les Noirs se trucidaient pour le bon plaisir des Blancs, leur permettant de faire main basse sur leurs richesses pendant qu'ils étaient occupés à se battre, est révolu. «Donnez-leur des armes, ils s'entretueront les uns les autres», affirmait le chantre de l'apartheid Pieter Botha. Certes, il y a toujours un quarteron des nègres, comme Ouattara et ses sbires, prêts à commettre l'irréparable pour satisfaire aux exigences de Bwana, mais un nombre sans cesse croissant d'Africains a bien compris le rôle néfaste joué par les Blancs dans l'attisement des conflits sur notre continent et ne compte plus les laisser faire sans réagir. Les peuples contemporains d'Afrique n'ayant plus l'intention d'être les uniques victimes d'une bestialité exacerbée par les dirigeants européens, il est évident que l'attitude des gouvernements qui cautionnent ou exécutent les dérives pyromanes de Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire expose leurs ressortissants innocents au fort bouillonnant ressentiment anti-français et aux actes de violence qui pourraient s'ensuivre à Douala, Yaoundé, Libreville, Conakry, Ndjamena, Abidjan, Bangui, Alger, Niamey, Kinshasa, Brazzaville...

Union africaine : L'Afrique est le continent le plus riche du monde en ressources naturelles et en espaces cultivables. Par quel tour de passe-passe abracadabrantesque arrive-t-elle donc au XXIè siècle en étant la zone la plus pauvre de la planète, déchirée par les guerres les plus fratricides ? Les bases de l'Union européenne d'aujourd'hui ont été jetées lorsque Robert Schuman, au sortir de la deuxième guerre mondiale, annonça la naissance d'une Haute Autorité, mettant en commun les productions allemande et française de charbon et d'acier, avec pour objectif non seulement la préservation de la paix mais aussi et surtout l'amélioration des conditions de production et donc du niveau de vie des populations franco-allemandes et de tous les pays européens participant à la nouvelle aventure. A quand donc le véritable acte fondateur de l'Union africaine, bâti autour d'une fusion d'intérêts économiques communs, par exemple les ressources énergétiques dont le continent est si riche (uranium, pétrole, gaz naturel, bois, cours d'eau, soleil...), qui mettra fin aux sanglants conflits qui endeuillent l'Afrique, tout en assurant une production modernisée et de qualité, la fourniture d'énergie à des clauses identiques sur les marchés des pays adhérents, l'accroissement des exportations vers le reste du monde, la progression concomitante des conditions de vie de la main-d'œuvre desdites industries, ainsi que le relèvement substantiel du niveau de vie et du développement des populations africaines ? Pas de si tôt, si l'on observe le comportement des dirigeants locaux, qui, au lieu d'être solidaires et de s'unir pour peser sur l'échiquier international, préfèrent se dresser les uns contre les autres et confier les destinées de leurs contrées aux très intrusives puissances étrangères. Une anecdote racontée par le président Gbagbo illustre parfaitement l'omniprésence de ces dernières. «Quand nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe. Il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : 'Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas.'» C'est d'ailleurs en constatant la propension des rebelles à se précipiter hors de la salle des négociations pour prendre leurs directives et informer en temps réel leurs donneurs d'ordre hexagonaux de l'évolution des pourparlers de Tshwane que Thabo Mbeki, à l'époque président sud africain et médiateur de la crise ivoirienne, avait ordonné le brouillage des communications téléphoniques, mettant en transes le camp Ouattara, qui se trouva ainsi coupé du cordon ombilical le liant à Paris. «Le fait que les nègres ressemblent et agissent comme des hommes ne fait pas d'eux des êtres doués d'intelligence». Une vue d'ensemble des participants aux conférences des chefs d'Etat de l'Union africaine semble malheureusement donner raison à Pieter Botha. Qu'attendre de digne de la part de personnages aussi lobotomisés, émasculés et amputés de leurs colonnes vertébrales ? Seuls quelques uns d'entre eux ont prouvé leur capacité à résister aux pressions occidentales : Paul Kagame, Isaias Aferworki, Laurent Gbagbo, Muammar Kadhafi, Meles Zenawi, Jose Eduardo Dos Santos, Yayah Jammeh, Robert Mugabe, Abdelaziz Bouteflika. Mais cela est loin d'être suffisant. Avec une arrogance sans précédent, Nicolas Sarkozy s'est d'ores et déjà invité au sommet de l'Union africaine prévu fin janvier 2011 à Addis Abeba. Est-il seulement imaginable qu'il aille ainsi taper l'incruste à un sommet de chefs d'Etat d'Asie ou d'Amérique du Sud ? A-t-on déjà vu des dirigeants africains assister aux réunions de l'Union européenne ? Peut-on espérer un  ras-le bol imminent face à cette intenable immixtion occidentale ? Les contorsions du président de la commission de l'Union africaine, le gabonais Jean Ping - ancien missi dominici du parrain de la Françafrique Omar Bongo - dans le dossier ivoirien font passer les danseurs Bafia du Cameroun pour des modèles de rigidité et n'augurent rien de bon pour l'évolution de l'Union africaine, que le Maroc a, sans dommage, refusé d'intégrer.

Visa : Que les Occidentaux ne s'y trompent pas. Ce que les Africains poursuivent quand ils viennent en Europe, ce n'est pas leurs femmes, mais tout simplement ce qui leur appartient de fait et de droit : le confort dont le pillage de leurs richesses par la nébuleuse françafricaine les prive.  Une éducation de qualité, un système sanitaire de pointe, des emplois, des retraites payées, la sécurité sociale et la sécurité tout court, mais aussi des infrastructures sportives, technologiques, industrielles, culturelles et artistiques dignes de ce nom. Parce que tant que le développement et la stabilité de l'Occident se feront aux dépens du continent Noir, chaque Africain a non seulement le droit mais également le devoir «d'envahir» l'Europe. Afin que l'Europe devienne l'Afrique. «La Libye s'engage à stopper l'immigration clandestine si vous lui fournissez au moins 5 milliards d'euros par an et de l'assistance technique. [...] Sinon, la Libye ne sera plus le garde-côte de l'Europe.» Cette exigence du guide de la révolution Muammar Kadhafi à l'Union européenne n'est en rien farfelue ou exorbitante. C'est en voyageant que l'on se développe. On s'ouvre l'esprit, on s'inspire, on apprend de nouvelles perspectives, on élargit son horizon. Ce n'est pas pour rien que tous les grands créateurs ont toujours été des adeptes du voyage. Les hommes ne se développent pas quand ils sont cloîtrés. La limitation des mouvements des Africains est pensée en ce sens. Nous attendons du gouvernement de Laurent Gbagbo qu'il pose des actes concrets à ce sujet. Le développement économique de chaque pays dépend du développement de ses ressources humaines. Quelle coopération économique peut-on envisager si nos ressortissants ne peuvent circuler librement chez nos partenaires commerciaux ? Nos gouvernants doivent faire de la levée de l'obligation de visa une des conditions sine qua none de la signature de conventions commerciales majeures futures. Vous voulez exploitez nos ressources énergétiques, minières et agricoles ? Souffrez donc que nos ressources humaines puissent librement circuler dans vos pays, chers dirigeants occidentaux ! Rassurez-vous, dès lors que nous serons dans un schéma de partenariat équitable gagnant-gagnant, vous n'avez pas à craindre qu'elles y demeurent à perpétuité : le temps et la convivialité sont bien meilleurs en Afrique !

Wikileaks :... ou le monde vu depuis les coulisses de la diplomatie américaine. Grâce à Julian Assange, créateur du site Wikileaks, il existe depuis la fin du mois de novembre, une lecture plus captivante qu'Harry Potter et Agatha Christie réunis : les télégrammes confidentiels des ambassades américaines à travers le monde, de 1966 à 2010. Plus de 250 000 documents, mis en ligne jour après jour, qui révèlent tous les petits secrets du fonctionnement du monde. On apprend ainsi que le détournement de 18,3 milliards de francs CFA, découvert à la Banque des états de l'Afrique Centrale (Beac) en 2009, a été fait à l'instigation du défunt chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, et a aussi bien servi à son enrichissement personnel qu'à celui de son fils Ali Bongo, l'actuel président du Gabon, mais aussi et surtout à financer de façon occulte les partis et les hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy nommément cité. Non pas que cela soit une découverte pour les exégètes de la Françafrique. Ce qui est assez surprenant, par contre, c'est la collusion permanente des intérêts américains et français dès qu'il s'agit de l'Afrique. «La France est un de nos plus puissants alliés en Afrique», confirme d'ailleurs l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton le 25 janvier 2010. L'on retrouve cette symbiose inquiétante dans les dossiers guinéen et ivoirien. Les manigances de la France et des USA et l'utilisation systématique de Blaise Compaoré comme leur marionnette sur le terrain est dévoilée crûment dans les mémos envoyés par les représentations diplomatiques américaines à Ouagadougou, Conakry, Abidjan et Paris. Savoureuses, les dépêches détaillant comment le général Sekouba Konaté est contraint de succéder à Dadis Camara, alors qu'il n'a absolument aucune envie d'exercer un quelconque pouvoir ! Particulièrement intéressantes, les mentions récurrentes à l'affairisme du président burkinabé, qui «a des intérêts économiques personnels en Guinée, comme dans beaucoup d'autres pays africains, ce qui conditionne sa prise de décision», selon les dires du fonctionnaire du Quai d'Orsay Stéphane Gompertz à l'ambassadrice américaine en Guinée, assertions confirmées par Wanda Nesbitt, diplomate US à Abidjan dans un télégramme du 02 juillet 2009 : «Il s'avère maintenant que la quatrième annexe à l'accord politique d'Ouagadougou est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo de se partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte exige des forces Nouvelles qu'elles rendent le contrôle du nord au gouvernement et achèvent le désarmement deux mois avant l'élection. L'ambassadeur Badini (représentant du facilitateur Blaise Compaoré à Abidjan) a confirmé à l'ambassadeur la nature de partage du pouvoir de l'accord, le 26 juin». Ceci est extrêmement grave, car cela prouve que les Etats Unis sont parfaitement au courant que le véritable seigneur de guerre en Côte d'Ivoire n'est ni Guillaume Soro, ni Alassane Dramane Ouattara, qui ne sont que des faire-valoir,  mais bel et bien l'homme-lige de la France, Blaise Compaoré, dont le pillage éhonté des matières premières de la Côte d'Ivoire est tout simplement accepté. Pas étonnant donc que le Burkina Faso soit devenu, au cours de la crise ivoirienne, un grand exportateur de cacao et de diamants, alors que ces ressources sont absentes de son territoire !

X : En juillet 2007, un homme infiniment petit s'est adressé à la jeunesse d'Afrique depuis Dakar en ces termes : «La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.» Cet individu s'appelle Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et il est le président de la république française. Tout au long de cet abécédaire, nous avons eu l'occasion de constater à quel point cette tirade est insultante et surtout mensongère : La colonisation française est responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique dite francophone, de son sous-développement, de son endettement, de sa pauvreté. Elle est responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, comme au Biafra, comme en Côte d'Ivoire, comme au Congo, comme au Tchad. Elle est responsable des génocides, comme au Rwanda, comme au Cameroun, comme en Algérie. Elle est responsable des dictateurs qu'elle installe au pouvoir pour mieux servir les intérêts gaulois, comme Blaise Compaoré, Omar et Ali Bongo, Gnassimbé Eyadema et Faure Gnassimbe, Denis Sassou Nguesso... Elle est responsable du fanatisme, de l'extrémisme et de la révolte que ses attitudes impérialistes suscitent. Elle est responsable de la corruption, de la prévarication, à travers la nébuleuse françafricaine, à travers le pillage opéré par les multinationales françaises. Elle est responsable des gaspillages et de la pollution, comme l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan le prouve. Alors, pour digérer les contrevérités du nain de l'Elysée, il semble adéquat de laisser la parole à un homme infiniment grand, Malcolm X : «Personne ne peut vous donner la liberté. Personne ne peut vous donner l'égalité, la justice ou quoique ce soit. Si vous êtes des hommes, vous la prenez.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu'êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Il n'y a pas de révolution pacifique. Il n'y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n'êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «Si vous n'êtes pas prêts à mourir, alors effacez le mot 'liberté' de votre vocabulaire.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts. «S'il est nécessaire d'organiser une armée de la nation noire, nous organiserons une armée de la nation noire. Ce sera le vote ou la balle. Ce sera la liberté ou ce sera la mort.» En Côte d'Ivoire, nous sommes prêts.

Ya fohi ! : Sarkozy bande ses petits muscles, Obama hausse le ton, Compaoré complote, la communauté dite internationale braille, l'Union européenne sanctionne, Badluck Jonathan menace, la Cedeao s'agite, l'Union africaine brasse de l'air, l'Onuci s'incruste, Licorne se cache, Ouattara soliloque, Soro monologue, Bédié rumine... et pendant ce temps, les Ivoiriens vaquent tranquillement à leurs occupations. Imperturbables et dignes, dans la sérénité et la bonne humeur. Ya fohi ! Il n'y a rien, comme on dit en nouchi.

Zone franc : Il n'y a plus grand-chose à dire sur cette relique d'un autre temps. La France a cessé d'être une puissance monétaire depuis l'avènement de l'euro comme monnaie unique européenne. En effet, pour être considérée comme telle, il eut fallu qu'elle conserve elle-même la main haute sur sa propre monnaie, ce qui n'est plus le cas depuis que la Banque de France a transféré ses compétences à la Banque centrale européenne. La France est donc dans l'incapacité juridique de continuer de garantir le franc CFA avec sa monnaie. D'autre part, la monnaie est la clé de voûte de la souveraineté d'un Etat. Hors, la mise sous tutelle de la souveraineté monétaire des Etats de la zone Franc a été imposée par la puissance coloniale française à des gouvernements pseudo indépendants à sa botte, sans consultation des peuples concernés. Le franc CFA a fait son temps en Côte d'Ivoire. L'outrecuidance du conseil des ministres de l'Uemoa qui, outrepassant ses prérogatives, s'est ingéré dans la crise ivoirienne en recommandant à la Bceao de ne plus reconnaitre la signature du gouvernement légitime pour la transférer au perdant des élections du 28 novembre 2010 est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et marque un point de non retour. Laurent Gbagbo l'a dit lors de sa prestation de serment : la souveraineté de la Côte d'Ivoire est non négociable. S'il ne veut pas perdre le soutien populaire dont il jouit en ce moment, il n'a pas d'autre choix que de lancer rapidement une nouvelle monnaie ivoirienne, symbole d'une liberté et d'une indépendance nouvellement et chèrement acquises.



Mahalia Nteby, le 04 janvier 2011 (mahalia.nteby@yahoo.fr)


Publié sur http://saoti.over-blog.com/

DES NATIONS S'APPRETENT A ATTAQUER LA COTE D'IVOIRE VIA LE BURKINA FASO

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Il y a un temps pour toute chose a dit un grand homme de Dieu, le roi Salomon d'Israël. Je reviens à la charge, je viens interpeller tous mes frères Ivoiriens: Tenez-vous en éveil car des choses tragiques vont arriver à ce pays; le plus grand complot que vous n'avez jamais vécu. Cela va se passer dans votre pays. Je dirai notre très cher pays qu'est la Côte d'Ivoire, celle-là qui a fait le beau temps de tous les Africains, tant de l'Ouest que du reste de l'Afrique, et surtout de ceux de toute la sous-région. Sans oublier les hommes de tous les quatre coins du monde.


Je suis Dao, votre frère Daouda, soldat de l'armée Burkinabé; garde rapprochée d'une haute autorité de l'armée, proche du président Blaise Compaoré, de qui je tire toutes ces informations que je vous communique par amour pour mon pays, car je suis métisse Ivoiro-burkinabé, Ivoirien de par ma mère qui est Baoulé de Yamoussoukro, je me sens autant Ivoirien que Burkinabé car une partie de mon SANG l'est. Quiconque recevra ce message que je vous communique a pour devoir de le communiquer à son tour à tous nos frères Ivoiriens car le pays est en DANGER, un grand complot de la FRANCE et ses allies via le BURKINA FASO se prépare sur notre nation.

Je vais vous les détailler et même vous révéler tout ce que je sais pour l'heure et tant que j'aurais en ma possession des informations capables d'aider les Ivoiriens, je ne me lasserais jamais de vous les envoyer par toutes voies possibles. Je sais que ce que je vais vous dire ne sera pas du goût de tous les Ivoiriens, car nombreux sont aussi ceux d'entre nos frères qui ont accepté de brader la Côte d'Ivoire à la France pour des intérêts personnels, même si pour certains selon que je sais, cela est lié à leur sort: tels que le président Bédié, Guillaume Soro et tous les chefs de la rébellion que vous appelez Forces Nouvelles; certains parmi eux y sont engagés à nouveau par contrainte, contre leur gré. Il est l'heure que vous vous unissiez, chers parents et chers frères Ivoiriens. Vous n'êtes pas les seuls à en souffrir, il y a beaucoup d'autres Africains qui en souffrent, pratiquement des Burkinabés qui y ont des parents, et ceux qui aiment aussi la Côte d'ivoire, ce si beau et riche pays de par sa renommée.

Mon patron, à l'instar d'autres autorités militaires, civiles et administratives, quoique certains d'entre eux soient même auprès du président Compaoré, en souffrent et en parlent. Nombreux sont les Burkinabés de tous rangs sociaux qui voient en Gbagbo Laurent un véritable modèle et leader charismatique dont a besoin l'Afrique. Certains iront même à dire, si nous pouvons avoir un homme si courageux comme cet homme dans ce pays, capable d'affronter le président Blaise, nous nous alignerons. A dire vrai, les Burkinabés sont fiers du président Gbagbo et cherchent un leader de sa trame pour faire tomber ce manguier. Dieu est Grand et il y a déjà des Gbagbo-bis qui se préparent dans l'ombre avec le soutien de certains grands officiers. L'heure approche, ce manguier tombera et la sous-région retrouvera sa paix, et le Burkina Faso aura son image redoré. Nous avons honte de notre chef qui est reconnu comme le déstabilisateur de toute la sous-région. Son heure approche aussi à petits pas. Chers Ivoiriens, c'est le temps de vous unir et d'être plus fort que jamais car voici en quelques lignes ce qui va se passer dans ce si beau pays que jalousent ceux qui veulent le détruire.

Demandez à tous nos parents qui sont dans la Zone Ouest, les allogènes et les autochtones de faire très attention car il y a des mercenaires qui ont été déjà engagés, des escadrons de la mort à la solde de Mr Ouattara, qui d'ailleurs est un Burkinabé et d'ailleurs, ici même au Burkina, l'âme la plus ignorante elle-même sait que cet homme est un véritable Burkinabé. Tous les élèves et étudiants Burkinabés le savant, toute l'administration ici le sait, tout le monde, oui, je dis bien tout le monde le sait, c'est pourquoi, il n'a aucune pitié pour les Ivoiriens et est prêt à tuer même ses propres frères Burkinabés, avec la complicité du président Compaoré, de la France de Sarkozy et ses autres alliés Européens et Américains. Ils veulent passer à une opération qu'ils vont appeler "Les escadrons de la mort de Gbagbo". Leur but sera d'envoyer des mercenaires Sierra-léonais, Libériens et Burkinabés en plus de ceux des Forces Nouvelles qui vont semer la terreur et la mort dans toute la Côte d'Ivoire, ils vont opposer les habitants des régions de l'Ouest. Dans la région de Man, ils vont tuer beaucoup de militants du RHDP dans des villages, tuer des Baoulés du PDCI, tuer des Dioulas du RDR, tuer des étrangers de la sous-région, ils vont attaquer des mosquées, tuer des chefs religieux musulmans et des opérateurs économiques Français et accuser les soi-disant "ESCADRONS DE LA MORT DE GBAGBO" qui d'ailleurs a été monté par eux-mêmes.

Mr Alassane Dramane Ouattara est un sadique, il est sans pitié pour vous, Ivoiriens. Ils planifient tuer des leaders de l'opposition qui font route avec eux, dont l'ex-président Henri Konan Bédié qui a une forte communauté ethnique derrière lui, ils vont créer la chienlit sur toutes les zones occupées par le gouvernement du président Laurent Gbagbo... Ils sont en train de corrompre quelques corps habillés du gouvernement, c'est une stratégie de révolte : pousser toutes les ethnies à la haine et à s'affronter les unes les autres, et la rébellion en profitera pour attaquer, semer une confusion totale dans le pays, de sorte à affaiblir l'armée Ivoirienne qui soutient le président Gbagbo. C'est de là que des positions armées déjà prévues via le Burkina, passeront à l'action : l'armée nigériane, sénégalaise et française ; d'ailleurs les dernières citées sont déjà positionnées, ici. Frères Ivoiriens, vous la jeunesse, la Côte d'Ivoire compte sur vous; les Burkinabés disent: "La patrie ou la mort, nous vaincrons!". Que cela soit votre devise, en ces temps qui courent. Toute l'Afrique vous regarde et même le monde.

Vous êtes rentrés dans l'histoire de votre destinée. Dieu est toujours avec le juste qui est faible. Comprenez Soro Guillaume, il est devenu l'otage de la France, car il a un dossier très sale qui le suit, lui qui parle du TPI aux autres, c'est ce qui le menace et le contraint, par Mr Ouattara et Compaoré avec la France, de s'aligner, sinon, gare! De même que ses chefs de guerre et ses ministres, un mot d'ordre leur a été donné, sinon ils n'échapperont pas au TPI. Soro doit se souvenir de l'attentat manqué contre lui qui a dû couter la vie à certains de ses proches... Je t'informe cher frère Soro, qu'à la fin, toi et tous ceux d'entre vous qui êtes rebelles contre votre cher patron ADO, ils vous tueront et reprendront leur pacte avec leurs alliés dans le but d'affaiblir le parti de Konan Bédié (PDCI). Ouattara va s'éterniser au pouvoir s'il l'a, et s'en allant, il le remettra à un autre étranger pur sang comme lui en vue de corriger les Ivoiriens de leur orgueil, comme ils le disent, ici.

Le chef rebelle fidèle à Mr Ouattara est rentré en Côte d'Ivoire après insistance. Il refuse de collaborer avec des traitres, comprenez par là Soro, Wattao et leurs alliés. Donc ce qui a été arrêté, c'est qu'on doit les utiliser et après régler leur compte car un traitre demeurera toujours un traitre... Il n'y a plus de confiance entre eux. Ils veulent aussi procéder à un assassinat sur la personne du président Gbagbo. Ils cherchent en ce moment quelqu'un proche de lui pour le faire. Priez pour la Côte d'Ivoire, Dieu seul peut la sortir de là... Je vous aime, chers frères ; certains officiers supérieurs de l'armée burkinabé vous aiment. Vous serez nos modèles si vous résistez à ce grand ennemi qui est la France ! Nous vous suivrons juste après. Dites au président Gbagbo que le Peuple burkinabé et des soldats de l'armée burkinabé l'aiment ; nous n'allons pas vous trahir. Certains de nous vont trahir le combat, il y aura une grande confusion qui risquera d'atteindre le Burkina Faso aussi, car "celui qui sème le vent récolte aussi la tempête". Quelques soldats Burkinabés vous aideront, nous n'accepterons pas tous de détruire la Côte d'Ivoire pour faire plaisir aux occidentaux, surtout à la France. Sarkozy, Blaise et Wade veulent la mort de Gbagbo, c'est tout.

Aujourd'hui, ils sont en train d'associer à eux le Nigérian Goodluck. J'aurais appris de source très sûre que beaucoup de chefs d'Etat sont contre ce fait ; ce faisant, ils ont demandé à la France de faire une pression sur ces chefs d'Etat-là et c'est ce qui se passe, en ce moment. La Côte d'Ivoire est sur le point d'être attaquée, c'est juste quelques chefs d'Etat africains qui les retiennent. Ils ont déjà apprêté l'armée burkinabé, nigériane et sénégalaise, ainsi que des soldats français...

Je vous prie de bien vouloir faire circuler ce message partout, même dans la sous-région si vous y avez des amis. Priez surtout, frères Ivoiriens, priez pour votre pays et pour votre gouvernement. Un évêque d'ici a dit à mon patron, récemment, que le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire est un chef établi par Dieu, car avec toute cette pression, ce Monsieur résiste et est toujours là... Je vous demande de balancer ce message dans des sites de la presse ivoirienne et africaine.

Que Dieu vous bénisse ! Votre frère Dao, qui est à la disposition de la Côte d'Ivoire, autant de fois qu'il pourra.


 

Source : GBAGBO.CI

lundi, 03 janvier 2011

MANŒUVRES POUR IMPOSER OUATTARA : LES AVEUX DE PARIS MATCH SUR LE MANQUE DE STRATEGIE DE LA FRANCE



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In Le Nouveau Courrier N°167 du 31 Décembre 2010 par Joseph Titl, une correspondance particulière


En immersion dans la République hôtelière du Golf, les journalistes français de Paris Match qui ont accompagné leur Ambassadeur dans sa tournée de ravitaillement, nous livrent quelques croustillances locales. Par exemple, la peur de Ouattara d'être pris en photo, certainement parce qu'il est physiquement amaigri, la tournée de popote quasi quotidienne de l'Ambassadeur français elle-même, la confrontation religieuse qu'espère l'Elysée en faisant de la garde rapprochée de Ouattara une affaire de militaires français exclusivement musulmans et l'équation Gbagbo qui n'est plus aussi simple que l'imaginait Sarkozy...


Ya bien une vie à l'hôtel du Golf, même s'il ne faut pas compter sur des journalistes français pour en montrer toutes les vicissitudes. Cela dit, au détour de quelques mièvreries, on s'aperçoit bien vite que ses «habitants», ouvriers de la douzième heure partis, pour l a plupart, à la rencontre de lendemains qui chantent, sont tous aujourd'hui à bout des nerfs. Même Alassane Ouattara, qui cristallise toutes ces illusions, refuse désormais de se faire photographier, sans doute plus amaigri que lors de ses premières sorties, aux lendemains de la proclamation d e la victoire de Laurent Gbagbo. C'est une posture «humiliante», écrit Paris Match qui explique que le président du RDR veut dorénavant se faire photographier au palais présidentiel. Cela dit, le reportage décrit assez aisément les conditions dans lesquelles reçoit Henri Konan Bédié : une chambre faisant office de salon, avec un petit poste qui diffuse France 24, indéfectible lien avec la communauté internationale. Mais malgré le soutien de celle-ci, impossible de bien dormir à l'hôtel du Golf. «La nuit, ils nous disent : on va vous bombarder au mortier à 4 heures du matin. Ils (les FDS, ndlr) veulent nous faire craquer, mais ils n'y arriveront pas», rapporte les envoyés de Paris Match, citant un obscur fonctionnaire du gouvernement virtuel de Ouattara.

Mais il n'ya pas que les gens tétanisés et irrités, de même que Guillaume Soro, sorti très affaibli du cuisant échec de la prise manquée de la Rti avec ses soldats d'opérette, eux qui jouaient jusque-là les matamores devant les cameras des télévisions occidentales, ou encore la vision pathétique de la tente servant de salle de conseil des ministres dans la cour de l'hôtel du Golf et où, fort probablement, Ouattara doit avoir signé la kyrielle de décrets de nomination, jusque-là sans conséquence sur la vie nationale. Il y a surtout ce qu'il en reste d'illusions, de complotite et du grand rêve françafricain de Jean-Marc Simon, l'Ambassadeur de France que ses compatriotes présentent avec une grande tranquillité mêlée de dévotion patriotique comme un barbouze qui a voué trente longues années de sa vie africaine à faire des coups tordus à N'Djamena, à Libreville, à Bangui, Kinshasa... qui sont autant de terres de guerres ou d'émeutes. C'est lui le nouvel intendant des rebelles du Golf. Prévenant, il leur prépare même des cartons de hallal, la viande qui répond aux caractéristiques musulmanes, pace que pour protéger Ouattara, Jean- Marc Simon veut proclamer la guerre sainte à Gbagbo en choisissant des militaires français exclusivement musulmans. Il leur sert aussi du thé, du riz et, qui sait, les dernières positions des loyalistes puisque c'est par les airs qu'il fait désormais ses randonnées quotidiennes après s'être fait une belle frayeur ce jeudi de la prise avortée de la Rti. Pour les journalistes de Paris Match, la France a donc choisi son camp, ce qui n'a rien d'un scoop mais, au moins, c'est le principe de l'exemplarité démocratique qui devient dans la bouche de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, une simple forfaiture, sans doute une de plus.


Du rêve à la réalité

Mais entre ses rêves et la réalité, la France sait désormais qu'il ya un monde et que « l'opération faire partir Gbagbo» n'est plus aussi simple que cela, en raison de la mobilisation populaire. «Ce sont des patriotes, des jeunes désœuvrés, souvent payés pour manifester, qui risquent de s'opposer aux casques bleus», craignent les français. «Comment empêcher 5000 personnes désarmées, de pénétrer dans l'hôtel, ou comment le ravitailler (Ouattara, ndlr) s'ils se couchent sur la route en travers des blindés de l'ONU ?», se triture par ailleurs les méninges un diplomate français, cité par Paris Match. Conséquence, la France pronostique désormais ouvertement l'enlisement de la crise en rais on de la stratégie d'évitement que Laurent Gbagbo use à merveille. En effet, là où les Français l'attendaient sur le terrain de la confrontation directe avec les casques bleus, Gbagbo a répondu à ses partisans qui voulaient en découdre «qu'ils s'en iront par voie diplomatique». «Après quarante huit heures d'hésitation, Il (Gbagbo, ndlr) semble vouloir éviter l'affrontement direct avec les casques bleus, qui risquerait d'entraîner une riposte frontale de la communauté internationale, en premier lieu des troupes françaises. Cette fois-ci, elles ne s'arrêteront pas aux grilles de la présidence», espérait Jean- Marc Simon. En pure perte. Bref, passés les rodomontades, les coups de semonce médiatico-égotiques et la quasi unanimité internationale des premiers jours, Paris n'a plus une stratégie crédible et espère que Gbagbo va se pousser à la faute tout seul. Certes la CEDEAO est encore à la manette, mais à vouloir lui confier, à lui tout seul, le sale boulot, la CEDEAO s'en retrouve déjà complètement décrédibilisée, étant elle même un foyer de putschistes à peine reconvertis.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

CI : DUMAS ET VERGES DENONCENT LE MENSONGE GROSSIER DE LA PRESSE ET DES AUTORITES FRANÇAISES



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Après leur visite à Abidjan : Dumas et Vergès : «Notre slogan, ce sera recomptons les voix»


In Le Nouveau Courrier N°168 du 03 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula.


Au terme de leur visite de quatre jours sur le territoire ivoirien, à l'invitation du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, l'ancien président du Conseil constitutionnel et ancien ministre des Affaires étrangères de la France, Roland Dumas, et l'avocat de renom Jaques Vergès ont pu se faire une opinion de la crise post-électorale.


«De retour en France, nous allons faire des conférences de presse, nous dirons la vérité au peuple français. Et nous sommes sûrs que l'entreprise actuelle du gouvernement français contre la Côte d'Ivoire est une entreprise criminelle qui doit être sanctionnée», a déclaré Jaques Vergès. Lui et son confrère Roland Dumas s'expliquent difficilement l'ingérence du gouvernement français dans une «affaire ivoiro-ivoirienne». «Il y a eu un contentieux électoral dans un pays souverain, ce que peut faire la France, c'est d'aider la Côte d'Ivoire à sortir pacifiquement de la crise et non de faire planer une menace de guerre. Le président Gbagbo a appelé les bonnes volontés à venir évaluer le contentieux, à recompter... Il faut saisir cette main tendue et non faire planer la menace de la guerre. Nous, nous pensons qu'il faut recompter. Notre slogan, ce sera recomptons les voix», ont noté Mes Vergès et Roland Dumas, qui estiment que si Alassane Ouattara pense qu'il a gagné régulièrement ce scrutin présidentiel, il devrait également adhérer à l'idée du recomptage des voix, sous le contrôle d'observateurs crédibles.

Mais en même temps, au regard de tous les rapports mis à leur dispositions, ces personnalités françaises ont conclu qu'il y a eu des «fraudes massives» dans les zones contrôlées par la rébellion. «Qu'est-ce qui s'est passé aux Etats-Unis que l'on prétend être le temple de la démocratie aux élections entre Al Gore et George Bush ?», a interrogé l'ancien président du Conseil constitutionnel français, avant de répondre lui-même qu'il y a eu tout simplement le recomptage des voix. «Personne ne s'est senti humilié aux Etats-Unis». Il ne comprend pas pourquoi Alassane Ouattara, retranché au Golf Hôtel, refuse le recomptage des voix. «Pourquoi une partie dit oui et l'autre dit non ? C'est déjà très suspect», a déclaré Roland Dumas, rappelant que c'est une question de bon sens. «Celui qui refuse qu'on recompte les voix, c'est que sa majorité n'existe pas», a ajouté Jaques Vergès, qui s'explique difficilement le fait que Laurent Gbagbo qu'on dit minoritaire circule librement, dans le peuple, et qu'Alassane qui est présenté comme majoritaire reste cloitré dans un Hôtel à Abidjan.

Jacques Vergès et Roland Dumas, estiment que Gbagbo est combattu parce qu'il refuse de faire partie du cercle des camarades, des présidents africains corrompus. Ils ont rappelé qu'en Afrique, des pays, tels que l'Angola, le Ghana, l'Afrique du Sud, l'Algérie..., ne sont pas d'accord avec la campagne anti-Gbagbo qui est menée touts-azimuts par le gouvernement français.


Source: LE NOUVEAU COURRIER