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mardi, 26 mars 2013

LA FRANÇAFRIQUE EST-ELLE UN ACTE DE CONDAMNATION DE L’AFRIQUE?

 

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Pour les uns à l’instar de René Dumont dans son livre paru en 1962, «l’Afrique noire est mal partie». Les autres tels Moussa Konaté ne peuvent s’empêcher de se demander si L’Afrique noire est maudite (éditions Fayard, 2010, 240 pp).Autant dire que le cas de l’Afrique noire dans le monde intrigue les anthropologues, les sociologues, les économistes, les philosophes, les politiques autant que la jeunesse africaine: Pourquoi l’Afrique noire ne semble-t-elle pas capable de développement économique est social? Cette situation serait-elle spirituelle, génétique ou intrinsèque à la qualité d’homme noir?

Les uns et les autres y sont allés de leurs hypothèses pour expliquer comment les quatre dragons asiatiques, à savoir la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan ont connu une si forte croissance industrielle dans la deuxième moitié du XXe siècle pendant que les pays africains peinent à décoller économiquement. Dans ses leçons de Géostratégie Africaine n° 41 que nous vous recommandons de lire, le professeur Jean-Paul Pougala propose aux africains des portes de sorties de la misère et de la pauvreté économique. Les serviteurs de Dieu ne sont pas en reste avec par exemple le pasteur Luc Bimaye qui affirme que la dégradation de l’état du monde n’incombe pas en premier aux politiques… mais elle relève premièrement de l’imposture religieuse. Les avis divergent donc.

Quant à nous, notre analyse fait le constat que les pays d’Afrique noire qui ont été colonisés ou ont été sous la tutelle de la France semblent encore plus mal partis économiquement et politiquement parlant. Et ce qu’ils ont de commun, c’est la Françafrique, dirait Lapalisse. La Françafrique: expression qui semble avoir été employée pour la première fois, en 1955, par l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, pour définir les bonnes relations avec la puissance colonisatrice française, dont il était député, tout en militant pour l’indépendance de son pays. Au départ un concept « positif » dans l’esprit de l’inventeur du mot, elle est devenue un concept péjoratif depuis la parution du livre de François-Xavier Verschaveau point où elle est qualifiée de nos jours d’action néocoloniale française pour faire de l’Afrique sa « chasse gardée ». (Wikipedia).

Et si la Françafrique était devenue la Françafric? Et si la Françafrique portait en elle quelques germes essentiels de la misère des africains noirs? Si non, comment comprendre le rapport publié par le ministère français de la Défense qui affirme que le nationalisme africain et le panafricanisme sont des «menaces» pour l’Occident, entendez la France? La France serait-elle engagée dans une guerre sans états d’âme contre l’Afrique francophone? Le Général De Gaulle le pensait-il réellement quand il affirmait que «La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts»? Que dire du sentiment anti-français grandissant dans les anciennes colonies françaises?

Les évènements historiques et présents aidant, la jeunesse africaine s’attèle méticuleusement à scruter le mode de fonctionnement de ses «anciens» maîtres pour essayer d’y déceler les raisons pour lesquelles la France peut avoir tant de richesses alors que cette jeunesse africaine croupit dans une misère inhumaine qui la force à déserter ses pays d’origine pour aller chercher meilleure vie… en France. La jeunesse africaine nous semble engagée dans un processus de prise de conscience irréversible et sans précédent qui va s’apparenter au marronnage, le fait pour les esclaves de fuir leurs maîtres. Mais comment? Dans cette optique, la jeunesse africaine parvient petit à petit à reconstituer les pièces du puzzle françafricain; elle discerne de mieux en mieux les 10 commandements de la Françafric que voici.

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Les 10 commandements de la Françafrique

En effet, à tous les présidents de la République Française de génération en génération sont passées les consignes suivantes qui seront valables tant que le monde sera. Les Gouvernements Français successifs, peu importe leur appartenance idéologique, les médias français de tous bords à quelques exceptions prêt, les organisations internationales complices, les intellectuels génétiquement descendants de Jules Ferry, et tous les autres patriotes et nationalistes français sont appelés à prendre activement part à cette lutte pour le maintien de la France dans le concert mondial des nations puissantes.

C’est ainsi que lors de la passation de pouvoir en France, le seul dossier qui est transmis formellement au nouveau pourvoir c’est le dossier de la Françafrique. Les Gouvernements Français successifs doivent en tenir compte comme d’un code de conduite face aux dirigeants africains des pays qui ont contraint la France à leur concéder une parodie d’indépendance. Voici donc résumés les 10 commandements de la France-Afrique:

1. La France est le seul parrain à vie de ces pays et ils n’en auront point d’autres. A ce titre, elle sera leur porte-parole informel à l’ONU et dans toutes les instances politiques et économiques mondiales.

2. La France veillera à ce que ces pays n’aient jamais de monnaie nationale et elle contrôlera leurs échanges commerciaux internationaux pour mieux les asservir.

3. Nul individu ne peut se permettre d’accéder au pouvoir dans ces pays sans l’aval politique et, s’il le faut, militaire de la France. La démocratie est un luxe pour les races inférieures.
4. Les Chefs d’États marionnettes en place dans ces pays seront d’abord au service de la France. Pour ce faire, ils ne devront jamais être redevables aux urnes mais à la France pour leur pérennité au pouvoir.

5. Avec arrogance et insolence, les membres du Gouvernement Français parleront à ces potiches de présidents, les infantilisant pour leur enlever toute dignité. Ils coucheront avec leurs épouses et leurs filles si ça leur dit.

6. La France veillera à maintenir au pouvoir par tous les moyens ces guignols qui se prendront pour des présidents, et qui par la force des choses seront devenus dictateurs impunis, bras séculiers au service de la France.

7. Les revenus des ressources naturelles de ces pays seront partagés comme suit: 85% pour la France, 10% pour leur pays et 5% pour le roitelet au pouvoir et ses petits copains qui seront ainsi sous le coup du chantage à la corruption et du détournement des biens publics.

8. La France aidera les potentats de Chefs d’État africains à déposer leurs biens mal acquis dans des lieux sûrs et à investir en France afin de s’en servir comme objets de chantage au cas il leur passait par l’esprit de vouloir se dérober de la tutelle de la France.

9. Le France et ses médias ne dénonceront jamais les violations des droits de l’homme et autres crimes politiques et économiques commis par ces poltrons sur leurs concitoyens et dans leur pays tant qu’ils seront dociles.

10. Toute dérogation à ces recommandations par un Français vaudra haute trahison et, le cas échéant, déchéance de la protection du Gouvernement Français. Et toute velléité de rébellion d’une potiche africaine lui vaudra d’être déposée sans autre forme de procès. Les médias et tous les hommes politiques français devront être tenus informés de ces consignes sans lesquelles la France perdra sa principale source d’enrichissement et de puissance dans le monde.

Au delà du reportage ci-haut qui nous éclaire sur la monstruosité de la Françafrique, il est dorénavant loisible de comprendre les crimes commis par Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Gilchrist Olympio, Sékou Touré, Jean Bedel Bokassa, Pascal Lissouba et… Laurent Gbagbo pour ne citer que ceux-là.

En tout cas, il nous semble qu’au rang des outils de la damnation de l’Afrique francophone qui ont été identifiés par d’autres en d’autres temps et lieux, le système maffieux de la Françafric tient une place pour le moins très importante. Avis donc.

Fort de ces constats, un certain Paul Kagamé, actuel Chef de l’État Rwandais, a tiré des leçons qui permettent déjà à son pays de commencer à compter parmi les dragons d’Afrique. Peut-on espérer que les futurs présidents africains qui seront redevables de leur élection à leurs concitoyens s’inspireront de cet exemple en lui en enlevant ses manquements inévitables? Si seulement c’était à refaire pour les héros africains morts pour leur patrie ou en procès à la CPI, oseraient-ils s’y prendre autrement?



Guy François Olinga

Source: Echo de la Pyramide du Salut

dimanche, 14 octobre 2012

FRANCOPHONIE A KINSHASA: LA FRANCE DANS SA BASSE-COUR!

 

 

Alors que des problèmes sérieux se posent à l’Afrique, les dirigeants des pays (anciennes) colonies françaises de ce contient n’en finissent pas de s’acoquiner avec les autorités de Paris, à la recherche d’un nouveau souffle pour l’asservissement à une France incapable de renoncer aux pratiques les plus avilissantes du colonialisme. Et ce n’est pas parce que le président français joue sur les mots en disant qu’à Kinshasa, lors du sommet de la Francophonie « il y aura la France et l’Afrique, et qu’il ne sera pas question d’associer la France et l’Afrique » qu’il faudrait croire que la Francafrique, ce système de relations de dupes entre la France et ses (anciennes) colonies aura vécu. Pour faire bien, on tente parfois de donner à la francophonie les allures du Commonwealth. Et pourtant, l’histoire a montré depuis toujours que les conceptions des relations avec les colonies n’ont jamais été les mêmes selon qu’il s’agisse de la France ou de l’Angleterre. Même si dans les deux cas on recherche le profit, les Français ont toujours eu un comportement qui tend à nier aux Africains toute personnalité, toute dignité ! Aujourd’hui, malgré les indépendances, le regard des Français sur l’Afrique n’a pas varié d’un pouce.

L’Afrique francophone : la basse-cour de la France !

L’image de la basse-cour, c’est ce qui convient le mieux, lorsqu’on veut parler des relations de la France avec les pays francophones d’Afrique. Aujourd’hui encore, les pratiques dégradantes de la francafrique font de ceux qui sont à la tête des Etats africains des responsables régionaux, de sortes de préfets de seconde zone, et leurs peuples subissent le dédain raciste, pendant qu’on parle de partenariat. Tout le monde sait que, non contente d’être un marché captif à maints égards pour la France, l’Afrique francophone va jusqu’à loger ses devises dans le Trésor de la France ; cela fait que l’Etat français a un contrôle exclusif absolu sur les économies des Etats de cet espace africain. Le Franc cfa, cette monnaie coloniale, est aujourd’hui la plus grossière arnaque qui puisse exister en matière de relations internationales. Le plus dramatique, c’est qu’on s’échine à faire croire que les Etats africains trouvent leur compte dans cette grotesque duperie. C’est un paternalisme avilissant que subit l’Afrique par la cupidité de dirigeants sans envergure, qui ne doivent souvent leur place qu’aux coups bas de la France des réseaux qui est en Afrique cette Francafrique ! Et ce n’est pas parce qu’un certain Abdou Diouf, après avoir dirigé le Sénégal, n’a pas pu se faire à l’idée d’une retraite méritée, et s’est retrouvé avec ce strapontin peu flatteur de Secrétaire Général de ce machin néocolonial, qu’il faudrait y voir une institution de coopération entre Etats. La francophonie est aujourd’hui le pilier visible le plus actif de l’action colonialiste de la France en Afrique. Pour la petite histoire, Monsieur Bernard B. Dadié, homme de lettres ivoirien bien connu, s’est vu refuser le visa par la France, en 2010, alors qu’il devait prendre part, en tant que membre à part entière, à une réunion important de la francophonie à Paris. La raison : ses prises de positions dans le complot électoral franco onusien en Côte d’Ivoire déplaisaient aux autorités de la France. D’ailleurs on a vu après, sans surprise, Abdou Diouf, le Secrétaire Général de cette institution, voler au secours de la France, dans sa guerre en Côte d’Ivoire, par des prises de positions indignes de l’ex chef d’Etat qu’il est !...

A quand donc « l’âge d’or » pour l’Afrique?

Nous entendons par « âge d’or », le temps où les Africains auront acquis le respect des autres. Le temps où sera abandonnée cette vision réductrice qui présente les Africains comme les dindons d’une farce grotesque. Le fait est que pendant que dans les Etat africains non francophones, on peut sentir comme un vent de dignité, dans la partie francophone, c’est l’aplatissement total, avec des comportements à faire honte même à l’idiot du village.

Il y peu, Tabo Mbeki, l’ex chef d’Etat sud africain, donc d’un pays anglophone, fustigeait la caducité des textes de l’ONU, et tançait durement l’Ua et les Africains pour leur tiédeur (le mot est faible) quand il s’agit de prendre position pour défendre un Etat africain. Cette semaine, c’est Paul Kagamé, un ex francophone qui a tourné vers la langue de Shakespeare, qui déclare que « l’Afrique n’a de leçon à recevoir de personne ! » A côté de cela on a vu, il n’y a pas longtemps, les chefs d’Etats francophones d’Afrique, Laurent Gbagbo (alors chef d’Etat) excepté, s’aligner pour aller faire la fête nationale en France. Et il y a quelques jours, ce sont les ministres des finances de  ces mêmes Etats francophones qui sont allés à Paris, avec au premier rang, Alassane Ouattara, le « préfet de seconde zone » que la France a placé au pouvoir en Côte d’Ivoire, après avoir chassé Laurent Gbagbo avec des bombes. Ils sont allés fêter l’esclavage financier que subissent leurs pays, avec le franc cfa.

Ces exemples pour dire que pendant que dans les pays anglophones, des voix s’élèvent pour parler de dignité de l’Afrique, dans les pays francophones, c’est toujours le statu quo colonial. On continue de s’aplatir devant la France, et on n’a pas honte de se ridiculiser avec des attitudes et parfois des propos aussi niais que lâches. Comme cette réponse de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) : à l’occasion de la fête des 40 ans du cfa, fête de l’esclavage financier, dernièrement à Paris, un journaliste s’est hasardé à demander à l’ancien gouverneur de la BCEAO si et quand les Etats africains envisageaient de créer leur propre monnaie. Monsieur Banny, à la manière de « Toto » qui voudrait faire de l’esprit, a demandé au journaliste de quoi il parlait. Puis il a poursuivi, à peu près en ces termes : «  nous avons une monnaie à nous,  qui est le franc cfa ! Et si c’est une affaire de mot, on peut, pour vous faire plaisir, remplacer cfa pour autre chose ; mais nous, nous n’avons pas du tout le sentiment de ne pas avoir une monnaie à nous… » Voilà, sans commentaire, le propos d’un ex haut fonctionnaire de l’esclavage financier que la France exerce sur l’Afrique francophone. Avec çà, on a de quoi être sceptique devant les campagnes pour la francophonie, et se demander avec insistance : à quand « l’âge d’or » ?

Que Dieu nous protège !


Nda Adjoua Suzanne, Enseignante

jeudi, 11 octobre 2012

AICHA KONE: «CELA ME DESOLE QU'ON ME DEMANDE D'ALLER FAIRE ALLEGEANCE A OUATTARA»


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En Guinée depuis plus d’une année, la Mama Africa Aïcha Koné poursuit aisément une longue et riche carrière débutée il y a 35 ans. Dans cette interview, elle donne sans faux-fuyants ni langue de bois les raisons de son départ de la Côte d’Ivoire, son regard sur la réconciliation nationale, etc. C’est avec une Aïcha Koné loin du politiquement correct qu’il nous a été donné d’échanger. "Il y a une chose qui me désole tout de même. On me demande d’aller faire allégeance à Alassane Ouattara. Pourquoi ferais-je ça? En tant que citoyenne ivoirienne, je dois pouvoir rentrer dans mon pays tranquillement sans avoir à faire du tapage autour de mon retour au pays", explique-t-elle. Entretien-vérité. 


Comment va  la diva Aïcha Koné ?

Ça va, on ne se plaint pas. Comme tu as eu à le constater depuis que tu es là, on bouge comme on peut.
 
Depuis quand as-tu quitté la Côte d’Ivoire ?
 
Je suis arrivée à Conakry le 1er mai 2011.
 
Pourquoi avoir choisi la Guinée ?
 
Pour la simple raison que mon neveu l’a voulu. Et puis, il fallait que je change d’air. Je t’avoue que c’était assez difficile à supporter. L’environnement pour moi n’était plus propice. C’est vrai que je n’étais pas directement menacée mais je n’étais pas non plus tranquille. La manière dont Gbagbo est parti… (Elle marque une pause). C’était assez difficile à supporter tout ça.
 
Comment avez-vous vécu la guerre ?
 
Je revenais d’une tournée au Cameroun et deux jours après mon retour au pays, tout s’est véritablement enchainé. Comme pour tous les Ivoiriens, ça a été quelque chose de douloureux. Encore une fois, je n’ai pas été personnellement menacée. Il y a même un FRCI qui m’a gentiment rappelé que chaque fois que j’allais dans mon village, je m’arrêtais à leur poste pour leur passer le bonjour. Mais j’ai tout de même décidé de quitter le pays car j’avais commencé à déprimer après l’arrestation de Gbagbo. C’était assez difficile.   
 
On a entendu le ministre de la culture Maurice Bandaman dire lors d’une rencontre avec la presse dire qu’il était en contact avec certains artistes en exil dont vous. A sa demande de rentrer au pays, que lui répondez-vous ?
 
Je lui réponds simplement qu’on ne m’a pas chassée. Je rentrerai quand je l’aurai décidé. Il y a une chose qui me désole tout de même. On me demande d’aller faire allégeance à Alassane Ouattara. Pourquoi ferais-je ça ? En tant que citoyenne ivoirienne, je dois pouvoir rentrer dans mon pays tranquillement sans avoir à faire du tapage autour de mon retour au pays. Et puis, d’ici nous avons les échos du quotidien difficile de ceux qui sont rentrés au pays. J’ai peur d’aller me retrouver dans les mêmes conditions qu’eux. Vous le savez mieux que moi, en Côte d’Ivoire mes vidéos ne passent pas à la RTI. C’est formel, cela m’a été confirmé. Avant de me demander de rentrer, que fait mon ministre pour ça ? Je ne suis pas en exil. Chez nous on dit : «On ne demande pas  à quelqu’un de laisser le feu» car il jettera la braise si elle le brûle ou il la conservera s’il la trouve agréable. On me demande de rentrer, et on me demande d’aller faire allégeance, de demander pardon. J’ai offensé qui ? Je n’ai jamais caché mon soutien à Gbagbo, ça tout le monde le sait. Je suis une citoyenne, j’ai le droit de voter qui je veux et c’est ce que j’ai fait. Je n’ai aucun regret. Ils veulent qu’on rentre, mais ils ne disent rien lorsque nous sommes censurés. Je ne veux pas me retrouver dans une situation pareille à celle d’Adama Dahico. Que veulent-ils ? Nous tuer ? Dites au ministre Maurice Bandama que j’entends ce qu’il dit. Mais on a censuré nos œuvres, que fait-il ? Arrêtons de faire semblant. Et on parle de réconciliation ; personne n’est dupe.   
 
La réconciliation, parlons-en justement…

J’ai un doute sur cette réconciliation. A aucun moment, je n’ai senti le pardon. Moi je vois plutôt la vengeance. Vous savez, moi, je n’ai pas voté Gbagbo en 2000. J’ai même fait campagne pour Robert Guéï. Mais j’ai été touchée lorsqu’étant à Paris, j’ai appris que le Président Gbagbo allait décorer un certain nombre d’artistes dont je faisais partie parce qu’il estimait qu’ils honoraient la Côte d’Ivoire. Ce geste m’a marqué. Il n’a pas dit : «Celle là, je ne veux pas la décorer parce qu’elle soutenait mon adversaire». Il n’a pas eu cette attitude. Il n’a pas eu l’esprit revanchard. Il a plutôt été rassembleur. Il a agi en Chef de l’Etat, en Président de tous les Ivoiriens.
 
Quand on connait l’amour que vous portez à Myriam Makeba, on ne peut s’empêcher de faire ce parallèle.  Au plus fort de l’apartheid, elle s’était exilée ici en Guinée pour crier au monde la souffrance de son peuple. Au moment où la Côte d’Ivoire est dans la tourmente, vous vous retrouvez également dans ce même pays. Coïncidence de l’Histoire ou volonté réelle de marcher dans ses pas ? 
 
On dira que c’est une coïncidence de l’Histoire. Dans le temps, le Président Sékou Touré avait demandé à Myriam Makeba de me chapeauter. Et quand elle venue en Côte d’Ivoire, Ben Soumahoro, Directeur de la RTI à cette époque,  nous a encore rapprochées. J’ai beaucoup appris d’elle. C’est la raison pour laquelle lors de mes 35 ans de carrière le 31 mars dernier, j’ai été fière que la Guinée l’honore en remettant sa décoration à sa petite fille Myriam Zinzi. La Guinée entière est sortie célébrer cet événement. Le Président Alpha Condé dans son discours disait : «Myriam Makeba appartient à toute l’Afrique». C’est une vérité. Ce fut donc une immense fierté pour moi d’avoir reçu depuis ce 31 mars le nom de "Mama Africa". J’ai été émue au plus haut point. Pour revenir à la situation dans notre pays, je voulais juste ajouter que je ne crois pas que j’aurais pu organiser une pareille fête si j’étais en Côte d’Ivoire. Je ne vois pas qui m’aurait aidé à organiser cela. Il y a trop de rancœurs.  Je suis vraiment convaincue que je n’aurais pas pu faire ça au pays.
 
On a vu depuis Abidjan sur des chaines étrangères la chanson Bahia que vous avez réalisée avec Takana Zion et Sekouba Kandia. De quoi parle cette chanson ?
 
C’est une chanson brésilienne que les esclaves chantaient lorsqu’ils se retrouvaient. Nous avons essayé de l’adapter à la sauce africaine et ça été un succès. Les Brésiliens ont été d’abord intrigués puis ont beaucoup aimé. La chanson fait également écho au jumelage des villes de Boké en Guinée (comptoir d’où partaient les esclaves pour le Brésil) et Bahia au Brésil. 
 
Quels sont vos projets, vos perspectives ?
 
La sortie de mon album chez BMG à Paris avant la fin de l’année. Et là je me prépare pour l’Angola, le Sénégal, la Gambie. 
 
Un mot pour les Ivoiriens à qui vous manquez certainement !
 
J’embrasse tous ceux qui pensent à moi. Je les aime et je leur dis : «A un de ces jours».
 
 
 
Réalisée à Conakry (Guinée) par Guy-Constant Neza.



samedi, 06 octobre 2012

LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

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A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

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La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

vendredi, 21 septembre 2012

GUERRE A L’AFRIQUE: LA FRANCE EN RETARD D’UNE DECOLONISATION

 

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A force de critiques et d’enterrements annoncés, on pourrait croire finie la « Françafrique », ce système d’exploitation et de violence qui a régi les relations internationales entre le continent et l’ancien colonisateur. Des changements de langage et d’hommes ne suffisent pas, comme le démontre déjà la gestion de la crise malienne par le président Hollande - et l’intervention militaire annoncée risque d’être son premier acte marquant en politique extérieure. Comme ses prédécesseurs, depuis un demi-siècle…

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau président à Paris marque aussi le début d’une série de rituels et de signaux destinés à l’Afrique francophone: qui reçoit-on le premier, et qui ne reçoit-on pas? Quel voyage fondateur effectuera en Afrique le nouvel élu, quel discours et quelles promesses affichera t-il? A cette aune, que les africanistes détaillent avec gourmandise comme autrefois les kremlinologues savouraient les détails de la Nomenklatura, que de changements symboliques! Le démocrate Macky Sall du Sénégal reçu le premier, fraîchement élu contre Abdoulaye Wade à Dakar par un scrutin incontestable. Début juin, le tapis rouge déroulé à M. Yayi Boni du Bénin, président en exercice de l’Union Africaine, consulté es qualité pour la résolution de la guerre au Nord Mali. Encore plus significatifs ceux que l’Elysée se refuse à inviter, malgré leurs demandes réitérées: ni Bongo du Gabon, non plus qu’Eyadema du Togo, tous deux héritiers de dynasties autoritaires; non plus que Blaise Compaoré du Burkina, autoproclamé sage et doyen de l’Afrique de l’Ouest, non plus que l’ivoirien Ouattara, orphelin du sarkosysme et pourtant actuel président de la Cedeao.

Mais qu’importent les symboles et les discours, si les actions restent les mêmes, notamment l’envoi de l’armée française à chaque crise? Quel Etat en effet maintient des bases militaires permanentes en Afrique (Sénégal, Djibouti, Gabon)? Quel pays est capable de lancer en quelques heures des « opérations extérieures » (Epervier au Tchad, Licorne en Côte d’Ivoire)? Qui contrôle la masse monétaire de ses anciennes colonies par le jeu d’une monnaie issue de la colonisation, le franc CFA[i]? Baptisé laudativement « Françafrique » par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, dénoncé dès les années 1990 par le fondateur de « Survie », François Xavier Vershave, ce système occulte de domination, violent et pervers, a survécu à ses fondateurs.

En 1960 le premier ministre Michel Debré a vendu la mèche en déclarant à Léon M’Ba, président du Gabon: la France « donne l’indépendance à condition que l’État une fois indépendant s’engage à respecter les accords de coopération signés antérieurement. Il y a deux systèmes qui entrent en vigueur simultanément: l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre [ii]. » Et de fait, cette sujétion étatique, à la fois militaire et économique, est déclinée par des « accords de défense » aussi secrets que sommaires, entre les gouvernements français et africains – accords en fait à géométrie variable et parfois non appliqués selon l’opportunité décidée à Paris. Ainsi, les troupes françaises sont intervenues pour conforter des régimes souvent douteux comme au Tchad, Togo, Zaïre, Gabon tandis qu’elle se refusait à des interventions conformes aux accords, comme au Congo en 1963, au Niger en 1974, au Tchad en 1975, ou au début de la rébellion ivoirienne contre le régime du président Laurent Gbagbo, téléguidée depuis le Burkina Faso en septembre 2002… Et cette série d’interventions devient une sorte de conflit permanent, en continuité avec les guerres coloniales : selon l’historien italien Chalci Novati1, un décentrage nécessaire par rapport à un débat trop français montre une longue « guerre à l’Afrique » continue, dont les relations franco-africaines – et ses scandales récents ne sont qu’une partie.

Après le « containment » du communisme dans les années cinquante 2 (ou « endiguement », cette doctrine officielle des administrations américaines successives), n’assiste t on pas à la même politique de l’Europe devant les migrations du continent noir d’une part, et contre ses velléités d’autonomie de l’autre? Il faudrait replacer alors exploitation des matières premières, coups d’Etats et soutien des « dictatures à la française »du pré carré – l’ancien espace colonial, dans un système d’actions comprenant aussi la répression des flux humains vers l’Europe, la répression de la piraterie maritime à l’Est, le combat interminable contre les mouvements fondementalistes anti- occidentaux. Tout cela dans une désinformation continue et des « rideaux de fumée » médiatiques: « défense des ressortissants », si ce n’est des «intérêts français». Les médias français, privés ou publics, ne participent-ils pas plus souvent qu’à leur tour de cette Françafrique aussi discrète que puissante? L’ordinaire du « journaliste spécialiste de – l’Afrique » n’est-il pas trop souvent de voyager dans l’avion ministériel ou présidentiel français, de recueillir confidences et parfois subsides du dictateur local – le maréchal président zaïrois Joseph Mobutu s’en vantait, lui qui avait d’abord été journaliste – quand ils ne sont pas invités dans les palais des despotes africains? Sans compter la corruption ordinaire de tel hebdomadaire panafricain bien connu des dirigeants du Sud – qui ont investi volontiers dans la radio Africa N°1 ou plus récemment la télévision Africa 24[iii] Car la « conquête des coeurs et des esprits » passe par des médias sous contrôle, rebaptisant « fasciste » un régime populiste, et « démocrates » les dictateurs.

Ainsi, en juillet 2011, une campagne sourde a commencé à Paris [iv] au moment où le nouveau président guinéen, le politologue Alpha Condé, a failli être abattu à coups de roquettes dans le palais présidentiel de Conakry. Les éditoriaux vertueux de la presse parisienne condamnent-ils l’attaque qui a failli tuer le premier président élu de Guinée? Bien au contraire, ils sont axés sur le refus du nouveau pouvoir d’autoriser la presse guinéenne d’envenimer la situation (l’interdiction a été très vite levée). A croire qu’il y un rapport avec la volonté de M. Condé de renégocier les contrats léonins avec les sociétés étrangères et de se tourner, à son tour, vers la Chine…

Au moment où la crise électorale ivoirienne focalisait l’attention de la « communauté internatinale », M. Blaise Compaoré se succédait à lui-même au Burkina Faso, avec un score de 80 % en novembre 2010, tandis que M. Paul Biya du Cameroun, qui gouverne depuis la Suisse la moitié de l’année, vient d’être « réélu » à Yaoundé après 29 ans de règne (octobre 2011), sans que l’Elysée, l’Union africaine ou la presse occidentale y trouve à redire… Il est vrai que les pseudo-élections des dictateurs à vie sont souvent cautionnées par des juristes ou des hommes politiques complaisants venus de Paris. Ainsi la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a-t-elle vertement tancé, en 2009, le député Jacques Toubon et… le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et vice-président de la commission des droits de l’homme au Parlement européen, M. Patrick Gaubert, dépêchés sur place pour cautionner le régime du président congolais Denis Sassou N’Guesso ! [v]

Bien sûr tous les « chevaliers blancs » ne sont pas exempts de partialité, y compris les organisations internationales comme Reporter sans frontières (RSF) pour la presse et « Transparency international » pour la corruption. Leurs liens financiers ou politiques avec le département d’Etat américain sont bien connus des spécialistes [vi]. La crise en Cote d’Ivoire a fait toucher du doigt « l’honneur perdu d’ « Human Right Watch », ouvertement financée pour ce pays par la « Fondation Soros » – et menant de manière éhontée campagne sur campagne en faveur de M. Ouattara, identifié comme le défenseur de l’«open society» contre le contestataire Laurent Gbagbo, dès lors voué aux gémonies. Pour ne pas parler des silences d’Amnesty International sur les milliers de morts sudistes du régime Ouattara depuis avril 2011(Plus de 3000 « victimes oubliées »), ou la présence à la FIDH du négationniste Florent Geel qui refusant de dénoncer le millier de morts guérés de Duékoué, ville de l’Ouest ivoirien martyrisée à deux reprises par les milices ethniques pro Ouattara – est dénoncé de manière récurrente par les associations de victimes! L’Histoire jugera-t-elle ceux qui gardent les yeux fermés devant les massacres, qui savent et ne protestent pas? Trafic d’influence et corruption ne sont-ils pas que la conséquence de la doctrine du « pré carré » et du monopole de ses richesses? Ce qui est au fond l’équivalent de la « doctrine Monroe » pour les Etats-Unis sur le continent américain serait au fond soutenable si sa pratique était équitable pour les deux parties et si elle n’était violemment imposée par des interventions armées à répétition: quarante-trois depuis 1960!

Entre violence militaire et mise en condition médiatique le système françafricain subsiste aussi par une perversion continue des institutions démocratiques. Bien évidemment, la corruption ordinaire va bien plus loin que les mallettes de billets qui circulent dans les deux sens [vii] : le financement des campagnes électorales françaises n’est que la contrepartie des pourcentages sur les contrats ou les versements dans les paradis fiscaux sur les ventes de matières premières, en faveur des dirigeants africains.

L’association Sherpa, qui s’est fait une spécialité de la dénonciation des « biens mal acquis » des autocrates africains, a par exemple détaillé, selon une instruction en cours, le patrimoine de la famille Bongo du Gabon: «Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M. Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine [viii]»…

Mais les richesses du couple Ouattara sont curieusement des « taches blanches pour Sherpa, cornaquée par Maître William Bourdon, comme si certaines indignations étaient très selectives… Les néoconservateurs français (chiraquisme et sarkosysme ne sont sur ce point que des bushistes néocoloniaux…) ont contribué à adapter un « modèle interventionniste », qui fait se succéder attaques médiatiques puis « humanitaires », enfin diplomatiques: les corps expéditionnaires – où l’ONU est désormais impliquée: l’ONUCI, combien de mort civils en 2011 à Abidjan? – sont bien l’ultima ratio de la Françafrique jettant son masque dans la terreur et sous les bombes! Le continent attend-il trop d’une révolution sur le modèle arabe, qui briserait d’abord le lien ambigu avec l’ancien colonisateur? Sur cette contagion démocratique éventuelle, mettant fin à la Françafrique, la Toile africaine fourmille de théories et de rumeurs: « descente » depuis l’Afrique du Nord de mouvements de libération, aide de démocrates occidentaux via les nouvelles technologies, et plus probablement insurrections de jeunesses urbaines au chômage, alliés à des paysans sans terre et des cadres nationalistes trouvant insupportable le train de vie des nouveaux maîtres. Le risque serait grand alors pour la France – et les ressortissants français, de « perdre l’Afrique » –, et les matières premières convoitées.

C’est sans doute cette inquiétude de se couper de ressources essentielles tout autant que d’alliés historiques qui pousse le gouvernement de M. Hollande à s’ingérer certes avec précaution, dans la crise malienne. L’embrasement du Nord Mali est tout d’abord l’héritage prévisible du reflux des guerriers touaregs de Libye, tandis que l’armement bradé aux factions combattantes permettait aussi aux groupes islamistes de s’étendre. Et certes l’héritage est lourd: à la fin du régime précédent, les stratèges du café de Flore ont été relayés par des machiavels manqués, au Quai d’Orsay ou à la défense qui ont voulu jouer les touaregs pour «liquider Aqmi».

Mais l’intervention militaire prônée par les relais de la Françafrique habituels, rhabillée par le président français aux couleurs de l’Union africaine et de l’ONU aurait , même appuyée par des supplétifs ouest africains le plus grand mal à lutter sur deux fronts: réduire les putschistes de Bamako-qui ont trouvé une certaine base populaire indignée par la corruption de la classe politique, et mettre fin à l’alliance MNLA/Ansar el Dine/Acqmi qui contrôle l’Azawad, ce foyer national touareg qui est aussi le no-man’s-land de djihadistes attirés de loin par ce nouvel « Afghanistan nomade ». Pourtant des responsables politiques civils, comme Ibrahim Boubacar Kéita – leader de l’opposition civile, ou Aminata Traoré – sociologue de renom et ancienne ministre de la culture, mettent en garde contre une intervention qui mettrait à bas la légitimité de l’Etat, comme déjà en Libye ou en Cote d’Ivoire. Déjà affaiblis par une corruption généralisées et des élections de façade, ces Etats déjà fragilisés et appauvris par des décennies d’ajustement n’ont vraiment pas besoin d’une recolonisation armée ! D’autant que poussé par des présidents africains mal élus ou arrivés au pouvoir par des rebellions sanglantes, le gouvernement français semble ne pas se rendre compte d’une extension probable du domaine des luttes sahariennes.

Le Niger et la Mauritanie seraient sans doute les premiers concernés, comme le Nord du Nigéria, le Sud de la Libye et même l’Algérie: après les armes libyennes, veut-on vraiment disséminer indépendantistes touaregs et combattants islamistes ? Se rend on vraiment compte à Paris que devant ces interventions anachroniques – de pareilles interventions militaires britanniques dans leurs anciennes colonies sont impensables!, le système de violence la Francafrique développe une détestation, voire une haine croissante envers la France et ses ressortissants, dont tous pâtissent, jusqu’aux missions humanitaires? L’élection de François Hollande, si elle suscite bien des espérances sur le continent, amènera-t-elle bien rupture et changement, ou une « Françafrique repeinte en rose »?

François Mitterand, et même Nicolas Sarkozy avaient déjà annoncé en leur temps la fin de ce système maffieux: un an après 1981, les chefs d’Etats africains les plus corrompus avaient obtenu la tête de Jean Pierre Cot, tandis qu’en 2008 le président Bongo avait provoqué la chute de Jean Marie Bockel, deux ministres chargés de la Coopération qui se targuaient -autant pour la droite que pour la gauche, de mettre fin à la « Françafrique »! Sans souhaiter à Pascal Canfin, le tout nouveau « ministre du développement », le sort de ses prédécesseurs, si rapidement biodégradables, on peut s’inquiéter des amitiés africaines des hiérarques du P.S. (illustrées par la visite au Gabon, en janvier dernier, de Laurent Fabius…)

Le temps où une réelle rupture est possible risque d’être bref et demande des décisions courageuses – comme le retrait des forces militaires françaises, ou la répudiation publique des dictatures. Le nouveau régime va-t-il, selon son slogan, décider le changement maintenant… ou jamais? Révolutions africaines à venir ou non, les vraies ruptures et les changements efficaces viendront certainement du continent lui-même: il n’y aurait qu’un mot à dire à Paris pour les encourager et provoquer des évolutions majeures.


Michel Galy

Politologue, Paris.


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[i] François Kéou Tiani, Le Franc Cfa, La Zone Franc Et L’Euro, l’Harmattan, Paris, 2002.

[ii] Lettre du 15 juillet 1960 de M. Debré, citée par Albert Bourgi : « La crise globale et l’Afrique : quels changements ? », colloque de la fondation Gabriel Péri à Dakar les 18 et 19 mai 2010.

[iii] Respectivement avec des capitaux étatiques du Gabon et de Guinée équatoriale.
[iv] Cf. par exemple : « Guinée: sévère rappel à l’ordre de la France au président Alpha Condé » , L’Express, 28 juillet 2011.

[v] « Congo-Brazzaville, que cherche Patrick Gaubert ?», communiqué de la FIDH du 3 mars 2005.

[vi] Voir pour Transparency International : Une ONG contestée, par Pierre Abramovici, Monde diplomatique, novembre 2000 ; pour RSF : Financements sans frontières, Monde diplomatique, Hernando Calvo Ospina, juillet 2007.

[vii] Lire Pierre Péan, La République des mallettes, Fayard, Paris, 2011.

[viii] Sherpa, « Restitution des avoirs détournés : Chronique 2009-2010 d’un engagement qui patine », novembre 2010.

1- «Aujourd’hui, c’est l’intervention néo-impériale qui est l’instrument utilisé pour «contenir» les pays qui peuvent fuir le contrôle du système capitaliste mondial» Gian Paolo Chalchi Novati, L’héritage de la colonisation, in « les défis de l’Etat en Afrique », Michel Galy et Elena Sanella eds., l’Harmattan, 2007.

2 - Dont on peut trouver une curieuse analyse, idéaliste, in : Raymond Aron, « En quête d’une philosophie de la politique étrangère », Revue française de science politique, 1953, Volume 3, Numéro 1.


Michel Galy, Politologue, Paris

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» du 19 septembre 2012.

 

Source: IVORIAN.NET

mardi, 17 avril 2012

COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

 

JEAN-FRANÇOIS COPE.jpg

L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo?

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Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »

Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse ! 

Photo - dr   Texte - J.O.


PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

mercredi, 28 mars 2012

DIFFICILE ASCENSION DU SOMMET DE LA CEDEAO A ABIDJAN


SOMMET CEDEAO A ABIDJAN SUR LE MALI 1.JPG

Je viens de lire les discours d'introduction et de conclusion de Ouattara, Président non élu de la Côte d' Ivoire, plébiscité au rang de Président de la CEDEAO ! « Qui peut le plus, peut le moins » !

Suite et fin donc, de cette rencontre inutile, relayée en détails par la presse aux ordres, et qui donne à Ouattara des paroles pour la Communauté Internationale, des paroles « fortes », mais qui en dehors de cet évènement déjà boudé par les chefs d'état invités - 6 présents sur les 15 convoqués - va rester dans les annales comme le sommet-« coup d'épée dans l'eau » ! En effet, comment un Ouattara incapable de faire advenir en Côte d'Ivoire le calme, l'apaisement et la réconciliation, peut-il donner au Mali l'impulsion bénéfique nécessaire, d'autant plus que prôner un retour à la démocratie et l'application des règles constitutionnelles, ferait sourire, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas aussi tragique, dramatiquement absurde ! Alors que tout à été bafoué là-bas, Ouattara nous parle depuis Abidjan, et appelle de ses vœux la démocratie et le retour au dialogue de toutes les factions, au Mali ! C'est exactement le contraire qu'il applique en Côte d'ivoire !

Mais voilà, Ouattara ne fait que lire un texte que les conseillers en communication blancs lui ont soumis, et alors peu importe que maintenant noir devienne blanc, ou l'inverse ! L'essentiel est que Ouattara joue bien son rôle de potiche dans la CEDEAO, comme il le fait en Côte d'Ivoire et que les intérêts blancs soient protégés !

SOMMET CEDEAO A ABIDJAN SUR LE MALI 2.JPG

« Des millions d'Africains et le monde entier nous regardent et fondent en nous l'espoir d'une sortie de crise décisive et porteuse d'espérance » Là encore, c'est la mégalomanie du manipulateur de la potiche, ou de la marionnette qui parle ! En fait, ce dernier est dévoilé ! Même si les français ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Afrique, - et on les a dissuadés de s'y intéresser -, ils réalisent bien que le véritable homme fort de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique se trouve à La Haye et qu'il va nous servir le 18 juin prochain, un discours  moins lénifiant que celui du Jocond, l'homme à l'éternel sourire « Cheese » « Tout va bien mais je ne parle qu'en présence de l'hélico-protecteur au dessus de ma tête, et de mon escorte mobile blindée ! »

« Nous ne pouvons nous permettre d'hésiter au risque de laisser ce pays, qui s'est doté d'instruments démocratiques précieux depuis plus de deux décennies, sortir de l'histoire à reculons », dit encore le clone de l'Elysée, reprenant  le thème de l'Africain qui n'est pas encore entré dans l'histoire, en 2007, à Dakar, lorsque Sarkozy l'africain se déguisait en gentil loup pour mieux entrer dans la bergerie ! Maintenant cinq ans ont passé, l'Afrique est rentrée dans l'histoire de la recolonisation forcée, « La stabilité est le gage du développement de nos pays qui n'ont que trop souffert de situations anachroniques et anti-démocratiques. » Entendez : il nous faut pour le Mali un carcan préfectoral calqué sur celui de la Côte d'Ivoire, afin que la France puisse l'immobiliser, et telle une sangsue la sucer, la vider, jusqu'à l'agonie ! Si Atta Mills président du Ghana, ne semble pas d'accord avec la résolution prise par la CEDEAO, puisqu'il est rentré chez lui sans avoir signé l'acte de la conférence,  les autres présidents-fantoches, Compaoré en tête, suivi de Yayi, Sirleaf, Mahamane, et GoodLuck, eux, ont répondu « présent » à l'appel du Kapo Ouattara, à croire que le vampire France les a déjà entièrement et définitivement vidés de leur sang. Tout ce beau monde est en effet persuadé de jouer un rôle important dans l'histoire africaine, alors qu'ils ne sont que de simples figurants, pour préparer l'entrée en scène de la Bête immonde occidentale, qui au nom de ses valeurs humanitaires perverties, ne sème que la division, le chaos et la mort sur son passage.


Shlomit Abel


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE

mercredi, 10 août 2011

LA VISITE D'ALASSANE OUATTARA AUX USA A TOURNE AU CAUCHEMAR


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Le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara a regagné Abidjan, samedi, après une visite de 72 heures aux États-Unis, à l'invitation du Président américain Barack Obama.

 

La très alassaniste TCI a présenté ce déplacement à la Maison Blanche comme le 2ème du genre pour un chef d'état ivoirien, après celui de feu Houphouët-Boigny. Les supports proches du pouvoir n'ont pas été avares en écrits dithyrambiques, du genre « Côte d'ivoire is back » ou « Ouattara obtient en moins d'un an, ce que Gbagbo a cherché pendant 10 ans ».

Hélas, ce que les thuriféraires de Ouattara présentent comme un succès diplomatique a été en réalité un périple cauchemardesque.

Sur l'agenda de Ouattara, ses épigones ont glosé sur un tête-à-tête avec Obama : il n'en a rien été. Le président américain, englué dans une tempête économique avec les sénateurs républicains, n'avait pas le cœur à cela. Il a reçu les quatre présidents africains, les présidents béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara, ensemble, dans une petite pièce de la Maison ovale.

Pis, la rencontre que Ouattara devait avoir avec ses compatriotes vivant aux usa, à Four Season hôtel, Pennsylvania avenue, a tourné court. Face à une foule compacte de manifestants hostiles qui rappelaient bruyamment les exactions et exécutions sommaires dont sont victimes les populations en Côte d'ivoire, Alassane Ouattara a préféré rebrousser chemin, selon une source à Washington D.C.

Idem pour sa visite au sénat. Stoppé net par la virulence des propos du sénateur Jim Inhofe.

C'est dit-on, sur la pointe des pieds que le nouvel homme fort d'Abidjan a quitté le pays de l'oncle Sam, vendredi, à deux heures du matin.

Comme on le voit, la presse proche du pouvoir peut continuer à saouler ses lecteurs, la vérité sur ce voyage est implacable : c'est un camouflet diplomatique. Les États-Unis, qui ont été en première ligne dans la crise postélectorale qui s'est achevée par l'arrivée au pouvoir dans des conditions apocalyptiques de M. Ouattara ne veulent pas se faire complices des dérives totalitaires de son régime.

C'est au quotidien que les organisations des droits de l'homme dénoncent les exactions contre les populations civiles dont le seul tort est de partager des convictions avec Laurent Gbagbo. La dernière déclaration en date est celle d'Amnesty international qui s'insurge contre les exactions de la milice dozo pro-Ouattara qui empêche des milliers de réfugiés de regagner leurs domiciles. Barack Obama a beau souligner que « Cette rencontre est l'occasion de souligner le soutien de l'administration (américaine) à des démocraties en développement, de mettre en valeur nos partenariats avec ces pays, et de discuter de l'élaboration d'institutions démocratiques fortes, du développement économique et d'autres sujets régionaux », il sait à travers les signaux en provenance d'Abidjan que les Forces dites républicaines qu'il a aidées par l'entremise de son peu diplomate ambassadeur Philip Carter III à prendre le pouvoir sont devenues un cauchemar pour les ivoiriens de tout bord.


Tché Bi Tché in le quotidien ivoirien "Le Temps".

 

Source : INFO D'ABIDJAN

mercredi, 03 août 2011

QUAND UN OBAMA FAUCHE REÇOIT UN OUATTARA SANS LE SOU!


OUATTARA A LA MAISON BLANCHE.jpg

Ouattara, Yayi, Issouffou et Condé aux USA: Obama n'y était pas.


Obama avait l'air ailleurs, pressé, pas concentré et peu attentif, ça sentait le tout préparé. Voilà ce qui ressort des impressions de deux sources présidentielles, l'une béninoise et l'autre nigérienne qui se sont confiées brièvement à KOACI à leur retour de leurs missions aux états unis dans le cadre de la rencontre des quatre présidents africains francophones par Barack Obama.

Selon nos sources, l'accueil à la maison blanche aurait été, au-delà d'un strict protocole, un peu froid et des tensions entre chefs d'Etat ce vendredi lors de la rencontre avec Obama étaient, à les en croire, perceptibles malgré les sourires de façade. Chacun des quatre souhaitant attirer l'attention d'un président américain à l'actualité paralysante vis à vis de sa décontraction d'alors.

En effet, l'Amérique et son président stationnent dans une actualité politique et sociale turbulente. La dette américaine, la fronde républicaine et la chute dans les sondages de Barack Obama ont sans nul doute influencé l'ambiance de la visite d'Alassane Ouattara, d'Alpha Condé, de Yayi Boni et de Mahamadou Issoufou qui aurait pu néanmoins apparaître comme un rayon de soleil politique même si cette venue a peu passionnée la presse américaine. Au constat, peu d'écho de cette dernière et une couverture absente.

Pour l'heure, aucun retour à notre niveau des délégations ivoirienne et guinéenne. Tout indique selon nos informations que des communiqués bilan nous parviendront ces prochains jours.

L'essentiel symbolique a cependant été respecté, Barack Obama a reçu les quatre chef d'Etat et chacun d'entre eux est reparti dans son pays avec la poignée de main en tête et une photo en compagnie du président américain qui inondera sans nul doute ces prochains jours les médias et autres presses locales tel un trophée.

Reste désormais de connaître les engagements concrets, au-delà du discours général lié aux valeurs démocratiques et autre bonne gouvernance annoncées, ce vendredi lors du discours du président américain, des Etats-Unis vis à vis de la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger et le Bénin.


Amy, in KOACI ABIDJAN avec nos confères du Washington Post à New York et nos bureaux au Niger et au Bénin.


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 19 juillet 2011

GUINEE: COUP D'ETAT MANQUE CONTRE ALPHA CONDE?

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Des tirs ont été entendus pendant plusieurs heures ce mardi à 3h du matin près de la résidence du président guinée Alpha Condé à Conakry. La résidence présidentielle aurait même été touchée par une roquette selon la radio d’Etat. Le président Condé serait en lieu sûr et sain et sauf selon François Lousseny Fall, secrétaire général de la présidence.

Pour rappel, Alpha Condé est devenu officiellement président de la république de Guinée le 21 décembre 2010 après un scrutin électoral très contesté, mais qui marquait le retour de l’accession au pouvoir par les urnes. Le pays n'avait pas connu d'élections présidentielles depuis les indépendances. Alpha Condé s’était attaché à réformer les secteurs de la défense et de la sécurité, secteurs clés dans un pays où l’armée a tenu les rênes du pouvoir pendant plusieurs décennies. Il avait entre autres augmenté récemment le salaire des militaires, un geste qui lui avait valu des critiques de la part de l’opposition.

Le plus récent militaire à accéder au pouvoir était Moussa Dadis Camara, qui avait lui-même succédé à Lansana Conté, un autre militaire, en décembre 2008. Sekouba Konaté, également militaire avait assuré l’intérim jusqu’aux élections après la chute de Moussa Dadis Camara.

S'il était encensé à l'étranger, Alpha Condé était cependant déjà très critiqué sur le plan intérieur, l'opposition dénonçant ses "dérives dictatoriales" après seulement quelques mois d'exercice du pouvoir. Les raisons de l’attaque, de même que les auteurs ou l'identité d'éventuelles victimes sont encore inconnus pour l’instant. Un mort serait à déplorer du côté des soldats loyaux à Alpha Condé.

Source : GRIOO.COM

11:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, alpha condé président guinéen, tentative de coup d'état en guinée | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 02 juillet 2011

NAFISSATOU DIALLO EST-ELLE UNE «BANDIT GUINEE»?


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La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.


Rebondissement dans l'affaire DSK: l'accusation menace de s'effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu'il occupait. Les collaborateurs du procureur, d'abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd'hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu'il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l'affaire. Mais l'accusation pourrait s'effondrer en raison des mensonges répétés qu'aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C'est le surnom qu'on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d'argent troublants

Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l'asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu'elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l'éventuel parti financier à tirer d'une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d'une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d'importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d'argent effectués depuis l'Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n'avoir qu'un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu'elle décrit comme son fiancé et ses amis.

D'autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d'un viol, qu'elle aurait mentionné lors de sa demande d'asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l'immigration n'en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu'elle a fait à l'immigration.

«C'est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l'assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.

Qui n'a jamais menti?

Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d'une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu'elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n'a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d'où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu'elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s'est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d'asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l'islam et l'excision n'avait retrouvé son passeport néerlandais qu'après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l'un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s'est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l'aider.

 

Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

 

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STRAUSS-KAHN RESTE UN VIOLEUR PRESUME


Par Claude Ribbe

Selon le New York Times, la crédibilité de l'accusatrice aurait été entamée par des faits relevés par deux enquêteurs dont l'identité n'a pas été révélée. Quels sont ces faits ? Après son agression, et donc après avoir déposé plainte, Nafissatou Diallo aurait eu une conversation avec un détenu accusé d'avoir été en possession de 200 kg de marijuana. Cet homme, avec des amis, aurait fait des dépôts sur des comptes ouverts au nom de Nafissatou Diallo, pour un montant de 100 000 dollars au cours des deux dernières années. Dans la conversation, enregistrée par la police, Nafissatou Diallo aurait évoqué les indemnités qu'elle pourrait obtenir à la suite de sa plainte.

Qu'en conclure ? Si ces faits sont avérés (ce qui reste à démontrer) dans le pire des cas, Nafissatou aurait parmi ses amis un trafiquant de marijuana qui aurait déposé, en deux ans, 100 000 dollars sur des comptes à son nom. Nafissatou aurait gardé des relations avec cet ami, son « fiancé » peut-être, malgré son arrestation. Elle l'aurait appelé pour lui dire qu'elle avait été violée, ce qui n'est sans doute pas une révélation facile à faire. Elle lui aurait dit que le seul aspect positif de cette histoire, c'est qu'elle aurait peut-être droit à des dommages-intérêts. Si Nafissatou a parlé au téléphone sans penser qu'elle était écoutée, cela révèle de sa part une certaine naïveté qui plaide plutôt en sa faveur. A-t-elle profité de ces 100 000 dollars déposés sur des comptes à son nom ? Etait-elle informée des dépôts ? A-t-elle rendu service à son ami en connaissance de cause ? Autant de questions auxquelles elle pourra certainement apporter des réponses. Au pire que son petit ami, un petit trafiquant de shit peut-être, aurait pu être mieux choisi, qu'il l'a mise dans le pétrin en se servant d'elle pour blanchir de l'argent. Choisit-on toujours bien ceux qu'on aime ? Une question qu'il faudrait poser à Anne Sinclair, à supposer qu'elle agisse par amour.

Du blanchiment d'argent : pas des millions de dollars. Cent mille dollars en deux ans ! Quelques journées d'argent de poche pour Dominique Strauss-Kahn. Si les comptes étaient à son nom, étrange que Nafissatou n'ait jamais été inquiétée pour complicité de blanchiment, alors que son petit ami, lui, est en prison. Etrange qu'une conversation téléphonique enregistrée par la police voici cinq semaines ne soit révélée que maintenant au procureur. Quant à avoir évoqué les possibles réparations pour le crime qu'elle affirme avoir subi, même avec un petit trafiquant incarcéré, où est le problème ? Comme Anne Sinclair, elle espérait peut-être avoir assez d'argent pour le faire sortir de prison. Avec cette différence qu'elle est noire, pauvre, et musulmane. De quoi Strauss Kahn, qui, lui, a demandé que la teneur de ses conversations téléphoniques précédant son arrestation, ne soient pas communiquées, peut-il bien parler, sinon de sexe, d'argent et de pouvoir ? Strauss-Kahn n'a certainement que des amis en règle. Aucun voyou, c'est sûr, dans ses relations. Et, bien entendu, il n'a jamais déposé d'argent liquide sur aucun de ses comptes. Le fait que son lieutenant François Pupponi règle ses frais de bouche avec la carte bleue de la SEM chaleur de Sarcelles n'est évidemment pas de nature à affaiblir ses dires.

Un trafiquant de shit ! Peut-être noir, en plus ! C'est bien pire qu'un violeur présumé de négresses. Un tiers des Français entre 18 et 64 ans (soit plus de 13 millions) admettent pourtant - selon une enquête publiée la semaine dernière - avoir fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4 % au cours du dernier mois : Il faut bien que ce cannabis vienne de quelque part. Eh oui : il y a des trafiquants. Des gros et des petits. C'est sans doute très vilain, mais pour le moment, la marijuana n'a encore tué personne. On n'en dira pas autant de l'alcool. Voire du Viagra dont certains obsédés sexuels font une consommation peut raisonnable et qui pourrait expliquer bien des débordements. Continuons la liste des turpitudes de Nafissatou invoquées par les enquêteurs anonymes. Elle aurait affirmé aux policiers avoir mentionné un viol et une excision dans sa demande d'asile aux USA et, vérification faite, on ne trouve pas trace de ces éléments dans son dossier. Damned ! Quelle affaire ! Cela voudrait dire qu'elle n'aurait jamais été violée ni excisée ?

Qu'y a-t-il dans tout cela qui exonère Strauss Kahn des graves accusations portées contre lui ? Rien ! Un Strauss-Kahn aurait le droit de violer impunément une femme parce qu'elle serait la copine d'un dealer de shit et qu'elle se serait embrouillée dans ses déclarations pour obtenir le droit d'asile ? Faut-il être une sainte (comme Anne Sinclair) pour être crue sur parole quand on affirme avoir été violée ? Intéressant pour un homme qui se dit de gauche.

La révélation de ces broutilles, compte tenu du système de procédure pénale américain, a permis à Strauss-Kahn, quasi-mécaniquement, d'obtenir illico une libération sur parole et de récupérer la caution versée par sa femme. On s'en réjouit pour elle. On s'en réjouit pour lui. Sa vie sexuelle va s'en trouver plus épanouie. En espérant qu'il n'y aura pas de nouvelles plaintes. Cependant, les accusations sont bien maintenues par le procureur. Strauss-Kahn n'a pas récupéré son passeport et se trouve toujours inculpé de crimes très graves. Il est libre d'être sur le territoire américain, le FBI aux fesses. La réhabilitation tant espérée par les amis zélés du violeur présumé, son élection à la présidence de la République en 2012, restent pour l'instant assez hypothétiques. Quel dommage ! On aurait tant aimé voir Strauss-Kahn débarquer, plus triomphant encore qu'un otage libéré, et, fort de sa supériorité naturelle, annoncer sa candidature à la primaire socialiste, malgré ce « troussage de domestique» d'autant moins important qu'il ne s'agissait que d'une négresse. Et tout le monde sait que "les négresses sont plus chaudes que les blanches" (Flaubert, Dictionnaire des idées reçues). En somme l'exercice anodin, j'oserais presque dire à la sarcelloise, d'un droit de cuissage sur une indigène qu'Anne Sinclair- ah la sainte femme ! - aurait, une fois de plus, pardonné.


Source: Le Blog de Claude Ribbe

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

samedi, 26 mars 2011

LA GUINEE FAIT SON ENTREE OFFICIELLE DANS LA FRANÇAFRIQUE


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Guinée, Bolloré, Sarkozy: l'embarrassante affaire du port de Conakry

Par Sylvain Courage


Officiellement, le sujet sensible n'est pas à l'ordre du jour du premier rendez-vous entre Alpha Condé et Nicolas Sarkozy ce mardi. Mais la prise de contrôle par le groupe Bolloré de la principale infrastructure de ce pays très riche en minerais soulève bien des questions et nous replonge dans les arcanes de la "Françafrique".


Port de Conakry, extérieur nuit. Le 8 mars, aux alentours de 21 heures, une escouade de policiers et de militaires guinéens, kalachnikovs en bandoulière, investissent les docks où sommeillent grues et conteneurs. Le commando saute sur les bureaux de Getma International, la société française qui exploite la zone portuaire depuis 2008. Les salariés sont expulsés manu militari. Les locaux, bouclés à double tour. "Réquisition?" L'ordre est tombé du palais présidentiel: un décret signé Alpha Condé, le chef de l'Etat guinéen. L'un des innombrables autocrates du continent? Non, Alpha Condé est le premier président de la République de Guinée démocratiquement élu le 3 décembre 2010. Après avoir passé quarante ans dans l'opposition aux despotes corrompus qui ont ruiné son pays, il se définit lui-même comme le "Mandela guinéen". Un nationaliste, un progressiste, naguère professeur de droit public à la Sorbonne.

Ce 8 mars, le professeur Alpha a-t-il décidé une nationalisation musclée de la principale infrastructure de ce pays riche en minerais, mais qui figure parmi les plus pauvres du monde? Pas vraiment. Dès le 10 mars, deux jours après l'expulsion, Alpha Condé accorde une nouvelle concession de vingt-cinq ans... au groupe Bolloré. Cette multinationale tricolore s'est taillé un colossal empire en Afrique: ports, transports, plantations. Presque tout ce qui circule sur le continent passe entre ses mains. Son patron, Vincent Bolloré, aussi puissant qu'énigmatique, est à tu et à toi avec tous les potentats d'Afrique de l'Ouest. Il est aussi le grand ami de Nicolas Sarkozy - c'est sur son yacht que le président français fraîchement élu était allé se reposer après la victoire de 2007.

Pas de hasard

Coïncidence? Nicolas Sarkozy accueille le 22 mars Alpha Condé pour sa première visite officielle à Paris. Quelques jours après la reprise en main du port au profit de Bolloré. Pour les habitués du vol Conakry-Paris, il n'y a pas de hasard : cette réception en grande pompe avec tapis rouge et garde républicaine serait la contrepartie de la faveur accordée à Bolloré l'Africain...

L'affaire en tout cas est emblématique: même la "transition démocratique" n'empêche pas les vieilles habitudes, les jeux des influences, les conflits d'intérêts. Autour de ce dossier sensible s'activent en effet beaucoup de "sorciers blancs": hommes de réseau, de communication ou conseillers de l'ombre. Parmi eux, l'ancien ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "C'est mon frère jumeau", dit de lui Alpha Condé: les deux hommes se sont connus au lycée Turgot dans les années 1960 et ne se sont jamais perdus de vue. Quand il dirigeait le ministère des Affaires étrangères, Kouchner n'a pas ménagé ses efforts pour l'organisation d'un scrutin libre en Guinée. Depuis qu'il n'est plus au gouvernement, il multiplie les visites à Conakry et dispense ses "conseils" à "Alpha". Il y était encore la semaine dernière. "La Guinée peut devenir le phare de l'Afrique", s'enthousiasme l'ex-ministre. L'ex-French doctor, qu'on dit proche de Bolloré, a-t-il aussi fourni ses "conseils" pour la gestion du port? Et joué les entremetteurs pour faciliter la visite de Condé à Paris? Le petit milieu de la Françafrique, qui se souvient de son rôle de consultant auprès de feu Omar Bongo, est en ébullition. Il est vrai que l'"opération nettoyage" sur le port de Conakry a de quoi stupéfier même les plus cyniques et les plus endurcis des businessmen.

Une plainte pour corruption internationale

A peine Getma a-t-il été éjecté du port que les cadres de Bolloré, escortés par les forces de l'ordre, se sont en effet installés dans ses locaux, récupérant les ordinateurs, les archives, les grues... "Nous avions déjà investi 30 millions d'euros pour moderniser les installations, acheter des engins de manutention. Le comportement des autorités guinéennes qui nous ont expulsés manu militari et celui de Bolloré qui utilise nos actifs sont injustifiables", s'étrangle Richard Talbot, le fondateur de Necotrans, la maison mère de Getma, un groupe de 3.000 salariés qui prospère dans l'import-export en Afrique.

Talbot s'estime lésé et lance une procédure qui rompt avec tous les "codes" en vigueur dans le monde opaque du négoce africain, où les concurrents lavent généralement leur linge sale en famille. Il porte plainte auprès du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, pour "corruption internationale". Son avocat, Pierre-Olivier Sur, n'y va pas de main morte: "Nous souhaitons que la justice enquête sur le fait que Bolloré a soutenu la campagne électorale d'Alpha Condé par le biais de l'agence de communication Euro RSCG, qu'il contrôle, et a obtenu la concession du port de Conakry".

Chez Bolloré, on rejette toutes ces accusations en bloc?: "Les autorités guinéennes ont retiré la concession à Necotrans car cet opérateur ne tenait pas ses promesses d'investissement. Bolloré, qui était arrivé en deuxième position de l'appel d'offres de 2008, est apparu comme un partenaire plus professionnel, réellement en mesure de développer une infrastructure vitale pour le pays". Et Me Olivier Baratelli s'indigne: "Nous engagerons des plaintes contre tous les propos inqualifiables et scandaleux de Necotrans, qui organise une campagne pour salir une entreprise du CAC 40 et obtenir de l'argent. Il est inadmissible de faire croire qu'un groupe comme Bolloré ait pu corrompre un chef d'Etat étranger".

Le parcours sinueux de Bolloré

Aujourd'hui, en tout cas, Vincent Bolloré tient sa revanche. En 2008, il a très mal vécu d'avoir été écarté de la gestion du port de Conakry par plus petit que lui. A l'époque, son groupe tente d'abord de négocier de "gré à gré" avec l'autocrate Lansana Conté, encore au pouvoir à l'époque. "Bolloré proposait un 'ticket d'entrée' dérisoire de 1 million d'euros", assure l'avocat de Necotrans. Les protestations des concurrents obligent les autorités à lancer un appel d'offres.

A ce jeu, le groupe Necotrans, implanté en Guinée depuis vingt-cinq ans, est le mieux-­disant. Son "ticket d'entrée" atteint 15 millions d'euros. Il propose aussi un loyer de 10 euros annuels par mètre carré et une redevance de 10 euros par conteneur. "Cela devait rapporter 22 millions d'euros par an à l'Etat guinéen contre 9,7 millions pour l'offre de Bolloré", affirme Necotrans. Noté 86,77 sur 100, la proposition du groupe de Richard Talbot décroche la timbale devant Bolloré (76,72) et le géant danois du fret maritime Maersk (72,98).

Mais, en septembre 2008, juste après la signature de la concession, la donne politique change. Lansana Conté, diminué depuis des années, meurt. Une junte militaire dominée par l'inquiétant capitaine Dadis Camara prend le pouvoir et conteste la gestion du port: "Le gouvernement sortant s'est entêté à brader notre port. Pour servir quels intérêts?" Camara joue les vertueux... ou réclame sa part. Chez Necotrans, on fait observer que ce retournement "intervient après une visite, remarquée en ville, d'une équipe de Bolloré..." Paranoïa de ceux qui voient la main de Bolloré partout? Toujours est-il qu'en 2009 la concession de Necotrans est suspendue pendant quatre mois. Puis le groupe français se "rabiboche" avec le pouvoir militaire. Pour peu de temps. Car la bataille féroce pour le contrôle du port est soumise aux convulsions d'une guerre civile qui ne dit pas son nom.

Le despote Dadis Camara tombe après un an de pouvoir émaillé de violences et de crimes, notamment l'assassinat de 157 opposants lors d'une manifestation au stade de Conakry, une tuerie condamnée par l'ONU. Les diplomaties occidentales finissent par s'émouvoir. Camara, qui échappe de peu à un attentat, est "exfiltré"vers le Burkina Faso. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le Département d'Etat américain s'activent en coulisses - comme l'ont récemment confirmé les télégrammes publiés par le site WikiLeaks - pour lui trouver un successeur: le vieux général Sékouba Konaté, qui accepte de ressusciter un pouvoir civil issu d'élections libres. Les cartes politiques - et donc commerciales - sont rebattues. Le groupe Bolloré, qui n'a pas renoncé, voit revenir au premier plan un homme sur lequel il peut fonder quelques espérances: Alpha Condé.

Un plan com' bien conçu

L'éternel opposant a de solides appuis en France. En 2001, le président Jacques Chirac s'est ému de sa condamnation pour "haute trahison" et de son emprisonnement. Détenu pendant vingt-huit mois à la prison de Conakry, il finira par être libéré grâce à l'action d'un efficace comité de soutien présidé par Albert Bourgi - frère de Robert, lui-même héritier des réseaux gaullistes en Afrique. Déjà candidat à deux reprises à la présidence lors des élections bidonnées de 1993 et 1998, l'ancien militant tiers-mondiste de la Fédération des Etudiants d'Afrique noire en France (FEANF) et membre de l'Internationale socialiste peut évidemment compter sur Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Mais aussi sur Pierre-André Wiltzer, camarade de fac et ministre de la Coopération du gouvernement Raffarin, de 2002 à 2004. Enfin, et peut-être surtout, il jouit du soutien de Vincent Bolloré.

Aux dires des connaisseurs, le rapprochement entre l'entrepreneur breton et le panafricaniste remonte aux années 1990. Pierre Aïm, businessman condamné pour une fraude douanière au Sénégal et poisson-pilote de Bolloré auprès de Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et d'Idriss Déby (Tchad), en aurait été l'artisan. A la tête de son parti d'opposition le Rassemblement du Peuple de Guinée, Alpha Condé voit sa campagne électorale prise en charge par Euro RSCG Worldwide, l'agence de communication contrôlée par la holding familiale de Vincent Bolloré et présidée par Stéphane Fouks. Africaine en diable, l'agence "animera" aussi la campagne du président sortant Laurent Gbagbo, en Côte d'Ivoire, où le port est passé sous pavillon Bolloré depuis belle lurette...

En juin 2010, "Un Africain engagé", livre d'entretiens conçu pour mettre en valeur le profil d'homme d'Etat d'Alpha Condé, paraît aux Editions Jean Picollec. Il est signé Jean Bothorel, ancien éditorialiste du "Figaro"... qui fut, en 2007, chez le même Jean Picollec, le biographe de Vincent Bolloré. Le plan com est bien conçu: "Je me souviens d'avoir enregistré une interview chez Euro RSCG pour promouvoir le livre et le parcours d'Alpha Condé", dit Bothorel.

Au premier tour de l'élection, Alpha Condé ne recueille que 18% des voix mais croit en son étoile. "C'est le score qu'a fait Wade quand il a battu Diouf au Sénégal", répète-t-il à ses visiteurs. A Paris, en revanche, Sarkozy doute des chances de ce "professeur" de 73 ans qui prétend restaurer la démocratie et mettre fin au pillage des ressources et à la corruption. L'arithmétique des désistements et des reports des voix devait profiter à son adversaire Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre de Lansana Conté. Issu de l'ethnie dominante des Peuls, il passe pour favori face au Malinké Alpha Condé. Sarkozy en fait son champion...

En conseil des ministres, il lance à Kouchner: "Vous auriez besoin d'une calculette, Bernard..." Pourtant Condé l'emporte avec 52% des suffrages. Election validée par la commission électorale malgré une contestation des partisans de Diallo violemment réprimée à Conakry. Le 21 décembre, sa cérémonie d'investiture est l'occasion de grandes retrouvailles: Bernard Kouchner et Pierre-André Wiltzer sont de la partie... "Nous étions déjà au courant de son intention d'annuler la concession et d'exaucer Bolloré. J'ai essayé de le prendre à part et d'argumenter, mais il m'a renvoyé vers un fonctionnaire du ministère guinéen des Transports qui m'a reçu le lendemain et ne m'a plus jamais reparlé", raconte Wiltzer, recruté tout exprès par Necotrans pour assurer son "lobbying".

Le film s'accélère le 3 février 2011. Ce jour-là, Vincent Bolloré lui-même fait le voyage de Conakry. Il est hébergé à la résidence personnelle d'Alpha Condé et visite avec lui les installations portuaires, escorté par les motards de la garde présidentielle. La rumeur d'une remise en question de la concession court dans toute la ville. Mais Necotrans, dont les nerfs sont mis à rude épreuve, ne fait officiellement l'objet d'aucun grief avant d'être expulsé du port par un commando d'hommes en armes. "Nous n'avons jamais reçu de réclamations, ni de mise en demeure. Alpha Condé a préféré utiliser la force, car la voie légale lui interdisait de nous expulser comme il l'a fait et de confier le port à Bolloré sans même procéder à un nouvel appel d'offres", souligne l'avocat Cédric Fischer.

Evidemment, les partisans de Condé font une autre lecture de cette expulsion: le président guinéen voudrait nettoyer le passé, mettre au pas les sociétés étrangères qui ont "exploité" la Guinée sans vergogne, faire appel à de nouveaux investisseurs qui ne se sont pas compromis avec ses sanglants prédécesseurs. N'a-t-il pas, par exemple, confié la construction du chemin de fer Conakry-Kankan à l'opérateur brésilien Vale, introduit par son ami l'ex-président brésilien Lula?

Bernard Kouchner, lui, relativise les mésaventures de Necotrans: "Cette petite entreprise n'était sans doute pas à la hauteur. Alpha a pris une sage décision. Et ce qui devrait faire du bruit, c'est que pour la première fois, un pays d'Afrique accède à la démocratie..." Problème, l'ancien ministre de la Santé, qui œuvre à la construction d'une "maison de la mère et de l'enfant?», financée par "de grandes entreprises françaises"- ceci afin que "les Guinéennes n'accouchent plus par terre" - est logé dans les locaux de la filiale locale du groupe Bolloré...

Des requins dans les ports

Quelle sera l'issue de la guérilla juridique qui s'engage? "C'est le pot de fer contre le pot de terre", reconnaît-on chez Necotrans, dont l'existence est menacée, à terme, par la perte de la concession de Conakry. Une chose est sûre: reçus par André Parant, le Monsieur Afrique de l'Elysée, les avocats du groupe ont été écoutés d'une oreille polie, mais distraite. Du côté du ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, on veut croire à une forme de compromis entre deux spécialistes de la manutention portuaire qui collaborent déjà à Abidjan, à Cotonou et à Pointe-Noire...

"Nos concurrents internationaux rigolent bien de ce genre de pugilat", dit un initié de la Françafrique. Pris d'assaut par les businessmen du monde entier, le Novotel de Conakry ne désemplit pas. Et les vols d'Air France sont complets. "Trop de gens veulent profiter de l'ouverture après des années de junte militaire pour mettre la main sur les mines de bauxite, de fer, de diamants ou réaliser l'électrification de la ville", raconte le journaliste Amara Moro Camara, de l'hebdomadaire "le Démocrate". Les Guinéens ont compris que les requins des affaires n'ont pas fini d'écumer les eaux du port...


Sylvain Courage

© Copyright Le Nouvel Observateur


Source: TELEDIASPORA.NET

19:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Guinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, guinée, france, bolloré en guinée, l'embarrassante affaire du port de conakry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 09 mars 2011

CRISE EN COTE D'IVOIRE: LES REBELLES OCCUPENT ILLEGALEMENT DES HABITATIONS D'ABOBO

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Des maisons abandonnées à Abobo sont occupées de façon illégale par des rebelles. Plusieurs familles seraient déjà victimes de ces pratiques.



Les rebelles d'Alassane Ouattara ont infiltré la commune d'Abobo où ils règneraient en maître absolus dans certains quartiers. Ils semblent cependant confrontés à un problème de logements. C'est la raison pour laquelle, ces derniers ont décidé de faire payer aux populations qui ont fui certains quartiers lors des combats entre Forces de défense et de sécurité (Fds) et commando invisible en occupant de façon illégale les maisons abandonnées.

Les victimes des agissements de ces rebelles sont nombreuses. C'est d'ailleurs le cas de Jean qui aurait perdu sa maison à Pk18. «Les rebelles occupent en ce moment notre maison, explique -t-il. Nous sommes obligés de squatter le salon de l'un de nos voisins » Christian vit une situation similaire à Avocatier. « J'ai fui le quartier suite aux combats. Il se trouve qu'aujourd'hui ma maison et celles de mes voisins sont occupées par des inconnus. Il a fallu que je m'y rende pour vivre la réalité sur le terrain. J'ai été obligé de rejoindre à nouveau mon lieu de refuge à Angré, faute de dortoirs » a déclaré à koaci.com ce jeune d'environ 30 ans qui exerce le métier de menuiserie dans la commune de Cocody.

A N'Dotré, Madeleine est aussi victime des pratiques des rebelles. Elle soutient avoir perdu sa maison au profit de l'un des leurs qui aurait logé à son tour sa petite camarade. « Je suis revenue chez moi le dimanche. J'étais surprise de voir que ma maison était occupée par une jeune fille qui m'a à son tour signifié qu'elle était désormais la nouvelle locatrice. J'ai passé la nuit chez une amie, en attendant que je trouve un nouveau point de chute, » a déploré Madeleine, qui regrette par ailleurs que cette situation lui arrive en ces temps de vache maigre. A en entendre les uns et les autres, Abidjan risque de connaître le syndrome d'occupation illégale des maisons par les rebelles. Alors qu'une fois dans ces maisons ils refusent de les céder à leurs véritables propriétaires.


Par Wassimagnon


Source: KOACI.COM

jeudi, 10 février 2011

LES REVISIONS CONSTITUTIONNELLES EN AFRIQUE ?

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"Quand l'Etat est pris en otage par les kleptocrates". Par Me Thiamel NDIADE.


Si en 1990 le vent de la démocratie avait soufflé sur le continent africain, aujourd'hui, c'est plutôt le vent de la modification des constitutions qui ravage l'Afrique. "Cette révision revêt une dimension importante dans l'évolution du constitutionnalisme africain, non seulement parce qu'elle constitue un élément moteur, mais et surtout parce qu'elle démontre certaines conceptions du pouvoir politique dans le continent tout entier", comme l'écrit l'enseignant chercheur tchadien Adja DJOUNFOUNE.

Revenons sur quelques cas des pays africains qui ont déjà modifié leur constitution pour répondre à des besoins dont ils sont les seuls à connaître les motivations. Que ce soit en Afrique du Nord, Est, Centre ou Ouest, ces pays ont tous un seul dénominateur commun : "modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir".

Quelques exemples :
Guinée
: En Guinée -Conakry, la constitution a été modifiée en 2002 dans l'intention d'autoriser feu Président LANSANA Conté à se représenter, à la fin de son second et dernier mandat aux élections présidentielles.

Tchad : La constitution du Tchad a été modifiée en 2005 et a permis à Idriss Deby ITNO à se maintenir au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1990.

Mauritanie : En Mauritanie, la modification de la constitution en 1991 a permis à OULD TAYA de rester au pouvoir jusqu'à son renversement par un coup d'Etat en août 2005.

Burkina Faso : Par un subtil jeu de levée de la limitation de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000, Blaise COMPAROÉ est au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1987.

Tunisie : En Tunisie, la constitution a été modifiée également en 2002 pour permettre au Président Zine Ben ALI de se représenter à l'élection présidentielle de 2004 qu'il a remporté pour un quatrième mandat. Pourtant, lorsqu'il avait destitué en 1987 le premier Président tunisien malade, Habib BOURGUIBA, 84 ans, il avait promis de mettre fin à la présidence à vie.

Togo : Au Togo, la constitution a été modifiée en 2003 et a permis à feu EYADEMA de se faire réélire pour un troisième mandat de cinq ans, au terme de 36 années de pouvoir jusqu'à sa mort en 2OO5.

Ouganda : Modification en 2005 et maintien de YOWERI MUSEVENI au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.

Cameroun , en 2008 imaginez vous-même la suite.


L'inflation révisionniste

Il est normal de reformuler les lois qui régissent le peuple. La constitution française de 1789 ne postulait-elle pas que "la nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution" ?

En se basant sur ce pouvoir de révision selon les circonstances et les intérêts de toutes sortes, les pouvoirs africains ont à souhait procédé à des modifications constitutionnelles de telle sorte que les constitutions africaines ont été atteintes d'une inflation révisionniste. Cela est souvent justifié par la recherche constante d'institutions adaptées aux besoins et au niveau de développement tant économique, social que culturel.

Généralement, la révision tourne autour du statut du chef de l'Etat, de la dévolution du pouvoir monarchique, de l'alternance politique ; plus exactement elle porte sur la prolongation ou non du mandat présidentiel.

À ce niveau deux tendances apparaissent : la première, négative, se situe dans la trajectoire du renouvellement ou de l'allongement du mandat arrivé à terme au bout de deux mandats successifs ; la rééligibilité ne se faisant qu'une seule fois. C'est le cas du Cameroun, et bien d'autres pays africains.

La deuxième tendance, positive, se démarque par le jeu de l'abandon du pouvoir après l'exercice de deux mandats consécutifs, respectant l'esprit et la lettre de la constitution. C'est le cas des présidents KONARÉ du Mali, RAWLINGS et KUFFOR du Ghana.


Droit de l'Etat ou Etat de droit ?

Deux procédés de modifications sont possibles : la révision par voie référendaire et celle effectuée par le parlement en exercice. Cette dernière formule est la plus utilisée. La raison en est simple : la majorité présidentielle coïncidant avec la majorité parlementaire, le tour est vite joué, comme au Cameroun en 2008.

Si rien n'interdit à ce que le législateur modifie, complète ou abroge les dispositions législatives antérieures, le droit de l'État, cependant, doit se concilier avec l'Etat de droit. En principe, la souveraineté du peuple ne peut être entamée que par le peuple lui-même. Ce que le peuple a fait, il lui appartient de le défaire en retour.

La révision constitutionnelle peut représenter un danger pour le processus et la consolidation de la démocratie en Afrique. Elle est aujourd'hui un des enjeux pour la lutte pour le pouvoir : chacun veut modifier la constitution pour s'assurer un avantage décisif dans l'accession ou le maintien aux commandes de l'Etat. Ce qui affecte inéluctablement le principe de l'alternance politique.

Les bouleversements politiques dans beaucoup de pays africains sont déjà des signes révélateurs des difficultés que les dirigeants africains éprouvent à trouver une solution satisfaisante à la problématique de la gouvernance.

Selon ADJA DJOUNFOUNE, la révision constitutionnelle est perçue d'abord comme "une technique d'établissement de la monopolisation du pouvoir par le chef de l'Etat" ; et ensuite comme "un instrument de pérennisation du système politique".

En tout état de cause, les nouvelles constitutions africaines devraient normalement présenter la caractéristique d'abandonner les modèles consacrant l'autoritarisme politique et se conformer à l'orthodoxie constitutionnelle et à l'affirmation de l'Etat de droit.


Révision structurelle....ou conjoncturelle ?

Tout en notant que les constitutions africaines ont souvent été adoptées dans l'urgence, et qu'un certain toilettage s'impose, Jean Du Bois de GAUDUSSON, spécialiste français du droit constitutionnel, rappelle qu'une "constitution se change, en effet, et c'est parfaitement conforme à l'Etat de droit ; si l'on fait référence au cas français, on s'apercevrait qu'une constitution peut se changer assez souvent, dès lors que les procédures sont respectées et que la révision s'effectue dans les formes républicaines".

C'est l'idée défendue par un homme politique tchadien, l'ancien Premier Ministre KASSIRÉ KOUMAKOYE qui note que "toute constitution étant une œuvre humaine, elle est faite pour être adaptée à l'évolution de la société. Dès l'instant, que la constitution elle-même prévoit qu'on doit la réviser, la question posée est : est ce que la révision engagée respecte les normes constitutionnelles" ?

A quoi répond l'avocat et homme politique Béninois DOSSOU ROBERT : "Une action peut être dans la ligne de la légalité la plus pure et se révéler parfaitement illégitime. La légitimité, c'est la conformité à la conscience du moment..."

R. DOSSOU fait également une distinction entre ce qui pourrait s'apparenter à une révision structurelle (consistant en une refonte profonde du texte constitutionnel) et une révision conjoncturelle, inspirée par des considérations politiques.

Or, et même si elle est incluse dans un ensemble d'autres modifications, la révision des mandats présidentiels risquent fort d'apparaître comme éminemment conjoncturelle, et ainsi que l'affirme JEUS AJAVON, juriste et homme politique togolais, "avant tout politique (...) il faut voir pourquoi les mandats présidentiels ont été limités, à l'époque on l'on rédigeait les constitutions, dans un contexte donné. Est- ce que ce contexte a changé" ?

Le contexte, si on l'entend bien, étant celui-ci : pas plus qu'hier l'alternance n'est tellement en vigueur en Afrique. Mais aujourd'hui on manipule les textes...

In fine, Robert DOSSOU relève ceci : "les Africains ont tendance à voir la stabilité comme personnalisée ... c'est le cas si Pierre ou Paul restent au pouvoir, et il y a stabilité institutionnelle : c'est ce que nous essayons de construire" !
C'est le même Robert DOSSOU qui a cette formule imagée de la constitution : "c'est à la fois le concentré de l'histoire d'un peuple et la plate-forme de ses espérances".

Et nous allons conclure : c'est aux princes africains et leurs remparts capitalistes que profite la modification des constitutions en Afrique.


http://mampouya.over-blog.com/

OPERATION FRANÇAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE

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OPERATION FRANCAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE[1]


Par BWEMBA-BONG

Membre du Cercle SAMORY

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

(CESAM)

Pour la Renaissance du Peuple Noir


« Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart.

De tous les anciens pays négriers, la France est le seul qui, six siècles plus tard, après la prétendue Abolition de la Traite négrière, s'accroche toujours et continue, par diverses violences, à vampiriser avec arrogance l'Afrique Noire qu'elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris. Aussi, chaque fois que celle-ci tente de sortir la tête de l'eau, la nation de Gobineau et Colbert est-elle toujours présente, pour l'y replonger.

Dans son préambule, la Constitution française de 1958 fait mention des Droits de l'Homme définis par la Déclaration de 1789, complétée par le Préambule de la Constitution de 1946, et du principe de la Libre Détermination des Peuples.

C'est sur l'application de cette profession de foi que se fonde l'Article 1er du texte, qui dispose : « La République et les peuples des territoires d'outre-mer qui, par un acte de libre détermination, adoptent la présente Constitution instituent une communauté. La communauté est basée sur l'égalité et la solidarité des peuples qui la composent ».

Ainsi donc, la Communauté franco-africaine, nouvelle structure mise sur pied par la France pour ne pas lâcher son empire et ses colonies d'Afrique Noire, donnait à penser qu'elle reposait sur deux principes fondamentaux : la participation et l'autonomie.

L'Article 76 de cette Constitution dispose : « Les territoires d'outre-mer peuvent garder leur statut au sein de la République s'ils en manifestent la volonté par délibération de leur Assemblée territoriale prise dans le délai prévu au premier alinéa de l'article 91 (dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la Constitution), ils deviennent soit départements d'outre-mer de la République, soit groupés ou non entre eux, Etats membres de la communauté ».

Quatre solutions se présentaient donc :

1°)- Rejeter la Constitution (ce que fit la Guinée, sous l'impulsion de Sékou Touré). Ce vote négatif impliquant que, par ce rejet, la colonie sortait de l'Union Française, qu'elle n'entrait pas dans la Communauté, qu'elle devenait indépendante ;

2°)- Opter pour le régime de département d'Outre-mer ;

3°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient garder leur statut au sein de la République ;

4°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient devenir des Etats membres de la Communauté.

Quant à l'autonomie, c'est le Titre XII de la Constitution, intitulé De la Communauté, qui en précisait la situation juridique, par des textes qui la définissaient à travers ce qu'ils dénommaient « l'Autonomie des Etats de la Communauté ».

S'inspirant de la doctrine de la IVe République, la Ve République reprenait ce système d'autonomie qui n'avait qu'un semblant de souveraineté interne.

A cet égard, l'Article 77 stipulait à propos de ces Etats fictifs : « ...s'administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires ».

Mais l'Article 78 définissait la compétence de la Communauté : la politique étrangère, la défense, la monnaie, ainsi que la politique économique et financière revenaient à la France seule. En définitive, la Communauté se substituait tout simplement à l'Union Française.

Structurellement, la Communauté se composait de quatre organes :

- le Président de la République (Français)[2],

- le Conseil Exécutif,

- le Sénat de la Communauté,

- la Cour arbitrale.

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Au plan de la participation, il était institué des organes propres de la Communauté, désignés indirectement par les populations des Etats membres et exerçant des compétences communes ; il s'agissait, en l'occurrence, du Président de la République française, du Conseil exécutif qui était composé notamment des chefs de gouvernement des membres de la Communauté et des ministres chargés par la Communauté des affaires communes, du Sénat de la Communauté, composé des parlementaires français et d'élus africains membres des Assemblées Territoriales ; enfin, d'une Cour Arbitrale.

Ces organes étaient investis des compétences attribuées à la Communauté : la politique étrangère, la défense, la politique des matières premières stratégiques, la politique économique et monétaire, l'enseignement supérieur, le contrôle de la justice, etc.

La Communauté autorisait formellement chaque Etat, y compris ceux d'Afrique Noire, à disposer d'organes propres : un gouvernement dirigé par un Premier ministre, une Assemblée territoriale et des tribunaux. Toujours aussi formellement, ces organes étaient investis des compétences de maintien de l'ordre, de vote du budget, de levée des impôts, de règlement des litiges, etc.

Dans la réalité, le droit de séparation proclamé par la France, était, comme la plupart de ses principes, une déclaration qui n'avait pas à avoir d'effet dans la pratique. La Guinée, qui sous la direction de Sékou Touré opta pour la séparation, en fit la triste expérience. C'est ce que révèle un responsable des services secrets français, alors chargés de mener la guerre totale et sans répit à la Guinée nouvellement indépendante : « Dans les semaines suivant le « non », Sékou Touré pouvait encore être récupéré. Albert nous bombarde de rapports pour nous signaler que le leader guinéen guette le moindre signe de dégel. Mais De Gaulle a décidé de se montrer intraitable et confie à ses intimes :

Sékou Touré, je le veux à plat ventre....

A ce jeu-là, Sékou Touré s'endette chaque jour un peu plus, car cette aide étrangère est payante, les missions économiques de l'Est ne lui font pas de cadeau. Où trouver l'argent ? Il n'a même plus de quoi payer ses fonctionnaires. De Gaulle lui a coupé les vivres [...]

Cet argent, disent les responsables français, restera bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu'au moment où nous serons autorisés à verser les pensions directement aux ayants droit [...]

Mais voici un miracle : Sékou Touré se souvient brusquement qu'il possède, dans les caisses de la Banque Centrale de Guinée, la très coquette somme de quatre milliards de francs C.F.A., abandonnés par les Français. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt pour éponger ses dettes ? Il commence donc à prélever sur le magot [...]

Alarmé, notre agent à Conakry nous prévient que Sékou Touré est en train de puiser dans des ressources insoupçonnées, au détriment de notre propre balance C.F.A., car il s'agit de monnaie émise par la Banque de France. Il nous propose d'y mettre le holà. Comment ? [...]

Vous m'envoyez deux ou trois grenades au phosphore. Moi, j'ai déjà repéré les cheminées d'aération de la Banque Centrale qui descendent jusque dans la salle des coffres. J'irai dire bonjour à mon copain le ministre et, ni vu ni connu, je balance les grenades. C'est un coup à gagner quatre milliards [...]

Quant au reste, soit près de trois milliards de francs C.F.A. en billets neufs, ils ne sont pas encore en circulation. Le directeur de la Banque de France devait, pour les rendre valables, signer le traditionnel décret d'émission. Mais on a attendu le résultat du référendum. A la suite du « non » de la Guinée, De Gaulle a donné des ordres formels pour que le décret ne soit pas pris : cette masse de billets demeure sans valeur [...]

Sékou entre dans une rage folle. Il se sent abominablement piégé. L'indépendance est une belle chose, mais comment se débrouiller quand on n'a plus un sou vaillant, plus un compte bancaire, quand l'argent que l'on croyait détenir est frappé d'un mal mystérieux et se désintègre entre vos doigts ? [...]

Pourtant, c'est le même franc CFA que celui qui circule au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali, etc. A un détail près toutefois, qui change tout. Dans sa grande méfiance, la Banque de France a pris depuis longtemps ses précautions : la monnaie imprimée en métropole et émise pour chaque territoire africain porte une lettre spécifique permettant de l'identifier. Ainsi, tout ce qui vient maintenant de Guinée est automatiquement détecté et rejeté [...]

Nous avons appris que la Guinée voulait de toute façon quitter la zone franc, créer sa propre monnaie [...]

Nous allons nous procurer des billets de la nouvelle monnaie guinéenne. Dans l'imprimerie ultra-secrète de la Piscine[3], dirigée par un officier Pied-Noir, nous sommes en mesure de reproduire ces bank-notes le plus parfaitement du monde et nous en inonderons le marché guinéen [...]

C'est de bonne guerre. Sékou Touré s'est moqué de nous, et a voulu tricher lui-même avec nos propres francs CFA [...]

Sékou Touré se retrouve avec une monnaie inexploitable, ruiné, aux abois. Il est à plat ventre comme le souhaitait le Général. Mais pas devant la France. Il se tourne définitivement vers les régimes socialistes ... »[4].

Mais, malgré la volonté de la France de doter la Communauté d'une armature colonialiste plus renforcée, celle-ci n'aura qu'une courte existence de deux ans, Paris ayant changé de stratégie : face à la revendication de l'indépendance posée par le Cameroun, et soucieuse d'éviter l'embourbement de type algérien en Afrique Noire, la France choisit la ruse articulée autour d'une donne nouvelle : octroyer de façon déclarative l'indépendance aux colonies, tout en gardant la haute main sur tout l'empire : le néocolonialisme.

Ainsi donc, la réalité de la politique de la France en Afrique Noire était appliquée en Guinée, par le Général de Gaulle qui, de ce fait, était d'autant plus à l'aise pour répondre à ceux qui lui faisaient grief d'avoir bradé ce qui restait à la France de son empire colonial : « Des territoires qui ne cessaient pas, depuis dix ans, d'aspirer à l'indépendance, la réclament aujourd'hui avec insistance. Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire, tenter de le comprendre, de l'assimiler, de le canaliser ? ».

L'expérience de l'Indochine et celle de l'Afrique du nord ont servi à devancer les événements en Afrique Noire. Elles ont permis d'octroyer l'indépendance qui allait être arrachée :

« J'ai desserré les liens avant qu'ils ne se rompent »[5].

Effectivement, le général de Gaulle avait desserré les liens avant qu'ils ne se rompent. Il avait réussi par la terreur sur la Guinée, et l'assassinat des vrais combattants africains de l'Indépendance, à placer à la tête de la quasi-totalité des « Etats » d'Afrique Noire à l'heure des fausses indépendances, des personnages dont la particularité était d'être marqués du sceau de la souplesse d'échine, et de s'être, de ce fait, farouchement opposés à l'indépendance de l'Afrique Subsaharienne, mais qui, pour les besoins du néocolonialisme, étaient travestis en « grands timoniers », « héros nationaux », « pères de la Nation ».

Dans un article d'une brûlante actualité aujourd'hui encore, sur les relations invariablement colonialistes que la France a toujours entretenues avec l'Afrique Noire, Cheikh Anta Diop notait déjà en 1953, avec une clairvoyance et une lucidité prémonitoires : « De toutes les puissances européennes qui dominent l'Afrique, la France est l'une des plus colonialistes - sinon la plus colonialiste. Les méthodes qu'elle applique (politique d'assimilation, etc.) sont telles que malgré l'exploitation la plus féroce, on n'a pas vu surgir, jusqu'ici, dans ses colonies d'Afrique Noire (les territoires sous mandat mis à part) une franche aspiration à l'indépendance nationale. Le colonialisme français a même réussi un tour de force exceptionnel en créant des consciences politiques, de tout âge, vieilles, d'âge mur, jeunes, attelées à la défense de l'Union française.

Car, l'Union française, quelque soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains, en ce sens qu'elle impliquera, toujours, une exploitation unilatérale de l'Afrique par la métropole et un étouffement des aspirations légitimes d'indépendance nationale des peuples colonisés, sans la réalisation desquelles il n'y a pas de démocratie possible »[6].

En effet, par la ruse, la fraude et une violence endémique, les institutions administratives et politiques, créées par la France dans le cadre de sa mainmise sur l'Afrique Noire, fonctionnèrent et continuent de fonctionner à la pleine satisfaction de leur initiatrice.

D'un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres » qui, pense-t-elle, restent encore à portée de son hégémonie[7]. Aussi, fonde-t-elle sa politique extérieure sur une stratégie dont l'objectif central est d'empêcher les anciennes colonies d'Afrique Noire, de vivre de façon libre et indépendante. Pour ce faire, elle repose sa politique africaine sur une logistique dans laquelle elle s'inscrit comme le pays emblématique représentatif du triomphe de l'Occident sur le monde noir. Son système fonctionne ainsi sur la base :

1°)- Du maintien de l'Afrique Subsaharienne (que Jacques Chirac s'est donné pour mission d'élargir de plus en plus aux anciennes colonies africaines dites anglophones, lusophones et hispanophones) dans une colonisation de type nouveau, par laquelle la France les utilise dans la plupart des problèmes internationaux pour ses besoins de puissance politique, économique, militaire et culturelle. En somme, le colonialisme français ancien a muté en néocolonialisme néonégrier triomphant : la coopération franco-africaine dont l'unique dominante et seule bénéficiaire est la France ;

2°)- D'une prétendue « coopération » qui sert de justificatif au pillage économique de l'Afrique Noire, aux interventions militaires françaises, et à l'aliénation culturelle des populations africaines, au nom d'une prétendue communauté de langue : le Français ;

3°)- De l'ancrage de l'Afrique Subsaharienne dans une intégration esclavagiste de plus en plus subtile, mais toujours plus renforcée et rigide ;

4°)- De la poursuite par la France de ses objectifs de domination, tout en les renforçant dans le cadre d'une projection stratégique ;

Cette nouvelle forme de maintien de l'Afrique Noire dite francophone en esclavage par la France se révèle être un système dans lequel le suzerain français et ses esclaves mages forment un Tout. Il se veut immuable, et n'accepte de remise en cause ni de sa structure, ni de son fonctionnement. Aussi, suffit-il seulement qu'un territoire africain se donne lui-même librement ses représentants, pour qu'un tel acte d'indépendance soit ressenti comme une agression et appelle la riposte immédiate : le coup d'Etat téléguidé de Paris et l'élimination du régime « intrus ».

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vendredi, 07 janvier 2011

TIERNO MONENEMBO, ECRIVAIN GUINEEN : «L'ONU N'A PAS A DECIDER QUI EST ELU ET QUI NE L'EST PAS A LA TETE D'UN PAYS»



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« Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % », a expliqué le célèbre écrivain guinéen, Tierno Monénembo qui  se dit fermement déçu du comportement de la communauté internationale dans la gestion de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Dans une déclaration publiée hier mardi, l'écrivain guinéen a regretté que les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d'Ivoire. « Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l'empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d'abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n'est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu'elle est censée éteindre », a-t-il déclaré.


Pour Tierno Monénembo, ce «machin» (allusion faite à l'ONU) derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l'Union Européenne, ne pèse pas plus que le poids d'un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s'avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. « Disons-le clairement : l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays. Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d'Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d'Oubangui-Chari », se désole-t-il.


Le rôle de la communauté internationale, selon l'écrivain, ne revient pas à prendre des positions partisanes et à se répandre en déclarations intempestives encore moins dans une situation aussi explosive que celle de la Côte d'Ivoire. « Pourquoi le défi et la menace du canon là où la discrétion, la ruse, la prudence et le tact bref, l'art de la diplomatie, auraient suffi ? (...) Eh bien, s'ils sont devenus aussi vertueux qu'ils le prétendent, pourquoi ne vont-ils pas fouiller dans les cuisines électorales du Burkina, de la Tunisie ou de l'Egypte ? Sont-ils sûrs que les dynasties présidentielles du Gabon et du Togo sont sorties de la vérité des urnes ? Se seraient-ils comportés ainsi s'il s'était agi de l'Iran, de la Birmanie ou de la Chine ? »,  s'interroge-t-il.
Tierno Monénembo avertit que si la  Côte d'Ivoire sombre, elle risque d'entraîner ses voisins parce qu'elle demeure la pierre angulaire de la sous-région.

Il estime également que ce « raffut » fait autour d'Alassane Ouattara est tel qu'il en devient suspect. « Que veut sauver la communauté internationale, à la fin : la Côte d'Ivoire ou un de ses protégés ? », s'interroge-t-il encore. Et d'ironiser le cas Ouattara: « Pour être élu en Afrique, pas besoin de mouiller la chemise. Avec un peu de chance et quelques copains bien placés à l'ONU, à la Maison Blanche, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, vous êtes sûr de passer même à 18 % ».



Zarro Bi T.


Source: INFOS COTE D'IVOIRE.NET

lundi, 13 décembre 2010

GUINEE : COMMENT FRANCE ET ETATS-UNIS ONT ECARTE LE CHEF DE LA JUNTE


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In Le Nouveau Courrier N°152 du 11 Décembre 2010

L'occasion était trop belle pour neutraliser un chef de l'État devenu très embarrassant. Français et Américains cherchaient à écarter le capitaine Moussa Dadis Camara depuis le massacre des militaires de la garde présidentielle d'au moins 156 opposant à Conakry, en Guinée, le 28 Septembre 2009.


Les événements du 3 décembre vont forcer le destin. Ce jour-là, le chef de la junte militaire au pouvoir depuis moins d'un an est victime d'une tentative d'assassinat. Grièvement blessé à la tête, le chef de la junte est envoyé d'urgence vers le Maroc pour y être hospitalisé. Dans la foulée, un diplomate américain en poste à Ouagadougou écrit : "La communauté internationale est d'une façon générale sur la même position. L'absence de Dadis a ouvert une fenêtre d'opportunité pour faciliter une transition démocratique."

"Bien qu'il ait été chassé de la scène violemment plutôt que par des moyens constitutionnels, il serait mieux pour la Guinée qu'il ne rentre pas dans son pays", ajoute l'ambassadrice américaine en poste à Conakry, Patricia Moller, dans un des télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde.

"Erratique, violent, imprévisible"

Au passage, la diplomate qualifie le comportement de Dadis d'erratique, violent, imprévisible", n'augurant qu'un "triste avenir pour la Guinée". Français et Américains partagent ce diagnostic. Mais comment tenir Dadis éloigné de son pays ? Paris et Washington insistent auprès des Marocains pour qu'ils le gardent "pendant longtemps". Une course contre la montre est engagée.

Moins de deux semaines après son hospitalisation, Dadis Camara manifeste déjà son désir de quitter Rabat où il était arrivé le 4 décembre, "dans le coma, (avec) des éclats de balles dans le crâne".

Un interlocuteur guinéen de l'ambassade américaine au Maroc avertit des éventuelles conséquences du retour du chef de la junte. "Dadis a recruté des mercenaires sud africains et israéliens qu'il a regroupés, au côté de ses propres hommes, à Forecariah, (...) dans l'ouest du pays.

(...) Sa milice compte 2 000 à 3 000 hommes dotés d'armes en provenance d'Ukraine. Le risque de conflit et de déstabilisation menace toute la région", rapporte le numéro deux de l'ambassade américaine, Robert P. Jackson.

Le seul véritable espoir

Début janvier 2010, à Rabat, le général Sékouba Konaté, qui n'a pas encore assumé l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle du mois de juin, se montre, en privé, tout aussi réticent au retour de son "frère" Dadis. "Il a été explicite, affirme le ministre marocain des affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri. Dadis ne doit pas être autorisé à rentrer en Guinée, ni à participer à la transition."

Selon la même source marocaine, le général a aussi "reconnu que les responsables, depuis Dadis jusqu'au plus petit complice, devaient être traduits devant un tribunal guinéen ou (...) international".

Mais en attendant, que faire de Dadis alors que le Maroc - qui l'avait accueilli "sans que le gouvernement marocain n'ait été préalablement consulté" - entend se débarrasser rapidement d'un homme susceptible de faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour le massacre du 28 septembre ? On lui cherche un autre pays d'accueil pour du "long terme". "Le 7 janvier, le roi Mohamed VI a appelé le président du Gabon, Ali Bongo (qui) a refusé. Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, prévoit de demander au président congolais, Denis Sassou-Nguesso."

Le Sénégal, l'Arabie saoudite, la Gambie et la Libye sont évoqués. Finalement, le 12 janvier 2010, Mohamed VI prend "la décision abrupte", "pour ne pas dire totalement inattendue", selon les Américains, de l'expédier par avion sanitaire au Burkina Faso. Lequel Burkina "ne sera mis au courant que peu de temps avant l'arrivée de Dadis Camara à Ouagadougou". Le capitaine guinéen pensait quant à lui rentrer à Conakry.

Pendant tout ce temps, Paris et Washington cherchent un successeur à Dadis. Un nom, un seul, émerge des télégrammes : le général Sékouba Konaté, alors ministre de la défense et chef de la junte par intérim. "Au regard des fréquentes discussions entre Hillary Clinton et Bernard Kouchner et de l'unité de vue entre les deux capitales, Sekouba Konaté offre le seul véritable espoir pour une transition politique." Seul problème, le général se dit "fatigué" et "pas intéressé par le pouvoir".

Finalement, début janvier, le général Konaté est "prêt à rentrer à Conakry et à mettre en œuvre l'accord de Ouagadougou", qui stipule notamment "l'interdiction" faite à Dadis Camara de rentrer en Guinée et pose les bases de la transition vers un pouvoir civil grâce à l'organisation rapide d'élections. Le 7 novembre a eu lieu le deuxième tour de la première élection présidentielle démocratique de Guinée depuis l'indépendance en 1958. Et Dadis Camara se trouve toujours en convalescence forcée à Ouagadougou.


LEMONDE.FR

Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 11 décembre 2010

"FRANÇAFRIQUE, LA RAISON D’ETAT", POUR MIEUX COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

 

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Documentaire. Réalisé par Patrick Benquet. Scénario de Patrick Benquet. Produit par Compagnies des Phares et Balises. Avec la participation de France Télévisions. Conseiller historique : Antoine Glaser.

Film documentaire diffusé ce jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France 2. Première partie : La Raison d'Etat.

 

Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide précieuse d'Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu'à travers les présidences successives qu'avaient connues la France, de droite et de gauche, les bouleversements mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l'action du mercenaire Bob Denard, les coups d'États à répétition, les assassinats politiques, l'affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel..., étaient reliés par une logique implacable : la mise en œuvre d'une politique occulte dont la motivation principale était l'approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.


Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d'État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d'argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d'enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l'ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s'étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l'Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc. Avec, par ordre d'apparition :


Maurice Delaunay : Formé à la Coloniale, l'École Nationale de la France d'Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l'État qui ont géré l'empire africain sans état d'âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d'État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50.


Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d'Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l'intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l'Afrique et les responsables français.


Maurice Robert : En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l'homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français. De l'intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l'exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d'Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.


André Lewin : Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.


Bob Maloubier : Ancien responsable du service Action des services secrets français, c'est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M'Ba, victime d'une tentative de coup d'État en 1964. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.


Jacques Pigot : Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l'entourage direct du premier président gabonais Léon M'ba puis d'Omar Bongo.


Jacques Thiebaut : Pilote d'avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay afin de renverser le pouvoir en place puis de placer à la tête du Nigéria le rebelle Odjuku, dont le premier fils fut adopté par Omar Bongo.


Martin Kirsch : Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d'Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.


Albin Chalandon : PDG d'Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo-Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.


Jacques Salles : Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.


Jean-Pierre Cot : Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l'Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.


Pierre Marion : Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l'influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l'avait nommé, il démissionna.


Jean-Christophe Mitterrand : "Monsieur Afrique" de son père à l'Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m'a dit" auprès des chefs d'État africains.


Loïk Le Floch-Prigent : Président-directeur général d'Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l'instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l'argent secret du pétrole. Dans le scandale de l'affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d'État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie.


Eva Joly : Juge d'instruction de l'affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l'argent du pétrole.


Robert Bourgi : Avocat d'affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l'ombre des relations franco-africaines d'abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu'il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd'hui comme l'homme de plus influent des réseaux françafricains.


Michel de Bonnecorse : Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l'élection de Nicolas Sarkozy.


Dominique Pin Adjoint de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d'Areva au Niger.


François Stifani : Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale de France (GLNF) qui procéda à l'intronisation d'Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise.


Et en archives, dans la première partie de ce grand film documentaire, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M'ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d'Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.



Sources : France 2, Décembre 2010 et AFRIK53