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mercredi, 24 octobre 2012

COTE D'IVOIRE-GHANA: JUSTIN KONE KATINAN LIBERE SOUS CAUTION

 

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Le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le 24 octobre 2012 à Accra, au Ghana. 

© AFP/Stephen Kwabena Effah

 

Justin Koné Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. La justice a estimé ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtres qui pèsent sur le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Son audience pour crime économiques a été reportée au 7 novembre.

La justice ghanéenne a mis ses menaces à exécution. Justin Kone Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. Le magistrat Ali Baba Bature a dit aux procureurs qu'ils ne pouvaient pas poursuivre le porte-parole de Laurent Gbagbo pour un meurtre qu'il est accusé d'avoir commis en Côte d'Ivoire. « Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana », a demandé le juge aux procureurs. « Au mieux, (la Côte d'Ivoire) peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas », a-t-il ajouté.« Accusé, vous êtes libre », a conclu le magistrat.

Lors de la dernière audience, le juge avait menacé de libérer Katinan. Le parquet ghanéen, sollicité par les autorités ivoiriennes, n’apportaient pas de preuves pour soutenir ses accusations. « On ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves (…) à partir du moment où vous accusez, les preuves devraient  être disponibles », avait-il reproché au procureur.

Crimes économiques

Joint par Jeune Afrique, l’un des avocats de Justin Katinan a confirmé l’information. « Mon client est soulagé, mais la bataille juridique n’est pas terminée », a déclaré maître Patrick Sogbodjor. En effet, l’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo est toujours sous le coup d’une demande d’extradition de la Côte d’Ivoire pour crimes économiques. C’est un autre tribunal ghanéen, celui du district d'Osu (un quartier d'Accra) qui devait statuer sur cette demande mercredi, mais, le magistrat n'étant pas disponible, l'examen de la demande d'extradition a été ajourné au 7 novembre.

Justin Koné Katinan, arrêté au Ghana le 24 août pour des crimes économiques qu'il est accusé d'avoir commis dans son pays, a été libéré sous caution une première fois le 25 septembre, puis de nouveau arrêté à la suite d'un nouveau mandat ivoirien l'accusant de meurtre.


Avec l'AFP


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

vendredi, 12 octobre 2012

L’IMPOSSIBLE EXTRADITION DE KONE KATINAN

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Les autorités ivoiriennes sont revenues à la charge dans l’affaire Koné katinan de la manière la plus maladroite. En effet, déstabilisée par la liberté sous caution qui lui a été accordée par la justice ghanéenne, elles ont cru devoir rebondir avec un nouveau mandat d’arrêt, en vertu duquel le ministre Koné Katinan et l’ancien ministre Désiré Dallo, qui croupit déjà dans les geôles du régime pour d’autres chefs d’inculpation, seraient maintenant accusés du meurtre les 25 et 29 Mars 2011, de Kamagaté Seydou, un soudeur de 83 ans et Diabaté Drissa, un commerçant de 37 ans.

La révolte le dispute à l’indignation dans le caractère grotesque de cette nouvelle procédure. Alors même que l’infortuné ministre est dans le viseur du pouvoir depuis longtemps, et que de nombreux mandats d’arrêts ont été lancés à l’encontre de plusieurs pro-Gbagbo réfugiés à l’extérieur, c’est subitement maintenant que les hommes forts de la Côte d’Ivoire découvrent que le ministre Koné Katinan aurait commis des crimes de sang. Quelle triste image de notre pays dans le monde au moment où l’Assemblée générale des nations unies consacre ses discussions justement à l’Etat de droit!

En réalité, ce  nouveau mandat d’arrêt s’explique par le fait que les textes protégeant les réfugiés disposent qu’ils « ne sont pas applicables à toute personne dont l'Etat d'asile a des raisons sérieuses de penser (…) qu'elle a commis un crime grave de caractère non politique en dehors du pays d'accueil avant d'être admise comme réfugiée ». Cette disposition de la Convention OUA de 1969 se retrouve dans la plupart des autres textes dont la loi ghanéenne sur les réfugiés de 1992 et la loi sur l’extradition (de 1960 ou même le projet de 2012).

Or même dans cette hypothèse, les textes clairs et sans équivoque n’autorisent pas l’extradition dans tous les cas. Comme le prévoit la convention sur l’extradition de la CEDEAO et les lois ghanéennes, dans trois hypothèses au moins, la demande d’extradition peut être refusée : s’il y a des raisons sérieuses de craindre que  la demande d’extradition motivée par une infraction de droit commun a été présentée aux fins de poursuivre un individu pour des considérations d’opinions politiques; lorsque l’individu dont l’extradition est demandée serait soumis dans l’Etat requérant à des tortures et autres peines ou traitement cruels inhumains et dégradants ; lorsque l’individu est susceptible de ne pas bénéficier au cours des procédures pénales des garanties minimales prévues par l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

La gouvernance du régime Ouattara est le principal obstacle à l’extradition

Le moins que l’on puisse dire est que ces trois hypothèses se vérifient dans le cas de la Côte d’Ivoire. En effet, les motivations politiques de cette demande d’extradition ne font pas de doute. Faut-il rappeler que les crimes reprochés auraient eu lieu dans le cadre d’un conflit électoral dont le caractère politique ne peut être contesté ? La qualité d’actuel porte-parole du Président Laurent Gbagbo du ministre Koné Katinan et son intense activité diplomatique gênent manifestement le Gouvernement ivoirien qui veut le faire taire. C’est pourquoi, après avoir échoué à le faire extrader pour crimes économiques, les autorités ivoiriennes, comme des magiciens,  ont sorti de leur chapeau cet autre mandat d’arrêt pour des crimes de sang que l’infortuné Justin Katinan Koné n’a jamais commis.

Le régime de Ouattara qui refuse au FPI de s’exprimer librement réserve manifestement un traitement cruel et dégradant  au ministre Koné Katinan. La répression terrible qui s’abat sur les cadres de l’opposition en Côte d’Ivoire, notamment FPI est devenue un secret de polichinelle. Le couple Laurent Gbagbo n’a pas échappé à la furie du pouvoir. L’exemple de l’ex ministre de la défense Moïse Lida Kouassi, extradé manu militari du Togo et torturé pour avouer un coup d’Etat imaginaire, est encore frais dans nos mémoires pour savoir ce qui attend Koné katinan dans l’hypothèse de son extradition en Côte d’Ivoire.

Et ce n’est pas au système judiciaire ivoirien qu’il faut faire confiance pour espérer défendre les droits ainsi bafoués tous les jours en Côte d’Ivoire. Ouattara a instauré une justice des vainqueurs qui n’est contestée par aucun observateur de la scène politique ivoirienne. Celle-ci ne peut offrir les garanties minimales exigées par la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, dont des principes sont battus en brèche. C’est ainsi que  la présomption d’innocence et le droit d'être jugé dans un délai raisonnable sont inconnus par cette justice qui détient, sans jugement, dans ses cellules, des pro-Gbagbo depuis au moins 18 mois.  Les juridictions ne sont pas impartiales dans la mesure où cette justice aux œillères ne poursuit que ceux qu’elle a identifiés comme étant des pro-Gbagbo. Le droit de la défense est bafoué avec les perquisitions sans mandat au domicile des avocats des détenus et les nombreuses entraves à l’exercice de leur profession.

Assurément le règne de l’Etat de police et la volonté de réprimer une opposition véritable au régime actuel constituent de bonnes raisons pour refuser l’extradition de ministre Koné Katinan. Et le fait que les autorités ivoiriennes privilégient Interpol dans cette deuxième procédure ne changent rien à la donne. Outre que cette organisation internationale est interdite d’interférer dans les affaires politiques (article 3), ses statuts le contraignent à exercer ses activités dans le cadre des lois existant dans les différents pays membres (article 2), dont le Ghana qui, outre ses propres lois, a adhéré à un ensemble d’instruments internationaux régissant les réfugiés et l’extradition.

Interpol ne peut réserver un autre sort que le refus à la demande d’extradition. Aucune « procédure simplifiée  de remise de personnes de police à police », qui autoriserait le Bureau National Central (BNC) d’Interpol à remettre un individu poursuivi aux autorités judiciaires d’un pays étranger ne saurait donc prospérer. Pourvu que l’on inscrive son action dans le cadre d’un Etat de droit.

C’est l’occasion d’informer les hommes forts de Côte d’Ivoire dont le premier d’entre eux était curieusement absent à la dernière Assemblée générale de l’ONU, qu’à cette session, près de 80 chefs d’État et de gouvernement ou ministres ont adopté, par acclamation, une déclaration qui souligne l’importance de l’Etat de droit, « en tant qu’un des éléments essentiels de la prévention des conflits, du maintien de la paix, du règlement des conflits et de la consolidation de la paix ». La nouvelle gouvernance politique est indissociable de l’Etat de droit.

Ouattara et John Mahama: deux gouvernances opposées

Manifestement, l’affaire Koné Katinan nous donne d’apprécier deux gouvernances totalement différentes. D’une part, celle du Ghana sous la houlette du Président John Dramani Mahama et dans le sillage du Président Atta Mills, qui, respectueuse de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs,  n’interfère pas dans les compétences de l’autorité judiciaire. Ce qui n’empêche pas le pays de mettre en œuvre un impressionnant programme de renforcement de ses infrastructures de base, notamment dans le domaine des communications avec des autoroutes, des ponts et des échangeurs construits d’année en année sur l’ensemble du territoire national, y compris à Accra, et surtout de réaliser des performances économiques avec un taux de croissance à deux chiffres (14% en 2011), faisant du Ghana un Etat à revenu moyen.

D’autre part, il y a la (mal)gouvernance du régime Ouattara, pour qui développement et Etat de droit sont incompatibles. Ainsi, en faisant miroiter une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2025, il piétine l’Etat de droit, les libertés démocratiques et les droits fondamentaux de la personne humaine (400 enlèvements, 360 à 380 arrestations, 4 tués à Abidjan et au moins 12 camps de tortures selon le dernier bilan du FPI). La carrière politique de Ouattara est d’ailleurs caractérisée par un défi constant à l’autorité judiciaire. La violente contestation de la décision du Conseil constitutionnel du 3 décembre 2010 n’est que l’épilogue d’une longue série. En 2000, les deux arrêts de la Cour suprême invalidant sa candidature à la présidentielle et aux législatives ont fait l’objet de contestations diverses parfois violentes et d’une tentative de coup d’Etat. En 1993, en dépit d’une décision de la Cour suprême rejetant sa requête dilatoire, c’est malgré lui qu’il a dû rendre sa démission afin de permettre au Président Bédié d’exercer son office présidentiel.

 

Dr Kouakou Edmond, Juriste-Consultant

AFFAIRE KONE KATINAN: LE SECOURS DE LA JURISPRUDENCE FRANÇAISE

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Les raisons pour le juge du district d’Osu de rejeter la demande d’extradition de Justin Koné Katinan, sont nombreuses et ont été exposées par le Dr. Edmond Kouakou, dans son article ci-contre (voir article précédent, Ndlr). Le caractère politique de l’infraction imputée à Justin Koné Katinan et la finalité politique évidente de la demande d’extradition  présentée aux autorités ghanéennes par la Côte d’Ivoire, retiendront notre attention.

Si l’infraction politique n’a pas reçu une définition universelle dans le droit conventionnel, c’est à l’Etat saisi d’une demande d’extradition, qu’il revient d’apprécier s’il est ou non en présence d’une telle infraction. Toutefois la doctrine s’accorde sur l’opinion qu’une infraction de droit commun par nature, peut être considérée comme étant une infraction politique, en considération des motifs qui l’ont inspirée et des liens qu’elle a avec des circonstances politiques.

L’avis rendu le 4 décembre 1967 par la Chambre d’Accusation de Paris dans l’espèce Inacio da Palma Herminio, est un édifiant exemple d’une infraction de droit commun par nature, estimée politique par ses motivations et son but.

Inacio da Palma Herminio est un révolutionnaire portugais, bien connu pour ses actions radicales contre la dictature salazariste, et rendu célèbre pour avoir détourné en 1956, un avion commercial afin de distribuer des tracts au-dessus de Lisbonne et sa banlieue, appelant à la révolte contre le potentat portugais.

Pour financer les activités de son organisation anti-fasciste, la LUAR, il braqua le 17 mai 1967, une agence de la Banque du Portugal à Figueira da Foz. Tenant en respect les employés et les clients présents, il se fit remettre les clefs du coffre-fort, sous la menace des armes, puis y déroba une très importante somme d’argent. Recherché par la justice portugaise, il trouve refuge en France. Objet d’un mandat d’arrêt décerné contre lui par un magistrat portugais, il est interpellé le 3 août 1967 en France. Après qu’il a reconnu les faits qui lui étaient imputés dans le mandat d’arrêt par le magistrat instructeur de son pays, il s’est opposé à son extradition vers son pays, prétextant qu’il avait agi dans un but politique. La Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Paris, lui donna raison et repoussa la demande d’extradition. En effet, bien qu’ayant reconnu la gravité particulière des faits de crime de vol avec circonstances aggravantes, reprochés au fugitif, elle a décidé que ces faits avaient été accomplis pour un motif politique et dans un but politique.

La chambre d’Accusation a considéré que : « les faits tels que visés dans la demande s’analysent en un crime de vol avec circonstances aggravantes, notamment port d’arme… Considérant qu’il résulte des documents fournis en complément d’information par le Gouvernement portugais …que les procédures suivies antérieurement devant les juridictions portugaises se référaient à des faits de caractère politique ; qu’il est établi que Inacio da Palma est bien connu pour son activité militante ; qu’il apparaît enfin, d’après les pièces produites dans la procédure, que les faits imputés à Inacio da Palma dans le mandat… bien que d’une particulière gravité, se rattachent à cette activité politique, ont bien été accomplis pour un motif politique et uniquement dans un but politique… » (Cour d’Appel de Paris, 4 décembre 1967)

Cette règle qui bannit du droit extraditionnel les infractions politiques, se trouve bien insérée à l’article 4 de la Convention d’extradition de 1994 dans l’espace CEDEAO à laquelle la justice ghanéenne confrontera la demande de remise de Justin Koné Katinan pour juger de la suite à lui réserver.

Plus subtilement encore, en son second alinéa, cette même disposition, interdit que la procédure d’extradition soit dévoyée de son but, pour servir à des fins de représailles politiques. Elle défend, en ce point, que soit accueillie favorablement une demande d’extradition présentée sous un motif de droit commun par un gouvernement, qui pourrait avec raison, être suspecté de vouloir régler son compte à un adversaire pour ses prises de positions politiques.

Qui peut croire que les demandes réitérées d’extradition de Justin Koné Katinan formulées par les autorités ivoiriennes, sont exemptes d’arrière-pensées politiques ?  Les propos de M. Adjoumani, ministre des ressources halieutiques, figure de proue de la coalition au pouvoir, rapportés par Nord-Sud dans sa livraison du Vendredi 05 octobre 2012 ne laissent aucun doute sur le désir ardent des autorités ivoiriennes de punir Koné Katinan pour ses opinons politiques. Il disait : « Je crois aussi que les Ghanéens ont eu vent de ce que Katinan Koné représente pour la Côte d’Ivoire et ce qu’il a fait durant la crise… Quelqu’un qui a posé de tels actes doit y répondre ».

On découvre ici qu’il ne s’agit pas l’extradition d’un sale malfrat, casseur invétéré de banques mais d’une extradition d’une personne occupant une place de choix en Côte d’Ivoire et ayant de par sa position, joué un rôle prépondérant dans la crise postélectorale,  ouverte le 3 décembre 2010 et, qui se poursuit à ce jour.  C’est donc pour cette raison fondamentale qu’il faut le punir selon le bien-aimé ministre, Kouassi Adjomani. Les faits de vol qualifié qui lui sont reprochés, ne sont, en définitive, qu’un camouflage des motivations politiques  de ses adversaires. 

En effet, ils lui reprochent de s’être rendu, le 26 janvier 2011, à la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et  d’avoir, sous la menace des armes des personnes qui l’accompagnaient, fait main basse sur les avoirs de l’Etat détenus par cette banque. Véritable conte de fée, tant la réalité est autre.

En effet, l’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest, (UEMOA) s’associant aux mesures de rétorsion financières prises durant la crise post-électorale par la communauté internationale, contre le président Gbagbo, afin de le faire fléchir, avait décidé, de n’autoriser que les personnes nommées par Alassane Ouattara à gérer les avoirs financiers de la Côte d’Ivoire détenus par la BCEAO, et plus encore, de fermer toutes les agences de la BCEAO en Côte d’Ivoire. Réagissant promptement à cette mesure, le président Gbagbo a pris à son tour, le 25 janvier 2011, un décret de réquisition de toutes les agences de la BCEAO. C’est en exécution de ce décret, que le Ministre du Budget,  Justin Katinan Koné s’est rendu le 26 janvier 2011 pour faire, en présence d’autorités policières, d’huissiers de justice requis à cet effet, un inventaire des biens de la Direction Nationale ainsi que de ceux des agences nationales de la banque centrale et ordonner la poursuite de ses activités. Un procès-verbal de cette visite a été dressé le jour même par la police, qui a attesté de la régularité et de la transparence de l’opération de prise de contrôle de l’institution par le gouvernement Aké N’GBO. Les activités de la Banque se sont donc poursuivies, les comptes de l’Etat gérés dans le respect des règles de gestion des finances publiques en vigueur, jusqu’au 11 avril 2011, date de la fin précipitée du gouvernement auquel appartenait Justin Koné Katinan.

Sur cette période, les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat ont été payés avec ponctualité. C’est la masse salariale versée sur la période allant de décembre 2010 à fin mars 2011, que les autorités ivoiriennes considèrent comme étant le montant du préjudice causé par Justin Koné Katinan à l’Etat de Côte d’Ivoire. Y-a-t-il en ces faits tels que relatés, réunis les éléments constitutifs de vol? Telle est la question à laquelle devra, somme toute, répondre le juge ghanéen. S’il est admis, que respectant le principe de souveraineté des Etats et de leurs juridictions, il ne lui revient pas de mettre en cause la qualification retenue par le juge ivoirien, il n’est pas en revanche, tenu, en vertu du même principe, de l’avaliser sans analyser les faits desquels elle découle. En effet, pour donner une existence légale à sa décision, le juge ghanéen doit nécessairement s’expliquer sur la qualification, au regard du droit ghanéen, des faits qui doivent lui être exposés par les autorités judiciaires ivoiriennes dans leur requête en extradition, et qu’elles ont qualifiés de vol selon leur droit national.

Si pour la justice ivoirienne, commet un vol, un ministre du Budget (appartenant à un gouvernement, quoiqu’on en pense qui assurait à l’époque des faits, l’effectivité du pouvoir) qui fait exécuter une réquisition dans les circonstances indiquées ci-dessus, il n’est pas évident qu’il en soit ainsi pour la justice ghanéenne. Elle se posera, bien certainement, la question de savoir si, en présence de policiers, chargés de par leurs fonctions de la constatation des infractions à la loi pénale, des huissiers de justice,  l’on peut soustraire environ 350 milliards de Francs CFA des caisses de la BCEAO, sans éveiller leur attention?

C’est pour toutes ces raisons qu’il convient de se convaincre, de ce que, loin des passions qui perturbent le bon sens des acteurs de l'échiquier politique ivoirien, le juge du district d’Osu, saura avec discernement et sérénité, démêler le vrai du faux pour bien vite s’apercevoir que les héritiers d’Houphouët-Boigny veulent insidieusement l’embarquer dans un combat politique.

Il refusera de retenir dans les faits de la procédure, la qualification de vol qualifié, tel qu’il ressort du dossier RI 09/12 du Parquet d’Abidjan-Plateau. Nul doute qu’il refuse d’accorder l'extradition pour non satisfaction du principe de la réciprocité d’incrimination tel que prévu par l'article 3 de la Convention de la CEDEAO sur l’extradition. Il dispose que «donneront lieu à extradition les faits punis par les lois de l’Etat requérant (la Côte d’Ivoire) et de l’Etat requis (le Ghana)…»

Si par extraordinaire, dans les faits ainsi relatés, le juge ghanéen trouvait réunis les éléments constitutifs du vol, il aurait, toutefois, du mal à les détacher des circonstances politiques (crise postélectorale) qui les entourent ou à nier la motivation politique de leur auteur et le but éminemment politique et social dans lequel il les a accomplis.

Et les autorités ivoiriennes, friandes du «made in France» ne trouveraient certainement pas à redire, si le juge ghanéen suivant l’exemple exposé ci-haut, de son homologue français, refusait de donner une suite favorable à leur requête, au motif que les faits qu’elles ont imputés à Justin Koné Katinan, militant politique bien connu, porte-parole de Laurent GBAGBO, ont, malgré leur gravité, bien été accomplis pour un motif politique et uniquement dans un but politique. «Wait and see»!

 

James Cénach, journaliste

LES PARRAINS AU SECOURS DU REGIME IVOIRIEN AUX ABOIS


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Après le 11 avril 2011, date à laquelle l’ONU et la France de Sarkozy ont parachevé le coup d’état contre Laurent Gbagbo, l’on avait pensé que les Ivoiriens auraient du répit. La France étant parvenu à installer à la tête de son ex colonie un homme lige, les souffrances des Ivoiriens prendraient fin. Malheureusement, pour les concepteurs de la démocratie par les bombes, le cheval sur lequel ils ont misé ne fait pas le poids. Il se révèle piètre politicien, doublé d’un esprit sanguinaire et d’un totalitarisme hors du commun. L’homme qui a tout obtenu dans la vie, y compris la présidence d’un pays qui n’est pas le sien, souffre d’une carence de légitimité. Une grande partie du peuple qu’il est sensé gouverner ne se reconnaît pas en lui. En réaction, le chef de l’État ivoirien multiplie les actes antidémocratiques et use de violence dans le secret espoir de bâillonner son opposition. Mais plus il brime une partie de la population, plus il approfondit le fossé entre lui et les Ivoiriens d’une part, et entre Ivoiriens d’autre part.

Pour conquérir le pouvoir, au début de 2011, après avoir dénié au Conseil Constitutionnel ses prérogatives en matière électorale, Monsieur Ouattara a lancé son armée à l’assaut de la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Composée des combattants de la rébellion de Soro Guillaume et de mercenaires de la CEDEAO, cette armée va commettre les pires atrocités sur les populations des régions supposées favorables au Président Gbagbo. Les Ivoiriens se remettent difficilement du massacre d’un millier de Guérés dans la ville de Duékoué, à la fin du mois de mars 2011. La mise à sac courant 2012 d’un camp de réfugiés par les partisans de Ouattara sous le regard complice des FRCI et des soldats de l’ONU, toujours à Duékoué, en rajoute à la longue liste des actes criminels du régime.

A la fin c’est Laurent Gbagbo qui est capturé par les forces françaises et remis à son adversaire, avant d’être enfermé, sans autre forme de procès, dans le nord de la Côte d’Ivoire sous la garde du chef de guerre Kouakou Fofié. Il sera par la suite transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) sous le chef d’accusation de crime contre l’humanité. Tous les collaborateurs et autres Ivoiriens supposés proches du Président Laurent Gbagbo sont traqués, emprisonnés ou contraints à l’exil. Tous les membres de la direction du Front Populaire Ivoirien (FPI), dont son Président Pascal Affi Nguessan, sont en prison ou en exil, leurs comptes bancaires gelés et leurs domiciles occupés par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Les attaques des camps militaires et autres positions tenues par les FRCI depuis le début du mois d’août 2012 ont servi de prétexte au régime Ouattara qui a amplifié sa répression de l’opposition significative du pays et des pro-Gbagbo. Une étape supplémentaire a été franchie dans la « bunkérisation » du régime qui a procédé à la fermeture de la frontière avec le Ghana voisin après l’attaque du poste de Noé par des individus armés non identifiés à la mi-septembre 2012.

Sur le plan économique, malgré la remise d’une partie importante de la dette extérieure d’une part, et des incessants voyages du chef de l’État ivoirien d’autre part, les investisseurs ne se bousculent guère. Le pouvoir d’achat des Ivoiriens s’amenuise, le chômage est galopant et la paupérisation s’accroît, faisant craindre à tout moment une explosion sociale. Scénario d’autant plus probable que la politique incongrue de rattrapage ethnique initiée par Monsieur Ouattara lui-même contribue à aggraver le fossé d’incompréhensions entre les Ivoiriens.

La réconciliation nationale apparaît comme le dernier des soucis des tenants du pouvoir qui torpillent les initiatives allant dans le sens de la concorde nationale et supposées ramener la paix en Côte d’Ivoire. Pis, le parti au pouvoir (RDR) appelle au meurtre des militants du FPI, tandis que le président de l’Assemblée Nationale lui prône l’éradication de cette formation politique qu’il assimile à une organisation terroriste. Excusez du peu!

Bref ! Le régime d’Abidjan a du mal à convaincre ses soutiens extérieurs de sa capacité à relever les défis auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis le renversement du Président Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, comme toujours en pareille situation, il est plus aisé de trouver un bouc émissaire que de s’attaquer à la racine du mal. Et c’est le FPI, souffre-douleur, qui est tout indiqué pour porter encore la responsabilité de l’échec des champions de la démocratie des bombes.

C’est dans cette atmosphère délétère que Radio France Internationale (RFI) annonce, dans une de ses éditions du samedi 6 octobre 2012 et sur son site internet, qu’un rapport confidentiel de l’ONU mettrait en cause les exilés ivoiriens proches du président Laurent Gbagbo, dans une entreprise de déstabilisation de la sous région ouest-africaine. Ces exilés qui fuient la répression aveugle du régime ivoirien se seraient rapprochés d’une part des jihadistes d’Ançar Dine qui écument le nord du Mali et d’autre part de la junte militaire qui a renversé le Président Amani Toumani Touré.

L’opération pue la manipulation et de nombreuses voix s’élèvent pour condamner une campagne de diabolisation mal ficelée. Tous les mis en cause ont réfuté les accusations portées contre eux et ont mis au défi RFI et l’ONU de rapporter la moindre preuve de leurs allégations. L’ONUCI, maitre d’ouvrage délégué d’une enquête qui aurait été menée par des experts indépendants de l’ONU, ne se reconnaît pas dans les conclusions de ce rapport dit « intermédiaire ». Comment des experts de l’ONU, même indépendants, peuvent-ils organiser la fuite d’un document aussi sensible avant de l’avoir fait valider par l’ONU? On est en droit de se poser des questions sur l’existence même de ce rapport. Nous sommes certes habitués aux entourloupettes d’un média propagandiste au service de l’impérialisme mondial et qui ne lésine pas sur les moyens pour, au mieux attenter à l’image d’honnêtes citoyens, au pire livrer à la vindicte populaire des leaders récalcitrants. Mais l’information du 6 octobre dernier est à prendre au sérieux pour plusieurs raisons.

D’abord, ce genre d’annonce précède toujours des actions de déstabilisation déjà conçues dans les officines occidentales, auxquelles il reste à trouver la justification. Depuis 2002, c’est de façon régulière que la presse française fait des fausses  révélations sur la Côte d’Ivoire dans le seul but de neutraliser le Président Gbagbo qui tentait de reprendre la main dans l’opération de déstabilisation de son pays. Peu importe que l’information distillée soit vraie ou fausse – le plus souvent elle est fausse – l’essentiel c’est de d’accabler et de préparer les esprits à des coups tordus à venir.

Ensuite, tout le monde entier sait désormais que c’est pour installer Alassane Dramane Ouattara (ADO) au pouvoir en Côte d’Ivoire que la communauté internationale (France et Etats-Unis, notamment) ne cesse d’agresser ce pays depuis la disparition du Président Houphouët-Boigny en décembre 1993. On se souvient en effet de la tentative de Ouattara, alors premier Ministre, de s’emparer de l’héritage du «Vieux» alors que la constitution avait tranché la question en faveur du Président de l’Assemblée Nationale. Les Ivoiriens ont également en mémoire la difficile fin de mandat du Président Konan Bédié qui a eu le malheur de lancer le concept de l’Ivoirité ayant ouvert la boite aux pandores. Son régime avait été accusé de détournement de 18 milliards de FCFA au titre de l’aide de l’Union Européenne, avant d’être balayé par le premier coup d’état militaire de l’histoire de la Côte d’Ivoire, en décembre 1999.

En septembre 2002, la tentative de coup d’état mué en rébellion armée finit de convaincre les observateurs de la scène politique africaine de la volonté des commanditaires de cet acte d’installer leur homme de main à la tête de ce pays. En effet, non seulement cette rébellion a été tolérée et encouragée, mais elle a été entretenue et maintenue jusqu’à la mascarade d’élection de la fin décembre 2010, en vue de parachever le coup d’état de 2002. Le black-out de la presse occidentale sur la réalité du contentieux électoral de 2010 et la promotion du mensonge et des montages grossiers s’inscrivent dans une logique de diabolisation systématique du camp Gbagbo opposé à Ouattara. Au simple recomptage des voix proposé par Gbagbo pour déterminer le vrai vainqueur de l’élection, Ouattara a appelé à la guerre pour déloger son rival. La suite, on la connaît !

En réalité, l’entrée en scène de l’ONU et de RFI obéit à une logique de soutien inconditionnel à un pion en difficulté. Que personne ne s’imagine que Ouattara installé à coup de bombes larguées sur la tête des ivoiriens soit lâché par ses maîtres 18 mois après leur forfait ! L’échec de Ouattara est celui de ses parrains. Lesquels mettront tout en œuvre pour prouver qu’ils ont eu raison de l’imposer au prix  de milliers de vies massacrées. Et pour cela, ils fermeront toujours les yeux sur les insuffisances et les crimes de leur poulain. Les cris de détresse des Ivoiriens et le délitement de la société ivoirienne ne changeront rien à la donne. Ouattara pourra massacrer autant de pro-Gbagbo qu’il voudra ; il pourra emprisonner sans jugement autant d’opposants qu’il voudra ; il pourra opposer les Ivoiriens du Nord à ceux des autres régions du pays comme il le voudra ; il pourra brader le patrimoine du pays comme il voudra. Aucune ONG, aucun média occidental d’investigation, aucune instance onusienne ne le dénoncera. Tout simplement parce qu’il est leur produit et qu’il assure la mission qui lui est assignée à savoir, fragiliser les pays d’Afrique de l’Ouest.

Pour sûr, les parrains du Chef de l’État ivoirien se rendent bien compte que leur protégé n’est pas l’homme de la situation. Il a échoué sur toute la ligne. Pour autant, ils ne peuvent le lâcher tant qu’ils n’auront pas trouvé un autre cheval sur lequel parier. Soro Guillaume, ayant goûté au délice du pouvoir, est en embuscade et manœuvre pour accélérer la chute de son mentor. Mais les parrains hésitent. Et pour cause, Bogota a fait couler trop de sang dans le cadre de sa rébellion qui endeuille le pays depuis plus de dix ans. Il est donc trop tôt de le propulser à la tête du pays. Surtout que la CPI réclame sa tête. Du côté du PDCI, personne pour le moment ne semble trouver grâce aux yeux des faiseurs de rois en Afrique. Idem pour le FPI qui demeure la bête noire des promoteurs de la démocratie des bombes. Faute donc de mieux, on se contente de celui qui est là. On le porte à tour de bras et on distrait l’opinion.

Sinon, comment comprendre qu’alors qu’ils ont réussi à éjecter Laurent Gbagbo du pouvoir et museler le FPI qui « est fini » selon les propos de Choï, ancien représentant du Secrétaire général des Nations Unies, ils s’acharnent encore contre les pro-Gbagbo?

Et si au-delà des partisans de l’ex Président ivoirien, la cible visée était le Ghana qui réaffirme depuis quelques années ses penchants souverainistes et panafricanistes ainsi que son ambition de développement! Après que Ouattara a accusé le pays de Kwamé Nkrumah de servir de base arrière aux déstabilisateurs de son régime, la France apporte de l’eau à son moulin en alléguant que les opposants ivoiriens exilés dans ce pays ont une accointance avec les mouvements islamistes du nord malien liés à Al Qaida.  Il est de notoriété qu’au nom de la lutte contre le terrorisme, les puissances occidentales sont prêtes à engager des guerres dont les objectifs inavoués restent le contrôle des Etats jouissant d’une position géostratégique. RFI préparerait-elle les esprits à une mise au pas du Ghana par l’ONU, organisation instrumentalisée par les puissances occidentales ? Rien n’est moins sûr!

 

John K. Silué

Economiste financier

mardi, 09 octobre 2012

MARCEL GOSSIO ECRIT A BERT KOENDERS, PATRON DE L'ONUCI

 

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A Monsieur Bert Koenders,

Représentant spécial  du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire



Monsieur,

C’est avec stupéfaction que j’ai lu le samedi 06 Octobre 2012 sur le site internet de Radio France Internationale (RFI), un article de presse signé du journaliste Cyril Ben Simon. Celui-ci me cite comme une des personnes qu’un récent rapport effectué par des experts de l’ONU aurait épinglées pour le financement d’activités subversives contre le régime Ouattara depuis le Ghana.

Le texte se veut précis en affirmant que, courant juillet 2012, j’aurais en compagnie d’autres cadres de la majorité présidentielle en exil participé à une réunion à Takoradi, cela dans le but de définir une stratégie de reconquête du pouvoir à Abidjan par les armes.

En ce qui concerne les accusations portées contre ma personne, je réaffirme que je suis en exil au Maroc depuis le 19 avril 2011. Je n’en suis jamais sorti. Vous pouvez le vérifier auprès de la police des frontières du Royaume du Maroc et de la République du Ghana. Je n’ai donc jamais mis les pieds à Takoradi à plus forte raison pendre part à une quelconque réunion qui s’y serait tenue. Par ailleurs, je me sens concerné ni de près de ni de loin par un prétendu financement d’actions subversives.

J’étais donc dans l’attente des preuves irréfutables de mon implication dans un tel projet lorsqu’intervenant sur la chaine de radio BBC, Mme Sylvie Van Den Wildenberg a formellement démenti pour le compte de l’organisation des nations unies en Côte d’Ivoire l’existence d’un tel rapport.

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Bert Koenders

Ce démenti vient une fois de plus démontrer à la face du monde que certains media à l’instar de RFI qui tirent certainement profit de la belligérance en cours dans mon pays n’ont pas intérêt à ce qu’un climat apaisé, propice à la difficile mais possible réconciliation s’installe définitivement. Sinon, comment expliquer que ce media de renommée internationale puisse produire un mensonge aussi grossier juste au lendemain de votre visite aux exilés politiques d’Accra afin de renouer le fil de la discussion et favoriser leur retour au pays?

Je m’étonne par ailleurs que pour un article publié par Radio France Internationale, votre porte parole fasse le démenti sur BBC tandis que RFI continue de diffuser cette information en boucle. C’est le lieu de demander à votre collaboratrice de le faire sur la radio coupable de cette diffamation.

Monsieur le représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, c’est le lieu pour moi de dénoncer et condamner cette énième tentative de manipulation, et attirer votre attention sur le fait que vous devriez être plus regardant pour définitivement savoir quelles sont les personnes qui ne veulent pas de la paix dans mon pays. Celles-ci ne sont certainement pas à rechercher parmi les cadres de la majorité présidentielle en exil.

Monsieur le représentant spécial du Secrétaire Général de L’ONU en Côte d’Ivoire, je vous rappelle que je suis un cadre du Front Populaire Ivoire. Nous avons conquis et exercé le pouvoir d’état après 30 années passées dans l’opposition sans jamais prendre les armes même face aux multiples humiliations et injustices dont nous avons été victime. Mieux, depuis mon lieu d’exil, j’ai toujours encouragé la direction actuelle de notre parti à s’engager résolument dans le dialogue républicain avec afin de créer un climat social apaisé nécessaire à un retour à la normalité. Mes déclarations publiques précédentes l’attestent.

Tout en vous souhaitant bonne réception de mon courrier, je vous prie de trouver ici l’expression de ma profonde indignation et de mon exaspération face à la manipulation médiatique dont je suis victime.

 

Marcel GOSSIO


Ex-Directeur du Port Autonome d’Abidjan

Cadre du FPI en exil

lundi, 08 octobre 2012

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE AU RAPPORT D’EXPERTS INDEPENDANTS DE L’ONU DIFFUSE PAR RFI

 

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Le samedi 6 octobre 2012, la Radio Française RFI annonçait un rapport de l’ONU qui ferait état d’une réunion des pro-GBAGBO au Ghana dans la ville de TAKORADI le 12 juillet 2012 visant à déstabiliser le régime OUATTARA. Ce rapport ferait état du soutien politique et financier de pro-GBAGBO en exil dont KONE KATINAN, GOSSIO Marcel, Charles BLE GOUDE,  Damana PICKASS, KORE Moise, Nady BAMBA.

Cette rencontre aurait eu pour objectif la préparation d’une entreprise de déstabilisation de la Côte d’Ivoire  à partir du Ghana en relation avec l’ex-junte militaire au Mali et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Ce rapport intervient dans un contexte marqué par la faillite de la gestion des problèmes sécuritaires, socio-économiques et du refus de la réconciliation des ivoiriens par le régime OUATTARA. Ce régime fait donc face à un  mécontentement généralisé aggravé par une justice sélective et une répression de plus en plus féroce. Enfin le conseil de sécurité a décidé d’une diminution des effectifs  de l’Onuci pour obliger OUATTARA à mettre en place une véritable armée nationale et ramener la paix.

Ce rapport qui ne mentionne nulle part le refus de OUATTARA d’aller à la réconciliation et les graves violations des droits de l’homme vise en réalité à :

-Sauver le régime OUATTARA en difficulté

-Maintenir les effectifs de l’ONUCI

-Mettre la pression sur le Ghana afin de livrer les exilés ivoiriens vivant sur son territoire

 - Créer des circonstances aggravantes à la détention du Président Gbagbo en incriminant son porte-parole, ses proches et son parti politique par une diabolisation allant de crimes économiques, crimes de sang à la déstabilisation en liaison avec l’ex-junte malienne et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Le caractère grossier, mensonger et fumant de ce rapport nous interpelle car depuis l’avènement de  Laurent GBAGBO au pouvoir en 2000 et la crise qui a éclaté en Côte d’Ivoire en 2002 par des rebelles pro-OUATTARA venus du Burkina-Faso, il y a une constance dans la production et la certification du faux contre le régime GBAGBO et ceux qu’on appelle les pro-GBAGBO.

Dès l’élection du Président GBAGBO en 2000, un charnier fabriqué par Ouattara a été attribué à Laurent GBAGBO; les images ont  fait le tour du monde.

En 2010, suite au deuxième tour des élections présidentielles, le réseau françafricain en Côte d’Ivoire fabrique de faux résultats du deuxième tour des élections présidentielles. La trilogie médiatique françafricaine : France 24, AFP, RFI diffusent en boucle, ce résultat qui sera ensuite certifié par l’ONU sur présentation de la France.

En pleine crise postélectorale, ce même réseau avec la même méthode, fabrique des violations des droits de l’homme systématiquement attribuées au régime du Président GBAGBO et certifiées par l’ONU pour justifier l’intervention de l’armée française et de l’ONUCI. Il s’en est suivi l’arrestation du Président GBAGBO, l’installation de OUATTARA, l’arrestation de tous les hauts responsables du FPI avec la complicité de l’ONUCI qui avait en charge la protection d’une partie d’entre eux à l’hôtel Pergola d’Abidjan.

Pour justifier aux yeux des autorités ghanéennes la nécessité de livrer les partisans de GBAGBO au Ghana, un faux complot financé par le régime OUATTARA est monté par l’intermédiaire d’un lugubre affairiste ghanéen d’origine nigériane, le nommé TAHO TCHICATA pour servir de preuve. Complot ayant entrainé l’arrestation du Colonel Katé à Abidjan et du Ministre d’Etat Moïse Lida Kouassi  au Togo et extradé. L’enquête conduite par le régime ghanéen a aboutit à l’arrestation de ce sinistre personnage.

Une auto attaque du post frontalier de Noé est organisée entrainant la fermeture de toutes les frontières avec le Ghana avec d’énormes conséquences socio économiques  pour l’ensemble de la CEDEAO. Le village ivoirien de Nougoua d’où seraient partis les assaillants est présenté pour les besoin du faux comme un village ghanéen.

Non satisfait de tous ces faux complots, Interpol est sollicité pour procéder à l’enlèvement du Porte-parole du Président GBAGBO pour crime économique. La justice ghanéenne attend encore les preuves de ce crime. Dans l’impossibilité de prouver le crime économique, il est accusé de meurtre sur la personne d’un vieillard de 83 ans sans preuve.

Des  infiltrés de ouattara se faisant passer pour des pro-GBAGBO venus acheter des armes, sont arrêtés par la police ghanéenne et remis à leur commanditaire.

Après avoir échoué dans ces entreprises antérieures, le régime ouattara va fabriquer  une fausse réunion à Takoradi visant à  monter un faux complot.

Dans le même souci le représentant de l’ONU à Abidjan est dépêché à ACCRA pour convaincre le gouvernement ghanéen de l’existence d’un tel complot dont les ramifications vont jusqu’à Ansar Dine qui occupe le Nord du Mali.

Lorsqu’on connait le drame que ces différents faux, certifiés par l’ONU avec la bénédiction du réseau françafricain a causé à la Côte d’Ivoire, la coordination FPI ne peut se taire devant un tel faux.

Les personnes citées par ce rapport ont tous démenti leur soutien politique et financier  aux prétendues opérations armées qui seraient menées depuis le Ghana et le Liberia.

Il apparait manifestement surréaliste que des pro-GBAGBO aient réussi l’exploit de rapprocher l’ex-junte militaire malienne et les jihadistes d’Ansar Dine en conflit ouvert, pour un projet de déstabilisation du régime OUATTARA.

La coordination FPI en exil tient donc :

-A dénoncer cette escalade de la diabolisation du Président GBAGBO, de ses proches et de son parti.

-A dénoncer publiquement cette tentative de certification  par l’ONU d’un faux complot pour livrer les exilés ivoiriens à la torture 

-A dénoncer RFI pour s’être illustré une fois encore comme un instrument de diabolisation des pro-GBAGBO.

-A dénoncer le réseau françafricain dont le seul objectif est la création d’une insécurité permanente en Afrique de l’ouest pour réaliser le commerce odieux armes contre matière première.

La coordination rappelle son attachement à la transition pacifique à la démocratie et aux méthodes pacifiques de résolution des  conflits et invite donc :

-M. OUATTARA à abandonner la voie sans issue du faux et à s’engager dans la recherche d’une réconciliation sincère, effective et durable. Cette réconciliation passe par la libération  du président Laurent Gbagbo, de tous les prisonniers politiques civils et militaires, du retour sécurisé des exilés.

-Invite l’ONU dont le crédit dans l’opinion ivoirienne est  fortement entaché à revenir aux  valeurs cardinales qui ont été au fondement de sa création  et à œuvrer pour l’apaisement et la réconciliation nationale.

-Rassure les autorités ghanéennes et toute la communauté internationale de notre volonté de trouver une issue politique à la crise ivoirienne par la négociation.

La Coordination du FPI en Exil lance un appel pressant à tous les ivoiriens pour l’avènement d’un état de droit en vue d’éviter encore des drames à notre pays.

 

Pour la Coordination du FPI en Exil,

Le Porte parole

 

Dr Assoa Adou

dimanche, 07 octobre 2012

L'ONU DEMENT L'INTOX DE RFI: «NOUS N'AVONS PAS EU CONNAISSANCE D'UN TEL RAPPORT»

 

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L’information donnée par RFI a été démentie par Sylvie van den Wildenberg, une porte-parole de l'ONU, dans le journal de 12h00 (du 06 octobre 2012) de la Radio BBC–Afrique.

côte d'ivoire,l'onu dément l'intox de rfi,"nous n'avons pas eu connaissance d'un tel rapport",la page facebook ma patrie

En effet, l'ONU a indiqué qu'elle n'a pas eu connaissance d'un tel rapport et qu'il s'agit d'un rapport d'un groupe d'experts indépendants qui n'engage pas l'ONU. 

Rappelons que la radio de propagande France-africaine "RFI" avait annoncé dans son édition du 06 octobre 2012 qu'un rapport de l'ONU mettait en cause le FPI et les exilés pro-Gbagbo du Ghana, dans la déstabilisation du régime Ouattara et de la CEDEAO, avec la complicité des groupes rebelles maliens Ançar-dine du Nord et ceux du Capitaine Sanogo du Sud du Mali : 

Information donc démentie par une porte-parole de l'ONU sur BBC-Afrique.

 http://www.bbc.co.uk/afrique/

Il faut réecouter le journal de 12h00 sur la BBC:

http://www.bbc.co.uk/afrique/audio_console.shtml?programm...

 

Source: La page Facebook Ma Patrie

samedi, 06 octobre 2012

40ème ANNIVERSAIRE DES ACCORDS DE COOPERATION MONETAIRE DE LA ZONE FRANC: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, SEUL CHEF D'ETAT PRESENT




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Alassane Dramane Ouattara et Pierre Moscovici, hier à la tribune de l'ouverture 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc.



Aussi bizarre que cela puisse paraître, Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien, était le seul chef d’Etat présent à la célébration du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc. Il partageait la tribune officielle avec Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et Finances, et hôte du colloque.
 
Etaient également présents, les gouverneurs des banques centrales africaines BCEAO et BEAC et même d’anciens gouverneurs.
 
On notait ainsi la présence de Casimir Oyé Mba, gouverneur de la BEAC (1978-1990), de Charles Konan Banny gouverneur de la BCEAO (1990, comme intérimaire d’abord, à 2005) et ancien premier ministre de Côte d’Ivoire, d’Abdoulaye Bio Tchané ancien ministre de l’Economie et des Finances de Mathieu Kérékou, ex-président de la BOAD (2008-2011), du Camerounais Jean Nkuete, secrétaire exécutif de la CEMAC (1999-2006) économètre particulièrement brillant et proche de Paul Biya qui en a fait un ministre d’Etat, de Michel Camdessus gouverneur de la Banque de France (1984-1987) directeur général du FMI (1987-2000) et ami de Ouattara, de Sylviane Guillaumont-Jeanneney professeure émérite de l’Université d’Auvergne et spécialiste de la zone franc, de Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France (1993-2003), président de la Banque centrale européenne (2003-2011), de Christian Noyer gouverneur de la Banque de France, de Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores (1977-1981), pour ne citer que ceux-là.
 
L’absence des treize autres chefs d’Etat africains ayant en partage le Franc CFA comme monnaie hier à ce colloque de Bercy, dont le thème est « Regards croisés sur 40 ans de zone franc », est la preuve selon plusieurs analystes, du peu d’intérêt accordé par les africains à ce colloque, et d’une célébration au rabais des 40 ans du F CFA.
 
Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique sur ce arrimage du FCFA à l’Euro, arrimage aujourd’hui totalement dépassé, car condamnant l’Afrique à la stagnation sans croissance sur l’autel de la lutte contre l'inflation menée par la banque de France, alors que des pays comme le Ghana, le Nigeria, qui ont leur propre monnaie, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc.
 
Deux tables rondes seront néanmoins organisées à ce colloque : une première consacrée à « la zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 », et une seconde intitulée « De l’intégration monétaire à l’intégration économique ».
 
Hier lors de la cérémonie d’ouverture, Alassane Dramane Ouattara a fait une déclaration fleuve dont nous vous livrons la teneur. ICI.
 
 
Christian Vabé


COTE D’IVOIRE, LA TERREUR CONTINUE: L’EPOUSE DU MINISTRE AHOUA DON MELLO ARRETEE PUIS RELACHEE

 

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En fin d'après-midi d'hier, vendredi 5 octobre 2012:


Rose Don Mello, Secrétaire exécutive de l’union des grandes entreprises et épouse du ministre Ahoua Donmello a été arrêté, ce soir à 17h, à l’aéroport d’Abidjan alors qu’elle embarquait à bord d’un avion en partance pour Cotonou avec escale à Accra dans la cadre d’une mission de son organisation. Elle est détenue dans les locaux de la DST sans que les sécuritocrates du régime Ouattara ne lui aient signifié ce qu’ils lui reprochent.

 

Ce matin du samedi 6 octobre 2012:

 

QUAND FEMME CONNAIT PAPIER!


Interpellée hier, à 17h, à l’aéroport d’Abidjan alors qu’elle s’apprêtait à se rendre à Cotonou via Accra, dans le cadre de ses activités professionnelles, Mme Rose Don Mello a subi un interrogatoire des plus ridicules avant d’être relâchée, 5 heures de temps plus tard.

Après s’être assuré qu’il s’agissait bien de l’épouse du Ministre Don Mello Ahoua, le policier, sans sourciller, lui demande si elle a l’intention de voir son mari lors de l’escale dans la capitale ghanéenne.

Sereine et imperturbable, à l’instar de l’homme avec qui elle partage sa vie depuis plusieurs années, la réponse de la dame fut à la fois sanglante et ironique: "Monsieur l’agent, la loi me fait obligation de voir mon mari. Si je ne le fais pas, je peux être poursuivie pas nos enfants ou même par mon époux car le mariage impose une assistance réciproque".

Je vous épargne la suite !

Que la journée commence ! Steve Beko

 

 

Qui est Rose Don Mello, l'épouse du ministre Ahoua Don Mello, arrêtée hier puis relâchée à Abidjan par le régime Ouattara?


Rose Banchi Don Mello - Secrétaire Exécutif de l'Union des Grandes Entreprises Industrielles de Côte d'Ivoire (UGECI)


Biographie

A 22 ans, sortie major de promotion de l'Ecole Supérieure de Commerce d'Abidjan (ESCA), Rose Banchi Don Mello, entame sa carrière professionnelle au Cabinet ECR, correspondant de PEAT MARWICK comme Assistante Audit. Le temps de connaître les rudiments de la vie active.

Moins de 2 ans plus tard, Rose Banchi Don-Mello se retrouve dans la communication en tant que Chef de publicité à Tintas, première agence de publicité d'Abidjan. Quatre ans après, elle quitte le milieu de la pub pour celui des assurances: elle est cadre technico-commerciale à la SIDAM. Elle y passera plus de 2 ans avant de partir monnayer son talent à la Direction Marketing Régionale de The Coca-Cola Company où elle occupera pendant plus de 3 ans le poste de Marketing Manager pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Cap ensuite sur une autre multinationale, Nestlé, où elle exercera toujours dans le Marketing comme Chef de Groupe Boissons et Confiserie pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre; pendant 4 ans.

Mais, comme toujours, il lui faut des terrains neufs, pour tester ses capacités, ses atouts. Voir ailleurs... Comme si chaque fonction était un tremplin.

En 2000, elle rejoint la Standard Chartered Bank qui n'est encore qu'à l'étape embryonnaire. Rose Banchi Don Mello y est recrutée en tant que Directrice du Marketing. Puis, elle est rapidement promue au poste de Directrice de la Clientèle Privée grâce à ses performances et à sa rigueur. Pendant 4 années, elle dirige le réseau d'agences et le portefeuille de la clientèle des particuliers et des PME. Puis, soucieuse de se doter de compétences nouvelles, elle choisit d'occuper le poste de Directrice des Ressources Humaines.

Au bout de 20 ans d'un parcours professionnel sans faute, à brandir comme un modèle à imiter, parce que jonché de lauriers honnêtement glanés, de titres justes obtenus, sans passe-droit elle décide de prendre une année sabbatique. Mais très vite gagnée par le virus des nouveaux challenges, elle reprend une activité professionnelle et se reconvertit dans un tout autre domaine... La pêche. En qualité d'armatrice. Un secteur où très peu de femmes exercent. Cooptée par ses pairs, elle y préside également l'Union des Armateurs à la Pêche Fraîche.

L'expérience acquise dans la défense des intérêts d'une corporation la conduira tout naturellement à accepter, en septembre 2007, le poste de Secrétaire Exécutif de l'Union des Grandes Entreprises Industrielles de Côte d'Ivoire (UGECI). Rose Banchi Don Mello, tête bien faite et bien pleine, reste une femme admirable de refus. Refus de la passivité. Discrète mais déterminée, elle déclare avec malice: «On n'est pas obligé d'être à la tête pour exercer le pouvoir». A 43 ans, riche de ses quatre maternités, elle se réalise pleinement à l'UGECI. Rose Banchi Don Mello a toujours travaillé dans l'ombre. Efficacement.
 
 
Source: La page Facebook de Steve Beko

vendredi, 05 octobre 2012

VISITE DU RESPONSABLE DE L’ONUCI AU GHANA - LES REFUGIES POLITIQUES IVOIRIENS DISENT TOUT A KOENDERS

 


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En visite de quelques jours au Ghana, Bert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a rencontré, ce Mercredi 3 Octobre 2012, les responsables des réfugiés politiques ivoiriens à l’International Conférence Center d’Accra au Ghana. Les réfugiés ont vidé leur cœur et sont repartis légers.


Bert Koenders est venu rencontrer les réfugiés ivoiriens vivant sous les tentes dans les camps tenus par le HCR à travers le Ghana. Cette visite commence ce jeudi 4 Octobre. Mais avant, le Mercredi 3 octobre, sur suggestion des autorités ghanéennes, il a rencontré de 14 H à 16 H, ceux des refugiés vivant à Accra après avoir rencontré dans la matinée le Président ghanéen John Dramani Mahama. 

D’entrée, Koenders a indiqué qu’il souhaitait écouter les refugiés sur les questions de la nécessité du dialogue politique et de la restauration de la paix pour faire avancer les choses en Côte d’Ivoire. Il était entouré de la responsable de la représentation de l’ONU à Accra, de l’ambassadeur du Ghana en Côte d'Ivoire, du vice-ministre ghanéen des affaires étrangères et de deux collaborateurs de l’ONUCI. 

Les responsables des réfugiés étaient tous là. Le Dr Assoa Adou et l’ensemble du Bureau de la coordination du Fpi en exil, Ben Dagbo de l’Association des réfugiés ivoiriens et de la diaspora (Arid) et un membre de son bureau. Presque tous les leaders en exil de la galaxie patriotique étaient également présents. 

Ils ont été cinq à prendre la parole. Assoa Adou pour les premiers mots, Emile Guiriéoulou pour décrire la situation calamiteuse des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Don Mello Ahoua pour les graves violations de tous les droits en Côte d’Ivoire, Ben Dagbo pour décrire à Koenders les difficultés que vivent les exilés ivoiriens dans les camps aux Ghana et enfin l’ambassadeur Raymond Koudou Kessié pour stigmatiser toute la fraude électorale grossière sur laquelle la communauté internationale a fermé les yeux pour l’avènement du pouvoir Ouattara.

Assoa Adou a indiqué pour commencer que les refugiés ont longuement hésité avant d’accepter de participer à la rencontre, craignant un autre traquenard de l’onuci après celui tendu en avril 2011 aux dirigeants du FPI à l’hôtel Pergola d’Abidjan. Des dirigeants qui, allés chercher la protection de l’ONUCI, ont été livrés par celle-ci aux forces de Ouattara et qui se sont tous retrouvés en prison au Nord du Pays. Assoa Adou a alors demandé à Koenders de dire ceci à Ouattara: Les exilés ivoiriens sont tous partisans de la paix pour retourner en Côte d’Ivoire leur pays. Aucun ne veut et ne prépare la guerre à partir du Ghana. Les réfugiés ont trois préoccupations quotidiennes: comment se loger, comment se nourrir et enfin comment se soigner en cas de maladie. Tous leurs biens étant détruits et leurs comptes sont gelés.

Personne n’est venu avec un butin de guerre, vu les conditions dans lesquelles les uns et les autres se sont retrouvés au Ghana. Aucun ne dispose donc de ressources pour préparer un coup en vue de renverser le régime Ouattara. Toute chose qui du reste ne fait pas partie de notre philosophie politique. 

Si donc Mr Ouattara veut une paix durable en Côte d’Ivoire qu’il crée les conditions qui rassurent et sécurisent les participants au dialogue, ainsi donc:

1- Qu’il libère tous les prisonniers politiques, civils et militaires;

2- Qu’il arrête les poursuites contre les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire et à travers le monde; 

3- Qu’il organise un dialogue direct avec le FPI.

Emile Guiriéoulou a d’entrée dit à Koenders que les nouvelles ne sont pas bonnes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est originaire. Il suffit aujourd’hui en Côte d’Ivoire d’être Guéré pour être considéré de fait comme un criminel. Le rôle de l’Onu n’est-il pas de dénoncer les crimes? Pourquoi l’Opération des nations unies qu’il dirige se tait sur les graves violations des droits humains qui se déroulent sous ses yeux? Quatre armées étrangères Burkinabés sont aujourd’hui installées à l’Ouest à Duékoué, Bloléquin et Taï. Personne ne s’en émeut. Leurs responsables viennent même aux cérémonies officielles. Tous ceux qui ont commis les crimes les plus graves à l’Ouest comme Ben Laden, qui était le chef rebelle de l’Ouest entre 2002 et 2003, connaissent aujourd'hui la promotion. Les tueries massives du camp de Nahibly ont même été minimisées par Koenders! J’ai le sentiment que pour l’ONU nous ne comptons pas en Côte d’Ivoire, s’est écrié Emile Guiriéoulou.

Ahoua Don Mello avec le verbe qu’on lui connait n’a pas pris de gants pour dénoncer de manière véhémente la passivité, la complicité voire la responsabilité de l’ONU dans la crise ivoirienne. Pour lui la valeur qui est à la base de la fondation de l’Onu est que les citoyens sont égaux en droit et en dignité. Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, les citoyens qualifiés de pro-Gbagbo n’ont ni droit ni dignité. Je vous demande de dire à Ouattara ceci: Des citoyens ivoiriens sans droit et sans dignité ne peuvent pas financer des coups d’Etat. La Côte d'Ivoire vit une grave injustice. Comment des gens qui depuis 2002 continuent de tuer, égorger, piller sont considérés comme des démocrates, connaissent la promotion et l’Onu ne dit rien! Par contre des gens qui depuis plus de trente ans se sont battus sans armes pour réinstaurer le multipartisme et la démocratie dans le pays, et ont travaillé à la promotion d’un Etat de droit sont pourchassés partout en Côte d’Ivoire et dans le monde. Même par des chasseurs traditionnels qui parce que justement chasseurs de profession, confondent tout: Droit de l’homme et chasse à l’homme. Et l’Onu ne dit rien. Est-ce cela la démocratie que l’Onu et la France ont voulu instaurer en Côte d’Ivoire par les bombes? On veut une réconciliation après la justice mais ceux qui rodent dans les allées du pouvoir ne sont pas moins coupables que ceux qu’on emprisonne et qu’on pourchasse. Allez dire à Ouattara que s’il veut la réconciliation alors qu’il fasse comme en Afrique du Sud. Declerk a sorti Mandela de prison. Ils se sont assis. Ils ont discuté, ont trouvé les solutions aux problèmes sud-africains et ils ont avancé. Dites donc à Ouattara de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter les poursuites, de s’assoir pour discuter de la Côte d'Ivoire pour avancer. 

Ben Dagbo au nom de l’Arid a répété qu’aucun refugié ne prépare de coup d'Etat au Ghana. Les réfugiés dans les camps du HCR ont besoin de tentes et de nourriture, exposés qu’ils sont aux morsures de serpents. Ils ont besoin de documents pour se déplacer. Il a demandé à Koenders de dire un grand merci aux ghanéens qui ont accueilli en frères tous les refugiés qui continuent aujourd’hui encore d’arriver et dont le nombre dépasse 22 000.

En réponse, Mr Koenders, dans un discours elliptique et diplomatique du fonctionnaire de Nations Unies qu’il est, a cherché à arrondir les angles. Je ne peux pas dire que vous avez raison dans tout ce que avez dit ni chercher à excuser l’ONU. Nous ne sommes pas saints, nous travaillons à trouver des solutions aux problèmes qui sont nombreux et que vous avez énoncés: foncier, démobilisation, justice équitable, sécurité… et qui ont occasionné une opération de paix en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pays aveugles nous voyons… aidez nous à renouer le dialogue et arriver à un consensus. 

Avant de lever la séance, Koenders a soulevé une question qui certainement lui tenait particulièrement à cœur: « Le Président Ouattara dit que vous ne voulez pas le reconnaitre en tant que Président de la République ». La réponse d’Assoa Adou a été incisive: nous ne reconnaissons pas Ouattara comme le président ELU de la Côte d’Ivoire mais comme celui qui a été imposé par les forces françaises et celles de l’Onu à la tête de la Côte d'Ivoire. Mais c’est lui qui occupe le fauteuil présidentiel et c’est pourquoi notre parti est allé discuter avec lui.

On a discuté avec Guéi Robert après son coup d’Etat, nous pouvons discuter aussi avec lui. Voilà.



Correspondance particulière depuis ACCRA de Yves Komenan

jeudi, 04 octobre 2012

24ème CONGRES DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE: LE PARTI DU PRESIDENT GHANEEN DEVOILE LE COMPLOT CONTRE GBAGBO

 

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Pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, l’Internationale Socialiste n’a pas eu le courage de défendre un de ses membres, le Fpi qui faisait face à une adversité féroce. C’est bien ce que lui a rappelé le Pr. Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen Ndc lors du 24ème congrès de l’IS, à Cape Town (Afrique du Sud), du 30 août au 14 septembre 2012. Ci-dessous l’intervention intégrale.

 

Camarade Président, M. Georges PAPENDREO

Camarade Secrétaire Général, M. Louis AYALA

Camarades, Membres du Présidium.

Qu’il me soit permis, en premier lieu, d’exprimer la profonde appréciation par la délégation du Ghana, de l’honneur rendu à la mémoire du disparu Président du Ghana, feu John Atta Mills. L’hommage rendu par ce Congrès à travers cette minute de silence renforce et s’ajoute aux nombreux messages de condoléances exprimés par divers peuples du monde à notre parti, le Congrès Démocratique National (NDC), à l’occasion du décès de son leader. Nous aimerions brièvement informer le Congrès, que conformément à la Constitution de notre pays, notre Vice-président, le camarade John Mahama a prêté serment en tant que Président, la même nuit suivant le décès du Président Mills, le 24 Juin 2012. Quelques jours après, un nouveau Vice-Président en la personne du camarade Amissah-Arthur, précédemment Gouverneur de la Banque Centrale, a été nommé, confirmé et investi par le parlement a prêté serment en tant que Vice-président.

Chers camarades, au moment où je vous parle aujourd’hui, notre parti, le NDC, tient un congrès pour entériner la nomination du Président John Mahama comme son candidat aux élections présidentielles du 7 décembre 2012. Nous invitons les représentants de notre mouvement à envoyer des observateurs à cette élection cruciale.

Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana; mais nous la prenons, pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin: la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès: Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde.

Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans. Quels étaient les objectifs de cette rébellion? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée. Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Lybie de Kadhafi, la Cedeao, l’UA; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine auto-détermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive.

Camarades, notre délégation est indignée de savoir que, le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun portevoix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’oeil sur le Rapport Mbeki concernant la situation ivoirienne. Le Président Mbeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade Mbeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle oeuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays.

Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néo-colonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

Je vous remercie de votre attention.

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

mardi, 02 octobre 2012

AFFAIRE KATINAN: MISE AU POINT DU MINISTRE AHOUA DON MELLO SUITE A LA DEPECHE MENSONGERE DE L’AFP DU 1er OCTOBRE 2012

 


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Deux (2) mensonges dans un seul communiqué de l'AFP:

1- Le ministre Koné Katinan n'est pas inculpé car il n'a pas eu de rencontre avec le juge. Dans un Etat de droit cette responsabilité relève de la justice ce qui est diffèrent dans un état françafricain de surcroit régit par le code dozo.

2- GBAGBO n'a pas refusé de quitter le pouvoir. C’est plutôt la françafrique qui a refusé de se soumettre à la décision du Conseil constitutionnel. Dans un Etat de droit, il existe un organe constitutionnel qui décide du vainqueur des élections présidentielles. En Côte d'Ivoire, c'est le Conseil constitutionnel et non l'ambassadeur ou le président français comme dans un état françafricain régit par le code de l'indigénat.

Après avoir taillé sur mesure l'histoire de nos héros pour faire d'eux des sanguinaires, la France veut fabriquer une histoire récente de la Côte d'Ivoire, là où des témoins vivants et des documents officiels existent. Comment accorder un seul crédit à tout ce qu'on nous a servi dans les livres d'histoire et qu'on nous sert encore aujourd'hui sur d'autres pays à travers la presse?

 
Le Ministre AHOUA DON MELLO, sur Facebook.



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Affaire Katinan, l'AFP en flagrant délit de mensonge

 
C’est avec stupeur que certains parmi vous ont dû voir cette page sur le site abidjan.net affirmant que le ministre Katinan Koné a été inculpé à Accra pour le meurtre de deux personnes à Abidjan.

Tout d’abord du point de vu du droit, cela n’est pas possible car le ministre Katinan ne jouissant pas de la nationalité ghanéenne, il ne peut nullement être jugé dans ce pays pour un crime commis en Côte d'Ivoire.

Si Katinan avait été reconnu coupable en vertu des preuves présentées par le régime Ouattara, son statut de refugié lui aurait été retiré et il serait actuellement dans un avion pour Abidjan.

Pire, pendant que l'AFP publiait ce texte, RFI appelait à Accra pour savoir ce qui s’est réellement passé ce matin à la BNI.

Soit, sûrs de leur fait, ils avaient déjà préparé leur article et leur correspondant est resté à l’hôtel au lieu de se rendre sur le terrain ou bien cela est fait à dessein pour semer le doute dans l’esprit des Ivoiriens.

En tout état de cause, gardez bien cette pièce à conviction car l’article sera certainement supprimé dans quelques temps.
 

Source: La page Facebook de Steve Beko

AFFAIRE KATINAN - EPILOGUE D'UNE JOURNEE: LES POLICIERS DE OUATTARA RENTRENT BREDOUILLES D’ACCRA

 

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NB: Version blog et presse, adaptée après une séance de travail avec le conseil du Ministre Koné Katinan.

Cette folle journée en ce qui concerne l’affaire Katinan vient de connaitre un premier épilogue, ce soir, dans la capitale ghanéenne et le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore la justice de ce pays a eu raison de la volonté des autorités ivoiriennes de fouler au pied les règles élémentaires de justice et surtout d’échapper à un enlèvement.

Récapitulons: 

Attendus par Me Patrick Sobodjor avec les nouvelles preuves de l’accusation de crimes de sang portée contre son client, les policiers ivoiriens dont le directeur d’Interpol Côte d’Ivoire en personne, dépêchés par le régime d’Abidjan ne se présentent pas à l’heure et au lieu indiqués ce lundi 1er octobre tout comme ils avaient fait faux bond le samedi 29 septembre 2012. L’avocat quitte donc le bureau d’Interpol Ghana pour aller saisir les juridictions ghanéennes sur le caractère politique donc illégale de la détention de son client par cette organisation.

En son absence, les policiers ivoiriens accourent et présentent un document au ministre Katinan dans lequel ils l’accusent du meurtre de deux personnes et lui demandent de signer l’acte d’accusation. Ce qu’il refuse de faire bien entendu, en l’absence de son avocat leur demandant du meurtre de qui il était accusé. C’est à ce moment qu’ils précisent qu’il s’agit de Kamagaté Seydou, 83 ans, un soudeur tué le 29 mars, ainsi qu’un certain Diabaté Drissa, 37 ans, un négociant à Port-Bouët. Le ministre a alors rétorqué qu’il ne se reconnaissait pas dans de telles accusations et qu’il ne dirait rien avant d’avoir parlé à son avocat.

Les policiers d’Abidjan eux tentent le tout pour tout afin d’obtenir l’extradition, cette nuit du lundi 1er, par, disent-ils, la procédure simplifiée de Police à Police à cause du caractère criminel de la poursuite. Ce à quoi s’appose naturellement la justice ghanéenne qui récupère l’affaire et exige de mener des enquêtes avant de déterminer si le statut de refugié du mis en cause et les lois ghanéennes peuvent permettre une extradition.

Le nouveau juge du district où est détenu Katinan devant lequel est ensuite présenté le valeureux porte-parole réclame les éléments d'accusation à Interpol Ghana. Les policiers ghanéens demandent un délai de deux semaines pour les réunir auprès de leurs collègues ivoiriens accusateurs qui visiblement n’étaient pas préparés à engager une nouvelle bataille judiciaire au Ghana comme lors de la première comparution de Katinan. La justice ghanéenne a accepté ces deux semaines avant de se prononcer sur cette autre et nouvelle accusation de crimes de sang après celle de crimes économiques portant sur 300 milliards soutirés dit-on dans les coffres de la BCEAO d’Abidjan par Katinan.

Malgré l’insistance des autorités ivoiriennes, la justice du pays de N’krumah maintiendra fermement sa position. Les hommes de Ouattara qui voulaient soit enlever Katinan soit utiliser une procédure dite simplifiée sont de nouveau ramenés à la rigueur de la justice ghanéenne comme dans la première affaire. C'est donc une grande victoire pour le conseil de Katinan qui a réussi à soustraire in extremis Katinan des griffes d’Interpol pour le soumettre à la justice ghanéenne qui dans deux semaines sera amené à jauger les nouvelles charges au regard des lois ghanéennes pour déterminer si Koné Katinan peut faire l’objet d’extradition.

En conclusion, notons que le ministre Katinan ne sera pas extradé, en tout cas pas avant les deux semaines. Une fois encore, la loi ghanéenne a fait barrage aux exigences illégitimes de Ouattara et de ses soutiens, malgré les sommes importantes d’argent investies dans ce projet depuis plusieurs mois. Pour respecter toutes les règles de procédure judiciaires, Katinan sera malheureusement encore retenu, non plus entre les mains d’Interpol mais de la justice ghanéenne pour démêler enfin tous les nœuds de cette rocambolesque affaire qui exposent le régime Ouattara à la honte internationale.
 
 
 
Source: La page Facebook de Steve Beko II

lundi, 01 octobre 2012

EXTRAORDINAIRE: POUR ACCUSER A TOUT PRIX LE GHANA, OUATTARA LUI CEDE UNE PARTIE DU TERRITOIRE IVOIRIEN


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Il gouverne un pays dont il ne connait même pas les limites territoriales. Ce n’est pas une intrigue politicienne mais la réalité car le gouvernement Ouattara déclare dans un communiqué officiel du conseil de ministre que les assaillants qui ont attaqué le poste frontalier de Noé sont venus du village de Nougoua qui serait un village ghanéen. Alors, chers frères, sachez que Nougoua est en territoire ivoirien. Quelle honte!!!


La réaction appropriée de Lazare Koffi Koffi, Historien, natif de la région, Ancien Ministre


Le conseil des ministres du mercredi 26 septembre 2012 a consacré officiellement la cession d’une partie du territoire national à la République du Ghana. En effet, dans sa volonté haineuse de montrer que l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012 est partie du Ghana, le communiqué de ce conseil indique au chapitre des divers. 

«Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et le ministre auprès du Président de la République, chargé de la Défense, ont informé le conseil des circonstances de l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012. Cette attaque armée a été l’œuvre d’assaillants venus de Nougoua, village ghanéen situé à environ 7 kilomètres de Noé.» Cette information du communiqué du conseil des ministres faisant de «Nougoua, un village ghanéen» est surprenante. 

Car, tout le monde sait, et les populations de ce village en premier, que Nougoua se trouve en territoire ivoirien reconnu comme tel depuis la mémorable délimitation de la frontière entre l’actuel Ghana (autrefois Gold Coast) et la Côte d’Ivoire en 1882 et ratifié en 1902 par les gouvernements français et anglais de l’époque. Depuis cette date, la commission franco-anglaise qui a admis le cours d’eau de la Tanoé comme limite naturelle entre le deux pays, tous les villages à l’Ouest de ce cours d’eau font partie intégrante de notre pays. Ainsi, Noé. Ainsi Nougoua. Il est vrai ce dernier village a abandonné son premier site du fait des inondations fréquentes, site appelé encore aujourd’hui Coco Town ou ancien Nougoua mais que ce soit l’ancien site ou le nouveau, tout cet espace villageois appartient à la Côte d’Ivoire. En dehors de ce village, le véritable village ghanéen est Tanosso. D’où vient donc que le conseil des ministres du mercredi dernier ait attribué «notre» Nougoua au Ghana ? L’actuel chef de ce village qui se réclame chef de canton se nomme Essan Kacou, ancien gendarme ivoirien à la retraite. 

Ce village de Nougoua fait partie aujourd’hui du département de Tiapoum et de la sous-préfecture de Noé. Les candidats aux différentes élections y ont effectué plusieurs fois des missions et autres tournées de campagne. Quel est donc ce village de Nougoua qui se trouve, selon le gouvernement, en territoire ghanéen à 7 kilomètres de Noé. Le gouvernement doit le montrer au peuple ivoirien. Sinon, ce peuple sera en droit de lui exiger des explications sur la cession unilatérale d’une partie de notre territoire au Ghana. 

Après l’attaque de Noé, les autorités ghanéennes n’ont eu de cesse de montrer que cette attaque a eu lieu non pas à la frontière mais en plein territoire ivoirien par des individus qu’on n’a pas vu venir du Ghana. Information du reste confirmé par le commandant Frci du poste de Noé. Pourquoi vouloir, coûte que coûte que ces assaillants viennent du Ghana, au point de faire du village ivoirien de Nougoua, un village ghanéen ?


Lazare Koffi Koffi

Ancien Ministre


Source: La page Facebook de Steve Beko

PRETENDU VOL DE 300 MILLIARDS DE LA BCEAO PAR KATINAN, ET SI ON EN PARLAIT!

 

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Ouattara en a fait son chou gras. Il s’agit l’accusation selon laquelle Justin Koné Katinan, porte-parole du président Laurent Gbagbo et ex-ministre du budget dans le gouvernement Gilbert Aké N’Gbo, aurait subtilisé 300 milliards de Fcfa au cours d’un prétendu braquage de l’agence de la Bceao d’Abidjan, le 26 janvier 2011. A la vérité, ce jour-là, celui qui était le ministre du budget s’est rendu à la Bceao-Abidjan après que le président Gbagbo alors chef de l’Etat de Côte d’Ivoire eut signé un décret de nationalisation de cette agence de la Bceao. Car, la banque-mère basée à Dakar (Sénégal) avait pris la décision de fermer le robinet à la Côte d’Ivoire pour contraindre, selon elle, (ce qui n’est pas dans son mandat) son président à quitter le pouvoir pour le céder à Alassane Dramane Ouattara. 

Ainsi, Justin Koné Katinan est allé, le 26 janvier 2011, à l’agence Bceao-Abidjan pour constater l’application effective de la mesure de nationalisation. Et il y est allé avec tout un monde dont des huissiers de justice et des policiers ainsi que le personnel sur place de l’agence de Bceao d’Abidjan. Ainsi, selon la presse proche d’Alassane Ouattara, Koné Katinan aurait, au cours de ce qu’elle appelle «braquage» de la Bceao, soutiré la faramineuse somme de 300 milliards de fcfa. La presse pro-Ouattara ne dit pas le mode opératoire de ce prétendu braquage. 

Comment un individu peut-il sortir de la Bceao avec la somme de 300 milliards Fcfa ? Mettons de côté les règles de sécurité pour faire sortir de l’argent de la Bceao. Car elles ne permettent pas à un Président de la république encore moins à un ministre de sortir de l’argent de la Bceao. Allons donc, dans l’hypothèse que Koné Katinan ait emporté 300 milliards Fcfa. Pour cela, il a deux possibilités: soit emporté l’argent physiquement, soit par virement bancaire. 

Emporter l’argent physiquement 

Pour la première possibilité où Katinan emporte l’argent physiquement, comment peut-il s’y prendre? Car selon un banquier que nous avons rencontré, l’argent vient dans les banques soit dans des sacs ou des cantines. Et dans un sac ou une cantine, les coupures de billet de 10.000 Fcfa sont rangées jusqu’à 100 millions de Fcfa. Supposons que l’ex-ministre du budget ait choisi des coupures de 10.000 Fcfa, il lui faudra dans ce cas, 300 cantines pour pouvoir sortir les 300 milliards fcfa du territoire ivoirien. C’est énorme. A quel moment a-t-il pu faire sortir cette masse d’argent ? Avant le 11 avril 2011 ou après? 

Le régime Ouattara et sa presse n’en disent pas mot. Koné katinan, selon des sources bien informées, est parti d’Abidjan, après qu’Alassane Ouattara soit parvenu au pouvoir. Et il est parti en catimini et de façon précipité. De ce point de vue, il est impossible qu’une voiture puisse traverser tout le sud jusqu’à la frontière ivoiro-ghanéenne avec 300 cantines de billets de banque, sans que les Frci ne l’arrêtent. Et même si c’était le cas, la voiture serait interceptée par la douane ghanéenne à cause de l’énormité de la somme transportée. Donc, l’hypothèse que Koné Katinan ait emporté physiquement les 300 milliards Fcfa est inopérante. 

Faire un transfert d’argent 

Explorons maintenant la seconde hypothèse. Celle où Koné Katinan transfert l’argent. Dans ce cas, il aura fait ce transfert vers une autre banque (soit au Ghana, soit dans un autre pays) avant les évènements. C'est-à-dire au moment où c’était possible encore de le faire. Si le porte-parole du président Gbagbo avait opté pour cette possibilité, alors il laisserait forcément des traces. Traces que le régime Ouattara aurait immanquablement brandies depuis longtemps. Mais si depuis 2011, le régime Ouattara est dans la littérature concernant cette accusation. C’est qu’il ne dispose d’aucune preuve fiable. 

Des deux choses l’une: soit la presse proche du régime Ouattara fait preuve, dans cette affaire, d’une inculture gravissime, soit elle fait preuve d’une mauvaise foi manifeste. Pour rappel, les agences de la Bceao de Bouaké, Korhogo et Man ont été braquées alors que ces villes de la Côte d’Ivoire étaient illégalement occupées par la rébellion armée pro-Ouattara. Pourquoi, les ex-chefs rebelles ne sont-ils pas encore poursuivis? Puisque Ouattara a été porté au pouvoir par les bombes, disent-ils, pour qu’il y ait la justice. 

 
Coulibaly Zié Oumar, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 1er octobre 2012.

 

samedi, 29 septembre 2012

KONE KATINAN VICTIME D'UNE NOUVELLE TENTATIVE D'ENLEVEMENT, A PEINE EN LIBERTE PROVISOIRE

 

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Affaire Justin Koné Katinan: quel harcèlement !!!


Les services ghanéens de l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC ou Interpol en anglais) auraient interpellé à Accra, Justin Koné Katinan, ce vendredi 28 septembre 2012, à sa sortie d’un rendez-vous avec le Bureau National d’investigation (BNI).

Interpol apprend-t-on arguerait avoir été saisi d’une seconde demande d’arrestation provisoire de l’infortuné porte-parole de Laurent GBAGBO, en vue de son extradition selon une procédure simplifiée entre polices, vers la Côte d’Ivoire, où il serait, en plus des infractions à caractère économiques qui lui sont déjà imputées, aussi recherché, pour des crimes de sang, commis au cour de la crise post-électorale, qui a éclaté dans ce pays le 3 décembre 2010 et qui se poursuit à ce jour.

Il convient ici pour montrer le caractère extravagant de cette procédure, qui est en définitive un harcèlement policier, de préciser ce qu’est l’organisation internationale de police criminelle (OIPC ou Interpol en anglais) et les limites de son action.

Interpol est une organisation internationale créée en 1923, ayant son siège à Lyon, en France et dont le but principal est, aux termes de l’article 2 alinéa premier de son statut « d’assurer et de développer l’assistance réciproque la plus large de toutes les autorités de police criminelle, dans le cadre des lois existant dans les différents pays et de la déclaration universelle des droits de l’Homme»

L’article 3 du même statut précise le rôle politiquement neutre de l’organisation, qui, par conséquent ne doit en aucun cas intervenir dans les affaires à caractères politiques. Cette disposition se lit comme suit :« Toute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial est rigoureusement interdite à l’Organisation. »

Les crimes les autorités judiciaires ivoiriennes imputent à Justin Koné Katinan, à supposer qu’il en porte à quelque titre que ce soit, qui mériterait d’être précisé, la responsabilité pénale, ont été commis dans descirconstances d’un contentieux électoral, dont la nature politique est indéniable. Il s’ensuit bien évidemment le caractère politique des infractions imputées à Justin Koné Katinan, lesquelles, au demeurant, ne concernent qu’un seul pays membre de l’organisation.

En application donc de ses propres textes fondateurs, Interpol devrait, et doit s’abstenir de toute intervention dans de telles infractions à caractère hautement politique.

Il faut aussi souligner qu’Interpol n’est pas au-dessus des lois ghanéennes. Son propre statut le contraint au respect de celles-ci. A ce sujet, il inscrit dans l’article 2 ci-dessus visé, l’activité de l’organisation dans le cadre des lois existant dans les différents pays membres. D’où il suit qu’au Ghana, l’action d’Interpol doit en tout cas, s’inscrire dans les limites fixées par les lois en vigueur. Celles-ci n’ont jamais défini une procédure spéciale, fût-elle qualifiée de «procédure simplifiée de remise de personnes de police à police », qui autoriserait le Bureau National Central (BNC) d’Interpol à remettre aux autorités judiciaires d’un pays étranger.

En effet, la remise d’un individu qui se trouverait au Ghana à la Côte d’Ivoire qui rechercherait cet individu afin de le poursuivre ne se fait pas autrement que par la (elle est unique) procédure d’extradition définie par la loi ghanéenne d’extradition et la Convention d’extradition de 1994 de la Communauté des Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le tout, dans le respect des traités internationaux sur les droits de l’Homme auxquels le Ghana est partie.

Enfin, il faut noter que les activités d’Interpol se concentrent autour du trafic de drogues, du terrorisme, du blanchiment d’argent, de la criminalité transnationale. Ce dont nous sommes très loin dans ce qu’il conviendrait d’appeler l’affaire Koné Katinan.

Les autorités ghanéennes devraient mettre le holà pour de bon à ce harcèlement dégoutant.

 

James Cénach, Journaliste

Rapporté par Steve Beko

vendredi, 28 septembre 2012

LUCIE BOURTHOUMIEUX, AVOCATE DE KONE KATINAN: «ALASSANE OUATTARA A PEUT-ETRE RATE UNE CARRIERE DE GARDIEN DE PRISON»

 

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Ce 25 septembre au matin, avant l'audience qui a eu lieu au tribunal d'Osu et au cours de laquelle Justin Koné Katinan, le porte-parole du président Laurent Gbagbo a bénéficié d'une mise en liberté sous caution, face à l'incapacité de l'accusation à fournir des documents pertinents - et traduits en anglais - venant d'Abidjan, le quotidien Le Nouveau Courrier publiait une interview de Lucie Bourthoumieux, avocate de Koné Katinan. Extraits. 

Ce que Koné Katinan est allé faire en Afrique du Sud

"Nous y étions dans le cadre des missions traditionnelles du porte-parole, dont la feuille de route est de trouver par tous les moyens le chemin d’une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour qu’enfin les Ivoiriens connaissent, dix ans après le début de la guerre, la paix que le président Gbagbo lui-même n’a eu de cesse de rechercher. C’est dans le cadre de cette mission que nous étions en Afrique du Sud, invités par les plus hautes autorités de cet Etat, pour faire le point, un an et demi après la chute du président Gbagbo, sur la situation politique et sociale en Côte d’Ivoire. Et à partir de là, voir ce que le grand pays qu’est l’Afrique du Sud peut faire pour encourager la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. (...) L’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique qui fait partie du groupe des BRICS (pays émergents au sein duquel on trouve le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, ndlr). A ce titre, il a un rôle géopolitique certain à jouer en Afrique. L’Afrique du Sud ne peut  pas ne pas s’intéresser à ce qui se passe en Côte d’Ivoire. C’est pour cette raison que nous avons eu droit à un accueil attentif et à une grande écoute lors de nos entretiens. (...) Je pense que tous les pays du monde, l’Afrique du Sud, la France, les Etats-Unis, les pays d’Afrique… pour peu qu’ils veuillent être objectifs, ont conscience que la Côte d’Ivoire est un pays sans Etat. Pensez qu’en 2002, ce pays est attaqué par des déserteurs de l’armée ivoirienne qui se retrouvent dans une partie du pays dont ils font, dit-on, leur fief. On les appelle alors les «comzones». Pensez que ce sont ces mêmes personnes qui, pendant dix ans, ont vécu hors-la-loi, dans une région de non-droit, qui aujourd’hui s’occupent de la sécurité de la Côte d’Ivoire, l’Etat le plus important en termes économiques et financiers de l’Afrique de l’Ouest francophone. Des gens qui ne connaissent ni la notion de l’Etat ni le concept d’Etat de droit ! Je vous laisse faire des déductions sur tout ce que ces pays peuvent penser aujourd’hui. On espérait que malgré cette formidable promotion qu’ils ont eu de Ouattara, ce dernier ferait de la politique, prendrait en compte l’intérêt du peuple ivoirien. Il n’en est rien. Gbagbo représente au moins  la moitié de la population ivoirienne. Et manifestement, cette moitié dérange Alassane Ouattara. Dans ces conditions, je ne connais pas un pays sérieux qui peut regarder la Côte d’Ivoire comme un Etat solide et tourné vers son avenir. La Côte d’Ivoire est un pays sans Etat, fragile, livré aux seigneurs de guerre, qui font leur loi, qui piétinent les lois internationales et la Constitution ivoirienne."

L'affaire Tsikata et les "mensonges" de Ouattara

"ll y a une affaire pendante aujourd’hui devant les juridictions ghanéennes. L’affaire Tsikata [du nom de l’homme d’affaires véreux associé à Hamed Bakayoko qui devait servir d’appât pour impliquer les exilés dans un faux complot destiné à les compromettre, ndlr]. Le grand quotidien ghanéen, qui s’appelle Daily Graphic, a parlé de cette affaire en utilisant l’expression «faux coup d’Etat» en Côte d’Ivoire. Si ses journalistes ont pris le risque d’utiliser ce terme, c’est qu’ils ont certainement des éléments concordants qui le leur permettent. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’affaire, mais elle est très troublante et elle montre la façon de faire de M. Alassane Ouattara. Je ne suis pas sûr que les Ivoiriens méritent cela. Mentir de cette manière à son peuple devrait être considéré comme un crime. Figurez-vous que M. Alassane Ouattara se promène avec cette cassette [des enregistrements du Colonel Katé Gnatoa, «l’appât» de Tsikata, ndlr] dont il est le commanditaire comme preuve que le Ghana est une plateforme de déstabilisation de son pays ! Je rappelle que le Ghana est à l’est de la Côte d’Ivoire et tous les troubles que connaît la Côte d’Ivoire sont à l’ouest ! [L’interview a été réalisée avant la troublante attaque de Noé, ndlr]. Au-delà de ce que Koné Katinan et moi avons pu vivre, se pose le problème du type de société qu’Alassane Ouattara propose aux Ivoiriens."

L'enjeu du procès de Katinan

"Koné Katinan a une feuille de route donnée par le président Gbagbo. Un des points de cette feuille de route, c’est de considérer qu’à chaque fois qu’il arrive quelque chose à un responsable de la galaxie pro-Gbagbo, il est essentiel de penser aux autres. Il s’agit de mettre fin, à travers cette affaire, à la terreur psychologique à laquelle Alassane Ouattara soumet les exilés au Ghana. Il s’agit d’amener la justice ghanéenne à statuer, une fois pour toutes, sur cette question d’extradition des réfugiés politiques qui n’est pas possible au regard de la loi. Or la justice a ses propres lois, ses propres lenteurs, ses procédures auxquelles nous nous soumettons. On ne peut pas préjuger d’une décision judiciaire, mais en tant qu’auxiliaire de justice et au regard des textes, je peux vous affirmer que ni la loi ghanéenne ni les conventions qui lient le Ghana ne permettent d’extrader Koné Katinan vers la Côte d’Ivoire. Que Koné Katinan ait un statut de réfugié ou pas. Mais il se trouve qu’il a en plus un statut de réfugié. Koné Katinan ne peut être extradé. Et les autorités ghanéennes en sont conscientes. Il s’agit d’appliquer la loi et rien que la loi."

L'état d'esprit de Koné Katinan, ce qu'il faisait de ses journées à la DST ghanéenne

"Vous savez, Koné Katinan, c’est l’enfant de Gbagbo. Il est serein, déterminé et combatif. Comme le président Gbagbo. Il fait comme son mentor. Il lit beaucoup. Il ne reçoit pas beaucoup pour des raisons de sécurité. Bien entendu, en tant qu’avocate, j’ai la latitude d’entrer en contact avec lui très régulièrement. C’est le droit dans son expression la plus basique."

Les manoeuvres du régime Ouattara

"Je ne travaille pas avec l’équipe de M. Alassane Ouattara. Mais ce que je peux vous dire, c’est que les documents qui m’ont été transmis par l’Etat du Ghana provenant de l’Etat de Côte d’Ivoire étaient des documents en français traduits en anglais. Ce qui s’est passé le 13 septembre, c’est que le gouvernement ghanéen a reçu à la dernière minute – à l’audience, d’ailleurs – des documents venant d’Abidjan. Et au regard de cela, le juge, qui fait bien son travail, a demandé un ajournement pour en prendre connaissance. (...) Ce que je sais, c’est que la procédure inquisitoire a ceci de formidable qu’elle ne permet pas à un tribunal de prendre une décision sur des déclarations. Il faut qu’elles soient documentées avec des éléments de preuves et des éléments physiques, c’est-à-dire des témoins. Nous n’avons pas vu de témoins le 13 septembre. En l’état actuel de la procédure, je n’ai pas encore vu les documents qui ont été versés le 13 septembre à l’audience. Je ne sais pas s’ils étaient en français ou en anglais. C’est quand je les verrai que je pourrai dire si des éléments de preuve ont été constitués. Mais je peux vous dire que nous restons très curieux des éléments de preuves dont M. Alassane Ouattara peut bien se prévaloir. Je rappelle tout de même que l’on parle, en ce qui concerne la BCEAO, de 300 milliards de FCFA qui auraient été dérobés ! Il faut, bien entendu, mettre cela en parallèle avec le fait que de décembre à mars, l’Etat de Côte d’Ivoire a fait face à ses engagements… Les fonctionnaires ont été payés. Je n’ai pas souvenir qu’une fois au pouvoir, Ouattara ait payé les salaires de ces mois aux fonctionnaires…"


Propos recueillis par Grégory Protche (Le Gri-Gri International) et Théophile Kouamouo (Le Nouveau Courrier)


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

FUYANT LA PUISSANCE DE FEU DE L'ENNEMI A NOE: PLUSIEURS FRCI FAITS PRISONNIERS AU GHANA

 

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L’attaque de Noé dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 septembre 2012, commence à livrer ses secrets. A en croire des sources militaires, l’armée ghanéenne aurait capturé des soldats de Ouattara.

Qui ont fui les combats. Dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 septembre 2012, un poste de contrôle des Frci à Noé près de la frontière avec le Ghana a été attaqué par des inconnus. Les autorités ivoiriennes soutiennent mordicus avoir mis en déroute les assaillants. Elles prétendent même avoir fait cinq morts parmi les ennemis et avoir capturé une dizaine. Il se trouverait parmi ces prisonniers, des gendarmes, des pompiers, des militaires et un homme de Dieu. Côté Frci, le ministère délégué à la Défense et le commandant Frci de Noé, Sampayo, ne déplorent qu’un seul blessé léger au poignet à la face de la nation. On tombe des nues à entendre ces propos. Comment dans des combats qui ont duré plusieurs heures, aucun élément des Frci n’est tombé les armes à la main ? Les Frci seraient-elles devenues subitement immortelles ? Ce n’est malheureusement pas le cas. Quand on se rappelle les précédentes attaques le mois passé, où des centaines de Frci ont été tuées dans les combats les ayant opposés au commando invisible.

Ici encore concernant l’attaque de Noé, les autorités militaires ivoiriennes ont malheureusement servi du mensonge aux Ivoiriens. Selon les informations de première main, plusieurs Frci ont été tuées au cours de l’attaque de Noé à la frontière du Ghana. Une véritable déconvenue qui, si elle est portée sur la place publique, créerait la panique au sein de la population. On s’en doute. Mais, là où les dirigeants ivoiriens vont pécher, c’est lorsqu’elles accusent ouvertement le Ghana d’avoir accueilli sur son territoire, des assaillants ayant pris part à l’attaque de Noé. Paul Koffi Koffi, ci devant ministre délégué à la Défense manque de sagesse en affirmait que : «les assaillants sont venus du Ghana». Ce qui sous-entend évidemment pour leur repli au cas, ils échouent, ils reprendraient le chemin retour vers le Ghana.

C’est sur la base de ces allégations grossières que Ouattara, en véritable novice des questions diplomatiques et militaires, prend sur lui la décision de fermer les frontières aérienne, maritime et terrestre entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. A la vérité, aucun assaillant ne s’est replié sur le Ghana, à en croire des sources au sein des Frci. C’est au contraire, révèlent nos informateurs, plusieurs éléments des Frci qui ont décampé du poste de contrôle avant même que les combats ne s’engagent.

Devant la puissance de feu de leurs ennemis, les Frci auraient pris la poudre d’escampette, non sans abandonner aux visiteurs armes et munitions. Vu que les assaillants les auraient pris au dépourvu à leur flanc arrière, les soldats de Ouattara n’avaient d’autre choix de fuir rapidement vers le Ghana.

Manque de pot pour eux. Car ils sont tombés dans les mailles du filet de l’armée ghanéenne. Ils seraient environ une cinquantaine, révèlent nos sources. Prisonniers de l’armée ghanéenne, ils auraient une première fois soutenu qu’ils seraient des assaillants qui ont fui la riposte de l’armée ivoirienne.

Mais, très inquisiteurs, les militaires ghanéens ont cuisiné leurs prisonniers. Qui ont par la suite avoué qu’ils appartiennent aux Frci du pouvoir d’Abidjan.

Une véritable honte pour l’armée de Côte d’Ivoire censée veiller sur la sécurité du territoire national et des populations qui y vivent. On comprend aisément la sortie du coordinateur de la sécurité nationale du Ghana. Le lieutenant-colonel Larry Gbevlo-Lartey a réclamé, le lundi 24 septembre 2012 aux autorités ivoiriennes, les preuves des accusations graves portées contre son pays. Une demande qui est motivée par la capture et l’emprisonnement de plusieurs soldats de l’armée ivoirienne en terre ghanéenne. Une confrontation de preuves, qui selon le Ghana permettrait de faire la lumière sur cette affaire qui risque d’envenimer les relations entre les deux pays frères et amis. Mais, avec cette humiliation, le régime ivoirien n’apportera jamais les preuves que réclament les autorités d’Accra.

D’abord parce que le pouvoir d’Abidjan ne détient pas les preuves de ses accusations. Ensuite, il ne sait pas comment s’y prendre pour faire libérer ses soldats faits prisonniers. D’autant qu’il a volontairement et unilatéralement décidé de fermer les frontières avec le Ghana voisin. Aujourd’hui, nettement en position de force.

La Côte d’Ivoire sera humiliée une seconde fois. Parce qu’il faudra négocier, en se pliant en quatre pour obtenir la libération de ces soldats lâches. Vraiment triste et désolant pour notre chère Côte d’Ivoire. La risée aujourd’hui du continent africain.

 

Fabrice Tété

Rapporté par Woyo-Mogoh Beugre 


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 25 septembre 2012

ATTAQUE DU POSTE-FRONTIERE DE NOE - APRES SAMPAYO, LE GARDE DU CORPS D'UN MINISTRE REVELE: «CE SONT NOS PROPRES HOMMES QUI ONT ATTAQUES NOE»

 

 

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Un mystérieux commando a de nouveau attaqué la Côte d’Ivoire dans la nuit du jeudi 20 à vendredi 21 septembre dernier. Cette fois-ci, c’est la position des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), au niveau du poste frontalier de Noé qui a fait les frais de cette autre attaque. Très vite, le régime Ouattara a affirmé, sans la moindre enquête, que les assaillants sont venus du Ghana voisin. Faisant ainsi allusion aux pro-Gbagbo qui se sont refugiés dans ce pays. Mais la vérité finissant toujours par se révéler, cette affirmation des autorités ivoiriennes a été battue en brèche par le Lieutenant Amadou Koné alias "Sampayo", commandant des opérations au poste frontalier de Noé. «…je n’ai vu personne venu du Ghana», a affirmé l’officier des Frci sur Rfi. Confondant ainsi le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, qui avait pourtant soutenu le contraire.

A la suite de Sampayo, une autre révélation vient prendre à contre-pied les déclarations du ministre de la Défense. Celle de l’un des gardes du corps d’un membre de l’actuel gouvernement, originaire de l’Ouest. Selon ce gendarme dont nous taisons l’identité pour des raisons de sécurité, les assaillants sont des éléments des Frci. Il précise que l’attaque de Noé est partie d’Abidjan. Il a fait cette révélation à un de ses proches, la même nuit de l’attaque. « Il faut faire attention là où tu es. On  a attaqué Noé cette nuit »,a-t-il conseillé à son interlocuteur. « Mais qui attaque encore ? » Interroge le proche du garde du corps très apeuré. « Ce sont nos propres hommes qui attaquent, ce n’est pas quelqu’un d’autre… ». Réponse du gendarme très sûr de lui. « Mais depuis le début de ces raids, les autorités affirment que ce sont les pro-Gbagbo qui attaquent les Frci, comment se fait-il qu’aujourd’hui tu dises que ce sont vos hommes ? », réplique son interlocuteur très étonné. « Tu as raison, mais franchement, c’est maintenant qu’on a découvert la vérité… », révèle le sous officier de la gendarmerie nationale très embêté par la remarque de son parent à l’autre bout du fil. « La vérité finit toujours par triompher du mensonge », a dit le sage.

Voilà qui confirme la mauvaise foi du régime Ouattara aveuglé par sa volonté affichée de nuire à tout prix aux proches du Président Laurent Gbagbo dont il ne veut plus entendre parler. Mais c’est peine perdue puisque bien qu’il soit à La Haye, personne ne pourra enlever la philosophie et le nom de Laurent Gbagbo dans les esprits des Ivoiriens.

Des zones d’ombre

Selon les gouvernants, le poste avancé des Frci a été attaqué par des pro-Gbagbo. On nous dit que les Frci se sont repliés pour attendre des renforts. Pendant ce temps, où étaient les assaillants ? Si on veut suivre le ministre déléguée à la Défense, ces derniers étaient certainement assis quelque part en train d'attendre l'arrivée des renforts. Toujours selon les mêmes autorités, lorsque les renforts sont arrivés, ils ont tendu une embuscade aux assaillants parmi lesquels plusieurs ont été tués. Et après on nous dit que les assaillants sont repartis à bord de barques en direction du Ghana.

Alors question: comment des gens qui ont été pris dans un piège peuvent-ils se retrouver subitement en train de retourner «d’où ils sont venus?» Une interrogation qui fait appel à une autre. « Les combats ont duré combien de temps ? » On nous dira encore qu’ils sont tombés « dans une embuscade » Soit, mais, des sources bien introduites attestent que les combats ont duré de 3 heures du matin à 7 heures le lendemain.

Si les assaillants sont tombés dans une embuscade et que d’autres sont repartis au Ghana, alors quels sont ces survivants qui tenaient tête aux Frci qui leur ont tendu un piège pendant plus de 5 heures de combat ? Un autre fait très important. On sait que depuis sa prise de pouvoir, Ouattara avait constamment les yeux rivés du côté de Noé, certainement à cause du fait que des pro-Gbagbo sont exilés au Ghana. Ce qui explique que ce poste frontalier est devenu très important pour les autorités ivoiriennes qui y ont attaché un point d’honneur. Alors, comment se fait-il que ce sont les « vaillants » soldats des Frci du poste avancé de Noé qui ont replié très rapidement, trop facilement pour attendre des renforts? En dépit du danger que Ouattara craignait du côté d'Elubo, n'y avait-il placé qu'un petit poste avancé ?

Alors, de deux choses l'une. Où les éléments du contingent que Ouattara avait placé à Noé ont été facilement vaincus par les assaillants, où lesdits éléments ont tous pris la fuite pour attendre les fameux renforts d'Abidjan. Dans tous les cas, il y a eu des combats de plusieurs heures. Ce qui prend en flagrant délit de contre-vérités les autorités ivoiriennes qui affirment que les Frci n’ont enregistré qu’un blessé léger. A moins que cela soit un véritable miracle. Car, il est difficile de faire croire qu’après près de 5 heures de combats, seulement 8 assaillants tués, avec un blessé léger côté ami!

D'ailleurs, selon des indiscrétions, les soi-disant assaillants tués ne sont rien d’autres que des chauffeurs de Wôrô-Wôrô ghanéens et ivoiriens. Ces témoins attestent même que les Frci ont pris la fuite. Plusieurs d’entre eux s’étant retrouvés du côté du Ghana qu’ils ont rejoint en s'initiant à la natation pour les besoins de la cause.

 

Ferdinand Bailly, in LG Infos


SourceLe blog d’Arsène Dogba

LA COTE D'IVOIRE EST-ELLE EN MISSION DE DESTABILISATION DU GHANA?

 

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Depuis le coup d’État du 11 avril 2011 qui a emporté le régime de Laurent Gbagbo les relations naguère amicales entre le Ghana et la Côte d’Ivoire sont en passe de devenir tumultueuses. La raison apparente et immédiate de ce changement serait la présence sur le sol ghanéen de personnalités proches du président ivoirien déchu.

Or cette présence des réfugiés ivoiriens, fuyant les exactions et la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire, a un triple fondement. Elle s’explique d’abord par le fait que le Ghana, à l’instar de la Côte d’Ivoire, est un pays hospitalier dont le défunt Président, John Atta Mills, entretenait de surcroit des relations très cordiales avec  la Cote d’Ivoire de Laurent Gbagbo. La constitution de ce pays interdit le refoulement et l’extradition de réfugiés, pour autant qu’ils ne sont pas réputés criminels avérés dans leurs pays d’origine. Ensuite, après des années d’instabilité, rythmées par des coups d’état, le Ghana offre au monde aujourd’hui l’image d’un pays démocratique respectueux des droits humains. Enfin, on peut noter une relative solidité de l’économie ghanéenne galvanisée par la découverte d’importants gisements de pétrole et de gaz naturel. Le dynamisme de cette économie montre des signes perceptibles notamment dans le développement des infrastructures de communication. Pour toutes ces raisons, même si la langue constitue à priori une certaine barrière, les Ivoiriens ont préféré comme terre d’exil ce pays à d’autres destinations.

L’on se souvient qu’au plus fort de la crise post électorale, des Etats membres de la CEDEAO avaient préconisé une intervention militaire pour déloger le Président Gbagbo proclamé vainqueur de l’élection  présidentielle de 2010 par le Conseil constitutionnelle. Le Ghana avait joint sa voix à celles d’autres Etats dignes du continent noir pour réprouver une telle solution aux conséquences catastrophiques prévisibles. Pour autant, fidèle à sa tradition de pays respectueux des relations internationales, le Ghana a honoré le nouveau pouvoir installé à Abidjan à coup de bombes en avril 2011. En effet, à l’occasion de la pseudo investiture de monsieur Alassane Dramane Ouattara, le président ghanéen, non seulement, a autorisé ses troupes à défiler à Yamoussoukro, mais il a personnellement assisté à la cérémonie. Puis en août 2011, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, le contingent ghanéen de l’ONUCI a encore défilé devant les autorités ivoiriennes. Autant d’actes dont l’élégance le dispute à la sagesse pour indiquer que le Ghana tient à conserver des relations de bon voisinage avec la Côte d’Ivoire en dépit du caractère manifestement illégal du nouveau pouvoir d’Abidjan.

Malheureusement, une fois installé et auréolé du soutien de toute la planète, Alassana Ouattara n’a pas le triomphe modeste. En mal de légitimité, il veut se poser en leader des pays de la sous région ouest africaine pour donner à la françafrique un nouveau souffle. C’est pourquoi pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, un président Ivoirien va briguer le poste de président en exercice de la CEDEAO. Une fois à la tête de l’institution communautaire sous régionale, le président ivoirien ne tardera pas à se prendre pour le président des quinze Etats de cette organisation. Faisant fi des règles de bienséance qui président aux relations diplomatiques monsieur Ouattara tentent maladroitement d’en imposer à ses pairs avec des décisions à l’emporte pièce, notamment dans les crises malienne et gambienne.

Avec le Ghana voisin, le président a hâte de régler deux problèmes. Le premier concerne l’extradition ad et nunc des réfugiés ivoiriens sur installés au Ghana. Il en a besoin pour, d’une part être en conformité avec la constitution ivoirienne qui interdit l’exil des citoyens ivoiriens et d’autre part, en finir avec son adversaire politique Laurent Gbagbo en neutralisant tous ses partisans. Le deuxième problème auquel le président ivoirien s’attaque est relatif à la question de la délimitation de la frontière maritime entre les deux pays. Pour cela les autorités ivoiriennes ne ménagent aucun effort alliant diplomatie approximative à des actes de banditisme international dans l’espoir d’amener le Ghana à aller au rythme de la Côte d’Ivoire sur ces dossiers sensibles.

Sur la question des exilés ivoiriens la bonne foi du Ghana n’a jamais été prise à défaut, jusqu’à preuve du contraire. En effet, personne ne saurait reprocher  à un pays d’accueillir des réfugiés qui fuient une guerre à relent ethnique et tribal après avoir tout perdu dans leur pays d’origine. La Côte d’Ivoire avait par le passé accueilli des milliers de Ghanéens sans que le Ghana ne s’en émeuve autre mesure. Même en l’absence d’un droit international sur le statut de refugiés, le Ghana ne peut pas refouler des Ivoiriens en quête de sécurité et de paix. Au surplus, dans l’espace CEDEAO, le principe demeure la libre circulation et le libre établissement des citoyens de la communauté dans l’État de leur choix. Dans ces circonstances, forcer le Ghana à renvoyer les Ivoiriens est une entreprise suspecte vouée à l’échec. Le peu d’empressement que les Etats africains mettent à exécuter les nombreux mandats d’arrêt lancés contre les proches de Gbagbo en exil est un signe de désapprobation de cette politique répressive aveugle des autorités d’Abidjan. Plus d’un an après l’instauration de la démocratie des bombes, la répression et la justice des vainqueurs continuent de s’abattre sur les partisans de Laurent Gbagbo. Dans ces conditions, à moins d’être complice de ces violations flagrantes des droits humains, aucun pays sérieux ne peut extrader un exilé ivoirien vers la Côte d’Ivoire.

Quant à la question du différent frontalier, il est curieux de constater qu’à peine installées, les autorités ivoiriennes en ont fait un sujet prioritaire comme s’il y avait péril en la demeure. Faut-il rappeler que la frontière maritime entre la Côte d’Ivoire et le Ghana n’a jamais été délimitée contrairement à la frontière terrestre dont les bornes sont apparentes et ne font l’objet d’aucune contestation. Par laxisme les autorités ivoiriennes depuis l’indépendance n’ont pas daigné régler cette question jusqu’à ce que, sous le mandat du Président Gbagbo, le Ghana fasse une importante découverte de pétrole à proximité de la Côte d’Ivoire. La décision du gouvernement ivoirien de relancer le dossier de la délimitation de la frontière maritime avec le Ghana avait paru suspecte aux yeux du ministre ghanéen du pétrole au début de l’année 2010. Pour le Ghana, la Côte d’Ivoire s’active à cause de la découverte du pétrole dans les eaux territoriales voisines. Il a fallu tout le tact et toute la sagesse reconnus aux deux chefs d’État d’alors pour faire tomber  la tension en son temps. Le Président Ivoirien avait même dépêché le Ministre des Mines et de l’Energie auprès du Président ghanéen pour le rassurer sur les intensions non belliqueuses de la Côte d’Ivoire à l’égard du Ghana. Pour le Président Gbagbo, il n’y avait aucune fatalité pour les Etats africains à se livrer une guerre du pétrole qui ne profite qu’aux compagnies pétrolières. Et la guerre du pétrole n’eut pas lieu entre la Côte d’Ivoire et le Ghana par la sagesse des deux dirigeants qui avaient une haute idée de la paix et de la fraternité africaine. 

La détermination des occidentaux à faire de monsieur Ouattara le Président de la Côte d’Ivoire, contre vents et marées depuis 1994, trouve son explication dans la capacité de nuisance des intérêts africains de l’ancien fonctionnaire du FMI. La volonté des puissances occidentales de maintenir les pays d’Afrique dans la pauvreté et la misère n’échappe à personne. Cela apparaît comme une nécessité en raison de la position géostratégique d’un continent africain dont le sous-sol regorge de matières premières  qui font cruellement défaut à certains pays développés. L’équation qui se pose à ces nations développées est de savoir comment maintenir l’Afrique dans son rôle de pourvoyeur de matières premières brutes. Peu importe si les populations africaines doivent continuer à vivre dans des conditions moyenâgeuses.

Dans ces conditions, des Etats africains stables, gouvernés sous le modèle occidental et soucieux des intérêts nationaux constituent un danger. Ils sont qualifiés de pays fermés parce qu’ils veulent être maîtres des ressources naturelles de leur sous-sol. Ce statut de pays fermés est une conditionnalité suffisante à l’éligibilité au club des pays à déstabiliser. Pour échapper à ce club, très ouvert par ailleurs, les dirigeants des Etats dont le sous-sol regorge de matières premières, énergétiques notamment, ont une seule alternative. Ou ils servent les intérêts des puissances occidentales au moyen de contrats aux clauses léonines, ou ils affichent leur volonté de servir leurs peuples. Dans le premier cas ils sont assurés d’une longévité au pouvoir, assortie d’un permis de violation des droits humains. Dans le second cas, ils sont diabolisés, traités de dictateurs infréquentables avant de se faire éjecter du pouvoir violemment.

C’est à la lumière de cette réalité qu’il faut situer l’avènement de monsieur Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire après près de vingt ans de coups de force. Sa mission ne se limite pas à la seule Côte d’ivoire. Loin s’en faut ! A-t-il l’étoffe suffisante pour jouer efficacement ce rôle ? C’est là une autre question. Par contre son acharnement sur le Ghana qu’il accuse, en des termes à peine voilés, de servir de base arrière à des déstabilisateurs de son régime suscite réflexions.

En réalité, le Ghana a le profile d’un pays à déstabiliser tel que décrit plus haut. Que reste t-il de viable en Afrique de l’Ouest après l’effondrement de la Côte d’Ivoire, la désorganisation du géant nigérian et le plombage au sol de la Guinée et du Sénégal. Le pays de Kwame NKRUMAH, panafricaniste né, après avoir expérimenté la déstabilisation pendant de longues années, semble avoir compris le subtil jeu des intérêts géopolitiques internationaux. C’est pourquoi, prenant appui sur ses ressorts culturels, il a su instaurer un système de gouvernance qui lui permet aujourd’hui de s’attaquer aux fondements du sous développement. Le pays semble avoir mieux négocié ses contrats pétroliers pour en tirer le meilleur parti pour les générations actuelles et celles à venir. Il n’entretient pas de relations tutélaires étouffantes avec l’ancienne puissance coloniale. Le Ghana a une politique monétaire dynamique qui sert de levier à son économie. Autant d’atouts pour ce pays qui ne tardera pas à s’imposer comme modèle de développement en Afrique de l’ouest.

C’est pour casse cette dynamique que certains réseaux s’agitent en utilisant le pouvoir ivoirien qui multiplie les actes de provocation du voisin ghanéen. La Côte d’Ivoire a-t-elle intérêt à ouvrir un autre front à l’est après celui de l’ouest ? La réponse est assurément négative! Sauf que pendant que les pays seront occupés à se guerroyer, les exploitants pétroliers, gaziers et miniers continueront leur ouvrage, loin des velléités d’exigence du juste prix. Nous perpétuerons ainsi notre vocation de pays potentiellement riches mais éternellement pauvres. Ouattara serait-il en mission pour cela ?

 

John K. Silué, Cadre financier