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dimanche, 30 juin 2013

PROCES EN EXTRADITION DU MINISTRE JUSTIN KONE KATINAN, EN ATTENDANT LE VERDICT DU JUGE ABOAGYE

 

KONE KATINAN.jpg

Justin Koné Katinan

Le procès en extradition du Ministre Justin Katinan KONE, vient de connaître presque son terme avec la fin des dépositions des différentes parties et la clôture des débats entre les parties le 25 juin 2013.  Le juge attend les écritures des deux parties pour rendre sa décision. Il leur a fixé un calendrier obligatoire. Ainsi, l’avocat de la défense doit déposer ses écritures au plus tard le 9 Juillet 2013, alors que le procureur doit déposer les siennes deux semaines plus tard, soit le 24 Juillet 2013, date butoir. Le juge a fixé la date du 5 août 2013 pour rendre son verdict dans lequel il devra se prononcer sur 5 éléments importants :

  • Y-a-t-il un traité d’extradition entre la République du Ghana et celle de la Côte d’Ivoire ? ;
  • Les faits reprochés au Ministre KONE Katinan Justin constituent-ils en eux-mêmes une infraction au Ghana ?;
  • Les poursuites engagées contre le Ministre KONE Katinan n’ont-elles pas un mobile politique direct ou indirect ?;
  • Le Ministre KONE Katinan Justin pourrait-il bénéficier d’un jugement équitable dans son pays ? ;
  • Sa vie ne sera-t-elle pas menacée une fois extradé vers son pays ?

Une action en extradition ne peut prospérer que lorsque ces cinq conditions sont cumulativement réunies.

Entamé le 27 août 2012, suite à l’arrestation du ministre Katinan KONE quelques jours auparavant, soit le 24 Août, le procès avait été reporté plusieurs fois, à la demande du Procureur Ghanéen (Attorney), qui agit dans cette affaire par commission rogatoire, pour le compte de l’Etat Ivoirien.

Dans un souci d’informations, la commission juridique de la Coordination du FPI en exil, témoin de ce procès, revient, dans les lignes qui suivent, sur les points saillants de ce long procès.

I/ Le système accusatoire

Dans le droit anglo-saxon appliqué au Ghana, les procès reposent sur le système accusatoire, dans lequel celui qui accuse réunit les preuves au soutien de son accusation et celui qui défend se charge de « casser » ces preuves pour établir son innocence. La recherche des preuves incombe  exclusivement à l’accusation. Dans cette procédure, la place des témoins est primordiale et leur déposition déterminante.  Dans l’affaire République du Ghana contre le Ministre KONE Katinan Justin, le procureur a présenté un seul témoin et fournit des pièces comme preuves au soutien de son accusation.

II/ Le témoin du Procureur 

Le procureur Ghanéen a présenté à la barre comme témoin à charge, un officier de la Police ghanéenne.

Immédiatement la défense a soulevé une objection en récusation de ce témoin. En effet, pour elle, le témoin doit être une personne qui a vécu les faits ou les a vus se dérouler. Il peut être tout au moins un officier judiciaire (CID) qui a conduit l’enquête sur l’affaire. Dans le cas d’espèce, les faits s’étant déroulés hors du Ghana, il est très peu probable que l’officier ghanéen en fût  témoin.

Par ailleurs, cet officier n’ayant pas mené lui-même l’enquête sur des faits qui se sont déroulés très loin de lui, il ne peut valablement en rendre témoignage. La défense a fait remarquer que si l’Etat ivoirien prenait son affaire au sérieux, il ne lui coûtait rien de dépêcher un ou plusieurs témoins de la Côte d’Ivoire, qui est à moins d’une heure de vol d’Accra.

En réponse, le Juge a demandé que la remarque de la défense soit versée dans ses écritures finales. Le Juge a continué pour dire qu’il pense que cette situation arrange plutôt la défense, qui pourra relever dans ses conclusions l’absence de témoin sérieux.  Sur ces dires, il a autorisé le témoin à déposer.

III/ Les preuves apportées par l’accusation

Le Procureur a apporté comme preuves au soutien de son accusation les documents suivants :

  • 1er : les procès-verbaux d’audition des témoins  dressés soit par le Procureur de la République de Côte d’Ivoire, soit par le Juge d’instruction. Sont donc arrivés les PV d’auditions suivants :
    • BICICI déposé par son Directeur général ;
    • SGBCI déposé par son Directeur général ;
    • SIB déposé par son Directeur général ;
    • BIAO déposé par son Directeur général ;
    • CNCE déposé par son Directeur général par intérim ;
    • Versus Bank déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BNI déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BHCI déposé par son Directeur Général ;
    • BCEAO déposé par son Directeur national par intérim ;
    • BRVM déposé par son Directeur général ;
    • SOTRA déposé par son Directeur général par intérim.
  • 2ème : L’évaluation des dommages  subis par ces banques et autres institutions financières.

Après avoir présenté ses preuves, le témoin s’est soumis au contre interrogatoire de la défense.

La défense a fait lire toutes les dépositions par le témoin. Ensuite, il lui a demandé de préciser le nombre de procès-verbaux dans lesquels le nom du Ministre KONE Katinan Justin figurait. Le témoin a reconnu que seulement quatre procès-verbaux  mentionnaient le nom du Ministre KONE Katinan Justin. La défense est revenue à la charge en demandant de relire les PV dans lesquels le nom du Ministre était mentionné  et de dire à la cour si dans un seul de ces PV il est fait cas de vol à main armée. Le témoin n’a pas fait de difficulté pour reconnaître qu’effectivement aucun des PV dans lesquels le nom du Ministre est mentionné, ne fait cas de vol à main armée.

La défense fit lire au témoin, les autres PV dans lesquels le nom du Ministre n’est nullement mentionné. Puis, elle attira son attention sur l’unique  PV qui fait cas de vol à mains armées. La défense demanda au témoin de lire à la cour, la date à laquelle ce vol a été commis et par qui. Le témoin a reconnu que le vol a été commis dans la nuit du 19 au 20 avril par les FRCI (Pour une question de sécurité des personnes ayant déposé, nous taisons leur identité).

Alors la défense présenta à la Cour l’attestation de réfugié politique délivré par le Ghana Refuges Board, l’organisme ghanéen qui assure la prise en charge administrative des réfugiés. Cette attestation mentionne clairement que le Ministre KONE Katinan est entré sur le territoire ghanéen le 13 Avril 2011. Il appert donc qu’il ne pouvait être impliqué dans un vol commis en Côte d’Ivoire la nuit du 19 au 20 avril. A cette date, a relevé la défense, le Président Laurent GBAGBO avait été renversé et le pays était géré par les nouvelles autorités issues du « coup d’Etat ».

La défense revînt sur les coupables présumés cités dans ce PV d’audition. Elle précise devant la Cour que le sigle « FRCI » désigne l’armée privée du nouveau Chef de l’Etat et que les forces régulières qui ont combattu aux côtés  de la république s’appelaient les « FDS ». Il appert donc que le seul cas de vol à mains armées mentionné dans les PV d’audition des témoins a «été commis par les FRCI, l’armée des rebelles ».

La défense fit remarquer au témoin à charge que si les premiers responsables de banques ne parlent pas de vol à mains armées, en dehors du seul cas ci-dessus relevé, d’où vient alors que l’Etat ivoirien accuse le Ministre de cette infraction ?

Elle en conclut que les poursuites engagées contre le ministre KONE Katinan Justin ont un mobile politique. Ce que va d’ailleurs brillamment soutenir l’accusé lui-même dans sa déposition entant que témoin.

IV/ L’interrogatoire du Ministre KONE Katinan Justin

Au cours de son interrogatoire, le Ministre KONE Katinan a révélé ce qui suit :

  • Il est arrivé au GHANA le 13 avril 2011, comme l’atteste son certificat de réfugié délivré par le Ghana refugie board. Il a traversé la lagune par pinasse. Il est arrivé comme des centaines de milliers d’ivoiriens au Ghana pour sauver sa vie après avoir vu ses maisons (sa résidence à Abidjan et celle de son village) pillées. Suite à un coup de fil anonyme venant des rebelles eux-mêmes, il avait été informé  que le Ministre Tagro et lui étaient particulièrement recherchés pour être exécutés. Au début, il a douté de la fiabilité de cette information jusqu’à ce que le Ministre Tagro fût froidement exécuté le jour de son arrestation le 11 avril 2011.
  • Il a été arrêté une première fois le 24 Août 2012, à l’aéroport international KOTOKA d’Accra. Il venait ce jour-là d’’Afrique du Sud. Il s’y était rendu, en tant que Porte-Parole du Président Laurent GBAGBO, sur invitation du Président Thabo MBEKI (Lettre d’invitation produite au soutien de cette affirmation). Il avait rencontré au cours de cette mission outre le Président MBEKI, les dirigeants de sa fondation qui sont tous des anciens ministres ou des anciens Ambassadeurs, madame ZUMA, alors Ministre de l’Intérieur et nouvellement élue, Présidente de la Commission de l’UA, une délégation de la Présidence de la République Sud-Africaine conduite par une Conseillère Spéciale du Président Jacob ZUMA,  la déléguée Afrique de l’ANC au siège dudit parti. Le Ministre a sollicité, auprès des Hautes Autorités Sud-Africaines, leur implication dans la libération effective du Président Laurent GBAGBO,  injustement détenu en Prison à la Haye et son retour en vue de sa participation au débat politique qui est nécessaire à la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Après avoir passé un mois en prison, il fut libéré sous caution par le Juge le 24 septembre 2012. Le même jour, les autorités ivoiriennes ont émis un deuxième mandat d’arrêt contre lui pour le meurtre de deux personnes qu’il n’a jamais rencontrées de sa vie. Il fut de nouveau arrêté par Interpol  le 27 septembre 2012 et gardé en prison pendant un mois. Il fut déchargé de cette infamie  par le Juge Ali Baba après qu’il ait compris que l’arrestation du Ministre était motivée par des raisons politiques. Un mois durant, les autorités Ivoiriennes n’avaient apporté aucune preuve, ni début de preuve au soutien de leur allégations. Le Ministre KONE Katinan a fait remarquer au Juge que pendant sa seconde arrestation, il a  failli être extradé par voie extra-judiciaire, n’eut été la vigilance  des Autorités ghanéenne immédiatement saisies par son conseil.

La défense fit remarquer à la Cour que depuis sa libération, cette affaire de meurtre s’est arrêtée comme par enchantement. Elle en déduisit que le Ministre KONE Katinan faisait l’objet d’un harcèlement politique. Ce à quoi le Ministre acquiesça  en  affirmant que, pour lui, il fait l’objet de tant de harcèlement parce qu’il est le porte-parole du Président Laurent GBAGBO et que les autorités ivoiriennes cherchent une « main » pour éliminer un opposant politique et qu’elles pensent avoir trouvé cette « main » en la personne du Juge. Et que le 29 juin 2012, les plus hautes Autorités de la Côte d’Ivoire s’étaient réjouis en annonçant à la télévision nationale qu’il avait été arrêté au Cameroun, alors qu’il n’y était même pas.

  • A la demande de son avocat, le Ministre KONE Katinan a révélé à la cour l’impossibilité matérielle pour lui d’avoir commis l’infraction pour laquelle il est poursuivi. Le ministre KONE Katinan a fait un calcul simple devant la Cour. La plus grosse coupure de billet de CFA en circulation est de 10 000 FCFA. 1 milliard, c’est 100 mille billets de 10.000. Aucune valise ne peut contenir un milliard. Il faut au moins cinq  valises, parmi les plus grosses, pour contenir 1 milliard d’anciens billets à raison de 200 millions par valise ou 3 valises et demie de nouveaux billets à raison de 300 millions. Pour 380 milliards, il faut 2000 valises d’anciens billets et 1500 valises de nouveaux billets. Ces valises  rangées dans des conteneurs, il faut 15 conteneurs de 40 pieds à raison de 100 à 130 valises par conteneurs, suivant qu’il s’agit d’anciens ou de nouveaux billets. Sachant qu’un paquet de 10 millions pèse au moins 1,5 Kilogramme, l’argent réputé avoir volé représentant 38 000 paquets de 10 millions, il pèse à peu près 57 000 kilogrammes soit 57 tonnes. Une telle somme ne peut être transportée sans attirer l’attention.
  • L’ouverture des banques s’est faite conformément aux lois ivoiriennes.

Le Ministre KONE Katinan a relevé que l’ouverture des banques nationalisées a été autorisée par ordonnance du Président du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, conformément à la séparation des pouvoirs sous le Président GBAGBO. Il a produit à la Cour l’ordonnance du Juge qui autorise l’ouverture des banques.

Il a en outre donné comme preuve à la Cour, l’ordonnance de condamnation de la BICICI au paiement de 20 milliards de FCFA au titre des dommages et intérêts à verser à deux syndicats des fonctionnaires et agents de l’Etat qui en avaient formulé la demande auprès du Juge, à la suite de la fermeture illégale de cette banque. Il a également produit l’ordonnance du Juge qui autorise ces deux syndicats à prendre des mesures provisoires sur les biens de ladite banque pour garantir le paiement des dommages et intérêts qui leur sont dus.

  • De la crainte d’un procès inéquitable en Côte d’Ivoire et de la menace sur la vie du Ministre KONE Katinan Justin.

Sur interrogation de son avocat, le Ministre a révélé que devant n’importe quel tribunal, il peut défendre son cas puisqu’il n’a rien à se reprocher. Mais, la preuve d’une justice de vainqueur en Côte d’Ivoire étant établie et eu égard au harcèlement dont il fait l’objet de la part des autorités de son pays, il craint à juste titre de ne pouvoir y bénéficier d’un procès équitable. Par ailleurs, quand on observe la manière légère dont certains juges qui occupent une place de choix dans le dispositif judiciaire ivoirien ont accepté de jouer le jeu du pouvoir d’Abidjan, en émettant  contre lui un mandat d’arrêt pour meurtre juste pour obtenir son extradition extrajudiciaire, il a  de bonnes raisons de douter, hélas, avec une profonde peine, de la justice de son pays quant à lui assurer un procès équitable. Il a déposé à la Cour les rapports des organisations des droits de l’Homme (Amnesty International, Human Rights Watch etc.) qui confirment l’existence d’une justice partisane en Côte d’Ivoire et les tortures faites aux opposants du régime d’Abidjan.

De plus, il craindrait également pour sa sécurité en cas d’évacuation vers la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il vit en exil. 

V/ Le contre-interrogatoire du Ministre

Le contre-interrogatoire fut mené par l’accusation. Le Procureur Ghanéen est revenu sur certaines déclarations sur lesquelles, il entendait prendre le Ministre à défaut.

  • La menace sur la vie du Ministre

Le procureur a affirmé que la maison du ministre n’a pas été pillée à Abidjan. Et que, c'est parce que le ministre était conscient des crimes qu’il avait commis qu’il a fui pour se soustraire à la justice ivoirienne. Du reste, contrairement à ce que le Ministre KONE Katinan a affirmé, le Ministre Désiré Tagro aurait été tué accidentellement à la résidence du Président de la République parce qu’il tentait de s’interposer entre les  rebelles qui attaquaient la résidence et les FDS qui la défendaient. Et qu’il n’aurait pas été choisi délibérément  comme cible.

Le Ministre a relevé les contrevérités du Procureur en répondant que :

  • En ce qui concerne son exil présenté comme une volonté de fuir la justice de son pays après les crimes qu’il aurait commis, le Ministre a fait remarquer que lorsqu’il quittait son pays le lendemain du renversement du Président Laurent GBAGBO, comme l’ont fait plusieurs centaines de milliers d’ivoiriens, il n’y avait aucun mandat d’arrêt contre lui. Le Mandat a été émis contre lui 5 mois après quand la décision du Président Laurent GBAGBO le nommant son Porte-parole a été rendue publique. Il ne fuyait donc pas la Justice puisqu’il n’était pas poursuivi par cette justice au moment où il quittait son pays ;
  • Pour le pillage de sa maison, le ministre a demandé au Procureur d’interroger ses voisins du quartier, qui pourront lui dire le nombre de voyages que les rebelles ont effectué dans sa maison pour transporter tout ce qui pouvait l’être, y compris en creusant dans son jardin et son plafond à la recherche selon eux, du budget de l’Etat de Côte d’Ivoire ;
  • Concernant le cas du Ministre Tagro, le Ministre a relevé qu’il a été affreusement et froidement tué dans la voiture qui le transportait au QG des rebelles à l’hôtel du Golf après son arrestation à la résidence du Président de la République ; que le Ministre Tagro, n’étant pas militaire, ne pouvait délibérément s’interposer entre deux forces militaires au combat, et que le fait de nier cette réalité atteste de ce que l’on dit qu’il n’y a pas de justice équitable en Côte d’Ivoire. S’il était resté, lui aussi  aurait été certainement tué « accidentellement » par ceux qui ont tué le ministre Tagro.
  • Les généraux Philippe Mangou, Kassaraté Tiapé et Brindou MBIA

Le procureur est revenu à la charge en prenant les cas du Général Philipe Mangou, ancien Chef d’Etat-Major, le Général Tiapé Kassaraté Edouard, ancien Commandant Supérieur de la Gendarmerie, et le général Brindou Mbia, ancien Directeur général de la Police, pour affirmer qu’ils sont en liberté, mieux ils ont été promus, le premier ambassadeur au GABON, le second Ambassadeur au Sénégal. Ils sont en liberté parce qu’ils n’ont pas commis de crime.

Le Ministre KONE Katinan a rétorqué que les personnes que le Procureur cite sont des militaires et que les militaires ne font pas la politique. Ils sont au service de l’Etat comme le sont tous les fonctionnaires ivoiriens. Ils sont au service d’un Etat et non du Chef de l’Etat. Lui-même en tant que Haut fonctionnaire de l’Etat, il aurait pu être en train de travailler pour son pays comme l’auraient fait les centaines de hauts cadres qui sont contraints à l’exil. Mais malheureusement, le régime d’Abidjan a décidé de les persécuter tout simplement parce qu’ils sont déclarés proches du Président Laurent  GBAGBO. Le régime leur demande de faire allégeance préalable à la personne de l’actuel Chef de l’Etat avant de continuer de travailler pour leur pays. Tous ceux comme lui, refusent cette allégeance préalable avant de travailler pour leur pays, sont poursuivis et traqués. Il pense que c’est l’allégeance des proches de GBAGBO qui va lui conférer une légitimité. Dès lors que les personnes que le Procureur a citées ont accepté de se soumettre à cet exercice d’allégeance préalable à  l’actuel Chef de l’Etat, ils sont loisibles de  servir sous son autorité comme ils veulent. Le Ministre a fait remarquer que de nombreux autres officiers et militaires de rang de l’armée ivoirienne qui ont refusé de se soumettre à cet exercice inutile et illégal, d’allégeance préalable à la personne du Chef de l’Etat ivoirien sont en exil ou en prison, pour toutes sortes de crimes pour lesquels, leurs premiers responsables sont absous du fait de leur allégeance au nouveau pouvoir. Si le ministre avait fait allégeance, il parie qu’il ne serait pas devant cette Cour C‘est la preuve que son procès est politique.

Le procureur est revenu pour dire que les généraux suscités, du fait qu’ils aient été nommés à des hauts  postes de commandement par le Président GBAGBO, étaient devenus des hommes politiques.

Le juge a été obligé de rappeler le Procureur à l’ordre pour lui dire qu’à ce rythme, lui et le Procureur pourraient être accusés d’être des hommes politiques puisqu’ils ont été nommés par des hommes politiques. Le procureur retira sa remarque.

D’ailleurs, le ministre fit remarquer à la Cour que le Président de son parti le FPI, le Premier Ministre AFFI N’guessan, le premier vice-Président Sangaré Aboudramane, la deuxième vice-Présidente Simone GBAGBO, étaient en prison avec de nombreux autres cadres du parti fondé par le Président Laurent GBAGBO. Il y a deux semaines, le Président de la jeunesse de son parti a été arrêté. Et qu’en Côte d’Ivoire, les opposants au pouvoir sont persécutés. Beaucoup d’entre eux sont  soit en prison, soit en exil quand ils n’ont pas été tués. Les plus chanceux qui sont restés au pays vivent en permanence dans la terreur, comme le reconnaissent toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

  • AFFI N’guessan et Aké NGBO n’ont jamais été en prison, ils sont en liberté.

Pour contredire le Ministre KONE Katinan, le Procureur est revenu pour dire que contrairement à ce que le Ministre a dit, ni le Premier Ministre AFFI N’guessan, ni le Premier AKE NGBO n’ont été arrêtés. Ces derniers vivent librement à Abidjan.

Le Ministre KONE Katinan a demandé au Procureur de mieux s’informer, parce que contrairement à ce qu’il avance, le Premier Ministre AFFI Nguessan, par ailleurs Président du FPI, est détenu à Bouna, depuis plus de deux ans, sans jugement avec entre autres, le fils aîné du Président Laurent GBAGBO. Le premier Ministre AKE Ngbo, quant à lui, a passé plus d’un an en prison et a été remis en liberté provisoire sans jugement et que son cas est toujours pendant devant les tribunaux ivoiriens.

  • Le milliard de FCFA dans une  «petite mallette»

Pour finir, le Procureur a fait sortir de sa poche un billet de 10 000 francs. L’ayant exhibé, il a fait remarquer que ce billet était léger et qu’un milliard pouvait contenir dans une « petite mallette ».

Le Ministre répondit que le Procureur avait l’excuse de ne pas connaître de ce dont il parle. Il a repris le même calcul que celui fait devant la cour.

Le Juge a alors demandé au Procureur d’arrêter d’exhiber son billet de 10 000 fcfa.

Ensuite le Procureur est revenu pour dire que le Ministre, accompagné d’hommes armés dans une voiture sans préciser ni la marque, ni le numéro d’immatriculation, ni la couleur, a lui-même braqué les banques plusieurs jours durant et a transporté tout cet argent dans un lieu, sans en indiquer l’emplacement.

Ce à quoi le ministre a répondu par la négative. Il a rappelé qu’il a travaillé pour son pays sous l’autorité du Président Laurent GBAGBO avec toute son énergie, son intelligence et sa loyauté pour éviter que son pays tombe sous l’esclavage. Si le pouvoir d’Abidjan espère par cette persécution le punir pour sa loyauté pour un Homme exceptionnel comme le Président Laurent GBAGBO, c’est peine perdue. Il entend mener à son terme contre vents et marées, la mission qu’a bien voulu lui confier le Président Laurent GBAGBO.

C’est sur cette discussion théâtrale que le contre interrogatoire du   ministre a pris fin.

Le Juge attend les écritures des deux parties pour se prononcer sur :

- Le fait que les banques illégalement fermées aient été ouvertes à la suite du décret de nationalisation du Président de la République et suite à une ordonnance du juge constitue au Ghana une infraction ;

- La possibilité que le ministre KONE Katinan ait pu matériellement commettre un vol à mains armées contre les banques ivoiriennes portant sur un montant de 380 Milliards sans qu’aucun témoin ne l’ait vu ;

- La question de savoir si le harcèlement judiciaire  dont fait l’objet le ministre KONE Katinan n’a pas un mobile politique  direct ou dissimulé ;

- La garantie d’un procès équitable pour le Ministre KONE Katinan dans son pays ;

-  Les menaces réelles sur la vie du Ministre KONE Katinan en cas d’extradition dans son pays où  les autorités avaient prématurément annoncé son arrestation;

Tous les Ghanéens, tous les réfugies ivoiriens, tous les ivoiriens, tous les Africains, tous les combattants de la liberté du monde entier attendent, avec beaucoup d’intérêt, le verdict du juge le 5 Août 2013.

 

Fait à Accra, le 27 juin 2013

 

La commission juridique de la coordination du FPI en exil.

 

NB : Les expressions entre guillemets sont la reprise in extenso des propos tenus par les auteurs cités dans ce résumé.

QUEL DESTIN POUR LA COTE D’IVOIRE? POLITOLOGIE D’UNE LIBERATION

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- LA BATAILLE DE COTE D'IVOIRE DANS LE CONTEXTE DE LA GUERRE AFRICAINE -


Par Michel Galy. Politologue, chercheur au Centre d'études sur les conflits, professeur à l'Institut des Relations internationales (ILERI, Paris).

 

Georges Balandier, un des refondateurs d'une anthropologie africaine qui prend en compte la profondeur historique des sociétés et des crises a coutume d'affirmer à propos du continent noir: « il n' y a pas de sociétés sous développées, il n'y a que des sociétés sous analysées ». On peut encore s ‘inspirer de cet Anti Hegel (lui  qui situait bien à tort l'Afrique hors de l'Idée, de l'Etat et donc de l’Histoire) pour  tisser une  analyse de la complexité replaçant la Cote d' Ivoire dans sa dimension continentale, et la crise ivoirienne de 2011 dans la longue  durée de la« guerre à l'Afrique »[1].

 Loin des incantations et des traumas, une politologie informée des sociétés donne ainsi toute sa dignité à  l'événement, à la fracture du 11avril 2011, moment d'une longue Histoire et non plus terminus d'un régime.

Que certains y trouvent des raisons d'espérer n'en serait qu'une conséquence; mais conceptualiser la crise et la sortie de crise, replacer une bataille provisoire- ou certes bien des corps ont été meurtris et bien des esprits ont failli, dans un conflit de  longue durée dont l'avenir n'est inscrit nulle part si ce n'est dans les volontés affrontées des acteurs politiques conforte bien une intuition de plus en plus partagée: la Cote d'Ivoire, part d'Afrique, est bien aussi, pour la politologie, « bonne à penser ». Qu'en pourraient dire des concepts classiques de la science politique?

UNE «DOCTRINE MONROE» À LA FRANÇAISE.

 Implicite et impériale, partagée par la « gauche de gouvernement »(en pratique, monstrueuse antinomie), la destinée manifeste de cette idéologie s’est traduite par 150 ans de « guerre à l’Afrique » où contrôle des ressources, des populations et des formes politiques prennent des formes tour à tour violentes et marchandes . La guerre en Libye, en Cote d’ivoire, au Mali[2] sont à penser comme un tout : une série (néo)coloniale de recolonisation armée.

Si ce n’est le but politique immédiat ou affiché, les conséquences géopolitique sont d’empêcher l’extension à l’Afrique subsaharienne de ce « printemps des peuples » qui concerne l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.
Hors la France et son complexe « militaro -colonial », les coalitions temporaires ne doivent pas cacher l’importance des forfaitures internationales, dont la CPI et les corps expéditionnaires onusiens sont les revers d’une même médaille.
Les formes de l’interventionnisme néoconservateur tendent à se standardiser : les « intellectuels organiques » de la guerre coloniale et les médias du journalisme en uniforme », s’ils se déshonorent éthiquement et devant l’histoire n’en mènent pas moins, à chaque fois une campagne indispensable de discrédit , d’humiliation et de chasse à l’homme préalable, indispensable à l’intervention militaire.

A replacer en perspective de la « triple intervention » récente de la France en Afrique : Libye, Cote d’Ivoire, Mali- ou mieux encore, durant un demi-siècle, dans les 48 interventions militaires françaises au Sud du Sahara depuis les supposées « Indépendances », pour comprendre qu’au delà de l’affairisme, des coups tordus et de l’aide aux dictateurs de la « Françafrique », il s’agit bien d’un système de gouvernance continu, voire d’une  recolonisation qui n’ose dire son nom.

Début du XXIème siècle : de droite ou de gauche, les gouvernements français maintiennent des bases militaires en Afrique, envoient des corps expéditionnaires au sud du Sahara – et souvent en toute illégalité internationale. Cet archaïsme néocolonial est mieux perçu dans les analyses et la presse extérieure qu’à Paris, où nombre d’observateurs et de médias confortent la violence et la guerre : intellectuels « organiques », dirait Gramsci et « presse en uniforme » pour Daniel Schneidermann vont jusqu’à la désinformation et aux mensonges successifs, abdiquant toute légitimité issue d’une pensée critique.

C’est que classe politique, « intellectuels » va-t-en –guerre et journalistes  « embarqués » partagent le présupposé d’une sorte de « Doctrine Monroe » à la française: l'Afrique subsaharienne francophone serait le contient de prédilection de l'influence française, particulièrement sourcilleuse devant l'arrivée de nouveaux concurrents comme la Chine, notamment quand les matières premières (uranium, pétrole..) sont visées.

RESISTANCES ET VIOLENCES

A ces séquences néoconservatrices et impériales, on se doit d’opposer la renaissance sporadique, mais obstinée, des formes de contestation : certains pays connaissent successivement des situations ouvertes, parfois révolutionnaires par rapport à l’ordre dominant. Du Liberia au Mali, de la Cote d’ivoire à la RDC, ancien ( ?) colonisateur et forces mercenaires onusiennes peuvent projeter forces d’intervention rapide de quelques milliers d’hommes et forces d’occupation- dont le standard, pour une décennie, tourne autour de 10 000 hommes/pays.

Comme si le 11 avril 2011 servait de répétition générale, l’ONU sous influence vient de s’attribuer le droit  de tuer, en RDC d’abord, en Afrique bientôt : en termes choisis, il s’agit de passer de contingents de maintien de la paix à l’imposition de la paix. Les nouvelles « classes dangereuses » pour l’ordre impérial sont certainement urbaines et informatisées , nationalistes et délocalisées : il y a du TAZ d’Hakim Bey[3] dans la résistance africaine, des zones d’autonomie temporaire , depuis une demi douzaine d’années, pour qui medias et repolitisation sont des découvertes créatrices.
Ces forces vives transcontinentales se voient un avenir en passant des alliances, en identifiant aussi leurs ennemis.

C’est  Sévaré, près de Mopti au Mali, que les djihadistes combattants alliés implicitement aux rebelles et  anti Cedeao autant qu’ anti coloniaux de la COPAM ont failli renverser l’ordre étatique au Mali- et du 8 au 10 janvier à Bamako, littéralement la veille de l’intervention « Serval », la situation était bien révolutionnaire.

 Symbolique très forte, dernière ruse de l’Histoire d’une dépossession multiple : c’est là, à Sévaré, que vit après son exclusion de la scène littéraire francophone Ouologuen , l’immense auteur du « devoir de violence [4]», coïncidence extraordinaire qu’on ne peut que relever, tant se pose, un demi siècle après Fanon, cette question aux révolutionnaires- et même, hélas, aux démocrates africains.

Violence ouverte, terrible « leçon de chose à la négraille » comme dirait Calixthe Beyala, « force blanche » très bavarde pour l’anthropologue Marc Augé[5]. Théorie du « choc » et en même temps désinformation et silence.

Quelques questions majeures non résolues : combien de morts  dans la conquête du Sud, combien de victimes civiles de la soldatesque et des milices ethniques malinké de Guillame Soro et Alhassane Ouattara dans le carnage d’Abidjan ? Mais aussi combien dans les bombardements de la Force Licorne et de l‘ONUCI contre les lieux de pouvoir, des camps militaires habités par des familles, des résidences universitaires ou le bouclier humain de militants aux mains nues voulant protéger leur président adoubé par le Conseil Constitutionnel ?

Les charniers et les cimetières attendent- et demandent encore de sortir de l’oubli, avant qu’un jour les survivants demandent justice pour  la plus sanglante intervention militaire depuis la guerre d’Algérie et l’extermination de l’UPC au Cameroun.  Après avoir constitué un comité de recherche, nous estimons qu’entre 3000 à 5000 victimes civiles ont été causées par la conquête de la capitale et d’Abidjan- chiffre à même d’envoyer les auteurs ivoiriens du régime Ouattara  et leurs complices étrangers devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerres, ethnocide , voire pour l’Ouest de génocide.

Si la Résistance ivoirienne est éclatée entre Cote d'ivoire et France (et Europe, et USA, mais c'est hélas dans ce dualisme infernal et pervers que s'instaure surtout ce « pouvoir double » franco-ivoirien), elle ne l'est pas moins dans son projet - entre processus électif, partitaire ( ce qui correspond aux options pacifistes et légalistes de Laurent Gbagbo privilégiant Constitution et élections), et volonté d'en découdre.

De l'option violente, du Ghana, du Libéria, de l'intérieur du pays (capitale et villages du sud principalement), il y aurait beaucoup à dire et des distinctions importantes s'imposent .Certes le régime joue sur son instrumentalisation, modulation, manipulations et répression ciblée, puisque les leaders civils et militaires de la résistance ivoirienne sont à Accra.

Pour autant, c’est au Libéria que sont les guerriers, au sens polémologique : s’appuyant sur des traditions de longue durée réinterprétées par la sanglante guerre libérienne, ce sont eux qui forment un véritable « foco » dans la forêt dense ; les Krahn, peuple frère des Guérés exterminés, dépossédés de la terre et forcés à l’exil, ne sont pas prêts à faire la paix : la guerre contre la dictature Ouattara est pour eux une question de survie.

Comme ailleurs, c’est donc d’une coordination entre guérilla de l’ouest, commandos de l’est, résistance du sud et des quartiers populaires d’Abidjan, d’un découplage judiciaire et médiatique entre le régime et les forces d’occupation que se trouvent les agencements d’ une solution militaire éventuelle ; tandis que l’opposition politique intérieure joue son rôle en cassant l’alliance RHDP(RDR/PDCI) et que la diaspora mobilise financements et opinion internationales - tout en cantonnant par procès sous compétence universelle  les auteurs de crimes de guerre dans le réduit ivoirien, dès lors sous le coup éventuel de saisie et d’emprisonnement judiciaire  aux frontières.

En même temps, et symétriquement,  le régime Ouattara fonctionne depuis les débuts « à la violence », en l’absence de consensus sur sa légitimité légale d’emploi de la force publique (en Zone Nord, ou Soroland de 2002 à 2010) et la situation actuelle- et ses milliers de morts anonymes depuis 2ans, ne sont que son extension au Sud et dans la capitale. Ne fonctionnant qu'à la violence, ayant investi et travesti l'Etat-les 5000 FRCI, composés de guerriers nordistes et de mercenaires étant par exemple non des forces de l'Ordre mais des milices ethniques et souvent des escadrons de la mort - tandis qu’Armée, gendarmerie et police sont désarmées, le régime ne connaît que les rapports de force nus: c'est pour cette raison que la question de la lutte armée et violence politique se posent ouvertement, la légitimité et même la puissance militaire du régime d’exception étant des plus fragiles.

Sous couvert des Maîtres: c'est aussi par la violence menaçante, insidieuse, censée être dissuasive des corps expéditionnaires français et onusien que survit le régime. Comme u Liberia, Sierra Leone, et maintenant Mali: la violence fondatrice de la colonisation est sans  cesse renouvelée et  les tirailleurs sénégalais  d'antan peuvent être kenyans, nigérians, tchadiens...Et le politologue Bertrand Badie a bien raison de subvertir Clausewitz pour affirmer que les « interventions armées de la France en Afrique ressemblent fort à l'absence de politique à terme,  par d'autres moyens »...

Médias et politiques, ONG et associations droit de l' hommistes, même discrédités ont leur logique propre- celle de la violence symbolique, et peuvent se retourner.

L’ère des « lanceurs d'alerte » et le cantonnement de le Résistance au nouveau ghetto Internet pourrait s'achever: l'inflexion, la cassure, le retournement pourraient se dater du rapport d'Amnesty de mars 2013 ;  et la diffusion la plus large s’opère  qu'en fin de compte ,en Françafrique ,une « démocrature » tient plus en Afrique, et spécifiquement en Eburnie, d'une dictature que d'une démocratie...La persistance des exactions et de crimes du régime en 2012   montrant bien que « le Roi est nu », tortures et massacres désormais  connus , mais encore impunis.

Des livres se préparent, des actions judiciaires progressent, des liaisons transcontinentales s'ébauchent  sur plusieurs années. Si Laurent Gbagbo a beaucoup misé sur une arme politique « de troisième type », la Constitution (et la primauté du Conseil Constitutionnel), la situation bloquée à la CPI de La Haye peut certainement être combattue par sa délégitimation politique (cf infra), et par les systèmes judiciaires européens contre les bourreaux ou criminels de guerre du régime Ouattara.

Ainsi la plainte de Jacqueline Chamois, au nom  de Michel Gbagbo- outre la  « story telling »universelle d'une mère réclamant son enfant qui a touché l'opinion publique française et internationale, a provoqué la désignation d'un juge d'instruction au parquet de Paris pour séquestration et mauvais traitement contre Guillaume Soro et les trop fameux « com-zone ». Parmi ces derniers, Losseni Fofana responsable du crime de guerre – si ce n'est d'acte de génocide » d'un millier d'hommes, femmes et enfants guérés, dans la ville de Duékoué, fin mars 2011, pourrait être objet de plainte précises de la part de ressortissants binationaux.

 La « collaboration » des responsables militaires de la Force Licorne (et de la chaîne de commandement militaire et politique française) depuis ces événements, lors de la prise et du carnage d'Abidjan, lors de l'ethnocide contre les Guérés, Bétés, Attiés, au moment de la conquête du Sud par les forces de Ouatara/Soro, de la collaboration actuelle avec les sanglants com-zones pourraient se trouver judiciairement condamnables.

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L’HONNEUR PERDU DES CLERCS: POUVOIRS  DE LA NOMINATION

Devant la dictature et ses alliés, qui (sur)vivent dans la novlague d'une  démocratie impossible fondée sur la Dette[6] symbolique (les crimes de guerre, le Coup d’Etat, les victimes) et d'un résistible développement fondé sur l’endettement financier, l'opposition et les démocrates internationaux possèdent un curieux et très puissants pouvoir, dont la fonction tribunitienne des partis d'opposition en Occident gardent des traces, celles d'une Histoire chaotique et violente. Ce pouvoir des mots, du langage, du concept est celui de la Nomination.

Dénommer, à un moment donné les opposants incarcérés par le régime ivoirien comme « prisonniers politiques » dans un pays qui en avait peu la pratique et encore moins le concept ; ou le fils du président comme « otage » avec toutes les connotations inquiétantes(par référence aux otages sahéliens des islamistes sahéliens) pour  l'opinion publique; dénoncer la « mise à mort » , pendant 2 ans de l'Université ivoirienne; raconter avec succès des histoires universelles, comme celle d'une mère inconnue réclamant son fils ou décider le président du Sénat français à ne pas recevoir un dictateur couvert de sang par la force d'un texte l'associant aux exactions et aux massacres;

Tels ont été quelque uns des procédés de cette nomination critique, dont il faudrait faire la généalogie(et il est certain que le situationnisme appliqué à la contre propagande officielle y est pour quelque chose…) pour la Cote d'Ivoire depuis la fracture de l'immobilisme houphouétiste par un ouvrage sociologique discuté en Conseil des ministres[7] jusqu'à l'éclosion  des tracts et de la presse libre, en passant par les féroces jeux de mots populaires (cf les« frères Cissé » pour la milice ethnique FRCI), histoires et plaisanteries en tout sens de « maquis »: on reconnaît ces formes de résistances populaires, à la fois signe d'impuissance devant la violence et de contestation acharnée, nommée par le politologue Toulabor  « lexique de la dérision[8] ».

De la proposition de Carl Schmidt[9] de distinction dans ce domaine non seulement pratique mais aussi idéologique (qu'à la suite de Gramsci nous posons comme préalable d'un changement majeur d'une nouvelle hégémonie démocratique) l'ami de l'ennemi, on en donnera un exemple qui a beaucoup marqué les esprits, atterré l’intelligentsia sudiste et scandalisé les pan africanistes;

Au plus fort des combats, la « trahison des clercs » occidentaux s'est traduite par un texte honteux, dans les colonnes du monde dont des chercheurs comme le Pr Dedy Sery n'ont eu aucun mal à dénoncer les biais et contre vérité, de la part de pseudo spécialistes ivoirologues, « embarqués » jusqu'à la nausée dans la justification du coup d’Etat Franco onusien.

Je proposerai de mettre ces noms en regard de la récompense aussi caricaturale que spectaculaire de nombre des mêmes (universitaires, diplomates, militaires, journalistes, etc…) par la remise de hochets et médailles à  l’ambassade de Cote d'ivoire à Paris: noms et photographie sont dans la presse, et sur le site  internet diplomatique.

On a pu montrer, dans la décennie Gbagbo, le recentrage du régime sur la scène politique ivoirienne, et la croyance assez univoque dans la primauté du combat politique interne[10]: les Relations Internationales, notamment pan- africaines, et le combat médiatique externe ont été secondaires par à coups, ou les derniers mois, quand il était trop tard. C'est aussi dans  ce sens sans se prononcer sur le sujet litigieux et complexe de la nationalité du sujet, que Ouattara est le « candidat d l'étranger »: par ses alliances et son extraversion, notamment médiatique.

Il n'est pas sur que malgré ses efforts d'«offensive diplomatique», l'opposition actuelle, notamment le FPI, en ait clairement tiré les leçons. La récente déclaration du premier ministre éthiopien (et président en exercice de l’UA) décrivant la CPI comme « pratiquant une sorte de chasse raciale » contre les leaders africains, et eux seuls, montre bien que de Thabo M’beki (et l'Afrique du Sud)à Jerry Rawlings(et le Ghana), ou encore Dos Santos(et l'Angola)- sans oublier des politiques français, vénézuéliens... ou des intellectuels motivés comme Jean Ziegler, une alliance large est possible.

Les décisions récentes de l' UA suivi d’un  appel au Conseil de sécurité à propos du président Kenyatta ont clairement déstabilisé la CPI et l’ont forcé à tergiverser dans le procès de Laurent Gbagbo, en discréditant l’accusation et repoussant de 6 mois l’audience de confirmation de charges. Seule une campagne politique internationale peut inverser une arrestation politique par les forces spéciales françaises, issue d’un Coup d’Etat franco-onusien.

Si nommer, c’est dénoncer- et l’omerta internationale sur les crimes en Cote d’Ivoire depuis avril 2011 se reflètent dans l’impunité médiatique des relais hexagonaux, la nomination  a été multiple dans cette guerre des pauvres médiatiques, dans ce champ de pouvoir alternatif qu’est internet. Blogs, sites, forums …c’est là où le concept d’Empire de Tonio Negri se retrouve aussi pertinent : le Net devient le lieu de la résistance, des multitudes[11]. Tout en se heurtant au « mur de verre » des grands médias et décideurs :la question est celle du franchissement, et du statut de la vérité médiatique des faits . D’où vient cette malencontre, pour paraphraser La Boétie, d’un pouvoir qui dit ce qui est pensable et légitime à un moment donné, alors que dans l’immédiateté du cyber espace, toute vérité est sue universellement et instantanément ?

DE CARL SCHMIDT A RANCIERE: LES OUTILS THEORIQUES DE L'ALTERNANCE

Carl Schmidt, théoricien controversé du XXème sicle, a pourtant mis le conflit et le politique  sous  l'égide de la distinction première ami/ennemi(cf supra), dont la résistance ivoirienne à l'oppression a fait peu d’usage. En face de la criminalisation de l’opposition et au recours sur l’étranger(l’introuvable « communauté internationale » instrumentalisée de fait par les deux gouvernement de droite (soit Chirac- Sarkozy)français- jusqu’à l’ ONU et l' organisation d élections truquées, notamment dans les fraudes massives au Nord), le camp démocratique peut, à partir des crimes de guerre et de la violence continue, délégitimer le pouvoir justement sur ses conditions illégitimes de venue , et par sa violence continue, ainsi que par sa tentative d'hégémonie ethnique totale.

Le recours inversé à l‘opinion politique internationale (et non aux institutions) a commencé deux ans après à connaître une série de succès répétés, que l’on eut dater approximativement par la publication du rapport d’Amnesty international de 2012.

Pour faire le lien avec la référence à Schmidt, il semble inconséquent devant « l’ honneur perdu d’Human Right Watch »(dont les rapports à charge anti –Gbagbo et systématiquement pro  Ouattara sont à référer au prix versé par Georges Soros- promoteur du néolibéralisme armé, et ami personnel de Ouattara : 100 millions de dollars à HRW à l’époque de la crise en  la Cote d'Ivoire !) de s’ appuyer sur des rapports ultérieurs de cette « organisation de droits de l’ homme »(on ne sait où mettre les  guillemets.. );ainsi pour la FIDH , seule ONG à donner le pouvoir à un négationniste en son sein, qui relativise ou refuse de qualifier l’ acte de génocide de Duékoué.

Les références chrétiennes et laïques du « droit à l’insoumission » devant une dictature et/ou un pouvoir illégitime, parfois inscrite dans les textes constitutionnels, peuvent aussi être mobilisés

Enfin devant l’unanimisme exigé et obtenu - un Parlement fantôme où le principal parti d opposition n’est pas représenté et un Etat ethnicisé où les réseaux présidentiels trustent tous les postes -, les thèses de Rancière sur la démocratie du « dissensus »[12] font référence.

On peut retenir les prémices de réflexion du professeur Pierre Kipré(qui a failli laisser sa vie aux escadrons de la mort ouattaristes en avril 2011, avant son exil,sans avoir jamais été soutenu par ses anciens amis français): quelle responsabilité pour les sciences humaines dans la crise ivoirienne?Eux qui ont littéralement fondé sociologie et anthropologie( et les catégories, schèmes et analyses sur l’identité) en Cote d'Ivoire- et le département universitaire de Cocody correspondant portent en effet une lourde responsabilité dans la crise ivoirienne:dans les concepts(y compris , celui qui va servir d’arme de guerre contre le régime Gbagbo : l’ « ethnonationalisme » - mais qui s’avère  pertinent, dans les faits, pour le régime Ouattara !), dans les compromissions et l'appel au renversement des loyalistes , dans le honteux silence depuis deux ans devant les crimes continus du régime Ouattara.

Certes la classe politique française, de l'UMP au PS (de même  que le mouvement humanitaire), portent les mêmes responsabilités devant l’Histoire. Mais les universitaires se doivent d'avoir une fonction éthique de référence, et non de préparer le terrain aux bombes ou aux coups d'Etat; depuis la Libye, la Cote d'ivoire et le Mali, la « trahison des clercs »  est patente, et renoue avec les pires travers de la période coloniale, les procédés de mise en accusation, les interdictions professionnelles, et la corruption- qui n'est pas que morale. S’ils ne sont pas tous des fascistes, ils sont certainement des salauds au sens sartrien : sachant et disant le Mal , tout en recommandant sa mise en œuvre, en toute bonne conscience.

Il faudra bien un jour faire l'inventaire: ceux qui ont publié des tribunes comme autant d’appel au meurtre; ceux qui – hommes d'affaires, « intellectuels », journalistes, militaires, diplomates, ont donné leurs noms et leur honneur aux décorations de la grande chancelière du régime Ouattara un jour de 2011, à l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Leur liste en dit long et révélé l'étendue des complicités, des bons et déloyaux services en vers le peuple ivoirien ; ils ont accompli recherches et ouvrages, avant que ce soit manoeuvres et services- dûment récompensés. Ils ont fait des listes dans la presse, faisions les nôtres : la révélation des biens, honneurs ou prébendes acquis (mal acquis, que fait « Sherpa » ?) au prix du sang, au soleil d’avril 2011 ne concerne pas que les « sommets de l'Etat ». Le capital symbolique du renversement de régime ne peut se transformer impunément, devant les opinions africaines et occidentales, en espèces sonnantes et trébuchantes: un nouveau champ de recherche s'ouvre.

LA THEORIE DU CHOC ET L'AUTODESTRCTION DU REGIME OUATTARA

Naomi Klein a relevé dans un livre remarquable [13]les analogies néolibérales entre les théories du choc psychologique et la conduite des crises par la violence. Rappelons que le choc, via la violence et la sidération, permettrait une réorganisation sociale et politique en profondeur- avec l’acquiescement des intéressés, si ce n'est des victimes.

Une pseudo sociologue -inconnue des milieux professionnels ivoiriens- opposait à ma dénonciation de la « mise à mort de l'Université ivoirienne [14]», une défense melliflue: ADO est un « adepte de la théorie du choc »!Ainsi la traque  avérée aux étudiants- catégorie sociale dangereuse susceptible dans les mois qui ont suivi avril 2011 d'être interpellée , torturée et parfois liquidée par les milices ethniques FRCI, la fermeture même et le chômage des étudiants pendant 2 ans (méthode inédite sur le reste de la planète) faisait partie de la « méthode du choc » ouattaresque !

Voyant monter les périls, durant la décennie 2000, je m étais interrogé plusieurs reprises sur les modalités éventuelles d'une prise de pouvoir de l'armée rebelle pro Ouattara d'une capitale de 5 millions d'habitants. La réponse est simple et cruelle: par l’application sans pitié de la « théorie du choc », par les massacres, par la Terreur.

Il est vrai qu’il manquait l’équivalent des « tirailleurs sénégalais » de l’ époque coloniale : ce sont les nordistes, mercenaires et hommes de sac et de corde de la rébellion (baptisée par l’agit-prop sarko-ouattariste : « forces nouvelles » , puis « FRCI » , sans doute par antiphrase)qui feront le « sale travail » des actes de génocide(Duekoué), ethnocide(Attiés, Bétés, Guerés, Didas), le carnage d’Abidjan(notamment Yopougon, « déboulonnage » du bouclier humain à la présidence, c’est à dire massacre de civils)), servant jusqu’à nos jours d’escadrons de la mort prêts aux assassinats extrajudiciaires plus ponctuels, ou aux exactions ciblées(viols, bastonnades, pillages envers des individus ou des catégories, si ce n’est des ethnies).

 Le nombre des victimes depuis avril 2011 est inconnu, mais, y compris Duekoué(un millier de morts hommes, femmes, enfants, fin mars 2011) peut être estimé à 5000 civils sur le territoire ivoirien, les complicités ou le passage à l’acte des corps expéditionnaires,  la non assistance à personne en danger, l’exécution d’ordres illégaux de la part de la Force Licorne française ou de l’ONUCI restent à établir (dont le mitraillage de civils, à Abidjan, depuis de hélicoptères d’assaut), dénombrer,judiciariser.

 Là sont les crimes dont le clan Ouattara, dans une inversion des accusations bien connue par les politologues en période de génocide ou de massacres extrêmes, accuse paradoxalement ses adversaires – jusque devant la CPI.

Or la période actuelle, mi 2013, semble reproduire cette période de prise de pouvoir, transposée au niveau présidentiel, comportant la neutralisation du peu qu’il reste des institutions, avec un but simple: recomposer le corps électoral de manière à rendre la dictature malinké irréversible, et en sus de la nationalité, donner la terre aux étrangers.

Le coup de force institutionnel et législatif veut trancher le nœud gordien de l’identité et de la nationalité ivoirienne par une décision autoritaire présidentielle, par une méthode paradoxale qui délégitimant le responsable unique du pouvoir peut amener à une reprise généralisée du conflit, mettant en péril, au-delà de sa personne, les fondements de l’Etat et , quant aux individus,les ressortissants ivoiriens du Nord aussi bien  que les étrangers sahéliens –tous perçus comme « dyoulas » par les sudistes.

Sans Parlement( prise de décision par ordonnances ), dressant une moitié du pays contre l’autre, ce véritable « coup d’Etat présidentiel » visant à donner une « nationalité par déclaration » aux migrants nordistes et leur attribuer la terre en conséquence aboutirait à une modification irrémédiable du corps électoral( et à des élections automatiques en faveur de Ouattara et de ses successeurs nordistes), à un blanc seing à  des migrations sahéliennes accélérées, et à une dépossession des autochtones sudistes.

Autant dire une déclaration de guerre à la capitale, à l’Ouest et à l’Est du pays confondus : d’où des recompositions politiques probables.

Notons rapidement que cette négation des identités et cette accélération de migrations sahéliennes de colonisation correspond à la fois aux analyses économicistes de la Banque Mondiale et aux intérêts profonds de pays comme le Burkina,(en période changement climatique accéléré, stérilisant le Sahel, transférons les migrants vers les Côtes))- laissant planer un doute supplémentaire sur la nationalité d’origine du président ivoirien. De qui Ouattara est-il l’agent, se demandent bien des ivoiriens ?

On le sait de tels coups de force et décisions autoritaires par ordonnances, symptômes d’une société bloquée, sont propices aux révoltes et changements de régime. Contre cette dépossession programmée, Akan de l’Ouest et Krou de l’Est ne peuvent que se rejoindre pour refuser loi et pratique foncière où l’Etat se donne pour tache, comme sous Houphouët, de « casser l’autochtonie ». Des penseurs ou personnalités nordistes, « dyoula «  ivoiriennes ou sahéliennes, mettent déjà en garde le régime comme une conjonction des lois- décrets liant la dépossession de la terre à la donation de nationalité aux 30% d’étrangers et aux néo arrivants issus du Sahel qui depuis avril 2011 débarquent par cohortes entières, notamment dans l’Ouest forestier. Recette pour mettre le feu à nouveau à la poudrière ivoirienne  et dupliquer des massacres comme à Duekoué par dizaines, au risque du « choc en retour » ?

Contre la monopolisation monopartiste: passer des alliances ; telle a été, à l’inverse, une des constantes de la politologie ivoirienne, dans ses retournements entre les trois blocs ethno régionaux, dont les trois grands partis sont souvent la projection politique

 A cette volonté d’autodestruction du régime qui ce coup ci constituerait la Cote d’ivoire en champ de bataille à l’issue incertaine et les nordistes en victimes collectives à venir, d’autres opposent soit une revanche à terme d’une génération, soit un renouveau du dialogue houphouétiste entre blocs, factions et individus. Henri Konan Bédié, déguerpi  dans l’opprobre en 1999 a été réintégré dans ses droits et capacités électives, comme Alassane Ouattara après les accords de Prétoria – tous deux par …Laurent Gbagbo !

Après la CPI, un tel retour de l’ancien président est il possible ? Seules des pressions internationales sur la CPI( telles les diatribes du premier ministre éthiopien , de la ministre des affaires étrangères rwandaise contre la procureur Fatou Bensouda, ou encore de la pétition de l’écrivain Calixthe Beyala demandant  aux « Etats africains de se retirer de la CPI » ) peuvent amener celle-ci à plier et relâcher leur illustre prisonnier, désormais constitué en figure résistante et héroïsée de l’Afrique en lutte – d’autant que le dossier , au-delà de l’inversion victimaire, est vide - même si les bourreaux ouattaristes accusent le régime légitime des actes qu’ils ont eux même commis depuis 2002

. Mais seul le retournement de l’ancien colonisateur et du gouvernement Hollande pourrait, par de doubles pressions sur la CPI et le régime Ouattara(ne suffit  t il pas de cantonner, avant l’évènement, la force Licorne ?) inverser la situation créée par le régime précédent : les clefs du cachot de La Haye sont bien à Paris, d’où l’importance cruciale de la lutte symbolique et politique dans les médias et sur le Net.

On le sait, gagner une bataille n’est pas tout : on peut aussi, à long terme, perdre la guerre…

Au-delà de la libération d’un homme, celle d’un peuple. Et la fin d’un système transcontinental, séculaire, de domination et de violence. Au-delà d’une bataille, une guerre à l’Afrique de 150 ans déjà, dont le dernier symbole devient un enjeu international. L’issue n’est écrite nulle part : elle sera ce que nous en ferons. La roue tourne, et  nulle malencontre, malheur, échec  ne sont constants. Et nul régime politique n’est éternel.




[1] Michel Galy, Guerre à l’Afrique? La France en retard d’une décolonisation, Grotius- géopolitique de l’Humanitaire, septembre 2012

[2] Cf récemment : « Guerre au Mali, enjeux et zones d’ombre », sous la direction de Michel Galy, éditions la Découverte, avril 2013.

[3] Zone d'autonomie temporaire, TAZ, Éditions de l'éclat, 1997 – en accès libre sur le Net.

[4] Yambo Ouologuem : Le Devoir de violenceéditions du Seuil, Paris, 1968 

[5] Cf, de ce spécialiste des Alladians lagunaires, Théorie des pouvoirs et idéologie, Paris, Hermann, 1975

[6] Cf  pour  le Rwanda, G. Loir, le régime de la dette perpétuelle : de l’instrumentalisation des massacres et du génocide en relations internationales. Outre-terre, deuxième trimestre de 2005, n° 11.

[7] Abdou Touré, à l’époque progressiste, avait écrit ce manière critique : La civilisation quotidienne en Côte d’Ivoire : un procès d’occidentalisation, Paris, Karthala, 1981.

[8] Comi Toulabor, Lexique de la dérision politique au Togo », Politique africaine, 3, septembre 1981

[9] Carl Schmitt, La Notion de politique, 1932, trad. fr. 1972, rééd. Calmann-Lévy, 1994.

[10] Michel Galy « Qui gouverne la Côte-d'Ivoire ? », Politique étrangère 4/2005 (Hiver),

[11] Empire (en collaboration avec Michael Hardt), Exils, 2000

[12] Voir par exemple : Jacques Rancière, Moments politiques. Interventions 1977-2009, Paris, La Fabrique, 2009

[13] La Stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre, Léméac éditeur, Arles, 2008.

[14] Slate Afrique, 03/09/2012

samedi, 29 juin 2013

NOUVEAU TRAITE DE DEFENSE ENTRE PARIS ET ABIDJAN – LA FRANÇAFRIQUE DE PAPA REHABILITEE


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Hollande et Ouattara: continuité parfaite du sarkozysme militant.


Le Nouveau Courrier a pu consulter l’avis de la Commission Défense de l’Assemblée nationale française, qui date du 14 avril dernier, sur la ratification du nouveau partenariat militaire entre la Côte d’Ivoire et l’ancienne (?) puissance colonisatrice. Un texte qui marque une continuité sans nuance avec l’ère Sarkozy. Et qui place l’ex 43ème BIMA au cœur de la stratégie d’influence de Paris en Afrique de l’Ouest.

 

C’est un texte parlementaire français que Le Nouveau Courrier a pu consulter. Un « avis parlementaire » fait au nom de la Commission Défense de l’Assemblée nationale sur le projet de loi autorisant la ratification du traité de défense entre Paris et Abidjan. Enregistré le 14 avril dernier, c’est-à-dire il y a un mois, ce texte signifie que la date du vote du texte « unissant » de nouveau, 53 ans après les indépendances, l’armée de la patrie dite « des droits de l’Homme » et les FRCI, qui viennent encore d’être accusées par les Etats-Unis des pires exactions, y compris des crimes de torture caractérisés, se rapproche inexorablement. Il permet aussi de constater la permanence de la politique française de Nicolas Sarkozy à François Hollande…

C’est ainsi que le rapporteur qui a centralisé la rédaction de cet avis est Bernard Deflesselles, un député… UMP, c’est-à-dire de l’opposition. C’est en général quand un projet de loi est consensuel qu’une telle configuration est retenue. Il faut toujours se le rappeler : la gauche et la droite de gouvernement ont des vues totalement convergentes sur la Côte d’Ivoire, et soutiennent Ouattara en dépit des crimes de ses troupes. La preuve : après l’exposé du rapporteur, il n’y a eu que deux questions d’ordre totalement général sur le point sur les livraisons d’armes (pour l’instant officiellement mise en parenthèses pour cause d’embargo), le coût de la coopération militaire française (2 millions d’euros pour le volet structurel), et sur le point sur la coopération en termes de renseignement (qui « reprend à peine », selon le rapporteur). Rien de fondamental, donc. Aucune sorte de considération critique sur la nature du régime que soutient la France moins de 20 ans après s’être compromise au Rwanda ! Le rapporteur a lui-même rédigé son document après avoir auditionné un seul homme : le colonel Marc Conruyt, chef du bureau Afrique à l’état-major des armées en France.

La présence française en Côte d’Ivoire est-elle désormais permanente ?

Alors que les autorités hexagonales avaient communiqué, sous Sarkozy, sur une fermeture définitive de leur base militaire permanente en Côte d’Ivoire, le 43ème BIMA, il semble que la force Licorne soit installée dans une sorte de « temporaire-définitif », à l’image de l’opération Epervier stationnée au Tchad provisoirement… depuis 1986. « Pour la France, l’appui logistique que constitue sa base de Port-Bouët, qui héberge la force Licorne, a montré toute son utilité depuis le déclenchement de l’opération Serval au Mali. La constitution d’un second pôle de stabilité francophone en Afrique de l’Ouest, avec le Sénégal, est d’autant plus importante dans un contexte de crise dans la région sahélienne », écrit le rapporteur Deflesselles. La force Licorne est présentée comme « un outil stratégique pour la France », dont la mission est de défendre les ressortissants français en Côte d’Ivoire, de « tenir une position de vigilance liée aux événements au Mali » et d’accompagner « la reconstruction de l’armée ivoirienne ». L’accord, qui est conclu pour une période de cinq ans renégociable non par tacite reconduction mais par un nouvel accord, prévoit la mise à disposition du camp de Port-Bouët, de la base abritant le détachement lagunaire et des champs de tir de Lomo Nord et de Grand-Bassam – les deux derniers à titre « temporaire » et « non exclusif ». Ce qui signifie que Licorne sera encore là lors de la prochaine élection présidentielle…

Des conseillers français partout : la Françafrique de papa réhabilitée

Avant même la signature du nouvel accord de défense, les conseillers militaires français sont de retour à tous les étages, nous indique le rapport parlementaire. « Neuf coopérants permanents » sont présents avec leur famille pour piloter la restructuration d’une armée ivoirienne plus que jamais soumise au maître. Un conseiller français est détaché auprès d’Alassane Ouattara, un autre auprès de son Premier ministre. Deux conseillers sont « positionnés » à l’état-major des armées – l’un auprès du chef d’état-major Soumäïla Bakayoko, l’autre auprès du département des ressources humaines.  Un conseiller Service civique a été déployé. Un coopérant est placé auprès de l’armée de l’Air. Et un Comité de pilotage franco-ivoirien doit réfléchir à la politique de formation, notamment à la mise en place d’un « institut de recherche et de réflexion stratégique ». Un signe assez piquant du retour de l’ordre ancien ? L’article 8 du traité de Défense à venir stipule que les coopérations militaires français déployés en Côte d’Ivoire dans des missions de plus de six mois… porteront l’uniforme ivoirien ! Par ailleurs, la France est désignée au moins une fois dans le texte parlementaire consulté par Le Nouveau Courrier comme… la métropole !

Une autorisation de déploiement ou un vrai accord mutuellement profitable ?

A part le fait qu’il permet à la France de se déployer stratégiquement en Afrique de l’Ouest et de contrôler au plus près l’architecture de « la nouvelle armée ivoirienne », en quoi le nouveau « traité » de Défense sert-il les intérêts de la Côte d’Ivoire ? On a beau chercher, on ne voit pas. Contrairement à Djibouti, la Côte d’Ivoire n’est pas rémunérée pour mettre de vastes espaces à la disposition de l’armée ivoirienne. Si un pays étranger l’attaque, la France ne s’engage pas à l’aider à se défendre. Tout au plus peut-il y avoir des « échanges de vues » entre les deux pays. Le rapport parlementaire français du 14 avril dernier rappelle qu’Henri Bentégeat avait écarté « toute intervention à caractère automatique » dans le cadre de l’application des accords de Défense. « Ceci est conforme au droit international puisque celui-ci prévoit que les parties à un traité gardent la liberté d’apprécier le « casus federis », c’est-à-dire les circonstances de son application », justifient les parlementaires français. En gros, on applique quand ça nous arrange !

Nouveau traité de défense ou pas, les choses sont claires. Rédactrice exclusive des résolutions de l’ONU censées résoudre les crises africaines, la France est en réalité maîtresse d’elle-même et de ses différents engagements dans son ex-pré carré. Elle fait ce qui lui plaît, et les accords bilatéraux lui servent surtout à avoir des autorisations de déploiement dans des pays théoriquement souverains. Paris fait, hier comme aujourd’hui, ce qui lui plaît quand ça lui plaît. Pour l’instant, elle a choisi de travailler à la « restructuration » d’une armée dont les chefs sont accusés de crimes contre l’humanité par les défenseurs des droits de l’Homme.


Théophile Kouamouo


A lire aussi: Le traité de Défense Paris/Abidjan adopté en quelques secondes à l’Assemblée nationale française, malgré la nature du régime Ouattara


A télécharger en format PDF: L’intégralité du traité, de la page 3 à la page 7 du document

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

REVELATIONS D'EDWARD SNOWDEN: L'ALLEMAGNE EXIGE DES EXPLICATIONS, LA FRANCE SE MURE DANS UN SILENCE SCANDALEUX

 

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Alors que toute l’Allemagne exige des explications, la France garde un silence scandaleux face aux révélations d’Edward Snowden.

 

Depuis une quinzaine de jours, le jeune informaticien américain Edward Snowden (âgé de 30 ans) défraye la chronique mondiale. Il est même devenu la source d’une vive tension diplomatique entre les États-Unis d’un côté, la Chine, la Russie et plusieurs autres États (Équateur, Islande) de l’autre.

RAPPEL DE L’AFFAIRE SNOWDEN

Cette affaire d’importance découle des révélations – de première main et sans précédent – que cet ancien employé de plusieurs services secrets américains (la CIA et la NSA) a faites dans plusieurs médias anglo-saxons de grand renom les 9 et 10 juin dernier, notamment :

Dans ces entretiens, Edward Snowden a révélé des informations top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que le système d’écoute sur internet du programme de surveillance PRISM du gouvernement américain.

Le gouvernement de Washington l’a aussitôt accusé de « traîtrise » et l’a inculpé sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernement. Les autorités américaines, notamment par la bouche du secrétaire d’État John Kerry, exerce des pressions diplomatiques intenses pour obtenir son extradition, alors que l’intéressé, qui s’était réfugié à Hong Kong dans un premier temps, se trouve, à l’heure où j’écris ces lignes, dans la zone de transit de l’aéroport international de Moscou.

Justifiant ses révélations, Edward Snowden a quant à lui indiqué que « [son] seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui ».

En outre, toujours selon des documents dévoilés par Edward Snowden au quotidien Guardian, les services britanniques de renseignement ont un accès à des câbles à fibres optiques qui en font un acteur majeur dans la surveillance des communications mondiales.  Pour l’ex-consultant, le centre britannique des écoutes (GCHQ) est encore pire que son homologue américaine.

L’AFFAIRE SNOWDEN PROVOQUE DE FORTES RÉACTIONS POLITIQUES ET JURIDIQUES EN ALLEMAGNE

Compte tenu de son histoire du XXe siècle, – avec la surveillance policière exercée par le régime nazi puis celle exercée en République Démocratique Allemande – l’opinion publique et la classe politique allemandes sont particulièrement sensibles à la question des écoutes téléphoniques et du secret des correspondances.

Aussi l’affaire Snowden fait-elle grand bruit chez nos voisins d’outre-Rhin, où de nombreux responsables politiques ou gouvernementaux sont intervenus publiquement au cours des derniers jours. Ainsi :

M. GEORG STREITER, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT ALLEMAND a déclaré (le 22 juin 2013) au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (F.A.S.) que « le gouvernement fédéral allemand prend très au sérieux les accusations d’espionnage par la Grande-Bretagne formulées par Edward Snowden dans le journal Guardian ». Et il a conclu  : « Nous allons réfléchir à l’affaire et prendre position en temps voulu ».

Cette déclaration du Porte-parole du gouvernement allemand a été doublé par les décisions et les déclarations de deux ministres importants et un secrétaire d’État du gouvernement, appartenant tous trois au petit parti libéral allemand FDP, très attaché aux libertés individuelles :

Mme SABINE LEUTHEUSSER-SCHNARRENBERGER, MINISTRE FDP ALLEMANDE DE LA JUSTICE, a estimé que les accusations constituaient « un cauchemar à la Hollywood » et que « si elles se révélaient fondées, ce serait une catastrophe ».

Elle a également appelé à ce que les institutions européennes fassent immédiatement la lumière sur cette affaire.

On notera à ce propos le silence total observé par les institutions européennes, comme à chaque fois qu’éclate un scandale mettant en cause le caractère dictatorial et illégal des politiques décidées par les autorités de Washington. Je rappelle notamment que ni la Commission européenne ni le Parlement européen ne s’émurent des révélations scandaleuses sur les “prisons secrètes de la CIA” sur le territoire de certains États d’Europe, en violation non seulement de leurs souveraineté mais de tout le droit international, notamment celui interdisant les actes de torture.

Avant de faire ces déclarations, la ministre allemande de la Justice avait convoqué à son ministère, vendredi 14 juin, les représentants en Allemagne des entreprises américaines Google et Microsoft, à propos de la surveillance électronique d’internet menée pendant des années par l’agence américaine NSA, selon les révélations d’Edward Snowden. Seuls les représentants en Allemagne de Microsoft et Google avaient accepté de venir répondre aux questions du gouvernement. Selon l’agence allemande DPA, Facebook s’était contenté de faire parvenir des réponses par écrit. Des associations de défense des consommateurs étaient également présentes.

À l’issue de cette réunion, Mme Leutheusser-Schnarrenberger s’est déclarée déçue en résumant à la presse: « Il n’y a pas eu de réponses concrètes de nos partenaires présents ».

Elle a également remarqué : « Il y a différents cadres législatifs qui se heurtent dans cette affaire, des législations européennes et extra-européennes ». C’est une façon de reconnaître implicitement que les entreprises américaines étaient tenues de déférer à l’appareil législatif de surveillance américain.

Une source gouvernementale allemande, non précisée par l’AFP mais de l’entourage de la ministre, est allée plus loin en expliquant les motifs de la déception allemande : « Sur la question de savoir dans quelle mesure des données étaient détournées des serveurs de Google et Microsoft vers la NSA, les deux entreprises se sont montrées vagues sur le niveau de leur coopération avec l’agence de renseignement américaine.»

C’est une façon de reconnaître implicitement qu’il y a bien des transferts de données privées et que les révélations d’Edward Snowden sont très probablement exactes.

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Du reste, la même source gouvernementale a indiqué que les deux entreprises Google et Microsoft ont profité de la réunion pour demander à ce que la chancelière allemande Angela Merkel appuie leurs efforts vers plus de transparence, tout particulièrement lors de sa rencontre mercredi à Berlin avec le président américain Barack Obama.

En d’autres termes, les entreprises ont reconnu implicitement qu’elles étaient pieds et poings liés devant les oukases des autorités américaines.

M. HANS-JOACHIM OTTO, SECRÉTAIRE D’ÉTAT AUPRES DU MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, qui participait aussi à cette réunion, a confirmé que le gouvernement allemand s’était heurté à un mur de secrets très préoccupants en déclarant qu’il « repartait de cette rencontre avec plus de questions que de réponses.» Il a cependant ajouté que les discussions avec les entreprises américaines allaient se poursuivre.

M. PHILIPP RÖSLER, MINISTRE FDP DE L’ÉCONOMIE, a quant à lui appelé le gouvernement britannique « à faire rapidement preuve de transparence », dans un entretien au quotidien Handelsblatt à paraître lundi 24 juin.
L’affaire Snowden et les derniers rebondissements sur la mise en cause des autorités britanniques, ont également provoqué des déclarations scandalisées et alarmées parmi les dirigeants des principaux partis politiques allemands :

M. VOLKER KAUDER, CHEF DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI CONSERVATEUR D’ANGELA MERKEL, LA CDU, a déclaré, dans l’édition dominicale du journal Die Welt, que « si l’ampleur de la surveillance des données était vérifiée, ce ne serait pas acceptable ».

M. THOMAS OPPERMANN, UN HAUT RESPONSABLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI SOCIAL-DÉMOCRATE (SPD) a dressé quant à lui exactement le même parallèle que le mien (dans ma conférence sur “La Tromperie universelle”) en lançant : « C’est comme si la surveillance de tous par un État décrite par George Orwell (auteur du roman 1984) en Grande-Bretagne était devenue réalité ».

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CONCLUSION : LE SILENCE SCANDALEUX DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS

Alors que trois membres du gouvernement et de nombreux responsables politiques se mobilisent outre-Rhin pour faire obstacle au totalitarisme orwellien venu de Washington, on reste saisi d’incrédulité devant le silence quasiment absolu de tout le gouvernement français, comme de tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale, devant l’affaire Snowden.

Ni François Hollande, qui a jugé plus utile de commenter publiquement les résultats de l’élection partielle du Lot-et-Garonne plutôt que l’affaire Snowden, ni aucun ministre, ni aucun dirigeant du PS ou de l’UMP n’ont émis la moindre déclaration pour se déclarer scandalisé des révélations d’Edward Snowden et pour demander des explications publiques de la part des autorités américaines comme des entreprises d’Internet concernées.

Aucun des européistes qui nous accablent de leurs boniments sur la “solidarité européenne” n’a jugé bon non plus de s’indigner de la surveillance exercée par les autorités d’un Etat-membre de l’UE (le Royaume-Uni) à l’encontre de ses partenaires.

Dans cette affaire d’une importance capitale puisqu’elle touche à la liberté et au secret des correspondances de toute l’humanité, François Hollande prouve une nouvelle fois, par sa couardise et son effarante médiocrité, qu’il est indigne d’exercer les fonctions suprêmes qu’il occupe.  

Tout comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, François Hollande restera comme une tache et une honte dans notre histoire nationale.


François ASSELINEAU


Source: UPR.FR

vendredi, 28 juin 2013

LA TROMPERIE INTERNATIONALE COMME MODE DE GOUVERNEMENT - L'ATTRIBUTION DU PRIX NOBEL DE LA PAIX

 

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Découvrez les arcanes et les méandres du Comité Nobel et les scandales de l'attribution du prix Nobel de la paix, découvrez ensuite l'imposture des relations géopolitiques internationales. Faites-vous le plaisir de voir comment fonctionne notre monde! Fernand Dindé.

 

Une conférence de François ASSELINEAU.

Vendredi 15 février 2013 à Toulouse (France)
www.u-p-r.fr

 


La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

La Tromperie par l'imposture: "L'attribution du Prix Nobel de la Paix"



La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

La tromperie sur les responsables



La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

La tromperie sur l'origine des décisions



La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

Questions-Réponses 1



La Tromperie Universelle comme mode de... par Code_000

Questions-Réponses 2

AMINATA DRAMANE TRAORE: «LE COLONISATEUR N’EST PLUS LA, MAIS SES INTERETS Y SONT TOUJOURS»

 

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Aminata Dramane Traoré, militante altermondialiste et ancienne ministre malienne de la Culture et de Tourisme : « Le colonisateur n’est plus là, mais ses intérêts y sont toujours »

 

Militante altermondialiste de la première heure, l’ancienne ministre malienne était présente à la conférence de la société civile des pays du Sahel en solidarité avec le peuple malien, qui s’est achevée hier à Alger. Durant cette rencontre, elle a réitéré son opposition à l’intervention militaire française dans son pays, une intervention motivée par des enjeux économiques, selon elle. Son engagement contre le système économique mondial, dont l’échec est traduit par la crise malienne, d’après la militante, lui a valu une privation de visa Schengen sur instruction de la France en 2012.



Reporters : Quel premier bilan faites-vous des travaux de cette première réunion de la société civile malienne, très peu consultée depuis le début de la crise ?

Aminata Dramane Traoré : Je salue d’abord cette initiative qui nous donne pour la première fois l’occasion de nous retrouver entre membres de la société civile du Mali et celle des pays du champ. Il y a eu dès le départ une exclusion délibérée de toutes les voix discordantes. Cette guerre s’est imposée à nous. J’ai eu le tord de publier un manifeste « Femmes du Mali, disons non à la guerre par procuration ». Dès le départ, j’appréhendais cette situation engendrée par l’intervention française. Toute guerre est une catastrophe, un désastre. Il n’y a pas de guerre juste. Si on peut passer par la solution politique, si à l’échelle interne, on se donne le temps et les moyens de comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation, on peut resserrer l’étau. Mais on a voulu cette guerre pour nous. Et toute occasion de se concerter est bonne. J’ai pu écouter des confrères que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer au Mali.

Vous avez critiqué la société civile présente aujourd’hui. Que lui reprochez-vous ? N’a-telle pas suffi samment milité contre une intervention étrangère ?

Je ne peux pas parler pour tout le monde. Je parle de ce que j’ai fait personnellement. Je l’ai fait parce que j’ai eu l’avantage de militer au niveau international et dans le cadre du Forum social mondial, dont je suis une des principales animatrices en Afrique subsaharienne. J’ai eu le temps de comprendre que les guerres ont des enjeux cachés, des enjeux géostratégiques, miniers et pétroliers. J’ai compris également que les bouleversements qui ont lieu aujourd’hui dans le monde ont tendance à faire de la guerre une solution à l’échec du modèle de développement. Le capitalisme mondialisé et fi nanciarisé a cruellement besoin d’uranium, de pétrole et d’autres ressources qu’il vient puiser dans notre continent riche. Je reproche à la société civile de s’inscrire dans cette logique libérale et de faire partie de la communauté libérale.

Les groupes armés ontils servi de prétexte à la guerre pour les ressources ? Ont-ils été instrumentalisés, notamment ceux de la région du Nord, très riche en uranium ?

C’est un peu plus compliqué que cela. Quand on regarde les profi ls des combattants, on comprend qu’il y a plusieurs enjeux. Pour ce qui est de la question identitaire, nous sommes des nations composées d’ethnies différentes. Depuis 1958, existe un projet occidental de création d’un Etat tampon pour rassembler les Touareg de toute la région. Si on accepte aujourd’hui la partition de l’Azawad, il faut s’attendre à ce que les Touareg des autres pays demandent un jour leur Etat. Si on remet en cause le nondéveloppement du Nord, je dirai que le sud du Mali non plus n’est pas développé. Nous devons vivre ensemble avec nos différences. Pour ce qui est de l’enjeu idéologique, les islamistes radicaux qui se disent djihadistes sont en combat contre l’Occident. Aqmi ne l’a pas caché. Ils visent les intérêts français. Ils sont au Mali depuis longtemps, ont épousé des femmes maliennes et ont eu de bons rapports avec la population. Ils n’ont coupé de mains à personne et n’ont violé personne jusqu’à ce que le MNLA, encouragé par Nicolas Sarkozy, qui vers la fi n de la guerre en Libye, a estimé que les Touareg maliens en Libye pouvaient l’aider, décide de lutter contre Aqmi qui est une menace pour les intérêts français et pour récupérer leurs otages. C’est dans ce sens que je dis qu’on a instrumentalisé la rébellion. Je refuse, cependant, le discours haineux envers les Touareg, notamment celui les traitant d’« enfants gâtés ». On ne donne pas la chance au peuple malien de comprendre. Ce que je suis en train de dire, c’est que les puissants de ce monde identifi ent les tensions existant dans chaque pays, les attisent, les aggravent et les instrumentalisent à leurs fi ns. Je me dis qu’il y avait certainement un mécontentement à Benghazi en Libye, mais l’embrasement que connaît le pays a eu lieuquand N. Sarkozy a voulu profi ter du « printemps arabe » pour déstabiliser le régime Kadhafi . Le nord du Mali rencontre depuis toujours des problèmes que nous n’avons pas réglés, surtout du fait de sa position géographique et de diffi cultés réelles. La communauté touarègue a souvent cru qu’il fallait prendre les armes pour revendiquer des droits et a fait des alliances avec Aqmi, Ansar Dine et le Mujao. On les a utilisés pour résoudre les problèmes de la France !

Ces données vous donnent-elles raison sur l’échec d’une intervention militaire étrangère ?

Regardons la situation actuelle : en plus d’Aqmi, Ansar Dine, Mujao, nous avons également des soldats français ! Finalement, l’opération Serval n’a servi qu’à disperser ces groupes et c’est ce que je craignais. J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas venir à bout d’un ennemi qui n’a pas de visage. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Que veut-on au juste, tirer dans le tas ? Tuer tout le monde ? Qui va tuer qui ? Des Maliens vont tuer des Maliens. On a déployé des milliers de soldats pour aller chercher une aiguille dans une botte de foin. Même l’armée la plus puissante au monde, celle de l’OTAN, a reculé en Afghanistan. L’idée pour moi était de trouver des solutions politiques africaines, sous-régionales et régionales plutôt que de déployer cette armada pour qu’à la fi n on arrive à la situation actuelle : la France constate qu’elle n’a pas les moyens de rester plus longtemps et elle ouvre la porte aux Casques bleus !

Dans leurs interventions aujourd’hui (hier, ndlr), les membres de la société civile des pays du Sahel se sont unanimement opposés au déploiement des Casques bleus...

Ce sera une répétition de ce qui s’est passé au Congo et au Kosovo. On devra subir la présence de soldats venus d’ailleurs, qui ne sont certainement pas plus performants que les militaires maliens, mais qui sont, certes, mieux rémunérés et seuls, sans leurs femmes, ce qui laisse le champ libre à la prostitution, la traite sexuelle et l’abandon d’enfants. Plutôt que de déployer 15 000 Casques bleus, remplaçons-les par 15 000 ingénieurs qui viendront en aide au Mali. La défense du Mali et sa sécurité doivent reposer sur l’armée malienne qui connaît bien le terrain. A l’origine, nos soldats ne sont pas des putschistes, mais des mutins, parce qu’ils ne sont pas contents de leur situation. Il faut donc faire en sorte qu’au-delà de l’armement, ils aient droit à un meilleur traitement et une meilleure rémunération. On ne va pas recruter n’importe où, n’importe qui, pour venir défendre notre pays.

Outre le rôle de l’armée, quel rôle peut avoir la société civile pour recoudre le tissu social ébranlé par la crise ?

Nous devons nous battre pour avoir l’espace de débats nécessaire. Chez nous, il n’y a pas de concertation, nous ne nous parlons pas. La décolonisation suppose une bonne connaissance des enjeux et des acteurs, et une bonne organisation locale. Par le passé, on savait qu’on avait affaire au Colon, il fallait s’en débarrasser. Aujourd’hui, le colonisateur n’est plus là, mais ces intérêts y sont toujours. Seulement, certains ne veulent pas qu’on en parle, qu’on s’organise. Ils préfèrent mordre à pleines dents dans la mondialisation, car c’est de cela qu’il s’agit. Les Africains vivent dans l’illusion de pouvoir émerger, comme la Chine, en prenant pour exemple les Occidentaux, qui eux, débattent entre eux. Si leur modèle était si bon, si performant, pourquoi leurs peuples sont-ils dans la rue aujourd’hui en train de revendiquer leurs droits ? Les crises en France, en Espagne, en Grèce et ailleurs nous renseignent sur l’échec du système économique libéral. La plaie de tous les pays est aujourd’hui le chômage, en particulier celui des jeunes. Tant qu’on ne trouve pas de modèle économique capable de générer de l’emploi pour le plus grand nombre de jeunes, ils se retrouvant narcotrafi quants, djihadistes ou intègreront l’armée à défaut. Quand je regarde les protagonistes de cette guerre, la plus part d’entre eux sont des victimes d’un modèle de développement qui a échoué. Un échec reconnu par les Nation unies. A partir de ce moment, le mali devient un pays d’avant-garde.

C’est-à-dire un rôle d’avant-garde?

Je revendique ce rôle. Les Maliens doivent parler et témoigner de leur expérience. Notre pays est aujourd’hui le théâtre de l’échec du système économique mondial. Nous devons dire au Monde ça suffi t ! arrêtez de nous punir, de nous humilier pour un système économique défaillant. C’est vous, Communauté internationale, qui avez dit que nous étions le meilleur élève de l’Afrique de l’Ouest. C’est vous qui avez soutenu trois décennies de politique de privatisation et de libéralisme. Vous nous aviez promis d’émerger économiquement, mais nous avons la guerre en guise d’émergence. Si aujourd’hui tout s’effondre comme un château de cartes, vous devez vous poser les bonnes questions. Vous ne nous aviez pas dit que vous alliez nous envoyer des armes et des soldats. Ce n’est pas avec eux que vous allez soigner la misère et le chômage. Vous devez faire en sorte que les gens mangent à leur faim, qu’ils vivent dignement. C’est tout ce qu’on demande. Les Maliens ont la mission de dire sans complexe que cette guerre n’est pas à part, mais s’inscrit sur la longue liste des guerres pour les matières premières.

Faut-il comprendre que dans le système libéral actuel, l’Afrique, terre très riche, est résignée à faire face aux invasions étrangères pour des motifs économiques ?

Il faut lutter pour la décolonisation et contre la recolonisation, mais on ne peut pas parler de ces concepts tant que nous vivons dans un monde capitaliste et que les puissants de ce monde ont besoin de nos richesses. Mais ce qu’il fait comprendre, c’est que l’Europe a beaucoup plus besoin de nous que nous n’avons besoin d’elle.

Des discussions ont lieu actuellement à Ouagadougou entre le pouvoir malien et les groupes touareg armés de Kidal pour le retour de l’armée dansla région, en vue des élections du 28 juillet. On se dirigerait vers ledéploiement d’un seul contingent...

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez d’un peuple désinformé. Vous pouvez même l’amener à agiter des drapeaux tricolores parce qu’il n’a pas compris. Mais le peuple vient de comprendre à la lumière de la situation de Kidal qu’on l’a mené en bateau, qu’on lui cache des choses. C’est pour cela que tous les Maliens ont aujourd’hui l’oreille tendue vers Ouagadougou pour savoir ce qui se passe. Si cette solution bancale est privilégiée, cela voudrait dire qu’on veut seulement aider François Hollande à relever son pari politique d’organiser les élections à cette date. Ce n’est pas une solution qui va nous garantir la paix et la réconciliation. Maisattendons d’abord que ce soit signé. Le gouvernement peut accepter cette concession sous pression, elle est, à mon sens, essentiellement fi nancière. 80 % des ressources du Mali viennent des aides extérieures. Les sanctions économiques auxquelles nous avons fait face pendant onze mois ont anéanti le pays. Si cela continue, le Sud va imploser. La capacité de nuisance de la France est telle qu’elle fera pression sur la Communauté internationale pour faire croire que les dirigeants actuels n’ont pas voulu de la démocratie. Or, si le gouvernement de transition est si peu légitime et si infréquentable, pourquoi la France a motivé les résolutions du Conseil de sécurité en sa faveur ? On nous a délibérément exclus. On nous a volé notre pays. Et c’est pour cela qu’on va se battre pour le libérer. C’est une seconde libération. C’est pour cela que nous sommes ici aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’Algérie peut apporter ?

L’Algérie a mené deux guerres. La guerre de Libération a été l’une des plus féroces en Afrique. On l’a vu puisqu’une partie s’est déroulée au nord du Mali. Nous ne sommes pas seulement des pays frontaliers, nous avons milité ensemble. Le pétrole était l’un des enjeux de la libération de l’Algérie. Aujourd’hui, l’uranium est l’un des enjeux de cette guerre. Donc, si nous devons lutter, nous devons puiser dans notre mémoire de pays anciennement colonisés et voir ce qui a fait la force de l’Algérie résistante. L’Afrique doit résister et cesser de dormir. Le système est en crise et il devient violent parce que justement les puissances capitalistes ne peuvent plus réaliser de taux de croissance et lutter contre le chômage sans puiser dans les ressources de notre continent. L’expérience de la libéralisation de l’Algérie est intéressante de ce point de vue. Concernant la deuxième guerre, l’Algérie est le premier et le seul pays à avoir enterré 200 000 personnes pendant la lutte contre le terrorisme. Quand elle dit que le Mali ne doit pas aller dans telle direction, elle sait que ça coûte cher. Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas grand-chose, nous sommes un pays enclavé, et on a l’indécence de venir nous dire que c’est par les armes que nous allons nous en sortir, et nous pousser à acheter des armes que nous n’avons pas.

Vous comptez également sur l’aide des pays voisins. Or, jusqu’ici, les pays de la Cédéao ont été les premiers, avec le président malien, à appeler à l’intervention française. Comment expliquer une telle position cinquante ans après les indépendances ?

C’est le manque de lucidité et de solidarité qui pose problème dans la gestion des affaires de notre continent. Les chefs d’Etat font partie du système mondial et les mécanismes des sanctions économiques sont là. S’ils ne disent pas oui ici, on les attendra au tournant là-bas. Ils devraient s’organiser pour sauver le Mali qui se trouve dans la gueule du loup, mais il est vrai qu’il y a des décisions qu’ils ne peuvent pas prendre. La Cédéao est devenue l’instrument de la Françafrique. Au sein de l’organisation, des membres sont persuadés que la voie tracée par la France est la bonne voie comme si nous avions contracté une dette envers la France et qu’au nom de cette dette, nous devons accepter ses « solutions ». Ce qu’il nous faut c’est une prise de conscience sociale et politique des vrais enjeux et des mutations qui sont en cours. L’Afrique doit intégrer les expériences de l’Irak et de l’Afghanistan. Nos ressources sont convoitées et les manipulations sont à peu près les mêmes partout. Et à tous les coups, ce sont les peuples qui payent.

Les intellectuels ont-ils une plus grande marge de manoeuvre que les politiques ?

J’appelle à une insurrection intellectuelle au Mali et en Afrique. On m’a privé de visas Schengen sur instruction de la France, qui dit maintenant qu’elle n’a pas d’opposition politique à ce que j’aie un visa. Mais ce n’était jamais arrivé avant. J’avais un visa de quatre ans et j’ai beaucoup d’alliés en France. Le même discours que je tiens ici est tenu par des altermondialistes en France à propos de la France. Pourquoi ça devient un crime de lèsemajesté en France. Parce qu’on est Africain ?

 

Source: ALTERINFO.NET

mercredi, 26 juin 2013

GENEVE II: EST-CE POUR PREPARER LA PAIX?

côte d'ivoire,djerrad amar,genève ii: est-ce pour préparer la paix?,guerre en syrie,le grand moyen-orient

© Robert King/ Polaris/ Starface. Syrie, le 13 mai 2012. À Al Qusayr, des membres de l'armée syrienne libre (FSA) combattent l'armée syrienne. Avant la déculotée.


Chaque jour qui passe sur le terrain des combats, en Syrie, révèle que la guerre contre ce pays n’est pas ce que l’on rabâche depuis plus de 2 années, à savoir «un soulèvement populaire spontané» contre ses dirigeants pour recouvrer sa dignité et sa liberté, mais bien d’un complot pour déstabiliser cet Etat, considéré comme gênant les objectifs et les visées impérialistes dans la région.

 
 
Pour ce faire, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Qatar, la Turquie, l'Arabie Saoudites et Israël ont engagé tous les moyens pour permettre aux groupes armés affublés «thouar» (révolutionnaires) - la plupart mercenaires islamistes - pour mener une guerre, sans merci, contre l’État syrien et renverser son gouvernement, dans le but d’affaiblir l’axe de résistance, en admettant pour cela les pires atrocités.
 
Par l’origine diverse des groupes armés islamistes, hier «terroristes», métamorphosés, aujourd’hui, momentanément «révolutionnaires» rétribués sous la fausse bannière «djihadistes» ; par la provenance de l’armement en leur possession ; par les objectifs visés ; par les agissements et les réactions des pays manipulateurs engagés, il est indéniable que cela obéit à un plan réfléchi, destiné à instaurer le chaos sur une géographie déterminée, pour ensuite recomposer selon les désidératas et objectifs prévus. Ce projet américain est consacré dans ce qui est appelé le «Grand Moyen-Orient» auquel est intégré le projet israélien dit «Yinon» destiné à assurer la supériorité d’Israël.
 
Deux années de guerre, de destructions de toutes natures, de sanctions et de pressions - contre un État souverain où tous les moyens illégaux, même les plus immoraux et abjects, ont été utilisés - n’ont pas permis de venir à bout d’un peuple résistant, d’une armée forte et unie. Deux années sans voir l’effondrement prévu malgré les sommes colossales engagées par les bailleurs arabes vassaux ainsi que la formidable guerre médiatique soutenues par d’éminents hommes de cultes, corrompus, chargés de l’endoctrinement des masses musulmanes par la religion. L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées.
 
Depuis les derniers développements avec la récupération d’Al Quseir et de sa banlieue - localité hautement stratégique pour les planificateurs américano-sionistes qui devait aboutir à la prise de Damas - par l’armée syrienne des mains des «insurgés», tous les calculs ont été bouleversés et les objectifs compromis. Avec cette récupération surprise, suite à une offensive ‘éclair’ et décisive, de cette petite ville où se sont solidement concentrées les forces ''wahabo-takfiristes'', on annonce déjà des échecs sur d’autres fronts. Cette bataille d’Al Quseir a été particulièrement déterminante par l’appui, à la frontière libanaise, des éléments du Hezbollah qui n’ont laissé, aux groupes armés, aucune possibilité d’infiltration, d’exfiltration ou d’approvisionnement. Une assistance inattendue qui a été condamnée par la… Ligue arabe. L’autre élément est que l’armée syrienne a su se convertir, en la circonstance, en une redoutable force contre-guérilla.

Les résultats d’Al Quseir sur le plan militaire et tactique, avec ses effets ravageurs sur les autres groupes, ont créé un climat de défaite, une situation d’impasse mettant les groupes armés dans un état de déroute et les commanditaires dans une profonde confusion. C’est donc bien les résultats sur le terrain des combats qui dictent ou imposent la nature des changements.
 
Il ne restait que l’annonce par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut l’ultime round pour sceller cet encombrant et dangereux dossier par la voie politique, malgré l’agitation et les élucubrations des autres protagonistes qui soutiennent une solution militaire.

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Tant que l’on pouvait encore financer et remplacer les groupes anéantis, tant que l’on disposait encore de ‘cartes’ de pressions politiques et économiques, tant que les étapes du Plan tracé avançaient, il n’était pas envisageable de négocier quoi que ce soit. Avec la bataille d’Al Quseir, qui avait bouleversé, les données les commanditaires étaient contraints, dans la précipitation, d’adopter une série de manœuvres aussi insensées que dangereuses. Dès que les principaux groupes armés, que domine Al Nosra, ont été laminés ou réduits, il ne restait aux stratèges américano-sionistes et leurs suppôts arabo-monarchiques que de présenter du «réchauffé» en rabâchant les mensonges éculés, sans preuve voire sans conviction, ou tenter d’autres diversions et agissements dans l’espoir de disposer d’arguments et de moyens de pression consistants lors de cette Conférence dite de «Genève II». Mais le reste du monde connait ces manœuvres, s’en méfie, les réprouve.
 
Voyant leurs plans foirer, on réitère la fallacieuse histoire de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques que réfute Carla del Ponté en affirmant que ce sont les groupes armés qui les ont utilisés contre l’armée syrienne et les civils. Même la demande syrienne d’une enquête, in-situ, de l’ONU a été capotée par les EU qui voulaient l’étendre à tous les endroits de stockage éventuels de ce genre d’armes. En dépit de toutes les preuves filmées montrant des scènes de préparation de ces armes par les groupes armés, rien n’y fait, les EU accusent l’armée syrienne en concoctant un autre plan de communication sur les armes chimiques depuis la Jordanie en le faisant coïncider avec les exercices militaires en préparation dans ce pays. La France a été chargée par le biais du journal «Le Monde» de lancer la propagande, d’en fournir les éléments de preuves, même inconsistantes, pour en faire un motif d’intervention militaire extérieure. La Russie rejette ces accusations d’utilisation d’armes chimiques par les troupes gouvernementales syriennes, mais annonce par Poutine, en conférence de presse, lors du sommet du G8 à Lough Erne (Irlande du Nord), que son pays était prêt à participer à la vérification des cas d’utilisation de ces armes en Syrie et à soumettre les résultats au Conseil de Sécurité.
 
On tente aussi de relancer le projet illégal et dangereux d’une zone d’exclusion aérienne depuis la frontière jordanienne cette fois, qui serait de 40 km, pour permettre, en fait, de recomposer les groupes anéantis, faciliter l’acheminement des armes et des ravitaillements. Ce ‘no-fly zone’, qui coûterait 50 millions de dollars/jour, sera non seulement une violation d’un pays souverain, s’il ne passe pas par le Conseil de sécurité, mais est de nature à enflammer la région, car la Syrie sera en droit de riposter à toute violation de son territoire et son espace aérien sera très risqué aux pilotes qui s’y aventureront surtout si elle dispose des redoutables missiles S300, en plus de son arsenal offensif. 
 
On relance, tambour battant, le désir d’armer les groupes avec des armes modernes comme si les armes utilisées, jusque-là, venaient du néant ! La question qui les effraye est le risque de voir ces armes se retournent contre eux une fois le problème de la Syrie réglé dans les deux cas de figure. De ce fait, classer ‘Al Nosra’ organisation terroriste était le seul moyen de faire éliminer cet encombrant groupe. L’autre crainte est de voir aussi ces armes récupérées par l’armée syrienne comme toutes celles laissées par les groupes éliminés.
 
Au même moment, au vu des difficultés à recruter, on fait organiser, en Égypte, une conférence des oulémas musulmans à leur tête Al Qaradhaoui pour, essentiellement, lancer un appel demandant aux musulmans du monde de venir faire le Djihad en Syrie contre le «régime de Bachar» ; chose qui n’a jamais été faite contre le régime sioniste d’Israël qui ne cesse depuis plus de 60 ans de spolier et d’assassiner les palestiniens. Ce projet d’armer est condamné par la Russie qui y voit une volonté de poursuivre les tueries et donc contraire au but de la Conférence qui veut instaurer la paix. La Russie réfute le pendant fait avec sa livraison d’armes défensives qui obéissent, selon elle, à des contrats légaux avec un gouvernement légitime, telles les batteries antimissiles russes S-300 qui ne peuvent pas servir à réprimer l’opposition armée.
 
Toutes ces agitations et gesticulations ne seraient pas apparues s’il n’y avait pas domination par l’armée syrienne du terrain des combats. Lorsque les groupes armés occupaient des pans entiers de territoire, imposant leurs lois en martyrisant les populations, détruisant les infrastructures économiques, sociales et culturelles, foulaient des pieds les lois internationales et la morale, l’Occident encourageait en espérant la généralisation du chaos sur toute la Syrie pour le projeter à tous les États de l’axe de la résistance avec en ligne de mire l’Iran, mais lorsque la situation s’est renversée par la reprise en main des choses par l’armée syrienne avec risque d’anéantissement de toute la stratégie tracée pour ce Moyen-Orient, le voilà exhiber les «lois internationales» pour faire condamner la Syrie de crimes de guerre non avérés ou commis par leurs hommes pour en accuser l’adversaire.
 
La Conférence dite de "Genève II" a pour but de trouver une solution politique à la crise syrienne que soutiennent de nombreux pays. S’y présenter sans éléments de pression serait absurde. D’où l’activisme de l’Occident à vouloir s'y présenter forts d'arguments leurs permettant de soutirer un maximum de dividendes. Ce qui explique qu'en même temps les Américains s’activent, parallèlement, à vouloir armer plus et mieux les «rebelles» et à instaurer une zone d'exclusion aérienne. Ce contraste ne peut que viser à éloigner l’échéance de la Conférence dans l’espoir, sans aucun doute, de gagner du temps afin de glaner des cartes de pression politique plus avantageuses, via leurs troupes. Un certain Driss Salim, du commandement de l’ASL, aurait promis de défaire les forces armées syriennes en… six mois si l’Occident lui fournit les armes nécessaires. Les Américains n’étant pas dupes, il est fort probable que leur Plan prévoit une option plus handicapante visant à éterniser la présence des terroristes à l'intérieur et autour de la Syrie en créant un foyer permanent prêt à en faire usage à tout moment et ce, à défaut de la victoire immédiate souhaitée.

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Nous avons donc, après plus de deux ans:
 
-  Une Syrie engagée dans une guerre sanglante contre une «rébellion» hétéroclite composée de milliers d’éléments étrangers soutenus militairement et financièrement par une coalition de pays impérialistes pro-sionistes, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite appuyés par des ONG affidées et des milieux religieux musulmans sectaires.

-  Une domination de l’armée syrienne sur le terrain des combats et des groupes armés, composés de plusieurs nationalités, en débandade.

- Un camp agresseur dans une grande confusion et indécis qui veut armer, pour «équilibrer les forces» dit-il, des groupes dont il craint qu'ils se retournent contre lui tout en spéculant sur une intervention militaire directe hasardeuse.

- Une Turquie d’Erdogan qui se retrouve dans la situation de «l’arroseur-arrosé» qui n’arrive plus à finir sa mission de déstabilisation de la Syrie.  

- Une Égypte de Morsi - empêtrée dans des problèmes économiques, sociaux et institutionnels - qui se permet de suggérer sa disposition à assumer le rôle de la Turquie par des signaux en coupant toute relation avec la Syrie et en affichant son intention d’impliquer son armée. Chose que les hautes instances militaires jugent irréalisables contre tout pays «frère».

- Deux puissants ‘blocs’ qui s’affrontent pour un partage d’influence et d’intérêts. L’un croyant à la force militaire pour pouvoir étendre son hégémonie et l’autre qui veut montrer que le monde n'est plus unilatéraliste et qu’il est vain d'en nier l’évidence au risque d’un conflit généralisé.
 
Il faut être aveugle pour ne pas voir, à travers la guerre imposée à la Syrie de l’extérieur, une volonté de tailler à la hache toutes les  nations de la région pour les affaiblir, les piller, les assujettir pour des siècles de « transition démocratique ».
 

Djerrad Amar

FRANZ-OLIVIER GIESBERT: SI M. SARKOZY EST UN HOMME D'ETAT...

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Franz-Olivier Giesbert - Nicolas Sarkozy © Baltel/Sipa/Gorassini Giancarlo/Abaca


«Nous devons avoir l'intelligence et le courage de proposer à Henri Konan Bédié d'avoir la dignité et la décence de se retirer complètement de la politique... Bonne lecture du texte de Franz-Olivier Giesbert qui suit. Sincèrement». Un observateur avisé de la vie politique ivoirienne, fidèle lecteur de Regards Croisés.


Le retour en politique de Nicolas Sarkozy est-il encore possible ? Les flots d'affaires qui dégringolent sur lui devraient l'obliger à reculer. La raison aussi.

Depuis qu'il a quitté l'Élysée, M. Sarkozy ne songe qu'à retrouver son fauteuil et les lambris : il fait partie de cette catégorie de politiciens qui s'imaginent chef de l'État à vie pour devenir, après leur mort, président du Sénat.

Vibrionnant en coulisses, M. Sarkozy a ainsi verrouillé la droite en poussant M. Copé à s'installer à la tête de l'UMP dans les conditions calamiteuses que l'on sait et en interdisant à ce parti d'exercer le moindre droit d'inventaire qui lui permettrait d'élaborer, enfin, un projet de société.

Mais personne n'est irremplaçable, M. Sarkozy non plus. D'autant que tout porte à croire qu'il aura fort à faire avec la justice dans les années à venir. L'amoralisme n'est ni de droite ni de gauche ; il est partout. Mais ce qu'on a appris sur le système sarkozyste de gouvernement, ces derniers temps, jette une lumière crue sur des moeurs qui rappellent fâcheusement celles des républiques bananières.

Certes, les fines bouches sont fondées à parler de guerre des affaires, la droite et la gauche s'en jetant sans cesse à la figure, des vertes et des pas mûres, ce qui donne du travail aux médias et des suffrages au Front national. Il n'en reste pas moins vrai que toutes ces révélations sont plus que troublantes : affligeantes.

Où était donc passée, pendant son quinquennat, cette "République irréprochable" vantée par M. Sarkozy durant sa campagne de 2007 ? Elle s'était mise en congé pour laisser se déployer la passion pour les fonds en liquide de M. Guéant, son Fouché de poche, ou l'incroyable scénario, digne d'un mauvais polar, qui mena à l'arbitrage favorable à M. Tapie. Des affaires dont l'ancien président - qui a droit, cela va de soi, à la présomption d'innocence - aura du mal à faire croire qu'il n'en connaissait rien.

Que M. Tapie ait eu droit à un dédommagement après que son groupe fut dépecé, en 1995, à la suite de l'affaire du match truqué VA-OM qui l'envoya en prison, c'est une chose : à la justice de trancher en toute transparence, elle est même là pour ça, et personne n'aurait rien trouvé à redire. Mais non, il a fallu que M. Sarkozy se mêle de près à cette histoire, comme si elle le regardait, mélangeant tout, les genres, les cuillères, le beurre, l'argent du beurre et la fille de la fermière, au mépris des principes d'un État de droit.

Que deux des arbitres sur trois, MM. Bredin et Mazeaud, choisis par les parties en conflit, fussent a priori au-dessus de tout soupçon, c'est une évidence qui n'efface pas pour autant le malaise provoqué par cette affaire où s'est invité tout ce que la France compte de combinards et de navigateurs d'antichambre, sous l'autorité d'un omni-président.

Si M. Sarkozy veut rendre service à la droite, il a un devoir : confirmer au plus vite les propos par lui tenus pendant la campagne de 2012, et se retrancher définitivement de la vie politique ou plutôt de ses manoeuvres d'arrière-cuisine pour défendre son honneur devant les juges qui l'attendent au tournant.

La droite s'en portera mieux, qui a déjà pléthore de candidats sérieux pour prendre sa tête : François Fillon, bien sûr, mais aussi, par ordre alphabétique et à plus ou moins long terme, François Baroin, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Rama Yade et quelques autres, il y a l'embarras du choix !

S'il continue d'empêcher tout renouveau de l'UMP en attendant fébrilement le moment de son hypothétique retour, Nicolas Sarkozy, éclaboussé par des affaires de toutes sortes, continuera de faire, à son corps défendant, le jeu du Front national qui, ces temps-ci, prolifère sur fond de malheur social. Tout le confirme, les sondages comme les élections partielles : contrairement au parti de Marine Le Pen, la droite parlementaire ne profite en rien de l'impopularité de François Hollande.

Le piège de l'extrême droitisation d'une frange de l'UMP s'est refermé sur le parti tout entier : désormais, Mme Le Pen s'autorise à jouer les bonnes âmes modérées face à M. Copé et à ses damoiseaux buissonnistes. Un comble ! Quant au centre, pièce maîtresse pour l'élection présidentielle de 2017, il part à vau-l'eau, si j'ose dire, sous la houlette de M. Borloo.

La messe est-elle dite ? Tout se met en place pour que le FN devienne, aux prochaines européennes, le premier parti de France alors que les Français ont de plus en plus de mal à s'écouter les uns les autres. Un homme d'État doit savoir cela. M. Sarkozy prouvera qu'il en est un s'il tourne la page et laisse la droite vivre enfin sa vie, pour le meilleur et pour le pire.


Source: LE POINT.FR

mardi, 25 juin 2013

KONE KATINAN FAIT DES REVELATIONS SUR LE ROLE DE LA FRANCE ET DE CHRISTINE LAGARDE DANS LA «CRISE DES BANQUES» EN COTE D'IVOIRE

 

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La crise postélectorale de 2010-2011 n’a pas encore fini de révéler ses secrets. Dans un entretien réalisé par Théophile Kouamouo, le fondateur du Nouveau Courrier, dans le cadre du projet Côte d’Ivoire Voices de Nicoletta Fagiolo, Justin Koné Katinan, ministre du Budget dans le dernier gouvernement de Laurent Gbagbo, dirigé par Gilbert Aké N’Gbo, raconte les méandres de ce qu’on a appelé «la crise des banques». Une crise au cours de laquelle la France et les autres pays de l’UEMOA ont décidé de s’immiscer dans la querelle de légitimité qui opposait Gbagbo, investi par le Conseil constitutionnel, et Ouattara, autoproclamé président au cours d’une cérémonie surréaliste à l’hôtel du Golf, à la suite d’une parodie de proclamation de résultats provisoires de l’élection présidentielle faite à son siège de campagne par un président de la Commission électorale indépendante (CEI), en l’absence des commissaires de ladite Commission. Quelques phrases fortes de son témoignage.



- «Le 23 décembre 2010, des ministres se rencontrent à Bissau, et prennent une décision sous l’instigation de l’Elysée [il s’agit de la «transmission» de l’autorité sur les comptes de la Côte d’Ivoire à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest à Alassane Ouattara, alors retranché à l’hôtel du Golf d’Abidjan, ndlr]. Nous avons toutes les preuves selon lesquelles l’ambassadeur de France en Guinée-Bissau était présent pratiquement dans la salle. Un émissaire de l’Elysée était venu. Les ministres décident de contester la décision du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, et de choisir, eux, celui qui devait être «leur» président de la République. (…) Cela a été une agression inacceptable que l’on ne pouvait pas accepter. C’était illégal. Même la Conférence des chefs d’Etat, organe suprême de la BCEAO, ne pouvait pas prendre une telle décision. (…) Ils prennent une décision selon laquelle désormais ils ne reconnaissent pas la «signature de Gbagbo». (…) L’Etat intervient à travers la direction générale du Trésor qui est la banque de l’Etat qui ouvre un compte à la BCEAO, géré par des fonctionnaires, des agents comptables publics (…) qui ne peuvent pas quitter leur poste s’il n’y a pas eu passation de charges. (…) On s’est dit que c’était un défi intellectuel et technique lancé à la Côte d’Ivoire (…) Le ministre de l’Economie et des Finances a saisi le gouverneur de la BCEAO, qui était notre compatriote, pour lui dire qu’ils n’ont pas compétence pour nous refuser ce droit.»

- «Trois ou quatre chefs d’Etat se sont réunis à Bamako [le 7 janvier 2011] et débarquent notre compatriote dont ils pensaient qu’il était notre complice alors que le pauvre n’avait pas de marge de manœuvre puisque la loi était pour nous. On le débarque et on nomme son adjoint. Nous savions que les choses allaient changer puisque son adjoint était l’homme de Blaise Compaoré. Il fallait que nous réagissions très vite. (…) Nous avons regardé la législation, et l’une des options qui nous étaient données était celle de la réquisition. Parce que nous n’avons pas nationalisé la BCEAO, nous l’avons réquisitionnée. Nous avons réquisitionné le personnel ivoirien de la BCEAO sur la base d’un délai qui date de 1964 et permet à l’Etat en cas de situation difficile de nature à perturber son fonctionnement de réquisitionner les nationaux pour travailler.

- La veille du jour où cette réquisition devait prendre effet, le nouveau gouverneur de la BCEAO a appelé tous les cadres pour leur dire de ne pas venir travailler. Nous sommes passés sur les antennes [de la RTI, ndlr] pour lire la réquisition et appeler au travail. Tenez-vous bien: ce jour-là, plus de 95% du personnel ivoirien est venu travailler – et parfois même d’autres Africains. Les gens pensent que la BCEAO a été forcée. Pas du tout. (…) Nous avons fait une réunion. Nous avons lu la réquisition. Quand nous l’avons lue, la salle a explosé de joie. Je savais que le président Gbagbo avait gagné les élections, mais ce jour m’a donné encore plus de convictions. Nous n’avions pas le droit de reculer parce que ces personnes étaient décidées à travailler.

- L’autre solution que Dakar a trouvé, c’est le système informatique. Tout est centralisé à Dakar. Les succursales nationales sont en relation avec Dakar par des canaux informatiques. Ils ont empêché aux banques d’avoir accès à leurs positions pour fonctionner. (…) Nous avons appelé le personnel et nous leur avons demandé de revenir au système de compensation manuelle.

- J’ai vu la Françafrique de mes yeux! (…) J’ai vu comment nos systèmes financiers restent totalement sous domination de la France, dans l’intérêt exclusif de la France. J’ai vu qu’un seul fonctionnaire en France peut bloquer tout un pays. (…) J’ai vu la Françafrique le jour où Christine Lagarde m’appelle au téléphone.

- Allo, Monsieur le ministre Diby ? 

- C’est de la part de qui ? 

- Ici, le ministre Christine Lagarde.

- Mais ce n’est pas le bureau de Diby. Diby n’est plus ministre.

- Oui, c’était pour lui donner QUELQUES INSTRUCTIONS.

- Vous voulez donner des INSTRUCTIONS au ministre Diby ?

- Oui, nous avons quelque chose à nous dire.

- Monsieur le ministre Diby n’est plus ministre de l’Economie et des Finances. (…) Le ministre de l’Economie et des Finances s’appelle Désiré Dallo. Là vous êtes dans le bureau du ministre chargé du budget. Il s’appelle Koné Katinan. Le ministre Diby n’est plus ministre. Si c’est personnel, vous pouvez l’appeler sur son portable pour lui donner des instructions. 

- Si nous n’avions pas eu les événements du 11 avril et si la BCEAO continuait dans sa logique, le 15 mai 2011 nous avions notre monnaie. Nous n’avions pas le choix, parce que nous aurions été à un certain moment en rupture de coupures d’argent. Parce que notre succursale de la BCEAO est alimentée à partir de Dakar, qui renouvelle les coupures. (…) Le système que la France avait mis en place pour nous asphyxier était d’empêcher la BCEAO de recycler la monnaie, afin que nous soyons en rupture de monnaie fiduciaire.

- La monnaie ivoirienne, contrairement à ce qu’on dit, aurait pu marcher. Je pense que l’une des raisons de la guerre réside dedans. La Côte d’Ivoire aurait eu sa monnaie et cela aurait entrainé toute la sous-région. (…) Quand vous avez 40% de la masse monétaire qui vient d’un pays, vous détenez forcément 40% de l’économie. Ou bien les choses adoptaient cette monnaie ou ils l’auraient utilisée comme devise: elle se serait imposée d’elle-même.

- Le problème que nous aurions eu (mais nous avions déjà trouvé la parade) était que nous anticipions que la France refuse de nous rétrocéder notre position nette dans leur Trésor qui était de 2.000 milliards de FCFA.»


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 24 juin 2013

ACCORDS DE DEFENSE: CE QUE L'ARMEE FRANÇAISE FERA EN CAS D'ATTAQUE EN COTE D'IVOIRE

 

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On en sait un peu plus sur le nouvel accord de défense entre la France et la Côte d'Ivoire.

Signé le 26 janvier 2012 à Paris par Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, ce nouvel accord était supposé être rendu public par les deux parties ; mais depuis, il est tenu secret, les autorités ivoiriennes n'ayant pas encore daigné le mettre à la disposition du grand public. Il était par ailleurs prévu que ledit accord soit soumis à l'appréciation du parlement ivoirien avant de prendre force de loi, mais depuis, il n'a pas encore atterri sur la table des députés.

De sorte que les populations savent peu de chose de cet accord révisé, qui régit désormais les rapports entre les armées ivoirienne et française. Le document, dont nous avons reçu copie, laisse clairement entendre que les forces françaises ne serviront plus de bouclier au pouvoir en place à Abidjan, en cas d'attaque extérieure ou interne ; tout comme il précise le sort réservé au 43e BIMA (Bataillon d'infanterie de marine) et les facilités que l'Etat de Côte d'Ivoire consent à faire aux forces françaises amenées à séjourner sur le sol ivoirien dans le cadre de la coopération militaire.

Dès l'exposé des motifs, il est clairement indiqué: «Le présent traité ne prévoit pas de clause d'assistance en cas d'exercice de la légitime défense par le principe d'un concours à la République de Côte d'Ivoire en cas d'agression extérieure et encore moins de crise interne, mais de simples échanges de vues sur les menaces et les moyens d'y faire face». En d'autres termes, en cas d'insurrection armée ou d'agression extérieure, l'armée française n'aura pas à intervenir militairement pour neutraliser les assaillants.

On ne devrait donc pas voir les soldats français sur le théâtre des opérations avec leur armement, pour donner la riposte aux forces ennemies. Au regard du nouvel accord, la France se bornera à échanger avec les autorités ivoiriennes sur les moyens de contrer les agresseurs. Pas plus.

Le site du 43ème BIMA cédé gracieusement

S'agissant du 43ème BIMA, le nouveau texte annonce sa dissolution. «Le 43ème bataillon d'infanterie de marine dont la présence trouvait son fondement dans l'accord de 1961 a été dissous. Il n'y a plus de force pré-positionnée en Côte d'Ivoire», stipule l'accord. En pratique, les locaux abritant ce camp français ne sont pourtant pas encore «dissous» depuis ce 26 janvier 2012, puisqu'ils continuent de fonctionner comme par le passé, ses occupants n'ayant pas évacué les lieux.

Le site du 43ème BIMA reste donc fonctionnel, comme mentionné dans l'article 7 de la section 3 de l'annexe des accords de défense. «La partie ivoirienne met gracieusement à la disposition exclusive des forces françaises stationnées: le camp de Port-Bouët ainsi que les locaux et logements situés dans ce camp; l’installation abritant le détachement d’intervention lagunaire (DIL), à Abidjan». Peut-on alors  raisonnablement parler de dissolution du 43ème BIMA quand, dans le même temps, l'accord indique que les autorités ivoiriennes «met(tent) gracieusement à la disposition exclusive des forces françaises stationnées: le camp de Port-Bouët ainsi que les locaux et logements situés dans ce camp...»? Par ailleurs, les accords font des «cadeaux» à la métropole. Les forces françaises appelées à séjourner en terre ivoirienne dans le cadre de la coopération militaire sont notamment exemptées de droits de douane et même de contrôle sur le matériel militaire qu'elles font entrer en Côte d'Ivoire. «La Partie ivoirienne autorise l’entrée du matériel et des approvisionnements nécessaires aux activités et au fonctionnement courant des forces françaises stationnées, en franchise de taxes et droits de douane ou de tout autre droit similaire, hors les frais d’entreposage, de transport et autres services rendus», est-il en effet indiqué à l'alinéa 1 de l'article 3 de la section 2, relative aux «facilités accordées pour les activités des forces françaises stationnées».

Dans l'alinéa 2, l'accord dit, s'agissant de l'armement des soldats français: «Le matériel et les approvisionnements nécessaires aux activités et au fonctionnement courant des forces françaises stationnées qui entrent sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, transitent par ce territoire ou en sortent sont exemptés de tous documents douaniers ainsi que de toute inspection. Toutefois la Partie française est tenue de produire un inventaire identifiant le matériel et les approvisionnements en question aux autorités ivoiriennes compétentes». Comment vérifier la conformité de ce est déclaré par simple «inventaire» avec ce qui est contenu dans les containers et véhicules de transport, si l'on n'est pas autorisé à procéder à l'inspection?

Par ailleurs, les textes indiquent que les soldats français n'encourront pas de poursuites judiciaires de la part des autorités ivoiriennes dans certaines conditions. «Chaque Partie renonce à tout recours qu’elle pourrait avoir contre l’autre Partie, les forces, ou un membre du personnel de cette Partie pour les dommages causés à ses biens ou à son personnel, y compris ceux ayant entraîné la mort, en raison d’actes ou de négligences dans l’exercice des fonctions officielles qui découlent du présent traité», souligne l'accord, qui ajoute toutefois que «Les dispositions précédentes ne s’appliquent pas en cas de faute lourde ou intentionnelle. Par faute lourde, il convient d’entendre l’erreur grossière ou la négligence grave. Par faute intentionnelle, il convient d’entendre la faute commise avec l’intention délibérée de son auteur de causer un préjudice». Autant de facilités en retour desquelles la Côte d'Ivoire a droit à l'assistance militaire de la France en matière notamment de renseignements, d'équipement et de formation.

 

Assane NIADA


In le quotidien ivoirien "L'Inter" du 24 juin 2013.

samedi, 22 juin 2013

LA BNI ET LES CAISSES D'EPARGNE VONT FUSIONNER EN UNE BANQUE D'ETAT UNIQUE DANS TROIS MOIS, LA BFA ET VERSUS BANK SERONT VENDUES



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La banque nationale d’investissement (BNI) et la  de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne et de Prévoyance (CNCE), deux des cinq établissements bancaires publics ivoiriens, vont fusionner dans trois mois pour devenir l’unique banque d’Etat, alors que deux autres devraient être privatisées, a-t-on appris dimanche de source bancaire.

 

Selon cette source, ces deux établissements financiers vont fusionner pour devenir l’unique banque d’Etat, contrairement à l’annonce faite en janvier 2012 par le président ivoirien Alassane Ouattara de privatiser toutes les banques publiques du pays.

M. Ouattara, alors en visite d’Etat en France, avait expliqué que ces banques ne servaient qu’à “financer des dirigeants politiques’’.

Selon la même source, des auditeurs du cabinet conseil français Pricewaterhousecoopers (PwC) mènent pour 3 mois depuis le 10 juin une mission d’évaluation en Côte d’Ivoire pour la restructuration de ces banques.

Au terme de cette de cette mission, des décisions de vente, restructuration ou de fusion devraient être prises.

côte d'ivoire,la bni et les caisses d’épargne vont fusionner en une banque d’e,la bfa versus bank seront vendues,france,alassane ouattara

Ainsi, selon le schéma de restructuration, Versus bank et la Banque pour le financement de l’agriculture (BFA) devraient être destinées à la vente. Tandis que la BNI et l’ex-CNCE devraient fusionner pour donner une seule banque publique.

La banque pour l’habitat en Côte d’Ivoire (BHCI) qui fonctionnait comme les autres banques commerciales, devrait être restructurée avec une mission véritablement portée sur le développement de l’habitat pour soutenir les projets sociaux du gouvernement dans ce domaine.

Etablissement à capitaux publics et privés, la BHCI devrait continuer de l’être mais avec un accroissement des parts  du privé.

 

Alerte Info, in le quotidien ivoirien "Le nouveau courrier" en ligne.

LE MINISTRE TOURE AMARA SANS DETOURS: JUSQU’OU IRA OUATTARA AVEC CETTE DICTATURE DE L’EPEE?


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Le Docteur Touré Amara


Dans une interview exclusive parue à  «le quotidien d’Abidjan» du 10 Juin 2013, le Docteur Touré Amara, médecin, ancien Ministre, membre du secrétariat général du FPI, s’exprime sans détours sur la situation sociopolitique ivoirienne. Tout y passe: politique de rattrapage de Ouattara, la grande fracture sociale dans le pays, les déclarations malheureuses de Mamadou Koulibaly , le rôle de la France dans la crise ivoirienne et les conditions du retour des exilés. Une interview à lire et à partager.


Depuis que vous avez quitté le territoire ivoirien, l'on ne vous a plus entendu. Devrait-on comprendre que l'actualité de votre pays ne vous intéresse plus?

Je voudrais tout d’abord vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez pour m’adresser à vos lecteurs. Votre question m’amène à me demander si vous appréciez à sa juste valeur l’ampleur de la question de notre exil. Les responsables politiques que nous sommes dépassions le nombre de 200 cadres et chacun ne peut pas se lever et dire n’importe quoi et n’importe quand. Cela n’est pas responsable et c’est pour cela que nous sommes organisés en coordination du FPI en exil pour éviter la cacophonie. Nous sommes une quarantaine de Ministres, on trouve ici des PCA, DG, Directeurs Centraux et cadres supérieurs de différentes qualifications de l’administration ivoirienne. On ne peut pas avoir servi le pays à un tel niveau et dire que nous nous désintéressons de l’évolution de la vie publique chez nous à l’occasion d’un exil forcé malgré les dispositions pertinentes de notre constitution. Tout ce que je dis a été déjà dit et très souvent bien dit avant moi. Nous sommes en train d’écrire une page de l’histoire de notre pays et il ne faut pas laisser les amalgames de certains aventuriers troubler notre lecture. Je voudrais aussi vous rappeler que l’exil fait malheureusement partie de l’histoire des Peuples et des Hommes.

Vous qui avez appartenu au dernier gouvernement du président Gbagbo, que pouvez-vous dire aux Ivoiriens relativement à sa libération? En d'autres termes, Gbagbo sera-t-il libéré après cette vigoureuse sortie de l'Union africaine contre la CPI?

En tant que Ministre du dernier gouvernement du Président Gbagbo, la pire des choses que je lui souhaite est sa libération qui va en même temps LIBERER la Côte d’Ivoire. La sortie de l’Union Africaine (UA) contre la CPI intervient à un moment opportun mais je la trouve timide et pas très engagée. A mon sens, il aurait fallu réfuter ce Machin Raciste créé dans la logique dominatrice de l’Occident pour asservir l’Afrique et perpétrer  l’exploitation coloniale du continent. La précédente déclaration de Mme Zuma D. O. affirmant que la CPI ne fait pas partie de nos Normes Institutionnelles (UA) me sied mieux. Ainsi, l’UA devait demander la libération de tous les prisonniers Africains de cette prison Impérialiste et néo-colonialiste de La Haye. L’UA doit adopter la méthode chinoise qui consiste à se retirer et ne pas reconnaitre toutes ces organisations qui la méprise.

En tant que fils du nord, quels commentaires faites-vous de la politique de rattrapage initié par le régime Ouattara?

C’est une politique catastrophique et inacceptable pour la nation ivoirienne et pour les peuples du nord. En tant que fils du nord et musulman il y a un peu plus d’un an avant la déportation du Président élu Laurent Gbagbo, j’ai interpellé tous les imams et toutes les associations musulmanes du danger lié à ce transfèrement  forcé et illégal du CHEF, du FAMA à La Haye. J’ai rappelé tout ce que le président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane et que leur silence n’était pas juste et justifié car le Révérend Evêque Desmond Tutu disait que dans une situation d’injustice si tu choisis d'être neutre, c’est que tu as choisi le camp de l’oppression. Aucun président, depuis Houphouët jusqu’à Laurent Gbagbo en passant par Bédié et Guéi, n’a eu à appliquer une telle orientation ethniciste, tribaliste, régionaliste et religieuse du pouvoir en Côte d’Ivoire. C’est vraiment malheureux et inapproprié pour un pays qui cherche à se réconcilier depuis une décennie. Je me demande pourquoi??? Il est de notoriété que Mr Ouattara ne connait pas la Côte d’Ivoire, son anthropo-sociologie, ses alliances, ses tabous, interdits et totems mais il est entouré des amis de son parti, de ses alliés et tout ce monde le laisse conduire une politique aussi ignoble. Dieu durcit de plus en plus le cœur de Pharaon. Est-ce pour le perdre? Le Pharaon Ivoirien est-il si inaccessible aux paroles des humains que nous sommes? L’histoire bégaie-t-elle? Veut-il reproduire 1963 car Houphouétiste ? Jusqu’où ira-t-il avec cette dictature de l’épée? L’adage ancien nous enseigne les limites de cette politique de l’épée.

Pour tous les cadres conscients du nord sans distinction de parti et de religion et au-delà d’eux tous les peuples du nord, il faudrait réfléchir aux conséquences néfastes de cette politique hasardeuse dite de rattrapage de Ouattara. Il faut avoir en mémoire que toute médaille a deux faces et s’attendre malheureusement au retour du bâton et rester humble et digne. Chez nous les Malinké, on dit: La vie, c’est aujourd’hui et demain et que le soleil d’un roi ne peut briller toute l’éternité. Nous avons à construire une NATION multi-ethnique, multiraciale, multiconfessionnelle et donc nous ne pouvons nous accommoder avec des pratiques archaïques de «rattrapage». La Côte d’Ivoire a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils sans distinction aucune pour un développement harmonieux équitable et durable.

Tout récemment, Mamadou Koulibaly a fait une sortie dans un journal Camerounais où il a déclaré que Gbagbo n'a pas gagné les élections présidentielles de 2010. Vous qui l'avez côtoyé, quelle analyse faites-vous de cette déclaration?

La récente déclaration de Mamadou Koulibaly dans le journal camerounais n’est pas une surprise, elle est dans l’ordre qu’il s’est fixé et qu’il poursuit. Pour essayer de le comprendre, il faut suivre un tout petit peu sa carrière politique fulgurante. Mamadou Koulibaly, un illustre inconnu dans le milieu politique Ivoirien, nous est présenté au niveau du Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien comme un nouveau membre de cette instance de direction du parti par le président Gbagbo. Il a été coopté par le président après le congrès de 1994 et il était le seul membre de la direction non investi par le congrès. A peine 5 ans plus tard, il fait de lui un Ministre de la république dans le gouvernement de Guéi. Un an après, il est élu député de Koumassi sans y mettre le pied. Et par la volonté de Laurent Gbagbo, il est bombardé président de l'Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Enfin, il est nommé 3ème Vice-Président du parti. Mamadou a gravi tous ces echelons sans faire ses classes et le FPI est une école avec sa culture de lutte. Le petit Madou jouit de la confiance absolue et de l’amitié du Président de la république et de la première dame Simone Ehivet Gbagbo. Mais paradoxalement, il n’est pas enthousiaste au travail. Au niveau du parti, il est absent pratiquement à toutes les réunions du secrétariat général, du secrétariat exécutif, du comité central. Au niveau du parlement, Madame la 1ère Vice-Présidente Agoh Marthe a assuré l’intérim tout le temps. Dans sa circonscription électorale, il n’y mettait jamais les pieds. Mamadou est un solitaire instable et ambitieux, disent ses contemporains. Il croit avoir la science infuse à cause de son agrégation en science économique et ne tolère pas la contradiction et il se croit le nombril du monde, il se croit un infaillible. Il affirme de manière péremptoire que Gbagbo n’a pas gagné les élections. Pourquoi n’a-t-il pas gagné les élections présidentielles de 2010? Aucune preuve scientifique pour un agrégé d’Université. Je ne suis pas le juge des élections, dit-il? Mais dans notre pays, il n'y a qu’un seul juge constitutionnel des présidentielles qui s’est prononcé et a déclaré Gbagbo vainqueur. Pourquoi met-il en cause le verdict du juge? Il se réfère a un panel réclamé par le président pour faire un recomptage des voix, pour éclairer les résultats. Ce recomptage des voix a-t-il été fait, oui ou non? C’est seulement ce résultat qui devait s’imposer à lui et non des décisions politiques farfelues. Cette sortie de Mamadou intervient à un moment qui n’est pas fortuit.

Regarder la période après le coup de Sarkozy; c’est lui qui annonce l’arrivée de Paul Yao Ndré pour la 1ère investiture de Ouattara. Ensuite, il tente en vain la caporalisation du FPI pour accompagner Ouattara. Et aujourd’hui, à quelques heures du verdict de l’audience de confirmation des charges, il fait cette sortie de route. Comme quoi, à chaque fois que Ouattara est en difficulté, il court au secours. Mamadou Koulibaly n’est pas le bouc émissaire de qui que ce soit. Depuis longtemps, il cherche à s’imposer comme alternative au président Gbagbo. C’est ce qui explique son comportement à Marcoussis et sa discourtoisie vis-à-vis d’Affi N’guessan, président du FPI. Peu après Marcoussis, son imam attitré, Doumbia et feu son père géniteur organisent des sacrifices et des prières pour qu’il devienne le prochain président de Côte d’Ivoire. Dès lors, le parricide du père Gbagbo a commencé. Comme Britus, il faut tuer le père et prendre la place. Il faut analyser et comprendre les déclarations et les actes posés par Mamadou Koulibaly sous le prisme de cette nouvelle vision à lui. Pourquoi a-t-il un tel comportement? Il semblerait qu’il soit soutenu par les Occidentaux comme alternative à Ouattara. Après avoir bénéficié 11 années durant de privilèges et honneurs du régime FPI, Mamadou ne peut ni vilipender le Président Gbagbo ni accuser le parti pour quelque raison que ce soit car dauphin constitutionnel, il était au cœur de l’appareil de décision et il n’a pas démissionné. Après la chute du régime, il est facile de jeter l’opprobre sur les autres et se présenter comme le leader parfait et infaillible. Si le président Gbagbo est à La Haye, Mamadou doit être dans la cellule voisine.

Si Simone se retrouve a Odienné dans mon village, Mamadou ne doit pas être loin de là. Si Affi et Sangaré sont en prison, Mamadou doit être aussi en prison. Si par la grâce divine, il est dehors, il devrait normalement se sentir dans les liens de la détention, moralement et psychologiquement tout au moins. Il ne faut pas vendre son âme au diable parce qu’on veut devenir quelqu’un. Il ne faut pas trahir son propre pays parce qu’on aspire à faire partie des servants de l’Occident. ALLAH, le très Miséricordieux, l’Omniscient, l’Omnipotent récompense toujours le bienfait et le bienfaiteur, il n’aime pas les ingrats et leur réserve un châtiment ici-bas et dans l’au-delà. Amina!

Quand est-ce que vous envisagez rentrer dans votre pays ?

Cette question est intimement liée à l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Côte d'Ivoire. En septembre 2002, mon domicile a été pillé à Bouaké par la rébellion. Ils ont emporté tout ce qui s’y trouvait et cinq véhicules. Ma clinique, l’une des plus grande et moderne de Bouaké, a subi le même sort. Tout a été vandalisé et aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Le 30 novembre 2010, avant la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, je répète: avant la proclamation des résultats, mes deux domiciles d’Odienné sont pillés et vandalisés par les mêmes rebelles et ils sont partis avec deux véhicules. Puis à la suite de la guerre postélectorale, mon domicile d’Abidjan est pillé en partie et est actuellement occupé par un chef rebelle, à la Riviera Synacassci. Trois véhicules ont été emportés. Tous mes comptes bancaires sont gelés. Je dois rentrer pour faire quoi? Comme tous les exilés, nous attendons l’aboutissement heureux et raisonnable des discussions entre le parti et le gouvernement pour revenir assumer notre rôle.

Quel est pour vous l'avenir de la Côte d'Ivoire avec Ouattara?

L’avenir de la Côte d’Ivoire avec Ouattara n’est pas du tout prometteur. C’est du remake. Politiquement, on veut nous ramener au monopartisme avec un parti unique tout-puissant et un chef qui a droit de vie et de mort sur ses sujets. Ce qui est inacceptable dans le contexte ivoirien actuel. Sur le plan économique, il s’agit de nous imposer encore une politique d’austérité comme en 1990-1993, avec la destruction de ce qui reste comme biens publics dans le portefeuille de l’Etat. On ne peut pas devenir un pays émergent en limitant de manière drastique le recrutement des enseignants, des médecins, des infirmiers et des sages-femmes à la Fonction publique. On ne peut pas se développer sans la création d’usines, or aujourd’hui, ce n’est pas le cas dans notre pays. On parle plutôt de licenciement massif et abusif. La politique d’endettement et des PAS ne peut nous conduire bien loin. Il s’agit de nous maintenir dans la politique de dépendance du FMI et de la Banque Mondiale, instruments de domination du capitalisme international. Il nous faut sortir de la philosophie occidentale du développement. Socialement, nous avons un pays divisé entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara et entre Musulmans et Chrétiens et la réconciliation ne bouge pas car on refuse d’affronter de manière courageuse les problèmes réels et on joue à un jeu de diversion. Il faut un forum de discussion directe entre le Président Gbagbo et Mr Ouattara pour tout mettre à plat et repartir du bon pied. L'ampleur de la fracture sociale est telle qu’il ne faut pas se leurrer.

Je vais terminer en vous racontant cette histoire réelle vécue à Accra, entre nous, exilés. Un jour, deux amis décident d’aller rendre visite à un autre. Comme par hasard, les deux qui ne sont pas malinké, s’habillent en boubou, portent un bonnet sur la tête et sont tous barbus, comme c’est quelquefois le cas, ici. Ils arrivent chez leur ami et trouvent au salon, son fils de 10 ans. Ils lui demandent où est son père. Le petit hésite à parler et ensuite leur répond que son papa est absent. Ensuite, il s’enfuit dans la chambre de sa tante pour lui dire que les assaillants en boubou sont venus demander après son papa et conseille à sa tante de ne pas dire où se trouve son père. Voilà jusqu’où peut nous amener cette lamentable politique de Ouattara.

Pensez que-vous que la France peut un jour lâcher celui qu'elle a imposé aux Ivoiriens?

L’adage dit que chaque peuple mérite le chef qu’il a. L’histoire de la France devrait plutôt nous inspirer dans la lutte que nous menons pour les libertés, la justice et la démocratie. Votre question nous ramène à la problématique du Maitre et de l’Esclave. Est-il possible que, pour se libérer de ses servitudes, l’Esclave demande au Maitre de l’aider à se libérer? Chaque peuple à son histoire et nous devons assumer la nôtre. Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, notre pays!


Propos recueillis par Simplice  Zahoui.


In le quotidien ivoirien "Le Quotidien d'Abidjan".

vendredi, 21 juin 2013

BOUSSO DRAME, LAUREATE DU CONCOURS NATIONAL D’ORTHOGRAPHE, REFUSE LE VISA DE LA FRANCE A CAUSE DU COMPORTEMENT VEXANT DU CONSULAT DE FRANCE!


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Il existe encore de la bonne graine et de la dignité en Afrique, DIEU soit loué! La nouvelle génération semble s'en porter garante. On peut encore espérer en un avenir prometteur et radieux pour l'Afrique. Merci, chère soeur Bousso Dramé, pour la force impétueuse de ce symbole que tu as si heureusement tenu à marquer. Fasse DIEU qu'il y en aie des millions comme toi, dans toute l'Afrique, pour la résurrection glorieuse et l'ascension de l'Afrique! Merci à toi. Fernand Dindé.

 

A Son Excellence, Monsieur le Consul Général, 
A Monsieur le Directeur de l’Institut Français du Sénégal, 

 

Mon nom est Bousso Dramé et je suis une citoyenne sénégalaise qui, en ce jour, a décidé de prendre sa plume pour porter haut et fort un message me tenant particulièrement à cœur. 

Par intérêt pour la langue de Molière, j’ai décidé de participer en Avril dernier, au Concours National d’Orthographe 2013, organisé par l’Institut Français, dans le cadre des Prix de la Francophonie. Le concours a réuni quelques centaines de candidats, âgés de 18 à 35 ans dans les Instituts Français de Dakar et de Saint-Louis ainsi que les Alliances Françaises de Kaolack et de Ziguinchor. A la suite de joutes portant sur un extrait de L’Art Français de la Guerre d’Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, j’ai eu l’honneur d’être primée Lauréate dudit Concours. A ce titre, un billet d’avion Dakar-Paris-Dakar et une formation CultureLab en réalisation de film documentaire au Centre Albert Schweitzer m’ont été octroyés. 

Durant ma petite vie, je n’ai eu de cesse, tout en étant ouverte sur le monde dont je suis une citoyenne, de défendre ma fierté d’être noire et africaine. Il va sans dire que je crois résolument à l’avenir radieux de ma chère Afrique. Je suis également d’avis qu’il est impératif que les préjugés qui ont prévalu au sujet des Africains et de l’Afrique, du fait du passé colonial et de la situation contemporaine difficile de ce continent, soient révolus. Il est temps que les Africains se respectent eux-mêmes et exigent d’être respectés par les autres. Cette vision d’une Afrique généreuse et ouverte, certes, mais fière et ferme dans l’exigence du respect qu’on lui doit et qu’on ne lui a que trop longtemps refusé est une conviction forte qui me porte et me transporte, littéralement. 

Cependant, durant mes nombreuses interactions avec, d’une part,  certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. Pas une fois, ni deux fois, mais bien plusieurs fois! Ces attitudes, j’ai vraiment essayé de les ignorer mais l’accueil exécrable dont le Consulat de France a fait montre à mon égard (et à celui de la majorité de Sénégalais demandeurs de visas) a été la goutte d’eau de trop, dans un vase, hélas, déjà plein à ras bord. 

En personne authentique qui ne sait pas tricher, une décision difficile mais nécessaire s’est naturellement imposée à moi. Un voyage tous frais payés, fut-il le plus beau et le plus enchanteur au monde, ne mérite pas que mes compatriotes et moi souffrions de tels agissements de la part du Consulat de France. Une formation aussi passionnante soit-elle, et Dieu sait que celle-ci m’intéresse vraiment, ne vaut pas la peine de subir ces attitudes qu’on retrouve malheureusement à grande échelle sous les cieux africains. Par souci de cohérence avec mon système de valeurs, j’ai, donc, pris la décision de renoncer, malgré l’obtention du visa. 

Renoncer pour le symbole. 

Renoncer au nom de tous ces milliers de Sénégalais qui méritent le respect, un respect qu’on leur refuse au sein de ces représentations de la France, en terre sénégalaise, qui plus est.

Cette décision n’est pas une sanction contre des individualités, mais contre un système généralisé qui, malgré les dénégations de mes concitoyens, semble ne pas avoir l’intention de se remettre en cause. 

Par ailleurs, je trouve particulièrement ironique que l’intitulé partiel de la formation à laquelle je ne prendrai pas part soit : « La France est-elle toujours la Patrie de Droits de l’homme. Jusqu’à quel point les Français sont-ils des citoyens d’Europe, du monde? » Cela aurait, sans aucun doute, fait un intéressant sujet de documentaire vu d’une perspective africaine et j’espère, avoir l’occasion, par d’autres voies et moyens, de participer à une future formation CultureLab. 

Je tiens à remercier, l’Institut Français tout de même, pour l’initiative de ce concours, qui, à mon avis mériterait de continuer à exister, voire se tenir à fréquence plus régulière et ce, pour stimuler l’émulation intellectuelle entre jeunes Sénégalais et pour le plaisir des amoureux de la langue française, dont je fais partie. 

Madame la Préposée au Guichet du Consulat de France - je ne connais pas votre nom, mais je vous dis au sujet de ce visa dont je ne me servirai pas : Non, merci. 

Fièrement, sincèrement et Africainement vôtre. 


Bousso Dramé  

Consultante Internationale 
Récipiendaire de la Bourse d’Excellence du Gouvernement Sénégalais 
Récipiendaire de la Bourse d’Excellence Eiffel du Gouvernement Français pour les étudiants étrangers 
Diplômée de Sciences Po Paris, Master en Affaires Internationales 
Diplômée de la London School of Economics, MSc in International Political Economy 
Nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial 


Source: VIPEOPLES.NET

KKB SUR RFI: «MARCOUSSIS NE FAIT PAS PARTIE DES ORGANES DU PDCI. POUR ETRE PRESIDENT DU PDCI, IL FAUT AVOIR ENTRE 40 ET 75 ANS»

 

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«KKB sur RFI: “Marcoussis ne fait pas partie des organes du Pdci. Pour être président du Pdci, il faut avoir entre 40 et 75 ans”.

Boisbouvier: “Bedié doit donc partir?”.

KKB: “C’est pas moi qui le demande. Je pense que le prochain congrès du PDCI-RDA sera le rendez-vous des jeunes. Ou bien les jeunes prennent le pouvoir, ou bien ils font un roi. La moitié des secrétaires généraux ont mon âge, il y a un besoin de rajeunissement du PDCI-RDA.»

Il se nomme Kouadio Konan Bertin, mais il préfère qu'on l'appelle par ses initiales, KKB. Est-ce parce que ces trois consonnes claquent comme un étendard au vent?

A 44 ans, le président des jeunes du Parti démocratique de Côte d'Ivoire part à l'assaut de la citadelle Henri Konan Bédié, le président du PDCI. Surtout, il réclame un candidat PDCI face au candidat Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015.

De passage à Paris, et quatre mois avant le prochain congrès du PDCI, le député ivoirien répond sans détour aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI.

 

Source: Autre Presse

UNE MINISTRE BELGE CONFIRME: AL QAIDA EST NOTRE ALLIE INDIRECT EN SYRIE


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Des milliers d'Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l'intérieur Madame Joëlle Milquet s'est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes. Ce jeudi soir à l'émission « Face à l'info » d'Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l'Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu'il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous. En d'autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d'Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu'ils servent notre guerre contre la Syrie.

 
Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l'intérieur Joëlle Milquet et moi-même.
 
Jointe par téléphone, la ministre s'est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.
 
Pour saboter l'échange d'idées, Mme Milquet a misé sur le procès d'intention, m'envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d'Assad. 
 
Nous n'épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

N'allons surtout pas déranger Al Qaïda !

 Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d'après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l'on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.
 
Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c'est-à-dire de la section syrienne d'Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c'est-à-dire dans une zone sous contrôle de l'OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il. En d'autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons. Passons et citons la ministre :
 
"J'ai été voir longuement le ministre de l'intérieur turc, le chef de la sûreté de l'Etat turc. J'ai vu Monsieur Erdogan. J'ai vu le ministre de la justice. J'ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j'avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu'ils tentent de les localiser, les différents éléments... Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu'ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s'ils se retrouvaient en Turquie. (...) L'ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu'à la frontière. (...) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l'émission Ndr) s'ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie."
 
Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l'odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d'autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d'après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent "évidemment" pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?
 
Madame Milquet devrait d'abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d'agents turcs capturés par l'armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d'échanges lorsque l'Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l'armée turque ? Pendant plus d'un an, l'ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d'interview à la presse sans l'autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.
 
D'autre part, l'Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d'ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.
 
Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s'il s'agissait d'un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n'avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l'axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.
 
Quoiqu'en pense Madame la Ministre, l'engagement de nos concitoyens dans cette guerre n'est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu'Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.
 
Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes
 
Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :
 
Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c'est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l'opérateur national qui est évidemment l'opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (...)
La Turquie soutient l'opposition et l'armée libre syrienne (ASL) (...) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j'avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n'était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l'opérateur syrien (...).
 
Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l'opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu'attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?
 
Madame Milquet poursuit sur un aveu d'impuissance :
 
On est un peu hélas dépendant (notre compétence s'arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu'ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu'ils sont à la frontière (...) Nous n'avons plus d'ambassade en Syrie. (...) Nous avons un gros problème d'accès au territoire (...).
 
Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu'en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d'un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.
 
Ceci étant, si l'on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l'on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.
 
La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).
 
Aujourd'hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d'une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : "Il faut impliquer l'Iran dans la résolution de ce conflit".
 
La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l'extrémisme de notre politique étrangère laquelle n'a d'égal que le radicalisme et l'extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.
 
"Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs" a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.

Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d'avril 2013, le Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l'Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.
 
Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l'antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).
 
Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.
 
Aujourd'hui, d'après de nouveaux éléments d'enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).
 
Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.
 
Vu l'ampleur du phénomène, une question s'impose : N'est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?
 
Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d'Israël ?
 
Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l'émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.
 
Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s'en prendre à l'Etat hébreux.
 
Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n'est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d'ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l'a très souvent fait durant les années 70 et 80.
 
Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l'Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.
 
La décision du bourgmestre d'Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d'accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.
 
Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l'implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.
 
Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.
 
Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.
 
Aujourd'hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu'elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :
 
- promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes
 
- lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas
 
- présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie
 
- contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.
 
- poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l'humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,
 
Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.
 
 

KADHAFI A FINANCE SARKOZY: LA CONFIRMATION


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Sarkozy-Kadhafi : l'interprète confirme le financement

 

Le diplomate Moftah Missouri, ancien interprète de Kadhafi, révèle ce soir, dans l’émission Complément d’enquête (France 2), avoir appris que le régime libyen avait versé « une vingtaine de millions de dollars » à Nicolas Sarkozy, à l'occasion de sa campagne de 2007.

 


Financement libyen de Sarkozy : un témoignage... par Mediapart

 

Le diplomate confirme l’authenticité du document officiel libyen dévoilé par Mediapart le 28 avril 2012. Selon cette note datée du 10 décembre 2006, la Libye avait décidé «d’appuyer la campagne électorale» de M. Sarkozy.

 

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Source: MEDIAPART

mardi, 18 juin 2013

L'AGONIE DU COMPLOT OCCIDENTAL CONTRE LA SYRIE

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La salle se fait de plus en plus clairsemée à la Coalition nationale syrienne. L’avenir a changé de camp.

 

La victoire enregistrée par l’Armée arabe syrienne dans la région de Qoussair n’est pas une exception mais une tendance générale confirmée. Les gangs terroristes takfiristes s’effondrent en raison du recul du soutien populaire à la rébellion armée. La règle historique indiscutable est que toute force militaire, même s’il s’agit d’une armée puissante, nombreuse et bien équipée, perd ses capacités de résistance si elle ne jouit plus d’un environnement social favorable. Que dire alors de groupes de mercenaires assoiffés de sang, venus de 82 pays différents, qui commettent les pires crimes contre les populations locales. Le dernier en date étant, dimanche, l’exécution d’un enfant de 15 ans devant sa famille pour blasphème (Voir ci-dessous). Plus grave encore, le peuple syrien a découvert que ces groupes sont étroitement liés à Israël. Commentant la situation en Syrie, le chef des services de renseignement allemands, cité par le Der Spiegel [1], a reconnu que l’armée syrienne allait poursuivre son avancée pour reprendre le contrôle de la plupart des régions ces trois prochains mois. Cette évaluation rejoint les informations selon lesquelles le qatari Hamad Ben Jassem a exprimé devant le président Barak Obama ses craintes de voir une victoire de l’État syrien sur les gangs takfiristes que les dirigeants qataris ont créés, formés, entrainés et financés. 

Le grand déséquilibre des rapports de forces en Syrie, en faveur de l’État national, apparait de plus en plus clairement. La popularité croissante du président Bachar al-Assad n’est plus un secret. Même les rapports de l’Otan affirment que près des deux tiers des Syriens soutiennent leur président. Il est évident que ce sondage, commandé par des puissances membres de l’Otan, a été réalisé dans les zones qui échappent au contrôle de l’État. 

Ces réalités résultent de l’attachement d’une majorité de syriens à leur État, à l’indépendance de leur pays et à leur armée. Le fait que le projet hégémonique ait utilisé les groupes takfiris comme principal outil a permis aux Syriens de comprendre très vite la nature du complot occidental qui cible leur patrie, et qui vise à déchirer le tissu national des peuples de la région. Le projet occidental s’est brisé sur un bloc transcommunautaire, qui comprend une bonne majorité de sunnites et de chrétiens orientaux, qui affichent des choix arabes et nationaux. Si ce bloc n’existait, l’État se serait effondré depuis longtemps. 

Les événements en Turquie sont une expression supplémentaire des revers successifs subis par l’alliance anti-syrienne. Ils se reflètent dans l’impuissance et la confusion qui caractérisent l’action des États-Unis. La purge opérée par Barak Obama au sein de son administration en est la preuve : Hillary Clinton, David Petraeus, Robert Ford... autant de figures qui ont disparu de la scène ou sont en voie de disparition. 

Un an après l’accord de Genève, il est clair que les États-Unis et avec eux les monarchies rétrogrades du Golfe et le gouvernement du mirage ottoman, ont épuisé toutes les possibilités pour intensifier leur agression contre la Syrie. Mais en dépit des gigantesques moyens mis en œuvre, cette alliance s’est brisée sur la résistance de l’État national syrien, de son armé et du peuple, sans compter la détermination et la volonté d’acier du président Bachar al-Assad. Les solides alliances régionales et internationales bâties par la Syrie ces dernières décennies ont également constitué un atout majeur qui a renforcé les capacités de résistance de la Syrie.

 

Déclarations et prises de positions


Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie 
« Nous avons fourni notre évaluation concernant la décision adoptée la semaine dernière par les chefs de diplomatie de l’UE de lever l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne. Je ne vous cacherai pas que cela nous a déçu. Toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, via une ingérence militaire, est vouée à l’échec et ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant de lourdes conséquences humanitaires. Nous avons convenu de coordonner nos efforts afin de mieux promouvoir la conférence Genève 2. Nous craignons pour la sécurité de notre délégation des rebelles cannibales qui mangent leurs ennemis. »

Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères 
« Les combattants du Hezbollah ont uniquement défendu leurs frères libanais dans la région de Qoussair. Certaines parties déforment le rôle du Hezbollah et veulent nous faire croire que ce qui se passe en Syrie depuis deux ans est sa faute. Le Hezbollah ne combat pas dans le sud syrien, ni à Daraa, ni à Idleb ou Qamichli. Seulement à Qoussair pour défendre ces Libanais qui ont été agressés par les rebelles et dont certains ont été tués, sans parler de leurs biens détruits. Le Hezbollah ne participera pas aux autres batailles et si nous disons que c’est lui qui mène le combat, c’est très réducteur pour l’armée syrienne qui est l’une des 20 armées les plus puissantes au monde, avec des effectifs de 400 000 hommes et autant de réservistes. »

Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda 
« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui œuvrera pour le rétablissement du califat. Le jihad au Levant œuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée à Jérusalem. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah 
« On nous dit que le Courant du Futur tente de poser un certain nombre de règles concernant la formation du gouvernement. Ce courant semble toutefois avoir oublié qu’il n’est pas en position de distribuer les rôles ou de déterminer qui doit être au gouvernement et qui ne doit pas y être. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« Si les groupes takfiristes remportent la victoire, il ne restera plus de Liban. Le pays sera morcelé, il y aura des massacres, et certaines de ses communautés seront déplacées. Si nous voulons défendre le Liban, nous ne devons pas permettre à ces groupes de prendre le contrôle de la Syrie. C’est la raison pour laquelle nous combattons là-bas, pour défendre l’unité de la Syrie et par le fait même pour défendre l’unité du Liban. La bataille en Syrie n’a rien d’une bataille pour la réforme politique ou pour la mise en place d’une démocratie. C’est bien plus grave que certains l’imaginent. Il s’agit d’une guerre américano-israélienne à laquelle participent des gouvernements européens et des régimes arabes, dans l’objectif de faire chuter l’État en Syrie, soit pour mettre en place un régime à la solde des États-uniens et des Israéliens, soit pour faire régner le chaos. »

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste 
« Le fait d’enflammer la situation dans la ville de Tripoli ne changera rien à l’équation en Syrie, qui reste compliquée et va en s’aggravant. Si certaines parties politiques libanaises estiment qu’elles peuvent changer quoi que ce soit à la crise syrienne à partir de Tripoli, elles doivent se rendre compte que leur pari n’aboutira pas. À quoi sert de mettre la capitale du Nord à feu et à sang par le biais des règlements de comptes politiques de type sectaire et confessionnel, en exacerbant les instincts, la tension et la discorde. Il est temps que certains responsables à Tripoli ainsi que les autres parties locales et extérieures cessent d’alimenter le conflit par les armes et le financement organisé. »

Jamal al-Jarrah, député du Courant du futur 
« Du fait que le Hezbollah a soutenu le terrorisme et le meurtre et combattu aux côtés du régime syrien, il a perdu sur le plan éthique. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Sa participation aux combats en Syrie constitue un crime contre le Liban et la Syrie. »

Evénements


• Des rebelles islamistes engagés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad ont abattu devant sa famille un adolescent de 15 ans qu’ils accusaient de blasphème, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’adolescent vendait du café à Alep (nord) et les islamistes l’ont entendu prononcer une expression qu’ils ont jugée blasphématoire dans une conversation avec un ami. Il a été tué de deux balles, l’une dans la bouche, l’autre dans la nuque, devant ses parents et ses frères et sœurs, a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Selon M. Abdel Rahmane, il s’agissait probablement d’un groupe de jihadistes étrangers. « Ils parlaient l’arabe classique, pas le dialecte syrien », a-t-il expliqué à l’AFP.

• « L’instrumentalisation du CDH de l’Onu au profit de l’une des parties en conflit en Syrie, dans ce cas l’opposition radicale, ne contribue guère à la recherche d’une issue à la crise ni à la préparation de la Conférence internationale sur la Syrie », souligne la diplomatie russe, commentant le rapport présenté par la commission indépendante d’enquête sur la situation en Syrie lors de la 23e session du Conseil. Selon le rapport, la responsabilité des violences en Syrie incombe uniquement à Damas. D’autre part, ses auteurs ne qualifient pas d’attentats terroristes les explosions perpétrées dans les villes syriennes par des kamikazes. Les auteurs du document reconnaissent toutefois que les groupes armés d’opposition, où les extrémistes sont de plus en plus nombreux, pratiquent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des prises d’otages, utilisent des enfants-soldats et commettent d’autres crimes.

• L’imam de la mosquée al-Qods, dans la ville de Saïda au Liban-Sud, cheikh Maher Hammoud, a été la cible d’une tentative d’assassinat lorsque des inconnus ont ouvert le feu dans sa direction. Cheikh Hammoud, un proche de la Résistance, a déclaré que des assaillants avaient tiré près de 20 balles dans sa direction alors qu’il sortait de sa maison pour aller à la mosquée. « Des sympathisants de l’opposition syrienne ou tout autre parti cherchant à créer la discorde » pourraient être derrière cette tentative d’assassinat, a-t-il dit. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont pu localiser la voiture utilisée dans l’attaque, un Datsun volée deux heures plus tôt.


SourceVOLTAIRENET.ORG

AHOUA DON MELLO: «M. BILLON IGNORE LES RAISONS DE L'INTERVENTION MILITAIRE DE LA FRANCE»


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Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.


Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays ?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez-vous à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés ?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…)

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr: peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3.000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force Licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr: Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2ème terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.


Entretien realisé par le Panafricain.com.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

ELLE ILLUSTRE UN ARTICLE SUR LA CPI ET GBAGBO – LA LEGENDE DE L’HEBDOMADAIRE «MARIANNE» QUI SUSCITE L’INDIGNATION


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Qu’est-ce qui peut bien se passer dans l’esprit d’un secrétaire de rédaction quand il illustre une photographie en tordant le cou à la légende originelle de l’agence qui a fourni l’image à sa publication et se lance dans des accusations douteuses qu’il est incapable de prouver? Son procédé est en tout cas similaire à celui du procureur de la CPI dont l’article qu’il «habille» dénonce justement la démarche…

 

L’article, publié dans la rubrique «Monde» de l’hebdomadaire français Marianne, est plutôt intéressant et équilibré. Intitulé « La justice internationale en procès», il revient, sous la plume d’Alain Léauthier, sur «le cas Gbagbo» qui révèle «toutes les insuffisances et les incohérences, de forme comme de fond, de la Cour pénale internationale, considérée par ses détracteurs comme une justice de ‘’vainqueurs’’». Donnant la parole à des membres de la communauté des défenseurs de la CPI et à Maître Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, il explique clairement que les éléments de Fatou Bensouda, procureur auprès de la CPI, et qui visent à démontrer la culpabilité de l’accusé ont «peu de valeur probante». Il met en lumière les contradictions de fond d’une démarche qui mêle allègrement juridique et politique. Notamment quand il relaie le point de vue de l’avocat Philippe Currat, secrétaire général du Barreau pénal international à Genève, selon lequel « faute de pouvoir établir clairement sa responsabilité dans les centaines d’actes délictueux, on déclare [Gbagbo] coresponsable de tout. »

Des traces de sang révélatrices

Dans ce contexte, la légende de la photo tenant lieu d’illustration principale de ce papier – un jeune homme uniquement vêtu d’un caleçon rouge gisant devant une patrouille de militaires attroupés autour d’une Jeep armée – apparaît comme particulièrement curieuse, en ce qu’elle relaie sans douter le «narratif» du bureau du procureur qui n’a justement pas convaincu les juges de la CPI. On peut lire en effet : « VICTIME D’UN MASSACRE PLANIFIE – Le corps d’un opposant à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo gît dans une rue d’Abidjan, le 2 avril 2011. Laurent Gbagbo est soupçonné d’avoir ordonné des exactions de masse, entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, afin de rester au pouvoir, malgré sa défaite électorale. »

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L’on se demande bien ce qui a inspiré le secrétaire de rédaction qui a rédigé ce petit texte – car il faut savoir que dans les magazines de cette importance, le choix de la « titraille », des photos et des légendes, ne relève généralement pas du rédacteur de l’article. Le Nouveau Courrier a cherché la légende originelle de cette photo dont l’auteur est Emmanuel Braun, de Reuters. Elle indique :«Des forces pro-Ouattara attendent. Au premier plan, un homme blessé, le 2 avril, à Abidjan.» Il n’est absolument pas mentionné que c’est «un opposant à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo».

En réalité, l’observateur attentif a toutes les raisons de croire que le jeune homme, qui semble avoir reçu au moins une balle dans la bouche (ou a été victime d’une lame particulièrement acérée), a la mâchoire explosé – comme l’ancien ministre de Gbagbo, Désiré Tagro, qui succombera d’un «traitement» similaire neuf jours plus tard –  et lutte – pour combien de temps encore ? – contre la mort, est une victime des «soldats pro-Ouattara».

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Les traces de sang que l’on peut voir sur la même image, prise d’un point de vue différent (ci-haut), permettent de se rendre compte que la victime a été «touchée» à deux pas de là où elle git et à trois pas de là où se trouvent les soudards des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Elle se vide lentement de son sang et on peut imaginer que sa mésaventure a eu lieu quelques minutes plus tôt. Ces événements se sont déroulés le 2 avril 2011 au corridor d’Abidjan Nord (Yopougon Gesco) momentanément tenu par des FRCI repoussées le même jour par les Forces de défense et de sécurité (FDS) nationales. Emmanuel Braun, l’auteur de la photo, était «embedded» avec les FRCI – il les suivait dans leur épopée militaire qui devait les conduire du Nord du pays au palais présidentiel d’Abidjan. L’attitude générale des «soldats» qui assistent à l’agonie de l’infortuné laissent à penser qu’il ne s’agit pas d’un des leurs, qu’il soit simple «opposant» civil ou milicien armé.

Un modus operandi typique des soudards pro-Ouattara

De plus, le jeune homme qui gît là a d’abord été déshabillé avant d’être grièvement blessé. Or, déshabiller les suspects avant de les soumettre à la «question» voire de les éliminer a fait partie du modus operandi des miliciens pro-Ouattara durant la crise post-électorale comme le montrent l’image qui suit, dont l’auteur est un photographe de l’agence américaine Associated Press. Le jeune homme menacé d’égorgement, et que l’on a souvent confondu avec celui que l’on voit sur la photo choisie par Marianne – en réalité, la scène se déroule dans la commune de Cocody, à la Riviera, sur la route d’Abatta, et non à Yopougon –, a lui aussi un boxer rouge.

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Une scène similaire – un homme dévêtu et martyrisé par les FRCI – a par ailleurs été filmée par une équipe de la chaîne de télévision Arte le 4 avril 2011, lors du « reflux » des forces pro-Ouattara dans le quartier de Yopougon Gesco, où la scène qui illustre l’article de Marianne s’est nouée…

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Bien entendu, tout ce background qui devait pour le moins inciter à la prudence est inconnu du secrétaire de rédaction qui a rédigé la légende catégorique de l’article de l’hebdomadaire français du samedi. Et son interprétation absolument discutable de la photo de l’agence Reuters témoigne des effets de la «clameur publique» et des préjugés ambiants sur un individu moyennement «informé». La légende de Marianne illustre en tout cas de manière assez ironique l’impasse conceptuelle dans laquelle les accusateurs de Gbagbo se trouvent aujourd’hui. Puisque c’est lui le «méchant» désigné par ceux qui structurent le «récit majoritaire», on lui attribue tout et n’importe quoi, sans trop y penser et sans rien vérifier. Et dès lors qu’un discours opposé, tout aussi légitime mais étouffé ou délégitimé, est convoqué à la barre, l’édifice narratif que l’on ne croyait plus nécessaire d’interroger ou de mettre en cause s’en trouve profondément ébranlé.

 

Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 17 juin 2013

DEROUTE DE L'ASL ET D'EL NOSRA A AL QSEIR, CONFUSION DES CONSPIRATEURS EN SYRIE


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Il est bon de faire quelques points d’ordre après ce qui s’était déroulé à Al Qseir suite au fiasco des groupes armés chargés, par les occidentalo-arabo-sionistes, de déstabiliser la Syrie.

Des politiciens et stratèges soutiennent, sur ce qui se passe en Syrie, ce genre d’analyse et de raisonnement:


- Que la guerre, par procuration, à la Syrie entrait dans le cadre du projet de domination du Moyen-Orient et des pays arabo-musulmans de l’axe de la résistance à la politique impérialo-sioniste qui consistait à réduire leurs armées pour ensuite recomposer ces États en entités géographiques sans puissance et maniables à merci. Ils semblent parvenir en Irak, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen, mais en revanche, ils paraissent échouer en Syrie considérée nœud gordien difficile à trancher.

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement considéré Al Qseir aussi « stratégique » que ne le déclarent les agresseurs de la Syrie. Selon eux, Al Qseir était « stratégique » dans ‘leur’ vision et dans ‘leurs’ plans d’agression, car les conspirateurs avaient misé et concentré leurs efforts sur cette ville pour sa proximité avec Homs, les frontières libanaises et jordaniennes ; conditions géographiques favorables en vue d’envahir Damas. Sa chute a bien changé la nature de l’équation en la rendant complexe pour les agresseurs.

- Que l'armée syrienne était parfaitement informée des plans, objectifs et mouvements de l'ennemi dans Al Qseir et ses environs.

- Qu'il y avait des priorités et que la reprise de cette ville - objet d'observations continues et minutieuses des services de renseignements de l'armée syrienne – exigeait des tactiques, de la patience et de la pertinence pour réussir les objectifs militaires et politiques, fondamentaux.

- Qu’il fallait laisser faire croire à une importante victoire des groupes armés et n’intervenir que lorsque l'environnement politique serait favorable afin de faire admettre une défaite, franche et indiscutable, sur l’ennemi tout en réduisant le moral de ses troupes d’une part, mais aussi de briser les projets des commanditaires en anéantissant leur volonté et leurs atouts de pression politique d’autre part.

- Qu’après cette offensive ‘éclair’ sur les groupes armés engagés dans cette ville, leur défaite était tellement décisive et humiliante que même les Occidentaux impliqués l'ont reconnu telle ; alors qu’au même moment les groupes armés et leurs dirigeants, composés de wahabo-takfiriste tétanisés par la déroute, ne trouvaient plus quoi dire ou faire que de proférer des mensonges et balancer des propos contradictoires; qu’il s’agissait d’une ‘fausse’ reprise, que l'armée n'avait tué que des civils, qu’ils avaient affronté le Hezbollah en lieu et place de l'armée syrienne «défaite» selon eux, qu’ils avaient procédé à un retrait ’tactique’ et ce tout en appelant aux renforts.

- Que si ces groupes combattaient, comme ils l’attestent, le Hezbollah cela voudrait donc dire, conséquemment, qu’une poignée d’éléments du Hezbollah avaient pu défaire tous les groupes armés d’Al Qseir pourtant bien équipés par l’occident. Que leurs ‘maîtres-penseurs’ et commanditaires pourraient alors douter de leurs capacités à conquérir toute la Syrie face à toute l’armée syrienne expérimentée et bien armée qui n’a engagé, à ce stade, qu’une infime partie de ses forces.

- Que la déclaration de Nasrallah sur "l'implication" du Hezbollah était plus une tactique pour accabler et dérouter l’ennemi, car dans leur calcul l'on avait fait l’hypothèse que cette formation ne s'y compromettrait pas.

- Que le Hezbollah n'avait pas donné plus de précisions sur cette la nature de cette « implication » sûrement pour susciter les doutes et distraire d’autant qu’aucune preuve sur l’engagement des éléments du Hezbollah sur le territoire syrien n'avait été, à ce jour, prouvé (les 5 ou 6 personnes présentées aux médias, comme du Hezbollah fait prisonniers, sont des citoyens libanais vivants à Damas, des sunnites, qui avaient été kidnappés quelques jours plus tôt).

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement besoin d'une aide, en l’occurrence celle du Hezbollah, et que la seule « aide » était de bloquer la frontière pour empêcher et éventuellement éliminer, toute fuite vers le Liban. Ce qui a été fatal puisque les groupes armés étaient pris en étau sans possibilité de se dégager ou d’être appuyé. Il ne leur restait que la mort ou la reddition. Les centaines d’éléments qui avaient ‘réussi’ à rejoindre quelques villages proches n’étaient, en fait, qu’une tactique de l’armée syrienne ayant pour but de diviser les groupes pour mieux les anéantir avec le moins de résistance et de frais.

- Que tous leurs mensonges et diversions avaient pour but de pousser à une intervention occidentale (surtout israélienne) qui reste hypothétique au vu des conditions de tous les groupes armés et l’emprise des forces syriennes sur le théâtre des combats d’une part, mais également au regard du climat politique qui se dirige, inexorablement, vers un règlement du conflit selon les modalités du camp victorieux qui semble, en plus, disposer de redoutables armes de riposte d’autre part.

- Que toute intervention d’«Israël» ne pourra que mettre dans une drôle de confusion aussi bien les pays gouvernés par des islamistes et l’opposition syrienne de la ‘coalition’ que leurs soutiens occidentaux. En effet, s’ils acclament une offensive Israélienne, ils commettront une grave faute devant l’opinion arabe; s’ils observent le silence, ils seront frappés de suspicion ; s’ils condamnent, ils renieraient leur position, maintes fois rabâchée, contre le «régime» syrien. Un dilemme infernal que les EU, bons tacticiens et calculateurs, n’oserons pas introduire au risque d’embraser la région, voire au-delà et d’anéantir toute marge de manœuvre ou espoir de solution.  La Russie, par la force de la Syrie, son obstination et sa résistance, a réussi à faire changer les règles du jeu de l’adversaire tout en maintenant les siennes intactes.

- Que la révolte qui se déroule actuellement en Turquie n’est que l’expression d’un peuple qui refuse le suivisme et l’alignement de son pays à la politique américano-sioniste à l’endroit d’un peuple voisin auquel il est lié par l’histoire et l’économie. Il aurait été difficile aux Occidentaux de faire ce qu’ils font à la Syrie si Erdogan ne s’était pas lié à leurs projets de domination.

  - Que le projet hégémonique sur les pays entourant la méditerranée, que pilotait la France de Sarkozy dans le cadre de l’UMP avec l’appui des EU, que refusait alors l’Allemagne, est en passe de se transformer – grâce à la résistance farouche de la Syrie à l’agression et l’entrée en lice de la Russie et de l’axe antagoniste à l’occident – en projet d’équilibre stratégique.

- Que le «pragmatisme», cette philosophique américaine, qui n’admet de « vrai » que ce qui fonctionne réellement en s’adaptant à la réalité et en préférant la pratique apparait justement par la réalité et la pratique de son initiateur - dans ses relations, ses attitudes et ses objectifs avec le reste du monde - une doctrine insensée quand elle est expurgée de morale et de principes.

- Que le Capitalisme tel que conçu par l’impérialisme occidental, que dirige la grande industrie de concert avec les cartels financiers, mène droit aux crises économiques mondiales et aux guerres comme issue et corollaire.

À cette étape du conflit, la Syrie se trouve dans une position militaire et politique qui lui est favorable où toute recrudescence des menaces ne lui sera que bénéfique d’autant que le Hezbollah déclare solennellement que toute agression extérieure de la Syrie sera considérée aussi agression du Liban. L’Iran voit que son implication deviendra nécessaire pour des raisons de sécurité nationale. La Russie considère que la déstabilisation de cette partie importante du monde nuirait à ses intérêts suprêmes, mais aussi aux grands équilibres du monde!

Les conséquences prévisibles dans le cas d’un conflit généralisé, à partir de cette région, seraient donc inimaginables si le discernement ne tient pas lieu et place de la cupidité.


Djerrad Amar


Selon une source officielle américaine, Washington aurait demandé aux chefs de l'ASL (Armée syrienne libre) de quitter au plus vite le sol syrien. Game over!