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vendredi, 07 juin 2013

LE «WAHABO-TAKFIRISME», LA GRANDE ARNAQUE POUR ABRUTIR ET DOMINER!


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Pour contourner l’Islam qui interdit d’entrer en guerre sainte contre d’autres musulmans ou de tuer sans un motif certifié valable et autorisé, les ‘wahabites’ ont trouvé avec les ‘takfiristes’ l’alliance idéale et le moyen approprié pour combattre tous les pays musulmans qui n’entrent pas dans leur giron.
 
Le « Wahabisme » est une doctrine rigoriste en référence à Ibn Abdelwahab (1703-1792) qui est le fondateur. Elle combat tous les musulmans qui ne s’y soumettent pas en les considérant apostats. Après sa condamnation, il fuit en se fixant à Dariya où il trouve chez les ben Saoud un soutien. Ces derniers trouvent en lui et son idéologie un moyen de combattre les tribus afin de les assujettir à leur pouvoir politique et religieux. Ainsi se forma le Royaume d'Arabie Saoudite avec son système qui perdure jusqu'à nos jours.

Le « Takfirisme » est un mouvement sectaire fondé en 1971 par Moustafa Choukri. Il qualifie de mécréante la société musulmane et d’hérétiques tous les musulmans ne partageant pas leur point de vue. Leur assassinat est de ce fait licite.
 
Il n’est donc pas étonnant que ces deux idéologies similaires, violentes, se rejoignent pour faire union - en cohabitant en bonne intelligence - contre tout État musulman qui n’entre pas dans leur doxa. Les riches familles royales saoudiennes étant wahabites et alliées aux intérêts américains et sionistes, il est logique qu’elles s’accaparent ces mouvements pour en faire un instrument politique et un moyen militaire à leur service.
 
Pour l’Occident - dont les intérêts vitaux se situent principalement chez les arabo-musulmans, surtout pour ce qui est de l’énergie - il ne peut trouver meilleurs alliés, le moins couteux, pour sécuriser ses approvisionnements et maintenir son influence que les Arabes eux-mêmes. D’où leur division et leurs antagonismes qu’ils cachent derrière des organisations et ligues de façade qui se sont avérées des attrape-nigauds, des instruments dévoyant la cause, voire des moyens d’autodestruction.

Le ‘wahabo-takfirisme’ sert les intérêts occidentalo-sionistes. C’est la raison pour laquelle ils le soutiennent, l’encouragent et l’arment. Cette idéologie est un dispositif d’importance dans leur stratégie de domination.
 
Des séries de concepts, de qualificatifs et de termes ont été érigées ‘bons’ à utilisation ou ‘interdits’ d’usage afin de promouvoir ces groupes de tueurs et leurs ‘faits’ de guerre.

C’est ainsi que la majorité des médias occidentaux dits « mainstream » ont été mis au service de cette cause avec pour mission de mentir, berner, tromper, faire diversion, falsifier. Faire tout pour ne pas percevoir la réalité. Ces médias évitent d’utiliser, par exemple, à l’endroit des wahabo-takfiristes, les termes comme « terroristes », « assassins », « islamo-fascistes » ou tout autre qualificatif fort, mais qui étaient d’usage quand il s’agissait de les combattre. Ils font croire, sournoisement, que c’est pour ne pas froisser les musulmans sachant bien que ces derniers en utilisent de plus tranchants à leur égard. Il s’agit bien sûr d’une tromperie, car les décideurs occidentaux veulent cacher une stratégie consistant à instaurer le chaos dans certains États musulmans en manipulant les franges les plus ignorantes et les plus extrémistes par leurs comportements immondes et absurdes avec l’assistance, l’assentiment et la couverture religieuse de certaines monarchies arabes. Ces ‘wahabo-takfiristes’, pour l’écrasante majorité des musulmans, sont non seulement loin des préceptes de la religion islamique, mais encore loin de les représenter.

Ils utilisent, par contre des qualificatifs mesurés tels « opposants », « rebelles » , «dissidents» «groupes armés» ou « révolutionnaires », car ils sont leur création, leur moyen, leur produit, leurs ‘proxys’, leur ‘cheval de Troie’ pour dominer le monde arabo-musulman en utilisant leur religion, leurs cheikhs, leurs enfants, leur argent en maniant leurs frustrations et leurs penchants afin d’instaurer le chaos programmé.

Ces factions armées, pour la plupart affiliés à Al-Qaïda, sont organisés en brigades et groupes portant des noms en référence à l’histoire du monde musulman, surtout du temps du prophète, et ce, pour mieux tromper. Ce sont, en majorité, des mercenaires étrangers, de confession musulmane, dirigés par des cadres, sous contrat, venus en tant que «djihadistes» appuyés par une logistique militaire occidentale. Ces groupes sont armés et entrainés principalement par les États-Unis, la France, Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ils ne deviendront ce qu’ils sont réellement, c’est-à-dire danger, qu’une fois l’objectif atteint quitte, si nécessaire, à les réduire par l’autodestruction - sans les exterminer en vue d’un usage futur - avec les mêmes moyens.  

Beaucoup de médias hostiles à cette politique occidentale décrivent, en revanche, les choses comme elles se présentent en usant de qualificatifs appropriés. L’Iran qui est un pays musulman publie, sans discontinuer, des articles très critiques aussi bien contre la politique impérialo-sioniste de l’Occident que contre les fossoyeurs de l’Islam, fussent-ils musulmans ! C’est le cas aussi de beaucoup de médias Algériens, Syriens, Tunisiens, Égyptiens, Irakiens, Libanais en particulier.

Il s’agit d’une lutte d’intérêts et de pouvoir - où le bien et le mal ainsi que la vérité et le mensonge s’affrontent – sur une échelle mondiale usant et abusant de la morale, de la religion et des lois internationales. Il se trouve qu’un camp a trouvé en la religion musulmane et certains félons musulmans influant, la tactique et le moyen, les moins coûteux, pour atteindre ses objectifs et en sortir vainqueur.
 
L’« islamisme », l’« intégrisme»  le « wahabisme»  le « takfirisme»  le « salafisme»  et autres ne sont que des schismes - d’origine politique, pour le pouvoir et les intérêts - qui n’ont rien à voir avec l’essence de la religion islamique. Chacun de ces « schismes » à son but et ses tactiques. Ils n’existeraient pas s’ils ne sont pas financés par des forces influentes intéressées et riches. Souvent des régimes ploutocratiques et népotiques qui ont trouvé en ces « combattants de Dieu », ‘bon marché’, un moyen de protéger leurs intérêts, de régler des comptes à des États ou certains régimes arabes antagoniques.  Doha (Qatar) est le Quartier général de ces « combattants ». C’est là où se négocie tout avec les commanditaires.

Il n’y a pas dans l’histoire de l’humanité une religion, une philosophie, une morale pour prôner la violence, la cruauté ou la barbarie comme vertus.
 
Le monde connait mieux maintenant ces énergumènes qui ont choisi l’aliénation, pensant faire de bons actes en conformité avec leur foi. Certains pays musulmans les ont combattus et les combattent toujours après les avoir approchés, étudiés, mis à l’épreuve.

Ce sont des sectes - dont l’idéologie est diamétralement opposée à l’Islam – composées de gens ignorants, pour leur majorité, souvent des repris de justice, des paumés, des ratés, endoctrinés et manipulés par des têtes bien pensantes. Ils baignent dans un marécage d’ignorance qui les pousse à des comportements qui sortent du cadre humain. C’est un mélange de haine, de frustration, d’hypocrisie, de méchanceté, de cupidité, de perfidies, d’ignorance qu’ils expriment sous couvert d’une religiosité très mal assimilée. Quelle religion, philosophie, morale dans l’histoire de l’humanité permet, « au nom de Dieu », l’égorgement, la décapitation ou l’éviscération de celui qui ne partage pas vos idées ; rend licite et recommandé « par Dieu », le viol et le vol ; autorise cette folie qu’ils viennent d’inventer, qui est le « Djihad sexuel » où ils demandent aux femmes et aux filles de faire « l’effort » de se ‘‘donner’’ à ceux qu’ils élisent « djihadistes » (combattants pour une cause juste et licite au nom de Dieu). N’est-ce pas de l'aliénation ? À Raqa en Syrie un groupe de salafo -wahabistes ont kidnappé une fille de 5 ans pour faire "chanter" son père. Elle a été violée jusqu’à mort s’en suive. Sur la pancarte laissée, il est marqué «Dieu a voulu qu’elle soit sa martyre en procurant du plaisir à ses moudjahidines».


C’est dit et acté sur les médias des monarques par des Cheikhs de service qui ne cessent de lancer des « fatwas » folles, que la sagesse n’arrivera pas à saisir.
                                                          
Nous avons vu et entendu un pseudo cheikh répondre, à une question, que l’Islam, « autorise si c’est de bonne foi » (c’est vraiment éprouvant de devoir le rapporter) de se faire sodomiser pour faciliter l’introduction des explosifs dans le but d’un attentat-suicide (?!)


Et cette ‘fatwa’ de schizophrène qui recommande, à votre collègue de vous laisser téter son sein « cinq fois » afin « de nouer une relation de sein »! Une récente ‘fatwa’ interdit aux femmes de toucher certains fruits et légumes qui ressemblent au sexe masculin… Que dire de cet « éminent » cheikh qui ‘ordonne’ de tuer tous ceux qui soutiennent le « régime de Bachar », qu’ils soient militaires, civils, intellectuels, hommes, femmes, hommes de religion et que s’il y a erreur, «Dieu reconnaitra les siens». Ce même Karadhaoui vient d’en rajouter, dans son récent sermon du vendredi prononcé Doha, en s’en prenant aux Alaouites, au Hezbollah, à l’Iran et aux Russes ainsi « les alaouites sont plus impies que les chrétiens et les juifs », « le Hezbollah, la Russie et l’Iran sont des ennemis de dieu », « tous les musulmans doivent se diriger vers Al Qseir pour combattre le Hezbollah » (alkhabar press). Ajoutons les inepties de ce Abdelmalek Ramdani, cheikh d’Arabie Saoudite, qui interdit l’émeute et la révolte en déclarant que « tant que le dirigeant de la nation est un musulman, vous devez obéir et écouter et que s’il est non désiré, un musulman peut seulement prier et faire preuve de patience » ; mais elle ne s’applique qu’aux… monarchies. Oublions cet autre « avis » pervers de l’imam marocain Zamzami qui permet la nécrophilie à condition que le cadavre soit celui de l’épouse, mais « quelques heures » seulement après son décès. Il ajoute, après le tollé soulevé, que c’est « en référence au Coran qui dit que le mari et sa femme restent unis. [mais] un homme normalement constitué ne penserait pas à une chose pareille après la mort de sa femme » (lavieeco). À rire ou à pleurer ? Nous pouvons citer des centaines d’exemples aussi démentiels. Que des stupidités et des folies pour endormir et abrutir leurs peuples ! Que des « fatwas » qui n’expriment que des instincts bas, de la frustration, de la revanche, de la cupidité de ceux qui les ont émises ou commandées. Un dernier exemple sur leur façon de voir les choses. S’ils sont en prisons et qu’ils bénéficient d’une « grâce », après plusieurs années passées, ils interpréteront cette « grâce » ou ce « pardon » comme un signe de ‘récompense’ de Dieu pour l’acte qui les a conduits en prison. C’est donc un signal qu’ils sont dans le « vrai » et qu’ils doivent persévérer pour refaire plus et mieux !
                              
Ni l’Arabie saoudite, ni le Qatar ni d’autres ne représentent l’Islam ou les musulmans. Ils sont d’ailleurs considérés, par la majorité des musulmans, comme les fossoyeurs de l’Islam. Les ‘‘spécialistes’’ musulmans du verbiage vaseux, de l’endoctrinement et les manipulateurs occidentaux, qui partagent les mêmes intérêts, savent bien qui viser, à quel moment, par qui, dans quel but et comment!  Ces «Printemps arabes», prêchant la « démocratie », la « liberté » et les « droits de l’homme », qui ne visent que les ‘‘Républiques’’, mais jamais les ‘‘Monarchies’’, ne peuvent-ils pas réveiller toutes ces consciences dupées?

Des monarchies rétrogrades moyenâgeuses n’ayant ni vote, ni parlement, ni lois sociales qui veulent imposer aux républiques ce qu’elles ne peuvent jamais avoir chez elles ? Des monarchies qui veulent instaurer le chaos, puis instaurer le régime adéquat « l’Émirat » ou le « Khalifa », pour ne pas être contaminé par l’esprit « républicain ». Voilà le comble ! Voilà le but. Voilà ce qui arrange la politique impérialo-sioniste qui consiste à affaiblir par le désordre pour mieux dominer ! Ne pas comprendre cela est de l’aliénation, de la déchéance morale.
 
Là où passent les wahabo-takfiristes, ils ne laissent que désolation, mort et destruction contre toutes les confessions et au sein même de leur propre religion.
 
Terminons par cette citation du psychologue David Nazariyan (rapporté par IRIB) « Les terroristes salafistes … utilisent en effet la violence non pas à titre d'une réaction, mais en tant qu'un outil de guerre... ce qui relève de la pathologie. Les psychopathes sont incapables de compatir aux douleurs des autres, incapables de discerner leurs vrais besoins; à leurs yeux la violence est un outil de pouvoir, un outil qui les aide à parvenir à leurs objectifs. Un délinquant réagit à son environnement souvent incompréhensif par un acte violent puisqu'il se sent victime de cet environnement (victime de la pauvreté, de la précarité, de l'injustice sociale...) Mais un psychopathe takfiri opère par la volonté de domination et de puissance, la violence est une arme pour lui ».
 
Quelle science faudra-t-il inventer pour ces symptômes ? La psychiatrie ou la psychanalyse, qu’ils renient, n’a aucun effet sur eux.
 

Djerrad Amar

dimanche, 02 juin 2013

SYRIE: L'OCCIDENT PREPARE SON PLAN B POUR LE JOUR D'APRES!

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IRIB - L’ex vice-président du Conseil des ministres syrien pour les affaires économiques, M. Abdallah al-Dardari, se prépare à rejouer un rôle politique de premier plan dans «la Syrie de l’après guerre»!

 

M. Al-Dardari a tourné la page du soutien tacite aux groupes armés, et s’est porté volontaire pour coordonner un projet de financement [de plus de vingt milliards de dollars] pour la reconstruction de la Syrie après la guerre ; projet présenté comme le « Plan Marshall pour la Syrie » en référence au plan, du même nom, ayant aidé à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale [1].

C’est en tant que fonctionnaire international [2] que M. Al-Dardari a rencontré le président Bachar al-Assad ; lequel, d’après des témoignages de personnalités jordaniennes, n’aurait prêté aucune attention particulière à l’idée même du projet et l’aurait carrément rejetée lorsqu’il a été directement interrogé sur ce sujet. Des sources de presse ont rapporté que la réplique de certains milieux  diplomatiques occidentaux a consisté à déclarer que « M. Al-Assad n’avait pas de droit de veto sur un gouvernement dirigé par M. Al-Dardari, dans le cadre d'un règlement interne ! ».

L’important ici, n’est pas la personne de M. Al-Dardari. L’important est le projet qu’il annonce et qui commence à prendre forme dans les milieux occidentaux des affaires et des finances, milieux probablement en étroite collusion avec leurs homologues arabes et syriens.

Un projet ou « plan B » concocté suite à l'inéluctable défaite politique et militaire du plan précédent [3] destiné à renverser le gouvernement syrien. Sa mise en application ne fait que commencer et son schéma directeur se résume à profiter de l’épuisement infligé au gouvernement syrien en exploitant son nécessaire besoin de réconciliation interne et de reconstruction accélérée ; ce qui permettrait aussi bien à l’Occident qu’aux États du Golfe et à la Turquie de « renverser économiquement la Syrie » ! Un renversement censé aboutir au contrôle de ses ressources et richesses par l'imposition d’un « système néolibéral » sur tout son territoire et dans tous les domaines : privatisations à grande échelle, libéralisation du marché et de la circulation des capitaux, concentration des investissements étrangers dans les secteurs les plus rentables tels ceux de l’infrastructure, de l'immobilier, du tourisme et de la finance.

Les conséquences notoirement connues d’une telle approche sont l'endettement, les déficits budgétaires, la destruction des institutions industrielles et artisanales, le démantèlement de la production rurale et, par conséquent, la transformation de la Syrie d’un État national en plein développement en un « État comprador » ayant perdu son indépendance économique relative, avec tout ce que cela implique comme totale soumission aux forces du néolibéralisme et tout ce que cela engendre comme réseaux de corruption qui vont avec ! Dès lors, sa dépendance économique saperait nécessairement son indépendance politique.

Et c’est tout naturellement qu’une telle dynamique, nourrie par le capitalisme mondial et ses acolytes des Pays du Golfe, mènerait vers « la désintégration » des constantes politiques syriennes ; celles du financement et de l’équipement de son Armée nationale, de sa résistance politique et militaire à l’occupation du Golan, de son soutien à la Résistance libanaise et palestinienne… Bref, la politique syrienne se désintègrerait d’elle-même !

Finalement, c’est par le biais économique que le plan Marshall devrait imposer à Damas ce qu’il n’a pu lui imposer par la force des armes et des sanctions. Il a cependant le mérite de souligner le seul point positif de cette approche de « la Syrie d’après la guerre », celui de reconnaître tacitement que l’option guerrière est caduque et qu’il est désormais inévitable de traiter avec le gouvernement du Président Bachar al-Assad… en usant de tentations séductrices !

Ici, j'appelle les dirigeants syriens à se rappeler ce qui suit :

Tout d'abord, l'application partielle des politiques de privatisation et d’ouverture économique vers l'Occident, les États du Golfe et la Turquie - dont M. Al-Dardari fut le principal artisan lorsque, de par ses fonctions, il exerçait son contrôle sur les orientations et décisions économiques de la Syrie d’après  2005 - a été la principale raison ayant privé le gouvernement syrien de sa base sociale traditionnelle. Les paysans, artisans et ouvriers ont durement souffert du « choc néolibéral » au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie. C’est en effet à partir de 2005 que sont apparues les pires manifestations de la pauvreté, du chômage et de la marginalisation. C’est sur cette frange de la société syrienne que se sont appuyés les forces réactionnaires hostiles à la Syrie. C’est à partir de ceux-là qu’ils ont  recruté les combattants ayant rejoint les groupes terroristes, après l’endoctrinement sectaire de milliers d’entre eux. Par conséquent, que pouvons-nous attendre si une politique néolibérale était appliquée pleinement et sans conditions ?

Deuxièmement, les forces qui ont versé leur sang et ont défendu la République arabe syrienne et son gouvernement légitime sont principalement :

1. Les officiers et soldats de l'armée arabe syrienne issus des classes laborieuses.

2. Les groupes de jeunes patriotes progressistes.

3. Les militants des courants gauchistes et nationalistes qui espéraient que la guerre, bien que douloureuse, puisse justement ramener la trajectoire socio-économique syrienne vers le développement national et la démocratie sociale.

4. Les forces de la bourgeoisie patriote et les industriels syriens qui ont suffisamment pâtis de l'ouverture vers la Turquie.

Ce sont là les quatre forces qui seront les plus touchées si la Syrie était acculée à devenir un « état comprador » menant inéluctablement à la réduction des dépenses militaires, à l’aggravation du chômage pour les classes populaires et moyennes, à la dégradation de la qualité de vie des jeunes de la classe moyenne, à la destruction des projets industriels… Le gouvernement syrien ne peut donc céder à une telle tentation, au risque de se retrouver devant un consensus national déjà prêt à s’y opposer.

La Syrie d’après la guerre, ne sera que pour ceux qui se sont battus pour sa défense ; pour ses jeunes, ses travailleurs et ses paysans ; pour ses industriels patriotes qui n’ont pas dévié de la ligne de l'indépendance, du développement et de la résistance. C'est ce que nous aimerions entendre, mais cette fois-ci « en public », de son Président !
 

Nahed Hattar

 
Notes :

[1] Le Plan Marshall / L’index historique
 
« A partir de 1947, le plan Marshall est une arme économique utilisée par les Américains pour combattre le communisme. Il correspond au côté économique de la doctrine Truman le Containment (endiguement). L'idée est que la misère fait le lit du communisme, le plan Marshall permet donc à la fois de combattre le communisme et de convertir l'économie de guerre américaine en économie de paix, nécessaires. Par le plan Marshall les Américains entendent rallier l'Europe. L'aide financière est assortie de conditions d'achat de produits américains. L'U.R.S.S. s'oppose à ce projet et empêche les pays de l'Europe de l'Est de bénéficier de ce plan. Par exemple, le plan Marshall d'abord accepté en Tchécoslovaquie par le gouvernement doit être refusé sous la pression de Moscou. En revanche 17 pays qui acceptent cette aide créent en 1948 l'Organisation Européenne de Coopération Économique (O.E.C.E.) qui deviendra O.C.D.E. [Organisation de Coordination et de Développement Économique). En mai 1949 est créé la R.F.A. Un ancien résistant à Hitler, le démocrate chrétien Konrad Adenauer en devient le premier chancelier. Il ancre solidement la R.F.A. dans le camp de l'ouest et accepte le plan Marshall. Le plan Marshall permet aussi d'effectuer des pressions sur les alliés des États-Unis. Ainsi, les Américains menacent les Pays-Bas de suspendre le plan si ceux-ci n'accordent pas l'indépendance à l'Indonésie (chose faite en 1949) ». [Ce site n’est peut-être pas une référence mais, puisque l’Histoire n’est écrite que par les vainqueurs, il n’est pas interdit de lire aussi le revers de certaines médailles, NdT].

[2] M. Abdallah AL DARDARI, Economiste en Chef et directeur de la division du développement économique et de la mondialisation et ESCWA [Economic and Social Commission for Western Asia].

[3] Comment le bloc atlantiste a construit la guerre en syrie
http://www.entrefilets.com/16_mois_pour_une_guerre.htm
 

 

vendredi, 31 mai 2013

DECRYPTAGE OPERATION ARMES CHIMIQUES DU JOURNAL "LE MONDE" PAR UN MEDECIN SPECIALISTE

 

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A Homs, en Syrie. Les chefs de la diplomatie française et britannique s'inquiètent de voir le président Bachar al Assad recourir à des armes chimiques dans le conflit syrien, dans une lettre adressée à la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Yazen Homsy (c) Reuters.


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Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. 

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

 

Badia Benjelloun

28 mai 2013

 

Source: PALESTINE SOLIDARITE.ORG

L'EUROPE ET LES FACTEURS FRANCO-ANGLAIS DE DIVISION

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Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé la levée de l’embargo sur les armes au profit de l’insurrection syrienne. Constatons au passage que pour Fabius cette décision doit permettre de rétablir un rapport de forces susceptible de contraindre à la négociation le président syrien, El Assad, celui qui « ne mérite pas de vivre » et dont la chute est imminente depuis deux ans. Pourquoi choisir la voie des armes et se défier de la voie politique offerte par Genève II qui doit, selon lui, aboutir au même résultat? Son collègue anglais Hague confirme de son côté que les anglais sauront trouver les voies appropriées pour faire parvenir les armes aux insurgés avant cette espèce d’absurdité de date butoir du 1erAoût. Au cas où Fabius serait mal compris le porte parole de son ministère souligne que cette date du 1er août n’oblige pas la France. Ashton perd toute autorité devant le traitement fait par ces deux ministres à sa déclaration que les armes ne peuvent être fournies avant le 1er août pour, selon les « sources proches », laisser une chance à Genève de se tenir. Retenons quand même sa justification de l’envoi des armes par leur but : « défendre les civils ». C’était le but aussi en Libye. Entre Ashton qui veut défendre les civils et Fabius qui veut changer le rapport des forces et Hague qui les ajoute aux arguments de choc qui doivent obliger El Assad à partir, l’unité européenne risque de prendre des coups sérieux.

Le lendemain de ces déclarations qui semblent vouloir forcer le destin, la Belgique annonce  son intention de rester en retrait, l’Allemagne confirme son opposition à l’envoi des armes et l’Autriche rassure sur le maintien de ses soldats au sein des forces de l’ONU chargées de superviser le cessez-le-feu sur le Golan.

Car, précise le ministre autrichien, l’embargo est levé pour après le 1eraoût. Il n’y a aucune raison de croire que ce dernier ment et donc il existe plus que des désaccords entre pays européens. Il existe des divisions.

Nous constatons qu’à l’entente franco-allemande qui a donné tonus et chair à une construction européenne enracinée dans les crédos économiques, il s’est réellement substituée une connivence franco-britannique implantée dans les choix politiques et idéologiques d’un alignement sur les USA. Cette connivence a été officialisée dans un accord signé par les deux pays et préparé par Sarkozy pressé de donner des gages aux USA sur son alignement complet. Cet accord militaire présageait d’un déplacement de la France du centre de gravité franco-allemand au cœur de l’Europe, vers un axe aux frontières de l’Europe voire à sa tangente.

Sarkozy avait préparé et négocié ce déplacement par conviction : l’hyper puissance US était à ses yeux la source de tout pouvoir et de toute orientation. Ceux qui ont de la mémoire se souviendront du forcing pour séduire Bush juste après son élection. Ils peuvent aussi se souvenir de ces campagnes de basse propagande qui glorifiaient les USA et fustigeaient l’anti-américanisme « primaire », campagnes animées par les figures les plus marquantes et les plus marquées de la gauche « humanitaire » alliées, pour la circonstance, aux figures de la droite autour de la «défense des valeurs de démocratie et de liberté». Les français comprendront un jour qu’elles désignaient les « vertus du capitalisme » débridé. 

Cette même « gauche » du PS continue dans ce domaine comme dans d’autres, dans la lancée de cet alignement pro-US qu’on a tort de confondre avec l’atlantisme car il préfigure la prochaine étape de destruction de l’Europe par le grand accord de Libre Echange entre l’UE et les USA. Les socialistes français continuent cette politique d’alignement qui est de fait une politique pour se désaxer de l’ancienne conception d’une Europe Unie. C’est la course au titre de meilleur élève néocon.

Le gouvernement français a joué à fond cette carte de l’alignement dont on peut dire sans exagérer qu’elle précédait les ordres. Le zèle a poussé si loin la France que ni Hollande ni Fabius ne peuvent reconnaître leur échec en Syrie sans le transformer en défaite. En forçant la main à l’Europe, les français et les anglais renforcent un axe ouest-européen aligné sur les USA ouvertement hostile à un axe est-européen pour qui la Russie est un partenaire vital. Il faut y rajouter les fractures économiques et sociales Nord/Sud de l’Europe, aggravées et dévoilées au grand jour par la crise.

La guerre à la Syrie ne risque pas d'embrasser le seul Liban. Elle peut aussi ajouter aux fissures européennes. On sent arriver le moment que choisiront quelques pays européens pour dire à l’état français que l’Empire colonial est derrière eux.   
 

Mohamed Bouhamidi


In Reporters-Alger, le 30 mai 2013. 

jeudi, 30 mai 2013

FACE A LA DECISION DE PARIS ET LONDRES D’ARMER LES REBELLES SYRIENS, MOSCOU DECIDE A SON TOUR DE LIVRER DES MISSILES A BACHAR AL ASSAD

 

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Londres et Paris ont annoncé qu’ils pourraient livrer des armes à l’opposition syrienne avant le mois d’août. La Russie indique, elle, qu’elle livrera des missiles S-300 à Damas pour dissuader toute velléité d’ingérence occidentale dans le conflit.

 

Alors que la levée de l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été décidée, lundi 27 mai, par les 27 États membres de l’Union européenne, la Russie a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qu’elle ne renoncerait pas à ses projets de livraison de missiles sol-air au régime de Bachar al-Assad, en dépit des objections occidentales. La livraison de ces systèmes de défense, a-t-il poursuivi, contribuera à dissuader toute velléité d’ingérence dans le conflit en cours depuis mars 2011 que pourraient nourrir des “têtes brûlées”.

“Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu”, a déclaré, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. “Mais si par malheur elles arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire”, a-t-il menacé. Les autorités israéliennes redoutent, en effet, que de telles armes ne finissent par tomber entre les mains du Hezbollah libanais ou des forces iraniennes. Tsahal a mené début mai une série de raids aériens en Syrie pour détruire, selon des sources israéliennes et occidentales, des armes destinées au mouvement chiite pro-iranien.

Levée de l’embargo sur les armes

Réunis lundi soir à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont, eux, décidé de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens et le maintien de toutes les autres sanctions votées depuis l’été 2011. “L’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien” prises il y a deux ans, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en milieu de nuit, à l’issue d’une réunion marathon.

Le chef de la diplomatie britannique a enfoncé le clou mardi, indiquant que Londres considérait qu’il n’était “pas exclu” d’armer les rebelles avant le 1er août, date d’expiration de l’embargo occidental, tout en ajoutant cependant que son pays n’agirait pas seul s’il choisissait d’aller dans ce sens. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, a déclaré peu après que la France se réservait elle aussi le droit d’armer rapidement les rebelles syriens mais qu’elle n’avait encore pris aucune décision en ce sens. Il a précisé que la décision prise lundi par l’UE de lever l’embargo sur les armes était une déclaration politique qui n’avait aucun fondement juridique.

“La décision de lever l’embargo n’est pas nécessairement une décision de livrer des armes”, a toutefois souligné le diplomate français qui rappelle que la France souhaite qu’une solution politique soit trouvée, notamment dans le cadre de la conférence Genève 2 prévue à la mi-juin à l’initiative des États-Unis et de la Russie. De plus, la question de la traçabilité des armes poussent Britanniques et Français à la prudence devant les divisions de l’opposition syrienne et la présence de brigades djihadistes en Syrie. 

“Genève 2″ au cœur des discussions américanos-russes

En évoquant la conférence Genève 2, Sergueï Lavrov a déclaré à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry: “Nous avons discuté des moyens de procéder [...] pour que cette conférence ait lieu. Ce n’est pas une tâche facile, ce n’est vraiment pas une mince affaire”. La levée de l’embargo par l’Union européenne “porte un préjudice direct à la possibilité d’organiser une conférence internationale” sur le règlement du conflit en Syrie, a-t-il ajouté. Cette sixième rencontre entre les deux hommes depuis la prise de fonction de John Kerry en février avait pour objectif de fixer une date pour cette conférence de paix mais aussi de déterminer la liste des participants du côté syrien.

Reste que si Damas a donné son “accord de principe” pour participer à “Genève 2″, l’opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée.

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et des responsables de l’ONU et de l’Union européenne ne s’est pas encore prononcée sur sa présence. La conférence de paix pourrait également être “élargie pour inclure tous les acteurs clefs” dans la région. Moscou souhaite de longue date que l’Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Sur le terrain, les combats font toujours rage entre les rebelles syriens et les forces de Bachar el-Assad, notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, dans le centre du pays. Les insurgés défendent bec et ongle cette ville et ses environs, zone stratégique aussi bien pour les rebelles que pour le régime car elle se trouve sur le principal axe vers le Liban et sur la route reliant Damas au littoral, base arrière du régime.

 

Le 29 mai 2013. Lu sur france24.fr

Le titre est de la rédaction


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

mardi, 28 mai 2013

COALITION DE L'OPPOSITION SYRIENNE: AMERTUME ET «DELIRE DE VICTOIRE»

 

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La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution syrienne (opposition extérieure) à Istanbul


La coalition de l’opposition extérieure de la Syrie réitère, à partir d’Istanbul, son exigence de réaliser  par Genève II ce qu’elle n’a pu obtenir par l’insurrection. Elle croit avoir beaucoup concédé en acceptant que la conférence se réunisse pour consacrer le départ d’El Assad au lieu de se réunir après ce départ. Moaz El Khatib, bon prince, propose même au président syrien de prendre une suite de cinq cent personnes et de quitter la Syrie, certainement par un de ces couloirs humanitaires que rêvait la France de Sarkozy dans sa superbe, sans lui garantir d’immunité contre une éventuelle action devant la justice internationale. En clair Moaz El Khatib met les pieds dans le plat et offre à un chef d’état laïc et plutôt moderne l’Aman Moyenâgeux des traditions bédouines qui constituent le fond de sa « pensée politique», alors qu’il est censé porter avec la caution française un projet de république citoyenne moderne. Ne cherchez pas dans la presse meanstream française une quelconque interrogation sur ces curieux mariages – c’est le cas de le dire depuis Taubira – entre le boniment démocratique de Fabius et les fantasmes bédouins ressuscités dans la tête de chefs avouant leur inféodation à des Emirats et des royaumes moyenâgeux.

La coalition a promptement refusé la largesse « royale » de Moaz El Khatib. Elle risquait de faire croire aux miliciens et aux mercenaires un manque de fermeté et de détermination de la part de  l’opposition « cinq étoiles », comme l’appellent désormais les syriens, en référence aux fastes de leur vie dans les grands hôtels. Les  dirigeants de la coalition savent d’instinct et d’expérience que ces « révolutions » enveloppées dans le langage et dans les motivations religieuses ne se reconnaissent que dans l’ultime et impossible identité de la politique à la religion. Par nature, les groupes islamistes, eux, fonctionnent au « plus radical » jusqu’à l’identité de l’acte humain à la prescription divine. Derrière la rodomontade, toute discussion doit porter sur les modalités du départ d’El Assad – et non sur la construction d’une autre Syrie, qui de toutes les façons est en train de naître – se dessine implacable la réalité de la défaite. Elle cherche à donner une impression de toute puissance et de gains tangibles en demandant, en exigeant comme préalable –en implorant en réalité – que le pouvoir montre « la sincérité de ses intentions »  par des « gestes simples » comme « cesser le feu » unilatéralement, se retirer de « certaines villes etc. Nous pouvons comprendre cette prolongation du « délire de la victoire »  chez des dirigeants syriens dont la survie politique est désormais grevée par la réalisation du seul but politique formulé jusqu’à présent, si on considère qu’il s’agit d’un but politique : le départ d’El Assad. Plus ce but est contrarié, plus la politique, elle, refait surface et avec elle la question soigneusement refoulée: Quelle Syrie veulent les syriens ? Premier accroc, les quarante mille djihadistes étrangers dont a parlé Lakhdar Brahimi, soixante quinze mille selon d’autres sources, les huit cents djihadistes européens dont parle la presse européenne, sont-ils concernés par la question et qu’ont-ils à faire dans la conférence de Genève II et qu’ont-ils à en faire ? La coalition ne peut espérer désarmer politiquement cette force étrangère qui fait l’essence de la « révolution syrienne » qu’en présentant à la masse considérable de miliciens syriens qui s’agglomèrent autour d’eux, des victoires plus évidentes que celles d’El Nosra, et donc au minimum l’expulsion de l’armée syrienne des « certaines villes », c'est-à-dire Alep et Homs essentiellement. Les sponsors de cette révolution –France, Angleterre, Qatar, Arabie Saoudite, Israël en douce - hors les USA qui se sont rendus à la réalité – subissent cette logique jusqu’au bout : ils ne peuvent réclamer ni proclamer moins que les djihadistes : le départ d'El Assad. Et partant, gêner les USA qui ne pourront qu’au prix de mille difficultés entraîner leurs comparses à accepter la nouvelle réalité et réduire de l’ampleur de la défaite.   

Les américains, eux, méditeront longtemps ce principe de précaution en politique : « on peut rattraper un retard, jamais une avance ».  Ils auraient quand-même besoin de fouiller dans les textes de Mao Tsé Toung pour se convaincre des bienfaits de l’autocritique même si, au fond, ils risquent de trouver à côté des vertus de cette méthode d’évaluation et d’espérance pour révolutionnaires cet axiome que dédaigne l’Hybris comme l’arrogance des puissants : « Nul rapport de force n’est immuable ».  
                    

Mohamed Bouhamidi

In Reporters-Alger, le 27 mai 2013.

lundi, 27 mai 2013

LES PUISSANCES EUROPEENNES FINANCENT AL QUAIDA EN ACHETANT DU PETROLE PILLE EN SYRIE


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D’après un article paru le 19 mai dans le journal britannique Guardian, l’Union européenne (UE) finance directement des terroristes islamistes sunnites soutenus par les États-Unis et luttant en Syrie contre le régime du président Bashar El-Assad. Ces groupes sont en train de piller le pétrole dans certaines parties de la Syrie orientale qu’ils contrôlent et de le revendre aux pays européens à des prix défiants toute concurrence.

Le Guardian écrit : « La décision de l’UE de retirer les sanctions contre le pétrole syrien pour aider l’opposition a accéléré une ruée pour le contrôle des puits et des pipelines dans les zones contrôlées par les rebelles et a aidé à consolider l’emprise des groupes jihadistes sur des ressources essentielles du pays. »

D’après le Guardian, les principaux bénéficiaires de la levée des sanctions de l’UE sont le Front Al Nusra et d’autres groupes terroristes islamistes du même genre. « Jabhat al-Nusra, affilié à Al Quaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes, contrôle la majeure partie des puits de pétrole dans la province de Deir Ezzor, ils ont fait fuir des tribus sunnites locales, parfois par la force. Ils ont également pris le contrôle d’autres champs de pétrole contre des groupes kurdes plus loin au Nord-Est, dans le gouvernorat d’al-Hasakah. »

La décision de l’UE de reprendre le commerce avec des champs de pétrole tenus par Al Nusra dément complètement le mensonge selon lequel les puissances impérialistes mènent une guerre en Syrie pour obtenir un changement du caractère répressif du régime syrien. En fait, ils construisent et soutiennent des forces profondément réactionnaires qui oppriment la population.

Ces événements montrent également que la prétendue « guerre contre le terrorisme » — l’affirmation que Washington et l’UE luttent contre Al Quaïda, qui a servi de justification pour les invasions décidées par les États-Unis de l’Irak et de l’Afghanistan – est un mensonge. L’impérialisme arme et finance des groupes terroristes liés à Al Quaïda qui commettent de terribles crimes contre la population syrienne, livrant ses richesses à l’UE et à Washington.

La revue allemande Spiegel Online a récemment fait un reportage sur la manière dont les islamistes fournissent les marchés mondiaux en pétrole syrien à des prix sacrifiés : « Depuis février, le groupe rebelle Liwa al-Islam contrôle le champ pétrolifère d’al-Thaura dans le gouvernorat d’ar-Raqqah […] les rebelles d’al-Thaura vendent dix cargaisons de camions-citernes chaque jour. Ils se font de l’argent facile et demandent environ 13 dollars du baril. Sur le marché mondial, cependant, un baril se vend 100 dollars, mais cela n’a pas grande importance ici. »

Abu Saif, un autre combattant islamiste de la brigade Ahar, liée aux Frères musulmans donne une autre version de la façon dont les islamistes pillent la Syrie. Jabhat al Nusra investit dans l’économie syrienne pour renforcer sa position en Syrie et en Irak. Les combattants d’al-Nusra vendent tout ce qui leur tombe sous la main, du blé aux pièces archéologiques en passant par l’équipement industriel, les outils de forage, les voitures, les pièces détachées et le pétrole brut.

Pour sécuriser le pétrole, les terroristes assassinent toute personne qui leur barre la route. Dans un cas très connu, les combattants d’Al Nusra ont rasé le village d’al-Musareb près de Deir Ezzor, tuant 50 de ses habitants après une dispute avec des membres des tribus locales au sujet d’un pétrolier. Les meurtres de masse par lesquels les groupes terroristes contrôlent le territoire dont ils ont besoin pour approvisionner en pétrole l’impérialisme européen sont prouvés par des vidéos disponibles sur YouTube.

Les puissances impérialistes s’appuient sur des groupes terroristes dans le cadre de leur stratégie pour contrôler les vastes ressources énergétiques du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Ces intérêts fondamentaux sous-tendent les guerres menées contre l’Afghanistan, l’Irak, et la Libye, ainsi que les préparatifs en cours d’une guerre contre l’Iran chiite – auquel le régime d’Assad à dominante alaouite est étroitement lié. Comme la Syrie, l’Iran a longtemps été sur la “liste noire” de l’impérialisme, depuis que Washington et ses alliés d’Europe et du Moyen-Orient le considèrent comme l’un des principaux obstacles au contrôle du commerce du pétrole dans le Golfe persique, et par conséquent du monde entier.

Ce viol de la Syrie arrache son voile à la décision cynique des organisations de la pseudo-gauche des classes moyennes – comme l’International Socialist Organisation (ISO), le parti allemand Die Linke, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France, ou encore le Socialist Workers Party (SWP) de Grande-Bretagne – de présenter la guerre en Syrie comme une « révolution ». Leur position de classe émerge clairement maintenant : elles applaudissent le pillage du pétrole syrien pour faire monter les profits des groupes pétroliers et en font une « révolution » et elles présentent les pillards comme des « révolutionnaires. »

Le soutien étranger de plus en plus fort accordé aux forces islamistes sunnites est accompagné de nouvelles menaces de la part de l’impérialisme américain et de ses alliés pour faire fuir Assad, et accélérer les préparatifs pour une intervention militaire directe.

Lors d’une conférence de presse avec le premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan jeudi dernier à Washington, le président américain Barack Obama a promis « d’exercer une pression de plus en plus forte sur le régime d’Assad et de travailler avec l’opposition syrienne. Nous sommes d’accord sur le fait qu’Assad doit partir. »

Vendredi, le chef de la CIA, John Brennan, a rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshe Ya’alon, le chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz, et le chef du Mossad Tamir Pardo pour discuter de la Syrie. Lors d’une réunion du gouvernement le lendemain, Netanyahou a menacé de lancer de nouveaux raids aériens contre la Syrie, disant qu’Israël agirait « avec détermination […] pour garantir les intérêts suprêmes de l’Etat d’Israël et empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et à d’autres éléments terroristes. »

Israël a déjà bombardé Damas il y a deux semaines, ostensiblement pour empêcher des armes d’être transférées de la Syrie au Hezbollah. La milice chiite libanaise est un allié proche de la Syrie et de l’Iran et est considérée comme un des principaux obstacles à la domination militaire d’Israël au Proche-Orient.

Samedi, le président Syrien Bashar el-Assad a accordé un entretien au journal argentin Clarin et à l’agence de presse argentine Telam, depuis son palais de la capitale syrienne, Damas. Il a juré de rester au pouvoir, accusant Israël et d’autres « puissances étrangères » de soutenir l’opposition islamiste. « Israël soutient directement les groupes terroristes de deux manières, premièrement il leur accorde un soutien logistique, et il leur dit également quels sites attaquer et comment les attaquer, » a-t-il dit.

Il a nié que son gouvernement ait utilisé des armes chimiques, disant que « l’Occident » pourrait orchestrer une intervention en s’appuyant sur de fausses accusations : « L’Occident ment et invente des preuves pour déclencher des guerres ; c’est dans ses habitudes. »

Il a dit qu’une intervention est « une probabilité claire, en particulier maintenant que nous avons réussi à faire reculer les groupes armés dans de nombreuses régions de Syrie. » Cependant, il a ajouté « nous sommes prêts à parler à toute personne qui veut bien parler, sans exception. »

Assad a clairement dit qu’il espérait rester au pouvoir en convainquant Washington qu’il est un garant des intérêts américains plus fort et plus fiable qu’Al Quaïda dans la région : « l’Amérique est pragmatique. S’ils se rendent compte qu’ils sont battus et que le régime est vainqueur, les Américains trouveront un accord avec le pouvoir réel. »

Cette soumission à Washington montre la faillite du nationalisme arabe. En fait, comme le dit clairement le reportage du Guardian, Washington et ses alliés impérialistes européens financent et soutiennent l’opposition islamiste pour faire tomber le régime.

Le gouvernement d’Obama est également en train d’augmenter ses efforts pour parvenir à un accord avec Moscou, le principal allié de la Syrie. Le week-end dernier, le ministre des Affaires étrangères Russe Sergei Lavrov est tombé d’accord avec son homologue Américain John Kerry pour négocier une fin de la guerre syrienne. Au cours d’une telle conférence, Washington insisterait pour une sortie « négociée » d’Assad et son remplacement par un pantin plus manipulable approuvé par Moscou.

Lavrov cherche également à calmer les inquiétudes américaines et israéliennes concernant les possibles ventes de missiles russes à la Syrie. Il a insisté pour dire que ces armes « n’altéraient en aucun cas l’équilibre des forces dans cette région ou ne donnaient un avantage dans la lutte contre l’opposition. »

La Russie ne fournirait à la Syrie que des missiles de défense côtière SS-N-26, mais aucun SA-21 anti-aérien, dans le cadre d’une vente conclue en 2011. Lavrov a également juré que la Russie ne signerait aucun nouvel accord avec la Syrie.


Johannes Stern


Article original, WSWS,paru le 20 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 25 mai 2013

LA DEFAITE IMPERIALE EN SYRIE ET LA NAISSANCE D'UN MONDE BIPOLAIRE

 

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Par petites touches et sur le terrain, se dévoile la réalité des discussions entre Poutine, Lavrov et Kerry. Malgré son apparence de gag ou d’euphorie inopinée, l’idée de Hollande d’expliquer à  Poutine où se trouvent les intérêts de la Russie, participe à ce dévoilement : l’accord russo-américain a surpris le pouvoir français. De nombreuses analyses, sur les sites alternatifs, démontraient pourtant une nette répugnance de l’exécutif américain à intervenir directement dans la guerre faite à la Syrie. L’option américaine, depuis l’arrivée d’Obama, d’une « stratégie par l’arrière » comme l’a exposée Hillary Clinton dans l’agression de la Libye n’était pas une option intermittente  mais une nécessité des buts assignés à Obama par le système après les dégâts considérables financiers et de communication ou d’image de la guerre de démolition de l’Irak et d’occupation de l’Afghanistan.  Cette « stratégie par l’arrière » ne signifiait  pas l’absence US ni du théâtre d’opération ni de la direction des opérations. Sans la destruction des défenses aériennes  libyennes et sans la fourniture des bombes et munitions US les avions anglais et français n’auraient pu mener leurs attaques avec autant de facilité.
 
L’annonce d’une conférence Genève II sur la Syrie a d’abord porté ce premier message que les USA avaient décidé quelque chose avec les Russes sans  prévenir personne. Beaucoup d’observateurs et d’analystes attiraient l’attention que la ligne de résistance qui s’organisait autour de la Syrie à la politique d’agression US signifiait la fin du monde unipolaire issu de la fin de l’URSS et de la chute du mur de Berlin. Bien sûr la presse aux ordres continuait à expliquer le véto russo-chinois par le ressentiment et le désir de vengeance.  La presse des oligarques n’a pas pour mission d’ouvrir les yeux des opinions publiques mais de droguer leurs cerveaux. Il n’était pas dit, cependant, que la fin pressenti de ce monde unipolaire allait déboucher aussi brutalement  sur un monde bipolaire. L’accord Russo-américain sur la Syrie n’est pas un nouveau Yalta et n’a pas l’ambition de l’être dans cette forme et en l’état actuel mais il change substantiellement la donne. Il la change tellement que Cameron puis Netanyahou se sont précipités à Sotchi, que Cameron a prolongé le voyage vers Washington suivi d’Erdogan et que Hollande a mis ses conditions à l’application de l’entente :  Genève II doit enregistrer la reddition honteuse d’El Assad ou ne sera pas et hors de question d’enregistrer la présence de l’Iran. On pourrait en rire si cette dénégation de la réalité n’était aussi triste pour le pays France.
 
Pourtant quelques heures après les discussions, Kerry confirmait la demande américaine de départ d’El Assad... de façon un peu vague, sans mettre de calendrier et surtout sans en faire une condition de Genève II.  Obama récidive en recevant Erdogan. Quel élément a échappé à Hollande qui a réagi comme le partenaire trahi, le partenaire qu’on a poussé devant pour le lâcher au milieu des flots ? Qu’est-ce qu’Obama a expliqué à Erdogan pour que ce dernier continue à exiger le départ du président syrien en oubliant les armes chimiques pièce essentielle pour une éventuelle intervention US ? Qu’est-ce que Netanyahu a compris pour oublier ces mêmes armes chimiques mais continuer à menacer ?
 
Il semble bien que Poutine, Kerry et Lavrov se sont entendus pour cerner la crise syrienne dans ses dimensions régionales et exclure par cet accord toute extension vers une crise mondiale. Il n’y aura donc pas d’implication américaine directe et par conséquent, pas d’intervention de l’OTAN. L’accord prend acte, par contre, de la dimension régionale.  Israël, Turquie, Arabie Saoudite, pourront continuer à agir contre l’état syrien et soutenir la subversion rebelle. L’Iran et le Hezbollah, voire une partie de l’état irakien pourront soutenir la résistance de l’armée et du peuple syriens. Les USA et la Russie pourront évidemment soutenir et coordonner les forces de leurs camps respectifs et poursuivre leurs propres buts mais en s’excluant tout acte pouvant les entraîner comme acteurs directs et donc risquer un conflit mondial. Là dedans la France et l’Angleterre sont évidement hors jeu en dehors de l’action des forces spéciales ou des aides militaires et financières.  
 
Nous sommes entrés dans une phase de bipolarisation par la mise en place d’un dispositif de guerre contrôlée. La conférence « Genève II » sera le cadre ouvert d’une négociation régionale qui accompagnera la guerre sur le terrain jusqu’à ce que cette dernière finisse par convaincre l’un des acteurs de sa défaite. C’est déjà un pas immense des USA vers la reconnaissance de leur statut de puissance cogérante du monde.  Et un pas vers la reconnaissance de leur échec en Syrie.    
 
 
Mohamed Bouhamidi
             
 
In Reporters-Alger, le mardi 21 mai.

mercredi, 08 mai 2013

AGRESSION DE DAMAS PAR L’AVIATION ISRAELIENNE: LE LEURRE ISRAELIEN DES PLANS D’OBAMA

 

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Trois jours après l’agression de Damas par l’aviation israélienne, nous connaissons la plus grande part de sa réalité, au-delà et en dépit de l’habillage israélien et des mensonges américains.


Notons au passage que les USA, l’Angleterre ou la France sont passés de la ligne rouge, que serait l’usage des armes chimiques, à une ligne rouge aléatoire, que pourrait être d’invérifiables livraisons d’armes au Hezbollah. Cela nous rappelle la triste époque quand Mahmoud Abbas condamnait la résistance parce qu’elle donnait des prétextes à Israël. Ni Israël, ni les USA ou la France ou l’Angleterre n’ont besoin de prétextes. Ils les inventent en fonction de leurs besoins. Ils le prouvent une fois de plus. Obama et Hague viennent de rappeler le meilleur d’entre eux : le droit d’Israël à l’autodéfense. Contre tout ce qui lui semble représenter une menace, y compris la marine algérienne, qu’il a montrée du doigt et du canon dès 2008, avec la complaisance que vous devinez de la part des intermédiaires US chargés accessoirement d’en informer les Algériens et plus essentiellement d’en prendre prétexte pour s’arroger le droit de nous questionner sur nos options de défense.

Car si ses parrains fondateurs lui donnent le droit à se créer tous les prétextes, Israël est d’abord un excellent prétexte et un leurre idéal de leurs propres politiques. Nous savons aujourd’hui que le bombardement israélien ne visait aucune arme destinée au Hezbollah, mais des positions de défense autour de la capitale syrienne. Certaines sources parlent d’une quarantaine d’objectifs, d’autres les évaluent à plus d’une dizaine, dont deux emplacements des unités d’élite de la Garde républicaine. Les médias arabes embarqués dans cette guerre contre la Syrie ont pu diffuser très vite des images très nettes, donc professionnelles, des explosions, ce qui implique une coordination avec des opérateurs au sol. La coordination concernait également les rebelles syriens qui ont mené une nouvelle offensive contre les lignes de défense de la ville, qu’ils auraient dû franchir avec aisance suite aux dégâts militaires et psychologiques provoqués par la puissance des bombardements. Un colonel syrien a parlé d’une impression de séisme. Cette description laisse penser que des missiles sol-sol ont été utilisés, car seuls capables de produire cet effet.

Bien sûr, la violence et la puissance de ces moyens militaires auraient dû créer, selon un expert syrien, une grande panique chez les civils, qui aurait achevé de désorganiser les lignes de l’Armée arabe syrienne. Bref, Israël a participé directement à la sixième offensive rebelle contre Damas. Israël vient de faire le sale boulot pour les Américains et de nous dévoiler, par cette sous-traitance, quelques secrets du récent voyage d’Obama dans la région. La presse israélienne, dans une première et hâtive évaluation, a souligné combien la réconciliation avec la Turquie a été un facteur « facilitant » pour cette agression. Entendez aussi pour les futures. La visite de Chuck Haguel qui a suivi a dû « faciliter » le pack de dix milliards de dollars d’armement destiné à Israël, au Qatar et à l’Arabie Saoudite. L’association médiatique de ces pays prend tout son sens maintenant que nous devinons qui a payé le prix des missiles qui ont servi contre Damas.

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Turquie, Qatar, Arabie Saoudite, Jordanie, que les médias « mouillaient » par des « scoops » répétés dans une alliance secrète ou ouverte avec Israël, devaient donner une « caution musulmane et arabe » à la participation directe d’Israël dans la guerre faite à la Syrie, dans l’impossibilité pour les USA, la France et l’Angleterre d’envoyer leurs propres troupes. L’échec de cette attaque se retournera contre ses organisateurs. Les plans de démolition de la Syrie, comme de tout Etat-nation, doit se réaliser vite et sous couverture de « révolution » interne. Plus l’opération s’allonge et plus ses véritables acteurs apparaissent. Deux ans après le début de la démolition, force est de constater l’échec de la «chute imminente» d’Al Assad, de la mise en place des couloirs humanitaires, de la zone d’exclusion aérienne, des zones tampons réservées aux réfugiés, des zones sous «gouvernement» rebelle, de l’action psychologique pour faire changer d’avis à Poutine, de l’échec des désertions et des défections,... Bref, force est de constater l’échec de tous les plans initiaux.

L’échec de l’attaque d’Israël vient de mettre fin à l’illusion américaine d’une victoire sans engagement de sa part. Pour espérer un succès, Obama devra obliger Israël et la Turquie à faire la guerre pour son compte ou se résigner à l’idée de défaite. C’est à Poutine de l’aider à amortir le choc, car l’Hybris des décadents est une terrible conseillère.

 

Mohamed Bouhamidi, le mercredi 08 Mai 2013.

 

Source: REPORTERS.DZ

mercredi, 06 mars 2013

«L'AUTORITE PUBLIQUE EST AUX MAINS DU SYSTEME FINANCIER» - HERVE KEMPF


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Vous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique: la fin possible de la démocratie.


L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie. L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.

Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.

Bien sûr. L’oligarchie répète sans cesse que nous sommes dans une démocratie et que tout est parfait. C’est une fiction. Même les intellectuels ont oublié le concept d’oligarchie et contribuent à nourrir la fiction. Tous les intellectuels en syntonie idéologique avec le capitalisme ont maintenu l’idée selon laquelle existaient seulement deux alternatives: ou la démocratie, ou le totalitarisme. Cela pouvait être compris au début à travers deux exemples : dans les années ’30 avec Hitler, ou dans les années ’50 ou ’60 avec l’Union soviétique, on pouvait dire qu’il était précis d’opter entre la démocratie et ces deux dictatures. Mais cela est fini: depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le naufrage de l’Union Soviétique, nous passons à un autre ordre. Mais les intellectuels qui sont au service du capitalisme ont persisté dans l’idée selon laquelle il y a seulement deux chemins: ou la dictature, ou la démocratie.

C’est pourquoi il est important que le concept d’oligarchie soit bien présent pour comprendre que, progressivement, la démocratie nous a été volée. Les pays européens, et beaucoup plus les États-Unis, ont glissé vers un régime oligarchique où le peuple n’a déjà plus de pouvoir. La démocratie européenne est malade, elle s’est beaucoup affaiblie, et s’oriente de plus en plus vers l’oligarchie. En revanche, les États-Unis ont arrêté d’être une démocratie : c’est une oligarchie, parce que c’est l’argent qui détermine les orientations des décisions politiques. En réalité, l’oligarchie est une démocratie qui fonctionne seulement pour les oligarques. Dès qu’ils se sont mis d’accord entre eux, ils imposent les décisions. Nos systèmes ne peuvent plus s’appeler démocratie, parce que la puissance financière détient un pouvoir démesuré. L’autorité publique est dans les mains du système financier. Les pouvoirs publics ne prendront jamais de décision que puisse nuire aux intérêts économiques, aux intérêts de l’oligarchie financière. Nous devons accepter l’idée que ceux qui ont les rênes du pouvoir politique de l’État ne prennent pas de décisions pour le bénéfice de l’intérêt général. Leurs décisions peuvent aller à l’ encontre de l’intérêt public.

Ce raisonnement implique que la souveraineté populaire a disparu, comme idée et comme pratique.

Effectivement. Déjà il n’y a plus de souveraineté populaire. Quand le peuple arrive à réfléchir, à discuter et à délibérer ensemble et prend une décision, l’oligarchie va contredire la décision populaire. En 2005 il y a eu en Europe un grand débat autour d’un référendum qui à la fin a été organisé en France et ensuite en Irlande et aux Pays-Bas sur un projet de traité de Constitution européenne. Pendant six mois, la société française a discuté de ce sujet comme elle ne le faisait pas depuis de nombreuses années. Les médias, appuyant la philosophie capitaliste, disaient « il faut voter oui, il faut voter en faveur du traité ». Mais le peuple français a voté « non ». Et qu’est-il arrivé ensuite ?

Presque deux ans plus tard les gouvernements d’Europe ont imposé ce traité avec quelques légères modifications sous le nom de Traité de Lisbonne. Il y a eu alors une trahison extraordinaire de la volonté populaire. Nous retrouvons cet exemple dans d’autres endroits. Sans aller plus loin, en 1991, en Algérie, les islamistes ont gagné les élections législatives, mais les militaires ont interrompu le processus par un coup d’État qui a mené le pays vers une guerre civile épouvantable. Autre exemple : en 2005 les palestiniens ont voté pour choisir leurs députés. C’est le Hamas qui a gagné. Cependant, tous les États, des États-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par Israël, ont choisi d’ignorer le Hamas parce qu’ils le considèrent comme une organisation terroriste.

On n’a pas respecté le vote du peuple palestinien. Le peuple en tant que tel est le cœur de la démocratie c’est-à-dire le principe à partir duquel tous partageons quelque chose. Le peuple n’est pas vous, Michel ou moi, mais tous ensembles. Nous partageons quelque chose et nous devons prendre une décision conjointe. Nous formons un corps, c’est pourquoi on dit « le corps électoral ». Mais ce qui est arrivé en Europe en 2005 marque une rupture profonde avec le peuple.

Cependant, entre l’idée d’oligarchie qui existait au début du XXe siècle et maintenant, il y a eu aussi une coupure radicale dans ce groupe.

Oui. Il y a eu une évolution de l’oligarchie. Maintenant nous pouvons parler des déviations de l’oligarchie poussée par l’évolution même du capitalisme. Durant les trente dernières années le capitalisme s’est transformé. Tout commence en 1980, quand Ronald Reagan gagne les élections présidentielles aux États-Unis et Margaret Thatcher arrive au pouvoir en Grande-Bretagne. À partir de là, non seulement s’est concrétisé un capitalisme orienté vers la spéculation financière, mais aussi une une transformation culturelle, anthropologique a eu lieu. La philosophie capitaliste s’est répandue avec ce message: «La société humaine n’existe pas».

Pour les capitalistes, la société est un une collection d’individus qui se trouvent dans une boule et son unique mission consiste à en tirer un maximum de profit. Pour les capitalistes, l’individu est séparé des autres, est en concurrence permanente avec eux. Dans cette vision, ce qui est commun n’est plus le peuple, mais le marché. Pour cette raison les gens ont tant de difficultés à se sentir un citoyen qui participe à un processus commun à tous. Le système a occulté une donnée : le phénomène fondamental qui s’est produit au sein du capitalisme au cours des trente dernières années fut l’augmentation de l’inégalité, dans tous les pays, y compris les pays émergents.

Nous sommes dans une phase cruciale de crise. Il n’y en a déjà plus une, mais plusieurs, et toutes se concentrent en même temps. La réponse de l’oligarchie est proportionnelle à l’intensité de ces crises : l’autoritarisme et la répression comme réponse.

Nous sommes dans un moment très délicat de l’humanité. La crise écologique s’aggrave de plus en plus et les crises sociales s’accroissent : Europe, États-Unis, les pays arabes, la Chine et Inde. Et face à l’augmentation des protestations populaires, l’oligarchie tend à aller vers une direction de plus en plus autoritaire, répressive, militaire. C’est ainsi en France, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada. Dans chacun de ces pays nous avons vu le développement impressionnant des technologies policières (caméras de surveillance, fichiers informatiques, etc.). Nous affrontons un double danger : non seulement que la démocratie se dirige vers l’oligarchie mais, aussi, que l’oligarchie, le capitalisme en général, entrent dans une phase autoritaire, insistant sur des sujets comme la xénophobie, l’insécurité ou la rivalité entre les nations. L’oligarchie ne veut pas adopter des mesures pour pallier à la crise écologique ou pour diminuer l’inégalité. Non. Ce que l’oligarchie veut, c’est conserver ses privilèges fondamentaux. C’est une oligarchie destructrice. Je crois qu’elle ne comprend pas la gravité de la situation. Au lieu d’évoluer, l’oligarchie est chaque fois plus réactionnaire.

Aujourd’hui il y a un nouvel élément, qui sera sans doute déterminant: la crise écologique, la crise climatique. Cependant, peu sont ceux qui sont disposés à relever les défis.

Nous sommes dans un moment essentiel de l’histoire humaine, pour deux raisons. En premier lieu, nous traversons un moment de notre histoire dans lequel l’humanité arrive aux limites de la biosphère. L’espèce humaine s’est répandue et développé à travers de la planète en s’appuyant sur une nature qui nous semblait immense et inépuisable. Mais maintenant l’ensemble de l’espèce humaine découvre que la planète a des limites et qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre l’activité et la créativité humaines et les ressources. Nous devons changer de culture et passer de l’idée selon laquelle la nature est inépuisable à la réalité que nous mettons en danger ces ressources. Il nous reste à apprendre à les économiser et à les utiliser avec sagesse et prudence. En cela, se joue un changement de culture. Le deuxième en importance, est que nous nous trouvons au moment où nous formons une société humaine. Avant nous étions comme des étrangers les uns avec les autres. Là non.

Même si à Río de Janeiro on vit d’une façon différente qu’à Paris, à Londres ou Shanghai, il y a beaucoup d’éléments communs qui nous amènent à prendre conscience que nous appartenons au même monde. La mondialisation non seulement est en compétition avec la mondialisation de la culture ou de l’économie, non, mais aussi atteint la population humaine. Nous découvrons que nous avons des intérêts communs. Les problématiques de l’oligarchie ou de la démocratie se jouent aussi en « Amérique Latine [El Correo propose « Latinoriginaire », parce que il faut intégrer et non diviser, comme le fait ce concept raciste et ségrégationniste] », en Asie et en Europe. Nous sommes la même société. C’est un nouvel élément dans l’histoire de l’humanité. Mais cette nouvelle société doit réécrire, inventer une nouvelle façon de vivre avec la biosphère et les ressources naturelles. Si nous n’arrivons pas à le faire, cette société humaine ira vers le chaos, la concurrence et la violence [nous y sommes déjà au Moyen Orient et Afrique NDLT]. Il n’y aura pas seulement du désordre, l’aventure humaine s’arrêtera.

Pour vous, il ne peut pas y avoir un renouvellement de la démocratie si la question écologique n’est pas prise en considération.

L’écologie et la démocratie sont inséparables. Si nous regardons vers les années 70, quand le mouvement écologique a pris son impulsion, il l’a fait avec une critique de la démocratie. La démocratie a toujours été dans le cœur de l’écologie. Mais ensuite le capitalisme a dérivé vers l’oligarchie et nous ne sommes déjà plus dans une situation démocratique. Le capitalisme et l’oligarchie poussent toujours vers la croissance économique. Mais aujourd’hui nous savons que cette croissance économique fait des dommages importants à l’environnement. Nous ne savons pas produire de la croissance économique sans détruire l’environnement, sans émettre du gaz avec effet de serre, sans détruire les forêts comme dans l’Amazonie, ou sans produire d’énormes quantités de soja comme en Argentine, pour lequel des tonnes de pesticides sont utilisés. La croissance permet qu’on oublie l’énorme inégalité qu’existe. La croissance permet de calmer les tensions sociales. Le développement de l’oligarchie, c’est-à-dire, le délire d’un petit nombre de personnes pour s’enrichir d’une manière colossale, pousse à la croissance et, en même temps, à la destruction de la nature. C’est pourquoi la question démocratique est essentielle. Nous devons arriver à une situation où nous pouvons discuter et réussir à diminuer l’inégalité et, ainsi, pouvoir redéfinir ensemble une économie juste qui ne détruit pas l’environnement.

En somme, toute reformulation de l’idée et du principe de démocratie passe par l’écologie.

Effectivement: il est impossible de penser le monde si nous oublions de la question écologique. Ce sujet n’est pas exclusif des Européens ou des occidentaux, non, c’est une question mondiale. Le sujet du changement climatique, le sujet de l’épuisement de la biodiversité ou de la contamination sont des sujets mondiaux. Il est impossible de penser à l’émancipation humaine, à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’évolution vers une humanité réalisée dans laquelle chaque personne pourra exprimer ses potentialités par rapport aux autres, dans le concret, rien de cela ne peut être pensé si sont laissées de coté , la nature et la relation avec la biosphère. La situation actuelle est grave à cause de la crise écologique mais aussi pleine d’espoir. Nous avons dix ou vingt ans devant nous pour organiser la transition et permettre aux jeunes du futur qu’ils imaginent une société harmonieuse. Si dans 10 ans nous ne contrôlons pas la contamination, si dans 10 ans nous ne réussissons pas à l’empêcher l’évolution dictatoriale du capitalisme, nous allons tout droit vers des situations très difficiles.

 

Par Eduardo Febbro, Hervé Kempf *

 

El Correo, le 19 février 2013.

Eduardo Febbro pour Página 12
Página 12. Depuis Paris, le 18 février 2013.


Source: INTERNATIONAL NEWS

dimanche, 10 février 2013

LADY DIANA ASSASSINEE: UN ANCIEN AGENT DU MOSSAD TEMOIGNE

 

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Ce qui va suivre ici est une information à haut risque qui pourrait entraîner prochainement la fermeture du site, mais devant l’importance d’une telle information, notre décision ne s’est pas fait attendre ; un ancien agent du Mossad nous a adressé un témoignage capital, l’équipe de Wikistrike remercie ici cet homme courageux pour lever le voile sur l’affaire de la princesse Diana et sur son  supposé « accident »…

 

Le privilège insolent de posséder des services secrets n’est pas seulement l’apanage de quelques pays qui s’arrogent le droit de croire encore qu’ils représentent de grandes puissances, ce privilège est un droit qu’ont repris par mimétisme stratégique les firmes internationales. Ce n’est pas un luxe qu’elles se sont octroyé, mais bien une nécessité fondamentale pour se prémunir de l’espionnage industriel tout en ayant les moyens de l’appliquer pour leur propre compte. Si bien qu’au fil du temps ce sont devenus de véritables services de renseignement omnipotents, capables de produire des leviers d’influence sur n’importe quel marché et sur n’importe quel homme. Elles ont fait main basse sur les centres financiers, fixant le prix des brosses à dents, des voitures, des denrées alimentaires et du papier-cul qui vous lèche la merde industrielle que vous avalez tous les jours en achetant leurs produits pleins de pesticides, de colorants, de conservateurs et d’anti-vomitifs.

 Ces services de renseignements privés ont constitué au fil des années des ramifications impressionnantes, par exemple des milices de spéculateurs qui travaillent ainsi contre les intérêts communs des peuples du monde ; ils ont même infiltrés, et ce depuis longtemps, les agences de notations dont l’indépendance n’est qu’une vaste fumisterie. Certains diront ici qu’il est toujours aisé de s’insurger à tort sur les spéculateurs, que c’est quelque chose de trop facile, de bien trop vulgaire. Et pourtant, c’est à force de ne pas nommer les choses et de laisser faire que l’exosquelette  économique internationale s’est gravement dégradée.

A l'heure actuelle, certains fonds d'investissements privés et américains ont un intérêt financier à mettre des pays de la zone euro en faillite. Ils le font en achetant des CDS sur les dettes européennes et en balançant sur le marché une masse nauséabonde de rumeurs. La réaction des autorités de marché devrait consister à identifier les spéculateurs dangereux et à interdire les CDS. Pourquoi ? Réponse : parce-que le mécanisme des CDS permet à une banque de prêter sans assumer le risque complet d'une transaction et sans augmenter ses besoins de capitaux de garantie. Il s’agit là d'un simple moyen de contourner les règles bancaires en créant un risque collectif extrêmement dangereux. Les CDS sont ainsi la principale source de diffusion incontrôlée des risques de crédit. C’est une fausse assurance et un moyen de spéculer. C’est l’escroquerie devenue à la fois forme d’art et pouvoir totalitaire. Il faut donc supprimer les CDS afin de mieux réguler l’économie mondiale. Nous sommes engagés malgré nous dans une guerre financière sans précédent. Qu’on se rappelle la timidité suspecte des agences de notation concernant leurs triple A sur les subprimes de 2008...

J’ai travaillé, il y a longtemps, pour une de ses firmes, et puis plus tard pour une agence gouvernementale : le Mossad.  J’ai appris beaucoup sur la condition des hommes. Ces derniers sont faits pour produire et se reproduire : travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive, et larguer sur des zones de combat des enfants qui feront de même en fermant leur gueule de ratés, d’esclaves, de sous-merdes prolétariennes.

J’ai été un de ses agents de renseignements, j’y ai perdu mon âme, et depuis pas mal d’années maintenant j’essaie de la regagner… La meilleure définition de l’informateur qui m’ait été donné d’entendre fut formulé par une vieille connaissance, un ancien agent secret du Mossad, Uzi Mahnaimi:

« Vous passez des jours, voir des heures, avec lui ; suivez ses progrès pas à pas, vous l’aidez, vous l’assistez dans toutes ses démarches, vous regardez ses photos de famille, vous connaissez les prénoms et l’âge de ses enfants. Et pourtant, l’informateur n’est pas un être humain ; il ne faudra jamais le considérer comme tel. L’informateur n’est qu’une arme, le moyen d’atteindre une cible, un peu comme une Kalachnikov, point à la ligne. S’il faut l’envoyer à l’abattoir, n’y réfléchissez pas à deux fois. L’informateur n’est pas une personne. C’est un numéro. »

Et si vous saviez le nombre de blaireaux qui remplissent cette fonction à la perfection…

L’espionnage est une affaire d’intelligence et de secrets partouzant derrière une porte blindée. Pour l’ouvrir, aucune balle ni aucune tête chercheuse ne suffiraient, même pendant une fusillade de mille ans. Que faut-il faire ? Réponse : savoir persuader son geôlier par le raisonnement, la flatterie manipulatoire, et, s’il le faut, par la menace.

Je regrette l’ancien temps de ma jeunesse, se tenir constamment informé des alliances politiques, bancaires, économiques, aussi mouvantes soient-elles, savoir quel marché va tomber, vendre des informations essentielles, être reçu comme un roi dans des hôtels de luxe où se côtoient négociants en armes et contacts douteux.

Un jour, je fus mêlé au destin tragique de Diana, la princesse de Galles, et de son amant, Dodi al-Fayed, playboy et fils du riche propriétaire du Ritz, Mohammed al-Fayed. Le Mossad, à l’époque, avait décidé de recruter des informateurs permanents au Ritz. C’était une équipe de professionnels dont je faisais partie. On saisissait au vol les propos de ses hôtes, on observait leurs attitudes, notant leurs allées et venues, relevant l’identité des personnes qu’ils fréquentaient. Souvent, les paparazzis agglutinés en permanence devant le Ritz pour mitrailler les prestigieux clients de l’établissement posaient problème. Une armée d’appareils photographiques est toujours un sérieux problème. Des mesures prudentielles s’imposaient, nos visages n’existent pas et n’existeront jamais, peut importe ce qu’on doit faire pour cela.

Les jours passaient, les clients arabes et surtout saoudiens se faisaient nombreux. Je me rappelle que le personnel de l’hôtel ne les aimait pas, ils étaient grossiers, vulgaires, et claquaient du doigt pour appeler, hurlant si le service n’était pas assez rapide à leur goût. On avait besoin de recruter un informateur non juif, on fit donc une « approche froide » ; en général, pour recruter un informateur, on dit souvent qu’on travaille pour une société désireuse de réactualiser sa banque de données et qui paye un bon prix ceux qui l’y aident. On ajouta à celui que l’on avait jugé apte que nombre de clients du Ritz détenaient des informations susceptibles d’intéresser la société que l’on représentait. L’homme mordit rapidement à l’hameçon…L’argent est roi en son royaume.

L’homme en question était fragile, on le harcelait, il noyait son angoisse dans l’alcool. On lui mettait la pression, il arriva un moment où il ne pouvait plus reculer, sinon on balançait à la direction de l’hôtel les informations confidentielles qu’il donnait aux paparazzis pour de belles petites rémunérations de fouine. On le tenait par les couilles, les dossiers qu’on avait sur sa vie étaient une chose qui suffisait à rappeler à cette merde, chef adjoint de la sécurité de l’hôtel, ce qu’on exigeait de lui.

Le dimanche 31 août 1997, à 1 heure du matin environ, un accident de voiture se produisit dans le tunnel de l’Alma : une Mercedes roulant à grande vitesse percuta un pilier de béton armé. Les morts, au nombre de trois, n’étaient autres que la princesse Diana, mère du futur roi d’Angleterre ; Dodi al-Fayed, fils de Mohammed al-Fayed, le propriétaire égyptien des magasins Harrod’s et du Ritz ; et le chauffeur de la Mercedes, notre informateur, Henri Paul. Quant au garde du corps, il était grièvement blessé.

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Très peu de gens, hors des services secrets israéliens, ont une idée du rôle joué par le Mossad dans la fin tragique de la femme la plus célèbre du monde, ainsi que dans les agences de notation à travers le monde. La méthode est la même : vanité, arrogance, pouvoir, manipulations, secrets. Les humains sont si stupides, personne ne se pose jamais de questions, l’opinion publique a accepté la version officielle de l’accident sans relever les incohérences monstrueuses du dossier.

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Seul un homme, Mohammed al-Fayed, père de la victime, a quant à lui échapper à cette règle ; cet homme tenace, dont le fils a été lâchement assassiné, possède un cerveau et posa à l’époque les bonnes questions qui bien sûr restèrent sans réponse :

« Pourquoi a-t-il fallu une heure quarante pour conduire la princesse à l’hôpital ? Pourquoi certains photographes n’ont-ils pas restitué les photos prises sur place ? Pourquoi y a-t-il eu un cambriolage cette nuit-là au domicile londonien d’un des paparazzi ? Pourquoi les caméras de télévision en circuit fermé de ce quartier de Paris n’ont-elles pas produit une seule image ? Pourquoi les caméras de contrôle de la circulation n’étaient-elles pas branchées ? Pourquoi le théâtre de l’accident, au lieu d’être isolé, a-t-il été rouvert à la circulation au bout de quelques heures ? Pourquoi, parmi les paparazzis massés à l’extérieur du Ritz, y en avait-il un dont l’équipement était celui d’un photographe d’actualités ? Et qui sont les deux hommes non identifiés qui, après s’être mêlés à la foule des badauds, se sont retrouvés plus tard au bar du Ritz ? Ils ont passé commande en anglais, sans cesser d’observer et d’écouter ce qui se passait, avec une attention soutenue. »

La vérité est que c’est moi qui ait pris le contrôle à distance du système électronique de la  Mercedes. Ensuite, cela fut un véritable jeu d’enfants, comme diriger une voiture téléguidée, de faire en sorte que… d’un seul coup…

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L’assassinat de Lady Diana a été commandité par la Couronne d’Angleterre, et plus particulièrement par le prince Philip, duc d’Edimbourg, et le contrat a été donné au MI6, service de renseignement extérieur du Royaume-Uni et au Mossad. La famille royale d’Angleterre ne voulait pas d’un prétendant au trône d’origine arabe, voir même musulman…

Je demande pardon à Mohammed al-Fayed pour ce crime, ce que je faisais c’était pour l’argent et pour rien d’autre ; je sais que mes excuses ne valent rien, mais j’espère me racheter aux yeux de Dieu en révélant ce que je sais, et n’oubliez jamais ceci :

Le racisme n’est pas un défaut, c’est une maladie.

 

Karl  Weizmann 

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Tout ce qui est écrit ici est la pure vérité, cela a été confirmé par Thomas Gordon, journaliste d’investigation gallois, spécialiste des services secrets du monde entier, il a publié une quarantaine de livres dans ce domaine, ainsi que par beaucoup d’autres journalistes spécialisés, et aussi par un membre de la gendarmerie nationale travaillant pour le Mossad.

L’équipe de Wikistrike est fier d’appartenir à un des derniers sites internet où la vérité survit, et nous tenons à remercier ici Mr Karl Weizmann d’avoir contacter le site Wikistrike en reconnaissance de notre travail et de notre dévouement malgré les menaces perpétuelles dont nous faisons l’objet. Et nous vous donnons ici des informations capitales sur le Mossad, peut-être plus anecdotiques :

 

Les directeurs généraux du Mossad

1951-1952                Reuven Shiloah

1952-1963                Isser Harel

1963-1968                Meir Amit

1968-1974                Zvi Zamir

1974-1982                Yitzhak Hofi

1982-1990                 Nahum Admoni

1990-1996                 Shabtai Shavit

1996-1998                 Danny Yatom

1998-2002                 Efraim Halevy

2002-2010                 Meïr Dagan

2010-à nos jours       Tamir Pardo

 

Lexique du Mossad :

AL: Unité spéciale israélienne opérant clandestinement aux Etats-Unis

Aman: Service israélien de renseignement militaire

APM: Avtahat Peylut Medinit, division de sécurité intérieure du Mossad

Approche froide: Approche visant à recruter un informateur étranger

Couverture légère: Couverture diplomatique d’un katsa

Dardasim: Agents opérant en Chine

Katsa: Agent d’opération du Mossad

Kidon: Tueur du Mossad

Lakam: Bureau pour les relations scientifiques du ministère israélien de la Défense

Légende: Fausse biographie attribuée à un katsa

Mabuah: Informateur non-juif

Mehabelim: Terroristes

Melukha: Département de recrutement

Memuneh: Titre donné au directeur général du Mossad

Miketel: Micro permettant d’intercepter ou enregistrer les coups de téléphone

Mishlashim: Boîte aux lettres où un agent peut laisser où recevoir des informations

Sayanim: Juifs volontaires pour aider le Mossad

Shin Beth: Sherout Bitakhon, service de sécurité intérieure (équivalent israélien du FBI)

Yahalomin: Membres de l’unité spéciale du Mossad chargée de la communication avec les katsas

 

Karl Weizmann réside aujourd’hui à Ashdod, en Israël, sous une nouvelle identité. Il a arrêté ses activités de renseignement et se consacre aujourd’hui à l’écriture.  Le nom de K. Weizmann est évidemment un pseudonyme utilisé pour des raisons de sécurité.

Wikistrike demande la réouverture du dossier Lady Diana, compte tenu des nouveaux éléments apportés à l’opinion publique. Nous tenons à apporter ici notre affection et notre soutien à Mr Mohammed al-Fayed, qui s’est battu avec ténacité pour la vérité sur la mort de Lady Diana et de son fils Dodi al-Fayed.

Salutem Punctis Trianguli

 

Source: WIKISTRIKE

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, Grande-Bretagne, Israël | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, lady diana, lady diana assassinée, un ancien agent du mossad temoigne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 06 janvier 2013

UNE RADIO RUSSE JUGE LA CPI: «A QUAND UNE NOUVELLE COUR PENALE INTERNATIONALE?»

 

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© Flickr.com/ekenitr/cc-by-nc

           
Cette question est récurrente depuis déjà un certain temps... Il est alarmant de voir la manière d’agir de la «Cour pénale internationale» (CPI), censée représenter la justice dans un monde où bien souvent les droits fondamentaux ne sont pas respectés, quand ils ne sont pas carrément violés.
 
 
Pourtant, au fil des ans, rien ne change. Au contraire, tout ne fait qu’empirer. Si l’on observe les différents procès mis en scène par la CPI, on ne peut que mettre en doute l’objectivité de cette institution et les valeurs qu’elle défend. La nationalité des détenus est un exemple éloquent de la partialité de la CPI. Selon ses juges, les seuls criminels du monde sont des Serbes et des Africains. Et leurs crimes? Souvent, ils sont accusés d’avoir défendu avec trop de «zèle» leurs propres peuples et d’avoir refusé de se soumettre aux puissances traditionnelles.
 
Le cas du président Ivoirien déchu, Laurent Gbagbo, en est une démonstration flagrante. Laurent Gbagbo est emprisonné à la CPI, pendant que les vrais criminels, responsables de massacres de milliers de civils non seulement se promènent librement, mais sont reçus en amis par les gouvernements occidentaux. Rejeter toute domination et revendiquer sa souveraineté est un crime suffisamment grave pour se retrouver un jour devant la CPI. Car la CPI ne reconnaît pas la souveraineté nationale des États (ou plutôt de certains États). C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la Chine est ouvertement hostile à la CPI. La Russie a quant à elle exprimé maintes fois ses inquiétudes quant à l’objectivité de ce tribunal.
 
Au-delà des apparences, que représente véritablement la Cour pénale internationale? Un tribunal aux ordres des puissances occidentales, rien de plus. En témoigne la vidéo d’une récente «conférence» à laquelle participaient MM. McCain et Bernard-Henri Lévy. Cette conférence traitait notamment de la nécessité d’une intervention militaire en Syrie et de la position dominante des Etats-Unis dans la région. BHL affirmait qu’une intervention militaire en Syrie était aujourd’hui plus indispensable que l’opération libyenne. Le «brave guerrier» McCain insistait sur le leadership américain «réclamé désespérément par toute la région du Moyen-Orient». Tout cela rappellerait un sketch joué par deux clowns, si derrière des dizaines de milliers de vies n’étaient pas en jeu. McCain et BHL font penser à deux parasites dont la soif de sang n’est jamais étanchée. Bush, McCain, Netanyahou, Cameron, Sarkozy et leur ami philosophe BHL sont-ils supérieurs aux autres? Sont-ils réellement des élus comme ils le pensent? Le temps n’est-il pas venu de juger tous ces criminels et leurs acolytes? La question est plus que pertinente.
 
Il est grand temps de remettre les choses en ordre. Tant que la «justice» mondiale sera rendue par cette clique, il ne faut pas espérer la paix. Les parasites buveurs de sang humain ne peuvent continuer éternellement de faire ce que bon leur semble, assurés qu’ils n’auront jamais de comptes à rendre. C’est pourquoi la création s’impose d’une nouvelle Cour pénale internationale. Plusieurs personnalités politiques du monde entier, y compris en Russie, ont déjà exprimé leur soutien à cette idée. Certes rien n’est facile. Et les obstacles si nombreux, comme le disait un ami. Mais avec de la volonté, ils peuvent être surmontés. A plus forte raison si un groupe de pays parvient à mettre en œuvre ce projet. Cela réglerait-il tous les problèmes de notre monde? Peut-être pas immédiatement. Mais cela y contribuerait grandement et confirmerait définitivement qu’un monde multipolaire a bel et bien émergé.
 
 
Mikhail Gamandiy-Egorov, Rédaction en ligne de Radio La Voix de la Russie, Moscou, le 14 décembre 2012.



mardi, 25 décembre 2012

LE QUOTIDIEN D'ABIDJAN: «DIEU SE REVELE A UN VIEUX MUSULMAN AU NORD»

 

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Bamba lancina, un vieillard de 85 ans, a fait des révélations sur la situation ivoirienne, la semaine dernière avant de rendre l’âme. Le vieux musulman du village de Gbêlo dans la sous-préfecture de Ouaninou, a confié à son entourage que Dieu va frapper dans les milieux religieux et politique. L’un de ses fils a joint la rédaction pour livrer la quintessence de ce message prophétique.


«Je suis…, fils de Bamba Lancina. Mon père qui avait reçu la révélation concernant l’arrestation de Laurent Gbagbo en son temps n’a pas voulu trop ébruiter ce message. Lui-même nous a demandé de publier cette dernière révélation. Il y a quelques jours qu’il nous a confié que Dieu est revenu encore lui parler de la situation de la Côte d’Ivoire. Le vieux a été inhumé, le samedi 1er Septembre, à Gbêlo. Avant de mourir, il nous a dit qu’il y aura beaucoup de morts parmi les serviteurs de Dieu. De nombreux prêtres, des imams, et des pasteurs des églises évangéliques qui ne font pas la volonté de Dieu. Dieu délivrera la Côte d’Ivoire par une grande colère contre le diable et ses suppôts.

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Abordant le phénomène de la statue de la vierge Marie, Dieu lui a dit que c’est l’incarnation de l’esprit démoniaque et d’idolâtrie, et l’esprit de mort. Voyant la colère de Dieu contre les prêtres, cette idole a manifesté leur humiliation à travers ses pleurs. Dieu a décidé d’établir deux grands serviteurs de Dieu qui ont sa sainte crainte à la tête de la nation. Il s’agit d’un prophète et d’une prophétesse. Ce prophète fera comme Moïse l’a fait avec le peuple d’Israël. Le christianisme va gagner toute la Côte d’Ivoire.

Mais les fausses églises seront fermées. L’un des prophètes viendra d’Israël. La constitution sera modifiée. Enfin, Dieu a dit que la seule condition pour que Gbagbo sorte de la prison est une repentance sincère. Il veut l’utiliser mais avant, celui-ci doit confesser ses transgressions et péchés. Sinon, aucun être humain ne pourra rien faire pour lui».

 

Source: Le quotidien ivoirien "Le Quotidien d'Abidjan" N° 703 du Mardi 04 Septembre 2012.

dimanche, 16 décembre 2012

CONDOLEEZZA RICE: ASSAD CONTRARIE NOS PROJETS ET L’IRAN EST LE KARL MARX D’AUJOURD’HUI!

 

CONDOLEEZZA RICE.jpg

 

Dans son édition du Lundi 25/11/2012, le quotidien turc Yeniçag [2] reprend certains passages d’un article de Mme Condoleezza Rice, ancienne Secrétaire d’État des États-Unis de 2005 à 2009, publié la veille par le Washington Post et tournant autour du « Projet du Grand Moyen-Orient et de la question kurde ». Le quotidien turc souligne les points suivants :

1. Mme Rice, instigatrice des plus acharnées de l’invasion de l’Irak sous l’administration de George W. Bush, parle des étapes, passée, actuelle et future du projet du Grand Moyen-Orient, initié il y a 90 ans, mais revisité et élargi par une nouvelle planification en 2003, étant elle-même l’un des principaux acteurs de ce projet revu et corrigé.

2. Selon Mme Rice, la partition du Moyen-Orient, programmée étape par étape, est sur le point d’être achevée sauf pour la Turquie, en raison du problème kurde. La « guerre interne » en Syrie pourrait bien être le dernier acte de son Histoire telle que nous la connaissons, s’il n’y avait ce problème à Ankara.

3. Lors du lancement de ce projet qualifié de « stupide » par l’ex président égyptien, Mme Rice avait déclaré en 2003 que  la carte du Moyen-Orient devra changer du Maghreb jusqu’au golfe Persique  et concernera 22 pays, dont la Turquie.

Et les analystes turcs de conclure que ce projet étatsunien se fonde sur plusieurs scénarios, dont :

1. La mise sous contrôle US de 73%  du pétrole mondial.

2. L’imposition d’un nouvel ordre géographique islamique compatible avec les intérêts occidentaux, allant de l’Afrique du Nord jusqu’au golfe de Bassora.

3. La partition de la Turquie.

4. La création d’un nouvel État kurde pour protéger les intérêts américains et israéliens dans la région.


JP News, le 27 novembre 2012

  

CARTE MOYEN-ORIENT NOUVEAU.jpg

 

Au risque de propager les mensonges de Mme Rice, voici ce qu’elle a écrit [3] en soulignant, quant à nous, qu’elle ose suggérer que les Syriens sont en manque d’identité nationale et qu’ils font face à une guerre civile, non à une guerre étrangère maquillée en ingérence humanitaire : 

La « guerre civile en Syrie » [4] pourrait bien être le dernier acte de l’histoire de la désintégration du Moyen-Orient tel que nous le connaissons. La possibilité de maintenir ensemble toute cette région et de la reconstruire sur des bases plus solides de tolérance, de liberté, et par la suite, de stabilité démocratique nous file entre les doigts !!!

L’Egypte et l’Iran ont depuis toujours de fortes identités nationales, ainsi que la Turquie, mis à part le problème des Kurdes dont Ankara se méfie et qui restent en  grande partie non assimilés et tentés par l’espoir d’une indépendance nationale. Chacun des autres États importants de la région est de construction récente, créé par les Britanniques et les Français qui ont dessiné des frontières linéaires, souvent sans tenir compte des différences ethniques et confessionnelles [sic !]. Le résultat en est : [suivent les statistiques exhaustives des chiites et sunnites de chaque État…].

Et puis, il ya la Syrie: un « conglomérat » de sunnites, chiites, kurdes et d’autres, gouverné par la minorité alaouite [Leitmotiv de circonstances, en remarquant que les chrétiens ne sont reconnus par Mme Rice qu’au Liban, les druzes ne sont même pas cités... Le Projet des néoconservateurs sans frontières a dû subir de nouvelles modifications depuis la dernière visite de Monseigneur Raï à M. Sarkozy] [5].

Mais, comme le désir de liberté s’est propagé de Tunis au Caire puis à Damas, les gouvernements autoritaires ont perdu de leur emprise et, maintenant, le danger est que « les États artificiels » pourraient voler en éclats…Le conflit en Syrie pousse l’Irak et d’autres pays jusqu’au point de rupture [Ah !?]. Le « désengagement américain » fait que les politiciens irakiens sont tentés, pour leur survie, de se rapprocher d’alliés sectaires. Si le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ne peut pas compter sur les Américains, il ne prendra pas de risques avec Téhéran !

La grande erreur de cette dernière année a été de définir le conflit avec le régime de Bachar al-Assad comme un problème humanitaire [Adieu les bons sentiments !]. Le régime de Damas a été brutal, et de nombreuses personnes innocentes ont été massacrées. Mais ce n’était pas un « replay » de la Libye. Il y a beaucoup plus en jeu [Nous y voilà !]. Comme la Syrie s’effondre, les sunnites, les chiites et les Kurdes sont entraînés dans un réseau régional d’allégeances sectaires. Karl Marx [ !?] a appelé les travailleurs du monde entier à s’unir au-delà des frontières nationales. Il leur a dit qu’ils avaient plus en commun, entre eux, qu’avec les classes dirigeantes qui les opprimaient au nom du nationalisme. Marx a exhorté les travailleurs à se débarrasser de la « fausse conscience » de l’identité nationale.

Aujourd’hui Karl Marx est  l’Iran ! [Le Bouquet ! Des communistes !]. Il envisage d’étendre son influence parmi les chiites en les unissant sous la bannière théocratique de Téhéran, détruisant ainsi l’intégrité du Bahreïn, de l’Arabie Saoudite, de l’Irak et du Liban. L’Iran utilise en sous mains des groupes terroristes, le Hezbollah et les milices chiites dans le sud de l’Irak. La Syrie en est donc le pivot et le pont dans le Moyen-Orient arabe. Téhéran ne cache plus que ses forces de sécurité travaillent en Syrie pour soutenir Assad. Dans ce contexte, la course de Téhéran vers l’arme nucléaire est un problème non seulement pour Israël, mais pour la région dans son ensemble [Souplesse remarquable du raisonnement et de la rhétorique ! Et ce n’est pas fini !]

En réponse, l’Arabie Saoudite, le Qatar et d’autres pouvoirs voisins arment et soutiennent des factions sunnites [Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?]. Les Turcs sont entraînés dans le conflit, désespérément apeurés que les Kurdes, qui sont en train de rompre avec la Syrie, ne poussent leurs frères en Turquie à faire de même [Mme Rice doit vivre dans un monde parallèle totalement inversé par rapport au nôtre !] Les frappes de missiles et de mortiers sont de plus en plus fréquentes sur les frontières d’Israël et de la Turquie. Ankara a crié à l’aide et en a appelé à l’OTAN le mois dernier ; ce qui aurait dû retenir notre attention [Pourtant, nous l’avons tous entendue !]

Mais où sont les États-Unis ? L’Amérique a passé des mois à essayer d’obtenir l’accord des Russes et des Chinois sur des résolutions dans le cadre d’une ONU impuissante à « mettre fin à l’effusion de sang », pour que Moscou abandonne Assad et que et Pékin s’inquiète du chaos au Moyen-Orient. [Mais que deviendrait le noble mensonge du chaos constructeur si la Syrie résiste ?] [6]. Vladimir Poutine n’est pas un homme sentimental. Mais s’il croit qu’Assad peut survivre, il ne fera rien pour lui nuire.

Ces derniers jours, la France, la Grande-Bretagne et la Turquie ont comblé « le vide diplomatique » [Plutôt le vide médiatique, non ?] en reconnaissant une opposition nouvellement formée et largement représentative de tous les Syriens [Mascarade éhontée et traitrise criminelle]. Les Etats-Unis devraient suivre leur exemple, passer au crible et armer le groupe unifié avec des armes défensives, à la condition que ce dernier poursuive une approche inclusive post-Assad. Les Etats-Unis et leurs alliés devraient également envisager d’établir une zone d’exclusion aérienne pour protéger les innocents [Comme en Lybie ?]. Le poids et l’influence de l’Amérique sont nécessaires. Laisser cela à des puissances régionales, dont les intérêts ne sont pas identiques aux nôtres [À bon entendeur, salut !], ne fera qu’exacerber le sectarisme grandissant.

Certes, il ya des risques. Après plus d’une année d’un conflit brutal, les éléments les plus extrémistes de l’opposition – y compris al-Qaïda – ont été renforcés. Les guerres civiles ont cette tendance à renforcer les pires éléments. Le renversement d’Assad pourrait, en effet, amener ces groupes dangereux au pouvoir.

Mais l’effondrement du système étatique au Moyen-Orient est un risque encore plus grave. L’Iran gagnerait, nos alliés perdraient, et pendant des décennies la misère et la violence dans cette région feront que le chaos d’aujourd’hui serait regardé comme banal ! [La Syrie n’a jamais été un État de misère et la violence des invasions étrangères, depuis la nuit des temps, n’est un secret pour personne, sauf pour les ignares et les mal intentionnés].

La guerre au  Moyen-Orient n’est pas en recul. Elle va crescendo. Nos élections sont terminées. Maintenant, l’Amérique doit agir!


The Washington post, le 24 novembre 2012

 

Article originaux: 


[1] Article de JP news

هذه خارطة الشرق الأوسط الجديد التي رسمتها كونداليزا رايس

http://www.jpnews-sy.com/ar/news.php?id=48792

[2] Article  du quotidien turc « Yeniçag »

http://www.yg.yenicaggazetesi.com.tr/habergoster.php?haber=76044

[3] Article du « Washington Post » par Condoleezza Rice

Syria is central to holding together the Mideast

http://www.washingtonpost.com/opinions/condoleezza-rice-syria-is-central-to-holding-together-the-middle-east/2012/11/23/200e583e-2ebf-11e2-89d4-040c9330702a_story.html

[4] Les grandes puissances veulent la guerre civile en Syrie mais ne parviennent pas à l’imposer

http://www.mondialisation.ca/les-grandes-puissances-veulent-la-guerre-civile-en-syrie-mais-ne-parviennent-pas-l-imposer/28132

[5] Le Président Sarkozy au Patriarche maronite : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

http://www.silviacattori.net/article2394.html

[6] Syrie : Dernier rempart face au chaos ?

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28555

Articles traduits par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/c-rice-assad-contrarie-nos-projets-et-liran-est-le-karl-marx-daujourdhui/5313384

 

Source: TSIMOKA GASIKARA

lundi, 19 novembre 2012

LE SECRETAIRE GENERAL DU PC SYRIEN: «ILS NE POURRONT PAS NOUS VAINCRE!»


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Dr Ammar Bagdache


A paraître dans le prochain numéro d’Initiative Communiste, mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France.


Dans un entretien avec le journaliste cubain Ernesto Gómez Abascal, Ammar Bagdache, secrétaire général du Parti communiste Syrien, explique quelle est sa position par rapport au régime syrien:
 
«C’est un gouvernement patriotique, anti-impérialiste et antisioniste, bien qu’il applique un modèle économique clairement capitaliste. Même si le Parti Baas, qui était et est toujours la force dirigeante du gouvernement, a proclamé le socialisme arabe en Syrie, il n’est pas socialiste au sens marxiste du terme. Cependant, le PCS fait partie du Front Progressiste composé aujourd’hui de dix partis. (…) Nous avons un ministre dans le gouvernement et nous considérons, qu’à ce niveau du parcours, c’est la meilleure option. Nous sommes et nous avons toujours été disposés à améliorer le système. En 2005 nous nous sommes opposés à des changements calqués sur le modèle néolibéral, nous avons la preuve aujourd’hui qu’ils ont été le terreau d’une catégorie marginale que l’opposition armée a su s’attirer. Des erreurs ont été commises, maintenant il faut les corriger.»
 
«Le gouvernement que nous avons en Syrie a une position constructive pour réaliser des changements importants, rappelle Bagdage - ils commençaient à être adoptés mais l’intervention armée étrangère empêche, pour le moment, leur mise en application normale.»
 
Les raisons d'être optimiste
 
«Si le gouvernement actuel venait à être renversé, la seule éventualité serait la prise du pouvoir par les Frères Musulmans, rappelle Bagdache, ce qui constituerait un grand bond en arrière pour un peuple qui, depuis pas mal d’années, bénéficie d’un système laïque moderne, ne connait pas le sectarisme et n’a jamais vécu avec de telles tensions. Mais nous sommes optimistes, même si la lutte dure encore un certain temps, nous sommes certains qu’ils ne pourront pas nous vaincre.»
 
Interrogé sur les chances de victoire des rebelles, le secrétaire général du PCS est catégorique: « Plus le temps passe, plus il est clair qu’ils ne pourront pas nous vaincre. Ils n’ont pu prendre le contrôle d’aucune ville importante, malgré leur plan initial et l’arrivée de milliers de mercenaires extrémistes et salafistes, assistés des services spéciaux US et leurs alliés de l’OTAN qui travaillent depuis la Turquie, pays avec qui nous partageons une longue frontière. Le Qatar et l’Arabie saoudite leur apportent également le soutien économique et militaire. Bien sûr, notre gouvernement est soutenu par la majorité de la population. Les forces armées de la nation et les milices populaires restent unies et en ordre combatif. Malgré la situation compliquée dans laquelle se trouve le pays, les institutions fonctionnent.»


Ginette Hess Skandrani


dimanche, 04 novembre 2012

LA GUERRE QUI VIENT - DE LA CONTRE-INSURRECTION RURALE A LA CONTRE-INSURRECTION URBAINE

 

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1 - Une nouvelle configuration géostratégique
 
«La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens» (Clausewitz). La technologie la plus sophistiquée constitue la modalité contemporaine de la guerre. Il n'y a pas une essence supra-temporelle de la guerre. Une essence qui échapperait à ses déterminations historiques. La guerre est un phénomène social total qui connaît de profondes métamorphoses. Aujourd'hui on parle même de guerres propres. De frappes chirurgicales. Orwell dirait la paix c'est la guerre et réciproquement.
 
La gauche radicale n'a pas l'habitude de s'intéresser à la politique militaire. Pourtant la guerre est partout. Non seulement sur les champs de bataille. Mais aussi sur les écrans et les consoles de jeux. A tel point qu'on pourrait parler d'un complexe militaro-industriel-ludique. La guerre est devenue un divertissement à part entière. Nos villes s'équipent insidieusement pour la guerre. Une guerre de classe. La mondialisation marchande est une mondialisation armée.
 
Ce que je voudrais montrer c'est qu'une nouvelle stratégie militaire se met en place à l'ombre des états impérialistes. Stratégie qui construit ses propres cibles et délimite un nouvel espace géographique et mental. Pour contrer la baisse  tendancielle du taux de profit, le capital investit massivement dans les  armes de haute technologie. Cette réorientation stratégique de l'impérialisme s'inscrit dans un contexte marqué par:
 
- La fin de la guerre froide.  L'effondrement de l'URSS semble dégager l'horizon pour une l'hégémonie américaine. Une hégémonie aujourd'hui fragilisée. Du même coup, l'ancien ennemi s'évapore (le péril rouge). Il faut reconstruire un  ennemi adaptée à la nouvelle donne géostratégique et incarnant le mal absolu.
 
- L'approfondissement de la crise provoquée par la financiarisation de l'économie. A noter qu'aux Etats-Unis le taux de profit décline dès septembre 2006. C'est à dire bien avant la crise. Il y a conjonction entre une crise économique mondiale et une crise de la domination américaine.
 
- Le développement exponentiel des nouvelles technologies qui permettent de classer, repérer, poursuivre et cibler. Ces nouvelles technologies constituent l'un des vecteurs de la mondialisation libérale.
 
- Le déplacement des conflits des zones rurales vers les zones urbanisées ou semi-urbanisées des grandes métropoles en voie d'expansion. Bref du Vietnam on passe à Bagdad, Kaboul, Gaza. Demain: Téhéran? J'y reviendrai.
 
Depuis 2001, La notion de «guerre illimitée au terrorisme» a pour horizon une guerre civile impitoyable et sans fin. La guerre est à elle-même son propre but. La guerre devient permanente et se fragmente en guerres régionales. Guerres régionales qui mettent en oeuvre des forces non-étatiques. La guerre recourt de plus en plus aux troupes mercenaires. Ces dernières représentaient en 2005, la deuxième force d'occupation en Irak.
 
Si la guerre devient illimitée dans l'espace et dans le temps, l'ennemi n'est plus qu'un monstre insaisissable. Un monstre qu'il faudra finir par exterminer. Aucune paix n'est possible. Le terroriste  échappe à tout statut juridique ou social. Il est un criminel pathologique. Rien ne s'oppose à sa liquidation. La notion de guerre au terrorisme permet d'évacuer toute dimension politique des conflits. La mondialisation libérale suscite d'ailleurs une crise sans précédent du politique. Non pas que l'intervention de l'Etat soit devenue inutile. Etat qui serait réduit à son rôle purement régalien. Au contraire. «La concurrence libre et non faussée» ne peut s'exercer qu'à partir de l'intervention de l'appareil d'Etat. Intervention législative, juridique, policière, militaire. L'économie de marché n'est pas une donnée naturelle mais une construction étatique. Dans le cadre du néolibéralisme, le capital financier s'associe à l'Etat afin d'élaborer de nouvelles règles de fonctionnement.
 
Dans un premier temps je montrerai comment on est passé du rural à l'urbain. Les cibles militaires de l'impérialisme ne sont plus directement situées dans les rizières, les forêts ou les terres arides mais plutôt dans les villes, les banlieues, les ghettos, bidonvilles et favelas. Puis dans un deuxième temps, je montrerai comment la capital financier a structuré un nouvel urbanisme placé en permanence sous contrôle. La guerre robotique met en oeuvre les nouvelles technologies permettant de cibler et de tuer ce nouvel ennemi abrité dans les profondeurs des nouvelles mégalopoles. Enfin, nous verrons justement comment «la stratégie du choc» parfaitement analysée par Naomi Klein permet d'éclairer la nouvelle politique militaire de l'impérialisme.
 
2 - Du rural à l'urbain
 
Les guerres coloniales se déroulent dans un environnement principalement rural (Indochine, Algérie, Vietnam). L'ennemi est un indigène-partisan (Viêt, guérilléro, fellagha) enraciné dans son milieu. Cet ennemi ne se distingue guère du civil. Il est caché au sein d'une population essentiellement rurale. Il se fait à la fois invisible et omniprésent. Durant la guerre d'Algérie, la DGR (Direction Générale du Renseignement) propose de quadriller le territoire algérien. Quadrillage qui consiste à répertorier l'ensemble des habitants, leurs lieux de vie et leurs mouvements pour les surveiller en permanence. L'objectif est de couper la population du maquis. Lors de la bataille d'Alger en 1957, le Dispositif de protection urbaine (DPU) a pour objectif de rationaliser l'emploi de l'armée en ville en mettant en oeuvre un quadrillage de la ville et, plus particulièrement, des quartiers musulmans. Ce dispositif devait éviter le retour en ville du FLN et favoriser la mobilisation en cas de crise. C'est d'ailleurs ce dispositif qui a constitué un des points d'appui du coup d'Etat du 13 mai 1958.
 
Face à la guerre froide, paniquée par la perte de l'Empire et la menace révolutionnaire, une partie de la classe dominante est convaincue de la nécessité du contrôle total de la population. La guerre coloniale devient le laboratoire de ce projet. Le général Allard déclarait en 1956 : «L'étude de la guerre révolutionnaire n'est pas, ne doit pas être l'apanage des seuls militaires, car la guerre révolutionnaire n'est pas dans son essence une guerre militaire de conquête territoriale, mais une lutte idéologique de conquête des esprits, des âmes.» La propagande devient une arme essentielle dans la contre-révolution.
 
Ce qui s'est passé à Paris le 17 octobre 1961 constitue un tournant. La manifestation de la  population musulmane a été gérée comme une véritable émeute armée. La police elle-même était armée. Il y eut planification systématique de la répression. La figure de l'indigène-partisan a été détruite  symboliquement et physiquement. A partir des années 1970, on reconstruit la figure de l'ennemi intérieur sur une base socio-ethnique. Désormais, l'espace urbain sera quadrillé par un dispositif militaro-policier qui va ouvrir la porte au modèle sécuritaire. A partir de 1990, à la suite des révoltes dans les quartiers populaires (Vaulx-en-Velin, Sartrouville, Mantes-la-Jolie et Meaux) les renseignements généraux se reconvertissent dans la surveillance «des subversions cachés dans les cités».
 
La défense opérationnelle du territoire (DOT) planifie la poursuite et l'élimination de l'ennemi intérieur depuis 1962. L'instauration du plan Vigipirate en 1978 accentue le quadrillage et la surveillance du territoire, intensifie les niveaux d'alerte, les patrouilles en armes et la psychose de peur. Il s'agit d'une politique délibérée de mise en condition de l'opinion publique.
 
Le colonel Jean-Louis Dufour, spécialiste de la guerre en milieu urbain écrit en 1992 dans la revue Défense nationale: «Terroriser et démoraliser l'adversaire et donc détruire ses cités sont deux exigences de la guerre totale... la ville est l'objectif majeur des guerres civiles.». Du 25 au 28 février 2008 se tient au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie  un exercice commun gendarmerie-police-pompiers permettant de tester plusieurs opérations de maintien de l'ordre en milieu périurbain sensible. Sont employés: tireurs d'élite et véhicules blindés. Désormais c'est la vie urbaine qui est progressivement placée sous surveillance et militarisée. Ce phénomène va se développer et s'amplifier dans toutes les grandes métropoles américaines et européennes. Il s'agit maintenant de contrôler et de criminaliser les populations des grandes métropoles. Les banlieues françaises sont désormais considérées comme des «colonies intérieures».
 
Les années 1990 constituent un tournant. De 1989 à 2000, 23 émeutes dans le monde ont été déclenchées par la mort d'un jeune. La responsabilité des forces de l'ordre a toujours été engagée. On peut citer la France, les Etats-Unis, la Chine. La mondialisation et la hausse des prix alimentaires sont au coeur des émeutes à Kinshasa en décembre 1990. Les grandes villes de la république du Congo en septembre 1991 et janvier 1993, du Venezuela de mars à juin 1992, du Brésil, etc. sont le théâtre,  d'émeutes de la faim. En novembre 1999, le mouvement altermondialiste affronte les forces de police à Seattle. En 2001, c'est la manifestation contre le G8 à Gênes. Manifestation contre laquelle les forces de l'ordre mettent en place une véritable stratégie militaire. En France, c'est l'embrasement des banlieues de novembre 2005, les émeutes de Cergy, Saint-Dizier, Vitry-le-François et le Champ-de-Mars de Juin  2008, d'Asnières le 14 juillet. Entre 2006 et 2008, l'Etat assiège la ville d'Oaxaca au Mexique. Le port marocain de Sidi Ifni a fait l'objet d'un raid militaire à la suite d'un banal conflit sur l'emploi. La ville de Redeyef dans le sud tunisien, à la merci du monopole des mines de phosphate, a connu des émeutes alternant avec des offensives militaires pendant six mois, de janvier à juin 2008. Silence total des médias. Une nouvelle configuration de la révolte  se met en place. L'intervention des forces de l'ordre se militarise.
 
«Guerre aux frontières, ennemis à l'intérieur. Ennemis aux frontières, guerre à l'intérieur. La confusion des genres qui ouvre à la militarisation de l'action publique et à la déqualification symbolique de pans entiers de la population peut alors se généraliser. C'est exactement la logique qui a été adoptée par la politique du gouvernement français vis-à-vis des banlieues.»  Alain Bertho.

3 - Le nouvel urbanisme
 
L'espace urbain devient progressivement un point de focalisation déterminant de la lutte politique et de la guerre de classes. La ville constitue le lieu de valorisation par excellence du capital financier et symbolique. La financiarisation libérale colonise l'espace urbain. Au centre ville, on cherche à se retrouver entre soi. C'est le phénomène de gentrification combiné au développement des banques, bureaux, commerce de luxe, musées et  quartiers réservés. La mégalopole se construit ainsi par l'exclusion. David Harvey montre comment aux Etats-Unis, en 2007, «quelques deux millions de personnes, principalement des mères célibataires et leur famille, des Afro-Américains vivant dans les grandes villes  et des populations blanches marginalisées,  de la semi-périphérie urbaine, se sont vus saisir leur maison et se sont retrouvés à la rue. C'est ainsi que de nombreux quartiers des centres-villes et que des communautés périurbaines entières ont été dévastées à cause des prêts consentis par les prédateurs des institutions financières». Dans les mégalopoles des pays pauvres et émergents, les agences de développement financées par la banque mondiale bâtissent et protègent des «îlots de cyber-modernité au milieu des besoins urbains non satisfaits et du sous-développement général.» (Mike Davis). La mégalopole monstrueuse devient un lieu de relégation sociale. Elle est perçue comme une obscure menace par les classes dominantes. Désormais, la doctrine de la guerre sans fin renforce la militarisation de la vie urbaine. Les grandes métropoles mondiales organisent les flux financiers, façonnent le territoire et le développement géographique. «Avec leurs marchés boursiers, leurs technopoles, leurs salons de l'armement et leurs laboratoires d'Etat dédiés à la recherche sur de nouvelles armes, ces villes sont les cerveaux du processus actuel de mondialisation dans lequel la militarisation joue un rôle majeur.» (Stephen Graham). Les nouvelles techniques militaires urbaines  favorisent un urbanisme de plus en plus prédateur et permettent de mettre en place des infrastructures hypermodernes dédiées à la financiarisation, à la consommation de luxe et au tourisme. Du même coup, «les forces ennemies» se dissimulent dans l'environnement urbain et les zones industrielles. Il faut domestiquer la ville. Cette domestication passe par la mise en place d'une technologie hypersophistiquée. Ces techniques élaborées dans les laboratoires militaires transforment les armées occidentales en forces contre-insurrectionnelles high-tech. Chaque citoyen est une cible potentielle pouvant être identifiée et surveillée en permanence. Les grandes agglomérations mondiales deviennent potentiellement les principaux champs de bataille.
 
A noter que dans de nombreux pays occidentaux, les zones rurales et périurbaines sont devenues le coeur du militarisme et du patriotisme le plus archaïque. Stephen Graham remarque que les ruraux sont majoritaires au sein de l'armée américaine. Entre 2003 et 2004, 44,3% des soldats morts au combat au cours des opérations en Irak étaient issus des agglomérations de moins de 20 000 habitants. La culture militaire américaine se caractérise par la haine des villes imaginées comme des lieux de décadence. Mutatis mutandis, on peut rapprocher ce phénomène de l'implantation rurale et périurbaine du vote Front National en France. L'isolement géographique, la fragmentation sociale, la dissolution des rapports de solidarité favorisent la construction des réflexes de peur et des crispations identitaires.
 
Le nouvel urbanisme libéral doit tout à la fois valoriser et consolider les grands pôles économiques et financiers tout en contenant dans d'étroites limites les populations considérées comme dangereuses, capables de mobilisation sociales ou de terrorisme infrastructurel. Il faut séparer les grandes villes du nord des multitudes menaçantes situées au-delà des barrières urbaines. Les manifestations, la désobéissance civile, le militantisme syndical sont criminalisés et considérés comme des actes de guerre urbaine nécessitant une réponse militaro-policière adaptée.  D'où la mise en place des projets de guerre high-tech. Une guerre propre et vertueuse!
 
4 - Les villes sous contrôle
 
La puissance militaire doit se déployer aussi dans l'espace urbain. Pour les experts du Pentagone, il faut pouvoir identifier et suivre les «cibles de guerre non conventionnelles», telles que «les individus et les groupes insurgés ou terroristes qui ont la particularité de se mêler à la société».
 
La surveillance et le renseignement se concentrent désormais sur des techniques d'extraction de données, de pistage et de surveillance. La vidéosurveillance se démultiplie. Par exemple, les anglais sont surveillés par près de 2 millions de caméras. En France, les drones surveillent les Cités depuis plusieurs années. La biométrie, l'iriscopie, l'ADN, la reconnaissance de la voix, du visage, de l'odeur et de la démarche permettent de coder et de pister toute personne suspecte ou tout individu qui passera les frontières. Une agence américaine liée à la défense (Darpa) envisage de mettre au point un programme de détecteurs censés rendre les édifices urbains transparents. D'autres branches de la recherche militaire développent de nouveaux radars intégrés à d'énormes dirigeables qui survoleraient en permanence les villes occupées afin de réaliser des collectes massives de données. Des essaims de micro et nano-capteurs pourraient être lâchés dans les villes pour fournir de l'information aux armes automatisées. Des robots tueurs son déjà à l'oeuvre sur les terrains d'opération. En 2006, les premiers robots armés de mitrailleuses et contrôlés à distance ont été utilisés à Bagdad. En 2007, l'armée israélienne annonce que la frontière entre  Israël et Gaza sera la «première frontière automatisée» au monde avec des snipers robotisés.
 
L'armée américaine se concentre désormais sur les techniques de ciblage et de  géo-localisation par satellite. Une guerre appuyée sur les réseaux est envisageable. Cette guerre devient une guerre propre et indolore pour la domination militaire américaine. Bref, on assiste à un tournant high-tech et urbain de la guerre. Les systèmes de surveillance doivent permettre de scruter tous les détails de la vie quotidienne dans les zones urbaines. La première étape est constituée par la surveillance permettant d'alimenter les bases de données. Une deuxième étape est caractérisée par «le développement d'armes terrestres et aériennes robotisées qui, une fois connectées aux systèmes de surveillance et d'identification (…) seront déployées pour (…) détruire sans relâche et de manière automatique.» (Stephen Graham). Les chercheurs de l'armée américaine développent déjà le concept d'insectes robotisés et armés qui reproduiraient le vol des insectes biologiques. On pourrait même envoyer des essaims de micro-robots volants qui pourraient s'attaquer à l'ADN d'un individu et lui injecter des armes biologiques dans le sang. Il est vrai que la mentalité  américaine est fascinée par la littérature science-fictionnelle. Cette fascination est largement exploitée par le complexe militaro-industriel et par l'industrie du divertissement. La guerre robotique est partout. Dans les jeux vidéo, les films et les  romans.
 
Cette préparation à la guerre construit également des simulacres urbains destinés à conditionner et entraîner les futures troupes de l'impérialisme dominant. Une centaine de villes en miniature sont en construction autour du globe. La majeure partie se trouve aux Etats-Unis. D'autres sont situées au Koweït, en Israël, en Angleterre, en Allemagne et à Singapour. Elles simulent les villes arabes et les villes du tiers monde.  Ces villes artificielles mobilisent tous les clichés racistes: orientalisme de pacotille, magma labyrinthique, absence de société civile. Les insurgés sont coiffés de keffiehs et armés de kalachnikovs AK47 et de lance-roquettes. Ces villes ne sont que des théâtres opérationnels aptes seulement à recevoir les marchandises produites par les multinationales. En quelque sorte, ce sont des villes poubelles dépourvues de toute humanité. Il existe un simulacre électronique de Jakarta. Une portion de la ville de vingt kilomètres carrés a été numérisée dans tous ses détails avec une reproduction en trois dimensions. Une ville palestinienne a été reconstituée par des ingénieurs américains dans le désert du Néguev. Des jeux vidéo proposent même une réplique virtuelle de Bagdad. «L'armée américaine considère que jouer aux jeux vidéo est une forme d'entraînement militaire préalable tout à fait efficace.». Les systèmes de contrôle des drones s'inspirent directement des consoles Playstation. D'une certaine façon, la robotisation rend la guerre acceptable et la violence propre. La mort, le sang, la souffrance et les cris s'évaporent au profit du divertissement.
 
L'armée américaine s'inspire directement des pratiques israéliennes. La bande de Gaza est devenue un véritable laboratoire. L'armée israélienne y a expérimenté des nouvelles techniques de contrôle et de guerre anti-insurrectionnelle. Cette guerre s'accompagne du déni total des droits accordés aux populations palestiniennes. Le mur de béton érigé en Cisjordanie sert de modèle aux troupes américaines afin de quadriller les quartiers de Bagdad. Israël se pose en exemple planétaire de l'urbanisme militaire contre-insurrectionnel et devient le quatrième plus gros exportateur d'armes et d'équipement de sécurité au monde. A la suite de la guerre au Liban en 2006, Israël a connu l'une de ses meilleures années au plan économique. La bourse de Tel-Aviv a gagné 30%.
 
Il faut noter que cette hyper-sophistication de la guerre se combine avec une accélération de la tendance à la privatisation. La guerre est sous-traitée. En Irak, les services de santé, les hébergements, l'approvisionnement et le soutien logistique  sont privatisés. Il y a convergence entre le gouvernement américain obsédé par les nouvelles technologies de l'information et les industries de la sécurité. Naomi Klein considère qu'il s'agit de «la définition même du corporatisme: la grande entreprise et le gouvernement tout puissant combinant leurs formidables puissances respectives pour mieux contrôler les citoyens.»
 
5 - Le capitalisme du désastre
 
Cette domination médiatico-sécuritaire relève à la fois d'une machine à commander et d'une machine à produire du spectacle. Machine à commander parce qu'elle exerce un pouvoir réel d'injonction et de contrôle sur les populations. Machine à spectacle parce qu'elle cherche à mettre en scène les menaces pour susciter peur et résignation. En France, les quartiers populaires sont soumis à une surveillance et à une répression expérimentales liées à la mise en place, à l'échelle mondiale, du capitalisme sécuritaire.
 
La guerre qui vient cherche à créer un enfer urbain. C'est à dire à démoderniser, en particulier, les villes et les sociétés du Moyen-Orient. C'est à dire à détruire leurs infrastructures vitales, à rejeter les habitants au-delà du centre ville et à leur dénier tout droit. L'US Air Force proclamait qu'elle bombarderait l'Afghanistan  jusqu'à ce qu'il «retourne à l'âge de pierre». A propos de l'Irak, le sous-secrétaire général des Nations-Unis Martti Ahtisaari, faisant état de sa visite en Irak en mars 1991, déclare: «Presque tous les moyens de subsistance de la vie moderne ont été détruits ou  fragilisés. L'Irak a été relégué, pour encore quelques temps, à l'ère préindustrielle, mais avec tous les handicaps liés à une dépendance postindustrielle reposant sur une utilisation intensive d'énergie et de technologie». La majorité des décès (111 000 personnes) sont attribués aux problèmes de santé de l'après-guerre. L'UNICEF a estimé qu'entre 1991 et 1998, il y avait eu plus de 500 000 morts excédentaires parmi les enfants irakiens de moins de cinq ans.
 
L'ultralibéralisme met à contribution crises et désastres naturels pour imposer partout la loi du marché et la barbarie spéculative. C'est ce que Naomi Klein appelle «le capitalisme du désastre». La guerre en Irak est exemplaire de ce point de vue. Elle accouche d'un «modèle de guerre et de reconstruction privatisée». Ce modèle est exportable dans le monde entier. Toute entreprise liée à la haute technologie (biotechnologie, informatique, télécom) peut facilement se présenter comme dédiée à la sécurité et justifier des mesures draconiennes en termes de ciblage et de surveillance. On peut penser que la guerre sans fin finisse par éradiquer la démocratie elle-même. Rien ne peut rester extérieur à la guerre totale. 
 
Mais la guerre robotisée se heurte à ses propres limites. La crise de l'hégémonie américaine est accentuée par les échecs en Irak et en Afghanistan. Les effets dramatiques de la crise économique amplifient la menace de déstabilisation intérieur. Un ancien officier de l'armée de terre notait en 2008: «L'extension massive de la violence à l'intérieur des Etats-Unis contraindrait l'appareil de défense à réorienter ses priorités en urgence afin de défendre l'ordre intérieur fondamental et la sécurité humaine». L'espace urbain virtuel,  numérisé par les laboratoires militaires, ignore la dimension humaine. Il  néglige l'homme dans sa dignité, dans sa capacité de résistance et de solidarité. Il ne prend pas en compte l'opinion publique internationale. De New-York à Athènes et de Madrid au Caire, la vieille Taupe poursuit son travail: Hic Rhodus, hic salta !...


Claude Luchetta, Septembre 2012.


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samedi, 03 novembre 2012

LE NOBEL DE LA PAIX: DE LA TRAGICOMEDIE AU COMIQUE TROUPIER

 

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Le comité d’Oslo qui, à grand renfort de publicité médiatique, décerne régulièrement des prix Nobel de la paix, nous avait jusqu’ici habitué à des réconciliations douteuses: entre Palestine et Israël (Yasser Arafat et Itzhak Rabin), entre Afrique du Sud blanche, raciste, et les Noirs opprimés (De Klerk et Mandela), voire entre l’Amérique guerrière et le rêve de l’Obamania. Ce furent autant de leurres destinés à lustrer l’image de l’Occident de ses turpitudes.

En 2009, la médaille à peine attribuée à Obama, l’homme de la paix à peine élu s’empressa d’augmenter le budget des forces armées US, d’accroître la présence militaire en Afghanistan. Cette palinodie guerrière ne suffisant pas à assurer ses pas dans ceux de son prédécesseur fut suivie d’une honteuse rétractation de sa promesse de fermeture du bagne de Guantanamo. Certes, les opérations d’externalisation de la torture et les humiliations barbares cessèrent suite à d’encombrantes révélations. Mais le soutien au régime corrompu de Karzaï persiste, sans pour autant que soient réduits à néant les talibans et encore moins la production et le trafic de drogue qui caractérisent ce narco-Etat. Il ne restait plus au champion de la paix qu’à innover : et ce fut le recours aux assassinats ciblés par drones interposés et «l’audacieuse» opération d’élimination de Ben Laden au Pakistan dont le cadavre fut jeté en pâture aux requins. Tout ça pour apparaître plus déterminé que Bush dans la lutte contre le terrorisme que la vaillante Amérique avait contribué à produire ! Ce lauréat du prix Nobel, auteur de cette piteuse tragicomédie brandissait l’impuissance de la bannière étoilée à imposer son hégémonie. Les retraits d’Irak et d’Afghanistan sont désormais perçus comme autant de défaites, tout comme ses volte-face vis-à-vis de la reconnaissance de l’Etat palestinien, ou sa tentative de se réconcilier avec les peuples arabes, au Caire, aux côtés de Moubarak avant qu’il ne soit déchu. Le tigre impérial meurtri dans son orgueil, affaibli par la crise de 2007-2008 qui n’en finit pas de produire ses métastases, peut encore compter sur l’Arabie Saoudite, les pétromonarchies, l’OTAN et, pourquoi pas, sur un homme comme Mitt Romney, ce représentant de l’oligarchie financière et spéculative, pour conférer une nouvelle jeunesse au complexe militaro-industriel.

Alors, comme pour se rattraper de s’être si complètement fourvoyé, le comité d’Oslo décida de changer de registre ; de la tragicomédie, il passa, apparemment sans risques, au comique troupier. L’Europe !! L’Europe !! se sont exclamés ses «illustres» membres. En fait, l’affaire ne fut pas aussi simple qu’il n’y paraît. Elle vaut d’être contée par le menu. Nos moqueries sardoniques s’en trouveront mieux affutées.

Le comité Nobel si prestigieux ne comprend que cinq membres, tous Norvégiens, désignés qu’ils sont par les partis représentés au Parlement d’Oslo. Donc, son Président, Jagland, ancien 1er Ministre travailliste, fervent néolibéral, se livra, pour faire admettre son idée lumineuse, à une petite manœuvre politicienne digne de sa renommée. Il profita de l’absence pour maladie de Mme Valle, l’eurosceptique du parti socialiste de gauche pour la remplacer par l’europhile évêque d’Oslo. L’unanimité ainsi requise, le prix fut attribué sans couac à l’Europe. Comme aurait pu le dire royalement Ségolène, ce fut là acte de «bravitude» certaine contre l’avis du peuple norvégien qui, par deux fois, en 1972 et en 1994, refusa son adhésion à cette Union Européenne encensée, d’autant que dans un dernier sondage, 80% des Norvégiens s’y disent toujours et encore opposés. Ce geste d’attribution fut d’autant plus bravache qu’au moment même de son expression, Mme Merkel, en Grèce, recevait huées et vilipendes pour être  la représentante la plus honnie de la Troïka. Mais la cure d’austérité imposée comme une nécessité valait bien ce baume au cœur à la chancelière pour rappeler aux peuples insolents le mythe de la communauté de valeurs fondée sur la paix que tous les pays de l’Union sont censés partager.

Toutefois, le comique de l’affaire prit vite un ton grandguignolesque lorsque les membres du comité s’avisèrent de savoir à qui, nommément, ils devaient attribuer ce noble prix. Terrible dilemme ! Surtout que, sitôt connue cette décision, les prétendants se mirent à s’écharper : Barroso, Président de la Commission Européenne voulut s’imposer, Van Rompuy, Président du Conseil Européen s’en effaroucha et Schulz, Président du Parlement Européen fit valoir sa légitimité démocratique. Cette rixe symbolique faisait mauvais genre, elle devait cesser. Restaient néanmoins des questions cruciales à régler : qui récupèrera la médaille ? Qui empochera le 930 000 euros de ce prix ? Qui aura l’honneur de prononcer le discours de remerciement et d’investiture d’homme de la paix ? Pour trouver une issue à cette honorable échauffourée, sans avoir de réponse à ces questions fondamentales, deux scénarii furent envisagés pour sortir de ce choc des ego, avant qu’une sage décision ne s’impose…

- Première solution : ce seront 27 enfants issus de chacun des pays membres qui recevront le prix. Le consensus fut de courte durée, les cris d’orfraie reprirent de plus belle et presque tous d’ironiser sur le caractère infantile qu’allait prendre cette cérémonie renvoyant au caractère boutonneux d’une Europe en crise d’adolescence.

- Une deuxième solution surgit alors : remettre le prix aux pères du projet européen encore en vie, aux vieillards Delors et Kohl. C’est plus que gênant, dirent les plus respectueux, nous allons apparaître comme en panne de grands dirigeants au vu des figures tutélaires, pire, impuissants et nostalgiques. 

- Enfin, pour en sortir, le rusé Van Rompuy sortit de son chapeau la solution de pacification ; lui seul apparemment avait entendu la grogne des chefs d’Etat qui pointait contre ces eurocrates qui n’étaient rien sans eux. Et de s’écrier : tous ensemble ! tous ensemble, nous et tous les chefs d’Etat et de gouvernement, ce sera une occasion festive pour tous. Sitôt connue sa proposition, Merkel dit ja et Hollande voui et les autres suivirent ; encore fallait-il trouver une date qui convienne à tous. Après de longs croisements des agendas respectifs, ce serait le 10 décembre… ouf ! Enfin les membres du prix Nobel rassérénés de sortir de ce pétrin allaient pouvoir, en toute sérénité, lancer les invitations qui restent exclusivement de leur ressort !

En tout état de cause, malgré le bruit médiatique encensant les « 60 ans de prospérité et de paix depuis 1952 », d’autres sarcasmes et pitreries restent à venir. Et sur le drap blanc restent les taches indélébiles des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, la guerre de Yougoslavie sous la bannière de l’OTAN/US, les guerres d’Irak, d’Afghanistan, les interventions en Afrique, les dictateurs corrompus soutenus sans faille, les coups d’Etat facilités, les guerres alimentées par les marchands d’armes… Et derrière l’image ripolinée de l’Europe accueillante, l’image hideuse de l’Europe forteresse, celle des camps externalisés en Libye et au Maroc pour contenir tous ces migrants dont plus de 17 000, depuis 1992, ont déjà péri sur terre comme en mer pour avoir tenté de faire valoir leur « droit de s’installer où ils le souhaitent » comme le proclame la charte des Nations Unies. Et puis, comment oublier après le tapis rouge déployé pour les dictateurs, les rodomontades guerrières en Libye, les brevets de bonne gouvernance attribués à Ben Ali et pas seulement par le libidineux DSK (!), et le renforcement de l’importation de produits israéliens encourageant délibérément la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens ? Comment «immaculer» le faciès anonyme et technocratique de cette Europe antidémocratique, amnésier cette réalité des pays mis en concurrence sociale et fiscale, ces Etats endettés au profit des marchés s’empressant de renflouer banquiers et spéculateurs, recourant à l’austérité et aux ajustements structurels et s’enfonçant dans la récession. Et cette unité européenne se délitant avec la montée des extrêmes droites qu’elle suscite en Grèce, Hongrie, Autriche, Hollande… et les fractures territoriales et visées autonomistes qu’elle favorise en Catalogne, au Pays basque, en Belgique, en Ecosse…

Il fallait bien un prix Nobel de la paix lancé comme une bouée de sauvetage pour cette Europe enlisée, ce colifichet, pour tenter de masquer la réalité de la guerre sociale menée contre les classes ouvrières et populaires. Face aux auteurs de ce mauvais comique troupier l’on souhaiterait que les peuples leur fassent sentir les coups de quelques ruades sociales, bien ajustées, pour au moins rabaisser la morgue de toutes ces élites autoproclamées. Pour l’heure, ces faits relatés, à peine interprétés, pour mieux en faire ressortir la nauséeuse insignifiance sous forme ironique, n’ont d’autres visées que celles consistant au réveil d’énergies trop assoupies par la lourde sauce hollandaise socio-libérale qu’ils ingurgitent.

 

Gérard Deneux, le 27 octobre 2012  

 

Source: Les amis de l'émancipation sociale

mercredi, 19 septembre 2012

FILM ANTI-ISLAM: LE COUP D'ETAT DE ROMNEY CONTRE OBAMA?

 

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Le film blasphématoire  «Innocence of Islam» dont la projection a embrasé à raison le monde de l’Islam va au-delà d’un simple acte islamophobe. Il y a là du complot bien mijoté, du dessin bien prémédité et tout porte à croire que les républicains y sont pour quelque chose. 11 ans après le 11 septembre, le monde assiste à un nouveau coup républicain qui survient, étrange hasard, au lendemain de l’anniversaire des attentats contre les tours jumelles.

Le scénario est écrit en plusieurs actes.

Acte I: Obama et la guerre contre l’Iran

Il n’est certes pas question de rendre hommage au président Obama dont la politique de quatre n’a été qu’une suite de promesses non tenue, de violences maintenue, de guerre et de crimes de guerre. Obama est le président qui a durci les sanctions contre l’Iran, a refusé tout compromis avec ce pays sous l’auspice turco-brésilienne, a intensifié les  raids aux drones US en Asie, en Afrique. Mais Obama n’a pas accepté d’entrer en guerre contre la RII, une guerre à tous point de vue imprévisible et dont l’issue est plus qu’incertaine. Si L’actuel locataire de la Maison Blanche a refusé de céder à l’appel des sirènes bellicistes; à sortir armes et munition contre l’Iran, c’est parce qu’il sait que ses chances de succès dans une entreprise aussi périlleuse que la guerre contre l’Iran sont infinitésimales. Obama est un rationaliste.

Mais dans le camp d’en face, Mitt Romney, le mormon républicain a prouvé à plus d’une reprise que la politique à ses yeux ne relève que de la passion. Aucun rationalisme ne frôle ce millionnaire aventuriste dont l’argent «sale» a servi depuis le début de la campagne électorale à séduire l’Amérique conservatrice raciste et xénophobe. N’oublions pas que le premier déplacement de Romney l’a conduit en Israël, et  en Amérique c’est cela qui fait la différence. Les liens entre Netanyahu et Obama n’ont jamais été cordiaux. Sur l’Iran les dissensions sont dorénavant si profondes que le président US refuse de rencontrer le premier ministre d’Israël. Et que dire de l’AIPAC qui appelle désormais très clairement les Américains à voter Romney.

Acte II: un coup d’état hollywoodien

La convention démocrate n’a pas seulement consacré la candidature du président sortant à sa propre succession mais a aussi servi à  booster Obama dans les sondages qui lui donnent à présent quatre points d’avance sur son rival républicain. Il fallait donc qu’une riposte républicaine se mette sur place et de toute urgence: la riposte devait être spectaculaire comme les attentats du 11 septembre pour pouvoir miner l’avancée d’Obama d’une part et de le fragiliser de l’autre.

Cinq millions de dollars auront suffi pour peaufiner la riposte: un film dont la première est projeté dans une salle vide. Les dialogues des acteurs sont doublés en arabe et le réalisateur et ses collègues savent bien où mettre quoi pour susciter la colère des musulmans.  Ce réalisateur est pour le reste occulté du regard du public et personne ne sait rien ni de son parcours ni de sa biographie.

Acte III: Libye, Etat inexistant

Aucun pays ne saurait mieux que la Libye servir de décor à ce scénario satanique. Un pays carrément ruiné, inexistant, où personne ne gouverne et où l’Etat n’est plus que l’ombre de lui-même. Pour Romney et son équipe, il n’était pas très difficile de trouver des relais locaux en Libye et de d’acheter des gardiens du consulat US à Benghazi, foyer de la «révolution anti-Kadhafi» et qui accueillent en ce moment des centaines d’occidentaux. Les témoignages venant de la Libye confirment d’ailleurs cette version des faits: les Libyens disent ne pas avoir eu l’intention de pénétrer le bâtiment, de tuer l’ambassadeur et ses collègues. Ils ne cherchaient, comme en Egypte, qu'à prendre d’assaut le drapeau et à le brûler. «Ce sont les Américains qui nous ont tiré dessus en premier», aurait dit l’un des manifestants. Le prophète n’a pas besoin que les innocents meurent pour protéger sa sacralité.

Que ce soit les salafistes extrémistes ou les agents républicains, l’assassin de Chris Stevens a grandement rendu service à Romney

Acte IV: Coup d’état républicain

Dans les premières heures suivants la mort de l’ambassadeur Stevens, un premier mort de ce genre depuis trente ans, Obama et sa secrétaire d’état n’ont pu souffler tant fut grand le choc subi. Ils ont affirmé de concert vouloir arrêter les criminels et dit ne pas approuver l’offense contre la religion musulmane.

Réaction immédiate de Romney: «Obama n’a pas à s’excuser puisqu’un américain vient d’être tué». Le discours qui plait fort à l’Américain lambda, qui a à l’esprit les images des attentats du 11 septembre, d’ailleurs récemment célébré en toute sobriété.  A ceci s’ajoute ces centaines de milliers d’autres images qui montrent  les drapeaux américains brûlés, les «musulmans en furie», criant «mort à l’Amérique», et le corps profané de Chris Stevens qui est sorti on ne sait comment du consulat US,  et passé entre les mains de ses présumés assassins.

La presse occidentale parle déjà de la victoire de Romney: «le coup ressemble à celui de la prise d’otages en Iran, affaire qui a couté à Carter son fauteuil présidentiel», titre La Republica.

Acte V: PNAC (Project for a New American Century)

Si Romney arrive au pouvoir, «le projet pour l’Amérique du siècle nouveau» pourra se concrétiser. La guerre avec l’Iran aura lieu, tout comme celle qui a ruiné l’Irak et l’Afghanistan. Israël lui, mènera ses frappes contre les sites nucléaires iraniens sans avoir à se heurter à la résistance et les réserves de Washington….. D’ores et déjà, deux navires de guerre US sont en route pour la Libye et la force spéciale américaine y débarque pour, dit-elle, protéger les diplomates américains…… et Romney rit dans son coin !!!


Davoud Abbasi

 

SourceABIDJAN DIRECT.NET

lundi, 26 mars 2012

SARKOZY ET L'AFFAIRE TERRORISTE DE TOULOUSE ET MONTAUBAN: COMME PAR HASARD


MONTAUBAN - POLICE.jpg


Tribune libre de Jérôme Ancel

On croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher - électoralement parlant bien sûr, encore que... -; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d'affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres; voilà donc un président "fini", sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l'ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l'homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d'une France menacée par l'hydre du fanatisme sanguinaire.

Le simple exposé des termes de ce paradoxal retournement médiatique devrait suffire à susciter quelques questions dont on espère qu'une fois dissipée la passion émotive, tout le monde en France va se les poser. D'abord, celle de la rapidité de l'enquête. La police française, généralement connue pour la lenteur des investigations aboutissant à ses rares succès, vient en l'occurrence de rivaliser en promptitude avec Superman. A la vitesse de l'éclair, on a :

- identifié et répertorié les projectiles - inaugurant au passage une nouveauté : celle de "l'expertise balistique en temps réel" -;

- identifié et repéré le scooter, puis son conducteur;

- localisé l'assassin présumé et lancé l'assaut pour sa capture.

- fait coïncider cette dernière avec l'arrivée sur les lieux du Président urgentiste.

Quel timing !

Un tel déploiement de prouesses policières, une telle débauche de performances hors du commun laissent évidemment songeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que de A à Z, cette affaire de vague d'attentats ressemble fort à un mécanisme d'horlogerie minutieusement réglé.

Autre question, celle du vocabulaire : le mot "tuerie" a-t-il été employé par les médias à propos de l'assassinat de seize Afghans par un marine américain il y a une dizaine de jours ? Ou à propos de l'élimination de la famille du fils de Mouammar Kadhafi, et des massacres sans nombre et sans nom qui ont émaillé cette guerre du fric contre l'un des derniers bastions africains de la résistance aux démons de l'Occident ?

Monsieur Sarkozy se souvient-il encore de son rôle de traiteur en chef dans cette boucherie de 100 000 morts aux portes de l'Europe? Et la communauté juive de France a-t-elle gardé la mémoire de la complicité effroyablement lucide et cyniquement volontaire de l'un de ses représentants les plus illustres et, dit-on, les plus intelligents, dans la perpétration de cette monstruosité ? Je veux parler de Monsieur Bernard Henri Lévy, probablement moins digne de porter le nom de Juif que ne l'aurait été l'ennemi désigné - Mouammar Kadhafi, supplicié, abattu, incinéré, privé de sépulture, "effacé" comme les victimes juives de la barbarie nazie...

Autre question : lorsque les autorités françaises, il y a un an, ont pris l'initiative de superviser et d'encadrer sur le terrain le déferlement de violence qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire, en approuvant l'ouverture des portes des prisons ivoiriennes et burkinabées, et la mise en liberté de 12 000 détenus de droit commun qui à ce jour continuent à faire la loi, pensaient-elles vraiment que leur crime resterait impuni ? Sans parler de Douékoué, Bloléquin, Toulepleu, combien de bourgades en Côte-d'Ivoire n'ont-elles pas été le cadre de tueries durant l'année écoulée ? Et combien se passe-il de jours, en Côte d'Ivoire et en Libye, sans que l'on ait à déplorer la mort de nouvelles victimes, au fil de massacres voués à l'anonymat par l'indifférence des médias sous tutelle sarkozienne ?

Toutes ces questions, Nicolas Sarkozy est le premier à se les poser. Si nous voulons l'aider à y répondre, encore faut-il ne pas perdre de vue cette évidence : Nicolas Sarkozy est un homme aux abois; hanté par le spectre de ses innombrables victimes; épouvanté par le nombre et la nature de ses innombrables mensonges; terrifié à l'idée de se retrouver, au lendemain des élections, dans l'incapacité de se soustraire aux non moins innombrables accusations dont la liste, sous forme de plaintes en bonne et due forme, l'attend à la Haye, au siège de cette cour pénale dont tous les juristes ne sont pas corrompus, et où le Président légitimement élu Laurent Gbagbo lui-même lui aura chauffé la place.

Alors, pour conjurer cette menace, tous les coups sont permis. Renonçant à la méthode douce, celle des sourires enjôleurs - discours des Cévennes à l'intention des Protestants, parrainage de la libération de Gilad Shalit à l'intention des Juifs, tournée arménienne -, méthode restée désespérément inefficace, le candidat Sarkozy tire aujourd'hui ses dernières cartouches : celles du mythe de la France assiégée, de nos libertés en péril, de la barbarie terroriste. Le comble, pour le chef d'un gouvernement qui aura terrorisé en un an plus d'innocents que ne l'ont fait ceux de ses prédécesseurs en vingt. Le délinquant, c'est lui, le fanatique, c'est lui; la terreur, c'est celle qu'au nom de la France, lui-même impose à la Côte d'Ivoire, à la Libye, à la Syrie: délinquance, fanatisme et terrorisme de ces sphères de la haute finance dont il a toujours été le servile domestique, intérêt oblige.

Une expression résume le coup de théâtre de ce spectaculaire - et espérons-le éphémère - sauvetage du prédateur Sarkozy : "comme par hasard". On y pensait déjà lors de la libération de Gilad Shalit. Aujourd'hui, l'évidence s'impose. La ficelle est trop grosse. Et cela d'autant plus que l'on sait les inestimables services que le personnage vient de rendre à la mouvance islamique radicale, en livrant au chaos la Libye, et dans son sillage le Mali - grâce au largage intempestif de dizaines de tonnes d'armes sophistiquées -, ainsi qu'en s'employant à appliquer le même traitement à la Syrie. Nicolas Sarkozy a vitalement besoin d'un sursis présidentiel, non seulement pour gérer, depuis l'Élysée, les conséquences incalculables autant qu'imprévisibles de son aventurisme forcené; mais aussi pour consolider et engranger les dividendes, pour l'heure encore mouvants, de sa cupidité. Le temps qu'il faut en somme au malfaiteur pour effacer ses traces, et peaufiner le déguisement qui lui permettra de se mêler à la foule en passant inaperçu.

Reste le plus inquiétant : à supposer que le stratagème sécuritaire de Toulouse et Montauban ne produise pas l'effet escompté sur la courbe des sondages, le souverain déchu pourrait, en désespoir de cause, chercher à obtenir ce sursis par d'autres moyens. Car il lui reste toujours deux jokers :

- Celui de l'état d'urgence, et du report sine die des élections. Mais cela supposerait la réalisation d'un scénario de déstabilisation simulée vraisemblablement trop coûteux pour figurer parmi les accessoires de sa mégalomanie.

- Celui du déclenchement d'une nouvelle guerre, une vraie, qui, cette fois, souderait la France autour de son chef. On pense à l'Iran, évoqué durant l'enquête comme un commanditaire potentiel des derniers attentats. On appréciera à cet égard l'indécente obséquiosité du premier ministre israélien Netanyahou envers un homme auquel - en dépit des circonstances, aussi douloureuses soient-elles -, il ne doit rien. A moins que ce qui les lie relève d'un accord dont les tenants et aboutissants nous échappent, mais dont la réélection de Sarkozy serait l'un des enjeux.

Une dernière question : ne serait-il pas plus que jamais temps pour le peuple de France de se réveiller, en se débarrassant au plus vite de celui qui pourrait, en cas de réélection - ce qu'à Dieu ne plaise -, condamner le pays à l'enfer - un enfer cette fois non électoralement contrôlé -, lorsqu'il s'agira pour nous tous, tôt ou tard, de régler la facture des violences inouïes perpétrées par nos autorités contre des peuples souverains, pour l'heure humiliés et asservis, mais, soyons-en certains, bientôt libérés.


Jérôme Ancel


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 06 mars 2012

SYRIE - HOMS LIBEREE: NOUVELLES REVELATIONS SUR LE TERRAIN A BABA AMR


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Ça y est. L'armée syrienne a pénétré Baba Amr et en a chassé les groupes armés. Une occasion qui a permis aux caméras de presse de révéler toute la vérité sur ce qui s'est déroulé pendant les trois dernières semaines dans ce quartier de Homs.

A première vue, les images diffusées montrent une région fantomatique complètement dévastée. Plus rien n'y bouge. Des immeubles et unités résidentielles ont été transformés en ruine, laissant constater la dureté des combats auxquels se sont livrées les forces syriennes contre des groupes, sans aucun doute, armés jusqu'aux dents.

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Près de 700 hommes armés, arabes et étrangers à la fois, ont mis bas les armes à Baba Amr, le bombardement des tunnels leur en ont coupé tout approvisionnement. Les gangs et leurs munitions se trouvent actuellement aux mains des forces sécuritaires syriennes, et personne ne peut dorénavant démentir les vérités suivantes suite aux aveux des insurgés qui viennent de capituler:

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- Les hommes armés arrêtés par les forces syriennes sont originaires des pays du Golfe, de l'Irak, et du Liban. Des membres de renseignements qataris, des combattants afghans, turcs, et des Européens, notamment des Français, ont eu aussi « l'honneur » de combattre côte à côte l'armée nationale syrienne. C'est ce qu'a révélé l'expert syrien des affaires stratégiques, Salim Harba, dans une interview au site d'information d'alManar.

- Des armes israéliennes, européennes et américaines ont été confisquées à Baba Amr. Ces armes sont tellement sophistiquées qu'elles n'ont pas encore été testées dans les pays producteurs, ajoute l'expert, qui promet la révélation prochaine par les autorités syriennes de nombreuses informations à ce sujet, tenues secrètes jusque-là.

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Armes confisquées à Baba Amr - Des obus israéliens, des jumelles nocturnes, des roquettes, des systèmes de vision nocturne, des systèmes de télécommunications très sophistiqués ont été également saisis par l'armée syrienne.

- Des stations de communications ont été mises en place sur le territoire libanais afin de superviser les opérations militaires à Baba Amr, et d'assurer le contact entre les commandants sur le terrain et un bureau de coordination dirigé par des membres de renseignements dans la capitale qatarie, Doha.

- Ces stations de communications ont été commandées à partir du Liban par des personnalités libanaises, dont des députés du Courant du Futur, révèle aussi l'expert syrien dans son interview. «C'est ainsi que la région de Wadi Khaled a constitué la profondeur stratégique de Baba Amr pendant les combats», a-t-il affirmé.

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Le Mossad et Black Water supervisent depuis le Qatar les opérations à Homs

De même source, on confirme qu'un bureau de coordination a été mis en place au Qatar, sous le parrainage des Etats-Unis et des pays du Golfe. Ce bureau regroupe des agents de renseignements américains, français, qataris et saoudiens, ainsi que des membres de l'agence de renseignement américaine, la CIA, du Mossad israélien, de la compagnie Black Water, et certes des figures éminentes du « conseil transitoire syrien».

Le Qatar a, en effet, finalisé une transaction avec des compagnies d'armement israélo-américaines pour armer les gangs armés, et les pays du Golfe ont financé l'accord.

Et Harba d'ajouter que les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations », a-t-il dit.

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Les journalistes européens exfiltrés au Liban via des tunnels

Arrivés à leurs pays après neuf jours passés à Homs, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, n'ont pas oublié de rendre hommage aux rebelles qui les ont exfiltrés. Il suffit de lire leur compte rendu publié dans Le Figaro de samedi pour faire taire toutes les allégations sur l'absence de tunnels de contrebande entre le Liban et la Syrie.

«Une première tentative à travers un tunnel a échoué sous les bombardements syriens, dans la nuit du 26 au 27 février, seuls Paul Conroy et Javier Espinosa sont parvenus à être exfiltrés par l'ASL (armée syrienne libre) et à gagner le Liban... L'ASL a alors décidé de sortir les deux journalistes par un véhicule, le long d'un itinéraire secret. Edith Bouvier et William Daniels sont allés de cachette en cachette... Leur itinéraire était ouvert par des éclaireurs qui connaissent les routes et les chemins détournés.

En changeant plusieurs fois de véhicule (pick-up, camion), sur des chemins de montagne, les deux journalistes ont atteint la frontière libanaise jeudi soir, avant d'être rapatriés par avion, vendredi, en France», racontent les deux journalistes.

Preuve à l'appui, l'ASL usait bel et bien de tunnels qui liaient Baba Amr au territoire libanais, des tunnels servant à l'acheminement d'armes et de combattants, et non comme le prétendait le Telegraph sur la présence de tunnels pour abriter les civils.


Source: INFOS D'ALMANAR