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mardi, 07 décembre 2010

WIKILEAKS : LES TELEGRAMMES AMERICAINS DEVOILENT LES CLAUSES SECRETES DE LA "FRANÇAFRIQUE"

 

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Certaines "clauses secrètes" des anciens accords de défense liant la France à plusieurs pays africains ont été décrites aux diplomates américains par des conseillers de Nicolas Sarkozy. De nouveaux télégrammes diplomatiques américains obtenus par WikiLeaks et dont le contenu a été révélé par le quotidien français "Le Monde" samedi, rendent publics ces échanges.

Certaines clauses secrètes d'accords conclus dans les années 60 entre la France et ses ex-colonies africaines ont été évoquées devant des Américains afin de justifier leur révision, selon des mémos américains de WikiLeaks, rendus publics samedi par Le Monde.

« Les accords avec le Cameroun et le Gabon contiennent des dispositions absurdes, obligeant la France, sur demande, à intervenir en cas de troubles dans ces pays », rapporte ainsi un télégramme américain, citant Rémy Maréchaux, ancien conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy.

Lors d'un entretien avec un diplomate américain, le même conseiller souligne le caractère « ridicule » dautres clauses secrètes accordant à la France le monopole des ressources naturelles dans certains pays. « Imaginez-vous, lance-t-il, que nous puissions invoquer notre accord avec le Togo pour lui ordonner de bouter la Chine hors de "notre" pays? », aurait-il ajouté.

Profiter de la fin annoncée de la "Françafrique"

La rupture de la politique française en Afrique, affichée depuis 2007 par le président français Nicolas Sarkozy, a été bien accueillie par les Américains qui y ont vu une possibilité d'accroître leur influence sur le continent, montrent d'autres télégrammes diplomatiques.

« Les Français accueillent favorablement l'extension de la présence américaine en Afrique comme moyen de contrebalancer lexpansion régionale de la Chine », note un mémo. La nouvelle politique française « peut donner aux États-Unis des occasions détendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance ni d'interférence de la France », relève un autre télégramme.

Aujourd'hui, « la France est un de nos plus puissants alliés en Afrique », résume un mémo datant du 25 janvier 2010 de l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton.


Source: JEUNE AFRIQUE

18:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, wikileaks, françafrique, jeune afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 06 décembre 2010

COTE D'IVOIRE: BAN KI MOON, UN BON Y-VOIT-RIEN


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Dès que vous parlez d'élections en Afrique, les esprits les plus clairvoyants des civilisations occidentales échappent difficilement à l'idéologie et aux préjugés sectaires. Mais le plus grave, c'est que les journalistes ou politiques européens véhiculent une certaine idée de la pratique du droit, qui, ma foi, est toute contraire à l'idéologie de progrès chez les Africains. Un cas d'école vient de surgir : La Côte-d'Ivoire.

L'illusoire démocratie

Si les uns et les autres veulent galvauder l'histoire du peuple africain en matière d'organisation de la cité, de sa structuration, de son fonctionnement, alors il convient pour comprendre l'histoire de chaque peuple, de faire un bond dans sa société antique, celle qui est à l' originede la pensée cognitive structurée. Ceux qui tendent à donner des leçons au peuple ivoirien se sont-ils plongés, un tant soit peu, dans l'histoire et l'historicité du problème politico-ethnique ? Aujourd'hui, les voix s'élèvent pour fustiger une certaine manière de se conduire dans la démocratie en Afrique. Pourquoi le cas de la Côte-d'Ivoire suscite tant de convoitises et de hantises ?

Les puissances occidentales, à travers leurs lobbies, tendent à propager une absence de codification du Droit dans l'Afrique néocoloniale. Et pourtant, nul n'ignore que l'organisation des élections ivoiriennes est le résultat d'un large consensus et repose sur un code propre à tous les peuples : la Constitution ! C'est à dessein, parce que c'est un vieux combat historique qui s'agite depuis l'aube des temps, que l'on s'acharne à ne pas reconnaître aux Africains un droit à leur histoire, un droit à leur civilisation, un droit à leur culture, un droit à leurs libres élections, sans être sujets aux jugements et aux procès.

Pourquoi toutes ces voix qui s'élèvent aujourd'hui contre Gbagbo ne se sont-elles pas faites entendre sous d'autres cieux, en mal avec la démocratie ? Pourquoi les médias français ne se sont-ils pas faits l'écho de toutes les exactions dont sont victimes les Africains au quotidien ? Pourquoi ce secrétaire de l'Onu n'a -t-il pas condamné des victoires réellement truquées en Afrique ? Pourquoi lui est-il difficile d'admettre que dans toute démocratie, seul un organe de droit, à savoir le Conseil constitutionnel, peut valider ou invalider les résultats d'élections ? Pourrait-il admettre qu'il y a eu un délai de forclusion, et que selon la Constitution ivoirienne, passé le délai, seul cet organe institutionnel était habilité à publier les résultats ? Durant deux jours, où était passé le président de la CEI -commission électorale indépendante- avec les procès verbaux ? Tout cet angélisme de la communauté internationale qui se réveille sur le tard, fait simplement honte et nous réduit, peuples africains, en simple mendiants du droit d'exister.

Laurent Gbagbo n'est-il pas à l'image d'un certain Willem Amo, philosophe de la Gold Coast (actuel Ghana) qui fut banni par ses pairs européens pour avoir dit être le précurseur de la pensée historique africaine ? Oui, Alassane Ouattara a une épouse blanche, de surcroît une française. Cette simple contingence l'amnistie-t-il de tout précédent en Côte-d'Ivoire ? Ce qu'elle tend à oublier, cette communauté internationale, c'est que, sous d'autres cieux, Alassane Ouattara ferait l'objet d'un mandat d'arrêt, pour incitation à la haine raciale et tribale. Ces pacifistes de la nouvelle aube n'ont pas condamné, à une certaine période, ce qui s'est passé en Côte-d'Ivoire : un pouvoir légitime et légal qui s'est fait attaquer par les armes. Certains auteurs de ces forfaits jouissent d'ailleurs bonnement de l'asile politique dans certaines capitales occidentales.

Le combat du peuple ivoirien est celui de tout un continent, d'une civilisation jetée aux orties. Tout comme les Noirs portent tous les maux de la terre, il en a été de même en ce qui a concerné l'émergence de la pensée africaine ; on n'a pas reconnu aux philosophes et penseurs noirs la paternité d'être les précurseurs de la modernité et de la société évolutionniste. Hegel en son temps écrivait : « l'esprit égyptien s'est révélé comme enclos dans les caractères particuliers, comme amené en ceux-ci bestialement, mais aussi s'y mouvant dans une agitation sans fin».

Quand bien même, on ne serait pas passionné d'histoire, il nous revient, par rapport à la marginalisation tous azimuts de l'Afrique dans la civilité moderne, que si elle l'est aujourd'hui, ce n'est pas faute d'avoir pensé autrefois. C'est simplement parce qu'on veut confiner les Africains dans la pensée unique. Cette pensée unique s'établit dans une forme d'establishment normatif : médias, armes, argent...

Nul ne saurait être aveugle devant les Institutions qui régissent la Côte-d'Ivoire: Code électoral, Constitution etc. Si l'Onu décide aujourd'hui de faire preuve de bon sens, qu'elle déloge donc tous les dictateurs qui se sont emparés du pouvoir en Afrique! Que l'Onu aille dans tous les paradis fiscaux dénicher les biens mal acquis! Alors, nous croirons que ce « machin», comme l'appelait De Gaulle, sert bien à quelque chose.

Laissez les africains écrire leur histoire

Dans le domaine des droits humains, des libertés, dont le monde entier célèbrera la déclaration universelle ces jours, l'imposture et l'hibernation ne sont pas moins dévastatrices. Parce que pour la plupart des intellectuels, critiques et politiques occidentaux, être africain est synonyme de "primitif", vu que l'expression des libertés fondamentales, chez les Noirs d'Afrique, se manifeste par la violence et la brutalité. Si la violence semble traduire l'expression d'une accession à l'indépendance, toutes les parties belligérantes sont alors au même niveau. Puisque face à la violence des peuples insurgés, la réponse s'est faite par la violence.

Vivre, prouver qu'on a des droits suppose, dans cet unilatéralisme mondial, s'affirmer derrière un masque occidental. Que veut dire aujourd'hui pour un Occidental démocratie ou droits humains ? C'est l'affirmation aux peuples primitifs d'Afrique, la marque à suivre, le modèle unique, vers la norme suprême du beau, le modèle européen : l'illusion démocratique !

Une attention jetée sur la manière dont sont traités les problèmes des droits tant civiques que politiques en Afrique démontre, à n'en plus douter, que le modèle importé de liberté est celui que l'Afrique doit impérativement chanter, y compris avec ses intellectuels.

Ce qui, fort malheureusement, était la chasse gardée de l'intelligentsia dans notre société , à savoir les libertés, est aujourd'hui un champ de ruines ; parce que les détenteurs des savoirs, qui croyaient être les héritiers naturels du monde politique, sont passés à côtés de leur mission : celle de donner une orientation concertée. Il ne s'agit pas dans le cas espèce, de faire de Gbagbo un saint ou de penser que seule la dimension morale suffit à faire d'un homme politique,un véritable gardien des droits humains. Il s'agit plutôt, à mon avis, de redonner à la pensée politique, une physionomie humaine.

La classe politique africaine moderne dénonce, et cela est d'actualité, cette manière de vouloir penser le monde et de penser à la place du monde. Il faut qu'un droit, s'il est valable, soit le même pour tous: le respect des Institutions par la communauté internationale. Il n'appartient plus aux Africains, après tant d'années d'impostures et de falsification de l'histoire des libertés, de rester sous le joug de l'exploitation mercantiliste et dévotionnelle.



Aimé Mathurin Moussy in Agoravox le 4 décembre 2010

REELECTION DE LAURENT GBAGBO EN COTE D'IVOIRE: LETTRE A MONSIEUR NICOLAS SARKOZY DE NAGY-BOCSA


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Côte d'Ivoire: Suite à la réélection proclamée ce jour du président sortant Laurent Gbagbo, qui est dans le collimateur de la France depuis dix ans pour délit de non conformité aux règles de fonctionnement de la Françafrique, le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy a mis en branle toute l'artillerie lourde dont il dispose pour rendre caduque la volonté du peuple ivoirien exprimée par les urnes. A l'heure où il cherche fébrilement comment intervenir militairement en Eburnie sans mettre en péril les ressortissants français en Côte d'Ivoire et dans les autres pays africains, qui observent très attentivement ce qui se passe à Abidjan, nous nous adressons à lui à travers cette lettre ouverte.


Monsieur Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa,

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je trouve très horripilant d'être prise pour une cruche par un voyou, pour reprendre le terme utilisé par l'hebdomadaire français Marianne pour vous qualifier. Votre rapport entravé avec la vérité et votre addiction aux magouilles et tripatouillages en tous genres est historique, comme le prouvent votre implication dans les affaires Woerth-Bettencourt, l'attentat de Karachi, les cambriolages des bureaux et domiciles des journalistes enquêtant sur les casseroles qui vous collent aux talonnettes, sans parler de vos mensonges éhontés relativement à votre présence à Berlin le jour de la chute du Mur ou à propos de la soi-disant adhésion de la Chancelière allemande Angela Merkel à votre politique d'expulsion des Roms. Je ne mentionne même pas le jour où vous avez chapardé un stylo en Roumanie, ou celui où vous avez insulté l'un de vos concitoyens de « pauvre con»  en mondovision. J'observais toutes vos bouffonneries en spectatrice hilare, n'étant nullement concernée par tout ce qui touche à la Gaule. Je ne suis sortie de ma réserve que trois fois : en août 2006, alors que vous étiez encore ministre de l'Intérieur, je vous dédiais un édito à propos de votre politique d'immigration choisie, puis en juillet 2007, quand vous êtes venu insulter l'Homme africain à Dakar, et enfin en décembre 2008, lorsque vous avez cru bon de monter sur vos ergots pour «exiger le départ du pouvoir du président zimbabwéen Robert Mugabe».

Je ne vais rien vous cacher, monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa : je fais partie de ceux qui n'aiment pas la France. C'est comme ça : c'est viscéral, c'est génétique, c'est historique. Il faut dire que le passé colonial de la France en Afrique francophone a été suffisamment sanglant pour entacher négativement nos relations de façon durable et que la politique néocoloniale prévaricatrice à laquelle vous persistez à vous livrer à travers la nébuleuse de la Françafrique ne fait rien pour arranger cela, bien au contraire.

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Hier, dans un communiqué officiel relatif à l'élection présidentielle ivoirienne, vous avez dit que « la Commission électorale indépendante s'était acquittée avec rigueur de sa mission.» Monsieur Sarlozy de Nagy-Bocsa, je crois que nous avons une compréhension très différente de la notion de rigueur. Prenons au hasard les résultats de la région du Bandama, tels que mentionnés sur le procès-verbal officiel de ladite commission chargée des élections en Côte d'Ivoire, que vous avez félicité si chaudement. Pour une meilleure illustration, j'ai scanné le document. A ce stade, nous n'évoquerons pas les exactions qui ont pu être commises lors de cette consultation électorale, bien qu'il soit utile de préciser que le représentant du candidat de la LMP a été obligé de signer ce procès-verbal sous la contrainte. Des faits, rien que les faits. Regardons donc le travail rigoureux que vous avez tant apprécié chez les membres de la CEI. N'allons pas loin : dans un premier temps, additionnons simplement les chiffres colonne par colonne. Toutes les calculatrices de la planète trouveront qu'en lieu et place des 374.196373.834.
inscrits, les chiffres compilés dans le document ci-dessus donnent comme résultat réel
La deuxième colonne est encore plus savoureuse Monsieur Sarlozy de Nagy-Bocsa. Le total exact des «votants réguliers» résultant des chiffres immortalisés par vos amis de la CEI donne 178.555, en lieu et place des 292.702 mentionnés. Une différence de 114.147 votants. Rien que ça ! Quelle rigueur, quelle précision dans les calculs en effet.

Ca continue dans la colonne des « votants non inscrits ayant voté » : l'addition de leurs propres chiffres donne un résultat de 5.5225.612 (soit une différence de 90 voix).
personnes, mais chez eux cela devient
Là où ça devient carrément rocambolesque, c'est quand on arrive aux suffrages exprimés. Pour rappel, les suffrages exprimés représentent le total des votants (réguliers + ceux non inscrits ayant voté) duquel on soustrait le nombre de bulletins nuls. Prenons la ville de Bouaké. D'après le procès-verbal, il y a eu 48.301 votants réguliers + 2.761 votants non inscrits ayant voté, desquels on déduit les2.662 bulletins nuls recensés. Cela donne donc 48.400 suffrages exprimés, croyez-vous ? Que nenni ! A Bouaké, avec la méthode rigoureuse que vous avez louée avec tant d'empressement et de vigueur, cela donne subitement 159.588 suffrages exprimés. Sans blague. Il faut croire que qu'ils en ont été eux-mêmes tellement surpris  qu'ils ont « oublié » d'allouer ces 108.617 voix surnaturelles aux candidats. Ainsi, à Bouaké, le candidat Laurent Gbagbo a obtenu 22.845 votes, alors qu'Alassane Dramane Ouattara se retrouve crédité de 42.070 votes. Ce qui donne un total de 64.915 voix. Ce qui ne colle ni avec les 159.588 miraculeux suffrages exprimés selon la CEI, ni aux 48.400
suffrages exprimés réellement.
Que dire du total des voix d'Alassane Ouattara dans la région du Bandama ? Lorsque l'on additionne les chiffres des cinq circonscriptions électorales, on trouve un total de 149.598 voix.  Mais ce chiffre est subitement transformé en 244.471 voix, soit 94.873 voix providentielles apparues là comme par magie.

Le taux de participation réel est donc de 47,52%. Vous vous rendez compte des implications politiques de ce chiffre ? En clair, Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa, cela signifie que les populations Baoulé n'ont pas suivi le mot d'ordre de vote d'Henri Konan Bédié. Elles sont massivement restées chez elles. Le taux de participation a donc chuté de 77,55% au premier tour à 47,52% au 2nd tour. Plus d'un tiers de ceux qui ont participé au premier tour se sont donc abstenus! Quel désaveu !

En conclusion, Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa, rien que pour le procès-verbal de la région du Bandama, situé en zone CNO sous contrôle rebelle, et en tenant compte des chiffres mentionnés et additionnés correctement, le candidat RDR aurait obtenu 84,21% des suffrages exprimés, tandis que celui de la LMP en emporterait 23,52%. Ce qui donne un total de 107,74%, ce qui est un peu gênant, je suis sûre que vous en conviendrez avec moi. Nous savons votre notion de « rigueur » chancelante, mais à ce point...

Monsieur le président de la République française, il y a trois ans, votre serviteur Abdoulaye Wade vous a laissé venir à Dakar nous dire que nous, Africains, sommes des sous-hommes. C'est votre vision. Souffrez donc que nous vous réitérions la notre. La Côte d'Ivoire est un état de Droit, souverain, doté de lois et textes organiques que tous nos partenaires sont tenus de respecter, comme nous respectons les leurs. Pour nous, l'élection du président de la République de Côte d'Ivoire n'est pas l'élection d'un sous-chef de classe dans une école primaire à Issy-les-Moulineaux.

Dans votre communiqué officiel précédemment cité, vous faites référence à la proclamation des résultats provisoires du scrutin hier-après midi par le président de la Commission électorale indépendante et vous lancez un appel aux dirigeants et responsables ivoiriens concernés «pour que le processus électoral, si bien engagé, s'achève rapidement dans un climat apaisé et ouvre à la Côte d'Ivoire une nouvelle ère de paix et de prospérité».

En proclamant les résultats depuis le quartier général de la rébellion et du RHDP plus de 16 heures après l'expiration du délai légal prescrit par la Loi et en dehors des formes et du cadre prévus à cet effet, le président de la CEI Youssouf Bakayoko a enfreint non seulement la Constitution de notre pays, mais également le Code électoral ivoirien et le règlement intérieur de l'institution qu'il dirige, ce que vous n'êtes pas sans ignorer, puisque l'Elysée a été la première à pousser des cris d'orfraie à l'expiration du délai légal de proclamation des résultats provisoires par la CEI, qui était fixé au mercredi 1 décembre à minuit.

En validant ce comportement hors-la-loi et en vous en faisant le porte-voix, vous vous désignez comme l'instigateur et le parrain de cette ridicule et ubuesque tentative de coup d'Etat électoral, qui est, il faut l'avouer, bel et bien à votre image : vaudevillesque et pitoyable. Si la vie et l'avenir de millions de personnes n'étaient pas en jeu, on en rirait!

Hier, à peine trois minutes après l'annonce clandestine, illégale et donc non avenue des «résultats provisoires» par votre très rigoureux ami de la CEI, tous les  médias d'Etat français et affiliés avaient changé leur programmation, avec diffusion du portrait d'Alassane Ouattara, émissions spéciales, interruptions des émissions, identité graphique dédiée, et absolument aucune mention d'une quelconque appréhension sécuritaire ou de l'intervention du président du Conseil constitutionnel, pourtant antérieure à celle de l'ami Youssouf Bakayoko. Aujourd'hui, alors que le Conseil constitutionnel a annoncé la victoire définitive de Laurent Gbagbo depuis 15h30, nous sommes toujours en attente de la diffusion de son portrait ou d'émissions spéciales apologiques qui lui seraient consacrées. A la place de cela, nous avons droit à des prises de paroles haineuses et vindicatives (celle du journaliste Vincent Hugueux de l'Express sur France 24 devrait faire date en la matière) et du fait que depuis quelques minutes, vous semblez vous être souvenus qu'il y a 16.000 Français en Eburnie.

Compte tenu du refus constant de la France d'entamer une relation de partenariat équitable avec la Côte d'Ivoire et bien d'autres pays africains, couplée à votre incapacité à trouver des solutions au marasme socio-économique dans lequel vous avez plongé la France depuis votre élection en Mai 2007 ainsi que votre propension à user des mêmes méthodes que votre prédécesseur Jacques Chirac dans votre entreprise d'appropriation de la Côte d'Ivoire, la suite est connue. Peut-être aurez-vous l'amabilité de nous communiquer la chronologie qui vous sied pour l'édition 2010 de vos forfaits ? En attendant, voici la liste non exhaustive que nous connaissons par cœur, vous pensez bien : incitation aux troubles insurrectionnels urbains, attaques organisées par vos soins des intérêts économiques français et étrangers en Côte d'Ivoire, afin d'en faire porter la responsabilité au président Gbagbo, campagne médiatique anxiogène sur «Gbagbo et les jeunes patriotes-chasseurs-de-Blancs», résurrection des escadrons de la mort, manipulation de l'opinion internationale à travers des informations biaisées et fausses, disparitions opportunes de barbouzes, financement occulte des terroristes de la rébellion, résolutions fantaisistes au Conseil de sécurité de l'ONU, guerre, accords de «paix» obtenus sous la contrainte...

Votre façon, Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa, de nous prendre pour des amputés du cerveau est crispante. Elle correspond au mépris que vous éprouvez à notre endroit, mais quand même ! Est-ce votre manque d'intelligence, de créativité ou tout simplement votre nature roublarde et brouillonne qui vous empêchent d'être un peu plus fin et discret dans l'élaboration et l'implémentation de vos stratégies de déstabilisation et de main mise sur la Côte d'Ivoire? Ce n'est pas faute d'avoir tenté, mais vous n'avez même pas réussi à imposer votre fils à la tête d'un simple établissement public pour l'aménagement d'une région parisienne et vous pensez pouvoir décider qui va présider la Côte d'Ivoire ? Je vous assure, Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa, cela est vraiment vexant.

A cause de la guerre militaire, diplomatique, médiatique, politique et économique que votre pays mène au notre depuis maintenant 8 ans,  nous avons été contraints de vivre dans la peur et la pauvreté et de faire des concessions indigestes et avilissantes. A la prospérité et au bien-être ont succédé la mort, le viol, le pillage, la déchéance. Nous ne reprendrons plus cette route. Je pense que ce serait bien si vous vous le teniez pour dit, monsieur le président de la République française. Quiconque tentera d'entraver notre dignité, notre liberté et notre développement, nous le combattrons désormais, sans concession.

Il n'est cependant pas trop tard pour vous rattraper. Votre souhait a été exaucé. Le processus électoral s'est achevé dans le calme ce jour. Le 28 novembre 2010, le peuple ivoirien a voté. Le Conseil Constitutionnel, seul organe habilité à proclamer les résultats définitifs des élections en Côte d'Ivoire, vient de déclarer Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle avec 51,45% des suffrages. C'est lui que les Ivoiriens ont désigné pour diriger leur pays pendant les cinq prochaines années et ouvrir « une ère nouvelle de paix et de prospérité». Vous pouvez nous féliciter ! Et rappeler au candidat Alassane Dramane Ouattara qu'il s'est engagé à respecter les résultats du Conseil constitutionnel. Pour finir, Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa, ce serait vraiment très sympathique si vous pouviez informer vos amis de la communauté internationale que  ni eux, ni vous n'avez qualité pour parler ou décider au nom de la Côte d'Ivoire, et que Laurent Gbagbo a été mandaté par nous pour gérer notre pays dans l'intérêt bien compris des Ivoiriens, et non celui de la France, de l'ONU, du FMI ou d'autres puissances occidentales.



Mahalia Nteby (mahalia.nteby@ yahoo.fr)

Publié sur http://saoti.over-blog.com

DECLARATION DU MLAN SUITE AU COMPORTEMENT IMPERIALISTE DE LA FRANCE

 

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Depuis le décès de Félix Houphouët Boigny, la Côte d'Ivoire est engluée dans une crise sans fin. L'égoïsme et les ambitions démesurées des hommes politiques ivoiriens sont passés par là. En effet, depuis 2002, une sale guerre a entraîné la Côte d'Ivoire dans une pauvreté indescriptible. Après plusieurs accords de paix, l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) a fini par conduire le pays à des élections présidentielles.

Après un premier tour qualifié de démocratique, le second tour a été émaillé de troubles et de comportements anti-démocratiques. Malheureusement la commission électorale indépendante (CEI) n'est pas arrivée à départager les deux candidats en lice : le candidat Laurent Gbagbo et son frère Alassane Dramane Ouattara. Alors que le Conseil Constitutionnel s'apprêtait à prendre le relais pour vider le contentieux, la Chaîne française France 24, a annoncé sans aucune base juridique, la victoire du candidat Alassane Dramane Ouattara.

Le Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN), porte-parole de la nouvelle jeunesse africaine, condamne cette attitude raciste et néocoloniale de la France.

Le MLAN rappelle à la France que la Côte d'Ivoire est indépendance depuis 1960 et qu'elle a, grâce à Dieu, des institutions à même de proclamer dans la paix, les résultats des élections présidentielles de 2010.

Face à ce combat d'arrière-garde que la France mène contre la Côte d'Ivoire depuis 2002, le MLAN entend  rester impavide et digne.

Le MLAN voudrait renvoyer la France à méditer les leçons de l'Histoire : aucune puissance n'a pu arrêter la volonté populaire lorsque le peuple a décidé de prendre sa liberté.  La France impérialiste semble ignorer le vent de la liberté qui souffle tel un ouragan sur le sous-continent noir. Si tel est le cas, qu'elle sache que les africains ont décidé souverainement d'écrire  eux-mêmes les pages de l'Afrique Nouvelle.

En dépit de cette balourdise française, la Côte d'Ivoire indépendante est en marche et rien ne peut faire obstacle à sa marche victorieuse et glorieuse.

Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

 

Fait à Abidjan le 3 Décembre 2010
Pour le MLAN
Le Président

Dr Séraphin PRAO

vendredi, 03 décembre 2010

LE COUP D'ETAT ELECTORAL DE LA FRANCE

LOGO FRANCE 24.jpg

 

Assurément, le scrutin présidentiel ivoirien est en train de planter son décor de la fin. En effet, c'est avec la plus grande stupéfaction, hier, aux environs de 17 heures GMT, qu'il nous est donné de voir sur les antennes de France 24, la proclamation d'Alassane OUATTARA comme le vainqueur de l'élection présidentielle, avec 54,1% des voix contre 45,9% des voix pour le candidat LMP, Laurent GBAGBO, par la voix de la journaliste Vanessa BURGGRAF (encore elle, comme dans tous les coups fourrés contre la Côte d'Ivoire). Il faut se souvenir que pour des raisons de blocage de la CEI pour absence de consensus, le Conseil Constitutionnel avait pris la main et donc dessaisie la CEI quant à la continuité de ses attributions. Elle n'était donc plus habilitée à proclamer quelques résultats que ce soit. Ce qui venait de se passer n'était, en réalité, qu'un coup d'état électoral de la France. Trois aspects de ce coup de force vont nous intéresser dans ce post : Youssouf BAKAYOKO a-t-il trahi la République de son plein gré ? Les scores annoncés par France 24 sont-ils réalistes, vraisemblables, possibles ? A quel scénario faut-il s'attendre pour la suite des évènements ?

Primo, BAKAYOKO aurait-il bradé son pays au profit d'intérêts personnels ? Certainement pas. Tout au moins, au regard des informations qui courent sur la place abidjanaise, recoupées avec celle diffusées tôt ce matin, en ondes courtes, sur BBC : Invité à l'Hôtel du Golf pour échanger sur la situation de blocage avec le Premier Ministre, Youssouf BAKAYOKO aurait trouvé sur place les leaders du RHDP qui l'ont contraint à donner de faux résultats. Il y aurait opposé une fin de non-recevoir depuis 12 heures, puisque se considérant comme constitutionnellement dessaisi du dossier électoral. Mais sous la menace et la pression de la France, de l'ONUCI et de la CEDEAO, aux environs de 17 heures, le Président de la commission électorale ivoirienne cède. Ce résultat a donc été extorqué et proclamé, au mépris de notre constitution et de la Loi électorale, par la France sur l'une de ses chaînes de télévision ; proclamé également au mépris du règlement intérieur de la CEI, en dehors du siège de la CEI, dans un hôtel, qui n'est autre que le quartier-général du candidat du RDR, en l'absence des vice-présidents et des commissaires et sans le croisement avec les résultats électroniques de la société SILS Technologie. Le monde entier doit le savoir.

Secundo, les scores annoncés par France 24 sont-ils possibles ? Notre collège électoral s'évalue à 5.784.490 électeurs. Au premier tour, le taux de participation était de 83,73%, correspondant à 4.843.445 votants. ADO était alors venu en deuxième position avec 1.480.610 voix, soit 32,08% des suffrages exprimés. Au second tour, il aurait obtenu 2.480.000 voix, soit 54,1% des suffrages exprimés, si l'on en croit la chaîne d'informations française. Ce qui correspond à une croissance sèche de +1.000.000 de voix, équivalant à 86% des 1.165.219 voix acquises au candidat BEDIE, au premier tour. Or il faut avoir à l'esprit que ce second tour s'est déroulé avec un taux de participation de 65 à 70%, soit un taux d'abstention de 30 à 35%, essentiellement imputable à l'électoral du président du PDCI, candidat malheureux, dont le suffrage devait être reporté au candidat du RDR, Alassane OUATTARA.

Partant de ce postulat, et en retenant le taux d'abstention au minima de 30% du collège électoral, qui est le meilleur cas de figure pour le RHDP, nous obtenons comme nombre global d'électeurs qui se sont abstenus de voter le 28 novembre 2010, le nombre 1.735.347. Ce nombre est du même ordre mais plus élevé que celui des voix du candidat du PDCI (1.165.219) à reporter au candidat du RDR. Si nous considérons que, de façon basique, les deux candidats du second tour ont conservé leur électorat traditionnel du tour précédent et donc ne sont pas significativement concernés par l'abstention, une simple soustraction (1.735.347 - 1.165.219) nous indique que seuls à peu près 570.128 électeurs PDCI ont pu effectivement voter. Supposons maintenant qu'aucun de ces 570.128 électeurs n'a voté pour le candidat GBAGBO (ce qui est impensable) et que toutes ces 570.128 voix acquises au candidat BEDIE, et qui ne se sont pas abstenues au second tour, aient été ENTIEREMENT reportées au candidat OUATTARA. Cela lui donnerait en réalité un score de 2.050.738 voix, soit 44,73% des voix et non plus 2.480.000 voix représentant les 54,1% de suffrages exprimés proclamés par France 24. Les voix restantes revenant naturellement au candidat Laurent GBAGBO, soit 55,27%. En tout cas, si on s'en tient aux chiffres annoncés par la chaîne française. En conséquence de ce qui précède, ADO a perdu l'élection présidentielle, et cela sans aucune annulation de voix au Nord. Cette publication de France 24 n'est donc qu'un effet d'annonce, une sensation médiatique. Sans plus.

Tertio, à quel scénario faut-il s'attendre pour la suite des évènements ? La France, en faisant proclamer sous la contrainte et de façon anticonstitutionnelle la victoire du candidat OUATTARA et en lui donnant les antennes de sa chaîne France 24 pour lui permettre de faire son premier discours de « président », plante en Côte d'Ivoire le décor d'une déflagration sociale générale. Car en réalité, le vrai vainqueur de cette élection est le candidat GBAGBO. D'un moment à l'autre, le Conseil Constitutionnel le déclarera. Les militants du RDR qui ont fait la noce, hier, à l'annonce de la victoire de leur mentor, saisis de colère et de dépit, pourraient s'en prendre à ceux de La Majorité Présidentielle qui ne manqueront pas de se défendre. La situation pourrait ainsi devenir très vite incontrôlable. Le monde entier est, ici, pris à témoin.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 02 décembre 2010

LE SITE FRANÇAIS "LES GRANDES OREILLES" EN PLEIN DANS L'INTOX

 

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Alors que la CEI n'a encore publié aucun résultat officiel, certaines chaînes de télévision et sites Internet français et européens sont pris en flagrant délit d'intoxication en publiant des chiffres, là où tous se sont mis d'accord pour laisser toute la latitude et l'exclusivité à la commission électorale ivoirienne de le faire. Fébrilité révélatrice! Je vous propose, à cet effet, un des sites en cause: LES GRANDES OREILLES, dont voici un des articles (Voir post ci-dessous et bien remarquer la multiplicité des chiffres et autres rumeurs). Quant à la CEI, elle est prise à la gorge par sa propre jurisprudence. Elle a annulé les résultats de la France pour très peu. Elle est condamnée à invalider ceux du Nord. Ce n'est pas le candidat GBAGBO qui l'empêche de proclamer les résultats du scrutin du 2ème tour. Ce sont ses propres règles et son propre protocole de validation. La loyauté est une valeur universelle: un élève pris avec un anti-sèche en plein BAC est expulsé de l'examen et suspendu pour plusieurs années, à titre de sanction. Un athlète convaincu de dopage voit sa performance invalidée et est radié de toute compétition. Pourquoi donc en Côte d'Ivoire veut-on réécrire l'histoire des hommes? La fraude ne passera pas.

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Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo, le grand perdant qui ne quittera pas le pouvoir.

Publié le 30 novembre 2010 par la rédaction

Les confidentiels, minute par minute de nos correspondants sur place et notre rédaction à Paris.

Mises à jour du 30/11/2010 à 20:15 (Paris)

Le représentant de Gbagbo a refusé que la CEI annonce les résultats sur la RTI et sur TV5, nous vous donnons en exclusivité les derniers chiffres: 56% pour ADO (Note:58%, hier) et 44% Gbagbo (42%, hier).

Le 30/2010 à 12:00 (Paris)

La victoire est déjà acquise pour Alassane Ouattara, les chancelleries ont été informées des résultats par les membres de la Commission électorale indépendante (CEI). A présent, Laurent Gbagbo, président sortant et candidat malheureux à la propre succession invoque l'article 48 de la constitution qui lui confère des pouvoirs exceptionnels, il devrait dissoudre le gouvernement et la CEI...

Nos confrères de la télévision ivoirienne, la RTI, sont menacés directement et les techniciens ont été sommés de débrancher les équipements installés dans les locaux de la RTI.

En France, à l'Élysée, les réseaux activés depuis de nombreux jours portent leurs fruits, Nicolas Sarkozy suit avec beaucoup d'attention le dossier.

Les services français auraient été chargés de veiller à la sécurité de Alassane Ouattara en ce moment même.

Suivez, minute par minute les informations vérifiées en provenance d'Abidjan et les confidentiels en provenance de notre rédaction parisienne.

Mises à jour du 30/11/2010 à 12:00 (Paris)

- URGENT ALERTE: Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié sous haute protection en ce moment même, la RTI va diffuser les résultats en différé, Gbagbo va dissoudre le gouvernement.

- URGENT ALERTE: Le Général Philippe Mangou, chef d'état major en résidence surveillée.

- URGENT: Elections Côte d'Ivoire : le RHDP et Ouattara ont communiqué les résultats des élections à toutes les chancelleries. 53% pour Alassane Ouattara. L'actuel président sortant, Laurent Gbagbo n'accepte pas la défaite.

- URGENT: Laurent  Gbagbo qui serait le perdant de ces élections va invoquer l'article 48 de la constitution qui lui confère des pouvoirs exceptionnels pour dissoudre la CEI. La télévision ivoirienne (RTI) a été sommée de quitter les locaux de la commission électorale indépendante.

- URGENT: Il n'y aura pas de proclamation des résultats depuis les locaux de la CEI (commission électorale indépendante), la télévision ivoirienne a été sommée de débrancher ses équipements.


Source: LES GRANDES OREILLES

mardi, 23 novembre 2010

AFFAIRE KARACHI : L’EXECUTIF FRANÇAIS RATTRAPE PAR SES PRATIQUES MAFIEUSES

 

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Affaire Karachi: les derniers rebondissements

L'affaire Karachi a connu de nouveaux rebondissements ces derniers jours. LEXPRESS.fr résume les épisodes précédents pour éviter que vous soyez lâchés.


Pour tout comprendre sur l'affaire Karachi, consultez cet article ainsi que celui-ci.

Lorsque l'ancien ministre de la Défense Charles Millon dévoile, le jeudi 18 novembre, avoir eu connaissance de l'existence de rétrocommissions dans le cadre de l'affaire Karachi, le dossier prend une nouvelle tournure. Surtout lorsqu'il explique avoir reçu l'ordre du président Chirac de mettre fin aux commissions potentiellement à l'origine de versements occultes.

Dès lors, c'est tout l'entourage politique de l'ancien président de la République qui se trouve dans le collimateur du juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke, en charge du volet financier du dossier.

Villepin prend les devants et attaque Sarkozy

A peine mis en cause, l'ancien Premier ministre, et secrétaire général de l'Elysée à l'époque des faits, sort de son silence et répond favorablement à l'"invitation" du juge Van Ruymbeke. Sur TF1, il corrobore les déclarations de Charles Millon, à savoir l'existence de possibles rétrocommissions frauduleuses en marge du contrat franco-pakistanais. "Il y avait des commissions qui revenaient vers la France vers des personnalités politiques ou non politiques qui, elles, étaient totalement illégales", affirme-t-il alors. Ce dernier ajoute dans la foulée que le président Chirac a bel et bien demandé en 1995 de mettre fin aux "contrats qui pouvaient donner lieu à des rétro-commissions".

A travers ces déclarations, Villepin met implicitement en cause la responsabilité de l'ancien gouvernement Balladur et notamment celle de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et porte-parole de la campagne présidentielle de 1995 du dernier Premier ministre de François Mitterrand.

Nicolas Sarkozy réplique aussitôt

Depuis le sommet de l'Otan à Lisbonne, le chef de l'Etat ne tarde pas à réagir. Dénonçant "une polémique qui n'a pas lieu d'être", il assure que l'Etat communiquera tous les documents sur ce dossier "en temps et heure". De son côté, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, répond au meilleur ennemi du président, condamnant "ceux qui n'ont d'autre préoccupation que d'impliquer le chef de l'Etat, par une succession d'insinuations, dans une affaire qui ne le concerne en rien".

Depuis, Dominique de villepin a quelque peu édulcoré son propos. Tout en réaffirmant ce dimanche sur TV5 Monde l'intervention du président Chirac s'agissant de l'arrêt du versement des commissions, il a toutefois nuancé ses accusations en précisant qu'il n'y avait "pas de preuve formelle de rétrocommissions" vers la France. Mais son audition aura bel et bien lieu, dans la semaine. Me Metzner, son avocat, l'a confirmé ce lundi.

Juppé sollicité à son tour

Le 18 novembre, Alain Juppé ne figurait pas dans la liste des potentiels auditionnés. Mais ce dimanche, les familles des victimes, représentés par l'avocat Me Morice, ont signifié leur souhait de voir l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac interrogé par le juge Van Ruymbeke.

En tant que chef du gouvernement, Alain Juppé ne pouvait ignorer, dans l'hypothèse de l'existence de rétrocommissions illicites, l'ordre présidentiel de stopper ces commissions. Selon l'avocat de la partie civile, Alain Juppé pourrait également faire la lumière sur une autre révélation de Charles Millon. Celui-ci avait en effet précisé à Renaud Van Ruymbeke que des membres du cabinet de son prédécesseur, François Léotard, avaient été soumis à des écoutes téléphoniques.

Fillon refuse la perquisition des locaux de la DGSE

Le contenu de ces écoutes, ainsi que d'autres preuves potentielles, ne seront justement pas dévoilés dans l'immédiat. Ce lundi après-midi, François Fillon a fait savoir qu'il ne pouvait pour l'heure autoriser la perquisition des locaux de la DGSE, et donc faire suite à la demande en ce sens du juge Van Ruymbeke, déposée le 18 novembre.

Le Premier ministre invoque son incompétence décisionnelle pour justifier cette décision. "La déclassification temporaire de tout ou partie des locaux de la DGSE (...) ne peut recueillir mon accord", a-t-il expliqué. En outre, le chef du gouvernement invoque l'avis défavorable émis par le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale" (CCSDN).

Pour en savoir plus sur les raisons juridiques de ce refus, cliquez ici.

Une nouvelle mission parlementaire sera-t-elle ouverte?

Cette hypothèse est envisageable. Jean-François Copé a ce lundi évoqué la possibilité de réouvrir une nouvelle enquête parlementaire, à défaut de réouvrir la précédente, close en mai.

Bernard Cazeneuve, le rapporteur PS de la première mission parlementaire, qui avait déjà exprimé ce souhait en octobre,y est toujours très favorable. Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS, a ainsi exhorté le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, d'accéder à cette demande.


Source: LEXPRESS.FR

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lundi, 08 novembre 2010

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : ABIDJAN CONTRE DAKAR

 

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Accusant Dakar de conspiration, Abidjan a rappelé, hier (vendredi 5 novembre), son ambassadeur au Sénégal. Les enjeux d'un esclandre.


«La Côte d'Ivoire a rappelé son ambassadeur au Sénégal. L'ambassadeur du Sénégal en Côte d'Ivoire a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et a reçu une lettre de protestation des autorités ivoiriennes», a déclaré hier le conseiller diplomatique du président de la République de Côte d'Ivoire, monsieur Alcide Djédjé. Que s'est-il passé ?

Quelques heures après l'annonce des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle ivoirienne, Abdoulaye Wade, chef de l'Etat sénégalais, a dépêché un avion à Abidjan pour venir chercher Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, respectivement en deuxième et troisième position à l'issue du scrutin, et par ailleurs alliés contre le président Gbagbo au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix.

Ce comportement, considéré comme une ingérence intolérable du Sénégal dans les affaires intérieures ivoiriennes, intervient en pleine préparation du 2nd tour de l'élection présidentielle, prévu le 21 novembre 2010. Ne s'y trompant d'ailleurs pas, Henri Konan Bédié, grand perdant du scrutin au profit de Dramane Ouattara, a refusé d'obtempérer aux desiderata d'Abdoulaye Wade et de prendre part à une conspiration en vue de déstabiliser la Côte d'Ivoire.

Le Sénégal est l'un des pays les plus pauvres d'Afrique en ressources naturelles. Ses devises proviennent principalement de la pêche, du tourisme, de la culture de l'arachide et du soutien financier de la diaspora. En effet, confrontés à la misère ambiante, des milliers de Sénégalais choisissent chaque année la voie de l'exil, constituant une des plus fortes populations immigrées au monde. La gestion népotiste et approximative du pays par le géronte Wade, âgé de 84 ans et dont la dernière lubie consiste à vouloir imposer son fils pour lui succéder à la tête de l'Etat, a aggravé la situation économique déjà peu reluisante du pays de la Teranga.

Depuis quelques années, Abdoulaye Wade entretient des relations difficiles avec Laurent Gbagbo, difficultés décuplées par le refus du chef de l'Etat ivoirien de donner son accord à la requête insistante du patriarche sénégalais de puiser dans les réserves de la BCEAO à des fins autres que celles prévues. Il est donc impératif pour Wade d'avoir un homme à sa solde aux manettes à Abidjan. D'où son soutien peu discret à Ouattara, bien connu pour être très sensible aux intérêts géostratégiques, financiers et économiques français, burkinabés et sénégalais.

Faut-il rappeler que grâce à la guerre en Côte d'Ivoire et pour avoir accepté de servir de base arrière aux rebelles, le Burkina Faso, pays d'origine de Ouattara, est devenu un important exportateur de cacao sans que cette matière première ne soit cultivée sur son territoire ?!

Bien qu'il n'ait aucune intention de remettre en cause la politique étrangère néocolonialiste de la France en Afrique, Nicolas Sarkozy ne peut, à l'heure actuelle, se permettre d'avancer à visage découvert comme son prédécesseur Jacques Chirac l'a fait, en envoyant l'armée française bombarder les populations ivoiriennes à Abidjan et Bouake il y a exactement 6 ans, en novembre 2004. Empêtré dans des scandales politico-financiers et ratatiné sur le plan intérieur, Sarkozy, au vu de l'engagement grandissant des Etats Unis et de la Chine en Afrique, ne voit d'autre solution, pour financer la croissance française, que de maintenir les états africains de son «pré carré» loin de la mondialisation. En dehors des innombrables ressources naturelles dont dispose la Côte d'Ivoire, les immenses gisements de pétrole découverts au large des côtes ivoiriennes et ghanéennes suscitent d'autant plus sa convoitise que les entreprises françaises du secteur voient leurs concurrents russes, américains, brésiliens et chinois rafler la mise.

Blaise Compaoré, à qui Laurent Gbagbo avait habilement décidé de confier le rôle de médiateur pour l'empêcher de nuire, sur les conseils avisés de l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, n'étant plus disponible, et Omar Bongo ayant passé l'arme à gauche, Sarkozy a trouvé son sous-traitant pour mener à bien son entreprise de déstabilisation d'un régime jugé récalcitrant en la personne d'Abdoulaye Wade, qui a certainement obtenu une contrepartie intéressante pour accepter d'être la face visible du complot visant à faire main basse sur la Côte d'Ivoire.

En se rendant toutes affaires cessantes à Dakar pour prendre les instructions de son mentor, Alassane Dramane Ouattara semble, quant à lui, décidé à tomber le masque, donnant ainsi raison au président Gbagbo qui l'a désigné tout au long de la campagne électorale comme «le candidat de l'étranger». Stratégie payante ? La Côte d'Ivoire au service de Wade, Compaoré  et Sarkozy: pas sûr que les Ivoiriens acceptent de confier les rênes du pouvoir à un homme qui ne se cache plus d'être la marionnette de la France, du Burkina Faso et du Sénégal.


Mahalia Nteby

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

samedi, 30 octobre 2010

LE CROC-EN-JAMBE DE LA FRANCE AU CANDIDAT GBAGBO A DEUX JOURS DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

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L'on se souvient que les samedi 2 et dimanche 3 octobre 2010, le secrétaire général de l'Elysée, , bras droit du , était en visite en Côte d'Ivoire. Il avait à cette occasion rencontré samedi soir, à Yamoussoukro, le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, un mois avant le scrutin présidentiel fixé au 31 octobre. La France n’a certainement pas de candidat, « elle n’a même pas de favori », avait dit le principal collaborateur du président Sarkozy, qui est venu parler de tous les sujets, y compris de ceux qui ont fâché par le passé. Car « entre amis, on parle franchement de tout », avait lancé Claude Guéant selon Norbert Navarro, le correspondant de RFI sur les bord de la Lagune Ebrié.

En clair, il fallait retenir que la France n'avait pas de candidat et nous nous en étions réjouis, ne serait-ce que pour l'aspect diplomatique de la déclaration, bien que nous soyions convaincus du contraire. Les faits n'ont pas tardé à nous donner raison: hier, vendredi 29 octobre, dans l'édition de 18 heures de son journal Paris Direct, à seulement deux jours du scrutin présidentiel ivoirien, la France, à travers France 24, fait un croc-en-jambe au candidat Gbagbo en faisant résurgir le dossier Guy-André Kieffer. On voudrait noircir le président candidat ivoirien qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Selon le reportage qui y a été diffusé, un militaire ivoirien confirmerait les propos cousus de fil blanc de l'imposteur qui s'était fait passer pour un soldat ivoirien, du nom de Alain Gossé. Or il a été prouvé sans embage que cet individu était, en réalité de nationalité burkinabé et n'avait rien d'un militaire ivoirien (au point de ne même pas savoir porter le béret ivoirien).

Selon l'élément diffusé, Guy-André Kieffer serait bel et bien mort en Côte d'Ivoire et serait enterré à 20 kilomètres d'Abidjan. Pire, sa tombe serait gardée par des policiers ivoiriens, en faction sur les lieux. On nous a même passé les images de trois policiers soit disant en faction sur le site. Quelle bassesse! Franchement! Ce n'est pas loyal. Tirer ainsi dans le dos d'un candidat en pleine campagne.

Claude Guéant est venu en réalité nous distraire par sa visite, qui du reste a été souhaitée et suscitée par le Président Gbagbo dans son soucis de normaliser ses relations avec l'Elysée et lever toute équivoque sur un éventuel soutien de la France à des candidats à l'élection présidentielle. Visiblement, il continue à ne pas faire l'affaire de l'Elysée. Le passage éclair de Claude Guéant dans notre pays n'était en fait que de la poudre aux yeux. Les faits sont têtus et crus: la France a bel et bien des candidats et des favoris. Et pour leur donner un coup de main (tardif) contre le candidat Gbagbo, elle le dépeint comme un tueur infréquentable, ce qui est infiniment loin de la vérité. Il est même clairement rapporté dans le reportage que ce nouveau témoignage jette le discrédit sur la présidence ivoirienne, en clair, sur Laurent Gbagbo. Cela, c'est une vue de l'esprit. Le candidat Gbagbo n'a jamais été plus populaire et le peuple digne de Côte d'Ivoire le prouvera, au soir du 31 octobre 2010.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

mardi, 19 octobre 2010

LES DONNEURS DE LEÇON A L'EPREUVE DE LA REALITE ET DE LA VERITE

 

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Il y a de cela quelques années, la Côte d'Ivoire en pleine guerre était traitée de « xénophobe » et de « fasciste » parce qu'en démêlées avec les étrangers vivant sur son sol, dont certains ont été des acteurs de première ligne de la crise ivoirienne. Et ceux qui tenaient de tels propos contre notre pays, ce sont les ténors de l'exécutif français d'alors, parrainés par un déprimant Jacques CHIRAC. Appuyés en cela par des chefs d'états africains aux conceptions panafricanistes qui laissent à désirer.

Parmi ceux-ci, il faut citer le Président sénégalais, Abdoulaye WADE qui en son temps avait dit à peu près ceci : « A l'heure où je vous parle, des étrangers sont traités en Côte d'Ivoire comme dans aucun pays au monde ». Tout naturellement, sans tenir aucun compte du contexte et des circonstances particulières qui accablaient notre pays.

Comme DIEU sait bien faire les choses, voici aujourd'hui la France au pied du mur, avec la honteuse affaire de l'expulsion des Roms, citoyens itinérants roumains, vivant dans des camps précaires en Hexagone, vidés comme des malpropres. Une affaire qui lui a valu d'avoir échappé, aujourd'hui, à une procédure d'infraction contre les lois européennes en la matière.

Pour bien faire, l'Allemagne, à travers la Chancelière Angela MERKEL, se mêle à la danse et intime l'ordre à ses émigrés d'intégrer le modèle allemand ou « de débarrasser le plancher ». Voici l'Europe en train de reconsidérer ses premières convictions vis-à-vis des étrangers, droit qu'elle nous avait royalement dénié pendant la crise de 2002, nous qui comptons plus de 26% d'étrangers sur notre sol. Cas unique au monde.

Mieux, on n'entend curieusement plus le Président Abdoulaye WADE, qui aurait dû casser la baraque (tant il y a matière) et qui, du reste, se livre à des dérives népotistes sans nom dans son pays, œuvrant d'une façon scandaleuse à imposer son fils comme son successeur à la tête de l'état sénégalais. Vous l'avez devinez, on se croirait dans une monarchie.

Voici donc que les donneurs de leçons ne font guère mieux, à l'épreuve de la réalité et de la vérité ! Comme dit l'adage : « C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon ». Et les donneurs de leçons ont échoué. Lamentablement. Nous osons espérer que prochainement, ils ne s'aviseront plus de ruer dans les brancards et s'empresser de charger la Côte d'Ivoire, et souhaitons qu'ils « tourneront sept fois la langue dans la bouche » avant de clouer quiconque au pilori. Au demeurant, nous sommes en pleine campagne électorale présidentielle. Nous les prions de se tenir bien à l'écart de notre chemin et de nous laisser assumer nos responsabilités face à l'histoire et face à la destinée de notre nation.

En attendant la proclamation des résultats du scrutin du 31 octobre en Côte d'Ivoire, nous souhaitons aux donneurs de leçons de sortir intacts de l'écheveau de la fronde sociale française contre la loi de retraite à 62 ans, qui paralyse en ce moment leur pays.

Que chacun s'occupe de ses oignons et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

 

DINDE Fernand AGBO

dimanche, 10 octobre 2010

EXIGER LE RETOUR EN AFRIQUE DES QUELQUES 3.000 MILLIARDS FCFA DE LA BCEAO LOGES AU TRESOR FRANÇAIS



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Exiger le retour en Afrique des quelques 3.000 milliards FCFA de la BCEAO logés au trésor français et qui peuvent servir au développement des pays de la sous-région ouest africaine.


Le Professeur Kako Nubukpo est un économiste togolais, agrégé des Universités en économie et ex-fonctionnaire de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Aujourd'hui consultant auprès de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), il dresse un bilan de cette institution sous-régionale qui, selon lui, a réalisé très peu en quinze ans, parce qu'elle se contente surtout de gérer de grands équilibres macroéconomiques, au détriment de l'amélioration des conditions de vie des citoyens. De plus, le Pr Kako Nubukpo, revenant sur une question dont la BCEAO parle peu, réclame le retour en Afrique de plus de trois mille milliards FCFA de la Banque centrale, logés au trésor français et qui pourraient servir au développement des pays de la sous-région ouest africaine, membres de l'UEMOA. Interview.


Ouestafnews - En tant qu'économiste, quel est votre regard sur les progrès réalisés, après 15 ans, en matière d'intégration économique sous régionale, dans la zone UEMOA ?

Pr Nubukpo - C'est comme la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide (...). Au plan formel, il est indéniable qu'il y a eu des progrès, notamment du point de vue des institutions sous régionales, du point de vue même de la cohésion au niveau des décideurs. Le mécanisme de surveillance multilatérale, le mécanisme de surveillance par les pairs, entre autres, constituent des progrès indéniables.

Mais, concrètement, par rapport à ce que vit le citoyen de l'Uemoa, force est de reconnaître que nous n'avons pas avancé. La pauvreté continue d'augmenter. Comme on voit bien, le coût de la vie augmente dans l'Union ; on ne peut pas circuler librement en dépit des textes qui disent qu'il y a une liberté de circulation etau plan de ce que moi j'appellerai la gouvernance macro économique de la zone. Il y a de sérieux problèmes. Nous avons une monnaie qui est extrêmement forte parce qu'elle est rattachée à l'Euro, et l'Euro fait à peu près 1,40 dollar. Mais, nous ne pouvons pas exporter, parce que nous exportons en dollar et nos intrants sont importés en Euro. Donc, nos hommes d'affaires, nos agriculteurs, nos commerçants ont beaucoup de mal à être compétitifs à l'export... En quelque sorte, les gens en parlent, les institutions progressent mais le citoyen lambda de l'Union ne voit pas encore le fruit de l'intégration. [...]

Ouestafnews - Lors d'un débat à l'occasion de ce 15ème anniversaire, vous avez mentionné la Banque Centrale et vous avez évoqué la question de ses réserves à l'extérieur, notamment en France. Pouvez-vous nous expliquer davantage ce mécanisme et en quoi il plombe la relance de nos économies que vous défendez ?

Pr Nubukpo - Oui ! Ce qu'il faut savoir, c'est il y'a ce qu'on appelle les « conventions du compte d'opération » qui organisent la gestion du franc CFA. Pour être simple, lorsque la Banque centrale émet du franc CFA, il faut qu'elle ait des devises, qui sont logées auprès du trésor français et la convention dit : lorsque vous émettez 1 franc CFA, vous devez avoir 0,2 franc CFA sous forme de devise auprès du trésor français, soit 20% de taux couverture de l'émission monétaire. Aujourd'hui, nous sommes à plus de 110 % de couverture de cette émission monétaire! C'est-à-dire que quand nous émettons un franc CFA nous avons plus de 1 franc CFA sous forme de devises logés au trésor français à Paris. La question est de savoir si entre les 20% de couverture qui sont exigés pour que la France garantisse la parité fixe entre le CFA et l'euro et les 110 % de couverture qui sont effectifs à l'heure actuelle, s'il n'y a pas moyen de mobiliser une partie de ces ressources pour financer la croissance de nos économies qui en manque cruellement.

Ouestafnews - De quels montants parle-t-on ? De milliards, de dizaines ou de centaines de milliards?

Nubukpo - Il y a plus de 3.000 milliards de francs CFA à l'heure actuelle, provenant de la zone UEMOA et la zone CEMAC (Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale). Je crois savoir qu'on n'est pas loin d'en avoir le double, parce que c'est une zone productrice et exportatrice de pétrole. Donc, si on accumule les réserves de change des deux Banques centrales de la zone Franc, on n'est pas loin de 8.000 milliards de francs CFA qui ne servent finalement qu'à garantir la parité fixe. La question qu'on est en droit de se poser est de savoir si nous privilégions une croissance, quitte à avoir un peu d'inflation dans nos zones, ou si nous voulons simplement défendre le taux de change et nous glorifier d'être une zone de faible inflation ? Tout ceci en sachant, en plus, que cette inflation n'est pas d'origine monétaire, c'est une inflation importée. Ce sont les chocs pétroliers, les aléas climatiques, donc la question c'est : à quoi servent les banques centrales de la zone Franc ?

Ouestafnews - Vous remettez en cause le modèle ou, en tout cas, le choix de la régulation, alors qu'on sait que pendant les quinze dernières années, ça a été l'ossature de la politique, le coeur, voire l'âme de la politique de l'UEMOA : baisse de l'inflation et contrôle des déficits budgétaires.... Est-ce qu'un économiste raisonnable peut remettre en cause ces modèles sans remettre en question les équilibres ? Jusque-là, on nous a convaincus que l'équilibre de nos économies repose sur ces deux paramètres, ou encore que ces deux paramètres font partie des fondements auxquels il ne faut pas toucher...

Pr Nubukpo - Tout à fait. Je voudrais être clair. Je ne fais l'apologie de la mauvaise gestion, ni du laxisme en matière de gestion économique. Mais, je dis simplement que nous devons être pragmatiques. La variable aujourd'hui qui manque le plus dans nos économies, c'est le crédit. Et, toutes les études sur le financement de notre zone montrent qu'il y a rationnement du crédit. Donc, la Banque centrale doit jouer son rôle pour alimenter nos économies en liquidité et c'est très important. Elle doit également jouer son rôle pour une bonne fluidité des impulsions monétaires, voir comment le secteur bancaire se comporte et elle est d'autant plus obligée de jouer ce rôle qu'elle a promu la libéralisation financière, en 1989. Ce que je dis simplement, c'est que nous devons avoir du crédit pour obtenir la croissance et la croissance va générer les recettes d'exportation des devises qui vont nous promettre de garantir notre parité. Il n'est pas normal que les économies les plus faibles du monde aient la monnaie la plus forte du monde. La monnaie doit refléter un tant soit peu la qualité de la production d'une économie, la monnaie ne peut pas être déconnectée du secteur réel de nos économies. C'est comme si on voulait vivre au-dessus de nos moyens, sans accepter d'en payer le prix.


LE FILAMENT No.8 du 15 Septembre 2010

 

Source : Ouestafnews

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mercredi, 06 octobre 2010

ECONOMIE DE LA FRANÇAFRIQUE

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Par Emmanuel Martin

Les relations opaques entre la France et ses anciennes colonies en Afrique depuis les indépendances sont désormais qualifiées par le terme de "FrançAfrique", sans doute popularisé par François-Xavier VERSCHAVE. L'étude de la FrançAfrique est généralement cantonnée à des articles ou ouvrages d'associations telles Survie en France. Leur travail, important, peut parfois avoir des conclusions anticapitalistes et antimondialistes et reste essentiellement historique.

Il est cependant possible, d'une part, de fournir une critique non pas du capitalisme et de la mondialisation, mais du système de capitalisme d'État, corrompu et anticoncurrentiel qui est au cœur de ces pratiques et, d'autre part, de se servir de la théorie économique pour systématiser l'analyse.

Premièrement, le capitalisme suppose l'état de droit et notamment le respect de la propriété justement acquise, des contrats, des droits individuels, et l'égalité devant la loi.

Qu'on le veuille ou non, c'est le système qui a permis le développement économique d'une bonne partie de la planète en quelques siècles. Le rôle premier de l'État est de faire respecter l'état de droit pour qu'une saine concurrence libre puisse jouer. Le capitalisme de copinage, le fameux crony capitalism, voit au contraire des décideurs politiques favoriser certains intérêts, qui le leur rendent bien, au détriment de l'état de droit et de la concurrence libre. La relation FrançAfrique semble tenir de ce crony capitalism, et même d'une stratégie d'État.

Deuxièmement, si l'on se tourne vers les chiffres du commerce international de l'Afrique, il est difficile d'y voir un continent mondialisé.

En 2008 par exemple, le stock d'investissement direct étranger entrant en Afrique est de 3,4% du stock mondial soit un peu plus que la moitié de ce que la France à elle seule reçoit en investissements. Les exportations africaines de biens et services représentaient respectivement 2,87% et 2,52% du commerce mondial. L'Afrique, continent d'un milliard d'âmes, semble souffrir du manque de mondialisation, et des opportunités qui vont avec.

Une partie de l'explication du sous-développement africain a trait aux institutions peu propices à l'échange et à l'entreprise. Les nations se trouvent dans ce qui est parfois appelé un verrouillage institutionnel de mauvaise qualité dans lequel le changement, notamment vers un climat propice aux affaires et donc au développement économique, semble impossible.

L'analyse économique des relations de type FrançAfrique peut-elle expliquer à son tour ce verrouillage ?

Depuis une cinquantaine d'années bon nombres d'économistes se sont intéressés au fonctionnement du marché politique et des bureaucraties, faisant tomber l'hypothèse de bienveillance et d'esprit de service public des acteurs qui les composent. Cette théorie dite du Public Choice, applique l'hypothèse de la recherche de l'intérêt personnel également dans ces sphères, et a ainsi pu expliquer nombre de "défaillances de l'État".

Cette théorie repose aussi sur le fait qu'il est peu coûteux pour des petits groupes aux intérêts similaires de se coaliser pour faire pression sur le politique et obtenir avantages et protections. Il est en revanche coûteux pour les millions de contribuables de se coaliser pour se protéger des privilèges très variés qui sont accordés aux lobbies.

Sur la base de ces hypothèses, il serait possible de reconstruire le tableau de la FrançAfrique, en termes de recherche d'intérêts de la part de groupes coalisés et d'hommes politiques (une théorie n'éclairant bien sûr qu'un aspect de la réalité) :

-        Quelques grandes entreprises françaises bien implantées et jouissant d'un quasi-monopole d'exploitation, sans doute avec des prix d'achats très faibles, ou bien bénéficiant d'un marché privilégié où elles peuvent vendre très cher leurs services, n'auraient aucun intérêt à voir émerger la concurrence du fait d'un meilleur climat des affaires.

-        Quelques autocrates africains et leurs clans souhaitent, et c'est humain, conserver le pouvoir et les richesses qu'il leur procure. Ils n'auraient aucun intérêt au développement de leur pays et donc au développement d'une classe moyenne et d'entreprises qui pourraient financer l'opposition et menacer leur accès aux revenus des industries extractives. Ils pourraient aussi bénéficier de l'argent de l'aide publique qui leur permettrait de rester au pouvoir et de "boucler les fins de mois" pour payer les fonctionnaires.

-        D'ailleurs, les bureaucrates des agences publiques d'aide auraient aussi un intérêt dans ce système, puisque leurs revenus, leurs emplois, leur influence en dépendent. Leurs actions seraient en outre légitimées par un prétendu système d'aide au développement qui en réalité contribuerait en premier lieu à "acheter", avec de l'argent des contribuables, des autocrates africains, pour la stabilité qu'ils fourniraient à quelques lobbies.

-        L'État français n'aurait aucun intérêt dans la concurrence de compagnies étrangères puisqu'elle donnerait la possibilité aux autocrates africains de réduire leurs privilèges, concessions, prix préférentiels ou marchés aux quelques intérêts français. De ce point de vue le pétrole bon marché africain serait une aubaine pour l'État français qui peut accroître sa marge de taxation sous le prix socialement tolérable en France (un taux de taxation de l'ordre de 200%, ça ne se refuse pas). Si en plus ce pétrole permettait des fuites de cash qui pourraient financer les partis politiques français...

-        Par ailleurs, d'un point de vue stratégique, la dépendance énergétique aux "caprices" des marchés internationaux n'est pas tolérable pour une puissance respectable comme la France. Les approvisionnements énergétiques sont une stratégie d'État. Si en outre, un de ces approvisionnements constituait le socle de la politique d'expansion des marchés énergétiques de la France (et donc de sa géostratégie en tant que grande puissance) dans le secteur où elle est leader mondial, son intérêt évident serait de protéger coûte que coûte cet approvisionnement.

-        Bien sûr avec la nouvelle concurrence internationale, notamment de la Chine, les autocrates pourraient gagner en pouvoir de négociation : la France devrait donc en théorie se montrer plus tolérante sur le non-respect des droits de l'homme en Afrique, ou plus "amicale" quant au traitement de plaintes pour corruption par exemple.

La théorie, forcément réductrice, est-elle loin de la réalité ?

 

http://mampouya.over-blog.com/

00:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, emmanuel martin, françois-xavier vershave, survie, françafrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 28 septembre 2010

UN GYNECOLOGUE RECLAME LA PILULE GRATUITE ET ANONYME POUR LES PETITES MINEURES


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Le professeur d'université et gynécologue Israël Nisand


Cette actualité fait suite à notre papier sur l'implication de certains « lobbys » dans les campagnes de lobbying cathophobes « pro-avortements » ou « pro-contraceptions », en France et en Europe ... Par El Cristero (Les Intransigeants).



GROS TITRE DANS LES JOURNAUX :

Le professeur universitaire et gynécologue Israël Nisand, connu pour être le spécialiste du « déni de grossesse » (c'est lui qui a expertisé Véronique Courjault lors de son procès) et frère de Raphaël Nisand (maire de Schiltigheim et avocat et président de la « LICRA d'Alsacela gratuité de la pilule pour les mineures » ! Le débat est lancé ! »), appelle à «

Le but, selon lui est de « Faire chuter les + IVG + chez les mineures ». Or, toutes les études ont démontré que l'effet de corrélation entre la contraception et l'avortement étaient totalement inverses ! Le phénomène de la contraception et de la « liberté sexuelle », depuis ces cinquante dernières années, n'a fait qu'augmenter de façon drastique le nombre d'« avortements » ! Cela, notre gynécologue le sait très bien ! Mais toutes les justifications sont bonnes pour faire passer les lois les plus immondes !

Ce projet, selon lui, serait de développer un dispositif nommé « Info Ado » qu'il a mit en place à Strasbourg il y a douze ans. L'idée : lui et une dizaine d'autres médecins visitent les écoles et passent chacun deux heures par semaine à parler de sexe, contraception et avortements aux jeunes collégiens. Ainsi, lorsque sonne l'heure de « la première fois » (la défloration avant le mariage, très à la mode de nos jours dans le monde), les jeunes adolescentes savent où s'adresser pour recevoir de manière « anonyme et gratuite » des boites de « contraceptifs » et « ». préservatifs

Tout ce dispositif de perversion de la jeunesse est pris en charge par la « Sécurité sociale » locale. Autre « avantage » : la consultation et le cadeau de contraceptifs ne figurent évidemment pas sur le relevé de « Sécu » des parents.

Roselyne Bachelot s'est déclarée très intéressée par l'expérience alsacienne ...

« Défloration » et « sexe » hors mariage (et on ne dis même pas à partir de quel âge !), « éducation sexuelle » dans les écoles (forme de « pédophilie » probablement très excitante pour de nombreux médecins qui s'adressent à de jeunes adolescentes innocentes) avec toutes les impuretés que cela sous-entend, atteinte à l'autorité des parents, atteinte à la santé des mineures (produits chimiques), atteinte à la vie quand on sait 72% des « avortements » sont pratiqués chez des femmes qui étaient sous contraception ...

Incitation totale au péché ! Quel beau programme, Monsieur le Docteur Israël Nisand ! Félicitations !

NOTE :

Encore une « idée satanique » ...qui a comme but ultime la « destruction de la famille nucléaire et de la Chrétienté Européenne »....mais quand l'Europe se réveillera-t-elle ???? Une simple « éducation relevant à la foi de l'image divine de l'homme (et de la femme), de sa dignité et tout simplement du « Gros Bon Sens » ne serait-elle pas un bien meilleur point de départ pour réduire les « avortements » chez les mineures ?


« LES PROPHÉTIE D'HUMANAE VITAE » SUR LA CONCEPTION

Le P. Paul Marx, fondateur de « Human Life International », est décédé il y a quelques jours. Il venait de faire parvenir au « Population Research Institute », une réflexion intitulée « Les prophéties d'Humanæ Vitæ ».

Le 25 juillet 1968, l'encyclique « Humanæ Vitæ » de Paul VI réaffirmait l'enseignement catholique sur la vie, l'amour et la sexualité humaine. Dans ce texte, il dressait la liste des conséquences d'une existence vécue en dehors de l'enseignement catholique. Il prédisait que :

1. La « contraception » conduirait à « l'infidélité conjugale ».

2. La « pratique contraceptive » conduirait à « un abaissement général de la moralité ».

3. La « contraception » conduirait les hommes à cesser de respecter le femmes dans leur intégralité, et les amènerait à traiter les femmes comme « de simples instruments du plaisir égoïste » plutôt que comme des partenaires chéries.

4. Et, finalement, « l'acceptation généralisée de la contraception » au sein des couples conduirait à « l'imposition massive de la contraception par des gouvernements sans scrupule ».

Or, « l'augmentation du nombre d'avortements » .... Contrairement à ce qu'argumentaient les « MLAC » et les thurérifaires de l'amour libre, « n'a a pas diminué le nombre d'avortement mais, au contraire, l'a accru ».



Cordialement,
Appolinaire Noël KOULAMA

Source: NERRATI.NET

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jeudi, 23 septembre 2010

LA BIOGRAPHIE NON-AUTORISEE DE CARLA BRUNI-SARKOZY QUI FAIT TREMBLER L'ELYSEE


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Carla Bruni-Sarkozy, à la mesure de la France comme l'ont finement diagnostiqué les Iraniens ?



C'est le branle-bas de combat à l'Elysée, dans toutes les rédactions de France et de Navarre ou chez l'éditeur « Flammarion ». L'Elysée aurait menacé de poursuite, tout abus et/ou dénonciation calomnieuse à l'encontre de l'épouse du président de la République. Dans les rédactions, c'est l'expectative, personne n'ose en parler. Chez « Flammarion » enfin, l'éditeur a alerté ses avocats et n'a pas encore donné le titre du livre de Besma Lahouri, qui serait une succession de révélations croustillantes sur la vie sexuelle de Carla Bruni-Sarkozy. Toujours est-il que, la presse étrangère en fait déjà ses choux gras, en parlant de cette biographie non-autorisée qui risque d'ébranler, disent-ils, le 55, rue du faubourg Saint-Honoré, avec tout particulièrement, une révélation phare. Par Allain Jules; Explications.


Rien ne va plus pour Carla Bruni-Sarkozy. Elle a été récemment traitée de « prostituée » [*] par une presse iranienne mal inspirée. Alors que le réalisateur américain Woody Allen dit à qui veut l'entendre dans les médias, qu'il a aimé la prestation de Carla Bruni-Sarkozy, « qui peut jouer n'importe quel rôle », dit-il, en privé, il semblerait qu'il dise le contraire. La presse indique, que le tournage du film « Midnight in Paris », risque de tourner au fiasco total pour Madame Sarkozy. Pour éviter de montrer les scènes à scandale tournées par la première dame de France, plusieurs plans seront supprimés au montage. Une actrice inconnue pourrait refaire les scènes à scandale où Carla Bruni-Sarkozy se serait royalement plantée, indique un proche du réalisateur américain : « On gardera sans doute son entrée et sa sortie d'une épicerie », dit la source qui veut rester anonyme. Wait and see ! Rien n'indique enfin si, la journaliste Besma Lahouri en dira un mot dans son pamphlet qui paraîtra en librairie ce mois-ci.

Après avoir eu un succès de librairie avec son livre « Zinedine Zidane, Révélations sur le plus grand joueur du monde », la journaliste Besma Lahouri de « L'Express Magazine », s'attaque cette fois-ci à la première dame de France Carla Bruni-Sarkozy. Non contente d'avoir provoqué contre elle, avec l'épisode Zidane, les foudres des fans sur les réseaux sociaux où elle fut traitée de « petite P....* », malgré le vol de son manuscrit avant parution, travail de 2 ans d'enquête minutieuse envolée, elle allait réécrire le livre. Craignant les foudres élyséennes, ses proches disent qu'elle est introuvable et que le manuscrit de son nouvel opuscule est même protégé par des gardes.....armés payés rubis sur l'ongle par les éditions « Flammarion ». C'est comme si, la vie de Carla Bruni-Sarkozy était un secret de polichinelle...

[ *] 

L'épouse du président français Nicolas Sarkozy a été qualifiée de « prostituée » en Iran après avoir signé la « pétition » appelant à libérer Sakineh Mohammadi Ashtiani. Ashtiani est accusée : « d'avoir trompé son mari et d'avoir établi un complot en vue de le tuer ».

La semaine dernière, la première dame de France a écrit une lettre ouverte à Ashtiani, où elle dit : « Pourquoi ton sang serait-il versé et tes enfants seraient-ils privés de leur mère ? Parce que tu as vécu, parce que tu as aimé, que tu es une femme et parce que tu es iranienne ? Tout en moi refuse d'accepter cela ».

Le journal « Kayhan » - contrôlé par le gouvernement iranien - a traité Carla Bruni et l'actrice française Isabelle Adjani de « prostituée ». Adjani, tout comme Bruni, fait campagne pour la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Carla Bruni a reçu une attaque supplémentaire en étant accusée d'« immoralité ».

 

Source: NERRATI.NET

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mardi, 21 septembre 2010

CRISE IVOIRIENNE DU 19 SEPTEMBRE 2002: UNE GUERRE SANS PERE

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Il y a 8 ans, le 19 septembre 2002: la guerre que personne ne voulait assumer

In le Nouveau courrier N°082 du 18 Septembre 2010 par Sylvie Kouamé

La crise ivoirienne qui a débuté depuis septembre 2002 a livré beaucoup de secrets. Mais beaucoup de zones d'ombres subsistent encore, huit ans après.


Qui a organisé ? Huit ans après le 19 septembre 2002, on en sait finalement très peu de détails sur la nature de l'organisation qui a pris l'initiative de porter le feu à Abidjan par une nuit indécise. Et pour cause : à la différence des attentats du 11 septembre 2001 - auxquels certains Ivoiriens comparent leur «grand choc» à eux -, le coup d'Etat avorté qui a accouché de la rébellion n'a pas été revendiqué d'emblée. Marionnettistes peu téméraires, ses initiateurs se sont réfugiés au départ derrière le paravent d'une «mutinerie» avant de laisser apparaître un visage, le seul qui assumera l'insurrection - sans doute aussi parce qu'il a toujours été évident pour tous qu'il ne pouvait être qu'un «porte-parole». Celui de Guillaume Soro. L'Histoire retiendra en tout cas que Soro a été le seul à avoir le cran de revendiquer - et de justifier - le choix des armes. Aujourd'hui, il en tire les dividendes, à l'opposé de Ibrahim Coulibaly dit «IB», cheville ouvrière qui s'est marginalisée par son silence et ses dénégations.

Depuis le 19 septembre 2002, une certaine omerta continue de régner sur «la vraie histoire» du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui s'est transformé, sous l'impulsion de Soro, en Forces nouvelles (FN). Qui a fait quoi exactement et à quel moment ? Motus.

Blaise Compaoré : du parrainage à la facilitation

Seule la crise homérique entre Soro et IB, permettra d'avoir des témoignages - et surtout des photos - qui fourniront la preuve absolue de ce dont tout le monde se doutait : la rébellion s'est préparée pendant de longs mois à Ouaga, sous la protection de Blaise Compaoré, dont Guillaume Soro assume aujourd'hui le parrainage avec panache. «C'est mon mentor, je n'ai pas honte de le dire. Il m'inspire, il m'a énormément donné, il est à mes côtés. Sans lui, je ne serais pas ce que je suis», disait-il ainsi fin 2008 (Frat- Mat du 1er octobre 2008).

Blaise Compaoré lui-même s'est gardé d'endosser de quelque manière que ce soit la crise ivoirienne. Il s'est imposé comme facilitateur et pacificateur, et peut savourer le plaisir ambivalent de régler une crise - qu'il a contribué à créer - tout en continuant à l'alimenter à travers la poursuite des livraisons d'armes aux Forces nouvelles (selon des rapports de l'ONU) et la contrebande du cacao des zones Centre Nord Ouest (CNO). Sous le regard complaisant - ou impuissant - de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo qui, lors d'une interview diffusée par RFI et France 24 le 30 mai dernier, tenait ces propos surprenants : «Il y a certaines personnes qui me disent souvent : «Vous savez, tel pays exporte maintenant du cacao». Je réponds : «qu'est-ce que ça fait ?» Le jour où la guerre sera finie, où la crise sera finie, où nous aurons placé des douaniers, ce sera fini cette situation.»

Le cas Ouattara

Et Alassane Ouattara dans tout ça ? S'il n'a plus honte de glorifier en public «le combat» des Forces nouvelles, il campe toujours sur une ligne de défense claire : il n'a rien à avoir avec la naissance de la rébellion. «Je n'ai aucune responsabilité dans la crise. J'ai été accusé de beaucoup de choses. Ce sont des allégations, sinon sept ans après, on aurait eu des preuves. Mais jusque-là, aucune preuve. Je condamne la rébellion, les coups d'Etat, la violence. Et j'ai été le premier à le faire, dès les premiers jours du coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Je pense que quitter une institution aussi prestigieuse comme le FMI, ayant été Gouverneur de la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest, on ne peut pas être instigateur de coup d'Etat. Ma vision de la politique, c'est de faire de l'alternance dans les urnes. La violence ne résout jamais les problèmes de manière définitive », a-t-il ainsi martelé lors d'une récente interview sur Africa 24. Contredisant encore et toujours la fameuse confidence de Koné Zakaria, prononcée lors d'un meeting filmé à Séguéla.

Selon Zakaria, le petit groupe d'hommes qui préparait la rébellion depuis le Burkina Faso était financé par Alassane Ouattara à hauteur de 25 millions de FCFA par mois. Il est en tout cas évident que la question de la participation d'ADO à la guerre sera une des questions-clés de la prochaine campagne en vue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010.

La France officielle plaide non coupable

Egalement accusée d'avoir trempé dans la rébellion, la France officielle a toujours vivement démenti. Et les accusations voilées de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur, affirmant que Villepin avait essayé, quand il était à l'Hôtel Matignon, de renverser deux chefs d'Etat africains - dont Laurent Gbagbo - ne sont intervenues qu'après le départ du pouvoir de Jacques Chirac. Un Jacques Chirac qui est aujourd'hui devant les tribunaux de son pays pour une affaire de malversations à la mairie de Paris. Quand son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, au contrôle des opérations françaises en Côte d'Ivoire est également face aux juges pour son rôle présumé dans la falsification de fausses preuves de forfaiture contre Nicolas Sarkozy. Ministre de la Défense au moment des faits, Michèle Alliot-Marie quant à elle a été entendue par le Tribunal aux armées comme témoin dans le cadre des enquêtes sur les événements de novembre 2004... et leurs zones d'ombres. Curieuses coïncidences!


Source: LE NOUVEAU COURRIER IVOIRE-BLOG.COM

mercredi, 15 septembre 2010

LA MIXITE SCOLAIRE DE PLUS EN PLUS REMISE EN CAUSE: LA FIN D'UN DOGME

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Ce que la mixité fait aux élèves

Marie Duru-Bellat

Sociologue spécialiste des questions d'éducation, professeur à Sciences Po et chercheur à l'Observatoire Sociologique du Changement et à l'Institut de Recherche en Éducation (IREDU). Elle travaille sur les politiques éducatives et les inégalités sociales et sexuées dans le système scolaire, en France et en Europe. Parmi ses ouvrages récents, on compte : L'école des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux ?, L'Harmattan (2004) ; Les inégalités sociales à l'école. Genèse et mythes, PUF (2002) ; L'inflation scolaire. Les désillusions de la méritocratie, Seuil, collection La République des idées (2006) ; Le mérite contre la justice, Les Presses de Sciences Po (2009). marie.duru-bellat@wanadoo.fr

RESUME

L'article présente une synthèse de ce que dévoile la recherche en éducation sur le fonctionnement des classes mixtes, et sur ce que ce mode de fonctionnement doit à la mixité en tant que telle. Il mobilise les travaux centrés sur les interactions entre enseignants et élèves, entre élèves, ainsi que ceux, plus rares, qui comparent le fonctionnement des classes mixtes et non mixtes. Il en interroge ensuite les incidences sur les attitudes et les comportements des garçons et des filles, en mobilisant les interprétations de la psychologie sociale : de fait, la confrontation à l'autre durcit les stéréotypes du masculin et du féminin, avec des conséquences concernant notamment la confiance en soi. Dans une dernière partie, le texte engage un débat plus normatif sur les politiques éducatives en matière de mixité scolaire, dès lors que, malgré son évidence, cette mixité apparaît porteuse d'effets ambivalents et semble nourrir une discrimination performative. Le débat, qui conduit à poser la question de l'opportunité d'un retour, même partiel et temporaire à la non-mixité, reste très ouvert car il engage in fine des conceptions du masculin et du féminin et de la notion même d'égalité qui sont loin d'être consensuelles.

Source: CAIRN.INFO

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La mixité scolaire de plus en plus remise en cause: la fin d'un dogme

Les « effets pervers » de la cohabitation filles-garçons sont mis en avant par des « travaux » de sociologues. Des expériences de séparation sont menées dans les autres pays développés, mais en France, la « mixité » est une valeur aussi ancrée que la « laïcité ». Source: LE FIGARO

(…) Quand la très sérieuse sociologue Marie Duru-Bellat, auteur d’ouvrages vantés par l’ensemble des tenants du progressisme scolaire, et insoupçonnable de dérive réactionnaire, publie cet été dans la revue de l’« OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) »  un article intitulé « Ce que la mixité fait aux élèves », le débat, très vite, s’anime.

D’autant que la « Revue française de pédagogie » s’apprête à publier à son tour, sous la direction de la même chercheuse, un numéro consacré à ce sujet.


NOTE :

Ce n’est certainement pas par hasard que les filles et les garçons ont été éduqués séparément depuis des siècles et des siècles et dans toutes les cultures. On apprenait aux filles à devenir des femmes et aux garçons à devenir des hommes, avec les tâches qui leur incombent.

Ce n’est plus l’école du savoir et de l’effort mais une école « des loisirs ». Les élèves sont devenus de « sales mioches » effrontés et filles et garçons s’accouplent comme les bonobos. Un vrai bordel ! C’est la « liberté » et la « tolérance » (comme les maisons).

Or dans le milieu de la « tradition », on considère que le corps de la femme est un « jardin secret », et qui est réservé à être vu que par son mari, à partir de la nuit des noces (c'est la virginité avant le mariage).

Voilà ce que je pense, sans détours : on réglerait bien des problèmes de « flirt » à l’école, mais aussi d’attaches aux marques et bien d’autres problèmes encore en supprimant la mixité et en réimposant la blouse unique pour tous. Et en réinstaurant un peu plus de discipline, ainsi que des leçons de morale (pas uniquement des discours édulcorés de « comportement d’éco-citoyen responsable dans une société multiculturelle et engagée dans le développement durable » -sic!!!-. On redonnerait aux enfants le sens des « vraies valeurs traditionnelles », le goût de l’effort, ainsi que la notion du respect, envers la hiérarchie notamment…



Cordialement,
Appolinaire Noël KOULAMA.

mardi, 31 août 2010

NOMINATION DU GENERAL BETH COMME AMBASSADEUR AU BURKINA : FAIRE TRES GAFFE A LA FRANCE !

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Sous des dehors de préoccupations sécuritaires dans la région sahélienne, la France installe dans la sous-région ouest-africaine un commandement d'opérations spéciales (obscures) contre la Côte d'Ivoire, en nommant le Général Beth, un acteur de la crise ivoirienne, ambassadeur au Burkina Faso. Pour mémoire, Emmanuel Beth commandait le Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO), en novembre 2004, quand la Force Licorne a détruit la flotte aérienne ivoirienne, sur ordre de Chirac. Ivoiriens, il faut savoir lire entre les lignes; vous êtes avertis! A bon entendeur...! Fernand Dindé.

 

A deux mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire : Paris installe le général Beth à Ouagadougou


Le général de corps d'armée Emmanuel Beth, est officiellement, depuis le mercredi 4 août 2010, le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso. Il remplace, à ce poste, le civil François Goldblatt.


Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, le général Beth fut le premier commandant de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, en 2002, après la tentative de coup d'Etat muée en rébellion armée. Il dirigea la Licorne du 1er octobre 2002 au 30 mai 2003. C'est sous lui que s'est déroulée la récupération des ressortissants français vivant à Bouaké qui fut "un prétexte", selon des sources informées, pour "permettre aux rebelles acculés par l'armée ivoirienne de bénéficier d'appui de mercenaires et d'armement". La signature du cessez-le-feu entre les Fds et la rébellion sous les auspices du Sénégal, alors président en exercice de la Cedeao et l'accord de Linas-Marcoussis se sont effectués pendant qu'il était à la Licorne.


Le général Beth est surtout celui qui a consacré la partition de la Côte d'Ivoire. Puisqu'il est le concepteur de la zone de confiance. Pourquoi Sarkozy nomme-t-il Beth à Ouaga en cette période-ci ? La revue française "La Dépêche diplomatique", datée d'août 2010, livre en des termes voilés, les raisons de ce pré- positionnement d'un ambassadeur militaire français au Burkina Faso : "Les confins sahélo-sahariens seraient devenus une zone à risques, la situation n'est pas stabilisée au Niger ; au Mali, le général d'armée, Amadou Toumani Touré, président de la République, va probablement laisser la place à un "civil" lors de la prochaine élection 2012. A Abidjan, la présidentielle d'octobre 2005 sera organisée (au mieux) en octobre 2010 ; et si cela ne se produisait pas, on peut penser que l'axe Abidjan-Ouagadougou en subirait les effets collatéraux (pour ne pas dire plus). A Ouagadougou, Blaise Compaoré va rempiler (sans surprise) pour cinq ans à la suite de la présidentielle du 21 novembre 2010 (dans tout juste trois mois). C'est dire que Ouaga est le centre de gravité du triangle Abidjan/Bamako/Niamey. Voilà pour le contexte. Pour le reste, ce sera le job de Beth", écrit le magazine.


En des termes plus clairs, la France, qui visiblement prévoit une déflagration du contexte sociopolitique en Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle ne se tient pas comme prévue le 31 octobre prochain, a préféré nommer, à Ouagadougou, un général, ancien commandant de l'opération Licorne, pour organiser les interventions en terre ivoirienne.


Paris qui ne croit ni en l'Accord de Ouagadougou ni en l'excellence des relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, présage déjà des tensions entre les deux pays au-delà du 31 octobre.


Comme on peut le constater, cette nomination du général Beth cache bien des secrets qui ne sont pas faits pour ramener la stabilité en Côte d'Ivoire et en l'Afrique de l'ouest. Une sous-région confrontée, pourtant, à des réalités ignominieuses telles que les coups d'Etat, les rébellions armées, le terrorisme, le trafic de drogue, le fondamentalisme religieux et le rapt de civils occidentaux innocents.


Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

Source: Notre Voie N° 3669 du Lundi 30 Août 2010

REALITE DU FRANC CFA : LE NAZISME MONETAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE

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Vidéo : Histoire du Franc CFA interview de Nicolas AGBOHOU

http://www.youtube.com/watch?v=myqXvbrSelo

http://www.youtube.com/watch?v=vB9GQWKGdXk

http://www.youtube.com/watch?v=9pnMyNbMm40


Le professeur Nicolas AGBOHOU a donné à son livre un titre qui résume la réalité qu'il décrit et annonce le combat qu'il mène : "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique"

Quelle est cette réalité ? C'est d'abord la servitude de quinze pays africains à la monnaie française. Un système de parité fixe, sans équivalent dans l'histoire monétaire, ligote la monnaie de ces pays, à la monnaie française, hier le franc français, aujourd'hui l'euro. La singularité de ce système, c'est l'arsenal légal et statutaire qui régit le fonctionnement de la zone franc. Le lecteur est vivement invité à lire avec attention l'analyse que fait Nicolas AGBOHOU de cet arsenal.

A ce jour et à notre connaissance, seuls deux auteurs ont consacré leur ouvrage à cette analyse : feu le professeur Joseph TCHUNDJANG POUÉMI, dans un livre paru au début des années 1980, "Monnaie, servitude et liberté - La répression monétaire de l'Afrique" (tiré à un nombre restreint d'exemplaires, épuisé aussitôt après sa publication, ce livre est resté longtemps introuvable. Il a été récemment réédité par les éditions Menaibuc) et Nicolas AGBOHOU, dans le livre "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique". C'est dire l'importance de ce livre et l'exceptionnelle valeur du travail qu'a accompli Nicolas AGBOHOU.

La réalité du franc CFA et de la zone franc, c'est aussi et peut-être surtout, le nazisme monétaire. Mettre en lumière cette autre réalité est l'un des intérêts majeurs de la présente et nouvelle édition du livre de Nicolas AGBOHOU.

Le franc CFA, ou franc des Colonies Françaises d'Afrique, est créé le 25 décembre 1945 par un décret signé par trois Français (Charles De GAULLE, président du gouvernement provisoire ; René PLEVEN, ministre des finances ; Jacques SOUSTELLE, ministre des colonies) qui ont en commun un double caractère : ils sont imbus de la suprématie blanche ; ils sont de fervents acteurs de l'agression coloniale contre l'Afrique. Surtout, leur pays, la France, vaincue et conquise par l'Allemagne hitlérienne en mai 1940 vient de subir cinq années d'occupation nazie. Or cette occupation n'avait pas que le caractère spectaculairement bestial des hordes de soldats allemands soumettant les Français, pillant et versant le sang. L'occupation allemande de la France fut aussi un formidable champ d'exécution du nazisme monétaire externe.

Conçu par Herman GOERING, ministre de l'économie de Hitler, et appliqué aux territoires conquis par les troupes allemandes, le nazisme monétaire externe allemand n'avait que deux objectifs : soumettre et piller. Parce qu'elle était, et de loin, le plus gros des territoires conquis par l'Allemagne, la France a subi le nazisme monétaire allemand avec beaucoup plus de rigueur que les autres territoires eux aussi conquis par l'Allemagne, par exemple la Belgique et la Pologne.

Curieusement, alors qu'il existe des tonnes de livres, de mémoires, de thèses de doctorats et d'articles sur l'occupation nazie de la France, et que chaque année apporte de nouvelles publications sur le sujet, il n'existe quasiment rien sur le nazisme monétaire infligé par les Allemands aux Français. Pourquoi ?

La grande surprise ici, c'est le silence des Français, de leurs historiens et de leurs universitaires, d'habitude si diserts, sur ce qui est sans doute l'épisode le plus saignant de l'histoire contemporaine de leur pays.

Il faut remonter soixante-trois ans plus tôt, pour trouver un Français écrivant sérieusement sur ce sujet : René SÉDILLOT, qui publie en 1945, son livre intitulé Le Franc enchaîné - Histoire de la monnaie française pendant la guerre et l'occupation. SÉDILLOT constate : "Avec les siècles, les formes de pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu'ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs".

Cette manipulation du taux de change, à l'avantage exclusif du conquérant est l'une des caractéristiques du nazisme monétaire appliqué à la France, nazisme monétaire que celle-ci, une fois libérée du joug hitlérien, appliquera aussi, intégralement et même en l'accentuant à l'Afrique. Ce n'est pas une surprise, les Français créent le CFA en 1945, après l'occupation nazie, la même année où René SÉDILLOT publie son livre.

Pour cette création, ils ont au préalable récupéré l'arsenal statutaire du nazisme monétaire que leur a infligé l'Allemagne et qui fut entre autres inclus dans la convention d'armistice signée le 22 juin 1940 entre la France conquise et l'Allemagne conquérante. Les Français ont alors fait du copier-coller : à leur tour, ils ont retourné l'arsenal nazi contre les Africains, de sorte que le franc CFA et la zone franc, c'est du nazisme monétaire.

Parmi les nombreux mérites de la présente édition de "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique", l'un des plus instructifs est donc que Nicolas AGBOHOU, ici, est l'un des premiers auteurs à jeter la lumière sur le caractère foncièrement nazi de la zone franc. Du coup, il montre aussi la transmutation par laquelle, la France, d'opprimée et exploitée par l'Allemagne hitlérienne, est devenue oppresseur et exploiteuse de l'Afrique, en usant du nazisme monétaire. Nicolas AGBOHOU ouvre ainsi un vaste domaine de recherches que devront explorer historiens, économistes et divers chercheurs.

Nicolas AGBOHOU n'est pas qu'un chercheur. Il est aussi un combattant pour la justice. Son livre est un outil de ce combat. Combat contre le double caractère malsain des pères fondateurs du franc CFA : suprématie blanche, agression coloniale de l'Afrique. Double caractère qui est hélas une immuable constante de la zone franc et qui permet à l'Etat français de réussir l'exploit de maintenir intact son système de domination monétaire des pays CFA, malgré les "indépendances" qu'elle leur a accordées dans les années 1960.

Rien n'a changé, pas même le sigle : on a gardé CFA, qui signifie désormais quelque chose comme Communauté Financière d'Afrique.

Combat contre l'infantilisation dans laquelle la zone franc maintient l'Afrique, infantilisation qui relève du syndrome "Ne-le-faîtes-pas-vous-même, nous-nous-en-chargeons-pour-vous".

Au lieu de gérer eux-mêmes leurs réserves, les États CFA les confient au Trésor français.


-        Au lieu de fixer eux-mêmes leurs objectifs de taux d'inflation, ils se contentent de singer ceux de la France et aujourd'hui de l'eurogroupe.

-        Au lieu de favoriser et intensifier les échanges entre eux, les États CFA miment les "critères de convergence" définis par la France et l'eurogroupe.

-        Au lieu de se doter des moyens techniques pour fabriquer eux-mêmes leur monnaie, ils se contentent de tout sous-traiter aux imprimeries de la Banque de France, qui facturent au prix fort.

-        Au lieu d'encourager l'émergence d'une élite africaine d'économistes et financiers compétents et indépendants, capables de défendre les intérêts africains, de promouvoir le point de vue africain et de le faire entendre dans le monde, les Etats CFA, s'en remettent aux "experts" de la Banque de France et du Trésor français ou à ceux des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque Mondiale.


Toute politique sans contradicteurs est corrompue. C'est précisément le cas de la zone franc et du franc CFA en Afrique. Dans cette zone, les questions monétaires sont un sujet tabou, la répression sévère, parfois meurtrière, comme ce fut probablement le cas concernant le décès, certains disent l'assassinat de TCHUNDJANG POUÉMI.

Les premiers responsables de cette situation sont les dirigeants africains. Au lendemain des "indépendances", ils ont embarqué leurs populations dans l'impasse du franc CFA, lequel n'est rien d'autre que la prolongation de l'agression coloniale et raciale contre l'Afrique.

Cette monnaie a admirablement servi le but pour lequel il fut créé : être l'instrument de "l'appauvrissement automatique de l'Afrique et de l'enrichissement automatique de la France", pour paraphraser René SEDILLOT. Il y avait d'autres voies. Par exemple celle choisie par les pays du Maghreb, dès qu'ils se sont libérés du joug colonial français. Ces pays se portent aujourd'hui infiniment mieux que les pays CFA. Toutes les études le montrent, la décision de quitter la zone franc est pour beaucoup dans la meilleure santé économique de ces pays maghrébins.

Le travail de Nicolas AGBOHOU peut donc être considéré comme une œuvre salutaire contre la corruption en Afrique. En déchirant le voile du tabou, en mettant le débat sur la place publique, en présentant aussi objectivement que possible tous les termes du débat, il rend un grand service à l'Afrique entière. S'il vise les décideurs qui, par leurs fonctions dans l'appareil d'État, sont capables de prendre les mesures nécessaires à la libération monétaire de l'Afrique, Nicolas AGBOHOU s'adresse d'abord au plus commun des citoyens africains : bien informés, ceux-ci seront mieux armés pour obliger leurs dirigeants à prendre les meilleures décisions.

Ici encore, il faut rendre hommage à Nicolas AGBOHOU : il a abandonné le jargon des hommes de sa profession, les économistes, pour utiliser une langue simple, que peut comprendre tout Africain qui accepte de faire le moindre effort personnel.

Au livre de TCHUNDJANG POUÉMI publié voici bientôt trente ans, les adeptes du statu quo néocolonial et les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont répondu par un silence. Total black- out. Ils ont refusé le débat. Il n'y a pas eu débat. Ils ont été imités par leurs relais dans les cercles influents, en l'occurrence le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, qui ont la mainmise sur les questions économiques ou stratégiques concernant l'Afrique. Les banques centrales des pays CFA ont réagi exactement comme ces adeptes et ces bénéficiaires.

A la première édition de Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique, publiée en 1999, l'année de l'introduction de l'euro, on a observé encore la même réaction de ces adeptes, de ces bénéficiaires et de ces banques centrales.

Jusqu'ici, cette réaction, ainsi que la répression et l'intimidation contre la pensée libre en Afrique ont bloqué tout débat sur ce qui est sans doute le plus grand scandale monétaire de toute l'histoire et aussi la principale cause de l'appauvrissement de centaines de millions d'Africains.

Les choses pourraient être différentes avec la présente édition. Deux éléments nouveaux poussent à le croire. D'abord, l'euro n'a apporté aux Africains aucun des nombreux bienfaits qu'on leur avait promis lors de l'introduction de cette monnaie et de l'arrimage du franc CFA à elle. Au contraire, les populations africaines souffrent aujourd'hui plus que jamais de l'asservissement du franc CFA à l'euro : l'appréciation considérable de l'euro par rapport au dollar a pour conséquence l'appréciation automatique du franc CFA et donc aussi une dévastatrice perte de compétitivité des pays CFA.

Second élément, le plus important, la guerre en Côte d'Ivoire. La guerre que les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont provoquée en Côte d'Ivoire ces cinq dernières années, a permis à grand nombre d'Africains, en premier lieu les Ivoiriens, d'identifier clairement les ennemis de l'Afrique.

Des millions d'Africains sont descendus dans la rue pour affronter les chars ennemis et protéger les responsables Ivoiriens décidés à défendre l'intérêt Africain et à mettre fin au néocolonialisme dont le franc CFA n'est qu'un aspect. Un nombre considérable d'Africains, souvent des jeunes, sont morts dans ce combat pour la libération de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique.

Une responsabilité particulière est donc placée sur les épaules des dirigeants actuels et futurs de la Côte d'Ivoire. Toutes ces victimes, tous ces jeunes, sont-ils morts pour rien ? Le débat pour la libération définitive de l'Afrique ne peut plus être interdit. Or cette libération passe, à notre avis, par un rejet du franc CFA. Il ne peut donc plus y avoir tabou, et aujourd'hui, l'on ne peut plus répondre à Nicolas AGBOHOU par le black-out.

Mieux, les dirigeants de Côte d'Ivoire, ont pour ainsi dire l'obligation d'aller de l'avant sur le chemin de la libération. Or il se trouve que, malgré la guerre qui a considérablement affaibli ce pays, économiquement, politiquement et administrativement, le divisant en deux territoires antagonistes, l'un aux mains des rebelles et de leurs commanditaires étrangers, la Côte d'Ivoire demeure et de loin, la plus importante économie de l'UEMOA, représentant à elle seule près de 40% du PIB de cette union. La sortie de la Côte d'Ivoire de l'UEMOA sonnerait le glas de la zone franc.

Tout ceci souligne l'importance exceptionnelle aujourd'hui de la Côte d'Ivoire pour le progrès en Afrique. L'année 2010, est annoncée comme aussi l'année des élections en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, quel que soit leur niveau de responsabilité, doivent bien saisir la portée des choix qu'ils auront à effectuer lors de ces élections. Tout mouvement vers la libération étant pour l'instant invisible dans la zone CEMAC soumise à des autocrates s'éternisant au pouvoir, totalisant près de deux siècles d'exercice continu de dictature, c'est à l'UEMOA que revient la tâche de lancer la marche vers l'émancipation de l'Afrique. Et à l'intérieur de l'UEMOA, c'est au leader de cette union, la Côte d'Ivoire, de donner le cap.

Il se trouve que Nicolas AGBOHOU, patriote panafricain convaincu, est aussi Ivoirien. Il se trouve aussi que c'est en Côte d'Ivoire que TCHUNDJANG POUÉMI a élaboré sa théorie et rassemblé les éléments qui lui ont permis d'écrire son livre.

Nicolas AGBOHOU, en digne successeur de TCHUNDJANG POUÉMI, est un Ivoirien conscient des responsabilités qui incombent à son pays dans le combat sans merci contre le nazisme monétaire français en Afrique. Les dirigeants ivoiriens pourraient-il l'écouter ? Les dirigeants Africains pourraient-ils lui prêter l'oreille ?


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D'APRÈS LA PRESSE IRANIENNE, CARLA BRUNI EST UNE PROSTITUEE.

 

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Les médias français sont en émoi : la presse iranienne vient de qualifier la « première dame de France » de « prostituée » ... Nicolas Sarkozy va beaucoup apprécier ... Etant donné que l'amour rend aveugle, on sait d'ores et déjà où les soldats français vont être envoyés pour mourir demain ...! Evènement.

 

L'épouse du président français Nicolas Sarkozy a été qualifiée de « prostituée » en Iran après avoir signé la « pétition » appelant à libérer Sakineh Mohammadi Ashtiani. Ashtiani est accusée : « d'avoir trompé son mari et d'avoir établi un complot en vue de le tuer ».

En réalité, le mot « prostituée » est fréquemment utilisé chez les « traditionnalistes » et dans les sociétés traditionnelles pour y qualifier les femmes de mauvaise vie, celles qui font des choses indignes avec leur corps, avec les hommes etc ... Il ne s'agit pas spécifiquement d'une question de profession. Il est évident que Carla Bruni n'est pas une « prostituée » qui tapine au bois de Boulogne, car par définition une « prostituée » se fait payer pour louer ses services ...

PROPOS DE CARLA BRUNI DIGNE D'UNE PROSTITUÉE :

La semaine dernière, la première dame de France a écrit une lettre ouverte à Ashtiani, où elle dit : « Pourquoi ton sang serait-il versé et tes enfants seraient-ils privés de leur mère ? Parce que tu as vécu, parce que tu as aimé, que tu es une femme et parce que tu es iranienne ? Tout en moi refuse d'accepter cela ».


ADJANI AUSSI QUALIFIÉE DE PUTE :

Le journal « Kayhan » - contrôlé par le gouvernement iranien - a traité Carla Bruni et l'actrice française Isabelle Adjani de « prostituée ». Adjani, tout comme Bruni, fait campagne pour la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Carla Bruni a reçu une attaque supplémentaire en étant accusée d'« immoralité ».

 

PAS DE MESSAGE DIPLOMATIQUE :

Non content de qualifier Isabelle Adjani et Carla Bruni « de putes françaises » pour avoir manifesté leur soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtia, cette Iranienne condamnée à mort par lapidation pour adultère, le quotidien conservateur Kayhan vient de trouver un soutien de poids chez l'agence de presse iranienne « Inn ».

Selon l'organisme de presse, « les médias occidentaux, en détaillant ses nombreux antécédents d'immoralité, ont implicitement confirmé qu'elle méritait ce titre », déclare-t-il en réaction aux propos de Kayhan, avant d'ajouter : «  Ses antécédents montrent clairement pourquoi cette femme immorale a apporté son soutien à une femme condamnée pour avoir commis des adultères et été complice du meurtre de son mari ». Toujours aucune réaction de la part de l'Elysée...

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Photo de Carla Bruni posant nue

 

Cordialement,
Appolinaire Noël KOULAMA


Source: NERRATI.NET

01:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans France, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : iran, france, carla bruni sarkozy, nicolas sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 août 2010

LES PAYS AFRICAINS DE LA ZONE FRANC SONT TOUJOURS COLONISES 50 ANS APRES LA PROCLAMATION DES INDEPENDANCES




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Par Dr Séraphin PRAO

L'histoire nous enseigne qu'entre le 1er Janvier et le 31 Décembre 1960, 17 pays d'Afrique subsaharienne (ASS), dont 14 anciennes colonies françaises, accédaient à la souveraineté nationale et internationale. Evidemment cela fait cinquante ans, qu'ils sont théoriquement libres. Pour ne pas démentir la légende qui veut que les africains aient un faible pour les festivités, ils n'ont pas manqué cette occasion pour danser et festoyer.

Les africains veulent considérer ce cinquantenaire comme l'an zéro de l'Afrique libre. C'est dans ce cadre que des journées de réflexions ont été organisées pour trouver les remèdes au mal africain : son retard en matière de développement. La Côte d'Ivoire n'a pas manqué à l'appel.

Si le cinquantenaire des indépendances doit être considéré comme l'année zéro pour les africains, alors, on peut le dire sans se tromper que ceux de la zone franc sont mal repartis et n'ont encore rien compris.

En effet, lors du colloque international sur le cinquantenaire de l'indépendance et ses perspectives en Afrique subsaharienne, qui s'est tenu à la Fondation Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, à Yamoussoukro, le 3 août 2010, le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA. Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie.

"Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Lorsqu'il évoquait "l'indépendance du drapeau", le leader indépendantiste tanzanien Julius NYÉRÉRÉ voulait faire comprendre que la véritable indépendance ne réside pas uniquement dans ses attributs extérieurs. Pour être effective, elle ne peut se contenter d'être diplomatique. Elle doit aller au-delà, pour se manifester dans tous les domaines de la vie d'un pays, le politique et administratif, l'économique et le financier, le culturel enfin.

L'objet  de cet article est de dire sans détour que la conquête de l'indépendance passe nécessairement par celle de la souveraineté monétaire. La littérature sur le sujet est dense (AGBOHOU Nicolas, 1999 ; TIANI KEOU François, 2002 ; HUGON, 1999 ; TCHUNDJANG POUENI, 1980 etc...).

Il s'agit ici de déférer à la barre de la "raison" comme à la barre de la "conscience", l'élite bourgeoise africaine qui peine à comprendre ce que les autres savent déjà : la monnaie est à la fois un instrument de développement et de domination.

Il faudra répondre à l'innocente question initiale : le franc CFA est-il défendable ?

Nous trouvons ici comme prétexte, une réponse au gouverneur de la BCEAO, Philippe DACOURY-TABLEY, pour apporter des éclairages sur le concept mal connu qu'est la monnaie.

Ce que notre étude apporte c'est la dimension sociale de la monnaie qui vient convaincre définitivement que si les africains veulent une identité économique, ils doivent battre leur propre monnaie.

Nous commençons par revenir sur la définition de la monnaie car il nous semble utile de poser le problème de fond : celui de la nature de la monnaie.

Ensuite, on pourra montrer pourquoi, le Franc CFA doit disparaître si nous aspirons à l'indépendance et au développement. Ce sera le lieu de rappeler que les pays africains en général et ceux de la Zone Franc, en particulier, doivent s'affranchir de la tutelle française pour penser réellement leur développement.

QU'EST-CE QUE LA MONNAIE ?

D'ordinaire, les manuels d'économie définissent rapidement la monnaie comme un bien économique remplissant trois fonctions : une fonction d'unité de compte, une fonction d'intermédiaire des échanges, une fonction de réserve de valeur.

Respectivement, la monnaie permet d'exprimer en une seule et même unité la valeur des biens et services échangés, éliminer les contraintes liées au troc de marchandises et constituer un lien entre le présent et l'avenir.

Une telle définition présente des limites. On peut citer au moins deux inconvénients majeurs :


-        elle ne hiérarchise pas les différentes fonctions et sous-estime donc le problème de savoir où se situe la limite entre ce qui est de la monnaie et ce qui n'en est pas. Ainsi, si l'on considère que la principale fonction de la monnaie est d'être une réserve de valeur, on constate que de nombreux objets tels que des timbres, des tableaux peuvent servir de réserve de valeur sans être pour autant une monnaie.

-        l'approche fonctionnelle est trop limitative, puisqu'elle ne prend pas en compte la nature de la monnaie qui est d'ordre social.


Délaissons à jamais l'approche fonctionnelle de la monnaie pour nous concentrer maintenant sur les approches vivifiantes.

La monnaie peut alors être considérée comme un lien social essentiel, c'est à dire un "objet" liant entre eux des individus hétérogènes afin d'en faire une société. Il est admis par un grand nombre d'économistes, depuis les écrits d'Adam SMITH et la naissance de l'économie en tant que discipline autonome, que le marché était généralement considéré comme le seul lien nécessaire pour réunir en une société des individus par ailleurs isolés.

Mais La publication par Karl MARX du livre premier du Capital en 1867 va constituer une rupture très nette avec l'économie politique classique en ce qui concerne la théorie monétaire.

Selon Karl MARX, derrière la circulation des marchandises, il existe toujours des rapports sociaux. La valeur est en effet un rapport social de production qui revêt la forme d'un objet obtenu à partir de travail. Pour aller vite, disons que la monnaie dans la pensé de Karl MARX a un caractère double puisqu'elle est à la fois une marchandise et l'expression d'une relation sociale.

Or, le rôle de convention sociale de la monnaie s'accommode mal du statut de marchandise qu'il cherche à lui donner.

Comme par miracle, c'est un autre auteur allemand, Georg SIMMEL, qui, dans sa Philosophie de l'argent, va s'émanciper du concept de monnaie marchandise. L'échange monétaire peut en effet être considéré comme une socialisation, c'est à dire "l'une de ces relations dont la présence transforme une somme d'individus en un groupe social".

Pour former un lien social, il est nécessaire de passer par la médiation de l'instance collective que représente l'institution monétaire. C'est ce qui se passe, d'après SIMMEL, lors de l'extension de la sphère des échanges. Selon FEMENIAS (2008), pour SIMMEL, c'est donc bien la communauté dans son ensemble qui garantit que la monnaie soit acceptée aujourd'hui et dans l'avenir en règlement des échanges.

Dans le même ton, Michel AGLIETTA et André ORLÉAN dans La violence de la monnaie, ont de façon savante, démontré la dimension sociale de la monnaie. La monnaie est vue comme le moyen de canalisation de la violence censée caractériser tout ordre social. La socialité n'est possible qu'après un processus de socialisation dans lequel l'institution monétaire joue un rôle essentiel. Elle permet ainsi la conciliation de deux contraires : l'affirmation de l'autorité souveraine et celle d'une liberté personnelle, individuelle.

La forme générale de socialisation que constitue l'échange représente la forme sui generis du lien social. C'est l'adhésion de tous à la monnaie en tant que forme "socialement reconnue et légitimée de la richesse" (AGLIETTA et ORLÉAN, 2002, 67) qui confère son statut à la monnaie.

Comme l'État est porteur d'un projet d'unification politique et qu'il en a les moyens, il joue un rôle qui peut être déterminant pour conduire le processus monétaire jusqu'à sa réussite, en particulier en tant qu'il possède la légitimité permettant d'affronter les puissants antagonismes d'intérêt politique que la définition de la monnaie ne peut manquer de faire naître.

L'indépendance est aussi l'occasion de rétablir les symboles nationaux d'avant la guerre et de jeter les bases d'une restauration monétaire.


La monnaie est sans aucun doute une expression de la souveraineté d'un pays. La monnaie joue un rôle  dans l'ensemble des processus et des relations par lesquels une communauté se constitue en autorité souveraine.

On peut citer l'exemple du cens à Rome. La société romaine met en place, dès le 6e siècle av. J.-C., le cens, une sorte d'état civil d'état. Sous la monarchie romaine, existaient deux classes principales, les nobles et le peuple (populus), outre les esclaves et les non-citoyens. Après l'instauration de la République,  la société romaine se définissait elle-même comme une société d'ordres (ordines) implacablement stratifiée. L'évaluation en monnaie y apparaît au centre d'un dispositif qui établit la citoyenneté et assigne à chaque citoyen une place au sein de la hiérarchie sociale. Finalement, le census marque solennellement la limite entre les citoyens et ceux qui ne le sont pas.

Enfin, exposons rapidement, l'approche de la monnaie comme système de paiement. Celle-ci explique que la monnaie doit être analysée comme point de départ obligé de la théorie du marché plutôt que comme un simple objet économique.

La monnaie est ainsi considérée comme une institution, un ensemble de règles d'emblée sociales. Pour CARTELIER, "la monnaie, ou système de paiement, est l'institution qui rend possible la coordination des actions économiques des individus".

L'approche de CARTELIER est différente de celle  exposée plus haut, faisant de la monnaie, une canalisation de la violence. Selon CARTELIER, la monnaie n'est qu'un des résultats possibles du processus de canalisation de la violence. Ainsi, la loi ou le sacré constituent autant de solutions alternatives.

POURQUOI LE FRANC CFA DOIT DISPARAÎTRE

Nous avons pris soin de rappeler dans notre introduction que les pays africains sont logiquement indépendants depuis 50 ans. Pourtant, ils sont aujourd'hui encore nourris au "lait" de la France. Que le lecteur m'accorde la faveur de dire que notre continent ne se développera que lorsqu'il sera en amont et en aval de ses stratégies de développement.

a)  Les principes de la Zone Franc sont des leviers du pillage des économies africaines

La parité fixe. Un nombre croissant de monnaies vernaculaires se rattachent à des monnaies véhiculaires (Bourguinat) qui permettent l'acceptabilité, la liquidité et la stabilité permettant la prédictibilité.

Les francs CFA sont ainsi rattachés au franc français par une parité fixe (éventuellement ajustable). Deux régimes de taux de change sont possibles : le taux de change flexible et le taux de change fixe.

La réflexion n'a pas été menée pour savoir lequel des deux, éventuellement, doit être préféré. On sait pourtant que le taux de change remplit deux fonctions conflictuelles dans la gestion de l'économie [BOUGHTON, 1991] : point d'ancrage à la stabilité économique (un pays qui stabilise son taux de change par rapport à une devise forte, gagne en crédibilité); instrument de rééquilibrage des comptes extérieurs (un pays qui surévalue sa monnaie perd de la compétitivité).

Le taux de change flexible permet d'utiliser la politique monétaire à d'autres fins. On admet généralement qu'une économie fortement exposée à des chocs extérieurs, ce qui est le cas des pays africains de la Zone, ont intérêt à stabiliser l'économie par la flexibilité de change.

En imposant le régime de taux de change fixe aux PAZF (Pays Africains de la Zone Franc), la politique monétaire avait un seul objectif à poursuivre, celui du maintien du taux de change à son niveau annoncé.

L'ancrage nominal conduit à réduire l'inflation et il favorise des anticipations non inflationnistes; il crée une contrainte pour la convergence des politiques économiques et il impose une discipline monétaire.

La fixité du change réduit la spéculation déstabilisatrice sur les modifications de taux de change.

En réalité, le choix du régime de taux de change fixe était de faire en sorte que les bénéfices des  entreprises françaises ne subissent pas les caprices d'un taux de change erratique.

En clair, la France voulait stabiliser les bénéfices des entreprises françaises. Pour cela, la France a promis réduire l'impact des chocs extérieurs avec des mécanismes coopératifs (comptes d'opérations) ou d'aides (exemples du Stabex ou du Sysmin).

En ce qui concerne, la liberté des transferts, elle est limitée au niveau des pays africains mais massive entre les pays africains et la France. Cette liberté de transferts a conduit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Nicolas AGBOHOU, 1999, p. 87).

La transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993.

Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA.

La libre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrales).

Finalement, la zone franc est un espace de circulation asymétrique des capitaux privés, d'investissements publics, et de répartition de l'aide publique où les entrées de flux publics sont compensées par des sorties de flux privés.

Elle demeure caractérisée par le poids des intérêts des firmes françaises. Elle est un espace politique, linguistique, financier marqué par des relations privilégiées avec l'ancienne métropole. D'espace commercial préférentiel, elle est devenue un espace financier privilégié; de système centralisé et hiérarchique de défense externe de la monnaie dans un espace protégé, elle est devenue une institution plus souple de coopération monétaire.

Au sujet de la convertibilité illimitée ou la garantie illimitée du Trésor Français, cette disposition était une manière légale pour les entreprises françaises d'avoir des devises avec leurs milliards de franc CFA. La convertibilité des francs CFA ne résulte pas du marché mais d'une convention avec le Trésor français. La convertibilité permet l'accès aux marchés internationaux et favorise l'entrée des capitaux.

Depuis la dévaluation des francs CFA du 12 janvier 1994, les pays africains membres de la Zone ont perdu leurs droits de tirage automatique. La France est devenue un prêteur résiduel qui se situe en second rang par rapport aux institutions de Bretton Woods, et qui intervient après mobilisation des multilatéraux notamment la Banque africaine de développement.

Enfin, le principe des comptes d'opérations est une escroquerie morale, financière de la France.  Les comptes d'opérations auraient même une origine nazie. Il faudrait reprendre l'idée de Nicolas AGBOHOU (1999, p.79) sur ce point.

Selon l'auteur, "la France applique actuellement aux Africains, les cruautés financières que l'Allemagne hitlérienne lui a infligées pendant l'occupation. En effet, l'Allemagne nazie a fait supporter des charges financières énormes à la France envahie...", Selon un mécanisme bien décrit par Pierre ARNOULT.

Selon Nicolas AGBOHOU, l'Allemagne avait organisé sous des apparences commerciales l'exportation chez elle, à peu près gratuitement, de toutes les richesses françaises dont elle avait besoin.  Pour réaliser ce dernier projet, elle imagina d'instituer un accord de compensation franco-allemand qui, à la vérité, n'aurait d'accord que le nom et mettrait la production française à sa merci.

Lorsque deux pays décident de régler leurs relations commerciales par voie de compensation, ils créent un clearing, c'est-à-dire un organisme chargé d'équilibrer leurs créances et leurs dettes respectives.

En dehors de l'argumentation fournie par Nicolas AGBOHOU, celle de Maurice NIVEAU (1954) ne manque pas d'intelligence. Cette technique de compte d'opérations, qui est en réalité une escroquerie était pourfendue par les français eux-mêmes.

Maurice NIVEAU (dans Histoires des Faits Economiques contemporains, PUF, 1966, p.306-307) nous rapporte le sentiment français, par les propos de  M. Emile MOREAU (gouverneur de la banque de France de 1926 à 1930) qui disait ceci à M. POINCARÉ (président du conseil) : "j'expose au président du conseil que l'Angleterre ayant été le premier pays européen à retrouver une monnaie stable et sûre après la guerre, a profité de cet avantage pour jeter sur l'Europe les bases d'une véritable domination financière. [...] les remèdes comportent toujours l'installation auprès de la banque d'émission d'un contrôleur étranger anglais ou déguisé par la banque d'Angleterre, et le dépôt d'une partie de l'encaisse de la banque d'émission à la banque d'Angleterre, ce qui sert à la fois à soutenir la livre et à fortifier l'influence anglaise..."

b)  Le Franc CFA n'a pas apporté le développement économique mais le développement du sous-développement

Le franc CFA est un facteur de sous-développement. Nous le verrons dans les lignes qui suivent. Mais il y a un autre argument que nous devons brièvement examiner ; il renforce la tendance à la libération des PAZF (Pays Africains de la Zone Franc).

b.1) La création monétaire est du domaine de la souveraineté d'un pays

Jamais, en réalité, l'Etat ne s'est désintéressé de l'émission ; même quand l'institution d'émission était un organisme strictement privé, comme en grande Bretagne, les relations entre la Banque et la Trésorerie étaient étroites.

Les PAZF ont abandonné à la France, la création monétaire qui est pourtant une prérogative régalienne de l'Etat. C'est un "droit inconditionné de définir les règles qui gouvernent l'évolution de la monnaie qui a cours sur son territoire". Et ceci sous deux aspects : au plan interne, s'agissant du "pouvoir d'émettre la monnaie fiduciaire, de définir un système de contrôle de la quantité globale de monnaie en circulation, de définir dans quelles limites l'Etat peut avoir recours à la création de la monnaie pour financer sa dette".

Sur le plan externe, la liberté de choisir un système de change et éventuellement de fixer la position de la monnaie nationale dans ce système. Certaines fonctions sont indispensables à la survie de l'identité nationale et spécifiques à l'Etat et touchent au plus près à la souveraineté et donc ne sauraient souffrir que des limitations très restreintes.

Cela concerne au premier chef le maintien de l'ordre public, la justice et le monopole de la contrainte à l'intérieur, la diplomatie, la défense et enfin la monnaie.

La plus grande démission des intellectuels africains, en tout cas, ceux du sous-continent noir, c'est d'avoir toléré ce viol monétaire pendant longtemps. Nous avons dit plus haut que le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA.

Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie. "Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Il nous semble  mystérieux de rendre les économies africaines indépendantes quand la monnaie elle-même, l'instrument de mesure, est colonisée.

La banque centrale a d'abord été le banquier de l'Etat. C'est du fait de cette relation privilégiée, et seulement dans un second temps, qu'elle a été considérée progressivement comme la "banque des banques", celle qui compense les paiements des banques commerciales et régule la liquidité du secteur bancaire (GOODHART, 1988).

Ce n'est que plus tard qu'on a voulu centrer le mandat des banques centrales sur la lutte contre l'inflation, et les protéger en construisant un cadre institutionnel qui les mette à l'abri des pressions politiques et leur interdise de prêter à l'Etat. Ce cadre est consacré en Europe, en 1992, par le traité de Maastricht.

Le gouverneur sait qu'il n'est que haut fonctionnaire du trésor français. La BCEAO est administrée par un conseil d'administration composé de 16 membres dont deux français. La conduite de la politique monétaire est confiée au Conseil d'Administration de la BCEAO avec le "concours" des comités nationaux de crédits (article 52 du statut de la BCEAO).

L'article 10 de l'accord de coopération entre la République Française et les Républiques membres de l'UMOA dit : "Deux administrateurs désignés par le gouvernement français participent au Conseil d'Administration de la BCEAO dans les mêmes conditions et avec les mêmes attributions que les administrateurs désignés par les Etats membres de l'Union ".

Si l'on doit arrêter une décision à l'unanimité, une simple opposition de la partie française peut compromettre la vie des millions d'africains. C'est tout simplement une infamie. La France contrôle par le biais du franc CFA toutes les économies des PAZF et en conséquence, leur souveraineté.

b.2) Le franc CFA n'apporte pas le développement mais le sous-développement

Si le gouverneur de la BCEAO arbore une joie non dissimulée de faire partie de la zone franc, les populations africaines sont loin de le suivre dans cette œuvre solitaire. Et pour cause, le franc CFA n'apporte pas le développement promis.

Le franc CFA ne permet pas le financement des entreprises, n'entraine pas l'intégration régionale et en dernier ressort ne nous donne aucune dignité.

Le franc CFA étant structurellement et économiquement étranger aux africains, le système bancaire est faiblement développé et les africains n'y attachent aucun intérêt.

Selon le rapport JUMBO de l'agence Française de Développement (AFD, 2007, p.11), en 2007, le total des bilans des banques de l'UEMOA et de la CEMAC est inferieur à la somme des actifs de la première banque sud-africaine.

Le système financier et bancaire de la zone UEMOA a été soigneusement étudié par PRAO Séraphin. (2009) et arrive à la conclusion que la dimension monétaire du développement est absente.

En tout cas, qu'il s'agisse de la Côte d'Ivoire ou du Sénégal, le ratio de l'approfondissement n'atteint jamais le seuil de 36,5.

En effet, BERTHÉLÉMY et VAROUDAKIS (1998) ont validé par une analyse de panel l'idée selon laquelle l'impact de l'approfondissement financier sur la croissance ne se manifeste qu'à partir d'un certain seuil (  au moins égal à 36,5). Pour la Côte d'Ivoire et le Sénégal, ce taux moyen est respectivement  de l'ordre de 0,26 et 0,21  sur la période 1962-2004.

La densité du réseau bancaire des pays de l'UEMOA est très faible. Il y a 1,4 agences ou bureaux bancaires pour 100 000 habitants. Le taux de bancarisation dans l'UEMOA à fin décembre 2003 variait de 0,76% pour la Guinée Bissau à 5,18% pour la Côte d'Ivoire avec une moyenne de 3,02% pour l'Union. En 2005, seules 3 personnes sur 100 ont accès à un compte (BCEAO, 2005b, CB-UMOA, 2006). En comparaison, la France était en 2001 à un taux de 99% (Daniel et Simon, 2001).

Les africains estiment que le système bancaire est réservé aux riches. Ils sont d'autant plus persuadés d'avoir raison que le financement bancaire ne représente que 16% du produit intérieur brut (PIB) en Côte d'Ivoire contre environ 70 % en France ou en Tunisie.

En 2006, le ratio moyen du crédit privé au PIB était de 110% dans les pays de l'OCDE, de 31% dans les pays d'Amérique latine et de 20% seulement en Afrique Subsaharienne (ASS).

En Afrique, les banques sont très peu actives dans le financement de l'investissement. Elles sont très frileuses dans l'octroi des crédits. Du coup, le système bancaire regorge d'énormes liquidités inutilisées.

Le comble c'est que les banques sont depuis 1994 apparues surliquides. La liquidité peut être définie comme l'aptitude d'un établissement de crédit à faire face à ses engagements à court terme, c'est-à-dire concrètement à répondre à une demande inopinée de retraits d'une partie des fonds déposés par la clientèle. Dès lors la surliquidité bancaire n'est rien d'autre que la possession par une banque d'un excès de liquidité.

Mais selon le FMI (2006)[i], la surliquidité bancaire est définie comme le montant des dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale qui excède les réserves obligatoires. C'est cette même définition qu'on retrouve chez  Jean CALVIN (2008), en la considérant comme les réserves auprès de la banque centrale excédant les montants minimum requis, en moyenne sur l'année.

PRAO Séraphin (2009) a estimé que cette surliquidité bancaire représente en moyenne sur la période 1996-2006, entre 2% à 7% du PIB nominal de la zone UEMOA.

Avec cette paresse bancaire, l'effort d'investissement n'a pu engendrer une croissance forte. Sur la période 2002-2007, le taux d'investissement n'excède pas 20% dans l'espace UEMOA (17% (2002) ; 16,1 (2004) ; 18,8% (2005) ; 19,2% (2007)). Sur la même période, en ASS, le taux est en moyenne nettement supérieur à ceux de la zone UEMOA (18,7% (2002) ; 19,3% (2004) ; 20,4%(2005) ; 22,4% (2007)).

Le taux de croissance du PIB réel dans la zone UEMOA ne permet pas de dire que le franc CFA a un impact positif sur l'économie des pays membres.

En comparant cette zone et l'ASS, le taux de croissance du PIB réel y est faible.

Sur la période 2002-2007, dans la zone UEMOA, ce taux est de 1,5% en 2002 ; 2,9% en 2003 ; 2,8% en 2004 ; 3% en 2007. En ASS,  ce taux est de l'ordre de 3,5% en 2002 ; 4% en 2003 ; 6,8% en 2004 et 7,2% en 2007.

Les défenseurs du franc CFA ont échoué lorsqu'ils ont cherché à rendre explicite la correspondance entre la monnaie unique (le franc CFA) et l'intégration régionale.

Les monnaies coloniales ont plutôt encouragé l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

En imposant leur monnaie, leur système bancaire, et d'autres types de régulation économique dans les frontières arbitraires qu'ils avaient données à l'Afrique, les pouvoirs coloniaux ont en partie empêché l'intégration économique à l'intérieur du continent.

Mais, en même temps, une intégration économique de l'Afrique avec l'Europe et le reste du monde a été possible. Des économies sont intégrées lorsque "leurs relations réelles et monétaires sont si intenses que leurs marchés réagissent simultanément aux mêmes chocs""par le marché" ; elle résulte de l'essor des flux commerciaux et financiers. (BAUDASSE, MONTALIEU, SIROËN, 2001, p. 78) ; Le concept d'intégration traduit deux types de dynamique : l'une est spontanée, elle se réalise de fait,

L'autre est institutionnalisée, "formelle" ; elle traduit un volontarisme et des accords politiques ; obtenue "par les règles", elle suppose la mise en place d'institutions et le passage d'étapes programmées dans le temps.

En effet, les grands pays exportateurs dans le commerce intra UEMOA sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal qui ont exporté vers la zone respectivement 11 et 6,5% de leurs exportations totales entre 1990 et 2003 (BOOGAERDE et TSANGARIDES, 2005). Ces pays sont de ce fait de loin les grands offreurs de biens manufacturiers dans la zone en détenant respectivement 74 et 14% des exportations intra zone.

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'union européenne en direction de l'UEMOA la même année se situe à 43%. Les exportations de la zone UEMOA en direction du même espace représentent 12% tandis que les importations se situent à 10%.

Le renforcement de l'intégration régionale doit passer par le développement du commerce intra régional à travers l'amélioration des infrastructures routières notamment. Il a été démontré que le commerce au sein de l'UEMOA triplerait si toutes les routes nationales reliant les pays membres entre eux étaient revêtues en dur. Pour cela, il nous faut trouver des ressources pour le financement de grands projets routiers. Et pourtant, des milliards de Franc CFA dorment dans les caisses du Trésor français, signe que les africains sont tout simplement terribles.

CONCLUSION

La monnaie, lien social, est au cœur d'une légitimation par le pouvoir, d'une confiance par les marchés et d'une crédibilité par le dynamisme de l'économie, et par les politiques, notamment de la Banque centrale. Les francs CFA ont une convertibilité conventionnelle; la monnaie CFA ne constitue pas un symbole de Souveraineté.

Si le Franc CFA ne disparaît pas, on aura garde de paraître conférer aux Africains une étiquète d'incapable congénitale.  Être libre, être indépendant, pouvoir se gouverner soi-même, être maitre de ses décisions, c'est une fin en soi. C'est même la première fin qu'il faut rechercher quand on veut se bâtir un pays ou une vie à soi.

Un pays indépendant est un pays qui exerce sa souveraineté en toute liberté, n'a d'allégeance pour aucun autre pays et ne se détermine qu'en fonction de ses intérêts et de sa volonté. Telle est, en gros, la définition de l'Indépendance.

BODIN, un des plus grands théoriciens de la souveraineté dans les Six livres de la République (1576) reprend le thème de l'imitation de Dieu pour caractériser l'autorité souveraine. Cette autorité insiste-t-il est indivisible absolue (elle est au-dessus des lois puisqu'elle les fait) ou encore perpétuelle. Il va ainsi fixer les attributs de la souveraineté.

En Egypte ancienne, le pouvoir du pharaon reposait sur un certain nombre de symboles. Ils étaient les témoins de sa force, de sa divinité et de son autorité sur les terres d'Egypte.

La monnaie fait partie des attributs de la souveraineté, l'ignorer, c'est simplement faire fausse route dans le combat pour la souveraineté tout court.


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