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samedi, 30 août 2008

FRANÇAFRIQUE : CE QUE LES AFRICAINS DOIVENT SAVOIR SUR LA MAFIA SARKOZIENNE

NICOLAS SARKOZY 4.jpg
Les intellectuels africains sont en berne, au regard de
l’action politique du candidat Sarkozy qui avait promis la
rupture. Nombre d’entre-nous ont donné leurs suffrages au
candidat de la rupture, pour espérer des lendemains politiques
meilleurs et démocratiques. Or l’action de Nicolas Sarkozy
continue de susciter des interrogations chez de nombreux
africains, pour qui la rupture tant annoncée tarde à venir. Il
suffit de scruter la vie privée et politique de
Nicolas Sarkozy, pour nous rendre compte que la rupture
ne peut, en fait, être qu’une imposture.


Par Apollinaire Noël KOULAMA


1) NICOLAS SARKOZY : LE PRODUIT DE LA MAFIA CORSE ET DE
ROTHSCHILD


Nicolas Sarkozy est né en 1955, d’un noble catholique
hongrois, Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa, réfugié en France, après
avoir fuit l’armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière
juive séfarade d’origine de Thessalonique. Ils ont eu 3
enfants (Guillaume Sarkozy, François Sarkozy, Nicolas Sarkozy).

Lorsque les parents de Sarkozy divorcent, sa mère devient la
Secrétaire d’Achille Perreti ; Achille Perreti est un corse,
il est le cofondateur de la SAC avec Charles Pasqua, une
milice armée qui protégeait le Général De Gaulle et les
institutions de la République.

Le corse Achille Perreti va être élu maire et député de
la ville de Neuilly-sur-Seine, qui est la plus riche
banlieue de la capitale parisienne, puis plus tard, il
deviendra Président de l’Assemblée nationale.

En 1972, un magazine américain « Time » révèle l’existence
d’une organisation criminelle (L’Union Corse) qui contrôlerait
une grande partie du trafic de stupéfiant entre l’Europe et
l’Amérique ; c’était la fameuse histoire vraie de la « French
Connexion » qu’ Hollywood devait porter à l’écran. Le magazine
américain « Time » citera le nom d’un corse, Jean Ventury ; il
était arrêté quelques années plus tôt au Canada et il
n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour
la société d’« Alcool Richard ». Le magazine américain évoque
le nom de plusieurs familles corses qui dirigeraient «
L’Union Corse », dont la famille Perreti. Achille Perreti nie
dans un premier temps, mais doit renoncer plus tard à la
Présidence de l’Assemblée Nationale et échappe même à un
suicide.

En 1977, le père de Nicolas Sarkozy (Monsieur Pal Sarkozy)
se sépare de sa seconde épouse (Christine de Ganay) ;
Christine De Ganay lie des relations avec le N°2 de
l’administration centrale des Etats-Unis. Celui-ci épouse
Christine De Ganay et l’invite à s’installer aux Etats-Unis.
Ce nouveau mari n’est autre que Franck Wisner Junior. Monsieur
Franck Wisner dans ses fonctions, joue un rôle important au
sein de la CIA. Nicolas Sarkozy va se rapprocher de ses
beaux frères et du nouveau mari de sa belle-mère, qui le
fait bénéficier des programmes du département d’état
américain. A la même période, Nicolas Sarkozy adhère au
parti gaulliste et il fréquente rapidement le corse Charles
Pasqua.

En 1982, Nicolas Sarkozy termine ses études de droit et
s’inscrit au barreau de Paris, il épouse une corse, la
nièce de Achille Perreti (l’ancien patron de sa mère et co-
fondateur de la SAC). Son témoin de mariage n’est autre que
Charles Pasqua. Et, en sa qualité d’avocat, Maître
Nicolas Sarkozy défend devant les juridictions, les intérêts
de ses amis corses, les malfrats et d’autres mentors de
même acabit. Il acquiert une notoriété parmi ses amis
corses, et acquiert une propriété en Corse et imagine même
de « corsiser » son nom de famille, en souhaitant remplacer le «
y » par un « i », pour faire Sarkozi, au lieu de Sarkozy.

Or, les habitudes ont la peau bien dure. Nicolas Sarkozy
pour affirmer son amitié pour son milieu corse, se rend
le soir du 2ème tour, au Fouquet’s, après que les chaînes
de télévisions aient annoncé sa victoire. Pourtant, habituellement, la
victoire se fête au Q.G. Avec les militants. Mais Nicolas
Sarkozy s’y était rendu pour un bref discours. Le Fouquet’s
est une brasserie aux Champs Elysées, anciennement sous
l’appellation de « L’Union Corse », il appartient aujourd’hui
au casinotier Dominique Desseigne, qui le met à la
disposition de Nicolas Sarkozy et la fête de la victoire
peut se faire en compagnie des hommes les plus riches de
France et les riches amateurs des grands casinos.

D’ailleurs la constitution de l’équipe gouvernementale montre
le ton :

• Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, un ami de
Desseigne et lobbyiste des casinos.
• Claude Guéant, Secrétaire général de l’Élysée, bras droit de
Charles Pasqua et ami de Omar Bongo.
• François Pérol, Secrétaire général adjoint, il est l’associé/gérant du groupe Rothschild, fils du Directeur de l’Agence
juive, il fut écarté par Chirac pour son américanisme.
• Alain Bauer, l’homme de l’ombre, Franc-maçon et ancien
Grand Maître de la 1ère loge de France, il est chargé des
services de renseignements.


2) NICOLAS SARKOZY : LE PRODUIT DE LA CIA ET DU MOSSAD

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le
Président François Mitterrand refuse de démissionner et entre
en cohabitation avec le parti gaulliste. Jacques Chirac
refuse d’être le Premier Ministre et cède sa place à
Edouard Balladur pour former, en finalité, un tandem CHIRAC/
BALLADUR pour les prochaines échéances présidentielles. Charles
Pasqua est promu Ministre de l’Intérieur par Edouard
Balladur. Le nouveau ministre de l’intérieur met la main
forte contre la marijuana marocaine et l’immigration d’origine
africaine. Pendant ce temps, il tire la révérence de sa
nouvelle fonction, en protégeant les activités des mafieux
corses, en intelligences avec les dictateurs africains des
pays francophones. Lui et ses amis corses en profitent pour
prendre le contrôle des casinos, jeux et courses, en pays
francophone.

Pendant qu’il est Ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua
tisse des relations avec l’armée d’Israël « Le Mossad ».
Nicolas Sarkozy, quand à lui, est le plus proche de Charles
Pasqua et il est Ministre du Budget, Porte-parole du
gouvernement.

En même temps, à Washington, Franck Wisner Junior (le
nouveau mari de la belle-mère de Nicolas Sarkozy) succède à
Paul Wolfowitz, comme Responsable de la planification
politique au Département de la Défense, et il tisse des
liens étroits avec Nicolas Sarkozy qu’il peut considérer
comme un beau-fils. C’est ainsi qu’une crise politique
éclate dans le parti gaulliste, entre le courant gaulliste
historique et le courant gaulliste financier, incarné par
Edouard Balladur, Charles Pasqua et le jeune Nicolas Sarkozy.

Entre temps, sous l’instruction de Londres et de Washington,
Balladur, Pasqua et Sarkozy acceptent d’ouvrir des négociations
pour intégrer dans l’OTAN les anciens pays de l’Europe
Centrale et Orientale affranchis de la tutelle soviétique.

Le conflit atteint son apogée, lorsque Edouard Balladur,
contre toute attente se présente candidat aux élections
présidentielles contre Jacques Chirac, qui lui avait cédé la
place de Premier Ministre. Le tandem CHIRAC/BALLADUR fond
et Charles Pasqua, avec le jeune Nicolas Sarkozy, trahissent
Jacques Chirac, pour s’allier avec Edouard Balladur. Cette
crise s’illustrera jusque dans les financements de la campagne
électorale. En effet, le trio BALLADUR/PASQUA/SARKOZY va
tenter de faire main basse sur la caisse noire gaulliste
de la double comptabilité de la société ELF. L’affaire est
révélée, la justice s’en mêle, on perquisitionne l’entreprise
et certains dirigeants sont incarcérés. Finalement, le trio
n’aura pas le temps de se servir du magot de la caisse
noire d’ELF.

Jacques Chirac devient Président de la République. Après
avoir battu Balladur, il tient à distance Charles Pasqua et
Nicolas Sarkozy. Sarkozy se fait discret durant toute la
traversée du désert et noue des relations avec les cercles
financiers. C’est pourquoi, en 1996, après son divorce,
Nicolas Sarkozy se mariant avec Cécilia, aura pour témoins
de mariage les milliardaires Martin Bouygues et Bernard
Arnaud (l’homme le plus riche de France). Parmi ses amis du
monde de la finance, on trouve Vincent Bolloré, formé à la
Banque Rothschild. Il est mêlé dans des affaires en Afrique.
C’est lui qui lui prêtera un Falcon-900 privé et un Yacht
de 65 mètres, après sa victoire présidentielle, pour un repos
bien mérité. Nicolas Sarkozy peut dès lors bénéficier du
soutien des médias et du monde des affaires.

Par ailleurs, grâce à Franck Wisner Junior, la CIA et le
MOSSAD planifient la montée en puissance de Nicolas Sarkozy ;
ils agissent en plusieurs séquences :

Pendant des années, les médias du monde sont tenus en
haleine, par les révélations posthumes d’un promoteur
immobilier, enregistrées sur cassette vidéo peu avant sa mort, relatives à des affaires en cours de la Mairie
de Paris, en France. Les raisons de ces révélations n’ont
jamais été élucidées. Plusieurs années plus tard, la cassette
se retrouve entre les mains de Dominique Strauss-Khan, qui
l’a faite parvenir aux médias.

Mais les aveux du promoteur immobilier, décédé d’une maladie
grave, ne débouchent sur aucune sanction judiciaire. Par
contre, ils ouvrent une boîte de Pandore sur les affaires
de la Mairie de Paris. La principale victime sera Alain
Juppé : Ami de Jacques Chirac et Secrétaire Général du parti
gaulliste. Pour protéger Jacques Chirac, Alain Juppé accepte
toutes les accusations et les infractions pénales dont
l’inéligibilité pendant plusieurs années. En conséquence,
Alain Juppé sera mis à l’écart du Secrétariat Général du
parti gaulliste, ce qui laisse la voie libre à Nicolas
Sarkozy de prendre le Secrétariat Général du parti gaulliste,
comme cela a été planifié.

Sarkozy profite alors de sa position de Secrétaire Général du
parti gaulliste et de la notoriété qui s’en suit, pour
contraindre Jacques Chirac à le prendre dans le gouvernement,
malgré leur haine réciproque. Erreur ou pas, Jacques Chirac le nomme Ministre de l’Intérieur.
Nicolas Sarkozy contrôle les préfets et les renseignements
intérieurs qu’il utilise pour créer un noyau autour des
grandes administrations.

Neutraliser tout challenger au parti socialiste : Des
primaires sont organisés au parti socialistes, deux candidats
se déclarent au départ, Laurent Fabius et Ségolène Royal.
Parmi les deux, Laurent Fabius semble être un candidat
sérieux au deuxième tour pour Nicolas Sarkozy, même si
Ségolène Royal est la candidate la plus sérieuse au sein du
parti socialiste, mais pas au niveau national. Dominique
Strauss-Khan, qui avait fait parvenir la vidéo des
révélations du promoteur immobilier à la presse, se déclare
à son tour, candidat aux primaires, avec pour mission
d’éliminer Laurent Fabius pour faire élire Ségolène Royal qui
ne pèsera pas au niveau national, au 2ème tour, devant
Nicolas Sarkozy.

Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy, remercie Strauss-
Khan, en le faisant élire à la tête du Fond Monétaire
International (FMI).

Peu avant l’élection de Nicolas Sarkozy, Franck Wisner Junior
(le nouveau mari de la belle-mère de Nicolas Sarkozy) sera
nommé par le Président américain, Georges Bush, comme « Envoyé
Spécial de l’Amérique pour l’indépendance de Kosovo », ainsi,
pour bien mener cette fonction, il insiste auprès de Nicolas
Sarkozy pour prendre Bernard Kouchner comme Ministre des
Affaires Etrangères, avec pour mission d’accompagner, en
Europe, la politique américaine de l’indépendance du Kosovo et
la liquidation de la politique arabe de la France, laissée
par Jacques Chirac.


3) CONCLUSION :

Depuis l’élection de Sarkozy, les gaullistes historiques
(favorables comme le Général De Gaulle à une politique
indépendante de la France face aux Etats-Unis), comme Alain
Juppé, Jean Pierre Rafarin, Dominique de Villepin, traversent
le désert et on peut se demander, jusqu’à quand la hache de
guerre entre ces courants françafricains gaullistes sera
enterrée.

En scrutant le parcours privé et politique de Nicolas
Sarkozy, tous les signaux de la rupture restent au rouge et
resteront au rouge, aussi longtemps que Nicolas Sarkozy
demeurera au pouvoir, en France. Le pouvoir de Sarkozy a été
depuis longtemps préparé par quelques stratèges de la CIA et
du MOSSAD, sans oublier les réseaux mafieux corses des
affaires. On peut donc imaginer, que sa campagne électorale
sur la rupture avec la politique de l’autre temps, en
Afrique, faisait bien partie de cette stratégie de prise de
pouvoir, pour inciter les africains de nationalité
française à lui apporter leur suffrage. N’a t-on jamais
entendu de François Mitterrand, « que les promesses n’engagent
que ceux qui les croient » ?

Rompre avec les réseaux de la françafrique, c’est rompre
aussi avec les réseaux corses et affairistes de la France,
dont certains sont impliqués dans la Françafrique et ce sont
ces mêmes réseaux qui ont contribué en bonne partie à la
victoire de Nicolas Sarkozy. Les rêveurs peuvent rêver, mais
la réalité nous ramène à l’évidence.


Résumé d’un article biographique sur Nicolas Sarkozy, écrit
par Thierry Meyssan.
Le titre et les sous-titres sont de Africdossier


Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 18 août 2008
Rubrique : Afrique-politique
Source : http://africdossier.oldiblog.com

03:54 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 20 juillet 2008

L'AMBASSADEUR DE FRANCE A MADAGASCAR RENVOYE POUR SES LIENS AVEC DES COUPS D'ETAT ET ASSASSINAT POLITIQUE

991c1fe5db8df2246cdaa582d53a1697.jpg
juillet 16, 2008

L’ambassadeur de France à Madagascar, Gildas Le Lidec, était en poste à Kinshasa lors de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, tout comme il était à Abidjan lorsque des rebelles ont tenté - en vain - un coup d’Etat contre le président Laurent Gbagbo.

Il n’en a pas fallu plus au président malgache Ravalomana, pour lui demander de quitter le territoire malgache, et s’en aller “ambassader” ailleurs, sous d’autres tropiques. Son entrevue avec le président français, Nicolas Sarkozy en Avril dernier n’a rien changé à la conviction du président malgache (que les diplomates français s’évertuent à présenter comme un “arriéré” !!)

5 mois après avoir présenté ses lettres de créances au président malgache, Gildas Le Lidec va devoir se trouver un autre poste. Pour Madagascar, son nom est associé à trop de problème ressemblant étrangement à la Françafrique.

Le président malgache redoutait ainsi d’être pris par la “malchance” qui suit Gildas Le Lidec dans les pays africains où il passe, et on doit dire qu’en tant que président, même si la raison semble farfelue, il a tout à fait raison d’appliquer le principe de sécurité face à un diplomate que la barbouzerie semble poursuivre partout où il passe!

Comble de la honte, Gildas Le Lidec a dû l’annoncer le 14 Juillet, jour de la fête nationale de la France!


Sources: 20mai.net et Le Monde

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 03 juillet 2008

QUE VEUT FINALEMENT LA FRANCE ?

48c338e4dbbf496f4399be38f812974b.jpgDepuis l’arrivée de M. Nicolas Sarkozy à la tête de la République française, il
est presque devenu difficile de percevoir avec exactitude, l’orientation de la
diplomatie de son pays en Afrique. Aux déclarations d’intentions les plus
ambitieuses, succèdent des signes et des actes qui n’indiquent aucun
changement, et encore moins une volonté effective de désengagement des méthodes
et des combines sales d’un passé récent.
La situation existante au moment où Sarkozy prend les rênes du destin des
relations franco-africaines, peut se résumer dans trois grands paramètres. Le
premier réside dans la modification substantielle du paysage géopolitique
dominée par l’arrivée en force de la Chine. Non seulement Pékin ne s’embarrasse
point de la langue de bois qui dicte la bonne gouvernance et les droits de
l’Homme, mais plus grave, le nouveau géant s’impose en partenaire qui force
l’admiration en usant des grands moyens. Les investissements chinois dans les
grands projets d’infrastructure ont en effet fait dire à Abdoulaye Wade, le
président sénégalais, “ que la Chine a réalisé en moins de cinq ans, ce que les
Occidentaux n’ont pas fait en quatre siècles. ”
A “ l’invasion ” chinoise qui concrétise une pénétration financière, humaine et
matérielle imparable, admirable, et imbattable, vient s’ajouter un activisme
américain débordant. Les Etats-Unis sont engagés depuis la fin des années 1990,
dans un programme méthodique de promotion de la démocratie et des droits de
l’Homme, à travers la meilleure des stratégies possibles qui s’appuie sur
l’émancipation de la société civile.
Le deuxième paramètre, résulte de l’essoufflement général de la diplomatie
française et d’une certaine perdition de son intelligence stratégique lorsqu’il
s’agit de l’Afrique. Paris est resté bloqué dans une vieille image de l’Afrique
dépourvue de toute imagination et de toute évolution. Depuis Jacques Foccart,
rien n’a été pensé, envisagé, essayé, ou préparé pour prendre en charge les
exigences élémentaires de mutation de la relation franco-africaine.
Le troisième paramètre enfin, est la forte imbrication de certains milieux
d’affaires français pas très propres avec quelques grandes familles politiques
très actifs. Les relations qui en découlent, s’incrustent au cœur des régimes
régnants sur le continent, dégageant une forte odeur d’insanité, de tricherie
et de corruption.
Que faire, ou comment se donner un air d’ange et de réparateur des erreurs de la
diplomatie française, sans tuer ce qui est considéré par certains, comme la
poule aux œufs d’or ? Comment réagir face à la pénétration chinoise qui sans
qu’il soit même besoin de faire un dessin ou de demander des chiffres au
président sénégalais, constitue une terrible humiliation pour la France ?
Comment se départir d’une image bien embarrassante de puissance coloniale
obscurantiste dépassée et cynique ?
La situation qui existe aujourd’hui, est même encore plus difficile à clarifier
qu’au moment où Sarkozy arrive au pouvoir. Le nouveau et jeune président semble
s’être trop excité pour peu de résultats, et surtout, pour plus d’ennuis et de
confusion. En dépit des discours de Dakar et de Johannesburg, les Africains de
tous les bords ne sont pas rassurés et continuent de manquer de repères pour
une lisibilité transparente des intentions françaises. La promesse de fermer
les bases militaires ne prouve rien, et les multiples sorties annonçant que
rien ne sera plus comme avant, sont contrariées par les faits. Les pays
africains au sud du Sahara demeurent certes sans grande importance économique
et commerciale dans la masse globale des échanges internationaux de la France,
mais le poids diplomatique et géopolitique du continent demeure un atout dans
la concurrence feutrée entre les grandes puissances. En effet plus de 60 pour
cent des échanges français se font avec les partenaires européens, et le
premier pays d’investissement en Afrique n’est ni le Gabon, ni le Congo, ni le
Cameroun, mais le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud.
En réalité, les grands groupes à l’instar de Total, Lafarge, Scoa et Bolloré,
exercent un chantage énorme sur la classe politique française et celui-ci se
transforme en diktat sur les choix et les orientations de la politique en
Afrique. Si le volume des échanges avec l’Afrique est minime dans la somme
globale des échanges internationaux, il est néanmoins important et capital dans
le financement et la survie de nombreuses familles politiques de l’Hexagone.
Ceux qui viennent chercher l’argent en Afrique auprès des dictateurs, ne se
gênent jamais et sont toujours sûrs d’en trouver en quantité. Gauche comme
droite puisent dans les caisses des Etats africains et parfois jusque dans les
comptes personnels des chefs d’Etats, lesquels sont en retour assurés de tous
les soutiens.
Rendus en Afrique, le discours sur les droits de l’Homme, la bonne gouvernance
et autres quolibets humanitaires n’ont plus de sens. Les Roccart, Danielle
Mitterrand, Vergès, ainsi de suite, se fichent éperdument du sort des nègres et
savent d’avance qu’aucun journal dans leur pays, n’osera les dénoncer. A propos
de la presse française justement, elle ne se prive jamais de recevoir l’argent
de Sassou Nguesso, de Biya ou de Bongo, sous le couvert de publi-reportages.
L’immoralité de l’argent sale issu des détournements, ne les traumatise point.
En fait, il ne faut pas attendre de la France qu’elle fasse d’elle-même, à sa
manière, et en son temps voulu, sa révolution en Afrique. Le manque
d’ingéniosité et de vision dans la politique africaine de la France procède
d’une véritable malédiction génétique. Sarkozy a beau discourir, ce que
l’histoire retiendra, c’est le renvoi du ministre de la Coopération (ministre
des colonies), monsieur Bockel, exactement comme Mitterrand renvoya Jean Pierre
Cot de son premier gouvernement. Les deux ont commis le même crime, celui de
déclarer avec un peu trop de conviction, que “ rien ne sera plus comme avant. ”
Des faits très simples rappellent chaque jour aux Africains des colonies
françaises, que le jour de l’indépendance et de la liberté est encore loin, et
de toute façon que les discours de Cancun, de La baulle, de Dakar, de
Johannesburg, traduisent la même réalité d’une ruse politique pour mieux
continuer sous d’autres formes, le pillage, l’asservissement, et la soumission.
Les Camerounais qui manquent de ciment pour construire leurs cases, savent bien
que c’est la faute de Lafarge. Les Gabonais et les Togolais qui payent trois
fois le prix de sortie d’usine pour avoir une voiture japonaise, savent que
c’est Scoa qui en est responsable. Il n’est pas jusqu’à la corruption, qui ne
soit mis au compte de la France.
La réalité d’un immobilisme de la France et de l’absence de toute volonté
honnête de changement dans sa politique en Afrique, est encore plus patente
dans le comportement de ses diplomates en poste. C’est une continuité qui ne
laisse la place à aucune spéculation. Bien que le pays n’ait pourtant plus les
moyens d’une domination absolue, ses représentants restent enfermés dans les
rêves d’un patron qui refuse d’accepter sa réalité en surfant avec de vielles
chansons. Comment croire à ces gens-là, et comment les juger vraiment ?
Mais que veut donc franchement la France ?


Par SHANDA TONME.
Le 19-06-2008

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde

16:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 27 juin 2008

PARIS ENTEND CONTRER L'INFLUENCE CHINOISE, EN AFRIQUE

fb3cd374f7e017d7d01f2f8f5c6be6b8.jpgLe nouveau «Monsieur Afrique» du président Sarkozy veut faire de la défense de
ses intérêts économiques le cœur de sa politique africaine. La promotion des
droits de l'homme passe au second plan.



C'est le chiffre qui fait peur à Alain Joyandet, nommé en mars par Nicolas
Sarkozy pour piloter la politique africaine de la France: «Il y a déjà 900000
Chinois en Afrique, alors que les Français sont moins de 300000.»
Au moment où le décollage économique du Continent noir se dessine, l'ancienne
puissance coloniale craint d'être supplantée par une cohorte de nouveaux venus
- Chine et Etats-Unis en tête - qui cherchent à s'assurer l'accès aux matières
premières, débouchés commerciaux et positions stratégiques.

«Avec ou sans nous?»

«Il est clair que l'Afrique est en train de bouger, a expliqué Alain Joyandet
jeudi après une série de voyages sur place. Des pays qui ne s'intéressaient pas
au continent africain y investissent beaucoup. [...] L'Afrique s'éveille, est-ce
qu'elle s'éveillera avec ou sans nous?»

Pour Nicolas Sarkozy, comme pour son nouveau secrétaire d'Etat à la coopération
et à la francophonie, la France doit réagir. Les mots-clés de sa diplomatie
africaine seront désormais «realpolitik» et «parts de marchés». «Il faut
absolument qu'on mette fin à une certaine période de naïveté», estime Alain
Joyandet. En clair: la défense des intérêts économiques devient prioritaire,
celle de la démocratie un peu moins.

Le virage est radical. Car il y a deux ans, lors d'un discours remarqué au
Bénin, Nicolas Sarkozy s'était posé en champion des droits de l'homme sur le
continent noir. «Il n'y a pas d'exception africaine, pas de prétendue
spécificité culturelle qui justifierait je ne sais quelle incompatibilité entre
l'Afrique et la démocratie, affirmait-il. Quoi qu'on ait pu penser pendant si
longtemps, la dictature, ce n'est pas la stabilité. [...] Nous mettons-nous à
ce point en danger en disant à haute et intelligible voix les torts que causent
les excès d'un dictateur à son propre pays?»

Principe de réalité

Depuis, le principe de réalité a repris le dessus. Le prédécesseur d'Alain
Joyandet, Jean-Marie Bockel, a été muté aux Anciens combattants après avoir
dénoncé les «pays qui gaspillent leurs propres ressources» et critiqué le
président du Gabon, Omar Bongo, pour la gestion de ses revenus pétroliers.
Celui-ci a d'ailleurs été le premier dirigeant africain à recevoir la visite
d'Alain Joyandet. «Cela a permis de régler le malentendu qui existait, explique
le nouveau secrétaire d'Etat, de mettre fin à une ambiance qui n'était pas très
bonne.»

Ce n'est pas le seul geste d'apaisement adressé par la France aux plus
inamovibles autocrates africains. L'enquête ouverte par la justice française
sur les patrimoines de cinq dictateurs - Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou
Nguesso (Congo-Brazzaville), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Eduardo Dos Santos
(Angola), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) - a été classée sans suite. Elle
avait révélé, notamment de la part des deux premiers cités, l'accumulation de
richesses imposantes sous forme d'appartements parisiens, de voitures de
super-luxe et de comptes bancaires détenus par des sociétés luxembourgeoises.

La nomination d'Alain Joyandet est un autre signe. D'abord parce que ce patron
de presse de Franche-Comté - il possédait L'hebdo de Besançon et Le
Châtillonnais -, qui est aussi maire de Vesoul, ne connaissait pas grand-chose
à l'Afrique. Or en France, il est de tradition de placer des novices à la
Coopération, pour éviter qu'ils ne dérangent les habitudes du «village»
franco-africain. «Il fallait un type qui n'ait aucun réseau en Afrique, qui
soit vraiment aux ordres de l'Elysée», commente Antoine Glaser, directeur de la
Lettre du Continent, une publication spécialisée.

Alain Joyandet est donc un fidèle de Nicolas Sarkozy. Il l'a aidé lorsque le
futur président connaissait sa traversée du désert, dans les années 1990. Les
deux hommes ont fait du vélo ensemble et, concernant l'Afrique, se retrouvent
sur une idée simple: «Ne pas se laisser tailler des croupières par les
Chinois.» La démocratie attendra. Comme le dit Alain Joyandet: «Le
développement économique est peut-être la meilleure solution pour encourager
une démocratie durable et irréversible.»

AUTEUR:www.letemps.ch - Sylvain Besson
2008-06-19 21:47:26

17:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 juin 2008

L'HOMMAGE D'UN AFRICANISTE A LA RESISTANCE IVOIRIENNE

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Bruno Vécarte, universitaire franco-gabonais (Sciences Politiques - Paris), africaniste et polémiste invétéré rend, dans ce papier, un hommage franchement remarquable à la Résistance ivoirienne. Lu pour vous.


La France et Bongo n’ont pas honte !



Les images de réussite des émirats pétroliers du golfe persique nous montrent à quel point nous sommes damnés. « Damnés de la terre » comme l’avait décrit Frantz Fanon de son vivant.

Ces images flamboyantes témoignent de la Richesse, de la Grâce et de cette Liberté que n'ont malheureusement pas tous ces conducteurs d’hommes qui ne sont pas pénétrés par la lumière divine, et qui rament à vue dans le noir de leur inconscience.

Depuis 1967, Bongo accepte de garantir les sales besognes des français sur notre sol ; lesquels français pillent, volent et transfèrent chez eux les richesses d'un pauvre petit peuple d’à peine 1 million d’habitants, qu'ils savent désarmé et pacifique.

C'est la honte.

C’est la honte pour la France !

C’est la honte pour ce pays qui s’est hissé sur le toit du monde en exploitant des peuples plus faibles que lui.

La France n'a donc pas honte !

Elle n’a donc pas honte de se prévaloir de ce titre de Xieme puissante économique et militaire du monde, sachant pertinemment que cette économie tient en grande partie du pillage des pays d’Afrique, pillage que cet arsenal militaire permet justement de garantir.

C’est une honte !

C’est une honte pour la France et tous les dirigeants qui se sont succédé à sa tête, qui n’ont eu de cesse d'exploiter ainsi, depuis plus de 200 ans, des pauvres et petits peuples qui matériellement sont démunis.

La France profite de notre innocence et de notre candeur pour voler et piller nos richesses ; des richesses qu'elle reverse par la suite pour le profit de sa population, laissant les nôtres crever de faim et de maladie.

C'est une honte !

Le peuple français doit savoir que leur pays est une honte !

Les petits français doivent savoir que leur économie tient du vol et du pillage des matières premières des peuples africains.

C’est une honte !

Au Tchad, au Congo, au Cameroun, au Gabon, en Angola, en Centrafrique, en Guinée, au Sénégal, au Soudan, en Mauritanie, au Togo ou à Djibouti, la France a stationné ses barbouzes pour assassiner tous ceux qui voudraient dénoncer ses pillages, qu'elle perpétuent au vu et au su de tous.

La France a placé de force et en permanence sur nos territoires, une fraction de son armée, pour empêcher les peuples noirs africains, ces pauvres nègres, de crier "au voleur", de manifester leur désapprobation de ce pillage multiséculaire, qui n’en finit pas, et qui dépérit chaque jour un peu plus notre race.

Elle s'est organisée depuis longtemps pour empêcher les noirs africains de vivre libres, riches et instruits comme elle le fait pour ses ressortissants.

C'est une Honte, pour un pays qui croit être grand, alors qu'il ne doit sa grandeur et son soit disant rayonnement international, que sur le vol des matières premières des pays les plus faibles, et sur le dos et le sang de malheureux peuples noirs désarmés, vis-à-vis desquels elle n'a de cesse de brandir l'artillerie lourde pour garantir les hold-up qu’il opère sans état d’âme dans le continent noir.

De de Gaulle à Sarkozy, la France n’a voté que des voleurs comme présidents, qui ont assassinés nos nationalistes et qui les ont remplacé par des illettrés, des pions qu’ils peuvent manipuler à dessein, au mépris des peuples indigènes africains, mourant de soif et de faim, alors que leurs pays sont gorgés d’eau et de nourriture en abondance.

C’est une honte !

C’est une honte pour nos propres frères NOIRS, GABONAIS et AFRICAINS, qui n’ont pas d’âmes, et qui œuvrent tels des zombis à l’holocauste de leurs propres semblables !

C’est une honte pour Omar Bongo, pour tous les membres du gouvernement, et pour tous ces fonctionnaires gabonais, qui font semblant de travailler alors que depuis plus de 50 ans, le pays est aux mains des blancs qui sucent jusqu’à la lie la sève de notre patrimoine national !

A quoi sert d’aller travailler dans une administration, sachant que le meilleur fruit de ce travail ne te reviendra pas ?

A quoi servent aux fonctionnaires gabonais de se rendre tous les jours au travail, alors que depuis 50 ans le pays est embourbé parce que les principaux capitaux sont envoyés par les français chez eux en France.

Seuls les gabonais peuvent libérer le Gabon et donner aux gabonais les mêmes chances d’émancipation et de développement que ce que ce pays octroi à ses ressortissants.

Si 100.000 gabonais se mettent dans la rue pour demander à la France de cesser de piller enfin nos richesses, je ne crois pas que le 6eme Bima, que ce pays a stationné dans notre territoire pour protéger son pillage, pourra nous assassiner tous devant les caméras du monde entier.

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui libre parce que les Ivoiriens en ont décidé ainsi.

Ils ont décidé de dire STOP à la France et à sa force de protection du pillage « Licorne ». Devant les caméras du monde entier, les canons de la force pro-pillage « Licorne » n’ont eu d’autre choix que de cesser le feu.

Si nous voulons libérer notre pays et vivre riches et heureux comme les autres, et telles que le prévoient nos richesses naturelles, nous devons suivre l’exemple de la Côte d’Ivoire et de son valeureux peuple ivoirien.



Bruno Vécarte

13:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 20 mai 2008

LE MAINTIEN DE LA FRANÇAFRIQUE: NICOLAS SARKOZY PERSISTE ET SIGNE

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Après la calotte prise par l’UMP, le parti au pouvoir en France, lors des élections municipales, le mini-remaniement ministériel qui s’en est suivi a vu le secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean Marie Bockel perdre son poste. Vraisemblablement, il serait victime de ses positions prises sur la Françafrique. C’est justement de cette nébuleuse, souvent citée sans la connaître que nous nous proposons de parler. Pourquoi en parler quand on a quantités de textes écrits sur le sujet. Notre présente contribution fait suite aux déclarations d’intention faites par Nicolas Sarkozy et la vérité des faits.


La françafrique en question

Ce terme de françafrique est impropre dans la forme comme dans le fond. Il s’apparente à un effort d’accoler deux mots : la France et l’Afrique. Or il s’agit d’un pays et un continent très lointain que seule l’histoire peut réunir. Le terme connaît pourtant un succès grandissant. En réalité c’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët Boigny qui inventa l’expression France-Afrique en 1955, pour définir les relations d’amitiés qu’il voulait établir avec la France. Il sera transformé par François-Xavier Verschave, pour devenir françafrique. Ce dernier le définit comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ». La Françafrique agit donc avec plusieurs acteurs (économiques, militaires et politiques) entre un seul pays, la France et un continent, l’Afrique, le tout dans des réseaux. Pour faire court, les réseaux politiques, mafieux et de filières occultes, se partagent sans coup férir le gâteau africain. Il s’agit d’aider quelques entreprises françaises, aidées par la diplomatie française en Afrique à exploiter les ressources naturelles des pays francophones. Ainsi, l’Afrique devient le pré carré de toutes les compromissions et de tous les coups tordus, un espace protégé où l'impunité est assurée aux puissants.

Historique de la françafrique

En 1958, l'union française est remplacée par la «Communauté» dans la constitution de la Ve République. Celle-ci est conçue comme une association entre un Etat souverain, la France, et des Etats africains disposant de l'autonomie interne. Le général de Gaulle, quand il accède à la présidence de la République, doit affronter une situation internationale nouvelle, celle où les colonies de la France du sud du Sahara affirment leur volonté d’accéder à l’indépendance. De Gaulle fait mine d’accepter. Mais dans le même temps, il charge, dès 1958, son plus proche collaborateur, Jacques Foccart, de créer un système de réseaux qui emmaillotent les anciennes colonies dans un ensemble d’accords de coopérations politique, économique et militaire qui les placent entièrement sous tutelle. Bref, un système élaboré d’installation de forces parallèles. Et puis il y a eu l’ingénieuse idée de créer le franc CFA, et qui est en réalité un instrument magnifique de convertibilité en Suisse d’un certain nombre de richesses africaines.



La françafrique en action

Bolloré est l’un des acteurs économiques principaux de la Françafrique. On y découvre tout les liens politico-financiers de Bolloré qui est aussi directement bénéficiaire de l'aide économique au développement de le France aux pays africain, entretenant ainsi des relations étroites avec les dictatures d'Afrique. La dépendance de la France pour des produits dont le poids dans la balance commerciale est très lourd (pétrole, cuivre), mais aussi des produits stratégiques (manganèse), sillicium, platine, chrome, molybdène, éponge de titane, cobalt, ... le poussent à piller notre sous-sol avec l’aide de nos présidents traitres. Comme le rappelle Samir Amin, aujourd’hui comme hier largement motivé par le contrôle et l’exploitation des ressources minières du continent. C’est cette françafrique qui a chassé Lissouba du pouvoir parce qu’il a eu le malheur de demander 33 % de royalties sur le pétrole au lieu des 17 % de Sassou Nguesso. C’est aussi la françafrique qui a partagé le pétrole angolais : 45 % pour Elf-Totalfina et 45 % pour une compagnie anglo-saxonne et 10 % pour Falcon-Oil. C’est bien l’entreprise pétrolière Elf, qui aurait « fait » la politique de l'État français au Gabon, au Cameroun, au Nigéria, au Congo-Brazzaville et en Angola, et aurait même été responsable de l’éclatement ou de la poursuite de guerres civiles dans ces trois derniers pays. Les services secrets (DGSE, DST) sont également désignés comme un élément important de ces réseaux, de par leur collaboration intense avec les services de plusieurs pays africains, pas nécessairement francophones (Angola ou Soudan par exemple). Elle a aussi aidé des présidents corrompus des Etats néocoloniaux, fondés sur une économie de rente, de pillage, de prélèvement de la richesse des matières premières ou de détournement de l’aide publique au développement. Cette même françafrique s’est transformée en mafiafrique, une sorte de mondialisation de relations criminelles. N’est ce pas elle qui a éliminé Ruben Um Nyobé du Cameroun, Sylavanus Olympio du Togo (le 13 janvier 1963), Barthelemy Boganda de la Centrafrique, Thomas Sankara du Burkina Faso, Patrice Lumumba de l’ex-Zaïre, Marien Ngouambi du Congo Brazzaville, Steve Biko de l’Afrique du Sud, Kragbé Gnagbé et Ernest Boka de Côte d’ivoire, etc. Que dire du Nigérien Hamani Diori qui voulait vendre son uranium ailleurs qu’en France, il a été déposé manu militari. L’Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France, à la portée de ses moyens, le seul où elle peut encore, avec cinq cents hommes, changer le cours de l’histoire. Que d’opérations sur notre continent pour déstabiliser nos Etats : opération «Tacaud» dans la guerre du Katanga (Zaïre) en 1978, opération «Barracuda» contre Bokassa en 1979, opération «Epervier» en 1986 au Tchad, opération «Turquoise» au Rwanda en 1994, opération «Azalée» en 1995 au Comores,[..] opération « Licorne » en 2002 en Cote d’Ivoire . Enfin très bien organisée, la françafrique et les pantins de l’Afrique se retrouvent souvent pour festoyer comme les impies de Sodome et Gomorrhe lors des sommets franco-africains, dont le premier a été inauguré par le président Pompidou regroupant la France et 11 pays africains, en 1973.

Les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy

Il a un discours contradictoire vis-à-vis de l’Afrique. On peut déceler ici et là des éléments de rupture et de continuité avec la politique africaine de la France. Les textes de référence sont : un discours de Nicolas Sarkozy au Bénin en mai 2006, une interview donné au magazine Jeune Afrique en novembre 2006, le discours du meeting UMP de Toulon et un discours sur la politique internationale en février 2007. Il veut « Se débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. » Il souhaite « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures ». On le savait critique vis-à-vis de la politique africaine de Jacques Chirac, mais on était loin de douter que l’homme débordant d’ambition manquerait de courage pour faiblir la françafrique. "Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences", pour "une relation plus transparente" entre la France et ses anciennes colonies pour "tourner la page des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés ». Aux lendemains de son élection, le président Sarkozy reçoit à l'Elysée, Omar Bongo et Sassou N'guesso. Le dessaisissement de Jean-Marie Bockel du portefeuille de Secrétaire d’Etat à la Coopération, dans le cadre du remaniement ministériel post-municipal, est une véritable sanction à l’encontre de celui qui avait annoncé en janvier dernier vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique ». Pour sa première visite en Afrique, le nouveau secrétaire d’État français à la Coopération Alain Joyandet était le 10 avril 2008 au Gabon, dont les autorités avaient salué l’éviction de son prédécesseur, Jean-Marie Bockel. "En allant au Gabon, a-t-il déclaré à l’AFP, il va rectifier la ligne politique adoptée par le secrétariat d’Etat à la Coopération depuis l’arrivée de Jean-Marie Bockel à sa tête". En plus l’amitié de Sarkozy avec Vincent Bolloré qui lui prête à volonté son yacht alors que les activités de son groupe, qui détient un pouvoir difficile à cerner, tant les contours sont tracés dans l’opacité. Dans la polémique du « yacht prêté », Sarkozy disait que le groupe Bolloré ne percevait pratiquement rien des contrats avec l’Etat français, pour qu’il soit influencé par d’éventuelles cessions de marché. Cela est vrai d’autant plus que, comme le dit son président, « ce qui fait la spécificité de notre groupe, c’est son implantation en Afrique ». Il y compte pas moins de 70 sociétés, implantées dans 35 pays (21 francophones et 14 anglophones). La françafrique soutient ces entreprises qui ne s’entichent que de la violence politique pour s’emparer des marchés. Vous en conviendrez avec moi pour comprendre que la vie est un rendez-vous du donner et du recevoir : Bolloré a donné, il doit recevoir. Le groupe recevra donc de Sarkozy une aide appuyée de la diplomatie française, du soutien militaire pour intimider les présidents  « libérateurs », et un maintien de la monnaie esclave, qu’est le franc CFA, pour bien exploiter les pays africains. L’ensemble se retrouvant dans le détail. Voici la véritable vérité  N’en déplaise à ceux qui imaginent une Afrique libre et prospère, totalement épargnée par la fibre impérialiste, dont le monde occidental est plus ou moins atteint de la fièvre ostentatoire, je ne suis pas prêt à accepter « l’Afrique aux africains » : Tel est le message central que Sarkozy lance au sous continent noir. Quand il s’agit de parler de l’Afrique, le vernis de leur bonne éducation s’écaille, l’Afrique étant le seul continent où même un mécréant peut en dire du mal sans représailles. Pour l’homme qui pense que « l’homme africain » n’est que bélitre, et dans le contexte actuel de la renaissance africaine, son addiction au néocolonialisme fait désordre.

Jeunesse africaine, la trompète du Jubilé a sonné

Et bien nous avons compris qu’avec Sarkozy, désormais, la France officielle défend tout haut l’idée d’une nation « décomplexée » par rapport à son histoire coloniale et au mieux elle revisite les thèses racistes et impérialistes. Au nom de la conception commune d’une Afrique libre, au nom du MLAN, la jeunesse africaine par ma voix, rend un hommage mérité à François-Xavier Verschave, qui a milité toute sa vie durant au sein de Survie, pour une Afrique digne et débarrassée des réseaux mafieux. Le combat pour l’Afrique lui a valu un procès pour offense à chef d’Etat de la part de trois dictateurs africains : le Tchadien Déby, le Congolais Sassou Nguesso, et le Gabonais Bongo. Gloire et reconnaissance à François-Xavier Verschave. Aussi, saluons-nous la réincarnation de cette ferme volonté d’en finir avec ces « démons » en la personne de Jean Marie Bockel, c’est pourquoi, l’Afrique et ses enfants lui doivent respect et le témoignage de notre amitié.
A vous jeunesse africaine, face à une droite aussi dure, qui s’accroche à la françafrique, il faudra une résistance héroïque, dont les actions feront date. Je sais et j’ai foi que Dieu est de notre côté car il est le Dieu des faibles. Sarkozy a trouvé son équilibre entre le culte permanent de la françafrique et le satyre des vivants, allant jusqu’à griller la politesse à ses prédécesseurs. La vérité a trébuché à la place publique. Aidons-le à guérir de cette vision manichéenne, car il y va de notre survie et celle des générations futures. N’ayons peur de rien car n’est ce pas déjà la mort que l’esclavage dans lequel nous sommes ? Nous réussirons certainement dans ce combat par la foi de nos actes. La manumission de notre continent, pillé depuis des siècles a sonné. Que cela soit écrit et qu’il s’accomplisse !

Dieu bénisse l’Afrique !
Vive l’Afrique libre et déliée !

Le Président du MLAN
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 avril 2008

LE CODE NOIR DE LEANDRE SAHIRI, UN LIVRE A LIRE ABSOLUMENT !

7bfe5b5680ddc0e6350fe362191607be.jpgConnaissez- vous le « Code Noir » ? Ou bien êtes-vous de ceux ou celles qui, malgré de nombreuses publications, malgré leur degré d’instruction, n’en savent encore rien ou pas grand-chose ?

Savez-vous que le « Code Noir » demeure un document d’« incontournable référence » ? Savez-vous que le « Code Noir » est au cœur même de l’histoire de la France, de l’Afrique, de l’esclavage, de la colonisation, de toute l’humanité ? ...

Léandre Sahiri propose dans ce livre, « Le Code noir de Louis XIV », de faire connaître, par le théâtre, pourquoi et comment le « Code Noir » a été conçu, fabriqué et par la suite officialisé, promulgué par Louis XIV, Roi de France...

« Un livre qui a l’avantage d’être écrit dans un langage de très bon niveau et d’expliquer plus clairement ce qui, dans le Code Noir, paraît implicite et inaccessible à tous... ». Elie Liazéré, Dramaturge et critique littéraire.

"Il me semble qu’exhumer le Code Noir, [...] c’est extrêmement urgent... pédagogiquement urgent..." Louis Sala Molins, Interview, Nantes le 14/04/1993.

« Le Code Noir permet d’apprendre beaucoup sur l’esclavage. » André Castaldo, de l’esclavage à l’abolition, éd. Dalloz, 2006.


Interview de Léandre Sahiri.
Article publié le 2 avril 2008
.

Reçu de l'auteur, le Lundi 14 Avril 2008, pour publication. Dindé.

LEANDRE SAHIRI : « C’EST UNE ABOMINATION QUE D'IGNORER LE CODE NOIR ! ».

« Le code Noir de Louis XIV » est le titre du livre que vous venez de publier aux Editions Menaibuc en France. Et, vous dites dans l’avant-propos : « je rêvais d’écrire ce livre ».Quel est l’enjeu qui sous-tend la publication d’un tel ouvrage ?

Léandre Sahiri : L’enjeu qui sous-tend la publication de mon livre « Le Code Noir de Louis XIV » comporte un triple aspect. Le premier aspect, c’est que beaucoup d’Africains se demandent souvent pourquoi, malgré ses richesses incommensurables l’Afrique va mal et demeure sous-développée ? On entend souvent les gens se demander pourquoi les Noirs sont généralement les plus défavorisés dans la vie ? Et puis, beaucoup d’entre nous s’adonnent à l’autodestruction, allant jusqu’à conforter les autres dans leurs préjugés de mépris sur les Noirs. Par ailleurs, quelles que soient leurs zones de vie et leurs valeurs intrinsèques, quels que soient leurs degrés de réussite, les Noirs sont vilipendés, brimés, dénigrés, discriminés… pourquoi ? Les Noirs n’ont pas la force de construire ensemble dans leurs riches diversités, ni d’entreprendre ensemble dans la complémentarité, ni de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres ; de même, nos organisations ne sont ni manifestes, ni fiables, pourquoi ? Sommes-nous maudits, à jamais condamnés ? Comment faire et que faire pour nous en sortir, pour ne pas laisser perdurer ces états de servitude ? Etc. Moi, en tant que chercheur, j’ai mis tous mes efforts à trouver des réponses à ces interrogations. Et c’est après avoir lu le Code Noir que j’ai trouvé quelques éléments de réponse à nombre de ces questions brûlantes... Le deuxième aspect, c’est que, en Occident circule une thèse selon laquelle, seuls les Africains sont responsables de la « traite négrière ». Pour les tenants de cette thèse, ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères et, que les Européens n’ont eu, au bout du compte, qu’un rôle exclusivement passif. On va même quelques fois jusqu’à mettre sur le même plan, l’esclavage que pratiquèrent jadis les Africains, les trafics négriers que développèrent les Arabes, et le commerce triangulaire (réglementé par le « Code Noir ») qu’instituèrent les Européens, en englobant les trois, sous le même vocable : la traite. Et qui, dit-on, avec chiffres à l’appui, a généré plus d’esclaves et a été plus horrible que la traite européenne. Il s’agit là, comme dit Serge Bilé, d’un « révisionnisme dangereux » qui n’a pas manqué de susciter ma curiosité et qui m’a fait penser qu’on n’a pas encore tout dit sur l’esclavage, du moins qu’il restait encore des zones d’ombre à éclairer... Le troisième aspect concerne l’abolition de l’esclavage et sa commémoration. Le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai dernier, a donné lieu, ici et ailleurs, à de multiples commémorations et célébrations. Vous savez aussi que l’abolition de l’esclavage en 1886, était censé marquer l’avènement de la réintégration des « hommes et femmes de couleur » dans la famille humaine d’où ceux-ci avaient été éjectés, plusieurs siècles durant, par l’esclavage, qui fut institutionnalisé, réglementé par le Code Noir promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France. Cependant, force est de reconnaître que, malgré cette abolition, l’esclavage, demeure encore de nos jours une réalité. En effet, des millions d’enfants, d’hommes et de femmes en sont encore victimes à travers le monde, sous des formes diverses.

C’est donc là ce qui vous a poussé à écrire « Le Code Noir de Louis XIV » ?

L S : En effet, l’intérêt de mon livre c’est de faire connaître le contenu du Code Noir, pour comprendre notre humaine condition, pour appréhender les subtilités des relations Nord/Sud... En fait, il s’agit de montrer comment et pourquoi le Code Noir a été conçu. Il s’agit également et surtout d’en dévoiler la face cachée et de mettre en lumière ses incidences et ses influences dans nos vies quotidiennes aujourd’hui.

Alors, qu'est-ce donc que le Code Noir dans ses principes et dans son fonctionnement ?

L S : Le Code Noir est un recueil de lois. En un mot, une réglementation. Et cette réglementation concerne spécifiquement l’esclavage des Africains noirs. Elle comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles transmissibles et négociables » (Article 44). Autrement dit, dès lors qu’on est un homme de couleur, comme ils disent, on n’est ni plus ni moins qu’un objet dont les Occidentaux peuvent et doivent disposer, à loisir, pour leurs commodités et leurs besoins. C’est ce principe-là du Code Noir qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui aujourd’hui sous-tend la Françafrique.

Quel intérêt y avait-il à codifier l’esclavage des Noirs ?

L S : C’est que le Code Noir constitue le socle pour faire des Noirs, en toute bonne conscience, les outils de travail, les instruments de production, les produits marchands des Français. Il a été promulgué, pour qu’il existe désormais, à l’image de la Bible ou du Coran, un document de référence incontournable, qui institutionnalise l’esclavage des Noirs. Le Code Noir a donc été conçu comme un document juridique qui rend légitime et normal le commerce des Noirs, étant donné que le Noir est défini, dans le Code Noir, d’abord comme une chose domestique et ensuite comme une marchandise. Et donc, comme tout objet de commerce, le Noir pouvait être soumis aux lois du marché. Codifier l’esclavage légiférait que, dès lors, il n’y a ni crime, ni délit au négoce des Noirs.

Dans quel contexte historique et politico-économique « le Code Noir » a-t-il été rédigé ?

L S : Les raisons sont d’abord d’ordre économique. On sait qu’après avoir bâti de toutes pièces et de toute beauté le Château de Versailles et l’Hôtel des Invalides, après les multiples guerres pour étendre la suprématie de Louis XIV sur le monde, la situation économique de la France était bien critique et, partout en France, il y avait la misère et des révoltes. Et, c’est justement cela qui a conduit les Français, non seulement à promouvoir, à une très grande échelle, le commerce triangulaire des esclaves noirs, mais aussi et surtout à l’organiser et à le codifier. Car, après étude, l’on a trouvé que c’est là que résidait véritablement le salut de la France. Jean Baptiste Colbert disait, à juste titre : « Il n’y a aucun commerce dans le monde qui produisît tant d’avantages que celui des Nègres. Il n’est rien qui contribuerait davantage à l’augmentation de l’économie que le laborieux travail des nègres »...

Est-ce seulement pour des raisons économiques qu’on a eu besoin de réglementer le commerce des Noirs ?

L S : Bien sûr que non ! A ces raisons commerciales évidentes, s’ajoutent d’autres raisons d’ordre politico-démographique : il s’agissait à cette époque de limiter la puissance des Noirs, laquelle puissance résultait de leurs ressources incommensurables, de leurs activités débordantes et de leurs grandes forces de travail. En effet, à cette époque, les Africains étaient trois fois plus nombreux que les Occidentaux. Il y avait donc une puissance latente présageant la suprématie des Noirs sur les Blancs durant plusieurs siècles. On avait donc perçu cela comme une menace, voire un péril. Le professeur Elikia M'Bokolo a démontré clairement qu’au début du commerce triangulaire, l'Afrique n'était pas un continent inférieur à l'Europe. M'Bokolo a aussi démontré que l'ordre mondial de cette époque n'était pas une donnée naturelle, mais historique et culturelle. De ce fait, il est impossible de nier que la déstructuration provoquée par l'esclavage a été très grave et très profonde, et d’ailleurs, les conséquences sont encore visibles aujourd'hui... Et puis, aux considérations commerciales et aux préoccupations d’ordre politico-démographique dont je viens de parler, s’ajoute également le souci capital de renforcer le pouvoir central, d’étendre le pouvoir de Louis XIV sur le monde entier. Il y a aussi des raisons d’Etat, à savoir garantir la sécurité publique par la suppression des révoltes, des attentats et insurrections fomentés par les « Nègres marron » et quelques Noirs instruits dans la langue et la culture françaises. Et puis, il y a enfin les raisons religieuses : le préambule et les dix premiers articles du Code Noir tendent à proclamer et à imposer la primauté, voire la prééminence de l’église catholique, apostolique et romaine en France et dans le monde.

Que pensez-vous des arguments bibliques auxquels certains évêques et prêtres se sont référés pour légitimer l’esclavage ?

L S : Ces arguments n’ont aucun fondement, quoique s’appuyant sur la Bible. Il faut préciser que les évêques de l’époque étaient non seulement nommés par le Roi, mais aussi et surtout ils étaient à la charge du Roi et donc acquis, par redevance, à sa cause. De plus, leur niveau d’instruction était tel qu’ils n’avaient pas assez d’éléments pour s’élever au-dessus de certaines contingences intellectuelles ; par exemple, ils se trouvaient incapables d’expliquer ce que signifie « être fait à l’image de Dieu ».

Vous parlez du « Code Noir » comme d’un document important à connaître absolument pour la libération mentale du Noir. Et, vous dites même que c’est une abomination que de l’ignorer…

L S : C’est vrai que c’est une abomination que d’ignorer le Code Noir. Parce que l’ignorance du Code Noir favorise la continuité, voire la pérennité de l’esclavage, ne serait-ce qu’au plan mental. C’est pourquoi, de mon point de vue, nous devrions, tous et toutes, absolument connaître le Code Noir, afin d’enrayer de notre mental le complexe d’infériorité pour les uns et le complexe de supériorité pour les autres. Il faut absolument connaître le Code Noir afin de tuer en nous les germes du racisme, du larbinisme, de la dépréciation et des discriminations de tous genres. En effet, c’est notre ignorance du Code Noir qui nous maintient dans des situations de défavorisés, de sous-hommes. C’est notre ignorance du Code Noir qui justifie, pour nombre de Noirs, le mépris d’eux-mêmes, au point d’en arriver à se détester et à s’autodétruire. Autant j’ai compris que ce n’est pas confortable d’ignorer ce que d’autres savent, autant je déplore qu’il ne soit pas du tout fait cas du Code Noir dans la plupart de nos programmes et manuels scolaires...

Pensez-vous que le destin de l’Afrique aurait été différent si les Africains avaient eu depuis longtemps connaissance du Code Noir ?

L S : Bien sûr que oui ! Le destin de l’Afrique aurait été totalement différent si les Africains avaient, depuis longtemps, eu connaissance du Code Noir. Parce que tout simplement les rapports entre Nord et Sud auraient été différents, on aurait instauré un autre type de relation entre la France et l’Afrique que le commerce triangulaire ou la colonisation, etc.

Qu’est-ce qui explique le lourd silence des descendants d’esclaves et des Africains au sujet du Code Noir ?

L S : Simplement parce que le Code Noir est un document qui a été longtemps tenu secret. Car comme le dit le professeur Louis Sala-Molins, « c’est le texte le plus monstrueux que l’histoire ait jamais produit ». De ce fait, il a généralement circulé sous manteau ; on parle à ciel ouvert du Code Napoléonien, du Code de la nationalité, mais pas autant du Code Noir, eu égard à sa nocivité. On a même bien souvent tenté de noyer le poisson dans l’eau, par exemple en créant un parfum de luxe dénommé « Code Noir »... Par ailleurs, il faudrait savoir la part très importante prise dans l’esclavage des Noirs par l’Eglise qui devait « inculquer aux Noirs la soumission et la subordination sous prétexte de recevoir en échange le paradis céleste ». Il ne faut pas non plus perdre de vue les missions de pacification ou de civilisation pour soi-disant sortir les Noirs de la sauvagerie et de la barbarie, étaient, en réalité, destinées à perpétuer l’esclavage et éviter toute velléité de prise de conscience et toute initiative de révolte des Africains contre le système de l’esclavage des Noirs.

Pourquoi avoir choisi le genre dramatique pour poser ce problème ?

L S : La plupart des textes sur le Code Noir sont des essais ou des discours. Or, comme je l’ai dit dans l’Avant-propos, je rêvais de faire quelque chose de différent. C’est non seulement l’une des originalités de mon œuvre, mais c’est d’abord et avant tout un choix idéologique et esthétique. En effet, j’ai choisi le genre dramatique, parce que, pour moi, le théâtre est primordial. Le théâtre, dans toute sa splendeur, a un pouvoir majestueux, comme le cinéma, de nous renvoyer des images fortes pour nous faire percevoir la réalité des choses, des êtres et des faits. Le théâtre a la magie des images qu’on a peine à rendre dans un roman ou dans un essai. Et puis, le théâtre, c’est le point de rencontre entre le réel et l’imaginaire, c’est un art total, en tant que prolongation et synthèse de tous les arts, notamment la peinture, la décoration, la chorégraphie, la danse, la musique, la mimique, la gestuelle, etc.

A quoi correspond le fait de faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa ?

L S : Pour moi, une œuvre littéraire n’est jamais vraiment achevée. Je veux laisser la liberté au metteur en scène d’approfondir le texte et d’y apporter les innovations comme celles-ci qui sont parfois osées certes, mais nécessaires pour produire un spectacle original, grandiose, prodigieux, à la seule condition de ne pas trahir les idées de l’auteur. Et puis, au-delà de cet aspect purement chorégraphique, faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa vise à donner une dimension cathartique à mon œuvre, c'est-à-dire la fonction de nous libérer des tensions psychiques, des complexes, des frustrations, des choix inconscients, etc. En d’autres termes, il s’agit, comme dit un des personnages de la pièce, en l’occurrence le propriétaire d’esclaves Willie Lynch, de savoir ce que les uns « éprouveraient eux-mêmes dans une situation d’esclavage ». Et puis, je me réfère à cette citation de Marivaux dans L’Île des esclaves : « Eh bien ! Iphicrate, on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste ; et nous verrons ce que tu penseras de cette justice… Quand tu auras souffert, tu sauras mieux ce qu’il est permis de faire souffrir aux autres… ».

Au-delà de tout ça, quel message voulez-vous adresser aux lecteurs ?

L S : Je voudrais préciser que mon intention n’est nullement de dresser les Noirs contre les Blancs ! Il ne s’agit pas non plus de blanchir ni d’innocenter les Africains, en ce qui concerne l’esclavage et la situation de misère que vit aujourd’hui l’Afrique ; car, nul ne saurait nier que les Africains ont effectivement pratiqué l’esclavage ou le servage, comme tant d’autres peuples de la terre… En outre, nul ne saurait nier la part de responsabilité des Africains dans la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, la corruption des régimes au pouvoir, les retournements de veste, les fraudes électorales, les rebellions, les génocides et autres guerres tribales qui, soit dit en passant, sont loin de nous honorer... J’ai écrit ce livre pour inviter à parler de ce document plus ou moins tabou, le Code Noir, à en débattre pour combattre le mensonge, l’ignorance, la discrimination, les complexes, et surtout afin de situer les responsabilités des uns et des autres… Mon objectif, c’est aussi de faire saisir la racine profonde du mépris terrible que certaines personnes portent sur les autres, ou que d’autres personnes se portent sur elles-mêmes, au point de se sous-estimer, de se détester, de se haïr, de s’abandonner au fatalisme, de vouloir changer de peau. Mon souhait, c’est, par-dessus tout, de contribuer, à mon humble niveau, à réveiller les consciences, ainsi que de participer à l’édification d’une humanité nouvelle, débarrassée de toutes les affres des idéologies négatives, néfastes.

Interview réalisée par Serge Grah, Journaliste - Correspondant DirectAbidjan (Côte d'Ivoire) serge.grah@directabidjan.com

Article rédigé le 31/03/2008.

Editions Menaibuc : www.menaibuc.com E-Mail: menaibuc@wanadoo.fr

13:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 30 mars 2008

DEUX ARTICLES SUR LA CRISE IVOIRIENNE A GARDER EN MEMOIRE !

LA FRANCE SE TROMPE D’EPOQUE ET DOIT
ASSUMER


Opinion : L’auteur de cette contribution s’appuie sur la part active de la France dans la crise ivoirienne pour mettre à nu les armes déstabilisatrices de la France impérialiste dans ses ex-colonies. Morceaux choisis.

Par le Professeur GNAGNE Y. Maurice


Monsieur Jean-Pierre TUQUOI, journaliste au célèbre quotidien français « LE MONDE »,qui serait « spécialiste » des affaires africaines,titrait dans le numéro du 29/12/2005 de ce journal,son commentaire sur la formation du Gouvernement Banny,par cette phrase : « La formation du gouvernement ivoirien marque la défaite( ?)du parti du Président Gbagbo ».
Dans ce commentaire,il se réjouit de la « percée » de l’opposition politico-militaire dans ce gouvernement qui,pour lui,est constitué dans le but d’organiser les élections d’Octobre 2006 qui trouveront « un remplaçant au Président Gbagbo ».Un remplaçant au Président Gbagbo,tout bêtement et tout simplement !


(…)Ce qui paraît curieux dans cette affaire,et qui d’ailleurs est une surprise,mais peut-on réellement être surpris ?C’est que monsieur est un journaliste français,donc à priori un intellectuel républicain cultivé qui,paradoxalement,se réjouit et espère la prise du pouvoir d’Etat par une rébellion politico-militaire, en Côte d’Ivoire(la fin ne justifie t-elle pas les moyens ?se dit-il certainement !).(Note personnelle :C’est du racisme à l’état pur. Ils n’accepteraient jamais une telle dérive chez eux. Cela n’est bon que pour l’Afrique et pour les Nègres. Et si encore ils nous considéraient comme des Nègres ! Nous avons le malheur de n’être que des Africains !)
Mais,prise de pouvoir par la rébellion politico-militaire en Côte d’Ivoire au bénéfice de qui ? Du Peuple de Côte d’Ivoire qu’on massacre ? Pouvons-nous nous interroger ! Naturellement ,et ceci est une évidence qu’on ne discute plus aujourd’hui :Au bénéfice de la France chiraquienne,sa patrie !
En effet,la réjouissance de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI,devant ce qu’il a appelé « la percée de l’opposition politico-militaire »,achève de nous convaincre,s’il en était encore besoin,sur le rôle de la France de Chirac dans cette crise :Elle (la France de Chirac) est en effet partie belligérante dans cette crise. Elle est en collusion d’intérêt avec l’opposition politico-militaire ivoirienne qu’elle soutient de façon plus qu’active. Et cela n’est un secret pour personne. Une opposition politico-militaire qui a comme programme de gouvernement le départ du Président Gbagbo du pouvoir qu’il exerce depuis cinq ans, par la volonté du Peuple souverain de Côte d’Ivoire. La France et l’opposition politico-militaire ivoirienne se rejoignent donc dans cette logique. Et le dire n’est pas faire preuve de génie. Le dire et le répéter que la France est partie belligérante à cette crise,c’est aussi faire preuve de pédagogie,en tant que la répétition est une vertu pédagogique qui cristallise les idées,et rappelle aux uns et aux autres qu’il n’y a de caché que ce que nous nous interdisons de chercher à connaître et à comprendre,et ce que nous nous refusons de témoigner pour les générations à venir.
Donc parlons et témoignons,car « au rendez-vous de l’histoire,tous les témoins devraient avoir la parole ! ».Parlons et témoignons que la France de Chirac a trahi la Côte d’Ivoire et son Peuple,au bénéfice de ses intérêts et ceux de l’étranger !Elle s’est trompé d’époque et elle doit assumer pleinement toutes les conséquences de ses actes(…)


En ce qui concerne les déclarations et les réjouissances de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI ,de voir le Président Gbagbo être remplacé par une opposition politico-militaire,en dehors de la gêne et de la pitié que nous pouvons éprouver pour l’auteur de cette ignominie,et surtout de la salissure morale et intellectuelle qu’une telle position déverse sur sa personne,de telles déclarations appellent des commentaires et analyses de notre part. Retenons seulement que si ce monsieur,sans le vouloir,s’est mis à nu par une sorte d’auto-psychanalyse, c’est que les données du terrain, en Eburnie, ne donne aucune chance à un autre candidat qui se présenterait devant le Président Gbagbo. Le Président Gbagbo représente un véritable avatar pour le pouvoir politique français actuel et toute la nébuleuse mafieuse économico-militaro-politique qui n’ont pas encore compris le niveau de conscience du Peuple de Côte d’ Ivoire engagé dans une lutte de libération pour la prise en main de son destin.Toute cette confrérie du mal n’a pas encore mesuré,à sa juste valeur,la grandeur et l’immensité du sacrifice que le Peuple de Côte d’Ivoire s’apprête à consentir pour qu’advienne cette libération et la prise en main de son destin.
Le problème,à mon avis,ne se présente même pas en ces termes,puisque malgré les manigances de la France de Chirac,le Président Gbagbo sera réélu au premier tour de ces élections. Cela est une certitude que tout ivoirien digne et fier,que toute ivoirienne digne et fière,doit avoir en esprit. Et ce n’est pas « la communauté internationale » qui viendra choisir un Président pour notre Peuple et notre pays.
Que la modestie gagne tous ceux qui espèrent un tel « happy end » pour leurs protégés.



Extrait du Quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN,
No 749 du Mardi 27 Juin 2006.





Massacre des 80 gendarmes de Bouaké, tueries de Duékoué

LE GRAND DEBALLAGE DE MAITRE VERGES



« CRIMES CONTRE L’HUMANITE. MASSACRES EN COTE D’IVOIRE », c’est le titre du livre que l’avocat français Jacques Vergès vient de publier aux éditions LAFFONT sur la crise ivoirienne…Un véritable réquisitoire contre la France et la communauté internationale dans leur gestion du conflit ivoirien. Extraits :

« Je suis, en général, celui qui prend la défense des hommes accusés de crimes contre l’humanité (Ma note personnelle : Exemple : Klaus Barbie, Le Boucher de Lyon, en France, qui s’est sinistrement illustré, pendant l’occupation allemande). Alors pourquoi ? Pourquoi prendre fait et cause pour les victimes d’un massacre ? D’habitude, j’ai les nerfs solides, mais j’ai été indigné : Bébés violés, torturés, assassinés, femmes déchiquetées, hommes massacrés. Sur ces massacres, le silence de la communauté internationale et de la France, en particulier, est impardonnable ; j’ai voulu lever le voile sur ce qui constitue un crime contre l’humanité (…) D’avocat, je suis passé au rang de témoin. Ma singularité et ma force, c’est mon indépendance. Pour moi, la vision que nous avons de la Côte d’Ivoire est entièrement fabriquée et injuste, je veux ici dénoncer très fort l’attitude internationale face à un crime abominable. Je suis interloqué et indigné par le silence de la communauté internationale et de la France sur cette kyrielle d’exactions. »
Guitrozon et Petit-Duékoué : « Deux visages d’enfants enflés et couverts de mouches ; une femme carbonisée avec, entre les jambes, un petit tas de charbon : l’enfant prématuré dont elle a accouché dans l’agonie ; parmi les cendres d’une case incendiée, les montants de métal noircis d’une chaise roulante, des visages éclatés, des corps incendiés… »
Pour l’avocat français, un crime comme celui de Duékoué ne peut pas être amnistié…


Quand l’avocat français flaire l’odeur du pétrole et du gaz dans le conflit.


Sans être formel, Me Vergès semble subodorer d’importants intérêts économiques dans cette guerre que vit la Côte d’Ivoire. A ce sujet, il écrit ce qui suit : « Il est par contre de plus en plus question des découvertes de puits de pétrole et même d’une réserve proche de celle du Koweït. La Côte d’Ivoire serait en passe de devenir le deuxième producteur africain de pétrole, après le Nigéria.
Par ailleurs, une nouvelle réserve de gaz devrait permettre une exploitation pendant un siècle au moins (...) La guerre en Côte d’Ivoire est-elle liée à ces nouvelles découvertes ? La déstabilisation de ce pays est-elle orchestrée et destinée à favoriser l’exploitation sans contrôle des produits existants ? Et si oui, par qui ? La question reste posée ! Comment ne pas faire le rapprochement entre cette déstabilisation qui semble savamment entretenue et la découverte, en 2002, de ces énormes réserves de pétrole dans le sous-sol ivoirien ? Les dictatures sont plus aisées à contrôler que les démocraties… »


Extrait du Quotidien L’INTER
No 2433 du Mardi 20 Juin 2006

22:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 24 mars 2008

FAUT-IL CROIRE EN NICOLAS SARKOZY ?

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Chers frères et sœurs Ivoiriens et Africains,


Depuis quelques semaines et particulièrement après le tristement célèbre discours de l’Université CHEIKH ANTA DIOP, du 27 Juillet 2007, au Sénégal, on a le net sentiment que le Président Français Nicolas SARKOZY s’attelle à améliorer son image gravement écornée par le très impopulaire laïus de Dakar et à se donner la réputation du Chef d’Etat français qui aura commencé le démantèlement de la Françafrique.

Quelques faits pourraient, justement, le laisser penser :

Premièrement : Le lundi 03 Mars 2008, un reportage de France 2 dévoile l’immense patrimoine immobilier de plusieurs présidents africains en France, avec comme tête file, le Gabonais Omar Bongo. Trente-trois appartements ou maisons en tout, dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros (près de 12 milliards de francs CFA) à Paris, le tout pour la faramineuse somme de 150 millions d'euros (près de 100 milliards de francs CFA), voitures de luxe, etc.
La famille d'Omar Bongo Odimba (officiellement payé à 15.000 euros, soit environs 10 millions de francs CFA) semble être dans le collimateur de l'équipe de télévision de France 2. Tout comme elle l’a été ces derniers mois d'une enquête de police, à la suite d’une plainte déposée, en juin 2007, par trois associations françaises pour «recel de détournement d'argent public».

Le fait qu’une information d’une telle gravité ait pu même être traitée par une télévision française très proche du pouvoir français et qu’elle ait pu écorcher aussi sérieusement un « ami de quarante ans » de l’oligarchie ultra-libérale française et de Monsieur SARKOZY, parait quelque peu surréaliste.
D’autant que le très officiel Ministère gabonais des Affaires Etrangères a «exprimé son étonnement sur la diffusion par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un NON-LIEU de la justice française». Diffusion qui s'est faite «au mépris» des «intérêts mutuels, de l'excellence des relations qui lient» la France et le Gabon, alors que «le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France».
Et le Ministère gabonais de l’Intérieur de passer à la charge (Cette «affaire» survient alors que le Gabon avait déjà averti la France sur un autre dossier sensible: L'immigration) : «Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour», a affirmé, le mercredi 05 Mars 2008, le ministre de l'Intérieur André MBA OBAME. Selon lui, «5 à 10%» des quelques 10.000 Français installés au Gabon ne seraient pas en règle et pourraient donc être expulsés. Un Français venant travailler dans le secteur pétrolier a d'ailleurs été refoulé, le mardi 04 Mars 2008 au soir, à son arrivée à l'aéroport de Libreville.

On le voit bien, cet épisode a fait quelque peu monter l’adrénaline entre les deux pays, faisant penser que Nicolas SARKOZY pourrait tenir une promesse électorale chère aux Africains : Reconsidérer les relations France-Afrique, dans le sens de l’intérêt et du respect mutuels.

Mais relevons qu’en novembre 2007, l'affaire de « recel de détournement d’argent public », qui avait fait l’objet de la plainte évoquée plus haut, était classée sans suite pour «INFRACTION INSUFFISAMMENT CARACTERISEE». Extraordinaire !
Les observateurs avertis y avaient, à juste titre, perçu une intervention des autorités françaises, soucieuses de ne pas égratigner un «ami de quarante ans». Malgré les discours de Nicolas Sarkozy, la Françafrique semble encore avoir de beaux jours devant elle, reconnaît un canard français.

Deuxième fait : Récemment, devant les députés Sud-africains, au Cap, Monsieur Nicolas SARKOZY, dans un exercice tout à fait aux antipodes de son discours de Dakar, a fait connaître son projet de renégocier tous les accords de défense de la France en Afrique pour, dit-il, "refonder la politique française sur le continent".
Un discours jugé positif et afro-optimiste, dans lequel l’Afrique est considérée comme un partenaire à traiter d’égal à égal ! Nous ne sommes pas loin du surréalisme.
Et en choisissant de tenir un tel discours, précisément, en Afrique du Sud, « symbole de la renaissance africaine, image d’une Afrique moderne qui compte et qui s’inscrit au cœur de la Mondialisation », comme le relève la presse ivoirienne, contrairement à ce qu’il a semblé dire, à l’UCAD de Dakar, il y a huit mois de cela, c’est un signal fort que le Président français renvoie à toute l’Afrique et à son intelligentsia qui avaient tiré sur lui à boulets rouges, au lendemain de son laïus et l’avaient pratiquement lynché, à travers blogs et articles de journaux, sur tout le continent et dans le monde entier.
C’était au point où des intellectuels africains de la diaspora avaient co-produit un ouvrage-réplique cinglant à ce discours dans lequel le Président français parlait de notre Afrique comme d’un continent "qui n’est pas entré dans la Mondialisation".

Fait encore plus surréaliste, le Président français envoie une copie de la partie de son discours relative à la renégociation des accords de défense, à trois chefs d’Etat africains, dont le Président Laurent GBAGBO.
Ce geste est tout de suite vu comme un acte d’humilité et de considération du Chef de l’Etat français pour le Chef de l’Etat ivoirien, rompant ainsi avec la guéguerre permanente, voire l’animosité, qui régnait cordialement entre les pouvoirs français et ivoirien, du temps de CHIRAC. Cette « évolution » pourrait même faire jubiler certains ivoiriens, caciques de la galaxie patriotique !

Est-ce le signe réel du début d’une véritable réorientation de la politique africaine  de la France? On pourrait, effectivement, être tenté de le croire, mais personnellement, je n’en suis pas si sûr ! Je refuse donc d’y mordre. N’allons pas trop vite en besogne.
Dans ma perception des choses, « l’hyper président », SARKOZY, est en campagne de séduction, en Afrique, et on ne peut pas se fier vraiment à ses dires. Trop de choses prouvent encore qu’il fait partie intégrante du mal françafricain et qu’il adhère, totalement et sans équivoque, à ses pratiques néocoloniales :

D’abord, ses manières cavalières, méprisantes et suffisantes dans le dossier des enfants tchadiens enlevés par l’ONG « L’Arche de Zoé » (dans lequel il a notamment dit, parlant des six français arrêtés, au Tchad : J’irai les chercher, quoi qu’ils aient fait !).
Ensuite, la caution qu’il apporte à l’économie de prédation de la France, qui continue à spolier l’Afrique et, notamment à travers son entreprise AREVA, de piller l’uranium du Niger, qui ne reçoit que la portion congrue d’un véritable accord de dupe, paraphé depuis plus de quarante ans !
Puis, son interventionnisme de mauvais aloi dans la crise tchadienne où il souffle le chaud et le froid, pour faire marcher et plier le régime DEBY, par le moyen du chantage, un chantage honteux, qui a eu pour dividende la promesse à l’arraché du Président tchadien - heureux rescapé d’une attaque rebelle où la France tirait les ficelles et détenait toutes les cartes - de gracier les six français arrêtés, qu’il a bien pris le soin de mettre d’abord à l’abri, en France. Pour lui, des nègres ne sont pas habilités ni même dignes, de juger, de condamner et d’incarcérer des blancs. Voici ma lecture de ce mépris authentiquement gaulois.
Enfin, le non-lieu qui a frappé l’affaire « Recel de détournement d’argent public », ouverte sur la plainte de plusieurs associations qui ont pris fait et cause pour le peuple gabonais, affreusement volé par le régime BONGO, là où la France entière croule sous le poids des preuves !

Alors, dites-moi en quoi SARKOZY est-il différent de CHIRAC, le néocolon ou même de MITTERAND, le génocidaire ?

Chers ivoiriens, cette campagne de séduction de SARKOZY, en direction de l’Afrique et, singulièrement, de la Côte d’Ivoire, ne doit pas nous distraire, tant que nous ne serons pas sortis de cette crise. Croyez-moi, nous devons les suivre de très près, sa clique et lui. Il nous faut les avoir à l'oeil et ne pas risquer de nous laisser endormir par leurs belles paroles. Car le vrai pouvoir qui dirige la France est souterrain, occulte, maçonnique, illuminati et ultra-libéral. Il existe depuis des siècles et installe ses pontes au pouvoir, en ayant sur eux une lourde main.
La politique de ce pouvoir reste invariable : Colonialiste. Avec un système économique tout aussi invariable : L’économie de prédation.
SARKOZY peut-il se singulariser et travailler au détriment de « la France de l’ombre », cette oligarchie occulte qui dirige la France et dont les intérêts, en Afrique, sont immenses, notamment les quelques dizaines de familles ultra-libérales qui tiennent son économie ? Attendons de voir!

SARKOZY veut plaire ? Soit. Gardons, néanmoins, un œil ouvert et la garde plus que jamais haute. La France n’a jamais abandonné son intention et son projet d’installer un de ses sbires et sous-préfets locaux au pouvoir, en Côte d’Ivoire.
La seule présence de la Force LICORNE en est la preuve ! La Force LICORNE, même en effectif réduit ou très réduit, reste une menace pour notre pays et pour sa stabilité. Elle garde un potentiel létal démesuré malgré toutes les campagnes de bons offices, les charmes diplomatiques et les sourires hypocrites.

Mais face à cette menace, où en sont nos idéaux (si nous sommes d’accord que c’est l’idéal qui est le moteur de l’action) ? Avons-nous encore vraiment des ressources et du répondant pour la lutte ? L’enjeu est-il encore clair dans nos esprits embués par le profit, le gain facile, l’enrichissement rapide et la jouissance impie ? Est-il encore net dans nos cœurs devant notre effroyable corruption, devant l’absence de rectitude et de valeurs qui nous caractérise désormais, devant le pillage en règle du denier public dans notre pays, avec en tête de file le camp présidentiel, et la politique du ventre (désormais de rigueur dans la galaxie), qui a dilué la noblesse de notre belle lutte de libération dans des querelles mercantiles et des revendications alimentaires ?

Les élections ivoiriennes approchent. Tous me donneront peut-être bientôt raison. Mais je prie DIEU pour avoir tort, à plates coutures !


Que DIEU garde et bénisse la Côte d’Ivoire !





 

22:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INCIDENCE IVOIRIENNE D'UNE PALABRE GABONAISE. OUVRIR L'OEIL.

Vendredi 07 Mars 2008


3A TELESUD : BENQUET, KABORE, LOUEMBE, Pascaline BONGO devant des juges français !


Fin février. Libreville bruisse d'un feu allumé par un procureur pompier qui se veut pyromane. Son crime avoir chargé à l'aveuglette sur un homme d'affaires, Felix BONGO, pour une étrange histoire de Fourgons blindés vendus au trésor Public Gabonais. Nul délit à l'horizon. A l'horizon, aucun acte judiciaire ne peut justifier que l'on mette à sac les maisons des membres de la famille BONGO. Luttes de clans. Il ne fait de doute que dans la famille la grande famille BONGO et ses multiples ramifications, intrigues, détestation, affairisme et prise en otage du million de Gabonais on a déterré la hache de guerre. Comme si le patriarche impuissant, dévoré par la santé de sa femme en convalescence au Maroc, était déjà enterré. On doit se partager le trône ou ce qu'il en reste. Toutefois cette affaire aura le chic d'éclairer les gabonais qui croulent sous la pauvreté de l'utilisation des ressources financières de leur pays, sans aucun véritable contrôle.

Acteur majeur de ce jeu de caisses, Blaise LOUEMBE KOUYA, l'homme de Koulamoutou, gardien du temple, pour ne pas dire du Trésor Public Gabonais. Véritable cauchemar des institutions de Bretton Woods. Modèle de gaspillage des fonds publics, l'affaire dite des fourgons va révéler que le TPG agit à sa guise et celle de ses commanditaires. En toute impunité. On jongle avec des milliards. Sans aucun contrôle ni le respect de la moindre procédure du code des marchés public, pourtant exhibé sur un site internet du Ministère des finances de la dite République du Gabon. Blaise LOUEMBE KOUYA, surnommé par ses laudateurs « Ya Blaise », travaillant sous les ordres de pascaline Bongo Ondimba, la protection de son collègue du trésor, jeff Bongo fils adoptif du Président et du ministre des finances, Paul Toungui, Mari de Pascaline n'oublie pas au passage de se préserver pour les temps durs futurs. Dans le registre des propriétés en France on peut découvrir ses luxueuses possesions française. Comme tout Gabonais qui se respecte. Une maison luxueuse à Levallois, banlieue chic de la région Parisienne, demeure sur la Côte d'Azur du côté de Nice. Pourquoi va-t-il s'en priver. Il a de qui tenir.

Un récent article du Journal français le Monde, sur les fortunes diverses des chefs d'Etat africains en France mettait en valeur le patrimoine de Omar Bongo Ondimba. Un modèle du genre. Appuyé par un documentaire de France 2, début mars en plein journal de 13H, ce déballage finira par convaincre tout le monde de la mise en place de la « Rupture » chère à Nicolas Sarkozy. Le Gabon, le Gabon des « rapetout » n'est plus en terrain conquit en France. Pour s'en convaincre, il suffira de lire l'épais rapport (900 pages) de police au terme de 18 mois d'enquête qui finira par démonter toute la mécanique de fluidité des liquides quittant la Trésorerie du Gabon, pour s'éparpiller au coin des plus exotiques destinations mondiales.

« Pascaline BONGO et son clan de nouveau devant la justice Française »

Si couvert par une immunité certaines, certains des acteurs de ce vaste flux vertigineux n'ont rien à craindre, il existe certaines maladresses qui peuvent mal se terminer. Et le cas le plus significatif est la chaîne de télévision 3A TELESUD. Au travers d'un jeu de noms, d'articles révélant la crise – AFRIK.COM, le GRIGRI, Jeune Afrique, les Africains de France, maillon médias du réseau le plus visible des pourfendeurs de la Françafrique, on découvre avec délectation que c'est un clan qui va bientôt se retrouver devant les fourches de la justice française. A nouveau.

Si en janvier, Pascaline BONGO ONDIMBA, Directrice de cabinet de son éternel père a versé de chaudes larmes sur le bitume parisien, suite à la comparution et la condamnation d'un de ses fils ( dont le père est Jean Ping actuel président de l'Union Africaine), cette fois ci elle va devoir usé de toute sa puissante influence pour se sortir des griffes judiciaires dans lequel semble l'envoyer à son insu un de ses porteurs : en l'occurrence ERIC AMAR BENQUET.

Tout commence en novembre 2006. 3A TELESUD, tant bien que mal a fini par résister à la fureur du vent qui veut qu'aucun projet de chaîne de télévision panafricaine ne puisse survivre. Drivé par trois jeunes africains talentueux, mais démuni de soutien financier, la chaîne de télévision est devenu sous leur direction en moins d'une décennie une référence du monde Afro. Une véritable fierté. Visible sur quatre continents, si à l'antenne son manque de moyens est visible, il est évident que la détermination et le professionnalisme de l'équipe fait des merveilles. Toutefois il faut des moyens. Encore plus. Surtout qu'en interne des financiers, anciens soutiens des fondateurs, sentant la mayonnaise prendre ont décidé de glaner immédiatement leur retour sur investissement. Zizanie,méli mélo, opportunités. Si le cher Omar BONGO ONDIMBA, jamais revenu de l'échec de téléafrica, chaîne qui devait être la vitrine de l'Afrique mais a fini par couler au gré des nominations des membres de la famille et des dépenses les plus folles (plus de 40 millions de dollars en une décennie), a toujours souhaité apporter son écot à ce succès africain, certains flairent la faille. Et vont la jouer fine.

On trouve un porteur de parts. La société est en France. Ca tombe bien, il vit au Gabon et est de nationalité Française. ERIC AMAR BENQUET, puisqu'il s'agit de lui. En une décennie au Gabon, l'ancien délinquant, colleur d'affiche sans avenir chez JC DECAUX en France est monté en grade. Il est devenu l'homme à tout faire de Blaise LOUEMBE. Sa société KORUM SERVICE, dont la surface à Libreville ne dépasse point les 150m² est devenu la plate forme d'impression favorite du TPG. Toutes les campagnes électorales depuis 2004 au Gabon se font dans ce réseau. Le colleur est un blanchisseur à l'international. C'est lui qui se présente à 3A TELESUD comme un homme d'affaires, riche et prospère. Il veut investir. Banco. Novembre 2006, le voici porteur des 51% des parts de la société, mais ce que les fondateurs qui ignorent avoir fait rentrer un loup dans la bergerie ignorent, il n'est point là pour travailler avec eux, mais les éjecter afin de récupérer la totalité de la société au profit de ses commanditaires.


ALABA FALL, le procureur du Gabon va-t-il interroger Eric Amar BENQUET ? On en doute !

Si Eric Benquet, s'asseoit sur les multiples accords de rétrocession des parts qu'ils signent avec les fondateurs, il ne va par contre pas lésiner sur les moyens pour mettre progressivement au gré de différents actes ses partenaires dits historiques. Trahison, coups bas, fausses promesses. L'enjeu de la chaîne, de son existence st secondaire. Se doute t-il que ce conflit ira aussi loin ? Pas sur. Il porte l'assurance de la protection de ses commanditaires, dont il ne se prive de chanter les louanges au gré de ses sorties parisiennes. C'est ce bavardage monstre qui mettra les oreilles indiscrètes des renseignements généraux, les fameux RG sur sa piste. Il est épié, surveillé, décortiqué à son insu. A cet effet dans le rapport de police sur les supposés transit de fonds du Trésor Public gabonais, il dispose d'un chapitre bien fourni.

Qu'y découvre t-on ? En deux ans plus de 2,5 milliards de Francs du Trésor Public Gabonais ont transité sur le compte personnel de ERIC AMAR BENQUET, sis à la BGFI à Libreville. Un compte personnel qui n'a d'autres rentrées que les ressources du Trésor Public. Des exemples :
En date du 27 octobre 2006, le trésor public vire sur le compte N° 00012841401-45, appartenant à Eric Amar BENQUET, la somme de 327 978 500 (CFA), le 31 octobre 2006, Monsieur Benquet vire la somme de 327 978 500 FCA (Virt Etranger 04100- ref : TRF 000 525) Transfert dans le compte de Wiam 3A TELESUD. Une simple conversion démontre que le montant en millions de francs CFA équivaut à exactement 500.000 euros. Soit le montant injecté ce jour pour une prise de participation majoritaire de 51% de 3A TELESUD. Suivont d'autres virement du trésor public sur le compte de M. BENQUET et le même manège de transfert à Paris : 21 novembre 2006 : 144.310.549 FCA ; 16. mai 2007, 65 595 500. Un compte qui a chaque virement du Trésor Public, destine les fonds en un transfert vers la France, sur le compte de WIAM. Destination les comptes de la société WIAM ouvert auprès d'une banque obscure, la CBIP, filiale de la sénégalaise CBAO. BENQUET en profitant dans ce flux pour soutirer quelques millions de francs CFA et régler des factures personnelles. Un spécialiste du droit admet « Benquet ne justifie d'aucunes immuntés, il est sous le coup de plusieurs articles de la loi. Si le procureur de la République du gabon se permet de l'écouter , il fonce tout droit en prison. A moins de produire de faux documents ». Seul hic, le conflit avec les fondateurs historiques de la chaîne va dégénérer.

En voulant prendre le contrôle de la chaîne par tous les moyens, le Franco-Gabonais va multiplier les maladresses. Après s'être nommé gérant début 2007, il démissionne quelques mois plus tard pour faire appel à Jean Philippe KABORE. Fils de la Numéro 2 du RDR, Henriette Diabaté, de père Burkinabé, impliqué dans une tentative de putsch contre Laurent Gbagbo, au chômage depuis des années, il cherche à rebondir. Après des séjours infructueux à Libreville et une vague poste de consultants dans une société, il est à l'ombre. Mais dispose d'un atout dans sa manche. Sa femme LINDA, est une amie d'enfance de Pascaline BONGO ONDIMBA. Vas-y pour le poste de gérant.

Sa mission : dézinguer tous les fondateurs. En trois mois ce sera chose faite, mais à quels prix. 3A TELESUD est en perdition éditoriale totale. De plus en 2008, la chaîne va devoir affronter une série de procès qui ne vont pas arranger les choses. Deux sociétés réclament avec certitude plus de 600.000 euros à 3A TELESUD. Les deux fondateurs anciens cadres salariés, Pierre Bedou et Sylvie Deboisfleury, licenciés sans le moindre respect de la procédure du code de travail ont engagé une procédure devant les tribunaux. Aux Etats-Unis, il se murmure que lassé des plaintes des téléspectateurs sur la la dégradation subite des programmes de la chaîne et sa qualité éditoriale, le bouquet Dish Network a choisi de retirer prochainement l'offre de son bouquet. Et par ailleurs le partenaire américain, va remettre la licence de diffusion en jeu tandis que l'un des fondateurs résidant aux Etats-Unis a décidé d'attaquer la chaîne devant les tribunaux pour des motifs fondés.

Mais le plus dangereux est à venir. Lors de la dernière assemblée générale de la société le 30 novembre 2007, ERIC BENQUET avec la complicité des gérants de la structure avait trouvé un moyen pour se débarrasser des 24% des actions dont disposaient encore les fondateurs de la société. Un passage en force qui a mal viré. Car en montant une opération coup d'accordéon en se persuadant que les fondateurs historiques n'avaient pas les moyens de souscrire, c'est un scénario cauchemardesque qui a fait surface. Non seulement les historiques ont posé une rondelette somme en cash sur la table, mais pire, l'investisseur Gabonais n'a jamais pu souscrire car ne disposant pas de cash.

Faux en écriture, usage de faux, tout est bon pour éliminer les fondateurs historiques !

Pour ne pas se retrouver éjecter de la société, ERIC AMAR BANQUET, n'a eu d'autres choix que de réaliser des actes en marge de la loi. Bilan tout ce beau monde se retrouve devant la justice française suite à une plainte très argumentée déposée par Mme Deboisfleury. ERIC AMAR BENQUET est incapable de justifier la provenance des ses fonds ou le ce qui le lie au Trésor Public. Ce qui fait dire à un spécialiste « M. BENQUET est français, complice de détournements de fonds publics, de recels, de blanchiments, il met tout son circuit en danger. Et quand les juges français vont le cuisiner il n'aura d'autres choix que de balancer les commanditaires ». Blaise LOUEMBE et Pascaline BONGO ONDIMBA sont dans le viseur, car il semble exister des documents écrits et des enregistrements sonores assez compromettants qui témoignent de leur rôle dans cette affaire. LOUEMBE et PASCALINE BONGO ONDIMBA, dont le Mari Paul TOUNGUI est le ministre des finances du Gabon, affirmant ainsi que Eric Benquet n'est que leur porteur de parts et qu'ils sont les réels actionnaires de la chaîne de télévision. Et pour financer cette acquisition ils n'ont rien trouvé de plus judicieux que de puiser directement dans les caisses du Trésor Public Gabonais. Seul hic : WIAM-3A TELESUD est une société de droit français. Par les temps actuels, les juges français sont très chatouilleux.

La justice française ne va pas épargner les Gabonais !

Pire, lors de la dernière assemblée du 22 février, sur la base des documents que nous avons pu consulter, ERIC AMAR BENQUET avec l'assentiment des gérants s'est attribué des parts d'un autre actionnaire, sans respecter la notion de droit préférentiel de souscription. Un spécialiste de droit que nous avons consulté avec les documents est formel « le premier juge français qui tombe sur cette affaire, va faire annuler la procédure de l'augmentation de capital immédiatement. C'est du jamais vu. Et au vu des documents que je vois cette société est en manque de cash. Ils ont procédé ainsi pour utiliser les fonds que les fondateurs ont placé dans le cadre de l'augmentation de Capital. Les gérants de cette société sont exposés dangereusement à des poursuites judiciaires ».D'autant que l'un deux, Jean Luc Beis, dans une déclaration d'origine des fonds de son actionnaire auprès de la banque CBIP début 2007 avait déclaré « Je ne connais pas l'origine des fonds de M. BENQUET. Il semble être le paravent de certains hommes politiques du GABON. Je ne pense pas que ses ressources et la nature de son activité lui permette de disposer de plus des 2 millions d'euros qu'il a injecté dans la société ». Eloquent. La banque avait envisagé un moment la fermeture du compte de cette société à Paris avant de se raviser. Plus dix poursuites judiciaires fondés, des risques d'un déballage nauséabond. « La justice française est lente à se mettre en route. Mais avec la plainte des fondateurs, je doute fort de l'avenir des Gabonais dans cette société » prédit notre spécialiste. La seule réussite audiovisuelle panafricaine de ses dix dernières années, ne méritait pas une telle fin !

Jean Philippe KABORE à Abidjan pour sauver sa tête !

Il arrive. En ce mois de Mars Abidjan est sa seule planche de salut. Il y arrive pour sauver sa tête une nouvelle fois après y avoir défrayé la chronique par le passé. Précédé par les caméras de Cissé Himaj, Le gérant de la chaîne de télévision 3A TELESUD, Jean Philippe Kaboré n'a d'autres choix que de ramener des contrats publicitaires pour sauver sa tête au sein de l'entreprise. Alors les publi-reportages sur la Côte d'Ivoire sur TeleBongo International, nouveau surnom de 3A TELESUD. Devant les portes closes de La présidence, malgré son bal de séduction, Kaboré approche de la présidentielle oblige a ravivé le réseau RDR. Les ministres, et amis PDG proche de la mouvance vont apporter leur contribution à cette campagne masquée qui ne dit pas son nom. Présidentielle à l'horizon, on cajole les médias. Mais avec Kaboré, on ne vante pas les mérites de la côte d'Ivoire plurielle, mais bien d'un clan qui a son idée en tête et se trouve en position de force dans un média panafricain de référence.





Kaboré doit son poste à sa femme LINDA amie d'enfance de Pascaline BONGO !


Début Mars. Dans une rue de Montreuil en région Parisienne, de jeunes voleurs attaquent une belle voiture portant une plaque diplomatique issue du parc automobile de l'Ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Des semaines qu'ils ont sans doute repérés cette voiture qui se gare toujours dans cet environ….A des milliers de kilomètres de l'ambassade ivoirienne avec à son bord un chauffeur bien connu : Jean Philippe Kaboré, fils de henriette Diabaté, Gérant (directeur général de la chaîne de télévision, 3A TELESUD), dont le siège est à Montreuil.

Novembre 2007, l'homme qui est depuis des mois au chômage trouve un poste de prédilection. Gérant de la société 3A TELESUD. En clair une sorte de Directeur Général. Ca fait des années qu'il rêve de ce poste. D'être réhabilité à la lumière d'un travail après des galères diverses. Jean Philippe Kaboré, est le fils d'Henriette Diabaté, la numéro 2 du RDR. Dans les sombres années de braises de la Côte d'Ivoire il a joué aux apprentis sorciers en plongeant dans les affres de la violence physique. Emprisonnée, il vivra sa libération en exil. D'abord du côté de Libreville, base arrière de son parrain Alassane Ouatarra. Sous la protection de BONGO, l'homme s'occupera d'abord du site internet du président avant de partir, fort de nombreuses inimitiés. Il bourlinguera du côté du BURKINA, avant de se retrouver par la grâce de Omar BONGO Ondimba en France qui lui obtiendra une carte de résident et sans doute la nationalité française.

Depuis KABORE végète. ET voilà que LINDA sa femme, amie d'enfance de Pascaline Bongo Ondimba, lui parle de cette télévision que sa copine vient d'acquérir via un porteur de part, Eric Amar Benquet. Banco. Les deuxc hommes vont faire route commune. Kabore a une mission, il doit liquider des fondateurs historiques devenus frondeurs. Il promet monts et merveilles. Un carnet d'adresse fournie. Une réconciliation haute en couleurs avec Laurent Gbagbo. De sa nomination à la tête de 3A TELESUD, avec un salaire de plus de 6000 euros mensuels, il fait de la signature d'un méga contrat de publireportage avec la côte d'Ivoire un acquis. Mais rien ne vient à l'horizon. Il sera plus heureux dans sa seconde mission avec toute la brutalité qui sied a son parcours : liquider les fondateurs de la chaîne. Exit Mme Deboisfleury, et Pierre Bedou. Son staff pour diriger une chaîne panafricaine : des Européens et des arabes.

KABORE, panique à bord. Ce contrat ou c'est la fin !

Sa mission : prendre le contrôle de l'antenne de 3A TELESUD, trop favorable selon lui et plusieurs de ses soutiens à la Présidence actuelle Ivoirienne. Exit Joel ETTIEN, dont les émissions sont rangées aux rayons souvenirs et disparaissent de la grille sans que l'animateur-producteur n'ai eu la courtoisie d'être prévenu. En guise d'explications à des interlocuteurs qui s'en étonnent, Jean Philippe Kabore à une parade « Joel Ettien est en vacances » Drôles de vacances prolongées depuis des mois qui interdisent même toute rediffusion.

Plongé dans une crise passée avec Joel Ettien, ayant eu pour conséquence la fin de leur collaboration sur l'émission Label Ivoire, Cisse Himaj revient en grâce, via KABORE. Lassé de se heurter au camp présidentiel qui maîtrise ses accointances avec Ouattara et se méfie de ce lui que certains qualifient de bonimenteur patenté, Kaboré et Cissé vont se tourner vers la primature. Objectif : convaincre certains dirigeants de financer sous le couvert certaines activités et certaines personnes dans le but de l'aider à sauver sa tête à 3A TELESUD. Le Port Autonome d'Abidjan est sollicité. GOSSIO a t-il donné son accord ? Des ministres RDR vont apporter les contributions de leurs ministères et la primature sa modeste contribution. Kaboré doit désormais faire le grand écart. Valoriser le RDR (dont il est membre) et son protecteur Alassane Ouatarra dont le financier reste éternellement Omar BONGO Ondimba), amadouer Laurent Gbagbo afin de lui faire baisser sa garde suspicieuse et trouver des moyens pour faire vivre 3A TELESUD, dont les multiples procédures judiciaires entre les fondateurs spoliées et le partenaire gabonais ont rendu trop visibles les sources de financement de cette chaîne par le biais des caisses du trésor public gabonais. Gageure.


Par l'association AFRICAINS DE FRANCE.

22:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA FRANCE EXPLOITE L'AFRIQUE PAR LE BIAIS DU FRANC CFA

Mardi 12 Février 2008



DIEU FASSE QUE L'AFRIQUE SORTE UNE FOIS POUR DE BON DE L'ESCLAVAGE !
Dindé Fernand.



Source: http://saoti.over-blog.com : Lundi 11 février 2008

"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.

Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays deb la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.

Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?

MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.

Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.

Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.

Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.

La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?

MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.

Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.

Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.

Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.

Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.

C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.

Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?

MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.

Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.

La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.

En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.

Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.

Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.

La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.

Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.

L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.

Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.

Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.

Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.

Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African, Janvier 2008

22:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE TCHAD A L'EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE

Vendredi 08 Février 2008


LE TCHAD A L’EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE



L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l 'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.

Lorsque la France imposa Deby

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France , son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.

Deby le dictateur face à ses rebelles

Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.

L’impérialisme occidental au Tchad

La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants[i] tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ... la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil[ii], Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine , et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose[iii]. La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine , et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.

La leçon à retenir par les africains

Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.

Que Dieu nous donne la force de résister !

Vive le Tchad apaisé !

Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

22:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Tchad | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

AVEZ-VOUS LU CE TEMOIGNAGE ?

Jeudi 07 Février 2008


UN TEMOIGNAGE PATHETIQUE A LIRE. SANS PASSION.

Tiré du Blog de Théophile KOUAMOUO. www.kouamouo.afrikblog.com
09 Novembre 2007

GUY-BERTRAND N'AIME PAS LA POLITIQUE

A l'occasion du troisième anniversaire de la fusillade honteuse de l'hôtel Ivoire, je vous offre, à vous mes villageois, cette nouvelle rédigée il y a presque exactement un an, alors que j'étais en voyage en Libye. C'est l'histoire d'un jeune étudiant camerounais en Côte d'Ivoire. Dépolitisé, il a une brutale prise de conscience quand un jeune patriote meurt dans ses bras, fauché par les balles meurtrières de l'armée française.

- La radio des Blancs ment !
Guy-Bertrand sursaute violemment. Son cœur fait comme un bond fou dans sa poitrine. Il se concentre pour ne pas laisser un spasme qu’il sent sourdre du fond de ses tripes prendre le contrôle de tout son corps. «Mais pourquoi je m’énerve seulement à ce moment précis alors que j’ai vu pire depuis plusieurs jours ?», se demande-t-il, irrité et perplexe face à ce qu’il considère comme une désarticulation inquiétante entre les tressautements de son âme et les froids constats de son intelligence.
Il regarde droit dans les yeux le patient auquel il s’apprête à administrer une bonne dose de Valium avant de le consulter sommairement et de le mettre à la disposition des infirmières pour les premiers gestes d’urgence. Enfin ! Un patient, voilà un bien grand mot ! C’est plutôt une plaie sanguinolente à visage humain qu’il a en face de lui. Il a reçu une balle dans la poitrine, et il saigne abondamment. Son cœur est-il atteint, perforé ? Guy-Bertrand ne le sait pas encore. Ce qui l’inquiète bien plus, c’est le sang qu’il vomit littéralement, ce sont ses dents qui claquent, son visage qui devient de plus en plus livide, sa peau qui vire au gris. Guy-Bertrand est persuadé que celui qui est là, couché sur une civière placée rapidement sur ce qui est habituellement la table d’un bureau de consultation, ne s’en sortira pas. Il doit avoir une hémorragie interne. Il a perdu bien trop de sang.
- La radio des Blancs ment, je te dis !
Son patient, de plus en plus excité, cherche l’iris de ses yeux avec une volonté assez fascinante pour quelqu’un qui se trouve dans un tel état. Comme s’il espère une parfaite communication par le regard. Comme s’il veut transmettre à Guy-Bertrand les dernières gouttes d’une vie qui s’enfuit à grands flots. Comme s’il souhaite lui souffler à l’oreille une précieuse vérité, un sésame miraculeux pour accéder à une autre dimension de la connaissance. Comme s’il veut lui faire un témoignage qui bousculerait son existence.
- Ils mentent ! Ils mentent ! Ils mentent !
- Oui. Bien sûr qu’ils mentent. Je sais qu’ils mentent.
Guy-Bertrand regarde tout autour de lui. Il a peur qu’un médecin le surprenne en train de parler politique avec un patient alors que son rôle à lui, externe, est de superviser comme il peut le travail des infirmières. Les internes ne peuvent pas le faire aujourd’hui. Il y a bien trop d’afflux aux urgences ! Tout le monde est surchargé de travail.
Aujourd’hui, c’est le 9 novembre 2004. Les carreaux blancs du hall du CHU de Cocody sont maculés de grosses flaques rouges. L’hôpital a l’air d’une cour des miracles. Les prières montant au ciel, les cris de douleur, les hurlements de révolte, les expirations des mourants, les larmes de deuil s’entremêlent pour faire un vacarme cauchemardesque. C’est la guerre ouverte entre l’armée française et les civils ivoiriens dans toutes les villes de la zone gouvernementale.
****
Depuis le 6 novembre, ce jour où les soldats de l’Opération Licorne ont détruit la quasi-totalité des avions de guerre de l’armée ivoirienne, et où des dizaines de milliers de patriotes ont décidé de les affronter et de les empêcher de renverser le président Laurent Gbagbo, le sang ne cesse de couler. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, les premières victimes de la Licorne sont arrivées à l’hôpital. Brûlées sur le pont par des balles traçantes jetées par des hélicoptères français voulant les décourager de traverser le pont Charles-De-Gaulle pour arriver à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, désormais entre les mains de l’armée française. Blessées alors qu’elles s’en allaient défier les soldats hexagonaux devant leur base militaire, dénommée 43è BIMA.
Cette nuit-là, Guy-Bertrand n’était pas de garde. C’était un week-end, et il était allé rendre visite à des amis, Camerounais comme lui, étudiants à l’Ecole de statistique. Il n’avait pas pu rentrer chez lui, puisque l’atmosphère était devenue électrique dès que la nouvelle de la destruction, par les Français, des avions de guerre gouvernementaux allant à l’assaut des zones rebelles, avait commencé à se répandre. Il avait décidé de dormir chez son ami Philémon. Il verrait bien le lendemain !
Quand l’agitation avait commencé dans la ville, les nombreux étudiants étrangers de la cité, qui étaient réunis dans la salle télé et regardaient un film sur une chaîne câblée, avaient vite zappé sur les chaînes françaises d’information continue pour en savoir plus. Selon le présentateur du bulletin d’information d’une de ces chaînes, l’aviation ivoirienne avait attaqué un camp français à Bouaké, le fief des rebelles ivoiriens. Ce qui avait entraîné des représailles de la force Licorne qui, sur instruction du président français Jacques Chirac, avait décidé de détruire tous les avions de guerre de «l’armée de Laurent Gbagbo», le président ivoirien.
Le présentateur français avait embrayé, avec le même professionnalisme détaché, sur un autre sujet. Mais pas les étudiants africains qui, quelques minutes auparavant, dégustaient un thriller américain passionnant.
Dans cette salle télé, ces étudiants ayant pour la plupart un avis sur tout, discutaient régulièrement en rivalisant d’arguments. De la polygamie, du sida, de l’homosexualité, de l’insalubrité, du christianisme et de l’islam, du coupé-décalé et du R’n’B, de sport et de politique. Forcément, ce nouveau développement de la crise ivoirienne ne pouvait pas échapper à leur verve.
- Gbagbo a cherché, il a trouvé !
La sentence était venue de Karim, un étudiant nigérien qui, de toute façon, était habituellement le plus grand pourfendeur du chef de l’Etat ivoirien. Pourquoi ? Il détestait les étrangers, il haïssait les musulmans. Il voulait tout pour ses frères, les chrétiens du Sud du pays.
- Là, il est allé chercher les Français. Il a trouvé des gens qui vont pouvoir lui répondre et lui donner la raclée qu’il mérite.
La moitié de la salle qui, habituellement, défendait mordicus le président ivoirien – un héros, un patriote, un homme proche du peuple, que les Français détestaient parce qu’il voulait mettre une fin à l’exploitation néocoloniale de son pays – restait sans voix. Sonnée. Assommée. Ne sachant pas quoi dire. Elle triomphait quelques heures plus tôt, au moment où les informations venant de Bouaké assuraient que l’Opération Dignité faisait détaler les rebelles vers leurs bases arrières des pays voisins. Le pays serait bientôt réunifié. La guerre serait finie. Et gagnée. Les frappes de l’aviation ivoirienne étaient chirurgicales. Hourra !
- Qui te dit que c’est vrai ? On a déjà vu l’intox des Français ici. Ils mentent !
C’est Philémon qui avait dégainé le premier face aux propos de Karim. Guy-Bertrand trouvait son ami d’enfance incroyable. Où trouvait-il la force pour proclamer, d’une cité universitaire d’Abidjan, du haut de son mètre 70, qu’un journaliste français – dont le travail était de chercher et de trouver la vérité, qui avait pour lui toutes les informations des agences de presse internationales, des satellites, des systèmes de renseignement perfectionnés de l’Occident – mentait ? En plus, avec une telle rapidité ! Comment se faisait-il que, même dans le dénuement idéologique, l’absence totale d’information – la RTI montrait des clips mièvres sur le pardon et la réconciliation –, il trouvait la force de défendre son «client» ? – c’est ainsi qu’il appelait affectueusement un Gbagbo qu’il n’avait jamais vu. Peut-être croyait-il tellement en son grand homme qu’il considérait d’emblée comme faux tout ce qui semblait donner de lui une autre image que celle qu’il avait choisi de retenir. Peut-être considérait-il juste comme un devoir de contredire Karim, dont il connaissait les positions politiques et avec qui il avait déjà croisé le fer au sujet d’une crise ivoirienne tournée dans tous les sens dans cette même salle télé.
A cet instant, Guy-Bertrand pensait à deux choses. Que cette histoire de fous l’avait empêché de regarder jusqu’au bout le thriller américain. Et qu’il fallait
que tout ce cinéma s’arrête avant lundi, parce qu’il devait retirer le Western Union que son frère aîné lui avait envoyé d’Allemagne.
Il n’avait absolument pas d’opinion sur ce nouveau rebondissement du conflit ivoirien.
Thierno, Nigérien comme Karim et pro-Gbagbo comme Philémon, en moins hystérique tout de même, était entré dans la danse.
- De toute façon, ça n’arrange pas Gbagbo d’aller s’attaquer à une armée plus forte que la sienne, alors qu’il est en train de liquider la rébellion. Il n’est pas fou quand même !
- Qu’est-ce qui te fait croire que son armée va de victoire en victoire ? C’est de l’intox. Les journaux bleus racontent n’importe quoi. L’armée de Gbagbo n’est pas motivée. Tout ce qui l’intéresse, c’est racketter les chauffeurs de gbaka. Or, les rebelles savent pourquoi ils se battent.
- Quoi ? Des voleurs comme ça ? Ce n’est pas l’armée de Gbagbo comme tu dis qui a démonté toute l’Université de Bouaké pour aller revendre tuiles, carreaux et sanitaires dans des pays voisins.
C’était reparti. Bientôt, il y aurait un début de bagarre. Car ces affrontements verbaux où les injures personnelles volent bas ne vont jamais plus loin que des débuts de bagarre théâtraux.
Guy-Bertrand n’aimait pas trop la politique. Il était plutôt foot. Supporter chauvin des Lions indomptables, mais tout de même réaliste face à leurs défauts. Son ami Philémon était tout aussi exalté quand il soutenait Eto’o que quand il défendait Gbagbo. Tout aussi catégorique quand il s’agissait de vouer le président français Jacques Chirac aux gémonies que quand il fallait trouver des poux dans la tête du buteur ivoirien Didier Drogba dès que quelqu’un osait le comparer à son héros. Il glorifiait les Ivoiriens courageux résistant à l’oppression française avec la même pugnacité qu’il dénonçait les Ivoiriens prétentieux qui osaient comparer Eto’o et Drogba. Philémon ne voyait là aucune forme de contradiction.
****
Tard dans la nuit, alors que les débatteurs infatigables de la salle télé étaient rentrés dans leurs chambres et essayaient de dormir malgré le vacarme extraordinaire des patriotes qui chantaient, criaient et mettaient le feu à tous les symboles français dans le voisinage, tout le monde avait entendu des bruits de détonation.
Comme un seul homme, ils étaient tous montés sur le toit de leur résidence étudiante, d’où ils avaient une vue imprenable sur le quartier. Cocody-Ambassades. Le quartier où résidait le président de la République.
Les rues étaient toujours noires de monde. Des gospels désespérés arrivaient aux oreilles des étudiants de l’Ecole de statistiques, quand le staccato des détonations – bombes, missiles, grenades, roquettes, mitraillettes ? – faiblissait un peu.
En levant les yeux au ciel, ils avaient vu. Des flammes qui sortaient de ce qui était sans doute un hélicoptère – tous les signaux lumineux de l’appareil étaient éteints. Des flammes qui semblaient tomber sur la Résidence de Gbagbo. L’hélicoptère venait, lançait ses flammes, repartait. A chacun de ses surgissements, les milliers de personnes qui s’étaient postées comme des boucliers humains devant la résidence présidentielle, se couchaient et chantaient des cantiques. A chacun de ses départs, ils se levaient, narguant et insultant l’hélico, son pilote, le général d’armée dont dépendait ce pilote, et le président français qui donnait des ordres à ce général d’armée.
Philémon était désormais dans un état second. Il avait des yeux étranges. Embués de larmes. Des larmes d’émotion, de défi, mais aussi de jouissance. A l’instant, il était faible, impuissant. Mais heureux. Il avait désormais la preuve que c’est la France qui faisait la guerre à la Côte d’Ivoire.
- Karim ! Où est Karim ? Parle encore ! Vous avez vu non ? Vous allez encore nier ? Karim ! Il est où ? Karim, viens voir tes ancêtres les Gaulois dans leurs œuvres ! Vous allez encore dire quoi ?
Philémon avait foncé comme un dératé dans sa chambre. Il avait pris le drapeau camerounais qu’il faisait flotter à sa fenêtre – pour narguer «ces abrutis d’Ivoiriens» – et avait arraché le drapeau ivoirien qui était dressé sur un pic au milieu de la cour. Il les avait attachés et était allé vers la résidence de Gbagbo.
Faire quoi ? Guy-Bertrand était perplexe. Pensait-il vraiment que ses deux drapeaux noués et brandis à la face du tout-venant allaient faire reculer les Français ? Pourquoi se mettait-il ainsi en danger alors qu’il ne pouvait en rien changer le cours de l’Histoire ? Et puis, est-ce qu’il était Ivoirien ? Est-ce que c’était son problème ?
Après l’énième coup de folie de son ami Philémon, Guy-Bertrand n’était pas d’humeur à subir les commentaires des étudiants de l’Ecole de statistiques. Il allait mettre des boules Quiès dans ses oreilles et essayer de dormir. C’était plus sage.
****
Guy-Bertrand avait vu les flammes des hélicos gaulois. Il sait donc que la radio des Blancs ment quand elle dit que la France ne veut absolument pas renverser le président ivoirien. Mais il est lui-même étonné de la vivacité avec laquelle il a confirmé les accusations du patient qui continue de le regarder droit dans les yeux.
Guy-Bertrand n’aime pas la politique. De toute façon, il ne peut que la détester. Il est né en 1982 au Cameroun. Le seul président qu’il a jamais connu de sa vie, c’est bien Paul Biya. Un Paul Biya dont son père a toujours dit pis que pendre. Un voleur. Un chef bandit à la tête d’une clique de spécialistes de détournements de fonds publics et de fraude électorale. Une crapule qui a juré d’appauvrir ses compatriotes avant de mourir. Son père détestait tellement Paul Biya qu’il avait milité dans un parti d’opposition, le Social Democratic de John Fru Ndi, dès l’avènement du multipartisme. Enseignant et syndicaliste, il avait été muté dans une ville de l’extrême nord du pays par un gouvernement qui n’appréciait pas que ses fonctionnaires aillent jouer les activistes pour le compte de l’adversaire. Dans l’extrême nord, il avait créé une section du SDF. Il y avait consacré une bonne partie de ses économies, au grand dam de son épouse. Puis, un jour, il était rentré à la maison. En colère. Au bord de la crise de nerfs. Traitant John Fru Ndi de tous les noms. Disant qu’il était le complice de Biya. Qu’ils étaient pareils. Des voleurs. Des menteurs profitant du désespoir du peuple. Ils s’étaient partagés le pays. Le père de Guy-Bertrand avait déchiré sa carte du SDF devant les yeux médusés des siens. Toutes ces privations pour rien ! Toute cette souffrance qui était censée être leur part de sacrifice pour la libération du Cameroun, transformée en un jour en absurde tribulation ! Guy-Bertrand ne peut pas croire en la politique, broyeuse de rêves, piège à gogos, machine à briser les naïfs. Au Cameroun comme en Côte d’Ivoire, il ne peut pas investir son affection en un leader politique. Jamais !
Mais pourquoi les yeux de ce patient dans ses yeux le troublent-ils à ce point ?
- Ils mentent. Ils disent que nous sommes des miliciens. Mais regarde dans ma poche.
Guy-Bertrand regarde à gauche et à droite. Personne pour le voir aller fouiller la chemise ensanglantée de ce patient dont les infirmières ne croient de toute façon plus aux chances de survie. Il finit par tomber sur une carte professionnelle. Son patient s’appelle Joël-Roland Coulibaly Kouadio. Il a 22 ans comme lui. Il est informaticien dans une multinationale française. Guy-Bertrand sursaute à nouveau.
Une vie prometteuse sacrifiée sur l’autel de la politique. Pourquoi ?
- Ce sont les journalistes de la radio des Blancs qui m’ont tué, accuse Joël-Roland, comme s’il est déjà de l’autre côté. Comme s’il est déjà mort.
Guy-Bertrand comprend la logique de Joël-Roland. Si la radio n’avait pas dit que les jeunes aux mains nues dansant devant l’Hôtel Ivoire pour demander le départ des chars de l’armée française qui s’étaient postés là étaient des miliciens, les Légionnaires n’auraient pas tiré. Si ces milliers de personnes ne sont que des civils en colère, comme les altermondialistes dans les rues de Davos, comme les antiguerre dans les rues de Paris au moment de l’assaut de Bush contre Saddam, alors l’armée française ne peut pas ouvrir le feu sans s’attirer les foudres de toute l’opinion mondiale. Mais s’ils sont des miliciens comme les Interahamwé du Rwanda du temps du génocide, comme les Tontons Macoutes de Haïti, comme les hommes du général Aïdid en Somalie, l’armée française peut ouvrir le feu. Miliciens contre militaires. Délinquance sans visage contre violence légitime.
C’est la radio des Blancs qui juge, qui fabrique la réalité médiatique, même s’il faut pour cela tuer la vérité. La vérité de la carte professionnelle de Joël-Roland. La vérité de toutes ces vies mâchées, réduites à néant, écrasées depuis ce 6 novembre maudit. La vérité de ces foules où pauvres et bourgeois, profs d’université et jeunes déscolarisés, banquières et grilleuses d’alloco se frôlent, se touchent, se consolent, se donnent du courage. Et crient à la face du monde que leur pays est leur pays, et qu’ils n’accepteront pas de seconde colonisation.
Guy-Bertrand ne dit rien. Il ne peut rien dire parce que des larmes irrépressibles lui montent au visage. S’il parle, il pleure. S’il pleure, on peut le remarquer dans le service et ça lui créera des problèmes. Or il s’est juré de ne jamais prendre de risque au nom de la politique. Il se souvient trop bien de l’amertume de son père.
Joël-Roland recommence à parler.
- Dans mon entreprise, ils vont se poser des questions. Nos patrons qui ne savent rien de nous. Nos patrons qui croient qu’on pense comme eux parce qu’on travaille avec eux. Et qu’ils ne nous paient pas pour les contredire.
Joël-Roland esquisse un sourire. Un petit sourire où Guy-Bertrand semble lire un bonheur paradoxal et inexplicable. Le corps du patient se raidit de plus en plus. Se refroidit de plus en plus.
- Tu sais pourquoi je suis sorti à l’appel de Blé Goudé ?
- Non.
- Ce n’est pas à cause de Blé Goudé. Je m’en fous de Blé Goudé. C’est à cause d’une chanson. Va dans mon jean, et prends mon portable. Compose mon numéro. Le 05887650. Et tu comprendras.
L’âme de Joël-Roland est partie. C’est fini. Guy-Bertrand va prendre son portable dans son jean. Et compose le numéro à partir du sien. Comme conclu. Qui désobéirait aux dernières volontés d’un mort ?
Des voix cristallines d’enfant s’échappent du téléphone de Joël-Roland. Sa sonnerie personnalisée. Une comptine écolière. Chantée avec une voix joyeuse, pleine de fougue et d’assurance. Une voix pleine de rires.
«Le pays que nous habitons /S’appelle la Côte d’Ivoire/Et ses habitants/S’appellent les Ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens…»
Guy-Bertrand fonce dans les toilettes de son service. Les spasmes sont là. Il ne peut plus les combattre. Lui reviennent à l’esprit les strophes d’une comptine chantée mille fois.
«Cameroun !/ Cameroun !/ Cameroun mon beau pays/La jeunesse est fière de toi/La jeunesse est fière de toi/Nous allons tous travailler/Pour être plus dignes de toi/Vive mon pays le Cameroun !»
Guy-Bertrand s’agenouille tout près du pot du W.-C. Et il laisse libre court à ses spasmes. Son corps est pris de saccades comme celles d’un poulet qu’on égorge. Il pleure à haute voix. Personne ne l’entendra. Son téléphone sonne. C’est sa sœur. Elle est inquiète.
- C’est comment chez vous là ? On dit que Gbagbo est devenu fou. Les rebelles l’ont dépassé. Il s’attaque aux Français.
- Qui t’a dit ça ?
- RFI.
Guy-Bertrand gueule. Il sait que sa raison ne contrôle plus ses paroles.
- Ils mentent. Ils mentent. Ne crois pas ce qu’ils disent. C’est eux. Ils tuent les gens. Je suis à l’hôpital. Tu peux me croire. Ils ont occupé la capitale. Ils ont tiré sur la maison du président. Leurs chars ont essayé d’entrer dans la maison du président ! Ils se croient en pays conquis. Ne crois pas la radio des Blancs ! La radio des Blancs ment !
Le téléphone se coupe. Problème de réseau sans doute. Guy-Bertrand a une douleur insupportable à l’estomac. Il est impuissant. Impuissant au point de ne pas pouvoir dire à sa sœur la vérité évidente que Joël-Roland a pu lui transmettre avant de s’en aller. Il se sent pauvre type. Un pauvre type, vivant dans un pauvre pays, d’un continent bien malheureux. Sa faiblesse l’écrase. Il aurait aimé ne jamais avoir vu le regard perçant de Joël-Roland. Comment vivre avec une telle brûlure désormais ?


Tripoli, le 15 novembre 2006

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Vendredi 18 Janvier 2008


LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Un coup d’État est un changement de pouvoir soudain, imposé par surprise, par une minorité utilisant la force. La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir. Le coup d’Etat monétaire sera donc une manière soudaine d’imposer une monnaie et un régime monétaire à un Etat. Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence [Jean-Marie Le Pen, Extrait du Meeting de Toulouse - 25 Mars 2007]. La souveraineté est le droit exclusif d'exercer l'autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples. La souveraineté sert de pilier à l'analyse de l'État et constitue le critère de distinction des différentes formes de gouvernement qu'il décrit. La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République. La souveraineté est la qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser. Ainsi, l’on peut se poser la question de savoir si les pays de la zone franc sont des pays souverains puisqu’ils n’ont pas le pouvoir de battre monnaie, un acte politique qui détruit les fondements de cette souveraineté. Au surplus, ces pays ont en commun une monnaie imposée depuis la période coloniale. Le véritable débat, celui d’une réflexion féconde sur le lien entre monnaie et souveraineté, entre monnaie et développement a été occulté au profit d’un piètre combat pour des postes de gouverneur des banques centrales dont les manettes sont entre les mains de la France. Cette présente contribution sur le franc CFA constitue un appel à méditation des gouvernants des pays membres afin de donner un sens à la notion de souveraineté.

UN DETOUR HISTORIQUE IMPORTANT

Selon l’histoire des faits économiques, le franc CFA est né formellement le 9 septembre 1939, lorsque dans le cadre de mesures liées à la déclaration de guerres, un décret instaura une législation commune des changes pour l’ensemble des territoires appartenant à l’empire colonial français. En fait le début de la seconde guerre mondiale va s’accompagner d’un dirigisme monétaire avec la mise en place du contrôle des changes à cette date. La zone Franc, en tant que zone monétaire caractérisée par une liberté des changes, est formellement créée. En réalité, ses principales caractéristiques étaient apparues entre les deux guerres. La gestion monétaire des colonies était assurée par des banques privées bénéficiant dans leurs zones respectives de privilèges d’émission. Nonobstant, la dislocation progressive de l’espace monétaire et commercial international dans les années trente, la montée en puissance généralisée du protectionnisme et l’enchainement des dévaluations compétitives provoquèrent de la part des puissances coloniales une réaction de repli sur leurs empires. Après l’échec de la conférence de Londres en 1933, les zones monétaires furent leur apparition. C’est ainsi que prit naissance la « zone sterling ». Un grand nombre de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud vont rattacher leur monnaie au dollar pour former la « zone dollar ». La formation d’une zone économique impériale, protégé de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d’un espace monétaire commun. Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, naissait l’instauration d’une réglementation des changes valable pour l’ensemble des résidents de l’empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole. Le franc CFA est officiellement né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors « franc des colonies françaises d'Afrique ». Mais cette définition de la parité du Franc se fait avec une différenciation selon les secteurs géographiques. Nous avons alors trois unités distinctes avec le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (FCFP), un Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) et un Franc de la métropole valable également pour l’Afrique du Nord et les Antilles (FF). Le FCFP valait 2,40 FF et le FCFA 1,70 FF. C’est aussi l’occasion d’affirmer l’unité car le communiqué du ministre des Finances parle de « Constitution de la zone franc » et ce sera la première fois que le terme est utilisé officiellement. Certains pays ont choisi, lors de l'indépendance ou après, de quitter la zone franc coloniale : Algérie (1963), Maroc (1959), Tunisie (1958), Mauritanie(1973), Madagascar(1973), Guinée (1958), l’ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) en 1954. Le Mali l'a quittée en 1962 pour la réintégrer en 1984.

LES MOTIVATIONS IMPERIALISTES DE LA FRANCE

Il s'agit alors de restaurer l’autorité monétaire française dans ces territoires qui ont été isolés de la métropole durant la seconde guerre mondiale, et ont souffert de la raréfaction des échanges, et ont dû parfois créer des émissions locales appuyées sur d'autres devises que le franc français (par exemple le dollar US), voire accepter des émissions fantaisistes par les troupes armées, ou accepter la monnaie des occupants, comme ce fut le cas pour les protectorats et territoires français en Asie, alors que ces territoires, et les institutions financières locales publiques et privées, doivent gérer leurs dettes extérieures à la fin du conflit mondial. Leurs objectifs sont, bien entendu, concentrés sur l'organisation interne des Empires coloniaux, en particulier sur la facilitation des relations financières et commerciales entre la métropole et les territoires. Il s'agit toujours pour la France de faciliter l'intégration commerciale et financière des territoires à la métropole par le biais d'un régime de monnaie et de change. La perte de la convertibilité, non seulement lésait les investisseurs étrangers et les déposants, mais aussi rendait plus difficiles les échanges de biens et de capitaux avec la métropole. Un des objectifs des administrateurs était d'assurer la convertibilité pour maintenir les liens économiques avec la métropole. De plus, les colons se mobilisent pour réclamer la même sécurité pour leurs avoirs locaux et leurs avoirs métropolitains, ce qui passe par une fixation du change. L’intérêt de la manœuvre est d’assurer une compensation maximale des règlements entre les deux économies et surtout de supprimer le change entre les deux monnaies. L’épisode de la communauté est du reste significatif du formalisme qui présidait à la conception gaullienne de la décolonisation. Le principe fédéral inspirant ce projet faisait une large place au domaine de gestion commune, « qui doit comprendre la défense, la politique étrangère, la direction de l’économie, la politique des matières premières et la monnaie ». Avec la zone franc, la France voulait conserver son aire d’influence, mais aussi, consolider des liens un temps menacés par les aspirations à la souveraineté. La construction de cette zone est due à des facteurs commerciaux (une partie importante des échanges se faisant avec la France), financiers (faciliter le paiement des flux financiers) et politique. Cette tutelle monétaire assure le contrôle des économies de la zone et garantit les bénéfices des capitaux français en assurant la convertibilité illimitée, la parité fixe avec l’euro et surtout la liberté des transferts.

FONCTIONNEMENT DE LA ZONE OU LES MECANISMES DE LA COOPERATION MONETAIRE

La coopération monétaire entre pays membres de la zone franc repose sur quatre principes : un institut d’émission commun à chaque sous-zone, une parité fixe, une garantie de convertibilité illimitée et la libre transferabilité interne.

1 Un institut d'émission commun à chaque sous-zone

Les banques centrales de chaque sous-zone (Banque des États de l'Afrique centrale - BEAC, Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest - BCEAO, et Banque centrale des Comores - BCC) ont la tâche de conduire la politique monétaire de la sous-zone. Elles doivent aussi centraliser la totalité des avoirs extérieurs des États membres.

2 Une parité fixe avec le franc français (maintenant l’EURO)

Cette parité est définie pour chaque sous-zone. Elle est restée stable de 1948 à 1994 pour les trois sous-zones (1 FF = 50 FCFA ; 1FF = 50 FC depuis 1979) et a été ajustée le 12 janvier 1994 (100 FCFA = 1 FF, la parité étant identique pour les sous-zones d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, 75 F comoriens = 1 FF).

3 Une garantie de convertibilité illimitée

Le Trésor français va innover en matière de régime de convertibilité. Alors que le Trésor britannique abandonne la gestion de la monnaie aux intérêts privés ou aux autorités locales, le Trésor français s’implique. Il garantit une convertibilité sans change, financée par ses propres ressources fiscales, et régulée par la coopération avec les Instituts d’émission locaux. Ce système est fondé sur le compte dit d’opérations dont disposent les Instituts d’émission dans les comptes du Trésor. Ce compte est un compte courant des Instituts auprès du Trésor où se fait la compensation des paiements entre les territoires et qui présente la particularité de pouvoir être débiteur (Vinay, 1988, Lelart, 1997, Guillaumont-Jeanneney, .1996). La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor français et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux États, ratissage des devises). Les variations de position sur le compte d'opération traduisent donc les résultats des paiements extérieurs. Les variations de la position extérieure sur le compte d'opération sont nettement inférieures à la fluctuation des avoirs extérieurs de chaque pays. Le flux vers la métropole étant plus important que celui vers la colonie, le Trésor dispose d’une position excédentaire en francs CFA.

4 La libre transferabilité interne

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones). Chaque franc CFA n'est utilisable que dans sa propre zone (par exemple, le détenteur de francs CFA « Ouest » ne peut les échanger dans un pays de la zone « Est », le transfert ne peut se faire que par voie bancaire, et donc sous contrôle. En clair, les francs CFA ne sont pas identiques, même s'ils ont le même sigle. Ils sont émis par des banques centrales différentes et leur signification n'est pas la même. Le CFA de la zone Ouest se décline ainsi : franc de la Communauté financière africaine. Celui de la zone centrale : franc de la coopération financière en Afrique centrale.


L’URGENCE DE LA RECONQUETE DE NOTRE SOUVERAINETE MONETAIRE


Alors que l’Asie et le Maghreb, après s’être débarrassés des vestiges du colonialisme, s’en sortent économiquement, les pays de la zone Franc hésitent toujours à rompre le lien colonial, comme s’ils doutaient de leurs propres capacités à prendre en charge leur destinée. Le coup d’Etat monétaire de la France est en passe de devenir une servitude monétaire volontaire. Pourquoi déposer nos réserves de changes dans un Trésor Français alors que nos économies ont des besoins croissant de financement. Si les pays membres ne disposent pas d’économistes ayant une connaissance certaine des mécanismes du marché des changes alors il serait temps de désespérer de l’Afrique. Evidemment que l’Afrique a des économistes rompus à la haute compétition intellectuelle. Pourquoi donc cet esclavage monétaire ? Il n’est plus souverainement juste de perpétuer la dépendance à l’égard de l’ancienne métropole au travers de la Communauté Financière Africaine et de sa " zone Franc CFA ". Cette monnaie étrange, nous est étrangère, elle n’est pas notre monnaie. Souvenons-nous de l’épisode de la dévaluation en 1994. La dévaluation du Franc CFA annoncée par la France en 1994, avant la convocation des Chefs d’État de la zone CFA, pour consultation. Le franc CFA est un instrument de domination de la France. Cette ingérence monétaire se retrouve au niveau de la gestion de nos banques centrales. L'autonomie des Banques centrales est tempérée par les prérogatives du Conseil des Ministres des différentes zones. En particulier, il revient à celui-ci d'arrêter la distribution du crédit. De plus, à l'échelle nationale, la répartition des quotas de crédit établis par la Banque et le Conseil relève de comités nationaux contrôlés par les gouvernements locaux. Elles disposent d’un conseil d’administration où chaque membre et la France ont une représentation égalitaire. Les administrateurs, à raison de deux, sont nommés par les Etats : ce sont de hauts fonctionnaires. Par exemple, La France dispose de deux représentants au Conseil d'Administration de la BCEAO comme n'importe quel pays membre. La France, aujourd’hui comme par le passé, continue d’intimider ceux qui confessent la mort du franc CFA. Déjà en 1963, prétextant d’une mutinerie des soldats, démobilisés de la guerre d’Algérie, un coup d’Etat est organisé contre le président togolais Sylvanus Olympio. Que reprochait-on à ce dernier ? D’avoir demandé en 1958 l’indépendance du Togo, sous mandat franco-onusien. Puis, une fois l’indépendance acquise en 1960, de vouloir réviser le contrat d’exploitation du phosphate togolais; d’avoir entrepris la diversification du partenariat économique avec d’autres États occidentaux, dont l’Allemagne, ex-métropole coloniale qui devait aussi le soutenir dans la création d’une monnaie nationale, en sortant de la Zone Franc. Les pressions financières, monétaires et politiques exercées pour que le Mali soit obligé de revenir dans la zone franc après sa sortie en 1962. A contrario, l’adhésion du régime dictatorial de la Guinée équatoriale à la zone BEAC n’a pu se faire, compte tenu de la situation désastreuse du pays, que grâce au paiement par la France de sa quote part à la BEAC. Dans le cas du mali, la France a dû, pour surmonter les réticences des états membres de l’UMOA, transformer en prêts à long terme avec différé d’amortissement le découvert du compte d’opération de l’institut d’émission malien, qui s’élevait à 850 millions de franc en 1984. Inscrite au budget du ministère de la coopération, cette opération expliquait à elle seule les deux tiers de l’accroissement de l’aide française au PMA en 1984. Au nom de la restauration de notre souveraineté monétaire, le prochain sommet de l’UEMOA doit se pencher sur l’avenir du franc CFA, une monnaie qui devient de plus en plus un goulot d’étranglement pour le développement de nos économies. Les dispositions et les règles régissant le franc CFA ne permettent pas au système bancaire de jouer son rôle de moteur du développement. Enfin pour préserver l’équilibre monétaire, les concours aux Etats ne doivent pas excéder 20% des recettes fiscales de l’exercice antérieur. Comme le fait remarquer Paul Fabra « peu de grands pays s’imposent une discipline aussi strict que celle que comporte le mécanisme de la zone franc. On est plus facilement orthodoxe pour les pauvres ». Les pertes de change successives à la dévaluation de 1969 avaient été d’autant plus durement ressenties que la contribution des soldes positifs des comptes d’opérations à la défense du franc français n’avait jugé bon ni de les consulter ni de les indemniser. Les modifications des parités des francs CFA ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité des pays membres de chaque union et après consultation de la France. . La zone franc porte la coopération monétaire au-delà des frontières de la définition théoriques, elle est le lieu où la France orchestre de façon permanente et ce, depuis la période coloniale, un coup d’Etat monétaire. Au risque de donner raison à ceux qui pensent que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’Histoire, nous devons abandonner le débat puéril sur le gouvernorat des banques centrales pour créer des monnaies régionales puissantes et crédibles, pour aboutir à terme à la création d’une monnaie continentale.

Fasse Dieu que les pays de la zone franc comprennent que le chaînon manquant de leur développement est leur souveraineté monétaire.


Prao Yao Séraphin
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

21:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INTRIGUES A LA GABONNAISE

Vendredi 11 Janvier 2008


REçU DE JOEL ETTIEN DE 3A TELESUD

Incroyable mais vrai. Dans la volonté de prendre le contrôle de la chaîne de Télévision 3A TELESUD, créee par trois africains les partenaires Gabonais(qui sont Mme Pascaline Bongo la directrice de Cabinet du Président de la République et Blaise LOUEMBE le TPG du Gabon), ont franchi une nouvelle étape ce matin du Lundi 7 janvier 2007: l'envoie d'une force de police dans les locaux de la chaîne de télévision, en vue d'en interdire d'accès, Pierre Bedou, le co-fondateur et Directeur des Programmes de la chaîne depuis sa création. Depuis la prise de participation des gabonais en 2006, la crise qui semblait un moment contenue a pris une tournure beaucoup plus violente ces dernières semaines.

La cause principale: l'incapacité des Gabonais malgré diverses manouevres à prendre le contrôle à 100% de la société . Outre le fait de subir des pressions en tous genres, les employés de la chaîne n'ont plus le droit de recevoir les invités dans les locaux de la chaîne. ils doivent se contenter du trottoir...Car un vigile avec chien, en interdit l'accès comme nous avons pu le constater avec stupeur en devant être invité lors de l'enregistrement d'une émission. Il semble que dans les prochains jours, l'escalade et les révélations soient à leur comble car les Gabonais qui veulent s'approprier cette chaîne de télévision n'ont trouvé qu'une seule démarche pour atteindre leur but: l'intimidation. Les Gabonais sont de plus en plus nerveux car ils avaient prévu manifestement de partager le contrôle de la chaîne avec le Groupe BOLLORE. L'industriel français prévoyant d'offrir des locaux à la chaîne et un apport publicitaire.

Toutefois les raisons de cet amour pour les Médias du Groupe Bolloré en Afrique cache un autre objectif : Ne plus subir l'affront de Dakar. Récemment le Groupe Bolloré a été évincé du Port de Dakar au profit de DUBAI PORT. Un affront que Vincent Bolloré a promis de laver en s'en prenant au responsable de cette mésaventure : Karim Wade, conseiller spécial de son père de Président et Patron de l'ANOCI. En contrôlant une télévision africaine, la plus connue à ce jour, BOLLORE compte aussi rendre docile tous les dirigeants du continent qui sont sur sa zone de contrôle et les dissuader d'avoird des veilletés d'émancipation contre son Groupe. Une mauvaise campagne est vite arrivée.
Mais pas prévu au programme ce marché de dupes au détriment des fondateurs de 3A TELESUD semble avoir soulevé un vent de fronde dans plusieurs chancelleries et capitales africaines. Certains n'hésitant pas à voler au secours des fondateurs de 3A TELESUD, tout isolés à leur combat.

Après l'échec d'Africa N°1 (vendu aux lybiens), les ratés de multiples projets de chaîne de télévision initié au Gabon, en prenant le contrôle de cette chaîne panafricaine installée en France par des moyens très peu orthodoxes, les Gabonais pensaient prendre leur revanche. Au vu de l'ampleur du désastre causé par ces "investisseurs" peu stratèges, il semble inéluctable que c'est la justice française qui va devoir mettre tout le monde d'accord.

Une perspective qui agace au plus haut point les autorités françaises.Notamment du côté de l'Elysée. Après la flambée des banlieues, le mécontentement latent de la communauté noire en France, les secousses de la visite du truculent Khadaffi, les propriétés suspectes de certains chefs d'Etat du Continent dans l'Hexagone, l'Elysée, craint toute étincelle sur son sol et l'a discrètement fait savoir au Gabonais. Sans succès.

En France de nombreuses associations africaines ont commencé à se mobiliser sur le dossier et prévoient des actes aussi spectaculaires que médiatiques pour alerter l'opinion publique sur ce que beaucoup considèrent comme l'action de trop de la famille BONGO.

AfricainsdeFrance se mobilise aux côtés de centaine d'associations.


Merci

21:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MA CONTRIBUTION AU MOIS DE LA RESISTANCE: LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES

Mardi 13 Novembre 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs Ivoiriens,

En guise de commémoration des évènements tragiques et combien douloureux de Novembre 2004, qui ont vu la France tomber le masque contre la Côte d’Ivoire, le quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN a décrété, en début de mois, en édito, le mois de Novembre comme MOIS DE LA RESISTANCE.

A cette occasion, il nous a été donné, les 09 et 10 Novembre 2007, de lire le magnifique interview de « l’homme de l’Appel du 06 Novembre 2004 », Charles BLE GOUDE, grand patriote devant l’ETERNEL, rappelant les circonstances de cet appel mémorable et parlant de l’avenir de la Résistance ivoirienne.

A la fin du parcours de cet entretien, on reste pétrifié, sidéré, devant la dimension du complot, devant l’ampleur des évènements et surtout des non-dits et des aspects sous-jacents de ces quatre interminables jours d’angoisse pure, qu’ignorait le commun des Ivoiriens, dont notamment le projet bien ficelé d’assassinat du leader des Jeunes Patriotes.

Devant le profond désarroi, l’étrange solitude de la Côte d’Ivoire, la confusion totale, les grandes incertitudes et les doutes paralysants qui ont marqué et dominé ces heures de terreur, sans que le pouvoir actuel ne tombe, l’on peut avancer, sans risque de se tromper, que DIEU était au contrôle.

Sinon, comment comprendre la marée humaine, la déferlante historique, de plusieurs millions d’âmes qui s’est déversée dans les rues du pays, pour faire obstacle, les mains nues, au dessein clairement affiché de la cinquième puissance militaire du monde, armée jusqu’aux dents, devant des Forces Armées Nationales consignées en caserne, avec des instructions fermes de ne pas intervenir, devant un Président GBAGBO esseulé, affaibli, désarmé, prêt à être cueilli comme un fruit mûr. DIEU seul a pu faire un tel prodige.

Bilan de ces folles journées et de ces nuits d’épouvante : 57 morts, des handicapés à vie et des milliers de blessés.
Pour mettre le comble à l’incongruité et à la pire des mufleries, au lendemain de ce carnage innommable, la Côte d’Ivoire se fait passer sous la chape de plomb par l’ONU : Embargo sur les armes, sanctions ciblées et personnalisées, peinture apocalyptique des Droits de l’Homme, en Côte d’Ivoire, menaces en tout genre, commanditées par la france.
Ce qui n’a pas manqué, trois années après la suprême offense, d’arracher au cœur de Charles BLE GOUDE ce soupir de l’âme : « Tôt ou tard, la France paiera pour sa barbarie, en Côte d’Ivoire ».
Oui, la France doit payer, un jour, pour tous ses crimes. En Côte d’Ivoire et en Afrique.

Au-delà de la paix qui se profile à l’horizon, dans notre pays, depuis la signature de l’Accord de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, la Résistance ivoirienne doit rester en veille. Parce que par essence, elle née de la volonté des Ivoiriens de faire obstacle aux visées néocolonialistes de la France – qui n’ont d’ailleurs pas encore été revues à la baisse (conférer la Résolution 1782) – et non pas de combattre d’autres frères, insurgés.
La paix entre les Ivoiriens, oui, mais la mort de la Résistance , non ! Il nous faut, absolument, faire la part des choses, au risque de vendre nos âmes aux compromissions les plus couardes et les plus nauséeuses.

Chers compatriotes, la France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c’est avec beaucoup d’étonnement et d’interrogation que j’observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l’Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l’ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l’interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s’en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu’un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c’est tout juste pour se donner bonne conscience.
J’en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l’implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France , les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d’Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n’y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n’a eu droit qu’à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l’ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C’est vrai que « DIEU sauvera la Côte d’Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l’a écrit Bernard B. DADIE, celui qu’on pourrait considérer comme l’un des pères de la Littérature Négro-Africaine .

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l’Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France , en octroyant, dans les années 60, « l’indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n’est sorti ou n’a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n’a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d’Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d’eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l’aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d’Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d’Algérie, débutée en 1954, en passant par l’atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu’elle y a soutenu, jusqu’à nos jours, la politique africaine de la France n’a pas changé d’un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J’irais même plus loin : Apparemment, la France n’a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d’Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d’Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l’affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d’expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s’est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d’Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour Martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemies désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l’Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l’Humanité ! ». Et j’adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l’Africain » qui ont - comme l’a dit avec beaucoup d’à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l’Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d’accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d’une conscience nationale et patriotique, en Côte d’Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l’Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !

19:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'INJURE DE SARKOZY A L'AFRIQUE ENTIERE

Vendredi 17 Août 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs,


Le 26 Juillet 2007, à la faveur d’une visite officielle au Sénégal, Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française, a tenu, face à la Jeunesse estudiantine, à l’Université CHEIKH ANTA DIOP de Dakar, un discours qui sera de triste mémoire, tant son contenu est impertinent et, à la limite, injurieux pour le peuple africain tout entier.

Ce discours dans sa texture générale se veut, tout à la fois, affable, conciliant et franc. Mais, à la vérité, c’est du cynisme bien enrobé qu’il m’a plutôt été, personnellement, donné de décrypter.
Ce discours est plus qu’offensant, c’est une véritable injure faite aux Africains et à l’Afrique.
Ce qui me fait penser et dire que cet homme pourrait bien être pire que CHIRAC.

La première chose qui me heurte l’esprit chez cet homme, en général, et dans son laïus de Dakar, en particulier, c’est sa propension et son obsession à marquer son opposition à toute logique de repentance, pour les actes commis par son pays et l’Europe, ainsi que leurs responsabilités clairement engagées, dans les désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.
A même l’écouter, les Africains devraient presque les remercier et les féliciter d’avoir apporté un soupçon de civilisation dans leur immense océan d’obscurantisme.

L’allergie de Monsieur SARKOZY à la repentance prouve bien qu’il n’a pas de grandeur d’âme et que le fait qu’il fasse de l’esprit en parlant de l’Afrique avec emphase, donnant l’impression d’en être soucieux, n’est que pure tromperie et du vernis.
On ne décèle aucune lueur de remord dans son speech ; cet homme me semble insensible (tant qu’il s’agit de nègres, qu’en a-t-il à cirer ?). Il a la réaction exacte et typique d’un sataniste ou d’un franc-maçon de haut rang. Il se vante presque d’avoir banni la repentance de son champ lexical. Ses dehors avenants et sa personnalité énigmatique ne cachent-ils pas un monstre ? Il y a à s’interroger.

Je m’insurge contre son assertion selon laquelle « nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères », parlant des désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.
Je le redis, cet homme est étranger à la grandeur d’âme.
La repentance, loin d’être un archaïsme religieux, et loin de rabaisser un homme, un peuple ou une nation, l’élève plutôt.
Et s’il ne le sait pas, il n’est pas digne de diriger un pays, ni même d’être appelé un leader.

Monsieur SARKOZY ne pouvait tenir un tel discours qu’au Sénégal ou au Gabon et trouver des oreilles attentives et des regards admiratifs ; chez les Présidents WADE et BONGO, affligeants parmi les plus tristes bras séculiers de la France et de la Françafrique.
En Côte d’Ivoire, nous ne l’aurions pas raté. Il aurait été proprement conspué.
Comment les Sénégalais ont pu écouter une telle coulée d’impudence sans broncher, sans dire à cet homme son fait. J’en suis encore retourné.
Il célébrait, devant eux, les bienfaits de la colonisation (sic) et nul ne dit mot. En quoi ce discours est-il différent de celui de Monsieur CHIRAC qui souleva une véritable levée de bouclier, en France, et qui fit réviser l’inique loi qu’il s’apprêtait à faire voter sur la même thèse ?
Si cet auditoire sénégalais est ce qu’on appelle la future élite africaine, alors il faut désespérer totalement de l’Afrique.
Quant à la France, je dis à son propos qu’un pays qui n’éprouve aucun remord pour ses crimes est appelé à les reproduire, intégralement. Dut-il le reproduire sous d’autres formes comme on le voit, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire et en Afrique subsaharienne.

Heureusement qu’il y a un pays comme la Côte d’Ivoire qui, même pauvre et diabolisé à souhait par le néocolonisateur, affirme sa souveraineté et sa détermination à être traitée à égal et à être maître de son destin.

Ce que Monsieur SARKOZY dit ne pas être venu faire, il le fait exactement dans son discours.
SARKOSY n’a aucune leçon à faire aux Africains. Il doit arrêter de nous infantiliser de la sorte. Pour qui nous prend t-il, au juste ?
La responsabilité de l’Europe et, plus particulièrement, de la France dans le désastre africain, dans les guerres, les famines, les génocides, les coups d’Etats, la pauvreté et la récurrence du sous-développement, est infiniment plus grande que celle de l’Afrique, vis-à-vis d’elle-même.
Car comment fait-on (j’aimerais qu’on me le dise, franchement) pour développer un continent qui a hérité de modèles de développement foireux et où règne, sans merci, une mafia internationale que nul ne contrarie, qui continue de signer des accords de coopération iniques et léonins avec les Africains (récemment pour l’uranium, au Niger, par l’entreprise française AREVNA avec le Gouvernement, sous la menace d’une rébellion collée à la tempe comme une arme), les privant des précieuses ressources nécessaires à leur essor, pour les accuser, après coup, d’être responsables de leur propre misère et de la paupérisation de leurs populations.

La seule et véritable responsabilité des Africains dans leur désastre et le drame de leur continent, c’est d’être assez myopes pour ne pas voir que la France sème la mort et la désolation (même sous SARKOZY, « l’Ami » de l’Afrique), qu’elle les divise pour mieux régner et piller leurs ressources inestimables, et qu’ils doivent la « jeter » dehors, raser ses bases militaires, frapper de caducité tous ses contrats et accords insultants, et prendre en main leur destin par un multilatéralisme commercial et économique audacieux, seule issue de sortie de la misère lancinante qui nous étripe.

Si nous réussissons ce coup, en moins d’une génération, l’Afrique toute entière émerge !
Comment « s’inventer un destin », comment « entrer dans l’histoire », comme le dit si bien Monsieur SARKOZY dans son allocution, quand la France qu’il dirige nous nie le droit à l’autodétermination et à toute véritable indépendance politique ?
Cher Monsieur SARKOSY, « GIVE US A BREAK ! », retirez-vous de l’Afrique, elle s’en portera infiniment mieux !
Personnellement, je n’ai jamais considéré votre pays comme une amie de l’Afrique. Arrêtez donc de nous assommer de votre marketing politique enjoliveur et venez, franchement, discuter avec nos leaders de la nécessaire et indispensable remise en cause du Pacte colonial, de l’instauration d’une nouvelle plate-forme de coopération fondée sur l’égalité et le respect mutuel et du retrait sans autre forme de négociation de vos troupes d’Afrique.
Voilà ce qui peut guérir l’Afrique et voilà ce que nous, Jeunesses de l’Afrique digne, attendons de vous, et rien d’autre!

Vous adresser ainsi aux Africains prouve bien que vous ne les connaissez pas et que vous n’êtes pas leur ami, comme vous vous en targuez.
Les Africains veulent être vraiment libres et vous seul et votre pays en êtes les seuls véritables obstacles.

« L’Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde », c’est tellement vrai !
Mais l’entendre dire par un Chef de l’Elysée, sonne comme une insulte à mes oreilles d’Africain et, singulièrement, d’Ivoirien, car c’est justement cela que des leaders africains et des panafricanistes de toutes générations ont, de tout temps, hurlé à la France et à la face du monde. Mais autant parler à un mur !

Chers frères et sœurs, personnellement, ce discours me laisse de marbre et toutes ses pirouettes de Monsieur SARKOZY pour gagner le cœur des jeunes africains que nous sommes n’ont réussi qu’à m’inspirer davantage de méfiance pour sa personne et plus de dégoût pour la France.
Comment peut-il en être autrement quand il affirme, sans sourciller, que « la réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes », comme si notre problème trouvait ses sources dans des considérations culturelles ou abstraites.
L’Afrique ne réussit pas, tout simplement, parce que la France et ses multinationales qui exècrent la saine concurrence et ne prospèrent que dans la prébende, la parasitent et parce que les pays occidentaux hégémonistes la considèrent comme une vache à lait, un grenier à piller, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. C’est leur chose, pour ainsi dire. Ils l’administrent à leur guise, jusque dans les moindres affaires. Avec la caution de l’ONU.

Pauvre Afrique, terre mienne ! Vivement que tu amorces, enfin, ton éveil tardif !

Debout, dignes fils de l’Afrique, pour conquérir votre liberté, et que le bras de l’Eternel, votre DIEU, se déploie devant vous!

18:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

QUE MIJOTE LA FORCE LICORNE, A BOUAFLE ?

Mercredi 30 Mai 2007


Chers Bien-aimés Frères et Sœurs Ivoiriens,


Il se passe des choses pas très catholiques, à Bouaflé, ces derniers temps, du côté des "pyromanes-pompiers", j'ai nommé la Force LICORNE, sur lesquelles le Président de la République devrait jeter un œil. Dialogue direct, certes, mais vigilance, vigilance!
Car c'est à une activité de positionnement tactique et stratégique que s'est livrée la Force LICORNE, il y a quelques semaines, dans notre localité.

Quels sont les faits?

Le Samedi 28 Avril 2007 dernier, un détachement militaire LICORNE prend position dans le village de LOTANZIA, un tranquille et paisible village Yaouré (ethnie du canton), situé à 20 Km de Bouaflé, perché à plus de 400 mètres d'altitude sur le mont du même nom et à quelques encablures de l’immense Lac de KOSSOU, abritant le barrage hydroélectrique du même nom, qui voit sa quiétude habituelle violée par des vrombissements de chars, de blindés, de véhicules de transport de troupes et de logistique.

Renseignement pris, ce détachement a reçu l'accord du Chef du village (sans qu'il n'avise qui que ce soit) pour y élire durablement domicile avec, en contrepartie du précieux et insouciant service rendu, la promesse formelle de l'installation d'une pompe hydraulique devant assurer l'adduction en eau potable de LOTANZIA et l'électrification dudit village.

Jusque-là, il n'y a pas vraiment de quoi fouetter un chat; les choses semblent on ne peut plus normales et anodines.

Mais là où le bas blesse véritablement, c'est que c'est à LOTANZIA, situé, je le rappelle, à plus de 400 mètres d'altitude, sur le mont du même nom, que se trouvent l'un des plus grands pylônes et aussi l'un des plus puissants émetteurs de RTI DIFFUSION. C'est grâce à ces deux instruments techniques que la couverture Radio et Télé de la quasi totalité du Centre-Ouest, du Centre et de l'Ouest de la Côte d'Ivoire, est assurée.
A LOTANZIA, loge le deuxième plus grand centre émetteur de Côte d'Ivoire après celui d'ABOBO.

Or, de récente mémoire, nous savons que la Résistance héroïque des Ivoiriens contre la France de CHIRAC, en Novembre 2004, s'est faite, a été piloté et n'a été tout simplement possible que grâce aux ondes Télé et Radio de la RTI, qui étaient providentiellement (un vrai miracle de DIEU!) restées sous le contrôle de la République, tout le temps qu'ont duré ces heures de braises.
Qui ne se rappelle encore les images d'une Léonie KONIAN brandissant, à la face du monde,une douille de très gros calibre comme preuve de l'attaque de la France contre la Côte d'Ivoire et du massacre par la Force LICORNE d'Ivoiriens résistant les mains nues; qui ne se souvient d'un certain Pierre Ignace TRESSIA (Paix à son âme!), très en verve et héroïque, entretenant avec son micro, durant des heures terrifiantes et interminables, la flamme patriotique d'un peuple debout contre l'imposture et, enfin, de l'appel à la Résistance d'un Charles BLE GOUDE à la mine inabordable des heures graves?
C'est ce symbole-là que représente pour nous LOTANZIA: La dignité d'un peuple qui entend désormais assumer souverainement son histoire et sa destinée, la soif d'indépendance d'une Nation en gestation et le refus du joug néocolonialiste d'un pays qui se veut libre et de liberté.

Il est donc hors de question que nous bradions LOTANZIA à la Force LICORNE. Ces hommes se croient au milieu de "nulle part au carré" et pensent pouvoir tout se permettre.
Nous tenons à leur dire que nous ne sommes pas "nulle part au carré" et que ces 322 462 Km2 s'appellent la Côte d'Ivoire, terre souveraine, terre d'indépendance, terre d'amour et d'hospitalité, appartenant aux Ivoiriens, qui seuls en décident, car elle leur est échue en héritage par l'ÉTERNEL?

Au finish, DIEU merci, grâce à la pugnacité et à la vigilance d'un ami personnel, Monsieur ABY GNAORE, Directeur de RTI DIFFUSION-Bouaflé, Responsable du Centre Emetteur de LOTANZIA, grâce à la détermination du Sous-Groupement Tactique 2 de Bouaflé (FDS) et grâce à la célérité et la diligence des Autorités de la Préfecture de Bouaflé (Chef-lieu de la Région de la Marahoué), la Force LICORNE a été poliment priée d'aller monnayer ses services ailleurs, après deux semaines d'intrigues (quel entêtement!).
Ce n’est, finalement, que le Samedi 12 Mai 2007 que l’incident a été totalement clos. Mais ils continuent, à notre grand dam, de rôder dans la zone, jusqu’à ce jour.

La problématique qui demeure donc maintenant, cuisante et angoissante, c'est comment la France peut-elle dire soutenir le Dialogue direct et faire des manœuvres de positionnement stratégique, si elle ne prépare pas le chaos ou, à tout le moins, des projets inavouables, en Côte d'Ivoire?
Comment peut-elle donner la preuve de sa bonne foi quand, dans la perspective de la réalisation de ce sombre dessein, elle planifie le musellement de la Résistance?
Que nous réserve, en réalité, l'ère SARKOZY?
Pouvons-nous continuer de gober la couleuvre des discours enjoliveurs de l'exécrable politique africaine de la France franc-maçonne tenus par le nouveau locataire de l'Elysée, ainsi que ses promesses d'humanisation (c'est le terme approprié) des relations France-Afrique?

Ivoiriens, vous avez été avertis, vous qui êtes si, habituellement, insouciants!

Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!

16:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC

Samedi 28 Avril 2007


Chers Bien-aimés Frères et Sœurs,

Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix , qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon-Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- "La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris". En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- "La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays ( la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la manière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français.

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique , au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18 ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.





Quotidien Le Temps N° 1201 du 23-04-2007
Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : “Adoptez la cadence du Président de la République”


Le professeur Mamdou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.

"Je rends gloire à dieu le tout -puissant qui nous a donnés cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour
la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.
Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.
Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.
Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a par voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro . J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas. Siriki, vous êtres là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.
Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d’Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont gal de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.
La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application. Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneur, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture, d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.
M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu’ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.
Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.
C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant que Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon. Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien. Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant rémodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " on veut la paix ! On veut la paix ! " ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté beaucoup de gens ont interprété cela, comme si le Premier ministre disait : " vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.
Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il n' l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit allons doucement, il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.
Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emporter. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit…".
Propos recueillis par
koukoudf@yahoo.fr

Frimo D. Koukou

15:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

POURQUOI LA FRANCE S'EFFONDRE T-ELLE ECONOMIQUEMENT ET SOCIALEMENT ?

Vendredi 16 Mars 2007


Chers Bien-Aimés Frères et Sœurs,


Selon le journal français LE FIGARO, édition du 12 Mars 2007, la France est classée comme pays à revenu « moyen-élevé » par l’OCDE (l’Organisation (européenne) de Coopération et de Développement Economiques).
Une récente étude de PriceWaterhouse, révèle que l’agglomération parisienne, avec 9,8 millions d’habitants et un PIB réel d’environ 560 milliards de francs suisses, serait la cinquième des villes produisant le plus de richesses au monde, derrière Tokyo, New York, Chicago, et Los Angeles, mais devant Londres. La réalité nationale française est tout autre.

En effet, la France est gravement minée par une croissance anémique et un pouvoir d’achat sinon déliquescent, du moins en berne. En 2006, 54% des Français disaient vivre « très difficilement » (12%) ou « difficilement » (42%) avec les revenus de leur foyer.

Depuis de longues années, les salaires stagnent, en France, du fait de l’endettement (du surendettement, pour être plus exact) de l’Etat qui ne trouve plus de ressources pour revaloriser les salaires des fonctionnaires, et des multiples, innombrables ponctions imposées chaque mois par et pour le financement du système social (Retenue PC, Contribution sociale généralisée, Contribution solidarité, Contribution au remboursement de la dette sociale, etc, etc).

En dix ans, le prix des logements anciens a augmenté de 100% et celui des logements neufs de 66% soit, en moyenne, une hausse générale de 83% pour l’immobilier.

Les prix alimentaires, quant à eux, ont fait un bond de 7%, entre 1996 et 2003, à cause des lois destinées à limiter l’ouverture de nouveaux supermarchés. Ces mesures législatives protectionnistes n’ont pas empêché LIDL, le magasin allemand à bas prix d’envahir la France (parce que plus concurrentiel, plus compétitif) et de tenir la dragée haute aux enseignes françaises, à la peine, sur leur propre terrain.

Des secteurs entiers de l’activité économique sont sinistrés. C’est le cas du textile et de la sidérurgie, dans des régions très touchées comme le Nord et la Lorraine. Je soulignerai le cas très révélateur de la métallurgie, dans le Nord-Ouest de la France : Un déclin sans précédent qui ramène les villages de la région au bois de chauffe (au fagot, comme on dit chez nous) et à la France des années 1950.

Le social, on le voit, se teint de plus en plus en gris noir, dans l’Hexagone. En raison notamment d’un chômage massif et de l’angoisse permanente du déclassement social, chez les travailleurs, de plus en plus astreints à l’austérité budgétaire, et à la merci de l’insécurité de l’emploi. Un stress tout à fait mortel.

La France , qu’on peut considérer, aujourd’hui, comme une puissance très moyenne et qui conserve d’un passé prestigieux un rayonnement politique et surtout culturel débordant largement le cadre hexagonal et même européen, se meurt.

L’industrie française n’occupe guère plus de 25% de la population active et l’agriculture, plus de 4%. Les services (administration, commerce, banques, transports, armée, etc.) emploient donc plus des deux tiers (2/3) des Français.
Un pays qui a des prétentions de puissance mondiale peut-il se payer le luxe d’une telle faiblesse structurelle ?

Devant un tableau aussi peu reluisant, je me suis laissé aller à quelques réflexions sur les causes et raisons profondes d’un tel déclin de la France , qui au regard des voyants qui s’offrent à notre analyse, est en passe de s’aggraver, chaque jour davantage.

La première pensée qui me vient à l’esprit, c’est que la France vit de ressources qu’elle ne produit pas elle-même, par sa force de travail.
Rien à avoir avec l’Allemagne qui, après 45 ans de purge et de traversée du désert, s’est hissée au premier rang des puissances économiques européennes, par la force de ses poignées. Oui, l’Allemagne, voici un pays dont on peut dire qu’il vit des ressources qu’il produit. Et son prestige n’en est que plus grand. On ne peut pas en dire autant de la France. Qui ne peut plus, aujourd’hui, soutenir son train de vie vertigineux, essentiellement fondé sur les prébendes et les monopoles, en Afrique.

Ce pays ( la France ), grâce à des contrats léonins et des accords de coopération totalement amoraux et criminels, et de nature tout à fait coloniale, a pillé l’Afrique pour financer son développement, son prestige, sa grandeur et son rayonnement mondial. Sans se soucier de mettre en place un puissant outil de production nationale, compétitif. Oubliant (du fait de la durée, de l’impunité et de la non remise en cause de sa prédation), que cette richesse, aussi insolente que factice, n’était pas vraiment sienne. Oui, la France a vécu au-dessus de ses moyens réels, au-dessus de sa richesse réelle.
Malheureusement pour elle, les temps ont changé. Les mentalités aussi. Ses données démographiques aussi.
Aujourd’hui, la population de la France s’est accrue (par les naissances et la forte immigration. Plus de 60 millions d’habitants) par rapport à celle d’il y a 50 ans où la France était reine en Afrique. Les besoins que cette population accrue est légitimement en droit d’exprimer se sont aussi fortement accrus, nécessitant un appui et un effort financiers plus élevés et plus soutenus, dans un contexte désormais (défavorable) de globalisation et de mondialisation, sévèrement marquée par la concurrence, au milieu d’une Europe résolument tournée vers la croissance économique (à un rythme que ne peut soutenir la France ) et une Afrique digne qui décrie et remet de plus en plus ouvertement en cause les avatars du passé que sont ces accords de coopération scélérats, privant la France d’une part significative de ses (à la fois) précieux, occultes et juteux appuis budgétaires (cas de la Côte d’Ivoire). Ce qui m’amène à ma deuxième réflexion.

Ma deuxième pensée est que la France a gravement sous-estimé les Africains et leur a nié tout sursaut qualitatif et toute humanité. La France n’a jamais conçu ni admis qu’un jour, ce peuple digne puisse se lever pour briser son joug avilissant et refuser, avec honneur, de continuer à être sa vache à lait et à être présenté sous le prisme déformant de l’immaturité démocratique, de l’inculture, de la pauvreté et de l’improductivité dans la balance des échanges mondiaux.
L’Afrique se réveille. Elle veut désormais jouer un rôle de choix, son rôle, dans l’évolution du monde et apporter sa participation effective à la mondialisation (comme le disait, hier, le Commissaire Général de la Zone Franche de la Biotechnologie , des Technologies de l’Information et de la Communication de Grand-Bassam, Monsieur KRAGBE GADOU Vincent) en s’appuyant sur une indépendance économique et politique réelle.

N’ayant pas pris en compte cette donnée, la France ne s’est prémunie par aucune disposition institutionnelle et structurelle pour faire la contrebalance, le contrepoids, et pouvoir ainsi se donner les moyens de continuer à financer sa croissance et son prestige, en comptant sur sa propre capacité à produire des richesses. D’où l’effondrement (progressif) de la France.
Une seule chose s’impose dès lors : La France doit faire sa révolution (une nouvelle, toute honte bue, sans complaisance, sans faiblesses et dans tous les domaines), se remettre au travail avec acharnement et laisser tranquille l’Afrique, qui aspire à vivre sans coups d’état et sans guerre.
Pour le bonheur de son propre peuple et au nom de l’humanité qui lie tous les hommes, de quelque couleur qu’ils soient.

Que DIEU bénisse le peuple français, qu’il le soutienne, dans son infinie bonté, et qu’il lui donne des dirigeants selon son cœur.

Que DIEU vous bénisse tous, richement !

DINDE Fernand AGBO

14:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |