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jeudi, 19 janvier 2012

JERRY RAWLINGS HAUSSE A NOUVEAU LE TON: «GBAGBO A LA HAYE? UNE HUMILIATION POUR L’AFRIQUE!»



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Tout feu tout flamme. Ancien président ghanéen et Haut représentant de l'Union africaine pour la Somalie, Jerry Rawlings a tenu, à l'occasion d'un discours prononcé lors de la sixième session ordinaire du Parlement panafricain, lundi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), à dénoncer l'incapacité du continent à prévenir les excès sponsorisés par certains membres de la communauté internationale, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire. Il s'est une fois de plus insurgé contre le transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye. Larges extraits de son discours.

L'Afrique n'a pas réussi à empêcher les excès en Libye et en Côte d'Ivoire...

«L'Afrique a au cours des douze derniers mois connu des bouleversements politiques considérables. Et l'action ou l'inaction de l'Union africaine et de ses divers organes ont amené certains à remettre en question l'avenir de cette institution créée avec les plus nobles intentions. De la Tunisie à travers l'Egypte à la Libye et même en Côte d'Ivoire, il y avait des mouvements politiques de nature différente qui remettaient en question la capacité de l'institution à engendrer l'unité africaine, la paix et le développement. Bien que la majorité d'entre nous ont été ravis de la volonté des peuples à prendre leur destin en main, nous avons été pris de court par l'échec du continent à empêcher les excès dans des pays comme la Libye et la Côte d'Ivoire. Notre déroute collective doit être corrigée de toute urgence et avec détermination afin que le sang et le labeur de ceux qui ont sacrifié leur vie à rechercher le changement ne soient pas gaspillés».

Gbagbo à La Haye ? C'est humiliant...

«Il est tout simplement humiliant qu'en ce 21ème siècle, notre continent conduise certains de ses dirigeants à La Haye comme on conduit l'agneau à l'abattoir, alors que nous sommes censés avoir la capacité de rendre notre propre justice. Nous devons laisser La Haye à ceux qui ne peuvent pas contrôler leur destinée. Si les Libyens étaient justifiés à renverser le régime de Kadhafi dans leur quête de liberté et de justice, alors pourquoi ne peuvent-ils pas rendre leur propre justice?

Si les Ivoiriens sont vraiment en quête de paix et de réconciliation, dans le cadre d'un processus convenu par les deux factions de Ouattara et Gbagbo, pourquoi alors envoyer à la CPI un ancien dirigeant qui, en dépit de ses défauts, a accompli son devoir envers son pays ?»

Dire non à «une nouvelle forme de colonialisme»

«Nous avons et avons eu des dirigeants défaillants mais nous avons assez de dirigeants bons et progressistes, qui ne peuvent réussir que si des institutions comme le Parlement panafricain et les parlements nationaux leur montrent la voie et leur accordent leur soutien.

Le temps est venu de cesser d'être des observateurs, et de devenir de véritables acteurs dans les dynamiques de changement du continent. Le danger est devant nous. Nous ne devons pas permettre à une nouvelle forme de colonialisme d'engloutir notre continent et de nous transformer en marionnettes de la communauté internationale. Conjuguons nos efforts en prenant une position ferme contre cette menace imminente.»

Les immigrants africains victimes de trafics d'organes en Egypte...

«Nous devrions être particulièrement préoccupés par la situation en Egypte où la douleur et l'agonie que le peuple a endurées à la place Tahrir et dans d'autres villes se répète quelques mois après. Il est évident que la machine très oppressante que la révolution cherchait à supplanter a de nouveau émergé et sous le prétexte de la sécurité nationale, les Egyptiens ordinaires sont de nouveau confrontés à des assauts et des brutalités rappellent ce qui s'est passé en janvier et février de l'année dernière (...). Pendant combien de temps allons-nous être des observateurs silencieux ? Et pourtant, les révolutions menées par des populations désarmées civiles en Tunisie et en Egypte avaient donné au monde l'espoir que la liberté et la justice allaient enfin triompher. (...) Il y a quelques mois, le projet Freedom CNN a publié un exposé sur l'enlèvement cruel et l'extraction des organes vitaux des immigrants illégaux qui tentent de passer à travers l'Egypte en Israël. Les passeurs bédouins auraient arraché des parties de leurs corps alors que les immigrants étaient encore vivants. Les immigrants sont réduits en esclavage, torturés et ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer des sommes énormes à ces contrebandiers font face à la sanction ultime d'une mort déshumanisante à travers le prélèvement d'organes ! Et l'Afrique est muette ?»


Traduit par Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

MALADE ET VICTIME DU GELS DES AVOIRS: PAUL DOKUI LUTTE CONTRE LA MORT


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Mme le Ministre Anne Gnahoret apportant l'aide du FPI en exil à Paul Dokui

 

Si rien n’est fait pour dégeler ses avoirs financiers, Pol Dokoui risque de mourir. Malade depuis des mois, le célèbre journaliste-animateur de Radio Côte d’Ivoire lutte contre la mort au Ghana. Où il est allé avant le renversement du Président Laurent Gbagbo pour suivre des soins parce qu’interdit dans l’espace de l’Union Européenne. Ne pouvant donc pas aller se faire soigner en Europe, il s’est résolu à rester au Ghana.

Dans sa détresse, le pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara l’a encore enfoncé en procédant au gel de dix mois de son salaire. Il est réduit à néant au plan financier. Par ailleurs, l’Atci doit 25 millions fcfa à sa structure privée dénommée Degnan, une école chargée de la formation des animateurs Radio et Télé. Ses parents financièrement à bout de souffle ne savent plus à qui s’en remettre pour sauver leur fils qui a fait les beaux jours de la Radio ivoirienne.

Pour éviter le pire et abréger la liste des morts du fait du gel des avoirs, ils exhortent vivement les Ivoiriens à sensibiliser les tenants actuels du pouvoir afin de se montrer plus humains en libérant ses avoirs pour permettre à Pol Dokoui de se faire soigner. Rappelons que cet homme a tant donné à la Côte d’Ivoire. Personne ne gagnerait rien, s’il mourrait. C’est un véritable SOS que lancent les parents du malade.


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

mardi, 06 décembre 2011

GBAGBO A LA CPI: JERRY RAWLINGS POUR UNE JUSTICE AFRICAINE CONTRE L'INJUSTICE INTERNATIONALE



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"J'ai appris avec consternation l'information selon laquelle le président ivoirien renversé Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à un réquisitoire rapide, en contradiction avec les codes et procédures pertinentes et avec un mépris total pour les exigences de la paix en Côte d'Ivoire.

Ce transfert a suivi une procédure si expéditive qu'elle pouvait être légitimement décrite comme un enlèvement. Mes soupçons se sont accrus lorsque j'ai constaté que le procureur, qui affirme cibler six personnes en Côte d'Ivoire, insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible de s'échapper puisqu'il est déjà en détention. Cet empressement à inculper et à transférer Gbagbo, qui n'a pourtant pas fui lors du bombardement de son palais, comme un criminel de droit commun, défie la logique et la quête de la véritable réconciliation et d'une paix durable en Côte d'Ivoire. Après cinquante ans d'indépendance, l'Afrique devrait avoir l'expertise nécessaire pour rendre la justice qu'elle doit à ses propres citoyens et faire disparaître la justice d'importation.

Quel est ce type de poursuites qui se précipite pour traduire en justice la victime d'une attaque, et qui se montre si indulgente envers l'auteur de cette attaque ?

Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice baigne dans une mer d'humiliation et d'abus, régie par la haine de personnes qui s'autoproclament justes avec leur logique intenable, il est bon que la conscience humaine s'élève contre eux et pour le bien de tous. Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. Nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet dans la mesure où nous sommes partie prenante de ce drame humain."


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

vendredi, 18 novembre 2011

LE LIEUTENANT DE GENDARMERIE DANON KROKO THEOPHILE ENLEVE

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Le ministre Kadet Bertin


Nous venons d'apprendre que le lieutenant de gendarmerie Danon Kroko Théophile, en fonction à la Gendarmerie du Port d'Abidjan, a été arrêté et conduit vers une destination inconnue, sur ordre du colonel Vako Bamba, adjoint au commandant supérieur de la Gendarmerie. Convoqué ce jeudi 17 novembre 2011 au Commandement Supérieur de la Gendarmerie par Vako Bamba, commandant en second de ladite institution, le lieutenant Dano Kroko a été entendu de 9 h à 16 h, puis conduit à son propre domicile où une perquisition a été réalisée sur ordre de Vako Bamba.

Son crime est qu'il aurait expédiée de l'argent au Ghana à son ancien patron, le ministre Bertin Kadet, qui en avait besoin pour payer ses frais médicaux (qui, dans un accident de la circulation avait un bras et une côte fracturés) et assurer la scolarité de ses enfants. Depuis 18 h, le lieutenant Danon Kroko a été arrêté et transféré dans une destination inconnue par le tout puissant colonel Vako Bamba.

Le lieutenant  Danon Kroko a été garde du corps du ministre Kadet Bertin de 2002 à 2007, année au cours de laquelle il a été admis à l'école des officiers, à l'issue du concours très sélectif des élèves Officiers de gendarmerie. Après deux ans de formation, il est admis à l'Ecole de Zambakro. A la fin de son application, il est affecté à la gendarmerie du port d'Abidjan. Aider son ancien patron et sa famille vient de lui valoir la prison. Dans quel Etat sommes-nous ? La Gestapo de Ouattara prend des proportions inquiétantes.


Germain Séhoué, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

vendredi, 14 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA EST-IL UN RECONCILIATEUR?


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La crise postélectorale a jeté sur les pistes et les routes africaines des centaines de milliers d'Ivoiriens, au comble du malheur et du désastre ou hantés par l'angoisse des lendemains improbables. Certains pour fuir une mort inéluctable, d'autres pour se mettre à l'abri d'éventuelles exactions ou maltraitances des « vainqueurs » désormais au pouvoir, en Côte d'Ivoire. D'autres encore, en quête de sérénité parce que ne supportant plus le bruit des armes. Pour cela, ils ont dû franchir la frontière de leur pays pour demander l'hospitalité et l'asile, loin de chez eux et, quelquefois, abandonner famille, biens et projets d'avenir. Des milliers d'entre eux en ont, pour ainsi dire, été réduits à leur plus simple expression. Des années de durs labeurs et de sacrifice parties en fumée. Un seul véritable bien leur restant, désormais : la vie sauve !

Voici la condition désastreuse de bon nombre de nos concitoyens partis en exil et vivant, pour le plus grand nombre, dans une précarité à fendre le cœur. Mais ils ont au moins le bénéfice d'une certaine quiétude et d'un répit salutaire pour leur âme en détresse. Cela, semble-t-il, n'est pas du goût du pouvoir Ouattara. Il faut absolument faire rentrer ces Ivoiriens, et surtout tous ces pro-Gbagbo en exil, qui ternissent l'image policée de l'homme du slogan médiatique de « la Côte d'ivoire rassemblée » qui peine à les convaincre d'amorcer le mouvement de retour au pays. Plusieurs délégations mandatées par le nouveau pouvoir ivoirien se sont heurtées à un mur de réticence des exilés ivoiriens.

Toutes les démarches de ses émissaires ayant fait long feu, Ouattara se charge lui-même de faire le « ménage ». Le chef de l'Etat ivoirien semble visiblement manquer de sérénité. La réconciliation faite maison tarde à venir, pour la consolidation de son pouvoir certifié par la « communauté internationale ». Il va falloir lui donner un coup de fouet pour la booster dans le sens souhaité. Surtout qu'il entendrait des bruits de bottes venir du Ghana voisin contre son régime, aux dires de la presse locale, au point de jeter quelque ombre sur les relations légendaires entre le pays de Kwamé Nkruma et le sien. Au-delà des sourires protocolaires et des discours diplomatiques. Et pour se faire, il met à contribution le président Ghanéen, John Evans Atta Mills himself, qui en bon africain nourri aux mamelles de la fraternité et de l'hospitalité, va lui ouvrir grands les bras, pour lever tout malentendu entre les deux pays.

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Reçu avec tout le faste et les honneurs dus à son rang, Alassane Ouattara ne sera malheureusement pas à la hauteur de toute la confiance investie en lui par le Président ghanéen pour rencontrer les autorités ivoiriennes et les responsables du FPI en exil, dans une entrevue qui devait servir de cadre à un échange fructueux, à un dialogue constructif, pour le retour de nos frères. Son agenda secret - le rapatriement des personnalités proches de Laurent Gbagbo poursuivies ou non - gâche la belle initiative. Le tête-à-tête annoncé et arrangé par Atta Mills se mue en une vulgaire instrumentalisation politique : la délégation des cadres LMP aura le désagrément de se rendre compte que la conférence de presse initialement prévue à House Parlement par le gouvernement ghanéen a été, soudainement et sans explication, transférée à la Conference Center du stade de Oussou. Apparemment, sous l'insistance de Ouattara. Selon des sources diplomatiques. Nos cadres en exil se retrouvent donc installés au premier rang d'une salle chauffée à blanc par des Ivoiriens, censés être des exilés en T-shirts à l'effigie de Ouattara, visiblement heureux de retrouver leur président. Jamais vu des « victimes » aussi heureuses de retrouver leur « bourreau ». Il n'en était, en fait, rien. Il s'agissait simplement du comité d'accueil RHDP transporté de Côte d'Ivoire et également suscité sur place au Ghana, pour célébrer son mentor. Ouattara, soigneux de son image internationale, n'avait qu'une obsession : montrer au monde, à travers cette machination indigne, que les exilés proches de l'ancien président sont heureux de le voir, qu'ils sont prêts à rentrer - pour preuve, les personnalités pro-Gbagbo étaient toutes présentes à son « meeting » - et que la page Gbagbo était tournée. De tête-à-tête arrangé, point question. Subodorant le coup, les personnalités ivoiriennes en exil prennent le soin de se retirer de l'auditorium avant l'arrivée de Ouattara.

Mais qu'à cela ne tienne. Le voyage officiel du chef de l'Etat ivoirien en terre ghanéenne aurait pu s'avérer, malgré tout, fructueux s'il n'en avait lui-même torpillé l'issue. Car comment comprendre qu'on puisse s'afficher comme un réconciliateur parti rencontrer ses compatriotes pour les convaincre de rentrer et demander, dans le même temps, leurs têtes à leur hôte sur un plateau d'argent ? Oui, Ouattara a bel et bien demandé au président Atta Mills d'exécuter les mandats d'arrêt qu'il a lancés contre ses propres concitoyens. Ceux mêmes qu'il était censé rencontrer en aparté, dans un dialogue franc et fraternel, loin de son « meeting ». Il s'est même félicité, sur la base des discussions qu'il a eues avec les autorités ghanéennes, de leur prochaine arrestation, à son retour à Abidjan. Quel est donc ce réconciliateur ? Des Ivoiriens ont fui leur pays pour vivre à l'étranger, afin d'avoir la paix et retrouver un peu de quiétude. Il faut encore qu'Alassane Ouattara aille les y tourmenter avec des mandats d'arrêt et des ordres de gel de comptes bancaires ! Quelle est donc cette étrange disposition de cœur ? Quel sens Ouattara a-t-il de l'hospitalité et de la fraternité africaines pour demander au Ghana de lui livrer ses protégés, contre sa propre Constitution qui lui interdit le rapatriement de force et sans raisons objectives de réfugiés ?

Au demeurant, les propos tenus par Alassane Ouattara au Ghana laissent pantois : « Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon ». Ah bon ?! J'aurais parié pour  le contraire. Monsieur le président, j'ai justement l'honneur de vous contredire ! C'est plutôt la réconciliation et le pardon qui vont accélérer le développement de notre pays. Certainement pas l'inverse ou autre chose.

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Alassane Ouattara dit, en outre : « Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive ». Honnêtement, quel criminel ou individu soupçonné de l'être viendrait-il allègrement s'offrir aux mailles de la justice qui doit l'écrouer ? Et surtout quand il s'agit de celle des « vainqueurs » que la Côte d'Ivoire s'est désormais offerte ? Cela ne correspond à aucune logique ni à aucun bon sens. Monsieur le président, la solution du retour de ces plus de 200.000 Ivoiriens en exil se trouve ailleurs, et d'ailleurs entre vos mains, et vous la connaissez très précisément : il s'agit de la libération du président Laurent Gbagbo et de tous vos prisonniers politiques et militaires. Arrêtez de chercher ailleurs et de nous conduire tous dans l'impasse d'une réconciliation des « vainqueurs ».

Pour clore le tout, Alassane Ouattara lance aux exilés ivoiriens : «  N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit. (...) Rentrez, le pays est désormais en paix ». Entre nous soit dit, de quelle paix et de quel Etat de droit s'agit-il ? Une paix et un Etat de droit faits d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement social, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances ? « Non, merci ! », semblent répondre les réfugiés ivoiriens qui sont encore et toujours massivement présents au Ghana, au Bénin et au Togo (pour ne citer que ces trois pays) et ne semblent aucunement pressés de regagner la Côte d'Ivoire, terres de leurs pères.

Un seul signal pourra convaincre nos compatriotes de rentrer : la liberté de Laurent Gbagbo. Il ne faut pas avoir fait Havard pour le comprendre. La semaine où Gbagbo sera libéré, les exilés envahiront la Côte d'Ivoire, sans aucun mot d'ordre, et la réconciliation s'amorcera d'elle-même, sans discours. C'est aussi simple que cela !

Comme nous pouvons donc l'apprécier, même en prison, c'est encore Laurent Gbagbo qui a les cartes en main. La réconciliation incombe à titre principal à Alassane Ouattara. Mais que nous donne-t-il à voir ? La continuité de la chasse à l'homme. Et pourtant, il faut bien peu pour réconcilier les Ivoiriens, quand on a une grande âme. Par la façon dont il règlera la question Gbagbo, Ouattara scellera son avenir politique. Soit comme le « réconciliateur tant attendu », soit comme le « pyromane national ». Avec les conséquences y afférentes. C'est à lui de voir. L'Histoire l'observe.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 341 du jeudi 13 octobre 2011.

lundi, 10 octobre 2011

COMMENT OUATTARA A SABOTE ATTA MILLS

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Alors que le président ghanéen souhaitait encourager un dialogue fructueux entre les exilés pro-Gbagbo et le régime Ouattara, ce dernier s'est livré à une drôle de mise en scène destinée à faire la porte à des discussions sérieuses. Précisions.

 

La visite d'Alassane Ouattara à Accra va-telle renforcer la compréhension mutuelle entre la Côte d'Ivoire et le Ghana ou contribuer à donner de la consistance à l'atmosphère de méfiance que le régime ivoirien essaie de créer, notamment à travers des accusations médiatiques au vitriol? En tout cas, l'histoire secrète du séjour de Ouattara au Ghana illustre le double langage déroutant de son régime, qui prétend vouloir la paix par la conciliation des différences et se signale, dans la pratique, par une irascibilité périlleuse pour la stabilité nationale.

A l'origine de la rencontre avortée entre Ouattara et les réfugiés LMP, deux audiences de ces derniers avec le président Atta Mills. En bon père de famille et en dirigeant responsable, Atta Mills souhaite créer un dialogue constructif qui permettra le retour au bercail des exilés, dans une atmosphère apaisée. Lors de la première audience qu'il accorde aux proches de son ancien homologue ivoirien, Mills leur explique, selon des sources dignes de foi, qu'il va inviter Ouattara et en profiter pour plaider auprès de lui pour qu'il fasse tout pour apaiser le climat en Côte d'Ivoire.

Lors de la seconde audience, il annonce à ses invités que l'invitation qu'il avait promis de transmettre l'a bien été. Et il leur demande ce qu'ils aimeraient qu'il dise, de leur part, à «leur» président. Il va plus loin en les exhortant à accepter de le rencontrer lors de son séjour au Ghana, histoire d'engager un vrai dialogue, préalable à un retour massif et non contraint de tous les réfugiés - dans la mesure où ceux qui sont dans les camps appartiennent à la même obédience que les cadres avec lesquels Mills a entamé des discussions.

Un grand nombre de cadres exilés est hostile à une rencontre avec Ouattara. Mais la proposition ne peut être rejetée. On ne peut pas traiter par le mépris l'offre de bons services d'un hôte aussi bienveillant, qui propose même d'être présent pour en quelque sorte, rassurer les différentes parties et fluidifier les échanges. Une délégation de personnalités représentatives de LMP est désignée.

La rencontre est prévue pour jeudi à 15 heures. A 14 heures, les cadres de LMP sont installés dans une annexe. Puis, ils sont conviés à entrer dans la salle de conférences où la réunion doit avoir lieu.

Mais ils sont frappés par plusieurs choses:

Premièrement, on leur demande de venir s'installer dans une salle bondée de partisans de Ouattara qu'il est question de présenter comme des réfugiés, mais qui portent des tee-shirts à son effigie et débordent d'amour pour lui - alors qu'ils sont censés avoir fui les représailles de ses nervis.

Deuxièmement, Atta Mills, qui avait promis d'être présent, n'est pas là. Ce qui signifie, selon leur analyse, que le format de discussion qu'il a préconisé a été saboté par Ouattara. Et qu'il a, selon toute évidence, pris acte de ce sabotage.

En effet, comment peut-on sérieusement commencer un dialogue fructueux en parquant ses partisans surexcités dans une salle, et en demandant à ses adversaires de prendre les premières places dans cette salle-là. Pour créer un effet totalement artificiel de percée politique, là où il n'y a qu'incompréhension mutuelle. Ou pire, pour faire huer ses adversaires par de pseudo-réfugiés et s'empresser de faire raconter à travers les médias qu'une prétendue «division» existe entre cadres et, si l'on peut dire, réfugiés de base.

«Pour résumer, il faut bien que l'on admette que Ouattara n'est pas un interlocuteur crédible», constate un cadre LMP exilé. La Côte d'Ivoire a du souci à se faire...

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 337 du samedi 8 octobre 2011. 

dimanche, 09 octobre 2011

VISITE DE OUATTARA AU GHANA: CE QU'ON VOUS A CACHE


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Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Comme vous le savez, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Dramane Ouattara, a passé une journée au Ghana le jeudi 6 octobre dernier. Dans ce papier, nous ne reviendrons pas sur les objectifs et les acquis de ce voyage éclair au pays d'Atta Mills. Parce que tout le monde sait que Dramane y était pour se faire remettre les exilés politiques ou tout au moins obtenir l'exécution des nombreux mandats d'arrêt émis contre des pro-Gbagbo séjournant actuellement au Ghana. On sait aussi ce que les autorités ghanéennes lui ont donné comme réponse à sa requête. A savoir par exemple, que la Constitution ghanéenne n'autorise jamais les expulsions de ressortissants d'un pays tiers sur la base d'arguments infondés. Nous n'insisterons donc pas sur l'échec de cette visite. Nous nous permettrons cependant de vous livrer des informations non divulguées et qui ont pourtant leur importance.

Initialement prévu pour trois jours, le séjour de Ouattara a été réduit à une seule journée. Et cela, parce que M. Ehui Bernard, représentant de Dramane Ouattara au Ghana, a pris soin d'informer son chef sur l'ambiance prévalant au Ghana dans l'attente de l'arrivée du '' Brave Tchê''. En effet, ni les politiques de la coordination LMP, ni les réfugiés dans leur ensemble, ne tenaient à rencontrer Dramane Ouattara encore moins échanger avec lui sur un quelconque sujet. Quant aux autorités ghanéennes, elles avaient depuis toujours fait savoir aux dirigeants actuels de la Côte d'Ivoire qu'elles n'étaient pas prêtes à transiger sur leurs principes en ce qui concerne les rapatriements politiques non fondés.

Selon des sources diplomatiques, sachant tout cela, Dramane Ouattara a failli annuler son voyage. Mais il en a été dissuadé par son ambassadeur ( Ehui) qui lui aurait quand même donné des assurances sur le fait qu'il serait traité comme un chef d'Etat à son arrivée dans la capitale ghanéenne. En plus des assurances de M. Ehui, les habituels serviteurs du vrai patron du RHDP se sont mis dans la danse à travers des initiatives ubuesques, en vue de faire passer Dramane Ouattara pour un visiteur de marque très attendu dans la communauté ivoirienne du Ghana. On notera entre autres, les actions suivantes:

Premièrement, M. N'Zi, président de la communauté RHDP au Ghana, n'ayant pu convaincre les réfugiés et exilés ivoiriens à aller accueillir Dramane Ouattara et le rencontrer par la suite, s'est résolu à sensibiliser et à rassembler les Maliens, Guinéens, Sierra Léonais et Sénégalais d'Accra pour accompagner les militants RHDP du Ghana au contact de Ouattara.

Evidemment, cela se paye et cela s'est payé en cedis (la monnaie ghanéenne). Ce sont ces gens-là que vous avez du voir sur les images.

Deuxièmement, M. Adama Bictogo, homme de main de Ouattara, n'étant pas très sûr du succès de l'initiative de N'Zi, a pris sur lui de convoyer de nombreux militants RDR d'Abidjan à Accra dans une vingtaine de cars (de 60 places chacun) de transport inter-Etats. Les réfugiés des camps d'Elibou et surtout de Buduburam se sont amusés toute la journée du mardi 4 octobre à compter les cars. Quelques jours avant, le même Bictogo voulait marquer un grand coup en Côte d'Ivoire. En effet, à l'occasion d'une visite flash au Ghana, il a réussi à prendre contact avec de nombreux réfugiés grâce à l'intermédiation de Yaké Evariste, ex-patriote aujourd'hui pro-Ouattara.

Bictogo voulait faire rentrer en Côte d'Ivoire, de nombreux réfugiés avant même que Alassane Ouattara ne vienne au Ghana. Question de démontrer que les pro-Gbagbo ont enfin compris que Ouattara a un grand sens du pardon. Des réfugiés se sont prêtés à ce jeu contre 225 cedis (75 000Fcfa) par ''volontaire rentrant''. Mais l'affaire s'est soldée par un échec ridicule, car seul un car a pu arriver à Elibou et avec seulement trois commerçantes d'Adjamé venues à Accra pour autre chose et qui ont profité d'un voyage retour ''cadeau''.

Troisièmement, Hamed Bakayoko, lui, s'est contenté de distribuer des récompenses en espèces aux militants RDR de la sous-région, mobilisés par N'ZI pour l'accueil avec des mots d'ordre venus d'Abidjan. Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Le chef de l'Etat ivoirien a écouté ce conseil avisé et a modifié la configuration de ce voyage. Ainsi, est-il arrivé à Accra aux environs de 7 h00 du matin soit plusieurs heures avant l'heure retenue avec le protocole d'Etat du Président ghanéen. Mais ce n'est pas tout. Ouattara n'a pas passé plus de 15 minutes à l'aéroport. Il a modifié le trajet proposé par le protocole ghanéen. La conférence de presse initialement prévue à House Parlement a été soudainement transférée à Conference Center du stade de Oussou sous l'insistance, selon des sources diplomatiques de Ouattara. C'est après cette conférence qu'il a rencontré le groupe RHDP de N'ZI et un autre groupe de réparateurs de portables et des tenanciers de kiosques du camp de Buduburam, tous originaires du Mali, du Niger, du Burkina, de Guinée, présentés comme réfugiés ivoiriens.

Comme il l'a fait pour son arrivée à Accra, le nouvel homme fort de la Côte d'Ivoire est reparti du Ghana plus tôt que prévu contrairement au programme conçu par les directions du protocole d'Etat de Côte d'Ivoire et du Ghana. 14h au lieu de 16h.

 

In Notre Voie

 

Source: AFRICAN LIBERTY

samedi, 08 octobre 2011

RENCONTRE D'ACCRA: LES VERITES D'ASSOA ADOU A OUATTARA


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Discours du Dr. Assoa Adou, Porte-parole de la Coordination du FPI en exil

 

Excellence Monsieur le Président de la République du Ghana,

Excellence Monsieur le Président de la République Fédérale du Nigéria,


Nos premiers mots sont à l'endroit de SEM. Atta Mills, Président de la République du Ghana. Nous voudrions encore une fois vous dire toute notre reconnaissance à vous et à tout le peuple ghanéen pour l'hospitalité et l'attention que vous n'avez cessez de nous accorder depuis que, par milliers, nous sommes venus trouver refuge dans votre pays. Nous vous remercions également pour tous les efforts que vous déployez pour la paix en Côte d'Ivoire. La présente rencontre en est une illustration parfaite.

Nous voudrions saluer son excellence M. Goodluck Jonathan, pour sa présence.

Quant à M. Alassane Dramane Ouattara nous sommes heureux de sa présence qui nous donne l'occasion de nous adresser à lui.

Nous sommes venus lui dire que nous sommes pour la paix, mais une paix qui réconcilie les ivoiriens, à l'exemple de Laurent Gbagbo, qui a œuvré pendant dix ans pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. On citera entre autres actions: le financement des partis d'opposition lorsqu'il a accédé au pouvoir en 2000 et qui a permis au RDR qui n'y avait pas droit, de bénéficier d'une subvention annuelle de 800 millions de francs CFA ; le retour d'exil de MM. Ouattara et Bédié dans le cadre du forum pour une réconciliation inclusive en 2001 ; la décision de 2005 qui a rendu éligibles MM. Ouattara et Bédié aux élections  présidentielles de sortie de crise, suite à l'Accord de Pretoria ; la prise d'une loi d'amnistie pour les rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire en septembre 2002 ; la signature de l'Accord politique de Ouagadougou avec la rébellion armée et la nomination au poste de premier ministre du chef des rebelles, M. Soro.

La crise ivoirienne n'a pas commencé le 28 novembre 2010 contrairement à l'opinion courante, elle a commencé le 19 septembre 2002 par un coup d'Etat manqué qui s'est mué en une rébellion armée, organisée et planifiée par la France.

L'élection du 28 novembre 2010 devait mettre fin à cette longue et grave crise mais hélas, elle l'a aggravée et prolongée.

Le refus des résultats du Conseil constitutionnel proclamant le Président  Laurent Gbagbo vainqueur a entraîné un contentieux électoral qui n'a pas été vidé par le recomptage des voix, comme préconisé par le Président Laurent Gbagbo, ni par la solution politique négociée proposée par l'Union Africaine et acceptée par le Président Laurent Gbagbo. En lieu et place, la rébellion, appuyée par la France et l'Onu a déclenché  la guerre qui a abouti à l'arrestation le 11 avril 2011 du Président Laurent Gbagbo par les forces française qui l'ont remis aux rebelles. Au cours de cette guerre, les forces rebelles ont perpétré des massacres politiques et ethniques, comme le génocide du peuple wè dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et l'exécution sommaire de centaines de jeunes à Adjamé et Yopougon.

Le Président Laurent Gbagbo est aujourd'hui détenu à Korhogo dans des conditions indignes et humiliantes d'un Président de la République et traité moins bien qu'un vulgaire délinquant de droit commun. Nous avons appris que suite aux démarches entreprises par les autorités ivoiriennes et françaises auprès de la CPI (Cour Pénale Internationale) les tractations sont en cours en vue de traduire le Président Laurent Gbagbo devant cette juridiction.

Par ailleurs, depuis le 11 avril 2011, les tueries, pillages, viols, occupations de plantations et domiciles par les rebelles et les dozos rebaptisés FRCI sont ininterrompus et ont occasionné un exil  interne et externe de plus de deux millions d'ivoiriens.

M. le Président Atta Mills, les milliers d'exilés que nous représentons refusent que la force soit utilisée pour imposer une solution à un camp.

Nous refusons l'instrumentalisation de la justice ivoirienne et la justice internationale pour exclure de la vie politique des adversaires.

Pour nous, la vraie solution à la crise ivoirienne, celle qui ramènera la paix définitive ne peut être qu'une solution politique. Cette solution commence par la libération immédiate du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, civils et militaires en vue d'un dialogue inclusif au sommet de l'Etat et entre les ivoiriens.

Le Président Laurent Gbagbo qui représente plus de 50% de la population, n'est pas, comme nous l'avons entendu dire, l'obstacle à la paix mais au contraire l'élément clé pour la paix en Côte d'Ivoire.

C'est pourquoi, pour nous, détenir le Président Laurent Gbagbo et ne pas le libérer c'est faire obstacle à la paix.

Transférer le Président Laurent Gbagbo à la CPI alors que les criminels notoires sont en liberté et ne sont pas inquiétés, c'est hypothéquer définitivement la paix en Côte d'Ivoire.

Nous sommes pour notre part dans l'attente d'initiatives africaines allant dans le sens de la paix véritable en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut intervenir que par la libération du Président Laurent Gbagbo et l'instauration d'un dialogue direct entre lui et M. Ouattara.

C'est pourquoi nous vous saluons encore une fois Messieurs les Présidents pour cette initiative et vous remercions de nous avoir écoutés.


Dr Assoa Adou, Président et Porte-parole de la coordination FPI en exil.

In « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : Le blog de Claudus

EXTRADITION DES CADRES LMP: LE REFUS POLI D'ATTA MILLS A OUATTARA


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A l'occasion de sa visite hier à son homologue ghanéen, John Evans Atta Mills, une préoccupation majeure taraudait l'esprit de Ouattara, à savoir obtenir l'extradition des cadres Lmp dans le viseur de la «justice des vainqueurs».

Matraquage médiatique pour une visite dans l'enjeu principal était, cela saute désormais aux yeux, forcer la main au gouvernement ghanéen pour obtenir un éventuel rapatriement des personnalités proches du président Gbagbo contre qui la «justice des vainqueurs» a lancé des mandats d'arrêts internationaux. Lors de son tête-à-tête avec le président Ghanéen, John Evans Atta Mills, l'actuel maître de la Côte d'Ivoire lui a demandé de donner suite aux mandats d'arrêt émis contre plusieurs personnalités de l'ancien régime exilés au Ghana, selon le communiqué conjoint qui a sanctionné son bref séjour en terre ghanéenne.

«Le président Ouattara a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise », lit-on dans le communiqué.

En réponse au chef de l'Etat ivoirien qui a effectué une visite pour cette requête, dans un langage diplomatique, le Ghana a «accepté d'étudier» ladite requête. Tout simplement pour traduire un refus poli des autorités ghanéennes adressé à l'endroit du pouvoir ivoirien. Le Ghana qui maitrise mieux le dossier ivoirien ne pense pas jouer les pièces maitresse pour l'instauration d'une justice sous-régionale des vainqueurs.

Au-delà de l'hospitalité généreuse du peuple ghanéen, il est à souligner que la constitution ghanéenne interdit l'extradition de réfugiés politiques quelles que soient les motivations. Alors, l'on est fort surpris que le chef de l'Etat, une fois de retour à Abidjan, annonce à la face de la Nation que le Ghana a accepté d'exécuter sa demande de rapatriement des personnalités poursuivies. Quelques cadres Lmp exilés au Ghana ont été fort surpris des propos tenus par Alassane Ouattara de retour à Abidjan. «Nous sommes fort étonnés.

Puisqu'il n'en nullement été question d'une réponse favorable d'Accra à la requête de M. Ouattara», a déclaré un cadre Lmp exilé au Ghana.


Gérard Koné, in « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 07 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA DEMANDE A ACCRA D'ARRETER DES IVOIRIENS REFUGIES AU GHANA


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200.000 Ivoiriens ont fui la Côte d'Ivoire meurtrière et justicière d'Alassane Ouattara pour avoir un repit et retrouver un peu de paix. Il faut encore que Ouattara aille au Ghana les tourmenter avec des mandats d'arrêt et des menaces à peine voilée. Quel coeur a-t-il donc? Quel sens a-t-il de l'hospitalité? "Rentrez, le pays est désormais en paix. La Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit". Quelle paix et quel Etat de droit, entre nous soit dit? Une paix et un Etat de droit faits de crimes, d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances? Pauvre de toi, ma Côte d'Ivoire bien-aimée! Tu es morte, le jour où cet homme a pris le pouvoir. Requiem pour une nation en déliquescence.


Le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé jeudi à Accra d'arrêter des Ivoiriens réfugiés au Ghana, terre d'exil de nombreux proches du chef d'Etat déchu Laurent Gbagbo, dont certains coulent des jours paisibles malgré des mandats lancés par Abidjan.

Arrivé dans la capitale ghanéenne dans la matinée, M. Ouattara s'est entretenu avec son homologue John Atta Mills et a rencontré la communauté ivoirienne du Ghana avant de repartir en début de soirée, ont constaté des journalistes de l'AFP.


Selon une déclaration conjointe des deux présidents, M. Ouattara "a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise postélectorale ivoirienne".


Le Ghana a accepté d'étudier cette requête, ajoute le texte, et une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays devrait bientôt se tenir à Abidjan.


Il s'agissait du premier voyage officiel de M. Ouattara chez son voisin de l'est, près de six mois après la fin de la crise née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts selon l'ONU.


Des milliers d'Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo.


Un accord tripartite prévoyant le rapatriement des exilés a été signé jeudi par le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une cérémonie en présence de MM. Atta Mills et Ouattara.


S'adressant à quelque 1.500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d'Accra, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu'ils "rentrent au pays" désormais "en paix".


"Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (...) N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit", a-t-il lancé.


"Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive", a-t-il assuré.


Une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana devait participer à la rencontre, mais elle est repartie peu après son arrivée au centre de conférence, semble-t-il après avoir constaté qu'elle n'aurait pas d'entretien particulier avec le président, contrairement à ce qu'elle prévoyait.


Alors que des dizaines de figures du régime déchu, dont Laurent Gbagbo lui-même, sont détenues en Côte d'Ivoire, des cadres politiques et d'anciens militaires de son bord se sont installés à Accra.


Une "Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) en exil" a ainsi été montée, sous la direction d'Assoa Adou, un ancien ministre.


Le porte-parole de l'ex-chef d'Etat, Justin Koné Katinan, qui fut son ministre du Budget en pleine crise, signe ses communiqués virulents depuis la capitale ghanéenne.


Dans la matinée, M. Katinan avait estimé auprès de l'AFP que la rencontre avec M. Ouattara serait "une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes".


L'activisme à ciel ouvert du camp Gbagbo à Accra agace le nouveau régime ivoirien, avaient indiqué des sources concordantes avant la visite.


"Ce qui irrite le pouvoir, c'est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d'arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l'encontre de certains d'entre eux", avait expliqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.


"Ouattara vient mettre la pression sur Atta-Mills", avait-elle estimé avant la visite.


A Abidjan, on en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen et proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise et de protéger les pro-Gbagbo.


Lu sur ABIDJAN.NET


Source : AFP

samedi, 13 août 2011

OUATTARA RECULE FACE AU COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

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Revirement dans la communication du gouvernement qui a précisé, hier, sur les antennes de la nouvelle RTI que le Colonel-Major Boniface Konan n'a jamais été inquiété.

 

Il se passe des choses pas très claires actuellement. Alors que le gouvernement via le commissaire militaire Ange Kessy avait expressément convoqué une conférence de presse pour annoncer urbi et orbi l'inculpation de 62 militaires pro-Gbagbo dont le colonel-major Boniface Konan, le même  Ange-Kessy est venu hier à la télévision pour infirmer ce qu'il avait dit. Aux termes de ce revirement, ni le Colonel-Major Konan, ni le Lieutenant Damalan, ni Honré Zoin l'ancien ministre du Général Guéi du temps du CNSP n'ont été inculpés.

Ils auraient obtenu le rétablissement de leurs soldes et ce serait principalement cela qui aurait été discuté au cabinet du commissaire du gouvernement. Selon RFI, le colonel-major Konan Boniface a juste reçu une notification qui « lui reproche des choses, mais il est en liberté car on suppose qu'il est revenu en Côte d'Ivoire pour travailler à la réconciliation. On lui a aussi notifié qu'on sait où il habite, qu'il n'est plus dangereux et qu'à chaque fois qu'on aura besoin de lui, il sera présent. On a donc pas eu besoin de l'arrêter ». Ange Kessy dit exactement la même chose.

Pourtant, le Colonel Konan a bien failli être arrêté. Sa demande de permission avait même été refusée et le gouvernement a hésité en raison de la personnalité du concerné. Alors de deux choses l'une. Soit le gouvernement n'a jamais voulu arrêter le Colonel Konan et dans ce cas il faudra bien expliquer ce qui s'est passé pour que le commissaire du gouvernement communique abondamment sur son inculpation ou au contraire, son revirement est lié à la pression des autorités ghanéennes qui avaient supervisé l'arrivée de la délégation à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, soit enfin les mouvements dans l'armée ajoutés à la mauvaise conjoncture avec les affrontements FRCI-FRCI ont ramolli le Chef de l'Etat.

Dans tous les cas, c'est la première fois que Ouattara revient sur une décision d'inculpation. La crainte de Boniface Konan a donc rendu la lucidité à un gouvernement qui emprisonnait jusque-là à tour de bras.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 39 du samedi 13 août 2011.

lundi, 01 août 2011

KONAN, ZOHIN, OULAÏ ET SAMA: L’HISTOIRE SECRETE D’UN RETOUR AU PAYS



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Quatre officiers des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire devenues entre temps Forces républicaines (sic !) de Côte d'Ivoire ont regagné Abidjan vendredi après-midi par vol spécial affrété par le gouvernement après un peu plus de mois d'exil au Ghana. Voici leur histoire.


Le capitaine de vaisseau-major de la marine nationale (colonel-major), Boniface Konan, ci-devant commandant du théâtre des opérations basé à Yamoussoukro sous le régime du président Laurent Gbagbo est rentré d'exil vendredi dernier. Le soldat reconnu pour être un vrai professionnel, un technicien de la guerre et qui a dit à ses troupes, à l'état-major au mois de mars dernier qu'ils avaient gagné la guerre contre l'ennemi est rentré avec trois autres officiers. Ce sont l'Enseigne de Vaisseau Honoré Zohin, le lieutenant Delafosse Oulaï et le lieutenant Sama Emmanuel, le frère cadet de l'ancien ministre de Robert Guéi. Selon une source généralement bien informée,ils ont pris le risque de rentrer au pays pour servir en quelque sorte de cobaye à tous les autres qui les ont envoyés en mission de reconnaissance. Cela, après de longues discussions informelles puis formelles entre eux et avec les nouvelles autorités ivoiriennes.

Tout a commencé en fait, raconte une source diplomatique, lorsque, en application des dispositions pertinentes du code de procédure militaire, les soldats en exil au Ghana, professionnels jusqu'au bout des ongles, ont décidé de se présenter à l'attaché de défense de la Côte d'Ivoire au Ghana, comme le leur demande ce code.

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Ce dernier, selon des sources concordantes, cherche à savoir auprès de ses frères d'arme, ce qu'il leur faut pour qu'ils retournent au pays. C'est le début d'un processus de dialogue qui va connaitre un premier aboutissement avec la déclaration faite, au nom de ses camarades, la semaine dernière, par le colonel-major Konan. L'ancien com-théâtre et sa délégation, après réflexion, ont décidé de saisir la main tendue par l'attaché de défense. C'est ainsi qu'ils ont posé leurs conditions pour un retour sans difficultés en Côte d'Ivoire, leur pays. Ils ont demandé entre autres, que leur sécurité soit assurée, que les nouvelles autorités ne les roulent pas dans la farine comme elles le font depuis à l'image d'un super boulanger. Que, surtout, leurs camarades qui sont restés au pays et qui ont été arrêtés, torturés et maintenus en détention dans des lieux inconnus soient libérés, que le procureur militaire Ange Bernard Kessy arrête de les intimider ou de leur faire peur par des menaces qui changent selon qu'il fait jour ou nuit.

Les soldats réfugiés au Ghana, en vrais professionnels connaissant leur rôle constitutionnel, ont tenu à dire d'abord à l'attaché de défense puis aux envoyés du gouvernement (les ministres Paul Koffi Koffi, Adama Bictogo, le général Michel Gueu, le général Nicolas Kouakou et le soldat Issiaka Wattara dit Wattao) qu'ils n'ont rien à se reprocher. Ils ont choisi le métier de soldat qui est reconnu par la Constitution de leur pays. Laquelle Constitution leur fait obligation de défendre par tous moyens conventionnels, le pays lorsqu'il est attaqué. Ce qu'ils ont fait depuis 2002 lorsque certains de leurs frères d'arme, aidés de quelques mercenaires, se sont attaqués à la mère-patrie. Ils ne pouvaient pas rester les bras croisés pendant que la rébellion née de cette attaque sévissait partout et exterminait les populations.

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S'ils reconnaissent aujourd'hui avoir perdu la bataille, ils restent cependant très lucides pour reconnaitre aussi immédiatement que c'est l'armée française, en collusion avec les forces onusiennes présentes sur le territoire ivoirien, qui les a vaincus. Sur le chemin de lucidité débordante, ils ont mis sur la table, le cas d'un de leurs patrons détenus abusivement dans des conditions difficiles à cerner. Il s'agit du général de brigade Bruno Dogbo Blé, commandant de la garde républicaine du temps du président Laurent Gbagbo. Pour eux, il est inacceptable que ce général soit en prison puisqu'en tant que chef de cette unité dont le rôle est de défendre les institutions de la République dont le chef de l'Etat, il s'est donné corps et âme pour préserver l'intégrité et l'inviolabilité de cette institution. C'est exactement ce que font aujourd'hui ceux qui lui ont succédé. Ils ont dit ne pas comprendre donc que quelqu'un qui a fait proprement et fidèlement son travail soit persécuté de la sorte pendant que ceux qui ont violé les principes élémentaires de la vie en société sont en liberté. «Oui, vous avez gagné mais ce n'est pas une raison pour que vous nous traitiez de la sorte», ont-ils fait remarquer aux envoyés du gouvernement.

Mais ce n'est pas tout. Les militaires ivoiriens réfugiés au Ghana ont tenu à dire très clairement à leurs vis-à-vis qu'ils sont loyaux et républicains dans l'âme : «Nous ne sommes pas des faiseurs de coup d'Etat encore moins des faiseurs de rébellions. Si vous voulez donc que nous rentrions au pays, soyez clairs avec nous. Il ne faudrait pas qu'une fois au pays, on nous colle des procès pour tentative de coup d'Etat ou préparation de rébellion». Selon une source qui a participé aux discussions, promesse a été faite que rien de tout cela ne leur arrivera. Toutefois, les envoyés du gouvernement ont demandé et obtenu de leurs interlocuteurs, un délai d'un mois pour peaufiner tout afin que les relations qu'ils viennent d'établir avec les réfugiés baignent dans l'huile (pourvu qu'elle ne soit pas de l'huile chaude).

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Le souci des uns et des autres à travers l'accord qui a été passé, est qu'il n'y ait plus de guerre dans ce pays, que plus personne ne prenne les armes pour tirer sur d'innocents Ivoiriens sous le fallacieux prétexte qu'il a été frustré. Même si le soubassement de cet accord paraîtra, à première vue, difficile à accepter pour nombre d'Ivoiriens revanchards vu les frustrations, viols, vols, humiliations, tortures et autres exactions qu'ils ne font que subir depuis la fin des hostilités, cette démarche est à saluer. Elle montre combien les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) sont d'une solide formation, respectueuses des lois et de l'éthique mais surtout combien elles sont capables de hauteur d'esprit et de sublimation. Les autres devraient aller à leur école.

Samedi soir, selon une source proche de la primature, les quatre officiers étaient attendus chez le général Michel Gueu pour un dîner suivi d'échanges. Plusieurs points devraient être abordés dont «le traitement négatif» réservé à leur arrivée par une partie de la presse proche du pouvoir. Les échanges devraient tourner essentiellement autour des conditions pratiques de sécurité de tous ceux qui sont en dehors du pays et qui doivent rentrer. Un retour conditionné par le rapport que feront à leurs camarades, ces quatre officiers venus tâter le terrain. Après le général Gueu, il devrait y avoir une autre rencontre avec le ministre de la Défense «pour aller plus loin», précise la même source. Elle devrait avoir lieu au plus tard mercredi.

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Un spécialiste qui a analysé ce retour au pays natal de Boniface Konan et trois autres officiers estime que les militaires exilés ont pris une décision très sage et stratégique. D'abord parce que, en signant officiellement et publiquement avec les nouvelles autorités, ils obligent celles-ci à respecter la parole donnée, à ne plus louvoyer et peut-être aussi à ne plus sortir, le moment venu, un vilain plan B. Ensuite ils règlent par la même occasion, leur problème de survie en tant que réfugié. Quelle que soit la beauté de l'endroit où l'on se trouve en exil, on a toujours soif de retrouver les siens. En plus, quand la question des moyens économiques vient s'ajouter à ça, les choses se compliquent davantage. Enfin, ce que ces exilés ont réussi à éteindre, c'est le feu que le nouvel homme fort du pays s'apprêtait à mettre à leur carrière. C'est que, selon la loi militaire, un soldat en rupture de ban qui fait 60 jours sans se faire voir par sa hiérarchie peut être radié de l'armée. C'est cette décision qui était sur le point d'être prise dès aujourd'hui, 1er août. Maintenant que les négociations sont engagées formellement avec le pouvoir, celui-ci est dans l'obligation d'attendre leur fin avant de frapper ceux qui refuseraient de revenir dans l'enfer que leur réservaient les soldats de ce nouveau pouvoir.

En définitive, dans cette affaire, chacune des deux parties gagne. Si tout se termine comme prévu, le gouvernement n'aura plus les yeux tournés continuellement vers ce pays voisin qui a accepté d'accueillir des milliers d'Ivoiriens dont des soldats qui fuyaient les atrocités commises sur eux par des hommes en arme venus du nord et aidés par la force Licorne et les militaires de l'ONUCI. Ces soldats, dont un millier de capitaines et de commandants, troublaient le sommeil du nouvel homme fort du pays qui, même s'il menaçait de les radier, n'y croyait pas vraiment. Car quel pays peut prétendre avoir la paix (même quand on est sûr que la France et l'ONU protègent mer, terre et air) avec autant de guerriers à sa frontière ? Les militaires exilés en sont bien conscients. C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas hésité à entrer de plein-pied dans les négociations pour dire ce qu'ils avaient à dire et dénoncer ce qu'ils avaient à dénoncer. Si tout va comme sur des chapeaux de roue, ils auront réussi à faire revenir tout le monde dans la maison familiale et à apaiser le climat socio-politique, par la libération de tous les prisonniers politiques et la reprise de toutes les activités. Les politiques y compris.



Abdoulaye Villard Sanogo


Source : NOTRE VOIE

LA FRANCE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE

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Violemment dénoncée dans la presse, de plus en plus vilipendée par la société civile, la cote de la France est en chute libre en Afrique. Retour sur un phénomène qui a véritablement commencé au début des années 90 et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Roland Désiré Aba’a est un jeune fonctionnaire gabonais. Il est membre du Conseil économique et social (CES). Le 14 juillet, il a entamé à Libreville, la capitale, une grève de la faim sur la place publique, pour dénoncer la mainmise de la France sur son pays:

«Si la perte de ma vie peut contribuer à démontrer aux yeux du monde que le Gabon est confisqué par la France, je descendrais heureux dans ma tombe.»

Le 14 juillet est une date symbolique: c’est la fête nationale française.

Plus précisément, Roland Désiré Aba’a formule trois exigences pour solder les «préjudices causés à son pays par la France»: l’annulation totale de la dette extérieure du Gabon vis-à-vis de Paris, le démantèlement de toutes les bases militaires françaises au Gabon, et la renégociation des accords qui lient les deux pays. Soutenu par des ONG locales, son combat commence à émouvoir un nombre croissant de ses concitoyens.

Un fait inédit au Gabon

Sans en exagérer la portée, cette mise en cause spectaculaire de la France au Gabon est un fait inédit. Le pays fait en effet partie du club fermé des meilleurs amis de la France en Afrique. Jusqu’à son décès en juin 2009, Omar Bongo Ondimba qui l’a dirigé pendant quatre décennies était considéré comme le bras droit de Paris, après le décès en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire.

Tumba Alfred Shango Lokoho, originaire de République démocratique du Congo enseigne l’histoire des civilisations et la géopolitique africaines à l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Pour lui, c’est le signe que l’élection présidentielle controversée d’août 2009 reste encore en travers de la gorge de beaucoup de Gabonais.

Avec un peu plus de 42% des suffrages, Ali Bongo, ostensiblement soutenu par Robert Bourgi, l’un des conseillers occultes du président français Nicolas Sarkozy, avait été déclaré vainqueur. Succédant ainsi à son père Omar Bongo Ondimba à la tête de ce petit «émirat pétrolier» d’Afrique centrale.

«Le monde a changé. On le voit bien avec ce que l’on appelle le printemps arabe. C’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes sont informés par la télévision, Internet et les téléphones portables. Ils connaissent davantage le monde et aspirent à voir évoluer les sociétés dans lesquelles ils vivent», explique Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique et directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le sentiment antifrançais ne se cache plus

Le Gabon vient ainsi à son tour grossir les rangs des pays africains où un sentiment antifrançais va crescendo. Et qui transparaît de plus en plus au travers d’éditoriaux au vitriol de la presse africaine. Celle-ci saisit la moindre occasion pour tirer à boulets rouges sur le «pays des droits de l’homme». Après la chute de Laurent Gbagbo, les journaux qui le soutenaient s’étaient déchaînés contre la France, qu’ils ont accusée d’avoir chassé leur champion du pouvoir et installé à sa place Alassane Ouattara. Ils ne sont plus seuls à vouer Paris aux gémonies.

«Après avoir participé au défilé militaire du 14 juillet, aux côtés de Nicolas Sarkozy, François Fillon s’est envolé pour une tournée en Afrique. S’agissant de la Côte d’Ivoire, cette visite prend l’allure d’un service après-vente», a persiflé le journal burkinabè l’Observateur Paalga dans sa livraison du 15 juillet dernier.

Et d’enfoncer le clou: «Après Abidjan, cap sur Libreville, un autre pion important du pré carré français. A défaut du fou pressé, pardon, du sous-préfet [Nicolas Sarkozy, ndlr], c’est Fillon le garde-cercle qui fait le tour des pâturages les plus luxuriants de son domaine.»

La Nouvelle Tribune, un quotidien béninois n’était pas en reste:

«Mensonges politiques. Mensonges diplomatiques. C’est ce qu’il s’est empressé au lendemain de la célébration de la fête nationale française de venir servir aux Africains. Pourtant, à l’exception du Ghana, par les destinations qu’il a choisies pour sa tournée africaine, le Premier ministre français a laissé entrevoir la contradiction entre ses discours et ses actes».

Du 14 au 17 juillet, le chef du gouvernement français s’est rendu en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Ghana.

La France enchaîne les maladresses

Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, un vent de démocratie venu de l’Europe de l’Est avait déferlé sur l’Afrique subsaharienne. Une occasion saisie par l’intelligentsia africaine pour fustiger la Françafrique, cette relation complexe et ambiguë faite de raison d’Etat, de lobbies et de réseaux politico-affairistes entre la France et ses ex-colonies africaines. Et qui s’est souvent traduite par le soutien de Paris à des régimes peu recommandables et à la légitimité discutable.

Le reste des populations africaines a emboîté le pas à ses élites au début des années 2000, lors des crises au Togo et en Côte d’Ivoire. Mais jamais la mise en cause de Paris n’a été aussi forte et spectaculaire qu’aujourd’hui.

Le paradoxe, c’est que cette dégradation sans précédent se produit avec le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis d’en finir avec la Françafrique. De fait, il a esquissé une timide réforme des accords de défense et de coopération militaires tant décriés entre Paris et ses alliés africains, histoire de les rendre «plus transparents et plus modernes».

Le problème, c’est qu’il a commis quelques bévues qui ont totalement annihilé ces petits pas dans la bonne direction. La plus spectaculaire aura été le discours qu’il a prononcé le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal) dans lequel il a affirmé que «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

«Une véritable catastrophe, qui prouve d’ailleurs une totale méconnaissance de l’Afrique de sa part. D’autant qu’il l’a prononcé devant des historiens sénégalais qui comptent parmi les meilleurs en Afrique et dans le monde. L’intervention militaire de la France en Libye sans que la diplomatie française se soit concertée avec l’Union africaine a été une maladresse de plus», indique Philippe Hugon.

Autre impair grossier de la part du locataire de l’Elysée, la poignée de main entre Karim Wade, le fils du chef de l’Etat sénégalais et le président américain Barack Obama lors du sommet du G8, le 27 mai dernier à Deauville, dont il a été l’initiateur. En Afrique en général et au Sénégal en particulier, elle a été perçue comme une preuve supplémentaire de la préparation d’une «succession dynastique» avec la complicité active de l’ancienne puissance colonisatrice.

«Les Africains entretiennent avec la France une relation d’amour-haine empreinte d’une certaine schizophrénie, tempère Tumba Alfred Shango Lokoho.

Dans le fond, ils ne la détestent pas vraiment. Avec elle, ils se comportent en amoureux très exigeants. Ils veulent qu’elle soit parfaite et ne lui pardonnent pas la moindre incartade. Quand elle prend ses distances, ils le lui reprochent. Et quand elle s’intéresse d’un peu trop près à leurs affaires, ils s’en émeuvent», analyse-t-il.

Une relation amour-haine

Depuis leur indépendance en 1960, les liens entre Paris et ses anciennes colonies sont en effet très complexes. La France n’est jamais tout à fait partie du continent noir. L’idée du général de Gaulle était simple: donner l’indépendance aux Africains puisqu’ils la réclamaient, tout en continuant à contrôler les matières premières dont regorge leur continent. Une politique poursuivie sans état d’âme par ses différents successeurs.

«Pendant très longtemps, Paris s’est très fortement engagée en Afrique, par le biais d’accords bilatéraux, dans toute une série d’opérations très importantes y compris militaires, pour défendre son pré carré.

Elle dépensait sans compter dans la mesure où il s’agissait d’octroyer des aides à des entreprises françaises. D’autant qu’elle était sûre de bénéficier d’un retour sur investissement à travers les bénéfices engrangés par ces dernières», a confié en avril 2010 au magazine panafricain Continental Jean-Pierre Dozon, anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Afrique.

Lorsqu’il a été élu pour la première fois président de la République, le socialiste François Mitterrand avait promis de mettre fin à cet héritage encombrant de plus en plus dénoncé par nombre d’Africains. Une promesse qui n’a pas fait long feu. Pire, c’est même sous son mandat que la France a connu l’une des pages les plus noires de son histoire en Afrique, lorsqu’elle a apporté, entre 1990 et 1994 au Rwanda, son soutien au régime hutu qui allait planifier et mettre en œuvre le génocide.

«La France a commis et commet encore des erreurs en Afrique. Mais attention à ne pas en faire le bouc émissaire de tous nos problèmes, nos insuffisances et nos malheurs», estime Tumba Alfred Shango Lokoho.

 

Valentin Hodonou


Source: IVORIAN.NET

samedi, 23 juillet 2011

A PROPOS DES 55 SOLDATS PRO-GBAGBO ARRETES AU GHANA


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«Menace de déstabilisation: 55 ex-combattants ivoiriens arrêté au Ghana», voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N'eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu'on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n'avaient pas existé. Mais cela n'a rien coûté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d'un gros mensonge d'Etat. De sources concordantes il n'en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s'abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.

Ce qu'on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n'est en fait qu'une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l'incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l'Etat de Cote d'ivoire. Selon les sources proches du chef de l'Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu'on ne nous serve l'une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n'existent pas. S'ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l'attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu'ils soient pires que les zozos des rues d'Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d'Accra et se faire cueillir comme des novices.

Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s'actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s'interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l'opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu'on a préparé. Les complots à la place d'un véritable programme de société.

UNE FRAT-MAT DU 20 JUILLET 2011.jpg

Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n'ose même pas en parler. Avant d'embaucher, On s'accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n'a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c'est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d'Etat et le premier des soucis c'est l'aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l'éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara... Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu'on a décidé d'ériger la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C'est la bérézina pour la Côte d'Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n'a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu'ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.

En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu'on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l'attente de leur rédemption?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

lundi, 04 juillet 2011

FAIRE GAFFE A LA RECONCILIATION ET A LA JUSTICE DES VAINQUEURS

 

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Nous avions espéré l’après kidnapping du Président Laurent Gbagbo par l’armée française, malgré le choc qu’ils ont pu subir pendant ces heures dramatiques de la jeune histoire de leur pays, comme une période de rapprochement, de pardon et de réconciliation pour les ivoiriens. Qui n’ont en fait pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à exister en tant que nation. Notre espérance aura été bien vite déçue.

Le Prix Nobel de la Paix sud-africain et illustre président de la célèbre Commission Vérité et Réconciliation de l’après Apartheid, le Révérend Desmond Tutu, l’aura recommandé aux Ivoiriens lors de sa visite au Président Laurent Gbagbo, à sa résidence surveillée de Korhogo, en compagnie de Monsieur Kofi Anan, ex-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) : « Il faut éviter de parler de justice quand on veut réussir la réconciliation ». Aura-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Encore énivré et grisé par sa chevauchée victorieuse du 28 mai au 11 avril 2011 qui a vu le renversement du régime de Laurent Gbagbo, le RHDP n’en a cure et fait fi du chemin de la sagesse et de l’expérience qui lui est ainsi proposé. Il a décidé de définir sa propre voie de la réconciliation : celle des vainqueurs ! Qui fait table rase de toute considération humanitaire, légal, juridique et même humaine : une centaine de parents, collaborateurs et partisans de Gbagbo emprisonnés sans aucun chef d’accusation, dans des conditions inhumaines ; l’ex-Première Dame, la Député Simone Ehivet Gbagbo, mise aux arrêts sans aucune levée de son immunité parlementaire ; un Premier Ministre et des ministres inculpés sans que ne soit mise en place la Haute Cour de justice ivoirienne, seule juridiction habilitée et compétente, selon notre Constitution, à juger les hautes autorités de l’Etat. Or Me Ahoussou Jeannot, le Ministre de la Justice de Ouattara, l’avait déclaré presqu’avec serment : « Nous sommes soucieux du droit et de la justice », avait-il confié à Jeuneafrique.com. Non seulement on ne tient aucun compte de la nécessité de prendre une option véritable pour le rapprochement des ivoiriens et leur réconciliation mais on escamote les procédures judiciaires. « C’est sous la pression des ONG internationales qu’Alassane Ouattara a enfin bougé et emprunté le chemin du droit », a expliqué un juriste sous le couvert de l’anonymat. Autrement, il ne l’aurait certainement jamais fait, en concluons-nous.

Ainsi, des mandats d’arrêt internationaux seront très prochainement lancés contre Charles Blé Goudé, le leader des « Jeunes Patriotes », et l’actuel porte-parole du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan, également Ministre du budget, accusé par le nouveau régime d’avoir procédé à la nationalisation de l’agence ivoirienne de la BCEAO et des filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale que sont les banques de droit ivoirien, BICICI et SGBCI.

Ainsi le vendredi 24 juin 2011, il a été clairement notifié à quinze (15) hautes autorités de l’Etat et collaborateurs du Président Gbagbo leur inculpation par les services du Parquet du Tribunal de Première instance d’Abidjan, sous au moins 18 chefs d’accusation. Ce sont :

1- Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Premier Ministre.


2- Alcide Djédjé, Ministre des Affaires Etrangères.


3- Désiré Dallo, Ministre de l'Economie et des Finances.


4- Ettien Amoakon, Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information.


5- Christine Adjobi, Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida.


6- Danielle Boni Claverie, Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant.


7- George Armand Ouégnin, Secrétaire d'État chargé de l'Assurance Mutuelle Universelle (AMU).


8- Philippe Henri Dacoury-Tabley, ancien Gouverneur de la BCEAO.


9- Franck Anderson Kouassi, Président du Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA).


10- Armand Bohui Komé, journaliste au Cabinet de l'ex-Première Dame Simone Gbagbo et ex-membre du Conseil National de la Presse.


11- Norbert Gnahoua Zibrabi, Directeur de publication du journal L'Oeil du peuple et ex-Conseiller technique de Laurent Gbagbo.


12- Simone Hué Lou, Directrice générale adjointe de "La Refondation", société éditrice du journal du FPI Notre Voie.


13- Germain Guézé, cameraman à la RTI, détaché à la Présidence.


14- Chantal Léba, membre de la FESCI, présidente d'un mouvement patriotique.


15- Parfait Atsé Acho, Chef de cabinet de Ahoua Don Mello, au Ministère de l'Equipement et des Assainissements.

Si des procès doivent être ouverts contre des citoyens « indélicats », alors autant que cela se fasse à partir de 2002, où les premiers assassinats et crimes économiques ont été commis contre les Ivoiriens et l’Etat de Côte d’Ivoire par la rébellion conduite par Soro Guillaume et parrainée par Alassane Ouattara. On ne peut absoudre les coupables et incarcérer les victimes, celles qui ont tentées de minimiser ce désastre socio-économique et ses effets par des opérations de sauvegarde et de salut public. Et quand, concomitamment à cette chasse aux sorcières, on embouche le clairon de la réconciliation, nous y perdons notre latin. Cette justice à sens unique nous conduit, inexorablement, dans le mur. Ce n’est qu’une question de temps.

Monsieur le Chef de l’Etat, si tant est que vous souhaitez aller à la paix avec tous les Ivoiriens, vos signaux et messages de réconciliation sont parfaitement illisibles. Aussi bien dans les médias d’Etat ivoirien – accusateurs du camp adverse et cachant mal une contemplation jouissive de sa déchéance – que dans vos actes chargés d’une forte connotation vindicative.

Oui, les appels du pied d’Alassane Ouattara à la réconciliation sont si illisibles que toutes les démarches de ses émissaires auprès des exilés ivoiriens au Ghana et au Togo (où il a lui-même, de vive voix, sollicité le retour de ses concitoyens) auront accouché d’une souris. Le Colonel-major Konan Boniface (jeune, brillant et valeureux officier supérieur de l’armée ivoirienne, major de sa promotion parmi les marine’s américains), Commandant du Théâtre des opérations (Com-théâtre) sous le régime du Président Laurent Gbagbo, se refuse à revenir au pays. Ou du moins, n’y reviendra qu’« au moment opportun », selon ses propres termes. Et avec lui, des dizaines de milliers d’Ivoiriens, ainsi que de redoutables soldats, armés et bien entraînés. Pourquoi donc ? Parce qu’ils ne voient pas de sincérité dans les propos et les actions du camp Ouattara.

Monsieur le Chef de l’Etat, vous ne pouvez tendre une main de velours à vos concitoyens et, de l’autre, cacher un glaive dans le dos. Ce n’est pas de la réconciliation mais plutôt des règlements de compte, qui feront immanquablement le lit d’un repli conservatoire et défensif qui pourrait gravement compromettre la paix en Côte d’Ivoire et conduire à une déflagration générale. Nous vous interpellons, ici. De la façon la plus vive. Un chat aculé dans un endroit clos peut se montrer extrêmement dangereux, nous apprend l’expérience de la vie. Parce qu’on ne lui laisse aucun autre choix pour sa survie.

Nous avons encore souvenance que le Président Gbagbo a évité de mener la traque contre le Président Robert Guéi à Kabakouma, dans sa région natale de Man, après sa chute en 2000, ou contre ses collaborateurs exilés. Sa préoccupation était véritablement de rapprocher tous les Ivoiriens. Et il l’a concrètement traduit par l’organisation du Forum de la Réconciliation Nationale, avec des personnes neutres (ce qui n’est pas le cas du régime Ouattara, pour sa Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation). Il a pour se faire, fait revenir d’exil Messieurs Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, pour dire leur part de vérité à cette tribune et conduire la Côte d’Ivoire vers des jours plus apaisés, même s’ils basculeront, deux ans plus tard, dans une tentative de coup d’Etat muée en rébellion qui balafrera notre pays, par le manque de sincérité de certains participants audit forum. Il aura au moins eu le mérite de mettre en confiance ses adversaires politiques pour les faire revenir dans leur pays et leur a donné des statuts qui siéent à leur rang.

Ne leur avait-il pas notamment, comme nous l’écrivions antérieurement, reconnu un statut d'anciens présidents et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs forfaits et nommé leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne? Et, cerise sur le gâteau, nul parmi eux n’a été, le moins du monde, inquiété pour ses actions subversives, ses crimes économiques et ses délits de droit commun. Voici ce qu’on peut qualifier d’efforts véritables de réconciliation. Pas le simulacre qu’il nous est donné de déplorer, en ce moment, en Côte d’Ivoire.

Ivoiriens, nous voulons aller à la paix. Nous n’avons de cesse de le réaffirmer, depuis le sanglant dénouement de la crise postélectorale, intervenu en avril 2011. Prenons donc garde à la réconciliation et à la justice des vainqueurs. Périlleuse et aux issues incertaines. Au risque de faire basculer la Côte d’Ivoire, notre beau pays, dans une nouvelle spirale de violence dont on ignore totalement ce que seront les aboutissements.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

 

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 254 du mercredi 29 juin 2011

vendredi, 24 juin 2011

LES EMISSAIRES DE OUATTARA ECHOUENT A CONVAINCRE LE COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE.PNG

Depuis son exil, le Col-major Konan Boniface parle: «Je rentrerai au moment opportun».


D'ordinaire peu bavard, on n'avait eu aucune nouvelle de lui depuis l'arrestation du président Gbagbo. Le Colonel-major Konan Boniface, ex-Commandant du théâtre des opérations et des célèbres Fumaco (fusiliers marins commando), une unité d'élite de l'armée ivoirienne, a fait parler de lui récemment.

Le Commandant Konan Boniface dit « Konan la guerre », comme on l'appelle affectueusement au sein de l'appareil militaire, fait partie des officiers supérieurs qui ont défendu la souveraineté jusqu'à la dernière minute. Peu bavard et fin stratège militaire, il est à la fois respecté, adulé et craint aussi bien au sein des Forces de défense et de sécurité que des Forces nouvelles devenues Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). Il fait partie de ses officiers qui se sont retrouvés hors des frontières nationales aux lendemains de l'arrestation de Gbagbo.

Celui qui avait presqu'une relation de « père et fils » avec le président Laurent Gbagbo, juge prématuré son retour au pays, malgré les incessantes médiations engagées par le nouveau pouvoir en place « pour ramener tous les fils et filles de la Côte d'Ivoire à la maison ». «Je ne vois aucune raison de rentrer en Côte d'Ivoire actuellement. Cela dit, je le ferai à un moment où je jugerai opportun», a déclaré le Cdt Konan à l'«émissaire» de Ouattara.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler qu'il n'est pas le porte-parole des militaires en exil et que par conséquent, il ne pouvait ni leur donner des ordres, ni les exhorter à rentrer au pays.

Les premières tentatives de connexion entre les envoyés de Ouattara et le Commandant Konan Boniface se sont faites sans grand succès dans le courant du mois de mai par l'intermédiaire d'un Officier-général «rallié». Puis, un autre Général en rupture de banc avec l'ex-régime du président Laurent Gbagbo, a proposé ses services pour ramener au bercail l'ex Com-théâtre et tous les militaires en exil. C'est ce dernier qui a pris contact avec le Colonel-major Konan Boniface et quelques officiers, la semaine dernière dans un pays de la sous-région.

Il n'a pas manqué d'égrener une panoplie de garanties que le pouvoir Ouattara offrait à Konan Boniface et ses frères d'armes, afin qu'ils viennent prendre part à l'édification de la nouvelle armée. Qui selon la vision d' Alassane Ouattara, poursuit le «médiateur», va faire la part belle aux jeunes officiers valeureux et ayant fait leurs preuves sur le terrain. «Je ne rentrerai que le moment opportun. Et les nouvelles autorités peuvent me considérer comme démissionnaire, si elles se trouvent dans l'urgence », a fait savoir le marine's Konan (major de sa promotion dans l'armée américaine, ndlr).



In Le Nouveau Courrier du jeudi 23 juin 2011

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

mardi, 03 mai 2011

CONFIDENCES SUR L’ENTRETIEN ENTRE GBAGBO, TUTU, ANNAN ET ROBINSON

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La rencontre n'était pas prévue dans le programme officiel de la délégation des « Elders », ces « aînés », anciennes figures de la scène publique retirées des affaires, et qui offrent leurs bons offices sur un certain nombre de terrains conflictuels. Les « Elders » (Desmond Tutu, Kofi Annan, Mary Robinson), venus à Abidjan à la demande d'Alassane Ouattara, ont tout de même souhaité rencontrer Laurent Gbagbo, notamment pour s'assurer qu'il était bien traité, après les images traumatisantes servies ad nauseum par les médias internationaux le 11 avril. Ils ont, selon des sources diplomatiques, exprimé le souhait de rencontrer Simone Gbagbo aussi, mais ont au final considéré qu'il était pratiquement difficile de faire à la fois le voyage de Korhogo et de se rendre à Odienné. En toute logique, les Elders se sont rendus à l'hôtel Pergola, où sont détenus plusieurs dizaines de cadres de la majorité présidentielle (LMP). Ils ont exprimé le vœu de voir ces cadres retrouver le droit aux communications téléphoniques et aux visites familiales...

A Korhogo, les Elders ont trouvé un Laurent Gbagbo en pleine forme, ce qui dément la rumeur persistante, lancée comme un ballon d'essai par la presse ouattariste, qui évoquait une tentative de suicide. Il a dit être bien traité - son médecin personnel, le docteur Blé, est avec lui - mais a demandé, comme son épouse Simone, si l'on en croit les confidences de Ouattara à La Croix, une Bible. Signe qu'il ne se considère pas comme à la retraite, il a demandé un livre contenant les discours les plus célèbres des plus grands hommes politiques. Séance tenante, le ministre de la Justice de Ouattara, Jeannot Ahoussou Kouadio, lui a remis la biographie de Félix Houphouët-Boigny écrite par Frédéric Grah Mel. Et a promis de lui faire parvenir une Bible version Louis Segond. Les Elders ont été surpris du tonus de Laurent Gbagbo. Kofi Annan est allé jusqu'à lui dire qu'ils s'attendaient à voir un homme non pas rayonnant, mais au visage défait et triste...

La question de la procédure judiciaire lancée contre le président Laurent Gbagbo a été évoquée à la fin de l'entretien par Jeannot Ahoussou Kouadio. Gbagbo a insisté sur sa requête, déjà exprimée, mais visiblement ignorée, de rencontrer ses avocats avant sa première audition. Ahoussou Kouadio a, devant les Elders, promis que la question serait réglée. D'où le report de l'audition en question, qui devait se dérouler ce mardi, mais aura lieu sans doute en fin de semaine... Gbagbo attend également de parler à ses avocats avant de donner une suite à la demande des « Elders » de le voir s'adresser à la Nation, notamment pour encourager ses partisans à aller dans le sens de la réconciliation.

Plus globalement, les Elders sont plus ou moins inquiets quant à la rapidité des procédures judiciaires et « réconciliatrices » mises en place par le gouvernement Ouattara. Ils s'interrogent sur les attributions et le champ de compétence de la Commission Vérité et Réconciliation et aimeraient que toutes les couches sociales soient représentées dans son bureau, y compris les femmes. Ils ont peur que les procès qui s'engagent s'inscrivent dans la logique de la « justice des vainqueurs » et perturbent le processus de réconciliation.

Bon à savoir : le 6 avril 2011, les « Elders » avaient accablé Laurent Gbagbo, estimant qu'il était le « premier responsable » de la violence en Côte d'Ivoire « qu'il a déclenchée (...) en refusant de quitter le pouvoir ».


 

Une correspondance de Philippe Brou


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 26 décembre 2010

RAWLINGS PRECONISE UNE APPROCHE PACIFIQUE A LA CRISE IVOIRIENNE


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L'ancien Président Jerry John Rawlings a réitéré son appel pour une retenue extrême dans la gestion de la crise en Cote d' Ivoire.



Dans un message publié jeudi, trois jours après qu'il ait réclamé de la retenue et de la maturité de la part de tous les acteurs de la crise, le Président Rawlings a dit que la situation en Côte d' Ivoire n'était pas un simple conflit électoral, mais un enchevêtrement des complexités ethniques et politiques qui devaient être gérées avec tact et diplomatie plutôt que par des allusions ouvertes à l'usage de la force.

L'ancien président a déclaré que les résultats contestés indiquent clairement que la Cote d' Ivoire est abruptement divisée en lignes ethniques, fait dont devrait se préoccuper les parties prenantes telles que la CEDEAO, l'UA et l'ONU au moment où 'elles étudient des options pour résoudre l'impasse.

« Les deux hommes au centre du conflit ont indiqué leur volonté d'accepter un recompte ou une revérification des résultats par des observateurs neutres. Y a-t-il une raison cachée à ne pas vouloir accepter l'offre faite par les deux parties ?

«Il est également important que nous ne nous précipitions dans aucune forme d'intervention de force. Cela ne garantira pas une résolution définitive de la crise et peut au contraire exacerber une situation déjà volatile qui pourrait résulter en une guerre civile complète avec des effets désastreux sur les populations de toute la sous-région.

«Les tentatives de recueillir du soutien pour une intervention militaire ne sont pas fondées et exposeront plutôt l'hypocrisie de l'ONU, la CEDEAO et l'UA.

«Des résultats d'élection plus outrageants ont eu lieu sans intervention. Comment pouvons-nous justifier une intervention dans ce cas, quand les résultats sont si serrés et divisés selon des lignes ethniques ? Laissez-nous étudier toutes les options de paix disponibles plutôt qu'une intervention militaire, qui ne peut pas aboutir à une transition politique pacifique en Côte d'Ivoire.

«La situation est certainement embarrassante pour l'Afrique, mais tout aussi inquiétant est le fait que les médias internationaux ont fait l'impasse sur beaucoup d'éléments. Des rapports de certains principaux observateurs des élections condamnant la conduite des élections dans plusieurs parties du pays ont été totalement ignorés par les médias internationaux.

«Dans certaines régions, le nombre de suffrages exprimés est plus élevé que le nombre total de votants. Dans une région, il y a 159.788 suffrages exprimés pour 48.400 votants. Ceci, additionné au fait que dans certaines régions, le personnel de la commission électorale et certains agents électoraux  n'ont pas été autorisés à contrôler le processus, appelle à ce qu'une enquête appropriée soit instamment diligentée.

«Il y a tant de questions cruciales sans réponse. Les détails du rapport de l'envoyé de l'Union Africaine, le Président Thabo Mbeki, devraient être rendus publics pour aider à mieux comprendre la nature de la situation.

«Il est également impératif que la CEDEAO convoque une réunion d'urgence pour inviter les deux parties au centre de la crise ainsi que des représentants de toutes les missions d'observation qui ont couvert les élections à présenter leur cas. C'est ce qui a été fait par le passé et cela nous fera avancer d'un grand pas dans la recherche de la solution.

«Nous devons agir avec précaution pour le bien des populations de Côte d'Ivoire qui sont les vraies victimes de cette tragédie. J'invite la CEDEAO et les autres institutions internationales impliquées dans la crise à analyser la situation avec la plus grande attention et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour la résoudre d'une façon pacifique» a dit le Président Rawlings.


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby