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mercredi, 22 février 2012

NON SEULEMENT ILS VIVENT EN EXIL, PIS ILS Y MEURENT, ET POURTANT QUE DIT NOTRE CONSTITUTION?

 

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Le Ministre d'Etat, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, décédé en Israël

 

ILS MEURENT EN EXIL ET POURTANT...

Nous avons oublié qu'en août 2000, nous avons profondément modifié notre loi fondamentale tant les occasions de sa violation ne se comptent plus. Permettez que je rappelle à notre souvenir quelques articles de cette Constitution qui ne vous diront certainement plus rien. Il n'y a désormais plus de gouvernement pour s'y référer de temps en temps et nous donner le sentiment d'être un peuple, une nation.

L'Article 2, alinéa 1, 3 et 4 du chapitre I du titre I relatif aux libertés et aux droits stipule : « 1- La personne humaine est sacrée. 3- Les droits de la personne humaine sont inviolables. Les autorités publiques ont l'obligation d'en assurer le respect, la protection et la promotion. 4- Toute sanction tendant à la privation de la vie humaine est interdite ».

Vous souvenez-vous de la dernière fois où l'actuel chef d'Etat s'est soucié du caractère sacré de la vie humaine en Côte d'ivoire?

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Le Maire de Facobly, Gnan Raymond, décédé au Bénin


L'Article 5 du même chapitre dit ceci : « La famille constitue la cellule de base de la société. L'État assure sa protection ». Dans le dernier licenciement des 1.200 cadres de la SOTRA, au minimum 5 couples ont été mis à la rue.

A l'article 10 alinéa 2 nous avons cette formule qui nous montre peut être la justesse de la politique de rattrapage : « Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d'encourager la haine raciale ou religieuse est interdite ».

Les deux derniers alinéas de l'article 22 du même chapitre nous enseignent que l'Etat de droit a fait place à un Etat d'exception depuis le 11 avril 2011 : « 1- Nul ne peut être arbitrairement détenu. 2- Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense ». Il n'est certainement pas le plus protecteur de nos libertés, mais il est certainement l'article de notre constitution dont la violation est la plus pernicieuse actuellement.

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Le Maire de Cocody, Gomont Diagou, décédé au Ghana


L'alinéa 1 de l'article 12 dit : « Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l'exil ». Non seulement ils vivent en exil, pis ils y meurent. Même par tous les euphémismes, on ne dira pas dans une totale indifférence du pouvoir public ivoirien. Fait comme des rats, les pro-Gbagbo sont tous victimes d'un plan diabolique d'extermination. Contraints à l'exil avec leurs comptes gelés, Dramane Ouattara sait qu'ils n'ont aucune chance d'échapper à la mort ainsi programmée.

Joseph Marat

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: Le blog de Joseph Marat

dimanche, 19 février 2012

L'EUROPE RECLAME UN DELAI A L'IRAN AVANT L'ARRET DE SES EXPORTATIONS DE PETROLE


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Le 5 février 2012, le député et membre du Comité sur l'énergie iranien, Nasser Soudani, a déclaré à l'agence de presse iranienne Fars qu'« un certain nombre d'ambassadeurs de pays européens dont la France, la Grèce, l'Italie et l'Allemagne, sont venus désespérément demander au Parlement et au ministère des Affaires étrangères de ne pas ratifier le projet d'arrêt [immédiat, ndlr] des exportations pétrolières vers l'Europe ». M. Soudani ajoute : « les ambassadeurs ont appelé à un moratoire afin que les Européens aient la possibilité de reconsidérer la décision d'arrêter l'importation du pétrole iranien », avant de souligner que ce sont les Européens qui sont à l'origine des tensions !

Plus récemment, jeudi 16 février, lors d'un point presse à Moscou, l'ambassadeur iranien en Russie Seyyed Mahmoud Reza Sajjadi a déclaré : « L'Europe a commis une erreur en politisant la question énergétique. Si les consommateurs de pétrole peuvent décréter un embargo, les fournisseurs sont eux aussi en mesure de le faire ». Les importateurs d'énergie sortent perdants de ce jeu politique.

Les médias avaient annoncé mercredi 15 février une riposte iranienne aux sanctions de l'Europe, et la suspension des livraisons de pétrole vers six pays européens : la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, le Portugal et les Pays-Bas. L'information a provoqué une flambée des cours du pétrole, mais elle a été aussitôt démentie par l'Iran : « Téhéran n'interrompra pas pour l'instant ses exportations de pétrole vers l'Europe, pour des raisons humanitaires et à cause du froid ».

Le 23 janvier 2012, l'Union européenne avait imposé un embargo pétrolier sur l'Iran ainsi que le gel des avoirs de la Banque centrale iranienne [...].


Source: PAS

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L'IRAN STOPPE SES VENTES DE PETROLE AUX COMPAGNIES FRANÇAISES ET BRITANNIQUES

 

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Puits de pétrole dans un champ pétrolifère Ron/SUPERSTOCK/SIPA


L'Iran a cessé de vendre son pétrole brut aux compagnies pétrolières françaises et britanniques, a annoncé dimanche le ministère iranien du Pétrole. «Les exportations de brut à destination de compagnies britanniques et françaises ont été stoppées. Nous vendrons notre pétrole à de nouveaux clients», a précisé Alireza Nikzad, porte-parole du ministère.

La semaine dernière, l'Iran avait déjà menacé de mettre un terme à ses exportations vers six pays européens - dont la France. Une affirmation qui était rapidement devenue une simple menace, mais qui avait eu le temps de faire flamber le pétrole en quelques minutes. Le brent était alors passé de 118 dollars à 120 dollars.

Téhéran n'envoyait qu'un «avertissement» en représailles à l'embargo décidé le 23 janvier par l'Union européenne (UE). Mais il avait annoncé qu'il n'appliquerait pas cette menace «pour l'instant pour des raisons humanitaires et à cause du froid», avait expliqué la chaîne iranienne Al-Alam. La décision a manifestement changé.

L'embargo du 23 janvier, un embargo pétrolier «graduel» avait été décidé par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne pour sanctionner l'Iran, soupçonné de développer un programme nucléaire militaire. L'Iran nie et affirme ne viser que les usages civils du nucléaire.

 

Charlotte Pudlowski avec Reuters


Source: 20 MINUTES.FR

lundi, 23 janvier 2012

ARRIVEE DE LA DEPOUILLE DE BOHOUN BOUABRE: POUR L'HISTOIRE!


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La dépouille mortelle de l'ex-ministre d'Etat, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, est arrivée vendredi 13 janvier, d'Israël. L'émotion était à son comble à l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët.

Les nombreux Ivoiriens qui ont effectué le déplacement avec à leur tête, la quasi-totalité des dignitaires du Fpi conduits par Miaka Ouretto, président du parti, n'ont pu retenir leurs larmes quand le vol de SN Bruxelles transportant le corps du « père du budget sécurisé » a atterri à 17h50 min. Le cercueil est sorti du pavillon d'honneur à 18h20 min pour être exposer devant l'édifice où une prière a été dite par l'Abbé Djidji.

Avant que le corbillard, happé par les parents, amis, connaissances et les autres Ivoiriens, ne s'ébranle vers Ivosep à Treichville où le cortège est arrivé à 19h. Fait notable, aucun membre du gouvernement Ouattara n'était présent à l'aéroport pour soutenir la famille éplorée.

Paul-Antoine Bohoun Bouabré est décédé dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 janvier dernier à 2h 30 min, à l'hôpital Hadassad Ein-Kerem de Jérusalem (Israël), des suites d'une insuffisance rénale aigüe. Sa dépouille est arrivée à Abidjan accompagnée par Bruno Guéhi Blé, frère et ami du défunt, et Christophe Bazo, son oncle et confident.

Boga Sivori


Source: NOTRE VOIE

mardi, 13 décembre 2011

MARE NOSTRUM: LE LAC DE L'OTAN

 

L’OTAN veut faire de la Méditerranée une mer intérieure semblable à la « Mare Nostrum » des romains. L’OTAN est le bras armé des Etats Unis, les autres alliés ne sont que des faire-valoir, la Grande Bretagne et la France en sont les serviteurs les plus zélés. On a vu comment ils ont rapidement reconnu le gouvernement fantoche libyen équipé et formé par leurs soins et comment actuellement ils tentent la même chose en Syrie.

Le détroit d’Ormuz est un passage crucial pour le pétrole exporté vers l’Asie, 16 millions de barils par jour. Et Bab el-Mandeb, entre la Corne de l’Afrique et le Moyen-Orient est le lien stratégique entre la Méditerranée et l’Océan Indien, avec un débit de 4 millions de barils par jour.

Couper l’accès de la méditerranée à la Russie et compliquer les approvisionnements de la Chine en pétrole sont les priorités de Washington. Et pour établir un contrôle de la frontière méridionale de la Russie, il faut déstabiliser la Syrie, afin d’y implanter un gouvernement ami. Pour la Russie, l’intervention occidentale en Syrie est totalement inacceptable. La seule base navale russe en Méditerranée orientale est le port syrien de Tartous. En outre, le complexe militaro-industriel russe perdait l’approvisionnement de ses clients syriens et de ses alliés, ainsi que tous accès au marché méditerranéen. Les navires russes seraient obligés de faire de grands détours pour échapper au contrôle américain.

La Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en Syrie, la Méditerranée deviendra le lac OTAN. Maintenant que Kadhafi est hors d’état de nuire, il était un des rares à s’opposer à l’expansion de l’AFRICOM (U.S. Africa Command), les seuls pays encore récalcitrants dans la région sont : le Liban, l’Érythrée, le Soudan et l’Iran. Moscou sait aussi que le Grand Moyen-Orient de conception US va de la Mauritanie au Kazakhstan.

L’OTAN continue d’étendre ses frontières aux portes de la Russie, quiconque regarde une carte comprend immédiatement le but du développement des bases américaines et de l’OTAN, l’encerclement de la Russie et de l’Iran, et le projet de couper les routes de la Chine. L’expansion de la défense antimissile en Europe de l’Est et en Turquie en est une nouvelle preuve.

Jusqu’où ira le jusqu’au boutisme occidental, toujours plus loin dans la fuite en avant, dans la folie de tout contrôler. Déjà le pentagone a vu d’un mauvais œil la naissance du BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), mais il est surtout agacé par l’Organisation de Coopération de Shanghai élargie (OCS), qui devient un bloc économique, mais aussi militaire.

L’Amérique du Sud, après des siècles de domination américaine, est en train de s’émanciper, mais Chavez n’est pas dupe, et il rapatrie l’or et les avoirs de son pays qui sont dans les banques européennes et américaines, car il sait que tôt ou tard, l’Empire frappera. L’ingérence permanente des puissances occidentales dans les affaires des autres pays est une menace pour la paix. On crée des terroristes, des menaces, des dictateurs sanguinaires, bref des épouvantails. On oublie trop facilement qu’au Moyen Orient le seul pays qui a développé des bombes atomiques sans aucun contrôle et qui bafoue tous les jours les droits de l’homme, c’est Israël. Et le seul pays qui a testé ses bombes atomiques grandeur nature sur des populations civiles, c’est le pays de la démocratie et de la liberté : les Etats-Unis d’Amérique !

 

Robert Gil


Article original sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2011/12/12/mare-nostrum-le-lac-de-l...


Source: AGORA VOX

mercredi, 28 septembre 2011

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 14 septembre 2011

LA FRANCE ET LE QATAR FONT MONTER LES ENCHERES SUR L'ALGERIE

 

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Le doute n'habite pas la tête du représentant du CNT à Londres. Du haut des bombardiers de l'Otan qui lui ont ouvert la route de Tripoli et à ses rebelles de Nefoussa et islamistes de Benghazi il assène que «c'est l'Algérie qui a intérêt à reconnaître le CNT». Vous comprenez très bien sans recours excessif à l'analyse qu'une suite non dite mais toute aussi explicite complète le propos : «Sinon, elle va le payer...». Au cas où le métalangage vous est obscur, il énonce la seule condition possible qui nous sauverait de la sanction : «Le gouvernement algérien doit présenter ses excuses au peuple libyen». Une déclaration hostile pouvait passer pour un dérapage du langage, une deuxième - à fortiori, celle d'un chef militaire de Tripoli «libérée» - avait de quoi inquiéter. Bien sûr nous savions déjà quel rôle avaient joué les forces spéciales françaises, anglaises et qataries au sol et les avions et hélicos anglais et français dans les airs dans cette victoire. L'incroyable tonnage de bombes et de missiles déversés sur un petit pays, sur une petite surface - moins de dix petites villes ou gros villages du littoral - nous renseignaient assez que les supplétifs de Benghazi n'avaient qu'à avancer et parader sur les cadavres et les ruines et n'avaient qu'à appeler les hélicos quand ils entraient en contact avec les rescapés de l'armée légale de Libye qui n'a quand même pas cédé sur le plan moral ni massivement déserté.

Il était clair dès lors que ces supplétifs ne pouvaient être en mesure de menacer l'Algérie, eux qui avaient tant peiné à suivre les routes ouvertes devant par l'Otan et qui n'ont pénétré dans Tripoli que par la trahison obtenue par les services secrets franco-britannique (tiens, comme pour Saddam Hussein à Bagdad et comme cela se passera dans le futur champ de bataille programmé par les Etats-Unis et traité par leurs satellites français et anglais). Il ne restait que l'hypothèse que la créature française parlait pour la France et exécutait un numéro conçu ailleurs mais essentiellement à Paris. On a vite compris que le roquet se gonflait de l'importance de son maître et que son maître nous avertissait que son chien suffirait pour amener l'Etat algérien à une plus grande souplesse de l'échine et à une plus grande soumission aux désirs de Paris, d'autant qu'on nous a fait savoir publiquement que le président français voulait ses cinquante milliards de dollars sur les cent quatre vingt que le gouvernement algérien a retenu pour son plan de relance économique. Il a fallu quand même qu'Alain Juppé se mette de la partie pour donner de la consistance à ces menaces. En rendant publique un entretien que le président algérien lui a accordé, il a réalisé deux choses.

Il a redit son mépris pour ses interlocuteurs algériens en rendant publiques des explications que notre ministre des Affaires étrangères n'avait pas à lui donner à propos des accusations des supplétifs de Benghazi sur une implication algérienne dans le convoyage de supposés mercenaires. Il veut ensuite dévaloriser ses vis-à-vis en suggérant que face à face ils n'en mènent pas large devant lui et tiennent un langage moins ferme qu'en public. Il veut comme l'a fait Coni Rice avant lui, nous dire que nos dirigeants tiennent un double langage. Notez que lors de cette épisode, la presse néo coloniale d'Alger avait sommé notre gouvernement de s'expliquer, en parfaite symbiose avec les insurgés de l'Otan et notez aussi que cette symbiose ne s'est pas démentie une seconde malgré les informations surabondantes sur le parcours et sur les convictions islamistes de ce CNT. Relisez cette partie de la dépêche dans laquelle, ce ministre français va au bout de sa morgue et de sa suffisance de supposé vainqueur d'une guerre de Libye qui a mobilisé vingt six grand pays et les flottes aériennes les plus importantes du monde pour vaincre un petit pays et réduire une armée qui les fait sourire de condescendance. Relisez : «Mais le ministre français des Affaires étrangères a franchi, ce jeudi 1er septembre, une nouvelle étape. Interrogé sur le soutien présumé de l'Algérie au régime de Kadhafi, il a déclaré sur la radio RTL : ''Je suis allé moi-même en parler au président Bouteflika qui m'avait assuré que l'Algérie ne donnait à la Libye qu'une aide humanitaire''». Avant de préciser : «J'espère que cela se vérifiera.» La réalité est que quels que soient les vrais propos de notre président, ce ministre des Affaires étrangères n'a aucun sens de l'honneur. Et ce n'est pas une question morale ni même une question de revanche pour un monsieur qui s'attendait à faire main basse sur l'Algérie en 1994 déjà. C'est le seul recours politique de puissances en déclin : la menace et l'abus de la supériorité militaire.

Juppé peut toujours suspendre l'épée de Damoclès sur nos dirigeants en promettant de vérifier. La réalité politique est que ses roquets n'ont pas suffi à effrayer et il est obligé de monter au créneau. La présence de l'Algérie à la Conférence du partage du gâteau libyen à Paris a renforcé ce sentiment des puissances de l'Otan que le gouvernement algérien est arrivé au bout des capacités de résistance. Cela explique peut-être que de Londres, le représentant du CNT exige des excuses et fait monter la pression sur nous. Nous nous demandions "mais qu'est-ce qui donne tant d'assurance à ces supplétifs et pourquoi parlent-ils comme s'ils avaient déjà de quoi agir" ? Une partie de la réponse nous est venue de Tunisie. Lisez plutôt ce morceau d'anthologie de la diplomatie secrète et du complot, n'en déplaise à notre presse néocoloniale «www.leaders.com» : «Libye : Tout n'a pas été encore révélé sur nos véritables relations avec le Conseil National de Transition. Nous l'avons reconnu dès le premier jour et c'est à sa demande pressante que nous ne l'avons pas annoncé afin de préserver certaines marges de manœuvres. Aucun effort n'a été épargné pour venir en aide à nos frères et nous acquitter du devoir de solidarité agissante, gouvernement et population, dans un magnifique élan de fraternité qui a ébloui le monde et conquis tous les Libyens. C'est là notre devoir, sans attendre quoi que ce soit. Je ne peux qu'être sidéré lorsque j'entends une jeune journaliste répliquer à un frère libyen qui loue l'attitude de la Tunisie lui rétorquer que la reconnaissance officielle du CNT a été tardive... Qu'en sait-elle au fait ? Ou encore, lorsqu'un autre journaliste demande où est notre part du gâteau ! De quel gâteau parle-t-il et de quelle part ? Ils n'ont rien compris.»

Quand Caïd Essebsi a passé cet accord secret ? Quand la France lui a refilé un prêt de 300 millions d'euros avec cette remarque perfide d'Alain Juppé que l'Algérie avait manqué de générosité avec 100 millions de dollars de prêt sans intérêt ? Mais on comprend mieux comment des blindés légers ont été «parachutés» sur le Djebel Nefoussa et comment les forces spéciales qataries et françaises ont pu faire un si intense travail à partir des frontières tunisiennes. Si on remet en place les informations les plus importantes de ces trois derniers mois, nous avons beaucoup d'éléments inquiétants. Contre toute logique géographique, le conseil de coordination du Golfe a intégré le Maroc. Cela veut dire tout de suite que la question du financement de l'armement de notre voisin et néanmoins adversaire résolu est résolue.

Au cours de sa dernière visite au Maroc, le ministre qatari des Affaires étrangères a rendu explicite le contenu de l'intégration du Maroc dans le Conseil du Golfe. Le Qatar s'opposera de toutes ses forces à toute menace sur l'intégrité territoriale du Maroc - Tindouf et Béchar, compris ? Il faut espérer que ce petit pays du Qatar est désormais pris au sérieux maintenant qu'on sait ses accords secrets avec Israël, avec la France et sa détermination à engager son argent et ses troupes sur des théâtres d'opération bien loin de son désert. Le rôle du Qatar en Libye et ses accords secrets avec Israël enfin connus viennent ajouter du sens et de la crédibilité à l'accord obtenu par BHL pour l'installation d'une base israélienne à nos frontières. Le succès américain serait immense. Les Etats-Unis auront trouvé la base de leur Africom en la faisant sous-traiter par la Libye «nouvelle» et par Israël. Les aveux d'un accord secret entre Tunis et Benghazi veulent surtout dire un accord contre l'Algérie et la volonté de lui cacher une information capitale sur ce qui se trame à ses frontières immédiates.

La sortie de Caïd Essebsi n'est pas anodine. Elle ajoute à la pression et à l'intimidation d'Alger désormais encerclé à l'Est, à l'Ouest, au Sud par la présence française en Mauritanie et miné de l'intérieur par une alliance laïco-islamiste inédite et inattendue pour la reconnaissance du CNT libyen. Les câbles Wikileaks nous avaient averti que laïcs et islamistes rivalisaient d'ardeur auprès de l'ambassade américaine. Nous n'avions pas compris que l'ambassade américaine les avaient enfin convaincus que leurs habits différents ne devaient pas leur cacher leur commun intérêt et leur commune vocation : travailler à la casse de l'Etat national «dictatorial par nature et par vocation» et agir pour le triomphe du libre échange. La démocratie qui nous a mené les «démocrates» à refuser les urnes en 1992, les amènera à embrasser les élus de 1992. Le secret nous est livré une fois de plus par la France.

Lisez un commentaire d'un article et le titre d'une dépêche : «Daniel 59, le 04/09/2011 à 09:51. Et pourquoi... nous n'aurions pas droit à une part du gâteau ? Nous avons contribué à la protection des populations libyennes et à l'initiative de notre président alors je ne serais pas du tout gêné que la France obtienne quelques avantages du nouveau gouvernement libyen, après tout nous avons pris des risques également... («www.lepoint.fr»). N'est-ce pas touchant, ce triomphe de la morale que pour gagner gros il faut risquer gros car c'est vraiment le gros lot : «Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars, estime le patronat français, qui espère une place de choix pour les entreprises françaises dans ce vaste chantier. (www.lexpansion.lexpress.fr) Ne croyez pas que ces propos soient le fait de gens sordides de l'industrie ou ceux du petit peuple. Au plus haut niveau, on justifie : «Le peuple libyen sait ce qu'il doit à la France». Etre français doit constituer un avantage psychologique en Libye, selon la mise au point sans complexe faite par le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche : «Le président de la République a pris des risques politiques et militaires, tout ça crée un climat où les responsables libyens, le peuple libyen, savent ce qu'ils doivent à la France». Et d'ajouter : «On ne va pas rougir de faire bénéficier nos entreprises de cet avantage.» Le miracle de marier dans un même élan démocratique laïcs et islamistes purs et durs tient à ce chiffre. Deux cent milliards de dollars rien que pour la France. Imaginez ce que peuvent ramasser les compradores du CNT.

 

Par Mohamed Bouhamidi

 

Source : LA TRIBUNE ONLINE

samedi, 20 août 2011

LES VRAIS CHEFS D'AL QAÏDA SE TROUVENT A LA MAISON BLANCHE ET AU PENTAGONE


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Il me semble que pour bien comprendre la tragédie qui se joue en Libye, il faut partir de l'objectif initial de cette intervention qui bien entendu n'a rien à voir avec la démocratie.


Il y a la volonté d 'accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

L'objectif était la dislocation d'une Nation et d'un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région.

Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l'intrusion des bandes armées n'a pu se faire qu'avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des puissances occidentales et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d'Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d'Al Qaïda se trouvent à la Maison Blanche et au Pentagone; c'est toute une longue période de l'histoire de cette organisation criminelle qui s'achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu'en Syrie la même stratégie d'infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d'exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses.

Si les sbires salafistes constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l'enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d'influence au service des plans de l'impérialisme, dont cette organisation est l'une des plus anciennes créations.

Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l'Otan planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples.

Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur CNT est aujourd'hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter .

Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l'onde de choc va se répandre jusqu'à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l'envoi de milliers de soldats pour des combats au sol.

Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre.

Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C'est une mauvaise nouvelle pour les maîtres du monde, mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d'altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites.

Quoi de plus ridicule et dérisoire que d'entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la Maison Blanche ne sait au juste de quoi il est ministre.

Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu'elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

Standard and Poor's l'a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l'abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l'Administration Obama a imposé la politique de réduction des déficits publics.

Les pires canailles n'en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous.

Le Congrès américain vient d'adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les Républicains qui n'en sont plus et les Démocrates qui ne l'ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d'existence, toutes les garanties d'une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d'américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné.

Tous, républicains ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d'Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la révolte sociale de millions et de millions, d'hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l'avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l'on appelle le Tea Party, une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l'affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l'un des 2 grands partis institutionnels, l'embryon d'un parti de type fasciste.

La complexité et la difficulté de la position d'Obama tiennent à la nature même du Parti Démocrate et de ses liens avec l'AFL CIO, la grande centrale syndicale américaine.

Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son Parti n'auraient aucune hésitation à plonger des millions d'hommes dans la déchéance, ce qu'il ont largement commencé à faire.

L'opposition à Obama ne se trouve pas au sein du Parti Démocrate, l'opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le Parti Démocrate, ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical.

Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c'est avec ceux-là qu'a commencé un choc frontal avec la politique d'Obama.

Tout ce qui fondait le conservatisme politique du peuple américain, son attachement à l'American way of life, sa croyance au rêve américain, son attachement à ses institutions démocratiques, tout ce fatras confus d'illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l'Amérique.

Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd'hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n'hésiteront pas à employer, des millions d'hommes s'éveillent à la conscience politique, c'est cela la grande nouvelle de notre temps.

Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le 11 Septembre n'a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n'a sans doute jamais connue d'une ampleur telle qu'elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d'exception.

Il suffira d'attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J'ignore si comme le dit la Bible Jérusalem est au centre du monde, mais c'est ici et dans cette région, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde.

Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables .

Comme partout dans le monde, un groupe de capitalistes s'est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (...)

Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la puissance sociale des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette puissance sociale qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu'ils en disent et l'arrogance et la morgue qu'ils affichent.


Rakosky - Paris 13ème.

vendredi, 13 mai 2011

GUERRE CONTRE LE TERRORISME: LE RENSEIGNEMENT FRANÇAIS (ET LES AUTRES) SAIT QU'AL QAEDA EST UNE PSYOP (OPERATION PSYCHOLOGIQUE) AMERICAINE

 



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Al Qaeda: la base de données.

Par Pierre-Henri Bunel

Url de l'article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...


~ Traduit de l'anglais par Résistance 71 ~


Peu de temps avant son décès prématuré, l'ancien secrétaire aux affaires étrangères britanniques Robin Cook déclara à la chambre des députés qu'Al Qaeda n'est pas vraiment un groupe terroriste, mais plutôt une base de données des moudjahidines internationaux et des trafiquants d'armes utilisés par la CIA et les Saoudiens pour canaliser les guérilleros, les armes et l'argent dans l'Afghanistan occupé par les soviétiques. Grâce au journal de New Delhi World Affairs, le Wayne Madsen Report peut aujourd'hui vous rapporter un long extrait d'un article publié dans le numéro de Juin 2004, article de Pierre-Henri Bunel, un ancien agent des services de renseignement français.


~ Wayne Madsen Report ~

 

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"J'ai entendu parler pour la première fois d'Al Qaeda lorsque j'étais au cours de commandement et de gestion en Jordanie. J'étais un officier de l'armée française à l'époque et les forces armées françaises avaient des rapports très proches avec celles de Jordanie... Deux de mes collègues jordaniens étaient des experts en informatique. Ils étaient officiers à la défense aérienne. Utilisant un langage informatique argotique, ils introduisirent une série de plaisanteries concernant les punitions des élèves.

Par exemple, quand l'un d'entre nous était en retard à l'arrêt de bus pour quitter le collège, les deux officiers prirent l'habitude de nous dire: 'Vous serez marqué au Q eidat il-Maaloonaat, ce qui veut dire: vous serez marqués dans la base de donnés. Ce qui voulait dire, vous recevrez un avertissement... Si le cas était plus grave, ils avaient l'habitude de parler de Q eidat i-Taaleemaat, ce qui réfère à une base de données décisionnaire. Ce qui voulait dire que nous serions punis. Pour le pire des cas, ils référaient à Al Qaeda."

"Dans les années 1980, la Banque Islamique de Développement, qui est à Jeddah en Arabie Saoudite, tout comme le secrétariat permanent de l'Organisation de la Conférence Islamique, a acheté un nouveau système informatique afin de gérer la demande accrue de comptabilité et de communication. A cette époque, le système était plus sophistiqué que nécessaire pour leurs réels besoins.

Il fut décidé d'utiliser une partie de la mémoire de ce système pour héberger la base de données de la conférence islamique. Il était possible pour les pays membres d'accéder à la base de données par téléphone: un intranet, en langage moderne. Les gouvernements ainsi que les pays membres et quelques unes de leurs ambassades dans le monde étaient connectés à ce réseau.

Comme le rapportait un commandant pakistanais, la base de données était divisée en deux parties, le fichier information d'où les participants à une réunion pouvaient retirer et envoyer les informations dont ils avaient besoin et le fichier décisionnaire, celui où les décisions prises dans les réunions précédentes étaient enregistrées et archivées. En arabe, ces fichiers étaient appelés 'Q eidat il -maaloomaat' et 'Q eidat i-Taaleemaat'. Ces deux fichiers étaient contenus dans un grand fichier appelés en arabe 'Q eidat ilmu'ti'aat' qui est la traduction exacte pour base de donnée; mais les Arabes de manière usuelle y référaient par le mot 'Al qaida' qui en arabe est le mot pour 'base'. La base aérienne de Riyadh en Arabie Saoudite est appelée 'Q eidat riyadh al askariya'. Q eidat veut dire 'une base' et 'Al Qaida' veut dire 'la base'.

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A la moitié des années 1980, Al Qaida était une base de données localisée dans un ordinateur et qui servait à la communication du secrétariat de la Conférence Islamique.

Au début des années 1990, j'étais un officier du renseignement militaire au QG de la FAR française (Force d'Action Rapide). A cause de mes capacités avec la langue arabe, mes fonctions comprenaient aussi la traduction de beaucoup de faxes et de lettres saisis ou interceptés par nos services de renseignement... Nous interceptions souvent des documents envoyés par les réseaux islamiques opérant en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Ces documents contenaient des directives envoyées aux groupes islamiques armés en Algérie ou en France. Les messages faisaient référence aux sources des déclarations qui devaient être exploitées dans la rédaction des tracts et des pamphlets, ou qui devaient être introduits dans des enregistrements audio ou vidéo. Les sources les plus souvent citées étaient les Nations Unies, les pays non-alignés, la haute commission de l'ONU pour les réfugiés et... Al Qaida.

Al Qaida est demeurée la base de donnés de la conférence islamique. Pas tous les membres de la conférence sont des TMétats renégats" et beaucoup de groupes islamiques pouvaient prendre de l'information dans les bases de données en archive. Il était tout à fait naturel pour quelqu'un comme Ben Laden d'être connecté à ce réseau. Il est membre d'une famille importante dans le monde de la banque et des affaires.

A cause des états renégats, il devint facile pour des groupes terroristes d'utiliser le système d'email de la base de donnés; ainsi le système de courrier électronique d'Al Qaida fut utilisé au moyen de quelques systèmes d'interface conservant le secret des identités, par les familles des moudjahidines afin de garder le contact avec leurs enfants en phase d'entrainement en Afghanistan, en Libye ou dans la plaine de la Bekaa au Liban; ou qui étaient en action dans les combats où les extrémistes sponsorisés par les états "renégats" combattaient. Ces états renégats incluaient l'Arabie Saoudite. Quand Ben Laden était un agent américain en Afghanistan, l'intranet d'Al Qaida était un excellent système de communication par le moyen de messages codés."

A la rencontre d'Al Qaida

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"Al Qaida n'a jamais été un groupe terroriste ni la propriété d'Oussama Ben Laden... Les actions terroristes perpétrés en Turquie en 2003 ont été faites par des turcs et les motifs étaient locaux et non pas internationaux, unifiés ou communs. Ces crimes mirent le gouvernement turc dans une position difficile vis à vis des britanniques et des israéliens. Mais ces attaques étaient sûrement dédiées à punir le premier ministre Erdogan d'être politicien islamique trop tiède...

... dans le tiers monde, l'opinion générale est que les pays qui utilisent des armes de destruction massive pour des raisons économiques au service de l'impérialisme sont en fait "des états renégats', spécifiquement les Etats-Unis et les pays membres de l'OTAN.

Quelques groupes de pression islamique conduisent une guerre contre les lobbies économiques libéraux. Ils utilisent des groupes terroristes locaux qui clament agir au nom d'Al Qaida. D'un autre côté, des armées nationales envahissent des pays indépendants sous les bons auspices de conseil de sécurité de l'ONU et conduisent des guerres préventives. Les véritables sponsors de ces guerres ne sont pas les gouvernements mais les lobbies, groupes de pression économiques qui sont derrière ces gouvernements.

La vérité est qu'il n'y a pas d'armée islamiste ou de groupe terroriste appelé Al Qaida. Tout agent de renseignement sait cela; mais il y a une campagne de propagande pour faire croire au public à la présence d'un groupe, d'une entité identifiée et représentant le 'diable', seulement dans le but de conduire les spectateurs de télévision à accepter un leadership unique international pour lutter contre le terrorisme. Le pays derrière cette propagande sont les Etats-Unis et ceux qui pressent pour la guerre américaine contre le terrorisme ne sont intéressés qu'à faire de l'argent."

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Toujours en exemple de ce qui arrive à ceux qui défient le système, en Décembre 2001, le commandant Pierre-Henri Bunel fut reconnu coupable par une cour de justice militaire d'avoir transmis des documents qui identifiaient des cibles potentielles de bombardement de l'OTAN en Serbie à un agent serbe durant la guerre du Kosovo en 1998. Le cas Bunel fut transféré d'une cour de justice civile à une cour militaire afin de garder certains éléments confidentiels. Par dessus tout, et quoi que purent en dire les témoins et les psychologues, le système l'épingla pour avoir dit la vérité à propos d'Al Qaida et qui était en fait derrière les attaques habituellement blâmées sur ce groupe. Il convient aussi de noter que le gouvernement serbe, le même avec qui Bunel est accusé par le gouvernement français d'avoir comploté et partagé des informations vitales, déclare que les guérilleros albanais et bosniaques dans les Balkans étaient aussi supportés par Al Qaida. Nous savons maintenant que ces groupes de guérilla étaient financés par de l'argent émanant du fond de défense bosniaque, une entité établie en tant que fond spécial par la banque sous influence de Bush, la banque Riggs et dirigée par Richard Perle and Douglas Feith.

Le commandant Pierre-Henri Bunel, qui savait la vérité à propos "d'Al Qaida"... Une autre cible des néo-conservateurs.


Source: RESISTANCE 71

mercredi, 11 mai 2011

L'AMBITION DEMESUREE ET CRIMINELLE DES ETATS-UNIS: LE CONTROLE MILITAIRE DE LA PLANETE

 

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Lundi, le 17 février 2003, par Samir AMIN

 

Je viens de lire un article de Samir Amin datant de 2003. Lu à son époque, il est fort probable que beaucoup d'entre nous y auraient vu un raisonnement trop unilatéral et excessif...
Lu aujourd'hui, à la lumière des évènements en cours, avec une attention aiguisée chez nous tous, le texte de Samir Amin paraît d'une pertinence et d'une clarté étonnantes. En tout cas c'est comme cela que je le perçois.
A chacun de voir...  Omar.

 

Dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, se dessine une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des États-Unis (ses establishments démocrate et républicain). Emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les États-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète ». Une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington.

 

La stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban, Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été faite ...) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les confits à venir ...) . Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs.

La « guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes.

L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

Quels sont donc ces intérêts « nationaux » que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer comme bon lui semble ?

A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué par les transnationales des Etats Unis.

Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on. Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les transnationales américaines, en contre partie trois cents millions de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou » par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père, Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis.

Ce projet est certainement impérialiste au sens le plus brutal, mais il n'est pas « impérial » au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée à la maximisation de la rentabilité financière à court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction mieux encore que celui des sociétés européennes. Car l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante) à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion politique de la société par un parti unique du capital, dont les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales, se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite moitié de la société qui croit suffisamment au système pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont marqué la formation de la culture politique européenne moderne, la société américaine ne dispose pas des instruments idéologiques qui lui permettraient de résister à la dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne unilatéralement le mode de pensée de la société dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ». « Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ; se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.

De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation économique et l'inégalité politique. Il est infiniment plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ». Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie de « benign » (« indolore ») !

S'il doit se déployer pendant encore un certain temps ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afghanistan, font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire permet de croire à « l'invincibilité » des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement.

L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.

L'opinion générale la plus courante, véhiculée par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir, est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels. La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend serait donc de ce fait incontournable.

L'examen des réalités économiques infirme cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être « le plus efficient du monde ». Au contraire presque aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards en 1990, a désormais laissé la place à un déficit. La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain. Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie, à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le recours à des moyens « extra économiques » qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !

En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).

La croissance des années Clinton, vantée comme étant le produit du « libéralisme » auquel l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires. Pour tous les segments du système productif réel, la croissance des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe. Le « miracle américain » s'est exclusivement alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation des inégalités sociales (services financiers et personnels : légions d'avocats et de polices privées etc ...). En ce sens le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !

Le monde produit, les Etats-Unis (dont l'épargne nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage » des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature diverses : violations unilatérales répétées des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché mondial) largement imposées à des alliés subalternes (qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera la ponction exercée au titre du service de la dette imposée à la presque totalité des pays de la périphérie du système mondial.

Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société américaine et permettent à cette super puissance de vivre au jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent en rien de prétendues « lois du marché » à la fois rationnelles et incontournables.

La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé » de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires si nécessaire) de ces « intérêts communs ». Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement » les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance atlantique ? Pas impossible, mais peu probable.

Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait alors être affecté à une relance économique et sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité à son essor économique et social, la santé artificielle de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante américaine serait confrontée à ces propres problèmes sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe sera de gauche ou ne sera pas ».

Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée « honnêtement » par tous et que dans ce cas tout irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences. La « prospérité » américaine a pour prix la stagnation des autres.

Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ? Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont « un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr. C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde. Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des marchés » - opère ici avec une puissance certaine auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe de « libre circulation des capitaux » a été sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales, auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement ! Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer à Washington pour en assurer la permanence.

Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi un « pays puissant endetté », dont on devrait savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait, fragile.

Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur hégémonie économique.

Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles. La médiocrité des systèmes de l'enseignement général et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant systématiquement le « privé » au détriment du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que traverse la société des Etats Unis.

On devrait s'étonner donc que les Européens, loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là également le virus libéral n'explique pas tout, même s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs dont bénéficie encore la « vieille Europe » (comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans le court terme, l'occasion de profits supplémentaires.

L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples. Elle procède de la même logique qui fut naguère celle d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques. Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.

Le combat pour mettre en échec le projet des Etats Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose - ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non Alignés).

Le succès de ce combat dépendra de la capacité des esprits à se libérer des illusions libérales. Car il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande de Washington concernant la « démocratie » et la « bonne gouvernance », ou la « réduction de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant quelques vérités élémentaires, affirmées avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale, une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également, par la libération des illusions d'un système libéral mondialisé « non asymétrique » qui permettrait aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ». N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination aucune », bénéficiant alors des applaudissements nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle défendu le tiers monde contre les Etats Unis ?

Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et son option militariste est celui de tous les peuples, de ses victimes majeures d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens et japonais condamnés à la subordination, mais tout également du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui « au cœur de la bête », refusent de se soumettre comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder au Mac-Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ? Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon rien, dans la formation historique, de la société des Etats Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent. A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires, pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse par s'assagir !

S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.


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Samir Amin est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Samir Amin publiés par Mondialisation.ca

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mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

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Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

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Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

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Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

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Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

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L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA

dimanche, 20 mars 2011

LIBYE: UNE GUERRE EN PREPARATION DEPUIS NOVEMBRE 2010?


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Par Gilles Munier, le samedi 19 mars 2011

Sarkozy voulait sa guerre, il l'a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois - au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer« Southland »... entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d'un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée (1). Nom de code de l'opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » ! Elle est aujourd'hui programmée pour de vrai, quel que soit le nom qui va lui être attribué pour donner le change. Pour attaquer la Libye, donc, il ne manquait que l'habillage diplomatique de l'intervention occidentale, c'est-à-dire la caution du Conseil de sécurité de l'ONU et la constitution d'une coalition comprenant « nos bons vieux amis arabes ». C'est fait, en urgence.

On s'en souvient : « Desert Storm - Tempête du désert » était le nom choisi en janvier 1991 par le Pentagone, de l'attaque de l'Irak ordonnée par George Bush (père). L'opération avait été précédée par un exercice quasi identique à « Southland », dirigé quelques mois plus tôt au Koweït, par le général Norman Schwarzkopf. Le régime de Saddam Hussein était déjà clairement désigné comme l'ennemi.

Bye-Bye Kadhafi ?

On ne peut que s'interroger sur l'origine des informations alarmistes publiées dans les médias depuis le soulèvement de plusieurs tribus libyennes soutenues - pour des motifs en partie différents - par le courant islamique djihadiste. Le colonel Kadhafi n'est pas un ange, mais on a l'impression d'assister à un copier-coller de la campagne de diabolisation du Président Saddam Hussein : le Guide libyen « bombarde son propre peuple » - des diplomates et des ministres font défection - des massacres de civils sont dénoncés- les Berbères du djebel Nefousa sont menacés de génocide ; le tout repris en boucle sur la chaîne qatari Al-Jazeera.

A quand un tribunal spécial pour la Libye ? Il ne manque que les armes de destruction massive. Pas de chance : Kadhafi s'en est débarrassé, en 2004, sur les conseils de son « ami », Sir Mark Allen, chef du service Moyen-Orient du MI6, ex Intelligence Service. Un autre de ses « amis », le Premier ministre britannique Tony Blair, a pu ainsi lui décerner, en 2007, le titre de « solide partenaire de l'Occident » ! Comme dit Saïf-al-islam : « c'est vrai que quand tu es fort, tout le monde est tout gentil. Par contre, quand tu es sur le point de t'effondrer, c'est bye-bye... » (2).


(1) Site de « Southern Mistral » : http://www.southern-mistral.cdaoa.fr/

(2) Interview de Saïf-al-islam par Paris Match (9/3/11).


Source: OUMMA.COM

samedi, 19 mars 2011

LIBYE, UNILATERALISME ET NATIONS UNIES

 

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Par Alain Gresh, le dimanche 13 mars 2011

Alors que les rebelles perdent du terrain en Libye, une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire le 12 mars a décidé de demander aux Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays (« Arab states seek Libya no-fly zone », Al Jazeera English, 12 mars). L'Algérie et la Syrie ont exprimé leurs réserves. La Ligue arabe a aussi confirmé que le gouvernement de M. Mouammar Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'elle ouvrait un dialogue avec l'opposition. Cette position est sans précédent dans l'histoire de la Ligue arabe : suspendre la participation d'un gouvernement à la suite de sa politique « intérieure » et entamer des contacts avec l'opposition. Par ailleurs, la Ligue s'est opposée aussi à toute intervention militaire en Libye, alors que de nombreuses inquiétudes s'expriment dans le Sud face à toute décision unilatérale occidentale.

Un sommet de l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) s'est tenu le 8 mars à New Delhi. Cette organisation, dont les activités sont peu couvertes par les médias occidentaux, symbolise pourtant la naissance de nouveaux acteurs sur la scène internationale (dans le cadre de sa série sur « les alliances insolites », Le Monde diplomatique de mars y consacre une double page). Déjà, on s'en souvient, le Brésil et la Turquie avaient tenté, sans succès, de contribuer à résoudre le dossier du nucléaire iranien (lire « Iran, vers une "communauté internationale" post-occidentale ? »).

Cette fois-ci, les trois puissances émergentes se sont penchées sur le Proche-Orient et la crise libyenne. Elles ont affirmé que toute mesure supplémentaire par rapport à la résolution 1970 du Conseil de sécurité (qui avait décidé de sanctions contre le régime de Kadhafi) ne pouvait être décidée que dans le cadre de la charte des Nations unies (lire Ranjit Devraj, « IBSA Together in Resisting No-fly Zone », IPS, 9 mars).

Le ministre brésilien des affaires étrangères a expliqué que la déclaration reflétait ce que pensait le monde non occidental : « Il est problématique d'intervenir militairement dans des troubles internes. Toute décision d'intervention militaire doit être considérée dans le cadre des Nations unies et en coopération étroite avec l'Union africaine et la Ligue arabe. » Une zone d'exclusion aérienne risque, a-t-il ajouté, de nourrir des sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui ne sont pas présents pour l'instant (lire M K Bhadrakumar, « Arab revolt reworks the world order », Asia Times, 10 mars).

D'autre part, les trois pays ont souligné que la question palestinienne était au cœur des problèmes du Proche-Orient et qu'il fallait aller vers la création d'un Etat palestinien « souverain, indépendant, uni et viable, coexistant pacifiquement avec Israël, avec des frontières sûres sur les lignes de juin 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale ».Enfin, les trois pays ont confirmé leur volonté de coopération. L'Inde et le Brésil ont décidé de porter leur commerce de 7,8 milliards de dollars à 10 milliards et identifié des secteurs de complémentarité : l'énergie, le pétrole, le tourisme, l'industrie pharmaceutiques, les mines et l'agro-alimentaire. Les deux pays ont aussi signé un accord pour lever les restrictions sur leur compagnie aérienne respective.


Source: BLOG MONDE DIPLOMATIQUE.NET

jeudi, 17 mars 2011

LE MAILLON FAIBLE DE LA CHAINE IMPERIALISTE: LA CRISE ARABE

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Pour mieux connaître ou comprendre les fondements de la vague révolutionnaire dans les pays arabes et pour un regard critique sur leurs issues actuelles. Sans cautionner, pour autant, les thèses qui y sont défendues contre Israël, mon pays. Fernand Dindé.

 

 

 

Ode à la démagogie « démocratique »

 

La répression des révoltes spontanées aussi bien que des insurrections patentées est terrible, les morts sont nombreux et les blessés encore davantage, comme il sied dans ces pays « barbares » néo-colonisés qui doivent être mâtés par le fer et par le feu, disait l’éthylique Churchill (le même individu qui a proclamé que la démocratie était le pire des systèmes à l’exception de tous les autres). Cependant ce n’est pas le nombre de martyrs et de victimes collatérales qui détermine le caractère révolutionnaire d’un soulèvement populaire. (1)

 

Cette première phase de révolte de la rue arabe est pourtant absolument incontournable, voire indispensable, pour qui aspire à ce qu’une deuxième vague de révolte s’amorce enfin et au plus tôt. Il faut que le ressentiment instinctif et la colère réprimée s’expriment et projettent leurs vagues d’illusions jusque sur les murs de la répression où elles se  fracassent, déchirées par les armes des portefaix et des militaires chargés de maintenir le pouvoir des riches thuriféraires de l’impérialisme, et aussi le pouvoir des puissants qui en sous-main tirent les ficelles de ces polichinelles tenant lieu de chefs d’État, ces rois fainéants, ces sultans décadents et ces présidents tyrans. (2) Elle est en marche cette deuxième étape de la révolte arabe, elle éclate par intermittence à Tunis, à Amman, au Caire, à Sanaa, à Alger et à Rabat sans que les médias occidentaux n’en fassent état. Elle ressurgira à la face du monde dans un mois ou dans un an, car bien peu des exigences légitimes des insurgés n’auront été rencontrées.

 

Hillary Clinton, la première, aura lancé un leurre devant les yeux du pur-sang arabe hennissant, et toute la presse à la solde a repris cette billevesée perfide : « Nous soutenons l’aspiration des peuples arabes à la démocratie ». Ils chômaient, ils ployaient sous le joug, ils étaient affamés, emprisonnés injustement, battus, torturés, entassés dans des cars clinquants qui les transportaient dans la poussière vers leur misère, sans aide et sans soins médicaux. Pendant que leurs ressources naturelles, bradées, sortaient de leurs pays à vil prix, ils importaient au prix fort tout le nécessaire pour survivre, l’inflation rongeait leur maigre salaire, le coton égyptien pourrissait sur les quais déclassé par le coton américain subventionné; les paysans désœuvrés venaient s’agglutiner dans les villes surpeuplées alors qu’on aménageait leurs champs pour transformer la nourriture en carburant et que la crise économique les frappait de plein fouet. Ils se sont révoltés contre cette « fatalité », et la Secrétaire d’État Hillary, avec le plus grand mépris, leur a proposé de voter pour un plus grand nombre de ces satrapes dévoyés (car dans quelques pays arabes on votait déjà pour une liste restreinte de ces candidats à la dictature).

 

Les illuminés, les révoltés, les exploités, les aliénés ont tous pu constater au cours de cette première phase de la révolte (novembre 2010- mars 2011), au cours de ce premier round de la guerre des classes, les limites de ces revendications économiques pour le pain et le sel, pour le travail et l’équité. Les possédants leur ont jeté quelques ploutocrates à « démettre », ils leur ont accordé chichement quelques augmentations de salaires; ils ont réduit les prix des denrées de première nécessité et diminué la valeur de l’argent pour les acheter, ils ont promis des élections par lesquelles ces bons peuples pourront, à l’exemple des populaces du Nord, choisir l’État-major étatique de la classe dominante qui dirigera les destinées de chaque nation « démocratique » arabe. Enfin, la « liberté » de choisir son garde-chiourme frappe aux portes des pays arabes « modernisés et démocratisés »!

 

« Vos Révolutions victorieuses sont terminées : rentrez chez vous, il n’y a plus rien à voir », leur a-t-on fait accroire, puisque dorénavant il y aura dix, vingt ou trente candidats aspirant à s’emparer du pouvoir, dociles à rendre compte du bradage des ressources nationales au Président Obama et à ses acolytes. Pour ce qui est des hausses de salaires, elles seront temporaires; attendez que le FMI soit passé par ici une fois le calme rétabli. Ne restent que le royaume d’Arabie et quelques émirats à ne pas bénéficier de cette immense jouissance où pataugent ceux du Nord depuis leur enfance, sous le chômage, l’inflation, la déflation, la succession des crises économiques, les guerres sporadiques, l’insécurité des villes, la dégénérescence morale, la pollution, la drogue et la prostitution, le suicide des adolescents, les soupes populaires et la misère.

 

Peuples arabes, bienvenue dans la civilisation occidentale! Vous en aviez rêvé, ce sera pire que ce que vous pensiez. Vous êtes passés en quelques mois de la misère néo-coloniale à la mansuétude post-coloniale. Il vous faut dès à présent préparer la deuxième étape de votre révolte généralisée pour qu’elle donne lieu à de véritables révolutions, c’est-à-dire à des transformations radicales de vos sociétés par la prise entre vos mains de tout le pouvoir d’État, ce qui constitue la vraie démocratie.

 

Dignité bafouée

 

Et que dire de ce cancer impérialiste de souche européenne, implanté au cœur de la vie, au Levant d’une Méditerranée souillée par la pollution de ces colonisateurs industriels avides, arrogants et génocidaires! Cette « colonie colonisatrice » incrustée tout près du canal de Suez, entre le Golan syrien et les montagnes du Liban farouche, cette entité sioniste plantée entre la mer qu’elle a asphyxiée et Gaza la ville martyre indomptable. Cette plaie sioniste théocratique, terroriste, qui se complait à humilier tous les peuples arabes!

 

Depuis que l’impérialisme a découpé l’ensemble de la planète en zones d’exploitation et de concurrence qu’il se repartage et redistribue selon les puissances montantes ou déclinantes du moment (Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Japon, puis États-Unis, Russie, Chine, etc.), toute révolte populaire, toute résistance nationale authentique, est partie intégrante de la grande lutte anti-impérialiste mondiale. À titre d’exemple, quand le peuple palestinien arabe résiste au sionisme et tente de libérer toute sa terre occupée depuis 1948 par le colonisateur impérialiste israélien, il en vient très vite à lutter contre  la puissance de tutelle d’Israël, les USA. Les collaborateurs de l’Autorité de Ramallah le savent bien, ceux-là même qui quémandent à la puissance de tutelle de calmer les appétits de son protégé et de le contraindre à accepter la constitution d’un bantoustan à administrer par eux, les derniers supplétifs à ne pas bénéficier d’une zone de gestion partagée. Tous les autres pions arabes ont déjà reçu leur tribut et se sont vu attribuer une réserve à administrer; Mahmoud Abbas et sa coterie croient qu’ils y ont droit eux aussi. (3)

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Le maillon faible

 

Pourquoi cette première vague de soulèvements spontanés, généralisés à travers l’Afrique du nord et le Proche-Orient arabisé ? Qu’est-ce qui explique que tous ces peuples qui forment la grande nation arabe, de la frontière iranienne aux rives de l’Atlantique, protestent, s’agitent et se soulèvent à tour de rôle, parfois les armes à la main, le plus souvent le poing nu levé au ciel pour réclamer justice et équité, honneur et dignité,  travail et nourriture ? Les vicissitudes  de la crise économique et financière occidentale (2008), qui ont frappé tous ces pays expliqueraient-elles, à elles seules, ces soulèvements? Mais toutes les populations du globe n’ont-elles pas été frappées par la crise sans pourtant toujours se révolter de la sorte? Alors pourquoi ce tropisme arabe ?

 

Examinons de plus près la conjoncture politique, sociale, culturelle et idéologique particulière à ce ventre mou de l’impérialisme pour y trouver l’explication de ces insurrections à répétition qui ont pris l’allure d’une traînée de poudre sillonnant les déserts pétrolifères. Tentons de comprendre les raisons de cette révolte soudaine et inévitable sur cette terre qu’on aurait tort de réduire à un désert. Pourquoi donc le monde arabe se présente-t-il comme le maillon faible de la chaîne impérialiste ?

Le monde arabe est constitué d’une vingtaine de pays souverains mais pas indépendants (4), répartis sur 13 millions de km carrés s’étalant de l’Océan Atlantique à la frontière de l’Iran. Il compte 313  millions d’habitants de religion musulmane (90%), de langue et de culture arabe.  Le produit intérieur brut annuel moyen par habitant s’échelonne de 1000 $ en Palestine à 76 000 $ au Qatar - ils sont des centaines de milliers à survivre avec 2 $ par jour en Palestine occupée.

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« La population des dix-neuf pays du Maghreb et du Moyen-Orient a presque triplé au cours des quarante dernières années (1970-2010) pour passer de 112 à 313 millions d’habitants (+ 180 %). Mais, au cours des quarante ­prochaines années (2010-2050), elle va augmenter seulement de 62 %, soit trois fois moins vite. Ce simple constat signifie que la transition démographique est en marche dans l’une des régions les plus complexes du monde sur les plans politique, culturel, religieux, sécuritaire… et énergétique. Cette région, même si elle n’est pas homogène, abritera 6 % seulement de la population mondiale en 2050, contre 5 % actuellement et 3 % en 1970. Aujourd’hui, dans un monde qui a soif d’énergie, elle ­contrôle, selon la compagnie British Petroleum, respectivement 55 % et 30 % des réserves mondiales de pétrole brut et de gaz naturel. » (5)

L’ensemble du monde arabe est passé au cours des cinquante dernières années de la semi-féodalité au capitalisme, de l’artisanat à l’industrie et de l’agriculture de subsistance à l’agriculture industrielle. Au cours du dernier demi-siècle la population arabe, avec quelques écarts d’un pays à un autre, a migré de la campagne à la ville et du souk au supermarché; de l’analphabétisme généralisé à l’université; de l’organisation tribale à la technocratie bureaucratique. Au cours de ces quelques décennies, le monde arabe a connu un taux de natalité en recul; il est passé de la famille patriarcale clanique à la famille nucléaire éclatée; de pratiques religieuses de type médiéval à une diminution lente mais réelle des pratiques religieuses (les réminiscences des courants islamistes ne doivent pas faire illusion, elles pourraient bien n’être que les barouds d’honneur d’une sphère religieuse en déliquescence).

Au cours de cette brève période, l’ensemble du monde arabe est passé d’une pyramide des âges normale à un évasement pyramidal foudroyant (35 % de la population arabe a moins de 15 ans). Imaginons ce que ce rajeunissement prodigieux des couches populaires comporte de potentiellement révolutionnaire quand des millions d’adolescents et d’adolescentes se précipiteront tous ensemble sur un marché du travail exsangue.

 

Le bradage éhonté, rapide et sans retour de la plus importante ressource naturelle non renouvelable de la régionle maillon faible de la chaîne impérialiste. (pétrole et gaz naturel); la mise en coupe serrée des économies nationales arabes; l’endettement sévère de la plupart des pays de la zone; la dépendance de chacun de ces pays à l’égard de biens de consommation produits et achetés à grand frais à l’étranger; l’inflation qui découle de cette dépendance des approvisionnements en produits manufacturés; la destruction de l’agriculture nationale par la concurrence extérieure; la fuite des capitaux de la rente pétrolière vers les marchés boursiers spéculatifs où ils sont dilapidés dans chacune des crises monétaires qui frappent le monde impérialiste (lors de la crise de 2008 les princes arabes ont perdu sans sourciller 150 milliards de dollars); la paupérisation de couches entières de paysans, de petit- bourgeois et de travailleurs; la spoliation des ressources de l’État par les castes dirigeantes indignes qui dissimulent leurs trésors dans les paradis fiscaux sans impôts. Cette conjoncture de crise fait du monde arabe un foyer inévitable de révolte,

 

En plus de cette convergence de facteurs économiques, politiques et sociaux, la communauté religieuse, linguistique et culturelle de ces peuples engendre des rapprochements et suscite des échanges de renseignements (qu’Internet facilite grandement). Cette communauté linguistique et culturelle exacerbe le sentiment d’appartenance à une communauté de misère, d’injustice et d’iniquité, et facilite la mobilisation des citoyens, tout en favorisant l’émergence d’un vouloir-vivre collectif parmi ces peuples qui aspirent à mettre fin à ce sentiment de honte coupable d’être les témoins impuissants de cette gabegie.

 

La première vague de révolte populaire

 

Les puissances impérialistes occidentales ont eu beau soutenir fermement les régimes militaires parasitaires et oppresseurs, le couvercle posé sur ces jeunes marmites bouillantes de frustration et de désespoir sans perspective ne pouvait résister plus longtemps. L’étincelle tunisienne a suffi à mettre le feu à toute la plaine arabe sèche et amère. C’est le propre des oppresseurs de tenter de se maintenir à flot par tous les moyens qu’il faut. Quand une tactique de répression ne fonctionne pas les puissances impérialistes et leurs supplétifs locaux laissent échapper un peu de vapeur, et font quelques concessions mineures, le temps d’apaiser la rue en fureur, pour reprendre ensuite le terrain concédé. Mais comme rien n’est réglé, ni même vraiment amélioré, comme la misère et le chômage s’accentuent, comme la paupérisation s’accélère, comme la destruction des bases de l’économie nationale s’approfondit, comme l’humiliation arabe se perpétue, comme l’entité colonisatrice maintien son occupation illégitime avec la complicité des traîtres fratricides locaux, alors les forces révolutionnaires en état de latence reprennent leur souffle en préparation d’un nouvel assaut, d’un deuxième soulèvement contre la citadelle des exploiteurs et des spoliateurs. Le sirocco de la révolte couve dans les déserts arabes, des confins de l’Algérie aux dunes de l’Arabie, sur les massifs du Rif et en Kabylie, et il reviendra balayer les plaines du littoral.

 

Rapport de force au sein des bourgeoisies nationales arabes

 

Dans chacun des pays de la communauté arabe, la grande bourgeoisie nationale est divisée en deux sections, le segment compradore qui s'enrichit de la braderie des ressources naturelles et le segment « nationaliste » qui s'enrichit de l'exploitation de la main-d’œuvre et du développement du commerce national. Dans certains pays comme l'Égypte, la Syrie, l'Algérie les officiers de l'armée forment un contingent cohérent dans l'un ou l'autre de ces camps opposés. Profitant des révoltes spontanées des peuples arabes, un segment ou l'autre de la grande bourgeoisie de chacun des pays en profite pour remettre en cause le compromis historique en vigueur entre eux et tenter de s'accaparer l'hégémonie sur l'appareil d'État, source de pouvoir et de capital.

 

Ainsi, en Syrie et au Liban, où il n'y a pas de prébende pétrolière à partager, la situation est restée stable et les deux sections de la bourgeoisie sont restées sur leurs positions. Au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie et en Irak, les sections « nationalistes » ont tenté de secouer le joug des sections compradores avec plus ou moins de succès jusqu'à présent.

 

En Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, au Qatar, à Oman et au Koweït, où les sections compradores sont puissantes, les sections « nationalistes » ne sont pas encore parvenues à soulever la rue pour ébranler le pouvoir hégémonique de leurs concurrents.

 

En Égypte, où le colonel Nasser avait donné le pouvoir à la section « nationaliste », que Moubarak avait rendu à la section compradore, l'armée a réussi à se rétablir aux postes de commande de l'État et elle prépare l'élection « démocratique » de son dauphin. Pour cette raison l'armée égyptienne n'attaquera pas le représentant des clans de l'Ouest libyen basé à Tripoli. Il en est de même en Tunisie où le représentant de la bourgeoisie compradore ayant été démis, l'armée tunisienne n'est pas d'humeur à porter assistance aux clans royalistes de l'Est libyen.

 

En Algérie, la section compradore ayant déjà mâté sa section « nationaliste » lors de la guerre civile contre les islamistes au cours des années quatre-vingt dix, cette dernière regarde évoluer le mouvement populaire avant de relever la tête et de remettre en cause la trêve alors convenue. L'Algérie a suffisamment de difficultés pour ne pas même songer à une aventure militaire en Libye. Au Maroc, la section « nationaliste » de la bourgeoisie nationale devrait probablement être le prochain maillon faible de la chaîne impérialiste afin de repartager les prébendes du bradage du phosphate dérobé en partie au Sahara occidental.

 

Le rôle de la petite bourgeoisie « progressiste »

 

Faute d’orientation et d’organisation révolutionnaires pour diriger ces révoltes populaires, on  peut compter sur les « bobos » pour désorienter ces peuples, proposer des leurres, transformer un  soulèvement populaire potentiellement révolutionnaire en une lutte pour l’obtention d’un bulletin de vote en faveur de « la démocratie des riches » si chère à Hillary Clinton et à ces bourgeois bohêmes toujours prompts à vendre leur plume, leur pensée, leur travail intellectuel aux plus offrants et à diffuser vilenies, utopies, rumeurs, forfaitures et « solutions » bidon. (6)

 

L’effet de surprise passé, des « conspirationnistes » se sont récemment remis à l’œuvre  pour suggérer que tout ce mouvement de révolte spontané ne serait qu’une machination impérialiste-sioniste visant à remplacer la vieille garde prétorienne par une jeune garde modernisée. Les conflits de générations expliqueraient les tribulations au sein de l’État- major des larbins. Ces spéculations sont spécieuses. Les puissances impérialistes aiment la stabilité politique et exigent la sécurité de leurs investissements. Les révoltes populaires arabes les ont prises de court, mais sitôt revenues de leur surprise les unités militaires d’invasion de l’OTAN se sont mises en ordre de combat et les unités d’infiltration anti-insurrection ont pris position.

 

Les éléments « conspirationnistes » font partie de ce florilège voué à la liquidation des mouvements de révolte afin qu’ils ne deviennent jamais des mouvements révolutionnaires. Les rumeurs de conspiration, de manigance et de téléguidage des contestations ont fait leur apparition. (7) Ces « révélations » visent à créer confusion et suspicion et à diviser les peuples arabes. Chaque insurgé devrait maintenant se demander si celui qui est à ses côtés n’est pas un agent étranger et un manipulateur au service des impérialistes américains, israéliens, français ou britanniques, ces « forces invincibles » qui  dirigent et  contestent l’ordre établi tout à la fois. Plus de révolutions possibles  puisque « Big Brother » sait tout et dirige tout, même les révoltes qui visent à le renverser. Le « conspirationnisme » est une tactique visant à désarmer idéologiquement les peuples arabes et à saper la solidarité internationale en faveur des insurgés. En effet, pourquoi les organisations de solidarité internationale soutiendraient-elles la cinquième colonne de l’impérialisme infiltrée dans ces mouvements de révolte prétendument téléguidés de l’étranger ?

 

Il existe pourtant une technique toute simple pour départager les agents infiltrés dans les organisations d’insurgés des révolutionnaires authentiques, c’est la ligne politique. À titre d’exemple, quiconque soutient l’invasion militaire « humanitaire » de la Libye est un agent conscient ou inconscient des impérialistes. Tel  Bernard-Henri Levy qui s’excite à Benghazi en appelant l’OTAN à son « devoir de bombardement humanitaire » pour massacrer par les bombes à fragmentation les tribus de Tripolitaine lesquelles jusqu'à présent gobaient les prébendes et la rente pétrolière. L’OTAN souhaite, en effet,   favoriser les clans royalistes et les tribus de Cyrénaïque qui demandent à reprendre le contrôle de la rente pétrolière libyenne. Mais l’OTAN n’a pas encore suffisamment infiltré ces organisations pour être certaine de leurs orientations. Quoi qu’il en soit, les révolutionnaires ne font jamais appel aux dieux de la peste impérialiste et à la pseudo communauté internationale des riches pour mener leur combat; ils ne comptent que sur leur propre force pour renverser les tyrans. (8)

 

Le monde arabe souffre et pleure son humiliation non méritée. Il fut jadis une très grande civilisation qui voudrait aujourd’hui renaître et marquer le monde de son empreinte. Mais pour réussir cet exploit, il devra s’organiser, trouver en son sein, au sein de sa classe ouvrière révolutionnaire, les leaders, l’énergie et la direction politique capables de mener à bien son destin. Le lot de la grande nation arabe, scindée en une vingtaine d’entités nationales par les puissances coloniales, n’est pas de rester à la remorque de l’histoire, sous le joug de rois et de sultans dégénérés et de présidents tyrans qui la saignent à blanc.

 

Elle couve sous la cendre des trahisons récentes la flamme d’une deuxième révolte arabe.  Cette deuxième révolte sera plus terrible, plus radicale, plus violente et plus sauvagement réprimée que la précédente, car ceux qui ont été mystifiés par la trahison de clercs indignes auront appris de leur déception et seront beaucoup plus difficiles à berner lors de leur retour sur la scène de l’histoire.


 

Le 16 mars 2011, Robert Bibeau



robertbibeau@hotmail.com


 

Source : SAMIDOUN, le site de Robert Bibeau

 

 

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(1)  La révolution avortée. Robert Bibeau. 17.02.2011. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

 

(2) La révolution égyptienne. L’armée va trancher. Robert Bibeau. 5.02.2011. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956

 

(3)  Échec consommé des pourparlers directs. Robert Bibeau. 4.02.2011 http://www.michelcollon.info/Echec-consomme-des-pourparle...

 

(4) Algérie, République Arabe Unie (Égypte), Liban. Irak, Syrie, Soudan, Maroc, Mauritanie, Libye, Tunisie, Arabie Saoudite, Yémen. Djibouti, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar,  Oman, Palestine (incluant Israël), Bahreïn et la Jordanie. http://www.cairn.info/revue-population-2005-5-page-611.htm

 

(5)  Démographie galopante et développement économique http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2554p042-043.x... . Démographie du monde arabe http://www.ceped.org/documentation/article.php3?id_articl...

 

(6) Monde arabe les raisons de la révolte.

http://www.rfi.fr/afrique/20110204-carte-interactive-mond...

 

(7)  http://www.presseurop.eu/fr/content/article/522941-la-rev...

 

(8) Le parricide. Robert Bibeau 3.03.2011.  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114352 http://www.vigile.net/Le-grand-dilemme-americain

mardi, 08 mars 2011

L'HISTOIRE DE LA PRESENCE ECONOMIQUE FORTE D'ISRAEL EN COTE D'IVOIRE

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Histoire de Famille. « C'est Laurent Gbagbo qui a ouvert grandement les portes de l'économie ivoirienne aux intérêts israélien », lance un patron d'Abidjan. Si les premiers pas des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays remontent au temps de Félix Houphouët-Boigny, c'est bien sous l'impulsion de l'actuel chef de l'Etat que le phénomène a pris une tout autre dimension. C'est au cours de la crise politico-militaire en 2002 que Laurent Gbagbo s'est rapproché des milieux d'affaires israéliens, qui lui ont délivré des conseils en matière de renseignement et fourni de l'armement. Signe de ces relations très tissées par temps de crise. Le président imposera aux forces de police ivoirienne, dès son arrivée au pouvoir, de s'équiper d'armes automatiques Uzzi. Et lorsqu'il endosse les habits de chef de l'Etat, Laurent Gbagbo fait appel à des lobbyistes juifs liés aux Evangélistes sionistes de Côte d'Ivoire pour restaurer l'image du pays sur la scène internationale, mais surtout « vendre » et crédibiliser la personnalité de l'hôte du palais présidentiel auprès de ses partenaires internationaux, plus que méfiants à son égard à cette époque. Le pasteur attitré du président, Moïse Koré, est ainsi très lié aux intérêts d'affaires israéliens et joue les go-between (entremetteurs).

Aujourd'hui, toutes les entreprises israéliennes qui posent un pied en Côte d'Ivoire sont chaperonnées par le président de la république lui-même ou par ses proches au sein du Fpi, la partie présidentielle. Très pieuse, comme son mari, et étroitement liée aux églises évangélistes du pays, Simone Gbagbo est sans doute l'une des personnalités les plus actives pour servir de tête de pont aux intérêts des entreprises de l'Etat hébreu. « Simone Gbagbo connait toutes les rues de Tel-Aviv et de Jérusalem comme sa poche », plaisante un habitué du palais d'Israël, sa culture et son business. Toutefois, quelques nuages assombrissent actuellement les relations entre les deux pays. Le gouvernement Netanyahou s'agace du renforcement des relations entre la Côte d'Ivoire et l'Iran, ainsi, que le silence de Laurent Gbagbo face aux déclarations haineuses du président Mahmoud Ahmadinejad à l'encontre de l'Etat hébreu. Fin de la lune de miel.

Offensive économique sur le continent

Au cours de sa tournée africaine, démarrée début septembre, et qui a mené pendant près d'une semaine le vice-premier ministre et ministre israélien des affaires étrangères en Ethiopie, au Kenya, au Ghana, au Nigéria et en Ouganda, Avigdor Lieberman a fait une importante escale à Abuja, au Nigéria. Lors de cette étape, il s'est entretenu avec Mohammed Ibn Chambas, le président de la commission de la communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), et les deux hommes ont signé un protocole d'accord. « Il doit contribuer à mettre en place un cadre de coopération et une plate-forme pour le dialogue entre la Cedeao et Israël ainsi que pour promouvoir l'assistance économique et technique entre les deux parties », a précisé, à la suite de la rencontre, un communiqué de la Cedeao. De son côté, Avigdor Lieberman, à la tête d'une vingtaine de chefs d'entreprises, a indiqué que cette tournée entrait dans le cadre de son projet « de tracer une nouvelle voie » pour la diplomatie israélienne. Il est loin le temps où, dans les années 1960, la coopération entre Israël et l'Afrique se résumait à la mise à disposition par l'Etat hébreu d'ingénieur agronomes et hydrauliques. De 430 millions de dollars en 1990, les échanges commerciaux entre le continent et Israël ont dépassé les 2 milliards de dollars en 2008. Télécommunications, Internet, industrie, agriculture, métaux précieux et, bien entendu, sécurité et dispositifs de sécurité et de surveillance, sont les domaines de prédilection des entreprises de l'Etat hébreu sur le sol africain, de la RD Congo (Dan Gertler Investment, BSGR...) au Nigéria, en passant par la Côte d'Ivoire ou le Burkina, un pays où Alvarion, le leader mondial de la technologie Internet sans fil wimax, installe depuis cet été un réseau Internet haut débit. Mais c'est en Afrique du Sud que la présence israélienne est aujourd'hui encore la plus forte avec environ 800 entreprises installées (sécurité, énergie, matière précieuses, hydraulique, télécoms...) et des échanges qui ont explosé de 500% depuis la fin de l'apartheid. Mais au rythme de l'offensive économique israélienne dans l'ouest et dans le centre du continent, l'implantation des entreprises de l'Etat hébreu est en passe de se rééquilibrer.



In Jeune Afrique
N°2549 du 15 au 21Novembre 2008

 

Source: JSS NEWS

lundi, 13 décembre 2010

SAMUEL T. COHEN L'INVENTEUR DE LA BOMBE A NEUTRONS EST MORT


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L'inventeur de la bombe à neutrons, l'américain Samuel T. Cohen, est décédé à 89 ans après avoir défendu jusqu'à ses derniers jours cet engin qui avait la particularité de tuer les hommes sans endommager les bâtiments et le matériel, a rapporté jeudi la presse.

Contrairement aux bombes thermonucléaires qui pulvérisent les infrastructures, la bombe à neutrons projette des particules qui s'attaquent uniquement aux cellules vivantes et éliminent rapidement toute vie sans provoquer de dégats matériels. Les présidents John F. Kennedy, Lyndon Johnson et Jimmy Carter avaient rejeté l'emploi d'une telle bombe, ses détracteurs jugeant qu'elle augmentait les possibilités d'un conflit nucléaire.

Au début des années 80, le président Ronald Reagan avait, lui, donné son feu vert à sa construction en avançant qu'une telle arme permettrait de repousser une invasion de l'Europe par des blindés soviétiques sans détruire les villes.

Les bombes construites furent ensuite démantelées, ce qui n'empêcha pas son inventeur de continuer à présenter la bombe à neutrons comme "l'arme la plus saine et la plus morale jamais construite". "C'est la seule arme nucléaire de l'histoire qui a un sens dans une guerre. Quand la guerre est finie, le monde est toujours intact", avait-il encore dit au New York Times peu avant sa mort.

Selon le New York Times et le Los Angeles Times, Samuel T. Cohen est mort dimanche (5 décembre 2010) à son domicile à Los Angeles. Des membres de sa famille contactés par l'AFP se sont refusés dans l'immédiat à commenter son décès.


Source: JFORUM

WIKILEAKS : L'ARABIE SAOUDITE A COMPLOTE CONTRE LE HEZBOLLAH


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L'Arabie Saoudite a proposé de mettre sur pied une force chargée de combattre les militants du Hezbollah au Liban avec l'aide des Etats-Unis, de l'ONU et de l'Otan, selon une note diplomatique diffusée par WikiLeaks mardi.

Au cours d'une réunion en mai 2008 avec un diplomate américain en Irak David Satterfield, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a indiqué qu'une "réponse sécuritaire" au "défi militaire" posé à Beyrouth par les militants soutenus par l'Iran était nécessaire. Le prince saoudien disait craindre qu'une victoire du Hezbollah face au gouvernement libanais dirigé à l'époque par le Premier ministre Fouad Siniora, ne mène à une prise en main du pays par l'Iran. Selon lui, une "force arabe" aurait pu servir à maintenir l'ordre autour de Beyrouth, l'armée libanaise étant "trop fragile pour supporter davantage de pression", selon les notes diplomatiques émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

La force en question devait être soutenue par la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et les Etats-Unis et l'Otan devaient fournir un soutien logistique, ainsi qu'un soutien naval et aérien, selon la note. La création d'une telle force aurait sans doute suscité des inquiétudes à Washington, les troupes américaines ayant quitté le Liban depuis un attentat-suicide contre un camp de Marines qui avait fait 300 morts à Beyrouth en 1983.

Lors de la réunion au cours de laquelle ce plan a été évoqué, Saoud al-Fayçal a affirmé que "sur tous les front régionaux sur lesquels l'Iran avance, la bataille au Liban pour garantir la paix est la plus facile à gagner". Il a indiqué à M. Satterfield que Fouad Siniora soutenait fermement le projet et que seules la Jordanie, l'Egypte et la Ligue arabe étaient au courant.

De précédents câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks ont montré que l'Arabie Saoudite était obsédée par le danger nucléaire iranien et redoutait également les visées hégémoniques de Téhéran dans la région. Une autre note publiée mardi montre que l'armée saoudienne a fait usage l'an dernier d'"une force très disproportionnée" lors d'une campagne perçue comme étant "d'une longueur gênante" contre des guérillas. "Des bombardements aériens jour et nuit et des tirs d'artillerie ont été les principaux instruments de ce qui est de plus en plus perçu par l'armée saoudienne comme une campagne d'une longueur gênante", dit la note émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

L'opération de trois mois contre les guérillas Huthi peu armées dans les zones frontalières avec le Yémen étaient également perçues comme "mal planifiées et exécutées" et ont "engendré un nombre plus élevé qu'attendu de victimes saoudiennes". "Néanmoins, le conflit a été présenté comme une lutte héroïque et couronnée de succès pour protéger la souveraineté saoudienne", indique le câble diplomatique américain, daté de décembre 2009.

En août 2009, le Yémen avait lancé une offensive contre les rebelles Huthi et ceux-ci ont ensuite affronté les forces saoudiennes jusqu'à l'instauration d'une trêve en février.


Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

QUAND LES ETATS-UNIS RECRUTAIENT D'ANCIENS NAZIS


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De nouvelles révélations soulignent l'indulgence dont les Etats-Unis ont fait preuve, après la guerre, vis-à-vis d'ex-agents du IIIe Reich. Ils n'ont pas été les seuls.

Otto von Bolschwing est mort sous le soleil de Sacramento (Californie), le 9 mars 1982. Il avait 72 ans et plusieurs vies derrière lui. Dans la première, ce rejeton de la noblesse allemande, membre des services de renseignement de la SS - l'ossature nazie du IIIe Reich - a exercé ses talents d'agent secret en Palestine. Devenu aide de camp du responsable des Affaires juives, Adolf Eichmann, il s'est attelé avec zèle à l'élaboration du programme d'extermination des juifs d'Europe.

Après la guerre, le capitaine von Bolschwing a rejoint les rangs de la CIA, sous le nom de code de "Grossbahn". En récompense de ses loyaux services, ses nouveaux maîtres lui ont offert une deuxième vie aux Etats-Unis, où l'ancien SS s'est taillé une belle carrière dans l'industrie. Jusqu'à devenir, en 1969, président de l'entreprise californienne de high-tech TCI.

Dix ans plus tard, la justice l'a rattrapé. L'Office of Special Investigations (OSI), créé au sein du ministère de la Justice pour débusquer les anciens nazis installés chez l'oncle Sam, a exhumé son dossier. Et découvert que la CIA avait fermé les yeux sur les antécédents vert-de-gris de son protégé. Déchu de sa nationalité américaine, von Bolschwing a échappé à l'extradition pour cause de santé chancelante.

Cette histoire édifiante figure dans un rapport de 600 pages, dévoilé à la mi-novembre par le quotidien The New York Times, qui dresse le bilan de l'OSI, de ses succès, de ses tâtonnements et de ses échecs. Le document révèle surtout l'ampleur des manoeuvres et des manipulations orchestrées par les autorités et les services de renseignement américains afin de permettre à d'anciens nazis, scientifiques de haut vol ou dignitaires du régime, de trouver refuge aux Etats-Unis. Et de mettre leurs compétences au service de leurs hôtes.

Même Israël

Une "collaboration du gouvernement avec les persécuteurs", dixit le rapport - dont les Etats-Unis n'ont pas eu l'apanage. "Même Israël a recruté d'anciens SS, souligne l'historien israélien Tom Segev. A commencer par Walter Rauff, l'inventeur des chambres à gaz mobiles, et le lieutenant-colonel Otto Skorzeny, champion des opérations commandos, qui a libéré Mussolini en 1943."

Skorzeny avait mis une condition à sa collaboration avec les services de renseignement de l'Etat juif : que Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis, biffe son nom de la liste des criminels de guerre les plus recherchés. "Wiesenthal a dit non, rapporte Segev, qui vient de publier Simon Wiesenthal, l'homme qui refusait d'oublier (Editions Liana Levi). Et Skorzeny a tout de même travaillé pour Israël."

Des décennies plus tard, le sujet reste sensible. Tellement sensible que le département américain de la Justice a tenu sous le boisseau pendant quatre ans le rapport consacré à l'OSI...

Des diplomates très compromis

Un autre rapport a secoué l'Allemagne, à la fin d'octobre. Commandé voilà cinq ans par l'ex-ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer, celui-là devait faire la lumière sur le rôle de la diplomatie sous le IIIe Reich. Le résultat est accablant. Les 6000 membres du corps diplomatique ont "presque tous" participé aux persécutions contre les juifs et à leur extermination.

Pis : la mainmise des tenants de l'idéologie hitlérienne n'a pas disparu après la guerre. En 1952, 49 des 75 directions du ministère étaient entre les mains d'ex-agents nazis. Quant à la "cellule de protection juridique", elle a fourni des renseignements à des criminels de guerre en fuite. Comme à Klaus Barbie, le "Boucher de Lyon", condamné en 1987 pour crimes contre l'humanité.


Par Anne Vidalie

Publié le 05/12/2010 in EXPRESS.fr

lundi, 06 décembre 2010

LES REVELATIONS DE WIKILEAKS PROFITENT A ISRAËL


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Le ministre turc de l'Intérieur Besir Atalay a estimé jeudi qu'Israël semblait avoir "tiré profit" de l'impact des documents diplomatiques américains publiés par le site internet Wikileaks. "Il faut analyser pourquoi cela s'est produit, qui l'a fait et pourquoi, qui en a tiré profit et qui en a été la victime", a affirmé M. Atalay en réponse à la question d'un journaliste sur les bénéficiaires des fuites organisées par Wikileaks.

"Il nous semble que le pays qui (...) n'est pas beaucoup mentionné, en particulier au Proche Orient, ou que ce développement semble favoriser est Israël (...) C'est comme cela que je le perçois, quand je regarde le contexte, qui profite et qui est victime", a-t-il déclaré.

Le ministère des Affaires étrangères a mis en place une équipe pour analyser l'incident, a ajouté le ministre. Un cadre du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir a avait déjà pointé du doigt Israël mercredi. "Il faut voir quel pays est satisfait (des fuites). Israël est extrêmement satisfait", a déclaré le vice-président de l'AKP Hüseyin Celik, cité par l'agence de presse Anatolie.

Les relations entre la Turquie et Israël, autrefois alliés stratégiques, connaissent de vives tensions depuis l'offensive israélienne menée fin 2008/2009 contre la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste Hamas. Elles se sont encore détériorées après l'assaut donné par l'armée israélienne contre une flottille d'aide humanitaire à destination de Gaza, qui s'est soldé par la mort de neuf Turcs le 31 mai.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi "qu'Israël n'avait subi aucun dommage" après la publication des câbles diplomatiques.


Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

mercredi, 01 décembre 2010

WIKILEAKS ET ISRAËL : LE DOSSIER

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WikiLeaks : Israël s'en tire "à bon compte"

Un haut responsable israélien a estimé aujourd'hui qu'Israël "s'en tire à très bon compte" après avoir craint de sérieux embarras du fait des révélations des documents diplomatiques américains par le site WikiLeaks.

"Nous nous en tirons à très bon compte", a déclaré un haut responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat en réaction aux publications faites jusqu'à présent par le site, sans préjuger ce qui pourrait être la suite.

Ces révélations "démontrent qu'Israël n'a pas un double langage et dit en privé ce qu'il dit en public" concernant la nécessité d'agir contre la menace d'un armement nucléaire iranien, a-t-il précisé. "Il s'avère que tout le Moyen-Orient est terrifié par la perspective d'un Iran nucléaire. Les pays arabes poussent les Etats Unis à une action militaire de manière bien plus effrénée qu'Israël", a-t-il estimé.

Les Etats-Unis ont été très fortement incités à la fermeté à l'égard de l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire, à la fois par Israël et les pays du Golfe, le roi d'Arabie saoudite soutenant même l'option militaire, selon les documents de WikiLeaks.

Israël a cherché l'appui de l'Egypte et du Fatah pour son offensive à Gaza (WikiLeaks)

Israël a tenté d'obtenir l'appui de l'Egypte et du mouvement Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son opération contre la bande de Gaza sous contrôle du Hamas à la fin 2008, selon des documents de WikiLeaks, publiés dans la presse israélienne lundi.

Le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a informé une délégation du Congrès en 2009 qu'Israël avait été en contact avec l'Egypte et l'Autorité palestinienne avant le lancement de l'offensive "Plomb durci", selon un câble diplomatique de l'ambassade des Etat Unis à Tel-Aviv, cité par le site.

"Barak a expliqué (à la délégation) que le gouvernement israélien avait eu des consultations avec l'Egypte et le Fatah, leur demandant s'ils sont prêts à prendre le contrôle de la bande de Gaza après que le Hamas aura été défait", indique le câble.

"Barak a reçu une réponse négative, ce qui n'a rien pour surprendre", est-il précisé dans ce texte.

Le câble fait par ailleurs mention de la poursuite du "dialogue" entre Israël d'une part, l'Egypte et le Fatah de l'autre au cours de l'opération.

Le mouvement Hamas, vainqueur aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, a pris le pouvoir dans la bande de Gaza lors d'un coup de force en juin 2007 délogeant les forces loyales au Fatah du président Mahmoud Abbas après une semaine d'affrontements meurtriers.

La bande de Gaza a été un an et demi plus tard la cible d'une offensive dévastatrice de l'armée israélienne (décembre 2008/janvier 2009), qui a fait 1.400 morts palestiniens, selon des sources médicales palestiniennes, et treize morts israéliens.

Wikileaks : les Etats-Unis ont empêché Israël d'attaquer l'Iran

Quand le roi Abdallah d'Arabie saoudite demande une frappe contre Téhéran et quand l'Autorité palestinienne refuse finalement de prendre le pouvoir à Gaza que lui propose les Israéliens avant l'offensive « plomb durci ».

 

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Barack Obama a prévenu le gouvernement israélien que certaines informations contenues dans les 251.287 télégrammes diplomatiques du Département d'Etat et des ambassades américaines rendues publiques par Wikileaks risquaient de perturber les relations israélo-américaines. En fait, les informations en question sont plus embarrassantes pour Washington que pour Jérusalem.

Il y a bien sûr l'anecdotique. Nicolas Sarkozy est surnommé « l'empereur sans vêtement ». Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est traité « d'Hitler » et le comportement du chef de l'Etat afghan, Hamid Karzai, est « dicté par la paranoïa ». Pour ce qui est de la diffusion des documents diplomatiques adressés depuis l'ambassade américaine de Tel-Aviv à l'administration Obama, elle met en évidence les divergences dans la perception du problème iranien. Nos articles sur Slate.fr, fondés sur des informations confidentielles, avaient fait état des pressions qu'Israël maintenait sur les Etats-Unis pour les persuader de la nécessité d'une frappe préventive contre les installations nucléaires de Téhéran et des pressions américaines en retour pour empêcher ces frappe. Nous avions mis en avant les évaluations du ministre de la Défense Ehud Barak, faites en 2009, sur l'existence d'une fenêtre de tir dans les 18 mois ainsi que sa réflexion : « Le destin du monde repose sur l'arrêt du programme iranien. »

Les documents publiés révèlent la teneur du câble envoyé par l'Ambassade des Etats-Unis sur l'année 2010 qui est, selon elle, l'année critique pour faire face à la menace nucléaire de la République islamique. Une véritable leçon de science politique leur a été donné par Ehud Barak. Le ministre de la Défense a conseillé une attitude ferme à l'égard de la Corée du Nord car toute faiblesse face à Kim Jong-il sera considérée comme un encouragement par des Iraniens qui ne manqueront pas de considérer les américains des « tigres de papier », termes intégralement repris par les diplomates américains dans leur câble.

Le site WikiLeaks dévoile aussi l'intervention du général Amos Yadlin, chef des renseignements militaires, qui a prévenu les américains « qu'Israël ne peut sous-estimer l'Iran parce qu'il n'est pas question de subir une surprise égale à celle du 11 septembre 2001 ». Il dévoile les techniques et l'armement américain que que voulait utiliser Israël lors de son intervention militaire. Tsahal avait songé à utiliser 24 bombes avec pénétrateur BLU-113 et 24 bombes dotées d'un pénétrateur BLU-109 à guidage laser GBU-109 pour causer des dégâts significatifs aux trois principaux centres nucléaires iraniens Natanz, Arak et Ispahan. Le secrétaire d'Etat américain à la défense Robert Gates s'oppose, selon ces documents, à toute frappe israélienne qui n'aurait pour conséquence selon lui que de retarder le programme iranien de quelques mois. Israël a par ailleurs reçu une injonction de cesser « toute allégation selon laquelle le gouvernement américain aidait Israël à se préparer à une attaque contre l'Iran ».

Les documents relatent les minutes de la réunion à Jérusalem, le 1er décembre 2009, entre Amos Gilad, directeur des affaires politico-militaires au ministère israélien de la défense, et Ellen Tauscher, sous-secrétaire d'Etat américaine qui précise la scène : « Gilad dit qu'il n'est pas certain que l'Iran ait décidé de fabriquer une arme nucléaire, mais que l'Iran est déterminé à avoir l'option d'en construire une. La diplomatie du président Barak Obama avec l'Iran est une bonne idée mais il est bien clair que cela ne marchera pas ».

Selon les documents WikiLeaks, l'ambassade de Tel-Aviv a aussi communiqué ses entretiens avec le chef du Mossad, Meir Dagan, le plus pessimiste des dirigeants israéliens sur le problème iranien mais qui acceptait malgré tout le principe de sanctions et d'opérations clandestines pour déstabiliser l'Iran. Dagan a déclaré qu'Israël et les Etats-Unis pourraient « changer le régime au pouvoir en Iran en suggérant l'exploitation des points faibles du pays tels que le chômage et les taux d'inflation élevés, ainsi que et l'opposition des citoyens iraniens à une implication croissante de leur gouvernement auprès du Hamas palestinien ». Meir Dagan souligne à plusieurs reprises que l'Iran laisse croire à la possibilité de négociations pour gagner du temps afin d'obtenir, en 2010-2011, la capacité technologique de fabriquer une arme nucléaire.

Les documents font aussi état de l'attitude russe sur le dossier iranien qui, selon un télégramme américain daté de novembre 2009, représente un « mystère ». Les Israéliens n'ont pourtant pas ménagé leurs efforts, grâce à Avigdor Lieberman, pour rallier la Russie à la diplomatie occidentale sur l'Iran. Les tractations viennent d'être mises à nu. Lors de son entretien avec Ellen Tauscher, Amos Gilad « a expliqué que Moscou avait demandé des livraisons de drones israéliens sophistiqués en échange de l'annulation de la vente des S-300 (missiles anti-aérien) à Téhéran ». Le diplomate israélien avait ajouté que « les Russes reconnaissaient leur retard technologique sur les drones, et qu'ils sont prêts à payer un milliard de dollars pour la technologie israélienne sur ces appareils. Il a répété qu'Israël ne fournirait pas sa technologie la plus récente, expliquant qu'elle se retrouverait probablement entre les mains des Chinois ».

Enfin, le site rapporte la teneur d'un câble de l'ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, rappelant les « exhortations fréquentes du roi aux États-Unis pour attaquer l'Iran et mettre ainsi un terme à son programme d'armes nucléaires. Il vous demande de couper la tête du serpent ».

La « faiblesse » de l'Autorité palestinienne

La révélation de documents israélo-américains ne concerne pas uniquement l'Iran. L'ambassade américaine fait ainsi état de discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne pour coordonner une action commune contre Gaza comme le souhaitait l'ancien homme fort de Gaza, Mohammed Dahlan, qui piaffe d'impatience pour en découdre avec le Hamas. Il est établi que ni l'Autorité palestinienne et ni l'Egypte n'ont finalement pas voulu se « mouiller » pour reprendre le contrôle de la bande de Gaza.

A à l'occasion d'une réunion en juin 2009 avec une délégation du Congrès américain, le ministre de la Défense Ehud Barak avait affirmé que le gouvernement israélien « avait consulté l'Egypte et le Fatah avant l'opération Plomb durci pour leur demander s'ils étaient prêts à assumer le contrôle de Gaza une fois le Hamas vaincu ». Nous avions évoqué dans plusieurs articles la collusion entre Israël, l'Autorité palestinienne et l'Egypte pour une action commune contre le Hamas. Mais les documents publiés par WikiLeaks représentent les preuves tangibles d'un tel arrangement. Dans ce même document, Ehud Barak soulignait que « l'Autorité palestinienne était faible et manquait de confiance en elle ».

De nouveaux documents vont évidemment faire surface qui laissent assez sereins les dirigeants israéliens. Ils estiment qu'ils ont toujours fait preuve de transparence quand il ne s'agissait pas de fuites volontaires. Jérusalem considère même que Wikileaks met en évidence la position ambiguë et hésitante de Barack Obama par rapport aux agissements dangereux de la Corée du nord et de l'Iran.

Jacques Benillouche

WIKILEAKS : révélations sur le MOYEN-ORIENT

Les révélations du site Wikileaks ont déclenché une véritable tempête et de nombreux pays craignent d'être directement visés par les informations qui sont divulguées par les médias. Aux Etats-Unis et dans un certain nombre d'autres Etats, on attendait avec anxiété la publication, dimanche soir, de nouveaux dossiers, parmi plus de trois millions de documents. Il s'agit notamment de courriers envoyés par des ambassades américaines à travers le monde au cours de ces dernières années.

Parmi les nombreuses citations figurant dans ces documents, on peut mentionner les déclarations du président égyptien sur le Premier ministre Binyamin Netanyahou. Il aurait confié qu'il le considérait comme un homme élégant et raffiné mais aurait ajouté qu'il ne tenait jamais ses promesses. Netanyahou aurait pris connaissance personnellement de ces critiques.

Aux Etats-Unis, la Maison Blanche a publié les premières réactions du président qui a bien entendu dénoncé avec vigueur ces « fuites ». Barack Obama aurait déclaré : « J'approuve la diplomatie ouverte et responsable mais cette opération est tout à fait contraire à ces principes et je la considère comme irresponsable et dangereuse ». Il a ajouté : « A partir de documents volés, le site met en danger non seulement les droits de l'homme mais également la vie et le travail de nombreuses personnes qui travaillent dans ce domaine ».

Parmi les innombrables informations révélées au large public, on peut relever par exemple celle qui indique que 2010 était considérée par les experts comme une année décisive pour le dossier iranien. En juin 2009, le ministre de la Défense Ehoud Barak aurait déclaré à une délégation de congressistes américains en visite en Israël qu'il ne restait au monde que six à dix-huit mois pour empêcher Téhéran de se procurer l'arme nucléaire.

On apprend aussi qu'Israël aurait tenté d'encourager une révolution en Iran. Et puis, on découvre que certains pays arabes auraient fait pression sur les Etats-Unis pour que ceux-ci attaquent l'Iran : le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, par exemple, aurait demandé aux Américains à plusieurs reprises de lancer une offensive contre l'Iran afin de mettre un terme à son programme nucléaire. Il aurait dit qu'il fallait « couper la tête du serpent » lors d'une rencontre avec le général américain David Petraeus en avril 2008.

Mais le souverain saoudien ne serait pas le seul chef d'Etat arabe à avoir privilégié cette solution : le même appel aurait été lancé depuis la Jordanie et le Bahreïn dont les dirigeants auraient eux aussi envisagé l'option militaire. Quant au Prince héritier de l'émirat d'Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed, il aurait confié à ses interlocuteurs américains qu'il craignait qu'Ahmadinejad ne conduise la région à la guerre. Il aurait ajouté qu'il ne lui faisait aucune confiance, et qu'il était trop jeune et trop agressif.


Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

13:21 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Informations diverses, Israël, Monde, Technologie, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, israël, wikileaks, états-unis d'amérique, iran | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 19 septembre 2010

GRAVE CRISE ENTRE ISRAEL ET LA RUSSIE

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Missile russe Yakhont

Israël a dénoncé dimanche la vente par Moscou de missiles de croisière Yakhont P-800 à la Syrie annoncée vendredi par le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov cité par les agences de son pays.

"Cette décision traduit une piètre preuve du sens des responsabilités de la part d'un pays qui se veut influent et prétend agir en faveur de la stabilité de la région", a affirmé à l'AFP, un haut responsable qui a requis l'anonymat.

"Ces armes risquent de porter atteinte à un équilibre stratégique dans une région fragile qui vient d'entamer péniblement des négociations de paix", a ajouté ce responsable en faisant allusion à la reprise des discussions avec les Palestiniens.

M. Serdioukov cité par Itar-Tass a affirmé : "nous allons livrer des Yakhont à la Syrie, nous allons exécuter le contrat" tout en soulignant que le contrat avait été conclu en 2007.

Les ventes d'armes russes à la Syrie, qui entretient des liens étroits avec l'Iran, inquiètent les Etats-Unis et Israël qui redoutent que celles-ci soient transférées au Hezbollah libanais.

M. Serdioukov avait estimé que de telles craintes étaient injustifiées : "Les Etats-Unis et Israël nous demandent de ne pas fournir des Yakhont à la Syrie. Mais nous ne partageons pas leurs préoccupations selon lesquelles ces armes pourraient tomber entre les mains de terroristes", avait-il affirmé.

Cette annonce a provoqué la colère des responsables israéliens cités par les médias qui font leur une dimanche sur cette affaire.

Le Yédiot Aharonot, le quotidien le plus vendu titre, ainsi : "Crise des missiles avec la Russie". Les radios publique et militaire ont pour leur part indiqué qu'Israël allait "exiger des explications" à Moscou en précisant que les Yakhont avaient une portée de 300 km et pouvaient transporter une charge explosive de 200 kg.

Les médias soulignent que cette arme pourrait mettre en danger les navires de la marine israélienne au large des côtes libanaises au cas où ces missiles seraient transférés par la Syrie au Hezbollah.

Les responsables israéliens sont d'autant plus amers, selon les médias, que Anatoli Serdioukov et Ehud Barak, les ministres russe et israélien de la Défense ont signé à Moscou au début du mois le premier accord de coopération militaire entre les deux pays.

"Cet accord est mort-né. Nous n'allons pas procéder à des transferts de technologies dans des domaines où nous sommes en avance sur les Russes pour qu'ensuite ce matériel soit utilisé contre nous", a estimé le haut responsable sans donner d'autres détails. La coopération militaire entre les deux pays s'était traduite par la vente en 2009 par Israël de 12 drones à la Russie. Israël s'inquiète régulièrement des ventes d'armes russes à ses ennemis régionaux, en particulier l'Iran et la Syrie.

Moscou avait ainsi annoncé cette année la vente à Damas de chasseurs MiG-29, de missiles de courte portée Pantsir et de véhicules blindés.

Le gouvernement israélien a aussi dénoncé à plusieurs reprises différents aspects de la coopération russo-iranienne notamment dans le domaine de l'armement et du nucléaire civil.

 

Source: JFORUM

22:42 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Israël, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : israël, russie, vente d'armes, iran, missile de croisière yakhont p-800 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |